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Sur les routes d'Europe English translation pending
by Noiramc · 2009-10-01 · 11 replies
allez je me lance...voilà mon carnet de route de cet été , version intégrale ( désolée c'est un peu long...). Traversée de l'Europe, de la France à la Moldavie en stop. Tous les commentaires sont les bienvenus! Merci Marion

Sur les routes d’Europe

Prélude au voyage

Et voilà, c’est parti pour un nouveau voyage, une nouvelle aventure…je crois que je ne peux plus m’en passer ! Sitôt retournée sur les bancs de la fac je pensais déjà au prochain été, à mon prochain voyage. Ce ne sont pas les destinations qui manquent, ni les idées ! L’Asie du Sud-est, le Népal, le Tibet, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan, l’Amérique du Sud, l’Irlande….autant de pays qui me font rêver ! En fait je crois que peut importe la destination, l’essentiel c’est d’en rêver, d’en avoir envie, d’y penser jour et nuit avant le départ puis de concrétiser son rêve, de venir à bout de son projet et de revenir des étoiles plein la tête.

J’avais également envie de travailler dans une réserve naturelle, comme l’année dernière, mais à l’étranger cette fois. En Roumanie, dans les Carpates ou dans le delta du Danube…. Et puis une idée a commencé à germer dans ma tête : en Roumanie, j’irais en stop, pour traverser tous les pays, les ressentir au fond de moi, pour faire des rencontres…et puis une fois en Roumanie je travaillerais quelques semaines dans une réserve. J’avais envie d’aller en Slovénie pour rendre visite à des amies rencontrées en Irlande, ça serait l’occasion !

C’est donc parti pour les recherches sur Internet, le début de l’aventure….mais je n’arrive pas à trouver de réserves qui recherchent des bénévoles, encore moins qui ne parlent pas un mot de roumain ! J’abandonne donc l’idée, mais le projet de traverser l’Europe en stop reste bien ancré dans ma tête et ne veut pas en sortir, je ne sais pas pourquoi…pourtant je n’ai jamais fait de stop, même en France, alors se lancer dans un tel projet….Mais c’est impossible d’arrêter un rêve, et celui là est trop bien implanté, comme une adventice tenace que même la raison, puissant désherbant, ne saurait en venir à bout ! J’en parle donc à Elise, car je ne veux pas me lancer sur les routes toute seule. Et puis le voyage seule, j’adore, cela permet une liberté totale, des rencontres plus fortes, mais le voyage à deux, cela a ses avantages aussi…c’est plus rassurant, cela permet d’être moins tout le temps aux aguets, de se reposer un peu sur l’autre, et puis de partager une aventure à deux !

Elise est d’accord, elle aussi a envie d’aventures et puis la Roumanie c’est son pays de cœur….

Ne reste plus qu’à tout organiser. Entre mes dates d’examens, son boulot, mon boulot, nos recherches d’appart, on arrive à caser 5 semaines entre juin et juillet.

Le projet mûrit, on a envie d’aller dans les Balkans aussi, et puis Elise continuerait bien jusqu’en Moldavie, retourner là où elle a vécu un an, raviver les souvenirs et revoir des amis.

Mais cinq semaines c’est court, très court : il faut faire des choix…on décide de sélectionner des pays où on a envie de rester et d’autres que l’on traversera juste. Le choix se fait naturellement : la Slovénie, pour ses rivières et pour le parc national du Triglav. La Bosnie, pays mystérieux dont le nom a des consonances amères de guerre, dont on veut mieux comprendre l’histoire. Et puis la Roumanie, les Carpates …

Quelques recherches pour trouver des gens pour nous héberger, mais sans plus : on a la tente, on veut être autonome le plus possible.

Et puis voila, entre les cours, les exams, un soir, on y est, on part demain matin. Les sacs sont faits, on fait encore quelques recherches, on parle et on s’endort, demain débute l’aventure !

Lundi 8 Juin 2009 : « Un chemin de mille lieues commence toujours par un premier pas » Lao Tseu

C’est sous un ciel nuageux que notre aventure commence. Les sacs ne sont pas trop lourds, on a réduit au maximum les affaires, encore que l’on a réalisé au cours du voyage que l’on aurait encore pu réduire plus…

Derniers préparatifs juste avant le départ, on prend un bout de carton, premier parmi des centaines, Elise me conseille de prendre un pantalon imperméable, impossible de le trouver, ce n’est pas grave, je pars sans…je le regretterai bien par la suite !

Papa nous amène au premier péage sur l’autoroute, en direction de Lyon. Pas d’angoisse, pas de stress, juste de l’excitation…voilà bien longtemps que je rêve de ce voyage et nous y voilà ! Voyager à deux enlève un peu de peur, ce n’est pas plus mal pour moi, grande stressée de la vie !

Donc nous voilà à ce péage, on se demande combien de temps on va attendre avant qu’on nous prenne, c’est un peu comme si tout dépendait de ce moment là…si on met quatre heures à décoller de Clermont-Ferrand, cela remet un peu en jeu notre périple.

Mais les craintes sont infondées car à peine cinq minutes après que l’on ai commencé à tendre fièrement le pouce et quelques sourires désolés de routiers, un homme s’arrête. Il va à Lyon, c’est bon pour nous ! Ce père de famille, ingénieur en électroménager suit une formation développement durable à Paris, vit à Orléans et travaille à Lyon. Un habitué de la route, quoi ! Il s’était levé très tôt ce matin pour arriver à son boulot à Lyon en début de matinée, mais ce n’était pas son jour : il avait fermé sa voiture en laissant les clés à l’intérieur et ne pouvait donc pas partir...déjà en retard à son boulot, ayant annulé tous ses rendez-vous, il fait un petit crochet pour nous déposer sur une aire d’autoroute à 80 kilomètres de Chambéry.

On casse la croûte dans un coin d’herbe après avoir cherché partout un ouvre boite pour ouvrir notre conserve de rillettes…finalement c’est un vieux monsieur dans un camping-car qui manque se couper la main en l’ouvrant avec un couteau et une pierre….ah ben oui cette technique est assez efficace aussi…

On retourne sur la route, avec un nouveau panneau « Chambéry- Aix les Bains ». Là également une voiture s’arrête très rapidement. Un beau monsieur en uniforme s’arrête : c’est un pilote d’avion. Ouah…pilote d’avion !!! La classe !!! On discute de son boulot, de la société, de politique (un peu)…comme il dit « on refait le monde, il ne manque plus que les bières ! »

On arrive à 14h30 à Aix les Bains : on ne pensait vraiment pas arriver si tôt, on a eu une chance incroyable ! On va déposer nos sacs chez Ives et Isabelle, l’oncle et la tante d’Elise, chez qui on passera notre première nuit.

On va visiter la ville, c’est charmant, il y a un bal musette dans un parc, on y reste un moment en attendant de retrouver Anna et Antoine son amoureux…On va boire un coup, bières blanche, blonde, Monaco et bière cerise…on parle notes : et oui Anna m’apprend qu’on vient d’avoir nos résultats : c’est bon j’ai mon année !

J’ai laissé tous les dossiers de Master à mes parents pour qu’ils les envoient mais je ne suis toujours pas décidée de ce que je vais faire l’année prochaine…peut être ce voyage me portera conseil, j’en doute, moi et mon avenir c’est quelque chose de très flou dont je n’aime pas trop penser !

Petite virée rapide au bord du lac du Bourget puis Anna nous ramène chez l’oncle et la tante d’Elise. C’est peut être la dernière fois que je la vois, Anna, l’année prochaine on va tous être éparpillés au quatre coins de la France et on ne se reverra sûrement pas très souvent…c’est dommage, on s’entendait tous bien dans cette promo, mais le changement c’est bien aussi !

Isabelle nous prépare une bonne soupe, on fait un tour sur Internet pour choisir nos futurs hôtes … « Ah oui, lui il est mignon… », « Ah non il est trop jeune », « Lui il fait peur et puis il est vieux en plus », « Ouais mais là y’a plus personne alors tampis on tente ! » Ah Ah, durs choix ! Surtout qu’on ne sait jamais trop quoi dire aux gens pour les dates : le stop, c’est imprévisible, mais comme on a la tente on ne se stresse pas trop !

Isabelle veut regarder « Autant en emporte le vent » à la télé. Fidèle au livre, le film est incroyablement long et assez « boring », nos yeux se ferment, on finit par aller se coucher.

Mardi 9 Juin 2009 : petit aperçu de la Suisse

Douche, visite de l’immense jardin d’Yves et Isabelle, on voulait partir tôt mais on s’éternise un peu…ce sera comme ça pendant tout le voyage, on met le réveil tôt mais on ne part que trois heures après, le temps de prendre un dernier café, de dire au revoir…

Isabelle nous amène au péage pour aller en direction de Bern. Dernières recommandations :

« Faites attention, hein, et si jamais vous avez besoin d’argent, vous demander, tenez, voilà de quoi vous payer un café … » et elle nous tend un billet de 20 euros !

Au début du péage, avec notre panneau « Annecy Genève ». Après même pas cinq minutes d’attente, un jeune routier s’arrête. Il est marrant, téléphone à son pote « Et devine quoi, j’ai deux autostoppeuses ! Ben ouais qu’est ce que tu veux, c’est ça la chance, je sais pas comment tu te débrouilles…attends tu me crois pas ? J’vais les prendre en photos » « Ca vous dérange pas les filles si j’vous prend en photo ? Sinon il me croira pas ! »

Il sort son portable, nous prend, retéléphone, regarde sa carte, fait des grands écarts vers le fossé, reprend le volant à la dernière seconde…youhou c’est la fête!

Il nous dépose à la sortie de l’autoroute, vers Annecy. On est prise par une dame en minibus qui nous approche de Genève. Elle est gentille mais nous dépose dans un carrefour pas possible, super dangereux : il y a des routes qui se croisent de partout, les voitures roulent hyper vite et il n’y a pas de bas coté pour s’arrêter…super, on a peur de créer un accident, et puis les gens ne s’arrêteront jamais !!!

Mais le voyage nous apprendra qu’il ne faut jamais dire jamais et que c’est toujours au moment où l’on commence à se décourager que tout s’arrange. En fait on attend juste une demi heure mais comparé aux cinq minutes auxquelles on s’était habitué on trouve ça super long ! Par la suite on apprendra à être plus patientes…

Bref, heureusement, Juliette, dans sa petite voiture automatique, voyageuse dans l’âme, prend le risque de s’arrêter et nous dépose à Genève, en faisant même un détour pour nous amener vers la bonne route. Hey, nous voilà en Suisse, déjà !!!!

Pause casse croûte vers le Lac Léman, il fait beau, Elise donne à manger aux pigeons.

Sur la route, en direction de Lausanne. Personne ne s’arrête, les voitures tracent, certaines personnes nous font un petit sourire ironique….pff…aucune pitié vraiment !!! Y’a des fois on a vraiment l’impression de faire l’animation du quartier…au moins on sert à quelque chose !

Au bout d’un moment un gars s’arrête, il nous dit qu’il peut nous amener quelques mètres plus loin, où les voitures s’arrêteront plus facilement. On grimpe dans sa belle voiture, vitres tintées, il bosse à l’ONU. On aura vraiment été prises par tous les types de personnes !

Il avait raison…à peine le pouce tendu dans ce nouvel endroit un camion s’arrête. Memet, turque, qui transporte des kebabs (le gros cliché…) peut nous déposer à Bern. On parle mi-allemand, mi-français, il est sympa, on file à travers la Suisse sous un beau soleil, les Alpes sur la droite, le lac Léman sur la gauche, tellement grand qu’on croirait la mer. La musique dans le camion, je me sens vivante, heureuse d’être là, dans ce camion, à ce moment précis….Memet insiste pour nous offrir des glaces et des boissons sur une aire d’autoroute, on est un peu gênées par sa gentillesse. A la suite du voyage on nous aura tellement donné et offert que l’on ne sera plus du tout gênées !!

On arrive à Bern, on fait la sieste dans un parc, j’écris dans mon carnet. Elise se moque un peu de moi mais au final à la fin du voyage elle sera autant à fond que moi pour rédiger chaque soir notre journée dans mon petit carnet et faire des commentaires. Moi ça me rappelle mes voyages Zellidja, c’est une habitude que j’ai prise, d’écrire mes voyages.

On appelle Myriam et Steph, nos hôtes de ce soir, on les rejoint dans une heure, en attendant courses, échange de monnaie et balade dans Bern. La capitale de la Suisse, où les voitures anticipent lorsqu’un piéton ou un cycliste veulent traverser une rue. Je n’ai jamais vu ça, comme les automobilistes sont polis et partagent la voie avec les autres usagers.

On prépare le repas avec Steph, on mange sur le balcon. C’est un couple adorable, très ouvert, on se sent tout de suit très à l’aise. Ils ont beaucoup voyagé, on passe la soirée à partager nos expériences, nos aventures. Steph philosophe « dans un voyage, l’essentiel, c’est d’être conscient du danger, il en est ainsi diminué de moitié »

Et oui, on en est conscientes, ce qu’on entreprend est un peu risqué mais justement, on anticipe le danger, alors rien ne devrait nous arriver ! Croisons les doigts !

Mercredi 10 Juin 2009: Salzburg….yes we can!

Réveil très matinal : on a un long trajet à faire : ambitieuses, on voudrait arriver à Salzburg ce soir, soit environ 600 kilomètres. On arrive assez rapidement vers Zurich, grâce à un vieux couple, le mec sympa mais la femme un peu sèche qui n’a pas l’air d’apprécier notre compagnie. Ils nous déposent sur une aire d’autoroute. De là on veut aller à Saint Gallen, vers la frontière autrichienne. Saint Gallen…ah on s’en souviendra ! Ca a l’air d’être la destination où personne ne va ! Un endroit écrit sur une carte mais où personne n’habite, où personne ne se rend… Saint Gallen, le Saint Graal de deux jeunes voyageuses, un endroit qu’on espère, auquel on aspire, mais dont on ne sait vraiment si on y arrivera un jour…

C’est notre première petite galère de voyage.

On attend environ une heure, personne ne nous prend, d’un coté très peu de personnes s’arrêtent sur cette aire…on désespère un peu quand arrive un camion. Moises a pitié, il ne peut pas nous amener à Saint Gallen car il doit bosser mais il peut nous amener vers l’aéroport, il pense que de là on aura plus de chance. Bon de toute façon ça ne peut pas être pire qu’ici …On partage un bout de pain, du jambon, Moises repart et nous laisse vers cet aéroport. Franchement, c’est pas mieux…les minutes passent, personne ne semble aller jusqu’à Saint Gallen et puis c’est un peu dangereux ici, les voitures roulent vite, on peut provoquer un accident en distrayant les conducteurs…Au bout d’une heure on est toujours plantées là, il faut chaud. Moises revient, il voulait vérifier que l’on était bien parties…eh ben non…

En fait apparemment il y a un accident en plus sur l’autoroute qui mène à Saint Gallen, des gros bouchons…on n’est pas arrivées à Salzburg !!!!!!!!

Moises nous offre à boire et nous propose de nous amener encore un peu plus loin, il n’a pas trop le temps mais contourne le bouchon par des petites routes et nous dépose sur une aire, en nous souhaitant bonne chance. Et recommence l’attente, interminable…peut être que quand Moises aura finit son boulot, ce soir, il nous retrouvera encore ici, complètement déshydratées !

On nous avait prévenu, la Suisse en stop, c’est un bourbier…ouais ben on voit ça !! Pour l’instant à chaque fois c’est plus d’une heure d’attente pour 15 minutes de route, et encore grâce à Moises ! On est de moins en moins motivées, on tend notre pancarte nonchalamment, à moitié assises…on chante pour s’occuper.

On va voir les voitures, les camions, on les aborde, pour leur demander si ils y vont, eux, dans ce foutu Saint Gallen !

Au moment où on se demande vraiment si notre aventure ne va pas se terminer là, en Suisse, à quelques kilomètres de la frontière autrichienne, un mec s’arrête : danseur professionnel (de salsa en plus !!), il a un entraînement ce soir à Saint Gallen ! YAHOU !!!!! Comme quoi ce n’est pas une ville fantôme !!!!

La musique à fond dans la voiture : Amy Macdonald, This is the life. Ben ouais c’est ça la vie, c’est ça les voyages : les galères, et ensuite l’explosion de bonheur quand on sort enfin de ce pétrin ! Je me sens revivre, j’ai envie de rire, de danser, de chanter, d’embrasser ce gars qui nous amène à Saint Gallen que nous essayons d’atteindre depuis plus de quatre heures ! Les paroles de la musique semblent écrites pour nous « Where you gonna go, where you gonna go, where you gonna sleep tonight?”

Ben on n’en sait rien où on va dormir ce soir et je m’en fous! Ca m’étonne même…moi qui aime généralement que tout soit prévu, planifié, là je m’en fiche, on dormira là où on pourra, on verra bien ! Sûrement pas à Salzburg, quoique l’espoir fait vivre…

A Saint Gallen, enfin. On refait une pancarte : Österreich, rien que ça !! Deux femmes, une serbe, une croate, s’arrêtent très vite. Elles parlent allemand, c’est dur de s’y remettre. Il ne reste plus grand-chose de nos sept ans d’allemand, déjà qu’à l’époque le niveau n’était pas bien haut…mais peu à peu les mots nous reviennent, on arrive à bredouiller quelques phrases. Mais pourquoi est ce qu’on apprend des trucs débiles au collège, genre « Wo ist Strubbel, das Meerschweinchen ? Er ist hier, in garden ! » Enfin bon le genre de phrase qu’on ne ressortira jamais de notre vie…

Enfin elles sont gentilles comme tout, on traverse des villages, des pâtures, Bodensee à notre gauche…et on arrive en Autriche ! Il est 16 heures : plus de huit heures pour traverser la Suisse….

Sonja et son amie nous déposent à la frontière, nous couvrent de baiser, nous disent de repasser au retour (Nein, wir konnen nicht, schade, zuruck mit bus…ouais bon on se débrouille comme on peut !!), elles nous disent de bien faire attention à nous, et nous donnent chacune 20 francs suisses, soit l’équivalent de 30 euros !! De vraies mères, elles nous expliquent qu’elles ont des enfants, donc ça les inquiètes un peu de nous laisser partir…

Ah, la frontière autrichienne, on l’a rêvé, espéré, on y est ! Enfin ! Les dernières rencontres nous ont reboosté. Pause chocolat (bah ouais, c’est de la région quand même), remplir les bouteilles d’eau, toilettes dans un bar…and let’s go !

On revoit à la baisse notre objectif de ce soir : Salzburg c’est impossible, on se rabat sur Innsbruck, qui est quand même assez loin. On décide d’avancer de villages en villages, il y a bien une autoroute directement pour Innsbruck mais on a l’impression que les gens n’y vont pas…du moins personne ne s’arrête. On prend plusieurs voitures qui nous avancent à chaque fois de quelques kilomètres, jusqu’à la prochaine ville…on va de l’homme d’affaire, au jeune étudiant, à la mère qui nous parle sans arrêt de sa fille qui est chanteuse, à Tania, qui va rejoindre son copain en Italie.

Tania nous avance bien, puis nous dépose à un péage d’autoroute, elle prend une autre direction. On est crevées, il est tard, il y a une petite étendue d’herbe à coté du péage où notre tente se plairait bien, il y a des WC, c’est parfait…on décide donc de passer la nuit ici, à coté de l’autoroute, notre petite tente dominée par les montagnes, on est pas mal, juste un peu à la vue de tous les gens, qui doivent penser que c’est un endroit assez bizarre pour bivouaquer…

On continuera sur Innsbruck demain.

Jeudi 11 Juin 2009 : Ville romantique, ville d’artiste, Salzburg !

Réveil matinal sous un ciel brumeux et une petite pluie fine. Il a fait froid, je n’ai pas très bien dormi malgré mes pulls et mes chaussettes de laine…

On plie la tente, et c’est parti mon kiki ! Une voiture s’arrête vite fait, elle peut nous amener à Innsbruck et en discutant un peu on se rend compte qu’elle passe même par Salzburg, comme elle va à Vienne ! La chance nous sourit, surtout qu’avec ce temps ce n’est pas très agréable d’attendre des heures sur le bord de la route…

Grosse sieste, on se laisse bercer par le mouvement de la voiture.

De nouveau sur une aire d’autoroute, à quelques kilomètres de Salzburg. La petite bruine de ce matin s’est transformée en grosse pluie, on se réfugie dans la station service en attendant une accalmie. Mais le temps ne se décidant pas à changer, on se motive quand même pour essayer le stop. En mois de cinq minutes je suis trempée, je regrette mon pantalon K-way, mes chaussures ne sont pas du tout étanches et mon imperméable n’est pas très étanche lui non plus. Super….C’est trop bête de rester coincées là, à quelques kilomètres de notre objectif…Notre panneau « Salzburg….yes you can !! » est en piteux état.

On arrive dans le centre de Salzburg avec un gentil monsieur qui a fait un détour. C’est beau, la ville est traversée par la Salzach, dominée par la forteresse et les montagnes. Ville d’artiste, où Mozart est né. Beaucoup de touristes mais pas de voitures : on se déplace à pied ou à vélo, trop bien !

On rencontre Pamina, une amie d’Elise qu’elle avait rencontrée en Moldavie. Elle nous fait visiter Salzburg à vélo, on monte à la forteresse, puis on va manger dans un petit resto thaïlandais. Le temps est lunatique : averses, soleil, averses, ce qui nous permettra de voir un magnifique arc en soleil tandis que le soleil se couche et illumine la forteresse. C’est beau !

PHOTO 1

On accompagne Pamina à son entraînement de gym, puis son père nous guide dans Salzburg, ville dont il est follement amoureux. Il nous raconte l’histoire de cette ville, qui a fait richesse sur le commerce du sel, l’histoire de chaque statue, de chaque bâtiment…

C’est une famille d’artiste dans une ville d’artiste : Pamina danse, peint, fait de l’acrobatie ; son père est acteur et chanteur d’opéra…

Originaires de Pologne, il nous prouve les similarités entre cette langue et le français… Enfin disons que certains mots sont communs mais ne veulent absolument pas dire la même chose. Meilleur exemple, Baisemoncu, qui veut dire farine en polonais. Toujours bon à savoir !

Vendredi 12 Juin 2009 : On veut garder nos reins !

Petit déjeuner gargantuesque préparé par le papa de Pamina : œufs, pain, fromage, confiture…et en cadeau, pour chacune, une petite boussole. Pour pas que l’on se perde, c’est gentil…encore faut il savoir s’en servir, ce qui n’est pas mon cas. Elise s’amusera à la sortir pendant tout le voyage, pour repérer le chemin vers la Moldavie…

Il nous dépose sur une aire d’autoroute en direction de Villach, vers la frontière slovène. Il n’y a pas beaucoup de personnes qui s’arrêtent sur cette aire alors on décide de remonter un peu sur l’autoroute pour que les gens nous voient et s’arrêtent. On est vite repérées par des policiers, qui nous font signe de les rejoindre sur l’aire…on retient un fou rire en s’avançant, ils contrôlent nos passeports, nous parlent allemand « Es ist verboten !!!! », on fait style qu’on ne comprend pas, on leur fait des yeux tout innocents…Ils nous rendent nos passeports, après encore un peu de morale. Oui bon ok ce n’était vraiment pas très prudent mais on ne va pas rester sur cette aire toute la journée ! Ils repartent, ils auraient au moins pu nous amener plus loin à un meilleur endroit!!

Enfin bref, du coup on va demander directement aux gens sur l’aire, si on les prend à parti, il y a plus de chance qu’ils nous prenne…

Un couple de petit vieux a pitié. Ils nous parlent allemand, on essaye de leur expliquer où on veut aller (non, on ne veut pas aller dans le centre de Villach, juste à coté, en direction de la Slovénie), ils ne comprennent rien, on ne comprend rien, c’est un peu un dialogue de sourd mais c’est marrant ! Ils nous déposent sur une petite route aux alentours de Villach, en nous tendant un billet de 20 euros ! Non mais on doit vraiment faire pitié…pour l’instant on a plus de recettes que de dépenses, c’est hallucinant !

Il fait beau, on attend un bon moment au bord de la route mais ce n’est pas désagréable, on discute, il y a des fleurs, des papillons, les gens nous font des petits signes…

David, jeune slovène, nous embarque dans sa petite voiture. On parle de politique, d’économie, apparemment les prix en Slovénie ont également bien augmenté depuis le passage à l’euros…il nous raconte des histoires assez glauques, nous déconseille d’aller en Italie : là bas, selon lui, c’est monnaie courante que l’on kidnappe les enfants ou que l’on s’attaque aux routiers pendant leur sieste pour leur prendre leurs reins (« You wake up, you feel sick, you go to the doctor and he tells you that something is missing… ») Ah ben ouais c’est flippant mais ça ne se passe sûrement pas qu’en Italie ! On apprendra par la suite que les relations en la Slovénie et l’Italie sont assez tendues, ce qui explique ces paroles…

Enfin il continue « ben ouais, moi je pourrais être n’importe qui, vous ne savez pas, je pourrez tirez un bon prix de vos reins… » Ouais, so funny, il est sympa mais c’est pas hyper drôle ce genre de discussion, on sait que il y a un risque a faire du stop, pas la peine de nous le répéter…

On grimpe tout en haut d’une montagne, sa voiture peine, on redescend et nous voilà en Slovénie ! David nous amène jusqu’à Bled, nous laisse son numéro pour qu’on se voit ce soir…mouais…on en a pas follement envie…si c’est pour qu’il nous dise qu’il pourrait nous vendre à la mafia italienne ou autre…

Bled est un petit village autour d’un charmant lac à l’eau bleue pure, avec une petite île au milieu sur laquelle est implantée une église. Paysage de carte postale…

PHOTO 2

On va cacher la tente dans la foret, on allége nos sacs et on part se balader autour du lac. On s’allonge dans l’herbe, un peu de repos, ça fait du bien ! Le soleil joue avec les nuages, des gens font de la barque, les canards se disputent, de la musique vient chatouiller mes oreilles…que c’est bon d’être en vacances !!!

Concours de Sudoku, puis petit tour en ville. On tombe sur un charmant marché aux touristes, on papote avec les vendeurs. Internet café, puis il est l’heure de rentrer. On se presse un peu, la nuit tombe rapidement et il pleuviote. Le retrouvailles avec la tente sont laborieuses : on n’avait pas pris de repères, a part « bon alors y’a trois arbres disposés en triangle, un qui fait une fourche, et puis là y’a un bout de ferraille rouge… »

La galère, avec ma petite lampe de poche, pour fouiller toute la foret pour essayer de trouver ce bout de ferraille ! Heureusement, les lucioles dansaient dans le bois, lui donnant un aspect magique. Je n’avais jamais vu autant de lucioles de ma vie !!!

Elise vous dira que j’avais les pétoches…non, pas vraiment, mais je m’en voulais de pas avoir plus repéré les lieux…une forêt, c’est grand, et les arbres se ressemblent tous en fait !!! On s’en souviendra…

Samedi 13 Juin 2009 : Objectif lac

Au bord du lac Jézéro (sur 20), à Bohinj, un peu au Sud de Bled.

On savoure le soleil, la beauté du lac…on a mis tellement de temps à le trouver ce lac !! Après avoir caché nos affaires dans les broussailles on est parties sur des sentiers de rando pour aller au lac, à une dizaine de kilomètres. Il aura fallu cinq grand-mères, trois paysans, une adolescente, deux anglais de Manchester et un couple de slovène plus tard pour le trouver. On aura gagné un jus d’orange dans nos détours offert par une petite vieille, perdu quelques grammes, jouis de beaux paysages montagneux parsemés de chalets en bois…pas de regrets !

On apprendra par la suite que « Jezero » veut dire lac en slovène, ce qui explique les regards bizarres des gens quand on leur demandait le chemin pour aller au lac Jezero…

PHOTO 3

L’eau du lac est froide, mais Elise ne résiste pas à la tentation de faire une baignade éclair. Quand à moi je me lave juste les cheveux, en essayant de ne pas me mouiller le reste du corps, j’ai gardé mes vêtements, j’opère avec les bols en plastiques dans lesquels on se fait des bonnes salades de tomates-maïs …vous imaginez la scène ! On lave nos vêtements, j’ai encore l’impression qu’on fait l’animation pour les touristes…Glace, concours de sudoku acharné (j’ai gagné !!! winner, winner !!!), repos, puis on prend le chemin du retour. Je ne me souvenais pas que c’était aussi long…on raconte des histoires, moi la sorcière du placard au balais que je connais par cœur pour l’avoir si souvent entendue et si souvent racontée aux enfants ; Elise elle invente l’histoire de Smouffy l’écureuil à qui il manque une oreille et ses péripéties pour trouver le grand sage écureuil qui aura la réponse à ses questions…

On retrouve la tente cachée dans les broussailles sans difficulté et la plantons là, dans un petit espace herbeux à coté de la route, au bord d’une rivière, l’endroit parfait !

Dimanche 14 Juin 2009 : Les slovènes, un peuple en voie de disparition !

Démontage de la tente que l’on cache au même endroit qu’hier, toilette rapide dans la rivière (elle est froide !) et nous partons en balade. Il fait un soleil éclatant, le ciel est bleu, sans un nuage. Les fleurs dans la prairie sont comme milles tâches de couleur que les papillons butinent, les vaches paissent tranquillement, les paysans font les foins, ça sent bon l’herbe fraîchement coupée. Je voudrais habiter à la montagne plus tard…

On traverse quelques villages avec leurs charmantes petites églises, on suit des sentiers un peu au hasard après moult discussions concernant le chemin à prendre. Rien n’est indiqué, c’est au feeling, et on n’a décidément pas le même sens de l’orientation ! On coupe à travers champs, demandons notre chemin. Les foins sont mis à sécher sur des espèces d’échelles en bois.

Pause à midi au bord d’une rivière, on fait de la lessive puis on repart à Bohinj récupérer la tente. Surprise en arrivant : un pécheur est juste devant, bronzant à moitié à poil sur une chaise longue, et nous on sort nos mille cinq cent sacs des fougères juste devant ses yeux…burlesque, gros fou rire !

C’est reparti, on quitte Bohinj pour Tolmin. Je râle : une voiture tous les 10 minutes, on est pas arrivées !!! Elise fait le pari qu’on nous prend dans moins d’une demi-heure. Je suis sure de gagner, je m’assois sur mon sac, me tartine de crème solaire…moins de cinq minutes plus tard, deux jeunes slovènes, drôles et beaux, qui s’arrêtent. « You looked so desesperated… » Ouais bon ok j’ai perdu mon paris!

On se marre bien, il y aurait selon eux une nouvelle tendance selon laquelle de plus en plus de filles slovènes sont lesbiennes, donc les pauvres mâles n’arrivent plus à trouver femelle …les slovènes, une espèce en voie de disparition ? Histoire à suivre…

On traverse les rivières Jezera et Soca, l’eau est bleue mais d’un bleu laiteux incroyable, c’est irréel, je n’ai jamais vu ça !! Nos questions quand à l’origine de cette couleur resteront sans réponse…ou du moins si mais avec des réponses si différentes que l’on ne sait toujours pas laquelle est la bonne…voilà en bref quelques explications reçues :premièrement, ce serait dû aux arbres qui bordent le lac qui se reflètent dans l’eau ( explication stupide : tous les lacs qui sont bordés d’arbres n’ont pas cette couleur…bref), deuxièmement ce serait du aux roches calcaires de la région, et troisièmement au plancton ( ouais, mais phyto ou zooplancton ???)

Déçue que ma curiosité scientifique ne trouve pas de réponses valable, on décide d’en inventer une : la Slovénie a une surpopulation de vaches (profitant des niches écologiques libérées par la diminution de l’espèce humaine pour les raisons citées plus haut) et donc elles déversent leur surplus de lait dans la rivière (ben ouais, y’a plus assez de slovènes pour en boire, et les vaches ne régulent pas encore bien leur production), ce qui explique sa couleur bleu laiteux. Hum hum…

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Campement un peu plus loin, au bord de la rivière. Repas salade-tomates-avocat, ça change de l’éternel pain-jambon-crème bonjour (genre de crème tartare que l’on trouvera partout en Europe de l’est) que l’on mange midi et soir depuis trois jours…

Concours de sudoku arrêté rapidement pour cause d’ennui profond (c’est quand même pas bien passionnant…) et d’éclairage insuffisant.

Elise dors à la belle étoile avec les lucioles, moi je préfère la tente, mon duvet n’est pas bien chaud !

Lundi 15 Juin 2009 : Pas de plage …

Voilà une semaine que notre périple a commencé : des centaines de photos, de rencontres, de sourires, des centaines de kilomètres, de villes traversées, quelques kilos en moins, quelques boutons de moustiques en plus…

J’adore le voyage, cette sensation de grande liberté, penser que l’on peut aller où on veut, avec notre maison sur le dos. On ne dépend de rien, à part de la volonté des gens, de leur gentillesse. J’ai l’impression d’être débarrassée de tout le stress, de toutes les choses qui nous conditionnent en France : la fac, le tram, les horaires…même la faim, sensation en fait dictée par notre estomac à heure fixe même sans réel besoin de nourriture, commence à disparaître. On ne mange pas grand-chose, et notre estomac s’est habitué à ce régime, on n’a pas faim, on ne pense pas à avoir faim !

On cache nos sacs dans les broussailles, on devient expert dans l’art du camouflage ! Petit déj en ville, dans un parc, où on est vite délogées par une horde de gamins surexcités. On décide de retourner vers nos sacs par des chemins détournés pour visiter Tolmin et ses environs. On se perd un peu ( étonnant) et atterrissons sur une charmante petite plage avec des statues sculptées dans du bois, une petite maisonnette, et cette eau, toujours si bleue, toujours si pure, mais si froide que l’on dirait que des milliers de couteaux nous transpercent les mollets…On longe la rivière, coupons par la forêt, traversons la rivière sur un pont, demandons mille fois notre chemin, faisons un peu d’escalade…et débarquons à Tolmin, vers là où on avait quitté après le petit déj…nous retournons à la tente par la route cette fois ci !

Nos deux mignons slovènes nous avaient vanté le très bon Kebab de Tolmin…on se fait plaisir, on veut voir si il est si bon que ça.

On repart le ventre plein en direction de la mer Adriatique, à Piran. Soleil implacable, on avance, lentement mais sûrement, de village en village (vous remarquerez l’utilisation du singulier…). Pour passer le temps on fait des sudoku en même temps que l’on fait du stop, c’est toute une technique ! On passe par un petit jeune, puis deux gars, puis un autre jeune qui nous parle de 2012, la fin du monde, des Illuminati…, puis un petit vieux et enfin un jeune rappeur peu bavard. Au fil des kilomètres on longe la Soca (ouah cette couleur, on le répétera jamais assez !!), on traverse des villages puis tandis que l’on se rapproche de la mer les montagnes et les forets de hêtres laissent la place aux pins maritime et aux roches affleurantes couleur claire. L’influence de la mer se fait sentir, en une centaine de kilomètres on a complètement changé de paysages ! La Slovénie est un tout petit pays plein de contrastes !

Le rappeur nous laisse à la gare routière de Koper. On est à une dizaine de kilomètres de Piran, on est fatiguées et pressées d’arriver à la mer, on prend un bus …on arrive au coucher de soleil, sur la mer, c’est beau, y’a pas à dire !

On rêvait d’une petite plage tranquille où on pourrait dormir à la belle étoile…mais pas de ça ici ! Ce ne sont que des digues, des rochers…problème ! Piran est touristique, on est entourées d’hôtel quatre étoiles et de casino. Il fait nuit, où va-t-on dormir ??

Après plusieurs repérages de bout de terre, ou d’herbe à peu près plats (genre dans des bosquets ou dans le parc d’un casino…) on finit pas trouver un parc. On décide de dormir à la belle étoile ici ; j’ai un peu peur qu’on se fasse emmerdées, on est à cinq mètres d’un hôtel, on a vue sur les salles de bain, on s’est déjà fait repérées ! Les gens de l’hôtel nous regardent à travers les rideaux tandis qu’on étale la couverture de survie, sortons nos sacs de couchages, et mangeons notre pain à la lueur d’un réverbère.

Néanmoins la nuit s’annonce belle, les étoiles brillent sous le ciel. La journée a été fatigante, beaucoup de soleil, d’attente, mais de nombreux fous rires !

Mardi 16 Juin 2009 : vive le couscous…

Réveil matinal, la nuit a été courte. Je n’ai dormi que d’une seule oreille, guettant le moindre bruit, le moindre mouvement, me redressant au bruit d’une feuille qui tombe, au froissement de la couverture de survie, à la course d’un lapin.

On dépose les sacs dans un café et partons se balader dans Piran. Lorsqu’on quitte le centre avec ses hôtels et ses casinos, Piran est une jolie petite ville aux maisons aux façades ocre et sable. Des allures de petite Venise, c’est vraiment le sud, le linge étendu sur la terrasse, c’est joli…

On s’allonge au bord de la mer sur des rochers, il fait chaud, l’eau est bonne, mais les maillots de bain sont restés dans nos sacs, tant pis.

Un bon melon dégusté sur les digues et c’est reparti, on quitte déjà la mer, on part vers Divaca, petite ville en direction de Ljubljana où se trouvent des grottes.

Il fait lourd, c’est fatigant de faire du stop sous ce soleil ! Après trois gars un peu louches (dont un qui n’arrête pas de me toucher le nez…je réveille vite Elise qui dort au fond de la voiture et on sort assez vite) on arrive vers Divaca. On ne s’installe pas très loin de la route mais on est cachées par des taillis, on se trouve à proximité d’une forêt. Le sol est assez cabossé mais on est trop fatiguées pour chercher un autre endroit, on a juste envie de se reposer ! Les chênes nous font de l’ombrage, les fourmis et araignées nous escaladent tandis que l’on fait la sieste.

Elise dort encore, je vais me promener dans la forêt. Des papillons s’envolent à chacun de mes pas tandis que les zygènes, imperturbables, continuent de s’accoupler sur les fleurs. Les fleurs sont belles, je prend plein de photos, mon coté biologiste ressurgit !

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Pour changer un peu de l’éternel pain-fromage, on a acheté du couscous. L’eau est brûlante avec ce soleil, ça devrait faire l’affaire. Sauf que…on a très peu d’eau, on mange le couscous à peine gonflé avec une sauce au poivron, vraiment pas fameux !!

On s’endort à la belle étoile. Au milieu de la nuit le vent se lève, des éclairs illuminent le ciel, l’orage n’est pas loin. On plante la tente rapidement et nous rendormons à l’abri.

Mercredi 17 Juin 2009: du lac des cygnes au rock de Metelkova.

Les grottes de Skocjanske (nom imprononçable !) se trouvent à quelques kilomètres de là où on a passé la nuit. On fait du stop mais on n’est pas très motivées, si une voiture ne nous prend pas dans une demi heure, on n’y va pas ! Mais le sort en décide autrement, une voiture nous amène directement aux grottes. Toilette et vaisselle des bols dans les WC publiques, et c’est parti, on suit le guide avec d’autres touristes, la plupart anglais. La guide parle seulement en anglais, elle ne traduit même pas en slovène, c’est quelque chose que l’on ne verrait pas en France !

Ce site classé de l’UNESCO est impressionnant, des kilomètres de souterrain, des cascades, des stalactites et stalagmites…on ne comprend pas toutes les explications mais bon !

On repart en début d’après-midi pour Ljubljana dans un camion. Ne pouvant pas rentrer dans la capitale le camion nous dépose à quelques kilomètres du centre ville. Il nous faut marcher. Les chaussures de marche neuves d’Elise lui font des ampoules, et mon sac me lacère les épaules. On devient irascibles, c’est fou comme la fatigue, le poids d’un sac ou la chaleur peuvent changer le comportement des gens. Je ne suis pas patiente, je marche vite, on serra plus vite arrivées comme ça. Un arrêt de dix secondes pour traverser une rue m’énerve, c’est dix secondes de trop à porter ce fichu sac. Je ne parle pas, je trace. J’ai l’impression que mes jambes faiblissent, tremblent, que mes genoux travaillent trop, que ma colonne vertébrale n’apprécie pas ce que je lui fait faire. Le mental, tout est dans le mental.

Allez Elise, remet un pansement, serre les dents, on arrive !

On retrouve Nezka, rencontrée en Irlande durant mon séjour en temps qu’au pair. Cela fait deux ans que l’on ne s’était pas vu, en Irlande on n’avait jamais passé trop de temps ensemble, mais le courant passe très bien, cette fille est géniale !

Nezka… Elle a l’air d’une enfant dans sa petite chemise rose boutonnée, d’une enfant bien sage, posée, tranquille. Mais elle a de la force, du courage et de la volonté. Une grande intelligence aussi. Elle s’intéresse à plein de choses. Elle partira cet été toute seule, voyager en train vers l’Europe du nord et de l’ouest. Nous n’aurons malheureusement pas l’occasion de nous croiser.

Un petit extrait de ses pensées : « At the moment I don't want to go in a relationship yet because maybe I enjoy too much my single life but I leave all paths open. Sometimes I still get very lonely and it is then that I start to think about boys seriously or at least daydreaming which is my favourite habit:) I don't have problems with that, I learnt to make difference between dreams that are just dreams and dreams that may come true one day and are the thing for which is worth living. And isn't life all about that??:) For myself I wish to live happy life, to be myself as much as I can and find some occupation which would satisfy me.

J’aime sa façon de penser…

On dépose nos sacs dans sa chambre étudiante, avec 3 lits, on prend une bonne douche (cela faisait 6 jours que l’on en avait pas pris, on commençait à vraiment puer !!), on lave nos vêtements : ouah, ça fait du bien !

Enfin propres, rafraîchies, on part dîner puis visiter la forteresse qui domine Ljubljana. La nuit tombe, les lucioles brillent, de la musique classique est jouée dans le centre ville : elle provient d’un ballet joué en plein air. On va y faire un tour, c’est le lac des cygnes de Tchaïkovski. Les ballerines dansent superbement bien, les gens regardent, de tout âges, de tous milieux, ce spectacle plein air est une superbe idée : peu de gens auraient l’idée ou l’argent pour aller voir un ballet et là cela permet de faire partager cette culture avec tout le monde.

A la fin du spectacle on part à Mételkova, un squat en plein cœur de Ljubljana, dont certains bâtiments ont maintenant un statut légal. Centre culturel indépendant où se retrouvent plusieurs groupes et associations, où se déroulent des concerts, des événements festifs et culturels, c’est énorme, grandiose. Elise et moi ayant fréquenté un peu les squats de Clermont, on est impressionnées par celui-ci, par sa taille et son organisation.

On assiste à deux concerts, buvons quelques bières puis crevées allons nous coucher, dans un bon lit moelleux !

Jeudi 18 Juin 2009 : C’est reparti, pour Maribor

Dur réveil après cette bonne nuit ! On traînasse au lit, finissons par nous lever, on visite un peu Ljubljana. Cette ville m’enchante, il y a l’air de s’y passer plein de trucs, une ville étudiante qui bouge bien…enfin d’un coté c’est la capitale, c’est normal !

J’aimerais rester plus longtemps, Nezka est adorable, et j’en ai un peu marre de bouger tous les jours, c’est fatigant, j’ai l’impression de tout survoler…surtout en Slovénie, on a vraiment fait du stop tous les jours !…mais non c’est reparti, Blanka nous attend à Maribor ! Blanka, c’est ma petite slovène, rencontrée en Irlande elle aussi. Ma meilleur amie pendant mes premiers mois comme au pair, quand je ne parlais pas encore bien anglais. C’est elle qui a eu la patience de m’écouter alors que je ne pouvais pas aligner trois mots sans fautes, on passait tous nos week end ensemble, on est allées a Dublin, on a visité Cork en long en large et en travers pendant les longues après midi pluvieuses d’hiver…bref, elle m’a manqué, mais je me demande si le courant passera aussi bien cette fois-ci…

On prend un bus pour sortir de la ville, et nous retrouvons dans un carrefour juste avant l’autoroute pour Maribor, l’endroit pas tip top pour que les voitures s’arrêtent mais on a désormais un dicton d’auto-stoppeur « si les voitures veulent vraiment s’arrêter, elles le pourront toujours ! »

Une dame nous prend, ne parlant ni anglais ni allemand. On ne parle pas, mais des fois ça fait du bien de ne pas être obligées de faire la conversation…conversation d’ailleurs assez souvent superflu avec les gens qui nous prennent en stop, entre autre à cause de la barrière de la langue. On en a un peu marre de répéter tout le temps la même chose : on est étudiantes, moi en biologie, Elise va reprendre les études en septembre pour apprendre le français aux étrangers, on va jusqu’en Moldavie, 5 semaines, on habite à Clermont Ferrand, non, pas Paris, Clermont c’est plus au sud de Paris, juste in the middle of France, les pneus Michelin, vous connaissez ??

On a pensé à s’inventer une nouvelle vie, mais en fait on ne l’a jamais fait, peut être car on se dit que les gens qui nous prennent en stop ont le droit de savoir qui on est…encore que l’on trouve que juste parler de nos études c’est vachement réducteur pour connaître une personne…

Bref, la dame nous dépose directement à la gare de Maribor où l’on retrouve Blanka et son copain Marko. On va manger dans un resto mexicain puis manger une glace énorme !! Comme d’habitude je m’en mets partout et suis obligée d’aller me laver dans un bassin. Un jour, peut être, j’arriverais à manger une glace correctement…

On grimpe au sommet d’une colline pour avoir une vue d’ensemble de Maribor, on est devenues accro des points de vue avec Elise !

On rentre, discutons sur le balcon de choses et d’autres, de la Slovénie, des études, des voyages…

Vendredi 19 Juin 2009 : Une ville médiévale, des bières, une fiente de pigeon…mais pas de danse !

Petite grasse mat’, gros petit déj’, puis promenade dans Maribor et à la station de ski la plus proche où se déroule en ce moment même la coupe du monde de Mountain bike ! On assiste à l’entraînement, il fait une chaleur à mourir, on ne s’attarde pas trop.

On part dans l’après midi vers Ptuj. Aux revoirs à Blanka mais au final on a un peu hâte de partir…Blanka fait des études de médecine qui lui prennent beaucoup de temps et on sentait que le temps qu’elle passait avec nous était du temps en moins pour réviser et que ça la stressait un peu. Et puis la situation n’étant pas la même qu’en Irlande et ayant changées toutes les deux on avait moins de choses à se dire. Néanmoins j’étais bien contente de la revoir !

Ptuj est une petite ville médiévale plein de charme, des ruelles pavées, des maisons anciennes aux façades colorées, des parcs, la rivière, un château qui domine le tout. Le soir on assiste à un spectacle de jonglage et de musique orientale à la terrasse d’un bar. Je me fais chié dessus par un pigeon. Super, comme si j’avais des tonnes de fringues pour me changer…

On boit quelques bières, on a envie de danser, de discuter avec les jeunes du bar qui ont l’air bien sympa, mais on n’ose pas, on préférerait que ce soient eux qui viennent vers nous, mais faut pas rêver…comme personne ne danse on reste assises nous aussi, c’est un peu dommage.

Il est tard, on va récupérer la tente laissée dans des buissons dans le parc d’un monastère, parc où on avait prévu de passer la nuit. Mais il s’avère que ce parc est le lieu de rendez vous de tous les jeunes de la ville pour boire et fumer la nuit. Après avoir avalé rapidement un bout de pain à la lueur d’un réverbère, on part à la recherche d’un autre endroit où dormir.

Ce n’est pas facile, c’est soit trop visible, soit trop pentu… Elise planterait bien la tente n’importe où, dans des parcs à la vue de tous le monde, vers des lotissements, moi j’insiste pour que l’on se cache un peu plus. On finit par trouver une étendue d’herbe avec des arbres assez gros pour se cacher derrière et montons la tente à la lueur de ma petite lampe frontale.

Samedi 20 Juin 2009: bouillottes improvisées en Croatie

Réveil sous la pluie. La température a bien chuté, le moral aussi. On est déjà trempées à peine la tente pliée. Elise qui n’a que des grosses chaussures de marche et des sandales en cuir cassées, qu’elle s’est (enfin) décidée à jeter, voudrait trouver une autre paire de sandales. Shopping donc, elle finit par trouver des tongs en plastique, qu’elle ne mettra au final pas souvent car elles lui arrachent la peau des pieds !

Le stop sous la pluie….c’est jamais très agréable, mais là en plus on veut traverser la frontière avec la Croatie, et les frontières c’est toujours pénible à traverser !

On est trempées, gelées, on grelotte, personne ne s’arrête, d’un coté on dégouline tellement que je comprends que les gens soient réticents à nous voir grimper dans leur voiture !

J’ai perdu la housse étanche de mon sac, j’en fabrique une avec un sac poubelle, j’aimerai bien pouvoir m’enrober moi aussi dans des sacs poubelles !

Une dame nous amène à quelques kilomètres plus loin, à un rond point, on attend encore longtemps, puis deux jeunes nous font passer la frontière ! Nous voilà en Croatie mais on a tellement froid que l’on ne se réjouit même pas. Ils nous laissent juste après la douane, nous nous allons à Zagreb mais eux partent dans une autre direction…snif !

Ils nous offrent un parapluie, au moins on pourra se protéger un peu. C’est gentil….

Bon il y a des centaines de voitures qui passent par là, la plupart doivent aller jusqu’à Zagreb, on se dit que dans cinq minutes on sera au chaud dans une voiture ! Tu parles…les gens partent en vacances, les voitures sont blindées, personne ne s’arrête.

Attente interminable, je ne sens plus mes pieds, on ressemble à de vieilles serpillières dégoulinantes, notre carton « Zagreb » tombe en loque, se déchire…on est pathétiques ! Allez les gens, ayez pitié ! Merde ! Il y a des toilettes à la douane, on remplit nos bouteilles d’eau chaudes pour se faire des bouillottes, petit réconfort…

Mais malgré le froid et le découragement je ne donnerais ma place pour rien au monde, je ne voudrais être nulle part ailleurs. C’est ça que j’aime dans les voyages : on a faim, on a froid, on est malades, mais au moins on se sent libres, vivantes, et puis les galères c’est éphémère, et quel bonheur une fois que l’on s’en sort ! Car comme d’habitude on finit par tomber sur un ange gardien, Tina, qui téléphone même à nos hôtes de Zagreb et arrange un rendez vous. C’est ainsi que l’on retrouve Maya et son copain Zoran, qui nous conduisent chez eux, et nous laissent l’appart pour l’après-midi, eux ressortent. Douche chaude !!!!!!!

Maya est une fille pleine de vie, qui ne se sent chez elle nulle part. D’origine serbe elle ne se sent pas serbe pour autant, encore moins croate, elle déteste Zagreb, rêve d’autres horizons. Elle critique avec beaucoup d’humour la musique folk d’ex-Yougoslavie, où les jeunes dansent en boite les bras levés comme si ils étendaient du linge…ben moi j’aime bien cette musique !

Maya et Zoran nous font découvrir Zagreb by night, on va boire des bières dans un bar, Johnny Cash en fond. L’attente sous la pluie de cette après midi est totalement oublié, mes pieds sont au sec, je les ai enrobé de sacs plastiques.

Dimanche 21 Juin 2009 : Une fête de la musique…déconcertante

Bien dormi ! Zoran nous prépare un bon petit déjeuner, œufs, fromage, tomates, pain. On s’habitue aux petits déj salés, en fait c’est carrément bon !

Comme Maya part cette après midi en Allemagne elle ne peut pas nous héberger ce soir, on va donc chez un autre contact, Igor. Il part bosser mais nous laisse les clés de son appart, on y dépose nos sacs. C’est super gentil et juste ce que l’on voulait. Certains hôtes veulent des fois absolument tout faire avec nous, nous faire visiter, nous offrir à boire, et c’est parfois assez pesant. Aujourd’hui, on a juste envie de se balader tranquillement dans Zagreb et donc cette solution est parfaite !

On a envie de profiter de Zagreb, de passer une bonne soirée, peut être y a-t-il même des concerts, après tout c’est la fête de la musique en France ! Mais on déchante vite. On est dimanche, tout est fermé. On a presque plus d’argent croate, toutes les banques sont fermées, les magasins aussi. Il fait gris, il pleuviote, on tourne en rond dans la ville, on n’a pas d’argent pour manger, pour boire un café. Le moral n’est pas bien haut…notre plus longue rencontre avec un croate est de 3 minutes chrono, il nous demande si on « enjoy Zagreb ». Bof bof…

Enfin c’est ça aussi les voyages : des hauts, des bas, la fatigue, des coups de blues…toute l’énergie dépensée en Slovénie, à être à mille à l’heure tout le temps se fait sentir, on se sent épuisées, vidées. Mais je voudrais quand même danser, faire la fête, que cette journée vide se termine bien…mais il n’y a vraiment pas un chat dans cette ville, à part quelques touristes qui prennent en photo l’église dont nous squattons les marches, affalées. On chante sur le parvis de l’église, on fait notre propre fête de la musique, peut être nos voix séduiront un gentil croate…même pas ! Snif !

On erre dans Zagreb pour trouver un resto qui accepte les euros, on finit par aller dans un resto chinois. Nouilles et riz, cela faisait longtemps et ça fait du bien ! Il y a un feu d’artifices ce soir, assez tard, Elise serait relativement motivée pour y aller, moi je suis claquée, j’en ai marre…On décide de rentrer, un peu dépitées par cette journée.

Lundi 22 Juin 2009: il pleut, il pleut, bergère…

Le ciel est nuageux mais il ne pleut pas encore, on part rapidement, Igor dort encore. On s’en va comme des voleuses, en lui laissant les clés et un petit mot de remerciement.

Pas facile de sortir des grandes villes ! On prend le tram sur quelques arrêts, on marche un peu et on se retrouve à la sortie d’un rond-point, sur une trois voies : ce n’est vraiment pas le meilleur endroit pour faire du stop mais on ne voit pas trop où on pourrait aller !! Ne reste plus qu’à espérer qu’on ne provoque pas un accident !

Une voiture de police s’arrête à notre hauteur, contrôle des passeports…un rapide coup d’œil, quelques questions puis ils repartent aussi vite qu’ils étaient arrivés. Bizarre…ms au moins on a maintenant la certitude que les voitures peuvent s’arrêter si elles le veulent !!

Nos pronostiques en stop ne sont absolument jamais vérifiés : dans les endroits où les voitures peuvent s’arrêter facilement et où on pense que l’on va attendre 10 minutes maxi on peut parfois attendre des heures, et inversement quand on se retrouve dans des endroits pas possibles on attend parfois pas tant que ça…une voiture nous prend donc assez rapidement, c’est un jeune couple qui nous avaient vus mais n’avaient pas eu le temps de s’arrêter et qui ont donc fait demi tour exprès !

La femme a apparemment fait beaucoup de stop dans sa jeunesse. Elle sait ce que c’est…

Ils nous déposent à Karlovac, il pleut maintenant franchement.

On arrive à Slunj avec un vieux monsieur qui parle fort, on arrive à se comprendre avec nos quelques mots respectifs d’allemand.

La région de Karlovac était en première ligne pendant la guerre, les maisons ont gardé les traces des impacts des balles et les champs sont minés. A partir de ce monsieur, toutes les personnes que l’on croisera nous parleront de la guerre, cette putain de guerre qui est encore si présente, physiquement et moralement. On en prend un coup, on rentre dans la réalité. Le fait que l’on ne comprenne pas grand-chose à part « Krieg, War, Mines, Tot » rend ses mots encore plus fort. Lui était un ancien soldat, il sait de quoi il parle…

Comme on lui a expliqué qu’on voulait aller a Plitvice, endroit incontournable en Croatie, une succession de lacs et de cascades, mais qu’on était pas sures de faire la visite par cause de mauvais temps, il nous amène voir les cascades de Slunj, en répétant « Little Plitvice, little Plitvice ». Bon c’est vrai que c’est joli, ces little Plitvice !

On se balade dans Slunj, pic nique sous le toit d’un gymnase (il pleut toujours…), on longe une rivière en compagnie d’un petit chiot très affectif, qui nous suit partout. On le baptisera Slunj (original). On grimpe vers les ruines d’un château, château où Napoléon passait ses vacances ! Mais on n’est pas très rassurées, on s’est mis en tête qu’il y a avait des mines partout alors on ne préfère pas s’éloigner trop des sentiers !

Après un bon chocolat chaud dans le bar où on avait laissé nos affaires, on se motive, allez, c’est reparti, sous la pluie, oui, il faut y aller, courage, ouh c’est dur, allez, hop ça y est, on est dehors, ah, il fait froid !!!

Sous le regard amusé de l’épicier du coin on attend sous une petite pluie fine en dansant et en exécutant des pas de danse pour se réchauffer. Alors que j’étais en plein dans une Mazurka une voiture rouge s’arrêtent et en sortent deux hommes, la cinquantaine, barbus, genre sortant de la campagne. Je ne suis pas très rassurée, ils ont l’air un peu louches, il n’y a pas de porte à l’arrière et le fait qu’ils sortent une tronçonneuse de la voiture pour la mettre dans le coffre ne me met pas plus en confiance ! « Fur arbeit, fur arbeit », nous assurent-ils devant nos airs effrayés. Bon allez courage, on monte dans la voiture, il ne va rien nous arriver, on ne se fera pas couper en petit morceau !

Et oui on arrive vivantes et entières au parc de Plitvice, refusant l’invitation à dormir chez un des gars : non non, on préfère dormir dehors sous la tente, oui, même si il fait sacrement froid et qu’il pleut !!

Il est déjà 19 heures, la nuit tombe tôt aussi, on va dans la forêt, débroussaillons le terrain autant que possible à l’opinel et plantons la tente. La nuit va être froide, mes pieds sont déjà gelés, pourtant je les avait bien enrobés de sacs plastiques ce matin pour les préserver de l’humidité mais ça ne fait pas tout !

Elise essaye d’aller récupérer du carton pour dormir aux petits vendeurs à l’entrée du parc, sans succès.

On passe la soirée à écouter de la musique et la pluie tambouriner sur la toile de la tente.

Mardi 23 Juin 2009 : La guerre….

On le répétera jamais assez : la pluie, ça mouille…

Et comme il pleut et qu’on ne veut pas être mouillées, on feignasse sous la tente une bonne partie de la matinée. On abandonne l’idée de visiter les chutes de Plitvice, sous la pluie ça ne vaut pas vraiment le coup ! Du coup, direction Bosnie directement !

Au bord de la route, le pouce tendu, on regarde les touristes défiler dans leur K-way colorés, décidés malgré la pluie à visiter le site. Pour se donner du courage on mange de la tapenade qu’Elise transporte depuis la France, avec le pain tout ramolli par la pluie. Miam, les olives ça me fait penser au sud, au soleil…au soleil…allez le soleil, quoi ! Mais le soleil ! Enfin ! Revient quoi !! Soleiiillllllll !!!

Elise essaye de m’apprendre comment courir sur un mur, je lui apprends la chanson « Dans sa maison un grand cerf ». Ah, l’échange de savoir et de culture en voyage !!

Alors qu’on commence à en avoir marre d’attendre et qu’on se dit qu’on serait aussi vite à la frontière à pied, une voiture s’arrête. C’est un instit de Slunj, très gentil. Lui aussi nous parle beaucoup de la guerre…

On apprend que la frontière est à plus de trente kilomètres. Ah…ben à pied on était pas près d’arriver alors ! Il nous amène à une dizaine de kilomètres et l’attente recommence, toujours avec notre tapenade, mais le pot se vide dangereusement !

Un ancien militaire nous fait traverser la frontière. Contrôle des passeports, et nous voilà en Bosnie ! Ouais !!

Arrivés à Bihac, ce chouette monsieur nous paye un thé, bien chaud, ça revigore. La communication est assez limitée, mais un thé, ça fait toujours plaisir !

Le centre de Bihac est assez petit, gris, l’église (appelée Big Ben) est en partie détruite, la mosquée est en piteux état. On se promène un peu, appelons Dolorès, qui doit nous accueillir ce soir, et en l’attendant allons boire un chocolat chaud dans un bar. Il n’y a que nous avec le barman, du coup on fait connaissance. On discute bien, lui était gosse pendant la guerre, l’âge où il aurait dû s’amuser. Il nous explique comment c’était, il nous parle des colis qu’il recevait d’Europe, les fameux colis de denrées non périssables qu’on emmenait à l’école.

Pour moi ça a toujours été assez flou, la guerre, les relations entre serbes, bosniaques et croates, le massacre de Srebrenica, les casques bleus…Mais d’entendre les gens en parler, encore marqués, sous le choc, ça donne un tout autre sens à ce que l’on a pu apprendre à l’école. J’ai envie de mieux me renseigner, envie de comprendre l’histoire des Balkans, envie de comprendre pourquoi les gens s’entretuent à cause d’une histoire de religion, mais ça, je crois que je ne pourrais jamais le comprendre…

On rejoint Dolorès dans la soirée ainsi que Nathan, son prof d’anglais, un jeune américain qui enseigne depuis plus de deux ans maintenant à bihac. Dolorès est en fait dans l’incapacité de nous héberger ce soir, mais Nathan nous propose de squatter son canapé.

Ils sont bien sympa tous les deux mais ils sont de toute évidence attirés l’un par l’autre, on croirait assister à un premier rendez vous entre amoureux, je leur donne pas longtemps pour finir ensemble ! On se sent un peu de trop avec Elise…

On va manger dans un resto, puis direction l’appart à Nathan, c’est cool, je n’avais pas envie de planter la tente dehors par ce temps !

Mercredi 24 Juin 2009 : camping onéreux = tu trouvera mille fois mieux !

Réveillées par les bruits des travaux dans l’immeuble. Nathan est déjà parti au boulot. On le retrouve avec Dolorès à midi pour boire un coup.

La pluie s’est arrêtée, il y a encore des nuages mais ils laissent entrevoir le ciel bleu et passer quelques rayons de soleil, ce qui n’était pas arrivé depuis plusieurs jours !

On n’a vraiment pas envie de rester enfermées dans un bar, surtout que Nathan et Dolorès parlent encore principalement entre eux. On les quitte donc assez vite et partons se balader sur les bords de la rivière Una. Cette promenade est malheureusement assez rapidement raccourcie car le petit sentier qui longe la rivière s’arrête d’un coup et les berges deviennent impraticables. Dur de trouver des chemins de rando dans ce pays ! Ce n’est vraiment pas un sport pratiqué, contrairement en France où l’on trouve des chemins de rando un peu partout. Mais ça se comprend, pour nous les balades sont un moyen de s’aérer alors que l’on est en permanence à l’intérieur, de faire du sport alors que l’on est trop souvent assis. Mais dans ces pays, les gens n’ont pas besoin de s’aérer, de faire du sport pour le plaisir, passant déjà une majeur partie de leur temps à travailler à l’extérieur, dans les champs ou autres. Alors, quelle utilité d’aller marcher juste pour le plaisir ??

On s’arrête sur les rives pour pique niquer, on se fait vite rejoindre par deux gars. L’un genre skinhead assez terrifiant, l’autre qui parle anglais « my friend, who is very ugly (sympa pour son pote…) but who he is a good guy, is really hungry and would like a sandwich”

Elise se prépare donc à lui faire un sandwich mais il se jette littéralement sans attendre sur notre pain et notre saucisson, engloutissant le tout à une vitesse incroyable.

Ils sont vraiment bizarres, pas très rassurants, nous font des recommandations « Attention, les Balkans, c’est pas l’Europe, c’est dangereux pour des filles seules… »

Ils restent un moment, on finit par leur dire qu’on voudrait continuer à se balader, mais seules.

Le skinhead m’offre en cadeau sa boucle d’oreille, plastique imitation diamant. C’est trop touchant, mais vraiment, ce n’était pas la peine !!

Je ne sais pas trop quoi penser de toutes ces recommandations. Depuis que l’on a quitté l’Autriche les gens nous préviennent : attention, en Suisse et en Autriche il n’y avait pas de dangers mais après…

Ce qui nous fait rire c’est que les gens rencontrés dans chaque pays nous disent que dans le leur il n’y a pas de danger mais que ensuite par contre…

En Slovénie : « la Slovénie, ça va, pas de danger, c’est l’Europe, mais à partir de la Croatie, attention ! »

En Croatie : « Ici, il n’y a pas de problèmes, mais attention dans les Balkans, et puis la Roumanie, houlà, c’est dangereux ! »

En Bosnie : ah ben non, là, même leur propre pays ils le qualifient de dangereux. C’est pas très rassurant mais on n’est bien décidés à ne pas se laisser impressionner par toutes ces recommandations, on a eu de la chance jusque là, et on a pas l’impression de se mettre en danger, je ne crois pas que ce soit plus dangereux de faire du stop dans les Balkans qu’en France !

Pour ce soir, Dolorès, qui ne peut toujours pas nous accueillir chez elle, nous a conseillé un camping, à la sortie de Bihac. Il va vous plaire nous assure t’elle, la rivière n’est pas loin, c’est très calme, dans la nature…ah oui, ça c’est sur, le camping est sympa, le prix l’est moins lui par contre : 16 euros par personne ! Pour un bout d’herbe !! Ah non, vraiment, merci bien !

On se débrouillera autrement…

Ici, ce n’est plus la Slovénie, le risque de sauter sur une mine nous retient d’aller planter la tente n’importe où. On avise le village le plus proche, on demandera aux gens si on peut planter la tente dans leur jardin. Ce n’est pas si facile d’expliquer ce qu’on veut ! A force de gestes, d’explications, de sourires, de mise à contribution de la petite voisine qui bredouille quelques mots d’anglais, une famille nous invite à prendre le café, et accepte de nous prêter leur jardin.

Cette famille est formidable : la mère est adorable, elle a deux enfants, l’un de 26 avec sa copine, l’autre de 12 ans. Le père rentre plus tard du travail. La mère nous expliquera qu’il porte une prothèse, ayant sauté sur une mine.

On passe la soirée avec eux, sur leur terrasse, enchaînant les cafés turcs et le jus de cerise fait maison. Miam ! Le café turc…on est devenues accro avec Elise avant la fin du voyage !

La communication n’est pas facile cependant chacun y met du sien, essaye d’expliquer des choses, mime, et ainsi on arrive à se comprendre.

Plusieurs fois, la mère nous demande si on n’aura pas froid cette nuit et nous assure que l’on peut dormir chez eux si on veut. Toute la famille s’entasse déjà dans une seule pièce, c’est vraiment gentil de nous proposer cela. Mais on préfère notre tente.

Au bout d’un moment, la mère nous propose d’aller faire un tour. On s’entasse donc tous dans la vieille voiture, en direction de Bihac, où il y a la fête foraine. On passe une bonne soirée, glaces, pop-corn, et retournons nous coucher.

Jeudi 25 Juin 2009: Here, we’re like in jail!

Dernier café et hop c’est parti ! Nous repartons à pied vers Bihac : c’est long, la tente pèse lourd…

On fait du stop jusqu’à Banja Luka où l’on arrive assez rapidement. Le stop se pratique vraiment bien en Bosnie, pour la première fois, nous voyons d’autres auto-stoppeurs, pas des voyageurs comme nous, mais des grands-mères, des mères de familles qui rentrent du marché, des hommes qui vont au boulot. Tous attendent sur le bord de la route, c’est limite si on ne forme pas une file d’attente ! Au début ça nous inquiétait un peu : beaucoup de concurrence, c’est pas bon ! Mais au final ça fait du bien de voir que l’on est pas les seules, on fait moins l’animation dans le village, et puis les voitures s’arrêtent et au final on part tous assez vite !

Au fil des kilomètres on longe la rivière Una, traversons plusieurs villages. Des maisons sont entièrement détruites, d’autres reconstruites, d’autres en construction : les murs rouges briques, les façades pas encore peintes, des traces d’impacts de balles encore présentes.

Ca fait froid dans le dos…

Bientôt, les églises orthodoxes aux toits brillants et arrondis succèdent aux mosquées dont les minarets s’élançaient vers le ciel nuageux. On rentre dans la république serbe de Bosnie.

Dans les rues, les panneaux d’indications sont écrits en cyrillique. On a l’impression de changer de pays !

On a fait la connaissance de deux jeunes profs, dans la dernière voiture qui nous a pris.

Très sympa, ils nous expliquent le fonctionnement et la politique de la Bosnie, et le déroulement de la guerre. Pas facile à comprendre…la Bosnie est constituée de deux entités, la Fédération de Bosnie et Herzégovine à majorité musulmane (bosniaque) et catholique (croate) et la République serbe de Bosnie à majorité orthodoxe (serbe).

Chaque communauté est représentée par un président. (Ça doit être la foire là haut au gouvernement…)

Leur rêve, que la Bosnie rentre dans l’Union Européenne.

On s’étonne : pourquoi cela ? Si la Bosnie entre dans l’UE, cela induirait une hausse des prix non ? Quel bénéfice pourraient-ils en tirer ?

Sans hésitations ils nous répondent qu’ils pourraient voyager, comme nous. Là, il leur faut un VISA, c’est trop compliqué. Ils concluent : ici, on est comme en prison !!

Comme quoi, la liberté n’a pas de prix !

Mais comme on nous l’avait déjà expliqué en Croatie, la Bosnie et la Croatie attendent que la Serbie entre en premier dans l’Union européenne. Ensuite, peut être, ils pourront suivre…Ah, moi j’aurais pensé que la Croatie serait la première, mais apparemment ils sont tous d’accord sur ce point : la Serbie rentrera d’abord…

Banja Luka : belle ville, les toits étincelants des églises orthodoxes, les inscriptions en cyrilliques, la grande place où des gens vendent des petits chiens en peluche qui aboient, des hommes qui jouent à un échiquier géant à quelques rues de là, un vieux château en ruine…

On téléphone à Daniel, qui nous accueillera ce soir et décidons de profiter de cette après-midi pour aller nous baigner : Elise avait noté qu’il y a un aquaparc pas chère et on a bien envie de profiter du soleil ! Let’s go ! Mais en fait d’aquaparc où on s’imaginait des toboggans, des jacuzzis, c’est une piscine tout ce qu’il y a de plus simple, à un détail près : l’eau est gelée !!

Cependant cela fait du bien !

On traîne et devons retraverser la ville en courant pour récupérer avant la fermeture nos sacs laissés dans l’office de tourisme, et retrouver Daniel. Elise en tong décide de les enlever pour aller plus vite et patauge dans les flaques pieds nus ce qui lui vaut quelques regards surpris…

Daniel est un jeune hollandais qui fait un service volontaire ici à Banja Luka ; il aide à organiser le projet écotopia bike tour 2009, une rando à vélo à travers les Balkans de deux mois, avec des actions militantes écologiques. Beau projet !

Il est super sympa, drôle, mais qu’est ce qu’il parle vite !!

J’ai du mal à suivre…

On dépose nos sacs chez lui, cueillons des cerises dans son jardin et repartons assister au vernissage d’un célèbre peintre serbe. Champagne, petits fours…je crois que je suis « a little bit drunk » !

On va manger dans un resto avec d’autres étrangers qui habitent à Banja Luka ou qui sont juste de passage, comme nous. Plein de nationalités se mélangent, on parle anglais, français, allemand, bosniaque…ce mélange rappelle à Elise les soirées entre volontaires en Moldavie, moi l’Irlande et mes précédents voyages.

Vendredi 26 Juin 2009: Banja Luka

On se réveille avec Marcha, la colocataire de Daniel, hollandaise elle aussi et qui bosse sur le même projet. Un café, quelques biscuits et nous partons avec Elise visiter la ville. On rentre dans quelques églises orthodoxes : de l’or partout, de gigantesques peintures murales très colorées, ça brille, on est loin de nos églises catholiques !

On retrouve Daniel pour manger qui nous annonce une bien triste nouvelle (mode ironique) : Michael Jackson est mort. Mon dieu, journée de deuil international, au moins !! C’est la seule nouvelle de l’extérieur que l’on aura durant notre voyage. Des fois on se dit qu’il pourrait y avoir une troisième guerre mondiale on ne serait même pas au courant… mais de la mort de Michael Jackson, si !

On devait se balader avec Ugi, un bosniaque rencontré hier soir mais un imprévu l’empêche de venir, on se baladera donc seules avec Elise, au bord de la rivière Vrbas qui traverse la ville. Enfin au bord….on est en Bosnie, donc pas de sentiers de rando aménagés, on est souvent obligées de retourner marcher sur la route ou de passer à travers des buissons…

On rencontre Mirza, sur son Dajak. Passionné, amoureux de cette ville, et surtout de cette rivière, il fait du Dajak depuis qu’il est tout petit, et retourne ici chaque vacances pour « nettoyer son corps et son esprit » en transpirant sur son Dajak. Un Dajak, c’est un bateau très allongé, genre pirogue, sur lequel on avance en se propulsant à l’aide d’un long bateau qui se plante sur le fond de la rivière. Bateau endémique de Banja Luka, nous explique-t’il : il n’y a qu’ici où se mode de propulsion se fait sur de l’eau vive.

Il nous propose de faire un petit tour : ah ben ouais, pourquoi pas !

On se met d’accord sur un rendez vous pour demain, il veut nous faire remonter la rivière jusqu’aux sources chaudes un peu en amont, où on pourra se baigner.

On mange avec Daniel, le soir il y a un concert d’une célèbre chanteuse serbe dans le château de Banja Luka. Tous les jeunes (et nous aussi) qui n’ont pas pu se payer le billet d’entrée se massent à l’extérieur du château, d’où l’on entend parfaitement la voix de la chanteuse. C’est comme un concert en plein air en fait ! Même la pluie ne les empêche pas de chanter en chœur les paroles.

Je ne suis pas en forme, un petit coup de blues…je réfléchi au pourquoi du voyage, et au fait de voyager seule ou à deux. Même si j’adore voyager avec Elise, je crois que je préfère les voyages où je suis seule. J’ai tendance à m’effacer quand je suis dans un groupe, même de trois personnes. Je me mets naturellement à l’écart. Ca ne me dérange pas, j’observe, j’écoute les conversations. Je parle assez peu. Mais en voyage, j’aime rencontrer de nouvelles personnes, échanger, et quand je suis seule je ne peux pas me permettre d’être en retrait, je sors de ma réserve, je suis une autre personne, je me découvre. Là, avec Elise qui a le contact plus facile que moi, je la laisse mener la conversation, je me retranche et je n’aime pas ça. Un peu d’égoïsme sans doute, je voudrais les gens rien que pour moi…

Samedi 27 Juin 2009 : voilà pourquoi j’aime les voyages !

On passe la matinée avec Daniel et Marcha à boire du café, à manger la tarte aux cerises qu’Elise a gentiment préparé en se levant une heure plus tôt que tout le monde, et à faire des acrobaties dans le jardin (on monte chacune notre tour debout sur les épaules de Daniel, c’est la première fois que je fais ça, c’est géant comme sensation ! Petit jonglage avec des pommes en plus, toujours sur ses épaules…papapapalalapapa , voilà le cirque de Banja Luka !)

Il est l’heure de partir, on a déjà repoussé le rendez- vous avec Mirza, faut pas abuser non plus…durs adieux pour Elise qui s’était bien accrochée à ce petit Daniel !

Mirza est venu avec un de ses copains, Elise n’est pas très confiante, moi je le sens bien. Ils nous proposent de laisser toutes nos affaires dans leur voiture, nos papiers aussi, il y a un risque qu’ils prennent l’eau sur le Dajak. On ne sait pas trop quoi faire, laisser nos papiers dans la voiture d’un inconnu c’est pas hyper prudent…au final on les prendra sur nous, dans des sacs plastiques, contre l’avis de Mirza qui ne veut en aucun cas être responsable si nos passeports prennent l’eau.

Avant de partir on avait laissé son numéro à Daniel, et nous avons appris le numéro de Daniel par cœur : on est jamais trop prudentes…

On remonte le courant sur le Dajak, Elise est à l’avant, Mirza à l’arrière qui peine un peu : transporter quatre personnes, ce n’est pas rien ! On passe quelques rapides, le Dajak se remplit d’eau, on écope avec des éponges.

Un héron nous précède, s’envolant quelques mètres plus loin au fur et à mesure que nous nous approchons, des poissons font des bonds dans l’eau, on se laisse transporter, c’est magique !

Le ciel se couvre, c’est commun en Bosnie : on a toujours le droit à une averse, voire un gros orage à 14-15 heures. Il pleut, c’est énorme cette sensation...on est en train de voguer sur une rivière, en Bosnie, sous la pluie ! On chante pour encourager Mirza. Petite pause sous un balcon, en attendant que l’averse passe, Mirza nous offre du chocolat et du coca cola…

Le soleil revient, on repart et on atteint assez vite les sources chaudes, qui sont les bienvenues car on n’avait pas si chaud que ça ! (Sauf Mirza, bien sur, le seul qui a fait du sport !)

On se baigne toutes habillées dans ces petites piscines où l’eau avoisine les 30°C, ce qui étonne Mirza mais pas question de se mettre en maillot, on est toujours un peu parano, on ne veut pas attiser les convoitises…

Il plaisante, il pourrait nous vendre, en tirerait un bon prix, on est jeunes, nos reins sont en bon état (sauf ceux d’Elise qui n’arrête pas d’aller faire pipi…). Mais enfin arrêtez avec ces histoires ! Ca nous fait pas vraiment rire, le pire c’est que ça dévoile une triste vérité : le trafic d’organes, ça existe bien, et ça a bien marqué les gens ici, pour qu’ils en parlent sans arrêt…en France, un gars qui veut plaisanter dirait « je pourrais vous violer », mais il ne penserait pas au trafic d’organe ! Ici apparemment, c’est monnaie courante…

Enfin bref, Elise lui dit d’arrêter de plaisanter avec ça, déjà qu’on n’est pas toujours rassurées, ce n’est pas la peine d’en rajouter une couche ! Il arrête, s’excuse, et nous explique que si il voulait vraiment le faire il n’en plaisanterait pas…n’empêche ! c’est pas drôle !

On parle d’autre chose, il nous raconte son enfance, quand ils ont fuit en Croatie sous l’occupation serbe, son père se faisant pousser la barbe et se vieillissant pour se faire passer pour le grand père mort quelques années auparavant afin de passer la frontière incognito.

Il a dû quitter sa chère Vrbas, son Dajak, les sources d’eau chaudes où il venait se baigner en plein hiver alors que tout était recouvert par la neige…

On commence à avoir froid et Elise et moi voulons reprendre la route ce soir, nous repartons donc. Le retour est bien plus rapide, on file sur la rivière, entraînés par le courant. Les hérons, canards et bergeronnettes s’envolent de tout cotés. Le soleil a encore disparu derrière les nuages, j’ai froid, je claque des dents, mais je suis heureuse. Mirza et son ami nous chantent des chansons traditionnelles bosniaques, avec la voix qui tremble et tout, c’est trop beau et romantique ! La situation est assez irréelle !

On va se changer chez Mirza, qui nous assomme de recommandations : vraiment la Bosnie, la Serbie, la Roumanie, c’est dangereux, surtout pour deux jeunes filles. Il veut que l’on reste cette nuit à Banja Luka pour que son ami nous amène demain à Sarajevo. Mais non, nous on veut partir ce soir. C’est sur, ces recommandations perpétuelles nous font un peu peur, mais après tout, est-ce si dangereux ?

Il finit par nous laisser partir quand même, après tout il nous aura mis en garde, il ne peut pas nous empêcher de partir, mais il nous laisse quand même le numéro d’un de ses amis à Sarajevo, si jamais on a un problème.

Très vite, un vieux monsieur nous prend. La vallée de la Vrbas se rétrécit en canyon, en contrebas la rivière dégage de la vapeur d’eau qui forme une épaisse couche de nuage. On se croirait dans un autre monde, un peu mystique. On roule vite sur la petite route sinueuse, et comme dans toutes les voitures en Bosnie il n’y a pas de ceintures, mais j’ai confiance en notre chauffeur. On écoute du folk et du hip hop bosniaque, on discute : il parle anglais et est super sympa il nous raconte sa vie, il a beaucoup d’humour. On change encore de région, quittant la République Serbe et repassant en Fédération de Bosnie et Herzégovine. Qu’est ce qu’on est bien, on voudrait rester dans cette voiture, malheureusement il doit bifurquer à un moment…il nous dépose dans un village, il est déjà tard, il y a une fête. De la musique, des masses de personnes sur les trottoirs, on se laisse entraîner par le flot humain vers la sortie du village, recommençons le stop sans s’attarder : on voudrait être à Travnik rapidement, la nuit commence à tomber.

Un père et son fils s’arrêtent, ils habitent Travnik. Yahou ! Le fils parle bien anglais, on fait connaissance, il traduit les questions de son père. Ils nous demandent où on pense dormir, le problème c’est qu’on ne sait pas justement, est ce qu’ils connaissent des gens qui ont un jardin où on pourrait planter notre tente ?

Ils nous offrent alors de dormir chez eux. Re-yahou ! Quelle journée !

Il fait nuit noire lorsque l’on arrive. On fait connaissance de toute la famille, la mère qui parle très bien anglais et Martha, la fille de 10 ans qui s’y essaye avec timidité.

Un café turque, une soupe, du fromage (le célèbre fromage de Travnik !), une bonne douche, un tour sur internet….le paradis !

La mère s’inquiète pour nous, n’est pas rassurée pour notre sécurité : « vous avez eu de la chance de tomber sur nous ! »

Elle nous parle de la guerre, j’en ai des frissons : « on n’avait rien, je me souviens, je n’avais qu’un seul tee-shirt que je lavais quand je le pouvais. On recevait de temps en temps des colis de nourriture, mais c’était rare. Comme je parle anglais, je servais d’interprète pour échanger les otages ». Elle faisait partie de l’armée, son mari aussi. Elle est fière d’avoir défendu son pays mais s’indigne contre la guerre. Stupide guerre…elle est triste qu’il y ait encore des tensions entre les différentes communautés en Bosnie, comme si la guerre n’avait rien appris aux gens. Des milliers de morts de tous les cotés pour rien : les conflits, les tensions sont encore présents, même entre les enfants, à l’école. Pour elle comme pour d’autres bosniaques rencontrés, il ne serait pas étonnant de voir une autre guerre éclater d’ici peu. Triste….pourquoi les Hommes ont-ils besoin tout le temps de se battre, de prouver que leur vision de penser est la meilleure ? Ces guerres de religion m’ont toujours dépassé !

On passe le reste de la soirée avec Martha, qui a complètement dépassé sa timidité du début et qui parle anglais sans s’arrêter, du moins avec les quelques mots de vocabulaire qu’elle a, mais ce qui est déjà énorme pour son âge ! On fait des concours de dessin, et vers 2 heures du matin, la fatigue se faisant bien sentir, on va se coucher après cette super journée.

Ah oui et autre bonne nouvelle : je suis admise au master de Paris ! Reste à prendre une décision : Paris ou Perpignan ? Perpignan ou Paris ? Deux villes, deux master bien différents, avec chacun leurs bons et mauvais cotés…je ne sais pas quoi choisir !

Je hais ces décisions qui vont plus ou moins décider de mon avenir !

Dimanche 28 Juin 2009: Sarajevo et son histoire

On se réveille assez tard, c’est raté pour voir les ours qui, d’après le guide du routard qu’Elise avait lu avant de partir, viennent s’abreuver à la rivière de Travnik. Mais notre famille nous assure qu’ils n’ont jamais vu le bout du museau d’un ours, donc pas trop de regrets…

Le petit déjeuner est prêt quand nous sortons du lit moelleux de Martha, nos vêtements mis à sécher hier sont repassés…incroyable !!

Après nos remerciements et quelques photos souvenirs avec la famille, la mère nous amène en voiture au centre de Travnik. Petite balade au marché aux souvenirs et à la cascade qui surplombe le tout, on offre un coca à une petite fille tzigane, on se pose, le temps pour ma part d’écrire la merveilleuse journée d’hier dans mon carnet et pour Elise de rédiger quelques cartes postales. On repart en direction de Sarajevo après avoir essuyé la traditionnelle averse bosniaque de début d’après midi.

Le gars qui nous amène est sympa, il nous propose de nous héberger pour 10 euros à Sarajevo, on prend son numéro, on ne sait jamais. On a également le numéro de Mustafa, un couch surfer, mais on n’est pas sures qu’il puisse nous héberger ce soir, car il n’a pas répondu à notre dernier mail.

C’est toujours un bordel innommable pour appeler les gens comme on n’a pas de portable. On rentre dans des bars, demandons si ils savent comment on peut téléphoner. On nous dit d’acheter une carte téléphonique, mais c’est dimanche, c’est fermé, et puis juste pour un appel, ça ne vaut pas le coup…vraiment, ils ne connaissent pas un bar d'où on pourrait appeler ? A force d’insister, on nous propose généralement de nous prêter un portable. Après plusieurs essais, on finit par joindre Mustafa. Rendez vous ce soir, 19h, au Sebilj, la célèbre fontaine en plein cœur de Sarajevo où picorent des centaines de pigeons.

PHOTO 6

On a donc quelques heures pour se balader dans la capitale, nous laissons nos sacs chez une vendeuse de glace où nous en achetons pour la remercier…la belle excuse !

La rue marchande est pleine de touristes, ça parle anglais, allemand…ça nous fait bizarre ! Des boutiques d’où dépassent de magnifiques tissus colorés, des jupes, des sacs, des sarouels…une toute autre face de la Bosnie que ce que nous avions pu voir avant !

Le vieux quartier est d’origine ottomane, quelques rues plus loin on sent l’origine austro-hongroise : les pavés ont cédé la place au goudron et les grands magasins de vêtements trop cleans et bien rangés ont remplacés les petites échoppes en bois pleine de vie. En cinq minutes on passe de la Turquie à l'Autriche !

Une ville à double face, cosmopolite, attirante. Les styles architecturaux des maisons se mélangent avec harmonie, retraçant l’histoire de cette ville. Les différents édifices religieux, mosquées, cathédrales, synagogues, se mêlent également pour créer une atmosphère particulière.

Cette ville chargée d’histoire en a vécu une dont elle garde les tristes traces : la guerre qui a fait rage ici. Maisons détruites, à reconstruire, façades criblées de balles, la bibliothèque nationale, magnifique bâtiment de style ottoman de plus de 200ans, qui a brûlé entièrement. Plus de 40 000 livres partis en fumée…une grande affiche indique que différents pays d’Europe aident au financement de sa reconstruction.

Un immense cimetière s’étend à perte de vue sur les collines qui entourent la capitale. Des milliers de tombes blanches, gravées de symboles arabes : des milliers de jeunes, âgés d’une vingtaine d’année, qui ont péri dans cette guerre.

Et puis, dans un coin de rue, un pierre gravée : « A cet endroit, le 28 juin 1914, Gavrilo Princip a assassiné Franz Ferdinand, l’héritier du trône austro-hongrois, et sa femme Sofia. » Des souvenirs, les cours d’histoire du collège, le début de la première guerre mondiale. A cause d’un meurtre qui s’est passé ici, où je me tiens. A l’époque, au collège, Sarajevo était juste un nom pour moi, une capitale que je savais à peine situer sur une carte. Et aujourd’hui, j’y suis, dans cette ville qui vibre de son lourd et riche passé.

A 19 heures, on attend sur les marches du Sebilj. Mustafa n’est pas encore là, on attend, attend…on n’y croit plus vraiment, il ne viendra pas.

On a quelques plans de secours, les chambres à 10 euros du gars qui nous a pris en stop, et puis un mec rencontré dans la rue aujourd’hui nous a proposé de nous héberger gratuitement. Mais Elise ne lui fait pas du tout confiance.

Mais je persiste, têtue, à re-téléphoner à Mustafa: il a dit qu’il viendrait, il a intérêt de venir ! J’emprunte le portable d’un couple super sympa, leur expliquant notre situation, la fille téléphone même à ma place. Ah ben Mustafa est encore chez lui, il arrive dans 15 minutes.

On ne le sent pas trop….

Finalement il arrive, s’excuse du retard, il était à une fête, a un peu bu.

Il nous conduit chez lui où il y a aussi sa copine en ce moment, Milena, d’origine serbe.

En fait, une fois notre énervement passé suite à l’attente et le fait qu’on ait cru qu’il nous posait un lapin, on découvre un gars super drôle et attachant. Milena et lui sont adorables, naturels, on se sent tout de suite super bien chez eux.

On ressort avec Elise manger nos premiers Burek de Bosnie, sorte de pâte cuite fourrée au fromage, à la viande ou encore aux épinards : miam !

On passe le reste de la soirée avec Mustafa et Milena, à faire connaissance ;

Mustafa se moque de l’accent des français quand ils parlent anglais. Il nous fait voir une vidéo sur youtube qui caricature les italiens parlant anglais (italien ou français, question niveau d’anglais, c’est pareil..). On se marre bien:

“I went to a restaurant and on my table there were a spoon, a knife but no fork! I went to the waitress and said: I want a fork!”

“Everybody wants to fuck!”

“You don’t understand, I want a fork on my table!”

“You’re not going to fuck on your table, you son of a bitch!”

Et pareil pour “I want a sheet on my bed = I want to shit on my bed”

Lundi 29 Juin 2009 : Les vaches font meuuuuuhhhh

Gros petit déj tardif : tomates, feta, beignets au mais préparés par Milena, crème, olives…et bien sur café turque !

On part avec Enis, un copain de Mustafa, pour visiter Sarajevo. Premier arrêt dans une ancienne maison ottomane, tout en bois, avec de magnifiques gravures. On visite la partie réservée aux femmes, celle des hommes…Enis nous explique tout, c’est un bon guide.

On grimpe au château surplombant la ville pour avoir une vue d’ensemble sur Sarajevo. Cette capitale est dans une cuvette, entourée de collines, Enis nous explique que les tireurs serbes étaient positionnés sur ces collines et qu’ils mitraillaient la ville sans aucune défense.

On refait le monde tous les trois, on discute beaucoup. Enis est serbe et n’a aucune rancune envers les bosniaques, il est juste triste de voir que des enfants, des jeunes aient été tués pour des raisons ridicules. Si tout le monde pouvait penser comme lui…

Cette discussion, alors que l’on a une vue imprenable sur le cimetière, me marque beaucoup.

On se sépare un moment, Elise et moi voulons faire du shopping, la visite du centre hier nous a donné envie !

Le chant du muezzin appelle à la prière, ça me rappelle le Burkina. Les gens vont prier dans la grande mosquée centrale, se lavent pour se purifier avant de dérouler leur tapis.

On retrouve Enis quelques heures plus tard, sous la pluie. Il nous conduit à un autre château encore plus haut puis au mont Trebevic. On se balade un peu, on a secrètement envie de voir des ours…il y a du brouillard, le sol est gorgé d’eau, on marche dans la montagne, on demande mille fois à Enis si il est sur qu’il n’y a pas de mines…

On passe pour les grosses citadines qui ne sont jamais sorties de chez elles, entre nos envies de voir des ours à quelques kilomètres de Sarajevo, nos peurs des mines, et surtout quand Elise déclare avoir entendu des vaches après avoir reconnu le son de leur cloche. Et c’est là qu’Enis, tendant l’oreille et d’un air très sérieux, sort la phrase désormais culte : « No, it’s definitely not a cow ! Cow makes meuuuuuhhhhh, not ding dong! » Ah ah oui merci Enis du renseignement !!

On rejoint Mustafa et Milena dans la soirée pour aller dans un bar latino danser la salsa. Ah ça faisait longtemps que je n’avais pas dansé la salsa, ça me manquait !!

On s’éclate, on continue la soirée dans le salon de Mustafa, on se couche tard, vers 4-5 heures, après cette belle journée.

Mardi 30 Juin 2009 : come ooonnn

Dur réveil, on veut partir assez tôt mais Mustafa et Milena nous ont fait promettre hier de les réveiller quand on part ; du coup on traîne un peu, le temps d’un dernier café, de dire au revoir.

Direction Pale ! Petite ville entourée de montagnes, dans un parc national.

On fait quelques courses, on veut racheter du couscous pour varier un peu. Impossible à trouver. On demande, bientôt dix clients se mettent à chercher pour nous du couscous dans tous les rayons sans savoir exactement ce que c’est. C’est énorme, hilarant, ils déambulent dans les rayons répétant « Cous, Cous, what is Cous ?? ». No, not just cous, it’s couscous !

Finalement on repartira avec du pain…

C’est moi qui avais insisté, je voulais me balader dans un parc…mais comme d’habitude, il se met à pleuvoir…

On a quand même eu le temps de marcher un peu dans la nature, traversant des petits villages, le foin sèche en gros tas dans les jardins.

Chocolat chaud dans un bar à la musique trop forte, ça m’énerve très rapidement, je le bois vite et sort dans la rue m’asseoir sur un bout de trottoir écrire dans mon cahier. Elise n’est pas dérangée par la musique, elle reste au chaud écrire des cartes postales.

On retrouve Nole, notre hôte pour ce soir dans un square. Il nous offre un deuxième chocolat chaud, avec plein de chantilly, je suis un peu écoeurée !

On est crevées par la soirée d’hier et on voudrait bien juste se reposer mais Nole nous a prévu tout un programme. Il nous amène dans son village, Podgrabb, nous présente à ses parents et ses sœurs. Il est gentil mais il en fait un peu trop, il est limite stressé, comme si c’était un grand honneur d’accueillir deux françaises et qu’il fallait que tout soit parfait…c’est gênant !

Après le dîner il insiste pour que nous ressortions se promener dans le village et boire une bière. Il nous présente à ses copains, fier de s’afficher avec deux filles françaises. Et si on avait été de Slovaquie ? Ou de Lituanie ? Est-ce qu’il nous aurait accueilli de la même manière ? Je ne comprendrai jamais vraiment cette réputation qu’à la France, comme si notre pays valait mieux que les autres !

Enfin voilà, on n’a pas plus d’accroche que ça avec Nole, peut être est-ce dû à notre fatigue, ou à son embarras de nous recevoir chez lui, ou alors à son affreux « come oooonnn », qu’il sort à chaque phrase, en insistant bien sur le oonnn, le faisant venir du fond de la gorge.

C’est resté dans les anales….

Mercredi 1er juillet 2009 : BANG !!!

Programme chargé aujourd’hui : journée stop ! On veut traverser la Serbie pour être demain en Roumanie, à Craiova, où des amis d’Elise nous attendent. On a donc deux jours pour traverser la Serbie, c’est largement faisable, mais il ne faut pas traîner.

Mais apparemment le sort en a décidé autrement…on galère pour avancer, on se rapproche lentement, très lentement de la frontière serbe, attendant chaque fois une heure pour être avancées de quelques kilomètres…on nous a quand même offert des biscuits à la cerise et au chocolat et avec les immenses tablettes de chocolat que la mère de Nole nous a donné ce matin, on a de quoi se réconforter !

Mais il fait chaud, on cuit. Le soleil tape en ce début d’après midi, cela fait des heures que l’on est dans ce même village à une dizaine de kilomètres de la frontière, on a déjà demandé de nombreuses fois au bar à coté de nous remplir nos bouteilles d’eau.

Je ne sais pas ce que je préfère entre le stop sous la pluie ou sous le soleil implacable !

Ah, enfin, un routier s’arrête. Il va jusqu’au milieu de la Serbie à peu près. Bingo, ça valait le coup d’attendre !! On hisse péniblement nos sacs dans le camion, heureuses : ça va le faire, on sera en Roumanie demain !

On démarre, mais on est très vites arrêtées. Contrôle de police. Papiers du véhicule…je vois nettement notre chauffeur glisser un billet dans ses papiers. Corruption ? A-t-il quelque chose à se reprocher ou est ce que c’est monnaie courante de filer de l’argent aux flics pour ne pas qu’ils créent de problèmes ?

On repart…mais à peine cinq kilomètres plus tard, on entend un gros BANG. Un Bang inconnu, bizarre, inhabituel, qu’est ce que cela peut bien être ??? Le chauffeur freine, s’arrête, va voir. Le verdict tombe : un pneu a éclaté…

Ce n’est décidément pas notre jour de chance !

Notre routier ne parle pas un mot d’anglais, ça ne facilite pas la communication, mais apparemment on en a pour une heure d’attente environ, les dépanneurs sont à 70 kilomètres de là.

On décide d’attendre, après tout, on va peut être attendre une heure, mais on est sures d’arriver au milieu de la Serbie ce soir !

On se pose à l’ombre, on sudokute, on mange du chocolat tout fondu.

Une heure…l’espoir fait vivre ! Ca fait plus de deux heures qu’on attend et toujours pas de « vulcanizare » (« réparation » en Serbe, et oui on ne perd pas notre temps, on a même appris les chiffres de un à dix pendant toute cette attente !)

On est retourné dans le camion après s’être fait invitées au resto par notre chauffeur, à une centaine de mètres. Frites, viande, tomates concombres, bières, coca. Elise est un peu soule mais ce n’est rien comparé à notre chauffeur qui a englouti des litres de bières. Finalement, si la dépanneuse n’arrive pas tout de suite ce n’est pas bien grave, on n’a pas spécialement envie qu’il reprenne le volant maintenant !

La pluie tombe, normal, il est 15 heures passées, l’heure des averses en bosnie.

On est à l’étroit dans ce camion, le chauffeur s’est allongé derrière, a même proposé à Elise de s’allonger avec lui…

Cependant on se sent assez en sécurité, même si le fait qu’il ait insisté pour nous payer bières sur bières est peu rassurant.

On a feuilleté un magazine de tourisme dans le resto, et vraiment, je comprends que des gens participent à de tels voyages mais ils ne savent pas ce qu’ils perdent : tout ce qu’on vit ici est unique, inégalable. L’incertain…on suit le court du voyage comme un radeau suit le cours de l’eau, on se donne pleinement au hasard et aux risques qu’il contient…mais il nous rend tant en retour !

On commence à se demander si le chauffeur a vraiment appelé les secours ou si ce n’est pas un piège : 70 kilomètres, en trois heures, ça se fait quand même ! Ils ne viennent pas à bicyclette !

Ou alors ils ont crevé à leur tour…

On joue au pendu. Mon mot : « dépanneuse ». Celui d’Elise, pas des plus optimiste, est « fin du voyage »…

Grâce à des dessins plus que sommaires, on arrive à demander au chauffeur le temps que cela prendra de changer la roue. Vingt minutes nous assure t-il. Et nous, naïves, on y croit encore, que ces dépanneurs vont arriver, que la roue sera changée en 20 minutes, qu’on sera en Serbie ce soir…

Ah enfin un gars arrive, en marcel, un pneu de secours, une clé à molette… alors c’est ça les vulcanizare ??

Avec Elise, on veut se rendre utile, on fait ralentir les rares voitures qui passent en agitant notre bras.

Au bout d’une heure et demi, ça y est, on repart enfin. Il est 19h15.

On va enfin la traverser, cette putain de frontière !!!!!!! Musique à fond, on retrouve le sourire, on n’avance pas bien vite, le camion traînant sa lourde charge, mais enfin a point où on en est !!

On arrive à la frontière, coté Bosnie, on n’était vraiment pas loin ! Contrôle des passeports, cela dure encore 15 minutes. Quelques mètres plus loin, même frontière, coté serbe cette fois.

Notre routier prend nos passeports, va vers la douane, on attend, assez longtemps, bon sang mais qu’est ce qu’il fait ???

Il revient, nous tend nos passeports, et nous annonce : « Problem, phytosanitat Kontrol… »

Il nous fait comprendre qu’il va donc passer la nuit dans son camion, à la frontière, il doit passer un contrôle sanitaire.

Non mais c’est quoi ce bordel ?? Un contrôle sanitaire, à cette heure ?? On a attendu plus de cinq heures pour finalement se faire plantées là, à la frontière ??? Je rêve…

Le chauffeur nous propose de dormir dans son camion, il repart demain vers 9 heures, il peut nous amener…

Mais bien sur. On vire parano, la corruption des flics, le coup de la panne, et maintenant le contrôle sanitaire, ça fait un peu beaucoup !

Enfin il a l’air d’en avoir aussi marre que nous, le pauvre !

On passe la frontière à pied. Il est tard, la nuit tombe. On trouve un champ où planter notre tente, la première grand-mère à qui nous ayons demandé de planter la tente dans son jardin ayant refusé.

On ne se décourage pas, demain sera un autre jour…

Les lucioles clignotent de tous les cotés, c’est joli. On fait un footing pour se dégourdir les jambes et se libérer un peu de la tension qu’a provoquée l’attente…

On n’a rien à manger mais on n’a pas faim, il nous reste encore le chocolat de la mère de Nole.

On est heureuses, on est en Serbie, le pays d’Emir Kusturica !…. » Il en faut peut pour être heureux, vraiment très peu pour être heureux, il faut se satisfaire du nécessaire. Oh yeah ! »

Jeudi 2 juillet 2009: wir sind nicht curva !

Lever aux aurores, à six heures ont est déjà sur la route, le pouce tendu.

Je râle, avec une voiture toute les 15 minutes on ne va pas aller loin !

Un bus arrive, on monte, il veut nous faire payer : 4 euros pour 30 kilomètres. C’est cela oui !

On redescend cent mètres plus loin. Dire qu’on doit traverser toute la Serbie, on n’est pas arrivées !

Une voiture. Inspecteur de police, il va chercher un jeune délinquant à Belgrade. On embarque et s’endormons aussitôt toute les deux, Elise au fond, moi à l’avant, chose normalement interdite dans notre règlement interne d’autostoppeuses : il en faut toujours une de réveillée (généralement c’est moi, Elise sombrant toujours dans le sommeil, bercée par la voiture et le ronronnement du moteur…)

Au bout d’un moment on s’arrête, il est 8 heures, on est dans une ville nommée Cacak, notre chauffeur nous offre le petit dej. Poulet, tomates, choux, café…

On discute. Sa femme est morte pendant la guerre, ses potes aussi. Ceux qui ont survécu ont bien du mal à trouver un boulot qui les fasse vivre. Lui a de la chance, il gagne assez bien sa vie. Mais c’est plus pareil qu’avant…

Il nous achète également du chocolat, du jus de fruit, des biscuits. C’est trop, c’est gênant, mais il ne prend pas en compte nos « c’est gentil mais on n’en a pas besoin, vraiment ! »

Il est gentil, mais un peu trop tactile : main sur la cuisse, il caresse la joue d’Elise…on ne veut pas s’inquiéter, il est dur de savoir si ce sont juste des gestes amicaux ou si il veut plus.

Aussitôt remontés dans la voiture, il se fait plus insistant, j’enlève plusieurs fois sa main sur ma cuisse, le repousse.

Son regard insistant et pervers m’inquiète. Je suis aux aguets. J’interdis à Elise de dormir derrière, mais elle aussi a repéré son manège et ne le quitte pas des yeux.

C’est alors qu’il me sort: « Du und ich (toi et moi)», puis geste international et très romantique à l’appui, me signifie qu’il veut baiser. « Für funfzig euros »

Sidérée, je ne veux pas y croire.

Naïve, peut être, ou pensant que si je fais semblant de ne pas comprendre il n’osera pas redemander, je bredouille un « ich verstehe nicht ( je ne comprends pas)… »

Il re-insiste : « Du und ich » « Für Funfzig euros », traçant de son gros doigt boudiné un 5 et un 0 sur le tableau de bord.

Ah oui oui, là il y a plus de doute, il me prend pour une pute !

Elise s’énerve à l’arrière : « Stoooooppppp ! Wir gehen ! Wir gehen !!! »

Il répond qu’il ne peut pas s’arrêter, des voitures le suivent derrière.

Elise s’emporte pour de bon, hurle « Stooooopppppp », il finit par s’arrêter.

On récupère nos sacs dans le coffre vite fait, sous ses « I’m sorry, I’m sorry. »

Sorry mon cul, oui !

Elise lui balance, mi russe mi allemand : Wir sind nicht curva !!!!!! (On n’est pas des putes !)

Il ne veut pas repartir, insiste pour que nous prenions les jus de fruits et les biscuits qu’il nous avait achetés. Elise refuse, moi je les veux bien…

Il finit par repartir.

Je rie nerveusement.

Cinquante euros, je pensais valoir plus, je suis déçue. C’est con d’avoir ce genre de pensée dans des moments pareils…

On re-attaque le stop direct, on a peur que si on se pause un moment on n’ait plus le courage de continuer.

On décide de changer d’itinéraire. Ca ne vaut pas le coup d’aller à Belgrade, ça nous rallonge un peu le chemin.

Par petits sauts de puce, mais sans attendre jamais très longtemps, on passe par des villes aux noms exotiques : Trstenik, Krusevak, Paracin, Zajecar…

On se fait offrir des pêches, une carte plus précise de la Serbie, un jus de fruits.

On se souviendra de la Serbie et de ses conducteurs. On double sans regarder, à la dernière minute, des voitures arrivent en face, coup d’accélérateur, ça passe, ouf ! Et jamais de ceintures…

On est prises en stop par un flic international ( arggggh ! encore un flic !) et un militaire, qui nous passent leur numéro de téléphone, à appeler en cas de problème, dans n’importe quel pays. On est placée sous haute protection ! Sauf que…on n’a pas de portables.

Réactions du flic : quoi ??? Vous êtes deux filles, vous partez en stop, dans les Balkans, sans portables ! Vous avez de la chance si il ne nous arrive rien !

Après ce qu’il vient de nous arriver on prend conscience que oui, cela peut être dangereux, mais qui ne tente rien à rien, et je crois bien qu’on a une petite étoile qui veille sur nous…

Petite frayeur à un moment : on monte dans une voiture, faisons quelques kilomètres quand Elise réalise qu’elle a oublié son sac avec passeport, argent, bref le truc à ne surtout pas perdre, sur le bord de la route ! Demi tour !!! Ouf le sac était bien toujours là…

En s’approchant de la frontière roumaine, de moins en moins de voitures passent. C’est la malédiction de frontières…photos débiles au bord de la route en attendant, on mange les biscuits offert par l’inspecteur de police de ce matin, qui sont de la marque « Pardon ». Ca nous fait bien rire, comme si il avait prévu son coup…

On finit par arriver à la frontière à la tombée de la nuit. Changement d’horaire, il faut avancer notre montre d’une heure. Ca ne nous arrange pas…

La frontière ne pouvant se passer à pied, on grimpe dans la voiture d’une jeune couple. Elise est contente, c’est des roumains, elle peut s’exercer à parler ! Elle discute avec eux, moi je suis un peu à coté de la plaque, je ne comprends pas grand-chose, à part « Periculos, Periculos », que la femme répète avec de grands gestes théâtraux. Souvenirs du collège, en latin…Periculos= danger.

Ca m’énerve, elle sur joue, faut pas abuser, c’est pas si dangereux.

Son mari est plus réservé, je le préfère, lui au moins ne nous juge pas…

Ils sont inquiets : il fait nuit, il reste encore 150 kilomètres jusqu'à Craiova où Tica, l’ami d’Elise, nous attend. Ce n’est pas prudent de faire du stop à cette heure, on le sait bien.

Ils nous amènent à la gare. Mais le train pour Craiova nous ferait arriver trop tard, et est assez cher.

On téléphone à Tica, on lui explique notre situation, on ne sera que demain à Craiova, on va dormir ici.

On pense planter la tente dans un champ, mais ils refusent : c’est dangereux, il y a des tziganes…Ils appellent alors la mère de la sœur du mari, ou quelques chose comme ça, bref on ne comprend pas tout, on nous amène d’abord chez des gens, puis on échoue chez une grand-mère, avec un potager, les toilettes sèches au fond du jardin, et neuf mètres carrés de béton pour planter notre tente.

Voilà où on va dormir. Elise fait la conversation en roumain, moi je ne dis pas grand-chose, je suis dans un autre monde, un peu mise à l’écart par la barrière de la langue, et puis j’ai envie de me coucher…

Vendredi 3 Juillet 2009 : Le début de la gloire

Réveillées par le pépiement haute fréquence sonore d’une saleté de poulet. Quelques pommes du jardin pour le petit déj, un café, et en route, Tica nous attend.

A Craiova, c’est le bordel pour trouver un café internet et encore plus pour échanger nos dinars que l’on avait retirés inutilement en Serbie, comme on n’a rien dépensé.

Aucune banque ne les accepte, même quand Elise s’écroule de tout son long dans l’entrée de l’une d’elle, s’étant pris les pieds dans son pantalon…rien de grave…mais so funny !

On rejoint Tica qui nous amène au studio de TV d’une chaîne régionale pour laquelle il travaille en tant que chauffeur.

Une journaliste réalise un mini interview de notre voyage. Elle pose les questions en anglais, on répond en français. Questions bêtes : « quel pays avait vous préféré ? Est-ce que vous aimez notre pays ? » Que répondre ? Oui, je suis arrivée seulement hier soir en Roumanie, mais je trouve les roumains très accueillants et gentils…pff…

Enfin bref, c’est le début de la gloire, on nous filme marchant avec nos sacs à dos, puis assises sur un trottoir.

On pue, on est crades, cela fait un petit moment qu’on n’a pas pris de douche, on est fatiguées…de vraies images de voyageuses, qu’ils ont eu !

Tica nous amène dans son village, à Malu mare, une maison qu’il a construit lui-même, avec un immense jardin. Il nous présente sa femme, qui a des airs de Meryl Streep dans Sur la route de Madison. Douche, lessive, repas, sieste.

Quelques verres de vin et ça y est je suis partie, la contrepetrie d’Elise me donne des fous rires pendant longtemps :

En hommage à notre ami commun Nicolas Dole et à notre hôte Nole :

Dole Nicolas

Nole dit « colas »

Comment ça ce n’est pas si drôle ??? J’en ris encore…

Devant mon hilarité elle en invente une autre :

Nole me soûlait

Nole se moulait

Bref bref…

On ressort le soir à Craiova, il y a un concert de rock en plein air dans un parc. Les collègues de Tica sont là, on boit des bières, on discute.

Elise est déçue, lors de sa première rencontre totalement due au hasard avec Tica, l’année dernière, elle s’était très bien entendu avec lui, avait passé un week end magique. Ils avaient gardé contact par internet, voilà des jours qu’elle est pressée de le revoir.

Mais il semble plus distant, plus réservé.

Peut être que cela fait comme avec moi et Blanka. Il ne faut pas chercher à reproduire des situations…certaines rencontres sont magiques car on est dans un certain état d’esprit, dans un certain contexte. Vouloir revivre la même chose, avec la même personne, des années plus tard, ce n’est pas si simple…

Samedi 4 Juillet 2009 : VISA or not VISA ?

Des amis à Tica nous apprennent qu’il faut maintenant un VISA pour la Moldavie ! Quoi ? J’y suis allée l’été dernier, pas besoin de VISA…du coup on ne s’est pas renseignées, cela aurait-il changé depuis ?

Cela bouleverse tous nos plans, il faudrait aller à l’ambassade à Bucarest, et puis est ce que cela vaut bien le coup de prendre un VISA juste pour quelques jours, avec le prix ? Elise veut absolument aller en Moldavie, elle a prévu de revoir les gens qu’elle a connus là bas, ce serait trop dur de ne pas y aller alors qu’on est si proches…

Moi je ne suis pas sure de vouloir encore y aller si il faut un VISA, je préférerai rester les derniers jours en Roumanie, pour me balader dans les Carpates. On envisage de se séparer du coup dans quelques jours…

Sacré coup au moral, mais il ne faut pas se laisser décourager, on part se balader dans la campagne, on ira vérifier cette après midi à Craiova pour l’histoire du VISA, car c’est louche quand même…

Les paysans travaillent la terre, il fait chaud, ils nous demandent ce qu’on fait. On a entendu parler d’un lac, on voudrait y aller…une mémé nous y conduit sur un bout de chemin, puis une famille nous prend en voiture. La petite fille, trop choupinette, demande à Elise si elle connaît son cousin Diaro…

Le lac n’est pas des plus appétissants, on est loin de la Soca ! Tentatives ratées d’acrobaties

(Daniel ! revient nous montrer comment on fait!)

Le pouce tendu sur la route de Craiova, la deuxième voiture s’arrête. Internet café. Pas besoin de VISA ! Soulagement ! En fait le VISA est obligatoire maintenant pour les roumains depuis les émeutes qu’il y a eut à Chisinau suite aux élections en avril dernier.

Mais pour les français, pas de changements.

Privilège…

On déguste une glace dans un parc, où je me fais vite rappeler à l’ordre car je ne suis pas assise correctement sur le banc. C’est vrai que le paraître prend beaucoup d’importance dans ces pays, surtout en Moldavie où je n’avais jamais vu autant de filles en minijupes, talon hauts, à croire que l’apparence est plus importante que tout…

Mal à la tête, on rentre, on ne connaît pas la route de Malu mare, on demande, on erre. On prend un bus, puis un autre, puis auto-stop. Les trottoirs sont partagés entre les piétons et les chiens errants ; les rues entre les charrettes, les voitures et les camions. Contraste…

Dimanche 5 Juillet 2009 : Un sacré couple !

Tica nous fait faire un bon bout de chemin pour aller jusqu’à Ramnicu Valcea, on fait le reste en stop.

Le premier gars qui nous prend nous a vu hier à la télé ! Célébrité, quand tu nous tiens…

Comme Elise parle roumain, je suis toujours un peu laissée pour compte. Ce n’est pas grave, ça ne me dérange pas plus que ça, et puis c’est pratique d’avoir quelqu’un qui parle la langue. On s’en sortait très bien en Serbie à bredouiller de l’allemand et de l’anglais, mais les rapports sont quand même plus constructifs quand on arrive à se comprendre.

Et puis elle est mignonne, elle me traduit tout !

Mais là pour la prochaine voiture elle a décidé de faire comme si elle ne parlait pas roumain, et puis c’est moi qui passe devant. Mais le vieux ne comprend pas que je ne comprenne pas, et au lieu d’articuler et de parler plus lentement, il hurle tant qu’il peut. Ca m’énerve, ce n’est pas parce que tu cries que je comprendrais mieux mon petit père….

Bref, à la prochaine voiture, je laisse Elise remonter devant !

Ah ben tiens, celui là, il nous parle d’un français qu’il connaît, un expatrié qui habite vers Ramnicu Valcea. Daniel. Daniel ? Mais on va chez un Daniel nous justement ! Oh ben quel hasard, c’est le même, il se trouve que l’on est tombées sur le voisin de notre prochain hôte, rencontré sur internet !

Daniel et sa femme Constance nous donnent rendez vous dans une pizzeria puis nous conduisent en 4*4chez eux, dans le petit village de Smeurat sur une route de terre défoncée. Des creux, des bosses, des portails en fer forgé, des gamins et des vaches qui traînent dans la rue.

Daniel et Constance sont un couple pour le moins…étrange !

Lui, dés les cinq premières minutes, nous raconte toute sa vie : l’orphelinat, puis récupéré par sa mère avec le beau père qui le battait, 2 mariages ratés, alcoolisme, ces filles qui ne lui parlent plus…son seul bonheur dans cette vie : son camion, quand il était routier, et puis maintenant un jeune roumaine qu’il considère comme sa fille.

Elle, sacré caractère, toujours en train de jurer, de râler « Ah c’te con là, c’te gros lard, non mais c’est pas vrai… » Roumaine, elle est venue en France après un échange de quelques lettres et de photos avec Daniel. Mariage arrangé…selon Daniel, aucun roumain n’aurait voulu d’elle : trop de caractère…

Ils s’engueulent, lui s’écrase, on n’entends qu’elle qui jure.

Non mais sur qui on est tombé ??

Enfin on a un petit appartement particulier, deux lits bien moelleux, les toilettes sèches au fond du grand jardin. On ne va pas se plaindre…

Daniel nous emmène visiter un monastère orthodoxe. Il nous raconte encore des histoires glauques : il s’est fait accuser de viol par une petite fille du village, un tel se fait battre, l’autre est toujours soul, tel ami routier est mort dans un accident…

Il ne doit pas souvent pouvoir se confier, et avec son monstre de femme ça ne doit pas être facile tous les jours, alors il se lâche, enfin quelqu’un pour l’écouter…

Mais enfin c’est assez triste tout ça, on dirait qu’il n’a retenu de sa vie que les malheurs…

Lundi 6 Juillet 2009: Monastère orthodoxe dans les carpates

Daniel est condamné à jouer au taxi-man pour amener sa femme chez une tireuse de carte. Ca ne l’enchante guère mais il n’a pas grand-chose à dire, il aurait préféré nous accompagner en rando, il aime bien ça la rando mais il n’a pas souvent quelqu’un pour l’accompagner.

Enfin voilà, on part seules avec Elise se balader dans les Carpates, un peu soulagées quand même que Daniel ne soit pas venu avec nous, son enfance et ses histoires avec Constance, comment dire…c’est pas qu’on s’en fiche, mais parler que de ça à la longue, c’est déprimant !

Il est déçu aussi que l’on ne reste pas plus longtemps, mais nous, on est comme des oiseaux de passage, on effectue notre grande migration vers l’est, jamais plus de deux nuits au même endroit.

On traverse un charmant petit village, les façades peintes de couleur vive, jaune, ocre, vert, les portails en fer forgé aux motifs de cœur, de losange.

Ca grimpe, un peu, pas trop, mais on n’a plus l’habitude. On s’arrête aux fontaines, aux petites chapelles orthodoxes parsemées le long du chemin.

Les framboises dans les fourrés nous donnent du courage.

On arrive à un grand monastère, les prêtres dans leur longues robes et le visage mangé par une barbe épaisse coupent du bois, on les entend travailler plus haut.

Pour nous, pause casse croûte. A peine fini, il se met à pleuvoir. De plus en plus fort. On est trempées. Ca rafraîchit, j’aime bien la pluie, mais là il pleut quand même un peu trop souvent !!

On ne traîne pas, reprenons le chemin du retour.

Deux petits chats abandonnés miaulent dans les fourrés, ils sont mignons, un peu farouches, on leur offre notre reste de pique-nique. On voudrait pouvoir les garder, il y a peu de chance pour qu’ils s’en sortent dans cette forêt.

Peut être que notre pain et nos sardines en boite n’ont fait que retarder leur cruel destin…

De retour au village, on téléphone à Daniel pour qu’il vienne nous chercher. Elise discute avec une vielle dame. Elle raconte qu’elle a vu un ours, un jour, alors qu’elle cueillait des myrtilles. Cette révélation excite notre imaginaire, on rêve d’en voir depuis la Bosnie ! Allez, on a encore un peu de chance, on n’a pas dit notre dernier mot !

Visite des cures d’Olanesti avec Daniel, l’eau est infecte, soufrée. Parait que c‘est bon pour la santé, certaines personnes doivent en boire des litres par jour. Pouah !

Cependant si cela pouvait guérir mon genou…je me suis fait mal je ne sais pas comment, je n’arrive plus à le plier sans une atroce douleur.

Bizarre, espérons que ça passera vite !!

Mardi 7 juillet 2009 : La route, propice aux réflexions

Nous voilà reparties, des oiseaux de voyages on vous dit ! Daniel nous fait faire un bout de route, Constance râle…malgré leur hospitalité incontestable, je n’aurais pas pu rester plus longtemps. Lui et ses histoires, elle et ses râleries…le couple de l’année !

Stop sans problèmes pour arriver à Sighisoara. Elise dort, moi je regarde le paysage en laissant mes pensées vagabonder.

J’ai deux décisions à prendre…premièrement, je dois décider de ma date de retour. Le 11 ou le 15 ? Mes dossiers de master attendent, puis la recherche d’un appart, et ensuite boulot comme animatrice à partir du 29. Elise, elle, est moins pressée, elle déménage aussi, dans le Sud, mais peut prendre son temps. Elle n’est pas sure de prendre le bus de retour avec moi. Peut être restera t-elle plus longtemps en Moldavie, si elle n’a pas le temps de rendre visite à tout le monde, si les souvenirs se font trop présents, trop forts et qu’elle a envie de se ressourcer dans son pays d’adoption. Elle ne peut pas se décider maintenant.

Autre décision : quel master ?? Il faut que j’aille sur internet aujourd’hui pour informer mes parents de mon choix, et qu’ils puissent envoyer une confirmation pour l’un ou l’autre des master. Paris, c’est disons le « master de mes rêves », une alliance entre ethnologie, anthropologie et écologie. Comprendre le lien entre les sociétés humaines et leur environnement…ça fait rêver, cela a l’air super intéressant mais…c’est à Paris, ville qui me rebute particulièrement, et puis, c’est un master recherche, et je veux au contraire choisir une voie plus profesionnalisante, j’en ai marre des théories, des cours en amphi, la licence m’a largement suffi comme ça !

Perpignan, master pro, biodiversité et développement durable. Le programme a l’air bien, mais moi ce que je voudrai vraiment faire c’est bosser dans l’environnement à l’étranger, dans un pays en voie de développement, pourquoi pas en Asie…mais surtout je veux prendre en compte le réel besoin des habitants autochtones. Bien souvent les occidentaux sont allés dans des pays du Sud pour les aider soit disant à se développer. On sait ce que ça donne…

On traverse les Carpates du Sud, la campagne avec de mignons petits villages colorés et vivants, on croise des charrettes. On nous dépose dans une ville. Tant mieux, ma vessie était sur le point d’éclater et chaque bosse, chaque creux de la route était un supplice.

Ca me fait penser à un livre que j’ai lu il n’y a pas très longtemps, une autobiographie d’une tibétaine qui racontait son enfance dans les hauts plateaux, puis l’occupation chinoise, ses transferts de camps de détention en camps de détention, la torture, l’autocritique…bref, dans un de ses déplacements, alors qu’ils étaient entassés à l’arrière d’une camionnette en direction d’un camp, elle racontait son envie de satisfaire ce besoin élémentaire, de vider sa vessie. Je ne sais pas pourquoi je pense à ça, on est pas des otages là, je peux pisser comme je veux, tiens d’ailleurs on a demandé à des gens dans la rue si on ne pouvait pas utiliser leur toilette.

Vessie vidée, on mange quelques pommes qui nous restaient de notre première nuit en Roumanie, cadeau de la grand-mère, puis on retrouve un camion pour Sighisoara.

Superbe ville, dominée par une citadelle qui me donne aussitôt envie de m’y balader.

Mais le temps de faire deux trois courses et d’engloutir vite fait nos quelques tranches de pain tartinées de crème fromage, notre régime depuis des semaines, il se met à pleuvoir. Et pas qu’un peu. La visite de la citadelle est remplacée par la recherche d’un café internet. On nous envoie dans des directions opposées, on tourne en rond, on courre sous la pluie, on glisse sur les pavés mouillés…et on finit par trouver.

Ce sera Paris, décision envoyée. Mon petit mail flotte dans les airs jusqu’en France.

Ensuite, achat de mon ticket à Eurolines. Pour le 15.

Toutes ces décisions prises, je me sens mieux, je peux repartir en mode vacances, voyage, je ne pense plus à rien, je vide mon cerveau de toute ma vie française. Les études, l’appart : je m’en fiche. On verra ça en temps voulu. Mode voyage j’ai dit !

Stop de nouveau. J’en ai un peu marre, c’est le bordel à chaque fois pour sortir de la ville, on n’a pas envie de marcher avec nos sacs, et j’ai toujours mal au genou. On nous amène au rond point à la sortie de la ville. On attend, des gens s’arrêtent, ils ne connaissent pas le petit village où on veut aller. On regarde sur la carte. Nous on a qu’une carte de l’Europe, alors les petits villages…eux en ont une plus précise. Ah ben ouais, on est dans la mauvaise direction. Demi tour….on nous place sur la bonne route. Heureusement que pour deux filles, le stop marche bien ! C’est au moins la dixième voiture qui nous prend aujourd’hui !

On arrive vite à Apold.

PHOTO 7

Dans ce village, des allemands ont monté un projet, Elise en avait entendu parler en Moldavie et ça lui titillait d’aller voir. C’est juste énorme. Dans une grande maison entièrement retapée, ils accueillent les enfants et les jeunes du village, font des activités, des échanges avec d’autres villes. Jardin pédagogique, douche extérieure chauffée au soleil (il est où le soleil aujourd’hui ?), toilettes sèches.

En ce moment, il y a un échange entre les jeunes d’Apold et des jeunes de la partie hongroise de la Roumanie. N’ayant pas la même langue, pas la même culture, les roumains des deux parties, Sud et Nord, peuvent être assez hostiles les uns envers les autres. Cet échange culturel permet donc de supprimer les à priori et les tensions.

Musique, chants, feu.

On est bien

On part se balader, on cherche un coin sympa pour manger avec Elise, tranquillement. On est vites encerclées par une bande de gamins. Ils sont mignons. Ils nous accompagnent un bout de chemin, partant un à un, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un, le plus petit, à peine cinq ans. Sourire malicieux, yeux rieurs, plein d’énergie il nous tient par la main, genre gamin à qui tu cède tout avec sa gueule d’ange, mais petit monstre au fond…

Il est tard, ses parents vont s’inquiéter (qu’on pense…), on demande aux gens du village où il habite, lui étant incapable de nous répondre. Apparemment c’est dans notre direction aussi.

Arrivés vers notre tente, en fait, quelqu’un nous dit que c’est de l’autre coté, la première maison du village. D’où on vient quoi…on repart, il fait presque nuit, c’est dangereux de le laisser rentrer tout seul.

Mal au genou…

On arrive à sa maison, on sonne. Personne. Il est 22h passé, personne ne s’inquiète pour lui ? On le confie à la vieille voisine. Vraiment, c’est différent de chez nous. J’imagine que si à cinq ans mes parents ne savaient pas où j’étais si tard le soir ils auraient déjà rameuté tout le village et appelé les flics…

Soirée au coin du feu avec les allemands et les jeunes, vite abrégée pour moi. Je suis vannée…

Mercredi 8 Juillet 2009 : un ours je vous dis !!

Retour à Sighisora pour une visite de la ville, abrégée hier par la pluie.

PHOTO 8

Collines verdoyantes. Rues pavées, maisons colorées de jaune, ocre, rose ou bleu pâle. Eglise orthodoxe blanche aux coupoles noires. Sculpture de Romulus et Remus. Tiens, qu’est ce qu’ils font là ceux-là ? Tziganes, beaucoup de tziganes. Qui demandent de l’argent ou à manger. Les femmes avec leur bébé dans les bras.

On donne un billet. Cinq minutes plus tard, la même femme. Son bébé a faim, elle veut à manger.

Elise parle avec elle, on vient de lui donner de l’argent, elle peut acheter à manger avec. La discussion s’anime, Elise veut comprendre, pourquoi toujours mendier, et ne pas travailler ? Ce qui la tue, c’est de voir les roumains trimer dans les champs, bosser, et à coté les tziganes qui ne font rien et dépendent des autres. La femme ne s’énerve pas, toujours très fière, mais ne s’en va qu’après avoir craché sur Elise.

On reste sur le cul.

Les tziganes…peuple fier, mystérieux. On a du mal à les comprendre et pourtant ce peuple nous fascine. Un peuple libre, voyageur. Enfin, plus tellement voyageur maintenant, les tziganes, du moins en Roumanie, sont pour la plupart sédentarisés.

Ce qui nous dérange peut être, c’est qu’ils ne rentrent dans aucune case, ils ne correspondent pas à notre monde. Ils ne travaillent pas, vivent au jour le jour, dans un monde où on est de plus en plus matérialistes. Chassés, rejetés depuis tout temps. J’essaye de comprendre. A quoi est due la haine qu’on leur porte ? Les roumains les haïssent. De nombreuses fois, on nous a dit de faire attention aux tziganes. Tica est même allé jusqu’à dire qu’ils avaient le sang sale. Une telle déclaration me sidère. Comment peut on encore dire quelque chose pareille au XXIème siècle ?

Et pourtant, il n’y a pas à dire, ce peuple, depuis les quelques jours que nous sommes en Roumanie, nous énerve déjà. Accrochés à nos basques, pleurnichant d’une manière théâtrale pour de l’argent, ils jouent de nous, ça les amuse. Un peuple fier, incernable, qui ne se laisse pas approcher par nous, les gadjé. Ils s’en foutent de nous en fait. On les fait rire…faut dire qu’il y a de quoi rire aussi. A la poursuite de l’argent, toujours, on amasse, on fait des réserves, on prévoit. Voilà. On est les fourmis, ils sont les cigales.

Mais certaines cigales aiment bien avoir de l’argent elles aussi, de l’or, des choses qui brillent, de belles baraques, des baraques que les fourmis qui bossent dur toute la journée n’auront jamais.

J’ai du mal à comprendre….

On reprend la route, on a un long chemin. Nous aussi, on se plait en nomade…

En stop, les routiers, c’est le pied. Avec leur radio, ils peuvent savoir où sont tel ou tel collègue, et donc nous organiser notre trajet. On descend d’un camion, un autre nous attend. Perfect timing !

Le paysage évolue. Les villages ne sont plus colorés comme dans la région de Sighisora, mais ils ont énormément de charme aussi. En particulier les portails en bois, sculptés de différents motifs.

Une voiture peut nous amener directement à Pietra Neamt. On traverse les Carpates, je guette les ours. On s’enfonce dans un canyon, c’est magnifique. Le chauffeur est sympa et s’arrête à chaque point de vue pour que l’on prenne des photos. On arrive à Pietra Neamt assez tard, le trajet était long. On mange dans un restau franchement pas super, comme dirait Constance « c’est pas qualité ! ». Rien ou presque dans les assiettes, pas de pain, pas d’eau, pas de sauce avec la salade. Pour une fois qu’on se payait le restau, on est déçues !

La nuit tombe, on doit trouver un endroit où dormir. Pietra Neamt est entourée de montagnes, on devrait pouvoir cacher notre tente facilement. On se dirige donc vers la forêt. On traverse un parking d’hôpital, les gens nous regardent, ils doivent se demander ce qu’on fout là, avec nos sacs à dos. On entre dans la forêt, c’est vraiment glauque, il y a des déchets partout, des restes d’os. Il fait noir, ce n’est pas rassurant, des gens nous ont vu rentrer ici, alors on s’enfonce de plus en plus, à travers les broussailles. On trouve un endroit, pas rassurant, parmi les os et les branches mortes, mais enfin il fait déjà nuit, alors on n’a plus le choix.

Le gars qui nous a amené a dit qu’il avait vu un ours fouiller dans les poubelles en pleine ville une nuit, je ne suis pas rassurée. On va mettre la poubelle un peu plus loin, dans un arbre.

Elise dort. Je ne sais pas comment elle fait pour s’endormir tout le temps n’importe où.

Moi vraiment cette forêt me donne la chair de poule, je n’arrive pas à trouver le sommeil. Je ne suis pas tranquille. Je dors un peu, me réveille. La pluie tombe. J’essaye de me rendormir.

Mais un grognement terrible me fait dresser tous les cheveux sur la tête et mon cœur bat à cent à l’heure. Jamais entendu un grognement pareil, ça donne la chair de poule. L’ours !! J’en suis sure, c’est lui. Peut être à 100, 200 mètres, j’en sais rien, peut être plus, ça doit avoir de la portée le grognement d’un ours…En tout cas ça a réveillé tous les chiens du quartier, concerto d’aboiement en ré mineur!

Je secoue Elise, j’ai un peu peur, elle dort profondément. Je me fais des films, on a laissé le pain dans la tente, c’est pas attiré par du pain les ours ?? Et puis, si on ne fait rien, ce n’est pas méchant ! Je pourrais même sortir, aller voir…

Un peu plus tard, deuxième grognement, plus fort, plus proche. Putain merde ! C’est l’ours !

Je réveille Elise, mais quand elle émerge c’est trop tard, le grognement est fini et je ne l’entendrai plus. De toute façon, elle s’est déjà rendormie.

Elle ne me croira qu’à moitié, mais j’en suis sure, en tout cas ce grognement c’était une bête sauvage, et a part un ours je ne vois pas trop…

En tout cas pour moi, impossible de me rendormir. Qui a dit que j’étais peureuse ??

Jeudi 9 Juillet 2009 : un campement pour le moins insolite

Pas mécontente de quitter cette forêt !

Direction la Moldavie. On arrive assez rapidement à Iasi, près de la frontière. Je me suis endormie dans la voiture, me sentant en sécurité avec cette mère et son fils. Je n’aurais pas dû, je suis complètement dans le brouillard maintenant. Ils nous ont déposé à la gare routière. Un moment on hésite à prendre un bus pour la Moldavie, on est fatigué, et c’est toujours galère les passages de frontière…mais finalement non, question de fierté, on est arrivé jusque là en stop, on ne va pas craquer maintenant !

On va au marché, on nous a dit qu’il y avait pas mal de moldaves qui venaient ici pour vendre leurs fruits et légumes, peut être qu’on pourra passer la frontière avec eux.

Un jeune accepte de nous prendre mais il a encore de la marchandise à écouler. « Je pars d’ici une heure ou deux »

C’est bon pour nous ! On attend dans un parc, mangeons des Placinte, souvenirs de l’été dernier.

Frontière, contrôle des passeports, fouillage rapide des sacs, quelques questions sur les raisons de notre venue en Moldavie, tampon, on nous laisse passer.

Yiihhhhhhaaaaaa ! Moldova ! Last destination !

Déposées à la frontière. Il fait chaud, il fait soif. J’essaye de demander de l’eau dans un bar. Eau, un des seuls mots que je sais dire en roumain (avec les formules de politesse bien sur, sans oublier le fameux « ou sont les toilettes ? »)

On me renvoie bouler, Elise va donc tirer l’eau du puits de l’autre coté de la rue. Elle est dégueulasse….

On s’entasse dans une vieille voiture au milieu des pommes de terre et autres légumes. Ils nous amènent à Balti (prononcer Bêêêlltze, comme les moutons).

Balti, la raison pour laquelle Elise voulait absolument aller en Moldavie. Pour son architecture splendide ? Ses plats gastronomiques hors du commun ? Sa vie culturelle trépidante ?

Non, pour sa prison. C’est là qu’est enfermé son ami Slava, qu’elle a connu dans le centre pour réfugié de Chisinau. J’ai de bons souvenirs de Slava aussi, quand je suis allée en Moldavie l’année dernière. Un mec patient, très gentil, fou amoureux d’Elise aussi.

On va à la prison se renseigner sur les horaires de visite. De 8heures à 17h. Il est 17h15….on reviendra demain matin.

En attendant, comme tous les soirs, on doit chercher un endroit où dormir. On avise un terrain, on sonne chez les gens pour leur demander. Finalement, c’est le mari de la voisine qui nous propose de nous amener dans un endroit, selon lui très sûr, où on peut planter la tente sans problèmes.

Après quelques questions, il s’avère que cet endroit très sûr est un aéroport. Il en est le patron. On a dû mal comprendre…mais aéroporto, ça doit bien signifier aéroport non ? Echange de regards interloqués avec Elise. Il nous amène planter notre tente dans un aéroport ??? On ne risque pas de se faire atterrir dessus en pleine nuit ?

On comprend mieux après avoir vu l’aéroport en question.

Un grand terrain vague avec une dizaine d’avions Air Moldova tous plus pourris les un que les autres, rouillés, certains sans hélices, d’autres ans ailes…parait qu’il y en a quand même 3 ou 4 qui volent. Ben je ne me risquerais pas à monter dedans !

PHOTO 9

On est aux anges. Cet endroit est magique ! On plante notre petite tente au milieu de ces tas de ferrailles, le soleil se couche, le patron nous prête une couverture et nous offre des abricots.

Un gardien reste toute la nuit pour veiller sur ces coucous. On se demande bien pourquoi…

Vraiment, c’est l’endroit le plus insolite où on a dormi !

Vendredi 10 Juillet 2009 : Grosse déception mais…we did it !

Café servi par le patron de l’aéroport dès notre réveil !

On remballe vite, la prison nous attend. On stresse un peu, on fait attention à comment on s’habille, pas de pantacourts, pas de débardeurs, on se couvre bien.

La prison. Un grand portail, on voit dépasser les têtes de militaires, debout sur les chars.

A gauche du portail, une petite porte. L’accueil. En roumain, Elise explique notre situation. Contrôle des passeports, demande d’autorisation écrite, on nous fait passer le premier portail. On entre dans la salle d’attente. Des femmes, des hommes, vieux, jeunes, enfants. Tous attendent pour rendre visite à quelqu’un. Ca servait bien qu’on prenne autant de précautions pour les vêtements. Les femmes sont en mini jupe et débardeur à grand décolleté.

On attend un long moment. On s’en fout, on va revoir Slava !

Mais la dame de l’accueil nous rappelle. Ce n’est pas possible de rendre visite à Slava, il nous faut l’autorisation spéciale du chef. Comment ça, et on l’obtient comment cette autorisation ? Elise insiste. La dame de l’accueil, gentille et compatissante, arrange un rendez-vous avec le fameux chef. On attend encore, on fait connaissance avec un couple. Il s’avère que leur fils est dans la même cellule que Slava. Ils donnent des conseils à Elise ; il va falloir être convaincante, supplier le chef. Dire qu’on vient de France exprès pour voir Slava. Et puis, discrètement, prenant Elise à part, chuchotant, l’homme ajoute : « si besoin, glisser un peu d’argent… » Ah ben oui, tout le monde est corrompu ici. Mais quoi, ça veut dire que si on ne donne pas d’argent, aucune chance de voir Slava ? Pour se faire une idée, on demande : combien faudrait il donner ? L’équivalent de 10 euros…une fortune ici !

On ne veut pas rentrer dans ce système pourri...je me souviens de ce que nous racontait Vova, l’été dernier, au sujet de la corruption. Tout se paye. Impossible d’obtenir un diplôme universitaire sans corrompre le correcteur. Les flics, les médecins, tout le monde, tout le monde est corrompu. Comment lutter ?

Elise peut rencontrer le chef. Moi, je dois rester. L’attente est longue. Je vais demander à la dame à l’accueil, dans un roumain plus qu’approximatif. Où est Elise ? Et moi, est ce que je peux y aller ? Non, moi je dois attendre. Alors attendons….je ne me sens pas à l’aise ici, je ne sais pas où est Elise, je ne comprend rien à ce qui se passe autour de moi.

Enfin, elle revient. En larme. Le chef est catégorique, on ne peut pas voir Slava. Il faudrait une autorisation de Chisinau. Bien sur…il l’avait, le pouvoir de nous laisser entrer !

Si on avait donné de l’argent, est ce que ça aurait changé quelque chose ? On ne saura jamais…

Grosse déception. Mais si on ne peut pas voir Slava, on peut toujours lui faire passer un colis.

Courses au supermarché puis retour à la prison. Il faut détailler par écrit tout ce qu’on amène. La quantité de chaque conserve, chaque paquet de gâteau. Mais on ne peut pas faire passer de mot.

On refait des courses pour nous. Un tzigane nous aborde dans la rue, il a faim. Voyant qu’il attend à la sortie du supermarché, on lui achète un pain. Il le refuse violemment, lui voulait du lait. Il nous suit encore un moment, on finit par s’énerver un peu. On peut lui donner du pain, c’est tout, on ne va pas racheter du lait !

On finira par donner ce pain avec de la viande à une petite vieille qui nous remerciera comme si on était tombées du ciel. C’est triste…recevoir la bénédiction d’une dame pour un bout de pain !

On retourne chercher nos sacs laissés dans un bar, et comme on ne prend jamais un café sans le rentabiliser à fond, on s’approprie les toilettes pendant un moment : vaisselle, lessive, brossage des dents, toilette rapide.

Direction Chisinau, notre dernière ligne droite. On est émues. Notre dernier trajet en stop…

On attend un peu, puis deux gars s’arrêtent, belle voiture. Ils peuvent nous amener à Chisinau, mais pour 100 lei, soit plus de 6 euros. On marchande, arrivons à faire diminuer le prix de moitié. Ca m’énerve de payer ce trajet ! Les gens qui n’ont rien nous emmènent gratuitement et eux, dans leur belle bagnole, ils nous font payer. J’ai envie de refuser mais Elise est ok pour monter, et puis on a hâte d’arriver à Chisinau.

Ces deux gars sont hautains, arrogants. Ils s’en foutent de nous, on rapporte du fric, c’est tout.

Je les déteste dès le premier regard. Je suis déçue que ce soit sur eux qu’on soit tombé pour notre dernier trajet. Et puis ils roulent lentement, trop lentement, les kilomètres défilent peu à peu. Ils font un détour dans un petit village pour apporter quelque chose à leur famille, au moins on visite la campagne moldave !

Les villages ont changés, les portails sont maintenant en fer forgé, bleu ou vert, avec des motifs de losange ou de cœurs, un peu comme à Ramnicu Valcea en Roumanie.

A l’entrée de la capitale, il y a une grande sculpture, « Chisinau » écrit en grand.

On demande aux deux gars de nous déposer ici. Photos souvenirs ! On est contentes d’être arriver ici, sans problèmes. Tout s’est bien passé, même très bien !

Toutes les recommandations de la famille avant le départ et les éternelles mises en garde dans les Balkans avaient fini par nous faire croire qu’on entreprenait en effet une dangereuse aventure…mais ce qu’on vient de faire prouve bien que non, ce n’est pas plus dangereux que ça, il y a un risque certes, mais mesuré si l’on fait un peu attention…

Souvent, les gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas, peur de l’inconnu. Mais à vivre constamment dans la peur, on finit par ne rien faire.

On retrouve Octovian, un ami d’Elise, directement chez lui, conduites par un gentil jeune homme qui a fait bien des détours pour nous emmener, nous a prêté son portable pour appeler Octovian. Finalement, c’était lui notre dernier conducteur !

Octavian parle anglais, c’est cool, Elise n’est pas obligée de faire la traductrice et je peux m’exprimer comme je veux ! Et puis l’anglais me manquait, en Slovénie on le parlait tout le temps avec les gens, on avait fini par se parler en anglais avec Elise même quand on était que toutes les deux. Dans les Balkans on le parlait aussi, avec Dolores, avec Daniel.

Mais depuis la Roumanie, le français et le roumain avaient pris le dessus et donc oui, l’anglais me manquait ! J’aime parler anglais, je trouve que ça donne un autre sens au voyage.

Soirée tranquille avec Octavian et son cousin, on discute de choses et d’autres.

Samedi 11 Juillet 2009: la vie à Chisinau

Chisinau n’a pas changé.

Ses trolleybus rouges et bleus avec leurs portes grinçantes, et les femmes qui vendent les tickets toute la journée, l’œil aux aguets pour surveiller les nouvelles montées, se déplaçant difficilement au milieu de la foule compactée à l’intérieur. 1 lei le ticket, prix dérisoire, 15 lei valant 1 euros.

Ses affiches en russes, les autres en roumain, révélant la mixité de la Moldavie. Pro-russes et pro-roumains qui vivent ensemble, non sans heurts.

Ses vieux immeubles gris et moches de l’union soviétique.

Ses filles ultra maquillées, talons et minijupes, qui nous font prendre conscience plus fortement de nos allures de clochardes.

Ses grandes affiches de publicité, en particulier les bancs rouges KIT et KAT dont la présence m’a étonnée dans un pays à régime communiste.

Son parc Stefan Cel Mare, lieu de rendez-vous de toute la ville, qui me rappelle de bons souvenirs l’année dernière, quand, Elise à l’accordéon et Slava à la guitare, jouaient des airs de mazurka et que Nico et moi dansions.

C’est d’ailleurs dans ce parc que nous retrouvons Sabine, une française qui fait un SVE à Chisinau, amie d’Elise. Une petite boule d’énergie, pétillante, drôle, joyeuse. Nous qui commencions avec Elise à se lasser un peu du voyage, des rencontres, de défaire et refaire nos sacs tous les jours, elle nous rebooste largement !

Bière pour fêter notre arrivée et le départ imminent de Sabine.

Eurolines, on achète le ticket d’Elise, qui part au final le même jour que moi, super !

Sabine fait une good-bye party ce soir, dans un grand parc. Tous les volontaires sont là, des moldaves aussi. Ca parle anglais, roumain, français, allemand, russe, c’est sympa.

Je discute longuement avec deux filles moldaves, deux sœurs, qui parlent un français impeccable.

Les filles moldaves, de ce qu’on nous a dit et de ce que l’on peut voir, attachent beaucoup d’importance à l’apparence. Elles sont, on pourrait dire, superficielles. Préféreraient ne pas manger pendant deux jours pour s’acheter le dernier tube de rouge à lèvre.

Mais elles, les deux filles avec qui je discute, sont l’exception qui confirme la règle. Elégantes, mais pas provocatrices, elles sont surtout très cultivées. On parle politique, cinéma, livres…elles me conseillent des auteurs roumains. La soirée passe vite, la nuit tombe, elles s’en vont.

Je continue la soirée à discuter avec Octavian, Kenzo à coté joue de la guitare et chante en russe, Elise discute avec Gheorghe.

Octavian est un mec qui rêve de liberté, qui rêve de continuer ses études de sociologie ailleurs. Il en a marre de sa vie en Moldavie, marre du gouvernement, marre d’être coincé là. Il habite chez ses parents, qui passent leur temps à s’engueuler, qui ne se supportent plus mais qui ne divorcent pas, par lassitude ou habitude. Ca le soule. Il est parti l’été dernier faire un SVE en Islande, pour bosser avec les sans-abri. Une belle expérience, pas facile.

Il me propose d’aller nous balader, de nous éloigner un peu du groupe. Il fait bon, on entend de la musique jouée dans un bar pas loin. Je ne sais pas trop comment, on finit par se retrouver allongés dans l’herbe, côte à côte, s’enlaçant et s’embrassant. Je ne réfléchi pas en voyage, j’arête de me poser milles questions sur ce que je devrais faire ou ne pas faire, contrairement à ma vie en France où je pense beaucoup trop. J’écoute seulement mon coeur et mon instinct. Et là ils me disent juste de profiter du moment présent, même si ça ne mène à rien, et tant mieux d’ailleurs. Je n’attends rien.

Il est tard, la pluie commence à tomber, quelques gouttes d’abord, puis de plus en plus fort. On remballe tout, les couvertures, les bouteilles, la nourriture, on va tous se réfugier chez Julie, une autre volontaire française. La soirée continue au sec. Jeux de cartes, papotages, puis on tombe tous les uns après les autres dans le sommeil, alors que le soleil est près de se lever. Je m’endors dans les bras d’Octavian à même le sol.

Dimanche 12 Juillet : Madame poulet

Nuit trop courte…Octavian s’en va en début de matinée chercher des affaires chez lui, les autres suivent, seules Elise et moi restons chez Julie qui a un peu trop bu hier et a une bonne petite gueule de bois.

Le trolleybus et le machoutka nous ramènent chez Octavian dans l’après midi. Petite sieste bien méritée.

On se retrouve tous, les volontaires et autres, dans la soirée, à essayer de trouver un bar qui n’est pas fermé. On finit par en dénicher un. L’alchimie est bonne, tout le monde discute, échange ses opinions et ses connaissances. Max et Gheorghe nous font des tours de magie, tandis que je me lance dans une grande explication sur la sexualité des poulets et l’adoption interspécifique chez les tourterelles. Cours d’éthologie de l’année dernière….en tout cas, en anglais c’est vraiment pas facile à expliquer et je pense que personne n’a compris ce que je disais, m’empêtrant toute seule entre les émissions haute fréquence sonore de telle poule et les attirances de tel anatidé pour Monsieur Lorenz…enfin ils sont gentils, au moins ils font semblant d’avoir assimilé quelque chose à mon charabia…

Elise se rapproche de plus en plus de Gheorghe, mais non, elle a un copain en France…mais elle doute, son copain, elle n’est pas sûre d’en être vraiment amoureuse, il n’y a pas cette petite flamme, ce petit pincement de cœur dès qu’elle le voit. Pourtant ils ont les mêmes opinions, s’entendent à merveille sur tout, mais il manque quelque chose…

Avec Gheorghe, elle l’a, ce petit quelque chose, et ça lui fait tourner la tête…

Lundi 13 Juillet 2009 : Chisinau d’en bas et Chisinau d’en haut

Sensées se réveiller assez tôt, prendre un bus pour aller dans un village et passer la nuit là bas. Mais voilà, quand on se lève et que l’on voit les gouttes de pluie glisser sur les carreaux on se recouche aussitôt, et rattrapons le manque de sommeil accumulé pendant le voyage. Mais enfin on est à Chisinau, notre but ultime, alors maintenant qu’on y est autant en profiter ! On décide donc d’aller dans le centre dans l’après midi. Mais à Chisinau, Elise va me tuer quand elle lira ça, mais je prends le risque… donc, à Chisinau disais-je, il n’y a pas énormément de choses à faire. On déambule dans les rues, on va faire une sieste sur un banc dans le parc Stefan Cel Mare mais le froid a raison de nous.

On va voir la maison du parlement qui a subi bien des dégâts lors de la révolte étudiante en avril dernier. Meubles et ordinateurs brûlés et saccagés, vitres brisées. Les jeunes ont protesté contre la victoire du PC aux législatives, et exigeaient un nouveau décompte des bulletins. Cette révolte s’est soldée par une victoire des manifestants puisque des nouvelles élections vont avoir lieu dans quelques jours !

On monte dans un trolleybus, le premier qui passe, ce qui nous permet de visiter d’autres coins de la ville à travers les vitres. Et puis il s’en passe des choses dans le trolleybus. Les gens montent, descendent, des mamies chargées de paniers de légumes que je n’arrive même pas à soulever gravissent péniblement les marches, les hommes cèdent automatiquement leur place aux femmes plus ou moins jeunes, et nous on fait nos touristes. En fait, le bus, c’est un peu le miroir de la société de chaque pays.

On rejoint Sabine et Gheorghe dans la soirée et décidons de monter sur les toits pour observer le soleil qui se couche sur Chisinau. C’est beau, le ciel se teint de rose, éclairant les vieux immeubles décrépis à l’architecture typiquement soviétique. Les voitures défilent en bas à toute vitesse, traînées de lumières jaunes et rouges. On est haut, j’ai un peu le vertige, mais c’est une sensation grisante.

Le Rock’n roll café nous ouvre ses portes un peu plus tard. Octavian nous a retrouvé, on s’amuse à gribouiller sur un billet de un lei des messages anti-communistes. Il fait parti des dizaine de milliers de manifestants anti-communistes, qui, comme lui, rêvent de l’entrée de la Moldavie en Europe. Ils n’en peuvent plus de ce pays sans liberté, de la politique pro-russe du président Vladimir Voronine, du taux de chômage important, de la pauvreté du pays engendrant un exode massif de la communauté active vers les pays de l’UE.

Il est tard, on rentre chez Octavian. Je m’endors dans ses bras. C’est notre dernière nuit à Chisinau, demain on reprend la route vers la France, c’est la fin de notre voyage. Déjà.

Mardi 14 Juillet 2009 : Je n’ai pas peur de la route

Fête nationale aujourd’hui en France, discours du président, feux d’artifice et tout le bordel…comme ça me semble loin ! Et qu’est ce que c’est bien d’être coupé du monde, de ne pas savoir ce qu’il se passe.

Avec Sabine on va faire un tour dans la grande friperie de Chisinau puis on se quitte. Elle nous offre un petit cadeau de départ, un livre qu’elle a adoré. Tziganes ça s’appelle, c’est le témoignage d’en enfant gadjé qui a vécu avec les tziganes. Peut être ce livre nous permettra de mieux comprendre cette communauté qui nous fascine en même temps qu’elle nous dérange.

Dans un bar avec Gheorghe et Octavian, on boit des bières, on se soule un peu. Gheorghe sort un jeu de cartes, la serveuse accourt aussitôt. Pas le droit de jouer ici, les cartes, c’est un jeu d’alcoolo, elle veut préserver la réputation de son café. Elise et moi tombons des nues. On veut partir, de quel droit nous empêcherait-on de jouer ? Mais les gars sont blasés, habitués à ce manque de liberté, et ont la flemme de bouger…alors on reste. Mais sans faire d’efforts pour bien se tenir. Esprits provocateurs sans doute, on s’amuse à s’écrire dessus.

Le bras d’Elise est décoré d’un gros « Jos communist » au marqueur noir, tandis que l’on peut lire « Jos Sarkozy » sur celui de Gheorghe. A bas les communistes, à bas Sarkozy…à chacun ses problèmes…

Il est l’heure de partir. N’ayant aucune envie de rentrer en France, j’ai cependant envie de reprendre la route et de partir d’ici. Peut être à cause de ma relation avec Octavian…notre relation s’est trop vite officialisée, à se tenir par la main et à s’embrasser dans les rues, et je n’avais aucune envie de ça. Ses déclarations, ses « tu vas me manquer » m’énervent. Bien sur que non, je ne vais pas lui manquer. On se connaît depuis quoi, quatre jours ?

J’aime les relations en voyage. Parce que l’on sait que cela va être éphémère. Pas de promesses, pas de plans pour le futur, pas de préoccupations, juste vivre le moment présent, sans se poser de questions. Et là, ce n’est pas ça, lui voudrait que notre histoire continue quand il obtiendra son VISA pour venir en France, et moi, sans oser lui dire vraiment, je n’en ai aucune envie.

Les au revoirs sont en fait plus difficiles entre Elise et Gheorghe.

On est dans le bus. On ne parle pas beaucoup, chacune dans ses pensées. On repense à notre voyage, nous remémorons parfois quelques anecdotes, partageons quelques réflexions, mais globalement on a besoin chacune de se retrouver pour une analyse rétrospective de notre voyage, pour prendre du recul.

On a parcouru plus de 4000 kilomètres, je n’ai pas l’habitude de ce genre de voyage où l’on repart sitôt arrivé, j’aime généralement rester au même endroit plusieurs jours, plusieurs semaines, pour vraiment apprécier l’ambiance d’un lieu et favoriser les rencontres plus profondes.

Cependant ce voyage m’a beaucoup appris, et j’ai vraiment apprécié le fait de ressentir tous les kilomètres au fond de moi, de voir les paysages évoluer lentement, de sentir l’histoire de chaque pays traversés.

J’écoute de la musique. Noir désir, « je n’ai pas peur de la route, faudrait voir faut qu’on y goûte, des méandres aux creux des reins et tout ira bien… » Oui, j’ai goûté à la route, à ses plaisirs, à ses mauvais cotés aussi. Je n’ai pas peur de la route. J’aime la route.

On arrive à la douane. On doit descendre du bus, contrôle des sacs. Le douanier compare d’un œil sévère la photo du passeport avec la tête du détenteur, fait ouvrir quelques sacs au hasard, pose des questions. C’est là qu’Elise se rend compte qu’elle n’a plus son passeport.

Comment ça plus de passeport ? Non mais merde, quoi, Elise, on est à la douane, on rentre dans l’UE, sans passeport, on ne franchit pas la frontière ! Elle retourne dans le bus, fouille sous tous les sièges, vide son sac, demande aux gens, refait le chemin inverse, pas de passeport. Petite panique, mais finalement le chauffeur de bus l’avait retrouvé par terre et donné directement au douanier. Ouf ! C’est seulement la deuxième fois que tu nous fais le coup du passeport, Elise…

On repart. Comme il n’y a pas grand monde dans le bus on squatte à toutes les deux les sièges du fond, pouvons nous allonger et dormir un peu. Il est 4 heures du matin quand on arrive à Brasov, la ville en Roumanie d’où on repartira dans quelques heures avec un autre bus.

Mercredi 15 Juillet 2009 : Une mamie tu secourras, des gâteaux tu mangeras !

Elise se déguise en superwoman et sauve une petite mamie en détresse ! Le bus Eurolines pour Lyon, celui que l’on prend, part à 8h30. Mais la mamie qui était dans notre bus hier et qui a dormi avec nous pendant les quelques heures de transit dans la gare routière a un billet pour Paris. Or sa fille l’attend à Lyon ! C’est la panique, branle bas de combat, tout le monde y met du sien, la rassurant, allant au guichet Eurolines, demandant au conducteur…mais personne ne peut nous dire si il y a de la place de libre dans le bus pour Lyon et donc si elle va pouvoir échanger son ticket !

Elise se propose d’échanger son billet avec le sien, car on n’imagine pas trop cette mamie qui ne parle pas un mot de français ni d’anglais débarquer dans la capitale, le soir, sans adresse où dormir et avec sa fille qui l’attend à des centaines de kilomètres. Elise, elle, pourra toujours se débrouiller.

Mais, comme dans toutes les belles histoires, tout fini par s’arranger, la mamie peut échanger son billet, c’est la fête, tout le bus est soulagé, on embarque, go !

C’est parti pour trente-six heures de bus…

Pas grand-chose à faire à part dormir, lire, écouter de la musique, manger, dormir encore. Le bus s’arrête toute les deux heures. Comme on a jamais d’argent pour aller aux toilettes on supplie les dames pipi dans tous les pays traversés. D’un coté comment pourrait on avoir des pièces moldaves, roumaines, des euros et des francs suisse ? On se rend compte de l’augmentation du coût de la vie rien que par le prix des toilettes. C’est pas bon de revenir vers l’ouest…on n’avait plus l’habitude de ces tarifs !

Jeudi 16 Juillet 2009 : “I am a poor lonesome cowboy”

Bonne ambiance dans le bus, on nous offre à manger des sandwichs et des gâteaux, tout le monde se parle, enfin moi je ne comprends pas grand-chose mais ce n’est pas grave !

L’inscription sur le bras d’Elise suscite bien des commentaires, et les gens sont curieux de savoir ce que l’on est allées faire en Moldavie.

Seule la musique affreuse, diffusée bien sur dans les enceintes au-dessus de moi, m’horripile. J’arrive quand même à lire un peu, j’ai fini mon livre sur la Lituanie ainsi que le livre d’Elise sur le colonialisme en Afrique, très bon livre d’ailleurs, qu’elle n’a par contre pas aimé.

On retrouve les lieux déjà traversés, pancarte indiquant Saint Gallen, ça ne vous rappelle rien ? Lausanne, le lac Léman, les Alpes qui se profilent à l’horizon, se rapprochent, on arrive bientôt !

On est même à Lyon plus tôt que prévu. Au lieu d’attendre le prochain train, on décide de tenter le retour sur Clermont-Ferrand en stop. Accros, nous ?

Pas facile de sortir de Lyon, mais on finit par être déposées sur la nationale en direction de Clermont-Ferrand. Il est 19h30. Et là on réalise…qui, non mais qui, pourrait bien aller à Clermont à cette heure si, un jeudi soir, et par la nationale en plus ?? Y’a pas de problèmes, les voitures sont nombreuses à s’arrêter, mais c’est des gens qui habitent à 5 ou 10 kilomètres, qui bossent à Lyon la journée et rentrent chez eux le soir...personne ne va à Clermont-Ferrand maintenant !

Franchement, après les 48 heures de bus, on a vraiment envie de rentrer chez nous, de prendre une douche, mais j’ai comme le pressentiment que l’on va camper ici ce soir ! Sans rien à manger…

La dernière fille qui nous a pris nous avait proposé de dormir chez elle, on a refusé, on est connes…

Heureusement l’instinct féminin n’est pas toujours vérifié et une petite voiture s’arrête devant nous. Edmée, qui va jusqu’à Aurillac, est même prête à faire un petit détour pour nous déposer à Clermont ! On discute, c’est elle-même une voyageuse, elle est allée au Vietnam entre autre, on en parle, on se remémore les noms de ville, l’ambiance de ce pays. Illustratrice de livres pour enfants, elle fait quelques aquarelles pendant ses voyages. De fil en aiguille on réalise qu’elle a rencontré mes parents l’hiver dernier en Laponie alors qu’ils faisaient du ski de rando ! Le monde est petit !

Un terrible orage nous surprend aux environs de Noirétable, on est obligés de s’arrêter dans une station service tellement la visibilité est réduite. Je ne crois bien n’avoir jamais vu de ciel bleu à Noirétable ! Il doit y avoir une micro dépression qui reste toujours dans ce coin !

On se rapproche de Clermont, la pluie s’est arrêtée, on assiste à un magnifique coucher de soleil sur la chaîne des puys. La silhouette noire et allongée des volcans se détache du ciel rouge. C’est beau. On est bien contentes de rentrer quand même, contentes de cette fin, comme dans Lucky Luke, quand il s’en va sur son cheval vers le soleil couchant après une belle aventure. « I’am a poor lonesome cowboy… ».
Article "Thaïlande, à méditer..." English translation pending
by Maheber · 2009-09-25 · 55 replies
Un peu de lecture !

Article tiré du Gavroche du 22/9/09 publié par Pierre-Yves Claiss

A la lecture de la presse anglophone de Bangkok, on est fréquemment surpris d’un manque patent de neutralité quant à l’affaire du temple de Préah Vihear. Le parti de la Thaïlande y est pris sans nuance et l’on va jusqu’à affirmer que les Cambodgiens seraient les véritables fauteurs de troubles, tout comme les premiers à tirer… Le souci de vérité me force ici à tenter de clarifier quelques points d’histoire concernant les rapports entre les deux pays. Provenant de Chine méridionale, c’est vers la fin du IXe siècle que ceux qui allaient devenir les Siamois, puis les Thaïs, commencent à s’établir sur les marches septentrionales de l’empire khmer, au nord de la chaîne des Dangreks. Ils se renforcent progressivement jusqu’à fonder le royaume thaï d’Ayutthaya, qui saccagera Angkor à deux reprises, en 1351 et 1431, déportant à chaque fois une grande partie de la population et imposant sa suzeraineté sur le Cambodge, dont il annexera au fil du temps des provinces entières.

« Atlantide en sursis », avalé au Nord-ouest par le Siam et à l’Est par le Viêt-nam, le Cambodge allait tout bonnement disparaître. Conscient de cela, le roi Ang Duong sollicita en 1853 l'intervention de Napoléon III. Mis au courant, les Siamois firent échouer ce traité d'alliance et c’est le fils d’Ang Duong, le roi Norodom, qui signera finalement en 1863 un traité de Protectorat avec la France.

L’influence des Anglais sur le Siam était forte, mais l’accord franco-britannique du 14 juillet 1884 avait reconnu comme « zone française » le bassin du Mékong, ce qui n’empêcha pas les Siamois de couper ledit bassin et d’avancer à travers le Laos. Ces empiètements répétés conduisirent, en juillet 1893, une flottille française à remonter le Ménam jusqu’à Bangkok. La France fit alors le blocus des côtes, ce qui obligea la cour du Siam à renoncer à toute revendication sur la rive gauche du Mékong tandis que les Français gardèrent sous leur contrôle les provinces de Chantaboun et de Paknam. La Convention de 1904 rendit au Cambodge la province côtière de Koh Kong ainsi que celle de Steung Treng, assorties des régions de Melou Preï et Tonle Repou, territoires cédés par le Siam au Laos et réintégrés au Cambodge par la France.

Cette Convention conduisit au Traité de 1907 où, contre la rétrocession au Siam des provinces de Trat, Chantaboun et du territoire de Dan Sai dans l’actuelle province de Loei, le Roi Chulalongkorn (Rama V) abandonnait à la France, qui les rendait au Cambodge, les provinces de Battambang, de Sisophon et de Siem Reap.

LA BATAILLE DE KOH CHANG

Lorsque le roi Sisowath pu finalement se rendre à Angkor reprendre possession de ces terres indubitablement khmères, il déclara que c’était là « la plus grande gloire de son règne ». Mais les Siamois ne renoncent pas. Profitant de la défaite française face à l’Allemagne lors de la Seconde Guerre mondiale, ils violent immédiatement le pacte de non-agression signé avec la France le 12 juin 1940.

Le Premier ministre thaïlandais, Phibun, organise alors une série de manifestations nationalistes et anti-françaises à Bangkok, puis des escarmouches frontalières se succèdent le long du Mékong. L’aviation thaïlandaise, supérieure en nombre, bombarde de jour Vientiane, Sisophon et Battambang. Les forces aériennes françaises tentent des raids en représailles, mais les dégâts causés sont bien moindres. En décembre 1940, la Thaïlande occupe Pak-Lay et le Bassac.

Début janvier 1941, Bangkok lance une offensive sur le Laos et le Cambodge. La résistance franco-indochinoise est en place, mais la plupart des unités sont surpassées par les forces thaïlandaises, mieux équipées (20 chars côté français, 134 côté siamois). Les Thaïlandais occupent rapidement le Laos, alors qu’au Cambodge la résistance française est meilleure.

Le 16 janvier, la France lance une large contre-offensive menée par le 5e REI (Régiment Etranger d’Infanterie) sur les villages de Yang Dang Khum et de Phum Préav, où se déroulent les combats les plus féroces de la guerre. La contre-attaque est bloquée et s’achève par une retraite, mais les Thaïlandais ne peuvent poursuivre les forces françaises, leurs blindés ayant été cloués au sol par les canons anti-char.

Alors que la situation à terre est critique, l’amiral Decoux donne l’ordre aux navires de guerre français disponibles d’attaquer dans le golfe de Thaïlande. Au matin du 17 janvier 1941, le « groupe occasionnel » surprend les navires thaïlandais à Koh Chang. Bien que la flotte ennemie la surclasse largement en nombre, l'opération s'achève par une victoire totale de la marine française. A l'issue du combat, une bonne partie de la flotte de guerre thaïlandaise est détruite. Mais, le 24 janvier, la bataille aérienne finale a lieu lorsque l’aéroport de Siem Reap est atteint par un raid des bombardiers thaïlandais.

Le Japon intervient rapidement dans le conflit au profit des Thaïlandais, impose un armistice, puis un traité de paix, le 9 mai, par lequel la France abandonne les provinces cambodgiennes de Battambang et Siem Reap, ainsi que les provinces laotiennes de Champassak et Sayaburi. Les territoires annexés au Cambodge ne seront restitués par la Thaïlande, sous pression internationale (traité de Washington), qu'en novembre 1947. Mais dès 1953, alors que le Cambodge accède à peine à l’indépendance, des troupes thaïes investissent Préah Vihear, chassent les Khmers et hissent leur drapeau national. Neuf ans plus tard, en 1962, l’habileté consommée du prince Sihanouk permit d’obtenir une décision internationale de justice et les Thaïlandais durent faire marche arrière. Mais le répit allait être de courte durée, la guerre arrivait et Préah Vihear y serait engouffré.

RETOUR FORCE VERS L'ENFER

Le pire moment du conflit khméro-thaï fut un effroyable holocauste orchestré il y a trente ans par l’armée thaïlandaise. Peu après la défaite des Khmers rouges en 1979, la Thaïlande fut submergée de réfugiés cambodgiens. Pour démontrer au monde qu’elle ne pouvait seule et sans argent gérer ce phénomène, elle planifia une atroce mise en scène. Au matin du vendredi 8 juin 1979, 110 bus se rangèrent devant le camp de Nong Chan qui abritait des dizaines de milliers de réfugiés cambodgiens. On leur déclara qu’ils allaient être transférés dans un camp plus à même de les recevoir et tous ces survivants du génocide khmer rouge furent renvoyés en enfer…

Fort éloigné de Nong Chan, le passage par le site de Préah Vihear avait été choisi à dessein : une falaise abrupte couverte de jungle, des mines par milliers, l’issue ne faisait pas de doute… Comprenant ce qui allait se passer, les malheureux réfugiés durent être sortis des bus sous la menace des armes. Des scènes horribles eurent lieu : arrivés de nuit, ils furent poussés comme du bétail entre deux rangées de militaires sur un étroit chemin, non sans avoir été dépouillés de tout l’argent qu’ils possédaient. Les soldats maniaient leurs armes comme des bâtons et tiraient sur ceux qui refusaient de descendre le chemin. Terrorisés à l’idée de sauter sur les mines innombrables (posées par les Khmers rouges quatre ans auparavant), les réfugiés tentaient par tous les moyens de rester sur le chemin, mais plus haut, on poussait sans cesse de nouveaux malheureux et les gens étaient finalement forcés de marcher dans les champs de mines. Il fallut trois jours aux survivants pour traverser cette étendue de mort, de soif et de faim au milieu des cadavres en putréfaction et des blessés se tordant de douleur.

On estime à quarante-cinq mille le nombre de Cambodgiens ainsi expulsés pendant les trois jours que dura l’opération, mais on ne connaîtra jamais le nombre de victimes, les Khmers rouges n’ayant pas tenu de registre (1)... On ignore trop cette affreuse page d’histoire. Les torts des Thaïlandais à l’encontre des Khmers doivent être rappelés, non pour dresser à nouveau les peuples les uns contre les autres, mais pour que justice soit enfin rendue.

(1) Deux livres racontent cet episode tragique de l’histoire : The Quality of Mercy: Cambodia, Holocaust and Modern Conscience de William Shawcross (1984) et To Destroy You Is No Loss de Joan Criddle et Teeda Butt Mam (1987).
Voyageurs solitaires, avez-vous déjà pleuré? English translation pending
by Llllll · 2009-09-20 · 182 replies
... en voyage ?
Quels souvenirs ramener d'un séjour au Pérou et en Bolivie? English translation pending
by Jls45 · 2009-08-15 · 33 replies
DANS UN MOIS ET DEMI JE PARS POUR 18 JOURS AU PEROU ( de Lima la cote sud jusqu a arequipa puis canion de la colca titi caca cuzco machu pichu) puis aussi EN BOLIVIE (LA PAZ)

OU, quand et quoi ramenez de beau de ce sejour? De mes voyages j' aime ramener de beaux souvenirs qui sortent de l'ordinaire , mais aussi du classique sachant que je n'aime le "kitch". Si vous avez des idées je suis preneur a+ jl
Quoi visiter aux alentours d'Angkor au Cambodge? English translation pending
by Valy69 · 2009-08-14 · 67 replies
Etant actuellement en préparation de tour du monde en famille pour 2010 pour 1 an, je souhaiterais voir les temples d'Angkor, mais je me demandais ce qu'il y avait à voir aux alentours?Je pensais y rester 15 jours dont 1 semaine consacré aux temples d'A.J'hésite encore entre faire que cette petite partie du pays ou pousser + loin et rester + longtemps.Car pour l'Asie nous y resterons déja longtemps et je ne pensais pas faire le Cambodge , mais comme je rêve de voir les temples d'A. je me dis qu'il serait dommage de passer si près et de ne pas en profiter. Pour infos pour l'Asie nous avons prévu:Indonésie:3 mois Birmanie:28 jours Cambodge:15 jours Laos:1 mois Népal:2 ou 3 semaine (que la vallée de Katmandou) Pour résumer, cela fait déja 6 mois en Asie, pensez-vous qu'il est dommage de ne voir que les temples d'A. , malgré tout ce que nous aurons déja fait? Sinon que peut-on voir dans les environs ?

Merci d'avance.
Un peu d'Eire! English translation pending
by Alexvanille · 2009-08-09 · 53 replies
Voici le récit de notre séjour dans l' ouest de l' Irlande du 02 au 07 juillet 2009 , une "échappée" de quelques jours entre petites villes et Nature à la découverte d' un pays Adorable !!! Je rentre peut-être un peu trop dans les détails mais cela nous permet de conserver nos souvenirs intacts 😊... Peut-être pourra t 'il également aider certaines personnes à préparer leur périple là bas .... J' ai essayé de donner à cette intention, pas mal d' infos sur la préparation du parcours avant de rentrer dans les détails de nos visites jour par jour ...

TOUT COMMENCE PAR UN CADEAU D ANNIVERSAIRE :

Début mai 2009 , l' anniv de Ced approche et je n' ai toujours pas trouvé de cadeau 😕 ... Quelques semaines de vacances déja plannifiées en Bretagne pour cet été , mais une bonne petite envie d 'évasion qui me trotte dans la tête mine de rien ...J 'essayerai bien de plannifier une petite échappée à deux pendant ces congés là ...Je farfouille sur le net histoire de me donner des idées ... Juillet est déja pas mal chargé partout ! Jersey : ouais ...bof ...pas bien folichon tout ça ...il appréciera pas spécialement et moi non plus.... Tiens !!! Ryanair propose des vols au départ de Nantes pour l' Irlande !!!! Nantes-Shannon : pile de bons tarifs du 02 au 07 juillet!!! Ok c' est court mais ça permettra de passer quand meme pas mal de temps sur Erdeven après !!!

C' est décidé je lui fais la surprise de l 'emmener au "Pays des Moutons" (tout en me faisant plaisir à moi aussi ) 😎😎!!! Je réserve juste les billets pour le moment et nous deciderons du parcours ensemble plus tard . J' ai également repris contact avec une vieille copine irlandaise que je n' ai pas revu depuis presque 10 ans et on a plannifié de se voir à Galway .Tout s' annonce très bien !

Je trépignais d'impatience de lui offrir son cadeau et lui de le recevoir car il me posait pas mal de questions ! J ai du pourtant lui mettre la puce a l' oreille en lui faisant comprendre qu' on ne passerait pas completement toutes nos vacances en Bretagne mais c'est tout ...

"Ah je te vois venir, me dit-il , tu sais si c'est pour conduire à gauche je peux le faire 😉 !!!" "et un petit we à Jersey je dis pourquoi pas !" (Quoi ????!!! mais comment a t' il su ça 🤪🤪🤪!!!!?? j 'ai pourtant bien pris soin d' effacer tout l' historique de mes recherches sur internet et de n' en parler à personne !!! Mais tu te plantes un chouilla mon grand hi hi hi 😏...) Gênée je lui répond que "euh.. non désolée mais j' ai pas trop les moyens en ce moment et que ben ...non c 'est pas du tout ça" ... Mais je jubile intérieurement sur le fait qu 'il soit persuadé que ce soit Jersey ...

Et je l 'ai laissé croire ça jusqu'au 16 mai , jour de son anniv où je lui ai offert une petite carte couverte de trèfles , "fabriquée maison" sous forme de petit jeu avec des images clichés de l' Irlande à décacheter pour découvrir la destination au fur et à mesure de la lecture . C'était plutot sympa de voir son sourire s 'éclairer lorsqu il découvrait un mouton ou un Leprechaun par-ci par-là !! Très surpris et super content , nous nous mettons déja à rêver sur le pays ...

LA PREPARATION DU PARCOURS ET QUELQUES ADRESSES QUI NOUS ONT ETE UTILES:



La préparation n' a pas été franchement évidente , j' avoue qu' il est assez difficile de plannifier un parcours là bas surtout sur si peu de temps ... Nous nous sommes rendus à la "Maison de l' Irlande", 33 rue de Miromesnil 75008 PARIS pour y prendre plein d' infos. Une personne très sympa nous a reçu et nous a fourni pas mal de brochures , de cartes , et un guide complet des B&B.

Dur de s' y retrouver entre tout ça même après la lecture de quelques carnets de voyages en ligne et recherches sur certains sites (www.sejour-en-irlande.com ou www.terresceltes.net ou encore www.guide-irlande.com).

Entre cette personne de la "Maison de l' Irlande" qui nous affirme que l'on roule parfois en moyenne a 25km/h sur certaines routes, et Googlemaps qui nous indique finalement des temps de trajets assez court et bien ...on nage 🤪!!!...

Et on en a mis du temps a trouver "THE parcours" et c'est grace notamment aux intervenants de www.Voyageforum.com ( Jalan22, Boumbastic, Lilie82 ..) et ceux du forum IRISH PUB du site www.guide-irlande.com ( Celtic Girl, Phil1908, Pitchoune et Caro ) que l'on a reussi à trouver enfin notre bonheur !! Un grand merci à vous tous si vous avez l'ocasion de me lire 😉!!!

Inutile de vouloir trop en faire mais il vaut mieux se concenter sur une région en particulier . Notre arrivée sur Shannon nous a permis de profiter des verts paysages typiques de l' Irlande nous ne souhaitions pas voir Dublin de toutes façons. Voici la carte du parcours effectué (détaillé jour par jour plus tard ):



Vol aller Nantes le 02/07/2009 decollage a 09h30 arrivée Shannon a 10h10

1 Nuit à Clifden 2 nuits à Galway 2 nuits à Killarney

Vol retour Shannon le 07/07/2009 decollage a 15h45 arrivée Nantes a 18h20

Au compteur à l 'arrivée 1300 kms, pas mal de route finalement !!! Tout ça sous un soleil de plomb ... non je déconne évidemment 😛😛😛!!! Un temps plutôt maussade mais de belles éclaircies durant nos balades , ambiance un coup chaleur et un coup fraîcheur constamment .

LE CHOIX DES HEBERGEMENTS :

Non, là j' avoue le camping sous un risque de pluie ça nous attire pas trop 🤪...les hotels proposent des tarifs exhorbitants et les Auberges de Jeunesse sont majoritairement complètes en chambres privées à nos dates et dormir dans un dortoir de 30 personnes séparé de mon homme pour un voyage en amoureux et ben c' est pas mon truc non plus 🤪....

Le B&B , tarif petit dèj inclus à prix très raisonnables souvent ( en moyenne 35 a 45 euros /personne /nuit) est parfait !!!

Nous avons décidé de réserver des B&B en centre ville ou du moins proches, car comme on allait faire pas mal de voiture , la laisser le soir et se balader à pieds nous semblait idéal . Les B&B ont été reservés sur internet à l' avance pour juillet c'est ce que l'on nous avait conseillé de faire . Pas mal d' entres eux affichaient cependant des panneaux "vacancies" une fois sur place mais on ne voulait pas se risquer à ne pas réserver sur si peu de temps ...

Voici les sites de reservations utilisés (pratique si comme moi vous n' aimez pas trop donner votre CB par téléphone ou sur un simple mail non sécurisé) : www.goireland.com et www.Hostelworld.com entre autres . On y paye une garantie d'environ 10% et le reste est a payer sur place .

LES B&B CHOISIS :

CLIFDEN: le KINGSTOWN HOUSE : (www.kingstownhouse.com) Hotel très bien situé au centre ville de Clifden calme et simple, une dizaine de chambres décorées à "l'anglaise", tout le confort nécessaire , chambre somme toute assez petite mais très correcte. Hotes acceuillants , excellent petit dèj pas mal de choix ( pancakes , irish breakfast , assiette de fromages, fruits et céréales ..etc... ). parking gratuit entre 18h00 et 11h30 dans la rue où se situe l hotel sinon parking payant un peu plus haut .

GALWAY: le RONCALLI HOUSE ( www.roncallihouse.com) Situé à 10 /15 minutes a pieds du centre ville . Proche du bord de mer et très au calme . Chambre sympa vue partielle sur la mer . On a apprécié la bouilloire /thé et café dans la chambre . Hotel tenu par un couple de personnes assez agées et charmants . Petit dej avec pas mal de choix également, j' ai juste moyennement apprécié qu' on nous demande la veille quel petit déj on souhaitait pour le lendemain matin ça donne presque l impression de devoir "se presser" et du coup tant pis si on change d' avis le fameux matin ...mais je pense que c'était pour bien faire ! chambre très bien mais salle de bain minuscule ... accueil sympa et parking privé . Très bonne impression générale .

KILLARNEY : le SUNNYBANK B&B (
http://www.sunnybankbb.com/) Situé à peine à 3 minutes à pieds du plein centre de Killarney , B&B très propre , chambres spacieuses et modernes .. très bonne salle de bains avec enfin une pomme de douche qui a un bon débit !! Peu de choix au niveau du petit dèj cependant : soit Irish breakfast soit céreales et toasts . Accueil extrêmement chaleureux de Brendan le propriétaire ( on a meme eu le droit a la bise en partant)! mais sa femme reste très en retrait et est très "froide" ( pas un seul bonjour, ni merci ni au revoir, je me demande ce qu'elle fiche ici d' ailleurs...) une dizaine de chambres , hotel calme et moderne . Voie de chemin de fer a coté mais pas gênante du tout .

LA VOITURE :

Je savais qu' il était inutile de louer un 4x4 en Irlande surtout pour une première expérience de conduite à gauche alors on a opté pour une petite voiture un peu en Kit 😉 ( boite à gants qui se décrochait , 1 enjoliveur manquant et les 3 autres "rafistolés maison" et de belles rayures sur le coté ) : la Nissan Micra ! Parfaite pour rouler sur les petites routes et se ranger sur le bas côté pour laisser passer les "gros" . Coffre minuscule mais ok pour 2 petites valises . Bref on a eu un bon prix alors on peut pas se plaindre 😏 ! Voiture réservée auprès de Holidays Autos , récupérée au comptoir de Budget à l'aéroport de Shannon louée de 12h00 à 12h00 malgré nos horaires pour éviter une journée de location en plus .. et bien... on a bien poireauté à l' aller avant de la récuperer ayant attérri a 10h10 et comme on l' a rendu a 12h00 au retour aussi on a re-poireauté jusque 15h00 pour l' embarquement 🤪... Bref on connait par coeur l'aéroport de Shannon maintenant 😉 !!



NOTRE AVIS SUR RYANAIR :

Très bonne compagnie mine de rien, qui n' a pas pourtant forcément très bonne réputation, mais bonne surprise ! Aucun retard sur le vol. Bon accueil . Seule compagnie que je connaisse qui ne donne pas de numéro de sièges attribués et où l'on se place où l' on veut , où les hotesses ne cessent de passer dans la rangée pour vendre des pizzas , hot dogs , le nouveau parfum de Jennifer Lopez et des cartes à gratter pour jouer à la Lotterie de Ryanair !!! Le plus marrant c' est qu' à chaque attérrissage retentit un fulgurant bruit de trompette "TaTa TaTa TaTa !!!!!!!!!!" et là tout le monde applaudit .. Nous, tout ce petit "cirque" nous a fait marrer 😏😏😏!!



LE GUIDE DE VOYAGE :

J' avais acheté le Guide du Routard Irlande 2009 pour l'offrir à Ced en meme temps que ma petite carte d' anniv.. Et bien on l' a trouvé hyper mal foutu ... je ne saurais pas trop quel guide papier conseiller du coup mais pas le GDR 😠🏴‍☠️!!

Celui pour notre dernier voyage pour l' ouest des USA était précis et bien fait , pas pour tout bien sur, mais a été utile au moins!!! Alors que là .... rien de bien impressionnant , des descriptifs très succincts voire presques érronés par endroits sur les lieux interressants ( exemple la randonnée que nous avons fait au parc national du Connémara est décrite comme se faisant en 2h et assez facile: resultat 3 heures de marche aller retour et ce n' est pas une promenade du dimanche :toute en escaliers de pierres ! ) , des adresses de restos qui sentent un peu l' arnaque et qui ne valent pas le coup ... bref je le déconseille complètement ...

LE PARCOURS JOUR PAR JOUR :

Jeudi 02/07/2009 :

Ouh la la le réveil est dur ce matin , il est 05h00 du mat , on a à peine dormi 4h ayant trainé tard en famille la veille, mais on préfère "partir large" pour l' aéroport quitte à devoir patienter sur place . On arrive à Nantes Atlantique vers 07h00 seulement du coup on prendra un petit café-croissant avec mes parents qui nous ont gentiment emmené ce matin.

Le décollage a lieu à l' heure et on attérri à Shannon à 10h10 sous un temps aussi pluvieux qu' à Nantes , il fait un peu plus frais tout de meme... reste à récuperer les bagages et la voiture .. On poireautera 2 heures dans l'aéroport pour pouvoir la récuperer au centre Budget .

Midi arrive (enfin !) et on découvre notre petite voiture. On bourre tant bien que mal nos 2 valises dans le mini-coffre , quelques bonnes secondes de réaction avant de s'appercevoir qu' on est chacun plantés du mauvais coté pour rentrer dans la voiture ( volant à droite oblige ça perturbe beaucoup au debut 😛!!) , on échange les places conducteur/passager (d'ailleurs on reproduira cette petite danse autour de la voiture de nombreuses fois durant le séjour lors de nos arrêts , se trompant très souvent de côté !) , on branche le GPS en priant pour qu'il fonctionne , on respire bien fort et "Zzzzouuuu Vogue la Galère", direction le Connemara et Clifden 😎!!

Ca fait tout bizarre d 'emprunter notre premier rond-point à l'envers , l' adrénaline monte un peu quand on se retrouve sur quelques "grandes" routes en quittant l 'aéroport , on reste sur la file complètement à gauche qui d'après ce qu'on arrive à assimiler est la voie pour les véhicule plus lents , tout à l'inverse de nous quoi .... En tant que co-pilote je rectifie le tir quand Ced roule trop à gauche et rase de trop près les murets exterieurs.. difficile pour lui d' évaluer la largeur de la voiture de mon coté mais il s'habitue assez vite .. moi j'aurais été morte de trouille de conduire à sa place mais il m' avait bien dit que conduire à gauche ne l' embetait pas !!! 😉

Nous faisons route vers Clifden en passant par Galway , la traversée se fait sans encombres . On décide de s' arreter aux alentours du Lac Corrib un peu avant Oughterard pour aller visiter le "Aughnanure Castle" , toujours sous un temps partiellement humide mais avec de jolies éclaircies . Arrivés au parking du chateau nous sommes accueillis par un chien ma foi fort sympatique qui nous escorte jusqu' à l'entrée du site .





Aughnanure est un vieux chateau du 16ème siècle assez bien conservé qui a gardé pas mal de cachet . L entrée est de 2 ou 3 euros . Nous grimpons dans les étages de la vieille tour , pas grand chose à voir dedans mais ce sont surtout les exterieurs qui sont sympas .

Nous reprenons la route vers Leenane sous une pluie toujours aussi désespérante, mais les paysages parsemés de lacs et peuplés de moutons sont somptueux, les orages grondent au loin et les nuages s'accrochent aux versants des montagnes vertes . Partout des petits torrents s'écoulent en cascades vers la vallée.





Nous arrivons à Leenane , un charmant petit bourg tout coloré aux pied du seul Fjord irlandais que nous avions envie de voir mais le temps n' étant pas avec nous on décide d'aller se mettre à l'abri dans un pub pour déguster notre toute première GUINNESS 🙂!!!

Sous le porche deux petits vieux irlandais édentés rigolent de nous voir arriver trempés et nous saluent au passage . Ils avaient des "trombines" bien typiques et j'aurais bien voulu les photographier mais je n' ai pas osé .. Nous nous installons au comptoir observant le barman tirer notre GUINNESS en plusieures fois . Elle est plutot agréable à boire et nous cale bien l 'estomac . Nous faisons un brin de causette avec un Ecossais de passage ici , attablé à coté de nous .



(On reprend la route toujours sous la pluie en passant près de Letterfarck et l ' Abbaye de Kylemore que l' on apperçoit du bord de le route devant son lac, mais il fait trop sombre pour la photographier et nous y reviendrons demain de toutes façons! )

Sur la route vers Clifden ...

Nous arrivons à Clifden vers 18h30 et prenons possession de notre chambre au Kingstown House en plein centre . On crève de faim et on est explosés ( levés depuis 5h du mat ) . Une bonne douche et on décide de sortir se balader dans cette petite ville très colorée et mignonne . Il y a beaucoup de restaurants et de pubs sur place mais on décide de suivre les conseils de la proprio du B&B qui nous a conseillé le "GUY' S BAR" pour diner .



Tout le monde mange tot vers 18h00 en Irlande et la plupart des restaus ne servent plus après 21h .. On se reboit une petite mousse en terrasse et on profite un peu du soleil qui a décidé de revenir avant d 'entrer déguster un très bon Fish and Chips à l 'interieur . Assez écoeurant sur la fin j'avoue mais le poisson est très frais , ça fait du bien ... On rentre vers 21h à l'hotel et on tombe comme des mouches...

Vendredi 03/07/2009 :

Reveil tranquile vers 08h00 on descend prendre notre excellent petit dèj .. Mon estomac n' apprecie pas trop le sâlé dès le matin , et meme si j'aimerai bien tester l 'Irish Breakfast ( saucisse , lard , oeufs brouillés et beans ) je me régale de délicieux pancakes au sirop d'érable et Ced d' une assiette de fromages. Nous quittons nos hôtes vers 09h00. Au programme ce matin, randonnée dans le Parc National du Connémara ! On a de la chance, le temps est à peu près avec nous , du moins il ne pleut pas c' est l' essentiel 😉!!!

Nous arrivons au parking du NP et enfilons nos chaussures de randos pour entamer l'ascenscion du Diamond Hill . Plusieures pistes s'offrent à nous classées par difficulté/temps de parcours. On a réellement envie d 'aller jusqu'en haut alors on suit la piste rouge . Comme je l' ai dit plus haut le Guide du Routard raconte un peu n' importe quoi . La jaune est effectivement extrêmement facile mais n' apporte pas grand chose , la bleue est moyenne, sympa mais ne va pas très haut et la rouge est assez difficile et le tour complet se fait en 3 heures .



Diamond Hill

C' est superbe nous croisons quelques chevaux au début, et au fur et a mesure de la montée les paysages sont à couper le souffle ( la marche aussi !! 😛 ) avec un panorama sublime sur la vallée , jusqu' à la mer ... De longs pontons en bois ont été aménagés pour passer a travers les zones marécageuses . Par moment nous avons le droit à quelques superbes faisceaux de lumière traversant les nuages pour venir éclairer la lande , ça donne presque une ambiance "religieuse" aux lieux....





Nous sommes suivis par une famille et nous nous faisons vite rattraper par leurs enfants agés à peine d' une dizaine d' années .. mais c' est qu'ils grimpent vite eux!!! Et ils ont la patate dis donc !!!! je sais pas comment ils font car on a déja un peu beaucoup de mal 🤪.... Ils nous abandonnent au début de la piste rouge (ouf l'honneur est sauf !!😛) ... et on continue à grimper vers le sommet malgré le vent qui vient de se lever et le tonnerre qui gronde un peu au loin 🤪...



Je suis ereintée à force de monter ces milliers de marches de pierres , en arrivant au sommet Cedric est assez loin devant et je ne le vois plus , le vent souffle tellement fort que j'arrive meme plus à avancer et il commence à pleuvoir à grosses gouttes...

J' appelle Ced dans un petit élan de panique et entre les rafales de vent il ne peut meme pas m 'entendre , j' arrive au sommet le retrouvant à terre il venait de glisser sur un rocher... Merde ...C'est pas le moment de se blesser 🤪... Et on doit tout redescendre ... On se pose quelques minutes histoire de récuperer un peu , ça va mieux , finalement rien de grave ..On prends quelques clichés d' en haut entre 2 éclaircies avec vue sur la Kylemore Abbey minuscule tout en bas mais le vent nous gifle tellement fort qu' on attend pas plus longtemps pour redescendre de l' autre coté .



Il faut également un assez bon jeu de jambes pour la descente et le vent se calme enfin à mi-parcours . Nous observons le soleil qui glisse et ondule doucement à travers les nuages caressant les vertes prairies dans un mouvement très doux ....Nous regagnons la sortie du parc à travers les marécages où poussent des fleurs appelées "bog cotton" en appercevant quelques moutons perchés tout en equilibre au sommet du mont Diamond.

Un petit arrêt a Letterfrack, "une barre de céréales, une petite GUINNESS et ça repart" 😎!!!

Nous reprenons la route vers Kylemore Abbey , que nous ne visiterons pas mais que l' on peut facilement photographier de la route ou bien en allant se garer au parking un peu plus loin . On attend patiemment les éclaircies avant de shooter mais elles se font très timides 😕...





On se perd un peu sur la péninsule de Renvyle avant de tomber sur une plage magnifique digne des Caraïbes , avec une eau bleu turquoise transparente et du sable très blanc...sublime et étonnante , on ne pensait pas à en trouver de si belles en Irlande !



Nous décidons de reprendre la route vers Galway en passant par la Inagh Valley , superbes lacs, très beaux paysages de collines verdoyantes et à nouveau des moutons partout au milieu des tourbières ...





Nous arrivons à Galway vers 17h00, on trouve le Roncalli House très facilement , contents d 'être aussi bien accueillis, la chambre est très sympa avec vue sur la mer . Un article de journal affiché dans l 'entrée nous apprend que Chelsea Clinton a séjourné là il y a quelques temps et les proprios en sont super fiers!

Hop une bonne petite douche et on part se balader à pieds dans Galway . La ville est sympa , c 'est a priori la 3ème plus grande ville d ' Irlande . On passe à travers une des rues principales "Quay Street" , blindée de Pubs et de monde , ça et là des musiciens font la manche , les rues sont très animées .

Nous ne savons pas trop où diner , il y a tellement de choix !!! On jette quand meme un oeil dans le guide du routard qui parle en bien d' un petit restau appelé le "Fennigans" .. va pour un Irish Stew , le plat typique que l' on avait envie de tester .. Sorte de ragoût de mouton accompagné de pommes de terre , carottes et poireaux, sauce "gravy" ... très lourd à digerer, un bon plat d' hiver qui tient bien au corps quoi !! mais on aura testé au moins 😛!!

Nous rentrons à l'hotel en longeant les quais et observons des pêcheurs à la mouche dans la Corrib River. L' hotel n' est qu 'a 10 /15 minutes à pieds du centre et la balade nous a fait digérer ...

Samedi 04/07/2009 :

Départ vers 09h30 de l' hotel Roncalli après quelques bons pancakes (qui ressemblaient plus à des crêpes d' ailleurs!😛) pour remonter à nouveau vers Clifden et faire un tour sur la fameuse "Sky Road".

Il fait assez beau aujourd 'hui . Le début de la route est très joli , avec de belles petites maisons colorées et fleuries entourées de murets de pierres ou de haies de Fuschias . Nous nous arrêtons pour admirer en contrebas un très beau chateau en ruines ( le Clifden Castle) , et de beaux panoramas sur le bras de mer au loin .



Arrive une bifurcation : upper Sky Road et lower Sky road .. On opte à tort pour lower n' ayant pas assez lu d' infos sur le net dessus avant de partir... Et encore une fois le GDR en parle très peu mis à part dire qu 'elle est très belle , il ne mentionne pas cette bifurcation 😠... Il aurait fallu selon ce que j' ai lu au retour la prendre par en haut 😕!! ... On se retrouve dans des coins assez "crados" sur la fin ...des rochers souillés par les algues avec des vieilles machines d' ostreîculture toutes rouillées ... c 'est moche et tellement décevant.... mais je suis sure que par en haut les paysages sont différents ... à vérifier donc ...

On se paume sur la fin de la route et notre GPS aussi ( on avait oublié de l' actualiser avant le départ 🤪....) On continue de longer la côte pour un arrêt a Roundstone , un petit port de pêche tout tranquile . Un petit snack où l' on poireautera bien 1 heure avant d' être servis alors qu' il n'y avait que 2 autres clients attablés à côté de nous, les serveuses ont l' air débordées et viennent à 3 servir le plat de ces clients sans venir vers nous 😐 😐... mais bon il fait un beau soleil et on se sent bien , assis là en terrasse ...

On reprend la route toujours en longeant la côte , c' est mignon , plein de maisons par-ci par -là , des paysages un peu "lunaires" jonchés de petits rochers au milieu de la verdure et remplis de moutons ...

Nous traversons le parc du chateau de Ballinahinch (sans s' y arrêter vraiment car on ne voulait pas trop trainer on avait RDV avec ma vieille copine irlandaise à Galway ce soir là!) . A la sortie des jardins du chateau nous tombons sur une jolie rivière avec 3 pêcheurs à la mouche , l' ambiance est si paisible... On entend l 'eau couler doucement et se mêler au bruit de la ligne que les pêcheurs font virevolter autour d'eux ...et nous restons là à les observer un petit moment en silence... Cela m'a fait penser au très beau film "2 jours à tuer" de Jean Becker avec Albert Dupontel , il a été tourné en partie dans le Connémara mais je ne sais pas où exactement ...



Des moutons qui surgissent de nulle part juste à côté de nous nous font sortir de notre rêverie et nous reprenons la route vers Galway .



"Ced !!!!!!!!!!!!!!!!!!" "Quoi ??????????????!!!!!!" " Mais tu roules à DROOOOOOOOOITE !!!!!!" " Ah !!!! M... Désolé !!!!" et on reprend vite fait bien fait la voie de gauche ...ouf.....juste à temps ....un conducteur en face de nous nous fait un appel de phares et arrivé à notre hauteur nous fait un signe de la main genre "complètement tarés ceux là" !!!!! Bon ben ça va ..on a pas fait exprès 😊😊😊 ....

On du mal également sur toutes ces petites routes, à comprendre comment on peut atteindre la vitesse maximum autorisée presque partout de 100km/h alors qu 'on arrive à peine à rouler à 60kms/h 😐...

Arrivés à l 'hotel on saute dans la douche et on se prépare pour sortir . Nous avons rendez vous avec Tracy à 19h00 au SKEFF' Bar situé sur la place de Eyesquare . On l' attend en terrasse , je suis un peu anxieuse ... est ce qu 'on va se reconnaitre au bout de presque 10 ans ???... A t 'elle changé ??? J 'observe une fille qui lui ressemble vaguement et qui me regarde bizzarement aussi... mais non ce n 'est pas elle , elle me regarde tout simplement car je dois la regarder avec insistance 😛!!!

On passe le temps à observer la "Faune" d 'un samedi soir à Galway autour de Eyesquare : entre les petits "djeunes" dont le seul membre majeur du groupe a pu aller acheter un pack de bières au supermarché du coin , la fille très rondouillette et déja complètement bourrée qui agiche tout le monde assise sur un banc , maquillée à outrance et vétue d ' une archi-mini-robe rose fluo "à ras du bonbon" et d 'un manteau en fourrure sans manche et qui nous fait bien marrer 😏....et entre toutes ces filles qui sont super pomponnées , tous ces enterrements de vies de jeunes filles au même endroit, on a pas de quoi s'ennuyer !!! On a pas pensé à emmener une tenue de gala dans nos valises, alors habillés très simples on passe bien pour des touristes au final 😏!!

Tracy arrive enfin , toute belle et également bien pomponnée au bras de son ami Steven , on se reconnait aussitôt finalement , grandes ambrassades et on fait les présentations de nos moitiés respectives. On passe une excellente soirée à rigoler et à se raconter nos vieux souvenirs lorsqu' on etait colocataires pendant 4 mois en été 2000 .... Et on enchaîne les pintes de bière chacun payant sa tournée ... On se retrouve vite avec 2 pintes chacun remplies devant nous avant d' avoir pu en finir une seule ...Misère la soirée va être dure 🤪😉...



Mais comment font ils pour boire tout ça et tenir le coup 😮😮😮??? Au bout de 3 pintes on est déja bien guillerets mais ça réenchaine sur de nouvelles tournées 🤪😏 !!! L'ambiance est super sympa on rigole bien, le Pub est rempli et se transforme doucement en boite de nuit. Des amis à eux nous rejoignent et un nouveau tour de table s 'annonce !!! Ouh là là doucement je vois plus très clair moi 😛... Ils décident alors de faire la tournée des Pubs . Il est déja tard , on est claqués et j' avoue que je marchais plus bien droit 😊...en plus on doit se lever tôt demain pour rejoindre Killarney ... On les accompagne jusqu' à Quays Street et puis on se dit au revoir désolés de pas pouvoir tenir la route en promettant de ne surtout pas attendre 10 ans pour se revoir cette fois !!! J ' hallucine encore aujourd'hui sur leur bonne descente !!! On retrouve tous les deux un peu émèchés le chemin de l 'hotel tout de meme et on s' endort très facilement à "Guinness grand G" ..euh ...je veux dire à "Vitesse grand V" 😉!!!

Dimanche 05/07/2009:

Aujourd'hui au planning : Aspirine +++ 😉 et traversée du comté de Clare pour rejoindre le Kerry à travers les paysages typiques du Burren et ses champs de pierres. On s' arrête quelques minutes pour aller visiter les restes d' une vieille chapelle en ruines au bord de la route entourée de pierres tombales et de croix celtes :



Puis nous nous rendons aux "Cliffs of Moher", ces fameuses falaises plutôt impressionnantes qui méritent le détour mais qui sont blindées de monde.... les touristes y affluent par bus entiers .



Nous y passerons une petite heure avant de reprendre la route et s' arreter dans un Pub non loin dans une petite ville sympa que Tracy et Steven nous avaient conseillé : Lehinch . C ' est une petite ville ambiance " balnéaire" avec une grande plage remplie de surfeurs et d' écoles de voile .

Nous reprenons la route pour Killimer afin d 'emprunter le bac , 20 minutes de traversée pour rejoindre Tarbert (bien pratique car cela évite un détour de plus de 2 heures de route !) Ce gain de temps et de Kms mérite bien les 18 euros versés pour monter sur le bac: www.shannonferries.com/timetable/ . Les paysages ne sont pas terribles pendant la traversée , loin de là , mais on a trouvé ce petit phare mignon tout perdu au milieu des usines :



Nous poussons jusqu' à Dingle via un superbe col de montagne appelé "Connor Pass" , superbe de ce que l' on a réussi tout juste à en appercevoir car nous y passons au milieu des nuages et sous des trombes d 'eau 🏴‍☠️🏴‍☠️😕.. La route était cerclée de rochers et de cascades . C 'est dommage ça avait l' air sublime ... Arrivés en bas , le temps se calme enfin et nous nous arrêtons en bord de route pour aller câliner 2 superbes poneys :



Nous arrivons à Dingle vers 16h30 , la ville est très mignonne et donne envie de rester à y flâner . Le centre ville est très coloré , rempli de petites boutiques , un petit port de pêche agréable et un arbre sculpté juste à coté de l'église qui attire notre attention : le Trinity Tree .





Tout comme le monstre du Loch Ness en Ecosse , Dingle possède aussi sa petite attraction locale : "Fungie le Dauphin" qui vit là parait-il depuis quelques années . Apres quelques petits achats , un petit arrêt au Murphy's Pub nous reprenons la route vers Killarney .

On trouve sans problème le Sunnybank B&B et nous sommes accueillis chaleureusement par un bon gros pataud de labrador, et Brendan le propriétaire nous ouvre la porte de son très bel hotel avec un grand sourire et nous accueille comme si nous étions des amis de longue date . Ca fait vraiment plaisir et se sent tout de suite comme à la maison 🙂!

Une bonne douche et nos estomacs criants famine on part crapahuter dans Killarney à la recherche d' un petit resto. Le plein centre est à peine a 3 minutes à pieds de l' hôtel . Killarney est une ville qui fait assez "bourgeoise" avec de nombreux hotels de luxe proche des jardins du parc , animée ce soir là on tombe en pleine "foire d'été" , manèges et spectacles de rue un peu partout.

On a du mal à trouver un resto qui nous branche... Brendan nous a conseillé tout simplement le Murphy's pub mais on a envie de changer des pubs un peu ce soir . On trouve un resto qui a l' air pas trop mal le " O' Donoghue's Public House" en fait c' est finalement assez "graillon" . Un groupe de 4 chanteurs s ' installent pendant que nous finissons de diner , et nous embarquent dans une ambiance "chants de marins" irlandais franchement sympa ! Nous restons un petit moment à les écouter puis nous rentrons tranquilement à l 'hotel .

Lundi 06/07/2009:

Nous quittons le Sunnybank ce matin là vers 09h30 pour rejoindre la péninsule de Beara juste au dessous de celle du Kerry , ce fut notre choix de ne pas visiter cette dernière lors de ce ce premier voyage ...

Nous traversons le Parc National de Killarney, et de très beaux paysages s' offrent à nous , remplis de sous bois mousseux arrosés de soleil qui prennent alors une couleur verte presque fluo, quelques petits ruisseaux viennent alimenter de petites casacades .

Un premier arrêt au bord de la route devant un petit chateau en ruines posé là au milieu de nulle part étouffé un peu par de vielles racines, puis ârret au fameux point de vue de "Ladies View", sublime... On attend le soleil quelques minutes en observant de jolis petits rouges-gorges qui viennent nous quémander un peu de nourriture avec insistance et qui n'ont pas froid aux yeux , limite prêts à embarquer dans les voitures garées là !!! Ced leur donne des petits bouts de gateaux lorsque je m' écrie tout à coup : "une éclaircie !! le soleil arrive !!! Sors ton appareil photo !!!" ... tout ça pour un résultat assez sombre ... mais c' est quoi ce pays où il pleut tout le temps 😏😛??? Tant pis pour la photo , mais la vue est superbe et mérite de le voir de ses propres yeux ...





Nous reprenons la route entre Kenmare et Glengariff , celle ci est très belle , remplies de petits lacs entre les montagnes . Continuation de la route vers Adrigole puis nous empruntons un col montagneux qui porte le nom de "Healy Pass" jusque Lauragh. Le paysage est somptueux , c' est une petite route sinueuse toute en lacets et evidemment encore une fois peuplée de moutons !!! Certains sont colorés en bleu rouge ou vert , probablement pour signifier leur appartenance... je sais pas trop (???)... On se fait escorter doucement par toute une famille : le père la mère et le bébé , puis les oncles et tantes qui se rajoutent au groupe et qui bêlent à qui mieux mieux ....

Healy Pass



Nous poursuivons la route vers Castletownbere un peu plus au sud pour aller jeter un coup d' oeil sur les ruines du Dunboy Castle et du Puxley Manor . Pas facile à trouver , c' est super mal indiqué , on apperçoit juste une petite route sur notre gauche avec une entrée qui ressemble un peu à celle d ' une vieille forteresse ... On tente ... On s' attend rééllement à un chateau en ruines mais il est complètement refait à neuf et encore en travaux , en train d' être transformé en hotel de luxe .. On hallucine à nouveau sur les conseils du "super GDR Irlande" (soit disant de 2009 , d ' une précision étonnante 🤪!!!) et qui nous parle d ' un chateau en ruines ....En effet il y a les vieilles ruines de la bâtisse de Dunboy quelques centaines de mètres plus loin mais ça ne ressemble en rien à un chateau mais tout juste 4 murs...en ruines certes ... le Manoir de Puxley s' il était resté en l 'état aurait eu un cachet fou...mais le GDR ne précise pas tout ça ...J ' ai filmé le futur hotel de luxe mais on a meme pas pris la peine de le prendre en photo , on était déçus ...Juste en face subsiste les restes d' une vieille épave de bateau .



Il est 14h00 ... on se tâte .. je meurs d 'envie d' aller voir les ruines du château de Ballycarbery mais c 'est au bout du Ring of Kerry et ça ne semble pas raisonnable du tout de tenter autant de route juste pour ça... Tant pis on fera la péninsule de Kerry en entier le jour où on reviendra en Irlande !!!

A la place nous nous arrêtons dans un petit pub à Kenmare après être repassé par par le "Healy Pass" juste par pur plaisir et décidons d' aller se balader ensuite dans le Parc National de Killarney . Une petite balade ça nous fera du bien ! Mine de rien on a fait pas mal de voiture ce jour encore !

On s 'arrete aux abords du National Parc direction les "Torc Waterfalls", une rando balisée comme pour le Connémara de couleurs jaune, bleue ou rouge en rapport avec la durée et difficulté du parcours . On se contentera de la jaune car il fait presque froid , la rouge est partiellement fermée de toutes façons ... Le sentier est très joli , petite balade très agréable et tranquile en fôret, on atteint vite la cascade assez impressionnante puis on grimpe jusqu' en haut du parc pour la contourner avant de redesendre vers la voiture tout en observant la flore tout autour de nous .





Nous continuons pour rentrer dans le parc côté jardins vers la Muckross House, grosse attraction touristique blindée de monde . C' est certes un très joli parc bien entretenu où passent souvent des calèches ...mais... nos petits moutons et les paysages naturels nous manquent déja....



On termine la journée sur Ross Castle qui est en train de fermer ses portes , on en fait juste le tour vite fait , il fait très gris et le vent est glacial .



Dernière soirée en Irlande , une dernière petite Guinness au Murphy's Bar et nous dînons dans un super petit resto juste en face de celui ci: le CRONIN' S RESTAURANT . Très bon accueil , super bon , on se régale d' un superbe "Seafood Chowder" ( sorte de soupe de poisson mais à base de crème fraîche , de vrais morceaux de poissons et crustacés ...) exquis ! suivi pour moi de cotelettes d 'agneau grillées délicieuses ( et Ced , qui me culpabilise à mort en imittant le bêlement du mouton me voyant me régaler nous qui en avions vu partout auparavant ... mais j' ai craqué 😊😊😊....) . Pour lui ce sera un succulent poisson grillé . Vraiment on se régale et ce n' est franchement pas trop cher .

Mardi 07/07/2009:

Jour du départ 😕 .... On quitte l' hotel vers 09h00 non sans une bise de Brendan, qui m' a tout d' abord surprise mais j' ai trouvé ça rigolo et hyper sympa de sa part, "çai keume ça cuon féai en Fwrance ness pâ 😉 ???" me lance t' il avec une grosse poignée de main chaleureuse pour Ced !

La route est assez monotone jusque Shannon .. On passe à travers Limerick , un mélange entre le style anglais et le type de bâtiments que l' on voit à Roubaix dans le Nord ... Un ville toute en briques rouges....tout bof... On arrive vers 11h30 à l' aéroport pour rendre notre petite voiture et on erre dans les couloirs de Shannon Airport jusqu' au décollage de 15h45 ....Arrivés vers 18h30 à Nantes on retrouve un temps malheureusement tout aussi maussade ...mais on rentre avec plein de belles images en tête , on a vu l 'Irlande tout comme on se l 'imaginait , c' est un pays magnifique et je suis sure qu' on y reviendra !!!

Et cette nuit là devinez évidemment de quoi j' ai rêvé 🙂?????? J' ai rêvé que j' avais adopté un bébé mouton dont je ne n' arrivais absolument pas à retrouver le nom et ça me perturbait beaucoup..... peut être l' avais-je tout simplement appelé "Guinness" qui sait ??? 😛...

Alex et Ced
Magnifique Malaisie, jour après jour English translation pending
by Genevois · 2009-08-08 · 29 replies
En 2008, nous avions parcouru la Thaïlande en version routard, sac au dos. Cette région d’Asie nous avait enchantés. Eté 2009, nous continuons notre exploration de cette partie du Globe, départ pour la Malaisie… Avec nos jumelles Natacha et Lauriane, 16 ans, mais sans Mathieu qui du haut de ses 18 ans décide de rester en Suisse.

Mardi 30 juin et mercredi 1er juillet 09

Départ de Genève vers les 09h30 pour notre premier vol, direction Francfort, avec Lufthansa qui partage le vol pour Kuala Lumpur avec Qatarairways. A peine une heure de vol tranquille plus tard, nous voici en transit dans cet énorme aéroport. Pas de souci pour trouver la porte de notre prochain embarquement sur un A 330 de Qatar. L’avion n’est qu’à moitié plein et le vol est sans histoire jusque dans la péninsule arabique. Départ pour une longue escale à Doha, due aux modifications d’horaires intervenues après que nous ayons acheté nos billets. Au premier étage de l’aérogare, il y a un self service qui offre des repas, simples mais bons, aux passagers qui ont un transit de plus de 5 heures, ce qui est notre cas. Ce n’est marqué nulle part, nous tombons dessus par hasard. Nous tuons le temps avec des parties de cartes qui auront lieu tout au long de notre périple. Le jass, version suisse de la belotte, que nos filles de 16 ans maîtriseront relativement bien au retour. L’aéroport est actif toute la nuit, puisque des vols décollent et atterrissent sans interruption. Au final, nos parties de cartes auront bien meublé l’attente. Nous embarquons à l’heure pour la deuxième partie du voyage dans un autre A 330, mais qui sera archi-plein celui-là. Pas un siège de libre. Il faut dire que Kuala Lumpur ne sera qu’une escale puisque la destination finale de l’avion est Bali. Les premières heures du vol seront parfaites, mais dès notre entrée dans le Golfe du Bengale et la fin du sous-continent indien, nous voila partis pour 3 bonnes heures de turbulences plus ou moins importantes. Les repas sont souvent retardés, le personnel de bord part s’attacher fréquemment, les regards se font parfois inquiets. Le vol Rio-Paris a laissé des traces, même s’il n’y a aucune raison d’y penser. Finalement, l’approche du continent calme les ardeurs du Dieu Eole et nous nous posons sans dommage à Kuala Lumpur. Bienvenue en Malaisie ! 90 minutes de queue et d’attente pour passer les contrôles de l’immigration. Des panneaux et même un poste sanitaire font de la prévention sur le virus H1N1. Les fonctionnaires féminines sont voilées, ce qui nous rappelle que ce pays est majoritairement musulman. Après nos périples au Maroc, en Jordanie, à Oman ou encore en Turquie, nous sommes habitués. Vu le retard pris pour arriver au tapis des bagages, retrouverons-nous nos sacs ? Le tapis a cessé de tourner depuis longtemps, mais une employée gardait sérieusement une série de sacs dont les 4 nôtres. Pour rejoindre KL, nous optons pour le Airport Coach (10 RM p.pers.) qui nous amène à la gare centrale (KL Sentral). Vraiment simple, l’arrêt de bus se trouve au niveau 1, tout en bas du bâtiment de l’aéroport, sur la droite dès la sortie. De toute façon, des hommes « racolent » les voyageurs pour emprunter le bus, mais sans insistance ou agressivité. Notre but est la Red Palm GH. Nous pourrions prendre le Sky Train pour y parvenir, mais les heures de voyage nous incitent à nous y rendre au plus vite alors ce sera le taxi, plus simple et pas forcément plus cher à 4. Sur le même quai que l’arrivée des bus, il y a un comptoir où l’on annonce sa destination, le prix est fixé selon l’adresse donnée, un coupon nous est remis, un chauffeur est hélé. Pas de négociation, pas d’arnaque. Le taxi nous pose pile devant la Red Palm. L’endroit est routard à souhait. 2 chambres et un dortoir, toilettes et douche à l’étage. Le tout est propre, même si nous sommes étonnés par le plafond qui est en fait une sorte de rideau-bâche qui recouvre tout l’étage. En rajoutant l’épaisseur minime des murs (qui s’apparentent presque plus à du carton…), l’intimité ne sera pas de mise. Mais la convivialité des lieux, la gentillesse de la patronne et de son staff, l’emplacement idéal de la Red Palm, le prix raisonnable (70 RM la chambre pour 2) nous feront vraiment apprécier cet endroit. Une fois installés, nous partons dans Jalan Butik Bintang pour acheter une carte SIM. Comme l’an dernier, j’ai embarqué un vieux téléphone portable qui sera notre allié le plus précieux tout au long du voyage. 30 RM la carte, auxquels je rajoute 70 RM de crédit, cela nous fera tout le mois, avec plusieurs appels en Suisse. Les estomacs réclament pitance, nous mangeons dans la rue à proximité. Les stands extérieurs et les terrasses sont nombreux, nous reprenons nos habitudes de l’an dernier en Thaïlande. La nourriture est un peu plus chère, mais le choix est immense, dû à la diversité des communautés qui peuplent la Malaisie : Chinois, Malais, Thaïs, Indiens, Indonésiens, tous avec leur culture et leur cuisine. Nous voyons nos premiers rats, de belles pièces ! KL serait-elle plus sale que Bangkok ? La nuit est tombée depuis longtemps, la fatigue est là, mais nous ne pouvons nous empêcher d’aller admirer le spectacle fascinant des tours Petronas, éclairées et mises en valeur. Deux flèches de lumières qui montent vers le ciel … 20 minutes à pied nous sont suffisantes depuis la Red Palm pour nous y rendre. Nous y restons, prenons quantité de photos, sous tous les angles, on en fait le tour, des tours, détours. Cette fois, nous avons le compte, nous rentrons à la GH, pour une bonne nuit, enfin on l’espère. Premier jour, mais notre esprit est déjà en Asie, Genève est loin, en kilomètres, mais aussi dans nos têtes. Ce continent nous fascine.

Jeudi 2 juillet 09

La nuit aura tout de même été un peu bruyante, entre la rue et le manque d’isolation de la GH. Mais nous avons tout de même réussi à bien dormir. Nous descendons à la cuisine où le petit-dèj est à dispo, compris dans le prix de la chambre. Chacun peut se servir dans le frigo, faire son thé, café, griller ses toasts, faire son bol de céréales ou éplucher sa banane. Système très convivial, mais il faut faire sa vaisselle après. Une fois rassasiés, nous partons dans les énormes centres commerciaux à proximité de Bukit Bintang, les fameux « malls » qui font la réputation de KL. Les clients du Moyen-Orient sont nombreux. Puis ce sera direction Little India en prenant le Monorail. Le ticket s’achète à un comptoir en fonction de la destination. Nous faisons 3 arrêts pour RM 1, 60 p. pers.. Nous surplombons les rues, faisant fi des bouchons et de la circulation. Le Lonely Planet (ci après LP) donne une balade à faire dans le quartier et nous suivons l’itinéraire proposé. Ce sont surtout les commerces, d’or et de tissus qui sont Indiens, on ne se croirait pas à Mumbai. Les restaurants en plein air et autres gargottes pullulent et nous testons plusieurs sortes de beignets délicieux. Notre périple nous amène à Merdaka square, place où l’indépendance de la Malaisie fut proclamée. Un vaste et très bel endroit avec une grande pelouse et de beaux bâtiments. Après une petite pause à l’ombre, nous décidons de nous rendre aux Batu Caves, à une quinzaine de km au nord de la ville. Il nous faut à peine 10 min. à pied depuis Merdaka pour rejoindre un arrêt de bus à l’angle de Tun Lee et Petaling, au début de Chinatown. Le bus 11 qui va sur place s’apprête à partir et nous y montons in extremis. Le billet se prend directement dans le véhicule (2 RM). 45 min. plus tard, nous voilà sur le site. Il y a 272 marches, relativement raides, à monter. Mais avant, nous allons nous régaler dans un des restos indiens qui bordent l’endroit. Menus végétariens, dans une feuille de banane, sans couteau, ni fourchette. A la commande, nous ne savons pas trop ce que nous choisissons, mais tout sera bon et pas trop épicé. Il y a largement assez, pour à peine 20 RM à 4. Batu Caves est une énorme grotte qu’il faut atteindre par un escalier, lequel est sérieusement gardé par une grande statue à ses pieds. Des singes peu farouches peuplent l’endroit, mais ne sont pas agressifs envers les humains. A l’intérieur de la grotte, divinités indiennes et 2 temples. Nous reprenons ensuite le bus 11 jusqu’à Chowkit, où il y a un arrêt du monorail qui nous ramènera vers notre GH. Internet, jus de fruit frais, douche, nous faisons une pause. Il fait chaud (env. 35 °), le ciel est brumeux, mais c’est surtout l’humidité qui nous fait transpirer. Comme l’an dernier, il nous faudra quelques jours pour nous y faire. Le but de ce soir sera Chinatown, à environ 20 min. à pied de la GH. La rue de Jelan Petaling est entièrement dédiée au business, une sorte de Khao San Road local. T-shirts, sacs à main, montres, tout est contrefaçons. Les clients sont arabes, occidentaux, malais, japonais, vive la mixité ethnique lorsqu’il s’agit d’achats… Le site est suffisamment grand pour y passer quelques heures. On voit même des francophones remplir des sacs … Ikea ! Nous succomberons comme tout le monde à la tentation et après d’âpres marchandages, nous achèterons quelques vêtements. Les Chinois sont moins souriants que les Thaïs, en tous les cas quand il faut négocier ! Nous mangeons également sur place, sur la terrasse d’un établissement chinois. Excellent. Les prix sont par contre plus élevés que chez le voisin du Nord, ce sera la tendance générale tout au long du voyage. Retour vers la GH, parties de cartes sur la terrasse et finalement retour dans nos lits.

Vendredi 3 juillet 09

Nous récupérons du décalage horaire et nous nous levons vers les 09h30. Petit-dèj, vaisselle et nous allons acheter nos billets à la gare routière qui est à 10 min. à pied : 4 billets pour les Cameron Highlands pour 90 RM, départ à 10h30 le lendemain. Nous continuons vers le Central Market. Ici, pas de contrefaçons, mais de l’artisanat local, des tissus, de l’art. Nous voulons visiter la mosquée Masjid Jamek, mais nous sommes vendredi et tous les fidèles sont à la prière. Le lieu est donc fermé aux non-musulmans. Petite pause boisson, on étudie la suite de l’après-midi. Finalement, on part dans le quartier de Kampung Baru, au nord des Petronas. Dès la sortie du métro, il faut prendre sur la droite et nous trouvons de nombreux petits restos en plein air qui servent de la nourriture malaise en buffet. Chaque fois que l’on met un nouveau plat dans l’assiette, l’addition monte. Mais rien de dramatique, puisque 2 assiette suffisantes pour 4 ont coûté 10 RM ! Nous traversons le quartier à pied, sans voir l’ombre d’un Occidental. Le paysage contraste avec le centre-ville. Ici, pas de circulation infernale, pas de bus puant le gasoil, pas de klaxon, juste de petites maisons et ruelles tranquilles. Nous débouchons sur le marché de Chow Kit, là aussi très local. On y trouve surtout de la nourriture, viande, poisson, légumes, fruits, attention aux odeurs ! Mais cela reste très typique, là aussi sans Occidentaux. Retour ensuite à la GH, se poser un peu et préparer la suite. Nous passons quelques coups de fil pour réserver des chambres ou se renseigner sur des prix. Parties de carte, petit tour sur le net, nous profitons de la petite terrasse de la Red Palm. L’air est toujours aussi moite, la température ne bouge pas. Et pas de pluie, ni orage. Nous repartons manger dans les stands en plein air proche du métro de Bukit Bintang. Retour ensuite à la GH. Il faut dire que Wimbledon arrive à son terme et que notre « Rodger » national est toujours en lice, en passe de battre un record historique. Ce sera donc soirée télé ! Rodger a gagné, nous pouvons monter nous coucher l’esprit serein.

Samedi 4 juillet 09

Nous nous levons vers 09h00, histoire d’être prêts pour prendre notre bus direction les Cameron. Dernier petit-dèj, quelques photos avec la très sympathique patronne et nous prenons la direction de la gare routière avec nos sacs. Notre bus, assez vétuste, est là et nous attend. Nous chargeons et c’est le départ. Nous sortons de KL par de larges autoroutes où la circulation est aisée et tranquille. Les routes se font plus étroites et, comme en Thaïlande, un arrêt est prévu pour se restaurer. Les chauffeurs de bus respectent leurs heures de conduite apparemment. A Tapeh, visiblement notre bus a un problème et nous devrons attendre qu’un autre véhicule vienne nous prendre en charge. Dès Tapeh, la route commence à grimper et le nouveau (mais pas neuf) bus à peiner … Le reste du chemin sera long et très sinueux. Mais cela ne vaudra jamais les 1864 virages entre Chang Maï et Mae Hong Son de l’an dernier ! En arrivant à Tanah Ratah, un minivan nous attend, résultat de notre coup de fil de la veille à la Cameronian Inn GH pour annoncer notre heure d’arrivée. Le trajet est court, l’endroit est à 10 min. à pied du centre du village. La GH est très bien tenue et nous avons réussi à avoir la Family Room à 4 lits (100 RM). Il y a toute sorte de service, notamment la lessive. Il est temps de donner quelques habits à laver. Nous partons à pied acheter quelques succulents beignets de banane à un stand que nous avions repéré en venant et nous revenons les manger sur la terrasse avec un thé local. Le thé, nous en ferons une cure. Nous le boirons avec du lait condensé, comme les Malais, chaud ou froid. Le petit jardin est accueillant pour quelques partis de carte. Le soir commence à tomber et nous réalisons que nous sommes à prêt de 2000m. d’altitude, nous allons donc sortir nos jaquettes pour la seule fois du périple. Il fait frais ! Un petit orage éclate même, mais rien de bien terrible. Notre premier repas dans les montagnes sera chinois. Un Steamboat (fondue chinoise) avec toute sorte d’aliments à faire cuire dans le bouillon : crevettes, poissons, poulet, légumes, etc… A notre retour, la pluie s’est remise à tomber. Ce sera parfait pour aller dormir.

Dimanche 5 juillet 09

Aujourd’hui, ce sera un tour organisé avec une agence locale, proposé à la réception de la GH. Bien sûr, les plantations de thé peuvent se visiter seul, mais on se coupe des explications avisées d’un guide. Donc vers 09h00, une Jeep vient nous chercher. Notre guide du jour, Ravi, est originaire du Tamil Nadu en Inde. Bel exemple de la mixité des ethnies et religions qui peuplent la Malaisie. Il parle un anglais quasi parfait. Nous serons accompagnés de 2 autres couples, des Autrichiens et des Hollandais, pas très causants. Première visite de la journée, une explication en bordure d’une plantation de thé, sur l’origine, le fonctionnement et le développement de la culture du thé dans cette région du pays. Très intéressant. Puis, nous montons en Jeep proche du sommet du Gunung Brinchang, le plus haut du coin. L’air est vif. Nous faisons une petite marche en forêt pour atteindre un point de vue et Ravi nous explique l’usage de certaines plantes ou fleurs, inconnues sous nos latitudes. Puis, nous poussons jusqu’au sommet où il y a malheureusement pour le paysage d’énormes antennes TV. Une petite tour nous permet de prendre encore un peu de hauteur pour admirer les environs. Descente ensuite sur la Boh Teh Plantation. On peut visiter l’usine où les feuilles sont amenées pour la fabrication du thé. Les informations données sont instructives. La vue sur les collines environnantes est magnifique, avec tous ces buissons verts qui suivent les douces courbes du terrain. Un magasin permet d’acheter la production locale, le choix est vaste. La suite du programme : la Butterfly Farm où à part d’énormes papillons, il y a aussi une petite collection d’insectes et de reptiles. L’avantage d’avoir le guide est qu’il peut ouvrir les cages et que nous pouvons toucher ou prendre dans les mains des sauterelles géantes, d’énormes scarabées, des insectes ressemblant parfaitement à des feuilles d’arbres et même des scorpions. Les papillons sont effectivement assez gros et colorés. Bref la visite vaut la peine. Nous revenons à Tanah Ratah pour le repas de midi pris chacun de notre côté. Nous nous posons sur la terrasse d’un petit stand local pour une nouvelle dégustation de beignets (banane, patate douce, légumes) et de thé, sucré avec du lait … L’après-midi, nous sommes censés visiter un village Orang Asli, une ethnie qui vivait dans la forêt il y a encore peu et que le gouvernement malaisien sédentarise peu à peu. Ce sera le gros point noir du tour organisé. En terme de village, il s’agit en fait de 3 bicoques au bord de la route principale de Tapah. Un « pseudo-chef » de village, en habits traditionnels, fait un simulacre de démonstration de chasse à la sarbacane, proche d’une cascade. Evidemment, cela donne quelques belles photos, mais alors rien d’authentique ! Rien. Puis, nous rejoignons une poignée d’hommes dans une hutte, pour l’exécution d’une danse traditionnelle. Aucune réelle conviction et comme on les comprend. Cela ressemble fortement à de la prostitution touristique et cela nous met mal à l’aise. Seul moment plus divertissant : nous avons pu essayer à tour de rôle la sarbacane sur un panneau en bois disposé à 7-8 mètres de distance. Pas facile à viser. Petite anecdote, un des Orang Asli est un sosie quasi parfait de Michael Jackson, avant ses nombreuses opérations esthétiques… Il se donne d’ailleurs le prénom de Michael. C’est bon, la civilisation a rattrapé les Orang Asli. Bref, le tour était vraiment sympa le matin, mais la partie de l’après-midi n’est pas nécessaire. Elle permettra néanmoins aux Orang Asli de gagner quelques Ringitts, c’est tout. Nous nous arrêtons encore à la Bee Farm, où il y a une grosse ruche en démo. Nous n’y trouvons pas la Reine et quittons les lieux après quelques achats (savon au miel, thé au miel, etc…). Vers 17h00, retour à la GH. Notre guide aura été très sympathique et efficace. Après la douche, le repas du soir. Ce soir, ce sera indien et notre choix se porte sur le Chennai Curry House, dans la rue centrale, qui propose un Tandoori Set très alléchant pour 7 RM. Avec un magnifique Lassi, ce sera parfait. Au total, un excellent repas indien pour 45 RM à 4. Ce soir, pas de prolongation en ville, c’est la finale du tournoi de Wimbledon avec … Rodger bien sûr. Notre héros national a la bonne idée de faire traîner les choses et nous devons attendre 3 heures du matin pour le voir savourer la victoire.

Lundi 6 juillet 09

Vu l’heure du coucher, nous nous levons vers 11h00. Après le petit-dèj, nous étudions les chemins de randos dans les environs. Nous optons pour le T4 et le T6 qui offrent environ 3 heures de balade dans la forêt. La GH a un panneau avec les indications utiles et j’en fais une photo pour pouvoir les avoir avec moi lors de la marche. Le chemin démarre derrière la gare routière. Cela tombe bien, nous en profitons pour réserver nos billets pour KL pour demain (90 RM). Nous empruntons le chemin choisi et c’est parti pour 3 heures de balade. Il fait plus frais sous les arbres, mais cela ne nous empêche pas de transpirer abondamment. Le chemin est bien tracé et grâce à ma photo, nous trouvons facilement les embranchements. Mais on pourrait aussi se perdre facilement… D’ailleurs en partant en rando, il faut toujours donner son itinéraire à sa GH afin de pouvoir être plus facilement localisé au cas où on viendrait à s’égarer dans l’immensité de la forêt. Certains ont passé la nuit dehors et doivent encore s’en souvenir. Si les chemins sont tracés, il n’y a par contre aucune indication. Nous ne voyons aucun animal, même si la nature est belle et sauvage. De retour au village, nous stoppons dans un resto indien pour des Lassis bien mérités, ainsi que, soyons fous, des crêpes aux cacahuètes et à la noix de coco. Les prix de ces restos sont dérisoires et la nourriture est excellente. Retour à la GH où nous profitons du soleil de cette fin d’après-midi en jouant aux cartes. Avant de sortir manger, douche, vérification des mails, un petit thé (au lait sucré). La jaquette sera de nouveau de mise ce soir. Nous mangeons chinois. Indien à midi, chinois le soir, les amoureux de la cuisine asiatique que nous sommes sont comblés.

Mardi 7 juillet 09

Notre destination du jour est Malacca, mais il n’y a aucun bus direct. Nous devons de toute manière redescendre sur KL et c’est là que nous changerons de bus. Le patron de la GH nous pousse en voiture à la gare routière. Le bus redescend la route sinueuse des Cameron, c’est le même véhicule qu’à l’aller. Cela se voit, arrivés en plaine, nous devons faire un stop pour réparer un problème avec la pédale d’accélérateur. C’est un gamin de 12 ans qui part sous le bus avec des outils pour resserrer 2-3 boulons … Puis, ce sera l’autoroute jusqu’à KL. Les voies s’entrecroisent, les sorties sont nombreuses, je ne me verrais pas en voiture de location là au milieu. A la gare routière, j’achète 4 billets pour Malacca (52 RM), le départ est prévu dans moins d’une heure. Pour les bus, le système est différent de la Thaïlande. De nombreuses compagnies privées de transport se disputent les lignes et les clients, racolant le voyageur dès son entrée dans la gare routière. Difficile de faire un choix, pourquoi telle compagnie plutôt qu’une autre ? Les prix restent sensiblement les mêmes, mais ensuite il y a encore le choix entre les bus normaux, les VIP, les super VIP … Ceci fait que la gare routière de KL est une véritable ruche. Heureusement, un guichet d’information renseigne efficacement à quel guichet se rendre pour la destination voulue. Pour Malacca, malgré ce que le vendeur nous avait dit, le bus n’est pas direct et nous faisons des détours dans la campagne environnante. Une fois à Malacca, nous rejoignons notre GH en taxi. Là, c’est plus simple : c’est comme à KL, on achète son billet à un comptoir en fonction de la destination et un chauffeur est désigné pour nous conduire. C’est ainsi que nous arriverons à la Samudra Inn, une GH au dernier étage d’un petit immeuble. Cela ressemble à un énorme appartement divisé en chambres et organisé en petite GH. Nous aurons une chambre avec salle de bains et une autre sans, mais côte à côte. C’est simple, mais propre. Le proprio, en première apparence un peu froid et distant, se révèle en fait très sympa et plein de bons conseils. Nous sortons ensuite manger au Madinah Restoran où les plats sont excellents et bon marché. Il y a une place vers l’église St-Paul où une fête se déroule pour honorer le premier anniversaire de l’inscription de Malacca au patrimoine de l’UNESCO. Les différentes communautés de la ville (chinoise, indienne, malaise, portugaise) ont organisé des danses, des chants, des petits sketchs. Tout le gratin de la ville est là, de même que de nombreux habitants. Les danses indiennes ont un petit air de Bollywood, les costumes sont splendides et nous passons un excellent moment. Vers minuit, retour à pied à la GH en 10 min.

Mercredi 8 juillet 09

Nous prenons le petit-dèj en face de la GH, où il y a un resto qui fait tout à fait l’affaire. A 8h30 précises, Alias, le boss de Melakaonbike est là pour nous prendre en charge. Ce matin, ce sera VTT au programme. 20 minutes de transport plus tard, nous arrivons chez lui, dans la campagne environnante, où il a son stock de vélos. Et c’est parti pour 3 bonnes heures de randonnée écologique. Nous traversons des plantations de palmiers à huile où nous pouvons voir les ouvriers cueillir les énormes grappes de fruits au sommet des arbres. Ils utilisent une très longue perche (entre 5-7 mètres) qu’ils n’arrivent pas à lever d’un seul coup sans faire levier sur un tronc. La grappe de fruit découpée de l’arbre fait un bruit très sourd en tombant au sol. Normal, elle peut peser jusqu’à 50 kilos ! Alias nous explique comment on tire ensuite l’huile de ces petits fruits rouges. Il faut dire que la Malaisie a fait du palmier à huile sa culture principale, n’hésitant pas à arracher ou déforester d’autres plantations. Rentabilité …Puis ce sera les plantations d’arbres à caoutchouc, où l’on voit également des femmes venir faire des entailles dans les troncs pour que le caoutchouc liquide puisse se déverser dans de petits pots. Notre guide prend un peu de ce liquide blanc et nous confectionne en quelques minutes une balle qui fait des rebonds impressionnants. Plus loin dans la plantation, nous allons au dépôt où le caoutchouc est récolté et mélangé à de l’ammoniac pour le maintenir liquide. Nous assistons à ces opérations effectuées par des travailleurs indiens ou du Bangladesh, peu payés, mais semble-t-il heureux d’avoir un emploi en Malaisie. Tous sont très souriants et acceptent sans souci d’être pris en photo en plein labeur. Nous quittons ensuite les plantations pour pédaler sur les chemins de campagne. Les bords des routes sont remplis d’arbres fruitiers ou de plantes diverses utilisées en cuisine. Alias s’arrête souvent pour que l’on goûte des fruits ou pour nous expliquer l’utilisation de telle ou telle plante. C’est vraiment instructif et agréable. Vers 14h00, Alias nous ramène vers notre GH. Son éco-tour vaut vraiment la peine, alors j’y vais de mon petit coup de pub : www.melakaonbike.com , 80 RM p. pers. Seule précaution, mettre des manches longues et éventuellement des pantalons pour se prémunir des moustiques, très nombreux sous les arbres. Le resto du petit-dèj propose maintenant un énorme buffet pour le repas de midi, alors départ ! L’après-midi sera consacrée à la visite du centre de Malacca, ses églises portugaise et hollandaise, cette dernière en briques rouges. Nous parcourons aussi Chinatown qui a un ou deux temples magnifiques. En fin de journée, nous montons à la gare routière avec le bus 17 pour acheter nos billets de bus pour Mersing où nous partirons demain (22, 8 RM p. pers.). Retour à la GH, quelques courses au centre commercial Carrefour (eh oui…), puis on prend un verre pour souffler un peu de cette active journée. Vers 19h00, je me rends dans une laverie chinoise où nous avions déposé notre linge sale la veille (3, 5 RM le kilo). Il est vraiment facile de laver son linge dans ce pays, comme l’an passé. Cela permet de voyager vraiment léger, pas besoin de remplir les sacs. On ne change pas nos bonnes habitudes et nous mangeons encore au même resto en face de la GH. Il faut dire que le buffet est si varié qu’il faudrait une semaine pour tout goûter. Résultat : encore un excellent repas pour 27 RM pour 4. Depuis notre arrivée à Malacca, les gens nous paraissent plus ouverts, plus souriants et plus sympathiques. KL avait le défaut des grandes villes, impersonnelles et individualistes, les Cameron étaient en montagne, comme chez nous les gens sont certainement un peu plus « bourrus », mais là, vraiment la population est charmante. Les gens cherchent le contact, la discussion, veulent savoir d’où l’on vient, etc… Le soir, nous retournons sur la place des festivités où les spectacles continuent. Un homme a vu mon t-shirt rouge à croix blanche et a même pu me parler de la date du 1er août, fête nationale de notre Helvétie natale ! Un autre a pu me citer 4 ou 5 villes suisses, ce que pas mal d’Européens sont incapables de faire. Malacca nous a enchantés.

Jeudi 9 juillet 09

Notre bus est à 12h45, nous avons le temps. Nous partons prendre le petit-dèj, de l’argent à un ATM et nous cherchons aussi une pharmacie pour le plein d’anti-moustique. Il faut dire que Dominique est particulièrement visée par les insectes. Ils vont tous sur elle et elle est pas mal parsemée de piqûres. Après une menace d’orage, le temps s’est mis sur beau et il y a un air qui souffle, rendant l’atmosphère nettement respirable qu’à KL. Nous quittons Malacca avec la satisfaction d’avoir vu une ville agréable, avec des touches européennes, une recherche d’esthétisme, des décors nocturnes et en plus avec la chance d’avoir pu assister au festival des communautés. Maintenant, direction l’île de Tioman et le début de la partie balnéaire. Nous reprenons le bus 17 pour aller à la gare routière, le long de la grande route à la sortie de la GH. Il suffit de héler le bus sur le bord du trottoir, on monte et paie son billet dans le bus au chauffeur. Nous sommes un peu en avance, nous faisons le tour des nombreuses boutiques et commerces qui peuplent la grande gare routière de Malacca. Départ. Notre chauffeur se croit rapidement au GP de Malaisie au volant d’un bolide. Conduite rapide, dépassements risqués, nous sommes tout à l’arrière, mais pas rassurés. Arrêt de 30 minutes à Kluang, juste de quoi se dégourdir les jambes et acheter quelques beignets de banane, toujours aussi délicieux. Puis suite de la route jusqu’à Mersing, toujours à vive allure. Le paysage est assez monotone, palmiers, palmiers, palmiers … pour l’huile. Cette culture prend vraiment le pas sur toutes les autres, économie oblige, très rentable semble-t-il. Arrivés à Mersing, le bus fait un premier stop à un rond-point et un homme monte pour savoir qui prend le bateau pour Tioman. En fait, il racole les passagers et essaient de vendre des billets avant tout le monde pour sa propre agence, mais sans le dire bien sûr. Etant les seuls Occidentaux dans le bus, il s’adresse directement à nous. Je n’aime pas être forcé et connaissant la combine, je lui réponds que nous ne savons pas encore si nous prendrons le bateau demain ou après-demain. Il donne alors le nom de son agence … Direction l’hôtel Embassy où nous passerons la nuit pour embarquer demain matin. Nous avions réservé 2 chambres par téléphone (55 RM la double) et l’endroit est vraiment bien. Bonne literie, clim, douche et toilettes. Nous allons à la jetée nous renseigner pour nos billets de bateau. Plusieurs agences proposent des billets pour Tioman, tous au même prix d’ailleurs (35 RM le trajet, donc 70 RM A/R). Le choix se fait donc au feeling et pas besoin de chercher la meilleure opportunité. La différence est que les agences essaient aussi de vendre l’hébergement de leur choix, souvent leurs propres établissements. Pour notre part, nous irons sur Juara, où le Rainbow Chalets nous attend. Encore une réservation par téléphone. Finalement, nous prendrons nos billets à l’agence Larossa, au guichet 13. Le patron, sa femme et son fils sont très sympas et n’essaient pas de nous forcer pour quoi que ce soit. Vendu. Nous prendrons nos billets de retour en open, il suffira de confirmer la veille de la traversée pour avoir une place (mais ne pas oublier car le bateau est souvent plein me dit-on). Une fois nos billets en poche, nous passons une heure sur le net au meilleur prix rencontré dans le pays (1, 5 RM), avant d’aller prendre un succulent repas indien au Al Arif restoran où nous mangeons de délicieuses Murtabak (crêpes fourrées au poulet ou au bœuf) à tremper dans une sauce au curry. 30 RM pour 4, boissons comprises (jus de fruits frais et … thé au lait sucré). Dernières parties de cartes avant une bonne nuit.

Vendredi 10 juillet 09

Excellente nuit, dans une bonne literie, rafraîchis par la clim. Cet hôtel est imbattable rapport qualité-prix. Notre vendeur de billets vient nous chercher avec son van, comme convenu, ce qui nous évite la marche avec nos sacs jusqu’à la jetée. Là, suivant les conseils de la patronne, nous l’attendons pour qu’elle nous mène à l’embarquement, erreur. Car premiers arrivés, premiers montés à bord. Les bateaux ne sont pas grands. En arrivant, il faut s’inscrire sur une liste avec son nom et son numéro de passeport. Une fois la liste complète, on est recalé directement sur le prochain bateau. Ce qui a été notre cas. Du coup, 1h15 d’attente au port. Il faut encore s’acquitter d’une taxe de 5 RM p. pers. pour le fonds de conservation des parcs marins de Tioman. Sans cette taxe, pas de bateau. Bref, en gros, arriver en avance à la jetée et s’inscrire le plus vite possible sur la liste des passagers. Finalement, nous embarquons pour Tekek, sur la côte ouest de Tioman. 2 petites heures de traversée, nous voilà sur l’île. Le bateau commence par aller tout au nord, vers Salang où la majorité des gens quittent le navire. Le bateau redescend ensuite la côte pour finalement arriver à Tekek. Un chauffeur nous attend pour nous faire traverser l’île en voiture, direction la plage de Juara. 30 minutes de trajet, sur une route entièrement bétonnée, mais avec de fortes déclivités. La plage de Juara est quasi déserte, il faut dire qu’il y a peu d’hébergements ici et qu’ils sont bien espacés. Quelques restaurants aussi, mais rien qui va provoquer une surabondance de touristes. C’est ce que nous recherchons et ce sera parfait. Les Rainbow’s Chalets sont tout simples : un lit, une moustiquaire, WC et douche, ventilo au plafond, 50 RM la nuit, le tout sous les cocotiers, à 30 mètres de la mer. Ah oui, et une super petite terrasse pour se tenir à regarder les flots. L’endroit est calme, serein, reposant. Nous y serons bien pour quelques jours. Premier bain, l’eau est chaude et bizarrement peu salée. Pour le repas du soir, nous prendrons nos quartiers au Sunrise Café voisin où la nourriture est excellente et variée. Pour 60 RM à 4, nous prenons un très bon repas. Dès 21h00, le vent se met à souffler fort et l’orage arrive. La température baisse, le tonnerre gronde, les éclairs zèbrent l’obscurité. A l’abri sur notre terrasse, nous assistons à la colère du ciel. Une vraie averse tropicale. Le ventilo sera tout de même nécessaire pur passer une bonne nuit.

Samedi 11 juillet 09

Journée plage et farniente. Nous continuons de prendre nos repas au Sunrise, à 25 m. de notre bungalow, vu la gentillesse du personnel et la qualité de la nourriture. Puis, ce sera baignade et snorkelling. La plage est idéale pour profiter de l’eau, mais il n’y a pas grand-chose à voir sous la surface. Malgré une protection solaire de 30, le coup de soleil n’est pas évité pour le dos de Bibi. Pourtant, j’avais prévu un t-shirt dévolu exclusivement au masque-tuba, t-shirt que je n’ai pas mis… Au milieu de l’après-midi, grosse averse tropicale et nous restons sous les gouttes bien fraîches, les bras lever au ciel. Et le ciel bleu de revenir rapidement … Re-baignade, entrecoupées de parties de carte sur notre terrasse. Délassement. La marée est descendante, ce qui permet de faire un petit jogging le long de la plage, sur le sable dur avec Lauriane. Le repas du soir ? Au Sunrise. Les éclairs se rapprochent de Tioman, mais pas de pluie, seul le vent qui souffle fort… Au milieu de la nuit, la pluie s’en donnera à cœur joie, les grosses gouttes frappant notre toit en tôle, comme pour nous bercer.

Dimanche 12 juillet 09

Au réveil vers 10h00, le ciel est encore brumeux, hésitant entre nuages et soleil. J’ai 43 ans aujourd’hui. Cela fait presque 15 ans que je n’aurai pas fêté mon anniversaire en Suisse. Un petit vent rafraîchit l’atmosphère et la plage est déserte. Un si beau lieu et personne, pourvu que ce petit paradis ne succombe pas aux promoteurs. Le temps reste couvert, mais sec, toute la journée. Que du farniente, des baignades, des promenades le long de la plage, des parties de carte. Ce rythme nous convient. Pour ne pas déroger à nos (bonnes) habitudes, nous mangerons le soir au Sunrise : curry de poulet, poisson grillé, crevettes et les boissons, toujours pour 60 RM pour 4. Les filles présentent pas mal de petits boutons rouges qui démangent. Les mouches de sable. Inévitables ici. On ne sent rien sur le moment, c’est le soir que les boutons apparaissent et commencent à gratter. Et cela dure sur plusieurs jours. Mais comme toute piqûre, cela finit par passer. Il paraît qu’il ne faut pas s’étendre sur le sable pour éviter les désagréments.

Lundi 13 juillet 09

Nous allons changer de côte, histoire de voir Tioman version ouest. Direction ABC Beach. Les filles n’ont pas trop envie de marcher (vive les ados…) alors elles iront en taxi, mais s’occuperont de nos sacs. Et pour Dominique et moi, ce sera le Jungle Trekk. Le temps est plutôt beau, légèrement venteux. Dommage de partir, de belles vagues viennent casser sur Juara. Le taxi emmène nos filles pour les déposer au Marine Park, de l’autre côté de l’île. Il nous prend un bout, histoire de gagner un peu de bitume, la première partie de la traversée de l’île étant sans intérêt. Puis nous prenons le sentier, très bien tracé. Nous croisons quelques touristes qui font le chemin depuis Tekek. Nettement plus dur, ça grimpe sec dans l’autre sens … Les bruits de la forêt sont parfois inquiétants, la nature nous fait sentir tout petit. Ecureuils, lézards, geckos, fourmis géantes, nous observons la faune. Mais aucun singe. L’endroit est bien sauvage, bien plus que dans les Cameron. Après environ 2 heures de marche à un rythme tranquille, nous atteignons Tekek. Il nous faut encore rejoindre le Marine Park, à quelques centaines de mètres. C’est le bout de la route avant ABC. Les filles sont là, nous mangeons un petit repas, avant de mettre le cap sur les bungalows de Mokhtar’s Place que nous avions contactés la veille. L’endroit est conforme à notre philosophie de voyage, simple, mais propre. En plus, il y aura un accès internet. La plage en contrebas est de sable, mais très vite, le fond de l’eau est envahi de petits rochers ou de coraux, ce qui rend la baignade quasi impossible. Le seul endroit où se tremper est facile sur ABC est devant Nazri 1, tout au début de la plage côté Tekek. Déception. Nous sommes devant nos bungalows, sur le sable, lorsque deux gros varans déboulent sur la plage en se poursuivant. Le premier va dans l’eau pour échapper à son agresseur. C’est assez impressionnant, ces bêtes doivent mesurer dans les 1m50-1m80 avec leur longue queue. Nous pouvons facilement les photographier, mais selon les autochtones, il vaut mieux éviter d’essayer de les toucher. Petit tour ensuite sur le chemin bétonné qui suit la plage au milieu des bungalows. Envers du décor : le nombre incroyable de détritus qui jonchent les abords du chemin. L’avantage de cette côte est qu’il y a un beau coucher de soleil, pour autant que le ciel soit dégagé. Pour le repas du soir, il n’y a finalement pas énormément de choix et ce sera la terrasse du Mawar’s Beach. Bonne nourriture, un peu plus chère que sur Juara. Un petit air souffle, c’est agréable.

Mardi 14 juillet 09

Lever assez tard et petit-dèj au Mawar. Vers midi, nous partons à pied vers Panuba Beach, à environ 20 min. d’ABC. Le chemin monte un promontoire et redescend sur Panuba, dans la jungle. Comme sur ABC, à peine entrés dans l’eau, il n’y a plus de sable mais des rochers. Par contre, l’endroit est nettement mieux pour le snorkelling. Nous partons vers les rochers en bord de plage et nous voyons plein de poissons aux belles couleurs. Panuba est isolé. Un seul resto et aucune possibilité de passer sur ABC le soir, le sentier dans la forêt n’est pas éclairé. Vers le milieu de l’après-midi, les filles restent sur cette plage et avec Dom, je pars direction Monkey Bay. Nous décidons d’y aller en bateau et de revenir à pied, par le chemin dans la forêt. 15 min. de trajet sur l’eau et notre taxi nous dépose dans la baie. Nous y sommes seuls, sur une large plage. Aucune infrastructure, l’isolement total. Par contre, l’arrière-plage est vraiment sale, jonché de détritus soit laissés là par les visiteurs, soit rejetés par la mer. Le plastique est une véritable catastrophe écologique en matière de pollution. Après une baignade dans une eau transparente, nous reprenons le chemin de Panuba. Nous avions fait attention de ne pas laisser notre sac sans surveillance trop longtemps. Non pas qu’il y ait des voleurs humains ici, mais bien des singes chapardeurs. Des témoignages affirmaient que certains touristes snorkellaient et que les singes sont descendus de leurs arbres pour prendre les sacs laissés sur la plage. Avec argent, passeports, téléphones … Le sentier est relativement bien tracé et il suit toujours la ligne électrique. Nous atteignons rapidement Monkey Beach, une autre plage isolée et encore plus belle que Monkey Bay. Le sable y est doré et l’eau vraiment claire. Le trekk est plus sportif que celui de Juara, il faut souvent escalader, contourner, passer sous des arbres tombés en travers du chemin. Nous voyons quelques singes au long du parcours, notamment une femelle qui porte son petit sous son ventre, et évidemment les habituels lézards qui nous font souvent sursauter en filant dans les buissons à nos pieds. 90 minutes plus tard, nous arrivons sur ABC, trempés de sueur. Sans être exceptionnelle, la promenade était bien sauvage. Le long du chemin qui longe la plage, sur un pont, nous voyons notre premier serpent en Malaisie : un python de belle taille, posé et enroulé dans les branches d’un arbre à une dizaine de mètres des bungalows de Mawar, dont certains ont la fenêtre ouverte ! Une dernière baignade rafraîchissante vers Nazri 1 et nous nous douchons pour aller manger. Ce soir, le coucher de soleil nous joue son show. Couleurs splendides, photos réussies. Repas au Mawar et dessert au Nazri. Puis, il sera temps de rentrer préparer les sacs, nous partons demain tôt, le bateau est à 08h00. Cherating ? Lac Chini ? Nous n’avons guère eu le choix. Nous pensions aller au lac Chini, mais un coup de fil chez Rajan Jones nous apprend que sa GH est overbookée pour au moins une semaine. Des groupes scolaires. Il est contrarié, mais on sent qu’il veut nous être serviable. Selon lui, il pourrait nous loger chez l’habitant dans le village, mais sans assurance de pouvoir nous accompagner dans la jungle. Ce sera donc Cherating.

Mercredi 15 juillet 09

Nous nous levons tôt pour ne pas manquer notre bateau. Nous ne pouvons prendre le suivant, car notre bus pour Kuantan et Cherating part à midi de Mersing. La mer est ce matin assez agitée, la traversée sera quelque peu secouée. L’air conditionné est poussé à fond, il fait même froid dans le bateau. En arrivant à Mersing, nous allons directement récupérer nos billets de bus à l’agence Larossa, que nous avons appelée depuis Tioman pour confirmer notre achat. Les billets sont là, nous payons. Service efficace et avec le sourire. Le trajet pour Kuantan coûtera 17 RM p. pers. Nous prenons notre repas à la jetée où il y a 2-3 restos avant de foncer à un ATM dans le centre de Mersing pour reprendre de l’argent. Le patron de l’agence Larossa nous amène avec son minibus à la gare routière, nouvelle et désormais hors de la ville. Nous sommes en avance ou notre bus est en retard. Cela nous laisse le temps d’aller au petit marché qui est derrière la gare routière. Produits locaux, légumes, fruits, volailles et poissons. Un vendeur me laisse prendre un petit requin pour faire une photo, pas de souci et toujours un grand sourire. Notre bus arrive. En fait, il passe par Cherating, pas besoin de changer à Kuantan, bonne nouvelle. Il me suffit de payer un petit supplément. Les chauffeurs se relaient après une pause repas sur le bord de la route. Ils sont prudents et conduisent parfaitement. Après quelques heures, il nous dépose sur la route nationale, à 500 mètres à pied du village de Cherating. Nous trouvons rapidement la Payung GH qui propose une dizaine de bungalows dans un joli jardin, tous avec douche et WC, ventilo et moustiquaire, très propre, pour 40 RM. Nous avions réservé par téléphone, deux d’entre eux seront pour nous. Personne n’est à la réception, pas grave, nous laissons nos sacs à dos sur place et partons pour la plage. Une énorme plage de sable. La marée est basse, nous pouvons marcher sur le sable dur, sous un ciel voilé et sans soleil. Nous faisons le tour de Cherating, petit village sans vraiment d’animation, avant de revenir à la GH prendre possession de nos chalets. Douche et lavage à fond. Une laverie est en face de la GH, nous y amenons notre linge sale : 3, 70 RM le kilo. Le soir, nous faisons une excursion sur la rivière qui passe derrière la GH. Ce tour est proposé à l’entrée de la Payung. Le but, observer les milliers de lucioles qui bordent le cours d’eau. Nous passons une heure en pleine obscurité, dans une petite barque. Les lucioles sont là, telles des guirlandes animées. Notre guide les attire avec une lampe rouge et elles viennent virevolter au-dessus de nos têtes, le spectacle est fantastique, des centaines de fées clochettes issues d’un conte de Disney. Le batelier doit connaître la rivière par cœur, car il n’a aucune lumière pour se guider dans le noir. Au retour, nous nous posons pour le repas du soir dans les gargottes en face de la Payung. Les Malaisiens mangent là, très peu de touristes, l’assurance d’avoir un bon repas. La literie est bonne, nous passerons une bonne nuit.

Jeudi 16 juillet 09

A notre lever, nous cherchons quelque chose d’ouvert pour le petit-dèj. Quasiment tout est fermé. Cherating donne l’impression d’un village abandonné, d’une époque touristique florissante désormais révolue, comme si les étrangers, pressés de rejoindre les Perenthians oubliaient de s’arrêter ici. Pourtant, Cherating a beaucoup à offrir à ses visiteurs. Une plage superbe et sure, une rivière avec une faune bien présente, un sanctuaire aux tortues accessible à pied. Nous trouvons finalement de quoi nous sustenter et nous partons à la plage où les vagues nous permettent de nous amuser. Aucun caillou, ni rocher, que du sable. L’eau est brassée par le courant et n’est donc pas transparente. Mais elle est claire. La marée est à nouveau descendante et on peut marcher un long bout dans l’eau. Même problème que ce matin pour le repas de midi. Tout semble fermé. Il nous faut faire le village à pied pour trouver un petit resto, sans carte, où nous mangeons ce qui est proposé. Nous connaissons la rivière de nuit, nous y retournons, mais de jour ! 2 heures de découverte de la faune locale en compagnie d’un guide sur sa barque. Oiseaux aux belles couleurs, lézards de belles tailles, serpents de la mangrove enroulés dans les arbres (belles couleurs, noir et jaune fluo, magnifique, mais inquiétant car très venimeux paraît-il) et même des loutres qui nous font le spectacle, sautant et nageant autour de notre embarcation. Le guide a l’œil, il voit des choses que nous n’apercevons pas. Retour pour prendre une douche et notre repas au Matahari. Hasard, le cuistot était notre guide tout à l’heure. Le poisson se choisit à l’entrée de la terrasse et se paie au poids (5 RM les 100 gr.). Il est ensuite cuit dans une feuille de banane et agrémenté de la sauce choisie. Délicieux. La fin de la soirée se fera au Payung Café, à écouter de l’excellente musique.

Vendredi 17 juillet 09

Ce matin, lever tôt pour Bibi, car je vais pêcher en mer avec 2 autres personnes, des Chinois de Hong-Kong. Nous passons plus de 4 heures en mer et finalement sur la rivière, sans une seule touche ! Pourtant, nous avons vu des poissons, mais voler à côté du bateau, à faire des bonds inouïs, comme pour nous narguer de venir tenter de les arracher au monde du silence. Des méduses aussi, de belles tailles, mais au large. Heureusement qu’elles ne s’approchent pas des plages, la baignade serait impossible. En fin de matinée, je rejoins les filles à la plage, ces dames font bronzette. Cet après-midi, nous irons au sanctuaire aux tortues qui se trouvent à côté du Club Med. Car oui, il y a un Club Med à Cherating. Enfin, pas dans le village même, mais à quelques centaines de mètres, 30 minutes à pied. D’ailleurs, on ne voit personne de ce repaire venir à Cherating, ce genre de touristes préférant sans doute se calfeutrer dans leur retraite bien occidentale. Il est vrai que les pêcheurs-restauteurs de Cherating sont sans doute bien moins lookés que ceux de l’établissement. Bref, en 30 minutes de marche nous voilà aux portes du sanctuaire. Et soudainement, un gigantesque sanglier sort des buissons à une vingtaine de mètres devant nous. Il nous regarde, grogne et tape son sabot sur le sol. Il est prêt à charger et nous ne faisons pas trop les malins. Un sanglier sauvage ! Et en pays musulman, il ne risque pas grand-chose, personne ne le mangera. Nous serons sauvés par une moto pétaradante qui passe à toute allure et qui fait fuir l’animal dans la forêt. La diversité de la faune est incroyable dans ce pays. Autant l’an dernier nous n’avions vu que très peu d’animaux, autant cette année les rencontres sont fréquentes. L’accès au sanctuaire est gratuit. Il y a là 3 bassins avec de magnifiques tortues dont la carapace ressemble à du bois. En demandant à un préposé, il nous amène à l’endroit où les nids sont protégés dans une sorte de serre grillagée. En regardant la date de ponte, il découvre un nid en creusant le sable et nous voyons de minuscules tortues âgées d’à peine 2 mois tenter de remonter la pente pour partir à l’aventure. Le garde recouvre rapidement le nid de sable empêchant toute fuite. Il nous apprend que les tortues viennent pondre sur la plage, mais que le sanctuaire récolte les œufs pour les mettre en sûreté dans la serre, à l’abri des prédateurs. Puis, les petites tortues sont relâchées dans la mer. Le guide nous propose de relâcher des tortues prêtes à affronter la mer. Bien sûr ! Nous partons sur la plage déserte et il nous amène alors un bac avec une cinquantaine de ces petites bêtes. Nous pouvons les prendre dans la main, les poser dans le sable et observer leur obstination à regagner la mer. Toutes ne survivront pas, mais chacune a réussi à partir dans les vagues. Grand moment. Nous aurons vu des tortues pondre sur une plage du Sultanat d’Oman et nous en aurons relâchées en Malaisie. Nous apprenons que l’on peut laisser l’adresse de la GH (et le No de son bungalow) et les responsables du sanctuaire peuvent venir vous réveiller la nuit si des tortues arrivent sur la plage pour pondre. La possibilité de faire un don est laissée à notre libre appréciation et nous ferons donc un geste pour cette noble cause. Retour à Cherating. Il fait chaud, la marche est pénible. Alors nous essayons le stop. Rapidement, un jeune qui passe par là nous embarque et nous amène avec le sourire dans notre village, nous faisant économiser 30 minutes de marche en bord de route. Nous préparons la suite de notre voyage et il y a dans le village une agence de voyage qui fait aussi cybercafé. Nous y achetons nos billets de bus pour Kota Bahru et profitons pour aller vérifier nos mails. Le repas du soir est pris au Matahari, vu la qualité des plats et de l’accueil. Encore une bien belle journée.

Samedi 18 juillet 09

Journée tranquille, qui débute vers midi, vu l’heure à laquelle nos filles se lèvent. Le propriétaire de notre GH propose de nous conduire à Kemaman, une ville à 20 km au nord. Cela tombe bien, il nous faut prendre de l’argent et il n’y a pas d’ATM à Cherating. Nous ne voyons aucun touriste sur place et nous prenons la direction du marché (le long de la rivière, après la gare routière) pour faire le plein de fruits (mangue, bananes, ramboutan, mangosteen, etc..). Nous trouvons aussi notre ATM et faisons le plein de fruits et d’argent. Notre prochaine étape sera les Perenthians et là-bas non plus, pas d’ATM. Les gens sont aimables et nous saluent facilement. Il faut dire que nous avons du succès avec nos filles jumelles. Apparemment, ici c’est un honneur particulier. Le patron de la GH ne nous a pas attendus, ce qui n’était d’ailleurs pas prévu. Pour rentrer, ce sera donc le bus local. Cela nous rappelle un peu les bus thaïs, vieux et poussifs. Nous montons dans le bus, nous sommes les seuls Occidentaux dans un véhicule bondé. Nous payons nos tickets à un vieux monsieur. Il reste quelques places à l’arrière et des gens nous font signe pour venir nous asseoir. Pas de ventilation, pas de climatisation, nous sommes en sueur. L’arrière du bus est plein de gosses qui rentrent de l’école. Les éclats de rire fusent, nous devons être l’objet de plaisanteries … Des « Hello » ou «How are you » aussi, premiers mots pour un premier contact. Pour descendre du bus, facile. Une sonnette que l’on actionne et le chauffeur stoppe. Pas d’arrêts fixes. Arrivés à Cherating, sur le haut du village sur la route nationale, nous utilisons la technique malaisienne et nous descendons avec des signes de main aux autres passagers. Nous regagnons la GH et commençons à nous gaver de nos fruits. Départ pour la plage, où la marée est à nouveau basse. De loin, nous voyons deux sortes de camping-car, le long des arbres. Nous partons voir. Un Allemand et un Suisse ! Ce dernier nous explique avoir mis son véhicule sur un cargo et il compte rentrer au pays … dans 2-3 ans, qui sait ! C’est un habitué des périples, son fourgon Mitsubishi a déjà traversé les Amériques, de l’Alaska à la Patagonie. Nous profitons des vagues, en même temps que pas mal de jeunes. La plupart des filles se baignent habillées et voilées, religion oblige. Et toujours cet excellent repas au Matahari, avec du poisson frais, cuisiné dans une feuille de banane et accompagné de sauce Sambal bien épicée. Nous aurons vraiment passé du bon temps ici. Nous ne pensions rester qu’une nuit, vive la flexibilité du routard.

Dimanche 19 juillet 09

Les réveils s’étalent sur la matinée. Nous prenons notre petit-dèj en face de la GH. 7 Canai (petites crêpes, pour lesquelles j’ai un faible, surtout celles au citron) et boissons (thé au lait sucré, jus d’orange frais) pour 7 RM. Puis, nous partons à la plage. Moins de vagues, mais par contre sans doute quelques méduses puisque qu’avec Nat, nous nous faisons piquer dans le dos. Sans gravité, juste une petite sensation de brûlure. On regarde dans l’eau , on ne voit rien. A midi, nous allons au Muda Café, directement sur la plage, petite cahutte tenue par un monsieur d’une soixantaine d’année qui fait quelques plats simples, telles que des nouilles ou du riz frit. C’est un personnage que nous avons là, toujours à rire. Il nous initie au bricolage en fabriquant des sauterelles et crevettes géantes à l’aide de feuilles de bananiers. Toute la famille s’y met et les filles démontrent une belle dextérité. Le temps est brumeux, voire couvert. Venteux sur la plage, chaud et humide dès le bord de la mer abandonné. Nous revenons à la GH vers les 16h30 pour ranger nos affaires, préparer nos sacs, récupérer une lessive. La soirée se déroulera au rythme de Cherating, tranquille. Repas dans un resto local, et pour finir un thé au Payung Café à écouter une radio Rock.

Lundi 20 juillet 09

Il fallait bien que cela m’arrive au moins une fois, grosse indigestion pendant la nuit. Une belle série de crampes intestinales, mais sans vomissement ni diarrhées. Le réveil est pénible vu le manque de sommeil et j’évite donc le petit-dèj pendant que les filles se gavent de Roti Canai. Il nous faut être à 08h30 sur la route nationale, 500 mètres plus haut, pour attraper notre bus. Vers 08h45, soit pile à l’heure, notre bus Transnacional arrive. Il suffit de faire signe pour qu’il s’arrête, mais apparemment le chauffeur savait qu’il devait embarquer des passagers à Cherating. Direction Jerteh, où nous descendrons pour aller ensuite à Kuala Besut, port d’embarquement pour les Perenthians. Tout a été organisé par téléphone avec Aziz, le propriétaire des Mama’s Chalets. Un taxi nous attendra à Jerteh, puis nous prendrons nos billets de bateau. 6 heures de route plus tard et d’une conduite irréprochable (avec une pause repas), nous arrivons à Jerteh. Le bus nous dépose sur la route principale, il nous faut marcher 10 minutes pour rejoindre la gare routière où notre taxi doit nous prendre en charge. 4 occidentaux qui marchent avec leurs sacs, on devrait nous reconnaître. Les chauffeurs de taxi nous sollicitent, mais sans agressivité et sourient lorsque nous déclinons l’invitation. Un homme s’approche, il porte une pancarte avec notre nom, c’est notre chauffeur. Il nous conduit à Kuala Besut (30 RM le trajet) et nous amène devant le Mama’s Holidays office où nous prenons nos tickets de bateau (35 RM le trajet p. pers., soit 70 RM A/R). Dans tous les guides, il est fait mention de bateau lent ou de ferry, mais ce type de transport ne doit plus exister. Nous avons le temps de prendre un petit repas avant le départ pour les îles. Nous discutons avec les 2 employées du bureau qui sont très sympathiques et qui veulent savoir beaucoup de choses, surtout nos âges. Voici le temps d’embarquer, nous nous rendons à la jetée. Comme pour Tioman, il faut s’acquitter d’une taxe de 5 RM p. pers. pour la conservation des fonds marins. Puis nous montons dans le bateau. Bateau ? En fait une grosse barque avec une bâche. Un panneau indique que l’embarcation est faite pour 12 personnes, nous sommes 18 à bord, les bagages en plus. Au port, la mer semblait bien calme, mais une fois la digue franchie, les flots sont légèrement agités. Plein gaz pilote. Apparemment, cela ne gêne pas le marin qui surfe plus qu’il ne navigue. Les sauts sont nombreux et vu que nous sommes à l’avant, on déguste. Rien de dangereux, mais cela tape fort parfois dans le dos ou la nuque. Les Perenthians sont rapidement en vue et il nous faut 40 minutes pour les atteindre. Après avoir déposé quelques passagers sur d’autres plage, nous voici devant le Mama’s et une barque plus petite vient nous chercher car il n’y a pas de ponton pour débarquer. Aziz nous accueille personnellement, je le remercie pour l’arrangement de notre transport jusqu’ici. Nos bungalows seront parfaits. Bon lit, douche et WC, ventilo, petite terrasse, classique. Ils sont dans un petit jardin et ne donne pas sur la mer. Ce sera 60 RM l’unité, alors que ceux qui sont au bord de l’eau ont la clim, mais sont à 180 RM ! Nous avions vraiment bien fait de réserver, car tout est plein et il y a même des gens qui arrivent avec leurs sacs à dos et qui doivent repartir en bateau faute de place. Petite déception quand même : il n’y a pas de plage devant le Mama’s. Juste une fine bande de sable, rapidement remplacée par du corail ou des rochers qui cisaillent les pieds. Avec la marée descendante, ces coraux sont même hors de l’eau. C’est la fin de l’après-midi, nous n’allons pas chercher une plage maintenant, alors nous trouvons un petit coin pour nous tremper tout de même. Ce soir, nos testerons le resto de notre emplacement, le … Mama’s ! Nous comprenons le pourquoi de ce nom. Apparemment, c’est la cheffe de famille qui règne en maître sur les lieux et le reste de la troupe a chacun son rôle, la caisse, le service, la réception. Les prix du resto sont corrects, mais tout de même plus chers que sur le continent. Normal. Il faut dire que l’authenticité malaise de Cherating a disparu. Il n’y a que des Occidentaux ici ou des Chinois, mais tous avec un porte-monnaie de touriste. Il faut nous réhabituer à voir autant de voyageurs. Il va nous falloir un jour, on verra demain. En sortant de notre bungalow, nous nous retrouvons nez à nez avec un beau varan, et dans l’arbre en face de notre terrasse, à moins de deux mètres, il y a de belles chauves-souris. La Malaisie est finalement bien présente.

Mardi 21 juillet 09

Le lever est tardif pour les filles, j’ai donc le temps de me prendre un léger petit-dèj avant de partir à pied en exploration pour les plages. Je file au sud, direction Abdul’s Chalet par le Jungle Trekk qui commence derrière le petit club de plongée. Après 15 minutes dans la forêt, il faut longer différent resorts, par la plage, et je trouve mon bonheur, après 25 minutes à pied environ. Les touristes s’entassent sur la portion de sable devant leurs chalets, mais en marchant un peu, tout au bout du chemin, il y a une plage de rêve, déserte, sable blanc et eau limpide. C’est LA plage. Et en plus, il y a un petit bistrot pour les boissons et un petit repas de midi. Courte baignade dans une eau transparente et je reviens sur mes pas, faire part de ma découverte. Je retrouve les filles en train de manger. Je vais vers Aziz pour louer masques et tuba (5 RM par jour et p.pers.) et une fois tout le monde prêt, départ. La marche n’est pas pénible et nous atteignons facilement mon petit coin de paradis. Il n’y a personne. Baignade, snorkelling dans les rochers qui bordent la plage. L’endroit est un véritable aquarium, les poissons sont nombreux, multicolores, n’ont pas peur de l’homme et viennent même si près que nous pouvons les effleurer. Nous testerons le petit resto pour un repas simple, du riz frit. Retour vers 18h00 pour une douche et se poser un peu après ces bains d’eau de mer et de soleil. L’endroit était idéal, mais pendant la marche du retour, nous avons à nouveau été confronté à ce tourisme de masse, qui passe sa journée sur une chaise longue, entassés sur un bout de plage. Pour cela Tioman et surtout Juara était bien différente, même si la clarté de l’eau et la blancheur du sable n’étaient pas comparables. En soirée, ce sera la rencontre avec la famille Foletti, dont Caroline est une inconditionnelle du site voyageforum.com. Cela fait de nombreux mois que nous correspondons par message interposé et le hasard a fait que cette année, nos dates et destinations de vacances coïncidaient ici. Bornéo pour eux, la péninsule pour nous, mais point commun, les Perenthians. Rencontre avec Jean-Paul, leurs enfants. Discussions, le verre de fin de soirée, l’amitié n’est plus virtuelle. Au moment de se coucher, un bel orage éclate. Il pleut très fort, les éclairs déchirent le ciel, le tonnerre est assourdissant.

Mercredi 22 juillet 09

Au lever, plus de pluie, mais un ciel brumeux et gris, comme souvent le matin. Il faut avouer que cela enlève un peu de magie aux paysages de ces îles. Le petit-dèj du Mama’s est bien moins cher et tout aussi correct ailleurs, c’est notre base culinaire. Nous prenons la direction de notre plage sauvage que nous faisons découvrir à Caro et ses enfants. Une bonne heure de snorkelling où nous admirons coraux, poissons, anémones (et ses petits némos qui se laissent chatouiller les flancs). Toujours aussi peu de monde, c’est incompréhensible, vu la beauté de la plage et des fonds marins. Un petit repas à la gargotte, puis vers le milieu de l’après-midi, nous prenons le chemin de la plage du Perenthians Island Resort, à l’inverse vers le Nord, après le Coral View. La plage est énorme, d’un sable blanc immaculé et l’eau d’une transparence exceptionnelle. Il y a un petit ponton à quelques dizaines de mètres du bord, d’où on aperçoit parfois des tortues. Par contre, pas trop de snorkelling ici, le fond est sableux et le bord vers les rochers n’est pas très intéressant. Fin de journée, douche pour tout le monde. Il faut se décider assez rapidement pour les restos, car les tables se remplissent vite. Vers 22h00 par contre, tout commence à fermer et nous sommes les derniers à table. La pluie recommence à tomber, non pas sous forme d’orage, mais fine et régulière.

Jeudi 23 juillet 09

Lever assez tard, comme d’habitude sur ces îles. Après un petit repas, retour vers notre plage préférée, nous ne nous en lassons pas, sans les filles qui dorment encore. Le ciel est bleu, dégagé. Nous rencontrons Caroline et une de ses amies. Nous partons snorkeller, vers un petit cap qui s’appelle Shark Point et où les bateaux qui font le tour de l’île s’arrêtent. Le paysage sous-marin est vivant, habité et splendide. Il y a des centaines de poissons et même des bancs de petits calamars. Et soudain, tout à la pointe, un requin de récif, suivi bientôt d’un deuxième. Un des deux doit bien faire 1m50, il est plus gros que ceux que j’avais vus l’an dernier à Koh Tao. Nous restons à les observer raser le fond. Ils sont parfois à moins de 3 mètres de nous, spectacle fascinant. Le petit moment d’appréhension passé, nous essayons de les suivre et admirons l’ondulation de leur queue. Après ce magnifique spectacle, petit repas au resto de la plage, nous sommes désormais des habitués. Je m’aperçois après avoir mangé que j’ai oublié mon porte-monnaie au Mama’s. Je suis bon pour me faire les 25 minutes de marche de retour. Dom m’attend, mais pour revenir ce sera un taxi-boat ! Pour la fin de la journée, nos regagnons l’autre plage qui s’apparente presque à une piscine géante. Les filles sont là, avec les enfants Foletti. Elles ont vu une tortue peu avant notre arrivée. Et même peut-être un requin. Le planning est rôdé, vers 18h30 douche pour tout le monde et une heure plus tard nous sommes installés à la terrasse du Mama’s, au bord de l’eau. Tout comme hier, la pluie s’est remise à tomber.

Vendredi 24 juillet 09

Un touriste m’ayant signalé une bande de singe dans les arbres qui bordent l’arrière du Mama’s, je m’y rends dès mon lever. Aucun animal en vue. J’apprendrai plus tard qu’une tribu de singes noirs, avec le contour des yeux blancs, faisaient les fous quasiment sur les terrasses des bungalows du Coral View. La famille Foletti les a même photographiés. Ce matin, snorkelling sur la plage du Perenthians Island Resort, rien de spécial, si ce n’est un gros baliste que nous n’avons pas pu approcher. Nous resterons sur cette plage toute la journée, avec juste un intermède pour le repas de la mi-journée. Mer translucide, sable fin, soleil, que demander de plus pour cette fin de périple. Ce soir, nous prenons une bière et le repas avec les Foletti au Paradise Restaurant, sur des petites tables directement au bord de l’eau. Le ciel est partiellement nuageux et offre de belles couleurs pour le coucher du soleil. On ne voit pas l’astre disparaître dans mer, car l’île d’en face fait écran. Néanmoins, le ciel prend des teintes rosées, puis orangées. Plus tard dans la soirée, le ciel se couvrira et un violent orage éclatera finalement en milieu de nuit.

Samedi 25 juillet 09

Quelques gouttes tombent encore à notre lever, le ciel est bien couvert. Nous repartons vers notre plage isolée dans le but de voir les requins. Nous nous rendons à la nage à Shark Point et malgré que nous restions presque une heure dans l’eau, aucun squale ne montre le bout de son aileron. Nous profitons de l’eau avant de changer de plage après le repas de midi. Journée baignade. Repas au Mama’s le soir et nous finissons au Paradise avec les Foletti, en achetant une bouteille de whisky malaisien (l’équivalent du Mékong thaï) que l’on mélangera avec du coca. C’est une des rares fois où nous aurons bu de l’alcool dans ce pays. Discussions, nous apprenons à nous connaître, invitations : rendez-vous est pris à Bordeaux !

Dimanche 26 juillet 09

Le départ approche, c’est notre dernier jour sur ces îles avant le retour sur l’Europe. Pas de baignade ce matin, mais lever tard, petit-dèj et remplissage des sacs. Notre bateau pour Kuala Besut est prévu à midi. Petite séance d’au revoir avec nos amis bordelais. Nous embarquons plus ou moins à l’heure avec une famille de Danois pour prendre la direction d’autres plages afin de remplir l’embarcation. Le bateau est plein, la mer est calme. Cela ne secoue pas trop, bien moins qu’à l’aller. Par contre, il pleut, une pluie fine et légère, qui fouette le visage avec la vitesse du bateau. Nous avions été serrer la main à tout l’aimable personnel du Mama’s et un des serveurs est même avec nous sur le bateau. A Kuala Besut, nous croisons un autre serveur au port, il avait pris un autre bateau. C’est celui qui était venu nous chercher le jour de notre arrivée avec une petite barque. Très souriant il avait souvent ouvert la discussion avec nous, et évidemment surtout avec nos filles… Il était vraiment sympa et sur le quai de Kuala Besut, nous procédons à un échange de t-shirt. Mon « Swiss » jaune et vert contre un maillot de foot de Barcelone !!! C’est Lauriane qui a insisté et cela se fait très naturellement, avec photo … Un taxi nous attend après la jetée, commandé par Aziz. L’organisation est parfaite. Il nous emmènera à Kota Bahru (70 RM le trajet) en une petite heure de route. Il nous dépose devant la KB GH où nous laisserons nos sacs en dépôt (2 RM le sac), le temps de visiter une partie de la ville. Il n’y a pas grand-chose à voir. L’ambiance nous fait penser un peu à une ville du Moyen-Orient. Il faut dire que Kota Bahru s’est autoproclamée « the Islamic City of Malaysia ». Mais attention, toujours dans l’esprit tolérant du pays, pas d’extrêmisme affiché. Les magasins de tissus sont nombreux, nous faisons un ou deux supermarchés. Il n’y a rien à acheter de spécial. Nous allons tout de même au centre culturel, près du stade de foot, où il y a quelques spectacles gratuits. Lorsque nous y sommes passés, c’était des percussions. Nous profitons d’envoyer nos derniers mails depuis un cybercafé. Il est bientôt l’heure de rejoindre l’aéroport pour notre vol Air Asia à destination de KL, vol réservé en mars dernier pour le prix de 10 Euros par personne… Devant la KB GH, il y a des gens qui racolent le touriste en se présentant comme taxi. Le gérant de la KB nous dit qu’on peut y aller les yeux fermés, donc nous acceptons la proposition d’un homme qui peut nous conduire à l’aéroport pour 20 RM, ce qui semble être le tarif local. Pas de borne de taxi, ni même d’inscription sur les portières, mais une voiture privée bien pourrie, visiblement bientôt au bout du rouleau. En 25 minutes, nous arrivons à l’aéroport sans encombre. Nous sommes un peu en avance. Nous avisons alors un petit resto local, pile en face de l’aéroport, il n’y a que la grande route à traverser. On s’y rend pour déguster nos dernières Roti Canai malaisiennes, avec des thés au lait sucré. Notre vol est à l’heure, l’avion est plein. Comme l’an dernier, Air Asia propose des Airbus visiblement neufs avec sièges en cuir. Une petite heure de vol bien tranquille, je devise durant le trajet avec mon voisin qui veut savoir ce que nous avons pensé de la Malaisie. Au moment d’atterrir, nous survolons KL et nous avons la chance de passer quasiment à la verticale des tours Petronas. Nous les aurons vraiment vues sous tous les angles ! Une fois à KL, nous arrivons au terminal des vols domestiques (LCCT) et même si les vols empruntent les mêmes pistes, le bâtiment des vols internationaux (KLIA) n’est pas le même. Dès la sortie, il y a une navette qui nous conduit au bon endroit (1.50 RM p. pers.), un bus vert avec le sigle KLIA sur le pare-brise. Une fois dans ce terminal, nous avons le temps, notre vol Qatarairways ne décolle qu’à 03h15 du matin. C’est le dernier à partir…comme si nous voulions profiter de chaque minute dans ce pays. Nous anticipons notre retour en Occident en mangeant au Kentucky Fried Chicken, seul établissement encore ouvert. Au moment d’embarquer, nous sommes assez peu dans la salle d’attente. Notre A 330 sera-t-il plein ? Oui, car il arrive de Bali et la plupart des sièges sont déjà occupés. Jusqu’à Doha, le vol sera cette fois tranquille et nous arrivons un peu en avance au Qatar. Quelques courses au Duty Free et nous embarquons vers Genève. Hormis quelques turbulences au-dessus d’Istanbul, notre vol est sans histoire. Nous posons à l’heure, c’est le retour à la maison.

Il nous faudra quelques jours pour prendre du recul et apprécier à sa juste valeur ce que la Malaisie nous a offert. La Thaïlande nous avait enchantés, mais cette année, notre enchantement est encore plus grand. Plus d’authenticité, peut-être de sincérité dans les rapports humains, une faune exceptionnelle, une fréquentation occidentale moins marquée. Oui, la Malaisie est une destination exceptionnelle pour les amoureux de ce type de périple et du continent asiatique. Comme pour tous nos voyages, nos têtes sont pleines de souvenirs, que la lecture de nos carnets de route ou la vision de nos photos nous rappellent avec délice.
Bangkok: aimée ou pas aimée? English translation pending
by Thuan · 2009-08-07 · 69 replies
salut , ce n'est pas un post de demande de bon pan . ou de chamailles pour une virgule .. ni sociologique ( je dis cela pour les talibans de vf qui vont se pointer ...) - mais simplement une réflection <> sur cette mégalopole qui attire autant que rebute les étrangers .. il serait peut être interessant d'avoir vos avis ? et une petite anecdote qui vous a frapper .😉.

je me lance .. un jour je devais prendre un train extrêmement tôt . pour éviter de laisser mon char a la gare , je prend le bus .

un de ces énormes bus bleus ( quant on est que 2 clients abord on vois bien que ils sont grands) .. .. dont chaque changement de vitesse la boite dit AIE AIE . arrivent pas loin de la garer ferroviaire le soleil levant et 3 paumes de clients tout a coup je ne sait pas comment 20 personnes et la marmaille gimpe abord de la navette spatial .. et c'était des akas ( minorité ethnique du nord de la thalande .. ) en costume traditionnel .. c'est dans ces moment la que on ce dit .. je suis a Bangkok .. ville imprévisible ou tout peut arriver comme une claque de mon père , quant je n'avais pas la force de lui en remettre une ..

Improvisation nomade (version intégrale) English translation pending
by Nicodilo · 2009-07-30 · 14 replies
PROLOGUE

Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?

« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »

Nicolas Bouvier

Les Saints de Glace

Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.

Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal��

Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…

De bonheur ce matin

À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !

Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…

Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !

Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.

À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche

Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…

Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube

Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains

Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise

Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose

On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Improvisation Nomade (3) (Roumanie-Bulgarie) English translation pending
by Nicodilo · 2009-07-28 · 7 replies
Oradea

La nuit tombe. Le conducteur veut nous déposer en banlieue. C’est la zone. Les vieux immeubles de l’époque communiste s’effondrent de toute leur façade en laissant apparaître, derrière les fenêtres cassées, les ferrailles rouillées et les vieux tuyaux de gaz déchirés et béants, l’intérieur des appartements. Les enfants sont pieds nus et sales dans les rues en terre battue, ils jouent à se lancer des cailloux et à snifer de la colle. C’est dégueulasse, on se croirait dans un pays en guerre. On demande au chauffeur de nous déposer en ville pour changer un peu de monnaie. Ça l’intéresse. Ensuite, taxi pour trouver un hôtel. Evidemment, comme on ne connaît rien ni personne, que c’est le soir et qu’on n’a pas envie de dormir dehors cette nuit, on raque 20 € chacun pour les chambres. Dire que dehors, ils n’ont pas un rond et qu’on se paye une chambre à 15 millions de lei, la monnaie roumaine. Enfin, rien que pour une douche, je donnerais n’importe quoi ! Dans la soirée, pour joindre le centre ville, nous arpentons les rues. Des maisons écroulées abritent des familles entières avec les animaux et toute leur crasse. Elles sont chauffées aux pneus. Sur les trottoirs, des feux brûlent dans des grands bidons autour desquels tournent quelques sans-abri déguenillés et des chiens agressifs qui crèvent la dalle. C’est le Bronx ! Le lendemain, à la gare, nous cherchons un train pour la prochaine ville à une centaine de kilomètres. Mais le réseau ferroviaire roumain est limité. Très limité. Deux trains dans la journée et pas un dans cette direction. Beaucoup de clochards et des gars qui se battent pour nous emmener dans leur voiture privée. Après négociation, on en choisit un pour 10 € chacun. On ne sait pas encore que les salaires avoisinent 100 € en Roumanie et surtout que tout le monde fait du stop à la sortie des villes pour partager l’essence. Premier pays pauvre. On ne connaît rien. Normal qu’on se fasse avoir. Il faut apprendre. Le rapport avec l’argent n’est plus le même. Le niveau de vie dans cette région a beaucoup diminué par rapport à la Hongrie. Il n’y a qu’à regarder les voitures pourries quand ce ne sont pas des charrettes tirées par des chevaux, les villages sans route goudronnée où grouillent des oies, des cochons et des chevaux en liberté, sur la route unique, pleine de nids de poules, qui relie des villes de plus de cent mille habitants ! Arad

Nous avions rencontré avant notre départ Sorin, un jeune Roumain qui faisait ses études à Poitiers. En arrivant à Arad, nous allons directement voir sa famille à qui il avait parlé de nous. Sa mère, ensuite, nous emmène dans un appartement qui sera le nôtre pendant quelque temps. Enfin, elle nous présente à des étudiants qui nous feront faire le tour de la ville. Après avoir installé nos affaires dans ce petit chez nous, avoir pris notre douche, s’être étendus un instant sur notre lit et avoir fermé la porte de l’appartement. Toutes ces futilités qui ont maintenant de l’importance. Nous allons visiter la ville avec nos nouveaux amis. Très vite, l’échange est enrichissant. Nous parlons toute la journée et une partie de la nuit de la Roumanie et de la France. Les étudiants roumains parlent bien anglais. Beaucoup mieux que moi. Le soir, j’ai la tête comme serrée dans un étau, à force de me concentrer pour ne rien perdre de ce qu’ils nous expliquent et la nuit je rêve en anglais. D’ailleurs, je suis bien meilleur anglophone la nuit… Eux parlent très bien l’anglais pour plusieurs raisons. D’abord les films à la télé sont en anglais sous-titrés en roumain car il n’y a pas assez d’argent pour les doubler comme en France. Ensuite, parce qu’ils sont hyper motivés pour réussir. Et réussir aujourd’hui en Roumanie, ça veut dire quitter le pays et donc parler anglais. Le niveau de vie de nos amis et de la population de la ville est très modeste. La maman de Sorin, professeur de biologie à quelques années de la retraite, gagne 150 € par mois. La vie est dure. Alors que nous, petits Français, nous avons la chance de pouvoir voyager. Ici, il faut jardiner pour manger et faire des conserves pour l’hiver. Garder ses chaussures trouées et acheter une voiture à plusieurs familles. Les jeunes, les étudiants qu’on a rencontrés, ont l’espoir de partir travailler en Europe ou d’aller aux Etats Unis pour s’enrichir. Ils sont ambitieux et motivés mais ne trouvent pas de travail en Roumanie qui tarde à se développer. Il y a bien le chantier d’une zone industrielle autour de la ville mais il n’avance pas. Les fonds européens sont bloqués pour faire pression sur le gouvernement afin qu’il réduise la corruption. Les entreprises internationales n’investissent pas tant que le pays n’est pas stable. Il n’y a pas de travail à Arad. Seulement des petits commerces. Pourtant, la main d’œuvre est qualifiée et elle ne demande pas grand-chose. Par exemple, un entrepreneur allemand basé à Timisoara, une ville proche que l’on aura l’occasion de visiter, assure la sous-traitance de pièces automobiles et emploie un millier de salariés qu’il paie 200 € par mois. Je vous laisse imaginer la marge que la société se fait en vendant ses pièces en Allemagne. Et si ça marche, je ne comprends pas pourquoi d’autres entrepreneurs n’en font pas autant. Même si les gens sont sous-payés par rapport au niveau européen, même si ce sont les entrepreneurs et les investisseurs qui prennent le plus d’argent, les emplois existent. Les salaires sont payés et les employés ont ainsi un pouvoir d’achat qui permet de faire tourner de l’argent dans le pays. Une ville comme Arad possède des milliers de personnes qui ne demandent qu’à travailler. Seuls, comme souvent dans les pays où la corruption domine, quelques riches équilibrent la balance au volant de leur imposante voiture, en traînant leur vieillesse au bras de jeunes et magnifiques roumaines, le long des vitrines de prêt-à-porter italien. J’espère retourner un jour en Roumanie. Voir comment ça aura évolué. Avec l’ambition et la capacité que j’ai pressenties, ce pays comptera bientôt dans le marché économique européen. Son niveau de vie ne peut qu’augmenter. C’est le moment d’investir là-bas ou d’y passer des vacances et ainsi de dynamiser le tourisme. C’est un joli pays avec des paysages variés et montagneux où les gens sont gais et généreux malgré leur pauvreté. Un pays qui se relève difficilement de la catastrophique politique intérieure de Ceausescu qui les a trompés pendant trente ans. Mais les Roumains sont opportunistes. Ils l’ont prouvé au fil des siècles en négociant leur indépendance dans des contextes géopolitiques qui les ont couverts de drapeaux austro-hongrois, ottomans et soviétiques sans pour autant leur faire perdre leur originalité. Ils seront toujours plus latins que slaves ou russes, des pays qui pourtant les entourent. Leur langue chante comme les cigales de la Méditerranée, ils roulent les « r » à l’espagnole et finissent en « i » avec le pincement de doigts à l’italienne. La Roumanie a même été considérée comme un pays francophone avant la deuxième guerre, au moment où la France était encore une étoile culturelle incontournable. Aussi, si vous voulez avoir la chance de voir naître une cathédrale aujourd’hui, alors que nos églises sont à l’abandon, c’est en Roumanie qu’il faut se rendre. Depuis la fin du régime totalitaire de Ceausescu qui détruisait les lieux de cultes et même les lieux historiques en général, les Roumains ont retrouvé la foi trop longtemps étouffée. Les églises orthodoxes aux reflets byzantins, volant sur des tapis orientaux et mêlées aux architectures baroques, sont des petits joyaux… Les tsiganes

Paumés dans la campagne d’une vallée de Transylvanie du côté de Deva, nous tentons de nous rendre dans un village aux pieds des Carpates Méridionales pour rejoindre un Roumain randonneur et francophone, rencontré sur Internet. Une camionnette s’arrête. Barbus, sales, costauds, silencieux, quatre Roms nous ouvrent leur portière… Des Roms ! Horreur, malheur… Ne pas les confondre avec les Roumains qui sont les habitants de la Roumanie. Les Roms comme les populations que l’on nomme diversement – Gitans, Tsiganes, Romanichels, Gypsies – mais qui se désignent eux-mêmes par d’autres noms (Sinti, Manouches, Calé), et que l’on rencontre dans tous les pays d’Europe, sont partis du nord-ouest de l’Inde il y a un millier d’années et ont déferlé en vagues successives sur l’Europe à partir du XIVe. En Roumanie, ils sont nombreux et se sont, pour la plupart, sédentarisés bien qu’ils ne soient pas intégrés à la population. Ils ont gardé leur langue et leur culture et sont reconnaissables à leur faciès indo-européen. Des villages sont partagés entre les deux populations souvent hostiles. Même les jeunes étudiants rencontrés à Arad ont horreur des Roms. C’est le sujet tabou. Ils les traitent de voleurs de poules comme nous faisons avec les manouches, et les rendent responsables de la misère commune. Bref, on nous disait de faire attention à eux, que c’étaient même des assassins et nous n’avons jamais osé aller dans leurs quartiers. Pourtant, moi je les aime bien les tsiganes, j’adore leur musique, leur liberté et les films de Kusturika. Mais là, on n’est pas dans un film… Ce n’est pas très détendu dans le camion... Les paysages de la campagne roumaine défilent. Petites parcelles agencées et travaillées à la bêche par des personnes âgées habillées à la mode du début du siècle. Pas de tracteur, ni de moissonneuse batteuse. Des chevaux tirent encore les charrues pour retourner la terre. Le foin est entassé en bottes de cinq mètres de haut, en épis. Tous les animaux de la basse-cour traînent en liberté le long de la route, dans les jardins et les maisons. La campagne profonde telle qu’elle était en France à la naissance de mes parents peut-être ou de mes grands-parents… J’allume ma cigarette dans la courbe d’un virage ponctué de bosses et brûle par mégarde le bras nu d’un des gars. Ce gros monsieur me regarde de travers. - Merde, désolé, je dis. Mais je ne me sens pas du tout à l’aise d’un coup. Un autre d’entre eux demande : « Francès ? » Eh oui ! Qu’on dit, des vrais Français de France. Il n’y en a sans doute pas beaucoup dans le coin et quand il nous demande ce qu’on fout là, bah ! on se promène, on avait rien à faire chez nous alors on est allé voir comment ça se passait du côté de chez vous. Ça a l’air de lui plaire. D’un seul coup, l’atmosphère se détend et le monsieur à la moustache range ses gros yeux méchants. Puis, comme le courant est passé, comme nous parlons un peu, ils nous sortent le bon vieil album de la musique du film de Chat noir Chat blanc et voilà que tous se mettent à chanter dans la camionnette jusqu’à notre arrivée. Pour finir, ils refusent notre participation pour l’essence et nous souhaitent bon voyage dans leur pays avant de s’en aller en continuant de chanter ! Vive la musique ! Vive la France ! Bucova

Tout d’abord, on est bien comme des cons dans ce bled de quelques centaines d’habitants où la personne que nous devions rencontrer ne se trouve pas. On aurait dû l’appeler avant. C’est ça les surprises. Ça ne marche pas toujours. Sa maison, enfin celle de ses parents, absents aussi, est superbe, en bois, fleurie du jardin jusqu’aux balcons, de grands géraniums. Une pergola sur la terrasse est recouverte de raisins mûrs. Autour, l’odeur de melons, de foin fraîchement coupé et la campagne roumaine scindée de torrents encore agités et frais de la randonnée en montagne qu’ils viennent d’effectuer derrière le village. Cette partie de la Roumanie est encore vraiment naturelle. Beaucoup de forêts, de montagnes et de verdure. Enfin, cela ne nous avance pas. On essaie de demander à une gentille mamie tout édentée qui fauche son foin tout près des infos sur la famille. Malheureusement, on ne comprend rien. Elle parle un vieux patois incompréhensible et comme toutes les personnes qui ne sont pas habituées à rencontrer des étrangers, quand on la fait répéter, au lieu d’articuler, elle parle seulement plus fort, exaspérée que nous ne comprenions rien. Le cochon, heureux de la visite, court autour de nous en poussant des grognements, comme des moqueries, ce qui rend la scène cocasse et désespérée. Alors on attend là. On est bien. On peut planter la tente ce soir et repartir demain. Mais un peu plus tard, comme la nouvelle a couru dans le village que des sacs à dos étrangers avaient atterri dans un jardin, des jeunes viennent nous rendre visite. Puis ils nous demandent de les suivre. On ne sait pas où mais on prend nos sacs et on suit, accompagnés de tous les enfants et des chiens. La mamie s’agite pour nous dire au revoir. Après une petite promenade dans les chemins en herbe qui séparent les maisons du village, on nous fait attendre devant l’une d’elles… Un autre jeune homme arrive et dit en français : « Bonjour, je m’appelle Christi. Voici ma maison et ma famille. Nous aimerions que vous nous fassiez l’honneur de demeurer chez nous ce soir en attendant que la famille Tomici revienne pour vous accueillir. Pourriez-vous me dire vos noms pour faire plus ample connaissance ?… » Et voilà comment nous sommes arrivés dans la petite famille Abulescu. Une famille géniale. On nous présente tout le monde, la maison, notre chambre avec une simplicité et des égards signes de la plus parfaite hospitalité. Ensuite, tout l’après-midi, le petit jeune se révèle être un parfait connaisseur de son pays et de sa culture, nous en expose les problèmes actuels, son histoire et sa politique. Je suis certain que je n’aurais pas pu en faire autant à son âge et peut-être même aujourd’hui. Pour excuser son érudition, il nous dit simplement qu’il n’aime pas les travaux manuels, ni traîner avec les jeunes de son âge qui se moquent de lui, mais préfère étudier. Il nous pose à son tour des questions sur notre périple, sur ce que nous avons déjà vu et sur la suite. Sa maman, pendant ce temps, nous prépare des petites collations délicieuses. Trois bébés chiens courent entre nos pattes, les oies, les canards, les poulets, tous les animaux sont avec nous autour de la petite table du jardin. Et c’est l’heure de l’apéro. On va goûter les différentes distillations de la tsuica. Une petite prune bien de chez eux. Christi continue de tout nous expliquer : « Celle-ci est la première distillation, elle fait 27 degrés, la deuxième fait 45 et la troisième je ne sais pas mais encore plus. J’ai goûté une fois et depuis je ne bois plus d’alcool ! » On tourne donc à la prune tout le repas, on rit beaucoup, il y en a cinquante litres dans le garage, c’est avec ça que les gens se paient souvent dans les villages. Vraiment une agréable journée et une soirée comme on ne les oublie pas. Le lendemain matin, ils sortent la voiture familiale et s’apprêtent à partir. Et qu’est-ce qu’on fait, nous ? « Pas de problème, vous restez là, on a une course urgente à faire mais on revient ce soir. Si pouviez rentrer les canards avant la nuit, ce serait parfait. Bonne journée. » Le soir venu, on s’organise pour rentrer les canards. Un de nous attend devant la porte pour l’ouvrir pendant que l’autre pousse gentiment les bestioles du bâton. Jusqu’ici tout va bien, ils connaissent la route. Seulement quand on ouvre la porte pour qu’ils rentrent, cinquante poulets foutent le camp dans le jardin ! On fait comment maintenant ? Une heure pour courir après ces sales bêtes, les choper à la main et les balancer une par une dans leur enclos. Très peu de temps après, la famille revient : « Alors tout s’est bien passé ? » « Oh oui, on répond, aucun problème… » Quitter la Roumanie.

Nous hésitons entre le train et le stop pour rejoindre la Bulgarie. En train, nous devons passer par Bucarest, ce qui fait un détour de 800 km. En stop, il faut rejoindre Calafat pour traverser le Danube avec un bateau. Finalement, nous faisons du stop. Le vent souffle ce matin sur le boulevard qui traverse la ville de Carensebes en direction de Brobeta-Turnu-Severin. Il fait froid. Nous avons marqué SOFIA sur notre petite pancarte mais les camions bulgares ne daignent pas s’arrêter. Écrire en cyrillique, l’alphabet bulgare, nous aurait peut être aidés mais nous n’en sommes pas encore capables. Alors nous attendons et le temps passe. Je pense à tante Ana, la vieille dame qui nous a accueillis chez elle ces derniers jours. Quand nous lui avons dit au revoir ce matin, elle s’est mise à pleurer et à prier pour nous. Elle était vraiment gentille. Nous sommes arrivés chez elle avec Christi après avoir quitté le village où nous n’avons jamais eu de nouvelles des gens que nous étions venus rencontrer. Christi loge, pendant ses études, dans un petit appartement au fond du jardin de tante Ana et nous avons squatté quelques jours chez lui le temps de visiter la ville et d’apprendre quelques recettes roumaines. Un matin, les nerfs de mon cou se sont bloqués comme cela m’arrive parfois. Tante Ana m’a sorti de ses placards un remède de grand-mère à base de plantes. Des douleurs comme celles-ci peuvent me faire souffrir plusieurs jours même sous traitement médical. J’acceptai le massage sans illusion. Elle me soigna en quelques heures… Deux heures que nous attendons. Il est dix heures maintenant. Ça ne valait pas le coup de se lever tôt ce matin pour se cailler en attendant dans le froid. Impatientés, nous marchons vers la gare. Le prochain train est à 14 h 50 : dans quatre heures. À 11 h, il y a un bus pour Craiova mais il ne passe pas. C’est courant. Des jeunes traversent la route comme des zombies, le nez dans leur sac de colle. Bientôt le soleil arrive et nous reprenons le stop. Enfin, vers midi, une camionnette s’arrête. Le conducteur, Ion, est instituteur. Il bredouille un peu de français, l’ayant appris à l’école trente ans auparavant. Ses souvenirs reviennent progressivement. Nous longeons la frontière serbe sur le Danube et passons les fameuses « portes de fer », formant un barrage immense. Le film Chat noir chat blanc, réalisé par Emir Kusturika et dont j’évoquais les souvenirs tsiganes, a été tourné quelque part dans ces contrées. Les décors sont bien les mêmes et avec la camionnette du monsieur qui roule entre 50 et 70 km/h, nous avons le temps de les admirer. Enfin nous atteignons la porte orientale des Carpates avant de redescendre dans les plaines du sud. Ion nous dépose en banlieue d’une ville. À peine sommes-nous descendus du camion que des gens nous sautent dessus. Ils veulent tous nous emmener. Nous sommes à un croisement important au milieu des immeubles. Un mec plus louche que les autres nous colle aux basques en insistant méchamment. Des tsiganes nous parlent de je ne sais quoi, nous proposent des trucs à acheter. Derrière nous, je remarque une voiture immatriculée en France avec deux personnes penchées sur le moteur qui viennent bientôt pour nous parler. L’un d’eux connaît quelques mots de français et nous propose lui aussi de nous emmener, puis se met à siffler en direction des grands immeubles. Avec Daoud, on se regarde. Ça craint un peu dans le coin. Faut qu’on s’arrache de là… Cependant, une jolie jeune femme arrive qui parle parfaitement français. C’est la femme du monsieur à la voiture française. La confiance nous revient aussitôt. Les sacs sont mis dans le coffre pendant que nous montons boire le café dans leur appartement. Sur le sofa, nous regardons les photos d’un pays que nous connaissons bien : la France. Le couple nous explique sa situation. Le monsieur est parti une première fois trouver du boulot en France. Il a réussi et a ramené beaucoup d’argent. Quelques centaines d’euros. Depuis, ils partent tous les deux, laissant leur petite fille à la famille, et travaillent en France sans être déclarés, sans sécurité sociale et payés une misère. La maman, Lucia, œuvre dans un restaurant et le papa dans le bâtiment. Ils dorment souvent dans leur voiture, hiver, soir de Noël et du réveillon compris. Enfin, tous les trois mois, ils reviennent au pays voir leur fille, et surtout faute de contrat de travail. Chaque fois, les billets sont distribués à la frontière roumaine pour les douaniers. Trois ans que ça dure. Ils aiment la France et même si on leur dit qu’ils sont exploités, pour eux, c’est toujours mieux comme ça. Lucia nous prépare notre dîner du soir et nous partons dans la 405, à fond sur les routes pourries, avant d’être déposés à 50 km environ de la frontière, dans un village paumé. C’est le soir. Il pleut. Pas de voiture. Nous pouvons aller frapper chez quelqu’un, sûr qu’il nous accueillerait mais au loin des phares se dessinent. Espérons. La voiture en passant à notre hauteur pile et dérape. Au début, nous sommes contents, ce sont des jeunes, ambiance hip hop, l’un d’eux parle un peu espagnol. Puis, bien vite, on déchante : ils boivent des bières et sont excités comme si, en un instant, ils venaient d’avoir une idée lumineuse pour gagner de l’argent… À Calafat, petite ville portuaire du Danube et frontalière avec la Bulgarie, une bande de tsiganes rapplique en courant. Les sacs, apparus dans le coffre maintenant ouvert, sont le sujet d’une discussion, entre eux, qui s’anime. On ne comprend pas bien mais l’ambiance est aux négociations. Les tsiganes veulent acheter nos sacs aux Roumains. C’est non, apparemment. Le coffre se ferme et nous remontons dans la voiture qui démarre en trombe… Mieux vaut s’expliquer avec trois Roumains qu’avec dix tsiganes. Mais on ne nous a pas demandé notre avis de toute façon. Et puis, même s’ils ne s’entendent pas entre eux, les voleurs, j’en suis sûr, font exception pour les mauvais coups. Il faut trouver ce quai, cette putain de frontière. Ensuite, les lâcher. Leur plan, aux Roumains, est simple : ils veulent nous taper le maximum de tune pour payer le trajet. L’équivalent de 10 € en monnaie roumaine : 25 millions de lei. Mais ils rêvent. Le petit jeu de la négociation s’apprend vite et on ne nous a plus aussi facilement. Ils obtiendront quand même 5 € en tout, avant de disparaître. Il nous reste juste assez de monnaie roumaine pour payer le bateau. Espérons que les douaniers n’essaieront pas, eux aussi, de récupérer de l’argent sur notre dos. Capables de nous garder, de nous poser des problèmes si on ne crache pas les tunes ? Se débarrasser de bandits pour en trouver d’autres. Depuis peu, débutent les relations avides de populations démunies envers les touristes aisés que nous sommes. Le bateau accoste dans une heure. Voilà plusieurs heures qu’il fait nuit déjà et il pleut toujours. Peu de gens sur le quai, des douaniers autour des camions et quelques petits trafiquants qui se rendent en Bulgarie avec du tabac et reviennent avec de l’alcool. Assis sur notre sac comme au théâtre, nous admirons discrètement la contrebande qui s’exerce, les douaniers soudoyés et les chauffeurs complices. Chacun fait son petit business et le monde tourne. Le bateau accoste. Dans la cabine, les gars s’esclaffent devant les images pornos de leur téléphone portable en crachant la tsuica. Daoud, debout sur la proue, dans les phares tournoyants, se laisse bercer par les plis du Danube, nous emportant à travers une frontière immense et naturelle, entre deux pays, aux confins de l’Europe continentale. Quitter la Roumanie et le contact imprévu mais souvent sincère de ses habitants ne nous laisse pas insensible… Côté bulgare, trois fois, quatre fois, on nous demande nos passeports. Les imperméables longs et noirs des policiers où coule la pluie, leur langue incompréhensible et brutale, les chiens, toute une atmosphère qui me rappelle les films avec la Gestapo. Tampons, fouille du sac, questions en anglais cyrillique et nous sommes libres. Nous avons passé la frontière. La frontière bulgare. Tant de personnes nous ont parlé de cette frontière. Un ami bulgare, en France, nous a dit : « Ne passez pas à Calafat, et surtout pas la nuit… » Vidin, la ville la plus proche, est à 5 km. Il pleut à verse. Forcément, un mec est là. Il attendait des clients et propose de nous emmener pour 5 €. Ça continue… Impossible de négocier, étrangers sous la pluie et au milieu de la nuit, avec ce gars qu’aucune concurrence ne bouscule. En ville, nous retirons de l’argent pour le lui donner et nous offrir une nuit d’hôtel. En Roumanie, nous n’avons payé qu’une seule nuit pendant notre séjour… Après la toilette, nous allons faire un tour en ville. J’ai hâte de voir à quoi ressemble ce pays. Un bar ouvert. Première chose : « Passeports ! » En allemand, ça fait bizarre. Les gens sont méfiants, Vidin est l’un des trois passages entre la Roumanie et la Bulgarie. Les deux populations se craignent et se haïssent historiquement. Bandits, voleurs, des deux côtés, ils se renvoient la balle. Dans le bar, l’ambiance est froide. Le temps de boire un coca et on repart. Il n’y a rien à fêter ici… Mais en France, ce soir, c’est l’anniversaire de l’amie de Daoud. Soudain nostalgiques, nous voulons entendre des gens parler français. Nous allumons la télé de l’hôtel. Jean Reno et Juliette Binoche essaient de nous faire rire dans un film gnangnan et romantique. Pendant un match de kick boxing, on finit par s’endormir. En me retournant dans mon sommeil, je donne un grand coup de tête dans la table de nuit. L’arcade éclate et pisse le sang. Me rendors K.O avec du papier cul sur la gueule. Pas stressé le gars… Les squatteurs.

Fin septembre, nous sommes à Sofia, capitale de la Bulgarie. Nous avons de nombreux contacts ici. Nous appelons d’abord Jean-Claude, un retraité rencontré sur Internet quand nous préparions le voyage. Un taxi nous emmène chez lui dans la banlieue ouest de la ville. La semaine suivante, nous squattons chez Vincent, un professeur de philo du lycée français Victor-Hugo. Il a un joli appartement dans un quartier chic de Sofia et les avantages de la vie d’un expatrié avec le salaire français dans un pays où l’on gagne rarement plus de 300 €… La journée, nous parcourons la ville pour trouver un hébergement durable. L’automne est gris à Sofia et nous voulons laisser l’hiver dehors. Mais les hôtels sont chers, la collocation avec des étudiants ne se concrétise pas et il est impossible de louer un appartement seulement pour quelques mois. L’hiver se fait déjà sentir. La neige apparaît sur le mont Vitosha qui domine la ville. Les nippes disparaissent des poubelles une à une. Le tour d’Europe contenait un hiver que nous avions prévu de passer ici mais Sofia ne veut pas de nous. Enfin, dans un petit restaurant Kebab, Charlie, un Algérien que nous rencontrons par hasard, se dépatouille pour nous trouver une chambre chez une mamie, mam Rumi, dans les quartiers nord et pauvres de la ville où il loge lui aussi. Trente euros par mois pour deux personnes, parfait pour nous, même si nos amis expatriés n’osent pas mettre les pieds dans ce quartier, rue Hadzikonstantinov. Pas la peine de retenir le nom, suivre le bus N°85… Immeubles pourris et insalubres, mais on ne sent pas d’insécurité ici plus que dans la ville. Le soir, le bar des vieux alcooliques du coin, sous l’immeuble, nous accueille avec Charlie pour boire quelques kamenisa, la bière locale. Mais ça ne dure qu’un temps. Au bout d’une semaine, mam Rumi nous met dehors. Juste avant que nos amies respectives ne nous rejoignent. Paraît qu’on prend trop de douches. Mais surtout, la vieille a assez d’argent pour tenir deux mois avec les quelques euros qu’on lui a donnés... Charlie, désolé pour nous, garde nos sacs dans sa chambre pendant que nous allons à Bansko, au sud du pays, près de la frontière avec la Grèce, pour des petites vacances avec nos louloutes dans un chalet de montagne. Adios loquita mia.

Il est minuit, la pluie fouette les vitres. Elle lave mon âme de ses ambiguïtés, de la solitude qui s’y est glissée dans ce lit d’hôtel où les cris de nos ébats chantent encore, où la moiteur dissipée a laissé la place à un froid glacial et pénétrant. Comme la tendresse peut manquer à un homme quand, dans son cœur, elle a planté ses griffes ! Comme les souvenirs encore tièdes dansent devant nos yeux comme des papillons ! Comme tu es partie si vite et me laisses seul avec ce destin qui s’enfuit en te lâchant la main ! Une main pourtant si douce… Sofia.

Tout le monde s’est partagé les bancs sur la place de la mosquée et profite des derniers rayons doux du soleil d’automne. Les jeunes amoureux se lèchent la lippe, les vieux complotent avec leurs pigeons et les dernières jupettes des jolies Bulgares dansent sur leurs hanches en traversant la place ponctuée de temps en temps par une nuée de Japonais et un tramway grinçant. Là-haut, le mont Vitosha est désormais revêtu de neige. Dans les rues pavées et défoncées du centre ville, les Champs Elysées bulgares, les voitures pourries – sauf celles de la mafia – perdent leurs essieux dans des parterres de mauvaises herbes et de détritus. Sur les innombrables terrasses, la Kamenista coule à flot. Au coin des rues, les vendeurs à la sauvette se mêlent aux tziganes nostalgiques qui pleurent la fin de l’été. Sur le marché des Femmes, les saveurs orientales se laissent savourer. Place des journalistes, des joueurs, fous d’échecs, perdent leur monnaie, cachés derrière les fontaines des nus. Boulevard Marija Luiza, nos nuits d’ivresse se succèdent dans les bars bondés de brûlantes Bulgares dans une musique délirante – une des seules en Europe qui ait su marier instruments traditionnels et rythme moderne percutant –- avant de retrouver les putes et les travestis rentrant au quartier eux aussi. Sofia, de bons souvenirs, vraiment, mais Sofia, … Je me lasse déjà de toi !

Dernière soirée dans la capitale bulgare. Nous sommes dans la chambre de Charlie. Ce mec est vraiment trop généreux, simple et tout plein d’humilité. Avec sa guitare désaccordée et sa voie de lover, il nous interprète ses petites chansons à lui, puis celles qu’il aime de Matoub Lounes, son idole, et quelques-unes d’Idir. Ça fait du bien. On a bu quelques bières et on l’écoute maintenant dans ses grands discours. « La vérité, il dit tout le temps, la vérité, les Bulgares, c’est des bâtards. Ils te piqueraient le moindre leva. Ils parlent que de voitures, d’argent, de foot et passent leur temps à boire. Ils ne sont pas intelligents. Les femmes bulgares sont belles, moi j’ai été marié avec l’une d’elles, elle m’a donné une fille, mais c’est des ingrates. La vérité, elles te laissent au bout de la rue dès qu’elles trouvent plus d’argent ailleurs… À la vérité, je suis mieux ici qu’en Algérie. Ici, je vais faire mon projet : un restaurant kebab à moi, au bord de la mer. La vérité, en Algérie, tu végètes, tu ne peux rien faire. Moi, je suis kabyle. La vérité, les Arabes, c’est des bâtards. J’aimais la politique en Algérie mais le FIS ou l’armée, c’est les mêmes, c’est des bâtards, ils gâchent tout. La vérité, moi j’aime la politique. Ici, je ne vote même pas : c’est des bâtards, ils sont tous corrompus, la vérité, c’est la mafia ici, t’as vu… Maintenant les affaires d’Algérie ne m’intéressent plus. La seule chose que je fais, c’est le ramadan pour mon père. Parce que je n’ai pas pu aller à son enterrement. Je le fais pour lui. Pour sa mémoire. La vérité, il n’y a qu’un dieu pour tous, chrétiens, juifs ou musulmans. Car ils ont tous des femmes et des enfants. C’est tous les mêmes. Pourquoi ils ont mis une bombe en Amérique ? Pourquoi ? La vérité, les Arabes ne les laisseront jamais tranquille. Et moi, je suis à Sofia, pourquoi ? La vérité, je fais des kebabs, c’est le destin, je ne sais pas, drôle de chose que le destin… » Adieu Charlie. Un autre voyage.

Le bus franchit des montagnes, des villes inconnues et des paysages toujours différents. Jusqu’ici nous avons eu des repères, nous avions préparé notre arrivée, nous avions des gens qui nous attendaient. Maintenant, nous sommes seuls. Jusqu’ici nous avons suivi à peu près un programme dans l’espace et dans le temps. Nous sommes seuls avec l’hiver. Nous pensions rester cachés en Bulgarie en attendant les beaux jours. Nous avions imaginé faire venir nos amies pour la nouvelle année. Avoir un petit chez nous avec du feu dans la cheminée. Et même, nous avions imaginé travailler. Finalement, tout ça, c’étaient des conneries. Nous ne restons pas à Sofia. Nous n’aurons pas de chez nous. Nous allons continuer la course. Dans quelle direction ? Personne ne le sait. Le bus franchit encore des montagnes, des villes inconnues et des paysages toujours différents. Quand cela s’arrêtera-t-il ? Où nous emmène-t-on ? Un autre voyage. Un vertige. Une angoisse… Le monde est si vaste. Six mois que nous sommes sur les routes. Six mois… Ma famille me manque. Tout le monde me manque. C’est l’hiver. Il faut rentrer au chaud chez soi. Il fait froid… J’ai froid. Nous voilà au bout de l’Europe. Nous ne pouvons aller plus loin dans la mer. La mer... La mer que je regarde des heures depuis que nous sommes arrivés. La mer, elle s’en fout, elle, que je sois là… Combien de fois l’avais-je déjà regardée sur mon atlas ? Combien de fois avais-je essayé d’imaginer comment elle serait ? La mer Noire. Si lointaine. Et maintenant que je suis là. Elle ne m’est pas plus proche. Indifférente. Ses plages désertes où je marche des journées entières. Où mes pas s’enfoncent dans le sable et y laissent une empreinte. Mon empreinte... Je suis au bord de la mer Noire. Je suis au bout de l’Europe. Nous avons réussi… Il n’y a pas eu de moment dans ma vie où j’ai senti, comme aujourd’hui, un tel abandon de mon propre destin. Qui dirigeait avant ? Qui dirige maintenant ? Moi ? Vraiment, est-ce vraiment moi ? Oui ! Je crois, même j’en suis sûr. Être là au bout de l’Europe, je l’ai choisi. Dire : « Je continue jusqu’au bout du monde, je le peux. Je suis maître de cette décision. Chaque jour qui viendra, sera le fruit de mon choix. J’ai mon destin entre les mains. » C’est très clair. La vie est mienne. Elle n’est pas tenue, retenue. C’est bon de le sentir. Je le sens aujourd’hui plus que jamais. Oui, je le veux. Nous irons au bout du monde ! Ce n’est pas beaucoup d’argent qu’il faut pour faire un long voyage mais beaucoup de temps. Et nous l’avons ce temps. Nous l’avons pris. Il n’y a plus qu’à y aller, au bout du monde. Respire ce vent léger qu’apporte la mer. D’où vient-il, d’Azov, de Sébastopol ou est-ce un parfum de Georgie ? Comme le sable est doux sous mes pieds ! Comme les vagues ne se lasseront jamais de s’abattre ! Cesse de penser. Ouvre les bras, respire. Respire encore. Laisse-toi aller. C’est un parfum de liberté !

La Lune a déchiré la robe de la nuit, Bois du vin maintenant, cela seul réjouit, Profite du bonheur. Bientôt le clair de Lune, Sur nos tombes à tous, rayonnera sans bruit.

Omar Khayyâm.
Il était une deuxième fois dans l'Ouest... English translation pending
by Virginath · 2009-07-16 · 201 replies
Une bonne partie de mon voyage a déjà été « dévoilée » au fil des messages du forum, mais je sacrifie bien volontiers à la tradition du carnet de voyage. J’espère que vous prendrez plaisir à le parcourir et que vous ne le trouverez pas trop long ou alourdi de détails superflus. J’avoue que je l’écris pour moi aussi, pour avoir un souvenir de ce merveilleux voyage, et que je me pique au plaisir de l’écriture.

Pour resituer le contexte : nous voyageons régulièrement aux USA, mais notre dernière et unique fois dans les grands parcs remontait à 1995. Nous avions à l’époque 23 ans et notre voyage s’était fait à l’arrache : on trouvait des motels au dernier moment, sans réservation, et le circuit était préparé on ne peut plus sommairement. Nous en gardions cependant un excellent souvenir. Beaucoup de route, mais cela ne nous dérange pas. L’aspect roadtrip, « avalons du bitume », fait pour nous partie de l’aventure.

Cette année, j’ai eu envie de retourner sur ces terres avec dans les bagages notre fils de 8 ans et demi, me disant que c’était le bon âge : assez grand pour apprécier, mais suffisamment « petit » pour s’émerveiller encore de choses simples. J’avais peur que son enthousiasme ne s’émousse avec l’âge. Et puis, il faut bien le dire, la patience n’est pas ma qualité première. Chéri, c’est donc décidé, cette année, on retourne au Grand Canyon !

C’est en parcourant ce forum, que j’avais découvert lors de précédentes vacances mais sans jamais m’investir réellement, que j’ai compris que nous avions loupé énormément de choses lors du premier voyage. J’ai donc eu envie de les découvrir, malgré les contraintes de durée (12 jours) qui m’étaient imposées pour raisons professionnelles et privées. Ce périple semblera donc très chargé et trop superficiel à bon nombre de voyageurs émérites, et ils n’auront pas tort. C’est un parti pris, celui de voir un maximum de choses en un minimum de temps. J’avoue cependant qu’avec le recul, j’aurais aimé m’attarder en certains endroits et faire autre chose que les effleurer. Cette diversité a cependant permis d’entretenir la curiosité de notre fils, dont je craignais qu’il ne sature des « rochers rouges » au bout de quelques jours. Je signale pour terminer que nous ne sommes pas randonneurs, et qu’en général, nous nous contentons des points de vue traditionnels et facilement accessibles. Mais sur l’impulsion du moment, nous ferons finalement quelques balades et pistes, comme vous le verrez.

Le voyage consistait en une boucle Los Angeles-Los Angeles, avec vol Virgin Atlantic au départ de Londres, très facile pour nous, et très intéressant question prix. J’aurais bien pris Las Vegas-Los Angeles, mais les aéroports londoniens de départ et d’arrivée étant différents, cela nous compliquait un peu les choses, d’autant qu’initialement, nous devions rallier Londres en voiture. Finalement, nous nous sommes rendus à Londres en Eurostar. Après une petite heure de métro, nous étions à Heathrow. Un jeu d’enfant !

La boucle en question était Los Angeles – Las Vegas – Valley of Fire – passage par Zion – Bryce Canyon – BW12 – Moab – Monument Valley – Page/Lake Powell – Grand Canyon – Los Angeles – Santa Barbara – Los Angeles. Le « crochet » par Moab m’a fait beaucoup gamberger. Ira, ira pas ? Cette grande boucle sera-t-elle trop lourde pour mon fils, ou pour mon mari d’ailleurs, qui ne comprend pas toujours ma passion pour les USA ? Ne devais-je pas privilégier le côté Disney de Vegas, passer plus de temps sur la côte ? Mais Canyonlands était l’une des merveilles découvertes grâce au forum. J’en rêvais éveillée. Puis retourner là-bas pour voir uniquement ce qu’on avait déjà vu… pff, aucun intérêt… enfin, moins, non ? La lecture de la page de Vazyvite sur son coucher de soleil à Dead Horse Point m’a achevée : je ne pouvais pas ne pas y aller. Allez, soyons fous, on ne vit qu’une fois, inscrivons Moab au programme, on ne le regrettera pas. Enfin j’espère.

Bon, là, je vous la faire courte, parce que, Itat pourra en témoigner, mon circuit est passé par au moins 5 moutures différentes, dont des versions très farfelues, avec à chaque fois une ribambelle d’annulations d’hôtels et de re-réservations dans d’autres. Mais easy as 1, 2, 3, c’est les États-Unis.

Voilà, le décor est planté, le récit peut (enfin) commencer.
De Mile High City à Sin City... à travers le Colorado, l'Utah, l'Arizona et le Nevada en juin 2008 (1e partie) English translation pending
by Vnoa · 2009-07-15 · 60 replies
Hello,

Voici, avec beaucoup de retard, un carnet de voyage sur notre trip de Juin 2008 entre Denver (Mile High City) et Las Vegas (Sin City), entre Colorado, Utah, Arizona et Nevada ! C’est plus un « rapport-compte rendu illustré » qu’une grande envolée littéraire ;-)).

Oui, il y a beaucoup de photos (et encore, ce n'est qu'une infime partie !), j'espère que vous ne m'en voudrez pas ! Les couleurs sont assez saturées car j'ai usé, voire abusé, d'un polarisant circulaire, mais c'est un parti pris...

Au menu : - Part 1 : Denver, Red Rocks Park & Amphitheater, Roxborough State Park, US Air Force Academy, Garden of Gods, Rocky Mountain NM, Maroon Bells, Crested Butte, Canyon of the Gunnison NP south rim, Colorado NM, Moab : Arches, Canyonlands (Island in the Sky, Needles), Capitol Reef NP, Cathedral Valley

- Part 2 : Scenic Bwy 12, Burr Trail, Lower Calf Creek Falls, Devil’s Garden, Kodachrome Basin SP, Cottonwood Canyon Road, Old Paria, Coyote Buttes South (Hole, Cottonwood Cove, White Pocket), Coyote Buttes North (The Wave), Wahweap Hoodoos, Horseshoe Bend, Upper Antelope Canyon, Marble Canyon, Zion NP, Valley of Fire SP, Las Vegas.

Mercis : A tous ceux et celles qui nous ont aidés directement ou indirectement (via leur carnet de voyage ou leur site) à construire ce voyage… Un immense merci à Sedonax (Philippe) pour sa disponibilité (au passage merci à Babeth aussi, elle sait pourquoi !) et ses connaissances qu’il n’hésite pas à partager sur VF, “en live”, sur le site OuestUsa dont il est auteur avec Wavewaster, au travers des guides "Photographing the Southwest" de Laurent Martrès… merci à Vazyvite (son site est aussi une mine d’infos), à Merboto, Kimy91, FredXII, krikri6792… et pardon à tous ceux que j’ai oubliés !

Notre itinéraire (hôtels): J-7 à J0: Denver (Hyatt Regency at Colorado Convention Center) pour le boulot (congrès) J0 : Estes Park (Best Western Silver Saddle) J1 : Glenwood Springs (Holiday Inn Express) J2 : Crested Butte (Cristiana Guesthaus, B&B) J3, J4, J5, J6 : Moab (Best Western Greenwell Inn) J7, J8 : Torrey (The Lodge at Red River Ranch, B&B) J9 : Escalante (Rainbow Country Inn, B&B) J10, J11, J12 : Page (Lake Powell Resort) J13 : Springdale (Pioneer Lodge) J14 : Las Vegas (Bellagio) J15 : Las Vegas (Excalibur) J16 et J17 : avion retour

Le tracé sur Google Maps :



Le récit (et qq photos) :

Ve 30 mai : En « route » vers Denver

- Valises bouclées, poster emballé (n’oublions pas que je vais d’abord bosser 1 semaine à la 56th ASMS Conference), sac photo plein à craquer !

- Vol UA Bruxelles à Washington + Vol UA Washington à Denver : RAS.

- Arrivée à l’hôtel vers 19h30 juste à temps pour assister à un superbe coucher de soleil sur les Rocky Mountains au loin ! Faut dire qu’avec une chambre au 24ème étage, la vue est superbe !



Dodo à Denver (Hyatt Regency Denver at Colorado Convention Center)

Sa 31 mai : Visites autour de Denver

- A 7h30, récupération d’une voiture de location chez Avis (Chevrolet Cobalt) pour 2 jours.



- 1ère destination : le Red Rocks Park & Amphitheater. Au Trading Post, je discute avec une employée fort sympa qui me conseille de boire beaucoup, de me méfier de l’altitude (ça va, j’ai l’habitude ;-)) et des photos à faire à l’amphithéâtre. Arrivée sur place : surprise ! L’amphithéâtre est rempli de gens qui courent et font du sport sous un cagnard de dingue, malgré l’heure matinale (<9h). Il parait que Denver est une ville de « maigres »…



- 2ème destination : le Roxborough State Park. 6$ d’entrée et warning du garde : il va faire chaud et il faut absolument penser à s’hydrater. Ben, il n’aura pas tord ! La chaleur sera un peu atténuée par le vent, mais je vais avoir bien soif et me choper qq beaux coups de soleil sur les bras et le « décolleté » (heureusement, mon chapeau a protégé ma trogne !) du meilleur effet pour le congrès ;-). Le parc est superbe avec de beaux monolithes rouges comme plantés au milieu de la verdure. Je m’engage sur les 2.2 miles de Fountain Valley Trail + Fountain Valley Overlook + Lion’s back Overlook : vraiment beau !



- 3ème destination : l'US Air Force Academy et sa Cadet Chapel (fermée dans sa partie « Upper Chapel » pour cause de mariage). Son architecture est assez futuriste mais colle bien avec le lieu. Il y a une grosse agitation chez les cadets en contrebas : certains sont en rang, d’autres trimballent leurs affaires comme ils peuvent (y compris sur des chaises à roulettes). C’est le jour des déménagements ? En reprenant la voiture, je passe à un poste de contrôle où un officier me demande mes papiers et on se tape une petite discut’ en français ! Très sympa. Il m’indique la route pour Colorado Springs et m’ouvre la barrière pour passer dans le centre !



- 4ème destination : Garden of Gods. J’arrive au Visitor Center sous un temps couvert mais le soleil pointera le bout de ses rayons au bon moment pour avoir qq beaux clichés de ce très beau parc, qui plus est gratuit ! En plus, j’ai de la chance, il n’y a pas trop de monde. J’attaque le Central Garden Trail (impossible de grimper derrière les WC du North Main Parking !), puis je vais voir Balanced Rock et enfin je termine par le Siamese Twin Trail où le soleil percera pour mieux me faire profiter de ce joli spot !





Il est plus de 18h30 lorsque je reprends ma voiture vers Manitou Springs et le Cliff Dwelling est fermé… Retour vers Denver avec un arrêt en route dans un Taco Bell au milieu de nulle part : le serveur a été 9 mois au Québec et on se tape donc une p’tite discut’ en français ! Qui a dit que les Américains ne parlaient que l’anglais (ou l’espagnol) ?

Retour à l’hôtel vers 22h : KO !

Di 01 juin: Denver

- Vers 9h30, petite visite au Walmart du coin sur Colfax pour les achats qui serviront au voyage (glacière, eau, des trucs à manger…)

- Courte visite (à pied) dans Denver (16th Street, Civic Center, le Capitol, Denver Library…). La ville ne m'a pas emballée plus que ça... il aurait fallu avoir la voiture + longtemps pour aller facilement hors du centre ville... et le temps m’a manqué pour visiter le Musée du Colorado, l’intérieur du Capitol ou aller voir les maisons victoriennes de Pennsylvania…







- A 17h, la conférence de l’ASMS commence (j’ai récupéré ma sacoche et le programme en début d’aprem, mais ces « radins » n’ont pas donné de bloc ni de stylo : je prends des notes comment ?)

- Dîner bien sympa avec Michel, mon ancien boss, au Cheesecake Factory. Les cheesecakes sont à tomber ! On remettra ça dans la semaine d’ailleurs !

Di 01 au Je 05 juin : 56th ASMS Conference à Denver

Je vous ferais grâce des détails de ce congrès sur la spectrométrie de masse ;-)



Je ferais qq balades dans Denver (Civic Park, REI Store, Pepsi Center, Union Station, Coors Field, Larimer Street…).





J0 (je 05 juin) : route de Denver à Estes Park

- Mon congrès se termine et Guy arrive en fin d'après midi à l’aéroport de Denver !

- Coup de chance chez National : on met la main sur le dernier Toyota 4Runner !!!! Super 4X4 ! Même si à peine partis de l’aéroport, le voyant « MAINT » s’allume (impossible d’appeler National, on essayera 2 fois plus de 5 min… et en plus, on a pris une assurance en plus à 6$/jour soi disant avec un N° spécial en cas de problème… on espère ne pas tomber en panne sur le bord de la route !). Nous comprendrons au cours du voyage que ce voyant signale qu’il faut faire la vidange (mais on ne va pas la faire à leur place, on a vérifié le niveau et il était ok)… et l’autocollant dans la portière nous indiquera que la maintenance n’a sans doute pas été faite depuis belle lurette… bref, passons ! Le 4x4 tiendra bon !



- Route vers Estes Park via Boulder et on arrive à l’hôtel vers 19h. Installation dans la chambre 152 avec son feu de cheminée (artificiel) et sa soi-disant « beautiful view on the mountains » : tu parles, faudrait abattre les arbres et ne pas être au rez-de-chaussée ;-))

- Dîner diététique chez Taco Bell et dessert chez McDo ! No comment (je vous entends ricaner !)

Dodo à Estes Park (Best Western Silver Saddle)

J1 (ve 06 juin) : Rocky Mountain NM --> Glenwood Springs

- Réveil à 6h et petit déj (inclus) à l’hôtel à 7h.

- Petit tour au Stanley Hotel (l’hôtel du film Shining avec Jack Nicholson ;-))

- Direction ensuite le Rocky Mountain NM où nous entrons par la Fall River Entrance Station et où nous achetons notre pass pour les parcs nationaux « America The Beautiful » à 80$, valable un an.

- Arrêt photo devant qq elks en bord de route puis au Sheep Lakes (mais pas de bighorn sheep en vue). Puis, nous empruntons la Old Fall River Road jusqu’à Alluvial Fan et les Horseshoe Falls. Demi-tour et direction Horseshoe Park et qq mule deers en route. Route ensuite vers la Bear Lake Road (avec petite balade à Sprague Lake et Bear, Nymph, Dream Lakes en marchant dans la neige !).







- La Trail Ridge Road est fermée pour cause de chutes de neige la veille et pour cause de vent violent mais nous pouvons tout de même aller jusque ~ Many Parks Curve

- Il nous faut ensuite reprendre la route et faire un gros détour pour aller à Glenwood Springs en repassant par Denver ! 5h de route (et une pause Burger King (oui, on fait dans le culinaire ces temps-ci) avant d’arriver à destination vers 21h30. Le jacuzzi a été bien agréable après cette longue journée…

Dodo à Glenwood Springs (Holiday Inn Express)

J2 (sa 07 juin) : Maroon Bells, Crested Butte

- Réveil vers 7h et petit déj (inclus) à l’hôtel vers 8h.

- Départ vers 8h45 pour Maroon Bells où nous arrivons vers 10h. C’est après avoir vu la superbe photo de ce lieu dans un des tomes de Photographing The Southwest que nous avons décidé de faire ce « détour » et nous n’avons pas regretté ! Nous nous baladons autour du Maroon Lake sur la scenic loop jusqu’au chute (pas les Upper Falls car le chemin est trop enneigé !) : superbe et peu fréquenté ! Quel bonheur !



- Départ vers 12h pour Marble où nous arrivons 2h15 plus tard. Hélas, les Crystal River Jeep Tour vers Crystal Mill ne fonctionnent qu’à partir du 10 juin… dommage… nous ne nous sentons pas d’attaquer cette piste seuls… petit arrêt photo au Beaver Lake.

- En chemin vers Crested Butte, nous allons encore devoir faire avec un gros détour via Hotchkiss et Gunnison car la Kebler Pass est fermée ! Damned, on est maudit ! En plus, il y a un gros accident sur la route peu après Bowie et on est obligé de prendre une petite route, même pas notée sur notre carte et coup de bol, un immense train dont les USA ont le secret, nous coupe la route pendant un temps interminable... quand on n'a pas le bol ! ;-))



Mais la route (Co 92) ensuite nous réservera qq beaux paysages ! Arrêts à Hermit Rest (où nous croisons un compatriote qui a de beaux restes en français, alors qu’il est venu s’installer aux USA à l’âge de 5 ans !), Pioneer Point (superbe point de vue, un peu venté, sur la Curecanti Needle), au Lake Fork avant d’enchaîner sur l’US 50 vers Gunnison et la CR135 vers Crested Butte où nous arrivons enfin à 19h15.





- Installation dans le charmant B&B Cristiana Guesthaus puis dîner au Wooden Nickel où nous nous régalons d’un bon steak et d’une apple pie.

Dodo à Crested Butte (Cristiana Guesthaus)

J3 (di 08 juin) : Black Canyon of the Gunnison NP south rim et Colorado NM --> Moab

- Réveil vers 6h30 et petit déj à 7h30. Nous étions un peu en avance et nous avons fait connaissance avec le chat blanc et roux obèse (le matou a engraissé tout l’hiver à l’intérieur et Rosemary aimerait bien qu’il aille un peu courir dehors plutôt que de se prélasser devant le feu de cheminée !). Les cinamon roll sont frais et chauds : un régal ! Il n’y a pas de tables où s’installer, c’est un peu déroutant… mais le but du jeu est de s’installer dans les canapés et de discuter entre hôtes… on avoue, après avoir un peu discuté en bas, on a fait les asociaux de base en remontant à l’étage pour regarder un bout de la finale homme de Roland Garros ;-)

- Nous ne pouvions pas partir sans faire qq photos dans Crested Butte, petite ville haute en couleurs.







- Nous partons vers 8h30 vers le Black Canyon of the Gunnison NP south rim où nous arrivons ~ 2h plus tard et où nous nous arrêtons aux points de vue assez vertigineux (Tomichi Point, Gunnison Point, Pulpit Rock Overlook, Gross Fissures View, Chasm View, Painted Wall View, Cedar Point, Sunset View et High Point).





- Puis route entre Gunnison et Colorado NM où nous arrivons vers 15h à l’entrée Est.

Petite balade sur le Devil’s Kitchen Trail puis route sur la Rim Rock Drive avec arrêts à Red Canyon Overlook, Fallen Rock Overlook, Upper Ute Canyon Overlook, Highland View, Artists Point, Coke Ovens Overlook, Monument Canyon View, Independance Monument View, Window Rock Trail et Balanced Rock. Nous quittons les lieux (qui nous ont bien plu) à ~18h30.









- Route vers Moab via la I70 et Cisco (route 128 qui longe le Colorado et 191 au nord de Moab) au moment du coucher de soleil ! Superbes couleurs sur les Fisher Towers depuis le bord de la route !





- Dîner vers 21h au Zak’s et son buffet de crudités + soupes + pizzas à volonté.

Dodo à Moab (Best Western Greenwell Inn)

J4 (lu 09 juin) : Arches NP, Moab

- Réveil à 6h30 et petit déj au Jailhouse Café vers 7h30.

- La journée sera entièrement consacrée à la visite de Arches NP et des différents secteurs tels que : Wall Street ( Park Avenue Viewpoint & Courthouse Towers Viewpoint), Balanced Rock et Garden of Eden Viewpoint, Windows Section avec le Primitive Trail, Double Arch & Parade of the Elephants, Fiery Furnace Viewpoint, Sand Dune et Broken Arch, , Devil's Garden Trail (Tunnel Arch, Pine Tree Arch, Landscape Arch, Wall Arch, Partition Arch, Navajo Arch, Double O Arch) et la montée à Delicate Arch (avec le tout petit détour pour voir les pétroglyphes) pour le coucher de soleil... Ça grimpe dur pendant une petite heure mais quel bonheur d’aller enfin voir le symbole de l’Utah de près !!

















- Retour à Moab vers 21h15 et dîner au Denny’s.

Dodo à Moab (Best Western Greenwell Inn)

J5 (ma 10 juin) : Canyonlands NP (Island in the Sky), Moab

- Réveil à 6h30 et petit déj à 7h au buffet américano-chinois à côté de l’hôtel ! Le riz cantonais était très bon !

- Départ vers 8h direction Dead Horse Point SP (en 2006, nous y étions déjà passé) : le matin, ce n’est définitivement pas le bon moment pour la lumière !





- Puis nous allons dans Canyonlands NP (partie nord Island in the Sky) avec arrêts à Orange Cliffs Overlook, Grand View Point Overlook, Buck Canyon, Candelstick Tower, Green River Overlook. Petite balade à Mesa Arch (où il vente dur et où on mange du sable !). Et un dernier arrêt au Shafer Trail Overlook pour apercevoir la piste que l’on va prendre ! Glups !









- A 13h30, nous attaquons la piste de Shafer Trail. Renseignement pris au Visitor Center, la route est parait-il « non-technical », « a little bit bumpy » et le « high clairance » est obligatoire. Une fois sur place, c’est waouh la descente infernale et bonjour le secouage de couenne ! si ça, c’est « a little bit bumpy », ben qu’est ce que ça doit être le « bumpy »… il y a des cailloux, des marches, des trous et autres joyeusetés, faut s‘accrocher ! Une pelleteuse est d’ailleurs occupée à re-surfacer la route en haut de la piste… pour nous laisser passer, le conducteur, qui n’a pas froid aux yeux, fait une longue marche arrière et cale une de ses roues dans le vide ! Le tout avec le sourire aux lèvres… Guy se débrouille comme un chef pour piloter, moi je sue des gouttes de trouille ! D’ailleurs, je prendrais peu de photos, le trouillomètre à zéro, j’vous dis ! La descente prend fin assez vite, malgré qq arrêts pour laisser passer ceux qui montent. Nous décidons de ne pas aller sur la White Rim Road (tant pis pour Musselman Arch mais les 6 miles A/R sur une dirt road ne nous semblent pas une bonne idée).



Nous empruntons donc la Potash Road, plus calme et plus large, un peu bumpy tout de même mais quelle belle route et quels paysages ! Nombreux arrêts photos en route avec comme points « culminants » : le Colorado et les bassins de potasse et leur dégradé de bleus (du turquoise au bleu marine)...







Nous sommes de retour sur la 191 vers Moab vers 16h15.

- Nous prenons ensuite la piste d'Onion Creek sur la 128 : géniale, le passage des multiples petits gués est bien fun (l’eau n’est pas très haute) !







- A ~18h30, nous entamons la petite balade aux Fisher Towers jusqu'au Titan (la chaleur > 90°F/32°C nous achève et on n’ira pas + loin…. Retour à la voiture vers 20h.





- Dîner à la Moab Brewery

On n'a pas pu faire la La Sal Mountain Loop, Bow Tie et Corona Arches, Mill Creek Canyon, Negro Bill Canyon, Lion's Back... faudra revenir !!!!

Dodo à Moab (Best Western Greenwell Inn)

J6 (me 11 juin) : Canyonlands NP (Needles), Moab

- Réveil 6h30 et peti déj au Moab Diner vers 7h.

- En route vers 8h vers Canyonlands NP (Needles) et arrêts au Newspaper Rock (pétroglyphes) et au Roadside Ruin.





- Rando vers le Chesler Park Viewpoint (on n'a pas fait le tour complet, trop crevant sous cette chaleur !) en ~ 5h A/R sous un cagnard de plomb ! Nous revenons vers 16h, un brin KO mais heureux de cette très belle balade.











- Nous avons oublié de faire le plein à Moab ce matin et nous devons mettre un peu d’essence au Needles Outpost où l’essence est à 6$/gallon !!!! Même le vendeur trouve ça cher et s’excuse presque de nous la vendre à ce prix là…

- Puis route (interminable !) vers les Canyon Rims Viewpoint : Needle Overlook + Anticline Overlook où hélas le soleil joue à cache cache ! Un peu dommage car les points de vue sont impressionnants.









- Retour à Moab vers 20h30, petit passage à la galerie de Tom Till (glups le prix des litos !) et dîner chez Zak’s.

Dodo à Moab (Best Western Greenwell Inn)

J7 (je 12 juin) : Moab --> Torrey

- Réveil à 6h30 et petit déj à 7h45 à l’Eklectica Café (pancakes au blé complet !).

- Départ de Moab à 8h30 et arrivée à 10h30 à Goblin Valley SP : visite du lieu pendant 1h au milieu des petits « champignons ».







- Puis, petite incursion dans Little Wild Horse Canyon pendant 1h30 : un petit slot canyon super sympa !







- Route Goblin Valley SP à Capitol Reef (95 km ~ 1h20) et arrêts à :

- -> Fruita Oasis



- -> Scenic Drive et les 11 arrêts jusque Capitol Gorge où nous faisons le trail vers les pétroglyphes, le Pioneer Register et la balade vers les Tanks





- -> Panorama & Sunset Point et Gooseneck of Sulphur Creek

- -> Chimney Rock



Nous arrivons au Red River Ranch (très belle reconstitution d’une maison tout en bois) vers 20h30 et nous prenons possession de la chambre « Cornflower » et de son joli lit à baldaquin ! Les hôtels de la petite ville de Torrey étaient tous complets, suite à un rassemblement de bikers, et nous avions trouvé ce B&B bien sympa !

Dîner au Capitol Reef Inn & Cafe.

Dodo à Torrey (The Lodge at Red River Ranch)

J8 (ve 13 juin) : Torrey

- Réveil vers 7h, petit déj 7h30 et départ vers 8h30 (non sans avoir fait connaissance avec les chats du Lodge : une maman siamois et ses 4 petits trop craquants (le propriétaire des lieux leur avait aménagé une super caisse chauffée !), un poilu et un sans queue râleur !).



- Aujourd’hui, c’est : la Cathedral Valley Road ! Superbe !!! Mais on a fait les lâches ... On a commencé par le gué (pourtant super facile) et on a fini à Caineville (sorry Philipe ! ;-)) !

Les 59 miles seront faits en ~ 6h45 avec qq courtes balades (car ça tape dur !) et beaucoup d’arrêts photo ! (on suit les indications du Self Guided Auto Tour).





















- A 18h45, nous dînons tôt au Cafe Diablo « elected Best Restaurant in the Southwest Utah », rien que ça ! Le resto est rempli de bikers… et là, pour moi, le mythe tombe… le biker présent ici est vieux, gros, gras et moche !!! Easy Rider a mal vieilli… un « Jesus » local et une serveuse nous pousse la chansonnette pendant que nous mangeons nos plats, ma foi plutôt bons (Mayan Tamalé et Pumpkin Seed Trout)… Bonne ambiance…

- A 19h30, nous nous mettons en route pour Sunset Point pour un coucher de soleil un poil décevant (trop d’ombre) mais bon le paysage est tout de même très beau !

- Retour au Lodge vers 21h30 et nous plongeons avec délice dans le jacuzzi en plein air sous les étoiles et la ½ lune dans une eau bouillonnante et bouillante (105°F !).



Dodo à Torrey (The Lodge at Red River Ranch)

A SUIVRE... N'hésitez pas à laisser un commentaire ou si vous avez une question ! Hope you enjoy the trip (as we did) ! 😎

!!! LA SUITE (2ème et dernière partie) EST EN LIGNE ICI !!!

@+ Vnoa
De retour de 18 jours dans l'Ouest américain English translation pending
by Itat · 2009-07-13 · 103 replies
De retour de 18 jours dans l’Ouest américain. Tout d’abord, merci à tous ceux qui donnent de bons conseils sur ce forum et aux concepteurs de sites sur les Etats-Unis, bien connus ici. C’est si facile de construire son voyage avec de telles mines d’informations !

Maintenant le voyage point par point dans l’ordre chronologique, les points forts, les points faibles, les hôtels etc… 18 jours ça passe vite, trop vite, j’aurais bien aimé que ça dure un peu plus longtemps avant le retour dans mon cher pays, rester plus longtemps dans certains endroits, en découvrir d’autres… Ca sera pour plus tard, je l’espère !

Au fait, des photos suivront sans doute dans la partie carnet de voyages du site. Même si je ne suis pas photographe, ni pro, ni amateur ! Donc ne pas s’attendre à de la haute qualité !

Los Angeles :

Arrivée à destination avec 30 minutes de retard (vol Air France), le vol s’est bien passé, le survol du Groenland a été un beau moment, la baie d’Hudson et ses icebergs aussi, puis enfin les Etats-Unis !

Les formalités à l’aéroport se passent assez vite, problème nos valises arrivent en dernier… Donc finalement on sort assez tard de l’aéroport, direction Alamo en prenant la navette. Et là premier mécontentement (le gros point noir du voyage !! voir plus tard !) concernant Alamo : une attente interminable, seulement 2 guichets d’ouverts (1h30 !!), alors qu’on avait déjà réservé la voiture plusieurs mois à l’avance. Finalement, c’est notre tour, le monsieur nous demande si on est d’accord de ne pas payer le supplément jeune conducteur et de prendre à la place de notre Pontiac G6 un mini SUV (Nissan Rogue). Nous sommes d’accord ! A dépenser de l’argent, autant que ce ne soit pas dans des taxes, mais dans le choix d’un beau véhicule ! (du coup Alamo se rattrape sur le premier sentiment négatif, mais ça sera de courte durée…)

Universal Studios (VIP Tour) : seul point négatif, que tout soit en anglais de A à Z donc des fois on a du mal à comprendre… Mais sinon, c’est super ! Ca nous a permis de faire toutes les attractions, car la queue en ce mardi 23 juin dans certaines attractions est assez impressionnante. Ma préférée : Jurassic Park. La visite des studios et des ateliers est assez intéressante, mais là encore la langue est une barrière pour tout comprendre.

Warner Bros Studios Tour : là encore c’était très bien, mis à part la barrière de la langue. Je ne comprends pas qu’ils n’aient pas encore songés à des traductions comme à Disneyland Paris, m’enfin on est en Amérique ! Dans certaines parties, interdiction de prendre des photos, et interdiction de filmer tout court. Mouais…

Griffith : une merveille, la vue sur la ville est super, on voit aussi le signe Hollywood sans les poteaux télégraphiques et autres fils électriques. D’ailleurs après Griffith on s’approchera au maximum des lettres ! L’intérieur de l’observatoire est intéressant.

Beverly Hills : C’est cossu, de belles villas, de belles pelouses… C’est vraiment à expérimenter.

Hollywood, Walk Of Fame : beaucoup de monde, c’est fatigant, on photographie l’étoile de Michael, sans savoir qu’il va mourir le lendemain… On visite le musée de cire, celui de Paris est mieux.

Michael : le jeudi 25 je vais faire un petit tour sur internet pour vérifier ma boîte mail et Qu’est ce que j’apprends, la mort de Michael à Los Angeles ! On décide de se rendre à UCLA, guidés par les hélicoptères. Une foule pas si impressionnante que ça, en fait il y a plus de journalistes que de fans ou de curieux.

Hôtel Best Western Sunset Plaza : un bel hôtel avec une belle piscine et une belle vue sur Downtown. Un petit déjeuner copieux en buffet compris dans le prix. Seul bémol, on donnait sur Sunset Boulevard et on entendait la circulation des voitures. A l’accueil, bien élevés mais sans plus, on dira « un peu coincés ».

Avis sur Los Angeles : 12/20 comme je m’y attendais, ville très étendue avec beaucoup de circulation. Non, il n’y a pas rien à voir dans cette ville, par contre je comprends qu’on n’aime pas. Je suis content d’y être allé et de ne pas avoir été pressé par le temps, je suis loin d’avoir tout vu. Par contre j’étais quand même content d’en partir car pour moi ce que j’attendais le plus du voyage c’était les Parcs Nationaux (je suis plus nature que ville) ! Mention spéciale au Griffith Observatory.

La suite au prochain numéro…
La Première d'Air France English translation pending
by Mavieenlair2 · 2009-06-23 · 225 replies
Bonjour à tous!

Je suis optimiste et je créé ce nouveau topic en me disant que dorénavant La Première et la Classe Affaires allaient être deux produits différents.

Première info, la sélection pour le recrutement des PNC dédiés à La Première est lancée depuis le 22 juin, elle s'étalera jusqu'au 20 août. Les stages de formation suivront très rapidement. A suivre...
Vers l'Orient dans les années 1970 English translation pending
by GeorgesOZ · 2009-06-20 · 259 replies
Beaucoup de gens traversent la vie à un rythme pépère marqué par une succession de petits événements d’une tranquillité relative. D’autres, une minorité peut-être, passent par des étapes bouleversantes qui les marquent à tout jamais. J’appartiens à cette deuxième catégorie. L’une des expériences les plus marquantes de ma vie s’est déroulée dans les années 1970 et quelques, au Pakistan. Si j’ai pensé à plusieurs reprises qu’il vaudrait la peine de la « coucher sur papier », je ne l’ai pas fait jusqu’ici. C’est à peine si j’en ai raconté quelques fragments à mes meilleurs amis. La raison en est que bien des aspects de cette histoire sont très personnels, et aussi que la disponibilité des autres, même proches, est souvent limitée. De plus, une vie très active ne m’a pas laissé beaucoup de temps libre pour me mettre à écrire.

C’est une évidence que le « net », du fait qu’on peut y garder son anonymat, ouvre des portes nouvelles à la communication. Un forum de voyage est le site idéal pour raconter mon aventure: elle a été aussi bien un voyage dans une contrée exotique qu’un voyage psychologique. Je pourrais écrire pour ma propre satisfaction, celle de replonger dans mes souvenirs, et pourquoi aurais-je besoin d’en faire part à d’autres, surtout à des inconnus ? Mais écrire pour un public force à la concentration, et on devient plus exigeant avec soi-même. C’est pour cela donc que je vais maintenant tenter de pêcher dans les eaux profondes de ma mémoire, et offrir mes prises sur les étals de VF.

Quelques amis autour de moi avaient été en Inde, au Népal ou dans d’autres pays de cette région, et en parlaient avec émerveillement. Je brûlais de rejoindre le club de ces voyageurs et de moi aussi partir à la découverte. J’avais fait un premier voyage de France vers l’Inde, ou pour être plus exact dans la direction de l’Inde, que j’avais poussé jusqu’en Afghanistan. C’était pendant les vacances d’été, entre mes études. L’Afghanistan m’avait tellement plu que, de retour en France, je n’avais qu’une idée en tête : repartir et pousser plus loin le plus tôt possible. Ayant économisé au maximum pendant toute une année, sur mes très faibles rentrées d’argent, je pouvais me payer un aller-retour Paris-Kaboul avec Aryana Afghan Airlines, pour reprendre ma route là où j’avais dû l’interrompre l’année d’avant.

Bien que mon aventure se soit déroulée au Pakistan, il faut que je commence par mon premier voyage vers l’est, une mise en scène, disons. Cela intéressera peut-être ceux qui n’ont pas eu la chance d’y aller, et cela rappellera sans aucun doute bien des choses à ceux qui comme moi y ont été.

En Grèce J’avais fait de l’auto-stop à partir de Strasbourg. Allemagne du sud, Autriche, Yougoslavie. J’avais trouvé ce pays plutôt misérable, surtout après avoir passé Belgrade. Des images tirées de Tintin chez les Soviets me revenaient à l’esprit. Je marchais dans les faubourgs de Nis, qui est maintenant je crois la capitale de la Macédoine, où il n’y avait qu’un trafic léger de quelques bagnoles et de carrioles tirées par des chevaux. La nuit tombait et il n’y avait que quelques maigres loupiotes pour éclairer la route. J’avais acheté un pain dans une boulangerie, qui était loin d’avoir le pimpant d’une boulangerie française. Les hommes qui faisaient la queue ne m’avaient pas jeté un coup d’œil, je n’étais probablement qu’un va-nu-pieds comme tant d’autres et ne dépareillais pas trop. Le pain était infâme, dur et avec du gravillon mélangé à la farine. Mais j’avais, pour quelques sous, quelque chose dans le ventre.

Après une semaine de voyage, j’arrivais à la frontière de la Grèce. Il n’y avait qu’une douzaine de véhicules sortant de Yougoslavie pour entrer en Grèce, contre des centaines dans le sens contraire. La guerre entre la Turquie et la Grèce avait été déclarée le jour-même. Peu importe, j’avais été pris par des Français qui tenaient absolument à aller en Grèce, qu’ils connaissaient bien et qu’ils aimaient. Deux jours plus tard, je m’étais retrouvé à Athènes, et je ne me rappelle plus comment mais ayant fait la connaissance d’un Américain qui allait retrouver des amis de famille (pas des grecs), je l’avais accompagné et j’avais passé deux jours dans leur villa aux abords de la ville, à me la couler douce, jouer aux échecs etc. Une fois, j’avais cherché sur le poste radio et trouvé de la musique un peu plus intéressante, on m’avait immédiatement reproché d’avoir mis la radio sur un poste turc ! Je pensais « payer » mon accueil par la bonne compagnie que j’offrais, mais il était clair que je n’étais en fait qu’un pique-assiette et que je n’allais pas rester longtemps le bienvenu. De plus, je commençais à m’ennuyer, je trouvais ces gens trop bourgeois à mon goût. J’étais donc prêt à repartir. La route vers l’est était bien sûr fermée, du coup je m’étais dit que peut-être je pouvais aller dans les îles grecques et de là passer en Turquie quand cette vilaine affaire se serait tassée.

Je m’étais retrouvé à camper sur l’île de Chios, dans la mer Égée, sur le terrain derrière un petit hôtel familial. Les gens étaient d’une très grande gentillesse et avaient le cœur sur la main. Ils m’avaient pris en affection, s’amusaient de mon installation précaire au milieu des cailloux et des buissons, m’offraient le matin un grand bol de lait de chèvre chaud, pouah !, mais au moins j’avais quelque chose dans le ventre et gratis. Plus tard dans la journée, quand je revenais de ballade, il y avait toujours quelques hommes et femmes attablés sur la terrasse devant l’hôtel, et on m’invitait régulièrement à boire un petit ouzo avec eux: « Ouzo ennaki ! », ou était-ce « Enno ouzaki » ?, disaient-ils en rigolant, le verre porté haut en l’air. Un vieil homme qui vivait dans une masure au bord de la plage m’avait aussi invité à boire un coup et j’avais eu beaucoup de mal à le dissuader de tuer un poulet pour me faire à manger. Je ne connaissais pas un mot de Grec, mais j’essayais de baragouiner un peu. Je me rappelle quelques mots seulement : « nero », « krassi », « kannavi », « evkharisto poli », « parakallo ». Je trouvais cette langue tout à fait splendide. J’ai lu, bien plus tard, quelques très bons livres sur les anciens grecs, qui me fascinent et dont on ne dit pas assez à quel point ils ont transmis des éléments fondamentaux de la civilisation occidentale. On dit que le Grec est une langue indo-européenne, mais il est très probable qu’il y a dans cette langue, ancienne aussi bien que moderne, des sous-strates linguistiques qui précèdent la surface indo-européenne. Mais assez dit sur le sujet, que d’autres connaîtront bien mieux que moi. Je serai heureux, bien sûr, d’entamer une discussion sur la Grèce antique. Une chose dont je me souviens, c’est que Chios passe pour être le pays d’origine de Homère.

La nuit, on voyait les lumières de Çesme, en Turquie (prononcer « Tcheshmé »). Ce n’était vraiment pas loin, à quelques kilomètres, mais il était bien sûr impossible d’y aller. Les gens de l’île étaient effrayés par les Turcs si proches. Ils disaient « plus jamais, nous ne parlerons à ces gens ! ». Il n’y avait presque aucun touriste sur l’île, peut-être à cause de son éloignement, au nord, par rapport aux autres îles grecques, ou à cause de la guerre. Au bout de quelques jours, comme il était évident que ma route vers l’est n’allait pas passer par Çesme, j’étais revenu à Athènes. C’est peut-être sur le bateau ou sur le port que j’avais rencontré un Suisse Allemand avec lequel j’allais faire quelques jours de route, et que je vais appeler Peter pour faute de mieux. Si je me rappelle bien, il travaillait pour une organisation internationale, peut-être pour une branche de l’ONU. En tout cas, il connaissait très bien la région et se débrouillait assez bien en Grec, et comme j’avais pu m’en rendre compte par la suite, en Turc également. Il était plein de son expérience récente à Chypres, dont il revenait, où le gros du conflit entre les Grecs et les Turcs avait fait rage. C’est avec lui et peut-être un autre compagnon de fortune que j’avais pris le train pour remonter vers le nord de la Grèce, car on venait d’annoncer un armistice et nous avions eu écho que la frontière avec la Turquie était maintenant ouverte.

Sur des tronçons entiers de l’autoroute qui longeait la voie ferrée, les pylônes avaient été coupés ras, pour paraît-il permettre aux avions d’atterrir. Le soir, nous étions aux abords de la frontière, et nous pouvions entrevoir dans la pénombre des concentrations de troupes dans la campagne. Le train n’avait alors plus que deux fourgons, car il n’y avait que quelques voyageurs, une vingtaine au plus pour continuer vers la Turquie dans ce premier train qui passait la frontière depuis le commencement des combats. Immédiatement après avoir pass�� la frontière, des soldats turcs bien armés étaient montés et passaient le train au peigne fin. Plus intéressant, deux ou trois Turcs en civil, costume-cravatte, venaient s’asseoir pour bavarder avec les voyageurs. Celui qui s’installa dans mon compartiment nous offrit des cigarettes, passa de l’anglais à l’allemand quand il apprit de Peter qu’il était Suisse Allemand, puis échangea quelques mots en français assez correct avec moi. Il avait l’air très à l’aise, et je n’aurais pas été étonné, si un de nos compagnons avait été Hongrois ou Espagnol, qu’il passât facilement à leurs langues respectives. Il nous demanda si nous avions vu des mouvements de troupes du côté grec. Bien sûr, nous ne dirent pas un mot, allégeant d’avoir dormi à la tombée de la nuit. La conversation était polie et plaisante, mais il était hors de question que nous entrions dans le jeu des services de renseignements turcs.

« Suite au prochain numéro ! »
Développement de la grippe H1N1 en Thaïlande English translation pending
by Erwan92 · 2009-06-18 · 148 replies
Bonjours à tous, j'ai cherché sur google et je ne vois pas si la thailande est passé au niveau 6 ou non. j'aurais aimé savoir si vous aviez plus d'informations que google ^^

PS : Je pars tous le mois de juillet ( donc bientot ) a bkk
Histoire russe English translation pending
by Bardak · 2009-06-11 · 40 replies
Après plusieurs années à profiter de chaque instant de libre pour bourlinguer aux quatre coins de la Russie, à parcourir des kilomètres d'étendues quasiment désertiques, à passer de villes en villes, de villages en villages, de campagnes en forêts, de montagnes en rivières, à partager shashliki et vodka avec des hommes et des femmes d'un peu partout...il ne m'était jamais venu à l'esprit d'écrire un carnet de voyage. Et je ne l'ai pas fait. Sans doute parce que certaines choses se vivent bien mieux qu'elles ne se racontent.

J'ai eu l'occasion, néanmoins, au cours de mes pérégrinations, de rencontrer des gens dont la vie, les histoires, m'ont particulièrement ému. Et c'est cela que je voudrais raconter. Des tranches de vie, des instants dans l'existence d'hommes et de femmes dont le monde ignore le nom et qui ne seront jamais que des silhouettes lointaines et sans consistance pour la plus grande majorité de la population mondiale. Des gens ordinaires qui ne sont ni des sages, ni des artistes, ni des philosophes. Des gens nés quelque part et qui essaient tant bien que mal de se construire une vie. Mais des gens qui m'ont fait aimer ce pays, qui se sont contentés d'être ce qu'ils étaient et qui m'ont permis de lever un peu le voile sur cette fameuse "âme russe" que personne n'arrive jamais vraiment à saisir.

J'ai changé les noms, je ne dis pas d'où ils viennent, je romance un peu, mais sans trahir, je crois, la réalité que j'ai pu constater. Ce que je raconte là, c'est ce que j'ai vu, entendu, ressenti. C'est un petit bout de la Russie, telle que je l'ai connue, avec mon regard de française.

Youri, le désabusé

Lorsqu’un étranger demande à Youri où il vit, le vieil homme a bien du mal à fournir une réponse précise. La ville de N… est au nord, toujours plus au Nord. Pas le Nord qu’on connaît, pas le Nord féérique. Juste le Nord, en plein centre, encore au Nord. Bien au-delà de la zone où les hommes normaux s’aventurent.

Lorsqu’un étranger demande à Youri ce qu’il fait dans la vie, le vieil homme a bien du mal à fournir une réponse précise. Il travaille à la poissonnerie, comme tout le monde ici, mais son poste n’est pas vraiment défini, à chemin entre l’homme à tout faire et le bouche trou qu’on appelle en renfort en fonction des besoins. Ce qu’il sait c’est qu’il est en bas de l’échelle. Sa femme, Katya, le lui répète suffisamment, les rares fois où ils échangent plus de dix mots.

Lorsqu’un étranger demande à Youri de lui conter ses rêves, Youri hausse les sourcils, regarde un moment dans le vide, et finit par sourire. « Une bouteille de vodka et une femme bien ronde ».

Youri trouve qu’il travaille trop. Ses mains lui font mal, son dos souffre des longues heures à trimballer des caisses et son chef est un crétin. Et quand il ne travaille pas, Youri s’ennuie.

La ville de N… n’est pas une ville. C’est un ensemble de bâtiments organisés autour de la poissonnerie. A une époque, Youri s’en souvient, vivre là, c’était bien. Les bâtiments étaient neufs, les salaires étaient payés à la fin du mois, il y avait même un théâtre.

Le théâtre a fermé depuis longtemps et le bâtiment est devenu une ruine où les jeunes se retrouvent le soir pour picoler. Les immeubles ne tiennent plus debout que grâce à l’intervention de forces obscures. Et il y a bien longtemps que l’argent liquide a disparu de la ville (sauf peut-être du coffre du directeur). Les salaires sont désormais payés sous la forme d’un compte ouvert à l’épicerie.

Youri aime bien l’épicerie, c’est bien la seule distraction du coin. Mais il n’aime pas Nadia, la propriétaire. Il aurait bien été tenté pourtant de faire quelque chose avec elle. Elle a une poitrine généreuse et un arrière train tout aussi généreux. Youri aime bien les femmes qui ont des formes, alors que Katya, elle, est plus maigre qu’une vieille planche de bois pourri.

Nadia, personne ne sait d’où elle vient. Un matin, elle est arrivée à N…, a posé ses valises, a racheté l’épicerie qui périclitait et elle n’est plus jamais partie. Peut-être a-t-elle essayé un jour de raconter son histoire, mais nul ne s’en souvient. Les rumeurs sur cette femme étrange avaient déjà pris le dessus. Tant et si bien que les histoires les plus folles circulent sur son compte. Youri a entendu dire qu’elle venait de Perm, qu’elle avait été mariée et mère d’un enfant. On dit également que son fils serait mort en Afghanistan. Quant à son mari, il aurait été arrêté et serait mort en prison. Les plus informés prétendent même que son mari lui faisait vivre un enfer et que, pour se débarrasser de ce tyran qui la battait comme plâtre, elle l’aurait elle-même dénoncé, sous de faux prétextes. Youri ne sait pas si c’est vrai, mais une chose est sûre Nadia n’aime pas les hommes.

Et les hommes n’aiment pas Nadia. Elle dirige son commerce d’une main de maître et inscrit chaque achat dans son grand cahier. Elle contrôle tout, sait tout et a toujours un regard désapprobateur quand Youri vient acheter une bouteille. Par solidarité féminine, sans doute, elle contrôle tous ce que les hommes achètent. Elle s’assure ainsi qu’il restera suffisamment de crédit sur le compte pour ce qu’elle appelle les dépenses utiles. Youri ne voit pas en quoi une bouteille serait une dépense inutile. Mais il ne peut rien contre la toute puissance de Nadia et son grand cahier – maudit soit-il !

Pour contourner la tyrannie de Nadia, Youri et ses amis se sont organisés. Ils n’achètent leur vodka qu’à tour de rôle, afin de ne pas éveiller ses soupçons. A une époque, Youri envoyait sa fille, Dacha. Nadia était folle d’elle et ne pouvait rien lui refuser. Mais Dacha est partie et Youri est obligé de négocier avec les autres pour avoir sa ration de vodka. Ces derniers temps, la bouteille coûtait un paquet de vraies cigarettes, pas les trucs horribles qu’on fume d’ordinaire par ici. Youri regrette parfois que Dacha soit partie.

Dacha trouvait que la vie ici était une vie de chien. Un jour, elle a fait ses valises et elle a quitté la ville avec un jeune imbécile. Elle est partie pour Moscou, pour devenir mannequin. C’est vrai qu’elle est jolie Dacha. Youri ne s’est jamais posé de questions sur ce qu’elle pouvait bien faire. Jusqu’au jour où Dima lui a dit ce qu’il arrivait aux jeunes filles de province qui venaient à Moscou pour être mannequin. « Elles finissent sur le trottoir, a-t-il dit. Et les plus chanceuses trainent dans les hôtels de luxe pour trouver un mari étranger et obtenir un passeport ». Youri lui a cassé la figure. Il aimait bien Dacha et il ne veut pas qu’on dise cela d’elle. Ça le rend triste d’imaginer sa petite fille toute seule, loin de lui.

Et Katya est devenue insupportable depuis que sa fille est partie. Elle est tout le temps sur son dos, à vérifier ce qu’il fait, ce qu’il dit, à lui reprocher de ne pas avoir d’ambition. Youri en a eu pourtant de l’ambition. A une époque, il avait décidé de devenir livreur pour la poissonnerie. Les livreurs sont les plus chanceux. Ils restent assis derrière leur volant tandis que ceux comme Youri chargent la marchandise. Ensuite, ils partent vers des destinations que Youri trouve exotiques. Et certains d’entre eux touchent même un vrai salaire, en espèces sonnantes et trébuchantes. Alors Youri a obtenu son permis de conduire. Il avait mis de côté juste ce qu’il fallait pour payer l’examinateur. Il lui aurait suffi ensuite d’être muté au service des livreurs, pour ça aussi, il avait réuni l’argent.

Mais il a tout planté. Le jour où il a eu son permis, il a fait la fête avec des amis. Ruslan avait une voiture. Youri a voulu l’essayer, il était ivre. Les GAItchiki l’ont arrêté et il a perdu son permis. Il pensait pourtant que tout irait bien. Son beau-frère est flic et Youri était sûr qu’il l’aiderait. Mais le beau-frère n’a rien fait et Youri a du oublier tous ses rêves de liberté. Le lendemain, il repartait transporter des caisses et Katya reprenait ses reproches.

Youri vient de finir sa journée, il est fatigué. Ses mains, son dos, il ne sent presque plus rien depuis le temps. Il ne veut pas rentrer chez lui. Il se dirige vers l’épicerie, la seule distraction de la ville. Il faut qu’il trouve deux compagnons pour s’offrir une bouteille. On ne boit pas tout seul, c’est un principe. Et des principes, on n’en manque pas par ici. Dima a dit qu’il serait au veux théâtre ce soir. Alors Youri déambule dans les rues pour le retrouver. La ville est sinistre dans cet endroit que même le soleil a fui. Et tous les hommes ont le même regard hagard et vide. Youri se demande comment il va faire pour pouvoir obtenir une bouteille. Il sait que Nadia veille. Et que Katya l’attend. Il s’arrête soudain et lève les yeux vers le ciel blanc. Il y a dans l’air un parfum d’été, de cet été sans chaleur qui peine à réchauffer les cœurs. Il songe aux rêves qu’il aurait pu avoir. Durant un instant, aussi éphémère qu’un flocon de neige, un léger sourire se dessine sur ses lèvres et ses yeux brillent. Une vieille Zhiguli passe dans la rue, Youri secoue la tête, hausse les épaules et reprend sa route, armé de cette certitude inébranlable : si les rêves étaient faits pour se réaliser, ce ne serait plus des rêves.
Aventures dans l'Ouest canadien et parc des glaciers,USA (3ème partie) English translation pending
by Grisemote · 2009-06-01 · 36 replies
Aventures dans l'Ouest canadien et Parc des Glaciers (3ème partie)

Suite à des modifications techniques, le carnet a quelques "bugs". Vous pouvez le lire ici dans sa totalité:
http://sites.google.com/site/grisemoteouestcanadien/accueil

Pour retourner à la deuxième partie:

Les choses vont commencer à devenir sérieuses. A force de monter vers le nord (ou de descendre pour ceux qui habitent dans l’hémisphère sud), cela devait arriver : les jours rallongent, les nuits sont un peu plus froides tout en restant tout à fait supportables, le ciel a tendance à plus souvent se charger de nuages, il y a de moins en moins de voitures sur les routes. Nous nous dirigeons (en quelques étapes quand même) vers la mystérieuse Alaska entrevue dans quelques films qui marquent –Insomnia, The Thing. On s’attend à y trouver pluie et brouillard dans des villages paumés au milieu de lacs gorgés de moustiques et à être chahutés par les Grizzlis joueurs … qu’en sera-t-il exactement ?

Jeudi 24 juillet 2008 - 20 ème jour du périple. Le moral est au beau fixe. Les longues balades à crapahuter à flan de montagne ont été remplacées par de longues heures de voiture en direction du nord-ouest. – route vers Prince George. Nous quittons Jasper avec un certain regret : pour le camping, la ville fort attrayante et les décors très bien faits des environs. La route nous conduit vers le Mont Robson, chapeauté de blanc au travers d’un défilé de pics du plus bel effet.



Après cinq cents kilomètres de paysages magnifiques, nous faisons halte dans le camping du Beaumont Provincial Park (qui nous a semblé plus attrayant que la ville de Prince George), mondialement connu pour ses lacs mais surtout ses moustiques. Même s’il y a eu des claques dans l’air (pour les moustiques, bien sûr), le camping est bien situé et inspire calme et repos. Un très bon moment de zenitude.







Dès le lendemain nous repartons dévorer les kilomètres toujours en direction du nord-ouest. Les cimes disparaissent pour faire place à un relief plus arrondi et monotone. Sur certaines portions, il faut admettre que c’est même franchement répétitif comme paysage. Quelle surprise nous attend au prochain virage ? Simple ! Des collines recouvertes de forêts habillées de temps en temps de tâches sombres et poilues – vous aurez reconnu bien sûr des ours. On les aime bien mais s’ils pouvaient parfois se déguiser en cerfs, caribous, castors (là c’est vrai que ce n’est pas le bon gabarit) ou autres herbivores, cela mettrait un peu de piment.





Allez, faut pas exagérer quand même, les grands espaces, les longues lignes droites vers l’horizon, c’est quand même fantastique.

Comment aller à l’ouest du Canada sans rencontrer d’Indiens ? En fait c’est facile : les « natives » comme ils sont appelés, sont tellement peu nombreux (ou complètement intégrés) qu’il n’y a pas beaucoup d’occasions de voir leur culture. C’est sûr qu’une pyramide ou une cathédrale résiste mieux au temps qu’un totem ou un tipi … Notre passage à K’san comblera cette lacune.



La visite du village amérindien - peuple Gitxsan - mérite le détour, avec ses grands bâtiments en bois aux motifs rouges et noirs si caractéristiques, ses totems de bonne facture et son petit spectacle de danses indiennes mené par des autochtones (uniquement le vendredi).

Les acteurs du spectacle.

les accessoires originaux utilisés pour le spectacle qui retrace les coutumes et les légendes du peuple Gitxsan.

La visite guidée du village (sept grandes « maisons en bois » ) est sans prétention mais nous montre quelques aspects très intéressants de l’ancienne civilisation décimée. La boutique recèle également une mine de beaux objets qui serviront de cadeaux à ceux qui n’ont pas pu venir (un certain nombre donc !).





Le camping, à quelques mètres du site, ne manque pas d’attrait non plus, près d’une rivière et dans un beau cadre.



Une étape instructive et agréable.



village de Hazelton près de K'san



Le jour suivant, la visite de Kispiox est programmée avant de suivre la rivière du même nom.





C’est un petit village typique du coin, garni de petites maisons de bois qui possède un site de totems (raison de notre arrêt). De belles pièces encore, mais pas du tout mises en valeur …





Pour ce qui est de la remontée de la rivière Kispiox, nous optons pour une route de traverse – ou un raccourci, comme on veut – indiquée sur la carte et le GPS, et qui doit nous permettre d’éviter la « grosse » artère sans surprises. Entre forêts, lacs et rivière, cette belle route ravit les sens, tant que l’on ne s’arrête pas pour nourrir les moustiques. Au bout d’une vingtaine de kilomètres, elle se transforme petit à petit en piste, puis en piste un poil technique, puis en cul de sac pour qui n’est pas équipé d’un 4x4 voire d’un char lunaire.



Nous serions nous trompés sur une bifurcation entre 2 chemins ? Nous explorons donc d’autres voies qui nous amènent dans un chemin pentu jusqu’à un groupe de campeurs perdu au milieu d’un océan de verdure, à boire des bières autour d’un bon feu. Le film « Délivrance », c’est dans quel pays déjà ? En fait, ce fut un échange très sympathique, qui nous a éclairé sur notre erreur de trajet. « C’est simple, la route est fermée ! Vous ne pouvez que revenir sur vos pas » soit quatre-vingts kilomètres en arrière. Gloups ! Ce petit raccourci nous aura juste fait faire un détour de deux cents kilomètres quand même ! Nous suivons au final la highway le long de la rivière Skeena (région où fut tourné le film « l’ours ») qui s’est avérée de toute beauté.

Les kilomètres défilent avec des arbres, des collines et … des ours, avant d’arriver, exténués, au camping de Meziadin lake Provincial Park, d’une catégorie que nous ne connaissions pas : le camping spartiate, équipé un cran en dessous du camping primitif.

Côté pile, l’environnement offre une vue imprenable sur un beau lac entouré d’un relief prononcé, chatouillé par des nuages lascifs en promenade du soir. Côté face, notre emplacement est constitué d’un tapis de cailloux certes bien ordonnés, mais difficile à percer (plutôt prévu pour les camping-cars).



Le côté obscur n’est cependant pas là. La seule source d’eau est une pompe poussive, dont le grincement sinistre est de nature à réveiller tout le camping, et qui délivre ses quelques gouttes après avoir copieusement versé les nôtres sous forme de sueur. Super pratique pour la vaisselle, accroupi, pour pomper- rincer en pleine nuit, sous le regard hostile de ceux qui voudraient bien dormir …



Petite flambée du soir au tarif habituel pour se réchauffer sous les étoiles.

Les portes de l’Alaska bientôt vont se refermer sur notre petite famille, et c’est là que nous finirons … notre montée vers le nord.

La nuit fût froide, mais le réveil matinal avec vue sur le lac brumeux sous un ciel azur et un soleil radieux fera oublier les tracas locaux. En route vers Stewart, à la frontière avec les Etats-Unis.



Les collines prennent de l’embonpoint et de la hauteur et nous retrouvons notre ambiance de montagnes agrémentées cette fois de glaciers qui descendent généreusement jusqu’au niveau de la route. La taille de ces monstres est impressionnante.





Le Bear Glacier, un des plus beaux glaciers bleus au monde, comporte à sa base une sorte de « bouche » qui déverse les eaux de fonte. Depuis la route, cela ressemble à une aspérité. C’est en fait une large caverne.











Stewart est une petite ville très rurale qui semble tranquille, au niveau de la mer , à l’extrémité d’un fjord de plusieurs centaines de kilomètres. Malgré un petit côté industriel avec son port, elle dégage l’impression d’un fonctionnement au ralenti au gré d’une mét��o capricieuse.



C’est précisément pour le côté très aléatoire de cette dernière que nous avons ici abandonné la tente pour un logement en dur. L’avenir montrera que nous avons bien fait ! Notre hôtel (le Stewart Mountain Lodge) est chaleureux et nous offre une grande chambre dimensionnée pour cinq et bien calfeutrée.

Nous sommes toujours fort accompagnés dans nos déplacements!!!

Les Streets et les avenues de la ville ont un caractère particulier : la majorité est en terre battue. Ça casse !







Nous partons dès l’installation pour notre première visite de Hyder, en Alaska, à quelques kilomètres de Stewart. Le passage frontière vers le cinquantième état des USA se remarque par la fin de la route goudronnée. Nous n’avons pas même vu l’ombre d’un uniforme de douanier, preuve si c’était nécessaire que nous arrivons à l’un des bouts du monde. Hyder ressemble à un village minier paumé de maisons en bois de type western mais dans la forêt humide. Tout cela ne manque vraiment pas de charme.





Contrairement au film « Insomnia » qui fut tourné à Hyder, nous n’avons pas été confrontés au problème du soleil de minuit, loin de là. Hyder est quand même bien en deçà du cercle polaire.

A la sortie nord de la ville (simple à suivre puisqu’il semble qu’il n’y ait qu’une seule route principale, en terre battue) se trouve une des curiosités du coin : un observatoire à ours juste à côté d’un torrent (sorte de passerelle en bois qui surplombe la rivière sur cent cinquante mètres environ).



Nous prenons le permis pour trois jours ce qui nous donne le droit d’assister aux premières loges, quand bon nous semble, au spectacle de la pêche des ours, qui, comme l’indique le titre, est une tragédie.

Le 1er acte est marqué par l’attente de la bête. C’est l’acte de loin le plus long et le préféré des saumons qui bullent tranquillement en remontant le courant et des moustiques qui profitent de notre inactivité.



Pour les enfants et ceux qui ne sont pas totalement dans l’ambiance de la traque, c’est un peu long (mais il faut éviter de le dire !). On trouve à cet endroit des passionnés des ours et même des photographes pros aux objectifs qui ressemblent à des télescopes.



Acte 2 : un gros paquet de poils mouillés arrive gaillardement en remontant le courant et s’ébat dans les flots pour tenter d’attraper ses jouets préférés. Les appareils photo crépitent. La star en rajoute pour bien montrer que l’eau est bonne. Mon œil !







Acte 3 : un des saumons malchanceux est sorti de son élément sans ménagement entre les crocs du fauve et l’ours met sa serviette et déguste.





Les cartes mémoire sont vite pleines. Après le départ du gourmet, chacun tri ses photos ou compare ses clichés avec ceux du voisin, raconte sa difficulté de saisir le drame bouleversant auquel nous avons assisté impuissants. Ce jour là en tout cas, l’ordinaire des ours a bien failli être complété par de la viande made in china en provenance d’un car arrêté pour voir la scène de pêche hors de la passerelle. Heureusement que les rangers étaient là. Quel orgueil, il faut savoir parfois refuser le rôle principal …

Un jeune grizzly vient tenter sa chance à son tour!

Si l’entrée en Alaska, zone détaxée, est une formalité, le retour au Canada reste sous surveillance de la douane.

Le lendemain, nous retraversons Hyder et nous dirigeons vers le Salmon Glacier. La montée est rude pour le moteur.



Bientôt, à partir de la route, la vue sur un gigantesque « torrent » de glace est de toute beauté.







Le ciel azur et une température de fin de printemps nous permettront de savourer un des plus beaux glaciers que nous ayons vu sur notre globe.





Comme on ne s’en lasse pas, nous continuons la piste après le point culminant pour explorer une des langues de glace qui beigne dans un lac.







Le long de la route se trouvent des entrées d’anciennes mines que nous ne visiterons pas par sécurité. Un tour à pied entre des petits torrents pour arriver au lac bleu profond complètera notre visite enchanteresse.



Nous trouvons facilement des minerais de métal par terre. Pas étonnant qu’il y ait eu des mines par ici. Alors que nous rêvassons au soleil, une explosion terrible nous fait sursauter. Un gros bloc de glace flotte maintenant dans l’eau, résultat de cette déflagration. Quelle taille avait-il pour provoquer une détonation pareille ?

Trouvez le glaçon😉

Alors que nous repartons en voiture de notre balade plutôt tranquille, nous croisons un 4X4 qui nous annonce fièrement avoir vu des grizzlys en chasse à quelques centaines de mètres plus haut. Bigre, on les avait oublié ceux là. C’est que les grizzlys ne sont pas nos nounours (déjà un peu dangereux) du bord des routes du Canada.

Un bon kilomètre après notre rencontre, bien en contrebas de la route, trois gros ours hirsutes gambadent entre les rochers et les trous pour chercher de la nourriture.



Des marmottes sifflent pour signaler le danger ce qui a tendance à les exciter.



A pied le long de la route ils sont impossibles à suivre. Ils ont l’air lent, mais un ours atteint quand même les 60 km/h à la course. Carl Lewis peu toujours s’accrocher.

La fin de la journée fut marquée par une visite à notre passerelle à ours et un peu de shopping à Hyder. Pas de berceuse ce soir là pour s’endormir.

Stewart - 24 ème journée de périple : Quatre hommes (dont trois apprentis) et une Grisemote se lèvent résolument pour affronter les ours sur un chemin de randonnée chaudement recommandé par notre hôtelier (décidemment charmant). Il nous prête au passage très gentiment une bombe à ours. Le hic c’est que le plafond nuageux est bas. Les gouttelettes de pluies se transforment en grosses gouttes bien nourries qui n’engagent pas à l’aventure. Un grand tour à notre passerelle à ours pour attendre la fin des hostilités ne suffira pas. Le ciel semble s’être percé définitivement pour la journée. Shopping. Par désœuvrement devant les pleurs célestes intarissables, nous prenons une bière dans un saloon typique dont les murs étaient recouverts de billets de 1 $ et de casques de mineurs (autorisé en pleine journée pour les enfants).





Là nous rencontrons des anciens mineurs nostalgiques, en pèlerinage, avec lesquels nous discutons en Français (ahhh ça fait du bien). Ils nous expliquent que ce genre de journée « humide » et « vivifiante» n’a rien d’exceptionnel, que les mines contenaient de l’or, du fer et du cuivre (on aurait du y entrer !), que la vie en Alaska n’était pas un bagne, bien au contraire, à condition d’aimer un certain isolement l’hiver, et pour finir, que parler Français avec des Français est exotique. Idem pour nous par rapport à l’accent Canadien. Avant de partir une nouvelle fois aux ours, nous immortalisons notre passage dans ce très sympathique Saloon par un billet de 1$ à notre nom collé sur le mur ! Avec toute l’eau tombée dans la journée, il nous a paru logique de manger un repas de « halibut »(flétan typique du coin à chair très fine) tout frais pêché, acheté dans un ancien bus reconverti en petit restau au fin fond d’une ruelle d’Hyder - le meilleur du coin d’après nos mineurs.



Le lendemain de cette journée lascive, dernière en ces lieux, Grisemote insatiable vis-à-vis des ours pêcheurs, se lève à cinq heures pour prendre ses derniers clichés(il faut dire que lors de nos passages précédents les saumons n’étaient pas encore arrivés massivement et par voie de conséquence les ours non plus !)









Ça roupille sec dans les rangs de ceux qui sont restés au lit, et, vers onze heures, lorsque tout le monde est levé, nous n’avons toujours pas de traces de Grisemote. Aurait-elle imité les chinois avec moins de chance ? C’est d’autant plus fâcheux que c’est elle qui maîtrise la fin du voyage et qui a la voiture. Vers 11h30, notre exploratrice préférée pointe ce qui lui reste de nez. Certes, après trois heures trente d’attente sous des trombes, elle a vu un grizzly prendre son petit déjeuner quasiment à sa table, elle a pu discuter avec des sommités de la photo animalière, mais dans l’action elle n’a pas appréhendé un mal mesquin qui la rongeait lentement mais sûrement : les moustiques. Globalement néanmoins il était possible de la reconnaître…











« Bon, c’est pas tout cela, mais ce soir nous devons dormir à Prince Rupert – 463 km vers le sud ». Go ! Après midi voiture, sous un ciel variable. Au revoir l’Alaska – coup de cœur du voyage.

Partout dans la région, le saumon est roi!

Les kilomètres s’enchaînent avec du beau et du plus monotone. Nous passons sur la route à Kitwanga et Kitwancool, hauts lieux de villages indiens.









Prince Rupert est une belle ville, vivante, avec un port vif en couleurs, entouré d’un relief prononcé de collines arrondies et de lacs. A noter près du port, un nombre considérable d'aigles pêcheurs. Comme le lever du lendemain est programmé à 4h30, inutile de dire que la soirée fut vite écourtée.



Le lendemain, nous partons pour Port Hardy sur l’île de Vancouver, par le ferry : Inside passage, seize heures de traversée au milieu de fjords paraît-il fabuleux. Cette journée, nous l’attendions avec impatience. Une promenade en mer au milieu des montagnes arrondies. Un régal pour les yeux d’après les témoignages de ceux qui l’on fait … par beau temps.



L’ïle de Vancouver : la forêt pluviale aux 30 000 ours

Dringgg ! « Déjà ! On vient de s’endormir ». Le soleil est encore loin d’être levé lorsque nous émergeons pour prendre un petit déjeuner lapidaire avant de nous diriger vers le port. Pour nous cela commence plutôt par la fête à la grenouille, à attendre l’embarquement dans la voiture, sous une pluie battante, une heure durant. Ambiance morose des jours pesants ou le ciel, la mer et la terre se ressemblent : des nuances de gris.



La visite des différents ponts du ferry, dès l’arrivée, est toujours un moment de découverte agréable sur l’immeuble flottant que constitue ce gros tas de ferraille (très bien construit au demeurant). Grace à Archimède, cela flotte pour notre plus grand plaisir et c’est tant mieux.







Il serait injuste de dire qu’il a plu tout le temps. 50 à 60 % semblerait être le bon chiffre, mais cela ne fait pas grande différence puisque des montagnes nous n’avons jamais vu plus que quelques centaines de mètres. D’un autre côté, le retour à la photo noir et blanc a un petit côté rétro pas désagréable.



Le paysage qui défile devant nos yeux change à chaque détour de fjord. Les monts jouent à cache-cache avec les nuages dans des dégradés gris qui se superposent. Tout cela rend le voyage mystérieux et fait travailler l’imagination (faut bien positiver !).



Le tout fut entrecoupé de repas pris sur le bateau, à des prix tout à fait abordables pour une bonne qualité. Bon, ce n’est bien entendu pas la balade enchanteresse dont nous rêvions, mais boire un irish coffee sur le pont, le nez au vent, sous une pluie battante dans cet univers aux formes imprécises et fantasmagoriques, a quelque chose de jubilatoire.





Enfin, disons que c’est mon avis, car celui de Grisemote pourrait se résumer à : « casser sa tirelire de presque 700€ pour ne rien voir de la journée sur l’un des points forts du voyage, c’est nul, nul, nul ! ». Ceci dit, sans le ferry, le passage par la route nécessite un détour de 2000 kilomètres. Cela fait aussi réfléchir !

L’arrivée à Port Hardy, sur l’ïle de Vancouver, à 23H00, marque une nouvelle phase dans ce voyage. La découverte de la forêt pluviale( rain forest) et le contact permanent avec la mer. Hôtel – lavage de dent – ZZZ zzz ZZZ



Jeudi 31 juillet 09 – il fait gris avec des pluies intermittentes. La route pour Telegraph Cove Resort, réputé pour ses safaris photographiques d’orques, est essentiellement forestière.









A l’arrivée, le petit port est charmant, coloré et nettoyé à fond par la pluie. Notre safari ayant été programmé l’après-midi, nous profitons d’une accalmie pour nous installer au camping à quelques tours de roue de là .Le camping est en pleine forêt pluviale, qui porte très bien son nom. Les arbres sont gigantesques, moussus et magnifiques.





Rayon de soleil extrêmement fugace.

Nous montons les tentes et les protégeons par de grandes bâches tendues par des cordes, des sangles et des mousquetons (très utiles). Vue la quantité d’eau qui tombe, ce n’est vraiment pas du luxe. Faire du feu relèvera certainement d'un exploit !

Les joies du camping, pas toujours facile!



En route pour la visite des orques, moment tant attendu du périple ! Équipés d’imperméables et de fourrures polaires, nous nous entassons dans une petite vedette avec une bonne vingtaine de personnes. Pas simple de s’asseoir dans tout cela.



Sans la pluie, on peut imaginer que tout ce petit monde se serait réparti sur le pont supérieur ou inférieur. Une scientifique de l’aquarium de Vancouver est notre accompagnatrice. Elle nous explique, en français et en langue de Shakespeare, que les orques étaient là hier, mais qu’elles sont parties chercher du saumon au large depuis le matin. Il y a donc une probabilité non négligeable que nous n’en voyons pas. Gloups, bon début ! Elle nous rassure néanmoins sur la présence quasi certaine de baleines et autres cétacés pour lesquels elle a fixé un rancard qui devrait être honoré. Tant mieux, nous sommes là pour cela.





Au bout d’un petit quart d’heure de moteur, nous atteignons le terrain de jeu, au milieu d’îles totalement recouvertes de végétation dense. L’eau est plate comme un lac. Une baleine (humback whale) pointe bientôt son nez, signalée comme il se doit par une pulvérisation nasale puis replonge en faisant un petit signe de sa queue. Un classique du genre, mais en vécu.



Ceci se reproduit à plusieurs reprises, majestueusement, mais toujours pas d’orques. Des dauphins puis ensuite des marsouins accompagnent le bateau lorsqu’il se déplace.



Très joueurs et très photogéniques comme animaux.







Tout cela serait super plaisant s’il ne pleuvait pas des cordes et si le ciel ne se confondait pas avec la mer. Encore un univers en nuances de gris. Même nos impers très efficaces finissent par ne plus être étanches. Prendre des photos sans mouiller l’appareil devient un vrai casse tête… et toujours pas d’orques au bout de trois heures (pourtant, d’après les organisateurs, la probabilité d’en voir est de 90 %). Du coup notre GO se résout à nous faire écouter leurs chants au magnéto et non comme prévu à partir des micros sous marins dont le bateau est équipé. C’est intéressant, surtout avec les explications, mais comment dire … Deux grosses déceptions en deux jours, surtout pour Grisemote qui a les larmes aux yeux et peine à s’en remettre, nous amènerons à acheter une bonne côte de bœuf, des pavés de saumon et un petit vin canadien à l’arrivée pour oublier. Comme la pluie redouble toute la soirée, le feu finit par s’allumer sous la bâche. L’aventure a parfois ses moments de morosité. Pas pour tout le monde car les enfants bricolent un barrage sur le ruisseau formé par la pluie et qui jouxte les tentes. La pluie finira bien par s’arrêter un jour …

Et ce jour viendra, sûrement, … mais plus tard. La « rain forest » qu’ils appellent ça ici, on se demande vraiment pourquoi. Le matin suivant nous remballons sous la pluie et partons pour 450 kilomètres de forêts, de collines et de pluie en direction du sud pour le camping de Greenpoint situé au cœur du parc de Pacific Rim.

Petit arrêt à Campbell River où nous déjeunerons au restaurant flottant de"Patti Finn"





Nous nous arrêtons à une attraction qui vaut l’arrêt impératif même sous une pluie battante : « Cathedral Grove » : une cathédrale de verdure dont les piliers ne sont rien d’autre que des conifères démesurément grands et puissants. Les fougères et autres feuilles au pied sont du même calibre. Bienvenue dans le monde des lilliputiens. Côté photo, vue la tristesse du ciel, même à 800 iso sans pied c’est juste.









Et la clémence des cieux vint sur la fin du parcours, lui-même très agréable et plutôt montagneux avec une route toute de courbes vêtue.





L’emplacement du camping est aussi superbe que le précédent au milieu de la forêt pluviale mais avec l’option soleil en plus.











En quelques minutes, tentes montées (les tentes 2 secondes de qui vous savez sont vraiment très bien adaptées), nous nous retrouvons sur la plage pour admirer l’immensité de l’océan et reprendre des couleurs après tous ses jours sans voir le soleil.

Grillades du soir accompagnées de chamallows grillés en guise de dessert sous un ciel étoilé, que demander de plus sinon que cela continue dans la même veine …

Samedi 2 août jusqu’au 4 aout : Pacific Rim





Forcement, avec le soleil, le moral revient vite au galop et tout devient attractif. Nous parcourons la réserve naturelle de Pacific Rim en tout sens. Ce fut un réel plaisir.



Pour ces quelques jours, nous avions envisagé un tour en bateau pour voir soit les ours depuis la mer, soit les baleines. Mais des ours nous n’en avons pas manqué et les baleines….c’est parfois décevant de ne voir qu’un bout de dos par ci par là. Nous resterons raisonnables. Nous avions aussi pensé aller en bateau taxi à l’île de Meares qui semblait vraiment attirante selon les dires. Mais le prix de la traversée nous a rapidement fait capituler : faut pas exagérer vu la distance minimale !

Finalement, les randos, c’est sain et c’est à la portée de toutes les bourses. Nous en userons sur tous types de terrain : - sentiers au sein de l’exubérance générale de la rain forest, une merveille !















- tourbière où nous marchons sur une passerelle qui repose uniquement sur de la mousse. Nous y découvrons des arbres « bonzaïs », tordus par la difficulté de croître dans ce milieu acide et mal drainé. Certains de ces arbres, de plus de trois cents ans, ne mesurent que quelques mètres ! Chaque petite plante a dû se battre avec ardeur pour mériter sa place ici ! Nous y croisons aussi les droseras, célèbres plantes carnivores (de quelques centimètres) !



Un chou puant!

Les droseras.

- plages : Ici ce n’est pas ce qui manque.



Près du camping la mer est magnifique et déroule de gros rouleaux de mousse blanche sur un sable fin. Un paradis pour le surfeur (en combinaison chaude quand même).







Le bord des plages est le siège d’un enchevêtrement de troncs dont certains font plusieurs dizaines de mètres. Les pièces de bois plus petites sont usées comme des galets.



Dans les zones rocheuses pullule une faune dense d’étoiles de mer aux multiples couleurs et d’anémones.



Un régal ! Très visiblement ce coin de l’océan regorge de vie.





Nous découvrons « long beach » et ses différentes anses : Willowbrae, anse Schooner et la baie Florencia, Nuu-chah-nulth, Franck Island où nous nous ferons surprendre par la marée, Uclulet





et son « Wild pacific trail »,





Les arbres torturés par le vent sur le "Wild Pacific trail"



Tofino et ses environs.



A noter que l’on ne trouve pas que des produits de la mer sur la plage. A Wickaninnish, nous avons dérangé un ours décidé à parfaire son bronzage, à une cinquantaine de mètres de nous. Cerné entre notre famille qui arrivait sur le chemin longeant la plage et un autre groupe de touristes, le fauve inquiet se met à foncer dans notre direction. Bien entendu, grâce aux consignes rabâchées de Grisemote pendant des mois, nous savions ce qu’il ne fallait pas faire : courir et fuir. C’est donc sans aucune hésitation que … nous avons tous déguerpi sans laisser notre reste. Tous ? Non ! Grisemote en total self control a reculé de plusieurs pas fermes pour laisser une échappatoire à ce brave ours qui ne demandait visiblement qu’à retrouver sa solitude. C’était aussi notre intention, mais nous, quand c’est décidé, on y va tout de suite et on ne traînasse pas comme certaine … évident !





Côté faune : pour les oiseaux dans la forêt pluviale, ce n’est pas la bousculade, mais peut-être faut il savoir les trouver. Bien entendu, avec 30 000 ours répartis sur toute l’île de Vancouver, il n’est pas rare d’apercevoir des truffes le long des routes.



Côté villages : ils sont colorés, avec des maisons basses, assez touristiques mais tellement agréables … Un grand coup de chapeau à l’aquarium « tactile » de Tofino qui nous avait été recommandé par un ranger. Petit mais tenu par des jeunes passionnés qui rendent la visite inoubliable. Tous les pensionnaires viennent des fonds avoisinants et sont remis à l’eau l’été fini !



C’est quoi un aquarium tactile ? M’enfin ! C’est un aquarium où il est possible de toucher presque toutes les bestioles, vivantes bien entendu, exposées : étoiles de mer, anémones, oursins, sunflower star (étoile de mer aux bras multiples qui sprinte jusqu’à trois mètres par minute !).

La fameuse "sunflower star", rencontrée sur la plage.

Nous y apprendrons quelques farces que Dame nature a réalisées pour pimenter les visites des aquariums : Qu’y a-t-il de plus placide qu’une « swimming scallop » (pétoncle) ? Un rocher, et encore. Un des animateurs nous a montré qu’il n’en est rien. Toute « swimming scallop » plongée dans un aquarium où dort une fameuse sunflower star, perçoit immédiatement le danger et parcours l’aquarium en tous sens en ouvrant et refermant ses valves. Gare à ne pas le faire trop souvent pour éviter la crise cardiaque du coquillage. « Oh qu’elle est mignonne cette petite pieuvre ». Yes, sauf que ce bébé de trois cœurs (comme les PC) deviendra grand et pourra atteindre jusqu’à 9 mètres. La pieuvre montre un bel exemple de sacrifice des parents pour leurs enfants, car une fois les bébés mis au monde, ils meurent et servent de nourriture à leurs chérubins!



Bref, visite passionnante pour les grands et les petits.

Petites particularités locales : - jusqu’à onze heures voire midi, nous sommes dans la brume et le soleil suivant le bon vouloir de la brise.



Etonnant d’être sur la plage en pleine brume le matin, avec la sensation du soleil qui chauffe derrière cet écran blanc.





- par beau temps, les couchers de soleil sur les immenses plages ne laissent pas indifférents





- des panneaux de tsunami indiquent les zones de replis au cas où ! Rassurant.



- Le bois au camping : décidemment au même prix d’ailleurs

Grosse particularité culinaire nationale : Le Canada est le pays des 3 C : Cheddar, Crackers et Cannelle. On en trouve partout, sur tout et dans tout. Allez, soyons honnête, on n’en pouvait plus, surtout du cheddar. Des origines anglaises dans l’ouest canadien ? Vous croyez ?





Vancouver : La montagne à la mer

La distance de Tofino vers Nanaimo (200 km) pour prendre le ferry vers la ville de Vancouver fut une formalité, avec un nouveau passage à « Cathedral grove » mais cette fois sous le soleil. Sublime ! La traversée n’est pas longue (1h 30). Sous un grand soleil nous distinguons le mont Mont Baker au-dessus de l’eau brumeuse, avant de découvrir Vancouver.





Avec ses grands ponts, ses bâtiments d’une architecture qui semble de loin homogène et le cadre montagneux du plus bel effet, on comprend que la ville ait pu être choisie pour les futurs jeux olympiques d’hiver (2010). Comme d’hab, difficile de se perdre dans ce type de ville avec ses streets et ses avenues – pourtant nous avons eu du mal à trouver notre Hôtel. Il faut dire qu’avec les Jeux, les travaux de préparation sont partout. Vancouver est une ville très cosmopolite, franchement plaisante, mais pas vraiment belle de l’intérieure (jugement personnel uniquement) précisément par rapport à ces fameux bâtiments type années soixante-dix qui semblaient si harmonieux de loin. La circulation n’y était pas intense (mois d’août) ce qui ne gâche rien. Notre hôtel, le Plaza, est bien placé avec une vue sur la ville imprenable.

Côté activité, la ville ne manque pas d’attraits :

- visite du lighthouse park, assez en dehors de la ville et qui permet de voir un panoramique sur la ville et une belle forêt (mais quand on vient de Pacific Rim, c’est un peu urbain comme forêt) - le pont suspendu de Capilano, aussi impressionnant qu’il est cher, et il est, parait-il, très impressionnant (nous ferons l’impasse). - Stanley parc que nous avons parcouru en vélo : très agréable circuit qui permet une belle vue sur le port et la ville dans un beau cadre











- la plage (c’est pas le top du sable et de l’eau mais c’est une halte avec les vélos qui fut appréciée) - le shopping vers Gastown et Chinatown (bon, ce n’est pas New York ou San Francisco non plus !),



- Grandville Island avec son marché (dont celui des enfants), ses artistes et ses maisons flottantes



- les restaus de tous les pays. Idéale pour voyager assis. Nous avons testé un restaurant mongolien où on compose son plat soit même, cuit sur une grande plaque métallique. c’est très dépaysant.

Juchés en haut de la terrasse de notre hôtel comme dans un nid d’aigle, nous admirons pour notre dernier soir les lumières de la ville qui s’endort progressivement. Nous goûtons nos derniers instants canadiens dans un air tiède et calme. Le lendemain nous repartons vers notre quotidien et nos habitudes. Heureusement que l’aventure est tapie dans toute chose et toute situation, n’est-il pas ?



Epilogue

Ainsi s’achève notre grand périple dans l’ouest Canadien. Nous en avons pris plein les yeux, avons vécu le chaud, le froid, le soleil et aussi pas mal de pluie. Nous repartons très en forme après des dizaines de kilomètres à crapahuter sur les rochers. Nos « copains » les ours se sont généreusement montrés sans jamais nous inquiéter (ce qui était une crainte en venant). Partout nous avons été bien reçus. En dehors des sublimes points de vue de notre période montagne, nous avons eu un gros coup de cœur pour l’ambiance sauvage et bout du monde de l’Alaska, ainsi que pour la forêt pluviale et les plages de Pacific Rim. Côté camping, les emplacements au cœur de la forêt primitive de Greenpoint et de Telegraph cove sont inoubliables. Au chapitre des points perfectibles, il y aurait bien la hauteur des montagnes qui nous a obligé à puiser dans nos réserves physiques, ces $* # de moustiques et l’impression globale parfois d’un côté un poil mercantile (si ça se trouve c’est un peu à cause du bois). Encore un immense merci à Grisemote qui une fois de plus a imaginé, conçu et construit étape par étape l’ensemble de cette aventure, avec l’aide incontournable du forum et de ses membres actifs. Ses longues recherches l’on souvent amené à être en décalage horaire bien avant l’heure. Merci également à nos pitchouns (ils grandissent et doivent commencer à assez peu apprécier cette appellation) qui ont été coolissime pour accepter sans (trop) râler les kilomètres à pieds, les heures de voitures, les repas sautés ou pris en dehors des normes, le rythme des 3 C (voir plus haut) et les arrêts toutes les minutes pour prendre des photos. Le monde est vaste et il reste tant de chose à voir … ça au moins, c’est fait !

Gilles, 28 mai 2009 2 heures du mat

Pour finir, quelques données purement pratiques (auxquelles il faudra rajouter les courses et restaus à votre convenance):

Avion : 4872, 35€ (4 adultes , 1 enfant au départ de Paris) Voiture (Alamo avec assurance Gold) : 1923€ Ferry inside passage : 694, 81€ Ferry île de Vancouver – Vancouver (nanaimo – horseshoe bay) : 73, 97€

Activités :

Stampede : spectacle du soir 169, 89€ (246, 75 CAD) + rodéo de l’après-midi 97, 88€ (142, 34CAD) Orques à Telegraph Cove : 467, 25 CAD (299, 03€) Entrée parcs Canada famille : 136, 40 CAD (87, 06€) Cheval Waterton : 250CAD (159, 59€) + pourboire Rando sur glacier : 185 CAD (119, 41€) Canoé lac Maligne : 100CAD (64, 62€) (pour 2 heures) Aquarium Uclulet : 16 CAD Location de vélos à Vancouver : 107, 10CAD (67, 93€) Spectacle danses K’san: 35CAD (10 par adulte, 5 par enfant) Visite guidée du village de K’san : 34, 97CAD (22, 95€) (tarif famille) Randonnée Dinosaur Park : 25 CAD Passage douane américaine : 30 $ (5X6 US$) Entrée parc des glaciers : 25 US$ Bateau Waterton Crypt Lake : 40, 97€ (16 par adulte, 8 par enfant)

Campings :

- Dinosaur : 20$ - Ste Mary (Glacier Park USA) : 23$ (16, 87€) - Fish Creek (Glacier Park USA) : 23$ (16, 87€) - Many glacier: 40$ (2 nuits) - Lacs Waterton : 65, 60 CAD (2 nuits) (41, 86 €) - Greenpoint à Pacific Rim : 100, 80 CAD (4 nuits) (69, 53 €) ( achat du bois : 6 CAD) - Wapiti (Jasper) : 93$ (3 nuits) ( 59, 49€) - Lac Louise (Banff) : 120, 40$ (4 nuits) (78, 16€) - K’san : 17$ - Ruisseau Wilcox (Athabasca) : 15, 70CAD (27, 50 avec permis de feu) - Beaumont Provincial Park : 15 CAD - Meziadin lake : 15 CAD - Telegraph Cove Resort : 24, 15 CAD (16, 15€)

TOTAL CAMPINGS : 377€ (avec les différents permis bois)

Hotels/Motels :

Hotel Calgary : 342, 93€ Hotel Vancouver : 466, 11€ Chambre Motel Glacier Park (Many glacier) : 84, 19€ + 8€(charges) 122$+12, 2$(taxes) (4 personnes) Stewart Mountain Lodge (Granduc room triple) : 268, 94 CAD (2 nuits) (172, 18€) Motel Prince Rupert Pacific Inn : 132, 25CAD (84, 85€) Motel North Shore Inn (Port Hardy):138 CAD (88, 45€)

TOTAL ESSENCE : 475, 06€ (pour 4600 kilomètres)

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De retour de Las Vegas et des parcs nationaux English translation pending
by Angelique77 · 2009-05-02 · 5 replies
J1 : Samedi 11 avril : Départ de Paris (Roissy) à 13H15 (cela fait des heures que nous trépignons à la maison en attendant le grand départ - nous avons la chance d'habiter la région parisienne donc pas trop de trajet pour atteindre l'aéroport) - Escale à Minneapolis quelques 8 heures 45 plus tard (durée initiale de l'escale 1H15 et qui s'est avérée plus longue en fin de compte : environ 2 heures) - Arrivée à Las Vegas à 18H10. Mon oncle nous attendait. Il vit là-bas depuis quelques années. Tout s'est bien passé hormis deux de nos bagages qui se sont égarés à Minneapolis. Les employés chargés du transfert des bagages vers le nouveau vol ont confondu les initiales de Las Vegas (LV) avec les initiales de Los Angeles (LX). Nos valises sont donc allées se promener là-bas sans nous. C'était un peu l'angoisse à l'aéroport. Il nous manquait deux bagages sur quatre (les vêtements des adultes + nos chaussures étaient tous dedans - heureusement ceux des enfants étaient avec nous). Après une attente inutile puis un petit tour au service réclamation pour expliquer notre problème (heureusement qu'une personne bilingue nous accompagnait : mon oncle car les explications à donner et à entendre étaient bien complexes, surtout lorsqu'on n'est pas complètement bilingue et que l'on a qu'une envie, c'est d'aller se coucher !!!), nous avons pris la voiture (de mon oncle) direction son domicile en traversant le strip de nuit (et là, cela a été l'émerveillement : Las Vegas la nuit, à ne pas rater ! Toutes ces lumières de toutes les couleurs partout, c'était superbe. Nous avons reconnu au passage des monuments très connus tels que la Pyramide de Guizeh, la Tour Eiffel, l'Empire State Building... Le rêve commençait...) Mon oncle a une jolie maison dans le nord-ouest de LV où nous avons passé une agréable soirée même si nous avions un mal fou à garder les yeux ouverts. Il habite dans un quartier résidentiel qui m'a fait pensé au feuilleton "Desesperate housewives" sans les habitants qui semblaient se cacher dans leur maison (rues désertes). La nuit a été courte (décalage horaire oblige). Ma nuit était finie à 3H00 du matin et celle du reste de la famille 1H30 plus tard. L'avantage, c'est que nous disposions d'être très longue journée pour pouvoir découvrir LV.

J2 : Dimanche 12 avril : Après un petit déjeuner très matinal et une douche bien méritée, nous nous sommes rendus en voiture (toujours avec mon oncle) à l'aéroport pour récupérer les deux bagages manquants qui étaient revenus de Los Angeles. Nous nous sommes déplacés au lieu d'avoir été livrés car nous ne savions pas où nous allions nous trouver en cours de journée. Ensuite, nous nous sommes rendus à l'entrée (sud) de la ville pour nous prendre en photo devant la célèbre enseigne "welcome Las Vegas" pour immortaliser le moment.

Ensuite, direction notre hôtel (le circus circus) pour pouvoir y laisser nos bagages à la consigne (prise en charge de la chambre qu'à partir de 14H) et récupérer notre voiture de location. L'hôtel est un peu vieillissant, beaucoup moins beau que d'autres mais d'un très bon rapport qualité-prix (34 euros la nuit pour nous 4). Les chambres sont spacieuses, possèdent deux lits Queen (2 personnes) + 1 TV + 1 petit réfrigérateur + 1 commode + 1 petite table + 2 chaises + 1 salle de bain complète (baignoire, lavabo, toilettes, sèche cheveux) + 1 table à repasser. Par contre, il manquait des placards. Nous sommes restés 5 nuits dans cet hôtel. Nous étions dans l'annexe (manors rooms). Au rez de chaussée (pratique nous ballader les bagages), près de la piscine et nous pouvions garer notre voiture juste devant la chambre chaque jour.

Pour ce qui est de la voiture, l'attente a été longue (une bonne 1/2 heure). L'agence n'a pas essayé de nous rajouter d'assurances supplémentaires. Nous avons eu une Dodge avenger. Elle a un look sportif et est très confortable. Nous en avons été très satisfaits. Elle a bien avalé les quelques 2500 kilomètres que nous avons fait. Par contre, elle consommait pas mal mais l'essence n'était pas chère du tout (au mieux : 2, 09 dollars et au pire 2, 39 dollars). Nous sommes passés par elocationsdevoitures.fr pour la louer. Nous avons mis un peu de temps pour nous habituer aux vitesses automatiques et surtout au code de la route local. Nous avons commencé notre périple en nous garant à l'hôtel Luxor (self parking : on se gare tout seul mais c'est gratuit, pas de pourboire à payer contrairement au valet parking). Nous avons visité l'hôtel (thème : l'Egypte) qui est très beau à l'intérieur mais aussi à l'extérieur : on reconnaît la pyramide de Gizeh, le fameux Sphinx devant l'entrée - Il nous a rappelé notre voyage en Egypte fait 2 mois auparavant).

Ensuite, nous nous sommes rendus à pied à l'hôtel Mandalay Bay (thème de l'Asie du sud-est) pour le visiter également. Il est très beau également (encore plus luxueux à l'intérieur). Du Mandalay Bay, nous avons pris une navette (espèce de petit train gratuit) pour revenir sur nos pas et nous rendre à l'hôtel Excalibur, sorte de château du moyen âge. Cela m'a fait pensé à disneyland paris. Je l'ai trouvé moins beau que les deux autres mais tout de même agréable à visiter.

Ensuite, nous avons rejoint, toujours à pied, l'hôtel New-York New-York de l'autre côté de Tropicana Avenue. De l'extérieur, il est superbe : il reproduit des monuments très connus de la ville de New York (Pont de Brooklyn, Empire State Building, statue de la liberté...) et même à l'intérieur, on trouve des rues qui ressemblent vraiment à la ville. Dommage que ce soit un peu sombre. Mon mari et mes enfants ont voulu essayer le roller coaster. Cela leur a plu. Ils m'ont dit qu'il était assez impressionnant mais qu'il ne durait que très peu de temps. Nous avons déjeuné sur place dans un restaurant mexicain pour manger des farritas (très bonnes et très copieuses).

Nous avons ensuite rebroussé chemin vers notre voiture car nous étions déjà au milieu de l'après-midi et mon oncle nous attendait pour 17H chez lui. Nous sommes donc rentrés à l'hôtel pour prendre notre chambre, défaire nos valises, prendre une bonne douche, nous changer et finir la soirée chez mon oncle. Il ne fallait pas que l'on se couche trop tard pour profiter encore d'une longue journée le lendemain.

J3 : Lundi 13 avril : Toujours levés très tôt, nous poursuivons notre découverte de Las Vegas. Direction l'hôtel MGM en voiture mais nous nous garons sur le parking de l'hôtel Tropicana, dont l'architecture ressemble vraiment aux hôtels que l'on trouve aux Antilles.

L'hôtel MGM (thème : le cinéma) quant à lui est un très bel hôtel. Un bâtiment moderne bleu devant lequel se trouve la statue d'un beau lion en bronze. Par contre, je trouve la décoration intérieure moins recherché que certains autres hôtels.

Ensuite, direction la boutique MMs qui est juste à côté pour s'approvisionner en sucreries puis la boutique Coca Cola située également juste à côté. Leur devanture est très sympa. Nous ne rentrons pas dans l'hôtel Monte Carlo qui, d'après ce que j'avais lu avant de partir n'a rien d'extraordinaire. Nous avons déjà passé la matinée et le début d'après-midi à faire voir tout cela (déjeuner sur le pouce sur le strip : un burger king), nous retournons à l'hôtel pour nous changeons car aujourd'hui, c'est le grand jour, nous renouvelons nos voeux de mariage (après 18 ans de mariage) en compagnie de nos enfants (qui n'étaient évidemment pas là le jour J) et de mon oncle (qui n'avait pas pu faire le déplacement en France à l'époque). Nous avons choisi une formule originale pour le faire. Se remarier en compagnie d'Elvis. Pour choisir la bonne chapelle, j'avais fait des recherches sur Internet et je suis tombée sur une petite chapelle (Elvis chapel) qui proposait un package présentant un bon rapport qualité-prix. De plus, les organisateurs sont sérieux, car, suite à ma réservation sur Internet, ils m'ont contactée par téléphone en France pour se mettre d'accord sur les modalités et pour me prévenir du moment où ils prélèveraient mon règlement en CB. Après nous être fait beaux, une limousine blanche (c'est la première fois que je montais dans un tel véhicule) est venue nous chercher devant l'hôtel pour nous amener tous les 6 devant la chapelle. Dans la confusion, nous avons oublié devant l'hôtel un sac à dos contenant l'appareil photo de ma fille, une carte mémoire neuve et des cassettes pour le camescope (nous nous en sommes rendus compte seulement sur le chemin du retour et je vous le donne en mille... Le sac était à la même place à notre retour, dehors tout seul !!! En France, il aurait vite disparu. Je n'en revenais pas. Mais revenons à la cérémonie. Nous avons été accueilli par David, l'organisateur qui fait office à la fois de photographe, metteur en scène et secrétaire pour tous les papiers administratifs. Au passage, à signaler que pour se remarier aucun document officiel n'est demandé. "Elvis m'a demandé de le prendre par le bras et m'a conduite à l'autel" en chantant une chanson. Il m'a également offert un bouquet de mariage (de superbes roses rouges qui ont tenu tout le séjour). C'est peut-être bête mais j'étais très impressionnée de voir ma famille me regarder ainsi et cela m'a rappelé beaucoup de souvenirs. Ensuite, la cérémonie s'est déroulée. "Elvis" nous a demandé à tour de rôle de prononcer nos voeux. Il parlait assez lentement. Donc, nous n'avons pas eu trop de difficultés à répéter les phrases qu'il nous demandait de dire à l'autre. Il a chanté encore deux autres chansons. Ensuite, on nous a offert des paires de lunettes Elvis et nous avons swingué avec lui. La famille est venue nous rejoindre pour fêter cela. C'était super. La cérémonie dure environ une petite demi-heure. A la fin, j'ai laissé mes coordonnées françaises pour que l'on m'envoie le DVD et le CD des photos prises. Lorsque nous sommes rentrés à la maison, le colis était déjà là (très sérieux). Le total nous a coûté environ 400 dollars tout compris, et que de souvenirs... Ensuite, nous sommes rentrés à l'hôtel pour nous changer afin de nous rendre sur le Strip pour finir la soirée. Pour fêter ce petit évènement, nous sommes allés manger au buffet du planet Hollywood (ex : hôtel Aladdin). Il y avait beaucoup de choix et c'était très copieux. Mon oncle m'a expliqué qu'il s'agissait du buffet le mieux noté depuis 3-4 ans sur Las Vegas. C'est vrai, nous n'avons pas été déçus. Il existe une réduction pour les enfants jusqu'à 12 ans. De l'extérieur, l'hôtel n'est pas terrible, par contre, à l'intérieur, il est beau. La galerie marchande est décorée comme si nous étions dans un conte des mille et une nuits. C'est très dépaysant. Puis, nous nous sommes baladés sur le Strip pour admirer les hôtels illuminés : c'est magnifique (même plus beau que le jour). Encore une journée bien remplie et riche en émotions. Nous ne couchons pas trop tard car le lendemain, direction Death Valley

J4 : Mardi 14 avril : Après un rapide petit déjeuner à l'hôtel (j'ai oublié de dire que nous déjeunions dans un petit "resto" situé à l'intérieur de l'hôtel "Barista Bagels and more" pour ne pas trop dépenser et pour gagner du temps. Nous n'avons donc pas essayé le buffet de l'hôtel qui n'était pas bien noté apparemment : je prenais un thé ou un chocolat chaud + un croissant très bon et très ressemblant à ce qui existe en France pour environ 4 dollars), direction Death Valley. Nous avions prévu le panier pique-nique pour le midi de peur de ne pas trouver de quoi se restaurer sur le chemin. Nous sommes passés par le sud de Death Valley : Pahrump puis Shoshone. Nous avons mis environ 2H30 pour arriver à bon port. Le temps n'est pas terrible. Il fait gris et pas très chaud. Nous espérons que le soleil va montrer son nez pour qu'on puisse apprécier davantage les paysages. Le GPS nous a beaucoup rendu service mais pas toujours. En effet, par moment, il voulait nous faire changer de direction au milieu de nulle part. Il nous a fait emprunter un espèce de chemin de terre au milieu de rien. Nous avons fini par faire demi-tour car nous étions au milieu du désert, sans rien autour de nous. Nous avons perdu ainsi une bonne demi-heure mais nous avons bien rigolé. Une fois la route retrouvée, nous sommes d'abord allés Badwater qui est le point le plus bas des USA en dessous de la mer (- 86 m). C'est une sorte d'étendue de sel à perte de vue près d'un petit point d'eau. Ensuite, arrêt à Devils Golf Course qui est une plaine recouverte de sel qui s'étend à perte de vue. Puis, nous avons emprunté la route d'Artists Drive qui est une route sinueuse au milieu des montagnes en sens unique sur environ 8 kms pour admirer les Artists Palette qui sont des roches multicolores (on y trouve du blanc, beige, gris, bleu, rose). C'est assez étonnant (dommage que le soleil ne soit pas là car cela aurait été encore plus beau).



Puis, nous avons pris la direction de Furnace Creek pour faire une pause et nous rafraîchir (il s'agit d'une espèce de village très verdoyant au milieu de rien avec un camping, un general store, une poste, un musée et un bel hôtel en retrait. Le visitor center du parc se situe ici également). Le soleil a enfin montré son nez et le vent aussi... Je n'ai jamais vu un vent aussi brûlant et violent. On tenait à peine debout.

Nous avons ensuite repris la route direction Zabriskie Point (très beau point de vue sur des collines dentelées dont les couleurs sont pastelles - c'est d'ailleurs ce que j'ai trouvé de plus beau). Nous aurions pu continuer plus au nord pour voir les sand dunes et je ne sais plus quel château mais cela nous demandait de faire encore beaucoup de kilomètres et les enfants en avaient assez. Des pierres, toujours des pierres (heureusement qu'ils étaient équipés de consoles de jeux et autres lecteurs vidéos pour passer le temps. Cela nous a permet de visiter tranquillement les différents sites qui nous intéressaient). Pour finir, direction Dantes View qui donne sur un cul de sac (21 kms à parcourir avant d'y parvenir). Nous arrivons sur les hauteurs de Death valley avec une belle vue sur toute la vallée. C'était joli mais toujours très venteux. Nous avons fait ensuite demi-tour pour reprendre la route de Las Vegas car nous étions attendus le soir chez mon oncle pour fêter mon anniversaire (40 ans). Il y a pire endroit pour célébrer un tel évènement. Avec le recul, c'est l'endroit que nous avons le moins préféré de tout notre voyage. Mais je pense que le manque de clarté dû au temps n'a pas mis en valeur les sites. De plus, nous n'avons pas eu l'occasion de les voir au lever ou au coucher du soleil puisque nous avons été sur place de 10H45 à peu près à 17H00. Encore une journée bien chargée. Demain, nous reprenons la visite des hôtels sur Las Vegas. Nous avons appris que lors de cette journée, le temps sur LV avait été tout aussi triste mais là-bas, le soleil n'a même pas pointé son nez et il a même plu (gros orage).

J5 : Mercredi 15 avril : Aujourd'hui, nous restons sur Las Vegas et nous avons pour objectif de visiter le reste des hôtels. Le temps est mitigé, gris le matin mais le soleil finit par se lever. Il fait frais toute la journée malgré tout. Après un rapide petit déjeuner à l'hôtel, direction l'hôtel Paris-Las Vegas. Il est très beau. A l'extérieur, de nombreux monuments de Paris sont reproduits : la Tour Eiffel, l'Arc de Triomphe, l'hôtel de ville... Et à l'intérieur, il est tout aussi beau. La galerie marchande reproduit des rues de Paris (enfin un peu plus kitch qu'en réalité tout de même). Même chose que d'habitude : on se gare dans un hôtel et ensuite on circule à pied. Ensuite, on traverse le Strip pour rejoindre le Bellagio (thème : l'Italie). Il n'est pas très impressionnant de l'extérieur mais il est très beau à l'intérieur. Il y a un immense jardin avec des fleurs de toutes les couleurs (surtout des tulipes) et une petite cabine qui abrite de superbes papillons. C'est super joli. A côté du Bellagio, se trouve le fameux Caesar Palace (thème : Rome antique), très impressionnant. C'est ici que chantait Céline Dion. Elle a été maintenant remplacée par Elton John mais aussi Cher et Bette Midler. On y trouve des statues romaines et de superbes fontaines un peu partout et le centre commercial qui se trouve à l'intérieur est très grand (Forum Shops) et abrite surtout des boutiques de luxe (hors de portée de notre bourse). Nous avons quand même investi (ou plutôt notre fils) dans une console de jeu de poche de chez Sony et dans un ITOUCH chez Apple. En gros, on paie le prix en euros et en dollar est le même (donc on économise le change : environ 30 %). Nous avons fait ensuite une pause déjeuner en mangeant Mac Do (pas terrible, c'est mieux en France mais ici, c'est un peu moins cher) pour reprendre des forces avant de repartir à la conquête des hôtels. Cette fois-ci, nous reprenons la voiture pour nous garer au Venitian et nous poursuivons notre périple. Cet hôtel est magnifique. C'est un de mes préférés. Il est aussi beau de l'intérieur que de l'extérieur. Il est orné de grandes fresques italiennes et un long canal le traverse. Il est possible de faire une promenade en gondoles avec en prime un gondolier qui vous chante la sérénade. C'est super romantique. On reconnaît le pont des soupirs, la place St Marc, le palais des Doges... Nous sommes allés ensuite au Wynn (pas de thème particulier). Apparemment, il s'agit de l'hôtel le plus cher de Las Vegas mais moi, il m'a déçu. Je l'ai trouvé moins beau (de l'intérieur comme de l'extérieur) que le Paris ou le Venetian (question de goût). Par contre, là, inutile de penser y faire ses achats (que du luxe partout). Nous avons ensuite rejoint le Treasure Island (thème : les pirates), qui, à part le bateau pirate à l'entrée, n'est pas très original. Je voulais assister au spectacle du soir (avec les sirènes) mais nous n'avons pas eu le temps de le voir au cours de notre séjour. Peut-être une autre fois ! Nous sommes ensuite revenus sur nos pas pour aller voir le Mirage (thème : les tropiques). De l'extérieur, je ne le trouve pas extraordinaire (par contre, il est entouré de superbes jardins tropicaux avec des cascades), à l'intérieur, il est assez chic. Par contre, il abrite le Siegfried and Roy secret garden (espèce de zoo) que nous visiterons plus tard. Harrassés de fatigue, nous rejoignons notre voiture pour rentrer à l'hôtel. Pour l'heure du dîner, nous nous rendons à l'hôtel Flamingo pour goûter à leur buffet. Il était bien mais moins de variétés qu'au planet hollywood (par contre, du choix dans les plats japonais et chinois). L'originalité de cet hôtel est qu'il abrite une colonie de flamands roses dans un jardin exotique. Retour à l'hôtel pour un gros dodo bien mérité.

J6 : Jeudi 16 avril : Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. J'ai 40 ans. Super endroit pour fêter son anniversaire. Je suis super contente. C'est notre dernier jour à Las Vegas avant de partir à la découverte des parcs nationaux. Le temps est encore frais mais le soleil est au rendez-vous dès le matin. Nous décidons de passer notre matinée à dépenser de l'argent dans les outlets. Nous allons à celui situé dans le Nord de Las Vegas : Las Vegas Premium outlets. Il n'est qu'à quelques kilomètres de l'hôtel. Un grand parking extérieur se situe devant le centre commercial. Ce dernier est en plein air. Il comprend des allées et de chaque côté des boutiques aux enseignes très célèbres : Adidas, Nike, Banana Republic, Guess, Lacoste, Timberland, Dolce et Gabbana, Levi's strauss, Ed Hardi, Izod, Gap, Esprit... En tout, environ 150 boutiques Il y a beaucoup de choix et les prix sont vraiment intéressants. J'ai même trouvé des crèmes de jour de marque "clinique" à 31 dollars alors qu'elles étaient en ville à 50 dollars. Chez Adidas, nous avons eu 30 % de réduction + 35 euros de réduction pour des achats de 125 dollars. J'en ai eu pour un peu plus de 50 dollars. Je n'en revenais pas. Je me suis achetée un sac Guess pour 54 euros et encore bien d'autres choses (polo Lacoste à 55 dollars, Vans à 30 euros...). Nous avons déjeuné sur place dans une espèce de caféteria qui propose des stands de nourriture assez différente : chinoise; mexicaine, hamburger, pizza...). Ce n'était pas terrible mais bon... C'était l'histoire de se remplir un peu l'estomac. Sur le chemin du retour (coffre plein de sacs et carte bancaire qui a sacrément chauffé), nous nous sommes arrêtés à la Stratosphère pour monter au sommet et avoir un panorama de Las Vegas. C'était assez impressionnant. Moi je me suis contentée d'admirer le paysage et de prendre des photos mais mon mari et mes enfants ont voulu essayer une des trois attractions situées sur le toit. Une des trois était fermée (insanity the ride) car il y avait trop de vent. Ils n'ont pas osé essayer X scream, espèce de navette qui se propulse dans le vide. Ils ont seulement essayé Big shot, une espèce de manège qui vous propulse en l'air et retombe tout aussi vite, à 275 m d'altitude. C'était impressionnant et très court d'après leurs dires.



Après ce moment de "frayeur", nous avons fait un dernier arrêt au centre commercial Fashion Mall pour trouver des jeux vidéos pour notre fils (pour sa console portable). En effet, il n'existe pas beaucoup de magasins vendant des jeux vidéos à Las Vegas. Dans le centre commercial, il existe l'équivalent d'un micromania. Les jeux sont également moins chers qu'en France. Environ 35 euros neufs. C'est quasiment la seule chose que nous avons achetée là-bas car les prix ne sont évidemment pas aussi intéressants que dans les outlets. Nous sommes ensuite rentrés à l'hôtel pour nous reposer un peu (je ne vous raconte pas l'état de nos pieds !). Pour fêter mon anniversaire, nous voulions aller diner au buffet du Bellagio mais il y avait un monde fou. Donc, nous nous sommes rabattus sur le buffet du Treasure Island qui n'est pas mal mais qui ne présente pas le même choix qu'au Planet Hollywood. Pour finir la soirée, nous sommes allés faire un tour dans le vieux Las Vegas, à Fremont Street. J'ai adoré l'ambiance. Tout est très Kitch. La décoration des hôtels est très rétro. Nous assistons à la Fremont street experience. Il s'agit d'une zone piétonne recouverte d'une immense arche métallique parsemée de millions de petites lumières. Un spectacle son et lumières est proposé toutes les heures le soir. C'était super original. J'ai beaucoup aimé. Après une très grosse journée, nous sommes enfin rentrés à l'hôtel pour préparer nos bagages et enfin nous coucher. L'avantage de connaître quelqu'un sur place est que nous avons pu lui laisser une partie de nos bagages pour éviter de trop charger la voiture pour notre périple de 5 jours.

J7 : Vendredi 17 avril : Aujourd'hui, une longue route nous attend. Mais pour la faire passer plus facilement, nous ferons quelques arrêts photos et visites. Il fait très beau, encore un peu frais mais pas un nuage dans le ciel. La journée va être chaude. Le beau temps est enfin de retour. Après avoir procédé aux démarches administratives (check out) pour quitter l'hôtel (cela va bien plus vite que d'y entrer), direction le sud de Las Vegas pour aller visiter Ethel Chocolate Factory et Cactus Garden qui se trouve juste à côté. La chocolaterie (marque qui fabrique les Mars et les Mms entre autre) est surtout un lieu pour vendre. On nous montre des cuves et quelques personnes emballent les produits (aucun commentaire et la visite se fait en moins de 10 mn). Pour ce qui est du chocolat, il est vendu le même prix qu'en ville. C'est un attrape-touriste. Par contre, le jardin de cactus situé juste à côté est très beau. On y trouve des milliers de cactus différents. L'accès à ces deux endroits est gratuit. Un grand parking est situé devant (gratuit aussi). Ensuite, nous avons pris la voiture direction Boulder City. C'est une très jolie petite bourgade résidentielle. Le centre ville est super typique avec des devantures style western. L'église est adorable avec ses couleurs flashy. Il y a aussi de grands espaces verts. L'ambiance est d'un calme. On a l'impression de se retrouver dans un endroit où le temps s'est arrêté. Pas de bruit de voitures, pas de cri, pas de foule... On dirait qu'il ne s'y passe jamais rien. Nous nous sommes arrêtés sur un parking pour prendre des photos de la mairie, du commissariat... Une voiture de police a ralenti près de nous. Je pensais qu'on allait nous demander ce que l'on faisait. Eh bien non. Le policier nous a juste salué et souhaité une bonne journée. Du jamais vu !!! J'ai ensuite aperçu la poste dans laquelle je me suis précipitée pour acheter des timbres et envoyer les cartes postales que j'avais déjà écrites. A Las Vegas, c'est une vraie galère pour en trouver (des timbres). Les commerçants qui vendent des cartes postales, ne vendent pas de timbres ou alors le double de leur valeur (pour la France, c'est 94 cents). J'ai pris un stock complet pour couvrir tout le séjour.

Nous avons ensuite repris la voiture direction Lake Mead. Nous savons que nous ne pouvons y rester que quelques minutes car il nous reste encore beaucoup de choses à voir et de route à faire. C'est ici que nous achetons le pass "america the beautiful" à 80 dollars car nous avons plusieurs parcs à visiter. Nous nous dirigeons ensuite vers la Marina. La vue est très jolie mais sans plus (ce que nous ferons au lac powell est beaucoup plus impressionnant).

C'est à l'entrée du Lac Mead que nous achetons le Hoover Dam, le fameux barrage qui est à la limite du Nevada et de l'Arizona. Par contre, l'entrée sur ce site est très longue (embouteillages) par il est nécessaire de le traverser pour rejoindre l'autoroute US 93 qui nous mènera vers le Grand Canyon. Nous décidons de nous garer dans un parking (payant = 7 dollars - Eh oui, c'est fini les parkings gratuits) et nous allons voir de plus près à quoi ressemble cet édifice. C'est très impressionnant. On imagine ce qui se passerait s'il s'effrondrait. Ce serait une vraie catastrophe pour toute la vallée. Il est super surveillé (on se doute de la raison de cette attention particulière !!!). Nous avons également déjeuné sur place car nous n'étions pas sûrs de trouver de quoi se restaurer ensuite. Il faisait très très chaud. Comme sur tous les endroits touristiques, la nourriture n'était pas terrible et pas donnée.

Nous reprenons ensuite la route direction Kingman. Nous faisons plus de 100 kms sans voir aucune commune, village. La route est très belle, en très bon état. Aucun péage sur les autoroutes ! Il y a pas mal de camions sur la route mais la circulation est très fluide. Nous ne nous arrêtons pas à Kingman (pas le temps) car nous préférons faire une halte un peu plus loin à Seligman (plus de 100 kms plus loin). Seligman (ex route 66) se résume à une espèce de grande route. De chaque côté, on y trouve des hôtels, stations service, boutiques mais très typiques. Devant celles-ci se trouvent de vieux véhicules des années 50-60, des mannequins... Je ne regrette pas cet arrêt. On a l'impression d'avoir changé d'époque. Nous nous sommes arrêtés pour prendre des photos, évidemment et pour voir l'intérieur de ces endroits. J'y ai bu un bon chocolat chaud (il était délicieux : avec de la crème chantilly dessus. Un vrai régal pour seulement 1, 50 dollar). Le temps s'est fortement rafraîchi. On sent qu'on s'éloigne de la chaleur du Nevada. J'entame la conversation avec la commerçante (très chaleureuse comme tous les commerçants que nous avons croisés. Nous devrions suivre leur exemple, car notre accueil, en France, est loin de leur arriver à la cheville !!!) qui m'explique qu'il y a deux jours, il neigeait au grand canyon et qu'il y avait tellement de vent, que les touristes n'avaient pas pu prendre de photos des sites à voir. Nous avons eu une chance folle d'avoir échappé à cela car nous avons eu un temps magnifique. Pour la dernière fois, nous avons repris la route direction le Grand Canyon mais sans aucun arrêt cette fois (il nous restait encore environ 160 kms à faire). Nous sommes passés à Williams et bien plus tard à Tusayan (ici, nous savions que l'arrivée était très proche). Nous atteignons enfin l'entrée sud du grand canyon : il est 18H00. Nous présentons notre pass au ranger pour pénétrer dans le parc. Ensuite, nous nous dirigeons vers Mather point, un beau point de vue. C'est superbe, le soleil commence à décliner. Les couleurs sont orangeâtres. C'est magnifique. On resterait là des heures. Par contre, il fait très froid. Nous nous précipitons dans le coffre de la voiture pour aller chercher des blousons chauds. Nous restons encore là quelques minutes pour ensuite nous diriger vers notre hôtel : le Maswick Lodge. C'est un des hôtels les moins chers du site mais correct malgré tout. Nous avons un peu de mal à le trouver mais on finit par le repérer. Une fois les démarches faites à l'accueil (qui se résument à montrer mon voucher imprimé sur Internet, mon passeport et ma carte bancaire), nous nous dirigeons vers notre chambre. Il n'y a pas de clim, mais vu la température extérieure, elle n'est vraiment pas nécessaire. Par contre, dans la chambre, il fait assez frais. Nous mettons donc tout de suite le chauffage. Les chambres sont propres. Après avoir repéré les lieux, nous allons diner à la cafétaria de l'hôtel (nous voulions aller diner dans un autre hôtel mais l'attente était d'environ une heure : Eh oui, nous étions à l'approche du week-end et les américains étaient là aussi). La nourriture n'était pas top mais bon ! Ensuite, direction la chambre pour passer une bonne nuit afin de récupérer de cette grosse journée.

J8 : Samedi 18 avril : Une belle journée s'annonce : il fait très beau bien que très frais (il a gelé cette nuit et nous avons dû gratter un peu la voiture). Après un rapide petit déjeuner à la cafétaria de l'hôtel, puis le rangement de nos bagages dans la voiture, puis le check out à l'accueil de l'hôtel, nous nous dirigeons en voiture vers le parking situé en face du visitor center pour aller prendre la navette verte. Après quelques minutes d'attente, la voici. Deux arrêts sont prévus : Pipe Creek vista et Yaki Point. Nous nous arrêtons aux deux. Les navettes passent plus souvent que prévu (sûrement à cause du week-end : plus grande fréquentation du parc) c'est-à-dire toutes les 8 à 10 mn au lieu de 15. Les points de vue sont magnifiques, toute cette immensité à perte de vue et un silence. On se croirait seul au monde. Nous avons fait ensuite chemin inverse pour revenir au visitor center, nous avons repris la voiture direction l'arrêt village route transfer pour attraper la navette rouge. Nous avons réussi à nous garer à proximité et là, nous avons vu qu'il y avait beaucoup plus de monde. La navette est très vite arrivée (elles étaient plusieurs l'une derrière l'autre) et nous avons décidé de ne pas faire tous les arrêts (il y en a 8 en tout). Nous nous sommes arrêtés à Trailview overlook, Powell Point, Hopi Point, Mohave Point et le terminus Hermits Rest. Les paysages finissent par beaucoup se ressembler mais cela reste vraiment à voir. Je ne sais plus sur quel point de vue, on aperçoit en contrebas le colorado. Pour faire tout cela, nous avons mis une bonne matinée puisque nous avons fini de faire le tour vers 13H. Nous aurions pu rester bien plus longtemps et faire éventuellement une randonnée mais un long chemin nous attendait pour nous rendre à Monument Valley et les enfants commençaient à s'impatienter. Nous avons donc fait demi-tour pour rejoindre notre voiture et nous avons rejoint la sortie est du parc. Tout le long du chemin, il y a encore beaucoup de points de vue où il est possible de s'arrêter (en voiture cette fois) sur environ 20 kms avant de quitter le parc. A la sortie du parc, nous avons pris la direction Desert View puis Cameron (70 kms). A Cameron, nous avons fait une halte au Trading Post pour déjeuner. Nous avons mangé Mexicain. C'était un peu étrange comme goût et comme consistance. Mais bon, c'était peut-être du mexicain à la mode Navajo (c'est le début de leur territoire). Le trading post est une espèce de piège à touristes (grand magasin de souvenirs) mais la pause était malgré tout agréable. Nous en avons profité aussi pour faire le plein de la voiture et pour acheter un petit tableau navajo et une petite poterie navajo (les deux signés de leur auteur). Nous avons ensuite repris la route direction Marble Canyon puis Kayenta (160 kms). En approchant de Kayenta, les décors de western se dessinent progressivement à l'horizon. On se croirait dans un vrai film. Nous faisons de petites haltes au bord de la route de temps en temps pour prendre des photos. En cours de route, nous avançons les montres d'une heure car nous changeons d'Etat (Utah). Kayenta est une espèce de route bordée d'hôtels et de restaurants. Ce n'est pas terrible ! Je suis contente de ne pas avoir choisi de logement ici (ce que je voulais faire au départ car c'était bien moins cher qu'à Monument Valley mais ce n'est vraiment pas joli). Nous poursuivons donc notre route pour Monument Valley pendant environ 40 petits kilomètres. Mais au lieu d'aller vers le parc, nous nous dirigeons vers notre hôtel : le Goulding Lodge. Il n'est pas si joli que cela de l'extérieur mais la vue que l'on a de la chambre est vraiment inoubliable. Nous ne regrettons vraiment pas notre choix. Après avoir procédé aux modalités de check in, nous découvrons notre chambre située au 1er étage et qui donne directement sur Monument Valley. C'est magnifique. A proximité, il y a un petit supermarché, une station service et un camping. C'est ici que nous avons payé le plus cher notre chambre (120 euros la nuit mais cela en vaut la peine). Nous sommes à une heure du coucher du soleil. En attendant celui-ci, nous décidons d'aller visiter le petit musée de l'hôtel qui rend hommage à John Ford et aux westerns qui ont été tournés dans le coin (il y a de nombreuses photos de tournage, des objets...). L'accès est gratuit. Une contribution est juste suggérée à l'entrée. Ensuite, nous sortons pour prendre des photos du coucher du soleil : encore une superbe vue. Puis, nous nous dirigeons vers le restaurant de l'hôtel pour dîner (ce n'est pas terrible mais pas donné par bon !). Nous finissons par nous rendre à la partie boutique de l'hôtel (trading post) où une jeune vendeuse navajo nous fait une démonstration de flûte indienne. C'était tellement mélodieux. Mais nous décidons de ne pas investir dans un tel objet car nous n'arriverons jamais à reproduire les mêmes sons qu'elle. Nous achetons des cartes postales (envoi possible de l'hôtel) et un magnet (j'en ai acheté un à chacune de nos étapes) que je collerai sur notre frigo au retour. Il est maintenant temps d'aller dormir car la journée a été encore une fois bien remplie.

J9 : Dimanche 19 avril : Je me réveille avec le lever du soleil. J'en profite pour saisir mon appareil photo, aller sur la terrasse de la chambre et immortaliser le moment. Tout le monde dort encore dans la chambre et je profite seule du spectacle. Après que tout le monde soit réveillé, nous prenons notre petit déjeuner à l'hôtel (pas donné mais je pense qu'on paie le lieu), nous mettons nos bagages dans la voiture, procédons au check out, direction l'entrée de Monument Valley. Nous payons l'entrée 5 dollars par personne (enfants compris) et là, c'est franchement mal indiqué. Il y a des travaux dûs à la construction du nouvel hôtel The View. De l'extérieur, il ne me semble pas plus beau que l'autre mais nous n'avons pas vu l'intérieur. Par contre, les chambres donnent directement sur Monument Valley. Mais pour l'instant, le repérage extérieur est un vrai chantier. Le visitor center est accolé à l'hôtel. Nous finissons par trouver l'entrée de la scenic drive (après avoir tourné en rond un bon moment). Il y a en tout 11 arrêts photos à faire dont le plus connu le John Ford's Point dont la vue est célèbre car on la retrouve dans beaucoup de westerns. On se croirait vraiment dans un film. Cela nous rappelle de bons souvenirs de gosse quand nous regardions ces vieux films à la télé. Un navajo d'un certain âge chevauche d'ailleurs un cheval à cet endroit et nous permet de le photographier et même de monter sur son cheval pour 1 dollar. Ce que nous nous empressons de faire. Le temps est encore magnifique. Un peu de fraîcheur le matin mais ensuite la chaleur s'installe.



Le chemin à emprunter tout au long du circuit est une piste en terre battue mais n'importe quelle berline peut l'emprunter. Il n'est pas indispensable d'avoir un 4X4. Nous finissons tranquillement le circuit. Nous mettrons environ deux bonnes heures pour faire le tour. A la sortie du parc, nous revenons sur nos pas (en repasse par Kayenta) direction Page pour aller voir le Lake Powell (220 kms). Sur le chemin, nous changeons à nouveau d'heure (on recule d'une heure). Au fur et à mesure de notre avancée, les paysages changent tout doucement. A l'heure du déjeuner, nous arrivons près d'Antelope Canyon. Au départ, nous avions prévu d'aller le visiter le lendemain matin mais étant donné que nous sommes sur place vers 12H30, nous tentons notre chance. Nous choisissons d'aller voir Upper Antelope. Nous achetons les billets (6 dollars pour le parking + 20 ou 25 dollars je crois par adulte + 10 dollars pour notre fils de 12 ans). C'est assez cher et il n'est pas possible de payer en CB. Le départ, en espèce de 4X4, est prévu pour 13H. Le trajet pour se rendre vers le canyon dure environ 10 mn. Nous descendons ensuite du "camion" pour pénétrer dans le canyon. Il fait assez sombre mais par endroit le soleil passe entre les roches. C'est très beau. Ces dernières prennent une couleur ocre et ce qui est très étrange c'est que lorsqu'on les prend en photo, c'est encore plus beau. Les couleurs sont encore plus belles. C'est vraiment à voir. Par contre, nous ne verrons pas le faisceau de lumière qui pointe son nez vers 11H30 car je pense que nous sommes arrivés trop tard. Par contre, notre guide navajo nous montre à quel endroit prendre les plus belles photos et à un certain endroit lance du sable en l'air car cela fait un super effet sur les photos. La visite dure une petite heure.



Nous faisons ensuite le chemin inverse pour regagner notre voiture. Nous commençons à être affamés mais avant d'apaiser notre faim, nous décidons de nous rendre à notre logement pour être tranquille. Direction Page à environ 10 kms d'Antelope Canyon. J'ai trouvé les coordonnées de notre logement dans le guide du routard. Il s'agit d'un motel : le Basful Bob's Motel. Il est tenu par un vieux monsieur très gentil qui a réhabilité des anciens logements d'ouvriers qui ont travaillé à la construction du lac il y a de nombreuses années. J'avais réservé par Internet sur son site. Il s'agit en fait de petits appartements. C'est très bien et très spacieux. L'appartement comprend un séjour avec télé, une cuisine américaine équipée (frigo, micro-onde, gaz, vaisselle...), deux chambres et une salle de bains avec WC. Il y a même à l'arrière un petit jardin avec un barbecue, tout cela pour la modique somme de 50 dollars TTC pour nous 4 (paiement en espèces seulement). Les meubles sont un peu défraîchis mais qu'importe, c'est vraiment très bien. Après avoir laissé nos bagages dans l'appartement, nous reprenons la voiture pour trouver de quoi se restaurer. Les enfants avaient repéré un king burger à notre arrivée à Page. Donc, nous nous y rendons pour pouvoir enfin nous rassasier (il est plus de 15H). Après ce repas, nous reprenons la voiture direction Wahweap Marina (pass à présenter pour y pénétrer) car nous avons prévu de faire une ballade en bateau d'1H30 sur le Lake Powell qui s'appelle Antelope Canyon. Avant de partir, j'avais repéré sur Internet que la croisière avait lieu à 16H15. Il faut acheter les billets dans l'hôtel Lake Powell Resort, à la réception (c'est encore, là aussi assez cher : 102 dollars HT pour nous 4). Nous prenons place à bord d'un bateau à deux niveaux : en bas, on est enfermé et en haut, on est à ciel ouvert. Nous avons opté pour la 2ème solution pour pouvoir profiter du beau temps et surtout pour pouvoir faire de belles photos.

Et là encore le spectacle est de toute beauté. Il y a des commentaires en anglais. On ne comprend pas tout mais qu'importe, nos yeux font le reste. La ballade est très agréable et nous repose. Nous navigeons au milieu de canyons et nous apercevons au loin le Glen Canyon Dam (barrage) que nous irons voir après la ballade en bateau. Cette promenade dure environ 1H30. A notre retour sur la terre ferme, nous reprenons à nouveau notre voiture et sur le chemin, nous nous arrêtons voir le fameux barrage. Je le trouve moins impressionnant que le Hoover Dam. Nous rentrons ensuite à notre appartement car nous sommes épuisés. Nous nous délassons enfin avant d'aller diner. A l'heure du diner, nous demandons au propriétaire des lieux de nous indiquer une bonne adresse de steak house (nous sommes en train de faire une overdose de hamburgers et de tacos). Il nous indique un endroit pas très éloigné de là. Nous nous y rendons et commandons tous un magnifique steak avec pomme de terre au four. La viande est délicieuse. Nous nous régalons. Puis nous retournons au motel pour nous coucher après une très très longue journée encore bien remplie. Au préalable, nous regardons à la télé l'élection de miss america qui a lieu en direct de Las Vegas.

J10 : Lundi 20 avril : Ce matin, la famille a décidé de faire la grasse matinée. Moi, non. J'ai repéré la veille, à quelques centaines de mètres du motel, une laverie automatique. Je m'y rends en voiture et je demande quelques explications aux gens qui attendent leur linge car le système est un peu différent du nôtre. Déjà, il faut une quantité phénoménale de pièces de 25 cents. Heureusement, il existe sur place des distributeurs automatiques de pièces. Ensuite, on choisit sa machine, on y met son linge + de la lessive (achetée sur place 75 cents) à l'endroit approprié + on choisit son programme et hop c'est parti pour 40 mn. Pendant ce temps, j'ai bouquiné et j'ai entamé la conversation avec une dame qui m'a demandé d'où je venais et ce que nous avions déjà visité. Ensuite, j'ai mis le linge à sécher pendant environ 1/2 heure. Voilà une corvée en moins. De retour au motel, tout le monde est levé et prend son petit déjeuner. Une fois tout le monde prêt, nous allons saluer Bob, le propriétaire et nous quittons les lieux direction Horseshoe Bend (le Colorado s'enroule autour d'un piton rocheux). C'est à quelques kilomètres à la sortie de Page. Nous laissons notre voiture sur un parking et entamons une marche d'environ 15 à 20 mn. Cela grimpe dur et de temps en temps le chemin redevient plat. Il fait très beau et la température commence à chauffer. Nous croisons quelques touristes. En chemin, nous tombons nez à nez avec un petit serpent. Je ne sais pas s'il est dangereux et on ne cherchera pas à savoir. Nous avons pris le temps malgré tout de le suivre et de le photographier. Nous reprenons ensuite notre route pour arriver enfin à destination. C'est magnifique et le colorado est d'un bleu ! Il a même des reflets verts. Par contre, il faut faire très attention de ne pas trop s'approcher du bord de la falaise car le secteur n'est pas du tout sécurisé. Après avoir pris quelques photos et exploré les environs, nous faisons demi-tour pour reprendre la voiture direction Bryce Canyon. Mais avant de quitter Page, nous nous arrêtons à Lone Rock (besoin du pass pour y accéder). C'est un rocher planté au milieu du Lake Powell près d'une petite plage. Nous le prenons en photo. Apparemment, l'été, il y a beaucoup de monde ici. Les gens viennent nager et se rafraîchir. Nous reprenons la route US 89 direction Big Water puis Kanab... Avant d'arriver à Panguitch, nous prenons la route UT 12 puis UT 63 direction Bryce Canyon (environ 250 kms). Nous revoilà dans l'Utah. Nous changeons à nouveau d'heure (nous avançons nos montres d'une heure). Quelques kilomètres avant d'arriver à destination, nous faisons un arrêt photo à Fairyland Point. Les roches sont toutes rouges, c'est vraiment impressionnant. Il existe un parc appelé Red Canyon quelques kilomètres avant Bryce. Nous ne l'avons pas visité mais nous avons pris des photos de l'extérieur. Ces roches constrastent avec le bleu du ciel. Un délice pour les yeux. Nous décidons de nous arrêter tout de suite à notre hôtel : le Best Western Ruby's Inn pour prendre possession de notre chambre pour être tranquilles. Il est assez joli de l'extérieur (style chalet en plus grand) et chaleureux à l'intérieur. Nous logeons dans un des bâtiments annexes. La chambre est assez spacieuse et assez semblable à celles que nous avons déjà eu : 2 lits queen, une télé, une petite table et deux chaises, un nécessaire à café et une salle de bains. Dans l'hôtel, il y a une petite supérette, une station service, une piscine intérieure, un magasin de souvenirs. En face de l'hôtel, il y a une série de petits magasins fermés style western, c'est très typique. Après quelques minutes de repos, nous reprenons la voiture direction Bryce Canyon (3 kms). Nous montrons notre pass, le ranger nous donne la carte du parc et nous commençons notre ballade. Nous savons que nous ne ferons pas tout aujourd'hui car il est déjà presque 17H. Nous avons une heure et demi devant nous pour profiter du soleil (en effet, sans soleil, le décor n'est plus du tout le même. Les couleurs sont fades et c'est bien moins spectaculaire). En chemin, nous tombons nez à nez avec des biches ou cerfs, je ne sais pas trop. Elles sont à quelques mètres de nous et n'ont pas l'air d'être effrayées. Nous commençons par Sunrise Point et ensuite Sunset Point. C'est très beau, immense, difficile à expliquer. Il reste encore de la neige à certains endroits. Il a neigé il y a quelques jours alors que là, nous sommes en tee-shirt. Pour accéder aux points de vue, il faut laisser la voiture au parking et marcher un peu mais cela vaut vraiment le coup d'oeil. Nous poursuivrons ensuite avec Inspiration point, Paria view, Bryce Point, Swamp Canyon, Whiteman Bench, Fairview point et Natural bridge. Nous nous arrêterons là car le soleil commence à décliner et les sites ne sont plus aussi beaux. Nous croisons très peu de voitures sur la route. Le parc nous semble beaucoup moins fréquenté que celui du grand canyon. Mais il est aussi plus étendu. Il monte à plus de 2000 mètres d'altitude. Nous rebroussons chemin et nous décidons de revenir le lendemain matin pour voir la fin du parc. Nous quittons le parc pour retourner à l'hôtel pour découvrir ses environs. Vers 20 H, nous nous rendons à un steak house situé à quelques kilomètres avant l'hôtel que nous avions repéré en arrivant. Nous prenons un beau pavé de boeuf bien tendre accompagné d'une pomme de terre au four et de crevette fries. C'est divin. Enfin, nous rentrons à l'hôtel pour dormir. Encore une journée bien remplie !

J11 : Mardi 21 avril : Après une bonne nuit, nous prenons notre petit déjeuner à l'hôtel. Nous nous sommes entendus avec les enfants la veille. Ils en avaient un peu assez des pierres. Ces derniers préfèrent rester dans la chambre à se reposer et à regarder la télé. La grande doit veiller à ce que tout se passe bien (et tout s'est bien passé !). Elle a tout de même presque 17 ans. Pendant ce temps, nous retournons pendant 2 heures au parc pour finir notre visite. Nous souhaitons retourner au premier point de vue : Sunrise Point pour découvrir encore d'autres couleurs. C'est bien plus lumineux que la veille et nous sautons ensuite les points de vue que nous avions vu la veille. Nous reprenons nos arrêts à partir de Natural Bridge qui était un peu dans l'ombre et qui aujourd'hui est magnifique. Ensuite, nous faisons de nouveaux arrêts à Agua Canyon, Ponderosa Canyon et son fameux hoodoo, Rainbows point et Yovimpa Point (2700 m d'altitude. On y voit à plus de 120 kilomètres). C'est vraiment le parc que j'ai préféré. Je l'ai trouvé vraiment inoubliable. Il est magnifique. Le beau temps y a été aussi pour quelque chose et les trainées de neige ici et là ont ajouté leur charme.

Peu avant 11H, nous avons fait demi-tour pour rejoindre les enfants afin de quitter la chambre (heure limite pour le faire). Arrivés sur place, ils étaient déjà prêts (un vrai miracle et avaient rangé leurs affaires). Il ne nous restait plus qu'à ranger les bagages dans la voiture, procéder au check out à la réception et reprendre notre route direction Zion Park. Sur notre route, nous traversons de charmants petits villages "montagnards" dotés de jolies habitations. Certaines sont très originales. Nous quittons les roches rouges pour trouver un paysage un peu plus ressemblant de nos montagnes. Mais ce qui est étrange c'est que les routes ne sont pas du tout en lacet comme chez nous. Même à la montagne, ils arrivent à avoir des routes droites à deux voies. Nous passerons également près d'un troupeau de bisons et d'un buffalo grill (pas la même enseigne que chez nous). Nous traversons des villages comme Hatch, Glendale, Orderville. Après 1H30, nous arrivons à l'entrée Est du parc. De grandes montagnes griffées nous accueillent. Je trouve que c'est le parc le plus sauvage que nous ayons vu. Il est encore très différent de tous les autres. Nous présentons encore une fois notre pass. En échange, le ranger nous donne une carte du parc. Nous nous dirigeons en voiture vers l'entrée sud du parc et nous arrivons au visitor center. Nous décidons d'y déjeuner. L'espèce de cafétaria s'appelle Sol Food Market and Deli. Ce n'est pas un 4 étoiles mais cela nous suffit. Un petit écureuil nous tiendra compagnie lors du repas. Il n'est pas farouche et n'a pas peur des êtres humains. On voit qu'il est habitué à leur présence. Par contre, nous ne lui donnons pas à manger car c'est interdit. Si on le fait et qu'on est pris en flagrant délit, on risque une amende de 100 dollars. En effet, cette sanction cherche à éviter que les animaux sauvages deviennent dépendants de l'homme et qu'ils ne sachent plus se nourrir par eux-mêmes. Ensuite, nous sortons du parc direction Springdale (petite commune accolée au parc) pour nous rendre à notre hôtel (Quality inn). Etant donné que je possède leur carte de fidélité, on nous donne une chambre mieux placée. L'intérieur est à peu près semblable aux précédentes mais nous sommes au rez de chaussée avec une petite terrasse qui donne sur un terrain de camping et surtout sur la montagne. Jolie vue. Après avoir procédé au check in, nous retournons dans le parc pour commencer la visite. A cette période de l'année, la visite ne peut se faire qu'en navette. Nous laissons donc notre voiture au visitor center et nous l'attendons. Elle se présente très rapidement. Comme au Grand Canyon, il y en a plus souvent que prévu. Nous ne nous arrêterons pas à tous les points de vue (8 en tout) car nous avons décidé de faire des mini-randonnées (les enfants sont enchantés : c'est ironique !!!). Il fait très chaud et nous emmenons avec nous une bouteille d'eau chacun. Nous ne nous arrêtons pas au Zion museum ni à Mountain of the sun. Par contre, nous sommes descendus à Zion lodge. C'est à cet endroit que se trouve le seul hôtel du parc. Un espèce de grand espace vert ombragé se présente à nous. Beaucoup de gens se reposent à l'abri du soleil. Après avoir pris quelques photos, nous décidons de faire notre petite randonnée direction Lower Emerald Pool. Nous traversons un pont en bois en dessous duquel coule une petite rivière. C'est très joli. Nous poursuivons notre ascension (cela grimpe un peu pendant environ 20 mn). Une fois arrivés, nous aurions dû voir des chutes d'eau. Il ne reste qu'un petit filet d'eau pas très spectaculaire. Les enfants sont déçus. Nous aussi. Mais cela reste tout de même très agréable. Nous ne poursuivrons pas au delà (vers middle puis upper emerald pool car il faut compter une heure de plus et les enfants n'ont pas du tout envie d'aller plus loin). Nous redescendons tranquillement pour rejoindre le Zion lodge et nous en profitons pour nous reposer à l'ombre des arbres sur la pelouse devant l'hôtel. Nous reprenons ensuite une navette pour nous rendre à l'arrêt Weeping Rock (nous sautons celui qui s'appelle Grotto). Là encore, nous faisons un peu de marche (cette fois-ci cela grimpe bien). Nous sommes censés encore une fois voir des chutes d'eau et là, c'est encore pire que la 1ère fois. 3 gouttes tombent. Je pense que l'on doit pouvoir les voir plus tôt dans l'année, à la fin de l'hiver. Je crois que là, nous avons achevé les enfants. Ils râlent franchement (ah ces enfants des villes !!!). Nous rebroussons chemin pour rejoindre la navette. Nous ne descendrons pas au prochain arrêt (Walters Wiggles) mais par contre, nous descendrons au dernier (Temple of Sinawava). Ici, il y a encore la fameuse rivière et la possibilité de faire une promenade le long de celle-ci. Il s'agit de Riverside Walk. Elle n'est pas difficile à faire car c'est assez plat. Nous l'emprunterons sur environ 1 km et nous ferons demi-tour. Pour la dernière fois, nous empruntons la navette pour retrouver notre voiture. Nous en avons plein les pattes. Nous rentrons à l'hôtel pour nous reposer. C'est la fin de l'après-midi. Je m'installe sur la terrasse (il y a un petit salon de jardin) et j'admire le panorama et je pense très fort que nous avons une chance énorme d'être là. Ci-dessus, la vue de notre chambre. A l'heure du diner, nous nous rendons à pied (juste à côté de l'hôtel) dans un petit resto qui est installé dans une ancienne station service (c'est original). Nous mangeons dehors. C'est très agréable. La nourriture est mexicaine. C'est bon mais nous attendons près d'une heure avant d'être servis. Pour finir, nous rentrons à l'hôtel pour dormir après une journée encore bien remplie !

J12 : Mercredi 22 avril : C'est aujourd'hui que s'achève notre road trip. Le temps est toujours aussi beau. Après un petit déjeuner léger (compris dans le prix pour une fois) et après avoir procédé au check out, nous reprenons la route pour rentrer à Las Vegas (environ 250 kms). Nous changeons une dernière fois d'heure (on recule d'une heure). On sent la température monter (il fera environ 30 degrés au plus chaud de la journée). Nous quittons les beaux paysages pour retrouver quelque chose de bien plus commun et bien plus plat. Le temps passe vite car nous empruntons une grande autoroute (j'ai oublié de dire qu'elles sont gratuites aux Etats-Unis) : la US 15. Nous arrivons sur Las Vegas à l'heure du déjeuner. Nous décidons d'aller manger dans un "In N Out". D'après mon oncle, c'est un fast food qui propose parait-il des produits plus sains que chez Mac Do (ex : la viande est de la vraie viande de boeuf, dans de beaux morceaux alors que chez les concurrents, il s'agit de "déchets"). Je n'ai pas trouvé cela meilleur qu'ailleurs et en plus, il n'y a qu'un choix de sandwich mais bon ! Ensuite, nous avons décidé d'aller faire ce que nous n'avions pas eu le temps de voir les 5 premiers jours. Nous sommes allés prendre en photo le Sphinx de l'hôtel Luxor. Ensuite, nous avons remonté le Strip pour prendre des photos de chaque côté depuis la voiture (à partir du début de l'après-midi, les bouchons commencent à se former donc on a le temps de prendre des photos. Nous avons remonté le strip jusqu'après la Stratosphère et nous avons fait des pauses pour prendre en photo quelques chapelles. Ensuite, nous sommes revenus sur nos pas et nous nous sommes garés au Fashion Mall pour aller acheter à notre fils un jeu vidéo pour sa PSP (bien moins cher qu'en France : 40 dollars le jeu, soit environ 30 euros). Puis, nous nous sommes rendus à pied jusqu'au Mirage car nous voulions aller visiter le Siegfried and Roy secret garden. Le prix de l'entrée est assez élevé (15 dollars par adulte et 10 par enfant) mais la visite est assez plaisante. On commence par arriver vers deux bassins, dans lesquels sont installés des dauphins (dolphin habitat). Une personne nous les présente et nous explique leur mode de vie. Ensuite, nous nous dirigeons vers secret garden. Tout d'abord, on y trouve des lamas de différentes couleurs et tailles. Puis nous découvrons les tigres blancs. Ils sont superbes. Dommage qu'une grosse grille nous empêche de faire de belles photos. Puis vient un bébé léopard, né sur place. Il est adorable. On dirait une peluche. Puis viennent enfin des lions. Ils sont beige clairs et très fins, pas comme ceux que nous avons l'habitude de voir. Ils sont également très beaux. Après nous être balladés pendant environ une heure, nous retournons à la voiture pour aller chez mon oncle, diner avec lui (pizzas au menu, qu'il est allé acheter près de chez lui : 5 dollars une grande pizza bien bonne, c'est vraiment très bon marché) et dormir sur place. Demain, c'est notre dernière journée. Dur ! Dur !

J13 : Jeudi 23 avril : Après une nuit chaude (la chaleur commence à s'installer sur Las Vegas), nous prenons notre petit déjeuner sur la terrasse de chez mon oncle. Il fait bon encore à cette heure. Après nous être préparés, mon oncle décide de nous faire visiter l'endroit où il travaille. Il est directeur du restaurant dans une maison de retraite haut de gamme. C'est à quelques minutes de chez lui. Arrivés sur place, nous sommes stupéfaits. Nous n'avons jamais vu cela. C'est le vrai luxe. Il s'agit d'un très beau bâtiment mais l'intérieur est encore plus chic. On se croirait dans l'un des hôtels du Strip. Les occupants ont chacun une chambre qui ressemble à une suite. Le mobilier est luxueux. La salle à manger est magnifique. Les jardins luxuriants. Ici, les personnes âgées sont dorlotées. Par contre, il faut avoir les moyens de se payer cela (environ 4 000 dollars par mois). Mais quand je vois les prix en France et les prestations proposées... Nous laissons ensuite mon oncle à ses occupations et nous nous dirigeons vers le Premium Outlet pour faire de nouveaux achats de vêtements. Nous allons même devoir acheter un nouveau sac de voyages de peur de ne pas pouvoir passer la douane (poids par bagage). Nous y restons toute la matinée et même le début de l'après-midi. Puis, nous décidons d'aller déjeuner dans un hôtel du strip pour goûter une dernière fois à un buffet (les enfants en sont friands). Nous choisissons celui du Treasure Island. C'est assez bon et assez varié. Nous passons la fin de l'après-midi à nous ballader sur le Strip afin de profiter de nos derniers moments sur place. En fin de journée, nous retournons à nouveau chez mon oncle pour faire les valises et faire les dernières lessives. Après un léger diner, nous allons manger une glace à l'hotel Red Rock. Il n'est pas sur le strip mais au nord ouest de Las Vegas, à une dizaine de minutes de chez mon oncle. Il y a un très grand bowling, un club qui appartient à Cindy Crawford, un casino évidemment... Mon oncle m'a expliqué que cet hôtel était surtout fréquenté par les locaux. En effet, les gens du coin ne vont pas souvent sur le Strip car il y a trop de monde, de touristes. Après notre petite gourmandise, nous sommes rentrés chez lui pour aller nous coucher.

J14 : Vendredi 24 avril : Ca y est, c'est la fin des vacances. Nous nous levons très tôt ce matin (5H30). Après le petit déjeuner, nous rentrons les bagages dans la voiture, nous disons au revoir à mon oncle (il est déjà levé car il se lève à cette heure tous les jours pour aller travailler) et nous dirigeons vers l'aéroport en voiture. Avant d'y arriver, nous nous arrêtons au Mac Carran Center pour rendre notre voiture. Mes formalités durent à peine 2 mn. Ils ne la vérifient même pas. Aucune somme supplémentaire à débourser. Sur place, une navette nous attend pour nous rendre à l'aéroport. Le trajet ne dure que quelques minutes. Nous sommes accompagnés de nos bagages. Une fois arrivés, nous nous dirigeons vers le comptoir de la Northwest, nous procédons à l'enregistrement de nos bagages et nous attendons patiemment l'heure du décollage (9H10). Nous arrivons à Minneapolis un peu plus de 3 heures plus tard (sur ce vol, les boissons et repas/friandises sont payants). En arrivant à Minneapolis, nous apprenons que notre prochain vol pour Paris a du retard (plus de 2 heures). Donc, au lieu d'avoir 3 heures d'escale, nous en avons 5. Nous tuons le temps en déjeunant dans un Mac Do (le premier du séjour) et en nous promenant dans le Duty Free. Ensuite, nous bouquinons et les enfants jouent aux jeux vidéos (moi, je découvre mon Itouch). Le dernier vol se déroulera sans encombre jusqu'à Paris. Nous arrivons le lendemain matin à Paris (décalage horaire oblige) dans la grisaille. Quelle déprime ! Mon père nous attend, prêt à nous ramener chez nous. Ainsi s'achève notre séjour au pays de la démesure. Nous gardons un excellent souvenir de ce voyage et n'espérons qu'une chose : continuer à visiter ce très beau pays.
Afrique Australe: du Lesotho au parc Kruger en avril 2009 (2ème partie) English translation pending
by Mlefevre · 2009-04-22 · 38 replies
Suite de la 1ère partie qui est ici : http://voyageforum.com/...ost=2550040;#2550040

Vendredi 10/04/09 Nuit paisible, pas de vent, pluie intermittente. Au réveil, l'atmosphère est limpide, purifiée.



On remarque cependant, mais très loin, de gros cumulus.





Après avoir rangé le camp, fait un passage au visitor center pour payer notre place et tenter d'extirper quelques infos concernant les possibilités de rando à la ranger d'une incompétence crasse, nous constatons que le temps se couvre à toute vitesse. En 10 mn, nous sommes dans les nuages: je n'ai jamais vu le temps changer aussi vite!



Nous décidons de remonter la vallée avec l'espoir ténu de passer au-dessus des nuages. La couche s'épaissit et au bout de 2h il faut nous rendre à l'évidence : cette vallée interminable ne nous conduira pas vers le soleil. Arrivés à une grotte, nous décidons de faire demi-tour! Cette randonnée nous aura tout de même permis de voir quelques singes et une végétation luxuriante qui doit être magnifique avec un rayon de soleil.

En route vers le nord donc puisque j'ai réservé la première nuit dans le Kruger pour demain : 700 km nous en séparent. Autant nous avancer un peu aujourd'hui. Pas question de faire du camping sauvage en Afrique du sud aussi décidons-nous de faire halte pour la nuit dans la Chelmsford Nature Reserve



qui me paraît loin de tout et dans laquelle nous espérons trouver de la place en ce 1er jour du grand WE de Pâques. Le camping est complet mais le préposé à l'entrée nous propose gentiment de nous installer sur la « day-use area » (donc pas de douches). Nous paierons demain nous dit-il. Nous sommes donc tous seuls avec la vue sur le Drakensberg au loin,



au bord d'un lac sur la rive opposée duquel broutent quelques zèbres et antilopes. Comme le 4X4 est équipé d'un compresseur et de mèches,



nous essayons de réparer nous-mêmes le pneu. Hélas, le trou est un poil trop grand et ça fuit : il faut vraiment un trou punctiforme pour ce système de mèche. (Hein Grisemote!)



Fin d'après-midi paisible au bord du lac avec baignade pour les enfants puis l'inévitable braï.



Samedi 11/04/09 Petit déjeuner au soleil, il fait très bon.



Nous nous étonnons une fois de plus de l'absence quasi-totale d'insecte, même au bord de l'eau! A la sortie du parc, l'employé ne nous fait pas payer : sympa! C'est partie pour une longue route très ch... vers le Kruger, sur la N11, avec de nombreux tronçons en travaux. Nous arrivons finalement à Nelspruit : ce n'est plus la même ambiance. Il y règne une intense activité sans doute liée à la proximité du parc Kruger. Le pourboire est clairement attendu pour le moindre service. Bon... Encore quelques km jusqu'à Pretoriuskop dans une région très urbanisée où les lodges et restaurants se succèdent tout au long de la route. Bof... Nous franchissons la porte du parc Kruger et arrivons enfin à Pretoriuskop après avoir roulé une dizaine de km dans le parc. Nous trouvons laborieusement une place au camping (réservée à l'avance mais pas d'emplacements délimités) : il est assez concentrationnaire, on est les uns sur les autres, mais la piscine est sympa et des impalas se promènent dans le camp.



Notre voisin sudafricain (ils sont tous hyperconviviaux et serviables) se montre un peu effrayé quand je lui explique le parcours prévu dans le Kruger. Beaucoup de km me dit-il : j'en ai conscience mais j'ai envie d'avoir un aperçu des différents paysages du parc. Il me conseille d'essayer de passer plus de temps vers Satara, la zone réputée la plus riche en animaux. Difficile en ce WE de Pâques de changer des réservations que j'ai déjà eu bien du mal à faire à mon idée en novembre dernier. On verra bien. Je reste sur mon idée de filer de suite vers le nord du parc (moins fréquenté) puis de redescendre vers le sud après le grand WE quand il y aura moins de monde. Le Kruger est très étendu : 350 km du N au S et 60 km d'E en O. La vitesse y est limitée (50 km/h sur route, 40 km/h sur piste) si bien que nous prévoyons de passer par l'extérieur du parc pour rejoindre le nord en une seule étape.

Dimanche 12/04 Dès 5h, le parc se réveille. Chacun essaie d'être silencieux mais le nombre de gens se préparant pour l'ouverture des portes à 6h rend illusoire l'idée de dormir après 5h. Caroline me dit qu'elle a l'impression d'avoir passé la nuit dans un paquebot, bercée par le bruit permanent du groupe de froid tout proche du magasin. Bref, un camping à ne pas recommander. A 7h le calme revient sur le camp, presque tout le monde est parti à la recherche des animaux. Nous ne sommes pas si pressés et plions tranquillement notre matériel de camping qui désormais ne servira plus. Difficile en effet de décoller de bonne heure quand il faut d'abord ranger tout le fourbi. Aussi ai-je réservé différentes catégories de cottages ou de huttes, qui sont -je trouve- à des prix très abordables pour 5. Tous sont équipés d'air climatisé (que nous n'utiliserons finalement pratiquement pas) Le Kruger est une zone impaludée aussi avons nous prévu un traitement préventif. En fait nous ne verrons quasiment aucun moustique : seule Caroline, leur friandise favorite réussira à se faire piquer 1 ou 2 fois.

Nous quittons le parc vers 7h30 alors qu'une longue file de voitures attend pour y entrer. Le nombre de visiteurs dans le parc est limité et en arrivant en milieu de journée la veille, nous n'aurions pas pu y entrer sans notre réservation pour la nuit.

En route donc pour le nord en passant par Pilgrim's Rest (nul) puis Blyde River Canyon



et les Three Rondavels : je savais qu'en y passant nous serions à contre-jour mais je n'avais pas prévu en plus une brume tenace.



On n'est donc pas enthousiasmé, heureusement que c'était à peu près sur notre route. Sans doute beaucoup mieux l'après-midi.

Plus nous allons vers le nord, plus le paysage devient champêtre



et nous retrouvons quelques jolis villages de huttes. L'entrée à Punda Maria est bien plus tranquille et sympathique qu'à Pretoriuskop. De suite nous croisons nos premiers animaux. L'herbe est moins haute que dans le sud : la région est moins arrosée et c'est un détail qui compte car nous sommes en automne, à la fin de la saison des pluies. Cela reste tout de même un handicap certain pour voir les animaux :



Nous nous installons dans notre cottage : grande maison au toit de chaume avec une déco de bon goût, tout le confort moderne, 3 SDB (!) et une vue panoramique sur la végétation à … 2 m (un peu dommage même si du balcon du 1er étage la vue est un peu plus dégagée)

Les enfants profitent de la piscine pendant que nous observons tout un groupe de singes vervet qui se donnent en spectacle juste à côté : trop marrant de les voir se chipouiller, se casser la figure dans les arbres en se rattrapant au dernier moment, essayer d'ouvrir un robinet...

Vers 16h nous partons faire un tour pour profiter de la belle lumière de la fin d'après-midi. Sur le Mahonie Loop



nous voyons de nombreux buffles,





nyalas, impalas qui déambulent dans une végétation arbustive assez dense rehaussée par quelques majestueux baobabs.

Quelques bestioles plus discrètes, aussi.



Nous sommes ravis de ce premier vrai contact avec le Kruger, oubliant aussitôt notre déception de Pretoriuskop.

Lundi 13/04/09 Tout feu, tout flamme, nous franchissons la porte du parc à 6h pétantes avec 2 autres voitures. Direction Pafuri au NE du parc, tout près du Zimbabwe et du Mozambique. Le but est de découvrir la rivière de Luvuvhu qui se jette dans le Limpopo. Ouettes d'Egypte :



Le coin nous fait penser à Mahango dans la bande de Caprivi : baobabs, fever trees, ficus. Ces majestueux baobabs sont typiques de l'Afrique tropicale sèche.



Arbres à palabres au tronc gorgé d'eau, ils sont respectés par les hommes et peuvent vivre jusqu'à 2000 ans. Curieusement ils sont dépourvus de feuilles 9 mois par an.

Nous découvrons nos premiers hippopotames : ces animaux proches des cétacés ne possèdent pas de glandes sudoripares ni de système pour réguler leur température corporelle.



Ils se nourrissent donc la nuit sur la terre ferme et passent leurs journées dans l'eau. Leurs narines contractiles facilitent la plongée qui peut durer 5 mn.

Curieux animaux bien différents des impalas, omniprésentes dans le parc.



Ces graciles bestioles courent à 80 km/h et peuvent faire des bonds de 12 m de long ou 3 m de haut.



Mais mes animaux préférés sont les zèbres, si graphiques avec leurs rayures blanches : oui, il s'agit bien de rayures blanches sur fond noir car les foetus sont noirs.



La finalité de ce pelage n'est pas claire : il exercerait peut-être un effet stroboscopique sur la vision de leurs prédateurs.

Encore un animal à rayures, moins sympathique!



Nous verrons de très nombreux nyalas (ici un mâle dans cette partie du parc)



Nous reprenons la route vers le sud (pas passionnante cette route H1-8) et ralentissons en voyant 2 voitures arrêtées sur le bas-côté. Une lionne traverse la route puis la longe sur quelques dizaines de mètres avant de disparaître dans les buissons.



Quelle chance même si nous regrettons son aspect « civilisé » du à son collier. On fait les difficiles!

Partout des calaos à bec jaune, au cri de crécelle!



Discret oréotrague sauteur :

Ces petits écureuils de Smith sont très nombreux:



Pour rejoindre Shingwedzi notre étape de ce soir, nous passons par la piste S56, après une petite escale à Babalala. Dans le Kruger il est en effet interdit de descendre de sa voiture mais il y a régulièrement des aires de pique-nique parfaitement aménagées avec souvent une belle-vue. A la différence d'Etosha, les aires de pique-nique ne sont pas clôturées : il faut dire qu'à Etosha la concentration d'animaux nous avait paru bien supérieure mais nous y étions en saison sèche, donc ce n'est pas vraiment comparable.

Nous appellerons cette piste, la « piste des éléphants » car nous en avons rencontrés des dizaines, sans doute qq centaines. Petite poussée d'adrénaline quand un éléphant nous coupe soudain la route, nous imposant d'un battement d'oreilles impérieux de reculer un peu pour laisser sa troupe traverser la piste. Comment savoir si tous sont passés? On y va ou on attend encore un peu?



La végétation souffre énormément de ce grand nombre de pachydermes : moignons de troncs, branches cassées, dénudées, arbres renversés et érosion autour de ces squelettes d'arbres qui ne jouent plus leur rôle protecteur. Il y a trop d'éléphants dans le Kruger (13000 pour un espace prévu pour 8000) : l'exportation d'éléphant est coûteuse et déstabilise la vie des groupes d'éléphants aux règles sociales très élaborées. L'abattage est peu satisfaisant, bien sûr. Des études de vaccin contraceptif ont été menées dans une petite réserve qui jouxte le Kruger : 3 injections en 1 an et 1 rappel annuel. La méthode est efficace mais difficile à appliquer à grande échelle.

Les girafes sont tout de même plus délicates et tout aussi faciles à repérer dans ces hautes herbes puisqu'elles dépassent couramment les 5m de haut!



Un système cardiovasculaire particulier avec des valves anti-reflux leur autorise cette morphologie si élégante.

Nous voyons finalement peu d'oiseaux dans cette région nord, réputée pourtant être les paradis des « bird-lovers ». Vautour chasse-fiente :



Arrivée à Shingwedzi, les enfants filent à la piscine, ça devient une habitude!

Les parents, plus courageux repartent faire un tour vers Bateleur : éléphants, girafes, buffles, impalas, ponctuent la sympathique piste de Red Rocks où nous ne croiserons personne.

Cobes à croissant :



A notre retour, le braï est prêt!





Mardi 14/04 Depuis hier après-midi, le temps est couvert, pas idéal pour la lumière.... Nous abordons cependant cette journée pleins d'entrain puisqu'il paraît que nous approchons de LA région où il y a encore plus d'animaux!

Babouins :







Déception! Pas mal d'oiseaux certes... Des marabouts par exemple :

Un guêpier à front blanc :

Des hippopotames et des crocodiles du haut de la falaise surplombant l'Olifants River (très bel endroit à ne pas rater).... Vue vers l'amont :



Vers l'aval :

Comme on est bien dans son bain!

Un peu plus loin nous remarquons une impala perchée à plusieurs mètres de haut.



Il y a un léopard dans le coin! Il restera invisible...

Cet aigle



et ce vautour



semblent avoir des vues sur la carcasse (je vous fais grâce du gros plan...)

Ensuite... plus rien....



pétole...



calme plat.... Des bricoles comme ce rollier à longs brins :

Ou comme ce francolin de Swainson, que nous rebaptisons "poulet stupide" (ces oiseaux suicidaires se jettent systématiquement sous nos roues!)



Ou ces pintades de Numidie, plus malines :

Ou encore ce banal mais élégant choucador de Burchell.



Tandis que les parents essaient de rester concentrés, les enfants s'occupent comme ils peuvent: - combien de lions dans le parc, d'éléphants, etc.... (tous ces renseignements figurent sur la brochure que l'on peut acheter dans les visitor centers.) - puis pour changer un peu car il n'y a tjs pas grand chose (les impalas ne nous font plus grand effet), ils apprennent les noms des animaux en anglais et en français, fautes de traduction incluses. Hilarité générale quand Marion évoque la tourtelette masquée! - enfin, à court de ressources littéraires, inspirés par la vue des nombreuses cicatrices balafrant le cuir des animaux, ils font l'inventaire de leurs propres cicatrices et des circonstances les ayant causées, ce qui nous mène enfin jusqu'au camp de Satara où ils se précipitent dans la piscine. Ouf! Satara n'est pas à la hauteur de sa réputation, on n'a pas de chance ou quoi?



Persévérants, nous laissons les enfants à la piscine et repartons « en chasse » : l'occasion de voir notre premier rhinocéros, tout de même...



On ne se lasse pas des zèbres:





Un dernier regard sur les buffles au point d'eau avant de regagner le camp:



Le cottage à Satara a une agréable vue sur une clairière plantée de beaux arbres, avec pas mal d'oiseaux comme ce touraco gris



Comme souvent (sauf à Punda Maria) la déco est franchement vieillotte, datant vraisemblablement des années 70 mais c'est toujours propre et fonctionnel.

Mercredi 15/04/09 En route vers Lower Sabie, notre dernière étape dans le Kruger. Plus nous allons vers le sud et plus nous voyons d'oiseaux!

Messagers sagittaires :

Coucal à sourcils blancs :

Bucorve du sud au charme indéfinissable (hum!)

Circaète brun :

Nous sommes toujours dans la partie du parc théoriquement la plus propice à l'observation animalière mais finalement le moment le plus marquant de la journée aura été la découverte de l'immensité du Kruger depuis la colline de Nkumbe.



On comprend aisément qu'il faut une formidable concentration d'animaux pour avoir la chance d'en rencontrer qui soient visibles de la route. La savane s'étend à perte de vue. Une observation attentive aux jumelles nous permet de découvrir 3 rhinos dans le lit d'une rivière asséchée.



Le mlondazi Dam est idéal pour pique niquer avec vue sur les hippos.



Encore des hippos et des crocos au Sunset Dam juste à côté de Lower Sabie.



Ces quenottes peuvent mesurer jusqu'à 60 cm!



Après avoir comme d'habitude déposé les enfants au camp, nous repartons vaillamment avec Fred sur la boucle du Mativuhlungu



que nous rebaptiserons phacochère-land.



Un peu plus loin, 6 rhinos dont des jeunes, la chance aurait-elle tourné?

Encore pas mal d'oiseaux... Un charmant petit couple...

Encore des phacochères!

Une tourterelle du Cap, commune mais si élégante!

Et encore quelques vilains crocos!



Retour au camp :

Jeudi 16/04/09 Dernière demi-journée dans le Kruger. Nous devons le quitter vers midi afin de rendre la voiture à 18h directement à l'aéroport de Joburg. Nous décidons de reprendre la piste des phacochères et rhinos qui avait été si fructueuse hier. Nous dépassons d'abord 3 rangers lourdement armés!



Un peu plus loin, nous retrouvons les rhinos d'hier!

Quelques km plus loin, alors que c'est le calme plat, les enfants distinguent fugacement un lion qui se couche dans l'herbe haute. Un lion!! Où ça, où ça? Je ne l'ai pas vu!!!! IL relève la tête et je l'aperçois enfin, à 20 m de la piste.



Je manoeuvre au mm près alternant marche avant et arrière pour nous offrir la meilleure vue possible entre hautes herbes et buissons et c'est alors que je découvre



2 lionnes à 5 m de la route, vautrées dans l'herbe. Leur présence nous avait complètement échappé. Je comprends mieux l'armement des rangers... Nous nous rendons compte qu'il y a plusieurs autres jeunes lions ou lionnes éparpillés dans l'herbe.





L'excitation est à son comble mais je maudis toutes ces brindilles qui nous empêchent de profiter pleinement du spectacle.



Finalement je n'y tiens plus et entr'ouvre ma portière pour pouvoir me mettre debout dans la voiture et mieux voir les bestioles (chose bien entendu à ne pas recommander mais forte de ma longue expérience en matière de félins (euh... domestiques, certes!) il me semble que leur état de décontraction permet cette audace) Les lionnes paraissent totalement indifférentes à notre présence, poursuivant leur toilette affectueuse. Finalement l'une d'elle me regarde. Je capte son regard, finalement très différent de celui de mes chats! Hum!



Le regard reste vague et détendu et



peu à peu imperceptiblement il s'intensifie pour devenir d'une acuité euh! Affolante!



Je me replie précipitamment dans la voiture au moment où la lionne émet un grognement qui m'a paru vraiment terrible :



laquelle de nous deux a déclenché la réaction de l'autre? Impossible à dire!

Finalement elle se recouche tranquillement et nous laissons la place à une voiture qui vient d'arriver. Quelle expérience! Dire que demain on pourra papouiller nos chats!

Nous poursuivons la piste jusqu'à Malelane sans faire de rencontre significative.





Cette partie sud-ouest du parc, assez montagneuse ne manque pas de charme....



Nous quittons le Kruger et du pont enjambant la Crocodile River admirons nos derniers hippos



crocos et autres varans.



La route vers l'aéroport s'effectue rapidement. Comme nous sommes en avance et que l'idée de tuer le temps à Joburg ne nous séduit pas, nous faisons une pause d'une bonne heure à Witbank Dam (« récréation area » au bord d'un lac avec poste de garde à l'entrée : nous expliquons être en avance pour l'avion et le garde sympathique nous fait grâce du prix d'entrée) A 6h00 nous rendons la voiture à l'aéroport qui est en pleine rénovation en prévision de la coupe du monde de foot pour l'année prochaine et qui s'avère très agréable. Vol de retour sans histoire puis 2h30 de bouchon en quittant l'aéroport d'Amsterdam. Ouf, nous arrivons vers 23h le 17/04 et en 5 minutes tous nos chats sont là!

DETAILS PRATIQUES: Bibliographie: Carte South africa 1:1750000 Freytag et Berndt, échelle un peu grande Lesotho : international travel maps 1:350000, très bien, indispensable Guide du routard Afrique du sud (avec Lesotho) 2008 pour dégrossir Lonely Planet Southern africa (2003) Cartes pour GPS (Afrique du sud et Lesotho) : http://www.tracks4africa.com/default.asp

Budget pour 12 jours sur place à 5 : (1 rand = 0, 08 euro Avion pour 5 (Amsterdam-Le Caire-Joburg avec Egypt Air) : 3154 euro

Location Toyota Hi Lux équipé camping pour 5 : 16670 rand (1400 euro pour 11 jours) avec franchise de 3000 rand sur pneus et bris de glace uniquement, transferts aéroports inclus. Véhicule parfaitement préparé. Prise allume cigare hors service, heureusement on avait assez de batteries pour tenir jusqu'au 1er cottage

Achat Wild card pour entrées illimitées pendant 1 an pour nous 5 dans les parcs dépendant de Sanparks (Kruger et Golden Gate pour nous) : 2210 rand (186 euro)

Diesel : 4000 km (eh oui!) en consommant en moyenne environ 12 l/100 km, 1l=7 rand, soit 3360 rand, 284 euro

Hébergement: 560 euro à 5 Family Cottage Golden Gate : 1260 rand (106 euro) Au Lesotho Molumong Lodge 90 maloti=90 rand/personne soit 38 euro/5 Sehlabathebe lodge 80 maloti/pers soit 34 euro/5 retour en Afrique du sud Drakensberg Garden 230 rand (20 euro) Chelmsford NR : gratuit Pretorius Kop camping : 256 rand (22 euro) Punda Maria Family Cottage : 1311 rand (110 euro) Shingwedzi Cottage : 871 rand (73 euro) Satara Guest Cottage : 1321 rand (111 euro) Lower Sabie Hut : 527 rand (45 euro)

Douches chaudes partout même au Lesotho. Cuisine et SDB partout sauf bien sûr en camping et dans la hutte de Lower Sabie. Le top doit être de loger dans les camps de brousse du Kruger mais il faut réserver très en avance!

Divers : rando poney 25 maloti/pers/heure soit 42 euro pour 2h de balade à 5 resto à Lower Sabie : belle terrasse qui surplombe la rivière et les hippos mais bouffe de caféteria 800 rand (67 euro) achats souvenirs, glaces et ravitaillement : 5000 rand (422 euro)

Total: 6615 euro soit 1223 euro/personne pour 12 jours sur place.

En conclusion: Un vrai parfum d'aventure au Lesotho! Kruger agréable finalement : vraiment pas la foule objectivement, paysages assez variés mais pas époustouflants, animaux sans doute très nombreux mais souvent bien cachés (la faute à la saison choisie...), organisation sans faille dans le parc, hébergement un peu vieillot mais sympathique. Si c'était à refaire je préparerais le voyage des lustres à l'avance et essaierais de réserver dans les camps de brousse.

Mais comment les choses vont-elles tourner en Afrique du sud? Certes les jeunes nous ont paru beaucoup plus détendus qu'il y a 10 ans, n'ayant pas vécu dans leur chair comme leurs aînés les conséquences de l'apartheid mais... Aujourd'hui ont lieu les élections du nouveau président pour 5 ans : le favori Jacob Zuma, démagogue notoire à la réputation sulfureuse de corruption sera-t-il élu? Espérons ne pas voir arriver un nouveau « Mugabe » au pouvoir... Quant au Lesotho, ce petit pays qui grâce à son relief a résisté à tous les envahisseurs, vit dans l'ombre de l'Afrique du sud et son sort y sera sans doute étroitement lié.

Ce récit est déjà bien long et il est impossible de tout détailler. N'hésitez donc pas si vous avez des questions, je me ferai un plaisir d'y répondre!

Marie
La démocratie en Asie, et ailleurs... English translation pending
by Geob · 2009-04-19 · 75 replies
Il y a quelques mois, un véfiste écrivait sur le forum "asie du sud-est" que, après tout, il était normal que la démocratie fonctionne à hue et à dia en Thaïlande puisqu'elle était rare en Asie. D' aucuns lui ont rétorqué qu'elle existe bien au Japon, en Corée du sud, en Indonésie, en Malaisie, aujourd'hui on pourrait ajouter le Népal, et d'autres qui ne me viennent pas d'emblée à l'esprit, mais je remarquais, à ma grande stupéfaction, que personne ne citait l'Inde ! L'Inde est la plus grande démocratie au monde avec ses 712 millions d'électeurs ! L'Inde représente un sixième de la population mondiale ! Ce qui fait de la démocratie, en ajoutant les pays nommés plus haut, une valeur qui n'est pas si négligeable que ça en Asie. Des gens se battent, vont en prison, meurent pour avoir le droit de voter, tandis que nous, nous nous apprêtons à nous abstenir pour les élections européennes, avec le taux faramineux de 70% ! Ce qui démontre bien que nous avons du mal à sortir de nos débats franco-français alors que le parlement européen prend de plus en plus d'importance ( maintenant, tout le monde sait que nous vivons sous des lois aux 3/4 européennes ! ). Il me semble avoir déjà écrit que la démocratie est un régime bien fatiguant pour l'homo festivus (P.Murray), tout occupé à son propre plaisir, et parfaitement étranger à l'intérêt général, sauf s'il correspond à son intérêt particulier. On va me dire que la démocratie n'est pas un régime idéal, je renvois donc à la fameuse phrase de Churchill. Puisque le citoyen ne s'investit pas dans la politique ( la cité, le syndicat...etc), en somme qu'il ne veut pas prendre ses responsabilités, et qu'il préfère clamer que "tout le monde est pourri", je me demande s'il ne préfèrerait pas un régime disons...autoritaire qui lui offrirait une forme de tranquillité, de sécurité, lui laissant ainsi le loisir de ne plus avoir à prendre parti, à se décider sur un choix qu'il pensera utile à son seul et unique intérêt.
Age Tendre en mars 2010 sur le Splendida English translation pending
by Claude13 · 2009-04-17 · 669 replies
Bonjour a tous : les anciens qui ont participé et à tous ceux qui ont hésité et n'ont pas osés franchir le pas ! ! !

Aprés avoir passé un merveilleux séjour, nous en redemandions......... Surtout pour nous pour qui c'était la première croisière ! ! !

Et voilà une nouvelle croisière est annoncée pour Mars 2010.

Alors qui pense participer ?
Une trouvaille à Tam Coc (Vietnam) English translation pending
by Larsay · 2009-04-17 · 33 replies
De retour de Tam Coc, je vs fait partager ma nouvelle trouvaille, un petit hotel delicieux en pleine riziere entre l'embarcadere et la pagode de Bich Dong: Chez Loan. Des chbres toutes pimpantes ($10 sgle/dble, $12 tple/quad - pt dej 30 000 dongs), Internet et bicyclettes gratuites, une EXCELLENT restaurant (cours de cuisine vietnamienne)...et la maitresse de maison, Mme (helas !!!!!) Luon: belle, distinguee, tres elegante (elle recoit les clients le soir ds un superbe ao dai brode a la main), parlant un francais impeccable...Un reve...D'ailleurs, j'en reve depuis 2 jours!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Tel: (84) 91 568 6923 (84) 18 867 168 Courriel: hotelchezloan@gmail.com

A garder en memoire
Relier Lyon et Grenoble à pied English translation pending
by Frouck · 2009-04-16 · 19 replies
Bonjour ! Je m'appelle Franck j'ai 20 ans et j'aimerai savoir si vous aviez des idées pour relier Lyon et Grenoble à pied. Je pense que le voyage pourrait vraiment être très beau. J'ai essayé de voir des itinéraires avec des GR et autres mais malheureusement mes recherches sont pour le moment peu fructueuses :( ...

Merci beaucoup pour toutes les informations que vous pourriez m'apporter !

Franck
De Arles à Rome par la Via Aurelia English translation pending
by Tomas3 · 2009-04-09 · 64 replies
Arles-Nice à pieds par la voie aurelia, première marche de printemps

Lyon-Marseille-Arles: je rêvais depuis plusieurs mois de marcher sur les traces des légions d'Auguste de Arles à Rome par la voie aurélienne(via aurelia). Première grande marche de printemps, après le canal de Midi et Garonne en 2008(550 kms) et la ruta de la plata entre Séville et Santiago (1000 kms ) en 2007 de l'andalousie à la Galice. Cette première marchede printemps peut se préparer le long des longues soirées d'hiver en surfant sur Google ou sur VF, croiser les informations des marcheurs au long cours, vérifier que le peuple étrange des voyageuses a pris son vol pour les premiers voyages de printemps. Gitanita croise toujours dans le continent amérindien, Béatrices s'est fixée aux pieds du Causse du Haut Languedoc en rêvant de voyages au long cours, d'autres préparent un second périple au pays des sassanides, périple de dix jours, avion, bus et train compris. On a les vacances qu'on peut... De son côté, la voyageuse du cirque a repris la tournée de son cirque en Turquie, à 300 kms d'Aleppo: bientôt, le petit cirque italien s'installera pour une longue tournée de six mois en Syrie, pour passer ensuite en Egypte... Mes compagnons de route au long cours ont préféré le Népal qu'ils préparent activement. Comme la météo est capricieuse, derrière le projet « Via Aurelia » en 37 jours(1000 kms) j'ai mis en réserve le ruta de levante de Valencia à Ourense, par Tolède et Avila et si la météo est vraiment capricieuse, le tour de Corse par le sentier littoral, la mer méditerranée est toujours pleine d'embruns...

31 Mars 2009: ARLES-SAINT MARTIN DE CRAU : Ière étape: 21 kms:

« préambule d'une longue marche de printemps »

Lyon-Marseille-Arles: il me faut rejoindre Arles, mais je passerai auparavant par Marseille au Consulat de Syrie déposer une demande de visa pour mon prochain voyage: les informations de VF m'ont révélé que la délivrance des visas syriens est beaucoup plus rapide à Marseille qu'à Paris. Recu courtoisement par le consul, je ne peux m'empêcher de penser qu'il représente une effroyable bureaucratie actuellement au pouvoir à Damas. Sa courtoisie n'efface pas ma mémoire.

A midi, je suis à Sainte Trophyme(Arles) que je connais déjà et comme la première étape projetée: Arles-Salon(39 kms) me paraît tartarinesque, je tente le coup de la partager en deux étapes: Arles-saint Martin de Crau cet après midi, Salon de Provence demain...

Pour une mise en jambe, il vaut mieux être prudent avant une marche au long cours: mes chaussures italiennes sont récentes: elles ont encore besoin d'être « faites », « culottées » ou « débridées » selon ce que l'on veut.

La bête, malgré ses piscines hebdomadaires, a besoin de remettre en route ses muscles longs et de vérifier l'état de ses tendons (tendinite 2007).

Le sac est neuf, il faut réapprendre à le remplir et à privilégier le choix des poches(clin d'oeil aux marcheurs au long cours...)

le jet de l'inutile se fait au cours des trois premiers jours. Bien entendu, j'ai une carte grossière de la Via Aurelia trouvée sur Google, que je complèterai par des cartes IGN au 1/100.000 et les informations précieuses des offices du tourisme traversés.

J 'ai l'intention d'être émerveillé par les paysages, les montagnes, les cieux, les floraisons et les odeurs de printemps, les oiseaux et les animaux que je rencontrerai, les hommes aussi tout au long de mon long chemin... 1 avril 2009: Saint Martin de Crau-Salon de Provence: (28 kms) « la plaine de la crau fait toujours 70 kms de large »

ma voiture garée sur le parking de la gare, je contourne le premier rond-point d'Arles pour buter sur le vieux moulin de Van Gogh(en cours de restauration, la restauration à l'identique de la toile de Vincent bute sur la reconstruction de l'annexe en briques rouges au pied gauche du moulin) j'oublie de photographier la relique, hypnotisé par les arcades d'un pont moyenageux qui enjambe les canaux. La météo n'est pas au beau fixe: j'ai capoté le marcheur: K-Way-casquette américaine à longue visière, le parapluie oublié et qui fait déjà défaut...Heureusement, Zeus, Ouranos, dans leur Olympe, sont cléments: la pluie se mue en un crachin breton qui autorise la marche au long cours...

J'ai eu le choix entre le parcours dit « du patrimoine » qui suit le GR des alpilles et la longue plaine de la Crau (70 kms de Arles à Aix) j'ai privilégié le second itinéraire, ayant déjà fortement transpiré sur le premier dans une autre vie...des alpilles au Ventoux.

La plaine de la Crau reste une large plaine alluviale où les mas s'égrènent le long du chemin, les portails des domaines ouvrant sur de longues allées de mûriers. La plaine est verte et humide: l'eau sourd de toutes parts, de multiples canaux de dérivations: les cheavux camarguais, les grues, les canards sauvages, les aigrettes sont en harmonie avec le vert de ce printemps tardif: les odeurs, les parfums, les cris d'oiseaux se répondent, couverts souvent par le rugissement des diesels de la petite départementale, diesels fous qui ont quitté l'autoroute proche que l'on suit...

Au détour d'une allée de buis, le beau tympan roman de saint Geniès, à l'entrée de Rafèle entre Arles et saint Martin: platitude, longueur des kilomètres, seule la montagne sainte Victoire émerge au loin et nous rappelle qu'on marche sur Aix..

2 avril 2009: Salon-de-provence- Aix: 27 kms: « où le château de l'Emperi prend des allures de Marlborough »

Salon de Provence est sous la pluie: redondance avec la Fontaine de mousse de la place de la Fontaine: même le château de l'Emperi, à l'architecture toscane, ne respire pas le blond de la pierre d'Orgon. N'empêche, Salon est une ville que l'on dédaigne souvent, mais qui a de vrais airs d'Italie et Saint Michel et son vieux tympan roman valent le détour...

L'hotel de la poste, recommandé aux compostelliens(cf.ww.compostelle-paca...) regorge de marcheurs au long cours: un italien arrive de Rome et part sur Compostelle, un autre marcheur arrive ce soir: je n'aurais pas le temps de connaître sa destination: Rome ou Compostelle. Sur cet itinéraire, il arrive que l'on croise des flux de randonneurs dont on ne sait s'ils vont sur Rome ou sur l'Espagne.

Je n'oublie pas de faire tamponner mon « credential » d'agnostique: les cachets des hotels ou des offices de tourisme suffisent à mon bonheur, je crains un peu les couvents et les nonnes, j'attend l'Italie... La D17 m'offre à la sortie de Salon 17 kilomètres de Voie Aurélienne parfaite jusqu'à Eguille, une borne miliaire est fièrement dressée au KM 6 à la sortie de Salon, ma première borne milaire, elle a encore au flanc, la petite niche boite aux lettres des coursiers de l'empereur. J'imagine, sous le goudron de la D17 les amoncellements de graviers et les milliers d'esclaves morts à dresser cette longue voie entre ROME et ARLES, les légions d'Aurélien, de Marius et de Claude, jeunes légionnaires de 20 ans marchant sur les itinéraires des tables de PEUTENGER( avec espérance de vie de 30 ans et souliers de bois cloutés) j'apprécie d'autant mes Merrell et mes Trezeta(chaussures de marcheurs du XXI siècle après J-C)..

3 avril 2009 : AIX-TRETS-SAINT MAXIMIN (36 kms) où les métamorphoses de PICASSO au Musée Granet

La pluie tombe d'abondance, j'abandonne une partie de l'étape pour me consacrer au Musée GRANET d'AIX où m'attendent « les métamorphoses de Picasso », parcours initiatique à l'oeuvre du peintre de Vauvenargues (inhumé dans le parc du château) La première salle d'exposition me semble un peu « disney », façon cité des sciences de la Villette, avec musique initiatique si l'on effleure les cartouches des oeuvres du peintre, je préfère la recréation d'une femme nue couché avec couches numériques révélant le miracle de la création: merveille du numérique et de la pédagogie inter-active... dehors, il pleut toujours: j'irai dormir à TRETS, cité médiévale à 21 kms d'Aix, au pied de PUYLOUBIER, d'où je reprendrai mon errance jusqu'à saint Maximin la sainte baume.

L'hotel du Val de Trets, vieille maison provencale au pied des remparts, me réconcilie avec l'hotellerie francaise: j'apprécierai d'autant après ma longue marche le long du tombeau de Marius dans la plaine des Loubières(bataille de Marius contre les teutons...je suis toujours sur le voie aurelia)

ici des chiens errants me prennent en affection et je mettrai sept kilomètres avant de m'en séparer, en suivant une voie ferrée désaffectée pour effacer mes traces. Heureusement, une belle provencale, inquiète de leur présence et de leur propriétaire, les gardera pour moi, le temps que je m'éloigne...

Une halte à POURCIEUX, avec bistrot tenu par un étrange personnage déguisé en souteneur(gourmette en or, veste prune, pantalon noir, teint illuminé par les veilles et les costières du Var...) et une belle boulangère à la poitrine aussi généreuse que ses croissants au beurre et ses pissaladières. Mon dieu, que que la France des chemins est bonne...

3 avril 2009: Saint Maximin – Brignoles: « Marie-Madeleine a désormais deux tombeaux »

je vais déchiffrer ma deuxième borne miliaire de la voie aurelia grâce à Evelyne, hôtesse de l'office du tourisme de saint Maximin, bien plus compétente que moi sur le »noli ne tangere »du crâne de Marie-Madeleine, enchâssé dans la crypte de la basilique de saint Maximin. Moi qui lui dis qu'il s'agit d'une supercherie, les révolutionnaires étant passé par là en I793, elle me confirme que les restes précieux de la sainte avaient été cachés pendant la révolution et que le morceau de chair sanctifié par les doigts du christ sur le front de la pénitente est tombé du crâne lors de sa redécouverte... elle me précise même que si les restes trouvés dans le sarcophage de la sainte sont d'un homme, c'est que les chrétiens de l'époque, craignant que les sarrazins fassent main basse sur les reliques de Marie-Madeleine, avaient mis à sa place la dépouille du pauvre saint Isidore... croyant comprenne que pourra...

il n 'empêche que les sarcophage de la crypte, sarcophages paléo-chrétiens, romains ré-employés, valent bien ceux du musée archéologique d'Arles...et que le retable d'Andre de ROZEN et ses dix sept prédelles(1510-1520) me préparent sérieusement aux fresques de Giotto que je verrai bientôt dans quelques jours.

J'apprécie de plus en plus la culture et le charme des hôtesses des offices de tourisme: elles vous donnent envie d'approfondir et d'aller plus loi sur le chemin(pour mémoire, la seconde borne miliaire de saint maximin est entreposée dans le cloître de la basilique, elle a été trouvée sur le mont aurélien sur la même commune...)

4 avril 2009: où le GR 99 croise la via aurelia:

on avait laissé notre héros en contemplation devant sa deuxième borne miliaire: on avait oublié de dire que nos ponts et chaussées successifs avaient fait disparaître toute trace de la monumentale autoroute romaine. En Espagne, on marche encore sur les pavés de la Via Augusta. Dans le Var et les Alpes-Maritimes, la via aurelia s'appelle D17, Nationale 7, autoroute provencale. Alors, de temps en temps, pour retrouver les maquis et les buis, la guarrigue, le GR ou sentier de grande randonnée est la meilleur formule.. A Brignoles, c'est le GR 99 qui croise la via aurelia, il descend de BARJOLS et de BRAS, il a des odeurs de sangliers, de feuilles mortes et de poudre à fusil, il croise la piste des chasseurs locaux, l'on s'attend à tout moment à voir surgir, apeurée, une laie et ses marcassins. Malheureusement, je pense à Peter Mayle, de redoutables propriétaires terriens entourent leurs territoires de barbelés et de miradors et obligent le poétique GR à gravir collines et descendre vallons, sans raison, sinon la fièvre « propriétaire » d'un hobereau local(avec 4x4 et fusil à 3 coups) voilà pour le GR 99. Il en sera de même pour le GR41 et le GR 55, mêmes itinéraires tourmentés, à forte déclivité, mais où l'ascension terminée, l'estérel et les maures valent le détour. A partir du Muy, le GR prend le nom de GR 51 pour longer les crêtes de l'Estérel. Le pélerin-randonneu a le choix entre les départementales dangereuses et les sentiers de chasseurs: selon son humeur, son envie d'écologie ou de verdure, de nature ou de vieilles pierres, il peut opter pour l'une ou pour l'autre formule.La formule GR est toujours plus coûteuse en énergie: St Maximin-brignoles par le GR: 8 heures de marche, le même itinéraire par la départementale: 4 heures de marche...

Dans le premier cas, des odeurs de trohens en fleur, des buis, des chênes-verts, des chênes lièges, des guarrigues sauvages... dans le second cas, les odeurs de diesels mal réglés, et la mauvaise humeur des automobilistes qui vous frôlent rageusement, jaloux de leur territoire sur lequel vous empiétez...

5 avril 2009: Brignoles-Le Thoronet-Fréjus: « où l'on s'apercoit que ce n'était pas Aurélien qui avait commandité la via aurelia »

je ne sais pas pourquoi en arrivant à Fréjus je fredonne une complainte bretonne « de Nice à Concarneau », ce qui est sûr, c'est que je ne suis pas encore arrivé à Nice, même si mes étapes m'en rapprochent. Je devrais plutôt fredonner, comme Auguste en I7 avant JC, de ARLES à FREJUS et de ROME à FREJUS par la Turbie, voilà la belle idée de notre empereur, alors que nos légionnaires se gelaient à franchir les cols des Alpes et celui de Larche particulièrement, depuis des lustres...

Mais je vais être infidèle au parcours romain, à cause de mes amours cisterciennes: il me faut voir LE THORONET, après SENANQUE, SILVACANE et FONTFROIDE: THORONET, la plus simple, la plus sauvage, la plus austère des abbayes cisterciennes de Provence. Le randonneur des GR se sent en harmonie, avec son sac, avec la simplicité et l'évidence des architectures solesmiennes... il me faut cependant revenir à la Via Aurelia, et c'est à Fréjus que je prendrai mon troisième pied devant ma troisième borne miliaire, entreposée sous une arche des arènes, sans inscription, au milieu d'autres vestiges antiques. FREJUS est une vraie capitale archéologique romaine: on vient d'ailleurs de mettre au jour, en creusant un parking en face de la Poste, les vestiges du port antique de Fréjus: impressionnants...

Alors, que faire à Fréjus, sinon passer des arènes à l'aqueduc de la porte dorée, à la reconstitution d'une magnifique villa romaine au musée archéologique, contempler les colonnes romaines de ré-emploi du baptistère paléo-chrétien de la cathédrale, et surtout, comble du syndrome de Stendhal, tomber en pamoison devant les 18 prédelles du retable de Jacobo DRANDI (1410-1463) consacré à la vie de sainte Marguerite( la carte postale de ce retable est en vente au prix de 60 centimes à la librairie du cloître de la cathédrale)

FREJUS: Capitale gréco-romaine ou sarrazine ?

Voilà pour le patrimoine, que dire de la sociologie de ce chemin romain ? Les sarrazins ont depuis longtemps repris pieds en Provence et les défenses et les fortifications érigées au IX et X ièmes siècles sur les contreforts des Maures et de L'Estérel n'ont plus de signification et sont tombées depuis longtemps devant une immigration d'outre-méditerranée qui s'est installée curieusement au coeur des cités médiévales provencales...

Nous allons à prix d'or acheter les dars de leurs casbah qu'ils désertent pour les banlieues de leurs grandes villes, tandis qu'ils restaurent avec ardeur les vieux quartiers de nos bastides..les horribles ETAP-HOTEL, B and B, et autres F1 fleurissent dans nos banlieues et aux périphéries des villes traversées... subsistent avec bonheur des hotels Riviera (Fréjus) de l'avenir (Saint Martin de Crau) les kebbabs, les épiceries tenues 7/7 par Ahmed, Karim et Mamadou... Les petits-bourgeois gaulois paient sur trente ans leurs pavillons en parpaing, tandis que les descendants de Mohamed restaurent et font revivre de belles demeures médiévales oubliées au coeur de cités fortifiées.

Le soir, des brunes aux yeux de gazelle rient très fort entre elles aux terrasses des cafés construits sur les traces des anciennes fortifications. La provence sarrazine est une réalité dont il faut se réjouir: il n'y a pas de meilleure intégration que l'accent chargé d'ail et de senteurs provencales de Mahdi, Leila, Khaled et Mina, leur vitalité, leur humour et leur absence de qu'en dira-t-on. Parfois, je songe aux fantômes errants de ces belles demeures avec qui ils font si bon ménage.

Ce soir, je dormirai chez Mohamed, après avoir gravi les vieux escaliers aux tomettes provencales de son hotel chargé d'ans et d'histoires...

6 Avril: FREJUS – LES ADRETS : « où les crêtes de l'estérel font oublier la via aurelia »

si l'on suit le parcours historique de la via aurelia, on doit suivre le bord de mer de saint Raphael à Cannes, revêtu de bêton et de goudron... La via aurelia mérite mieux que çà: on choisira de remonter le cours du Reyron à Partir de Fréjus et de gagner l'ancien barrage de Malpasset: on franchira ensuite l'Estérel par les Adrets... Pas un véhicule, pas une moto, des allées de chênes-liège et des paysages sur l'arrière pays àvous couper le souffle.

Détail amusant, c'est aussi la région où l'on trouve le plus de l'espèce curieuse de « l'étrange peuple des voyageuses », surtout des voyageuses en « a », mais aussi des voyageuses en « o ».

Aux adrets, c'est une voyageuse en « o » qui va me faire découvrir l'estérel et son arrière-pays, nous échangerons sur nos raids réciproques, elle dans le sud-est asiatique et moi sur mes marches au long cours. Nous passerons deux heures sympas à échanger nos bons plans et nos itinéraires: demain, je suivrai à son initiative les rives du lac de saint Cassien pour rejoindre PEYMEINADE. Elle m'aura permis de raccourcir mon étape en m'offrant de découvrir les rives d'un lac walchensien. Je rejoindrais la via aurelia à MOUANS-SARTOU...

Je regrette déjà de laisser l'étrange voyageuse dans son petit village de l'Estérel, je sais qu'au détour d'un chemin, au retour d'un trek, je la retrouverai, plaine d'humour, de convivialité, de simplicité et d'ouverture aux autres.

Voyage-Forum a cela de bon qu'il nous laisse des amis dans les coins les plus inaccessibles et les plus surprenants. Je marchera demain en pensant à elle, la remerciant du fond du coeur des paysages qu'elle m'aura permis de découvrir et que mon itinéraire n'avait pas prévu.

L'Estérel laisse demain sa place pour le Massif du tanneron.

7 avril : Les adrets-Montauroux (14 kms) « où une vfiste change l'itinéraire de la voie aurélienne

Nostalgique de cette rencontre furtive avec « O » la belle vfiste(brune, 1, 77 m)je me retiens du sms de regret du style « n'ai je pas été trop tactile? Je me suis pourtant retenu »(lu dans les perles de VF)il me faut reprendre la route: mon compteur indique encore 764 kms avant ROME... heureusement, BORDIGHIERA, ma ville fantasmée approche...

I4 kms après les Adrets, après avoir suivi les rives du lac de Saint Cassien, prêt à aborder le virage de PEYMEINADE, les klaxons compulsifs d'un véhicule que j'aurais pu prendre pour celui d'une boulangère livrant son pain me font me retourner et voilà-t-y pas que je retrouve ma vfiste en « o » que le hasard ou le destin remettait sur ma route...

Il est l'heure du café de I0 heures, le soleil est de la partie, nous voilà dérivant vers MONTAUROUX, village non inscrit dans l'itinéraire...mon destin sera-t-il lui aussi bouleversé?

Ma bonne étoile me suggère que ce soir, le gîte et le couvert seront assurés par Voyage Forum, merci Francois... la solidarité des voyageurs ou du peuple étrange des voyageuses me fera découvrir la gentillesse, la générosité, l'ouverture d'esprit de certains habitués du Forum: je ne regretterai pas le détour: non seulement, je vivrai au rythme et au coeur d'un village provencal, mais les curiosité du patrimoine de MONTAUROUX et de CALLIAN(village de Christian DIOR et de soeur Emmanuelle) n'auront plus de secret pour moi.

La voyageuse en « 0 » me fera découvrir les rouges corsés des coteaux du Var, j'échangerai contre son accueil un saint Estèphe, château BONIS, élevé et mis en fût au château...
Voyage en Afrique Australe: du 15 juillet au 23 août 2008 English translation pending
by Timlulu · 2009-03-26 · 1 reply
je n'avais pas eu le temps jusque là d'envoyer notre récit mais peut-être cela pourra en aider certains ... 39 jours en Afrique australe du 15 juillet au 23 août 2008

On a adoré lire tous les posts et récits sur la Namibie et AFS avant de partir, alors on a envie de renvoyer l’ascenseur …. Je ne suis pas une pro des carnets de voyage, c’est mon premier, et je mettrai plutôt l’accent sur les anecdotes, les bons plans logements et restaurants, et les spécificités pour enfants

Les protagonistes : Annie, l’organisatrice à 100 % depuis des mois (100 % pour l’AFS, et en partenariat avec chaméléon pour la Namibie) François, le public relation et l’anglophone parfait Lucas et Timothé nos 2 derniers petits baroudeurs

39 jours en Afrique, le rêve, nos plus longues vacances à ce jour … En fait, on devait partir moins longtemps, une durée plus classique de 3 à 4 semaines, mais à force de lire tous ces fabuleux récits sur voyage forum, on rallonge, on rallonge !!! En novembre on a acheté nos vols internationaux, Toulouse francfort le cap pour l’aller, et Johannesburg francfort Toulouse pour le retour. Nous étions super emballés par le circuit de nobody, en 24 jours, départ le cap, puis toute la Namibie, victoria falls, Botswana et retour sur JNB. Après réflexion (et achat des billets) on s’est rendu à l’évidence que c’était vraiment très ambitieux même avec beaucoup plus de temps … On partait avec 2 jeunes enfants (5 ans et demi et 6 ans et demi) : allaient ils supporter tous ces km ?? De plus, une recherche plus approfondie sur le botswana nous a permis de réaliser que les jeunes enfants n’y étaient pas bienvenus (du moins dans les activités) et que les tarifs des hôtels et prestations étaient vraiment très onéreux. On a donc réaménagé le circuit en introduisant 2 vols intérieurs entre le cap et windhoek et entre windhoek et JNB (finalement pas si cher le surcoût, vu le gain de temps et de fatigue)

Le vol international a été acheté en novembre par la lufthansa (sous-traité à south african airways à l’aller). ‘3600 euros pour nous 4) Il y avait moins cher par quatar airlines mais ça nous obligeait à changer d’avion à Dubaï à 1 h du matin ….

On aurait dû faire moins de km en voiture que nobody (8500 km, je crois) et au final on en a fait 9000 km malgré nos 2 vols intérieurs (parce qu’on a rajouté le kaololand, inoubliable et le Kruger et le Swaziland à la fin)

Quant à l’éternel dilemme entre 4*4 avec tentes sur le toit ou lodge, françois a tranché : une bonne douche chaude dans une chambre confortable et un bon petit repas au resto, c’est le top pour clôturer une journée de baroudeur ; les lodges sont souvent très calmes (plus que certains camping remplis de chars à bestiaux) et on voit très bien les étoiles des terrasses romantiques ….

Mon récit sera donc scindé en trois parties : notre première semaine dans la région du cap puis nos 3 semaines en Namibie et enfin les 11 derniers jours dans le nord de l’Afrique du sud (pilanesberg, Kruger et swaziland). J’ai fait un tableau récapitulatif des hébergements et des restos à la fin.

Première partie : Région du Cap, du 16 au 22 Juillet

Mercredi 16 Juillet Le Cap, Hout Bay, Constancia Ca y est, ce voyage tant attendu, tant préparé depuis des mois démarre … Le voyage avec lufthansa au départ de toulouse via francfort s’est super bien passé, avion à l’heure, pas de bagages fouillés ou perdus (on craignait un peu vu que le francfort le cap était sous traité avec south africa airways : en fait avion super confort, bon service et repas) On arrive la tête dans le sac au cap à 5h du matin sans être complètement sûr que le gars d’aroundaboutcar soit là, si tôt, avec notre voiture (vu qu’ils n’ont pas de stand à l’aéroport) … et bien oui, bonne surprise, un panneau avec notre nom à la sortie, que ça fait du bien d’être attendu !!!! Au lieu d’une voiture moyenne (groupe B demandé) on récupère une fiat multipla, super pour caser tous nos bagages ; Les avis étaient partagés sur le forum, le notre est très favorable, on a été upgradé avec un tarif très avantageux (les pneus étaient néanmoins usés, pas très grave dans notre cas, vu qu’on ne l’a utilisé que dans le coin du cap ) A 6h nous voilà sortis de l’aéroport.. Que faire à cette heure matinale, sachant qu’il fait encore nuit (le jour se lève à 7h30) et que c’est un peu tôt pour débarquer dans notre guest house qui nous avait autorisé à déposer tous nos bagages. Comme on est crevé nous prenons quand même la route du B and B, Brenwin guest house, à green point . On nous accueille gentiment à 7 h et on patiente jusqu’à l’ouverture des bureaux à 8 h. On nous attribue un petit appart très correct (juste un peu vieillot) et on dort tous jusqu’à midi ; Assez perdu de temps : on part pour la côte ouest de la péninsule : Clifton, Camp bay, Hout bay où nous nous arrêtons manger au mariner wharf : très typique. L’AM démarre par une sortie en bateau pour aller voir les phoques sur duiker island ; L’océan remue sérieusement le fish and chips du repas ! (120 ZAR, sympa pour les enfants, s’ils n’ont pas le mal de mer !) On tente ensuite de prendre la Chapman drive mais manque de bol, après les pluies des jours précédents, elle est coupée au milieu ; On en fait quand même un petit bout et les points de vue sont magnifiques ( en plus aujourd’hui c’est gratuit !) On revient par Constancia et on fait le détour par le domaine viticole de Groot Constancia pour découvrir les belles maisons de style hollandais ; on zappe la dégustation car ça ne passionnerait pas les enfants mais la ballade dans ce cadre champêtre au coucher du soleil est sympa. On revient vers Cape town et le victoria waterfront pour découvrir ce bel ensemble de commerces : de nuit on découvre surtout l’intérieur car il fait plutot frais dehors (les restos ont quand même plein de tables dehors, seuls quelques courageux y mangent) . On trouve un resto sympa avec plutot des locaux, le willoughby and co : ambiance sympa, bon repas et suffisamment décontracté pour les enfants. Si vous regardez les guides d’AFS à la rubrique renseignements pratiques, pour le choix du resto, il y a une colonne « enfants bienvenus » ou non … ça surprend….

Jeudi 17 Juillet. Le Cap, Table mountain, signal Hill Réveil 8h30 ; la fatigue de l’avion se fait encore sentir et on ne parvient pas à émerger aux aurores ; Il fait grand beau temps alors on s’active un peu pour faire la table mountain ; Arrivés à la lower station on découvre que le téléphérique est en réparation jusqu’au 4 août ; c’est bien de visiter hors saison, mais il faut accepter que le service ne soit pas optimal … Seule alternative : monter à pied par la platterklip gorge ;620 m de dénivellé 2h30 de grimpette à forte pente (des marches taillées par et pour des hollandais) en plein soleil. Les enfants sont très courageux et tiennent le coup ; Arrivés en haut du dernier raidillon, on découvre ce super plateau et le paysage à 360 °.Super soleil, pas de vent, temps exceptionnel pour ce site en hiver..On avait prévu les polaires et les pulls (même les bonnets et les gants pour les enfants) et on a sué sang et eau en T_shirt ! Après les 620 m de descente, départ (en voiture) pour le coucher de soleil à Signal Hill. Soleil magnifique qui tombe dans l’océan Atlantique… Notre premier coucher de soleil mais pas le dernier !!! Ambiance conviviale du site, certains attendent le coucher en sirotant un petit verre On rentre se doucher et chercher un petit resto pour ce soir : on se dirige vers sea_point car on n’a pas le courage de découvrir le centre ville de nuit sans y être déjà aller de jour ; on découvre un petit italien sympa : Albany Mews

Vendredi 18 Juillet Le Cap, péninsule du Cap Lever 8h45 ; je râle un peu mais pas moyen d’émerger plus tot ! On part pour la découverte du cap péninsule ; première étape touristique, le bord de mer de Kalk bay puis les pingouins de simon’s town ; Ne pas rater la boulder’s beach (au bout du chemin d’environ 1km après le site qui se visite), la plage est idéale pour un pique nique au milieu des pingouins ;Il est déjà 14 h, il faut vite aller à la pointe. Arrivés à Cape point avec les traditionnels babouins, super avec leurs petits sur le dos). Montée à pied au phare, inutile de prendre le funiculaire, une peccadille après la montée de la veille puis un AR jusqu’à l’extrême pointe où l’on découvre notre première baleine. A peine 45 mn AR au lieu des 1h30 annoncés ! Le temps passe très vite et on fonce au cap de bonne espérance pour la classique photo sous le panneau puis grimpette jusqu’au point de vue. Déjà 17h30, l’heure de sortir du parc national (sunset) ; On rentre sur cape town en croisant les bouchons des banlieusards qui sortent de la ville …On se choisit un resto au waterfront conseillé par le routard : l’Ocean basket, super

Samedi 19 Juillet Le Cap centre ville Lever 8h ; Arriverait_on enfin à se caler sur un rythme d’Afrique australe ? Aujourd’hui départ pour la vieille ville qu’on n’a pas encore visitée ; on sillonne les rues de Bo_Kaap en voiture : on préfère car le récit de certains forumeurs à Bo_kaap nous ont un peu freinés pour le faire à pied. C’est vrai que le matin à certains coins de rue, on trouve des groupes de personnes qui cherchent désespérément à se faire embaucher. Un blanc passe en pick up et ramasse un ou deux candidats au travail : pas d’ANPE, Pas d’intermédiaire en AFS … On trouve quelques touristes en train de photographier mais bien encadrés par un guide local … Le reste du centre ville est particulièrement agréable et paisible. Je craignais que ce soit davantage oppressant et au contraire l’ambiance est très décontractée. Ce qui m’étonne le plus, aucun problème pour se garer, même au centre ville et toujours quelqu’un pour surveiller pour quelques rands. On se dirige vers le waterfront car on a envie d’aller à robben island cette AM ; grosse déception : pas de place avant le lendemain 15 h et aujourd’hui c’est notre dernière AM au cap. Avis aux intéressés : réserver votre ticket dès votre arrivée au cap pour avoir une chance de faire l’excursion en mer ( réservation et départ au nelson mandela quai, près de la clock tower) ; on découvre ensuite que le 19 juillet est le jour d’anniversaire de mandela et que tout le monde veut aller à robben island ce jour là car ça porte chance !!! On ne le savait pas ! Du coup on a le reste de l’AM pour flaner et profiter des groupes de musique et de danse ; Après une bonne bière au quai four, on prend la voiture pour un coucher de soleil à Bloubersband. Magnifique vue sur la table mountain et les enfants se régalent sur la plage (malgré la fraîcheur) On revient sur le cap pour trouver un resto ; attention le samedi toutes les adresses cotées et sur les guides sont complètes. On atterrit dans un petit thai sans prétention mais délicieux et peu onéreux : simple asia thai food and noodle bar Demain on quitte la ville du cap, 4 jours c’est trop court tellement c’est bon et beau. Il faut dire que le soleil a beaucoup contribué au plaisir

Dimanche 20 juillet . Le Cap, Strand, Hermanus Aujourd’hui on quiite le cap pour le prétexte qui nous a fait y venir : rencontrer Oma et Corrie, la famille d’accueil pendant 1 an de notre grande fille Alyssia dans la ville de strand. On sort non sans mal du cap car à 2 reprises il y a des travaux, la N 2 est coupée et on est dévié (sans fléchage évidemment). Le long de la N2 on découvre tous les bidonvilles dont l’immense Kalistera ; 2, 5 millions d’habitants. Des hectares de toits en tôle, organisés puisqu’on voit les fils électriques partout, c’est choquant après le luxe que nous avons visité pendant 4 jours. On découvre la réalité des 40 % de noirs qui sont au chômage et qui vivent avec une indemnité de l’état de 80 euros par mois. Pas de logements sociaux décents ici et pas de classe moyenne ; on est riche ou pauvre. Quand on parvient à trouver la maison de Corrie, on trouve un jardinier noir, ça nous étonne ; Corrie nous explique qu’il le fait travailler le dimanche pour qu’il puisse avoir un peu d’argent pour nourrir sa famille ; On découvre la maison, le lycée, la famille d’Alyssia pendant un an : plein d’émotions ! il nous faut continuer la route car on a réservé la nuit à Hermanus ; on a dû faire toute la route de nuit ( 1h30) et la conduite des sud_africains est un peu stressante : il faut être vigilant tout le temps car quand ils doublent ils attendent de la voiture d’en face qu’elle se pousse et quand derrière quelqu’un veut doubler il faut se pousser sue le bas coté où il y a très souvent des piétons …La chambre d’hôtes ( anchor rest ) est très confortable, un régal !

Lundi 21 Juillet. Hermanus, Franschoek, Stellenbosch Il fait toujours aussi beau. Quelle chance de découvrir cette belle région sous le soleil. Le patron de l’hôtel nous annonce que son fils a vu des baleines ; On fonce sur le chemin de bord de mer qui va du nouveau fort à grotto beach à l’est (12 km). La promenade est super et on aperçoit très vite 2 baleines au loin. Après le petit déj, on se gare au centre ville d’hermanus au vieux port. Là aussi, on admire à gearing point des baleines beaucoup plus près. Le spectacle est magnifique depuis le sentier cotier et on décide d’y pique_niquer.Ensuite, avec la voiture on poussera jusqu’à « die gang » : là encore des baleines et elles sautent ! Le temps passe, toujours trop vite ; toutes ces vacances j’ai eu l’impression chaque jour que le coucher de soleil et donc l’arrêt des activités arrivait toujours trop rapidement dans la journée ! Après un détour par la Rotary way (4 km à droite en sortant d’hermanus en direction de cape town, joli point de vue sur la False bay), on prend la R 230 vers Caledon où l’on découvre des paysages très bucoliques. La route devient gravel road, ça nous met dans l’ambiance des pistes namibiennes ! Caledon est un bourg rural, loin des villes touristiques. La montée vers le col de franschoek est magnifique (R 45). Petite ballade dans la Huguenot Road de Franschoek et on poursuit vers Stellenbosch. On réserve tout de suite le resto : Fishmonger( conseillé par le routard !) Parillade de poisons excellente et peu onéreuse. Notre hébergement en SC (self catering), est en fait l’appartement d’un particulier, vraiment très confortable.

Mardi 22 Juillet Stellenbosch Le Cap Ce matin, visite du centre ville. Les arbres de dorp street ont le tronc entouré de tissu rouge : c’est original et gai. Les maisons sont très belles avec leur pignon hollandais, toutes blanches. On visite les édifices du broak, Burgher house, une jolie église. On remonte kerk street qui possède de jolies boutiques, on visite la vieille boutique de brocante Oom samie se winkel (84 dorp st) Il nous reste 1h avant d’aller prendre l’avion pour la Namibie, on décide de visiter un domaine viticole et on choisit Morgenhof. Dégustation de 5 bons vins dans un cadre fastueux pour 1€ : le bonheur ! On prend la route de l’aéroport, on a RV avec le gars d’aroundaboutcar à la station essence … il est bien là, pas de pb avec eux, simplement, heureusement qu’on a pas crevé, on n’avait pas de roue de secours, seulement un récipient sous pression !!! On embarque sans problème pour la Namibie avec air namibia et on arrive à 17h (on recule d’une heure par rapport à l’AFS). On récupère la voiture à budget sans problème (cette fois avec 2 roues de secours !) et on charge le nissan X_trail 2*4 Aucun problème pour rejoindre le centre ville de Windhoek, il n’y a personne car il fait déjà nuit ! Nous trouvons chaméléon backpackers et rentrons la voiture dans l’enclos sécurisé (sinon voiture broken out…) On se retrouve dans l’ambiance backpackers ; il est 7h30 le cuisto est parti et on n’a pas envie de ressortir pour manger et on se fait livrer des pizzas.

Deuxième partie : Namibie, du 22 Juillet au 12 aout

Mercredi 23 Juillet Windhoek Mariental Anib lodge Kalahari (environ 3h sans les pauses) B1 et C20 Réveil matinal : normal, le trafic de la capitale nous rappelle qu’on n’est pas dans le bush. Après le petit déj, Claire de l’agence chaméléon (sur place) nous reçoit et nous explique clairement notre trip avec plans et explications que nous avons mis au point ensemble en décembre. On laisse les bagages à chaméléon le temps de faire les courses au pick’n pay et nous voilà partis pour Mariental. Le long des nationales, il y a régulièrement une table de pique_nique avec un peu d’ombre (tous les 10 km). L’accueil est sympathique à Anib lodge mais déception plus de place pour le game drive du sunset (maudits allemands !). Je confirme, c’est une usine à touristes allemands, (10 4*4 pour le game drive du soir, on n’a pas regretté de ne pas le faire) mais l’accueil, les prestations et surtout le repas sont tout à fait à la hauteur. On part vers 15h30 pour le plus grand walking trail (9, 5 km), tous seuls, et on est obligé de courir au retour pour éviter la nuit ! Les garçons ont bien assuré ; on a vu nos premiers spingboks . On s’inscrit pour le sunrise demain matin, lever prévu 5h30 !

Jeudi 24 Juillet Anib lodge kalahari, Zebra river lodge Tsaris mountains 3h30 C20, C 19, C14, D850 Lever 5h30, on s’habille chaudement. Un petit café au bar et on se dirige vers nos 4*4 : seulement 2 4*4, c’est cool ! Il fait froid et on ne regrette pas le bonnet et les gants ; heureusement qu’on nous a donné des couvertures ! Notre premier safari nous comble car nous découvrons crescendo, spingboks, antilopes, oryx, gnous et zèbres. Le périple se termine par un chocolat chaud dans les dunes rouges du Kalahari, ce n’est pas de refus vu la température ! Retour vers 9h et nous petit-déjeunons. Départ vers notre prochaine étape : zebra river lodge ; 110 km de route jusqu’à Maltahohe puis 85 km de piste : il fallait bien commencer ! au bout de 5 km de gravel et 2 voitures croisées, on a déjà un impact sur le pare-brise . On roulait pourtant prudemment et on s’est serr�� bien à gauche lors du croisement. On ne regrette vraiment pas les 30 N$ par jour d’assurance pour le pare brise qu’on avait hésité à prendre (630 N$ pour le windscreen et autant pour les pneus pour les 3 semaines), ça peut vraiment arriver n’importe où et à n’importe quel moment … Le lodge est paumé au milieu des tsaris mountains. Ambiance très intimiste : 9 chambres, table d’hôtes, soirée aux bougies. Très sympa et accueillant. L’AM a été plutôt cool : on est simplement monté à la grotte (1h30 AR)

Vendredi 25 Juillet Zebra river lodge Tsaris mountains, sesriem 2 h, D850, D854, C19, C27 Après une nuit reposante dans ce cadre très «out of africa» on profite d’un bon breakfast avec des produits maison. On emprunte une carte et nous voilà partis pour 3 h de rando : Quivertree trail. On découvre l’arbre à carquois perché au sommet d’une butte. Nous sommes contents car on n’était pas sûrs d’en voir vu qu’on n’allait pas jusqu’à la kokerboom forest de keetmanchop. Il est midi et on bulle au bord de la piscine pendant que les enfants font trempette dans la petite piscine … glacée. Ici, dans aucun hôtel ils n’ont l’idée de bâcher pour garder la chaleur la nuit … On reste pour le lunch vu que la formule obligatoire ici est full board, mais c’est bien de flâner, on n’a qu’1h30 de route cet AM pour Sesriem. On en gardera un bon souvenir : juste un bémol, le prix du vin facturé, on a fait confiance à leur sélection sans prendre la précaution de demander le prix : 190 N£ c’est très cher dans ce pays !!! Mais ça reste une super étape. On arrive à sesriem après une mini frayeur sur la D850 : un gué à traverser avec de l’eau. On se déchausse pour tester la hauteur, on enlève quelques cailloux et ça passe ! On laisse les bagages au desert camp (super tentes aménagées pour 4 avec salle de bain en dur, à 3 km de la porte de sesriem, tentes toutes neuves) pour filer au canyon de sesriem. Petite ballade de fin d’AM sympa on y voit même un serpent dans la paroi. A y repenser on aurait peut-être pu se speeder pour rentrer dans le parc dès la première après-midi et voir ainsi un coucher de soleil (et un lever le lendemain). Pas toujours évident de faire les meilleurs choix, c’était bien aussi les tsaris mountains et avec beaucoup moins de monde ! On essaie de prendre les billets pour l’entrée du parc le lendemain, mais on nous le refuse : est-ce la règle, ou à la tête du client, ou est-il tout simplement trop tard (5h45) ? On ne pourra les prendre que demain à 6h45. Pas d’essence à la pompe (courant apparemment) on verra demain AM à notre retour du désert. Repas aux chandelles au sossuvlei lodge ; il vaut mieux réserver. Cadre super, terrasse chauffée avec vue sur savane éclairée : on regarde les springboks en mangeant des grillades de … springboks ou d’autre chose.. Le bonheur. C’est un peu touristique, pas donné, 180 N$ pp, mais c’est mieux qu’une boite de raviolis en SC !

Samedi 26 Juillet Sesriem, Sossuvlei, sesriem, solitaire, camp gecko 2 h, C27, C19, D1275 Lever 6h pour être devant les portes de sesriem à 6h45. 5 à 6 voitures devant nous, ceux du camping sont déjà partis depuis 1h. Finalement ça va assez vite de prendre les tickets au bureau (près de l’épicerie) (se souvenir de son immatriculation) et on file sur la route goudronnée. Comme beaucoup, on s’arrête à la dune 45 et on la grimpe : on en a très envie car c’est la première et c’est l’heure d’affluence. Avec le recul il vaut mieux filer au bout et grimper des dunes là bas. On est arrivé vers 8h30 au parking 2*4, avons eu sans problème une navette ( 110 N$ par adulte, ça n’arrête pas d’augmenter) et avons commencé par sossluvlei, pensant garder le meilleur pour la fin (deadvlei). On a grimpé 2 dunes ( big mama et une autre) et à 11 h les enfants étaient crevés par la fatigue et la chaleur ; de plus pas de navette pour nous ramener de sossluvlei à deadvlei : toutes réservées par des maudits groupes d’allemands ( c’était pourtant normalement compris dans le prix de passer d’un site à l’autre). On le fait donc à pied, ce n’est pas loin mais la fatigue augmente. On se dirige enfin vers deadvlei, il est 11h30. Il fait très chaud alors qu’on s’est gelé à 7h. Le seul avantage de faire deadvlei à midi c’est qu’on a le site pour nous tous seuls, pas un touriste entre les arbres pour les photos. On est reparti parmi les derniers visiteurs du matin vers 12h30, épuisés mais contents ; franchement il vaut mieux commencer par deadvlei. Après un pique-nique sous l’arbre central de sesriem, toujours pas d’essence à la pompe et pas assez dans le réservoir pour aller jusqu’à solitaire. On décide, après hésitation de mettre 10 l de super à la place du sans plomb. Juste quand on part le camion citerne arrive mais on ne veut pas attendre 1h pour partir, tant pis on prend le risque de ne pas en trouver non plus à solitaire ! Arrivés vers 15h30 à solitaire on se soumet au rituel : apfelstrudel au bar et achat du pain moose à l’épicerie, et le plein de sans plomb ! On repart jusqu’à notre étape du jour : le camp gecko. Ferme d’agri_tourisme, l’accueil est sympathique, pas du tout commercial comme à Anib lodge. On se dirige vers notre tente : au bout de 2 km de piste après la réception, on arrive au milieu du bush et on découvre 6 tentes aménagées. La notre la dernière est en 3 parties : 2 petits rondavels pour dormir et une partie en dur à ciel ouvert, la salle de bain et la cuisine. Se doucher en plein air avec vue imprenable sur le coucher de soleil sur le bush, le summum ! Nous étions en plus les seuls occupants ce soir là. Comme on n’a pas l’intention de cuisiner on partage la table d’hôtes et on communique enfin avec des habitants de ce pays. On y apprend combien la terre est chère, l’éducation des enfants difficiles : les enfants sont pensionnaires dès 6 ou 7 ans à swakopmund ou windhoek et ne rentre que toutes les 4 semaines. C’est vraiment un choix de vie cet isolement. Soirée très agréable dans un cadre super.

Dimanche 27 Juillet Camp gecko, swakopmund, 4h30 D1275, C14, B2 Lever tranquille : on ne va pas se lever à 5h30 tous les matins …On profite de ce paysage grandiose de savane avant d’attaquer la longue piste C14 jusqu’à Walvis Bay. Elle est en état très moyen car tous les touristes l’empruntent et les bus dégradent fortement la chaussée. Elle est assez monotone à part les 2 pass plutôt agréable comme coupure visuelle du désert : Gaub pass et Kuiseb pass. L’heure du pique-nique arrive et impossible de trouver un coin à l’ombre et ça cogne ! On continue jusqu’à vogelfederberg et là on découvre un relief très spécial : sous une dalle de granit, des tables de pique-nique sont installées, à 100 m de la C14, donc loin de la poussière. On termine la route pour walvis bay où on arrive à 15h un dimanche après-midi, tout est fermé. On tente d’aller à la lagune voir les flamands qu’on aperçoit au loin mais vraiment au loin, c’est un peu décevant. On essaie de repérer le départ pour le bateau demain matin avec mola mola mais le port est vide un dimanche AM. On continue et on s’installe dans notre B and B à swakopmund et on profite de la dernière heure de soleil pour emmener les enfants jouer dans les dunes. (en traversant le gué de la swakop river, ne pas aller trop loin en voiture pour ne pas s’ensabler, sans 4*4) . Il est 6h on tente de trouver un resto : toutes les bonnes adresses sont fully booked : le lighthouse, le tug (accueil désagréable et ils sont plein les 3 soirs où nous sommes à swako). On choisit au hasard et on tombe sur une adresse très sympa : le beach house restaurant. Bon repas, très bon accueil, jolie déco, calme. On réserve néanmoins le lighthouse pour le lendemain.

Lundi 28 Juillet Swako, Walvis Bay, Swako Le grand jour de notre sortie avec mola mola est arrive. On se prépare pour arriver à 8h45 comme convenu au port de Walvis Bay. Et là les ennuis commencent. Au portail du port, on ne peut pas rentrer sans permis qu’il faut acheter avant. François cavale de bureau en bureau sans comprendre pourquoi on ne nous avait pas expliqué toute cette démarche avant. L’heure tourne et on stresse de rater le départ : cette sortie tant attendue réservée depuis 7 mois ! Enfin quelqu’un conseille François d’aller se renseigner au bureau de mola mola à l’autre bout de la ville. On fonce et on finit par trouver le yacht club où sont les bureaux ; il est 9h05. La dame du bureau nous dit de courir et on arrive à bout de souffle sur le ponton pour sauter dans notre bateau. Il nous a fallu un bon moment pour nous remettre de nos émotions. Conclusion : il ne faut pas, aller au port industriel (panneau : harbour) mais bien suivre toutes les pancartes marrons marquées mola mola tours. Chaméléon ne nous avait pas précisé ce détail, ni donné un plan ; ce sera leur seule bourde. On déstresse vite à la vue des phoques qui montent sur le bateau, des pélicans, des cormorans qui volent autour de nous. Les enfants (surtout Lucas) adorent la vitesse du hors-bord. D’ailleurs le capitaine lui confie la barre quelques instants mémorables ! On arrive sur le site des dauphins et ils sautent partout autour de nous. Puis le site des otaries où elles sont des milliers sur la plage .On voit aussi des énormes méduses. La ballade en bateau dure presque 3 h et on nous débarque sur une plage déserte pour le lunch ; une jolie tente est installée, les huîtres, le champagne et le lunch nous attend : c’est le luxe. On fait connaissance avec 2 couples de français qui terminent leur périple : on échange les infos, on se reconnaît du forum, super ! On monte dans les 4*4 et on en a un rien que pour nous. Notre chauffeur est très habile, on fonce sur la piste puis dans les dunes. Sensations impressionnantes. Des dunes à perte de vue et on les monte et descend à toute vitesse. C’est génial et les enfants adorent. On descend des dunes très pentues, on en descend même en marche arrière. On s’arrête de temps en temps pour jouer dans les dunes. La prestation est très au point, les chauffeurs très professionnels et sympathiques. Le prix est cher mais la prestation est à la hauteur. On a eu une chance inouïe. Le temps était exceptionnel aujourd’hui, super soleil, pas de brume et à peine frais. On termine la journée au lighthouse que nous avions réservé à 7h30. Nous attendons 1h10 pour obtenir notre plat (tiède), les enfants craquent … C’est la rançon de la gloire : ils sont sur tous les guides, ils ne désemplissent pas et ils n’arrivent pas suivre en cuisine. Je ne conseillerai pas cette adresse.

Mardi 29 Juillet swako Aujourd’hui ce sera plus cool. On hésite à faire l’AR à cape cross (115 km fois 2) pour voir et sentir les phoques : en effet on en a déjà vu beaucoup lors de notre sortie en bateau. On décide d’acheter plutôt le permis à la NWR de swako pour faire la welwishia drive. On part vers 11h et il fait bien chaud dès qu’on quitte la côte. La route du circuit n’est pas entretenue et c’est une horrible tôle ondulée. Seul le point de vue sur la moonlandscape et les derniers km où l’on aperçoit les welwishias sont sympas. C’est beaucoup de temps et de mal de dos pour ce qu’il y a à voir. Pour moi, il y a plus intéressant à faire surtout avec des enfants. Au retour on s’est arrêté sur la C34 à l’endroit marqué sandboarding et on a roulé jusqu’aux dunes. Les enfants ont adoré les escalader et les descendre jusqu’à la fin de l’AM. On a fait un tour au marché artisanal où il y avait surtout des sculptures. On réserve au grapewine dont j’avais entendu parler sur le forum. Resto qui se veut class (pas de menu enfant, ça veut souvent dire qu’ils ne sont pas bienvenus) avec l’originalité du winetasting. On déguste 4 ou 5 vins au bar, évidemment on en choisit un, et évidemment la bouteille est chère… on connaît le prix une fois avoir choisi le vin !

Mercredi 30 juillet Swakopmund, spitzkoppe, (1h30), Ai Aiba lodge erongo mountains (1h30) B2 D1918 D3716, D1930, D1927, D2306, D2315 routes OK Depart pour ls spitzkoppe après avoir fait des courses de frais pour le pique-nique. Au spitzkoppe, il faut entrer dans le camping, s’acquitter du droit d’entrée (35N$ par adulte) et le bushman paradise est à l’extrême droite du site. Ne pas hésiter à demander un plan à l’accueil. Au départ on avait laissé la voiture à l’entrée, on était parti sous la chaleur à pied pensant trouver facilement ; François est revenu chercher la voiture de l’eau et un plan car on ne trouvait pas. On a beaucoup aimé la petite grimpette le long de la chaîne (30 mn AR) On reprend la route vers les erongo mountains ; on commence à voir davantage de villages et de villageois sur leurs charrettes tirées par des ânes. On découvre notre lodge : Ai Aiba rockpainting lodge : luxueux, tranquille, des petits pavillons au toit de chaume, tout neufs. On a fait la promenade des rocks painting au coucher du soleil : magnifiques couleurs de ces rochers insolites et quelques belles peintures. Ce soir seulement 3 pavillons sur 2 sont occupés, on a un service ultra personnalisé. Timothé continue d’intriguer et d’amuser le personnel noir. Les réactions sont nombreuses : étonnement, amusement, incompréhension mais jamais indifférence ! Notre petit black et notre rouquin ne passent pas inaperçus. Super repas et pas cher pour la qualité du service et du repas

Jeudi 31 Juillet Ai Aiba lodge, Uis ( 1h30), twylfontein (2h30) D2315, D2306, C36, D2612 (état moyen) C39 Lever avec super vue sur le bush ensoleillé. Troisième lodge que nous rencontrons avec une piste d’atterrissage, pour ceux qui ne veulent pas se casser le dos sur les gravel roads. Après un super breakfast, toujours aussi soigné, les garçons se baignent. Piscine un peu fraîche mais soleil déjà chaud à 10h. Nous quittons le lieu avec regret car c’était vraiment une halte sympa et paisible. Route vers Uis où nous faisons des courses et de l’essence. Vers 13 h, on cherche un lieu de pique-nique : les nationales sont loin et les tables ombragées aussi ! On s’arrête quand même au bord de la route et on descend au fond d’un lit asséché de rivière sous un acacia. Le lieu est bourré de mouches agaçantes mais on n’a pas le choix ! Les sandwichs sont vite avalés. On continue sur twylfontein qu’on atteint vers 15h30. La lumière de fin d’AM commence à rendre les couleurs jolies. Il fait chaud mais la ballade lion’s man ne dure que 45 mn ; apparemment pas évident de faire les 2 circuits. La visite est un peu rapide ; site intéressant ; vers 16h30 on file vers les organ pipes, très jolies roches en forme d’orgues (visite rapide, sympa) et juste un coup d’œil sur la burnt mountain juste à côté. On reprend la route pour arriver au camp xaragu avant la nuit. On nous attribue une grande tente avec salle de bain en plein air : beaucoup moins luxe que la veille mais très sympa ! Le repas se prend en commun sous le grand toit de chaume avec une cheminée centrale. Pas d’électricité, lampes à pétroles obligatoires, ça crée une ambiance ! Repas sympa ; Il ne fait vraiment pas froid la nuit, nulle part. Il paraît que cet hiver est particulièrement doux.

Vendredi 1er Aout Camp xaragu, palmwag C39, C43( route correcte avec cailloux) 1h45 Les paysages sont très sympas sur cette route, c’est montagneux, avec plein de montées et de descentes. Les montagnes ont la forme de la table mountain. On commence à voir plein d’animaux alors on s’arrête souvent ! Au barrage sanitaire, on nous fait garer, j’imagine qu’ils veulent contrôler nos papiers mais pas du tout ; ils nous demandent nos prénoms et voilà qu’ils les gravent dans des noix de palmier avant qu’on aie le temps de rien dire. Ils voulaient nous les vendre 90 N$ pièce, l’attrape touriste ! Finalement on en prend 6 pour 120 N$ …On fait le plein à la mini station de palmwag et on se présente au Lodge. Accueil professionnel dans cette assez grande structure. On s’inscrit à la river trail pour l’AM. On bulle au bord de la piscine en attendant notre chambre ; à 1 h on emménage dans nos 60 m2, toit de chaume et mini piscine particulière. Les enfants se baignent une deuxième fois à l’heure chaude avant de partir en ballade. On part à 11 en ballade avec une autre famille de français et 3 jeunes hollandais qu’on va retrouver tout le long de notre circuit. Le paysage est joli mais on ne voit pas grand-chose comme animaux à part des fourmis… après 2h30 de rando on aperçoit Sébastien, l’éléphant dans la rivière ; c’est notre premier éléphant alors on est content, surtout qu’on est à pied (à environ 50m) . On va boire un coup avec les français avec qui j’ai communiqué aussi sur le forum. Salut Nathalie ! Le resto de palmwag est très sympa, ce n’est pas du tout l’usine. Il est 21 h et à la sortie du resto on nous raccompagne jusqu’à notre chambre (100 m) de peur qu’on se trouve nez à nez avec l’éléphant. Folklore ? Paranoïa ? En tout cas c’était rigolo .Pendant qu’on prenait l’apéro au bar, les enfants se sont vus interdire de sortir sur le parking jusqu’à l chambre au cas où ils feraient une mauvaise rencontre … animale !

Samedi 2 aout Palmwag, Sesfontein (2h30)(route OK, attention aux gués), opuwo (3h) (route mauvaise dans la première partie) C43 Réveil matinal, on a une longue route aujourd’hui. On prend le petit déj sur la terrasse avec vue sur le bush. La route pour sesfontein est bonne, la lame vient de passer. Elle monte et descend avec des gués prononcés mais pas de problème. A la sortie de palmwag on voit plein de springboks et de zèbres, on s’arrête souvent car le paysage est varié. Au milieu de nulle part, on voit un minibus arrêté avec 4 ou 5 gars qui nous arrêtent et nous disent qu’ils sont en panne d’essence. Ils nous demandent si on peut les aider ; nous n’avons pas de bidon ; on accepte qu’ils essaient de siphonner un peu de notre réservoir. On est moyennement rassuré mais que faire ? Les laisser en rade et repartir avec notre voiture neuve et pleine d’essence ??? 8 ou 10 mecs sortent du bush et viennent rejoindre les premiers. On ne veut pas faire de paranoïa mais ils pourraient faire ce qu’ils veulent de nous. Finalement ils ne parviennent pas à siphonner à cause de l’anti-reflux et on repart. Plus loin un stoppeur nous arrête mais la voiture est pleine. Jackie de oreness camp nous dira plus tard qu’il vaut mieux éviter de s’arrêter en rase campagne car on est à leur merci. En (petite) ville on ne risque rien car ils ont peur de la police (qui peut être très violente) s’ils touchent à un touriste. On sera donc plus prudent car ça fait 2 jours d’affile qu’on s’arrête seuls dans le bush pour pique-niquer. On renonce à faire l’AR pour warmquelle vu qu’on n’y dort pas et qu’on va se taper la mauvaise piste pour très peu de temps sur place. On continue donc sur opuwo en évitant sesfontein et on entame la montée du joubert pass et c’est assez sportif ; il y a beaucoup de cailloux et certaines montées sont très pentues. La deuxième moitié est meilleure mais on ne dépasse pas les 60 -70 km/h. On voit de plus en plus d’enfants, de hameaux et on commence à distribuer les petits jouets et les vêtements pour enfants qu’on a amené. Ca fait des heureux. On voit des stands Héreros avec des enfants en guenilles, on achète une poupée pour les faire travailler. On voit aussi des stands Himbas et les enfants ont l’air plus éclaté, plus souriant. On arrive à opuwo et on découvre notre bungalow très rustique à oreness camp. Bungalow rond, toit de chaume rustique, lit en 120 pour 2 ! Mais patron marseillais très sympa qui nous tape déjà la causette ½ h à l’arrivée. On part sillonner l’unique rue d’opuwo avant la nuit et on découvre la diversité, la pauvreté et le désoeuvrement. Ils nous regardent autant qu’on les regarde …. On assiste même à une bagarre entre un gars et une femme himba, on ne traîne pas. Jackie nous explique qu’ils sont passés du moyen âge à la société de consommation en 3 à 4 ans sans transition. Il y a donc un malaise car l’évolution n’a pas été assez progressive. Ils sont surendettés, mal organisés, Nous sommes les seuls clients aujourd’hui alors Jackie se lâche et nous raconte plein d’anecdotes sur le pays. C’est intéressant de comprendre le fonctionnement de cette petite société du kaololand. A ceux qui se sentiraient culpabilisés (comme nous) de venir dans le kaololand par peur de contribuer à la destruction des cultures locales par l’apport de nos modes occidentaux, je les rassure partiellement. Certes le tourisme a des impacts négatifs (mais aussi positifs, on y laisse beaucoup de sous) ; mais cette évolution spectaculaire en si peu de temps, arrivée de la télé en 2004, du tél en 2003, tél portable, supermarché hyper récent … est une volonté politique de faire évoluer ces populations. Côté éducation c’est encore limité, seulement 40% des enfants d’opuwo vont à l’école alors dans les villages … A ce niveau l’état n’a pas trop envie qu’ils soient trop instruits, sinon il faudra partager le gâteau du pouvoir avec toutes les minorités et les Ovambos (tribu au pouvoir) ne le souhaitent pas.

Dimanche 3 août Opuwo, Epembe (route excellente), Ogongkwaki (route OK), Epupa (route mauvaise) (3h30) Nous nous levons tôt car on sait que la route d’epupa est difficile. Après le plein d’esence, on cherche un ATM : les 3 de la ville sont vides : il vaut mieux éviter le week end à Opuwo ! On repart sans faire le plein de cash, on fait les courses au supermarché qui lui est ouvert le dimanche. Comme en AFS pas moyen d’acheter une goutte d’alcool, même une bière le dimanche : c’est la loi ! Seuls les 75 derniers km sont mauvais, avec que des cailloux ; On s’installe à l’omarunga camp, il fait très chaud ( le plus chaud qu’on est connu en Namibie). A 20 m de nous, au milieu de la rivière se prélasse un crocodile de 4m sur un rocher. Vers 16h on part faire la ballade d’1km5 vers l’ouest, le long de la rivière, après les chutes. Les couleurs sont belles, des vrais paysages de carte postale avec cette eau et ces palmiers. On atteint une jolie plage où les enfants jouent au sable. Retour avant la nuit, repas au camping et soirée courte.

Lundi 4 août Epupa Ce matin, on part faire la sortie himba, on a beaucoup hésité mais maintenant qu’on est là … Pas besoin de faire des km en 4*4, il y en a partout autour d’ici. Nous sommes 9 (on retrouve nos 3 jeunes hollandais en camping car qu’on avait vu à palmwag et qu’on avait doublé sur la route) accompagnés d’un guide qui nous autorise à prendre des photos. Il nous explique le fonctionnement des familles, les tenues vestimentaires, le coin des femmes et des enfants où elles préparent la bouillie de maïs, le coin des hommes où ils terminent de manger une vache morte la veille. Les femmes n’ont pas droit à la viande ou rarement. Eux aussi ont beaucoup de mal à comprendre pourquoi nous avons un petit noir avec nous. Timothé doit d’ailleurs être le seul noir qui ait un jour fréquenté tous ces lodges en tant que client… On se lie avec un petit garçon, pas sauvage du tout qui adore les photos et veut les voir ! La visite est sympa mais je reste un peu sur ma faim ; j’aurais souhaité plus d’explications de la part du guide, notamment sur la toilette. On visite ensuite un cimetière, les femmes avec une décoration d’un crâne de vache avec 2 cornes vers le bas, et les hommes les cornes vers le haut. Le guide laisse un sac de maïs et quelques épices. Les himbas ne vendent plus de chèvres depuis qu’ils font du troc avec le camping : visite contre nourriture.. Jackie d’opuwo nous a raconté qu’en général, les naissances chez les himbas n’étaient enregistrées qu’à partir de 6 ans tellement il y avait de mortalité infantile … Je ne regrette pas cette visite mais peut-être est-elle mieux et moins chère au départ d’un autre lodge (350N$ par adulte, c’est cher, on a vu beaucoup moins cher ailleurs notamment au Kunene). En fin de matinée on tente de régler un problème d’organisation : deuxième stress du voyage après celui de mola mola à walvis bay ! On s’aperçoit qu’on a oublié de payer avant de partir le solde de notre réservation au kruger en AFS. Il fallait le faire un mois avant et je n’ai pas eu de rappel … on a 2 semaines de retard et il est écrit que la résa tombe.. je stresse car j’ai eu beaucoup de mal à mettre au point nos 4 jours au kruger (nuits et game drives ) : 7 mois avant, beaucoup de choses étaient déjà complètes … Pas d’internet à Epupa, le bout de la Namibie, mais heureusement un relais tél de l’armée (on est à la frontière de l’angola) . On appelle Prétoria et en 10 mn tout est réglé (juste une grosse note de portable au retour !) Ouf, notre réservation avait été maintenue.. On fête la bonne nouvelle avec une bonne bière au bar du camping. Ce midi on refait la ballade au bord de la rivière (en plein soleil !) car on a promis aux enfants de retourner pique-niquer à la petite plage. On passe tranquillement l’AM à la plage. Au retour, plus d’eau à la douche du camping, on va devoir rester ensablés !

Mardi 5 aout Epupa Epembe (2h30) Kunene river (1h15) (route mauvaise) Départ par kunene en faisant le détour par epembe car la piste en bord de rivière est impraticable (en 2*4). Nous poussons les bagages dans la voiture car une employée nous demande de l’emmener car elle va à opuwo. On la dépose à epembe où elle va faire du stop. Elle est enceinte ; les routes namibiennes sont terribles …En France jamais une femme enceinte ne prendrait une route pareille ! Les repères sont différents ! A Epembe, on s’arrête à la mobile school sur les conseils de jackie. On visite les 3 classes dont une sous tente, on discute avec un prof en cravate, on montre sur une carte d’où on vient, d’où vient Timothé ; C’est sympa. On leur laisse quelques jouets et fournitures. On continue vers Kunene et on rattrape notre camping car d’hollandais. A 100 m du lodge ils éclatent un pneu ; pour l’instant, en étant prudent, ça tient chez nous ! On leur prête notre planchette en bois amenée de Perpignan pour éviter que leur véhicule s’enfonce dans le sable. On s’installe dans notre bungalow confortable et on loue deux canoes gonflables pour descendre le fleuve. Le fleuve nous appartient, il n’y a personne, descente tranquille dans un cadre sauvage .On pourrait croiser des crocos, nous a dit le patron. On n’en voit pas sur le moment mais une fois débarqués on en voit un passer à 5 m du bord …. On avait aussi la consigne de ne pas débarquer sur la rive angolaise … rétrospectivement on s’est dit que le choix de cette activité n’avait pas été très prudent tant pour les crocos que pour les rebelles angolais ! Ballade de fin d’AM pour le coucher de soleil et dîner super en terrasse au dessus du kunene, 2 tables seulement, féérique, un de mes meilleurs souvenirs.

Mercredi 6 Aout kunene, rucuana, hobatere C35 On quitte à regret ce lodge très agréable tenu par peter et hilary un kenyan et une anglaise tombés amoureux du lieu ; Endroit plein de sérénité. On prend la route pour Rucuana ; on la sait difficile, le terrain le confirme. Route étroite avec beaucoup de passages à gué dont au moins 3 ou 4 plein d’eau. François parvient à faire les 47 km sans crevaison et sans enlisement dans la boue (voiture rehaussée indispensable) c’était la route la plus dure qu’on aie eue mais super pour son côté sauvage, ses beaux paysages, ses rencontres avec les himbas. Il y a assez peu de passage de voitures et le contact avec les himbas est très facile : on offre ou on échange des jouets, des vêtements, 2 couvertures qu’on avait amenées contre leur production artisanale. Les femmes himbas sont ravies et sautent de joie ; même une bouteille d’eau fraîche les ravit. On prend des photos de ces gens si enthousiastes. On parvient à rucuana, minuscule village avec quand même une station, un ATM et un magasin .On fait quelques courses et on continue sur hobatere. Les quelques km de bitume laissent rapidement la place à un long cordon blanc de gravel road. Au bout de 80 km il y a des travaux et on circule sur une piste parallèle en admirant la belle route goudronnée pas encore ouverte ! Enfin on récupère la route et les 80 derniers km se font sur un super tronçon bitumé. Il reste quand même 16 km de piste jusqu’au lodge. Passé la porte, on voit rapidement une girafe, et 3 élans du cap. On guette d’autres animaux mais il est 14h30, c’est l’heure de la sieste ! Le lodge est somptueux, j’ai presque honte de tout ce luxe. Après le tea-time on se joint au game drive de l’AM à 16h. Tout de suite on voit une troupe de 25 éléphants, fabuleux ! Puis une multitude de zèbres, oryx, springbox, chacals, renards … mais pas de lions. Je suis frustrée car j’avais choisi hobatere pour ça (plutôt que de pousser jusqu’à la cheetah farm pour les guépards). L’autre 4*4 a vu un lion croqué un zèbre, zut ! On ne commande pas la nature et il y a une part de chance ! Repas très sympa aux bougies, en terrasse, Irish coffee au bar, en mezzanine, raffinement complet !

Jeudi 7 Aout Hobatere Etosha 4h 6h debout, au cas où les animaux seraient lève-tôt. On se ballade tout le long de la promenade sur passerelle (protégée par une barrière en bois) installée au lodge, mais rien à l’horizon. On prend la route d’Etosha. Trop contente de retrouver une route goudronnée, je roule vite, trop vite et j’évite de peu un phacochère qui traverse. Je venais juste de dire que leurs panneaux routiers annonciateurs de gibier étaient aussi inutiles qu’en France ….On passe à Kamantjab, intéressant que pour les courses, et on poursuit sur la piste qui coupe le long d’Etosha ;Piste longue et monotone pour la deuxième partie. La première est coupée par beaucoup de passages canadiens et de barrières ce qui fait baisser la moyenne. On dépose les bagages à toshari lodge et on file tout de suite à Etosha. Au plan d’eau d’Okakuejo, 2 éléphants et des zèbres nous attendent. On pique-nique tardivement en les admirant au point d’eau. Puis on fait le circuit Gembokvlakte olifantsbad Aus ; 1 éléphant à gembok, 2 éléphants et plein de girafes se désaltèrent à olifantsbad, pas grand-chose à aus ; Beaucoup d’éléphants ce soir en rentrant sur okakuejo et vers l’anderson gate. On sort pile à l’heure limite : 17h40. Même 8 mois à l’avance on n’avait pas réussi à avoir notre première nuit dans le parc, on loge donc à Toshari à 25 km de l’anderson gate. Les chambres sont simples mais très bien et le resto est vraiment magnifique : grande salle au toit de chaume mais surtout déco super originale, contemporain africain, j’adore …Repas buffet très bien (gratuit pour les moins de 11 ans). Au dessert les serveurs nous font un petit spectacle : très réussi, une façon intelligente de gagner le pourboire. Ce lodge doit récupérer toutes les personnes qui n’ont pas pu loger à l’intérieur du parc, il mérite d’être connu.

Vendredi 8 aout Etosha Lever 5h30, pdj 6h, c’est un peu tôt pour avoir de l’appétit mais on veut arriver tôt à etosha pour les belles lumières du matin. On commence par la partie à l’ouest d’Okakuejo car on espère voir des lions à onduma ? . On fait chou blanc ; rien et rien le long de la route. Pas trop d’animaux dans cette partie. On repasse à Okakuejo et on regarde le cahier : 4 lions viennent d’être repéré sur la route de Nebrownii juste à coté : on fonce. Plusieurs voitures arrêtées, 2 lions et 2 lionnes sont allongées à environ 100m. On arrête, on admire. Tout à coup, un à un ils se lèvent et viennent vers nous. L’appareil photo crépite. Ils marchent doucement et traversent juste derrière notre voiture. Magnifique, ça rattrape le coup des lions rat��s à hobatere !!! On va jusqu’à Nebrownii car les lions avient l’air de prendre cette direction ; on attend 30 mn mais ils avaient sans doute un autre plan ! On fait successivement Sueda où on voit des centaines de springboks puis Salvadora (très joli). Passage à Rietfontein : des zèbres et des gnous. Il est 12h15, on se dirige vers Halali car on est fatigué d’être en voiture. On nous donne les clés de la chambre et quelle surprise : on a l’une des 2 maisonnettes réservées aux VIP, on n’avait pas demandé ce luxe mais on s’y fait vite ! Je suppose qu’il n’y avait plus que ça de libre quand chaméléon a réservé pour nous il y a 7 mois. On mange sur notre terrasse ombragée avant de faire un plouf à la piscine (froide !). Il est 15 h, on repart en chasse. On part sur la route de namutoni avec premier arrêt à goas : joli point d’eau mais à cette heure-ci (15h45) il n’y a que des zèbres. Très peu d’animaux sur cette route, on retrouve la C38 et les 2 points d’eau : springbokfontein et batia. Toujours rien, l’heure tourne : il est déjà 16h50 et les portes ferment dans 35 mn. On est obligé de speeder pour le retour pour ne pas être trop en retard. Dommage de ne pas profiter davantage de cette belle lumière. On arrive avec seulement 5 mn de retard, ouf pas de problème mais on s’est bien promis d’être plus vigilant dorénavant. A 1h on passe au point d’eau d’halali, rien ; par contre, après le repas (au buffet, repas OK) grand moment de recueillement de tous les spectateurs devant 2 rhinos et 7 hyènes.

Samedi 9 aout Etosha Lever 6h pour une escapade avant le petit déjeuner. Rien à halali, on prend la voiture pour goas et là bingo : 2 lions finissent de manger une proie et 4 hyènes tournent autour près de nous ; Tout à coup les lions se lèvent et vont vers le point d’eau et les hyènes se précipitent pour récupérer les restes. Elles partent précipitamment mais reviennent pour chercher les miettes. Super spectacle d’une tranche de vie africaine. On revient vers halali, ça nous a mis en appétit. Après la fraicheur matinale, il fait bon et on remet les tenues légères et on part pour la journée vers okakuejo, on fera les points d’eau vers namutoni demain matin lors de notre départ, hier on a été un peu déçu de la partie est d’halali. Premier stop : Rietfontein : plein de zèbres mais un peu loin. Puis salvatora : des centaines de zèbres vont et viennent, des dizaines de gnous jouent se disputent, courent. On continue sur Aus : pleins d’élans et des phacochères. Pas grand-chose à olifanbtbad cette fois-ci. On file sur okakuejo pour pique-niquer au point d’eau et on assiste à l’arrivée d’un vieil éléphant qui vient boire et qui s’ébroue dans la boue. Ensuite piscine : les enfants ont besoin de décompresser car les parcs sont assez éprouvants pour eux, car ce sont des h et des h de voiture. On prend la route du retour vers halali, juste quelques girafes le long de la C38. En sortant de rietfontein, on aperçoit une forme marron clair avec des tâches : un léopard. Quelle chance ! 2mn de spectacle et de photos et le voilà déjà disparu dans les broussailles. Ce sera le seul que l’on verra de tout notre séjour. On fait la rhino drive pour rentrer sur halali : on aperçoit 10 girafes et des dik-diks au début puis plus rien pendant 40 km. La route est étroite et jolie en cette fin de journée. Il y a des bouses d’éléphants tous les 100 m mais pas d’éléphants !

Dimanche 10 Aout Etosha Otjiwarongo Lever 6h. On quitte halali ce matin ; après le petit-déj on passe à goas et on a de nouveau la chance de voir 3 lions ; j’ai vraiment beaucoup aimé ce point d’eau. On n’attend 30 mn mais les lions n’ont pas l’intention de bouger. On continue vers namutoni. Des girafes, des élans, beaucoup de gnous à tous les points d’eau. On pique-nique à namutoni et au point d’eau un lion crée le stress auprès des élans et des springboks. On espère qu’il va attaquer mais il roupille ! Dernière baignade avant d’attaquer la route d’otjiwarongo . Quel plaisir de retrouver l’asphalte : du velours après ces milliers de km sur piste. On arrive à Tsumeb, une vraie ville fleurie, mais ville morte puisqu’on est dimanche AM. On cherche un ATM et on se fait tout de suite aborder. Le dimanche il n’y a que des désoeuvrés en ville. Après le plein, on file sur la nationale : arrivée à 17h30 au frans indigo lodge. Très joli lodge, très soigné. Repas soigné, servi à table, près du feu car on a retrouvé la fraîcheur des montagnes.

Lundi 11 aout Otjiwarongo, windhoek Ce matin on fait le détour (44 km aller puis retour) par la cheetah Conservation Fund car on veut voir des guépards avant de partir. On y arrive vers 9h30, nous sommes les premiers clients. On nous annonce le programme : soit la visite simple du centre éducatif, soit la totale avec game drive parmi les guépards. On choisit la deuxième option car je suis déçue de ne pas avoir finalement inclus la cheetah farm dans notre programme. On visite le centre (plutôt intéressant : DVD plus panneaux explicatifs) puis on part en game drive avec 3 italiens qu’on avait vu à l’hôtel. On fait 100 m dans un enclos et on tombe sur 3 guépards allongés. Le chauffeur les nourrit, ils s’approchent très près de la voiture et je fais plein de photos. On fait 100M de plus et on voit une quatrième femelle. 35 mn d’observation et c’est fini, tout ça pour 253 N§ pp, ça fait cher la mn ; même si on est content d’avoir vu les guépards, ça laisse une impression d’attrape touriste. On avait prévu de pique-niquer là, mais il est à peine midi, on préfère prendre la route. A 4h on arrive à windhoek, à Londiningi, charmant B and B, avec charmante française à l’accueil, très disponible et serviable. On part faire un tour sur independance avenue avant la fermeture. Ca fait tout drôle de retrouver une vraie ville après 3 semaines de brousse. En rentrant on fait les bagages, car demain on reprend l’avion pour johannesbourg pour la troisième partie de notre périple. Repas au Joe’s beerhouse qui est à la hauteur de sa réputation : Super ambiance, super repas, pour un prix modéré. Anecdocte : tout le long du trip nous n’avons pas arrêté de rencontrer 3 jeunes hollandais : à palmwag, à opuwo, à epupa, à kunene, à etosha (plusieurs fois) et le comble à la même station essence à windhoek et voilà qu’on les retrouve au resto en soirée : on leur a laissé notre adresse car c’est obligatoire qu’on se retrouve !

Mardi 12 Aout Windhoek, johannesbourg, pilanesberg On prend la route de l’aéroport où l’on rend la voiture sans problème. On n’a pas crevé pendant les 4800 km de notre périple namibien : une prouesse ! On avait juste la trace d’impact sur le pare-brise mais on avait pris l’assurance. On enregistre et nous voilà partis pour de nouvelles aventures. Vol sans problème pour JNB avec même un petit repas avec air namibia (pour 1h45 de vol) On récupère la voiture chez first (réservée avec elocationdevoitures). C’est une petite nissan tida, ça nous change de l’X-trail pour ranger tous les bagages. Heureusement qu’on s’est délesté des jouets et d’un bon nombre de vêtements, ça fait un sac en moins. 14h30, on quitte l’aéroport pour le pilanesberg, fini la brousse, on a retrouvé la civilisation. Ici c’est populeux : des km d’habitation vers le nord (Pretoria) puis vers l’ouest (rustenberg). On s’arrête dans cette ville pour quelques courses : elle est immense ! On traverse le marché aux pneus et autres occases. La ville est quasiment peuplée que de noirs. On est dans une ville sud-africaine non touristique et c’est intéressant de la voir fonctionner. On continue vers authentique french guest house. Les faubourgs ne sont pas terribles. Après photong, on trouve la piste (en état moyen) du B and B et on découvre notre chambre familiale chez Alain et Françoise, des français ! On est un peu crevés, alors on choisit le resto le plus près : Kedar country lodge (à 100 m à gauche sur la route principale). L’entrée relève plus du palace que du petit resto de campagne. Super éléphant en bronze, filtrage à l’entrée, joli carrosse en bois et multes sculptures. On craint un peu de dénoter avec nos deux loupiots, on arrive dans une grande salle de resto quasi vide. Le décor avec les fusils au mur et les peintures classiques, fait très pavillon de chasse versaillais ! Finalement le buffet est OK, le service très agréable et la note pas du tout salée : les enfants n’ont même pas payé ! Finalement adresse originale, près de Authentique Guesthouse.

Mercredi 13 aout pilanesberg Lever 6h30, petit déj à 7h car on part au pilanesberg. Comme j’ai oublié de ravancer d’1h le portable, on est presque en retard. Plein de maisons type bidonville sur l’accès de la babatung gate. On redécouvre (comme au cap) cette disparité de richesses. On commence par la partie ouest du parc. On découvre rapidement des hippopotames . Sur la mokoto road, on ne voit pas grand-chose. On en verra ensuite très régulièrement un peu partout dans le parc. On désespère de ne pas voir léopards, lions ni même éléphants et là enfin dans le dernier quart d’heure avant de sortir à la Kwa maritane gate, un troupeau d’éléphants avec des petits nous coupe la route. Génial : on attend qu’ils bougent pour passer, ça prend du temps alors on photographie un max ! Belle rencontre ! Il est 18 h, on se dirige vers le kwa maritane lodge pour goûter ce buffet délicieux tant vanté sur internet. A l’arrivée, on voit afficher « no pets ». A l’accueil, après hésitation des 4 personnes présentes, on se fait refouler avec une excuse bidon de problème de travaux pour accepter des non-résidents au restaurant, mais on a bien compris que c’était à cause des enfants. J’ai failli rajouté « no kids » en dessous de « no pets » tellement j’étais furieuse et déçue de cette discrimination ; Peut-être le buffet est bon et le hide sympa mais l’accueil est exécrable ! On se rabat donc sur la route du retour sur le sundown lion ranch. Très peu de tables encore une fois, simple mais OK.

Jeudi 14 Août Sun city Ce matin, lever 5h20 car on a décidé de faire la folie d’un baptême en ULM. Les tarifs étant très intéressants par rapport à la France, on s’est dit pourquoi pas et nous voilà partis pour l’aérodrome de rustenberg pour un baptême l’un après l’autre, on ne sait jamais, qu’il reste au moins un parent à ces 2 bambinos ! A 7 moins le quart, me voilà couverte d’un masque et d’écouteurs, dans le frimas du matin sur une frêle embarcation de 50 ch. Me voilà dans les airs après un décollage comme un oiseau…Paradoxe d’une sensation super agréable du trip et du malaise de survoles les townships de rustenberg… 30 mn à profiter d’être un oiseau au lever du soleil et déjà la magie s’arrête avec l’atterrissage après quelques virages à sensation ! C’est le tour de François de vivre la même expérience. Les garçons sont sympas, on les a levé à 5h30 pour se geler dans le froid à attendre le plaisir de leurs parents ! On rentre petit-déjeuner à Authentique et ensuite, route vers la ferme aux lions où l’on découvre toutes les générations. Les garçons adorent caresser les bébés de 3 mois qui sont déjà beaucoup plus agressifs que des chatons !!! En sortant on pue le fauve ! On assiste ensuite au ramassage des os après le repas des lions, sportif pour le personnel !!! On part ensuite à sun city. Il y a si peu de monde que l’on peut rentrer en voiture, le monorail ne fonctionne pas. On visite le kwena gardens, la ferme aux crocodiles : 7000 crocodiles dans la ferme et toutes les générations du bébé à l’ancêtre de 120 ans. Visite guidée pour nous seul, vraiment intéressant et sympa de voir les vieux mâles titillés avec un bâton réagir violemment. On a réservé le high tea au crystal court du palace au welcome center comme nous l’a conseillé Alain d’authentique. Ca nous coûte 120 ZAR par adulte. On y va vers 16h après quelques visites d’hôtels et jeux pour les enfants. C’est très formel et conventionnel mais c’est à faire. Ca nous permet de rentrer dans le palace, sans visite guidée, et les petits fours salés et sucrés, accompagnés du pianiste in live sont exquis ! Moment de plaisir suivi d’une visite du lieu et des jardins où nous sommes complètement seuls. Il y a vraiment très peu de monde hors saison et hors WE. On se mange un petit truc à l’entertainement center et on rentre vers 20 h la journée a été longue et chargée ! Nous ne sommes pas allés à la vallée des vagues, il parait que l’eau était à 13° !

Vendredi 15 Août Pilanesberg Magdebaskloof Après 3 nuits à authentique, départ pour le limpopo. On prend la N1 et la N4, via Pretoria, c’est monotone la highway mais c’est rapide. Après une rapide pause déjeuner à Mookgophong, on passe dans la banlieue de polkowane sur le lieu de la première université noire (1970) et on continue pour Magdebaskloof gateway où on arrive vers 15h. On est les seuls clients à cette saison, on a le lieu pour nous tout seuls, on en profite pour se promener. Lieu très bucolique au bout du monde comme l’indique le nom : gateway. Repas au magdebaskloof lodge, très agréable repas dans un cadre sympa.

Samedi 16 aout Magdebaskloof, Tzaneen, phalarbowa Réveil sous le soleil dans une végétation luxuriante. Aujourd’hui départ pour le Kruger. On termine la descente du Magdebaskloof pass jusqu’à Tzaneen. La végétation est très différente d’ailleurs : beaucoup d’arbres fruitiers, bananes, avocats, orangers … Tzaneen est une petite ville mais qui semble très prospère avec un centre commercial new look très bien achalandé. Quasiment que des noirs mais super bien intégrés. On continue vers Phalarbowa, ville minière où l’on passe l’entrée du parc. Nous revoilà partis pour 4 jours de safari. Il fait super chaud (32-35°), il est déjà 11h, les animaux doivent déjà faire la sieste ! On découvre tout de même des girafes, des éléphants, et surtout des hippopotames en traversant la rivière : c’est super car il n’y en avait pas à etosha. A quelques km de Mopani on découvre nos premiers buffles, au moins une centaine, en train de paître au bord du chemin. Impressionnant leurs cornes et leur nombre. A Mopani, nous découvrons notre beau rondavel et on pique-nique en terrasse. Il fait si chaud qu’on décide d’aller à la piscine : en fait seul Lucas car ici aussi l’eau est super froide ! On repart vers 15h vers l’est faire le tropic of capricorn loop. On traverse pour la troisième fois le tropique ! On voit une grande quantité d’éléphants aux points d’eau, sur la route, même des éléphanteaux faisant des câlins à leur mère ! On se dépêche de manger au resto car à 7h45 RV pour le night drive. On mange sur la terrasse du resto, très agréable, aux lumières tamisées. Durant le night drive le vent se lève et le chauffeur nous annonce l’arrivée de nuages … On a du mal à voir des animaux malgré les 4 lampes qui éclairent bien ; On voit des yeux dans la nuit, ce sont des chats sauvages ; on voit aussi une genette, un serpent, un scorpion de près que le chauffeur attrape avec des pinces … Nous qui nous baladons tranquille dans la savane, ça refroidit ! On voit enfin 2 lions, nos premiers dans le Kruger, heureusement sinon, on aurait été déçu par le nightdrive, c’est qu’on devient exigeant au troisième parc animalier ! Gros dodo car demain départ tôt, comme d’hab !

Dimanche 17 aout Mopani tamboti On se lève à 6h, il fait gris et humide, notre premier ciel gris depuis plus d’un mois. On descend vers le sud avec une étape à Letaba où on fait une pause : joli camp. On repart en longeant la letaba river par la S46 et sur l’autre rive on voit un immense troupeau de buffles (au moins 500) débouler pour boire dans la rivière … Tout le long on observera des éléphants et leurs dégâts sur les arbres arrachés et des hippopotames, mais toujours pas de lions. On s’arrête au joli point de vue sur l’Olifants river puis au joli camp d’olifants (où je n’avais pas pu avoir un rondavel pour 4, 8 mois à l’avance !) . On continue vers balule où on espère pique-niquer mais c’est raté, seuls les résidents ont le droit de rentrer dans le camping. On continue sur Satara, où finalement on mangera à 4h. Après une pause salutaire (au parc de jeux pour les enfants) on repart par la sweni road. Route super tranquille et jolie le long de la rivière. On aperçoit 3 voitures arrêtées : un impala a été tué par un léopard (vu par la première voiture), il est au pied d’un arbre, le coup ensanglanté, et le léopard serait parti chercher ses petits. On attend un peu mais l’heure tourne et on peut attendre longtemps. La route est de la vraie tôle ondulée. On rejoint la route goudronnée qui mène à orpen. On voit 2 voitures, il est 5 h40, il fait presque nuit et 3 lions font la sieste : enfin nos lions de la journée. On se dépèche vers tamboti tent. Evidemment comme c’est un satellite d’orpen, il fallait passer à orpen avant. On se dépêche : le gardien nous dit qu’il nous attend. Ouf on récupère notre safari tent, super grande avec 4 lits, un frigo, une terrasse sympa. Dommage que le temps soit si frais, on est obligé de rentrer la table à l’intérieur pour manger. Lundi 18 aout Tamboti Lower sabie On entend la pluie sur le toit de notre tente. Il parait qu’il ne pleut jamais en juin, juillet, aout ! On part sous la pluie, la visibilité des animaux est limitée. On voit quand même des cobs et des buffles. Après une pause déjà satara on descend vers le sud et on voit 2 attroupements successifs : deux fois, une lionne est allongée, une dans l’herbe, l’autre carrément au bord de la route. On fait le détour par orpen dam où l’on voit plein de crocodiles. L’avantage des routes goudronnées c’est que dès qu’il y a des animaux il y a un attroupement et ça permet de voir des animaux … Certes, les pistes sont plus sauvages et on y fait du « vrai » safari, au risque d’être complètement bredouille à la fin ! Route vers lower sabie : on voit notre premier rhino blanc ; on arrive assez tôt, on a peur de rater le départ du sunset drive. En fait c’est à 16h45, on a le temps de s’installer et de faire un peu de lessive (à la laundry). Bientôt 5 semaines en Afrique, le linge commence à manquer. On part pour le sunset sans sun. Il fait gris, dommage ! Ca ne nous empêche pas de voir un rhino et des éléphants, des hippos pendant la première heure, ensuite quand il fait noir c’est beaucoup plus aléatoire ; Timothé est fatigué et s’endort tout de suite ; Lucas trouve le temps long ; normal : il fait froid et on ne voit pas grand-chose. Le sunset drive se termine à 20h30 (3h30). On n’en peut plus de fatigue et de froid ; on se précipite au resto, mais on ne se régale pas, tellement on est speedé (ils veulent fermer). Franchement j’ai préféré de loin les game drives de jour (sunrise ou afternoon).

Mardi 19 aout Lower sabie graskop Dernier jour dans le kruger ; on se réveille au bruit des autres voitures qui partent. On est fatigué de se lever tôt ! A 6h30 on émerge quand même pour partir à 7h30. Entre lower sabie et skukuza on voit encore beaucoup d’hippos, d’implalas, de babouins et de grivets. On sort du parc vers 11h30 et en route pour le high veld ! Courses à hazyview, très bien achalandé et R536 pour Sabie. Route très jolie ; A Sabie on fait successivement la horseshoe fall et lonecreek fall. De l’eau, enfin de l’eau. On achète 4 masques pas chers à une mémé et un autre grand masque qui nous encombre tout un sac. on part dans 2 j il est temps d’acheter quelques souvenirs ! On n’a pas le temps de faire toutes les cascades de cette route des cascades, on continuera demain ! On assiste au coucher de soleil sur le bel escarpement du Panorama rest camp. Bungalow correct, un peu froid. Accueil correct mais pas très chaleureux ; très belle vue.

Mercredi 20 Août Graskop blyde river canyon, waterfall boden Le soleil donne dans notre chambre plein est et sonne l’heure du réveil. Départ 8h après avoir perdu du temps à récupérer les 100 ZAR de caution : vraiment l’accueil est pas terrible. On décide de faire pilgrim rest en premier. A 8h30 il n’y a quasiment personne, c’est super comme ça. On visite les 4 petits musées prévus dans le billet ( 10 ZAR) ainsi que le vieux cimetière avec la tombe du voleur et de beaucoup d’enfants morts jeunes de dysenterie ou de malaria. Dure vie des chercheurs d’or …10H30 on revient à Graskop pour la route des panoramas : première fois qu’on voit vraiment des touristes depuis longtemps. Escale à tous le points de vue : pinnacle, god window, berlin fall, bourke pothole (super) 3 rondavels : très joli paysage. On essaie de négocier une jolie statue moderne ; on est trop dur en affaires et ça ne marche pas. Dommage car on ne retrouvera plus la même. On a encore de la route (2h) avant d’arriver à notre hôtel à waterfall boden, normalement notre dernière étape avant JNB. Mais comme lufthansa nous a retardé le voyage d’un jour (prévenus 2 mois avant le départ), on va faire le détour par le Swaziland demain. On parvient à l’hotel juste avant la nuit et l’accueil est vraiment chaleureux ; chambre très confortable, bon repas, excellent accueil.

Jeudi 21 aout Waterfall boden Malkerns (Swaziland) Comme notre voyage a été rallongé d’un jour à la dernière minute (la Lufthansa nous a décallé le retour de 24 h) on a decide de descendre jusqu’au Swaziland; On était bien tenté de passé par le nord (barbeton) mais comme on n’avait pas trop de temps, on a préféré rentrer par la route principale (R 541, puis N17 pour mbabane) . La capitale est une petite ville bien achalandée : on tombe sur une manifestation de personnes qui réclament plus de moyens pour la santé : normal tout le budget de la santé part à payer des avions et des rolls au roi qui gaspille l’argent du pays. La route de la vallée royale est très bonne (on est étonné après ce qu’on a lu) : c’est sans doute qu’on est très proche du palais royal ! On pensait acheter nos derniers cadeaux au swaziland et bien c’est raté : pas moyen de marchande sur le marché artisanal d’ézulwini et les prix sont plus chers que ce qu’on a trouvé en AFS ; les swazi candles sont une vraie attrape touriste aussi . On a beaucoup aimé s’arrêter dormir et manger à malkerns au gone rural ; le B and B est sympathique et le lieu original

Vendredi 22 aout Malkerns johannesburg Notre dernier jour est arrivé ; après quelques derniers achats au gone rural on reprend la route de l’AFS par la R65 par amsterdam puis la N17 jusqu’à JNB En dehors des routes à péage ( N1 et N4) les nationales traversent toutes les villes sont régulièrement en travaux, on n’avance pas : on a vu 2 accidents en 4 h dont un gros poids lourd qui avait fait des tonneaux : la conduite en AFS est vraiment super dangereuse . On met toujours plus de tems que prévu et on a failli rater l’avion ! Comme on a enregistré tardivement et qu’en plus i y avit un problème sur nos billets (vu qu’on nous avait rajouté sur ce vol tardivement) nous étions éclaté tous les 4 dans l’avion ; on a dû faire le forcing pour être quand même 2 par 2 pour les jeunes enfants

HEBERGEMENTS

VILLE NOM AVIS ET PRIX (pour 2adultes et 2 enfants) Le cap (Green point) Brenwin guest house

620 ZAR par nuit pour 4 en SC (gratuit pour les 2 enfants de moins de 7 ans, ce qui a motivé notre choix) (pas très cher pour le cap) Bien situé à green point dans une rue calme et sécuritaire ; A 5mn en voiture du waterfront, et du centre ville ; Chambres un peu anciennes, mais très correctes et joli cadre. Hermanus Anchor rest Grande chambre avec cuisine et salle de bains et terrasse, tout neuf 575 ZAR en SC Stellenbosch Squirre land wine 400 ZAR ; appartement de 60 m2, pour 3 personnes ; très confortable et bien placé dans stellenbosch Windhoek Chaméléon backpackers Chambre familiale simple mais sympa ; Ambiance backpackers ; pas loin du centre ville et du supermarché Mariental kalahari Anib lodge Grand lodge qui accueille des particuliers mais aussi des groupes ; accueil et prestations satisfaisantes, bon repas Tsaris mountains Zebra river lodge Petit lodge très sympa et convivial confortable, randos sympas, bon repas Sesriem Desert camp Camp de toiles tout neuf à 3 km de sesriem ; un bon choix pour dormir en dur près de sesriem Solitaire Camp Gecko Ferme d’agritourisme très sympathique, des tentes rondavels au milieu du bush, merveilleuse vue, accueil super Swakopmund Dunedin star B and B très correct. Possibilité de faire le linge pour 50 N$ (moins cher qu’ailleurs car souvent c’est à la pièce !) Erongo mountains Ai Aiba rockpainting lodge luxueux, tranquille, des petits pavillons au toit de chaume, tout neufs. Super repas et pas cher pour la qualité du service et du repas Twylfontein Camp xaragu Camp sympa avec des grandes tentes avec salle de bain ; repas en commun à coté de la cheminée Palmvag Palmvag lodge Lodge confortable, très grande chambre avec petite piscine privée, bon repas Opuwo Oreness camp Bungalow très sommaire, dans camping. Patron sympa, très bavard, ! Epupa Omarunga camp Grandes tentes très sympas en bord de rivière avec salle de bain en plein air. Activités proposées chères. Accueil un peu commercial Kunene ( rucuana) Kunene river lodge Lodge super bien placé au bord de la rivière ; bungalow classique mais très confortable Accueil chaleureux ; bon repas sur une super terrasse au dessus de la rivière Hobatere Hobatere lodge Lodge somptueux, chambre très confortable ; demi_pension obligatoire ; repas buffet sympa Game drive intéressant Etosha Toshari lodge A 25 km de l’anderson gate Chambres classiques mais confortables Bon resto avec déco très originale, contemporain Accueil chaleureux Pilanesberg Authentique french guest house 790 ZAR Accueil sympathique dans ce B and B coquet (bien que l’environnement proche ne soit pas terrible) ; patron serviable qui aide à organiser les activités Magdebaskloof Magdebaskloof gateway Petite maison un peu vieillotte mais sympa dans un camping perdu au bout d’une piste forestière ; 600 ZAR Kruger Mopani Rondavel charmant et confortable 651 ZAR Kruger Tamboti camp Grande tente sympa avec jolie terrasse en bois, sanitaires communs ; petit camp très calme, satellite d’orpen ( passer à l’accueil d’orpen avant pour récupérer le numéro) 330 ZAR Kruger Lower sabie Rondavel en dur ; sanitaires communs ; camp en rénovation ; 305 ZAR Graskop Panorama rest camp. Bungalow correct, un peu froid. Accueil correct mais pas très chaleureux ; très belle vue. 500 ZAR Waterval baden bergwaterlodge Lodge très sympa, accueil très chaleureux 1100 ZAR repas plus nuit et pdj Malkerns swaziland Malendela B and B B and B sympa, juste à coté du gone rural 540 ZAR la nuit et pdj

REPAS VILLE NOM AVIS ET PRIX (pour 2adultes et 2 enfants repas et boissons, en général du vin sud af !) Le cap (waterfront) willoughby and co 400 ZAR ambiance sympa, bon repas et suffisamment décontracté pour les enfants Le Cap (sea point) Albany Mews Au milieu de main street Resto italien, super ambiance, bonne bouffe et petits prix 280 ZAR Le Cap (waterfront) Ocean Basket Génial pour la qualité du poisson et de l’accueil ; un monde fou Le Cap (centre ville) Short market road simple asia thai food and noodle bar Simple, délicieux, pas cher 340 ZAR Stellenbosch Fishmonger 300 ZAR Très bonne adresse, très bon poisson, réservation conseillée Sesriem Sossuvlei lodge 624 N$ Cadre super, terrasse chauffée avec vue sur savane éclairée. Buffet copieux, réservation conseillée Swakopmund le beach house restaurant . 500 ZAR Bon repas, très bon accueil, jolie déco, calme Swakopmund Lighthouse 440 ZAR de l’ambiance mais un monde fou ; longue attente, service moyen, bof Swakopmund Grapewine 684 ZAR resto assez class, moyennement adapté avec des jeunes enfants, assez cher, surtout pou le vin Mais repas et service impeccable windhoek Joe’s beerhouse à la hauteur de sa réputation : Super ambiance, super repas, pour un prix modéré. Il vaut mieux réserver

Pilanesberg Kedar country lodge fait très pavillon de chasse versaillais ! le buffet est OK, le service très agréable et la note pas du tout salée : les enfants n’ont même pas payés ! Finalement adresse originale Pilanesberg Sundown lion ranch Assez classique mais très correct Magdebaskloof Magdebaskloof lodge Resto agréable, bon repas 450 ZAR Graskop Resto portugais et mozambique Bon repaS avec spécialités du mozambique ; bonne ambiance Malberns Malandela retaurant Bonne ambiance, bon repas

En Namibie

Ce qu’on a préféré (dans l’ordre)

Les animaux à Etosha La ballade en 4*4 dans l’immensité des dunes de walvis bay Le sourire des himbas et le contact au hasard des rencontres en bord de route dans le kaololand (et le damaraland) Deadlei et l’immensité des dunes rouges La kunene river, à epupa falls et tout le long jusqu’à rucuana Les couchers de soleil partout dans le bush Le coté sauvage des tsaris mountains La beauté des roches rouges des erongo mountains

On a vraiment apprécié le confort, la beauté, la sérénité des lodges, le côté sauvage des campings, les bonnes grillades de viande locale et les bons vins sud-africains.

Ce qu’on a moins aimé (et donc qu’on ne referait pas) La welwishia drive à swakopmund La cheetah Conservation Fund près d’otjiwarango pour voir les guépards (attrape touriste, visite dans l’enclos très chère pour la prestation) ; je regrette de ne pas avoir plutôt fait la cheetah farm près de kamantjab

Ce qu’on n’a pas aimé du tout : une arnaque à la carte bancaire de 2500 euros dont on ne s’est rendu compte qu’un mois après le retour ( à cause des paiements différés ) que l’assurance devrait rembourser mais dans plusieurs mois ….

En Afrique du sud

Ce qu’on a préféré (dans l’ordre)

Les animaux dans le kruger La montée à pied à table mountain Le cap de bonne espérance Les baleines à hermanus Le blyde river canyon Le pilanesberg La région de tzaneen et le magdebaskloof (dans le limpopo)

Ce qu’on a moins aimé (et donc qu’on ne referait pas) Rien ! Enfin si, l’accueil exécrable du kwa maritane Lodge dans le pilanesberg

Bilan financier :en rands

CAP (7j) NAMIBIE(21j) AFS(11j) total taux Pour 39 jours quotidien 6855 54457 16947 78259

loc voiture 1832 19260 3000 24092

avion 42032 11000 53032

TOTAL

155383 11, 5 13508

RANDS

EUROS
Inscription internet pour the Wave English translation pending
by Bastinj · 2009-03-16 · 89 replies
bonjour,

Depuis hier, j'essaye, en vain, de m'inscrire par internet, pour participer au tirage au sort pour "The Wave" J'essaye sur le site
https://www.blm.gov/az/paria/obtainpermits.cfm?usearea=C que j'ai trouvé par l'intermédiaire d'Annie Molinet (Aiassa)("the.wave.free.fr)

Est-ce le bon site??? Est-ce que d'autres ont essayé et réussi, contrairement à moi, à introduire leur demande, ce week-end ????

Je viens de rentrer de Madagascar (3 mars 2009) English translation pending
by Goodwil · 2009-03-03 · 67 replies
Le Jour ou je suis arrivé, c'était le fameux samedi des émeutes sur TANA avec des morts à la clef.(28 personnes qu'ils passent en boucles à la télé avant de les inhumer)... J'ai passé une nuit de transit sur Tana aux alentours de l'aéroport à cause du décallage des vols dû au couvre feu. J'ai pris un avion pour Ste Marie le lendemain et tout s'est bien passé.

A première vue je dirai que l'on ne ressent pas vraiment la crise et les tensions tant que l'on ne met pas les pieds dans le centre de la capitale.Les malgaches en ont assez de ces histoires et tentent de s'en détacher le plus souvent pour garder le sourire et leur indéniable sympathie.En revanche les discours que l'on entend sont comme les infos d'un journaliste, à vérifier...On entend même que air MADA est au bord du dépot de bilan, alors que c'est un problème de direction apparememnt (directeur allemand qui se fait virer..) qu'ils vont licencier bref à verifier. Que corsair et air france ne dépose plus sur Tana mais direct sur nosy be et après verif c'est faux etc...

Ce qui est sur c'est que mon séjour sur Ste Marie a été magnifique même s'il est vrai que là, les effets de la crise se font ressentir. A la déscente de l'avion 10 touristes à tous casser et sur l'ile c'est désert.Je suis allé sur l'île aux nattes et tout est quasiment fermé (exepté le manigori et chez régine..) et je me suis retrouvé comme robinson sur une île déserte. Mes deux filles ont apprécié mais il est vrai que les malgaches de l'ile souffrent car quand il n'y a pas de touristes, il n'y a pas de pourboires, pas de courses en taxi, pas de loc de moto, pas de souvenirs achetés, pas de travail dans les hotels puisqu'ils ferment les uns après les autres faute d'affluence. C'est vrai que c'est la période la plus creuse (cyclones et pluie mais moi rien vu) mais pour avoir discuter avec plusieurs hoteliers, 2009 ne s'annonce pas bien. La crise mondiale appuyé à la crise locale va être désastreuse et plonger le tourisme comme en 2002. Apparement les locaux disent que c'est un cycle qui revient tous les 5 ans. C'est vraiment dommage car c'est un pays qui ne demande qu' a être visité, c'est magnifique et authentique et j'y retournerai. Le peuple quand à lui est généreux alors qu'il n'a rien, et toujours prêt à engager une conversation. Alors faites comme moi ne baissez pas les bras et allez y même si les infos donnent parfois des frissons, bravez les, et partez, vous n'en serez que gagnant. De toute façon, vu l'ambiance en France ça ne peut qu'être que mieux je vous l'assure, c'est le retour qui est dur.....Je suis partis avec femme et enfants (6 et 9 ans) et je n'ai ressenti que du bonheur....
Ouzbékistan 2008: medersas, ladas et chaïkhanas... English translation pending
by Delseve · 2009-02-27 · 42 replies
Paris Départ pour l’Ouzbékistan : 26 août 2008. Ce voyage correspondait pour moi à un vieux rêve d’Asie Centrale, de lieux inconnus, parfois mythiques (Samarcande…) et aux noms assurément exotiques : Kyzyl Kum, Tashkent, Bukhara… J’avais en tête des images de coupoles turquoise et de marchés aux tissus chamarrés, des instantanés de désert aride et de chemins caillouteux.

Et puis, ce voyage devait aussi être pour moi, mordue de langues étrangères, un véritable test puisque je m’étais lancée depuis huit mois dans l’apprentissage du russe, seule avec mon livre et mes CD. Si l’ouzbek est effectivement la langue officielle de l’Ouzbékistan, on m’avait néanmoins confirmé que le russe était largement pratiqué dans le pays. J’étais donc curieuse de mettre enfin en pratique mes quelques connaissances, un peu angoissée aussi à l’idée que, pour la première fois, j’allais tester ma prononciation et ma compréhension en situation réelle.

J’avais aussi aiguisé la curiosité de Sophie. Confiante, appâtée par la façon dont je lui avais vendu notre périple, elle attendait elle aussi ces vacances, tout en sachant encore moins que moi à quoi s’attendre. C’est donc avec une impatience sans bornes que nous sommes arrivées à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, prêtes à commencer mon voyage.

Nous rattrapons vite la réalité dès l’aéroport lorsque nous nous mettons en quête du terminal 1B. Le terminal 1 est conçu en cercle et après avoir fait un premier tour du cercle sans avoir trouvé le terminal 1B, nous voyons enfin un panneau nous indiquant le fameux terminal… de l’autre côté de la route. Le terminal 1B consiste en effet en un préfabriqué, isolé, désert à l’heure où nous y entrons. Pas de tapis roulants à l’enregistrement des bagages, pas de panneaux électroniques récapitulant tous les vols : avons-nous déjà changé de pays ? Même les agents chargés de l’enregistrement semblent perplexes devant la vétusté de certains appareils. Néanmoins, une fois nos bagages posés sur le petit chariot, nous voilà prêtes à embarquer pour l’Ouzbékistan via Istanbul.

Rien de vraiment notable sur le vol Paris-Istanbul. Avion très récent, équipement dernier cri. Seule la passagère derrière Sophie, dame en sari d’un certain âge, nous gâche un peu le confort de ce vol en enchaînant les rots, tous plus bruyants et odorants les uns que les autres. Curieuse habitude. 30 rots à l’heure, c’est un record homologué ?
Belle langue que le Français! English translation pending
by Montaigne77 · 2009-02-17 · 92 replies
A nous tous qui aimons tant lire les récits des autres et raconter les notres!

Le français est si riche que le moindre sentiment, le moindre ressenti, la moindre action, le moindre évènement, il existe un mot, un verbe qui l'enveloppe comme un papier cadeau! Alors pourquoi tant de fautes d'orthographe, tant de verbes mal conjugués? Le participe passé d'un verbe au lieu de l'infinitif et ce n'est plus un projet, mais déjà un souvenir que l'on raconte! Aimerions nous lire un livre dans lequel, à cause des fautes d'orthographe, on reviendrait sans cesse en arrière pour essayer de comprendre ce que dit l'auteur? Moi non! Aimerions nous un livre dans lequel, à cause des fautes de grammaire, on ne sait plus si c'est UN héros ou UNE héroïne, s'il est seul ou s'ils sont plusieurs? Moi non! Un tel livre, je ne vais pas au bout, il me casse mon rêve et mon plaisir! Et surtout j'élimine l'auteur de mes favoris! Bien sûr l'inattention nous montre tous du doigt, moi y compris! Mais combien de récits, par ailleurs attachants, ressemblent à un sac de Scrabble? Ceux dont l'orthographe fait penser à une chambre d'ado mal rangée, gagneraient bien des lecteurs et des intervenants s'ils prenaient la précaution d'avoir un dictionnaire à portée de vue et l'utilisaient, bien sûr! C'est grâce à la langue que nous sommes sortis des grognements, wharf wharf!! grrrrrr grrrr! whoufff whouffff et autres "borborygmes" (Allez! au dico!), alors donnons nous autant de plaisir à lire qu'à écrire! Ahhhhhh, je vais mieux! Au plaisir de vous lire, Myrtil.

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