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Photos des cabines sur les paquebots English translation pending
by Alcati · 2011-01-11 · 702 replies
😉😉Bonjour à vous tous,

Suite au succès de la première discussion qui a recueilli plus de 24000 visites, je relance un nouvel album permettant de découvrir de nouvelles photos sur les cabines des paquebots des différentes compagnies que vous avez réservé lors de vos croisières.

Pour info, voici le lien : voyageforum.com/voyage/abums_photos_des_cabines_paquebots_D2384946/

Cette discussion doit pouvoir vous aider dans vos choix à venir et d'avoir une vue complète sur toutes sortes de cabine à savoir celles aussi pour des familles avec 2,3,4 enfants. Ce type de photo n'apparaît pratiquement pas dans les catalogues actuels.

Vos photos pourront être mises sur ce site afin de rendre meilleur l'attente souhaitée également pour des personnes voyageant seules ou en couple.

N'hésitez pas aussi à nous faire part de vos remarques pertinentes sur sa disposition ou de l'emplacement de cette cabine à tel ou tel niveau de pont.

Vous voudrez également bien indiquer le n° du pont, le n° de la cabine et le type de celle-ci.

Merci pour votre participation.

Je vais donc commencer par les 2 dernières croisières car les photos sont plus récentes :

COSTA VICTORIA : PONT N° 10 - CABINE 10543 (tout à l'arrière). Remarque : inconvénient car votre hublot donne sur un petit pont solarium permettant de se relaxer et il vous faut fermer le rideau de la cabine pour ne pas être observé... (photos 1,2,3,4,5). Placée sous le buffet extérieur, mise en place bruyante des tables et des chaises tous les matins et rangement le soir.

COSTA MEDITERRANEA : PONT N° 08 - CABINE 8202 (Milieu du navire). Remarque : Placée sous le buffet peut occasionner des nuisances pour les lèves tard. Cabine extérieure avec balcon : impeccable et rien à dire. (Photos 6,7,8,9).

JC
Chemises rouges à Bangkok: c'est reparti English translation pending
by Carls · 2011-01-10 · 74 replies
j'epère qu'il ne vont pas bloquer l'aéroport! je pars dans 1 mois et j'attends ces vacances avec impatience..........
Croisière "Magique Méditerranée" sur le Costa Concordia en 2011 English translation pending
by Olivierrhone · 2011-01-05 · 106 replies
bonjour à tous,

voilà notre deuxième croisière mise en option: nous avons 48h pour confirmer. Magique méditérannée sur le costa concordia: cabine 8352.Quelqu'un peut il me dire ce qu'il y a au dessus de cette cabine car je ne connais pas le concordia?(buffet?bruit?...) J'avais aussi le choix entre la 7399(trop en arrière donc roulis?) et la 6232(trop en avt et au dessus du théatre!!) Sur le fortuna, nous étions à la 9253 à l'avant. Impeccable!

Merci et meilleurs voeux!!
Retour d'une croisière de Noël sur le Costa Magica (2010) English translation pending
by Madisson · 2011-01-01 · 390 replies
Bonsoir à tous ici !! et bonne année !! et oui c'est bien la madi en chair et en os qui vous parle ici meme en direct de .... MAIS NON ; je plaisante 😉😉 hé oui j ai pas changé; et compte bien restée comme je suis encore longtemps bien, sachez que je ne fais qu'un tout tout tout tout petit tour ce soir; il faut me laisser le temps d 'organiser pour vous mes chers amis ce compte rendu ! chers pour certains !😉😉🤪 je viens de lire (rapidemment ) le CR d'une personne qui vient elle aussi de faire le meme circuit que moi ! et bizarrement je n ai pas les memes sensations ! deux premiers jours : marseille + savone pas de soleil ; civitavéchia plutot généralement agréable mais du vent en fin de journée la semaine en mer était une semaine avec une mer agitée (le soir) sauf les deux dernières nuits mais, et je dis bien mais: pas mal de remous le soir du réveillon donc en arrivant à tunis dans la nuit je précise qu'à l heure du souper '2e service' la table du commandant dernière nous : avec le commandant; peu de tables servies ce soir là!!! de l'agitation de part et d autres; des personnes ont vomies sur les tables; toilettes, etc... DONC NUIT TRES AGITEE ou ; et à quel stade doit on comprendre le terme du mot agité!!!?? VOICI LES POINTS positifs RELEVES SUR MON CARNET :

- tjrs des repas variés , très variés tant menus que buffet - débarquement facile et rapide - accès libre de nourriture et boissons (notamment à palma puisque nous avons pu embarquer en cabine des spécialités de palma (tarte fourrée..) boissons non alcolisées - plats servis chauds - service en chambre (testé cette année) ponctuel - cabine balcon (un plus !! ) meme à cette saison - personnel de chambre aimable et plutot efficace (pour nous la télé marchait mal)

VOICI A PRESENT , les POINTS négatifs relevés:

- ménage de chambre pas fait à fond - tv (écran plat serait apprécié) - personnel de table au restaurant aimable et qui se déride qu au 3 eme soir(ça pas top !! ) - ne font pas trop d effort pour nous comprendre en français - bureau des informations: pas doué et très mal renseigné sur l'utilisation de la carte bancaire / carte magnétique et achats à bords ; incompétents nous avons du demander à deux postes et 3 personnes différentes avant que l'on vienne enfin nous montrer

je dirais pour ma part , deja pour évaluation que par rapport à ma précédente croisière en 2005 sur le fortuna que celle ci ; cette croisière je la note moins bien que la précédente ; ce qui reviendrait à dire ou penser que MSC n'est plus si loin derrière sauf les repas toujours sur costa de très bonne qualité mais msc bat je pense des reccords sur la propreté des chambres mais cela reste un avis, mon avis personnel sur la chose bien chers amis, pour l' heure je vais aller voir du coté des photos et les passer sur mon ordi bonne soirée : si vous avez des questions n'hesitez pas ; soyez pas trop pressés ; y en aura pour tout le monde 😄😄 à demain ou ce soir tard pour ...la suite 😏
Islande, Terre de Glace et de Feu English translation pending
by Grisemote · 2010-12-15 · 62 replies


Carnet destiné pour un rendu optimum, à être consulté avec les photos l'illustrant ici:
http://sites.google.com/...terredeglaceetdefeu/

Prologue« -Tu vas en Islande ? C’est pas vrai, on t’a obligé ! Il pleut tout le temps et c’est plein de moustiques. Encore ta femme hein … dur dur !!!!! - Tu crois ? Il y a le soleil de minuit et pour les moustiques je pense que l’on t’a mal renseigné. - Partir en Islande c’est une chose, mais t’es pas sûr d’atterrir ni de repartir avec les poussières volcaniques du truc que l’on n’arrive même pas à nommer. - Mouai, c’est pas faux qu’il est imprononçable ce volcan, c’est ça l’exotisme. » Mitigé, voilà comment honnêtement j’ai abordé ce nouveau périple, encouragé par mes collègues de bureau totalement enthousiastes. L’Islande représente bien à sa manière le chaud et le froid entremêlés. Le soleil est là toute la journée, mais tu peux éventuellement ne jamais le voir, blotti entre les nuages. Les volcans crachent du feu, mais ils sont recouverts de glaciers. Ta valise est pleine d’habits chauds, mais éventuellement tu ne t’en serviras pas (ben y parait que c’est arrivé à quelqu’un … si ! Il y a longtemps je crois …. Bon, c’est à confirmer). Tu pars en balade d’été mais tu as l’impression d’aller vers l’hiver. C’est le pays des trolls, mais tu n’en vois pas un. Ils écrivent des panneaux mais tu n’arrives pas à les lire… Bref, seuls ceux qui y sont allés peuvent en parler et sur ce registre on lit de tout allant de l’effroyable au plus enchanteur. Comme nous souhaitons nous aussi raconter notre version, nous tentons notre chance. Conclusion, il faudra prendre les choses comme elles viennent, puisque de toute façon les billets sont encaissés.

9 juillet 2010Doutes et craintes de GrisemoteC’est la canicule sur la France. 36°C à Lyon ! Nous partons à Paris pour prendre l’avion le lendemain. Il fait beau et nous goûtons avec délice et déjà une pointe de nostalgie nos derniers instants d’été, tel des condamnés qui mangent leur dernier steak et boivent leur dernier verre de Beaujolais. Au moment de partir, Grisemote semble douter, ce qui est grave pour le reste de l’équipe déjà un peu sceptique sur la destination. Comment allons-nous gérer la pluie, le vent, voire la tempête ? Quelle idée aussi de partir sous la tente (d’un autre côté, vu les prix du dur, les vacances auraient été courtes) ? Du coup, pour l’occasion, nous avons investi dans une énorme tente (7 mètres de long et 2m10 de haut) capable de résister à des trombes et des trombes d’eau, et dans laquelle on peut jouer au tennis de table. Mais vu le volume, va-t-elle résister au vent furieux d’Islande ? En plus, c’est une marque pas connue achetée sur Ebay et qui s’avère fabriquée en Chine. Va-t-elle être à la hauteur ? Aura-t-on la place à chaque fois de la monter ? Et puis, le poids : 23 kilos avérés ! Bref, une tempête majeure sévie sous le casque Grismotien, qui envisage d’invoquer les dieux nordiques pour qu’ils soient cléments avec nous : par Thor et par Tons. Pour ma part, je retiens que l’Islande se situe à 4° de latitude au sud du cercle polaire, et que dès que l’on parle de « sud », ça réchauffe !



10 juillet : la tête dans les nuagesNous débarquons en voiture à Charles de Gaulle dont on peut dire en plus qu’il est moche et remoche, qu’il est truffé de pièges : aérogare = terminal, parking P3 = aller au terminal 3 pour le trouver, si tu te trompes une fois, tu pars en vrille sans trop savoir comment tu vas rattraper le coup. Oublions ! Au début on se demandait pourquoi tout le monde nous regardait. Pourtant ça ne se voit pas sur notre visage qu’on va en Islande. Si ça se trouve, c’est à cause de nos fourrures polaires, grosses chaussures de rando et anoraks alors que nous sommes en pleine canicule. Les gens sont observateurs quand même. De toute façon on n’avait pas le choix, 20 kg par personne, avec les affaires d’été, d’hiver, contre la pluie, le soleil et le froid, sans parler de la tente en conséquence et de tout le nécessaire qui va avec, il a fallu prendre sur nous, c’est le cas de le dire, pour rentrer dans les clous au niveau du poids. Première épreuve donc, l’enregistrement des bagages. Chaque sac a été pesé, repesé. Exit, le dentifrice et shampooing par personne, out la glacière (une petite souple a été emmenée, mais comble du comble, au pays des glaciers, pas moyen de trouver de la glace). On allège aussi côté médicaments (ça on va le regretter) et on charge au maximum les sacs à main de cabine : les chambres de la tente dans un sac à dos, les tabourets dans un autre, le matériel photo et électronique occuperont les sacs à dos restants (6 kilos par personne sont autorisés dans l’avion). On est rik rak en poids, mais comme c’est dix euros le kilo supplémentaire, l’effort devrait être payant ! Nous regardons avec un certain stress notre hôtesse enregistrer nos bagages. Damned, au premier sac sa balance compte beaucoup plus de kilos que la nôtre … on va s’en tirer pour une fortune ! Et c’est là que les dieux nordiques ont décidé d’intercéder une première fois en notre faveur et cela sur le sol français : par Tonne Air ! Le sac le plus lourd est mal posé sur le tapis et son poids en est allégé. Bingo, on frise les cent kilos, mais du bon côté. C’est donc le cœur léger, et accessoirement les bras aussi, que nous nous dirigeons vers l’embarquement.

Nous quittons le sol français sous un ciel limpide. Du voyage on peut en retenir qu’il est court (trois heures et demie), que l’on ne mange rien - ce qui met tout le monde d’accord sur la qualité de la restauration sur Icelandair - et que plus on allait vers le nord plus il y avait de nuages. A noter les volutes fluviales de la Tamise au-dessus de Londres. L’arrivée à Reykjavik nous plonge tout de suite dans l’ambiance. Disons que pour un mois de novembre, on a vu pire… Des nuages gris épais laissaient quand même une marge avec le sol, ce qui nous a permis de voir notre futur terrain de jeu : sol noir volcanique avec du vert, et ça et là, des fumerolles. Ça a l’air globalement tout vide et minéral. A l’aéroport nous récupérons un peu de liquide (150 krones pour 1€), le gros 4X4 Ford Explorer qui nous a été attribué par Reykjavik Car Rental, notre loueur, et chargeons l’ensemble dans le coffre. Ouf, ça tient, on pourra optimiser plus tard. La voiture a un girafon (la vitre arrière permet à une girafe, lorsque l’on en possède une, de passer sa tête à l’extérieur): super pratique pour réussir à tout caser. Premier acte culturel en terre Viking… aller au super marché : pour comprendre un peuple, il faut savoir ce qu’il mange (je ne sais plus qui a dit cela, mais cela nous a paru cohérent sur le moment). Il faut dire aussi en deuxième rideau que nous avions faim. Pour le coup, les choses ne commencent pas très bien : misère. Comme dans les pays anglo-saxon, les rayons gâteaux et boissons gazeuses sont pleins à ras bord. Pour le reste c’est un peu tristouille. On arrive quand même à trouver du lait UHT ce qui nous enlève une épine du pied pour les petits déjeuner. D’un autre côté, on se demande si un système de froid est nécessaire. Ne suffit-il pas de les laisser dehors ? … Nous ne faisons que passer à Reykjavik et nous filons vers Geysir. Il y eut la première pluie, fine. Puis la deuxième, soutenue. La troisième je ne me souviens plus. Après, on a arrêté de compter car on s’y perd vite. De toute façon c’était intermittent, donc globalement permanent. Rapidement on comprend que l’un des organes les plus importants de la voiture est l’essuie-glace. Toutes les vitesses sont nécessaires pour être en harmonie avec le climat. Même sous la pluie, le paysage est magnifique autour de nous. Le noir de la roche volcanique fait ressortir le vert de l’herbe ou de la mousse. Rien d’étonnant en tout cas dans le fait que ce soit vert ! Les arbres sont rares et ceci sera une constante quasiment partout sur l’île. Nous devions nous arrêter au parc naturel de Thingvellir, pile-poil sur la médiane dorso-océanique qui sépare les plaques tectoniques européenne et américaine. Avec une explication comme celle-là, plus la fatigue de s’être levé tôt, plus la pluie, il nous a semblé opportun de passer notre chemin sachant qu’il serait possible d’y revenir plus tard dans le parcours. Arrivés à Geysir, nous inaugurons nos pantalons de pluie, nos anoraks et bonnets. Certains iront jusqu’à pousser le détail en mettant les gants. Tout à fait saillant en tout cas notre costume de touriste. Les Islandais, eux, sont sous la pluie avec leur pull. Et dire qu’en France il fait 38° à l’ombre. Les pauvres, ils doivent être complètement rétamés par cette chaleur. Petit pensée émue. De notre côté nous restons mobiles pour nous abriter à bon escient. La boutique du site est très attractive, avec notamment les fameux pulls islandais, pur laine de mouton. Bien entendu, Grisemote n’y résiste pas et investit dans un bonnet de laine local, immédiatement utilisé ! Nous profitons d’une accalmie passagère pour voir les fameux geysers. Le moteur est simple, on chauffe de l’eau dans une cavité. Cela finit par faire une bulle qui en remontant brusquement produit un geyser. La colonne d’eau peut monter ici sur trente mètres! L’objectif photo rivé sur la surface de l’eau pour figer la bulle au moment où elle se forme, nous avons une chance toutes les cinq à dix minutes de faire The cliché. Mais attention, la marmite est perfide. Elle fait des simulations, des fausses bulles et des éructations pour nous faire baisser la garde, ou bien nous fait attendre très longtemps puis lance deux jets en trois minutes. Nous en coincerons quelques-unes quand même ! Il n’y a pas que des geysers ici. On trouve également des sources d’eau chaude aux couleurs vives, même avec la lumière terne ambiante. L’odeur est également caractéristique, soufrée, que je ne trouve pas personnellement désagréable. Elle nous accompagnera sur de nombreux sites et bien entendu dans tous nos bains naturels. Nous plantons pour la première fois la tente sur la pelouse molletonnée du camping d’à côté, un large tube spacieux, fortement hydrophobe et qui possède un tapis de sol étanche sur toute la surface. Cela nous change de nos habituelles tentes 3 secondes des années précédentes. Autre nouveauté de l’année, nous avons une table et des tabourets, ainsi qu’une grande malle pour ranger tous les ustensiles (merci les Marie). Certains diront que tout cela permet de passer de longs après-midi pluvieux au sec en jouant aux cartes … mais loin de nous cette pensée. Le silence de la nuit fut fréquemment interrompu par le crépitement des gouttes. Enfin, quand je dis la nuit, je parle de l’heure bien sûr, car le soleil s’éclipse au raz de l’horizon vers onze heures trente, nous laissant un coucher de soleil qui dure deux ou trois heures, avant d’entamer une nouvelle journée.



En route pour le Landmannalaugar : le jeu des trois erreurs Après un pliage de tente plutôt rapide, les premières réjouissances commencent par les chutes de Gulfoss, impressionnantes par leur débit et les embruns qu’elles soulèvent, puis continuent en s’enfonçant vers le centre de l’île.



Le noir et le vert sont encore les couleurs qui dominent. La pluie persistante aussi domine ! La halte suivante programmée est la reconstitution d’une vieille ferme d’antan d’un obscur viking « célèbre » tué par son frère : la ferme Stöng. Bon, c’est vieux et pas très bien mis en valeur, mais on y voit des murs construits en tourbe, caractéristiques du pays. C’est costaud, isolant, mais ça ne passe pas des siècles non plus (donc pas simple de laisser une trace tangible dans l’histoire). Pour y aller, nous traversons notre premier gué, pas très profond et sans histoire. Au retour, un gros galet tape sourdement sur le fond. Costaud le 4X4. C’est en tout cas un avertissement. Il faut choisir sa trajectoire avec soin … L’étape suivante nous transporte dans un petit jardin Japonais fait de petites chutes toutes mignonnes au milieu de la verdure. Nous poursuivons notre journée par la recherche de cascades « qui valent le détour » : Haïfoss . Après quinze kilomètres de piste, sans cascade, nous tombons sur un gué plus rapide que celui de la ferme Stöng mais qui ne parait pas très profond et semble abordable (certainement la rivière Fossa), du moins pour ce que nous en voyons. Première vitesse 4x4 courte, comme il se doit, et nous nous engageons dans la rivière. Si les premiers mètres sont faciles, l’eau devient plus profonde et nous tapons à nouveau le châssis sur de gros galets qui roulent. « Arghhh ! Le marchepied part en miette», me crie-t-on à l’arrière. Tant pis, vu la profondeur, il n’est pas question de s’arrêter au risque de poser notre carcasse entre les galets. Nous devons aller jusqu’au bout. Nous poussons un ouf de soulagement une fois sortis de cette galère, avant qu’une petite voix intérieur nous susurre doucement « Aahh parfait, et maintenant, on fait comment pour le retour ». Gloups, nous verrons bien ! Pour l’heure, elles ont intérêt à valoir le coup ces fichues cascades. Le marchepied est rectifié correctement pour pouvoir passer des obstacles plus hauts (sans être totalement cassé). Espérons que se soit un avantage auquel sera sensible notre loueur ! Les kilomètres s’enchaînent, la tension monte, le terrain aussi, mais toujours pas de cascade. Avec tous ces kilomètres, on ne va pas lâcher l’affaire si près du but … Deuxième erreur, un petit torrent nous barre la route et fait un « V « sur la piste. La raison aurait voulu que l’on cherche à l’éviter. Et bien non, on les aura ces cascades. Résultat, après un plongeon de l’avant sans soucis, le pare-chocs arrière rabote copieusement le sol en remontant. Le pare-chocs fait maintenant beaucoup plus aventure que précédemment. La patine de la piste est d’un charme sans égal par rapport à la laque noire monotone d’origine. Espérons que notre loueur ait le sens artistique… «- Avec tout ce que l’on a fait, on ne va pas abandonner maintenant … » Non, bien sûr, mais l’idée commence à germer dans les têtes des plus lucides d’entre nous. Et la piste continue, toujours plus mauvaise et plus raide. Et le sommet que l’on doit atteindre recule sans cesse à la colline suivante, qui cache la suivante … Le couperet tombe brutalement. STOP ! Assez de bêtise et d’entêtement pour aujourd’hui. De toute façon, vu la lumière blafarde, les photos n’auraient pas été belles, c’est évident. De plus, depuis le début nous sommes désespérément seuls, c’est quand même louche pour de belles cascades. Le demi-tour est périlleux sur cette piste très étroite au ras de la pente. Puis nous repassons notre « V » en comblant le trou avec des pierres pour ne pas raccrocher, avant d’apercevoir une piste de déviation. Et enfin, comme prévu et redouté, nous arrivons au niveau de notre torrent flingueur, qui coule des eaux limpides. Nous montons sur le toit de la voiture pour mieux appréhender la « bonne » trajectoire, puis nous passons à la pratique. Mauvaise pioche. Dès les premiers tours de roue la voiture glisse sur de grosses pierres, tape fortement sur le bas de caisse et reste bloquée portée par les galets. Décidemment ! Enfer et putréfaction. Impossible d’avancer, les roues patinent dans le vide. Si on cale, l’eau remonte par le pot d’échappement et le moteur s’arrête (ceci dit, peu probable avec une boite automatique et un gros V8). Pas de panique, nous n’avons pas encore laminé l’autre marchepied et nous savons nager … La pousser semble hasardeux car le niveau de l’eau est haut, le courant fort et la température à congeler les arpions … Heureusement, une marche arrière salvatrice nous permettra de revenir sur le sec. La trajectoire suivante sera plus favorable bien que très chaotique et nous permettra de franchir l’obstacle sans encombre. Nous préférons ne pas imaginer ce qui se serait produit si nous n’avions pas pu sortir de notre ornière … On ne nous y reprendra plus. Maintenant, c’est ceinture, bretelles et pantalon gonflé à l’hélium pour le prochain gué. Super solide quand même cette voiture. L’inspection de la caisse ne révèlera aucune anomalie, confirmée lors de la conduite. L’heure tourne, le soleil que nous devinons derrière les nuages aussi (ici il fait presque un tour complet). Nous empruntons, un peu échaudés par notre petite échappée champêtre, la fameuse piste F225 en direction du Landmannalaugar. La piste est belle, très roulante, en poudre noire de basalte au milieu d’un paysage volcanique aux formes arrondies. Un vrai bonheur, un peu entaché par un problème d’essence : aucun souci pour arriver à destination, mais nous n’en aurons pas suffisamment pour prendre la piste vers Vik. Chaque chose en son temps, car pour finir, il nous reste deux derniers gués à passer juste avant le camping du bout du monde, qui parait-il sont profonds. Ce n’est pas sans une certaine hésitation que nous plongeons l’avant de la voiture dans l’eau. En effet, elle est profonde et monte au-dessus du niveau des portières. Mais ici, point de gros galets pour entraver la marche. Ce fut juste une formalité, voire un plaisir.



Landmannalaugar : Le camping du bout du monde. Au milieu d’un site volcanique aux couleurs inouïes coule une rivière chaude près de laquelle quelques amoureux des grands espaces essaient de planter leur tente. Pas si simple ici de trouver un emplacement accueillant. Nous avons le choix entre une zone assez caillouteuse mais qui a des chances de ne pas subir de problème d’écoulement en cas de forte pluie, et une autre beaucoup plus verte et moelleuse, mais près des eaux chaudes et gorgée d’eau. Nous optons sur les recommandations de la GO du camping pour les cailloux. Nous arrimons solidement la tente en plus des piquets avec de grosses pierres, au cas où … Le bout du monde reste quand même bien équipé avec des sanitaires spacieux, propres mais avec des douches payantes. Consolation pour ceux qui font la vaisselle, l’eau chaude est à volonté. Il faut dire que ce n’est pas ce qui manque dans le coin. Aucun problème non plus pour la faire à n’importe quelle heure du jour, puisqu’il n’y a pas de nuit. En tout cas, jour ou pas, Morphée nous a tous cueillis le temps de l’écrire.



rando Blahnukur (la montagne bleue) : mortelle randonnée (environ 4 heures)La journée est bien avancée à l’heure où nous quittons la tente pour notre premier trek, équipés de nos grosses chaussures, de guêtres et dans le sac à dos tout le nécessaire du parfait marin. Au-dessus de nous brille le soleil, enfin, au milieu d’une grande tâche bleue ourlée de gros nuages gris couleur plomb. La météo annonce de la pluie, pas besoin d’être une grenouille pour voir qu’elle a peu de chance de se tromper. La belle lumière fait ressortir les couleurs des monts découpés à la serpe qui nous entourent. Ça promet … d’être ardu à la montée. Comme tout cela est cent pour cent volcanique, à chaque pas vers le sommet il faut soustraire un tiers de redescente. Disons que ça ralenti fortement l’élan du départ, entrainant pour certains des réflexions compliquées sur le calcul de l’énergie perdue pour cause de sol instable, et pour d’autres sur l’inutilité de monter si haut si c’est pour redescendre. Ce qui est sûr, c’est que la pente est raide et très régulière et que ce n’est pas le moment de tomber. Le vide, c’est peut être ça finalement qui a attiré irrésistiblement l’un des objectifs photo de Grisemote, son préféré, la prunelle de ses yeux ! Prenant son indépendance en solitaire dans son bel étui molletonné noir en se détachant de sa ceinture, il est allé, guilleret, visiter la pente, en sautillant de rochers en rochers pour finir sa course deux cents mètres plus bas. Diagnostique après un bon quart d’heure pour ramener le fugueur : « - Il va falloir me desserrer cette mâchoire-là, sinon tu vas tétaniser… bon, pour l’objectif, il doit bien y avoir quelques lentilles de récupérables pour faire des loupes. Ca peut toujours servir … ». J’ai le souvenir ensuite d’une vague phrase prononcée opportunément pour galvaniser à nouveau les troupes vers notre objectif … heu, vers le sommet « Cette offrande n’aura pas servi à rien, nous le monterons ce mont … » Quant à Grisemote, elle a désormais le choix entre un 10-20mm ou un zoom pour ses photos. Trop de choix engendre des hésitations. Comme ça au moins c’est plus simple. « Ma-gni-fi-que, grandiose ». Tels sont les mots qui viennent à la bouche sur le toit de notre gros tas de lave. Entre ombre et faisceaux de lumière, les couleurs flamboyantes des volcans sont hors du commun. Côté couleur justement, les plus observateurs avaient également remarqué les belles nuances grises des nuages sombres qui arrivaient sur nous. La redescente fut longue, sous une pluie battante, pénétrante, glacée parfois sous forme de neige fondue, puis de grêle. Nous sommes trempés jusqu’aux os. Nous traversons rapidement une zone de fumerolles mais vu le taux d’humidité, nous aspirons à nous abriter au plus vite. Les derniers kilomètres sont parcourus au milieu d’une grosse coulée de lave basaltique d’un noir profond et aux formes déchiquetées. Quelle balade inoubliable (chacun pour ses raisons !). Du trois étoiles . C’est dans ces conditions-là qu’une bonne tente où l’on peut se tenir debout ou assis à une table, bien sèche à l’intérieur, prend tout son sens. Tous les vêtements portés sont trempés. Les faire sécher ne va pas être une mince affaire ! Après une sieste réparatrice, la répartition des tâches est équilibrée. Pendant qu’un certain part chercher de l’essence à une quarantaine de kilomètres de piste de là, les autres vont à la corvée de bain chaud. Chauffage à fond dans la voiture pour faire sécher les vêtements, la fenêtre ouverte, je traverse des paysages lunaires jusqu’à un point essence complètement perdu (Hrauneyjarfoss). Au retour, un auto-stoppeur français profitera lui aussi du chauffage à fond. Il parcourt le pays avec le minimum syndical. C’est courageux, surtout compte tenu des conditions climatiques du pays, et particulièrement dans le centre de l’île. Côté bain chaud (à accès libre), vu les sourires de ceux qui en reviennent, c’était visiblement une corvée acceptable. Le site est naturel, à part l’escalier en bois pour y entrer et le sol qui est fait de petits cailloux doux aux pieds. Les bains sont alimentés en direct par des courants chauds descendus des monts volcaniques. Chacun choisi sa température en fonction de l’endroit où il se situe par rapport au courant. Gare, on doit pouvoir sortir totalement écrevisse si on va au mauvais endroit quand même.

Des crampons et des Hommes : Rando Ljotipollur (disons 4 heures)Le lendemain, nous repartons par un temps mitigé vers le Ljotipollur. La balade est simple pour monter au lac bleu, au centre d’un très beau cône volcanique. Il suffit de mettre un pied devant l’autre. Réputé pour sa belle couleur, nous n’en voyons que des reflets au début. « Si le temps ne te convient pas en Islande, il te suffit d’attendre quelques minutes ». Et bien, ce ne sont pas des ragots, mais l’inconvénient est que ça marche dans les deux sens. Quelques rayons de soleil furtifs illuminent le site et nous permettent de faire nos clichés réglementaires. Le rouge et le noir se marient bien sur les flans du volcan. Un petit mont supplémentaire pour une vue à couper le souffle et nous rentrons à la tente pour midi et une petite sieste réparatrice.



Des Hommes avec de moins en moins de crampons : Rando Brennisteinsalda (pas loin de 5 heures) L’après-midi est consacré au retour vers le site de fumerolles vu la veille, au pied du mont arc en ciel. Une merveille. Les fumerolles en elles-mêmes n’ont rien d’extraordinaire, mais tout autour de nous, les couleurs fusent et les formes très géométriques du relief font de cet endroit, très photogénique, un délice pour les yeux. Nous continuons la balade jusqu’au sommet du volcan Brennisteinsalda (la montagne sulfureuse) pour admirer sur 360° un monde en pleine construction, puis redescendons par une sorte de vallée verdoyante au fond plat où coule en de multiples bras une rivière d’origine glacière. Comme très souvent dans ce pays dès que l’on parle « herbe », on voit des moutons, beaucoup de moutons, en liberté. Rien d’étonnant à cela me direz vous. Avec les nuits blanches, il faut donner de la matière à ceux qui n’arrivent pas à dormir… De retour à la tente, après presque six heures de marche, nous terminons la soirée à faire trempette dans l’eau chaude pour nous délasser. Même quand il commence à faire froid le soir (dans les 10°c), sortir des bains chaud n’est pas un problème tant nous accumulons de chaleur.

Vik : ses falaises balaises et ses environs ron ron



Le Landmannalaugar est un site coup de cœur. Quelque chose à ne pas rater, mais que nous devons déjà quitter après trois nuits sur place pour rejoindre sur la côte le village de Vik y Myrdal. Après un dernier bain chaud, nous empruntons la piste F208 pour laquelle un 4x4 est fortement recommandé. Nous passons de vallée en vallée, et pour chacune d’elle, un ou plusieurs gués sont généralement de mise. Nous n’avons eu aucun problème avec ceux-là. Il faut dire qu’en général le courant n’est pas fort et que même s’ils peuvent être assez profonds (de l’ordre de 50 cm ou plus), le fond ne recèle aucun piège. Peut-être qu’en d’autres circonstances ils sont plus trapus à passer … Cette piste possède un réel charme et les arrêts photo sont si fréquents qu’ils finissent par saoûler ceux qui n’en font pas (les enfants !). Ils ont dû probablement faire un vœu à destination des Dieux locaux pour que nous avancions plus vite : par Appluie. Du coup, une grosse pluie finie par boucher le paysage au point qu’il est bien difficile de distinguer quoi que ce soit. Ainsi, la visite de l’Eldgja (un ravin et une belle cascade) est zappée. Le relief, en se rapprochant de la côte, devient moins prononcé et nous suivons sur de longs kilomètres un cours d’eau très large avant de distinguer la mer. Plus la journée avance et plus le temps se dégage. Côté camping, nous optons pour le site de Thakgil, à une vingtaine de kilomètres de Vik. Nous empruntons pour cela une piste pleine de surprises et vraiment agréable. « - Ça a intérêt à être grandiose » n’arrêtons-nous pas de dire sur la fin du parcours, car le chemin est quand même un poil dur et carrément long (18 km de piste). Nous pensions que le camping précédent était « le camping du bout du monde », mais que dire de celui-là ? Au final, nous n’avons rien à regretter car c’est sûr, il est magnifique, perdu au milieu d’un relief trollesque digne du Seigneur des Anneaux. Ce sera notre camp de base pour deux nuits et cette piste nous la parcourrons un nombre certain de fois. Après l’installation de « nos appartements » au camping, sous un petit crachin vivifiant, nous partons profiter un peu de Vik.



Bon, il faut quand même ramener Vik à ce que c’est : un petit village planté sur un beau site près de falaises de taille respectable qui veillent sur une grosse poignée de maisons et une église qui surplombe celles-ci. Comme il se doit, nous passons à l’église, au supermarché (ce qui représente chez nous une supérette) puis nous finissons par un petit tour au magasin de pulls, renommé semble-t-il, avant de filer vers les falaises de Dirholaey à une quinzaine de kilomètres.



La vue y est superbe et le ciel menaçant rajoute un peu de mystère à l’endroit. Nous espérons voir des macareux, mais nous n’en apercevons que le vol (c’est ce que nous supposons) de très très loin, qui évoque celui d’une chauve-souris. C’est une grosse déception pour Grisemote, mais sans gravité : nous devrions avoir d’autres lieux propices aux macareux pour nous rattraper ! Ce soir-là, fatigués, nous optons pour un restau. Bien entendu, nous ne disposons pas d’un panel important de solutions, mais comme l’endroit est touristique, il y a quand même le choix. Ce sera pizzas pour ne pas entamer trop notre portefeuille vu les tarifs bien plus élevés qu’en France. En prime, le serveur nous apprend définitivement à prononcer correctement le nom du volcan qui fit bafouiller tant de journalistes avant notre arrivée : « Eyjafjallajökull », répète après moi !

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le mouton ! Un petit chapitre « moutons », inévitable en Islande, s’impose. Où que vous soyez, pourvu que ce soit vert, des moutons bien ronds vous croiserez. Compromis heureux entre nos moutons et nos chèvres angoras, indissociables du paysage vous êtes. Moutons joyeux qui gambadent dans les hautes herbes, moutons paisibles qui roupillent à l’abri du vent, moutons peureux qui déguerpissent dès que l’on approche, moutons blancs ou moutons noirs, (pour toute autre couleur, c’est qu’ils sont sous contrat avec Benetton), vous fûtes l’un des sujets préférés de l’appareil photo de Grisemote. Libres ils semblent être, car aucune barrière ne les arrête. Et pourtant, chacun d’entre eux appartient à un bipède. Comment font-ils pour savoir qui est à qui (je pense aux moutons bien sûr) ? Une question nous a taraudé l’esprit : où sont les papas ? Mystère. Une maman accompagnée de deux rejetons constitue le standard universel que l’on rencontre le long des routes. Discipliné, le mouton islandais évite de se jeter sous vos roues, sauf, si la maman ne choisit pas le même bas-côté que sa marmaille. Alors sachez compter jusqu’à trois avant de passer … Pour finir, bien que les côtelettes soient prisées en cette contrée, si je devais être réincarné en mouton, franchement, aucune autre destination je n’accepterais.



Vers Skogar: chutes à gogo Après une bonne nuit au calme au milieu des montagnes, le petit déjeuner se fait sous le soleil, enfin ! C’est donc possible. La journée est consacrée à écumer la région : falaises et chutes d’eaux sont au programme, dans la zone du volcan que nous savions si bien prononcer la veille. Pour nous mettre en jambes, rien de vaut une bonne grimpette sur les falaises (en 4x4 -> oui, c’est moins glorieux, mais on a aussi moins de chance de se faire rincer).



Ce point haut offre une très belle vue sur l’océan et le littoral, ce qui, convenons-en, est le moins que puissent faire une falaise. Nous passons un bon moment à observer les allers et venues des différents oiseaux : c’est un peu comme dans un aéroport. Au dire de certains, c’est un fameux endroit pour admirer les petits tas de plumes noir et blanc dont Grisemote est si friande : des macareux ! Mouai … pas gagné, toujours pas l’ombre d’une plume de macareux. Mais au plus profond du désespoir, alors que la vue est sublime quand même pour les autres, nous croisons deux français, reconnaissables aux habits « quechua » et au guide du routard : « Des macareux ? Certainement que l’on peut en voir ici, de loin, mais la vraie source, je dis bien la vraie … se trouve aux lointaines falaises de Latrabjarg, tout au bout de la zone des fjords, là où la main de l’homme n’y a pas beaucoup mis le pied (comme diraient les Dupont) tant c’est hors des sentiers battus par le vent et la mer. Pour ceux qui y arrivent quand même, la récompense est à la hauteur des efforts consentis. On approche les oiseaux à quelques mètres, voire centimètres, si près que l’on peut presque les toucher ». Aïe aïe aïe. Les inconscients. Le ver est maintenant dans le fruit. Les yeux de Grisemote d’un coup se sont illuminés. De là à penser que cette destination initialement écartée car jugée beaucoup trop loin risque de redevenir au goût du jour, il n’y a qu’un pas. Pourvu que des macareux inconscients se posent près de nous avant, à moins que la visite de la réserve naturelle d’oiseaux que nous devons voir d’ici quelques jours, permette d’en approcher d’aussi près… Quittant les falaises, nous partons du côté de Skogar à cinquante kilomètres de Vik, pour rendre visite à trois belles cascades. C’est aussi par-là qu’a sévi le monstre, l’Eyjafjallajökull… L’éruption se décline bien au passé. Le volcan qui a fait trembler l’aviation mondiale s’est soigné de son gros rhume et s’est plongé à nouveau en hibernation sous son gros bonnet blanc de glace. On ne sait pas si le sommeil est lourd, mais en tout cas il semble ne plus respirer. Pas la moindre petite fumerolle ne s’échappe désormais de son sommet. Décevant, car assister à une éruption n’aurait pas manqué d’intérêt.

L’arrivée au niveau d’une langue glacière, le Solheimajökull, près du volcan, nous permet de voir tous les stigmates du drame qui s’est joué ici. Tout est noir. Sous une couche de quelques centimètres de cendres on peut distinguer une glace limpide. Nous en profitons pour ramasser notre quota de cendres-souvenir (que l’on trouvera par ailleurs en boutique pour une somme respectable). L’effet frigo dû à la glace plus un gros nuage presque aussi sombre que la cendre nous font regagner prématurément la voiture pour l’étape suivante : Skogar et sa spectaculaire cascade skogafoss de soixante mètres de hauteur. L’ennui avec les nuages qui vont dans la même direction que nous, c’est qu’ils finissent par nous rattraper si nous nous arrêtons. Très discipliné, notre gros nuage menaçant fait son boulot d’animation local et nous gratifie d’un grain puissant que nous appréhendons tranquillement au chaud dans la voiture. « Si le temps ne te plait pas dit le dicton Islandais, … » bon, bon, on connaît la suite. Effectivement, vingt minutes après, dans une atmosphère bien lavée, un soleil chaud allume l’arc en ciel adossé à la cascade. Pour la première fois, nous quittons les polaires et sortons en tee-shirt. C’est donc possible ! La seconde cascade est un voile que nous pouvons voir sous toutes les coutures puisque l’on peut passer derrière. Un trésor, paraît-il serait encore dissimulé derrière son rideau. Bon …



La troisième, tout à côté, se mérite pour être observée dans son ensemble. C’est Glufrafoss ! On ne l’entraperçoit qu’au travers d’une fente entre deux rochers. Deux techniques peuvent être employées pour une vision complète : par le haut en escaladant les rochers ou par le bas en remontant les trente à quarante centimètres d’eau glacée sur une quinzaine de mètres. Comme les chaussures risquent de mettre très longtemps à sécher, nous y allons pieds nus et gambettes à l’air. Soyons honnête, cela ne relève pas de l’exploit, mais quand même. Une minute dans l’eau glacé n’est pas loin d’être intenable tant cela brûle la peau. En très peu de temps, on ne sent plus nos jambes ! L’antre mystérieux est en fait un vaporisateur géant, mais cela vaut le coup d’œil !



Près des cascades nous pouvons voir le ballet incessant des camions qui transportent de la terre pour refaire la route emportée par les boues et les eaux furieuses de fonte dues à l’éruption. C’est aussi au travers de cela que l’on mesure la puissance de ce qui s’est passé ici. De retour à Vik, nous arpentons la plage toute de sable noire vêtue et traversée en tous sens par des myriades d’oiseaux.



Très agréable moment, suivi par notre première glace trempée dans du chocolat liquide, réglisse ou autre smarties en copeaux et qui deviendra notre pêché mignon régulièrement tout au long de ce voyage.



En route pour Kirkjubaejarklaustur (à vos souhaits) et le Lakagigar : du lourd pour les braves. Nous quittons Vik et notre camping paumé, après avoir monté un des sommets qui le domine. Monter n’est pas simple, car le sol est fait d’une sorte de boue molle et collante d’origine volcanique. Des pans entiers de ciel sont bleus ce qui est très encourageant pour le reste de la journée. Nous restons près de la côte et notre trajet vers l’est nous permet de voir des langues glaciaires qui s’épuisent avant de se transformer en torrents qui se jettent dans la mer. La route passe à travers de vastes étendues de mousse qui semblent avoir recouvert une coulée de lave. Quelle moelleux ! Nous ne résistons pas à l’envie de tester cette espèce de grosse moquette épaisse grise. En fait, c’est plus que moelleux. Nos pieds s’enfoncent de trente à quarante centimètres, voire beaucoup plus. Nous plantons la tente à Kirkjubaejarklaustur, dans un camping un peu fréquenté, à nouveau sur une belle pelouse. Comme nous avons été rapides à nous installer, nous décidons de nous lancer dans la fameuse piste du Lakagigar , prévue normalement le lendemain, après être passés au visitor center pour connaître le niveau d’eau des gués. Au dire des Islandais, un homme est vraiment un homme qu’une fois qu’il est allé au bout de cette piste. Comme rien n’est dit pour les femmes, Grisemote s’installe comme co-pilote, ce qui est une place moyennement enviée lorsqu’il faut aller tester les gués de ses orteils.



Le Lakagigar, mais qu’est-ce donc ? Un volcan exterminateur : le Laki et à sa suite, une enfilade de cent trente rejetons , dont l'explosion simultanée en 1783 fit trembler l'Europe entière, peut-être même d’avantage selon certaines sources. L'éruption qui dura un an, fut telle qu'elle obscurcit le ciel du continent et rejeta une quantité phénoménale d'acide sulfurique qui créa famines et maladies, voire … une révolution en France quelques années plus tard. Autant dire qu’ici, ça ne plaisante pas. Kilomètres après kilomètres, la piste n’est pas limpide mais ne constitue pas réellement ce que nous pourrions appeler une épreuve, si ce n’est qu’elle est longue et pas très roulante. De quoi sont faits les hommes d’ici ? Le niveau d’eau étant raisonnable, le passage des gués est une formalité, sous contrôle quand même (nous placions un enfant sur le toit pour mieux évaluer les éléments). Le paysage traversé n’est pas non plus transcendantal. Mais alors me direz-vous, qu’êtes-vous allés faire dans ce drakkar ? Le bout de la piste forme une grande boucle, c’est là que se trouve les joyaux de la couronne de volcans. Lunaire, tel est le qualificatif qui vient à la bouche lorsque l’on traverse ce désert de cendres ponctué par les reliefs volcaniques. A un point haut, nous affrontons un vent tellement puissant que nous avons tenté d’apprendre à voler. Puis nous passons de lacs de volcan en cheminées ou coulées de lave, le tout dans un désordre un peu déroutant.



Seulement voilà, à l’issue de la boucle (environ trois heures), Grisemote n’est pas satisfaite. Certains carnets de voyage font état d’une enfilade de volcans que nous n’avons pas même entraperçue. Autant dire que nous n’avons rien vu ! Une certaine lassitude s’exprime pourtant dans les rangs, après tout ce chemin à explorer le site dans les moindres recoins. Mais bon, pas question de lever le camp tant que notre alignée de volcans n’a pas été vue. Pas question de lever le camp donc tant que notre alignée n’a pas été vue. De retour au point culminant de la piste, ultra venteux, nous décidons de monter le mont Laki, en quatrième vitesse car le ciel bleu n’est plus qu’un lointain souvenir. Et là, oh magie, tout s’éclaire.



Ce qui semblait n’être que désordre et chaos vu d’en bas, s’avère être d’une grande logique observé de haut : tous nos cônes sont rangés sagement tout au long d’une gigantesque faille bien visible et qui d’ailleurs passe très clairement sous nos pieds. Allez, il faut être honnête et rendre à Grisemote ce qui lui appartient, la persévérance, car sans elle nous rations ce spectacle grandiose qui est indéniablement le clou de la journée et qui vaut à lui seul tout le parcours, quand bien même à la fin nous ne gagnerions pas notre brevet de vrai homme promis à ceux qui vont au bout de la piste.

Rando Klaustur et route vers Skaftafell : la paix du mollet Avant de lever le camp pour d’autres cieux, Grisemote nous a sélectionné une rando autour du village, restée dans toutes les mémoires pour … les glaces que nous avons mangées à l’arrivée. Hormis une prairie moutonneuse dans des hautes herbes, le seul intérêt était une magnifique dalle d’orgues basaltiques près de la route à l’arrivée. La nature sait aussi faire de la géométrie, et sans règle s’il vous plait. Nous reprenons la voiture pour les langues glaciaires impressionnantes du fameux glacier Vatnajökull, le plus grand d’Islande (et même d’Europe !).



La tente est montée en quarante minutes chrono, tout compris. Nous commençons à être experts en planté de piquets dans les belles pelouses des campings. Le camping Flosi de Skaftafell a aussi un autre atout de poids, il dispose d’une piscine chauffée (et payante) qui fait saliver les enfants, d’autant que la chaleur solaire est au rendez-vous. Nous enfilons le short ! Et oui, c’est arrivé chez nous. Nous privilégions dans un premier temps la visite du glacier le plus proche : le Skaftafelljökull. Comme d’hab, près de ces frigos naturels, un vent glacial descend geler nos jambes à l’air. Un torrent puissant nous empêche d’accéder aux glaces, ce qui nous permet de classer également cette balade dans la catégorie des « Bof ! ».



Heureusement, la piscine remet du baume au cœur de tous.

Chapitre piscine : Avant de rentrer dans l’eau, la douche est obligatoire. Rien d’anormal me direz-vous. En effet, sauf qu’ici, on vous explique, dessins à l’appui, ce qu’il faut laver, et il n’y a pas que le dessous des bras. Les douches se prennent dans le plus simple appareil, ce qui gêne un peu les enfants au début, mais on s’y fait très bien car ici c’est naturel (les sanitaires ne sont pas mixtes quand même !) La soirée est conviviale avec un petit foot avec des islandais du camping. Un point obscur quand même : ils sont bien plus forts que nous. Grisemote l’insatiable ne peut tenir en place tant que les piles sont bonnes, les adultes laisseront les enfants à leurs jeux pour faire un petit saut vers le glacier juste à côté du camping : le Svinafellsjökull. La lumière est déjà basse, mais c’est quand même bien sympa. Une sensation bizarre nous envahie juste avant de nous coucher : ça chauffe et sa picote au niveau du visage et des jambes. Après un long diagnostique, nous sommes formels : ce sont des coups de soleil. Par pudeur pour tous ceux qui n’ont vu que de la pluie en Islande, nous avons préféré ne pas prendre de photo pour témoigner du fait que cela est possible … ainsi planera toujours le doute.

Skaftafell : Hundafoss, Svartifoss, bergerie de sel. Fjallsarlon et Jökulsarlon. Levé de paresseux vers neuf heures trente pour un petit trek vers la cascade de Svartifoss, célèbre en Islande pour ses orgues basaltiques. C’est un sentier très emprunté par les locaux et bien balisé. Nous entamons notre marche par la cascade de Hundafoss, suivi sur le chemin par la visite de la bergerie de «Sel » avec ses toits recouverts d’herbe.



Après un pique-nique sommaire sous le soleil, nous atteignons la fameuse chute d’eau. Elle vaut en effet le détour, avec ses longues orgues suspendues, taillées avec soin suivant les lois de la cristallisation. Nous la surnommerons la cascade aux dreadlocks.



L’après- midi est consacrée à la visite du glacier Vatnajökull dans sa partie basse, puisque nous ne sommes pas équipés ni aptes à le parcourir sur sa surface. A quarante kilomètres à l’est de notre camping, nous nous approchons d’une des langues de glace : Fjallsarlon. Comme la veille, un grand lac nous sépare des séracs, mais celui-ci est rempli de tous les débris de glace qui se sont détachés. Le point de vue est surprenant.



À quelques kilomètres de ce premier arrêt, nous escaladons un talus de résidus poudreux et de gros galets formés par le glacier lorsqu’il descendait jusque-là. Du haut de ce point, nous découvrons un spectacle exceptionnel : un cimetière de blocs de glace qui agonisent avant de lentement fondre et s’échouer à nos pieds. Le bleu limpide de l’eau et du ciel mêlé au blanc éclatant et transparent des formes torturées de la glace, sur fond de Vatnajökull, donnent à l’endroit un aspect mystérieux. C’est le Jökullsarlon. Le lac a un accès à la mer qui se situe à quelques centaines de mètres de là. Du coup, les blocs glissent lentement vers la sortie. Tout cela est hautement photogénique. Le long de la berge nous croisons un couple dont la femme sort de l’eau en combinaison de plongée. Sourire aux lèvres, elle semble avoir apprécié également la vue d’en-dessous sachant que comme tout iceberg, même de petite taille, l’essentiel est sous la ligne de flottaison. Cette berge est pleine de surprise décidemment. Nous rencontrons à nouveau notre auto-stoppeur français du Landmannalaugar qui nous raconte le trek de trois jours qu’il a fait là-bas. Entre la beauté du paysage, le froid, la pluie, la neige et l’eau glacée d’un torrent qu’il a essayé de traverser pour rejoindre l’autre rive après des kilomètres de recherche d’un point de passage, on sent que ce fut inoubliable, … mais dans quel sens ? Pas tout public le truc. Pour couronner la fin de cette belle journée lumineuse, nous finissons par la visite de l’embouchure entre le flux puissant de l’eau du lac chargé des blocs de glace et la mer. Sur la plage, la glace finit sa route après avoir été rejetée par les vagues. Fabuleux ! Avons-nous eu de la chance ? En tout cas, alors que l'endroit est généralement noté surpeuplé et bruyant, nous étions seuls le long de la berge du lac, dans un silence total juste interrompu par les craquements de la glace en agonie et les ploufs des ricochets de ceux d'entre nous qui étaient moins contemplatifs. Notre arrivée tardive y est peut être pour quelque chose... Côté mer, en revanche, la plage était plus habitée.

Presqu’île d’Ingolfshöfdi, route vers le lac Myvatn



Debout les campeurs et hauts les cœurs, c’est la journée de visite, de la réserve ornithologique. Macareux paresseux, faites de votre mieux, pour que l’objectif de Grisemote immortalise vos trognes. La tente est à nouveau repliée et après une courte visite de l'église de Hof, nous sommes entassés dans une grande charrette tiré par un gros tracteur, pour aller jusqu’à une île dont l’accès ne semble possible qu’à marée basse. Le trajet dure bien une bonne vingtaine de minutes sur du sable noir, avec un vent froid. Pas donné d’ailleurs la visite - 10 000 krones pour cinq - mais pour ce prix- là il y a une guide charmante en prime pour cinquante à soixante personnes. L’île est entourée de falaises, d’où la grande diversité de volatiles que nous pouvons y voir. Certes, il vole de tout, mais ce doit être l’heure de la sieste pour les macareux. Les seuls oiseaux que nous pouvons vraiment voir de près sont des grands labbes qui piquent sur nous lorsque nous nous approchons des nids au sol qui se trouvent un peu partout. Notre guide, après nous avoir expliqué à quel point il était important de marcher à la queue-leu-leu pour protéger le site et ne pas déranger les oiseaux, nous réunit tous autour d’un oisillon apeuré par tous ces monstres. La conception de protection de la nature nous a un peu laissés pantois sur ce coup. En tout cas, les grands labbes défendent bien leurs progénitures et n’hésitent pas à attaquer tout ce qui dépasse et s’approche de leur nid. Pour cela nous avons pris un bâton de randonnée qui une fois levé sert de paratonnerre anti-oiseau. Ils visent le point le plus haut de la personne. En dehors des oisillons, tout ce que nous voyons est loin et il se peut que dans le lot des points volants il y ait eu des macareux. Le casting est un échec cuisant une fois de plus. Tout cela est un peu, comment dire, décevant, même si l’ensemble de cette promenade gentillette et sans relief n’est pas désagréable. Mais au fait, les oisillons savent se défendre aussi. Alors que les enfants s’approchaient d’une petite falaise pour faire un concours de sauts dans le sable en contre-bas, un petit oiseau tout mignon dans son nid, proche de la ligne de départ des sauts, leur a envoyé une sorte de vomi super odorant, à plus d’un mètre. Ce répulsif anti humain a en tout cas marché du tonnerre.



Nous retrouvons la route numéro 1 pour un long trajet qui doit nous mener au lac Myvatn, en contournant l’immense Vatnajökull. La route est réputée belle avec des fjords et des passages montagneux. Ça tombe bien, nous ne demandons que cela. Le ciel bleu lors de notre périple ornithologique commence à se charger de nuages par l’est. Phénomène local également, des nuages descendent rapidement des monts qui longent la mer, comme un torrent gazeux. Puis la pluie arrive, accompagnée de brouillard. Des fjords, nous n’en avons vu que le fond des vallées et les virages. Höfn, au pied du Vatnajökull, nous ne la verrons pas non plus. Vers vingt heures, las de la route grisonnante et sans visibilité, nous nous arrêtons au restau « routier », type fast food, de Egilsstadir. Dehors, il fait un petit 5°C avec un bon vent. Une météo d’été Islandais qui semble dans la norme si l’on en croit la sérénité des locaux, qui ne sont jamais loin de leur pulls … comme les moutons. Le temps d’un repars et nous repartons sous le soleil du soir. La deuxième partie du parcours nous amène à rentrer dans les terres. Forcément, cela se traduit par de la montée, plutôt soutenue, au début sur route puis sur piste. Nous enchaînons virages sur virages : un col quoi ! Intéressant pour la conduite, mais nul d’un point de vue touristique, car plus nous montons, moins nous voyons. Nous sommes complètement dans les nuages et découvrons la piste au dernier moment. Arrivés à ce que nous pourrions appeler le sommet, vers vingt deux heures, nous sentons que le soleil n’est pas si loin que cela et qu’il ne faudrait pas aller encore bien haut pour passer au-dessus des nuages. Alors que nous roulons relativement lentement dans le « blanc », sur ce qui doit probablement être une sorte de grand plateau, nous voyons soudain apparaître sur le bas-côté de la piste … un auto-stoppeur, guitare à la main. Nous sommes cinq et il est bien difficile de prendre quelqu’un de plus. Mais là, à cette heure, cet homme tout seul dans le brouillard le plus opaque, avec son air tout confus, nous décidons de nous arrêter au moins pour prendre sa guitare…. Bartholomeïu, polonais, (pardon pour l’orthographe incertaine) son gros sac à dos et son instrument ne sont pas bavard. Frigorifié et visiblement un peu abasourdi par ce qui lui est arrivé, il a du mal à nous tendre son morceau de carte pour nous expliquer son trajet tellement il tremble. A priori il s’est trouvé piégé pour on ne sait quelle raison exactement dans cette purée de pois, là où il n’y a personne, à une heure où les voitures ne circulent plus depuis longtemps … Quelques kilomètres plus loin, nous sortons brusquement des nuages : plein soleil, ciel bleu, lumière chaude sur un immense plateau volcanique habillé de quelques monts de ci de là. Derrière nous, nous pouvons voir un spectacle peu commun. Le brouillard entoure un mont en suivant son relief, comme une sorte de manteau translucide. Les kilomètres défilent, Bartholomeïu se réchauffe. C’est un désert grandiose qui nous accompagne jusqu’aux fumerolles de Namajfall suivi par le site hautement géothermique de Reykjahlid et sa piscine d’un bleu azur d’où s’échappe une sorte de brume de chaleur. Juste avant d’arriver à notre camping, à sa demande, nous laissons Bartholomeïu sur le bord de la route. A priori il doit être à Reykjavik le lendemain, et pour cela il doit continuer à faire du stop. « Vous n’avez sauvé la vie » nous déclare-t-il avant de partir. Sans exagération (car il avait encore sa guitare à brûler pour se réchauffer), disons que nous l’avons sorti d’une bien fâcheuse situation. Dans ce pays où les conditions météo changent si rapidement, avec des écarts importants de température, il semble qu’il soit assez facile de se faire piéger lorsque l’on est à pied. Le précédent autostoppeur nous avait bien dit lui aussi qu’il avait eu peur pour sa vie lors de son périple dans le Landmannalaugar, à cause du froid… La journée n’est pas finie. Nous foulons la pelouse du camping, alors que le soleil vient juste de disparaître à l’horizon. IL est minuit 15. Nous sommes néanmoins accueillis par le gérant et nous trouvons une belle place, face au lac, au milieu de nombreuses tentes. Gros bémol, les voitures ne sont pas autorisées près des tentes et nous devons tout transporter à la main, dans le silence (qui est d’ailleurs très bien respecté dans les campings). Inutile de dire que le sommeil ne fut pas long à trouver. Autre fait plus inquiétant, Robin tousse depuis la veille et cela semble empirer. Il a de la fièvre. Un malade sous la tente, c’est le scénario catastrophe …

Lac Myvatn : l’usine à volcans (Krafla, Viti, Leirhnjukur, Namafjall)





C’est sous le soleil matinal radieux que nous partons vers le volcan Krafla et sa zone géothermique, en short et tee-shirt, à une dizaine de kilomètres du camping. La chaleur devient une habitude. Nous tombons sur une grosse structure industrielle qui crache de la vapeur avec un sifflement assourdissant. C’est le style d’installation qui permet au pays de produire son électricité et de se chauffer « à l’œil ». Au cratère Viti, juste à côté, nous profitons d’une plaque de neige pour remplir notre glacière puisqu’ici il semble saugrenu de vendre de la glace.



Nous passons ensuite le début d’après-midi au milieu d’un site fortement volcanique récent, à quelques kilomètres du cratère Viti, le Leirhnjukur, au milieu de coulées de lave noire, de fumerolles et de petits cônes de volcan. Sur le sol, il faut faire attention là où on marche car certains endroits sont bouillants et souvent marqués par des couleurs vives. Çà et là sont disposés des séismographes pour prévenir des éruptions, et vu la configuration, on sent que la terre ne demande qu’à s’embraser à nouveau. Pierres ponces, joyaux noirs bleutés, « éponges » rouges à peine plus lourdes que du polystyrène, nous remplissons nos poches. Il faut parfois prendre une longue respiration pour passer un barrage de fumerolles à l’odeur fortement soufrée. Au moins cela dégage le nez. Suite à un différent familial de taille sur un type de roche incorrectement nommé, les uns tentent leur chance à droite, vers des cônes et des fumerolles, et les incurables ignorants partent à gauche, vers des fumerolles puis des cônes. Robin, malgré sa fièvre du matin (traitée assez efficacement par de l’advil), reste encore très valide. Comme à son habitude, il délivre une interprétation continue de ce qu’il voit, de ce qu’il imagine et de ce qu’il a déjà vécu. Puisque le sujet ne porte pas sur LES fameuses roches qui posent problème, ce fleuve de parole est le bienvenu.



Nous continuons par un site également très actif près de la route principale, Namafjall. Dame nature nous a concocté en condensé, des stands attractifs avec toutes les techniques dont elle dispose sur les manifestations de taille humaine : coulées d’eau chaude qui se déversent dans des bassins dont les pourtours sont marqués par des couleurs vives – certainement du sang de troll, rouge, orange, vert- , grosses cheminées qui crachent de la vapeur en sifflant suivant des tonalités propres à chacune d’elle, bains bouillants à grosses bulles dans une eau limpide, marmite glauque de boue qui glapie de gros gloop, petites pustules qui laissent échapper des senteurs nauséabondes … en quatre mots : la foire aux sorcières. De jour, c’est sympathique, de nuit, il faudra patienter quelques mois … Avant de regagner nos pénates, sur le chemin du retour, nous faisons halte à une grotte presque remplie d’une belle eau nacrée bleue. Ce n’est pas une surprise, elle est chaude et on s’y baignerait bien, mais comme il n’y a aucun islandais et qu’il est bien difficile de savoir si le côté limpide est obtenu par une forte acidité par exemple, nous restons sagement dans nos maillots de bain, bien au sec et nous consolons avec des photos. Une grosse fissure au-dessus de nos têtes semble communiquer avec l’extérieur. Nous sortons et grimpons sur le « toit » et là … surprise ! Ce n’est pas à proprement parler une fissure, mais carrément une faille, une gigantesque balafre qui inscrit son sillon sur toute la région visible, de part en part. Ils ne font pas les choses à moitié dans ce pays.



En route pour l’Askja : On a marché sur la lune C’est sous un ciel anticyclonique bleu dense que nous partons pour une contrée hors du temps et de l’espace : l’Askja, un site volcanique loin de tout, accessible par une piste chaotique et sans concession d’une bonne centaine de kilomètres quand même. L’autre bout du monde quoi (puisque nous en avons visité déjà un). Pourvu que l’univers ne soit pas courbe quand même sinon nous risquons de retomber sur le premier bout et ça fait une trotte. La littérature forumistique en la matière est terrifiante, du type : « nous sommes partis sous un ciel bleu et soudain ça a viré au cauchemar. Une tempête s’est levée et même les doudounes les plus épaisses ne suffisaient pas pour arrêter le froid ». C’est donc prudents que nous quittons notre tente, en short et chemisette, mais avec le nécessaire pour affronter les conditions polaires dans le coffre. Robin va mieux et sa fièvre a bien baissé. La piste est longue mais enchanteresse. Un vrai petit parcours du combattant. La première vingtaine de kilomètres est roulante au milieu d’une immense plaine plate enjolivée de scories. Lunaire. Il parait que les astronautes se sont entrainés dans le coin. Pas étonnant. Au milieu de rien, on ne trouve pas grand-chose, à moins d’aimer les cailloux ou la photo noir et blanc. Superbe donc. Puis la piste s’égaie avec quelques passages de gués ma foi pas désagréable. Hissé sur le toit pour ne pas avoir à nager en cas de problème, le plus petit d’entre nous indique la « bonne » voie. Mais compte tenu du niveau d’eau, nous n’avons eu aucune difficulté. Après, les choses se corsent avec la traversée d’une coulée de lave, noire, biscornue, qui a figé des silhouettes de trolls et leur environnement. La piste serpente tant bien que mal en milieu fortement hostile. La crainte est de croiser un véhicule en face, car il n’y a pas toujours la place pour deux. Un régal pour le pilote. Au sortir des ténèbres, nous entamons une partie très roulante, toute en grands virages, sur un sol volcanique gris, jaune ou rouge de pierre ponce qui ressemble à du sable. Notre passage laisse un panache de fumée derrière nous. Quelle grande bouffée de liberté… Tout au bout des cent kilomètres de piste nous tombons en hyperespace sur la lune. Apocalyptique. Il faut une petite demi-heure de marche pour atteindre enfin le cratère Viti, aux eaux tièdes d’un bleu laiteux tendre, chauffé gentiment à la géothermie, qui occupe le centre d’un volcan. Le tout est juste à côté d’un lac bleu foncé gigantesque en contre bas : l’ Öskjuvatn (une ancienne caldera pour les intimes). Sur le chemin, le bruit de nos pas résonne à certains endroits sur ce sol formé de cendres et de pierres ponces. Etonnant !







Les enfants jouent à Obelix en portant de gros blocs de pierre d’une main tant ils sont légers. Après un tour de cratère sacrement pentu, nous descendons au lac pour un plouf dans cette eau qui ressemble à du lait. Comme d’hab dans le coin, les locaux y vont dans le plus simple appareil. Nous restons encore un peu coincés du slip, ce qui ne nous empêche pas de goûter au plaisir voluptueux de faire quelques brasses alors qu’à l’extérieur, même avec du soleil, il fait un peu frisquet. Robin malheureusement reste sur la berge, toujours un peu fiévreux. Un petit tour sur le sommet le plus proche pour avoir une vue d’ensemble puis nous reprenons la piste dans l’autre sens avec Thibaud qui est autorisé à conduire prudemment. La rencontre insolite d’un 33 tonnes qui transportait une citerne au milieu des sinusoïdes de la coulée de lave et pour finir des essais de « gerbe la plus haute » sur une grosse flaque assez profonde furent les dernières animations du parcours. Certes, cela fait des kilomètres mais nous en avons pris plein les yeux. Note de 3 étoiles. De retour à la tente, nous entamons les tâches quotidiennes : repas au soleil du soir devant le lac, Robin à soigner, appareils photos à vider … La routine quoi. Une mouette vient innocemment se poser près de nous. Bien entendu, les enfants lui donnent un petit quelque chose. Innocemment deux, puis cinq, puis quinze, puis vingt mouettes s’installent dans le coin. Il y a visiblement une hiérarchie intéressante à observer et tout ce petit monde piaille gentiment jusqu’à ce qu’un gros lourdaud français de G.O de %$@# du groupe de tentes d’à côté ne vienne interrompre cette étude des mœurs et expression orale des volatiles, en nous prenant pour des enfants mal élevés qui nourrissent les oiseaux qui risquent d’entacher ses tentes. Calme et zénitude nous ont permis de garder la maîtrise de la situation, mais lorsqu’au petit matin nous avons pu voir quelques déjections « mouetteuses » copieusement étalées sur sa tente, nous y avons tous vu une forme de reconnaissance de celles-ci au travers de ce geste de sympathie, pour le bon repas que nous leur avions offert. Après cette petite altercation, l’insatiable Grisemote ne peut se résoudre à baisser sa garde. Il est presque minuit, mais il reste un peu de lumière, et nous partons à deux dans l’antre des Trolls, un labyrinthe géant conçu au milieu d’anciens petits cônes volcaniques aux allures aussi découpées qu’inquiétantes : Dimmuborgir, les châteaux noirs. L’endroit est désert, sombre mais attirant comme tout ce qui fait « un peu peur », surtout en cette fin de règne du soleil. Côté Trolls, c’est comme pour les macareux, nous pensons avoir vu quelques silhouettes en contre-jour, mais cela reste à confirmer. En tout cas, encore une journée limpide, sans un nuage. Serions nous toujours sous la protection des Dieux locaux : par Adis ?



La foire aux chutes : le parc national de Jökulsargljufur « Pour ce matin, des chutes d’eau, cela vous dit ? ». Qui dirait non, puisque de toute façon c’est au programme. En mon fort intérieur, je ne peux m’empêcher de penser qu’il y aurait peut-être un petit caractère de déjà vu sur le sujet, mais cela reste du domaine de la pensée furtive. Une petite heure trente plus tard, après avoir eu l’impression de tourner la nouvelle pub d’Orangina sur une piste défoncée, nous arrivons donc aux premières chutes : Dettifoss. Robin a conduit : niveau 3 avec 130 points. Bonne direction mais attention quand même aux nids de poules. Le brevet de conduite Grismotien est pour bientôt…



Chutes, vous avez dit chutes ? Ici ça décoiffe vraiment. Le volume d’eau qui s’élance furieusement dans le vide est tout simplement impressionnant. Rien d’étonnant donc à ce qu’un brouillard fluctuant s’élève au gré du vent généré par tant d’énergie. Top ! (en fait c’est la plus puissante chute d’eau d’Europe , 44m de haut, 100m de large!) Les deuxièmes chutes, Selfoss, sont plus petites, plus sages et plus dispersées, mais l’endroit très large dégage une belle harmonie que nous essayons de capter avec nos objectifs.



La troisième, Hafragilsfoss, a opté pour la quiétude d’un site revêtu d’orgues basaltiques, étriqué entre deux flans de montagne. Plus discrète, elle n’en reste pas moins belle avec des eaux bleu profond qui se mélangent avec une sorte de liquide du type boueux. Il y en a donc pour tous les goûts et couleurs.



Pour finir, nous entamons un trek de trois bonnes heures au souk international des orgues basaltiques : Hljodaklettar, puis Raudholar. En tous sens, de toutes tailles, les cristallisations de roches octaédriques fusent de partout. Gare à l’indigestion.



La montée du « fameux « mont rouge » , le Raudholar, sera un peu gâchée par … l’interdiction d’aller jusqu’au bout. Bon, pas grave de toute façon on en avait plein les bottes. Pour le retour, c’est Lucas qui conduit. Bien, mais attention aux virages un peu tronqués à la corde. Après l’effort, rien ne vaut le réconfort d’un bain bien chaud : le pays est conçu pour cela. A quelques kilomètres de notre campement nous filons à une large piscine très aménagée d’eau naturelle (Jardbödin Vid Myvatn). Odeur de souffre, bains de toutes tailles, chaleur graduelle en fonction de la distance avec la source, cela reste toujours un grand plaisir que de se laisser rouiller tranquillement dans cette eau énergétique. Beau moment islandais ! Détrempés à souhait et pour tout dire un peu mou, nous descendons dans une petite auberge pour finir la soirée : soupe, hamburger … de la grande cuisine quoi mais dans une bonne ambiance. N’est-ce pas le principal ?

Tiens, voilà du Dauphin. Cela devait arriver, nous levons le camp et quittons notre lac paisible bien aimé. Le repliage est rapide et le programme est fortement chargé. En premier lieu, nous passons à l’infirmerie pour Robin dont la fièvre a décru mais ne se résorbe toujours pas et dont la toux est persistante. L’infirmière ne se risque à aucun diagnostic et nous prend rendez-vous pour le début d’après-midi à Husavik, où se situe le premier médecin du secteur. Avant le départ, nous montons un dernier cratère, le Hverfjall pour avoir une vue sur le lac et ses multiples petits cônes. La montée n’est pas longue pour un point de vue vraiment intéressant : nous pouvons apercevoir une gigantesque faille qui traverse le paysage de part en part et que nous avions déjà observé au ras du sol au niveau de la grotte de Grjotagja. Tous les phénomènes géologiques ici présentés sont gigantesques et dépassent de loin les causes locales. Pas la peine d’être grand Vizir pour comprendre que tout cela se transformera rapidement dans les années à venir (ce qui peut quand même être long à l’échelle géologique). Notre changement à nous sera plus rapide. Nous « descendons » vers la mer, dans le port de Husavik. Cette petite ville plantée au fond d’un Fjord, boostée par son port, est très attractive. Tout est mignon : les maisons colorées, l’église plus travaillée que ce que nous avons vu jusque-là et, bien entendu, le port très animé. C’est la fête à Husavik. A l’entrée de la ville, une gigantesque panthère rose nous salue. Bigre ! La ville est découpée en quartiers de couleur : un rose, un vert et un orange. C’est le maerudagar, a priori la fête des bonbons. Chaque maison, chaque jardin est décoré avec des rappels de la couleur du quartier. Plutôt sympa !

L’attraction ici pour les touristes ce sont les baleines et autres cétacés que l’on peut voir parait il « à foison » : La capitale de l’observation des baleines en Europe quand même. Bien entendu, Grisemote boue d’impatience de voir ces navires amiraux du règne marin. C’est une petite revanche sur les orques que nous n’avons pas vus sur l’île de Vancouver, sous des trombes d’eau, alors que la probabilité d’en croiser était de plus de 90 % (mais nous avions vu pas mal d’animaux à commencer par des dauphins qui jouaient près du bateau). Malgré l’ambiance festive du lieu, dopée par l’enthousiasme de tous, au fond de moi cependant, deux petits diablotins me troublent l’esprit, un rouge et un bleu : « - Tu vas encore te faire rouler dans la farine de poisson – c’est un bel attrape touristes, et pas donné en plus. - Voir des cétacés faire des pirouettes devant soi est une expérience unique et inoubliable, tu ne peux pas rater ça ! » En tout cas, les prospectus qui nous sont distribués de tous côtés dès que l’on fait un pas dans le port sont formels : « Des cétacés, vous en verrez, en quantité et plutôt de prés (pour la rime) ». Ceci s’accompagne de la photo du vol d’une baleine qui pose avec le sourire pour une bonne cause … la sienne. Alors pourquoi me direz-vous, fichtre pourquoi hésiter ? Et bien tout simplement parce que si c’est juste pour voir des dos de baleines ou des jets d’eau au moment de la respiration, je ne sais pas si cela ne va pas vite me lasser, même de près. Bon, de toute façon les dés étaient pipés à l’avance. Le diablotin optimiste n’avait aucune chance de perdre, d’autant que l’eau est bleue, calme, tout comme le ciel qui est sans nuage. L’inscription est prise rapidement pour clore toute tentative de repli. Avant l’embarquement nous filons à l’hôpital pour notre rendez-vous pendant que les deux grands vont écumer le port à la recherche d’un sandwich à leur goût. Surprise, au portillon de l’hôpital on laisse ses chaussures et on marche en chaussettes. Après une attente assez longue, une belle doctoresse nous prend en charge. Grande blonde aux yeux bleus, Robin est tombé sous le charme tout de suite, même lorsqu’elle a annoncé son verdict : 15 jours d’antibiotiques pour une grosse inflammation des bronches et autorisation pour le bateau de l’après midi. Un petit tour à la pharmacie (avec une attente interminable car ils prennent leur temps) et nous voilà fins prêts pour notre périple en mer de 3 heures. Le bateau a un certain charme mais il a aussi la caractéristique d’être bondé. Il est possible de voir les choses d’en haut, mais les quatre ou cinq places possibles sont occupées pas de grands gaillards indéboulonnables. Il reste tout le pont et l'espoir que le saut de baleine sera suffisamment haut pour l’apercevoir au-dessus des têtes. La vue sur la ville est imprenable, puis nous remontons le fjord vers la mer, passant non loin d’une île où il y aurait des macareux. Pour l’heure, ce n’est pas le jour, chacun son tour ! Comme il fait beau et finalement plutôt chaud, nous nous installons vers la proue. Soudain, un dos de baleine passe près du bateau. Ce fut furtif mais grandiose. Il fut accueilli par une grosse salve de photos et une envolée de bonne humeur collective. Il fut suivi d’un deuxième, puis d’un troisième. Le suivant fut très nettement reconnu par notre guide : un dos de dauphin.

Puis il y eu LE magnifique dos de baleine au raz du bateau que j’ai raté car je n’étais pas du bon côté. La chasse est sélective… Un dos présenta en plongeant un bout de queue. Le crépitement des appareils photos était à son comble. Pour ma part, je n’ai pas pu le prendre à cause d’une tête d’humanoïde hilare entre l’appareil et le monstre marin. Bien entendu, c’est contractuel, les cétacés ne manquent pas de se signaler par quelques jets d’eau bien senti. Au bout d’un moment, notre guide, entièrement satisfait de la session, nous annonce fièrement nos « prises » : - « des baleines de type rorqual (a priori les milieux autorisés se seraient laissés dire que tous ces dos là provenaient du même corps, celui de la baleine de garde) et trois ailerons de dauphins. Le tout fut vu de très près. Un festin indiscutable ! Il faut penser à rentrer cependant mais pour couronner le tout, nous allons passer près de l’île aux macareux et boire une boisson chaude. » Nous frôlons l’extase. Après l’île aux macareux, nous profitons enfin du point de vue haut libéré pour voir … le paysage. Aller, il faut être honnête. On a passé un bon moment, parce que le site est magnifique, le temps était parfait et qu’il y a eu des cétacés qui ont montrés leur nageoire caudale comme apéritif. J’entends quand même au fond de moi mon diablotin pessimiste qui me susurre : « Bienfait ! Je te l’avais dit. Je suis même sûr que la prochaine fois tu replongeras … » Pas faux ! C’est pas tout ça, mais il reste un bon bout de route avant l’arrivée prévue. Nous filons à une station service/ fast food pour nous sustenter rapidement, ce qui m’a permis de goûter le hamburger le plus ignoble de ma carrière, puis nous repartons « on the road again ». Sur le chemin, nous passons aux chutes de Godafoss , toutes mignonnes mais sans rentrer dans la catégorie de celles qui marquent une vie.



Puis nous déposons les armes au camping Hamrar d’Akurery (deuxième ville du pays) par une belle lumière chaude du soir qui n’en fini pas de se prolonger. Ce camping est très bien aménagé avec des aires de jeux pour les enfants au-dessus de lacs, et comme d’habitude une pelouse « moquette » qui est un appel irrésistible au posé de ripatons fatigués. Nous inventons un nouveau type de « night soccer » qui fera fureur entre nous les jours suivants…

Akurery



Après un repliage toujours aussi rapide de la tente, nous partons visiter Akurery, belle ville plutôt attractive avec ses petites maisons très colorées, sa belle église et son centre un peu commercial où il est possible de faire quelques achats – ce qui est finalement assez rare. Il y a du teeshirt et des cartes postales dans l’air, mais Grisemote n’arrive pas encore à se décider pour son pull. Robin craque pour un couteau Suisse Islandais absolument unique que ses impitoyables parents refusent d’acheter. Pas assez typique mon fils. Nous reprenons les routes champêtres pleines de pelouses aux mille fleurs, de chevaux photogéniques la crinière au vent et d’arrière-trains de moutons qui fuient les photographes, dans un paysage au relief mi rond mi pointu, pour arriver à la ferme Glaumbaer, ancienne demeure typique Islandaise.



La visite est vraiment très intéressante. Cette ferme est constituée de plusieurs toits recouverts d’herbes, sous lesquels l’aménagement intérieur nous fait revivre les conditions de vie de nos ancêtres pas si lointains. Les murs sont en tourbe, matériaux fortement isolant, et l’usage du bois, pas très courant sur l’île, est mesuré. En tout cas, la ferme est grande et derrière la petite entrée principale, le long couloir nous permet de passer du cellier au garde-manger, à la cuisine, la salle de classe et les chambres de type « salle commune ». Tout est bien aménagé et illustré par de nombreux clichés de l’ère primitive de la photographie. Trois étoiles sans hésitation. Ne pas oublier aussi la demeure principale, plus moderne, qui ressemble à une maison de poupée.



Nous prenons ensuite la piste qui conduit à la péninsule de Vatsnes, avec les arrêts programmés au fort viking de Borgarvirki sorte de « fort » mi naturel mi construit de main d’homme sur un socle basaltique plus élevé que la moyenne. Disons qu’il convient d’avoir un peu d’imagination pour retrouver l’ambiance d’une troupe en ce lieu globalement très minéral. Puis il y eu le fameux rocher basaltique en pleine eau à quelques dizaines de mètre de la côte. Bien, mais la lumière du soir était cachée en partie par la falaise.



A Illugastadir, en recherchant les phoques que l’on peut apercevoir vers la pointe de la péninsule, nous tombons sous le charme du petit camping installé paisiblement près de la mer, dont la pelouse vert cru n’attendait que notre tente. Le propriétaire n’est pas présent, mais ici cela ne pose aucun problème. Cela marche sur la confiance. C’est très reposant. Tout près du camping réside sur la plage une nurserie d’oisillons piailleurs qui attendent avec impatience leur pitance. Au-dessus de nos têtes, les parents s’affairent et font des aller-retours incessants pour les nourrir entre la plage et un champ situé juste derrière le camping à une bonne centaine de mètres. On ne distingue pas leurs cernes, mais on se doute que ces ingrats de nouveaux nés leur en font vraiment baver. En plus, dès que nous nous approchons d’un petit, ils se doivent de défendre le morceau avec véhémence. Dur dur d’être parent ! Ceci dit, ils apprendrons qu’ados c’est pas toujours drôle non plus. Nous finissons la soirée sur fond de soleil qui essaye désespérément de se coucher dans un ciel limpide. Bière, côtelettes d’agneau (désolé), eau chaude pour la vaisselle, night soccer façon Grisemote : le bonheur quoi, le tout sous le ballet incessant des volatiles qui s’affairent dans un sens à vide et dans l’autre avec des vers ou autres mets délicats pour les palais braillards.

La matinée du lendemain commence sous un ciel et une température clémente par la visite à nouveau de nos oiseaux et la recherche de quelques phoques. Un site de protection de ceux-ci existe non loin sans que nous n’ayons pu y accéder la veille. Il y en a, mais ces messieurs-dames nous boudent allègrement et restent avachis langoureusement à bonne distance de la plage ou dans l’eau. Nous enchaînons la visite par des arrêts chevaux, moutons (et oui, Grisemote ne s’en lasse pas, ce qui n’est pas le cas de tout le monde) et pour finir, clou de la matinée, par un site un peu atypique d’orgues basaltiques baignant dans la mer.



Ah qu’elle était douce cette matinée d’été en bord de mer, avec son ciel dégagé, sa piste roulante, ses herbes folles et ses hautes falaises. Trop facile en tout cas, car le reste du parcours de la journée file vers le centre de l’île, vers des monts sombres qui ressemblent à ceux du Mordor, entourés de nuages inquiétants. Au fur et à mesure que nous entrons dans les terres, la lumière diminue, la piste devient technique et cassante, le relief s’accentue, les pulls refont leur apparition tandis que les shorts sont remisés en fond de cale. Nous n’avons pas d’anneau à détruire, juste l’envie d’en découdre avec Dame nature qui semble vouloir nous faire payer cher notre incartade dans ses terres secrètes.



L’arrivée au camping ne fut pas réjouissante: ambiance refuge et foutage de gueule de façon institutionnelle. Certes on ne peut pas penser à tout mais disons que dans un camping, on s’attend à trouver un semblant de terrain à peu près dégagé pour y planter une tente… et bien ce ne fut pas simple de trouver un espace correct. Avec deux petits sanitaires miteux (un pour les hommes et un pour les femmes), bravement équipés d’un lavabo pour trente personnes, d’une douche et d’un robinet dehors pour la vaisselle, c’est ce que l’on peut qualifier sans risque de camping spartiate. Cerise sur le gâteau, il faut laisser la voiture au parking et donc se transporter nos 100kg à la mimine. Pas très attractif tout cela ! En revanche, le chalet de l’accueil sert des repas chauds dans une petite salle remplie de buveurs de bière et de simples touristes qui cherchent un peu de chaleur humaine. Le vent est assez fort et nous sommes prudents en déballant la tente pour qu’elle ne s’envole pas. Nous consolidons fortement nos attaches avec de grosses pierres et des sangles pour espérer la conserver au même endroit toute une journée. C’est le retour vers l’automne côté température. Tout cela n’entame pas notre moral d’acier. Nous chaussons les crampons, équipons nos sacs à dos avec le nécessaire contre la pluie et nous voilà partis avec allégresse vers le volcan Strytur, petite rando qui n’excède pas dix kilomètres. La première heure fut tranquille. Le vent avait baissé d’un ou deux tons et le soleil tentait des percées ponctuellement réussies. C’est la deuxième heure que nous n’avons pas aimé. De gros nuages avaient rempli le ciel, lâchant par intermittence des éternuements humides. Ce bon sang de foutu volcan devait apparaître derrière chaque colline mais à chaque fois il reculait à la suivante. Un grand classique. Un vent soutenu s’est mis à siffler à nos oreilles et à nous glacer le peu de sang liquide que nos corps transis contenaient encore. Un plaisir intégral. Mais comment rebrousser chemin après tant d’effort, alors que « le paysage à ne rater sous aucun prétexte » est là, à quelques ridicules encablures ? Robin, est le premier à se planter derrière un gros rocher et à abandonner la lutte. Comme l’arrivée est imminente nous lui laissons les sacs à dos et partons à l’assaut des derniers mètres. La terre est de plus en plus désolée et les conditions se durcissent. Il faudra encore presque trente minutes pour arriver au site, ce qui n’était pas vraiment prévu. Oui, il est beau. Splendide certainement par beau temps. La visibilité réduite et la lassitude de tant d’efforts pour un résultat mitigé dans ces conditions feront que nous n’insisterons pas particulièrement dans la phase contemplative. L’avantage de monter avec le vent de face, c’est que l’on descend avec le vent dans le dos. Cette lapalissade se traduit par une redescente fulgurante en courant, pour rejoindre un Robin que nous imaginions glacé derrière son rocher. Le gaillard est solide et bien au chaud avec les vêtements que nous lui avions laissés. Lucas chute et se blesse à la main. Même si le but a été atteint, c’est un trek qui restera dans les mémoires pour sa difficulté et l’énergie qu’il nous aura coûté. Sous un soleil radieux, c’est peut être une balade champêtre … Et dire que l’on bronzait le matin même … Nous goûtons le plaisir de rentrer au chaud dans notre tente spacieuse. Toute la nuit, elle s’est tordue de tous les côtés, avec des couinements inquiétants au niveau des arceaux. Mais comme le roseau, elle plie mais ne rompt pas. Elle a tenu Éole en échec, par Avent.

C’est toujours avec un vent plutôt fort que nous replions la tente le lendemain, après une douche chaude (c’est quand même un des avantages de ce camping). Non loin du camp il y a des sources chaudes, mais aller se baigner par ce temps maussade et ce vent, non merci ! Nous passons donc voir les solfatares avant de partir.



La piste pour aller à Kerlingarfjöll est belle et sans histoire, si ce n’est que Thibaud conduit un bout de chemin. Robin va mieux avec ses antibiotiques, mais ce n’est pas encore ça. Arrivés sur le site à caractère volcanique, un vent violent rend l’approche difficile pour voir en contrebas ce point chaud aux couleurs multiples qui dégage des fumerolles de toutes parts. Tout cela est très attrayant mais les conditions sont un poil hostiles quand même entre vent et gros nuages de pluie actifs. Nous optons pour l’installation en premier lieu au camping, quelques kilomètres plus bas, ce qui laisse le temps au temps de changer. L’humidité ambiante, le froid et la lumière triste ne soulèvent pas vraiment l’enthousiasme dans les rangs à l’idée du planter de piquets. Il y a de petits chalets, nous tentons le coup auprès de l’accueil. Hormis le coût justement, c’est une belle aubaine. Dormir dans du dur, avec du chauffage, de l’eau chaude – mais pas de douche – et pouvoir faire sécher les affaires, nous ne réfléchissons pas longtemps. Après un repas et une bonne sieste qui nous mène vers 17h00, nous nous préparons à affronter les conditions extérieures hasardeuses pour monter à notre site d’activités volcaniques, par un chemin de montagne plutôt que par la piste du matin. Le vent est tombé, mais le plafond reste bas et instable. Le crachin est là. Les plus impatients partent devant. Un bon quart d’heure plus tard le reste de l’équipe les croisent en sens inverse. Il fait froid et ce n’est vraiment pas raisonnable pour la santé de Robin. Il y a du 4x4 dans l’air pour se rendre à destination … Avec les deux grands, nous montons entre les monts sur un chemin fait d’une sorte de boue un peu collante de différentes couleurs entre le bleu, le vert, le jaune et le gris suivant les terrains et l’origine volcanique. Nous terminons par la traversée de grands névés ou résidus de glacier sous une pluie froide. Ça a intérêt à valoir le coup d’œil, parce que deux heures de montée dans ces conditions n’est pas une sinécure … Pendant ce temps, l’équipe Grisemote-Robin, elle, attaque le trek N°7, dans des conditions pas faciles non plus. Magique ! Cette zone est un vrai régal pour les yeux et les narines. En arrivant, le ciel se dégage partiellement et une belle lumière modulée par les percées du soleil illumine en contrebas des zones aux couleurs vives que l’on entraperçoit entre les fumerolles blanches. Un petit ruisseau rose serpente en fond de vallée en perdant sa chaleur. Au niveau des crêtes, des cheminées sifflent, bloblotent, crachent, gargouillent. C’est une exposition à ciel ouvert sur ce qui se fait de mieux dans le genre « point chaud » … Une réussite. Nous faisons la jonction avec les deux fugitifs au niveau bas, près de la rivière et d’un bain chaud installé par notre loueur de bungalow : juste une retenue d’eau. Au moment où nous arrivons, un homme est en train de le vider et de creuser le fond qui se remplit régulièrement d’une sorte de boue glaiseuse. Avant de nous baigner, nous avons une demi-heure à perdre, ce qui n’est pas une galère dans un endroit aussi enchanteur. Ce petit coin d’enfer est un paradis pour les photographes notamment, avec un festival de couleurs réunies avec harmonie dès que le terrain « chauffe » ou dès qu’une source d’eau apparaît. Nous aurions aimé faire le trek N° 7 en entier (l’équipe arrivée en voiture l’a fait en grande partie), mais compte tenu de l’heure tardive de notre arrivée et du côté incertain du temps, nous explorons uniquement le secteur, remontant quand même jusqu’au glacier le plus proche. Comme nous n’avions pas prévu de baignade et que l’endroit est presque désert, nous la jouons à l’Islandaise et nous laissons détremper un bon moment dans cette eau chaude certes boueuse mais revigorante. Comme les autres fois, la sortie du bain ne nous transforme pas en glaçon tremblotant tant nous avons accumulé de chaleur. Ce site est un gros coup de cœur et un de nos préférés.

Nous quittons notre petit chalet le lendemain à regret et repartons faire une dernière visite à nos fumerolles avant d’affronter la piste vers Geysir. Les paysages sont larges, immenses, avec, où que porte le regard, des monts sombres auréolés de verdure. Passant près d’un glacier de taille plus que respectable entouré de pics inquiétants, nous ne pouvons résister à l’idée de sortir de notre piste pour en prendre une autre autrement moins carrossable, qui y mène. Même avec un 4x4, la négociation de chaque mètre est compliquée et nous finissons par faire demi-tour. Les pistes s’enchaînent, puis vient la route et le retour sur des lieux plus civilisés. Plus nous nous rapprochons de la côte, plus le ciel s’éclaircit. C’est donc sous des cieux lumineux et cléments que nous revisitons le point chaud de Geysir pour une deuxième chance de reprendre notre bulle annonciatrice du geyser.

Des hommes et des lieux



Une petite glace trempée dans du chocolat pour fêter notre retour au chaud et nous atteignons le fameux site de Thingvellir. Fameux pour qui ? Là est la question. C’est en ces lieux qu’à partir du Xème siècle les différents chefs de clans se réunirent et créèrent un parlement, l’Althing, le tout premier en Europe, pour gouverner le pays dans la paix (cela dura jusqu’auXVIIIème siècle). Se battre pour des rochers, des volcans et un peu d’herbe semble déraisonnable de toute façon, mais n’y en a-t-il pas qui se battent pour moins que cela, même encore de nos jours ? Donc, chapeau Messieurs les Islandais (car je doute quand même que les femmes aient eu leur mot à dire, au moins en public) pour cette belle leçon de démocratie en avance sur son temps. A la deuxième question qui brûle les lèvres - pourquoi là ? Et bien la réponse est toute simple : parce que le site est remarquable d’un point de vue géologique : il se trouve sur la dorsale océanique, dans une zone d’effondrement d’un terrain que l’on étire entre deux plaques, avec la faille qui passe en son milieu. Bref, c’est beau, cela impression et donne envie de rester humble lorsque l’on voit les forces colossales que peut déployer notre petite planète pour construire de nouvelles terres habitables. L’appellation de « fameux » en tout cas à un coût : le grand parking avant d’accéder au site est rempli de cars qui déversent leur quota de touristes cosmopolites dès leur arrivée. Idéal pour apprendre les langues mais pas simple pour les photos … Ceci dit, une fois éloignés du chemin « officiel » il y a moyen de goûter au moins partiellement au silence et à la quiétude du lieu. Avec le déclin de la lumière, nous repartons pour un très beau camping, celui de Fossatun, bien aménagé et qui surplombe un torrent photogénique : la Hvita. Nous sommes fin juillet et déjà nous ressentons la fin proche de la journée continue. Une fois n’est pas coutume, nous prenons notre temps le matin et profitons pleinement des installations du camping. Grosse machine à laver suivi du séchage. Parallèlement nous passons aux bains chauds dans de petites « piscines » synthétiques, suivi de la visite d’un parcours de trolls qui raconte une histoire bien triste d’un pauv’ papa troll emporté par la rivière. Ah, quelle imagination ces Islandais. L’hiver doit être bien long … Le tout se vit très bien, à commencer par le paysage. Il est temps de lever le camp pour la chasse aux macareux.



« Ce qui est rare se mérite » C’est certainement à partir d’un tel principe, qui ne vaut peut-être pas tripette, que des macareux ont, dans des temps très anciens, décidé de migrer à la pointe sud des fjords du nord-ouest, hors du commerce des hommes. « Ceux qui viendront là, seront cajolés comme des rois. Les autres paresseux, ne verront jamais que nos œufs ». Fort de ces paroles murmurées par le vent, nous partons d’un pneu sûr affronter les volcans, chemins chaotiques qui mènent au Nirvana, de ce beau volatile de tout premier choix. Pour y parvenir, la piste il faut aimer et les virages enchaîner, car la route est longue, près de la côte toute de dentelles découpée, sculptée par l’échancrure des fjords. En arrivant sur la mer nous découvrons mille et une îles, comme si le bout de la terre s’était cassé en petits morceaux. Ça monte, ça descend, ça tourne. Tantôt le ciel est partiellement dégagé, tantôt le brouillard estompe la visibilité. Pour qui aime la diversité, c’est une bonne route, pas vraiment reposante, mais agréable et pleine de surprise, sans atteindre non plus des sommets dans l’art paysagé. Un cargo sur le sable rouille tranquillement. Un musée sur le bord de la route est signalé par un drakkar. Tout cela a un petit caractère assez insolite qui va bien avec cette piste hors norme. Le camping est atteint tard le soir, vers 23h00 après avoir traversés une zone de brouillard dense. Nous sommes loin du premier village et pourtant le camping est bien fréquenté, preuve s’il en fallait que ce que nous devons voir le lendemain doit être intéressant. Le camping est bien aménagé et nous mangeons à l’intérieur du grand bâtiment de l’accueil visiblement conçu pour affronter les rigueurs de l’hiver et les caprices de l’été.



Un ciel voilé et une température de l’ordre de 10° nous accompagne au matin lorsque nous parcourons la plage de sable jaune, une curiosité ici ! Avec une petite vingtaine de degrés de plus nous nous serions presque baignés car le sable est agréable et les vagues de belle taille. Il faut ensuite moins d’une demie heure pour atteindre The site de Latrabjarg, en longeant des falaises, tout au bout de la route.



Côté falaise ici on est servi. Au niveau du parking elles sont au point le plus bas puis elles ne cessent de monter pour atteindre plusieurs centaines de mètres. Lorsque nous, humains, voyons la falaise comme une belle rupture de pente qui nous fait frissonner lorsque l’on s’approche de trop près, les oiseaux y voient une cité HLM avec tout le confort sur le palier et le supermarché juste en-dessous. Chaque famille se trouve une anfractuosité dans le rocher pour aménager son appartement. Côté sanitaire, cela reste limite salubre mais au global, la roche noire de la falaise est avantageusement décorée de tags blancs. Ça, c’est pour le décor, mais va-t-on enfin voir ces bon sang de macareux de près et justifier ainsi d’avoir fait tant de route ?



Au début, nous nous approchons à tâtons, à deux mètres de notre première proie. Poli, le petit gars s’était apprêté de son costume noir à chemise blanche et chaussures rouges pour nous recevoir. Comme notre présence ne semble pas le perturber, nous tentons le mètre. A cinquante centimètres il commence à reculer et à se méfier. Au plus près, nous avons dû pouvoir en approcher à moins de vingt centimètres pour les moins farouches. Cela dépasse nos espérances, nous, communs des mortels, mais également ceux de Grisemote qui attendait de cela quelque chose d’exceptionnel. Nous passons sur les falaises plusieurs heures à prendre en photo tout ce qui vole, qui atterrit ou qui décolle, sous toutes les coutures et toutes les lumières. Le soleil fini par être de la partie et nous terminons en tee-shirt. Très belle matinée. Comme il n’y a qu’une seule route pour venir, on se doute que le retour se fait sur le même parcours qui semble quand même un peu plus long qu’à l’aller. Nous optons pour un camping improvisé à la sortie de la presqu’île, le dernier du voyage. Nous goûtons une dernière fois une pelouse tendre et moelleuse qui a généralement caractérisée les campings du bord de mer. Petit night soccer sous une lumière à la limite de la nuit avant de plonger dans nos duvets …



Au petit matin, la première mission est le pliage complet et définitif de la tente – et oui, déjà. Notre crainte était qu’il pleuve, ce qui aurait eu pour conséquence de devoir la faire sécher avant le départ en avion pour ne pas alourdir notre plus gros bagage. Le soleil vient gentiment évaporer l’humidité résiduelle de la « nuit » pendant le petit déjeuner ce qui rend cette opération aussi simple que d’habitude. Nous passons à la ferme voisine avant de partir pour régler la note du camping. La confiance et le respect des installations même sans la « supervision » d’un accueil est vraiment quelque chose de formidable dans ce pays. Bien sûr ici les conditions sont certainement plus difficiles qu’ailleurs et la population n’est pas nombreuse, mais ce mode de fonctionnement est vraiment reposant et retire une pression permanente qui plane chez nous au-dessus de nos têtes dès que l’on est dans un espace public. Nous avions déjà trouvé cette confiance en Finlande et en Norvège où des personnes pouvaient laisser leur sac à dos à la gare le matin pour visiter la ville et le retrouver le soir … ça fait rêver (mais cela a peut être changé car c’était en 91).

La journée est consacrée à la visite de la péninsule de Snaefellsnes, dans sa partie nord, avec ses différents « spots », sur un parcours bien étudié par Grisemote. Nous commençons par la montée d’une curiosité locale, le mont Helgafell , près de Stykkisholmur. Ce petit monticule doit être gravi sans mot dire et trois vœux peuvent être faits au sommet en regardant vers l’est pour qu’ils se réalisent. « Trop Facile !» Mais il y a des pièges que nous ne soupçonnions pas. Pour commencer, le mutisme est une épreuve pour certains dont la langue ne connait le repos que la nuit. Sur le chemin, nous croisons des personnes qui devaient certainement être chargées de mettre à l’épreuve le touriste trop confiant. Ils nous saluent très gentiment et essayent d’engager la conversation. Heureusement nous ne nous laissons pas distraire. Nous hochons la tête puis continuons un peu gêné notre chemin, au risque de passer pour un groupe de demeurés ou de mal polis si ce sont de vrais touristes, mais peu de chance. Troisième difficulté, regarder vers l’est .Chez nous, c’est simple. L’est c’est là où se lève le soleil. Oui, mais ici le soleil se lève et se couche au nord et fait presque un tour complet la journée. Nous estimons la bonne direction avant de prononcer notre vœu. En tout cas, je peux témoigner que pour un petit vœu, ça marche … j’ai eu ma glace.

Ensuite, vient la visite d’une petite ville (ou d’un grand village), Stykkisholmur, avec ses maisons colorées, son petit port aux eaux propres, son phare rouge qui est un appel aux photos (à tel point qu’il faut attendre longtemps pour pouvoir en griller une sans personne) et sa belle église moderne qui tranche une nouvelle fois radicalement avec les clochers standard.



Petit passage par les ports de Grundafjördur et Olafsvik, puis nous enchaînons par un arrêt à la plage de Skardsvik. Ses gros galets sombres tous ronds et ses criques à croquer de basalte sculpté en font un endroit qui serait un must dans un pays chaud. L’avantage, c’est qu’ici il n’est pas nécessaire d’enjamber les serviettes pour visiter, car à part une baigneuse à sang froid qui doit être croisée avec un poisson, ce n’est pas le rush.

L’étape d’après est une nouvelle visite de falaises truffées d’oiseaux piailleurs, cris caractéristiques que nous commençons à bien connaitre, près d’un très beau phare (Svörtuloft). A cet endroit la falaise est découpée en arches généreusement décorées à coup de pinceau de croupion de volatiles. Toute cette agitation aéronautique reste quand même captivante et nous restons encore un bon moment à regarder les allées et venues des macareux, sternes et autres mouettes qui animent l’endroit. Le cadre tout au long de cette péninsule est magnifique avec ses monts volcaniques aux couleurs souvent inhabituelles. Nous contournons la pointe et partons rejoindre une magnifique plage de petits galets ronds tous mignons qui roulent sous nos pieds (Dritvik) blottie entre les falaises. Sur le parcours pour y accéder, les restes d’un bateau métallique jonchent le sol. Vu l’état des tôles et l’éloignement de l’eau, cela donne une idée de la violence de la mer en ces lieux lors des tempêtes. L’anse ainsi formée par la plage est vraiment de toute beauté, avec ses grosses vagues qui se fracassent presque à nos pieds, sa petite brume d’embruns et ses falaises basaltiques découpées qui viennent mourir dans l’eau. Le coin idéal pour les doux rêveurs, les photographes ou les penseurs. Comment juger de la force des mousses au temps des bateaux à voiles qui faisaient le commerce du sel et abordaient la côte non loin de cette plage ? En soulevant de gros galets calibrés. Ce sont ces galets que nous pouvons voir sur le chemin d’accès. Nos enfants n’en soulèveront pas un !

Nous finissons notre périple du jour en arrivant à Arnarstapi, au camping où nous avons retenu une chambre d’hôte. Plutôt pas donné et très moyennement rendu : la chambre est ridiculement petite pour cinq. Une petite table commune à l’extérieur pour manger, destinée à une trentaine de personnes, rien pour faire la vaisselle et deux salles de bains toujours habitées constitueront le confort très relatif du lieu. Bref, pour une fois, une grosse déception. Le peu d’aménagements à disposition pour les repas cacherait il le souhait de nous voir nous attabler au restau tenu par les tenanciers ? Tout n’est pas négatif cependant, les falaises environnantes sont un véritable trésor, protégées par des gardiens des airs, les sternes, qui nous attaquent dès que l’on quitte la route. Un bâton est fortement recommandé.

Avant dernière journée. Le programme est simple : un petit peu de falaise pour le petit déjeuner et comme plat de résistance le retour à Reykjavik et sa visite. Toujours sous une belle lumière entrecoupée de zones cotonneuses nous arpentons les falaises de Hellnar, joyeusement garnies d’oiseaux en tous genres. Ce qui caractérise le plus ce lieu c’est le découpage de celles-ci en arches complexes ou cavités qui forment des dortoirs, cuisines et salles à manger pour cette population décidemment très bruyante. Si ailleurs il convient de faire gaffe au gorille, ici gare aux sternes qui occupent une bonne partie de nos pensées. Sans être Hitchcockien, il y a quand même de quoi être un peu inquiet. Le retour à la capitale se déroule sans problème, avec un premier arrêt à l’église toute noire de Budir, puis un second à la plage de Ytri-Tunga où nous espérons voir des phoques. « Grommel, grommel » entend-on bougonner ceux qui n’attendent que de revoir la ville. « Que vient -on faire sur cette plage paumée ? ». Pas si paumée que cela en fait, car l’œil de lynx de Grisemote, qui décidemment ne laisse rien passer, débusquera de gros fainéants de mammifères marins en train de bronzer au loin entre des troncs échoués. Si de loin on peut ne pas les voir, de près, il n’y a aucun risque de ne pas les sentir.



La circulation dans la capitale n’est pas fluide sans être vraiment gênante et comme dans toute grande ville qui se respecte, se garer reste une épreuve. Nous débarquons à Baldursbra notre gîte, tenu par des français. Très serviables, ils nous aident à contacter notre loueur pour « discuter » des quelques dégâts de notre premier gué. Celui-ci se déplace et inspecte la voiture. Verdict : le marchepied était déjà abimé, il l’est un peu plus. Idem pour le pare-chocs. Rien donc ne nous sera retenu au final. Ouf ! Il faut dire aussi que cette voiture, pourtant en très bon état, a dépassé les 100 000 kms. Disons qu’elle est amortie. Pour finir, la voiture doit être rendue au parking de l’aéroport, le lendemain, en laissant les clés dans la boîte à gants (donc non verrouillée). Confiance, vous avez dit confiance ! Nous prenons possession des locaux qui nous sont affectés, ou plutôt devrais-je dire de notre appartement car il est constitué d’une belle chambre, une salle à manger / chambre, d’une cuisine aménagée et garnie pour le petit déjeuner et d’une salle de bain. Le grand luxe et rien à voir avec le gourbi ridicule de la veille. Il est situé à quelques centaines de mètres de la guesthouse principale et pas loin des rues commerçantes. Très bien ! Pour fêter ces bonnes nouvelles, nous enchaînons par le traditionnel shopping de fin de séjour avec l’achat de pulls islandais (dont on n’a jamais douté qu’ils viendraient compléter notre panoplie de bagages). Visite au gré de notre inspiration dans les rues du centre, bien agréables. Ce ne sont pas les monuments ni l’architecture qui retiendra notre attention car en la matière rien de grandiose n’est à signaler, mais l’ambiance générale bon enfant. Comme il se doit, nous cherchons dans la soirée un restaurant. Dès que l’on parle d’autre chose que de pizza, chinois ou fast food, les prix grimpent vite et haut. Nous nous rabattons donc vers … une pizzeria que nous regretterons amèrement à deux titre : le lieu et le contenu de l’assiette étaient vraiment quelconques, le plus costaud d’entre nous a été complètement rétamé par une grosse intoxication alimentaire toute la nuit … grrrr (heureusement qu’à cet effet nous avons eu la chance de bénéficier d’un appartement pour nous tous seuls, car la nuit fut vraiment difficile !) Tiens, en parlant de la nuit, c’est la première que nous voyons depuis notre arrivée. La saison des grands soirs est quand même courte et la décroissance des heures de jour semble déjà assez importante début août.

Dernière journée. Réveil paresseux. Grisaille. Nous nous activons pour tout replier, ranger et caser en espérant que nous restions dans l’épure des cent kilos autorisés. Côté cailloux, notre stock est, comme d’habitude, assez important. Heureusement, il y a beaucoup de pierres ponce pour lesquelles on se demande si elles ne sont pas gonflées à l’hélium tant elles sont légères... Comme au premier jour, le coffre est désorganisé par tous ces nouveaux formats de bagage mais cela tient. Petit saut à Hallgrimskirkja, église modernissime juste à côté de la guesthouse, suivi d’une escapade hors de la ville pour monter en haut du réservoir géothermique « le Perlan » pour sa vue sur la capitale. Nous sortons à nouveau de la zone urbaine pour voir nos dernières manifestations volcaniques sur la péninsule de Reykjanes.



La piste est roulante, sombre et nous procure nos dernières sensations d’explorateurs de terrains hostiles. Nous nous arrêtons au milieu d’une zone de séchage de poissons (probablement de la morue). Warfff, ça fouette les narines ce petit air marin. L’accessoire vital indispensable est ici la pince à linge. Seule Grisemote brave ce danger olfactif pour prendre quelques clichés. Le point chaud de destination, les solfatares de Seltun, est intéressant avec ses multiples bassins ronds d’acide sulfurique qui produisent des boues grises blobloteuses et ses zones de fumerolles odorantes qu’il faut traverser en courant pour ne pas prendre les couleurs vives locales avant de virer au vert . Rien de neuf par rapport à ce que nous avons déjà vu, mais c’est bien fait, accessible et de bon goût (au moins au nôtre). La fin de cette visite déclenche une certaine effervescence au niveau de la banquette arrière de la voiture : Nous nous dirigeons vers THE grande piscine de l’île : Le blue Lagoon. Avant de l’atteindre, il nous reste quelques étapes : - Le lac Graenvatn. Même avec cette lumière tamisée triste, on ne peut pas manquer cette eau bleue azur qui donnerait envie de nager … en combinaison de plongée. - La visite d’une église ancestrale : Krisuvikurkirkja. Bigre, nous avons beau chercher, à l’endroit prévu il n’y a que l’herbe qui verdoie. Aurait-elle brûlé ? De toute façon, avec un nom comme celui-là, elle était mal partie. Le centre aquatique est situé au beau milieu d’une ancienne coulée de lave. La pierre d’un noir profond contraste singulièrement avec la couleur bleue lagon des bassins en partie provoquée par les dépôts « blancs » charriés par l’eau chaude naturelle en provenance du sous-sol (surplus de captage de la centrale géothermique). C’est beau, c’est chaud, large et très bien aménagé avec ses grands bassins lumineux, ses grands pots de « crème » blanche (dépôtsriches en sels et en silice) qui a priori serait excellent pour la peau et les cheveux. Nous en abusons. Quelques activités annexes sont proposées : massage tonique par des cascades chaudes, sauna, hammam. Bref, un long et doux moment où nous sortons totalement détrempés et sereins pour affronter notre dernière épreuve : l’embarquement à l’aéroport. Il pleut. Sur le chemin final, ayant un peu d’avance, nous décidons malgré le mauvais temps de faire un saut aux falaises de Reykjanesta et à leur phare, en empruntant une piste chaotique. Au milieu du brouillard et des nuages bas nous peinons à distinguer quoi que soit. Les Dieux d’Islande font en cela un dernier petit geste pour que nous partions le cœur léger après tout ce beau temps accumulé. Par Thon.

Après le plein de la voiture à la station essence située à quelques kilomètres de l’aéroport, nous déposons notre 4x4 avec un brin de nostalgie au parking final en suivant les consignes qui nous avaient été données. A notre grande surprise, la pesée des bagages fut une formalité. Chaque bagage a été enregistré mais nous n’avons pas eu l’impression que le poids total ait été calculé. Mince, nous aurions pu en mettre plus dans nos bagages en soute et ressembler moins à des bibendums … L’aéroport est bien aménagé pour la longue nuit d’hiver et a reçu un prix européen pour cela. Malheureusement nous n’aurons pas le temps d’en profiter. Au décollage, nous traversons rapidement le plafond nuageux qui empêchera définitivement de voir nos dernières fumerolles, déjà presque plongées dans l’obscurité. Quelques lueurs rouges rappellent qu’ici, il y a peu, le jour régnait en maître absolu. Puis la nuit s’étend, plus profonde à mesure que nous allons vers le sud.

Epilogue : Même si cela fait plaisir de redormir dans un lit, après trois semaines sur un tapis de sol, le gros matelas fait mal au dos. Côté temps, le mois d’août en France fut triste et froid, à peine plus chaud que ce que nous avons connu dans le nord. La vision des grands espaces vides où on respire à pleins poumons, les monts que l’on gravit en écoutant les histoires ou les délires d’imagination des uns et des autres, le froid qui vous fait pester et le chaud que l’on apprécie d’autant plus qu’il n’est pas assuré de durer, les « night soccer » à minuit en pleine lumière, les bains naturels qui vous transforment en accumulateur à chaleur, les prairies vertes et moutonneuses et les sols lunaires de cendre noire, tout ceci fait de cette terre un endroit unique, attachant, vraiment dépaysant qui ne ressemble à rien que nous ayons connu auparavant. Sceptiques en tout genre comme je pouvais l’être en partant, si vous aimez ce sentiment de liberté d’un monde en pleine construction, alors n’hésitez pas, cette terre de feu et de glace est faite pour vous. Comme d’habitude, Grisemote, durant les longues semaines qui ont précédées le voyage, a lu les multiples carnets de voyages de nos prédécesseurs, des livres, des documentaires et autres conseils pour nous concocter un cocktail équilibré entre les bords de mer souvent ensoleillés et les incursions pimentées du centre de l’île. Merci à tous ceux qui l’ont inspirée. Merci Grisemote pour toutes ces heures passées à la construction méticuleuse de cette belle aventure qui une fois de plus nous a permis de vivre de grands moments en famille et nous a transporté dans un autre univers. Voyager construit un trésor intérieur. Grâce à l’Islande, cette année encore nous sommes plus riches … Gilles - Dimanche 12 décembre 00h42

Données pratiques: à lire sur le site http://sites.google.com/...es/donnees-pratiques

Après une croisière sur le MSC Fantasia, départ à bord du MSC Splendida le 26 janvier English translation pending
by Desbell83 · 2010-12-14 · 430 replies
Bonjour à tous,

Nous voila à nouveau sur le départ direction Katakolon, Olympie, Heraklion- crète-Marmaris Alexandrie, le Piree- Palerme.

Et aurons à nouveau le plaisir de rencontrer les croisièristes VF du Fantasia 😄

Nous avons déjà fait ce circuit à bord du Poësia et nous le referons avec plaisir étant donné les nombreux sites a visiter lors des escales.

Bonne soirèe a tous
Tour d'Asie Centrale en camion d'avril 2011 à février 2012 English translation pending
by Panpan44 · 2010-12-06 · 345 replies
Salut salut!!!

Depuis quelques temps, l'idée d'un voyage en cam's nous trotte dans la tête. Depuis septembre on a pris la décision de partir pour un an vers la Mongolie !!

Le départ se ferait vers le début avril 2011 pour un retour vers février 2012.

Voici le trajet envisagé, à partir de la Turquie. Avant on ferait 15 jrs dans les pays de l'est.

puis : Turquie, Géorgie, , Azerbaïdjan, (traversée de la Caspienne), Turkménistan, Ouzbékistan Tadjikistan, Kirghizistan, Kazakstan, Russie (en transit), Mongolie, Russie, Kazakhstan, Russie et soit la Géorgie pour un retour par la Turquie (c'est le plan A) , ou bien l'Ukraine et les pays de l'est.

Comme n'importe lequel des voyages, sa demande un peu d'organisation et des fois c'est un peu dure de trouver des infos présises, donc nous faisons appel au voyageurs qui auraient fait un périple similaire ..

Voilou ou ont bloque pas mal : sur les visas (et surtt le visa russe), on va avoir quelques info par rapport à sa donc on vous transmettra tt sa puis sur l'état des routes et plus précisément au Tadjikistan et au Kirghizstan après le Turkménistan on souhaiterai passer par Douchanbé pour chopper le permis GBAO (véritable clé du paradis) qui nous permettrais d'empreinter la route du pamir : de douchambé on prendrai la M41 jusqu'à Khorog puis après grosse question, comment sont l'état des routes : 1 par la valée du chokh dara, ou bien la route qui longe la frontière Afghane (cette route ne craint pas trop pour dormir dans son cams ?), puis passer par mourgab et suivre la M41 jusqu'à Och au kirghistan..

voilou si des personne on fait cette route merci d'éclairer notre lanterne !

Merci d'avance Love&Light Mael et Jany
Bien préparer sa prochaine croisière English translation pending
by Alcati · 2010-12-03 · 209 replies
😉😉😉😉Bonsoir à vous tous,

Me voilà de retour dans une nouvelle discussion. Vous me manquiez et encore merci pour vos messages de soutien aux plus fidèles amis de ce forum.

Certes, le titre de cette discussion a été revu et corrigé afin de mentionner là tout ce qui peut-être utile pour préparer sa prochaine croisière.

Je vous suggère de parler de vos démarches concernant la réservation, cela permettra de nous faire apprécier ou pas les services rendus des différentes agences que ce soit par le net ou en directement en agence. De la préparation, de l'accès au port d'embarquement, de votre circuit, des escales, des excursions et de votre retour.

Vos textes, vos récits et photos seront bien venus car il ne faut pas oublier qu'il y a toujours des nouveaux sur ce site. Alors aidons les à faire le bon choix.

Les choix des compagnies, des navires, des circuits seront mentionnés ici afin d'en savoir plus sur les différentes prestations présentées et ressenties.

Il est évident que vos remarques dans cette discussions ne seront pas là pour obliger telle ou telle personne de s'orienter vers une compagnie suggérée mais pour simplement la découvrir. Chacun appréciera ou pourra poser la ou les questions utiles.

Merci à vous de lire vos commentaires à venir.

Cordialement à tous.

PS : je mentionne ici l'accès à toutes mes discussions sur ce forum au cas où :

voyageforum.com/v.f?do=resultats_recherche&search_user_username=ALCATI&first_post=1&

JC
Ouest des États-Unis: dans quel sens? English translation pending
by LeTigre · 2010-12-02 · 146 replies
Salut,

j'aurais besoin de vos avis. Je vais refaire le tour classic pour montrer à Madame comment c'est trop beau. Et comme je pars un peu plus longtemps que la première fois ( c'est à dire 24 jours ) je vais tirer jusqu'a Yellowstone. Pour l'instant, je m'interroge simplement sur le sens ou je vais tourner :

Possibilité 1 : Arrivée SFO / Yosemite/ DV /Grand Canyon / Page / MV / Moab / Torrey / Tropic / Vegas --> SLC / Yellowtone / SLC -- Départ SLC L'avantage ici étant le départ de SLC et la possibilité de trouver un vol direct

Possibilité 2 Arrivée SFO / Yosemite/ DV /Grand Canyon / Page / MV / Moab / SLC / Yellowstone / SLC / Torrey / Tropic / Vegas -- Départ Vegas L'avantage est de finir par Vegas mais forcément vol avec escale

Possibilité 3 Arrivée SFO / Yosemite/ DV / Tropic / Torrey / SLC / Yellowstone / Moab / MV / Page / GC / Vegas
L'Éthiopie, monde à part English translation pending
by Colombiano · 2010-11-30 · 23 replies
En Mai-Juin 2010 je me suis rendu en Éthiopie et au Somaliland (je posterais le carnet du Somaliland dans un message à part). L'Éthiopie c'était un peu ma destination rêvée. Un endroit où je me devais d'aller. Pourquoi? Parce que pour moi l'Éthiopie ne se résume pas aux famines, à la pauvreté, aux guerres, non. L'Éthiopie c'est le pays de l'une des plus ancienne civilisation au monde, le pays africain qui n'a jamais été colonisé, le pays où l'on écrit en amahrique... Certains rêvent d'aller en Italie, en Grèce, en Chine etc pour visiter ce qui concerne les civilisation anciennes, moi mon rêve c'était l'Éthiopie.

Vous trouverez ici petit à petit mes impressions sur ce pays. J'espère me faire comprendre facilement. À tête froide je me rends compte maintenant que le rêve est devenu réalité, je ne vais pas pouvoir m'en "débarasser" facilement. Ce fut mon premier voyage en Éthiopie, certainement pas le dernier.

First time in Ethiopia ?

A quatre heures du matin, Addis-Abeba est une ville morte. Non qu’il n’y ait personne dans les rues, au contraire, elles sont pleines de mendiants, d’amputés de guerres et de chèvres. Sauf que tous dorment ! Le taxi que j’ai attrapé à l’aéroport semblait être dans ces rues la seule trace de vie. Musique à fond, le chauffeur, tout en brûlant les feux rouges et en poussant sa vieille Lada au maximum, me parle avec les mots d’anglais usuels : « Where you go ?... No no no 250 birrs[1], this is really good price!... First time here ?... Like soccer ?... You know, Arsenal is best team ! ». Après un trajet sans aucun stop depuis l’aéroport, j’arrive à l’hôtel Taitu, premier à avoir été construit en Ethiopie et qui, à défaut d’avoir conservé son charme des années 1900, offre un confort d’origine. Me voilà arrivé, je ne sais que penser. Pourtant j’étais prévenu, l’Ethiopie est difficile à imaginer, il faut y aller pour comprendre. Mes premières quarante-huit heures ici ressemblent un peu aux premiers moments d’une relation amoureuse. Elles sont les prémisses de la relation à venir. L’Éthiopie me semblait être une fille pleine de promesses mais hermétique au premier contact. Il faut s’armer de patience pour la découvrir, mais une fois que l’on sait comment l’aborder, elle enchante.

Après cette première nuit, il me fallait commencer mon voyage. Quoi de mieux pour sentir une ville qu’expérimenter les transports publics ? De nombreux minibus arpentent les principales artères de la ville. Le principe est simple : pour un itinéraire donné, ils partent d’un même endroit, une fois remplis, ils démarrent, déposent les passagers à leur destination en en faisant monter d’autres en chemin. Addis se prête bien à ce système de minibus avec ses grandes artères qui permettent de naviguer facilement d’un quartier à l’autre et ses nombreuses places très utiles pour servir de terminus aux Toyota. Il y a neuf places assises dans la Toyota mais le coxer n’hésite pas à embarquer jusqu’à 14 personnes. Les minibus sont pratiques mais ne sont pas fait pour quelqu’un qui débarque et ne parle pas un mot d’amharique. A l’intérieur, on croise la « classe moyenne » éthiopienne, principalement des fonctionnaires, des étudiants et des personnes âgées. Le coxer représente l’archétype du travailleur exploité. C’est à lui qu’il revient de crier la destination à travers la fenêtre, d’ouvrir et de fermer la porte du véhicule et de faire payer les passagers. La conduite et la programmation de la radio sont réservées au chauffeur (qui en profite pour nous révéler ses préférences musicales). Mon but consistait à trouver l’ambassade du Somaliland pour y faire mon visa. Une fois l’ambassade découverte – pardon, le bureau de liaison puisque le Somaliland n’est reconnu par aucun pays –, le processus administratif fut d’une rapidité à toute épreuve ! Trente minutes et quarante dollars plus tard, mon passeport se voyait attribuer le visa numéro 160… Il ne me restait plus qu’à arranger mon départ pour le Nord du pays, premier périple de mon voyage.

Marie vit depuis 19 ans à Addis, elle possède une jolie maison fleurie sur les hauteurs de la ville. Il y a 30 ans, elle découvrait l’Ethiopie et depuis, elle ne s’en est jamais vraiment remise. Photographe de profession, elle a pu sillonner le pays de long en large. Pour y avoir vécu aussi longtemps, elle a réussi à le démystifier. Comme un vieux couple, l’Ethiopie et Marie ne peuvent se séparer, mais Marie sait y poser un regard critique. Je ne pouvais tomber sur meilleure mine d’informations avant de partir ! De plus, Marie connaît beaucoup de monde. Grâce à elle, j’ai pu avoir un 4x4 plutôt qu’un bus pour me transporter jusqu’à Gondar, ma première étape dans le Nord, de précieux contacts dans l’Est et, surtout, des conseils qui m’ont permis d’apprendre à aborder l’Ethiopie. « Non, ne va pas là, c’est pourri par le tourisme… Alors, tu fais bien attention, hein, parce qu’ils ne vont pas te faire de cadeaux… Ah mais alors, si tu vas là-bas, il faut absolument que tu appelles Yaya ! Tu voyageras en bus ? Bon, bah, tu es au courant que ça va prendre du temps, hein ? Avant de payer la chambre, tu regardes s’ils lavent les draps… »

Une fois les dernières formalités remplies, il ne me restait plus qu’à passer ma dernière nuit au Taitu, à ingurgiter ma première platée d’injera[2] et à me réveiller pour un long trajet vers Gondar. Mon tout premier contact avec l’Ethiopie m’a surpris. Au Canada, j’avais essayé des restaurants éthiopiens, écouté de la musique éthiopienne et remarqué à quel point tout était particulier. Mais une fois en dans le pays, j’ai compris une chose : l’Ethiopie fut, est et restera toujours un monde à part. Elle s’est affirmée à sa manière, n’a jamais accepté de se faire envahir et a su s’adapter aux cultures auxquelles elle était confrontée pour les rendre « éthiopiennes ». En une seule journée, j’ai découvert qu’il ne fallait pas que je m’attende à quelque chose en particulier, puisque tout pouvait arriver, pour le meilleur comme pour le pire. Il me fallait percer l’intrigue.

J’ai rendez-vous à sept heures avec mon chauffeur. Très vite j’apprendrais que les Ethiopiens se lèvent tôt, très tôt. Alors qu’à 4 heures du matin, la ville m’avait paru morte, à 7 heures, elle vibre. Les minibus s’affairent à transporter le plus de gens possible, les vendeurs à la sauvette commencent leur longue et éprouvante journée, les bus longues distances partent vers leurs destinations, les cafés s’emplissent de gens qui viennent pour le premier de leur dix expressos/macchiatos quotidiens. Moi, je pars à Gondar, 750 km au nord-est d’Addis-Abeba. Le Nord de l'Ethiopie consiste en une succession de hauts plateaux (altitude moyenne 2000-2500 mètres). Ainsi, lorsque l'on sillonne les routes de cette région, on admire au loin le relief et, tous les 200-300 km, on dégringole d’un plateau pour monter sur le suivant. Dégringoler n’est pas un vain mot : la descente est très abrupte, la remontée tout autant... Le paysage est splendide, certes, mais on prie le ciel pour que le chauffeur soit raisonnable ! Une fois remonté sur un plateau, même scénario : 200-300 km au milieu de champs ponctués de villages, descente, puis remontée. Hormis le paysage, ce qui fascine, c’est l’activité au bord des routes. D’innombrables personnes marchent sur le côté, parfois accompagnées d’un âne ou d’une vache. En raison de manque de transport, les Ethiopiens marchent. Les enfants agrémentent leur randonnée jusqu’à l’école de jeux stupides, du genre « Qui va rester le plus longtemps possible au milieu de la route à l’approche d’un véhicule pour l’éviter au dernier moment en sautant sur le bas-côté ? ». Les femmes se rendent au marché en commérant. Les paysans naviguent d’un champ à l’autre en débattant sur la force respective de leur mule. Les pèlerins profitent parfois de la platitude de la route pour en faire un lit… Autant dire que conduire n’est pas de tout repos pour le chauffeur qui doit sans cesse faire attention à n’écraser personne. Peu à peu, je m’habituerais à ce spectacle permanent qu’est la route en Ethiopie. Mais au début je suis resté fasciné devant tant de vie. Nous croisions un village à peu près toutes les trois heures. Dans chacun d’entre eux il y avait foule au bord de la route (rude tâche pour le chauffeur…). Kapuscinsky notait en qu’en Afrique, les maisons sont trop petites pour qu’on vive à l’intérieur, « les cases ne servent en effet qu’à dormir »[3]. Le trajet nous prit deux jour. Un bon premier aperçu de l’Ethiopie rurale après ma brève expérience de l’Ethiopie urbaine à Addis : j’étais préparé.

[1] Environ 15 dollars US. Le trajet se fait normalement pour 70-100 birrs.

[2] Les repas éthiopiens se composent d’une sorte de crêpe « l’injera » sur laquelle on dépose différents ragoûts (wat). La technique consiste à envelopper avec ses doigts une partie du ragoût avec des morceaux d’Injera puis de les diriger vers sa bouche.

[3] Ebène, aventures africaine, éditions Pocket, p.248
Sénégal: lieu touristique agréable mais tranquille? English translation pending
by Makoma · 2010-11-28 · 69 replies
Salut à tous, je m'adresse ici aux spécialistes du Sénégal. Je n'ai pas vraiment trouvé la réponse adéquate à la question qui va suivre dans mes recherches, si toutefois elle existe.

Connaîtriez vous un endroit sympa pour des vacances (week-end ou quelques jours hors de Dakar), surtout au bord de la mer, pourquoi pas en Casamance, bref pour du farniente, qui soit et c'est là le sens de ma question, Totalement et Intégralement dénué de tous les parasites "colle touriste" (vendeurs, arnaqueurs, guides, etc.), pour être réellement à l'aise, pour un séjour détente à deux?

Un certain nombre d'endroits que j'ai fréquenté me sont, pour cette raison, personnellement insupportables.

Un lieu qui par ailleurs ne serait pas trop, si possible, "brousse", avec des infrastructures de qualité, ce serait le top.

Allez vous m'indiquer cet endroit miracle, ou me confirmer comme j'en ai le pressentiment, qu'il n'existe pas dans le pays?

Amicalement, merci à tous
Croisière "Retour en Terre Sainte" sur le Costa Pacifica le 9 janvier 2011 English translation pending
by Vadrouille33 · 2010-11-10 · 168 replies
Bonjour a tous 😉

Tout d'abord pardonnez moi si j'ouvre peut etre une énième discussion sur la chose. Nous partons ma femme et moi meme en voyage de noces sur le costa Pacifica le 9 janvier pour un retour en terre sainte. J'ai lu un peu les sujets et je me pose quelques questions, donc si vous avez les réponses, c'est pas mal!😏 D'abord (question surtout pour madame qui craint un peu) est-ce qu'en général la mer est plutot calme ou agitée en cette période?, on a la sensation que le bateau bouge pas mal ou plutot stable?(on prévoit de tte facon ce qu'il faut niveau médicament)

Ensuite, grosse question sur les excursions. Nous faisons Katakolon, Athènes, Izmir, Haifa, Port Said et Rome. Je voulais avoir quelques infos car nous en sommes actuellement à l'éventuelle réservation des excursions costa. - Donc pour katakolon on a décidé de prendre l'excursion a olympie et tour de la ville moderne après le traditionnel site archéo, mais on hésite entre celle la et celle qui comprend la visite du musée. Le musée vaut le coup ou mieux vaut voir la ville moderne (on est pas accroc shopping, meme si on ramènera une babiole ou deux quand meme...) - Pour Athènes, ce qui nous intéresse, c'est l'acropole et on est tentés de le faire nous meme. J'ai lu que certains étaient partis en taxi. Est-ce qu'on en trouve dès le débarquement (a proximité immédiate)? Si oui, combien compter pour un aller-retour+droit d'entrée à l'acropole? Pour le retour pareil, taxis facilement trouvables autour de l'acropole? Sinon, en métro, c'est galère ou pas? (distance du port, genre tout écrit en grec😕) - Izmir, nous prenons la visite costa d'Ephèse. J'ai lu que certains avaient une mauvaise expérience: visite du site baclée pour insister sur le shopping. Si d'autres on fait cette visite pouvez-vous me dire votre avis? - Haifa, alors la grosse question. Très honnetement, avec mon épouse, on est un peu inquiets niveau sécurité (peut etre a tort, un a priori plutot) J'ai lu sur le site costa qu'au départ du 9 janvier, la croisière n'accoste pas a Ashod, près de Jérusalem, mais à Haifa, qui est à perpet' (c'est l'impression que j'en ai eu en regardant une carte) Donc nous hésitons, le long trajet en Israel nous rebute un peu...Avez vous déja fait cette excursion depuis ce port? Qu'en est-il? Est ce que le port est réellement loin, combien de temps de route? Une fois à Jérusalem, durant l'excursion, tout a été? J'aimerais me dire que c'est moi qui psychote un peu trop... - Port Said, pas de doute, c'est pyramide-musée du caire pour nous! Comment est le trajet (niveau confort sur la route etc...) - Rome, sur on se débrouille, on y a déja été.

Enfin, j'ai quelque questions: - J'ai lu dans certains sujets qu'il faisait super chaud en janvier en Israel et Egypte, c'est toujours le cas ou vous aviez eu de la chance? Sinon, faut prévoir des vetements chauds pour l'ensemble de la croisière je suppose? - Sur le bateau, on a prit un forfait eau et un forfait soda-cocktail machin chose. Ma femme ne boit jamais d'alcool, mais moi un peu. Je voulais juste savoir combien il faudrait compter si je voulais boire un petit whisky un soir? (😛) - J'ai vu que le bateau comprenait un spa intérieur avec piscine couverte etc...c'est bien ca on peut amener les maillots? (c'est comprit dans le prix?)

Voila, je viens de m'inscrire et je lis avec intéret les sujets plutot intéressants. Je remercie d'avance ceux qui voudront bien apporter quelques réponses a ces questions, et à mon tour, de retour, je ferai un petit CR avec photos et impressions.

PS/ A ceux qui partent aussi le 9 janvier, ben a bientot!😉 si certains sont intéressés pour partager taxi par ex pour Athènes, mp 😉

Seb </htm
Choisir OneWorld ou une autre compagnie pour faire un tour du monde de deux ans? English translation pending
by Yoy · 2010-10-25 · 44 replies
Bonjour tous le monde,

Je pars faire le Tour du Monde vers le 15 septembe 2011 donc moins de 1 an et il me reste UNE grosse incertitude le billet d'avion.

Au depart je voulais partir un an et donc prendre le billet One World avec son avantage; le prix! Or je vais faire plus de 35 pays et puisque j'ai economisé pres de 20 000 euros autant partir deux ans. Et là GROS PROBLEME pour le billet d'avion.

Je pars de Londre puis Montreal. Puis je vais a New York et San Fransisco. De San Fransisco au Chili je fais tous cela en BUS! Je reprend l'avion pour l'Ile de Paques et pour aller de l'autre coté en Nouvelle-Zelande et Australie. De Montreal à Sydney cela fera un an de TDM.

Alors pour cette partie, vous pensez qu'il serai preferable de prendre un Billet comme One World ou de prendre des billets au furs et à mesure. Parce que finalement, Londre à Montreal j'en serai pour 500 euros mais la GRANDE QUESTION est le montant pour passer du Chili à la Nouvelle Zelande, là je patauge le billet parait etre a 2000 euros. Autre facteur je traverse l'Amerique centrale et du Sud en bus donc pourquoi acheter un billet One World.

Bref je patauge. Je cherche la version la plus economique. Vous feriez quoi???

Bises à tous et bon voyage!
Propagation du choléra en République Dominicaine? English translation pending
by Radhja · 2010-10-24 · 89 replies
nous n'arrivons pas à savoir s'il y a un problème de propagation du choléra qui frappe ces pauves haitiens, en république dominicaine. Nous prenons du recul à ce que les journalistes disent, et préférons avoir l'avis de personnes qui vivent en république dom. Nous devons venir a partir du 1 ier décembre, pour une mois et demi, avec un bébé de 2 ans, et nous avons quelques inquiétudes nous souhaiterions être informés de ce qu'il se passe réellement merci d'avance
Mygales et serpents dans l'habitat en Guyane? English translation pending
by Ioen · 2010-10-22 · 11 replies
bonjour, j'aimerais beaucoup m'installer en guyane avec mon copain et mon fils en bas age l'année prochaine, mais voila j'habite a la reunion et il y'a les fameuses arraignées "babouk" qui sont pas mal impressionnnantes et qui aime beaucoup les maisons, et j'en ai deja une peur bleu mais je gere!!je voulais savoir je sais qu il y'a rarement des morsures de mygales ou serpents mais j'ai surtous peur de les voirs dans ma maison, alors es ce qu' il y'en a de temps en temps dans les maisons (a cayenne, kourou , remire) dans les appartements ou es ce tres rare?je me lance un defi de partir las bas mais prendre ma serviette de bain et trouver une mygale dedans de bon matin je sais pas si mon coeur tiendra!merci de vos reponses.et derniere question quel est la ville la plus tranquillle?(insecurité..)
Croisière transatlantique brésilienne sur le Costa Serena le 16 mars 2011 English translation pending
by Tamdhu2301 · 2010-10-21 · 108 replies
Bonjour, nous partons pour la transatlantique bresilienne avec le Costa Serena le 16 Mars 2011. J'aimerais savoir si d autres personnes ont deja eu leurs vols? Si oui quel compagnie et quel vol ? Lorsque je consulte le site costa, nous partons a priori avec TAM le 15/03 au soir. Merci
Ouest USA – Chronique d'un cinquième voyage English translation pending
by Zitounet · 2010-10-17 · 40 replies
Après 4 voyages dans le Grand Ouest Américain, il nous restait à visiter quelques National Parks et Monuments pour prétendre les avoir tous vu (ou presque). Au programme, des lieux plutôt connus comme Redwood NP, Crater Lake, Olympic, Glacier, ou encore Dinosaur, Natural Bridge, King Canyon et Sequoias mais qui sont rarement visités lors des premiers périples. D'autres sont plus méconnus voire totalement inconnus des fans européens : Lava Bed, Newberry, North Cascades... Il nous restait aussi à voir quelques sites particuliers dans des parcs déjà visités ; nous n'avions pas pu voir lors de passages précédents le Grand Prismatic de Yellowstone, Cathedral Valley de Capitol Reef, le Grand Canyon nord ou la mystérieuse Racetrak Playa de Death Valley. Nous ne pouvions clore notre série de voyages américains sans assister à un vrai Pow Wow et un vrai Rodéo. Au total, 32 jours, 44 sites, 11000 km, 10 états , voilà les chiffres de notre carnet de voyage 2010.

Première partie, de San Francisco à Kalispell



Lundi 23 Août – Droit vers la faille

Départ de Nantes à 7h15, escale à Roissy, arrivée à San Francisco avant 13h, passage en douane rapide, longue attente pour récupérer les valises (il faut des premiers et des derniers, là on est dans la deuxième catégorie), longue attente et gros déboire avec NATIONAL (choisi pour éviter ALAMO, mais c'est la même truanderie) et nous partons finalement avec une Chevrolet Equinox. Direction Golden Bridge où nous conduit sans bavure notre vieux TomTom. Le but n'est pas de voir le célèbre pont, il y en a des millions de photos sur internet, même que j'en rajoute une, mais de rejoindre la route n°1 vers notre première destination, le Point Reyes National Seashore.



En chemin, nous arrêtons voir les oiseaux de Bolinas Lagoon. On y découvre une colonie d'éléphants de mer occupés à se dorer au soleil sur un îlot de sable.

Pensionnaires de Bolinas Lagoon

Nous avons perdu trop de temps pour arrêter au Visitor Center de Bear Valley qui ferme à 17h00 ; après avoir déposer les valises au Golden Inn à Inverness, nous partons visiter la péninsule formée par la fin de la plaque ouest de la faille de San Andrea. Sous la pression tectonique, elle s'élève de 3cm par an, mais lors du grand tremblement de terre de 1906, elle s'était élevée de 6m d'un seul coup. Pourvu qu'elle ne bouge pas trop pendant 24h ! Destination, la plage, par l'un des 3 accès aux 20km de la Point Reyes Beach. Plus beaucoup de monde en cette fin d'après-midi, le soleil commence à baisser, le thermomètre à descendre, le vent à se lever et la brume à tomber. Le temps de prendre la température du Pacifique, brrr ! de se remplir les chaussures de sable et en route vers la pointe du phare. Il paraît que c'est un bon lieu d'observation lors de migration des baleines, en avril-mai. En août c'est raté. Et de toute façons, à cette heure là, l'accès au phare est fermé. Par contre le parking final est le point de départ vers l'overlook le plus spectaculaire sur la plage, du haut de la falaise de 150m.

Point Reyes Beach overlook

Un petit tour à la pointe de Chimney Rock, déserte, et nous rentrons à Inverness faire les premiers achats, pour le petit déjeuner demain matin et l'indispensable glacière pour la suite du voyage.

Mardi 24 – Drive Thrue Trees

Réveil de très bonne heure, décalage oblige, nous sommes presque prêt à partir lorsque le soleil de lève sur la Tomale Bay, qui est la partie immergée de la faille de San Andrea.

6h00 à Tomale Bay

Nous suivons la route n°1 qui longe la côte. Ici, elle est beaucoup plus sinueuse qu'au sud de San Francisco et elle s'écarte souvent de la mer. Nous passons Bodega Bay, rendue célèbre par Alfred Hitchcock qui y tourna « Les Oiseaux », d'après un roman de Daphné Du Maurier. Quelques belles plages, encore un peu embrumées, mais les surfeurs sont déjà à l'ouvrage à 8h du matin.



Déjeuner dans un bon restaurant du port de Fort Bragg. Les huitres de la région ont la forme des huitres creuses et le goût des huitres plates de chez nous. La route n°1 quitte la côte pour rejoindre Leggett et son attraction principale, le Chandelier Tree. Ce séquoia millénaire aux branches en forme de chandelier a été percé pour y permettre le passage des véhicules. Attraction payante, 5$, mais on peut y passer autant de fois qu'on veut, et il y a queue pour voir l'arbre géant de l'intérieur. Notre Equinox passe sans problème. Photo souvenir obligée.



Plus au nord, l'Avenue of the Giants promet d'autres attractions à base de séquoias géants. Sur 30 miles, l'ancienne route, maintenant doublée par la Hwy 101, est parsemée des œuvres plus ou moins naturelles issues de l'imagination des exploitants d'une forêt millénaire pas encore protégée.

Déception, même si la traversée de la forêt est agréable, des promesses issues d'une page internet, seul le Shrine Drive Thrue Tree de Myers Flat mérite l'attention : pour le traverser aussi. Mais l'ouverture dans le tronc est presque naturelle ; plus étroit, là il faut plier les rétros.

Shrine Drive Thrue Tree

Nous faisons étape au Comfort Inn de Fortuna, un peu avant Eureka. Premier plein d'essence, douloureux.

Mercredi 25 – Les géants des terres ... et des mers

Journée consacrée au Redwood NP et divers states parcs qui s’entremêlent avec. Première étape au Kuchel Visitor Center pour construire avec le ranger de service un programme de visite à notre portée pour la journée. Intéressant, et de plus il nous signale que... mais nous en parlerons plus loin. Tout commence par une randonnée matinale à Lady Bird Johnson Grove. Un mile, plat sauf le début, le chemin déambule parmi les séquoias, plus gros, plus haut ou encore plus rouge ou plus creux les uns que les autres.

Dans la Lady Bird Johnson Grove

La 2ème étape suit la scenic pkwy dans le Prairie Creek State Park avec quelques haltes, en particulier au « Big Tree », comme si ils ne sont pas tous big par ici ? Puis nous rejoignons la côte par la piste Coastal Drive. Beaux points de vue sur un Pacifique bien bleu et plein d'oiseaux marins sur les rochers. Mais c'est un aigle à tête blanche qui capte notre attention.

Le Pacifique vu de la Coastal Drive

Sur les conseils du ranger, nous nous rendons à Klamath River Overlook. Il y a un peu de monde à ce point de vue qui domine l'océan de près de 600 pieds et tous les yeux sont tournés dans la même direction. Elles sont bien là, 2 baleines batifolent au large, assez proches pour bien les voir aux jumelles, mais trop loin pour en faire la moindre photo, même mon puissant zoom de 10 est ... impuissant. Quittant les géants des mers pour retourner à ceux des bois, sur la route nous arrêtons quelques minutes à Magic Forest pour nous rendre compte qu'il s'agit principalement d'un parc d'attraction pour distraire les enfants. Notre dernière étape importante est la Howland Hill Road dans le Jedediah State Park, 10 km de chemin de terre poussiéreux qui traversent la forêt de sequoias. Très visité, le nuage soulevé par les voitures a fini par couvrir la base des troncs et les fougères le long de la piste, ce qui donne un aspect fantomatique à la forêt.

Jedediah State Park, 10 km de chemin de terre poussiéreux

A la sortie notre Chevrolet est couverte de poussière ; si, au gré des pistes, elle changera de couleur, la couche ne fera que s'épaissir de jour en jour. En sortant, nous rejoignons le Travelodge de Medford après un bref passage dans l'Oregon.

Jeudi 26 – Les tubes de lave

Le Lava Beds NM est un des parcs les moins connus de l'ouest américain. A l’extrême nord-est de la Californie, il est à l'écart des circuits même des plus téméraires. Pourtant il offre des visites qu'on ne peut pas faire ailleurs, sauf un petit peu à Crater on the Moon dans l'Idaho : voir des tubes de lave de l'intérieur. Commençons par l'achat du Pass Annuel à l'entrée, ici pas d'électricité – pas de carte bancaire, payement en espèce – les 80 $ nous ouvrirons les portes de 22 entrées de parcs pour une valeur de 216 $. Dire qu'il y en a qui cherche à les revendre! Les 2 signatures nous sont imposées et par la suite, le passeport demandé à de nombreuses reprises, parfois plusieurs fois dans la même journée.



Bon revenons à nos lits de lave. C'est d’ailleurs une des premières choses que l'on voit, une étendue de lave noire qu'on dirait tout juste éteinte. Mais nous fonçons vers le Visitor Center, chercher conseils et lampes. Hé oui, des lampes torches que prête gentiment la jeune ranger à tous les visiteurs. Nous faisons avec elle le point sur les tubes ouverts que nous allons visiter. Un rapide coup d’œil sur le livre d'or pour constater que nous sommes les premiers français à le signer cette année. Et nous partons voir le plus proche, le Mushpot. Descente vers les antres de la terre. Surprise, en pénétrant dans le tube créé par la lave en fusion, le sol est bien lisse et le chemin tracé par la lave est balisé de part et d'autre de guirlandes lumineuses. Nous nous enfonçons dans les entrailles du volcan, en fait vers une sortie bouchée par lave refroidie. Les lampes sont inutiles au début, mais bien vite on est seuls dans le noir.



L'attraction principale du parc est constituée d'une douzaine de lieux disposés autour d'une boucle de 5 km que l'on parcourt en voiture. Tous ne sont pas ouverts à la visite, la ranger nous avait indiqué ceux qui sont fermés cette année. Pas de guirlande lumineuse, pas de sol bien plat, les tubes que nous visitons sont bien plus rustiques et très surprenants, les couloirs se séparent, se retrouvent. La promenade se termine toujours au bout de quelques centaines de mètres.









Plus à l'écart nous allons voir aussi la Valentine Cave puis revenons pique-niquer sur une table à l'ombre près du Mushpot. Le secteur est aussi un haut lieu de la Guerre des Modocs. Toujours la même histoire, une tribu indienne qui avait décidé de refuser l'exil vers une réserve très loin de leur terre natale, et s'était réfugiée dans ces lieux inhospitaliers. En 1872-73, 53 indiens tiennent tête à 500-600 soldats commandés par le général Canby qui y laissa la vie. Les restes des constructions militaires sont encore visibles. Le parc est bordé au nord par le lac Tule qui est une réserve importante pour les oiseaux. Et c'est vrais que des points d'observation aménagés, on en voit des milliers.



Note étape nocturne est à Klamath Falls, motel Cimaron Inn..

Vendredi 27 – Les cratères bleus

Pas de falls à Klamath Falls, mais un grand lac de retenue que la route longe vers le nord, vers LE parc national de l'Oregon : Crater Lake.. Peu de surprise avec cette étendue d'un bleu profond formée par les eaux retenues dans la caldeira du volcan Mazama. La dernière éruption a plus de 4000ans. A plus de 2000m d'altitude, le cratère gigantesque est ceinturé par une route de 53km. Nous en faisons le tour en arrêtant aux différents points de vue.



L'ile Wizard formée par un petit volcan plus récent est accessible en bateau, mais l'accès au bateau nécessite une longue descente sur le bord du lac

Les roches de Sentinel Rok sont une particularité aux couleurs inattendues dans cette région.

Sentinel Rok

Plus loin, la petite ile de Phantom Ship, née aussi d'une éruption



Au loin, vers le nord, nous apercevons un feux de forêt, ce n'est que le premier. Si le Crater Lake est bien connu des fans du grand West, il y a plus au nord un site dont bien peu connaissent le nom, le Newberry National Volcanic Monument. Deux grands lacs aussi créés dans le cratère de volcan, ouverts aux touristes avec camping, plages et bateaux. Ces lacs jumeaux (Paulina et East lakes) sont visibles du haut de Paulina Peack, au bout d'une rude ascension sur une piste caillouteuse où le croisement des voitures n'est pas toujours facile. Mais du haut à 8000 pieds, la vue est splendide sur les lacs et la coulée de lave semble encore fraiche entre les deux.

Paulina et East lakes vus de Paulina Peack

En bas, pas de visiteur au Visitor Center où la jeune ranger s'occupe en tricotant. Peu de doc, d'info et de souvenirs. Nous laissons notre trace sur le livre d'or... avant de rejoindre le Best Western de Madras.

Samedi 28 - A en faire trembler Custer dans sa tombe (voir LittleBighorn Battlefield l'an dernier)

Bon sang que j'avais eu du mal a le trouver celui là. J'avais toutefois obtenu une bonne adresse par une connaisseuse de voyage forum, mais le calendrier des PowWow restait désespérément vide dans les secteurs que nous devions visiter – j'étais pas à 200 ou 300 km prêt pour assister à un de ces grands rassemblements indiens, sans trop savoir ce qui s'y passe. Mais à partir du calendrier 2009 j'avais finit par écrire à quelques tribus (e-mail, bien sûr, ils n'en sont plus aux signaux de fumée).

Nous nous rendons dans l'état de Washington chez les Yakamas, à Toppenish. Ici il y a des vignes, sur les bords de la Nashes river, chez les riches récoltants blancs. Et puis il y a la réserve indienne, comme souvent sur les collines incultivables. Mais comme dans beaucoup d'endroit, il y a un casino géré par les indiens, et c'est justement le casino qui organisait le 8ème « Yakama Nation Legends Casino » du 27 au 29 Août. Nous passons à l'hôtel en arrivant, mais surprise , le Best Western réservé est devenu un Day Inn, donc des difficultés à trouver ; il y a bien le Tourism info à proximité, ouvert 7 jours sur 7, mais il est fermé ! Pas de problème à trouver le site du rassemblement, ni à stationner dans un grand près pas très loin de la grande tente d'où proviennent les sons amplifiés par une sono de campagne; Pour l'atteindre, il faut traverser le parking près d'un camp de tentes traditionnelles et de canadiennes modernes. Des « natives » de tout age mangent ou se parent de vêtements très colorés..

Il est environ 14h et nous arrivons à l'aire centrale : sous un grand chapiteau, plus d'une centaine de femmes, d'enfants, d'hommes jeunes et vieux dansent au son des chants et des tambours dont on ignore la provenance. C'est la grande parade, prélude aux compétitions de danse, car les PowWow modernes sont l’occasion de compétitions de danses traditionnelles. Les vêtements sont très colorés, au point que dans un premier temps ils nous semblent de pacotille. Mais en regardant de plus prêt, nous constatons que loin de là, ces vêtements garnis de plumes, de perles, de clochettes, sont d'une grande richesse. Il nous suffira par la suite d'en voir le prix de quelques éléments à vendre pour comprendre que les compétiteurs doivent y consacrer toutes leurs économies.





Autour de la piste, plusieurs rangs de chaises, la plupart vides – réservées aux familles des danseurs, nous ne sommes pas autorisés à les utiliser, pas plus que les tribunes à chaque extrémité. Difficile d'approcher et pas facile de voir entre les gens debout. A propos des gens, il n'y a que des indiens, presque tous en tenue de fête... non pas tous, il y a des jeunes en jeans et tee shirt. Par la suite nous croiserons des blancs, habitants de la ville ou fermiers du coin, mais certainement qu'il n'y a pas de touristes ici, ah mais si, nous !



Les compétitions débutent par les enfants, le 1 à 5 ans, les plus p'tits encadrés par la maman; les juniors de 6 à 12 ensuite – ils semblent déjà tout connaître des danses de leurs ainés. Ils me font penser à la danse pour faire venir la pluie. Pourvu qu'ils ne la dansent pas celle-là, nous avons eu du beau temps jusque là, on voudrait bien que ça dure, l'an dernier on avait pas été gâtés. C'est ensuite le tour des femmes... ayant toujours des difficultés pour approcher, nous partons voir sous un barnum voisin où se déroule d'autre compétitions; deux groupes face à face chantent et tapent sur des tambourins en alternance. Nous n'arrivons pas bien à comprendre les règles, il y a une histoire de bâton que le chef ramasse par terre avant de passer la main à l'équipe d'en face. Dans un groupe, deux femmes au milieu, une jeune et une grand mère bien gaillarde battent la mesure en faisant de grands gestes. Si nous n'arrivons pas à comprendre les règles, nous avons aussi du mal à comprendre les subtilités des chants. Nous faisons un tour des stands qui entourent la grande tente , marchands de bijoux indiens, de vêtements classiques ou de ts, de cd, de produit divers et de l'autre coté, de produits à boire et à manger. Pas d'alcool, d'ailleurs nous croisons souvent la police qui surveille. Sous le barnum, les compétitions se poursuivent. A notre retour, ce sont les « seniors » qui dansent. On peut approcher un peu plus et voir d'où viennent les chants. Aux 4 coins de la piste, les drums où 8-9 batteurs frappent en rythme et chantent en cœur, chaque groupe à son tour.



Nous constatons aussi que le jury est placé au centre de la piste, chaque notateur suit 2 ou 3 danseurs. La dernière compétition est celle des jeunes « guerriers ». Les tenues tournent vers la démesure avec une débauche de plumes dans le dos (mais que 2 sur la tête). Les danses sont de plus en plus rapides, avec des mouvements tournants et saccadés, des prouesses de gymnastes ... Chaque séquence ne dure pas plus de 3 minutes au bout desquelles les concurrents ressortent épuisés.



En fin d'après-midi, c'est la remise des récompenses, pour les musiciens d'abord, puis pour chaque catégorie de danseurs. Enfin, une famille menée par le présentateur-directeur de cérémonie fait un tour d'honneur, en dansant bien sûr. La piste se vide, la pelouse est comme neuve, les centaines de danseurs qui l'ont piétinée depuis 2 jours n'ont quasiment pas laissés de traces !!! Et demain dimanche, ils recommencent !!! Le soleil rougeoie à l'horizon, nous rentrons à l'hôtel.

Dimanche 29 – Vite avant que ça explose !

Parmi le parcs nationaux que je considérais de moindre intérêt, il y avait le Mt Rainier NP. Le détour par Toppenish le mettait quasiment sur notre itinéraire vers l'étape majeure suivante, le parc Olympic. On allait quand même pas le rater au passage. Partis avec le beau temps, nous trouvons vite la grisaille en altitude. La splendide route de Stevens Canyon puis le circuit de Paradise sont dans la brume. Et puis c'est dimanche, aux portes de Seattle, il y a foule. Les points de vue ne sont pas extraordinaires, les cascades bien communes. La perspective sur l'ancien glacier de Nisqually est plus originale.

Ancien glacier de Nisqually

Nous quittons le Mt Rainier avant qu'il explose, car c'est certain, tout comme le Mt St Helens en 1980, ce volcan se réveillera un jour, peut être demain, peut être dans 10 ans, peut être dans 1 000 ans, c'est à dire demain à l'échelle galactique. Nous rejoignons le Chehalis Inn dans la ville du même nom, sur les bord de la I5. Piscine à l'arrivée, mais le mauvais temps du jour ne nous met pas en confiance pour le lendemain. La côte nord du Washington est réputé pour son climat très humide.

Lundi 30 – La forêt des vampires

Hi ! Le soleil est de la partie pour aujourd'hui. L'étape jusqu'à Forks se décline en 3 parties dans la partie ouest du Olympic NP. La première dans la Quinault Rain Forest nous fait traverser une de ces bien curieuses forêts peuplées d'arbres géants couverts de mousse dégoulinante.



Le petit circuit pédestre près du Visitor Center permet de découvrir la densité et la variété de la flore et un curieux habitant, le banana slug...

La deuxième partie longe une côte où les plages de sable sont couvertes de troncs d'arbre. Il faut les chevaucher pour atteindre l'eau. La plus connue de ces plages est sans conteste Ruby Beach avec ses îlots de Abbey.

Ruby Beach

Après une brève visite dans la réserve des indiens Hoh, la troisième partie pénètre dans la Hoh Rain Forest avec au bout de la route, une jolie promenade parmi les arbres couverts de mousse et les buissons de fougère.



Au retour, un Roosevelt Elk nous attend sur le bord de la route. Nous pouvons nous arrêter à quelques métres de lui, en essayant de ne pas l'effrayer.

Roosevelt Elk

Nous sommes proches de Forks, la ville de Twilight (les amateurs reconnaitrons la forêt – nous, nous en étions restés au Bal des Vampires, mais ici, ce n'est pas la Transylvanie.) En tout cas, Forks a bien profité de cette récente célébrité, à en voir les pubs de la ville. Les commerces aussi, les tarifs s'en ressentent, comme au Pacific Inn où nous passons la nuit.

Mardi 31 – Météo conforme

Après la journée de soleil d'hier, nous ne sommes pas étonnés de trouver la pluie, avec de vrais averses. Trois étapes encore pour la partie nord du parc Olympic, la première vers Sol Duc. Trop humide pour une randonnée matinale vers la cascade du même nom. Une pose à la curieuse piscine de la source chaude avec de nombreux baigneurs sous la pluie. Plus loin, la compagnie de quelques « dears » sur le bord de la route. Deuxième partie, la route d'Elwha ; la pluie a cessé et nous marchons jusqu'à la splendide Madison Falls

Madison Falls

Troisième étape, l'ascension de Port Angeles vers Hurricane Ridge. Mais dans les nuages, les points de vue sont bien tristounets.

Météo habituelle

Au sommet, le magasin de souvenir, sous le Visitor Center, dispose d'un petit self. Nous pouvons manger à l'abri. Rien d'encouragement pour agrémenter l'après midi, nous filons vers Kingston prendre le ferry pour rejoindre le Best Western Alderwood à Lynnwood.

Embarquement à Kingston

Mercredi 1er Septembre – où sont les cascades du nord ?

Le North Cascades National Park est situé au nord est de Seattle. Il n'est traversé ni pénétré par aucune route, par contre il est séparé en 2 parties par la route 20 qui suit la Skagit River et le lac Diablo.

Peu de choses à voir sans se lancer dans de grandes randonnées, les cascades se limitent à une sur la route, la Gorge Creek Falls.



Le Diablo Dam, barrage qui retient le magnifique Diablo Lake est juste à coté.

Diablo Lake

Les principaux sites sont les Overlook sur ce lac aux eaux d'un bleu turquoise et sur la retenue amont de Roos Dam. Le soleil étant revenu, nous sommes heureux de trouver une table à l'ombre et abrité du vent qui a fait son apparition. La North Cascade Scenic Hwy qui longe le parc au sud-est comporte quelques points de vue intéressant à Rain Pass et surtout Washington Pass.



Nous faisons étape à Omak, petite localité perdue près de la réserve indienne de Colville.

Jeudi 2 – Du Washington au Montana

La route est longue pour rejoindre le Montana et les abords du Glacier National Park. Pour rejoindre Kalispell, Google map nous donne 377 miles et 6h30 (sans les poses, visites et achats). C'est compté sans les importants travaux routiers dans la partie finale. Arrêts et ralentissements nous ferrons perdre au moins une heure. La seule véritable attraction sur la route est le Grand Coulée Dam et sont lac de retenue. Ce barrage hydraulique fut le plus grand du monde (hauteur et largeur) à sa construction terminée en 1942.

Grand Coulée Dam

A Kalispell, logement pour 3 nuits au La Quinta très bien situé pour la suite.

De Glacier National Parc à Canyonland, par Yellowstone, le rodéo de Blackfoot, Dinausor NM et la piste du Little Grand Canyon



Vendredi 3 septembre – Aller-Retour vers le Soleil !

Encore un parc grand comme un département. Le Glacier NP n'est ouvert que 3 mois par an, de la mi-juin à la mi-septembre, du moins la route qui le traverse d'est en ouest et vice-versa : la Going-to-the-Sun Road. L'aller et retour (160km) vers le soleil est le programme de notre premier jour à Glacier. L'entrée du parc est à 50km de Kalispell, la ville la plus proche à l'ouest, mais il existe des logements plus près. L'entrée ouest est double. West Glacier est un village touristique avec divers services et la maison du Canada, car le parc est binational, à cheval sur la frontière américano-canadienne. Mais la véritable entrée est un peu plus loin.



Le Apgar Visitor Center est situé sur la rive du lac McDonald. La route longe ce lac somme toute bien quelconque, puis s'engage dans la forêt en suivant McDonald Creek.

McDonald Creek

Quelques cascades et une gentil promenade sur le Nature Trail of Cedar, jalonne cette partie avant d'attaquer la haute montagne.

Même si on ne monte pas très haut ici, les sommets dépassent guère 3000m (comparé au 3700 du col de Rocky Mountain NP) on a vite l'impression d'être en haute montagne. The Loop est un des overlook principaux de la façade ouest : en face, les sommets semblent couverts des premières neiges.

The Loop

Mais ce virage marque un changement dans l’ascension : route plus étroite et, aïe, travaux avec alternat par feux. Les arrêts qu'ils provoquent et les ralentissements restent supportables. Après la « muraille qui pleure » et quelques lieux caractéristiques, le col de Logan Pass à 2025m dispose d'un parking et d'un Visitor Center très fréquenté. La descente vers l'est semble plus tranquille et après quelques arrêts « point de vue », on rejoint vite les rives du Saint Mary Lake. Nous avons récupéré à l’hôtel une doc sur les bateaux qui font des promenades sur les divers lacs du parc.

En bateau sur le St Mary Lake

La croisière sur le St Mary dure 1h30, – départ toutes les 2h. Le ciel est couvert et il y a du vent, tant pis on y va. Au départ, une jeune ranger donne des explications à la vingtaine de voyageurs. Nous passons près d'une ile, longeons la rive, apercevons un glacier quand soudain, Bear !!! quelqu'un a vu un ours. Tout le monde se tourne dans la direction. Effectivement il y a un ours debout sur une plage, vite jumelles, appareils photos... Le bateau se dirige vers lui, pas trop près, puis tourne pour en faire profiter les passagers assis du mauvais coté. Pas moyen d'en faire une bonne photo, l'ours repart dans la forêt. Plus loin, le bateau s'arrête sur la rive pour une petite promenade de 15 minutes vers les Baring Falls. Les plus courageux partent avec la ranger pour une randonnée de 2h vers St Mary Falls. Il rentrerons avec le bateau suivant.

Revenus à terre, petit tour jusqu'au Visitor Center de l'entrée est du parc. Devant niche une famille de balbuzards visible sur la webcam en ligne sur le site du parc. Puis nous reprenons la Going-to-the-sun en sens inverse. Quelques arrêts aux points de vue zappés à l'aller, cascades, vue sur le Jackson Glacier … Le premier overlook après Logan Pass offre une vue splendide le flan de montagne nommé Garden Wall et la route qui descend le long.

Garden Wall

Samedi 4 – Les glaciers, ce qu'il en reste

Le second jours est consacré aux autres sites, Two Medicine et Many Glacier, situés à l'est. Plutôt que de repasser par Going-to-the-sun, nous suivons la route 2 qui contourne le parc par le sud en longeant la voie ferrée - quelques paysages intéressants. En remontant coté est, on arrive d'abord à Two Medicine Lakes, 3 lacs. L'arrivée au second marque la fin de la route. Quelques beaux points de vue et une cascade, ciel bleu mais beaucoup de vent ; nous ne rééditons pas la promenade en bateau.

Two Medicine lake

En repartant vers le nord, les routes 49 puis 89 traversent des étendues de forêt carbonisée dans la réserve indienne des Blackfeet. Le lieu visité plus au nord se nomme Many Glacier. La route longe le lac Sherburne en pénétrant dans le parc. Rien d'extraordinaire, sauf... Bears, Bears !!! Le temps de le dire, 2 ours traversent la route 30-40m devant nous. Arrivé à l'endroit où ils ont disparu, les fourrés sont trop denses pour les revoir. La route va jusqu'au lac Swiftcurrent. De là on peut voir ce qu'il reste de 5 ou 6 glaciers dont le Grinnell dans l'alignement du lac.

Many Glacier Lake

Grinnell

Au parking du Swifcurrent Nature Trail, nous trouvons une table bien abritée du vent pour pic-niquer en compagnie des écureuils. Le retour se fait par la route du soleil, un troisième passage avec des arrêts qu'on avait pas fait la veille. Et avantage, on est samedi, les travaux sont arrêtés. De l'entrée ouest, il nous reste quelque chose à voir, la Camas Road jusqu'au Forest and Fire Nature Trail.

Camas Road

Au dire des rangers, la piste de Inside North Fork, parallèle au départ, n'est pas praticable depuis le dernier incendie.

Dimanche 5 – Yellowstone tel qu'on l'avait quitté en juin 2009

Nous entamons notre descente vers les contrées plus chaudes(?) et pour commencer une journée de route (370 miles) pour une étape au parc des geysers. Un peu de soleil au départ et puis la pluie. Au programme, si on est assez tôt, un arrêt aux Lewis and Clark Caverns. Qui sont donc ces Lewis et Clark dont on retrouve le nom partout dans le nord-ouest des States ? Pas des héros de série télé, ni des fabricants de jeans mais les chefs de la première expédition américaine à traverser les Etats-Unis par la terre jusqu'à la côte Pacifique de 1804 à 1806. Les explorateurs ne sont jamais passés dans ces cavernes. Site bien à l'écart des grandes routes, il y a beaucoup de monde en ce dimanche après-midi. Un petit tour au visitor center où une maquette grandeur nature d'un passage de stalactites et -mites donne envie d'en voir plus. On nous annonce 2 heures de visite et le prochain départ dans 1 heure. Après conciliabule, nous faisons un autre choix : allons dire bonjour aux bisons de Yellowstone. Arrêt technique au Best Western de West Yellowstone et go vers la rivière du même nom. Il pleut, non il tombe des saletés qui encrasse le pare-brise. Le ciel est très gris, ou plutôt il est jaune, comme disait un collègue autrefois. Le long de la Madison river, la pluie se transforme et c'est de la neige qui tombe lorsque nous atteignons les Norris. Il neige vraiment quand nous arrivons à Canyon Village puis nous arrivons sur les bords de la rivière. Ils sont bien là, tout un troupeau de bisons traverse la route au milieu des voitures dans dans une véritable tempête de neige.



L'an dernier, nous avions quitté Yellowstone le 6 juin sous la neige, 15 mois plus tard, nous le retrouvons sous la neige. Mais en rentrant, le soleil arrive à percer à travers les nuage pour un coucher de soleil hallucinant sur les prés blancs.

Coucher de soleil près de Canyon Village Lundi 6 - les Bas(s)ins manquants

Début septembre, c'est encore l'été ? Hier soir la neige, ce matin -5° ! Il faut gratter la glace sur les vitres de la voiture. Mais heureusement, grand soleil, ça va se réchauffer. Le 6 septembre, c'est la fête du travail aux USA, ce qui fait un week-end prolongé pour les « locaux ». Au programme, ce que l'on avait pas vu, volontairement ou pas, lors de nos précédents passages en 2007 et 2009, 8 jours au total. On passe jeter un œil au planning de la Grande Fontaine (voir carnet de l'an dernier), mais la prochaine éruption est prévu vers 3h du matin ; tant-pis. Direction le Grand Prismatic et ses voisins du Midway Geyser Basin. Avec la différence de température de l'air et de la source chaude, le Grand Prismatic est complètement enfumé, inutile même d'aller le voir d'en haut.

Vapeurs sur le Grand Prismatic

Par contre les nuances de bleu des Opal et Turquoise Pool sont magnifiques. Les autres visites nouvelles sont celles de Biscuit Basin et Black Sand Basin, zappées les autres fois au profit de Old Faithfull et la grande balade qui en part. D'autres nuances de bleu, saphir, black opal …



Il faut aller saluer le « vieux fidèle ». En 2007 nous l'avions vu en plein déluge, un orage survenu juste au moment où … mais il fallait se réfugier à l'abri. Une heure plus tard, on était un peu plus loin, de l'autre coté. L'an dernier, on était passé à coté sans s'arrêter. Pour une dernière fois, nous allons le voir de près, du premier rang. Pour ceux qui ne connaissent pas, je joins une photo de ce lieux totalement isolé dans les fin-fonds du Wyoming.

Salle d'attente du Old Faithfull

Le nouveau Visitor Center est ouvert. Perdu dans la foule, nous en ressortons bien vite en pensant au préfabriqué où l'on allait autrefois consulter les horaires « probables » des prochaines éruptions. Arrêt à Kepler Cascade, magnifique.

Déjeuner au restaurant de Grant Village, pas mal. Nous y rencontrons un voyage organisé de français qui, en 15 jours de car, visitent le Canada et les USA.

Rebonjour aux bisons sur les bords de la Yellowstone River.

Puis nous allons faire la Blacktail Plateau Drive, une piste à sens unique proche de Roosevelt Lodge, en espérant y rencontrer d'autres animaux. Déception. Un tour dans la Lamar Valley. C'est vrai qu'il y a aussi plein de bisons, ils n'étaient pas là lors de nos précédents passages.

Mardi 7 – Quand la capitale mondiale de la patate fait la fête

Destination Blackfoot, dans l'Idaho. Cette petite ville de 11000 habitants entre Idaho Falls et Pocatello se dit la capitale mondiale de la pomme de terre. Il paraît c'est là qu'il s'en cultive le plus au monde. C'est qu'il faut beaucoup de frites pour les restaurants US, chez les Mac et autres hamburgeristes. Il y a là un musée de la pomme de terre où sont présenter la plus grosse patate et la plus longue frite !

Chaque année en septembre, Blackfoot est le lieu durant une semaine de la plus grande foire de l'est Idaho, avec une importante compétition de rodéo. Justement, la finale c'est ce soir et c'est pour ça qu'on est venu. Nous allons acheter nos billets, faire des courses pour la suite et déposer nos valises à l'hôtel. Et nous partons faire une petit tour à la fête. D'abord il faut stationner, il n'y a pas de grand parking, les riverains des rues proches louent quelques mètres carrés de leur gazon, allons y.

Nous entrons par la partie attraction, type foire du Trône, grande roue, montagnes russes et tous ces manèges qui vous mettent les tripes en l'air. Dès l'entrée, nous trouvons la police en train de remonter les bretelles à un forain sur le point de laisser passer un gamin bien trop petit (les tailles mini sont affichées) dans un de ces manèges qui déglinguent la colonne vertébrale. Plus loin, une scène, une sono et des artistes (amateurs) – country, magie, clown se succèdent toute la journée. Les bâtiments de foire se divisent en 2 catégories, ceux des marchants, avec un peu de tout comme chez nous, de la brosse à dent au camping-car, et ceux où sont exposés les choses primées lors des concours du samedi ou dimanche, gâteaux, brodures, coutures, etc. Une allée complète est consacrée au concours de cucurbitacées !

Les Gagnants !

Il y a un stand indien où nous discutons un moment avec une dame shoshone car nous y voyons exposés les vêtements admirés la semaine passée au Pow Wow. Elle nous explique d'ailleurs que ça se prononce pawa. La partie restauration et boisson prend un large espace, on y trouve du coca et de la bière (on est pas dans l'Utah), de la cuisine mexicaine (ou texane), italienne, indienne, hamburgienne et bien sûr, frites à volonté.

Pour le rodéo, ou les courses de chevaux des jours précédents, la piste est isolée de la foire par un bâtiment de béton avec des gradins. Vers 19h00, l'accès s'ouvre à ceux qui ont des billets pour le rodéo. Nous choisissons des places au hasard, face aux grilles colorées d'où devraient sortir les taureaux. Un vieux cowboy assis devant nous dit que ce sont les meilleures places (après la sienne). Je ne vous décrirai pas la cérémonie d'ouverture ni les différentes compétions, pour les juniors,

les filles puis les cowboys professionnels, avec les chevaux, les taurillons qu'ils attrapent au lasso, et à la fin les taureaux. Pour chacune, concourent les 10 meilleurs sélectionnés lors des éliminatoires des jours précédents. La nuit est tombée, les photos difficiles à prendre, les vidéos sont mieux. En pleine action, celle que je joins montre à quel point un taureau furieux peut décoller du sol.

Taureau volant

La compétition finie, il n'est pas trop tard pour se restaurer et toutes les attractions tournent à plein.

Durant toute la journée, nous n'avons vu aucun touriste ici, mais des locaux ou des américains des états voisins, fans de rodéo.

Mercredi 8 – L'île dans le grand lac salé

Encore une longue route pour rejoindre Vernal, la ville des dinosaures. Et sur la route, Salt Lake City, la capitale mormone de l'Utah. Nous allons faire une halte à Antelop Island State Park. Après avoir cherché un peu trop tôt une route pour nous en approcher, nous finissons par découvrir qu'il suffit de suivre les panneaux, c'est indiqué à partir de l'autoroute.

La route qui s'enfonce dans le lac devient de plus en plus magique au fur et à mesure qu'on s'éloigne de la rive.



L'île est encore loin, dans la brume, que l'on se retrouve seul au milieu de l'eau. Nous passons au Visitor Center. La route, vue du Visitor Center

Qu'y a t'il à voir ? Un élevage de bisons ! On vient d'en voir plein en liberté. Des randonnées vers les points de vue des sommets, parfois on voit des antilopes ! Pas pour nous. Nous partons vers une plage de Bridger Bay . La plage est large et il y a foule face au parking pour aller se tremper dans l'eau salée.

La plage de Bridger Bay

Il y a aussi des tables abritées pour pique-niquer.

La route l'après-midi traverse les domaines skiables des jeux olympiques d'hiver de 2002, puis les paysages changent à l'approche de Vernal. Ils deviennent même familiers aux baroudeurs des terres rouges.

Le soir à l'Econolodge, petit accident de lunettes, il faut réparer d'urgence. Comment trouver un opticien? Le garçon à l'accueil de l'hôtel nous conseille d'aller au WalMart Supercenter. Évidemment, on y trouve de tout, dans le magasin ou dans la galerie. Le plus surprenant est la pharmacie à l'intérieur du magasin, entre les légumes et les vêtements, avec consultation sur place !

Jeudi 9 – sur les bords de la Green River

Le Dinosaur National Monument s'étend sur environ 60km, à cheval sur l'Utah et le Colorado en 2 parties distinctes. C'est la partie est, celle du Colorado, que nous allons visiter en premier. On y accède en passant par le village de Dinosaur à 62 km de Vernal, pourtant dans cette partie pas de fossile. Après le Visitor center, la route de Harpers Corner est jalonnée de points de vue sur les monts voisins, puis sur le canyon de la Green River. Car c'est surtout la Green River qui fait le spectacle ici, à Harpers Corner, mais aussi à Echo Park où nous nous rendons ensuite. Une descente de 21 km le long et à travers la Pool Creek et le Sand Canyon conduit par une piste facile à l'Echo Park. Au début, l'Echo Park Road fait penser au Shafer Trail de Canyonland qui nous attend après-demain. A l'arrivée sur les bords de la rivière verte, le lieu est enchanteur au pied du Steamboat Rock.

Steamboat Rock

Nous croisons un groupe arrivé là en rafting qui courre après un canoë mal arrimé. Un coin camping pour les amateurs, des tables pour manger à l'ombre en compagnie d'écureuils... Plusieurs points mérite un arrêt le long de la piste, à l'aller ou au retour. La Whispering Cave, grotte étroite de 10-12m de long, à été provoquée par un affaissement d'une partie de la falaise. Plus haut, une série de pétroglyphes décore le rocher de portraits (?) en pointillé. Nous n'avions jamais rencontré cette méthode de gravure indienne.

Petroglyphes au poinçon ?

Le soleil s'est caché derrière les nuages lorsque nous remontons pour faire un tour sur la Yampa Bench Road. La piste est caillouteuse, beaucoup plus désagréable que dans Sand Canyon. Elle mène à 3 Ovelooks éblouissants sur le canyon de la Yampa River qui rejoint la Green River à proximité d'Echo Park : il y a le Castel Park, le Harding Hole et le Wagon Wheel Point. Les méandres de Harding Hole peuvent rivaliser avec les Gooseneks célèbres de l'Utah.

Castel Park Overlook

Harding Hole Overlook

La piste étant mauvaise, le ciel de plus en plus sombre et le réservoir baissant rapidement, nous décidons de rejoindre au plus court la station service du village de Dinosaur. Il reste quelques points de vue sur la route du retour, mais sans commune mesure avec ce qu'on vient de voir. Avant de quitter le parc, nous faisons une agréable rencontre avec un groupe de deers, qui, après s'être écartés des bords de la route à notre approche, s'arrêtent dans un lieu dégagé.



Vendredi 10 – Le petit grand ?

Le soleil est de retour pour de bon (?) En tout cas, il nous accueille au Dinosaur Quarry Visitor Center. Mais nous sommes trop tôt, les rangers n'ont pas encore ouvert et on ne peut rien faire sans eux, sauf attendre. Notre seule ambition ce matin est d'aller voir des vrais fossiles de dinosaures. C'est ici le lieu qui a donné le nom au parc.

Mais depuis un glissement de terrain il y a quelques années, le bâtiment vedette du site est en travaux jusqu'en 2011. En attendant, une navette conduit les visiteurs jusqu'à un petit circuit guidé où nous pourrons voir de bien piètres pétroglyphes et quelques fossiles dont je joins la seule vue de vertèbres du jurassique.

Pas grand chose d'autre à voir !

Décevant... Du chemin, on aperçoit les bâtiments en construction. Les travaux ont l'air bien avancés, ce sera ouvert l'an prochain. Nous n'allons pas plus loin dans ce parc.

Nous partons sud-ouest vers les mines de charbon de Price puis Castle Dale pour prendre la piste 401 nommée Green River Cutoff Road. Le GPS nous est d'aucun secours pour trouver l'entrée, les cartes non plus. Après de vaines tentatives, il faut se résoudre à demander aux habitants. Pour s’apercevoir que sur la route 10 d'où nous somme arrivés, la route est indiquée, mais le panneau n'était pas visible dans notre sens. Et nous voilà parti pour plus de 90km de piste qui ne serons pas sans surprise. La première étape après 30km dans un univers désertique s’appelle Wedge Overlook Recreation Area – parking, équipements sommaires et camping déserté en cette période avancée de l'été. Et une vue magnifique sur la San Raphaël River. Du parking, une piste par à droite, une à gauche. Celle de droite devient vite impraticable, celle de gauche conduit au ... je vous le donne en mile, au Little Grand Canyon Overlook. Qu'en est-il donc pour faire concurrence au seigneur des canyons ? Et bien, il faut dire que la vue fait bien penser au célèbrissime fossé du Colorado, si on en oublie les dimensions.

Little Grand Canyon

Personne ici, sauf un couple âgé installé à lire près du bord du précipice. En repartant nous prenons la Buckhorn Draw Road pour descendre traverser la San Raphaël River. Avant le pont, les indiens ont peint sur la falaise. Le Buckhorn Wash Pictograph Panel s'étend sur 50m, ce ne sont pas des pétroglyphes, mais des peintures dont certaines semblent représenter des anges !

Buckhorn Wash Pictograph

Cet ensemble vieux de plus de 2000 ans est l’œuvre des peuples de la culture Barrier Canyon. Il y a aussi quelques pétroglyphes fremonts à coté, plus récents de 1000 ans. La suite de la piste suit ensuite une vallée encaissée. Nous y croisons quelques voitures et même nous suivons un moment un camion qui s'arrête tous les miles pour déposer des toilettes de campagne en prévision du marathon qui va se courir ici demain ! Un marathon dans ce désert ! À 50 km du village le plus proche. Il y a déjà du monde d'installé sur le camping près de la ligne de départ (ou d’arrivée). Nous n'avons vu aucun animal sauvage sur ces 90km de piste. Destination finale Green River, la ville, où nous logeons pour la 3ème fois au Ramada. Diner au Taramisk restaurant, avec vue sur la rivière (Green bien sûr) au coucher du soleil.

Samedi 11 – On the Shafer Trail again

Nos visites précédentes à Canyonland avaient été incomplètes. Dead Horse Point lors de notre bref passage en 2005, le survol de l'ensemble du National Park en 2008 (génial) puis une brève visite de Island in the Sky l'après-midi sous la pluie, enfin la descente du Shafer Trail en 2009. Le passage dans le secteur était une bonne opportunité de revoir dans de meilleures conditions le Grand View Point et quelques autres points de vue et surtout de refaire la plongée du Shafer Trail qui nous avait tant marqué l'an passé. Nous commençons par la grimpette vers la Mesa Arch, splendide le point de vue de l'arche, en début de matinée.

Mesa Arch



A 11h30, au Shafer Canyon Overlook, nous observons la piste à flan de falaise : personne.

Personne au point que dans un virage dessous nous, au deuxième lacet, un deer se promène sur la piste.



Surprenant, l'an dernier il y avait foule dans les 2 sens. Pour s'assurer de la praticabilité, nous allons demander aux rangers du Visitor center voisin si les orages d'été n'ont pas rendu la piste impraticable. Si ce fut le cas en Août, elles sont maintenant roulable. Nous pouvons donc nous lancer dans l'aventure.

Ici, la piste a été réparée

Toujours aussi infernale, cette descente du Shafer Trail, avec ses à-pic, ses épingles à cheveux, ses passages étroits et la vue superbe. J'ai l'impression que par endroit, la chaussée est un peu plus dégradée que l'an dernier. Il y a maintenant quelques autres voitures. Des vélos se sont lancés dans la pente aussi et nous en croisons dans l'autre sens, courage, ça va être dur.



Arrivés en bas, il reste les 20km de la Potasse Road avant de retrouver une route digne de ce nom. Là, la piste est vraiment mauvaise, limite limite pour notre Equinox, moins haute de caisse que la GMC de l'an dernier. Quelques passages se font au pas, et même après reconnaissance à pied. Tout fini par passer sans frotter.

Ici, ça passe encore bien !



Dans l'après-midi, Moab n'a pas changé. Toujours de la circulation. Il nous faut trouver l'agence de Farabee's Jep Rentals pour confirmer une réservation, et nous n'avons pas l'adresse (depuis elle est en ligne). Nous finissons par demander dans une station service : c'est à la sortie au sud. L'affaire classée, nous filons vers le Gateway Inn de Blanding.

En 3ème partie, quelques lieux connus mais beaucoup rarement visités :



Dimanche 12 septembre – Marche à l'ombre

En partant de Blanding, la route 95 est toute proche. Cette route, appelée aussi Trail of the Ancients est rarement prise pour rejoindre Moab à Hanksville et au delà Capitol Reef, pas la plus courte, pas grand chose à voir. Enfin pas grand chose à voir, c'est beaucoup dire. Ça commence fort, ça commence mal. Nous quittons l'hôtel de bonne heure. Le premier arrêt est tout proche, Jean Pierre nous a bien expliqué comment visiter le Mule Canyon, stationner en bas, environ 1 km à marcher jusqu'à ? Il nous a pas dis que la descente dans le canyon est à pic, il faudra remonter tout à l'heure. Il est 8h30 quand nous commençons à marcher sur un chemin étroit entre les herbes hautes du fond du canyon. Pas d'eau ici, mais nous traversons souvent le lit du ruisseau à sec. En tout cas, la promenade est agréable avec la fraicheur matinale. Au bout d'un moment, nous pensons que nous ne sommes pas loin, nous avons bien fait plus d'un km. Bon, c'était peut-être 1 mile. Elle doit être juste après le prochain virage, il n'est est rien. Nous avons fait plus de 2 km quand nous décidons de rebrousser chemin. Après plus de la moitié du chemin de retour, nous l’apercevons à gauche. Nous l'avions raté au passage, stupide, il y a un tas de caillou pour marquer l'embranchement. Un peu de montée et nous sommes devant House on Fire, la maison en feu.

House on Fire

Même si le soleil est maintenant haut, la demeure anasazi n'a pas encore pris sa couleur de feu. La chaleur monte pour la fin de la promenade et il n'y a plus d'ombre. Il est 11h lorsque nous arrivons à la voiture. Petite balade pour beaucoup, dure pour moi.

Le Natural Bridge National Monument n'est pas très loin.

Ce parc de taille moyenne abrite 3 ponts naturels creusés par une ancienne rivière. Ils se visitent en suivant le circuit de 14,5 km d'une route à sens unique qui part juste après le Visitor Center. Des arrêts sont aménagés aux principaux points de vue, plus importants à ceux d'où l'on voit les ponts et aux départs des différents trails. On s'arrête à Sipapu Bridge (2 points de vue),

Sipapu Bridge

Kachina Bridge puis Owachomo Bridge avec une descente au pied de ce dernier.

Owachomo Bridge

Il a un petit air du Landscape du Devil Garden. Nous déjeunons sur une table à l'ombre prêt du visitor center, en compagnie d'un oiseau bleu.

La route 95 longe puis traverse le petit mais spectaculaire canyon d'un rivière dont je retrouve pas le nom. Elle conduit jusqu'au pont, pas naturel du tout celui-là, sur le Colorado. A plus de 4h de route de Page, ce pont marque le début du lac Powel. De part et d'autre la vue sur le Colorado reflète le ciel, un ciel en train de se couvrir.

Le Colorado à Hite Crossing Bridge

Les coordonnées mémorisées sur notre GPS nous conduisent juste à l'entrée d'une piste à gauche de la 95. Rien d'indiqué, mais ça doit bien être là. Après 2-3 km de chemin de terre plutôt facile, un petit panneau nous signale le lieu: Little Egypt. On est pas sur les bords du Nil, même pas d'un quelconque little grand Nil, pas de pyramide, de sarcophages, mais les alignements de roches ocres et blanches peuvent peut-être faire penser à ceux du temple de Louxor (le vrais, pas celui de Las Vegas) ou d'un autre que nous avons visité il y a 2 ans.

Little Egypt

Moi, ça me fais plus penser aux Goblins SP voisin, si ce n'est la couleur. Le soleil, masqué, manque à la fête. En tout cas on peut se promener librement au milieu des ces roches.

Little Egypt

En approchant de Hanksville, nous voyons au loin les fumées d'un incendie, le deuxième. Route vers Capitol Reef que nous traversons sans arrêter. A Torrey, nous repérons le lieu de rendez-vous pour demain matin et filons vers Bicknell où nous avons réservé dans un hôtel qui devrait être bien. L'Aquarius Inn présente pas mal, la chambre est bien, frigo, micro-onde, wifi sans problème, mais, mais la piscine est fermée, bon, pas trop grave. Mais surtout le restaurant, soit disant ouvert 7 jours sur 7 toute l'année, est fermé ! Il faudra retourner les 2 soirs manger à Torrey

Lundi 13 – Les Cathédrales avec Brian

Rendez-vous à 9h au Hondoo Rivers and Trail, face à l'église Mormon de Torrey. Nous y retrouvons Brian qui a préparé son 4x4 pour nous emmener visiter des cathédrales, pas romanes ni gothiques pour un sous. Il faut dire que c'est la 3ème fois que nous venons à Capitol Reef et que les précédentes nous n'avons pas pu accéder à la vallée des cathédrales. Nous étions près à tenter de nous même une troisième fois. Mais Cendryon qui nous a raconté en direct les péripéties de son voyage cette année nous a donné la solution, faire la visite avec un professionnel, en occurrence le dénommé Brian. L'ancien cow boy connait comme sa poche toutes les pistes de la région. Il y met du cœur à l'expliquer de façon compréhensible pour nous, peu permissifs à l'accent rocailleux des gens de l'ouest. Et nous voilà parti avec le soleil vers Cathedral Valley, la backcountry nord du parc. Mais avant, un petit tour sur la Notom jusqu'à un beau point de vue sur la face est de Waterpocket Fold. Ensuite nous prenons la piste à Caineville (dommage, j'aurais apprécié une traversée de la Fremon river). La remontée le long de la Caineville wash road se fait sur une piste que le gros 4x4 Ford avale sans difficulté, pas sur qu'on aurait pu passer avec notre Equinox.

Arrêt au réservoir de bentonite,

Quelques lieux curieux comme par exemple ce rocher qui descend petit à petit d'un sommet en pente. De temps à autre, il glisse un peu plus bas, nous dit Brian.

Puis nous entrons dans Cathedral Valley :

Puis nous arrivons devant le Mur de Jéricho. Au pied se trouvent les 2 attractions majeures de la vallée (au sens de « ce qui attire les gens ») : le Temple of the Sun et le Temple of the Moon.

Temple of the Sun

Temple of the Moon

Les Temples du Soleil et de la Lune sont vraiment impressionnants quand on les approche. Il y a aussi les temples des Étoiles par derrière, plus petits puis d'autres plus loin. A coté, il y a la Glass Mountains, curieux rocher fait de plaques de cristal.



Plus loin , quelques vues intéressantes sur des pics volcaniques et d'autres temples dont j'ai oublié le nom.

Traces de volcan Temples of ???

A Harpnet Junction, nous montons au point de vue haut sur Cathedral Valley.

Upper overlook

Déjeuner sur place et avançons au Upper South Desert Overlook, de l'autre coté. Le retour l'après-midi se fait par la forêt à l'ouest, par la Thousand Lake Mountain. Quelques passages difficiles, des points de vue à l'infini, des plantes rares.

Nous avions demandé au départ à Brian si nous allions voir des animaux. Sa réponse était plutôt pessimiste, mais pas complètement négative. Avant de rejoindre la route 72, nous croisons une famille de cervidés à l’orée de la forêt.

Sur la route du retour, nous voyons un grand panache de fumée à l'horizon. Un incendie encore, Brian nous dit que cela dure depuis plusieurs semaines, mais que c'est dans un secteur inhabité. Après Loa, un énorme troupeau de vaches dans un immense pré. Notre cow boy en retraite nous dit que l'éleveur local possède 15 000 têtes de bétail, ça nous fait penser à Fernand Raynaud, avec son sketch sur le « pauvre paysan » Diner au Cafe Diablo de Torrey, une très bonne adresse, mais il y a du monde.

Mardi 14 – Les ornières de la Cotonwood

La route 12 qui descend de Torrey à Bryce est souvent considéré comme une des plus belles de l'Utah. C'est notre cinquième passage, l'enchantement n'est plus là, quoique l'endroit où l'on roule sur la ligne de crête est toujours aussi magique et impossible à bien photographier.

Méandre de la 12

Destination Cannonville, voir les rangers du visitor center. Question primordiale : la Cottonwood Road est-elle praticable en ce moment. L'an dernier, à la suite de l'orage subit 2 jours avant quand nous étions à Page, la piste était totalement impraticable : nous avions dû supprimer de notre programme plus de 150km de piste. Le ranger essaye de nous dissuader de nous engager dans cette aventure ; il nous montre la photo d'une voiture immergée jusqu'aux rétroviseurs dans la traversée d'un ruisseau en folie. Il avoue toutefois que ça fait plus de trois semaines qu'il n'a pas plu, que le niveau a baissé depuis et que la route est sèche. Bon, on verra bien, on va au moins aller jusqu'au site le plus intéressant qui n'est pas très loin de ce coté. Et la météo est avec nous, il fait beau et ça va durer.

La route est revêtue jusqu'à l'entrée de Kodachrome Basin. A l'embranchement, tout est fait pour dissuader de s'engager sur la piste, mais l'entrée n'est pas barrée. Aller, c'est parti pour environ 93km qui vont s’avérer les plus « hards » du voyage. Le début est plutôt facile et nous arrivons très vite à la rivière : vu le niveau, pas de problème, mais ça aurait pu glisser.

Aujourd'hui, ça passe

Nous découvrons plus loin les curieuses grilles à bestiaux que l'on passe ou qu'on contourne. Plus loin, certaines seront très hautes. Un arrêt à un point de vue puis plus loin nous bifurquons à gauche vers les arches dénommées depuis 1947 Grosvenor Arch.

Grosvenor Arch.

De retour sur la Cottonwood Road, la route se dégrade par endroit : lors des pluies précédentes, les voitures ont laissé l'emprunte de leurs roues dans la terre. Les sillons ainsi creusés sont de plus en plus profonds, trop pour les suivre. Notre Equinox n'a pas une hauteur de caisse suffisante, donc il n'y a qu'une solution, rouler en dehors des sillons. Cette gymnastique atteint sont paroxysme lorsque les espaces entre sillons se réduisent à la largeur des roues. L'essentiel est de ne pas frotter. Rares voitures rencontrées Heureusement, ce ne sont que des passages sur quelques centaines de mètres au maximum et il reste des sections plus roulantes entre. Les paysages sont souvent magnifiques. Nous ne sommes pas seuls sur cette piste, mais ce n'est pas la grande affluence.

Un des plus beau point de la cotoonwood

Une pose déjeuner à l'ombre, près qu'un canyon. On avait vu l'ombre, mais pas le canyon. Une famille s'arrête près de nous et part visiter. A leur retour, sur leurs conseils, nous y allons faire une promenade digestive. On y voit de curieux rochers.

Rocher dans le canyon

Plus loin, les torrents ont raviner les bas cotés et la piste n'est pas plus large que la voiture. Nous y trouvons un camping-car qui fait demi-tour, que diantre allait faire dans cette galère ! La fin est plus facile, mais les paysages sont moins beaux. A la fin, la route longe la Paria River. Environ 4h30 après y être entré au nord sur la Cottonwood Road, nous en ressortons au sud sur la route 89. A propos, ça ressemble à quoi un cottonwood. Le nom de cet arbre a baptisé de nombreux endroits dans tous les états de l'ouest. En voici une photo.

Cottonwood au bord de la Cottonwood

Destination Kanab. Nous logeons au Treasure Trail Motel pour 2 nuits et nous commençons par tester la piscine. Kanab est un haut lieu du western. Des plaques sont plantés sur les trottoirs de la rue principale en souvenir des grands noms du cinéma de cowboy qui ont tourné ici. A commencer par le grand John

Mercredi 15 – Intrusion en Arizona

L'Arizona, c'est l'état du Grand Canyon, le vrai. On a tendance à oublier, tellement le Colorado a creusé une colossale frontière, que la rive nord est aussi en Arizona – mais pas dans la réserve des navajos. Notre ville étape est à quelques encablures (si toutefois utiliser un terme nautique n'est pas trop déplacé dans cette région désertique) de la North Rim, enfin 130km tout de même). Pas dans les terres navajos, mais ils sont bien là, installés sur un parking, à déballer leurs jewelleries. La route 67 qui conduit au parc traverse ce qui reste d'une forêt brulée récemment.

L'entré du North Rim

Au poste d'entrée, il y la queue, certainement moins qu'aux entrées du sud, mais en cette mi-septembre, cette rive est très fréquentée. Ce sera confirmé sur tous les parking par la suite. Première étape, le Bright Angel point. Un chemin revêtu y conduit, en bon état mais pas très large et surtout avec de fortes déclivités. Au bout, une vue magnifique sur l'énorme fissure où coule le Colorado... à propos où est-il ? Et bien d'ici on ne le voit pas.

Bright Angel Point

Par contre on voit nettement l’incendie qui fait rage dans la forêt sur l'autre rive.

South Rim en feux

Deuxième étape, Point Imperial. C'est le lieu le plus haut, à 2683 m. La vue sur le canyon se double de celle sur le plateau. La brume blanche qui couvre l'horizon est la fumée du feux de l'autre rive. Au premier plan, le Mt Hayden est escaladé par les grimpeurs chevronnés.

Point Imperial

Troisième étape, à la pointe, Angel Window (la fenêtre des anges) et Cape Royal d'où on aperçoit la rivière.

Angel Window Les autres points de vues sont observés au retour. De Walhalla Overlook, on peut voir le Colorado à Unkar Delta, autrefois habité par les Pueblos.

le Colorado à Unkar Delta

Le dernier arrêt sera à Roosvelt Point, pour une vue joliment colorée. Partout nous avons vu du monde, les parkings étaient bien remplis, mais jamais autant qu'en Mai 2005 sur l'autre rive. Le fait que seul Bright Angel soit accessible aux cars réduit le nombre de touristes, la route vers Angel Window est limitée en gabarit et interdite aux camping-cars. Moins de points de vue, généralement au bout d'un peu de marche, on ne peut pas dire qu'il faut visiter la rive droite au lieu de la rive gauche, mais plutôt en complément.

En rentrant nous arrêtons au Liquor Border Store à la frontière de l'Arizona et de l'Utah. Je ne peux pas vous décrire le fouillis de ce magasin d'alcool dont la tenancière d'un age canonique semble tout droit échappée de Salem (MA, pas OR).

Jeudi 16 – Pipe Springs

Pour une foi, nous allons faire une exception et visiter autre chose qu'un site naturel, peut être en préparation de la soirée. La route de Kanab à St Georges passe dans l'Arizona et là se trouve un petit National Monument nommé Pipe Springs. Il s'agit d'un bâtiment de 1850, occupé par des fermiers mormons, qui fut fortifié par la suite pour se protéger des indiens navajos et piutes.

La cour intérieure

Les dépendances se visitent librement, mais le bâtiment principal n'est accessible que guidé par une ranger (sans supplément). Notez que les 4 caves l'an dernier, le bateau à Glacier, c'est toujours une femme ranger qui fait visiter. Mobilier, vaisselle, outils et décorations nous plongent dans la campagne isolée à la fin du XIXème siècle.



A l'extérieur nous voyons de près ces bovidés à grandes cornes que nous avions parfois vus de loin, comme l'an dernier dans le sud Dakota.

Nous visitons aussi des bâtiments annexes Route vers St Georges, on entrevoit au passage la fameuse église mormone blanche (visitée en 2008). Arrêt déjeuner au buffet de l’hôtel casino Casablanca à Mesquite - nous y avions logé cette année là. Et bientôt au loin, les tours des hôtels du Strip percent la brume ; un regard au GPS, nous sommes encore à plus de 20km.

Choisir un hôtel à Las Vegas est toujours sujet à discussion sur le forum, chacun étant certain d'avoir logé dans le meilleur. Ce sera le 5ème pour nous, et pour des raisons pratiques et financières, nous avons choisi l'Imperial Palace, au milieu du Strip. La réception nous demande si nous préférons avec vue sur le Strip ou pas. Nous disons « avec » mais on nous fait remarqué que c'est un peu bruyant. Bof, le bruit de la rue, du 10ème étage... Arrivé dans la chambre, nous constatons que le « un peu » est énorme, la musique et surtout les vibrations des basses de l’orchestre sous nos fenêtres font trembler la chambre, et il n'arrêtera qu'à 4h du matin. C'est sans problème qu'on nous échange la chambre contre une autre plus calme.

Sous le chapiteau, l'orchestre - en face le Mirage

La raison pratique de l'emplacement, c'est qu'il est presque en face le Mirage où nous allons voir ce soir un spectacle du Cirque du Soleil : Love. Profitant des remises estivales, nous avons eu 2 places à 50$, même au fond, c'est cadeau. Il y a 2 ans nous avions vu Myster, O et Ka. A comparer, Love est décevant, par la scène souvent partiellement masquée par des rideaux, par les numéros principaux, peu nombreux et assez communs et par l'animation générale du spectacle, trop danse, même si logique avec le thème général sur les Beatles. Mais le Cirque du Soleil reste magique et la mise en scène est du spécial Vegas qui n'a rien à envier aux autres. Il est interdit de filmer et photographier pendant le spectacle. Lors du final, je me risque à filmer avec mon appareil photo... 6 secondes et un placeur vient braquer sa torche sur moi. Arrêt immédiat, mais je peux en extraire une photo pour vous.

Final de Love

Retour sur le Strip :

Vendredi 17 – Retour dans la mortelle vallée



Beaucoup ne font que traverser Death Valley NP, certains osent y passer une nuit. Fait trop chaud en été ! C'est vrai qu'il fait chaud, un peu moins à la mi-septembre. Le thermomètre du visitor center de Furnage Creek à 15h00 affiche seulement 42° à l'ombre.



Nous y avons déjà passé une nuit en 2008, cette fois nous allons en passer deux. Maso ? C'est que dans ce parc immense, il y a d'autre chose à voir que Zabriskie, Dante et Bad Water et Sand Dunes. Et même dans les classiques, nous en avions ratés 2 l'autre année. Nous commençons par là le Twenty Mule Team Canyon. C'est une jolie piste à sens unique dans ce que le désert a de plus désertique, rocher et terre, rien ne pousse, rien ne bouge.

Twenty Mule Team Canyon

Pour continuer, Artist Drive aussi à sens unique. C'est plus animé ici, c'est même très fréquenté, même mal fréquenté. Les gens qui passent ici sont pressés, pressés d'arriver aux points de vue, pressés de stationner, de faire une photo et de repartir sans doute pour quitter au plutôt l'enfer.

Artists Palette

De la-haut, on a le Badwater Basin dans le rétro.

Badwater Basin

Notre principal soucis ensuite est de voir les rangers et de connaître l'état des pistes de l'arrière pays. Notre idée était de rejoindre Racetrack par la Saline Valley road puis la Hidden Valley, mais misère, les orages d'août ont rendu la première complètement inutilisable, même avec un vrai 4x4. Seule solution, la voie classique par le nord, par Ubehebe Crater. Au passage nous notons que l'essence à Furnace est à 4$29 alors que le plus cher que nous ayons trouvé jusqu'à présent était 3$34. Nous logeons à Stovepipe Wells Village. Il y a 3 jours nous avons reçu un mail de l'hôtel nous signalant qu'à la suite d'un incendie, le restaurant est temporairement fermé (encore le feu, cette fois, dans les cuisines). Il faudra aller à Furnace Creek pour manger.

Le temps de s'installer tranquillement, de constater que cette année, la wifi fonctionne dans les chambres, de faire quelques courses indispensables au magasin en face et nous partons à notre rendez-vous. Nous devons retrouver notre loueur de jeep à l'agence Farabee face au Furnace Creek Resort. En fait c'est un tout petit bâtiment où nous attendent 2 dames qui vont tout nous expliquer sur la location et le fonctionnement de la Jeep Colorado réservée pour 24h. L'agence, fermée en été, trop chaud sans doute, vient juste de rouvrir. Et à la tombée de la nuit, nous partons avec ce véhicule tellement haut que nous avons grand peine à y grimper.

Coucher de soleil à Furnace Creek Inn

Samedi 18 – le champ de course des pierres

Tout comme Olympic, Glacier, Dinausor, la Racetrack Playa constitue d'un des lieux majeurs de notre voyage. En 2008, les rangers ne nous avaient pas autorisé à y aller avec la Toyota Higthlander 4WD que nous avions. Principale raison, les pierres de la piste sont très coupante et c'est vrai que j'avais déjà lu beaucoup sur les pneus crevés sur cette piste. Dans ses publicités, Farabee cite la visite du Racetrack comme une des destinations premières avec leurs jeeps de location. Les dames avaient confirmé la fermeture complète de la route que nous souhaitions prendre au départ. Avec elles, nous avions bâti un autre parcours avec un endroit à explorer pour l'après midi.

Après avoir régler au mieux les sièges, tache difficile, nous partons de bonne heure et de bonne humeur vers le nord, 75km de désert jusqu'au cratère de Hubehebe. Au bout la piste, nous nous engageons avec prudence. En route pour 88 km (AR) d'enfer ? Somme toute, rien de bien difficile de rouler sur ces petits cailloux qu'on dit très coupant. Les gros pneus de notre jeep sont de taille à résister, enfin j'espère - en tout cas j'aimerais pas devoir mettre la roue de secours.

Notre Jeep Colorado

Tôle ondulée au départ, par endroit sinueuse, parfois étroite, la piste traverse bientôt des champs de Joshua Trees.

La piste de pierres coupantes et les Joshua Trees.

Vers 10h00, nous atteignons Teakettle Junction, le carrefour des théières porte bien son nom, même si le lieu a perdu de son authenticité tellement certaines semblent tout droit sorties du magasin du coin (quoique, où est-ce qu'il y a un coin, dans le coin ?)

Teakettle Junction

Vingt minutes plus tard, nous sommes au bord du champ de course, un ancien lac de 7km2. La boue séchée laisse une surface absolument plane, exceptée l'île de Grandstand à l'arrivée. Mais il faut aller jusqu'à l'autre extrémité pour voir une curiosité des plus surprenantes au monde : les pierres qui se déplacent toutes seules. C'est sûr qu'on ne les voit pas courir, même que jamais quelqu'un les a vu bouger. Pire, on ne sait pas trop expliquer ce qui déplace ces cailloux dont certains pèsent des dizaines de kg. Les tentatives d'explication sont a peine crédibles, mais ce qui est certain, ici les pierres bougent. Et elles ont laissé des traces de leur parcours. Sur parfois des centaines de mètres, elles ont marqué l'emprunte de leur trajectoire dans la boue qui l'a conservée en séchant. Étonnantes, ces trajectoires qui changent de direction parfois de 90° ou qui décrivent des figures …





Dans l'immensité plane de la playa, cernée de montagnes, sous un ciel tout bleu, dans un silence total, c'est un moment d'isolement au milieu du mystère, loin des nuées de touristes.

En repartant vers 11h30, nous pensions avoir été les seuls visiteurs aujourd'hui. Erreur, à Teakettle Junction nous croisons une autre jeep. Une pause au retour au Hubehebe Crater, mais nous l'avions déjà vu. Où trouver un endroit à l’ombre par ici pour pique-niquer ? Impossible, non ! nous somme assez proche du Scottis Castle et son oasis, là il y a des tables à l'ombre des grands arbres. Nous en profiterons pour faire un tour au visitor center local. Pour l'après-midi, plutôt que d'aller au Eureka Dunes, nous décidons de refaire le Titus Canyon qui nous avait beaucoup plu il y a 2 ans, un vrai baptême de la piste pour nous qui ne connaissions que Monument Valley et Carizo Plain. Mais d'abord faire le plein et pour cela nous allons à Beatty, c'est tout proche du début de la piste. Avec de l'essence à 2$73, ce sera une économie sur le plein final. Passage obligé à la ville fantôme de Rhyolite, pas rassurant. La piste du Titus Canyon commence par une longue ligne droite de tôle ondulée, ce n'est pas la partie intéressante. Puis elle monte en lacet vers le col de Red Pass, le passage le plus difficile, avec des ornières et des cailloux.

Juste après Red Pass

Dans la descente, nous rencontrons un des sympathiques habitants des lieux : un serpent à sonnette se fait doré au soleil au milieu de la piste. Il n'a pas l'air décidé de bouger, j'essaie de bien passer les roues de chaque coté pour ne pas l'écraser.

Notre seule rencontre !

Réussi, mais le rattlesnake s'est mis en boule, près à ce défendre contre le monstre qui l'a réveillé. Ensuite, on peut voir le village fantôme de Leadfield puis des pétroglyphes. La fin de la descente est longue avant d'arriver dans les magnifiques lacets du Titus canyon.

Dans le Titus Canyon

Un arrêt dans les dunes à l'Historic Stovepipe Well, le seul point d'approvisionnement d'eau à l'époque de l'exploitation des mines. En parlant d'approvisionnement, il faut faire le plein avant de rendre la voiture, à la pompe de Stovepipe village (3$40), plutôt qu'à Furnace Creek. Il fait nuit lorsque nous retrouvons nos 2 dames de Farabee pour leur remettre les clés et leur signaler « no problem ». Mais que ce 4x4 aurait été bien sur Cottonwood Road !!!

Dimanche 19 – Les collines à western

En sortant de Death Valley par l'ouest, on arrive à Lone Pine. Pour beaucoup, ce n'est qu'un lieu de passage, voire de couchage. Mais là se trouve, au pied des sommets de la Sierra Nevada, un tas de rochers connus sous le nom de Alabama Hills.

Alabama Hills, au pied de la Sierra Nevada

Dans ce dédale de rocs gris furent tournés une pléiade de western (films et TV) de la fin du muet à l'arrivée de la couleur. Une plaque à l'entrée de la piste rappelle tous les grands noms qui s’illustrèrent dans les combats et chevauchées sauvages, comme Garry Cooper, Humphrey Bogart et immanquable John Wayne. La promenade dans le site manque toutefois d'informations pour localiser les différents lieux. Alabama hills est aussi visité pour sa douzaine d'arches dont les plus célèbres sont Mobius Arch et Eye of Alabama.

Mobius Arch

Eye of Alabama

Indian Family

Dans la partie sud des collines ont été tournés les épisodes de Tremors. En fait il est difficile d'imaginer dans ces lieux les territoires des vers de terre géants. Au visitor center, on nous avait recommandé de faire un tour à 1/2h de route à 8000 pieds dans les montagnes voisines. La montée dans la Sierra Nevada est aisée et arrivé à la fin de la route, il y a plein de monde. On est dimanche, de nombreuses familles des environs sont venus passer le week-end ou quelques heures dans la fraicheur de la forêt en altitude, qui en randonnée, qui à la pêche, qui seulement pour manger. Le site de Withney Portal, même avec beaucoup de monde, est très agréable. Nous pique-niquons près d'un petit étang, entre un écureuil qui fait ses provisions pour l'hiver et une cascade. Au retour, la vue sur la vallée permet de voir l'ensemble des Alabama Hills telles qu'on a du mal à se les représenter quand on déambule dans les labyrinthes de rochers. Les Alabama Hills, vues d'en haut

Soirée et nuit à Mammoth Lake. Parti avec 40° de Death Valley le matin, arrivée autour de 5° près des stations de ski. Un agréable restaurant : le Slocums Grill.

Lundi 20 – Les classiques, Mono, Bodie et Tioga.

C'est une des étapes les plus classiques des circuits qui partent ou arrivent à San Francisco en été, et qui incluent Yosemite et Death Valley. Donc, allons voir ce que tout le monde arrête voir. Tout d'abord le Mono Lake et ses concrétions d'argile appelées tufa. Ce lac servit un temps à alimenter en eau la lointaine Los Angelès jusqu'à ce qu'on se rende compte qu'on le vidait ! Il y a différents points de vue sur les formations de Tufa, le principal est au sud. Une balade de 3/4h jusqu'au bord de l'eau permet d'admirer ces curieux pics émergeant du lac et une faune ailée impressionnante.

Mono Lake La route que nous suivons traverse Lee Vining puis longe le lac au nord pour tourner à gauche sur une piste de 16 km vers la ville fantôme de Bodie. Perdue dans les montagnes, c'est ce qu'il reste d'une ville minière qui compta jusqu'à 10 000 habitants lors de la ruée vers l'or à la fin du XIXème.

Bodie

Désertée dans les années 30, après plusieurs incendies, il reste environ 5% des bâtiments d'époque.



Moins lugubre que Rhyolite, la promenade est agréable au milieu des bâtiments en bois. Numéroté, l'histoire de chacun est racontée sur le guide remis à l'entrée (ce n'est pas un parc d'état, entrée chère)

Parfois assez bringuebalant

Déjeuner à Lee Vining puis route vers Yosemite. La route par la Tioga Pass, ouverte de juin à octobre, relie les deux cotés de la montagne. Après tout ce que nous venons de voir depuis 4 semaines, elle ne présente pas beaucoup d’intérêt. Joli lac de haute montagne, quelques vues sur les sommets, les rochers et la forêt, sans plus. Nous rejoignons Oakhurst en traversant Yosemite vers la sortie de Mariposa Grove, par des lieux visités en mai 2008.

Mardi 21 – Le parc en feu

Le programme du jour inclus les parcs nationaux de King Canyon et de Sequoia. La route qui conduit à l'entrée nord traverse des immensités de plantations d'arbres fruitiers, pêches, abricots, oranges, citrons … mais il n'est pas évident de trouver une station pour faire un plein, nécessaire car à l'intérieur du ou plutôt des parcs, il n'y a pas de station. L'entrée par Big Stump se fait après une longue montée. Il s'agit d'une petite enclave du King Canyon National Parc dans la Sequoia National Forest. La principale attraction ici, c'est le General Grant, géant parmi les géants du bosquet de séquoias : vieux de 1700 ans, haut de 82m, 33m de circonférence à la base, 12 m de diamètre.

Le Général du King Canyon

S'il y a beaucoup de monde ici et au visitor center du village voisin, bien peu s'aventurent plus loin. Et pourtant... La route 180 traverse le Giant Sequoia National Monument vers la Kings Canyon scenic byway. La longue descente en lacets bordée de yuccas offre des vues superbes – mieux que la Tioga Pass. Mais quel est ce brouillard à l'horizon ? Encore un feux de forêt et nous allons dans sa direction. Au parking d'un point de vue, un panneau donne le périmètre de la zone d'incendie et les pistes fermées. La route 180 et la Kings river sont en limite.

La zone d'incendie en rouge - notre route, la 180, longe au nord

Bon, on verra bien plus loin... et plus loin nous trouvons un groupe de véhicules de pompiers (pas rouges, mais verts les camions de pompiers des forêts nationales américaines) et les rangers. Ils ne disent rien aux quelques touristes comme nous qui passons à coté d'eux au ralenti. Peu après, des arbres fument juste de l'autre coté de la rivière. On continu.

Fumées inquiétante juste de l'autre coté de la rivière

L'entrée du Kings Canyon National Park (partie principale) est juste avant Cedar Grove Village. La plupart des campings près de la route sont fermés, mais il y en a au moins un d'ouvert. Le long de la rivière, il y a plusieurs points de vue. Mais dans un atmosphère enfumé et un brouillard de plus en plus épais, nous n'arrêtons qu'à la fin de la route, endroit plus dégagé, pour revenir rapidement dans un lieu plus rassurant. Par moment nous voyons que le feux n'est pas bien loin dans les montagnes.



Au retour, après des arrêts à Grizzly Falls et à Yucca Point, nous rejoignons le Sequoia National Park en prenant le raccourci de Hume Lake. C'est du genre raccourci qui rallonge, mais un coin tranquille pour pique-niquer.

Grizzly Falls, pas beaucoup d'eau en septembre

Dans la traversée de ce dernier parc, l'attraction majeure est le General Sherman, concurrent de Grant avec ses 2200 ans, 84m de haut et 31m de circonférence. Il est considéré comme l'arbre le plus imposant du monde de par son tronc de 1487 m3 (Grant n'en fait que 1320). Le Géneral de Sequoia NP

L'aventure se terminerait là si la chance n'avait pas voulu qu'une maman ourse et ses 2 oursons se promènent tout prêt de la route à notre passage. Nous sommes arrêter au premier rang, d'autres voitures viendront ensuite. Un des oursons traverse en courant devant nous. Les appareils photo étaient prêts. Plusieurs minutes de rencontre inatendue

Après quelques derniers séquoias, la sortie du parc est une longe descente ; destination le Super 8 de Visalia. Mercredi 22 – repos

Nous avions prévu de faire un tour dans la partie sud du Giant Sequoia National Monument, la moins visitée. Mais, depuis le Chandelier jusqu'au General Sherman, nous sommes rassasiés des géants de la forêt. Il nous manque quelques cadeaux, un grand tour dans les magasins de Visalia Mail, ça change de la nature. Puis la route de Bakerfield, pas l'autoroute mais la 65 qui après les alignements de fruitiers passe par des lieux plus sauvages avant de traverser les champs de pétrole.



Le Best Western Crystal Palace de Bakerfield est un délice. Notre chambre au rez de chaussée donne directement dans un grand patio avec palmiers autour de la piscine. De quoi passer un après midi de tout repos.

La piscine du Best Western Crystal Palace

Jeudi 23 – Good bye America

La route vers l'aéroport, la restitution de la voiture, l'enregistrement puis la dépose des bagages. Il reste du temps pour faire encore quelque achats. Embarquement à 15h30, nous avons pris des places premium voyageur, plus confortables pour tenter de dormir au retour.

Voir aussi en 2009, 11000 km du sud de l'Arizona au sud Dakota, Wyoming l'Idaho et le Nevada http://voyageforum.com/v.f?post=2697683;
Les plus beaux safaris: Kenya ou Tanzanie? English translation pending
by Qzerty · 2010-10-15 · 36 replies
Bonjour,

Pour ceux qui ont l'expérience des safaris. Quel est votre avis, Kenya ou Tanzanie ? Et quel Parc National ou Réserve ?

Comment avez vous organisé votre safari ? TO français, local ou guide local ? Tarif ?

Je prévois un séjour petit budget, mais tous les avis sont bon à prendre. L'offre est tellement grande et les tarifs inégaux, je suis un peu perdu.

Merci de me faire part de vos expériences.
Les frontières English translation pending
by Williama · 2010-10-15 · 90 replies
L’une des principales motivations et source de plaisir d’un voyage est de passer une frontière.

Pour celui qui fait la route, chaque frontière est comme un paravent plus ou moins ajouré qui une fois franchi, permet de découvrir une langue inconnue, des visages différents, une autre culture ou civilisation. Mais dans le même temps les frontières sont souvent détestées pour ce qu’elles représentent : cloisonnement, nationalisme plus ou moins exacerbé, tracasseries administratives etc..

Chui curieux de lire vos avis sur ce sujet au milieu de toutes ces contradictions voyageuses ...
Premier voyage en Inde: organisé ou pas? English translation pending
by Lhindaclub · 2010-10-03 · 49 replies
Bonsoir,

Nous sommes un jeune couple (24 ans) souhaitant partir en Inde en Janvier 2011 (durée du voyage 1 mois). Ce sera notre premier grand voyage. Mon copain est assez confiant (c'est son premier voyage à l'étranger!) mais moi je le suis moins depuis que j'ai lu certains compte-rendus de voyageurs. Pensez vous qu'il est possible de visiter en 1 mois une partie du Rajasthan, de Bombai et la région de Goa et du kerala? Pour un premier voyage est-il préférable de partir en voyage organisé ou pas? (Nous souhaitons aller à notre rythme mais je suis pas très aventurière😊). Quels sont les endroits à visiter absolument?

Je vous remercie d'avance.
Circuit dans le nord-est des Etats-Unis en juin-juillet 2011 English translation pending
by Diddy11 · 2010-10-02 · 39 replies
Bonjour,

Je commence à préparer mon futur voyage dans le nord Est des Etats Unis... Je compte Faire :

PARIS- NYC en avion Séjour à NYC NYC-Philadelphie en bus Séjour à philadelphie PHI-WASHINGTON en bus Séjour à Washington Washington - Chicago en Voiture de location Séjour à Chicago Chicago - Niagara Falls (coté canadien) en voiture Niagara Falls - Boston en passant par Cape Cod, puis BOSTON (ou on rend la voiture de location) Boston - NYC en bus NYC-PARIS en avion

Donc voila en gros mon circuit, mais combien prévoir de jours pour tout ça ? Combien de jours rester dans chaque ville ? 4/5j à NYC ? et combien pour les autres ? Vaut-il mieux faire la boucle dans l'autre sens pour faire Cap code en partant de NYC ? Seulement on aura la voiture à Boston et c'est pas trés pratique, non ?

Pour la voiture, je sais pas si ça sera trés pratique de l'avoir durant notre séjour à Chicago ? N'est-ce pas mieux de la rendre en arrivant à Chicago et d'en reprendre une autre en repartant ?

Si vous avez des conseils, merci beaucoup !! Ce n'est qu'un début !

Merci beaucoup et à trés bientot ! bon weekend !
Recherche projet humanitaire de trois mois début 2011 English translation pending
by Sipsap · 2010-09-19 · 9 replies
Bonjour,

J'ai décidé de faire une pause carrière début 2011 de manière à partir quelques mois et consacrer mon temps à un projet humanitaire.

J'ai 30 ans et je gère une équipe dans le département comptabilité d'une multinationale. Si mes compétences dans le domaine administratif et financier peuvent être utiles tant mieux mais un projet d'encadrement aux personnes ou plus manuel m'intéresse également.

Par contre je souhaiterais que l'organisation puisse fournir un logement et éventuellement la nourriture sur place.

Merci de me faire part de vos conseils (sites web), expériences passées ou encore d'une proposition concrètes de mission à l'étranger!

Au plaisir de vous lire prochainement
Avis sur itinéraire à moto Turquie-Syrie, visites, meilleure période? English translation pending
by Tiger3 · 2010-09-19 · 79 replies
Bonjour, Je prépare un voyage en Turquie et en Syrie pour l'année prochaine. Le voyage depart Bergerac/Ancone et bateau pour Izmir. Izmir direction la capadoce, mont Nemrut, lac de van, Ani. mon Ararat. Puis direction la syrie , je ne sais pas encore par quel poste frontiere.(Qamishli ou Ras el Aîn) puis Deir ez Zor, Raqqa, Alep, et bateau retour pour venise.

Je suis a la recherche de conseils pour ces itinéraires ou proposition , pour ceux qui ont deja fait ce voyage quel sont les endroit a ne pas manquer, la meilleure période pour partir, mon traget vous parrait il possible? (ps il y ade la place , deux motard pour le moment , max 4)

merci d'avance Tiger
Once Upon a Time in South India English translation pending
by Fonk · 2010-09-17 · 22 replies
Salut a tous ! Je me décide enfin, maintenant que les exams sont passé, a raconter mon périple indien qui a duré de fin juin a fin aout, donc deux mois presque plein ( 58 jours en tout je crois ) et qui m'a permis de découvrir une partie du Karnataka, le Tamil Nadu, le Kerala, un peu Goa et enfin Bombay, la "Maximum city". J'essayerais d'être concis, précis mais pas trop tout de même, je ne veux pas pondre un roman, je m'attacherais surtout a quelques situations et découvertes qui m'ont frappés et que j'ai particulièrement apprécié. =) Je suis parti avec le minimum dans mon sac, en solitaire, et j'ai 18 ans, étais plutôt bien préparé, mais pas suffisamment conscient de l'importance du voyage que j'allais entreprendre.

Jour premier. Lundi 28 juin 2010.

Mon vol est prévus a 11h (il me semble), mon père tient absolument a m'accompagner en voiture a l'aéroport, j'accepte volontiers. Il me dépose et me serre dans ses bras, je suis très émus, c'est l'une des premières fois qu'il fait ça (j'ai 18 ans tout de même, mais j'ai toujours eu des rapports plus amicaux que paternels avec mon père.) Je me retourne et marche sans regarder derrière moi, une petite larme au coin de l'oeil, c'est parti pour la grande aventure ...

L'attente est longue, très longue, le vol se passe bien, j'ai assez froid, étant parti en short avec mes vieilles Stan Smith et sans pull ni vêtements chaud. Escale a Abu Dhabi puis rebelotte, avions jusqu'à Bombay ou nous atterrissons sous des trombes d'eau (du jamais vu, avec tout les indiens plutôt crispé autour de moi, l'atmosphère est donc un peu tendue a l'arrivée. Je récupère mon bagage (ouf !) puis me dirige vers le stand de taxi prépaid, il y a une queue monstre, et apparemment, ils ne prennent pas les cartes, je galère avec mon anglais oublié, on me dirige vers un ATM dans l'aéroport, cependant je ne comprends rien a son fonctionnement, on me dit que j'en trouverais facilement a l'extérieur, je sors de l'aéroport... Ce fut l'une des plus grosses erreur de mon futur séjour, arrivé dehors, énormément de monde, plusieurs personnes me saute dessus, je suis méfiant car renseigné sur les arnaques grâce a VF, un homme veut absolument me conduire dans un hotel a proximité de l'aéroport pour 1000 roupies Taxi free, ça sent l'arnaque, je n'avais hélas pas réservé mon hôtel, il me prévient qu'il sera complet quand j'arriverais, j'arrive a me débarrasser de l'homme en question, je vais m'assoir sur une bordure histoire de réfléchir, a coté de moi, un homme me demande d'ou je viens, "France" "First time in India", bla bla bla, oui, c'est un rabatteur, il va m'aider a prendre un taxi pour me déposer au Lawrence hotel, qu'on m'a beaucoup conseillé, j'accepte de le suivre méfiant, il trouve rapidement un taxi, un gros 4x4 de ville rouge assez amoché qu'il interpelle, il me dit que nous nous arrêterons a un ATM pour que je puisse retirer de quoi payer l'hotel et le taxi, j'ai un tres mauvais pressentiment mais je m'engage, le taxi décolle, roule 10 minutes, me dépose a un Dab, j'y retire 3000 roupies (qui ne sont pas tombé dans l'oeil d'un aveugle, le "broker"), je remonte dans le taxi qui redémarre, une quinzaine de minutes plus tard, s'arrête dans un paysage qui dure déjà depuis quelques temps, les rues des bidonvilles, c'est du changement ! il fait noir dehors, ce n'est pas éclairer, je vois plusieurs personnes dormir a même le sol, des chiens partout, il fait noir et il pleut... Le film d'horreur s'annonce bien ... Finalement, le rabatteur me dit que c'est un taxi prépayé et que je dois payer maintenant, bien sur, on s'etait entendu sur les prix, il m'assurait que j'en aurai pour moins de 300 roupies, il me sort a présent sa vieille photocopies avec des tarifs de 4000 roupies et plus, je rigole en lui montrant que je ne suis pas stupide et que ces tarifs ne sont pas les vrais, je suis néanmoins assez effrayé et sur mes gardes, faut dire que je n'avais jamais été dans cette situation avant, deux hommes et moi dans une voiture au milieu de nulle part, l'homme me dit ensuite qu'il etait prés a faire un "discount" pour moi, 2500 et on en parle plus, je refuse évidement, les deux hommes s'impatiente, je ne comprends pas très bien leur anglais, et ils parlent beaucoup entre eux, finalement le chauffeur me dit "Paid or leave" avec une certaine agressivité, je réfléchis puis envoie l'argent, je ne sais pas ce qui m'attends et je n'ai pas envie de descendre a cette heure la et a cet endroit... Bien sur si cet anecdote s'était déroulée a la fin de mon voyage, je serais descendu avec un grand sourire aux lèvres, mais l'océan inconnus me terrifiait, je préférais rester a bord de la voiture. Apres une bonne demie heure de trajet encore, nous arrivons dans Colaba, le paysage me semble déjà plus acceptable, je prévois de noter la plaque du taxi, pour régler cette histoire, le taxidriver arrête l'auto sur le bord d'une grande rue et me dit que le Lawrence est dans la petite rue de gauche, j'ai du mal a le croire, il me demande même un pourliche avec un grand sourire, je lui dit d'aller se faire "foutre" et descend de la voiture, il se barre en me faisant un signe de main rapidement, je n'ai même pas le temps de noter le numéros et je ne suis même pas sur d'être au bon endroit, je ne vois aucun hôtel ... J'avance dans la petite rue, et aperçois un écriteau "Lawrence Guest House 3rd Floor", ça ne ressemble pas du tout a ce que j'imaginais, on m'avait dit que c'était un bon hôtel et je me retrouve devant un immeuble a la façade délabrée, j'entre a l'intérieur, il fait noir, trois corps son allongé sur le sol, je reste pétrifié devant eux, un bouge et me demande quelque chose d'incompréhensible, je réponds simplement "Lawrence hôtel", il me fait signe de monter, je monte, j'ai l'impression que les escaliers n'arrivent jamais, il y a des gens qui dorment sur toutes les marches et a tout les paliers, c'est tres dur de passer, j'arrive enfin au troisième étage, rentre dans ce qui semble être l'hôtel, un homme dort sur un canapé, je lui demande... il me fait signe d'aller vers la porte du gérant, je toque, j'entends des paroles indescriptibles, je re-toque, un homme sort, me dit "FULL !", je lui dit que j'ai besoin de dormir quelque part, il me dit "Full full" et referme la porte, je redescend dehors ... il recommence a pleuvoir, j'ai perdu tout mes moyens, il est aux environs de 3h30, je ne sais vraiment pas quoi faire, je m'asseye sur le premier bord que je trouve, la rue est vraiment dégueulasse, des chiens passent a deux ou trois devant moi, je sors mon lonely, en esperant trouver un endroit ou aller, je ne comprends rien, je ne sais meme pas ou je suis, finalement je décide de me lever et de marcher dans un direction, je trouverais bien un endroit ou dormir. Je marche alors sur MG road (que je ne connais pas a ce moment), m'arrête une première fois devant un bâtiment militaire, je demande conseil, l'homme me rétorque qu'il ne sait rien et retourne s'assoir, il y a plein de gens qui dorment sous le porche, c'est vraiment impressionnant. je continue mon chemin encore, toujours dans le même sens, mais sans aucune idée de la ou je vais. j'aperçois alors un homme en face, un blanc, habillé bizarrement (Short en jean + marcel avec tongs), un parapluie rose, des piercings partout, et une coupe assez bizarre , je passe a coté de lui, il ne me calcule meme pas, je continue sur 5 mètres puis me retourne et vais le voir, je lui explique ma situation, il me dit de le suivre, il cherche aussi un endroit pour dormir, j'ai du mal a parler avec lui, mon anglais est vraiment minable, j'ai tout perdu. Nous marchons pendant une demie heure, il me raconte sa vie, il est en Inde depuis 5 mois, son voyage devait en effet durer 2 mois a l'époque mais a cause du grève de taxi, il rata l'avion, n'ayant pas d'argent pour repartir, il restait a Bombay avec ses petites économies et le peu de sous que sa famille daignait lui donner, cherchant désespérément a rentrer a Berlin, il est allemand. La route est longue, je croise plusieurs rat dont un sur lequel je marche, le choc est vraiment rude, il commence a faire jour, nous arrivons devant une guest house "Delight Guest House" l'acces se fait par un ascenseur, mon nouvel ami appelle celui ci, 5 minutes plus tard, il arrive, remplis de pierre a la moitié avec un indien accroupis dessus, il commence a décharger, Joerg (c'est le nom de mon pote que j'apprendrais plus tard) le presse et nous montons dans l'ascenseur alors qu'il est a moitié plein de pierres, je suis dans un reve, j'ai du mal a suivre, je manque d'air, depuis mon arrivé a Bombay, je suis en effet dans un état très bizarre d'irréel et de fantastique, je me contente de le suivre. Nous arrivons, une grille est fermé a la sortie de l'ascenseur, il faut revenir dans 30 minutes, nous nous dirigeons vers une autre guest house, même réponse, nous revenons a la première, ils nous laissent entrer, nous prenons une chambre a deux, je dors directement, il est aux alentours de 5h30 du matin... C'est ainsi que je m'échappe quelque secondes de ma situation, a la fois horrible et fascinante.

Jour 2. Mardi 29 juin.

Joerg me reveille a 10h, donc moins de 5 heures âpres que nous nous soyons couché. Il doit checker ses e-mails et se renseigner sur les prochains vols, il me dit de venir avec lui, comme ça, il peut me montrer les bases. Je le suis, nous allons au cyber, puis me fait découvrir la Gateway of india, il me donne son numéros et me dit "Peut etre a ce soir", il part, je reste seul. Je me re-sent totalement perdu, je décide de marcher un peu le temps de s'acclimater sans pour autant directement faire les attractions, j'emprunte MG road, j'ai l'impression d'être un véritable appât, tout les indiens viennent me proposer des tours et j'avoues que j'ai vraiment du mal a m'en débarrasser, il y en a même un tres collant qui me donne rendez vous le lendemain, j'accepte afin qu'il me lâche plus rapidement, un vieux me dit alors "BE CARREFULL" en engueulant le "pseudo guide", il me lâche finalement, je rencontre ensuite, Sunee, un jeune homme de mon âge qui veut me montrer la mer, pour ensuite me demander de l'argent pour acheter une boite pour cirer les chaussures, je refuse, après lui avoir payé un encas avec moi, puis le quitte assez mécontent qu'il soit venu pour l'argent, je passe l'âpres midi a marcher et retourne finalement assez tôt a la guest house pour dormir, vers 21h l'allemand reviens, je suis très content de le retrouver, il me propose d'aller manger, j'accepte, nous nous rendons alors a Tulloch road, dans Colaba, très bonne rue pour se restaurer. Nous mangeons ensemble, j'apprends qu'il est photographe, qu'il a 30 ans et qui est marié... a un homme au Canada, nous passons une bonne soirée, puis rentrons dormir.

Jour 3. Mercredi 30 juin.

Encore une fois c'est Joerg qui me reveille, il faut rendre la chambre avant 10h, nous nous préparons, il me dit qu'il va essayer de repartir en Allemagne, il a trouvé un vol, il me conseille de dormir au dortoir, c'est tres "safe" et bonne ambiance, je finis par accepter, 200 roupies la nuit, c'est vraiment pas cher pour Bombay, la chambre double etait elle a 600, et la simple a 350. Je retourne donc avec lui, nous nous disons "adieux", je suis un peu triste il faut l'avouer, je m'etais attaché a cet homme qui m'avait appris ce qu'il y avait a savoir pour les premiers jours en Inde, Je décide de suivre le plan de visite que Gilloug de VF m'avait proposé, sur le chemin, je rencontre Ganesh, un jeune indien qui veut m'aider a visiter la ville, j'accepte mais je reste méfiant, finalement je le suis, il m'aide a réserver mes billets pour mon départ Vendredi vers Badami, puis me montre le bazard, pendant plusieurs heures nous marchons dans celui ci, je lui offre le repas, il me montre ensuite Chopati beach et le Gandhi museum, puis nous rentrons, il me propose de me montrer autre chose demain, j'accepte, il part sans rien me demander, (seul chose dont j'avais peur, il etait vraiment super sympa, ça m'aurait fait beaucoup de peine qu'il me réclame quelque chose ...), je mange puis me couche tot, au dortoir ...

Jour 4. Jeudi 1er Juillet.

Rien de spécial aujourd'hui, je me promène dans Bombay, petit café au Léopold (Quel horrible endroit !), je suis vraiment très fatigué, je ne me sens pas tres bien, je retourne a ma GH sur les coups de 11h pour dormir jusqu'aux environs de 15h je repars d'aplombs, ballade vers le Nariman Point et les "bidonvilles" au sud, puis dans le quartier du fort, sur Colaba Causeway, on me propose de figurer dans un film le lendemain, journée payée 700 roupies de 8h a 18h, je refuse, je suis fatigué et je pars demain, a 22h, je n'ai pas envie de passer mon dernier jour sur un tournage, même si l'expérience m'aurait beaucoup plus dans d'autres circonstances. Le soir, je décide d'aller au cinémas, le Eros voir Raavan, une nouvelle production avec je ne sais plus quels tres fameux acteurs. C'est marrant, les indiens sont déchainés, d'ailleurs je suis surpris, l'hymne nationnal indien passe avant le film, étant devant sur le balcon, je ne vois pas qu'il faut se lever, un bruit me fait me retourner et voir tout les indiens derrière moi debout, je me lève en vitesse, l'un d'eux rigole. Je prends un taxi pour retourner a ma GH, le taxidriver tente de m'arnaquer car je n'ai pas de monnaie, je hausse le ton, il aura fini par me grappiller 10 roupies supplémentaires.

Jour 5. Vendredi 2 juillet.

Dernier jour a Bombay, je décide de me rendre a Malabar hill et a Bandra, je ne comprends rien aux trains, je décide donc d'y aller a patte, tres bonne idée, il fait chaud et beau, je fais plein de rencontres toutes l'âpres midi et déguste même un des spécialité de Chopaty avec des indiens, les glaces que l'on trempe dans le sirop, j'ai oublié le nom. Je continue ensuite vers Malabar ou je découvre les jardins suspendu, tres tres jolis, le tout a pied, je continue a marcher vers le nord, mais il commence a être tard, je me résous a rejoindre un point pour prendre le bus, je fais toujours plusieurs rencontres dans l'apres midi, dont un avocat qui s'intéresse a moi car je suis en droit, nous parlons longtemps et prenons le même bus vers CST station, je suis crevé, j'ai en effet marché avec mon sac gros sac toute la journée. j'arrive a la gare en avance, déguste un petit dosa puis vais m'installer en attendant mon train ou j'ai réservé une place en SL.

A ce stade du voyage, je ne suis même pas resté une semaine, cependant je me sens deja beaucoup mieux, et beaucoup plus acclimaté a l'atmosphère, je garde de tres bon souvenir de ces passages, même si ils étaient assez dur a vivre, je suis d'ailleurs pas mécontent que cette mésaventure me soit arrivé avec les taxis car cela m'a permis de rencontrer Joerg, avec qui je garde contact et qui prévoit de retourner en Inde bientôt. (Alors qu'il avait du faire un emprunt a son patron pour payer un billet, et par conséquent travailler deux mois gratuitement dans un club pour rembourser celui ci.)

To be continue ...

Photos liées: Joerg, Sunee, Les "bidonvilles de pécheurs" au sud, Ganesh le meilleur guide de Bombay, et réunion religieuse (musulmane) pour la venue d'un dignitaire dans les quartiers alentours du bazaar.
Norvège 2009: partie 3 de Kirkenes à Bergen (Hurtigruten) English translation pending
by Jjmmsa · 2010-08-25 · 2 replies
NORVEGE 2009 - DE LA NORMANDIE A LA FRONTIERE RUSSE ET RETOUR

3ème Partie - KIRKENES - BERGEN A BORD DE L'HURTIGRUTEN

Jour 23 - Me 08/07/2009 - Kirkenes - Båtsfjord



07 h 15, réveil une heure trop tôt, à cause du déréglage du réveil du téléphone ; sûrement des séquelles du changement d'heure en Finlande. Température fraîche et ciel bas, cela continue. Petit-déjeuner dans la salle commune avec les mêmes Allemands que la veille au soir.

09 h 00, départ du camping et tour dans Kirkenes pour faire des photos des chalutiers russes à quai, mais la lumière n'est guère favorable. Tour dans un énorme super marché SPAR, démesuré par rapport à la zone de chalandise de la région, à moins qu'il ne soit largement fréquenté par la clientèle russe. Etonnant !

09 h 30, arrivée à l'embarcadère Hurtigruten à l'est de la ville. Au moins, nous ne sommes pas en retard ! Nous sommes les premiers de la file d'attente. Discussion avec un agent de la sécurité, qui comprend un peu le français parce qu'il a été légionnaire à Calvi il y a de nombreuses années. Il nous avoue que la semaine passée la température était montée à 26°C ! Nous en sommes loin ce matin.

Bientôt, au fond du fjord apparaît la silhouette familière d'un bateau Hurtigruten, puis l'on distingue les couleurs noir, rouge et blanc des superstructures

09 h 45, ponctuel, le MS Richard With accoste au quai. La plupart des passagers débarquent, soit pour reprendre l'avion, soit pour partir en excursion le temps de l'escale. Nous avions vécu ce rituel en janvier dernier.

Durant ce temps Nelly, toujours optimiste, croit voir le soleil ! Réalité ou illusion ? Depuis une semaine que nous l'attendons ! Tout juste le voile nuageux est-il moins épais dans quelques endroits du ciel.

Nous savions qu'il y avait des Français à bord, un excursionniste s'approche de nous : "Alors 76, d'où venez- vous ? Le Havre, Rouen, Dieppe ?". Nous discutons quelques instants. Il s'agit d'un couple de havrais qui partent en balade au poste frontière de Storskog, que nous avions vu hier. Quelques instants plus tard : "Ah, des Normands ! Que faites-vous ici ?". Là, il s'agit de parisiens dont le mari est né dans le Pays de Caux. Hasard des rencontres fortuites de voyages.

Il y a beaucoup d'activité sur le quai entre les passagers qui débarquent et qui croisent ceux qui arrivent, beaucoup de manipulation de bagages, et aussi d'incessantes allées et venues de clarks déchargeant de nombreuses palettes de fret ou en ramenant d'autres à bord.

10 h 45, nous nous enregistrons à la réception du bord et faisons la connaissance de L…, l'accompagnateur du groupe de Français.

11 h 00, début de l'embarquement des véhicules, 2 motos et 6 voitures. J-J entre le premier à bord au volant de l'Espace. L'opération se fait au compte-gouttes, véhicule par véhicule au moyen d'un ascenseur qui fait la liaison entre le quai et le garage situé au pont n°2 du bateau. La manœuvre est longue du fait des sécurités devant et derrière la voiture.

Grâce à ce système d'ascenseur, (il en existe un autre pour le fret stocké sur le pont n°1), les bateaux d'Hurtigruten sont autonomes lors de leurs nombreuses escales. Les portes hydrauliques sont manœuvrées par le personnel du bord sans aucune aide extérieure, idem pour la passerelle piétons. Chacune de ces passerelles est évidemment réglable en permanence pour tenir compte des différentes hauteurs de quai et surtout des fluctuations de la marée lors des plus longues escales. Ingénieux.

Le Richard With (que j'écrirai dorénavant, RW), peut embarquer 45 véhicules bien tassés dans un garage aux dimensions réduites. Impossible d'y accéder en cours de croisière.

Nous retrouvons l'accompagnateur français qui fait un briefing pour son groupe et comme nous ne pouvons récupérer notre cabine qu'à 12 h 30, nous faisons le tour du propriétaire. Nous ne sommes pas dépaysés par rapport à notre croisière hivernale. Si le RW est plus ancien, et dispose d'un pont de moins, les aménagements sont à peu près disposés de la même façon.

Nous repérons rapidement tous les endroits stratégiques du bord, la salle à manger, la boutique de souvenirs sur le pont 4, la coursive qui fait tout le tour du bateau sur le pont 5, une plateforme bain de soleil sur le pont 6 équipées de 2 jacuzzis, sur le pont 7 le grand salon panoramique sur l'avant et le sun-deck à l'arrière.

Alors que nous explorons la coursive extérieure, les nuages se déchirent soudainement et alors que nous n'osions plus l'espérer, le soleil apparaît miraculeusement. Les nuages se dispersent en quelques minutes et le soleil luit généreusement. Incroyable ! Nous vivions dans la grisaille et le froid ininterrompus depuis une semaine et nous voila subitement inondés de lumière et enveloppés d'une relative chaleur qui nous fait grand bien, y compris et surtout au moral.

12 h 00, déjeuner, buffet de poisson bien sûr. Nous débutons notre cure de produits de la mer…

Après le repas, nous prenons possession de notre cabine, sur l'avant du pont 3 à tribord. Nous retrouvons la même disposition et les mêmes dimensions que sur le MS Trollfjord l'hiver dernier. Là encore, pas de dépaysement.

12 h 45, appareillage de Kirkenes. Nous sommes montés sur l'avant du pont 5 pour assister à la manœuvre. Lentement le RW se déhale du quai, exécute un demi-tour sur place, et se dirige vers l'embouchure du Bøkfjord. C'est pour nous, le début d'une nouvelle aventure au cœur de notre voyage, un cabotage de 6 jours vers Bergen… Cap au sud !

Le soleil brille généreusement mais la température reste plutôt fraîche. L'eau du fjord a pris une belle teinte bleu soutenu en décalage complet avec la couleur brune des berges. J-J a déjà pris son quart sur la passerelle, à l'avant du pont 5, en parka fourrée et casquette vissée sur la tête.

Le bateau a maintenant atteint sa vitesse de croisière. De part et d'autre, les rives du fjord défilent. C'est un paysage vallonné, très minéral qui sera la constante du cabotage le long des côtes du Finnmark : le paroxysme de la désolation, rien d'autre que cette roche brunâtre sur laquelle visiblement rien ne pousse, rien ne dépasse. Toute la côte paraît scalpée par le vent. L'hiver dernier, la neige nous avait masqué la réalité de cette désolation, tout était blanc bleu, maintenant tout est brun, rien que brun. Caboter l'été le long du Finnmark fait encore mieux comprendre la rudesse du climat de cette région, l'âpreté du paysage et les difficultés qui en découlent pour vivre.

Après avoir doublé le phare de Bøkfjord, Le RW aborde la pleine mer, la mer de Barents et met cap au nord-est vers le port de Vardø. Bien à l'abri à l'arrière du pont 7, face au soleil, Nelly se détend ou s'adonne à la lecture… Aujourd'hui, le sun-deck est encore peu fréquenté mais au fil des jours, il deviendra de plus en plus encombré et les fauteuils de moins en moins accessibles.

Nous arrivons en vue de l'île de Hornøya, à l'extrémité de la péninsule de Varanger. C'est le point le plus oriental de la Norvège, à 31°10' Est, soit à la même longitude que le Caire en Egypte.

Avant de pénétrer dans le port de Vardø, le RW contourne une presqu'île plate où sont groupées plusieurs maisons multicolores serrées les unes contre les autres. Des habitations en arrière plan, s'étagent sur une colline dénudée dominée par deux énormes radômes vert de gris ou blanc, sans doute vestige de la guerre froide entre les pays de l'O.T.A.N. et l'U.R.S.S. Le Finnmark était en première ligne puisqu'à cet endroit 50 km séparent les 2 pays, bon nombre d'antennes devaient à l'époque s'intéresser aux mouvements de navires entre l'U.R.S.S. et l'Atlantique.

16 h 15, escale ensoleillée d'une heure à Vardø. La plupart des passagers débarquent pour visiter une citadelle du XVIIIème siècle à quelques pas du quai, emmenés au son du tambour par deux hommes en costume d'époque. Tous les Allemands du bord suivent sans se poser de questions…

Nous préférons explorer la ville jusqu'à l'église reconstruite en 1958. La nef a une forme triangulaire très dépouillée et le clocher triangulaire minimaliste est très élancé. Toute la ville a été complètement détruite lors de la Seconde Guerre et reconstruite selon un plan orthogonal très aéré, autour d'une large rue centrale déserte laissant une impression de vide et de tristesse, presque inquiétante. L'hôtel de ville est un écrasant cube rouge recouvert d'une toiture noire à 4 pentes. Tout cela visiblement manque de cohérence.

17 h 15, l'escale s'achève et le RW reprend sa route, longeant la presqu'île de Varanger. C'est une région sauvage où les vagues et le vent sculptent le paysage depuis des millénaires. De temps à autre, nous croisons un chalutier russe, le pont arrière encombré d'énormes casiers et de boules multicolores, partant à la pêche au crabe royal. Il y a quelques décennies les soviétiques ont voulu expérimenter l'élevage de ce crabe, originaire de Sibérie, dans la région de Mourmansk. Quelques crabes, plus malins que d'autres se sont échappés des élevages et ont colonisé les côtes du Finnmark, au détriment des espèces endémiques. Désastre écologique, mais manne pour les Norvégiens.

20 h 00, courte escale d'une demi-heure à Båtsfjord, port bien abrité au bout du fjord du même nom. Ce port vit essentiellement du crabe royal. Nous faisons quelques pas sur le quai sous le soleil qui descend de plus en plus. En janvier, le même quai était complètement recouvert de neige et les superstructures des chalutiers russes amarrés dans le port étaient entièrement recouvertes d'une épaisse couche de glace, donnant une idée de ce que doivent être les conditions de travail sur ces bateaux en période hivernale dans ces régions.

20 h 30, repas servi à la table que l'on nous attribue pour toute la croisière. Menu : Potage, filet de saumon, glace. Nous dînons à côté d'une française et sa petite fille. Pas un mot, ni bonjour. Tant pis !

22 h 15, très courte escale d'un quart d'heure à Berlevåg. Nous restons à bord car le port se situe en dehors de l'agglomération. Sous un ciel parfaitement pur, le soleil descend lentement illuminant le paysage de teintes rosées et de jolis contre-jours. Nous sommes au nord de la Norvège, il fait jour, absolument jour. Et ce soir, c'est certain, nous verrons le soleil à minuit au-dessus de l'horizon.

Après cette escale, nous croisons à peu de distance le MS Nordstjernen ("Etoile Polaire"). C'est le plus petit et le plus ancien bateau de la compagnie. Il navigue sans relâche depuis 1956, soit 53 ans, pour le plus grand bonheur des nostalgiques qui se bousculent pour naviguer dans une ambiance et un confort quelque peu surannés. Instants magiques où la vieille coque prend des reflets dorés sous le soleil.

23 h 30, nous sommes sur le pont 5, complètement emmitouflés, sweat polaire, parka fourrée, écharpe, gants en laine. Il n'y a pas un souffle de vent, mais avec la vitesse du bateau, il fait plutôt frisquet ! Pour rien au monde nous ne voudrions rater ce moment. Voir le soleil à minuit en plein nord au-dessus de l'horizon. Minuit ! Il fait grand jour. Le soleil est là à quelques degrés au-dessus de la mer. L'air est si pur, le temps si clair malgré l'heure et la hauteur du soleil ; le ciel rougeoie à peine. Etonnant !

Accoudés au bastingage, nous restons de longs moments à contempler en silence ce spectacle hors normes : voir le soleil la nuit en plein nord. Enfin ! Enfin, nous l'avons ce soleil que l'on attendait tant ! Et nous sommes presque seuls pour en profiter, et c'est tant mieux ! Mais, c'est tout de même surprenant que ce phénomène intéresse si peu de monde.

C'est plutôt le froid qui nous chasse de la passerelle. Le bateau file 15 nœuds (± 28 km/h), et le soleil ne nous réchauffe plus. Satisfaits, nous regagnons la cabine, éclairée comme en pleine journée. Les rideaux tirés devant le hublot ne donneront qu'une vague pénombre pour nous endormir et finir notre nuit.

Minuit à l'extrême nord de la Norvège

Jour 24 - Je 09/07/2009 - Havøysund - Hammerfest -Tromsø



Malgré le jour permanent, il faut bien dormir. Et dans notre sommeil, nous avons raté les courtes escales de Mehamn (le port… le plus septentrional du parcours à 71°02' N), et Kjøllfjord. Il faut préciser que l'état de la mer, le confort et le silence à bord font que l'on ne perçoit pas les arrêts du bateau aux escales. La dextérité de l'équipage y est également pour beaucoup.

06 h 30, nous n'avons pas senti que nous repartions de l'escale de Honningsvåg, au sud de Magerøya, l'île du Cap Nord. Déjà (ou encore, puisqu'il ne s'est pas couché), le soleil brille et éclaire le rivage.

Nous reprenons le chemin de la salle à manger pour le petit-déjeuner. En dehors du café un peu clair, il y en a pour tous les goûts : charcuterie, viande, poisson (eh, oui !), œufs, fruits, plusieurs sortes de pain, etc, etc, etc… Tout à discrétion. C'est un grand moment de la journée et ne nous en privons pas.

08 h 15, en principe courte escale d'un quart d'heure à Havøysund. Grand beau temps durant cette escale. Sous un franc soleil, il fait presque chaud sur la passerelle. Tous les environs sont éclairés par une lumière incomparable. Vu l'heure matinale et la brièveté de l'arrêt, J-J est le seul à descendre et faire quelques pas sur le quai pour refaire les mêmes photos que l'hiver dernier, mais avec beaucoup plus de lumière : une enfilade de maisons multicolores accrochées à la colline face au bateau. Il faut faire vite.

Finalement, il y a un grand nombre de palettes de poisson à embarquer (du colin salé séché, écrit en français sur les caisses), et le RW appareillera avec une demi-heure de retard. Quelques minutes après avoir quitté Havøysund, nous croisons le MS Trollfjord. A chaque rencontre, les bateaux de la compagnie se saluent à grands coups de sirène. En janvier, nous étions à la même heure et au même endroit à bord du Trollfjord dans la nuit polaire. Quel contraste avec les heures lumineuses que nous vivons aujourd'hui !

Bien que cela ne soit pas prévu dans l'organisation du bord, nous nous octroyons un second petit-déjeuner (plus léger que le précédent) : un petit café et un gâteau avant de gagner le sun-deck pour une séance de bronzage et de lecture ou de reprendre son quart de veille à l'avant du pont 5.

11 h 15, escale à Hammerfest après avoir contourné l'île de Melkøya et son gigantesque terminal gazier dont la vision de jour paraît bien moins impressionnante que la nuit. Hammerfest est la ville la plus importante du Finnmark (7 000 habitants !), et doit sa prospérité actuelle à ce terminal.

Quittant le bord, nous marchons jusqu'à l'église reconstruite en haut de la ville. Comme dans tout le Finnmark, la seconde guerre mondiale a fait des ravages considérables et l'église d'Hammerfest ressemble à s'y méprendre à celle que nous avons vu hier à Vardø, une grande nef triangulaire et un clocher également triangulaire très élancé. L'intérieur est très lumineux, un grand vitrail triangulaire surplombe l'autel.

En redescendant vers la ville, nous nous arrêtons dans un square où nous pouvons admirer à flanc de coteau un superbe kiosque à musique en bois bleu électrique. Les Norvégiens se transformeraient-ils en dahus pour danser ? Des motifs en bois représentant des ours blancs ponctuent le décor.

Les rues du centre sont bordées de boutiques et même de grands magasins de mode, et du monde circule dans les rues. Près du port, autour d'un bassin et d'un jet d'eau, des Norvégiens papotent sur des bancs, d'autres consomment sur une terrasse ensoleillée. Scènes plutôt inhabituelle dans les petites villes de Norvège.

12 h 45, appareillage. Nous déjeunons au fond du restaurant à la poupe du bateau et par les larges baies vitrés, et dans le contre-jour, nous voyons Hammerfest s'éloigner doucement.

15 h 45, très courte escale à Øksfjord après avoir navigué dans un long détroit entre plusieurs grandes îles. Nous ne débarquons pas dans ce port situé au milieu d'un fjord. Le quai est au pied du village. Une église avec un clocher massif domine le village.

18 h 00, Nelly s'est trouvé un fauteuil à l'écart dans le salon panoramique et lit tranquillement, levant les yeux de temps à autre vers le paysage qui défile. Un curieux nuage ou un banc de brume flotte au ras de la mer, laissant libre le sommet des montagnes. D'autant plus surprenant que ce nuage se déplace avec nous, malgré la vitesse du bateau, nous ne le rattraperons jamais.

19 h 00, escale de 45 minutes à Skervøy. Cela nous laisse le temps de nous rendre jusqu'à l'église de ce petit port de pêche. C'est un bel édifice en bois blanc construit sur plusieurs niveaux à cause de la pente, au milieu d'une vaste pelouse et entouré de grands bouleaux, dans un cadre verdoyant que nous n'avions plus vu depuis longtemps et qui nous fait oublier la rudesse des paysages du Finnmark.

Du parvis de l'église, nous contemplons le panorama, les toitures du village au premier plan. Brièvement le soleil perce les nuages et éclaire fortement la masse imposante rouge et blanche du RW, ce qui contraste avec les montagnes sombres en arrière-plan restée à l'ombre sous de gros nuages bourgeonnants.

20 h 30, dîner servi à table. Au menu : Emincé de renne, rôti de porc aux ananas et sauce chutney, boule de glace avec nappage de fruits rouges.

Après avoir mis un peu d'ordre dans les films et photos sur le PC, nous montons vers 22 h 30 au bar du pont 7, où un pianiste et une chanteuse mettent un peu d'animation. A travers les baies vitrées, on peut voir le paysage défiler. Il fait grand jour, et J-J culpabilise de ne pas assurer son quart sur la passerelle ! Et pour cause !

23 h 15, Personne sur le pont 5 et pourtant ! Le RW fait route vers Tromsø qui apparaît dans le lointain. La ville construite sur une île au milieu d'un fjord est sombre à cette heure tardive. Le soleil, au nord, émerge à peine des montagnes environnantes. Ses rayons sont justes suffisants pour éclairer le grand pont de Tromsøbrua et la Cathédrale Arctique qui se détachent des sommets avoisinants restés dans l'ombre.

Miracle de l'instant que ce coup de projecteur juste focalisé sur les deux principaux symboles architecturaux de la ville. Pourvu que le soleil ne descende pas trop vite derrière les sommets, pourvu qu'un nuage intempestif ne vienne pas écourter trop tôt cette vision insolite à pareille heure.

23 h 30, escale à Tromsø, la capitale du Nord, point de départ de toutes les anciennes expéditions vers le Pôle. Même si nous connaissons bien maintenant cette ville (c'est notre 3ème passage), nous la parcourons avec plaisir. Le soleil est trop bas pour éclairer les rues et il ne fait pas bien chaud. Et nous sommes surpris par l'animation relative de Storgata à pareille heure. Nous déambulons jusqu'à la petite église catholique peinte en marron foncé. Un kiosque à musique situé à proximité est peint de la même couleur ainsi que l'ancien hôtel de ville.

00 h 30, le 10 Juillet, nous redescendons vers le port. Miraculeusement, le soleil n'illumine que la Cathédrale Arctique et le pont qui enjambe le Tromsesundet. Une douce lumière rose enveloppe la Cathédrale, ordinairement blanche. Le soleil rasant cisèle le tablier et chaque pile du pont qui se détachent de l'arrière-plan de montagne et se reflètent dans l'eau calme et sombre du chenal. Quel spectacle !

Retour à bord et dans la cabine. Nous ne rendrons même pas compte de l'appareillage du RW à 01 h 30.

Minuit à Tromsø - Le pont et la Cathédrale Arctique

Jour 25 - Ve 10/07/2009 - Finnsnes - Svolvær - Stamsund (Lofoten)



En appareillant de Tromsø nous quittons définitivement le Grand Nord, et la route du RW s'oriente nettement vers le Sud.

04 h 30, brève escale à Finnsnes. J-J se lève de bon matin pour tenter de refaire les photos prises l'hiver dernier dans ce petit port.

Le 2 Janvier 2009, la croisière se déroulait sous un ciel maussade. Vers 11 heures, le jour pointait à peine et nous avions bénéficié d'une embellie inattendue lors de cette escale. Il avait abondamment neigé toute la nuit, quelques petits glaçons flottaient même à la surface de l'eau. Une timide lumière éclairait alors le paysage enveloppé d'une épaisse couche de neige fraîche. Le village de Finnsnes prenait des allures de carte de Noël, avec ses petites maisons aux toits blancs disséminées au milieu des sapins givrés.

D'une de ces huttes couverte de neige au bord du fjord, nous avions tiré le sujet de notre carte de vœux pour 2009. La même hutte photographiée un petit matin de Juillet n'a plus la même allure, ni la même poésie. Malgré l'heure matinale, il fait très clair et sous autant de lumière le village a perdu tout le charme que nous lui avions trouvé l'hiver dernier… Néanmoins, vers le nord-est, un joli contre jour sur le grand pont qui relie l'île de Senja au continent et à l'opposé, vers le sud-ouest, le sommet des montagnes encore enneigées est déjà fortement éclairé.

07 h 45, le RW arrive en avance à Harstad, la plus grande ville de l'archipel des Vesterålen et J-J rate l'entrée dans ce port. Le RW accoste derrière le MS Lofoten qui termine de charger du fret. A peine le temps de quitter la couchette et déjà sur le quai ! L'escale est courte, quelques pas seulement aux abords immédiats du port.

08 h 45, appareillage en retard, ce qui sera la constante de la journée au programme bien rempli. A partir de maintenant le RW va louvoyer entre les différentes îles, îlots et récifs des Vesterålen et des Lofoten en empruntant des chenaux étroits, en passant sous de nombreux ponts, mais toujours en traversant des paysages grandioses.

Le RW fait route vers l'escale suivante en empruntant le chenal étroit et tortueux de Risøyrenna, dragué entre les bancs de sable qui relient les îles d'Andøya et Hinnøya. Dragué en permanence depuis 1922, ce chenal a permis de réduire considérablement le trajet de l'Hurtigruten. Paraissant ne pas ralentir, le RW slalome entre les ducs d'Albe qui balisent le chenal. De part et d'autre, sur des fonds sableux peu profonds, la mer prend une teinte turquoise digne des mers caraïbes.

10 h 45, escale à Risøyhamn, un village, un hameau qui permet de ravitailler l'île d'Andøya. La place est mesurée et le bateau se livre à une manœuvre étonnante en faisant d'abord demi-tour sur place, puis en abordant le quai en marche arrière. Déconcertant ! Il faut dire que les accostages se font toujours bâbord à quai et que le capitaine doit tenir compte de cette contrainte dans ses manœuvres de port.

Nous arrivons dans une région très touristique. Il était déjà monté beaucoup de monde à Tromsø et là c'est un important groupe de randonneurs suréquipés qui attendent sur le quai. Sans doute débarqueront-ils ultérieurement dans une île des Lofoten ? La fréquentation du sun deck du pont 7 s'en ressentira fortement, de même que la queue pour débarquer aux principales escales de la journée.

Inhabituel, le retard sur l'horaire s'aggrave, cette fois-ci à cause d'un important chargement de palettes de tourbe (extraite sur Andøya et à destination de Molde), qui prendra beaucoup de temps.

11 h 30, appareillage et manœuvre inverse. Le bateau se déhale d'abord en marche arrière, puis fait demi-tour sur lui-même avant de faire cap au sud. Quelle dextérité de la part de l'équipage !

A peine avons-nous quitté l'appontement que nous passons sous le pont de Risøyhamn que nous avions franchi en voiture le 29 Juin dernier. Tous les passagers lèvent la tête vers le ciel et se demandent avec inquiétude si la cheminée du RW ne va pas toucher le tablier du pont. Mais non, nous passerons sans encombre. Déjà, nous sommes en vue du pont de Sortland que nous avions également franchi avec l'Espace. Nous déjeunons durant l'escale et ne débarquons pas. Puis, le RW poursuit son chemin.

15 h 00, escale à Stokmarknes. Une jeune fille blonde en costume folklorique attend au pied de la coupée et chante sans se lasser durant toute l'escale des airs norvégiens ; hélas, le succès… et l'argent ne sont pas au rendez-vous ! Fait-elle cela tous les jours à chaque passage de bateau ?

Stokmarknes est la mère patrie de l'Hurtigruten. C'est dans ce port que le capitaine Richard Whith créa en 1881 la "Vesteraalen Dampkibsselkab", et jeta les bases d'un service régulier de cabotage le long des côtes de Norvège pour ravitailler les comptoirs les plus isolés du nord du pays. Le développement constant de ce service évoluera des années plus tard vers le concept Hurtigruten, où se mêlent service public et croisière touristique.

Un musée est consacré à l'histoire de la ligne et un ancien bateau de la compagnie au sec sur un terre-plein attirent les visiteurs, mais le temps imparti est bien court pour que nous puissions visiter cela sereinement. D'autant qu'une autre préoccupation soucie J-J : se réserver dès le départ la meilleure place à l'avant du pont 5 pour les deux attractions de la journée à ne manquer sous aucun prétexte, le chenal de Raftsundet et l'entrée dans le Trollfjord.

A peine avons-nous quitté Stokmarknes que le ciel se couvre rapidement de gros nuages menaçants. Le vent se lève et quelques petites gouttes de pluie commencent à tomber par intermittence, et la luminosité du paysage s'en ressent. Dommage !

16 h 30, beaucoup de monde commence à se rassembler sur l'avant de la coursive. Nous sommes rivés au bastingage lorsque commence la navigation dans le Raftsundet. Il s'agit d'un chenal quasi rectiligne de 25 km de long (dont 17 km particulièrement étroits), séparant Hinnøya et Austgåvøya (Vesterålen et Lofoten). Quelques mètres séparent à cet endroit les deux archipels.

A droite, les Lofoten sont une enfilade de sommets vertigineux plongeant brutalement dans les eaux grises du chenal, tandis qu'à gauche, côté Vesterålen, les berges sont moins escarpées puisqu'une route longe ce chenal sur toute sa longueur. Face à nous dans le lointain, un camaïeu de montagnes grises couronnées de neige. Le RW glisse sur l'eau calme du Raftsundet. Silence sur le pont. Chaque spectateur profite de paysage exceptionnel. Les montagnes sont si proches du bateau.

17 h 15, arrive le moment fort de la journée, l'entrée dans leTrollfjord qui est l'attraction de toute croisière estivale des bateaux de l'Hurtigruten. Lentement, le RW pénètre dans ce fjord de l'île d'Austvågøy, long d'à peine 2 km et large seulement d'une petite centaine de mètres. Spontanément, le silence se fait sur la passerelle. Sur la gauche, l'à-pic de la montagne surplombant le fjord est impressionnant, à droite, c'est à peine moins escarpé, et un cirque montagneux ferme l'extrémité du fjord. Comment le bateau peut-il entrer, et surtout ressortir d'une nasse pareille ?

Le silence est tel qu'on entend le chuintement de la coque glissant sur l'eau plate et verte du fjord. Longeant la rive de près, le RW paraît bien frêle en proportion des montagnes qui l'entourent. Le fond du fjord s'élargit quelque peu permettant au bateau de faire demi-tour. A l'évidence, l'espace sera suffisant pour que le bateau effectue sa giration sur place. En avant, lente !

Mais le capitaine peaufine sa manœuvre. Imperceptiblement le bateau pivote et mètre après mètre, l'étrave se rapproche de la paroi rocheuse. Sur la passerelle pourtant bondée de spectateurs, plus un bruit. Le bateau progresse toujours avec d'infinies précautions, ralentit encore, l'étrave semblant effleurer la roche. En tendant le bras, il semble possible de toucher la paroi rocheuse. Incroyable ! Chacun retient son souffle. Cela semble durer une éternité. Presqu'à toucher la montagne, le RW reste absolument immobile quelques minutes. D'ailleurs, le bulbe d'étrave touche-t-il la roche sous la surface de l'eau ? Cela n'est pas impossible ! Dans un silence absolu, les passagers restent médusés par la hardiesse de la manœuvre et la dextérité du capitaine qui a réussi à amener sans le moindre choc, sans le moindre à-coup, son bateau aussi près des rochers.

Le capitaine, surement très fier de nous avoir fait preuve de son talent, remet en route. Peu à peu, l'étrave pivote pour gagner progressivement l'axe du fjord. Le RW reprend son cap et achève ses derniers milles dans le Raftsundet, alors que les passagers, étonnés et satisfaits se dispersent.

19 h 15, très en retard, le RW fait escale à Svolvær, la capitale des Lofoten. Beaucoup de passagers débarquent définitivement, d'autres montent à bord pour regagner le continent. Plusieurs autocars attendent les excursionnistes pour une visite sans doute trop rapide des Lofoten, ils nous rejoindront à l'escale suivante de Stamsund. Nous préférons marcher en ville, Nelly à lécher les vitrines et J-J à chercher à prendre le cliché idéal, mais ce soir, pas de soleil !

20 h 00, à cause du départ des nombreux excursionnistes, service unique pour le dîner. Et ce soir, rien ne va. Nous trouvons difficilement une place à l'arrière du restaurant, le service à table est d'une longueur inhabituelle et le menu en dessous de ce que nous étions habitués : émincé de porc (?), filet de cabillaud, boule de glace et fondant au chocolat. Bof !

21 h 00, nous sommes encore à table lorsque le RW appareille avec une heure et demie de retard. A peine avons-nous quitté le quai, que le MS Midnatsol qui va vers le nord prend notre place. Le ciel s'éclaircit quelque peu, nous permettant d'admirer les sommets des îles.

22 h 30, dernière escale aux Lofoten, à Stamsund. Le port étant éloigné du village, nous ne débarquons pas et restons sur la coursive du pont 5 à regarder l'activité sur le quai : départ ou arrivée de passagers, allées et venues des chariots élévateurs qui manipulent du fret entre la cale du bateau et l'entrepôt du quai où sont stockées les marchandises en transit.

23 h 00, les autocars reviennent et les excursionnistes débarqués à Svolvær regagnent le bord sans précipitation. Le RW appareille avec un retard d'une heure trente, pour rejoindre Bodø après une traversée de quatre heures du Vestfjorden. Fjord est-il le terme qui convient ? Il s'agit d'un large bras de mer entre les Lofoten et le continent. Sans protection vers l'ouest, les coups de vent peuvent y être sévères et la mer bien inconfortable. Cela ne sera pas le cas ce soir !

Demi-tour au fond du Trollfjord... à toucher la roche !

Jour 26 - Sa 11/07/2009 - Ørnes - Brønnøysund - Rorvik



La nuit a été fort paisible puisque nous ne nous sommes pas rendus compte de la longue escale de Bodø où le RW a pu recaler son horaire. Le calme de notre cabine est dû au fait qu'elle est située à tribord, donc à l'opposé du quai. Nous échappons ainsi aux bruits de manutention lors des transferts de fret entre le bateau et les entrepôts.

Un soleil déjà ardent, entré par le hublot de la cabine, nous oblige à nous lever tôt, et à 07 h 00, nous faisons l'ouverture de la salle à manger pour le petit-déjeuner, alors que le RW fait escale à Ørnes. De notre table, nous surplombons un petit port de pêche et fond, nous devinons la silhouette des montagnes dans le contre-jour.

Après le départ, nous restons sur la coursive extérieure. Avec le soleil matinal, la température nous paraît agréablement douce. Nous naviguons vers le sud et cela commence à se sentir. Nous avons abandonné la veste polaire et le blouson fourré, ce matin nous sommes en T-shirt.

Aujourd'hui notre bateau suivra un trajet presque parallèle à la route 17, la route que nous avions emprunté durant 3 jours dans le sens inverse, il ya maintenant 3 semaines. Le RW trace son chemin en contournant une multitude d'îles et d'îlots, le spectacle évoluant après chaque virage. Une lumière étincelante inonde le paysage : sur la gauche, les montagnes enneigées en arrière-plan, des petits hameaux ou des fermes isolées parsèment la côte, au centre l'eau bleue des chenaux, puis à droite, des îles verdoyantes. La côte est magnifique, le paysage varié et nous ne savons plus où donner du regard.

Au débouché d'un chenal, nous croisons le MS Vesterålen. Grand échange de coups de sirènes… Nous croisons également plusieurs ferries ou catamarans rapides qui desservent les ports les plus reculés de cette côte compliquée.

09 h 20, nous approchons du Cercle Polaire. Face à nous, une grande sphère métallique sur un îlot symbolise cette ligne fictive à 66°33' N. Le RW marque l'instant par un long coup de sirène.

10 h 00, les passagers sont conviés à l'extérieur du pont 7 pour le traditionnel baptême du passage de la ligne. Le staff du bateau est déguisé en vikings. Et c'est le commandant, lui même, qui se charge de verser dans le dos des volontaires une copieuse louche de glaçons, et il ne fait pas semblant. Sans hésiter, ni réfléchir, simplement parce que cela est prévu, tous les passagers allemands se feront ainsi baptiser sans discuter. L'ambiance est aux rires, cris d'effroi et hurlements de surprise. Chacun sera récompensé par un verre d'aquavit et un joli diplôme attestant du passage du Cercle Polaire. Pour notre part, nous sommes restés spectateurs de ce cérémonial. Cette petite fête tout juste achevée le ciel se couvre rapidement, le vent se lève sous les nuages et se renforce dans les passes entre les plus hautes îles.

11 h 00, escale de vingt minutes à Nesna. Le temps est moins radieux qu'il y a trois semaines lorsque nous y avions campé, et pêché nos premiers bigorneaux norvégiens. C'est un port d'à peine mille habitants et la "gare maritime" est en proportion, un petit bâtiment en bois de couleur rouge sang flanqué de trois jolies lucarnes.

12 h 30, escale à Sandnessjøen. Le port, tout en longueur, est situé sur une sorte de chenal créé par un alignement d'îles qui font protection contre la houle et le vent du large. L'activité du port est liée aux ferries qui relient ces îles et les expéditions de poisson.

C'est la première longue escale de la journée (1 heure), et la plupart des passagers ont des fourmis dans les jambes, d'autant que le quai se trouve en pleine ville. Tout le monde débarque ensemble et se retrouve en même temps à arpenter l'unique et courte rue commerçante de cette petite ville qui est vite parcourue. Retour à la queue leu leu par les quais…

Le bateau continue vers le sud en longeant la longue chaîne montagneuse de Sept Sœurs, qui culmine à environ 1.000 m en moyenne. Haut lieu de la mythologie norvégienne, l'alignement nord-sud de sept sommets au profil quasi identique est particulièrement impressionnant et il est logique que cette perspective remarquable soit au cœur de nombreuses légendes. Mais au moment de notre passage, un ciel terne ne met pas en valeur ce site.

Toujours sous la grisaille, nous arrivons vers 16 h 15 à Brønnøysund, dans une configuration semblable à celle du port précédent de Sandnessjøen : une agglomération s'étalant le long d'un chenal protégé par des îles basses.

Quelques petits commerces sont établis sur le quai et draine une partie de la clientèle du bateau. Rapide tour dans la ville sans cachet particulier jusqu'à un petit port de plaisance. Sur le quai une plaque indique que la ville est précisément au milieu de la Norvège, à 860 km du Cap Nord et de la Pointe de Lindesnes au sud, à vol d'oiseau bien sûr (parce que par la route ou par la mer, c'est largement plus).

Dès la sortie du port, le RW passe sous un pont complètement en courbe et qui dessert les îles situées de l'autre côté du chenal. Nous avions utilisé ce pont pour nous rendre au camping de Torghatten. Nous naviguons au plus près (quelques dizaines de mètres), de ces îles basses et sommes maintenant en vue du camping que nous avions fréquenté le 23 juin. Ce jour là, à la même heure, c'était le MS Lofoten que l'on apercevait du camping se dirigeant vers le sud.

17 h 30, de la passerelle, nous voyons bien maintenant le rocher de Torghaten avec son profil particulier de "chapeau de gendarme". Ce "rocher" est le seul sommet remarquable (160 m), dominant un vaste semis d'îles basses et de récifs dangereux pour la navigation. Mais le capitaine va modifier la route du RW pour que nous puissions admirer la curiosité naturelle qu'est un trou situé au milieu de ce rocher, à 112 m de hauteur. Dans des temps immémoriaux, la mer dont le niveau était beaucoup plus élevé aurait usé la roche plus tendre à cet endroit et creusé une cavité qui se serait complètement effondrée. Aujourd'hui, nous pouvons voir ce phénomène dans son ensemble, mais le 23 juin nous étions "montés" dans le trou, qui vu de l'intérieur était vraiment très impressionnant.

Difficile de faire des prévisions météo en Norvège tant les conditions changent rapidement. L'épaisse couche nuageuse qui nous suivait depuis la fin de matinée disparaît sans prévenir et laisse place en fin d'après-midi à un ciel limpide. Et c'est tant mieux car le RW se fraie un passage entre le continent et une succession de petites îles. La route est sinueuse et certains passages sont si étroits que sur la coursive, J-J se demande comment le bateau va passer. Depuis la démonstration à l'intérieur du Trollfjord, il n'y a pas de doute à avoir sur la dextérité du capitaine. Et bien sûr, chacun de ces goulets est franchi sans encombre.

Nous longeons des petites îles de très près, avec de modestes fermes isolées. Des enfants font des signes de la main à notre passage auxquels le commandant répond par un léger coup de sirène. Le soleil à l'ouest éclaire les paysages d'une jolie couleur orangée très douce. Un agréable moment passé presque seul sur la passerelle.

Nouvel avatar météo, le soleil se voile de nouveau pour laisser place à un épais banc de brume peu avant l'escale de Rorvik. C'est à n'y rien comprendre tant cela est imprévisible !

C'est dans ce port de Rorvik que nous avions réveillonné le 31 Décembre 2009, à bord du MS Trollfjord. S'il faisait bien plus froid, les quelques flocons de neige épars ne nous avaient guère gênés pour admirer tous les feux d'artifice tirés depuis les jardins à flanc de colline. Ce soir, c'est brouillard !

20 h 30, escale d'une heure où nous n'avons pas pu débarquer à cause du repas du Commandant et du dîner d'adieu. En effet, la majorité des passagers débarque demain matin à Trondheim, et ce repas a été avancé d'une journée pour qu'ils puissent en profiter. Pendant que nous sirotons un verre de crémant offert par la compagnie, le commentateur du bord fait les présentations en portant un toast à l'égard des passagers qui nous quittent. D'abord le Commandant et tout le staff de la passerelle, chaleureusement applaudis et ensuite, au garde à vous, toute l'équipe de la cuisine et du restaurant, ovationnés aussi par les passagers.

La carte est rédigée en quatre langues dont le français : Coquilles Saint-Jacques, tranche de bœuf aux oignons rouges confits, pommes de terre sautées, crème au citron et groseilles. Le repas aura duré tout le temps de l'escale et à 20 h 30, le RW quitte le quai. De sous le pont de Rorvik, la silhouette fantomatique du MS Nordkapp émerge de l'épais banc de brume et vient prendre notre place à quai.

Vu les conditions de visibilité, nous descendons dans la cabine faire les transferts de films et photos sur le PC. Nous regardons pendant un long moment les films pris depuis plusieurs jours. A 23 h 30, en jetant un œil furtif par le hublot, nous réalisons que non seulement le brouillard a complètement disparu, mais qu'un soleil rougeoyant est en train de plonger dans la mer.

Vite, nous repartons sur le pont 5. Plus de brume et le soleil flirte avec l'horizon, il est plus rouge et bientôt il va disparaître, ce que nous n'avions plus vu depuis plusieurs semaines. Et second choc, même si l'heure est tardive, il fait relativement sombre et la pénombre nous entoure. Ca aussi, nous avions oublié.



Jour 27 - Di 12/07/2009 - Tondheim - Kristiansund - Molde



06 h 00, réveil pour ne pas rater l'entrée à Trondheim, située loin dans le Trodheimfjord. Mais le RW accoste avec un quart d'heure d'avance, et du coup l'arrivée est quelque peu escamotée.

06 h 30, soleil éclatant, J-J rend à pied en ville, à une quinzaine de minutes de marche du quai Hurtigruten, pour faire des photos dans les meilleures conditions.

06 h 45, arrivée sur le pont de Bakke Bru qui enjambe la Nidelva. Malgré l'heure, le soleil illumine les façades colorées des entrepôts de la rive ouest. L'air est pur, les couleurs nettes et contrastées. L'ensemble, avec en arrière plan le Gamle Bybru et le clocher de la Cathédrale est absolument photogénique, et J-J mitraille… Quand, arrivé sur l'ancien pont… damned ! Plus de batteries !

Retour quelque peu dépité, en passant par la Cathédrale, la rue principale Munkgata, la place du marché et la gare ferroviaire. Il est tôt, c'est dimanche, il n'y a personne dans les rues. La promenade est agréable. L'urbanisme norvégien est souvent déroutant. De belles façades de style Art Déco, alternent avec des immeubles plus contemporains en verre et alu.

08 h 15, retour sur le quai pour voir MS Finnmarken remonter le fjord, et aborder le quai Hurtigruten après une savante manœuvre. Tout en marche arrière, le Finnmarken pénètre dans l'étroit bassin et va accoster derrière le RW. La distance entre les deux bateaux ne doit pas excéder 10 m, et c'est un véritable créneau que le Finnmarken réalise sans hésitation pour gagner le quai. Décidemment, les commandants de la compagnie sont très forts !

08 h 30, petit-déjeuner bien mérité, bain de soleil, puis visite du Finnmarken. C'est un grand bateau dont l'architecture et l'organisation sont similaire à ce que nous connaissons. Les différences notables sont une piscine à l'arrière du pont supérieur et une vaste plate-forme en gradins à la proue du bateau permettant au plus grand nombre d'admirer confortablement le paysage.

Pendant ce temps, le RW s'est rempli de passagers. Essentiellement des groupes de norvégiens organisés pour des excursions de la journée jusqu'à Molde. Et tous ces gens âgés se sont empressés d'occuper les meilleures places du pont panoramique ou du sun deck et passer tout leur temps à bavarder plutôt qu'à regarder le paysage !

10 h 00, le RW quitte le quai à l'heure prévue et entame la descente du Trondheimfjord. Durant presque deux heures nous naviguons entre les rives en pente douce du fjord. La région est fertile et de nombreuses fermes imposantes se sont installées près des berges verdoyantes pour y pratiquer l'élevage.

A l'embouchure du fjord, nous laissons le phare d'Agdenes à bâbord pour de nouveau faire cap vers le sud-ouest et continuons à naviguer au calme entre îles et continent. Et comme tous les après-midi depuis le début de cette croisière le ciel se voile de nouveau pour notre arrivée à Kristiansund. La ville, importante, est construite sur 3 îles reliées par des ponts. De la coursive, il est difficile de discerner à l'avance où se trouve le quai. Une heure d'escale, c'est suffisant pour que la majorité des passagers veuille débarquer en même temps ! La sortie du bateau est un peu fastidieuse et nous marchons jusqu'au môle situé en centre ville.

Kristiansund a beaucoup vécu de la pêche au cabillaud et de l'exportation de morue salée et séchée en Europe du Sud. Sur le môle, la statue en bronze d'une marchande de poissons confirme la vocation première de ce port. Les temps changent et Kristiansund vit maintenant davantage de la maintenance et du ravitaillement des plates-formes pétrolières implantées au large.

17 h 00, le RW s'éloigne de la ville en empruntant un dédale de chenaux avant de retrouver le large. Quelques rayons de soleil bienvenus réussissent à passer à travers la couche de nuages donnant à tout le paysage une curieuse teinte plombée. Un groupe de passagers est parti en excursion pour parcourir la Route de l'Atlantique, un itinéraire touristique empruntant une multitude de ponts pour passer d'une île à l'autre, et ils nous rejoindrons à l'escale de Molde. C'est pour cette raison que ce soir, le dîner est fixé à 19 h 00 : Potage au potiron, filet de flétan, mousse de fruits.

20 h 45, escale à Molde, petite ville située dans un large fjord, le Romsdalfjorden, fermé au sud par une vaste chaîne de 87 sommets enneigés. La ville s'étage sur une colline en pente douce et vue du bateau, elle paraît bien agréable et aérée. C'est la 3ème fois que nous y passons. Un peu d'animation dans la rue principale : un festival de jazz réputé commence demain, et les préparatifs vont bon train.

Cette ville est aussi connue pour être "la cité des roses". C'est sans doute pour cette raison que nous retrouvons alignées sur le quai toutes les palettes de tourbe que nous avions vues embarquer à Risøyhamn dans les Vesterålen. Le ciel est lumineux et la promenade sur le quai, avec le large fjord et les montagnes enneigées en arrière-plan, est des plus agréables.

21 h 30, alors que le RW commence juste sa manœuvre d'appareillage, le MS Polarlys arrive pour prendre sa place à quai, juste devant le RW qui continue à s'éloigner du quai. Les 2 bateaux, l'un derrière l'autre, manœuvrent ensemble à quelques mètres près, la proue du RW presque à toucher la poupe du Polarlys. Epoustouflant !

Et puis, le RW plutôt que de gagner directement le milieu du fjord, va se déhaler bien parallèlement au Polarlys. Y a-t-il 10 mètres entre les 2 deux bateaux ? Ce sont 122 mètres et 11 000 tonnes dont il faut maîtriser parfaitement la trajectoire, ce n'est pas rien. Au terme de la manœuvre, les deux passerelles de commandement qui débordent de la coque sont presque à se toucher ! Notre capitaine nous a apporté la preuve de son professionnalisme, du grand art !

23 h 10, le soleil tombe dans l'eau. Et cette nuit… il fera nuit !

Le départ de Molde... bord à bord avec le MS Polarlys

Jour 28 - Lu 13/07/2009 - Florø - Bergen



L'obscurité complète a fait que nous avons raté les escales de Ålesund, Torvik et Maløy.

C'est le dernier jour de la croisière et le rythme va être un peu bousculé pour préparer l'arrivée à Bergen. Nous devons libérer rapidement les cabines, donc faire les bagages dès le début de matinée et les sortir dans les couloirs. Cette contrainte va conditionner notre vie à bord jusqu'au débarquement, en gardant à portée de mains vêtements, appareil photo, ordinateur, etc…

07 h 45, dernière escale de la croisière à Florø. Un village à flanc de coteau dominé par une belle église en bois blanc dotée d'un superbe clocher. J-J débarque juste pour faire 2 photos, car le temps est trop limité pour aller au-delà des abords du débarcadère qui ne semblent pas caractéristiques.

Sous le soleil, le RW navigue au large de côtes plus basses ou d'îles plates abritant quelques maisons. En milieu de matinée, le bateau semble se diriger droit vers un groupe d'îles et d'îlots. Peu à peu, un passage semble se dessiner. Pas bien grand ! En décrivant une large courbe le bateau se présente face à l'étroit chenal entre deux îles, large d'une centaine de mètres, et qu'il franchit rapidement. Vu de la passerelle, c'est très impressionnant de voir le bateau passer à aussi vive allure dans un passage aussi étroit. Une fois de plus le Capitaine fait preuve de beaucoup d'assurance pour mener son navire.

Une demi-heure plus tard, bis repetita… Il va falloir passer au milieu de l'archipel de Sula, face à l'embouchure du Sognefjord. De loin le passage paraît encore plus étroit que le précédent. Le bateau ne ralentit pas sa vitesse. Brrr… On peut supposer que le capitaine sait ce qu'il fait et qu'il sait viser juste, car non seulement le Steinsundet est très étroit, mais de plus, il comporte plusieurs courbes.

A droite, un îlot de quelques mètres de hauteur, balisé par un petit phare avec une toiture octogonale rouge, à gauche la pointe basse d'une ile plus importante également balisé par un feu, et après une légère courbe, un troisième phare matérialise la sortie de chenal.

Cette passe est si étroite, qu'en sens inverse, un chalutier attend que nous ayons repris le large pour y entrer à son tour. Avec assurance, notre capitaine navigue sans ralentir à une dizaine de mètres de la roche côté tribord. C'est stupéfiant ! Au second phare, le bateau vire légèrement et continue sa route sans encombre. Ce capitaine est vraiment très, très fort. Il joue véritablement avec son bateau et en fait ce qu'il veut. Quelle maîtrise !

C'est habituel, en fin de matinée le ciel se couvre de gros nuages.

11 h 30, à cause du débarquement qui approche, l'horaire du déjeuner est avancé. Dernier buffet, où nous nous régalons encore une dernière fois de poisson et de fruits de mer. Il y en a une telle variété préparée de multiples façons. Comme l'hiver dernier, nous venons de faire une bonne cure de saumon. Y a pire !

Nous entrons dans le long fjord qui mène à Bergen. Il commence à pleuvoir… Tous les passagers se réunissent dans le salon panoramique du pont 7. A travers les grandes baies vitrées, chacun observe les berges du fjord. Nous quittons les fjords sauvages pour naviguer dans un fjord qui s'urbanise et s'industrialise à mesure que nous progressons. La grande ville approche.

A cause de la pluie, impossible de faire des photos sur la coursive, alors J-J se replie dans un salon plus calme pour rédiger l'un dernier mail du voyage et le charger sur une clé USB pour l'envoyer plus tard depuis une bibliothèque.

14 h 30, les collines qui enserrent Bergen sont largement construites de maisons multicolores, les hangars s'alignent sur les berges, quelques paquebots sont amarrés aux quais. Le RW ralentit, fait demi-tour et s'approche lentement du quai, au pied de l'Hurtigrutenterminalen, un bâtiment ultra-moderne et fonctionnel servant de gare maritime.

Le débarquement des passagers, bien organisé, se fait pont par pont. Depuis le pont 5, une large passerelle (genre aéroport), permet de gagner directement le terminal, retrouver les bagages et rejoindre un moyen de transport.

Pendant ce temps, J-J est descendu au pont 2 pour récupérer l'Espace. Comme prévu, il va falloir attendre que tous les autres véhicules aient quitté le bateau, ce qui est un long exercice de patience. La manutention n'est guère rapide puisqu'elle se fait voiture par voiture à l'aide d'un ascenseur qui permet de retrouver le niveau du quai. Première voiture garée en tête à Kirkenes, l'Espace est forcément la dernière à sortir à Bergen au bout d'1 h 50 d'attente.

Avant que notre voiture retrouve la terre ferme, Nelly s'est morfondue toute seule avec tous les bagages à main dans le terminal vidé de la majorité des passagers.

Sous la pluie battante, nous quittons l'emprise du terminal Hurtigruten et nous retrouvons, un peu désorientés, au cœur de Bergen. Entièrement pris en charge, nous avons vécu à bord du Richard With, six jours d'insouciance, désormais il va falloir vite reprendre nos habitudes de touristes itinérants et précaires !

16 h 10, pour éviter de nous rendre dans un terrain de camping éloigné de la ville, nous faisons d'abord un passage par le "Bobil Senter" (Bobil = camping-car, en norvégien), de Damsgårdsveien, connu de tous les camping-caristes. En réalité, c'est juste une aire asphaltée sans aucun équipement au milieu des entrepôts et des hangars du port. Triste à mourir ! Cet endroit n'est pas fait pour nous. Son seul avantage est qu'il permet de rejoindre le centre ville à pied, résolvant ainsi les problèmes de stationnement. Nous garons la voiture à proximité, sur une place gratuite, nous évitant également de passer plusieurs fois sous le même portique de péage urbain. Que d'économies !

Sous une légère pluie, nous rejoignons le centre en passant sur le grand pont de Puddefjordsbroen, surplombant le port, puis en traversant l'université. Du parvis de l'église catholique Saint-Jean, nous dominons tout le centre ville, qu'il faut ensuite rejoindre en descendant une forte pente. Nous trouvons au fond d'un grand jardin public la bibliothèque, d'où nous pouvons envoyer le mail relatant notre croisière. Cette formalité accomplie, nous nous rendons sur le port de Vågen, au marché au poisson de Torget.

Cette attraction locale est le point de convergence de tout ce que Bergen peut compter comme touristes. Et la réputation n'est pas usurpée. De jeunes poissonniers érudits et multilingues accrochent le client avec un savoir-faire extraordinaire et proposent à la vente et à la dégustation toutes sortes de produits de la mer. (Ces vendeurs semblent sortir tout droit d'une école de commerce, plutôt que du pont d'un chalutier… Et peut-être effectuent-ils un stage de vente ; en tous cas, ils sont très habiles et convaincants… !). Bien sûr, les alignements de saumons frais, de lieus, de flétans, de harengs, steaks de baleine, pattes de crabes royaux et autres attirent l'œil et c'est plutôt agréable à regarder. S'il y a du poisson frais sur les étals, il y a aussi beaucoup de produits transformés en usine. L'authenticité du lieu reste à démontrer, la seule certitude, ce sont les prix… exorbitants. Au milieu de ces étals, il y a aussi des stands qui proposent des sandwiches de saumon ou de crevettes bien appétissants que l'on peut consommer sur place. Le prix de vente est beaucoup moins digeste…

Nous déambulons dans le quartier de Bryggen, à qui Bergen doit sa renommée. Un alignement de bâtiments colorés en bois, séparés par des ruelles étroites, qui du temps de la Hanse servaient d'entrepôts, d'ateliers, d'habitations. Aujourd'hui, la plupart abritent des restaurants ou des boutiques de souvenirs. Nelly est à la recherche de la bonne affaire…

Nous poursuivons dans le quartier de Øvregaten, au-dessus de Bryggen. Des petites rues pavées partent à l'assaut de la colline, bordées de maisons blanches en bois dont les fenêtres sont toujours décorées d'objets divers qui doivent sans doute refléter la personnalité des occupants.

De retour sur le quai de Vågen, nous discutons avec un couple de Choletais très bavards qui circulent dans Bergen en vélo. Ils sont arrivés par la Suède en camping-car et pensent aller aux Lofoten, et bien sûr, sont stationnés au "Bobil Senter".

La pluie menace, et en rejoignant la voiture nous sommes pris sous un violent orage. Déjà bien trempés, nous nous abritons dans le hall d'un bâtiment de l'Université en attendant une accalmie. Nous sommes dans un piteux état en arrivant à la voiture.

20 h 00, arrivée à Nettsun à une vingtaine de kilomètres du centre de Bergen, au camping de Grimen, juste en bordure d'un petit lac. On nous attribue un emplacement plutôt étriqué où il y a juste assez de place pour l'Espace et la table de camping qui se trouve à moins d'un mètre de la berge du lac.

Grandeur et décadence ! Après avoir mené une vie de nantis à bord de l'Hurtigruten, dès ce soir nous retrouvons notre statut de manants. Après le luxe et le confort, c'est la misère. Il va falloir retrouver nos réflexes de campeurs, préparer les repas à l'arrière de l'Espace, dîner en plein air, déplacer tous les sacs et installer notre couchage, etc, etc…

Il y a encore quelques heures, nous avions toute une équipe de blondes pour nous servir ; ce soir, il va falloir tout faire avec une seule brune !

Sous un ciel plutôt bas, nous dinons au bord du lac, et c'est bien aussi.

Le petit matin à Florø

A suivre…

1ère Partie -- 2 ème Partie -- 4ème Partie

Norvège 2009: partie 1 de Rouen aux îles Lofoten English translation pending
by Jjmmsa · 2010-08-22 · 3 replies
NORVEGE 2009 - DE LA NORMANDIE A LA FRONTIERE RUSSE ET RETOUR

1ère Partie - ROUEN - ÎLES LOFOTEN

Genèse du voyage L'idée de ce voyage estival en Norvège s'est imposée d'elle-même lors de la croisière que nous avions réalisée sur l'Hurtigruten, l'express côtier de Norvège, fin décembre 2008 et début janvier 2009 entre Bergen et Kirkenes.

Nous étions curieux de connaitre les conditions de luminosité à cette période de l'hiver dans les hautes latitudes et n'avons pas été déçus. De Bergen jusqu'à Bodø, une météo et des périodes de jour à peu près équivalentes à celles que nous connaissons dans le nord de la France à la même époque, avec une infime couche de neige à partir du 3ème jour. Mais une fois franchi le Cercle Polaire Arctique (66° 33' de latitude Nord), et arrivés à Bodø, changement radical d'ambiance, pénombre à partir de 14 h 00, nuit totale vers 15 h 30, et une épaisse couche de neige fraîche dès l'arrivée aux îles Lofoten.

A partir de là, nous progresserons vers le Nord en traversant des paysages enveloppés d'une lumière étrangement bleuâtre, à la fois douce et électrique, réfléchie par la neige qui recouvre tout. Ce bleu blafard devenu omniprésent rend les paysages irréels. Et dans le brouillard, sous les grains de pluie ou de neige, les montagnes bleutées, un ciel cendré et une mer plombée et confuse se fondent en des limites mouvantes et incertaines.

Et il faut faire vite, la brièveté des périodes de jour relatif impose de ne rien perdre de ces bouts de paysages faiblement éclairés. Autant que faire se peut, J-J passe de longs moments sur la coursive extérieure du pont 6 complètement emmitouflé pour se protéger du froid et du vent mordant, le plus souvent à l'avant du MS Trollfjord, à regarder, scruter ou contempler cette fantasmagorie naturelle en perpétuelle évolution.

Nous voulions voir l'hiver dans les régions septentrionales, nous avons donc été gâtés par la luminosité et la météo qui étaient les vedettes de ce voyage hivernal. Mais très vite, sur la coursive du pont 6 du MS Trollfjord est arrivé un profond sentiment de frustration… Ces paysages mystérieux, si beaux sous la neige et dans la pénombre, devraient sans aucun doute être splendides et grandioses sous la lumière estivale.

Les slaloms entre les îles, la vue des côtes escarpées, les arrivées dans les ports, l'été cela doit avoir aussi son charme…

Refaire la même croisière l'été, idéalement en juin ! Pourquoi pas l'été prochain ? Et pourquoi pas en sens inverse, de Kirkenes à Bergen pour avoir une autre vision des choses ? Et quitte à faire un si long voyage, pourquoi ne pas le compléter par un circuit en voiture et visiter l'intérieur du pays ? Pourquoi pas ?

Début janvier 2009, à peine débarqués à Kirkenes, nous savions que nous reviendrons rapidement visiter la Norvège.

Généralités Restait à mettre au point les modalités d'un tel voyage :

· En étudiant la brochure d'Hurtigruten, nous avons compris que dans le sens nord-sud, Kirkenes-Bergen, le transport de la voiture était compris dans le prix du billet des passagers, ce qui incitait forcément à faire le trajet dans ce sens.

· Une escapade au Cap Nord trouvait ainsi sa justification par le fait d'avoir à se rendre à Kirkenes, aux confins du pays.

· Vu les coûts prohibitifs de l'hôtellerie et la restauration en Norvège, le camping s'imposait.

· Et puisqu'il fallait camper, pourquoi ne pas utiliser et transformer le Renault Espace en mini camping-car, alliant ainsi logement, autonomie et indépendance… et économie ?

Et les cogitations ont réellement commencé en mars 2009...

Durée du voyage Avant toute connaissance approfondie des hauts-lieux de la Norvège touristique, l'idée de base était de rejoindre Oslo, puis le fjord de Geiranger, parcourir les îles Lofoten et gagner le Cap Nord avant de se rendre à Kirkenes et embarquer sur l'Hurtigruten. Au retour après Bergen, l'idée était de rejoindre le sud de la Norvège avant de traverser vers le Danemark.

Combien de temps pour réaliser un si vaste programme ? A priori, 3 semaines pour arriver à Kirkenes, 1 semaine à bord de l'Hurtigruten jusqu'à Bergen, 1 semaine pour redescendre à Rouen, donc 5 semaines.

Garde-robe et bagages Premier casse-tête ! Comment s'habiller pour vivre dans des conditions précaires pour une longue durée dans des régions à la météo aussi capricieuse. Nous avons donc prévu les mêmes parkas, sweats polaires et bonnets que l'hiver précédent (et ils nous ont bien servis), des T-sirts et bermudas (ils nous ont servis aussi, mais beaucoup moins), des vêtements de pluie, pulls, avec les changes indispensables, etc, etc… sans négliger les chaussures de randonnée, …mais nous avons oublié les gants !

De plus, nous ne pouvions avoir l'air de campeurs à bord de l'Hurtigruten, nous avions également besoin d'une garde-robe plus élaborée, sans pour autant être grand chic, pour une semaine.

Autant dire que le poids et surtout le volume de ces bagages risquait d'être conséquent. Résultat : une grande valise rigide, 3 ou 4 bagages souples et quantité d'autres petits sacs… rien que pour l'habillement !

En pratique, les bagages les plus usuels restaient dans l'habitacle durant la journée et devaient être transférés tous les soirs sur les sièges avant. La manutention bi-quotidienne de ces bagages ne restera pas le meilleur souvenir de ce voyage.

Heureusement, l'emprunt d'un grand coffre de toit a permis de stocker tout ce qui n'était pas d'utilisation quotidienne, ainsi que la literie (couette, drap, oreillers).

Aménagement de l'habitacle de l'Espace Le problème a priori le plus ardu à résoudre était l'aménagement de l'Espace en un véhicule à tout faire, suffisamment pratique pour faire du tourisme et surtout pour y vivre dans des conditions rustiques (pique-nique, camping), et climatiques incertaines (pluie, froid, vent, etc).

· Une fois les sièges passagers débarqués, il reste dans l'Espace un vaste plancher parfaitement plan de 2.20 m de long et de 1.17 m de large (minimum au niveau du passage des roues AR).

· Sur ce plancher, 7 caisses en plastique de 0.60 x 0.40 m et 0.23 m de hauteur, pour stocker toute l'alimentation emmenée depuis la France.

· Sur ces caisses judicieusement disposées, un "sommier" amovible en trois parties réalisé en contreplaqué de 13 mm d'épaisseur.

· Un matelas gonflable de 1.90 m de long et 1.16 m de large (juste la dimension du passage de roues), opportunément trouvé chez Décathlon.

· Acquisition d'un gonfleur électrique 12 v raccordé sur une prise allume-cigare permettant de gonfler le matelas sans fatigue en moins de deux minutes.

· Réalisation de "rideaux" en tissu occultant tendus sur des tiges souples en fibre de verre assurant une protection vis-à-vis des éventuels indiscrets et aussi une pénombre illusoire au cours des nuits estivales sous les hautes latitudes.



Aménagement extérieur de l'Espace On peut aussi penser qu'une fois ouvert, le vaste hayon arrière de l'Espace prolonge efficacement l'habitacle. C'est en partie en partie exact, à condition que la pluie ne tombe que verticalement et encore… Pour que cela soit réellement confortable, le mieux serait de s'équiper d'un auvent recouvrant entièrement le hayon et débordant largement sur le pavillon (le toit) de l'Espace, avec des joues latérales fixées au sol par des piquets. Rien de tel n'existe dans le commerce.

Fort opportunément, une de nos relations nous procure ce que nous cherchons ou du moins, quelque chose d'approchant. Renault avait commercialisé une série limitée de Kangoo, dénommée "Décathlon" et fournissait avec cette voiture quelques gadgets, dont un abri léger à fixer sur le hayon afin de donner un aspect baroudeur à ce véhicule. Très bien, sauf que le concepteur de cet abri n'a pas été efficacement jusqu'au bout de la bonne idée : un échantillonnage trop léger des tissus et surtout une absence évidente d'étanchéité à la pluie. Si les 3 côtés de cet abri offraient une bonne protection, il n'en était pas ainsi au niveau de la toiture… Néanmoins cet abri, bricolé pour notre Espace, sera surtout utile les jours de vent pour protéger la cuisinière devant ses fourneaux et nous n'aurons pas à regretter de l'avoir emmené.

Restait à résoudre l'étanchéité supérieure de l'installation en cas de pluie violente ou prolongée. Pas d'autre solution que de recouvrir l'ensemble d'une grande bâche en plastique bleu du plus bel effet, elle aussi tendue sur des piquets. Peu esthétique, mais efficace ! Nous n'aurons qu'à nous servir une seule fois de cette bâche sur la route du retour au Danemark.



Matériel Pour le reste, nous avons utilisé le matériel du campeur lambda :

· Une table pliante et deux fauteuils pliants.

· Un réchaud 2 feux et 2 bouteilles de gaz de 2.5 kg (1 seule aurait suffit).

· Une glacière (réfrigérée à l'aide d'une bouteille d'eau que l'on a fait congeler 2 ou 3 fois dans les campings, de moins en moins nécessaire à mesure que nous montions vers le nord !).

· Deux vaches à eau de 10 l, utiles surtout pour la vaisselle des pique-niques du midi et lors des soirées passées en camping sauvage.

· Une valise à pique-nique très pratique pour ranger et protéger toute la vaisselle.

Alimentation Tout, absolument tout a été acheté en France, et globalement l'intendante avait fort bien calculé ses quantités. Cela était réparti dans les différentes caisses en plastique (petit-déjeuner, plats de résistance, dessert, etc…).

La totalité du ravitaillement intégralement fait en France se justifiait pour deux raisons :

· Les coûts prohibitifs généralement pratiqués en Norvège (exemple : fruits vendus à la pièce pour le prix du kilo en France).

· Les étiquetages étant uniquement en norvégien, cela évitait les déconvenues lors de la consommation de produits qui ne correspondent pas obligatoirement à nos goûts.

Nous n'avons complété notre ravitaillement que par du pain (genre pain de mie), que l'on tranche soi-même dans les nombreuses supérettes, et aussi l'achat de pavés de saumon (très bon et relativement abordable, de même que les crevettes en vrac surgelées.

Côté conservation, peu de problèmes, même avec les légumes frais, les fruits et les œufs. Nous avions une glacière que l'on a tenté de refroidir les premiers jours avec une bouteille d'eau glacée dont nous renouvelions la congélation dans les frigos des terrains de camping. Pratique de moins en moins nécessaire au fur et à mesure que nous montions vers le nord et dont nous nous sommes complètement dispensés ensuite (au Cap Nord, il faisait plus chaud dans la glacière qu'à l'intérieur de la voiture… !).

Production d'électricité Un aussi long voyage supposait la prise de nombreuses photos ou vidéos et nous risquions d'être confrontés aux difficultés de recharge des batteries dans des lieux isolés. Nous ne pouvions pas être tributaires que des prises de courant disponibles à rechercher dans des lieux publics. Il nous fallait notre autonomie et notre indépendance électrique.

Nous devions aussi embarquer l'ordinateur portable pour envoyer quelques mails et transférer photos et vidéos pour éviter la saturation des cartes mémoire. Face à l'étendue des besoins électriques, nous nous sommes donc équipés d'un convertisseur de courant 12v/220v de 300 ampères capable de supporter la recharge de l'ordinateur, l'appareil photo, le caméscope et les 2 téléphones portables ! La gestion de la charge de ces différents appareils sera une préoccupation constante durant tout ce voyage

Internet Dès mars 2009, J-J a surfé de longues heures sur la toile pour rassembler le maximum de renseignements pratiques sur le trajet prévu. Ces heures passées en amont ont grandement facilité la réussite du périple.

· Au XXIème siècle, Internet est devenu un outil indispensable pour la préparation de n'importe quel voyage car on y trouve, rien que sur les sites en français quantité d'informations historiques, géographiques, culturelles, humaines concernant le pays à visiter. Les guides papier (Michelin, Routard, etc…), gardant leur utilité au niveau de l'information locale plus détaillée.

· Les sites en anglais sont innombrables et permettent d'accéder à davantage d'informations. La pratique d'un anglais scolaire basique permet néanmoins de naviguer sur ces sites, d'y trouver et d'interpréter le minimum de ces informations, surtout utile pour tout ce qui concerne l'hébergement, les transports, etc…

· La pratique du norvégien aurait été un plus… La consultation de sites en norvégien, donc sans traduction anglaise (et encore moins française), est surtout inécessaire pour la connaissance des horaires et des tarifs des nombreux ferries locaux. Beaucoup de termes s'apparentent à l'anglais ou l'allemand, en mélangeant les deux et après quelques temps, on arrive à s'y retrouver.

· La lecture des forums de voyage, des multiples sites personnels ou de blogs créés par de nombreux camping-caristes à été fort utile. Une vraie mine d'or, tant chacun a sa façon spécifique de voyager, d'insister sur ses points d'intérêt propres (itinéraires, paysages, excursions, rencontres, musées, alimentation, etc…). Il y a toujours quelque chose de positif à retirer de la lecture et la synthèse de tous ces récits, ce qui à permis de peaufiner notre trajet en fonction.

· La consultation de Google Earth est très intéressante. Ce site permet de comprendre la géographie du pays en détail. En superposant les routes sur la vue satellite et en ouvrant les nombreuses photos Panoramio qui sont annexées, on imagine très bien quel itinéraire on va emprunter.

· Internet nous a également été utile pour choisir et réserver les traversées en ferry entre le Danemark et la Suède à l'aller et entre la Norvège et le Danemark au retour

Road book L'itinéraire prévisionnel à d'abord été établi à l'aide d'une carte d'une carte éditée par l'I.G.N. au 1/850.000, complétée par une carte touristique de la Norvège. La consultation du site Via Michelin permettait de déterminer rapidement la longueur et les temps de parcours des différentes étapes. Très vite, on comprend que la connaissance des horaires des ferries locaux détermine l'organisation de l'étape du jour sur certains trajets.

Ce road book comprenait par jour :

· La longueur de l'étape et sa durée prévisionnelle y compris pour les points de passage intermédiaires ou caractéristiques.

· Les sites ou ville à visiter y compris les coûts des visites.

· Les ouvrages à péages (tunnels ou ponts, assez nombreux), et le coût du passage.

· Les ferries avec horaires, durée de traversée et coût.

Arrivés sur place, ce document nous a bien aidé à anticiper l'itinéraire et nous a évité de commettre bien des erreurs de trajet (le G.P.S. nous a également bien servi).

L'élaboration de ce road book devait sans doute être bien faite, car au final le programme a été respecté presque à la lettre. Nous avons fait tout le parcours sans flâner, mais sans jamais nous presser.

Jour 1 - Ma 16/06/2009 - Rouen - Århus (DK)

Donc, nous avons quitté Rouen à 5 h 20, cap sur Århus au Danemark que nous voulions atteindre dans la soirée, soit environ 1.300 km à parcourir essentiellement sur autoroute.

Nelly a conduit jusqu’à Liège que l'on atteint à 09 h 30. Ensuite, J-J a repris le volant pour traverser l’Allemagne. Les autoroutes allemandes sont gratuites, mais on n’en a que pour son argent… La vitesse n’y est en principe pas limitée… sauf signalisation contraire, sauf ralentissement et bouchons, sauf travaux, si bien qu’on n’y roule pas si vite que cela.

Et s’il existe un enfer autoroutier, c’est entre Brème et Hambourg (125 km). Des zones de travaux de 6 kms de long en alternance, avec des voies réduites au plus strict minimum pour le passage d’un camion et d’une voiture avec peu d’espace entre chaque. Dantesque et hyper stressant. Il faut qu’il n’arrive rien sinon cela doit vite tourner à la catastrophe comme on l’a vu dans l’autre sens, avec des bouchons monstrueux sur plusieurs dizaines de kms.

Traverser l'Allemagne sur ces autoroutes infernales (650 km), nous a paru pénible et très dangereux, aussi nous étions bien contents de passer la frontière danoise à 16 h 45. Au Danemark, tout devenait plus calme, peu de circulation, l’autoroute passé à la serpillère et toute la campagne époussetée et passée au peigne fin… Trop propre !

18 h 50, nous sommes fourbus lorsque nous arrivons au camping Blommenhaven à Højbjerg, à 5 km au sud d'Århus. Camping calme dans les bois et en bord de mer.

Nous avions trouvé ce camping sur Internet et le GPS nous a guidés dans un dédale de petites rues dans une banlieue résidentielle avant d'arriver au but. La technologie nous a bien facilité la vie ce soir là, car la recherche de ce terrain aurait été vraisemblablement laborieuse vu notre état de fatigue l'arrivée. Un souci de moins !

Bilan de la journée : 13 h 30 de route et 1.280 kms. Ca fait du bien quand ça s’arrête !!!

Quoi que ! Il a fallu organiser le campement ! Tout retrouver ce qui était tout bien rangé, c'est-à-dire tout soulever et tout fouiller 2 fois avant de mettre la main sur quoi que ce soit ! Galère !

Dans ce camping nous avons découvert et utilisé la cuisine et la salle à manger collectives qui sont de rigueur dans tous les campings scandinaves. Nelly à pu préparer tranquillement le dîner.

Nous avons surtout passé la soirée a essayer d'y voir clair dans notre organisation et à cogiter sur un rangement cohérent du matériel, des bagages, des vivres, de la vaisselle, de la literie sans avoir à tout remuer systématiquement deux fois. L'ampleur de la tâche est démoralisante et avec la fatigue J-J a l'impression que cela ne sera jamais résolu. Pas facile, la vie de nomade !

Jour 2 - Me 17/06/2009 - Århus (DK) - Varberg (S)

07 h 00, réveil après une première nuit plutôt frisquette. En fait, on n’a pas beaucoup dormi ! C'est qu'il a fallu trouver nos marques dans notre Espace. La première cause du froid lors du sommeil provenait du matelas pneumatique. En interposant une mince couverture isolante, le problème a été résolu efficacement dès la nuit suivante.

Nous nous réveillons à l'ombre de grands arbres… Aussitôt, nous déplaçons l'Espace sur un emplacement ensoleillé plus agréable pour prendre le petit-déjeuner, et nous nous réchauffons doucement.

09 h 15, départ du camping après avoir tout rangé dans la voiture. Pas évident d'être efficace. Direction Århus.

10 h 00, visite de Gamle By. A peine à l'écart du centre ville, il s'agit d'un village ancien reconstitué à l'aide de bâtiments traditionnels démontés, transportés et réunis en un même lieu. L'ensemble est fort bien réussi. Sous prétexte de la sauvegarde d'un patrimoine ancien de grande valeur, les concepteurs ont transformé chaque boutique, atelier ou habitation en un musée de l'artisanat et des traditions danoises. Tout ce qui faisait la vie d'un village ancien est ainsi présenté et mis en valeur, parfois avec le concours de personnes en costume d'époque qui fabriquent, travaillent, vendent ou expliquent en situation, comme la boulangère, le tonnelier et même le pasteur… Très intéressant. Nous y resterons une bonne partie de la matinée.

Ensuite, nous avons le temps de faire un détour par le village de Ebeltoft sur la presqu'île de Molls. Nous parcourons ainsi la rue principale d'un village qui a gardé un cachet rustique, une rue typique et animée bordée de jolies façades colorées.

12 h 40, nous gagnons Grenaa, où nous devons prendre le ferry pour la Suède. Nous sommes en avance et pique-niquons sur l'aire d'embarquement avant de passer.

Nous avions réservé notre passage par Internet, aussi les formalités sont réduites à leur plus simple expression. Internet, le G.P.S., l'espace Schengen et l'euro (dans une moindre mesure dans les pays scandinaves), facilitent bien la vie des voyageurs en Europe…

14 h 00, nous embarquons à bord du ferry Stena Nautica, qui visiblement commence à dater (1986), même s'il a tété rénové en 2002. Peu de monde à bord, la traversée s'annonce tranquille.

14 h 25, appareillage de Grenaa. Il fait un temps splendide, inespéré pour la région, grand soleil et chaleur tout l'après-midi, pas de vent apparent. Nous profitons d'autant plus du sun deck pendant les quatre heures que dure la traversée qu'il y a peu de monde à bord.

18 h 40, débarquement à Varberg en Suède après une traversée de rêve.

19 h 00, arrivée au camping de Geteröns, à 4 km au nord du port. Très pratique ! Encore un camping repéré depuis longtemps sur Internet. Il s'agit d'un vaste terrain plat sans arbres, occupé essentiellement par des grosses caravanes sédentaires, pratique courante en Scandinavie.

Nous discutons en mauvais anglais avec notre voisin qui nous indique qu'il y aura du vent et de la pluie durant la nuit. A peine avons-nous terminé la discussion que le ciel si bleu jusque là se voile très rapidement et que le vent se lève.

Nous installons l'auvent Décathlon sur le hayon de l'Espace pour que Nelly puisse cuisiner dans les meilleures conditions. Notre installation intrigue, puis fait sourire les quelques campeurs qui passent devant nous. Nous dinons rapidement sous l'auvent car il ne fait pas bien chaud. Vu le temps qui s’annonce, une p’tite soupe et au lit ! Encore faut-il se retrouver dans notre amoncellement de matériel à l'intérieur de la voiture ! La technique n'est pas encore bien rodée.

21 h 00, coucher. Nelly regarde un film sur l'ordinateur…

Jour 3 - Je 18/06/09 - Varberg (S) - Oslo (N)

A 4 h, il fait grand jour, la pluie se met à tomber et le vent se renforce, mais bien au chaud sous la couette, quel confort !

09 h 00, le vent et la pluie qui l'accompagne ne nous ont pas incité à sortir rapidement de sous la couette. Vu la météo, nous préparons le petit déjeuner dans la cuisine collective et le consommons dans la salle commune à disposition dans le camping. Pratique !

Ensuite, autoroute en Suède. Paysages vallonnés et verdoyants très agréable à regarder : forêts de sapins, champs, etc… sauf que l’on roule sous les grains et les averses, ce qui nous gâche un spectacle qui aurait pu être agréable.

12 h 45, passage de la frontière norvégienne à Svinnesund et aussitôt, premier poste de péage routier. Des douaniers très laxistes regardent stoïquement les voitures et les camions passer… Nous faisons nos premiers tours de roues en Norvège en suivant la route E6 (laquelle route se termine à… Kirkenes, 2 700 km plus loin !).

15 h 00, arrivée à Oslo au camping Ekeberg (encore trouvé sur Internet et guidé par le G.P.S.), par un temps qui semble vouloir s’améliorer. Nous choisissons notre emplacement et empruntons le bus 74 pour nous rendre en ville et qui nous dépose devant le théâtre.

Oslo n’étant pas le but de notre voyage, nous n’y consacrons que la fin de l’après-midi, pour faire une rapide tour sur les quais du nouveau quartier d'Aker Brygge avec ses boutiques et ses terrasses surplombant le port.

Nous visitons le parc Vigeland, célébrissime et immanquable par ses multiples statues de bronze ou de pierre d’hommes, femmes et enfants dans le plus simple appareil, qui symbolisent tous les moments de la vie, de l’enfance à la vieillesse. On aime ou on n’aime pas. Tout cela se termine sur un promontoire où se dresse un gigantesque phallus constitué de corps nus emmêlés. On vous le dit, c’est un must d’Oslo !

Ensuite, découverte du nouvel opéra d’Oslo. Construit au bord du fjord, c’est un bâtiment tout blanc, à l’architecture ultramoderne et audacieuse symbolisant un iceberg, inauguré en 2008. Surprenant mais très réussi. On peut marcher sur les différents plans inclinés assez raides des toitures. Ca vaut le détour !

Une foule endimanchée se précipite à l'intérieur, nous y pénétrons aussi. Ce soir (19 h 00), on joue Elektra de Richard Strauss. Beaucoup de monde autour des différents bars du hall d'entrée et chacun y va de sa coupe avant d'assister au spectacle. Apparemment, c'est l'habitude.

20 h 00, retour au camping Ekeberg. Le ciel se dégage. Ce soir, c'est repas au soleil ! On a quand même gardé la polaire !

Oslo - L'Hôtel de Ville - Le parc de Vigeland

Jour 4 - Ve 19/06/2009 - Oslo - Lillehammer - Lom



04 h 00, le soleil ne doit pas être loin de se lever.

9 h 15, départ d’Oslo par la route E6, route à 2 fois 2 voies sur les premiers kilomètres où l'on roule à bonne allure. Puis, beaucoup de zones de travaux pour prolonger cette voie rapide. Ensuite, nous roulons sur route nationale à double sens, limitée à 80 km/h comme dans tout le pays. Les Norvégiens sont très calmes au volant, ça ne roule jamais très vite, les distances entre véhicules sont telles qu'il est rarissime de pouvoir doubler.

La conduite est plutôt tranquille et finalement, par la force des choses, on finit par conduire comme les autochtones… parce qu'il est impossible d'aller plus vite qu'eux ! Les piétons sont rois : avant même d'avoir l'intention de traverser un carrefour les voitures sont déjà arrêtées pour les laisser passer. Surprenant au début !

11 h 45, arrivée à Lillehammer (où se sont déroulés les Jeux Olympiques d’hiver de 1994). Rapide parcours dans cette agglomération sans cachet particulier, si ce n’est une grande église de style néo-gothique en briques que nous ne pourrons pas visiter à cause d'un service d'inhumation.

Nous arpentons la rue principale Storgata. Il y souffle un vent frisquet, nous sommes en blouson et les autochtones en t-shirt… Au bout de la rue, un marché avec plusieurs vendeurs de produits… français, vendus à des prix norvégiens ! Nous y achetons à prix d’or, une baguette, vendue comme française…

13 h 15, pique-nique à l'écart de la route E6, près du parc d'attractions de Hunderfossen. En fouinant, nous nous installons dans une zone boisée, au soleil et au bord d'un petit étang. Un bel endroit entouré de plusieurs huttes aux toits faits en terre et en mousse. Bucolique à souhait ! Jusque là, nous avions privilégié la route aux paysages. A partir de maintenant, on va se calmer un peu et entrer dans le vif du sujet.

L’après-midi sera donc consacré à la découverte de plusieurs églises dites "en bois debout", spécialité de cette région de la Norvège intérieure. Ce sont des églises datant du Moyen-âge (un peu restaurées), entièrement construites en bois y compris la couverture en lauzes de couleur sombre.

15 h 00, arrêt à Ringebu pour visiter la première de ces églises, un édifice imposant construit à flanc de colline et entouré de son petit cimetière. Nous visitons l'intérieur où il fait très sombre. Peu de fenêtres et des murs en bois goudronné ne favorisent pas la mise en valeur de la décoration.

Arrêt pour voir l'église de Sor-Fron, curieux édifice octogonal datant de 1787, avec un très joli porche. Eglise malheureusement fermée.

Malgré tous nos renseignements, nous n'avons pas été assez malins pour trouver l'église octogonale de Otta. En la cherchant, nous nous trompons de route et nous arrêtons en bordure de la E6 devant l'église toute blanche de Selsverket. Fermée, elle aussi !

17 h 50, à l'écart de l'itinéraire initialement prévu, nous traversons le village de Sel et suivons une petite route sinueuse qui nous mène à Vagamo, où s'élève une magnifique église en bois debout au milieu de son traditionnel cimetière. Très belle église… fermée !

En principe, Vagamo était notre étape du soir, mais visiblement l'unique camping du village ne semblait pas prêt à nous accueillir, quasi désert et de plus, en travaux. Nous poursuivons notre chemin.

18 h 30, arrivée à Lom au camping Nordal Turistheim, assez mal organisé, en bord de route et surplombant une zone d'activités. Nous nous en satisferons, c'est le seul à plusieurs kilomètres à la ronde, et nous nous installons pour la soirée et la nuit.

Après le repas, nous admirons la dernière église en bois debout de la journée à quelques pas de notre camping par une belle soirée ensoleillée. Un très bel édifice, les murs en bois et la toiture en lauze prennent des couleurs chaudes sous le soleil qui décline. Beaucoup de sculptures sur les poteaux et les linteaux arrondis. Vestiges de paganisme, des têtes de dragons ornent également le faîtage de la toiture. Et si ce soir, l'église est ouverte, c'est pour un office et non pour les touristes que nous sommes… Décidément, nous n'aurons pas eu de chance avec la visite des églises aujourd'hui !

Une fête ou une foire se termine dans le centre du petit village, nous parcourons les quelques stands où l'on nous propose du saucisson d'élan ou de renne. Non, non, pas ce soir, merci…

De retour au camping, la vie commence à s’améliorer, le rangement de la nourriture et des vêtements s’organise et les manutentions deviennent moins fastidieuses. Et la météo nous devient globalement de plus en plus favorable.

Jour 5 - Sa 20/06/2009 - Lom - Geiranger - Valldal



Depuis notre arrivée en Norvège, été oblige, nous ne connaissons plus l'obscurité. A 01 h 40, cette nuit, il faisait… grand jour ! Pour peu que le soleil brille dès le matin, cela chauffe rapidement dans le Home Espace, donc ce matin, lever à 7 h 15.

Petit-déjeuner en terrasse et départ à 9 h 15 pour une journée importante du tourisme norvégien : la découverte du fjord de Geiranger, localement dénommé "le plus beau site naturel du monde".

Mais avant cela, il nous faut traverser l'une des régions les plus froides de Norvège (les nombreuses plaques de neige sur les bas côtés de la route l'attestent), puis franchir un plateau aride parsemé de petits lacs, pour enfin parvenir à 1 000 m d’altitude et trouver un grand lac encore complètement gelé et cerné de sommets enneigés. Spectaculaire !

La réputation de la région n'est pas usurpée, aussi lorsque nous sortons de la voiture pour contempler les reflets bleutés de la glace du lac Djupvatn, nous sommes complètement frigorifiés et transis par une petite pluie bien piquante. Pourtant le paysage mériterait que l'on s'y attarde davantage. Toute la surface de ce lac est prise par la glace, la neige recouvre tout jusqu'aux berges, et nous ne sommes qu'à mille mètres d'altitude ! Nous nous refugions quelques instants dans le chalet situé à l'extrémité du lac, où nous trouvons une douce chaleur et où Nelly a déjà repéré sa première boutique de souvenirs…

En face du chalet et à l’écart du trajet, une piste à péage grimpe en lacets serrés et escarpés jusqu'à 1 500 mètres vers le sommet de Dalsnibba, d'où l'on a, paraît-il, une vue grandiose. Les nuages nous rattrapent durant l'ascension et surtout masquent partiellement les sommets environnants couverts de neige, ce qui ne présage rien de bon lorsque nous serons arrivés sur place.

A cause du brouillard, le paysage évolue à chaque seconde et dans le dernier virage les nuages se dispersent quelque peu, nous laissant entrevoir quelques bribes de paysage montagneux.

11 h 15, arrivés à Dalsnibba, en quittant l'Espace, nous sommes surpris. La température est basse, certes, mais nous nous attendions à pire. L'absence de vent, quelques timides rayons de soleil qui filtrent à travers les nuages font que c'est tout à fait supportable. Finalement, l'atmosphère est plus agréable ici qu'auprès du lac Djupvatn, 500 mètres plus bas.

D'une vaste plateforme, nous contemplons un paysage mouvant, changeant en quelques secondes au gré du passage des nuages ou des bancs de brume qui s'effilochent… Des hautes montagnes acérées, des névés sporadiques, les innombrables lacets de la R63 qui serpentent en contrebas et que nous emprunterons dans un moment.

On ne s'y attendait plus, alors que nous sommes encore à l'ombre des nuages, nous pouvons contempler 1.500 m plus bas l'extrémité du fameux fjord de Geiranger inondé de soleil. Magique ! Vu d'ici, il ressemble plus à un lac bleuté serti dans un écrin de montagnes abruptes. Nous restons un bon moment subjugués, planant au dessus de la nature, dominant un paysage en perpétuel mouvement.

L'endroit est fréquenté. Nous devisons un bon moment avec un Français établi à Lillehammer, qui est en excursion avec un groupe d'apprentis d'une école hôtelière. Soudain, dans cet endroit calme et propre à la méditation, nous sommes intrigués par un long grondement sourd qui enfle à mesure. Une grosse moto surgit sur le parking dans une pétarade caractéristique des Harley-Davidson et pilotée par un biker pur jus. Une moto, puis deux, trois, dix, cent, deux cent peut-être, menées par des bikers de circonstance… Toutes les Harley de Norvège sont au rendez-vous. La "Horde Sauvage" investit tout le site dans un énorme tintamarre, les rois de la poignée de gaz provoquent le ronflement des moteurs et les groupes de motards s'invectivent gentiment.

Il est temps de quitter les lieux. Nous reprenons la piste. A la descente, les ravins qui la bordent sont encore plus impressionnants et dans les derniers virages la vue sur le lac gelé est splendide. Un à un, nous enfilons les lacets serrés de la R63 que nous dominions il y a quelques instants du plateau de Dalsnibba et descendons vers Geiranger. Les virages serrés nous laissent quelques splendides échappées sur le fond du fjord.

12 h 15, au cours de la descente, nous pique-niquons sur un promontoire dominant le fjord : un vrai site de carte postale, grandiose ! De ce promontoire, maintenant sous le soleil, nous dominons le petit village et l'extrémité du fjord. De hautes montagnes tombent à-pic, de part et d'autre du fjord argenté. Un paquebot blanc est déjà ancré et un navire Hurtigruten glisse lentement, sans bruit vers son escale, suivi d'un autre paquebot.

Nous restons ainsi un long moment à contempler "le plus beau site naturel du monde". C'est à peine exagéré ! Il fait beau, la température est agréable et l'atmosphère est limpide…

Le village de Geiranger est plutôt touristique et c’est le week-end… autant dire très fréquenté. Beaucoup de Norvégiens sont en promenade et les "bikers" redescendus de Dalsnibba se télescopent avec les croisiéristes des paquebots qui partent en excursion à terre. Un joli désordre !

Nous embarquons sur une vedette touristique qui en 1 h 30, nous permet de voir la partie la plus spectaculaire du fjord et nous ne serons pas déçus. Une navigation somptueuse et grandiose entre des berges quasi verticales, des sommets encore enneigés ; plusieurs belles cascades dévalent les parois sur plusieurs centaines de mètres, tout cela dans un jeu d'ombres et de lumières, de contre-jours ou de couleurs incertaines.

16 h 00, nous reprenons l'Espace. A la sortie du village de Geiranger, nous mettons cap au nord en escaladant "la route des Aigles" qui grimpe de 600 m en 11 virages en épingle à cheveux pour sortir du fjord. Un promontoire marque le point haut de la route : encore une vue à couper le souffle sur la dernière courbe du fjord. Sublime… Et les bateaux qui naviguent nous paraissent bien petits…

Puis, lente redescente vers un autre fjord pour emprunter à 17 h 15 le 1er ferry de notre voyage. Nous attendons quelques minutes à Linge pour traverser le Nordalsfjord en 15 minutes. A peine le temps de descendre de voiture…

17 h 45, nous nous posons au camping d'Uritun, petit terrain tranquille et rustique à la sortie de Valdall. Ambiance familiale, cadre rural au cœur d’une vallée agricole où l’on ne cultive que des fraisiers en plein champ ; ils sont à peine en fleurs !

19 h 00, apéritif, mais un petit vent frais nous oblige à monter l'abri Décathlon pour que Nelly puisse préparer son repas confortablement et ce soir, c'est sérieux, c'est crêpes !

21 h 00, promenade digestive aux abords du camping.

Le lac Djupvatn Le Fjord de Geiranger

Jour 6 - Di 21/06/2009 - Valldal - Trollstigen - Bæverfjord



Départ du camping de Valldal à 10 h 15. Au bout de quelques kilomètres, arrêt sur un pont face à la chute d’une large rivière dans un éboulis de roches. Une petite maison (en réalité, une mini centrale électrique), est coincée entre les rochers et la cascade. Nous discutons avec quelques membres d’un groupe de français voyageant dans un bus suédois et qui se sont arrêtés en même temps que nous.

Puis, nouvel arrêt aux chutes de Gudbrand. Un torrent tumultueux s’encastre sous la roche dans une gorge très étroite avant de disparaître sous terre. L'aménagement du site est en cours. Tous les cheminements et les garde-corps sont en acier, étrange ! Quel sera le résultat final dans plusieurs mois ?

Nous nous élevons en altitude vers un plateau en suivant une vallée glaciaire quasi désertique enserrée entre des sommets enneigés, entrecoupée de petits lacs. Un ciel pur et une atmosphère limpide, font que la vue porte loin, ce qui augmente encore l’aspect grandiose et les dimensions impressionnantes du site. Epoustouflant !

11 h 30, arrêt au plateau de Stigrøra, qui en fait est un col à 852 m d’altitude. De là, part un chemin menant à un belvédère devenu un site touristique incontournable d’où l’on domine "l’Echelle des Trolls". C'est une route escarpée, ouverte en 1936 mais fermée en hiver, qui en une douzaine de virages en épingle à cheveux escalade littéralement la montagne (pente à 11 ou 12 %, par endroits). Les croisements sont souvent difficiles entre les camping-cars et les nombreux bus de tourisme qui fréquentent l’itinéraire. Là encore, époustouflant !

Du belvédère, très fréquenté, nous disposons d'une vue panoramique sur la longue vallée glaciaire qui mène à Andalsnes. En cours de visite, nous discutons un bon moment avec 3 angevins voyagent en 4x4 (style RAV 4), et qui logent en hytter. Ils redescendent du Cap Nord, où ils ont eu un temps magnifique.

12 h 15, nous empruntons donc cette route escarpée à la descente, et faisons un court arrêt devant la cascade de Stigfossen (haute de 180 m). En quelques coups de volant et pied sur le frein, nous nous retrouvons dans la vallée, au pied de la montagne. Et vu d'en bas, ce n'est pas la montagne mais un véritable mur de 550 mètres de haut que nous venons de dégringoler !

13 h 00, pique-nique en bas de l’échelle des Trolls.

14 h 30, second ferry du voyage entre Afarnes et Sølnes pour traverser le Langfjord. 15 h 00, arrivée à Molde, petite ville agréable au bord d’un large fjord où nous avions fait escale en fin d’après-midi l’hiver dernier. Beau panorama sur les sommets enneigés de l’autre coté du fjord. Nous arpentons la rue principale, comme nous l'avions fait l'hiver dernier ; de jour, tout est si différent. Puis, promenade à pied sur les quais jusqu’à l'Aker Stadion (où doit se dérouler un match de football, ce soir), et le Rica Hôtel, bâtiment contemporain en forme de voile.

17 h 00, arrivée à Kanestraum, le ferry vient juste de partir sous notre nez. L'attente ne sera pas trop longue, une demi-heure. L'endroit est isolé, une minuscule boutique (épicerie, journaux, confiserie), essaie de vivre du trafic des ferries…

Notre bac arrive… Désormais, c'est Nelly qui embarque l'Espace sur les ferries. Le prix des traversées est toujours un forfait voiture et chauffeur compris, les passagers supplémentaires paient séparément. Mais les passagers retraités de plus de 67 ans ne paient que 50% du tarif. En dépit de son jeune âge mais grâce aux cheveux blancs, J-J se permet de gratter quelques couronnes norvégiennes à chaque passage. Malin ! On se demande quand même si les Norvégiens dans leur honnête candeur, peuvent se douter de la filouterie de quelques étrangers astucieux. Nous n'en sommes même pas sûrs !

En 20 minutes nous traversons le Halsafjord et arrivons à Halsa. Un débarcadère au bout d'une route, rien d'autre. Juste après, la route E39 vers Trondheim semble barrée et nous prenons une déviation par la R65, ce qui nous vaut un détour conséquent.

18 h 00, nous nous installons au camping de Bæverfjord, petit terrain paisible et pas cher. La responsable ne parle que norvégien, pas facile de se comprendre.

19 h 00, dîner. La soirée est agréable, ensoleillée. Nous faisons une courte promenade au bout du fjord près du camping. Mais le terrain est marécageux et nous faisons rapidement demi-tour.

La traversée du Halsafjord en ferry

Jour 7 - Lu 22/06/2009 - Bæverfjord - Trondheim - Vegset

A 05 h 00, le soleil brille, largement au-dessus des montagnes environnantes.

Route 65 vers Trondheim en suivant une longue vallée où règne une forte activité agricole.

11 h 00, arrivée à Trondheim, 3ème ville de Norvège que nous avions déjà visitée l’hiver dernier. Cette fois-ci, le beau temps règne et il fait même chaud. Autant, cette ville était déserte en décembre, autant elle est animée aujourd’hui. Il y a déjà bien du monde aux terrasses des cafés de la rue principale, Munkegata.

Stationnement en centre ville, sur Dronningensgata, juste à côté de la bibliothèque municipale. Pas fait exprès, mais cela tombe bien ! Nous commençons donc par essayer d’envoyer un mail, gratuit depuis cette bibliothèque.

Il faut d’abord trouver un ordinateur libre, puis se familiariser avec les menus et commandes de l’ordi en norvégien, et ensuite taper le message sur un clavier qwerty, sans accents, sans apostrophes, sans cédilles, mais avec des caractères norvégiens inhabituels, tels que ø, æ, å, Ø, Æ, Å. Mais, on a réussi et le message est bien parvenu à tous ses destinataires.

Nelly est en manque et veut absolument trouver une boulangerie pour y acheter du pain : gageure en Norvège, où nous n’avons pas encore vu ce genre de boutique. Près du marché, nous pénétrons sans conviction dans une galerie marchande. Et, bien en vue au milieu de cette galerie… une boulangerie-viennoiserie vend… des "baguettes françaises" (écrit tel quel sur les étiquettes), mais le prix, lui, reste norvégien ! Et même la vendeuse s’exprime en français.

Avec l’Espace, nous nous déplaçons dans le quartier de Bakklandet. Pique-nique ensoleillé sur un terre-plein sur la rivière Nidelva, face aux entrepôts multicolores. Au même endroit, le 31 Décembre, nous étions sous les bourrasques de neige fondue.

Passage sur le vieux pont Gamlebybru, puis montée à la forteresse de Kristiansten Festning, construction blanche et massive. Depuis les talus en herbe, quelques points de vue sur la ville et le fjord.

Retour à la voiture par les rues de Nedre Bakklandet, bordées de maisons anciennes et colorées.

15 h 00, repris la route par la E6 via Levanger et Steinkjer au fond du fjord de Trondheim.

Poursuite sous une averse orageuse en longeant le lac de Snåsa,

18 h 10, au bout du lac, nous trouvons le camping de Vegset. Personne à la réception, entrée libre, le gérant passera plus tard… Il y a même un tableau avec les clés des hytter à disposition avec une boite à lettres pour déposer l’argent le lendemain matin… Installez-vous ! C’est la Norvège…

Mais l’orage menace… D’où une grosse hésitation pour installer notre campement. Avant toute décision, petite balade dans le camping et sur les bords du lac. Dans le camp, il y a beaucoup de caravanes avec des avancées, des auvents en dur, terrasses en bois, etc… dénotant un aménagement en plusieurs phases. Sans doute une astuce pour contourner un règlement particulier ?

19 h 30, début de l’orage. Finalement, on se réfugie dans une hytte (280 NOK) pour 4 personnes. Un peu sombre, équipée d’un frigo, four électrique et 2 plaques chauffantes, chauffage électrique que l’on n’a pas utilisé, éclairage et prises de courant. Couvertures et oreillers. Mais pas d’eau, il faut utiliser les installations communes, (sans doute à cause du gel en hiver).

Pendant que l’orage se déchaîne, on est au sec et l’on dîne sur une vraie table. De plus, on a pu recharger tous les appareils électriques à bloc.

Finalement, ce choix s’avérera judicieux, car le lendemain matin, il pleut encore.

Trondheim - Les anciens hangars sur les rives de la Nidelva

Jour 8 - Ma 23/06/2009 - Vegset - Brønnøysund - Thorghatten



Il a plu toute la nuit. Réveil à 07 h 30. Il crachine et la visibilité est mauvaise. On regrette encore moins d’avoir choisi la hytte. P’tit dej à l’abri, puis rangement dans l’Espace de toutes les caisses qu’on avait du sortir. Finalement, la hytte c’est contraignant ; et en plus il faut nettoyer la hutte.

A 08 h 30, le gérant du camping vient réclamer son dû. Nous redéposerons la clé au tableau en partant !

Départ vers Grong, puis bifurqué par la R775, toute petite route étroite et sinueuse. Nous slalomons au ralenti entre les moutons éparpillés sur la chaussée et les accotements. Imprévisible et dangereux, surtout à la sortie des virages, ces animaux n’ont vraiment pas conscience du danger !

A Høylandet, nous rejoignons la R17, la route côtière touristique (Kystriksveien), que l’on va suivre jusqu’à Bodø pendant près de 600 km.

Paysages vallonnés, rivières, belles forêts de sapins, fonds de fjords sous la pluie intermittente rendant les vues bouchées.

12 h 30, arrivée sous la pluie à Holm pour prendre le 4ème bac du voyage. A cause de la pluie, pique-nique dans la voiture dans la file d’attente. Traversée du Bindalsfjord jusqu’à Vennesund en 20 minutes sur un gros ferry, 4 files de véhicules, grands salons, boutique bien achalandée, cafétéria où tous les Norvégiens mangent des hot-dogs faits de grosses saucisses genre Francfort. Le temps encore bouché nous empêche de gambader sur le pont extérieur

En débarquant du ferry, la visibilité semble vouloir s’améliorer doucement. Le paysage change aussi, devient plus maritime et pourrait rappeler certains coins de Bretagne nord.

14 h 30, arrêt à Vik pour visiter par hasard une église en bois (et miracle, elle est ouverte !). L’extérieur est couleur blanc et caramel. On a pu visiter l'intérieur peint en rose et mauve, décoration minimaliste, orgue contemporain, et une belle galerie de portraits des anciens pasteurs.

15 h 30, arrivée à Brønnøysund. Ville et port tout en longueur sans cachet exceptionnel. Quelques courses dans un supermarché, avec de super prix… surtout les fruits. On a eu bien raison de faire le maximum de ravitaillement au départ de France !

Sur le port, Nelly visite une petite galerie marchande, pendant que J-J regarde l'arrivée par le nord du MS Lofoten d’Hurtigruten.

17 h 00, arrivée au site de Torghatten et installation au camping du même nom au pied du rocher. Nous trouvons un emplacement exceptionnel en bord du sund avec une jolie vue sur les sommets du continent. Idéal… sauf que le gérant du camp vient allumer un feu de camp à notre vent, sans doute pour célébrer la Saint-Jean, mais est-ce la vraie raison ?

Sans tout comprendre, nous préférons déménager pour ne pas être enfumés, et trouvons un autre endroit près d’une mini-plage. Beaucoup de camping-cars en passagers.

18 h 00, marche vers le trou du rocher de Torghatten. Ce gigantesque trou est une curiosité géologique creusée par la mer dans des temps immémoriaux. Il traverse de part et d'autre un immense rocher en forme de chapeau de gendarme. Inhabituel, ici, on ne tombe pas dans le trou, on y monte ! 125 m à gravir dans la caillasse avant de pénétrer dans le fameux trou, qui fait 160 m de long, 20 de large et 30 de hauteur. Il faut redescendre un escalier en bois pour atteindre la base d'une vaste salle, et vers le sud il y a une jolie vue sur un semis d’îles basses à perte de vue et une ferme isolée en 1er plan.

21 h 00, balade à pied aux abords du camping au fond d’une anse. Nous repérons de nombreux bigorneaux, on s’équipera mieux la prochaine fois. Les nuages se déchirent et l’on comprend que le soleil n’est pas pressé de se coucher…

Jour 9 - Me 24/06/2009 - Thorghatten - Nesna

Grand soleil dès le matin.

Peu après Brønnøysund, ferry entre Horn et Anddalsvåg pour traverser le Vellfjord avec un peu d’attente. Continuation sur la R17.

11 h 30, arrivée à Fjorvik et attente du second ferry de la journée. Promenade à pied sur le port de plaisance et dans le hameau.

12 h 05, ferry pour Tjøtta. Très agréable traversée d’une heure dans un enchevêtrement d’îles et d’îlots, sous un ciel sans nuage, un chaud soleil et une forte luminosité. L'eau du fjord est d'un bleu intense, inimaginable pour la région. Passé tout le temps sur le pont pour admirer un paysage magnifique : une grande île de roche rouge, d’autres vert sombre, plantées de sapins, et la face orientale du massif des 7 Sœurs en arrière-plan. Discuté avec un couple de Liégeois, vus à Torghatten, qui circulent dans un gros camping-car gris et qui font leur deuxième voyage en Norvège.

Pique-nique peu après Tjøtta, juste au bord du Velsnfjord avec de jolies montagnes en arrière-plan. Un endroit très calme propice au repos.

Arrêt à la nécropole russe (2ème guerre mondiale), minimaliste.

Arrêt à l’église médiévale d'Alstahaug construite en pierre dans un très joli cadre verdoyant près de la mer. A l'intérieur, belle chaire et tableaux en bois sculpté et polychrome. Curieux clocher à bulbe. Comme souvent en Norvège, cimetière bucolique et bien entretenu autour de l’église, avec quelques "pierres" tombales en fonte. Très bel ensemble.

Longé le versant occidental du massif des 7 Sœurs avant d’arriver à Sandnessjøen, petite ville vite visitée : la rue principale et le port sont d’un intérêt réduit.

Passage sur le haut pont à haubans de Helgelandbru (devenu gratuit) franchissant l’étroit Leirfjord.

17 h 00, 3ème ferry du jour à Levang pour rejoindre Nesna. A l'embarcadère de Levang, cadre typique de Norvège avec des huttes de pêcheurs rouge sang construites sur pilotis. Traversée du Ranafjord en longeant des côtes verdoyantes parsemées de grosses exploitations agricoles en bordure du fjord. L'activité est intense, c'est la période des foins. Belles montagnes enneigées dans le lointain. Cadre splendide.

Installation au camping de Nesna, intégré dans un motel-centre de vacances (!?), à faible distance du village et du débarcadère du ferry, et en bordure de fjord. Accueil sympathique. Parties communes bien équipées, cuisine, salle de repos et de télé. Terrain très agréable.

Pêche aux bigorneaux devant le campement, belle récolte. Après le repas de bigorneaux et de crêpes, promenade à pied jusqu’à l’église du village et au port, toujours sous le soleil.

Transfert des photos et des films dans la salle télé du camping.

22 h 50, le soleil qui brille toujours passe derrière les montagnes et nous nous couchons au grand jour. En fait, nous sommes à 120 km du Cercle polaire et il n’y a maintenant plus de nuit.

En résumé, une journée exceptionnelle.

Le Velsnfjord

Jour 10 - Je 25/06/2009 - Nesna - Svartisen - Reipa



Grande luminosité durant toute la nuit. 06 h 45, réveil sous un grand soleil et déjà (!) la chaleur.

08 h 20, tenue vestimentaire d'été (T-shirt et bermuda), départ et trajet par une route longeant des fjords tranquilles donnant de beaux reflets dans l'eau calme ainsi que des cimes enneigées en arrière-plan, (Sjonafjord).

10 h 00, arrivée à Kilboghamn, soit un parcours de 90 km en 1 heure 50 ! Il ya déjà une longue file de voitures et un bus pour emprunter un ferry qui paraît bien petit. Suspense, jusqu'à ce qu'arrive notre tour. Montera, montera pas ? Finalement, on rentre, mais de justesse ! Le bac suivant était 2 heures plus tard.

Toujours du très beau temps, mais bizarrement, un petit vent frisquet oblige à trouver un abri sur le pont du ferry. Belle navigation de 70 minutes en slalomant entre de nombreuses îles. Passage du Cercle Polaire (annoncé par l'équipage), et devant la boule métallique marquant le lieu : 66°33' N immortalisée par tous les photographes du bord.

Débarquement à Jetvik, puis pique-nique express au fond du beau Tongsfjord, chassés par un vent glacial et surtout des mouches très agressives.

Toujours sous un franc soleil, courte traversée du Skardsfjord, entre Ågskardet et Forøy. Du ferry, on a quelques vues sur le sommet du glacier Svartisen.

Arrêt à Braset sur le Hollandsfjord, pour plusieurs points de vue sur l'Engabreen, bras du glacier Svartisen se jetant pratiquement dans le fjord. Pris une vedette pour traverser le fjord et rejoindre la base de l'Engabreen, mais il reste 3,6 Km à faire à pied avant d'y parvenir. Chemin très facile au début, malgré la forte chaleur (eh, oui !), devenant plus difficile au pied du glacier sur la roche polie et lissée au fil des siècles par l'avancée du glacier. Il y a même des chaînes pour s'agripper à la montée. Dur ! Finalement, on cale en cours de route, aussi à cause de la chaleur. (Ce sera en réalité, la journée la plus chaude de ce voyage).

On a toutefois de très belles vues du glacier et du fjord qui brillent de mille éclats sous le soleil. ("Le soleil fait pétiller la mer", dixit Nelly). C'est vraiment magnifique. Sans toucher la glace, nous en sommes assez près et malgré tout, cette balade devait être faite.

Retour à la voiture et poursuite en empruntant les tunnels de Glomfjord. Trois tunnels à la suite de 7 km,1 km et 2 km de long avant d'arriver à Ørnes.

Camping à Reipa, 5 km après Ørnes, dans un terrain quasiment vide, exposé au vent et à l'ombre des montagnes avoisinantes, donc très froid.

Promenade à pied sur une grève des environs.

23 h 30, le soleil brille nettement au-dessus de l'horizon entre les 2 montagnes au nord du camp.

Le terrain de camping de Reipa

Jour 11 - Ve 26/06/2009 - Reipa - Bodø - Å i Lofoten

Toujours du grand soleil au réveil

09 h 45, départ du camping. Nombreux arrêts le long des fjords, notamment à Storvik et sa longue plage de sable (mer bleue intense), et au lac de Valnes, avec quelques abris colorés et plusieurs barques échouées sur les berges.

12 h 00, arrêt au pont de Saltstraumen pour voir les courants entrant ou sortant du Skjerstadfjord, par un goulet de 150 m de large (± 400 millions de m3/h à 28 nœuds aux plus fortes marées). Descente à pied sous le pont sur la rive est. Nous arrivons à la fin du jusant, donc rien d'extraordinaire, mais en un quart d'heure le flot arrive et le phénomène s'accélère. L'eau défile alors très vite et bruyamment ; marmites et tourbillons sont en évolution permanente : impressionnant. Pique-nique sur place accompagnés de nombreux pêcheurs ou curieux venus, comme nous, regarder l'eau passer.

Nous montons à pied sur le pont pour avoir une vue d'ensemble du phénomène et ne sommes pas déçus, c'est encore plus spectaculaire, surtout de voir à quelle vitesse l'eau rentre dans ce fjord. De plus, très beau panorama sur l'amont du fjord et les montagnes enneigées vers le sud.

Fin de la route 17 à Løding, un très bel itinéraire de près de 600 km réalisé en 3 jours ½ et qui méritait d'être fait, bien mis en valeur par une météo exceptionnelle.

15 h 45, arrivée à Bodø à l'embarcadère du ferry pour Moskenes (Lofoten). Sur le vaste terre-plein, déjà beaucoup de monde à attendre sur 6 files. Il semble que suite à une avarie, le ferry de 15 h 00 ait deux heures de retard, et que la file d'attente soit en conséquence ! Nous n'avons pas réservé notre passage. Donc, suspense et patience !

Le MS Trollfjord d'Hurtigruten est à quai. Nous étions à cette même escale le 1er Janvier dernier, mais sous une météo et une luminosité bien différente.

16 h 30 Petit tour rapide en ville. Peu d'intérêt, ce que nous savions déjà.

17 h 00, retour à l'embarcadère. Un ferry vient d'arriver (celui de 15 h 00 ?), beaucoup d'incertitude pour embarquer normalement dessus. Cela ne semble pas organisé ou bien c'est la panique parmi le personnel chargé de l'embarquement.

Ce sont les vacances, c'est aussi le week-end et il y a affluence. L'énervement grandit parmi les passagers, d'autant qu'après ce ferry, le suivant est à 00 h 45 !!!. C'est la grande valse-hésitation sur le terre-plein, et à cause de la panique générale du personnel, la montée des véhicules se fait au compte-gouttes, allongeant encore la durée du désordre.

18 h 00, ça y est ! Nous sommes parmi les tous derniers à embarquer sur le catmaran MS Bodø. C'est vraiment passé de justesse. Les 5 files de véhicules sont remplies. A l'intérieur, dans le grand salon une longue queue se forme instantanément à la cafétéria bien avant le départ. Ensuite, la plupart des passagers s'installent et mangent. Nous pique-niquerons également à bord et Nelly s'offrira une glace.

18 h 15, appareillage. A peine virées les îles à la sortie du port que l'on aperçoit déjà les Lofoten à l'horizon… soit une visibilité proche de 90 km !

Ciel toujours clair, temps calme, mer plate. Traversée agréable à une vitesse de 16 nœuds (soit 29 km/h), donc, pas très chaud sur le pont extérieur en fin de journée. Vers l'arrière, vues sur les montagnes enneigées du continent norvégien, et se rapprochant, "le Mur des Lofoten", fait de montagnes escarpées, paraît infranchissable.

21 h 30, arrivée à Moskenes, petit port tranquille au sud de l'archipel. En contre-jour, les montagnes ont des reflets très sombres dans les eaux du port. L'éclairage est très contrasté, aussi de beaux reflets des bateaux et des rorbuer.

21 h 50, arrivée à Å i Lofoten et installation au camping de Moskenesstraumen à l'extrémité du village. Le Guide du Routard avait raison, pas terrible ! Accueil minimaliste. Cher pour le peu de prestations offertes, nous sommes installés sur un terre-plein exigu et tristounet, coincés entre 2 camping-cars.

Balade à pied jusqu'à l'extrémité du camping (inaccessible aux véhicules), où le site est plus grandiose et sauvage. Nous partons explorer le village et marcher autour du port au milieu des rorbuer rouge sang, bâtis sur pilotis. Ces rorbuer semblent fréquentés par des amateurs de pêche sportive qui ramènent de belles prises : flétans énormes et autres qu'ils découpent ensuite sur place. Storvik - Å i Lofoten

Jour 12 - Sa 27/06/2009 - Å - Svolær - Handelsand

Petit déjeuner dans la salle commune du camping face à la mer.

08 h 45, départ du camping et déjà arrêtés quelques centaines de mètres plus loin pour photos et films du port de Å, avec ses rorbuer multicolores, des petits chalutiers et les montagnes acérées et à pic en arrière-plan, le tout accompagné par les cris stridents des mouettes. Ce village est la carte postale des Lofoten.

Puis, au port de Reine, les rorbuer rouge sang se détachent des eaux bleues du port et contrastent, là encore, avec les montagnes tombant à-pic brutalement dans la mer. Typique ! Ensuite, arrêt à Hamnøy.

10 h 15, Flakstad, immense plage de sable blanc baignée par une mer turquoise avec montagnes en arrière plan. Paysage surréaliste, inimaginable à cette latitude, et pourtant bien réel. Il ne manque que les cocotiers pour que ce site soit paradisiaque. Résultat, personne, absolument personne sur cette longue plage, si ce n'est 1 ou 2 couples d'huitriers-pie qui courent avec nous sur le sable en lançant des cris stridents.

10 h 30, à l'écart de la route, le port sauvegardé de Nusfjord, là encore, cliché des Lofoten. Péage de 5.50 € par personne (un peu exagéré), pour l'entretien et la conservation du site. Rorbuer jaune et rouge sur pilotis autour d'un petit port en fer à cheval. Dans quelques bâtiments d'époque, espace muséographique concernant la pêche, le travail de la morue et tous les métiers s'y rapportant. Boutique de souvenirs dans une échoppe restée dans son état d'origine. Site très visité.

Arrêt au panorama de Felsa, sur un tertre à l'écart de la route. Vaste point de vue sur une large vallée verdoyante.

12 h 00, détour par la plage d'Haukland, sur la côte nord de l'archipel. Malheureusement, d'épais nuages et du vent fort arrivent sur place en même temps que nous, difficile de rester. Franchement dommage, car c'est une belle plage de sable blanc.

A proximité, et après être passés sous un tunnel, pique-nique sur la plage d'Utakleiv. Ecourté à cause du temps très maussade et du vent froid. Encore dommage, car nous avions une très belle et longue plage face à nous.

13 h 00, passage à Stamsund, courte escale Hurtigruten de l'hiver dernier que nous avons bien du mal à reconnaitre. Retour du beau temps et poursuite par la R815 sur la côte sud de l'archipel par Valberg, dans de beaux paysages de montagnes tombant brutalement dans des plaines marécageuses.

Visite du port de Henningsvær, situé sur une île et accessible par un pont à voie unique réglé par des feux tricolores. Sur fond de montagne abrupte, un port tout en longueur entouré de constructions blanches sur pilotis.

16 h 00, arrêt à Kabelvåg, où se déroule un rassemblement de vieux gréements locaux, ainsi qu'une fête populaire sur la place du village. Une animation que nous n'avons jamais retrouvée ailleurs en Norvège. Les gens sur des tables et des bancs au milieu de la place mangent du poisson ou des crevettes. Un groupe joue de la musique sous un kiosque. Nous achetons 1 litre de crevettes pour le dîner.

A la sortie du village, une très belle église en bois peint en marron est en cours de restauration.

18 h 30, Svolvær. Nous assistons à l'arrivée du MS Polarlys d'Hurtigruten qui débarque son lot de touristes pour des excursions dans l'archipel. Difficile de reconnaitre de jour l'escale faite de nuit et sous la neige l'hiver dernier.

La géographie se prête à l'observation du soleil de minuit et nous voudrions faire du camping sauvage sur la côte nord pour cela. Il fait beau, bien que le ciel ait l'air de se couvrir légèrement et qu'un vent frisquet commence à souffler. Ce soir, nous pique-niquons avant de trouver l'endroit idéal : repas de crevettes.

Plus nous roulons vers la côte nord, plus le temps se couvre. Arrivés à Laukvik, il bruine ! De plus, de la route, nous ne trouvons pas d'accès commode vers la plage ; de toute façon, le soleil à minuit paraît bien compromis.

21 h 00, dépités, nous poursuivons notre itinéraire vers Fiskebol par une petite route qui se transforme vite en piste en traversant des paysages désertiques pendant plusieurs kilomètres. Dans la grisaille, rien pour accrocher le regard, pas une maison, pas une voiture, rien ! Difficile de trouver un endroit sympathique et sûr dans un tel désert pour camper.

21 h 30, en roulant, sur la gauche et bien à l'écart de la route, une petite église isolée et à côté les toits de 2 camping-cars. A gauche toute ! Au bout du chemin, au pied de l'église, une petite place en herbe où stationnent pour la nuit 2 camping-cars immatriculés dans l'Orne.

Installation rapide du campement sous le crachin et café bien chaud.

22 h 30, le temps se dégage timidement. Marche à pied vers le rivage, l'horizon vers le nord rosit à peine. Le soleil reste bien caché derrière les nuages. Raté !

Retour à la voiture pour notre première nuit dans la nature. Aussi, nous pensons que près de l'église, il ne devrait rien nous arriver...

A suivre…

2ème Partie -- 3ème Partie -- 4ème Partie
Formalités d'entrée sur le territoire algérien pour un résident marocain? English translation pending
by Layla92 · 2010-08-13 · 35 replies
Bonsoir,

J'ai vraiment besoin de votre précieuse aide en matière d'expérience ou de renseignements : Mon petit ami est d'origine marocaine et réside actuellement au Maroc. Il souhaite demander ma main auprès de mes parents qui vivent en Algérie. Quelqu'un peut me dire quelles sont les formalités préalable et les délais pour que lui et ses parents puissent venir en Algérie. Sachant que nous devons être prêt pour fin novembre... 😉 Date à laquelle je serais également en Algérie... Je suis un peu désespérée quand je lis tous les articles sur les loudeurs administratives... Merci d'avance si vous avez vécu cette situation ou si vous avez quelques sources sûres...
Retour de la croisière "De l'Adriatique à la Grèce" sur le Costa Victoria du 31 juillet au 7 août 2010 English translation pending
by Vsylvie · 2010-08-10 · 57 replies
bonjours ! comme promis je viens faire mon compte rendu de notre croisiere sur le costa victoria les escales : venise, anconne, navigation, santorin mykonos, athene, corfou, dubrovnik, venise départ: nous finissons de travailler vendredi soir, et le temps de tout fermer, nous partons vers 00h30 de la maison (entre lyon et valence) nous roulons toute la nuit avec le camping car et c'est vers 10h00 le samedin matin que nous arrivons à venise au passage, nous voyons le favolosa au milieu de ses grues ! (il reste du boulot!) nous allons directement sur le parking des croisieres, la nous sommes bien dirrigés et nous nous garons sur celui des cars petite exploration, et nous trouvons ou déposer les bagages l'hotesse nous signale l'embarquement à partir de 12h ! du coup nous rentrons manger et nous préparer vers 12h15 nous allons déposer nos bagages et nous recoltons un numero (le 6 ) pour l'ordre d'embarquation croyant que c'etait déja commencé, nous y allons, mais en fait les portes s'ouvrirontqu'à 13h30 !! petite annecdote, mon mari à une carte costa club, à l'arrivée on lui echange son numero 6 contre un 4 (embarquement prioritaire du membre....) quand nious signialons que nous sommes une famille, et que nous avons 2 cabines, on nous repond non ce n'est pas possible, les enfants embarqueront avec les numeros 6 !!! bon en fait nous nous sommes présentés avec le n°4 en disant que nous etions 4 et nous avons pu passer ensemble bref à peine embarqués, nous partons explorer le bateau (ma fille avait reconnue sa valise sur le quai donc on savait qu 'elles ne nous attentaient pasencabine) ah hyper important! contrairement aux autres bateaux que nous avions fait, la carte ne fait pas office de clef de chambre, il y en a 2 blanches, perforées qui ouvrent les cabines , donc si vous allez sur ce bateau ne faite pas comme nous: ne sortez pas de la chambre en laissant ces cartes à l'interieur !!! car votre carte costa ne rentre pas dans la serrure !!!!!! sinon il vous faudra faire comme nous: attendre de voir une femme de menage qui possede le pass qui ouvre votre cabine (et au moment de l'embarquation bon courage !!! ) bon aprés , avoir bien rigolé de notre betise (les enfants avaient fait laz meme !!) nous repartons en exploration les enfants etant au 12 eme à l'étage des suites, nous en profitons pour faire quelque petites visites éclairsdans les plus belles cabines direction le spa : ou avec étonnement nous aprenons qu 'il est gratuit ainsi que le sauna et le hammam ! nous essayons de suite la piscine :l'eau y est tres chaude et surtout tres salée (ce qui permet une flotaison exeptionelle !!) donc l'engagement est pris de venir nous detendre aprés chaque escale (malheureusement bcp on eut la meme idée !!!) bref aprés avoir profité du spa, direction la cabine pour deballer les valises et pour nous preparer pour le dinner (nous avions demandé le 2 eme service mais on a eu le 1 er; mais tout compte fait les escales etant courtes, nous avons decidé de rester au 1 er) puis direction le pont pour assister au depart : à ne pas rater le passage dans venise.....superbe ! les restaurants au nombre de 2 (donc pas d'etage, donc moins de bruit) nous sommes 8 sur une table de 10 nous 4 , une femme avec sa niece, et une autre avec son fils de 10 ans la niece de 15 ans deviendra rapidement inseparable avec ma fille...........nous sommes tous francais 1 er spectacle apres mangé tres bien dodo de bonne heure pour recuperer de notre trajet........... demain je vous donnerais mes impressions sur le bateau, les bonnes comme les mauvaises !! (et il y en a qui seront content, il parrait que je defend corps et ame les costa.......°

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