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West 2015, encore autrement English translation pending
J'ai le plaisir de commencer ce nouveau carnet même si je ne sais pas quand il sera terminé ...
Après 2007, les grands classiques. Après 2012, un mélange de lieux classiques et de lieux hors circuits.
Que faire en 2015 pour que la surprise et l'émerveillement soit au rendez-vous ?
Sans rentrer tout de suite dans les détails, nous ferons une boucle au départ de Phoenix dans l'Arizona du sud, le Nouveau Mexique, en effleurant le bas du Colorado, donc assez hors des circuits habituels. Et pour terminer deux jours à Los Angeles. C'est quand tout est fini qu'on réalise que l'année de préparation en valait vraiment la peine.
Nous allons prendre notre temps, 33 jours de voyage avec chaque jour une visite principale et plus si ... En chiffre cela donne : 6500 à 7000 km de voiture 500 à 600 km de piste 180 à 200 km à pieds
Mais c'est vrais que trois ans plus tard, nous avons tous les trois plus que 65 ans, on ne voyage plus pareil. Le principal avantage est de pouvoir partir hors vacances scolaires, dans notre cas du 12 mai au 12 juin, moins de monde, prix un peu plus bas, température moins élevée, ...
Mais il faut mieux gérer la fatigue. J'ai donc prévu une progression dans les balades, des nuits en motel au même endroit, une bonne alternance dans les thèmes des visites et une limite à environ 400 km de voiture par jour. Et comme les autres fois, un bon déjeuner, un bon souper et entre les deux très léger !
Nous allons voyager avec British Airways, 747 à l'aller, 380 au retour pour les vols principaux. Nous ferons :Genève - Londres, Londres - Phoenix.Phoenix - Los AngelesLos Angeles - Londres, Londres - GenèveProblème d'informatique au départ de LA, plus d'une heure pour s'enregistrer, sans compensation aucune bien sûr !
Voiture chez Alamo :à Phoenix, il y a un nouveau centre pour pratiquement tous les loueurs, résultat, on vous amène une voiture, impossible de choisir, pour nous se sera une Dodge Journey, bonne garde au sol, confortable, mais coté pneus pas terrible et pas de 4x4. On est passé presque partout malgré tout.à LA, c'est classique mais pas gros choix sur le parking mais pour deux jours de ville pas de problème. On va prendre une Jeep Compas, grossière erreur, pas confortable surtout à l'arrière, pas de place dans le coffre, équipement minimum, ... Peut aller pour deux personnes.Voilà la mise en route, le parcours réalisé suit.
Après 2007, les grands classiques. Après 2012, un mélange de lieux classiques et de lieux hors circuits.
Que faire en 2015 pour que la surprise et l'émerveillement soit au rendez-vous ?
Sans rentrer tout de suite dans les détails, nous ferons une boucle au départ de Phoenix dans l'Arizona du sud, le Nouveau Mexique, en effleurant le bas du Colorado, donc assez hors des circuits habituels. Et pour terminer deux jours à Los Angeles. C'est quand tout est fini qu'on réalise que l'année de préparation en valait vraiment la peine.
Nous allons prendre notre temps, 33 jours de voyage avec chaque jour une visite principale et plus si ... En chiffre cela donne : 6500 à 7000 km de voiture 500 à 600 km de piste 180 à 200 km à pieds
Mais c'est vrais que trois ans plus tard, nous avons tous les trois plus que 65 ans, on ne voyage plus pareil. Le principal avantage est de pouvoir partir hors vacances scolaires, dans notre cas du 12 mai au 12 juin, moins de monde, prix un peu plus bas, température moins élevée, ...
Mais il faut mieux gérer la fatigue. J'ai donc prévu une progression dans les balades, des nuits en motel au même endroit, une bonne alternance dans les thèmes des visites et une limite à environ 400 km de voiture par jour. Et comme les autres fois, un bon déjeuner, un bon souper et entre les deux très léger !
Nous allons voyager avec British Airways, 747 à l'aller, 380 au retour pour les vols principaux. Nous ferons :Genève - Londres, Londres - Phoenix.Phoenix - Los AngelesLos Angeles - Londres, Londres - GenèveProblème d'informatique au départ de LA, plus d'une heure pour s'enregistrer, sans compensation aucune bien sûr !
Voiture chez Alamo :à Phoenix, il y a un nouveau centre pour pratiquement tous les loueurs, résultat, on vous amène une voiture, impossible de choisir, pour nous se sera une Dodge Journey, bonne garde au sol, confortable, mais coté pneus pas terrible et pas de 4x4. On est passé presque partout malgré tout.à LA, c'est classique mais pas gros choix sur le parking mais pour deux jours de ville pas de problème. On va prendre une Jeep Compas, grossière erreur, pas confortable surtout à l'arrière, pas de place dans le coffre, équipement minimum, ... Peut aller pour deux personnes.Voilà la mise en route, le parcours réalisé suit.
Retour sur un beau voyage (Californie - Panama – Floride - Louisiane) English translation pending
Salut à tous,
Cette fois, c’est notre tour … , notre tour d’essayer d’apporter un (petit) plus au forum, notre tour d’apporter un petit retour d’expérience sur notre récent voyage de ce début 2015 en Amérique Centrale et du Nord. Ce n’est que justice d’apporter notre pierre après avoir été glaner des infos précieuses sur le site à l’occasion de la préparation de nos voyages précédents. Si, à l’époque, la vie professionnelle active ne nous laissait guère l’occasion faire un retour sur l’expérience acquise lors de ces voyages, il en va un peu différemment maintenant …
1) Nous …
Tous deux jeunes retraités dans la soixantaine naissante après une vie professionnelle active, affamés de découvertes et de voyages. Les enfants ont quitté le nid depuis quelques années et volent de leurs propres ailes et les 3 petits-fils poussent en taille (mais pas encore assez en sagesse).

2) Notre projet …
Si nous voyageons fréquemment en Europe (en moto de préférence, en city trip, en croisière ou en séjours divers), nous sommes également passionnés par l’Amérique du Nord (Canada et USA) où nous avons déjà fait une série de voyages touristiques sur une période de 35 ans, … notre premier voyage vers les USA datant en effet de 1980 …
Aux USA, comme au Canada, on se sent bien …, on s’y est toujours bien senti et on y a toujours été bien accueilli …
Cette fois, nous avons voulu y retourner en janvier 2015 : - pour quitter la morosité hivernale de nos régions durant cette période - pour flâner un peu au soleil en terre déjà largement connue … et ce sera donc la Californie du sud … et Las Vegas - pour découvrir une partie des USA que nous ne connaissions pas encore (à savoir la Floride et la Louisiane).
Le cahier des charges est donc clair : Repos et récupération en Californie (+ Las Vegas) et découverte des attraits essentiels de la Floride et de la Louisiane.
Ces deux pôles étant fort distants, voire assez incompatibles, un trait d’union entre eux s’imposait …
C’est là qu’un coup de chance s’est produit, à savoir la découverte de l’existence de croisières entre Los Angeles et Miami via le passage du Canal de Panama à cette époque de l’année.
Cette opportunité nous convenait parfaitement puisqu’elle faisait un lien « direct » entre Los Angeles et Miami, tout en nous permettant de faire une croisière et de découvrir très (trop) rapidement et très (trop) superficiellement malheureusement, des images du Mexique, du Costa Rica, de Colombie et de traverser le Canal de Panama.
Tenant compte que nous ne voulions pas dépasser les deux mois d’absence, notre calendrier fût donc le suivant de mi janvier à mi mars 2015 :
- deux semaines relax et cool en terrains connus en Californie - deux semaines de croisière entre Los Angeles et Miami en musardant le long de la riviera mexicaine avant de passer le canal de Panama - trois grosses semaines de découverte de la Floride et de la Louisiane
3) L’organisation et la préparation du voyage
Avant d’en arriver au récit de notre escapade, je me propose d’insister un peu plus largement que d’habitude sur la préparation et l’organisation de ce voyage. Expliquer un peu notre fonctionnement dans la préparation et la logistique peut peut-être aider à faciliter la réflexion de futurs nouveaux voyageurs.
Quand on est « jeune voyageur » avant que l’expérience (et les ans) ne vienne, il est précieux d’avoir l’éclairage de la manière dont d’autres s’y prennent. C’est dans cet esprit que j’ai développé un peu plus (voire trop) NOTRE fonctionnement. Que les vétérans du forum nous pardonnent …
La réussite d’un grand voyage est, pour nous, d’abord liée à la qualité de sa préparation et de son organisation avant départ.
Pour nous, la préparation fait partie intégrante du plaisir du voyage. Les 6 mois qui précèdent un tel parcours se passent à le préparer, à le mâcher, à y penser, à en rêver, à le peaufiner, à maltraiter internet, les guides, notre forum bien aimé, bref … c’est presque la plus belle phase du projet … et on se demanderait bien parfois, juste avant de partir, s’il est bien nécessaire de décoller, tant on l’a déjà fait de fois dans sa tête, ce voyage … (et aussi parfois parce qu’on a un peu peur d’être, parfois, déçus …)
Avertissement : Attention, ce qui sera mentionné dans la suite constitue « My Practices » et non « The Best Practices ». Autrement dit, il s’agit de nos pratiques convenant à notre personnalité et à notre mode de fonctionnement, sans autre prétention.
Et puis, quand même … comme le signale le sage adage « Chacun fait son lit comme il veut se coucher … ».
Micy
Cette fois, c’est notre tour … , notre tour d’essayer d’apporter un (petit) plus au forum, notre tour d’apporter un petit retour d’expérience sur notre récent voyage de ce début 2015 en Amérique Centrale et du Nord. Ce n’est que justice d’apporter notre pierre après avoir été glaner des infos précieuses sur le site à l’occasion de la préparation de nos voyages précédents. Si, à l’époque, la vie professionnelle active ne nous laissait guère l’occasion faire un retour sur l’expérience acquise lors de ces voyages, il en va un peu différemment maintenant …
1) Nous …
Tous deux jeunes retraités dans la soixantaine naissante après une vie professionnelle active, affamés de découvertes et de voyages. Les enfants ont quitté le nid depuis quelques années et volent de leurs propres ailes et les 3 petits-fils poussent en taille (mais pas encore assez en sagesse).

2) Notre projet …
Si nous voyageons fréquemment en Europe (en moto de préférence, en city trip, en croisière ou en séjours divers), nous sommes également passionnés par l’Amérique du Nord (Canada et USA) où nous avons déjà fait une série de voyages touristiques sur une période de 35 ans, … notre premier voyage vers les USA datant en effet de 1980 …
Aux USA, comme au Canada, on se sent bien …, on s’y est toujours bien senti et on y a toujours été bien accueilli …
Cette fois, nous avons voulu y retourner en janvier 2015 : - pour quitter la morosité hivernale de nos régions durant cette période - pour flâner un peu au soleil en terre déjà largement connue … et ce sera donc la Californie du sud … et Las Vegas - pour découvrir une partie des USA que nous ne connaissions pas encore (à savoir la Floride et la Louisiane).
Le cahier des charges est donc clair : Repos et récupération en Californie (+ Las Vegas) et découverte des attraits essentiels de la Floride et de la Louisiane.
Ces deux pôles étant fort distants, voire assez incompatibles, un trait d’union entre eux s’imposait …
C’est là qu’un coup de chance s’est produit, à savoir la découverte de l’existence de croisières entre Los Angeles et Miami via le passage du Canal de Panama à cette époque de l’année.
Cette opportunité nous convenait parfaitement puisqu’elle faisait un lien « direct » entre Los Angeles et Miami, tout en nous permettant de faire une croisière et de découvrir très (trop) rapidement et très (trop) superficiellement malheureusement, des images du Mexique, du Costa Rica, de Colombie et de traverser le Canal de Panama.
Tenant compte que nous ne voulions pas dépasser les deux mois d’absence, notre calendrier fût donc le suivant de mi janvier à mi mars 2015 :
- deux semaines relax et cool en terrains connus en Californie - deux semaines de croisière entre Los Angeles et Miami en musardant le long de la riviera mexicaine avant de passer le canal de Panama - trois grosses semaines de découverte de la Floride et de la Louisiane
3) L’organisation et la préparation du voyage
Avant d’en arriver au récit de notre escapade, je me propose d’insister un peu plus largement que d’habitude sur la préparation et l’organisation de ce voyage. Expliquer un peu notre fonctionnement dans la préparation et la logistique peut peut-être aider à faciliter la réflexion de futurs nouveaux voyageurs.
Quand on est « jeune voyageur » avant que l’expérience (et les ans) ne vienne, il est précieux d’avoir l’éclairage de la manière dont d’autres s’y prennent. C’est dans cet esprit que j’ai développé un peu plus (voire trop) NOTRE fonctionnement. Que les vétérans du forum nous pardonnent …
La réussite d’un grand voyage est, pour nous, d’abord liée à la qualité de sa préparation et de son organisation avant départ.
Pour nous, la préparation fait partie intégrante du plaisir du voyage. Les 6 mois qui précèdent un tel parcours se passent à le préparer, à le mâcher, à y penser, à en rêver, à le peaufiner, à maltraiter internet, les guides, notre forum bien aimé, bref … c’est presque la plus belle phase du projet … et on se demanderait bien parfois, juste avant de partir, s’il est bien nécessaire de décoller, tant on l’a déjà fait de fois dans sa tête, ce voyage … (et aussi parfois parce qu’on a un peu peur d’être, parfois, déçus …)
Avertissement : Attention, ce qui sera mentionné dans la suite constitue « My Practices » et non « The Best Practices ». Autrement dit, il s’agit de nos pratiques convenant à notre personnalité et à notre mode de fonctionnement, sans autre prétention.
Et puis, quand même … comme le signale le sage adage « Chacun fait son lit comme il veut se coucher … ».
Micy
Suite prépa d'un juillet 2015 namibien - A la recherche d'aides, de conseils, d'idées, de rires... English translation pending
Bonjour,
En janvier dernier nous avons décidé de partir découvrir la Namibie sur une base de 22 nuits sur place plus 2 en avion, du 8 au 31 juillet 2015. Depuis, je me suis lancée dans la prépa de ce voyage...
Vous retrouverez tout le clavardage autour de nos questions de résas d'avion, d'hébergements, de choix de voiture, de petits détails de la vie quotidienne, de budget, d'itinéraire et d'organisation de nos 12 premiers jours par là... Un grand merci à toutes celles et tous ceux qui y ont largement contribué 😉
Comme j'ai conscience qu'il peut être complexe d'entrer dans une très longue discussion qu'on a pas suivi, vous en trouverez une synthèse par ici...
L'itinéraire choisi est le suivant - qqs détails à ajuster mais globalement le parcours est bon...

Si une de ces journées vous intéresse, c'est en première partie...

Au fil des échanges et de mes recherches, j'ai ouvert une page de sites Internet aidants, il y en a plus de 50...
Ce second post va correspondre à la prépa détaillée des 12 journées suivantes... Bien sûr, les tours et détours autour de ce voyage sont toujours encouragés et bienvenus... J'apprécie d'être déjà dans l'ambiance voyage par ce biais... J'aime aussi bcp les instants détente...
D'avance, merci à celles et ceux d'entre vous nous aidant dans cette suite de prépa de nos espérés beaux moments voyagesques 2015...
En janvier dernier nous avons décidé de partir découvrir la Namibie sur une base de 22 nuits sur place plus 2 en avion, du 8 au 31 juillet 2015. Depuis, je me suis lancée dans la prépa de ce voyage...
Vous retrouverez tout le clavardage autour de nos questions de résas d'avion, d'hébergements, de choix de voiture, de petits détails de la vie quotidienne, de budget, d'itinéraire et d'organisation de nos 12 premiers jours par là... Un grand merci à toutes celles et tous ceux qui y ont largement contribué 😉
Comme j'ai conscience qu'il peut être complexe d'entrer dans une très longue discussion qu'on a pas suivi, vous en trouverez une synthèse par ici...
L'itinéraire choisi est le suivant - qqs détails à ajuster mais globalement le parcours est bon...

Si une de ces journées vous intéresse, c'est en première partie...

Au fil des échanges et de mes recherches, j'ai ouvert une page de sites Internet aidants, il y en a plus de 50...
Ce second post va correspondre à la prépa détaillée des 12 journées suivantes... Bien sûr, les tours et détours autour de ce voyage sont toujours encouragés et bienvenus... J'apprécie d'être déjà dans l'ambiance voyage par ce biais... J'aime aussi bcp les instants détente...
D'avance, merci à celles et ceux d'entre vous nous aidant dans cette suite de prépa de nos espérés beaux moments voyagesques 2015...
Croisières MSC Europe du Nord au départ de Kiel du 7 au 14 juin 2014 English translation pending
Bonjour,
Cette compagnie a en ce moment 2 croisières différentes qui partent alternativement de cette ville sur l'Orchestra.
Avant un compte rendu escale par escale avec liens vers des photos en ligne de celle que nous avons faite du 07/06 au 14/06, voici pour commencer quelques informations qui peuvent être utiles pour celles et ceux qui arrivent sans transferts MSC, c'est à dire par leurs propres moyens : avion, voiture, train.
Le bateau accoste "normalement" au terminal qui se trouve en ville (voir photo), on peut y accéder facilement depuis la gare, à pied si on est courageux, en bus ou en taxi. MAIS l'Orchestra accoste également à un autre quai, de l'autre côté du port (sur la rive droite), à environ 6 à 8 km. Là, pas question d'y aller autrement qu'en taxi, lesquels sont très demandés bien sûr. Ils ne sont pas autorisés à aller jusqu'au bateau, il faut donc attendre un transfert par bus à l'entrée de la zone portuaire.
Nous sommes heureusement arrivés de bonne heure, 13h15 au bateau, et c'était déjà un peu le bazar entre les partants qui étaient encore sur le quai (???) et les arrivants qui ne savaient pas quoi faire, par exemple pas de panneau pour indiquer où mettre les bagages avant d'aller enregistrer, ni d'autres indications. Pas de comptoirs ou files séparées pour les pré enregistrement Internet, ni pour les membres MSC club mais ça allait assez vite (24 postes d'enregistrement).
Personne semble t-il n'avait été prévenu, d'où la colère des familles qui avaient réservées un parking en centre ville, ce qui fait qu'à 18h, heure théorique de départ, il y avait encore des bagages et des passagers sur le quai et ça courrait dans tous les sens. Nous sommes finalement partis à 18h30 et sommes arrivés le lendemain avec 1h d'avance à Copenhague. Bref, du MSC comme on ne l'aime pas !!!
Au retour par contre c'était mieux organisé. L'Orchestra était à quai en ville, rive gauche, (alors que la veille on nous avait dit l'inverse) : arrivée à 8h30, débarquement pour les "self assist" prévu à 10h, commencé en fait un peu avant 9h45, ce qui nous arrangeait bien. Les valises étaient déjà bien rangées par couleurs dans le hall du terminal pour les passagers suivants qui sont descendus progressivement comme d'habitude, en 12 groupes vers 11h pour les derniers je suppose. Quelques mots sur Kiel : petite ville que nous avons trouvée agréable, avec de sympathiques rues piétonnes très fréquentées, une galerie commerciale attenante à un grand magasin très animée elle aussi, de quoi occuper la matinée si on arrive la veille au soir comme nous. Il y a en face de la gare, au bord du quai, à côté du pont mobile un restaurant sympa de pâtes (Vapiano) qui sont bonnes, fréquenté essentiellement par des jeunes car c'est un peu du self service. On a le choix entre une multitude de formes de pâtes et de préparations. A côté, une brasserie qui faisait une soirée dansante en extérieur, et qui le matin sert de bons petits déjeuners. Le pont levant pliant voisin est original.
Si vous venez en voiture, tenez compte des bouchons (Stau) plus fréquents sur les autoroutes allemandes que françaises.
Un lien vers les photos :
https://plus.google.com/photos/101034115965662148720/albums/6025167761306370257?authkey=CP3R8ZDzvZOe3AE
RV dans la semaine pour la première escale : Copenhague.
Cette compagnie a en ce moment 2 croisières différentes qui partent alternativement de cette ville sur l'Orchestra.
Avant un compte rendu escale par escale avec liens vers des photos en ligne de celle que nous avons faite du 07/06 au 14/06, voici pour commencer quelques informations qui peuvent être utiles pour celles et ceux qui arrivent sans transferts MSC, c'est à dire par leurs propres moyens : avion, voiture, train.
Le bateau accoste "normalement" au terminal qui se trouve en ville (voir photo), on peut y accéder facilement depuis la gare, à pied si on est courageux, en bus ou en taxi. MAIS l'Orchestra accoste également à un autre quai, de l'autre côté du port (sur la rive droite), à environ 6 à 8 km. Là, pas question d'y aller autrement qu'en taxi, lesquels sont très demandés bien sûr. Ils ne sont pas autorisés à aller jusqu'au bateau, il faut donc attendre un transfert par bus à l'entrée de la zone portuaire.
Nous sommes heureusement arrivés de bonne heure, 13h15 au bateau, et c'était déjà un peu le bazar entre les partants qui étaient encore sur le quai (???) et les arrivants qui ne savaient pas quoi faire, par exemple pas de panneau pour indiquer où mettre les bagages avant d'aller enregistrer, ni d'autres indications. Pas de comptoirs ou files séparées pour les pré enregistrement Internet, ni pour les membres MSC club mais ça allait assez vite (24 postes d'enregistrement).
Personne semble t-il n'avait été prévenu, d'où la colère des familles qui avaient réservées un parking en centre ville, ce qui fait qu'à 18h, heure théorique de départ, il y avait encore des bagages et des passagers sur le quai et ça courrait dans tous les sens. Nous sommes finalement partis à 18h30 et sommes arrivés le lendemain avec 1h d'avance à Copenhague. Bref, du MSC comme on ne l'aime pas !!!
Au retour par contre c'était mieux organisé. L'Orchestra était à quai en ville, rive gauche, (alors que la veille on nous avait dit l'inverse) : arrivée à 8h30, débarquement pour les "self assist" prévu à 10h, commencé en fait un peu avant 9h45, ce qui nous arrangeait bien. Les valises étaient déjà bien rangées par couleurs dans le hall du terminal pour les passagers suivants qui sont descendus progressivement comme d'habitude, en 12 groupes vers 11h pour les derniers je suppose. Quelques mots sur Kiel : petite ville que nous avons trouvée agréable, avec de sympathiques rues piétonnes très fréquentées, une galerie commerciale attenante à un grand magasin très animée elle aussi, de quoi occuper la matinée si on arrive la veille au soir comme nous. Il y a en face de la gare, au bord du quai, à côté du pont mobile un restaurant sympa de pâtes (Vapiano) qui sont bonnes, fréquenté essentiellement par des jeunes car c'est un peu du self service. On a le choix entre une multitude de formes de pâtes et de préparations. A côté, une brasserie qui faisait une soirée dansante en extérieur, et qui le matin sert de bons petits déjeuners. Le pont levant pliant voisin est original.
Si vous venez en voiture, tenez compte des bouchons (Stau) plus fréquents sur les autoroutes allemandes que françaises.
Un lien vers les photos :
https://plus.google.com/photos/101034115965662148720/albums/6025167761306370257?authkey=CP3R8ZDzvZOe3AE
RV dans la semaine pour la première escale : Copenhague.
Afrique du Sud 2014, j'y retourne... si vous m'aidez un peu! English translation pending
Bonjour et je profite de l'occasion pour présenter à toute la communauté mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année, qu'elle soit douce (pour nous c'est trop tard!), belle et enchanteresse..... ok, on attendra encore un peu alors!!!
Pendant le cyclone qui vient de nous aplatir, vu que je n'avais pas grand chose à faire, j'ai commencé à cogiter mon futur voyage en Afrique du Sud et j'ai besoin de vos conseils avisés ou divisés pour m'aider un peu.
Les faits:
- du 27 juillet au 10 août 2014
- 10 personnes dont 5 enfants/ados
- projet initial: 3 jours au Lesotho et le reste en AFS avec un circuit que je connais à peu près
- projet 2: 3 jours au Kruger (y compris le Blyde et ses copines) et le reste AFS avec un circuit que je maîtrise à peu près
- location de voitures standard (pas de 4x4 ya pas assez soussous!!!)
Je commence tout doucement par la question qui va foutre mon projet initial en l'air et, avant de le développer: Le Lesotho est-il praticable en plein hiver sans 4x4?
Je commence tout doucement par la question qui va foutre mon projet initial en l'air et, avant de le développer: Le Lesotho est-il praticable en plein hiver sans 4x4?
Les cow-boys et les indiens: 3 semaines dans le Sud-Ouest English translation pending
Et voilà, une semaine que nous sommes revenus de notre voyage de 3 semaines au pays de l'Oncle Sam...
La nostalgie est déjà là, snif, j'aimerai déjà repartir là bas tant c'est beau et qu'on s'y sent bien.
Enfin, avant un prochain voyage qui sait, il est temps de faire le compte-rendu de celui-là, maintenant que les photos sont bien triées ! Je ne connais pas la nouvelle procédure pour attacher des photos, ça sera ma 1ere tentative, désolée s'il y a quelques couacs...
Petit rappel pour ceux qui n'auraient pas suivi mes précédents carnets : ce voyage est notre 4e aux US : le 1er il y a 5 ans au Sud-Ouest, boucle classique avec les principaux parcs et la Californie, le 2e il y a 3 ans de NY à Miami, et le 3e il y a 2 ans, à L'ouest avec Colorado, Yellowstone, Glacier et jusqu'à Seattle.
Cette année, retour au Sud-Ouest pour notamment visiter les parcs qu'on a zappés jusque là. Ce sera une boucle au départ de Las Vegas, le Nevada, l'Utah, l'Arizona et le Nouveau-Mexique sont au programme.
Bien sûr, comme d'hab merci à tous les habitués du forum, tous ceux qui m'ont aidés pour la construction de l'itinéraire, et aussi, et ils sont nombreux, ceux qui donnent envie avec leurs superbes carnets.
Voilà, il va être temps de s'y mettre ! Allez, 1er essai pour intégrer une photo histoire de mettre l'eau à la bouche
A tout de suite pour la suite
Enfin, avant un prochain voyage qui sait, il est temps de faire le compte-rendu de celui-là, maintenant que les photos sont bien triées ! Je ne connais pas la nouvelle procédure pour attacher des photos, ça sera ma 1ere tentative, désolée s'il y a quelques couacs...
Petit rappel pour ceux qui n'auraient pas suivi mes précédents carnets : ce voyage est notre 4e aux US : le 1er il y a 5 ans au Sud-Ouest, boucle classique avec les principaux parcs et la Californie, le 2e il y a 3 ans de NY à Miami, et le 3e il y a 2 ans, à L'ouest avec Colorado, Yellowstone, Glacier et jusqu'à Seattle.
Cette année, retour au Sud-Ouest pour notamment visiter les parcs qu'on a zappés jusque là. Ce sera une boucle au départ de Las Vegas, le Nevada, l'Utah, l'Arizona et le Nouveau-Mexique sont au programme.
Bien sûr, comme d'hab merci à tous les habitués du forum, tous ceux qui m'ont aidés pour la construction de l'itinéraire, et aussi, et ils sont nombreux, ceux qui donnent envie avec leurs superbes carnets.
Voilà, il va être temps de s'y mettre ! Allez, 1er essai pour intégrer une photo histoire de mettre l'eau à la bouche

A tout de suite pour la suite
Chroniques d'un été en Chine (2013) English translation pending
Avant-propos :
Pour ceux qui n’ont pas suivi sur voyageforum mon récit sur mon voyage au Gansu l’année dernière et ma préparation de voyage depuis 3 mois, je me présente rapidement ainsi que mon voyage : j’ai 61 ans, des difficultés dans les escaliers (arthrose aux genoux), je voyage en Chine pour la quatrième fois, seule cette année. Mais je ne parle toujours pas chinois sauf quelques mots. Grâce à un avancement j’ai mis un peu d’argent de côté pour financer ce voyage et j’ai obtenu un visa double entrée : deux fois trente jours, avec sortie à Hong Kong au bout des premiers 30 jours.
Je vais essayer de donner des renseignements pratiques tout au long de mon voyage (hôtels, transports, horaires, prix) mais il ne s’agira pas d’un voyage à prix minimum, je m’en excuse pour les VFistes routards. Quand je peux je prends en général des hôtels aux alentours de 300 yuans la chambre (entre 35 et 40 €), pas un lit en dortoir, sauf à HK malheureusement où les prix sont beaucoup plus élevés. Pour les transports aucun vol intérieur : train, bus et voiture louée ou taxi quand ça permet d’aller facilement dans des endroits peu accessibles autrement, là les dépassements de budget sont vites arrivés. J’aurais aimé ne pas dépasser 100 € par jour en moyenne, mais voyageant seule et avec les augmentations de prix en Chine ça va être difficile je crois.
J’ai déjà réservé sur internet (booking.com ou ctrip.com) une bonne partie de mes hébergements. J’ai préparé à l’avance les trajets en train à l’aide de cnvol.com mais ai découvert récemment que chinahighlights donne aussi la disponibilité de places(attention c’est vite complet sur certaines lignes en été) et j’ai réservé mes places à l’avance pour les trois premiers trajets à l’aide d’une agence australienne (adresse en MP ou adressez-vous à Jackfack qui me l’a communiquée, si j’ai des problèmes d’internet, ce qui est le cas en ce moment).
J’emmène pour la première fois un ordinateur dans ce voyage, car j’ai vraiment eu des difficultés à trouver des cafés internet l’année dernière en Chine et lors de notre voyage sur la route de la soie, une petite minorité de nos hôtels mettaient des ordinateurs à disposition de leurs clients. Quant aux imprimantes, il nous a fallu attendre le 40ème jour de notre voyage environ pour en trouver une en bon état de fonctionnement (pour imprimer les réservations d’hôtels). Mais je ne suis pas au top de la technique, notamment pour me connecter facilement à l’internet de chaque hôtel ou pour passer des photos de mon appareil photo au voyageforum.
Itinéraire prévu : Arrivée Pékin sur Air France mercredi après-midi 2 juillet 3 jours dans le Hebei : Chengde et la grande muraille à Jinshanling 3 jours à Pékin (ce sera ma 4ème viste), surtout pour compléter ma visite des musées 2 jours au Shanxi pour découvrir un site de montagne et de temples au sud de Pingyao : Mianshan 1 jour et demin à Luoyang (ville et grottes de Longmen) 3 jours à Zhangjiajie (Hunan) 3 jours et demi à Dehang et Fenghuang, autres sites du Hunan 6 jours environ dans le Guizhou entre Kaili et le village dong de Zhaoxing 5 jours au Guanxi pour revoir Ping’An et Xinping – fin du 1er visa de 30 jours 5 jours et demi à Hong Kong 1 jour et demi à Macao 1 jour à Kaiping et ses diaolous – début du 2ème visa de 30 jours 3 jours à Canton 3 jours en pays hakka autour de Yongding (Fujian) 2 jours dans l’île de Gulang Yu près de Xiamen (Fujian) 8 jours dans l’Anhui : montagnes jaunes, villages du Huizhou et Mont sacré du Jiuhua Shan 1-2 jours dans une ville d’eau, peut-être Wuzhen ou Tongli 3 jours à Shanghai, vol vers Madrid via Amsterdam (KLM) le 31 août.
Je voudrais d’abord remercier tous les VFistes qui m’ont aidée dans la préparation de mon voyage, les habituels du forum Chine et les autres, je ne vous oublie pas. Je vous citerai au fur et à mesure de mon voyage.
Quelques remarques aussi sur les bagages. J’admire les gens qui savent voyager léger, ce n’est pas vraiment dans mes cordes. J’ai réussi à limiter ma valise à 23 kilos et j’emporte un sac à dos (dimensions cabine avion) pour l’ordinateur, l’appareil photo et autres choses fragiles. J’ai aussi cette année un petit sac à dos quechua « air » 22 litres anti-transpiration pour mes randonnées en montagne et dans les villages et un sac à main en toile pour les villes pouvant contenir l’appareil photo, une bouteille et un guide. Pour les bouteilles j’ai 3 protecteurs avec ou sans courroie pour les garder au frais : l’eau ou le coca (achetés en ½ litres) restent frais 2 à 3 heures et il n’y a pas le problème de nettoyage des gourdes. Pour la lessive, cela fait longtemps que nous emportons un équipement constitu�� petit à petit, notamment au Vieux Campeur : un seau de plastique souple pliable, 2 tendeurs (pour servir de corde à linge), quelques pinces à linges et 3 ou 4 cintres gonflables. Quand nous rencontrons une possibilité de lavage au kilo nous en profitons bien sûr mais l’année dernière ça n’a été vrai qu’une fois, à Pingyao. En ce qui concerne le problème de nourriture, mon système digestif est nettement moins voyageur que moi et je ne supporte plus vraiment les nourritures trop grasses ou trop épicées. Donc cela fait plusieurs étés que je saute les repas de midi au restaurant : des fruits secs, un œuf emporté au petit déjeuner, etc… suffisent à tenir jusqu’au soir si on a pris un petit déjeuner décent. Or en Chine, ça dépend beaucoup des hôtels, mais rares sont ceux qui offrent un petit déjeuner à l’occidentale, ne serait-ce qu’un thé ou un café. Manger le matin des légumes frits ou des œufs trempés dans le piment, je n’y arrive pas. Mais les hôtels chinois ont toujours une bouilloire dans la chambre avec deux tasses et souvent un peu de thé vert. Avec des biscuits et des sachets de cappuccino ou de thé noir aromatisé (amenés de France ou trouvés sur place, mais pas si facilement) on peut se faire un bon petit déjeuner dans les hôtels où le petit déjeuner vous rebute. Oui je sais, certains VFistes vont fermer le fil dégoûtés d’un tel manque de curiosité culinaire et d’adaptation, mais pendant la journée mon but est d’effectuer mes visites dans de bonnes conditions et le soir, quand l’hôtel et des toilettes décentes sont à proximité je peux être plus ouverte au niveau gastronomique. Tout voyageur qui connaît assez bien la Chine sait qu’il faut limiter au strict minimum ses séjours dans les toilettes publiques, même si des progrès ont lieu petit à petit. Quelque chose qui pèse vite dans la valise, ce sont les produits pharmaceutiques et associés : crème solaire, anti-moustiques, anti-diarrhéiques, refroidissement, vos problèmes de santé chroniques, etc… Se faire comprendre dans une pharmacie chinoise n’est pas vraiment évident en général : l’année dernière pour une irritation dans la bouche, j’ai essayé de mimer un gargarisme dans plusieurs pharmacies, ma sœur a trouvé mon imitation très convaincante, mais on m’a proposé du dentifrice et rien d’autre. Nous sommes contentes depuis de nombreuses années d’un produit parapharmaceutique qu’on trouve dans les magasins de sport comme Décathlon ou le Vieux Campeur : ce sont les pastilles hydrostar au citron. Elles se glissent dans le sac à main et quand vous avez un coup de barre parce que la journée est torride, que vous avez trop transpiré ou que la pente est raide, vous en sucez une et ça vous redonne immédiatement un surplus d’énergie. J’en emporte en général une par jour environ. Ils ont aussi des pastilles à dissoudre dans l’eau, pas mal mais plus lourd, et le coca (que je ne bois pas dans l’année) fait ça aussi bien. Je crois que j’ai fait à peu près le tour, mais vous comprendrez que ma valise ne fait pas 10 kilos et qu’elle sera difficile à véhiculer dans les escaliers.
Je vais essayer de tenir ce carnet de voyage à jour mais ça risque d'être difficile si l'internet continue à ne bien fonctionner qu'à quatre heures du matin ...
Itinéraire prévu : Arrivée Pékin sur Air France mercredi après-midi 2 juillet 3 jours dans le Hebei : Chengde et la grande muraille à Jinshanling 3 jours à Pékin (ce sera ma 4ème viste), surtout pour compléter ma visite des musées 2 jours au Shanxi pour découvrir un site de montagne et de temples au sud de Pingyao : Mianshan 1 jour et demin à Luoyang (ville et grottes de Longmen) 3 jours à Zhangjiajie (Hunan) 3 jours et demi à Dehang et Fenghuang, autres sites du Hunan 6 jours environ dans le Guizhou entre Kaili et le village dong de Zhaoxing 5 jours au Guanxi pour revoir Ping’An et Xinping – fin du 1er visa de 30 jours 5 jours et demi à Hong Kong 1 jour et demi à Macao 1 jour à Kaiping et ses diaolous – début du 2ème visa de 30 jours 3 jours à Canton 3 jours en pays hakka autour de Yongding (Fujian) 2 jours dans l’île de Gulang Yu près de Xiamen (Fujian) 8 jours dans l’Anhui : montagnes jaunes, villages du Huizhou et Mont sacré du Jiuhua Shan 1-2 jours dans une ville d’eau, peut-être Wuzhen ou Tongli 3 jours à Shanghai, vol vers Madrid via Amsterdam (KLM) le 31 août.
Je voudrais d’abord remercier tous les VFistes qui m’ont aidée dans la préparation de mon voyage, les habituels du forum Chine et les autres, je ne vous oublie pas. Je vous citerai au fur et à mesure de mon voyage.
Quelques remarques aussi sur les bagages. J’admire les gens qui savent voyager léger, ce n’est pas vraiment dans mes cordes. J’ai réussi à limiter ma valise à 23 kilos et j’emporte un sac à dos (dimensions cabine avion) pour l’ordinateur, l’appareil photo et autres choses fragiles. J’ai aussi cette année un petit sac à dos quechua « air » 22 litres anti-transpiration pour mes randonnées en montagne et dans les villages et un sac à main en toile pour les villes pouvant contenir l’appareil photo, une bouteille et un guide. Pour les bouteilles j’ai 3 protecteurs avec ou sans courroie pour les garder au frais : l’eau ou le coca (achetés en ½ litres) restent frais 2 à 3 heures et il n’y a pas le problème de nettoyage des gourdes. Pour la lessive, cela fait longtemps que nous emportons un équipement constitu�� petit à petit, notamment au Vieux Campeur : un seau de plastique souple pliable, 2 tendeurs (pour servir de corde à linge), quelques pinces à linges et 3 ou 4 cintres gonflables. Quand nous rencontrons une possibilité de lavage au kilo nous en profitons bien sûr mais l’année dernière ça n’a été vrai qu’une fois, à Pingyao. En ce qui concerne le problème de nourriture, mon système digestif est nettement moins voyageur que moi et je ne supporte plus vraiment les nourritures trop grasses ou trop épicées. Donc cela fait plusieurs étés que je saute les repas de midi au restaurant : des fruits secs, un œuf emporté au petit déjeuner, etc… suffisent à tenir jusqu’au soir si on a pris un petit déjeuner décent. Or en Chine, ça dépend beaucoup des hôtels, mais rares sont ceux qui offrent un petit déjeuner à l’occidentale, ne serait-ce qu’un thé ou un café. Manger le matin des légumes frits ou des œufs trempés dans le piment, je n’y arrive pas. Mais les hôtels chinois ont toujours une bouilloire dans la chambre avec deux tasses et souvent un peu de thé vert. Avec des biscuits et des sachets de cappuccino ou de thé noir aromatisé (amenés de France ou trouvés sur place, mais pas si facilement) on peut se faire un bon petit déjeuner dans les hôtels où le petit déjeuner vous rebute. Oui je sais, certains VFistes vont fermer le fil dégoûtés d’un tel manque de curiosité culinaire et d’adaptation, mais pendant la journée mon but est d’effectuer mes visites dans de bonnes conditions et le soir, quand l’hôtel et des toilettes décentes sont à proximité je peux être plus ouverte au niveau gastronomique. Tout voyageur qui connaît assez bien la Chine sait qu’il faut limiter au strict minimum ses séjours dans les toilettes publiques, même si des progrès ont lieu petit à petit. Quelque chose qui pèse vite dans la valise, ce sont les produits pharmaceutiques et associés : crème solaire, anti-moustiques, anti-diarrhéiques, refroidissement, vos problèmes de santé chroniques, etc… Se faire comprendre dans une pharmacie chinoise n’est pas vraiment évident en général : l’année dernière pour une irritation dans la bouche, j’ai essayé de mimer un gargarisme dans plusieurs pharmacies, ma sœur a trouvé mon imitation très convaincante, mais on m’a proposé du dentifrice et rien d’autre. Nous sommes contentes depuis de nombreuses années d’un produit parapharmaceutique qu’on trouve dans les magasins de sport comme Décathlon ou le Vieux Campeur : ce sont les pastilles hydrostar au citron. Elles se glissent dans le sac à main et quand vous avez un coup de barre parce que la journée est torride, que vous avez trop transpiré ou que la pente est raide, vous en sucez une et ça vous redonne immédiatement un surplus d’énergie. J’en emporte en général une par jour environ. Ils ont aussi des pastilles à dissoudre dans l’eau, pas mal mais plus lourd, et le coca (que je ne bois pas dans l’année) fait ça aussi bien. Je crois que j’ai fait à peu près le tour, mais vous comprendrez que ma valise ne fait pas 10 kilos et qu’elle sera difficile à véhiculer dans les escaliers.
Je vais essayer de tenir ce carnet de voyage à jour mais ça risque d'être difficile si l'internet continue à ne bien fonctionner qu'à quatre heures du matin ...
Apologie du sud-ouest des États-Unis en hiver English translation pending
APOLOGIE DU SOUTHWEST EN HIVER
Tout d’abord, ceci n’est pas un carnet, car il n’y est absolument pas tenu compte des dates, des hébergements, des distances et autres détails qui d’une période à l’autre ne changent guère et sont largement répertoriés dans des carnets ou des sites comme celui D’Itat, que je remercie grandement au passage. Seule précision importante, c’est que nous y étions en février. Je remercie aussi chaleureusement Sedonax pour son site très riche Ouest USA, qui m'a permis de contacter les paria outfitters que sont Steeve et Susan, ainsi que de découvrir Altstrom point, à Page.
Parmi les nombreux carnets que j’ai eu l’occasion de découvrir, sur le sud-ouest des Etats-Unis visité en été, il ne s’est pas passé une fois sans que les voyageurs ne se plaignent de la chaleur, de cette chaleur pesante, étouffante, suffocante, qui vous donne l’impression de fondre sur place, de carrément vous liquéfier spontanément, malgré les litres d’eau que vous ingérez, celle que les autorités américaines surnomment « HEAT CAN KILL » !!!!!!
Certains guerriers grecs qui sévissent sur ce forum sont des ardents défenseurs de la chaleur surtout à MOAB!!!! Et comme je ne suis pas à moitié taquine, j'ai décidé de prendre le contre pied de cette position, et surtout de ne pas parler de Moab.
La chaleur, on dirait une bête sournoise, vicieuse, malveillante qui vous prend toute votre énergie, sans vous laisser aucun répit. (Certain dirait que ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort. C'est vrai!!!!!) Mais si ! Le répit arrive quand la chaleur s’éloigne, et qu’arrive AVEC LE PLUS GRAND BONHEUR la fin de la journée, vers 17h. Vous pouvez alors espérer quelques mansuétudes climatiques et profiter des derniers rayons du soleil pour, vite, faire quelques ballades avant 22h.
Voilà ce qui vous guette à las Vegas, à Monument valley, et à Death valley en été.
Alors qu’en hiver, en hiver, hummmmmmmmm !!!!!!!!!!!!!!!!!!! Je sais ! Vous pourriez objecter qu’il y a le printemps, ou l’automne ! Peut-être !
Mais l’hiver, ah l’hiver et son air revigorant, revivifiant ! Que du bonheur qui vous rend plus énergique, plus rapide dans vos gestes, plus empressés aussi.......d'aller prendre un bon chocolat chaud avec beaucoup de crème!!!!!!
La chose la plus importante que je tiens à signaler concernant l’hiver dans le southwest des Etats-Unis, c’est QU’IL NE FAIT PAS CHAUD !!!!!!!!!!!!
A las Vegas, dans la nuit de notre arrivée : 5°C ! 16°C l’après midi. Ce n’est pas beau ça !!!!!! Pas une goutte de sueur, pas d’impression de tête qui explose à cause de l’ensoleillement intense, pas de manque d’entrain du à cette insupportable chaleur et pas de besoin impératif d’aller farnienter aux abords d’une piscine. Vous profitez à fond de votre journée. Visites, shopping, restaurants, spectacles du cirque du soleil. Zen !!! Entre parenthèses "le rêve" c'est génial, spectaculaire, grandiose. A aller voir absolument!
En été les piscines sont bondées, et il est difficile d’y trouver de la place. Au contraire, en hiver, les piscines pour la plupart extérieures sont très peu fréquentées, voire vides, va savoir pourquoi, et il y a plein de places de disponibles. Pendant la journée, vous vous déplacez normalement sans avoir besoin de vous abriter du soleil. Au contraire, vous profitez à fond de chacun de ses rayons.
Le soir, chaudement couvert, vous assistez aux différentes animations que sont les fontaines du bellagio, les pirates du Treasure island, l'éruption du volcan du mirage, et là personne n’a envie de se faire mouiller. Bon à part ça, Las Vegas reste LAS VEGAS, avec son cortège de lumières, de shows, d’hôtels tous plus rutilants les uns que les autres, et ce gaspillage d’eau et d’énergie sans limite. Bref : Las Vegas !
Une fois quittée las Vegas, direction le grand canyon. Petit détour pour voir le HOOVER dam. Puis nuit à Tusayan. Il fait un je ne sais quoi qui vous pousse à avancer plus vite, à vous frotter énergiquement vos mains gantées, à émettre des brrrr. Oserais-je dire que c’est pour se réchauffer ! Peut-être !
5°C la journée, -7°C la nuit. …………… d’autant plus que le soleil se couche vers 18h, au lieu de 22h en été ! Indubitablement, il ne fait pas chaud ! Certains ont trouvé qu’il faisait froid. Mais quand on a visité le Sud Lipez bolivien en hiver, on ne craint plus rien !!!!!!!!!!!! Contrairement à la Bolivie en hiver, aux USA, les hôtels sont chauffés et même bigrement chauffés!!! Un vrai bonheur que de rencontrer ces havres de paix après vos visites.
On est même paré le lendemain pour un tour en hélicoptère au dessus du grand canyon. Sublimissime !!! De la neige, qui deci dela saupoudre les roches, telle du sucre vanillé !!! Miam! Miam ! Mais la grande majorité des canyons gardent leurs couleurs naturelles. 50 minutes de vol, pour 30 mn au dessus du grand canypn, dans un hélicoptère tout confort : l’Ecostar !



La piste d'atterrissage et de décollage elle même est tapissée de blanc.

Quelques ressentis de ce voyage dans le sud ouest des USA en hiver.
Dans les parcs, nous avons eu des températures négatives le matin et le soir, mais tout à fait acceptables dans la journée ( entre 40 et 50°F selon la voiture). Va falloir faire les conversions en degrés celcius tout seul comme des grands!!!!!
Au grand canyon, nous avons vraiment apprécié d'y avoir visité un maximum de points de vue, aussi bien entre hermit rest et grand canyon village que du côté est, sur la désert view drive.
A mohave point,
Mohave point, au coucher de soleil
Puis sur la desert view drive,


Vu l'immensité du site, ces points de vue permettent d'avoir des angles de vue vraiment différents, avec vues sur le Colorado ou pas d'avoir plus de chance de rencontrer des animaux.

Des élans, "elks" en anglais, entrain de brouter près de la route qui mène à maricopa point.
A ceux qui ont lu mes pérépéties dans les andes, cela ne vous rappelle pas une certaine vigogne?
"Mais qu'est-ce qu'elle a à me photographier comme cela, cette paparazzi?" semble-t-il me dire. "Eh, je ne suis pas une starlette de vegas!!!!"
En outre, le fait d'avoir fait le tour en hélicoptère de 50 mn, nous a permis d'avoir une vue du ciel complémentaire. Ceci dit, heureusement que nous avions choisi le tour de 50 mn, car le survol commence et finit par 10 mn au dessus de la forêt, aller et retour, ce qui est d'un intérêt discutable!!!! Voir le grand canyon des 2 côtés est et ouest puis du ciel, c'est comme visité les chutes d'Iguazú côté brésilien et côté argentin, puis du ciel en hélicoptère, et enfin d'en bas dans un jetboat. Ce sont des vues complémentaires. Il me reste à descendre le colorado en rafting pour compléter mon expérience du grand canyon. Peut-être dans une autre vie?
La désert view drive se poursuit pour rejoindre les villes de Page ou de Kayenta menant à Monument valley. C'est une route panoramique et de nombreux arrêts photographiques s'imposent. Ceci ne ressemble t-il pas au gâteau chocolat rencontré dans la quebrada del toro en Argentine?

Pour ce qui est de Monument Valley, dormir au View est un vrai plus, et je suis très contente d'avoir pris les chambres avec star view. Assister au lever et au coucher du soleil sur les 3 soeurs, ( the 3 sisters) de sa chambre, un pur bonheur!!! Surtout que les températures extérieures sont au dessous de 0°C!!!! Mais si en plus, vous avez le courage d'aller sur la terrasse du view ou sur le parking pour admirer l'ensemble du paysage alors le spectacle est encore plus fantastique.
Il y a plein de monolithes, de mesas ou buttes gigantesques dans ce parc, qui valent vraiment d'être valorisés ,

Et celle là près du parking du view, n'est-elle pas imposante? Ne semble-t-elle pas monter la garde devant les habitations des employés du view?
C'est vrai, c'est la photo des 3 buttes rendues célèbres par les westerns qui a fait le tour du monde.
Si vous voulez profitez de toutes la splendeur du lever du soleil, il faut faire le sacrifice de se lever tôt! Très tôt!!!! Pour un lever de soleil prévu à 7h10, de splendides couleurs bleutées, orangées, rosées, sont observables dans le ciel mettant en contraste les buttes restées dans le noir dès 6h15!

Puis le soleil se lève. Vu de la chambre,
Vue de la terrasse du view,
Ceci dit, en été, c'est encore plus tôt!! Et le soir, une fois le soleil couché à 18h10, et non à 22h comme en été , vous pouvez encore vous offrir le luxe de rester assister à la lente métamorphose du ciel qui se pare de jaune, rouge, violet, orange, bleu, rose, parfois successivement , parfois en même temps, donnant lieu à un spectacle s'étalant sur au moins 3/4H, avant de s'assombrir complètement. En été, cela vous obligerait à aller dormir vers 23h pour vous lever vers 4 ou 5h du mat, pour assister à l'ensemble des 2 spectacles dans leur intégralité !!! Bouhhhhhhhhh!!!
Pour ce qui est du dîner au view, étant donné que l'hôtel appartient à une famille Navajo, vous pouvez découvrir des mets traditionnels navajos. Nous avons eu le mérite d'avoir testé!!! L'histoire ne retiendra pas notre opinion à ce sujet.
En quittant, Monument Valley, faire le détour vers Mexican hat, pour découvrir le drôle de chapeau qui lui donne son nom.
Puis juste avant mexixan hat, vous pouvez aller voir le goosenecks state park qui vaut vraiment le coup." La San Juan river à creusé la montagne pendant des millénaires, lui donnant cette forme si particulière de cous d'oies qui se succèdent, et au milieu de ces cous d'oies, serpente inlassablement, la rivière dont le vert tranche nettement avec les différentes strates noires de la montagne." (il me semble que c'est Sedonax qui a dit cela sur son site ou quelqu'un d'autre que j'ai du lire ???????)

Merci à Sedonax pour les infos de son site ouest USA qui nous ont facilement permis de trouver tout cela.
Un premier cou d'oie,
Puis un autre cou d'oie!
Si en plus, vous avez le courage de poursuivre et de prendre la moki dugway, piste pleine de graviers s'enroulant autour de la montagne, grimpant inexorablement, tournant, s'incurvant, se rétrécissant, s'élargissant pour vous permettre finalement d'arriver tout en haut, afin de pouvoir vous rendre à muley point, et si vous avez la chance d'avoir un 4x4, alors vous pourrez arriver au bout de cette piste de 6 km en terre battue, souvent boueuse, à cause de la neige qui fond, et qui n'a rien à envier aux pistes des parcs du nord Chili ou du sud lipez. (Cette info m'a été fourni aussi sur le forum mais je ne sais plus par qui, en tout cas merci!)
la moki dugway, avec des traces de neige
Puis muley drive point, piste en terre battue avec des traces de neige tout autour, digne de celles rencontrées en argentine, ou au Chili ou encore en Bolivie en hiver austral 2012.

Et lá!!!!! Wouah! Vous avez une vue imprenable sur toutes la vallée, que vous venez de quitter. Vous voyez monument vallée au loin, la valley of the gods, le goosenecks state park, etc....
Je n'hésite pas à aller très près du bord pour les photos, pendant que mon mari plus sage, prend des photos de loin.
Il vaut mieux ne pas souffrir du vertige, c'est certain! Mais qu'elle aventure pour y arriver!

Voilà! Mon compte rendu tout à fait subjectif, s'arrête là pour le moment.
A+
Tout d’abord, ceci n’est pas un carnet, car il n’y est absolument pas tenu compte des dates, des hébergements, des distances et autres détails qui d’une période à l’autre ne changent guère et sont largement répertoriés dans des carnets ou des sites comme celui D’Itat, que je remercie grandement au passage. Seule précision importante, c’est que nous y étions en février. Je remercie aussi chaleureusement Sedonax pour son site très riche Ouest USA, qui m'a permis de contacter les paria outfitters que sont Steeve et Susan, ainsi que de découvrir Altstrom point, à Page.
Parmi les nombreux carnets que j’ai eu l’occasion de découvrir, sur le sud-ouest des Etats-Unis visité en été, il ne s’est pas passé une fois sans que les voyageurs ne se plaignent de la chaleur, de cette chaleur pesante, étouffante, suffocante, qui vous donne l’impression de fondre sur place, de carrément vous liquéfier spontanément, malgré les litres d’eau que vous ingérez, celle que les autorités américaines surnomment « HEAT CAN KILL » !!!!!!
Certains guerriers grecs qui sévissent sur ce forum sont des ardents défenseurs de la chaleur surtout à MOAB!!!! Et comme je ne suis pas à moitié taquine, j'ai décidé de prendre le contre pied de cette position, et surtout de ne pas parler de Moab.
La chaleur, on dirait une bête sournoise, vicieuse, malveillante qui vous prend toute votre énergie, sans vous laisser aucun répit. (Certain dirait que ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort. C'est vrai!!!!!) Mais si ! Le répit arrive quand la chaleur s’éloigne, et qu’arrive AVEC LE PLUS GRAND BONHEUR la fin de la journée, vers 17h. Vous pouvez alors espérer quelques mansuétudes climatiques et profiter des derniers rayons du soleil pour, vite, faire quelques ballades avant 22h.
Voilà ce qui vous guette à las Vegas, à Monument valley, et à Death valley en été.
Alors qu’en hiver, en hiver, hummmmmmmmm !!!!!!!!!!!!!!!!!!! Je sais ! Vous pourriez objecter qu’il y a le printemps, ou l’automne ! Peut-être !
Mais l’hiver, ah l’hiver et son air revigorant, revivifiant ! Que du bonheur qui vous rend plus énergique, plus rapide dans vos gestes, plus empressés aussi.......d'aller prendre un bon chocolat chaud avec beaucoup de crème!!!!!!
La chose la plus importante que je tiens à signaler concernant l’hiver dans le southwest des Etats-Unis, c’est QU’IL NE FAIT PAS CHAUD !!!!!!!!!!!!
A las Vegas, dans la nuit de notre arrivée : 5°C ! 16°C l’après midi. Ce n’est pas beau ça !!!!!! Pas une goutte de sueur, pas d’impression de tête qui explose à cause de l’ensoleillement intense, pas de manque d’entrain du à cette insupportable chaleur et pas de besoin impératif d’aller farnienter aux abords d’une piscine. Vous profitez à fond de votre journée. Visites, shopping, restaurants, spectacles du cirque du soleil. Zen !!! Entre parenthèses "le rêve" c'est génial, spectaculaire, grandiose. A aller voir absolument!
En été les piscines sont bondées, et il est difficile d’y trouver de la place. Au contraire, en hiver, les piscines pour la plupart extérieures sont très peu fréquentées, voire vides, va savoir pourquoi, et il y a plein de places de disponibles. Pendant la journée, vous vous déplacez normalement sans avoir besoin de vous abriter du soleil. Au contraire, vous profitez à fond de chacun de ses rayons.
Le soir, chaudement couvert, vous assistez aux différentes animations que sont les fontaines du bellagio, les pirates du Treasure island, l'éruption du volcan du mirage, et là personne n’a envie de se faire mouiller. Bon à part ça, Las Vegas reste LAS VEGAS, avec son cortège de lumières, de shows, d’hôtels tous plus rutilants les uns que les autres, et ce gaspillage d’eau et d’énergie sans limite. Bref : Las Vegas !
Une fois quittée las Vegas, direction le grand canyon. Petit détour pour voir le HOOVER dam. Puis nuit à Tusayan. Il fait un je ne sais quoi qui vous pousse à avancer plus vite, à vous frotter énergiquement vos mains gantées, à émettre des brrrr. Oserais-je dire que c’est pour se réchauffer ! Peut-être !
5°C la journée, -7°C la nuit. …………… d’autant plus que le soleil se couche vers 18h, au lieu de 22h en été ! Indubitablement, il ne fait pas chaud ! Certains ont trouvé qu’il faisait froid. Mais quand on a visité le Sud Lipez bolivien en hiver, on ne craint plus rien !!!!!!!!!!!! Contrairement à la Bolivie en hiver, aux USA, les hôtels sont chauffés et même bigrement chauffés!!! Un vrai bonheur que de rencontrer ces havres de paix après vos visites.
On est même paré le lendemain pour un tour en hélicoptère au dessus du grand canyon. Sublimissime !!! De la neige, qui deci dela saupoudre les roches, telle du sucre vanillé !!! Miam! Miam ! Mais la grande majorité des canyons gardent leurs couleurs naturelles. 50 minutes de vol, pour 30 mn au dessus du grand canypn, dans un hélicoptère tout confort : l’Ecostar !




La piste d'atterrissage et de décollage elle même est tapissée de blanc.

Quelques ressentis de ce voyage dans le sud ouest des USA en hiver.
Dans les parcs, nous avons eu des températures négatives le matin et le soir, mais tout à fait acceptables dans la journée ( entre 40 et 50°F selon la voiture). Va falloir faire les conversions en degrés celcius tout seul comme des grands!!!!!
Au grand canyon, nous avons vraiment apprécié d'y avoir visité un maximum de points de vue, aussi bien entre hermit rest et grand canyon village que du côté est, sur la désert view drive.
A mohave point,

Mohave point, au coucher de soleil

Puis sur la desert view drive,



Vu l'immensité du site, ces points de vue permettent d'avoir des angles de vue vraiment différents, avec vues sur le Colorado ou pas d'avoir plus de chance de rencontrer des animaux.
Des élans, "elks" en anglais, entrain de brouter près de la route qui mène à maricopa point.

A ceux qui ont lu mes pérépéties dans les andes, cela ne vous rappelle pas une certaine vigogne?

"Mais qu'est-ce qu'elle a à me photographier comme cela, cette paparazzi?" semble-t-il me dire. "Eh, je ne suis pas une starlette de vegas!!!!"

En outre, le fait d'avoir fait le tour en hélicoptère de 50 mn, nous a permis d'avoir une vue du ciel complémentaire. Ceci dit, heureusement que nous avions choisi le tour de 50 mn, car le survol commence et finit par 10 mn au dessus de la forêt, aller et retour, ce qui est d'un intérêt discutable!!!! Voir le grand canyon des 2 côtés est et ouest puis du ciel, c'est comme visité les chutes d'Iguazú côté brésilien et côté argentin, puis du ciel en hélicoptère, et enfin d'en bas dans un jetboat. Ce sont des vues complémentaires. Il me reste à descendre le colorado en rafting pour compléter mon expérience du grand canyon. Peut-être dans une autre vie?
La désert view drive se poursuit pour rejoindre les villes de Page ou de Kayenta menant à Monument valley. C'est une route panoramique et de nombreux arrêts photographiques s'imposent. Ceci ne ressemble t-il pas au gâteau chocolat rencontré dans la quebrada del toro en Argentine?


Pour ce qui est de Monument Valley, dormir au View est un vrai plus, et je suis très contente d'avoir pris les chambres avec star view. Assister au lever et au coucher du soleil sur les 3 soeurs, ( the 3 sisters) de sa chambre, un pur bonheur!!! Surtout que les températures extérieures sont au dessous de 0°C!!!! Mais si en plus, vous avez le courage d'aller sur la terrasse du view ou sur le parking pour admirer l'ensemble du paysage alors le spectacle est encore plus fantastique.
Il y a plein de monolithes, de mesas ou buttes gigantesques dans ce parc, qui valent vraiment d'être valorisés ,


Et celle là près du parking du view, n'est-elle pas imposante? Ne semble-t-elle pas monter la garde devant les habitations des employés du view?

C'est vrai, c'est la photo des 3 buttes rendues célèbres par les westerns qui a fait le tour du monde.

Si vous voulez profitez de toutes la splendeur du lever du soleil, il faut faire le sacrifice de se lever tôt! Très tôt!!!! Pour un lever de soleil prévu à 7h10, de splendides couleurs bleutées, orangées, rosées, sont observables dans le ciel mettant en contraste les buttes restées dans le noir dès 6h15!

Puis le soleil se lève. Vu de la chambre,

Vue de la terrasse du view,

Ceci dit, en été, c'est encore plus tôt!! Et le soir, une fois le soleil couché à 18h10, et non à 22h comme en été , vous pouvez encore vous offrir le luxe de rester assister à la lente métamorphose du ciel qui se pare de jaune, rouge, violet, orange, bleu, rose, parfois successivement , parfois en même temps, donnant lieu à un spectacle s'étalant sur au moins 3/4H, avant de s'assombrir complètement. En été, cela vous obligerait à aller dormir vers 23h pour vous lever vers 4 ou 5h du mat, pour assister à l'ensemble des 2 spectacles dans leur intégralité !!! Bouhhhhhhhhh!!!
Pour ce qui est du dîner au view, étant donné que l'hôtel appartient à une famille Navajo, vous pouvez découvrir des mets traditionnels navajos. Nous avons eu le mérite d'avoir testé!!! L'histoire ne retiendra pas notre opinion à ce sujet.
En quittant, Monument Valley, faire le détour vers Mexican hat, pour découvrir le drôle de chapeau qui lui donne son nom.

Puis juste avant mexixan hat, vous pouvez aller voir le goosenecks state park qui vaut vraiment le coup." La San Juan river à creusé la montagne pendant des millénaires, lui donnant cette forme si particulière de cous d'oies qui se succèdent, et au milieu de ces cous d'oies, serpente inlassablement, la rivière dont le vert tranche nettement avec les différentes strates noires de la montagne." (il me semble que c'est Sedonax qui a dit cela sur son site ou quelqu'un d'autre que j'ai du lire ???????)

Merci à Sedonax pour les infos de son site ouest USA qui nous ont facilement permis de trouver tout cela.
Un premier cou d'oie,

Puis un autre cou d'oie!

Si en plus, vous avez le courage de poursuivre et de prendre la moki dugway, piste pleine de graviers s'enroulant autour de la montagne, grimpant inexorablement, tournant, s'incurvant, se rétrécissant, s'élargissant pour vous permettre finalement d'arriver tout en haut, afin de pouvoir vous rendre à muley point, et si vous avez la chance d'avoir un 4x4, alors vous pourrez arriver au bout de cette piste de 6 km en terre battue, souvent boueuse, à cause de la neige qui fond, et qui n'a rien à envier aux pistes des parcs du nord Chili ou du sud lipez. (Cette info m'a été fourni aussi sur le forum mais je ne sais plus par qui, en tout cas merci!)
la moki dugway, avec des traces de neige

Puis muley drive point, piste en terre battue avec des traces de neige tout autour, digne de celles rencontrées en argentine, ou au Chili ou encore en Bolivie en hiver austral 2012.

Et lá!!!!! Wouah! Vous avez une vue imprenable sur toutes la vallée, que vous venez de quitter. Vous voyez monument vallée au loin, la valley of the gods, le goosenecks state park, etc....

Je n'hésite pas à aller très près du bord pour les photos, pendant que mon mari plus sage, prend des photos de loin.

Il vaut mieux ne pas souffrir du vertige, c'est certain! Mais qu'elle aventure pour y arriver!

Voilà! Mon compte rendu tout à fait subjectif, s'arrête là pour le moment.
A+
Voyage pour la Coupe du Monde à Rio de Janeiro: budget, vol et logement? English translation pending
Bonjour à tous,
Avec 3 amis, on à prévu de réaliser un rêve de gosse, qui serait de passer le mois de la coupe du monde à Rio de Janeiro.
Cependant au fur et à mesure des recherches il semblerait que cela risque de rester un rêve.
En effet si j'ai bien compris, la fifa a le monopole est hotel donc il est pas possible de louer sans passer par un organiser affilié a la fifa.
Nous avons donc chercher à louer un appartement pour 4 sur des sites comme aluguetemporada.com.br mais nous ne parlons pas portugais.
Voilà donc pourquoi je fais appel a vous:
Pour le vol + l'appartement + la nourriture pour 1 mois + activités. Quelle budget vous paraîtrait honnête ?
Moi personnellement par personne j'avais calculé 1000€ pour l'avion. 1000€ pour l'appartement et pour la nourriture aucune idée mais environs 300€ pour voir large. Sachant que par personne on à un budget de 3000€
Donc pourriez vous déjà me dire si notre projet est réalisable ? Et éventuellement nous aider a trouver un logement a Rio de Janeiro avec 2 chambres pour 4 personnes au total pour la période du 13 juin au 13 juillet.
J'espère que vous pourrez nous aider.
Merci d'avance
Avec 3 amis, on à prévu de réaliser un rêve de gosse, qui serait de passer le mois de la coupe du monde à Rio de Janeiro.
Cependant au fur et à mesure des recherches il semblerait que cela risque de rester un rêve.
En effet si j'ai bien compris, la fifa a le monopole est hotel donc il est pas possible de louer sans passer par un organiser affilié a la fifa.
Nous avons donc chercher à louer un appartement pour 4 sur des sites comme aluguetemporada.com.br mais nous ne parlons pas portugais.
Voilà donc pourquoi je fais appel a vous:
Pour le vol + l'appartement + la nourriture pour 1 mois + activités. Quelle budget vous paraîtrait honnête ?
Moi personnellement par personne j'avais calculé 1000€ pour l'avion. 1000€ pour l'appartement et pour la nourriture aucune idée mais environs 300€ pour voir large. Sachant que par personne on à un budget de 3000€
Donc pourriez vous déjà me dire si notre projet est réalisable ? Et éventuellement nous aider a trouver un logement a Rio de Janeiro avec 2 chambres pour 4 personnes au total pour la période du 13 juin au 13 juillet.
J'espère que vous pourrez nous aider.
Merci d'avance
Croisière sur le Costa Classica du 16 mars 2013, Canal de Suez English translation pending
Croisière sur Costa Classica du 16/03/2013
J'envisageais cette croisières pour faire le canal de Suez, mais la lecture les expériences du forum sur le Costa Classica sont en train de me refroidir!😠
Est ce que Costa = cata?????
Quelqu'un a-t-il une expérience avec la traversée du canal de Suez?
Merci d'avance
La Norvège: au pays des trolls , un voyage pas toujours drôle English translation pending
Au pays des trolls : la Norvège … un voyage pas toujours drôle ...
Cela faisait un an que nous n'avions pas voyagé en famille donc quand Thomas et Lucie ont proposé un petit voyage, difficile de dire non… Nous disposions de 10 jours , d'obligations financières. Nous leur avons laissé , comme cela s'est toujours fait , de la destinations mais avec quelques contraintes . Leur choix s'est porté sur la Norvège avec le côté historique et le côté Nature, du pas trop chaud pour Tom et pas trop froid pour Lucie, des envies de retrouver l'Islande ( mais on en est très loin) , l'ambiance des chalets Koa des US… Nous savions que cela serait cher mais plein de bonnes intentions pour y pallier, nous ne pouvions imaginer l'impact et l'ampleur que cela allait prendre sur notre voyage…
Ce carnet est un indicatif sur des lieux mais aussi un ressenti personnel. Comme pour le Mexique et la Chine, même si notre avis est très mitigé , je tenais à le publier. Ne prenez pas cela ni comme une plainte mais comme un constat personnel et encore moins comme une agression envers les fans de la Norvège . Pour cette fois , je me contenterai du rendu ' technique ' du voyage.
TRANSPORTS :
- TGV: 65 e AR par personnes et en sus 130 pour nous 4 pour les défaillances d'Air France ( comme d'hab !!!) - Avion : 153 e par personne avec Air France ( c'est la dernière fois !!!) Paris / Oslo direct ( enfin en principe ) - Location de voiture : par www . locationdevoiture.fr avec comme grossiste car del mar et l'agence : hertz : 620 e pour 1à jours modèle break volve V50. Equipée pour télépéage . Location d'un GPS (oublié) 100 e. - Routes et tunnels : impossible d'y échapper et très onéreux : 200 e en tout sur l'itinéraire !! - Ferry : là aussi , impossible de faire autrement … Compter environ pour les trajets de 20mn : 150 kr et jusque 250 pour des traversées de 40 mn - carburant : pour env 2000 km 1700 kr ; le diesel est à env 2e à 2,20
Coups de gueule Air France !!!!!!! 😠😠😠😠😠😠😠 Cinq voyages dans l'année , dont deux par Air France et deux gréves : Air France bien sûr ! Quelle délicatesse : un sms : votre vol de dimanche à 6H35 est annulé et remplacé par le vol de dimanche à 21H10 . Ben voyons … donc dimanche , on arrive à 23h à Paris , nous avons perdu nos billets de TGV , nous n'avons pas d'hôtel, pas de billets TGV pour le lendemain ( qui s'élèvent à 495 e) et nous ne serons pas au travail comme prévu… Hors de moi , je téléphone : la dame compatit !!!!!! Ben , il ne va pas falloir que compatir !!!! C'est non à prendre en charge nos frais de TGv et d'hôtellerie … J'ai mis plus d'une heure ( merci le forfait téléphone ) à réussir à négocier un oslo/ amsterdam/ lyon pour nous rapproche rde chez nous … Mais évidemment , nous en sommes de notre poche pour le billet Lyon / Valence ! Bref ; vous l'avez compris , Air France c'est pour moi une sinistre foutaise , la sncf de l'aérien , une succession d emauvais services et de gréve! Pas étonnant qu'ils soient au bord de la faillite … dorénavant nous nous en passerons !
VISITES
- Bergen Musée Hanséatique 70kr par personne et guide papier 35 ( quasi indispensable) - Jardin des pierres Rosendal : gratuit ( oui, oui, cela arrive) : superbe ! - Le centre du saumon sauvage Laerdal : forfait famille 155 kr : très instructif ; prévoir deux heures - Norsk muséum : tarif famille 260 kr : musée des glaciers . Génial !!! La vision de l'an 2100 fait froid dans le dos. 🙂🙂🙂 - Trondheim : package : cathédrale, musée lapidaire, joyaux de la couronne : famille 300 ( sinon 150 par pers) - Lillehammer : musée de plein air : famille 350 ; parking en sus et à la journée :( 7e … bof pour nous car nous ne sommes pas fan des musées de plein air . Pour les amateurs , surement très bien. - Musée du prix nobel Oslo : 7e par personne : On a adoré !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 🙂🙂🙂 - Musée Much Oslo : gratuit moins 18 ans sinon 15 e par pers
HEBERGEMENTS :
Précisions: pour le hutte ( cabane) amenez duvets mais souvent oreillers fournis.
- Voringfossen : Lisbeth pension . 80 E la nuit Hytte pour 4 personnes au creux d'une valet. Hytte fonctionnelle mais petite . Le strict minimum en affaires cuisine . Accueil peu chaleureux … dans la hutte , un wc avec eau froide. Douche commune mais 30 KR les 3 mn d'eau chaude !!!!!!!!
- Bergen : Lone camping : 135 e Hytte pour 5 pers, beaucoup plus spacieuse et fonctionnelle . Bien situé à 15km de Bergen . le camping est au bord d'un lac mais mal aménagé ce qui lui donne un aspect plutôt moche . Emplacement des hytter très inégaux ( demandez la 7 ou 8 ) . Sans sanitaire. Reservation conseillée. Sanitaire commun propre mais à nouveau eau chaude 30 KR pour 5 mn ( ouf !)
- Flam : Brekke gard hostel : 900 Kr L'emplacement set top car au milieu des champs , prés d'une cascade , au milieu des moutons … dans une vieille ferme restaurée. Cuisine équipée commune . Sanitaires communs . Le gros problème c'est l'insonorisation… zéro… priez pur ne pas avoir le voisin de chambre qui ronfle …
- Hafslo ( Sogndal) 1030 kr avec petit déjeuner : Lygmo Gjestahus 😕 Motel ou hutte . Nous avions une chambre familiale toute chambre ( pas de cuisine mais une douche chaude gratuite) . Se situe au bord de l'eau . demandez à la réception si besoin de chauffage et surveillez votre note … . Le côté très religieux ( non signalé) m'a mise mal à l'aise …
- Geiranger : Vinje camping : COUP DE COEUR !!! 1030kr 🙂🙂🙂 Hytte superbe pour 4 personnes, magnifiquement aménagée, tout confort, spacieuse, salle de bain privative et eau chaude … Camping très vert coincé entre une cascade et un torrent … On y serait bien resté plus longtemps :)
Frei ( 10 km de Kristiansund) : Vikaneset : 1500 kr 🙂 Notre petite folie du voyage . Ancienne cabane de pêcheurs avec terasse suspendue. Très beau chalet sur deux niveaux, très bien équipé, vues superbes, très calme… mais trop cher pour être notre coups de coeur
Trondheim : hôtel Brattora : 140 e la nuit Situé à Bakklandet avec vue superbe. Idéalement situé au coeur de Trondheim, un hôtel tout neuf et tout design . Grande chambre style très aseptisée , SDB . Mais petit déjeuner en sac plastique … une brique de jus de fruit, un sandwich style avion, un fruit… Très dommage pour un hôtel de ce style.
Oslo Gardemoen ( proche aéroport) : Best Western 120e la nuit Classique quoi… Donné à la réservation pour une chambre familiale mais d'appellation franchement exagérée car un canapé lit pourri en guise de lit qui une fois deplié ne permet plus de déposer deux valises dans la chambre . Nos ados ont preféré dormir au sol pour vous dire l'état de la literie. Attention navette possible pour l'aéroport mais à 75 e AR pour 4 …
ITINERAIRE :
- Valence / Paris/ Oslo - Oslo / Konberg / La route Numedal / Voringfossen - Voringfossen / Bergen - Bergen/ Stedenfossen / Mundheim / Arsnes /Fjord Hardanger / Rosendal / Sundal / Odda /Kinsarvick / Voss/ Flam - Flam / Borgund / Laerdal / Kanpanger / Sogndal - Sogndal / Balestrand / Skei / Fjaerland / Skei / Sandane / Stryn / Geiranger - Geiranger / route des aigles / routes des trolls / Molde / Kristiansund - Kristiansund / Trondheim - Trondheim / Lillehamer /Oslo - Oslo - Oslo / Amsterdam/ Lyon / Valence
GUIDES : - routard : archi nul !!!! 🤪 - guide bleu : je prefére les guides verts avec leurs itinéraires …
CHANGE : GAB bien sûr sans problème partout , tout comme usage de la CB. Taux : 1 euro = 7,4 Kr …. :(
NOUS AVONS AIMES : - Le Geirandger fjord : notre favori loin devant les autres …🙂🙂🙂 - Les routes touristiques comme la route des aigles ou la route des trolls - Le présentation des musées toujours claire, instructives, ludiques. On n'en ressort jamais barbés. - La multitudes de chutes d'eau partout et toujours ... - Les églises en bois debout - Le couchage dans les hytter - La cathédrale de Nidaros
NOUS N'AVONS PAS AIMES : - les tunnels , encore et toujours des tunnels…. On finirait par se prendre pour des taupes :(😕😕 - La froideur des norvégiens à l'image du temps : maussade !😠😠😠
NOUS AVONS DETESTE : - les PRIX !!!!!!!!
LE COUP DE GUEULE : La vie très chère certes mais être pris pour des pompes à fric , c'est vraiment désagréable !!!!!!!🏴☠️🏴☠️🏴☠️🏴☠️ Nous connaissions la réputation de la Norvège d'être chère mais devant le fait accompli et le porte-monnaie ouvert… que dis-je éventré… on hallucine ! Ce voyage ne nous a permis aucun écart. Pas de café, de restaurants , de glace ( bon j'avoue , là c'était facile vue les températures extérieures) et les courses quotidiennes pour nous sustenter , sont devenues notre cauchemar :( . Pique nique le midi , riz/ pâtes le soir quand nous avions de quoi chauffer , sinon re-pique nique….Ce n'était pas un séjour gastronomique que nous recherchions mais quand même …
A cela s'est ajouté une impression ( qui en fait est bien une réalité) que tout se monnaye : routes, ponts, tunnels, parking exorbitants, WC, entrée dans une église, et même les douches chaudes des campings !!!!!! et nous a donné très rapidement un sentiment d'exagération , d'exaspération… En tout cas même prévenus c'est dur à encaisser . Il va falloir essayer ne pas garder que cela de notre séjour!
LA METEO : Nous avons eu en moyenne 12 degrés en journée . Beaucoup d'averses , deux longues journées de pluie et une magnifique journée de soleil… Le temps se dégrade aussi vite qu'il ne s'éclaircit. En montagne , parfois de la neige … Bref un pays nordique, le tout étant d'y être préparé et de s'adapter . La seule chose qui nous a handicapée c'est que nous n'avons jamais osé se lancer dans de longues randonnées face à un temps aussi changeant.
LIEN PHOTO : https://www.facebook.com/...e=3&l=8cc174b1ad
Cela faisait un an que nous n'avions pas voyagé en famille donc quand Thomas et Lucie ont proposé un petit voyage, difficile de dire non… Nous disposions de 10 jours , d'obligations financières. Nous leur avons laissé , comme cela s'est toujours fait , de la destinations mais avec quelques contraintes . Leur choix s'est porté sur la Norvège avec le côté historique et le côté Nature, du pas trop chaud pour Tom et pas trop froid pour Lucie, des envies de retrouver l'Islande ( mais on en est très loin) , l'ambiance des chalets Koa des US… Nous savions que cela serait cher mais plein de bonnes intentions pour y pallier, nous ne pouvions imaginer l'impact et l'ampleur que cela allait prendre sur notre voyage…
Ce carnet est un indicatif sur des lieux mais aussi un ressenti personnel. Comme pour le Mexique et la Chine, même si notre avis est très mitigé , je tenais à le publier. Ne prenez pas cela ni comme une plainte mais comme un constat personnel et encore moins comme une agression envers les fans de la Norvège . Pour cette fois , je me contenterai du rendu ' technique ' du voyage.
TRANSPORTS :
- TGV: 65 e AR par personnes et en sus 130 pour nous 4 pour les défaillances d'Air France ( comme d'hab !!!) - Avion : 153 e par personne avec Air France ( c'est la dernière fois !!!) Paris / Oslo direct ( enfin en principe ) - Location de voiture : par www . locationdevoiture.fr avec comme grossiste car del mar et l'agence : hertz : 620 e pour 1à jours modèle break volve V50. Equipée pour télépéage . Location d'un GPS (oublié) 100 e. - Routes et tunnels : impossible d'y échapper et très onéreux : 200 e en tout sur l'itinéraire !! - Ferry : là aussi , impossible de faire autrement … Compter environ pour les trajets de 20mn : 150 kr et jusque 250 pour des traversées de 40 mn - carburant : pour env 2000 km 1700 kr ; le diesel est à env 2e à 2,20
Coups de gueule Air France !!!!!!! 😠😠😠😠😠😠😠 Cinq voyages dans l'année , dont deux par Air France et deux gréves : Air France bien sûr ! Quelle délicatesse : un sms : votre vol de dimanche à 6H35 est annulé et remplacé par le vol de dimanche à 21H10 . Ben voyons … donc dimanche , on arrive à 23h à Paris , nous avons perdu nos billets de TGV , nous n'avons pas d'hôtel, pas de billets TGV pour le lendemain ( qui s'élèvent à 495 e) et nous ne serons pas au travail comme prévu… Hors de moi , je téléphone : la dame compatit !!!!!! Ben , il ne va pas falloir que compatir !!!! C'est non à prendre en charge nos frais de TGv et d'hôtellerie … J'ai mis plus d'une heure ( merci le forfait téléphone ) à réussir à négocier un oslo/ amsterdam/ lyon pour nous rapproche rde chez nous … Mais évidemment , nous en sommes de notre poche pour le billet Lyon / Valence ! Bref ; vous l'avez compris , Air France c'est pour moi une sinistre foutaise , la sncf de l'aérien , une succession d emauvais services et de gréve! Pas étonnant qu'ils soient au bord de la faillite … dorénavant nous nous en passerons !
VISITES
- Bergen Musée Hanséatique 70kr par personne et guide papier 35 ( quasi indispensable) - Jardin des pierres Rosendal : gratuit ( oui, oui, cela arrive) : superbe ! - Le centre du saumon sauvage Laerdal : forfait famille 155 kr : très instructif ; prévoir deux heures - Norsk muséum : tarif famille 260 kr : musée des glaciers . Génial !!! La vision de l'an 2100 fait froid dans le dos. 🙂🙂🙂 - Trondheim : package : cathédrale, musée lapidaire, joyaux de la couronne : famille 300 ( sinon 150 par pers) - Lillehammer : musée de plein air : famille 350 ; parking en sus et à la journée :( 7e … bof pour nous car nous ne sommes pas fan des musées de plein air . Pour les amateurs , surement très bien. - Musée du prix nobel Oslo : 7e par personne : On a adoré !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! 🙂🙂🙂 - Musée Much Oslo : gratuit moins 18 ans sinon 15 e par pers
HEBERGEMENTS :
Précisions: pour le hutte ( cabane) amenez duvets mais souvent oreillers fournis.
- Voringfossen : Lisbeth pension . 80 E la nuit Hytte pour 4 personnes au creux d'une valet. Hytte fonctionnelle mais petite . Le strict minimum en affaires cuisine . Accueil peu chaleureux … dans la hutte , un wc avec eau froide. Douche commune mais 30 KR les 3 mn d'eau chaude !!!!!!!!
- Bergen : Lone camping : 135 e Hytte pour 5 pers, beaucoup plus spacieuse et fonctionnelle . Bien situé à 15km de Bergen . le camping est au bord d'un lac mais mal aménagé ce qui lui donne un aspect plutôt moche . Emplacement des hytter très inégaux ( demandez la 7 ou 8 ) . Sans sanitaire. Reservation conseillée. Sanitaire commun propre mais à nouveau eau chaude 30 KR pour 5 mn ( ouf !)
- Flam : Brekke gard hostel : 900 Kr L'emplacement set top car au milieu des champs , prés d'une cascade , au milieu des moutons … dans une vieille ferme restaurée. Cuisine équipée commune . Sanitaires communs . Le gros problème c'est l'insonorisation… zéro… priez pur ne pas avoir le voisin de chambre qui ronfle …
- Hafslo ( Sogndal) 1030 kr avec petit déjeuner : Lygmo Gjestahus 😕 Motel ou hutte . Nous avions une chambre familiale toute chambre ( pas de cuisine mais une douche chaude gratuite) . Se situe au bord de l'eau . demandez à la réception si besoin de chauffage et surveillez votre note … . Le côté très religieux ( non signalé) m'a mise mal à l'aise …
- Geiranger : Vinje camping : COUP DE COEUR !!! 1030kr 🙂🙂🙂 Hytte superbe pour 4 personnes, magnifiquement aménagée, tout confort, spacieuse, salle de bain privative et eau chaude … Camping très vert coincé entre une cascade et un torrent … On y serait bien resté plus longtemps :)
Frei ( 10 km de Kristiansund) : Vikaneset : 1500 kr 🙂 Notre petite folie du voyage . Ancienne cabane de pêcheurs avec terasse suspendue. Très beau chalet sur deux niveaux, très bien équipé, vues superbes, très calme… mais trop cher pour être notre coups de coeur
Trondheim : hôtel Brattora : 140 e la nuit Situé à Bakklandet avec vue superbe. Idéalement situé au coeur de Trondheim, un hôtel tout neuf et tout design . Grande chambre style très aseptisée , SDB . Mais petit déjeuner en sac plastique … une brique de jus de fruit, un sandwich style avion, un fruit… Très dommage pour un hôtel de ce style.
Oslo Gardemoen ( proche aéroport) : Best Western 120e la nuit Classique quoi… Donné à la réservation pour une chambre familiale mais d'appellation franchement exagérée car un canapé lit pourri en guise de lit qui une fois deplié ne permet plus de déposer deux valises dans la chambre . Nos ados ont preféré dormir au sol pour vous dire l'état de la literie. Attention navette possible pour l'aéroport mais à 75 e AR pour 4 …
ITINERAIRE :
- Valence / Paris/ Oslo - Oslo / Konberg / La route Numedal / Voringfossen - Voringfossen / Bergen - Bergen/ Stedenfossen / Mundheim / Arsnes /Fjord Hardanger / Rosendal / Sundal / Odda /Kinsarvick / Voss/ Flam - Flam / Borgund / Laerdal / Kanpanger / Sogndal - Sogndal / Balestrand / Skei / Fjaerland / Skei / Sandane / Stryn / Geiranger - Geiranger / route des aigles / routes des trolls / Molde / Kristiansund - Kristiansund / Trondheim - Trondheim / Lillehamer /Oslo - Oslo - Oslo / Amsterdam/ Lyon / Valence
GUIDES : - routard : archi nul !!!! 🤪 - guide bleu : je prefére les guides verts avec leurs itinéraires …
CHANGE : GAB bien sûr sans problème partout , tout comme usage de la CB. Taux : 1 euro = 7,4 Kr …. :(
NOUS AVONS AIMES : - Le Geirandger fjord : notre favori loin devant les autres …🙂🙂🙂 - Les routes touristiques comme la route des aigles ou la route des trolls - Le présentation des musées toujours claire, instructives, ludiques. On n'en ressort jamais barbés. - La multitudes de chutes d'eau partout et toujours ... - Les églises en bois debout - Le couchage dans les hytter - La cathédrale de Nidaros
NOUS N'AVONS PAS AIMES : - les tunnels , encore et toujours des tunnels…. On finirait par se prendre pour des taupes :(😕😕 - La froideur des norvégiens à l'image du temps : maussade !😠😠😠
NOUS AVONS DETESTE : - les PRIX !!!!!!!!
LE COUP DE GUEULE : La vie très chère certes mais être pris pour des pompes à fric , c'est vraiment désagréable !!!!!!!🏴☠️🏴☠️🏴☠️🏴☠️ Nous connaissions la réputation de la Norvège d'être chère mais devant le fait accompli et le porte-monnaie ouvert… que dis-je éventré… on hallucine ! Ce voyage ne nous a permis aucun écart. Pas de café, de restaurants , de glace ( bon j'avoue , là c'était facile vue les températures extérieures) et les courses quotidiennes pour nous sustenter , sont devenues notre cauchemar :( . Pique nique le midi , riz/ pâtes le soir quand nous avions de quoi chauffer , sinon re-pique nique….Ce n'était pas un séjour gastronomique que nous recherchions mais quand même …
A cela s'est ajouté une impression ( qui en fait est bien une réalité) que tout se monnaye : routes, ponts, tunnels, parking exorbitants, WC, entrée dans une église, et même les douches chaudes des campings !!!!!! et nous a donné très rapidement un sentiment d'exagération , d'exaspération… En tout cas même prévenus c'est dur à encaisser . Il va falloir essayer ne pas garder que cela de notre séjour!
LA METEO : Nous avons eu en moyenne 12 degrés en journée . Beaucoup d'averses , deux longues journées de pluie et une magnifique journée de soleil… Le temps se dégrade aussi vite qu'il ne s'éclaircit. En montagne , parfois de la neige … Bref un pays nordique, le tout étant d'y être préparé et de s'adapter . La seule chose qui nous a handicapée c'est que nous n'avons jamais osé se lancer dans de longues randonnées face à un temps aussi changeant.
LIEN PHOTO : https://www.facebook.com/...e=3&l=8cc174b1ad
Réunion VF à bord du Luminosa, départ transatlantique de Guadeloupe le 27 avril English translation pending
bonjour🙂
j'ouvre ce post pour ( voir le titre) afin pouvoir se grouper selon les excursions, afin de réduire tant soit peu les frais de transport
et afin de partager entre membres VF nos expérences sur les excursions en projets et déjà faites par certains d'entre vous
pour avoir des bons prix il faut être en général une vingtaine de personnes dans les bus touristiques (tels qu'a Funchal et Malaga) entre 8 et 12 personnes dans les vans selon leurs capacités (exemple bayaïbé) et en général 4 à 5 maxi dans les taxis standard
si vous arrivez séparément, les taxis comptent 2 fois la course pour 2 couples, (c'est du vécu)🤪 mais si vous arrivez en groupe ils font un prix global
certains parmi vous ont déjà fait certaines escales, Philippe86, liisou, gladfred et peuvent vous raconter leur "vécu" et leur impressions + et -, que ce soit avec Costa ou en solo
ce post est ouvert aussi aux autres participants de VF ayant déja fait ces escales
pour des conseils qui nous seront précieux " suite à leur vécu" par l'intermédiaire d'excursions Costa ou non
autre objet de ce post et objet principal établir un premier contact à bord du bateau suite à la réunion d'informations francophone ( pas d'info pour l'instant sur cette réunion et son lieu, mais nous en auront certainement par ceux qui reviennent de la croisière aux Caraïbes)
afin de mettre un visage sur les participants de ce forum, les lunettes noires sont autorisées😎 afin de réunir les enfants voulant participer au clubs Costa, pourquoi pas.. tranquilles les parents
dans un deuxième temps si certains le désirent, afin de boire un pot ensemble un soir ou un après midi pendant la traversée ou tout simplement se dire bonjour, et bon appétit
récapitulatif des escales
vendredi 27 avril > arrivée 1er jour > Guadeloupe > depart bateau 23H59 (tous à bord à 23H 30) pas grand chose à faire, car vue la durée du voyage, on sera un peu vanné...
quoique , nous aurons peut être l'exercice de sécurité et la réunion d'informations francophone ce soir là (à confirmer)
j'y serai avec la casquette en avant de la salle, pour un 1er contact VF, (en général c'est l'amphitéatre)
car nous seront de nombreux francophones... 🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂 vu que déjà 16 couples recensés de VF)
sans compter les enfants, et les + grands
samedi 28 avril > Martinique > arrivée 12H > Tous A Bord 21H30 > soit 9H30 à terre
dimanche 29 avril > Saint Martin > Ar 12H > TABord 17H30 > soit 5H30 à Terre
Lundi 30 avril> la Romana > Ar 13H > TAB > 24H > soit 11H à terre
mardi 1 mai > ile Catalina > Ar 9H > TAB 16H30 > soit 7H30 à terre
mercredi 2 mai > Tortola > Ar 9H > TAB 17H30 > soit 8H30 à terre
jeudi 3 mai > Antigua > Ar 8H > TAB 13H30 > soit 5H30 à terre
vendredi 4 mai > en mer > réunion VF où ?
samedi 5 mai > en mer
dimanche 6 mai > en mer
lundi 7 mai > en mer
mardi 8 mai > en mer
mercredi 9 mai > Santa Cruz > Ar 8h > TAB 16H30 > soit 8H30 à terre
jeudi 10 mai > Funchal > Ar 8H > TAB 16H30 > soit 8H30 à terre
vendredi 11 mai > en mer
samedi 12 mai > Malaga > Ar 8H > TAB 12H30 > soit 4H30 à terre
dimanche 13 mai > en mer
lundi 14 mai > Ar savone 9H > transfert bus vers nice .. > déjà le retour 🤪
en conclusions, ceux qui sont interressé pour prendre contacts avec les membres de VF de cette transat
peuvent se faire connaitre ici
ou m'envoyer un message en MP (cliquez sur rcoucou)
de même et c'est le but, annoncer leurs projets d'excursion et ainsi se regrouper avec d'autres
j'apporterai ici des précisons au fil du temps et ferai des synthéses par excursions,
en respectant l'anonyma si certains le désirent (en mp)
sur les projets d'excursions pour ceux qui souhaitent se regrouper
sur les lieux et les dates et heures des réunions VF à Bord
pour exemple, lors de notre dernière transat nous avions convenu entre membre de VF de se réunir 30mn avant de débarquer
dans un bar (vide) du bateau, pour bénéficier d'un prix de groupe pour les visites en autocars panoramiques
(reduc de -5 à 6 euros par pers)
à vous lire, en vouis souhaitant une très bonne croisière
cordialement rcoucou
ps: précision, je ne suis pas très physionomiste, et j'oubli facilement les noms et prénoms, donc soyez indulgents si je vous croise à postiori, sans vous reconnaitre dans les coursives
il y a un autre post sur cette transat
ci joint le lien avec d'autres infos (bonne lecture)
http://voyageforum.com/v.f?post=4476182#4476182
j'ouvre ce post pour ( voir le titre) afin pouvoir se grouper selon les excursions, afin de réduire tant soit peu les frais de transport
et afin de partager entre membres VF nos expérences sur les excursions en projets et déjà faites par certains d'entre vous
pour avoir des bons prix il faut être en général une vingtaine de personnes dans les bus touristiques (tels qu'a Funchal et Malaga) entre 8 et 12 personnes dans les vans selon leurs capacités (exemple bayaïbé) et en général 4 à 5 maxi dans les taxis standard
si vous arrivez séparément, les taxis comptent 2 fois la course pour 2 couples, (c'est du vécu)🤪 mais si vous arrivez en groupe ils font un prix global
certains parmi vous ont déjà fait certaines escales, Philippe86, liisou, gladfred et peuvent vous raconter leur "vécu" et leur impressions + et -, que ce soit avec Costa ou en solo
ce post est ouvert aussi aux autres participants de VF ayant déja fait ces escales
pour des conseils qui nous seront précieux " suite à leur vécu" par l'intermédiaire d'excursions Costa ou non
autre objet de ce post et objet principal établir un premier contact à bord du bateau suite à la réunion d'informations francophone ( pas d'info pour l'instant sur cette réunion et son lieu, mais nous en auront certainement par ceux qui reviennent de la croisière aux Caraïbes)
afin de mettre un visage sur les participants de ce forum, les lunettes noires sont autorisées😎 afin de réunir les enfants voulant participer au clubs Costa, pourquoi pas.. tranquilles les parents
dans un deuxième temps si certains le désirent, afin de boire un pot ensemble un soir ou un après midi pendant la traversée ou tout simplement se dire bonjour, et bon appétit
récapitulatif des escales
vendredi 27 avril > arrivée 1er jour > Guadeloupe > depart bateau 23H59 (tous à bord à 23H 30) pas grand chose à faire, car vue la durée du voyage, on sera un peu vanné...
quoique , nous aurons peut être l'exercice de sécurité et la réunion d'informations francophone ce soir là (à confirmer)
j'y serai avec la casquette en avant de la salle, pour un 1er contact VF, (en général c'est l'amphitéatre)
car nous seront de nombreux francophones... 🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂🙂 vu que déjà 16 couples recensés de VF)
sans compter les enfants, et les + grands
samedi 28 avril > Martinique > arrivée 12H > Tous A Bord 21H30 > soit 9H30 à terre
dimanche 29 avril > Saint Martin > Ar 12H > TABord 17H30 > soit 5H30 à Terre
Lundi 30 avril> la Romana > Ar 13H > TAB > 24H > soit 11H à terre
mardi 1 mai > ile Catalina > Ar 9H > TAB 16H30 > soit 7H30 à terre
mercredi 2 mai > Tortola > Ar 9H > TAB 17H30 > soit 8H30 à terre
jeudi 3 mai > Antigua > Ar 8H > TAB 13H30 > soit 5H30 à terre
vendredi 4 mai > en mer > réunion VF où ?
samedi 5 mai > en mer
dimanche 6 mai > en mer
lundi 7 mai > en mer
mardi 8 mai > en mer
mercredi 9 mai > Santa Cruz > Ar 8h > TAB 16H30 > soit 8H30 à terre
jeudi 10 mai > Funchal > Ar 8H > TAB 16H30 > soit 8H30 à terre
vendredi 11 mai > en mer
samedi 12 mai > Malaga > Ar 8H > TAB 12H30 > soit 4H30 à terre
dimanche 13 mai > en mer
lundi 14 mai > Ar savone 9H > transfert bus vers nice .. > déjà le retour 🤪
en conclusions, ceux qui sont interressé pour prendre contacts avec les membres de VF de cette transat
peuvent se faire connaitre ici
ou m'envoyer un message en MP (cliquez sur rcoucou)
de même et c'est le but, annoncer leurs projets d'excursion et ainsi se regrouper avec d'autres
j'apporterai ici des précisons au fil du temps et ferai des synthéses par excursions,
en respectant l'anonyma si certains le désirent (en mp)
sur les projets d'excursions pour ceux qui souhaitent se regrouper
sur les lieux et les dates et heures des réunions VF à Bord
pour exemple, lors de notre dernière transat nous avions convenu entre membre de VF de se réunir 30mn avant de débarquer
dans un bar (vide) du bateau, pour bénéficier d'un prix de groupe pour les visites en autocars panoramiques
(reduc de -5 à 6 euros par pers)
à vous lire, en vouis souhaitant une très bonne croisière
cordialement rcoucou
ps: précision, je ne suis pas très physionomiste, et j'oubli facilement les noms et prénoms, donc soyez indulgents si je vous croise à postiori, sans vous reconnaitre dans les coursives
il y a un autre post sur cette transat
ci joint le lien avec d'autres infos (bonne lecture)
http://voyageforum.com/v.f?post=4476182#4476182
Ouest canadien en septembre 2012: élaboration de notre voyage English translation pending
Bonjour à tous,
Hop, je me jette à l'eau et crée un topic consacré à notre voyage de septembre 2012. Il est destiné à rassembler toutes mes questions et tous vos bons conseils, bons plans, ou bonne blague qui vous passe par la tête (je ne suis pas sectaire ^^). Et s'il peut servir à aider d'autres personnes dans le futur (comme moi je m'aide des carnets de certains d'entre vous), tant mieux 🙂
On en est au tout début de notre réflexion, je n'ai lu que quelques pages du Routard et du Lonely Planet encore...
Etat d'avancement actuel :
- nous décollons le mardi 04 septembre d'Amsterdam à 12h30 - Arrivée à Calgary à 13h30 - nous repartons de Vancouver le jeudi 27 septembre à 16h00 - Arrivée à Amsterdam le vendredi 28 à 10h20 - on a souscrit l'assurance annulation + assistance ("parce que nous sommes des jeunes gens prudents" 😇 )
Ce que nous voulons faire/voir (sans encore avoir vérifié si c'était possible ^^) - en vrac et liste non exhaustive bien sûr, en relisant les carnets des autres VForumeurs et en suivant vos conseils, je vais certainement l'allonger, je me connais 😛 :
- Banff ( randos + Banff Upper Hot Springs) - Yoho et/ou Kootenay - Lake Louise (et son teahouse cf. Lonely Planet) - Jasper - Waterton - Drumheller (musée + sentier des dinos) a l'air sympa mais je crois que géographiquement ça se mettra mal - Whistler : je ne sais pas quoi en penser, il faut que je me renseigne plus - Vancouver - Victoria - Tofino - voir des ours (mais peut-être pas de trop trop près 😮 ), des baleines, des orignaux, des marmottes, ... - faire plein de randos (nous sommes bons marcheurs)
Ce que nous ne voulons pas faire/voir :
- Ne pas faire 400 km en voiture chaque jour (s'il faut faire des choix, ma foi, nous les ferons, je préfère voir moins quantitativement mais plus qualitativement), d'autant plus que je serai la seule à conduire (Mr est d'ores et déjà chargé d'être le copilote de compèt' et est prévenu que si l'on se perd, cela sera de sa faute et il subira mes terribles foudres !) - Conséquence du point précédent : on fera l'impasse sur l'Inside Passage (Prince Rupert me semble vraiment trop loin 😕), la bonne nouvelle c'est que ça fait une belle petite économie - Camper => ça sera donc motel pas cher et chambre privée en auberge de jeunesse 😉
Si vous avez des remarques ou suggestions, n'hésitez surtout pas 🙂
1ère question : la voiture à Vancouver est-elle vraiment nécessaire ? J'avais dans l'idée de la rendre en arrivant à Vancouver pour les derniers jours et de faire Vancouver à pied et transports en commun... Est-ce une bonne idée ?
Merci d'avance 😉
Hop, je me jette à l'eau et crée un topic consacré à notre voyage de septembre 2012. Il est destiné à rassembler toutes mes questions et tous vos bons conseils, bons plans, ou bonne blague qui vous passe par la tête (je ne suis pas sectaire ^^). Et s'il peut servir à aider d'autres personnes dans le futur (comme moi je m'aide des carnets de certains d'entre vous), tant mieux 🙂
On en est au tout début de notre réflexion, je n'ai lu que quelques pages du Routard et du Lonely Planet encore...
Etat d'avancement actuel :
- nous décollons le mardi 04 septembre d'Amsterdam à 12h30 - Arrivée à Calgary à 13h30 - nous repartons de Vancouver le jeudi 27 septembre à 16h00 - Arrivée à Amsterdam le vendredi 28 à 10h20 - on a souscrit l'assurance annulation + assistance ("parce que nous sommes des jeunes gens prudents" 😇 )
Ce que nous voulons faire/voir (sans encore avoir vérifié si c'était possible ^^) - en vrac et liste non exhaustive bien sûr, en relisant les carnets des autres VForumeurs et en suivant vos conseils, je vais certainement l'allonger, je me connais 😛 :
- Banff ( randos + Banff Upper Hot Springs) - Yoho et/ou Kootenay - Lake Louise (et son teahouse cf. Lonely Planet) - Jasper - Waterton - Drumheller (musée + sentier des dinos) a l'air sympa mais je crois que géographiquement ça se mettra mal - Whistler : je ne sais pas quoi en penser, il faut que je me renseigne plus - Vancouver - Victoria - Tofino - voir des ours (mais peut-être pas de trop trop près 😮 ), des baleines, des orignaux, des marmottes, ... - faire plein de randos (nous sommes bons marcheurs)
Ce que nous ne voulons pas faire/voir :
- Ne pas faire 400 km en voiture chaque jour (s'il faut faire des choix, ma foi, nous les ferons, je préfère voir moins quantitativement mais plus qualitativement), d'autant plus que je serai la seule à conduire (Mr est d'ores et déjà chargé d'être le copilote de compèt' et est prévenu que si l'on se perd, cela sera de sa faute et il subira mes terribles foudres !) - Conséquence du point précédent : on fera l'impasse sur l'Inside Passage (Prince Rupert me semble vraiment trop loin 😕), la bonne nouvelle c'est que ça fait une belle petite économie - Camper => ça sera donc motel pas cher et chambre privée en auberge de jeunesse 😉
Si vous avez des remarques ou suggestions, n'hésitez surtout pas 🙂
1ère question : la voiture à Vancouver est-elle vraiment nécessaire ? J'avais dans l'idée de la rendre en arrivant à Vancouver pour les derniers jours et de faire Vancouver à pied et transports en commun... Est-ce une bonne idée ?
Merci d'avance 😉
Bons plans pour deux à trois semaines au Portugal? English translation pending
Bonjour,
Je vais partir avec mon ami au mois d'octobre pour 2 ou 3 semaines (cela n'est pas encore fixé) pour visiter le Portugal et je suis à la recherche de conseil ne connaissant pas du tout le pays (et ni elle ni moi ne parlons portugais) :
- Est ce que ça vaut le coup de descendre en voiture ou avec avion et bus on s'en sort très bien? (peut être que la voiture sur 2 semaines c'est chaud?) - On souhaite voir un peu tout le pays, à côté de quoi faut il ne pas passer? des bons plans? des adresses? - Quel budget compter, sachant qu'on essaiera de camper ou de trouver des solutions pas cher en mode routard...? - On peut dormir chez l'habitant? Pour combien? - Le camping sauvage? - Où faire de belles randonnées? - Et l'éternelle question!!!! Routard ou Lonely ? ;)
Bon j'ai dix mille autres questions, mais commençons déjà par celles-là. Je sais, ça fait un peu pelle mêle, mais une âme charitable me renseignera peut être ?
Merci d'avance,
Raspa
Je vais partir avec mon ami au mois d'octobre pour 2 ou 3 semaines (cela n'est pas encore fixé) pour visiter le Portugal et je suis à la recherche de conseil ne connaissant pas du tout le pays (et ni elle ni moi ne parlons portugais) :
- Est ce que ça vaut le coup de descendre en voiture ou avec avion et bus on s'en sort très bien? (peut être que la voiture sur 2 semaines c'est chaud?) - On souhaite voir un peu tout le pays, à côté de quoi faut il ne pas passer? des bons plans? des adresses? - Quel budget compter, sachant qu'on essaiera de camper ou de trouver des solutions pas cher en mode routard...? - On peut dormir chez l'habitant? Pour combien? - Le camping sauvage? - Où faire de belles randonnées? - Et l'éternelle question!!!! Routard ou Lonely ? ;)
Bon j'ai dix mille autres questions, mais commençons déjà par celles-là. Je sais, ça fait un peu pelle mêle, mais une âme charitable me renseignera peut être ?
Merci d'avance,
Raspa
Le Soudan - sur les traces des pharaons oubliés English translation pending
Le choix du pays, les préparatifs :
Afin de retrouver un ami en poste à Khartoum, nous avons décidé de passer les vacances de printemps 2011 au Soudan après un premier report suite à une impossibilité de nous y rendre en octobre 2010.
Comme d'habitude, nous avons choisi un tour operateur local afin de nous transporter et guider dans les différents sites que nous avions choisi après lecture de guides touristiques et de circuits proposés par des voyagistes français . Nous avons donc lancer un mini appel d'offres sur la destination, les dates étant celles des vacances de printemps : entre le 9 et le 23 avril. Nous avons reçu 4 réponses au prix différents en raison, le plus souvent, de la qualité de l'hébergement. Tous nous proposaient un guide, un chauffeur, celui-ci se transformant en cuisinier pour les repas. L'hébergement est le plus souvent du camping, avec quelques nuits chez l'habitant. Peu d'hôtellerie excepté à Khartoum, mais cela nous n'en avions pas besoin, étant hébergé chez notre ami. Il fallait également trouver le billet d'avion. Sur internet, le meilleur prix au 16/1 a été de 1904 euros par la compagnie Afriqyiah. Cette compagnie, la moins chère sur l'Afrique nous a été recommandée par une amie se rendant fréquemment de ce côté là de la Méditerranée. Nous avons donc notre billet. Ensuite, après discussion avec nos divers interlocuteurs soudanais, nous sommes d'avis de choisir le moins cher : ce dernier se place très bien en raison du fait qu'il nous fait la gratuité pour les enfants. Si son prix à la journée est comparable à celles des autres excepté une agence italienne nettement plus coûteuse, la proposition relative aux enfants emportent le marché. Il convient ensuite de lui adresser un acompte ce qui est compliqué en raison du manque de banque travaillant avec le Soudan. Nous passons par un service d'envoi universellement connu pour les transferts d'argent. Mais cela se complique suite à l'embrasement de la côte sud de la Méditerranée. L'envoi s'effectue tout de même après quelques coups de fil au Caire !!! Les mails s'enchaînent entre la maison et Khartoum.
Le temps passe et arrive le mois de mars. Notre vol est bientôt dans un mois et nous apprenons que la compagnie Afriqiyah ne se pose plus à Paris et pour cause : elle est libyenne!!!notre agence de voyage qui a nous a vendu les billets nous proposent de les annuler mais sans assurance sur leur remboursement en raison du gel des avoirs libyens par le gouvernement français. Entretemps nous avions été cherché nos visas au consulat du Soudan à Paris. Leur coût (80 euros/pers) a fait que nous avons pris la décision de maintenir notre voyage. Il fallait alors retrouver des billets aux bonnes dates. Comme la première fois, cela s'est fait sur internet. Bien sûr, les prix n'étaient plus les mêmes. Devant les frais déjà engagés, nous ne pouvions pas faire machine arrière. Nous allions partir par KLM et Amsterdam. Il ne reste plus qu'à se faire rembourser les premiers billets achetés.
A l'heure actuelle, cela n'est toujours pas fait. Ayant cherché à remuer ciel et terre pour faire accélérer le remboursement, cela n'émeut personne que le gel des avoirs libyens pénalise bon nombre de personnes disposant de billets sur cette compagnie. Certainement, il y aura un réveil dans les prochaines semaines lorsque la saison touristique sur l'Afrique va réellement débuter en particulier pour les Africains rentrant au pays pour leur congé. Cette compagnie est la « low cost » sur bien des destinations africaines en remplacement d'Aéroflot qui l'a été au cours des décennies précédentes.
Le déroulement du circuit au jour le jour : - Samedi 9/4 départ à 5 heures 30 pour rejoindre l'aéroport Charles de Gaulle, satellite 2F. Un voisin , taxi nous y mène en 20 minutes. Le premier vol nous emmène à Amsterdam par Air France. Départ à 8h pour 75 minutes de vol. Notre transit est très bref en Hollande, juste le temps de sortir de l'espace schengen et nous sommes installés à bord d'un A330 de la KLM direction Addis Abeba. 6 heures de vol après nous atterrissons à Khartoum où la température annoncée est de 38°. Cela nous change !!! nous avons passé un moment agréable dans l'avion où le service offert à bord est bon, le personnel aimable et à nos petits soins. Le repas servi est très correct. Passage en douane sans problèmes et nos premiers pas en territoire soudanais pour récupérer nos bagages qui sont bien là. Nous achetons des devises pour nos premiers achats. Nous sortons de l'aéroport climatisé pour rentrer dans une quasi fournaise. Après un ¼ d'heure d'attente nous voyons arriver notre ami au volant d'un 4X4 véhicule bien utile dans ce pays. Il fait connaissance avec nos enfants qu'il ne connaît que par photos interposées. Nous rejoignons son domicile situé dans le quartier d'Emarat tout proche de l'aéroport. Il s'agit d'une maison très confortable entourée d'un jardin verdoyant où quelques arbres viennent donner un peu d'ombre à une terrasse où un ventilateur tourne à plein régime afin de faire diminuer une température que l'on ne rencontre chez nous que lors d'une très forte canicule. Après avoir fait le tour du propriétaire, 3 immenses chambres sur deux niveaux, de nombreux salons, une salle à manger qui ne sert que lors de grandes occasions, nous nous installons dans notre chambre disposant d'une grande salle de bains. Après une courte remise en forme et l'ouverture des bagages, nous nous retrouvons avec notre hôte pour lui remettre quelques souvenirs de notre pays en particulier de la nourriture difficile à trouver sur place et qu'il pourra faire connaître à ses invités soudanais. Un rafraîchissement servi sur la terrasse nous permet de nous acclimater aux lieux et à la chaleur. Discussion sur un restaurant. Vers 20h, nous partons vers le centre de Khartoum pour rejoindre le Papa Costa, situé au fond d'un couloir et entouré d'un jardin . Une sono est en train d'être mise en place. Ce restaurant est le lieu de rencontre de la jeunesse du sud Soudan. Nous dégustons des plats italiens. Au milieu du repas, la musique et des chanteurs style « 9-3 » viennent perturber le calme de cette chaude soirée. Vers 22h, nous rejoignons notre havre de verdure et nos chambres à la chaleur toujours bien présente (32°). - Dimanche 10/4 : Réveil vers 8h30, notre hôte est déjà sur le pont, car son week end est terminé : direction l'ambassade située à moins de 2 minutes à pied. Sa bonne nous a préparé un copieux petit déjeuner arrosé de jus de fruit frais. Nous profitons de la belle salle de bain pour nous rafraîchir un peu avant d'entamer notre première journée soudanaise. A 9h, il fait déjà 31° sur la terrasse, à l'ombre. Nous attendons notre tour opérateur Midhat qui doit venir chercher des photos et les passeports afin d'établir nos permis de circuler indispensables à présenter lors des passages des check-points. Vers 10h, il se présente à la porte et nous présente le circuit que nous allons faire. « Dans une heure , le chauffeur revient et vous entamez la visite de Khartoum » nous dit-il.
Nous nous installons sur la terrasse et en profitons pour préparer nos sacs pour la journée. Appareils photo chargés, bouteilles d'eau en réserve. Et le temps passe, 11h....12h.Je commence à m'impatienter et demande au gardien de la maison- en effet toutes les maisons sont gardées nuit et jour par un ou plusieurs gardiens qui veillent à la sécurité des biens et des personnes malgré une absence d'insécurité visible- de téléphoner à Midhat afin de savoir où en est l'obtention des permis : « c'est fini, le chauffeur arrive ». nous attendrons encore une petite heure avant de voir revenir le chauffeur. Pendant ce temps-là nous prenons une petite collation afin de ne pas perdre de temps lors de la visite de l'après midi. Nous partons à la découverte de Khartoum et de ses encombrements de fin de matinée. Les axes principaux sont terriblement embouteillés malgré une absence de désordre dans la circulation : les feux rouges sont observés, il n'y a pas de n'importe quoi comme dans certaines capitales africaines. Nous nous rendons tout d'abord dans le centre afin de payer notre tour opérateur. Je m'attends à de beaux bureaux dans une artère commerçante. Si l'artère est commerçante, par contre les bureaux sont dans un bâtiment à la peinture écaillée et aux escaliers mal entretenus et sombres. Midhat nous reçoit à son bureau entouré d'ordinateurs. Il nous fait commander des boissons, nous payons le reste de notre circuit et il nous rédige notre facture. Nous redescendons à la voiture où il nous accompagne en nous souhaitant bon voyage. Nous restons sur une bonne impression : il est 13h30 et direction Omdurman et ses souks. Nous suivons les bords du Nil bleu, la corniche est en pleins travaux. Nous passons devant « l'oeuf de Khadafi », nom donné par les habitants de Khartoum à l'hotel Burj al Fateh , un 5 étoiles à la forme bombée édifié grâce à des capitaux libyens. La terrasse possède une magnifique vue sur Khartoum, le confluent des Nils. Nous traversons le Nil blanc provenant du lac Victoria pour atteindre Omdurman, la ville ancienne où s'est déroulée une bataille importante entre les Anglais et les armées du Khalifa, successeur du Mahdi, héros religieux légendaire et mythique en 1898. Les Anglais ont vengé le général Gordon tué lors de la prise de Khartoum en 1884. Après être passé devant la mosquée du Nil, nous atteignons le site de la tombe du Mahdi à proximité de la maison du Khalifa , son successeur, habitée par le gouverneur anglais Kitchener après la prise d'Omdurman. La tombe est fermée au public, nous ne pourrons donc la visiter. Le court arrêt nous permet de prendre un bain de chaleur en ce début d'après midi. Encore quelques kilomètres à travers la ville pleine d'activité commerçante. De nombreuses boutiques jalonnent les trottoirs. Ce ne sont que de marques d'électroménager, de voitures, d'informatique que l'on rencontre dans le monde entier. Puis nous arrivons dans un dédale de ruelles pleines de taxis, mototaxis, charrettes tirées par des ânes. Ce sont les souks. La voiture avance au pas dans des voies en terre souvent inondée. Notre chauffeur arrive à se garer et nous partons à la découverte des passages du souk. Ayant faim, nous achetons des cacahuètes grillées au goût rare et excellent et des dattes. Nous nous faufilons entre les étals de chaussures, de tissus, d'un bric-à-brac de quincaillerie. Des objets en peau de crocodile attirent notre attention. Les derniers représentants des sauriens du Nil finissent en chaussure, cendriers, port-clés. Quelques uns sont même empaillés. Nous passons aussi devant les boucheries où la viande pend à des crocs. On s'étonne du peu de mouches qui volettent autour. Nous restons une heure à zigzaguer dans les allées. Pour les filles, ce sont les rues des bijouteries qui retiendront le plus leur attention. D'ailleurs, ces boutiques sont celles où il y a le plus de femmes locales avec celles des tailleurs qui cousent sur place les robes. Les femmes portent des robes et des voiles de couleurs chatoyantes, rares sont celles portant des burqas noires. Nous rejoignons notre voiture pour nous rendre au musée national situé sur la corniche du Nil. Le musée présente, sur deux niveaux, l'histoire longue du soudan depuis la protohistoire jusqu'à l'arrivée des Ottomans. Les silex soudanais ressemblent à ceux du Pérou, de France et d'ailleurs... L'histoire plus récente permet de voir les différentes civilisations qui se sont succédées au fil des derniers millénaires. Le voisinage de l'Egypte a influencé fortement les peuples soudanais qui ont emprunté des techniques de construction de monuments tels les pyramides et les statuaires des temples où se mêlent dieux locaux et égyptiens. La civilisation méroïtique a conservé jusqu'à l'arrivée de la chrétienté au III ème siècle des éléments architecturaux typiques des anciens égytptiens tels les représentation des dieux et l'écriture hiéroglyphique dans les bas-reliefs. A l'extérieur des bâtiments, sont présentés des monuments reconstruits, sauvés lors de la création du lac Nasser qui arrive jusqu'à Wadi Halfa. Le guide, conservateur du musée qui nous a accompagnés lors de cette visite, nous accompagnera également pour le reste de notre circuit. Après cette découverte des multiples visages de l'histoire soudanaise nous repartons voir le confluent des deux Nils. Pour cela nous traversons un petit parc d'attraction, lieu de détente des familles de Khartoum. Le lieu pourtant mythique de la confluence nous déçoit tout d'abord par l'amoncellement de bouteilles et canettes en tout genre abandonnées là en quantité . Les deux fleuves se rejoignent sans aucune mise en valeur du site. Aucune animation particulière excepté des pêcheurs à la ligne et en barque côté Nil bleu, qui vient du lac Tana en Ethiopie. Vers 18h15, nous rejoignons la maison de notre hôte qui arrive tout juste du travail. Nous lui donnons nos premières impressions sur la ville et nos visites en sirotant des boissons non alcoolisées sur la terrasse où la température frôle toujours les 40°. A 20h , nous prenons le chemin d'un restaurant libanais où nous sommes reçus avec un jus de citron vert à la menthe qui nous rafraîchit agréablement. La nourriture libanaise nous ravît, faite de mézzés et de kebabs. Une pastèque constituera notre dessert. 10 minutes de voiture et nous sommes rentrés.
-Lundi 11/4 : Réveil à 8h, le petit déjeuner nous attend sur la terrasse où il fait déjà plus de 30°.Ce matin départ pour l'aventure. Avec fébrilité nous attendons nos chauffeur et guide. A 9h15, apparaît un 4X4 Toyota plein jusqu'au toit. Le guide est celui d'hier qui nous a expliqué l'histoire du Soudan au musée. Il se nomme Aymen, le chauffeur est Himad. Après les présentations aidés en cela par le gardien de notre hôte, nous apportons les bagages et après les au-revoir avec ceux qui restent à Khartoum, chacun s'installe. Arthur, notre fils, est assis sur la 3 ème banquette où il ne lui reste qu'une place, le reste étant composé de la glacière pleine de victuailles entreposées pour le début du circuit. Christine, Pierrine et moi sommes sur banquette suffisamment large pour que nous ne nous gênions pas durant les heures de route. Nous quittons Emarat, le quartier chic de Khartoum où se trouvent les ambassades pour traverser la ville en direction du nord. Nous passons au bureau de Midhat récupérer nos passeports. C'est plus de 500 km qui nous attendent. La clim du véhicule nous permet de bien supporter le trajet. Passés Omdurman nous sommes vite dans le désert, sur une bonne route goudronnée où la circulation devient clairsemée. Quelques camions, des bus et peu de véhicules particuliers. Un arrêt dans la banlieue d'Omdurman pour faire une dernier achat de nourriture me permet de faire quelques clichés de la vie quotidienne soudanaise. Les étals des marchands de quatre saison sont pleins de légumes de chez nous ; il y a tout pour faire une ratatouille. Le pain a la forme de galette. La végétation est quasiment nulle : quelques arbres rabougris, des termitières çà et là forment le relief sur les premiers kilomètres. A perte de vue, la rocaille et le sable. Nous roulons ainsi 2 heures avant un premier arrêt permettant au chauffeur de se reposer et de fumer une cigarette. Nous nous dérouillons les jambes. Plus tard, nous quittons la route pour s'enfoncer dans le désert, nous nous en étonnons et puis on aperçoit bientôt un rassemblement d'animaux et d'hommes: nous arrivons à un puits. Chameaux, chèvres, moutons viennent s'abreuver. C'est l'occasion de nombreuses photos. Cet arrêt passé, nous roulerons jusqu'à 1h de l'après midi. Quelques baraques le long de la route forment un caravansérail moderne où de nombreux camions sont arrêtés afin de reposer également la mécanique humaine après ces chaleurs que l'on qualifierait d'insupportables dans nos régions (plus de 45°). Cela va être notre premier repas typique. Le chauffeur va s'enquérir de la nourriture servie dans un boui-boui. Il faut même qu'il sorte la vaisselle du 4X4. Nous nous installons à table où nous est apportée eau en bouteille. Les locaux, eux vont se servir dans de grandes jarres mises à leur disposition par l'aubergiste. C'est une habitude au Soudan : devant de nombreuses maisons, dans les rues des villes et villages, de grandes jarres remplies d'eau sont offertes aux passants. Les plats s'accumulent devant nous, foul-le plat traditionnel soudanais fait à base d'haricots noirs. Un plat de viande bouillie agrémentée d'une sauce à la tomate est accompagné de riz. En dessert, le chauffeur nous apporte des bananes. Un peu plus d'une demie heure d'arrêt et nous repartons en direction de Dongola. La traversée du désert dure toute l'après midi. Peu de villages à traverser avant d'atteindre le but de la journée. Ce soir nous allons dormir chez la sœur du guide dont le mari est fonctionnaire aux impôts. Même les soudanais n'y échappent pas !!! Nous sommes dans la banlieue de Dongola. Les maisons à un seul niveau sont toutes entourées de hauts murs de briques crues recouvertes d'un enduit crème à la décoration symbolisant des branches de palmier. La famille qui nous reçoit est composée de 4 personnes dont 2 enfants. Abderrahmane est le fils de 4 ans. Il vient d'avoir une petite sœur.On nous installe dans une grande chambre disposant d'un grand ventilateur au plafond de bonne hauteur permettant une bonne circulation de l'air. Une bonne partie de la maison n'est couverte que d'un toit afin de former des zones où des courants d'air assurent le rafraîchissement de l'atmosphère. La maison est composée de plusieurs bâtiments disséminés dans un vaste jardin d'agrément et potager. Les sanitaires sont situés également à l'extérieur, il s'agit d'une douche fermée et de toilettes à la turque ouvertes sur le ciel. Le repas nous est servi à 20h30:c'est la maîtresse de maison qui nous l'apporte. Nous installons un 3 ème lit dans la chambre. Je dormirai dehors dans la partie couverte par le toit. Le guide et le chauffeur installent le leur directement dans le jardin. Le début de la nuit est un enfer pour moi qui suis la cible de moustiques. Des escadrilles entières semblent me foncer dessus. Cela semble durer des heures ; je perds patience et demande l'assistance de ma femme qui me donne des bombes sensées combattre les attaquants. Malgré tout cela à 3 h du matin, j'abandonne et ma femme me remplace à l'extérieur et je me résous à m'installer dans la chambre.
-Mardi 12/4 : Réveil à 7h : lavage succinct. Lors du petit déjeuner une petite fête est organisée pour l'anniversaire d'Arthur dont c'est l'anniversaire.Il a 13 ans. La maîtresse de maison a préparé un petit gâteau surmonté d'une bougie qu'il vient souffler. Pierrine s'est amusée avec le bébé qui l'a bien acceptée. A 9h nous prenons congé de nos charmants hôtes. Nous nous rendons dans Dongola faire quelques courses. Nous nous baladons dans le souk et cherchons un cyber café afin de rassurer la famille et donner nos premières impressions sur le Soudan. Pas de cybercafé mais une boutique ou trônent de vieux ordinateurs qui cependant fonctionnent. Pieerine s'achète un keffieh qui la protégera de la chaleur toujours aussi présente. Après 45 m d'arrêt nous reprenons la route qui devient vite une piste. Direction plein nord. Nous nous approchons du Nil afin de voir une forteresse ottomane en ruine composée de pierres et de briques. Du haut des remparts nous dominons le Nil tout proche. Cette forteresse protégeait des attaques des pillards nomades. Vers 13 h notre chauffeur nous prépare un pique-nique à l'ombre d'un acacia surplombant un coude du Nl à proximité de la 3 ème cataracte. L'endroit est très sauvage. Les bords du fleuve sont les seuls endroits où il y a un peu de végétation, sinon c'est tout de suite le désert. Devant le peu de succès de ses premiers repas avec les enfants, le chauffeur/cuistot adapte sa cuisine. Quant à nous, nous sommes très contents de ses salades. En reprenant la route, nous tombons sur une caravane de chameau. Notre chauffeur nous arrête et nous nous approchons du troupeau de près de 200 bêtes qui s'abreuvent au bord du fleuve et profitent également de l'herbe souvent rare par ailleurs.
Le guide nous sert de traducteur et l'on apprend ainsi que les camel-boys se rendent en Egypte depuis le Khordofan, une région à l'ouest du Soudan.Cela prend 56 jours. Ils en ont déjà fait 46. Ils s'arrêtent aux plus chaudes heures de la journée et marchent même durant la nuit. Tous les 2 ou 3 jours, ils doivent trouver des pacages et des points d'eau. Arthur et moi avons la chance de pouvoir monter sur la monture du chef qui nous fait faire un petit tour. Cela n'a rien de touristique et cela restera un moment fort de notre passage au soudan. A la fin de notre visite, l'ensemble des chameliers entame une danse traditionnelle où les bâtons s'entremêlent. Après avoir remercié la troupe de son accueil, nous reprenons la route en direction de Sesibi, le premier archéologique que l'on va rencontrer. Pour cela, nous quittons la piste principale. Durant tout le circuit, nous serons stupéfaits de l'excellente connaissance du terrain que possède notre chauffeur car aucune indication existe. Nous nous arrêtons vers 16 h faire une coupure à un embarcadère de bac. Cela permet de nous désaltérer et de reposer le chauffeur. Les bacs sont les seuls moyens de traverser le fleuve au nord de Dongola. Ils permettent le transport de 2 ou 3 véhicules ou d'un camion.
A Sesibi, le guide entame son activité pour nous décrire les civilisations qui s'y sont succédées. De nos jours, 3 colonnes sont les seuls vestiges d'un temple érigé par la 18ème dynastie au XIV ème siècle avant notre ère. Le pharaon hérétique Akhénaton en est le constructeur. Les fouilles sont effectuées par des Français. Le sol est jonché de tessons de poterie dont on ne peut s'empêcher d'emporter un fragment malgré l'interdiction qui nous en est faite par notre guide, conservateur du musée de Khartoum.
Avant d'atteindre Soleb, nous croisons une seconde caravane de chameau ce qui nous permet de faire quelques clichés.
Nous arrivons dans nôtre nouveau gîte à quelques minutes du coucher de soleil. Cela me permet de faire de belles photos sur le temple dont les ruines s'étalent à peu de distance de notre maison d'un soir. Notre hébergement du soir est une immense maison nubienne servant à recevoir des hôtes- touristes ou archéologues travaillant sur le site. Chambre très grande munie d'un ventilateur suspendu bien utile. L'acclimatation à la chaleur très bien faite pour tous dès lors que nous avons de l'eau en quantité suffisante. La douche permet bien de nous relaxer après ces heures de route et de poussière. La nuit tombe vers 19h15. Repas fait par notre chauffeur : soupe, poulet frit, nouilles : un régal pour les enfants !!
A 21h30 extinction des feux après avoir profité d'un ciel étoilé magnifique.
-Mercredi 13/4 :
Réveil à 7h. Pierrine n'est pas au mieux : colique peut-être fièvre.
Ce matin nous visitons à partir de 9 h les ruines du temple qui s'étale à peu de distance du Nil.
Disposition classique d'un temple égyptien. Par rapport à Sesibi, les vestiges sont mieux conservés.
Il y a de nombreuses colonnes remplies de hiéroglyphes. Notre guide s'en donne à cœur joie pour nous expliquer les différentes époques de construction. Certains éléments ont été enlevés pour être replacés sur d'autres temples par des rois peu scrupuleux ou impatients. C'est le cas de sphinx de l'allée principale que l'on retrouvera à Karima au pied du Jebel Barkal. Nous finissons la visite au bord du Nil où nous voyons le travail des paysans iirigant leurs champs.
De retour au gîte, Pierrine ne se sentant pas bien ne nous accompagne pas à une balade qui nous conduit au pied d'une falaise dominant le Nil. Une sorte de verrou rocheux porte des traces de la présence des Egyptiens qui ont sculpté la roche, il y a plus de 3000 ans. La proximité du désert y a accumulé du sable permettant de magnifiques glissades sur cette dune improvisée.
Nous mangeons au gîte avant de partir vers 14h15. La maladie de Pierrine s'est estompée.
Nous nous rendons à Sedeinga où nous voyons un temple à l'unique colonne encore debout. Des restes d'église se trouvent à proximité. Nous empruntons ensuite une piste très sablonneuse afin de rejoindre l'embarcadère du bac qui nous mènera à l'île de Saî. Nous attendrons une heure avant d'installer le 4X4 sur le bateau. Nous croisons des militaires soudanais qui nous offrent un café. Arthur est très intéressé par leur équipement- kalachnikov, lance-roquettes, etc..
Nous faisons une mini croisière d'une heure sur le fleuve que nous remontons pour atteindre l'île. Quelques minutes après le débarquement , nous arrivons dans le village principal de l'île. Comme les jours précédents, nous disposons, dans la maison d'hôte qui nous reçoit, d'une chambre spacieuse au mobilier conséquent (fauteuils, tapis, table, rideau). Je vais me promener dans les environs et assiste à un match de foot sur un terrain très poussiéreux d'autant qu'un léger vent s'est levé. Comme tous les soirs, j'en profite pour réaliser des photos de coucher de soleil et là en plus je profite d'une spécialité locale : une tête de crocodile à la gueule grande ouverte placée sur le mur d'enceinte du jardin.
Au dîner ce soir : frites. C'est-à-dire que les parents n'ont rien mangé !!!! Le chauffeur réussit un tour de force de préparer ce plat avec les moyens du bord. Et il est applaudi. Dorénavant, tous les soirs ce sera frite....et soupe .
-Jeudi 14/4 :
Debout à 7h45. Le petit déjeuner nous attend. Depuis quelques jours, le cuistot prépare des crêpes qui font le régal des enfants mais il manque le nutella. Le jus de fruit est à reconstituer avec de l'eau. Pour les grands, c'est café et pain grillé. A 9h, nous partons à la découverte des tombes de la civilisation Kerma qui datent de 2000 avant notre ère. Il faut être spécialiste pour vraiment apprécier. Nous sommes encore un peu justes pour remarquer les tombes de plusieurs civilisations qui se sont succédées dans ce lieu quasi désertique et rocailleux. Ce sont souvent des tumuli aux pierres de différentes couleurs disposées en cercle. Par contre, nous nous trouvons au milieu de milliers de tessons de poterie comme à Sesibi et en particulier d'amphore ou de culots de lampe à huile. Ce sont des restes d'offrandes disposées lors des cérémonies funéraires ou des commémorations d'enterrement. Nous reprenons le 4X4 pour visiter ensuite une forteresse ottomane
qui surveillait la circulation sur le Nil. Elle est en cours d'exploration et l'on y découvre des traces de réemploi de matériaux et en particulier de colonnes égyptiennes portant encore des hiéroglyphes.
A proximité se trouvent les bureaux et les bâtiments qui servent à l'hébergement des chercheurs français qui fouillent les différents sites archéologiques de l'île.
Nous rejoignons ensuite l'embarcadère du bac après s'être arrêté devant des vestiges d'églises chrétiennes datant des premiers siècles de notre ère. Il faut attendre près d'une heure avant de pouvoir embarquer : il a fallu lui faire traverser le fleuve et réunir l'équipage : c'est l'Afrique !!!Durant cette attente, cela nous a permis de voir le travail des champs et l'irrigation qui permet une culture de légumes -oignons, haricots, sous un climat torride.
La traversée est rapide pour rejoindre la rive orientale du Nil. Ensuite 15 minutes de voiture et nous arrivons à Abri où nous mangeons dans un restaurant : j'y dégusterai mon premier poisson du Nil grillé. Le reste correspond à la gastronomie locale : foul, falafel, viande d'agneau en sauce.
Avant de reprendre la direction du sud, nous faisons un petit arrêt au..... souk ; J'achète une paire de sandale « made in Sudan ». Peu de produits manufacturés sont produits ici. L'importation chinoise inonde les marchés locaux.
Après des dizaines de kilomètres de piste parcourus ces jours derniers, nous roulons sur du goudron en direction de Tombous, l'étape de ce soir. Nous visitons la tombe du sheikh Idriss, un chef religieux mort il y a deux siècles. Sa tombe est toujours entretenue et des pèlerinages ont lieu tous les ans pour vénérer cet imam. Il est enterré, dans un bâtiment formant coupole, à l'intérieur d'un sarcophage couvert de tissu vert, la couleur de l'Islam. Au km 635, nous nous arrêtons, nous le pensions, pour que notre chauffeur fume sa cigarette. En fait, nous nous retrouvons dans un caravansérail hétéroclite de boutiques faites de tôle. Il y a des garages, des quincailleries, des épiceries, des fondeurs de métaux, mais ce n'est pas n'importe quel type de métal : il s'agit d'or.
Nous nous trouvons à proximité de mines d'or . Comme lors de la ruée vers l'or aux USA, cela crée des villes de toute pièce en quelques mois. Ici, il n'y a que les fondeurs et les négociants qui rappellent l'importance de la découverte dans la région. Les pépites sortent des poches des mineurs, enveloppées dans du papier et sont rapidement fondues afin d'être proposées aux négociants qui achètent les petits blocs d'or jaune tout juste fondus. Pas de saloons, l'alcool étant interdit, le calme semble régner dans cet univers très masculin. Aucune femme ne sera visible. Aucun logement n'existe d'ailleurs à proximité. Nous verrons en reprenant la route quelques kilomètres plus loin, des centaines de mineurs s'affairant à ramasser des sacs de terre qu'ils vont ensuite trier afin d'en retirer quelques pépites. Cela restera un moment très fort de notre passage dans cette région. Le Soudan est actuellement un très gros producteur d'or dans le monde. D'après notre guide, il n'y a pas de concession accordée par le gouvernement, chacun peut venir et chercher de l'or à sa guise d'où l'engouement des humbles pour retourner des tonnes de terre.
Nous quittons ensuite la route pour rejoindre les bords du Nil à la hauteur de la 3 ème cataracte que l'on surplombe depuis une colline portant un fort ottoman en ruine. De là haut, la vue est magnifique s'étendant sur des dizaines de kilomètres de rive du Nil. Il ne s'agit pas véritablement de chutes mais d'amoncellement rocheux , reste de coulée volcanique perturbant l'écoulement du fleuve.
Nous continuons sur la piste longeant le Nil et nous arrêtons voir des sculptures d'animaux gravés dans la pierre en particulier de bovins mais aussi d'animaux sauvages disparus de ces régions de nos jours (éléphants, girafes, autruches ) Il s'agit d'un chaos rocheux où deux parois sont couvertes de fresques rupestres. Toujours le long de cette piste très sablonneuse nous passons voir des vestiges d'une église chrétienne construite au milieu de rochers qui la dissimulent au regard des passants. Dans ces chaos rocheux, deux gros blocs monolithiques se détachent pour ressembler à des amoureux s'embrassant. Nous arrivons en fin d'après midi à Tombous où nous attend une nouvelle maison d'hôte . 2 chambres sont mises à notre disposition dans un charmant jardin. La douche sera bien agréable après une longue journée de route qui nous aura permis d'admirer des sites archéologiques, des scènes de vie rares, de beaux paysages. Nous nous couchons avec l'appel pour la prière du soir, le minaret de la mosquée dominant la cour dans laquelle on finit la soirée.
_Vendredi 15/4 :
Réveil à 7h45 suivi du petit déjeuner où certains se goinfrent de crêpes. Nous entamons la journée
par une promenade dans le village de Tombous situé en bordure du Nil. Nous nous dirigeons vers une ancienne carrière de granite où nous voyons la statue d'un pharaon laissée là suite à un coup de taille mal ajusté qui a fait éclater la pierre. Nous voyons également un bloc ouvert en deux où sont encore visibles les encoches ayant servi à le fendre. Des coins de bois étaient enfoncés dans la pierre puis humidifiés afin qu'ils fassent éclater la roche en se dilatant. Sur d'autres rochers en nous approchant du Nil, nous distinguons des inscriptions égyptiennes laissées par Thoutmosis I pour commémorer la prise du royaume de Kerma .
Au niveau du village, le Nil se faufile entre des pierres créant ainsi des rapides très photogéniques.
A 10h30 nous prenons la direction de Kerma afin de voir les deffufas, de gros bâtiments de brique crue, vestiges d'une civilisation datant de plus de 3 millénaires. Ces constructions dont on ne connaît pas la raison d'être exacte en sont les seules restes visibles. Celle de l'est, à la limite du désert, est entourée par plus de 30000 tombes parsemées de millions de tessons de poterie. Celle de l'ouest était au centre de la ville et du palais royal, il est possible d'accéder au sommet par un escalier permettant d'avoir une vue d'ensemble sur les maisons et palais, que l'on reconnaît par l'empreinte laissée par leurs fondations, et détruits lors de l'invasion des Egyptiens conduits par Thoutmosis Ier. Un musée nouvellement créé a permis de regrouper les découvertes archéologiques récentes. On y voit de nombreuses statues de rois koushites et de pharaons ayant régné sur la région au cours des deux millénaires précédant notre ère. Lors de notre visite de ce musée, nous rencontrons nos premiers touristes européens.
Après cette visite qui s'est déroulée sous un chaleur étouffante, nous reprenons la route pour Dongola où nous attend la famille de notre guide qui nous hébergera une seconde fois.
Ce soir, ce sera pizza au dîner en plus des pâtes d'où un grand merci des enfants au cuistot !!!
La nuit se passe sans moustique ce qui nous assurera un bon repos.
-Samedi 16/4 :
Après une nuit à Dongola sans moustique, le petit déjeuner se termine comme lors de notre 1er passage : un gâteau pour Pierrine dont c'est l'anniversaire. Les enfants se rappelleront longtemps de leur passage à 13 et 15 ans. Une chose rare, un anniversaire au Soudan. La bougie soufflée et le chargement du 4X 4 effectué, c'est l'adieu aux enfants de nos hôtes et à leurs parents. Ils n'attendent même pas notre départ pour s'installer tous les 4 sur la moto paternelle et rejoindre la ville. Nous traversons le Nil sur le pont fraîchement terminé, réalisé par les Chinois. Nous nous arrêtons au site de Kawa, morne plaine écrasée de chaleur. Ce n'est pas l'enthousiasme. Quelques tumuli, des tessons de poterie et des restes d'un temple ramené à sa plus simple expression : des fragments de colonnes. Le plus intéressant, c'est la vue sur le Nil tout proche. Nous parcourons ensuite le trajet le plus intéressant du circuit : une traversée dans le désert sur une piste bordée de dunes et semée ça et là de quelques oasis et cela pendant environ 2 heures. Nous croisons quelques chameliers montés sur leur vaisseau. Pour nous détendre et fumer une cigarette, notre chauffeur nous arrête au pied d'une dune que nous gravissons malgré la très forte chaleur : c'est l'occasion de s'amuser en la dévalant à toute allure. Au moment de repartir, frayeur : le 4X4 ne veut pas démarrer. Le capot levé, le chauffeur se met les mains dans la mécanique en revissant les cosses de batterie, mais rien n'y fait. Nous sommes obligés de pousser les 2 tonnes pour sentir le moteur hoqueté puis s'emballé. Ouf, la panne est finie. Nous rejoignons la route goudronnée et trouvons un abri ombragé pour pique-niquer. Nous nous rendons à Old Dongola . Nous tombons sur des touristes en panne avec leur 4X4, cela semble plus sérieux que pour nous. Ils font partie d'une ONG de Khartoum et viennent passer le week end en famille sur ces sites archéologiques . Notre chauffeur se met à nettoyer l'arrivée d'essence en dévissant le carburateur.
Après quelques essais, c'est enfin le bruit espéré du moteur qui tourne d'autant qu'un participant doit reprendre l'avion de retour ce soir à Khartoum et nous étions à plus de 400 km de là. Après avoir pris les billets pour visiter le site, nous retombons sur les touristes de nouveau en panne à la porte des fouilles. Notre chauffeur se remet au travail et passe le volant à notre guide afin que l'on ne perde pas de temps. Celui-ci s'y installe mais la prise en main ne semble pas aisé pour lui. Je propose de le remplacer ce qu'il accepte et conduis ainsi durant 2 kilomètres jusqu'aux fouilles. Ce sera mon expérience de conduite au Soudan dans le sable : cela s'est bien passé. Sous la chaleur, nous parcourons les collines surplombant le Nil. C'est le lieu de la plus forte présence chrétienne dans la région qui s'est maintenue jusqu'au XIV ème siècle et l'arrivée de l'Islam. Nous voyons les fondations d'une basilique et de plusieurs autres églises. La police arrive pour nous interdire la visite : nous demandons pourquoi au guide et c'est un simple problème de billet relatif aux enfants. Après quelques instants et appels téléphoniques à leur direction, la situation s'améliore et nous pouvons reprendre notre visite.Sur un monticule, s'élève le palais du trône, un monument dont on ne connaît pas la destination initiale et qui fut transformé en mosquée lors de l'invasion musulmane. Il est en cours de rénovation. De là haut, la vue est magnifique, permettant d'apprécier l'étendue de l'ancienne ville dominant le Nil. Sur la rive opposée, nous observons une 3 ème caravane de chameaux.
Au lieu de camper là comme ce l'était prévu initialement, nous prenons la route pour Karima distant d'environ 150 km. Le goudron est excellent et la distance est vite avalée. Lors des derniers kilomètres, la route surplombe le Nil, ses oasis et des villages d'où dépassent les minarets verts des mosquées. Nous approchons du Jebel Barkal, la montagne sacrée émergeant de la plaine tel Ayers rock en Australie. Au pied de cette montagne, se trouvent quelques pyramides en taille réduite par rapport à celles d'Egypte dont elles sont des copies. Nous rejoignons notre gîte qui nous hébergera durant 3 nuits. Il s'agit d'une grande maison entourée d'un haut mur et d'un agréable jardin avec vue sur le Jebel Barkal. La douche confortable nous permet d'effacer les fatigues de la journée passée en grande partie en voiture. Nous disposons d'une grande chambre pour nous 4. Repas de gala, ce soir : soupe, nouilles, frites et poulet frit.
Extinction des feux à 21H30.
-Dimanche 17/4 :
Réveil 8h. Vue magnifique sur le jebel Barkal tout proche. Petit déjeuner très complet avec crêpes, confiture de figues, jus d'orange en poudre, pain et « vache qui rit ».
nous commençons la journée par la visite du petit musée voisin qui regroupe les trouvailles archéologiques faites dans les alentours très riches en vestige. Beaucoup de statues d'inspiration égyptienne et même des momies retrouvées dans des tombes. Nous traversons ensuite un no man's land torride pour rejoindre le pied du jebel où se trouvent des temples et des tombes souterraines garnies de magnifiques peintures représentant le passage dans l'au-delà : des représentations du livre des morts que l'on trouve dans les tombes égyptiennes. Le temple d'Amon datant probablement du XV ème siècle avant J.C. est relativement bien conservé et rénové. Il est de plan classique avec son allée de sphinx, seul le pylône est en ruines. De nombreuses colonnes portent des hiéroglyphes. Nous visitons également le temple de Mout, la femme d'Amon, placé au pied d'un piton phalliforme, isolé de la falaise.
Avant de retourner à notre gîte, nous passons voir le « nubian rest house » exploité par des italiens.
Il s'agit du seul hôtel confortable, aux normes européennes situé au nord de Khartoum. Entouré de hauts murs comme toutes les maisons nubiennes, il abrite une grande cour à la verte prairie.Les chambres sont placées tout autour. Sur l'un des côtés se situe le bâtiment principal où se trouve le restaurant, les salons et les cuisines. Une décoration simple rassemblant des meubles typiques est disposée dans de grandes alcôves permettant d'assurer une intimité aux visiteurs. A notre grande stupéfaction, nous tombons en arrêt sur une table basse ronde qui est la copie conforme de seulle de notre salon. Nous demandons la provenance de ce meuble au directeur qui nous dit l'avoir trouvé dans une demeure de la région. Son authenticité ne fait aucun doute. Par contre, la nôtre est sensée provenir d'Inde et celle que l'on a sous les yeux est peut-être le fruit de voyages de ses anciens propriétaires dans ces régions pas si lointaines. De nombreux échanges avaient lieu par bateau entre la mer rouge et le golfe du Bengale. Aucun touriste ne vient perturber notre arrivée impromptue dans cet établissement qui est sur le point de terminer sa saison. Après avoir pris une boisson, nous prenons congé de notre hôte et retournons à notre gîte situé à peu de distance. Dans cet hôtel , il semble manquer une piscine, mais l'aridité des lieux doit empêcher sa construction et surtout son entretien.
A 13h, nous déjeunons de salades, falafel et pastèque le tout terminé par un carcadé, la boisson à base de fleur d'hibiscus bue sur les rives du Nil.
Jusqu'à 16h , nous nous reposons d'autant que la chaleur est toujours aussi importante (45°).Nous demandons à notre guide de nous rendre sur les bords du Nil. Il y a un cimetière de bateaux en particulier d'anciens vapeurs faisant la liaison fluviale entre Dongola et Karima. Leur raison d'être a disparu du fait de la construction récente de nombreux ponts facilitant les déplacements. En effet, nous trouvons ces vestiges en train de rouiller sur le rivage : d'anciens steamers à plusieurs ponts posés sur le sable. Cachées sous les coques, des chiennes sont venues mettre bas. Les enfants sont près d'adopter ces petits chiots fraîchement nés. Nous réussissons à les en dissuader. Nous partons ensuite visiter les tombes koushites d'el Kurru situées en aval de Karima le long du fleuve. A l'origine ce site était composé de pyramides aujourd'hui arasées Ces sépultures sont enterrées et nécessitent de descendre des escaliers très prononcés en bas desquels nous entrons dans des salles ornementées de peintures représentant le livre des morts des égyptiens. Le toit de la salle est agrémenté de constellations d'étoiles très bien conservées au niveau du graphisme et des couleurs. Les murs où se mêlent dessins et hiéroglyphes conservent les teintes originales. Cela date pour les plus anciennes du IX ème siècle avant J.C. Le tombes que l'on visite sont celles de Tantawamani et de sa mère. Elles datent du VII ème siècle avant notre ère. L'une conserve même la sarcophage en pierre du défunt. Nous retrouvons le groupe de touristes croisé quelques jours auparavant au musée de Kerma.
Nous passons notre 2 ème nuit à Karima.
- Lundi 18/4 : Ce matin , nous nous rendons au souk de Karima. Sur une grande esplanade traversée par les voies d'un chemin de fer aujourd'hui abandonné, nous assistons à une vie quotidienne très occupée. Des forgerons fabriquent des instruments aratoires rudimentaires, des lames de couteaux, de faux, tout un assortiment de matériel nécessaire aux travaux des champs. Des soudeurs finissent de construire les barques qui servent aux pêcheurs très nombreux sur le Nil. La literie est également montée sur place. Il s'agit de tresser des cordes multicolores sur un cadre métallique soudé. Avec la chaleur, les cafés sont pris d'assaut dès lors que les achats ont été faits. Un cuistot prépare des poissons frits tout frais sortis du Nil. Nous nous engageons dans les ruelles qui mènent au fleuve. Sous les arcades centenaires, il y a des enfilades de commerces , épicerie, marchands de légumes, bouchers. Mais ce qui intéresse le plus, femme et fille, ce sont les bijoutiers. Il y en a plusieurs dans la même rue. Après quelques allées et venues entre plusieurs, elles trouvent leur bonheur en l'occurrence un collier de fabrication d'Arabie Saoudite. Pas question de marchander bien que l'on soit dans un souk. Durant ce moment, je me rends jusqu'au bord du Nil tout proche. Ce ne sont que bouteilles en plastique et sacs abandonnés au vent. Il y en a pour des siècles pour faire disparaître toute trace de notre passage !!! De minuscules chantiers navals sont pleins d'embarcations de pêche retournées et en train de rouiller attendant un client. Nous rejoignons notre 4X4 et traversons sur le Nil sur un pont chinois flambant neuf pour nous rendre à Nuri situé en amont et proche du barrage de Mérowé qui ne nous sera pas possible de visiter n'ayant pas les autorisations nécessaires. Dans un site désertique, nous nous baladons entre les pyramides datant de la XXV ème dynastie qui régna sur l'Egypte à l'époque de Taharqa, le plus célèbre des pharaons nubiens. Nous nous enfonçons ensuite dans le désert pour visiter les vestiges d'El Ghezela, un monastère chrétien abandonné au XI ème siècle. Il reste des pavages et des mosaïques à l'intérieur de l'église principale que l'on reconnaît grâce à quelques colonnes et murs encore debout. Retour à 13h15, à notre gîte pour le déjeuner fait de poisson, salade et falafel . Repos jusqu'à 16h pour nous rendre ensuite dans un cybercafé de Karima afin d'envoyer un mail à la famille et vérifier que l'on ne nous a rien laissé sur notre boîte mail de vacances. Ensuite nous nous dirigeons vers le Jebel Barkal afin d'en faire l'ascension et de voir les pyramides construites à son pied. Notre guide nous explique leurs constructions. Arthur se défoule en commençant l'escalade de l'une d'elles.15 minutes de marche nous permettent d'atteindre le sommet du jebel formant plateau. De là haut, la vue est magnifique sur la ville de Karima, les bords du Nil et l'oasis le longeant. Nous dominons également les vestiges des temples qui s'étendent au pied de la colline et pouvons observer le fameux piton à la forme phallique qui fit la renommée du site dès l'antiquité et la rendit sacrée. C'est un lieu de visite des Soudanais. Pour redescendre plus vite, nous empruntons une dune de sable couvrant une pente de la colline qui domine les pyramides. Le coucher de soleil sur ce site est magnifique. Pour rejoindre à pied, notre maison , nous traversons le temple d'Amon dans les dernières lueurs du crépuscule.
- Mardi 19/4 : Après une dernière nuit à Karima, dans un gîte confortable par sa chambre et ses installations sanitaires, nous partons à 9h pour Méroé, le site le plus connu du Soudan. Juste après avoir traversé le Nil en direction de l'Est, nous nous arrêtons voir un site archéologique qui ne nous restara pas dans les mémoires, :quelques pierres, 2, 3 cailloux formant la base de colonnes et c'est tout ; vite à oublier. Par contre, quelques minutes après, notre chauffeur nous mène à un marché de dromadaires dans un village proche qui sera la source de nombreux clichés. Des dizaines de dromadaires, des chèvres, des moutons font l'objet d'un commerce dans un vaste enclos où même les femmes sont présentes. Nous nous arrêtons ensuite dans le centre du village pour faire quelques emplettes de nourriture, cela nous permet un marché très bien achalandé avec, en particulier, des poissonniers vantant leurs poissons-chat tout frais sortis du Nil.
Nous nous enfonçons ensuite dans le désert de Bayuda en direction d'Atbara. La route est goudronnée ce qui permet d'avaler rapidement les kilomètres. Comme à chaque long trajet, notre chauffeur quitte l'axe principal et s'enfonce dans le désert. Il nous amène à un puits au milieu de la savane typiquement africaine faite d'acacias. Ce lieu de rassemblement réunit les familles de nomades accompagnant leurs troupeaux de chèvres, moutons, dromadaires. Les installations de puisage de l'eau sont modernes et pourvues de capteurs solaires afin de faire tourner des générateurs électriques. Ces moments où l'on croise la population locale font partie des excellents souvenirs de ce séjour. De plus, l'absence de tourisme permet de côtoyer des gens qui n'exigent rien des visiteurs. Ce sont nous qui sommes le plus demandeurs. Il sera difficile de trouver un coin à l'ombre pour pique-niquer ce jour là. Mais nous trouvons une paillotte qui fera l'affaire. En approchant d'Atbara que nous éviterons, nous voyons bon nombre de cimenteries qui fournissent le Soudan dans son entier. Nous remontons vers Khartoum sur la route joignant la capitale à la Mer Rouge et à son port principal de Port Soudan. Nous serons étonnés du grand nombre de carcasses de pneus jonchant les abords de la route. Mais cela est compréhensible du fait de la dureté du climat. Les éclatements dus à la chaleur sont légions. La circulation est importante d'autant que les liaisons ferroviaires sont maintenant quasi inexistantes: tous les produits empruntent les routes. Nous faisons un arrêt sur cette voie très empruntée dans un de ces caravansérails modernes constitués de baraquements faits à la va-vite qui abritent garages, épiceries, bistrots-restaurants. Tout ce que peut avoir besoin un chauffeur et son camion lors d'un long trajet sous un climat torride. Au Soudan, les camions sont constitués d'un semi-remorque attelé à deux remorques. D'où une longueur importante lorsqu'il faut les doubler. Après avoir bu un café soudanais-le jabbana, nous reprenons le chemin de Méroé, le principal site touristique du pays. Celui-ci est situé tout près de la grand'route. Pour la première fois nous voyons des « marchands du temple », enfin quelques vendeurs d'artisanat. Jusqu'à présent aucune trace de vendeurs à la sauvette dans les sites touristiques : il faut dire qu'ils se dessécheraient sur place tant il y a peu de touristes !!! A l'entrée du site, quelques enfants et des anciens vendent poignards, mini pyramides en grès, colliers en pierres multicolores, coupes en bois sculptées. Nous faisons le tour pour repérer nos futurs achats car jusqu'à présent nous ne nous sommes pas ruinés en souvenir. Coupe et poignard sont bientôt dans nos sacs. Nous partons ensuite à la visite des pyramides qui sont plantées au sommet de collines rocailleuses envahies par le sable formant des dunes. Toutes les pyramides dispersées en plusieurs groupes sont écrêtées suite à l'idée à moitié saugrenue d'un des premiers découvreurs du site : un Italien (Ferlini) au début du XIX ème siècle. Il pensait que le sommet contenait un trésor. Il en découvrit effectivement un dans une, mais les autres n'en possédaient pas mais furent quand même détruites en partie. Au crépuscule, le site est magnifique en raison des couleurs ocres du sable et du grès qui servit à la construction de ces pyramides. Celles-ci plus petites que celles d'Egypte sont les tombes de personnages royaux. Elles contiennent encore, pour certaines, les sarcophages et sont toutes couvertes de peintures et de hiéroglyphes dans les salles souterraines qui servaient de sépultures royales malheureusement violées dès l'Antiquité. Ce soir, ce sera camping à quelque distance des pyramides mais cela donnera un caractère magique à cette soirée sous un ciel magnifiquement étoilé comme les plafonds des tombes. Le chauffeur aidé par le guide très maladroit montera nos tentes où il manquera quelques éléments essentiels pour leur montage : en particulier des sardines d'autant que le vent s'est levé. A la tombée de la nuit, nous mangeons aidés par nos lampes frontales. La nuit sera difficile pour les parents en raison de la chaleur et du vent, les tentes étant relativement instables et sujettes à des mouvements subits en raison de ces conditions climatiques. Nous avons été contents de ne pas à avoir à camper plus souvent.
-Mercredi 20/4 : Je me réveille vers 6h30 afin de profiter des premières lueurs de l'aube. Le chauffeur est déjà en train de préparer les crêpes pour le petit déjeuner. Le soleil sort juste de derrière les collines et vient bientôt illuminer les pyramides : c'est l'heure où arrivent les petits vendeurs d'artisanat montés sur leur âne. Des chameliers en font autant dans l'espoir de capter un touriste pour lui faire admirer au rythme lent du camélidé les vestiges du passé qui nous entourent. Ayant fait nos achats hier soir, ils remballeront bientôt leurs objets pour se rendre à l'entrée principale en quête de clients potentiels. Après le petit déjeuner pris dans un décor de cinéma, nous démontons les tentes plus vites qu'elles n'ont été montées, afin de visiter le groupe occidental de pyramides placé sur un promontoire de roche volcanique. La chaleur n'est encore trop présente et cela est très agréable de marcher dans le sable qui crisse sous nos semelles. Quelques pyramides ont été rénovées au cours des dernières décennies ce qui permet de se faire une idée assez exacte de leur conformation originale. Toute possèdent une avancée servant de temple dans lequel étaient disposées les offrandes nécessaires à la vie du défunt dans l'au-delà. Nous traversons une grande partie du site avant de rejoindre notre 4X4 qui nous attend à la sortie du site. Nous partons ensuite visiter un autre groupe de pyramides disposé de l'autre côté de la route menant à Khartoum. Quelques pyramides en ruine et des temples d'allure égyptienne sont dispersés dans une végétation de savane africaine occupée par de nombreux acacias. Cette végétation se retrouve dans la cité royale de Méroé, proche du Nil, qui devait être occupée par près de 20000 personnes. Ce sont le plus souvent des bases de monuments que l'on aperçoit disséminés dans cette savane. Les restes les mieux conservés sont ceux des bains royaux Cette ville koushite a été édifiée au VIII ème siècle avant J.C. Elle fut abandonnée vers le 3 ème siècle de notre ère. Quelques kilomètres plus loin, nous nous arrêtons dans un motel associé à une station-service. L'ensemble est flambant neuf. A notre surprise, le guide nous propose de dormir ce soir dans un hôtel semblable situé à ^proximité de la 6ème cataracte au lieu de camper. Nous sommes très contents. Deux types de chambres sont proposées : une de type locale en forme de hutte circulaire à toit de chaume ressemblant à celle d'ethiopie. Elle possède une climatisation et un ventilateur. Les sanitaires sont communs et à l'extérieur. La seconde est située dans un bâtiment à un seul niveau. Il s'agit de chambre et de salle de bains à l'eurpéenne. Devant la proposition de notre guide et cela n'étant pas prévu, nous nous contentons d'une hutte, étant déjà très heureux de ce cadeau. Nous restons encore quelques minutes dans le salon de l'hôtel pour prendre des rafraîchissements offerts par notre chauffeur. Nous reprenons ensuite la route de Shendi, bourgade importante jusqu'au 19 ème siècle. Elle est la ville de naissance du président actuel. Notre guide nous emmène visiter une famille de tisserand copte travaillant toujours avec des métiers à tisser antiques. Nous pouvons admirer la dextérité des ouvriers pour actionner ces installations à cadre en bois où il faut très fréquemment remettre des bobines de fil. Les tissus très fins permettent de fabriquer de longs saris de coton portés par les femmes. Les filles en ramèneront bien sûr. Dans le centre ville, nous mangeons dans un restaurant moderne où se concentre la bonne société de la ville. C'est le lieu de rendez-vous des jeunes. Il y a un fort pourcentage de jeunes femmes. Après un repas copieux et traditionnel, nous partons à la découverte de la ville. C'est une véritable fournaise. Nous voyons notre première boulangerie en activité. Nous n'insistons pas trop pour visiter un souk semblable à beaucoup d'autres. Nous retournons nous mettre à l'abri de la chaleur au restaurant où nous avions mangé. Je pars à la recherche de bouteilles d'eau afin d'étancher une soif intense. Nous boirons près de 3 litres d'un coup. Nos hôtes étaient partis faire des emplettes. Nous quittons bien vite l'axe Atbara/Khartoum pour rejoindre les sites de Mussawarat et Naqa. Ce sont de magnifiques paysages de savane africaine que nous traversons par une piste délicate à emprunter du fait du manque d'information, et en raison du sable et des cailloux dont elle est faite. Le chauffeur semble très sûr de lui sur la destination à rejoindre. Nous nous arrêtons dans une oasis très verdoyante occupée par une ferme possédée par le ministère de la culture et servant d'hébergement pour les archéologues en charge des fouilles dans les environs. Nous passons là une heure à nous reposer et à laisser passer la très forte chaleur. Quelques minutes suffisent à rejoindre Mussawarat es sufra. Nous visitons les temples mieux conservés que ceux croisés précédemment dans notre circuit. Tout rappelle l' Egypte pharaonique. Après une vingtaine de minutes de piste sablonneuse nous rejoignons Naqa et ses temples aux allures romaines, témoignage des échanges très nombreux qu'il y a eu au cours des premiers siècles de notre ère avec les envahisseurs venus d'Italie et du nord de l'Egypte. Dans la lumière du crépuscule, la couleur ocre des bâtiments de grès est mise en valeur. Les murs sont couverts de bas reliefs représentant les dieux locaux en particulier Apademak à la tête de lion. Pour trouver notre hôtel, il faudra faire plus de 90 minutes de piste à la lueur des phares en plein milieu du désert et sans aucune indication. Chapeau, notre chauffeur. Nous allons nous installer dans notre hutte comme prévue le matin quand il faut se rendre à l'évidence : l'hôtelier ne retrouve pas les clés !!! aussi sommes nous mis dans des chambres traditionnelles. Une nouvelle surprise nous attend : elles ne sont pas faites !!! les draps sont sales, les chambres en désordre, des vêtements sont éparses, accrochés dans la penderie. Après discussion, du personnel viendra les refaire sommairement. Un hôtel quasiment neuf mais déjà en piteux état. Aucun entretien en particulier dans les sanitaires. Malgré cela, après un repas succinct, nous prenons des douches avant de nous coucher.
-Jeudi 21/4 : Départ à 9 h pour la 6 ème cataracte après une excellente nuit. Nous nous rendons au bord du Nil où nous traversons un petit zoo avant de rejoindre un bateau pour faire une petite croisière en direction de la cataracte située en amont. Le petit zoo contient des animaux locaux et en particulier un crocodile et quelques singes. Une heure de promenade sur le fleuve permet d'approcher les paysans et les pêcheurs en pleine activité. De nombreuses pompes assurent l'irrigation des champs aux alentours. La 6 ème cataracte est située dans une zone volcanique coupée par le fleuve ce qui a formé des gorges. Il ne s'agit pas de chutes mais seulement de rochers affleurant qui perturbent l'écoulement des eaux. Nous remontons une dernière fois dans notre 4X4 afin de rejoindre Khartoum. La fin du circuit approche. A midi, nous arrivons chez notre ami à Emarat, le quartier des ambassades. Nous prenons congé de nos accompagnateurs après les avoir remercié pour leur gentillesse et leur compétence. Nous les gratifions d'un pourboire et leur demandons la suite des prestations pour les 2 jours restants. Notre ami Pierre arrive et pour écouter dans les meilleures conditions notre récit, ouvre ses dernières bouteilles de Bordeaux (Il faut pas le dire !! c'est interdit) lors du repas. L'après midi, nous le passons à ranger nos affaires, à se reposer et à profiter de sa très agréable demeure. Pour vérifier la température nous plaçons son thermomètre sur la pelouse en plein soleil et atteignons allègrement près de 57°. A 18h, notre hôte est de retour, et nous recevons une volontaire du CICR qui vient lui apporter des boissons non produites au Soudan . C'est l'occasion de croiser nos sentiments sur le pays. Après avoir grignoté de succulentes cacahuètes arrosées au coca, nous nous rendons à l'Assaka, un très agréable restaurant libanais, lieu de rencontre des expatriés et des quelques touristes perdus dans Khartoum. Nous aurons l'occasion de rencontrer M. l'ambassadeur du Liban, un local dans l'établissement !! Coucher à 22h30.
-Vendredi 22/4 : Quand nous nous levons, notre hôte est déjà parti travailler. Sa cuisinière nous a préparé un somptueux petit déjeuner avec en particulier des jus d'orange et de pamplemousse à base de fruits frais. Les enfants passent la matinée à jouer aux consoles et ma femme et moi partons à la découverte du quartier d'Emarat. Celui-ci est un quartier moderne aux larges avenues bordées d'immeubles et d'hôtels à plusieurs étages ce qui est rare dans Khartoum. La ville est très étendue et poussiéreuse. C'est également le site de nombreuses ambassades qui sont le plus souvent établies dans des villas cossues entourées de jardins. La sécurité impose l'implantation de plôts de béton empêchant toute incursion de véhicules indésirables. C'est en particulier le cas de l'ambassade de France située à deux pâtés de maison du domicile de notre hôte. Souvent de hauts murs protègent ces propriétés jouissant d'un agréable jardin. En dehors des axes principaux, les autres voies de desserte sont en terre battue. Chaque maison possède un ou plusieurs gardiens qui veillent à la tranquillité des lieux et de leurs occupants. Nous irons faire quelques emplettes dans de mini supermarchés où l'on peut trouver toute la nourriture souhaitée par un étranger. (excepté les boissons alcoolisées) Comme c'est vendredi, jour de repos pour l'islam, les rues sont quasiment désertes, ce qui change de la cohue habituelle. A midi, notre cuisinière nous a préparé des pizzas, des salades de tomate arrosées de jus de fruits. L'après midi se passe à attendre notre chauffeur qui doit nous accompagner à Omdurman voir les cérémonies conduites par des derviches, secte soufi datant du XIX ème siècle. L'heure passant, nous sommes de plus en plus inquiets de l'absence de notre voiture. Grâce à un gardien de la propriété, nous entrons en contact avec Midhat, notre TO qui nous indique l'arrivée prochaine de la voiture. Celle-ci arrive vers 18h : je commençais à perdre patience. C'est ensuite, une course à travers Khartoum que l'on doit traverser pour rejoindre le cimetière d'Hamed al Nil où ont lieu les danses accompagnées par des tambours et des sifflets. Quelques participants portent des armes. C'est une foule compacte qui assiste à ces cérémonies où nous sommes très bien accueillis en tant que touristes étrangers. Les enfants sont même placés au premier rang afin de ne rien perdre du spectacle. Cela dure jusqu'au coucher du soleil. Nous étions inquiets mais tout s'est très bien déroulé. Comme la veille, nous retournons à notre cantine : le restaurant libanais._Samedi 23/4 : Dernier jour au Soudan. Notre hôte nous laisse les clés de sa demeure, partant une quinzaine se ressourcer en Thaïlande ; la matinée se passe à préparer les bagages. Dernière promenade dans les alentours de nôtre résidence. Après une légère collation à midi, notre chauffeur arrive pour nous conduire une dernière fois dans Khartoum et Omdurman. Nous partons visiter la tombe du Mahdi et la maison du Khalifa, son successeur à la fin du XIX ème siècle. Forte chaleur comme tous les jours précédents et poussière dans les rues où l'animation est revenue. Nous traversons le Nil blanc et nous nous rendons à la tombe qui est porte close. Heureusement, nous pourrons visiter la maison du Khalifat transformé en musée présentant des objets lui ayant appartenu tels qu'armes, vêtements, documents écrits de sa main. Des souvenirs également du passage du général gordon qui séjourna dans cette maison après sa prise d'Omdurman en 1898. Les premières voitures ayant roulé au Soudan sont présentées. Des objets de la vie courante de l'époque ayant appartenu au propriétaire des lieux complètent les vitrines disposées dans les salles de cette demeure où l'on verra aussi la salle de bain et ses installations sophistiquées d'arrivée et de distribution d'eau chaude et froide. Ensuite, nous finirons la visite d'Omdurman par un passage au souk en voiture. Avant de regagner notre demeure, nous passons visiter la mosquée de Farouk, l'ancien roi d'Egypte. Cette mosquée située à l'intérieur d'un jardin en plein centre de Khartoum date de la fin du XIXème siècle. Sa construction et son architecture ont été influencées par les Ottomans qui ont régné sur l'Egypte durant des siècles. Un dernier arrêt nous permettra d'acheter des cartes postales ce qui n'est pas une mince histoire au Soudan. Pour cela, il a fallu se rendre à l'hôtel de l'acropole qui semble détenir le monopôle de la vente de ces souvenirs et des timbres associés. Maintenant nous rejoignons notre résidence pour terminer les bagages, prendre une douche et un rafraîchissement. A 18 h, le chauffeur vient nous rechercher pour nous conduire à l'aéroport tout proche. Avant cela, nous saluerons et remercierons pour leur aide, les gardiens des différentes demeures voisines de celle de notre ami et nous porterons à l'ambassade les clés du propriétaire. Il ne nous reste plus qu'à attendre l'avion qui nous mènera au Caire en provenance de Nairobi. L'aérogare est climatisée ce qui permet sans trop de fatigue de supporter cette attente d'autant que l'avion a quelque peu de retard. Nous finissons nos derniers billets en achetant des derniers souvenirs et gardons précieusement en souvenir de la menue monnaie. En présentant nos billets électroniques, l'employée semble tiquer mais nous n'y prêtons pas attention. Nous sommes bientôt( après 3 h) appelés pour embarquer dans le 727 de Kenya airways. Le vol de 2 heures se passent sans histoire.
- Dimanche 24/4 : nous débarquons au Caire, il est presque minuit. Nous partons vers 4 h en direction d'Amsterdam. Les bagages ont été enregistrés à Khartoum pour leur destination finale (CDG) ; A la sortie de l'avion, nous nous rendons dans la zone de transit et présentons nos billets pour l'enregistrement sur le vol KLM. Tout de suite, l'employé nous annonce la suppression du vol. nous sommes atterrés. Personne n'est en mesure de nous dire quand partirons nous : il faut attendre. Tous les autres passagers ont quitté déjà l'aérogare. Nous restons avec quelques oubliés comme nous. Nous patientons ainsi près de 2 heures avant que l'on nous avertisse d'attendre 7 h du matin. Nous nous installons tant bien que mal pour dormir sur les fauteuils de l'aérogare aux boutiques ouvertes 24h sur 24 malgré l'absence totale de clients. L'heure fatidique approche, nous allons prendre un petit déjeuner avant de nous rendre au comptoir d'assistance. Le personnel s'est bien occupé de nous jusque là mais sans nous donner beaucoup d'informations. Une jeune femme d'Air France vient à nous pour nous annoncer que des places ont été trouvées sur un vol à destination de Paris partant à 9h40. On fait un ouf de soulagement : plus que 3 h à attendre. En fait, cela ne nous fait pas trop perdre de temps puisque nous devions transiter par amsterdam avant de rejoindre Paris. Un dernier gag survient alors : nous devions récupérer nos bagages afin de les réacheminer sur le vol Air France. C'est alors que l'on nous annonce qu'ils ont découvert dans un sac..........une bouteille d'alcool. Tout est bien qui finit bien.
Excellent voyage sans aucune ombre venant le ternir : tour opérateur local très sérieux et consciencieux dont le personnel a été aux petits soins pour nous. Comme toujours notre ami s'est mis en quatre pour nous faire profiter au mieux de sa résidence et du pays où il réside. Si le Soudan n'est pas un haut lieu du tourisme, il n'en reste pas moins que son approche est intéressante et l'image retournée par les médias ne correspond pas du tout au ressenti d'une famille de touristes qui a fortement apprécié l'accueil de la population à son égard. Le poids de l'Islam a été très léger et la vision superficielle de la vie locale que l'on a eu, ne permet pas de penser qu'il puisse s'y dérouler des événements semblables à ceux de pays voisins. D'ailleurs pour quel bénéfice? Bien sûr, tout n'est pas libre d'être visité, et au Darfour s'ajoute dorénavant la zone frontalière avec le sud Soudan dont la partition a lieu le 9 juillet suite aux élections du début de l'année. Ce 193 ème pays rejoignant l'ONU reste peu sûr, et souhaitons que les années de guerre civile ne seront plus que de l'histoire ancienne.
Pour voir nos photos http://www.panoramio.com/user/2279867/tags/P-Soudan-Sudan
Le déroulement du circuit au jour le jour : - Samedi 9/4 départ à 5 heures 30 pour rejoindre l'aéroport Charles de Gaulle, satellite 2F. Un voisin , taxi nous y mène en 20 minutes. Le premier vol nous emmène à Amsterdam par Air France. Départ à 8h pour 75 minutes de vol. Notre transit est très bref en Hollande, juste le temps de sortir de l'espace schengen et nous sommes installés à bord d'un A330 de la KLM direction Addis Abeba. 6 heures de vol après nous atterrissons à Khartoum où la température annoncée est de 38°. Cela nous change !!! nous avons passé un moment agréable dans l'avion où le service offert à bord est bon, le personnel aimable et à nos petits soins. Le repas servi est très correct. Passage en douane sans problèmes et nos premiers pas en territoire soudanais pour récupérer nos bagages qui sont bien là. Nous achetons des devises pour nos premiers achats. Nous sortons de l'aéroport climatisé pour rentrer dans une quasi fournaise. Après un ¼ d'heure d'attente nous voyons arriver notre ami au volant d'un 4X4 véhicule bien utile dans ce pays. Il fait connaissance avec nos enfants qu'il ne connaît que par photos interposées. Nous rejoignons son domicile situé dans le quartier d'Emarat tout proche de l'aéroport. Il s'agit d'une maison très confortable entourée d'un jardin verdoyant où quelques arbres viennent donner un peu d'ombre à une terrasse où un ventilateur tourne à plein régime afin de faire diminuer une température que l'on ne rencontre chez nous que lors d'une très forte canicule. Après avoir fait le tour du propriétaire, 3 immenses chambres sur deux niveaux, de nombreux salons, une salle à manger qui ne sert que lors de grandes occasions, nous nous installons dans notre chambre disposant d'une grande salle de bains. Après une courte remise en forme et l'ouverture des bagages, nous nous retrouvons avec notre hôte pour lui remettre quelques souvenirs de notre pays en particulier de la nourriture difficile à trouver sur place et qu'il pourra faire connaître à ses invités soudanais. Un rafraîchissement servi sur la terrasse nous permet de nous acclimater aux lieux et à la chaleur. Discussion sur un restaurant. Vers 20h, nous partons vers le centre de Khartoum pour rejoindre le Papa Costa, situé au fond d'un couloir et entouré d'un jardin . Une sono est en train d'être mise en place. Ce restaurant est le lieu de rencontre de la jeunesse du sud Soudan. Nous dégustons des plats italiens. Au milieu du repas, la musique et des chanteurs style « 9-3 » viennent perturber le calme de cette chaude soirée. Vers 22h, nous rejoignons notre havre de verdure et nos chambres à la chaleur toujours bien présente (32°). - Dimanche 10/4 : Réveil vers 8h30, notre hôte est déjà sur le pont, car son week end est terminé : direction l'ambassade située à moins de 2 minutes à pied. Sa bonne nous a préparé un copieux petit déjeuner arrosé de jus de fruit frais. Nous profitons de la belle salle de bain pour nous rafraîchir un peu avant d'entamer notre première journée soudanaise. A 9h, il fait déjà 31° sur la terrasse, à l'ombre. Nous attendons notre tour opérateur Midhat qui doit venir chercher des photos et les passeports afin d'établir nos permis de circuler indispensables à présenter lors des passages des check-points. Vers 10h, il se présente à la porte et nous présente le circuit que nous allons faire. « Dans une heure , le chauffeur revient et vous entamez la visite de Khartoum » nous dit-il.
Nous nous installons sur la terrasse et en profitons pour préparer nos sacs pour la journée. Appareils photo chargés, bouteilles d'eau en réserve. Et le temps passe, 11h....12h.Je commence à m'impatienter et demande au gardien de la maison- en effet toutes les maisons sont gardées nuit et jour par un ou plusieurs gardiens qui veillent à la sécurité des biens et des personnes malgré une absence d'insécurité visible- de téléphoner à Midhat afin de savoir où en est l'obtention des permis : « c'est fini, le chauffeur arrive ». nous attendrons encore une petite heure avant de voir revenir le chauffeur. Pendant ce temps-là nous prenons une petite collation afin de ne pas perdre de temps lors de la visite de l'après midi. Nous partons à la découverte de Khartoum et de ses encombrements de fin de matinée. Les axes principaux sont terriblement embouteillés malgré une absence de désordre dans la circulation : les feux rouges sont observés, il n'y a pas de n'importe quoi comme dans certaines capitales africaines. Nous nous rendons tout d'abord dans le centre afin de payer notre tour opérateur. Je m'attends à de beaux bureaux dans une artère commerçante. Si l'artère est commerçante, par contre les bureaux sont dans un bâtiment à la peinture écaillée et aux escaliers mal entretenus et sombres. Midhat nous reçoit à son bureau entouré d'ordinateurs. Il nous fait commander des boissons, nous payons le reste de notre circuit et il nous rédige notre facture. Nous redescendons à la voiture où il nous accompagne en nous souhaitant bon voyage. Nous restons sur une bonne impression : il est 13h30 et direction Omdurman et ses souks. Nous suivons les bords du Nil bleu, la corniche est en pleins travaux. Nous passons devant « l'oeuf de Khadafi », nom donné par les habitants de Khartoum à l'hotel Burj al Fateh , un 5 étoiles à la forme bombée édifié grâce à des capitaux libyens. La terrasse possède une magnifique vue sur Khartoum, le confluent des Nils. Nous traversons le Nil blanc provenant du lac Victoria pour atteindre Omdurman, la ville ancienne où s'est déroulée une bataille importante entre les Anglais et les armées du Khalifa, successeur du Mahdi, héros religieux légendaire et mythique en 1898. Les Anglais ont vengé le général Gordon tué lors de la prise de Khartoum en 1884. Après être passé devant la mosquée du Nil, nous atteignons le site de la tombe du Mahdi à proximité de la maison du Khalifa , son successeur, habitée par le gouverneur anglais Kitchener après la prise d'Omdurman. La tombe est fermée au public, nous ne pourrons donc la visiter. Le court arrêt nous permet de prendre un bain de chaleur en ce début d'après midi. Encore quelques kilomètres à travers la ville pleine d'activité commerçante. De nombreuses boutiques jalonnent les trottoirs. Ce ne sont que de marques d'électroménager, de voitures, d'informatique que l'on rencontre dans le monde entier. Puis nous arrivons dans un dédale de ruelles pleines de taxis, mototaxis, charrettes tirées par des ânes. Ce sont les souks. La voiture avance au pas dans des voies en terre souvent inondée. Notre chauffeur arrive à se garer et nous partons à la découverte des passages du souk. Ayant faim, nous achetons des cacahuètes grillées au goût rare et excellent et des dattes. Nous nous faufilons entre les étals de chaussures, de tissus, d'un bric-à-brac de quincaillerie. Des objets en peau de crocodile attirent notre attention. Les derniers représentants des sauriens du Nil finissent en chaussure, cendriers, port-clés. Quelques uns sont même empaillés. Nous passons aussi devant les boucheries où la viande pend à des crocs. On s'étonne du peu de mouches qui volettent autour. Nous restons une heure à zigzaguer dans les allées. Pour les filles, ce sont les rues des bijouteries qui retiendront le plus leur attention. D'ailleurs, ces boutiques sont celles où il y a le plus de femmes locales avec celles des tailleurs qui cousent sur place les robes. Les femmes portent des robes et des voiles de couleurs chatoyantes, rares sont celles portant des burqas noires. Nous rejoignons notre voiture pour nous rendre au musée national situé sur la corniche du Nil. Le musée présente, sur deux niveaux, l'histoire longue du soudan depuis la protohistoire jusqu'à l'arrivée des Ottomans. Les silex soudanais ressemblent à ceux du Pérou, de France et d'ailleurs... L'histoire plus récente permet de voir les différentes civilisations qui se sont succédées au fil des derniers millénaires. Le voisinage de l'Egypte a influencé fortement les peuples soudanais qui ont emprunté des techniques de construction de monuments tels les pyramides et les statuaires des temples où se mêlent dieux locaux et égyptiens. La civilisation méroïtique a conservé jusqu'à l'arrivée de la chrétienté au III ème siècle des éléments architecturaux typiques des anciens égytptiens tels les représentation des dieux et l'écriture hiéroglyphique dans les bas-reliefs. A l'extérieur des bâtiments, sont présentés des monuments reconstruits, sauvés lors de la création du lac Nasser qui arrive jusqu'à Wadi Halfa. Le guide, conservateur du musée qui nous a accompagnés lors de cette visite, nous accompagnera également pour le reste de notre circuit. Après cette découverte des multiples visages de l'histoire soudanaise nous repartons voir le confluent des deux Nils. Pour cela nous traversons un petit parc d'attraction, lieu de détente des familles de Khartoum. Le lieu pourtant mythique de la confluence nous déçoit tout d'abord par l'amoncellement de bouteilles et canettes en tout genre abandonnées là en quantité . Les deux fleuves se rejoignent sans aucune mise en valeur du site. Aucune animation particulière excepté des pêcheurs à la ligne et en barque côté Nil bleu, qui vient du lac Tana en Ethiopie. Vers 18h15, nous rejoignons la maison de notre hôte qui arrive tout juste du travail. Nous lui donnons nos premières impressions sur la ville et nos visites en sirotant des boissons non alcoolisées sur la terrasse où la température frôle toujours les 40°. A 20h , nous prenons le chemin d'un restaurant libanais où nous sommes reçus avec un jus de citron vert à la menthe qui nous rafraîchit agréablement. La nourriture libanaise nous ravît, faite de mézzés et de kebabs. Une pastèque constituera notre dessert. 10 minutes de voiture et nous sommes rentrés.
-Lundi 11/4 : Réveil à 8h, le petit déjeuner nous attend sur la terrasse où il fait déjà plus de 30°.Ce matin départ pour l'aventure. Avec fébrilité nous attendons nos chauffeur et guide. A 9h15, apparaît un 4X4 Toyota plein jusqu'au toit. Le guide est celui d'hier qui nous a expliqué l'histoire du Soudan au musée. Il se nomme Aymen, le chauffeur est Himad. Après les présentations aidés en cela par le gardien de notre hôte, nous apportons les bagages et après les au-revoir avec ceux qui restent à Khartoum, chacun s'installe. Arthur, notre fils, est assis sur la 3 ème banquette où il ne lui reste qu'une place, le reste étant composé de la glacière pleine de victuailles entreposées pour le début du circuit. Christine, Pierrine et moi sommes sur banquette suffisamment large pour que nous ne nous gênions pas durant les heures de route. Nous quittons Emarat, le quartier chic de Khartoum où se trouvent les ambassades pour traverser la ville en direction du nord. Nous passons au bureau de Midhat récupérer nos passeports. C'est plus de 500 km qui nous attendent. La clim du véhicule nous permet de bien supporter le trajet. Passés Omdurman nous sommes vite dans le désert, sur une bonne route goudronnée où la circulation devient clairsemée. Quelques camions, des bus et peu de véhicules particuliers. Un arrêt dans la banlieue d'Omdurman pour faire une dernier achat de nourriture me permet de faire quelques clichés de la vie quotidienne soudanaise. Les étals des marchands de quatre saison sont pleins de légumes de chez nous ; il y a tout pour faire une ratatouille. Le pain a la forme de galette. La végétation est quasiment nulle : quelques arbres rabougris, des termitières çà et là forment le relief sur les premiers kilomètres. A perte de vue, la rocaille et le sable. Nous roulons ainsi 2 heures avant un premier arrêt permettant au chauffeur de se reposer et de fumer une cigarette. Nous nous dérouillons les jambes. Plus tard, nous quittons la route pour s'enfoncer dans le désert, nous nous en étonnons et puis on aperçoit bientôt un rassemblement d'animaux et d'hommes: nous arrivons à un puits. Chameaux, chèvres, moutons viennent s'abreuver. C'est l'occasion de nombreuses photos. Cet arrêt passé, nous roulerons jusqu'à 1h de l'après midi. Quelques baraques le long de la route forment un caravansérail moderne où de nombreux camions sont arrêtés afin de reposer également la mécanique humaine après ces chaleurs que l'on qualifierait d'insupportables dans nos régions (plus de 45°). Cela va être notre premier repas typique. Le chauffeur va s'enquérir de la nourriture servie dans un boui-boui. Il faut même qu'il sorte la vaisselle du 4X4. Nous nous installons à table où nous est apportée eau en bouteille. Les locaux, eux vont se servir dans de grandes jarres mises à leur disposition par l'aubergiste. C'est une habitude au Soudan : devant de nombreuses maisons, dans les rues des villes et villages, de grandes jarres remplies d'eau sont offertes aux passants. Les plats s'accumulent devant nous, foul-le plat traditionnel soudanais fait à base d'haricots noirs. Un plat de viande bouillie agrémentée d'une sauce à la tomate est accompagné de riz. En dessert, le chauffeur nous apporte des bananes. Un peu plus d'une demie heure d'arrêt et nous repartons en direction de Dongola. La traversée du désert dure toute l'après midi. Peu de villages à traverser avant d'atteindre le but de la journée. Ce soir nous allons dormir chez la sœur du guide dont le mari est fonctionnaire aux impôts. Même les soudanais n'y échappent pas !!! Nous sommes dans la banlieue de Dongola. Les maisons à un seul niveau sont toutes entourées de hauts murs de briques crues recouvertes d'un enduit crème à la décoration symbolisant des branches de palmier. La famille qui nous reçoit est composée de 4 personnes dont 2 enfants. Abderrahmane est le fils de 4 ans. Il vient d'avoir une petite sœur.On nous installe dans une grande chambre disposant d'un grand ventilateur au plafond de bonne hauteur permettant une bonne circulation de l'air. Une bonne partie de la maison n'est couverte que d'un toit afin de former des zones où des courants d'air assurent le rafraîchissement de l'atmosphère. La maison est composée de plusieurs bâtiments disséminés dans un vaste jardin d'agrément et potager. Les sanitaires sont situés également à l'extérieur, il s'agit d'une douche fermée et de toilettes à la turque ouvertes sur le ciel. Le repas nous est servi à 20h30:c'est la maîtresse de maison qui nous l'apporte. Nous installons un 3 ème lit dans la chambre. Je dormirai dehors dans la partie couverte par le toit. Le guide et le chauffeur installent le leur directement dans le jardin. Le début de la nuit est un enfer pour moi qui suis la cible de moustiques. Des escadrilles entières semblent me foncer dessus. Cela semble durer des heures ; je perds patience et demande l'assistance de ma femme qui me donne des bombes sensées combattre les attaquants. Malgré tout cela à 3 h du matin, j'abandonne et ma femme me remplace à l'extérieur et je me résous à m'installer dans la chambre.
-Mardi 12/4 : Réveil à 7h : lavage succinct. Lors du petit déjeuner une petite fête est organisée pour l'anniversaire d'Arthur dont c'est l'anniversaire.Il a 13 ans. La maîtresse de maison a préparé un petit gâteau surmonté d'une bougie qu'il vient souffler. Pierrine s'est amusée avec le bébé qui l'a bien acceptée. A 9h nous prenons congé de nos charmants hôtes. Nous nous rendons dans Dongola faire quelques courses. Nous nous baladons dans le souk et cherchons un cyber café afin de rassurer la famille et donner nos premières impressions sur le Soudan. Pas de cybercafé mais une boutique ou trônent de vieux ordinateurs qui cependant fonctionnent. Pieerine s'achète un keffieh qui la protégera de la chaleur toujours aussi présente. Après 45 m d'arrêt nous reprenons la route qui devient vite une piste. Direction plein nord. Nous nous approchons du Nil afin de voir une forteresse ottomane en ruine composée de pierres et de briques. Du haut des remparts nous dominons le Nil tout proche. Cette forteresse protégeait des attaques des pillards nomades. Vers 13 h notre chauffeur nous prépare un pique-nique à l'ombre d'un acacia surplombant un coude du Nl à proximité de la 3 ème cataracte. L'endroit est très sauvage. Les bords du fleuve sont les seuls endroits où il y a un peu de végétation, sinon c'est tout de suite le désert. Devant le peu de succès de ses premiers repas avec les enfants, le chauffeur/cuistot adapte sa cuisine. Quant à nous, nous sommes très contents de ses salades. En reprenant la route, nous tombons sur une caravane de chameau. Notre chauffeur nous arrête et nous nous approchons du troupeau de près de 200 bêtes qui s'abreuvent au bord du fleuve et profitent également de l'herbe souvent rare par ailleurs.
Le guide nous sert de traducteur et l'on apprend ainsi que les camel-boys se rendent en Egypte depuis le Khordofan, une région à l'ouest du Soudan.Cela prend 56 jours. Ils en ont déjà fait 46. Ils s'arrêtent aux plus chaudes heures de la journée et marchent même durant la nuit. Tous les 2 ou 3 jours, ils doivent trouver des pacages et des points d'eau. Arthur et moi avons la chance de pouvoir monter sur la monture du chef qui nous fait faire un petit tour. Cela n'a rien de touristique et cela restera un moment fort de notre passage au soudan. A la fin de notre visite, l'ensemble des chameliers entame une danse traditionnelle où les bâtons s'entremêlent. Après avoir remercié la troupe de son accueil, nous reprenons la route en direction de Sesibi, le premier archéologique que l'on va rencontrer. Pour cela, nous quittons la piste principale. Durant tout le circuit, nous serons stupéfaits de l'excellente connaissance du terrain que possède notre chauffeur car aucune indication existe. Nous nous arrêtons vers 16 h faire une coupure à un embarcadère de bac. Cela permet de nous désaltérer et de reposer le chauffeur. Les bacs sont les seuls moyens de traverser le fleuve au nord de Dongola. Ils permettent le transport de 2 ou 3 véhicules ou d'un camion.
A Sesibi, le guide entame son activité pour nous décrire les civilisations qui s'y sont succédées. De nos jours, 3 colonnes sont les seuls vestiges d'un temple érigé par la 18ème dynastie au XIV ème siècle avant notre ère. Le pharaon hérétique Akhénaton en est le constructeur. Les fouilles sont effectuées par des Français. Le sol est jonché de tessons de poterie dont on ne peut s'empêcher d'emporter un fragment malgré l'interdiction qui nous en est faite par notre guide, conservateur du musée de Khartoum.
Avant d'atteindre Soleb, nous croisons une seconde caravane de chameau ce qui nous permet de faire quelques clichés.
Nous arrivons dans nôtre nouveau gîte à quelques minutes du coucher de soleil. Cela me permet de faire de belles photos sur le temple dont les ruines s'étalent à peu de distance de notre maison d'un soir. Notre hébergement du soir est une immense maison nubienne servant à recevoir des hôtes- touristes ou archéologues travaillant sur le site. Chambre très grande munie d'un ventilateur suspendu bien utile. L'acclimatation à la chaleur très bien faite pour tous dès lors que nous avons de l'eau en quantité suffisante. La douche permet bien de nous relaxer après ces heures de route et de poussière. La nuit tombe vers 19h15. Repas fait par notre chauffeur : soupe, poulet frit, nouilles : un régal pour les enfants !!
A 21h30 extinction des feux après avoir profité d'un ciel étoilé magnifique.
-Mercredi 13/4 :
Réveil à 7h. Pierrine n'est pas au mieux : colique peut-être fièvre.
Ce matin nous visitons à partir de 9 h les ruines du temple qui s'étale à peu de distance du Nil.
Disposition classique d'un temple égyptien. Par rapport à Sesibi, les vestiges sont mieux conservés.
Il y a de nombreuses colonnes remplies de hiéroglyphes. Notre guide s'en donne à cœur joie pour nous expliquer les différentes époques de construction. Certains éléments ont été enlevés pour être replacés sur d'autres temples par des rois peu scrupuleux ou impatients. C'est le cas de sphinx de l'allée principale que l'on retrouvera à Karima au pied du Jebel Barkal. Nous finissons la visite au bord du Nil où nous voyons le travail des paysans iirigant leurs champs.
De retour au gîte, Pierrine ne se sentant pas bien ne nous accompagne pas à une balade qui nous conduit au pied d'une falaise dominant le Nil. Une sorte de verrou rocheux porte des traces de la présence des Egyptiens qui ont sculpté la roche, il y a plus de 3000 ans. La proximité du désert y a accumulé du sable permettant de magnifiques glissades sur cette dune improvisée.
Nous mangeons au gîte avant de partir vers 14h15. La maladie de Pierrine s'est estompée.
Nous nous rendons à Sedeinga où nous voyons un temple à l'unique colonne encore debout. Des restes d'église se trouvent à proximité. Nous empruntons ensuite une piste très sablonneuse afin de rejoindre l'embarcadère du bac qui nous mènera à l'île de Saî. Nous attendrons une heure avant d'installer le 4X4 sur le bateau. Nous croisons des militaires soudanais qui nous offrent un café. Arthur est très intéressé par leur équipement- kalachnikov, lance-roquettes, etc..
Nous faisons une mini croisière d'une heure sur le fleuve que nous remontons pour atteindre l'île. Quelques minutes après le débarquement , nous arrivons dans le village principal de l'île. Comme les jours précédents, nous disposons, dans la maison d'hôte qui nous reçoit, d'une chambre spacieuse au mobilier conséquent (fauteuils, tapis, table, rideau). Je vais me promener dans les environs et assiste à un match de foot sur un terrain très poussiéreux d'autant qu'un léger vent s'est levé. Comme tous les soirs, j'en profite pour réaliser des photos de coucher de soleil et là en plus je profite d'une spécialité locale : une tête de crocodile à la gueule grande ouverte placée sur le mur d'enceinte du jardin.
Au dîner ce soir : frites. C'est-à-dire que les parents n'ont rien mangé !!!! Le chauffeur réussit un tour de force de préparer ce plat avec les moyens du bord. Et il est applaudi. Dorénavant, tous les soirs ce sera frite....et soupe .
-Jeudi 14/4 :
Debout à 7h45. Le petit déjeuner nous attend. Depuis quelques jours, le cuistot prépare des crêpes qui font le régal des enfants mais il manque le nutella. Le jus de fruit est à reconstituer avec de l'eau. Pour les grands, c'est café et pain grillé. A 9h, nous partons à la découverte des tombes de la civilisation Kerma qui datent de 2000 avant notre ère. Il faut être spécialiste pour vraiment apprécier. Nous sommes encore un peu justes pour remarquer les tombes de plusieurs civilisations qui se sont succédées dans ce lieu quasi désertique et rocailleux. Ce sont souvent des tumuli aux pierres de différentes couleurs disposées en cercle. Par contre, nous nous trouvons au milieu de milliers de tessons de poterie comme à Sesibi et en particulier d'amphore ou de culots de lampe à huile. Ce sont des restes d'offrandes disposées lors des cérémonies funéraires ou des commémorations d'enterrement. Nous reprenons le 4X4 pour visiter ensuite une forteresse ottomane
qui surveillait la circulation sur le Nil. Elle est en cours d'exploration et l'on y découvre des traces de réemploi de matériaux et en particulier de colonnes égyptiennes portant encore des hiéroglyphes.
A proximité se trouvent les bureaux et les bâtiments qui servent à l'hébergement des chercheurs français qui fouillent les différents sites archéologiques de l'île.
Nous rejoignons ensuite l'embarcadère du bac après s'être arrêté devant des vestiges d'églises chrétiennes datant des premiers siècles de notre ère. Il faut attendre près d'une heure avant de pouvoir embarquer : il a fallu lui faire traverser le fleuve et réunir l'équipage : c'est l'Afrique !!!Durant cette attente, cela nous a permis de voir le travail des champs et l'irrigation qui permet une culture de légumes -oignons, haricots, sous un climat torride.
La traversée est rapide pour rejoindre la rive orientale du Nil. Ensuite 15 minutes de voiture et nous arrivons à Abri où nous mangeons dans un restaurant : j'y dégusterai mon premier poisson du Nil grillé. Le reste correspond à la gastronomie locale : foul, falafel, viande d'agneau en sauce.
Avant de reprendre la direction du sud, nous faisons un petit arrêt au..... souk ; J'achète une paire de sandale « made in Sudan ». Peu de produits manufacturés sont produits ici. L'importation chinoise inonde les marchés locaux.
Après des dizaines de kilomètres de piste parcourus ces jours derniers, nous roulons sur du goudron en direction de Tombous, l'étape de ce soir. Nous visitons la tombe du sheikh Idriss, un chef religieux mort il y a deux siècles. Sa tombe est toujours entretenue et des pèlerinages ont lieu tous les ans pour vénérer cet imam. Il est enterré, dans un bâtiment formant coupole, à l'intérieur d'un sarcophage couvert de tissu vert, la couleur de l'Islam. Au km 635, nous nous arrêtons, nous le pensions, pour que notre chauffeur fume sa cigarette. En fait, nous nous retrouvons dans un caravansérail hétéroclite de boutiques faites de tôle. Il y a des garages, des quincailleries, des épiceries, des fondeurs de métaux, mais ce n'est pas n'importe quel type de métal : il s'agit d'or.
Nous nous trouvons à proximité de mines d'or . Comme lors de la ruée vers l'or aux USA, cela crée des villes de toute pièce en quelques mois. Ici, il n'y a que les fondeurs et les négociants qui rappellent l'importance de la découverte dans la région. Les pépites sortent des poches des mineurs, enveloppées dans du papier et sont rapidement fondues afin d'être proposées aux négociants qui achètent les petits blocs d'or jaune tout juste fondus. Pas de saloons, l'alcool étant interdit, le calme semble régner dans cet univers très masculin. Aucune femme ne sera visible. Aucun logement n'existe d'ailleurs à proximité. Nous verrons en reprenant la route quelques kilomètres plus loin, des centaines de mineurs s'affairant à ramasser des sacs de terre qu'ils vont ensuite trier afin d'en retirer quelques pépites. Cela restera un moment très fort de notre passage dans cette région. Le Soudan est actuellement un très gros producteur d'or dans le monde. D'après notre guide, il n'y a pas de concession accordée par le gouvernement, chacun peut venir et chercher de l'or à sa guise d'où l'engouement des humbles pour retourner des tonnes de terre.
Nous quittons ensuite la route pour rejoindre les bords du Nil à la hauteur de la 3 ème cataracte que l'on surplombe depuis une colline portant un fort ottoman en ruine. De là haut, la vue est magnifique s'étendant sur des dizaines de kilomètres de rive du Nil. Il ne s'agit pas véritablement de chutes mais d'amoncellement rocheux , reste de coulée volcanique perturbant l'écoulement du fleuve.
Nous continuons sur la piste longeant le Nil et nous arrêtons voir des sculptures d'animaux gravés dans la pierre en particulier de bovins mais aussi d'animaux sauvages disparus de ces régions de nos jours (éléphants, girafes, autruches ) Il s'agit d'un chaos rocheux où deux parois sont couvertes de fresques rupestres. Toujours le long de cette piste très sablonneuse nous passons voir des vestiges d'une église chrétienne construite au milieu de rochers qui la dissimulent au regard des passants. Dans ces chaos rocheux, deux gros blocs monolithiques se détachent pour ressembler à des amoureux s'embrassant. Nous arrivons en fin d'après midi à Tombous où nous attend une nouvelle maison d'hôte . 2 chambres sont mises à notre disposition dans un charmant jardin. La douche sera bien agréable après une longue journée de route qui nous aura permis d'admirer des sites archéologiques, des scènes de vie rares, de beaux paysages. Nous nous couchons avec l'appel pour la prière du soir, le minaret de la mosquée dominant la cour dans laquelle on finit la soirée.
_Vendredi 15/4 :
Réveil à 7h45 suivi du petit déjeuner où certains se goinfrent de crêpes. Nous entamons la journée
par une promenade dans le village de Tombous situé en bordure du Nil. Nous nous dirigeons vers une ancienne carrière de granite où nous voyons la statue d'un pharaon laissée là suite à un coup de taille mal ajusté qui a fait éclater la pierre. Nous voyons également un bloc ouvert en deux où sont encore visibles les encoches ayant servi à le fendre. Des coins de bois étaient enfoncés dans la pierre puis humidifiés afin qu'ils fassent éclater la roche en se dilatant. Sur d'autres rochers en nous approchant du Nil, nous distinguons des inscriptions égyptiennes laissées par Thoutmosis I pour commémorer la prise du royaume de Kerma .
Au niveau du village, le Nil se faufile entre des pierres créant ainsi des rapides très photogéniques.
A 10h30 nous prenons la direction de Kerma afin de voir les deffufas, de gros bâtiments de brique crue, vestiges d'une civilisation datant de plus de 3 millénaires. Ces constructions dont on ne connaît pas la raison d'être exacte en sont les seules restes visibles. Celle de l'est, à la limite du désert, est entourée par plus de 30000 tombes parsemées de millions de tessons de poterie. Celle de l'ouest était au centre de la ville et du palais royal, il est possible d'accéder au sommet par un escalier permettant d'avoir une vue d'ensemble sur les maisons et palais, que l'on reconnaît par l'empreinte laissée par leurs fondations, et détruits lors de l'invasion des Egyptiens conduits par Thoutmosis Ier. Un musée nouvellement créé a permis de regrouper les découvertes archéologiques récentes. On y voit de nombreuses statues de rois koushites et de pharaons ayant régné sur la région au cours des deux millénaires précédant notre ère. Lors de notre visite de ce musée, nous rencontrons nos premiers touristes européens.
Après cette visite qui s'est déroulée sous un chaleur étouffante, nous reprenons la route pour Dongola où nous attend la famille de notre guide qui nous hébergera une seconde fois.
Ce soir, ce sera pizza au dîner en plus des pâtes d'où un grand merci des enfants au cuistot !!!
La nuit se passe sans moustique ce qui nous assurera un bon repos.
-Samedi 16/4 :
Après une nuit à Dongola sans moustique, le petit déjeuner se termine comme lors de notre 1er passage : un gâteau pour Pierrine dont c'est l'anniversaire. Les enfants se rappelleront longtemps de leur passage à 13 et 15 ans. Une chose rare, un anniversaire au Soudan. La bougie soufflée et le chargement du 4X 4 effectué, c'est l'adieu aux enfants de nos hôtes et à leurs parents. Ils n'attendent même pas notre départ pour s'installer tous les 4 sur la moto paternelle et rejoindre la ville. Nous traversons le Nil sur le pont fraîchement terminé, réalisé par les Chinois. Nous nous arrêtons au site de Kawa, morne plaine écrasée de chaleur. Ce n'est pas l'enthousiasme. Quelques tumuli, des tessons de poterie et des restes d'un temple ramené à sa plus simple expression : des fragments de colonnes. Le plus intéressant, c'est la vue sur le Nil tout proche. Nous parcourons ensuite le trajet le plus intéressant du circuit : une traversée dans le désert sur une piste bordée de dunes et semée ça et là de quelques oasis et cela pendant environ 2 heures. Nous croisons quelques chameliers montés sur leur vaisseau. Pour nous détendre et fumer une cigarette, notre chauffeur nous arrête au pied d'une dune que nous gravissons malgré la très forte chaleur : c'est l'occasion de s'amuser en la dévalant à toute allure. Au moment de repartir, frayeur : le 4X4 ne veut pas démarrer. Le capot levé, le chauffeur se met les mains dans la mécanique en revissant les cosses de batterie, mais rien n'y fait. Nous sommes obligés de pousser les 2 tonnes pour sentir le moteur hoqueté puis s'emballé. Ouf, la panne est finie. Nous rejoignons la route goudronnée et trouvons un abri ombragé pour pique-niquer. Nous nous rendons à Old Dongola . Nous tombons sur des touristes en panne avec leur 4X4, cela semble plus sérieux que pour nous. Ils font partie d'une ONG de Khartoum et viennent passer le week end en famille sur ces sites archéologiques . Notre chauffeur se met à nettoyer l'arrivée d'essence en dévissant le carburateur.
Après quelques essais, c'est enfin le bruit espéré du moteur qui tourne d'autant qu'un participant doit reprendre l'avion de retour ce soir à Khartoum et nous étions à plus de 400 km de là. Après avoir pris les billets pour visiter le site, nous retombons sur les touristes de nouveau en panne à la porte des fouilles. Notre chauffeur se remet au travail et passe le volant à notre guide afin que l'on ne perde pas de temps. Celui-ci s'y installe mais la prise en main ne semble pas aisé pour lui. Je propose de le remplacer ce qu'il accepte et conduis ainsi durant 2 kilomètres jusqu'aux fouilles. Ce sera mon expérience de conduite au Soudan dans le sable : cela s'est bien passé. Sous la chaleur, nous parcourons les collines surplombant le Nil. C'est le lieu de la plus forte présence chrétienne dans la région qui s'est maintenue jusqu'au XIV ème siècle et l'arrivée de l'Islam. Nous voyons les fondations d'une basilique et de plusieurs autres églises. La police arrive pour nous interdire la visite : nous demandons pourquoi au guide et c'est un simple problème de billet relatif aux enfants. Après quelques instants et appels téléphoniques à leur direction, la situation s'améliore et nous pouvons reprendre notre visite.Sur un monticule, s'élève le palais du trône, un monument dont on ne connaît pas la destination initiale et qui fut transformé en mosquée lors de l'invasion musulmane. Il est en cours de rénovation. De là haut, la vue est magnifique, permettant d'apprécier l'étendue de l'ancienne ville dominant le Nil. Sur la rive opposée, nous observons une 3 ème caravane de chameaux.
Au lieu de camper là comme ce l'était prévu initialement, nous prenons la route pour Karima distant d'environ 150 km. Le goudron est excellent et la distance est vite avalée. Lors des derniers kilomètres, la route surplombe le Nil, ses oasis et des villages d'où dépassent les minarets verts des mosquées. Nous approchons du Jebel Barkal, la montagne sacrée émergeant de la plaine tel Ayers rock en Australie. Au pied de cette montagne, se trouvent quelques pyramides en taille réduite par rapport à celles d'Egypte dont elles sont des copies. Nous rejoignons notre gîte qui nous hébergera durant 3 nuits. Il s'agit d'une grande maison entourée d'un haut mur et d'un agréable jardin avec vue sur le Jebel Barkal. La douche confortable nous permet d'effacer les fatigues de la journée passée en grande partie en voiture. Nous disposons d'une grande chambre pour nous 4. Repas de gala, ce soir : soupe, nouilles, frites et poulet frit.
Extinction des feux à 21H30.
-Dimanche 17/4 :
Réveil 8h. Vue magnifique sur le jebel Barkal tout proche. Petit déjeuner très complet avec crêpes, confiture de figues, jus d'orange en poudre, pain et « vache qui rit ».
nous commençons la journée par la visite du petit musée voisin qui regroupe les trouvailles archéologiques faites dans les alentours très riches en vestige. Beaucoup de statues d'inspiration égyptienne et même des momies retrouvées dans des tombes. Nous traversons ensuite un no man's land torride pour rejoindre le pied du jebel où se trouvent des temples et des tombes souterraines garnies de magnifiques peintures représentant le passage dans l'au-delà : des représentations du livre des morts que l'on trouve dans les tombes égyptiennes. Le temple d'Amon datant probablement du XV ème siècle avant J.C. est relativement bien conservé et rénové. Il est de plan classique avec son allée de sphinx, seul le pylône est en ruines. De nombreuses colonnes portent des hiéroglyphes. Nous visitons également le temple de Mout, la femme d'Amon, placé au pied d'un piton phalliforme, isolé de la falaise.
Avant de retourner à notre gîte, nous passons voir le « nubian rest house » exploité par des italiens.
Il s'agit du seul hôtel confortable, aux normes européennes situé au nord de Khartoum. Entouré de hauts murs comme toutes les maisons nubiennes, il abrite une grande cour à la verte prairie.Les chambres sont placées tout autour. Sur l'un des côtés se situe le bâtiment principal où se trouve le restaurant, les salons et les cuisines. Une décoration simple rassemblant des meubles typiques est disposée dans de grandes alcôves permettant d'assurer une intimité aux visiteurs. A notre grande stupéfaction, nous tombons en arrêt sur une table basse ronde qui est la copie conforme de seulle de notre salon. Nous demandons la provenance de ce meuble au directeur qui nous dit l'avoir trouvé dans une demeure de la région. Son authenticité ne fait aucun doute. Par contre, la nôtre est sensée provenir d'Inde et celle que l'on a sous les yeux est peut-être le fruit de voyages de ses anciens propriétaires dans ces régions pas si lointaines. De nombreux échanges avaient lieu par bateau entre la mer rouge et le golfe du Bengale. Aucun touriste ne vient perturber notre arrivée impromptue dans cet établissement qui est sur le point de terminer sa saison. Après avoir pris une boisson, nous prenons congé de notre hôte et retournons à notre gîte situé à peu de distance. Dans cet hôtel , il semble manquer une piscine, mais l'aridité des lieux doit empêcher sa construction et surtout son entretien.
A 13h, nous déjeunons de salades, falafel et pastèque le tout terminé par un carcadé, la boisson à base de fleur d'hibiscus bue sur les rives du Nil.
Jusqu'à 16h , nous nous reposons d'autant que la chaleur est toujours aussi importante (45°).Nous demandons à notre guide de nous rendre sur les bords du Nil. Il y a un cimetière de bateaux en particulier d'anciens vapeurs faisant la liaison fluviale entre Dongola et Karima. Leur raison d'être a disparu du fait de la construction récente de nombreux ponts facilitant les déplacements. En effet, nous trouvons ces vestiges en train de rouiller sur le rivage : d'anciens steamers à plusieurs ponts posés sur le sable. Cachées sous les coques, des chiennes sont venues mettre bas. Les enfants sont près d'adopter ces petits chiots fraîchement nés. Nous réussissons à les en dissuader. Nous partons ensuite visiter les tombes koushites d'el Kurru situées en aval de Karima le long du fleuve. A l'origine ce site était composé de pyramides aujourd'hui arasées Ces sépultures sont enterrées et nécessitent de descendre des escaliers très prononcés en bas desquels nous entrons dans des salles ornementées de peintures représentant le livre des morts des égyptiens. Le toit de la salle est agrémenté de constellations d'étoiles très bien conservées au niveau du graphisme et des couleurs. Les murs où se mêlent dessins et hiéroglyphes conservent les teintes originales. Cela date pour les plus anciennes du IX ème siècle avant J.C. Le tombes que l'on visite sont celles de Tantawamani et de sa mère. Elles datent du VII ème siècle avant notre ère. L'une conserve même la sarcophage en pierre du défunt. Nous retrouvons le groupe de touristes croisé quelques jours auparavant au musée de Kerma.
Nous passons notre 2 ème nuit à Karima.- Lundi 18/4 : Ce matin , nous nous rendons au souk de Karima. Sur une grande esplanade traversée par les voies d'un chemin de fer aujourd'hui abandonné, nous assistons à une vie quotidienne très occupée. Des forgerons fabriquent des instruments aratoires rudimentaires, des lames de couteaux, de faux, tout un assortiment de matériel nécessaire aux travaux des champs. Des soudeurs finissent de construire les barques qui servent aux pêcheurs très nombreux sur le Nil. La literie est également montée sur place. Il s'agit de tresser des cordes multicolores sur un cadre métallique soudé. Avec la chaleur, les cafés sont pris d'assaut dès lors que les achats ont été faits. Un cuistot prépare des poissons frits tout frais sortis du Nil. Nous nous engageons dans les ruelles qui mènent au fleuve. Sous les arcades centenaires, il y a des enfilades de commerces , épicerie, marchands de légumes, bouchers. Mais ce qui intéresse le plus, femme et fille, ce sont les bijoutiers. Il y en a plusieurs dans la même rue. Après quelques allées et venues entre plusieurs, elles trouvent leur bonheur en l'occurrence un collier de fabrication d'Arabie Saoudite. Pas question de marchander bien que l'on soit dans un souk. Durant ce moment, je me rends jusqu'au bord du Nil tout proche. Ce ne sont que bouteilles en plastique et sacs abandonnés au vent. Il y en a pour des siècles pour faire disparaître toute trace de notre passage !!! De minuscules chantiers navals sont pleins d'embarcations de pêche retournées et en train de rouiller attendant un client. Nous rejoignons notre 4X4 et traversons sur le Nil sur un pont chinois flambant neuf pour nous rendre à Nuri situé en amont et proche du barrage de Mérowé qui ne nous sera pas possible de visiter n'ayant pas les autorisations nécessaires. Dans un site désertique, nous nous baladons entre les pyramides datant de la XXV ème dynastie qui régna sur l'Egypte à l'époque de Taharqa, le plus célèbre des pharaons nubiens. Nous nous enfonçons ensuite dans le désert pour visiter les vestiges d'El Ghezela, un monastère chrétien abandonné au XI ème siècle. Il reste des pavages et des mosaïques à l'intérieur de l'église principale que l'on reconnaît grâce à quelques colonnes et murs encore debout. Retour à 13h15, à notre gîte pour le déjeuner fait de poisson, salade et falafel . Repos jusqu'à 16h pour nous rendre ensuite dans un cybercafé de Karima afin d'envoyer un mail à la famille et vérifier que l'on ne nous a rien laissé sur notre boîte mail de vacances. Ensuite nous nous dirigeons vers le Jebel Barkal afin d'en faire l'ascension et de voir les pyramides construites à son pied. Notre guide nous explique leurs constructions. Arthur se défoule en commençant l'escalade de l'une d'elles.15 minutes de marche nous permettent d'atteindre le sommet du jebel formant plateau. De là haut, la vue est magnifique sur la ville de Karima, les bords du Nil et l'oasis le longeant. Nous dominons également les vestiges des temples qui s'étendent au pied de la colline et pouvons observer le fameux piton à la forme phallique qui fit la renommée du site dès l'antiquité et la rendit sacrée. C'est un lieu de visite des Soudanais. Pour redescendre plus vite, nous empruntons une dune de sable couvrant une pente de la colline qui domine les pyramides. Le coucher de soleil sur ce site est magnifique. Pour rejoindre à pied, notre maison , nous traversons le temple d'Amon dans les dernières lueurs du crépuscule.
- Mardi 19/4 : Après une dernière nuit à Karima, dans un gîte confortable par sa chambre et ses installations sanitaires, nous partons à 9h pour Méroé, le site le plus connu du Soudan. Juste après avoir traversé le Nil en direction de l'Est, nous nous arrêtons voir un site archéologique qui ne nous restara pas dans les mémoires, :quelques pierres, 2, 3 cailloux formant la base de colonnes et c'est tout ; vite à oublier. Par contre, quelques minutes après, notre chauffeur nous mène à un marché de dromadaires dans un village proche qui sera la source de nombreux clichés. Des dizaines de dromadaires, des chèvres, des moutons font l'objet d'un commerce dans un vaste enclos où même les femmes sont présentes. Nous nous arrêtons ensuite dans le centre du village pour faire quelques emplettes de nourriture, cela nous permet un marché très bien achalandé avec, en particulier, des poissonniers vantant leurs poissons-chat tout frais sortis du Nil.
Nous nous enfonçons ensuite dans le désert de Bayuda en direction d'Atbara. La route est goudronnée ce qui permet d'avaler rapidement les kilomètres. Comme à chaque long trajet, notre chauffeur quitte l'axe principal et s'enfonce dans le désert. Il nous amène à un puits au milieu de la savane typiquement africaine faite d'acacias. Ce lieu de rassemblement réunit les familles de nomades accompagnant leurs troupeaux de chèvres, moutons, dromadaires. Les installations de puisage de l'eau sont modernes et pourvues de capteurs solaires afin de faire tourner des générateurs électriques. Ces moments où l'on croise la population locale font partie des excellents souvenirs de ce séjour. De plus, l'absence de tourisme permet de côtoyer des gens qui n'exigent rien des visiteurs. Ce sont nous qui sommes le plus demandeurs. Il sera difficile de trouver un coin à l'ombre pour pique-niquer ce jour là. Mais nous trouvons une paillotte qui fera l'affaire. En approchant d'Atbara que nous éviterons, nous voyons bon nombre de cimenteries qui fournissent le Soudan dans son entier. Nous remontons vers Khartoum sur la route joignant la capitale à la Mer Rouge et à son port principal de Port Soudan. Nous serons étonnés du grand nombre de carcasses de pneus jonchant les abords de la route. Mais cela est compréhensible du fait de la dureté du climat. Les éclatements dus à la chaleur sont légions. La circulation est importante d'autant que les liaisons ferroviaires sont maintenant quasi inexistantes: tous les produits empruntent les routes. Nous faisons un arrêt sur cette voie très empruntée dans un de ces caravansérails modernes constitués de baraquements faits à la va-vite qui abritent garages, épiceries, bistrots-restaurants. Tout ce que peut avoir besoin un chauffeur et son camion lors d'un long trajet sous un climat torride. Au Soudan, les camions sont constitués d'un semi-remorque attelé à deux remorques. D'où une longueur importante lorsqu'il faut les doubler. Après avoir bu un café soudanais-le jabbana, nous reprenons le chemin de Méroé, le principal site touristique du pays. Celui-ci est situé tout près de la grand'route. Pour la première fois nous voyons des « marchands du temple », enfin quelques vendeurs d'artisanat. Jusqu'à présent aucune trace de vendeurs à la sauvette dans les sites touristiques : il faut dire qu'ils se dessécheraient sur place tant il y a peu de touristes !!! A l'entrée du site, quelques enfants et des anciens vendent poignards, mini pyramides en grès, colliers en pierres multicolores, coupes en bois sculptées. Nous faisons le tour pour repérer nos futurs achats car jusqu'à présent nous ne nous sommes pas ruinés en souvenir. Coupe et poignard sont bientôt dans nos sacs. Nous partons ensuite à la visite des pyramides qui sont plantées au sommet de collines rocailleuses envahies par le sable formant des dunes. Toutes les pyramides dispersées en plusieurs groupes sont écrêtées suite à l'idée à moitié saugrenue d'un des premiers découvreurs du site : un Italien (Ferlini) au début du XIX ème siècle. Il pensait que le sommet contenait un trésor. Il en découvrit effectivement un dans une, mais les autres n'en possédaient pas mais furent quand même détruites en partie. Au crépuscule, le site est magnifique en raison des couleurs ocres du sable et du grès qui servit à la construction de ces pyramides. Celles-ci plus petites que celles d'Egypte sont les tombes de personnages royaux. Elles contiennent encore, pour certaines, les sarcophages et sont toutes couvertes de peintures et de hiéroglyphes dans les salles souterraines qui servaient de sépultures royales malheureusement violées dès l'Antiquité. Ce soir, ce sera camping à quelque distance des pyramides mais cela donnera un caractère magique à cette soirée sous un ciel magnifiquement étoilé comme les plafonds des tombes. Le chauffeur aidé par le guide très maladroit montera nos tentes où il manquera quelques éléments essentiels pour leur montage : en particulier des sardines d'autant que le vent s'est levé. A la tombée de la nuit, nous mangeons aidés par nos lampes frontales. La nuit sera difficile pour les parents en raison de la chaleur et du vent, les tentes étant relativement instables et sujettes à des mouvements subits en raison de ces conditions climatiques. Nous avons été contents de ne pas à avoir à camper plus souvent.
-Mercredi 20/4 : Je me réveille vers 6h30 afin de profiter des premières lueurs de l'aube. Le chauffeur est déjà en train de préparer les crêpes pour le petit déjeuner. Le soleil sort juste de derrière les collines et vient bientôt illuminer les pyramides : c'est l'heure où arrivent les petits vendeurs d'artisanat montés sur leur âne. Des chameliers en font autant dans l'espoir de capter un touriste pour lui faire admirer au rythme lent du camélidé les vestiges du passé qui nous entourent. Ayant fait nos achats hier soir, ils remballeront bientôt leurs objets pour se rendre à l'entrée principale en quête de clients potentiels. Après le petit déjeuner pris dans un décor de cinéma, nous démontons les tentes plus vites qu'elles n'ont été montées, afin de visiter le groupe occidental de pyramides placé sur un promontoire de roche volcanique. La chaleur n'est encore trop présente et cela est très agréable de marcher dans le sable qui crisse sous nos semelles. Quelques pyramides ont été rénovées au cours des dernières décennies ce qui permet de se faire une idée assez exacte de leur conformation originale. Toute possèdent une avancée servant de temple dans lequel étaient disposées les offrandes nécessaires à la vie du défunt dans l'au-delà. Nous traversons une grande partie du site avant de rejoindre notre 4X4 qui nous attend à la sortie du site. Nous partons ensuite visiter un autre groupe de pyramides disposé de l'autre côté de la route menant à Khartoum. Quelques pyramides en ruine et des temples d'allure égyptienne sont dispersés dans une végétation de savane africaine occupée par de nombreux acacias. Cette végétation se retrouve dans la cité royale de Méroé, proche du Nil, qui devait être occupée par près de 20000 personnes. Ce sont le plus souvent des bases de monuments que l'on aperçoit disséminés dans cette savane. Les restes les mieux conservés sont ceux des bains royaux Cette ville koushite a été édifiée au VIII ème siècle avant J.C. Elle fut abandonnée vers le 3 ème siècle de notre ère. Quelques kilomètres plus loin, nous nous arrêtons dans un motel associé à une station-service. L'ensemble est flambant neuf. A notre surprise, le guide nous propose de dormir ce soir dans un hôtel semblable situé à ^proximité de la 6ème cataracte au lieu de camper. Nous sommes très contents. Deux types de chambres sont proposées : une de type locale en forme de hutte circulaire à toit de chaume ressemblant à celle d'ethiopie. Elle possède une climatisation et un ventilateur. Les sanitaires sont communs et à l'extérieur. La seconde est située dans un bâtiment à un seul niveau. Il s'agit de chambre et de salle de bains à l'eurpéenne. Devant la proposition de notre guide et cela n'étant pas prévu, nous nous contentons d'une hutte, étant déjà très heureux de ce cadeau. Nous restons encore quelques minutes dans le salon de l'hôtel pour prendre des rafraîchissements offerts par notre chauffeur. Nous reprenons ensuite la route de Shendi, bourgade importante jusqu'au 19 ème siècle. Elle est la ville de naissance du président actuel. Notre guide nous emmène visiter une famille de tisserand copte travaillant toujours avec des métiers à tisser antiques. Nous pouvons admirer la dextérité des ouvriers pour actionner ces installations à cadre en bois où il faut très fréquemment remettre des bobines de fil. Les tissus très fins permettent de fabriquer de longs saris de coton portés par les femmes. Les filles en ramèneront bien sûr. Dans le centre ville, nous mangeons dans un restaurant moderne où se concentre la bonne société de la ville. C'est le lieu de rendez-vous des jeunes. Il y a un fort pourcentage de jeunes femmes. Après un repas copieux et traditionnel, nous partons à la découverte de la ville. C'est une véritable fournaise. Nous voyons notre première boulangerie en activité. Nous n'insistons pas trop pour visiter un souk semblable à beaucoup d'autres. Nous retournons nous mettre à l'abri de la chaleur au restaurant où nous avions mangé. Je pars à la recherche de bouteilles d'eau afin d'étancher une soif intense. Nous boirons près de 3 litres d'un coup. Nos hôtes étaient partis faire des emplettes. Nous quittons bien vite l'axe Atbara/Khartoum pour rejoindre les sites de Mussawarat et Naqa. Ce sont de magnifiques paysages de savane africaine que nous traversons par une piste délicate à emprunter du fait du manque d'information, et en raison du sable et des cailloux dont elle est faite. Le chauffeur semble très sûr de lui sur la destination à rejoindre. Nous nous arrêtons dans une oasis très verdoyante occupée par une ferme possédée par le ministère de la culture et servant d'hébergement pour les archéologues en charge des fouilles dans les environs. Nous passons là une heure à nous reposer et à laisser passer la très forte chaleur. Quelques minutes suffisent à rejoindre Mussawarat es sufra. Nous visitons les temples mieux conservés que ceux croisés précédemment dans notre circuit. Tout rappelle l' Egypte pharaonique. Après une vingtaine de minutes de piste sablonneuse nous rejoignons Naqa et ses temples aux allures romaines, témoignage des échanges très nombreux qu'il y a eu au cours des premiers siècles de notre ère avec les envahisseurs venus d'Italie et du nord de l'Egypte. Dans la lumière du crépuscule, la couleur ocre des bâtiments de grès est mise en valeur. Les murs sont couverts de bas reliefs représentant les dieux locaux en particulier Apademak à la tête de lion. Pour trouver notre hôtel, il faudra faire plus de 90 minutes de piste à la lueur des phares en plein milieu du désert et sans aucune indication. Chapeau, notre chauffeur. Nous allons nous installer dans notre hutte comme prévue le matin quand il faut se rendre à l'évidence : l'hôtelier ne retrouve pas les clés !!! aussi sommes nous mis dans des chambres traditionnelles. Une nouvelle surprise nous attend : elles ne sont pas faites !!! les draps sont sales, les chambres en désordre, des vêtements sont éparses, accrochés dans la penderie. Après discussion, du personnel viendra les refaire sommairement. Un hôtel quasiment neuf mais déjà en piteux état. Aucun entretien en particulier dans les sanitaires. Malgré cela, après un repas succinct, nous prenons des douches avant de nous coucher.
-Jeudi 21/4 : Départ à 9 h pour la 6 ème cataracte après une excellente nuit. Nous nous rendons au bord du Nil où nous traversons un petit zoo avant de rejoindre un bateau pour faire une petite croisière en direction de la cataracte située en amont. Le petit zoo contient des animaux locaux et en particulier un crocodile et quelques singes. Une heure de promenade sur le fleuve permet d'approcher les paysans et les pêcheurs en pleine activité. De nombreuses pompes assurent l'irrigation des champs aux alentours. La 6 ème cataracte est située dans une zone volcanique coupée par le fleuve ce qui a formé des gorges. Il ne s'agit pas de chutes mais seulement de rochers affleurant qui perturbent l'écoulement des eaux. Nous remontons une dernière fois dans notre 4X4 afin de rejoindre Khartoum. La fin du circuit approche. A midi, nous arrivons chez notre ami à Emarat, le quartier des ambassades. Nous prenons congé de nos accompagnateurs après les avoir remercié pour leur gentillesse et leur compétence. Nous les gratifions d'un pourboire et leur demandons la suite des prestations pour les 2 jours restants. Notre ami Pierre arrive et pour écouter dans les meilleures conditions notre récit, ouvre ses dernières bouteilles de Bordeaux (Il faut pas le dire !! c'est interdit) lors du repas. L'après midi, nous le passons à ranger nos affaires, à se reposer et à profiter de sa très agréable demeure. Pour vérifier la température nous plaçons son thermomètre sur la pelouse en plein soleil et atteignons allègrement près de 57°. A 18h, notre hôte est de retour, et nous recevons une volontaire du CICR qui vient lui apporter des boissons non produites au Soudan . C'est l'occasion de croiser nos sentiments sur le pays. Après avoir grignoté de succulentes cacahuètes arrosées au coca, nous nous rendons à l'Assaka, un très agréable restaurant libanais, lieu de rencontre des expatriés et des quelques touristes perdus dans Khartoum. Nous aurons l'occasion de rencontrer M. l'ambassadeur du Liban, un local dans l'établissement !! Coucher à 22h30.
-Vendredi 22/4 : Quand nous nous levons, notre hôte est déjà parti travailler. Sa cuisinière nous a préparé un somptueux petit déjeuner avec en particulier des jus d'orange et de pamplemousse à base de fruits frais. Les enfants passent la matinée à jouer aux consoles et ma femme et moi partons à la découverte du quartier d'Emarat. Celui-ci est un quartier moderne aux larges avenues bordées d'immeubles et d'hôtels à plusieurs étages ce qui est rare dans Khartoum. La ville est très étendue et poussiéreuse. C'est également le site de nombreuses ambassades qui sont le plus souvent établies dans des villas cossues entourées de jardins. La sécurité impose l'implantation de plôts de béton empêchant toute incursion de véhicules indésirables. C'est en particulier le cas de l'ambassade de France située à deux pâtés de maison du domicile de notre hôte. Souvent de hauts murs protègent ces propriétés jouissant d'un agréable jardin. En dehors des axes principaux, les autres voies de desserte sont en terre battue. Chaque maison possède un ou plusieurs gardiens qui veillent à la tranquillité des lieux et de leurs occupants. Nous irons faire quelques emplettes dans de mini supermarchés où l'on peut trouver toute la nourriture souhaitée par un étranger. (excepté les boissons alcoolisées) Comme c'est vendredi, jour de repos pour l'islam, les rues sont quasiment désertes, ce qui change de la cohue habituelle. A midi, notre cuisinière nous a préparé des pizzas, des salades de tomate arrosées de jus de fruits. L'après midi se passe à attendre notre chauffeur qui doit nous accompagner à Omdurman voir les cérémonies conduites par des derviches, secte soufi datant du XIX ème siècle. L'heure passant, nous sommes de plus en plus inquiets de l'absence de notre voiture. Grâce à un gardien de la propriété, nous entrons en contact avec Midhat, notre TO qui nous indique l'arrivée prochaine de la voiture. Celle-ci arrive vers 18h : je commençais à perdre patience. C'est ensuite, une course à travers Khartoum que l'on doit traverser pour rejoindre le cimetière d'Hamed al Nil où ont lieu les danses accompagnées par des tambours et des sifflets. Quelques participants portent des armes. C'est une foule compacte qui assiste à ces cérémonies où nous sommes très bien accueillis en tant que touristes étrangers. Les enfants sont même placés au premier rang afin de ne rien perdre du spectacle. Cela dure jusqu'au coucher du soleil. Nous étions inquiets mais tout s'est très bien déroulé. Comme la veille, nous retournons à notre cantine : le restaurant libanais._Samedi 23/4 : Dernier jour au Soudan. Notre hôte nous laisse les clés de sa demeure, partant une quinzaine se ressourcer en Thaïlande ; la matinée se passe à préparer les bagages. Dernière promenade dans les alentours de nôtre résidence. Après une légère collation à midi, notre chauffeur arrive pour nous conduire une dernière fois dans Khartoum et Omdurman. Nous partons visiter la tombe du Mahdi et la maison du Khalifa, son successeur à la fin du XIX ème siècle. Forte chaleur comme tous les jours précédents et poussière dans les rues où l'animation est revenue. Nous traversons le Nil blanc et nous nous rendons à la tombe qui est porte close. Heureusement, nous pourrons visiter la maison du Khalifat transformé en musée présentant des objets lui ayant appartenu tels qu'armes, vêtements, documents écrits de sa main. Des souvenirs également du passage du général gordon qui séjourna dans cette maison après sa prise d'Omdurman en 1898. Les premières voitures ayant roulé au Soudan sont présentées. Des objets de la vie courante de l'époque ayant appartenu au propriétaire des lieux complètent les vitrines disposées dans les salles de cette demeure où l'on verra aussi la salle de bain et ses installations sophistiquées d'arrivée et de distribution d'eau chaude et froide. Ensuite, nous finirons la visite d'Omdurman par un passage au souk en voiture. Avant de regagner notre demeure, nous passons visiter la mosquée de Farouk, l'ancien roi d'Egypte. Cette mosquée située à l'intérieur d'un jardin en plein centre de Khartoum date de la fin du XIXème siècle. Sa construction et son architecture ont été influencées par les Ottomans qui ont régné sur l'Egypte durant des siècles. Un dernier arrêt nous permettra d'acheter des cartes postales ce qui n'est pas une mince histoire au Soudan. Pour cela, il a fallu se rendre à l'hôtel de l'acropole qui semble détenir le monopôle de la vente de ces souvenirs et des timbres associés. Maintenant nous rejoignons notre résidence pour terminer les bagages, prendre une douche et un rafraîchissement. A 18 h, le chauffeur vient nous rechercher pour nous conduire à l'aéroport tout proche. Avant cela, nous saluerons et remercierons pour leur aide, les gardiens des différentes demeures voisines de celle de notre ami et nous porterons à l'ambassade les clés du propriétaire. Il ne nous reste plus qu'à attendre l'avion qui nous mènera au Caire en provenance de Nairobi. L'aérogare est climatisée ce qui permet sans trop de fatigue de supporter cette attente d'autant que l'avion a quelque peu de retard. Nous finissons nos derniers billets en achetant des derniers souvenirs et gardons précieusement en souvenir de la menue monnaie. En présentant nos billets électroniques, l'employée semble tiquer mais nous n'y prêtons pas attention. Nous sommes bientôt( après 3 h) appelés pour embarquer dans le 727 de Kenya airways. Le vol de 2 heures se passent sans histoire.
- Dimanche 24/4 : nous débarquons au Caire, il est presque minuit. Nous partons vers 4 h en direction d'Amsterdam. Les bagages ont été enregistrés à Khartoum pour leur destination finale (CDG) ; A la sortie de l'avion, nous nous rendons dans la zone de transit et présentons nos billets pour l'enregistrement sur le vol KLM. Tout de suite, l'employé nous annonce la suppression du vol. nous sommes atterrés. Personne n'est en mesure de nous dire quand partirons nous : il faut attendre. Tous les autres passagers ont quitté déjà l'aérogare. Nous restons avec quelques oubliés comme nous. Nous patientons ainsi près de 2 heures avant que l'on nous avertisse d'attendre 7 h du matin. Nous nous installons tant bien que mal pour dormir sur les fauteuils de l'aérogare aux boutiques ouvertes 24h sur 24 malgré l'absence totale de clients. L'heure fatidique approche, nous allons prendre un petit déjeuner avant de nous rendre au comptoir d'assistance. Le personnel s'est bien occupé de nous jusque là mais sans nous donner beaucoup d'informations. Une jeune femme d'Air France vient à nous pour nous annoncer que des places ont été trouvées sur un vol à destination de Paris partant à 9h40. On fait un ouf de soulagement : plus que 3 h à attendre. En fait, cela ne nous fait pas trop perdre de temps puisque nous devions transiter par amsterdam avant de rejoindre Paris. Un dernier gag survient alors : nous devions récupérer nos bagages afin de les réacheminer sur le vol Air France. C'est alors que l'on nous annonce qu'ils ont découvert dans un sac..........une bouteille d'alcool. Tout est bien qui finit bien.
Excellent voyage sans aucune ombre venant le ternir : tour opérateur local très sérieux et consciencieux dont le personnel a été aux petits soins pour nous. Comme toujours notre ami s'est mis en quatre pour nous faire profiter au mieux de sa résidence et du pays où il réside. Si le Soudan n'est pas un haut lieu du tourisme, il n'en reste pas moins que son approche est intéressante et l'image retournée par les médias ne correspond pas du tout au ressenti d'une famille de touristes qui a fortement apprécié l'accueil de la population à son égard. Le poids de l'Islam a été très léger et la vision superficielle de la vie locale que l'on a eu, ne permet pas de penser qu'il puisse s'y dérouler des événements semblables à ceux de pays voisins. D'ailleurs pour quel bénéfice? Bien sûr, tout n'est pas libre d'être visité, et au Darfour s'ajoute dorénavant la zone frontalière avec le sud Soudan dont la partition a lieu le 9 juillet suite aux élections du début de l'année. Ce 193 ème pays rejoignant l'ONU reste peu sûr, et souhaitons que les années de guerre civile ne seront plus que de l'histoire ancienne.
Pour voir nos photos http://www.panoramio.com/user/2279867/tags/P-Soudan-Sudan
La grande traversée des montagnes Bleues (Livradois-Forez) English translation pending
La grande traversée du Parc du Livradois-Forez(1)
L’axe Nord-Sud du Massif Forez et les Hautes Chaumes du Haut Forez peuvent être une excellente façon de débuter le parcours…
Vous laissez votre voiture et vous prenez le Train Express Régional en direction de Clermont-Ferrand- , pour gravir les premiers contreforts des Monts du Forez…
A Noirétable(800 mètres d’altitude) vous n’êtes plus qu’à 4 kms du fameux GR3 qui traverse du Nord au Sud le Parc du Livradois-Forez…
Ne pas oublier de faire des réserves d’eau et des provisions de bouche, vous ne trouverez plus de point de ravitaillement avant 28 kms…
Et là, le GR 3 une fois atteint, plus de goudron, plus de voitures, des mélèzes, des épicéas, des champs de myrtilles et de gentianes auxquels vous accéderez au fur et à mesure que vous prenez de l’altitude…
La crête des Monts du Forez a la particularité de vous permettre de découvrir en même temps le Puy de Sancy(à 170 kms) le Mont d’Or et le Puy de Dôme (à 120 kms)et, cerise sur le gâteau, le Mont Blanc et la chaîne des Alpes ( Bâle n’est qu’à 350 kms)…
Par temps clair, c’est un émerveillement…vous parvenez très vite sur les Hautes Chaumes, au milieu de troupeaux d’estive, et, à part quelques essaims sauvages égarés sur le parcours, deux ou trois randonneurs, une cavalière, vous avez l’impression d’être seul au monde…
L’impression est presque ‘aussi irréelle que dans le Parc du Vercors, avec un bon point, c’est que le parc du Livradois-Forez n’est pas encore ouvert au tourisme de masse…
C’est l’occasion de se ressourcer, même si vous êtes païen, à chaque calvaire croisé, à chaque crucifix égaré qui vous rappelle que vous êtes en terre romane...
L’axe Nord-Sud du Massif Forez et les Hautes Chaumes du Haut Forez peuvent être une excellente façon de débuter le parcours…
Vous laissez votre voiture et vous prenez le Train Express Régional en direction de Clermont-Ferrand- , pour gravir les premiers contreforts des Monts du Forez…
A Noirétable(800 mètres d’altitude) vous n’êtes plus qu’à 4 kms du fameux GR3 qui traverse du Nord au Sud le Parc du Livradois-Forez…
Ne pas oublier de faire des réserves d’eau et des provisions de bouche, vous ne trouverez plus de point de ravitaillement avant 28 kms…
Et là, le GR 3 une fois atteint, plus de goudron, plus de voitures, des mélèzes, des épicéas, des champs de myrtilles et de gentianes auxquels vous accéderez au fur et à mesure que vous prenez de l’altitude…
La crête des Monts du Forez a la particularité de vous permettre de découvrir en même temps le Puy de Sancy(à 170 kms) le Mont d’Or et le Puy de Dôme (à 120 kms)et, cerise sur le gâteau, le Mont Blanc et la chaîne des Alpes ( Bâle n’est qu’à 350 kms)…
Par temps clair, c’est un émerveillement…vous parvenez très vite sur les Hautes Chaumes, au milieu de troupeaux d’estive, et, à part quelques essaims sauvages égarés sur le parcours, deux ou trois randonneurs, une cavalière, vous avez l’impression d’être seul au monde…
L’impression est presque ‘aussi irréelle que dans le Parc du Vercors, avec un bon point, c’est que le parc du Livradois-Forez n’est pas encore ouvert au tourisme de masse…
C’est l’occasion de se ressourcer, même si vous êtes païen, à chaque calvaire croisé, à chaque crucifix égaré qui vous rappelle que vous êtes en terre romane...
Patagonie australe: El Fin del Mundo ou le Pays du vent English translation pending
Voyage en Patagonie australe, du 22 novembre 2010 au 31 décembre 2011.
La version définitive avec photos (il faut patienter un peu pendant le téléchargement, comme toujours 😊) et un texte plus complet se trouvent ici (carnet optimisé pour Google Chrome):
www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_90.html

Lundi 22 novembre
Décollage 23 h 20 sur Air France. Vol de nuit long, très long : treize heures ponctuées de turbulences plus ou moins fortes, plutôt plus que moins, d'ailleurs.
Mardi 23
Arrivée à Buenos Aires à 8 h 50, Herge est là, ce qui est bien agréable. Nous voyons défiler la campagne, verte, si verte après Paris, les arbres sont en fleurs et il fait 25°. Trois quarts d'heure plus tard nous entrons dans son appartement, sur Ayacucho, au croisement de Corrientes. Quatrième étage, baies vitrées, long balcon, salon, chambre et lit excellent, cuisine, salle de bains, c'est parfait. Au-dessous, le bruit est constant mais dans la chambre, sur la cour, nous n'entendons rien. Une douche, et une heure plus tard nous voici dehors, à crapahuter sur Corrientes jusqu'à l'obélisque et au-delà, pour prendre le pouls de la ville... qui bat très vite. La pollution est extrême, nous pique les yeux et nous prend à la gorge. A côté, l'air de Paris semble bien pur. Le soir, dans une pizzeria sur Corrientes, tout près, nous mangeons une tortilla et des lasagnes obtenues après une heure d'attente alors qu'il y a très peu de monde, puis nous rentrons nous coucher. Je n'ai pris aucune photo car Herge m'a déconseillé de me balader avec le Canon, trop voyant.
Mercredi 24
La journée a mal commencé: plus de batterie pour le netbook et les prises de l'appartement ne voulaient pas de la nôtre pour le recharger. Ensuite nous nous apercevons que le taxi commandé par le gardien de l'immeuble (via Herge qui est parti pour une semaine en Uruguay) pour vendredi matin est pour l'aéroport international (Ezeiza), à 35 km et non pour l'aéroport national (AEP), dans BsAs. Nous prévenons donc le gardien, il décommande le taxi pour EZE et le recommande pour AEP. Je passe un mail à Herge en lui disant qu'il s'est trompé et là il nous répond, heureusement rapidement, "AEP est fermé du 23 novembre au 1er décembre". Panique à bord, nous retournons voir le gardien qui redécommande et rerecommande... On le trouve vraiment très relax, il dit que une heure quarante avant c'est largement suffisant et n'en démord pas: quarante minutes de trajet + une heure avant le décollage. Oui, mais s'il y a un problème sur l'autoroute?
Peu après, je m'aperçois que le Canon est HS!!! Impossible de prendre des photos, erreur 99. Je farfouille comme à mon habitude sur Internet pour me dépanner et je finis par trouver. Je teste le boîtier, ce n'est pas lui, puis l'objectif (le 17-85mm) et c'est là que se trouve le problème. Je nettoie les contacts, rien à faire. Puis j'ai une idée; je fais un essai avec le Sigma 10-22 et ça fonctionne! Ensuite je fais un nouvel essai avec le 17-85 à 17 mm, rien, à 24, rien, à 35 et là, bingo, c'est bon! Bruit, bruit, bruit, circulation intense, foule, chaleur humide... On a été à la plaza de Mayo (ici, prononcé Majo) et ce ne sont pas les mères des disparus que nous avons trouvées mais des vétérans des Malouines! Quelques musiciens aux dreads jusqu'à la taille jouent du reggae, nous restons un moment à écouter le chanteur, vraiment très beau...
En repartant par l'avenida de Mayo, un arrêt pour goûter les glaces de Buenos Aires (au pomelo, moyennes, ce ne sont pas celles de Berthillon...), puis un autre au Café Tortoni, qui vaut vraiment le coup d'œil. Borges est partout, en photo, en mannequin grandeur nature... Beaux vitraux au plafond, hautes colonnes marron foncé, lithographies et photos alignées sur les murs, plus une flopée de serveurs. J'ai bu un très bon chocolat au goût fumé et mangé trois churros plus que moyens. Toujours pas de photos mais demain je prendrai quand même l'appareil, ne serait-ce que pour photographier ces arbres à floraison mauve magnifique qui tranche sur le noir de leur tronc: des jacarandas, ou flamboyants bleus.
Jeudi 25
J'ai été boulottée par un moustique invisible, durant la nuit, mais haut de gamme... J'ai l'avant-bras droit tout enflé...
Normalement, aujourd'hui on devait aller à Colonia, en Uruguay. Mais le prix de la traversée aller-retour du Rio de la Plata (170 euros), ajouté au nombre d'heures passées sur l'eau (plus de six heures) pour le peu de temps sur place (quatre heures), nous a découragés. Une autre fois, peut-être.
En face de l'appartement il y a un magasin de fruits et légumes. Entre les dragueurs (les Argentins ont l'air très dragueurs) et les pas aimables, on est servis... On est (je suis) accueillis par des clins d'œil appuyés ou par une mine de dix pieds de long. Les fruits eux non plus ne sont pas avenants mais hier on a quand même acheté quelques mandarines sucrées et bourrées de pépins. Ce matin, j'ai observé depuis le balcon des vendeurs entasser des dizaines et des dizaines de cagettes, la moitié vides et l'autre pleines de tomates, oignons, salades, et de tas d'autre légumes ou fruits. Et depuis une vingtaine de minutes, j'entendais un bruit incessant sous les fenêtres, je regarde et je vois que ce sont les éboueurs qui jettent dans le broyeur le contenu de toutes les cagettes. Quel gâchis! Il n'y a aucune récupération (et apparemment non plus aucun tri de poubelles dans les immeubles). Je n'ai vu personne venir récupérer ce qui était bon à manger... J'ai mis le Canon dans mon petit sac et nous sommes partis comme des voleurs faire des photos des flamboyants devant le Museo del Patrimonio de aguas argentinas, sur l'avenida Cordoba. Au retour nous avons croisé Gorge, le gardien de l'immeuble, qui nous a présentés au chauffeur de taxi qui nous amènera demain matin à l'aéroport. Un petit pépé bien sympa qui a “toute sa confiance”. C'est une sécurité parce que apparemment, chez les chauffeurs de taxi, on trouve de tout. Herge, sur son site, fait le rappel des réjouissances:
www.petitherge.com/...n-taxi-38132291.html
Par la même occasion, on lui a dit qu'on comptait aller au parque Lezama, au sud de Telmo et il a proposé de nous appeler un radio-taxi “Premium” (écrit sur la porte arrière), totalement sûrs d'après lui. Je lui ai demandé ce qu'il pensait d'emporter le Canon et il n'a pas hésité une seconde, il a ri et s'est écrié: No! No! NOOO!!! Vingt minutes plus tard on était arrivés, pour environ 6 euros. Le parc est petit mais avec de nombreuses essences d'arbres inconnues de moi, étranges et belles, l'une avec des racines comme celles des fromagers, une autre à pied d'éléphant géant, certaines, de drôles de conifères mi-séquoias mi-araucarias, le tout plutôt du genre pleureur, bourrées de perruches vertes (conures de Patagonie) en train de faire leur nid. De ses hauteurs on a une vue sur l'église orthodoxe russe et ses dômes bleu et or... qui sentent son Las Vegas. Puis nous avons déambulé dans les petites rues de San Telmo, ancien quartier des marins, ainsi nommé à cause du dominicain Pedro González Telmo, bordées d'anciennes demeures coloniales qui ont vécu leurs plus belles heures il y a bien longtemps. En 1871, les riches familles qui les habitaient les ont laissées derrière elles avec l'épidémie de fièvre jaune. Décrépitude, oui, mais avec un reste d'élégance. Aujourd'hui tous les établissements de tango se concentrent dans son périmètre. Un détail renseigne sur la sécurité du quartier qui n'est pas loin de la Boca, ce sont les épaisses barres de fer et grilles en tout genre qui protègent absolument toutes les ouvertures au moins jusqu'au premier étage!
Dans la rue en pente, trois antiques bus de la ligne 213 se suivent... N'étant apparemment même plus bons pour la casse, ils ont rempilé! Un tour à la Galeria de la Defensa, qui date des années 1880 et était la résidence de la famille Ezeiza, désormais remplie de vieilles choses à vendre, vêtements, gants, vaisselle, bric-à-brac..., un autre au Mercado San Telmo pour trouver un maillot de foot argentin à Loïc (bredouilles) et nous empruntons, à pied et toujours au pas de charge, le chemin du retour. L'envie nous prend soudain de faire un stop avant de mourir asphyxiés, aussi nous entrons manger une bricole dans un café-resto. Le serveur qui s'occupe de nous, la soixantaine très militaire, est absolument odieux! Bonjour l'hospitalité et la gentillesse argentines! Pour l'instant nous ne l'avons rencontrée que chez le portier du Café Tortoni et chez le gardien de l'immeuble d'Herge. Au moment de partir, je me lève et je sens un doigt qui s'enfonce dans mes côtes, c'est lui qui me pousse pour se précipiter devant nous et nous ouvrir la porte. Je n'en reviens pas et le gratifie d'un “Gracias!” étonné mais poli. Oui, sauf qu'Alain, qui me suivait et a tout vu, me fait remarquer que ces ronds-de-jambe étaient destinés au gros personnage suant et soufflant qui sortait derrière nous et que le serveur avait même l'air mécontent que nous soyons sortis les premiers. Mince, alors!! Et dire que je l'ai remercié!!
16 heures. Ouf, nous voilà “chez nous”, un nombre certain de kilomètres dans les jambes et quelques kilos d'oxyde de carbone en plus dans les poumons! Une bonne douche, quatre thés et des orangettes de la Maison du chocolat (achetées à prix d'or à Roissy, mais je ne résiste jamais devant mon chocolatier préféré) plus tard, je me sens mieux. Alain, lui, est reparti faire les librairies qu'il n'a pas encore visitées.
Vendredi 26
A 7 heures moins dix, tandis qu'on attendait l'ascenseur, le gardien nous appela sur l'interphone pour nous dire que le taxi était déjà là. Quelle ne fut pas notre surprise de voir que le petit pépé sympa de la veille n'était pas du tout un chauffeur de taxi mais un particulier avec une voiture qui avait apparemment son âge... Le pare-brise portait huit estafilades, autrement dit il s'était pris un sacré gnon et était près de rendre l'âme. A l'arrière, les ceintures de sécurité devaient être là pour la décoration car elles ne fonctionnaient pas.... Bon, il n'était plus temps de dire quoi que ce soit et nous avions toute confiance dans le gardien d'Herge. En avant, donc, pour Ezeiza. Le pépé faisait des écarts à droite, à gauche, mais dans l'ensemble ça se passait bien jusqu'au moment où il entreprit de tirer un billet pour le péage d'une pochette posée à côté de lui. Il lâcha alors le volant et se battit d'abord avec la fermeture Eclair qui ne voulait pas s'ouvrir, puis avec le billet qui, lui, ne voulait pas sortir. Pendant ce temps je pensais qu'il ne devait pas avoir d'assurance, sinon il aurait fait réparer son pare-brise. Une fois le péage passé, rebelote, volant lâché pour rouvrir la pochette et y glisser la monnaie... Bref, j'avais hâte d'arriver. Je me disais qu'au moins on paierait moins cher qu'un taxi appartenant à une compagnie. Eh bien non, c'était encore plus cher, 150 pesos au lieu de 130.
Après avoir patienté dans une queue de un kilomètre de long, nous avons finalement embarqué pour Ushuaia via El Calafate sur un A 320, durée du vol : près de trois heures. Je n'ai pas dérogé à la règle et ai vu ma dernière heure arriver au moment du décollage, mains moites et respiration bloquée. Je ne sais pourquoi, le commandant de bord ne cessait de passer des messages – c'était apparemment un grand communicateur - et à chaque fois je me demandais ce qui allait arriver. Jusqu'à ce qu'il annonce qu'il y avait “un petit problème technique”. Là, je me suis décomposée... Le problème en question concernait la télévision mais il n'y avait pas de télévision. Vu que tout le monde était d'un calme olympien, ça m'a un peu rassurée. El Calafate, presque tout le monde descend mais peu après toutes les places sont à nouveau prises par les gens qui vont soit à Ushuaia, une minorité, soit sur BsAs.
Tierra del Fuego, Terre de Feu. Ainsi nommée à cause des feux que maintenaient allumés les Indiens Yaghans et Alakalufes, qui vivaient presque nus sur ces terres fouettées par le vent et la pluie. Nous prenons un taxi privé conduit par une femme (22 pesos) et nous voilà sur Gobernador Deloqui, au 271, à la Casa Familia de Zaprucki. Vraie petite maison en dur dans le jardin, à gauche cuisine salle à manger, au milieu salle de bains, à droite belle chambre, le tout nickel (60 euros). Nous sommes accueillis par une Mamie très aimable et qui a l'air d'adorer Paris. Peu après c'est sa fille ou sa belle-fille qui frappe à la porte. Elle nous apporte une bouteille de deux litres d'eau, un pain complet entier, un litre de lait, un paquet de fromage et un autre de jambon plus du beurre et un pot de dulce de leche. Ça fait très panier du Petit Chaperon rouge. Le tout pour le petit déjeuner. En fait on goûtera avec, et on en mangera aussi le soir...
Ushuaia, dans un autre genre, rappelle San Francisco : on monte ou on descend en permanence. Les photos que nous avions vues de la ville, qui compte quand même 60 000 habitants, étaient trompeuses, car elles ne donnent qu'un minuscule aperçu. C'est le centre-ville qui est constamment photographié, mais les constructions s'étendent loin de part et d'autre. Dès l'arrivée on a eu droit à une tempête de neige, au soleil, à la pluie, au grésil. Ici, au moins, c'est varié et à vitesse grand V. On a passé trois heures à arpenter San Martin et les rues adjacentes. Les numéros n'ont aucune logique; on passe de 238 à 270 par exemple. Ce qui fait que pour repérer l'agence de location de voitures, on a le plus grand mal à trouver le 245... Bon, on verra demain. Pour l'instant on est crevés, il fait grand jour (à 21 heures). Mais on va ressortir sur le canal de Beagle, dans le froid glacial. Quelle transition avec Buenos Aires!! Un ferry de croisière est à l'ancre, tous feux allumés, au milieu de la baie aux couleurs de mercure...
Samedi 27
Nuit glaciale, j'ai à peine fermé l'oeil... Ce matin après quelques allers-retours sur San Martin, à cause de ces sauts de numéros, nous allons chez Hertz récupérer la Chevrolet Sedan. Le coffre est grand et nous pouvons charger tous les bagages dedans.
Peu après être partis, sur la route n° 3 qui est donc bitumée, nous avons reçu une caillasse en plein pare-brise, ça commençait bien, suivi illico presto au croisement d'un camion, d'un appel d'air monumental qui a projeté avec une violence incroyable sur le haut du pare-brise un énorme truc noir. On a cru notre dernière heure arrivée, et tout ça en une fraction de seconde. C'était l'avant du capot qui avait été éjecté sous le choc. Un morceau de plastique/caoutchouc, pour faire joli sous le logo Chevrolet. Enfin on suppose vu qu'il ne reste que les rivets...
A San Sebastian, trois maisons et la douane argentine, nous passons un certain temps car nous arrivons en même temps qu'un car de passagers. Puis quelques kilomètres plus loin, rebelote, cette fois avec la douane chilienne. A chaque fois, nous avons droit au match de foot diffusé sur un écran de télévision au cas où policiers et douaniers s'ennuieraient...
145 kilomètres nous séparent maintenant de Porvenir, capitale de la Terre de Feu chilienne, 6000 habitants, par une piste de caillasse. La pampa fuégienne est gris-bronze sous le ciel chargé, éclairée çà et là par quelques touffes de fleurs jaune pâle et poussiéreuses. Nous espérons que nos enquiquinements vont s'arrêter là et que nous n'allons pas crever. Heureusement, il ne pleut pas et le vent a un peu faibli.
Tout à coup, on aperçoit au loin, devant nous, une silhouette. En arrivant sur elle, on voit que c'est un énorme malabar, avec une carrure de rugbyman, le bonnet enfoncé jusqu'aux yeux et la mine plutôt patibulaire, qui nous fait de grands gestes. A peine une seconde d'hésitation et nous passons sans nous arrêter, malgré un sentiment de culpabilité... Je dois dire que ni l'un ni l'autre n'avons voulu prendre de risque. On ne comprenait pas ce qu'il faisait là, à 65 kilomètres de Porvenir, alors qu' il n'y avait aucune voiture arrêtée nulle part. Et les 4X4 chiliens que nous avions croisés peu avant ne s'étaient donc pas arrêtés non plus. Moi j'ai repensé au couple de Français assassinés en Bolivie...
Une maison de tôles sur la gauche, un étang et, dessus, une centaine de flamants très très roses. Etrange, en un tel endroit... Depuis un moment ça sent fortement le brûlé et on se demande si ce n'est pas la voiture, de même que depuis longtemps on aperçoit la pluie qui tombe au loin, en avant de la piste et on ne la rattrape jamais. En fait, les deux sont liés puisqu'il s'agit d'un incendie apparemment important, dégageant une épaisse fumée qu'on prenait pour un nuage de pluie.. Bien sûr, le problème se pose de savoir s'il coupe la piste ou si on va y échapper... Le soleil fait maintenant quelques apparitions et colore l'herbe grise en vert acidulé. Je regrette d'autant plus que l'objectif soit esquinté car le 10-20 ne me sert pas à grand-chose ici. Nous longeons l'immense Bahia Inutil et ses eaux gris sombre, crêtées d'écume blanche. Le long de la côte de galets, les cabanons de tôle rouillée se font plus présents... Porvenir et ses maisons de toutes les couleurs, vertes et rose, jaunes, orange, bleues et mauves, aux toits de tôle rouillés pour la plupart. Beaucoup sont en fin de règne... Nous allons directement à l'hôtel Rosas (bien, 26 000 pesos la chambre double) et le temps de nous installer, le soleil a disparu, laissant place à une température glaciale. Bien au chaud dans la chambre, nous n'avons plus envie de ressortir et attendons en lisant et en écrivant le repas du soir, qui sera hors de prix et franchement pas bon.
Dimanche 28
Bonne nuit sous les épaisses couvertures. Dire qu'on est presque en été... A 16 heures on prend le bateau, j'espère du moins qu'on aura une place pour Punta Arenas car on n'a pas réservé (deux heures et demie de traversée). Mais en attendant, que faire? Nous projetions d'aller sur les pistes environnantes mais le risque de crevaison juste avant de prendre le ferry nous fait reculer. Un Coréen du Sud, “businessman” de centollas ou King Crabe comme il se décrit lui-même, habitué des lieux, négocie avec Alberto, l'hôtelier, de pouvoir rester dans la salle de restaurant et nous dit de faire de même, ce qui nous arrange bien.
Il est maintenant plus d'une heure et demie et nous allons “visiter” Porvenir en attendant l'ouverture de la compagnie maritime. Nos pas nous mènent droit au cimetière... Porvenir est une ville, curieusement dans cette partie du monde, à fort pourcentage croate. Ils se sont installés dans les années 1880, lorsqu'on a découvert de l'or dans la région. Sont venus ensuite des habitants de l'île de Chiloe et, même s'ils n'ont pas fait fortune, ils ont trouvé du travail dans les estancias. Aujourd'hui, la plupart des habitants sont des descendants de ces pionniers. Cette colonisation a malheureusement en peu de temps anéanti les premiers habitants des lieux, chasseurs cueilleurs ou pêcheurs. Le cimetière est extraordinaire, toutes les formes d'architecture sont représentées. Il y a même de curieuses petites cases vitrées entassées les unes sur les autres, avec photos, fleurs, etc., prolongées par les tombes.
16 heures, nous sommes à l'embarcadère. Pas de problème pour prendre les billets. A 17 heures, nous partons pour deux heures vingt de traversée du mythique détroit de Magellan. Le ferry se remplit très vite, essentiellement de jeunes qui rentrent à Punta Arenas pour le lycée. Un Chilien vient s'asseoir à côté de nous, très sympa. C'est un réfugié politique qui a fait ses études en France puis qui s'est installé en Suède. Thérapeute familial.
19 h 20. Le ferry est à l'heure. Nous sortons dans les premiers et trouvons assez rapidement l'hôtel Joshiken que nous avions repéré sur Internet mais où nous n'avions pas réservé car il fallait payer à l'avance. Jolie maison tout en bois clair, très propre, belles chambre ensoleillée (du moins par moments...) et salle de bains. Et en plus très bien placée, près de la plaza de Armas. Punta Arenas est une ville étendue, aux maisons colorées, avec beaucoup d'arbres torturés par le vent, magnifiques, et très plaisante malgré ce que nous avions lu. Le propriétaire nous indique plusieurs restaurants “tous très bons”, où l'on sert du poisson frais. Nous allons à “Jekus” et nous nous régalons d'une cuisine très fine et d'une excellente bouteille de vin rouge chilien, dans un cadre superbe, tout en bois. Avec de nombreuses références de toute sorte aux Indiens disparus...
Lundi 29
Ce matin, grand soleil. Ici, en cette saison, les nuits sont courtes, le soleil se couchant vers 22 heures et se levant vers 5 heures. C'est d'ailleurs lui qui nous a réveillés. Après un bon petit déjeuner qui fera aussi repas de midi, nous partons nous balader du côté de la plaza de Armas. Dans le parc qui en occupe le centre, un bel office du tourisme et de nombreuses roulottes, qui sont des stands où l'on vend beaucoup de vêtements de laine et d'alpaga, très colorés. Tandis que l'on se balade tranquillement, et que cinq minutes plus tôt il faisait chaud, une averse de neige se met à tomber. Et ce sera comme ça tout au long de la journée, une alternance de ciel bleu, de neige, voire de ciel tout bleu et de gouttes d'eau dont on se demande à chaque fois d'où elles viennent et si ce ne sont pas des “pipis d'oiseaux” ;-). Nous devions normalement aller à l'Isla Magdalena voir la colonie de manchots, mais le passage sur le ferry du détroit de Magellan a sérieusement refroidi Alain qui a généralement le mal de mer. Il faut dire que, par moments, on aurait pu croire que le ferry allait se briser en deux lorsqu'il prenait les vagues par le travers. Et la conversation avec le Chilien avait bien arrangé les choses, pour détourner son attention des bonds que faisait le bateau. Donc nous décidons d'aller au Seno Otway voir une autre petite colonie, à une heure de route dont une quarantaine de kilomètres de piste. A douze kilomètres de l'arrivée, nous devons payer d'abord 3000 pesos, une espèce de droit de passage, puis 10 000 pesos pour l'entrée de la pingüinera (ce qui fait au toatl une vingtaine d'euros). Il pleut par intermittence. Nous prenons le sentier de bois de 1500 mètres de long à la recherche des manchots (les pingouins, eux, sont en Arctique). Je n'arrête pas de pester après l'objectif 17-85 mm qui a définitivement rendu l'âme, je ne peux même pas m'en servir en automatique et suis cantonnée au grand angulaire. Tout ce qu'il faut, en effet, pour photographier des manchots seulement visibles des miradors, ou presque. Lorsque je mets l'œil au viseur, on dirait des crottes de mouche. Nous en voyons quelques-uns se dandiner à la queue leu leu, vraiment trop mignons, ce qui me fait pester encore une fois. Le pire, c'est que j'ai emporté les jumelles de Paris spécialement pour eux et que nous les avons oubliées à Punta Arenas!! Nous mettons cela sur le compte de l'extrême fatigue dans laquelle nous étions avant de partir. Et le voyage n'a rien arrangé... Finalement, nous trouvons que c'est bien cher payé pour un si long chemin et seulement quelques manchots de-ci de-là, faisant une bronzette sur la plage ou jouant à cache-cache avec nous.
Retour à Punta Arenas. La plaza de Armas, cet après-midi, a complètement changé d'atmosphère. On dirait le parc Montsouris (à Paris) après la sortie de l'école. Punta Arenas est une ville très jeune, bourrée de lycéens et d'étudiants.
Ce soir, nous retournons manger chez Jekus, pour fêter mon anniversaire le 1er décembre (à ce moment-là nous serons en refuge à Torres del Paine). Je n'ai jamais mangé d'agneau aussi bon... En sortant, il fait un froid glacial malgré toutes nos couches de Damart, laine et polaires, pas loin de celui de Sept-Iles (dans le nord du Québec) au mois de février...
Mardi 30
En partant pour Puerto Natales, nous retournons au bureau de change. L'argent file ici à vitesse grand V.
Nous quittons la province de l'Ultima Esperanza pour entrer dans celle des Magallanes.
La route est déserte, le ciel gris, le vent omniprésent. Nous dépassons soudain un Cristo del Camino à l'abri d'un bosquet, insolite dans ces espaces désolés. Le grand angle lui fait faire un bond en arrière, et le fait de le rapprocher sous Photoshop lui confère un flou... très peu artistique... Régulièrement, sur le bord de la route ou des pistes, on retrouve de ces petits hôtels mortuaires, avec photos, fleurs et souvenirs, et drapeau rouge claquant au vent, dont nous ignorons la signification. Mais en arrivant dans l'après-midi à Puerto Natales, au bord du Pacifique, après 250 km de steppe aride et hyper ventée (quel sport de conduire comme ça, accrochée au volant!!), la surprise est de taille! Là ce sont des centaines de bouteilles en plastique – remplies en partie d'eau à cause du vent – qui veillent les morts... La petite ville (ou le gros village, au choix) est très différente, toutes proportions gardées, de Punta Arenas. Les maisons sont basses et d'aspect plutôt délabré, toujours très colorées. Nous remarquons que les Chiliens, du moins dans le Sud, ne se préoccupent pas de l'aspect extérieur de leurs habitations. Tôles disjointes, peinture écaillée, le tout a souvent un aspect branlant et peu engageant, alors que l'intérieur est particulièrement pimpant et soigné. Les gens sont en général de petite taille, si l'on excepte certains Croates de Porvenir. Au Pléistocène (- 2000 000 d'années à - 10 000 ans), un animal fantastique arpentait ces terres du bout du monde, une espèce de grizzly herbivore à queue de kangourou, deux fois plus haut qu'un homme, appelé Milodon ou, plus simplement, Glossotherium robustus. La Cueva del Milodón en abrite un spécimen, mais en carton-pâte, c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas fait le détour lorsque nous avons quitté Puerto Natales pour rejoindre le parc Torres del Paine. Le milodón qui trône en bord de mer, à Puerto Natales... L'hôtel Chorrillos est basique mais très agréable, très bien tenu et la propriétaire est extrêmement aimable. Nous discutons avec un Français installé à l'ordinateur de l'accueil, barbe et cheveux blancs, parti avec sa compagne le 10 juillet en vélo du Pérou (c'est exactement le genre de voyage qui ne m'attire pas, pédaler comme un forcené en se battant constamment contre un vent déchaîné, mais je suis très admirative). Ils s'y sont fait attaquer et voler une première fois, puis une seconde fois on leur a dérobé appareil photo, caméra et argent. Ils avaient été repérés sur le marché, puis suivis en dehors de la ville en... taxi!! L'un des quatre agresseurs (quel courage!! à quatre contre deux!) a cassé une bouteille, jeté sa compagne à terre et lui a mis le tesson sur la gorge... Courses au supermarché – Unimarc, comme à Punta Arenas – où l'on finit par trouver un camping-gaz et les cartouches qui vont avec, puis retour à l'hôtel afin de préparer les sacs à dos pour les quatre jours à venir. La chambre est dans un état! On croirait qu'on part en expédition en autonomie pour six mois ;-)): nourriture d'un côté, vêtements de rechange, appareil photo, jumelles, GPS de l'autre. Le 17-85 mm est définitivement HS, ce qui fait que je n'ai plus que le grand angulaire. Plutôt catastrophique pour un voyage pareil... Adieu tous les gros plans, comme celui de notre premier nandou croisé aujourd'hui, ou de cet adorable renard argenté aux grands yeux noirs en amande qui s'est couché dans l'herbe quand il a vu qu'on s’arrêtait pour le regarder. Il est resté là, à nous surveiller du coin de l'œil, jusqu'à ce que la voiture redémarre. Puis il est reparti de son côté et nous du nôtre. Je l'ai quand même casé dans un petit coin de la carte-mémoire. Le voici, démesurément grossi sous Photoshop, disons... dans un flou gaussien... Dehors, une multitude de chiens se font la conversation d'une rue à l'autre.
Mercredi 1er décembre
Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. La nuit a été courte mais je me suis endormie tout de suite, bercée par le plus doux bruit qui soit, celui de la pluie qui tambourinait sur le toit de tôle de l'hostal... Le problème, c'est que ce matin il tombe une pluie torrentielle, fouettée par un vent qui doit avoisiner les 120 km/h. Autrement dit des conditions idéales pour entamer une randonnée de huit heures. Excellent petit déjeuner avec du cake maison et des yaourts aux fruits, entre autres. Cet hostal est une excellente adresse, pas chère (20 000 pesos), et la propriétaire est très aimable. Nous discutons avec un jeune couple de Français qui nous annonce que la piste la plus longue, celle de Laguna Amarga, c'est-à-dire l'entrée Nord, est désormais bitumée. Plutôt que de prendre la nouvelle piste plus courte de moitié qui mène à l'entrée Sud, nous choisissons la facilité, puisque du ripio, nous en aurons à revendre dans les semaines à venir. Nous partons donc, seuls sur la route. Mais à Cerro Castillo, surprise, la route devient piste, et mauvaise piste puisqu'il s'agit d'une (très mauvaise) déviation. Quelques kilomètres plus loin, passé un gaucho plus vrai que nature sur son cheval, béret vissé sur la tête qui le protège mal de la neige qui tombe en abondance, et poussant son petit troupeau de vaches, nous retombons sur la route mais pour peu de temps. Les derniers 90 kilomètres seront de nouveau de la piste. Nous voyons encore une fois des guanacos, et encore une fois je peste de n'avoir que le grand angulaire. Une fois à l'entrée du parc, nous allons payer dans une minuscule cabane où les taches sont très compartimentées: trois personnes, dont une qui prend les passeports, une deuxième dans une cahute en verre qui nous déleste de 30 000 pesos de droits d'entrée, et enfin une troisième qui vérifie les billets d'entrée et nous donne le plan du parc. Les refuges des Torres se trouvent au bout d'une mauvaise piste de sept kilomètres, coupée en son milieu par un pont-surprise. Il ne peut supporter plus de 1500 kilos. Avec la Chevrolet Corsa pas de problème, mais les véhicules genre Renault Espace sont vraiment limites...
Arrivés au refuge des Torres, nouvelle surprise: nous ne sommes pas au Central mais au Norte, autrement pas dit pas au nouveau, paraît-il très bien, mais à l'ancien de mauvaise réputation. Il fait vraiment à l'abandon. Les chambres ne sont pas chauffées, sans lumière, il n'y a des lampes à gaz (dont une seule à chaque extrémité du couloir) que jusqu'à 23 heures, le lino du sol se décolle, les « banos » sentent horriblement mauvais, un mélange de désinfectant et d'urinoirs publiques. Sinon, la chambre est petite mais banale. En fait, nous n'adorons pas les dortoirs...
Nous montons aux Torres avec un temps complètement bouché, et en en plus il fait un froid sibérien, pas loin du Québec en hiver. Nous sommes pourtant extrêmement couverts, mais la neige qui passe à l'horizontal fou ettée par un vent violent nous glace le visage. Nous traversons d'abord des terres complètement désertes, couvertes d'une petite herbe rase, puis des massifs entiers d'arbustes à floraison rouge vif, des notros (Embothrium coccineum), comme ceux que nous avions vus à Venice, à Los Angeles. Passé le refuge Chileno, à mi-chemin, nous entrons dans un bois et le chemin devient complètement boueux. Le temps est toujours totalement bouché, les Torres enfouies dans une épaisse couche de nuages et de neige et nous ne pouvons espérer les apercevoir. Nous décidons alors de faire demi-tour. Au détour du sentier, un magnifique renard, un zorro colorado aux allures de coyote, croise notre route. Il hésite. Je crois qu'il va nous emboîter le pas mais, dommage, il change d'avis puis disparaît sous les arbres. Sept heures et demie après le début de la randonnée, nous voici à nouveau au refuge. Rien ne s'arrange: impossible de se faire à manger, d'une part parce qu'à Puerto Natales nous avons acheté un camping gaz et les cartouches vendues avec (camping gaz également), malheureusement une fois ici on se rend compte qu'elles ne sont pas adaptées; d'autre part parce qu'il n'y a même pas une cuisine pour se faire chauffer de l'eau. Nous « pouvons manger au restaurant » (à 20 euros par personne en plus des 96 euros par nuit pour nos deux lits superposés...), ou nous faire de la cuisine dehors (où? en plein vent et par terre puisqu'il n'y a ni table ni bancs?) et « rentrer la manger à l'intérieur « (merci de tant de générosité!). Nous sommes furieux, d'autant qu'à l'intérieur, justement, il n'y a que trois malheureuses tables et même pas suffisamment de chaises pour aller avec. Ca promet pour les deux nuits suivantes. Nous partons nous coucher avant que toute la chambrée ne fasse de même. Ah, zut, toute la chambrée est déjà au lit...
Jeudi 2
Nous avons eu froid toute la nuit, car en plus du fait que ça ne soit pas chauffé, la fenêtre était restée légèrement ouverte. Nous n'y avions pas touché, pensant que c'était une des personnes présentes qui l'avait fait pour éviter de la condensation. Sauf que nos deux lits étaient collés sur l'air glacial, et ce n'est pas la petite couverture qui nous a protégés. En plus du reste, le double rideau avait perdu trois de ses anneaux, que personne n'avait jugé utile de remplacer. Heureusement, Géo Trouvetout (autrement dit moi, comme je suis assez souvent surnommée) a trouvé une solution en coinçant le bout du rideau de gauche dans le premier anneau du rideau de droite. A peine réveillés, nous n'avons qu'une hâte : fuir ce refuge qui est un vrai scandale étant donné son prix. Nous remballons nos affaires et filons à la voiture. Une gorgée d'eau froide, une bouchée de cake “con frutas”, et nous voilà partis pour l'embarcadère, d'où le catamaran nous amènera à Paine Grande. En chemin, des guanacos peu craintifs broutent au bord de la piste.
9 h 30. Premier départ du bateau (il y en a un autre à 10 heures, puis à midi pour ce qui est du matin). Les billets s'achètent à bord, 38 000 pesos pour deux allers-retours (en fait c'est 36 000, on s'est fait rouler de 2000 pesos..., ce qu'on aurait jamais imaginé sur une navette, dans un parc national), soit environ une soixantaine d'euros. Café, thé ou chocolat et petits gâteaux sont offerts. Le lac est venté, ça remue pas mal et les eaux sont vert sombre. Impossible d'aller à l'arrière à cause du froid glacial et des paquets d'eau projetés sur le pont. De l'intérieur, impossible aussi de faire des photos à travers les vitres complètement trempées. Une demi-heure plus tard, tout le monde descend. Au premier abord, le gite de Paine Grande est pimpant, seul au bord du lac, dominé par les montagnes (du moins on le suppose car elles sont perdues dans les brumes). Au deuxième abord, il l'est encore plus. Des tons orangés aux murs auxquels sont accrochés masques, dessins et photos concernant les Indiens disparus; plusieurs petits salons ici ou là, avec un gros poêle à bois qui ronronne et d'épais canapés ou fauteuils en cuir. Ca monte et ça descend, ça tourne et ça retourne et c'est très chaleureux. Pour l'instant, par contre, nos lits ne sont pas prêts. Nous laissons une partie de nos affaires dans une eptite pièce en face du Mini Market, dont seuls les deux vendeurs ont la clef, et nous voilà partis à 11 heures pour le glacier Grey sous un temps à ne pas mettre un chien dehors (drôle d'expression, d'ailleurs... pourquoi mettrait-on un chien dehors?). Le sentier suit une étroite vallée dans laquelle le vent s'engouffre avec rage! Il faisait 2°, mais maintenant, avec le facteur vent, je n'ose imaginer la température ressentie... La pluie est de la partie, les nuages cherchent à toucher terre et nous n'arrivons même pas à avancer. J'ai l'impression que quelqu'un me pousse constamment avec force vers l'arrière. Nous faisons des embardées à droite, à gauche, à droite, à gauche et progressons avec peine. Il faut vraiment vouloir voir ce glacier! D'ailleurs nous ne croisons absolument personne pendant plusieurs heures. La vallée n'en finit pas, alors que d'après la carte je croyais longer le lac tout du long. La notion de ce qui est difficile ou modéré n'est pas la même chez les rangers américains et les employés des parcs chiliens. Celui-ci est classé en modéré alors qu'on dirait qu'on suit le lit d'un cours d'eau. Il est encombré de roches et de pierres presque tout du long, entrecoupé de passages bourbeux, inondés, etc. Le dénivelé est faible mais il monte et descend constamment. Bref, progresser dans ces conditions est particulièrement pénible...
Nous n'arrivons pas à nous poser pour manger un morceau, la pluie et maintenant la neige ne cessent de tomber, tout est trempé ou boueux et il n'y a pas un endroit où s'asseoir. Nous finissons par nous arrêter sous un arbre aux grosses racines apparentes. J'attrape l'onglée en moins de deux, nous sommes trempés de transpiration qui gèle quasi instantanément... Quel plaisir! Comme le dit un non-anglophone qui passe près de nous: “Bad time to lunch!” Enfin, nos efforts sont récompensés et nous apercevons, là devant nous, le glacier, géant bleu figé sur toute la largeur du lac. Nous ne pouvons distinguer son épaisseur, dissimulée dans les nuages. De petits icebergs bleutés dérivent vers l'aval sur les eaux grises du lac qui aujourd'hui porte bien son nom (Lago Grey). Nous ne savons toujours pas si nous sommes entourés ou non de montagnes, comme hier tout est bouché, gris, glacial et mouillé... Nous continuons sur le chemin mais le temps décidément empire et nous faisons demi-tour. Partis à 11 heures nous rentrons à 17 heures. Notre chambre, baptisée “Puma”, est pour six personnes. En cherchant la salle de bains, je vois par les portes ouvertes que certaines chambres sont pour quatre et d'autres..., que vois-je?? pour deux ! Nous redescendons illico presto à l'accueil et demandons si l'on peut changer pour une chambre à deux lits... En deux minutes, c'est chose faite et nous déménageons de “Puma” pour “El Calafate”. C'est royal et ça change tout!! Dans la grande salle de restaurants aux tables en bois ciré nous prenons Alain un thé et moi un chocolat avec un grand cooky aux amandes et chocolat (le tout pour 3000 pesos, soit 6 euros). Par la fenêtre, nous apercevons de splendides oiseaux noir et feu. Nous sommes vraiment contents d'avoir une chambre pour nous tout seuls! La promiscuité ne nous plaît décidément pas, nous sommes trop indépendants pour ça (et mes années de colonies de vacances, trois fois par an de sept à dix-huit ans, m'ont vaccinée à vie). D'autant que personne ne se parle. On pensait pouvoir échanger deux trois mots avec nos voisins de lit mais non, ils font comme s'ils étaient seuls... La chambre donne sur la montagne derrière et on aperçoit un bout du lac Paine Grande. Il y a l'électricité et le chauffage, le rêve, en somme. Seul hic mais qui cette fois passe comme une lettre à la poste, le radiateur ne sera allumé qu'à 22 heures... En attendant, on renfile pulls et polaires pour pique-niquer, assis sur le lit... A 22 heures, on entend les premières dilatations du métal qui chauffe mais je m'aperçois assez vite que c'est uniquement une petite moitié du radiateur qui est allumée. Par ailleurs, le vent à l'assaut de la fenêtre fait un bruit de 777 et soulève le double rideau. Nous nous fourrons au lit, mais moi, qui ne suis pourtant pas frileuse, je suis frigorifiée! Il n'y a sur le lit qu'une petite couette fine, d'été je suppose, puisque nous n'en sommes qu'à même pas trois semaines. Vers 4 heures, n'ayant toujours pas fermé l'oeil, je cherche à tâtons dans le noir mon gros Damart et les deux polaires que j'étale sur le lit et m'endors illico. La nuit, toutes les lumières du couloir sont éteintes...
Vendredi 3
Je me rends compte ce matin, en examinant la fenêtre de plus près, qu'elle n'est pas hermétiquement fermée. C'est une histoire de un centimètre maximum, mais ça a suffi, étant donné le temps qu'il fait dehors, à réfrigérer complètement la chambre et moi avec. Pourtant je ne suis pas frileuse... Alain, qui dort sur le lit supérieur, l'a moins senti. Une fois fermée, le bruit passe du 777 à l'avion de tourisme et le double rideau s'est calmé... Le vent est toujours aussi violent ce matin, et il pleut... Nous ne pouvons prendre un thé dans la salle du petit déjeuner car elle est déjà fermée et nous nous contentons encore une fois d'un peu d'eau glacée et de quelques tranches de Budin, autrement dit de cake aux fruits. Ensuite, départ à 10 h 30 pour la Vallée française. Les bourrasques, chaque jour plus violentes que la veille, si c'est possible, nous jettent sur les bas-côtés chacun à notre tour. Heureusement, le sentier est plus facile aujourd'hui, puisque de terre, et plus joli également car il suit le lac Sarmiento, du moins au début. Ce lac, contrairement au lago Paine sur la berge duquel est construit le lodge, est gris sombre, ce qui signifie donc qu'il n'est pas glaciaire. Les bosquets de fleurs rouge sang sont omniprésents; on trouve aussi une multitude de petites orchidées blanches, et toujours les pois mauves et blancs. Les couleurs sont un peu les mêmes que dans l'Ouest américain au printemps, rouge et mauve: Indian paintbrush et lupin bleus. Nous croisons des oiseaux magnifiques, jaune vif et vert fluo, d'autres aux yeux de rubis et aux pattes jaune safran. Les animaux, ici, ne sont absolument pas craintifs, et nous pouvons les approcher de très près. Les oiseaux, par exemple, ne s'envolent qu'au dernier moment. Au-dessus de nous, les montagnes acérées comme des lances percent quelquefois la couche nuageuse, laissant apparaître un glacier suspendu, d'où s'écoule une eau claire et potable. Toutes les eaux de ce parc sont bonnes à boire. Je l'avais lu mais j'ai profité du passage d'un garde du parc pour me le faire confirmer. A propos de garde, d'ailleurs, le seul qu'on ait vu, alors qu'il faisait un froid de canard, pluie, vent, etc., se baladait en casquette (sans doute avec dessous un tube de glu pour la faire tenir) et en T-shirt... Mais les Indiens Alakalufs étaient bien nus en été (et ne pas oublier que nous en sommes proches) et ne portaient leurs peaux de guanacos qu'en hiver... Nous voulons arriver au campamento italiano pour pique-niquer, espérant qu'il y aura une cahute où au moins se mettre à l'abri. It's a long way pour y arriver, et je doute un peu que les distances soient fiables. Sept kilomètres et demie ce n'est pas grand-chose, or nous marchons d'un bon pas malgré le vent et toujours rien en vue. Nous passons dans un bois, puis dans un autre, et un autre encore, le sentier devient roches et caillasse, boue et racines, voire ruisseau... Les Torres sont toujours invisibles, je vois venir le moment où nous partirons et où nous ne les aurons même pas aperçues. De temps en temps, un rayon de soleil perce tous ces nuages et donne à ces sommets glacés une atmosphère fantastique. Nous nous rapprochons de la jonction avec la Vallée française, mais nous avons un peu plus tôt croisé deux Français, entre cinquante et soixante ans, du genre guide de haute montagne avec l'accent savoyard, qui nous ont dit que tout était bouché au-dessus, et qu'ils renonçaient “à monter là-haut aujourd'hui”. Soudain, nous entendons un grondement de chutes d'eau qui ont l'air gigantesques. Nous longeons le lit d'un torrent furieux et apercevons enfin un premier panneau: pont à 500 mètres (chiliens). Le temps est sombre, la pluie glaciale, le vent devrait être débaptisé, il est trop violent, trop constant, trop rageur... Voici le pont de bois, donc, puis un second, suspendu celui-là, qui ne permet de passer qu'à deux personnes à la fois. De l'autre côté, le campamento Italiano. Nous passons au-dessus du torrent rugissant, ça se balance pas mal, et prenons pied sur l'autre rive. Eh bien on peut dire que les campings chiliens n'ont rien à voir avec les campings des parcs américains! Quelques tentes sous des arbres hauts et déplumés, du genre peupliers, une terre sableuse et grisâtre, des racines absolument partout, et surtout pas les moindres cahute, table ou bancs, rien. Rien de prévu pour les campeurs installés dans ces solitudes glacées. Aucun emplacement pour faire du feu. Une cabane couverte de tôle et un panneau avertissant que c'est “privado”, entrée interdite, pour le garde que nous avons croisé, certainement. Nous faisons le tour, trouvons une cabane de trois murs de planches dans laquelle il fait carrément nuit et devinons deux silhouettes dans la pénombre. L'une se fait cuire quelque chose sur son réchaud, posé sur une planche; l'autre a l'air morose et dubitative, mais surtout transie. Une autre cabane misérable pour les w-c, et c'est tout. Nous nous asseyons sur un tronc de dix centimètres de diamètre posé sur deux petits piquets et trouvons vraiment lamentable une si piètre installation. Dans ces conditions nous ne déballons ni pain ni poulet rôti pour moi (celui acheté à Puerto Natales pour 3 000 pesos et qui est inusable) et avalons vite fait une banane et moi un délicieux cooky acheté hier en fin d'après-midi. Il faut bien sûr emporter ses poubelles... Redescente au pas de charge sur le lodge, où nous arrivons à 16 h 30 pour prendre un chocolat et un thé. Par les grandes baies vitrées, nous observons quelque chose d'étrange: comme un vent de sable à la surface du lac, de longues écharpes d'embruns qui s'effilochent et se reforment. Par endroits des mini-tornades s'élèvent tout droit vers le ciel, tandis que de grosses vagues s'écrasent sur la rive en face qui est pourtant éloignée.
Samedi 4
Le temps aujourd'hui, puisqu'on s'en va, est nettement plus beau, bien que les sommets soient toujours encapuchonnés. A 9 h 30, nous prenons le catamaran en compagnie d'un jeune Français très sympa, Loïc, avec qui nous avons échangé quelques mots en attendant. Lui est parti pour un tour du monde; arrivé en Equateur il y a trois mois, il prend l'avion après-demain à Punta Arenas pour la Nouvelle-Zélande. Comme il va aussi à Puerto Natales, nous lui proposons de l'y conduire. Et il se trouve qu'il va dans le même hostal que nous chercher ses affaires qu'il avait laissées le temps d'aller aux Torres del Paine. Dernière coïncidence, il connaît voyageforum et y a même un pseudo: karasamba. Nous prenons la nouvelle piste, celle de 85 kilomètres, qui démarre vraiment très bien, on la croirait bitumée. Mais, très vite, elle se transforme en un vrai poulailler! C'est une succession de nids-de-poules remplis d'eau boueuse qui éclaboussent la voiture. Vu deux huitriers-pie. Dans un des bureaux de change de Puerto Natales où nous changeons deux cents euros, la caissière, qui ne se prend pas pour rien, comme tous ceux à qui nous avons eu affaire jusqu'à présent dans ces endroits-là, commence à lorgner d'un oeil suspicieux le premier billet de cent euros, en direct de la Banque postale, essaie de voir à travers et le pose sur le coin de sa table avec un air à moitié dégoûté. Elle prend le second, l'examine, et repère une petite pliure plus prononcée d'environ un millimètre sur une des tranches au milieu du billet. Ca y est! Elle a ce qu'elle cherchait et nous le rend d'un air triomphant. Nous ne comprenons pas (ou faisons mine de ne pas comprendre). Je sors mes lunettes, fais comme elle, observe le billet et lui demande ce qu'il a de spécial. Je lui fais remarquer qu'en France un tel billet ne poserait pas de problème. D'un ton cassant elle nous réplique qu'ici, elle n'en veut pas!! Excédé, Alain lui demande de lui rendre le premier billet et nous ressortons furieux. Dans le deuxième bureau, tout se passe comme sur des roulettes... Le soir, dans une pizzeria (Mesita Grande), le serveur essaie de nous rouler avec une impudence incroyable! Il s'était carrément pris 100 % de pourboire! (Au Chili, le pourboire dans les restaurants est en principe de 10 %.) Nous voulions en fait dîner à Afrigonia, le meilleur restaurant de Puerto Natales, mais la salle, toute petite, était bondée et de toute façon il aurait fallu réserver.
Dimanche 5
Lit excellent mais l'isolation extérieure est déplorable (partout jusqu'à maintenant) et bien qu'à l'écart du centre, les voitures nous ont dérangés. L'adresse reste très bonne. Après le petit déjeuner composé cette fois-ci de jus d'orange, de quatre crêpes, de pains chauds, beurre et deux confitures, plus fromage, nous partons pour El Calafate en passant par le côté chilien, soit Cerro Castillo, sur la route des Torres del Paine. Ni la douane chilienne ni la douane argentine ne nous ont embêtés, et les Argentins ne nous ont même pas fouillés, ce qui fait que nous aurions pu garder tomates, beurre, œufs, poires, etc., au lieu de tout laisser à l'hostal Chorrillos. Nous prenons la piste d'une trentaine de kilomètres qui rejoint la route d'El Calafate. L'essence, ici en Argentine, est bien meilleur marché qu'au Chili (environ 0,60 euro contre plus de un euro) et nous regrettons d'avoir fait le plein à Puerto Natales. J'avais lu que plutôt que de faire le détour par La Esperanza, on pouvait couper par une piste très belle et très bonne. Nous n'hésitons donc pas une seconde sans avoir idée du kilométrage... C'est morne plaine... Pampa à droite, pampa à gauche, herbe rase et grise, horizon rectiligne. Mais la piste, assez bonne au commencement, se gâte vite et sérieusement. Ce n'est maintenant plus que de la caillasse, et il faut constamment faire attention o�� l'on met les roues, éviter les cailloux trop pointus et les zones trop dérapantes. Dans le ciel encombré de beaux nuages, le soleil brille et la température au thermomètre de la voiture grimpe jusqu'à 30°! Du jamais-vu depuis qu'on est arrivés en Patagonie. Le désert grisâtre s'étend à l'infini, de temps en temps on aperçoit le ruban de la piste comme un serpent qui filerait devant nous, dans l'infini de la pampa. Une heure passe, puis une deuxième... on n'en voit pas le bout... Les fortes pluies ont laissé par endroits sur des parcelles de sol probablement calcaires des mares plus ou moins étendues, immédiatement colonisées par tous les oiseaux de passage: flamants, cygnes à col noir, oies, canards, etc. En se rapprochant de la jonction avec la route 40, asphaltée sur cette portion, le sol se soulève en moutonnements de velours plus ou moins prononcés, dans des tons qui tirent maintenant sur le vert. Une quinzaine de kilomètres avant El Calafate, le paysage devient soudain magnifique, surplombant le lago Argentino, turquoise comme tous les lacs glaciaires sous les rayons du soleil. Le rio Santa Cruz serpente dans la vallée en une multitude de boucles serrées...
El Calafate. Albergue Lago Argentino. D'un côté de la route, le n° 1050 et l'albergue; de l'autre le 1061 et l'hostal. Nous avions réservé une petite maison dans le jardin. Il y en a deux rangées de trois, mitoyennes, de couleurs vives - carmin et beu – séparées par un gazon vert et dru. Tout est en fleurs, genêts, lupins, chèvrefeuille, arbustes de toute sorte, ça sent le printemps même si les chambres sont par là même un peu sombres. La nôtre est parfaite, la salle de bains aussi.
Le soir, nous allons manger des gnocchis de pommes de terre au safran et du gratin de potiron et maïs, arrosés d'une bonne bouteille de vin argentin dans un excellent restaurant, Pura Vida, avenida del Libertador, avec 10 % de réduction parce qu'on vient de l'albergue Lago Argentino. Le ciel est d'un bleu clair très pur, très lumineux, et la lumière transparente et rosée en cette fin de journée, comme on n'en a jamais vue ailleurs. Les Argentins, de même que les Chiliens, surchauffent leurs intérieurs et la chambre ne fait pas exception.
Lundi 6
Nous voulions être au Perito Moreno avant l'ouverture mais ça ne sera certainement pas possible. Aussi nous choisissons de prendre le petit déjeuner sur place et de partir ensuite. A 7 h 30 nous montons dans la voiture et en route pour les 70 km qui nous séparent du glacier géant. Nous doublons une flopée de cars de touristes vides, étrange..., et arrivons une demi-heure plus tard à l'entrée du parc. Les 40 pesos par personne annoncés par le Routard se sont transformés en 75 pesos... Il reste encore 28 km avant d'arriver. La route, relativement étroite et sinueuse, longe le lago Argentino, couleur menthe à l'eau, traverse des bois de résineux accrochés au pied des montagnes pelées. Le vent est toujours extrêmement violent et le sol jonché de petites branches entre lesquelles je dois zigzaguer en permanence. Jusqu'à 10 heures du matin il est possible de se garer au sommet (nous ne l'apprendrons que plus tard car rien ne l'indique), mais nous ne pourrons y retourner ensuite et il faudra rester sur l'immense parking un peu plus bas. Il y a toute une série de passerelles, à cette heure-ci totalement désertes, dont les plus proches sont celles dites « de la rupture ». D'autres s'enfoncent dans les bois, montent et descendent...Vu d'en face, le Perito Moreno, un des derniers glaciers à ne pas régresser et qui fait partie de la troisième calotte glaciaire au monde (après l'Antarctique et le Groenland, 360 km de long sue 40 km de large), ne donne pas l'ampleur de ses cinq kilomètres de large et de ses soixante mètres de hauteur... Lorsqu'il est bien disposé, il peut avancer de deux mètres par jour, aussi nous guettons ses plongées vertigineuses accompagnées de fracas de coups de canon (comme j'en entends tous les jours, je peux faire la comparaison ;-)), qui laissent derrière elles des cicatrices bleu intense. A l'avant, ce ne sont que flèches, lances et pieux prêts à faire le grand saut, à l'arrière des milliers de crêtes meringuées parcourues d'un réseau infini de crevasses. Nous décidons de prendre le bateau qui se trouve sous le restaurant - celui du dessous - pour aller voir de plus près de quoi il retourne. Cent pesos de moins dans les poches, nous montons sur le pont en compagnie d'une trentaine de personnes, très peu de monde, donc, puisque nous pourrions être trois cents! Le bateau reste à distance respectable des éventuels icebergs, tourne et vire, se rapproche de la zone de fracture, s'arrête lorsqu'une détonation se fait entendre, longe le glacier vers l'est, fait demi-tour, et trois quarts d'heure plus tard, rentre au bercail. Tout le monde descend. A cette heure-ci, midi, lorsque nous rejoignons les passerelles, c'est la cohue. Plus rien à voir avec l'atmosphère de début de matinée, où nous avions le glacier pour nous tout seuls. Deux heures plus tard nous sommes sur la très belle route d'El Calafate. Le ciel est bleu et le vent a encore forci. Pendant ces quelques heures, j'ai bien sûr eu tout loisir de pester (intérieurement ;-)) puisque je ne pouvais faire de photos qu'au grand angle. Les trois magasins de photos de la ville vendent uniquement des pellicules Kodak, ici ils n'ont pas encore fait faillite, et ma tentative de commande d'un 50 mm Canon sur Amazon.com n'a rien donné puisqu'ils ne livrent pas dans ces contrées lointaines. Il faut me faire une raison, mais c'est dur... Au supermercado nous achetons une salade de pommes de terre, carottes et petits pois, plus des œufs que je fais cuire discrètement dans la salle du petit déjeuner où « l'on ne doit pas cuisiner ». Lessive dans le lavabo miniature dont la bonde a été supprimée puisque l'hostal lave du linge contre 25 pesos, mais c'est sans compter sur Géo (Trouvetout). J'utilise une mousseline de notre propre thé que nous venons de faire infuser, la rince bien et bouche le lavabo avec. Très efficace! Eventuellement, on peut aussi d'une main appuyer sur la mousseline et de l'autre malaxer... A la guerre comme à la guerre!...
Mardi 7
Le soleil a disparu mais, par extraordinaire, il n'y a pas de vent! Nous commençons la journée, après le petit déjeuner avec des voisins de table allemands détestables et prétentieux, par le locutorio (petit local où l'on peut téléphoner). J'ai deux cartes de téléphone à 10 pesos, chacune permettant d'appeler une demi-heure en France (merci Herge pour l'info!). Ça marchait très bien de Buenos Aires avec la carte Hable Mas. A Ushuaia j'ai dû en acheter une d'une autre marque - en fait de carte, c'était un ticket de caisse avec les indications en caractères minuscules. Mais ici, plus rien ne va. « Les ondes », paraît-il, « c'est trop perdu » (celui qui nous dit ça se fiche carrément de nous, vu que toutes les cabines internationales avec paiement à la caisse sont occupées pour des coups de fil vers l'Europe!), il veut bien sûr qu'on range notre carte et qu’on lui paye directement la communication. Deuxième locutorio, même son de cloche... Ensuite passage par un supermarché pour acheter du jambon cru Lomsicar (?) en promotion. La caissière en profite pour essayer de nous rouler d'un billet de 2 pesos. Ce n'est pourtant pas compliqué: elle doit nous rendre 74,25 pesos et elle nous en rend 72,25, en se dépêchant de quitter sa caisse juste après. On récupère donc les deux pesos manquants en pestant, et on comprend pourquoi ce supermercado n’était pas indiqué sur le plan que l’on nous a donné à l'albergo Lago Argentino... A propos de monnaie, l'Argentine et apparemment avec elle le Chili manquent cruellement de pièces métalliques. Il est surprenant de voir comme les caisses sont vides et comme, à chaque fois, cela pose un problème. En général, les gens arrondissent au-dessous pour que le client ne soit pas perdant (c’est toujours le cas dans les stations-service), mais parfois c'est le contraire. Les plus généreux vous jettent une sucette sur la caisse et au suivant ! Le jambon Lomsicar est incroyablement acide, j'arrive à peine à le manger. Il va falloir que je me renseigne sur cette appellation: Lomsicar. Est-ce une recette au vinaigre, ou bien prendrais-je le Pirée pour un homme? Aujourd'hui, on avait prévu (sur la carte) de monter au cerro Calafate, 800 m de dénivelé, mais surprise on s'est aperçus que c'était une montagne complètement pelée, caillasse et poussière grise, ce qui nous a douchés d'un coup... On est restés écrire des cartes postales, faire quelques courses, laver du linge, lire et rédiger le carnet... Une journée de transition, quoi. Lomsicar, d'après Internet, ne renvoie à aucune recette, c’est une marque comme une autre. Ce jambon acide ne m'inspire plus du tout et je vais le donner à un des nombreux chiens qui, ici, comme dans chaque agglomération traversée, arpentent les rues poussiéreuses. Le conseil est de ne jamais les caresser, ils trimballent je ne sais plus quelle maladie et la rage est très courante. Mais c'est difficile, ils sont très sympa et ont tous de bonnes têtes. On se rabat sur les chats angoras et couverts de poussière de l'hostal, qui se prélassent dans le jardin et ont tout de suite senti à qui ils avaient affaire : ils nous font mille et un câlins (mais ils ne ronronnent pas... Est-ce que les chats argentins ne savent pas ronronner??).
Mercredi 8
J'ai passé une bonne nuit, heureusement car j'étais vraiment fatiguée. C'est Alain, cette fois, qui n'a pas fermé l'oeil et qui a eu droit : aux pétards et aux fusées que deux gamins lancent nuit et jour près du locutorio d'à côté (il ne manquait que Doisneau pour les photographier); au 4 x 4 au pot d'échappement percé que le voisin, assis derrière le volant au milieu de son jardin, fait rugir, lui aussi nuit et jour selon son humeur; à la musique de l'auto-radio...; et au chien de ce même voisin qui est insomniaque et s'en donne à coeur joie. Nous partons pour El Chalten après avoir fait quelques courses au supermercado La Anonima. Le ciel s'est couvert et nous craignons le pire pour la suite de la journée.
Le paysage est toujours aussi désertique, mais la proximité des Andes lui donne un peu de relief. A l'est, du côté de la pampa, longue traînée de cumulus blancs comme neige dans le ciel bleu, à l'ouest tout se mêle dans un horizon gris et cotonneux. Puis voici nos premières badlands, ressemblant fort à leurs cousines américaines de l'Utah, mais en moins colorées. Le dôme d'un ancien observatoire, fermé depuis 1943, émerge soudain dans une furtive vision. Nous longeons un temps le rio Santa Cruz aux eaux laiteuses, tout droit descendues de l'immense champ de glace qui couvre toute cette région de l'Amérique du Sud. Croisons quelques cyclistes chargés comme des baudets, le nez dans leur guidon, qui n'ont même pas l'air de nous voir passer. Je n'aimerais pas être à leur place... Le long de la ruta 23 qui laisse derrière elle la Ruta 40 pour filer plein ouest vers El Chaltén, village né en 1985 seulement, le paysage devient plus printanier, roche sombre et petite herbe rase vert tendre, désormais noyé de pluie. Une famille de condors fait la route avec nous, immenses ailes noires barrées de blanc pour les adultes, de marron pour les juvéniles, longues rémiges redressées dans le vent, tête rouge et cou rentré dans les épaules. Ils sont magnifiques!
Tout d'un coup, El Chaltén est là en contrebas, à un kilomètre environ, niché entre deux montagnes. La route serpente, bordée de touffes de fleurs jaunes et d'autres que je n'ai jamais vues, orange, ressemblant à de petits lys. Plus on se rapproche, plus le village s'étire dans la vallée en de multiples constructions inachevées, brique, aggloméré ou béton armé, tiges de métal rouillé dressées vers le ciel comme autant de doigts. Le tout a des allures de Canaries et est très inesthétique. Nous finissons par dénicher Infinito Sur dont nous avions vu la photo sur Internet et que nous croyions accroché à une pente. En fait l'hosteria est coincée sur trois côtés par de petites bâtisses toutes plus horribles les unes que les autres, béton brut laissant pointer l'armature alors que le rez-de-chaussée est déjà habité, abritant dans leur « jardin » carcasses de voiture et tout un bric-à-brac destiné, on peut le supposer, à construire un étage supplémentaire, voire le toit. Sinon, tout est très beau dans cet hôtel, bois et pierre mêlés. La chambre est grande et superbe, la salle de bains aussi, mais encore une fois surchauffées. Il fait au moins 30°!! Grand salon commun avec vue, paraît-il, sur le Fitz Roy (son nom tehuelche d'origine est El Chaltén, « la montagne qui fume »). Pour aujourd'hui, c'est vue sur les nuages, aucune montagne à l'horizon... L'Internet indiqué sur le site est « highspeed » mais en fait en download il y a 0,01 Mo, un record, et en upload... 0,00, avec un ping de 1414s!!! Nous déambulons dans les rues arpentées par une flopée de randonneurs de toute nationalité, sous une pluie persistante et un vent toujours aussi violent. Il fait un froid de canard, le vent rugit de plus belle, et je n'ai qu'une hâte: rentrer à l'abri et au chaud.
Jeudi 9
5 h 30. Est-ce que je rêve encore ou est-ce qu'il n'y a pas de vent? Je regarde derrière le rideau de la fenêtre, rien ne bouge, et la maison biscornue, sur la gauche, est rose bonbon, éclairée par le soleil levant!!
7 heures. Le vent s'est levé, en pleine forme après une bonne nuit de repos, et maintenant... il neige! On voit effectivement que dans douze jours c'est l'été. Au petit déjeuner – très bon: marbré au chocolat maison, plus deux autres gâteaux-pain tout juste sortis du four, dulce de leche, etc. -, on peut apercevoir à travers les baies vitrées le temps empirer de minute en minute. C'est une véritable tempête de neige qui à présent se déchaîne, de gros flocons serrés qui passent à cent à l'heure. Les premières montagnes, visibles il y a encore quelques heures, ont totalement disparu dans une blancheur cotonneuse. Quant à ce qu'il y a derrière elles, le Fitz Roy et ses voisins, je ne sais pas si on le verra avant de partir, après-demain matin. En tout cas, pour le moment, il est impensable de partir randonner dans ces conditions.
12 h 30. Il neige toujours mais moins abondamment et le vent est tombé, aussi nous décidons de sortir et d'aller au moins jusqu'au second mirador sur le chemin de la laguna Torre. Avenida Antonio Rojo, au bout un escalier qui escalade la colline, et là, c'est le côté cour d'El Chaltén. Des maisons posées sur la terre battue et boueuse, pour la plupart minuscules, les unes sur les autres et dans n'importe quel sens, construites de bric et de broc, la plupart en aggloméré avec des joints de goudron, de la tôle, de la brique, beaucoup de courants d'air. Tout au bout, une petite montée raide, et nous voici dans des « prairies d'herbe courte », des bois de langas (la feuille ressemble à celle du hêtre en miniature, mais pas l'écorce, qui se rapproche plus de celle d'un résineux, surtout lorsqu'ils sont âgés), puis au-dessus du rio fitz Roy. Un premier mirador, en face une chute qui dévale la montagne en ne prenant pas la voie la plus directe, puis le second mirador d'où l'on pourrait admirer, d'après la table d'orientation, une enfilade de cerros invisibles. Nous continuons, bien que la neige soit très mouillée et que ma veste soi-disant imperméable achetée à Moab ne me protège plus de grand-chose. Une mare, sur la droite, de très jolies orchidées jaunes, capachito ou topa-topa (Calceolaria uniflora), des anémones blanches (Anemona multifida). Le chemin n'est qu'un bourbier, il devient très difficile d'avancer et nous commençons à avoir froid, l'humidité s'insinuant partout. Nous faisons demi-tour et trois heures plus tard nous voici revenus à notre point de départ, à savoir la voiture qui nous attend au début du chemin, ce qui est bien agréable. Le soir nous allons dîner à El Muro, recommandée par la jeune fille de l'accueil, qui se trouve au départ du sentier du Fitz Roy. Excellent « bifteck argentin » - je prends la demi-part, sinon c'était cinq cents grammes -, mais servi seul. Je commande une purée de papas (pommes de terre) et Alain des espèces de petits pavés de pâtes fourrés au saumon, délicieux. La serveuse ressemble étonnamment, en châtain, à Brigitte Bardot. Je le lui dis, elle est confuse, « ne peut le croire », etc., mais à mon avis elle le savait parfaitement ;-).
(L'électricité, à El Chaltén, est toujours allumée: lampadaires dans les rues et lampes à l'intérieur. On ne voit aucune éolienne et on se demande d'où provient la source d'énergie.)
Vendredi 10
5 h 40. Je vais dans la salle de bains et quelque chose attire mon oeil, au-dehors. Le Fitz Roy est éclairé d'une lumière rose par le soleil levant!! C'est un vrai choc! La voici donc, cette mystérieuse aiguille de granit qui se fait tant désirer et que je désespérais d'apercevoir! Je m'habille en vitesse, prends la clef de la voiture et ouvre la porte qui ne veut pas bouger d'un millimètre, même avec la clef magnétique. Je me rabats sur le balcon du salon mais déjà la lumière n'est plus là, la « Montagne qui fume » (El Chaltén en langue indienne) est déjà grise, mais je la capture malgré tout, par-delà les toits. Comme le temps annoncé pour la journée est neige et pluie, je me recouche, persuadée qu'à mon réveil, c'est la grisaille qui nous attendra. 8 h 40. On ne s'est jamais réveillés si tard!! Et, chose extraordinaire, il fait toujours beau et il n'y a toujours pas un souffle de vent!! Le temps de nous préparer, douches, petit déjeuner, sacs à dos avec entre autres deux bananes, quelques barres et un demi-litre d'eau - inutile de nous charger, à Los Glaciares comme à Torres del Paine les eaux descendent en droite ligne des glaciers et sont potables (et délicieuses) -, et de rejoindre le départ du sentier du Fitz Roy, il est un peu plus de 10 h 15. Nous trouvons tous les deux qu'ici c'est plus beau qu'aux Torres del Paine, malgré les lacs glaciaires (moins turquoise néanmoins que dans les Rocheuses canadiennes). Si l'on compare par exemple au sentier du glacier Grey, ou à celui des Torres, celui d'aaujourd'hui est beaucoup plus varié, on a constamment une vue superbe, soit sur le rio Fitz Roy au-dessous qui se fraie un chemin dans un large lit de galets, soit sur les pics enneigés au-dessus. Même le sentier du cerro Torre caché dans les nuages laissait deviner des merveilles... Le chemin démarre raide par des marches de terre et de bois et grimpe pendant une heure et demie, jusqu'au mirador d'où l'on a une vue superbe sur toute la chaîne des pics. Fitz roy est entouré de Saint-Exupéry, Mermoz et Guillaumet entre autres. C'est le lieu de la photo souvenir, apparemment. Passé le premier émerveillement et de nombreux clics du grand angulaire, nous continuons en direction du campamento Poincenot. Nous avons remarqué que 80 % des gens croisés sur les sentiers ne disent pas bonjour, voire ne jettent pas un regard à la personne qu'ils frôlent. Cest insupportable, surtout pour moi qui dis facilement bonjour à tout le monde avec un sourire. Et dans ces coins complètement perdus c'est encore plus difficilement acceptable.
Le chemin, qu'on dirait taillé à la bêche, pas plus de quarante centimètres de largeur, est maintenant un vrai bourbier. Soit la neige commence à fondre, soit elle a fondu depuis longtemps, formant des mares d'eau et/ou de boue épaisse et grasse. Il faut sans cesse faire de l'acrobatie pour éviter de s'enfoncer jusqu'à la cheville. Les bois de langas (on dirait que c'est le seul arbre ou presque sous ces latitudes) succèdent aux prairies qui succèdent aux bois de langas. Avec toujours, en arrière-plan, le sublime massif du Fitz Roy. Les Chiliens ne soignent pas leurs campings. Et le campamento Poincenot ne fait pas exception. Seul un panneau avertit qu'il s'agit bien d'un camping car il n'y a absolument rien de prévu pour les campeurs. Le sous-bois est d'un binz incroyable! Branches cassées, troncs pourris jonchent le sol dans un enchevêtrement incroyable. Aucun emplacement particulier n'est prévu, aucune table ni bancs, aucun abri. Je me demande s'il y a même des toilettes et Alain me montre un petit machin en métal qui doit effectivement en faire office. Le détail qui tue est cet avertissement : Interdiction de se construire un abri. Lorsqu'on sait que les conditions atmosphériques y sont très difficiles, le vent par exemple s'y déchaîne avec violence, c'est à la limite du refus d'assistance à personne en danger. Le tout est en plus pourri d'humidité...
Nous hésitons à bifurquer sur les Piedras blancas, mais le temps se couvre et les espaces découverts où passe le sentier pourraient vite devenir invisibles. En redescendant, nous apercevons, perché sur une branche d'arbre mort, un magnifique aigle au bec jaune et à la poitrine cloutée d'argent. Au-dessus de lui, un couple de rapaces plus petits font des manoeuvres d'intimidation en poussant des cris stridents.
Sur le chemin du retour, je me tords trois fois la cheville gauche. Ce n'est pourtant absolument pas le moment d'être immobilisée si loin d'El Chaltén. Heureusement, avec un peu de Synthol, tout rentre dans l'ordre. A 17 h 30, nous sommes à la voiture.
Samedi 11
A 9 heures nous sommes prêts à partir pour la Ruta 40 et Bajo Caracoles, à 460 kilomètres de là, où nous comptons faire une étape. Nous passons d'abord par le distributeur... qui est vide (il ne nous reste que 350 pesos, soit 70 euros) puis par la poste car nous avons deux cartes à envoyer, mais elle n'est pas encore ouverte, bien qu'affichant 9 heures. Hier, nous avons demandé à quelqu'un où se trouvaient « los correos ». Visiblement, il ne voyait pas du tout de quoi on parlait, jusqu'à ce que je lui montre les cartes. « Ah! Los corre! » La prononciation argentine (et chilienne) nous surprendra toujours. Entre le « pocho » (pollo), la « cache » (calle), la « jave » (llave), et tous les s finaux manquants, il faut comprendre.... Le temps est encore magnifique et nous redécouvrons la route que nous avons faite à l'aller avec tout le massif derrière nous, étincelant de neige. Nous avalons les 140 kilomètres bitumés qui nous séparent de Tres Lagos où nous faisons le plein d'essence. Nous sommes par erreur d'abord passés par le village en faisant un détour de 4 kilomètres sur la droite sur une très mauvaise piste, alors que la pompe à essence est un grand bâtiment blanc en retrait à une centaine de mètres sur la gauche. A partir de là, c'est le ripio qui nous attend. La piste est mauvaise pendant cinq ou si kilomètres, puis dans l'ensemble bien roulante, avec des passages plus délicats. Il faut quand même faire attention aux éventuels trous ou aux pierres qui pointent parfois en plein milieu, et aux amas de graviers qui la transforment en planche savonnée. Le pompiste de Tres Lagos nous a annoncé six à sept heures jusqu'à Bajo Caracoles, ce qui nous mène à 18 heures. Le sol de la pampa est marron-gris et on se demande ce que peuvent bien brouter les quelques rares moutons ou chevaux étiques que nous croisons de-ci de-là. Soudain, un 4 x 4 nous double en trombe, pojetant une cascade de pierres sur la carrosserie et le pare-brise, décoré de deux nouveaux impacts! C'est un comportement particulièrement inqualifiable que nous ne retrouverons heureusement plus, bien au contraire. Les camions, en particulier, sont extrêmement prévenants, ralentissent, s'écartent ou font signe de dépasser. Les collines se font plus présentes et sont parfois marbrées comme un gâteau. La piste tourne, monte et descend, des chevaux broutent çà et là. A la jonction de la route de Gobernador Gregores nous avons l'heureuse surprise de retrouver le bitume pour une cinquantaine de kilomètres. Puis c'est à nouveau le ripio, parfois bon, parfois mauvais, presque toujours dérapant. Je suis agrippée au volant, mes yeux cherchent continuellement à l'avant de la piste les cailloux à éviter, je ralentis dans chaque virage car ce serait les tonneaux assurés (prévus au contrat et pour lesquels nous ne sommes pas assurés). Un arrêt pour manger une banane et quelques chips près d'une estancia, le long d'un cours d'eau. La piste est bordée d'une multitude de petites fleurs crème qui embaument à la fois la rose et la violette. Peu après, nous apercevons sur notre droite un troupeau de guanacos en train d'observer un cheval couché dans l'herbe, de l'autre côté de la route. Ils se regardent en chien de faïence, c'est très drôle. Plus loin, une baby-sitter nandou et sa marmaille de vingt-deux petits qui s'égaillent avec élégance à notre passage. L'arrivée sur Bajo Caracoles est meilleure que prévue. Mais il est rageant de voir que nous longeons la toute nouvelle route bitumée pendant des kilomètres alors que nous sommes dans la caillasse.
16 h 30. Arrivée à Bajo Caracoles avec une heure trente d'avance. Il faut dire que j'ai bien roulé. Ah, Bajo Caracoles... tout un poème... Au milieu de la plaine infinie dans laquelle le vent se rue avec délices, fermée à l'ouest par les lointains sommets enneigés des Andes, battue par les vents, poussiéreuse, une poignée de maisons difficilement abritées derrière quelques peupliers chétifs, des chiens qui vont et viennent d'un pas alerte, une pompe à essence, une gomeria (endroit où l'on répare les pneus), la « policia », un poste de secours, deux campings et... un tribunal administratif et « juge de paix », un ministère de l'Education culturelle... Tout cela paraît totalement incongru au premier abord - nous sommes à de nombreuses heures de piste du moindre village -, mais c'est sans compter avec les estancias parsemées sur ces millions d'hectares. La pompe à essence fait aussi hôtel. Une bâtisse plus jolie que les autres, en grosses pierres ocre-rose, de plain-pied. Les vitres des fenêtres en façade sont obscurcies d'autocollants publicitaires, un long comptoir en L, derrière lequel s'alignent, sur des étagères murales, des bouteilles, des canettes, un peu d'épicerie. Dans un coin, un home s'égosille au téléphone...
Nous prenons une chambre avec salle de bains partagée pour 140 pesos (environ 27 euros, mais nous n'avons plus que 138 pesos et de l'argent chilien. Ca fera l'affaire, seulement nous n'aurons plus un seul peso argentin lorsque nous repasserons la frontière). Nous demandons à la voir. L'hôtelier-pompiste - très aimable - nous précède dans un long couloir au sol recouvert d'une matière étrange : c'est à celui de nous trois qui fera en marchant les schlouks-schlouks les plus sonores. Il ouvre la porte n° 1 : minuscule, nous n'apercevons d'abord qu'un lit de 90 cm, puis le second. Une table de nuit entre les deux et un porte-manteau. Le bas des murs est tout cloqué, et des dégoulinures marron descendent du plafond. Il va maintenant nous montrer les salles de bains: une pour les femmes, l'autre pour les hommes. Nous repartons derrière lui, d'un pas toujours aussi discret. Les portes sont grandes ouvertes. « Aqui, damas! »... cra-cra au possible, la chasse d'eau pas tirée (et pourtant nous sommes les seuls à dormir ici ce soir), une serpillière sale en plein milieu, une odeur nauséabonde, un grand rideau de douche bien raide et collé de toute part... Pouah! « Aqui, caballeros! » Ce n'est pas mieux, la cuvette des w-c fuit par le bas et la douche est pleine d'une mousse grisâtre... Retour à la chambre. Affichée derrière la porte, une longue liste d'interdictions et d'avertissements:
si l'on quitte la chambre après 10 heures, on paie double tarif; il est interdit de cuisiner et/ou de manger dans la chambre; les animaux familiers sont interdits; il est interdit de laver du linge ou de la vaisselle dans la salle de bains; il est interdit de rentrer dans la chambre avec des vêtements et des chaussures sales (probablement pour les ouvriers du chantier de la Ruta 40); les éléments de la chambre volés ou dégradés seront facturés; la clef doit être laissée en sortant à la réception; consulter la réception pour de plus amples informations.
Nous voilà frais! 5 heures de l'après-midi, coincés ici, avec une seule envie, fuir au plus vite. Nous nous regardons et piquons un fou rire! Puis l'idée me vient de vérifier l'état des draps. Visiblement, un des lits a déjà servi puisque le drap du dessous est tout froissé et taché. Les oreillers, eux, sont très spéciaux : longs et un peu dur, genre traversin aplati entre deux portes ou récupération de canapés, d'une couleur indéfinissable, avec une taie trop courte de chaque côté. Si j'ajoute à cela qu'il n'y a pas de chauffage et qu'on se gèle, c'est complet. Au plafond, une unique ampoule diffuse une lumière de veilleuse... De mieux en mieux. Mais à quoi sert donc ce grand néon au-dessus de la fenêtre, sans interrupteur, branché à une prise près du plafond? Nous aurons l'explication plus tard: c'est une lampe de secours qui s'allumera automatiquement en cas de panne de courant. Nous décidons de faire un tour dehors, et trouvons en ouvrant la porte un chauffage électrique au fil bizarrement rafistolé avec du chatterton que l'hôtelier a apporté et que nous nous empressons d'allumer. Vent et poussière, poussière et vent, et toujours les chiens, de grands chiens aux longs poils, qui passent et repassent d'un air affairé. Nous avons réussi à avoir une lampe de chevet, le moral remonte un peu...
Dimanche 12
Nous avons bien dormi, malgré le bruit du vent. Dans le couloir, Alain rencontre la fille de la maison qui lui demande à quelle heure on veut déjeuner. Bonne nouvelle, car nous nous attendions à boire un peu d'eau froide et à avaler une tranche de Budin con frutas. Mais tout n'est pas si simple... Alors que je suis dans la salle de bains depuis deux minutes, on frappe à la porte. J'ouvre et me trouve nez à nez avec une jeune femme, hagarde, en survêtement noir, l'air de sortir de son lit. Je lui souris et lui dis que je lui laisse la place. Mais elle est déjà repartie, titubante, et a disparu dans une chambre. Peu après on entend des cris, d'homme d'abord, puis une femme – certainement la femme de l'hôtelier - passe en courant dans le couloir en criant : « Maria Elena!! Maria Elena!! » Branle-bas de combat, tout le monde s'engouffre dans la même pièce, y compris les clients du bar. Nous attendons dans notre chambre, dubitatifs, que se passe-t-il au juste?, est-ce quelqu'un de la famille, une cliente de l'hôtel? (mais nous étions les seuls hier soir). Dix minutes plus tard, nous faisons une tentative de sortie pour le déjeuner et nous rendons dans le bar... qui est fermé! Nous passons par l'extérieur, là aussi la porte est fermée. Bon... Le temps passe, puis la fille de la maison nous invite à passer dans une pièce attenante et nous apporte une panière de rondelles de pain décongelé et grillé, une portion de beurre et une autre de confiture. On n'entend plus rien, mais peu après l'ambulance du centre de secours arrive et la jeune femme repart entre deux infirmiers. Au moment de payer, l'hôtelier, toujours très aimable mais qui ne perd pas le nord pour autant, est surpris de nous voir sortir nos derniers 138 pesos argentins complétés de 225 pesos chiliens, si nous le désirons, nous pouvons tout payer en pesos chiliens, pas de problème! D'accord mais combien cela ferait-il? Et là il nous montre sa calculette: 20 000 tout ronds. Ah, eh bien non, plus d'accord, car le prix de la chambre passerait de 27 euros à plus de 33.
Nous quittons sous le ciel bleu Bajo Caracoles et sa colline pelée à la grande inscription blanche : « Dios te amo », et retrouvons la Ruta 40 en direction de Perito Moreno (le village du même nom que le glacier). La piste démarre assez bien mais devient vite mauvaise, puis très mauvaise. On a nettement l'impression de rouler dans un champ de pierres, et on ne peut dépasser 25 km/h. En compensation, elle est très belle, avec les Andes à l'horizon et la plaine que nous surplombons de virage en virage. Une quarantaine de kilomètres, plus loin, ô surprise, nous retrouvons enfin le bitume. Le paysage, entre Bajo Caracoles et Chile Chico, via Perito Moreno et Los Antiguos, est constamment superbe, et le devient encore plus lorsqu'on longe les rives de l'immense lago Buenos Aires (côté argentin) qui s'appelle General Carrera côté chilien, deuxième plus grand lac d'Amérique du Sud après le lac Titicaca, nous avait dit le Chilien rencontré sur le ferry Porvenir - Punta Arenas. C'est une véritable mer intérieure bleu intense lacérée d'écume blanche, aux creux de plusieurs mètres. Autant Perito Moreno (dont les deux cajeteros - distributeurs - étaient à sec) que Los Antiguos sont de jolis villages, très verdoyants en cette fin de printemps, aux maisons basses et colorées. Douane argentine, puis douane chilienne avec fouille en règle des bagages pour voir si nous ne passons pas fruits et légumes frais, charcuteries et laitages; les douaniers confisqueront un petit rameau et une herbe séchés...
A Chile Chico, nous prenons une chambre à la Hospederia de la Patagonia, conseillée par le Lonely Planet, juste en face de l'hospederia No me olvides, avec laquelle nous avions hésité. Les deux se trouvent dans la très longue allée de peupliers d'Italie, avant l'entrée du village quand on vient de l'Argentine. (Les Patagons adorent les peupliers, qui se plient avec grâce dans le vent violent, ils sautent apparemment sur la moindre occasion pour en planter.) L'hospederia est une belle maison basse des années cinquante au toit de tôle jaune d'or, croulant sous la végétation, appartenant, toujours selon le Lonely Planet, à des descendants de colons belges. A l'entrée, sous les arbres, un très grand bateau, dans lequel jouent des enfants. Nous ne voyons personne excepté une jeune Indienne assise sur une chaise devant la porte, qui ne nous prête absolument pas attention. Nous lui demandons s'il y a des chambres à louer, visiblement elle n'a pas l'air très claire mais nous répond quand même que « la signora est sur l'arrière ». Effectivement, elle est là (puisqu'elle se lève aussitôt en nous voyant), mais en compagnie d'une tablée de bien trente personnes, plus une vingtaine d'enfants qui jouent par petits groupes sur la pelouse et sous les arbres. On est tombé en pleine fête d'anniversaire. Par contre, de descendants de colons belges, point... Elle est avenante et nous conduit à notre chambre que nous choisissons « avec salle de bains partagée », donc moins chère (25 000 pesos, soit plus de 40 euros), mais très vite nous nous apercevons qu'elle est pressée et souhaite nous laisser au plus vite . La chambre est en partie en bois, comme toute la maison, il y a une atmosphère particulière, tout est fait à la main, chaque étagère est garnie de crânes d'animaux (pumas, cerfs, renards), ou de peaux, de nids d'oiseaux, d'outils anciens de métal, de frondes pour chasser le guanaco. Des selles de cheval sont rangées dans l'entrée. La « signora » allume vite fait un feu dans le poêle à quelques mètres de notre chambre. Mais je déchante assez vite en voyant la salle de bains, plus que limite. La douche a bien soixante ans, comme la maison, et la pomme de douche a autant de trous dessus que dessous. Le lavabo a un unique robinet d'eau froide et il n'y a pas de savon. Si le prix était deux fois moins élevé, pas de problème. Mais là, il y a de l'abus. Petit déjeuner prévu à 8 h 30 demain matin, dans la belle salle à manger, remplie, elle aussi de souvenirs.
Lundi 13
Temps superbe aujourd'hui encore. Le « desayuno », comme je m'y attendais, est limite lui aussi. Nous l'avalons vite fait, je feuillette avant de partir les livres de photos de la très grande famille nombreuse des colons belges (mais où sont donc les descendants? La maison aurait-elle été rachetée par des Chiliens?), puis nous plions bagage, direction le départ du ferry afin de réserver notre passage au départ de Puerto Ingeniero Ibanez, sur l'autre rive. Or nous apprenons que le ferry circule bien tous les jours, sauf par grand vent. Hier, par exemple, il est resté à quai. Voilà qui remet en cause tout notre programme, car nous prévoyons de redescendre sur Ushuaia en trois jours pour y être le 23. Or si le ferry reste à quai un jour, voire deux, nous raterons Noël avec Françoise et Gérard ainsi que deux jours réservés à l'avance aux cabanas del Beagle. De plus, le bureau des réservations est fermé. Nous repartons donc pour Cochrane à 188 kilomètres de là, par une piste secondaire. Le départ est royal puisque la piste, bien qu'étroite, est tellement damée qu'on la dirait bitumée sur une quarantaine de kilomètres. La suite est moins réjouissante, mais le paysage est constamment époustouflant de beauté et fait passer les difficultés au sol. La conduite reste néanmoins éprouvante, d'autant que virages serrés, montées et descentes « peligrosas » se succèdent, la plupart au-dessus de ravins sans protection aucune, ainsi que nids-de-poule (comme dit Alain il vaut mieux ne pas porter de dentiers...) et trous de toute sorte. C'est une version chilienne de la Moky Dugway, en Utah, en bien plus longue et dangereuse. Mais si l'on conduit prudemment, ce que je fais, on ne risque pas grand-chose. Il nous faudra quand même six heures pour faire les 188 kilomètres, arrêts photos - nombreux - compris.
Le lac General Carrera, d'un bleu outremer profond aussi beau que le plus turquoise des lacs glaciaires, est surplombé par les Andes enneigées et bordé d'une multitude d'églantiers en fleurs qui dégagent un parfum délicieux. Chaque kilomètre parcouru est une pure merveille et je suis tentée constamment de prendre des photos, malheureusement toujours cantonnée au 10-22 mm... Chevaux, moutons ou guanacos broutent le long de la piste. On aperçoit dans une étendue herbeuse une dizaine de gros oiseaux sombres à la tête jaune et au très long bec recourbé, des « bandurias ». Fechudal, puis Puerto Guadal où nous faisons le plein à prix d'or, 885 pesos (mais avec un pompiste extrêmement sympathique), soit le même prix qu'en France, enfin Cochrane, bourgade toute de verdure et de fleurs, notamment des rosiers. Là comme ailleurs les peupliers sont présents en nombre, mais la grande plaza, elle, est plantée de pins. Le long des rues aux maisons basses protégées souvent par des barrières de bois on retrouve les mêmes arbres taillés bas et peints en blanc jusqu'à un mètre du sol.
Toujours le Lonely Planet sous le bras, nous passons d'abord devant l'hosteria Rubio, puis devant l'hosteria Cerro al Cerro que nous choisissons, tout en bois et en plein soleil. 20 000 pesos pour une chambre avec salle de bains privée et même, pour la première fois, la télévision (que nous ne regardons jamais). Le plancher craque à chaque pas à réveiller un mort mais elle est bien agréable, au premier étage, avec une vue sur la montagne enneigée et les gouttières les plus originales qu'on ait jamais vues: un chapelet vertical de bouteilles d'eau en plastique. En bas, de même qu'à Chile Chico, un bégonia gigantea comme celui que nous avons à Paris (en bien meilleure santé que ses frères chiliens...). Ici non plus, ni savon ni serviette, on commence à se dire que pour le savon ça doit être normal, mais on demande des serviettes. Il n'y a pas d'eau chaude mais il y en aura demain matin). Le chauffage n'est pas allumé - c'est l'été - même si les soirées sont fraîches, mais nous avons quatre épaisses couvertures sur le lit plus une couette! Nous regardons le soir tomber sur la montagne qui domine Cochrane, et monter un croissant de lune dans le ciel.
Mardi 14
On est soignés aux petits oignons dans cette hosteria. Après un délicieux petit déjeuner, entre autres gâteau et confitures maison – même le lait est « maison » puisqu'il provient de vaches élevées à deux kilomètres de là - et une adresse dans la poche chez une amie de la « signora » à Caleta Tortel, nous voici repartis sur la Carreterra australe. La piste est complètement différente de celle que nous avons faite hier, d'autant que le ciel ce matin est très encombré. Le lac est gris sombre, et plus nous avançons, plus les pentes se couvrent de forêts. Nous ne comptons plus les panneaux « peligroso », à 300 mètres, à 200 mètres, à 100 mètres, etc. En fait ce sont soit des montées ou descentes vertigineuses au-dessus des ravins, or la piste est très étroite et sans parapet, soit des virages serrés, soit des travaux avec engins qui prennent la largeur du passage. Nous longeons le rio Baker, qui ne dévoile sa couleur désormais vert céladon que sous les rayons du soleil. Mais alors, quel enchantement!! Nous passons de nombreux rios, plus ou moins importants, plus ou moins furieux, entendons ici ou là chanter un coq, signe d'une présence humaine invisible, les cèdres remplacent peu à peu les langas, les églantiers ont cédé la place aux notros d'El Chaltén et la végétation commence étonnamment (du moins pour nous) à avoir des airs de végétation tropicale, y compris sur les rives du rio Baker, qui s'élargit jusqu'à ressembler au rio Usumacinto, fleuve frontière entre le Guatemala et le Mexique: même courant, même largeur, mêmes rives... Il y a des descentes et des virages qui ne doivent pas être mieux que la Shafer Trail en Utah, d'autant que les gravillons amassés ici ou là sont extrêmement dérapants. Nous croisons un peu plus de 4 x 4 qu'hier, et rares sont ceux qui freinent à notre passage. A nous de faire attention au pare-brise qui, ne l'oublions pas, a déjà trois impacts! Deux heures et demie plus tard et encore une fois de nombreux arrêts photos, nous prenons la déviation pour le village de Tortel, vingt kilomètres plus loin, ouverte seulement en 2005, dernière limite nord-sud du Chili par la route! Auparavant, tout se passait par la mer. La végétation est devenue carrément luxuriante, bambous à profusion, cascades de fuchsias à petites fleurs comme en Bretagne, immenses feuilles ressemblant mais en plus joli aux feuilles de rhubarbe et qui poussent là où il y a de l'eau. La piste est plutôt meilleure que la Carreterra australe, avec par moments de longues lignes droites qui traversent des champs de lances dressées vers le ciel.
Caleta Tortel, 512 habitants, au bout du bout, dernier poste avancé sur la mer, et le royaume du cèdre. Les voitures ne rentrent pas dans le village puisqu'il n'y a pas de route, seulement des passerelles de bois comme à Harrington Harbour, sur la Basse Côte Nord du Québec, mais ici il faut une bonne heure pour se rendre du secteur nord au secteur sud, en prenant le chemin le plus direct. Nous garons donc la voiture au milieu des nombreux 4 x 4 de toute sorte, prenons le nécessaire pour vingt-quatre heures, et passons par le petit bureau de l'office de tourisme pour savoir où se trouve la Residencia Estilo. Elle est à vingt-cinq minutes à pied. Tortel est un vrai labyrinthe, les passerelles sont doubles, voire triples, avec de multiples embranchements, et s'accrochent aux pentes abruptes qui plongent dans la mer. Au-dessous poussent de délicates petites orchidées blanches, sur de longues tiges frêles. Les oiseaux se chamaillent dans les arbres, les enfants courent d'un bout à l'autre du village et les petits bateaux rentrent de la pêche. Les maisons, souvent minuscules, sont toutes sur pilotis, nombreuses sont celles qui ont des façades et des toits en bardeaux, et sont entièrement couvertes de grosses écailles de cèdre. Un bateau-taxi fait le va-et-vient, les chiens ici encore vont et viennent, toujours sympa et câlins, et en se baladant on aperçoit même... un petit veau devant une maison! Ca alors! Mais qu'est-ce qu'il fait donc ici, où il n'y a pas d'herbe pour le nourrir??? Alain se demande s'il n'est là pour être boulotté... (En fait, nous aurons l'explication plus tard: les propriétaires de la maison l'ont ramené du « campo » parce que sa mère est morte, et le nourrissent au lait avant de la ramener au « campo ».) Tout au bout des passerelles on arrive sur une plage, déserte et froide, plutôt du genre marécageuse, qui n'engage pas à mettre le pied dans l'eau. D'ailleurs un écriteau précise bien qu'il n'est pas conseillé de se baigner. Tiens donc, on aurait cru le contraire! Le temps se couvre de plus en plus et se découvre de moins en moins souvent... Trois heures plus tard nous rentrons nous chauffer mais la maison est maintenant vide et le poêle éteint. Nous nous installons à une petite table de la salle à manger, avec vue sur la mer, en contrebas, du même beau vert céladon que le rio Baker. Des oiseaux volent d'arbre en arbre, des espèces de gros merles bruns à bec jaune, aux grands yeux ronds étonnés. Tortel n'a pas le téléphone mais la radio. Régulièrement on entend des messages passés depuis l'autre bout du village. L'électricité, elle, est capricieuse; il n'y en avait pas depuis ce matin paraît-il, mais elle est revenue vers les 18 heures. La « signora » est rentrée de la bibliothèque où elle avait été consulter Internet et a mis un premier chauffage au gaz en route, puis s'est occupée de rallumer le poêle à bois. Elle s'occupe maintenant de faire le repas (6 000 pesos par personne): salade de coquillages et saumon puisque Alain ne mange pas de viande. Il y a deux Chiliens arrivés en fin d'après-midi qui dîneront aussi ici.
20 heures. Le repas est prêt. La salade de coquillages (grosses moules et churros) me degoûte pas mal; pas les moules, mais les churros, qui sont de gros machins tarabiscotés hyper caoutchouteux, avec une grosse poche marron... Je rajoute de l'huile, du citron, du sel, je mâche et remâche ça comme du chewing_gum. Un passe, puis deux, puis trois et Alain me sauve du désastre en finissant mon assiette! Les Chiliens, eux, plus prudents, n'en ont pas pris. Le saumon est bien meilleur, accompagné d'un peu de purée et d'une salade.
Mercredi 15
Apparemment, les Chiliens ont changé de chambre en cours de nuit. Il faut dire que les matelas ne sont pas de la première jeunesse. Mais Javier Pinella est tellement gentille que pour nous, ça passe. Dans la salle de bains une fermeture originale pour la fenêtre: un petit tube de métal récupéré sur un ancien verrou et un gros clou rouillé et tordu. Si on enlève le clou du tube, la fenêtre se relève toute seule. Ensuite on se débrouille comme on peut pour réenfiler le clou... Petit déjeuner avec vue sur le fjord ensoleillé et les passerelles au-dessous. Nous n'avons pas eu de chance les quinze premiers jours, mais depuis El Calafate c'est vraiment l'inverse, car nous traversons des régions où il pleut normalement tout le temps. Je me posais la question de savoir où les jeunes allaient au lycée et comment ils faisaient avant l'ouverture de la piste (pardon, de la Carreterra! Javier Pinella ne comprenait pas de quoi on parlait en disant « la piste »). En fait, contrairement à ce qu'écrit le Lonely Planet, elle a été ouverte en 2002. Il y a à deux kilomètres du village un centre d'école primaire, mais les jeunes lycéens vont à Cochrane (à 122 km) ou plus au nord. Auparavant, un bateau faisait la navette entre Vagabundo, à de nombreux kilomètres au nord, et Tortel. Tout devait être terriblement compliqué.
En une demi-heure nous sommes au parking (il faut une bonne heure pour parcourir le village d'un bout à l'autre) où nous rangeons à nouveau les sacs et quittons Tortel vers les 10 heures.
Cochrane. Il fait beau et carrément chaud. Nous changeons des euros, faisons quelques courses et prenons de l'essence, puis repartons pour Puerto Tranquillo. Les rios succèdent aux arroyos, le rio en contrebas est d'un bleu extraordinaire, une couleur que nous n'avons jamais vue, même au Canada. A la jonction sud du lac General Carrera, nous prenons cette fois à gauche en direction de Coiyaque. Les paysages sont tout aussi époustouflants que sur l'autre rive, une pure merveille! Nous croisons, comme chaque jour, un ou deux gauchos, béret rouge sur la tête et deux ou trois petits chiens aux trousses du cheval, voire une gauchotte. Le lac bleu indigo est bordé de montagnes enneigées, parsemé d'îlots plus ou moins grands, les massifs de lupins jaunes ont remplacés les églantiers et recouvrent la moindre parcelle de terre, dégageant un parfum entêtant. Nous ne regrettons pas les nids-de-poule, les trous et la caillasse qui pourtant nous secouent comme des noix. Au loin, du côté de Puerto Tranquillo, le temps se gâte, il pleut. Nous avons beaucoup hésité à faire une halte dans ce village, à cause de ce qu'en disait le Lonely Planet, mais la distance supplémentaire pour atteindre Villa Cerro Castillo était beaucoup trop importante. Des heures de piste supplémentaire, aussi mauvaise, était pour moi insurmontable. En fait, Puerto Tranquillo s'étend le long de la berge, envahie lui aussi par les grands lupins jaunes odorants. Le cadre est magnifique!! Et l'hôtel, qui était si mal décrit dans le Lonely Planet, se révèle pas du tout vieillot et idéalement situé. Notre chambre est grande et belle, en rotonde, avec une avancée, et donne de tous les côtés sur le lac agité et les montagnes. Mais malgré le prix (30 000 pesos, soit 50 euros la nuit), ici comme ailleurs, il faut réclamer les « toallas » (serviettes) et, vu le prix, nous réclamons aussi le « jabon » (savon). Quelle n'est pas notre surprise, tout à coup, de voir par les baies vitrées le pompiste de Puerto Guadal servir l'essence aux pompes au-dessous! Et ça ne désemplit pas, on ne dirait pas qu'on est si isolés. En attendant, il fait celui qui ne nous reconnaît pas...
Jeudi 16
Nous qui croyions bien dormir, dans le lit moelleux à souhait et bercés par le bruit de la pluie sur la tôle, c'était sans compter avec les multiples gouttières qui tombaient de pan de toit en pan de toit. On aurait dit vingt personnes tapant avec de petits marteaux sur le métal. J'ai été réveillée au moins dix fois. Dommage, parce qu'on était vraiment bien en s'endormant, sous la couette si douce et avec la vue sur le lac... Bon petit déjeuner très attentionné, avec entre autres du pain de Pâques que l'on voit partout depuis qu'on est au Chili mais que nous n'avons jamais goûté. C'est un gros pain-gâteau sucré avec de nombreux fruits secs et confits. Avant de partir, nous refaisons le plein, je dis au pompiste qu'on l'a vu à Puerto Guadal et il me répond laconiquement: « Oui, et aujourd'hui c'est ici. » Bon...
Il pleut, donc. Au revoir ciel bleu et soleil, montagnes étincelantes et eaux bleu pétrole. Un voile blanc recouvre l'horizon proche, on ne sait où sont les sommets ni même s'il y en a. La Carreterra australe est mauvaise et glissante à souhait, une vraie planche savonnée, et ça ne fait qu'empirer au fil des kilomètres. Il est impossible d'éviter les innombrables trous, de plus en plus gros, de plus en plus profonds, la pluie qui redouble transforme certains passages en vrai bourbier. Quelquefois, on se croirait sur les pistes de bentonite de l'Ouest américain lorsqu'elles sont détrempées. Je conduis lentement, et ne dépasse pas les 40 km/h. Mais cela ne nous empêche pas d'admirer les lupins qui de jaunes sont passés au bleu profond. De grands lupins magnifiques, qu'encore une fois on croirait semés, mêlés par endroits de rose et de blanc, qui tapissent les bas-côtés ou envahissent des prairies entières et les berges des rios. Les bambous sont de retour, un arbuste aux fleurs orange vif a fait son apparition, on retrouve les arbres immenses de la piste de Tortel, des descendants de la forêt primaire et d'autres aux moignons noircis qui pointent au milieu de l'herbe vert tendre. Un petit air de végétation tropicale alors qu'à quelques jours de l'été il ne fait que 10°, et que la neige est là, tout près.
Nous faisons le détour par Puerto Ingeniero Ibanez afin de réserver notre passage sur le bateau pour le 18. Le village de 3 000 habitants a ét�� rayé de la carte en 1991 suite à l'éruption du volcan Hudson, mais s'est reconstruit depuis. Les réservations se font à la Residencial Marcial, qui rouvre à 15 heures. Et là, tuile des tuiles, nous apprenons qu'il n'y a aucune place disponible pour la voiture avant le 23 décembre, jour de notre arrivée à Ushuaia à 1800 kilomètres d'ici! Nous voilà coincés au Chili! Nous demandons à l'homme qui fait les réservations si la piste d'une centaine de kilomètres qui passe par la montagne, marquée d'un seul trait vert (donc moins bonne que la Carreterra australe, verte doublée de blanc) avec à son sommet un passage en jaune, donc franchement pas bon, est passable avec une Corsa. Il nous répond d'aller demander l'avis des carabinieros. Eux font la grimace et nous déconseillent fortement de passer le col avec une petite voiture, un 4 x 4 d'après eux étant indispensable. Ils ont une solution: faire tout le tour du lac General Carrera, ce que nous venons justement de faire depuis plusieurs jours... Le moral est en berne. Mais lorsqu'ils apprennent par où nous sommes passés et que nous avons derrière nous 1500 kilomètres de ripio dont une grande partie mauvaise, voire très mauvaise, ils changent d'avis et pensent que c'est jouable. Quant à l'idée d'Alain, passer par les pistes du nord à partir de la ville de Coyhaique, ce serait des centaines de kilomètres supplémentaires... Nous décidons de tenter la montagne samedi et en attendant filons sur Coyhaique, à 116 kilomètres au nord. Le paysage a changé du tout au tout. Il est maintenant volcanique, avec de longs cônes basaltiques qui accrochent les nuages, luisants et noirs sous la pluie ininterrompue. Tout est très vert et a un petit air de pays Basque, il y a même des moutons dodus, tout ronds avec leur épaisse toison laineuse sur le dos. Plus on se rapproche de Coyhaique (45 000 habitants), plus la circulation augmente, et pour nous qui n'avons croisé depuis plus de trois semaines que quelques rares voitures, c'est l'overdose. Nous faisons confiance au Lonely Planet et prenons une chambre à la residencial Monica. L'accueil est aimable, la maison pleine de coins et de recoins pas vraiment enthousiasmants, et la chambre sent le renfermé à tomber. Nous nous empressons d'ouvrir les fenêtres même si le fond de l'air est plus que frais. Toujours pas de serviette dans la salle de bains, ni de savon bien sûr. Je me demande pourquoi est toujours accroché dans la douche des residenciales le même antique porte-savons pour famille nombreuse, d'au moins trente centimètres de haut et rouillé de la tête aux pieds. La chambre est triste à souhait, bleu foncé et marron, avec tout un tas de vieilleries, une ampoule de 10 watts au plafond et une lampe de chevet de 5. Alain prend un morceau de Sopalin, grimpe sur le lit et enlève les fils d'araignée qui pendent ici et là. D'ailleurs, ça sent son araignée à plein nez, ici... En attendant je vais chercher des serviettes que s'empressent de me fournir le propriétaire, très aimable lui aussi. Je remonte avec deux grandes serviettes blanches trouées et déchirées, mais elles feront l'affaire. Un tour au supermercado Unimarc, où je retrouve enfin mes pralines aux amandes (appelées « Garrapinadas almendras » dans le sud du Chili et « Almendras confitas » ici, ce qui explique que personne ne connaisse depuis un moment le mot « Garrapinadas »). Nos repas du soir ne sont pas variés (quant à ceux du midi ils sont inexistants): avocats, tomates, maïs, coeur de palmiers, thon, olives noires, citron, mayonnaise Lesieur rapportée de Paris. Je commence à sérieusement saturer...
Vendredi 17
Nuit blanche ou quasi. A 4 heures je ne dormais toujours pas, tournant et retournant dans ce mauvais lit. Le matelas devait avoir l'âge des propriétaires qui, eux, étaient à la retraite. En plus le sommier était trop court, j'avais les doigts de pied recroquevillés dans le fond. Les couvertures m'arrivaient sous les bras, mais dès que je tirais dessus pour les remonter, mes orteils se pliaient en huit. On avait vingt kilos sur le dos – trois grosses couvertures plus une couette – et moi qui n'aime pas ça... Mais le froid dans la chambre était vif. Bref, si on ajoute l'odeur entêtante de moisi et de renfermé, le cocktail était prêt pour une nuit totalement blanche. Un chien s'est égosillé toute la nuit et a fini par réveillé le coq juste au-dessous de nos fenêtres, à 4 heures tapantes, qui lui-même a réveillé ses potes du voisinage! C'était complet!!
A 8 heures, j'ouvre un œil... Je prends une douche dans la salle de bains glaciale, puis nous descendons pour le petit déjeuner qu'au moins nous espérons bon. Eh bien c'est complètement raté! La salle à manger est encore plus triste que le reste, si c 'est possible, sans fenêtre, avec toujours la collection de vieilleries. Un homme seul est en train de boire son café. C'est sinistre... Trois petits pains infects, un peu de beurre, jambon et fromage mais pas de confiture ni de lait. Moi j'ai toujours du mal à démarrer la journée avec des sandwichs... et la confiture (que je ne mange qu'en voyage) me manque. Nous expédions notre thé en moins de deux et nous précipitons à la voiture.
La situation risquant de se reproduire à Puerto Ingeniero Ibáñez où il n'y a rien, nous décidons de rester à Coihaique et d'aller à l'hôtel Espagnol, hors de pris (plus de 60 euros), mais où il y a chauffage, bon lit, WiFi et le reste. Si les residenciales étaient à 10 euros, pas de problème, mais à 33, ça ne passe pas.
Nous retenons la chambre, montons nos bagages et repartons pour Puerto Aysén. La route est, là encore, superbe. Les grands lupins bleus ont tout envahi: les prairies, les berges du río, les pans de montagne. L'espèce, comme la jaune, est invasive, mais quel bonheur pour les yeux, et les rayons d'un soleil capricieux en avivent encore les couleurs!! Nous traversons un véritable jardin. L'herbe vert tendre est rase. De chaque côté de la route, d'immenses parois verticales noires recouvertes en partie de feuillus, d'énormes cônes cylindriques qui sont autant d'anciennes cheminées de volcans. On se croirait à Zion.
Retour à Coihaique et à la plaza des Armas (les zocalos mexicains). Depuis Porvenir, on sent au Chili l'omniprésence de l'armée y compris dans le moindre petit village. Les rues sont toutes dédiées au sergent Untel ou au colonel Machin, il y a toujours la statue d'un général qui trône en bonne place, les casernes occupent le terrain, les militaires vont et viennent d'un air affairé. L'hôtel Espagnol change du tout au tout par rapport à hier soir, même si la fenêtre donne sur le couloir, que le tissu de la chaise de style est complètement déchiré et qu'il y a une grosse tache d'humidité noirâtre à l'aplomb de la tête de lit. Mais le reste est parfait, notamment le lit qui est excellent. Il y a des salons partout avec de profonds et beaux canapés et tout ce qui va avec. Je prends une douche, lave un peu de linge dans le lavabo dont le bruit de la tuyauterie alerte tout le monde de la cave au grenier et poursuis le carnet. Demain matin il faudra partir de bonne heure pour avaler les 116 km qui nous séparent de Puerto Ingeniero Ibáñez et emprunter la piste de montagne de 100 km pour passer la frontière.
Samedi 18
Enfin une bonne nuit, veillés par le petit Père Noël... En ouvrant l'œil, je vois par un fenestrou près du plafond que le ciel est gris et qu'il pleuviote. Déjeuner avec œufs brouillés, miel, yaourts, jus de fruits, etc., dans un décor cent pour cent décoration de Noël. Nous réglons la chambre (dont le prix est assez original en plus d'être élevé: 42 650 pesos...) et chargeons les bagages dans la Corsa recouverte de terre marron-rouge, qui est restée en exposition devant l’hôtel… Nous n’avions pas vu qu’il y avait un parking sur l’arrière, encombré de 4 x 4 rutilants.
Route de Puerto Ingeniero Ibáñez. Les couleurs sont devenues ternes sous le ciel chargé et les sommets se cachent dans les nuages, mais nous pouvons encore admirer les longues aiguilles de lave qui dominent Coihaique. La route suit longtemps un río et se glisse entre des flancs escarpés sur lesquels s'accrochent des forêts de langas. Un gaucho chevauche tranquillement, emmitouflé dans son poncho de laine, accompagné de ses chiens. Plus on descend vers le sud plus la végétation se fait rare, et les reliefs se couvrent d'éboulis qui descendent jusqu'au milieu de la chaussée. Heureusement qu'il y a peu de circulation car il faut naviguer d'un côté à l'autre pour les éviter. La pluie maintenant se transforme en neige, il fait 4,5 °. Régulièrement aussi le bitume est remplacé par des pavés autobloquants, dans les endroits où les déformations sont trop importantes et continuelles.
Puerto Ingeniero Ibáñez, casa des carabineros. Les formalités sont vite expédiées. Le douanier/carabinero rit quand je lui demande si la piste est bonne... Effectivement, pendant une bonne vingtaine de kilomètres, soit jusqu'à la frontière, ce ne sont que caillasse, trous, rochers affleurants, pentes raides avec virages serrés, piste étroite et dérapante. Mais il y a aussi des portions de pavés autobloquants, bien agréables pour reposer les mandibules! Et puis on aperçoit le lac en contrebas, turquoise lorsqu’un fugitif rayon de soleil se pose à la surface, et les Andes enneigées en arrière-plan. La piste continue de dominer le lac… Les montagnes chiliennes faisant barrage à la pluie, on se retrouve peu à peu en plein désert. Les collines arides moutonnent à l'infini, de temps en temps, le long d'un arroyo, des peupliers d'Italie signalent la présence d'une estancia. A la fin d'une longue descente sablonneuse, nous arrivons enfin à la douane argentine qui a des allures de désert des Tartares. Perdue au milieu de nulle part, les douaniers attendent la prise qui les sortira de l'ennui. Nous avons droit à une fouille en règle de la voiture, tout y passe: la batterie du Canon et le second objectif sont secoués consciencieusement, la carte-mémoire est sortie de son étui et regardée sous toutes les coutures, les jumelles et le petit disque dur nomade également. La lessive est reniflée avec application, et tout à l'avenant. Le Canon semble intéresser grandement un des deux douaniers qui n'arrête pas de répéter « Canon, Canon », et finit par retourner à l'intérieur - où se trouve Alain - pour signaler à ses collègues la présence d' « un appareil photo Canon ». Mais ils s'en fichent royalement et lui disent de laisser tomber. Tout est OK, la prise du siècle ne sera pas encore pour cette fois. Un douanier lève la barrière: à une de ses extrémités, une grosse pierre, à l'autre une corde. Le douanier décroche la corde, la pierre touche le sol, la barrière est verticale. Lorsqu'on est passés, il tire sur la corde, la barrière revient à l'horizontale, il raccroche la corde et le tour est joué. En attendant ils ne cherchaient pas de fruits et de légumes, car j'avais oublié de finir le lait, ils l'ont vu, j'ai fait l'innocente et leur ai demandé si c'était « prohibido », et ils m'ont répondu que je n'avais qu'à le terminer en route. Ça alors! A un précedent passage de frontière un douanier avait hésité à confisquer le lait en boîte! Heureusement que sa collègue était un peu moins stupide! Côté argentin la piste a des allures de Ruta 40. Toujours le désert, toujours les rares estancias. Depuis très longtemps, la voiture a perdu sa couleur blanche, elle est marron foncé jusqu'en haut des vitres. Comme on ne voit jamais de station de lavage, on a acheté deux éponges en prévision du cours d'eau providentiellement accessible. Eh bien il est là, juste au-dessous du remblai, sur la gauche de la piste. Nous sortons les deux Tupperware, achetés en arrivant (toujours très utiles en voyage), qui vont nous servir de bassine et lavons la voiture. On se dit que le premier qui passera nous prendra pour des fous, et tiens, quand on parle du loup..., voilà un camion qui arrive! Deux petits coups de klaxon pour nous dire bonjour et il s'éloigne dans un panache de poussière. Vingt minutes plus tard, on ne reconnaît plus la Corsa!!
Perito Moreno. A l'aller, un dimanche matin sous le soleil, le gros village était animé et pimpant. Aujourd'hui, samedi en fin d'après-midi sous le ciel gris, il est mortissime. Nous allons à l'office du tourisme chercher une liste de l'alojamiento (des logements) et partons pour l'Americano puisqu'il y a apparemment une chambre de libre. Curieusement, lorsque nous arrivons, un jeune a l'air un peu débile, sans même nous rendre notre bonjour nous dit d'un air désagréable que tout est complet... Bon... retour à l'office de tourisme; nous voilà ensuite repartis pour le Belgrano, cette fois; la chambre y coûte 240 pesos, soit 50 euros, pour un hôtel très très moyen. Le village compte un nombre certain d'hôtels restaurants dus à la proximité de la « Cueva de las Manos », la grotte des mains. Il nous aurait fallu un jour supplémentaire ici - seize kilomètres d'une mauvaise piste plus deux heures de marche aller - et nous n'avons plus le temps. C'est un peu dommage car les peintures datent pour le premier groupe dit « Stylistique A » de treize mille ans – elles se distinguent par la chasse aux guanacos – alors que le second groupe date de neuf mille cinq cents ans et comporte un très grand nombre de mains, au milieu desquelles se sont égarées des empreintes de pattes de nandus. Nous prenons un chocolat et un thé dans la salle de restaurant. Tout est calme et tranquille lorsque du fond de la salle arrive une espèce d'énorme type qui allume la télévision, le son au maximum, puis s'affale sur une chaise. Il fallait s'y attendre, il regarde une émission de variétés de la pire espèce. C'est le mari de l'hôtelière, pas étonnant qu'elle ait l'air si triste avec un gus pareil...
Nous pensions manger une pizza dans un petit restaurant mais il est fermé ce soir. Je me contenterai d'une boîte de thon et de maïs et Alain de chips et de mandarines...
Dimanche 19
La salle de bains est très particulière: elle est tellement petite qu'il faut s'asseoir en travers sur les w-c, qui s'avancent dans la douche. Le problème, c'est que la douche fait exactement quarante-cinq centimètres de côté, que le rideau est trop court et que se laver là-dedans relève de l'exploit. Le rideau se colle au corps et l'eau inonde le sol. Mais c'est apparemment prévu pour, puisqu'il y a un écoulement. Ajouté à cela que les robinets du lavabo fuient et que la minuscule fenêtre, de métal peint en gris, est rouillée... La moquette est sale dans le renfoncement de la fenêtre qui laisse passer tout le vent d'Ouest, et le papier déchiré. On n'avait rien vu, hier...
Pain rassis et grillé au petit déjeuner et le thé au lait est à l'espagnol, c'est-à-dire du lait au thé. Nous ne nous éternisons pas, prenons nos sacs et allons payer. Au comptoir, le gros tas d'hier est en train de feuilleter un magazine en léchant consciencieusement son gros doigt à chaque page. Nous lui disons bonjour, il ne nous regarde pas et ne nous répond pas. Sourd et muet, probablement. A côté de lui, sa belle-mère, cent ans minimum et totalement handicapée, ne nous voit pas non plus. Une minute passe, puis deux. Alain me dit : « Apparemment, la chambre est gratuite. » On est sur le point de partir quand la vieille dame a l'air de se réveiller. Elle a toutes les peines du monde à se mouvoir, mais son gendre se contente de lui jeter un regard de travers, excédé et méprisant, de temps en temps, tout en continuant à lécher son doigt. C'est un véritable rustre!!!
Quatre cent cinquante kilomètres avant destination, sur l'Atlantique, à Puerto Deseado. Passer du Chili verdoyant et splendide à la steppe grise et poussiéreuse de l'Argentine est ardu. Nous nous retrouvons au point de départ: steppe à droite, steppe à gauche, horizon rectiligne. Entre Las Heras et Pico Truncado, des puits de pétrole – les gros criquets de métal qui, ici, comme au Nouveau-Mexique, picorent le sol poussiéreux –, des forêts de poteaux électriques et piquets en tout genre, et surtout, autour de ces deux villes, des dizaines de milliers de sac en plastique qui se sont accrochés au moindre brin d'herbe de la steppe, à perte de vue, recouvrant absolument tout, du moins pour ceux qui ont réussi à sauter les clôtures. C'est inimaginable! Nous faisons un tour dans Las Heras, « histoire de voir ». Des graphs, beaucoup de graphs qui courent sur les murs, sautent d'une maison à l'autre... Pas de merveilles, mais une explosion de couleurs dans cet environnement désolé que le vent fouille dans ses moindres recoins. Du soleil et du ciel bleu sur le béton.
Un quadrillage, comme toujours, des rues larges, et une alternance de maisons misérables, véritables taudis pour certaines, et de maisons pimpantes et colorées, avec de gros bergers allemands, pas vraiment sympathiques, derrière de hauts grillages. Ici ou là une « carniceria » (boucherie), un minimercado, une « gomeria » (endroit où l’on répare les pneus), une ancienne (?) « panificadora » (une boulangerie)…
Un dinosaure très kitsch à l’entrée de Pico Truncado, la jumelle pétrolière de Las Heras que nous éviterons cette fois, puis ensuite tout disparaît, et les choses reprennent leur aspect normal à Fitz Roy (ciudad), où nous prenons de l'essence. Je ne sais pas pourquoi, je sens qu'ici encore, on va essayer de nous rouler. Et ça ne manque pas. A peine le pompiste a-t-il la clef du réservoir en main qu'il y a déjà enfourné la pompe du « podium XXL » (l'essence la plus chère, bien sûr), qui est à 3,90 pesos au lieu de 3,26, tandis qu'un gros type qui a l'air d'être le patron se colle devant la pompe pour qu'on ne puisse rien voir. En une fraction de seconde je suis dehors et lui dis que nous voulons du super. « Mais pourquoi? Ca c'est bien meilleur! » Le temps que je m'énerve et que je lui dise que non, pour cette voiture le super est très bien, qu'il fasse celui qui ne comprend pas pourquoi je n'en veux pas, etc., le pompiste, lui, a rempli le réservoir... Il faut toujours faire très attention quand on prend de l'essence, car apparemment le touriste est un mets de choix!
Puerto Deseado. Je croyais que la route qui y mène, de 126 km, était bordée de falaises rouges, du moins c'est ce que j'avais lu sur un carnet de voyage trouvé sur Internet. En fait c'est une ligne droite de 120 km, qui traverse un paysage aussi plat que la main. Le plus beau, dans la steppe, ce n'est pas le sol, mais le ciel. Un ciel immense, avec des nuages moins variés qu'au-dessus des Andes, mais tout de même fascinants. Les derniers kilomètres escaladent de petites collines, tournent et virent. Un peu avant d’arriver, sur la hauteur, l'armée, encore et toujours, omniprésente au Chili et en Argentine. Un régiment et tous les baraquements – très pimpants – pour l'abriter. Puis, en descendant vers la mer, le bourg et le port, où se serrent les uns contre les autres cinq gros bateaux rouges. Il y a la fête foraine, manège et karaoké, et une foule incroyable de jeunes, dont beaucoup d'Indiens, qui déambulent dans les rues par petits groupes. Certains partagent du maté à la paille dans leur timbale, assis sur le trottoir. Ici et là, des affiches rappellent qu'il y a trois ans un jeune boxeur, Jesús López, a été assassiné et que ce meurtre est à ce jour resté impuni. www.youtube.com/watch?v=IDhsQ-S34Nk
Nous finissons par atterrir à Los Acantalidos, avec balcon et vue sur la mer. Nous sommes les seuls clients de l'hôtel, à deux jours de l'été. Et nous avons fait le tour de tous les autres, pas de clients non plus. Mais ici c'est très bien, des gens très aimables, et dans la chambre (pour trois personnes) téléphone (pour la première fois), télévision, Internet; dans la salle de bains, serviette, savon, shampooing et sèche-cheveux. Plus chauffage, chose rarissime!
A la confiteria de l'hôtel, je mange de l'excellente viande. Coucher de soleil magnifique, orangé, avec, sur fond de nuage noir, des draperies de pluie rose qui ne touchaient pas terre, balayées par la force du vent.
Lundi 20
Impossible d'enrouler le store, Alain a apparemment mis trop d'entrain hier soir à le dérouler, mais nous devinons qu'il fait beau. Le petit déjeuner buffet est royal, avec de délicieux gâteaux maison et la vue sur la mer en prime. Apparemment, la confiteria est le matin le rendez-vous de tous les notables du coin, des « Don » ceci et cela, dans les soixante-dix ans. C'est à celui qui aura le plus gros 4 x 4, avec le plus gros pare-chocs... Comme nous avons décidé de rester une nuit supplémentaire et que la chambre que nous occupons était réservée, on nous propose à la place une chambre de deux, juste à côté. Nous passons à la banque de Patagonie changer des euros (à 5,17). Un vigile armé le long d'un mur et à côté de lui une espèce de haute guérite blindée en métal gris mais extrêmement étroite, à laquelle on accède par deux hautes marches, avec une minuscule vitre, certainement blindée. A l'intérieur, un homme est assis et rit au téléphone. Il a l'air parfaitement à l'aise, prisonnier de ce coffre-fort de trois mètres de haut qui ferait tourner de l'œil rien qu'en le regardant n'importe quel claustrophobe...
Nous allons au port nous renseigner pour une sortie en zodiac l'après-midi, de deux heures et demie, afin de voir une pingüinera, aux « Darwin expediciones », installées dans un chalet de bois. Nous n’avons pas pris la sortie en mer d’une journée (350 pesos par personne) pour aller chez ces très étonnants manchots punks aux sourcils jaunes et à la huppe noire, les gorfous sauteurs (Eudyptes chrysocome), car la mer est très agitée et passer trois heures aller-retour à faire du trempoline en zodiac, éclaboussés par les vagues, ne nous a pas tentés plus que ça…
Aux « Darwin expediciones », nous rencontrons un couple italo-argentin qui vit à Paris, avec leur fiston de neuf ans. Tout le monde est très sympa. Le prix de la sortie est passé en vingt-quatre heures de 150 pesos à 180... Il faut être six pour partir et nous ne sommes que cinq, donc ils ont trouvé l'astuce pour rentrer dans leurs frais. En attendant 15 heures, nous suivons le TrailBlazer des gens que nous venons de rencontrer sur une piste qui mène au « cañon » de Costa Negra. Petite balade d'une heure, chacun de son côté, dans un décor aride malgré la proximité de la mer, mosaïque de terre ocre sur laquelle blanchissent les os de quelques animaux malchanceux, lagune bleu-vert, soleil de plomb.
14 h 30, retour à l’embarcadère pour le départ à 15 heures. A 15 h 30, on est toujours à quai. Nous apprenons que désormais nous ne serons plus cinq mais onze, un groupe ayant téléphoné pour réserver. 15 h 45, ils arrivent, en short, tongues et T-shirt, alors que le vent est toujours violent et que sur l’eau la température ressentie est souvent glaciale. Mais alors, quid de l’augmentation de 30 € qui nous a été demandée pour compenser la personne manquante ? Eh bien ça ne change rien. Empochés c’est gagné ! Bienvenue au pigeon étranger, espèce fort répandue en Argentine et au Chili.
Par chance il fait étonnamment chaud aujourd'hui, que se passe-t-il? Près de 30 °C! Le temps idéal pour passer quelques heures sur l’eau. Le pilote guide est très sympa, il n’en fait pas des tonnes comme cela arrive malheureusement souvent (j’ai le souvenir d’une sortie en zodiac dans le magnifique archipel de Mingan, au Québec, complètement gâchée par des commentaires stupides et ininterrompus). Nous longeons la côte et allons d'île en île: celle des cormorans gris aux grands yeux orange vif (cormoran de Gaimard – Phalacrocorax gaimardi), qui voisinent avec les cormorans noirs (cormoran impérial – Phalacrocorax atriceps). Il va sans dire combien je suis to-ta-le-ment frustrée de n'avoir que le grand angulaire!!! Le zodiac bouge dans tous les sens et les embruns éclaboussent les objectifs…
Nous laissons les falaises cuivrées aux longs stalactites de guano et continuons à remonter le bras de mer à l’abri du gros des vagues, vers les lions de mer, de tous les âges et de toutes les couleurs. Deux dauphins, joueurs et surtout farceurs, s’amusent avec le zodiac. Ils arrivent droit sous le bateau, tout le monde se précipitent sur le bord opposé pour les voir passer, et il n'y a jamais personne..., ils ont fait demi-tour ! Mais je finis par les prendre dans les filets de l’objectif.
Le clou de cette sortie en mer est le débarquement à la pingüinera, une petite île où nidifient une foule de manchots de Magellan (en espagnol on dit pingüino, mais ce sont en réalité des manchots, les pingouins étant en Arctique). Ils sont vraiment trop mignons! Dans les quarante centimètres de haut, là encore il y a beaucoup de juvéniles, voire de gros bébés de six mois, petites boules de peluche grise. Ils sont très drôles lorsqu'ils marchent d'un air pressé en file indienne, en se dandinant, droits comme des « i ». Je réussis à les approcher à deux mètres, très lentement, avec des ruses de sioux, assise par terre ou à genoux. La lumière est très belle à cette heure de la journée, l'air est tiède et le silence troublé simplement par un appel de loin en loin. Les algues vert intense recouvrent la grève par endroits et contrastent avec l'eau turquoise. Au bout d'une heure tout le monde remonte dans le zodiac. Le vent qui s'est levé nous jette à plusieurs reprises des paquets d'embruns au visage et n'épargne pas les appareils. C'est la catastrophe, le mien est couvert de sel!
Les sternes, ces si gracieuses hirondelles de mer, nous accompagnent un temps, sans perdre de vue que le garde-manger se trouve au-dessous d'elles. Elles ont presque toutes un petit poisson dans le bec. Lorsque nous rejoignons le quai, le temps a complètement changé, on ne distingue plus la ligne d'horizon, tout est mêlé, ciel et terre, dans une même brume gris orangé, très spectaculaire, mi-vent de sable mi-fumée rugeoyante d’incendie. Le temps de faire un tour en « ville » acheter des garapinadas (pralines aux amandes), les rafales ont encore forci et se sont chargées de sable. Nous nous engouffrons dans l'hôtel, enfin à l'abri, la peau brûlée et desséchée. Repas comme hier soir à la confiteria. Pendant ce temps le ciel reprend peu à peu des couleurs, et plus tard nous assistons encore une fois à un coucher de soleil somptueux sous les altocumulus.
Nous sommes en contact quotidiennement avec Françoise et Gérard depuis qu'ils ont débarqué (au sens propre) à Buenos Aires, il y a seulement quelques jours, après plus d'un mois en mer. Ce soir, ils nous disent que les rafales de vent les ont empêchés de rouler normalement et qu'ils ont failli se renverser. La semaine dernière, un Allemand s'est retourné avec sa cellule par une rafale à 200 kilomètre/heure! On espère quand même les voir demain sur la route, car on se rapproche de plus en plus. J'ai l'impression que la baie vitrée va être arrachée, quant au circuit d'aération de la salle de bains et de la chambre, le vent qui s'engouffre à l'intérieur fait un bruit de réacteur de 747! Il paraît que la spécialité de Puerto Deseado est le très très grand vent... Mardi 21
Le vent s'est déchaîné toute la nuit et a chassé les nuages. Grand beau temps donc, et température très douce. Avant de partir, je n’oublie pas de photographier le Père Noël ! Autant au Chili qu’en Argentine, ils sont souvent beaucoup plus beaux que celui qu’on connaît en France, avec sa robe de chambre rouge… Aujourd'hui, nous espérons bien voir sur la route Françoise et Gérard. D'après nos calculs nous devrions arriver à peu près en même temps à la jonction de la Ruta 3. Nous prenons de l'essence à Petrobras, qui comprend un locutorio, où je tente une énième fois de téléphoner en France avec la carte Hable Mas achetée à Buenos Aires et... qui ne fonctionne apparemment que là-bas. La route de 126 km est toujours aussi rectiligne que l'horizon. Pas une herbe dans la steppe, pas un animal non plus. Dans le ciel, de beaux nuages de type Ouest américain. Le vent chahute la voiture et je suis cramponnée au volant comme depuis le début du voyage. Arrivés à la Ruta 3, personne en provenance de Comodoro Rivadavia. Nous tournons à gauche pour Puerto San Julián à environ 260 km plus au sud. Pendant longtemps, alors qu'aucun virage ne vient briser la monotonie de la ligne droite (et sur toute une partie en ligne continue, ce qui est un comble!), le paysage est plat et gris au plus loin que porte le regard, balayé par un vent d'ouest qui souffle en violentes rafales, très déstabilisantes pour la voiture. Puis peu à peu, à une centaine de kilomètres de Puerto San Julián, les couleurs apparaissent sous la toison de petites touffes épineuses que broutent des guanacos de plus en plus nombreux. Une harde traverse la route dans un virage et s'envole par-dessus la clôture au passage de la voiture. (Ces clôtures qui, depuis notre arrivée, nous surprennent par leur longueur. Un piquet tous les dix mètres, un plus fin tous les mètres sur quatre rangées de fil de fer. Et cela sur des millions d'hectares... Un ennui mortel nous assaille rien que de penser au travail que cela représente.) Mais ces guanacos imprudents, voire casse-cou, ne passent pas tous entre les mailles du filet, car c'est le quatrième que nous voyons en peu de temps, couché sur le bas-côté. Mortellement touché. Subitement, nous apercevons tout une tripotée de nandous, un adulte avec une quinzaine d’adolescents. Nous avons appris que les mœurs de ce très gros oiseau – qui ne vole pas mais court comme tous les membres de la même famille, autruche, émeus, casoars etc. –, étaient très particulières. Au moment de la reproduction, le mâle séduit jusqu’à une quinzaine de femelles, les fait pondre à la queue-leu-leu dans le même nid, puis s’installe à leur place pour couver tous ces gros œufs. Une fois éclos, il ne se défile pas, non, il prend au contraire leur éducation complète en charge ! Et voilà comment on avait confondu un « nouveau père » avec une baby-sitter !
Les petites collines se font plus nombreuses, les ocres pâles et les roses carmin aussi. Je ne peux pas m'arrêter pour photographier sur cette route où les voitures, néanmoins peu nombreuses, passent en trombe, et de toute façon c'est le type même de paysage qui ne donne rien au grand angulaire.
Puerto San Julián. Nous retrouvons ici encore les topes mexicains, ces dos-d'âne mortels pour les voitures qui s'aviseraient de passer autrement qu'au pas. Je desserre enfin les mains du volant et m'aperçois que j'ai de nouveau attrapé une ampoule!! Passage obligé par l'Information touristique pour avoir la liste des hôtels, puis nous jetons notre dévolu sur le petit hôtel Miramar. Tout neuf, en front de mer (je devrais dire de baie), une très jolie chambre décorée avec goût, personnalisée, une grande et belle salle de bains, du chauffage, un accueil très aimable (240 pesos avec vue sur la mer, au premier étage). Le bourg, lui, est totalement impersonnel, traversé par une avenue à l'américaine, c'est-à-dire de cent mètres de large. La côte est elle aussi quelconque, rien pour accrocher le regard, du gravier gris, des algues vertes, du sable noir... Le gallion de Magellan, ou du moins sa réplique, trône en bord de mer, tout près de l’hôtel. C'est un musée que peuvent visiter pour 8 pesos les nationaux, mais pour 12 les étrangers. Décidément, en Argentine comme au Chili, le voyageur étranger est une espèce que l'on adore plumer, mais il se trouve que nous tenons à nos plumes!
En allant jusqu’au bout de la route de bord de mer, nous passons devant un mirage français rescapé de la guerre des Malouines, dont le pilote a paraît-il coulé trois navires. Beaucoup de jeunes du village ne sont jamais revenus...
Mercredi 22
Toujours aucune nouvelle de Françoise et Gérard. Nous n’avons aucune idée de l'endroit où ils ont passé la nuit, en tout cas ils n'avaient pas d'Internet (et à Puerto San Julián, les coupures ont été nombreuses jusqu'à la panne finale). La première pompe à essence est à sec, la seconde aussi. La journée débute bien. Il nous faut faire 120 kilomètres jusqu'à la pompe suivante, à Commandante Luis Piedrabuena, avec ce qu'il reste dans le réservoir. Je conduis pépère, à 90 km/h, en surveillant le compte-tours. Pendant un moment je suis de près un camion pour faire tirer la voiture. Les camionneurs argentins (et chiliens), je l’ai déjà dit, sont toujours extrêmement aimables! Ils disent bonjour quand ils nous croisent, font signe lorsqu'on peut les doubler sans risque, c'est un vrai plaisir. Les routiers français feraient bien d'en prendre de la graine. La route est terriblement monotone, le ciel triste, la steppe terne et plate. Des moutons broutent avec application les petites touffes grisâtres. De temps en temps, çà et là, une piscine pour oiseaux de passage…
Piedrabuena. Nous craignions que la pompe ne soit aussi à sec, mais l'agitation qui y règne et le monde nous rassurent tout de suite. Nous faisons le plein dans une ambiance de fête foraine, les haut-parleurs diffusant de la musique à pleine puissance.
Les kilomètres défilent en direction de Río Gallegos, grande ville rurale qui « ne présente aucun intérêt » d'après le Routard, « mais où le voyageur échoue parfois ». Les voyageurs que nous sommes comptent pourtant y passer la nuit et partir tôt demain matin pour prendre le ferry, 68 kilomètres plus au sud, si possible à 8 h 30. Il faut compter qu'avec l'heure d'été chilienne nous perdons une heure. De plus il nous faudra passer une première fois la frontière à environ 35 kilomètres, puis une seconde fois en Terre de Feu, à San Sebastián. La pluie s'est maintenant mise à tomber. Les guanacos se font de plus en plus nombreux de chaque côté de la route, ils sautent les clôtures pour améliorer leur ordinaire avec les grandes herbes aux fleurs jaune pâle qui poussent consciencieusement sur les bords... et le payent très cher. C'est même une véritable hécatombe. Nous ne comptons plus leurs dépouilles et leurs squelettes.
Enfin des virages, enfin des collines. Puis tout retombe comme un soufflé, et la banlieue de Río Gallegos se profile à l'horizon. Plus nous approchons plus je me dis que le Routard est bien au-dessous de la réalité. Sous le ciel gris, les abords de la ville sont tristes à mourir, mais probablement aussi sous le ciel bleu. Cabanes de tôle clairsemées, grillages, détritus, amas de tout ce qu'on veut un peu partout... Nous prenons la direction du centre qui n'en finit pas, encore 7 km, apercevons un Carrefour sur la droite, et hop, virage à quatre-vingt-dix degrés. Il est immense mais nous ne trouvons rien, d'autant que fruits et légumes, laitages et charcuteries sont interdits à l'entrée au Chili. Tandis que nous déambulons dans les allées, Alain a une excellente idée: partir de là illico et filer sur le terminal pour être sûrs, demain matin, d'être à l'heure pour le premier ferry. Il reste 578 kilomètres jusqu'à Ushuaia, deux frontières et un ferry où l'on peut parfois attendre paraît-il jusqu'à une demi-journée. Nous dormirons dans la Corsa, les sièges s'inclinent, et après tout nous serons plus à l’aise que dans l’avion. Adjugé! Nous sommes subitement plus légers et filons sous la pluie qui redouble, en oubliant de faire le plein d'essence en Argentine, moins chère qu'au Chili, alors qu'il ne nous reste en pesos chiliens que de quoi payer la traversée.
Le passage à la frontière est un peu laborieux car il y a beaucoup de monde, des cars, surtout. C'est la plus importante de toutes celles que nous avons vues depuis un mois. Encore une trentaine de kilomètres jusqu'à Punta Delgada, l'embarcadère et la pompe à essence. En cours de route nous vient une autre idée. Pourquoi attendre le lendemain pour passer le détroit de Magellan? Nous allons plutôt essayer de prendre le bateau aujourd’hui et nous dormirons à Bahia Azul, sur l'autre rive, au terminal de la Terre de Feu.
Punta Delgada. Nous demandons où est la station-service et on nous répond qu'il n'y en a pas..., il faut aller jusqu'à Cerro Sombrero, de l'autre côté du détroit, au bout de la route goudronnée de quarante kilomètres. Notre carte est donc erronée! Il n'y a pour l'instant qu'un camion et un 4 x 4 brésilien. Nous prenons la file, d'autres camions arrivent peu à peu, quelques pick-up également, mais ce n'est pas la foule des grands jours. Il y a deux ferrys qui font la traversée en alternance, tous les trois quarts d'heure jusqu'à minuit 15.
Les dauphins nous accompagnent pendant le passage du détroit de Magellan qui est à cet endroit bien plus resserré qu'entre Porvenir et Punta Arenas. Le ciel s'est dégagé derrière nous et s'est chargé de plus en plus devant... Il est maintenant 19 h 30, nous nous sommes évité trois heures et demie sur la journée de demain, et alors que nous sommes au milieu du détroit, il nous vient la troisième idée de la journée: pourquoi ne pas poursuivre jusqu'à la pompe à essence de Cerro Sombrero? En débarquant en Terre de Feu, nous nous apercevons qu'il n'y aurait pas eu le moindre endroit pour garer la voiture au terminal. De Bahia Azul, totalement différent de celui de Punta Delgada. Ici, seule une rampe bétonnée bordée de deux murs mène de la sortie du ferry à la steppe au-dessus.
Les quarante kilomètres sous la pluie battante sont vite avalés. Il faut faire un détour de dix kilomètres pour Cerro Sombrero par rapport à la piste que nous comptons prendre demain, et qui passe par Onaisin. En arrivant dans le village, nous avons la très bonne surprise de voir qu'il y a une hosteria à l'entrée – l’hosteria Tunkelen –, qui n'est indiquée nulle part et que nous n'avons pas vue non plus sur Internet. Elle est pimpante et n'a aucune concurrente, ce qui n'augure rien de bon pour les prix. Effectivement, la chambre double est à plus de 80 euros! Nous décidons alors de prendre une chambre dans l'annexe, qui a dû connaître des jours meilleurs, à deux lits jumeaux avec salle de bains partagée, type refuge, pour l'équivalent d'une trentaine d'euros, petit déjeuner inclus, que nous payons en dollars. Puisque nous devions normalement dormir dans la Corsa, ce sera toujours beaucoup mieux. C’est très calme, ici, à l’écart de la piste et loin de tout . Les petits moutons frisés de la steppe patagonne broutent infatigablement dans la lumière dorée du soir qui tombe. La journée est terminée, nous nous sommes bien avancés sur notre route pour Ushuaia, et nous dormons finalement au chaud et dans un vrai lit, ce qui était inespéré...
Jeudi 23
Après le petit déjeuner dans l’annexe salle de restaurant de l’hôtel, sur l’arrière, en compagnie de Brésiliens qui avaient pris le ferry avec nous à Punta Delagada, nous nous dépêchons de partir avant que le premier ferry ne débarque àBahía Azul et que les camions n'envahissent la piste. Tout le long des 400 km qui nous séparent d'Ushuaia, nous constaterons pour la énième fois combien tous les routiers sans exception sont courtois, attentifs et prévenants. Quelle différence avec les particuliers qui nous croisent sur la piste à toute allure, sans ralentir ni se pousser d'un poil, en sachant qu'ils risquent de faire éclater notre pare-brise... Et certains me font même des appels de phare répétés parce que je ne mets pas les codes, comme la loi l'exige, quel excès de zèle! Je me demande bien à quoi ils peuvent servir sur des routes rectilignes à l'infini, alors que la voiture est blanche, sinon à dépenser un peu plus d'essence. La Terre de Feu est incomparablement plus belle que toute la route que nous venons de faire depuis Perito Moreno (ciudad). C’est un archipel dont l'île la plus grande, la isla Grande, est assimilée à toute la Terre de Feu. Le sol se soulève en collines sur le dos desquelles on dirait qu'est jetée une épaisse toison végétale qui ne descend pas tout à fait jusqu'en bas. Moutons ou petites vaches broutent un peu partout l'herbe blonde, souvent accompagnés de toute sorte d'oiseaux pourvu qu'il y ait un peu d'eau: flamants, canards, cygnes à col noir, poules d'eau, oies. La longue chevelure gris clair des lichens envahit de nouveau des bosquets entiers. Puis les collines laissent la place aux montagnes couvertes de forêts de langas et aux sommets encore enneigés, aux lacs et aux rivières.
Ushuaia, plus de 60 000 habitants. La ville est étendue le long de la baie mais ses maisons basses et ses jardins donnent l'impression d'une petite agglomération. D'après nos calculs, Françoise et Gérard doivent déjà être là. Nous allons directement aux cabañas del Beagle, sur les hauteurs, et faisons la connaissance d'Alejandro, le jeune propriétaire qui les a entièrement construites de ses mains. Elles sont grandes (50 m2) et magnifiques, avec d'immenses baies vitrées en angle jusqu'au plafond, très haut, ce qui donne l'impression d'être à la fois dehors et dedans. Au-dessous, par-delà les toits, on aperçoit la baie.
La suite (la semaine à Ushuaia) arrive très bientôt. Et grâce à Gérard (Vilcanota) qui m'a prêté son objectif Canon 70-200 f/2,8 et que je remercie encore une fois ici, les photos seront enfin de bien meilleure qualité!
La version définitive avec photos (il faut patienter un peu pendant le téléchargement, comme toujours 😊) et un texte plus complet se trouvent ici (carnet optimisé pour Google Chrome):
www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_90.html

Lundi 22 novembre
Décollage 23 h 20 sur Air France. Vol de nuit long, très long : treize heures ponctuées de turbulences plus ou moins fortes, plutôt plus que moins, d'ailleurs.
Mardi 23
Arrivée à Buenos Aires à 8 h 50, Herge est là, ce qui est bien agréable. Nous voyons défiler la campagne, verte, si verte après Paris, les arbres sont en fleurs et il fait 25°. Trois quarts d'heure plus tard nous entrons dans son appartement, sur Ayacucho, au croisement de Corrientes. Quatrième étage, baies vitrées, long balcon, salon, chambre et lit excellent, cuisine, salle de bains, c'est parfait. Au-dessous, le bruit est constant mais dans la chambre, sur la cour, nous n'entendons rien. Une douche, et une heure plus tard nous voici dehors, à crapahuter sur Corrientes jusqu'à l'obélisque et au-delà, pour prendre le pouls de la ville... qui bat très vite. La pollution est extrême, nous pique les yeux et nous prend à la gorge. A côté, l'air de Paris semble bien pur. Le soir, dans une pizzeria sur Corrientes, tout près, nous mangeons une tortilla et des lasagnes obtenues après une heure d'attente alors qu'il y a très peu de monde, puis nous rentrons nous coucher. Je n'ai pris aucune photo car Herge m'a déconseillé de me balader avec le Canon, trop voyant.
Mercredi 24
La journée a mal commencé: plus de batterie pour le netbook et les prises de l'appartement ne voulaient pas de la nôtre pour le recharger. Ensuite nous nous apercevons que le taxi commandé par le gardien de l'immeuble (via Herge qui est parti pour une semaine en Uruguay) pour vendredi matin est pour l'aéroport international (Ezeiza), à 35 km et non pour l'aéroport national (AEP), dans BsAs. Nous prévenons donc le gardien, il décommande le taxi pour EZE et le recommande pour AEP. Je passe un mail à Herge en lui disant qu'il s'est trompé et là il nous répond, heureusement rapidement, "AEP est fermé du 23 novembre au 1er décembre". Panique à bord, nous retournons voir le gardien qui redécommande et rerecommande... On le trouve vraiment très relax, il dit que une heure quarante avant c'est largement suffisant et n'en démord pas: quarante minutes de trajet + une heure avant le décollage. Oui, mais s'il y a un problème sur l'autoroute?
Peu après, je m'aperçois que le Canon est HS!!! Impossible de prendre des photos, erreur 99. Je farfouille comme à mon habitude sur Internet pour me dépanner et je finis par trouver. Je teste le boîtier, ce n'est pas lui, puis l'objectif (le 17-85mm) et c'est là que se trouve le problème. Je nettoie les contacts, rien à faire. Puis j'ai une idée; je fais un essai avec le Sigma 10-22 et ça fonctionne! Ensuite je fais un nouvel essai avec le 17-85 à 17 mm, rien, à 24, rien, à 35 et là, bingo, c'est bon! Bruit, bruit, bruit, circulation intense, foule, chaleur humide... On a été à la plaza de Mayo (ici, prononcé Majo) et ce ne sont pas les mères des disparus que nous avons trouvées mais des vétérans des Malouines! Quelques musiciens aux dreads jusqu'à la taille jouent du reggae, nous restons un moment à écouter le chanteur, vraiment très beau...
En repartant par l'avenida de Mayo, un arrêt pour goûter les glaces de Buenos Aires (au pomelo, moyennes, ce ne sont pas celles de Berthillon...), puis un autre au Café Tortoni, qui vaut vraiment le coup d'œil. Borges est partout, en photo, en mannequin grandeur nature... Beaux vitraux au plafond, hautes colonnes marron foncé, lithographies et photos alignées sur les murs, plus une flopée de serveurs. J'ai bu un très bon chocolat au goût fumé et mangé trois churros plus que moyens. Toujours pas de photos mais demain je prendrai quand même l'appareil, ne serait-ce que pour photographier ces arbres à floraison mauve magnifique qui tranche sur le noir de leur tronc: des jacarandas, ou flamboyants bleus.
Jeudi 25
J'ai été boulottée par un moustique invisible, durant la nuit, mais haut de gamme... J'ai l'avant-bras droit tout enflé...
Normalement, aujourd'hui on devait aller à Colonia, en Uruguay. Mais le prix de la traversée aller-retour du Rio de la Plata (170 euros), ajouté au nombre d'heures passées sur l'eau (plus de six heures) pour le peu de temps sur place (quatre heures), nous a découragés. Une autre fois, peut-être.
En face de l'appartement il y a un magasin de fruits et légumes. Entre les dragueurs (les Argentins ont l'air très dragueurs) et les pas aimables, on est servis... On est (je suis) accueillis par des clins d'œil appuyés ou par une mine de dix pieds de long. Les fruits eux non plus ne sont pas avenants mais hier on a quand même acheté quelques mandarines sucrées et bourrées de pépins. Ce matin, j'ai observé depuis le balcon des vendeurs entasser des dizaines et des dizaines de cagettes, la moitié vides et l'autre pleines de tomates, oignons, salades, et de tas d'autre légumes ou fruits. Et depuis une vingtaine de minutes, j'entendais un bruit incessant sous les fenêtres, je regarde et je vois que ce sont les éboueurs qui jettent dans le broyeur le contenu de toutes les cagettes. Quel gâchis! Il n'y a aucune récupération (et apparemment non plus aucun tri de poubelles dans les immeubles). Je n'ai vu personne venir récupérer ce qui était bon à manger... J'ai mis le Canon dans mon petit sac et nous sommes partis comme des voleurs faire des photos des flamboyants devant le Museo del Patrimonio de aguas argentinas, sur l'avenida Cordoba. Au retour nous avons croisé Gorge, le gardien de l'immeuble, qui nous a présentés au chauffeur de taxi qui nous amènera demain matin à l'aéroport. Un petit pépé bien sympa qui a “toute sa confiance”. C'est une sécurité parce que apparemment, chez les chauffeurs de taxi, on trouve de tout. Herge, sur son site, fait le rappel des réjouissances:
www.petitherge.com/...n-taxi-38132291.html
Par la même occasion, on lui a dit qu'on comptait aller au parque Lezama, au sud de Telmo et il a proposé de nous appeler un radio-taxi “Premium” (écrit sur la porte arrière), totalement sûrs d'après lui. Je lui ai demandé ce qu'il pensait d'emporter le Canon et il n'a pas hésité une seconde, il a ri et s'est écrié: No! No! NOOO!!! Vingt minutes plus tard on était arrivés, pour environ 6 euros. Le parc est petit mais avec de nombreuses essences d'arbres inconnues de moi, étranges et belles, l'une avec des racines comme celles des fromagers, une autre à pied d'éléphant géant, certaines, de drôles de conifères mi-séquoias mi-araucarias, le tout plutôt du genre pleureur, bourrées de perruches vertes (conures de Patagonie) en train de faire leur nid. De ses hauteurs on a une vue sur l'église orthodoxe russe et ses dômes bleu et or... qui sentent son Las Vegas. Puis nous avons déambulé dans les petites rues de San Telmo, ancien quartier des marins, ainsi nommé à cause du dominicain Pedro González Telmo, bordées d'anciennes demeures coloniales qui ont vécu leurs plus belles heures il y a bien longtemps. En 1871, les riches familles qui les habitaient les ont laissées derrière elles avec l'épidémie de fièvre jaune. Décrépitude, oui, mais avec un reste d'élégance. Aujourd'hui tous les établissements de tango se concentrent dans son périmètre. Un détail renseigne sur la sécurité du quartier qui n'est pas loin de la Boca, ce sont les épaisses barres de fer et grilles en tout genre qui protègent absolument toutes les ouvertures au moins jusqu'au premier étage!
Dans la rue en pente, trois antiques bus de la ligne 213 se suivent... N'étant apparemment même plus bons pour la casse, ils ont rempilé! Un tour à la Galeria de la Defensa, qui date des années 1880 et était la résidence de la famille Ezeiza, désormais remplie de vieilles choses à vendre, vêtements, gants, vaisselle, bric-à-brac..., un autre au Mercado San Telmo pour trouver un maillot de foot argentin à Loïc (bredouilles) et nous empruntons, à pied et toujours au pas de charge, le chemin du retour. L'envie nous prend soudain de faire un stop avant de mourir asphyxiés, aussi nous entrons manger une bricole dans un café-resto. Le serveur qui s'occupe de nous, la soixantaine très militaire, est absolument odieux! Bonjour l'hospitalité et la gentillesse argentines! Pour l'instant nous ne l'avons rencontrée que chez le portier du Café Tortoni et chez le gardien de l'immeuble d'Herge. Au moment de partir, je me lève et je sens un doigt qui s'enfonce dans mes côtes, c'est lui qui me pousse pour se précipiter devant nous et nous ouvrir la porte. Je n'en reviens pas et le gratifie d'un “Gracias!” étonné mais poli. Oui, sauf qu'Alain, qui me suivait et a tout vu, me fait remarquer que ces ronds-de-jambe étaient destinés au gros personnage suant et soufflant qui sortait derrière nous et que le serveur avait même l'air mécontent que nous soyons sortis les premiers. Mince, alors!! Et dire que je l'ai remercié!!
16 heures. Ouf, nous voilà “chez nous”, un nombre certain de kilomètres dans les jambes et quelques kilos d'oxyde de carbone en plus dans les poumons! Une bonne douche, quatre thés et des orangettes de la Maison du chocolat (achetées à prix d'or à Roissy, mais je ne résiste jamais devant mon chocolatier préféré) plus tard, je me sens mieux. Alain, lui, est reparti faire les librairies qu'il n'a pas encore visitées.
Vendredi 26
A 7 heures moins dix, tandis qu'on attendait l'ascenseur, le gardien nous appela sur l'interphone pour nous dire que le taxi était déjà là. Quelle ne fut pas notre surprise de voir que le petit pépé sympa de la veille n'était pas du tout un chauffeur de taxi mais un particulier avec une voiture qui avait apparemment son âge... Le pare-brise portait huit estafilades, autrement dit il s'était pris un sacré gnon et était près de rendre l'âme. A l'arrière, les ceintures de sécurité devaient être là pour la décoration car elles ne fonctionnaient pas.... Bon, il n'était plus temps de dire quoi que ce soit et nous avions toute confiance dans le gardien d'Herge. En avant, donc, pour Ezeiza. Le pépé faisait des écarts à droite, à gauche, mais dans l'ensemble ça se passait bien jusqu'au moment où il entreprit de tirer un billet pour le péage d'une pochette posée à côté de lui. Il lâcha alors le volant et se battit d'abord avec la fermeture Eclair qui ne voulait pas s'ouvrir, puis avec le billet qui, lui, ne voulait pas sortir. Pendant ce temps je pensais qu'il ne devait pas avoir d'assurance, sinon il aurait fait réparer son pare-brise. Une fois le péage passé, rebelote, volant lâché pour rouvrir la pochette et y glisser la monnaie... Bref, j'avais hâte d'arriver. Je me disais qu'au moins on paierait moins cher qu'un taxi appartenant à une compagnie. Eh bien non, c'était encore plus cher, 150 pesos au lieu de 130.
Après avoir patienté dans une queue de un kilomètre de long, nous avons finalement embarqué pour Ushuaia via El Calafate sur un A 320, durée du vol : près de trois heures. Je n'ai pas dérogé à la règle et ai vu ma dernière heure arriver au moment du décollage, mains moites et respiration bloquée. Je ne sais pourquoi, le commandant de bord ne cessait de passer des messages – c'était apparemment un grand communicateur - et à chaque fois je me demandais ce qui allait arriver. Jusqu'à ce qu'il annonce qu'il y avait “un petit problème technique”. Là, je me suis décomposée... Le problème en question concernait la télévision mais il n'y avait pas de télévision. Vu que tout le monde était d'un calme olympien, ça m'a un peu rassurée. El Calafate, presque tout le monde descend mais peu après toutes les places sont à nouveau prises par les gens qui vont soit à Ushuaia, une minorité, soit sur BsAs.
Tierra del Fuego, Terre de Feu. Ainsi nommée à cause des feux que maintenaient allumés les Indiens Yaghans et Alakalufes, qui vivaient presque nus sur ces terres fouettées par le vent et la pluie. Nous prenons un taxi privé conduit par une femme (22 pesos) et nous voilà sur Gobernador Deloqui, au 271, à la Casa Familia de Zaprucki. Vraie petite maison en dur dans le jardin, à gauche cuisine salle à manger, au milieu salle de bains, à droite belle chambre, le tout nickel (60 euros). Nous sommes accueillis par une Mamie très aimable et qui a l'air d'adorer Paris. Peu après c'est sa fille ou sa belle-fille qui frappe à la porte. Elle nous apporte une bouteille de deux litres d'eau, un pain complet entier, un litre de lait, un paquet de fromage et un autre de jambon plus du beurre et un pot de dulce de leche. Ça fait très panier du Petit Chaperon rouge. Le tout pour le petit déjeuner. En fait on goûtera avec, et on en mangera aussi le soir...
Ushuaia, dans un autre genre, rappelle San Francisco : on monte ou on descend en permanence. Les photos que nous avions vues de la ville, qui compte quand même 60 000 habitants, étaient trompeuses, car elles ne donnent qu'un minuscule aperçu. C'est le centre-ville qui est constamment photographié, mais les constructions s'étendent loin de part et d'autre. Dès l'arrivée on a eu droit à une tempête de neige, au soleil, à la pluie, au grésil. Ici, au moins, c'est varié et à vitesse grand V. On a passé trois heures à arpenter San Martin et les rues adjacentes. Les numéros n'ont aucune logique; on passe de 238 à 270 par exemple. Ce qui fait que pour repérer l'agence de location de voitures, on a le plus grand mal à trouver le 245... Bon, on verra demain. Pour l'instant on est crevés, il fait grand jour (à 21 heures). Mais on va ressortir sur le canal de Beagle, dans le froid glacial. Quelle transition avec Buenos Aires!! Un ferry de croisière est à l'ancre, tous feux allumés, au milieu de la baie aux couleurs de mercure...
Samedi 27
Nuit glaciale, j'ai à peine fermé l'oeil... Ce matin après quelques allers-retours sur San Martin, à cause de ces sauts de numéros, nous allons chez Hertz récupérer la Chevrolet Sedan. Le coffre est grand et nous pouvons charger tous les bagages dedans.
Peu après être partis, sur la route n° 3 qui est donc bitumée, nous avons reçu une caillasse en plein pare-brise, ça commençait bien, suivi illico presto au croisement d'un camion, d'un appel d'air monumental qui a projeté avec une violence incroyable sur le haut du pare-brise un énorme truc noir. On a cru notre dernière heure arrivée, et tout ça en une fraction de seconde. C'était l'avant du capot qui avait été éjecté sous le choc. Un morceau de plastique/caoutchouc, pour faire joli sous le logo Chevrolet. Enfin on suppose vu qu'il ne reste que les rivets...
A San Sebastian, trois maisons et la douane argentine, nous passons un certain temps car nous arrivons en même temps qu'un car de passagers. Puis quelques kilomètres plus loin, rebelote, cette fois avec la douane chilienne. A chaque fois, nous avons droit au match de foot diffusé sur un écran de télévision au cas où policiers et douaniers s'ennuieraient...
145 kilomètres nous séparent maintenant de Porvenir, capitale de la Terre de Feu chilienne, 6000 habitants, par une piste de caillasse. La pampa fuégienne est gris-bronze sous le ciel chargé, éclairée çà et là par quelques touffes de fleurs jaune pâle et poussiéreuses. Nous espérons que nos enquiquinements vont s'arrêter là et que nous n'allons pas crever. Heureusement, il ne pleut pas et le vent a un peu faibli.
Tout à coup, on aperçoit au loin, devant nous, une silhouette. En arrivant sur elle, on voit que c'est un énorme malabar, avec une carrure de rugbyman, le bonnet enfoncé jusqu'aux yeux et la mine plutôt patibulaire, qui nous fait de grands gestes. A peine une seconde d'hésitation et nous passons sans nous arrêter, malgré un sentiment de culpabilité... Je dois dire que ni l'un ni l'autre n'avons voulu prendre de risque. On ne comprenait pas ce qu'il faisait là, à 65 kilomètres de Porvenir, alors qu' il n'y avait aucune voiture arrêtée nulle part. Et les 4X4 chiliens que nous avions croisés peu avant ne s'étaient donc pas arrêtés non plus. Moi j'ai repensé au couple de Français assassinés en Bolivie...
Une maison de tôles sur la gauche, un étang et, dessus, une centaine de flamants très très roses. Etrange, en un tel endroit... Depuis un moment ça sent fortement le brûlé et on se demande si ce n'est pas la voiture, de même que depuis longtemps on aperçoit la pluie qui tombe au loin, en avant de la piste et on ne la rattrape jamais. En fait, les deux sont liés puisqu'il s'agit d'un incendie apparemment important, dégageant une épaisse fumée qu'on prenait pour un nuage de pluie.. Bien sûr, le problème se pose de savoir s'il coupe la piste ou si on va y échapper... Le soleil fait maintenant quelques apparitions et colore l'herbe grise en vert acidulé. Je regrette d'autant plus que l'objectif soit esquinté car le 10-20 ne me sert pas à grand-chose ici. Nous longeons l'immense Bahia Inutil et ses eaux gris sombre, crêtées d'écume blanche. Le long de la côte de galets, les cabanons de tôle rouillée se font plus présents... Porvenir et ses maisons de toutes les couleurs, vertes et rose, jaunes, orange, bleues et mauves, aux toits de tôle rouillés pour la plupart. Beaucoup sont en fin de règne... Nous allons directement à l'hôtel Rosas (bien, 26 000 pesos la chambre double) et le temps de nous installer, le soleil a disparu, laissant place à une température glaciale. Bien au chaud dans la chambre, nous n'avons plus envie de ressortir et attendons en lisant et en écrivant le repas du soir, qui sera hors de prix et franchement pas bon.
Dimanche 28
Bonne nuit sous les épaisses couvertures. Dire qu'on est presque en été... A 16 heures on prend le bateau, j'espère du moins qu'on aura une place pour Punta Arenas car on n'a pas réservé (deux heures et demie de traversée). Mais en attendant, que faire? Nous projetions d'aller sur les pistes environnantes mais le risque de crevaison juste avant de prendre le ferry nous fait reculer. Un Coréen du Sud, “businessman” de centollas ou King Crabe comme il se décrit lui-même, habitué des lieux, négocie avec Alberto, l'hôtelier, de pouvoir rester dans la salle de restaurant et nous dit de faire de même, ce qui nous arrange bien.
Il est maintenant plus d'une heure et demie et nous allons “visiter” Porvenir en attendant l'ouverture de la compagnie maritime. Nos pas nous mènent droit au cimetière... Porvenir est une ville, curieusement dans cette partie du monde, à fort pourcentage croate. Ils se sont installés dans les années 1880, lorsqu'on a découvert de l'or dans la région. Sont venus ensuite des habitants de l'île de Chiloe et, même s'ils n'ont pas fait fortune, ils ont trouvé du travail dans les estancias. Aujourd'hui, la plupart des habitants sont des descendants de ces pionniers. Cette colonisation a malheureusement en peu de temps anéanti les premiers habitants des lieux, chasseurs cueilleurs ou pêcheurs. Le cimetière est extraordinaire, toutes les formes d'architecture sont représentées. Il y a même de curieuses petites cases vitrées entassées les unes sur les autres, avec photos, fleurs, etc., prolongées par les tombes.
16 heures, nous sommes à l'embarcadère. Pas de problème pour prendre les billets. A 17 heures, nous partons pour deux heures vingt de traversée du mythique détroit de Magellan. Le ferry se remplit très vite, essentiellement de jeunes qui rentrent à Punta Arenas pour le lycée. Un Chilien vient s'asseoir à côté de nous, très sympa. C'est un réfugié politique qui a fait ses études en France puis qui s'est installé en Suède. Thérapeute familial.
19 h 20. Le ferry est à l'heure. Nous sortons dans les premiers et trouvons assez rapidement l'hôtel Joshiken que nous avions repéré sur Internet mais où nous n'avions pas réservé car il fallait payer à l'avance. Jolie maison tout en bois clair, très propre, belles chambre ensoleillée (du moins par moments...) et salle de bains. Et en plus très bien placée, près de la plaza de Armas. Punta Arenas est une ville étendue, aux maisons colorées, avec beaucoup d'arbres torturés par le vent, magnifiques, et très plaisante malgré ce que nous avions lu. Le propriétaire nous indique plusieurs restaurants “tous très bons”, où l'on sert du poisson frais. Nous allons à “Jekus” et nous nous régalons d'une cuisine très fine et d'une excellente bouteille de vin rouge chilien, dans un cadre superbe, tout en bois. Avec de nombreuses références de toute sorte aux Indiens disparus...
Lundi 29
Ce matin, grand soleil. Ici, en cette saison, les nuits sont courtes, le soleil se couchant vers 22 heures et se levant vers 5 heures. C'est d'ailleurs lui qui nous a réveillés. Après un bon petit déjeuner qui fera aussi repas de midi, nous partons nous balader du côté de la plaza de Armas. Dans le parc qui en occupe le centre, un bel office du tourisme et de nombreuses roulottes, qui sont des stands où l'on vend beaucoup de vêtements de laine et d'alpaga, très colorés. Tandis que l'on se balade tranquillement, et que cinq minutes plus tôt il faisait chaud, une averse de neige se met à tomber. Et ce sera comme ça tout au long de la journée, une alternance de ciel bleu, de neige, voire de ciel tout bleu et de gouttes d'eau dont on se demande à chaque fois d'où elles viennent et si ce ne sont pas des “pipis d'oiseaux” ;-). Nous devions normalement aller à l'Isla Magdalena voir la colonie de manchots, mais le passage sur le ferry du détroit de Magellan a sérieusement refroidi Alain qui a généralement le mal de mer. Il faut dire que, par moments, on aurait pu croire que le ferry allait se briser en deux lorsqu'il prenait les vagues par le travers. Et la conversation avec le Chilien avait bien arrangé les choses, pour détourner son attention des bonds que faisait le bateau. Donc nous décidons d'aller au Seno Otway voir une autre petite colonie, à une heure de route dont une quarantaine de kilomètres de piste. A douze kilomètres de l'arrivée, nous devons payer d'abord 3000 pesos, une espèce de droit de passage, puis 10 000 pesos pour l'entrée de la pingüinera (ce qui fait au toatl une vingtaine d'euros). Il pleut par intermittence. Nous prenons le sentier de bois de 1500 mètres de long à la recherche des manchots (les pingouins, eux, sont en Arctique). Je n'arrête pas de pester après l'objectif 17-85 mm qui a définitivement rendu l'âme, je ne peux même pas m'en servir en automatique et suis cantonnée au grand angulaire. Tout ce qu'il faut, en effet, pour photographier des manchots seulement visibles des miradors, ou presque. Lorsque je mets l'œil au viseur, on dirait des crottes de mouche. Nous en voyons quelques-uns se dandiner à la queue leu leu, vraiment trop mignons, ce qui me fait pester encore une fois. Le pire, c'est que j'ai emporté les jumelles de Paris spécialement pour eux et que nous les avons oubliées à Punta Arenas!! Nous mettons cela sur le compte de l'extrême fatigue dans laquelle nous étions avant de partir. Et le voyage n'a rien arrangé... Finalement, nous trouvons que c'est bien cher payé pour un si long chemin et seulement quelques manchots de-ci de-là, faisant une bronzette sur la plage ou jouant à cache-cache avec nous.
Retour à Punta Arenas. La plaza de Armas, cet après-midi, a complètement changé d'atmosphère. On dirait le parc Montsouris (à Paris) après la sortie de l'école. Punta Arenas est une ville très jeune, bourrée de lycéens et d'étudiants.
Ce soir, nous retournons manger chez Jekus, pour fêter mon anniversaire le 1er décembre (à ce moment-là nous serons en refuge à Torres del Paine). Je n'ai jamais mangé d'agneau aussi bon... En sortant, il fait un froid glacial malgré toutes nos couches de Damart, laine et polaires, pas loin de celui de Sept-Iles (dans le nord du Québec) au mois de février...
Mardi 30
En partant pour Puerto Natales, nous retournons au bureau de change. L'argent file ici à vitesse grand V.
Nous quittons la province de l'Ultima Esperanza pour entrer dans celle des Magallanes.
La route est déserte, le ciel gris, le vent omniprésent. Nous dépassons soudain un Cristo del Camino à l'abri d'un bosquet, insolite dans ces espaces désolés. Le grand angle lui fait faire un bond en arrière, et le fait de le rapprocher sous Photoshop lui confère un flou... très peu artistique... Régulièrement, sur le bord de la route ou des pistes, on retrouve de ces petits hôtels mortuaires, avec photos, fleurs et souvenirs, et drapeau rouge claquant au vent, dont nous ignorons la signification. Mais en arrivant dans l'après-midi à Puerto Natales, au bord du Pacifique, après 250 km de steppe aride et hyper ventée (quel sport de conduire comme ça, accrochée au volant!!), la surprise est de taille! Là ce sont des centaines de bouteilles en plastique – remplies en partie d'eau à cause du vent – qui veillent les morts... La petite ville (ou le gros village, au choix) est très différente, toutes proportions gardées, de Punta Arenas. Les maisons sont basses et d'aspect plutôt délabré, toujours très colorées. Nous remarquons que les Chiliens, du moins dans le Sud, ne se préoccupent pas de l'aspect extérieur de leurs habitations. Tôles disjointes, peinture écaillée, le tout a souvent un aspect branlant et peu engageant, alors que l'intérieur est particulièrement pimpant et soigné. Les gens sont en général de petite taille, si l'on excepte certains Croates de Porvenir. Au Pléistocène (- 2000 000 d'années à - 10 000 ans), un animal fantastique arpentait ces terres du bout du monde, une espèce de grizzly herbivore à queue de kangourou, deux fois plus haut qu'un homme, appelé Milodon ou, plus simplement, Glossotherium robustus. La Cueva del Milodón en abrite un spécimen, mais en carton-pâte, c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas fait le détour lorsque nous avons quitté Puerto Natales pour rejoindre le parc Torres del Paine. Le milodón qui trône en bord de mer, à Puerto Natales... L'hôtel Chorrillos est basique mais très agréable, très bien tenu et la propriétaire est extrêmement aimable. Nous discutons avec un Français installé à l'ordinateur de l'accueil, barbe et cheveux blancs, parti avec sa compagne le 10 juillet en vélo du Pérou (c'est exactement le genre de voyage qui ne m'attire pas, pédaler comme un forcené en se battant constamment contre un vent déchaîné, mais je suis très admirative). Ils s'y sont fait attaquer et voler une première fois, puis une seconde fois on leur a dérobé appareil photo, caméra et argent. Ils avaient été repérés sur le marché, puis suivis en dehors de la ville en... taxi!! L'un des quatre agresseurs (quel courage!! à quatre contre deux!) a cassé une bouteille, jeté sa compagne à terre et lui a mis le tesson sur la gorge... Courses au supermarché – Unimarc, comme à Punta Arenas – où l'on finit par trouver un camping-gaz et les cartouches qui vont avec, puis retour à l'hôtel afin de préparer les sacs à dos pour les quatre jours à venir. La chambre est dans un état! On croirait qu'on part en expédition en autonomie pour six mois ;-)): nourriture d'un côté, vêtements de rechange, appareil photo, jumelles, GPS de l'autre. Le 17-85 mm est définitivement HS, ce qui fait que je n'ai plus que le grand angulaire. Plutôt catastrophique pour un voyage pareil... Adieu tous les gros plans, comme celui de notre premier nandou croisé aujourd'hui, ou de cet adorable renard argenté aux grands yeux noirs en amande qui s'est couché dans l'herbe quand il a vu qu'on s’arrêtait pour le regarder. Il est resté là, à nous surveiller du coin de l'œil, jusqu'à ce que la voiture redémarre. Puis il est reparti de son côté et nous du nôtre. Je l'ai quand même casé dans un petit coin de la carte-mémoire. Le voici, démesurément grossi sous Photoshop, disons... dans un flou gaussien... Dehors, une multitude de chiens se font la conversation d'une rue à l'autre.
Mercredi 1er décembre
Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. La nuit a été courte mais je me suis endormie tout de suite, bercée par le plus doux bruit qui soit, celui de la pluie qui tambourinait sur le toit de tôle de l'hostal... Le problème, c'est que ce matin il tombe une pluie torrentielle, fouettée par un vent qui doit avoisiner les 120 km/h. Autrement dit des conditions idéales pour entamer une randonnée de huit heures. Excellent petit déjeuner avec du cake maison et des yaourts aux fruits, entre autres. Cet hostal est une excellente adresse, pas chère (20 000 pesos), et la propriétaire est très aimable. Nous discutons avec un jeune couple de Français qui nous annonce que la piste la plus longue, celle de Laguna Amarga, c'est-à-dire l'entrée Nord, est désormais bitumée. Plutôt que de prendre la nouvelle piste plus courte de moitié qui mène à l'entrée Sud, nous choisissons la facilité, puisque du ripio, nous en aurons à revendre dans les semaines à venir. Nous partons donc, seuls sur la route. Mais à Cerro Castillo, surprise, la route devient piste, et mauvaise piste puisqu'il s'agit d'une (très mauvaise) déviation. Quelques kilomètres plus loin, passé un gaucho plus vrai que nature sur son cheval, béret vissé sur la tête qui le protège mal de la neige qui tombe en abondance, et poussant son petit troupeau de vaches, nous retombons sur la route mais pour peu de temps. Les derniers 90 kilomètres seront de nouveau de la piste. Nous voyons encore une fois des guanacos, et encore une fois je peste de n'avoir que le grand angulaire. Une fois à l'entrée du parc, nous allons payer dans une minuscule cabane où les taches sont très compartimentées: trois personnes, dont une qui prend les passeports, une deuxième dans une cahute en verre qui nous déleste de 30 000 pesos de droits d'entrée, et enfin une troisième qui vérifie les billets d'entrée et nous donne le plan du parc. Les refuges des Torres se trouvent au bout d'une mauvaise piste de sept kilomètres, coupée en son milieu par un pont-surprise. Il ne peut supporter plus de 1500 kilos. Avec la Chevrolet Corsa pas de problème, mais les véhicules genre Renault Espace sont vraiment limites...
Arrivés au refuge des Torres, nouvelle surprise: nous ne sommes pas au Central mais au Norte, autrement pas dit pas au nouveau, paraît-il très bien, mais à l'ancien de mauvaise réputation. Il fait vraiment à l'abandon. Les chambres ne sont pas chauffées, sans lumière, il n'y a des lampes à gaz (dont une seule à chaque extrémité du couloir) que jusqu'à 23 heures, le lino du sol se décolle, les « banos » sentent horriblement mauvais, un mélange de désinfectant et d'urinoirs publiques. Sinon, la chambre est petite mais banale. En fait, nous n'adorons pas les dortoirs...
Nous montons aux Torres avec un temps complètement bouché, et en en plus il fait un froid sibérien, pas loin du Québec en hiver. Nous sommes pourtant extrêmement couverts, mais la neige qui passe à l'horizontal fou ettée par un vent violent nous glace le visage. Nous traversons d'abord des terres complètement désertes, couvertes d'une petite herbe rase, puis des massifs entiers d'arbustes à floraison rouge vif, des notros (Embothrium coccineum), comme ceux que nous avions vus à Venice, à Los Angeles. Passé le refuge Chileno, à mi-chemin, nous entrons dans un bois et le chemin devient complètement boueux. Le temps est toujours totalement bouché, les Torres enfouies dans une épaisse couche de nuages et de neige et nous ne pouvons espérer les apercevoir. Nous décidons alors de faire demi-tour. Au détour du sentier, un magnifique renard, un zorro colorado aux allures de coyote, croise notre route. Il hésite. Je crois qu'il va nous emboîter le pas mais, dommage, il change d'avis puis disparaît sous les arbres. Sept heures et demie après le début de la randonnée, nous voici à nouveau au refuge. Rien ne s'arrange: impossible de se faire à manger, d'une part parce qu'à Puerto Natales nous avons acheté un camping gaz et les cartouches vendues avec (camping gaz également), malheureusement une fois ici on se rend compte qu'elles ne sont pas adaptées; d'autre part parce qu'il n'y a même pas une cuisine pour se faire chauffer de l'eau. Nous « pouvons manger au restaurant » (à 20 euros par personne en plus des 96 euros par nuit pour nos deux lits superposés...), ou nous faire de la cuisine dehors (où? en plein vent et par terre puisqu'il n'y a ni table ni bancs?) et « rentrer la manger à l'intérieur « (merci de tant de générosité!). Nous sommes furieux, d'autant qu'à l'intérieur, justement, il n'y a que trois malheureuses tables et même pas suffisamment de chaises pour aller avec. Ca promet pour les deux nuits suivantes. Nous partons nous coucher avant que toute la chambrée ne fasse de même. Ah, zut, toute la chambrée est déjà au lit...
Jeudi 2
Nous avons eu froid toute la nuit, car en plus du fait que ça ne soit pas chauffé, la fenêtre était restée légèrement ouverte. Nous n'y avions pas touché, pensant que c'était une des personnes présentes qui l'avait fait pour éviter de la condensation. Sauf que nos deux lits étaient collés sur l'air glacial, et ce n'est pas la petite couverture qui nous a protégés. En plus du reste, le double rideau avait perdu trois de ses anneaux, que personne n'avait jugé utile de remplacer. Heureusement, Géo Trouvetout (autrement dit moi, comme je suis assez souvent surnommée) a trouvé une solution en coinçant le bout du rideau de gauche dans le premier anneau du rideau de droite. A peine réveillés, nous n'avons qu'une hâte : fuir ce refuge qui est un vrai scandale étant donné son prix. Nous remballons nos affaires et filons à la voiture. Une gorgée d'eau froide, une bouchée de cake “con frutas”, et nous voilà partis pour l'embarcadère, d'où le catamaran nous amènera à Paine Grande. En chemin, des guanacos peu craintifs broutent au bord de la piste.
9 h 30. Premier départ du bateau (il y en a un autre à 10 heures, puis à midi pour ce qui est du matin). Les billets s'achètent à bord, 38 000 pesos pour deux allers-retours (en fait c'est 36 000, on s'est fait rouler de 2000 pesos..., ce qu'on aurait jamais imaginé sur une navette, dans un parc national), soit environ une soixantaine d'euros. Café, thé ou chocolat et petits gâteaux sont offerts. Le lac est venté, ça remue pas mal et les eaux sont vert sombre. Impossible d'aller à l'arrière à cause du froid glacial et des paquets d'eau projetés sur le pont. De l'intérieur, impossible aussi de faire des photos à travers les vitres complètement trempées. Une demi-heure plus tard, tout le monde descend. Au premier abord, le gite de Paine Grande est pimpant, seul au bord du lac, dominé par les montagnes (du moins on le suppose car elles sont perdues dans les brumes). Au deuxième abord, il l'est encore plus. Des tons orangés aux murs auxquels sont accrochés masques, dessins et photos concernant les Indiens disparus; plusieurs petits salons ici ou là, avec un gros poêle à bois qui ronronne et d'épais canapés ou fauteuils en cuir. Ca monte et ça descend, ça tourne et ça retourne et c'est très chaleureux. Pour l'instant, par contre, nos lits ne sont pas prêts. Nous laissons une partie de nos affaires dans une eptite pièce en face du Mini Market, dont seuls les deux vendeurs ont la clef, et nous voilà partis à 11 heures pour le glacier Grey sous un temps à ne pas mettre un chien dehors (drôle d'expression, d'ailleurs... pourquoi mettrait-on un chien dehors?). Le sentier suit une étroite vallée dans laquelle le vent s'engouffre avec rage! Il faisait 2°, mais maintenant, avec le facteur vent, je n'ose imaginer la température ressentie... La pluie est de la partie, les nuages cherchent à toucher terre et nous n'arrivons même pas à avancer. J'ai l'impression que quelqu'un me pousse constamment avec force vers l'arrière. Nous faisons des embardées à droite, à gauche, à droite, à gauche et progressons avec peine. Il faut vraiment vouloir voir ce glacier! D'ailleurs nous ne croisons absolument personne pendant plusieurs heures. La vallée n'en finit pas, alors que d'après la carte je croyais longer le lac tout du long. La notion de ce qui est difficile ou modéré n'est pas la même chez les rangers américains et les employés des parcs chiliens. Celui-ci est classé en modéré alors qu'on dirait qu'on suit le lit d'un cours d'eau. Il est encombré de roches et de pierres presque tout du long, entrecoupé de passages bourbeux, inondés, etc. Le dénivelé est faible mais il monte et descend constamment. Bref, progresser dans ces conditions est particulièrement pénible...
Nous n'arrivons pas à nous poser pour manger un morceau, la pluie et maintenant la neige ne cessent de tomber, tout est trempé ou boueux et il n'y a pas un endroit où s'asseoir. Nous finissons par nous arrêter sous un arbre aux grosses racines apparentes. J'attrape l'onglée en moins de deux, nous sommes trempés de transpiration qui gèle quasi instantanément... Quel plaisir! Comme le dit un non-anglophone qui passe près de nous: “Bad time to lunch!” Enfin, nos efforts sont récompensés et nous apercevons, là devant nous, le glacier, géant bleu figé sur toute la largeur du lac. Nous ne pouvons distinguer son épaisseur, dissimulée dans les nuages. De petits icebergs bleutés dérivent vers l'aval sur les eaux grises du lac qui aujourd'hui porte bien son nom (Lago Grey). Nous ne savons toujours pas si nous sommes entourés ou non de montagnes, comme hier tout est bouché, gris, glacial et mouillé... Nous continuons sur le chemin mais le temps décidément empire et nous faisons demi-tour. Partis à 11 heures nous rentrons à 17 heures. Notre chambre, baptisée “Puma”, est pour six personnes. En cherchant la salle de bains, je vois par les portes ouvertes que certaines chambres sont pour quatre et d'autres..., que vois-je?? pour deux ! Nous redescendons illico presto à l'accueil et demandons si l'on peut changer pour une chambre à deux lits... En deux minutes, c'est chose faite et nous déménageons de “Puma” pour “El Calafate”. C'est royal et ça change tout!! Dans la grande salle de restaurants aux tables en bois ciré nous prenons Alain un thé et moi un chocolat avec un grand cooky aux amandes et chocolat (le tout pour 3000 pesos, soit 6 euros). Par la fenêtre, nous apercevons de splendides oiseaux noir et feu. Nous sommes vraiment contents d'avoir une chambre pour nous tout seuls! La promiscuité ne nous plaît décidément pas, nous sommes trop indépendants pour ça (et mes années de colonies de vacances, trois fois par an de sept à dix-huit ans, m'ont vaccinée à vie). D'autant que personne ne se parle. On pensait pouvoir échanger deux trois mots avec nos voisins de lit mais non, ils font comme s'ils étaient seuls... La chambre donne sur la montagne derrière et on aperçoit un bout du lac Paine Grande. Il y a l'électricité et le chauffage, le rêve, en somme. Seul hic mais qui cette fois passe comme une lettre à la poste, le radiateur ne sera allumé qu'à 22 heures... En attendant, on renfile pulls et polaires pour pique-niquer, assis sur le lit... A 22 heures, on entend les premières dilatations du métal qui chauffe mais je m'aperçois assez vite que c'est uniquement une petite moitié du radiateur qui est allumée. Par ailleurs, le vent à l'assaut de la fenêtre fait un bruit de 777 et soulève le double rideau. Nous nous fourrons au lit, mais moi, qui ne suis pourtant pas frileuse, je suis frigorifiée! Il n'y a sur le lit qu'une petite couette fine, d'été je suppose, puisque nous n'en sommes qu'à même pas trois semaines. Vers 4 heures, n'ayant toujours pas fermé l'oeil, je cherche à tâtons dans le noir mon gros Damart et les deux polaires que j'étale sur le lit et m'endors illico. La nuit, toutes les lumières du couloir sont éteintes...
Vendredi 3
Je me rends compte ce matin, en examinant la fenêtre de plus près, qu'elle n'est pas hermétiquement fermée. C'est une histoire de un centimètre maximum, mais ça a suffi, étant donné le temps qu'il fait dehors, à réfrigérer complètement la chambre et moi avec. Pourtant je ne suis pas frileuse... Alain, qui dort sur le lit supérieur, l'a moins senti. Une fois fermée, le bruit passe du 777 à l'avion de tourisme et le double rideau s'est calmé... Le vent est toujours aussi violent ce matin, et il pleut... Nous ne pouvons prendre un thé dans la salle du petit déjeuner car elle est déjà fermée et nous nous contentons encore une fois d'un peu d'eau glacée et de quelques tranches de Budin, autrement dit de cake aux fruits. Ensuite, départ à 10 h 30 pour la Vallée française. Les bourrasques, chaque jour plus violentes que la veille, si c'est possible, nous jettent sur les bas-côtés chacun à notre tour. Heureusement, le sentier est plus facile aujourd'hui, puisque de terre, et plus joli également car il suit le lac Sarmiento, du moins au début. Ce lac, contrairement au lago Paine sur la berge duquel est construit le lodge, est gris sombre, ce qui signifie donc qu'il n'est pas glaciaire. Les bosquets de fleurs rouge sang sont omniprésents; on trouve aussi une multitude de petites orchidées blanches, et toujours les pois mauves et blancs. Les couleurs sont un peu les mêmes que dans l'Ouest américain au printemps, rouge et mauve: Indian paintbrush et lupin bleus. Nous croisons des oiseaux magnifiques, jaune vif et vert fluo, d'autres aux yeux de rubis et aux pattes jaune safran. Les animaux, ici, ne sont absolument pas craintifs, et nous pouvons les approcher de très près. Les oiseaux, par exemple, ne s'envolent qu'au dernier moment. Au-dessus de nous, les montagnes acérées comme des lances percent quelquefois la couche nuageuse, laissant apparaître un glacier suspendu, d'où s'écoule une eau claire et potable. Toutes les eaux de ce parc sont bonnes à boire. Je l'avais lu mais j'ai profité du passage d'un garde du parc pour me le faire confirmer. A propos de garde, d'ailleurs, le seul qu'on ait vu, alors qu'il faisait un froid de canard, pluie, vent, etc., se baladait en casquette (sans doute avec dessous un tube de glu pour la faire tenir) et en T-shirt... Mais les Indiens Alakalufs étaient bien nus en été (et ne pas oublier que nous en sommes proches) et ne portaient leurs peaux de guanacos qu'en hiver... Nous voulons arriver au campamento italiano pour pique-niquer, espérant qu'il y aura une cahute où au moins se mettre à l'abri. It's a long way pour y arriver, et je doute un peu que les distances soient fiables. Sept kilomètres et demie ce n'est pas grand-chose, or nous marchons d'un bon pas malgré le vent et toujours rien en vue. Nous passons dans un bois, puis dans un autre, et un autre encore, le sentier devient roches et caillasse, boue et racines, voire ruisseau... Les Torres sont toujours invisibles, je vois venir le moment où nous partirons et où nous ne les aurons même pas aperçues. De temps en temps, un rayon de soleil perce tous ces nuages et donne à ces sommets glacés une atmosphère fantastique. Nous nous rapprochons de la jonction avec la Vallée française, mais nous avons un peu plus tôt croisé deux Français, entre cinquante et soixante ans, du genre guide de haute montagne avec l'accent savoyard, qui nous ont dit que tout était bouché au-dessus, et qu'ils renonçaient “à monter là-haut aujourd'hui”. Soudain, nous entendons un grondement de chutes d'eau qui ont l'air gigantesques. Nous longeons le lit d'un torrent furieux et apercevons enfin un premier panneau: pont à 500 mètres (chiliens). Le temps est sombre, la pluie glaciale, le vent devrait être débaptisé, il est trop violent, trop constant, trop rageur... Voici le pont de bois, donc, puis un second, suspendu celui-là, qui ne permet de passer qu'à deux personnes à la fois. De l'autre côté, le campamento Italiano. Nous passons au-dessus du torrent rugissant, ça se balance pas mal, et prenons pied sur l'autre rive. Eh bien on peut dire que les campings chiliens n'ont rien à voir avec les campings des parcs américains! Quelques tentes sous des arbres hauts et déplumés, du genre peupliers, une terre sableuse et grisâtre, des racines absolument partout, et surtout pas les moindres cahute, table ou bancs, rien. Rien de prévu pour les campeurs installés dans ces solitudes glacées. Aucun emplacement pour faire du feu. Une cabane couverte de tôle et un panneau avertissant que c'est “privado”, entrée interdite, pour le garde que nous avons croisé, certainement. Nous faisons le tour, trouvons une cabane de trois murs de planches dans laquelle il fait carrément nuit et devinons deux silhouettes dans la pénombre. L'une se fait cuire quelque chose sur son réchaud, posé sur une planche; l'autre a l'air morose et dubitative, mais surtout transie. Une autre cabane misérable pour les w-c, et c'est tout. Nous nous asseyons sur un tronc de dix centimètres de diamètre posé sur deux petits piquets et trouvons vraiment lamentable une si piètre installation. Dans ces conditions nous ne déballons ni pain ni poulet rôti pour moi (celui acheté à Puerto Natales pour 3 000 pesos et qui est inusable) et avalons vite fait une banane et moi un délicieux cooky acheté hier en fin d'après-midi. Il faut bien sûr emporter ses poubelles... Redescente au pas de charge sur le lodge, où nous arrivons à 16 h 30 pour prendre un chocolat et un thé. Par les grandes baies vitrées, nous observons quelque chose d'étrange: comme un vent de sable à la surface du lac, de longues écharpes d'embruns qui s'effilochent et se reforment. Par endroits des mini-tornades s'élèvent tout droit vers le ciel, tandis que de grosses vagues s'écrasent sur la rive en face qui est pourtant éloignée.
Samedi 4
Le temps aujourd'hui, puisqu'on s'en va, est nettement plus beau, bien que les sommets soient toujours encapuchonnés. A 9 h 30, nous prenons le catamaran en compagnie d'un jeune Français très sympa, Loïc, avec qui nous avons échangé quelques mots en attendant. Lui est parti pour un tour du monde; arrivé en Equateur il y a trois mois, il prend l'avion après-demain à Punta Arenas pour la Nouvelle-Zélande. Comme il va aussi à Puerto Natales, nous lui proposons de l'y conduire. Et il se trouve qu'il va dans le même hostal que nous chercher ses affaires qu'il avait laissées le temps d'aller aux Torres del Paine. Dernière coïncidence, il connaît voyageforum et y a même un pseudo: karasamba. Nous prenons la nouvelle piste, celle de 85 kilomètres, qui démarre vraiment très bien, on la croirait bitumée. Mais, très vite, elle se transforme en un vrai poulailler! C'est une succession de nids-de-poules remplis d'eau boueuse qui éclaboussent la voiture. Vu deux huitriers-pie. Dans un des bureaux de change de Puerto Natales où nous changeons deux cents euros, la caissière, qui ne se prend pas pour rien, comme tous ceux à qui nous avons eu affaire jusqu'à présent dans ces endroits-là, commence à lorgner d'un oeil suspicieux le premier billet de cent euros, en direct de la Banque postale, essaie de voir à travers et le pose sur le coin de sa table avec un air à moitié dégoûté. Elle prend le second, l'examine, et repère une petite pliure plus prononcée d'environ un millimètre sur une des tranches au milieu du billet. Ca y est! Elle a ce qu'elle cherchait et nous le rend d'un air triomphant. Nous ne comprenons pas (ou faisons mine de ne pas comprendre). Je sors mes lunettes, fais comme elle, observe le billet et lui demande ce qu'il a de spécial. Je lui fais remarquer qu'en France un tel billet ne poserait pas de problème. D'un ton cassant elle nous réplique qu'ici, elle n'en veut pas!! Excédé, Alain lui demande de lui rendre le premier billet et nous ressortons furieux. Dans le deuxième bureau, tout se passe comme sur des roulettes... Le soir, dans une pizzeria (Mesita Grande), le serveur essaie de nous rouler avec une impudence incroyable! Il s'était carrément pris 100 % de pourboire! (Au Chili, le pourboire dans les restaurants est en principe de 10 %.) Nous voulions en fait dîner à Afrigonia, le meilleur restaurant de Puerto Natales, mais la salle, toute petite, était bondée et de toute façon il aurait fallu réserver.
Dimanche 5
Lit excellent mais l'isolation extérieure est déplorable (partout jusqu'à maintenant) et bien qu'à l'écart du centre, les voitures nous ont dérangés. L'adresse reste très bonne. Après le petit déjeuner composé cette fois-ci de jus d'orange, de quatre crêpes, de pains chauds, beurre et deux confitures, plus fromage, nous partons pour El Calafate en passant par le côté chilien, soit Cerro Castillo, sur la route des Torres del Paine. Ni la douane chilienne ni la douane argentine ne nous ont embêtés, et les Argentins ne nous ont même pas fouillés, ce qui fait que nous aurions pu garder tomates, beurre, œufs, poires, etc., au lieu de tout laisser à l'hostal Chorrillos. Nous prenons la piste d'une trentaine de kilomètres qui rejoint la route d'El Calafate. L'essence, ici en Argentine, est bien meilleur marché qu'au Chili (environ 0,60 euro contre plus de un euro) et nous regrettons d'avoir fait le plein à Puerto Natales. J'avais lu que plutôt que de faire le détour par La Esperanza, on pouvait couper par une piste très belle et très bonne. Nous n'hésitons donc pas une seconde sans avoir idée du kilométrage... C'est morne plaine... Pampa à droite, pampa à gauche, herbe rase et grise, horizon rectiligne. Mais la piste, assez bonne au commencement, se gâte vite et sérieusement. Ce n'est maintenant plus que de la caillasse, et il faut constamment faire attention o�� l'on met les roues, éviter les cailloux trop pointus et les zones trop dérapantes. Dans le ciel encombré de beaux nuages, le soleil brille et la température au thermomètre de la voiture grimpe jusqu'à 30°! Du jamais-vu depuis qu'on est arrivés en Patagonie. Le désert grisâtre s'étend à l'infini, de temps en temps on aperçoit le ruban de la piste comme un serpent qui filerait devant nous, dans l'infini de la pampa. Une heure passe, puis une deuxième... on n'en voit pas le bout... Les fortes pluies ont laissé par endroits sur des parcelles de sol probablement calcaires des mares plus ou moins étendues, immédiatement colonisées par tous les oiseaux de passage: flamants, cygnes à col noir, oies, canards, etc. En se rapprochant de la jonction avec la route 40, asphaltée sur cette portion, le sol se soulève en moutonnements de velours plus ou moins prononcés, dans des tons qui tirent maintenant sur le vert. Une quinzaine de kilomètres avant El Calafate, le paysage devient soudain magnifique, surplombant le lago Argentino, turquoise comme tous les lacs glaciaires sous les rayons du soleil. Le rio Santa Cruz serpente dans la vallée en une multitude de boucles serrées...
El Calafate. Albergue Lago Argentino. D'un côté de la route, le n° 1050 et l'albergue; de l'autre le 1061 et l'hostal. Nous avions réservé une petite maison dans le jardin. Il y en a deux rangées de trois, mitoyennes, de couleurs vives - carmin et beu – séparées par un gazon vert et dru. Tout est en fleurs, genêts, lupins, chèvrefeuille, arbustes de toute sorte, ça sent le printemps même si les chambres sont par là même un peu sombres. La nôtre est parfaite, la salle de bains aussi.
Le soir, nous allons manger des gnocchis de pommes de terre au safran et du gratin de potiron et maïs, arrosés d'une bonne bouteille de vin argentin dans un excellent restaurant, Pura Vida, avenida del Libertador, avec 10 % de réduction parce qu'on vient de l'albergue Lago Argentino. Le ciel est d'un bleu clair très pur, très lumineux, et la lumière transparente et rosée en cette fin de journée, comme on n'en a jamais vue ailleurs. Les Argentins, de même que les Chiliens, surchauffent leurs intérieurs et la chambre ne fait pas exception.
Lundi 6
Nous voulions être au Perito Moreno avant l'ouverture mais ça ne sera certainement pas possible. Aussi nous choisissons de prendre le petit déjeuner sur place et de partir ensuite. A 7 h 30 nous montons dans la voiture et en route pour les 70 km qui nous séparent du glacier géant. Nous doublons une flopée de cars de touristes vides, étrange..., et arrivons une demi-heure plus tard à l'entrée du parc. Les 40 pesos par personne annoncés par le Routard se sont transformés en 75 pesos... Il reste encore 28 km avant d'arriver. La route, relativement étroite et sinueuse, longe le lago Argentino, couleur menthe à l'eau, traverse des bois de résineux accrochés au pied des montagnes pelées. Le vent est toujours extrêmement violent et le sol jonché de petites branches entre lesquelles je dois zigzaguer en permanence. Jusqu'à 10 heures du matin il est possible de se garer au sommet (nous ne l'apprendrons que plus tard car rien ne l'indique), mais nous ne pourrons y retourner ensuite et il faudra rester sur l'immense parking un peu plus bas. Il y a toute une série de passerelles, à cette heure-ci totalement désertes, dont les plus proches sont celles dites « de la rupture ». D'autres s'enfoncent dans les bois, montent et descendent...Vu d'en face, le Perito Moreno, un des derniers glaciers à ne pas régresser et qui fait partie de la troisième calotte glaciaire au monde (après l'Antarctique et le Groenland, 360 km de long sue 40 km de large), ne donne pas l'ampleur de ses cinq kilomètres de large et de ses soixante mètres de hauteur... Lorsqu'il est bien disposé, il peut avancer de deux mètres par jour, aussi nous guettons ses plongées vertigineuses accompagnées de fracas de coups de canon (comme j'en entends tous les jours, je peux faire la comparaison ;-)), qui laissent derrière elles des cicatrices bleu intense. A l'avant, ce ne sont que flèches, lances et pieux prêts à faire le grand saut, à l'arrière des milliers de crêtes meringuées parcourues d'un réseau infini de crevasses. Nous décidons de prendre le bateau qui se trouve sous le restaurant - celui du dessous - pour aller voir de plus près de quoi il retourne. Cent pesos de moins dans les poches, nous montons sur le pont en compagnie d'une trentaine de personnes, très peu de monde, donc, puisque nous pourrions être trois cents! Le bateau reste à distance respectable des éventuels icebergs, tourne et vire, se rapproche de la zone de fracture, s'arrête lorsqu'une détonation se fait entendre, longe le glacier vers l'est, fait demi-tour, et trois quarts d'heure plus tard, rentre au bercail. Tout le monde descend. A cette heure-ci, midi, lorsque nous rejoignons les passerelles, c'est la cohue. Plus rien à voir avec l'atmosphère de début de matinée, où nous avions le glacier pour nous tout seuls. Deux heures plus tard nous sommes sur la très belle route d'El Calafate. Le ciel est bleu et le vent a encore forci. Pendant ces quelques heures, j'ai bien sûr eu tout loisir de pester (intérieurement ;-)) puisque je ne pouvais faire de photos qu'au grand angle. Les trois magasins de photos de la ville vendent uniquement des pellicules Kodak, ici ils n'ont pas encore fait faillite, et ma tentative de commande d'un 50 mm Canon sur Amazon.com n'a rien donné puisqu'ils ne livrent pas dans ces contrées lointaines. Il faut me faire une raison, mais c'est dur... Au supermercado nous achetons une salade de pommes de terre, carottes et petits pois, plus des œufs que je fais cuire discrètement dans la salle du petit déjeuner où « l'on ne doit pas cuisiner ». Lessive dans le lavabo miniature dont la bonde a été supprimée puisque l'hostal lave du linge contre 25 pesos, mais c'est sans compter sur Géo (Trouvetout). J'utilise une mousseline de notre propre thé que nous venons de faire infuser, la rince bien et bouche le lavabo avec. Très efficace! Eventuellement, on peut aussi d'une main appuyer sur la mousseline et de l'autre malaxer... A la guerre comme à la guerre!...
Mardi 7
Le soleil a disparu mais, par extraordinaire, il n'y a pas de vent! Nous commençons la journée, après le petit déjeuner avec des voisins de table allemands détestables et prétentieux, par le locutorio (petit local où l'on peut téléphoner). J'ai deux cartes de téléphone à 10 pesos, chacune permettant d'appeler une demi-heure en France (merci Herge pour l'info!). Ça marchait très bien de Buenos Aires avec la carte Hable Mas. A Ushuaia j'ai dû en acheter une d'une autre marque - en fait de carte, c'était un ticket de caisse avec les indications en caractères minuscules. Mais ici, plus rien ne va. « Les ondes », paraît-il, « c'est trop perdu » (celui qui nous dit ça se fiche carrément de nous, vu que toutes les cabines internationales avec paiement à la caisse sont occupées pour des coups de fil vers l'Europe!), il veut bien sûr qu'on range notre carte et qu’on lui paye directement la communication. Deuxième locutorio, même son de cloche... Ensuite passage par un supermarché pour acheter du jambon cru Lomsicar (?) en promotion. La caissière en profite pour essayer de nous rouler d'un billet de 2 pesos. Ce n'est pourtant pas compliqué: elle doit nous rendre 74,25 pesos et elle nous en rend 72,25, en se dépêchant de quitter sa caisse juste après. On récupère donc les deux pesos manquants en pestant, et on comprend pourquoi ce supermercado n’était pas indiqué sur le plan que l’on nous a donné à l'albergo Lago Argentino... A propos de monnaie, l'Argentine et apparemment avec elle le Chili manquent cruellement de pièces métalliques. Il est surprenant de voir comme les caisses sont vides et comme, à chaque fois, cela pose un problème. En général, les gens arrondissent au-dessous pour que le client ne soit pas perdant (c’est toujours le cas dans les stations-service), mais parfois c'est le contraire. Les plus généreux vous jettent une sucette sur la caisse et au suivant ! Le jambon Lomsicar est incroyablement acide, j'arrive à peine à le manger. Il va falloir que je me renseigne sur cette appellation: Lomsicar. Est-ce une recette au vinaigre, ou bien prendrais-je le Pirée pour un homme? Aujourd'hui, on avait prévu (sur la carte) de monter au cerro Calafate, 800 m de dénivelé, mais surprise on s'est aperçus que c'était une montagne complètement pelée, caillasse et poussière grise, ce qui nous a douchés d'un coup... On est restés écrire des cartes postales, faire quelques courses, laver du linge, lire et rédiger le carnet... Une journée de transition, quoi. Lomsicar, d'après Internet, ne renvoie à aucune recette, c’est une marque comme une autre. Ce jambon acide ne m'inspire plus du tout et je vais le donner à un des nombreux chiens qui, ici, comme dans chaque agglomération traversée, arpentent les rues poussiéreuses. Le conseil est de ne jamais les caresser, ils trimballent je ne sais plus quelle maladie et la rage est très courante. Mais c'est difficile, ils sont très sympa et ont tous de bonnes têtes. On se rabat sur les chats angoras et couverts de poussière de l'hostal, qui se prélassent dans le jardin et ont tout de suite senti à qui ils avaient affaire : ils nous font mille et un câlins (mais ils ne ronronnent pas... Est-ce que les chats argentins ne savent pas ronronner??).
Mercredi 8
J'ai passé une bonne nuit, heureusement car j'étais vraiment fatiguée. C'est Alain, cette fois, qui n'a pas fermé l'oeil et qui a eu droit : aux pétards et aux fusées que deux gamins lancent nuit et jour près du locutorio d'à côté (il ne manquait que Doisneau pour les photographier); au 4 x 4 au pot d'échappement percé que le voisin, assis derrière le volant au milieu de son jardin, fait rugir, lui aussi nuit et jour selon son humeur; à la musique de l'auto-radio...; et au chien de ce même voisin qui est insomniaque et s'en donne à coeur joie. Nous partons pour El Chalten après avoir fait quelques courses au supermercado La Anonima. Le ciel s'est couvert et nous craignons le pire pour la suite de la journée.
Le paysage est toujours aussi désertique, mais la proximité des Andes lui donne un peu de relief. A l'est, du côté de la pampa, longue traînée de cumulus blancs comme neige dans le ciel bleu, à l'ouest tout se mêle dans un horizon gris et cotonneux. Puis voici nos premières badlands, ressemblant fort à leurs cousines américaines de l'Utah, mais en moins colorées. Le dôme d'un ancien observatoire, fermé depuis 1943, émerge soudain dans une furtive vision. Nous longeons un temps le rio Santa Cruz aux eaux laiteuses, tout droit descendues de l'immense champ de glace qui couvre toute cette région de l'Amérique du Sud. Croisons quelques cyclistes chargés comme des baudets, le nez dans leur guidon, qui n'ont même pas l'air de nous voir passer. Je n'aimerais pas être à leur place... Le long de la ruta 23 qui laisse derrière elle la Ruta 40 pour filer plein ouest vers El Chaltén, village né en 1985 seulement, le paysage devient plus printanier, roche sombre et petite herbe rase vert tendre, désormais noyé de pluie. Une famille de condors fait la route avec nous, immenses ailes noires barrées de blanc pour les adultes, de marron pour les juvéniles, longues rémiges redressées dans le vent, tête rouge et cou rentré dans les épaules. Ils sont magnifiques!
Tout d'un coup, El Chaltén est là en contrebas, à un kilomètre environ, niché entre deux montagnes. La route serpente, bordée de touffes de fleurs jaunes et d'autres que je n'ai jamais vues, orange, ressemblant à de petits lys. Plus on se rapproche, plus le village s'étire dans la vallée en de multiples constructions inachevées, brique, aggloméré ou béton armé, tiges de métal rouillé dressées vers le ciel comme autant de doigts. Le tout a des allures de Canaries et est très inesthétique. Nous finissons par dénicher Infinito Sur dont nous avions vu la photo sur Internet et que nous croyions accroché à une pente. En fait l'hosteria est coincée sur trois côtés par de petites bâtisses toutes plus horribles les unes que les autres, béton brut laissant pointer l'armature alors que le rez-de-chaussée est déjà habité, abritant dans leur « jardin » carcasses de voiture et tout un bric-à-brac destiné, on peut le supposer, à construire un étage supplémentaire, voire le toit. Sinon, tout est très beau dans cet hôtel, bois et pierre mêlés. La chambre est grande et superbe, la salle de bains aussi, mais encore une fois surchauffées. Il fait au moins 30°!! Grand salon commun avec vue, paraît-il, sur le Fitz Roy (son nom tehuelche d'origine est El Chaltén, « la montagne qui fume »). Pour aujourd'hui, c'est vue sur les nuages, aucune montagne à l'horizon... L'Internet indiqué sur le site est « highspeed » mais en fait en download il y a 0,01 Mo, un record, et en upload... 0,00, avec un ping de 1414s!!! Nous déambulons dans les rues arpentées par une flopée de randonneurs de toute nationalité, sous une pluie persistante et un vent toujours aussi violent. Il fait un froid de canard, le vent rugit de plus belle, et je n'ai qu'une hâte: rentrer à l'abri et au chaud.
Jeudi 9
5 h 30. Est-ce que je rêve encore ou est-ce qu'il n'y a pas de vent? Je regarde derrière le rideau de la fenêtre, rien ne bouge, et la maison biscornue, sur la gauche, est rose bonbon, éclairée par le soleil levant!!
7 heures. Le vent s'est levé, en pleine forme après une bonne nuit de repos, et maintenant... il neige! On voit effectivement que dans douze jours c'est l'été. Au petit déjeuner – très bon: marbré au chocolat maison, plus deux autres gâteaux-pain tout juste sortis du four, dulce de leche, etc. -, on peut apercevoir à travers les baies vitrées le temps empirer de minute en minute. C'est une véritable tempête de neige qui à présent se déchaîne, de gros flocons serrés qui passent à cent à l'heure. Les premières montagnes, visibles il y a encore quelques heures, ont totalement disparu dans une blancheur cotonneuse. Quant à ce qu'il y a derrière elles, le Fitz Roy et ses voisins, je ne sais pas si on le verra avant de partir, après-demain matin. En tout cas, pour le moment, il est impensable de partir randonner dans ces conditions.
12 h 30. Il neige toujours mais moins abondamment et le vent est tombé, aussi nous décidons de sortir et d'aller au moins jusqu'au second mirador sur le chemin de la laguna Torre. Avenida Antonio Rojo, au bout un escalier qui escalade la colline, et là, c'est le côté cour d'El Chaltén. Des maisons posées sur la terre battue et boueuse, pour la plupart minuscules, les unes sur les autres et dans n'importe quel sens, construites de bric et de broc, la plupart en aggloméré avec des joints de goudron, de la tôle, de la brique, beaucoup de courants d'air. Tout au bout, une petite montée raide, et nous voici dans des « prairies d'herbe courte », des bois de langas (la feuille ressemble à celle du hêtre en miniature, mais pas l'écorce, qui se rapproche plus de celle d'un résineux, surtout lorsqu'ils sont âgés), puis au-dessus du rio fitz Roy. Un premier mirador, en face une chute qui dévale la montagne en ne prenant pas la voie la plus directe, puis le second mirador d'où l'on pourrait admirer, d'après la table d'orientation, une enfilade de cerros invisibles. Nous continuons, bien que la neige soit très mouillée et que ma veste soi-disant imperméable achetée à Moab ne me protège plus de grand-chose. Une mare, sur la droite, de très jolies orchidées jaunes, capachito ou topa-topa (Calceolaria uniflora), des anémones blanches (Anemona multifida). Le chemin n'est qu'un bourbier, il devient très difficile d'avancer et nous commençons à avoir froid, l'humidité s'insinuant partout. Nous faisons demi-tour et trois heures plus tard nous voici revenus à notre point de départ, à savoir la voiture qui nous attend au début du chemin, ce qui est bien agréable. Le soir nous allons dîner à El Muro, recommandée par la jeune fille de l'accueil, qui se trouve au départ du sentier du Fitz Roy. Excellent « bifteck argentin » - je prends la demi-part, sinon c'était cinq cents grammes -, mais servi seul. Je commande une purée de papas (pommes de terre) et Alain des espèces de petits pavés de pâtes fourrés au saumon, délicieux. La serveuse ressemble étonnamment, en châtain, à Brigitte Bardot. Je le lui dis, elle est confuse, « ne peut le croire », etc., mais à mon avis elle le savait parfaitement ;-).
(L'électricité, à El Chaltén, est toujours allumée: lampadaires dans les rues et lampes à l'intérieur. On ne voit aucune éolienne et on se demande d'où provient la source d'énergie.)
Vendredi 10
5 h 40. Je vais dans la salle de bains et quelque chose attire mon oeil, au-dehors. Le Fitz Roy est éclairé d'une lumière rose par le soleil levant!! C'est un vrai choc! La voici donc, cette mystérieuse aiguille de granit qui se fait tant désirer et que je désespérais d'apercevoir! Je m'habille en vitesse, prends la clef de la voiture et ouvre la porte qui ne veut pas bouger d'un millimètre, même avec la clef magnétique. Je me rabats sur le balcon du salon mais déjà la lumière n'est plus là, la « Montagne qui fume » (El Chaltén en langue indienne) est déjà grise, mais je la capture malgré tout, par-delà les toits. Comme le temps annoncé pour la journée est neige et pluie, je me recouche, persuadée qu'à mon réveil, c'est la grisaille qui nous attendra. 8 h 40. On ne s'est jamais réveillés si tard!! Et, chose extraordinaire, il fait toujours beau et il n'y a toujours pas un souffle de vent!! Le temps de nous préparer, douches, petit déjeuner, sacs à dos avec entre autres deux bananes, quelques barres et un demi-litre d'eau - inutile de nous charger, à Los Glaciares comme à Torres del Paine les eaux descendent en droite ligne des glaciers et sont potables (et délicieuses) -, et de rejoindre le départ du sentier du Fitz Roy, il est un peu plus de 10 h 15. Nous trouvons tous les deux qu'ici c'est plus beau qu'aux Torres del Paine, malgré les lacs glaciaires (moins turquoise néanmoins que dans les Rocheuses canadiennes). Si l'on compare par exemple au sentier du glacier Grey, ou à celui des Torres, celui d'aaujourd'hui est beaucoup plus varié, on a constamment une vue superbe, soit sur le rio Fitz Roy au-dessous qui se fraie un chemin dans un large lit de galets, soit sur les pics enneigés au-dessus. Même le sentier du cerro Torre caché dans les nuages laissait deviner des merveilles... Le chemin démarre raide par des marches de terre et de bois et grimpe pendant une heure et demie, jusqu'au mirador d'où l'on a une vue superbe sur toute la chaîne des pics. Fitz roy est entouré de Saint-Exupéry, Mermoz et Guillaumet entre autres. C'est le lieu de la photo souvenir, apparemment. Passé le premier émerveillement et de nombreux clics du grand angulaire, nous continuons en direction du campamento Poincenot. Nous avons remarqué que 80 % des gens croisés sur les sentiers ne disent pas bonjour, voire ne jettent pas un regard à la personne qu'ils frôlent. Cest insupportable, surtout pour moi qui dis facilement bonjour à tout le monde avec un sourire. Et dans ces coins complètement perdus c'est encore plus difficilement acceptable.
Le chemin, qu'on dirait taillé à la bêche, pas plus de quarante centimètres de largeur, est maintenant un vrai bourbier. Soit la neige commence à fondre, soit elle a fondu depuis longtemps, formant des mares d'eau et/ou de boue épaisse et grasse. Il faut sans cesse faire de l'acrobatie pour éviter de s'enfoncer jusqu'à la cheville. Les bois de langas (on dirait que c'est le seul arbre ou presque sous ces latitudes) succèdent aux prairies qui succèdent aux bois de langas. Avec toujours, en arrière-plan, le sublime massif du Fitz Roy. Les Chiliens ne soignent pas leurs campings. Et le campamento Poincenot ne fait pas exception. Seul un panneau avertit qu'il s'agit bien d'un camping car il n'y a absolument rien de prévu pour les campeurs. Le sous-bois est d'un binz incroyable! Branches cassées, troncs pourris jonchent le sol dans un enchevêtrement incroyable. Aucun emplacement particulier n'est prévu, aucune table ni bancs, aucun abri. Je me demande s'il y a même des toilettes et Alain me montre un petit machin en métal qui doit effectivement en faire office. Le détail qui tue est cet avertissement : Interdiction de se construire un abri. Lorsqu'on sait que les conditions atmosphériques y sont très difficiles, le vent par exemple s'y déchaîne avec violence, c'est à la limite du refus d'assistance à personne en danger. Le tout est en plus pourri d'humidité...
Nous hésitons à bifurquer sur les Piedras blancas, mais le temps se couvre et les espaces découverts où passe le sentier pourraient vite devenir invisibles. En redescendant, nous apercevons, perché sur une branche d'arbre mort, un magnifique aigle au bec jaune et à la poitrine cloutée d'argent. Au-dessus de lui, un couple de rapaces plus petits font des manoeuvres d'intimidation en poussant des cris stridents.
Sur le chemin du retour, je me tords trois fois la cheville gauche. Ce n'est pourtant absolument pas le moment d'être immobilisée si loin d'El Chaltén. Heureusement, avec un peu de Synthol, tout rentre dans l'ordre. A 17 h 30, nous sommes à la voiture.
Samedi 11
A 9 heures nous sommes prêts à partir pour la Ruta 40 et Bajo Caracoles, à 460 kilomètres de là, où nous comptons faire une étape. Nous passons d'abord par le distributeur... qui est vide (il ne nous reste que 350 pesos, soit 70 euros) puis par la poste car nous avons deux cartes à envoyer, mais elle n'est pas encore ouverte, bien qu'affichant 9 heures. Hier, nous avons demandé à quelqu'un où se trouvaient « los correos ». Visiblement, il ne voyait pas du tout de quoi on parlait, jusqu'à ce que je lui montre les cartes. « Ah! Los corre! » La prononciation argentine (et chilienne) nous surprendra toujours. Entre le « pocho » (pollo), la « cache » (calle), la « jave » (llave), et tous les s finaux manquants, il faut comprendre.... Le temps est encore magnifique et nous redécouvrons la route que nous avons faite à l'aller avec tout le massif derrière nous, étincelant de neige. Nous avalons les 140 kilomètres bitumés qui nous séparent de Tres Lagos où nous faisons le plein d'essence. Nous sommes par erreur d'abord passés par le village en faisant un détour de 4 kilomètres sur la droite sur une très mauvaise piste, alors que la pompe à essence est un grand bâtiment blanc en retrait à une centaine de mètres sur la gauche. A partir de là, c'est le ripio qui nous attend. La piste est mauvaise pendant cinq ou si kilomètres, puis dans l'ensemble bien roulante, avec des passages plus délicats. Il faut quand même faire attention aux éventuels trous ou aux pierres qui pointent parfois en plein milieu, et aux amas de graviers qui la transforment en planche savonnée. Le pompiste de Tres Lagos nous a annoncé six à sept heures jusqu'à Bajo Caracoles, ce qui nous mène à 18 heures. Le sol de la pampa est marron-gris et on se demande ce que peuvent bien brouter les quelques rares moutons ou chevaux étiques que nous croisons de-ci de-là. Soudain, un 4 x 4 nous double en trombe, pojetant une cascade de pierres sur la carrosserie et le pare-brise, décoré de deux nouveaux impacts! C'est un comportement particulièrement inqualifiable que nous ne retrouverons heureusement plus, bien au contraire. Les camions, en particulier, sont extrêmement prévenants, ralentissent, s'écartent ou font signe de dépasser. Les collines se font plus présentes et sont parfois marbrées comme un gâteau. La piste tourne, monte et descend, des chevaux broutent çà et là. A la jonction de la route de Gobernador Gregores nous avons l'heureuse surprise de retrouver le bitume pour une cinquantaine de kilomètres. Puis c'est à nouveau le ripio, parfois bon, parfois mauvais, presque toujours dérapant. Je suis agrippée au volant, mes yeux cherchent continuellement à l'avant de la piste les cailloux à éviter, je ralentis dans chaque virage car ce serait les tonneaux assurés (prévus au contrat et pour lesquels nous ne sommes pas assurés). Un arrêt pour manger une banane et quelques chips près d'une estancia, le long d'un cours d'eau. La piste est bordée d'une multitude de petites fleurs crème qui embaument à la fois la rose et la violette. Peu après, nous apercevons sur notre droite un troupeau de guanacos en train d'observer un cheval couché dans l'herbe, de l'autre côté de la route. Ils se regardent en chien de faïence, c'est très drôle. Plus loin, une baby-sitter nandou et sa marmaille de vingt-deux petits qui s'égaillent avec élégance à notre passage. L'arrivée sur Bajo Caracoles est meilleure que prévue. Mais il est rageant de voir que nous longeons la toute nouvelle route bitumée pendant des kilomètres alors que nous sommes dans la caillasse.
16 h 30. Arrivée à Bajo Caracoles avec une heure trente d'avance. Il faut dire que j'ai bien roulé. Ah, Bajo Caracoles... tout un poème... Au milieu de la plaine infinie dans laquelle le vent se rue avec délices, fermée à l'ouest par les lointains sommets enneigés des Andes, battue par les vents, poussiéreuse, une poignée de maisons difficilement abritées derrière quelques peupliers chétifs, des chiens qui vont et viennent d'un pas alerte, une pompe à essence, une gomeria (endroit où l'on répare les pneus), la « policia », un poste de secours, deux campings et... un tribunal administratif et « juge de paix », un ministère de l'Education culturelle... Tout cela paraît totalement incongru au premier abord - nous sommes à de nombreuses heures de piste du moindre village -, mais c'est sans compter avec les estancias parsemées sur ces millions d'hectares. La pompe à essence fait aussi hôtel. Une bâtisse plus jolie que les autres, en grosses pierres ocre-rose, de plain-pied. Les vitres des fenêtres en façade sont obscurcies d'autocollants publicitaires, un long comptoir en L, derrière lequel s'alignent, sur des étagères murales, des bouteilles, des canettes, un peu d'épicerie. Dans un coin, un home s'égosille au téléphone...
Nous prenons une chambre avec salle de bains partagée pour 140 pesos (environ 27 euros, mais nous n'avons plus que 138 pesos et de l'argent chilien. Ca fera l'affaire, seulement nous n'aurons plus un seul peso argentin lorsque nous repasserons la frontière). Nous demandons à la voir. L'hôtelier-pompiste - très aimable - nous précède dans un long couloir au sol recouvert d'une matière étrange : c'est à celui de nous trois qui fera en marchant les schlouks-schlouks les plus sonores. Il ouvre la porte n° 1 : minuscule, nous n'apercevons d'abord qu'un lit de 90 cm, puis le second. Une table de nuit entre les deux et un porte-manteau. Le bas des murs est tout cloqué, et des dégoulinures marron descendent du plafond. Il va maintenant nous montrer les salles de bains: une pour les femmes, l'autre pour les hommes. Nous repartons derrière lui, d'un pas toujours aussi discret. Les portes sont grandes ouvertes. « Aqui, damas! »... cra-cra au possible, la chasse d'eau pas tirée (et pourtant nous sommes les seuls à dormir ici ce soir), une serpillière sale en plein milieu, une odeur nauséabonde, un grand rideau de douche bien raide et collé de toute part... Pouah! « Aqui, caballeros! » Ce n'est pas mieux, la cuvette des w-c fuit par le bas et la douche est pleine d'une mousse grisâtre... Retour à la chambre. Affichée derrière la porte, une longue liste d'interdictions et d'avertissements:
si l'on quitte la chambre après 10 heures, on paie double tarif; il est interdit de cuisiner et/ou de manger dans la chambre; les animaux familiers sont interdits; il est interdit de laver du linge ou de la vaisselle dans la salle de bains; il est interdit de rentrer dans la chambre avec des vêtements et des chaussures sales (probablement pour les ouvriers du chantier de la Ruta 40); les éléments de la chambre volés ou dégradés seront facturés; la clef doit être laissée en sortant à la réception; consulter la réception pour de plus amples informations.
Nous voilà frais! 5 heures de l'après-midi, coincés ici, avec une seule envie, fuir au plus vite. Nous nous regardons et piquons un fou rire! Puis l'idée me vient de vérifier l'état des draps. Visiblement, un des lits a déjà servi puisque le drap du dessous est tout froissé et taché. Les oreillers, eux, sont très spéciaux : longs et un peu dur, genre traversin aplati entre deux portes ou récupération de canapés, d'une couleur indéfinissable, avec une taie trop courte de chaque côté. Si j'ajoute à cela qu'il n'y a pas de chauffage et qu'on se gèle, c'est complet. Au plafond, une unique ampoule diffuse une lumière de veilleuse... De mieux en mieux. Mais à quoi sert donc ce grand néon au-dessus de la fenêtre, sans interrupteur, branché à une prise près du plafond? Nous aurons l'explication plus tard: c'est une lampe de secours qui s'allumera automatiquement en cas de panne de courant. Nous décidons de faire un tour dehors, et trouvons en ouvrant la porte un chauffage électrique au fil bizarrement rafistolé avec du chatterton que l'hôtelier a apporté et que nous nous empressons d'allumer. Vent et poussière, poussière et vent, et toujours les chiens, de grands chiens aux longs poils, qui passent et repassent d'un air affairé. Nous avons réussi à avoir une lampe de chevet, le moral remonte un peu...
Dimanche 12
Nous avons bien dormi, malgré le bruit du vent. Dans le couloir, Alain rencontre la fille de la maison qui lui demande à quelle heure on veut déjeuner. Bonne nouvelle, car nous nous attendions à boire un peu d'eau froide et à avaler une tranche de Budin con frutas. Mais tout n'est pas si simple... Alors que je suis dans la salle de bains depuis deux minutes, on frappe à la porte. J'ouvre et me trouve nez à nez avec une jeune femme, hagarde, en survêtement noir, l'air de sortir de son lit. Je lui souris et lui dis que je lui laisse la place. Mais elle est déjà repartie, titubante, et a disparu dans une chambre. Peu après on entend des cris, d'homme d'abord, puis une femme – certainement la femme de l'hôtelier - passe en courant dans le couloir en criant : « Maria Elena!! Maria Elena!! » Branle-bas de combat, tout le monde s'engouffre dans la même pièce, y compris les clients du bar. Nous attendons dans notre chambre, dubitatifs, que se passe-t-il au juste?, est-ce quelqu'un de la famille, une cliente de l'hôtel? (mais nous étions les seuls hier soir). Dix minutes plus tard, nous faisons une tentative de sortie pour le déjeuner et nous rendons dans le bar... qui est fermé! Nous passons par l'extérieur, là aussi la porte est fermée. Bon... Le temps passe, puis la fille de la maison nous invite à passer dans une pièce attenante et nous apporte une panière de rondelles de pain décongelé et grillé, une portion de beurre et une autre de confiture. On n'entend plus rien, mais peu après l'ambulance du centre de secours arrive et la jeune femme repart entre deux infirmiers. Au moment de payer, l'hôtelier, toujours très aimable mais qui ne perd pas le nord pour autant, est surpris de nous voir sortir nos derniers 138 pesos argentins complétés de 225 pesos chiliens, si nous le désirons, nous pouvons tout payer en pesos chiliens, pas de problème! D'accord mais combien cela ferait-il? Et là il nous montre sa calculette: 20 000 tout ronds. Ah, eh bien non, plus d'accord, car le prix de la chambre passerait de 27 euros à plus de 33.
Nous quittons sous le ciel bleu Bajo Caracoles et sa colline pelée à la grande inscription blanche : « Dios te amo », et retrouvons la Ruta 40 en direction de Perito Moreno (le village du même nom que le glacier). La piste démarre assez bien mais devient vite mauvaise, puis très mauvaise. On a nettement l'impression de rouler dans un champ de pierres, et on ne peut dépasser 25 km/h. En compensation, elle est très belle, avec les Andes à l'horizon et la plaine que nous surplombons de virage en virage. Une quarantaine de kilomètres, plus loin, ô surprise, nous retrouvons enfin le bitume. Le paysage, entre Bajo Caracoles et Chile Chico, via Perito Moreno et Los Antiguos, est constamment superbe, et le devient encore plus lorsqu'on longe les rives de l'immense lago Buenos Aires (côté argentin) qui s'appelle General Carrera côté chilien, deuxième plus grand lac d'Amérique du Sud après le lac Titicaca, nous avait dit le Chilien rencontré sur le ferry Porvenir - Punta Arenas. C'est une véritable mer intérieure bleu intense lacérée d'écume blanche, aux creux de plusieurs mètres. Autant Perito Moreno (dont les deux cajeteros - distributeurs - étaient à sec) que Los Antiguos sont de jolis villages, très verdoyants en cette fin de printemps, aux maisons basses et colorées. Douane argentine, puis douane chilienne avec fouille en règle des bagages pour voir si nous ne passons pas fruits et légumes frais, charcuteries et laitages; les douaniers confisqueront un petit rameau et une herbe séchés...
A Chile Chico, nous prenons une chambre à la Hospederia de la Patagonia, conseillée par le Lonely Planet, juste en face de l'hospederia No me olvides, avec laquelle nous avions hésité. Les deux se trouvent dans la très longue allée de peupliers d'Italie, avant l'entrée du village quand on vient de l'Argentine. (Les Patagons adorent les peupliers, qui se plient avec grâce dans le vent violent, ils sautent apparemment sur la moindre occasion pour en planter.) L'hospederia est une belle maison basse des années cinquante au toit de tôle jaune d'or, croulant sous la végétation, appartenant, toujours selon le Lonely Planet, à des descendants de colons belges. A l'entrée, sous les arbres, un très grand bateau, dans lequel jouent des enfants. Nous ne voyons personne excepté une jeune Indienne assise sur une chaise devant la porte, qui ne nous prête absolument pas attention. Nous lui demandons s'il y a des chambres à louer, visiblement elle n'a pas l'air très claire mais nous répond quand même que « la signora est sur l'arrière ». Effectivement, elle est là (puisqu'elle se lève aussitôt en nous voyant), mais en compagnie d'une tablée de bien trente personnes, plus une vingtaine d'enfants qui jouent par petits groupes sur la pelouse et sous les arbres. On est tombé en pleine fête d'anniversaire. Par contre, de descendants de colons belges, point... Elle est avenante et nous conduit à notre chambre que nous choisissons « avec salle de bains partagée », donc moins chère (25 000 pesos, soit plus de 40 euros), mais très vite nous nous apercevons qu'elle est pressée et souhaite nous laisser au plus vite . La chambre est en partie en bois, comme toute la maison, il y a une atmosphère particulière, tout est fait à la main, chaque étagère est garnie de crânes d'animaux (pumas, cerfs, renards), ou de peaux, de nids d'oiseaux, d'outils anciens de métal, de frondes pour chasser le guanaco. Des selles de cheval sont rangées dans l'entrée. La « signora » allume vite fait un feu dans le poêle à quelques mètres de notre chambre. Mais je déchante assez vite en voyant la salle de bains, plus que limite. La douche a bien soixante ans, comme la maison, et la pomme de douche a autant de trous dessus que dessous. Le lavabo a un unique robinet d'eau froide et il n'y a pas de savon. Si le prix était deux fois moins élevé, pas de problème. Mais là, il y a de l'abus. Petit déjeuner prévu à 8 h 30 demain matin, dans la belle salle à manger, remplie, elle aussi de souvenirs.
Lundi 13
Temps superbe aujourd'hui encore. Le « desayuno », comme je m'y attendais, est limite lui aussi. Nous l'avalons vite fait, je feuillette avant de partir les livres de photos de la très grande famille nombreuse des colons belges (mais où sont donc les descendants? La maison aurait-elle été rachetée par des Chiliens?), puis nous plions bagage, direction le départ du ferry afin de réserver notre passage au départ de Puerto Ingeniero Ibanez, sur l'autre rive. Or nous apprenons que le ferry circule bien tous les jours, sauf par grand vent. Hier, par exemple, il est resté à quai. Voilà qui remet en cause tout notre programme, car nous prévoyons de redescendre sur Ushuaia en trois jours pour y être le 23. Or si le ferry reste à quai un jour, voire deux, nous raterons Noël avec Françoise et Gérard ainsi que deux jours réservés à l'avance aux cabanas del Beagle. De plus, le bureau des réservations est fermé. Nous repartons donc pour Cochrane à 188 kilomètres de là, par une piste secondaire. Le départ est royal puisque la piste, bien qu'étroite, est tellement damée qu'on la dirait bitumée sur une quarantaine de kilomètres. La suite est moins réjouissante, mais le paysage est constamment époustouflant de beauté et fait passer les difficultés au sol. La conduite reste néanmoins éprouvante, d'autant que virages serrés, montées et descentes « peligrosas » se succèdent, la plupart au-dessus de ravins sans protection aucune, ainsi que nids-de-poule (comme dit Alain il vaut mieux ne pas porter de dentiers...) et trous de toute sorte. C'est une version chilienne de la Moky Dugway, en Utah, en bien plus longue et dangereuse. Mais si l'on conduit prudemment, ce que je fais, on ne risque pas grand-chose. Il nous faudra quand même six heures pour faire les 188 kilomètres, arrêts photos - nombreux - compris.
Le lac General Carrera, d'un bleu outremer profond aussi beau que le plus turquoise des lacs glaciaires, est surplombé par les Andes enneigées et bordé d'une multitude d'églantiers en fleurs qui dégagent un parfum délicieux. Chaque kilomètre parcouru est une pure merveille et je suis tentée constamment de prendre des photos, malheureusement toujours cantonnée au 10-22 mm... Chevaux, moutons ou guanacos broutent le long de la piste. On aperçoit dans une étendue herbeuse une dizaine de gros oiseaux sombres à la tête jaune et au très long bec recourbé, des « bandurias ». Fechudal, puis Puerto Guadal où nous faisons le plein à prix d'or, 885 pesos (mais avec un pompiste extrêmement sympathique), soit le même prix qu'en France, enfin Cochrane, bourgade toute de verdure et de fleurs, notamment des rosiers. Là comme ailleurs les peupliers sont présents en nombre, mais la grande plaza, elle, est plantée de pins. Le long des rues aux maisons basses protégées souvent par des barrières de bois on retrouve les mêmes arbres taillés bas et peints en blanc jusqu'à un mètre du sol.
Toujours le Lonely Planet sous le bras, nous passons d'abord devant l'hosteria Rubio, puis devant l'hosteria Cerro al Cerro que nous choisissons, tout en bois et en plein soleil. 20 000 pesos pour une chambre avec salle de bains privée et même, pour la première fois, la télévision (que nous ne regardons jamais). Le plancher craque à chaque pas à réveiller un mort mais elle est bien agréable, au premier étage, avec une vue sur la montagne enneigée et les gouttières les plus originales qu'on ait jamais vues: un chapelet vertical de bouteilles d'eau en plastique. En bas, de même qu'à Chile Chico, un bégonia gigantea comme celui que nous avons à Paris (en bien meilleure santé que ses frères chiliens...). Ici non plus, ni savon ni serviette, on commence à se dire que pour le savon ça doit être normal, mais on demande des serviettes. Il n'y a pas d'eau chaude mais il y en aura demain matin). Le chauffage n'est pas allumé - c'est l'été - même si les soirées sont fraîches, mais nous avons quatre épaisses couvertures sur le lit plus une couette! Nous regardons le soir tomber sur la montagne qui domine Cochrane, et monter un croissant de lune dans le ciel.
Mardi 14
On est soignés aux petits oignons dans cette hosteria. Après un délicieux petit déjeuner, entre autres gâteau et confitures maison – même le lait est « maison » puisqu'il provient de vaches élevées à deux kilomètres de là - et une adresse dans la poche chez une amie de la « signora » à Caleta Tortel, nous voici repartis sur la Carreterra australe. La piste est complètement différente de celle que nous avons faite hier, d'autant que le ciel ce matin est très encombré. Le lac est gris sombre, et plus nous avançons, plus les pentes se couvrent de forêts. Nous ne comptons plus les panneaux « peligroso », à 300 mètres, à 200 mètres, à 100 mètres, etc. En fait ce sont soit des montées ou descentes vertigineuses au-dessus des ravins, or la piste est très étroite et sans parapet, soit des virages serrés, soit des travaux avec engins qui prennent la largeur du passage. Nous longeons le rio Baker, qui ne dévoile sa couleur désormais vert céladon que sous les rayons du soleil. Mais alors, quel enchantement!! Nous passons de nombreux rios, plus ou moins importants, plus ou moins furieux, entendons ici ou là chanter un coq, signe d'une présence humaine invisible, les cèdres remplacent peu à peu les langas, les églantiers ont cédé la place aux notros d'El Chaltén et la végétation commence étonnamment (du moins pour nous) à avoir des airs de végétation tropicale, y compris sur les rives du rio Baker, qui s'élargit jusqu'à ressembler au rio Usumacinto, fleuve frontière entre le Guatemala et le Mexique: même courant, même largeur, mêmes rives... Il y a des descentes et des virages qui ne doivent pas être mieux que la Shafer Trail en Utah, d'autant que les gravillons amassés ici ou là sont extrêmement dérapants. Nous croisons un peu plus de 4 x 4 qu'hier, et rares sont ceux qui freinent à notre passage. A nous de faire attention au pare-brise qui, ne l'oublions pas, a déjà trois impacts! Deux heures et demie plus tard et encore une fois de nombreux arrêts photos, nous prenons la déviation pour le village de Tortel, vingt kilomètres plus loin, ouverte seulement en 2005, dernière limite nord-sud du Chili par la route! Auparavant, tout se passait par la mer. La végétation est devenue carrément luxuriante, bambous à profusion, cascades de fuchsias à petites fleurs comme en Bretagne, immenses feuilles ressemblant mais en plus joli aux feuilles de rhubarbe et qui poussent là où il y a de l'eau. La piste est plutôt meilleure que la Carreterra australe, avec par moments de longues lignes droites qui traversent des champs de lances dressées vers le ciel.
Caleta Tortel, 512 habitants, au bout du bout, dernier poste avancé sur la mer, et le royaume du cèdre. Les voitures ne rentrent pas dans le village puisqu'il n'y a pas de route, seulement des passerelles de bois comme à Harrington Harbour, sur la Basse Côte Nord du Québec, mais ici il faut une bonne heure pour se rendre du secteur nord au secteur sud, en prenant le chemin le plus direct. Nous garons donc la voiture au milieu des nombreux 4 x 4 de toute sorte, prenons le nécessaire pour vingt-quatre heures, et passons par le petit bureau de l'office de tourisme pour savoir où se trouve la Residencia Estilo. Elle est à vingt-cinq minutes à pied. Tortel est un vrai labyrinthe, les passerelles sont doubles, voire triples, avec de multiples embranchements, et s'accrochent aux pentes abruptes qui plongent dans la mer. Au-dessous poussent de délicates petites orchidées blanches, sur de longues tiges frêles. Les oiseaux se chamaillent dans les arbres, les enfants courent d'un bout à l'autre du village et les petits bateaux rentrent de la pêche. Les maisons, souvent minuscules, sont toutes sur pilotis, nombreuses sont celles qui ont des façades et des toits en bardeaux, et sont entièrement couvertes de grosses écailles de cèdre. Un bateau-taxi fait le va-et-vient, les chiens ici encore vont et viennent, toujours sympa et câlins, et en se baladant on aperçoit même... un petit veau devant une maison! Ca alors! Mais qu'est-ce qu'il fait donc ici, où il n'y a pas d'herbe pour le nourrir??? Alain se demande s'il n'est là pour être boulotté... (En fait, nous aurons l'explication plus tard: les propriétaires de la maison l'ont ramené du « campo » parce que sa mère est morte, et le nourrissent au lait avant de la ramener au « campo ».) Tout au bout des passerelles on arrive sur une plage, déserte et froide, plutôt du genre marécageuse, qui n'engage pas à mettre le pied dans l'eau. D'ailleurs un écriteau précise bien qu'il n'est pas conseillé de se baigner. Tiens donc, on aurait cru le contraire! Le temps se couvre de plus en plus et se découvre de moins en moins souvent... Trois heures plus tard nous rentrons nous chauffer mais la maison est maintenant vide et le poêle éteint. Nous nous installons à une petite table de la salle à manger, avec vue sur la mer, en contrebas, du même beau vert céladon que le rio Baker. Des oiseaux volent d'arbre en arbre, des espèces de gros merles bruns à bec jaune, aux grands yeux ronds étonnés. Tortel n'a pas le téléphone mais la radio. Régulièrement on entend des messages passés depuis l'autre bout du village. L'électricité, elle, est capricieuse; il n'y en avait pas depuis ce matin paraît-il, mais elle est revenue vers les 18 heures. La « signora » est rentrée de la bibliothèque où elle avait été consulter Internet et a mis un premier chauffage au gaz en route, puis s'est occupée de rallumer le poêle à bois. Elle s'occupe maintenant de faire le repas (6 000 pesos par personne): salade de coquillages et saumon puisque Alain ne mange pas de viande. Il y a deux Chiliens arrivés en fin d'après-midi qui dîneront aussi ici.
20 heures. Le repas est prêt. La salade de coquillages (grosses moules et churros) me degoûte pas mal; pas les moules, mais les churros, qui sont de gros machins tarabiscotés hyper caoutchouteux, avec une grosse poche marron... Je rajoute de l'huile, du citron, du sel, je mâche et remâche ça comme du chewing_gum. Un passe, puis deux, puis trois et Alain me sauve du désastre en finissant mon assiette! Les Chiliens, eux, plus prudents, n'en ont pas pris. Le saumon est bien meilleur, accompagné d'un peu de purée et d'une salade.
Mercredi 15
Apparemment, les Chiliens ont changé de chambre en cours de nuit. Il faut dire que les matelas ne sont pas de la première jeunesse. Mais Javier Pinella est tellement gentille que pour nous, ça passe. Dans la salle de bains une fermeture originale pour la fenêtre: un petit tube de métal récupéré sur un ancien verrou et un gros clou rouillé et tordu. Si on enlève le clou du tube, la fenêtre se relève toute seule. Ensuite on se débrouille comme on peut pour réenfiler le clou... Petit déjeuner avec vue sur le fjord ensoleillé et les passerelles au-dessous. Nous n'avons pas eu de chance les quinze premiers jours, mais depuis El Calafate c'est vraiment l'inverse, car nous traversons des régions où il pleut normalement tout le temps. Je me posais la question de savoir où les jeunes allaient au lycée et comment ils faisaient avant l'ouverture de la piste (pardon, de la Carreterra! Javier Pinella ne comprenait pas de quoi on parlait en disant « la piste »). En fait, contrairement à ce qu'écrit le Lonely Planet, elle a été ouverte en 2002. Il y a à deux kilomètres du village un centre d'école primaire, mais les jeunes lycéens vont à Cochrane (à 122 km) ou plus au nord. Auparavant, un bateau faisait la navette entre Vagabundo, à de nombreux kilomètres au nord, et Tortel. Tout devait être terriblement compliqué.
En une demi-heure nous sommes au parking (il faut une bonne heure pour parcourir le village d'un bout à l'autre) où nous rangeons à nouveau les sacs et quittons Tortel vers les 10 heures.
Cochrane. Il fait beau et carrément chaud. Nous changeons des euros, faisons quelques courses et prenons de l'essence, puis repartons pour Puerto Tranquillo. Les rios succèdent aux arroyos, le rio en contrebas est d'un bleu extraordinaire, une couleur que nous n'avons jamais vue, même au Canada. A la jonction sud du lac General Carrera, nous prenons cette fois à gauche en direction de Coiyaque. Les paysages sont tout aussi époustouflants que sur l'autre rive, une pure merveille! Nous croisons, comme chaque jour, un ou deux gauchos, béret rouge sur la tête et deux ou trois petits chiens aux trousses du cheval, voire une gauchotte. Le lac bleu indigo est bordé de montagnes enneigées, parsemé d'îlots plus ou moins grands, les massifs de lupins jaunes ont remplacés les églantiers et recouvrent la moindre parcelle de terre, dégageant un parfum entêtant. Nous ne regrettons pas les nids-de-poule, les trous et la caillasse qui pourtant nous secouent comme des noix. Au loin, du côté de Puerto Tranquillo, le temps se gâte, il pleut. Nous avons beaucoup hésité à faire une halte dans ce village, à cause de ce qu'en disait le Lonely Planet, mais la distance supplémentaire pour atteindre Villa Cerro Castillo était beaucoup trop importante. Des heures de piste supplémentaire, aussi mauvaise, était pour moi insurmontable. En fait, Puerto Tranquillo s'étend le long de la berge, envahie lui aussi par les grands lupins jaunes odorants. Le cadre est magnifique!! Et l'hôtel, qui était si mal décrit dans le Lonely Planet, se révèle pas du tout vieillot et idéalement situé. Notre chambre est grande et belle, en rotonde, avec une avancée, et donne de tous les côtés sur le lac agité et les montagnes. Mais malgré le prix (30 000 pesos, soit 50 euros la nuit), ici comme ailleurs, il faut réclamer les « toallas » (serviettes) et, vu le prix, nous réclamons aussi le « jabon » (savon). Quelle n'est pas notre surprise, tout à coup, de voir par les baies vitrées le pompiste de Puerto Guadal servir l'essence aux pompes au-dessous! Et ça ne désemplit pas, on ne dirait pas qu'on est si isolés. En attendant, il fait celui qui ne nous reconnaît pas...
Jeudi 16
Nous qui croyions bien dormir, dans le lit moelleux à souhait et bercés par le bruit de la pluie sur la tôle, c'était sans compter avec les multiples gouttières qui tombaient de pan de toit en pan de toit. On aurait dit vingt personnes tapant avec de petits marteaux sur le métal. J'ai été réveillée au moins dix fois. Dommage, parce qu'on était vraiment bien en s'endormant, sous la couette si douce et avec la vue sur le lac... Bon petit déjeuner très attentionné, avec entre autres du pain de Pâques que l'on voit partout depuis qu'on est au Chili mais que nous n'avons jamais goûté. C'est un gros pain-gâteau sucré avec de nombreux fruits secs et confits. Avant de partir, nous refaisons le plein, je dis au pompiste qu'on l'a vu à Puerto Guadal et il me répond laconiquement: « Oui, et aujourd'hui c'est ici. » Bon...
Il pleut, donc. Au revoir ciel bleu et soleil, montagnes étincelantes et eaux bleu pétrole. Un voile blanc recouvre l'horizon proche, on ne sait où sont les sommets ni même s'il y en a. La Carreterra australe est mauvaise et glissante à souhait, une vraie planche savonnée, et ça ne fait qu'empirer au fil des kilomètres. Il est impossible d'éviter les innombrables trous, de plus en plus gros, de plus en plus profonds, la pluie qui redouble transforme certains passages en vrai bourbier. Quelquefois, on se croirait sur les pistes de bentonite de l'Ouest américain lorsqu'elles sont détrempées. Je conduis lentement, et ne dépasse pas les 40 km/h. Mais cela ne nous empêche pas d'admirer les lupins qui de jaunes sont passés au bleu profond. De grands lupins magnifiques, qu'encore une fois on croirait semés, mêlés par endroits de rose et de blanc, qui tapissent les bas-côtés ou envahissent des prairies entières et les berges des rios. Les bambous sont de retour, un arbuste aux fleurs orange vif a fait son apparition, on retrouve les arbres immenses de la piste de Tortel, des descendants de la forêt primaire et d'autres aux moignons noircis qui pointent au milieu de l'herbe vert tendre. Un petit air de végétation tropicale alors qu'à quelques jours de l'été il ne fait que 10°, et que la neige est là, tout près.
Nous faisons le détour par Puerto Ingeniero Ibanez afin de réserver notre passage sur le bateau pour le 18. Le village de 3 000 habitants a ét�� rayé de la carte en 1991 suite à l'éruption du volcan Hudson, mais s'est reconstruit depuis. Les réservations se font à la Residencial Marcial, qui rouvre à 15 heures. Et là, tuile des tuiles, nous apprenons qu'il n'y a aucune place disponible pour la voiture avant le 23 décembre, jour de notre arrivée à Ushuaia à 1800 kilomètres d'ici! Nous voilà coincés au Chili! Nous demandons à l'homme qui fait les réservations si la piste d'une centaine de kilomètres qui passe par la montagne, marquée d'un seul trait vert (donc moins bonne que la Carreterra australe, verte doublée de blanc) avec à son sommet un passage en jaune, donc franchement pas bon, est passable avec une Corsa. Il nous répond d'aller demander l'avis des carabinieros. Eux font la grimace et nous déconseillent fortement de passer le col avec une petite voiture, un 4 x 4 d'après eux étant indispensable. Ils ont une solution: faire tout le tour du lac General Carrera, ce que nous venons justement de faire depuis plusieurs jours... Le moral est en berne. Mais lorsqu'ils apprennent par où nous sommes passés et que nous avons derrière nous 1500 kilomètres de ripio dont une grande partie mauvaise, voire très mauvaise, ils changent d'avis et pensent que c'est jouable. Quant à l'idée d'Alain, passer par les pistes du nord à partir de la ville de Coyhaique, ce serait des centaines de kilomètres supplémentaires... Nous décidons de tenter la montagne samedi et en attendant filons sur Coyhaique, à 116 kilomètres au nord. Le paysage a changé du tout au tout. Il est maintenant volcanique, avec de longs cônes basaltiques qui accrochent les nuages, luisants et noirs sous la pluie ininterrompue. Tout est très vert et a un petit air de pays Basque, il y a même des moutons dodus, tout ronds avec leur épaisse toison laineuse sur le dos. Plus on se rapproche de Coyhaique (45 000 habitants), plus la circulation augmente, et pour nous qui n'avons croisé depuis plus de trois semaines que quelques rares voitures, c'est l'overdose. Nous faisons confiance au Lonely Planet et prenons une chambre à la residencial Monica. L'accueil est aimable, la maison pleine de coins et de recoins pas vraiment enthousiasmants, et la chambre sent le renfermé à tomber. Nous nous empressons d'ouvrir les fenêtres même si le fond de l'air est plus que frais. Toujours pas de serviette dans la salle de bains, ni de savon bien sûr. Je me demande pourquoi est toujours accroché dans la douche des residenciales le même antique porte-savons pour famille nombreuse, d'au moins trente centimètres de haut et rouillé de la tête aux pieds. La chambre est triste à souhait, bleu foncé et marron, avec tout un tas de vieilleries, une ampoule de 10 watts au plafond et une lampe de chevet de 5. Alain prend un morceau de Sopalin, grimpe sur le lit et enlève les fils d'araignée qui pendent ici et là. D'ailleurs, ça sent son araignée à plein nez, ici... En attendant je vais chercher des serviettes que s'empressent de me fournir le propriétaire, très aimable lui aussi. Je remonte avec deux grandes serviettes blanches trouées et déchirées, mais elles feront l'affaire. Un tour au supermercado Unimarc, où je retrouve enfin mes pralines aux amandes (appelées « Garrapinadas almendras » dans le sud du Chili et « Almendras confitas » ici, ce qui explique que personne ne connaisse depuis un moment le mot « Garrapinadas »). Nos repas du soir ne sont pas variés (quant à ceux du midi ils sont inexistants): avocats, tomates, maïs, coeur de palmiers, thon, olives noires, citron, mayonnaise Lesieur rapportée de Paris. Je commence à sérieusement saturer...
Vendredi 17
Nuit blanche ou quasi. A 4 heures je ne dormais toujours pas, tournant et retournant dans ce mauvais lit. Le matelas devait avoir l'âge des propriétaires qui, eux, étaient à la retraite. En plus le sommier était trop court, j'avais les doigts de pied recroquevillés dans le fond. Les couvertures m'arrivaient sous les bras, mais dès que je tirais dessus pour les remonter, mes orteils se pliaient en huit. On avait vingt kilos sur le dos – trois grosses couvertures plus une couette – et moi qui n'aime pas ça... Mais le froid dans la chambre était vif. Bref, si on ajoute l'odeur entêtante de moisi et de renfermé, le cocktail était prêt pour une nuit totalement blanche. Un chien s'est égosillé toute la nuit et a fini par réveillé le coq juste au-dessous de nos fenêtres, à 4 heures tapantes, qui lui-même a réveillé ses potes du voisinage! C'était complet!!
A 8 heures, j'ouvre un œil... Je prends une douche dans la salle de bains glaciale, puis nous descendons pour le petit déjeuner qu'au moins nous espérons bon. Eh bien c'est complètement raté! La salle à manger est encore plus triste que le reste, si c 'est possible, sans fenêtre, avec toujours la collection de vieilleries. Un homme seul est en train de boire son café. C'est sinistre... Trois petits pains infects, un peu de beurre, jambon et fromage mais pas de confiture ni de lait. Moi j'ai toujours du mal à démarrer la journée avec des sandwichs... et la confiture (que je ne mange qu'en voyage) me manque. Nous expédions notre thé en moins de deux et nous précipitons à la voiture.
La situation risquant de se reproduire à Puerto Ingeniero Ibáñez où il n'y a rien, nous décidons de rester à Coihaique et d'aller à l'hôtel Espagnol, hors de pris (plus de 60 euros), mais où il y a chauffage, bon lit, WiFi et le reste. Si les residenciales étaient à 10 euros, pas de problème, mais à 33, ça ne passe pas.
Nous retenons la chambre, montons nos bagages et repartons pour Puerto Aysén. La route est, là encore, superbe. Les grands lupins bleus ont tout envahi: les prairies, les berges du río, les pans de montagne. L'espèce, comme la jaune, est invasive, mais quel bonheur pour les yeux, et les rayons d'un soleil capricieux en avivent encore les couleurs!! Nous traversons un véritable jardin. L'herbe vert tendre est rase. De chaque côté de la route, d'immenses parois verticales noires recouvertes en partie de feuillus, d'énormes cônes cylindriques qui sont autant d'anciennes cheminées de volcans. On se croirait à Zion.
Retour à Coihaique et à la plaza des Armas (les zocalos mexicains). Depuis Porvenir, on sent au Chili l'omniprésence de l'armée y compris dans le moindre petit village. Les rues sont toutes dédiées au sergent Untel ou au colonel Machin, il y a toujours la statue d'un général qui trône en bonne place, les casernes occupent le terrain, les militaires vont et viennent d'un air affairé. L'hôtel Espagnol change du tout au tout par rapport à hier soir, même si la fenêtre donne sur le couloir, que le tissu de la chaise de style est complètement déchiré et qu'il y a une grosse tache d'humidité noirâtre à l'aplomb de la tête de lit. Mais le reste est parfait, notamment le lit qui est excellent. Il y a des salons partout avec de profonds et beaux canapés et tout ce qui va avec. Je prends une douche, lave un peu de linge dans le lavabo dont le bruit de la tuyauterie alerte tout le monde de la cave au grenier et poursuis le carnet. Demain matin il faudra partir de bonne heure pour avaler les 116 km qui nous séparent de Puerto Ingeniero Ibáñez et emprunter la piste de montagne de 100 km pour passer la frontière.
Samedi 18
Enfin une bonne nuit, veillés par le petit Père Noël... En ouvrant l'œil, je vois par un fenestrou près du plafond que le ciel est gris et qu'il pleuviote. Déjeuner avec œufs brouillés, miel, yaourts, jus de fruits, etc., dans un décor cent pour cent décoration de Noël. Nous réglons la chambre (dont le prix est assez original en plus d'être élevé: 42 650 pesos...) et chargeons les bagages dans la Corsa recouverte de terre marron-rouge, qui est restée en exposition devant l’hôtel… Nous n’avions pas vu qu’il y avait un parking sur l’arrière, encombré de 4 x 4 rutilants.
Route de Puerto Ingeniero Ibáñez. Les couleurs sont devenues ternes sous le ciel chargé et les sommets se cachent dans les nuages, mais nous pouvons encore admirer les longues aiguilles de lave qui dominent Coihaique. La route suit longtemps un río et se glisse entre des flancs escarpés sur lesquels s'accrochent des forêts de langas. Un gaucho chevauche tranquillement, emmitouflé dans son poncho de laine, accompagné de ses chiens. Plus on descend vers le sud plus la végétation se fait rare, et les reliefs se couvrent d'éboulis qui descendent jusqu'au milieu de la chaussée. Heureusement qu'il y a peu de circulation car il faut naviguer d'un côté à l'autre pour les éviter. La pluie maintenant se transforme en neige, il fait 4,5 °. Régulièrement aussi le bitume est remplacé par des pavés autobloquants, dans les endroits où les déformations sont trop importantes et continuelles.
Puerto Ingeniero Ibáñez, casa des carabineros. Les formalités sont vite expédiées. Le douanier/carabinero rit quand je lui demande si la piste est bonne... Effectivement, pendant une bonne vingtaine de kilomètres, soit jusqu'à la frontière, ce ne sont que caillasse, trous, rochers affleurants, pentes raides avec virages serrés, piste étroite et dérapante. Mais il y a aussi des portions de pavés autobloquants, bien agréables pour reposer les mandibules! Et puis on aperçoit le lac en contrebas, turquoise lorsqu’un fugitif rayon de soleil se pose à la surface, et les Andes enneigées en arrière-plan. La piste continue de dominer le lac… Les montagnes chiliennes faisant barrage à la pluie, on se retrouve peu à peu en plein désert. Les collines arides moutonnent à l'infini, de temps en temps, le long d'un arroyo, des peupliers d'Italie signalent la présence d'une estancia. A la fin d'une longue descente sablonneuse, nous arrivons enfin à la douane argentine qui a des allures de désert des Tartares. Perdue au milieu de nulle part, les douaniers attendent la prise qui les sortira de l'ennui. Nous avons droit à une fouille en règle de la voiture, tout y passe: la batterie du Canon et le second objectif sont secoués consciencieusement, la carte-mémoire est sortie de son étui et regardée sous toutes les coutures, les jumelles et le petit disque dur nomade également. La lessive est reniflée avec application, et tout à l'avenant. Le Canon semble intéresser grandement un des deux douaniers qui n'arrête pas de répéter « Canon, Canon », et finit par retourner à l'intérieur - où se trouve Alain - pour signaler à ses collègues la présence d' « un appareil photo Canon ». Mais ils s'en fichent royalement et lui disent de laisser tomber. Tout est OK, la prise du siècle ne sera pas encore pour cette fois. Un douanier lève la barrière: à une de ses extrémités, une grosse pierre, à l'autre une corde. Le douanier décroche la corde, la pierre touche le sol, la barrière est verticale. Lorsqu'on est passés, il tire sur la corde, la barrière revient à l'horizontale, il raccroche la corde et le tour est joué. En attendant ils ne cherchaient pas de fruits et de légumes, car j'avais oublié de finir le lait, ils l'ont vu, j'ai fait l'innocente et leur ai demandé si c'était « prohibido », et ils m'ont répondu que je n'avais qu'à le terminer en route. Ça alors! A un précedent passage de frontière un douanier avait hésité à confisquer le lait en boîte! Heureusement que sa collègue était un peu moins stupide! Côté argentin la piste a des allures de Ruta 40. Toujours le désert, toujours les rares estancias. Depuis très longtemps, la voiture a perdu sa couleur blanche, elle est marron foncé jusqu'en haut des vitres. Comme on ne voit jamais de station de lavage, on a acheté deux éponges en prévision du cours d'eau providentiellement accessible. Eh bien il est là, juste au-dessous du remblai, sur la gauche de la piste. Nous sortons les deux Tupperware, achetés en arrivant (toujours très utiles en voyage), qui vont nous servir de bassine et lavons la voiture. On se dit que le premier qui passera nous prendra pour des fous, et tiens, quand on parle du loup..., voilà un camion qui arrive! Deux petits coups de klaxon pour nous dire bonjour et il s'éloigne dans un panache de poussière. Vingt minutes plus tard, on ne reconnaît plus la Corsa!!
Perito Moreno. A l'aller, un dimanche matin sous le soleil, le gros village était animé et pimpant. Aujourd'hui, samedi en fin d'après-midi sous le ciel gris, il est mortissime. Nous allons à l'office du tourisme chercher une liste de l'alojamiento (des logements) et partons pour l'Americano puisqu'il y a apparemment une chambre de libre. Curieusement, lorsque nous arrivons, un jeune a l'air un peu débile, sans même nous rendre notre bonjour nous dit d'un air désagréable que tout est complet... Bon... retour à l'office de tourisme; nous voilà ensuite repartis pour le Belgrano, cette fois; la chambre y coûte 240 pesos, soit 50 euros, pour un hôtel très très moyen. Le village compte un nombre certain d'hôtels restaurants dus à la proximité de la « Cueva de las Manos », la grotte des mains. Il nous aurait fallu un jour supplémentaire ici - seize kilomètres d'une mauvaise piste plus deux heures de marche aller - et nous n'avons plus le temps. C'est un peu dommage car les peintures datent pour le premier groupe dit « Stylistique A » de treize mille ans – elles se distinguent par la chasse aux guanacos – alors que le second groupe date de neuf mille cinq cents ans et comporte un très grand nombre de mains, au milieu desquelles se sont égarées des empreintes de pattes de nandus. Nous prenons un chocolat et un thé dans la salle de restaurant. Tout est calme et tranquille lorsque du fond de la salle arrive une espèce d'énorme type qui allume la télévision, le son au maximum, puis s'affale sur une chaise. Il fallait s'y attendre, il regarde une émission de variétés de la pire espèce. C'est le mari de l'hôtelière, pas étonnant qu'elle ait l'air si triste avec un gus pareil...
Nous pensions manger une pizza dans un petit restaurant mais il est fermé ce soir. Je me contenterai d'une boîte de thon et de maïs et Alain de chips et de mandarines...
Dimanche 19
La salle de bains est très particulière: elle est tellement petite qu'il faut s'asseoir en travers sur les w-c, qui s'avancent dans la douche. Le problème, c'est que la douche fait exactement quarante-cinq centimètres de côté, que le rideau est trop court et que se laver là-dedans relève de l'exploit. Le rideau se colle au corps et l'eau inonde le sol. Mais c'est apparemment prévu pour, puisqu'il y a un écoulement. Ajouté à cela que les robinets du lavabo fuient et que la minuscule fenêtre, de métal peint en gris, est rouillée... La moquette est sale dans le renfoncement de la fenêtre qui laisse passer tout le vent d'Ouest, et le papier déchiré. On n'avait rien vu, hier...
Pain rassis et grillé au petit déjeuner et le thé au lait est à l'espagnol, c'est-à-dire du lait au thé. Nous ne nous éternisons pas, prenons nos sacs et allons payer. Au comptoir, le gros tas d'hier est en train de feuilleter un magazine en léchant consciencieusement son gros doigt à chaque page. Nous lui disons bonjour, il ne nous regarde pas et ne nous répond pas. Sourd et muet, probablement. A côté de lui, sa belle-mère, cent ans minimum et totalement handicapée, ne nous voit pas non plus. Une minute passe, puis deux. Alain me dit : « Apparemment, la chambre est gratuite. » On est sur le point de partir quand la vieille dame a l'air de se réveiller. Elle a toutes les peines du monde à se mouvoir, mais son gendre se contente de lui jeter un regard de travers, excédé et méprisant, de temps en temps, tout en continuant à lécher son doigt. C'est un véritable rustre!!!
Quatre cent cinquante kilomètres avant destination, sur l'Atlantique, à Puerto Deseado. Passer du Chili verdoyant et splendide à la steppe grise et poussiéreuse de l'Argentine est ardu. Nous nous retrouvons au point de départ: steppe à droite, steppe à gauche, horizon rectiligne. Entre Las Heras et Pico Truncado, des puits de pétrole – les gros criquets de métal qui, ici, comme au Nouveau-Mexique, picorent le sol poussiéreux –, des forêts de poteaux électriques et piquets en tout genre, et surtout, autour de ces deux villes, des dizaines de milliers de sac en plastique qui se sont accrochés au moindre brin d'herbe de la steppe, à perte de vue, recouvrant absolument tout, du moins pour ceux qui ont réussi à sauter les clôtures. C'est inimaginable! Nous faisons un tour dans Las Heras, « histoire de voir ». Des graphs, beaucoup de graphs qui courent sur les murs, sautent d'une maison à l'autre... Pas de merveilles, mais une explosion de couleurs dans cet environnement désolé que le vent fouille dans ses moindres recoins. Du soleil et du ciel bleu sur le béton.
Un quadrillage, comme toujours, des rues larges, et une alternance de maisons misérables, véritables taudis pour certaines, et de maisons pimpantes et colorées, avec de gros bergers allemands, pas vraiment sympathiques, derrière de hauts grillages. Ici ou là une « carniceria » (boucherie), un minimercado, une « gomeria » (endroit où l’on répare les pneus), une ancienne (?) « panificadora » (une boulangerie)…
Un dinosaure très kitsch à l’entrée de Pico Truncado, la jumelle pétrolière de Las Heras que nous éviterons cette fois, puis ensuite tout disparaît, et les choses reprennent leur aspect normal à Fitz Roy (ciudad), où nous prenons de l'essence. Je ne sais pas pourquoi, je sens qu'ici encore, on va essayer de nous rouler. Et ça ne manque pas. A peine le pompiste a-t-il la clef du réservoir en main qu'il y a déjà enfourné la pompe du « podium XXL » (l'essence la plus chère, bien sûr), qui est à 3,90 pesos au lieu de 3,26, tandis qu'un gros type qui a l'air d'être le patron se colle devant la pompe pour qu'on ne puisse rien voir. En une fraction de seconde je suis dehors et lui dis que nous voulons du super. « Mais pourquoi? Ca c'est bien meilleur! » Le temps que je m'énerve et que je lui dise que non, pour cette voiture le super est très bien, qu'il fasse celui qui ne comprend pas pourquoi je n'en veux pas, etc., le pompiste, lui, a rempli le réservoir... Il faut toujours faire très attention quand on prend de l'essence, car apparemment le touriste est un mets de choix!
Puerto Deseado. Je croyais que la route qui y mène, de 126 km, était bordée de falaises rouges, du moins c'est ce que j'avais lu sur un carnet de voyage trouvé sur Internet. En fait c'est une ligne droite de 120 km, qui traverse un paysage aussi plat que la main. Le plus beau, dans la steppe, ce n'est pas le sol, mais le ciel. Un ciel immense, avec des nuages moins variés qu'au-dessus des Andes, mais tout de même fascinants. Les derniers kilomètres escaladent de petites collines, tournent et virent. Un peu avant d’arriver, sur la hauteur, l'armée, encore et toujours, omniprésente au Chili et en Argentine. Un régiment et tous les baraquements – très pimpants – pour l'abriter. Puis, en descendant vers la mer, le bourg et le port, où se serrent les uns contre les autres cinq gros bateaux rouges. Il y a la fête foraine, manège et karaoké, et une foule incroyable de jeunes, dont beaucoup d'Indiens, qui déambulent dans les rues par petits groupes. Certains partagent du maté à la paille dans leur timbale, assis sur le trottoir. Ici et là, des affiches rappellent qu'il y a trois ans un jeune boxeur, Jesús López, a été assassiné et que ce meurtre est à ce jour resté impuni. www.youtube.com/watch?v=IDhsQ-S34Nk
Nous finissons par atterrir à Los Acantalidos, avec balcon et vue sur la mer. Nous sommes les seuls clients de l'hôtel, à deux jours de l'été. Et nous avons fait le tour de tous les autres, pas de clients non plus. Mais ici c'est très bien, des gens très aimables, et dans la chambre (pour trois personnes) téléphone (pour la première fois), télévision, Internet; dans la salle de bains, serviette, savon, shampooing et sèche-cheveux. Plus chauffage, chose rarissime!
A la confiteria de l'hôtel, je mange de l'excellente viande. Coucher de soleil magnifique, orangé, avec, sur fond de nuage noir, des draperies de pluie rose qui ne touchaient pas terre, balayées par la force du vent.
Lundi 20
Impossible d'enrouler le store, Alain a apparemment mis trop d'entrain hier soir à le dérouler, mais nous devinons qu'il fait beau. Le petit déjeuner buffet est royal, avec de délicieux gâteaux maison et la vue sur la mer en prime. Apparemment, la confiteria est le matin le rendez-vous de tous les notables du coin, des « Don » ceci et cela, dans les soixante-dix ans. C'est à celui qui aura le plus gros 4 x 4, avec le plus gros pare-chocs... Comme nous avons décidé de rester une nuit supplémentaire et que la chambre que nous occupons était réservée, on nous propose à la place une chambre de deux, juste à côté. Nous passons à la banque de Patagonie changer des euros (à 5,17). Un vigile armé le long d'un mur et à côté de lui une espèce de haute guérite blindée en métal gris mais extrêmement étroite, à laquelle on accède par deux hautes marches, avec une minuscule vitre, certainement blindée. A l'intérieur, un homme est assis et rit au téléphone. Il a l'air parfaitement à l'aise, prisonnier de ce coffre-fort de trois mètres de haut qui ferait tourner de l'œil rien qu'en le regardant n'importe quel claustrophobe...
Nous allons au port nous renseigner pour une sortie en zodiac l'après-midi, de deux heures et demie, afin de voir une pingüinera, aux « Darwin expediciones », installées dans un chalet de bois. Nous n’avons pas pris la sortie en mer d’une journée (350 pesos par personne) pour aller chez ces très étonnants manchots punks aux sourcils jaunes et à la huppe noire, les gorfous sauteurs (Eudyptes chrysocome), car la mer est très agitée et passer trois heures aller-retour à faire du trempoline en zodiac, éclaboussés par les vagues, ne nous a pas tentés plus que ça…
Aux « Darwin expediciones », nous rencontrons un couple italo-argentin qui vit à Paris, avec leur fiston de neuf ans. Tout le monde est très sympa. Le prix de la sortie est passé en vingt-quatre heures de 150 pesos à 180... Il faut être six pour partir et nous ne sommes que cinq, donc ils ont trouvé l'astuce pour rentrer dans leurs frais. En attendant 15 heures, nous suivons le TrailBlazer des gens que nous venons de rencontrer sur une piste qui mène au « cañon » de Costa Negra. Petite balade d'une heure, chacun de son côté, dans un décor aride malgré la proximité de la mer, mosaïque de terre ocre sur laquelle blanchissent les os de quelques animaux malchanceux, lagune bleu-vert, soleil de plomb.
14 h 30, retour à l’embarcadère pour le départ à 15 heures. A 15 h 30, on est toujours à quai. Nous apprenons que désormais nous ne serons plus cinq mais onze, un groupe ayant téléphoné pour réserver. 15 h 45, ils arrivent, en short, tongues et T-shirt, alors que le vent est toujours violent et que sur l’eau la température ressentie est souvent glaciale. Mais alors, quid de l’augmentation de 30 € qui nous a été demandée pour compenser la personne manquante ? Eh bien ça ne change rien. Empochés c’est gagné ! Bienvenue au pigeon étranger, espèce fort répandue en Argentine et au Chili.
Par chance il fait étonnamment chaud aujourd'hui, que se passe-t-il? Près de 30 °C! Le temps idéal pour passer quelques heures sur l’eau. Le pilote guide est très sympa, il n’en fait pas des tonnes comme cela arrive malheureusement souvent (j’ai le souvenir d’une sortie en zodiac dans le magnifique archipel de Mingan, au Québec, complètement gâchée par des commentaires stupides et ininterrompus). Nous longeons la côte et allons d'île en île: celle des cormorans gris aux grands yeux orange vif (cormoran de Gaimard – Phalacrocorax gaimardi), qui voisinent avec les cormorans noirs (cormoran impérial – Phalacrocorax atriceps). Il va sans dire combien je suis to-ta-le-ment frustrée de n'avoir que le grand angulaire!!! Le zodiac bouge dans tous les sens et les embruns éclaboussent les objectifs…
Nous laissons les falaises cuivrées aux longs stalactites de guano et continuons à remonter le bras de mer à l’abri du gros des vagues, vers les lions de mer, de tous les âges et de toutes les couleurs. Deux dauphins, joueurs et surtout farceurs, s’amusent avec le zodiac. Ils arrivent droit sous le bateau, tout le monde se précipitent sur le bord opposé pour les voir passer, et il n'y a jamais personne..., ils ont fait demi-tour ! Mais je finis par les prendre dans les filets de l’objectif.
Le clou de cette sortie en mer est le débarquement à la pingüinera, une petite île où nidifient une foule de manchots de Magellan (en espagnol on dit pingüino, mais ce sont en réalité des manchots, les pingouins étant en Arctique). Ils sont vraiment trop mignons! Dans les quarante centimètres de haut, là encore il y a beaucoup de juvéniles, voire de gros bébés de six mois, petites boules de peluche grise. Ils sont très drôles lorsqu'ils marchent d'un air pressé en file indienne, en se dandinant, droits comme des « i ». Je réussis à les approcher à deux mètres, très lentement, avec des ruses de sioux, assise par terre ou à genoux. La lumière est très belle à cette heure de la journée, l'air est tiède et le silence troublé simplement par un appel de loin en loin. Les algues vert intense recouvrent la grève par endroits et contrastent avec l'eau turquoise. Au bout d'une heure tout le monde remonte dans le zodiac. Le vent qui s'est levé nous jette à plusieurs reprises des paquets d'embruns au visage et n'épargne pas les appareils. C'est la catastrophe, le mien est couvert de sel!
Les sternes, ces si gracieuses hirondelles de mer, nous accompagnent un temps, sans perdre de vue que le garde-manger se trouve au-dessous d'elles. Elles ont presque toutes un petit poisson dans le bec. Lorsque nous rejoignons le quai, le temps a complètement changé, on ne distingue plus la ligne d'horizon, tout est mêlé, ciel et terre, dans une même brume gris orangé, très spectaculaire, mi-vent de sable mi-fumée rugeoyante d’incendie. Le temps de faire un tour en « ville » acheter des garapinadas (pralines aux amandes), les rafales ont encore forci et se sont chargées de sable. Nous nous engouffrons dans l'hôtel, enfin à l'abri, la peau brûlée et desséchée. Repas comme hier soir à la confiteria. Pendant ce temps le ciel reprend peu à peu des couleurs, et plus tard nous assistons encore une fois à un coucher de soleil somptueux sous les altocumulus.
Nous sommes en contact quotidiennement avec Françoise et Gérard depuis qu'ils ont débarqué (au sens propre) à Buenos Aires, il y a seulement quelques jours, après plus d'un mois en mer. Ce soir, ils nous disent que les rafales de vent les ont empêchés de rouler normalement et qu'ils ont failli se renverser. La semaine dernière, un Allemand s'est retourné avec sa cellule par une rafale à 200 kilomètre/heure! On espère quand même les voir demain sur la route, car on se rapproche de plus en plus. J'ai l'impression que la baie vitrée va être arrachée, quant au circuit d'aération de la salle de bains et de la chambre, le vent qui s'engouffre à l'intérieur fait un bruit de réacteur de 747! Il paraît que la spécialité de Puerto Deseado est le très très grand vent... Mardi 21
Le vent s'est déchaîné toute la nuit et a chassé les nuages. Grand beau temps donc, et température très douce. Avant de partir, je n’oublie pas de photographier le Père Noël ! Autant au Chili qu’en Argentine, ils sont souvent beaucoup plus beaux que celui qu’on connaît en France, avec sa robe de chambre rouge… Aujourd'hui, nous espérons bien voir sur la route Françoise et Gérard. D'après nos calculs nous devrions arriver à peu près en même temps à la jonction de la Ruta 3. Nous prenons de l'essence à Petrobras, qui comprend un locutorio, où je tente une énième fois de téléphoner en France avec la carte Hable Mas achetée à Buenos Aires et... qui ne fonctionne apparemment que là-bas. La route de 126 km est toujours aussi rectiligne que l'horizon. Pas une herbe dans la steppe, pas un animal non plus. Dans le ciel, de beaux nuages de type Ouest américain. Le vent chahute la voiture et je suis cramponnée au volant comme depuis le début du voyage. Arrivés à la Ruta 3, personne en provenance de Comodoro Rivadavia. Nous tournons à gauche pour Puerto San Julián à environ 260 km plus au sud. Pendant longtemps, alors qu'aucun virage ne vient briser la monotonie de la ligne droite (et sur toute une partie en ligne continue, ce qui est un comble!), le paysage est plat et gris au plus loin que porte le regard, balayé par un vent d'ouest qui souffle en violentes rafales, très déstabilisantes pour la voiture. Puis peu à peu, à une centaine de kilomètres de Puerto San Julián, les couleurs apparaissent sous la toison de petites touffes épineuses que broutent des guanacos de plus en plus nombreux. Une harde traverse la route dans un virage et s'envole par-dessus la clôture au passage de la voiture. (Ces clôtures qui, depuis notre arrivée, nous surprennent par leur longueur. Un piquet tous les dix mètres, un plus fin tous les mètres sur quatre rangées de fil de fer. Et cela sur des millions d'hectares... Un ennui mortel nous assaille rien que de penser au travail que cela représente.) Mais ces guanacos imprudents, voire casse-cou, ne passent pas tous entre les mailles du filet, car c'est le quatrième que nous voyons en peu de temps, couché sur le bas-côté. Mortellement touché. Subitement, nous apercevons tout une tripotée de nandous, un adulte avec une quinzaine d’adolescents. Nous avons appris que les mœurs de ce très gros oiseau – qui ne vole pas mais court comme tous les membres de la même famille, autruche, émeus, casoars etc. –, étaient très particulières. Au moment de la reproduction, le mâle séduit jusqu’à une quinzaine de femelles, les fait pondre à la queue-leu-leu dans le même nid, puis s’installe à leur place pour couver tous ces gros œufs. Une fois éclos, il ne se défile pas, non, il prend au contraire leur éducation complète en charge ! Et voilà comment on avait confondu un « nouveau père » avec une baby-sitter !
Les petites collines se font plus nombreuses, les ocres pâles et les roses carmin aussi. Je ne peux pas m'arrêter pour photographier sur cette route où les voitures, néanmoins peu nombreuses, passent en trombe, et de toute façon c'est le type même de paysage qui ne donne rien au grand angulaire.
Puerto San Julián. Nous retrouvons ici encore les topes mexicains, ces dos-d'âne mortels pour les voitures qui s'aviseraient de passer autrement qu'au pas. Je desserre enfin les mains du volant et m'aperçois que j'ai de nouveau attrapé une ampoule!! Passage obligé par l'Information touristique pour avoir la liste des hôtels, puis nous jetons notre dévolu sur le petit hôtel Miramar. Tout neuf, en front de mer (je devrais dire de baie), une très jolie chambre décorée avec goût, personnalisée, une grande et belle salle de bains, du chauffage, un accueil très aimable (240 pesos avec vue sur la mer, au premier étage). Le bourg, lui, est totalement impersonnel, traversé par une avenue à l'américaine, c'est-à-dire de cent mètres de large. La côte est elle aussi quelconque, rien pour accrocher le regard, du gravier gris, des algues vertes, du sable noir... Le gallion de Magellan, ou du moins sa réplique, trône en bord de mer, tout près de l’hôtel. C'est un musée que peuvent visiter pour 8 pesos les nationaux, mais pour 12 les étrangers. Décidément, en Argentine comme au Chili, le voyageur étranger est une espèce que l'on adore plumer, mais il se trouve que nous tenons à nos plumes!
En allant jusqu’au bout de la route de bord de mer, nous passons devant un mirage français rescapé de la guerre des Malouines, dont le pilote a paraît-il coulé trois navires. Beaucoup de jeunes du village ne sont jamais revenus...
Mercredi 22
Toujours aucune nouvelle de Françoise et Gérard. Nous n’avons aucune idée de l'endroit où ils ont passé la nuit, en tout cas ils n'avaient pas d'Internet (et à Puerto San Julián, les coupures ont été nombreuses jusqu'à la panne finale). La première pompe à essence est à sec, la seconde aussi. La journée débute bien. Il nous faut faire 120 kilomètres jusqu'à la pompe suivante, à Commandante Luis Piedrabuena, avec ce qu'il reste dans le réservoir. Je conduis pépère, à 90 km/h, en surveillant le compte-tours. Pendant un moment je suis de près un camion pour faire tirer la voiture. Les camionneurs argentins (et chiliens), je l’ai déjà dit, sont toujours extrêmement aimables! Ils disent bonjour quand ils nous croisent, font signe lorsqu'on peut les doubler sans risque, c'est un vrai plaisir. Les routiers français feraient bien d'en prendre de la graine. La route est terriblement monotone, le ciel triste, la steppe terne et plate. Des moutons broutent avec application les petites touffes grisâtres. De temps en temps, çà et là, une piscine pour oiseaux de passage…
Piedrabuena. Nous craignions que la pompe ne soit aussi à sec, mais l'agitation qui y règne et le monde nous rassurent tout de suite. Nous faisons le plein dans une ambiance de fête foraine, les haut-parleurs diffusant de la musique à pleine puissance.
Les kilomètres défilent en direction de Río Gallegos, grande ville rurale qui « ne présente aucun intérêt » d'après le Routard, « mais où le voyageur échoue parfois ». Les voyageurs que nous sommes comptent pourtant y passer la nuit et partir tôt demain matin pour prendre le ferry, 68 kilomètres plus au sud, si possible à 8 h 30. Il faut compter qu'avec l'heure d'été chilienne nous perdons une heure. De plus il nous faudra passer une première fois la frontière à environ 35 kilomètres, puis une seconde fois en Terre de Feu, à San Sebastián. La pluie s'est maintenant mise à tomber. Les guanacos se font de plus en plus nombreux de chaque côté de la route, ils sautent les clôtures pour améliorer leur ordinaire avec les grandes herbes aux fleurs jaune pâle qui poussent consciencieusement sur les bords... et le payent très cher. C'est même une véritable hécatombe. Nous ne comptons plus leurs dépouilles et leurs squelettes.
Enfin des virages, enfin des collines. Puis tout retombe comme un soufflé, et la banlieue de Río Gallegos se profile à l'horizon. Plus nous approchons plus je me dis que le Routard est bien au-dessous de la réalité. Sous le ciel gris, les abords de la ville sont tristes à mourir, mais probablement aussi sous le ciel bleu. Cabanes de tôle clairsemées, grillages, détritus, amas de tout ce qu'on veut un peu partout... Nous prenons la direction du centre qui n'en finit pas, encore 7 km, apercevons un Carrefour sur la droite, et hop, virage à quatre-vingt-dix degrés. Il est immense mais nous ne trouvons rien, d'autant que fruits et légumes, laitages et charcuteries sont interdits à l'entrée au Chili. Tandis que nous déambulons dans les allées, Alain a une excellente idée: partir de là illico et filer sur le terminal pour être sûrs, demain matin, d'être à l'heure pour le premier ferry. Il reste 578 kilomètres jusqu'à Ushuaia, deux frontières et un ferry où l'on peut parfois attendre paraît-il jusqu'à une demi-journée. Nous dormirons dans la Corsa, les sièges s'inclinent, et après tout nous serons plus à l’aise que dans l’avion. Adjugé! Nous sommes subitement plus légers et filons sous la pluie qui redouble, en oubliant de faire le plein d'essence en Argentine, moins chère qu'au Chili, alors qu'il ne nous reste en pesos chiliens que de quoi payer la traversée.
Le passage à la frontière est un peu laborieux car il y a beaucoup de monde, des cars, surtout. C'est la plus importante de toutes celles que nous avons vues depuis un mois. Encore une trentaine de kilomètres jusqu'à Punta Delgada, l'embarcadère et la pompe à essence. En cours de route nous vient une autre idée. Pourquoi attendre le lendemain pour passer le détroit de Magellan? Nous allons plutôt essayer de prendre le bateau aujourd’hui et nous dormirons à Bahia Azul, sur l'autre rive, au terminal de la Terre de Feu.
Punta Delgada. Nous demandons où est la station-service et on nous répond qu'il n'y en a pas..., il faut aller jusqu'à Cerro Sombrero, de l'autre côté du détroit, au bout de la route goudronnée de quarante kilomètres. Notre carte est donc erronée! Il n'y a pour l'instant qu'un camion et un 4 x 4 brésilien. Nous prenons la file, d'autres camions arrivent peu à peu, quelques pick-up également, mais ce n'est pas la foule des grands jours. Il y a deux ferrys qui font la traversée en alternance, tous les trois quarts d'heure jusqu'à minuit 15.
Les dauphins nous accompagnent pendant le passage du détroit de Magellan qui est à cet endroit bien plus resserré qu'entre Porvenir et Punta Arenas. Le ciel s'est dégagé derrière nous et s'est chargé de plus en plus devant... Il est maintenant 19 h 30, nous nous sommes évité trois heures et demie sur la journée de demain, et alors que nous sommes au milieu du détroit, il nous vient la troisième idée de la journée: pourquoi ne pas poursuivre jusqu'à la pompe à essence de Cerro Sombrero? En débarquant en Terre de Feu, nous nous apercevons qu'il n'y aurait pas eu le moindre endroit pour garer la voiture au terminal. De Bahia Azul, totalement différent de celui de Punta Delgada. Ici, seule une rampe bétonnée bordée de deux murs mène de la sortie du ferry à la steppe au-dessus.
Les quarante kilomètres sous la pluie battante sont vite avalés. Il faut faire un détour de dix kilomètres pour Cerro Sombrero par rapport à la piste que nous comptons prendre demain, et qui passe par Onaisin. En arrivant dans le village, nous avons la très bonne surprise de voir qu'il y a une hosteria à l'entrée – l’hosteria Tunkelen –, qui n'est indiquée nulle part et que nous n'avons pas vue non plus sur Internet. Elle est pimpante et n'a aucune concurrente, ce qui n'augure rien de bon pour les prix. Effectivement, la chambre double est à plus de 80 euros! Nous décidons alors de prendre une chambre dans l'annexe, qui a dû connaître des jours meilleurs, à deux lits jumeaux avec salle de bains partagée, type refuge, pour l'équivalent d'une trentaine d'euros, petit déjeuner inclus, que nous payons en dollars. Puisque nous devions normalement dormir dans la Corsa, ce sera toujours beaucoup mieux. C’est très calme, ici, à l’écart de la piste et loin de tout . Les petits moutons frisés de la steppe patagonne broutent infatigablement dans la lumière dorée du soir qui tombe. La journée est terminée, nous nous sommes bien avancés sur notre route pour Ushuaia, et nous dormons finalement au chaud et dans un vrai lit, ce qui était inespéré...
Jeudi 23
Après le petit déjeuner dans l’annexe salle de restaurant de l’hôtel, sur l’arrière, en compagnie de Brésiliens qui avaient pris le ferry avec nous à Punta Delagada, nous nous dépêchons de partir avant que le premier ferry ne débarque àBahía Azul et que les camions n'envahissent la piste. Tout le long des 400 km qui nous séparent d'Ushuaia, nous constaterons pour la énième fois combien tous les routiers sans exception sont courtois, attentifs et prévenants. Quelle différence avec les particuliers qui nous croisent sur la piste à toute allure, sans ralentir ni se pousser d'un poil, en sachant qu'ils risquent de faire éclater notre pare-brise... Et certains me font même des appels de phare répétés parce que je ne mets pas les codes, comme la loi l'exige, quel excès de zèle! Je me demande bien à quoi ils peuvent servir sur des routes rectilignes à l'infini, alors que la voiture est blanche, sinon à dépenser un peu plus d'essence. La Terre de Feu est incomparablement plus belle que toute la route que nous venons de faire depuis Perito Moreno (ciudad). C’est un archipel dont l'île la plus grande, la isla Grande, est assimilée à toute la Terre de Feu. Le sol se soulève en collines sur le dos desquelles on dirait qu'est jetée une épaisse toison végétale qui ne descend pas tout à fait jusqu'en bas. Moutons ou petites vaches broutent un peu partout l'herbe blonde, souvent accompagnés de toute sorte d'oiseaux pourvu qu'il y ait un peu d'eau: flamants, canards, cygnes à col noir, poules d'eau, oies. La longue chevelure gris clair des lichens envahit de nouveau des bosquets entiers. Puis les collines laissent la place aux montagnes couvertes de forêts de langas et aux sommets encore enneigés, aux lacs et aux rivières.
Ushuaia, plus de 60 000 habitants. La ville est étendue le long de la baie mais ses maisons basses et ses jardins donnent l'impression d'une petite agglomération. D'après nos calculs, Françoise et Gérard doivent déjà être là. Nous allons directement aux cabañas del Beagle, sur les hauteurs, et faisons la connaissance d'Alejandro, le jeune propriétaire qui les a entièrement construites de ses mains. Elles sont grandes (50 m2) et magnifiques, avec d'immenses baies vitrées en angle jusqu'au plafond, très haut, ce qui donne l'impression d'être à la fois dehors et dedans. Au-dessous, par-delà les toits, on aperçoit la baie.
La suite (la semaine à Ushuaia) arrive très bientôt. Et grâce à Gérard (Vilcanota) qui m'a prêté son objectif Canon 70-200 f/2,8 et que je remercie encore une fois ici, les photos seront enfin de bien meilleure qualité!
Un mois seule en Inde par amour du pays English translation pending
UN MOIS SEULE EN INDE PAR AMOUR DU PAYS
https://voyageforum.com/discussion/mois-seule-en-inde-par-amour-pays-d3872411/
A Peine rentrée de mon voyage en Inde de janvier que je programme de visiter le Rajasthan avec comme but la «Camel fair» à Pushkar.Rajasthan: second état d’Inde par sa superficie; à l’est des monts Aravalli. Capitale: Jaipur. Guerriers aux longues moustaches et turbans multicolores étaient de farouches combattants, défendant leur indépendance contre les musulmans. Leur grande gloire était de se lancer dans un dernier assaut fatal, vêtus de la robe jaune du sacrifice. En même temps, derrière les remparts, leurs femmes s’immolaient sur un bûcher voulant mourir libres plutôt qu’être au pouvoir de l’ennemi. Ce passé de sang et de bravoure résonne encore dans les murs des forts et des palais. DEPART de Belgique le 26 octobre 2010 à 10H: je quitte mon patelin car le voyage en Inde du Nord comprenant le Rajasthan et le Punjab démarre aujourd'hui pour un mois. La personne qui m’emmène à la gare est quelque peu énervée donc je m'empresse de me rendre sur le quai où je fais un peu d'exercices vu qu'en portant mes bagages, je viens déjà de me coincer une vertèbre. Bon, ça y est, le train est là, je m'arrête à Bruxelles centrale exprès car j'y ai toujours vu des escalators donc mieux pour mon dos. Pas de chance, aujourd'hui, c’est jour d'entretien ce qui m’oblige à grimper les marches pour atteindre le quai n°5. On annonce que le train pour l'aéroport aura du retard «problème de locomotive» toutefois vite réglé. Le contrôleur vient me demander pour payer «la taxe Diabolo» de 2,05€, je lui demande s’il blague et bien non, c’est pour payer le nouveau tunnel. Arrivée à l’aéroport, on n'accepte pas mes 2 bagages à l’enregistrement sous peine d'une taxe de 45 dollars. Je décide d'aller les scotcher ensemble ce qui me coûtera 10€. Bon début de journée! Je suis en avance et téléphone à mon chéri qui commence à s'inquiéter de mon silence. L'avion pour Londres est prévu à 15H25 mais le vol est retardé à 17H30 «problème de moteur». Il faut se rendre à l’évidence que ma correspondance Londres-Delhi à 17H est loupée! Je verrai à Londres si j’ai un autre vol. En attendant, j'ai reçu un voucher de 8€ pour me restaurer. Je m’en vais boire une bonne bière avec une tartine au poulet. Je fais internet 1/4h pour 3€. Départ imminent : 18H. Je ne vois ni le décollage ni l'atterrissage car je dors au point de ne pas avoir ma collation. Arrivée à Londres, je me dis que voici le moment où tout va se décider. British Airways me propose un de leur vol faisant escale à Bombay et arrivant à Delhi le lendemain après-midi. Le personnel de l’aéroport ne parle pas un mot de français. Je fais comprendre que ce vol ne m'intéresse pas. On me trouve un autre vol avec Virgin Atlantic à 22H. J'accepte. Du terminal 5, je vais au terminal 3 (10 min de bus). Très grand aéroport. Beaucoup de boutiques. Marche de 20 min pour arriver à la porte où on embarque à 21H25. Le récit pour l'Europe se termine ici..... Le 27 octobre 2010 à 23 h: Je m’envole donc avec Virgin Atlantic, assise au hublot à côté d'une indienne; le discours est réduit à "bonjour", ni l'une ni l'autre n'avions envie de parler mais plutôt de manger, dormir et arriver. On nous sert un excellent repas végétarien. Je tente de voir un film à l’ordi mais le bruit des moteurs est trop fort. Je dors en gigotant beaucoup. Je m’éveille à l'odeur du déjeuner chaud. Je replonge aussitôt et m’éveille à l'atterrissage. Bon vol. J’attends mes bagages mais le tapis défile et rien. Ceux-ci n'ont pas suivi. Durant 3H, je discute tant bien que mal avec les responsables bagagistes. Raj, de l’agence Milna qui s’est occupée de mes réservations, traduisait par téléphone. Evidemment, le taxi qui m’attendait n’est plus là quand je sors. Je prends un taxi-prépaie pour me rendre à l‘hôtel SMYLE INN dans le quartier Paharganj. Un gars de Milna me livre les roupies commandées. Je profite pour lui montrer ma minuscule chambre atroce. Il y a des trous entre les vitres et le plâtre donc bonjour les moustiques et ma moustiquaire, bien sûr, est dans les bagages. Le matelas est haut de 3 cm. Hors de question de rester là et vais en face, à l’hôtel MY INN où j'ai une belle chambre. Je m’endors tard car j'ai dû aller acheter des habits puis j'ai rendez-vous en soirée avec un étudiant en langue française avec qui je communique depuis six mois. Après avoir été acheté une petite culotte que j’ai oubliée lors des mes achats «ça fait bien avec un jeune gars que je vois pour la première fois! Nous discutons devant un thaï masala à l’hôtel. Nous découvrons que nous avons une connaissance à Delhi en commun: Raj de l‘agence Milna. Je reverrai ce jeune étudiant en fin de séjour. J’ai deux autres rendez-vous; un est remis à plus tard et l’autre, je ne l’ai pas trouvé; vu que la carte indienne de mon mobile est périmée, je ne peux l’appeler. Je démarre le circuit demain matin à 10H. Jeudi 28 octobre 2010: Je me lève en catastrophe à 9H45; je me suis endormie tard la veille; le taxi est là. Il m'attend. Nous partons. Il est garé loin et marche vite dans ses vieilles petites rues du vieux Delhi. Je l'arrête un instant pour acheter une crème de jour vu que je n'ai toujours pas mes bagages. Quelques mètres plus loin, je pars sur le côté de la chaussée et m'étale de tout mon long; comme la dernière fois que je suis venue à Delhi, c'était le 1er jour aussi! Comme parfois, les choses dans la vie se reproduisent… J'ai des égratignures aux 2 genoux et aux 2 mains; j'ai surtout très mal mon pied droit qui s'est tordu. Comme toujours, un attroupement d'indiens pour m'aider à me relever alors que je restais figée à terre me disant "non, ce n'est pas possible, pas encore ". Le chauffeur me donne du sparadrap et, comme si rien n'était, nous partons. C'est ainsi que se termine mon mini séjour à Delhi. En route pour la 1ère destination soit la ville de MANDAWA qui se trouve dans la région duSHEKHAVATI à 250 kilomètres de DELHI. La voiture correspond à ce que j'avais demandé une «tata indigo»; elle est propre; le chauffeur doit avoir 35 ans, s'appelle Kamur. A peine dans la voiture, je m'endors jusque midi. Nous passons dans un petit village typique où j’achète des pommes, des bananes et un jus d'orange. On ne s’attarde et démarre pour la suite du parcours. Vers 15H, Kamur me demande si je veux un thé; j'accepte mais une fois là, je vois que c'est le grand resto à touristes; le thé coûte 50 roupies. Je ne suis pas radine mais connaissant le prix ailleurs, je me contente d'aller aux toilettes. Je dois attendre le chauffeur car lui, mange. Je croise un car de français mais je n'ai pas envie de leur parler. Je suis un peu déprimée car j'ai très mal au pied. Je marche à peine. J’ai peur pour mon séjour! Enfin, Kamur a fini. Nous partons. Je lui demande de m'arrêter dans une pharmacie pour acheter une pommade mais se contente de me dire "after". Après 1H de route, nous arrivons à JHUNHUNU. J'ai prévu de visiter un des plus beaux temples du Rajasthan "le TEMPLE de RANI SATI" qui est très fréquenté par les indiens et très peu visité par les touristes; effectivement, j'étais la seule. C'est un haut lieu de pèlerinage hindou qui a lieu au mois d'août/septembre et des milliers de fidèles y viennent. Il y a 800 chambres dans la cour pour accueillir les pèlerins. Il a la particularité d'avoir pratiquer "le SATI" qui est le rituel de la veuve qui s'immole sur le bûcher après la mort de son mari. C'est immense. C’est beau. Joliment décoré de scènes de la vie de Rani Sati (la reine du sacrifice). Je suis éblouie par ce sanctuaire. Je marche très difficilement. Je bois un thé dans le temple. En sortant, j'aperçois une sorte d’officine. Je n'ai rien à perdre. J'explique mon cas. La personne me regarde, ne touche pas mon pied, et me donne des pilules homéopathiques. Je ne paye rien. Bizarre. A peine prises, il me semble que mon pied va déjà mieux. Psychologique ou non? Je suis très étonnée de voir que la nuit tombe déjà et qu'il n'est que 17H30. Nous partons; le chauffeur ne trouve pas le puits que je demande. Par contre, il m'arrête voir un petit temple à 200 mètres du premier. Maintenant, il est 18H, il fait noir. Il y a encore 1H de voiture pour Mandawa et le chemin est très chaotique. J'aperçois le SHEKHAWATI Hôtel en haut de la petite ville; il parait sympa. Un garçon à la réception parle français. Il propose de me guider le lendemain matin. J'accepte. Mais déjà le soir même, nous descendons au village chercher ma pommade que je n'ai toujours pas acheté ainsi que tout un attirail pour les moustiques car toujours pas de bagages et donc pas de moustiquaires ni de produit répulsif. Et là, il y a des moustiques. Dans la chambre, je tire les draps et je trouve une bête rampante dans le lit. Le patron constate par lui-même et me change immédiatement de chambre. Le Skehavali hôtel est propre et le service excellent, aux petits soins pour leurs clients. La cuisine est succulente. De retour à l'hôtel, je soupe sur la terrasse qui est sur le toit; repas délicieux; j'ai choisi du mouton curry en sauce et deux galettes de pain fourrées. Je prends une bière de 660 ml. Elles sont grandes ici mais elle s'est bue quand même. Je rencontre un couple de français et nous échangeons quelques mots. Je rentre, me douche, vais dormir; il est 23H. Vendredi 29 octobre : je me lève tôt. J'ai bien dormi. Je suis au petit déj. à 8H. Omelette et toast avec 2 bons cafés. Avec le petit guide de l'hôtel, nous commençons la visite de MANDAWA. On commence par la grande particularité du Shekhavati, soit la visite des Haveli qui sont d‘anciennes demeures qui appartenaient à de riches commerçants partis pour la plupart dans les villes de Bombay et Calcutta. Très peu sont encore habitées par les descendants mais souvent par des gardiens. Elles sont pour la plupart très délabrées mais on retrouve les dessins faits à l'époque représentant toutes sortes de scènes soit religieuses soit des animaux ou autres. On les distingue par leur façade dessinée. On entre dans la 1ère cour décorée qui était la cour des hommes où souvent se réglaient les négociations. La 2ème cour appartenait aux femmes où elles participaient à tous les travaux ménagers. A l’étage, les chambres hébergeaient les commerçants de passage. Je visite quatre havelis à Mandawa. Je me régale ensuite à visiter le fort médiéval où je passe un bon moment côté historique; j'ai renoncé au côté transformé en hôtel. J’y vois une chambre de Maharaja que je trouve toute petite et mignonne. Je découvre aussi la salle de danse avec ses petits balcons. Il y en a aussi dans certaines havelis. Le petit guide me conduire chez son père qui est artiste peintre mais la visite fut de courte durée. J’ai envie d’un thé et il est très étonné quand je demande de le boire au même titre que les indiens sur une chaise à trois pieds et demi; il propose que je le boive à l'hôtel. Je suis têtue, il n'insiste pas. J'achète des bananes et une pomme. Je rentre à l'hôtel où le chauffeur m‘attend. Toujours pas de bagages. Il est midi, nous partons pour visiterNAWALGARH, une petite ville aux multiples havelis également. Il y en a plus de 5000 dans la région. Le petit guide du matin s'est déjà mis en rapport avec un copain qui attendait sur le chemin près du village. Il parle français aussi. C'est une région où les jeunes et les enfants parlent volontiers français. Je m'étais concoctée un petit itinéraire que nous ne respecterons qu'à moitié car ces havelis sont plus grandes et surtout un musée-haveli me prendra beaucoup de temps. Le premier est le Choti Haveli. Le suivant est le Murarka haveli, très grand et très bien entretenu; j'y ai même vu la cour aux bestiaux. Ensuite, le Podar Haveli muséum qui vaut vraiment le coup d'être vu même si l'entrée coûte 100 roupies. Je demande au guide, qui croyait avoir fini son travail, de voir le haveli des huit frères qui possédait chacun la leur. Original. Elles sont délabrées. Puis, le Khedeval Bhavan recommandé par le routard comme une des plus belles havelis; je n'ai vu que l'extérieur assez minable! Il me restait sur la liste le temple de Ganga Mai. Le guide ne veut pas y aller disant que c'est fermé mais, j’avais lu qu’en demandant à l'arrière du temple, on nous ouvrirait. Ce fut le cas. Pas très intéressant. Il est 17H, je libère le guide. Au départ, je pensais aller aussi à DUNDLOOD, RAMGARH, MAHANSAR et SIKAR mais ça y est, j'en ai vu assez. Après, c'est trop. Par contre, je profite d'être dans les heures des offices religieux pour assister à une cérémonie au temple de Mandawa. Mon chauffeur est rentré seul à l'hôtel. En rentrant, je me laisse séduire par une paire de sandales car toujours pas de bagages. Je cherche internet mais c'est en panne partout. Au retour, je passe devant l'hôtel où je devais loger en premier mais que Milna a changé; il est luxueux et avait des chambres libres à 600 roupies. Toutefois, je ne regrette pas celui où je suis. Pour souper, je monte à la terrasse sur le toit et je déguste une spécialité de la région, un plat végétarien succulent "mandorri" je pense! Je vois arriver mon chauffeur à ma table "pour ne pas me laisser seule, comme il dit", c’est gentil et sympa mais pas de dialogue vu qu'il parle anglais et ne fait pas d‘effort pour me comprendre. Quoiqu’il insiste sur quelque chose, je dis «yes» au hasard. Pas de surprise. J'ai dû bien répondre. Je rentre, me douche, rédige ce texte et me couche. Le départ demain est prévu à 9H. Samedi 30 octobre 2010 : 7H du matin et déjà réveillée, en pleine forme. Je m'habille et vais prendre le petit déj. à la terrasse. Ma première préoccupation est de demander au garçon si mes bagages sont arrivés; il me répond par la négative mais voyant ma tête, rigole et dit «oui, ils sont arrivés à 3H du matin». Ouf....Comme le jour avant, je prends 2 cafés et une omelette. Du toit, j'observe la vie paisible des habitants qui se mettent en train. Certains regardent le passage; les femmes font le ménage; les chiens jouent entre eux; les petits marchands déambulent à vélo en criant pour vendre je ne sais quoi. Hier, j'ai eu la visite d'un corbeau qui m'a piqué le beurre; il est de retour et repique le beurre. Il est 8H. Je salue le garçon. Je termine de ranger mes affaires et rédige ces quelques mots puis je pars à 9H. La première escale sera FATEHPUR à 30 km d'ici. Mon souhait en arrivant là est de visiter UNE HAVELI que NADINE LEPRINCE a achetée en 1999 pour en faire un centre culturel puisqu'elle même est artiste-peintre. Elle a fait retaper cette haveli datant de 1802, qui est maintenant resplendissante. Dans les pièces qui ont été épargnées par les pigeons et l'humidité, les peintures sont restées authentiques. Le gardien de Nadine LEPRINCE est d’origine française. Il regrette que la municipalité ne rénove pas les autres havelis pour attirer le tourisme. Il me fait visiter les lieux en m’expliquant d’abord que si les portes sont petites pour entrer dans les havelis, c'est pour saluer le maître en entrant: vrai ou faux? Les guides de Mandawa m'avait dit que c'est parce que les gens étaient petits à l’époque! Je ne les avais pas crus… Le gardien m'apprend que toutes les fresques représentant des animaux datent des mongols. Il me dit aussi que les petits morceaux de miroirs, servant à la décoration des œuvres, viennent du Val St Lambert à Liège en Belgique. Par contre, les guides de Mandawa me l’avaient dit mais j’ai cru qu’ils disaient cela parce que je suis belge! A savoir que la cristallerie du Val St Lambert existe encore à l’heure actuelle Je ne visiterais rien d'autre à FATEHPUR car je me suis bien attardée et il faut prendre la route car il est déjà midi. A 13H, nous arrivons à DESHNOKE: le TEMPLE DE KARNI MATRA dit le temple des rats". Quel horreur! J'étais pétrifiée sur place jusqu'au moment où un petit rat; heureusement car les autres sont gros est passé sur mon pied. Ils sont là à jouer, manger, boire du lait. Les fidèles les vénèrent parce que la Sainte femme Karni Matra a renoncé à croire aux Dieux humains vu que malgré ses prières "Yama" le dieu de la mort n'a pas pu sauver un jeune enfant. Heureusement que je n'ai pas écrasé un rat sinon j'aurais dû le remplacer par un rat en or ou en argent. Je n'ai pas, non plus, rencontré un rat blanc qui aurait été signe de bon augure. Ce n'est pas le temple que je choisirais pour rester de longs moments assise à terre pour méditer. La visite fut assez brève pour une fois. En sortant, je m’empresse de désinfecter mes pieds avec des lingettes au citron. En quittant ce temple, je demande au chauffeur de faire une halte à la FERME AUX CHAMEAUX à 7 km de Bîkaner. Il n'a pas l'air de connaître puisqu'il demande le chemin. Nous trouvons mais devons attendre 15H pour faire la visite qui n’est pas du tout spectaculaire. En sortant, je déguste un thé au lait de chamelle. Le chauffeur est content car la visite est finie mais déchante quand je lui demande de me conduire visiter le site DEVI KUND à 7 km de Bîkaner. Evidemment, je l’aurais juré, il ne connait pas non plus lui qui se vantait connaitre tout le Rajasthan. Après s’être renseigné, nous arrivons sur ce lieu de crémation où j’admire les superbes cénotaphes, pour la plupart en marbre blanc, des maharajas et leur famille. Le gardien m’ouvre une petite porte qui donne sur le "lac de la déesse" où résident des poissons à moustaches, énormes au point que je demande s'ils mangent aussi les humains. La réponse est négative mais j'aime mieux ne pas m'y baigner. Il est 19H quand nous arrivons à BIKANER. Le chauffeur a du mal à trouver l'hôtel MARUDHAR HERITAGE. Je range mes sacs puis vais manger à l'extérieur un thalli végétarien exquis avant de rentrer me doucher, taper ces quelques lignes puis me coucher. Demain matin, j'ai l'intention de visiter le fort mais aurais-je le temps? J'ai du mal à m'endormir à cause de drôles de bêtes sur le mur. Dimanche 31 Octobre 2010 : 8H, je commande toasts au fromage et café au service room. Je suis prête à 9H pour la visite du JUNAGARTH FORT. J’arrive trop tôt; on me laisse juste visiter le musée en attendant l’ouverture; ce musée n’est pas extraordinaire. 10H, les portes du fort s’ouvrent. La particularité de ce fort est qu'il n'est pas construit en hauteur du tout; ça doit être le seul, je pense! Je loue un autoguide en français, plus cher mais quel luxe! Il n'y a qu'à suivre les flèches et tout est expliqué; ça permet de faire la visite à l’aise et de revenir en arrière autant de fois qu‘on veut, d‘avoir toutes les explications en français. Je mets 2H pour visiter l'intérieur du fort qui est remarquablement bien entretenu et en parfait état. Sa beauté est inexplicable. Il est vrai que j'ai lu dans le guide du routard que c'est le plus beau du Rajasthan. Il a été initié au 16ème siècle parle Raja Rai Sing. J'ai beaucoup aimé les grandes cours, les salles richement décorées, la chambre du Maharaja et ses miroirs pour lui permettre de voir qui arrivait. Son lit est très simple car depuis qu'un Maharaja a été assassiné, ligoté dans son lit, ils avaient des lits simples pour pouvoir se débattre au cas où! Départ pour JAISALMER; j'avais encore des choses à voir mais le chauffeur, qui est toujours pressé de partir, dit qu'il faut 7H pour faire la route. Préférant rouler le jour, je renonce à ce qu'il me reste à faire. Midi. La grand-route est fermée. Nous traversons un dédale de ruelles poussiéreuses. La route bétonnée reprise, nous roulons jusqu'à 14H. Je m'endors. Le chauffeur s'arrête à une de ses étapes habituelles évidemment pour prendre un café et manger. Moi, j'ai prévu une banane, une pomme et le reste des toasts bacon du matin. Bref, je prends quand même un café mais je regrette car il est super mauvais. Après réclamation, on me le remplace par identiquement le même. L'addition arrive: 100 roupies. Je refuse. Le serveur me montre la carte. C'est le prix. Je refuse quand même. Le chauffeur discute et je paye la moitié mais toujours en discutant. Je redis pour la 2ème fois au chauffeur de ne pas m'arrêter dans les endroits à touristes, que je suis habituée à manger et à boire "local". Il me dit "yes". Nous reprenons la route. Quel ne fut pas mon étonnement en voyant que JAISALMER est annoncé à 45 km; il n'est que 16H. J'aurais eu le temps de finir mes visites à Bîkaner. Je ne suis pas contente sur lui. Il me dit quelque chose que je ne comprends évidemment pas et insiste pour que je dise "OK". Je lui répète que je ne comprends pas. Nous arrivons à JAISALMER "la cité dorée ou la ville d'or du désert". Maintenant, je comprends ce que le chauffeur tentait de m'expliquer à tout prix depuis Mandawa. En fait, un de ses amis nous attendait à Jaisalmer pour m'accompagner en tant que guide. Je refuse lui expliquant que je me débrouille seule et que j'aime traîner à ma guise. Ils ne sont contents aucun des deux. Puisque nous sommes arrivés plus tôt que prévu, je descends au lac artificiel "LE GADI SAGAR". C'est un endroit reposant et agréable, propice à la méditation. Je me suis régalée avec mon petit "moi" toute seule. Je me suis retrouvée à faire du pédalo au milieu du lac! J’apprécie d’autant plus que le soleil va bientôt se coucher. Je photographie les poissons à moustaches. Ils sont voraces. Après ce tour, je monte une petite rue et me retrouve à boire un thé dans un petit bar dominant le lac. J’y suis reçue comme une reine régnant sur son lac! Le garçon demande de revenir demain car il a reçu un bon pourboire! Je dis peut-être»! Il est 18H. Je rejoins le chauffeur qui me dit «now hôtel» d’un ton autoritaire. J'ai des appréhensions concernant l’hôtel SHAHI PALACE car le gardien de Nadine Leprince m'a dit qu’il était crado. Je suis agréablement surprise car hôtel propre, bien tenu, personnel sympa; la terrasse est superbe, éclairée à la bougie et petites lampes rouges, et en prime vue sur la forteresse. La nourriture est très bonne. J'ai repris mouton/riz cuisiné autrement. D'un coup, je reçois 5 sms de mon chéri Alain. Cette fois, c'est le mien qui bloque. Je lui téléphone 3 minutes pour 50 roupies (-de 1€)! Maintenant, il est temps d’aller un peu ranger puis me doucher. Demain, j'ai donné congé au chauffeur jusque 15H. Je prévois visiter le fort à pied. A ce moment de mon voyage, je peux dire que le temps passe très vite. Je râle sur moi de ne pas savoir l'anglais mais on ne peut pas être doué en tout! Lundi 1er novembre 2010: 8H; je me réveille. J'ai bien dormi. Finalement, je décide de ne pas faire la forteresse aujourd'hui mais plutôt la vieille ville. Je déjeune. J'emporte avec moi quelques jouets et des chaussures pour enfants que j‘ai emmené de Belgique. Je rencontre deux gamins à qui je donne un jouet. Le reste a suivi rapidement car il a appelé ses copains en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Ils ont tout pris y compris les lignes de chocolat qui étaient prévues pour Praveen, l’étudiant de Delhi, mais qu’il n’a pas su avoir compte tenu du retard des bagages. Je ne peux pas continuer à les emmener. Il fait très chaud ici. Tout ça me fait un sac en moins à porter, je me sens plus légère. J'arrive à l'entrée de la vieille ville pour visiter trois havelis et déambuler dans les rues. J'accepte toutefois l’aide d’un jeune homme car c'est un peu le souk ici et finalement, je me dis que pour m’y retrouver, ça va être un casse-tête. Il ne met pas longtemps à me casser les pieds pour me faire voir tel ou tel magasin. Je n'arrête pas de lui répéter que je ne veux rien acheter mais visiter. Il parle et comprend le français. Donc pas d'excuses. Je le garde avec moi un moment. Il me conduit voir deux havelis. En premier, je visite est le PATWON-KI-HAVELI, qui est magnifique, encore meublé au premier étage avec des collections de toutes sortes d’objets. A noter que le jeune guide m’avait dit que cette haveli n’était pas bien. Bien sûr, là, il n'a pas de commission. En second, je visite le NATHMAL-JIKI-HAVELI qui appartenait à deux frères, moins intéressante que la première. Le jeune m'attend pendant que je visite à mon aise. Ça l'agace. Il arrive quand même à me conduire dans un magasin d'état, me faisant croire que c'est un musée. Ils sont rusés. Je m'arrête pour manger une bricole. Le jeune me dit d'un ton irrité "viens ça va être fermé" en parlant de la troisième haveli. Il m‘ennuie. Je lui dis que je continue seule en m’offrant au passage un jus d'ananas frais; je sympathise avec le serveur qui se débrouille un peu en français. C’est une ville touristique donc les jeunes savent le français comme moi je sais l'anglais. C'est toujours ça! On s'en sort toujours avec beaucoup de gestes, de la volonté et parfois le dictionnaire quand même! Il m'explique comment me rendre à la troisième haveli, le SALIM-SINGH-Ki-HAVELI, qui appartenait à un tyran. Je fais la visite guidée avec un bel indien aux cheveux et aux yeux noirs comme du charbon tranchant sur ses habits blancs. Nous sympathisons. A la fin de la visite, je lui demande où est le centre ayurvédique. Il m'y emmène; je prends rendez-vous pour le soir. Maintenant, je rentre à l'hôtel car j'ai rendez-vous avec le chauffeur à 15H et il est déjà 14H30. Le bel hidalgo se propose de me ramener à l'hôtel avec sa moto. Je me retrouve donc encore une fois sur une moto en Inde. Il y a des choses qui se réitèrent par rapport au voyage de janvier! J'arrive mais le chauffeur n'est pas encore là, je profite de remonter quelques minutes à la chambre. 15H, nous partons pour une petite excursion à la recherche des TEMPLES JAINS. A 10 km de Jaisalmer, le temple de LODRUVA est splendide et est protégé par deux cobras! On voit le trou par où ils rentrent. Tous les jours, on leur donne du lait. Quelques kilomètres plus loin, il y a le site d’AMAR SAGAR où nous faisons une halte pour admirer les merveilleux temples. La dernière visite pour aujourd’hui sera le site MAHARAJA BAGH où il y a des cénotaphes à l’infini. Je suis bien placée pour admirer le coucher du soleil à 18H. Un jeune homme me tient compagnie en voulant me vendre le livre du Kamasutra. L'excursion terminée, je me rends à mon rendez-vous ayurvédique. Le massage dure 2H au lieu d'une heure prévue car il trouve des nœuds partout. C'est spécial comme massage. Ça débloque les énergies et les nœuds. En plein milieu du massage, le bel hidalgo à la moto fait son apparition et veut assister à la séance; je refuse bien entendu. Le taxi m'attend. Je rentre à l'hôtel pour téléphoner à mon chéri puis mange du poulet tandoori; c'est délicieux. Je rentre me doucher, rédiger ces lignes, ranger mon fouillis habituel et m’endort. Mardi 2 novembre 2010:J'ai eu une migraine cette nuit et elle m'incommode encore ce matin. Je me force à manger un peu car je n'ai jamais faim avec la migraine. Bon ça peut aller quand même. Au déjeuner, je constate que nous sommes quatre femmes seules! Je rejoins le chauffeur qui me conduit au pied de la FORTERESSE de JAISAILMER. Il ne peut pas monter jusqu'au dessus et comme je n'ai pas envie de me fatiguer dès le matin, j’y vais en rickshaw. Je suis maintenant au cœur même du fort. Je commence par visiter deux temples Jains, merveilleusement décorés. Je ne peux pas emmener ma bouteille d'eau à l'intérieur. Tout à coup, je ne me sens pas très bien. Je suis barbouillée à cause de mes médicaments pour la migraine. J'ai le cœur qui bat très vite. Je me retrouve en pleine crise de tachycardie aux portes du désert! Je bois un coca et de fil en aiguille, je me retrouve face à un centre de massage ayurvédique. Je ne me fais pas trop prier après le thé offert par la maison. J’accepte 1H de massage, fait très consciencieusement par une indienne. Je me sens mieux. Il est presque midi et il me reste 1/2H pour visiter les deux autres temples Jains qui n’étaient pas ouverts avant 11H. Dans un temple, il y a des chauves-souris! Ces temples sont d’une immense beauté. Je poursuis ma visite comptant visiter le palais mais des jeunes hommes me disent qu’il n’est pas très beau et que celui de Jodhpur est mieux. Je n'ai quand même pas trop envie de le faire donc j'opte pour leur avis qui m'arrange. Je continue mon chemin parmi les vaches, les taureaux, les vendeurs de tout et de rien. Tout ça me plait. Mais on ne fait pas un grand chemin en Inde sans être accostée. Encore un prétexte pour m'arrêter. Je me laisse embarquer à aller boire un thé à la terrasse d'un resto. Je suis bien accueillie par deux jeunes avec qui je discute à bâtons rompus. C'est quand même fou, eux en anglais moi en français, chacun mélangeant un peu de chaque langue. Je me sens bien. Ils m'ont bien installée sur un matelas et je vois toute la ville. Un français venant de Bourgogne dormait chez eux et est venu me parler un moment. On n'est jamais seule en Inde. Le serveur téléphone au taxi pour qu'il vienne me chercher au pied du fort plutôt qu’à l'hôtel, comme prévu. Je le rejoins à 15H pour faire une excursion vers les VILLAGES FANTOMES. Epoustouflant. C'est fabuleux de voir plus de 700 maisons abandonnées. Je demande au taxi de me laisser marcher er m’attendre plus loin près du temple abandonné. Je n'ai jamais entendu unsilence pareil. Rien. Pas un bruit. Calme plat. J’aimerais m'asseoir et méditer mais une vipère pourrait ne pas être loin donc je m'abstiens. Quelle n'est pas ma surprise en entendant de la musique moderne à tue-tête. C‘est mon chauffeur. Non mais, il le fait exprès, un endroit ainsi…Je l'aurais tué mais j'en ai encore besoin! Il y a un deuxième village fantôme près d'un fort. Il ne connaît pas plus que le premier mais se renseigne et y arrivons. Il y a une bande de 3 mètres de sable; la voiture ne passe pas. J'y vais à pied. Il faut vraiment le vouloir!!! Je suis encore épatée par ce paysage désertique. En revenant, je m'amuse avec deux enfants sympas. Il est 17H30, je rentre en passant par le lac artificiel où je vais visiter un petit musée et boire un thé, hé oui encore, à cet endroit qui m'avait plu deux jours plus tôt. Le soir, je retourne faire un massage ayurvédique mais ça ne se passe pas bien. Le masseur arrête à tout moment soit pour téléphoner, soir pour voir un client qui arrive, enfin toujours pour quelque chose. Un moment, je profite qu’il est de nouveau occupé à autre chose pour me rhabiller et partir. Je refuse de le payer. Il n'est pas content. Moi non plus. Je rentre à l'hôtel boire une bière, manger et discuter en français avec une anglaise. Demain, je pars à 9H30 pour Jodhpur. Bon souvenir de Jaisalmer. Mercredi 3 novembre 2010:8H30, j'ai déjà pris ma douche et le petit-déjeuner. Départ à 9H30 pour JODHPUR. En chemin, je demande de m'arrêter pour prendre un thé. Il s'arrête et prend un aussi mais ne le boit pas disant qu'il n'est pas bon. Trop tard, j'ai bu le mien! On verra! Il n'est pas marrant ce chauffeur. Il ne s'arrête jamais pour me faire voir quelque chose ou me laisser prendre une photo. En fait, je crois qu’il ne connaît rien à part le chemin qui relie les grandes villes. Heureusement que je suis bien documentée et tenace sinon je ne verrais pas grand chose. Il est 13H quand nous arrivons à JODHPUR, 2ème grande ville du Rajasthan, appelée «ville bleue». Les maisons sont peintes en bleu pour éloigner les moustiques et garder la fraicheur; tradition datant des brahmanes (prêtres). Il n'y a que 18 jours dans l'année où il n'y a pas de soleil à JODHPUR. Cette ville est trépidante. Le chauffeur est furieux de ne pas trouver de parking près de l'hôtel. Il téléphone à Raj de chez MILNA pour lui dire qu’il ne me conduira pas le lendemain à la forteresse. C'est vrai que c'est la foire ici, aux deux sens du terme puisqu'il y a la préparation de la fête de DIWALI. Il y a du trafic et les gens sont fort excités à l'approche de cette fête. Il y a des lumières partout... Et déjà les pétards retentissent. Le chauffeur viendra donc me chercher demain à 16H, à ma demande, pour me conduire à MANDORE, petite ville à 10 km sûrement moins agitée. Je range ma chambre puis à 15H, je vais visiter la vieille ville. Là, ne circule que piétons, vélos et rickshaws. Le guide du routard indiquait qu'il n'y avait pas de touristes là-bas; il ne s'est pas trompé; j'étais la seule et me suis demandée un court instant ce que je faisais là. Je vire et revire dans les ruelles. Tout le monde me salue, veut me donner la main. Je suis la créature rare du coin! Je distribue des jouets aux enfants et vite une émeute s’est formée à mes côtés. Pas bien méchant! C’est un peu St. Nicolas! Après avoir bu un thé dans une gargote, je pars à la découverte de la TOUR DE L’HORLOGE et du SADAR BAZAR. Toujours aucun touriste juste sur la fin où je croise un petit groupe de français. C’est quand même une grande ville et je suis étonnée. Je me balade encore, fais des photos, mange des spécialités épicées. C'est vraiment le délire ici. Ils préparent la fête avec vigueur. C'est vrai que c’est la nouvelle année pour eux. Je suis fatiguée et traîne encore un peu la migraine donc tente de rentrer à l'hôtel à pied puis en rickshaws car je ne sais plus le chemin. Je me douche et essaye de m'endormir tôt. Demain, j'irai visiter la forteresse. Je me sentirais moins bête rare! Je suis déçue du chauffeur; je me fais comprendre par tout le monde sauf par lui à cause de sa mauvaise volonté, son empressement et de ce fait, ne prend pas le temps de comprendre. Tant pis pour lui à la fin du voyage! Je m’endors vers 20H mais suis réveillée à 3H du matin en sentant quelque chose se promener sur moi. Quel horreur, c’est une grosse bêbête de 3 cm de long avec une carapace et des longues antennes. Elle est dans le lit. Je me bats avec pour la tuer. J'y arrive. Une autre surgit. Ca devait être le couple. Tuée aussi. Oh, je pense ne plus dormir cette fin de nuit! J'ai une moustiquaire mais pas bien mise puisqu'il n'y a rien pour l'accrocher donc je fais avec les moyens du bord mais pas bien apparemment!!! Il est 7H30 chez nous, comme mon chéri se lève tôt, je lui téléphone; j'ai toujours beaucoup de joie à entendre sa voix. Je l'aime. Il me manque mais je sais qu'ici, il ne pourrait pas être bien. C'est vraiment spécial l'Inde! A cet instant, je m’interroge si un mois ne sera pas trop long? Mais ça doit être un sentiment passager à cause des bêtes et la fatigue. Ma chambre ressemble à un champ de bataille. Comment je fais pour avoir un bazar ainsi à moi seule et en rien de temps? Je range un peu. Il est 5H et m’endors un peu. Jeudi 4 novembre 2010: A 8H, au déjeuner, je parle avec une anglaise: n'y aurait-il que les anglais qui voyagent? La dame me dit qu’ils n'ont pas de mérite à parler anglais, c'est leur langue maternelle. Après le petit déj, à croire ou à ne pas croire: en rentrant à la chambre, je rate une marche dans le couloir et me voilà à mesurer celui-ci de long en large; il n'y a qu'en Inde que je tombe; j'ai fait une de ses mascarades avant de tomber, mal à la main et à la jambe! Je me couche un peu, prends des comprimés homéopathiques. Me voilà repartie. Achat d'eau. Négociation du rickshaw puisque mon chauffeur ne veut pas m’y conduire; quoi qu’en arrivant là, les autres touristes étaient avec leur taxi ou bus. Non mais.... à déduire sur son pourboire, enfin on verra! Forteresse de MEHRANGARH, j'arrive!!! Le guide du routard dit que c'est la plus belle forteresse du Rajasthan, je confirme; elle est magnifique; j'ai rarement vu quelque chose du genre aussi beau. C'est comme si l'histoire ne s’était pas vraiment arrêtée, que quelqu'un va arriver, qu'on va être de la partie. Je m'évade dans le rêve en me replonge dans l'histoire des marahajas, des combats, des femmes derrière leurs "puschas" qui sont ces fenêtres à trous dont elles voient tout sans être vues. Je suis éblouie en voyant les diverses salles du palais si bien entretenues. Ce qui m'interpelle le plus, ce sont les empreintes des mains, toujours visibles, que les femmes ont laissé avant de s’adonner au «sati». Équipée du guide oral, j‘écoute les explications compréhensibles pour tout un chacun. Tout ce que j'ai vu dans ma documentation avant de partir est décrypté dans les moindres détails. Je passe 3H dans cette forteresse sans perdre une minute à flâner. Je termine en me faisant disputer par le chauffeur du rickshaw à qui j’ai dit que j'en avais pour 2H. Il n'a jamais dû visiter la forteresse sinon il saurait que 3H est le temps min pour une visite correcte. Je n'ai pas eu assez de temps pour me balader sur les remparts, dommage! A 1 km de là, sur le chemin du retour, on s'arrête au JASWANT THADA au bord d'un mini lac. C'est un grand cénotaphe tout en marbre blanc, datant de 1899, érigé à la mémoire du maharadjah Jaswan Singh. Lieu toujours destiné aux crémations actuellement. A l’intérieur, on découvre des objets personnels du Maharaja, des photographies. On peut aisément imaginer cet endroit à l’époque! Continuation du périple vers le PALAIS UMAID BHAWAN qui comporte 350 pièces. Le maharaja Umaid Singh le fit construire pour donner du travail aux habitants car, à cette époque, régnait la famine. Ce n'est pas possible de tout visiter car une partie est restaurée en hôtel de luxe et l'autre en appartements personnels du maharaja de Jodhpur. Le chauffeur du rickshaw dit de me dépêcher car j'ai mis trop de temps à la forteresse. Je n'ai que faire de ce qu'il dit et je continue à prendre mon temps. Il me ramène à 15H. Je fais internet à l'hôtel en attendant mon chauffeur attitré. Encore à ma demande, excursion vers MANDORE à 9 km de Jodhpur; lui ne propose toujours rien. Je préviens RAJ de Milna que je ne suis pas satisfaite des services du taxi. Raj lui parle mais "le driver" invente et raconte n'importe quoi! Il n'aura pas de pourboire, c'est quasi décidé. Nous partons quand même pourMANDORE. Il ne connait pas!!! Doit encore demander le chemin. A croire qu'il fait le Rajasthan pour la première fois. Je me promène 2H dans ce Garden magnifique avec les singes qui me dévisagent. J'ai retiré mes lunettes, je porte mon sac sur le ventre et n'ose pas les prendre en photo. Mais, ils sont beaux avec leur tête noire et leurs poils blancs. Ils sont joueurs. Hop, ils sautent d'une branche à l'autre! Ils retournent un tonneau en faisant un chahut de tous les diables. Je les admire; un vieux monsieur me dépasse en me disant qu'ils mordent. Oust, je décampe. De toute façon, il fait presque noir. Mieux vaut les laisser entre-eux… Je fais quand même fait la promenade pour aller voir les cénotaphes des reines et admirer le coucher du soleil de là. Je voulais encore allez voir quelques villages VISHNOIS mais j'abandonne car Kamur ne connaitra pas encore. Je décide de rentrer à l'hôtel manger une spécialité râjasthâni, bien épicée. Je parle au patron des bestioles venues me tenir compagnie la nuit; il met un serpentin d’encens dans la chambre. Demain, départ pourMONT ABU à la rencontre des ours! Ce sera la DIWALI "nouvel an hindou et le retour du Dieu Rama" qui revient d’une victoire contre le démon; tout le monde l'attend, c'est pourquoi, il y a des lumières partout. Je vais fêter ça; je ne sais pas encore avec qui. Vendredi 5 novembre 2010. Je me lève à 7H45 comme souvent. Me douche et hop, au petit-déjeuner. L'anglaise rencontrée le jour avant demande si elle peut se joindre à ma table, ce que j'accepte avec grand plaisir. Elle est sympa. Elle a toujours voulu venir en Inde et là, elle y est pour deux mois, sans aucune réservation. C'est ce que je ferai la prochaine fois. Nous papotons toujours tandis que le chauffeur m’attend depuis 1/2H mais je m'en fous, ce qui n'est pas mon genre habituellement. Mais lui, il m'énerve, alors... Pas de scrupules! La rencontre avec l'anglaise est mieux. 10H, nous démarrons pour RANAKPUR où il y a les plus beaux temples JAINS. Je dors un peu dans la voiture. Après 2H30, lemont ARAWELLI commence à se dessiner. Un peu plus tard, arrivée à RANAKPUR où se pointent CINQ TEMPLES JAINS fascinants. Tout est d'une élégance, d'une perfection, d’une finesse et d'une propreté impeccables. Je commence par le plus petit avant d'arriver dans le spectaculaire Temple d'ADINATH ou de CHAUMUKHA. Chaumukha veut dire "4 faces". Il est interdit d’entrer dans ces temples Jains avec boisson, cigarettes ou chaussures. C'est le plus grand temple Jain de l'INDE. Il a été construit au 15ème siècle sur une durée de 50 ans. Tout de marbre blanc, en plein milieu de la forêt, s'étendant sur 1500 m², haut de 33 mètres, 29 salles et 1444 piliers décorés de manière inimaginable. Un des piliers n'est pas droit volontairement car il n'y a que Dieu qui est parfait, donc il fallait une faille à cette merveille! J'ai cherché lequel mais ne l'ai pas trouvé… L'architecture du temple Jain est basée sur des règles cosmiques précises; tout est réglé en fonction du mandala. Il existe encore une petite communauté Janaïste dans ce site. Leur religion ne leur permet pas de nuire aux animaux à tel point que les femmes mettent un voile sur leur figure et les hommes un masque afin de ne pas avaler involontairement un insecte. Ils pratiquent la non-violence, ne possèdent pas d'armes ce qui fait qu’ils n’ont jamais été persécutés au fil du temps. Ils sont respectés des indiens de croyance différence. Ils sont peu nombreux; on en compte 4 millions en Inde dont un million au Rajasthan. Ils recherchent la libération de l'âme en la libérant de son karma. Les cinq règles sont: ne tuer aucun être vivant, ne pas voler, se détacher des biens matériels, être chaste, ne pas manger la nuit afin de ne pas avaler un insecte sans le voir. Ils sont tolérants. Je termine la visite en me posant la question : pourquoi ces temples sont-ils construits si loin de tout? Comment les gens y arrivaient-ils? A moins qu'ils aient été tous moines résidant au temple? Aurais-je une réponse? On reprend la route en s'arrêtant pour que le chauffeur mange et partons pour leMONT ABU, appelé aussi le MONT DE LA SAGESSE avec son étrange rocher qui ressemble à un crapaud! Le paysage est spectaculaire; la route est de mieux en mieux et on commence l'ascension vers le Mont Abu. Le chemin est pittoresque. Il y a des singes partout. Une pancarte annonce aussi des tigres et des ours. Mais je n’en verrai sûrement pas car avec le bruit des pétards de la Diwali, ils doivent être cachés au fin fond de la foret. Au SRI GANESH Hôtel, Je visionne ma chambre puis vais manger. J'invite le chauffeur à venir à ma table pour la fête! Le chien de la maison s'invite aussi, restant toute la soirée à mes pieds. Nous discutons en anglais. Dictionnaire en main, papier, bic et surtout beaucoup de gestes. Pétards et feux d'artifice partout. Bruit intense. A 11H, je suis au lit avec mon MP3. A 5H du matin; ca pète toujours. Je me rendors. J'ai bien dormi protégée sous ma moustiquaire. Samedi 6 novembre 2010 :8H du matin, je rédige ces lignes. Pétards encore. Je pense que je suis enrhumée. Il fait froid ici. Nous sommes à 1200 mètres d'altitude. Je bois un bon café, un lassis (yaourt+banane) et un jus d'ananas. A 10H, je libère la chambre et commence ma visite par un MUSEE SPIRITUEL où on me propose une expérience de méditation que j’accepte! Étonné? Ce n'est pas terrible mais ça me plait. Il y a des milliers d'indiens qui viennent à Mont Abu pour ce jour de l'an. Ils sont contents. Pour eux, c'est jour de sortie voire vacances pour certains. Ici personne ne mendie, ce sont des indiens aisés. Ils sourient en me voyant, veulent me toucher la main, me prendre en photo. Pour eux, c'est un honneur! Comment ne pas se sentir bien voyant ces gens heureux autour de moi? Je descends au lac NAKKI (lac des crocodiles) faire le tour en barque, refusant le pédalo cette fois. Je ne vois pas de croco, tant mieux. Ensuite, je vais sur le grand bateau en béton boire deux thés délicieux. On dit que c'est le toit du bateau Titanic!!! Comment savoir si c'est vrai ou si c’est une légende! Je veux voir un petit temple le RAGHUNATHYI mais il est fermé. Je prends beaucoup de temps à faire à photographier les indiens qui me le demande car ici ils peuvent louer des costumes dignes de maharajas et maharanis pour passer la journée. Il est 13H et le chauffeur m'attend mais je prends le temps quand même d’aller manger un thalli: plusieurs petits plats végétariens sur un plateau. Après-midi, je le prie d’aller aux TEMPLES de DELWARA à 3 km. Très beau site. Je dois laisser ma caméra à l'entrée mais j’achèterai un petit livre à la sortie pour garder ce souvenir. Je suis vraiment de plus en plus épatée de la finesse du travail. Le premier des cinq temples le VIMALA VASAHI, bâti en 1031, n'a que 240 piliers mais ce qui fait sa splendeur, ce sont les 52 petits plafonds, tous différents! Incroyable travail! En entrant, il y a un "smosan" qui est une représentation symbolique de la montagne sacrée: je pense bien que c'est le triangle en argent que je vois mais je n'en suis pas sûr car normalement il devait être entouré de statues d'éléphants, que je n'ai pas vues. On y trouve une impressionnante statue d'Adinath tout en marbre blanc. Le deuxième sera le LUNA VASAHI, bâti en 1230, est aussi impressionnant; on y trouve une statue de Néminath, toute noire. Au plafond central, 64 danseurs dans 64 pauses différentes sont sculptés. Je verrai encore un troisième où là, le Dieu est tout en or. Il y a des milliers d'indiens qui viennent visiter ce site. Nous sommes maximum dix touristes à traîner à cet endroit. A se demander où les touristes vont! Il est maintenant 15H et la prochaine étape est UDAIPUR. Je garde un merveilleux souvenir du MONT ABU! Un jour de plus là m'aurait bien plu. Après 3H de route, arrivée àUDAIPUR à 290 km de Jodhpur. Ca commence mal, le taxi ne peut pas entrer dans la vieille ville et devons porter les bagages jusqu'au NIWAS hôtel. Je suis au 5ème étage, sur la terrasse, pas d'ascenseur. Je ne descends pas pour souper et mange très bien à la terrasse. Dimanche 7 novembre 2010: Je m'éveille à 8H30, rédige ces lignes et me prépare pour la visite de la vieille ville, à pied. En fait, je quitte ma chambre à 11H. Je commence par faire recharger mes piles et acheter une bouteille d'eau. Je vérifie le prix sur l'étiquette et «plouf», voilà mes lunettes de soleil tombées dans la mini rigole où les égouts passent. Je les récupère à la main. Elles sont crado et puent. En plus, je m’éclabousse les chaussettes et chaussures. Bon début de journée après avoir fait 100 mètres! Il y a trop longtemps qu'il ne m'était arrivé quelque chose! Un peu plus loin, j'arrive au JAGDISH TEMPLE, construit en 1651, dédié à Vishnou. A l'entrée, deux grandes statues d'éléphants. Il y a beaucoup de Sâdhus qui sont des hommes démunis de tout, ne vivant que de ce qu'on leur donne à manger. Ils aiment être pris en photo pour recevoir une pièce. Dans le sanctuaire, il y a une statue noire représentant Vishnou. Voyant que je suis intéressée, un indien me dit qu'il y a un office à 18H30. Je promets d'y aller. Je change de la monnaie puis visite un atelier de peinture sur soie et sur os de chameau. C’est très joli et très cher. Je me restaure avec un beignet local, un gâteau et du thé à l’entrée du City Palace. Je me répète mais j'adore le thé masala. J'espère pouvoir le refaire chez moi… Le CITY PALACE est le plus grand palais du Rajasthan. Il a été construit vers 1560 et a été régulièrement agrandi au fil du temps jusqu'à la fin du 19ème siècle. Ce palais est séparé en trois parties. Une aile toujours habitée par le maharaja actuel qui y passe trois mois par an, puis six mois à Londres et trois mois à Mumbay. Une autre aile fait office d'hôtel. La troisième est celle qu'on peut visiter. Je me muni toujours d’un autoguide; par contre, la taxe pour l'appareil photo est trop chère, donc pas de photos. Les cours du palais sont superbes. On retrouve comme d’habitude la cour des hommes et la cour des femmes, la zanana où seul le Maharaja peut entrer; les énuques servent d'intermédiaire. Je suis surprise par la salle aux miroirs, c'est d'une beauté! Ils aimaient se regarder les maharajas. Dans la salle des audiences, il y a les "Jhalis" petits balcons d’où les femmes pouvaient suivre les discussions sans être vues. Les vitraux d'une salle proviennent de Belgique, sûrement aussi du Val St. Lambert; les pavés de décoration proviennent du Portugal et de Hollande. Le marbre utilisé ici est local. J'imagine mal comment ils transportaient tout cela à l'époque et j'imagine encore moins comment ils pouvaient bâtir des bâtiments d'une telle importance. On remarque aussi que les couloirs du palais sont étroits et les marches irrégulières, ce qui est volontaire pour ne pas donner de l'élan à l'ennemi qui pourrait s'introduire…Dans ce palais, on fait souvent référence au Dieu Rama (Dieu du soleil); sa femme est Sita; ils ont deux enfants. Il s'est passé un drame dans ce palais; cette histoire m'a marqué: «une jeune fille du Maharaja avait été promise par son père à deux prétendants, le maharaja de Jaipur et celui de Jodhpur. Ne pouvant faire son choix, elle s'empoissonna". La visite dure plus de 2H dans un brouhaha terrible car les nombreux indiens en visite sont bruyants. Je rends l'écouteur et sors faire quelques photos à l’extérieur du palais avant de retrouver le chauffeur qui me conduit, à ma demande, aux jardins de SAHELION-ki-BARI où il y a une atmosphère sereine. C'est un havre de paix où les dames de la famille royale venaient se promener. Il y a 4 bassins. C’est agréable d'entendre le bruit des fontaines, fonctionnant toujours au moyen du système hydraulique élaboré en 1700 (unique à l'époque). Les gens sourient, se promènent. La balade dure peu mais est bénéfique. Si je me presse un peu, c'est qu'il fait noir à 18H et je veux encore aller au MEMORIAL PRATAP, érigé sur la colline de Modi Magri. Il y a un monde fou. Je me balade et fais la visite du petit musée. J’aimerais voir le son et lumière mais il faut repayer et attendre 1H. Je suis fatiguée et prend le chemin du retour. J'ai oublié d'aller à l'office de 18H30 au Jagdish temple. Je ne peux pas tout faire. Je rentre, mange, n'ai plus la force de rien. Je me suis endormie sur ma chaise au resto. Je file dans mon lit. Lundi 8 novembre 2010: il est 7H, je m’éveille, rédige ces lignes après ma douche, range mes bagages. J'ai mal la jambe et le bas du dos. Après le petit déj, je fais un massage ayurvédique et j’achète de l'huile qui j’espère soulagera ma jambe, enfin normalement! Je ne visiterai pas tout ce que j'avais prévu car j'ai besoin de me reposer un peu. A midi, je mange dans un hôtel renseigné par le guide du routard "Ambrai restaurant, au-dessus de l’hôtel Baba". Je ne suis pas déçue, c’est bon et en plus, j'ai vue directe sur le temple hindou Jasdish. Je suis juste surprise du prix du coca light:40 roupies (1€) cher! Ensuite, je prends un rickshaw; Il m'emmène le long du lac et je profite pour faire une petite balade en bateau sur le lac PICHOLA; je ne vois pas de crocodiles or il y en a. J'embarque avec tous indiens en vacances. Ils sont contents que je sois avec eux. Il va sans dire que les photos vont bon train de part et d‘autre! Les indiens en vacances dans une de leur ville sont toujours heureux, bien habillés et ne demandent jamais rien d'autre que des photos et de quel pays on vient. Le gars du rickshaws veut m'arnaquer me comptant 400 roupies les 2H. Il en aura 100 et pas de discussion; il ne rouspète pas trop car un policier est juste à côté de nous. D'un côté, je regrette un peu de ne pas avoir pris le bateau à l'embarcadère du City Palace où le tour aurait été plus grand avec vue du palais au milieu du lac de plus près mais d'un autre côté, j'ai vécu un bon moment avec les indiens sur le grand bateau traditionnel ! J'abandonne l'idée d'aller au zoo Garden. Il reste juste assez de temps pour boire un thé à l'entrée du City Palace où je suis allée hier; il est délicieux et coûte cinq roupies (soit 9 cents). A 15H, nous démarrons et arrivons à 17H30 àCHITTORGARH où le PADMINI Hôtel est clean ainsi que la chambre. Il y a un grand jardin. Je m'y installe directement et quoi de mieux qu'une bonne bière et un papad (petite crêpe craquante). Le régime ne sera pas encore pour aujourd'hui! Le garçon me fait remarquer que sous ma chaise, il y a un petit chiot qui s'est installé. Il ne me quitte pas, me regarde avec des yeux craquants, trop mignon; je voudrais l’emmener. Le moment de l’apéro était agréable. Je mange, ne déballe pas mes habits, tape ces lignes et m'endors. Mardi 9 novembre 2010: éveil à 3H du matin découvrant la bouteille d'huile de massage renversée dans le lit; je me suis endormie en me massant la jambe. Je pouvais bien mettre tout ce temps à la choisir! Il ne me reste plus qu'à en retrouver. J'ai été dormir tôt et me voilà en pleine nuit en train de terminer mon récit. J'espère me rendormir un peu car demain matin, rendez-vous à 9H pour la visite du fort qui est gigantesque paraît-il! C'est une belle grande chambre, propre, dommage que j'ai sali les draps avec l'huile. Voilà, une bien courte nuit dans une si belle chambre. A 9H, petit déj et à 10H, visite de la FORTERESSE DE CHITTOR. Le tour est long donc je vais de temples en palais avec la voiture. La forteresse, bâtie au 7ème, fait 13 km de circonférence. Les bâtiments sont éparpillés. Il y a sept portes pour arriver à l'entrée. La "Rama Pol" est la dernière et la plus belle; je la photographie en sortant. Le temple de SAMADHISVARA sera le premier site. Il est tout en ruine mais on imagine la beauté de celui-ci à l'époque. Je pense à ces batailles qui ont eu lieu ici. En 1303, vivait ici la reine Padmini et son mari. La beauté de la reine Padmini était célèbre et attira le Sultan de Delhi qui demanda au mari de la contempler. Celui-ci accepta pour éviter une guerre mais à la condition que ce soit par le biais d'un miroir où l'image de la reine reflèterait. Il accepta mais mécontent, en sortant, et par traîtrise, le Sultan de Delhi fit le mari prisonnier. Les Rajpoutes voulant sauver leur roi se firent tous tuer. Au même moment, eu lieu à cet endroit le premier DJOBAR, qui veut dire que la reine et 3000 autres femmes se firent brûler sur un bûcher pour ne pas survivre à leurs époux. Deux autres Djohars eurent encore lieu sur ce site. Les Rajpoutes mettaient leur robe jaune-safran pour partir au combat quand ils savaient qu'ils ne reviendraient certainement pas. Là, je suis en plein dans l'histoire du fort.... Je continue ma visite par le musée archéologique qui possède des objets ayant été retrouvés sur le site. Ensuite, j’entre dans un temple Jain puis le temple de Meera. Le bâtiment célèbre la «tour de la Victoire» comporte 9 étages et 157 marches; je réfléchi beaucoup avant d'y entrer; finalement, je me décide mais j’en ressors après 5 min; je n'ai pas été plus haut que le 1er étage. J'arrive au temple de Shiva où je rencontre un très jeune Brahmane qui parle un peu français et veut étudier la langue française. Je lui donne mon traducteur qui va trop lentement pour moi et trois livres que j'ai dans la voiture, destinés à ma copine de Delhi. Il reçoit un livre sur la méditation indienne, l'Alchimiste et la prophétie des Andes. Il m'emmène voir la fontaine sacrée où la vache a reçu la première goutte d'eau dans sa bouche d'où depuis le lac est sacré. Ensuite, je passe voir le Palais de Padmini avant de terminer au temple de Kalika Mata, dédié à Kali. Il y a encore beaucoup à voir mais voilà déjà près de 4H que je déambule dans la forteresse et j'en ai assez. Direction BUNDI, à 120 km de Chittorgarh, avec arrêt aux fameuses cascades Bemlatts Fall dont Manu (contact VF) m'a tant vanté. Je ne sais pas si c'est le bon endroit mais il n'y a pas d'eau qui coule dans le petit lac. C'est un site archéologique. Manu m’a dit qu’elles se trouvent à 30 km de Bundi et on en a encore bien fait 60 km après donc j'ai vraiment un doute sur l’endroit! À vérifier près de Manu. Et moi qui avais déjà pris mes affaires pour piquer une tête, raté! Déçue de ne pas avoir vu la cascade, on reprend le chemin de Bundi pour y arriver à 18H. Je dors dans à HAVELI KATKOUN, richement décorée, restaurée en hôtel. La chambre est très bien. Tout est grillagé pour les singes. Ils sautent sur le grillage. Il y en a des centaines. J'ai un peu peur d’aller demain au fort. BUNDI se trouve à 165 km d'Ajmer. On l'appelait autrefois "la cité des sources" pour les nombreux puits "baolis" qu'elle possédait. Je fais un massage de jambes, achète des produits ayurvédiques, mange et dodo. Mercredi 10 novembre 2010: je me réveille à 6H du matin mais me rendort un peu. Après le petit déj, le chauffeur qui devait me conduire au fort me dit que ce n’est pas possible en voiture et me laisse au pied du palais. Je n'irai donc pas au fort car je m’aperçois que pour une fois, il a raison et il faut y aller à pied; pour moi, c'est impossible. Déjà, le Palais, ça grimpe. J'arrive, après trois pauses, à l'entrée du GARTH PALACE. Il faut dire que la vue est belle; on voit les maisons peintes en bleu lavande. C'est plus grand que je ne pensais. Un guide parlant français insiste pour me guider; je refuse. Heureusement, car je suis restée 4H dans ce palais. C'est pourtant un des moins bien conservé mais j'ai eu la chance de rencontrer un couple de français; nous avons bien discuté. Eux avaient l’intention de monter au Fort mais voyant le chemin pour y grimper, ont renoncé. Je ne citerai pas les salles car finalement c'est toujours la même chose; je commence à en avoir assez des palais et des forts. C'est très fatiguant 15 jours de visites intensives surtout que ça grimpe tout le temps, des escaliers, des descentes, des montées et ma jambe qui me fait toujours mal. Je descends aussi difficilement que pour monter tellement les pierres sont lisses, glissantes et mal foutues. Ouf, je suis en bas! Je n'ai pas aperçu de singes au Palais. Ils sont au Fort. Je m'offre un thai masala dans le petit bar où le patron, artiste-peintre, a six doigts à une main. En rentrant à l'hôtel, un jeune homme devant une boutique m'invite à prendre un thai, ce que j'accepte puisqu'il parle un peu français et que j'aime les contacts. Le thé se boit un peu plus loin chez lui où en fait c'est un petit hébergement. J’y rencontre là deux espagnols, une dame de Tarragone, qui parle catalan et un homme au look "fun «de Madrid qui parle français; le moment est agréable. Le jeune homme m'invite à faire un tour sur sa moto le soir au bord du lac; j'accepte pour m'en tirer mais je n'irai pas à ce rendez-vous; tout d'un coup, je ne le sens pas et je préfère ne pas prendre de risques. Je rentre à l'hôtel 10 min. Il est déjà 15H. Je repars pour aller au puits et au marché. Je trouve d'abord la poste pour envoyer une carte à Dédé, un ami de Reims, mais je ne sais pas s'il l’a recevra! A force de tourner et de virer, j’arrive au marché où je m'achète un ananas, qu’on me coupe et met dans du journal. Je le mange en marchant et ne fais pas trop attention où je vais me disant que je prendrai un taxi pour rentrer à l'hôtel où que je sois. Quelle erreur!!! Je me suis embringuée dans des ruelles de plus en plus étroites sans m’en rendre compte. Il y avait beaucoup d’enfants qui voulaient être pris en photos. Je les photographie mais il en arrive toujours de plus en plus. Je continue cette séance de cinéma tout en avançant dans ces ruelles où les gens sont de plus en plus sales. Voyant que je m‘égare bien, je demande aux enfants si on arrive au Palais en continuant au bout de ces ruelles; le palais étant mon point de repère car l’hôtel n’est pas loin. Ils confirment et m'emmènent. Dieu du ciel…, je me retrouve à grimper de nouveau alors que je n'ai jamais descendu en partant. J'arrive sur la grand-route de Chittoor à Bundi. Les gosses demandent des roupies, je refuse. Ils s'excitent, tirent sur ma bouteille d'eau, dansent autour de moi un rituel de singe, font des grimaces, disent je me demande bien quoi! Je commence à paniquer et me fâche. Ils s'en vont en me lançant des pierres. J'ai de la chance car un groupe d'enfants ainsi, ça peut être fatal!!! Je suis au bord de cette rue où camions et bus passent à toute allure. Il n'y a pas de trottoir. Je sais que je suis loin de l’hôtel puisque je suis passée par là en arrivant de Chittorgarh. Evidemment, pas de taxis aux alentours. Rien. Pas même un tuc-tuc. Je redescends une volée d'escaliers un peu plus loin car je vois le lac artificiel et mon hôtel est en face. Je me rends vite compte que ça va être la même galère que je viens de vivre et remonte ma volée d'escaliers. Que les marches sont hautes ici! Je n'en peux plus. Je transpire sans arrêt. Je marche. J'arrive au lac. Je pense pouvoir le contourner vers la gauche mais il n'y a pas de rue, je dois faire marche arrière et repartir. Sur le pont, je suis à bout. Il reste 1 km mais je ne peux plus avancer. Il passe un tuc-tuc quand même envoyé par les Dieux. Je le prends. Les Dieux auraient pu me l'envoyer plus tôt. Je n'ai donc pas vu le "baori" (puits) mais vécut l'ambiance rurale et vu le lac artificiel. Je rentre à l'hôtel pour récupérer un bagage que le chauffeur devait déposer. Bien entendu, il a mal compris et pas de bagage! Pour m'en sortir, je fais appel à un interprète sinon j'y étais toujours. Ca y est, c'est arrangé, il arrive en courant me donner le bagage qui est dans la voiture. Je bois un thaï (un de plus!). Je me rends au massage bien mérité. Après celui-ci, je mange du mouton et fais internet. Je m'énerve un peu car ma fille ne répond jamais à mes emails et c'est agaçant. Je m'inquiète en plus. Je téléphone à mon ex-mari qui s'affole de mon coup de fil et qui fait téléphoner ma fille. Tout va bien mais elle doit être très occupée à "autre chose" comme dit mon chéri à qui je téléphone aussi. La visite des Palais et des Forts est terminée sauf à Jaipur (Amber). Demain, départ pour Puskhar où règne là une autre ambiance: le festival des chameaux (la CAMEL FAIR). En terminant ces lignes, je vois un énorme lézard sur l’armoire; je n'ai jamais vu un si gros. En fait, la nuit j'ai cru sentir quelque chose de mouillé sur le lit mais en allumant, rien n'était mouillé, maintenant je sais: j'ai dû mettre la main sur le lézard. Qu'en faire? Je réfléchi, le regarde. Lui aussi me regarde avec ses petits yeux. Il est beau mais il ressemble à un dinosaure en miniature. Je n’ai jamais vu de lézard ayant cette allure. Je tente de l'attraper avec une boite pour le sortir mais n'y arrive pas. Il est parti au-dessus de la garde-robe puis ailleurs puisque je ne le vois même plus là. Je ne sais pas où il est. Vais-je pouvoir dormir sachant qu'il peut encore venir sur mon lit? Et toujours rien pour accrocher la moustiquaire. Je l'ai pris en photo. On dit que ça porte chance… pour autant que ce soit vraiment un lézard! Jeudi 11 novembre 2010, direction PUSHKAR, mignonne petite ville sainte au bord du désert, de 15000 habitants, 11km d'Ajmer et 150km de Jaipur. C’était ici le RV des hippies du monde dans les années 1970. La vie ici est restée assez baba cool. C'est un havre de paix sauf à la «Camel fair» qui a lieu à l'occasion de la Kartnik Purnima (anniversaire de la mort de Brahmâ), liée à la pleine lune. C’est la plus grande foire de chameaux de l'Inde. Les nomades du désert du Thar et les paysans du coin y débarquent pour acheter et vendre des chameaux et des chevaux. Pendant le festival, femmes et hommes mettent leurs plus beaux habits traditionnels. On y voit les beaux turbans colorés des hommes et les plus beaux saris colorés des femmes; elles mettront tous leurs bijoux. Avant d’arriver à Pushkar, je prévoyais visiter la mosquée d'un grand Saint à AJMER mais il pleut à seau et je renonce. En direction de PUSHKAR, le paysage est majestueux, ce ne sont que montagnes tout autour. C'est de celles-ci que descendent les nomades avec leurs dromadaires et chevaux pour la Camel fair; ils pourront ainsi les vendre pour acheter des marchandises. Ils en achèteront aussi. Nous trouvons avec difficultés le PARAMOUT PALACE. Un hôtel est vite un palace en Inde. L’accueil est bon enfant. Je suis à l'aise. La chambre est propre mais les robinets coulent et le chauffe eau est archaïque. Comme prévu, là, je libère définitivement le chauffeur pour continuer seule mon périple. Je lui donne, malgré ce que j’ai dit, un bon pourboire pour le fait qu’il conduisait prudemment!!! Il est content. J'ai toujours très mal la jambe et un peu dans le dos. Je mange un plat végétarien et vais me reposer. Ah ça y est, je vois un lézard mais nettement plus petit que celui d’hier. Je mets ma moustiquaire de façon folklorique; pourquoi n’y a-t-il pas de crochets?? Mes attaches autocollantes ne tiennent pas ce qui fait que je reçois la moustiquaire sur la tête en pleine nuit. C'est décidé la prochaine fois, je prends le petit marteau que j‘ai hérité de mon père qui fait tournevis en même temps ainsi que des petits crampons. Au moins, après moi, les autres en profiteront!!! A 19H, je descends marcher, faire internet et acheter une bombe pour moustiques. Je ne résiste pas à un jus d'ananas frais. C’est l’heure de manger, toujours végétarien; il n'y a ni viande, ni œuf, ni alcool à Pushkar cause que c’est une ville Sainte où près de 2000 pèlerins par jour viennent de toute l’Inde. C'est un haut lieu de l'hindouisme. Il est dit dans les Védas (textes sacrés) que pour achever le parcours mystique qui purifie leur âme, les pèlerins doivent faire 4 pèlerinages et se baigner dans le lac sacré de Pushkar. Il y a 400 temples dont l’unique temple de toute l'INDE dédié au Dieu Brahma, créateur de l'univers. Une version de l'histoire sacrée dit qu’au 12ème siècle, Brahmâ tua un démon et lâcha 3 pétales de lotus; là apparurent 3 lacs d'où le nom «Push» signifiant fleur et «kar» signifiant main qui fit donc «PUSHKAR». De l’hôtel, j'aperçois le lac sacré. La mousson fut bonne cette année donc le lac n'est pas à sec. Il y a 52 gaths (escaliers qui descendent au lac). On dit que se baigner dans le lac à cette période porte chance, mais je n'irais pas, j'ai déjà eu de la chance avec le lézard!!! Il y a des moustiques car on passe avec un camion pour asperger les rues d'un répulsif. Il est tard; j’attends demain pour aller voir les dromadaires. Je me réjouis. L’ambiance ne doit pas être triste. En fait, à l'hôtel, mon palace quoi, il y a beaucoup de français. Ici, je dois voir Jacques de Bruxelles et Martine de France; j'espère avoir plus de chance qu'avec Manu que j'ai loupé à Delhi! Voyant le garçon de chambre de l'hôtel boiter, le lui explique que j'ai aussi mal à la jambe, il m’explique qu’en fait, lui c’est la polio! J'ai l'air con... Il me conseille de me rendre dans un temple à 80 km de Pushkar où il s'y passe des miracles; c'est là que tous les handicapés vont. Lui y est allé alors qu'il était en chaise roulante ne sachant ni marcher ni faire aller un bras, il en est ressorti en marchant mal mais en marchant et son bras fonctionnait normalement. Je n'aurais pas le temps d'y aller sinon j'aurais tenté l'expérience! Vendredi 12 novembre 2010, je m'éveille à 8H et n'ai toujours pas de douche. A la guerre comme à la guerre, eau froide, et en avant pour le petit-déj. Ensuite visite de la ville. J’ai la chance de ne pas devoir chercher le temple consacré à Brahmâ car il est sur le chemin du lac sacré. La visite est sereine. Je fais une offrande. J'aperçois la statue de Brahmâ à 4 têtes. Je suis des indiens qui se rendent dans un autre petit temple souterrain! Voilà, j'ai vu le seul temple hindou dédié à ce Dieu. Maintenant, je dois trouver le lac; je marche derrière des gens croyant qu‘ils y vont certainement. Mais on monte une route sableuse ! Pour le lac, c’est mauvais signe… Renseignements pris, ce sont des pèlerins qui se rendent au temple situé en-haut de la montagne. Je fais demi-tour; ce n’est pas mon intention de monter là-haut! En rebroussant chemin, je m'arrête pour boire un thaï masala. Petit mais bon. Je le paye, attends ma monnaie mais il ne veut pas; j'attends encore en insistant; il ne veut toujours pas; je m'en vais emmenant une bouteille d'eau. Oh là là, il m'a vite rendu la monnaie!!! Cet arrêt m'aura permis d'être à l'abri pendant l'averse. En chemin, je tombe sous le charme d'un foulard bleu, un de plus, je l'achète pour 50 roupies (-de 1€). Par contre, je marchande un sac à main mais sans résultat. On verra demain. Enfin, je vois des pèlerins se purifiant dans le lac. Il est interdit de photographier mais je fais quand même une ou deux photos en vitesse. Je m'assois sur les ghâts. Je reste un long moment en pleine méditation. Je me sens bien là. On dit que les cendres de Gandhi ont été éparpillées dans ce lac...Je viens de me renseigner: non ce n'est pas lui car c'est dans le Gange... Je suis attirée par les beaux singes à tête noire. Les uns jouent, d'autres donnent à boire à leur bébé et puis, sur le mur, un couple d'amoureux main dans la main, tête contre tête. C'est attendrissant. Ils s'aiment. Ils ne se quitteront pas de tout le temps que je reste là pendant que les autres courent et mangent des cacahuètes. Je me découvre une nouvelle passion: les singes. Un petit qui n'a pas encore de poils est accroché sous le ventre de sa maman; on dirait la tête d'un bébé humain. Quand ils ont un peu de poils et sont un rien plus gros, ils vont sur le dos de leur maman. En tout cas, les mères s'occupent bien de leurs petits. Un homme s'est approché un peu trop d'un bébé singe et la mère lui a montré les dents. Je ne voudrais pas lui prendre son bébé… En remontant la rue, je bois un jus de bambou. Je tombe par hasard sur un resto indiqué dans le routard le Shiva Juice; j’y mange une pizza succulente; ça me plait la nourriture végétarienne. En chemin, un coiffeur me propose un massage gratuit de la tête "pas pour de l'argent" comme il dit! Je rentre. Il me fait n'importe quoi sur le cuir chevelu pendant 5 minutes puis me demande 450 roupies. Je refuse puisqu’il a dit que c'était gratuit! Il rouspète mais je m'en vais quand même sans rien lui donner. Je ne lui ai rien demandé après tout et en plus, c'était du n'importe quoi! J’ai envie de revoir le lac à un endroit différent. Il est 15H, Il est temps d’aller voir les chameaux. J'y arrive facilement. La ville est petite. Ce sont les chevaux qui sont à l‘entrée du site; ils sont bien peignés et lissés. J’admire un cheval blanc aux yeux bleus, ça doit être une race du Rajasthan car au final, j’en ai vu plusieurs. Je confirme par la même occasion que Théodore, un âne que je connais en Espagne, est bien un âne indien. Je me laisse tenter pour faire un tour en chameau mais sur la charrette. Quel problème pour grimper dessus. Le gamin va chercher une chaise et hop, j‘y suis. Un jeune homme parlant un peu français m'accompagne voir les bébés dromadaires que j'aurais bien trouvé toute seule mais c'est ça l'Inde! Il veut ensuite que je lui paye un sac de farine. Je lui donne 20 roupies car je sais que ce n'est pas vrai. Je retourne seule faire un tour sur le site. C'est magnifique tous ces dromadaires décorés, tatoués. J’admire un homme qui coupe les cils et la moustache à son dromadaire; normal, chacun veut que son animal soit le plus beau pour le concours de beauté, concours de la plus belle moustache, etc… pour le vendre au meilleur prix. Les tentes commencent à se mettre en place. Les nomades font des feux de bois, cuisent leur pain, font du thé. L'ambiance est sereine. Le soir tombant, certains dromadaires sont attachés par une patte et d‘autres partent, je ne sais où. Je téléphone à Jacques (contact VF) pour savoir s'il est arrivé à Pushkar. En fait, il était aussi à la foire, essayant de m'appeler mais mon GSM reste éteint car il m'envoie des pubs sans arrêt et la batterie se décharge trop vite. On a du mal à se trouver mais ça y est, je le vois. Nous somme ensemble pour photographier le coucher de soleil. La rencontre est sympa. On discute beaucoup «voyage» en l'occurrence l'Inde! Il fait nuit; on va prendre l’apéro puis souper à mon hôtel où les prix sont plus raisonnables que vers la foire. On se reverra sûrement demain soir. Il est 2H30 du matin! Le temps passe très vite ici. Je n'imagine pas que j'en suis déjà à ce stade de mon séjour... Samedi 13 novembre 2010: 10H. Je bois 2 thés à la terrasse en parlant avec un couple de français. Il est 11H et je suis encore fatiguée. Je me remets au lit et dors jusqu'à 14H. J'en avais vraiment besoin. Je vais ensuite déambuler dans les rues de la ville; il est trop tôt pour aller à la foire. Je tombe face au restaurant «Om Shiva» où nous voulions aller manger le soir avec Jacques (buffet libre à 80 roupies). Je jette un œil en buvant un délicieux lassis mixte. Je mange aussi 2 bananes. Je n'ai pas envie de me fatiguer bêtement donc je prends un pouce-pouce pour aller à la foire aux chameaux. Je commence par m’attarder longuement m'attarder près des chevaux. Il y en a de toutes sortes; beaucoup plus qu'hier. Je fais beaucoup de photos d’animaux et leurs maîtres. Les nomades sont bien sympathiques, la plupart ont tout leur nécessaire sous la tente. Ils cuisinent. Je leur demande pour les photographier; ils acceptent mais veulent aussi m'inviter à leur repas que je refuse malgré que ça a l'air bon mais j'ai peur de l'hygiène. Ils cuisent le pain sur les crottes de chameaux; ils se font cuire aussi légumes et pommes de terre. Il va faire noir d'autant plus qu’aujourd’hui, il n'y a pas de soleil. Ce qui veut dire qu’il est grand temps d’aller voir les chameaux qui sont aussi plus nombreux qu‘hier. Je passe entre-eux. Ils me regardent. Ils sont marrants. Je me sens bien avec eux. Ils me relaxent. Une cafétéria en hauteur semble m’appeler, je me laisse tenter pour un thé. Je dois partir, il est 18H et il fait noir. Ce qui est désagréable sur le site, ce sont les enfants qui demandent des roupies et ne vous lâchent pas tant qu'ils n'ont pas. Avec moi, pas de chances! Il faut encore arriver à se fâcher pour que certains partent mais d'autres restent et rient. A la longue, ça devient pénible la mendicité. J’ai rendez-vous avec Jacques à 18H30. Nous partons en direction du restaurant "Om Shiva". A peine avais-je fais 4 mètres que je suis projetée en avant, surprise, je venais de recevoir une corne de vache dans la fesse. Jacques pense que ça va remettre mon nerf sciatique en place mais c'est l'autre fesse! Je n'ai pas eu mal mais c'est surprenant. Cela m’était déjà arrivé une fois dans mon pays, mais dans le bras; les vaches ne m'aiment pas...Nous faisons 4 mètres qu'il se met à pleuvoir à seau. On ira prendre un verre en attendant que ça passe. En chemin, on est bloqué. L'averse a créé une inondation importante sur la route et devons prendre un pouce-pouce. Le buffet du resto est bien achalandé. Avec Jacques, on se salue promettant de rester en contact. Je n'ai pas pu voir Martine (contact VF) vu ses problèmes et le manque de temps aussi. Je rentre prendre une douche puis reçois un sms de Jacques qui m’informe que suite aux inondations, il a dû prendre un cyclo-rickshaws pour rentrer à son hôtel un peu éloigné. Il craignait que le véhicule ne se verse dans le fossé à cause des trous; trop tard, il a culbuté! (il n’a rien). Départ demain matin en bus pour Ajmer où je prends le train qui m’emmènera à JAIPUR. Je regrette ne pas pouvoir rester encore un jour à Puskhar pour le début du festival qui commence le jour de mon départ, le 14 au lieu du 13 comme je pensais. Bon souvenir de Pushkar et du pré-festival. Dimanche 14 novembre 2010: après déjeuner, je trouve le pouce-pouce réservé le jour avant; je n’aurais pas cru qu'il viendrait. Il est 9H pile. Il me conduit à l'arrêt des bus qui vont àAJMER. Je ne visite pas cette ville. Ce bus là n'est pas pire que ceux qu'on rencontre au Maroc. J'ai une place assise, je paye 7 roupies (12 cents). Un indien a embarqué dans le bus avec l'intention de me conduire à bon port à la gare et de toucher sa commission, comme si je ne savais pas me débrouiller seule… Il a reçu le prix du bus. Je ne lui ai rien demandé moi. Il n'a pas discuté car à ce moment, le jeune de l'hôtel, celui qui voulait m'emmener au «temple miracle» m'appelle… Il m’attend à la gare pour me dire au-revoir. Amoureux de moi? Pas de chance, j'aime mon chéri! Je bois quand 2 cafés avec lui puis je me dirige vers le quai n°1 comme m’a renseigné un militaire. En attendant dans la salle d'attente, une grosse dame vient me trouver pour voir mon ticket. Elle ne s'y retrouve pas et appelle du renfort qui ne s'y retrouve pas plus. Cinq minutes après, je me rends compte que je lui ai donné mon voucher d'hôtel. On a bien rigolé. Changement, c’est le quai N°3. Mon train arrive. Je m'installe, bois un thé, mange du poulet-riz, m'endort un peu. 2H plus tard, le train arrive à JAIPUR, appelée la ville rose. C'est la capitale du Rajasthan où vivent près de 2.000.000 d'habitants. Elle est située à 259 km de Delhi. Je saute dans le premier rickshaw venu sinon c'est pénible aux gares. L'hôtel ATITHI est grand, la fenêtre de la chambre donne sur un mur; je demande à changer. On m’installe dans une autre chambre mais le matelas est trop fin; je réclame et on m'installe un matelas supplémentaire. Je fais un peu sur internet. Je téléphone à mon contact de Jaipur qui est à Delhi. Il veut m'envoyer son frère demain avec une voiture, je refuse car ce frère ne parle pas français. Il est trop tard pour visiter. Je soupe dans un joli resto situé une ruelle plus loin. Ensuite, je rentre à l'hôtel et voilà, la journée finie. Lundi 15 novembre 2010, à 9H, visite du CITY PALACE, munie d’un autoguide. A signaler la «salle des armes» où celles-ci sont représentées en grand nombre, témoignant de l'aspect guerrier et combattant des Rajpoutes. On y trouve une des ses épées du Maharaja pesant 5 kilos. Je les imagine à cheval, avec armures et boucliers ou en habits avec de jolis rubans multicolores et de longues moustaches, le tout accompagné d'épées, révolvers, poignards. Je m’évade… La salle des audiences est très bien conservée. On y voit l’immense trône du Maharaja Madho Singh II; c’était un géant de 2 mètres, pesant 225 kgs. Cette salle semble toujours d'actualité tellement tout est resté authentique notamment le plafond dont la peinture est nickel malgré ses 200 ans d'âge! En hauteur, il y a les «djarokas», fenêtres en marbre et à trous d'où les femmes suivaient toutes les discussions sans être vues. La cour des femmes est également magnifique avec ses quatre grandes portes représentant les saisons. Dans le hall des audiences, on voit 2 énormes jarres de 345 kilos servant à transporter l'eau du Gange pour les ablutions rituelles du Maharaja lors de ses voyages notamment à Londres en 1902; elles peuvent contenir 8500 litres d'eau. Dans le «palais de Lune», de 7 étages, résident encore le Maharaja actuel et sa famille. Le drapeau de 5 couleurs flotte au sommet quand il est présent; il est levé quand la Maharani est présente. Le rez-de-chaussée est transformé en musée. Je mange sous un arbre 2 «rôtis» (galette farine/eau) et un thé. Je donne 20 rps; il rouspète; il veut plus; connaissant le prix, je m'en vais. Je prends ensuite une glace au lait; au moment où je mords dedans, il dit 20 rps alors que c'est 5 pour les indiens; je rends la glace avec un morceau en moins! Je me dirigé vers le Jantar Manhar; l'observatoire qui a été construit en 1727 et dont les travaux ont duré 7 ans. Un appareil n'a jamais été achevé. Chef d'œuvre astronomique, c’est le plus grand des 5 observatoires fondés en Inde: Delhi, Mathura, Ujjain, Bénarès. L'engin le plus spectaculaire est le cadran solaire qui mesure 28 mètres de haut/47 mètres de long. J'ai pu y lire l'heure en suivant les explications. J'étais juste à 1/2H près! Je loue un autoguide mais c'est trop compliqué à comprendre! Je me creuse les méninges, sans succès! Je bois un Coca puis je me rends, en pousse-pousse, direction Hawar Mahal (Palais des Vents). Je l'avais déjà vu lors d'un précédent voyage avec Jet Air, il y a 16 ans, mais cette fois, je visite aussi l'intérieur. C'est le symbole de la ville. D’architecture rajpoute, il fut construit par un roi-poète en 1799. C'est une énorme façade à 5 étages percés de 953 fenêtres à trous pour que les femmes puissent suivre les manifestations dans la rue puisqu'elles n'avaient pas le droit d'y aller. On dirait un nid d'abeilles; ce sont des alvéoles. L'intérieur est moins spectaculaire que l'extérieur. Je suis montée tout en haut. En sortant, un jeune homme guète les touristes qui essayent de prendre une photo de l’immense façade, vient les interpeller pour aller chez lui, en face, d’où la vue sur le palais des vents est superbe, gratuitement ajoute t‘il! On sent l'arnaque mais j'y vais pour la photo. Effectivement, superbe vue sur le Palais des Vents. Il a été dit dans le routard qu'il fallait se méfier, des jeunes attiraient les routardes et les violaient. Moi, j'ai eu droit à une démonstration de bijoux; j'ai du mal à m'en tirer mais prétexte que je vais réfléchir et revenir demain. Je profite qu'un autre touriste arrive sur la terrasse pour m'évader! Je prends un rickshaw pour faire ma dernière visite de la journée, le musée Surabhi Manson, trouvé avec toutes les difficultés du monde, qui représente tous les rubans de différentes classes. Au ruban, on pouvait reconnaître à quel rang appartenait le porteur. Les turbans mesurent de 9 à 40 mètres de long et ils leurs faut 10 min pour le faire. Il y en a de toutes les sortes. Après, visite du magasin de livres, cartes etc... Puis invitation au restaurant. J'ai regardé la carte, non merci, une autre fois! Je me contente d'aller manger dans le petit resto sympa de hier soir. Je n'aime pas celui de l'hôtel. A peine ma douche prise, le rickshaw qui devait passer me prendre le matin me fait appeler dans la chambre pour me dire qu'on s'est loupé ce matin (sans blague) mais OK pour «Amber» demain. J'accepte; je lui avais promis en arrivant à la gare. Je n'ai pas le temps d'aller à Samode. Mardi 16 novembre 2010: je suis prête pour aller voir le Fort d'Amber; cela me tient à cœur puisque c'est là que je suis tombée amoureuse à fond de l'Inde, en visitant le temple de ma déesse Kali. Le rickshaw est au rendez-vous; il ne veut pas dire son prix disant que je jugerai d'après ses services. OK mais je n'aime pas trop ça. Nous partons àAMBER à 10 km de Jaipur. Nous passons par le pire des petits quartiers; je n'ai jamais vu autant de cochons en rue ni de chèvres. En plus, ça ne sent pas très bon et je fais des bonds dans la charrette tellement les rues sont en mauvais état. A peine arrivé sur la grand route, le chauffeur s'arrête à une station essence et me demande 200 rps; je refuse mais insistant, je lui en donne 100 que je compte bien décompter au final. Nous redémarrons. Plus loin, sur la route où ne passent que des véhicules à toute vitesse, le type s'arrête et annonce que sa course sera de 400 roupies+l'essence. On verra selon ses services. Il me dépose devant le fort me donnant 1H; je lui rappelle «slow»; il me laisse 2H. J'y vais; il verra bien; je reviens 2H30 plus tard. Je n'ai pas jugé utile de faire la montée à dos d'éléphant pour 400 roupies (env. 7 €), il faut dix minutes pour la monter à pied et j'ai mieux vu les éléphants pour les photographier. De plus, j'ai lu que ces animaux sont maltraités et qu’il vaut mieux ne pas encourager cette association. LE FORT D’AMBER date de 1592 et fut complété en 1727; il se trouve sur une colline dominant le lac Maotha. Les fortifications font 9 km. Ce n'est que collines aux alentours. Le fort domine tout sauf la forteresse de Jaigarth. Certaines salles dont la salle des audiences sont encore en très bon état. Dans celle-ci, on peut imaginer le maharaja trôner au milieu. Dans une autre salle, le Diwan-i-Khass (salle des audiences privées), on y trouve une décoration à base de pierres semi-précieuses et une foule de mini-miroirs. Ce sera un des rares palais du Rajasthan où il y a un jardin fleuri magnifique que les femmes pouvaient voir de leur balcon privé. C'est aussi le seul où j'ai trouvé un hammam turc avec un bassin et un peu plus loin des latrines. Il y a 12 passages secrets menant aux appartements des 12 favorites du Maharaja. Les 300 autres concubines vivent à l'extérieur. Les hommes qui lisent ceci doivent se dire qu'ils en avaient de la chance les Maharajas. Je termine cette visite. En sortant je vois l'indication "tunnel"; je descends dans ce souterrain accompagnée d'un militaire. Encore ces grandes marches! Pas pour rien que personne n'y va et en plus pour ne rien voir de particulier puisque ce sont des passages secrets. Ensuite, je cherche letemple de Kali& puisque je voulais absolument y retourner. Il est à l'entrée!!! J’arrive au moment de ma fermeture. J'ai eu bon supplié, rien à faire, on ne m'ouvre pas la porte : fermé jusqu'à 16H. Je redescends vraiment triste de n'avoir pu retourner dans ce petit temple au point que j'en avais les larmes aux yeux. Le rickshaw pressé et moi démarrons. 3 km plus loin, il faut tourner à droite pour le «FORT DE JAIGARTH». Là ça va se corser l'histoire! Il ne veut pas… Moi je veux. Il dit que le fort n'est pas bien! J'insiste que je veux. Il prétend qu'on ne peut y arriver en rickshaw et qu'il n'a d'essence assez. Dans ce cas, je descends du véhicule. Finalement, il me récupère en acceptant mais fait demi-tour après quelques mètres et s'arrête me demandant 300 roupies en plus pour y aller. Je refuse. Cette fois, je descends définitivement. Je me retrouve dans un endroit où il n’y a nul autre taxi; c’est à pied que j’arrive à la bifurcation. Là, problème, plusieurs types en moto attendent proposant leur service pour faire la montée à un prix horrifiant. Je signale que ça monte très fort pendant 9 kilomètres. Je sens l'arnaque à fond… Un car de touristes indiens tourne à ce moment pour y aller, donc roulant très lentement, et portière ouverte. Je fais un signe, le type aussi et je saute dans le bus en marche comme quoi, mes jambes sont encore en bon état parfois. Je suis sauvée me dis-je. Les touristes indiens sont heureux de m'avoir dans leur bus. Je m'assois où je peux vers le début du car. On croit arriver au ciel en faisant cette montée mais j'ai bien cru vraiment aller au ciel!!!! Mon Dieu. Rue étroite, montante, croisement d'autres véhicules dont des bus, le ravin à gauche. J'ai tellement peur que je ne décide de ne pas redescendre pas en engin motorisé. La forteresse est absolument magnifique, dominant tout d'où un paysage inimaginable. En fait, les rickshaws y accèdent puisqu'il y en avait. Dans cette forteresse, se trouve le «canon Jaivana», fondu ici en 1720, de 6 mètres de long et pesant 50 tonnes. Quatre éléphants étaient nécessaires pour le faire tourner mais il n'a jamais servi sauf pour son coup d'essai! Vive le guide du routard, car je lis qu'il y a un sentier qui descend du fort vers la forteresse d'Amber où je pourrais prendre un bus. Ah, je voulais voir le fort d'Amber et bien, je l'ai vu et revu. J'entame ce sentier en pierre qui descend vers Amber tout en me renseignant d'abord s'il n'y a pas de singes. Je suis accompagnée presque tout le chemin par un ou l'autre jeune homme en promenade. Je n'ai eu aucun problème et ai beaucoup discuté en chemin. Cette descente permet d’admirer ce beau paysage que j'ai dans la tête depuis 16 ans, soit la première fois que j'y suis allée. Cette muraille dans les collines est fabuleuse. En fait, maintenant, il est 16H, le temple de Kali a rouvert ses portes. Cette fois, j'y rentre sans problème. Je me recueille un court instant. Le Brahmane me met un point rouge sur le front. J'aurais dû être plus attentive le matin car je lis qu’il y avait une puja (brève cérémonie) à 10H du matin. Maintenant, je me rends à l'arrêt de bus pour rentrer à Jaipur; il est 5H passé. Le bus arrive déjà rempli d'indiens. Plus un siège de libre. Je fais le chemin assise à terre. Je me lève juste pour prendre une photo au niveau du lac Man Sagar où se dresse le Palais Jal Mahal. Nous sommes à 10 km de Jaipur mettons 1H10 pour le trajet. Toujours assise à terre, les indiennes me regardent car ce n'est pas les indiennes qui feraient ça avec leur beau sari. Je termine ma course en cyclo-rickshaws qui me fait faire un tour de ville pour me ramener à l’hôtel alors qu‘on était à 5 min. Je l'engueule mais il est content quand même. Toutefois, je regrette un peu de ne pas lui avoir donné plus; ils ont tellement de mal à se faire un peu d'argent, en galérant quand même! Bon trop tard, il est parti. Je rentre souper à l'hôtel pour ne pas perdre trop de temps en soirée mais il y a quand même un long délai d'attente. Je vais faire mes sacs. Demain, je pars à 5H du matin. Le train est à 8H mais c'est tellement compliqué que je préfère partir tôt! Ce séjour à Jaipur aura été fort chargé. Je me demande où je trouve cette force et cette énergie car, en plus, je ne dors pas beaucoup la nuit et encore moins de la journée bien sûr! Demain destination ALWAR. Je crois que ce sera repos, enfin, je crois! Mercredi 17 novembre 2010: déjà 20 jours que je suis en Inde, je pars pour la gare à 6H du matin. Je suis tôt car le train est à 8H, qui en plus a du retard. J'attends sur la mauvaise voie car ils annoncent un changement de voie au dernier moment que je n'ai pas compris vu mes faibles compétences en hindi ou anglais! J’ai failli le rater. Dans le compartiment, les gens sont sympas. On bavarde jusqu'au moment où je tombe endormie. J'ai dû ronfler car tout le monde rit quand je m’éveille. J'arrive à ALWAR à 11H et me rend directement à l'hôtel. Cette petite ville est à 170 km de Delhi. L’hôtel ALWAR n'a pas de restaurant donc je sors pour aller manger. En circulant dans les petites rues, j'entends de la musique: une fête. Je vais voir. On me voit arriver dans la foule indienne à 100% et on me donne la place d'honneur! Pas embêtée d'avoir mis les pieds là, me voilà bien maintenant!!! J'apprends qu'en fait, on marie dix couples en même temps, et je vois apparaître deux par deux les futurs maris tandis que les femmes sont cachées totalement derrière un voile, entourées des femmes d'honneur. On me propose à manger mais j'essaie petit à petit de m'éclipser car je vois des billets de 100 roupies au cou de chaque marié; je me dis que je vais être de la revue. Avec tout ça, je ne sais plus où je suis. Je marche. Il pleut à seau. J'ai faim. Je dois mettre de l'argent sur mon GSM. J'essaie de revenir par mes propres moyens mais n'y arrivant pas, c'est encore sur une moto que je fini ma course. Je finis la soirée dans ma chambre. J'ai heureusement une belle chambre avec le wifi gratuit qui me fait passer le temps. J'entends la musique des mariages. Jeudi 18 novembre 2010: je me réveille tôt. J'ai mal dormi et mal partout. C'est dommage d'avoir des belles chambres et de ne pas y mettre des matelas confortables. Malgré que je double mon matelas avec celui du 2ème lit, je sens la ferraille. Aujourd'hui, il va faire bon. C’est à la gare que je compte déposer mes sacs mais changement d'avis au dernier moment, le réceptionniste accepte que je les laisse à l'hôtel et accepte également que je vienne prendre une douche le soir. De ce fait, je lui laisse un pourboire. Je commence mon périple par le Palace d‘Alwar. Le musée est très grand. Je vois un tigre mal empaillé, c'est très gros: une patte à lui vaut mes 2 jambes. Il y a encore des tigres dans la forêt d'Alwar, j'ai vu le panneau. Je vois aussi un ours brun dans la vitrine; il me fixe et m’impressionne au point que je pense qu’il va sortir de la vitrine. On m’avait dit que si je croise un ours, il faut le regarder dans les yeux pour l'impressionner!!! Je m'imagine mal le faire, entendant ses grognements. Il y a des collections de toutes sortes comme dans les autres salles du musée. Je suis sidérée devant la collection de livres allant du minuscule au plus gros, souvent livres religieux. Ceux-ci sont écrits en lettre d'or pour certains et à l'encre de chine pour d'autres, en sanscrit, quelle finesse!!! En sortant du musée, un gamin me suit, j'ai bon lui dire de partir, il reste, s'accroche; je démissionne. Il reste avec moi. Il me conduit au début de la forêt pour me montrer un temple hors du commun, en tête de cobra. On longeant le passage, on repère des singes agressifs. Je veux les photographier mais un me montre ses dents. Je cache mon appareil. Il est méfiant et se retourne pour voir si je ne le prends pas en traite puis fait mine de revenir en arrière. Le gamin me fait signe de ne pas le fixer; c'est vrai, j'avais oublié. Le fort se trouve très haut, impossible pour moi d'y aller. Le gamin insiste pour avoir 150 roupies!! Non. Il descend à 50 roupies! Non. Je finis par lui en donner 20. Il a été les donner directement à son père qui tenait une échoppe à manger. Quand il a vu que je regardais, il a fait mine de prendre à manger! Il avait entre 10 et 11 ans et ne va plus à l'école; peut-être n'y est-il jamais allé. Je descends le chemin tout doucement en mangeant un mixte végétal dans un plat fabriqué en feuilles séchées. J'arrive direct au temple Jagannath que j'ai prévu au programme; le temple est ouvert mais le lieu où se trouve le Dieu est fermé; deux gardiennes sont gentilles et l'ouvrent; je les prends en photo et blaguons un peu. En reprenant mon chemin, je goûte un petit gâteau bien sucré mais bon. En continuant, j'arrive au Circus qui est en fait, au-dessus, un temple dédié à Rama. C'est fermé aussi mais le Sâdhu me laisse rentrer voir ce qui est visible; lui n'ouvre pas le tabernacle. Je reste un long moment assise sur une pierre au circus. En me baladant, j'arrive dans un immense parc où il y a une serre magnifique et visitable. Je pense que je suis peut-être au réservoir de la ville; en tout cas, ce n'est pas le parc «Nehru» car je l'ai vu après. Dans le parc, les enfants demandent "monnaie, monnaie"; Après un refus catégorique, ils demandent un autographe sur un billet de 10 roupies. Pas moyen de se reposer. Je vais rentrer. C'est surprenant de voir toutes ses artères en pleine ébullition. Je finis par prendre un cyclo-rickshaws car à force de tourner, je suis fatiguée. Il est 5H. Je rentre à l’hôtel où sont mes bagages pour prendre une douche, comme prévu avec le réceptionniste. Le patron refuse. Je reprends mon pourboire du matin au garçon. Je m'en vais d’abord à pied puis en Pousse-pousse. Je suis donc en avance de 5H! Je mets mes bagages à la consigne de la gare et vais manger dans une gargote. En mangeant, je vois trois rats dont un court sur la table voisine. Je continue à manger contrecœur mais je dois arrêter, je suis dégoutée. Je retourne à la gare mais j'ai encore des heures devant moi. Je bois des cafés. Je marche. Je regarde les trains arrivés et repartir. Le fourbi que provoque l’arrivée d’un train. Les gares indiennes n'ont plus de secret pour moi. Je sais comment trouver son quai, son wagon, sa place, être à la bonne place où le wagon s'arrête. Je sais tout! Je fais un peu d'anglais par écrit avec mon dictionnaire quand deux jeunes viennent mettre l’anglais en pratique. Je dis toujours, on n'est jamais seul (e) en Inde. En fait, Jacques m'a donné des nouvelles de Pushkar, il paraît qu'il y fait noir de monde; beaucoup de touristes ce qui l'ennuie pour ses photos! J‘aurais dû rester un jour de plus à Pushkar; j’ai raté la course aux chameaux. Par contre, j'aurais pu me passer d'Alwar qui d'après certains sur VF trouvaient cette ville formidable. Je trouve les gens encore plus racoleurs qu'ailleurs; ils vous dévisagent au point du malaise; de plus, ce n'est pas possible de circuler au gré des ruelles comme tant le disent. Il y a de la circulation. Je crois ne pas me tromper si je dis que j'étais la seule touriste dans la ville. Les devants de certains rickshaws sont faits avec d'anciens camions ou tracteurs. Les gens me regardent comme si j'étais une martienne. Je ne me suis pas sentie bien dans cette ville. Pour en revenir au train. Le mien arrive, avec 45 minutes de retard. Je n'ai pas fait attention que Raj de l'agence Milna m'a réservé en A3 n’y comprenant pas grand-chose, maintenant, ça aussi je connais! Mon fils m'a dit avant de partir de bien dormir «si j'y arrive»; j'avais été affirmative connaissant mes nuitées antérieures. Je me suis trouvée dans un AC tiers qui sont des compartiments, non fermés, de six places et deux places en face. Pas de tentures pour séparer et encore moins de cloison avec porte. Bon, je trouve ma place N°9, c'est en bas. Ils sont déjà tous couchés. Impossible de me tenir assise à cause de la banquette au-dessus de moi. Plus de place pour mettre mes sacs. Une énorme dame qui dormait au-dessus de moi s'est levée pour faire place. Je n'avais pas envie de traficoter leurs sacs moi-même. Bref, sur le coup, je téléphone à MILNA et lui demande pourquoi il m'a réservé dans cette classe. Il prétend qu’il n'y avait plus place en A2. Je le crois puisque sur le ticket, la date de réservation indique le «22/10» alors qu'on peut les réserver 3 mois à l'avance. Je lui ferai la remarque. Il me donne le conseil de voir s'il n'y a pas un lit libre où se trouvent les 2 places puis demander au contrôleur si la place restera libre jusqu’à la fin du voyage. Après vérification, j’ai la confirmation que cette place reste libre et peux y rester. Tout le monde a coupé ses lumières et beaucoup ronflent. Moi, je fais un remue-ménage comme seul mon chéri peut comprendre. Je vois des bestioles. Je mets de la bombe pour insecte et de la citronnelle sur moi. Ah, il y a de l'odeur dans mon compartiment. Voyant qu'il est plus de minuit et que je ne peux pas dormir, je prends un somnifère et m‘endors directement. Vendredi 19 novembre 2010: Je me réveille à 8H à l'arrêt du train, descends sur le quai chercher un thé. Le bois puis me rendors jusqu'à midi. Les omelettes arrivent, je prends une et commence à ranger la couchette et mes affaires. Je fais un peu d'ordi mais m'endors dessus. J'ai passé 16H dans le train. J'arrive à AMRITSAR; je bois un café à la gare puis je prends un rickshaw pour aller au SHARMA Guets Housse. Il me demande 50 roupies. En arrivant devant une rue, il me dit qu'il ne peut pas aller plus loin. Or, comme je suis têtue et vois justement un autre rickshaw qui passe. Je ne quitte donc pas son véhicule et lui dit de demander à la police le droit de passage. Il n'a jamais voulu le faire. C'est moi qui l'ai demandé via un signe; ce fut accepté. Arrivée spectaculaire à l'hôtel puisqu'il fait un scandale. Je tiens bon, pas une roupie de plus, il y a 2 km. Ma chambre est au 3ème étage. Toujours ces grandes marches fatigantes. Cette chambre a besoin d'un bon coup de peinture! Je la nettoie avec un gant de chirurgien et une vieille chaussette; je préfère car j’y dors 3 nuits! Après ce nettoyage, je pars à la recherche d’un restaurant. Dans les rues, il n'y a qu'échoppes avec des cadres du temple d'Or, des gurus, etc... C'est Lourdes de chez nous quoi! Je trouve un resto bien et décide de changer le style de hier à savoir celui des rats... Les rations sont énormes; je mange végétarien. Je jette un coup d'œil au temple d'Or, de loin, car je le réserve pour demain. Toutefois, en arpentant le coin, je découvre la "cour dortoir" où les pèlerins sont acceptés pour dormir gratuitement; ils sont couchés sur un sac ou un drap avec une couverture, un oreiller et les voilà qui dorment. La cour est pleine. Il y a aussi des chambres aux étages. Je rentre faire ce résumé; il est 1H du matin. Je commence par dire qu'AMRITSAR est la ville sacrée des sikhs par excellence. Là où tous les pèlerins se rassemblent lors des fêtes comme c'est le cas aujourd'hui. C'est la 2ème plus grande ville du Pendjab avec un million d'habitants. La ville est peuplée et polluée. Elle reçoit les hindous et les musulmans sans problème. Cette ville est très fertile. De ce fait, les sikhs sont dans une catégorie aisée d'indiens qui ont le plus haut revenu moyen par habitant de tout le pays. Tous les sikhs ont le même nom de famille "Singh" qui veut dire lion. L'état civil doit se régaler! Il y a eu ici des milliers de morts parmi les civils suite à la guerre qui dura 11 ans. C'est la seule religion hindoue qui ne croit qu'en un seul Dieu. Elle date du 15ème siècle. Les sikhs ont comme règles de ne jamais se couper la barbe ni les cheveux, d'avoir un peigne sous le turban, avoir un bracelet à la main droite, avoir une épée, un sabre ou un poignard de défense autour de la taille. Ils sont loyaux, droits, obéissants, généreux, pardonnent, sont hospitaliers et supportent l'injustice. Ils croient au karma et à la réincarnation mais rien n’y met un terme, contrairement au bouddhisme. Leur Dieu est créateur, conservateur et destructeur; il est dans l'âme de tout un chacun. Samedi 20 novembre 2010: 11H je quitte l'hôtel. Je me rends au TEMPLE D’OR mais surprise que j'avais oubliée: aujourd'hui est un jour de fête pour les Sikhs; ils fêtent le «GURU NANAK», né en 1469, qui est le fondateur du sikhisme. Les festivités commencent trois jours avant. Voilà pourquoi j'ai trouvé tant de monde hier soir dans la cour qui sert aussi de dortoir. Aujourd'hui, donc jour J, le «Granth Sahib», livre sacré, sort du temple couvert de guirlandes, escorté par des gardes brandissant le drapeau sikh. Dès l'aube, les fidèles processionnent. Il y avait au moins 30 groupes d'enfants soit jouant un instrument, soit représentant une scène de combat avec une arme, le tout au son d'une musique spécifique. On offre à manger aux passants. Je reçois chappattis avec des «dags», pois chiches à la crème indienne. Je préfère faire des films plus que des photos pour la circonstance. Je bois un café puis vais voir le défilé. 3H debout. Ensuite, je rentre dans l'enceinte du temple mais ne vais pas encore au temple d'Or aujourd'hui car il y a une file d'attente à ne pas en finir; j’ai rendez-vous à 15H avec les taxis qui vont à «WAGAH BORDER» dans le village d'ATTARI à 30 km d'Amritsar. Je prends un taxi collectif, nous étions 8 avec le chauffeur. Il nous dépose au pied de la rampe, précisant qu’il sera là au final du spectacle. Je suis les indiens et me retrouve dans les gradins avec eux. Je peux aller au VIP en tant que touristes mais dans la foule, je n'ai pas vu l'endroit. Toujours est-il que j'étais dans l'ambiance très chaude et excitante des indiens! Par contre, je n'ai rien vu. J’aurais pu être à un match de foot ou rugby que ça aurait été la même chose. Par contre, je vois la descente des 2 drapeaux: le Pakistanais et l'Indien. Normal, ils sont en hauteur! En sortant de la cérémonie, je ne vois pas le taxi mais après tout le bazar mené autour de moi, on me l'a retrouvé. Il était bien où il avait dit et les autres passagers étaient déjà là aussi. J'ai dû louper une instruction. Il m'a bien engueulé et les autres ont ri. Il a rouspété un bon moment. Je ne comprends pas ce qu'il dit mais ce n'est sûrement pas des compliments. Il se venge en roulant comme un fou Je termine en précisant qu'aujourd'hui, je n'ai pas besoin de transférer mes photos car j'ai perdu mon appareil. J'ai espéré un moment l'avoir oublié dans le taxi mais un indien et mon copain de Delhi lui ont téléphoné et il a déjà fouillé 2 fois sans le retrouver. Il devait être sur mes genoux et en sortant, sera tombé. J'ai horreur de perdre. Bien que je comptais acheter un neuf, ça aurait pu encore attendre quelques jours. Dimanche 21 novembre 2010, je ressens la fatigue car je ne me réveille plus si tôt le matin. Il est 10H45 quand je quitte l'hôtel pour me diriger tout droit acheter, en tout cas voir dans un premier temps, un nouvel appareil photo. Je suis séduite par le Samsung qui me convient bien et est à un prix tout à fait raisonnable. Je l'ai vite en main car il est assez simple mais quand même plus sophistiqué que l'ancien. Je suis contente. Je me dirige vers le temple d'Or pour aller refaire de nouvelles photos. J'aurais juste perdu le cortège de hier car à la frontière, je n'ai rien su faire comme photos puisque je n'ai rien vu. Aujourd'hui, je vais pénétrer dans le fameux temple d'Or qui fut détruit par les Afghans en 1757 et reconstruit en 1765, embelli ultérieurement de feuilles d'or. Pour entrer dans l'enceinte du temple, pavée tout de marbre blanc, il est obligatoire de se déchausser et de passer ses pieds dans un bassin d'eau et en principe, laver ses mains mais ça je l'ai su après. Moi je les ai lavées en sortant. Il est 13H15 et je fais la file 1H1/2 pour passer la passerelle de marbre longue de 60 mètres et qui mène au temple d'or proprement dit "le Harmandir Sahib". Le pavillon est couvert d'une plaque en cuivre doré et date de 1764. Toute la journée, des prêtres chantent et les musiciens jouent des hymnes du livre sacré; ils se relaient régulièrement. Quand ce fût mon tour d'y rentrer, je suis restée sidérée de la beauté de ce temple, c'est majestueux; on ne peut être qu'en extase devant cette merveille. Il y a un guru dans la salle du bas, à qui on jette énormément d'argent ou des offrandes. Au second étage, il y a un autre guru qui, à mon avis, reçois moins d'argent et au troisième étage, encore un autre. De là, la vue est sublime. On voit les pèlerins sur la passerelle. Celle-ci supportera le poids des âmes pieuses et les autres iront en enfer. En fait, je suis restée 8 H dans l'enceinte et j'ai toujours vu la passerelle pleine à craquer; ça n'arrête pas. Je redescends mais m'inquiète de ne pas avoir vu le livre sacré donc je me mets dans un coin pour relire ma documentation. C'est au 2ème étage que je dois remonter pour le découvrir, bien à sa place, posé sur un tissu inséré de pierres semi-précieuses. Il est géant ce livre. Tous les soirs à 22H, il y a la cérémonie de transfère du livre sacré sur un palanquin, du temple au siège du comité directeur, pour le ramener le lendemain à 5H du matin. La version originale du Granth Sahib a été brûlée en 1984 par l'armée indienne. Cinq mois plus tard, le 31 octobre, Indira Gandhi, premier ministre de l'Inde, était assassinée par 2 gardes sikhs, en représailles. En sortant définitivement du temple pour repasser la passerelle en sens inverse, je profite pour faire quelques photos avant de retourner dans la cour d'où on voit le temple d'or qui semble flotter sur une île. Je déambule dans les couloirs de la cour. Je bois du thé qu'on m’offre. Je vais visiter le musée où se trouvent des tableaux relatant les évènements historiques sanglants. Les sikhs ont dû faire face aux hindous et aux musulmans avec cruauté. Quelques photos sont franchement parlantes puisqu'on y voit des sikhs tués, souvent fort défigurés. Puis il y a de plus belles photos de gurus. En sortant, je tombe tout à fait par hasard sur les cuisines et vais manger avec les pèlerins, assise à terre. On me verse du riz dans un bol et une sauce dans l'autre avec des chapatis. Ils servent 10000 repas par jour gratuitement. En allant me rechausser, je vois une cabane où des gens se font soigner. Bien entendu, je m’arrête; on me fait de l'accu pression sur les doigts de main et pied gauches pour soigner ma jambe droite! On verra, c'est une expérience. (À ce moment, j’en déduis que ce traitement n’a pas marché). Maintenant, il fait noir. Je vais me redéchausser pour prendre en photo le temple. Je l’admire sous toutes les lumières qui reflètent dans le bassin sacré. C'est royalement beau. On est saisi par les milliers de lumière qui, de plus, reflètent sur l'eau. Il y a des milliers de personnes qui se trouvent là en cet instant. A 19H, il y a un énorme feu d'artifice qui sera renouvelé puisque je l'ai encore entendu après. Le bassin d'eau est entouré de petites bougies où certains pèlerins font des ablutions. Il y en a qui garde leur poignard pendant le bain. On voit d'énormes carpes grises et rouges. Je n'ai pas jugé utile de faire d'autres visites sur Amritsar. J'ai préféré l'ambiance du temple. Je remange un bout et bois un verre de lait avant de rentrer à l'hôtel préparer mes sacs et rédiger ces lignes. Demain matin, départ pourDELHI à 5H. Il faudra donc se lever très tôt... J'ai eu des nouvelles de Jacques qui est à Pushkar et qui m'annonce aujourd'hui, qu'on lui a volé sa petite caméra qu'il venait d'acheter «lui» pour 400 euros. Pour lui qui adore photographier, ce n'est pas marrant du tout. Lundi 22 novembre, je me lève à 3H du matin pour prendre le taxi à 4H et le train à 5H. Il part pile à l'heure et je ne comprends pas pourquoi je ne suis pas en première classe alors que j'ai payé des mois à l'avance. Encore une fois, l'agence n'a pas réservé directement! Pourquoi? On le devine... J'arrive à DELHI et vais directement à l’hôtel MY INN où le chauffeur du Rajasthan devait déposer mon bagage; évidemment, pas de bagage! Encore toute une histoire...Je téléphone à Milna qui le contacte. Le verdict est qu’il l'a laissé à son agence alors que je lui ai expliqué 1000 fois que c'était à l'hôtel où il est venu me chercher le premier jour. J'ai vraiment été trop généreuse dans le pourboire, finalement il ne le méritait pas… à part qu'il m'a ramenée entière... Bref, après 2H, un gars de l’agence m’amène mon bagage. Heureusement, car je vais voir ma copine Chavti à qui je dois remettre des livres qui sont dans ce bagage. Le lit de la chambre n'est pas fait. On me dit à midi après maintes demandes de ma part, qu'il sera fait dans l'heure qui suit. Je rentre à 21H et toujours pas de lit fait, pas de drap de lit, pas de serviette de bain sans compter que j’ai nettoyé la chambre comme souvent, à quatre pattes avec une vieille chaussette! En fait, plus tu te fâches avec les indiens, plus ils prennent du plaisir et continuent... Ils rigolent même quand tu les engueules, je connais un qui fait cela et il est bien belge; mon Loulou si tu te reconnais dis le!!! (Petit-fils). La journée n’a pas été intéressante; j'aurais dû aller dormir chez ma copine comme elle l'avait proposé. La nuit tombe, je cherche un endroit pour manger. Tout à coup, une enseigne m'attire comme un aimant "bar- restaurant". Je m’offre 2 bières et un resto; je rouspète car j'ai demandé "non space" et c'est "space"... Le patron me dit qu'il s'occupera spécialement de moi demain, mais irais-je???? Mardi 23 novembre 2010, je commence ma journée en me disputant avec le garçon d'étage car il m'apporte un thé et un toast grillé à un prix trop élevé... au final, il a gain de cause car il m'apporte la carte! Je ne m'attarde pas trop car j'ai beaucoup à faire aujourd'hui. Il y a certains sites que je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter donc c'est le moment, j'ai une journée complète. Je prends un rickshaw pour me conduire à HUMAYUM’S TOMB; je devrais plutôt dire, je voudrais prendre un rickshaw car ils ne veulent pas m'y conduire: trop loin. Sauf un qui voulait bien mais pour faire la journée à un prix de fou. Comme ça dure une éternité pour se mettre d'accord sur un prix correct, je descends et prends un cyclo-rishwach jusqu'à la place Connaught car il ne peut pas aller plus loin. Là, je trouve un qui m'accepte pour une somme dérisoire mais ils sont malins: une fois en chemin, ils s'arrêtent et proposent d’attendre à l‘entrée. Je commence par aller voir l'INDIA GHAT que j'avais déjà aperçue plusieurs fois de loin. Son arc de triomphe mesure 42 mètres de haut et y sont inscrits le nom des 85000 indiens morts pendant la première guerre mondiale et la guerre afghane en 1919. Je ne peux pas apercevoir les noms car c'est interdit de passer en dessous de l'arc où brûle «l'Amar Jawan Jyoti» c'est à dire la flamme éternelle du souvenir. Je fais quelques photos puis visite de «Humayn's Tomb» où là, le chauffeur dit qu'il va travailler un peu et reviendra dans 1H. Il ne me connaît pas, en effet, j'ai mis 2H30. Je l'avais prévenu. Praeven, l'étudiant français viendra me rejoindre après ses cours à 14H. Humayum's tomb est le mausolée de l’empereur Humayum’s, né en 1508, qui fit une chute mortelle en 1556 dans sa bibliothèque, se trébuchant sur une marche descellée. Comme quoi, il faut regarder où l'on met les pieds. C'est le fils de Bâbur e le père d'Akbar. Il régna dix ans. Ce monument est classé comme une des plus beaux de Delhi et fut créé par sa veuve en 1564. Il a servi de modèle pour construire le Taj Mahal. Il est dressé sur une plateforme; il est en grès rouge et a des sculptures en marbre. Il comporte quatre étages. Il y a aussi deux autres mausolées où il y a trois tombeaux dans l’un et deux dans l’autre. Tout autour, un grand jardin où j'ai eu beaucoup de plaisir à me balader dans les petites allées; en fait, c'est un carré lui-même divisé en carrés de verdure, séparés par de petits canaux. Il y a quatre fontaines dont le bruit que fait l'eau est reposant. On est loin de la foule. Si je n’avais pas rendez-vous avec Praeven et Le rickshaws, j'y serais restée davantage. J'y rencontre deux couples de français avec qui je papote un moment. A 14H, Praeven me téléphone qu'il est arrivé. Je termine donc cette visible plaisante. Je propose à ce jeune homme, qui n'a pas beaucoup d'idées, d'aller visiter le PURANA QUILA: il accepte mais je ne suis pas sûr que ça l'emballe; tant pis. Il n'avait jamais visité ce lieu alors qu'il a 20 ans et habite Delhi. Cet endroit aurait été le refuge des croyants lors d'un grand massacre. Nous commençons par le musée archéologique et là, j'ai vu que ce n'était pas sa tasse de thé; il a passé toute la visite à téléphoner. Moi j'aime beaucoup et je m'inquiétais de savoir ce que voulait dire les lettres inscrites après la date. Il me renseigne que ça signifie après ou avant JC. J'ai eu un peu de mal à comprendre; pourquoi JC, en Inde, alors que leur religion est beaucoup plus ancienne que le christianisme. Pourquoi se réfèrent-ils à JC? Je reste avec mon point d'interrogation… Nous poursuivons le chemin. J'annonce à mon jeune ami que c’est un parcours de 2 km. Il souffle; ça ne doit pas beaucoup l'amuser. Nous avons bavardé tout en marchant et je ne me suis finalement pas trop intéressée au bâtiment en lui-même. Il faut dire que j'en ai un peu marre des visites. Là, c'est le dernier site que je visite en Inde; pour cette fois. Ma jambe me fait toujours mal. Je quitte le jeune homme qui a certainement mieux à faire. Je ne trouve pas de rickshaw qui veut bien me ramener à Main Bazar où j'ai mon hôtel. C'est trop loin et il y a beaucoup de trafic. Je décide d'avancer à pied jusqu'à la porte de l'Inde. C'est loin et fatiguant après avoir visité toute la journée. Je traverse une grand-route pour prendre un raccourci mais j'ai bien cru que ma dernière heure était arrivée, quel trafic et quelle vitesse en plus! Ceci dit, j'arrive au lieu dit et ai un véhicule qui me ramène en m'arrêtant deux fois devant des magasins; Ce soir, je vais souper avec Jacques qui m'invite dans un bon restaurant pour le quartier. Après ce repas, nous partons chacun de notre côté faire nos valises respectives. Lui part au Népal. Moi, je rentre en Belgique. Je vais me coucher à 1H du matin pour me lever à 2H. Le chauffeur de Milna, celui qui m’a amené l’argent en début de séjour, vient me chercher à 3H pour me conduire à l'aéroport. Voilà le tour est bouclé. Un mois d'aventures. J'ai passé un fabuleux séjour. J'ai fait un bon circuit sur mesure, que j'avais établi. Je crois avoir fait ce qu'il y a d'important dans le Nord. S'il y a une suite à l'Inde, ce sera le Sud. En voyant certaines photos anciennes, je pense que l'Inde ne change pas. On retrouve les mêmes habits, les mêmes bâtiments, les mêmes scènes de vie. On pourrait croire que le temps s'est arrêté. Pour moi, en tout cas, le temps a passé vite. Je remercie mon compagnon de me faire confiance et me permettre de vivre ma passion. MARIE
BUDJET Avion 535€ (Bruxelles/Londres/Delhi) A/R. British Airways Voiture Rajasthan 440 € (400€+40€ pourboire) Taxi, bus, pousse-pousse 47€ avec train pour Bruxelles compris Les pourboires bagages, etc 11€ Les divers trains+réservation faite par milna 48€ Retour aéroport - milna 15€ Soit un total de déplacement de 1096 € Frais HOTELS +Réserv milna: 428€ FRAIS BOISSONS+NOURRITURE: 182€ FRAIS VISITES: 68€ FRAIS VISA 90€ (avec trajets trains pour Bruxelles) FRAIS PERSONNELS DIVERS: 168€ FRAIS MASSAGES: 47€ FRAIS MEDICAMENTS ET PRODUITS: 39€ FRAIS encre, copies, guide du routard guide et dico anglais: 45€ FRAIS téléph et internet: 64€ FRAIS Pressing 3€ TOTAL 2230 €
https://voyageforum.com/discussion/mois-seule-en-inde-par-amour-pays-d3872411/
A Peine rentrée de mon voyage en Inde de janvier que je programme de visiter le Rajasthan avec comme but la «Camel fair» à Pushkar.Rajasthan: second état d’Inde par sa superficie; à l’est des monts Aravalli. Capitale: Jaipur. Guerriers aux longues moustaches et turbans multicolores étaient de farouches combattants, défendant leur indépendance contre les musulmans. Leur grande gloire était de se lancer dans un dernier assaut fatal, vêtus de la robe jaune du sacrifice. En même temps, derrière les remparts, leurs femmes s’immolaient sur un bûcher voulant mourir libres plutôt qu’être au pouvoir de l’ennemi. Ce passé de sang et de bravoure résonne encore dans les murs des forts et des palais. DEPART de Belgique le 26 octobre 2010 à 10H: je quitte mon patelin car le voyage en Inde du Nord comprenant le Rajasthan et le Punjab démarre aujourd'hui pour un mois. La personne qui m’emmène à la gare est quelque peu énervée donc je m'empresse de me rendre sur le quai où je fais un peu d'exercices vu qu'en portant mes bagages, je viens déjà de me coincer une vertèbre. Bon, ça y est, le train est là, je m'arrête à Bruxelles centrale exprès car j'y ai toujours vu des escalators donc mieux pour mon dos. Pas de chance, aujourd'hui, c’est jour d'entretien ce qui m’oblige à grimper les marches pour atteindre le quai n°5. On annonce que le train pour l'aéroport aura du retard «problème de locomotive» toutefois vite réglé. Le contrôleur vient me demander pour payer «la taxe Diabolo» de 2,05€, je lui demande s’il blague et bien non, c’est pour payer le nouveau tunnel. Arrivée à l’aéroport, on n'accepte pas mes 2 bagages à l’enregistrement sous peine d'une taxe de 45 dollars. Je décide d'aller les scotcher ensemble ce qui me coûtera 10€. Bon début de journée! Je suis en avance et téléphone à mon chéri qui commence à s'inquiéter de mon silence. L'avion pour Londres est prévu à 15H25 mais le vol est retardé à 17H30 «problème de moteur». Il faut se rendre à l’évidence que ma correspondance Londres-Delhi à 17H est loupée! Je verrai à Londres si j’ai un autre vol. En attendant, j'ai reçu un voucher de 8€ pour me restaurer. Je m’en vais boire une bonne bière avec une tartine au poulet. Je fais internet 1/4h pour 3€. Départ imminent : 18H. Je ne vois ni le décollage ni l'atterrissage car je dors au point de ne pas avoir ma collation. Arrivée à Londres, je me dis que voici le moment où tout va se décider. British Airways me propose un de leur vol faisant escale à Bombay et arrivant à Delhi le lendemain après-midi. Le personnel de l’aéroport ne parle pas un mot de français. Je fais comprendre que ce vol ne m'intéresse pas. On me trouve un autre vol avec Virgin Atlantic à 22H. J'accepte. Du terminal 5, je vais au terminal 3 (10 min de bus). Très grand aéroport. Beaucoup de boutiques. Marche de 20 min pour arriver à la porte où on embarque à 21H25. Le récit pour l'Europe se termine ici..... Le 27 octobre 2010 à 23 h: Je m’envole donc avec Virgin Atlantic, assise au hublot à côté d'une indienne; le discours est réduit à "bonjour", ni l'une ni l'autre n'avions envie de parler mais plutôt de manger, dormir et arriver. On nous sert un excellent repas végétarien. Je tente de voir un film à l’ordi mais le bruit des moteurs est trop fort. Je dors en gigotant beaucoup. Je m’éveille à l'odeur du déjeuner chaud. Je replonge aussitôt et m’éveille à l'atterrissage. Bon vol. J’attends mes bagages mais le tapis défile et rien. Ceux-ci n'ont pas suivi. Durant 3H, je discute tant bien que mal avec les responsables bagagistes. Raj, de l’agence Milna qui s’est occupée de mes réservations, traduisait par téléphone. Evidemment, le taxi qui m’attendait n’est plus là quand je sors. Je prends un taxi-prépaie pour me rendre à l‘hôtel SMYLE INN dans le quartier Paharganj. Un gars de Milna me livre les roupies commandées. Je profite pour lui montrer ma minuscule chambre atroce. Il y a des trous entre les vitres et le plâtre donc bonjour les moustiques et ma moustiquaire, bien sûr, est dans les bagages. Le matelas est haut de 3 cm. Hors de question de rester là et vais en face, à l’hôtel MY INN où j'ai une belle chambre. Je m’endors tard car j'ai dû aller acheter des habits puis j'ai rendez-vous en soirée avec un étudiant en langue française avec qui je communique depuis six mois. Après avoir été acheté une petite culotte que j’ai oubliée lors des mes achats «ça fait bien avec un jeune gars que je vois pour la première fois! Nous discutons devant un thaï masala à l’hôtel. Nous découvrons que nous avons une connaissance à Delhi en commun: Raj de l‘agence Milna. Je reverrai ce jeune étudiant en fin de séjour. J’ai deux autres rendez-vous; un est remis à plus tard et l’autre, je ne l’ai pas trouvé; vu que la carte indienne de mon mobile est périmée, je ne peux l’appeler. Je démarre le circuit demain matin à 10H. Jeudi 28 octobre 2010: Je me lève en catastrophe à 9H45; je me suis endormie tard la veille; le taxi est là. Il m'attend. Nous partons. Il est garé loin et marche vite dans ses vieilles petites rues du vieux Delhi. Je l'arrête un instant pour acheter une crème de jour vu que je n'ai toujours pas mes bagages. Quelques mètres plus loin, je pars sur le côté de la chaussée et m'étale de tout mon long; comme la dernière fois que je suis venue à Delhi, c'était le 1er jour aussi! Comme parfois, les choses dans la vie se reproduisent… J'ai des égratignures aux 2 genoux et aux 2 mains; j'ai surtout très mal mon pied droit qui s'est tordu. Comme toujours, un attroupement d'indiens pour m'aider à me relever alors que je restais figée à terre me disant "non, ce n'est pas possible, pas encore ". Le chauffeur me donne du sparadrap et, comme si rien n'était, nous partons. C'est ainsi que se termine mon mini séjour à Delhi. En route pour la 1ère destination soit la ville de MANDAWA qui se trouve dans la région duSHEKHAVATI à 250 kilomètres de DELHI. La voiture correspond à ce que j'avais demandé une «tata indigo»; elle est propre; le chauffeur doit avoir 35 ans, s'appelle Kamur. A peine dans la voiture, je m'endors jusque midi. Nous passons dans un petit village typique où j’achète des pommes, des bananes et un jus d'orange. On ne s’attarde et démarre pour la suite du parcours. Vers 15H, Kamur me demande si je veux un thé; j'accepte mais une fois là, je vois que c'est le grand resto à touristes; le thé coûte 50 roupies. Je ne suis pas radine mais connaissant le prix ailleurs, je me contente d'aller aux toilettes. Je dois attendre le chauffeur car lui, mange. Je croise un car de français mais je n'ai pas envie de leur parler. Je suis un peu déprimée car j'ai très mal au pied. Je marche à peine. J’ai peur pour mon séjour! Enfin, Kamur a fini. Nous partons. Je lui demande de m'arrêter dans une pharmacie pour acheter une pommade mais se contente de me dire "after". Après 1H de route, nous arrivons à JHUNHUNU. J'ai prévu de visiter un des plus beaux temples du Rajasthan "le TEMPLE de RANI SATI" qui est très fréquenté par les indiens et très peu visité par les touristes; effectivement, j'étais la seule. C'est un haut lieu de pèlerinage hindou qui a lieu au mois d'août/septembre et des milliers de fidèles y viennent. Il y a 800 chambres dans la cour pour accueillir les pèlerins. Il a la particularité d'avoir pratiquer "le SATI" qui est le rituel de la veuve qui s'immole sur le bûcher après la mort de son mari. C'est immense. C’est beau. Joliment décoré de scènes de la vie de Rani Sati (la reine du sacrifice). Je suis éblouie par ce sanctuaire. Je marche très difficilement. Je bois un thé dans le temple. En sortant, j'aperçois une sorte d’officine. Je n'ai rien à perdre. J'explique mon cas. La personne me regarde, ne touche pas mon pied, et me donne des pilules homéopathiques. Je ne paye rien. Bizarre. A peine prises, il me semble que mon pied va déjà mieux. Psychologique ou non? Je suis très étonnée de voir que la nuit tombe déjà et qu'il n'est que 17H30. Nous partons; le chauffeur ne trouve pas le puits que je demande. Par contre, il m'arrête voir un petit temple à 200 mètres du premier. Maintenant, il est 18H, il fait noir. Il y a encore 1H de voiture pour Mandawa et le chemin est très chaotique. J'aperçois le SHEKHAWATI Hôtel en haut de la petite ville; il parait sympa. Un garçon à la réception parle français. Il propose de me guider le lendemain matin. J'accepte. Mais déjà le soir même, nous descendons au village chercher ma pommade que je n'ai toujours pas acheté ainsi que tout un attirail pour les moustiques car toujours pas de bagages et donc pas de moustiquaires ni de produit répulsif. Et là, il y a des moustiques. Dans la chambre, je tire les draps et je trouve une bête rampante dans le lit. Le patron constate par lui-même et me change immédiatement de chambre. Le Skehavali hôtel est propre et le service excellent, aux petits soins pour leurs clients. La cuisine est succulente. De retour à l'hôtel, je soupe sur la terrasse qui est sur le toit; repas délicieux; j'ai choisi du mouton curry en sauce et deux galettes de pain fourrées. Je prends une bière de 660 ml. Elles sont grandes ici mais elle s'est bue quand même. Je rencontre un couple de français et nous échangeons quelques mots. Je rentre, me douche, vais dormir; il est 23H. Vendredi 29 octobre : je me lève tôt. J'ai bien dormi. Je suis au petit déj. à 8H. Omelette et toast avec 2 bons cafés. Avec le petit guide de l'hôtel, nous commençons la visite de MANDAWA. On commence par la grande particularité du Shekhavati, soit la visite des Haveli qui sont d‘anciennes demeures qui appartenaient à de riches commerçants partis pour la plupart dans les villes de Bombay et Calcutta. Très peu sont encore habitées par les descendants mais souvent par des gardiens. Elles sont pour la plupart très délabrées mais on retrouve les dessins faits à l'époque représentant toutes sortes de scènes soit religieuses soit des animaux ou autres. On les distingue par leur façade dessinée. On entre dans la 1ère cour décorée qui était la cour des hommes où souvent se réglaient les négociations. La 2ème cour appartenait aux femmes où elles participaient à tous les travaux ménagers. A l’étage, les chambres hébergeaient les commerçants de passage. Je visite quatre havelis à Mandawa. Je me régale ensuite à visiter le fort médiéval où je passe un bon moment côté historique; j'ai renoncé au côté transformé en hôtel. J’y vois une chambre de Maharaja que je trouve toute petite et mignonne. Je découvre aussi la salle de danse avec ses petits balcons. Il y en a aussi dans certaines havelis. Le petit guide me conduire chez son père qui est artiste peintre mais la visite fut de courte durée. J’ai envie d’un thé et il est très étonné quand je demande de le boire au même titre que les indiens sur une chaise à trois pieds et demi; il propose que je le boive à l'hôtel. Je suis têtue, il n'insiste pas. J'achète des bananes et une pomme. Je rentre à l'hôtel où le chauffeur m‘attend. Toujours pas de bagages. Il est midi, nous partons pour visiterNAWALGARH, une petite ville aux multiples havelis également. Il y en a plus de 5000 dans la région. Le petit guide du matin s'est déjà mis en rapport avec un copain qui attendait sur le chemin près du village. Il parle français aussi. C'est une région où les jeunes et les enfants parlent volontiers français. Je m'étais concoctée un petit itinéraire que nous ne respecterons qu'à moitié car ces havelis sont plus grandes et surtout un musée-haveli me prendra beaucoup de temps. Le premier est le Choti Haveli. Le suivant est le Murarka haveli, très grand et très bien entretenu; j'y ai même vu la cour aux bestiaux. Ensuite, le Podar Haveli muséum qui vaut vraiment le coup d'être vu même si l'entrée coûte 100 roupies. Je demande au guide, qui croyait avoir fini son travail, de voir le haveli des huit frères qui possédait chacun la leur. Original. Elles sont délabrées. Puis, le Khedeval Bhavan recommandé par le routard comme une des plus belles havelis; je n'ai vu que l'extérieur assez minable! Il me restait sur la liste le temple de Ganga Mai. Le guide ne veut pas y aller disant que c'est fermé mais, j’avais lu qu’en demandant à l'arrière du temple, on nous ouvrirait. Ce fut le cas. Pas très intéressant. Il est 17H, je libère le guide. Au départ, je pensais aller aussi à DUNDLOOD, RAMGARH, MAHANSAR et SIKAR mais ça y est, j'en ai vu assez. Après, c'est trop. Par contre, je profite d'être dans les heures des offices religieux pour assister à une cérémonie au temple de Mandawa. Mon chauffeur est rentré seul à l'hôtel. En rentrant, je me laisse séduire par une paire de sandales car toujours pas de bagages. Je cherche internet mais c'est en panne partout. Au retour, je passe devant l'hôtel où je devais loger en premier mais que Milna a changé; il est luxueux et avait des chambres libres à 600 roupies. Toutefois, je ne regrette pas celui où je suis. Pour souper, je monte à la terrasse sur le toit et je déguste une spécialité de la région, un plat végétarien succulent "mandorri" je pense! Je vois arriver mon chauffeur à ma table "pour ne pas me laisser seule, comme il dit", c’est gentil et sympa mais pas de dialogue vu qu'il parle anglais et ne fait pas d‘effort pour me comprendre. Quoiqu’il insiste sur quelque chose, je dis «yes» au hasard. Pas de surprise. J'ai dû bien répondre. Je rentre, me douche, rédige ce texte et me couche. Le départ demain est prévu à 9H. Samedi 30 octobre 2010 : 7H du matin et déjà réveillée, en pleine forme. Je m'habille et vais prendre le petit déj. à la terrasse. Ma première préoccupation est de demander au garçon si mes bagages sont arrivés; il me répond par la négative mais voyant ma tête, rigole et dit «oui, ils sont arrivés à 3H du matin». Ouf....Comme le jour avant, je prends 2 cafés et une omelette. Du toit, j'observe la vie paisible des habitants qui se mettent en train. Certains regardent le passage; les femmes font le ménage; les chiens jouent entre eux; les petits marchands déambulent à vélo en criant pour vendre je ne sais quoi. Hier, j'ai eu la visite d'un corbeau qui m'a piqué le beurre; il est de retour et repique le beurre. Il est 8H. Je salue le garçon. Je termine de ranger mes affaires et rédige ces quelques mots puis je pars à 9H. La première escale sera FATEHPUR à 30 km d'ici. Mon souhait en arrivant là est de visiter UNE HAVELI que NADINE LEPRINCE a achetée en 1999 pour en faire un centre culturel puisqu'elle même est artiste-peintre. Elle a fait retaper cette haveli datant de 1802, qui est maintenant resplendissante. Dans les pièces qui ont été épargnées par les pigeons et l'humidité, les peintures sont restées authentiques. Le gardien de Nadine LEPRINCE est d’origine française. Il regrette que la municipalité ne rénove pas les autres havelis pour attirer le tourisme. Il me fait visiter les lieux en m’expliquant d’abord que si les portes sont petites pour entrer dans les havelis, c'est pour saluer le maître en entrant: vrai ou faux? Les guides de Mandawa m'avait dit que c'est parce que les gens étaient petits à l’époque! Je ne les avais pas crus… Le gardien m'apprend que toutes les fresques représentant des animaux datent des mongols. Il me dit aussi que les petits morceaux de miroirs, servant à la décoration des œuvres, viennent du Val St Lambert à Liège en Belgique. Par contre, les guides de Mandawa me l’avaient dit mais j’ai cru qu’ils disaient cela parce que je suis belge! A savoir que la cristallerie du Val St Lambert existe encore à l’heure actuelle Je ne visiterais rien d'autre à FATEHPUR car je me suis bien attardée et il faut prendre la route car il est déjà midi. A 13H, nous arrivons à DESHNOKE: le TEMPLE DE KARNI MATRA dit le temple des rats". Quel horreur! J'étais pétrifiée sur place jusqu'au moment où un petit rat; heureusement car les autres sont gros est passé sur mon pied. Ils sont là à jouer, manger, boire du lait. Les fidèles les vénèrent parce que la Sainte femme Karni Matra a renoncé à croire aux Dieux humains vu que malgré ses prières "Yama" le dieu de la mort n'a pas pu sauver un jeune enfant. Heureusement que je n'ai pas écrasé un rat sinon j'aurais dû le remplacer par un rat en or ou en argent. Je n'ai pas, non plus, rencontré un rat blanc qui aurait été signe de bon augure. Ce n'est pas le temple que je choisirais pour rester de longs moments assise à terre pour méditer. La visite fut assez brève pour une fois. En sortant, je m’empresse de désinfecter mes pieds avec des lingettes au citron. En quittant ce temple, je demande au chauffeur de faire une halte à la FERME AUX CHAMEAUX à 7 km de Bîkaner. Il n'a pas l'air de connaître puisqu'il demande le chemin. Nous trouvons mais devons attendre 15H pour faire la visite qui n’est pas du tout spectaculaire. En sortant, je déguste un thé au lait de chamelle. Le chauffeur est content car la visite est finie mais déchante quand je lui demande de me conduire visiter le site DEVI KUND à 7 km de Bîkaner. Evidemment, je l’aurais juré, il ne connait pas non plus lui qui se vantait connaitre tout le Rajasthan. Après s’être renseigné, nous arrivons sur ce lieu de crémation où j’admire les superbes cénotaphes, pour la plupart en marbre blanc, des maharajas et leur famille. Le gardien m’ouvre une petite porte qui donne sur le "lac de la déesse" où résident des poissons à moustaches, énormes au point que je demande s'ils mangent aussi les humains. La réponse est négative mais j'aime mieux ne pas m'y baigner. Il est 19H quand nous arrivons à BIKANER. Le chauffeur a du mal à trouver l'hôtel MARUDHAR HERITAGE. Je range mes sacs puis vais manger à l'extérieur un thalli végétarien exquis avant de rentrer me doucher, taper ces quelques lignes puis me coucher. Demain matin, j'ai l'intention de visiter le fort mais aurais-je le temps? J'ai du mal à m'endormir à cause de drôles de bêtes sur le mur. Dimanche 31 Octobre 2010 : 8H, je commande toasts au fromage et café au service room. Je suis prête à 9H pour la visite du JUNAGARTH FORT. J’arrive trop tôt; on me laisse juste visiter le musée en attendant l’ouverture; ce musée n’est pas extraordinaire. 10H, les portes du fort s’ouvrent. La particularité de ce fort est qu'il n'est pas construit en hauteur du tout; ça doit être le seul, je pense! Je loue un autoguide en français, plus cher mais quel luxe! Il n'y a qu'à suivre les flèches et tout est expliqué; ça permet de faire la visite à l’aise et de revenir en arrière autant de fois qu‘on veut, d‘avoir toutes les explications en français. Je mets 2H pour visiter l'intérieur du fort qui est remarquablement bien entretenu et en parfait état. Sa beauté est inexplicable. Il est vrai que j'ai lu dans le guide du routard que c'est le plus beau du Rajasthan. Il a été initié au 16ème siècle parle Raja Rai Sing. J'ai beaucoup aimé les grandes cours, les salles richement décorées, la chambre du Maharaja et ses miroirs pour lui permettre de voir qui arrivait. Son lit est très simple car depuis qu'un Maharaja a été assassiné, ligoté dans son lit, ils avaient des lits simples pour pouvoir se débattre au cas où! Départ pour JAISALMER; j'avais encore des choses à voir mais le chauffeur, qui est toujours pressé de partir, dit qu'il faut 7H pour faire la route. Préférant rouler le jour, je renonce à ce qu'il me reste à faire. Midi. La grand-route est fermée. Nous traversons un dédale de ruelles poussiéreuses. La route bétonnée reprise, nous roulons jusqu'à 14H. Je m'endors. Le chauffeur s'arrête à une de ses étapes habituelles évidemment pour prendre un café et manger. Moi, j'ai prévu une banane, une pomme et le reste des toasts bacon du matin. Bref, je prends quand même un café mais je regrette car il est super mauvais. Après réclamation, on me le remplace par identiquement le même. L'addition arrive: 100 roupies. Je refuse. Le serveur me montre la carte. C'est le prix. Je refuse quand même. Le chauffeur discute et je paye la moitié mais toujours en discutant. Je redis pour la 2ème fois au chauffeur de ne pas m'arrêter dans les endroits à touristes, que je suis habituée à manger et à boire "local". Il me dit "yes". Nous reprenons la route. Quel ne fut pas mon étonnement en voyant que JAISALMER est annoncé à 45 km; il n'est que 16H. J'aurais eu le temps de finir mes visites à Bîkaner. Je ne suis pas contente sur lui. Il me dit quelque chose que je ne comprends évidemment pas et insiste pour que je dise "OK". Je lui répète que je ne comprends pas. Nous arrivons à JAISALMER "la cité dorée ou la ville d'or du désert". Maintenant, je comprends ce que le chauffeur tentait de m'expliquer à tout prix depuis Mandawa. En fait, un de ses amis nous attendait à Jaisalmer pour m'accompagner en tant que guide. Je refuse lui expliquant que je me débrouille seule et que j'aime traîner à ma guise. Ils ne sont contents aucun des deux. Puisque nous sommes arrivés plus tôt que prévu, je descends au lac artificiel "LE GADI SAGAR". C'est un endroit reposant et agréable, propice à la méditation. Je me suis régalée avec mon petit "moi" toute seule. Je me suis retrouvée à faire du pédalo au milieu du lac! J’apprécie d’autant plus que le soleil va bientôt se coucher. Je photographie les poissons à moustaches. Ils sont voraces. Après ce tour, je monte une petite rue et me retrouve à boire un thé dans un petit bar dominant le lac. J’y suis reçue comme une reine régnant sur son lac! Le garçon demande de revenir demain car il a reçu un bon pourboire! Je dis peut-être»! Il est 18H. Je rejoins le chauffeur qui me dit «now hôtel» d’un ton autoritaire. J'ai des appréhensions concernant l’hôtel SHAHI PALACE car le gardien de Nadine Leprince m'a dit qu’il était crado. Je suis agréablement surprise car hôtel propre, bien tenu, personnel sympa; la terrasse est superbe, éclairée à la bougie et petites lampes rouges, et en prime vue sur la forteresse. La nourriture est très bonne. J'ai repris mouton/riz cuisiné autrement. D'un coup, je reçois 5 sms de mon chéri Alain. Cette fois, c'est le mien qui bloque. Je lui téléphone 3 minutes pour 50 roupies (-de 1€)! Maintenant, il est temps d’aller un peu ranger puis me doucher. Demain, j'ai donné congé au chauffeur jusque 15H. Je prévois visiter le fort à pied. A ce moment de mon voyage, je peux dire que le temps passe très vite. Je râle sur moi de ne pas savoir l'anglais mais on ne peut pas être doué en tout! Lundi 1er novembre 2010: 8H; je me réveille. J'ai bien dormi. Finalement, je décide de ne pas faire la forteresse aujourd'hui mais plutôt la vieille ville. Je déjeune. J'emporte avec moi quelques jouets et des chaussures pour enfants que j‘ai emmené de Belgique. Je rencontre deux gamins à qui je donne un jouet. Le reste a suivi rapidement car il a appelé ses copains en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Ils ont tout pris y compris les lignes de chocolat qui étaient prévues pour Praveen, l’étudiant de Delhi, mais qu’il n’a pas su avoir compte tenu du retard des bagages. Je ne peux pas continuer à les emmener. Il fait très chaud ici. Tout ça me fait un sac en moins à porter, je me sens plus légère. J'arrive à l'entrée de la vieille ville pour visiter trois havelis et déambuler dans les rues. J'accepte toutefois l’aide d’un jeune homme car c'est un peu le souk ici et finalement, je me dis que pour m’y retrouver, ça va être un casse-tête. Il ne met pas longtemps à me casser les pieds pour me faire voir tel ou tel magasin. Je n'arrête pas de lui répéter que je ne veux rien acheter mais visiter. Il parle et comprend le français. Donc pas d'excuses. Je le garde avec moi un moment. Il me conduit voir deux havelis. En premier, je visite est le PATWON-KI-HAVELI, qui est magnifique, encore meublé au premier étage avec des collections de toutes sortes d’objets. A noter que le jeune guide m’avait dit que cette haveli n’était pas bien. Bien sûr, là, il n'a pas de commission. En second, je visite le NATHMAL-JIKI-HAVELI qui appartenait à deux frères, moins intéressante que la première. Le jeune m'attend pendant que je visite à mon aise. Ça l'agace. Il arrive quand même à me conduire dans un magasin d'état, me faisant croire que c'est un musée. Ils sont rusés. Je m'arrête pour manger une bricole. Le jeune me dit d'un ton irrité "viens ça va être fermé" en parlant de la troisième haveli. Il m‘ennuie. Je lui dis que je continue seule en m’offrant au passage un jus d'ananas frais; je sympathise avec le serveur qui se débrouille un peu en français. C’est une ville touristique donc les jeunes savent le français comme moi je sais l'anglais. C'est toujours ça! On s'en sort toujours avec beaucoup de gestes, de la volonté et parfois le dictionnaire quand même! Il m'explique comment me rendre à la troisième haveli, le SALIM-SINGH-Ki-HAVELI, qui appartenait à un tyran. Je fais la visite guidée avec un bel indien aux cheveux et aux yeux noirs comme du charbon tranchant sur ses habits blancs. Nous sympathisons. A la fin de la visite, je lui demande où est le centre ayurvédique. Il m'y emmène; je prends rendez-vous pour le soir. Maintenant, je rentre à l'hôtel car j'ai rendez-vous avec le chauffeur à 15H et il est déjà 14H30. Le bel hidalgo se propose de me ramener à l'hôtel avec sa moto. Je me retrouve donc encore une fois sur une moto en Inde. Il y a des choses qui se réitèrent par rapport au voyage de janvier! J'arrive mais le chauffeur n'est pas encore là, je profite de remonter quelques minutes à la chambre. 15H, nous partons pour une petite excursion à la recherche des TEMPLES JAINS. A 10 km de Jaisalmer, le temple de LODRUVA est splendide et est protégé par deux cobras! On voit le trou par où ils rentrent. Tous les jours, on leur donne du lait. Quelques kilomètres plus loin, il y a le site d’AMAR SAGAR où nous faisons une halte pour admirer les merveilleux temples. La dernière visite pour aujourd’hui sera le site MAHARAJA BAGH où il y a des cénotaphes à l’infini. Je suis bien placée pour admirer le coucher du soleil à 18H. Un jeune homme me tient compagnie en voulant me vendre le livre du Kamasutra. L'excursion terminée, je me rends à mon rendez-vous ayurvédique. Le massage dure 2H au lieu d'une heure prévue car il trouve des nœuds partout. C'est spécial comme massage. Ça débloque les énergies et les nœuds. En plein milieu du massage, le bel hidalgo à la moto fait son apparition et veut assister à la séance; je refuse bien entendu. Le taxi m'attend. Je rentre à l'hôtel pour téléphoner à mon chéri puis mange du poulet tandoori; c'est délicieux. Je rentre me doucher, rédiger ces lignes, ranger mon fouillis habituel et m’endort. Mardi 2 novembre 2010:J'ai eu une migraine cette nuit et elle m'incommode encore ce matin. Je me force à manger un peu car je n'ai jamais faim avec la migraine. Bon ça peut aller quand même. Au déjeuner, je constate que nous sommes quatre femmes seules! Je rejoins le chauffeur qui me conduit au pied de la FORTERESSE de JAISAILMER. Il ne peut pas monter jusqu'au dessus et comme je n'ai pas envie de me fatiguer dès le matin, j’y vais en rickshaw. Je suis maintenant au cœur même du fort. Je commence par visiter deux temples Jains, merveilleusement décorés. Je ne peux pas emmener ma bouteille d'eau à l'intérieur. Tout à coup, je ne me sens pas très bien. Je suis barbouillée à cause de mes médicaments pour la migraine. J'ai le cœur qui bat très vite. Je me retrouve en pleine crise de tachycardie aux portes du désert! Je bois un coca et de fil en aiguille, je me retrouve face à un centre de massage ayurvédique. Je ne me fais pas trop prier après le thé offert par la maison. J’accepte 1H de massage, fait très consciencieusement par une indienne. Je me sens mieux. Il est presque midi et il me reste 1/2H pour visiter les deux autres temples Jains qui n’étaient pas ouverts avant 11H. Dans un temple, il y a des chauves-souris! Ces temples sont d’une immense beauté. Je poursuis ma visite comptant visiter le palais mais des jeunes hommes me disent qu’il n’est pas très beau et que celui de Jodhpur est mieux. Je n'ai quand même pas trop envie de le faire donc j'opte pour leur avis qui m'arrange. Je continue mon chemin parmi les vaches, les taureaux, les vendeurs de tout et de rien. Tout ça me plait. Mais on ne fait pas un grand chemin en Inde sans être accostée. Encore un prétexte pour m'arrêter. Je me laisse embarquer à aller boire un thé à la terrasse d'un resto. Je suis bien accueillie par deux jeunes avec qui je discute à bâtons rompus. C'est quand même fou, eux en anglais moi en français, chacun mélangeant un peu de chaque langue. Je me sens bien. Ils m'ont bien installée sur un matelas et je vois toute la ville. Un français venant de Bourgogne dormait chez eux et est venu me parler un moment. On n'est jamais seule en Inde. Le serveur téléphone au taxi pour qu'il vienne me chercher au pied du fort plutôt qu’à l'hôtel, comme prévu. Je le rejoins à 15H pour faire une excursion vers les VILLAGES FANTOMES. Epoustouflant. C'est fabuleux de voir plus de 700 maisons abandonnées. Je demande au taxi de me laisser marcher er m’attendre plus loin près du temple abandonné. Je n'ai jamais entendu unsilence pareil. Rien. Pas un bruit. Calme plat. J’aimerais m'asseoir et méditer mais une vipère pourrait ne pas être loin donc je m'abstiens. Quelle n'est pas ma surprise en entendant de la musique moderne à tue-tête. C‘est mon chauffeur. Non mais, il le fait exprès, un endroit ainsi…Je l'aurais tué mais j'en ai encore besoin! Il y a un deuxième village fantôme près d'un fort. Il ne connaît pas plus que le premier mais se renseigne et y arrivons. Il y a une bande de 3 mètres de sable; la voiture ne passe pas. J'y vais à pied. Il faut vraiment le vouloir!!! Je suis encore épatée par ce paysage désertique. En revenant, je m'amuse avec deux enfants sympas. Il est 17H30, je rentre en passant par le lac artificiel où je vais visiter un petit musée et boire un thé, hé oui encore, à cet endroit qui m'avait plu deux jours plus tôt. Le soir, je retourne faire un massage ayurvédique mais ça ne se passe pas bien. Le masseur arrête à tout moment soit pour téléphoner, soir pour voir un client qui arrive, enfin toujours pour quelque chose. Un moment, je profite qu’il est de nouveau occupé à autre chose pour me rhabiller et partir. Je refuse de le payer. Il n'est pas content. Moi non plus. Je rentre à l'hôtel boire une bière, manger et discuter en français avec une anglaise. Demain, je pars à 9H30 pour Jodhpur. Bon souvenir de Jaisalmer. Mercredi 3 novembre 2010:8H30, j'ai déjà pris ma douche et le petit-déjeuner. Départ à 9H30 pour JODHPUR. En chemin, je demande de m'arrêter pour prendre un thé. Il s'arrête et prend un aussi mais ne le boit pas disant qu'il n'est pas bon. Trop tard, j'ai bu le mien! On verra! Il n'est pas marrant ce chauffeur. Il ne s'arrête jamais pour me faire voir quelque chose ou me laisser prendre une photo. En fait, je crois qu’il ne connaît rien à part le chemin qui relie les grandes villes. Heureusement que je suis bien documentée et tenace sinon je ne verrais pas grand chose. Il est 13H quand nous arrivons à JODHPUR, 2ème grande ville du Rajasthan, appelée «ville bleue». Les maisons sont peintes en bleu pour éloigner les moustiques et garder la fraicheur; tradition datant des brahmanes (prêtres). Il n'y a que 18 jours dans l'année où il n'y a pas de soleil à JODHPUR. Cette ville est trépidante. Le chauffeur est furieux de ne pas trouver de parking près de l'hôtel. Il téléphone à Raj de chez MILNA pour lui dire qu’il ne me conduira pas le lendemain à la forteresse. C'est vrai que c'est la foire ici, aux deux sens du terme puisqu'il y a la préparation de la fête de DIWALI. Il y a du trafic et les gens sont fort excités à l'approche de cette fête. Il y a des lumières partout... Et déjà les pétards retentissent. Le chauffeur viendra donc me chercher demain à 16H, à ma demande, pour me conduire à MANDORE, petite ville à 10 km sûrement moins agitée. Je range ma chambre puis à 15H, je vais visiter la vieille ville. Là, ne circule que piétons, vélos et rickshaws. Le guide du routard indiquait qu'il n'y avait pas de touristes là-bas; il ne s'est pas trompé; j'étais la seule et me suis demandée un court instant ce que je faisais là. Je vire et revire dans les ruelles. Tout le monde me salue, veut me donner la main. Je suis la créature rare du coin! Je distribue des jouets aux enfants et vite une émeute s’est formée à mes côtés. Pas bien méchant! C’est un peu St. Nicolas! Après avoir bu un thé dans une gargote, je pars à la découverte de la TOUR DE L’HORLOGE et du SADAR BAZAR. Toujours aucun touriste juste sur la fin où je croise un petit groupe de français. C’est quand même une grande ville et je suis étonnée. Je me balade encore, fais des photos, mange des spécialités épicées. C'est vraiment le délire ici. Ils préparent la fête avec vigueur. C'est vrai que c’est la nouvelle année pour eux. Je suis fatiguée et traîne encore un peu la migraine donc tente de rentrer à l'hôtel à pied puis en rickshaws car je ne sais plus le chemin. Je me douche et essaye de m'endormir tôt. Demain, j'irai visiter la forteresse. Je me sentirais moins bête rare! Je suis déçue du chauffeur; je me fais comprendre par tout le monde sauf par lui à cause de sa mauvaise volonté, son empressement et de ce fait, ne prend pas le temps de comprendre. Tant pis pour lui à la fin du voyage! Je m’endors vers 20H mais suis réveillée à 3H du matin en sentant quelque chose se promener sur moi. Quel horreur, c’est une grosse bêbête de 3 cm de long avec une carapace et des longues antennes. Elle est dans le lit. Je me bats avec pour la tuer. J'y arrive. Une autre surgit. Ca devait être le couple. Tuée aussi. Oh, je pense ne plus dormir cette fin de nuit! J'ai une moustiquaire mais pas bien mise puisqu'il n'y a rien pour l'accrocher donc je fais avec les moyens du bord mais pas bien apparemment!!! Il est 7H30 chez nous, comme mon chéri se lève tôt, je lui téléphone; j'ai toujours beaucoup de joie à entendre sa voix. Je l'aime. Il me manque mais je sais qu'ici, il ne pourrait pas être bien. C'est vraiment spécial l'Inde! A cet instant, je m’interroge si un mois ne sera pas trop long? Mais ça doit être un sentiment passager à cause des bêtes et la fatigue. Ma chambre ressemble à un champ de bataille. Comment je fais pour avoir un bazar ainsi à moi seule et en rien de temps? Je range un peu. Il est 5H et m’endors un peu. Jeudi 4 novembre 2010: A 8H, au déjeuner, je parle avec une anglaise: n'y aurait-il que les anglais qui voyagent? La dame me dit qu’ils n'ont pas de mérite à parler anglais, c'est leur langue maternelle. Après le petit déj, à croire ou à ne pas croire: en rentrant à la chambre, je rate une marche dans le couloir et me voilà à mesurer celui-ci de long en large; il n'y a qu'en Inde que je tombe; j'ai fait une de ses mascarades avant de tomber, mal à la main et à la jambe! Je me couche un peu, prends des comprimés homéopathiques. Me voilà repartie. Achat d'eau. Négociation du rickshaw puisque mon chauffeur ne veut pas m’y conduire; quoi qu’en arrivant là, les autres touristes étaient avec leur taxi ou bus. Non mais.... à déduire sur son pourboire, enfin on verra! Forteresse de MEHRANGARH, j'arrive!!! Le guide du routard dit que c'est la plus belle forteresse du Rajasthan, je confirme; elle est magnifique; j'ai rarement vu quelque chose du genre aussi beau. C'est comme si l'histoire ne s’était pas vraiment arrêtée, que quelqu'un va arriver, qu'on va être de la partie. Je m'évade dans le rêve en me replonge dans l'histoire des marahajas, des combats, des femmes derrière leurs "puschas" qui sont ces fenêtres à trous dont elles voient tout sans être vues. Je suis éblouie en voyant les diverses salles du palais si bien entretenues. Ce qui m'interpelle le plus, ce sont les empreintes des mains, toujours visibles, que les femmes ont laissé avant de s’adonner au «sati». Équipée du guide oral, j‘écoute les explications compréhensibles pour tout un chacun. Tout ce que j'ai vu dans ma documentation avant de partir est décrypté dans les moindres détails. Je passe 3H dans cette forteresse sans perdre une minute à flâner. Je termine en me faisant disputer par le chauffeur du rickshaw à qui j’ai dit que j'en avais pour 2H. Il n'a jamais dû visiter la forteresse sinon il saurait que 3H est le temps min pour une visite correcte. Je n'ai pas eu assez de temps pour me balader sur les remparts, dommage! A 1 km de là, sur le chemin du retour, on s'arrête au JASWANT THADA au bord d'un mini lac. C'est un grand cénotaphe tout en marbre blanc, datant de 1899, érigé à la mémoire du maharadjah Jaswan Singh. Lieu toujours destiné aux crémations actuellement. A l’intérieur, on découvre des objets personnels du Maharaja, des photographies. On peut aisément imaginer cet endroit à l’époque! Continuation du périple vers le PALAIS UMAID BHAWAN qui comporte 350 pièces. Le maharaja Umaid Singh le fit construire pour donner du travail aux habitants car, à cette époque, régnait la famine. Ce n'est pas possible de tout visiter car une partie est restaurée en hôtel de luxe et l'autre en appartements personnels du maharaja de Jodhpur. Le chauffeur du rickshaw dit de me dépêcher car j'ai mis trop de temps à la forteresse. Je n'ai que faire de ce qu'il dit et je continue à prendre mon temps. Il me ramène à 15H. Je fais internet à l'hôtel en attendant mon chauffeur attitré. Encore à ma demande, excursion vers MANDORE à 9 km de Jodhpur; lui ne propose toujours rien. Je préviens RAJ de Milna que je ne suis pas satisfaite des services du taxi. Raj lui parle mais "le driver" invente et raconte n'importe quoi! Il n'aura pas de pourboire, c'est quasi décidé. Nous partons quand même pourMANDORE. Il ne connait pas!!! Doit encore demander le chemin. A croire qu'il fait le Rajasthan pour la première fois. Je me promène 2H dans ce Garden magnifique avec les singes qui me dévisagent. J'ai retiré mes lunettes, je porte mon sac sur le ventre et n'ose pas les prendre en photo. Mais, ils sont beaux avec leur tête noire et leurs poils blancs. Ils sont joueurs. Hop, ils sautent d'une branche à l'autre! Ils retournent un tonneau en faisant un chahut de tous les diables. Je les admire; un vieux monsieur me dépasse en me disant qu'ils mordent. Oust, je décampe. De toute façon, il fait presque noir. Mieux vaut les laisser entre-eux… Je fais quand même fait la promenade pour aller voir les cénotaphes des reines et admirer le coucher du soleil de là. Je voulais encore allez voir quelques villages VISHNOIS mais j'abandonne car Kamur ne connaitra pas encore. Je décide de rentrer à l'hôtel manger une spécialité râjasthâni, bien épicée. Je parle au patron des bestioles venues me tenir compagnie la nuit; il met un serpentin d’encens dans la chambre. Demain, départ pourMONT ABU à la rencontre des ours! Ce sera la DIWALI "nouvel an hindou et le retour du Dieu Rama" qui revient d’une victoire contre le démon; tout le monde l'attend, c'est pourquoi, il y a des lumières partout. Je vais fêter ça; je ne sais pas encore avec qui. Vendredi 5 novembre 2010. Je me lève à 7H45 comme souvent. Me douche et hop, au petit-déjeuner. L'anglaise rencontrée le jour avant demande si elle peut se joindre à ma table, ce que j'accepte avec grand plaisir. Elle est sympa. Elle a toujours voulu venir en Inde et là, elle y est pour deux mois, sans aucune réservation. C'est ce que je ferai la prochaine fois. Nous papotons toujours tandis que le chauffeur m’attend depuis 1/2H mais je m'en fous, ce qui n'est pas mon genre habituellement. Mais lui, il m'énerve, alors... Pas de scrupules! La rencontre avec l'anglaise est mieux. 10H, nous démarrons pour RANAKPUR où il y a les plus beaux temples JAINS. Je dors un peu dans la voiture. Après 2H30, lemont ARAWELLI commence à se dessiner. Un peu plus tard, arrivée à RANAKPUR où se pointent CINQ TEMPLES JAINS fascinants. Tout est d'une élégance, d'une perfection, d’une finesse et d'une propreté impeccables. Je commence par le plus petit avant d'arriver dans le spectaculaire Temple d'ADINATH ou de CHAUMUKHA. Chaumukha veut dire "4 faces". Il est interdit d’entrer dans ces temples Jains avec boisson, cigarettes ou chaussures. C'est le plus grand temple Jain de l'INDE. Il a été construit au 15ème siècle sur une durée de 50 ans. Tout de marbre blanc, en plein milieu de la forêt, s'étendant sur 1500 m², haut de 33 mètres, 29 salles et 1444 piliers décorés de manière inimaginable. Un des piliers n'est pas droit volontairement car il n'y a que Dieu qui est parfait, donc il fallait une faille à cette merveille! J'ai cherché lequel mais ne l'ai pas trouvé… L'architecture du temple Jain est basée sur des règles cosmiques précises; tout est réglé en fonction du mandala. Il existe encore une petite communauté Janaïste dans ce site. Leur religion ne leur permet pas de nuire aux animaux à tel point que les femmes mettent un voile sur leur figure et les hommes un masque afin de ne pas avaler involontairement un insecte. Ils pratiquent la non-violence, ne possèdent pas d'armes ce qui fait qu’ils n’ont jamais été persécutés au fil du temps. Ils sont respectés des indiens de croyance différence. Ils sont peu nombreux; on en compte 4 millions en Inde dont un million au Rajasthan. Ils recherchent la libération de l'âme en la libérant de son karma. Les cinq règles sont: ne tuer aucun être vivant, ne pas voler, se détacher des biens matériels, être chaste, ne pas manger la nuit afin de ne pas avaler un insecte sans le voir. Ils sont tolérants. Je termine la visite en me posant la question : pourquoi ces temples sont-ils construits si loin de tout? Comment les gens y arrivaient-ils? A moins qu'ils aient été tous moines résidant au temple? Aurais-je une réponse? On reprend la route en s'arrêtant pour que le chauffeur mange et partons pour leMONT ABU, appelé aussi le MONT DE LA SAGESSE avec son étrange rocher qui ressemble à un crapaud! Le paysage est spectaculaire; la route est de mieux en mieux et on commence l'ascension vers le Mont Abu. Le chemin est pittoresque. Il y a des singes partout. Une pancarte annonce aussi des tigres et des ours. Mais je n’en verrai sûrement pas car avec le bruit des pétards de la Diwali, ils doivent être cachés au fin fond de la foret. Au SRI GANESH Hôtel, Je visionne ma chambre puis vais manger. J'invite le chauffeur à venir à ma table pour la fête! Le chien de la maison s'invite aussi, restant toute la soirée à mes pieds. Nous discutons en anglais. Dictionnaire en main, papier, bic et surtout beaucoup de gestes. Pétards et feux d'artifice partout. Bruit intense. A 11H, je suis au lit avec mon MP3. A 5H du matin; ca pète toujours. Je me rendors. J'ai bien dormi protégée sous ma moustiquaire. Samedi 6 novembre 2010 :8H du matin, je rédige ces lignes. Pétards encore. Je pense que je suis enrhumée. Il fait froid ici. Nous sommes à 1200 mètres d'altitude. Je bois un bon café, un lassis (yaourt+banane) et un jus d'ananas. A 10H, je libère la chambre et commence ma visite par un MUSEE SPIRITUEL où on me propose une expérience de méditation que j’accepte! Étonné? Ce n'est pas terrible mais ça me plait. Il y a des milliers d'indiens qui viennent à Mont Abu pour ce jour de l'an. Ils sont contents. Pour eux, c'est jour de sortie voire vacances pour certains. Ici personne ne mendie, ce sont des indiens aisés. Ils sourient en me voyant, veulent me toucher la main, me prendre en photo. Pour eux, c'est un honneur! Comment ne pas se sentir bien voyant ces gens heureux autour de moi? Je descends au lac NAKKI (lac des crocodiles) faire le tour en barque, refusant le pédalo cette fois. Je ne vois pas de croco, tant mieux. Ensuite, je vais sur le grand bateau en béton boire deux thés délicieux. On dit que c'est le toit du bateau Titanic!!! Comment savoir si c'est vrai ou si c’est une légende! Je veux voir un petit temple le RAGHUNATHYI mais il est fermé. Je prends beaucoup de temps à faire à photographier les indiens qui me le demande car ici ils peuvent louer des costumes dignes de maharajas et maharanis pour passer la journée. Il est 13H et le chauffeur m'attend mais je prends le temps quand même d’aller manger un thalli: plusieurs petits plats végétariens sur un plateau. Après-midi, je le prie d’aller aux TEMPLES de DELWARA à 3 km. Très beau site. Je dois laisser ma caméra à l'entrée mais j’achèterai un petit livre à la sortie pour garder ce souvenir. Je suis vraiment de plus en plus épatée de la finesse du travail. Le premier des cinq temples le VIMALA VASAHI, bâti en 1031, n'a que 240 piliers mais ce qui fait sa splendeur, ce sont les 52 petits plafonds, tous différents! Incroyable travail! En entrant, il y a un "smosan" qui est une représentation symbolique de la montagne sacrée: je pense bien que c'est le triangle en argent que je vois mais je n'en suis pas sûr car normalement il devait être entouré de statues d'éléphants, que je n'ai pas vues. On y trouve une impressionnante statue d'Adinath tout en marbre blanc. Le deuxième sera le LUNA VASAHI, bâti en 1230, est aussi impressionnant; on y trouve une statue de Néminath, toute noire. Au plafond central, 64 danseurs dans 64 pauses différentes sont sculptés. Je verrai encore un troisième où là, le Dieu est tout en or. Il y a des milliers d'indiens qui viennent visiter ce site. Nous sommes maximum dix touristes à traîner à cet endroit. A se demander où les touristes vont! Il est maintenant 15H et la prochaine étape est UDAIPUR. Je garde un merveilleux souvenir du MONT ABU! Un jour de plus là m'aurait bien plu. Après 3H de route, arrivée àUDAIPUR à 290 km de Jodhpur. Ca commence mal, le taxi ne peut pas entrer dans la vieille ville et devons porter les bagages jusqu'au NIWAS hôtel. Je suis au 5ème étage, sur la terrasse, pas d'ascenseur. Je ne descends pas pour souper et mange très bien à la terrasse. Dimanche 7 novembre 2010: Je m'éveille à 8H30, rédige ces lignes et me prépare pour la visite de la vieille ville, à pied. En fait, je quitte ma chambre à 11H. Je commence par faire recharger mes piles et acheter une bouteille d'eau. Je vérifie le prix sur l'étiquette et «plouf», voilà mes lunettes de soleil tombées dans la mini rigole où les égouts passent. Je les récupère à la main. Elles sont crado et puent. En plus, je m’éclabousse les chaussettes et chaussures. Bon début de journée après avoir fait 100 mètres! Il y a trop longtemps qu'il ne m'était arrivé quelque chose! Un peu plus loin, j'arrive au JAGDISH TEMPLE, construit en 1651, dédié à Vishnou. A l'entrée, deux grandes statues d'éléphants. Il y a beaucoup de Sâdhus qui sont des hommes démunis de tout, ne vivant que de ce qu'on leur donne à manger. Ils aiment être pris en photo pour recevoir une pièce. Dans le sanctuaire, il y a une statue noire représentant Vishnou. Voyant que je suis intéressée, un indien me dit qu'il y a un office à 18H30. Je promets d'y aller. Je change de la monnaie puis visite un atelier de peinture sur soie et sur os de chameau. C’est très joli et très cher. Je me restaure avec un beignet local, un gâteau et du thé à l’entrée du City Palace. Je me répète mais j'adore le thé masala. J'espère pouvoir le refaire chez moi… Le CITY PALACE est le plus grand palais du Rajasthan. Il a été construit vers 1560 et a été régulièrement agrandi au fil du temps jusqu'à la fin du 19ème siècle. Ce palais est séparé en trois parties. Une aile toujours habitée par le maharaja actuel qui y passe trois mois par an, puis six mois à Londres et trois mois à Mumbay. Une autre aile fait office d'hôtel. La troisième est celle qu'on peut visiter. Je me muni toujours d’un autoguide; par contre, la taxe pour l'appareil photo est trop chère, donc pas de photos. Les cours du palais sont superbes. On retrouve comme d’habitude la cour des hommes et la cour des femmes, la zanana où seul le Maharaja peut entrer; les énuques servent d'intermédiaire. Je suis surprise par la salle aux miroirs, c'est d'une beauté! Ils aimaient se regarder les maharajas. Dans la salle des audiences, il y a les "Jhalis" petits balcons d’où les femmes pouvaient suivre les discussions sans être vues. Les vitraux d'une salle proviennent de Belgique, sûrement aussi du Val St. Lambert; les pavés de décoration proviennent du Portugal et de Hollande. Le marbre utilisé ici est local. J'imagine mal comment ils transportaient tout cela à l'époque et j'imagine encore moins comment ils pouvaient bâtir des bâtiments d'une telle importance. On remarque aussi que les couloirs du palais sont étroits et les marches irrégulières, ce qui est volontaire pour ne pas donner de l'élan à l'ennemi qui pourrait s'introduire…Dans ce palais, on fait souvent référence au Dieu Rama (Dieu du soleil); sa femme est Sita; ils ont deux enfants. Il s'est passé un drame dans ce palais; cette histoire m'a marqué: «une jeune fille du Maharaja avait été promise par son père à deux prétendants, le maharaja de Jaipur et celui de Jodhpur. Ne pouvant faire son choix, elle s'empoissonna". La visite dure plus de 2H dans un brouhaha terrible car les nombreux indiens en visite sont bruyants. Je rends l'écouteur et sors faire quelques photos à l’extérieur du palais avant de retrouver le chauffeur qui me conduit, à ma demande, aux jardins de SAHELION-ki-BARI où il y a une atmosphère sereine. C'est un havre de paix où les dames de la famille royale venaient se promener. Il y a 4 bassins. C’est agréable d'entendre le bruit des fontaines, fonctionnant toujours au moyen du système hydraulique élaboré en 1700 (unique à l'époque). Les gens sourient, se promènent. La balade dure peu mais est bénéfique. Si je me presse un peu, c'est qu'il fait noir à 18H et je veux encore aller au MEMORIAL PRATAP, érigé sur la colline de Modi Magri. Il y a un monde fou. Je me balade et fais la visite du petit musée. J’aimerais voir le son et lumière mais il faut repayer et attendre 1H. Je suis fatiguée et prend le chemin du retour. J'ai oublié d'aller à l'office de 18H30 au Jagdish temple. Je ne peux pas tout faire. Je rentre, mange, n'ai plus la force de rien. Je me suis endormie sur ma chaise au resto. Je file dans mon lit. Lundi 8 novembre 2010: il est 7H, je m’éveille, rédige ces lignes après ma douche, range mes bagages. J'ai mal la jambe et le bas du dos. Après le petit déj, je fais un massage ayurvédique et j’achète de l'huile qui j’espère soulagera ma jambe, enfin normalement! Je ne visiterai pas tout ce que j'avais prévu car j'ai besoin de me reposer un peu. A midi, je mange dans un hôtel renseigné par le guide du routard "Ambrai restaurant, au-dessus de l’hôtel Baba". Je ne suis pas déçue, c’est bon et en plus, j'ai vue directe sur le temple hindou Jasdish. Je suis juste surprise du prix du coca light:40 roupies (1€) cher! Ensuite, je prends un rickshaw; Il m'emmène le long du lac et je profite pour faire une petite balade en bateau sur le lac PICHOLA; je ne vois pas de crocodiles or il y en a. J'embarque avec tous indiens en vacances. Ils sont contents que je sois avec eux. Il va sans dire que les photos vont bon train de part et d‘autre! Les indiens en vacances dans une de leur ville sont toujours heureux, bien habillés et ne demandent jamais rien d'autre que des photos et de quel pays on vient. Le gars du rickshaws veut m'arnaquer me comptant 400 roupies les 2H. Il en aura 100 et pas de discussion; il ne rouspète pas trop car un policier est juste à côté de nous. D'un côté, je regrette un peu de ne pas avoir pris le bateau à l'embarcadère du City Palace où le tour aurait été plus grand avec vue du palais au milieu du lac de plus près mais d'un autre côté, j'ai vécu un bon moment avec les indiens sur le grand bateau traditionnel ! J'abandonne l'idée d'aller au zoo Garden. Il reste juste assez de temps pour boire un thé à l'entrée du City Palace où je suis allée hier; il est délicieux et coûte cinq roupies (soit 9 cents). A 15H, nous démarrons et arrivons à 17H30 àCHITTORGARH où le PADMINI Hôtel est clean ainsi que la chambre. Il y a un grand jardin. Je m'y installe directement et quoi de mieux qu'une bonne bière et un papad (petite crêpe craquante). Le régime ne sera pas encore pour aujourd'hui! Le garçon me fait remarquer que sous ma chaise, il y a un petit chiot qui s'est installé. Il ne me quitte pas, me regarde avec des yeux craquants, trop mignon; je voudrais l’emmener. Le moment de l’apéro était agréable. Je mange, ne déballe pas mes habits, tape ces lignes et m'endors. Mardi 9 novembre 2010: éveil à 3H du matin découvrant la bouteille d'huile de massage renversée dans le lit; je me suis endormie en me massant la jambe. Je pouvais bien mettre tout ce temps à la choisir! Il ne me reste plus qu'à en retrouver. J'ai été dormir tôt et me voilà en pleine nuit en train de terminer mon récit. J'espère me rendormir un peu car demain matin, rendez-vous à 9H pour la visite du fort qui est gigantesque paraît-il! C'est une belle grande chambre, propre, dommage que j'ai sali les draps avec l'huile. Voilà, une bien courte nuit dans une si belle chambre. A 9H, petit déj et à 10H, visite de la FORTERESSE DE CHITTOR. Le tour est long donc je vais de temples en palais avec la voiture. La forteresse, bâtie au 7ème, fait 13 km de circonférence. Les bâtiments sont éparpillés. Il y a sept portes pour arriver à l'entrée. La "Rama Pol" est la dernière et la plus belle; je la photographie en sortant. Le temple de SAMADHISVARA sera le premier site. Il est tout en ruine mais on imagine la beauté de celui-ci à l'époque. Je pense à ces batailles qui ont eu lieu ici. En 1303, vivait ici la reine Padmini et son mari. La beauté de la reine Padmini était célèbre et attira le Sultan de Delhi qui demanda au mari de la contempler. Celui-ci accepta pour éviter une guerre mais à la condition que ce soit par le biais d'un miroir où l'image de la reine reflèterait. Il accepta mais mécontent, en sortant, et par traîtrise, le Sultan de Delhi fit le mari prisonnier. Les Rajpoutes voulant sauver leur roi se firent tous tuer. Au même moment, eu lieu à cet endroit le premier DJOBAR, qui veut dire que la reine et 3000 autres femmes se firent brûler sur un bûcher pour ne pas survivre à leurs époux. Deux autres Djohars eurent encore lieu sur ce site. Les Rajpoutes mettaient leur robe jaune-safran pour partir au combat quand ils savaient qu'ils ne reviendraient certainement pas. Là, je suis en plein dans l'histoire du fort.... Je continue ma visite par le musée archéologique qui possède des objets ayant été retrouvés sur le site. Ensuite, j’entre dans un temple Jain puis le temple de Meera. Le bâtiment célèbre la «tour de la Victoire» comporte 9 étages et 157 marches; je réfléchi beaucoup avant d'y entrer; finalement, je me décide mais j’en ressors après 5 min; je n'ai pas été plus haut que le 1er étage. J'arrive au temple de Shiva où je rencontre un très jeune Brahmane qui parle un peu français et veut étudier la langue française. Je lui donne mon traducteur qui va trop lentement pour moi et trois livres que j'ai dans la voiture, destinés à ma copine de Delhi. Il reçoit un livre sur la méditation indienne, l'Alchimiste et la prophétie des Andes. Il m'emmène voir la fontaine sacrée où la vache a reçu la première goutte d'eau dans sa bouche d'où depuis le lac est sacré. Ensuite, je passe voir le Palais de Padmini avant de terminer au temple de Kalika Mata, dédié à Kali. Il y a encore beaucoup à voir mais voilà déjà près de 4H que je déambule dans la forteresse et j'en ai assez. Direction BUNDI, à 120 km de Chittorgarh, avec arrêt aux fameuses cascades Bemlatts Fall dont Manu (contact VF) m'a tant vanté. Je ne sais pas si c'est le bon endroit mais il n'y a pas d'eau qui coule dans le petit lac. C'est un site archéologique. Manu m’a dit qu’elles se trouvent à 30 km de Bundi et on en a encore bien fait 60 km après donc j'ai vraiment un doute sur l’endroit! À vérifier près de Manu. Et moi qui avais déjà pris mes affaires pour piquer une tête, raté! Déçue de ne pas avoir vu la cascade, on reprend le chemin de Bundi pour y arriver à 18H. Je dors dans à HAVELI KATKOUN, richement décorée, restaurée en hôtel. La chambre est très bien. Tout est grillagé pour les singes. Ils sautent sur le grillage. Il y en a des centaines. J'ai un peu peur d’aller demain au fort. BUNDI se trouve à 165 km d'Ajmer. On l'appelait autrefois "la cité des sources" pour les nombreux puits "baolis" qu'elle possédait. Je fais un massage de jambes, achète des produits ayurvédiques, mange et dodo. Mercredi 10 novembre 2010: je me réveille à 6H du matin mais me rendort un peu. Après le petit déj, le chauffeur qui devait me conduire au fort me dit que ce n’est pas possible en voiture et me laisse au pied du palais. Je n'irai donc pas au fort car je m’aperçois que pour une fois, il a raison et il faut y aller à pied; pour moi, c'est impossible. Déjà, le Palais, ça grimpe. J'arrive, après trois pauses, à l'entrée du GARTH PALACE. Il faut dire que la vue est belle; on voit les maisons peintes en bleu lavande. C'est plus grand que je ne pensais. Un guide parlant français insiste pour me guider; je refuse. Heureusement, car je suis restée 4H dans ce palais. C'est pourtant un des moins bien conservé mais j'ai eu la chance de rencontrer un couple de français; nous avons bien discuté. Eux avaient l’intention de monter au Fort mais voyant le chemin pour y grimper, ont renoncé. Je ne citerai pas les salles car finalement c'est toujours la même chose; je commence à en avoir assez des palais et des forts. C'est très fatiguant 15 jours de visites intensives surtout que ça grimpe tout le temps, des escaliers, des descentes, des montées et ma jambe qui me fait toujours mal. Je descends aussi difficilement que pour monter tellement les pierres sont lisses, glissantes et mal foutues. Ouf, je suis en bas! Je n'ai pas aperçu de singes au Palais. Ils sont au Fort. Je m'offre un thai masala dans le petit bar où le patron, artiste-peintre, a six doigts à une main. En rentrant à l'hôtel, un jeune homme devant une boutique m'invite à prendre un thai, ce que j'accepte puisqu'il parle un peu français et que j'aime les contacts. Le thé se boit un peu plus loin chez lui où en fait c'est un petit hébergement. J’y rencontre là deux espagnols, une dame de Tarragone, qui parle catalan et un homme au look "fun «de Madrid qui parle français; le moment est agréable. Le jeune homme m'invite à faire un tour sur sa moto le soir au bord du lac; j'accepte pour m'en tirer mais je n'irai pas à ce rendez-vous; tout d'un coup, je ne le sens pas et je préfère ne pas prendre de risques. Je rentre à l'hôtel 10 min. Il est déjà 15H. Je repars pour aller au puits et au marché. Je trouve d'abord la poste pour envoyer une carte à Dédé, un ami de Reims, mais je ne sais pas s'il l’a recevra! A force de tourner et de virer, j’arrive au marché où je m'achète un ananas, qu’on me coupe et met dans du journal. Je le mange en marchant et ne fais pas trop attention où je vais me disant que je prendrai un taxi pour rentrer à l'hôtel où que je sois. Quelle erreur!!! Je me suis embringuée dans des ruelles de plus en plus étroites sans m’en rendre compte. Il y avait beaucoup d’enfants qui voulaient être pris en photos. Je les photographie mais il en arrive toujours de plus en plus. Je continue cette séance de cinéma tout en avançant dans ces ruelles où les gens sont de plus en plus sales. Voyant que je m‘égare bien, je demande aux enfants si on arrive au Palais en continuant au bout de ces ruelles; le palais étant mon point de repère car l’hôtel n’est pas loin. Ils confirment et m'emmènent. Dieu du ciel…, je me retrouve à grimper de nouveau alors que je n'ai jamais descendu en partant. J'arrive sur la grand-route de Chittoor à Bundi. Les gosses demandent des roupies, je refuse. Ils s'excitent, tirent sur ma bouteille d'eau, dansent autour de moi un rituel de singe, font des grimaces, disent je me demande bien quoi! Je commence à paniquer et me fâche. Ils s'en vont en me lançant des pierres. J'ai de la chance car un groupe d'enfants ainsi, ça peut être fatal!!! Je suis au bord de cette rue où camions et bus passent à toute allure. Il n'y a pas de trottoir. Je sais que je suis loin de l’hôtel puisque je suis passée par là en arrivant de Chittorgarh. Evidemment, pas de taxis aux alentours. Rien. Pas même un tuc-tuc. Je redescends une volée d'escaliers un peu plus loin car je vois le lac artificiel et mon hôtel est en face. Je me rends vite compte que ça va être la même galère que je viens de vivre et remonte ma volée d'escaliers. Que les marches sont hautes ici! Je n'en peux plus. Je transpire sans arrêt. Je marche. J'arrive au lac. Je pense pouvoir le contourner vers la gauche mais il n'y a pas de rue, je dois faire marche arrière et repartir. Sur le pont, je suis à bout. Il reste 1 km mais je ne peux plus avancer. Il passe un tuc-tuc quand même envoyé par les Dieux. Je le prends. Les Dieux auraient pu me l'envoyer plus tôt. Je n'ai donc pas vu le "baori" (puits) mais vécut l'ambiance rurale et vu le lac artificiel. Je rentre à l'hôtel pour récupérer un bagage que le chauffeur devait déposer. Bien entendu, il a mal compris et pas de bagage! Pour m'en sortir, je fais appel à un interprète sinon j'y étais toujours. Ca y est, c'est arrangé, il arrive en courant me donner le bagage qui est dans la voiture. Je bois un thaï (un de plus!). Je me rends au massage bien mérité. Après celui-ci, je mange du mouton et fais internet. Je m'énerve un peu car ma fille ne répond jamais à mes emails et c'est agaçant. Je m'inquiète en plus. Je téléphone à mon ex-mari qui s'affole de mon coup de fil et qui fait téléphoner ma fille. Tout va bien mais elle doit être très occupée à "autre chose" comme dit mon chéri à qui je téléphone aussi. La visite des Palais et des Forts est terminée sauf à Jaipur (Amber). Demain, départ pour Puskhar où règne là une autre ambiance: le festival des chameaux (la CAMEL FAIR). En terminant ces lignes, je vois un énorme lézard sur l’armoire; je n'ai jamais vu un si gros. En fait, la nuit j'ai cru sentir quelque chose de mouillé sur le lit mais en allumant, rien n'était mouillé, maintenant je sais: j'ai dû mettre la main sur le lézard. Qu'en faire? Je réfléchi, le regarde. Lui aussi me regarde avec ses petits yeux. Il est beau mais il ressemble à un dinosaure en miniature. Je n’ai jamais vu de lézard ayant cette allure. Je tente de l'attraper avec une boite pour le sortir mais n'y arrive pas. Il est parti au-dessus de la garde-robe puis ailleurs puisque je ne le vois même plus là. Je ne sais pas où il est. Vais-je pouvoir dormir sachant qu'il peut encore venir sur mon lit? Et toujours rien pour accrocher la moustiquaire. Je l'ai pris en photo. On dit que ça porte chance… pour autant que ce soit vraiment un lézard! Jeudi 11 novembre 2010, direction PUSHKAR, mignonne petite ville sainte au bord du désert, de 15000 habitants, 11km d'Ajmer et 150km de Jaipur. C’était ici le RV des hippies du monde dans les années 1970. La vie ici est restée assez baba cool. C'est un havre de paix sauf à la «Camel fair» qui a lieu à l'occasion de la Kartnik Purnima (anniversaire de la mort de Brahmâ), liée à la pleine lune. C’est la plus grande foire de chameaux de l'Inde. Les nomades du désert du Thar et les paysans du coin y débarquent pour acheter et vendre des chameaux et des chevaux. Pendant le festival, femmes et hommes mettent leurs plus beaux habits traditionnels. On y voit les beaux turbans colorés des hommes et les plus beaux saris colorés des femmes; elles mettront tous leurs bijoux. Avant d’arriver à Pushkar, je prévoyais visiter la mosquée d'un grand Saint à AJMER mais il pleut à seau et je renonce. En direction de PUSHKAR, le paysage est majestueux, ce ne sont que montagnes tout autour. C'est de celles-ci que descendent les nomades avec leurs dromadaires et chevaux pour la Camel fair; ils pourront ainsi les vendre pour acheter des marchandises. Ils en achèteront aussi. Nous trouvons avec difficultés le PARAMOUT PALACE. Un hôtel est vite un palace en Inde. L’accueil est bon enfant. Je suis à l'aise. La chambre est propre mais les robinets coulent et le chauffe eau est archaïque. Comme prévu, là, je libère définitivement le chauffeur pour continuer seule mon périple. Je lui donne, malgré ce que j’ai dit, un bon pourboire pour le fait qu’il conduisait prudemment!!! Il est content. J'ai toujours très mal la jambe et un peu dans le dos. Je mange un plat végétarien et vais me reposer. Ah ça y est, je vois un lézard mais nettement plus petit que celui d’hier. Je mets ma moustiquaire de façon folklorique; pourquoi n’y a-t-il pas de crochets?? Mes attaches autocollantes ne tiennent pas ce qui fait que je reçois la moustiquaire sur la tête en pleine nuit. C'est décidé la prochaine fois, je prends le petit marteau que j‘ai hérité de mon père qui fait tournevis en même temps ainsi que des petits crampons. Au moins, après moi, les autres en profiteront!!! A 19H, je descends marcher, faire internet et acheter une bombe pour moustiques. Je ne résiste pas à un jus d'ananas frais. C’est l’heure de manger, toujours végétarien; il n'y a ni viande, ni œuf, ni alcool à Pushkar cause que c’est une ville Sainte où près de 2000 pèlerins par jour viennent de toute l’Inde. C'est un haut lieu de l'hindouisme. Il est dit dans les Védas (textes sacrés) que pour achever le parcours mystique qui purifie leur âme, les pèlerins doivent faire 4 pèlerinages et se baigner dans le lac sacré de Pushkar. Il y a 400 temples dont l’unique temple de toute l'INDE dédié au Dieu Brahma, créateur de l'univers. Une version de l'histoire sacrée dit qu’au 12ème siècle, Brahmâ tua un démon et lâcha 3 pétales de lotus; là apparurent 3 lacs d'où le nom «Push» signifiant fleur et «kar» signifiant main qui fit donc «PUSHKAR». De l’hôtel, j'aperçois le lac sacré. La mousson fut bonne cette année donc le lac n'est pas à sec. Il y a 52 gaths (escaliers qui descendent au lac). On dit que se baigner dans le lac à cette période porte chance, mais je n'irais pas, j'ai déjà eu de la chance avec le lézard!!! Il y a des moustiques car on passe avec un camion pour asperger les rues d'un répulsif. Il est tard; j’attends demain pour aller voir les dromadaires. Je me réjouis. L’ambiance ne doit pas être triste. En fait, à l'hôtel, mon palace quoi, il y a beaucoup de français. Ici, je dois voir Jacques de Bruxelles et Martine de France; j'espère avoir plus de chance qu'avec Manu que j'ai loupé à Delhi! Voyant le garçon de chambre de l'hôtel boiter, le lui explique que j'ai aussi mal à la jambe, il m’explique qu’en fait, lui c’est la polio! J'ai l'air con... Il me conseille de me rendre dans un temple à 80 km de Pushkar où il s'y passe des miracles; c'est là que tous les handicapés vont. Lui y est allé alors qu'il était en chaise roulante ne sachant ni marcher ni faire aller un bras, il en est ressorti en marchant mal mais en marchant et son bras fonctionnait normalement. Je n'aurais pas le temps d'y aller sinon j'aurais tenté l'expérience! Vendredi 12 novembre 2010, je m'éveille à 8H et n'ai toujours pas de douche. A la guerre comme à la guerre, eau froide, et en avant pour le petit-déj. Ensuite visite de la ville. J’ai la chance de ne pas devoir chercher le temple consacré à Brahmâ car il est sur le chemin du lac sacré. La visite est sereine. Je fais une offrande. J'aperçois la statue de Brahmâ à 4 têtes. Je suis des indiens qui se rendent dans un autre petit temple souterrain! Voilà, j'ai vu le seul temple hindou dédié à ce Dieu. Maintenant, je dois trouver le lac; je marche derrière des gens croyant qu‘ils y vont certainement. Mais on monte une route sableuse ! Pour le lac, c’est mauvais signe… Renseignements pris, ce sont des pèlerins qui se rendent au temple situé en-haut de la montagne. Je fais demi-tour; ce n’est pas mon intention de monter là-haut! En rebroussant chemin, je m'arrête pour boire un thaï masala. Petit mais bon. Je le paye, attends ma monnaie mais il ne veut pas; j'attends encore en insistant; il ne veut toujours pas; je m'en vais emmenant une bouteille d'eau. Oh là là, il m'a vite rendu la monnaie!!! Cet arrêt m'aura permis d'être à l'abri pendant l'averse. En chemin, je tombe sous le charme d'un foulard bleu, un de plus, je l'achète pour 50 roupies (-de 1€). Par contre, je marchande un sac à main mais sans résultat. On verra demain. Enfin, je vois des pèlerins se purifiant dans le lac. Il est interdit de photographier mais je fais quand même une ou deux photos en vitesse. Je m'assois sur les ghâts. Je reste un long moment en pleine méditation. Je me sens bien là. On dit que les cendres de Gandhi ont été éparpillées dans ce lac...Je viens de me renseigner: non ce n'est pas lui car c'est dans le Gange... Je suis attirée par les beaux singes à tête noire. Les uns jouent, d'autres donnent à boire à leur bébé et puis, sur le mur, un couple d'amoureux main dans la main, tête contre tête. C'est attendrissant. Ils s'aiment. Ils ne se quitteront pas de tout le temps que je reste là pendant que les autres courent et mangent des cacahuètes. Je me découvre une nouvelle passion: les singes. Un petit qui n'a pas encore de poils est accroché sous le ventre de sa maman; on dirait la tête d'un bébé humain. Quand ils ont un peu de poils et sont un rien plus gros, ils vont sur le dos de leur maman. En tout cas, les mères s'occupent bien de leurs petits. Un homme s'est approché un peu trop d'un bébé singe et la mère lui a montré les dents. Je ne voudrais pas lui prendre son bébé… En remontant la rue, je bois un jus de bambou. Je tombe par hasard sur un resto indiqué dans le routard le Shiva Juice; j’y mange une pizza succulente; ça me plait la nourriture végétarienne. En chemin, un coiffeur me propose un massage gratuit de la tête "pas pour de l'argent" comme il dit! Je rentre. Il me fait n'importe quoi sur le cuir chevelu pendant 5 minutes puis me demande 450 roupies. Je refuse puisqu’il a dit que c'était gratuit! Il rouspète mais je m'en vais quand même sans rien lui donner. Je ne lui ai rien demandé après tout et en plus, c'était du n'importe quoi! J’ai envie de revoir le lac à un endroit différent. Il est 15H, Il est temps d’aller voir les chameaux. J'y arrive facilement. La ville est petite. Ce sont les chevaux qui sont à l‘entrée du site; ils sont bien peignés et lissés. J’admire un cheval blanc aux yeux bleus, ça doit être une race du Rajasthan car au final, j’en ai vu plusieurs. Je confirme par la même occasion que Théodore, un âne que je connais en Espagne, est bien un âne indien. Je me laisse tenter pour faire un tour en chameau mais sur la charrette. Quel problème pour grimper dessus. Le gamin va chercher une chaise et hop, j‘y suis. Un jeune homme parlant un peu français m'accompagne voir les bébés dromadaires que j'aurais bien trouvé toute seule mais c'est ça l'Inde! Il veut ensuite que je lui paye un sac de farine. Je lui donne 20 roupies car je sais que ce n'est pas vrai. Je retourne seule faire un tour sur le site. C'est magnifique tous ces dromadaires décorés, tatoués. J’admire un homme qui coupe les cils et la moustache à son dromadaire; normal, chacun veut que son animal soit le plus beau pour le concours de beauté, concours de la plus belle moustache, etc… pour le vendre au meilleur prix. Les tentes commencent à se mettre en place. Les nomades font des feux de bois, cuisent leur pain, font du thé. L'ambiance est sereine. Le soir tombant, certains dromadaires sont attachés par une patte et d‘autres partent, je ne sais où. Je téléphone à Jacques (contact VF) pour savoir s'il est arrivé à Pushkar. En fait, il était aussi à la foire, essayant de m'appeler mais mon GSM reste éteint car il m'envoie des pubs sans arrêt et la batterie se décharge trop vite. On a du mal à se trouver mais ça y est, je le vois. Nous somme ensemble pour photographier le coucher de soleil. La rencontre est sympa. On discute beaucoup «voyage» en l'occurrence l'Inde! Il fait nuit; on va prendre l’apéro puis souper à mon hôtel où les prix sont plus raisonnables que vers la foire. On se reverra sûrement demain soir. Il est 2H30 du matin! Le temps passe très vite ici. Je n'imagine pas que j'en suis déjà à ce stade de mon séjour... Samedi 13 novembre 2010: 10H. Je bois 2 thés à la terrasse en parlant avec un couple de français. Il est 11H et je suis encore fatiguée. Je me remets au lit et dors jusqu'à 14H. J'en avais vraiment besoin. Je vais ensuite déambuler dans les rues de la ville; il est trop tôt pour aller à la foire. Je tombe face au restaurant «Om Shiva» où nous voulions aller manger le soir avec Jacques (buffet libre à 80 roupies). Je jette un œil en buvant un délicieux lassis mixte. Je mange aussi 2 bananes. Je n'ai pas envie de me fatiguer bêtement donc je prends un pouce-pouce pour aller à la foire aux chameaux. Je commence par m’attarder longuement m'attarder près des chevaux. Il y en a de toutes sortes; beaucoup plus qu'hier. Je fais beaucoup de photos d’animaux et leurs maîtres. Les nomades sont bien sympathiques, la plupart ont tout leur nécessaire sous la tente. Ils cuisinent. Je leur demande pour les photographier; ils acceptent mais veulent aussi m'inviter à leur repas que je refuse malgré que ça a l'air bon mais j'ai peur de l'hygiène. Ils cuisent le pain sur les crottes de chameaux; ils se font cuire aussi légumes et pommes de terre. Il va faire noir d'autant plus qu’aujourd’hui, il n'y a pas de soleil. Ce qui veut dire qu’il est grand temps d’aller voir les chameaux qui sont aussi plus nombreux qu‘hier. Je passe entre-eux. Ils me regardent. Ils sont marrants. Je me sens bien avec eux. Ils me relaxent. Une cafétéria en hauteur semble m’appeler, je me laisse tenter pour un thé. Je dois partir, il est 18H et il fait noir. Ce qui est désagréable sur le site, ce sont les enfants qui demandent des roupies et ne vous lâchent pas tant qu'ils n'ont pas. Avec moi, pas de chances! Il faut encore arriver à se fâcher pour que certains partent mais d'autres restent et rient. A la longue, ça devient pénible la mendicité. J’ai rendez-vous avec Jacques à 18H30. Nous partons en direction du restaurant "Om Shiva". A peine avais-je fais 4 mètres que je suis projetée en avant, surprise, je venais de recevoir une corne de vache dans la fesse. Jacques pense que ça va remettre mon nerf sciatique en place mais c'est l'autre fesse! Je n'ai pas eu mal mais c'est surprenant. Cela m’était déjà arrivé une fois dans mon pays, mais dans le bras; les vaches ne m'aiment pas...Nous faisons 4 mètres qu'il se met à pleuvoir à seau. On ira prendre un verre en attendant que ça passe. En chemin, on est bloqué. L'averse a créé une inondation importante sur la route et devons prendre un pouce-pouce. Le buffet du resto est bien achalandé. Avec Jacques, on se salue promettant de rester en contact. Je n'ai pas pu voir Martine (contact VF) vu ses problèmes et le manque de temps aussi. Je rentre prendre une douche puis reçois un sms de Jacques qui m’informe que suite aux inondations, il a dû prendre un cyclo-rickshaws pour rentrer à son hôtel un peu éloigné. Il craignait que le véhicule ne se verse dans le fossé à cause des trous; trop tard, il a culbuté! (il n’a rien). Départ demain matin en bus pour Ajmer où je prends le train qui m’emmènera à JAIPUR. Je regrette ne pas pouvoir rester encore un jour à Puskhar pour le début du festival qui commence le jour de mon départ, le 14 au lieu du 13 comme je pensais. Bon souvenir de Pushkar et du pré-festival. Dimanche 14 novembre 2010: après déjeuner, je trouve le pouce-pouce réservé le jour avant; je n’aurais pas cru qu'il viendrait. Il est 9H pile. Il me conduit à l'arrêt des bus qui vont àAJMER. Je ne visite pas cette ville. Ce bus là n'est pas pire que ceux qu'on rencontre au Maroc. J'ai une place assise, je paye 7 roupies (12 cents). Un indien a embarqué dans le bus avec l'intention de me conduire à bon port à la gare et de toucher sa commission, comme si je ne savais pas me débrouiller seule… Il a reçu le prix du bus. Je ne lui ai rien demandé moi. Il n'a pas discuté car à ce moment, le jeune de l'hôtel, celui qui voulait m'emmener au «temple miracle» m'appelle… Il m’attend à la gare pour me dire au-revoir. Amoureux de moi? Pas de chance, j'aime mon chéri! Je bois quand 2 cafés avec lui puis je me dirige vers le quai n°1 comme m’a renseigné un militaire. En attendant dans la salle d'attente, une grosse dame vient me trouver pour voir mon ticket. Elle ne s'y retrouve pas et appelle du renfort qui ne s'y retrouve pas plus. Cinq minutes après, je me rends compte que je lui ai donné mon voucher d'hôtel. On a bien rigolé. Changement, c’est le quai N°3. Mon train arrive. Je m'installe, bois un thé, mange du poulet-riz, m'endort un peu. 2H plus tard, le train arrive à JAIPUR, appelée la ville rose. C'est la capitale du Rajasthan où vivent près de 2.000.000 d'habitants. Elle est située à 259 km de Delhi. Je saute dans le premier rickshaw venu sinon c'est pénible aux gares. L'hôtel ATITHI est grand, la fenêtre de la chambre donne sur un mur; je demande à changer. On m’installe dans une autre chambre mais le matelas est trop fin; je réclame et on m'installe un matelas supplémentaire. Je fais un peu sur internet. Je téléphone à mon contact de Jaipur qui est à Delhi. Il veut m'envoyer son frère demain avec une voiture, je refuse car ce frère ne parle pas français. Il est trop tard pour visiter. Je soupe dans un joli resto situé une ruelle plus loin. Ensuite, je rentre à l'hôtel et voilà, la journée finie. Lundi 15 novembre 2010, à 9H, visite du CITY PALACE, munie d’un autoguide. A signaler la «salle des armes» où celles-ci sont représentées en grand nombre, témoignant de l'aspect guerrier et combattant des Rajpoutes. On y trouve une des ses épées du Maharaja pesant 5 kilos. Je les imagine à cheval, avec armures et boucliers ou en habits avec de jolis rubans multicolores et de longues moustaches, le tout accompagné d'épées, révolvers, poignards. Je m’évade… La salle des audiences est très bien conservée. On y voit l’immense trône du Maharaja Madho Singh II; c’était un géant de 2 mètres, pesant 225 kgs. Cette salle semble toujours d'actualité tellement tout est resté authentique notamment le plafond dont la peinture est nickel malgré ses 200 ans d'âge! En hauteur, il y a les «djarokas», fenêtres en marbre et à trous d'où les femmes suivaient toutes les discussions sans être vues. La cour des femmes est également magnifique avec ses quatre grandes portes représentant les saisons. Dans le hall des audiences, on voit 2 énormes jarres de 345 kilos servant à transporter l'eau du Gange pour les ablutions rituelles du Maharaja lors de ses voyages notamment à Londres en 1902; elles peuvent contenir 8500 litres d'eau. Dans le «palais de Lune», de 7 étages, résident encore le Maharaja actuel et sa famille. Le drapeau de 5 couleurs flotte au sommet quand il est présent; il est levé quand la Maharani est présente. Le rez-de-chaussée est transformé en musée. Je mange sous un arbre 2 «rôtis» (galette farine/eau) et un thé. Je donne 20 rps; il rouspète; il veut plus; connaissant le prix, je m'en vais. Je prends ensuite une glace au lait; au moment où je mords dedans, il dit 20 rps alors que c'est 5 pour les indiens; je rends la glace avec un morceau en moins! Je me dirigé vers le Jantar Manhar; l'observatoire qui a été construit en 1727 et dont les travaux ont duré 7 ans. Un appareil n'a jamais été achevé. Chef d'œuvre astronomique, c’est le plus grand des 5 observatoires fondés en Inde: Delhi, Mathura, Ujjain, Bénarès. L'engin le plus spectaculaire est le cadran solaire qui mesure 28 mètres de haut/47 mètres de long. J'ai pu y lire l'heure en suivant les explications. J'étais juste à 1/2H près! Je loue un autoguide mais c'est trop compliqué à comprendre! Je me creuse les méninges, sans succès! Je bois un Coca puis je me rends, en pousse-pousse, direction Hawar Mahal (Palais des Vents). Je l'avais déjà vu lors d'un précédent voyage avec Jet Air, il y a 16 ans, mais cette fois, je visite aussi l'intérieur. C'est le symbole de la ville. D’architecture rajpoute, il fut construit par un roi-poète en 1799. C'est une énorme façade à 5 étages percés de 953 fenêtres à trous pour que les femmes puissent suivre les manifestations dans la rue puisqu'elles n'avaient pas le droit d'y aller. On dirait un nid d'abeilles; ce sont des alvéoles. L'intérieur est moins spectaculaire que l'extérieur. Je suis montée tout en haut. En sortant, un jeune homme guète les touristes qui essayent de prendre une photo de l’immense façade, vient les interpeller pour aller chez lui, en face, d’où la vue sur le palais des vents est superbe, gratuitement ajoute t‘il! On sent l'arnaque mais j'y vais pour la photo. Effectivement, superbe vue sur le Palais des Vents. Il a été dit dans le routard qu'il fallait se méfier, des jeunes attiraient les routardes et les violaient. Moi, j'ai eu droit à une démonstration de bijoux; j'ai du mal à m'en tirer mais prétexte que je vais réfléchir et revenir demain. Je profite qu'un autre touriste arrive sur la terrasse pour m'évader! Je prends un rickshaw pour faire ma dernière visite de la journée, le musée Surabhi Manson, trouvé avec toutes les difficultés du monde, qui représente tous les rubans de différentes classes. Au ruban, on pouvait reconnaître à quel rang appartenait le porteur. Les turbans mesurent de 9 à 40 mètres de long et ils leurs faut 10 min pour le faire. Il y en a de toutes les sortes. Après, visite du magasin de livres, cartes etc... Puis invitation au restaurant. J'ai regardé la carte, non merci, une autre fois! Je me contente d'aller manger dans le petit resto sympa de hier soir. Je n'aime pas celui de l'hôtel. A peine ma douche prise, le rickshaw qui devait passer me prendre le matin me fait appeler dans la chambre pour me dire qu'on s'est loupé ce matin (sans blague) mais OK pour «Amber» demain. J'accepte; je lui avais promis en arrivant à la gare. Je n'ai pas le temps d'aller à Samode. Mardi 16 novembre 2010: je suis prête pour aller voir le Fort d'Amber; cela me tient à cœur puisque c'est là que je suis tombée amoureuse à fond de l'Inde, en visitant le temple de ma déesse Kali. Le rickshaw est au rendez-vous; il ne veut pas dire son prix disant que je jugerai d'après ses services. OK mais je n'aime pas trop ça. Nous partons àAMBER à 10 km de Jaipur. Nous passons par le pire des petits quartiers; je n'ai jamais vu autant de cochons en rue ni de chèvres. En plus, ça ne sent pas très bon et je fais des bonds dans la charrette tellement les rues sont en mauvais état. A peine arrivé sur la grand route, le chauffeur s'arrête à une station essence et me demande 200 rps; je refuse mais insistant, je lui en donne 100 que je compte bien décompter au final. Nous redémarrons. Plus loin, sur la route où ne passent que des véhicules à toute vitesse, le type s'arrête et annonce que sa course sera de 400 roupies+l'essence. On verra selon ses services. Il me dépose devant le fort me donnant 1H; je lui rappelle «slow»; il me laisse 2H. J'y vais; il verra bien; je reviens 2H30 plus tard. Je n'ai pas jugé utile de faire la montée à dos d'éléphant pour 400 roupies (env. 7 €), il faut dix minutes pour la monter à pied et j'ai mieux vu les éléphants pour les photographier. De plus, j'ai lu que ces animaux sont maltraités et qu’il vaut mieux ne pas encourager cette association. LE FORT D’AMBER date de 1592 et fut complété en 1727; il se trouve sur une colline dominant le lac Maotha. Les fortifications font 9 km. Ce n'est que collines aux alentours. Le fort domine tout sauf la forteresse de Jaigarth. Certaines salles dont la salle des audiences sont encore en très bon état. Dans celle-ci, on peut imaginer le maharaja trôner au milieu. Dans une autre salle, le Diwan-i-Khass (salle des audiences privées), on y trouve une décoration à base de pierres semi-précieuses et une foule de mini-miroirs. Ce sera un des rares palais du Rajasthan où il y a un jardin fleuri magnifique que les femmes pouvaient voir de leur balcon privé. C'est aussi le seul où j'ai trouvé un hammam turc avec un bassin et un peu plus loin des latrines. Il y a 12 passages secrets menant aux appartements des 12 favorites du Maharaja. Les 300 autres concubines vivent à l'extérieur. Les hommes qui lisent ceci doivent se dire qu'ils en avaient de la chance les Maharajas. Je termine cette visite. En sortant je vois l'indication "tunnel"; je descends dans ce souterrain accompagnée d'un militaire. Encore ces grandes marches! Pas pour rien que personne n'y va et en plus pour ne rien voir de particulier puisque ce sont des passages secrets. Ensuite, je cherche letemple de Kali& puisque je voulais absolument y retourner. Il est à l'entrée!!! J’arrive au moment de ma fermeture. J'ai eu bon supplié, rien à faire, on ne m'ouvre pas la porte : fermé jusqu'à 16H. Je redescends vraiment triste de n'avoir pu retourner dans ce petit temple au point que j'en avais les larmes aux yeux. Le rickshaw pressé et moi démarrons. 3 km plus loin, il faut tourner à droite pour le «FORT DE JAIGARTH». Là ça va se corser l'histoire! Il ne veut pas… Moi je veux. Il dit que le fort n'est pas bien! J'insiste que je veux. Il prétend qu'on ne peut y arriver en rickshaw et qu'il n'a d'essence assez. Dans ce cas, je descends du véhicule. Finalement, il me récupère en acceptant mais fait demi-tour après quelques mètres et s'arrête me demandant 300 roupies en plus pour y aller. Je refuse. Cette fois, je descends définitivement. Je me retrouve dans un endroit où il n’y a nul autre taxi; c’est à pied que j’arrive à la bifurcation. Là, problème, plusieurs types en moto attendent proposant leur service pour faire la montée à un prix horrifiant. Je signale que ça monte très fort pendant 9 kilomètres. Je sens l'arnaque à fond… Un car de touristes indiens tourne à ce moment pour y aller, donc roulant très lentement, et portière ouverte. Je fais un signe, le type aussi et je saute dans le bus en marche comme quoi, mes jambes sont encore en bon état parfois. Je suis sauvée me dis-je. Les touristes indiens sont heureux de m'avoir dans leur bus. Je m'assois où je peux vers le début du car. On croit arriver au ciel en faisant cette montée mais j'ai bien cru vraiment aller au ciel!!!! Mon Dieu. Rue étroite, montante, croisement d'autres véhicules dont des bus, le ravin à gauche. J'ai tellement peur que je ne décide de ne pas redescendre pas en engin motorisé. La forteresse est absolument magnifique, dominant tout d'où un paysage inimaginable. En fait, les rickshaws y accèdent puisqu'il y en avait. Dans cette forteresse, se trouve le «canon Jaivana», fondu ici en 1720, de 6 mètres de long et pesant 50 tonnes. Quatre éléphants étaient nécessaires pour le faire tourner mais il n'a jamais servi sauf pour son coup d'essai! Vive le guide du routard, car je lis qu'il y a un sentier qui descend du fort vers la forteresse d'Amber où je pourrais prendre un bus. Ah, je voulais voir le fort d'Amber et bien, je l'ai vu et revu. J'entame ce sentier en pierre qui descend vers Amber tout en me renseignant d'abord s'il n'y a pas de singes. Je suis accompagnée presque tout le chemin par un ou l'autre jeune homme en promenade. Je n'ai eu aucun problème et ai beaucoup discuté en chemin. Cette descente permet d’admirer ce beau paysage que j'ai dans la tête depuis 16 ans, soit la première fois que j'y suis allée. Cette muraille dans les collines est fabuleuse. En fait, maintenant, il est 16H, le temple de Kali a rouvert ses portes. Cette fois, j'y rentre sans problème. Je me recueille un court instant. Le Brahmane me met un point rouge sur le front. J'aurais dû être plus attentive le matin car je lis qu’il y avait une puja (brève cérémonie) à 10H du matin. Maintenant, je me rends à l'arrêt de bus pour rentrer à Jaipur; il est 5H passé. Le bus arrive déjà rempli d'indiens. Plus un siège de libre. Je fais le chemin assise à terre. Je me lève juste pour prendre une photo au niveau du lac Man Sagar où se dresse le Palais Jal Mahal. Nous sommes à 10 km de Jaipur mettons 1H10 pour le trajet. Toujours assise à terre, les indiennes me regardent car ce n'est pas les indiennes qui feraient ça avec leur beau sari. Je termine ma course en cyclo-rickshaws qui me fait faire un tour de ville pour me ramener à l’hôtel alors qu‘on était à 5 min. Je l'engueule mais il est content quand même. Toutefois, je regrette un peu de ne pas lui avoir donné plus; ils ont tellement de mal à se faire un peu d'argent, en galérant quand même! Bon trop tard, il est parti. Je rentre souper à l'hôtel pour ne pas perdre trop de temps en soirée mais il y a quand même un long délai d'attente. Je vais faire mes sacs. Demain, je pars à 5H du matin. Le train est à 8H mais c'est tellement compliqué que je préfère partir tôt! Ce séjour à Jaipur aura été fort chargé. Je me demande où je trouve cette force et cette énergie car, en plus, je ne dors pas beaucoup la nuit et encore moins de la journée bien sûr! Demain destination ALWAR. Je crois que ce sera repos, enfin, je crois! Mercredi 17 novembre 2010: déjà 20 jours que je suis en Inde, je pars pour la gare à 6H du matin. Je suis tôt car le train est à 8H, qui en plus a du retard. J'attends sur la mauvaise voie car ils annoncent un changement de voie au dernier moment que je n'ai pas compris vu mes faibles compétences en hindi ou anglais! J’ai failli le rater. Dans le compartiment, les gens sont sympas. On bavarde jusqu'au moment où je tombe endormie. J'ai dû ronfler car tout le monde rit quand je m’éveille. J'arrive à ALWAR à 11H et me rend directement à l'hôtel. Cette petite ville est à 170 km de Delhi. L’hôtel ALWAR n'a pas de restaurant donc je sors pour aller manger. En circulant dans les petites rues, j'entends de la musique: une fête. Je vais voir. On me voit arriver dans la foule indienne à 100% et on me donne la place d'honneur! Pas embêtée d'avoir mis les pieds là, me voilà bien maintenant!!! J'apprends qu'en fait, on marie dix couples en même temps, et je vois apparaître deux par deux les futurs maris tandis que les femmes sont cachées totalement derrière un voile, entourées des femmes d'honneur. On me propose à manger mais j'essaie petit à petit de m'éclipser car je vois des billets de 100 roupies au cou de chaque marié; je me dis que je vais être de la revue. Avec tout ça, je ne sais plus où je suis. Je marche. Il pleut à seau. J'ai faim. Je dois mettre de l'argent sur mon GSM. J'essaie de revenir par mes propres moyens mais n'y arrivant pas, c'est encore sur une moto que je fini ma course. Je finis la soirée dans ma chambre. J'ai heureusement une belle chambre avec le wifi gratuit qui me fait passer le temps. J'entends la musique des mariages. Jeudi 18 novembre 2010: je me réveille tôt. J'ai mal dormi et mal partout. C'est dommage d'avoir des belles chambres et de ne pas y mettre des matelas confortables. Malgré que je double mon matelas avec celui du 2ème lit, je sens la ferraille. Aujourd'hui, il va faire bon. C’est à la gare que je compte déposer mes sacs mais changement d'avis au dernier moment, le réceptionniste accepte que je les laisse à l'hôtel et accepte également que je vienne prendre une douche le soir. De ce fait, je lui laisse un pourboire. Je commence mon périple par le Palace d‘Alwar. Le musée est très grand. Je vois un tigre mal empaillé, c'est très gros: une patte à lui vaut mes 2 jambes. Il y a encore des tigres dans la forêt d'Alwar, j'ai vu le panneau. Je vois aussi un ours brun dans la vitrine; il me fixe et m’impressionne au point que je pense qu’il va sortir de la vitrine. On m’avait dit que si je croise un ours, il faut le regarder dans les yeux pour l'impressionner!!! Je m'imagine mal le faire, entendant ses grognements. Il y a des collections de toutes sortes comme dans les autres salles du musée. Je suis sidérée devant la collection de livres allant du minuscule au plus gros, souvent livres religieux. Ceux-ci sont écrits en lettre d'or pour certains et à l'encre de chine pour d'autres, en sanscrit, quelle finesse!!! En sortant du musée, un gamin me suit, j'ai bon lui dire de partir, il reste, s'accroche; je démissionne. Il reste avec moi. Il me conduit au début de la forêt pour me montrer un temple hors du commun, en tête de cobra. On longeant le passage, on repère des singes agressifs. Je veux les photographier mais un me montre ses dents. Je cache mon appareil. Il est méfiant et se retourne pour voir si je ne le prends pas en traite puis fait mine de revenir en arrière. Le gamin me fait signe de ne pas le fixer; c'est vrai, j'avais oublié. Le fort se trouve très haut, impossible pour moi d'y aller. Le gamin insiste pour avoir 150 roupies!! Non. Il descend à 50 roupies! Non. Je finis par lui en donner 20. Il a été les donner directement à son père qui tenait une échoppe à manger. Quand il a vu que je regardais, il a fait mine de prendre à manger! Il avait entre 10 et 11 ans et ne va plus à l'école; peut-être n'y est-il jamais allé. Je descends le chemin tout doucement en mangeant un mixte végétal dans un plat fabriqué en feuilles séchées. J'arrive direct au temple Jagannath que j'ai prévu au programme; le temple est ouvert mais le lieu où se trouve le Dieu est fermé; deux gardiennes sont gentilles et l'ouvrent; je les prends en photo et blaguons un peu. En reprenant mon chemin, je goûte un petit gâteau bien sucré mais bon. En continuant, j'arrive au Circus qui est en fait, au-dessus, un temple dédié à Rama. C'est fermé aussi mais le Sâdhu me laisse rentrer voir ce qui est visible; lui n'ouvre pas le tabernacle. Je reste un long moment assise sur une pierre au circus. En me baladant, j'arrive dans un immense parc où il y a une serre magnifique et visitable. Je pense que je suis peut-être au réservoir de la ville; en tout cas, ce n'est pas le parc «Nehru» car je l'ai vu après. Dans le parc, les enfants demandent "monnaie, monnaie"; Après un refus catégorique, ils demandent un autographe sur un billet de 10 roupies. Pas moyen de se reposer. Je vais rentrer. C'est surprenant de voir toutes ses artères en pleine ébullition. Je finis par prendre un cyclo-rickshaws car à force de tourner, je suis fatiguée. Il est 5H. Je rentre à l’hôtel où sont mes bagages pour prendre une douche, comme prévu avec le réceptionniste. Le patron refuse. Je reprends mon pourboire du matin au garçon. Je m'en vais d’abord à pied puis en Pousse-pousse. Je suis donc en avance de 5H! Je mets mes bagages à la consigne de la gare et vais manger dans une gargote. En mangeant, je vois trois rats dont un court sur la table voisine. Je continue à manger contrecœur mais je dois arrêter, je suis dégoutée. Je retourne à la gare mais j'ai encore des heures devant moi. Je bois des cafés. Je marche. Je regarde les trains arrivés et repartir. Le fourbi que provoque l’arrivée d’un train. Les gares indiennes n'ont plus de secret pour moi. Je sais comment trouver son quai, son wagon, sa place, être à la bonne place où le wagon s'arrête. Je sais tout! Je fais un peu d'anglais par écrit avec mon dictionnaire quand deux jeunes viennent mettre l’anglais en pratique. Je dis toujours, on n'est jamais seul (e) en Inde. En fait, Jacques m'a donné des nouvelles de Pushkar, il paraît qu'il y fait noir de monde; beaucoup de touristes ce qui l'ennuie pour ses photos! J‘aurais dû rester un jour de plus à Pushkar; j’ai raté la course aux chameaux. Par contre, j'aurais pu me passer d'Alwar qui d'après certains sur VF trouvaient cette ville formidable. Je trouve les gens encore plus racoleurs qu'ailleurs; ils vous dévisagent au point du malaise; de plus, ce n'est pas possible de circuler au gré des ruelles comme tant le disent. Il y a de la circulation. Je crois ne pas me tromper si je dis que j'étais la seule touriste dans la ville. Les devants de certains rickshaws sont faits avec d'anciens camions ou tracteurs. Les gens me regardent comme si j'étais une martienne. Je ne me suis pas sentie bien dans cette ville. Pour en revenir au train. Le mien arrive, avec 45 minutes de retard. Je n'ai pas fait attention que Raj de l'agence Milna m'a réservé en A3 n’y comprenant pas grand-chose, maintenant, ça aussi je connais! Mon fils m'a dit avant de partir de bien dormir «si j'y arrive»; j'avais été affirmative connaissant mes nuitées antérieures. Je me suis trouvée dans un AC tiers qui sont des compartiments, non fermés, de six places et deux places en face. Pas de tentures pour séparer et encore moins de cloison avec porte. Bon, je trouve ma place N°9, c'est en bas. Ils sont déjà tous couchés. Impossible de me tenir assise à cause de la banquette au-dessus de moi. Plus de place pour mettre mes sacs. Une énorme dame qui dormait au-dessus de moi s'est levée pour faire place. Je n'avais pas envie de traficoter leurs sacs moi-même. Bref, sur le coup, je téléphone à MILNA et lui demande pourquoi il m'a réservé dans cette classe. Il prétend qu’il n'y avait plus place en A2. Je le crois puisque sur le ticket, la date de réservation indique le «22/10» alors qu'on peut les réserver 3 mois à l'avance. Je lui ferai la remarque. Il me donne le conseil de voir s'il n'y a pas un lit libre où se trouvent les 2 places puis demander au contrôleur si la place restera libre jusqu’à la fin du voyage. Après vérification, j’ai la confirmation que cette place reste libre et peux y rester. Tout le monde a coupé ses lumières et beaucoup ronflent. Moi, je fais un remue-ménage comme seul mon chéri peut comprendre. Je vois des bestioles. Je mets de la bombe pour insecte et de la citronnelle sur moi. Ah, il y a de l'odeur dans mon compartiment. Voyant qu'il est plus de minuit et que je ne peux pas dormir, je prends un somnifère et m‘endors directement. Vendredi 19 novembre 2010: Je me réveille à 8H à l'arrêt du train, descends sur le quai chercher un thé. Le bois puis me rendors jusqu'à midi. Les omelettes arrivent, je prends une et commence à ranger la couchette et mes affaires. Je fais un peu d'ordi mais m'endors dessus. J'ai passé 16H dans le train. J'arrive à AMRITSAR; je bois un café à la gare puis je prends un rickshaw pour aller au SHARMA Guets Housse. Il me demande 50 roupies. En arrivant devant une rue, il me dit qu'il ne peut pas aller plus loin. Or, comme je suis têtue et vois justement un autre rickshaw qui passe. Je ne quitte donc pas son véhicule et lui dit de demander à la police le droit de passage. Il n'a jamais voulu le faire. C'est moi qui l'ai demandé via un signe; ce fut accepté. Arrivée spectaculaire à l'hôtel puisqu'il fait un scandale. Je tiens bon, pas une roupie de plus, il y a 2 km. Ma chambre est au 3ème étage. Toujours ces grandes marches fatigantes. Cette chambre a besoin d'un bon coup de peinture! Je la nettoie avec un gant de chirurgien et une vieille chaussette; je préfère car j’y dors 3 nuits! Après ce nettoyage, je pars à la recherche d’un restaurant. Dans les rues, il n'y a qu'échoppes avec des cadres du temple d'Or, des gurus, etc... C'est Lourdes de chez nous quoi! Je trouve un resto bien et décide de changer le style de hier à savoir celui des rats... Les rations sont énormes; je mange végétarien. Je jette un coup d'œil au temple d'Or, de loin, car je le réserve pour demain. Toutefois, en arpentant le coin, je découvre la "cour dortoir" où les pèlerins sont acceptés pour dormir gratuitement; ils sont couchés sur un sac ou un drap avec une couverture, un oreiller et les voilà qui dorment. La cour est pleine. Il y a aussi des chambres aux étages. Je rentre faire ce résumé; il est 1H du matin. Je commence par dire qu'AMRITSAR est la ville sacrée des sikhs par excellence. Là où tous les pèlerins se rassemblent lors des fêtes comme c'est le cas aujourd'hui. C'est la 2ème plus grande ville du Pendjab avec un million d'habitants. La ville est peuplée et polluée. Elle reçoit les hindous et les musulmans sans problème. Cette ville est très fertile. De ce fait, les sikhs sont dans une catégorie aisée d'indiens qui ont le plus haut revenu moyen par habitant de tout le pays. Tous les sikhs ont le même nom de famille "Singh" qui veut dire lion. L'état civil doit se régaler! Il y a eu ici des milliers de morts parmi les civils suite à la guerre qui dura 11 ans. C'est la seule religion hindoue qui ne croit qu'en un seul Dieu. Elle date du 15ème siècle. Les sikhs ont comme règles de ne jamais se couper la barbe ni les cheveux, d'avoir un peigne sous le turban, avoir un bracelet à la main droite, avoir une épée, un sabre ou un poignard de défense autour de la taille. Ils sont loyaux, droits, obéissants, généreux, pardonnent, sont hospitaliers et supportent l'injustice. Ils croient au karma et à la réincarnation mais rien n’y met un terme, contrairement au bouddhisme. Leur Dieu est créateur, conservateur et destructeur; il est dans l'âme de tout un chacun. Samedi 20 novembre 2010: 11H je quitte l'hôtel. Je me rends au TEMPLE D’OR mais surprise que j'avais oubliée: aujourd'hui est un jour de fête pour les Sikhs; ils fêtent le «GURU NANAK», né en 1469, qui est le fondateur du sikhisme. Les festivités commencent trois jours avant. Voilà pourquoi j'ai trouvé tant de monde hier soir dans la cour qui sert aussi de dortoir. Aujourd'hui, donc jour J, le «Granth Sahib», livre sacré, sort du temple couvert de guirlandes, escorté par des gardes brandissant le drapeau sikh. Dès l'aube, les fidèles processionnent. Il y avait au moins 30 groupes d'enfants soit jouant un instrument, soit représentant une scène de combat avec une arme, le tout au son d'une musique spécifique. On offre à manger aux passants. Je reçois chappattis avec des «dags», pois chiches à la crème indienne. Je préfère faire des films plus que des photos pour la circonstance. Je bois un café puis vais voir le défilé. 3H debout. Ensuite, je rentre dans l'enceinte du temple mais ne vais pas encore au temple d'Or aujourd'hui car il y a une file d'attente à ne pas en finir; j’ai rendez-vous à 15H avec les taxis qui vont à «WAGAH BORDER» dans le village d'ATTARI à 30 km d'Amritsar. Je prends un taxi collectif, nous étions 8 avec le chauffeur. Il nous dépose au pied de la rampe, précisant qu’il sera là au final du spectacle. Je suis les indiens et me retrouve dans les gradins avec eux. Je peux aller au VIP en tant que touristes mais dans la foule, je n'ai pas vu l'endroit. Toujours est-il que j'étais dans l'ambiance très chaude et excitante des indiens! Par contre, je n'ai rien vu. J’aurais pu être à un match de foot ou rugby que ça aurait été la même chose. Par contre, je vois la descente des 2 drapeaux: le Pakistanais et l'Indien. Normal, ils sont en hauteur! En sortant de la cérémonie, je ne vois pas le taxi mais après tout le bazar mené autour de moi, on me l'a retrouvé. Il était bien où il avait dit et les autres passagers étaient déjà là aussi. J'ai dû louper une instruction. Il m'a bien engueulé et les autres ont ri. Il a rouspété un bon moment. Je ne comprends pas ce qu'il dit mais ce n'est sûrement pas des compliments. Il se venge en roulant comme un fou Je termine en précisant qu'aujourd'hui, je n'ai pas besoin de transférer mes photos car j'ai perdu mon appareil. J'ai espéré un moment l'avoir oublié dans le taxi mais un indien et mon copain de Delhi lui ont téléphoné et il a déjà fouillé 2 fois sans le retrouver. Il devait être sur mes genoux et en sortant, sera tombé. J'ai horreur de perdre. Bien que je comptais acheter un neuf, ça aurait pu encore attendre quelques jours. Dimanche 21 novembre 2010, je ressens la fatigue car je ne me réveille plus si tôt le matin. Il est 10H45 quand je quitte l'hôtel pour me diriger tout droit acheter, en tout cas voir dans un premier temps, un nouvel appareil photo. Je suis séduite par le Samsung qui me convient bien et est à un prix tout à fait raisonnable. Je l'ai vite en main car il est assez simple mais quand même plus sophistiqué que l'ancien. Je suis contente. Je me dirige vers le temple d'Or pour aller refaire de nouvelles photos. J'aurais juste perdu le cortège de hier car à la frontière, je n'ai rien su faire comme photos puisque je n'ai rien vu. Aujourd'hui, je vais pénétrer dans le fameux temple d'Or qui fut détruit par les Afghans en 1757 et reconstruit en 1765, embelli ultérieurement de feuilles d'or. Pour entrer dans l'enceinte du temple, pavée tout de marbre blanc, il est obligatoire de se déchausser et de passer ses pieds dans un bassin d'eau et en principe, laver ses mains mais ça je l'ai su après. Moi je les ai lavées en sortant. Il est 13H15 et je fais la file 1H1/2 pour passer la passerelle de marbre longue de 60 mètres et qui mène au temple d'or proprement dit "le Harmandir Sahib". Le pavillon est couvert d'une plaque en cuivre doré et date de 1764. Toute la journée, des prêtres chantent et les musiciens jouent des hymnes du livre sacré; ils se relaient régulièrement. Quand ce fût mon tour d'y rentrer, je suis restée sidérée de la beauté de ce temple, c'est majestueux; on ne peut être qu'en extase devant cette merveille. Il y a un guru dans la salle du bas, à qui on jette énormément d'argent ou des offrandes. Au second étage, il y a un autre guru qui, à mon avis, reçois moins d'argent et au troisième étage, encore un autre. De là, la vue est sublime. On voit les pèlerins sur la passerelle. Celle-ci supportera le poids des âmes pieuses et les autres iront en enfer. En fait, je suis restée 8 H dans l'enceinte et j'ai toujours vu la passerelle pleine à craquer; ça n'arrête pas. Je redescends mais m'inquiète de ne pas avoir vu le livre sacré donc je me mets dans un coin pour relire ma documentation. C'est au 2ème étage que je dois remonter pour le découvrir, bien à sa place, posé sur un tissu inséré de pierres semi-précieuses. Il est géant ce livre. Tous les soirs à 22H, il y a la cérémonie de transfère du livre sacré sur un palanquin, du temple au siège du comité directeur, pour le ramener le lendemain à 5H du matin. La version originale du Granth Sahib a été brûlée en 1984 par l'armée indienne. Cinq mois plus tard, le 31 octobre, Indira Gandhi, premier ministre de l'Inde, était assassinée par 2 gardes sikhs, en représailles. En sortant définitivement du temple pour repasser la passerelle en sens inverse, je profite pour faire quelques photos avant de retourner dans la cour d'où on voit le temple d'or qui semble flotter sur une île. Je déambule dans les couloirs de la cour. Je bois du thé qu'on m’offre. Je vais visiter le musée où se trouvent des tableaux relatant les évènements historiques sanglants. Les sikhs ont dû faire face aux hindous et aux musulmans avec cruauté. Quelques photos sont franchement parlantes puisqu'on y voit des sikhs tués, souvent fort défigurés. Puis il y a de plus belles photos de gurus. En sortant, je tombe tout à fait par hasard sur les cuisines et vais manger avec les pèlerins, assise à terre. On me verse du riz dans un bol et une sauce dans l'autre avec des chapatis. Ils servent 10000 repas par jour gratuitement. En allant me rechausser, je vois une cabane où des gens se font soigner. Bien entendu, je m’arrête; on me fait de l'accu pression sur les doigts de main et pied gauches pour soigner ma jambe droite! On verra, c'est une expérience. (À ce moment, j’en déduis que ce traitement n’a pas marché). Maintenant, il fait noir. Je vais me redéchausser pour prendre en photo le temple. Je l’admire sous toutes les lumières qui reflètent dans le bassin sacré. C'est royalement beau. On est saisi par les milliers de lumière qui, de plus, reflètent sur l'eau. Il y a des milliers de personnes qui se trouvent là en cet instant. A 19H, il y a un énorme feu d'artifice qui sera renouvelé puisque je l'ai encore entendu après. Le bassin d'eau est entouré de petites bougies où certains pèlerins font des ablutions. Il y en a qui garde leur poignard pendant le bain. On voit d'énormes carpes grises et rouges. Je n'ai pas jugé utile de faire d'autres visites sur Amritsar. J'ai préféré l'ambiance du temple. Je remange un bout et bois un verre de lait avant de rentrer à l'hôtel préparer mes sacs et rédiger ces lignes. Demain matin, départ pourDELHI à 5H. Il faudra donc se lever très tôt... J'ai eu des nouvelles de Jacques qui est à Pushkar et qui m'annonce aujourd'hui, qu'on lui a volé sa petite caméra qu'il venait d'acheter «lui» pour 400 euros. Pour lui qui adore photographier, ce n'est pas marrant du tout. Lundi 22 novembre, je me lève à 3H du matin pour prendre le taxi à 4H et le train à 5H. Il part pile à l'heure et je ne comprends pas pourquoi je ne suis pas en première classe alors que j'ai payé des mois à l'avance. Encore une fois, l'agence n'a pas réservé directement! Pourquoi? On le devine... J'arrive à DELHI et vais directement à l’hôtel MY INN où le chauffeur du Rajasthan devait déposer mon bagage; évidemment, pas de bagage! Encore toute une histoire...Je téléphone à Milna qui le contacte. Le verdict est qu’il l'a laissé à son agence alors que je lui ai expliqué 1000 fois que c'était à l'hôtel où il est venu me chercher le premier jour. J'ai vraiment été trop généreuse dans le pourboire, finalement il ne le méritait pas… à part qu'il m'a ramenée entière... Bref, après 2H, un gars de l’agence m’amène mon bagage. Heureusement, car je vais voir ma copine Chavti à qui je dois remettre des livres qui sont dans ce bagage. Le lit de la chambre n'est pas fait. On me dit à midi après maintes demandes de ma part, qu'il sera fait dans l'heure qui suit. Je rentre à 21H et toujours pas de lit fait, pas de drap de lit, pas de serviette de bain sans compter que j’ai nettoyé la chambre comme souvent, à quatre pattes avec une vieille chaussette! En fait, plus tu te fâches avec les indiens, plus ils prennent du plaisir et continuent... Ils rigolent même quand tu les engueules, je connais un qui fait cela et il est bien belge; mon Loulou si tu te reconnais dis le!!! (Petit-fils). La journée n’a pas été intéressante; j'aurais dû aller dormir chez ma copine comme elle l'avait proposé. La nuit tombe, je cherche un endroit pour manger. Tout à coup, une enseigne m'attire comme un aimant "bar- restaurant". Je m’offre 2 bières et un resto; je rouspète car j'ai demandé "non space" et c'est "space"... Le patron me dit qu'il s'occupera spécialement de moi demain, mais irais-je???? Mardi 23 novembre 2010, je commence ma journée en me disputant avec le garçon d'étage car il m'apporte un thé et un toast grillé à un prix trop élevé... au final, il a gain de cause car il m'apporte la carte! Je ne m'attarde pas trop car j'ai beaucoup à faire aujourd'hui. Il y a certains sites que je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter donc c'est le moment, j'ai une journée complète. Je prends un rickshaw pour me conduire à HUMAYUM’S TOMB; je devrais plutôt dire, je voudrais prendre un rickshaw car ils ne veulent pas m'y conduire: trop loin. Sauf un qui voulait bien mais pour faire la journée à un prix de fou. Comme ça dure une éternité pour se mettre d'accord sur un prix correct, je descends et prends un cyclo-rishwach jusqu'à la place Connaught car il ne peut pas aller plus loin. Là, je trouve un qui m'accepte pour une somme dérisoire mais ils sont malins: une fois en chemin, ils s'arrêtent et proposent d’attendre à l‘entrée. Je commence par aller voir l'INDIA GHAT que j'avais déjà aperçue plusieurs fois de loin. Son arc de triomphe mesure 42 mètres de haut et y sont inscrits le nom des 85000 indiens morts pendant la première guerre mondiale et la guerre afghane en 1919. Je ne peux pas apercevoir les noms car c'est interdit de passer en dessous de l'arc où brûle «l'Amar Jawan Jyoti» c'est à dire la flamme éternelle du souvenir. Je fais quelques photos puis visite de «Humayn's Tomb» où là, le chauffeur dit qu'il va travailler un peu et reviendra dans 1H. Il ne me connaît pas, en effet, j'ai mis 2H30. Je l'avais prévenu. Praeven, l'étudiant français viendra me rejoindre après ses cours à 14H. Humayum's tomb est le mausolée de l’empereur Humayum’s, né en 1508, qui fit une chute mortelle en 1556 dans sa bibliothèque, se trébuchant sur une marche descellée. Comme quoi, il faut regarder où l'on met les pieds. C'est le fils de Bâbur e le père d'Akbar. Il régna dix ans. Ce monument est classé comme une des plus beaux de Delhi et fut créé par sa veuve en 1564. Il a servi de modèle pour construire le Taj Mahal. Il est dressé sur une plateforme; il est en grès rouge et a des sculptures en marbre. Il comporte quatre étages. Il y a aussi deux autres mausolées où il y a trois tombeaux dans l’un et deux dans l’autre. Tout autour, un grand jardin où j'ai eu beaucoup de plaisir à me balader dans les petites allées; en fait, c'est un carré lui-même divisé en carrés de verdure, séparés par de petits canaux. Il y a quatre fontaines dont le bruit que fait l'eau est reposant. On est loin de la foule. Si je n’avais pas rendez-vous avec Praeven et Le rickshaws, j'y serais restée davantage. J'y rencontre deux couples de français avec qui je papote un moment. A 14H, Praeven me téléphone qu'il est arrivé. Je termine donc cette visible plaisante. Je propose à ce jeune homme, qui n'a pas beaucoup d'idées, d'aller visiter le PURANA QUILA: il accepte mais je ne suis pas sûr que ça l'emballe; tant pis. Il n'avait jamais visité ce lieu alors qu'il a 20 ans et habite Delhi. Cet endroit aurait été le refuge des croyants lors d'un grand massacre. Nous commençons par le musée archéologique et là, j'ai vu que ce n'était pas sa tasse de thé; il a passé toute la visite à téléphoner. Moi j'aime beaucoup et je m'inquiétais de savoir ce que voulait dire les lettres inscrites après la date. Il me renseigne que ça signifie après ou avant JC. J'ai eu un peu de mal à comprendre; pourquoi JC, en Inde, alors que leur religion est beaucoup plus ancienne que le christianisme. Pourquoi se réfèrent-ils à JC? Je reste avec mon point d'interrogation… Nous poursuivons le chemin. J'annonce à mon jeune ami que c’est un parcours de 2 km. Il souffle; ça ne doit pas beaucoup l'amuser. Nous avons bavardé tout en marchant et je ne me suis finalement pas trop intéressée au bâtiment en lui-même. Il faut dire que j'en ai un peu marre des visites. Là, c'est le dernier site que je visite en Inde; pour cette fois. Ma jambe me fait toujours mal. Je quitte le jeune homme qui a certainement mieux à faire. Je ne trouve pas de rickshaw qui veut bien me ramener à Main Bazar où j'ai mon hôtel. C'est trop loin et il y a beaucoup de trafic. Je décide d'avancer à pied jusqu'à la porte de l'Inde. C'est loin et fatiguant après avoir visité toute la journée. Je traverse une grand-route pour prendre un raccourci mais j'ai bien cru que ma dernière heure était arrivée, quel trafic et quelle vitesse en plus! Ceci dit, j'arrive au lieu dit et ai un véhicule qui me ramène en m'arrêtant deux fois devant des magasins; Ce soir, je vais souper avec Jacques qui m'invite dans un bon restaurant pour le quartier. Après ce repas, nous partons chacun de notre côté faire nos valises respectives. Lui part au Népal. Moi, je rentre en Belgique. Je vais me coucher à 1H du matin pour me lever à 2H. Le chauffeur de Milna, celui qui m’a amené l’argent en début de séjour, vient me chercher à 3H pour me conduire à l'aéroport. Voilà le tour est bouclé. Un mois d'aventures. J'ai passé un fabuleux séjour. J'ai fait un bon circuit sur mesure, que j'avais établi. Je crois avoir fait ce qu'il y a d'important dans le Nord. S'il y a une suite à l'Inde, ce sera le Sud. En voyant certaines photos anciennes, je pense que l'Inde ne change pas. On retrouve les mêmes habits, les mêmes bâtiments, les mêmes scènes de vie. On pourrait croire que le temps s'est arrêté. Pour moi, en tout cas, le temps a passé vite. Je remercie mon compagnon de me faire confiance et me permettre de vivre ma passion. MARIE
BUDJET Avion 535€ (Bruxelles/Londres/Delhi) A/R. British Airways Voiture Rajasthan 440 € (400€+40€ pourboire) Taxi, bus, pousse-pousse 47€ avec train pour Bruxelles compris Les pourboires bagages, etc 11€ Les divers trains+réservation faite par milna 48€ Retour aéroport - milna 15€ Soit un total de déplacement de 1096 € Frais HOTELS +Réserv milna: 428€ FRAIS BOISSONS+NOURRITURE: 182€ FRAIS VISITES: 68€ FRAIS VISA 90€ (avec trajets trains pour Bruxelles) FRAIS PERSONNELS DIVERS: 168€ FRAIS MASSAGES: 47€ FRAIS MEDICAMENTS ET PRODUITS: 39€ FRAIS encre, copies, guide du routard guide et dico anglais: 45€ FRAIS téléph et internet: 64€ FRAIS Pressing 3€ TOTAL 2230 €
Les "grands" voyages: du luxe? English translation pending
Bonjour,
Je me demande si les voyages ne deviendraient-ils pas du luxe ???
Mise à part pour une certaine catégorie de gens fortunés... Ce serait un luxe de se payer un voyage ! Je dirais quelque chose de superflu en ces temps difficiles de crise, de baisse du pouvoir d'achat, etc...
A présent, il faudrait plutôt penser aux choses utiles (se loger, manger, boire...). L'avenir est incertain, je ne sais même pas ce que l'on mangera dans 10 ou 20 ans... Peut-être des racines ???
Je me demande si les voyages ne deviendraient-ils pas du luxe ???
Mise à part pour une certaine catégorie de gens fortunés... Ce serait un luxe de se payer un voyage ! Je dirais quelque chose de superflu en ces temps difficiles de crise, de baisse du pouvoir d'achat, etc...
A présent, il faudrait plutôt penser aux choses utiles (se loger, manger, boire...). L'avenir est incertain, je ne sais même pas ce que l'on mangera dans 10 ou 20 ans... Peut-être des racines ???
L'Ouest américain, c'est vraiment bien English translation pending
Mes chers heureux voyageurs,
Je suis rentré il y a déjà deux mois de mon second voyage dans le grand ouest américain. Et si j’ai peu de temps en ce moment pour pouvoir finaliser le carnet rapidement vous en trouverez ici le début puisque j’ai eu diverses demandes de curieux qui trainent sur ce forum.
Je n’ai pas terminé la lecture des superbes carnets de plusieurs d’entre vous qui ont été publiés récemment. Je pense notamment aux 4 « tomes » récents de Philippe, connu sous le pseudo de Sedonax et sans qui je n’aurais jamais pu faire un aussi beau voyage. Mais je les finirai tous, c’est promis!
Introduction
Allez, je me lance. Je dis « je » mais à partir de maintenant le récit sera aussi parfois à la première personne du pluriel puisque j’ai eu cette année le bonheur de parcourir les terres colorées de l’ouest en compagnie de mon père. C’était la première fois que nous nous retrouvions ensembles pendant aussi longtemps, plus de trois semaines, ce qui a bien sûr encore accentué le plaisir du voyage. Anecdotes de nos deux vies, discussions sur l’avenir de notre monde, escapades et aventures à deux. Vous ne lirez « que » les anecdotes et témoignages du voyage mais puisqu’il lira forcément le carnet j’en profite pour lui redire ici que j’ai adoré ces moments à ses côtés, que s’il a besoin de se remémorer un seul souvenir de mon ressenti avec lui, qu'il pense à « Valley of Fire » lors du dernier sunset de notre voyage. J’ai particulièrement aimé que ce soit un voyage lointain qui nous ait rassemblés. Parce je sais qu’il a soif de découverte de ces mondes éloignés, et parce que ces dernières années j’ai eu la chance de beaucoup voyager et c’est parmi ce que j’ai de plus fort à partager.
J’arrête les fleurs, on n’est pas là pour ça, vous êtes tranquilles... Mais avant de commencer le récit de nos jours américains, j’explique les circonstances qui nous ont menées à ce voyage à deux. Lui, il a gagné un billet à petit prix pour un A/R Paris <-> San Francisco en s’achetant deux jeans dans une pauvre boutique de banlieue parisienne. Logique. Et moi je devais initialement aller à Los Angeles pour mon boulot et le rejoindre ensuite sur place. Lorsque ma mission a été annulée pour des raisons budgétaires fumeuses, j’avais déjà commencé la préparation du voyage, verdi tous les voyants d’envie intérieurs et imaginé le périple à ses côtés. Je n’ai donc pas hésité longtemps, j’ai maintenu le voyage et même rajouté une semaine bonus pour porter mon séjour américain à 30 jours et je suis parti sur mes propres deniers. Logique. Vous verrez, avec moi beaucoup de choses sont logiques. La logique, c'est pratique.
J’avais déjà été découvrir le grand ouest l’année dernière avec trois potes (voir carnet ici pour les grands curieux et les courageux qui sont passés à côté : http://voyageforum.com/...ricain_1_2_D2516242/). Nous étions restés seulement 8 jours au milieu de ces paysages, à faire uniquement les classiques, et à un rythme totalement déluré. Cette année j’étais donc en charge de l’organisation puisque j’avais déjà repéré depuis un an tous les coins que j’aimerais arpenter lors de mon futur voyage. Un voyage un peu moins speed (encore que?) et plus centré sur des sites moins connus et en dehors des sentiers battus. J’avais en effet l’avantage de connaître ici certains d’entre vous qui m’avez été d’une aide précieuse. Encore une fois un grand merci à toi Philippe pour toute ton aide proposée spontanément pour parfaire notre circuit. Mon père te remercie également pour toute cette gentillesse et cette générosité, l’un de ses meilleurs souvenirs étant d’ailleurs le fameux White & Red canyon. Je risque d’en oublier certains et je m’en excuse mais je remercie aussi tous ceux qui m’ont adorablement renseigné ou avec qui j’ai simplement pris plaisir à discuter du grand ouest... Thibaud, Val, Alain-Pierre, Patrick, Marie, Laurence, JP, Jean-François, Jacqueline…
Beaucoup (trop ?) de remerciements et de dédicaces mais ils me semblent justes vu les échanges agréables que nous avons eus, et je peux désormais réellement parler de notre voyage…
Notre parcours final, qui intègre les remaniements sur place. Si on ajoute les km des trajets annexes on arrive à 7000km sur nos trois semaines de nature : Parcours
Hôtels : Quelques informations sur nos hôtels qui méritent une appréciation, tous des double queen sauf à San Francisco : - San Francisco : moi chez mon pote Morgan (reconnu comme le meilleur hôtel de la ville), mon père à l'hotel North Beach sur Kearny Street, très bien situé, pour seulement 45€ la nuit mais un confort minimum qui ne conviendrait pas forcément à tout le monde. Monterey : motel El Dorado Inn à 60$. Le moins cher qu’on ait trouvé sur place sans pré-réservation.
- Las Vegas : Excalibur. Chambre de qualité, bien situé en bout de strip là où ça commence à être « intéressant ». 100$ par nuit en moyenne, en incluant du week end où les tarifs sont plus onéreux dans toute la ville. Bien mieux que le Luxor de l’année dernière.
- Page : chez Bob’s Bashful Motel. Un très bon rapport qualité/prix ou quantité/prix en fait. Les appartements sont avec deux chambres, salon et cuisine pour 45$. Par contre il ne faut pas s’attendre au grand luxe, tout y est un peu vieillot. Bob tient le motel depuis des années, il est adorable et son fils Rick aussi. J'y étais déjà passé l'année dernière.
- Moab : Motel « Inca Inn ». Je ne le recommande pas du tout, douche abominable impossible d’avoir de l’eau à température constante, doublé d'une mauvaise foi évidente à l’accueil assez rare aux USA. De quoi me gonfler en fait. Oui, j'ai un caractère de daube parfois.
- Torrey : Days Inn. Très bonne chaîne, rien à redire.
- Tropic : Bulberry Inn B&B. Prix honnête et accueil de qualité, de bons petits déjeuners maison. Je recommande largement de dormir à Tropic plutôt qu’à Bryce, c’est à 15min en voiture et nettement moins cher. Seul inconvénient c’est d’aller à Bryce pour manger après 20h30, sur Tropic tout est fermé.
Restaurants Seulement ceux qui nous ont particulièrement enjoué et à retenir sans hésiter, la plupart conseillés ou repérés avant notre départ :
San Francisco : Je connaissais déjà la majorité de ces adresses de mes années précédentes à San Francisco, elles m’ont été conseillées par mon pote qui vit là bas, plutôt un gage de qualité il me semble ; et surtout largement vérifié sur place : « Chez Mama’s » : brunch sur Washington Square « Town’s end » : brunch tout près de 2nd Street « Balboa Café of San Francisco » : brunch dans le quartier Fillmore / Lombard Street « MSB - Marina Sushi Bar » : resto japonais sur Lombard Street « House of Nanking » : resto chinois sur Kearny Street « Lemon Grass Thai cuisine » : resto thai sur Polk Street « Mel’s Drive Inn » : un classique « cuisine » US. Il ne faut pas s’attendre à de la cuisine fine évidemment mais c’est typique américain, de bon cru (burgers, Fish&Chips & co) et parfait à 3h du mat’ après les sorties bar. J’y ai d’ailleurs dormi deux fois en deux ans, une fois la tête sur la table et cette année j’ai osé les toilettes. Hum. Monterey : « Hula’s Island Grill ». Restaurant avec cuisine insulaire de très bonne qualité. Torrey : « Stackers », de très bons burgers, avec un accueil charmant. Page : « Fiesta Mexicana », petite chaîne mexicaine de bonne qualité pas trop chère. Moab : « Sing Ha Thai Cuisine ». Un bon thaï dans une ville où il est assez difficile de bien manger. Escalante : « Escalante Outfitters ». Pizzeria perdue dans l’arrière pays et recommandée partout. Génial. Tropic/Bryce : “Bryce Canyon Lodge” : buffet à volonté, un peu l’usine mais très bien.
Location de voiture Via locationsdevoiture.com comme l’année dernière, meilleur rapport qualité/prix trouvé avec toutes les assurances nécessaires. J’avais fait un sujet ici sur les locations aux USA qui a été très bien complété pendant plus d’un an par les autres forumeurs: http://voyageforum.com/...etats_unis_D2439235/
Budget approximatif global : En intégrant mon billet A/R Paris-SF trouvé à 480€ et sans les achats et sorties en extra. 2800€ /pers pour un peu plus de 4 semaines (3 semaines de nature + 1 semaine de San Francisco).
Passé les détails techniques et l'introduction d'usage avec les informations pour forumeurs en recherche de bons plans, on peut enfin commencer le récit avec la ville de San Francisco!
San Francisco
Mon passage par San Francisco est un peu particulier parce que je connais bien la ville pour y avoir été trois fois ces dernières années. Je ne vais pas l’évoquer de façon chronologique comme le reste de notre parcours mais donner mes ressentis globaux et assortir ces mots de quelques photos. J’y passerai un peu de temps parce que j’adore cette ville. Sûrement parce que j’y ai un bon ami et donc la chance de pouvoir la découvrir de l’intérieur et pas uniquement visiter les endroits touristiques. Parce que l’accueil réservé là bas a toujours été festif et agréable. C’est une ville de vie, qui ne ressemble à aucune autre aux USA (de ma maigre expérience), une ville aérée, mixte. Elle est plaisante par sa configuration globale, entourée d’eau et traversée de ses fameuses rues « serpentées ». Elle est intéressante par le mélange des populations, l’ouverture d’esprit globale et ses quartiers aux styles et ambiances diversifiés.
Commençons le lever du carnet de voyage par un lever de soleil capturé par mon père encore non remis du décalage horaire, le premier jour de son arrivée.


Mon père pour qui j’avais prévu une liste de choses à faire sur 4 jours mais qui en avait fait quasi un tiers entre 5h et midi avant même qu’on se soit encore retrouvés. 4500 photos aussi déjà, logique !
Le port, la baie, avec la prison d’Alcatraz dans le fond perché sur son île :


Ou le traditionnel Golden Gate (et sans brume !)

On continue avec une belle vue du Financial District depuis la Coït Tower

Depuis l’intérieur du Financial District :


« Salut Gandhi, la pêche ? En fait t’es aussi grand qu’une tour mon gars ! »

Le quartier de l’embarcadero où les travailleurs du Financial District envahissent le lieu le midi. Il y a un côté île et ensoleillé avec ses grands palmiers :


Autour de Union Square, sorte de Champs Elysées de la ville avec toutes les enseignes de Luxe notamment. Pas le plus fun de la ville mais pas désagréable non plus :



Un détour par le quartier de Washington Square ainsi que l’axe Colombus Avenue qui passe à proximité et qui font partie de mes coins préférés de la ville. Il s’agit du quartier italien. Une jolie église, des cafés italiens avec des tables dehors (assez rare dans les villes américaines), une belle boutique de chapeaux, un vieux disquaire adorable même s’il n’a pas su trouver l’introuvable album « Grin » de « Coroner » que je voulais rapporter à un pote féru de métal ou encore le square investi par les chinois en mode Tai Chi censé apporter harmonie et équilibre des forces naturelles.


Chez Mama’s, où je me fais une jolie combo « Carot Cake » + « Eggs Benedict ». J’ai un problème avec les œufs Benedict, j’adore ça. C’est presque orgasmique. Et donc indispensable à chaque brunch. Je bug. J’aime ce genre de bug orienté cuisine d’ailleurs. Pas de photo des œufs Benedict, trop occupé à les manger. Ma femme s'appelera Bénédicte. Logique. Par contre mon père n'aime pas les oeufs Benedict. Nul.


Colombus avenue :




Avec l’imposante pyramide du Financial district dans le fond qui contraste avec ce vieil immeuble vert stylé qui appartient à Francis Ford Coppola.

L’intérieur rez de chaussée de l’immeuble, un café aux couleurs films et aux tendances bistrot à l’européenne :

Une vue figée du spectacle pourtant fort vivant et musical, la messe Gospell de Glide Church. A privilégier le dimanche à 11h quand on a la chance d’y être sur le week end. Si on retire la grosse demi heure de fin où le prêtre nous a passablement ennuyés vu notre faible penchant pour la religion, le reste était génial. Belle ambiance, des gens joyeux. Etonnant et je recommande vivement !

Le célèbre Chinatown, l’un voire le plus grand du monde même s’il n’est pas si impressionnant que ça je trouve, il se concentre essentiellement sur deux rues parallèles Grant et Stockton Street. Avec la porte principale qui en marque le début :


Un parc où j’aime faire ma sieste / repos de marche, sous les cerisiers fleuris (mes trois séjours étaient en Avril/Mai), le Yerba Buena Park, près du musée d’art moderne :


Une virée sur Alcatraz, que je recommande vivement. L’île et sa flore sont belles, la vue sur la ville magnifique par beau temps, et ce lieu mythique regorge d’histoire récente en plus de bien montrer les conditions de vie des détenus. On peut même se lâcher sur le système audio pour touristes que je n’affectionne pas en temps normal mais particulièrement intéressant pour avoir des détails sur la vie de la prison. Il faut par contre y aller si possible en dehors des créneaux de foule, le choix du premier bateau vers 9h est très bien par exemple. Il parait que c’est sympa de nuit aussi, avec la dernière navette mais je n’ai pas eu l’occasion d’essayer. A savoir qu’il faut absolument réserver avant le voyage pour avoir une chance d’y passer.
Depuis le bateau navette :


Une cellule reconstituée :

San Francisco, c’est bien sûr les multiples rues en pente où on voit essentiellement son capot :


Ou les fameux « Cable Car » :


Lombard Street et ses méandres de verdure pour contrer la vigueur de la pente, tout au loin :

On s’éloigne du « centre », aux abords du quartier de « Haight Ashbury », avec quelques maisons victoriennes colorées et un joli parc à flanc de colline, le « Buena Vista Park » :


Le quartier d’Haight Ashbury donc, avec ses multiples boutiques décalées, branchées musique, fumette, piercing, métal ou zen attitude :




Une maison de schtroumpfs :

Le quartier gay du Castro que j’ai découvert seulement cette année parce qu’il est excentré. Sympa d’y faire un saut mais pas indispensable à mes yeux. A moins d’y avoir des attraits particuliers ou surement en temps que lieu de sortie le soir. Je pense qu’il faut mieux connaître pour apprécier.


Un quartier étonnant aussi par la taille et le jeu de couleurs de leurs antennes radio :

L’une des vues que je préfère de la ville depuis Twin Peaks, lieu rendu célèbre à travers le monde par David Lynch et sa série puis son film :


L’autre côté de la baie de San Francisco présente aussi de nombreux intérêts. Le beau parc de grands Sequoia, le parc de « Muir Woods », la ville de Sausalito avec ses maisons sur l’eau ou Tiburon pour la vue sur la ville par temps clair.
Muir Woods, parsemé d’une autre espèce de Sequoia que les plus gros qu’on trouve en Sierra Nevada à Yosemite ou à Sequoia National Park. Un petit parc parfait pour la promenade du dimanche des locaux.


L'arbre poilu :

La vue depuis Tiburon :



Pour finir la zone photo, la photo carte postale classique, avec les maisons victoriennes d’Alamo Square en premier plan et le Financial district au loin. Bon ok, j’ai aussi un chien casse bonbon et quelques voitures en trop :

J’ai zappé un certain nombre de classiques de la ville parce qu’ils sont souvent vus et revus ici même, le Golden Gate Park, Fisherman’s Wharf notamment. Mais vous pouvez y faire un tour !
Avec le recul de ces trois séjours à San Francisco, mes préférences portent sur le quartier hippie de Haight Ashbury pour son côté rétro et déluré, celui de Colombus/Washington Square pour son ambiance aérée et chaleureuse et sur le quartier de Fillmore/Lombard où les jeunes se retrouvent pour sortir. San Francisco est une ville qui à mes yeux mérite bien 4 jours de visite surtout si on souhaite profiter de ses alentours de l’autre côté de la baie (petites villes de Sausalito et Tiburon, parc de Muir Woods).
Au final, dans cette ville on est très loin des clichés américains que sortent souvent à tord les français et autres européens sur nos confrères américains. Cette ville est globalement emplie de gens ouverts d’esprits et chaleureux, prêts à vous aider, finalement prêt à tout pour vous faire aimer leur pays dont ils sont particulièrement fiers.
Avant de quitter San Francisco pour longer le pacifique le long de la route 1 vers le sud, un complément d’adresses pour les férus de musique. Il s’agit des lieux de San Francisco où l’on peut espérer trouver quelques pépites musicales d’occasion à prix léger. J’ai un peu galéré pour établir cette liste, elle n’est pas exhaustive mais si elle peut vous servir tant mieux :
“Amoeba music” : 1855 Haight Street
“Recycled Records” : 1377 Haight Street
“Ceiba Records” : 1364 Haight Street
“Heavy Metal record qstore”, en face d’Amoeba sur Haight Street.
“101 Music” près du carrefour Grant Street / Green Street
Et pour ceux qui cherchent un vrai chapeau de Cowboy, San Francisco n’est pas trop la ville pour ça, vous en trouverez uniquement dans le quartier mexicain. Notamment la boutique où j'en ai acheté un et dont je viens de retrouver le nom, quelque chose comme "Ok Corral"
La suite pour le départ vers des contrées moins urbaines … quand je trouverai un peu de temps !
On peut trouver la suite ici : http://voyageforum.com/...ost=3485696;#3485696
Je suis rentré il y a déjà deux mois de mon second voyage dans le grand ouest américain. Et si j’ai peu de temps en ce moment pour pouvoir finaliser le carnet rapidement vous en trouverez ici le début puisque j’ai eu diverses demandes de curieux qui trainent sur ce forum.
Je n’ai pas terminé la lecture des superbes carnets de plusieurs d’entre vous qui ont été publiés récemment. Je pense notamment aux 4 « tomes » récents de Philippe, connu sous le pseudo de Sedonax et sans qui je n’aurais jamais pu faire un aussi beau voyage. Mais je les finirai tous, c’est promis!
Introduction
Allez, je me lance. Je dis « je » mais à partir de maintenant le récit sera aussi parfois à la première personne du pluriel puisque j’ai eu cette année le bonheur de parcourir les terres colorées de l’ouest en compagnie de mon père. C’était la première fois que nous nous retrouvions ensembles pendant aussi longtemps, plus de trois semaines, ce qui a bien sûr encore accentué le plaisir du voyage. Anecdotes de nos deux vies, discussions sur l’avenir de notre monde, escapades et aventures à deux. Vous ne lirez « que » les anecdotes et témoignages du voyage mais puisqu’il lira forcément le carnet j’en profite pour lui redire ici que j’ai adoré ces moments à ses côtés, que s’il a besoin de se remémorer un seul souvenir de mon ressenti avec lui, qu'il pense à « Valley of Fire » lors du dernier sunset de notre voyage. J’ai particulièrement aimé que ce soit un voyage lointain qui nous ait rassemblés. Parce je sais qu’il a soif de découverte de ces mondes éloignés, et parce que ces dernières années j’ai eu la chance de beaucoup voyager et c’est parmi ce que j’ai de plus fort à partager.
J’arrête les fleurs, on n’est pas là pour ça, vous êtes tranquilles... Mais avant de commencer le récit de nos jours américains, j’explique les circonstances qui nous ont menées à ce voyage à deux. Lui, il a gagné un billet à petit prix pour un A/R Paris <-> San Francisco en s’achetant deux jeans dans une pauvre boutique de banlieue parisienne. Logique. Et moi je devais initialement aller à Los Angeles pour mon boulot et le rejoindre ensuite sur place. Lorsque ma mission a été annulée pour des raisons budgétaires fumeuses, j’avais déjà commencé la préparation du voyage, verdi tous les voyants d’envie intérieurs et imaginé le périple à ses côtés. Je n’ai donc pas hésité longtemps, j’ai maintenu le voyage et même rajouté une semaine bonus pour porter mon séjour américain à 30 jours et je suis parti sur mes propres deniers. Logique. Vous verrez, avec moi beaucoup de choses sont logiques. La logique, c'est pratique.
J’avais déjà été découvrir le grand ouest l’année dernière avec trois potes (voir carnet ici pour les grands curieux et les courageux qui sont passés à côté : http://voyageforum.com/...ricain_1_2_D2516242/). Nous étions restés seulement 8 jours au milieu de ces paysages, à faire uniquement les classiques, et à un rythme totalement déluré. Cette année j’étais donc en charge de l’organisation puisque j’avais déjà repéré depuis un an tous les coins que j’aimerais arpenter lors de mon futur voyage. Un voyage un peu moins speed (encore que?) et plus centré sur des sites moins connus et en dehors des sentiers battus. J’avais en effet l’avantage de connaître ici certains d’entre vous qui m’avez été d’une aide précieuse. Encore une fois un grand merci à toi Philippe pour toute ton aide proposée spontanément pour parfaire notre circuit. Mon père te remercie également pour toute cette gentillesse et cette générosité, l’un de ses meilleurs souvenirs étant d’ailleurs le fameux White & Red canyon. Je risque d’en oublier certains et je m’en excuse mais je remercie aussi tous ceux qui m’ont adorablement renseigné ou avec qui j’ai simplement pris plaisir à discuter du grand ouest... Thibaud, Val, Alain-Pierre, Patrick, Marie, Laurence, JP, Jean-François, Jacqueline…
Beaucoup (trop ?) de remerciements et de dédicaces mais ils me semblent justes vu les échanges agréables que nous avons eus, et je peux désormais réellement parler de notre voyage…
Notre parcours final, qui intègre les remaniements sur place. Si on ajoute les km des trajets annexes on arrive à 7000km sur nos trois semaines de nature : Parcours
Hôtels : Quelques informations sur nos hôtels qui méritent une appréciation, tous des double queen sauf à San Francisco : - San Francisco : moi chez mon pote Morgan (reconnu comme le meilleur hôtel de la ville), mon père à l'hotel North Beach sur Kearny Street, très bien situé, pour seulement 45€ la nuit mais un confort minimum qui ne conviendrait pas forcément à tout le monde. Monterey : motel El Dorado Inn à 60$. Le moins cher qu’on ait trouvé sur place sans pré-réservation.
- Las Vegas : Excalibur. Chambre de qualité, bien situé en bout de strip là où ça commence à être « intéressant ». 100$ par nuit en moyenne, en incluant du week end où les tarifs sont plus onéreux dans toute la ville. Bien mieux que le Luxor de l’année dernière.
- Page : chez Bob’s Bashful Motel. Un très bon rapport qualité/prix ou quantité/prix en fait. Les appartements sont avec deux chambres, salon et cuisine pour 45$. Par contre il ne faut pas s’attendre au grand luxe, tout y est un peu vieillot. Bob tient le motel depuis des années, il est adorable et son fils Rick aussi. J'y étais déjà passé l'année dernière.
- Moab : Motel « Inca Inn ». Je ne le recommande pas du tout, douche abominable impossible d’avoir de l’eau à température constante, doublé d'une mauvaise foi évidente à l’accueil assez rare aux USA. De quoi me gonfler en fait. Oui, j'ai un caractère de daube parfois.
- Torrey : Days Inn. Très bonne chaîne, rien à redire.
- Tropic : Bulberry Inn B&B. Prix honnête et accueil de qualité, de bons petits déjeuners maison. Je recommande largement de dormir à Tropic plutôt qu’à Bryce, c’est à 15min en voiture et nettement moins cher. Seul inconvénient c’est d’aller à Bryce pour manger après 20h30, sur Tropic tout est fermé.
Restaurants Seulement ceux qui nous ont particulièrement enjoué et à retenir sans hésiter, la plupart conseillés ou repérés avant notre départ :
San Francisco : Je connaissais déjà la majorité de ces adresses de mes années précédentes à San Francisco, elles m’ont été conseillées par mon pote qui vit là bas, plutôt un gage de qualité il me semble ; et surtout largement vérifié sur place : « Chez Mama’s » : brunch sur Washington Square « Town’s end » : brunch tout près de 2nd Street « Balboa Café of San Francisco » : brunch dans le quartier Fillmore / Lombard Street « MSB - Marina Sushi Bar » : resto japonais sur Lombard Street « House of Nanking » : resto chinois sur Kearny Street « Lemon Grass Thai cuisine » : resto thai sur Polk Street « Mel’s Drive Inn » : un classique « cuisine » US. Il ne faut pas s’attendre à de la cuisine fine évidemment mais c’est typique américain, de bon cru (burgers, Fish&Chips & co) et parfait à 3h du mat’ après les sorties bar. J’y ai d’ailleurs dormi deux fois en deux ans, une fois la tête sur la table et cette année j’ai osé les toilettes. Hum. Monterey : « Hula’s Island Grill ». Restaurant avec cuisine insulaire de très bonne qualité. Torrey : « Stackers », de très bons burgers, avec un accueil charmant. Page : « Fiesta Mexicana », petite chaîne mexicaine de bonne qualité pas trop chère. Moab : « Sing Ha Thai Cuisine ». Un bon thaï dans une ville où il est assez difficile de bien manger. Escalante : « Escalante Outfitters ». Pizzeria perdue dans l’arrière pays et recommandée partout. Génial. Tropic/Bryce : “Bryce Canyon Lodge” : buffet à volonté, un peu l’usine mais très bien.
Location de voiture Via locationsdevoiture.com comme l’année dernière, meilleur rapport qualité/prix trouvé avec toutes les assurances nécessaires. J’avais fait un sujet ici sur les locations aux USA qui a été très bien complété pendant plus d’un an par les autres forumeurs: http://voyageforum.com/...etats_unis_D2439235/
Budget approximatif global : En intégrant mon billet A/R Paris-SF trouvé à 480€ et sans les achats et sorties en extra. 2800€ /pers pour un peu plus de 4 semaines (3 semaines de nature + 1 semaine de San Francisco).
Passé les détails techniques et l'introduction d'usage avec les informations pour forumeurs en recherche de bons plans, on peut enfin commencer le récit avec la ville de San Francisco!
San Francisco
Mon passage par San Francisco est un peu particulier parce que je connais bien la ville pour y avoir été trois fois ces dernières années. Je ne vais pas l’évoquer de façon chronologique comme le reste de notre parcours mais donner mes ressentis globaux et assortir ces mots de quelques photos. J’y passerai un peu de temps parce que j’adore cette ville. Sûrement parce que j’y ai un bon ami et donc la chance de pouvoir la découvrir de l’intérieur et pas uniquement visiter les endroits touristiques. Parce que l’accueil réservé là bas a toujours été festif et agréable. C’est une ville de vie, qui ne ressemble à aucune autre aux USA (de ma maigre expérience), une ville aérée, mixte. Elle est plaisante par sa configuration globale, entourée d’eau et traversée de ses fameuses rues « serpentées ». Elle est intéressante par le mélange des populations, l’ouverture d’esprit globale et ses quartiers aux styles et ambiances diversifiés.
Commençons le lever du carnet de voyage par un lever de soleil capturé par mon père encore non remis du décalage horaire, le premier jour de son arrivée.


Mon père pour qui j’avais prévu une liste de choses à faire sur 4 jours mais qui en avait fait quasi un tiers entre 5h et midi avant même qu’on se soit encore retrouvés. 4500 photos aussi déjà, logique !
Le port, la baie, avec la prison d’Alcatraz dans le fond perché sur son île :


Ou le traditionnel Golden Gate (et sans brume !)

On continue avec une belle vue du Financial District depuis la Coït Tower

Depuis l’intérieur du Financial District :


« Salut Gandhi, la pêche ? En fait t’es aussi grand qu’une tour mon gars ! »

Le quartier de l’embarcadero où les travailleurs du Financial District envahissent le lieu le midi. Il y a un côté île et ensoleillé avec ses grands palmiers :


Autour de Union Square, sorte de Champs Elysées de la ville avec toutes les enseignes de Luxe notamment. Pas le plus fun de la ville mais pas désagréable non plus :



Un détour par le quartier de Washington Square ainsi que l’axe Colombus Avenue qui passe à proximité et qui font partie de mes coins préférés de la ville. Il s’agit du quartier italien. Une jolie église, des cafés italiens avec des tables dehors (assez rare dans les villes américaines), une belle boutique de chapeaux, un vieux disquaire adorable même s’il n’a pas su trouver l’introuvable album « Grin » de « Coroner » que je voulais rapporter à un pote féru de métal ou encore le square investi par les chinois en mode Tai Chi censé apporter harmonie et équilibre des forces naturelles.


Chez Mama’s, où je me fais une jolie combo « Carot Cake » + « Eggs Benedict ». J’ai un problème avec les œufs Benedict, j’adore ça. C’est presque orgasmique. Et donc indispensable à chaque brunch. Je bug. J’aime ce genre de bug orienté cuisine d’ailleurs. Pas de photo des œufs Benedict, trop occupé à les manger. Ma femme s'appelera Bénédicte. Logique. Par contre mon père n'aime pas les oeufs Benedict. Nul.


Colombus avenue :




Avec l’imposante pyramide du Financial district dans le fond qui contraste avec ce vieil immeuble vert stylé qui appartient à Francis Ford Coppola.

L’intérieur rez de chaussée de l’immeuble, un café aux couleurs films et aux tendances bistrot à l’européenne :

Une vue figée du spectacle pourtant fort vivant et musical, la messe Gospell de Glide Church. A privilégier le dimanche à 11h quand on a la chance d’y être sur le week end. Si on retire la grosse demi heure de fin où le prêtre nous a passablement ennuyés vu notre faible penchant pour la religion, le reste était génial. Belle ambiance, des gens joyeux. Etonnant et je recommande vivement !

Le célèbre Chinatown, l’un voire le plus grand du monde même s’il n’est pas si impressionnant que ça je trouve, il se concentre essentiellement sur deux rues parallèles Grant et Stockton Street. Avec la porte principale qui en marque le début :


Un parc où j’aime faire ma sieste / repos de marche, sous les cerisiers fleuris (mes trois séjours étaient en Avril/Mai), le Yerba Buena Park, près du musée d’art moderne :


Une virée sur Alcatraz, que je recommande vivement. L’île et sa flore sont belles, la vue sur la ville magnifique par beau temps, et ce lieu mythique regorge d’histoire récente en plus de bien montrer les conditions de vie des détenus. On peut même se lâcher sur le système audio pour touristes que je n’affectionne pas en temps normal mais particulièrement intéressant pour avoir des détails sur la vie de la prison. Il faut par contre y aller si possible en dehors des créneaux de foule, le choix du premier bateau vers 9h est très bien par exemple. Il parait que c’est sympa de nuit aussi, avec la dernière navette mais je n’ai pas eu l’occasion d’essayer. A savoir qu’il faut absolument réserver avant le voyage pour avoir une chance d’y passer.
Depuis le bateau navette :


Une cellule reconstituée :

San Francisco, c’est bien sûr les multiples rues en pente où on voit essentiellement son capot :


Ou les fameux « Cable Car » :


Lombard Street et ses méandres de verdure pour contrer la vigueur de la pente, tout au loin :

On s’éloigne du « centre », aux abords du quartier de « Haight Ashbury », avec quelques maisons victoriennes colorées et un joli parc à flanc de colline, le « Buena Vista Park » :


Le quartier d’Haight Ashbury donc, avec ses multiples boutiques décalées, branchées musique, fumette, piercing, métal ou zen attitude :




Une maison de schtroumpfs :

Le quartier gay du Castro que j’ai découvert seulement cette année parce qu’il est excentré. Sympa d’y faire un saut mais pas indispensable à mes yeux. A moins d’y avoir des attraits particuliers ou surement en temps que lieu de sortie le soir. Je pense qu’il faut mieux connaître pour apprécier.


Un quartier étonnant aussi par la taille et le jeu de couleurs de leurs antennes radio :

L’une des vues que je préfère de la ville depuis Twin Peaks, lieu rendu célèbre à travers le monde par David Lynch et sa série puis son film :


L’autre côté de la baie de San Francisco présente aussi de nombreux intérêts. Le beau parc de grands Sequoia, le parc de « Muir Woods », la ville de Sausalito avec ses maisons sur l’eau ou Tiburon pour la vue sur la ville par temps clair.
Muir Woods, parsemé d’une autre espèce de Sequoia que les plus gros qu’on trouve en Sierra Nevada à Yosemite ou à Sequoia National Park. Un petit parc parfait pour la promenade du dimanche des locaux.


L'arbre poilu :

La vue depuis Tiburon :



Pour finir la zone photo, la photo carte postale classique, avec les maisons victoriennes d’Alamo Square en premier plan et le Financial district au loin. Bon ok, j’ai aussi un chien casse bonbon et quelques voitures en trop :

J’ai zappé un certain nombre de classiques de la ville parce qu’ils sont souvent vus et revus ici même, le Golden Gate Park, Fisherman’s Wharf notamment. Mais vous pouvez y faire un tour !
Avec le recul de ces trois séjours à San Francisco, mes préférences portent sur le quartier hippie de Haight Ashbury pour son côté rétro et déluré, celui de Colombus/Washington Square pour son ambiance aérée et chaleureuse et sur le quartier de Fillmore/Lombard où les jeunes se retrouvent pour sortir. San Francisco est une ville qui à mes yeux mérite bien 4 jours de visite surtout si on souhaite profiter de ses alentours de l’autre côté de la baie (petites villes de Sausalito et Tiburon, parc de Muir Woods).
Au final, dans cette ville on est très loin des clichés américains que sortent souvent à tord les français et autres européens sur nos confrères américains. Cette ville est globalement emplie de gens ouverts d’esprits et chaleureux, prêts à vous aider, finalement prêt à tout pour vous faire aimer leur pays dont ils sont particulièrement fiers.
Avant de quitter San Francisco pour longer le pacifique le long de la route 1 vers le sud, un complément d’adresses pour les férus de musique. Il s’agit des lieux de San Francisco où l’on peut espérer trouver quelques pépites musicales d’occasion à prix léger. J’ai un peu galéré pour établir cette liste, elle n’est pas exhaustive mais si elle peut vous servir tant mieux :
“Amoeba music” : 1855 Haight Street
“Recycled Records” : 1377 Haight Street
“Ceiba Records” : 1364 Haight Street
“Heavy Metal record qstore”, en face d’Amoeba sur Haight Street.
“101 Music” près du carrefour Grant Street / Green Street
Et pour ceux qui cherchent un vrai chapeau de Cowboy, San Francisco n’est pas trop la ville pour ça, vous en trouverez uniquement dans le quartier mexicain. Notamment la boutique où j'en ai acheté un et dont je viens de retrouver le nom, quelque chose comme "Ok Corral"
La suite pour le départ vers des contrées moins urbaines … quand je trouverai un peu de temps !
On peut trouver la suite ici : http://voyageforum.com/...ost=3485696;#3485696
Pourquoi mon mariage n'a pas réussi avec un(e) Cubain(e)? English translation pending
Bonjour à tous,
Je me permets de poser la question pourquoi le mariage avec cubain ou cubaine se solde souvent par un échec. J'ai decidé d'analyser les facteurs qui contribuent à une telle issue peut être que je me trompe dans mon analyse mais je crois que c'est nécessaire de soulever ce point ce qui permettra aux forumistes d'opiner et leurs opinions aideront à ceux ou celle qui veulent s'embarquer dans cette aventure d'être mieux armé ou de réevaluer le statut de leur chum ou blonde.
1) La première chose que j'ai constaté sur ce forum et dans mon champ personnel 95% des gens qui se sont mariés avec un cubain les ont laissés après quelques temps ( on parle quelques semaines à quelques mois). Doivent on penser que les cubains sont plus trompeur que les cubaines?
2) Tous ou presque tous travaillaient dans des hotels ou des secteurs touristiques. Es le meilleur endroit pour rencontrer le grand amour alors qu'il y a des milliers de touristiques qui débarquent à longueur de journée. Les chances d'une nouvelle conquête est 99%.
3) LA reputation des touristiques? A-t-on une bonne réputation comme touristique auprès des cubains ou du moins quelle est l'impression des touristiques qui viennent à cuba. Le plaisir de trouver une plage verte et belle pour passer de bonne vacances ou la recherche d'un mulato ou moreno pour le sexe qui debouchera sur un soit disant mariage .
4) Le niveau d'éducation des prétendants. Le fait d'être plus éduqué leur donne-t-il le droit d`être plus sérieux. Car on s'entend bien ce qui travaille dans des hotels ont souvent un secondaire 5 rien plus. je veux parler de danseur, animateur, serveurs ect.
5) La situation économique et le désir de liberté leur donne-t-il la seule option de tromper une personne jsute pour sortir du pays. l'instinct de survie est-il pas plus important que les sentiments?
6) Le gouvernement canadien ne facilite pas lui aussi cet arnaque en refusant systematiquement le visa et que la seule option demeure le mariage. POURQUOI ON FAIT PAS LA MÊME CHOSE QU'AUX USA. ON OCTOIE UN VISA TEMPORAIRE DE DEUX ANS ET APRES CETTE DATE LE COUPLE DOIT PROUVER DEVANT UN AGENT D'IMMIGRATION QU'IL CONTINUE DE VIVRE ENSEMBLE : MÊME ADRESSE, MÊME COMPTE (PEUT ÊTRE) ECT.
7) il y a t-il pas une différence entre les cultures: les notions de respect, de fidélité et d'amour representent ils les mêmes choses pour nous et les cubains. En d'autres termes quand toi en tant que Canadien, français, belge vous parler de ces notions là les comprennent-ils? sommes-nous sous la même longueur d'onde?
8) On affiche nos opinions ici, mais cela n'empêche pas d'autres chaque année d'aller se marier à Cuba et un mois plus tard se retrouve ici pour expliquer leur mesaventure.
Je crois qu'il faut arrêter de s'apitoyer sur nos sorts cela ne résoudra pas le problème mais de préférence quelle action on peut prendre pour forcer les autorités fédérales à changer ces lois. Car je ne suis pas prêt à dépenser cet argent pour ramener ici un con ou une conne qui me lâchera dans quelques jours sans aucun recours. Sans oublier le coté émotionnel. Une pétition auprès du ministère responsable de l’immigration pourquoi pas?
Bref, Je pense que les commentaires des fumuristes sont bienvenues et peut-être qu'à la fin on pourra dégager un profil du cubain macho menteur et manipilateur de celui qui est sincère et franc.
Bonne réflexion
1) La première chose que j'ai constaté sur ce forum et dans mon champ personnel 95% des gens qui se sont mariés avec un cubain les ont laissés après quelques temps ( on parle quelques semaines à quelques mois). Doivent on penser que les cubains sont plus trompeur que les cubaines?
2) Tous ou presque tous travaillaient dans des hotels ou des secteurs touristiques. Es le meilleur endroit pour rencontrer le grand amour alors qu'il y a des milliers de touristiques qui débarquent à longueur de journée. Les chances d'une nouvelle conquête est 99%.
3) LA reputation des touristiques? A-t-on une bonne réputation comme touristique auprès des cubains ou du moins quelle est l'impression des touristiques qui viennent à cuba. Le plaisir de trouver une plage verte et belle pour passer de bonne vacances ou la recherche d'un mulato ou moreno pour le sexe qui debouchera sur un soit disant mariage .
4) Le niveau d'éducation des prétendants. Le fait d'être plus éduqué leur donne-t-il le droit d`être plus sérieux. Car on s'entend bien ce qui travaille dans des hotels ont souvent un secondaire 5 rien plus. je veux parler de danseur, animateur, serveurs ect.
5) La situation économique et le désir de liberté leur donne-t-il la seule option de tromper une personne jsute pour sortir du pays. l'instinct de survie est-il pas plus important que les sentiments?
6) Le gouvernement canadien ne facilite pas lui aussi cet arnaque en refusant systematiquement le visa et que la seule option demeure le mariage. POURQUOI ON FAIT PAS LA MÊME CHOSE QU'AUX USA. ON OCTOIE UN VISA TEMPORAIRE DE DEUX ANS ET APRES CETTE DATE LE COUPLE DOIT PROUVER DEVANT UN AGENT D'IMMIGRATION QU'IL CONTINUE DE VIVRE ENSEMBLE : MÊME ADRESSE, MÊME COMPTE (PEUT ÊTRE) ECT.
7) il y a t-il pas une différence entre les cultures: les notions de respect, de fidélité et d'amour representent ils les mêmes choses pour nous et les cubains. En d'autres termes quand toi en tant que Canadien, français, belge vous parler de ces notions là les comprennent-ils? sommes-nous sous la même longueur d'onde?
8) On affiche nos opinions ici, mais cela n'empêche pas d'autres chaque année d'aller se marier à Cuba et un mois plus tard se retrouve ici pour expliquer leur mesaventure.
Je crois qu'il faut arrêter de s'apitoyer sur nos sorts cela ne résoudra pas le problème mais de préférence quelle action on peut prendre pour forcer les autorités fédérales à changer ces lois. Car je ne suis pas prêt à dépenser cet argent pour ramener ici un con ou une conne qui me lâchera dans quelques jours sans aucun recours. Sans oublier le coté émotionnel. Une pétition auprès du ministère responsable de l’immigration pourquoi pas?
Bref, Je pense que les commentaires des fumuristes sont bienvenues et peut-être qu'à la fin on pourra dégager un profil du cubain macho menteur et manipilateur de celui qui est sincère et franc.
Bonne réflexion
Budget pour trois semaines en Inde aux mois de janvier et février 2010? English translation pending
Bonjour 🙂,
Je me prépare à découvrir l'Inde avec ma soeur l'année prochaine (janvier-février 2010). Il n'est jamais trop tôt... Même si nous avons eu l'habitude de voyager, c'est une grande première pour nous deux réunies. Nous souhaitons pas mal bouger ( Dehli, Agra, Varanasi, Calcutta, Hampi, Goa, Bombay, Jaipur, Jaiselmer) exclusivement en sac à dos. Nous avons conscience que ça ne sera pas de tout repos. En sachant que nous nous déplacerons à 90 % en train + 1 vol calcutta --> Bangalore (J'ai déjà fait quelques simulations par internet), je souhaitais savoir si 1500 euros suffisait amplement pour 3 semaines à deux en comptant les déplacements, visites et nourriture ?? ou si c'était s'embarquer avec trop d'argent pour rien ...
Merci :)
Je me prépare à découvrir l'Inde avec ma soeur l'année prochaine (janvier-février 2010). Il n'est jamais trop tôt... Même si nous avons eu l'habitude de voyager, c'est une grande première pour nous deux réunies. Nous souhaitons pas mal bouger ( Dehli, Agra, Varanasi, Calcutta, Hampi, Goa, Bombay, Jaipur, Jaiselmer) exclusivement en sac à dos. Nous avons conscience que ça ne sera pas de tout repos. En sachant que nous nous déplacerons à 90 % en train + 1 vol calcutta --> Bangalore (J'ai déjà fait quelques simulations par internet), je souhaitais savoir si 1500 euros suffisait amplement pour 3 semaines à deux en comptant les déplacements, visites et nourriture ?? ou si c'était s'embarquer avec trop d'argent pour rien ...
Merci :)
Affinage d'un voyage au sud de l'Argentine en août 2009 English translation pending
Bonjour,
Je remercie par avance toute personne qui prendra le temps de lire et de répondre à nos demandes et ainsi nous aidera à affiner notre trame de voyage. J'ai lu tous les carnets sur la Patagonie (Lapomilla, Chris51, Mlefevre, Nancy…) et de nombreux posts. J'ai déjà regardé des dizaines de sites (Petit Hergé), blogs… Encore merci pour toutes ces premières infos. J'ai acheté, en ligne, les chapitres du Lonely sur les régions concernées par notre voyage…
Maintenant, nous avons besoin de petits plus et de vos coups de cœur complémentaires…
Nous sommes en préparation d'un potentiel voyage en Patagonie en août prochain (nous savons que c'est en hiver mais n'avons aucun choix pour la période, nous serons équipés pour).
Nous partirions 4/5 semaines entre le 1 août et le 5 septembre - en fonction des avions pour rejoindre l'Amérique du Sud, à priori Caracas. De là, nous prendrions la LAN pour aller à Ushuaia (en 3 vols) et le retour se ferait au départ de Buenos-Aires. Nous remonterions en bus d'Ushuaia à BA par étapes. Je préférerai éviter les étapes de bus d'une durée supérieure à une douzaine d'heures.
Je suis une petite marcheuse: une marche idéale fait 2/3 heures sur du plat ou en descente. Au-delà, ce n'est pas pour moi et surtout si c'est de la montée !!!
Notre budget/jour est de 100$ (env. 80 euros) pour l'hébergement, les repas et les transports. A ceci, s'ajoute un montant d'environ 700/800 euros pour les activités. Sauf les premières (Ushuaia) et dernières nuits (BA) rien ne sera réservé, nous aimons vivre les voyages en fonction de ce que nous ressentons sur place.
Ce parcours n'a rien d'original, il reprend les grands fanions du secteur. Ce dont nous avons besoin, ce sont des adresses d'hébergement, du type de celle-ci à BA: http://www.bedandbreakfastclan.com.ar (micmag) et du partage de vos coups de cœur pour les activités ou les endroits, autres que les grands classiques de chaque lieu. J'ai encore en souvenir la descente du Chimborazo à vélo (Equateur) et ne cesse de la recommander. Tous les commentaires aidants sont les bienvenus.
Alors, voilà: - Ushuaia - 4 jours Envie de faire du traîneau à chiens en mushant et pas en étant dans le traîneau. QQ'un en a fait dans ce secteur ? Des suggestions ?
- Punto Arenas - 1 jour
- Puerto Natales - 2 jours Pas de W pour nous, donc on y fait quoi ?
- El Calafate - 2 jours
- El Chalten - 2 jours
- Estancia - 2 jours
- Bariloche - 6 jours Au programme qqs jours de ski. Des adresses d'hébergement à Cerro Catedral ?
- Péninsule de Valdés - 2 jours
Y-a-t-il une autre possibilité pour aller de Bariloche à BA avec une étape intermédiaire ?
- Buenos-Aires - 2 jours Nous n'aimons pas les grandes villes. Visite d'un musée ou 2 et qqs lieux spécifiques.
Je remercie par avance toute personne qui prendra le temps de lire et de répondre à nos demandes et ainsi nous aidera à affiner notre trame de voyage. J'ai lu tous les carnets sur la Patagonie (Lapomilla, Chris51, Mlefevre, Nancy…) et de nombreux posts. J'ai déjà regardé des dizaines de sites (Petit Hergé), blogs… Encore merci pour toutes ces premières infos. J'ai acheté, en ligne, les chapitres du Lonely sur les régions concernées par notre voyage…
Maintenant, nous avons besoin de petits plus et de vos coups de cœur complémentaires…
Nous sommes en préparation d'un potentiel voyage en Patagonie en août prochain (nous savons que c'est en hiver mais n'avons aucun choix pour la période, nous serons équipés pour).
Nous partirions 4/5 semaines entre le 1 août et le 5 septembre - en fonction des avions pour rejoindre l'Amérique du Sud, à priori Caracas. De là, nous prendrions la LAN pour aller à Ushuaia (en 3 vols) et le retour se ferait au départ de Buenos-Aires. Nous remonterions en bus d'Ushuaia à BA par étapes. Je préférerai éviter les étapes de bus d'une durée supérieure à une douzaine d'heures.
Je suis une petite marcheuse: une marche idéale fait 2/3 heures sur du plat ou en descente. Au-delà, ce n'est pas pour moi et surtout si c'est de la montée !!!
Notre budget/jour est de 100$ (env. 80 euros) pour l'hébergement, les repas et les transports. A ceci, s'ajoute un montant d'environ 700/800 euros pour les activités. Sauf les premières (Ushuaia) et dernières nuits (BA) rien ne sera réservé, nous aimons vivre les voyages en fonction de ce que nous ressentons sur place.
Ce parcours n'a rien d'original, il reprend les grands fanions du secteur. Ce dont nous avons besoin, ce sont des adresses d'hébergement, du type de celle-ci à BA: http://www.bedandbreakfastclan.com.ar (micmag) et du partage de vos coups de cœur pour les activités ou les endroits, autres que les grands classiques de chaque lieu. J'ai encore en souvenir la descente du Chimborazo à vélo (Equateur) et ne cesse de la recommander. Tous les commentaires aidants sont les bienvenus.
Alors, voilà: - Ushuaia - 4 jours Envie de faire du traîneau à chiens en mushant et pas en étant dans le traîneau. QQ'un en a fait dans ce secteur ? Des suggestions ?
- Punto Arenas - 1 jour
- Puerto Natales - 2 jours Pas de W pour nous, donc on y fait quoi ?
- El Calafate - 2 jours
- El Chalten - 2 jours
- Estancia - 2 jours
- Bariloche - 6 jours Au programme qqs jours de ski. Des adresses d'hébergement à Cerro Catedral ?
- Péninsule de Valdés - 2 jours
Y-a-t-il une autre possibilité pour aller de Bariloche à BA avec une étape intermédiaire ?
- Buenos-Aires - 2 jours Nous n'aimons pas les grandes villes. Visite d'un musée ou 2 et qqs lieux spécifiques.
Autotour en Afrique du Sud English translation pending
Bonjour à tous,
Nous préparons notre voyage en ADS pour février 2008 avec nos 3 enfants qui nous suivent partout.Nous voudrions faire un autotour, et avons un devis chez vie sauvage d'environ 10 000 euros pour les 5 pour 18 jours.Sachant que le vol sur Lufthansa coute environ 3800 euros je me demande si en réservant tout nous même nous ne pourrions pas faire une sacré économie!
Quelqu'un est il déja partie avec vie Sauvage ?
D'avance merci pour vos conseils
Nous préparons notre voyage en ADS pour février 2008 avec nos 3 enfants qui nous suivent partout.Nous voudrions faire un autotour, et avons un devis chez vie sauvage d'environ 10 000 euros pour les 5 pour 18 jours.Sachant que le vol sur Lufthansa coute environ 3800 euros je me demande si en réservant tout nous même nous ne pourrions pas faire une sacré économie!
Quelqu'un est il déja partie avec vie Sauvage ?
D'avance merci pour vos conseils
Safari individuel au Kenya English translation pending
Bonjour à tous, je vous livre le récit de mon récent safari de 10 jours au Kenya, j'espère qu'il vous plaira ...
Préambule : Si vous avez moins de 40 ans, ce premier chapitre va vous sembler de l’Hébreux puisqu’il fait référence à des émissions et séries de télé diffusées dans les années 70 … ce qui ne nous rajeunit pas !)
Gosse j’étais fan de Daktari. Au point de faire une grosse colère lorsque le jour de congé hebdomadaire de l’école est passé du jeudi où mercredi, ce qui a eu comme résultat de me faire louper mon feuilleton qui continuait à être diffusé le jeudi alors que moi j’étais à l’école ! Il y avait aussi les émissions de Frédéric Rossif ( La vie des animaux), les reportages de Christian Zuber (Caméra au poing ), la série « Vivre Libre » tirée de la vie de George et Joy Adamson et ce Kilimanjaro en couverture d’un bouquin reçu pour « bon travail » à l’école primaire et qui me coûta des heures de réflexions sur le thème : « Mais comment peut-il y avoir de la neige et qui plus est, éternelle, en Afrique, ce pays où il fait si chaud ??? »
Les années passant cette Afrique d’enfance s’est progressivement effacée derrière les famines, les guerres, les génocides et les diverses atrocités qui s’y déroulent régulièrement, néanmoins elle était toujours là, enfouie quelque part car à pas loin de 40 ans, quand mon épouse m’a proposé de faire un trip que nous ne pourrions pas faire tous ensemble pour la simple raison qu’il est parfois impossible de concilier mon centre d’intérêt principal: la photographie avec la confortabilité pour les autres ( il est vite lassant d’attendre un long moment que l’autre ait réuni, la bonne lumière, le bon angle, le bon sujet et le bon endroit) la première et seule destination qui me soit venu à l’esprit était l’Afrique. J’ai un peu hésité entre l’Afrique Australe (Namibie, Botswana) et l’Afrique de l’Est ( Kenya, Tanzanie) mais j’ai finalement opté pour mon Afrique de gosse, le Kenya.
Une nouvelle fois j’ai pu, grâce à ce formidable outil qu’est Internet et ses forums de discussion ( VF et Colors of Wildlife pour citer mes préférés) trouver un prestataire local qui pouvait me monter un safari entièrement selon MES désirs, j’ai nommé : ZedAway (Oui je sais c’est bizarre comme nom, y’a une explication mais ça serait un peu long ici !)
Quitte à partir seul, autant y aller « à fond » et éviter au maximum les refuges pour occidentaux, là où je me demande toujours pourquoi les gens traversent la moitié du monde pour se retrouver dans des hôtels ou presque tout sera semblable à leur environnement habituel. Alors pas de lodge pour moi mais des camps de tentes qui permettent de vivre le trip 24heures sur 24. Et puisque les meilleurs guides sont anglophones (le Kenya est une ancienne colonie britannique) et que je dis souvent que je n’ai pas assez souvent l’occasion de parler anglais, autant ne PAS prendre un guide parlant français comme ça j’aurais aussi un stage linguistique !
Une fois ça décidé j’ai acheté mes billets d’avion afin d’avoir des dates de voyages sures. Pour un Paris-Nairobi le meilleur rapport « Date/Horaires/Escales/Prix » était la compagnie belge SNBA. Puis en discutant à droite à gauche, toujours sur le net, j’ai trouvé des idées à droite à gauche. Je profite d’ailleurs de ce récit pour remercier tout ceux qui m'ont aidé à monter ce voyage !
Mon idée originelle était de passer 10 jours dans la Réserve Nationale du Massaï Mara car je trouve que le défaut de la plupart des safaris « tout fait » est qu’ils font « butiner » les gens de parcs en parcs et surtout passer beaucoup de temps sur les routes ce qui n’est pas la partie la plus agréable du voyage. Je sais que souvent ce sont les gens qui veulent « faire » tous les parcs en 8 jours mais moi je voulais y aller pour voir des animaux, pas des routes !
Finalement je me suis tout de même laissé détourner par ces fameuses neiges du Kilimanjaro pendant qu’il y en avait encore un petit peu. Et une fois au Parc National d’Amboseli, (c’est de la qu’on voit le mieux le Kili), comme pour aller à Mara il fallait repasser par Nairobi autant s’arrêter au Lac de Naïvasha et au Parc National de Hell’s Gate, situé juste à coté puis au P.N de Nakuru qui était « sur la route » avant d’aller finir le trip à Mara
(NB : Au Kenya un Parc National est géré par le « Kenya Wildlife Service », est exclusivement dédié à la conservation de la faune et la flore et les populations locales ne sont pas autorisées à faire paître leurs troupeaux à l’intérieur alors qu’une Réserve Nationale est gérée par un conseil local et que les locaux sont autorisés à y amener leurs troupeaux et à tirer sur les animaux sauvages s’ils sont attaqués … Ce qui fait une sacré différence !)
Je voulais « tourner » dans cet ordre, Massaï Mara étant le parc qui est généralement reconnu comme « le mieux » je ne tenais pas à commencer par lui et risquer de trouver le reste moyen mais au contraire, y aller crescendo pour finir en beauté. Touche finale, une fois à Mara cela eut été un péché de ne pas faire LE tour en montgolfière qui permet de survoler la savane … Et moi, bien sur, je ne voulais pas pécher, j’ai donc rajouté ce vol au programme !
Côté santé, le principal problème en Afrique, est le paludisme, transmis par la piqûre du moustique Anophèle femelle. Il faut être conscient qu’on peut en mourir et que non seulement il n’existe pas de vaccin contre ce virus mais qu’aucun moyen médicamenteux ne peut assurer à lui seul de protection totale. Le médicament le plus souvent prescrit est le Lariam mais en prenant connaissance de ses effets secondaires vraiment incapacitant (maux de ventre, de tête, nausées, diarrhées, trouble de la vue, délires paranos, cauchemars nocturnes …) j’avais flippé et décidé de ne rien prendre, d’utiliser uniquement la méthode préventive qui consiste à tout faire pour ne pas être piqué : vêtements à manches longues imprégnés au répulsif à insectes, produit répulsif efficace pour la peau exposée et moustiquaire la nuit. Je me suis ravisé en apprenant qu’il existait un médicament aussi efficace, plus récent et bien moins dévastateur du coté des effets secondaires puisqu’ils sont inexistant dans la plupart des cas : la Malarone. Le seul inconvénient de ce traitement est son prix élevé (dans les pharmacies les moins chères on peut la trouver à 34€ la boite de 12 cachets) mais comparé au prix du safari c’est négligeable et j’estime ma peau à un peu plus que quelques dizaines d’euros !
Mais le seul vrai GROS souci d’avant voyage fut le poids de mes bagages cabines ou pour être plus précis, le poids de mon sac photo. Les objectifs de qualité ne sont pas légers et j’en ai plusieurs pas trop mauvais qui, ajoutés à 2 boîtiers, un videur de carte mémoire, un PC ultra portable ainsi qu’a plusieurs jeux d’accus pour que tout ça soit autonome pendant ces dix jours loin de toutes prises électrique m’emmenait quasiment au double des 6kg autorisés ! Et bien sur pas question de mettre quoi que ce soit de ce matériel en soute ! Après de nombreux conseil de guerre avec Seezzer, également mordu de photo et qui avait réussi à passer son matos en cabine, j’ai finalement réussi à ruser et à passer moi aussi la totalité du matériel en cabine mais je dois admettre que le véritable problème est simplement que le sac est trop lourd !
Vendredi 15/ Jour 0
Un embarquement matinal sans soucis au Terminal 1 de Roissy, un décollage quasi à l’heure, 40 minutes de vol jusqu'à Bruxelles, une petite attente de 2 heures puis un vol de 8h10 me permettent de parcourir les 6600 km jusqu'à Nairobi. Il est 20h00 locale lorsque l’avion se pose ce qui fait 19h00 en France.
Plutôt que d’écrire au Consulat du Kenya en France pour avoir un visa (obligatoire ) j’avais décidé de l’acheter à l’arrivée à Nairobi. J’ai eu raison car ça ne prend pas plus de temps de passer les services d’immigrations en achetant son visa que de passer avec le visa précédemment acquis. Pour appeler les choses par leurs noms, en fait ce n’est qu’une taxe d’entrée de 50$, rien d’autre !
Une fois passé les « Services d’Immigrations » je me dirige vers la sortie, et dans le hall je scrute les petits panneaux brandis par un tas de gars chargés d’accueillir les arrivants. J’avise mon nom, écrit sans faute et je fais un petit signe au type qui, après un tonitruant «Djambo ! Karibou !» (Bonjour ! Bienvenue !) m’emmène jusqu'aux locaux de l’agence qui a organisé mon trip. Là après un « Djambo Mister Patrick, Karibou » le responsable m’annonce que je ne paierais le solde de mon safari que le lendemain au bureau principal, en ville et qu’au lieu de passer la nuit à l’hôtel Comfort Inn j’étais surclassé au Méridien. Pour le règlement il faut savoir que le paiement par carte de crédit n’existe (quasiment ?) pas au Kenya et que pour minimiser les frais bancaires on avait décidé avec ZA (ZedAway) de simplement verser préalablement 20% par virement pour bloquer le trip et de régler le solde à mon arrivée en dollars US. J’avais la possibilité de tirer de l’argent aux distributeurs de billets de l’aéroport mais pour « assurer le coup » j’avais préféré amener du cash au cas ou les distributeurs/ ma carte ne soient pas opérationnels. L’impression d’être un coffre fort ambulant est un peu ennuyeuse mais on l’oublie vite.
Après ce petit détour, celui qui m’avais accueilli m’emmène en voiture jusqu'a mon hôtel. Ce trajet est celui que je redoutais le plus vu la réputation nocturne de Nairobi et ce que je trimballe sur moi en matériel et en fric. Même si je ne vois rien de spécial à un moment j’entends distinctement le chauffeur bloquer les portes de la voiture, signe clair que le quartier qu’on traverse n’est pas un havre de paix !
L’hôtel est sur le modèle des autres Méridien, de grandes chambres/appartements autour d’un patio central. Je prends possession de la chambre et vu qu’il est déjà 21h30 je commence à avoir sérieusement faim, Au moment de descendre au resto une affiche sur la porte de la chambre me rappelle qu’il ne faut rien laisser « de valeur » dans la chambre. Comme ce qui est de valeur est très relatif j’enfourne donc mon sac dans le filet antivol que j’ai amené à cet usage, j’attache le câble au WC et je descends manger avec mon sac photo sur le dos. Au resto je prends un classique Poulet-Riz arrosé d’une bière locale, la Tusker. Je regarde autour de moi et je me marre ! Il y a deux mois, on était les seuls Farangs (Blancs) au milieu des Thaïs, ce soir je suis le seul Muzungu [= blanc] au milieu des Kenyans ! Par contre autant en Asie j’étais largué coté musique autant ici je connais puisque c’est Kool and the Gang, Earth, Wind & Fire, Lionel Ritchie et Michael Jackson (quand il était Noir !) qui passent, que des tubes Funk des années 80, c’est cool !
La chambre et la vue sur la rue :


Samedi 16 septembre 2006 / Jour 1
C’est mon premier matin kenyan et après mon breakfast j’attends dans le hall de l’hôtel qu’on vienne me chercher. Beaucoup m’ont mis en garde sur le fait qu’ici la notion des horaires est sacrément relative mais non, à 9h00, l’heure prévue la veille, un gars entre se dirige droit sur moi et me dit « Tu dois être Patrick, je suis Sammy, ton guide ! » Le bonhomme à l’air sympa, il est de ma taille, habillé d’un pantalon et d’une chemisette beige et ce qui me saute aux yeux est qu’il porte les chaussures de la marque Bata dont j’ai vu plusieurs immenses affiches de pub sur les murs de Nairobi hier soir, on jurerait les Clarck à la mode dans les années 70’s mais ici elles se nomment « Safari ! » !
Je mets mes affaires dans le minibus Toyota et on va à l’agence qui est juste à 2 rues de l’hôtel. Là, je donne le solde du paiement à Rebecca et devant une tasse de café nous vérifions que nous avons bien le même programme pour mon trip, ce qui est le cas. Par contre, j’ai bien fait d’emmener mon sac de couchage car il semble que j’en aurais besoin lorsqu’on sera dans des camps « basics » à Amboseli et à Mara et même s’ils me proposent de m’en prêter un, je suis tout de même heureux de dormir dans MON sleeping bag ! Je rencontre celui qui sera notre cuisinier, Jonas. Plus petit, plus maigre et semblant un peu plus âgé que Sammy, il ne part pas avec nous mais nous rejoindra ce soir.
Le temps d’acheter quelques bouteilles d’eau minérale et quelques rouleaux de papier toilette au mini market du coin, de changer des euros en Shillings Kenyans et Sammy et moi partons pour Amboseli, il m’ouvre la porte latérale, machinalement je monte et on démarre. Aussitôt je me rends compte du ridicule de la situation : lui, seul à l’avant, moi, seul à l’arrière et je lui demande si ça pose un problème que je vienne devant, comme il me répond par la négative je passe à l’avant, ça me paraît déjà mieux !
En route, je discute avec Sammy, j’apprends qu’il est de l’ethnie Kikouyou, (comme dans « Out of Africa !) alors que Jonas est de l’ethnie Kamba. Sammy a 41 ans et est guide depuis 4 ans, ce qui me semble une bonne chose car la réussite d’un safari dépend presque essentiellement de la qualité et des connaissances du guide. Il m’apprend aussi que « safari » est en fait un mot Swahili (une des 42 ethnies présentes au Kenya et aussi la langue officielle du pays) qui signifie simplement « voyager » Sammy me raconte qu’avant il travaillait pour une entreprise de transport qui couvrait toute l’Afrique de l’Est, il conduisait une camionnette de dépannage qui « volait au secours » des conducteurs en panne et il a plusieurs dizaines de milliers de km derrière lui ce qui est une quasi garantie qu’il sera bon chauffeur ! Et ça tombe bien parce que je me rend rapidement compte que très peu d’occidentaux seraient capables de conduire la-bas … en restant vivant !
On s’arrête une vingtaine de km après la sortie de Nairobi pour que Sammy achète de l’eau. Comme par hasard la boutique à coté est un « curio shop» un magasin de souvenirs et une bonne femme vient à ma hauteur pour me convaincre d’acheter quelque chose, ce que je refuse avec le sourire. Quand on repart je crois nécessaire une mise au point avec Sammy : « Je ne suis là QUE pour les animaux, l’aspect artisanat local ne m’intéresse pas et je n’achèterais rien puisque mes souvenirs seront mes photos. J’ai justement voulu un trip seul pour ne pas avoir à supporter Mme Machin qui voudrait faire du shopping à chaque souvenir shop qu’elle verrait donc moins on s’arrêtera dans ce genre de boutique et mieux ça sera. » Il me répond parfaitement comprendre ce que je veux et être persuadé que « ça va le faire » et sans trop savoir pourquoi je sens confusément qu’il a raison …
La route défile, relativement bonne et comme, pour une fois, je n’ai pas à conduire, je peux vraiment regarder le paysage… Je suis d’ailleurs surpris de l’aspect de pauvreté poussiéreuse des villages qu’on traverse, je pensais le Kenya plus moderne, là ça me rappelle les oasis égyptiennes de l’année dernière …
On s’arrête déjeuner à Namanga, le dernier village kenyan avant la frontière avec la Tanzanie. Au resto on croise un couple de Français qui termine leur trip avec Amicabre et qui croie bon de me prévenir que leur guide a tenté de raccourcir, voir de supprimer quelques-uns uns des game-drive qu’ils avaient à leur programme et qu’il faut que je sois sur mes gardes. C’est possible mais d’un autre coté lorsqu’ils me demandent mon programme et que je leur dis terminer par 4 jours complets à Mara, ils m’affirment que je vais m’ennuyer et qu’en 2 jours « on en a fait le tour » Je me retiens pour ne rien dire tellement ça me paraît stupide ! Comment peut-on prétendre faire de tour d’un parc de 1700km² avec des dizaines d’espèces d’animaux différentes en 2 jours ? Moi j’ai surtout l’impression qu’on pourrait y passer un mois sans avoir la certitude d’avoir aperçu un exemplaire de chaque espèce ! Ces gens sont encore des collectionneurs de parcs qui « font » 10 parcs en 5 jours … Et pour aggraver leur cas ils me branchent ensuite sur le prix que je paie, le prix qu’eux paient et celui que d’autres leurs ont dit avoir payé. Pour moi un prix seul ne veut rien dire car un safari « tout pourri » même pas cher du tout sera encore beaucoup trop coûteux alors que s’il est génial un prix élevé ne sera pas forcément « trop cher » Heureusement ils repartent vers Nairobi avec leur guide me laissant avec Sammy, jubilant de ne pas avoir ce genre de personne à supporter !
Je laisse Sammy commander pour deux un menu classique : riz, chiapatis, légumes vert et viande que j’arrose d’une Tusker et que je pousse par un café. Je fais la grimace car moi qui croyais boire du bon café Kenyan, puisque le pays en produits, je m’aperçoit que la norme semble être ici aussi ce maudit café soluble type Nescafé…
Après Namanga, on a droit à deux bonne heures de tape cul pour parcourir les 87km de la … euh … « route » qui rejoint la porte principale du parc. Sammy me confie qu’autrefois c’était une piste en terre relativement roulante et qu’un jour quelqu’un à décidé qu’il fallait étaler par dessus un ciment maigre, qui s’est déformé pour donné la piste en « tôle ondulé » qu’il y a maintenant. Evidement il suffirait de passer un tracto-pelle avec une lame à l’avant de temps en temps pour niveler tout ça mais … jamais rien n’est fait et les chauffeurs doivent tenter de trouver la moins mauvaise trajectoire quitte même aussi souvent que possible à rouler a coté de la piste, sur la terre !
Signe que la conduite sur ce revêtement est réellement dangereuse on passe un 4x4 sur le toit, les roues en l’air ! Mon chauffeur m’explique que si on va trop vite, avec les vibrations le véhicule devient vite incontrôlable. Petite précision, c'était un blanc qui conduisait ...

Préambule : Si vous avez moins de 40 ans, ce premier chapitre va vous sembler de l’Hébreux puisqu’il fait référence à des émissions et séries de télé diffusées dans les années 70 … ce qui ne nous rajeunit pas !)
Gosse j’étais fan de Daktari. Au point de faire une grosse colère lorsque le jour de congé hebdomadaire de l’école est passé du jeudi où mercredi, ce qui a eu comme résultat de me faire louper mon feuilleton qui continuait à être diffusé le jeudi alors que moi j’étais à l’école ! Il y avait aussi les émissions de Frédéric Rossif ( La vie des animaux), les reportages de Christian Zuber (Caméra au poing ), la série « Vivre Libre » tirée de la vie de George et Joy Adamson et ce Kilimanjaro en couverture d’un bouquin reçu pour « bon travail » à l’école primaire et qui me coûta des heures de réflexions sur le thème : « Mais comment peut-il y avoir de la neige et qui plus est, éternelle, en Afrique, ce pays où il fait si chaud ??? »
Les années passant cette Afrique d’enfance s’est progressivement effacée derrière les famines, les guerres, les génocides et les diverses atrocités qui s’y déroulent régulièrement, néanmoins elle était toujours là, enfouie quelque part car à pas loin de 40 ans, quand mon épouse m’a proposé de faire un trip que nous ne pourrions pas faire tous ensemble pour la simple raison qu’il est parfois impossible de concilier mon centre d’intérêt principal: la photographie avec la confortabilité pour les autres ( il est vite lassant d’attendre un long moment que l’autre ait réuni, la bonne lumière, le bon angle, le bon sujet et le bon endroit) la première et seule destination qui me soit venu à l’esprit était l’Afrique. J’ai un peu hésité entre l’Afrique Australe (Namibie, Botswana) et l’Afrique de l’Est ( Kenya, Tanzanie) mais j’ai finalement opté pour mon Afrique de gosse, le Kenya.
Une nouvelle fois j’ai pu, grâce à ce formidable outil qu’est Internet et ses forums de discussion ( VF et Colors of Wildlife pour citer mes préférés) trouver un prestataire local qui pouvait me monter un safari entièrement selon MES désirs, j’ai nommé : ZedAway (Oui je sais c’est bizarre comme nom, y’a une explication mais ça serait un peu long ici !)
Quitte à partir seul, autant y aller « à fond » et éviter au maximum les refuges pour occidentaux, là où je me demande toujours pourquoi les gens traversent la moitié du monde pour se retrouver dans des hôtels ou presque tout sera semblable à leur environnement habituel. Alors pas de lodge pour moi mais des camps de tentes qui permettent de vivre le trip 24heures sur 24. Et puisque les meilleurs guides sont anglophones (le Kenya est une ancienne colonie britannique) et que je dis souvent que je n’ai pas assez souvent l’occasion de parler anglais, autant ne PAS prendre un guide parlant français comme ça j’aurais aussi un stage linguistique !
Une fois ça décidé j’ai acheté mes billets d’avion afin d’avoir des dates de voyages sures. Pour un Paris-Nairobi le meilleur rapport « Date/Horaires/Escales/Prix » était la compagnie belge SNBA. Puis en discutant à droite à gauche, toujours sur le net, j’ai trouvé des idées à droite à gauche. Je profite d’ailleurs de ce récit pour remercier tout ceux qui m'ont aidé à monter ce voyage !
Mon idée originelle était de passer 10 jours dans la Réserve Nationale du Massaï Mara car je trouve que le défaut de la plupart des safaris « tout fait » est qu’ils font « butiner » les gens de parcs en parcs et surtout passer beaucoup de temps sur les routes ce qui n’est pas la partie la plus agréable du voyage. Je sais que souvent ce sont les gens qui veulent « faire » tous les parcs en 8 jours mais moi je voulais y aller pour voir des animaux, pas des routes !
Finalement je me suis tout de même laissé détourner par ces fameuses neiges du Kilimanjaro pendant qu’il y en avait encore un petit peu. Et une fois au Parc National d’Amboseli, (c’est de la qu’on voit le mieux le Kili), comme pour aller à Mara il fallait repasser par Nairobi autant s’arrêter au Lac de Naïvasha et au Parc National de Hell’s Gate, situé juste à coté puis au P.N de Nakuru qui était « sur la route » avant d’aller finir le trip à Mara
(NB : Au Kenya un Parc National est géré par le « Kenya Wildlife Service », est exclusivement dédié à la conservation de la faune et la flore et les populations locales ne sont pas autorisées à faire paître leurs troupeaux à l’intérieur alors qu’une Réserve Nationale est gérée par un conseil local et que les locaux sont autorisés à y amener leurs troupeaux et à tirer sur les animaux sauvages s’ils sont attaqués … Ce qui fait une sacré différence !)
Je voulais « tourner » dans cet ordre, Massaï Mara étant le parc qui est généralement reconnu comme « le mieux » je ne tenais pas à commencer par lui et risquer de trouver le reste moyen mais au contraire, y aller crescendo pour finir en beauté. Touche finale, une fois à Mara cela eut été un péché de ne pas faire LE tour en montgolfière qui permet de survoler la savane … Et moi, bien sur, je ne voulais pas pécher, j’ai donc rajouté ce vol au programme !
Côté santé, le principal problème en Afrique, est le paludisme, transmis par la piqûre du moustique Anophèle femelle. Il faut être conscient qu’on peut en mourir et que non seulement il n’existe pas de vaccin contre ce virus mais qu’aucun moyen médicamenteux ne peut assurer à lui seul de protection totale. Le médicament le plus souvent prescrit est le Lariam mais en prenant connaissance de ses effets secondaires vraiment incapacitant (maux de ventre, de tête, nausées, diarrhées, trouble de la vue, délires paranos, cauchemars nocturnes …) j’avais flippé et décidé de ne rien prendre, d’utiliser uniquement la méthode préventive qui consiste à tout faire pour ne pas être piqué : vêtements à manches longues imprégnés au répulsif à insectes, produit répulsif efficace pour la peau exposée et moustiquaire la nuit. Je me suis ravisé en apprenant qu’il existait un médicament aussi efficace, plus récent et bien moins dévastateur du coté des effets secondaires puisqu’ils sont inexistant dans la plupart des cas : la Malarone. Le seul inconvénient de ce traitement est son prix élevé (dans les pharmacies les moins chères on peut la trouver à 34€ la boite de 12 cachets) mais comparé au prix du safari c’est négligeable et j’estime ma peau à un peu plus que quelques dizaines d’euros !
Mais le seul vrai GROS souci d’avant voyage fut le poids de mes bagages cabines ou pour être plus précis, le poids de mon sac photo. Les objectifs de qualité ne sont pas légers et j’en ai plusieurs pas trop mauvais qui, ajoutés à 2 boîtiers, un videur de carte mémoire, un PC ultra portable ainsi qu’a plusieurs jeux d’accus pour que tout ça soit autonome pendant ces dix jours loin de toutes prises électrique m’emmenait quasiment au double des 6kg autorisés ! Et bien sur pas question de mettre quoi que ce soit de ce matériel en soute ! Après de nombreux conseil de guerre avec Seezzer, également mordu de photo et qui avait réussi à passer son matos en cabine, j’ai finalement réussi à ruser et à passer moi aussi la totalité du matériel en cabine mais je dois admettre que le véritable problème est simplement que le sac est trop lourd !
Vendredi 15/ Jour 0
Un embarquement matinal sans soucis au Terminal 1 de Roissy, un décollage quasi à l’heure, 40 minutes de vol jusqu'à Bruxelles, une petite attente de 2 heures puis un vol de 8h10 me permettent de parcourir les 6600 km jusqu'à Nairobi. Il est 20h00 locale lorsque l’avion se pose ce qui fait 19h00 en France.
Plutôt que d’écrire au Consulat du Kenya en France pour avoir un visa (obligatoire ) j’avais décidé de l’acheter à l’arrivée à Nairobi. J’ai eu raison car ça ne prend pas plus de temps de passer les services d’immigrations en achetant son visa que de passer avec le visa précédemment acquis. Pour appeler les choses par leurs noms, en fait ce n’est qu’une taxe d’entrée de 50$, rien d’autre !
Une fois passé les « Services d’Immigrations » je me dirige vers la sortie, et dans le hall je scrute les petits panneaux brandis par un tas de gars chargés d’accueillir les arrivants. J’avise mon nom, écrit sans faute et je fais un petit signe au type qui, après un tonitruant «Djambo ! Karibou !» (Bonjour ! Bienvenue !) m’emmène jusqu'aux locaux de l’agence qui a organisé mon trip. Là après un « Djambo Mister Patrick, Karibou » le responsable m’annonce que je ne paierais le solde de mon safari que le lendemain au bureau principal, en ville et qu’au lieu de passer la nuit à l’hôtel Comfort Inn j’étais surclassé au Méridien. Pour le règlement il faut savoir que le paiement par carte de crédit n’existe (quasiment ?) pas au Kenya et que pour minimiser les frais bancaires on avait décidé avec ZA (ZedAway) de simplement verser préalablement 20% par virement pour bloquer le trip et de régler le solde à mon arrivée en dollars US. J’avais la possibilité de tirer de l’argent aux distributeurs de billets de l’aéroport mais pour « assurer le coup » j’avais préféré amener du cash au cas ou les distributeurs/ ma carte ne soient pas opérationnels. L’impression d’être un coffre fort ambulant est un peu ennuyeuse mais on l’oublie vite.
Après ce petit détour, celui qui m’avais accueilli m’emmène en voiture jusqu'a mon hôtel. Ce trajet est celui que je redoutais le plus vu la réputation nocturne de Nairobi et ce que je trimballe sur moi en matériel et en fric. Même si je ne vois rien de spécial à un moment j’entends distinctement le chauffeur bloquer les portes de la voiture, signe clair que le quartier qu’on traverse n’est pas un havre de paix !
L’hôtel est sur le modèle des autres Méridien, de grandes chambres/appartements autour d’un patio central. Je prends possession de la chambre et vu qu’il est déjà 21h30 je commence à avoir sérieusement faim, Au moment de descendre au resto une affiche sur la porte de la chambre me rappelle qu’il ne faut rien laisser « de valeur » dans la chambre. Comme ce qui est de valeur est très relatif j’enfourne donc mon sac dans le filet antivol que j’ai amené à cet usage, j’attache le câble au WC et je descends manger avec mon sac photo sur le dos. Au resto je prends un classique Poulet-Riz arrosé d’une bière locale, la Tusker. Je regarde autour de moi et je me marre ! Il y a deux mois, on était les seuls Farangs (Blancs) au milieu des Thaïs, ce soir je suis le seul Muzungu [= blanc] au milieu des Kenyans ! Par contre autant en Asie j’étais largué coté musique autant ici je connais puisque c’est Kool and the Gang, Earth, Wind & Fire, Lionel Ritchie et Michael Jackson (quand il était Noir !) qui passent, que des tubes Funk des années 80, c’est cool !
La chambre et la vue sur la rue :


Samedi 16 septembre 2006 / Jour 1
C’est mon premier matin kenyan et après mon breakfast j’attends dans le hall de l’hôtel qu’on vienne me chercher. Beaucoup m’ont mis en garde sur le fait qu’ici la notion des horaires est sacrément relative mais non, à 9h00, l’heure prévue la veille, un gars entre se dirige droit sur moi et me dit « Tu dois être Patrick, je suis Sammy, ton guide ! » Le bonhomme à l’air sympa, il est de ma taille, habillé d’un pantalon et d’une chemisette beige et ce qui me saute aux yeux est qu’il porte les chaussures de la marque Bata dont j’ai vu plusieurs immenses affiches de pub sur les murs de Nairobi hier soir, on jurerait les Clarck à la mode dans les années 70’s mais ici elles se nomment « Safari ! » !
Je mets mes affaires dans le minibus Toyota et on va à l’agence qui est juste à 2 rues de l’hôtel. Là, je donne le solde du paiement à Rebecca et devant une tasse de café nous vérifions que nous avons bien le même programme pour mon trip, ce qui est le cas. Par contre, j’ai bien fait d’emmener mon sac de couchage car il semble que j’en aurais besoin lorsqu’on sera dans des camps « basics » à Amboseli et à Mara et même s’ils me proposent de m’en prêter un, je suis tout de même heureux de dormir dans MON sleeping bag ! Je rencontre celui qui sera notre cuisinier, Jonas. Plus petit, plus maigre et semblant un peu plus âgé que Sammy, il ne part pas avec nous mais nous rejoindra ce soir.
Le temps d’acheter quelques bouteilles d’eau minérale et quelques rouleaux de papier toilette au mini market du coin, de changer des euros en Shillings Kenyans et Sammy et moi partons pour Amboseli, il m’ouvre la porte latérale, machinalement je monte et on démarre. Aussitôt je me rends compte du ridicule de la situation : lui, seul à l’avant, moi, seul à l’arrière et je lui demande si ça pose un problème que je vienne devant, comme il me répond par la négative je passe à l’avant, ça me paraît déjà mieux !
En route, je discute avec Sammy, j’apprends qu’il est de l’ethnie Kikouyou, (comme dans « Out of Africa !) alors que Jonas est de l’ethnie Kamba. Sammy a 41 ans et est guide depuis 4 ans, ce qui me semble une bonne chose car la réussite d’un safari dépend presque essentiellement de la qualité et des connaissances du guide. Il m’apprend aussi que « safari » est en fait un mot Swahili (une des 42 ethnies présentes au Kenya et aussi la langue officielle du pays) qui signifie simplement « voyager » Sammy me raconte qu’avant il travaillait pour une entreprise de transport qui couvrait toute l’Afrique de l’Est, il conduisait une camionnette de dépannage qui « volait au secours » des conducteurs en panne et il a plusieurs dizaines de milliers de km derrière lui ce qui est une quasi garantie qu’il sera bon chauffeur ! Et ça tombe bien parce que je me rend rapidement compte que très peu d’occidentaux seraient capables de conduire la-bas … en restant vivant !
On s’arrête une vingtaine de km après la sortie de Nairobi pour que Sammy achète de l’eau. Comme par hasard la boutique à coté est un « curio shop» un magasin de souvenirs et une bonne femme vient à ma hauteur pour me convaincre d’acheter quelque chose, ce que je refuse avec le sourire. Quand on repart je crois nécessaire une mise au point avec Sammy : « Je ne suis là QUE pour les animaux, l’aspect artisanat local ne m’intéresse pas et je n’achèterais rien puisque mes souvenirs seront mes photos. J’ai justement voulu un trip seul pour ne pas avoir à supporter Mme Machin qui voudrait faire du shopping à chaque souvenir shop qu’elle verrait donc moins on s’arrêtera dans ce genre de boutique et mieux ça sera. » Il me répond parfaitement comprendre ce que je veux et être persuadé que « ça va le faire » et sans trop savoir pourquoi je sens confusément qu’il a raison …
La route défile, relativement bonne et comme, pour une fois, je n’ai pas à conduire, je peux vraiment regarder le paysage… Je suis d’ailleurs surpris de l’aspect de pauvreté poussiéreuse des villages qu’on traverse, je pensais le Kenya plus moderne, là ça me rappelle les oasis égyptiennes de l’année dernière …
On s’arrête déjeuner à Namanga, le dernier village kenyan avant la frontière avec la Tanzanie. Au resto on croise un couple de Français qui termine leur trip avec Amicabre et qui croie bon de me prévenir que leur guide a tenté de raccourcir, voir de supprimer quelques-uns uns des game-drive qu’ils avaient à leur programme et qu’il faut que je sois sur mes gardes. C’est possible mais d’un autre coté lorsqu’ils me demandent mon programme et que je leur dis terminer par 4 jours complets à Mara, ils m’affirment que je vais m’ennuyer et qu’en 2 jours « on en a fait le tour » Je me retiens pour ne rien dire tellement ça me paraît stupide ! Comment peut-on prétendre faire de tour d’un parc de 1700km² avec des dizaines d’espèces d’animaux différentes en 2 jours ? Moi j’ai surtout l’impression qu’on pourrait y passer un mois sans avoir la certitude d’avoir aperçu un exemplaire de chaque espèce ! Ces gens sont encore des collectionneurs de parcs qui « font » 10 parcs en 5 jours … Et pour aggraver leur cas ils me branchent ensuite sur le prix que je paie, le prix qu’eux paient et celui que d’autres leurs ont dit avoir payé. Pour moi un prix seul ne veut rien dire car un safari « tout pourri » même pas cher du tout sera encore beaucoup trop coûteux alors que s’il est génial un prix élevé ne sera pas forcément « trop cher » Heureusement ils repartent vers Nairobi avec leur guide me laissant avec Sammy, jubilant de ne pas avoir ce genre de personne à supporter !
Je laisse Sammy commander pour deux un menu classique : riz, chiapatis, légumes vert et viande que j’arrose d’une Tusker et que je pousse par un café. Je fais la grimace car moi qui croyais boire du bon café Kenyan, puisque le pays en produits, je m’aperçoit que la norme semble être ici aussi ce maudit café soluble type Nescafé…
Après Namanga, on a droit à deux bonne heures de tape cul pour parcourir les 87km de la … euh … « route » qui rejoint la porte principale du parc. Sammy me confie qu’autrefois c’était une piste en terre relativement roulante et qu’un jour quelqu’un à décidé qu’il fallait étaler par dessus un ciment maigre, qui s’est déformé pour donné la piste en « tôle ondulé » qu’il y a maintenant. Evidement il suffirait de passer un tracto-pelle avec une lame à l’avant de temps en temps pour niveler tout ça mais … jamais rien n’est fait et les chauffeurs doivent tenter de trouver la moins mauvaise trajectoire quitte même aussi souvent que possible à rouler a coté de la piste, sur la terre !
Signe que la conduite sur ce revêtement est réellement dangereuse on passe un 4x4 sur le toit, les roues en l’air ! Mon chauffeur m’explique que si on va trop vite, avec les vibrations le véhicule devient vite incontrôlable. Petite précision, c'était un blanc qui conduisait ...

Départ imminent et imprévu pour la Slovaquie English translation pending
Bonjour à tous... Ayant déjà posté un msg dans le topic Bratislava, mais finalement, je me rends compte qu'il vaut mieux que j'en crée un nouveau !
Donc voici le topo : j'envisage de partir +/-8jours en Slovaquie. Départ prévu normalement en train (sauf si trop cher, alors voiture).
N'ayant toujours pas terminé mes examens de seconde sess....(etudes, quand tu nous tiens !🏴☠️), je n'ai encore RIEN prévu. Je pars le 9, et termine mes examens le 6 (3 jours, c'est bien assez non ? ^^).
Je voulais donc vous demander quelques petits renseignements. Premièrement, concernant le trajet en train, avez-vous un bon site internet à me conseiller pour l'achat des billets ?
Administrativement, que faut-il que j'emporte avec moi ? S'il faut un passeport, c'est foutu.... Je n'ai qu'une carte d'identité....(belge). Apparement, ce serait bon la carte d'identité ?
Que me conseillez vous comme région à visiter ?
A première vue, j'envisageais d'arriver à Bratslava et de passer la première nuit et dernière nuit dans la capitale (près du train quoi 😛)
Sinon, je suis fanna de randonnée (modéré, je suis etudiant, j'aime la bière, et mon ptit bout de gras a du mal à faire des efforts....😄😄) Mais j'ai tout de meme fait l'an passé toute l'irlande à pied (et en stop, bien sur 😎).
Le stop la bas ? Est-ce risqué ? pratique ? impossible ?
Parlent-ils anglais ? Car .... moi et la langue slovaque, on s'évite un peu par moment....🤪🤪
Je ne vous demande pas de préparer mon voyage à ma place (enfin, si vous insistez, je ne vous retiens pas hein ^^), mais juste de me rassurer pour les quelques interrogatives qui subsistent....
Je ne suis pas bien vieux et découvre à peine les joies du voyage avec sac a dos et tente, sans savoir où dormir.... ni savoir où aller ^^. (21 ans).
Donc voila, j'espère que vous me ferez profiter de votre expérience, afin que je profite un maximum de mon séjour en territoire slovaque !
Si vous avez aussi quelques anecdotes sur votre voyage..... 😉😉 allez-y ! dites moi tout !!!
Merci d'avance,
Francky
ps: je suis désolé si un tel post existe deja, j'ai vaguement fait une recherche, mais pris par le temps.... enfin, vous comprendrez j'espère !
Donc voici le topo : j'envisage de partir +/-8jours en Slovaquie. Départ prévu normalement en train (sauf si trop cher, alors voiture).
N'ayant toujours pas terminé mes examens de seconde sess....(etudes, quand tu nous tiens !🏴☠️), je n'ai encore RIEN prévu. Je pars le 9, et termine mes examens le 6 (3 jours, c'est bien assez non ? ^^).
Je voulais donc vous demander quelques petits renseignements. Premièrement, concernant le trajet en train, avez-vous un bon site internet à me conseiller pour l'achat des billets ?
Administrativement, que faut-il que j'emporte avec moi ? S'il faut un passeport, c'est foutu.... Je n'ai qu'une carte d'identité....(belge). Apparement, ce serait bon la carte d'identité ?
Que me conseillez vous comme région à visiter ?
A première vue, j'envisageais d'arriver à Bratslava et de passer la première nuit et dernière nuit dans la capitale (près du train quoi 😛)
Sinon, je suis fanna de randonnée (modéré, je suis etudiant, j'aime la bière, et mon ptit bout de gras a du mal à faire des efforts....😄😄) Mais j'ai tout de meme fait l'an passé toute l'irlande à pied (et en stop, bien sur 😎).
Le stop la bas ? Est-ce risqué ? pratique ? impossible ?
Parlent-ils anglais ? Car .... moi et la langue slovaque, on s'évite un peu par moment....🤪🤪
Je ne vous demande pas de préparer mon voyage à ma place (enfin, si vous insistez, je ne vous retiens pas hein ^^), mais juste de me rassurer pour les quelques interrogatives qui subsistent....
Je ne suis pas bien vieux et découvre à peine les joies du voyage avec sac a dos et tente, sans savoir où dormir.... ni savoir où aller ^^. (21 ans).
Donc voila, j'espère que vous me ferez profiter de votre expérience, afin que je profite un maximum de mon séjour en territoire slovaque !
Si vous avez aussi quelques anecdotes sur votre voyage..... 😉😉 allez-y ! dites moi tout !!!
Merci d'avance,
Francky
ps: je suis désolé si un tel post existe deja, j'ai vaguement fait une recherche, mais pris par le temps.... enfin, vous comprendrez j'espère !
Retard des vols Corsair au départ de Nantes English translation pending
Bonjour,
Je suis journaliste à M6 Nantes. Je réalise actuellement un reportage sur les retards des vols Corsair au départ de Nantes ( de 4 à 8 heures ) qui semblent s'accumuler depuis le mois d'octobre 2004.
Je suis à la recherche de personnes, habitant la région nantaise, qui ont vécu cette triste expérience et qui seraient près à témoigner.
Vous pouvez me contacter au 02 40 89 66 66 ou par mail à l'adresse suivante : m6nantes@m6.fr
Sylvain Duchampt
Je suis journaliste à M6 Nantes. Je réalise actuellement un reportage sur les retards des vols Corsair au départ de Nantes ( de 4 à 8 heures ) qui semblent s'accumuler depuis le mois d'octobre 2004.
Je suis à la recherche de personnes, habitant la région nantaise, qui ont vécu cette triste expérience et qui seraient près à témoigner.
Vous pouvez me contacter au 02 40 89 66 66 ou par mail à l'adresse suivante : m6nantes@m6.fr
Sylvain Duchampt
Racket culturel en Inde English translation pending
juste un mot sur la politique de l'Inde concernant le droit d'entree dans les musees ;
depuis environ 4 ans, il faut savoir que les "etrangers" sont tenus de payer parfois jusqu'a 50 fois plus cher que les locaux pour le billet d'entree dans certains musees (la grande majorite)...
quand un indien obtiendra un billet pour 2 ou 5 roupies, on vous demandera selon les sites de 50 a 300 roupies(comme au musee du Prince de Galles a Mumbay) voire plus de 900 roupies pour penetrer le Taj-Mahal...
vous devrez de plus essuyer l'attitude goguenarde de certains guichetiers tres conscients de l'enormitee des sommes qui nous sont demandees, voire la rudesse des gardiens qui n'hesitent pas a vous arreter pour vous controller....
savoir aussi que les appareils photos et cameras, cette fois ci la loi est la meme pour tous, sont habituellement taxes, voire interdit d'entree dans certains cas(mais vous ne pouvez pas les garder sur vous, des vestiaires payants(...) vous attendent).
C'EST UN VERITABLE RACKET D'ETAT qui s'appuit sur une logique xenophobe; quand a l'argent ainsi recolte, son devenir reste completement flou...il est notoire qu'une partie importante de la recette du Taj-Mahal disparait dans la nebuleuse du systeme du back-shish et de la corruption sans que cela profite a l'entretien du batiment, dans un etat de degradation certain encore accentue par les restauration malhabiles et bon-marche. Des monuments et oeuvres d'arts, souvent dans des conditions pitoyables qui serrent le coeur...
un etudiant en histoire de l'art ou toute personne qui s'interesse a l'art et la museographie doit donc s'attendre a debourser entre 20 et 100(rare) francs plusieurs fois par jours (monuments et musees...) de plus, nombres de musees appliquent cette loi trop heureux de l'opportunite d'un back-shish juteux, sans pour autant offrir aux visiteurs un avoir culturel a la hauteur du prix demande.
le prix d'une entree au musee du Louvre et au Musee "prince de galles" de Mumbay est a peu pres la meme....pourtant a l'interieur, la difference est grande ! le musee de Mumbay possede dans les quelques salles obscures qui le constituent, des collections de qualite tres inegale...
nous sommes victime d'une loi raciste, profondement arbitraire et injuste :
C'EST INACEPTABLE ...REFUSEZ D'ENTRER DANS LES MUSEES ET SITES HISTORIQUES INDIENS QUI PARTICIPENT A CE RACKET !( et avant, faites savoir au guichet la raison de votre refus) salut voyageurs,
C'EST UN VERITABLE RACKET D'ETAT qui s'appuit sur une logique xenophobe; quand a l'argent ainsi recolte, son devenir reste completement flou...il est notoire qu'une partie importante de la recette du Taj-Mahal disparait dans la nebuleuse du systeme du back-shish et de la corruption sans que cela profite a l'entretien du batiment, dans un etat de degradation certain encore accentue par les restauration malhabiles et bon-marche. Des monuments et oeuvres d'arts, souvent dans des conditions pitoyables qui serrent le coeur...
un etudiant en histoire de l'art ou toute personne qui s'interesse a l'art et la museographie doit donc s'attendre a debourser entre 20 et 100(rare) francs plusieurs fois par jours (monuments et musees...) de plus, nombres de musees appliquent cette loi trop heureux de l'opportunite d'un back-shish juteux, sans pour autant offrir aux visiteurs un avoir culturel a la hauteur du prix demande.
le prix d'une entree au musee du Louvre et au Musee "prince de galles" de Mumbay est a peu pres la meme....pourtant a l'interieur, la difference est grande ! le musee de Mumbay possede dans les quelques salles obscures qui le constituent, des collections de qualite tres inegale...
nous sommes victime d'une loi raciste, profondement arbitraire et injuste :
C'EST INACEPTABLE ...REFUSEZ D'ENTRER DANS LES MUSEES ET SITES HISTORIQUES INDIENS QUI PARTICIPENT A CE RACKET !( et avant, faites savoir au guichet la raison de votre refus) salut voyageurs,
La Bolivie, un voyage riche en émotions! English translation pending
Bonjour à tous,
Ce carnet, je ne pensais pas le rédiger, à mon retour de Bolivie. Certains d’entre vous le savent d’ailleurs. Trop amère, trop choquée.
Et puis heureusement, le temps fait son affaire et estompe les mauvais souvenirs pour laisser principalement les bons. Rédiger ce carnet m’aide aussi je pense à tourner la page sur certains (très) mauvais moments, quand bien même ils datent déjà de huit mois. Certains épisodes auront été riches en émotions….
La Bolivie, j’en rêvais depuis plusieurs années. Envie de grands espaces, de nature, de kaléidoscope coloré. Envie de voir des lamas, des viscaches, des vigognes, des condors. Envie de voir les lagunes, LE salar, les couleurs du désert de Dali. Envie de découvrir l’Amérique du Sud et ce pays encore peu prisé des touristes. Envie de réaliser ce voyage tel que nous le pouvons sans nos enfants : peu de réservations d’hôtels, du camping sauvage et un itinéraire décidé pour les grandes étapes mais ajusté au jour le jour selon nos coups de cœur.
Les carnets lus au fil des mois confirmaient que le Sud Lipez reste accessible en individuel et autonome, même s’il est évidemment préférable de voyager à deux voitures. Mes beaux-parents acceptant de venir garder nos fils quelques jours avant le début des vacances scolaires de la Toussaint, je commence à organiser dès le mois de mai un périple de 16 jours entiers sur place. Depuis plusieurs mois, je m’étais forgé un début d’itinéraire selon ces différents critères :
J’exclus La Paz. Nous visiterons la capitale lors d’un futur voyage au Pérou où nous ajouterons quelques étapes nord-boliviennes. Je choisis d’atterrir à Santa Cruz de la Sierra avant de reprendre dans la foulée un avion pour Sucre. En effet, notre loueur de voiture, Biz Rent a Car, est situé à Sucre et a bonne réputation sur forum, notamment grâce à l’une des employées, Alejandra et sa maîtrise du français. Je prévois la majorité de notre temps dans le Sud Lipez afin de pouvoir admirer notamment les lagunes et le salar. Le carnet d’AirOne me donne envie de découvrir Tajira, région viticole et par conséquent plus verdoyante que le Sud Lipez désertique. Je réserve auprès de Vicente deux nuits dans sa ferme-auberge à Rosillas et un trek d’une journée permettant d’observer les condors Difficultés d’acclimatation liées à l’altitude : ne pas atterrir à La Paz permet déjà d’éviter une mise dans le bain d’entrée à 3600 mètres. Il sera plus aisé d’atterrir à Santa Cruz (416 mètres) et même Sucre (2750 mètres), d’autant que nous prévoyons de partir rapidement sur la région de Tajira (1900 mètres).
L’Amérique du Sud offrant plusieurs pays nous attirant depuis quelques années, mon mari a commencé à apprendre l’espagnol deux ans auparavant. Heureusement, car nous n’avons rencontré que très peu de Boliviens parlant (un peu) l’anglais. Comme beaucoup de voyageurs, nous avions téléchargé des cartes sous Maps.me qui une fois stockées sur les téléphones permettent de circuler sans accès au réseau.
J’apprends dans le courant de l’été 2019 que les élections présidentielles auront lieu pendant notre séjour. Soit ! Ce ne sera pas notre premier voyage en pleine campagne présidentielle. Au départ, je n’y prête pas tellement attention. Et puis fin août, Carmen (Ticapi) m’apprend qu’il sera interdit de circuler lors du premier tour des élections, le dimanche 20 octobre. Après consultation de mon ébauche d’itinéraire, nous avions justement prévu de repartir ce jour-là de Rosillas pour rejoindre Tupiza avant d’enchaîner sur le Sud Lipez. Avec seize jours sur place, nous n’avions pas envie de « perdre » une journée à Rosillas et reporter notre départ d’une journée. Il était également difficile de prévoir le trek le dimanche 20 car Vincent nous a précisé qu’en raison des élections, les villageois ne seraient pas disponibles pour faire office de guide dans la montagne. Il nous fallait trouver un endroit où nous pourrions passer la journée entière sans utiliser la voiture. Pas si simple. Alors finalement, plutôt qu’entamer notre séjour par Rosillas, cette étape sera la dernière de notre voyage. Nous devons atterrir à Sucre le matin du mercredi 17 et je prévois d’y séjourner deux jours. Direction ensuite Tupiza puis Guadalupe et enfin la laguna Celeste où nous resterons la fameuse journée des élections présidentielles à randonner dans les environs. Ça, c’était le programme initial. Ça ne s’est pas tout à fait déroulé ainsi !
Allez, quelques photos pour, peut-être, vous donner envie de poursuivre la lecture de ce carnet 🙂





Et puis heureusement, le temps fait son affaire et estompe les mauvais souvenirs pour laisser principalement les bons. Rédiger ce carnet m’aide aussi je pense à tourner la page sur certains (très) mauvais moments, quand bien même ils datent déjà de huit mois. Certains épisodes auront été riches en émotions….
La Bolivie, j’en rêvais depuis plusieurs années. Envie de grands espaces, de nature, de kaléidoscope coloré. Envie de voir des lamas, des viscaches, des vigognes, des condors. Envie de voir les lagunes, LE salar, les couleurs du désert de Dali. Envie de découvrir l’Amérique du Sud et ce pays encore peu prisé des touristes. Envie de réaliser ce voyage tel que nous le pouvons sans nos enfants : peu de réservations d’hôtels, du camping sauvage et un itinéraire décidé pour les grandes étapes mais ajusté au jour le jour selon nos coups de cœur.
Les carnets lus au fil des mois confirmaient que le Sud Lipez reste accessible en individuel et autonome, même s’il est évidemment préférable de voyager à deux voitures. Mes beaux-parents acceptant de venir garder nos fils quelques jours avant le début des vacances scolaires de la Toussaint, je commence à organiser dès le mois de mai un périple de 16 jours entiers sur place. Depuis plusieurs mois, je m’étais forgé un début d’itinéraire selon ces différents critères :
J’exclus La Paz. Nous visiterons la capitale lors d’un futur voyage au Pérou où nous ajouterons quelques étapes nord-boliviennes. Je choisis d’atterrir à Santa Cruz de la Sierra avant de reprendre dans la foulée un avion pour Sucre. En effet, notre loueur de voiture, Biz Rent a Car, est situé à Sucre et a bonne réputation sur forum, notamment grâce à l’une des employées, Alejandra et sa maîtrise du français. Je prévois la majorité de notre temps dans le Sud Lipez afin de pouvoir admirer notamment les lagunes et le salar. Le carnet d’AirOne me donne envie de découvrir Tajira, région viticole et par conséquent plus verdoyante que le Sud Lipez désertique. Je réserve auprès de Vicente deux nuits dans sa ferme-auberge à Rosillas et un trek d’une journée permettant d’observer les condors Difficultés d’acclimatation liées à l’altitude : ne pas atterrir à La Paz permet déjà d’éviter une mise dans le bain d’entrée à 3600 mètres. Il sera plus aisé d’atterrir à Santa Cruz (416 mètres) et même Sucre (2750 mètres), d’autant que nous prévoyons de partir rapidement sur la région de Tajira (1900 mètres).
L’Amérique du Sud offrant plusieurs pays nous attirant depuis quelques années, mon mari a commencé à apprendre l’espagnol deux ans auparavant. Heureusement, car nous n’avons rencontré que très peu de Boliviens parlant (un peu) l’anglais. Comme beaucoup de voyageurs, nous avions téléchargé des cartes sous Maps.me qui une fois stockées sur les téléphones permettent de circuler sans accès au réseau.
J’apprends dans le courant de l’été 2019 que les élections présidentielles auront lieu pendant notre séjour. Soit ! Ce ne sera pas notre premier voyage en pleine campagne présidentielle. Au départ, je n’y prête pas tellement attention. Et puis fin août, Carmen (Ticapi) m’apprend qu’il sera interdit de circuler lors du premier tour des élections, le dimanche 20 octobre. Après consultation de mon ébauche d’itinéraire, nous avions justement prévu de repartir ce jour-là de Rosillas pour rejoindre Tupiza avant d’enchaîner sur le Sud Lipez. Avec seize jours sur place, nous n’avions pas envie de « perdre » une journée à Rosillas et reporter notre départ d’une journée. Il était également difficile de prévoir le trek le dimanche 20 car Vincent nous a précisé qu’en raison des élections, les villageois ne seraient pas disponibles pour faire office de guide dans la montagne. Il nous fallait trouver un endroit où nous pourrions passer la journée entière sans utiliser la voiture. Pas si simple. Alors finalement, plutôt qu’entamer notre séjour par Rosillas, cette étape sera la dernière de notre voyage. Nous devons atterrir à Sucre le matin du mercredi 17 et je prévois d’y séjourner deux jours. Direction ensuite Tupiza puis Guadalupe et enfin la laguna Celeste où nous resterons la fameuse journée des élections présidentielles à randonner dans les environs. Ça, c’était le programme initial. Ça ne s’est pas tout à fait déroulé ainsi !
Allez, quelques photos pour, peut-être, vous donner envie de poursuivre la lecture de ce carnet 🙂





Laponie/Finnmark: Traversée (avortée) jusqu'au cap Nord continental en ski/pulka English translation pending
Fin d'année 2019, nous commençons à regarder une destination nordique qui convient à tous. Nous envisageons le nord du fjord d’Uummannaq au Groenland mais la banquise de décembre ne laisse pas présager une belle saison. Toujours au Groenland, nous laissons tomber les alpes de Stauning sur la côte Est, la logistique est trop chronophage et trop coûteuse. Reste le Spitzberg avec ses vols de la compagnie SAS Oslo-Longyearbyen très simple et assez bon marché pour une telle latitude. Nous envisageons une grande boucle dans le massif de Heer Land au sud de l’île mais les règles norvégiennes imposent d’être armé or la location d’un fusil est visiblement soumise à un petit test de prise en main de l’arme. Aucun de nous ne sachant se servir d’un fusil de manière convaincante nous délaissons cette destination.
Toujours à la recherche d’un coin qui allie mer et montagne nous regardons le nord de la Norvège avec notamment le Finnmark et son cap nord continental. Deux villages pourvus d’un aéroport permettent d’envisager une traversée de 250 km environ à travers des plateaux peu escarpés avec comme but ultime les falaises côtières qui marquent la fin du vieux continent.

Nous partirons à 4 la première quinzaine de mars pour relier les petites villes de Lakselv et Mehamn avec un crochet au cap nord continental (à ne pas confondre avec son jumeau insulaire bien plus touristique). Je suis le point commun des membres : un couple et un ami, eux ne se connaissent pas. Pour l’un d’entre nous ce sera la première randonnée en ski. Nous prenons les billets avec la compagnie SAS : Paris-Oslo-Tromso-Laskelv à l’aller et Mehman-Tromso-Stockholm-Paris au retour. Une journée de voyage sera nécessaire pour chaque trajet. Contrairement à beaucoup de massif norvégiens, cette partie du Finnmark ne dispose pas du réseau de cabane DNT ou d’itinéraires piquetés destinés aux skieurs. Nous préparons donc la traversée à notre convenance selon les vallées à emprunter et les rognons montagneux à contourner sur le Géoportail norvégien (très bien conçu) : NorgesKart. La météo est la principale inquiétude du séjour, les archives indiquent 2 jours de soleil en mars en moyenne à Mehamn contre 20 jours de neige et 15 jours avec des vents supérieurs à 40 km/h. L’influence du gulfstream rends les températures plutôt clémentes pour la latitude : entre 0 et -10°C en moyenne. Nous estimons que nos 16 jours de skis complets nous permettront de boucler la traversée sans courir après le temps mais nous n’excluons pas de prendre le bus en cours de route pour rattraper d’éventuels retards et s’offrir des journées en étoiles autour de la tente sur la presqu’île terminale. En décembre pendant les préparatifs nous regardons avec indifférence la Chine lointaine en proie à une espèce de maladie virale… Nous sommes 4 et cela nécessite un peu de logistique de camping. Nous avons bien une tente Trango 4 (4 places) mais en condition hivernale avec les gros duvets et toutes les affaires elle est trop petite pour contenir tout le monde. Nous souhaitons toute de même faire l’eau et le repas du soir ensemble. Les tipis pourraient être une option mais leur tenue aux vents sur les hauts plateaux nous effraie un peu. Les tentes mess d’expédition plus résistantes sont à 4000 euros ou plus. Nous choisissons donc l’option de partir avec la tente 4 places et une autre 2 place. Nous mangerons ensemble dans la grande tente et nous nous séparerons ensuite pour la nuit
29/2 et 01/03 C’est le dernier week end avant le départ. L’épidémie est en Europe et surtout en Italie. Nous réfléchissons aux différentes options : annuler, partir ou partir moins au nord en modifiant nos billets. Le standard SAS est déjà injoignable, les modifications sont payantes et aucun remboursement n’est prévu en cas d’annulation. Nous tentons.
06/03 C’est le départ. De la gare Part Dieu à Lyon atteinte en voiture depuis Gap nous prenons le train pour Roissy ou notre vol nous attend à 10h30.

A quatre nous avons 5 bagages : 3 sacs d’affaire, les 4 pulkas emboitées et une housse de ski avec les 4 paires. A 00h30 nous atterrissons à Laskelv mais les skis n’ont pas suivi, ils sont restés à Tromso. Ils arriveront demain à 18h. Détail insignifiant mais pas tant : le thermomètre s’est brisé en deux pendant le transport, nous n’aurons jamais la température. Sous le ciel étoilé nous montons le camp, reviennent alors les petits automatismes du camping hivernal. Les doutes et les craintes liés à l’épidémie s’envolent. Les vacances commencent.
07/03 C’est journée courses et ré-emballages. Lakselv est très bien pourvu en magasins : un Coop, un Rema 1000 et un Spar. Nous prenons 16 jours de bouffes notamment pour le midi et le matin. Tous les repas du soir viennent de France (pâtes cuissons rapide et semoule). Nous avons trois réchauds à essence dont deux compatibles gaz. A la station service nous achetons du gaz et nous trouvons de l’essence C à InterSport. Nous comptons faire fonctionner les deux réchauds gaz et garder l’essence en cas de casse. Les routes sont enneigées et toutes les liaisons sont donc effectuées à pied en tirant la pulka.

A 18h, le vol de Tromso atterri mais surprise il y a eu une erreur et nos skis n’ont pas été mis dedans, ils arriveront demain à 14h. L’employé est désolé et nous offre l’hôtel pour 4. Nuit à l’hôtel
08/03 Grasse matinée, petit déjeuner à rallonge et examen des cartes. Le retard pris nous inquiète, nous ne voulons pas passer notre temps à nous presser. Décision est prise d’effectuer en ski le premier tronçon de 130 km entre Laskelv et Ifjord puis de prendre le bus pour gagner Mehamn et faire des journées de rando sans la pulka. A l’aéroport, les skis sont bien là. L’employé toujours désolé nous propose de payer le taxi afin de nous avancer un peu sur notre itinéraire. Nous acceptons de bon cœur d’autant que les 10 premiers kilomètres de notre parcours longeaient la route. Nous sommes déposés à Caskilbekk au départ d’une piste de motoneige qui permet l’accès au plateau. Çà sent le départ!

Le vent est fort mais il fait plutôt beau et pas trop froid. C’est un plaisir de skier enfin après ces journées de voyage et d’attente. A mesure que nous nous élevons la vue sur la mer est de plus en plus belle.
A notre étonnement le fond de certaines baies est pris dans la banquise parfois sur une grande surface. La nuit nous rattrape vite et nous montons le camp sans sortir de la forêt de bouleau puisqu’elle nous abrite du vent. Un peu d’organisation est nécessaire pour prendre le repas confortablement à 4 dans la même tente. Par rapports aux années précédentes il est très agréable de se coucher sans craindre qu’un ours blanc de 500 kg ne saute dans la tente.
09/03 6h, une grosse neige mouillante tombe du ciel et il y a un fort vent mais nous tentons l’étape. Nous dépassons un village lapon d’où part une piste jalonnée de piquets. Dans le brouillard et le mauvais temps nous suivons les piquets. Ils semblent mener à une cabane qui est pointée sur la carte. En fin de matinée le soleil perce et le vent faiblit le ski devient agréable. Les gros nuages de tempêtes contrastent énormément avec le blanc du paysage. Nous distinguons la cabane et nous rencontrons un éleveur de rennes lapon en motoneige. Ce dernier, très sympathique, nous explique que l’année est incroyablement enneigée et que les rennes n’arrivent pas à trouver des crêtes dégarnies pour brouter. Nous en avons effectivement croisé beaucoup en nous demandant ce qu’ils pouvaient bien manger. La cabane est atteinte en début d’après midi. Elle est ouverte et nécessiterait un bon coup de ménage et de déneigement pour la rendre agréable mais comme il est encore tôt et qu’il fait beau nous poursuivons.

Nous remontons plein nord une sorte de vallée, la piste est toujours là avec ses piquets, l’orientation n’est donc pas un problème. Nous montons le camp en fin d’après midi. La température doit être à peine sous 0°C.

Cette année nous avons investi dans une balise Garmin Inreach Mini qui permet de recevoir et d’envoyer des SMS. Ainsi nous pouvons envoyer notre position et recevoir la météo : cette nuit et demain c’est tempête.
10/03 6h, réveil au son de la paroi de tente qui claque. Le vent est fort et la visibilité archi nulle, décision est prise de rester sous la tente. Nous nous recouchons un peu frustrés de ne pas pouvoir avancer après l’attente des skis. Dehors c’est la tempête, le vent balaye la neige qui s’infiltre partout notamment entre le double toit et la chambre de la tente mal colmatés la veille… Journée cartes et repos non sans penser à la cabane à quelques kilomètres de là….
11/03 5h30 le vent semble avoir faibli mais la visibilité reste très médiocre, nous partons pour l’étape du jour. Suivre les piquets est difficile alors qu’ils ne sont distants que d’une cinquantaine de mètre. Une heure après le départ c’est la déception les piquets ne poursuivent pas dans notre direction et nous quittons cette piste balisée avec regrets. La navigation s’effectue alors au GPS de point en point (préalablement saisis en France). Pour le skieur de tête, les cailloux qui dépassent permettent d’accrocher un cap mais parfois le sol blanc et le ciel se confondent créant une sensation de chute dans le vide.
Nous atteignons la vallée de la rivière Borserlva, le vent est alors très fort surtout qu’il nous vient légèrement de face. A cet endroit exposé il nous faut traverser la rivière et nous devons nous y reprendre plusieurs fois pour trouver un passage sûr. La pause pique- nique est écourtée mais la visibilité s’est améliorée. Vers 16h le vent tombe brutalement et tout semble calme. Nous profitons de ce répit pour planter la tente quand soudain le vent se lève de nouveau alors que la tente est à peine montée et que toute les pulkas sont encore ouvertes. En à peine TROIS minutes des puissantes rafales remplissent de neige toutes les pulkas. De plus le vent s’est inversé, la tente est donc montée avec l’entrée exposée en pleine bourrasque et l’abside se remplit sans cesse de neige. La rapidité avec laquelle le vent a cessé puis a repris dans une direction différente est vraiment incroyable : probablement à peine plus de 10 minutes. Nuit tempétueuse.
12/03 6h, réveil un peu dur toujours sous le bruit de vent. La visibilité est archi nulle : moins de 50 mètres. Le moral est au plus bas, nous sommes censés être dans la partie montagneuse du séjour et voilà 3 jours que la vue se limite à l’espace intérieur de la tente ou du skieur devant soit. Nous partons alors que le vent se calme puis tombe.
Sans vent, dans les nuages et le blanc du paysage suivre un cap est très compliqué. Le skieur de tête se fait souvent rappeler à l’ordre par ceux de derrière lorsqu’il dévie de son cap. Il faut garder le GPS allumé. Un léger vent se lève ce qui aide à garder une direction. Les yeux rivés sur la boussole du GPS, les vacances contemplatives prennent un drôle d’air : A15 2,7 km ; A16 4km ; A17 1.9 km…. Nous sommes pourtant dans une zone très sauvage, à 600 mètres d’altitude, à deux jours de tout qui doit être magnifique. Plusieurs heures s’écoulement sans croiser un seul caillou pour accrocher un cap. Heureusement que les corniches et autres barres rocheuses sont rares. Nous savons qu’en fin d’après midi une tempête est prévue, aussi à 16h le camp est monté sous des rafales un peu plus fortes que pendant la journée Cette nuit là, le vent souffle fort mais les tentes (en dôme à 4 arceaux) ne bronchent pas.
13/03 6h30, au bruit du vent nous savons qu’il a faibli et la luminosité laisse supposer des éclaircies. Nous sortons et découvrons le paysage incroyable qui nous entoure pour la première fois depuis 3 jours. Le camp en lui-même a complètement changé, des congères se sont formées entre les tentes et ont recouverte les pulkas. Les tentes sont presque ensevelies jusqu’à mi hauteur sur certains côtés.
Tout autour et à perte de vue des immenses étendues presque plates recouvertes de neige. Aucune trace d’autres couleurs que le blanc, nous avons l’impression d’être sur la calotte Antarctique. Pendant le démontage des tentes, le soleil dissipe les derniers nuages, il va faire beau !
L’étape est splendide malgré un léger vent. Nous suivons le lit d’une rivière bordé d’énormes congères, sur les hauteurs des collines, des rennes grattent la neige à la recherche des lichens.


En fin d’après midi le vent est fort mais sous le soleil couchant nous débouchons sur le bord terminal des hauts plateaux. La vue porte très loin puisque nous surplombons de 200 mètres le plateau inférieur que nous emprunterons les jours suivants. Malgré le froid, l’ambiance et les éclairages sont magnifiques.

Dans les bouleaux en fond de vallée, nous distinguons les contours de ce qui pourrait être une cabane. Quelques murs un peu raides à descendre nous conduisent dans la forêt. Nous sommes enfin à l’abri du vent, nous apercevons de nombreux lagopèdes et des traces de gloutons. Cette vallée protégée est un vrai havre de paix ! Nous approchons de la cabane plein d’espoir après 5 nuits ventées consécutives sous tente. La porte s’ouvre et dévoile une cabane pour randonneur, toute propre et avec poêle comme on fait qu’en Norvège. A la chaleur du feu nous faisons sécher toutes nos affaires en repensant à cette belle journée dans les collines du Finnmark.
La difficulté des derniers jours rendent cet endroit encore plus merveilleux et chaleureux. Si le monde s’écroule c’est ici qu’il faut être ! Il y a un thermomètre extérieur qui affiche -12°C. Pendant la soirée bien assis sur nos chaises, nous échafaudons la suite du séjour, Ifjord n’est plus qu’à deux grosses journées de ski et malgré le charme de la cabane nous décidons de poursuivre la route le lendemain. Une journée magique comme seule l’itinérance en ski peut en offrir se termine. Une grande aurore boréale malheureusement peu colorée à cause la lune encore très grosse ondule dans le ciel.
14/03 6h, belles éclaircies et toujours -12°C. L’étape s’annonce plutôt courte, nous visons une cabane repérée sur la carte à 8 km. Tantôt nous grimpons des petits rognons sous un beau soleil tantôt nous descendons dans des petits vallons remplis de bouleaux.
Nous repérons à la jumelle deux élans couchés dans les bouleaux. La cabane est atteinte aux alentours de midi mais elle est fermée. A 11 km à vol d’oiseau une deuxième cabane est indiquée et parait être un objectif atteignable même si il est déjà un peu tard. Il fait beau et nous évoluons dans des sortes de grandes plaines à peine vallonnées et un peu monotone à la longue.
Même par ce soleil nous utilisons le GPS, s’orienter sur ces plateaux n’est vraiment pas simple. Merci le progrès. Devant nous une ligne à haute tension semble ne jamais se rapprocher. Au fil de l’après midi la cabane est atteinte et nous espérons un bel abri chauffé…

Le miracle de la veille n’a pas lieu, la cabane est là mais entièrement recouverte de neige, seuls la cheminée et les contours du toit dépassent de la neige.
Tant pis, nous plantons la tente dans une belle ambiance froide avec au passage un petit exercice glacial : retendre les élastiques des arceaux.

Nous partirons à 4 la première quinzaine de mars pour relier les petites villes de Lakselv et Mehamn avec un crochet au cap nord continental (à ne pas confondre avec son jumeau insulaire bien plus touristique). Je suis le point commun des membres : un couple et un ami, eux ne se connaissent pas. Pour l’un d’entre nous ce sera la première randonnée en ski. Nous prenons les billets avec la compagnie SAS : Paris-Oslo-Tromso-Laskelv à l’aller et Mehman-Tromso-Stockholm-Paris au retour. Une journée de voyage sera nécessaire pour chaque trajet. Contrairement à beaucoup de massif norvégiens, cette partie du Finnmark ne dispose pas du réseau de cabane DNT ou d’itinéraires piquetés destinés aux skieurs. Nous préparons donc la traversée à notre convenance selon les vallées à emprunter et les rognons montagneux à contourner sur le Géoportail norvégien (très bien conçu) : NorgesKart. La météo est la principale inquiétude du séjour, les archives indiquent 2 jours de soleil en mars en moyenne à Mehamn contre 20 jours de neige et 15 jours avec des vents supérieurs à 40 km/h. L’influence du gulfstream rends les températures plutôt clémentes pour la latitude : entre 0 et -10°C en moyenne. Nous estimons que nos 16 jours de skis complets nous permettront de boucler la traversée sans courir après le temps mais nous n’excluons pas de prendre le bus en cours de route pour rattraper d’éventuels retards et s’offrir des journées en étoiles autour de la tente sur la presqu’île terminale. En décembre pendant les préparatifs nous regardons avec indifférence la Chine lointaine en proie à une espèce de maladie virale… Nous sommes 4 et cela nécessite un peu de logistique de camping. Nous avons bien une tente Trango 4 (4 places) mais en condition hivernale avec les gros duvets et toutes les affaires elle est trop petite pour contenir tout le monde. Nous souhaitons toute de même faire l’eau et le repas du soir ensemble. Les tipis pourraient être une option mais leur tenue aux vents sur les hauts plateaux nous effraie un peu. Les tentes mess d’expédition plus résistantes sont à 4000 euros ou plus. Nous choisissons donc l’option de partir avec la tente 4 places et une autre 2 place. Nous mangerons ensemble dans la grande tente et nous nous séparerons ensuite pour la nuit
29/2 et 01/03 C’est le dernier week end avant le départ. L’épidémie est en Europe et surtout en Italie. Nous réfléchissons aux différentes options : annuler, partir ou partir moins au nord en modifiant nos billets. Le standard SAS est déjà injoignable, les modifications sont payantes et aucun remboursement n’est prévu en cas d’annulation. Nous tentons.
06/03 C’est le départ. De la gare Part Dieu à Lyon atteinte en voiture depuis Gap nous prenons le train pour Roissy ou notre vol nous attend à 10h30.

A quatre nous avons 5 bagages : 3 sacs d’affaire, les 4 pulkas emboitées et une housse de ski avec les 4 paires. A 00h30 nous atterrissons à Laskelv mais les skis n’ont pas suivi, ils sont restés à Tromso. Ils arriveront demain à 18h. Détail insignifiant mais pas tant : le thermomètre s’est brisé en deux pendant le transport, nous n’aurons jamais la température. Sous le ciel étoilé nous montons le camp, reviennent alors les petits automatismes du camping hivernal. Les doutes et les craintes liés à l’épidémie s’envolent. Les vacances commencent.
07/03 C’est journée courses et ré-emballages. Lakselv est très bien pourvu en magasins : un Coop, un Rema 1000 et un Spar. Nous prenons 16 jours de bouffes notamment pour le midi et le matin. Tous les repas du soir viennent de France (pâtes cuissons rapide et semoule). Nous avons trois réchauds à essence dont deux compatibles gaz. A la station service nous achetons du gaz et nous trouvons de l’essence C à InterSport. Nous comptons faire fonctionner les deux réchauds gaz et garder l’essence en cas de casse. Les routes sont enneigées et toutes les liaisons sont donc effectuées à pied en tirant la pulka.

A 18h, le vol de Tromso atterri mais surprise il y a eu une erreur et nos skis n’ont pas été mis dedans, ils arriveront demain à 14h. L’employé est désolé et nous offre l’hôtel pour 4. Nuit à l’hôtel
08/03 Grasse matinée, petit déjeuner à rallonge et examen des cartes. Le retard pris nous inquiète, nous ne voulons pas passer notre temps à nous presser. Décision est prise d’effectuer en ski le premier tronçon de 130 km entre Laskelv et Ifjord puis de prendre le bus pour gagner Mehamn et faire des journées de rando sans la pulka. A l’aéroport, les skis sont bien là. L’employé toujours désolé nous propose de payer le taxi afin de nous avancer un peu sur notre itinéraire. Nous acceptons de bon cœur d’autant que les 10 premiers kilomètres de notre parcours longeaient la route. Nous sommes déposés à Caskilbekk au départ d’une piste de motoneige qui permet l’accès au plateau. Çà sent le départ!

Le vent est fort mais il fait plutôt beau et pas trop froid. C’est un plaisir de skier enfin après ces journées de voyage et d’attente. A mesure que nous nous élevons la vue sur la mer est de plus en plus belle.

A notre étonnement le fond de certaines baies est pris dans la banquise parfois sur une grande surface. La nuit nous rattrape vite et nous montons le camp sans sortir de la forêt de bouleau puisqu’elle nous abrite du vent. Un peu d’organisation est nécessaire pour prendre le repas confortablement à 4 dans la même tente. Par rapports aux années précédentes il est très agréable de se coucher sans craindre qu’un ours blanc de 500 kg ne saute dans la tente.
09/03 6h, une grosse neige mouillante tombe du ciel et il y a un fort vent mais nous tentons l’étape. Nous dépassons un village lapon d’où part une piste jalonnée de piquets. Dans le brouillard et le mauvais temps nous suivons les piquets. Ils semblent mener à une cabane qui est pointée sur la carte. En fin de matinée le soleil perce et le vent faiblit le ski devient agréable. Les gros nuages de tempêtes contrastent énormément avec le blanc du paysage. Nous distinguons la cabane et nous rencontrons un éleveur de rennes lapon en motoneige. Ce dernier, très sympathique, nous explique que l’année est incroyablement enneigée et que les rennes n’arrivent pas à trouver des crêtes dégarnies pour brouter. Nous en avons effectivement croisé beaucoup en nous demandant ce qu’ils pouvaient bien manger. La cabane est atteinte en début d’après midi. Elle est ouverte et nécessiterait un bon coup de ménage et de déneigement pour la rendre agréable mais comme il est encore tôt et qu’il fait beau nous poursuivons.

Nous remontons plein nord une sorte de vallée, la piste est toujours là avec ses piquets, l’orientation n’est donc pas un problème. Nous montons le camp en fin d’après midi. La température doit être à peine sous 0°C.

Cette année nous avons investi dans une balise Garmin Inreach Mini qui permet de recevoir et d’envoyer des SMS. Ainsi nous pouvons envoyer notre position et recevoir la météo : cette nuit et demain c’est tempête.
10/03 6h, réveil au son de la paroi de tente qui claque. Le vent est fort et la visibilité archi nulle, décision est prise de rester sous la tente. Nous nous recouchons un peu frustrés de ne pas pouvoir avancer après l’attente des skis. Dehors c’est la tempête, le vent balaye la neige qui s’infiltre partout notamment entre le double toit et la chambre de la tente mal colmatés la veille… Journée cartes et repos non sans penser à la cabane à quelques kilomètres de là….

11/03 5h30 le vent semble avoir faibli mais la visibilité reste très médiocre, nous partons pour l’étape du jour. Suivre les piquets est difficile alors qu’ils ne sont distants que d’une cinquantaine de mètre. Une heure après le départ c’est la déception les piquets ne poursuivent pas dans notre direction et nous quittons cette piste balisée avec regrets. La navigation s’effectue alors au GPS de point en point (préalablement saisis en France). Pour le skieur de tête, les cailloux qui dépassent permettent d’accrocher un cap mais parfois le sol blanc et le ciel se confondent créant une sensation de chute dans le vide.

Nous atteignons la vallée de la rivière Borserlva, le vent est alors très fort surtout qu’il nous vient légèrement de face. A cet endroit exposé il nous faut traverser la rivière et nous devons nous y reprendre plusieurs fois pour trouver un passage sûr. La pause pique- nique est écourtée mais la visibilité s’est améliorée. Vers 16h le vent tombe brutalement et tout semble calme. Nous profitons de ce répit pour planter la tente quand soudain le vent se lève de nouveau alors que la tente est à peine montée et que toute les pulkas sont encore ouvertes. En à peine TROIS minutes des puissantes rafales remplissent de neige toutes les pulkas. De plus le vent s’est inversé, la tente est donc montée avec l’entrée exposée en pleine bourrasque et l’abside se remplit sans cesse de neige. La rapidité avec laquelle le vent a cessé puis a repris dans une direction différente est vraiment incroyable : probablement à peine plus de 10 minutes. Nuit tempétueuse.
12/03 6h, réveil un peu dur toujours sous le bruit de vent. La visibilité est archi nulle : moins de 50 mètres. Le moral est au plus bas, nous sommes censés être dans la partie montagneuse du séjour et voilà 3 jours que la vue se limite à l’espace intérieur de la tente ou du skieur devant soit. Nous partons alors que le vent se calme puis tombe.

Sans vent, dans les nuages et le blanc du paysage suivre un cap est très compliqué. Le skieur de tête se fait souvent rappeler à l’ordre par ceux de derrière lorsqu’il dévie de son cap. Il faut garder le GPS allumé. Un léger vent se lève ce qui aide à garder une direction. Les yeux rivés sur la boussole du GPS, les vacances contemplatives prennent un drôle d’air : A15 2,7 km ; A16 4km ; A17 1.9 km…. Nous sommes pourtant dans une zone très sauvage, à 600 mètres d’altitude, à deux jours de tout qui doit être magnifique. Plusieurs heures s’écoulement sans croiser un seul caillou pour accrocher un cap. Heureusement que les corniches et autres barres rocheuses sont rares. Nous savons qu’en fin d’après midi une tempête est prévue, aussi à 16h le camp est monté sous des rafales un peu plus fortes que pendant la journée Cette nuit là, le vent souffle fort mais les tentes (en dôme à 4 arceaux) ne bronchent pas.
13/03 6h30, au bruit du vent nous savons qu’il a faibli et la luminosité laisse supposer des éclaircies. Nous sortons et découvrons le paysage incroyable qui nous entoure pour la première fois depuis 3 jours. Le camp en lui-même a complètement changé, des congères se sont formées entre les tentes et ont recouverte les pulkas. Les tentes sont presque ensevelies jusqu’à mi hauteur sur certains côtés.

Tout autour et à perte de vue des immenses étendues presque plates recouvertes de neige. Aucune trace d’autres couleurs que le blanc, nous avons l’impression d’être sur la calotte Antarctique. Pendant le démontage des tentes, le soleil dissipe les derniers nuages, il va faire beau !

L’étape est splendide malgré un léger vent. Nous suivons le lit d’une rivière bordé d’énormes congères, sur les hauteurs des collines, des rennes grattent la neige à la recherche des lichens.


En fin d’après midi le vent est fort mais sous le soleil couchant nous débouchons sur le bord terminal des hauts plateaux. La vue porte très loin puisque nous surplombons de 200 mètres le plateau inférieur que nous emprunterons les jours suivants. Malgré le froid, l’ambiance et les éclairages sont magnifiques.

Dans les bouleaux en fond de vallée, nous distinguons les contours de ce qui pourrait être une cabane. Quelques murs un peu raides à descendre nous conduisent dans la forêt. Nous sommes enfin à l’abri du vent, nous apercevons de nombreux lagopèdes et des traces de gloutons. Cette vallée protégée est un vrai havre de paix ! Nous approchons de la cabane plein d’espoir après 5 nuits ventées consécutives sous tente. La porte s’ouvre et dévoile une cabane pour randonneur, toute propre et avec poêle comme on fait qu’en Norvège. A la chaleur du feu nous faisons sécher toutes nos affaires en repensant à cette belle journée dans les collines du Finnmark.

La difficulté des derniers jours rendent cet endroit encore plus merveilleux et chaleureux. Si le monde s’écroule c’est ici qu’il faut être ! Il y a un thermomètre extérieur qui affiche -12°C. Pendant la soirée bien assis sur nos chaises, nous échafaudons la suite du séjour, Ifjord n’est plus qu’à deux grosses journées de ski et malgré le charme de la cabane nous décidons de poursuivre la route le lendemain. Une journée magique comme seule l’itinérance en ski peut en offrir se termine. Une grande aurore boréale malheureusement peu colorée à cause la lune encore très grosse ondule dans le ciel.
14/03 6h, belles éclaircies et toujours -12°C. L’étape s’annonce plutôt courte, nous visons une cabane repérée sur la carte à 8 km. Tantôt nous grimpons des petits rognons sous un beau soleil tantôt nous descendons dans des petits vallons remplis de bouleaux.

Nous repérons à la jumelle deux élans couchés dans les bouleaux. La cabane est atteinte aux alentours de midi mais elle est fermée. A 11 km à vol d’oiseau une deuxième cabane est indiquée et parait être un objectif atteignable même si il est déjà un peu tard. Il fait beau et nous évoluons dans des sortes de grandes plaines à peine vallonnées et un peu monotone à la longue.

Même par ce soleil nous utilisons le GPS, s’orienter sur ces plateaux n’est vraiment pas simple. Merci le progrès. Devant nous une ligne à haute tension semble ne jamais se rapprocher. Au fil de l’après midi la cabane est atteinte et nous espérons un bel abri chauffé…

Le miracle de la veille n’a pas lieu, la cabane est là mais entièrement recouverte de neige, seuls la cheminée et les contours du toit dépassent de la neige.

Tant pis, nous plantons la tente dans une belle ambiance froide avec au passage un petit exercice glacial : retendre les élastiques des arceaux.