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Pourquoi toujours retourner à Cuba? English translation pending
Je me rends à Cuba chaque année... Depuis des années..
Et chaque fois je me dis que je n'y reviendrai plus.. Les raisons sont nombreuses...
- Une nourriture globalement mauvaise et un service indigent pour un prix trop élevé. - Un trajet Aéroport>>>Centre ville qui ne cesse d'augmenter (25 cuc) et la mauvaise volonté des chauffeurs à prendre plusieurs passagers pour des destinations pourtant proches... - Une habitude de plus en plus ancrée à prendre les touristes pour des imbéciles sur pattes qui deviennent rapidement une cible potentielle avec les pesos qu'ils transportent. - Une capacité extraordinaire à mentir effrontément pour obtenir un petit rien. - De plus en plus de personnes (y compris des jeunes) qui sollicitent un peso dans la rue tout en continuant à lécher nonchalamment leur glace fondante. - Un prix de location de voitures totalement prohibitif... - Des jeunes machos qui sont prêts à vous vendre leur frère ou leur soeur pourvu qu'ils y trouvent un intérêt financier. - Des jeunes femmes ou filles qui vous trouvent extraordinairement intéressants pour le peu que vous consentiez à les "aider" financièrement.. - Une police qui ferait pâlir d'envie notre Sarko national, continuellement à l'affût d'un début d'échange avec un touriste. - Des prix qui vont varier de 1 à 20 si vous êtes étranger. - Des moyens de transports plutot trés couteux dés lors qu'il n'y a plus de bus. - Le prix des "casa particulares" en constante hausse notamment à la Habana Vieja.
......Je pourrais continuer la liste mais basta..!!!
Bref tout ce qui fait que l'on se dit quotidiennement qu'avec ce même bel argent, on aurait eu une superbe chambre au Myanmar, une nourriture exquise en Thailande, d'innombrables sourires au Laos, et un excellent service à Pnom Pehn..
Alors pourquoi y retourner...? Maso ???
A vrai dire, Cuba est incomparable. La chose est entendue et le dire est une banalité. Il régne dans cette île un mélange de musique , de rhum, de sensualité tellement palpable que l'on peut se laisser envoûter sans y prendre garde.. Si on ajoute à cela l'architecture "merveilleusement délabrée" de La Havane, quelques petits restos ( 1 ou 2 pas plus..) où on peut quand même bien manger sans se faire éreinter, la gouaille des cubains , leur mauvais goût pour le clinquant et les tatouages.. (partagé avec les anglais il est vrai...!)...on peut être ravi. Si vous savez passer une heure ou deux, assis à la minuscule terrasse du CASTILLO de FARNE rue Montserate, ( à 2 pas du trop connu et bien trop cher FLORIDITA ) à étudier les passants avec une bonhomie rigolarde et surtout d'excellents Daïquiri, vous voyez les choses différemment. Si de surcroît vous aimez les cigares...!
C'est bien peu me rétorquerez -vous..! " - Quand on vient à Cuba quand même"..!!!
Eh oui..! Si vous préférez vous faire griller à Varadero, c'est trop peu pour vous sans nul doute. Vous ne verrez qu'un bout de mer limpide et l'intérieur de votre chapeau. Mais c'est bien fait pour vous. Il est évident que vous ne méritez pas cette île.
Bien sûr il y a les autres.. C'est à eux que je m'adresse. Ceux qui veulent connaître, découvrir, apprendre... Santiago et sa vénérée "Casa de la Troba", Holguin et ses parcs, Pinar del Rio et ses environs, Camaguey et ses rue pittoresques... Cayo quelquechose...Et les autres petits coins que je ne vous dévoilerait que sous la torture.
Mais en fait, voyez -vous, et ce aprés de nombreux séjours, le matin, il m'arrive de détester Cuba et tout ce qui s'en rapporte et avoir un plaisir non feint à y être l'aprés-midi ou le soir. Humeur changeante? Sans doute.. Mais Cuba est un endroit tellement "contrasté.." C'est écrit dans les guides..!!! Est-il anormal dés lors d'avoir un avis toujours changeant..?
Une chose est sure. N'y allez pas pour la nourriture, le service offert où les paysages merveilleux. Je connais d'autres endroits bien plus appropriés pour ça sur cette planète.
Mais si vous aimez le mouvement, la danse, l'excellente musique, un brin de folie extravertie, et le Daïquiri... essayez de découvrir Cuba. Attention..! C'est une vieille dame. Elle ne se laisse pas séduire facilement...Elle en a déjà tellement vu..! Mais si vous lui plaisez, elle vous fera découvrir ses secrets qui malgré tous les agacements quotidiens vous donneront envie d'y retourner. Vous pourrez alors l'enlacer et qui sait... lui murmurer doucement des mots d'amour.
Et chaque fois je me dis que je n'y reviendrai plus.. Les raisons sont nombreuses...
- Une nourriture globalement mauvaise et un service indigent pour un prix trop élevé. - Un trajet Aéroport>>>Centre ville qui ne cesse d'augmenter (25 cuc) et la mauvaise volonté des chauffeurs à prendre plusieurs passagers pour des destinations pourtant proches... - Une habitude de plus en plus ancrée à prendre les touristes pour des imbéciles sur pattes qui deviennent rapidement une cible potentielle avec les pesos qu'ils transportent. - Une capacité extraordinaire à mentir effrontément pour obtenir un petit rien. - De plus en plus de personnes (y compris des jeunes) qui sollicitent un peso dans la rue tout en continuant à lécher nonchalamment leur glace fondante. - Un prix de location de voitures totalement prohibitif... - Des jeunes machos qui sont prêts à vous vendre leur frère ou leur soeur pourvu qu'ils y trouvent un intérêt financier. - Des jeunes femmes ou filles qui vous trouvent extraordinairement intéressants pour le peu que vous consentiez à les "aider" financièrement.. - Une police qui ferait pâlir d'envie notre Sarko national, continuellement à l'affût d'un début d'échange avec un touriste. - Des prix qui vont varier de 1 à 20 si vous êtes étranger. - Des moyens de transports plutot trés couteux dés lors qu'il n'y a plus de bus. - Le prix des "casa particulares" en constante hausse notamment à la Habana Vieja.
......Je pourrais continuer la liste mais basta..!!!
Bref tout ce qui fait que l'on se dit quotidiennement qu'avec ce même bel argent, on aurait eu une superbe chambre au Myanmar, une nourriture exquise en Thailande, d'innombrables sourires au Laos, et un excellent service à Pnom Pehn..
Alors pourquoi y retourner...? Maso ???
A vrai dire, Cuba est incomparable. La chose est entendue et le dire est une banalité. Il régne dans cette île un mélange de musique , de rhum, de sensualité tellement palpable que l'on peut se laisser envoûter sans y prendre garde.. Si on ajoute à cela l'architecture "merveilleusement délabrée" de La Havane, quelques petits restos ( 1 ou 2 pas plus..) où on peut quand même bien manger sans se faire éreinter, la gouaille des cubains , leur mauvais goût pour le clinquant et les tatouages.. (partagé avec les anglais il est vrai...!)...on peut être ravi. Si vous savez passer une heure ou deux, assis à la minuscule terrasse du CASTILLO de FARNE rue Montserate, ( à 2 pas du trop connu et bien trop cher FLORIDITA ) à étudier les passants avec une bonhomie rigolarde et surtout d'excellents Daïquiri, vous voyez les choses différemment. Si de surcroît vous aimez les cigares...!
C'est bien peu me rétorquerez -vous..! " - Quand on vient à Cuba quand même"..!!!
Eh oui..! Si vous préférez vous faire griller à Varadero, c'est trop peu pour vous sans nul doute. Vous ne verrez qu'un bout de mer limpide et l'intérieur de votre chapeau. Mais c'est bien fait pour vous. Il est évident que vous ne méritez pas cette île.
Bien sûr il y a les autres.. C'est à eux que je m'adresse. Ceux qui veulent connaître, découvrir, apprendre... Santiago et sa vénérée "Casa de la Troba", Holguin et ses parcs, Pinar del Rio et ses environs, Camaguey et ses rue pittoresques... Cayo quelquechose...Et les autres petits coins que je ne vous dévoilerait que sous la torture.
Mais en fait, voyez -vous, et ce aprés de nombreux séjours, le matin, il m'arrive de détester Cuba et tout ce qui s'en rapporte et avoir un plaisir non feint à y être l'aprés-midi ou le soir. Humeur changeante? Sans doute.. Mais Cuba est un endroit tellement "contrasté.." C'est écrit dans les guides..!!! Est-il anormal dés lors d'avoir un avis toujours changeant..?
Une chose est sure. N'y allez pas pour la nourriture, le service offert où les paysages merveilleux. Je connais d'autres endroits bien plus appropriés pour ça sur cette planète.
Mais si vous aimez le mouvement, la danse, l'excellente musique, un brin de folie extravertie, et le Daïquiri... essayez de découvrir Cuba. Attention..! C'est une vieille dame. Elle ne se laisse pas séduire facilement...Elle en a déjà tellement vu..! Mais si vous lui plaisez, elle vous fera découvrir ses secrets qui malgré tous les agacements quotidiens vous donneront envie d'y retourner. Vous pourrez alors l'enlacer et qui sait... lui murmurer doucement des mots d'amour.
Avis sur itinéraire de voyage de noces dans l'Ouest américain? English translation pending
Coucou tout le monde!
Je suis nouvelle sur ce forum... Mais cela doit faire bien 2 semaines que je passes des heures à vous lire, surtout vos carnets de voyage, et à prendre des infos sur les destinations et hotels dans l'Ouest US.
Bon alors petite présentation : je me marie le 31 Juillet 2010, et nous partons en voyage de noces le 4 aout 2010 dans l'Ouest US. Je connais déjà l'Ouest américain pour l'avoir fait (trop rapidement à mon gout) en "colo" en 2005. J'ai été également plusieurs fois en Floride, et dans l'Oregon. Bref, voilà en gros ma petite présentation. 😉
Je souhaitais vraiment réaliser mon voyage moi-même, un peu pour la satisfaction que cela apporte, mais surtout parce qu'aucun autotour présenté en agence ne me convenait. Pour la petite histoire, je voulais aller à Yellowstone, que je ne connais pas, et à San Francisco absolument, trop romantique comme ville! 😊 Mais pas question de descendre à LA... Trop déçue l'autre fois! Donc on ne perdra pas de temps à y aller! Alors la solution la plus appropriée pour nous est de ne PAS faire de boucle, mais de prendre l'avion aller jusqu'à SF, et repartir de DENVER. + 300 euros du coup sur la loc de voiture... 🤪
Donc 1ère question : est-ce normal que le tarif minimum que je trouve pour la voiture est au moins 1800 euros pour 24 jours de location?? Sachant que mon mari aura 24 ans, donc supplément jeune conducteur de 600 euros... 🙁 . Il n'y a aucun moyen de supprimer ce foutu supplément? A 9 mois près, c'est quand meme trop bête...!
2ème question : concernant le billet d'avion, grace à ce forum, j'ai appris que les départ de Londres étaient beaucoup moins chers... Effectivement! Hallucinant la différence de prix! Sachant que l'on habite en Bretagne, du côté de Rennes, on pourrait prendre un billet Ryanair de Dinard pour 300 euros les 2 billets AR... Ou bien passer par Paris... Mais un peu long! Donc je pense prendre nos billet ce weekend, le moins cher que j'ai trouvé est sur le site "liligo" : LON-SF / DEN-LON = 1376 euros les 2 billets. Mais j'ai peur que s'il y a du retard dans un vol, le 2ème ne soit pas remboursé... Car ce ne sont pas les mêmes agences qui font l'offre... Est-ce que quelqu'un a une idée des tarifs eurostar en aout?
Je vous mets mon itinéraire dans un message à suivre. Si vous pouviez me donner votre avis, et surtout vos conseils et bons plans (sur le timing, les hotels immanquables et pas trop chers...), ce serait adorable!
Je suis nouvelle sur ce forum... Mais cela doit faire bien 2 semaines que je passes des heures à vous lire, surtout vos carnets de voyage, et à prendre des infos sur les destinations et hotels dans l'Ouest US.
Bon alors petite présentation : je me marie le 31 Juillet 2010, et nous partons en voyage de noces le 4 aout 2010 dans l'Ouest US. Je connais déjà l'Ouest américain pour l'avoir fait (trop rapidement à mon gout) en "colo" en 2005. J'ai été également plusieurs fois en Floride, et dans l'Oregon. Bref, voilà en gros ma petite présentation. 😉
Je souhaitais vraiment réaliser mon voyage moi-même, un peu pour la satisfaction que cela apporte, mais surtout parce qu'aucun autotour présenté en agence ne me convenait. Pour la petite histoire, je voulais aller à Yellowstone, que je ne connais pas, et à San Francisco absolument, trop romantique comme ville! 😊 Mais pas question de descendre à LA... Trop déçue l'autre fois! Donc on ne perdra pas de temps à y aller! Alors la solution la plus appropriée pour nous est de ne PAS faire de boucle, mais de prendre l'avion aller jusqu'à SF, et repartir de DENVER. + 300 euros du coup sur la loc de voiture... 🤪
Donc 1ère question : est-ce normal que le tarif minimum que je trouve pour la voiture est au moins 1800 euros pour 24 jours de location?? Sachant que mon mari aura 24 ans, donc supplément jeune conducteur de 600 euros... 🙁 . Il n'y a aucun moyen de supprimer ce foutu supplément? A 9 mois près, c'est quand meme trop bête...!
2ème question : concernant le billet d'avion, grace à ce forum, j'ai appris que les départ de Londres étaient beaucoup moins chers... Effectivement! Hallucinant la différence de prix! Sachant que l'on habite en Bretagne, du côté de Rennes, on pourrait prendre un billet Ryanair de Dinard pour 300 euros les 2 billets AR... Ou bien passer par Paris... Mais un peu long! Donc je pense prendre nos billet ce weekend, le moins cher que j'ai trouvé est sur le site "liligo" : LON-SF / DEN-LON = 1376 euros les 2 billets. Mais j'ai peur que s'il y a du retard dans un vol, le 2ème ne soit pas remboursé... Car ce ne sont pas les mêmes agences qui font l'offre... Est-ce que quelqu'un a une idée des tarifs eurostar en aout?
Je vous mets mon itinéraire dans un message à suivre. Si vous pouviez me donner votre avis, et surtout vos conseils et bons plans (sur le timing, les hotels immanquables et pas trop chers...), ce serait adorable!
Circuit "Terre rouge et pierre jaune" dans l'Ouest américain English translation pending
Hum... Bon je sais, pas encore fais mon carnet de voyage 2009 😕 ... je viens juste de terminer mes albums photos 2008 ! 🤪
...et déjà occupée à préparer le trip 2010 !!! 😎
Merci encore à tous ceux qui ont déjà répondu à mes posts ou messages privés (ITAT, Virginath, boumtchak, iggy3010, papj59, PSI31, Zitounet, Vnoa, leslandes et tous ceux que j'oublie...).
Cette fois, je crois que je le tiens!! et pour ne pas faillir à la tradition des "Hein, qu'est-ce que vous en pensez de mon circuit ??? 🤪" ben je vous le demande 😉 et surtout n'hésitez pas à réagir ... nous serons toujours 4, 2 ados (le grand aura tout de même 19 ans... jeune adulte quoi)
J'ai déjà les billets d'avion et les résa dans les cabanes à Yellowstone 😄
01/07/10 Vol / Nuité Las Vegas 02/07/10 Matin Visite hotels / Après-midi Relax – soirée strip / Nuité Las Vegas 03/07/10 Matin Valley of fire ?/ Après-midi Relax – soirée spectacle/ Nuité Las Vegas 04/07/10 Matin Trajet/ Après-midi Williams – Flagstaff/ Nuité Sedona/ Km 432/ temps 4h34 05/07/10 Matin Pink jeep Broken arrow/ Après-midi Holy cross chapel -Slide rock / Nuité Sedona/ 06/07/10 Matin Trajet/ Après-midi Marble canyon – Lee Ferries/ Nuité Page/ Km 328/ temps 4h20 07/07/10 Randonée guidée Paria outpost / Nuité Page 08/07/10 Bateau /nuité Page 09/07/10 Matin Trajet/ Après-midi Narrows/ Nuité Zion/ Km 186 / temps 2h21 10/07/10 Matin Angel's landing/ Après-midi Trajet – sunset Bryce/ Nuité Bryce/ Km 139/ temps 2h00 11/07/10 Matin Bryce Navajo loop / Après-midi Relax/ Nuité Bryce 12/07/10 Sunrise - Trajet n12 + Burr trail piste jusqu'à Cainville/ Nuité Torrey/ Km 268/ temps 5h47 13/07/10 Cathedral valley – piste / Nuité Torrey / Km / temps 8h00 14/07/10 Matin Trajet - Goblin valley / Après-midi Relax/ Nuité Moab/ Km 243/ temps 2h20 15/07/10 Tag a long – Cannyonland/ Nuité Moab 16/07/10 Matin Relax/ Après-midi Arches/ Nuité Moab 17/07/10 Matin Cannyonland/ Après-midi Cannyonland/ Nuité Moab 18/07/10 Matin Arches/ Après-midi Relax/ Nuité Moab 19/07/10 Matin Trajet/ Après-midi Flaming gorge/ Nuité Flaming g./ Km 433/ temps 5h00 20/07/10 Matin Trajet/ Après-midi Relax/ Nuité Jackson Hole/ Km 385/ temps 4h28 21/07/10 Matin Grand Teton/ Après-midi Grand Teton/ Nuité Old Faithfull/ Km / temps 22/07/10 Matin Secteur Old Faithfull/ Après-midi Secteur Old Faithfull/ Nuité Old Faithfull 23/07/10 Matin Route nord geysers/ Après-midi Secteur mammoth hot spring/ Nuité Gardiner 24/07/10 Matin Lamar valley/ Après-midi secteur Canyon village/ Nuité Canyon village 25/07/10 Matin Yellowstone canyon/ Après-midi Lac Yellowstone/ Nuité Canyon village 26/07/10 Matin Trajet/ Après-midi Cody/ Nuité Cody/ Km 151/ temps 1h46 27/07/10 Matin Little Big Horn canyon/ Après-midi Devil Tower/ Nuité D.tower/ Km 541/ temps 6h00 28/07/10 Matin Deadwood – Mont Rushmore / Après-midi Custer park – Crazy Horse monument/ Nuité Custer ou Hill city ou Keystone ?/ Km 269/ temps 3h40 29/07/10 Matin Custer park/ Après-midi Badlands/ Nuité Badlands/ Km 231/ temps 3h00 30/07/10 Matin Badlands/ Après-midi Vol (17h09)/ Nuité à bord / Km 148/ temps 1h37
...et déjà occupée à préparer le trip 2010 !!! 😎
Merci encore à tous ceux qui ont déjà répondu à mes posts ou messages privés (ITAT, Virginath, boumtchak, iggy3010, papj59, PSI31, Zitounet, Vnoa, leslandes et tous ceux que j'oublie...).
Cette fois, je crois que je le tiens!! et pour ne pas faillir à la tradition des "Hein, qu'est-ce que vous en pensez de mon circuit ??? 🤪" ben je vous le demande 😉 et surtout n'hésitez pas à réagir ... nous serons toujours 4, 2 ados (le grand aura tout de même 19 ans... jeune adulte quoi)
J'ai déjà les billets d'avion et les résa dans les cabanes à Yellowstone 😄
01/07/10 Vol / Nuité Las Vegas 02/07/10 Matin Visite hotels / Après-midi Relax – soirée strip / Nuité Las Vegas 03/07/10 Matin Valley of fire ?/ Après-midi Relax – soirée spectacle/ Nuité Las Vegas 04/07/10 Matin Trajet/ Après-midi Williams – Flagstaff/ Nuité Sedona/ Km 432/ temps 4h34 05/07/10 Matin Pink jeep Broken arrow/ Après-midi Holy cross chapel -Slide rock / Nuité Sedona/ 06/07/10 Matin Trajet/ Après-midi Marble canyon – Lee Ferries/ Nuité Page/ Km 328/ temps 4h20 07/07/10 Randonée guidée Paria outpost / Nuité Page 08/07/10 Bateau /nuité Page 09/07/10 Matin Trajet/ Après-midi Narrows/ Nuité Zion/ Km 186 / temps 2h21 10/07/10 Matin Angel's landing/ Après-midi Trajet – sunset Bryce/ Nuité Bryce/ Km 139/ temps 2h00 11/07/10 Matin Bryce Navajo loop / Après-midi Relax/ Nuité Bryce 12/07/10 Sunrise - Trajet n12 + Burr trail piste jusqu'à Cainville/ Nuité Torrey/ Km 268/ temps 5h47 13/07/10 Cathedral valley – piste / Nuité Torrey / Km / temps 8h00 14/07/10 Matin Trajet - Goblin valley / Après-midi Relax/ Nuité Moab/ Km 243/ temps 2h20 15/07/10 Tag a long – Cannyonland/ Nuité Moab 16/07/10 Matin Relax/ Après-midi Arches/ Nuité Moab 17/07/10 Matin Cannyonland/ Après-midi Cannyonland/ Nuité Moab 18/07/10 Matin Arches/ Après-midi Relax/ Nuité Moab 19/07/10 Matin Trajet/ Après-midi Flaming gorge/ Nuité Flaming g./ Km 433/ temps 5h00 20/07/10 Matin Trajet/ Après-midi Relax/ Nuité Jackson Hole/ Km 385/ temps 4h28 21/07/10 Matin Grand Teton/ Après-midi Grand Teton/ Nuité Old Faithfull/ Km / temps 22/07/10 Matin Secteur Old Faithfull/ Après-midi Secteur Old Faithfull/ Nuité Old Faithfull 23/07/10 Matin Route nord geysers/ Après-midi Secteur mammoth hot spring/ Nuité Gardiner 24/07/10 Matin Lamar valley/ Après-midi secteur Canyon village/ Nuité Canyon village 25/07/10 Matin Yellowstone canyon/ Après-midi Lac Yellowstone/ Nuité Canyon village 26/07/10 Matin Trajet/ Après-midi Cody/ Nuité Cody/ Km 151/ temps 1h46 27/07/10 Matin Little Big Horn canyon/ Après-midi Devil Tower/ Nuité D.tower/ Km 541/ temps 6h00 28/07/10 Matin Deadwood – Mont Rushmore / Après-midi Custer park – Crazy Horse monument/ Nuité Custer ou Hill city ou Keystone ?/ Km 269/ temps 3h40 29/07/10 Matin Custer park/ Après-midi Badlands/ Nuité Badlands/ Km 231/ temps 3h00 30/07/10 Matin Badlands/ Après-midi Vol (17h09)/ Nuité à bord / Km 148/ temps 1h37
Quarante jours dans le Sud-Ouest américain (3ème partie) English translation pending
Compte-rendu de notre périple USA 2009 (3ème partie)
1ère partie : de Los Angeles à Monument Valley http://voyageforum.com/...ere_partie_D2770076/
2ème partie : de Goosenecks SP à Moab (Fisher Towers) http://voyageforum.com/...eme_partie_D2841809/
3ème partie : de Moab (Arches) à Escalante Natural Bridge http://voyageforum.com/...eme_partie_D2859221/
4ème partie : de Lower Calf Creek à Bryce Canyon http://voyageforum.com/...eme_partie_D2907704/
5ème partie : de la Cottonwood Canyon Road à Coyote Buttes South http://voyageforum.com/...eme_partie_D2949558/
6ème partie : de Antelope Canyon à Zion http://voyageforum.com/...eme_partie_D3004337/
7ème et dernière partie : de Bryce (bis) à Los Angeles (fin) http://voyageforum.com/...ere_partie_D3148167/
Dimanche 31 mai Arches, parc mythique s'il en est, dont tout-un-chacun a sûrement entendu parler. Nous y partons à 8h et il fait déjà 22°C, cela promet car le programme de la journée est assez chargé. Visite rituelle du VC et départ pour les nombreux points de vues au long de la route.
Park Avenue
Nefertiti Rock
Vue sur Courthouse Towers

Balanced Rock
Peu après 9h30, nous arrivons au parking de Turret, Windows et Double arches. Il y a déjà pas mal de monde et faire des photos sans personne dessus relève de l'exploit. Beaucoup de contre-jours également.
Turret Arch
North & South Windows
Double Arch
Quelques fleurs au retour de Double Arch.
Fleur inconnue pour l'instant ; n'hésitez pas à nous communiquer vos infos
Erigeron sp.
Après Pothole, Sand Dune, Broken et Skyline arches,
Pothole Arch
Sand Dune Arch
Prickly Pear (Opuntia sp.)
2 variétés de Sunflowers (Helianthus sp.)
Broken Arch, devant et derrière
Skyline Arch
nous nous garons sur le parking de Devil's Garden avec difficulté ; il est quasi plein. Nous partons vers midi avec les sacs à dos et le pique-nique ; il fait 25°C. Nous passons successivement Tunnel Arch
et Pine Tree Arch (à contre-jour)
pour arriver vers 13h15 à Landscape Arch où nous faisons la pause déjeuner.

Au voisinage de Wall Arch, tombée le 4 août 2008, le chemin est un peu raide et les appareils photos regagnent les sacs à dos car nous avons parfois besoin de nos mains ; nous croisons même une dame que 2 personnes aident à redescendre car elle a le vertige (nous nous posons des questions pour le retour).
Montée assez raide, à gauche un des restes de Wall Arch
Partition Arch
Arrivés sur le plateau, nous suivons une petite arrête (il ne faut pas trop chahuter) qui nous permet d'admirer de beaux points de vues
et, après quelques « acrobaties », nous arrivons à Double O Arch (certains, courageux, sont déjà grimpés au sommet).

Après avoir longuement hésité (Isabelle n'était pas très motivée), nous poursuivons notre route vers Dark Angel, superbe monolithe noir que nous apercevons à quelques encablures. Nous ne verrons que 2 personnes sur cette partie du trajet, effectué sans la moindre ombre.
Micro-arche dans les parages de Dark Angel
Retour vers Double O Arch,
puis Black Arch
et nous reprenons la corniche de l'aller.
La Sal Mountains dans le fond
Petite erreur de trajet qui nous emmène vers Navajo Arch, vite corrigée. Nous entamons la descente vers Wall Arch qui nous avait inquiétés à l'aller ; finalement, elle se fait sans aucune difficulté mais doit poser problème lorsque la roche est mouillée. Nous arrivons à la voiture vers 17h après avoir parcouru environ 12 km ; il fait 24°C. Cette rando fut fatigante, parfois difficile mais que c'était beau !
Nous passons rapidement par les points de Fiery Furnace et Salt Valley Overlook pour nous rendre au départ de la randonnée vers Delicate Arch. Le parking est à Wolf Ranch et nous en profitons pour aller voir les pétroglyphes récents (présence de cheval, donc post-colombiens).
Nous avons aussi, dans ce parc, rencontré d'autres pétroglyphes que je situe ici (on m'a demandé d'être discret sur leur localisation).

Desert Paintbrush (Castilleja chromosa)
Puis nous attaquons la longue montée vers Delicate Arch (environ ¾ h) entièrement sur de la roche et parfois très raide.
Petite arche massive, un peu avant l'arrivée
Nous arrivons vers 19h et nous sommes loin d'être les seuls. Prendre une photo sans personne dessus n'est pas simple, tant le défilé sous l'arche est interminable ; tout le monde sauf nous semble vouloir être photographié sous l'arche. Un allemand proche de nous finit même par pousser sa gueulante et parvient à ses fins (qui étaient aussi les nôtres)
et nous pouvons enfin observer le coucher du soleil tranquillement.
Photos prises respectivement à 19h03, 19h52, 19h59 et 20h04
Après environ 25 km de randos, nous regagnons notre hôtel (21h30) pour y prendre un bon bain délassant (mais pas dans la piscine car un peu tard 😕).
Lundi 1er juin Réveil vers 6h30 et départ pour Fruita 3h plus tard. À la sortie de Moab, la route suit une tranchée au rouge profond, magnifique, que nous quittons une fois arrivés sur le plateau. Quelques miles plus loin, le rouge a disparu et nous retrouvons la couche d'argile verdâtre (greenish mudstone) que nous avions déjà aperçue l'avant-veille à Mill Canyon. Le paysage le long de la I70 ne nous laisse pas de souvenirs impérissables et nous prenons l'embranchement vers Hanksville à 10h30 ; le ciel est couvert et la température extérieure est de 25°C. La route retrouve rapidement son chatoiement rougeâtre et nous passons près de Goblin Valley sans nous arrêter. Mais après Hanksville, le paysage devient quasi lunaire avec des terres de couleur dominante jaune-gris foncé : nous découvrirons seulement le 19 juillet, grâce au carnet de voyage de mokahlki, qu'il s'agit de la zone de Factory Buttes.
Nous arrivons au VC vers 12h. Après les emplettes courantes, déception : le ranger déconseille très fortement Cathedral Valley, pas tellement à cause de notre véhicule, mais des gros risques d'orages. Exit la nuit sur le camping, au beau milieu de la vallée. Avant de déjeuner et de modifier notre programme des jours à venir, nous allons voir les pétroglyphes le long de la route, facilement observable grâce à une longue passerelle en bois.

Showy Milkweed (Asclepias speciosa)
Retour sur l'aire de repos près du VC pour le déjeuner (24°C) ; l'emplacement est superbe, calme, et les mules deer sont tout près. Nous décidons de réserver 2 nuits sur le terrain de camping tout proche où, ici aussi, il fait bon vivre. Peu avant 15h, nous partons pour la Scenic Drive, après avoir glissé notre obole. Il fait 24°C, le ciel est très gris, orageux et nous ressentons très bien les grosses rafales de vent (le ranger ne s'était pas trompé). D'ailleurs, à peine un quart d'heure plus tard, la pluie arrive et la température chute à 17°C. Après quelques photos de vielles machines agricoles,
le miracle rouge refait son effet et nous avançons dans la gorge au rythme des arrêts photos.

Le guide, que l'on trouve à l'adresse suivante : http://www.nps.gov/...isit/scenicdrive.htm comporte des arrêts parfois difficile à trouver. Nous faisons connaissance avec la couche géologique Shinarump, de couleur gris-jaunâtre et assez dure, dont les débris jonchent le sol.

La route devient rapidement piste et emprunte le lit d'un torrent à sec ; nous nous arrêtons après quelques centaines de mètres à cause de la météo (pas envie de nous retrouver dans l'eau !). Retour vers la route principale avec un arrêt au point 3 (il faut emprunter Grand Wash, refuge occasionnel de Butch Cassidy), mais nous n'irons pas trop loin sur la piste, toujours soucieux de la météo.
Vers 17h, nous démarrons la rando vers Hickman Bridge avec les k-ways sur le dos mais, transpiration oblige, ils seront enlevés rapidement (cela devient vite un sauna en dessous). La piste et les à-côtés sont jonchés de blocs noirs, restes d'anciennes coulées volcaniques malmenées par les glaciers.
En cours de route, nous découvrons un ancien grenier Fremont

puis, rapidement, le pont. Le ciel est maintenant d'un gris clair quasi uniforme et la luminosité forte ; il ne pleut plus.

Le retour se fait dans le lit du torrent qui creuse d'amusantes cavités.

Départ pour Panorama Point avec heureusement un peu plus de bleu dans le ciel ; l'orage semble s'être éloigné. Belle vue sur les falaises et les montagnes au loin.

Ensuite, gros plan sur les Goosenecks de la Sulphur Creek ; on a du mal à imaginer que le petit torrent en contrebas soit le responsable de tant de dégâts !

Pour finir la journée, nous nous dirigeons vers Sunset Point puisque le soleil est pour une fois au rendez-vous.

Retour au camping à 20h10, diner et tri des photos (pour la prochaine liaison internet) ; dodo.
Mardi 2 juin Après le petit déjeuner et le passage en position jour, nous avons un beau soleil et les oiseaux gazouillent dans les arbres, nombreux et bien verts.
Nous partons à 8h10 pour la Nottom Road suite à notre modification d'itinéraire. Quelques travaux sur la route nous montrent que même les « petits » camions sont jolis.
La piste est très roulante et sans difficulté et nous apercevons sur la gauche, du côté de Sandy Creek, un ranch où l'arrosage fonctionne à plein régime : c'est très vert.
Les Henry Mountains dans le fond
Du côté droit de la piste, des champs d'un genre de luzerne avec les badlands en arrière plan.
Peu de temps avant l'intersection avec la Burr Trail, j'ai failli écraser notre premier serpent. Rapide marche arrière et Isabelle peut immortaliser cette rencontre ; il doit s'agir d'un Bull snake ou Pituophis catenifer sayi, serpent non venimeux. Mais le bougre ne veut pas prendre la pose et nous repartons pour l'intersection.
Alors que nous cherchons à apercevoir les fameux lacets, un véhicule que nous avons déjà doublé, emprunte la Burr Trail Road et nous attendons de le voir pour prendre quelques photos.
Vous voyez la voiture blanche qui monte ?
Nous repartons à 10h
Sur la route
et sur notre documentation, une rando à Halls Creek Overlook est indiquée. Nous attaquons la piste (et là, c'est une vraie piste) pour arriver assez vite à un endroit où une voiture est arrêtée ; la piste continue encore, mais nous nous arrêtons également car cela commence réellement à cahoter et on avance aussi vite à pied, sinon plus vite. De toute façon, nous étions quasiment arrivés. Quelques panneaux explicatifs sur le Waterpocket Fold, que nous avons du mal à appréhender (plus d'infos à : http://www.nps.gov/...ve/care/geology1.htm ),
et sur Brimhall Bridge, que nous apercevons de l'autre côté de la vallée.
Même si nous ne comprenons pas tout de la géologie locale, la vue est très jolie et le détour valait le coup.
Retour sur la Nottom Road où nous apercevons au loin les Henry Mountains.
On distingue très bien les 5 pics ou monts, du nord au sud : Ellen Peak (3 507 m) tout au fond à gauche dans l'ombre ?, Pennel (3 466 m), Hillers (3 268 m), Holmes (2 417 m) et Ellsworth (2 510 m)
Après un bref aperçu du lac Powell,
nous passons à proximité de Muddy Canyon qui semble bien porter son nom,
un peu avant d'arriver au parking pour Pedestal Alley ; il est midi et il fait 28°C.
Après le rituel habituel (crème solaire, chaussures de marche, sacs à dos remplis, chapeaux et gps de rando avec le parking enregistré), nous voilà partis ; au trailhead, la boite avec dépliant explicatif est désespérément vide, ce qui nous posera problème un peu plus tard. Le départ commence dans un wash,

et rapidement, nous perdons trace des piquets indicateurs. Nous continuons jusqu'à la falaise, retrouvons certains indicateurs et des petits hoodoos.
Un long traveling sur la gauche où quelques cairns nous montrent la voie et nous repartons dans le sable.
Pedestal Alley
Rapidement, nous perdons toute trace d'indicateurs et, bien qu'ayant sillonné dans tous les sens, nous ne retrouvons aucune piste (Philippe nous confirmera plus tard que nous étions à la fin du trail).
Superbe "mille-feuilles"

Retour à la voiture à 13h45 avec 31°C ; toute cette (petite) rando se fait sans ombre, mais elle est agréable et quasiment sans dénivelé.
Nous arrivons au croisement de la route de Bullfrog (la 276) et je préfère y faire un saut pour refaire le plein : 2.719 le gallon et totalement inutile, car de l'autre côté de l'embranchement il y a de grands réparateurs-stockeurs de bateaux (proximité du lac oblige) et du carburant à moins cher.
Les Henry Mountains de l'autre côté, sur la route 276
Mont Ellsworth
Mont Holmes
Mont Hillers
À 15h50, nous finissons de manger sur le parking qui mène à Hog Springs. Cette agréable rando, bien que dans des herbes et broussailles qui embêtent Isabelle, doit nous mener à une petite chute d'eau permanente et un joli bassin. Le début m'inquiète un peu car si la chute est permanente, nous devrions voir au minimum un filet d'eau couler dans le wash, mais rien. Et pourtant si, la chute existe bel et bien, le débit est très faible et le ru se perd dans le sable.
Quel plaisir de se baigner dans cette eau si fraîche.
Au retour sur le parking, impossible de trouver la moindre trace de pétroglyphes dans les parages ; nous devons être miro.
Comme la journée s'avance, nous mettons le cap sur Little Egypt. Nous hésitons un peu au niveau de l'embranchement car il est seulement indiqué Bull Creek Pass, mais finalement c'est la bonne direction.
Petite balade sympa parmi ces roches torturées, mélange de blanc et de rouge, disposées parfois comme une immense armée au garde-à-vous.

Petite rencontre avec une infime partie de la flore et la faune locale.
Indigo bush (Psorothamnus arborescens) ?
Sunflower (Helianthus sp.)

Nous quittons cet endroit à 18h40 pour un diner à Torrey au Capitol Reef Inn, où le tiers des clients parlait français.
Mercredi 3 juin Réveil à 6h20 et 13°C. Bill, gardien du camp, a voulu nous « piquer » notre ticket de paiement de l'emplacement (mais je veillais !). Tout en prenant le petit déjeuner, je filme des mules deer qui passent très près de nous ; au programme aujourd'hui, Burr Trail Road et Strike Valley Overlook. Nous quittons, presque à regret, cet agréable camping vers 7h45 pour un simple arrêt photos à Chimney Rock.
Après avoir fait le plein à Torrey, nous abordons la SB12 et stoppons à Larb Hollow : joli point de vue mais sûrement plus photogénique l'après-midi. Nous pénétrons dans une forêt de trembles et de conifères et apercevons ce qui doit sûrement être une marmotte, mais trop brièvement pour une photo. L'arrêt suivant est à Steep Creek (2 866 m) alors que celui de Homestead Overlook est fermé pour travaux. Plus nous montons, plus les trembles sont nombreux. La route redescend ensuite sur Boulder (2 010 m) et à 9h30, nous entamons la Burr Trail Road.
Au mile 6, nous quittons la roche jaune pour rejoindre le grès rouge ; nous commençons à avoir chaud avec nos polaires car la température extérieure est maintenant de 22°C. Nous apercevons l'entrée de Long Canyon, en contrebas.
La route traverse agréablement ce canyon et, à la sortie, nous découvrons un ensemble rocheux surnommé « diadème » ; on se demande bien pourquoi ?
Au mile 30 (depuis Boulder), la route se transforme en piste, mais très roulante.
À 11h, nous entamons la rando pour Strike Valley Overlook, après nous être garés sur le parking situé au début ; je ne pense pas que nous aurions pu parcourir le wash avec notre véhicule. Dès le départ de la rando, des moucherons à ne plus quoi savoir en faire ; quelle plaie, mais heureusement ça ne dure pas. Arrivés au « second » parking, nous entamons la phase finale d'abord dans le sable puis, assez rapidement, sur la roche ; petite grimpette sous le soleil accompagnés par de nombreux cairns et nous arrivons au sommet.
Splendide vue sur la vallée et le Waterpocket Fold
Nous mangeons une pomme, buvons quelques gorgées d'eau et entamons la descente. Le retour dans le wash sera l'occasion de photographier les diverses arches aperçues à l'aller,
Double Arch ? (on aperçoit bien les 2 piliers droits et la lumière entre les deux)

Une autre double arche ; si, si, regardez bien
Gros plan, presque de dessous

la dernière étant Peek-A-Boo.
Nous arrivons à la voiture à 13h40 et il fait 33°C, pas étonnant que nous ayons eu chaud.
Comme nous avons déjà aperçu les lacets de la descente hier, nous faisons demi-tour et repartons vers Boulder pour nous arrêter dans Long Canyon, à l'ombre (rare) d'un arbre pour un petit repas et repos bien mérité ; il est 14h30.
Entre Boulder et Escalante, la route suit une crête avec le vide de chaque côté et Isabelle, qui conduit, n'aime pas.
Nous faisons un arrêt rapide au camping de Lower Calf Creek où nous avons prévu de dormir ce soir, mais tout est plein. Nous reviendrons ce soir. À 16h20, nous arrivons au parking près du pont sur l'Escalante River et, un quart d'heure plus tard, nous entamons la rando vers Escalante Natural Bridge, après avoir chaussé des chaussures d'eau. Le sentier est pratiquement que du sable (pénible) et traverse 4 fois la rivière (intermèdes agréables, rafraichissant). En cours de route, nous apercevons une petite arche sur le haut de la falaise.
Nous prenons les dernières photos du pont les pieds dans l'eau

et continuons un peu (2 jeunes américains demandent notre aide, ils sont complètement paumés) avant de décider de faire demi-tour. Comme il fait chaud, je convaincs Isabelle de descendre par le lit de la rivière, les pieds dans l'eau : comme c'est très agréable ! Me voyant penché sur l'eau, l'œil dans le viseur, elle me demande ce que je photographie. N'obtenant pas de réponse et ne voyant que des petits galets, elle s'approche et regarde par dessus mon épaule. Dans la demie seconde suivante, elle se retrouve sur la terre ferme : j'étais en train d'immortaliser un « serpent ».
Mes connaissances en herpétologie sont telles que je ne connaitrais jamais l'espèce de la bête (dangereuse ou pas). Je continue dans l'eau jusqu'au pont et rejoins Isabelle sur le sentier. Nous n'avons pas été embêtés par les moustiques mais plutôt par les taons.
Vers 19h20, nous « trouvons » une place sur le terrain de camping de Lower Calf Creek, grâce à la méthode « Philippe ». Nous nous couchons avec la chaleur (27°C) mais l'aube sera fraîche, sûrement grâce à la proximité de la rivière.
Fin de la troisième partie.
1ère partie : de Los Angeles à Monument Valley http://voyageforum.com/...ere_partie_D2770076/
2ème partie : de Goosenecks SP à Moab (Fisher Towers) http://voyageforum.com/...eme_partie_D2841809/
3ème partie : de Moab (Arches) à Escalante Natural Bridge http://voyageforum.com/...eme_partie_D2859221/
4ème partie : de Lower Calf Creek à Bryce Canyon http://voyageforum.com/...eme_partie_D2907704/
5ème partie : de la Cottonwood Canyon Road à Coyote Buttes South http://voyageforum.com/...eme_partie_D2949558/
6ème partie : de Antelope Canyon à Zion http://voyageforum.com/...eme_partie_D3004337/
7ème et dernière partie : de Bryce (bis) à Los Angeles (fin) http://voyageforum.com/...ere_partie_D3148167/
1ère partie : de Los Angeles à Monument Valley http://voyageforum.com/...ere_partie_D2770076/
2ème partie : de Goosenecks SP à Moab (Fisher Towers) http://voyageforum.com/...eme_partie_D2841809/
3ème partie : de Moab (Arches) à Escalante Natural Bridge http://voyageforum.com/...eme_partie_D2859221/
4ème partie : de Lower Calf Creek à Bryce Canyon http://voyageforum.com/...eme_partie_D2907704/
5ème partie : de la Cottonwood Canyon Road à Coyote Buttes South http://voyageforum.com/...eme_partie_D2949558/
6ème partie : de Antelope Canyon à Zion http://voyageforum.com/...eme_partie_D3004337/
7ème et dernière partie : de Bryce (bis) à Los Angeles (fin) http://voyageforum.com/...ere_partie_D3148167/
Dimanche 31 mai Arches, parc mythique s'il en est, dont tout-un-chacun a sûrement entendu parler. Nous y partons à 8h et il fait déjà 22°C, cela promet car le programme de la journée est assez chargé. Visite rituelle du VC et départ pour les nombreux points de vues au long de la route.
Park Avenue
Nefertiti Rock
Vue sur Courthouse Towers

Balanced RockPeu après 9h30, nous arrivons au parking de Turret, Windows et Double arches. Il y a déjà pas mal de monde et faire des photos sans personne dessus relève de l'exploit. Beaucoup de contre-jours également.
Turret Arch
North & South Windows
Double ArchQuelques fleurs au retour de Double Arch.
Fleur inconnue pour l'instant ; n'hésitez pas à nous communiquer vos infos
Erigeron sp.Après Pothole, Sand Dune, Broken et Skyline arches,
Pothole Arch
Sand Dune Arch
Prickly Pear (Opuntia sp.)
2 variétés de Sunflowers (Helianthus sp.)
Broken Arch, devant et derrière
Skyline Archnous nous garons sur le parking de Devil's Garden avec difficulté ; il est quasi plein. Nous partons vers midi avec les sacs à dos et le pique-nique ; il fait 25°C. Nous passons successivement Tunnel Arch

et Pine Tree Arch (à contre-jour)

pour arriver vers 13h15 à Landscape Arch où nous faisons la pause déjeuner.

Au voisinage de Wall Arch, tombée le 4 août 2008, le chemin est un peu raide et les appareils photos regagnent les sacs à dos car nous avons parfois besoin de nos mains ; nous croisons même une dame que 2 personnes aident à redescendre car elle a le vertige (nous nous posons des questions pour le retour).
Montée assez raide, à gauche un des restes de Wall Arch
Partition ArchArrivés sur le plateau, nous suivons une petite arrête (il ne faut pas trop chahuter) qui nous permet d'admirer de beaux points de vues

et, après quelques « acrobaties », nous arrivons à Double O Arch (certains, courageux, sont déjà grimpés au sommet).

Après avoir longuement hésité (Isabelle n'était pas très motivée), nous poursuivons notre route vers Dark Angel, superbe monolithe noir que nous apercevons à quelques encablures. Nous ne verrons que 2 personnes sur cette partie du trajet, effectué sans la moindre ombre.

Micro-arche dans les parages de Dark AngelRetour vers Double O Arch,

puis Black Arch

et nous reprenons la corniche de l'aller.
La Sal Mountains dans le fondPetite erreur de trajet qui nous emmène vers Navajo Arch, vite corrigée. Nous entamons la descente vers Wall Arch qui nous avait inquiétés à l'aller ; finalement, elle se fait sans aucune difficulté mais doit poser problème lorsque la roche est mouillée. Nous arrivons à la voiture vers 17h après avoir parcouru environ 12 km ; il fait 24°C. Cette rando fut fatigante, parfois difficile mais que c'était beau !
Nous passons rapidement par les points de Fiery Furnace et Salt Valley Overlook pour nous rendre au départ de la randonnée vers Delicate Arch. Le parking est à Wolf Ranch et nous en profitons pour aller voir les pétroglyphes récents (présence de cheval, donc post-colombiens).

Nous avons aussi, dans ce parc, rencontré d'autres pétroglyphes que je situe ici (on m'a demandé d'être discret sur leur localisation).

Desert Paintbrush (Castilleja chromosa)Puis nous attaquons la longue montée vers Delicate Arch (environ ¾ h) entièrement sur de la roche et parfois très raide.
Petite arche massive, un peu avant l'arrivéeNous arrivons vers 19h et nous sommes loin d'être les seuls. Prendre une photo sans personne dessus n'est pas simple, tant le défilé sous l'arche est interminable ; tout le monde sauf nous semble vouloir être photographié sous l'arche. Un allemand proche de nous finit même par pousser sa gueulante et parvient à ses fins (qui étaient aussi les nôtres)

et nous pouvons enfin observer le coucher du soleil tranquillement.
Photos prises respectivement à 19h03, 19h52, 19h59 et 20h04Après environ 25 km de randos, nous regagnons notre hôtel (21h30) pour y prendre un bon bain délassant (mais pas dans la piscine car un peu tard 😕).
Lundi 1er juin Réveil vers 6h30 et départ pour Fruita 3h plus tard. À la sortie de Moab, la route suit une tranchée au rouge profond, magnifique, que nous quittons une fois arrivés sur le plateau. Quelques miles plus loin, le rouge a disparu et nous retrouvons la couche d'argile verdâtre (greenish mudstone) que nous avions déjà aperçue l'avant-veille à Mill Canyon. Le paysage le long de la I70 ne nous laisse pas de souvenirs impérissables et nous prenons l'embranchement vers Hanksville à 10h30 ; le ciel est couvert et la température extérieure est de 25°C. La route retrouve rapidement son chatoiement rougeâtre et nous passons près de Goblin Valley sans nous arrêter. Mais après Hanksville, le paysage devient quasi lunaire avec des terres de couleur dominante jaune-gris foncé : nous découvrirons seulement le 19 juillet, grâce au carnet de voyage de mokahlki, qu'il s'agit de la zone de Factory Buttes.

Nous arrivons au VC vers 12h. Après les emplettes courantes, déception : le ranger déconseille très fortement Cathedral Valley, pas tellement à cause de notre véhicule, mais des gros risques d'orages. Exit la nuit sur le camping, au beau milieu de la vallée. Avant de déjeuner et de modifier notre programme des jours à venir, nous allons voir les pétroglyphes le long de la route, facilement observable grâce à une longue passerelle en bois.

Showy Milkweed (Asclepias speciosa)Retour sur l'aire de repos près du VC pour le déjeuner (24°C) ; l'emplacement est superbe, calme, et les mules deer sont tout près. Nous décidons de réserver 2 nuits sur le terrain de camping tout proche où, ici aussi, il fait bon vivre. Peu avant 15h, nous partons pour la Scenic Drive, après avoir glissé notre obole. Il fait 24°C, le ciel est très gris, orageux et nous ressentons très bien les grosses rafales de vent (le ranger ne s'était pas trompé). D'ailleurs, à peine un quart d'heure plus tard, la pluie arrive et la température chute à 17°C. Après quelques photos de vielles machines agricoles,

le miracle rouge refait son effet et nous avançons dans la gorge au rythme des arrêts photos.

Le guide, que l'on trouve à l'adresse suivante : http://www.nps.gov/...isit/scenicdrive.htm comporte des arrêts parfois difficile à trouver. Nous faisons connaissance avec la couche géologique Shinarump, de couleur gris-jaunâtre et assez dure, dont les débris jonchent le sol.

La route devient rapidement piste et emprunte le lit d'un torrent à sec ; nous nous arrêtons après quelques centaines de mètres à cause de la météo (pas envie de nous retrouver dans l'eau !). Retour vers la route principale avec un arrêt au point 3 (il faut emprunter Grand Wash, refuge occasionnel de Butch Cassidy), mais nous n'irons pas trop loin sur la piste, toujours soucieux de la météo.

Vers 17h, nous démarrons la rando vers Hickman Bridge avec les k-ways sur le dos mais, transpiration oblige, ils seront enlevés rapidement (cela devient vite un sauna en dessous). La piste et les à-côtés sont jonchés de blocs noirs, restes d'anciennes coulées volcaniques malmenées par les glaciers.

En cours de route, nous découvrons un ancien grenier Fremont

puis, rapidement, le pont. Le ciel est maintenant d'un gris clair quasi uniforme et la luminosité forte ; il ne pleut plus.

Le retour se fait dans le lit du torrent qui creuse d'amusantes cavités.

Départ pour Panorama Point avec heureusement un peu plus de bleu dans le ciel ; l'orage semble s'être éloigné. Belle vue sur les falaises et les montagnes au loin.

Ensuite, gros plan sur les Goosenecks de la Sulphur Creek ; on a du mal à imaginer que le petit torrent en contrebas soit le responsable de tant de dégâts !

Pour finir la journée, nous nous dirigeons vers Sunset Point puisque le soleil est pour une fois au rendez-vous.

Retour au camping à 20h10, diner et tri des photos (pour la prochaine liaison internet) ; dodo.
Mardi 2 juin Après le petit déjeuner et le passage en position jour, nous avons un beau soleil et les oiseaux gazouillent dans les arbres, nombreux et bien verts.

Nous partons à 8h10 pour la Nottom Road suite à notre modification d'itinéraire. Quelques travaux sur la route nous montrent que même les « petits » camions sont jolis.

La piste est très roulante et sans difficulté et nous apercevons sur la gauche, du côté de Sandy Creek, un ranch où l'arrosage fonctionne à plein régime : c'est très vert.
Les Henry Mountains dans le fondDu côté droit de la piste, des champs d'un genre de luzerne avec les badlands en arrière plan.

Peu de temps avant l'intersection avec la Burr Trail, j'ai failli écraser notre premier serpent. Rapide marche arrière et Isabelle peut immortaliser cette rencontre ; il doit s'agir d'un Bull snake ou Pituophis catenifer sayi, serpent non venimeux. Mais le bougre ne veut pas prendre la pose et nous repartons pour l'intersection.

Alors que nous cherchons à apercevoir les fameux lacets, un véhicule que nous avons déjà doublé, emprunte la Burr Trail Road et nous attendons de le voir pour prendre quelques photos.
Vous voyez la voiture blanche qui monte ?Nous repartons à 10h
Sur la routeet sur notre documentation, une rando à Halls Creek Overlook est indiquée. Nous attaquons la piste (et là, c'est une vraie piste) pour arriver assez vite à un endroit où une voiture est arrêtée ; la piste continue encore, mais nous nous arrêtons également car cela commence réellement à cahoter et on avance aussi vite à pied, sinon plus vite. De toute façon, nous étions quasiment arrivés. Quelques panneaux explicatifs sur le Waterpocket Fold, que nous avons du mal à appréhender (plus d'infos à : http://www.nps.gov/...ve/care/geology1.htm ),

et sur Brimhall Bridge, que nous apercevons de l'autre côté de la vallée.

Même si nous ne comprenons pas tout de la géologie locale, la vue est très jolie et le détour valait le coup.
Retour sur la Nottom Road où nous apercevons au loin les Henry Mountains.
On distingue très bien les 5 pics ou monts, du nord au sud : Ellen Peak (3 507 m) tout au fond à gauche dans l'ombre ?, Pennel (3 466 m), Hillers (3 268 m), Holmes (2 417 m) et Ellsworth (2 510 m)Après un bref aperçu du lac Powell,

nous passons à proximité de Muddy Canyon qui semble bien porter son nom,

un peu avant d'arriver au parking pour Pedestal Alley ; il est midi et il fait 28°C.
Après le rituel habituel (crème solaire, chaussures de marche, sacs à dos remplis, chapeaux et gps de rando avec le parking enregistré), nous voilà partis ; au trailhead, la boite avec dépliant explicatif est désespérément vide, ce qui nous posera problème un peu plus tard. Le départ commence dans un wash,

et rapidement, nous perdons trace des piquets indicateurs. Nous continuons jusqu'à la falaise, retrouvons certains indicateurs et des petits hoodoos.

Un long traveling sur la gauche où quelques cairns nous montrent la voie et nous repartons dans le sable.
Pedestal AlleyRapidement, nous perdons toute trace d'indicateurs et, bien qu'ayant sillonné dans tous les sens, nous ne retrouvons aucune piste (Philippe nous confirmera plus tard que nous étions à la fin du trail).

Superbe "mille-feuilles"
Retour à la voiture à 13h45 avec 31°C ; toute cette (petite) rando se fait sans ombre, mais elle est agréable et quasiment sans dénivelé.
Nous arrivons au croisement de la route de Bullfrog (la 276) et je préfère y faire un saut pour refaire le plein : 2.719 le gallon et totalement inutile, car de l'autre côté de l'embranchement il y a de grands réparateurs-stockeurs de bateaux (proximité du lac oblige) et du carburant à moins cher.
Les Henry Mountains de l'autre côté, sur la route 276
Mont Ellsworth
Mont Holmes
Mont HillersÀ 15h50, nous finissons de manger sur le parking qui mène à Hog Springs. Cette agréable rando, bien que dans des herbes et broussailles qui embêtent Isabelle, doit nous mener à une petite chute d'eau permanente et un joli bassin. Le début m'inquiète un peu car si la chute est permanente, nous devrions voir au minimum un filet d'eau couler dans le wash, mais rien. Et pourtant si, la chute existe bel et bien, le débit est très faible et le ru se perd dans le sable.

Quel plaisir de se baigner dans cette eau si fraîche.

Au retour sur le parking, impossible de trouver la moindre trace de pétroglyphes dans les parages ; nous devons être miro.
Comme la journée s'avance, nous mettons le cap sur Little Egypt. Nous hésitons un peu au niveau de l'embranchement car il est seulement indiqué Bull Creek Pass, mais finalement c'est la bonne direction.

Petite balade sympa parmi ces roches torturées, mélange de blanc et de rouge, disposées parfois comme une immense armée au garde-à-vous.

Petite rencontre avec une infime partie de la flore et la faune locale.
Indigo bush (Psorothamnus arborescens) ?
Sunflower (Helianthus sp.)
Nous quittons cet endroit à 18h40 pour un diner à Torrey au Capitol Reef Inn, où le tiers des clients parlait français.
Mercredi 3 juin Réveil à 6h20 et 13°C. Bill, gardien du camp, a voulu nous « piquer » notre ticket de paiement de l'emplacement (mais je veillais !). Tout en prenant le petit déjeuner, je filme des mules deer qui passent très près de nous ; au programme aujourd'hui, Burr Trail Road et Strike Valley Overlook. Nous quittons, presque à regret, cet agréable camping vers 7h45 pour un simple arrêt photos à Chimney Rock.

Après avoir fait le plein à Torrey, nous abordons la SB12 et stoppons à Larb Hollow : joli point de vue mais sûrement plus photogénique l'après-midi. Nous pénétrons dans une forêt de trembles et de conifères et apercevons ce qui doit sûrement être une marmotte, mais trop brièvement pour une photo. L'arrêt suivant est à Steep Creek (2 866 m) alors que celui de Homestead Overlook est fermé pour travaux. Plus nous montons, plus les trembles sont nombreux. La route redescend ensuite sur Boulder (2 010 m) et à 9h30, nous entamons la Burr Trail Road.
Au mile 6, nous quittons la roche jaune pour rejoindre le grès rouge ; nous commençons à avoir chaud avec nos polaires car la température extérieure est maintenant de 22°C. Nous apercevons l'entrée de Long Canyon, en contrebas.

La route traverse agréablement ce canyon et, à la sortie, nous découvrons un ensemble rocheux surnommé « diadème » ; on se demande bien pourquoi ?

Au mile 30 (depuis Boulder), la route se transforme en piste, mais très roulante.
À 11h, nous entamons la rando pour Strike Valley Overlook, après nous être garés sur le parking situé au début ; je ne pense pas que nous aurions pu parcourir le wash avec notre véhicule. Dès le départ de la rando, des moucherons à ne plus quoi savoir en faire ; quelle plaie, mais heureusement ça ne dure pas. Arrivés au « second » parking, nous entamons la phase finale d'abord dans le sable puis, assez rapidement, sur la roche ; petite grimpette sous le soleil accompagnés par de nombreux cairns et nous arrivons au sommet.
Splendide vue sur la vallée et le Waterpocket FoldNous mangeons une pomme, buvons quelques gorgées d'eau et entamons la descente. Le retour dans le wash sera l'occasion de photographier les diverses arches aperçues à l'aller,
Double Arch ? (on aperçoit bien les 2 piliers droits et la lumière entre les deux)
Une autre double arche ; si, si, regardez bien
Gros plan, presque de dessous
la dernière étant Peek-A-Boo.

Nous arrivons à la voiture à 13h40 et il fait 33°C, pas étonnant que nous ayons eu chaud.
Comme nous avons déjà aperçu les lacets de la descente hier, nous faisons demi-tour et repartons vers Boulder pour nous arrêter dans Long Canyon, à l'ombre (rare) d'un arbre pour un petit repas et repos bien mérité ; il est 14h30.
Entre Boulder et Escalante, la route suit une crête avec le vide de chaque côté et Isabelle, qui conduit, n'aime pas.

Nous faisons un arrêt rapide au camping de Lower Calf Creek où nous avons prévu de dormir ce soir, mais tout est plein. Nous reviendrons ce soir. À 16h20, nous arrivons au parking près du pont sur l'Escalante River et, un quart d'heure plus tard, nous entamons la rando vers Escalante Natural Bridge, après avoir chaussé des chaussures d'eau. Le sentier est pratiquement que du sable (pénible) et traverse 4 fois la rivière (intermèdes agréables, rafraichissant). En cours de route, nous apercevons une petite arche sur le haut de la falaise.

Nous prenons les dernières photos du pont les pieds dans l'eau

et continuons un peu (2 jeunes américains demandent notre aide, ils sont complètement paumés) avant de décider de faire demi-tour. Comme il fait chaud, je convaincs Isabelle de descendre par le lit de la rivière, les pieds dans l'eau : comme c'est très agréable ! Me voyant penché sur l'eau, l'œil dans le viseur, elle me demande ce que je photographie. N'obtenant pas de réponse et ne voyant que des petits galets, elle s'approche et regarde par dessus mon épaule. Dans la demie seconde suivante, elle se retrouve sur la terre ferme : j'étais en train d'immortaliser un « serpent ».

Mes connaissances en herpétologie sont telles que je ne connaitrais jamais l'espèce de la bête (dangereuse ou pas). Je continue dans l'eau jusqu'au pont et rejoins Isabelle sur le sentier. Nous n'avons pas été embêtés par les moustiques mais plutôt par les taons.
Vers 19h20, nous « trouvons » une place sur le terrain de camping de Lower Calf Creek, grâce à la méthode « Philippe ». Nous nous couchons avec la chaleur (27°C) mais l'aube sera fraîche, sûrement grâce à la proximité de la rivière.
Fin de la troisième partie.
1ère partie : de Los Angeles à Monument Valley http://voyageforum.com/...ere_partie_D2770076/
2ème partie : de Goosenecks SP à Moab (Fisher Towers) http://voyageforum.com/...eme_partie_D2841809/
3ème partie : de Moab (Arches) à Escalante Natural Bridge http://voyageforum.com/...eme_partie_D2859221/
4ème partie : de Lower Calf Creek à Bryce Canyon http://voyageforum.com/...eme_partie_D2907704/
5ème partie : de la Cottonwood Canyon Road à Coyote Buttes South http://voyageforum.com/...eme_partie_D2949558/
6ème partie : de Antelope Canyon à Zion http://voyageforum.com/...eme_partie_D3004337/
7ème et dernière partie : de Bryce (bis) à Los Angeles (fin) http://voyageforum.com/...ere_partie_D3148167/
États-Unis Dream 2009 suite et fin English translation pending
Pour la première partie, c'est ici
8/07
Arches au programme ! Il fait très beau, très chaud et nous avons intérêt à partir assez tôt. Après un arrêt au Visitor center où, comme d’habitude, j’achète quelques magnets pour le frigo, nous attaquons les points de vue. Je ne cesse d’observer les alentours dans l’espoir de voir quelques bighorns puisque la veille, nous en avions aperçu un qui faisait le curieux dans un endroit très escarpé en passant devant le parc. Nada.
Spectacle majestueux. La lumière du matin donne des ombres. Comme d’habitude, nous ne pouvons nous empêcher de donner des ressemblances à toutes ces roches. j’ai l’impression d’être devant des bas-reliefs égyptiens d’une hauteur démesurée.


Arrêt le long des points de vue.
Nous sommes à contre-jour pour Balanced rock. Nous ne restons pas longtemps car je souhaite débuter rapidement la rando au parking de Devils Garden. Nous nous munissons de nombreuses petites bouteille d’eau. Direction Landscape Arch : magnifique !

Nous y arrivons si vite que je propose de continuer jusqu’à Double O Arch.


Tout le monde est d’accord. Parfait ! La ballade est superbe même s’il y a beaucoup de monde. Je me sens si bien ! Tous les 4 réunis, décor magnifique, ciel bleu, , chaleur (pour moi toujours synonyme de vacances). Nous sommes à un peu plus de la moitié du voyage mais il reste encore 11 jours devant nous. Que demande le peuple ! Quelques français se reposent sur la Double O Arch et nous demandons poliment qu’ils se poussent pour prendre quelques photos. Nous buvons beaucoup. Arrêt ensuite à Sand Dunes Arch que nous effleurons seulement car la rando fait plusieurs miles.



Il fait trop chaud et il est vraiment tard. Nous allons donc faire 2 courses au City Market de Moab. Nous découvrons avec plaisir le bar à salades : nous remplissons des containers de plastique qui seront ensuite payés au poids. J’entends avec délice les enfants réclamer de faire leur propre salade ! Ah tiens ! Finis les poulets fris, panés et autres trucs bien gras ??? Pas possible ! On le leur rappellera !!! Du coup, idem pour le soir car nous prévoyons la rando de Delicate Arch et nous ne savons pas à quelle heure nous rentrerons.
Nous déjeunons sur notre si agréable terrasse ombragée. Pendant que d’aucuns se reposent, j’ai pris mon zoom et je furète dans le jardin. Des colibris se jouent de moi. Rien à faire ! La chaleur est intense. Second départ pour Arches. Arrêt à Park Avenue : splendide et démesuré !

The Windows
Je suis impatiente d’admirer la délicate ! Nous attaquons la rando. Au parking, il n’y a presque plus de places.
Nous sommes en forme et dépassons rapidement beaucoup de touristes.



Je sens qu’il va y avoir foule. Le vent souffle très fort. Quand nous arrivons enfin, beaucoup de monde est déjà installé sur le haut de cette sorte d’amphithéâtre. Personne sous l’arche et une magnifique lumière. Même après l’avoir vue en photo si souvent, je la trouve sublime. En réel, nous prenons mieux compte des immenses proportions. Nous nous installons aussi et je commence à mitrailler. Finalement, un premier pecnot ose aller se placer sous l’arche pour la traditionnelle photo souvenir. Evidemment, suivent les moutons de panurge. Bon heureusement, j’en ai bien profité avant ce défilé. Le vent souffle si fort que les personnes ont du mal à arriver dessous et prennent un maximum de précaution sous l’arche pour se relever. Le soleil baisse. Certains se font huer par les photographes. Les ombres montent.




Mais au moment de se coucher, le soleil passera derrière des nuages et nous n’aurons pas les couleurs de feu que j’imaginais. Nous en avons bien profité quand même ! Au retour nous croisons encore des personnes qui montent, certaines avec des lampes. un père et son jeune fils surexcité courent à l’assaut de l’arche. Ils n’ont pas de sac à dos et une seule mini bouteille d’eau à moitié vide. Le soleil est couché mais vu la longueur et le dénivelé, je me demande jusqu’où ils iront !
Retour au B&B et nous profitons du jacuzzi sous les étoiles après notre délicieuse salade.
9/07
Pour une fois, nous prenons notre temps et après un dernier café quittons notre B&B. Ce matin, nous faisons La Sal Moutain loop Road.
C’est agréable après cette chaleur de se retrouver de nouveau dans la verdure.
Nous trouvons une indication pour Oowah Lake et décidons d’y déjeuner. Des pêcheurs fréquentent le lieu. A peine sortis de la voiture, mon mari se retrouve nez à nez devant un serpent ce qui calme rapidement nos ardeurs. Nous utilisons donc tranquillement les tables de pique-nique et chassons tous les insectes qui pullulent.

Un incendie a dévasté nombre d’arbre sur la dernière partie du trajet. Après en avoir entendu moult merveilles, je ne suis pas super emballée par cette route : agréable oui, mais pas exceptionnelle pour notre goût. Nous avons réservé encore un B&B : le Castle Valley Inn. Le lieu est délicieux et l’Anasazi Cabin très mignonne. De belles pelouses vertes et une jolie terrasse ! Nous avons le « tort » de nous installer là. C’est comme si d’un seul coup toute la fatigue du voyage nous retombait sur les épaules. Pourtant j’ai prévu de bien jolies ballades pour l’après-midi. Des colibris viennent s’abreuver et je passe de longs moments à essayer de les photographier. Ils sont si rapide que j’ai bien du mal !


Nous cueillons de nombreuses cerises avec l’accord du sympathique propriétaire Un faon passe et repasse dans le jardin.


Nathan se passionne pour une famille de putois. Nous sommes scotchés, et… nous ne partons pas. Nous finirons ce qu’il reste dans la glacière pour le dîner et apprécions infiniment de ne rien faire. Après tout, nous sommes quand même en vacances ! Dès que l’ombre arrive au jacuzzi situé un peu plus loin dans le jardin, nous l’utilisons. L’eau est si chaude que nous sommes obligés régulièrement de sortir pour nous refroidir. Nous marinons jusqu’au coucher de soleil.
Le soir, nous referons une autre séance tellement les garçons adorent. Nous aussi d’ailleurs… Nous sommes seuls, sous les étoiles à en profiter !
10/07
Un excellent petit-déjeuner, un des meilleurs sans doute de notre périple, nous est proposé sur la terrasse. Le proprio nous raconte comment il y a 3 ans environ, un ours est venu contempler un client tétanisé dans le jacuzzi vers 10h00 du soir, posant ses pattes sur le rebord du jacuzzi. Sans doute l’eau était trop chaude à son goût, car il est reparti au bout d’un moment, laissant sûrement des souvenirs indélébiles au pauvre gars. Gloups ! dire que nous aussi y étions à la même heure !
Aujourd’hui, nous commençons la première journée de notre montée à Yellowstone.
Nous passons devant l’embranchement pour Fisher Towers. Encore des roches rouges ! Les enfants commencent à saturer des roches rouges. C’était pourtant la ballade prévue la veille. Exit donc. Cela restera à faire pour une autre fois…
De toute façon, la route est longue aujourd’hui. Nous déjeunons dans un Subway. Adrien connaît cette franchise mais pas nous. Il y a du monde. Et nous voilà ensuite dans une très longue discussion pour choisir entre 5 pains différents, 5 fromages différents, plusieurs sortes de charcuterie, diverses salades. Bref, pour un sandwich, il faut 10mn de parlotte. Nous sommes arrivés juste à temps car après nous, l’équipe féminine de handball locale vient passer commande... Nous nous arrêtons ensuite à Dinosaur National Monument car je compte faire Harper’s Corner trail histoire de nous dégourdir les jambes. Je suis en train de me disputer avec Adrien et je n’ai pas remarqué que j’avais accéléré. Moi si prudente et respectueuse des limites de vitesse ! Evidemment, un ranger croise ma route à ce moment là, et comme dans les films, effectue un tête à queue assez sec, toutes lumières clignotantes. Ouh là là : tout ça pour moi ??? Evidemment je m’arrête et j’attends, longtemps d’ailleurs, avant que le ranger ne daigne sortir. J’ouvre la fenêtre, pas sereine du tout, c’est le moins que l’on puisse dire. Vais-je finir menottée sur le capot de la voiture devant les yeux éperdus de mon mari qui ne parle pas anglais et larmoyants de mes fils qui se demandent déjà où acheter les oranges ? “How are you today ?” me demande-t-il, attendant poliment la réponse. J’en perds mon anglais et bafouille direct quelques excuses. Bon dûment que l’on ne m’y reprend pas, pour cette fois, ça ira. 58 au lieu de 45 mph tout de même ! Allez, tout va bien. Nous repartons doucement. Nous trouverons cela très long d’arriver en haut du parc pour le début de la ballade. Elle est très agréable et finit sur effectivement un très beau point de vue.



Mon mari qui devient difficile regrette qu’on ne puisse encore s’avancer pour avoir la vue à 360°, mais des rambardes sécurisent l’accès. Moi, je ne regrette vraiment pas la longueur du trajet voiture pour y accéder. Allez c’est reparti.
Etape suivant Flaming Gorges. En fait, j’ai un peu oublié d’imprimer la doc sur le coin. Je ne me fais guère de soucis, tout est si bien indiqué aux USA ! Finalement nous tombons d’abord sur notre logement pour la nuit. Le Flaming gorge Lodge où nous avons une suite car les chambres classiques n’étaient plus disponibles. Je n’avais pas réussi à réserver au Red Canyon Lodge bien plus joli et mieux situé : c’était complet alors que j’avais appelé le 7 janvier ! Et je le regrette. Si notre appartement est spacieux, l’ambiance est sombre, la moquette défraîchie, les chaises très sales, et c’est un peu l’usine à touristes. De plus nous sommes au 1er sans ascenseur et monter les bagages est assez pénible. Enfin, pour une nuit, ce n’est pas grave. Une fois de plus nous devons trouver la manip pour régler l’eau chaude, chaque robinet de chaque endroit ayant son propre système et fonctionnant plus ou moins bien. Celui-là n’est pas des plus simples. En fait, il est même complètement détraqué !
Les enfants fatigués restent sur place, mais nous, nous ressortons jusqu’au barrage en premier,


puis retour vers les points de vue qui donnent sur les gorges. Il fait gris, les photos ne rendent pas hommage à la beauté du site et ses falaises rouges tombant dans l’eau verte de Green River.
Nous devrons patienter très longtemps au restaurant mais nous mangeons correctement. Un immense fourrure d’ours est à l’entrée et nous demandons s’il s’agit d’une vraie car nous avons des doutes. L’employée ne nous répond pas mais nous sort une photo de son patron, fusil sous le bras et botte sur un ours qu’il vient de tuer la semaine dernière. La chasse est donc autorisée ? Oui, son patron a une licence spéciale qui donne droit à la chasse d’un ours par an !
11/07
Nous retournons bien entendu faire les points de vue de Flaming Gorges avant de reprendre une longue route..

A mi chemin, nous passons enfin devant un “lavomatic” américain. J’en cherchais un depuis un moment pour laver de nouveau le véhicule. Tout ceux vus précédemment étaient manuels. Vu la surface du 4x4, je n’y tiens guère. Histoire de faire plaisir à Adrien, nous prenons la version la plus chère. Vu le temps passé par le précédent véhicule, nous espérons bien avoir le “grand spectacle”. Dès que la machine a avalé goulument mes 12 dollars, un par un, (oui, nous n’avons peur de rien...), ça y est : c’est le grand jeu ! Débauche de machins tournant, avançant, reculant, une pression de folie, arc en ciel de mousse : une couleur différente par vitre... Finalement, c’est pas cher pour une séance pareille. 12mn plus tard. ne reste plus qu’à déjeuner sur le pouce. Mon mari déguste son premier hamburger. “L’effort du siècle !!” J’ai mémorisé cet instant exceptionnel sur mon portable...Nous arrivons finalement à Jackson Hole : bien jolie bourgade. Check-in au Rustic Inn. Une petite folie au niveau prix, déjà que la ville est réputée pour ses prix élevés. Le chalet est très mignon et luxueusement meublé. Normal vu les tarifs.. Dommage, il ne donne pas sur la petite rivière. La piscine est trop petite et pleine d’enfants surexcités. Nous l’ignorons donc. Ceci dit, nous sommes conquis. Seul le mitigeur de la douche nous donnera du souci. Une fois installés, nous sortons sur Jackson faire un peu les magasins. C’est très touristique et plutôt mignon. Mince, j’ai oublié l’appareil. Tant pis ! Je trouve enfin un magasin spécialisé photo ou je peux racheter le couvre-objectif que j’avais perdu à Coyottes Buttes Sud. Plusieurs photographes exposent et vendent. Le magasin de Thomas Mangelson attire plus particulièrement notre attention. Les photos sont si belles que nous entrons admirer. Je tombe en pamoison devant certaines éditions limitées, hors de prix pour nous bien sûr. Nous nous rattrapons tout de même avec quelques calendriers et cartes postales que nous ramènerons pour nous et nos proches.
Par contre l’hôtel ne fait pas restaurant. Le soir, nous sortons donc dîner en ville au Silver Dollar Bar&Grill. Très correct.
12/07
Enfin, j’ai du réseau ici ! Quelques coups de fils plus tard, et nous voilà prêts pour la séance de rafting sur la Snake River. Environ 13 miles sur la rivière, mais le truc cool juste pour observer la vie sauvage. Le lieu de rendez-vous est la porte à côté de l’hôtel. Tant mieux, cela nous laisse quelques minutes de sommeil en plus. Escortés en minibus après avoir signé la traditionnelle décharge, nous arrivons au point d’embarquement. De très longues explications dont cette fois, je ne comprends que le quart servent à nous détailler tout ce qu’il faut faire dans tel et tel cas. Je finis par demander vu les nombreux risques décrits, s’il est vraiment raisonnable de prendre mon appareil photo. Apparemment pas de problèmes ! Nous enfilons nos gilets de sauvetage et débutons la ballade. 2 rafts contiennent chacun une dizaine de personnes.

Pélicans

Un grèbe

2 guides s’occupent de nous et pilotent l’engin. Jolies vues sur les montagnes. Nous observons de nombreux bald eagles, aigles pêcheurs à la tête blanche.
Le décor est très agréable et nous apprécions la ballade. Vu que l’on ne marche pas, les garçons sont ravis et la matinée passe vite ! Nous aurons ensuite bien du mal à trouver un supermarché pour alimenter la glacière. Départ pour la visite de Grand Téton.
Après le passage au Visitor Center particulièrement bien fait, nous déjeunons au String Lake.
Nous avons demandé où voir des Mooses (wapitis ou orignal en français), Adrien y tenant beaucoup. Je remarque beaucoup d’arbres aux couleurs rousses au milieu des dégradés de vert. Nous avons l’impression d’être à l’automne avec ces teintes.


Le guide hier nous avait expliqué qu’il s’agit en fait d’une maladie. Ce n’est donc pas pour un bon motif. Nous revenons ensuite au Jenny’s Lake, prenons le shuttle boat pour faire la traversée car il est trop tard pour le faire à pied. Arrivés sur place nous commençons la rando de Hidden Falls et Inspiration Point.


Adrien est motivé. Il a décidé de voir des mooses, mais le temps tourne à l’orage et nous prenons quelques gouttes en admirant au loin, une pluie soutenue sur le lac et le shuttle en train de le traverser. Tout le monde tourne les talons à toute vitesse. Nous imaginons la queue pour le prochain shuttle et prenons notre temps.


Un grand pic nourrit son petit dont la tête rouge sort du nid. Un peu loin pour mon zoom.

Une marmotte bien dodue s’enfuie devant nous.



Effectivement, longue attente à l’embarquement. Quand c’est enfin notre tour, il n’y a plus de place sur le second shuttle. Il n’y a plus qu’à attendre la nouvelle rotation ;


il nous reste encore beaucoup de route pour l’entrée de Yellowstone. Nous avons réservé à Grant Village. La chambre est correcte et nous dînons ensuite dans le restaurant avec une belle vue sur le Lake et le coucher de soleil. C’est le moment de goûter le steak de bison. Très bon ! Encore une longue journée !
13/07
1ère journée à Yellowstone ! Je suis impatiente de commencer les visites. Quelques cookies plus tard, nous partons à West Thumb Geyser Basin. Nous enfilons les kway pour nous protéger d’une pluie fine et pénétrante mais qui aura le bon goût de s’arrêter peu après. Voici nos premières sources chaudes. Les couleurs sont sublimes. Une lumière encore rase et un ciel par moment chargé donne une atmosphère particulière.











Par contre les rayons créent des ombres et nous devons suivre le chemin sans possibilité de tourner autour des sources pour avoir un meilleur angle. Nous apprécions toutefois de marcher sur les passerelles de bois, beaucoup plus jolies et mieux intégrées que si cela avait été goudronné. Le site n’est pas très grand. En repartant, petite pause à la cascade Kepler.

Nous arrivons ensuite à Old Faithful et apercevons enfin nos 2 premier bisons. Un gros malin avec un tee-shirt rouge prend des photos à quelques mètres devant un gros mâle nonchalamment allongé. Quand on pense aux nombreux avertissements concernant la sécurité des personnes vis à vis des animaux sauvages ! On est pas dans un zoo ! Nous décidons que nous en verrons sûrement d’autres et progressons vers le centre.
Cette fois, il s’agit presque d’un petit village avec beaucoup de bâtiments encerclant un immense parking. Il y a beaucoup de monde, surtout devant le Geyser le plus proche de l’hôtel. Nous pensons tout de suite qu’il va y avoir une éruption sous peu. Bingo ! Elle commence pile sous nos yeux.

Nous apprécions le spectacle puis, après un rapide déjeuner, nous parcourons le circuit qui passe entre les différents geyser et sources chaudes et qui nous conduit jusqu’au Morning Glory Pool.













Là encore, c’est un régal pour les yeux et l’apprentie photographe que je suis. Ce dernier et Chromatic Pool sont vraiment un must !





Par contre, je rencontre plus d’indifférence chez mes 2 ados qui renaclent à marcher. C’est plutôt énervant !
Nous décidons ensuite de faire le check-in pour le Old Faithull Inn. Et dire que nous pensions ce matin qu’il y avait du monde. J’essaie un premier bâtiment pour me faire indiquer le chemin de mon hôtel. On me donne un plan. Mais là, vers 15 :00, cela devient horriblement difficile de circuler. Le plan n’est pas clair et il n’y a aucune indications pour trouver ce fichu hôtel. Cela devient si galère que nous reposons la voiture et décidons de faire le trajet à pied. Bon, nous finissons par y arriver et comprenons qu’en fait, avec la voiture il faut prendre une contre-allée et faire tout le tour par l’extérieur pour y arriver. Je récupère les clefs et allons enfin nous garer sur le parking à l’arrière de notre hôtel. Nous décidons de visiter la chambre et de chercher le meilleur accès pour les bagages. Allez, maintenant c’est galère pour trouver le bon couloir, le bon escalier. Nous sommes dans la partie ancienne de l’hôtel. La chambre est assez petite et l’ambiance un peu vieillotte. Pour les valises, ce n’est pas terrible et nous demandons au service bagages de s’occuper de nous les apporter. Je préfère un bon pourboire plutôt qu’une grosse suée ! Bref 1:00 de perdue pour faire tout ça, et ce n’est pas fini ! Nous nous installons et cherchons de suite le moyen d’éteindre la clim horriblement bruyante. Bizarre, car il n’y a aucun bouton. Mon mari m’annonce qu’il préfère dormir dans la voiture que supporter cela ! On est tous d’accord, il faut faire quelque chose ! Au check-in, on nous annonce que quelqu’un viendra d’ici 1/2h. Ponctuelle, une jeune femme arrive avec un ventilo, mais n’a aucune idée sur la façon d’éteindre la clim. Elle va chercher quelqu’un de la maintenance. Encore une autre demi-heure s’écoule. Cette fois, le gars arrive avec une clef et vient fermer directement au niveau de l’espère de gouttière qui parcourt le sol de la chambre. Cette gouttière est d’ailleurs toute démontée. Enfin nous ressortons. Direction le Visitor center. Adrien, toujours têtu sur l’idée de trouver des mooses me refait poser la question. Non, il n’y en a que très peu à Yellowstone et pas dans cette zone de toute façon. Re spectacle du Old Faithful en passant. Et dire que je trouvais qu’il y avait du monde ce matin !! C’est plein à craquer. L’hôtel aussi, le parking aussi ! Fatigant tout cela. Nous avons adoré les trails mais vraiment pas le complexe hôtelier : une vraie usine à touristes ! Tant pis pour le resto ou la cafétéria : 2 courses à l’épicerie et vivement ce soir qu’on se couche. La clim des voisins est si bruyante qu’elle nous gène aussi ! Cela nous confirme qu’avec la notre, il aurait été impossible de fermer l’œil. Soudain, un bruit. J’imagine qu’un des garçons s’est levé pour aller grignoter dans le sac où restent crackers et autre cookies. Je pose la question mais non… 5mn plus tard, rebelote ! Cette fois je mets la lumière : quelque chose bouge dans le fameux sac ! Finalement il s’agit d’une mignonne petite souris passée par la goulotte de la clim. Nous la récupérons avec le seau à glace et partons dans le jardin lui rendre sa liberté avant de tomber enfin dans un sommeil entrecoupé comme d’hab…
14/07 : Vite partons de cette usine avant qu’il n’y ait trop de monde ! Re service bagages. Une petite jeune fille arrive et soulève d’un air convaincu 2 énormes valises et s’engage dans l’escalier. Le reste dégage aussi rapidement ! Quelle santé ! Un bon pourboire vient adoucir son effort. Je lui raconte la petite visite nocturne. Elle me confirme que l’hôtel est infesté de souris et chauve-souris. Charmant !
Nous nous arrêtons à Fountain Paint Pot. Petit circuit. C’est toujours aussi beau.



Mais ça ralouille dans la voiture. « Y’en a marre des sources et des geysers, nous on veut voir des animeaux ! » . Du coup j’élude Lower Geyser Basin. Je n’avais pas fait le rapprochement que là était situé le fameux Grand Prismatic. Quelle idiote ! Je n’y repenserai que le jour du départ donc trop tard ! Evidement, ce sera mon grand regret sur Yellowstone !
Donc inconscients du loupé, nous continuons sur Norris. Le temps s’assombrit. Les garçons sont tout de même ok pour visiter cette zone là, car nous leur promettons une visite rapide vu le temps ! Geysers et sources se succèdent. Il y a peu de monde. Et puis soudains, un coyotte ! Il passe, genre jeune cadre dynamique se rendant à son rendez-vous. Zut ! Je n’ai que le 16-50. Tant pis, je n’ai pas le temps de changer. Au pire je ferai un crop.

Apparemment il vient de prendre son déjeuner car au grossissement, nous verrons que son poil est couvert de sang par endroit. Nous en profitons pour entamer la conversation avec nos voisins de promenade. Nous apprendrons vite qu’ils ont observé des ours à 2 reprises. Evidemment, nous sommes jaloux ! Quelques femelle Mule Deer, 2 bisons et 1 coyote : la moisson est maigre. Soleil timide et nuages se disputent. Ces derniers gagnent !




Mais quand la pluie devient vraiment plus insistante, nous n’insistons pas et repartons en direction de Mammoth. C’est vrai que l’on circule vraiment lentement dans le parc ! Cette fois l’hôtel est facile à trouver ! Il est tôt mais j’obtiens quand même les clefs. Passée la réception, les couloirs sont d’une infinie tristesse. Les lieux sont plus que vieillots et lugubres. La chambre est spacieuse, nous sommes au RDC. C’est calme ! Toujours ça de gagné ! Sous les fenêtres quantité de chiens de prairie s’égaient sur la pelouse couverte de monticules. Direction, le resto parce qu’il y en a marre des sandwichs !
Nous mangeons correctement. Puis direction Upper Terraces area. Arrivés à un parking nous partons à pied. J’accélère le pas car je voudrais rejoindre la zone de Canary springs. Sauf que je n’ai pas de plan et du coup je me dirige dans la mauvaise direction ; ce qui nous permet toutefois d’arriver à une magnifique formation .


Ne reste plus qu’à attendre qu’un rayon de soleil passe à travers les nuages. Quelques photos plus tard, mes 3 hommes renaclent à avancer encore sans savoir où l’on va. En fait nous sommes sur le loop one way. Je retourne donc chercher la voiture. Ils ont bien fait car effectivement la route est longue. Je trouve enfin les sources que je cherchais, juste à côté de la bifurcation ! Grrrr… Je vais vraiment jusqu’au bout de la passerelle comme me l’avait indiqué une autre forumeuse, et là, c’est tout simplement splendide ! Tant de couleurs sur fond de ciel orageux !






Avec encore une bonne dose de patience, les rayons de soleil finissent par traverser et débute un long shooting qui finira au moment où débarquent 2 bus de japonais charmants mais plutôt envahissants. Nous en croisons deux qui soulèvent une mamie toute heureuse de pouvoir aller contempler ces merveilles. Leur solidarité envers le 3ème âge est vraiment un exemple !
Retour à l’hôtel. Les enfants décident de prendre un bain dans l’antique baignoire à pieds de lion. Que faire d’autre en l’absence de douchette et en présence de 2 robinets pour l’eau chaude et froide ! Francesco et moi repartons pour les Lower Terraces et faisons une partie du circuit. Là encore, j’apprécie ce décor incroyable !






Au retour, nous faisons 2 courses à l’épicerie du Gift Shop qui est encore plus mal achalandé que les précédents. Quand nous revenons, le soleil décline et quand nous allumons la lumière dans la chambre, nous constatons que l’éclairage fait pitié. Mon mari veut se laver les dents et là nous remarquons également qu’il n’y a encore que 2 robinets séparés, également pour le lavabo. Donc, pour se laver les mains, il suffit de les passer alternativement et très rapidement du jet glacé au jet bouillant ! De mieux en mieux ! Là, mon mari perd définitivement son sens de l’humour ! Nous nous doucherons avec le seau à glace qui nous servira de mitigeur et douchette et déciderons de quitter cette horrible chambre pour y passer le moins de temps possible. Adrien veut voir des animaux et vers 19 :00, c’est plutôt la bonne heure pour cela. Quelques miles en direction de Canyon Village et nous voilà servis : un mule deer mâle avec de magnifiques bois broute tranquillement sur le bas côté. Un attroupement se forme aussitôt. Toute excitée, je change d’objectif et m’extirpe de la voiture si vite que j’en appuie malencontreusement sur le klaxon. Tout le monde me lance un regard surpris voire courroucé ! Shame on me ! Heureusement, le cerf n’a pas bronché. Et nous reprenons la séance de dédicace !


Quelques miles plus loin, Adrien me demande d’emprunter une piste pour augmenter nos chances de voir d’autres animaux. Au soleil couchant, le paysage est ravissant.

Arrivés presque à la fin, nous voici enfin devant le spectacle tant attendu : un ours ! Bon, il est très loin et avec le manque de lumière, pour les photos ce n’est pas le top.

Mais nous apprécions à sa juste valeur cet aperçu de la faune ! Nous rentrons tout excités et en oublions même la vétusté de ce qui nous sert de chambre d’hôtel. Un sandwich vite avalé et au dodo !
15/07
Allez, nous dégageons vite fait. Vous savez pourquoi ! Nous passons à Tower Roosevelt et là nous apprécions enfin la vue de 2 bisons. Petite séance photo. Puis direction Lamar Valley.

Un peu plus loin : le spectacle ! Encore un ours au loin ! Et celui-là décide de prendre son bain dans une marre, devant nos yeux écarquillés. C’est génial ! Et, comme je n’arrête pas de le répéter aux garçons, nous ne sommes pas dans un zoo ! Quel bonheur !


La zone est connue car de nombreux véhicules portant chacun leur lot de touristes suréquipés photo et trépieds, sont garés tout le long de cette très belle vallée. Nous voyons également des Bald Eagles, des bisons… bref des ptites bêtes puis des grosses…





Il est encore tôt. Je n’ai rien prévu pour le déjeuner et comme nous avons bien avancé, pourquoi ne pas sortir du Park et s’arrêter juste après à Cooke City histoire de faire le plein d’essence, reprendre des glaçons et quelque chose pour le déjeuner ?
Grossière erreur : D’abord les travaux : nous passons rapidement à l’aller mais 1/2h d‘attente pour le trajet inverse. Cooke fait un peu pitié, du moins pour le peu que nous en voyons. L’essence est plus chère qu’à l’intérieur du parc. Une minuscule épicerie, sombre et hors de prix, sans guère de choix ne nous laisse que peu d’alternative. Bref, tout ce temps perdu pour ça ! Les nerfs !


Sur la route : un motard arrêté, look harley, fait des signes : Black Bear en vue ! Pas possible : cela porte à 3 le nombre d’ours observés ! Un ranger arrive rapidement et surveille la bête à la jumelle. L’attroupement est si important que cette fois, l’ours s’en rend compte et s’éloigne rapidement de lui-même.

Nous arrivons à Canyon Village. L’endroit est très sympathique et bien organisé. Autre chose que Old Faithfull !! J’essaie de nouveau de récupérer les clés avant l’heure de check-in, mais là sans succès. Il faudra repasser plus tard. Tant pis. Quelques courses et nous déjeunons sur une table du camping. Tout est calme et il fait très beau ! Nous repassons au gift shop et prenons un café, puis au Visitor Center très agréable. J’achète encore quelques magnets. Bon, cette fois est la bonne. Nous parcourons quelques miles pour arriver à notre unité « la Cascade ». J’avais choisi une chambre un peu plus haut de gamme. Effectivement, c’est plus cher, mais beaucoup mieux ! Muni d’un plan, direction Upper Falls : les chutes du canyon de Yellowstone. Dans un tournant, mon mari remarque une belette. Je descend et arrive à la prendre en photo car elle m’observe avec curiosité et j’en fait de même avec calme. Dès que d’autres touristes me rejoignent, elle s’éloigne. Jolie rencontre !

Arrivés au parking et après un point de vue magnifique et accessible à tous sur les Upper Falls, nous prenons le trail qui nous mènera à Artiste Point. Une belle ballade, sans plus personne, devant les rives à pic du canyon aux parois multicolores. Mon Pentax s’emballe.




Par contre il attendre demain matin pour les chutes elles-mêmes, car en cette fin d’après-midi, elles sont à contrejour. Artiste Point n’apporte pas un point de vue supplémentaire particulier. C’est la promenade en elle-même qui est à apprécier. Au retour, nous allons dîner. Sans réservation, il faut attendre au moins ¾ d’heures. Cependant, c’est très moderne vu que l’on nous munit d’un beeper qui vibrera dès qu’une place se libère. Ce qui arrivera beaucoup plus vite que prévu après de nouvelles petites courses au gift shop. Adrien me fait constamment dépenser pour obtenir de la monnaie et trouver des quarters des différents états. Nous avons commencé trop tard pour espérer en récolter de beaucoup d’états. Nous finirons quand même avec 14 quarters différents, ce qui en 4 jours est déjà pas mal ! 8 ou 9 autres supplémentaires lors de notre séjour à NYC seront encore récupérés (on avance !)
16/07
Dernier jour dans le parc ! Déjà ! Nous faisons le loop en voiture qui donne accès aux points de vue de la rive nord du Grand Canyon. Cette fois la lumière est bonne pour photographier les chutes.

Nous partons ensuite pour la Hayden Vallée, non sans oublier involontairement dans la chambre les cookies achetés pour mes collègues de travail, m’obligeant donc à en racheter d’autres en cours de route, et, volontairement, le fer à repasser à 10 $ dont nous ne ferons rien à notre retour en France. Magnifique ! Cette fois, le troupeau de bison est en partie en travers de notre route !


Un ranger essaie depuis sa voiture de faire dégager, à l’aide de sons enregistrés, un gros mâle qui ne s’en laisse pas compter et ne bouge pas d’un pouce. Je le contourne. La route est très belle.

A Fishing bridge, nous admirons 2 pélicans au loin et organisons un shooting pour une paire d’écureuils malicieux et véloces qui font la foire sur un vieux tronc !


Arrivés au Lake, nous trouvons de quoi grignoter.



Les moustiques commencent à être gênants. De nouveaux travaux nous immobilisent de très longs moments. La route est longue. Encore un stop à Mud volcano.



Un gros mâle prend son bain de vapeur :


Nous devons rejoindre Jackson Hole. Encore un arrêt pour quelques magnifiques chevaux.


Au Visitor Center de Grand Téton, nous redemandons une fois de plus où nous pouvons trouver des mooses, manquant à notre tableau de chasse photographique. Le ranger nous indique la route de Gros ventre, à Gros Ventre Junction, un peu après l’aéroport (en descendant), et de préférence en toute fin d’après-midi. Ok, c’est noté. Nous retournons au Rustic Inn et dînons de nouveau au Silver Dollar aussi agréablement que la première fois mais plus rapidement. Allez, c’est notre dernière chance ! La route de Gros Ventre ne s’approche pas tout le temps de la rivière, du moins suffisamment pour que l’on y accède facilement. Au premier point de vue, arrêt. Nous demandons à un couple sur place qui nous indique avoir vu des mooses 2:00 plus tôt. Mais, là rien. Nous poursuivons, toujours sans succès et abandonnons quand la route s’écarte trop de la rivière. Quand nous repassons au premier point de vue, plusieurs voitures sont garées ce qui nous donne de l’espoir. Yahoo !!!!! 1 superbe mâle moose broute, de l’autre côté de la rivière, inconscient de l’émoi qu’il provoque parmi les touristes.

Un autre le suivra peu après !

Nous avons pris place à un endroit stratégique, pile en face mais en pleine broussaille. Un sifflement que j’entends à peine : mon mari me prévient qu’il vaut mieux que je regarde à mes pieds que dans le viseur. Effectivement un serpent pas content du tout me prévient gentiment que si j’avance encore, c’est mauvais pour ma santé !

Bon un pas de côté pour moi, un glissement de l’autre pour lui et nous nous quittons en bons termes. Je reprends les photos en essayant de gérer au mieux la lumière du soleil couchant. Je remarque bien que Francesco, Adrien et Nathan se sont transformés en moulins à vent. Grands gestes et grosses claques se succèdent. Ben, qu’est ce qu’il y a ???? C’est là que je prends conscience que des moustiques voraces se sont occupés de moi pendant que je m’occupais des wapitis ! j’ai 8 piqures sur la joue gauche et, ne me demandez pas pourquoi : 0 sur la droite. Le soir, me voilà boursouflée ! Bon, dans l’énorme pharmacie que j’avais apportée et qui ne m’a heureusement servie à rien, je trouverai bien un truc pour ça.. Oui ! Mais au retour, tout le monde me demandera ce que j’ai à la joue gauche…
Retour à l’hôtel où des pelleteuses ont dévasé tout le jardin près de la petite piscine suite, apparemment, à une fuite des eaux usées. Mon mari va se réveiller en pleine nuit à cause de l’odeur nauséabonde malgré l’éloignement de notre petit chalet. Moi, pour une fois je dors ! Les enfants aussi…
17/07
Ouinnnnnn ! C’est la fin ! Petit déj copieux au Rustic Inn. Derniers morceaux de bacon grillés… La veille, j’ai appelé l’aéroport pour faire le point sur les vols de retour. J’avais bien fait puisque le décollage du premier vol était retardé d’une heure. A ce propos, l’hôtesse de l’aéroport s’était s'était payée une belle rigolade avec mon accent apparemment, me faisant répéter chaque fois et éclatant de rire quand elle comprenait quelque chose. Assez surprise car généralement, les américains apprécient plutôt l’effort fait pour s’exprimer dans leur langue et là, c'était assez désobligeant ! Bref… Nous abandonnons notre glacière rouge dans la chambre, refaisons les bagages pour faire tout rentrer dans les 4 valises et les 4 sacs à dos. Ayant utilisé un 5ème sac pour les chaussures, il a fallu faire des miracles pour recaler tout cela avec le linge sale qui n’est jamais plié comme il faut, bien sûr !
Départ pour l’aéroport. L’hôtesse de la veille m’avait avertie de venir rapidement pour rendre la voiture, le vendredi étant un jour chargé. Elle s’est encore fichue de moi vu qu’il n’y a personne. Nous rendons la voiture en 3mn chrono. (Alamo au retour nous facturera le surclassement en full size mais un coup de fil au service client de l’agence de Los Angeles et je serai remboursée 2 jours plus tard : heureusement vu le montant énorme du surcoût !). Quant aux rayures : je n'ai eu aucune suite.
Nous enregistrons les bagages (ouf : un bagage légèrement supérieur au poids réglementaire ne donnera pas lieu à dépassement). Premier vol pour Denver. Un très bel aéroport. Vol suivant pour Francfort. Impeccable ! Toujours le plein de films récents et en partie différents de l’aller. La pause suivante à Francfort est longue mais le temps est détestable et nous sommes cuits : après des km de couloirs parcourus, nous nous endormons dans la salle d’embarquement. Enfin, le départ pour Nice ! Il fait beau et chaud à notre arrivée. Pour les bagages, c’est si long que nous craignons le pire, mais non, ils arrivent ! Tout est allé comme sur des roulettes et nous passons la douane française sans nous faire contrôler. Mon père est là. Il a trouvé un véhicule assez grand pour nous ramener à bon port. J’ouvre donc la porte de chez moi, et voilà : je viens de me réveiller. Mon rêve vient de se terminer ! Un rêve de 4 semaines de pur bonheur mais parenthèse dans la dure réalité de tous les jours. Par contre, je me sens tellement plus zen …
Et puis, j’ai mes photos ! 8500 à trier donc beaucoup en double ou triple pour diverses raisons. Je vais sans doute réaliser un livre album. Et puis, ce carnet, histoire de garder tout cela en mémoire. Car chaque jour de ce périple est si intense, qu’on pense qu’on ne peut l’oublier mais le jour suivant tout aussi riche le relègue loin dans la mémoire !
Epilogue :
Un voyage largement à la hauteur de nos espérances
Quelques regrets ! (Grand Prismatic zappé, rando non faites à cause du temps)
Et l’envie de repartir ! Sauf que bien sûr, là, c’était une première fois. Et le goût de la première fois est toujours unique !
Mes fils ont particulièrement apprécié : les animaux vus à Yellowstone et Las Vegas.
Pour nous, les Coyotes Buttes nord et sud restent en tête de liste.
Un grand GRAND merci à Philippe pour son aide et son infinie patience !
Le site d’Ouestusa.fr de Thierry et du même Philippe ainsi que ce forum et certains de ses participants (ils se reconnaitront) ont vraiment aidé à rendre ce voyage réussi et inoubliable !
Ps : si vous m’avez lue jusque là sans vous endormir avant : Bravo !
Sinon, je vous aurai apporté au moins une heure de sommeil de bonne qualité ! 😉
8/07
Arches au programme ! Il fait très beau, très chaud et nous avons intérêt à partir assez tôt. Après un arrêt au Visitor center où, comme d’habitude, j’achète quelques magnets pour le frigo, nous attaquons les points de vue. Je ne cesse d’observer les alentours dans l’espoir de voir quelques bighorns puisque la veille, nous en avions aperçu un qui faisait le curieux dans un endroit très escarpé en passant devant le parc. Nada.
Spectacle majestueux. La lumière du matin donne des ombres. Comme d’habitude, nous ne pouvons nous empêcher de donner des ressemblances à toutes ces roches. j’ai l’impression d’être devant des bas-reliefs égyptiens d’une hauteur démesurée.


Arrêt le long des points de vue.

Nous sommes à contre-jour pour Balanced rock. Nous ne restons pas longtemps car je souhaite débuter rapidement la rando au parking de Devils Garden. Nous nous munissons de nombreuses petites bouteille d’eau. Direction Landscape Arch : magnifique !

Nous y arrivons si vite que je propose de continuer jusqu’à Double O Arch.


Tout le monde est d’accord. Parfait ! La ballade est superbe même s’il y a beaucoup de monde. Je me sens si bien ! Tous les 4 réunis, décor magnifique, ciel bleu, , chaleur (pour moi toujours synonyme de vacances). Nous sommes à un peu plus de la moitié du voyage mais il reste encore 11 jours devant nous. Que demande le peuple ! Quelques français se reposent sur la Double O Arch et nous demandons poliment qu’ils se poussent pour prendre quelques photos. Nous buvons beaucoup. Arrêt ensuite à Sand Dunes Arch que nous effleurons seulement car la rando fait plusieurs miles.



Il fait trop chaud et il est vraiment tard. Nous allons donc faire 2 courses au City Market de Moab. Nous découvrons avec plaisir le bar à salades : nous remplissons des containers de plastique qui seront ensuite payés au poids. J’entends avec délice les enfants réclamer de faire leur propre salade ! Ah tiens ! Finis les poulets fris, panés et autres trucs bien gras ??? Pas possible ! On le leur rappellera !!! Du coup, idem pour le soir car nous prévoyons la rando de Delicate Arch et nous ne savons pas à quelle heure nous rentrerons.
Nous déjeunons sur notre si agréable terrasse ombragée. Pendant que d’aucuns se reposent, j’ai pris mon zoom et je furète dans le jardin. Des colibris se jouent de moi. Rien à faire ! La chaleur est intense. Second départ pour Arches. Arrêt à Park Avenue : splendide et démesuré !

The Windows

Je suis impatiente d’admirer la délicate ! Nous attaquons la rando. Au parking, il n’y a presque plus de places.

Nous sommes en forme et dépassons rapidement beaucoup de touristes.



Je sens qu’il va y avoir foule. Le vent souffle très fort. Quand nous arrivons enfin, beaucoup de monde est déjà installé sur le haut de cette sorte d’amphithéâtre. Personne sous l’arche et une magnifique lumière. Même après l’avoir vue en photo si souvent, je la trouve sublime. En réel, nous prenons mieux compte des immenses proportions. Nous nous installons aussi et je commence à mitrailler. Finalement, un premier pecnot ose aller se placer sous l’arche pour la traditionnelle photo souvenir. Evidemment, suivent les moutons de panurge. Bon heureusement, j’en ai bien profité avant ce défilé. Le vent souffle si fort que les personnes ont du mal à arriver dessous et prennent un maximum de précaution sous l’arche pour se relever. Le soleil baisse. Certains se font huer par les photographes. Les ombres montent.





Mais au moment de se coucher, le soleil passera derrière des nuages et nous n’aurons pas les couleurs de feu que j’imaginais. Nous en avons bien profité quand même ! Au retour nous croisons encore des personnes qui montent, certaines avec des lampes. un père et son jeune fils surexcité courent à l’assaut de l’arche. Ils n’ont pas de sac à dos et une seule mini bouteille d’eau à moitié vide. Le soleil est couché mais vu la longueur et le dénivelé, je me demande jusqu’où ils iront !

Retour au B&B et nous profitons du jacuzzi sous les étoiles après notre délicieuse salade.
9/07
Pour une fois, nous prenons notre temps et après un dernier café quittons notre B&B. Ce matin, nous faisons La Sal Moutain loop Road.
C’est agréable après cette chaleur de se retrouver de nouveau dans la verdure.

Nous trouvons une indication pour Oowah Lake et décidons d’y déjeuner. Des pêcheurs fréquentent le lieu. A peine sortis de la voiture, mon mari se retrouve nez à nez devant un serpent ce qui calme rapidement nos ardeurs. Nous utilisons donc tranquillement les tables de pique-nique et chassons tous les insectes qui pullulent.


Un incendie a dévasté nombre d’arbre sur la dernière partie du trajet. Après en avoir entendu moult merveilles, je ne suis pas super emballée par cette route : agréable oui, mais pas exceptionnelle pour notre goût. Nous avons réservé encore un B&B : le Castle Valley Inn. Le lieu est délicieux et l’Anasazi Cabin très mignonne. De belles pelouses vertes et une jolie terrasse ! Nous avons le « tort » de nous installer là. C’est comme si d’un seul coup toute la fatigue du voyage nous retombait sur les épaules. Pourtant j’ai prévu de bien jolies ballades pour l’après-midi. Des colibris viennent s’abreuver et je passe de longs moments à essayer de les photographier. Ils sont si rapide que j’ai bien du mal !


Nous cueillons de nombreuses cerises avec l’accord du sympathique propriétaire Un faon passe et repasse dans le jardin.


Nathan se passionne pour une famille de putois. Nous sommes scotchés, et… nous ne partons pas. Nous finirons ce qu’il reste dans la glacière pour le dîner et apprécions infiniment de ne rien faire. Après tout, nous sommes quand même en vacances ! Dès que l’ombre arrive au jacuzzi situé un peu plus loin dans le jardin, nous l’utilisons. L’eau est si chaude que nous sommes obligés régulièrement de sortir pour nous refroidir. Nous marinons jusqu’au coucher de soleil.

Le soir, nous referons une autre séance tellement les garçons adorent. Nous aussi d’ailleurs… Nous sommes seuls, sous les étoiles à en profiter !
10/07
Un excellent petit-déjeuner, un des meilleurs sans doute de notre périple, nous est proposé sur la terrasse. Le proprio nous raconte comment il y a 3 ans environ, un ours est venu contempler un client tétanisé dans le jacuzzi vers 10h00 du soir, posant ses pattes sur le rebord du jacuzzi. Sans doute l’eau était trop chaude à son goût, car il est reparti au bout d’un moment, laissant sûrement des souvenirs indélébiles au pauvre gars. Gloups ! dire que nous aussi y étions à la même heure !
Aujourd’hui, nous commençons la première journée de notre montée à Yellowstone.

Nous passons devant l’embranchement pour Fisher Towers. Encore des roches rouges ! Les enfants commencent à saturer des roches rouges. C’était pourtant la ballade prévue la veille. Exit donc. Cela restera à faire pour une autre fois…
De toute façon, la route est longue aujourd’hui. Nous déjeunons dans un Subway. Adrien connaît cette franchise mais pas nous. Il y a du monde. Et nous voilà ensuite dans une très longue discussion pour choisir entre 5 pains différents, 5 fromages différents, plusieurs sortes de charcuterie, diverses salades. Bref, pour un sandwich, il faut 10mn de parlotte. Nous sommes arrivés juste à temps car après nous, l’équipe féminine de handball locale vient passer commande... Nous nous arrêtons ensuite à Dinosaur National Monument car je compte faire Harper’s Corner trail histoire de nous dégourdir les jambes. Je suis en train de me disputer avec Adrien et je n’ai pas remarqué que j’avais accéléré. Moi si prudente et respectueuse des limites de vitesse ! Evidemment, un ranger croise ma route à ce moment là, et comme dans les films, effectue un tête à queue assez sec, toutes lumières clignotantes. Ouh là là : tout ça pour moi ??? Evidemment je m’arrête et j’attends, longtemps d’ailleurs, avant que le ranger ne daigne sortir. J’ouvre la fenêtre, pas sereine du tout, c’est le moins que l’on puisse dire. Vais-je finir menottée sur le capot de la voiture devant les yeux éperdus de mon mari qui ne parle pas anglais et larmoyants de mes fils qui se demandent déjà où acheter les oranges ? “How are you today ?” me demande-t-il, attendant poliment la réponse. J’en perds mon anglais et bafouille direct quelques excuses. Bon dûment que l’on ne m’y reprend pas, pour cette fois, ça ira. 58 au lieu de 45 mph tout de même ! Allez, tout va bien. Nous repartons doucement. Nous trouverons cela très long d’arriver en haut du parc pour le début de la ballade. Elle est très agréable et finit sur effectivement un très beau point de vue.



Mon mari qui devient difficile regrette qu’on ne puisse encore s’avancer pour avoir la vue à 360°, mais des rambardes sécurisent l’accès. Moi, je ne regrette vraiment pas la longueur du trajet voiture pour y accéder. Allez c’est reparti.

Etape suivant Flaming Gorges. En fait, j’ai un peu oublié d’imprimer la doc sur le coin. Je ne me fais guère de soucis, tout est si bien indiqué aux USA ! Finalement nous tombons d’abord sur notre logement pour la nuit. Le Flaming gorge Lodge où nous avons une suite car les chambres classiques n’étaient plus disponibles. Je n’avais pas réussi à réserver au Red Canyon Lodge bien plus joli et mieux situé : c’était complet alors que j’avais appelé le 7 janvier ! Et je le regrette. Si notre appartement est spacieux, l’ambiance est sombre, la moquette défraîchie, les chaises très sales, et c’est un peu l’usine à touristes. De plus nous sommes au 1er sans ascenseur et monter les bagages est assez pénible. Enfin, pour une nuit, ce n’est pas grave. Une fois de plus nous devons trouver la manip pour régler l’eau chaude, chaque robinet de chaque endroit ayant son propre système et fonctionnant plus ou moins bien. Celui-là n’est pas des plus simples. En fait, il est même complètement détraqué !
Les enfants fatigués restent sur place, mais nous, nous ressortons jusqu’au barrage en premier,


puis retour vers les points de vue qui donnent sur les gorges. Il fait gris, les photos ne rendent pas hommage à la beauté du site et ses falaises rouges tombant dans l’eau verte de Green River.
Nous devrons patienter très longtemps au restaurant mais nous mangeons correctement. Un immense fourrure d’ours est à l’entrée et nous demandons s’il s’agit d’une vraie car nous avons des doutes. L’employée ne nous répond pas mais nous sort une photo de son patron, fusil sous le bras et botte sur un ours qu’il vient de tuer la semaine dernière. La chasse est donc autorisée ? Oui, son patron a une licence spéciale qui donne droit à la chasse d’un ours par an !
11/07
Nous retournons bien entendu faire les points de vue de Flaming Gorges avant de reprendre une longue route..


A mi chemin, nous passons enfin devant un “lavomatic” américain. J’en cherchais un depuis un moment pour laver de nouveau le véhicule. Tout ceux vus précédemment étaient manuels. Vu la surface du 4x4, je n’y tiens guère. Histoire de faire plaisir à Adrien, nous prenons la version la plus chère. Vu le temps passé par le précédent véhicule, nous espérons bien avoir le “grand spectacle”. Dès que la machine a avalé goulument mes 12 dollars, un par un, (oui, nous n’avons peur de rien...), ça y est : c’est le grand jeu ! Débauche de machins tournant, avançant, reculant, une pression de folie, arc en ciel de mousse : une couleur différente par vitre... Finalement, c’est pas cher pour une séance pareille. 12mn plus tard. ne reste plus qu’à déjeuner sur le pouce. Mon mari déguste son premier hamburger. “L’effort du siècle !!” J’ai mémorisé cet instant exceptionnel sur mon portable...Nous arrivons finalement à Jackson Hole : bien jolie bourgade. Check-in au Rustic Inn. Une petite folie au niveau prix, déjà que la ville est réputée pour ses prix élevés. Le chalet est très mignon et luxueusement meublé. Normal vu les tarifs.. Dommage, il ne donne pas sur la petite rivière. La piscine est trop petite et pleine d’enfants surexcités. Nous l’ignorons donc. Ceci dit, nous sommes conquis. Seul le mitigeur de la douche nous donnera du souci. Une fois installés, nous sortons sur Jackson faire un peu les magasins. C’est très touristique et plutôt mignon. Mince, j’ai oublié l’appareil. Tant pis ! Je trouve enfin un magasin spécialisé photo ou je peux racheter le couvre-objectif que j’avais perdu à Coyottes Buttes Sud. Plusieurs photographes exposent et vendent. Le magasin de Thomas Mangelson attire plus particulièrement notre attention. Les photos sont si belles que nous entrons admirer. Je tombe en pamoison devant certaines éditions limitées, hors de prix pour nous bien sûr. Nous nous rattrapons tout de même avec quelques calendriers et cartes postales que nous ramènerons pour nous et nos proches.
Par contre l’hôtel ne fait pas restaurant. Le soir, nous sortons donc dîner en ville au Silver Dollar Bar&Grill. Très correct.
12/07
Enfin, j’ai du réseau ici ! Quelques coups de fils plus tard, et nous voilà prêts pour la séance de rafting sur la Snake River. Environ 13 miles sur la rivière, mais le truc cool juste pour observer la vie sauvage. Le lieu de rendez-vous est la porte à côté de l’hôtel. Tant mieux, cela nous laisse quelques minutes de sommeil en plus. Escortés en minibus après avoir signé la traditionnelle décharge, nous arrivons au point d’embarquement. De très longues explications dont cette fois, je ne comprends que le quart servent à nous détailler tout ce qu’il faut faire dans tel et tel cas. Je finis par demander vu les nombreux risques décrits, s’il est vraiment raisonnable de prendre mon appareil photo. Apparemment pas de problèmes ! Nous enfilons nos gilets de sauvetage et débutons la ballade. 2 rafts contiennent chacun une dizaine de personnes.

Pélicans

Un grèbe


2 guides s’occupent de nous et pilotent l’engin. Jolies vues sur les montagnes. Nous observons de nombreux bald eagles, aigles pêcheurs à la tête blanche.

Le décor est très agréable et nous apprécions la ballade. Vu que l’on ne marche pas, les garçons sont ravis et la matinée passe vite ! Nous aurons ensuite bien du mal à trouver un supermarché pour alimenter la glacière. Départ pour la visite de Grand Téton.
Après le passage au Visitor Center particulièrement bien fait, nous déjeunons au String Lake.

Nous avons demandé où voir des Mooses (wapitis ou orignal en français), Adrien y tenant beaucoup. Je remarque beaucoup d’arbres aux couleurs rousses au milieu des dégradés de vert. Nous avons l’impression d’être à l’automne avec ces teintes.


Le guide hier nous avait expliqué qu’il s’agit en fait d’une maladie. Ce n’est donc pas pour un bon motif. Nous revenons ensuite au Jenny’s Lake, prenons le shuttle boat pour faire la traversée car il est trop tard pour le faire à pied. Arrivés sur place nous commençons la rando de Hidden Falls et Inspiration Point.


Adrien est motivé. Il a décidé de voir des mooses, mais le temps tourne à l’orage et nous prenons quelques gouttes en admirant au loin, une pluie soutenue sur le lac et le shuttle en train de le traverser. Tout le monde tourne les talons à toute vitesse. Nous imaginons la queue pour le prochain shuttle et prenons notre temps.


Un grand pic nourrit son petit dont la tête rouge sort du nid. Un peu loin pour mon zoom.

Une marmotte bien dodue s’enfuie devant nous.



Effectivement, longue attente à l’embarquement. Quand c’est enfin notre tour, il n’y a plus de place sur le second shuttle. Il n’y a plus qu’à attendre la nouvelle rotation ;



il nous reste encore beaucoup de route pour l’entrée de Yellowstone. Nous avons réservé à Grant Village. La chambre est correcte et nous dînons ensuite dans le restaurant avec une belle vue sur le Lake et le coucher de soleil. C’est le moment de goûter le steak de bison. Très bon ! Encore une longue journée !
13/07
1ère journée à Yellowstone ! Je suis impatiente de commencer les visites. Quelques cookies plus tard, nous partons à West Thumb Geyser Basin. Nous enfilons les kway pour nous protéger d’une pluie fine et pénétrante mais qui aura le bon goût de s’arrêter peu après. Voici nos premières sources chaudes. Les couleurs sont sublimes. Une lumière encore rase et un ciel par moment chargé donne une atmosphère particulière.











Par contre les rayons créent des ombres et nous devons suivre le chemin sans possibilité de tourner autour des sources pour avoir un meilleur angle. Nous apprécions toutefois de marcher sur les passerelles de bois, beaucoup plus jolies et mieux intégrées que si cela avait été goudronné. Le site n’est pas très grand. En repartant, petite pause à la cascade Kepler.

Nous arrivons ensuite à Old Faithful et apercevons enfin nos 2 premier bisons. Un gros malin avec un tee-shirt rouge prend des photos à quelques mètres devant un gros mâle nonchalamment allongé. Quand on pense aux nombreux avertissements concernant la sécurité des personnes vis à vis des animaux sauvages ! On est pas dans un zoo ! Nous décidons que nous en verrons sûrement d’autres et progressons vers le centre.
Cette fois, il s’agit presque d’un petit village avec beaucoup de bâtiments encerclant un immense parking. Il y a beaucoup de monde, surtout devant le Geyser le plus proche de l’hôtel. Nous pensons tout de suite qu’il va y avoir une éruption sous peu. Bingo ! Elle commence pile sous nos yeux.

Nous apprécions le spectacle puis, après un rapide déjeuner, nous parcourons le circuit qui passe entre les différents geyser et sources chaudes et qui nous conduit jusqu’au Morning Glory Pool.













Là encore, c’est un régal pour les yeux et l’apprentie photographe que je suis. Ce dernier et Chromatic Pool sont vraiment un must !





Par contre, je rencontre plus d’indifférence chez mes 2 ados qui renaclent à marcher. C’est plutôt énervant !
Nous décidons ensuite de faire le check-in pour le Old Faithull Inn. Et dire que nous pensions ce matin qu’il y avait du monde. J’essaie un premier bâtiment pour me faire indiquer le chemin de mon hôtel. On me donne un plan. Mais là, vers 15 :00, cela devient horriblement difficile de circuler. Le plan n’est pas clair et il n’y a aucune indications pour trouver ce fichu hôtel. Cela devient si galère que nous reposons la voiture et décidons de faire le trajet à pied. Bon, nous finissons par y arriver et comprenons qu’en fait, avec la voiture il faut prendre une contre-allée et faire tout le tour par l’extérieur pour y arriver. Je récupère les clefs et allons enfin nous garer sur le parking à l’arrière de notre hôtel. Nous décidons de visiter la chambre et de chercher le meilleur accès pour les bagages. Allez, maintenant c’est galère pour trouver le bon couloir, le bon escalier. Nous sommes dans la partie ancienne de l’hôtel. La chambre est assez petite et l’ambiance un peu vieillotte. Pour les valises, ce n’est pas terrible et nous demandons au service bagages de s’occuper de nous les apporter. Je préfère un bon pourboire plutôt qu’une grosse suée ! Bref 1:00 de perdue pour faire tout ça, et ce n’est pas fini ! Nous nous installons et cherchons de suite le moyen d’éteindre la clim horriblement bruyante. Bizarre, car il n’y a aucun bouton. Mon mari m’annonce qu’il préfère dormir dans la voiture que supporter cela ! On est tous d’accord, il faut faire quelque chose ! Au check-in, on nous annonce que quelqu’un viendra d’ici 1/2h. Ponctuelle, une jeune femme arrive avec un ventilo, mais n’a aucune idée sur la façon d’éteindre la clim. Elle va chercher quelqu’un de la maintenance. Encore une autre demi-heure s’écoule. Cette fois, le gars arrive avec une clef et vient fermer directement au niveau de l’espère de gouttière qui parcourt le sol de la chambre. Cette gouttière est d’ailleurs toute démontée. Enfin nous ressortons. Direction le Visitor center. Adrien, toujours têtu sur l’idée de trouver des mooses me refait poser la question. Non, il n’y en a que très peu à Yellowstone et pas dans cette zone de toute façon. Re spectacle du Old Faithful en passant. Et dire que je trouvais qu’il y avait du monde ce matin !! C’est plein à craquer. L’hôtel aussi, le parking aussi ! Fatigant tout cela. Nous avons adoré les trails mais vraiment pas le complexe hôtelier : une vraie usine à touristes ! Tant pis pour le resto ou la cafétéria : 2 courses à l’épicerie et vivement ce soir qu’on se couche. La clim des voisins est si bruyante qu’elle nous gène aussi ! Cela nous confirme qu’avec la notre, il aurait été impossible de fermer l’œil. Soudain, un bruit. J’imagine qu’un des garçons s’est levé pour aller grignoter dans le sac où restent crackers et autre cookies. Je pose la question mais non… 5mn plus tard, rebelote ! Cette fois je mets la lumière : quelque chose bouge dans le fameux sac ! Finalement il s’agit d’une mignonne petite souris passée par la goulotte de la clim. Nous la récupérons avec le seau à glace et partons dans le jardin lui rendre sa liberté avant de tomber enfin dans un sommeil entrecoupé comme d’hab…
14/07 : Vite partons de cette usine avant qu’il n’y ait trop de monde ! Re service bagages. Une petite jeune fille arrive et soulève d’un air convaincu 2 énormes valises et s’engage dans l’escalier. Le reste dégage aussi rapidement ! Quelle santé ! Un bon pourboire vient adoucir son effort. Je lui raconte la petite visite nocturne. Elle me confirme que l’hôtel est infesté de souris et chauve-souris. Charmant !
Nous nous arrêtons à Fountain Paint Pot. Petit circuit. C’est toujours aussi beau.



Mais ça ralouille dans la voiture. « Y’en a marre des sources et des geysers, nous on veut voir des animeaux ! » . Du coup j’élude Lower Geyser Basin. Je n’avais pas fait le rapprochement que là était situé le fameux Grand Prismatic. Quelle idiote ! Je n’y repenserai que le jour du départ donc trop tard ! Evidement, ce sera mon grand regret sur Yellowstone !
Donc inconscients du loupé, nous continuons sur Norris. Le temps s’assombrit. Les garçons sont tout de même ok pour visiter cette zone là, car nous leur promettons une visite rapide vu le temps ! Geysers et sources se succèdent. Il y a peu de monde. Et puis soudains, un coyotte ! Il passe, genre jeune cadre dynamique se rendant à son rendez-vous. Zut ! Je n’ai que le 16-50. Tant pis, je n’ai pas le temps de changer. Au pire je ferai un crop.

Apparemment il vient de prendre son déjeuner car au grossissement, nous verrons que son poil est couvert de sang par endroit. Nous en profitons pour entamer la conversation avec nos voisins de promenade. Nous apprendrons vite qu’ils ont observé des ours à 2 reprises. Evidemment, nous sommes jaloux ! Quelques femelle Mule Deer, 2 bisons et 1 coyote : la moisson est maigre. Soleil timide et nuages se disputent. Ces derniers gagnent !




Mais quand la pluie devient vraiment plus insistante, nous n’insistons pas et repartons en direction de Mammoth. C’est vrai que l’on circule vraiment lentement dans le parc ! Cette fois l’hôtel est facile à trouver ! Il est tôt mais j’obtiens quand même les clefs. Passée la réception, les couloirs sont d’une infinie tristesse. Les lieux sont plus que vieillots et lugubres. La chambre est spacieuse, nous sommes au RDC. C’est calme ! Toujours ça de gagné ! Sous les fenêtres quantité de chiens de prairie s’égaient sur la pelouse couverte de monticules. Direction, le resto parce qu’il y en a marre des sandwichs !
Nous mangeons correctement. Puis direction Upper Terraces area. Arrivés à un parking nous partons à pied. J’accélère le pas car je voudrais rejoindre la zone de Canary springs. Sauf que je n’ai pas de plan et du coup je me dirige dans la mauvaise direction ; ce qui nous permet toutefois d’arriver à une magnifique formation .


Ne reste plus qu’à attendre qu’un rayon de soleil passe à travers les nuages. Quelques photos plus tard, mes 3 hommes renaclent à avancer encore sans savoir où l’on va. En fait nous sommes sur le loop one way. Je retourne donc chercher la voiture. Ils ont bien fait car effectivement la route est longue. Je trouve enfin les sources que je cherchais, juste à côté de la bifurcation ! Grrrr… Je vais vraiment jusqu’au bout de la passerelle comme me l’avait indiqué une autre forumeuse, et là, c’est tout simplement splendide ! Tant de couleurs sur fond de ciel orageux !






Avec encore une bonne dose de patience, les rayons de soleil finissent par traverser et débute un long shooting qui finira au moment où débarquent 2 bus de japonais charmants mais plutôt envahissants. Nous en croisons deux qui soulèvent une mamie toute heureuse de pouvoir aller contempler ces merveilles. Leur solidarité envers le 3ème âge est vraiment un exemple !
Retour à l’hôtel. Les enfants décident de prendre un bain dans l’antique baignoire à pieds de lion. Que faire d’autre en l’absence de douchette et en présence de 2 robinets pour l’eau chaude et froide ! Francesco et moi repartons pour les Lower Terraces et faisons une partie du circuit. Là encore, j’apprécie ce décor incroyable !






Au retour, nous faisons 2 courses à l’épicerie du Gift Shop qui est encore plus mal achalandé que les précédents. Quand nous revenons, le soleil décline et quand nous allumons la lumière dans la chambre, nous constatons que l’éclairage fait pitié. Mon mari veut se laver les dents et là nous remarquons également qu’il n’y a encore que 2 robinets séparés, également pour le lavabo. Donc, pour se laver les mains, il suffit de les passer alternativement et très rapidement du jet glacé au jet bouillant ! De mieux en mieux ! Là, mon mari perd définitivement son sens de l’humour ! Nous nous doucherons avec le seau à glace qui nous servira de mitigeur et douchette et déciderons de quitter cette horrible chambre pour y passer le moins de temps possible. Adrien veut voir des animaux et vers 19 :00, c’est plutôt la bonne heure pour cela. Quelques miles en direction de Canyon Village et nous voilà servis : un mule deer mâle avec de magnifiques bois broute tranquillement sur le bas côté. Un attroupement se forme aussitôt. Toute excitée, je change d’objectif et m’extirpe de la voiture si vite que j’en appuie malencontreusement sur le klaxon. Tout le monde me lance un regard surpris voire courroucé ! Shame on me ! Heureusement, le cerf n’a pas bronché. Et nous reprenons la séance de dédicace !


Quelques miles plus loin, Adrien me demande d’emprunter une piste pour augmenter nos chances de voir d’autres animaux. Au soleil couchant, le paysage est ravissant.

Arrivés presque à la fin, nous voici enfin devant le spectacle tant attendu : un ours ! Bon, il est très loin et avec le manque de lumière, pour les photos ce n’est pas le top.

Mais nous apprécions à sa juste valeur cet aperçu de la faune ! Nous rentrons tout excités et en oublions même la vétusté de ce qui nous sert de chambre d’hôtel. Un sandwich vite avalé et au dodo !
15/07
Allez, nous dégageons vite fait. Vous savez pourquoi ! Nous passons à Tower Roosevelt et là nous apprécions enfin la vue de 2 bisons. Petite séance photo. Puis direction Lamar Valley.

Un peu plus loin : le spectacle ! Encore un ours au loin ! Et celui-là décide de prendre son bain dans une marre, devant nos yeux écarquillés. C’est génial ! Et, comme je n’arrête pas de le répéter aux garçons, nous ne sommes pas dans un zoo ! Quel bonheur !


La zone est connue car de nombreux véhicules portant chacun leur lot de touristes suréquipés photo et trépieds, sont garés tout le long de cette très belle vallée. Nous voyons également des Bald Eagles, des bisons… bref des ptites bêtes puis des grosses…





Il est encore tôt. Je n’ai rien prévu pour le déjeuner et comme nous avons bien avancé, pourquoi ne pas sortir du Park et s’arrêter juste après à Cooke City histoire de faire le plein d’essence, reprendre des glaçons et quelque chose pour le déjeuner ?
Grossière erreur : D’abord les travaux : nous passons rapidement à l’aller mais 1/2h d‘attente pour le trajet inverse. Cooke fait un peu pitié, du moins pour le peu que nous en voyons. L’essence est plus chère qu’à l’intérieur du parc. Une minuscule épicerie, sombre et hors de prix, sans guère de choix ne nous laisse que peu d’alternative. Bref, tout ce temps perdu pour ça ! Les nerfs !


Sur la route : un motard arrêté, look harley, fait des signes : Black Bear en vue ! Pas possible : cela porte à 3 le nombre d’ours observés ! Un ranger arrive rapidement et surveille la bête à la jumelle. L’attroupement est si important que cette fois, l’ours s’en rend compte et s’éloigne rapidement de lui-même.

Nous arrivons à Canyon Village. L’endroit est très sympathique et bien organisé. Autre chose que Old Faithfull !! J’essaie de nouveau de récupérer les clés avant l’heure de check-in, mais là sans succès. Il faudra repasser plus tard. Tant pis. Quelques courses et nous déjeunons sur une table du camping. Tout est calme et il fait très beau ! Nous repassons au gift shop et prenons un café, puis au Visitor Center très agréable. J’achète encore quelques magnets. Bon, cette fois est la bonne. Nous parcourons quelques miles pour arriver à notre unité « la Cascade ». J’avais choisi une chambre un peu plus haut de gamme. Effectivement, c’est plus cher, mais beaucoup mieux ! Muni d’un plan, direction Upper Falls : les chutes du canyon de Yellowstone. Dans un tournant, mon mari remarque une belette. Je descend et arrive à la prendre en photo car elle m’observe avec curiosité et j’en fait de même avec calme. Dès que d’autres touristes me rejoignent, elle s’éloigne. Jolie rencontre !


Arrivés au parking et après un point de vue magnifique et accessible à tous sur les Upper Falls, nous prenons le trail qui nous mènera à Artiste Point. Une belle ballade, sans plus personne, devant les rives à pic du canyon aux parois multicolores. Mon Pentax s’emballe.




Par contre il attendre demain matin pour les chutes elles-mêmes, car en cette fin d’après-midi, elles sont à contrejour. Artiste Point n’apporte pas un point de vue supplémentaire particulier. C’est la promenade en elle-même qui est à apprécier. Au retour, nous allons dîner. Sans réservation, il faut attendre au moins ¾ d’heures. Cependant, c’est très moderne vu que l’on nous munit d’un beeper qui vibrera dès qu’une place se libère. Ce qui arrivera beaucoup plus vite que prévu après de nouvelles petites courses au gift shop. Adrien me fait constamment dépenser pour obtenir de la monnaie et trouver des quarters des différents états. Nous avons commencé trop tard pour espérer en récolter de beaucoup d’états. Nous finirons quand même avec 14 quarters différents, ce qui en 4 jours est déjà pas mal ! 8 ou 9 autres supplémentaires lors de notre séjour à NYC seront encore récupérés (on avance !)
16/07
Dernier jour dans le parc ! Déjà ! Nous faisons le loop en voiture qui donne accès aux points de vue de la rive nord du Grand Canyon. Cette fois la lumière est bonne pour photographier les chutes.

Nous partons ensuite pour la Hayden Vallée, non sans oublier involontairement dans la chambre les cookies achetés pour mes collègues de travail, m’obligeant donc à en racheter d’autres en cours de route, et, volontairement, le fer à repasser à 10 $ dont nous ne ferons rien à notre retour en France. Magnifique ! Cette fois, le troupeau de bison est en partie en travers de notre route !


Un ranger essaie depuis sa voiture de faire dégager, à l’aide de sons enregistrés, un gros mâle qui ne s’en laisse pas compter et ne bouge pas d’un pouce. Je le contourne. La route est très belle.

A Fishing bridge, nous admirons 2 pélicans au loin et organisons un shooting pour une paire d’écureuils malicieux et véloces qui font la foire sur un vieux tronc !


Arrivés au Lake, nous trouvons de quoi grignoter.



Les moustiques commencent à être gênants. De nouveaux travaux nous immobilisent de très longs moments. La route est longue. Encore un stop à Mud volcano.



Un gros mâle prend son bain de vapeur :


Nous devons rejoindre Jackson Hole. Encore un arrêt pour quelques magnifiques chevaux.


Au Visitor Center de Grand Téton, nous redemandons une fois de plus où nous pouvons trouver des mooses, manquant à notre tableau de chasse photographique. Le ranger nous indique la route de Gros ventre, à Gros Ventre Junction, un peu après l’aéroport (en descendant), et de préférence en toute fin d’après-midi. Ok, c’est noté. Nous retournons au Rustic Inn et dînons de nouveau au Silver Dollar aussi agréablement que la première fois mais plus rapidement. Allez, c’est notre dernière chance ! La route de Gros Ventre ne s’approche pas tout le temps de la rivière, du moins suffisamment pour que l’on y accède facilement. Au premier point de vue, arrêt. Nous demandons à un couple sur place qui nous indique avoir vu des mooses 2:00 plus tôt. Mais, là rien. Nous poursuivons, toujours sans succès et abandonnons quand la route s’écarte trop de la rivière. Quand nous repassons au premier point de vue, plusieurs voitures sont garées ce qui nous donne de l’espoir. Yahoo !!!!! 1 superbe mâle moose broute, de l’autre côté de la rivière, inconscient de l’émoi qu’il provoque parmi les touristes.

Un autre le suivra peu après !

Nous avons pris place à un endroit stratégique, pile en face mais en pleine broussaille. Un sifflement que j’entends à peine : mon mari me prévient qu’il vaut mieux que je regarde à mes pieds que dans le viseur. Effectivement un serpent pas content du tout me prévient gentiment que si j’avance encore, c’est mauvais pour ma santé !

Bon un pas de côté pour moi, un glissement de l’autre pour lui et nous nous quittons en bons termes. Je reprends les photos en essayant de gérer au mieux la lumière du soleil couchant. Je remarque bien que Francesco, Adrien et Nathan se sont transformés en moulins à vent. Grands gestes et grosses claques se succèdent. Ben, qu’est ce qu’il y a ???? C’est là que je prends conscience que des moustiques voraces se sont occupés de moi pendant que je m’occupais des wapitis ! j’ai 8 piqures sur la joue gauche et, ne me demandez pas pourquoi : 0 sur la droite. Le soir, me voilà boursouflée ! Bon, dans l’énorme pharmacie que j’avais apportée et qui ne m’a heureusement servie à rien, je trouverai bien un truc pour ça.. Oui ! Mais au retour, tout le monde me demandera ce que j’ai à la joue gauche…
Retour à l’hôtel où des pelleteuses ont dévasé tout le jardin près de la petite piscine suite, apparemment, à une fuite des eaux usées. Mon mari va se réveiller en pleine nuit à cause de l’odeur nauséabonde malgré l’éloignement de notre petit chalet. Moi, pour une fois je dors ! Les enfants aussi…
17/07
Ouinnnnnn ! C’est la fin ! Petit déj copieux au Rustic Inn. Derniers morceaux de bacon grillés… La veille, j’ai appelé l’aéroport pour faire le point sur les vols de retour. J’avais bien fait puisque le décollage du premier vol était retardé d’une heure. A ce propos, l’hôtesse de l’aéroport s’était s'était payée une belle rigolade avec mon accent apparemment, me faisant répéter chaque fois et éclatant de rire quand elle comprenait quelque chose. Assez surprise car généralement, les américains apprécient plutôt l’effort fait pour s’exprimer dans leur langue et là, c'était assez désobligeant ! Bref… Nous abandonnons notre glacière rouge dans la chambre, refaisons les bagages pour faire tout rentrer dans les 4 valises et les 4 sacs à dos. Ayant utilisé un 5ème sac pour les chaussures, il a fallu faire des miracles pour recaler tout cela avec le linge sale qui n’est jamais plié comme il faut, bien sûr !
Départ pour l’aéroport. L’hôtesse de la veille m’avait avertie de venir rapidement pour rendre la voiture, le vendredi étant un jour chargé. Elle s’est encore fichue de moi vu qu’il n’y a personne. Nous rendons la voiture en 3mn chrono. (Alamo au retour nous facturera le surclassement en full size mais un coup de fil au service client de l’agence de Los Angeles et je serai remboursée 2 jours plus tard : heureusement vu le montant énorme du surcoût !). Quant aux rayures : je n'ai eu aucune suite.
Nous enregistrons les bagages (ouf : un bagage légèrement supérieur au poids réglementaire ne donnera pas lieu à dépassement). Premier vol pour Denver. Un très bel aéroport. Vol suivant pour Francfort. Impeccable ! Toujours le plein de films récents et en partie différents de l’aller. La pause suivante à Francfort est longue mais le temps est détestable et nous sommes cuits : après des km de couloirs parcourus, nous nous endormons dans la salle d’embarquement. Enfin, le départ pour Nice ! Il fait beau et chaud à notre arrivée. Pour les bagages, c’est si long que nous craignons le pire, mais non, ils arrivent ! Tout est allé comme sur des roulettes et nous passons la douane française sans nous faire contrôler. Mon père est là. Il a trouvé un véhicule assez grand pour nous ramener à bon port. J’ouvre donc la porte de chez moi, et voilà : je viens de me réveiller. Mon rêve vient de se terminer ! Un rêve de 4 semaines de pur bonheur mais parenthèse dans la dure réalité de tous les jours. Par contre, je me sens tellement plus zen …
Et puis, j’ai mes photos ! 8500 à trier donc beaucoup en double ou triple pour diverses raisons. Je vais sans doute réaliser un livre album. Et puis, ce carnet, histoire de garder tout cela en mémoire. Car chaque jour de ce périple est si intense, qu’on pense qu’on ne peut l’oublier mais le jour suivant tout aussi riche le relègue loin dans la mémoire !
Epilogue :
Un voyage largement à la hauteur de nos espérances
Quelques regrets ! (Grand Prismatic zappé, rando non faites à cause du temps)
Et l’envie de repartir ! Sauf que bien sûr, là, c’était une première fois. Et le goût de la première fois est toujours unique !
Mes fils ont particulièrement apprécié : les animaux vus à Yellowstone et Las Vegas.
Pour nous, les Coyotes Buttes nord et sud restent en tête de liste.
Un grand GRAND merci à Philippe pour son aide et son infinie patience !
Le site d’Ouestusa.fr de Thierry et du même Philippe ainsi que ce forum et certains de ses participants (ils se reconnaitront) ont vraiment aidé à rendre ce voyage réussi et inoubliable !
Ps : si vous m’avez lue jusque là sans vous endormir avant : Bravo !
Sinon, je vous aurai apporté au moins une heure de sommeil de bonne qualité ! 😉
20 000 km en stop depuis la Normandie jusqu'à Bangkok English translation pending
Voyage en auto-stop depuis la Normandie (le mardi 28 avril, départ du Pays de Caux) jusqu'en Thaïlande (arrivée à Bangkok 2:26 pm, le 23 juin 2009). Vol Air Asia le 24 Bkk-Rgn.
Yébleron (Normandie) - Strasbourg (Alsace): 700 km.
Je parcours aisément la distance de la Normandie jusqu'à l'Alsace après avoir rendu visite à ma mère. Saluer les Anciens afin qu'ils vous protègent durant votre périple - que leurs esprits soient toujours avec vous et vous accompagnent durant votre cheminement - part d'une bonne logique. Cela ne paye pas de mine mais autant mettre toutes les chances de votre côté !
Qui plus est, j'ai du chaussé les bottes de sept lieues par inadvertance car de normalement quatre étapes ou véhicules, je n'en fait que deux seules, celle de l'aire de St Saens est zappée ainsi que celle de la bifurcation qui me voit descendre habituellement d'un véhicule qui continue vers Lille et me retrouver en pleine ligne droite sur l'autoroute à lever le pouce désespérément. Le gars sort vers Laon et me dépose à l'aire de service où vient de se garer un camion des pompes funèbres pour faire le plein. Je raconte à un gars à qui je viens de demander s'il n'allait pas vers Reims-Metz mon expérience d'avion-stop dans le désert australien qui date de 2003. Un petit avion biréacteur vient de déposer le cercueil d'un aborigène dans une communauté à mi vol entre Kalgoorlie et Ayers Rock, au milieu de "no where". Au moment de faire le plein de carburant à la station service en plein désert, je demande au pilote s'il n'y a pas moyen de me faire voler et m'emmener avec lui. Je suis déjà certain de pouvoir partir avec un "roadtrain" mais pourquoi ne pas prendre le risque de viser plus gros et surtout plus haut ! A vol d'oiseau, les distances sont toujours plus courtes et moins éprouvantes surtout dans le désert. Le pilote téléphone à sa compagnie et reçoit l'autorisation de m'emmener. Est-ce un signe néfaste que ce corbillard passe par içi ? Je suis à peu près certain d'une chose, c'est lui qui va m'embarquer. Je fais d'une pierre deux coups et avance en sautant deux cases car je me retrouve illico presto en Alsace. Le croque-mort est employé par une commune de la communauté urbaine de Strasbourg (C.U.S).
Waltenheim-sur-Zorn (Alsace) - Gambsheim - Grumbacher (Allemagne) - Budapest (Hongrie) 1200 km.
Avec Sophie, fille d'amis de longue dates, nous quittons la maison familiale emmenés par Edith, sa mère, qui lors d'une première tentative infructueuse sur l'aire de service de Vendenheim située sur l'autoroute A4, pousse jusqu'au barrage hydroélectrique de Gambsheim avant de nous déposer côté allemand d'où nous repartons à contre-sens une fois montés sur l'autoroute A5. Je m'explique: nous prenons en fait l'autoroute en direction du sud et de Fribourg-en-Brisgau et descendons à la première aire de service, celle-ci disposant d'une route faisant office de pont autoroutier et reliant les deux aires de service situées l'une et l'autre de chaque côté de l'autoroute. Nous sommes dans le bon sens de notre itinéraire et fonçons désormais vers le nord en direction de Karlsruhe qu'il nous faut dépasser pour atteindre l'aire de Bruchsal. Je pensais descendre sur le parking onze kilomètres avant cette aire en question et de là rejoindre la maison de notre hôte à pied à travers champs mais notre chauffeur doit faire demi tour à la sortie Bruchsal et reprendre la nationale plutôt que l'autoroute puisqu'il s'est détourné de son parcours initial pour pouvoir nous rendre service et nous approcher de notre destination finale. La route principale est parallèle à la rue où nous nous rendons. Le lieu où il nous laisse est à un pâté de maison de notre lieu d'hébergement. Nous passons une soirée autour de la table et nous régalons car Jutta a préparé de délicieux plats végétariens, du riz complet et un curry à l'indienne. Elle nous redépose à l'aire de Bruchsal le lendemain matin vers 7h30, le plein d'énergie fait, prêts à solliciter un véhicule. J'avise alors un camion français immatriculé en Alsace. Quoi de plus naturel à deux pas de la frontière ! Il me faut sortir le "Grand Jeu" pour pouvoir convaincre Marcel, le chauffeur, de nous emmener et nous déposer sur la prochaine aire de service de Sinsheim en direction de Nuremberg, la ville des jouets. Il nous fait faire un virage à 90% que seuls, nous ne serions pas capable d'amorcer sauf si nous trouvions un "véhicule en or" à partir de là où nous sommes, ce qui suppose avoir de bonnes affinités avec "Dame la Chance". Lorsqu'il nous dépose comme je l'ai souhaité sur l'aire de service située entre les deux sorties de l'autoroute vers cette ville de Sinsheim, on peut apercevoir de l'autre côté de l'autoroute, des avions grandeur nature exposés en plein air, partie intégrante du musée de l'aéronautique qui fait la fierté de la ville.
Sur le parking poids-lourds, deux camions hongrois font la coupure avant de repartir pour deux fois quatre heures de conduite. Avec des rudiments de la langue hongroise, je parviens à les décider de nous embarquer pour un premier brin de conduite suivi d'un second agrémenté d'une pause pique-nique debout autour d'un rocher dressé en table. Il nous laissent à Amsfelden, juste avant d'atteindre Linz. Je fais l'aller-retour entre la pompe d'essence et le parking du restaurant pour trouver un véhicule pour deux. Je viens de m'adresser à deux hommes d'affaire hongrois en Lexus qui ont refusé, lorsque sur le retour vers le restaurant, j'avise un Autrichien qui s'avère être une de leur connaissance. Celui-ci les pointe du doigt dans leur voiture de luxe et me confirme qu'ils repartent vers la Hongrie. Les abordant de nouveau avec son aide, ils acceptent de nous embarquer pour Budapest me précisant qu'ils sont susceptibles de passer par le centre ville de Vienne. Ils sont dans l'attente d'un coup de fil. Ils se rendent à Kecskemét, soixante kilomètres plus loin que la capitale hongroise où nous nous rendons. Nous n'avons pas besoin de passer par Vienne que nous évitons. A proximité de la rocade (ringroad) qui contourne Budapest, nous descendons dans une station service pour trouver une voiture qui va au centre directement. Peine perdue car Tibor vient de se faire racoler par un routier pour qu'il le dépose plus au sud de la ville alors qu'il allait transiter par le centre pour se rendre de l'autre côté à Hatvan (60 en hongrois). Puisqu'il rend déjà service à ce chauffeur, nous les suivons et contournons Budapest pendant vingt-cinq kilomètres avant de repiquer vers le centre ville. Quelle générosité ! Cela arrive encore en Europe centrale au 21ème siècle. Qui oserait l'imaginer. Tibor est vraiment un gars sympa et prêt à rendre service. J'aime la Hongrie et ses habitants depuis novembre 1984, la première fois où je l'ai traversée à bicyclette en allant en Egypte. Nous restons tranquille trois journées à prendre du temps pour nous, avec les amis, à discuter et échanger, manger des mets hongrois assortis de vins rouges du Balaton, d'Oporto ou en provenance d'Eger. Je laisse Sophie en bonne compagnie - elle rentre en Eurobus (35 Euros) vers Strasbourg mercredi prochain.
Voyage à suivre dès lundi avec la traversée de l'Ukraine en deux journées. Je décolle le lundi 04 au matin vers l'Ukraine. Je vais à pied jusqu'au parc de Varösliget et me positionne au feu juste avant le pont autoroutier interdit au piétons. J'ai un écriteau indiquant "M3" (= Motorway 3) que j'agite sous le nez des chauffeurs. Je n'ai pas beaucoup à avancer, ni reculer. Un trafic Renault bleu immatriculé 75, Paris centre, retient mon attention. Je n'ai aucun doute, ce sont des Roumains. Je m'approche du véhicule côté passager et passe mon nez à travers la vitre. Je dois insister auprès du chauffeur, un gars autoritaire qui ne s'en laisse pas raconter une, une espèce de grosse brute avec du mépris dans la bouche pour tous ceux autour de lui (une façon de dire qu'il se montre insultant avec ceux autour de lui). Comme cela se passe souvent, il me permet d'ouvrir la portière roulante sur le côté spéciale passager de dernière minute. Je me retrouve à la hâte sur la banquette arrière en compagnie d'une jeune femme charmante, ce qui contraste singulièrement avec l'accueil froid et rude de l'ours non rasé, poitrail dépenaillé, au volant de son véhicule parisien. Erreur sur la provenance car ils viennent tous de Londres et transportent officiellement du tissu. La passagère à mes côtés et celui de devant utilisent ce moyen de transport payant pour revenir au pays qu'ils ont quitté en allant tenter leur chance en Angleterre lorsque la Roumanie a rejoint la Communauté Européenne le 01 janvier 2008. La "brute" tient bon le volant et conduit magistralement, très vite sans tenir compte du danger. Il est en colère lorsqu'une moto-école le force à ralentir, lui interdit de dépasser et lui ordonne de suivre derrière la flottille d'étudiants sur leur deux-roues. Une fois ceux-ci sortis de l'autoroute, il appuie à fond sur les pédales jusqu'au moment où ils sortent de l'autoroute en direction de Satu Mare (Roumanie). J'ai parcouru 180 kilomètres avec eux sur les 220 qui séparent Budapest du poste frontière de Zahony (Cop côté ukrainien). Je rattrape le rond-point et une couple très sympa s'arrête. Leur anglais est très limité voir inexistant. Elle, superbe brune genre poupée hongroise, un décolleté à faire loucher un bigleux est masseuse de métier et bafouille quelques mots d'anglais. Nemès, son mari fait très nounours à ses côtés comme s'il ne savait pas quoi en faire si elle venait à lui tomber dans les bras. Le courant passe entre nous trois. Il y a de l'excitation dans l'air ! Les corps ne demandent qu'à être réunis dans une partie remise à plus tard. Me mettant l'eau à la bouche, ils me font visiter leur coquette maison à deux pas de la route principale. J'ai droit aux coins et recoins du salon avec ses tableaux très suggestifs accrochés au mur. Je visite même le sauna avec des massages en perspective lors de ma venue cet hiver. Les beaux-parents sont présents pour le déjeuner. Je m'éclipse. Mes amis d'un jour me déposent à la frontière avec deux pommes dans les mains. - köszönöm szépen (Thank you very much). a közeli viszontlátásra! (à bientôt!).
Budapest (Hongrie) - Zahony (220 km) - Cop - Lvov (Ukraine, dors 60 km après avoir dépassé la ville de Lvov).
Je suis encore sous le choc. Violent contraste qui s'offre à ma vue avec cette queue interminable de trafic plein de "bêtes de somme" appelés à aller travailler dans la péninsule ibérique, l'Espagne ou bien le Portugal. J'avance à pied jusqu'au guériton et me faufile côté poids-lourd en me cachant derrière les trafics. Je connais bien ce passage frontalier ou le soldat te retient si tu es à pied. Il faut trouver un véhicule qui veuille bien t'emmener car il est interdit de traverser à pied le pont qui enjambe la Tisza. En échappant à ce contrôle d'entrée de jeu, je suis à l'immigration où je fais tamponner mon passeport. Les agents me rappellent, ce que je sais déjà, qu'il me faut un véhicule pour aller de l'autre côté. Ils sont toujours prêts à appeler un taxi mais je demande rapidement à un Ukrainien grassouillet, encaissé dans sa voiture apparemment trop petite pour sa grande taille, ses jambes écartées mal repliées viennent buter sur le volant. Sa femme est derrière avec leur enfant. Je m'assois à côté de lui. Le pont a été rénové. Fini les files d'attentes interminables de 2006/7. Avec l'entrée dans l'Europe de la Hongrie en 2004, les Ukrainiens viennent revendent en Hongrie au marché noir cigarettes et carburant beaucoup moins cher chez eux. Toute la zone frontalière est sujette au trafic très juteux car les prix sont multipliés par cinq notamment pour le tabac. Les cartouches sont cachées tandis que le carburant transite ni vu, ni connu dans les réservoirs qui sont ensuite siphonnés de l'autre côté avant que l'essence ne soit revendue. Les plus gros réservoirs font le plus de profit. Les voitures peuvent ainsi faire jusqu'à cinq aller-retour quotidien. Les gains sont énormes de l'ordre d'une cinquantaine d'Euros par jour. A quoi bon travailler légalement si la contrebande rapporte autant. Les douaniers sont arrosés au passage. Ils connaissent évidement tous les trafiquants. Comme en 2006/7, il y a un francophone qui me posent quelques questions en français. Je lui dit que je ne fais que traverser l'Ukraine et que je continue ensuite vers la Russie. Il traduit à ses collègues qui se montrent intéressés par mon histoire. L'officier d'immigration, non seulement appose un tampon d'entrée mais en rajoute un second avec la mention en russe: "transit Russia" et un nom "Konotop" qui se révèle être l'endroit où bifurquent les lignes de chemin de fer vers la Russie. Je ne remarque rien lorsque je réintègre le véhicule qui me dépose de l'autre côté de la dernière barrière. Ce n'est que plus tard, en inspectant mon passeport, que je remarque ce second tampon inhabituel et ce nom obscure que je ne comprends pas tout d'abord. Ayant l'expérience de l'Union Soviétique, je devine que c'est l'endroit par lequel je dois passer pour sortir du pays. Je pense au train naturellement. Mes yeux suivent les lignes de chemin de fer et je finis par trouver sur la carte de l'Ukraine cette ville à la sonorité familière que l'on aurait presque envie de visiter à l'entendre prononcer. Nœud du réseau ferroviaire ukrainien, elle est ma clef de sortie du pays même si je n'ai pas prévu d'y passer. Elle est mon nœud géorgien dont dépend mon avenir proche. Cette petite addition de l'officier peut me causer quelques difficultés à ma sortie du pays, une bonne raison pour me demander de l'argent. L'Ukraine n'est pas le pays d'Europe centrale le plus facile pour faire de l'auto-stop. Sur ma route vers la Crimée en mai 2007, j'ai eu toutes les peines du monde à accrocher les chauffeurs de poids-lourd. Quant aux voitures particulières, deux cas d'espèces: les propriétaires nouveaux-riches, voitures de luxe ou 4x4 flambants neufs sont pourris aux as et ils n'ont que faire d'un "franzous" sur le bord de la route ou bien les vieilles Lada turbinent toujours et rançonnent leur passager d'une heure ou d'un jour. Il y a beaucoup de combi familiaux ou véhicules collectifs payants appelés "marshoutka", dans la queue à la frontière, de retour de l'étranger, qui filent vers la capitale Kiev (870 km). Je parviens tant bien que mal à dépasser Lvov avec un camion qui s'arrête dans un routier à la campagne. J'aime ce genre de paysage champêtre quand je sais qu'il va falloir trouver un endroit pour la nuit. En totale liberté, sans dépendre de qui que ce soit, je prends un chemin de traverse et m'éloigne après avoir toutefois demandé au pompiste s'il n'avait pas un endroit abrité pour m'héberger. Je chemine heureux sous ce ciel étoilé. Je laisse dans mon dos la route, son restaurant et son aire de service, cachés par une petite déformation du terrain qui a tendance à s'élever. Je suis un chemin carrossable et débouche dans un espace vert délimité par de petites collines boisées. Je devine une habitation en face, à quelques centaines de mètres de distance, les chiens aboient et m'incitent à m'engager plus sur la droite. Je vise un bosquet au pied duquel je trouve refuge. J'étale ma couverture de survie pour protéger le duvet du sol. Je m'assois longuement et contemple le paysage, terre et ciel. Tout est calme. Quelle quiétude ! Les "yeux lumineux" qui courent le long du ruban asphalté vers la capitale se sont éteints. Les chiens rassurés se sont tus. Je peux m'étendre et trouver le sommeil. Je suis seul et content de l'être, satisfait d'avoir fait un bon bout de chemin depuis mon départ de Budapest ce matin. Je dois parcourir presque mille kilomètres demain pour être à proximité de la frontière russe. La date d'entrée de mon visa de transit est le 06 mai.
Mardi 05 mai: en route vers Kiev puis Kharkov (900 km).
J'ai du mal à reprendre le contrôle des opérations ce matin. Les véhicules s'échappent et me glissent des mains. Mon Pouce Magique n'arrive pas à les retenir. Je me déplace frénétiquement et dangereusement comme si un fil était tendu entre l'aire de stationnement et le ruban asphalté. Je suis impuissant et ne peux que regarder les rares véhicules de passage qui ne daignent pas s'arrêter. Je n'aime pas cette situation. Je ne peux pas agir, cela me met en colère. Il y a une source d'eau naturelle au bout du parking. Certaines voitures y font une pause pour remplir des containers qu'ils emmènent dans le coffre ou pour se rafraîchir le visage avant les longues heures de conduite jusqu'à la capitale ukrainienne, ma prochaine étape. En leur demandant poliment, je n'arrive pas à accrocher une voiture vers Kiev. Les locaux n'y vont pas mais certains visiblement comme leur plaque d'immatriculation l'indique s'y rendent. J'essuie plusieurs refus. Je partirai bien à pied sur la route mais si je commence à marcher, les véhicules vont me dépasser très vite et ne s'arrêteront pas. Pas de pitié pour les auto-stoppeurs dans ce pays où les gens font preuve de peu de commisération pour leurs semblables. Je démarre ma journée vers 7h00 avec un camion qui me dépose sur la rocade de Rivne. Un second polonais cette fois m'emmène jusqu'à Jitomir, une centaine de kilomètres avant la capitale. Il continue vers le centre ville et me laisse à l'intersection de la route qui contourne la ville et part vers Kiev. C'est à cette bifurcation que tout va se jouer. Piotr (Pierre), un commercial polonais, qui retourne à Kiev après une fin de semaine dans sa famille, m'embarque jusqu'au centre de Kiev où il réside. Nous n'allons pas brûler les étapes car il se montre très curieux à propos de mon voyage. Il est responsable pour la Russie et l'Ukraine d'une société de distribution de parfums alimentaires. Il parle parfaitement le russe mais n'aime pas le pays. Je le questionne à propos des femmes russes. L'opinion qu'il en a est éloquente, peu brillante et rejoins mon analyse.
A mon intention de continuer vers Kharkov, la seconde ville du pays, pour y arriver le soir même où je suis attendu par Alexis, Piotr s'esclaffe et me prends pour un doux rêveur. - "your idea to come in Kharkov today is completely unrealistic !"
C'est vrai qu'il faut vraiment y croire car l'après-midi est bien entamée et 490 kilomètres séparent les deux villes. Il me laisse, plein d'espoir, vers 15h30, à l'entrée d'une bouche de métro avec deux jetons bleus dans la main, sésames pour passer la barrière de contrôle et avoir accès aux trains. Je ne les utilise pas car, un coup d'œil dans sa direction, je remarque que le contrôleur s'est assoupi. Le plaisir de frauder à la française car je sais pertinemment que je n'en ferais rien de ces jetons qui vont maintenant voyager à travers la Russie jusqu'en Asie du sud-est. Je change de ligne et en route jusqu'à l'avant dernière station "Kharkhovskoïe stanica". Cela me prend presque une heure. Comme son nom l'indique, elle débouche, une fois les escaliers montés, sur la route qui se dirige vers Kharkov. Je m'adresse au chauffeur d'une Lada rouge garée contre le trottoir dans l'attente de son passager parti acheter des hamburgers à la mode ukrainienne. Les deux occupants, crânes rasés, avancent de quatre-vingt kilomètres vers Kharkov. Je suis déjà assis à l'arrière lorsque le passager revient. Ils font de nouveau une courte halte un peu plus loin sur la route et m'offrent une bière ukrainienne. Ils me lâchent au moment où ils tournent. Je n'ai pas le temps de finir de traverser la voie rapide qu'un camion s'arrête après avoir agité ma pancarte sur laquelle est écrit: "Kharkiv" (en ukrainien). Je prends soin de ne pas heurter la susceptibilité des autochtones. Tout comme Lviv (en ukrainien) et Lvov (en russe), Kharkiv s'écrit aussi kharkov (en russe). Il est de bon ton de faire des erreurs volontaires dans l'écriture d'une ville ou d'un lieu pour se distinguer et marquer sa différence avec les auto-stoppeurs locaux mais il ne faut jamais négliger le caractère nationaliste de certains peuples et les blesser dans leurs sentiments. Il me dépose sur une placette de village d'où je crains de ne pas pouvoir repartir. Après qu'il ait manger un morceau et fait des achats, nous continuons. Nous marquons une nouvelle pause dans une pompe à essence car le besoin s'en faisait sentir. Je remarque une Skoda et demande au chauffeur s'il ne va pas à Kharkov. La réponse est positive. J'insiste afin que mon chauffeur intervienne en ma faveur bien que le jeune représentant se débrouille en anglais. Je veux qu'il me recommande auprès de mon nouveau chauffeur. Le relais se fait sans problème. Me voilà à une heure et demie de Kharkiv distante de 160 kilomètres. Malgré la pluie, mon nouvel ange gardien roule très vite. Il fait l'aller-retour Kiev - Kharkiv une fois par mois. Il me propose de téléphoner à Alexis afin de l'avertir de mon arrivée. Je le remercie et retarde le moment de le joindre. Quand nous sommes en périphérie de Kharkiv, nous l'avertissons et convenons d'un rendez-vous au pied de la statue du soldat à la sortie du métro. Toujours en voiture, Sergueï me gratifie d'un tour "Kharkiv by night" avec quelques pauses obligatoires là où il considère que sont les plus beaux endroits de la ville. J'attends quelques minutes qu'Alexis se pointe avec Nastia, jeune étudiante universitaire francophone intéressante et intéressée de me rencontrer. Tous les deux chevauchent des VTT. Elle ne peut malheureusement pas rester longtemps. Il est déjà 23h00. Tandis qu'Alexis la raccompagne chez elle à vélo, je fais cuire du riz, des œufs durs et ouvre une boite de conserve de poisson. Je patiente en grignotant du fromage sec avec du pain noir ukrainien. Je n'ai pas encore diné lorsqu'il rentre. Une fois fini, je m'installe devant le clavier de l'ordinateur et pianote pour mettre en ligne un compte-rendu de ma journée sur les groupes "auto-stoppeur" (inclus sur deux sites d'hébergements gratuits et un Yahoo group). A l'heure qu'il est, j'ai déjà parcouru 2700 km depuis l'Alsace (1500 km en deux jours depuis Budapest) et ne m'accorde que 3h00 de sommeil (coucher à 3h30 et réveil à 6h30).
Mercredi 06 avril: passage de la frontière russe (2730 km parcourus depuis Strasbourg).
Alexis m'impressionne tout comme mon "pouce" doit lui sembler extra ordinaire. Beau gosse, il a de nombreuses qualités y compris celle de savoir danser mais c'est à l'extérieur qu'il s'éclate. Il a le corps fin et musclé d'un athlète en préparation constante pour tenter de battre son propre record. Son anglais est excellent même si je n'arrive pas à tout saisir du premier coup à cause de son intonation. Je le quitte en même temps qu'il part pour le travail. Il m'indique comment quitter la ville à pied sachant qu'il réside proche de la route qui part vers Belgorod située de l'autre côté de la frontière. Je me positionne à un carrefour où il y a un tramway qui fait l'aller-retour sur la ligne qui court dans ma direction. Je pourrais l'emprunter et pousser un peu plus loin mais je suis déterminé à ne pas utiliser de moyens de transport collectif. Rien que du stop même si je peux demander un "lift" gratis au contrôleur du tram en lui expliquant que je cherche la route vers Belgorod. Un vieux camion de l'ère soviétique amorce le virage dans un angle à 90 degrés. Il est si lent qu'il n'a pas besoin de s'arrêter. Je peux sauter dans la cabine en marche. Il est si poussif et concentre tant de chuintements et de tiraillements dans les essieux fatigués et rouillés que la douleur persiste lorsqu'il marque l'arrêt. La rouille lui rongé les articulations. Les roues et les roulement à billes préfèrent autant continuer à tourner pour les siècles à venir plutôt que de casser le cycle. Il se rend justement à Kursk après Belgorod dans la direction qui continue vers Moscou. Quelle chance ! Nous avançons lentement mais surement, vers le poste-frontière distant de 30 kilomètres de Kharkiv. C'est ce qu'il m'importe. Tandis qu'il marque l'arrêt côté douanes, j'attrape mes sacs et me dirige vers la guérite où se trouve l'officier d'immigration qui, après consultation de mon passeport, me demande: - Do you have Grievnas ? Dollars ? Euros ? - Je lui réponds: "non, non, non avec un grand sourire". J'avais pressenti que ce moment arriverait. Il me laisse poireauter devant sa cage puis revient à la charge. Il sait que je suis à pied (en auto-stop, c'est être considéré comme sans véhicule. J'ai déposé par chance mes sacs à un endroit où un autobus marque une pause. Je lui fais signe que je suis attendu afin que l'autobus puisse redémarrer. Vu qu'il sait que je ne lâcherai rien, il préfère rester dans de bons termes et me donner le tampon de sortie du pays sans mentionner l'annotation "Konotop" inscrite à l'entrée. Je reprends mes sacs et continue à pied vers le garde-barrière russe qui jette un coup d'œil sur mon passeport et visa russe avant de me diriger vers le cabanon où l'officier d'immigration, correct et cordial, m'accorde l'entrée sur ce vaste territoire, le pays le plus grand du monde qu'il me faut traverser en seulement onze jours de transit. Il n'y a pas de stylo pour remplir la fiche signalétique d'entrée dans le pays. Malgré son ton poli, l'officier n'en a même pas un à disposition du public. J'en emprunte un à une jeune femme passagère d'une voiture qui me le laisse au moment où elle reçoit son passeport visé. La distance à parcourir est de 7380 kilomètres depuis la frontière ukrainienne jusqu'à la Mandchourie (province chinoise). Je ne réalise pas encore la distance bien que je sais que le pays est très grand pour l'avoir déjà traversé à maintes reprises. En 1988, avec le train - le Transmandchourien à l'aller vers Pékin et le Transmongolien au retour vers Moscou. En 2003, à vélo, depuis Strasbourg jusqu'à Irkoutsk puis Vladivostok (14 000 km). Le calcul est très simple (en arrondissant): - 7380 : 11 (jours de transit) = 670 km quotidien à parcourir. Si l'on ne tient pas compte ni du jour d'entrée, ni du jour de sortie, ou les délais de passage à la frontière ralentissent la progression, cela donne : - 7380 : 9 = 820 km. En aucun cas, il ne m'est pas possible de prendre un jour de repos. Je dois rouler minimum 400 km par jour dans le pire des cas - 23h00 exactement car il y a une heure de décalage, une heure en moins tous les 800 km parcourus qui équivalent en temps à un créneau horaire - si je ne veux pas accuser de retard sur mon itinéraire. Je prends conscience de ces obligations lorsque j'atteins Samara située sur la Volga, 24h plus tard. Mon itinéraire était de passer la frontière ukrainienne à Donetsk en direction de Volgograd puis de remonter le cours du fleuve vers Tcheliabinsk. J'ai du couper au plus court et éliminer une étape en Russie car je suis resté trois journées entières à Budapest, ce qui m'a remis sur la route le lundi 04 avril au matin avec seulement un temps limité de deux jours pour traverser l'Ukraine, mon visa russe étant daté à partir du 06 avril.
Yura m'embarque une fois passé la dernière barrière du poste-frontière. Je dois avouer que cet accueil russe plus que correct et poli contraste singulièrement avec la façon dont j'ai toujours été accueilli dans les consulats russes dans le monde entier et lors de mes précédents passage de frontière. Yura parle bien l'anglais, dépasse le centre ville et se rend à son atelier de voiture situé sur la route de Voronej (250 km de Belgorod). J'ai une chance inouïe qu'il aille dans la bonne direction car les villes sont grandes et étendues. Pour les contourner, les rocades dépassent parfois les trente quarante kilomètres et atteignent parfois plus de cent kilomètres comme par exemple autour de Moscou, ville capitale de la Russie qui est à elle-seule un cas à part. Dès qu'il me dépose un camion avec une remorque dont le chauffeur m'a vu descendre de la voiture de Yura s'arrête avant qu'il n'ait eu le temps de redémarrer. Le camionneur m'invite à déjeuner d'une espèce de bortsch dans un routier russe, sorte de cantine populaire sur le bord de la route. Le caractère boueux du parc de stationnement du aux pluies passagères contraste singulièrement avec l'intérieur propre et coquet de la salle de restaurant hyper chauffée pour un climat si tempéré. Il me dépose sur la bonne route dans la direction de Tambov que je n'atteindrai pas ce soir. Valentine (41 ans), séductrice malgré quelques dents de devant abimées, sort le grand jeu. Nous nous excitons un peu et nous taquinons l'un l'autre le temps que dure notre aventure automobilesque. Divorcée, elle habite à Voronej avec sa fille et va voir sa mère à Lipeck (120 km). Je descends de sa voiture à contrecœur mais qu'est-ce que je peux y faire. Elle m'a demandé mon numéro de téléphone mais n'en ai pas. J'ai le téléphone en horreur. Je sais que je peux envisager la revoir si je reviens à Voronej. Je ne fais jamais marche arrière et mon temps est limité. Elle fait encore un petit bout de route pour me laisser à un rond-point idéal pour pouvoir repartir plus facilement. Je sens bien que cela l'embête de me lâcher. Nos deux cœurs ont failli faire chavirer la chaloupe dans laquelle je suis en train de naviguer. La bise, le sac et me voilà de nouveau sur la route libre comme un oiseau sans fil à la patte. Je décolle avec des ailes de Séraphin même si c'est un poids-lourd qui m'emporte le cœur léger puis une succession de voitures particulières qui finissent toutes par tourner dans la forêt et rentrent chez elles à la fin de cette belle journée. Elles me laissent à l'intersection sur la route principale. Je réussis tant bien que mal à pousser plus loin avec une espèce de médecin branché, petite queue de cheval naissante attaché avec un élastique, marquant une pause qui dure. Chaque minute compte car la nuit approche et l'obscurité guette sa proie. Il est toujours plus difficile de naviguer dans la noirceur et d'agiter un bras pour arrêter un véhicule lorsqu'il fait nuit. Lorsqu'il a fini de discuter affaires avec de vagues connaissances, il reprend le volant pour me déposer un peu plus loin à la bifurcation qui mène vers Dobrianka (3 km). J'hésite à le suivre mais renonce. Ma place est sur la route. Je continue à pied pendant trois kilomètres et aperçois à proximité de la route des toits de maisons ayant l'air inhabitées. Je distingue à deux-cent mètres un embranchement qui permet de les atteindre les pieds secs mais je préfère prendre un raccourci à travers les herbes pour les aborder de derrière. Ce sont principalement deux petites fermettes abandonnées. Je visite les cours intérieures, enceintes cloisonnées qui permettent de garder les porcs et les volailles. Il n'y a pas âme qui vive. Je m'installe dans une petite réserve à foin, sorte de mini grenier dont l'entrée indépendante jouxte le portail qui s'ouvre sur la courette annexe. Je suis déjà endormi quand une voiture dépose dans la nuit une femme, propriétaire de la maison. Elle ne se doute pas qu'un inconnu occupe sa douillette "chambre d'ami". Chacun dans nos quartiers, nous passons une nuit tranquille (480 km depuis la frontière).
Samara, la Volga et Anastasia, l'ambassadrice CS.
Très tôt le matin, réveillée avant l'aube, elle nourrit les poules sans remarquer que le portail a été ouvert la veille. Je l'ai refermé correctement. Les morceaux de tôles sous la porte pour empêcher les animaux de s'échapper ont été replacées mais auraient pu éveiller son attention quant à ma visite. Le loquet de mon cagibi sur sa droite est ouvert car je suis à l'intérieur. Quelle bonne idée elle a de ne pas ouvrir son grenier à foin et de me laisser en toute discrétion sur la paille. Cela lui évite des cris et un peu de frayeur. J'ai le droit à mon intimité finalement même si je suis hôte clandestin. Elle a aussi la bonne idée de ne pas refermer le loquet. Je ne souhaite pas me retrouver prisonnier dans ce trou noir fait comme un rat dévoré par les cafards. Je suppose qu'elle ne remarque pas qu'il est pendant. Je ne veux qu'elle me retrouve plus tard le corps desséché comme un mari dont elle aurait voulu effacer l'existence mais conserver des traces. Je me tiens à carreaux lorsqu'elle est proche et fais le mort, celui qui dort en faisant attention de ne pas faire de bruits, ni de bouger. Une fois qu'ils ont quitté, un peu plus tard, à la lumière du jour, je roule mon duvet et quitte mon refuge d'une nuit. Je n'ai pas eu besoin de réveil. L'arrivée tardive et le départ matinal du véhicule ont rythmé mon sommeil. Plusieurs personnes l'occupaient car j'ai pu différencier plusieurs tons de voix, principalement des hommes. Ils font équipe ensemble et partagent les frais de déplacements avec le covoiturage. Où travaillent-ils ? Hier soir, je n'ai pas vu un bâtiment qui ressemblait de près ou de loin à une usine dans cette campagne russe. Se rendre à Tambov quotidiennement distant d'une centaine de kilomètres prendrait beaucoup de temps mais le fait qu'ils soient rentrés tard et partis tôt peut expliquer cela. J'aurais presque pu me lever et les suivre car je pense qu'ils ont pris la direction de Tambov, celle que je suis depuis Voronej. A l'embranchement repéré hier soir, il crachine. Un seul abri d'autobus sur la route en face, pour les voyageurs dans l'autre sens, me protège partiellement et m'évite d'être trempé. Je hèle les éventuels voitures de passage, principalement des pick-up et tous véhicules susceptibles de m'embarquer mais ils se font rares. Je décroche la timbale avec un mini fourgon branché sur un air de salsa qui dépasse Tambov et me laisse à une intersection en pointe où a été construite une station service, une fourche qui divise la route en deux branches dont l'une continue vers Samara. Un départ matinal en musique, signe auspicieux d'une longue journée de voyage dont le but est d'arriver en soirée chez Anastasia, l'ambassadrice du couchsurfing de la ville de Samara située sur la Volga. Ce sera une journée "camion", peu importe la marque Man, Renault ou Fiat ou bien le chauffeur. Trois occasions, trois cas particuliers, trois routiers très différents les uns des autres. Le premier me repêche à la station service et me laisse à proximité de Pienza, la dernière ville régionale importante avant Togliatti et Samara, distantes de presque un demi millier de kilomètres. Mon deuxième chauffeur a tout l'air d'un play-boy, la trentaine bien entamée. Il se rend à Samara mais nous n'y arriverons pas ensemble. Sur la route, à la sortie d'une bourgade, il s'arrête là où une jeune fille visiblement l'attendait après s'être donné rendez-vous par téléphone. Une connaissance nécessairement, une amie, un membre de la famille. De la voir habillée ainsi, des bas trop grands qui dépassent de ses chaussures à talons, des collants mal ajustés sur des jambes allumettes, en chemisier ouvert sous un paletot à donner froid au plus endurci des cosaques, j'ai pitié et n'ose même pas la regarder. Je fuis son regard alors qu'elle cherche le mien. L'un de ses "mecs", mon chauffeur, est descendu lui parler. Elle l'embarque vers un pâté de maisons pendant une vingtaine de minutes avant qu'ils ne reviennent accompagnés d'une autre femme. Ils me demandent d'attendre sur le bas-côté pendant qu'ils montent tous les trois en cabine. Je suis un peu désorienté. Il ne va tout de même se les taper toutes les deux, se faire sucer ou se faire un truc à trois. Quelle énergie dont il fait preuve ! Je ne doute pas qu'il soit hyper nerveux et très actif mais tout de même. J'ai la présence d'esprit de grimper sur le marchepied et d'exiger qu'ils sortent mes deux sacs. Sait-on jamais ! Elles s'exécutent puisqu'elles sont assises côté passager. Debout avec mes sacs au pied du camion, j'ai l'air d'un couillon. Ils verrouillent les portières et tirent les rideaux. Ils n'avaient plus qu'à démarrer et filer avec mes bagages. Je ne pense pas que c'était leur intention mais inutile de prendre des risques d'autant plus que ma banane était dans le sac-à-dos. Si c'était des préservatifs dont ils avaient besoin, qu'ils me le fassent savoir car j'en ai plein mon sac à distribuer. Je n'ai aucune idée de ce qu'ils fabriquent. Bien qu'aucun gémissement ne soit perçu, je décide de me retirer, déménager et me placer à une distance respectable de l'avant du camion de telle façon que je puisse "faire du pouce" et arrêter un véhicule de passage. Je ne veux pas être un spectateur passif et aveugle. Action, please ! Un Renault bleu puissant au volant duquel son chauffeur s'ennuie à mort me ramasse tout de suite et essaye de me faire parler mais mon russe à ses limites que le chauffeur ignorait avant de m'emmener. Je peux répondre de manière simple à des questions mais je ne peux pas m'exprimer clairement pour donner mon opinion à propos des femmes russes par exemple ou expliquer quelle est la différence entre une Française et une Russe. J'arrive à me faire comprendre mais c'est très laborieux. La gente féminine intéresse beaucoup les routiers du monde entier. Au bout d'un moment, c'est-à-dire très rapidement, je me lasse. La fatigue du voyage ajoutée au manque de sommeil me rend insupportable ces questionnements incessants. Je regrette de ne pas pouvoir plus échanger mais parfois, c'est mieux ainsi. Ce qui est moins courant - la gente féminine qui s'intéresse à la gente féminine - et cela, la question m'a été posée uniquement dans ce vaste pays qu'est la Russie par des femmes: "où sont les plus belles femmes ?" généralement suscite la curiosité masculine. Elles avaient la réponse car elles m'ont affirmé qu'elles étaient en Russie, raison pour laquelle les Européens venaient les chercher et les marier ! Je ne les ai jamais contredite. Je ne vais pas prêcher le contraire à des femmes très centrées sur elles-mêmes la plupart du temps, déesses de l'égocentrisme et de l'hédonisme. Dans le centre de Togliatti, une ville à consonance italienne, je me positionne à un rond-point et lève le pouce en même temps que mon panonceau "Samara". Je ne suis pas long à décrocher une voiture particulière qui s'y rend (60 km). A l'entrée de Samara, nous empruntons la vieille route pour arriver au centre et évitons un détour par la nouvelle route qui, plus loin à un carrefour, donne accès à la route vers Yfa et Tcheliabinsk qu'il me faudra rattraper à partir du centre ville. La vieille route permet d'avoir une perception différente et une vue surannée de ce que pouvait être Samara il y a quelques dizaines d'années. Rien ne semble avoir bougé. La pluie constante ajoute une touche de carte postale figée dans le temps à laquelle la permanence et l'immuabilité se sont attachées. De larges avenues nous accueillent une fois sortis des bois qui entourent la ville. De l'autre côté du fleuve, une zone récréative accessible l'été par un câble tendu au-dessus de la Volga. Les estivants s'y accrochent assis dans des paniers et volent d'une rive à l'autre. Quant mon chauffeur me dépose, je suis encore en périphérie de Samara. Le tramway 20 me guide jusqu'à la place Kubitschek où j'ai rendez-vous avec mon ambassadrice de charme. La "babouchka", digne receveuse dont le visage émacié me fait penser à une grand-mère de l'Altaï, n'exige pas le prix de mon transport. Avec l'aide d'un couple, j'ai pu lui expliquer d'où je viens et ce que je fais. Tram-stop en raccourci. Pour me nourrir, sans argent depuis la frontière, j'ai cuisiné en avance une salade de riz chez Alexis que je conserve dans trois briques de lait découpées sur le dessus pour pouvoir enfourner le riz, une façon de les recycler et surtout d'avoir d'excellents containeurs garni de papier d'aluminium à l'intérieur et garant d'une bonne préservation de la nourriture (3 jours sans problème). Je vais pouvoir me reposer quelques heures toutes les 48h00 pendant ce voyage à travers la Russie puisque j'ai prévu six points de chute comme celui de ce soir. Celui de Volgograd a été annulé puisque j'ai pris au plus court. Irkoutsk et Chita le seront aussi pour d'autres raisons. Il ne m'en reste que trois certains mais des rencontres inopinées permettront des hébergements spontanés d'une nuit, raison pour laquelle j'aime cette forme de voyage totalement improvisé. C'est l'occasion de prendre une douche, laver le linge à la machine (une seule fois à Krasnoïarsk), cuisiner une salade de riz pour le lendemain sur la route.
J'attends quelques minutes à l'abribus quant une jeune et jolie demoiselle vient me cueillir et me donner "un p'tit coin de parapluie pour un coin de paradis". Son français est excellent. Sans un contact électronique au préalable sur l'un des sites d'hébergement, je ne l'aurais jamais rencontrée, unique raison pour laquelle je suis inscrit et enregistré sur ces "club de rencontres" virtuels. Anastasia vit avec sa mère et son petit frère dans un appartement cossu. Quelques très belles photos d'elles ornent les murs du salon. Nous échangeons longuement autour de la table autour d'un fond de bouteille de rosé italien laissé par les précédents "couchsurfeurs". Avant qu'elle n'aille se coucher, elle m'allume l'ordinateur. Je rédige en anglais mon journal de ces dernières 48h00 que je mets en ligne. Bravo la technologie ! J'ai parcouru 820 kilomètres aujourd'hui (820 + 480 = 1300 km depuis la frontière). Bonne nuit (courte 3h00-6h00 = 2h00 de sommeil).
08/ 09/10 mai: Samara - Yfa - Tcheliabinsk - Tioumen - Omsk.
Même si je voulais rester une journée entière en compagnie de Nastia et sa mère, cela ne serait pas possible à cause de mon temps de transit éclair durant lequel je ne peux me permettre de séjourner 24h00 à aucun endroit. De toute façon, même si j'en ai envie, Nastia part au village voir sa "mamie" (comme elle l'appelle) avec son père dans la voiture de son oncle. La "mamie" n'habite pas dans la direction où je vais. Je ne peux même pas les joindre pour décoller de Samara et prolonger l'instant magique de la nuit. Je décide tout de même d'aller faire un tour dans les vieux quartiers de la ville, là où est située l'Alliance française. J'aimerais bien taper quelques pages de mon journal en français sur un clavier azerty. Peine perdue, ils n'ont que du qwerty. Quand je retourne à l'appartement afin de récupérer mes effets et disparaitre, je laisse un camembert dans le frigidaire. Le "Rustique" moulé à la louche, le plus fait dont la date de consommation expire le 01 juin 2009 afin qu'il ne se gâte pas davantage dans mon sac. Celui que je préfère aussi. Faire plaisir à l'autre et savoir donner quand on a reçu. Avec le recul, je pense qu'il fallait mieux donner celui qui était moins odorant bien que de qualité inférieure. Je n'ai jamais su si elle l'avait consommé ou pas mais je pense que nos critères de sélection concernant les goûts ne sont pas identiques d'un peuple à l'autre. Je me suis rendu compte qu'il ne fallait pas nécessairement se priver d'une "délicatesse" pour faire plaisir à l'autre surtout en ce qui concerne les vins, les fromages, le chocolat noir, en raccourci les plaisirs du palais. Les gens ne les apprécient pas à leur juste valeur. Une autre raison pour laquelle je ne peux pas demeurer sur place, c'est la proximité du jour férié dit "jour de la Victoire" du 09 mai 1945. Célébré le 08 mai dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest, il l'est le 09 mai en Russie parce le document fut signé tard le soir du 08 mai. Avec le décalage horaire d'une heure de Moscou sur Berlin, cela correspondait à la date du 09 mai 1945, date à laquelle le gouvernement russe annonça la capitulation de l'armée allemande devant les forces alliées sur le front Ouest. Le jour férié tombant un samedi, le lundi par substitution ne sera pas travaillé or Olga, mon prochain contact à Omsk distante de 1800 kilomètres m'attend pour le 10 ou le 11 mai. J'ai peur qu'il y ait moins de véhicules sur les routes. Ces fins de semaine à rallonge - petits ponts de trois jours - permettent aux familles et amis de se retrouver. Les voitures sont pleines à craquer et il y a moins de camions en mouvement car ils ont le droit eux aussi à des jours de repos. A la mi journée, ayant petit-déjeuner, je m'éloigne à pied de l'appartement et longe le parvis magnifique qui surplombe la Volga majestueuse, puissante et tranquille. A chaque fois que je demande la direction d'Yfa et comment sortir de la ville à pied, les gens s'esclaffent et me disent que ce n'est pas possible. Je me positionne à un feu et saute très rapidement dans une voiture après qu'Igor ait baissé sa vitre pour savoir ce que je voulais. Par chance, il va chez Castorama situé en zone industrielle à la sortie de Samara. Il est vrai qu'il n'y a pas besoin de venir à Samara en Russie pour se rendre chez Casto. Il y en a de plus proches en Normandie ou en Alsace. Un magicien dans un camion de sable sans Pimprenelle me dépose à l'intersection évitée hier soir en empruntant la vieille route. Une route se dirige vers la capitale Moscou et une seconde vers Yfa et Tcheliabinsk (868 km). D'entrée de jeu, une Lada avec un chauffeur fou m'embarque pour une petite centaine de kilomètres. Nous avons du établir un temps record pour parcourir cette distance. Ma moyenne kilométrique diminue avec un Man surchargé en route vers Tcheliabinsk et doit tourner autour de 400 kilomètres aujourd'hui. Il s'arrête sur l'aire de stationnement d'un restaurant. Je trouve refuge dans un bâtiment en construction. J'étale mon duvet sur la couverture de survie pour le couper du sol. Inutile de dire que je l'apprécie dans ces moments.
Je suis réveillé à l'aube et tente quelques "coup de pouce" aux rares voitures qui s'annoncent. Ne voilà-t-il pas qu'une voiture japonaise toute équipée pour un handicapé en provenance de Samara et allant à Ekaterinbourg fait une pause et me remarque sur le bord de la route. Le chauffeur claudicant vient me voir et me demande où je vais. Il veut visiblement m'aider et me faire faire un bout de chemin en direction de Tcheliabinsk. Sa femme est installée à l'arrière avec leur enfant, le siège à côté de lui est vacant. Je m'installe et ne pipe pas un mot car un lecteur DVD fonctionne avec un film d'animation pour le gosse. Sans prévenir, quelques quatre-vingt kilomètres plus loin, il s'arrête près d'une station service et m'ordonne de descendre. Tout comme subitement, il est venu me "pêcher miraculeusement", il me lâche maintenant dans la nature. Je n'argumente pas tellement sa réaction est déconcertante. Je n'essaye même pas de le persuader de m'emmener plus loin. Je me dis qu'après tout, je dois lâcher prise et accepter les événements tels qu'ils se présentent. Quelque chose de "vraiment spécial" et nécessairement meilleur m'attend après ce malheureux "coup du sort". Je ne peux pas ignorer le fait qu'il ait fait preuve de bonne volonté. Le fait de déplacer un pion et de l'approcher de la reine peut aider à la victoire. Je me convaincs que de toute façon, je ne dois plus être très loin de Tcheliabinsk. Une fois mon bon Samaritain reparti, je fais en vain des aller-retour à la pompe à essence. Les voitures restent dans le coin sauf quelques unes en transit sur de longues distances qui refusent car déjà occupées. Je tend le bras pour arrêter n'importe quel véhicule venant dans ma direction. Une voiture avec un jeune gars au volant stoppe à ma hauteur. Il descend et viens m'ouvrir le coffre pour y placer mon sac à armature. Je tombe des nues et suis abasourdi lorsqu'il me dit qu'il rentre chez ses parents à Tioumen distant de presque 800 kilomètres. Voilà le bon "coup de pouce" que je sentais venir. Je l'ai flairé, celui-là ! Il est militaire à Rostov et profite du jour férié pour rentrer visiter sa famille. Nos échanges verbaux sont très limité. Je ne veux pas commettre d'impair et me faire débarquer alors que je peux rouler toute la journée sans discontinuer. Nous évitons et contournons Tcheliabinsk qui était encore à 280 kilomètres lorsqu'il m'a pris en stop. J'élimine volontairement un de mes contacts dans cette ville car nous sommes samedi et Elena est probablement en train de dormir à l'heure qu'il est. Je n'ose même pas lui téléphoner de peur de la réveiller et la déranger. Nous poursuivons notre route vers Kurgan (140 km) et Tioumen (190 km), porte d'entrée de la Sibérie à laquelle je ne m'attendais pas à frapper si vite. Je veille à ne pas froisser mon chauffeur par un geste déplacé et prends soin de lui. La route principale qui relie Kurgan à Omsk transite par le Kazakhstan. Etant dans le doute quant aux conditions de transit sur cette portion de la transsibérienne, je préfère continuer avec "mon chauffeur d'un jour le plus long" et passer par Tioumen avant de reprendre la route vers Omsk (620 km). Je lui explique tant bien que mal car je sais qu'il ne comprend pas que je veuille continuer avec lui. Omsk (720 km) est indiqué tout droit avec un passage par le Kazakhstan obligatoire sans savoir si je ne serai pas refoulé à la frontière. Le détour de Kurgan à Tioumen est presque de 200 kilomètres plus les 620 kilomètres jusqu'à Omsk, ce qui fait une différence d'une centaine de kilomètres seulement (200 + 620 = 820 - 720 = 100 km). Il me dépose finalement en fin d'après-midi à la sortie de Tioumen. Les deux routes contiguës, celle par laquelle nous entrons en ville et celle par laquelle je dois sortir, se touchent et forment un angle aiguë dans la périphérie sud de la ville. Je descends de la voiture en remerciant mon bienfaiteur et marche jusqu'à la route en direction d'Omsk. Je fais le pari que je vais décoller ce soir et y arriver demain matin. Un gars me lance sur la voie rapide pendant vingt-cinq kilomètres. Après quoi, j'assiste à un défilé de voitures avec un concert de klaxons, les hampes des drapeaux russes étant maintenues dans les vitres ouvertes des portières. Ils fêtent la victoire. Les Russes peuvent être très nationalistes. En tant qu'étranger, je dois me faire remarquer sur le bord de la route essayant d'attraper un véhicule. Pourvu qu'ils n'aient pas l'idée de penser que je suis allemand, sinon je peux passer un sale moment si je tombe sur des types bizarres. Je dépasse cette bourgade un peu trop enthousiaste à mon goût et obtiens successivement deux voitures avant de rencontrer "le chauffeur de mes rêves" ou bien appelons-le encore tout simplement "le camion de ma nuit". Celui-ci projette de rouler toute la nuit. Il m'a emmené pour pouvoir discuter afin qu'il puisse rester éveillé. Je vais faire face à la même difficulté de communiquer en profondeur dans la langue russe sur des sujets les plus divers. Nous dînons dans un routier de plats capables de nous tenir au ventre toute la nuit. Plutôt qu'une invitation à diner, je préférerai que nous avertissions Olga de mon arrivée matinale demain matin en lui téléphonant. Au menu, une terrine de pommes de terre aux lardons puis une assiette de soupe accompagné de pain. J'accepte le thé malgré l'heure tardive. Je dois me tenir éveillé, être vigilant et veiller à ce que mon chauffeur ne s'endorme pas. Nous repartons 3/4 d'heure plus tard et roulons non-stop jusqu'au petit matin où nous arrivons à Omsk. Proche du centre ville, nous essayons de contacter Olga sans succès. Il est 7h30 du matin quand je descends du camion. Nous avons tenté maintes fois de la joindre. La voix du répondeur téléphonique nous demande de la rappeler plus tard. C'est peine perdue ! C'est comme si la ligne n'était pas joignable et hors réseau. Olga avec qui, depuis deux mois, j'ai échangé près de vingt-cinq courriels avant d'arriver à Omsk m'a pourtant demandé de venir de préférence le 10 ou le 11, pendant un de ses jours de repos. Je suis confus et un peu en colère. Qu'est-ce qu'elle fout ? Où es-t-elle ? Je n'ai même pas son adresse. J'avance à pied jusqu'au carrefour. Je ne sais même pas par où aller ne sachant pas dans quel quartier elle habite. Lorsque je suis attendu habituellement, j'ai localisé avant de commencer le voyage à l'aide d'Internet l'endroit où mes hôtes vivent, c'est-à-dire situer la rue dans la ville et savoir si c'est du côté où je vais arriver en ville au nord ou à l'opposé au sud, à l'est ou à l'ouest. Beaucoup de chauffeurs connaissent les rues des villes et me demandent l'adresse où je vais. Ils m'aident à trouver l'endroit et même parfois la personne que je cherche, ce qui à priori semble inimaginable que les gens soient si serviables. Cette façon de planifier permet un gain de temps et évite d'avoir à téléphoner. Il faut alors attendre dans la gare (de train ou routière) que l'hôte soit disponible et vienne vous rencontrer. Ensuite, il pourra vous accompagner chez lui. Mes hôtes n'ont pas la moindre idée que je n'ai pas de téléphone portable. Je joue de malchance avec le téléphone. A chaque fois dans ma vie personnelle quand j'ai eu dans le passé besoin d'appeler, le portable était toujours éteint. Ma communication se fait via le site par échange d'E-mail. Que faire ? Une voiture s'arrête à l'angle. Je suis abordé par Volodia qui en sort. "Kann ich Dir helfen ?" (Puis-je t'aider ?) Je remercie le plus grand des hasards, appelons-le encore le destin, de me remettre entre les mains de cet homme providentiel. Il est accueillant et prêt à me rendre service. Il propose de me rapprocher du centre ville où il habite et m'invite à prendre une douche et déjeuner dans son appartement. Sans me connaitre ni d'Adam, ni d'Eve, cet illustre inconnu me laisse rentrer dans sa vie et partage avec moi le fruit de son travail en attendant qu'Olga se réveille et que l'on puisse la joindre ou bien que l'on trouve une solution. Il me reproche de ne pas avoir son adresse. Comment peux-tu être si stupide ? Venir jusqu'à Omsk sans aucune adresse. Je dois ouvrir ma boite aux lettres car elle me l'a peut-être envoyé dans son dernier courriel que je n'ai pas encore lu. Il a parfaitement raison. Son raisonnement est logique. Quand je lui dit que j'ai "rencontré" Olga en ligne, il se méprend sur le sens de rencontrer, il la jette aux orties et me prie de la laisser tomber. Il veut me déposer sur la route qui conduit à Novossibirsk. J'ai roulé toute la nuit sans dormir. Je suis lessivé mais je ne veux pas abandonner mes recherches et quitter la ville sans voir Olga. Je bois du thé noir et mange de la "griechka" en noyant mes inquiétudes dans deux alcools forts fait maison. Il n'y a toujours pas de réponse aux appels successifs. Mon salut réside dans l'ouverture de ma boite aux lettres. Vers 9h00, ultime espoir, nous sortons et gagnons le centre commercial situé en face de sa barre d'immeuble. Il n'y a pas de café Internet. Je demande à une jeune fille plutôt sexy dans sa robe très courte de taffetas noir si je peux avoir accès à l'ordinateur de la boutique dont elle est responsable. Je lui explique mon cas. Elle accepte. Je prends note de l'adresse d'Olga reçue la veille. Volodia connait très bien la rue puisqu'il y a vécu il y a une dizaine d'années quelques numéros de porte plus loin. Heureux hasard qui fait bien les choses. Il est temps pour lui de commencer sa journée. En partant à la campagne, il me dépose à l'adresse indiquée. Il me quitte pour aller à sa datcha. Personne ne répond à l'interphone. Je réussis à monter à l'étage jusqu'à la grille derrière laquelle s'ouvrent deux portes d'appartement qui se font face. Je sonne à l'une et à l'autre. La voisine ouvre et me dit qu'elles - Olga et sa mère - ont quitté la veille au soir pour leur datcha et seront probablement de retour ce soir. Même téléphoner hier soir n'eut servi à rien si elles avaient déjà quitté l'appartement. La datcha est trop éloignée et n'a pas de réseau pour être jointe avec un portable. Quelques appels ont abouti. Olga décroche mais ne peut pas répondre. Dans mon dernier courriel, je lui ai dit que j'allais faire l'impossible pour être à Omsk le 10 ou le 11 tout en lui disant de "vivre sa vie" et qu'elle fasse ce qu'elle à prévu mais je n'imaginais pas qu'elle partirait passer la nuit à la campagne. De quoi me faire rager ! C'est bien la peine d'entrer en contact et passer tant de temps à correspondre avant de se rencontrer alors que le "moment magique", la rencontre réelle dure si peu.
Je laisse mes sacs en sécurité pour la journée sous la responsabilité de la voisine d'en face. Je reviendrai les récupérer en fin d'après-midi. J'ai la journée entière pour faire ce que je veux. Je remonte la grande avenue et retourne lentement en direction de ma "poupée de taffetas noir". Je vais lui demander si je ne peux pas faire ma correspondance et rédiger mon compte-rendu de ces dernières 48h00. Elle n'a vraiment que la peau sur les os et sa gentillesse égale sa beauté, une peau diaphane sous laquelle coule des veines d'ébène. Elle accepte. Je lui tiens compagnie pendant deux heures. Personne n'entre dans la boutique. Mon travail d'écriture achevé, je m'assois sur un banc au rez-de-chaussée et regarde les clientes entrer et sortir du centre commercial. Elles jouent un rôle et se composent toutes un personnage de femmes fatales avec une taille idéale et un soutien-gorge qui rehausse leur poitrine et la met en valeur. Bien que toutes différentes physiquement, il y uniformisation des goûts et des valeurs, toutes sur la même ligne de consommation. Je m'amuse à les regarder. Certaines n'ont pas peur du ridicule à cause de leur petite tenue (in)décente. Elles font vraiment dans le mini mini. D'autres accoutrements prêtent à sourire. J'ai l'impression d'être spectateur attentif d'une comédie dont le film pourrait être intitulé "Jolies femmes". Ainsi va la mode en Russie. Je sors ensuite me balader le long de la Volga. Une promenade tout en béton la longe et je fais l'aller-retour plusieurs fois. Que faire d'autre ? Les gens musardent en famille. Je n'ai pas la tête à lire. Attendre le retour éventuel d'Olga car qui dit qu'elle reviendra aujourd'hui. Ah ! ces femmes russes... Elles vous feraient tourner en bourrique.
Vers 18h30, je retrouve la voisine et l'appartement toujours vide. Je vais devoir reprendre mon sac et trouver un endroit pour passer la nuit. J'ai repéré des logements vacants en cours de construction. Au moment ou je l'attrape en haut des marches de l'escalier et passe les bretelles prêt à redescendre, j'entends la porte de l'ascenseur s'ouvrir. J'ai une seconde d'hésitation avant de quitter et ne voilà-t-il pas qu'apparaissent Olga et sa mère, fatiguées de leurs travaux des champs. Olga me dit clairement qu'elles sont lasses. Je n'ai pas à protester. Je dois considérer que dans mon malheur, j'ai de la chance de ne pas les avoir raté. Cela s'est joué à quelques secondes près. Je ne lui en veux et joue "le grand jeu" comme si c'était une journée exceptionnelle. Après que nous ayons tous pris la douche, j'ouvre en guise d'apéritif un demi de Kriter que nous partageons à quatre, ce qui fait peu dans le verre pour chacun d'entre nous, j'en conviens ! Une demi bouteille qui a bien vieilli et bien voyagé depuis la Normandie avec un arrière-goût très fruité que tout le monde apprécie. Elles ont préparé un plat consistant de pommes de terre et de viande de porc. Je leur fais goûter un brie avec une demi bouteille de Bordeaux qui est arrivée sur le pouce dans mon sac comme la première. Olga, peu disserte, me propose de dormir dans l'appartement de sa grand-mère inoccupé car elle est hospitalisée pour quelques jours. Bien qu'ayant satisfait mon appétit, je cuisine en prévoyance des jours à venir. J'ai pu me permettre de rester une journée entière à Omsk car j'ai roulé toute la journée d'hier et la nuit. 665 kilomètres séparent Omsk de Novossibirsk où je n'ai pas prévu de contact et il y a 789 kilomètres supplémentaires jusqu'à Krasnoïarsk, ce qui donne un total de 1454 km (665 + 789 = 1454 km). Bonne nuit chez la grand-mère. Un peu plus de 4000 km me séparent de la frontière chinoise et il me reste 6 jours de voyage.
Lundi 11 mai - En route vers Novossibirsk (665 km), capitale de la Sibérie (une journée sans camion).
Olga, journaliste pour un magazine d'automobile, son copain, sommelier dans un club et sa mère vont tous les trois travailler aujourd'hui même s'ils n'en ont pas beaucoup l'envie. Ils semblent manquer de motivation mais leur gouvernement leur a demandé en ces temps de crise économique de participer à l'effort national et de travailler ce jour normalement férié. Nous prenons un petit-déjeuner tardif après qu'ils m'aient demandé la veille au soir de les rejoindre vers 9h30. Au menu: café au lait, pain, beurre, confiture et brie de Comte Robert. Devant la profusion d'autobus, je préfère m'abstenir une fois de plus de sauter dans l'un qui part à contre-sens et continue à pied, le signe distinctif de ma prochaine étape à bout de bras: "Novossibirsk". La route est sinueuse et finit par contourner un pâté de maison avant de revenir légèrement vers le centre, telle une hyperbole qui s'éloigne pour mieux se rapprocher. J'hésite et je doute que je sois dans la bonne direction. Je dépasse une Lada garée dans la rue où les maisons en bois se succèdent les unes à côté des autres. Elles ne sont pas récentes et ont du cachet. A les voir en carte postale, je penserai qu'elles ont été construites en Sibérie. Je n'en suis d'ailleurs pas loin. Trois hommes dans cette Lada rouge, deux devant et un derrière qui écrit et rédige un papier officiel que lui dicte le chauffeur au faciès résolument asiatique. "Attends un peu" me répond son voisin aux allures de petit-chef, chemise débraillée sur une poitrine velue. Je pose mon sac à côté de la voiture, heureux de ne plus avoir à le porter. J'attends qu'ils aient fini de recopier leur document. J'ai l'impression que celui de derrière a été mis en difficulté financière et qu'il doit emprunter de l'argent. A cette fin, sa maison en bois en mauvaise état lui sert en quelque sorte de chèque en bois, à rembourser une somme d'argent en contre partie de l'hypothèque. Je n'ose pas croire qu'il s'agit d'une lettre de dénonciation. Les deux gars à l'avant du véhicule sont des requins de la race des usuriers ou des profiteurs. Quand ils ont obtenu ce qu'ils voulaient du troisième larron, ils me font signe de monter et nous partons en direction de la route vers Novossibirsk où ils vont me déposer. Ils me mitraillent de questions diverses de différents calibres sur des registres diversifiés pour m'avouer juste avant de me déposer qu'ils sont de la police. Quels sorte de policiers sont-ils ? Est-ce de la police ou du KGB dont il font partie, celui-ci n'en étant pas moins la police des police. Ils savent où me déposer sur la grand route et tournent sur la gauche, une route qui retourne vers le centre et d'où beaucoup de voitures sortent et s'engagent sur la route principale, celle d'où nous venons. C'est un petit carrefour que peu de voitures dépassent. Au bout, La Sibérie. Je commence ma journée avec deux Ouzbeks dans une Lada pour une quarantaine de kilomètres. Des chaises occupent la banquette. Je dois les replacer pour pouvoir m'asseoir à l'arrière. Ils me larguent à un rond-point en pleine nature d'où je repars avec un "lucky lift", une voiture tirée au sort, la chance me sourit car Grégory retourne au boulot dans l'Altaï. Je parcours près de 500 kilomètres avant qu'il ne prenne vers Karat sur la droite. Avant qu'il ne tourne, j'ai essayé d'attraper un autre véhicule à l'arrêt dans un aire de repos qui permet aux gens de se restaurer et faire une pause. Je demande aux chauffeurs, jeunes et moins jeunes, une place dans leur véhicule, le plus souvent des 4 X4 mais ils s'en contrefoutent magistralement. Autant descendre de la voiture là où Greg doit tourner. Il y a un contrôle de la police, ce qui force les véhicules à ralentir. Un couple dans deux voitures séparées m'emmène vers Novossibirsk distante d'une centaine de kilomètres seulement. Elle, fausse blonde, me voit sur le bord de la route mais n'ose pas me ramasser. Lui, producteur de musique, n'ose pas croire ce que je lui raconte. Il a toutefois le cran de s'arrêter et de me laisser monter dans sa voiture de sport rouge style Maserati. Il flambe. Il a un air crédule et naïf. Lorsque nous marquons une pause dans un restaurant afin qu'ils se refassent une santé, je remarque que sous son apparente douceur, sa partenaire porte la culotte et fait preuve de rigueur. Il n'a qu'à bien se tenir. Ils ont faim. Ils viennent du nord de la Sibérie et conduisent non-stop depuis dix heures. A voir l'état de leurs voitures, ils m'expliquent qu'il y avait de la neige à l'endroit où le groupe qu'il promouvait se produisait. Je sors mon fricot de mon sac et les rejoins. J'hésite à les suivre en ville. Je peux descendre sur la bretelle de contournement de la ville mais je leur fais confiance puisqu'il m'ont assuré que je peux dormir avec eux chez son frère. Nous allons rendre des comptes à un directeur de club associé. Nous sommes reçus dans une arrière salle où trône un billard. Après les présentations et les salamalecs, une bière m'est offerte. Le type qui nous reçoit, la voix rauque et désagréable, accompagnée de son assistante, prend des apparences de mec sûr de lui alors que j'ai une sale impression. Il est mielleux et faux-cul. Quand à mon couple de producteurs, elle est celle qui dirige le groupe et fait de l'événementiel. Son jules est juste un prête-nom dans un monde de brutes dominés par les hommes. J'aurais du écouter mon intuition et les quitter à l'embranchement de la rocade. Je me retrouve tout penaud lorsqu'ils me déposent devant la gare de train à minuit. Je les quitte sans les remercier et leur fais part de mon mécontentement. Je serai au moins venu à Novossibirsk, l'une des agglomérations les plus étendue de la Russie. Que faire d'autre à minuit à Novossibirsk que de remonter l'avenue de Krasnoïarsk afin de sortir du centre. Toute une aventure nocturne. Cela commence par longer toute une série de club, boites, discos et karaoké où les jeunes plus ou moins éméchés prennent le frais avant de replonger dans leur enfer musical. Nous sommes lundi et le dernier jour de party. Direction Krasnoïarsk (789 km). Bon courage. Il n'y a plus de transport en commun. Je m'éloigne à pied du centre et marche pendant une heure ou plus. C'est toujours tout droit ou presque. A un feu, je réussis à chopper un type avec une Lada, un taxi au noir, qui reconduit une jeune fille. Il accepte de me pousser jusqu'à l'endroit où elle se rend. Il la dépose à un grand carrefour où deux hommes sur le trottoir accoudés à une barrière garde-fou boivent. Debout sur la chaussée en face d'eux, une femme alcoolique, le visage abimé, plus en manque d'affection que de sexe, leur demande une bouteille d'accompagnement. Elle l'obtient et vient me prendre par la main. Je lui dis que l'on peut rentrer à la maison maintenant. Elle acquiesce puis se ravise: "as-tu de l'argent ?" Je la lâche et remonte sur le trottoir. Je fais à peine une centaine de mètres puis avise un espace vert derrière une église orthodoxe. La palissade a des trous mais je ne trouve rien qui prévaut du côté de la croix. Je prie pour qu'il ne pleuve pas et étale mon duvet au pied d'un cabanon pour trois heures de repos bien mérité. 3000 kilomètres me séparent de la ville de Chita qui elle-même se situe à 486 km de la frontière chinoise (3500 km environ) et il me reste 5 jours de voyage pour sortir du pays en temps voulu (3500 : 5 = 700 km quotidien). Avec 665 km et mon sixième jour de transit à travers la Russie, j'ai parcouru aujourd'hui plus de la moitié de mon itinéraire en Russie qui totalise 7136 km (sans compter les rocades et détours occasionnés par les impondérables). J'ai cinq journées de voyage en transit derrière moi et cinq à venir, ce lundi 11 étant la journée charnière (5 jours + lundi 11 + 5 jours = 11 jours de transit).
Mardi 12 mai - Novossibirsk - Krasnoïarsk (789 km): une autre journée sans camion.
Cela est peut-être une des conséquences du jour férié mais les voitures particulières sont plus rapides. Je dois traverser à pied Kemerovo et Mariinsk qui m'ont l'air bien séduisante. En fait, là où je suis en ville, à côté d'un feu ou bien dans une ligne de voitures les unes derrière les autres, je me positionne et demande de l'aide de portière à portière comme quelqu'un qui a besoin d'aide, comme un mendi(c)ant qui quémande sa pitance. Je sais que quelqu'un de plus démerdard que le précédent puisqu'il a refusé de me venir en aide va me dépanner. Je cherche juste à aller dans telle direction. Tôt ou tard, je vais obtenir ce que je veux et parvenir à mes fins. Un peu de culot ne fait pas de mal dans la vie. Je n'ai pas encore pris un seul autobus. Un jeune médecin me permet de traverser Kemerovo et me raconte son voyage de noces en Europe de l'Est. Avec sa jeune femme, ils ont atterri à Prague où ils avaient réservé pour cinq jours une chambre d'hôtel et une voiture de location. Chaque jour, ils ont rayonné et se sont baladé dans les pays limitrophes de la Tchéquie comme l'Allemagne, l'Autriche, la Slovaquie et la Hongrie. Je continue vers Mariinsk que j'aimerais revoir plus longuement la prochaine fois. Je n'ai pas vu de paysages exceptionnels depuis Belgorod à part quelques vues un peu plus vallonnées avant d'atteindre Tcheliabinsk mais cela ne saurait tarder avec la Sibérie et la route qui contourne le lac Baïkal. Le permafrost est un frein à l'entretien des routes dont le revêtement se désagrège sous l'effet du gel et du long hiver sibérien. J'ai atteint une aire de stationnement réservée aux clients d'un routier. Je réussis à coincer Andreï avec son pick-up à sa sortie du parking et le convaincs de m'emmener. Il sourit quand je lui dis que je suis français et me demande de lui montrer mon passeport. Plus 300 km restent à parcourir jusqu'à Krasnoïarsk où je veux dormir ce soir chez Anna. Il peut m'emmener mais il doit marquer une brève pause dans un village en cours de route. Son invitation est bienvenue. Marié, père d'une enfant, il a une relation à la campagne. Nombreux sont les hommes russes qui ont une double vie et deux familles sans que l'une ne sache rien de l'autre. Sa profession de commercial est de vendre des engrais dans les zones rurales. Anna m'a laissé son adresse et Andrei avec l'aide du GPS trouve sa rue très facilement. Il m'y dépose. Personne dans l'appartement. Je l'appelle. Elle sera là d'ici trente minutes. Cela me parait tellement plus facile quand j'ai l'adresse en poche. Je prends une douche et Anna me propose de laver mes fringues. Avec ses amis, elle projette d'aller faire un tour à vélo à 22h00 et revenir vers minuit. Je lui donne carte blanche. Ce sera sans moi. Je me revigore avec du thé au gingembre et du miel. Elle me prépare de la "griechka" au lait. Je cuisine du riz comme d'habitude, l'Asie doit y être pour quelque chose. J'écris mon journal et le mets en ligne. Après qu'elle soit rentrée vers minuit trente, avec son copain, nous nous faisons une "camembert-party" arrosée de bière qui dure jusqu'à 3h00 du matin.
Mercredi 13 mai - Krasnoïarsk - Irkoutsk (1100 km).
Réveil au thé noir à 7h00 du matin. Ma faiblesse aujourd'hui est de sauter dans un autobus de la ville, le n° 56 qui part de la gare routière et continue le long de la route qui sort de Krasnoïarsk vers Irkoutsk. La ligne de tramway n° 7 est parallèle pendant un bon moment à l'itinéraire du bus mais ne va pas aussi loin que celui-ci. J'ai complètement oublié l'état déplorable de la route de Krasnoïarsk à Irkoutsk. Il n'y a pas d'asphalte tout le long mais un revêtement de goudron par endroit. Entre les plaques noires, une piste en dur qui bouge en fonction de la saison, des intempéries et des différences de températures. Peu de trafic à partir de Novossibirsk vers l'Est. Tout les mouvements de véhicules se concentrent autour de la capitale Moscou vers Novossibirsk. Qui parle de piste dit nécessairement moins de véhicule susceptible d'emprunter cette "voie de terre". Mon itinéraire passe pas Chita. Je me rappelle que c'est la forêt sans discontinuer après Darasoun dont j'ai de mauvais souvenir. Sorte de "terra incognita" où il faut chercher sa route sans aucune indication. J'ai lu en 2007 sur Internet qu'ils avaient fini la construction de la Transsibérienne et relié Moscou à Vladivostok (9000 km). Kansk, 280 km de Krasnoïarsk, est la ville la plus importante de mon itinéraire aujourd'hui. Deux routiers qui s'ennuyaient me montent jusqu'à la périphérie de Kansk. Après en avoir eu pour leur compte, ils veulent me déposer à l'entrée de la ville. Je ne suis pas d'accord. Je préfère la sortie, plus facile d'attraper un véhicule qui vient du centre. J'insiste pour rester dans la cabine le temps du transit par Kansk et descends plus tard au début de la route étroite vers Irkoutsk. Je sais qu'ils continuent plus loin avant de tourner vers Bratsk mais s'ils sont décidé à se séparer de moi, que puissé-je faire ? Dans cette partie de la Russie, les chauffeurs peuvent vous débarquer aussi vite qu'ils vous ont embarqué à cause des distances importantes. Vous pouvez les amuser quelques heures mais ils n'ont pas forcément envie de vous avoir à côté d'eux pendant 24h00. Il s'agit de parcourir 1100 kilomètres. Il faut faire de longues pauses. Certains coupent la poire en deux et prennent une chambre. Avant un passage à niveau, un trou d'eau oblige les véhicules à ralentir, je réussis à parler à Volodia qui conduit une Lexus 4 x 4 depuis Krasnodar. Il a trois jours de conduite à son actif. Il m'affirme avancer jusqu'à Tulun, proche d'une centaine de kilomètres mais je sais pertinemment qu'il se rend à Irkoutsk distante de presque 700 km. Hésitant à m'emmener, je réussis à le convaincre. Il n'a pas totalement confiance. L'endroit là où il était censé s'arrêter ressemble plus à un village qu'une ville. Je me tais. Inutile de lui rappeler ce détail de l'histoire. Il me dépose à l'entrée d'une aire de service prétextant qu'il va se reposer. Est-ce dire boire un café et continuer, ce que je crois ou bien prendre une chambre et y passer la nuit ? Il cherche à se débarrasser de cassettes de musique et me les donne. Je reste sur la transsibérienne dans l'attente d'un éventuel véhicule et de la nuit qui ne va pas tarder. Je sais qu'il me faut décoller de cette endroit ce soir et rouler cette nuit si je veux conserver une chance de sortir à temps du pays et ne pas dépasser mon visa de transit or cette chance d'accrocher un véhicule est minime car ils sont en nombre réduits sur le parking où sont garés quatre camions et quatre 4 x 4. Je remarque une Lada 4x4 blanche pleine à craquer avec un couple qui s'apprête à quitter vers Irkoutsk. Je ne juge même pas utile de les solliciter. Un gros 4x4 vient se garer à côté de celle de Volodia. Deux gars étranges en sortent. Ils ne collent pas vraiment avec l'image luxueuse qui se dégage de leur puissante voiture. Ils sont habillés chichement et ont plus l'air de paysans que de citadins. Ils donnent l'impression d'être des durs et des coriaces avec qui l'on ne rigole pas et à qui on ne la fait pas. Je n'ai pas eu de franche réponse positive à ma question lorsqu'ils ont fait le plein d'essence. Je vais devoir les rattraper à la sortie du restaurant. J'attends qu'ils en sortent. Ce sera eux ou Volodia de nouveau. Les camions sont là pour la nuit. Je suis sur un fil. Je peux basculer d'un côté ou de l'autre et ne pas pouvoir aller plus loin. Je dois garder mon équilibre et parvenir à mes fins, aller plus loin. Lorsque mes deux gars quittent, je reçois leur assentiment de monter dans leur palace ambulant. Volodia qui furète dans son coffre n'en revient pas que j'ai trouvé une occasion. Je peux le voir à la tête qu'il fait. S'il pensait se faire prier pour que je puisse l'accompagner, il s'est trompé. Il va finir son parcours en solitaire. La roue tourne. C'est à son tour d'être laissé en rade. Il vient vers moi et demande à récupérer une des cassettes qu'il m'a donnée. Je le laisse fouiller dans mon sac mais il ne la trouve pas. Nous quittons l'aire. Le chauffeur, jeune et en surcharge pondérale, dégage une odeur nauséabonde comme un corps en putréfaction. Il a beau être puissant au volant de son char et étaler sa richesse, il n'a qu'une vie, n'est pas immortel et a des soucis à se faire. La mort n'est pas réservée seulement aux autres. Il n'arrête pas de remuer sur son siège atteint visiblement d'une forme de la danse de St Guy comme s'il était assis sur un ressort, voilà qui est gênant pour conduire très vite et dangereusement. Sa vitesse excède presque les limites du 4x4 sur cette piste mouillée et glissante à cause de la pluie intermittente qui tombe. Le passager est un drôle de type, plus âgé, l'air cynique, une relation familiale, un mentor qui à l'air de se moquer de tout un chacun pour un oui ou un non. Je me rappelle trop bien l'expérience précédente où je me suis fait déposé à la station-service. J'évite de demander d'où ils viennent car mon intuition me dit que je ne vais pas faire long feu dans la voiture. Je ne suis pas à l'aise, ni à ma place. Je ne sais pas à quoi ces deux types doivent leur (bonne) fortune mais quelque chose me dit qu'il y a anguille sous roche. Sans surprise, sous prétexte d'être arrivé à leur lieu de destination, le prochain village, ils essayent de me débarquer près d'un restaurant construit dans le style d'un fortin militaire avec sa façade à créneaux. Je les convaincs que l'endroit n'est pas convenable et de me déposer un peu plus loin. Mon temps était compté et gagner des miles à la vitesse à laquelle il conduisait relevait de la gageure (du pari). Seconde tentative de me larguer, je choisis un passage à niveau dans l'attente de Volodia car je sens qu'il va venir me retrouver (pour récupérer sa cassette). Nous avons une longue histoire en commun avec ce genre d'endroit stratégique où nos lignes de vie se sont déjà croisées. J'ai pu demander à mes deux voyous "qui" ils étaient. Bien que tardives, les présentations ont eu lieu et ils m'ont répondu "gypsies". Débarrassé d'eux, la nuit bien présente, il est plus de 22h00, devinez qui arrive quelques minutes plus tard ? Mon vieil ami, Volodia, remis en selle. Je procède de la même façon que la première fois. Je n'ai pas de mal à le convaincre. Il sait à qui il a affaire. Il sait aussi que s'il veut arriver à Irkoutsk (650 km) et conduire toute la nuit, il a besoin de ma compagnie pour rester éveillé tout comme j'ai autant besoin de son aide pour respecter mon planning de voyage. Dès que je suis dans son 4x4, il me demande sa cassette à laquelle il est attaché et qu'il ne retrouve pas. Avant qu'il ne fasse irruption une seconde fois dans ma vie, j'ai pensé que je pourrais peut-être sauter sur un train de marchandises comme je l'ai déjà fait dans le début des années 90 aux Etats-Unis, au Canada et en Russie (2003) dans l'Extrême-Orient russe au-delà de Chita, là où les pistes se confondent les unes les autres sans aucune indication. Je ne lui offre pas de conduire car la Lexus dispose d'une boite de vitesse au changement automatique à laquelle je ne suis pas habitué. Quant à l'odeur de mon dernier camembert, je ne crains pas que cela l'indispose car tout comme les "Gypsies brothers", il roule la fenêtre ouverte. L'air frais lui ravive les sens et l'empêche de s'endormir au volant. Cette unique exemplaire survivant d'une odyssée est destiné à l'exportation vers la Chine. Combien de temps durera-t-il ? Il expire officiellement le 01 juin 2009. Le soutenant dans ses moments les plus difficiles et s'aidant mutuellement, nous finissons par atteindre Angarsk, 60 kilomètres d'Irkoutsk, à l'aube. Malgré la lumière du jour naissant, je trouve refuge, étalé dans mon duvet au milieu des tombes, dans un cimetière situé juste en contrebas de la transsibérienne. Deux bons cycles de sommeil (2 x 80 mn = 160 mn = 2h40) suffisent à recharger les batteries et me remettre en jambe. Après un petit-déjeuner rapide assis entre deux pierres tombales du plus beau goût, j'ai le choix du sol dans ma salle-à-manger à ciel ouvert, je remonte sur la route principale et j'ai à peine commencé à marcher qu'un collectif "mashroutka" s'arrête à ma hauteur et me fait comprendre de monter. Je refuse l'invitation qui m'est faite de me joindre aux passagers payants mais le chauffeur revient à ma hauteur et insiste. Je finis par accepter et me retrouve à Irkoutsk rapidement. Il est à peine 9h00. Les employés arrivent pour reprendre leur travail. Je trouve un endroit pour taper mes piges, les mettre en ligne et laisser mes sacs en sécurité pendant quelques heures de balade à travers le vieil Irkoutsk. L'hôtel "Baïkalsk" sur la grand place délivre des "vouchers" (l'équivalent d'une réservation d'hôtel pour un voyage à venir) pour une somme de trente dollars. Il faut comprendre que le papier nécessaire à l'obtention du visa de touriste pour une période d'un mois coute la modique somme de 30 U.S dollars. "Tourism is a big business". Vers 17h00, je pense à sortir d'Irkoutsk en direction du lac Baïkal. Je ne sais pas quelle route y mène. Les gens ne m'aident pas par ignorance. Je tourne en rond. Je suis obligé d'aller dans le rayon carte de la boutique du "Baïkalsk" et regarder par moi-même où se trouve mon issue de secours. Une jeune fille francophone, très coopérante, avec la plus grande gentillesse qui soit, m'aide de son mieux. Elle s'efforce de pratiquer le français qu'elle apprend à l'université. Je la balaye d''un revers de main sous prétexte que je suis pressé. Je lui explique que je ne peux pas rester pour la nuit à Irkoutsk par manque de nombre de jours de séjour. J'ai l'impression qu'elle va presque exploser de douleur et fondre en larmes. Je ne comprends pas pourquoi. Je sais qu'elle a envie de pratiquer son français. L'ai-je brusquée ? Ai-je été si rude ? J'ai presque envie de la prendre dans mes bras pour la consoler. Je reviendrai et je resterai plus longtemps à Irkoutsk qui le mérite bien. A suivre...
Irkoutsk - Ulan Ude. J-2 et 1600 km depuis Irkoutsk jusqu'à la frontière chinoise.
Yébleron (Normandie) - Strasbourg (Alsace): 700 km.
Je parcours aisément la distance de la Normandie jusqu'à l'Alsace après avoir rendu visite à ma mère. Saluer les Anciens afin qu'ils vous protègent durant votre périple - que leurs esprits soient toujours avec vous et vous accompagnent durant votre cheminement - part d'une bonne logique. Cela ne paye pas de mine mais autant mettre toutes les chances de votre côté !
Qui plus est, j'ai du chaussé les bottes de sept lieues par inadvertance car de normalement quatre étapes ou véhicules, je n'en fait que deux seules, celle de l'aire de St Saens est zappée ainsi que celle de la bifurcation qui me voit descendre habituellement d'un véhicule qui continue vers Lille et me retrouver en pleine ligne droite sur l'autoroute à lever le pouce désespérément. Le gars sort vers Laon et me dépose à l'aire de service où vient de se garer un camion des pompes funèbres pour faire le plein. Je raconte à un gars à qui je viens de demander s'il n'allait pas vers Reims-Metz mon expérience d'avion-stop dans le désert australien qui date de 2003. Un petit avion biréacteur vient de déposer le cercueil d'un aborigène dans une communauté à mi vol entre Kalgoorlie et Ayers Rock, au milieu de "no where". Au moment de faire le plein de carburant à la station service en plein désert, je demande au pilote s'il n'y a pas moyen de me faire voler et m'emmener avec lui. Je suis déjà certain de pouvoir partir avec un "roadtrain" mais pourquoi ne pas prendre le risque de viser plus gros et surtout plus haut ! A vol d'oiseau, les distances sont toujours plus courtes et moins éprouvantes surtout dans le désert. Le pilote téléphone à sa compagnie et reçoit l'autorisation de m'emmener. Est-ce un signe néfaste que ce corbillard passe par içi ? Je suis à peu près certain d'une chose, c'est lui qui va m'embarquer. Je fais d'une pierre deux coups et avance en sautant deux cases car je me retrouve illico presto en Alsace. Le croque-mort est employé par une commune de la communauté urbaine de Strasbourg (C.U.S).
Waltenheim-sur-Zorn (Alsace) - Gambsheim - Grumbacher (Allemagne) - Budapest (Hongrie) 1200 km.
Avec Sophie, fille d'amis de longue dates, nous quittons la maison familiale emmenés par Edith, sa mère, qui lors d'une première tentative infructueuse sur l'aire de service de Vendenheim située sur l'autoroute A4, pousse jusqu'au barrage hydroélectrique de Gambsheim avant de nous déposer côté allemand d'où nous repartons à contre-sens une fois montés sur l'autoroute A5. Je m'explique: nous prenons en fait l'autoroute en direction du sud et de Fribourg-en-Brisgau et descendons à la première aire de service, celle-ci disposant d'une route faisant office de pont autoroutier et reliant les deux aires de service situées l'une et l'autre de chaque côté de l'autoroute. Nous sommes dans le bon sens de notre itinéraire et fonçons désormais vers le nord en direction de Karlsruhe qu'il nous faut dépasser pour atteindre l'aire de Bruchsal. Je pensais descendre sur le parking onze kilomètres avant cette aire en question et de là rejoindre la maison de notre hôte à pied à travers champs mais notre chauffeur doit faire demi tour à la sortie Bruchsal et reprendre la nationale plutôt que l'autoroute puisqu'il s'est détourné de son parcours initial pour pouvoir nous rendre service et nous approcher de notre destination finale. La route principale est parallèle à la rue où nous nous rendons. Le lieu où il nous laisse est à un pâté de maison de notre lieu d'hébergement. Nous passons une soirée autour de la table et nous régalons car Jutta a préparé de délicieux plats végétariens, du riz complet et un curry à l'indienne. Elle nous redépose à l'aire de Bruchsal le lendemain matin vers 7h30, le plein d'énergie fait, prêts à solliciter un véhicule. J'avise alors un camion français immatriculé en Alsace. Quoi de plus naturel à deux pas de la frontière ! Il me faut sortir le "Grand Jeu" pour pouvoir convaincre Marcel, le chauffeur, de nous emmener et nous déposer sur la prochaine aire de service de Sinsheim en direction de Nuremberg, la ville des jouets. Il nous fait faire un virage à 90% que seuls, nous ne serions pas capable d'amorcer sauf si nous trouvions un "véhicule en or" à partir de là où nous sommes, ce qui suppose avoir de bonnes affinités avec "Dame la Chance". Lorsqu'il nous dépose comme je l'ai souhaité sur l'aire de service située entre les deux sorties de l'autoroute vers cette ville de Sinsheim, on peut apercevoir de l'autre côté de l'autoroute, des avions grandeur nature exposés en plein air, partie intégrante du musée de l'aéronautique qui fait la fierté de la ville.
Sur le parking poids-lourds, deux camions hongrois font la coupure avant de repartir pour deux fois quatre heures de conduite. Avec des rudiments de la langue hongroise, je parviens à les décider de nous embarquer pour un premier brin de conduite suivi d'un second agrémenté d'une pause pique-nique debout autour d'un rocher dressé en table. Il nous laissent à Amsfelden, juste avant d'atteindre Linz. Je fais l'aller-retour entre la pompe d'essence et le parking du restaurant pour trouver un véhicule pour deux. Je viens de m'adresser à deux hommes d'affaire hongrois en Lexus qui ont refusé, lorsque sur le retour vers le restaurant, j'avise un Autrichien qui s'avère être une de leur connaissance. Celui-ci les pointe du doigt dans leur voiture de luxe et me confirme qu'ils repartent vers la Hongrie. Les abordant de nouveau avec son aide, ils acceptent de nous embarquer pour Budapest me précisant qu'ils sont susceptibles de passer par le centre ville de Vienne. Ils sont dans l'attente d'un coup de fil. Ils se rendent à Kecskemét, soixante kilomètres plus loin que la capitale hongroise où nous nous rendons. Nous n'avons pas besoin de passer par Vienne que nous évitons. A proximité de la rocade (ringroad) qui contourne Budapest, nous descendons dans une station service pour trouver une voiture qui va au centre directement. Peine perdue car Tibor vient de se faire racoler par un routier pour qu'il le dépose plus au sud de la ville alors qu'il allait transiter par le centre pour se rendre de l'autre côté à Hatvan (60 en hongrois). Puisqu'il rend déjà service à ce chauffeur, nous les suivons et contournons Budapest pendant vingt-cinq kilomètres avant de repiquer vers le centre ville. Quelle générosité ! Cela arrive encore en Europe centrale au 21ème siècle. Qui oserait l'imaginer. Tibor est vraiment un gars sympa et prêt à rendre service. J'aime la Hongrie et ses habitants depuis novembre 1984, la première fois où je l'ai traversée à bicyclette en allant en Egypte. Nous restons tranquille trois journées à prendre du temps pour nous, avec les amis, à discuter et échanger, manger des mets hongrois assortis de vins rouges du Balaton, d'Oporto ou en provenance d'Eger. Je laisse Sophie en bonne compagnie - elle rentre en Eurobus (35 Euros) vers Strasbourg mercredi prochain.
Voyage à suivre dès lundi avec la traversée de l'Ukraine en deux journées. Je décolle le lundi 04 au matin vers l'Ukraine. Je vais à pied jusqu'au parc de Varösliget et me positionne au feu juste avant le pont autoroutier interdit au piétons. J'ai un écriteau indiquant "M3" (= Motorway 3) que j'agite sous le nez des chauffeurs. Je n'ai pas beaucoup à avancer, ni reculer. Un trafic Renault bleu immatriculé 75, Paris centre, retient mon attention. Je n'ai aucun doute, ce sont des Roumains. Je m'approche du véhicule côté passager et passe mon nez à travers la vitre. Je dois insister auprès du chauffeur, un gars autoritaire qui ne s'en laisse pas raconter une, une espèce de grosse brute avec du mépris dans la bouche pour tous ceux autour de lui (une façon de dire qu'il se montre insultant avec ceux autour de lui). Comme cela se passe souvent, il me permet d'ouvrir la portière roulante sur le côté spéciale passager de dernière minute. Je me retrouve à la hâte sur la banquette arrière en compagnie d'une jeune femme charmante, ce qui contraste singulièrement avec l'accueil froid et rude de l'ours non rasé, poitrail dépenaillé, au volant de son véhicule parisien. Erreur sur la provenance car ils viennent tous de Londres et transportent officiellement du tissu. La passagère à mes côtés et celui de devant utilisent ce moyen de transport payant pour revenir au pays qu'ils ont quitté en allant tenter leur chance en Angleterre lorsque la Roumanie a rejoint la Communauté Européenne le 01 janvier 2008. La "brute" tient bon le volant et conduit magistralement, très vite sans tenir compte du danger. Il est en colère lorsqu'une moto-école le force à ralentir, lui interdit de dépasser et lui ordonne de suivre derrière la flottille d'étudiants sur leur deux-roues. Une fois ceux-ci sortis de l'autoroute, il appuie à fond sur les pédales jusqu'au moment où ils sortent de l'autoroute en direction de Satu Mare (Roumanie). J'ai parcouru 180 kilomètres avec eux sur les 220 qui séparent Budapest du poste frontière de Zahony (Cop côté ukrainien). Je rattrape le rond-point et une couple très sympa s'arrête. Leur anglais est très limité voir inexistant. Elle, superbe brune genre poupée hongroise, un décolleté à faire loucher un bigleux est masseuse de métier et bafouille quelques mots d'anglais. Nemès, son mari fait très nounours à ses côtés comme s'il ne savait pas quoi en faire si elle venait à lui tomber dans les bras. Le courant passe entre nous trois. Il y a de l'excitation dans l'air ! Les corps ne demandent qu'à être réunis dans une partie remise à plus tard. Me mettant l'eau à la bouche, ils me font visiter leur coquette maison à deux pas de la route principale. J'ai droit aux coins et recoins du salon avec ses tableaux très suggestifs accrochés au mur. Je visite même le sauna avec des massages en perspective lors de ma venue cet hiver. Les beaux-parents sont présents pour le déjeuner. Je m'éclipse. Mes amis d'un jour me déposent à la frontière avec deux pommes dans les mains. - köszönöm szépen (Thank you very much). a közeli viszontlátásra! (à bientôt!).
Budapest (Hongrie) - Zahony (220 km) - Cop - Lvov (Ukraine, dors 60 km après avoir dépassé la ville de Lvov).
Je suis encore sous le choc. Violent contraste qui s'offre à ma vue avec cette queue interminable de trafic plein de "bêtes de somme" appelés à aller travailler dans la péninsule ibérique, l'Espagne ou bien le Portugal. J'avance à pied jusqu'au guériton et me faufile côté poids-lourd en me cachant derrière les trafics. Je connais bien ce passage frontalier ou le soldat te retient si tu es à pied. Il faut trouver un véhicule qui veuille bien t'emmener car il est interdit de traverser à pied le pont qui enjambe la Tisza. En échappant à ce contrôle d'entrée de jeu, je suis à l'immigration où je fais tamponner mon passeport. Les agents me rappellent, ce que je sais déjà, qu'il me faut un véhicule pour aller de l'autre côté. Ils sont toujours prêts à appeler un taxi mais je demande rapidement à un Ukrainien grassouillet, encaissé dans sa voiture apparemment trop petite pour sa grande taille, ses jambes écartées mal repliées viennent buter sur le volant. Sa femme est derrière avec leur enfant. Je m'assois à côté de lui. Le pont a été rénové. Fini les files d'attentes interminables de 2006/7. Avec l'entrée dans l'Europe de la Hongrie en 2004, les Ukrainiens viennent revendent en Hongrie au marché noir cigarettes et carburant beaucoup moins cher chez eux. Toute la zone frontalière est sujette au trafic très juteux car les prix sont multipliés par cinq notamment pour le tabac. Les cartouches sont cachées tandis que le carburant transite ni vu, ni connu dans les réservoirs qui sont ensuite siphonnés de l'autre côté avant que l'essence ne soit revendue. Les plus gros réservoirs font le plus de profit. Les voitures peuvent ainsi faire jusqu'à cinq aller-retour quotidien. Les gains sont énormes de l'ordre d'une cinquantaine d'Euros par jour. A quoi bon travailler légalement si la contrebande rapporte autant. Les douaniers sont arrosés au passage. Ils connaissent évidement tous les trafiquants. Comme en 2006/7, il y a un francophone qui me posent quelques questions en français. Je lui dit que je ne fais que traverser l'Ukraine et que je continue ensuite vers la Russie. Il traduit à ses collègues qui se montrent intéressés par mon histoire. L'officier d'immigration, non seulement appose un tampon d'entrée mais en rajoute un second avec la mention en russe: "transit Russia" et un nom "Konotop" qui se révèle être l'endroit où bifurquent les lignes de chemin de fer vers la Russie. Je ne remarque rien lorsque je réintègre le véhicule qui me dépose de l'autre côté de la dernière barrière. Ce n'est que plus tard, en inspectant mon passeport, que je remarque ce second tampon inhabituel et ce nom obscure que je ne comprends pas tout d'abord. Ayant l'expérience de l'Union Soviétique, je devine que c'est l'endroit par lequel je dois passer pour sortir du pays. Je pense au train naturellement. Mes yeux suivent les lignes de chemin de fer et je finis par trouver sur la carte de l'Ukraine cette ville à la sonorité familière que l'on aurait presque envie de visiter à l'entendre prononcer. Nœud du réseau ferroviaire ukrainien, elle est ma clef de sortie du pays même si je n'ai pas prévu d'y passer. Elle est mon nœud géorgien dont dépend mon avenir proche. Cette petite addition de l'officier peut me causer quelques difficultés à ma sortie du pays, une bonne raison pour me demander de l'argent. L'Ukraine n'est pas le pays d'Europe centrale le plus facile pour faire de l'auto-stop. Sur ma route vers la Crimée en mai 2007, j'ai eu toutes les peines du monde à accrocher les chauffeurs de poids-lourd. Quant aux voitures particulières, deux cas d'espèces: les propriétaires nouveaux-riches, voitures de luxe ou 4x4 flambants neufs sont pourris aux as et ils n'ont que faire d'un "franzous" sur le bord de la route ou bien les vieilles Lada turbinent toujours et rançonnent leur passager d'une heure ou d'un jour. Il y a beaucoup de combi familiaux ou véhicules collectifs payants appelés "marshoutka", dans la queue à la frontière, de retour de l'étranger, qui filent vers la capitale Kiev (870 km). Je parviens tant bien que mal à dépasser Lvov avec un camion qui s'arrête dans un routier à la campagne. J'aime ce genre de paysage champêtre quand je sais qu'il va falloir trouver un endroit pour la nuit. En totale liberté, sans dépendre de qui que ce soit, je prends un chemin de traverse et m'éloigne après avoir toutefois demandé au pompiste s'il n'avait pas un endroit abrité pour m'héberger. Je chemine heureux sous ce ciel étoilé. Je laisse dans mon dos la route, son restaurant et son aire de service, cachés par une petite déformation du terrain qui a tendance à s'élever. Je suis un chemin carrossable et débouche dans un espace vert délimité par de petites collines boisées. Je devine une habitation en face, à quelques centaines de mètres de distance, les chiens aboient et m'incitent à m'engager plus sur la droite. Je vise un bosquet au pied duquel je trouve refuge. J'étale ma couverture de survie pour protéger le duvet du sol. Je m'assois longuement et contemple le paysage, terre et ciel. Tout est calme. Quelle quiétude ! Les "yeux lumineux" qui courent le long du ruban asphalté vers la capitale se sont éteints. Les chiens rassurés se sont tus. Je peux m'étendre et trouver le sommeil. Je suis seul et content de l'être, satisfait d'avoir fait un bon bout de chemin depuis mon départ de Budapest ce matin. Je dois parcourir presque mille kilomètres demain pour être à proximité de la frontière russe. La date d'entrée de mon visa de transit est le 06 mai.
Mardi 05 mai: en route vers Kiev puis Kharkov (900 km).
J'ai du mal à reprendre le contrôle des opérations ce matin. Les véhicules s'échappent et me glissent des mains. Mon Pouce Magique n'arrive pas à les retenir. Je me déplace frénétiquement et dangereusement comme si un fil était tendu entre l'aire de stationnement et le ruban asphalté. Je suis impuissant et ne peux que regarder les rares véhicules de passage qui ne daignent pas s'arrêter. Je n'aime pas cette situation. Je ne peux pas agir, cela me met en colère. Il y a une source d'eau naturelle au bout du parking. Certaines voitures y font une pause pour remplir des containers qu'ils emmènent dans le coffre ou pour se rafraîchir le visage avant les longues heures de conduite jusqu'à la capitale ukrainienne, ma prochaine étape. En leur demandant poliment, je n'arrive pas à accrocher une voiture vers Kiev. Les locaux n'y vont pas mais certains visiblement comme leur plaque d'immatriculation l'indique s'y rendent. J'essuie plusieurs refus. Je partirai bien à pied sur la route mais si je commence à marcher, les véhicules vont me dépasser très vite et ne s'arrêteront pas. Pas de pitié pour les auto-stoppeurs dans ce pays où les gens font preuve de peu de commisération pour leurs semblables. Je démarre ma journée vers 7h00 avec un camion qui me dépose sur la rocade de Rivne. Un second polonais cette fois m'emmène jusqu'à Jitomir, une centaine de kilomètres avant la capitale. Il continue vers le centre ville et me laisse à l'intersection de la route qui contourne la ville et part vers Kiev. C'est à cette bifurcation que tout va se jouer. Piotr (Pierre), un commercial polonais, qui retourne à Kiev après une fin de semaine dans sa famille, m'embarque jusqu'au centre de Kiev où il réside. Nous n'allons pas brûler les étapes car il se montre très curieux à propos de mon voyage. Il est responsable pour la Russie et l'Ukraine d'une société de distribution de parfums alimentaires. Il parle parfaitement le russe mais n'aime pas le pays. Je le questionne à propos des femmes russes. L'opinion qu'il en a est éloquente, peu brillante et rejoins mon analyse.
A mon intention de continuer vers Kharkov, la seconde ville du pays, pour y arriver le soir même où je suis attendu par Alexis, Piotr s'esclaffe et me prends pour un doux rêveur. - "your idea to come in Kharkov today is completely unrealistic !"
C'est vrai qu'il faut vraiment y croire car l'après-midi est bien entamée et 490 kilomètres séparent les deux villes. Il me laisse, plein d'espoir, vers 15h30, à l'entrée d'une bouche de métro avec deux jetons bleus dans la main, sésames pour passer la barrière de contrôle et avoir accès aux trains. Je ne les utilise pas car, un coup d'œil dans sa direction, je remarque que le contrôleur s'est assoupi. Le plaisir de frauder à la française car je sais pertinemment que je n'en ferais rien de ces jetons qui vont maintenant voyager à travers la Russie jusqu'en Asie du sud-est. Je change de ligne et en route jusqu'à l'avant dernière station "Kharkhovskoïe stanica". Cela me prend presque une heure. Comme son nom l'indique, elle débouche, une fois les escaliers montés, sur la route qui se dirige vers Kharkov. Je m'adresse au chauffeur d'une Lada rouge garée contre le trottoir dans l'attente de son passager parti acheter des hamburgers à la mode ukrainienne. Les deux occupants, crânes rasés, avancent de quatre-vingt kilomètres vers Kharkov. Je suis déjà assis à l'arrière lorsque le passager revient. Ils font de nouveau une courte halte un peu plus loin sur la route et m'offrent une bière ukrainienne. Ils me lâchent au moment où ils tournent. Je n'ai pas le temps de finir de traverser la voie rapide qu'un camion s'arrête après avoir agité ma pancarte sur laquelle est écrit: "Kharkiv" (en ukrainien). Je prends soin de ne pas heurter la susceptibilité des autochtones. Tout comme Lviv (en ukrainien) et Lvov (en russe), Kharkiv s'écrit aussi kharkov (en russe). Il est de bon ton de faire des erreurs volontaires dans l'écriture d'une ville ou d'un lieu pour se distinguer et marquer sa différence avec les auto-stoppeurs locaux mais il ne faut jamais négliger le caractère nationaliste de certains peuples et les blesser dans leurs sentiments. Il me dépose sur une placette de village d'où je crains de ne pas pouvoir repartir. Après qu'il ait manger un morceau et fait des achats, nous continuons. Nous marquons une nouvelle pause dans une pompe à essence car le besoin s'en faisait sentir. Je remarque une Skoda et demande au chauffeur s'il ne va pas à Kharkov. La réponse est positive. J'insiste afin que mon chauffeur intervienne en ma faveur bien que le jeune représentant se débrouille en anglais. Je veux qu'il me recommande auprès de mon nouveau chauffeur. Le relais se fait sans problème. Me voilà à une heure et demie de Kharkiv distante de 160 kilomètres. Malgré la pluie, mon nouvel ange gardien roule très vite. Il fait l'aller-retour Kiev - Kharkiv une fois par mois. Il me propose de téléphoner à Alexis afin de l'avertir de mon arrivée. Je le remercie et retarde le moment de le joindre. Quand nous sommes en périphérie de Kharkiv, nous l'avertissons et convenons d'un rendez-vous au pied de la statue du soldat à la sortie du métro. Toujours en voiture, Sergueï me gratifie d'un tour "Kharkiv by night" avec quelques pauses obligatoires là où il considère que sont les plus beaux endroits de la ville. J'attends quelques minutes qu'Alexis se pointe avec Nastia, jeune étudiante universitaire francophone intéressante et intéressée de me rencontrer. Tous les deux chevauchent des VTT. Elle ne peut malheureusement pas rester longtemps. Il est déjà 23h00. Tandis qu'Alexis la raccompagne chez elle à vélo, je fais cuire du riz, des œufs durs et ouvre une boite de conserve de poisson. Je patiente en grignotant du fromage sec avec du pain noir ukrainien. Je n'ai pas encore diné lorsqu'il rentre. Une fois fini, je m'installe devant le clavier de l'ordinateur et pianote pour mettre en ligne un compte-rendu de ma journée sur les groupes "auto-stoppeur" (inclus sur deux sites d'hébergements gratuits et un Yahoo group). A l'heure qu'il est, j'ai déjà parcouru 2700 km depuis l'Alsace (1500 km en deux jours depuis Budapest) et ne m'accorde que 3h00 de sommeil (coucher à 3h30 et réveil à 6h30).
Mercredi 06 avril: passage de la frontière russe (2730 km parcourus depuis Strasbourg).
Alexis m'impressionne tout comme mon "pouce" doit lui sembler extra ordinaire. Beau gosse, il a de nombreuses qualités y compris celle de savoir danser mais c'est à l'extérieur qu'il s'éclate. Il a le corps fin et musclé d'un athlète en préparation constante pour tenter de battre son propre record. Son anglais est excellent même si je n'arrive pas à tout saisir du premier coup à cause de son intonation. Je le quitte en même temps qu'il part pour le travail. Il m'indique comment quitter la ville à pied sachant qu'il réside proche de la route qui part vers Belgorod située de l'autre côté de la frontière. Je me positionne à un carrefour où il y a un tramway qui fait l'aller-retour sur la ligne qui court dans ma direction. Je pourrais l'emprunter et pousser un peu plus loin mais je suis déterminé à ne pas utiliser de moyens de transport collectif. Rien que du stop même si je peux demander un "lift" gratis au contrôleur du tram en lui expliquant que je cherche la route vers Belgorod. Un vieux camion de l'ère soviétique amorce le virage dans un angle à 90 degrés. Il est si lent qu'il n'a pas besoin de s'arrêter. Je peux sauter dans la cabine en marche. Il est si poussif et concentre tant de chuintements et de tiraillements dans les essieux fatigués et rouillés que la douleur persiste lorsqu'il marque l'arrêt. La rouille lui rongé les articulations. Les roues et les roulement à billes préfèrent autant continuer à tourner pour les siècles à venir plutôt que de casser le cycle. Il se rend justement à Kursk après Belgorod dans la direction qui continue vers Moscou. Quelle chance ! Nous avançons lentement mais surement, vers le poste-frontière distant de 30 kilomètres de Kharkiv. C'est ce qu'il m'importe. Tandis qu'il marque l'arrêt côté douanes, j'attrape mes sacs et me dirige vers la guérite où se trouve l'officier d'immigration qui, après consultation de mon passeport, me demande: - Do you have Grievnas ? Dollars ? Euros ? - Je lui réponds: "non, non, non avec un grand sourire". J'avais pressenti que ce moment arriverait. Il me laisse poireauter devant sa cage puis revient à la charge. Il sait que je suis à pied (en auto-stop, c'est être considéré comme sans véhicule. J'ai déposé par chance mes sacs à un endroit où un autobus marque une pause. Je lui fais signe que je suis attendu afin que l'autobus puisse redémarrer. Vu qu'il sait que je ne lâcherai rien, il préfère rester dans de bons termes et me donner le tampon de sortie du pays sans mentionner l'annotation "Konotop" inscrite à l'entrée. Je reprends mes sacs et continue à pied vers le garde-barrière russe qui jette un coup d'œil sur mon passeport et visa russe avant de me diriger vers le cabanon où l'officier d'immigration, correct et cordial, m'accorde l'entrée sur ce vaste territoire, le pays le plus grand du monde qu'il me faut traverser en seulement onze jours de transit. Il n'y a pas de stylo pour remplir la fiche signalétique d'entrée dans le pays. Malgré son ton poli, l'officier n'en a même pas un à disposition du public. J'en emprunte un à une jeune femme passagère d'une voiture qui me le laisse au moment où elle reçoit son passeport visé. La distance à parcourir est de 7380 kilomètres depuis la frontière ukrainienne jusqu'à la Mandchourie (province chinoise). Je ne réalise pas encore la distance bien que je sais que le pays est très grand pour l'avoir déjà traversé à maintes reprises. En 1988, avec le train - le Transmandchourien à l'aller vers Pékin et le Transmongolien au retour vers Moscou. En 2003, à vélo, depuis Strasbourg jusqu'à Irkoutsk puis Vladivostok (14 000 km). Le calcul est très simple (en arrondissant): - 7380 : 11 (jours de transit) = 670 km quotidien à parcourir. Si l'on ne tient pas compte ni du jour d'entrée, ni du jour de sortie, ou les délais de passage à la frontière ralentissent la progression, cela donne : - 7380 : 9 = 820 km. En aucun cas, il ne m'est pas possible de prendre un jour de repos. Je dois rouler minimum 400 km par jour dans le pire des cas - 23h00 exactement car il y a une heure de décalage, une heure en moins tous les 800 km parcourus qui équivalent en temps à un créneau horaire - si je ne veux pas accuser de retard sur mon itinéraire. Je prends conscience de ces obligations lorsque j'atteins Samara située sur la Volga, 24h plus tard. Mon itinéraire était de passer la frontière ukrainienne à Donetsk en direction de Volgograd puis de remonter le cours du fleuve vers Tcheliabinsk. J'ai du couper au plus court et éliminer une étape en Russie car je suis resté trois journées entières à Budapest, ce qui m'a remis sur la route le lundi 04 avril au matin avec seulement un temps limité de deux jours pour traverser l'Ukraine, mon visa russe étant daté à partir du 06 avril.
Yura m'embarque une fois passé la dernière barrière du poste-frontière. Je dois avouer que cet accueil russe plus que correct et poli contraste singulièrement avec la façon dont j'ai toujours été accueilli dans les consulats russes dans le monde entier et lors de mes précédents passage de frontière. Yura parle bien l'anglais, dépasse le centre ville et se rend à son atelier de voiture situé sur la route de Voronej (250 km de Belgorod). J'ai une chance inouïe qu'il aille dans la bonne direction car les villes sont grandes et étendues. Pour les contourner, les rocades dépassent parfois les trente quarante kilomètres et atteignent parfois plus de cent kilomètres comme par exemple autour de Moscou, ville capitale de la Russie qui est à elle-seule un cas à part. Dès qu'il me dépose un camion avec une remorque dont le chauffeur m'a vu descendre de la voiture de Yura s'arrête avant qu'il n'ait eu le temps de redémarrer. Le camionneur m'invite à déjeuner d'une espèce de bortsch dans un routier russe, sorte de cantine populaire sur le bord de la route. Le caractère boueux du parc de stationnement du aux pluies passagères contraste singulièrement avec l'intérieur propre et coquet de la salle de restaurant hyper chauffée pour un climat si tempéré. Il me dépose sur la bonne route dans la direction de Tambov que je n'atteindrai pas ce soir. Valentine (41 ans), séductrice malgré quelques dents de devant abimées, sort le grand jeu. Nous nous excitons un peu et nous taquinons l'un l'autre le temps que dure notre aventure automobilesque. Divorcée, elle habite à Voronej avec sa fille et va voir sa mère à Lipeck (120 km). Je descends de sa voiture à contrecœur mais qu'est-ce que je peux y faire. Elle m'a demandé mon numéro de téléphone mais n'en ai pas. J'ai le téléphone en horreur. Je sais que je peux envisager la revoir si je reviens à Voronej. Je ne fais jamais marche arrière et mon temps est limité. Elle fait encore un petit bout de route pour me laisser à un rond-point idéal pour pouvoir repartir plus facilement. Je sens bien que cela l'embête de me lâcher. Nos deux cœurs ont failli faire chavirer la chaloupe dans laquelle je suis en train de naviguer. La bise, le sac et me voilà de nouveau sur la route libre comme un oiseau sans fil à la patte. Je décolle avec des ailes de Séraphin même si c'est un poids-lourd qui m'emporte le cœur léger puis une succession de voitures particulières qui finissent toutes par tourner dans la forêt et rentrent chez elles à la fin de cette belle journée. Elles me laissent à l'intersection sur la route principale. Je réussis tant bien que mal à pousser plus loin avec une espèce de médecin branché, petite queue de cheval naissante attaché avec un élastique, marquant une pause qui dure. Chaque minute compte car la nuit approche et l'obscurité guette sa proie. Il est toujours plus difficile de naviguer dans la noirceur et d'agiter un bras pour arrêter un véhicule lorsqu'il fait nuit. Lorsqu'il a fini de discuter affaires avec de vagues connaissances, il reprend le volant pour me déposer un peu plus loin à la bifurcation qui mène vers Dobrianka (3 km). J'hésite à le suivre mais renonce. Ma place est sur la route. Je continue à pied pendant trois kilomètres et aperçois à proximité de la route des toits de maisons ayant l'air inhabitées. Je distingue à deux-cent mètres un embranchement qui permet de les atteindre les pieds secs mais je préfère prendre un raccourci à travers les herbes pour les aborder de derrière. Ce sont principalement deux petites fermettes abandonnées. Je visite les cours intérieures, enceintes cloisonnées qui permettent de garder les porcs et les volailles. Il n'y a pas âme qui vive. Je m'installe dans une petite réserve à foin, sorte de mini grenier dont l'entrée indépendante jouxte le portail qui s'ouvre sur la courette annexe. Je suis déjà endormi quand une voiture dépose dans la nuit une femme, propriétaire de la maison. Elle ne se doute pas qu'un inconnu occupe sa douillette "chambre d'ami". Chacun dans nos quartiers, nous passons une nuit tranquille (480 km depuis la frontière).
Samara, la Volga et Anastasia, l'ambassadrice CS.
Très tôt le matin, réveillée avant l'aube, elle nourrit les poules sans remarquer que le portail a été ouvert la veille. Je l'ai refermé correctement. Les morceaux de tôles sous la porte pour empêcher les animaux de s'échapper ont été replacées mais auraient pu éveiller son attention quant à ma visite. Le loquet de mon cagibi sur sa droite est ouvert car je suis à l'intérieur. Quelle bonne idée elle a de ne pas ouvrir son grenier à foin et de me laisser en toute discrétion sur la paille. Cela lui évite des cris et un peu de frayeur. J'ai le droit à mon intimité finalement même si je suis hôte clandestin. Elle a aussi la bonne idée de ne pas refermer le loquet. Je ne souhaite pas me retrouver prisonnier dans ce trou noir fait comme un rat dévoré par les cafards. Je suppose qu'elle ne remarque pas qu'il est pendant. Je ne veux qu'elle me retrouve plus tard le corps desséché comme un mari dont elle aurait voulu effacer l'existence mais conserver des traces. Je me tiens à carreaux lorsqu'elle est proche et fais le mort, celui qui dort en faisant attention de ne pas faire de bruits, ni de bouger. Une fois qu'ils ont quitté, un peu plus tard, à la lumière du jour, je roule mon duvet et quitte mon refuge d'une nuit. Je n'ai pas eu besoin de réveil. L'arrivée tardive et le départ matinal du véhicule ont rythmé mon sommeil. Plusieurs personnes l'occupaient car j'ai pu différencier plusieurs tons de voix, principalement des hommes. Ils font équipe ensemble et partagent les frais de déplacements avec le covoiturage. Où travaillent-ils ? Hier soir, je n'ai pas vu un bâtiment qui ressemblait de près ou de loin à une usine dans cette campagne russe. Se rendre à Tambov quotidiennement distant d'une centaine de kilomètres prendrait beaucoup de temps mais le fait qu'ils soient rentrés tard et partis tôt peut expliquer cela. J'aurais presque pu me lever et les suivre car je pense qu'ils ont pris la direction de Tambov, celle que je suis depuis Voronej. A l'embranchement repéré hier soir, il crachine. Un seul abri d'autobus sur la route en face, pour les voyageurs dans l'autre sens, me protège partiellement et m'évite d'être trempé. Je hèle les éventuels voitures de passage, principalement des pick-up et tous véhicules susceptibles de m'embarquer mais ils se font rares. Je décroche la timbale avec un mini fourgon branché sur un air de salsa qui dépasse Tambov et me laisse à une intersection en pointe où a été construite une station service, une fourche qui divise la route en deux branches dont l'une continue vers Samara. Un départ matinal en musique, signe auspicieux d'une longue journée de voyage dont le but est d'arriver en soirée chez Anastasia, l'ambassadrice du couchsurfing de la ville de Samara située sur la Volga. Ce sera une journée "camion", peu importe la marque Man, Renault ou Fiat ou bien le chauffeur. Trois occasions, trois cas particuliers, trois routiers très différents les uns des autres. Le premier me repêche à la station service et me laisse à proximité de Pienza, la dernière ville régionale importante avant Togliatti et Samara, distantes de presque un demi millier de kilomètres. Mon deuxième chauffeur a tout l'air d'un play-boy, la trentaine bien entamée. Il se rend à Samara mais nous n'y arriverons pas ensemble. Sur la route, à la sortie d'une bourgade, il s'arrête là où une jeune fille visiblement l'attendait après s'être donné rendez-vous par téléphone. Une connaissance nécessairement, une amie, un membre de la famille. De la voir habillée ainsi, des bas trop grands qui dépassent de ses chaussures à talons, des collants mal ajustés sur des jambes allumettes, en chemisier ouvert sous un paletot à donner froid au plus endurci des cosaques, j'ai pitié et n'ose même pas la regarder. Je fuis son regard alors qu'elle cherche le mien. L'un de ses "mecs", mon chauffeur, est descendu lui parler. Elle l'embarque vers un pâté de maisons pendant une vingtaine de minutes avant qu'ils ne reviennent accompagnés d'une autre femme. Ils me demandent d'attendre sur le bas-côté pendant qu'ils montent tous les trois en cabine. Je suis un peu désorienté. Il ne va tout de même se les taper toutes les deux, se faire sucer ou se faire un truc à trois. Quelle énergie dont il fait preuve ! Je ne doute pas qu'il soit hyper nerveux et très actif mais tout de même. J'ai la présence d'esprit de grimper sur le marchepied et d'exiger qu'ils sortent mes deux sacs. Sait-on jamais ! Elles s'exécutent puisqu'elles sont assises côté passager. Debout avec mes sacs au pied du camion, j'ai l'air d'un couillon. Ils verrouillent les portières et tirent les rideaux. Ils n'avaient plus qu'à démarrer et filer avec mes bagages. Je ne pense pas que c'était leur intention mais inutile de prendre des risques d'autant plus que ma banane était dans le sac-à-dos. Si c'était des préservatifs dont ils avaient besoin, qu'ils me le fassent savoir car j'en ai plein mon sac à distribuer. Je n'ai aucune idée de ce qu'ils fabriquent. Bien qu'aucun gémissement ne soit perçu, je décide de me retirer, déménager et me placer à une distance respectable de l'avant du camion de telle façon que je puisse "faire du pouce" et arrêter un véhicule de passage. Je ne veux pas être un spectateur passif et aveugle. Action, please ! Un Renault bleu puissant au volant duquel son chauffeur s'ennuie à mort me ramasse tout de suite et essaye de me faire parler mais mon russe à ses limites que le chauffeur ignorait avant de m'emmener. Je peux répondre de manière simple à des questions mais je ne peux pas m'exprimer clairement pour donner mon opinion à propos des femmes russes par exemple ou expliquer quelle est la différence entre une Française et une Russe. J'arrive à me faire comprendre mais c'est très laborieux. La gente féminine intéresse beaucoup les routiers du monde entier. Au bout d'un moment, c'est-à-dire très rapidement, je me lasse. La fatigue du voyage ajoutée au manque de sommeil me rend insupportable ces questionnements incessants. Je regrette de ne pas pouvoir plus échanger mais parfois, c'est mieux ainsi. Ce qui est moins courant - la gente féminine qui s'intéresse à la gente féminine - et cela, la question m'a été posée uniquement dans ce vaste pays qu'est la Russie par des femmes: "où sont les plus belles femmes ?" généralement suscite la curiosité masculine. Elles avaient la réponse car elles m'ont affirmé qu'elles étaient en Russie, raison pour laquelle les Européens venaient les chercher et les marier ! Je ne les ai jamais contredite. Je ne vais pas prêcher le contraire à des femmes très centrées sur elles-mêmes la plupart du temps, déesses de l'égocentrisme et de l'hédonisme. Dans le centre de Togliatti, une ville à consonance italienne, je me positionne à un rond-point et lève le pouce en même temps que mon panonceau "Samara". Je ne suis pas long à décrocher une voiture particulière qui s'y rend (60 km). A l'entrée de Samara, nous empruntons la vieille route pour arriver au centre et évitons un détour par la nouvelle route qui, plus loin à un carrefour, donne accès à la route vers Yfa et Tcheliabinsk qu'il me faudra rattraper à partir du centre ville. La vieille route permet d'avoir une perception différente et une vue surannée de ce que pouvait être Samara il y a quelques dizaines d'années. Rien ne semble avoir bougé. La pluie constante ajoute une touche de carte postale figée dans le temps à laquelle la permanence et l'immuabilité se sont attachées. De larges avenues nous accueillent une fois sortis des bois qui entourent la ville. De l'autre côté du fleuve, une zone récréative accessible l'été par un câble tendu au-dessus de la Volga. Les estivants s'y accrochent assis dans des paniers et volent d'une rive à l'autre. Quant mon chauffeur me dépose, je suis encore en périphérie de Samara. Le tramway 20 me guide jusqu'à la place Kubitschek où j'ai rendez-vous avec mon ambassadrice de charme. La "babouchka", digne receveuse dont le visage émacié me fait penser à une grand-mère de l'Altaï, n'exige pas le prix de mon transport. Avec l'aide d'un couple, j'ai pu lui expliquer d'où je viens et ce que je fais. Tram-stop en raccourci. Pour me nourrir, sans argent depuis la frontière, j'ai cuisiné en avance une salade de riz chez Alexis que je conserve dans trois briques de lait découpées sur le dessus pour pouvoir enfourner le riz, une façon de les recycler et surtout d'avoir d'excellents containeurs garni de papier d'aluminium à l'intérieur et garant d'une bonne préservation de la nourriture (3 jours sans problème). Je vais pouvoir me reposer quelques heures toutes les 48h00 pendant ce voyage à travers la Russie puisque j'ai prévu six points de chute comme celui de ce soir. Celui de Volgograd a été annulé puisque j'ai pris au plus court. Irkoutsk et Chita le seront aussi pour d'autres raisons. Il ne m'en reste que trois certains mais des rencontres inopinées permettront des hébergements spontanés d'une nuit, raison pour laquelle j'aime cette forme de voyage totalement improvisé. C'est l'occasion de prendre une douche, laver le linge à la machine (une seule fois à Krasnoïarsk), cuisiner une salade de riz pour le lendemain sur la route.
J'attends quelques minutes à l'abribus quant une jeune et jolie demoiselle vient me cueillir et me donner "un p'tit coin de parapluie pour un coin de paradis". Son français est excellent. Sans un contact électronique au préalable sur l'un des sites d'hébergement, je ne l'aurais jamais rencontrée, unique raison pour laquelle je suis inscrit et enregistré sur ces "club de rencontres" virtuels. Anastasia vit avec sa mère et son petit frère dans un appartement cossu. Quelques très belles photos d'elles ornent les murs du salon. Nous échangeons longuement autour de la table autour d'un fond de bouteille de rosé italien laissé par les précédents "couchsurfeurs". Avant qu'elle n'aille se coucher, elle m'allume l'ordinateur. Je rédige en anglais mon journal de ces dernières 48h00 que je mets en ligne. Bravo la technologie ! J'ai parcouru 820 kilomètres aujourd'hui (820 + 480 = 1300 km depuis la frontière). Bonne nuit (courte 3h00-6h00 = 2h00 de sommeil).
08/ 09/10 mai: Samara - Yfa - Tcheliabinsk - Tioumen - Omsk.
Même si je voulais rester une journée entière en compagnie de Nastia et sa mère, cela ne serait pas possible à cause de mon temps de transit éclair durant lequel je ne peux me permettre de séjourner 24h00 à aucun endroit. De toute façon, même si j'en ai envie, Nastia part au village voir sa "mamie" (comme elle l'appelle) avec son père dans la voiture de son oncle. La "mamie" n'habite pas dans la direction où je vais. Je ne peux même pas les joindre pour décoller de Samara et prolonger l'instant magique de la nuit. Je décide tout de même d'aller faire un tour dans les vieux quartiers de la ville, là où est située l'Alliance française. J'aimerais bien taper quelques pages de mon journal en français sur un clavier azerty. Peine perdue, ils n'ont que du qwerty. Quand je retourne à l'appartement afin de récupérer mes effets et disparaitre, je laisse un camembert dans le frigidaire. Le "Rustique" moulé à la louche, le plus fait dont la date de consommation expire le 01 juin 2009 afin qu'il ne se gâte pas davantage dans mon sac. Celui que je préfère aussi. Faire plaisir à l'autre et savoir donner quand on a reçu. Avec le recul, je pense qu'il fallait mieux donner celui qui était moins odorant bien que de qualité inférieure. Je n'ai jamais su si elle l'avait consommé ou pas mais je pense que nos critères de sélection concernant les goûts ne sont pas identiques d'un peuple à l'autre. Je me suis rendu compte qu'il ne fallait pas nécessairement se priver d'une "délicatesse" pour faire plaisir à l'autre surtout en ce qui concerne les vins, les fromages, le chocolat noir, en raccourci les plaisirs du palais. Les gens ne les apprécient pas à leur juste valeur. Une autre raison pour laquelle je ne peux pas demeurer sur place, c'est la proximité du jour férié dit "jour de la Victoire" du 09 mai 1945. Célébré le 08 mai dans la plupart des pays d'Europe de l'Ouest, il l'est le 09 mai en Russie parce le document fut signé tard le soir du 08 mai. Avec le décalage horaire d'une heure de Moscou sur Berlin, cela correspondait à la date du 09 mai 1945, date à laquelle le gouvernement russe annonça la capitulation de l'armée allemande devant les forces alliées sur le front Ouest. Le jour férié tombant un samedi, le lundi par substitution ne sera pas travaillé or Olga, mon prochain contact à Omsk distante de 1800 kilomètres m'attend pour le 10 ou le 11 mai. J'ai peur qu'il y ait moins de véhicules sur les routes. Ces fins de semaine à rallonge - petits ponts de trois jours - permettent aux familles et amis de se retrouver. Les voitures sont pleines à craquer et il y a moins de camions en mouvement car ils ont le droit eux aussi à des jours de repos. A la mi journée, ayant petit-déjeuner, je m'éloigne à pied de l'appartement et longe le parvis magnifique qui surplombe la Volga majestueuse, puissante et tranquille. A chaque fois que je demande la direction d'Yfa et comment sortir de la ville à pied, les gens s'esclaffent et me disent que ce n'est pas possible. Je me positionne à un feu et saute très rapidement dans une voiture après qu'Igor ait baissé sa vitre pour savoir ce que je voulais. Par chance, il va chez Castorama situé en zone industrielle à la sortie de Samara. Il est vrai qu'il n'y a pas besoin de venir à Samara en Russie pour se rendre chez Casto. Il y en a de plus proches en Normandie ou en Alsace. Un magicien dans un camion de sable sans Pimprenelle me dépose à l'intersection évitée hier soir en empruntant la vieille route. Une route se dirige vers la capitale Moscou et une seconde vers Yfa et Tcheliabinsk (868 km). D'entrée de jeu, une Lada avec un chauffeur fou m'embarque pour une petite centaine de kilomètres. Nous avons du établir un temps record pour parcourir cette distance. Ma moyenne kilométrique diminue avec un Man surchargé en route vers Tcheliabinsk et doit tourner autour de 400 kilomètres aujourd'hui. Il s'arrête sur l'aire de stationnement d'un restaurant. Je trouve refuge dans un bâtiment en construction. J'étale mon duvet sur la couverture de survie pour le couper du sol. Inutile de dire que je l'apprécie dans ces moments.
Je suis réveillé à l'aube et tente quelques "coup de pouce" aux rares voitures qui s'annoncent. Ne voilà-t-il pas qu'une voiture japonaise toute équipée pour un handicapé en provenance de Samara et allant à Ekaterinbourg fait une pause et me remarque sur le bord de la route. Le chauffeur claudicant vient me voir et me demande où je vais. Il veut visiblement m'aider et me faire faire un bout de chemin en direction de Tcheliabinsk. Sa femme est installée à l'arrière avec leur enfant, le siège à côté de lui est vacant. Je m'installe et ne pipe pas un mot car un lecteur DVD fonctionne avec un film d'animation pour le gosse. Sans prévenir, quelques quatre-vingt kilomètres plus loin, il s'arrête près d'une station service et m'ordonne de descendre. Tout comme subitement, il est venu me "pêcher miraculeusement", il me lâche maintenant dans la nature. Je n'argumente pas tellement sa réaction est déconcertante. Je n'essaye même pas de le persuader de m'emmener plus loin. Je me dis qu'après tout, je dois lâcher prise et accepter les événements tels qu'ils se présentent. Quelque chose de "vraiment spécial" et nécessairement meilleur m'attend après ce malheureux "coup du sort". Je ne peux pas ignorer le fait qu'il ait fait preuve de bonne volonté. Le fait de déplacer un pion et de l'approcher de la reine peut aider à la victoire. Je me convaincs que de toute façon, je ne dois plus être très loin de Tcheliabinsk. Une fois mon bon Samaritain reparti, je fais en vain des aller-retour à la pompe à essence. Les voitures restent dans le coin sauf quelques unes en transit sur de longues distances qui refusent car déjà occupées. Je tend le bras pour arrêter n'importe quel véhicule venant dans ma direction. Une voiture avec un jeune gars au volant stoppe à ma hauteur. Il descend et viens m'ouvrir le coffre pour y placer mon sac à armature. Je tombe des nues et suis abasourdi lorsqu'il me dit qu'il rentre chez ses parents à Tioumen distant de presque 800 kilomètres. Voilà le bon "coup de pouce" que je sentais venir. Je l'ai flairé, celui-là ! Il est militaire à Rostov et profite du jour férié pour rentrer visiter sa famille. Nos échanges verbaux sont très limité. Je ne veux pas commettre d'impair et me faire débarquer alors que je peux rouler toute la journée sans discontinuer. Nous évitons et contournons Tcheliabinsk qui était encore à 280 kilomètres lorsqu'il m'a pris en stop. J'élimine volontairement un de mes contacts dans cette ville car nous sommes samedi et Elena est probablement en train de dormir à l'heure qu'il est. Je n'ose même pas lui téléphoner de peur de la réveiller et la déranger. Nous poursuivons notre route vers Kurgan (140 km) et Tioumen (190 km), porte d'entrée de la Sibérie à laquelle je ne m'attendais pas à frapper si vite. Je veille à ne pas froisser mon chauffeur par un geste déplacé et prends soin de lui. La route principale qui relie Kurgan à Omsk transite par le Kazakhstan. Etant dans le doute quant aux conditions de transit sur cette portion de la transsibérienne, je préfère continuer avec "mon chauffeur d'un jour le plus long" et passer par Tioumen avant de reprendre la route vers Omsk (620 km). Je lui explique tant bien que mal car je sais qu'il ne comprend pas que je veuille continuer avec lui. Omsk (720 km) est indiqué tout droit avec un passage par le Kazakhstan obligatoire sans savoir si je ne serai pas refoulé à la frontière. Le détour de Kurgan à Tioumen est presque de 200 kilomètres plus les 620 kilomètres jusqu'à Omsk, ce qui fait une différence d'une centaine de kilomètres seulement (200 + 620 = 820 - 720 = 100 km). Il me dépose finalement en fin d'après-midi à la sortie de Tioumen. Les deux routes contiguës, celle par laquelle nous entrons en ville et celle par laquelle je dois sortir, se touchent et forment un angle aiguë dans la périphérie sud de la ville. Je descends de la voiture en remerciant mon bienfaiteur et marche jusqu'à la route en direction d'Omsk. Je fais le pari que je vais décoller ce soir et y arriver demain matin. Un gars me lance sur la voie rapide pendant vingt-cinq kilomètres. Après quoi, j'assiste à un défilé de voitures avec un concert de klaxons, les hampes des drapeaux russes étant maintenues dans les vitres ouvertes des portières. Ils fêtent la victoire. Les Russes peuvent être très nationalistes. En tant qu'étranger, je dois me faire remarquer sur le bord de la route essayant d'attraper un véhicule. Pourvu qu'ils n'aient pas l'idée de penser que je suis allemand, sinon je peux passer un sale moment si je tombe sur des types bizarres. Je dépasse cette bourgade un peu trop enthousiaste à mon goût et obtiens successivement deux voitures avant de rencontrer "le chauffeur de mes rêves" ou bien appelons-le encore tout simplement "le camion de ma nuit". Celui-ci projette de rouler toute la nuit. Il m'a emmené pour pouvoir discuter afin qu'il puisse rester éveillé. Je vais faire face à la même difficulté de communiquer en profondeur dans la langue russe sur des sujets les plus divers. Nous dînons dans un routier de plats capables de nous tenir au ventre toute la nuit. Plutôt qu'une invitation à diner, je préférerai que nous avertissions Olga de mon arrivée matinale demain matin en lui téléphonant. Au menu, une terrine de pommes de terre aux lardons puis une assiette de soupe accompagné de pain. J'accepte le thé malgré l'heure tardive. Je dois me tenir éveillé, être vigilant et veiller à ce que mon chauffeur ne s'endorme pas. Nous repartons 3/4 d'heure plus tard et roulons non-stop jusqu'au petit matin où nous arrivons à Omsk. Proche du centre ville, nous essayons de contacter Olga sans succès. Il est 7h30 du matin quand je descends du camion. Nous avons tenté maintes fois de la joindre. La voix du répondeur téléphonique nous demande de la rappeler plus tard. C'est peine perdue ! C'est comme si la ligne n'était pas joignable et hors réseau. Olga avec qui, depuis deux mois, j'ai échangé près de vingt-cinq courriels avant d'arriver à Omsk m'a pourtant demandé de venir de préférence le 10 ou le 11, pendant un de ses jours de repos. Je suis confus et un peu en colère. Qu'est-ce qu'elle fout ? Où es-t-elle ? Je n'ai même pas son adresse. J'avance à pied jusqu'au carrefour. Je ne sais même pas par où aller ne sachant pas dans quel quartier elle habite. Lorsque je suis attendu habituellement, j'ai localisé avant de commencer le voyage à l'aide d'Internet l'endroit où mes hôtes vivent, c'est-à-dire situer la rue dans la ville et savoir si c'est du côté où je vais arriver en ville au nord ou à l'opposé au sud, à l'est ou à l'ouest. Beaucoup de chauffeurs connaissent les rues des villes et me demandent l'adresse où je vais. Ils m'aident à trouver l'endroit et même parfois la personne que je cherche, ce qui à priori semble inimaginable que les gens soient si serviables. Cette façon de planifier permet un gain de temps et évite d'avoir à téléphoner. Il faut alors attendre dans la gare (de train ou routière) que l'hôte soit disponible et vienne vous rencontrer. Ensuite, il pourra vous accompagner chez lui. Mes hôtes n'ont pas la moindre idée que je n'ai pas de téléphone portable. Je joue de malchance avec le téléphone. A chaque fois dans ma vie personnelle quand j'ai eu dans le passé besoin d'appeler, le portable était toujours éteint. Ma communication se fait via le site par échange d'E-mail. Que faire ? Une voiture s'arrête à l'angle. Je suis abordé par Volodia qui en sort. "Kann ich Dir helfen ?" (Puis-je t'aider ?) Je remercie le plus grand des hasards, appelons-le encore le destin, de me remettre entre les mains de cet homme providentiel. Il est accueillant et prêt à me rendre service. Il propose de me rapprocher du centre ville où il habite et m'invite à prendre une douche et déjeuner dans son appartement. Sans me connaitre ni d'Adam, ni d'Eve, cet illustre inconnu me laisse rentrer dans sa vie et partage avec moi le fruit de son travail en attendant qu'Olga se réveille et que l'on puisse la joindre ou bien que l'on trouve une solution. Il me reproche de ne pas avoir son adresse. Comment peux-tu être si stupide ? Venir jusqu'à Omsk sans aucune adresse. Je dois ouvrir ma boite aux lettres car elle me l'a peut-être envoyé dans son dernier courriel que je n'ai pas encore lu. Il a parfaitement raison. Son raisonnement est logique. Quand je lui dit que j'ai "rencontré" Olga en ligne, il se méprend sur le sens de rencontrer, il la jette aux orties et me prie de la laisser tomber. Il veut me déposer sur la route qui conduit à Novossibirsk. J'ai roulé toute la nuit sans dormir. Je suis lessivé mais je ne veux pas abandonner mes recherches et quitter la ville sans voir Olga. Je bois du thé noir et mange de la "griechka" en noyant mes inquiétudes dans deux alcools forts fait maison. Il n'y a toujours pas de réponse aux appels successifs. Mon salut réside dans l'ouverture de ma boite aux lettres. Vers 9h00, ultime espoir, nous sortons et gagnons le centre commercial situé en face de sa barre d'immeuble. Il n'y a pas de café Internet. Je demande à une jeune fille plutôt sexy dans sa robe très courte de taffetas noir si je peux avoir accès à l'ordinateur de la boutique dont elle est responsable. Je lui explique mon cas. Elle accepte. Je prends note de l'adresse d'Olga reçue la veille. Volodia connait très bien la rue puisqu'il y a vécu il y a une dizaine d'années quelques numéros de porte plus loin. Heureux hasard qui fait bien les choses. Il est temps pour lui de commencer sa journée. En partant à la campagne, il me dépose à l'adresse indiquée. Il me quitte pour aller à sa datcha. Personne ne répond à l'interphone. Je réussis à monter à l'étage jusqu'à la grille derrière laquelle s'ouvrent deux portes d'appartement qui se font face. Je sonne à l'une et à l'autre. La voisine ouvre et me dit qu'elles - Olga et sa mère - ont quitté la veille au soir pour leur datcha et seront probablement de retour ce soir. Même téléphoner hier soir n'eut servi à rien si elles avaient déjà quitté l'appartement. La datcha est trop éloignée et n'a pas de réseau pour être jointe avec un portable. Quelques appels ont abouti. Olga décroche mais ne peut pas répondre. Dans mon dernier courriel, je lui ai dit que j'allais faire l'impossible pour être à Omsk le 10 ou le 11 tout en lui disant de "vivre sa vie" et qu'elle fasse ce qu'elle à prévu mais je n'imaginais pas qu'elle partirait passer la nuit à la campagne. De quoi me faire rager ! C'est bien la peine d'entrer en contact et passer tant de temps à correspondre avant de se rencontrer alors que le "moment magique", la rencontre réelle dure si peu.
Je laisse mes sacs en sécurité pour la journée sous la responsabilité de la voisine d'en face. Je reviendrai les récupérer en fin d'après-midi. J'ai la journée entière pour faire ce que je veux. Je remonte la grande avenue et retourne lentement en direction de ma "poupée de taffetas noir". Je vais lui demander si je ne peux pas faire ma correspondance et rédiger mon compte-rendu de ces dernières 48h00. Elle n'a vraiment que la peau sur les os et sa gentillesse égale sa beauté, une peau diaphane sous laquelle coule des veines d'ébène. Elle accepte. Je lui tiens compagnie pendant deux heures. Personne n'entre dans la boutique. Mon travail d'écriture achevé, je m'assois sur un banc au rez-de-chaussée et regarde les clientes entrer et sortir du centre commercial. Elles jouent un rôle et se composent toutes un personnage de femmes fatales avec une taille idéale et un soutien-gorge qui rehausse leur poitrine et la met en valeur. Bien que toutes différentes physiquement, il y uniformisation des goûts et des valeurs, toutes sur la même ligne de consommation. Je m'amuse à les regarder. Certaines n'ont pas peur du ridicule à cause de leur petite tenue (in)décente. Elles font vraiment dans le mini mini. D'autres accoutrements prêtent à sourire. J'ai l'impression d'être spectateur attentif d'une comédie dont le film pourrait être intitulé "Jolies femmes". Ainsi va la mode en Russie. Je sors ensuite me balader le long de la Volga. Une promenade tout en béton la longe et je fais l'aller-retour plusieurs fois. Que faire d'autre ? Les gens musardent en famille. Je n'ai pas la tête à lire. Attendre le retour éventuel d'Olga car qui dit qu'elle reviendra aujourd'hui. Ah ! ces femmes russes... Elles vous feraient tourner en bourrique.
Vers 18h30, je retrouve la voisine et l'appartement toujours vide. Je vais devoir reprendre mon sac et trouver un endroit pour passer la nuit. J'ai repéré des logements vacants en cours de construction. Au moment ou je l'attrape en haut des marches de l'escalier et passe les bretelles prêt à redescendre, j'entends la porte de l'ascenseur s'ouvrir. J'ai une seconde d'hésitation avant de quitter et ne voilà-t-il pas qu'apparaissent Olga et sa mère, fatiguées de leurs travaux des champs. Olga me dit clairement qu'elles sont lasses. Je n'ai pas à protester. Je dois considérer que dans mon malheur, j'ai de la chance de ne pas les avoir raté. Cela s'est joué à quelques secondes près. Je ne lui en veux et joue "le grand jeu" comme si c'était une journée exceptionnelle. Après que nous ayons tous pris la douche, j'ouvre en guise d'apéritif un demi de Kriter que nous partageons à quatre, ce qui fait peu dans le verre pour chacun d'entre nous, j'en conviens ! Une demi bouteille qui a bien vieilli et bien voyagé depuis la Normandie avec un arrière-goût très fruité que tout le monde apprécie. Elles ont préparé un plat consistant de pommes de terre et de viande de porc. Je leur fais goûter un brie avec une demi bouteille de Bordeaux qui est arrivée sur le pouce dans mon sac comme la première. Olga, peu disserte, me propose de dormir dans l'appartement de sa grand-mère inoccupé car elle est hospitalisée pour quelques jours. Bien qu'ayant satisfait mon appétit, je cuisine en prévoyance des jours à venir. J'ai pu me permettre de rester une journée entière à Omsk car j'ai roulé toute la journée d'hier et la nuit. 665 kilomètres séparent Omsk de Novossibirsk où je n'ai pas prévu de contact et il y a 789 kilomètres supplémentaires jusqu'à Krasnoïarsk, ce qui donne un total de 1454 km (665 + 789 = 1454 km). Bonne nuit chez la grand-mère. Un peu plus de 4000 km me séparent de la frontière chinoise et il me reste 6 jours de voyage.
Lundi 11 mai - En route vers Novossibirsk (665 km), capitale de la Sibérie (une journée sans camion).
Olga, journaliste pour un magazine d'automobile, son copain, sommelier dans un club et sa mère vont tous les trois travailler aujourd'hui même s'ils n'en ont pas beaucoup l'envie. Ils semblent manquer de motivation mais leur gouvernement leur a demandé en ces temps de crise économique de participer à l'effort national et de travailler ce jour normalement férié. Nous prenons un petit-déjeuner tardif après qu'ils m'aient demandé la veille au soir de les rejoindre vers 9h30. Au menu: café au lait, pain, beurre, confiture et brie de Comte Robert. Devant la profusion d'autobus, je préfère m'abstenir une fois de plus de sauter dans l'un qui part à contre-sens et continue à pied, le signe distinctif de ma prochaine étape à bout de bras: "Novossibirsk". La route est sinueuse et finit par contourner un pâté de maison avant de revenir légèrement vers le centre, telle une hyperbole qui s'éloigne pour mieux se rapprocher. J'hésite et je doute que je sois dans la bonne direction. Je dépasse une Lada garée dans la rue où les maisons en bois se succèdent les unes à côté des autres. Elles ne sont pas récentes et ont du cachet. A les voir en carte postale, je penserai qu'elles ont été construites en Sibérie. Je n'en suis d'ailleurs pas loin. Trois hommes dans cette Lada rouge, deux devant et un derrière qui écrit et rédige un papier officiel que lui dicte le chauffeur au faciès résolument asiatique. "Attends un peu" me répond son voisin aux allures de petit-chef, chemise débraillée sur une poitrine velue. Je pose mon sac à côté de la voiture, heureux de ne plus avoir à le porter. J'attends qu'ils aient fini de recopier leur document. J'ai l'impression que celui de derrière a été mis en difficulté financière et qu'il doit emprunter de l'argent. A cette fin, sa maison en bois en mauvaise état lui sert en quelque sorte de chèque en bois, à rembourser une somme d'argent en contre partie de l'hypothèque. Je n'ose pas croire qu'il s'agit d'une lettre de dénonciation. Les deux gars à l'avant du véhicule sont des requins de la race des usuriers ou des profiteurs. Quand ils ont obtenu ce qu'ils voulaient du troisième larron, ils me font signe de monter et nous partons en direction de la route vers Novossibirsk où ils vont me déposer. Ils me mitraillent de questions diverses de différents calibres sur des registres diversifiés pour m'avouer juste avant de me déposer qu'ils sont de la police. Quels sorte de policiers sont-ils ? Est-ce de la police ou du KGB dont il font partie, celui-ci n'en étant pas moins la police des police. Ils savent où me déposer sur la grand route et tournent sur la gauche, une route qui retourne vers le centre et d'où beaucoup de voitures sortent et s'engagent sur la route principale, celle d'où nous venons. C'est un petit carrefour que peu de voitures dépassent. Au bout, La Sibérie. Je commence ma journée avec deux Ouzbeks dans une Lada pour une quarantaine de kilomètres. Des chaises occupent la banquette. Je dois les replacer pour pouvoir m'asseoir à l'arrière. Ils me larguent à un rond-point en pleine nature d'où je repars avec un "lucky lift", une voiture tirée au sort, la chance me sourit car Grégory retourne au boulot dans l'Altaï. Je parcours près de 500 kilomètres avant qu'il ne prenne vers Karat sur la droite. Avant qu'il ne tourne, j'ai essayé d'attraper un autre véhicule à l'arrêt dans un aire de repos qui permet aux gens de se restaurer et faire une pause. Je demande aux chauffeurs, jeunes et moins jeunes, une place dans leur véhicule, le plus souvent des 4 X4 mais ils s'en contrefoutent magistralement. Autant descendre de la voiture là où Greg doit tourner. Il y a un contrôle de la police, ce qui force les véhicules à ralentir. Un couple dans deux voitures séparées m'emmène vers Novossibirsk distante d'une centaine de kilomètres seulement. Elle, fausse blonde, me voit sur le bord de la route mais n'ose pas me ramasser. Lui, producteur de musique, n'ose pas croire ce que je lui raconte. Il a toutefois le cran de s'arrêter et de me laisser monter dans sa voiture de sport rouge style Maserati. Il flambe. Il a un air crédule et naïf. Lorsque nous marquons une pause dans un restaurant afin qu'ils se refassent une santé, je remarque que sous son apparente douceur, sa partenaire porte la culotte et fait preuve de rigueur. Il n'a qu'à bien se tenir. Ils ont faim. Ils viennent du nord de la Sibérie et conduisent non-stop depuis dix heures. A voir l'état de leurs voitures, ils m'expliquent qu'il y avait de la neige à l'endroit où le groupe qu'il promouvait se produisait. Je sors mon fricot de mon sac et les rejoins. J'hésite à les suivre en ville. Je peux descendre sur la bretelle de contournement de la ville mais je leur fais confiance puisqu'il m'ont assuré que je peux dormir avec eux chez son frère. Nous allons rendre des comptes à un directeur de club associé. Nous sommes reçus dans une arrière salle où trône un billard. Après les présentations et les salamalecs, une bière m'est offerte. Le type qui nous reçoit, la voix rauque et désagréable, accompagnée de son assistante, prend des apparences de mec sûr de lui alors que j'ai une sale impression. Il est mielleux et faux-cul. Quand à mon couple de producteurs, elle est celle qui dirige le groupe et fait de l'événementiel. Son jules est juste un prête-nom dans un monde de brutes dominés par les hommes. J'aurais du écouter mon intuition et les quitter à l'embranchement de la rocade. Je me retrouve tout penaud lorsqu'ils me déposent devant la gare de train à minuit. Je les quitte sans les remercier et leur fais part de mon mécontentement. Je serai au moins venu à Novossibirsk, l'une des agglomérations les plus étendue de la Russie. Que faire d'autre à minuit à Novossibirsk que de remonter l'avenue de Krasnoïarsk afin de sortir du centre. Toute une aventure nocturne. Cela commence par longer toute une série de club, boites, discos et karaoké où les jeunes plus ou moins éméchés prennent le frais avant de replonger dans leur enfer musical. Nous sommes lundi et le dernier jour de party. Direction Krasnoïarsk (789 km). Bon courage. Il n'y a plus de transport en commun. Je m'éloigne à pied du centre et marche pendant une heure ou plus. C'est toujours tout droit ou presque. A un feu, je réussis à chopper un type avec une Lada, un taxi au noir, qui reconduit une jeune fille. Il accepte de me pousser jusqu'à l'endroit où elle se rend. Il la dépose à un grand carrefour où deux hommes sur le trottoir accoudés à une barrière garde-fou boivent. Debout sur la chaussée en face d'eux, une femme alcoolique, le visage abimé, plus en manque d'affection que de sexe, leur demande une bouteille d'accompagnement. Elle l'obtient et vient me prendre par la main. Je lui dis que l'on peut rentrer à la maison maintenant. Elle acquiesce puis se ravise: "as-tu de l'argent ?" Je la lâche et remonte sur le trottoir. Je fais à peine une centaine de mètres puis avise un espace vert derrière une église orthodoxe. La palissade a des trous mais je ne trouve rien qui prévaut du côté de la croix. Je prie pour qu'il ne pleuve pas et étale mon duvet au pied d'un cabanon pour trois heures de repos bien mérité. 3000 kilomètres me séparent de la ville de Chita qui elle-même se situe à 486 km de la frontière chinoise (3500 km environ) et il me reste 5 jours de voyage pour sortir du pays en temps voulu (3500 : 5 = 700 km quotidien). Avec 665 km et mon sixième jour de transit à travers la Russie, j'ai parcouru aujourd'hui plus de la moitié de mon itinéraire en Russie qui totalise 7136 km (sans compter les rocades et détours occasionnés par les impondérables). J'ai cinq journées de voyage en transit derrière moi et cinq à venir, ce lundi 11 étant la journée charnière (5 jours + lundi 11 + 5 jours = 11 jours de transit).
Mardi 12 mai - Novossibirsk - Krasnoïarsk (789 km): une autre journée sans camion.
Cela est peut-être une des conséquences du jour férié mais les voitures particulières sont plus rapides. Je dois traverser à pied Kemerovo et Mariinsk qui m'ont l'air bien séduisante. En fait, là où je suis en ville, à côté d'un feu ou bien dans une ligne de voitures les unes derrière les autres, je me positionne et demande de l'aide de portière à portière comme quelqu'un qui a besoin d'aide, comme un mendi(c)ant qui quémande sa pitance. Je sais que quelqu'un de plus démerdard que le précédent puisqu'il a refusé de me venir en aide va me dépanner. Je cherche juste à aller dans telle direction. Tôt ou tard, je vais obtenir ce que je veux et parvenir à mes fins. Un peu de culot ne fait pas de mal dans la vie. Je n'ai pas encore pris un seul autobus. Un jeune médecin me permet de traverser Kemerovo et me raconte son voyage de noces en Europe de l'Est. Avec sa jeune femme, ils ont atterri à Prague où ils avaient réservé pour cinq jours une chambre d'hôtel et une voiture de location. Chaque jour, ils ont rayonné et se sont baladé dans les pays limitrophes de la Tchéquie comme l'Allemagne, l'Autriche, la Slovaquie et la Hongrie. Je continue vers Mariinsk que j'aimerais revoir plus longuement la prochaine fois. Je n'ai pas vu de paysages exceptionnels depuis Belgorod à part quelques vues un peu plus vallonnées avant d'atteindre Tcheliabinsk mais cela ne saurait tarder avec la Sibérie et la route qui contourne le lac Baïkal. Le permafrost est un frein à l'entretien des routes dont le revêtement se désagrège sous l'effet du gel et du long hiver sibérien. J'ai atteint une aire de stationnement réservée aux clients d'un routier. Je réussis à coincer Andreï avec son pick-up à sa sortie du parking et le convaincs de m'emmener. Il sourit quand je lui dis que je suis français et me demande de lui montrer mon passeport. Plus 300 km restent à parcourir jusqu'à Krasnoïarsk où je veux dormir ce soir chez Anna. Il peut m'emmener mais il doit marquer une brève pause dans un village en cours de route. Son invitation est bienvenue. Marié, père d'une enfant, il a une relation à la campagne. Nombreux sont les hommes russes qui ont une double vie et deux familles sans que l'une ne sache rien de l'autre. Sa profession de commercial est de vendre des engrais dans les zones rurales. Anna m'a laissé son adresse et Andrei avec l'aide du GPS trouve sa rue très facilement. Il m'y dépose. Personne dans l'appartement. Je l'appelle. Elle sera là d'ici trente minutes. Cela me parait tellement plus facile quand j'ai l'adresse en poche. Je prends une douche et Anna me propose de laver mes fringues. Avec ses amis, elle projette d'aller faire un tour à vélo à 22h00 et revenir vers minuit. Je lui donne carte blanche. Ce sera sans moi. Je me revigore avec du thé au gingembre et du miel. Elle me prépare de la "griechka" au lait. Je cuisine du riz comme d'habitude, l'Asie doit y être pour quelque chose. J'écris mon journal et le mets en ligne. Après qu'elle soit rentrée vers minuit trente, avec son copain, nous nous faisons une "camembert-party" arrosée de bière qui dure jusqu'à 3h00 du matin.
Mercredi 13 mai - Krasnoïarsk - Irkoutsk (1100 km).
Réveil au thé noir à 7h00 du matin. Ma faiblesse aujourd'hui est de sauter dans un autobus de la ville, le n° 56 qui part de la gare routière et continue le long de la route qui sort de Krasnoïarsk vers Irkoutsk. La ligne de tramway n° 7 est parallèle pendant un bon moment à l'itinéraire du bus mais ne va pas aussi loin que celui-ci. J'ai complètement oublié l'état déplorable de la route de Krasnoïarsk à Irkoutsk. Il n'y a pas d'asphalte tout le long mais un revêtement de goudron par endroit. Entre les plaques noires, une piste en dur qui bouge en fonction de la saison, des intempéries et des différences de températures. Peu de trafic à partir de Novossibirsk vers l'Est. Tout les mouvements de véhicules se concentrent autour de la capitale Moscou vers Novossibirsk. Qui parle de piste dit nécessairement moins de véhicule susceptible d'emprunter cette "voie de terre". Mon itinéraire passe pas Chita. Je me rappelle que c'est la forêt sans discontinuer après Darasoun dont j'ai de mauvais souvenir. Sorte de "terra incognita" où il faut chercher sa route sans aucune indication. J'ai lu en 2007 sur Internet qu'ils avaient fini la construction de la Transsibérienne et relié Moscou à Vladivostok (9000 km). Kansk, 280 km de Krasnoïarsk, est la ville la plus importante de mon itinéraire aujourd'hui. Deux routiers qui s'ennuyaient me montent jusqu'à la périphérie de Kansk. Après en avoir eu pour leur compte, ils veulent me déposer à l'entrée de la ville. Je ne suis pas d'accord. Je préfère la sortie, plus facile d'attraper un véhicule qui vient du centre. J'insiste pour rester dans la cabine le temps du transit par Kansk et descends plus tard au début de la route étroite vers Irkoutsk. Je sais qu'ils continuent plus loin avant de tourner vers Bratsk mais s'ils sont décidé à se séparer de moi, que puissé-je faire ? Dans cette partie de la Russie, les chauffeurs peuvent vous débarquer aussi vite qu'ils vous ont embarqué à cause des distances importantes. Vous pouvez les amuser quelques heures mais ils n'ont pas forcément envie de vous avoir à côté d'eux pendant 24h00. Il s'agit de parcourir 1100 kilomètres. Il faut faire de longues pauses. Certains coupent la poire en deux et prennent une chambre. Avant un passage à niveau, un trou d'eau oblige les véhicules à ralentir, je réussis à parler à Volodia qui conduit une Lexus 4 x 4 depuis Krasnodar. Il a trois jours de conduite à son actif. Il m'affirme avancer jusqu'à Tulun, proche d'une centaine de kilomètres mais je sais pertinemment qu'il se rend à Irkoutsk distante de presque 700 km. Hésitant à m'emmener, je réussis à le convaincre. Il n'a pas totalement confiance. L'endroit là où il était censé s'arrêter ressemble plus à un village qu'une ville. Je me tais. Inutile de lui rappeler ce détail de l'histoire. Il me dépose à l'entrée d'une aire de service prétextant qu'il va se reposer. Est-ce dire boire un café et continuer, ce que je crois ou bien prendre une chambre et y passer la nuit ? Il cherche à se débarrasser de cassettes de musique et me les donne. Je reste sur la transsibérienne dans l'attente d'un éventuel véhicule et de la nuit qui ne va pas tarder. Je sais qu'il me faut décoller de cette endroit ce soir et rouler cette nuit si je veux conserver une chance de sortir à temps du pays et ne pas dépasser mon visa de transit or cette chance d'accrocher un véhicule est minime car ils sont en nombre réduits sur le parking où sont garés quatre camions et quatre 4 x 4. Je remarque une Lada 4x4 blanche pleine à craquer avec un couple qui s'apprête à quitter vers Irkoutsk. Je ne juge même pas utile de les solliciter. Un gros 4x4 vient se garer à côté de celle de Volodia. Deux gars étranges en sortent. Ils ne collent pas vraiment avec l'image luxueuse qui se dégage de leur puissante voiture. Ils sont habillés chichement et ont plus l'air de paysans que de citadins. Ils donnent l'impression d'être des durs et des coriaces avec qui l'on ne rigole pas et à qui on ne la fait pas. Je n'ai pas eu de franche réponse positive à ma question lorsqu'ils ont fait le plein d'essence. Je vais devoir les rattraper à la sortie du restaurant. J'attends qu'ils en sortent. Ce sera eux ou Volodia de nouveau. Les camions sont là pour la nuit. Je suis sur un fil. Je peux basculer d'un côté ou de l'autre et ne pas pouvoir aller plus loin. Je dois garder mon équilibre et parvenir à mes fins, aller plus loin. Lorsque mes deux gars quittent, je reçois leur assentiment de monter dans leur palace ambulant. Volodia qui furète dans son coffre n'en revient pas que j'ai trouvé une occasion. Je peux le voir à la tête qu'il fait. S'il pensait se faire prier pour que je puisse l'accompagner, il s'est trompé. Il va finir son parcours en solitaire. La roue tourne. C'est à son tour d'être laissé en rade. Il vient vers moi et demande à récupérer une des cassettes qu'il m'a donnée. Je le laisse fouiller dans mon sac mais il ne la trouve pas. Nous quittons l'aire. Le chauffeur, jeune et en surcharge pondérale, dégage une odeur nauséabonde comme un corps en putréfaction. Il a beau être puissant au volant de son char et étaler sa richesse, il n'a qu'une vie, n'est pas immortel et a des soucis à se faire. La mort n'est pas réservée seulement aux autres. Il n'arrête pas de remuer sur son siège atteint visiblement d'une forme de la danse de St Guy comme s'il était assis sur un ressort, voilà qui est gênant pour conduire très vite et dangereusement. Sa vitesse excède presque les limites du 4x4 sur cette piste mouillée et glissante à cause de la pluie intermittente qui tombe. Le passager est un drôle de type, plus âgé, l'air cynique, une relation familiale, un mentor qui à l'air de se moquer de tout un chacun pour un oui ou un non. Je me rappelle trop bien l'expérience précédente où je me suis fait déposé à la station-service. J'évite de demander d'où ils viennent car mon intuition me dit que je ne vais pas faire long feu dans la voiture. Je ne suis pas à l'aise, ni à ma place. Je ne sais pas à quoi ces deux types doivent leur (bonne) fortune mais quelque chose me dit qu'il y a anguille sous roche. Sans surprise, sous prétexte d'être arrivé à leur lieu de destination, le prochain village, ils essayent de me débarquer près d'un restaurant construit dans le style d'un fortin militaire avec sa façade à créneaux. Je les convaincs que l'endroit n'est pas convenable et de me déposer un peu plus loin. Mon temps était compté et gagner des miles à la vitesse à laquelle il conduisait relevait de la gageure (du pari). Seconde tentative de me larguer, je choisis un passage à niveau dans l'attente de Volodia car je sens qu'il va venir me retrouver (pour récupérer sa cassette). Nous avons une longue histoire en commun avec ce genre d'endroit stratégique où nos lignes de vie se sont déjà croisées. J'ai pu demander à mes deux voyous "qui" ils étaient. Bien que tardives, les présentations ont eu lieu et ils m'ont répondu "gypsies". Débarrassé d'eux, la nuit bien présente, il est plus de 22h00, devinez qui arrive quelques minutes plus tard ? Mon vieil ami, Volodia, remis en selle. Je procède de la même façon que la première fois. Je n'ai pas de mal à le convaincre. Il sait à qui il a affaire. Il sait aussi que s'il veut arriver à Irkoutsk (650 km) et conduire toute la nuit, il a besoin de ma compagnie pour rester éveillé tout comme j'ai autant besoin de son aide pour respecter mon planning de voyage. Dès que je suis dans son 4x4, il me demande sa cassette à laquelle il est attaché et qu'il ne retrouve pas. Avant qu'il ne fasse irruption une seconde fois dans ma vie, j'ai pensé que je pourrais peut-être sauter sur un train de marchandises comme je l'ai déjà fait dans le début des années 90 aux Etats-Unis, au Canada et en Russie (2003) dans l'Extrême-Orient russe au-delà de Chita, là où les pistes se confondent les unes les autres sans aucune indication. Je ne lui offre pas de conduire car la Lexus dispose d'une boite de vitesse au changement automatique à laquelle je ne suis pas habitué. Quant à l'odeur de mon dernier camembert, je ne crains pas que cela l'indispose car tout comme les "Gypsies brothers", il roule la fenêtre ouverte. L'air frais lui ravive les sens et l'empêche de s'endormir au volant. Cette unique exemplaire survivant d'une odyssée est destiné à l'exportation vers la Chine. Combien de temps durera-t-il ? Il expire officiellement le 01 juin 2009. Le soutenant dans ses moments les plus difficiles et s'aidant mutuellement, nous finissons par atteindre Angarsk, 60 kilomètres d'Irkoutsk, à l'aube. Malgré la lumière du jour naissant, je trouve refuge, étalé dans mon duvet au milieu des tombes, dans un cimetière situé juste en contrebas de la transsibérienne. Deux bons cycles de sommeil (2 x 80 mn = 160 mn = 2h40) suffisent à recharger les batteries et me remettre en jambe. Après un petit-déjeuner rapide assis entre deux pierres tombales du plus beau goût, j'ai le choix du sol dans ma salle-à-manger à ciel ouvert, je remonte sur la route principale et j'ai à peine commencé à marcher qu'un collectif "mashroutka" s'arrête à ma hauteur et me fait comprendre de monter. Je refuse l'invitation qui m'est faite de me joindre aux passagers payants mais le chauffeur revient à ma hauteur et insiste. Je finis par accepter et me retrouve à Irkoutsk rapidement. Il est à peine 9h00. Les employés arrivent pour reprendre leur travail. Je trouve un endroit pour taper mes piges, les mettre en ligne et laisser mes sacs en sécurité pendant quelques heures de balade à travers le vieil Irkoutsk. L'hôtel "Baïkalsk" sur la grand place délivre des "vouchers" (l'équivalent d'une réservation d'hôtel pour un voyage à venir) pour une somme de trente dollars. Il faut comprendre que le papier nécessaire à l'obtention du visa de touriste pour une période d'un mois coute la modique somme de 30 U.S dollars. "Tourism is a big business". Vers 17h00, je pense à sortir d'Irkoutsk en direction du lac Baïkal. Je ne sais pas quelle route y mène. Les gens ne m'aident pas par ignorance. Je tourne en rond. Je suis obligé d'aller dans le rayon carte de la boutique du "Baïkalsk" et regarder par moi-même où se trouve mon issue de secours. Une jeune fille francophone, très coopérante, avec la plus grande gentillesse qui soit, m'aide de son mieux. Elle s'efforce de pratiquer le français qu'elle apprend à l'université. Je la balaye d''un revers de main sous prétexte que je suis pressé. Je lui explique que je ne peux pas rester pour la nuit à Irkoutsk par manque de nombre de jours de séjour. J'ai l'impression qu'elle va presque exploser de douleur et fondre en larmes. Je ne comprends pas pourquoi. Je sais qu'elle a envie de pratiquer son français. L'ai-je brusquée ? Ai-je été si rude ? J'ai presque envie de la prendre dans mes bras pour la consoler. Je reviendrai et je resterai plus longtemps à Irkoutsk qui le mérite bien. A suivre...
Irkoutsk - Ulan Ude. J-2 et 1600 km depuis Irkoutsk jusqu'à la frontière chinoise.
De Mile High City à Sin City... à travers le Colorado, l'Utah, l'Arizona et le Nevada en juin 2008 (1e partie) English translation pending
Hello,
Voici, avec beaucoup de retard, un carnet de voyage sur notre trip de Juin 2008 entre Denver (Mile High City) et Las Vegas (Sin City), entre Colorado, Utah, Arizona et Nevada ! C’est plus un « rapport-compte rendu illustré » qu’une grande envolée littéraire ;-)).
Oui, il y a beaucoup de photos (et encore, ce n'est qu'une infime partie !), j'espère que vous ne m'en voudrez pas ! Les couleurs sont assez saturées car j'ai usé, voire abusé, d'un polarisant circulaire, mais c'est un parti pris...
Au menu : - Part 1 : Denver, Red Rocks Park & Amphitheater, Roxborough State Park, US Air Force Academy, Garden of Gods, Rocky Mountain NM, Maroon Bells, Crested Butte, Canyon of the Gunnison NP south rim, Colorado NM, Moab : Arches, Canyonlands (Island in the Sky, Needles), Capitol Reef NP, Cathedral Valley
- Part 2 : Scenic Bwy 12, Burr Trail, Lower Calf Creek Falls, Devil’s Garden, Kodachrome Basin SP, Cottonwood Canyon Road, Old Paria, Coyote Buttes South (Hole, Cottonwood Cove, White Pocket), Coyote Buttes North (The Wave), Wahweap Hoodoos, Horseshoe Bend, Upper Antelope Canyon, Marble Canyon, Zion NP, Valley of Fire SP, Las Vegas.
Mercis : A tous ceux et celles qui nous ont aidés directement ou indirectement (via leur carnet de voyage ou leur site) à construire ce voyage… Un immense merci à Sedonax (Philippe) pour sa disponibilité (au passage merci à Babeth aussi, elle sait pourquoi !) et ses connaissances qu’il n’hésite pas à partager sur VF, “en live”, sur le site OuestUsa dont il est auteur avec Wavewaster, au travers des guides "Photographing the Southwest" de Laurent Martrès… merci à Vazyvite (son site est aussi une mine d’infos), à Merboto, Kimy91, FredXII, krikri6792… et pardon à tous ceux que j’ai oubliés !
Notre itinéraire (hôtels): J-7 à J0: Denver (Hyatt Regency at Colorado Convention Center) pour le boulot (congrès) J0 : Estes Park (Best Western Silver Saddle) J1 : Glenwood Springs (Holiday Inn Express) J2 : Crested Butte (Cristiana Guesthaus, B&B) J3, J4, J5, J6 : Moab (Best Western Greenwell Inn) J7, J8 : Torrey (The Lodge at Red River Ranch, B&B) J9 : Escalante (Rainbow Country Inn, B&B) J10, J11, J12 : Page (Lake Powell Resort) J13 : Springdale (Pioneer Lodge) J14 : Las Vegas (Bellagio) J15 : Las Vegas (Excalibur) J16 et J17 : avion retour
Le tracé sur Google Maps :

Le récit (et qq photos) :
Ve 30 mai : En « route » vers Denver
- Valises bouclées, poster emballé (n’oublions pas que je vais d’abord bosser 1 semaine à la 56th ASMS Conference), sac photo plein à craquer !
- Vol UA Bruxelles à Washington + Vol UA Washington à Denver : RAS.
- Arrivée à l’hôtel vers 19h30 juste à temps pour assister à un superbe coucher de soleil sur les Rocky Mountains au loin ! Faut dire qu’avec une chambre au 24ème étage, la vue est superbe !

Dodo à Denver (Hyatt Regency Denver at Colorado Convention Center)
Sa 31 mai : Visites autour de Denver
- A 7h30, récupération d’une voiture de location chez Avis (Chevrolet Cobalt) pour 2 jours.

- 1ère destination : le Red Rocks Park & Amphitheater. Au Trading Post, je discute avec une employée fort sympa qui me conseille de boire beaucoup, de me méfier de l’altitude (ça va, j’ai l’habitude ;-)) et des photos à faire à l’amphithéâtre. Arrivée sur place : surprise ! L’amphithéâtre est rempli de gens qui courent et font du sport sous un cagnard de dingue, malgré l’heure matinale (<9h). Il parait que Denver est une ville de « maigres »…

- 2ème destination : le Roxborough State Park. 6$ d’entrée et warning du garde : il va faire chaud et il faut absolument penser à s’hydrater. Ben, il n’aura pas tord ! La chaleur sera un peu atténuée par le vent, mais je vais avoir bien soif et me choper qq beaux coups de soleil sur les bras et le « décolleté » (heureusement, mon chapeau a protégé ma trogne !) du meilleur effet pour le congrès ;-). Le parc est superbe avec de beaux monolithes rouges comme plantés au milieu de la verdure. Je m’engage sur les 2.2 miles de Fountain Valley Trail + Fountain Valley Overlook + Lion’s back Overlook : vraiment beau !

- 3ème destination : l'US Air Force Academy et sa Cadet Chapel (fermée dans sa partie « Upper Chapel » pour cause de mariage). Son architecture est assez futuriste mais colle bien avec le lieu. Il y a une grosse agitation chez les cadets en contrebas : certains sont en rang, d’autres trimballent leurs affaires comme ils peuvent (y compris sur des chaises à roulettes). C’est le jour des déménagements ? En reprenant la voiture, je passe à un poste de contrôle où un officier me demande mes papiers et on se tape une petite discut’ en français ! Très sympa. Il m’indique la route pour Colorado Springs et m’ouvre la barrière pour passer dans le centre !

- 4ème destination : Garden of Gods. J’arrive au Visitor Center sous un temps couvert mais le soleil pointera le bout de ses rayons au bon moment pour avoir qq beaux clichés de ce très beau parc, qui plus est gratuit ! En plus, j’ai de la chance, il n’y a pas trop de monde. J’attaque le Central Garden Trail (impossible de grimper derrière les WC du North Main Parking !), puis je vais voir Balanced Rock et enfin je termine par le Siamese Twin Trail où le soleil percera pour mieux me faire profiter de ce joli spot !


Il est plus de 18h30 lorsque je reprends ma voiture vers Manitou Springs et le Cliff Dwelling est fermé… Retour vers Denver avec un arrêt en route dans un Taco Bell au milieu de nulle part : le serveur a été 9 mois au Québec et on se tape donc une p’tite discut’ en français ! Qui a dit que les Américains ne parlaient que l’anglais (ou l’espagnol) ?
Retour à l’hôtel vers 22h : KO !
Di 01 juin: Denver
- Vers 9h30, petite visite au Walmart du coin sur Colfax pour les achats qui serviront au voyage (glacière, eau, des trucs à manger…)
- Courte visite (à pied) dans Denver (16th Street, Civic Center, le Capitol, Denver Library…). La ville ne m'a pas emballée plus que ça... il aurait fallu avoir la voiture + longtemps pour aller facilement hors du centre ville... et le temps m’a manqué pour visiter le Musée du Colorado, l’intérieur du Capitol ou aller voir les maisons victoriennes de Pennsylvania…



- A 17h, la conférence de l’ASMS commence (j’ai récupéré ma sacoche et le programme en début d’aprem, mais ces « radins » n’ont pas donné de bloc ni de stylo : je prends des notes comment ?)
- Dîner bien sympa avec Michel, mon ancien boss, au Cheesecake Factory. Les cheesecakes sont à tomber ! On remettra ça dans la semaine d’ailleurs !
Di 01 au Je 05 juin : 56th ASMS Conference à Denver
Je vous ferais grâce des détails de ce congrès sur la spectrométrie de masse ;-)

Je ferais qq balades dans Denver (Civic Park, REI Store, Pepsi Center, Union Station, Coors Field, Larimer Street…).


J0 (je 05 juin) : route de Denver à Estes Park
- Mon congrès se termine et Guy arrive en fin d'après midi à l’aéroport de Denver !
- Coup de chance chez National : on met la main sur le dernier Toyota 4Runner !!!! Super 4X4 ! Même si à peine partis de l’aéroport, le voyant « MAINT » s’allume (impossible d’appeler National, on essayera 2 fois plus de 5 min… et en plus, on a pris une assurance en plus à 6$/jour soi disant avec un N° spécial en cas de problème… on espère ne pas tomber en panne sur le bord de la route !). Nous comprendrons au cours du voyage que ce voyant signale qu’il faut faire la vidange (mais on ne va pas la faire à leur place, on a vérifié le niveau et il était ok)… et l’autocollant dans la portière nous indiquera que la maintenance n’a sans doute pas été faite depuis belle lurette… bref, passons ! Le 4x4 tiendra bon !

- Route vers Estes Park via Boulder et on arrive à l’hôtel vers 19h. Installation dans la chambre 152 avec son feu de cheminée (artificiel) et sa soi-disant « beautiful view on the mountains » : tu parles, faudrait abattre les arbres et ne pas être au rez-de-chaussée ;-))
- Dîner diététique chez Taco Bell et dessert chez McDo ! No comment (je vous entends ricaner !)
Dodo à Estes Park (Best Western Silver Saddle)
J1 (ve 06 juin) : Rocky Mountain NM --> Glenwood Springs
- Réveil à 6h et petit déj (inclus) à l’hôtel à 7h.
- Petit tour au Stanley Hotel (l’hôtel du film Shining avec Jack Nicholson ;-))
- Direction ensuite le Rocky Mountain NM où nous entrons par la Fall River Entrance Station et où nous achetons notre pass pour les parcs nationaux « America The Beautiful » à 80$, valable un an.
- Arrêt photo devant qq elks en bord de route puis au Sheep Lakes (mais pas de bighorn sheep en vue). Puis, nous empruntons la Old Fall River Road jusqu’à Alluvial Fan et les Horseshoe Falls. Demi-tour et direction Horseshoe Park et qq mule deers en route. Route ensuite vers la Bear Lake Road (avec petite balade à Sprague Lake et Bear, Nymph, Dream Lakes en marchant dans la neige !).



- La Trail Ridge Road est fermée pour cause de chutes de neige la veille et pour cause de vent violent mais nous pouvons tout de même aller jusque ~ Many Parks Curve
- Il nous faut ensuite reprendre la route et faire un gros détour pour aller à Glenwood Springs en repassant par Denver ! 5h de route (et une pause Burger King (oui, on fait dans le culinaire ces temps-ci) avant d’arriver à destination vers 21h30. Le jacuzzi a été bien agréable après cette longue journée…
Dodo à Glenwood Springs (Holiday Inn Express)
J2 (sa 07 juin) : Maroon Bells, Crested Butte
- Réveil vers 7h et petit déj (inclus) à l’hôtel vers 8h.
- Départ vers 8h45 pour Maroon Bells où nous arrivons vers 10h. C’est après avoir vu la superbe photo de ce lieu dans un des tomes de Photographing The Southwest que nous avons décidé de faire ce « détour » et nous n’avons pas regretté ! Nous nous baladons autour du Maroon Lake sur la scenic loop jusqu’au chute (pas les Upper Falls car le chemin est trop enneigé !) : superbe et peu fréquenté ! Quel bonheur !

- Départ vers 12h pour Marble où nous arrivons 2h15 plus tard. Hélas, les Crystal River Jeep Tour vers Crystal Mill ne fonctionnent qu’à partir du 10 juin… dommage… nous ne nous sentons pas d’attaquer cette piste seuls… petit arrêt photo au Beaver Lake.
- En chemin vers Crested Butte, nous allons encore devoir faire avec un gros détour via Hotchkiss et Gunnison car la Kebler Pass est fermée ! Damned, on est maudit ! En plus, il y a un gros accident sur la route peu après Bowie et on est obligé de prendre une petite route, même pas notée sur notre carte et coup de bol, un immense train dont les USA ont le secret, nous coupe la route pendant un temps interminable... quand on n'a pas le bol ! ;-))

Mais la route (Co 92) ensuite nous réservera qq beaux paysages ! Arrêts à Hermit Rest (où nous croisons un compatriote qui a de beaux restes en français, alors qu’il est venu s’installer aux USA à l’âge de 5 ans !), Pioneer Point (superbe point de vue, un peu venté, sur la Curecanti Needle), au Lake Fork avant d’enchaîner sur l’US 50 vers Gunnison et la CR135 vers Crested Butte où nous arrivons enfin à 19h15.


- Installation dans le charmant B&B Cristiana Guesthaus puis dîner au Wooden Nickel où nous nous régalons d’un bon steak et d’une apple pie.
Dodo à Crested Butte (Cristiana Guesthaus)
J3 (di 08 juin) : Black Canyon of the Gunnison NP south rim et Colorado NM --> Moab
- Réveil vers 6h30 et petit déj à 7h30. Nous étions un peu en avance et nous avons fait connaissance avec le chat blanc et roux obèse (le matou a engraissé tout l’hiver à l’intérieur et Rosemary aimerait bien qu’il aille un peu courir dehors plutôt que de se prélasser devant le feu de cheminée !). Les cinamon roll sont frais et chauds : un régal ! Il n’y a pas de tables où s’installer, c’est un peu déroutant… mais le but du jeu est de s’installer dans les canapés et de discuter entre hôtes… on avoue, après avoir un peu discuté en bas, on a fait les asociaux de base en remontant à l’étage pour regarder un bout de la finale homme de Roland Garros ;-)
- Nous ne pouvions pas partir sans faire qq photos dans Crested Butte, petite ville haute en couleurs.



- Nous partons vers 8h30 vers le Black Canyon of the Gunnison NP south rim où nous arrivons ~ 2h plus tard et où nous nous arrêtons aux points de vue assez vertigineux (Tomichi Point, Gunnison Point, Pulpit Rock Overlook, Gross Fissures View, Chasm View, Painted Wall View, Cedar Point, Sunset View et High Point).


- Puis route entre Gunnison et Colorado NM où nous arrivons vers 15h à l’entrée Est.
Petite balade sur le Devil’s Kitchen Trail puis route sur la Rim Rock Drive avec arrêts à Red Canyon Overlook, Fallen Rock Overlook, Upper Ute Canyon Overlook, Highland View, Artists Point, Coke Ovens Overlook, Monument Canyon View, Independance Monument View, Window Rock Trail et Balanced Rock. Nous quittons les lieux (qui nous ont bien plu) à ~18h30.




- Route vers Moab via la I70 et Cisco (route 128 qui longe le Colorado et 191 au nord de Moab) au moment du coucher de soleil ! Superbes couleurs sur les Fisher Towers depuis le bord de la route !


- Dîner vers 21h au Zak’s et son buffet de crudités + soupes + pizzas à volonté.
Dodo à Moab (Best Western Greenwell Inn)
J4 (lu 09 juin) : Arches NP, Moab
- Réveil à 6h30 et petit déj au Jailhouse Café vers 7h30.
- La journée sera entièrement consacrée à la visite de Arches NP et des différents secteurs tels que : Wall Street ( Park Avenue Viewpoint & Courthouse Towers Viewpoint), Balanced Rock et Garden of Eden Viewpoint, Windows Section avec le Primitive Trail, Double Arch & Parade of the Elephants, Fiery Furnace Viewpoint, Sand Dune et Broken Arch, , Devil's Garden Trail (Tunnel Arch, Pine Tree Arch, Landscape Arch, Wall Arch, Partition Arch, Navajo Arch, Double O Arch) et la montée à Delicate Arch (avec le tout petit détour pour voir les pétroglyphes) pour le coucher de soleil... Ça grimpe dur pendant une petite heure mais quel bonheur d’aller enfin voir le symbole de l’Utah de près !!








- Retour à Moab vers 21h15 et dîner au Denny’s.
Dodo à Moab (Best Western Greenwell Inn)
J5 (ma 10 juin) : Canyonlands NP (Island in the Sky), Moab
- Réveil à 6h30 et petit déj à 7h au buffet américano-chinois à côté de l’hôtel ! Le riz cantonais était très bon !
- Départ vers 8h direction Dead Horse Point SP (en 2006, nous y étions déjà passé) : le matin, ce n’est définitivement pas le bon moment pour la lumière !


- Puis nous allons dans Canyonlands NP (partie nord Island in the Sky) avec arrêts à Orange Cliffs Overlook, Grand View Point Overlook, Buck Canyon, Candelstick Tower, Green River Overlook. Petite balade à Mesa Arch (où il vente dur et où on mange du sable !). Et un dernier arrêt au Shafer Trail Overlook pour apercevoir la piste que l’on va prendre ! Glups !




- A 13h30, nous attaquons la piste de Shafer Trail. Renseignement pris au Visitor Center, la route est parait-il « non-technical », « a little bit bumpy » et le « high clairance » est obligatoire. Une fois sur place, c’est waouh la descente infernale et bonjour le secouage de couenne ! si ça, c’est « a little bit bumpy », ben qu’est ce que ça doit être le « bumpy »… il y a des cailloux, des marches, des trous et autres joyeusetés, faut s‘accrocher ! Une pelleteuse est d’ailleurs occupée à re-surfacer la route en haut de la piste… pour nous laisser passer, le conducteur, qui n’a pas froid aux yeux, fait une longue marche arrière et cale une de ses roues dans le vide ! Le tout avec le sourire aux lèvres… Guy se débrouille comme un chef pour piloter, moi je sue des gouttes de trouille ! D’ailleurs, je prendrais peu de photos, le trouillomètre à zéro, j’vous dis ! La descente prend fin assez vite, malgré qq arrêts pour laisser passer ceux qui montent. Nous décidons de ne pas aller sur la White Rim Road (tant pis pour Musselman Arch mais les 6 miles A/R sur une dirt road ne nous semblent pas une bonne idée).

Nous empruntons donc la Potash Road, plus calme et plus large, un peu bumpy tout de même mais quelle belle route et quels paysages ! Nombreux arrêts photos en route avec comme points « culminants » : le Colorado et les bassins de potasse et leur dégradé de bleus (du turquoise au bleu marine)...



Nous sommes de retour sur la 191 vers Moab vers 16h15.
- Nous prenons ensuite la piste d'Onion Creek sur la 128 : géniale, le passage des multiples petits gués est bien fun (l’eau n’est pas très haute) !



- A ~18h30, nous entamons la petite balade aux Fisher Towers jusqu'au Titan (la chaleur > 90°F/32°C nous achève et on n’ira pas + loin…. Retour à la voiture vers 20h.


- Dîner à la Moab Brewery
On n'a pas pu faire la La Sal Mountain Loop, Bow Tie et Corona Arches, Mill Creek Canyon, Negro Bill Canyon, Lion's Back... faudra revenir !!!!
Dodo à Moab (Best Western Greenwell Inn)
J6 (me 11 juin) : Canyonlands NP (Needles), Moab
- Réveil 6h30 et peti déj au Moab Diner vers 7h.
- En route vers 8h vers Canyonlands NP (Needles) et arrêts au Newspaper Rock (pétroglyphes) et au Roadside Ruin.


- Rando vers le Chesler Park Viewpoint (on n'a pas fait le tour complet, trop crevant sous cette chaleur !) en ~ 5h A/R sous un cagnard de plomb ! Nous revenons vers 16h, un brin KO mais heureux de cette très belle balade.





- Nous avons oublié de faire le plein à Moab ce matin et nous devons mettre un peu d’essence au Needles Outpost où l’essence est à 6$/gallon !!!! Même le vendeur trouve ça cher et s’excuse presque de nous la vendre à ce prix là…
- Puis route (interminable !) vers les Canyon Rims Viewpoint : Needle Overlook + Anticline Overlook où hélas le soleil joue à cache cache ! Un peu dommage car les points de vue sont impressionnants.




- Retour à Moab vers 20h30, petit passage à la galerie de Tom Till (glups le prix des litos !) et dîner chez Zak’s.
Dodo à Moab (Best Western Greenwell Inn)
J7 (je 12 juin) : Moab --> Torrey
- Réveil à 6h30 et petit déj à 7h45 à l’Eklectica Café (pancakes au blé complet !).
- Départ de Moab à 8h30 et arrivée à 10h30 à Goblin Valley SP : visite du lieu pendant 1h au milieu des petits « champignons ».



- Puis, petite incursion dans Little Wild Horse Canyon pendant 1h30 : un petit slot canyon super sympa !



- Route Goblin Valley SP à Capitol Reef (95 km ~ 1h20) et arrêts à :
- -> Fruita Oasis

- -> Scenic Drive et les 11 arrêts jusque Capitol Gorge où nous faisons le trail vers les pétroglyphes, le Pioneer Register et la balade vers les Tanks


- -> Panorama & Sunset Point et Gooseneck of Sulphur Creek
- -> Chimney Rock

Nous arrivons au Red River Ranch (très belle reconstitution d’une maison tout en bois) vers 20h30 et nous prenons possession de la chambre « Cornflower » et de son joli lit à baldaquin ! Les hôtels de la petite ville de Torrey étaient tous complets, suite à un rassemblement de bikers, et nous avions trouvé ce B&B bien sympa !
Dîner au Capitol Reef Inn & Cafe.
Dodo à Torrey (The Lodge at Red River Ranch)
J8 (ve 13 juin) : Torrey
- Réveil vers 7h, petit déj 7h30 et départ vers 8h30 (non sans avoir fait connaissance avec les chats du Lodge : une maman siamois et ses 4 petits trop craquants (le propriétaire des lieux leur avait aménagé une super caisse chauffée !), un poilu et un sans queue râleur !).

- Aujourd’hui, c’est : la Cathedral Valley Road ! Superbe !!! Mais on a fait les lâches ... On a commencé par le gué (pourtant super facile) et on a fini à Caineville (sorry Philipe ! ;-)) !
Les 59 miles seront faits en ~ 6h45 avec qq courtes balades (car ça tape dur !) et beaucoup d’arrêts photo ! (on suit les indications du Self Guided Auto Tour).










- A 18h45, nous dînons tôt au Cafe Diablo « elected Best Restaurant in the Southwest Utah », rien que ça ! Le resto est rempli de bikers… et là, pour moi, le mythe tombe… le biker présent ici est vieux, gros, gras et moche !!! Easy Rider a mal vieilli… un « Jesus » local et une serveuse nous pousse la chansonnette pendant que nous mangeons nos plats, ma foi plutôt bons (Mayan Tamalé et Pumpkin Seed Trout)… Bonne ambiance…
- A 19h30, nous nous mettons en route pour Sunset Point pour un coucher de soleil un poil décevant (trop d’ombre) mais bon le paysage est tout de même très beau !
- Retour au Lodge vers 21h30 et nous plongeons avec délice dans le jacuzzi en plein air sous les étoiles et la ½ lune dans une eau bouillonnante et bouillante (105°F !).

Dodo à Torrey (The Lodge at Red River Ranch)
A SUIVRE... N'hésitez pas à laisser un commentaire ou si vous avez une question ! Hope you enjoy the trip (as we did) ! 😎
!!! LA SUITE (2ème et dernière partie) EST EN LIGNE ICI !!!
@+ Vnoa
Voici, avec beaucoup de retard, un carnet de voyage sur notre trip de Juin 2008 entre Denver (Mile High City) et Las Vegas (Sin City), entre Colorado, Utah, Arizona et Nevada ! C’est plus un « rapport-compte rendu illustré » qu’une grande envolée littéraire ;-)).
Oui, il y a beaucoup de photos (et encore, ce n'est qu'une infime partie !), j'espère que vous ne m'en voudrez pas ! Les couleurs sont assez saturées car j'ai usé, voire abusé, d'un polarisant circulaire, mais c'est un parti pris...
Au menu : - Part 1 : Denver, Red Rocks Park & Amphitheater, Roxborough State Park, US Air Force Academy, Garden of Gods, Rocky Mountain NM, Maroon Bells, Crested Butte, Canyon of the Gunnison NP south rim, Colorado NM, Moab : Arches, Canyonlands (Island in the Sky, Needles), Capitol Reef NP, Cathedral Valley
- Part 2 : Scenic Bwy 12, Burr Trail, Lower Calf Creek Falls, Devil’s Garden, Kodachrome Basin SP, Cottonwood Canyon Road, Old Paria, Coyote Buttes South (Hole, Cottonwood Cove, White Pocket), Coyote Buttes North (The Wave), Wahweap Hoodoos, Horseshoe Bend, Upper Antelope Canyon, Marble Canyon, Zion NP, Valley of Fire SP, Las Vegas.
Mercis : A tous ceux et celles qui nous ont aidés directement ou indirectement (via leur carnet de voyage ou leur site) à construire ce voyage… Un immense merci à Sedonax (Philippe) pour sa disponibilité (au passage merci à Babeth aussi, elle sait pourquoi !) et ses connaissances qu’il n’hésite pas à partager sur VF, “en live”, sur le site OuestUsa dont il est auteur avec Wavewaster, au travers des guides "Photographing the Southwest" de Laurent Martrès… merci à Vazyvite (son site est aussi une mine d’infos), à Merboto, Kimy91, FredXII, krikri6792… et pardon à tous ceux que j’ai oubliés !
Notre itinéraire (hôtels): J-7 à J0: Denver (Hyatt Regency at Colorado Convention Center) pour le boulot (congrès) J0 : Estes Park (Best Western Silver Saddle) J1 : Glenwood Springs (Holiday Inn Express) J2 : Crested Butte (Cristiana Guesthaus, B&B) J3, J4, J5, J6 : Moab (Best Western Greenwell Inn) J7, J8 : Torrey (The Lodge at Red River Ranch, B&B) J9 : Escalante (Rainbow Country Inn, B&B) J10, J11, J12 : Page (Lake Powell Resort) J13 : Springdale (Pioneer Lodge) J14 : Las Vegas (Bellagio) J15 : Las Vegas (Excalibur) J16 et J17 : avion retour
Le tracé sur Google Maps :

Le récit (et qq photos) :
Ve 30 mai : En « route » vers Denver
- Valises bouclées, poster emballé (n’oublions pas que je vais d’abord bosser 1 semaine à la 56th ASMS Conference), sac photo plein à craquer !
- Vol UA Bruxelles à Washington + Vol UA Washington à Denver : RAS.
- Arrivée à l’hôtel vers 19h30 juste à temps pour assister à un superbe coucher de soleil sur les Rocky Mountains au loin ! Faut dire qu’avec une chambre au 24ème étage, la vue est superbe !

Dodo à Denver (Hyatt Regency Denver at Colorado Convention Center)
Sa 31 mai : Visites autour de Denver
- A 7h30, récupération d’une voiture de location chez Avis (Chevrolet Cobalt) pour 2 jours.

- 1ère destination : le Red Rocks Park & Amphitheater. Au Trading Post, je discute avec une employée fort sympa qui me conseille de boire beaucoup, de me méfier de l’altitude (ça va, j’ai l’habitude ;-)) et des photos à faire à l’amphithéâtre. Arrivée sur place : surprise ! L’amphithéâtre est rempli de gens qui courent et font du sport sous un cagnard de dingue, malgré l’heure matinale (<9h). Il parait que Denver est une ville de « maigres »…

- 2ème destination : le Roxborough State Park. 6$ d’entrée et warning du garde : il va faire chaud et il faut absolument penser à s’hydrater. Ben, il n’aura pas tord ! La chaleur sera un peu atténuée par le vent, mais je vais avoir bien soif et me choper qq beaux coups de soleil sur les bras et le « décolleté » (heureusement, mon chapeau a protégé ma trogne !) du meilleur effet pour le congrès ;-). Le parc est superbe avec de beaux monolithes rouges comme plantés au milieu de la verdure. Je m’engage sur les 2.2 miles de Fountain Valley Trail + Fountain Valley Overlook + Lion’s back Overlook : vraiment beau !

- 3ème destination : l'US Air Force Academy et sa Cadet Chapel (fermée dans sa partie « Upper Chapel » pour cause de mariage). Son architecture est assez futuriste mais colle bien avec le lieu. Il y a une grosse agitation chez les cadets en contrebas : certains sont en rang, d’autres trimballent leurs affaires comme ils peuvent (y compris sur des chaises à roulettes). C’est le jour des déménagements ? En reprenant la voiture, je passe à un poste de contrôle où un officier me demande mes papiers et on se tape une petite discut’ en français ! Très sympa. Il m’indique la route pour Colorado Springs et m’ouvre la barrière pour passer dans le centre !

- 4ème destination : Garden of Gods. J’arrive au Visitor Center sous un temps couvert mais le soleil pointera le bout de ses rayons au bon moment pour avoir qq beaux clichés de ce très beau parc, qui plus est gratuit ! En plus, j’ai de la chance, il n’y a pas trop de monde. J’attaque le Central Garden Trail (impossible de grimper derrière les WC du North Main Parking !), puis je vais voir Balanced Rock et enfin je termine par le Siamese Twin Trail où le soleil percera pour mieux me faire profiter de ce joli spot !


Il est plus de 18h30 lorsque je reprends ma voiture vers Manitou Springs et le Cliff Dwelling est fermé… Retour vers Denver avec un arrêt en route dans un Taco Bell au milieu de nulle part : le serveur a été 9 mois au Québec et on se tape donc une p’tite discut’ en français ! Qui a dit que les Américains ne parlaient que l’anglais (ou l’espagnol) ?
Retour à l’hôtel vers 22h : KO !
Di 01 juin: Denver
- Vers 9h30, petite visite au Walmart du coin sur Colfax pour les achats qui serviront au voyage (glacière, eau, des trucs à manger…)
- Courte visite (à pied) dans Denver (16th Street, Civic Center, le Capitol, Denver Library…). La ville ne m'a pas emballée plus que ça... il aurait fallu avoir la voiture + longtemps pour aller facilement hors du centre ville... et le temps m’a manqué pour visiter le Musée du Colorado, l’intérieur du Capitol ou aller voir les maisons victoriennes de Pennsylvania…



- A 17h, la conférence de l’ASMS commence (j’ai récupéré ma sacoche et le programme en début d’aprem, mais ces « radins » n’ont pas donné de bloc ni de stylo : je prends des notes comment ?)
- Dîner bien sympa avec Michel, mon ancien boss, au Cheesecake Factory. Les cheesecakes sont à tomber ! On remettra ça dans la semaine d’ailleurs !
Di 01 au Je 05 juin : 56th ASMS Conference à Denver
Je vous ferais grâce des détails de ce congrès sur la spectrométrie de masse ;-)

Je ferais qq balades dans Denver (Civic Park, REI Store, Pepsi Center, Union Station, Coors Field, Larimer Street…).


J0 (je 05 juin) : route de Denver à Estes Park
- Mon congrès se termine et Guy arrive en fin d'après midi à l’aéroport de Denver !
- Coup de chance chez National : on met la main sur le dernier Toyota 4Runner !!!! Super 4X4 ! Même si à peine partis de l’aéroport, le voyant « MAINT » s’allume (impossible d’appeler National, on essayera 2 fois plus de 5 min… et en plus, on a pris une assurance en plus à 6$/jour soi disant avec un N° spécial en cas de problème… on espère ne pas tomber en panne sur le bord de la route !). Nous comprendrons au cours du voyage que ce voyant signale qu’il faut faire la vidange (mais on ne va pas la faire à leur place, on a vérifié le niveau et il était ok)… et l’autocollant dans la portière nous indiquera que la maintenance n’a sans doute pas été faite depuis belle lurette… bref, passons ! Le 4x4 tiendra bon !

- Route vers Estes Park via Boulder et on arrive à l’hôtel vers 19h. Installation dans la chambre 152 avec son feu de cheminée (artificiel) et sa soi-disant « beautiful view on the mountains » : tu parles, faudrait abattre les arbres et ne pas être au rez-de-chaussée ;-))
- Dîner diététique chez Taco Bell et dessert chez McDo ! No comment (je vous entends ricaner !)
Dodo à Estes Park (Best Western Silver Saddle)
J1 (ve 06 juin) : Rocky Mountain NM --> Glenwood Springs
- Réveil à 6h et petit déj (inclus) à l’hôtel à 7h.
- Petit tour au Stanley Hotel (l’hôtel du film Shining avec Jack Nicholson ;-))
- Direction ensuite le Rocky Mountain NM où nous entrons par la Fall River Entrance Station et où nous achetons notre pass pour les parcs nationaux « America The Beautiful » à 80$, valable un an.
- Arrêt photo devant qq elks en bord de route puis au Sheep Lakes (mais pas de bighorn sheep en vue). Puis, nous empruntons la Old Fall River Road jusqu’à Alluvial Fan et les Horseshoe Falls. Demi-tour et direction Horseshoe Park et qq mule deers en route. Route ensuite vers la Bear Lake Road (avec petite balade à Sprague Lake et Bear, Nymph, Dream Lakes en marchant dans la neige !).



- La Trail Ridge Road est fermée pour cause de chutes de neige la veille et pour cause de vent violent mais nous pouvons tout de même aller jusque ~ Many Parks Curve
- Il nous faut ensuite reprendre la route et faire un gros détour pour aller à Glenwood Springs en repassant par Denver ! 5h de route (et une pause Burger King (oui, on fait dans le culinaire ces temps-ci) avant d’arriver à destination vers 21h30. Le jacuzzi a été bien agréable après cette longue journée…
Dodo à Glenwood Springs (Holiday Inn Express)
J2 (sa 07 juin) : Maroon Bells, Crested Butte
- Réveil vers 7h et petit déj (inclus) à l’hôtel vers 8h.
- Départ vers 8h45 pour Maroon Bells où nous arrivons vers 10h. C’est après avoir vu la superbe photo de ce lieu dans un des tomes de Photographing The Southwest que nous avons décidé de faire ce « détour » et nous n’avons pas regretté ! Nous nous baladons autour du Maroon Lake sur la scenic loop jusqu’au chute (pas les Upper Falls car le chemin est trop enneigé !) : superbe et peu fréquenté ! Quel bonheur !

- Départ vers 12h pour Marble où nous arrivons 2h15 plus tard. Hélas, les Crystal River Jeep Tour vers Crystal Mill ne fonctionnent qu’à partir du 10 juin… dommage… nous ne nous sentons pas d’attaquer cette piste seuls… petit arrêt photo au Beaver Lake.
- En chemin vers Crested Butte, nous allons encore devoir faire avec un gros détour via Hotchkiss et Gunnison car la Kebler Pass est fermée ! Damned, on est maudit ! En plus, il y a un gros accident sur la route peu après Bowie et on est obligé de prendre une petite route, même pas notée sur notre carte et coup de bol, un immense train dont les USA ont le secret, nous coupe la route pendant un temps interminable... quand on n'a pas le bol ! ;-))

Mais la route (Co 92) ensuite nous réservera qq beaux paysages ! Arrêts à Hermit Rest (où nous croisons un compatriote qui a de beaux restes en français, alors qu’il est venu s’installer aux USA à l’âge de 5 ans !), Pioneer Point (superbe point de vue, un peu venté, sur la Curecanti Needle), au Lake Fork avant d’enchaîner sur l’US 50 vers Gunnison et la CR135 vers Crested Butte où nous arrivons enfin à 19h15.


- Installation dans le charmant B&B Cristiana Guesthaus puis dîner au Wooden Nickel où nous nous régalons d’un bon steak et d’une apple pie.
Dodo à Crested Butte (Cristiana Guesthaus)
J3 (di 08 juin) : Black Canyon of the Gunnison NP south rim et Colorado NM --> Moab
- Réveil vers 6h30 et petit déj à 7h30. Nous étions un peu en avance et nous avons fait connaissance avec le chat blanc et roux obèse (le matou a engraissé tout l’hiver à l’intérieur et Rosemary aimerait bien qu’il aille un peu courir dehors plutôt que de se prélasser devant le feu de cheminée !). Les cinamon roll sont frais et chauds : un régal ! Il n’y a pas de tables où s’installer, c’est un peu déroutant… mais le but du jeu est de s’installer dans les canapés et de discuter entre hôtes… on avoue, après avoir un peu discuté en bas, on a fait les asociaux de base en remontant à l’étage pour regarder un bout de la finale homme de Roland Garros ;-)
- Nous ne pouvions pas partir sans faire qq photos dans Crested Butte, petite ville haute en couleurs.



- Nous partons vers 8h30 vers le Black Canyon of the Gunnison NP south rim où nous arrivons ~ 2h plus tard et où nous nous arrêtons aux points de vue assez vertigineux (Tomichi Point, Gunnison Point, Pulpit Rock Overlook, Gross Fissures View, Chasm View, Painted Wall View, Cedar Point, Sunset View et High Point).


- Puis route entre Gunnison et Colorado NM où nous arrivons vers 15h à l’entrée Est.
Petite balade sur le Devil’s Kitchen Trail puis route sur la Rim Rock Drive avec arrêts à Red Canyon Overlook, Fallen Rock Overlook, Upper Ute Canyon Overlook, Highland View, Artists Point, Coke Ovens Overlook, Monument Canyon View, Independance Monument View, Window Rock Trail et Balanced Rock. Nous quittons les lieux (qui nous ont bien plu) à ~18h30.




- Route vers Moab via la I70 et Cisco (route 128 qui longe le Colorado et 191 au nord de Moab) au moment du coucher de soleil ! Superbes couleurs sur les Fisher Towers depuis le bord de la route !


- Dîner vers 21h au Zak’s et son buffet de crudités + soupes + pizzas à volonté.
Dodo à Moab (Best Western Greenwell Inn)
J4 (lu 09 juin) : Arches NP, Moab
- Réveil à 6h30 et petit déj au Jailhouse Café vers 7h30.
- La journée sera entièrement consacrée à la visite de Arches NP et des différents secteurs tels que : Wall Street ( Park Avenue Viewpoint & Courthouse Towers Viewpoint), Balanced Rock et Garden of Eden Viewpoint, Windows Section avec le Primitive Trail, Double Arch & Parade of the Elephants, Fiery Furnace Viewpoint, Sand Dune et Broken Arch, , Devil's Garden Trail (Tunnel Arch, Pine Tree Arch, Landscape Arch, Wall Arch, Partition Arch, Navajo Arch, Double O Arch) et la montée à Delicate Arch (avec le tout petit détour pour voir les pétroglyphes) pour le coucher de soleil... Ça grimpe dur pendant une petite heure mais quel bonheur d’aller enfin voir le symbole de l’Utah de près !!








- Retour à Moab vers 21h15 et dîner au Denny’s.
Dodo à Moab (Best Western Greenwell Inn)
J5 (ma 10 juin) : Canyonlands NP (Island in the Sky), Moab
- Réveil à 6h30 et petit déj à 7h au buffet américano-chinois à côté de l’hôtel ! Le riz cantonais était très bon !
- Départ vers 8h direction Dead Horse Point SP (en 2006, nous y étions déjà passé) : le matin, ce n’est définitivement pas le bon moment pour la lumière !


- Puis nous allons dans Canyonlands NP (partie nord Island in the Sky) avec arrêts à Orange Cliffs Overlook, Grand View Point Overlook, Buck Canyon, Candelstick Tower, Green River Overlook. Petite balade à Mesa Arch (où il vente dur et où on mange du sable !). Et un dernier arrêt au Shafer Trail Overlook pour apercevoir la piste que l’on va prendre ! Glups !




- A 13h30, nous attaquons la piste de Shafer Trail. Renseignement pris au Visitor Center, la route est parait-il « non-technical », « a little bit bumpy » et le « high clairance » est obligatoire. Une fois sur place, c’est waouh la descente infernale et bonjour le secouage de couenne ! si ça, c’est « a little bit bumpy », ben qu’est ce que ça doit être le « bumpy »… il y a des cailloux, des marches, des trous et autres joyeusetés, faut s‘accrocher ! Une pelleteuse est d’ailleurs occupée à re-surfacer la route en haut de la piste… pour nous laisser passer, le conducteur, qui n’a pas froid aux yeux, fait une longue marche arrière et cale une de ses roues dans le vide ! Le tout avec le sourire aux lèvres… Guy se débrouille comme un chef pour piloter, moi je sue des gouttes de trouille ! D’ailleurs, je prendrais peu de photos, le trouillomètre à zéro, j’vous dis ! La descente prend fin assez vite, malgré qq arrêts pour laisser passer ceux qui montent. Nous décidons de ne pas aller sur la White Rim Road (tant pis pour Musselman Arch mais les 6 miles A/R sur une dirt road ne nous semblent pas une bonne idée).

Nous empruntons donc la Potash Road, plus calme et plus large, un peu bumpy tout de même mais quelle belle route et quels paysages ! Nombreux arrêts photos en route avec comme points « culminants » : le Colorado et les bassins de potasse et leur dégradé de bleus (du turquoise au bleu marine)...



Nous sommes de retour sur la 191 vers Moab vers 16h15.
- Nous prenons ensuite la piste d'Onion Creek sur la 128 : géniale, le passage des multiples petits gués est bien fun (l’eau n’est pas très haute) !



- A ~18h30, nous entamons la petite balade aux Fisher Towers jusqu'au Titan (la chaleur > 90°F/32°C nous achève et on n’ira pas + loin…. Retour à la voiture vers 20h.


- Dîner à la Moab Brewery
On n'a pas pu faire la La Sal Mountain Loop, Bow Tie et Corona Arches, Mill Creek Canyon, Negro Bill Canyon, Lion's Back... faudra revenir !!!!
Dodo à Moab (Best Western Greenwell Inn)
J6 (me 11 juin) : Canyonlands NP (Needles), Moab
- Réveil 6h30 et peti déj au Moab Diner vers 7h.
- En route vers 8h vers Canyonlands NP (Needles) et arrêts au Newspaper Rock (pétroglyphes) et au Roadside Ruin.


- Rando vers le Chesler Park Viewpoint (on n'a pas fait le tour complet, trop crevant sous cette chaleur !) en ~ 5h A/R sous un cagnard de plomb ! Nous revenons vers 16h, un brin KO mais heureux de cette très belle balade.





- Nous avons oublié de faire le plein à Moab ce matin et nous devons mettre un peu d’essence au Needles Outpost où l’essence est à 6$/gallon !!!! Même le vendeur trouve ça cher et s’excuse presque de nous la vendre à ce prix là…
- Puis route (interminable !) vers les Canyon Rims Viewpoint : Needle Overlook + Anticline Overlook où hélas le soleil joue à cache cache ! Un peu dommage car les points de vue sont impressionnants.




- Retour à Moab vers 20h30, petit passage à la galerie de Tom Till (glups le prix des litos !) et dîner chez Zak’s.
Dodo à Moab (Best Western Greenwell Inn)
J7 (je 12 juin) : Moab --> Torrey
- Réveil à 6h30 et petit déj à 7h45 à l’Eklectica Café (pancakes au blé complet !).
- Départ de Moab à 8h30 et arrivée à 10h30 à Goblin Valley SP : visite du lieu pendant 1h au milieu des petits « champignons ».



- Puis, petite incursion dans Little Wild Horse Canyon pendant 1h30 : un petit slot canyon super sympa !



- Route Goblin Valley SP à Capitol Reef (95 km ~ 1h20) et arrêts à :
- -> Fruita Oasis

- -> Scenic Drive et les 11 arrêts jusque Capitol Gorge où nous faisons le trail vers les pétroglyphes, le Pioneer Register et la balade vers les Tanks


- -> Panorama & Sunset Point et Gooseneck of Sulphur Creek
- -> Chimney Rock

Nous arrivons au Red River Ranch (très belle reconstitution d’une maison tout en bois) vers 20h30 et nous prenons possession de la chambre « Cornflower » et de son joli lit à baldaquin ! Les hôtels de la petite ville de Torrey étaient tous complets, suite à un rassemblement de bikers, et nous avions trouvé ce B&B bien sympa !
Dîner au Capitol Reef Inn & Cafe.
Dodo à Torrey (The Lodge at Red River Ranch)
J8 (ve 13 juin) : Torrey
- Réveil vers 7h, petit déj 7h30 et départ vers 8h30 (non sans avoir fait connaissance avec les chats du Lodge : une maman siamois et ses 4 petits trop craquants (le propriétaire des lieux leur avait aménagé une super caisse chauffée !), un poilu et un sans queue râleur !).

- Aujourd’hui, c’est : la Cathedral Valley Road ! Superbe !!! Mais on a fait les lâches ... On a commencé par le gué (pourtant super facile) et on a fini à Caineville (sorry Philipe ! ;-)) !
Les 59 miles seront faits en ~ 6h45 avec qq courtes balades (car ça tape dur !) et beaucoup d’arrêts photo ! (on suit les indications du Self Guided Auto Tour).










- A 18h45, nous dînons tôt au Cafe Diablo « elected Best Restaurant in the Southwest Utah », rien que ça ! Le resto est rempli de bikers… et là, pour moi, le mythe tombe… le biker présent ici est vieux, gros, gras et moche !!! Easy Rider a mal vieilli… un « Jesus » local et une serveuse nous pousse la chansonnette pendant que nous mangeons nos plats, ma foi plutôt bons (Mayan Tamalé et Pumpkin Seed Trout)… Bonne ambiance…
- A 19h30, nous nous mettons en route pour Sunset Point pour un coucher de soleil un poil décevant (trop d’ombre) mais bon le paysage est tout de même très beau !
- Retour au Lodge vers 21h30 et nous plongeons avec délice dans le jacuzzi en plein air sous les étoiles et la ½ lune dans une eau bouillonnante et bouillante (105°F !).

Dodo à Torrey (The Lodge at Red River Ranch)
A SUIVRE... N'hésitez pas à laisser un commentaire ou si vous avez une question ! Hope you enjoy the trip (as we did) ! 😎
!!! LA SUITE (2ème et dernière partie) EST EN LIGNE ICI !!!
@+ Vnoa
45 jours aux Etats-Unis en juillet/août 2008 English translation pending
Bonjour à tou(te)s
Ce compte rendu sans prétention, un peu tardif, d'un voyage en juillet/août 2008, (en raison d'une année difficile, et de l'effacement accidentel d'une bonne partie des notes de voyage sur informatique...) pour essayer d'en aider d'autres, et remercier tous ceux qui nous ont aidés sur ce forum ou en MP, directement ou en répondant aux forumeurs sur des sujets qui nous intéressaient, à commencer par J.Luc (Vazyvite) (Pourquoi ai-je donc pensé à lui à Roswell ?...😊), Philippe (Sedonax) (encore merci notamment pour Sédona et pour CBS avec Paria Outfitters : peut-être les moments les plus forts de notre voyage😮), Fred XIII, Vilcanota, Jadorry, Bousquet (grâce à qui nous envisageons d'ouvrir une piste de ski, ou un chantier naval, ou un élevage de phoques, à Carizzozo😏), PSI31, Noelle65, monkiwi, FabienneCA, Zitounet, Grisemote, mlefevre, boumtchak, jdakota, j'en oublie certainement, qu'ils ne nous en veuillent pas.
C'est une petite contribution qui veut témoigner de notre reconnaissance envers ce forum.
Nous, c'est un couple de la cinquante/soixantaine, pas hyper sportif ni aventurier, ne cherchant pas le grand luxe, n'aimant pas trop la grande foule mais plutôt les rencontres simples, ayant déjà fait un voyage dans l'Ouest en 2005 (les grands classiques) avec les enfants.
Nos commentaires sont à aborder à travers ces prismes là.
Bien à vous
Philippe
J1 Ma 8 Paris/ San Francisco
Voyage tranquille (mais ne pas oublier de mettre son ordi portable dans un bac séparé à la douane...)– Beaucoup de monde à l’arrivée SF - files attente pour contrôles - prise empreinte 2 index + photo - tout semble aller bien, mais GASP ! 1 valise égarée par Air France avec dedans un traitement médical important (assez volumineux, impossible de l'emmener en cabine) : si maintenant il faut répartir ses pilules ou autres dans toutes les valises par précaution...
Angoisse – Air France nous offre 150$ de dédommagement pour achat vêtements – avec toute cette histoire, prise du 4/4 (Alamo par Autoescape) à l’aéroport avec beaucoup de retard : il ne reste plus grand chose de bien. On attend encore, un Four Runner arrive, mais d’autres l’avaient réservé ... On se rabat donc sur un Toyota Highlander, pas trop mal, mais qui s’avérera pas vraiment correctement préparé ( voyant pneus dégonflés allumé au bout de 500 km, voyant maintenance allumé au bout de 2500 km... Voir J8 et J9, impossible de joindre la road assistance, et accueil scandaleux à Alamo Jackson Airport). Ben tant pis, on verra bien (ça a été , on s’est arrêté dans plusieurs garages ou agences Toyota sur le trajet, tous sympas (sans pub), qui nous ont dit que ça devrait tenir : on changera à Albuquerque.
Coucher au Coventry : excellent accueil de Vince, avec une aide précieuse et efficace pour la recherche de la valise. Hôtel pratique, bien tenu (chambre calme à l’opposé de Lombard)
Courses au Safeway et carte fidélité (env 10% de remise dans tous les magasins)
Dîner au Mel’s Drive In à côté : on retrouve l’odeur du péché alimentaire... mais c’est bon...
Coucher : Coventry Motor Inn (réservé de France) - Qualité/prix/ = *** pour la situation et l'accueil
Resto : Mel’s Drive In


J2 Me 9 San Francisco
Malgré le stress, on visite les classiques pour se rassurer (Ghirardelli, Cannery, Fisherman, Coït Tower, Chinatown, tout à pied). Belles vues au sommet de Coït... petits escaliers avec maisons entourées de fleurs (Vers Filbert), vues sur la baie : un peu fatigant, mais joli. On ose déjeuner à Chinatown dans un Hole in the Wall d’aspect... spécial. Surprise : c’est super bon, et ma douce moitié (qui parle très peu anglais et encore moins mandarin ou pidgin) se fait une copine de la cuisinière, on a des grosses portions et on est bien contents, même si on ne sait pas ce que c'est... ! Et même pas malades !
Retour au Coventry - On a retrouvé la valise vers 18h ! Livrée à l’hôtel. Encore merci Vince qui n’a pas arrêté de téléphoner pour nous.
Bien fatigués et soulagés... dîner, dodo.
Coucher : Coventry Motor Inn (réservé de France) - Qualité prix = ***
Resto : Mel’s Drive In (play it again, sam)



J3 Je 10 San Francisco/côte/Redwood/Crescent City
On se perd un peu en partant du côté de Point Reyes, route bordée par endroit d'eucalyptus et de pins. Presque "campagne française"...
Puis on aborde la région des grands arbres (Humboldt, Avenue des Géants...): Redwoods impressionnants, gigantesques : on passe au travers du "Chandelier Tree" : bien rabattre les rétros...
Avant Crescent City, la route longe la mer : belles découpes de rochers au début du crépuscule, pelotons de mouettes sur les plages
Coucher : Light House Inn (non réservé) - Qualité prix = *
Resto : Denny's



J4 Ve 11 Redwood/ Crater Lake/Lincoln City
Longue route dans la forêt vers Crater Lake
Crater Lake : Bleu profond magnifique – de la neige sur les côtés de la route (parfois une bonne épaisseur !). Le contraste entre le bleu du lac, le vert des arbres, les ocres différents, le blanc de la neige... Un peu de vent.
Re-route vers la côte - c'est long... quelques dunes, mais on se dépêche : trajet plus long que prévu.
On n’avait pas réservé, donc plus de place à Lincoln City, sinon à l’Edgecliff motel – Patron désabusé, pas hyper clean, un peu bizarre, mais chambre correcte, vue sur mer (joli coucher de soleil). Le lendemain matin, le petit dèj sera le plus cocasse du voyage : sur un bout de table en plastique, dans une sorte d’entrée, avec 1 muffin et demi, et du café... pire qu’aux US... !
... Il est tard (21h) , quasi tous les restos fermés (dont Blackfish), 1 seul ouvert avec orchestre, qui ne sert plus que de la bière et des frites...
Coucher : Edgecliff Motel - Qualité prix = 0 (0 pour le patron et le petit dèj. Mais il paraît que ça s'est amélioré...?)
Resto : (?)



J5 Sa 12 Lincoln City/Boise
Route sans histoire, contrastée (forêts, collines pelées, zones plates, bruyère...)
Soirées Bachelorettes au Hampton de Boise... On prend le même ascenseur qu'un groupe hurlant de ces demoiselles, bien allumées par... du coca light ?.. "Moi, Français" : triplement des hurlements... Mon charme masculin (d'un certain âge...) ? Sans aucun doute (ma douce moitié a modérément apprécié et n'a pas encore lu ce compte-rendu...). Désolé, pas de photos...😇😇😇
Coucher : Hampton Inn - Qualité prix = ** : très bien et pas trop trop cher...
Resto : (?) près de l'hôtel, rue piétonne
J6 Di 13 Boise/Crater of the moon/Yellowstone
De la route...
Crater of the moon : roches noires (le négatif de White Sands !) , "champs" de lave - rien de transcendant (sauf pour les géologues ?), mais néanmoins étonnant. Loop sur route goudronnée.
Quelques embouteillages en arrivant à Yellowstone - donc direct check in, manger et dodo
Coucher : Lake Lodge Cabins (réservé de France) - Qualité prix = * (un peu cher et moins bien que Canyon Lodge cabins en 2005))
Resto : Cafeteria du Lake Lodge - très correct



J7 Lu 14 Yellowstone
Toujours aussi beau pour nous. Lac, forêt, animaux, montagnes, geysers... en vrac : des arbres morts debouts, ou couchés à flancs de colline comme des allumettes, Grand Prismatic, Sunset Lake bleu et orange, les longues passerelles à 70 cm au dessus de ces eaux sulfureuses ou acides, les fumées qui vous piquent le nez, la lumière du soir sur les prairies, etc. etc.
On cherche des pélicans, qu'on finira par trouver. Drôles de bestiaux...
Coucher : Lake Lodge Cabins (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Lake Lodge restaurant - un peu chicos.





J8 Ma 15 Yellowstone
On l'avait déjà fait en 2005, surtout la boucle inférieure - Là, on essaye la boucle supérieure pour voir plus de bébêtes, mais à part 2 ours (de loin : environ 100 m), et encore des habituels (bisons...), pas énormément de rencontres : pas de chance. Mais c'est toujours aussi beau.
Problème de voiture : le voyant s’allume ! Panique (un peu) – on essaye de joindre Alamo, de plusieurs cabines (A Roosevelt, Mammoth...): impossible (répondeur en boucle) – on vérifie plusieurs fois le numéro : pareil – ça dure, ça dure, ça nous gâche la journée – on rentre au Motel où même le manager principal du Lodge, très sympa et serviable, n’arrive pas à les joindre. Après avoir quand même réussi à contacté Alamo Jackson, RV est pris pour le lendemain pour explication sur place.
Coucher : Lake Lodge Cabins (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Cafeteria du Lake Lodge

J9 Me 16 Yellowstone/Dinosaur/Vernal
En direction des Grands Tetons, un ours (moyen) traverse... à environ 10m, juste devant les 2 voitures qui nous précèdent. Vite, les appareils photos et scope, on arrive à l'avoir, mais on reste assez à l'écart : par contre des malades sortent des voitures et le filment à 4/5 m...
Accueil en dessous de tout à Alamo Jackson : le manager est injoignable, et les autres ne veulent pas prendre de décision (« ...On peut rien faire... On n'est qu’une franchise...Pas le temps... », et un ton vraiment pas correct..) : après 2h30 d’attente pour rien, grosse colère de notre part, audible (des personnels de l’aéroport après nos explications nous confirment que nous avons raison de ne pas nous laisser faire), et on part furieux parcequ’il est déjà tard. Sur le chemin, on demande l’avis d’un concessionnaire Toyota qui nous dit que ça devrait tenir jusqu’à Albuquerque. On prend le risque.
Rencontre de biches sur les bords de route. Camaïeu de roches jaunes et roses en arrivant à Vernal.
Dinosaur Utah au coucher du soleil : roches marron et rose, adoucies par la lumière du soir. Petite piste roulante, on est tous seuls, c'est calme et très beau. Mais le temps nous manque pour faire tout ce qu'on avait prévu.
Coucher : Best Western Antlers (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : (?) près du motel.




J10 Je 17 Vernal/Gunnison
Dinosaur Utah au lever du soleil : petite balade du côté de la cabane de Josie Bassett qui vécut là jusqu'à 90 ans, sans eau ni électricité, sans personne à proximité...
Gunnison : une vraie découverte : un grand abîme impressionnant (800m de dénivelé, étroit, quasi à pic, comme un énorme coup de hache dans un plateau), visible de 12 points de vues (style Grand canyon, en beaucoup plus simple). Une partie est restée sauvage.
Vols de rapaces, roches veinées de blanc aux flancs de canyon, impressionnant.
Coucher : Super 8 - Qualité prix = *
Resto : (?) - un mexicain pas cher et bon



J11 Ve 18 Gunnison/Victor/Cripple Creek/GreatSandDunes/Taos
Une grosse journée.
Entre Florissant et Cripple Creek, route montagne avec jolis rochers. Cripple Creek = les petits casinos, et Victor = les voitures de pompiers avec la vieille dame passionnée qui les bichonne.
Croisé un couple français (un inspecteur de l'éducation nationale en retraite, avé l'assent du Sud, et sa femme, très sympas : si vous vous reconnaissez...)
Phantom Canyon Road : piste facile, quelques trous, un peu longue mais très agréable, bloqués par des vaches agressives au début !
Great Sand Dunes amusant, des vraies grandes dunes de sable en plein milieu d'un environnement moyen-montagneux, un filet d'eau comme à marée basse, du vent, et du soleil...
Sur la route de Jemez Spring (les couleurs !!!!), on a croisé soit un loup soit un coyote... les avis divergent, trop rapide pour prendre une photo.
Coucher : Hampton Inn - Qualité prix = *
Resto : Graham's grill - cher et un peu prétentieux




J12 Sa 19 Taos/JemezSprings/Bandelier/Albuquerque
Pas envie d'aller à Taos Pueblo : ça peut paraître débile, mais vraiment, ça nous semble trop touriste...
Très chaud à Bandelier - peu d'ombre - petit parc agréable à visiter, les flancs de montagne ressemblent à du gruyère où se trouvent les kivas auxquelles on accède par des petites échelles.
Impossible de trouver la piste qui part des environs de Jemez Spring pour aller à Kasha Katuwe. Comme l'orage menace, on fera ça demain par un autre chemin.
Petit tour au pont sur le Rio Grande.
Albuquerque et ses autoroutes qui se croisent dans tous les sens... ses rues la nuit en voiture et ses mecs louches qui nous suivent un moment avec des regards appuyés... ambiance...
Coucher : Club House Inn and Suites (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Cooperage pour ses prime ribs et son buffet de hors d'oeuvre - *






J13 Di 20 Albuquerque/Kasha Katuwe/Albuquerque
Un des plus chouettes souvenirs, avec ses rochers en forme de tentes, et le chemin qui monte, qui monte, parfois en forme de slot canyon (prévoir 2h - Aller tout en haut à Vista Point n'apporte pas beaucoup, sinon une vue au large, on peut surplomber les "tentes" un peu avant) : un excellent moment.
Coucher : Club House Inn and Suites
Resto : Sadie's Cocinita - spicy ... *





J14 Lu 21 Albuquerque/Santa Fe/Turquoise Trail/Albuquerque
On change titine : L'accueil Alamo est l'exact contraire de celui de Jackson : sympathique et compétent - On trouve un Toyota Four Runner : effectivement, ça fait plus sérieux.
Santa Fe un peu touriste, mais sympa - pour voir (ou acheter) des bijoux, aller plutôt sur la Place du Gouverneur : les "Natives" sont installés sous le porche, ont un permis pour vendre, et c'est sans doute plus "direct" que les magasins...
Turquoise Trail un peu décevante - Madrid un peu trop hippie fatigué/bobo/pas vraiment enthousiasmant
Coucher : Club House Inn and Suites
Resto : une cafet mexicaine, excellente







J15 Ma 22 Albuquerque/Carizzozo/White Sands/Alamogordo
Ah ! Carizzozo... son atmosphère mystérieuse...sa légende... mais chut ! one of the best kept secret in the West... (et il paraîtrait qu'on peut y trouver du Gloubi-Boulga ?...)
White Sands, évidemment à voir, aller sur l'Alkali Flat Trail, il y a déjà eu tellement de commentaires... par contre, l'annonce du White Sands Motel (où nous n'étions pas) nous interpelle...
Vu une plantation de pistaches... je ne voyais pas ça comme ça.
Coucher : Comfort Inn (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : (?) près du motel



J16 Me 23 Alamogordo/Roswell/par Carlsbad/Texas/El Paso/Las Cruces
Très vert du côté de Cloudcroft, Ruidoso, (route 244), forêts, vallons, beaucoup d'eau dans les montagnes (plus de 8000 pieds).
Très pelé avant d'arriver à Roswell. Etape inutile : les extraterrestres sont partis, et l'économie aussi...
Cause travaux (interminables !) après Roswell, pas le temps de voir Carlbad Caverns ni Guadalupe Mountains...Grrrr!!!...
Longue route sans rien entre Carlsbad et El Paso.
El Paso : gros stress : on se retrouve embarqué dans une sortie vers la frontière mexicaine (bien lire les panneaux... c'est pas précisé ! ou alors on a pas vu...), entourés de mexicains à l'air fatigués et en colère contre tout (les camions montent sur les trottoirs, ça hurle, ambiance...), impossible de faire machine arrière jusqu'à 10 mètres du poste frontière, où une douanière américaine la main sur le revolver (toujours), nous permet de faire demi-tour. On n'a pas osé prendre des photos...
Et en repartant, de belles cheminées avec écrit dessus (voir photo)... quelle journée !
Coucher : Drury Hotel - Qualité prix = *
Resto : Applebee

(sort de ce corps, Jean-Luc...)



J17 Je 24 Las Cruces/Tombstone/Bisbee
Pris par la patrouille en sortant du parking du motel sans marquer très proprement le stop (on roulait au pas, personne en vue, et même pas le motard qui surgit en sirénant comme un fou...) - Après discussion assez longue, ("OK. on a tort, mais on connait pas la ville, on est français, et pire, perdus", etc.), ça se résume à une photo avec lui, pas d'amende, juste un avertissement, et un grand sourire "...Pour que vous n'ayez pas une mauvaise impression de Las Cruces..." Merci monsieur l'agent !
Steins ville fantôme, hélas fermée à la visite. Des gens à l'intérieur de bâtiments, mais qui ne veulent pas répondre...? (non, pas des fantômes...)
Piste à Fort Bowie déconseillée cause grosses pluies récentes.
Tombstone : ville un peu parc d'attraction, mais on a marché dans la combine... Attention au "Duel" : c'est dans un enclos, payant, sur des gradins, en plein soleil, et ça dure un certain temps (de mémoire une heure) (c'est théâtralisé, on nous plonge dans l'ambiance, le duel lui même ne dure que 1 à 2 mn...). Joli corbillard ancien à l'entrée...
Bisbee : pas mal d'artisans/artistes, intéressants, attention aux heures de fermetures...
Coucher : Hotel San Ramon (réservé de France) - Qualité prix = * un peu cher, mais presque un B&B - volée de marches à monter, pas d'ascenseur - Accueil personnalisé de Tamara Page, dynamique et sympathique propriétaire
Resto : Cafe Roka *** - super ! Un vrai moment gastronomique. Jessie qui nous sert n'a pas la langue dans sa poche...






J18 Ve 25 Bisbee/Kartschner Caverns/Saguaro/Apache Trail/Payson
En partant, la Bordel Patrol en compagnie de 5 ou 6 Mexicains assis... on a pas vu de violences ce coup là.
Colossal Cave : ici, le gouffre de la Pierre Saint Martin et Michel Siffre sont très connus - intéressante visite, sans plus pour les non-spécialistes.
Saguaro East : de toutes tailles, de toutes formations, au milieu de ces créatures, dont certaines sont d'âge respectable, la boucle (goudronnée) dans le parc est fascinante.
On se perd (évidemment...) dans Tucson...
Il est tard quand on aborde Apache Trail - Tortilla Flat (Superstition Saloon) vient juste de fermer (Damned !) et un orage menace... serrons les dents (pas que les dents...) et on y va : goudronnée au début, puis piste pas difficile, mais sérieux pour les débutants : ça monte/descend et tourne un peu, c'est pas très large, petits ponts à une voie... On croise 2 voitures avec remorques à bateaux.. des habitués... mais on est sacrément récompensé par les superbes couleurs de la piste - plein de saguaros. 1h30/2h pour arriver au bout.
Coucher : Best Western - Qualité prix = *
Resto : (?) un mexicain avec des tables peintes - un peu cher








J19 Sa 26 Payson/Sedona
Sedona : Oh, les rouges !
Environnement superbe. Beaucoup de travaux routiers en ville, vers Taqueplaque : embouteillages... On n'a pas vu Taqueplaque : trop de monde pour nous.
Coucher : Sky Ranch Lodge (réservé de France) - Qualité prix = **
Resto : pizzeria Picazzo - bof...



J20 Di 27 Sedona
Grande découverte que Sédona : un immense merci à Philippe (Schüler) pour nous avoir incité à y aller, (et aussi pour l'ensemble de ses conseils et de son "oeuvre" !!!) : un des plus beaux souvenirs du voyage - des roches rouges, au milieu de la ville, des balades superbes, (West Fork of Oak Creek : je m'y suis bien tordu la cheville : maladroit, parceque c'est sans doute un peu long, mais pas difficile, même si on peut parfois se tromper, ombragé, le "tunnel" où j'ai fait tomber un appareil photo dans l'eau, l'arbre qui tombe avec un bruit énorme sur le chemin !, etc. compter 4/5h aller retour, peut-être moins avec une cheville normale), le Red Planet Diner (assez bon), la pizzeria Picazzo un peu surfaite... et le Vortex !
Ne pas oublier qu'on est en altitude (moyenne) -
Coucher : Sky Ranch Lodge
Resto : Red Planet Diner - à voir - et pas mauvais (c'est un Diner...)




J21 Lu 28 Sedona/Painted Desert/Petrified Forest/Chinle Canyon Chelly
La route vers Flagstaff semble longue, d'où la question : ne vaut-il pas mieux loger à Sedona si on reste plus d'une nuit, les frais d'essence compensant le moindre coût du motel ?
Painted Desert pas inintéressant, on traverse des étendues de roches colorées, vues larges, avec à un endroit "l'air le plus pur des Etats Unis" Si, c'est marqué !
Tour des vues du haut du canyon de Chelly - presque personne, lumières douces
Coucher : Thunderbird Lodge (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Cafet du Lodge - bonne




J22 Ma 29 Canyon Chelly
L'excursion 1/2 journée en 4/4 (12 places environ, pas de toit) avec guide navajo à l'intérieur du canyon : à faire (chapeau et eau..., pas d'ombre dans le 4/4), pour l'ambiance, l'histoire racontée, la rencontre avec les autres passagers.
Bijoux et artisanat en vente aux 2 arrêts, certains vraiment intéressants (mieux à la première halte).
Moustiques !
Coucher : Thunderbird Lodge
Resto : Cafet du Lodge






J23 Me 30 Chinle/Gd Canyon North
En passant par la réserve Hopi - petit arrêt au Hopi Cultural Center à Second Mesa (excellent repas) , puis à Old Oraibi où il n'y a rien à voir sinon des maisons en torchis de bric et de broc : on ressent bien les difficultés sociales, et la valeur de l'eau...
Mais quand même parfois des panneaux solaires sur le toit, et des 4/4 impressionnants...
Bijoux authentiques à la Monongya Gallery; excellent accueil.
En Hopi, le son "oui" (à peu près) voudrait parait-il dire yes...( à vérifier) - étonnant, non ?
Route à partir de Jacob Lake = montagnes, forêts, petites fleurs, prairies...
Gd Canyon North moins de monde qu'au Sud, mais quand même... Pas le temps d'aller aux points de vues extérieurs au lodge - Donc une étape un peu inutile pour nous, c'était pour comparer, mais le trajet s'est révélé trop long à force de musarder... - Certes, des vues extraordinaires, qui vaudraient sans doute la peine de s'y attarder.
Coucher : Lodge (réservé de France) - Qualité prix = * (Jolies petites cabines en rondins, certaines pas très loin du bord, grandes, mais c'est cher...)
Resto : restaurant du Lodge - cher - mais la vue, si on arrive à avoir une table près des fenêtres...



J24 Je 31 GdCanyonNorth/Antelope (upper)/Mexican Hat
Moments de route superbes entre Page et Mexican Hat (vers Kaibito par exemple).
On passe près de Monument Valley qu'on a déjà visité en 2005, mais avec un petit regret de ne pas y retourner.
Antelope (upper)... qu'est-ce qui n'a pas déjà été dit ou montré ?
Coucher : San Juan Inn (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : le grill qui balance...





J25 Ve 1 Mexican Hat/Moki Dudgway/Natural Bridges/Monticello
Moki Dudgway : ça monte mais ça reste roulant - en arrivant en haut, prendre 1ère piste à gauche (roulante) après l'overlook, assez longtemps (6 miles env): Muley Point - vues au bout superbes et bien dégagées... (non, pas derrière les oreilles) - vu personne pendant plus de 2 h...
Natural Bridges - très chaud - juste fait les points de vue.
Route vers Blanding très belle (rouges, verts...)
Coucher : Rodeway Inn - Qualité prix = 0 - propreté douteuse, gérant débordé - à éviter
Resto : (?) une rue à l'écart de la route principale - familial (buffet de hors d'oeuvres, ribs) et bon





J26 Sa 2 Monticello/Harts Draw Road/Needles/ soir route 128, Fisher towers
Harts Draw Road (491) : Très jolie route dans la forêt au matin : plein de petits animaux
Canyonlands (Needles) toujours étonnant de partout, des endroits si différents... parc à faire absolument - tranquille : Roadside Ruins, Cave Springs (2 échelles à monter (faciles))
Vers le soir, la lumière sur les Fishers. Piste courte, un peu défoncée sur la toute fin.
Coucher : Sleep Inn (réservé de France) - Qualité prix = * : rien de spécial - chambres OK - accueil moyen - beaucoup de monde au petit dèj
Resto : Pasta Jay : pas convaincu...





J27 Di 3 Moab/ Negro Bill
C'est connu, c'est magnifique.
Evidemment, pour Negro Bill (env 4h A/R), on oublie un peu qu'il fait chaud, et on part avec, royal, 1/2 litre d'eau pour deux... et 2 bouteilles de 1/2 litre de boisson "énergétique".
Surtout à ne pas faire ! Même si on mouille sans cesse les chapeaux (et les fesses !) dans l'eau qui accompagne une grande partie du chemin, deux américaines (jeunes et sportives....) qui nous croisent à l'aller nous proposent une partie de leur bidon en voyant les rouges inédits et intéressants sur nos visages... : c'est sympa, mais on a sa fierté, que diantre, on s'en sortira comme des grands, style film d'aventures (une petite gorgée à toi, à moi...), mais à la limite de la déshydratation... Ne faites pas comme nous.
Attention, parfois le chemin n'est pas si facile à trouver (buissons d'herbes hautes), ou alors on s'est trompés, et ce n'est pas une balade si pépère que ça (ça monte et descend...).
Au bout, Morning Glory Arch, et un peu de fraîcheur (source) ! Récompensés et fiers !
Coucher : Sleep Inn (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Buck's Grill House - cher mais bon. Pourboire obligatoire de 17%...




J28 Lu 4 Moab/Mill Creek Canyon/ soir Arches (Delicate)
L'expérience d'hier à Negro Bill nous a servi : on a 4l d'eau dans les sacs... Mill Creek bien beau aussi, on commence à être fatigués, on est pas des pros, faut se ménager pour Delicate... mais il fait moins chaud. Chemin un peu difficile à trouver, cascade au bout - 3 petites heures A/R.
En fin d'après-midi, , la montée à Delicate m'a semblé beaucoup moins ardue qu'en 2005 - sans doute un peu moins de chaleur, plus de vent. Mais plus de monde...
Coucher : Sleep Inn (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Moab Diner



J29 Ma 5 Moab/Goblin Valley/ Fruita/ Scenic drive Cathedral Valley/ Torrey
Rigolos les Goblins, (ça doit être sympas pour les mômes), marrons marrants, petit arrêt à faire.
Little Wild Horse Canyon, j'ai été voir le début (Madame est restée dans la voiture, un peu fatiguée), avec les gros rochers qui bloquent, puis demi-tour, car Monsieur aussi, un coup de fatigue - dans ces cas là, ne pas insister.
Fruita : A-pics grisâtres, comme des rideaux, et en bas l'herbe des jardins. Le camping a l'air très sympa.
Vers Caineville, roches grises, un peu Death Valley.
Scenic Drive Cathedral Valley : comme d'autres, on a payé les 5$ (enveloppe), alors qu'on avait le pass...
Torrey : très vert, mais pluie battante...
Coucher : Austin Chuckwagon (réservé de France) - Qualité prix = ** - à la hauteur de sa réputation : accueil sympa de Michelle Perkins et Randy Austin, et logement très correct - épicerie.
Resto : Cafe Diablo - *** - super ! deuxième moment gastronomique, étonnant, avec là des saveurs inconnues (Ah! le cake au rattlesnake..., les herbes au goût étrange... non, pas ce à quoi certains pensent...).






J30 Me 6 Torrey/ Escalante
Dixie National Forest = pins, arbres blancs, montagne (9600 pieds), hélas nuages... des biches qui traversent.
En fait, on avait réservé au Boulder Mountain Ranch, mais ils avaient de (très) gros problèmes de plomberie, et l'ensemble paraissait un peu limite, en passe d'être rénové (ce que nous a dit le gars qui nous a accueilli) - Comme vraiment on tenait à l'eau courante, on a gentiment dit qu'on repasserait une autre année... pas de problème, et on s'est retrouvé à Escalante au Prospector. Avec Pauline, la gérante, à qui je demande si elle peut faire un prix... Aïe, le regard... et le ton ! "Non. Je fais jamais" (!!!). Bon, OK M'dame, on s'installe, et on va découvrir que Pauline (Ex Chauffeur/euse de son truck (Washington/Chicago/San Francisco) pendant 20 ans....!) est adorable (peut-être parcequ'on lui a offert des petits beurre, des vrais de France, qu'on avait encore au fond des valises...). Elle nous offrira des petites tomates de son jardin et un petit verre qu'on garde précieusement...
Boutique Serenidad : le Monsieur connaît très bien Laurent Martres, et aussi Philippe Schüler (Sedonax)
Il pleut, donc on ne pourra pas faire les pistes...
Coucher : Prospector Inn - Qualité prix = *
Resto : derrière le motel

J31 Je 7 Escalante/Burr Trail
Il pleut encore ! Un peu la Burr Trail (goudronnée), mais pas beaucoup plus loin.
Coucher : Prospector Inn - Qualité prix = *
Resto : derrière le motel





J32 Ve 8 Escalante/Kodachrome
Il pleut toujours! Kodachrome - des trombes d'eau...
Coucher : Prospector Inn - Qualité prix = *
Resto : derrière le motel


J33 Sa 9 Escalante/Bryce
Bryce déjà vu en 2005 - toujours dans le trio de tête de nos parcs préférés. Visite au bout du parc (points de vues, Britlescone Loop) et Navajo Loop.
Mossy Cave à l'extérieur du Parc est très facile - petite cascade.
Coucher : Bryce Canyon Lodge (réservé de France) - Qualité prix = * (Cher...)
Resto : Resto du Lodge - cher




J34 Di 10 Bryce/un peu Cottonwood Road par le sud (15 miles)/Paria Outpost
Impossible de prendre la Cottonwood Canyon Road par le nord (mouillée...).
On passe par Kanab, et juste avant d'aller à l'Outpost, frustrés par la pluie des jours précédents, on essaie Cottonwood Canyon Road par l'entrée (sud) qui n'est pas loin - Début prometteur et mystérieux, mais le soir tombe, et quelques gros trous remplis d'eau nous font rebrousser chemin.
On ne verra pas nos hôtes ce soir, après avoir téléphoné, un petit mot adorable sur la porte nous indique où est la clé.
Coucher : Paria Outpost (réservé de France) - Qualité prix = ** pour l'ambiance générale - une petite chambre très simple avec douche - pas luxe, mais ça ne nous a pas dérangé.
Resto : Page - tous les restos bien pleins - donc une pizzeria (?) avec plein de français dans la queue...




J35 Lu 11 Paria Outpost/Coyote Buttes South
Avec les Parias Outfitters (les Dodsons) (Susan, Steve était occupé), une journée d'anthologie pour nous, Paw Hole, White Pockets (découvert par les frères Leech (?) qui trouvaient cet endroit nul...), etc., à voir et à vivre. Inoubliable. ****
Je n'aurais jamais pu conduire un 4/4 seul pour y arriver : à mon avis, il faut vraiment être très expérimenté dans ce type de conduite pour le faire sans guide. Susan l'est...et son 4/4 est solide !
Le soir, on croise Steve qui connaît bien Phil Lesh (bassiste du Dead pour les connaisseurs...). Hélas, ils sont pris ailleurs, on aurait vraiment aimé passer plus de temps avec eux (et encore parler de Bush et Obama, pas encore élu à cette date : heureusement, qu'il l'a été, ils étaient prêts à s'exiler si ça n'avait pas été le cas...), et on va se coucher complètement épuisés après un excellent repas préparé par Susan.
Coucher : (réservé de France) - Qualité prix = **
Resto : sur place, par Susan







J36 Ma 12 Paria Outpost/Las Vegas
A Kanab, voiture de police sur bord de route... avec un mannequin à l'intérieur ! Mais attention, la prochaine fois ce sera peut-être un vrai...
A Zion la route passe à un moment dans un tunnel avec ouvertures sur la montagne.
Entre St Georges et Las Vegas, (vers Mesquite) route désertique avec montagnes grises pelées - très chaud.
A Las Vegas, bien viser ses horaires (les décaler au plus tôt) pour éviter les interminables queues aux buffets, surtout le soir...
Coucher : Bill's - (réservé de France) - Qualité prix = ** bien situé, pas cher, mais rien d'exceptionnel : c'est pas grave, c'est pour dormir...
Resto : Buffet Planet Hollywood ** - comme en 2005

J37 Me 13 Las Vegas
Repos, visites casinos - le soir, spectacle Love (Cirque du Soleil) au Mirage - Superbe, impressionnant, émouvant - et pour moi qui ait connu les Beatles au début, des bouffées de bonheur nostalgique incontrôlables (ben oui, des larmichettes), c'est toute ma jeunesse qui remonte, et ça fait tout drôle...
Coucher : Bill's
Resto : Buffet Mirage *

J38 Je 14 Las Vegas
Repos, visites, outlets (jeans et chaussures surtout) : attention, c'est fatigant les outlets...
Coucher : Bill's
Resto : Victorian room (Bill's) - correct

J39 Ve 15 Las Vegas/Death Valley
Déjà vue en 2005 - un peu moins torride cette année.
Piscine bien chaude au Furnace Creek Ranch -
Coucher : Furnace Creek Ranch (réservé de France) - Qualité prix = * (Cher...)
Resto : Furnace Creek Inn


J40 Sa 16 Death Valley/Sequoia/Fresno
Route vers Lonepine assez montagneuse (5000 pieds)
Avant Trona, une "ville fantôme" (Ballarat ?) inintéressante (quasiment rien)
Trona, déprimant. Voitures rouillées, baraques en ruines, style base de l'armée quasi abandonnée - après la guerre nucléaire...
Sequoia, sympa, route qui tourne beaucoup, qui monte, Général Sherman à voir (un peu de marche, 1km5 A/R en pente) mais moins fort comme impression que les Redwoods... On est peut-être fatigués...
Prévoir essence, car peu de pompes, et cher !
Sans réserver, on pensait trouver vers Sequoia, mais beaucoup de motels ou lodges sont pleins, la nuit tombe et on décide de pousser jusqu'à Fresno, où on se perd grave car il fait nuit !...
Coucher : Fresno Marriott Springhill Suites - Qualité prix = * un peu cher, mais le gars au desk nous fait un prix - et il y a une française sympathique comme manager ! (Isabelle Louis-Oleary)
Resto : rien (si, un truc à metre dans le micro-ondes...mais je sais plus quoi) - dodo



J41 Di 17 Fresno/San Francisco
4$ péage en arrivant par le Bay Bridge
Coucher : Chancellor, histoire de s'offrir un petit luxe (réservé de France) - Qualité prix = ** (pas trop cher pour sa situation) : vieil hôtel, chambres petites, mais très bien tenu, central, avec un staff qui a le sens de l'humour, compétent et de bon conseil.
Resto : Uncle Vito's *



J42 Lu 18 San Francisco
Les otaries à Fisherman qui parlent fort !
Chinatown, pour s'y perdre, pour les poissons séchés, les légumes incroyables, les champignons, les petits passages où on trouve des boutiques totalement improbables... Beaucoup de locaux ne parlent pas anglais...
Coucher : Chancellor
Resto : Harris's - grillades - chic et cher





J43 Ma 19 San Francisco
Mission - voir les fresques à Clarion Alley presqu'en face de Mission Police Station 630 Valencia
Castro, très coloré
Coucher : Chancellor
Resto : La Taqueria Mission * - On est servis au comptoir - bien bon les tacos et burritos, mais les jus de fruits nous ont semblé bizarres.




J44 Me 20 San Francisco
Matin : croissants de chez Boudin.
Repos et courses souvenirs - sérénité...
Coucher : Chancellor
Resto : Wood house Fish Company - sympa, tenu par des jeunes - très bruyant, mais bonne qualité



J45 Je 21 San Francisco/Avion/Paris
Un peu fatigués, 45 jours c'est long... mais plein de souvenirs et d'envies d'y retourner...

Alors, maintenant...
.... Bon voyage à vous !
Les +++
San Francisco, toujours...
CBS
Kasha-Katuwe
Crater Lake
Sedona
Les bijoux Hopis (argent), et leur sens
Les bijous Zunis (argent)
Apache Trail
Restos : Cafe Roka Bisbee, El Diablo Torrey
Moab et alentours, encore...
Spectacle Love à Las Vegas
(Carizzozo hors concours)
Les ++
Yellowstone
Bandelier
Canyon de Chelly
Saguaro East
Antelope
Moki Dudgway
White Sands
Great Sand Dunes
Vince du Coventry
Scenic Road Cathedral Valley (le vrai grand tour doit être extraordinaire)
Globalement, tous les rangers rencontrés
Le Toyota Four Runner
Les + :
Santa Fe
Bisbee/Tombstone
L'accueil Alamo Albuquerque
Le jeune punk garagiste vers Boise
Le policier à Las Cruces
Restos : San Francisco : La Taqueria (Mission), You's dim sum (Chinatown), et Uncle Vito's (Union Square) - Albuquerque : Sadie's Cocinita et Cooperage - Sedona : Red Planet Diner
Le bourbon Knob Creek (du Kentucky ! bu à San Francisco)
Le Toyota Four Runner
Le barman caviste du Chancellor (bien compétent, et fin )
Très souvent du WiFi dans les motels
Les "un peu moins" :
- le trop grand appétit de voir tout (je sais, on me l'avais dit...), qui conduit à speeder, voire à squeezer, des visites quand survient un contretemps... par exemple, ne pas oublier que sur un trajet (hors autoroute), on traverse des patelins, tout en longueur, et que la vitesse y est limitée (25/35 mph) - de même, il y aussi des travaux sur les routes aux USA, et on se trompe, on prend des photos... : donc la moyenne baisse...beaucoup !
- le verre d'eau du robinet parfois payant dans certains (pas tous !) fast food (Taco Bell, divers indépendants...)
- Roswell : tristounet...
- Taos : trop touriste
- La pluie quand il faut pas ! donc des pistes éliminées
- Les travaux et l'attente interminable sur certaines routes
Les "beaucoup moins" :
- La road assistance et la réaction Alamo Jackson
- Les types louches qui nous ont suivis un soir à Albuquerque...
- Se perdre à El Paso (beau titre de film...) et manquer se retrouver au Mexique sans le vouloir...
- La perte (temporaire) de valise par Air France (mais il est vrai qu'ils ont tout de suite compensé)
Ce compte rendu sans prétention, un peu tardif, d'un voyage en juillet/août 2008, (en raison d'une année difficile, et de l'effacement accidentel d'une bonne partie des notes de voyage sur informatique...) pour essayer d'en aider d'autres, et remercier tous ceux qui nous ont aidés sur ce forum ou en MP, directement ou en répondant aux forumeurs sur des sujets qui nous intéressaient, à commencer par J.Luc (Vazyvite) (Pourquoi ai-je donc pensé à lui à Roswell ?...😊), Philippe (Sedonax) (encore merci notamment pour Sédona et pour CBS avec Paria Outfitters : peut-être les moments les plus forts de notre voyage😮), Fred XIII, Vilcanota, Jadorry, Bousquet (grâce à qui nous envisageons d'ouvrir une piste de ski, ou un chantier naval, ou un élevage de phoques, à Carizzozo😏), PSI31, Noelle65, monkiwi, FabienneCA, Zitounet, Grisemote, mlefevre, boumtchak, jdakota, j'en oublie certainement, qu'ils ne nous en veuillent pas.
C'est une petite contribution qui veut témoigner de notre reconnaissance envers ce forum.
Nous, c'est un couple de la cinquante/soixantaine, pas hyper sportif ni aventurier, ne cherchant pas le grand luxe, n'aimant pas trop la grande foule mais plutôt les rencontres simples, ayant déjà fait un voyage dans l'Ouest en 2005 (les grands classiques) avec les enfants.
Nos commentaires sont à aborder à travers ces prismes là.
Bien à vous
Philippe
J1 Ma 8 Paris/ San Francisco
Voyage tranquille (mais ne pas oublier de mettre son ordi portable dans un bac séparé à la douane...)– Beaucoup de monde à l’arrivée SF - files attente pour contrôles - prise empreinte 2 index + photo - tout semble aller bien, mais GASP ! 1 valise égarée par Air France avec dedans un traitement médical important (assez volumineux, impossible de l'emmener en cabine) : si maintenant il faut répartir ses pilules ou autres dans toutes les valises par précaution...
Angoisse – Air France nous offre 150$ de dédommagement pour achat vêtements – avec toute cette histoire, prise du 4/4 (Alamo par Autoescape) à l’aéroport avec beaucoup de retard : il ne reste plus grand chose de bien. On attend encore, un Four Runner arrive, mais d’autres l’avaient réservé ... On se rabat donc sur un Toyota Highlander, pas trop mal, mais qui s’avérera pas vraiment correctement préparé ( voyant pneus dégonflés allumé au bout de 500 km, voyant maintenance allumé au bout de 2500 km... Voir J8 et J9, impossible de joindre la road assistance, et accueil scandaleux à Alamo Jackson Airport). Ben tant pis, on verra bien (ça a été , on s’est arrêté dans plusieurs garages ou agences Toyota sur le trajet, tous sympas (sans pub), qui nous ont dit que ça devrait tenir : on changera à Albuquerque.
Coucher au Coventry : excellent accueil de Vince, avec une aide précieuse et efficace pour la recherche de la valise. Hôtel pratique, bien tenu (chambre calme à l’opposé de Lombard)
Courses au Safeway et carte fidélité (env 10% de remise dans tous les magasins)
Dîner au Mel’s Drive In à côté : on retrouve l’odeur du péché alimentaire... mais c’est bon...
Coucher : Coventry Motor Inn (réservé de France) - Qualité/prix/ = *** pour la situation et l'accueil
Resto : Mel’s Drive In


J2 Me 9 San Francisco
Malgré le stress, on visite les classiques pour se rassurer (Ghirardelli, Cannery, Fisherman, Coït Tower, Chinatown, tout à pied). Belles vues au sommet de Coït... petits escaliers avec maisons entourées de fleurs (Vers Filbert), vues sur la baie : un peu fatigant, mais joli. On ose déjeuner à Chinatown dans un Hole in the Wall d’aspect... spécial. Surprise : c’est super bon, et ma douce moitié (qui parle très peu anglais et encore moins mandarin ou pidgin) se fait une copine de la cuisinière, on a des grosses portions et on est bien contents, même si on ne sait pas ce que c'est... ! Et même pas malades !
Retour au Coventry - On a retrouvé la valise vers 18h ! Livrée à l’hôtel. Encore merci Vince qui n’a pas arrêté de téléphoner pour nous.
Bien fatigués et soulagés... dîner, dodo.
Coucher : Coventry Motor Inn (réservé de France) - Qualité prix = ***
Resto : Mel’s Drive In (play it again, sam)



J3 Je 10 San Francisco/côte/Redwood/Crescent City
On se perd un peu en partant du côté de Point Reyes, route bordée par endroit d'eucalyptus et de pins. Presque "campagne française"...
Puis on aborde la région des grands arbres (Humboldt, Avenue des Géants...): Redwoods impressionnants, gigantesques : on passe au travers du "Chandelier Tree" : bien rabattre les rétros...
Avant Crescent City, la route longe la mer : belles découpes de rochers au début du crépuscule, pelotons de mouettes sur les plages
Coucher : Light House Inn (non réservé) - Qualité prix = *
Resto : Denny's



J4 Ve 11 Redwood/ Crater Lake/Lincoln City
Longue route dans la forêt vers Crater Lake
Crater Lake : Bleu profond magnifique – de la neige sur les côtés de la route (parfois une bonne épaisseur !). Le contraste entre le bleu du lac, le vert des arbres, les ocres différents, le blanc de la neige... Un peu de vent.
Re-route vers la côte - c'est long... quelques dunes, mais on se dépêche : trajet plus long que prévu.
On n’avait pas réservé, donc plus de place à Lincoln City, sinon à l’Edgecliff motel – Patron désabusé, pas hyper clean, un peu bizarre, mais chambre correcte, vue sur mer (joli coucher de soleil). Le lendemain matin, le petit dèj sera le plus cocasse du voyage : sur un bout de table en plastique, dans une sorte d’entrée, avec 1 muffin et demi, et du café... pire qu’aux US... !
... Il est tard (21h) , quasi tous les restos fermés (dont Blackfish), 1 seul ouvert avec orchestre, qui ne sert plus que de la bière et des frites...
Coucher : Edgecliff Motel - Qualité prix = 0 (0 pour le patron et le petit dèj. Mais il paraît que ça s'est amélioré...?)
Resto : (?)



J5 Sa 12 Lincoln City/Boise
Route sans histoire, contrastée (forêts, collines pelées, zones plates, bruyère...)
Soirées Bachelorettes au Hampton de Boise... On prend le même ascenseur qu'un groupe hurlant de ces demoiselles, bien allumées par... du coca light ?.. "Moi, Français" : triplement des hurlements... Mon charme masculin (d'un certain âge...) ? Sans aucun doute (ma douce moitié a modérément apprécié et n'a pas encore lu ce compte-rendu...). Désolé, pas de photos...😇😇😇
Coucher : Hampton Inn - Qualité prix = ** : très bien et pas trop trop cher...
Resto : (?) près de l'hôtel, rue piétonne
J6 Di 13 Boise/Crater of the moon/Yellowstone
De la route...
Crater of the moon : roches noires (le négatif de White Sands !) , "champs" de lave - rien de transcendant (sauf pour les géologues ?), mais néanmoins étonnant. Loop sur route goudronnée.
Quelques embouteillages en arrivant à Yellowstone - donc direct check in, manger et dodo
Coucher : Lake Lodge Cabins (réservé de France) - Qualité prix = * (un peu cher et moins bien que Canyon Lodge cabins en 2005))
Resto : Cafeteria du Lake Lodge - très correct



J7 Lu 14 Yellowstone
Toujours aussi beau pour nous. Lac, forêt, animaux, montagnes, geysers... en vrac : des arbres morts debouts, ou couchés à flancs de colline comme des allumettes, Grand Prismatic, Sunset Lake bleu et orange, les longues passerelles à 70 cm au dessus de ces eaux sulfureuses ou acides, les fumées qui vous piquent le nez, la lumière du soir sur les prairies, etc. etc.
On cherche des pélicans, qu'on finira par trouver. Drôles de bestiaux...
Coucher : Lake Lodge Cabins (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Lake Lodge restaurant - un peu chicos.





J8 Ma 15 Yellowstone
On l'avait déjà fait en 2005, surtout la boucle inférieure - Là, on essaye la boucle supérieure pour voir plus de bébêtes, mais à part 2 ours (de loin : environ 100 m), et encore des habituels (bisons...), pas énormément de rencontres : pas de chance. Mais c'est toujours aussi beau.
Problème de voiture : le voyant s’allume ! Panique (un peu) – on essaye de joindre Alamo, de plusieurs cabines (A Roosevelt, Mammoth...): impossible (répondeur en boucle) – on vérifie plusieurs fois le numéro : pareil – ça dure, ça dure, ça nous gâche la journée – on rentre au Motel où même le manager principal du Lodge, très sympa et serviable, n’arrive pas à les joindre. Après avoir quand même réussi à contacté Alamo Jackson, RV est pris pour le lendemain pour explication sur place.
Coucher : Lake Lodge Cabins (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Cafeteria du Lake Lodge

J9 Me 16 Yellowstone/Dinosaur/Vernal
En direction des Grands Tetons, un ours (moyen) traverse... à environ 10m, juste devant les 2 voitures qui nous précèdent. Vite, les appareils photos et scope, on arrive à l'avoir, mais on reste assez à l'écart : par contre des malades sortent des voitures et le filment à 4/5 m...
Accueil en dessous de tout à Alamo Jackson : le manager est injoignable, et les autres ne veulent pas prendre de décision (« ...On peut rien faire... On n'est qu’une franchise...Pas le temps... », et un ton vraiment pas correct..) : après 2h30 d’attente pour rien, grosse colère de notre part, audible (des personnels de l’aéroport après nos explications nous confirment que nous avons raison de ne pas nous laisser faire), et on part furieux parcequ’il est déjà tard. Sur le chemin, on demande l’avis d’un concessionnaire Toyota qui nous dit que ça devrait tenir jusqu’à Albuquerque. On prend le risque.
Rencontre de biches sur les bords de route. Camaïeu de roches jaunes et roses en arrivant à Vernal.
Dinosaur Utah au coucher du soleil : roches marron et rose, adoucies par la lumière du soir. Petite piste roulante, on est tous seuls, c'est calme et très beau. Mais le temps nous manque pour faire tout ce qu'on avait prévu.
Coucher : Best Western Antlers (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : (?) près du motel.




J10 Je 17 Vernal/Gunnison
Dinosaur Utah au lever du soleil : petite balade du côté de la cabane de Josie Bassett qui vécut là jusqu'à 90 ans, sans eau ni électricité, sans personne à proximité...
Gunnison : une vraie découverte : un grand abîme impressionnant (800m de dénivelé, étroit, quasi à pic, comme un énorme coup de hache dans un plateau), visible de 12 points de vues (style Grand canyon, en beaucoup plus simple). Une partie est restée sauvage.
Vols de rapaces, roches veinées de blanc aux flancs de canyon, impressionnant.
Coucher : Super 8 - Qualité prix = *
Resto : (?) - un mexicain pas cher et bon



J11 Ve 18 Gunnison/Victor/Cripple Creek/GreatSandDunes/Taos
Une grosse journée.
Entre Florissant et Cripple Creek, route montagne avec jolis rochers. Cripple Creek = les petits casinos, et Victor = les voitures de pompiers avec la vieille dame passionnée qui les bichonne.
Croisé un couple français (un inspecteur de l'éducation nationale en retraite, avé l'assent du Sud, et sa femme, très sympas : si vous vous reconnaissez...)
Phantom Canyon Road : piste facile, quelques trous, un peu longue mais très agréable, bloqués par des vaches agressives au début !
Great Sand Dunes amusant, des vraies grandes dunes de sable en plein milieu d'un environnement moyen-montagneux, un filet d'eau comme à marée basse, du vent, et du soleil...
Sur la route de Jemez Spring (les couleurs !!!!), on a croisé soit un loup soit un coyote... les avis divergent, trop rapide pour prendre une photo.
Coucher : Hampton Inn - Qualité prix = *
Resto : Graham's grill - cher et un peu prétentieux




J12 Sa 19 Taos/JemezSprings/Bandelier/Albuquerque
Pas envie d'aller à Taos Pueblo : ça peut paraître débile, mais vraiment, ça nous semble trop touriste...
Très chaud à Bandelier - peu d'ombre - petit parc agréable à visiter, les flancs de montagne ressemblent à du gruyère où se trouvent les kivas auxquelles on accède par des petites échelles.
Impossible de trouver la piste qui part des environs de Jemez Spring pour aller à Kasha Katuwe. Comme l'orage menace, on fera ça demain par un autre chemin.
Petit tour au pont sur le Rio Grande.
Albuquerque et ses autoroutes qui se croisent dans tous les sens... ses rues la nuit en voiture et ses mecs louches qui nous suivent un moment avec des regards appuyés... ambiance...
Coucher : Club House Inn and Suites (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Cooperage pour ses prime ribs et son buffet de hors d'oeuvre - *






J13 Di 20 Albuquerque/Kasha Katuwe/Albuquerque
Un des plus chouettes souvenirs, avec ses rochers en forme de tentes, et le chemin qui monte, qui monte, parfois en forme de slot canyon (prévoir 2h - Aller tout en haut à Vista Point n'apporte pas beaucoup, sinon une vue au large, on peut surplomber les "tentes" un peu avant) : un excellent moment.
Coucher : Club House Inn and Suites
Resto : Sadie's Cocinita - spicy ... *





J14 Lu 21 Albuquerque/Santa Fe/Turquoise Trail/Albuquerque
On change titine : L'accueil Alamo est l'exact contraire de celui de Jackson : sympathique et compétent - On trouve un Toyota Four Runner : effectivement, ça fait plus sérieux.
Santa Fe un peu touriste, mais sympa - pour voir (ou acheter) des bijoux, aller plutôt sur la Place du Gouverneur : les "Natives" sont installés sous le porche, ont un permis pour vendre, et c'est sans doute plus "direct" que les magasins...
Turquoise Trail un peu décevante - Madrid un peu trop hippie fatigué/bobo/pas vraiment enthousiasmant
Coucher : Club House Inn and Suites
Resto : une cafet mexicaine, excellente







J15 Ma 22 Albuquerque/Carizzozo/White Sands/Alamogordo
Ah ! Carizzozo... son atmosphère mystérieuse...sa légende... mais chut ! one of the best kept secret in the West... (et il paraîtrait qu'on peut y trouver du Gloubi-Boulga ?...)
White Sands, évidemment à voir, aller sur l'Alkali Flat Trail, il y a déjà eu tellement de commentaires... par contre, l'annonce du White Sands Motel (où nous n'étions pas) nous interpelle...
Vu une plantation de pistaches... je ne voyais pas ça comme ça.
Coucher : Comfort Inn (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : (?) près du motel



J16 Me 23 Alamogordo/Roswell/par Carlsbad/Texas/El Paso/Las Cruces
Très vert du côté de Cloudcroft, Ruidoso, (route 244), forêts, vallons, beaucoup d'eau dans les montagnes (plus de 8000 pieds).
Très pelé avant d'arriver à Roswell. Etape inutile : les extraterrestres sont partis, et l'économie aussi...
Cause travaux (interminables !) après Roswell, pas le temps de voir Carlbad Caverns ni Guadalupe Mountains...Grrrr!!!...
Longue route sans rien entre Carlsbad et El Paso.
El Paso : gros stress : on se retrouve embarqué dans une sortie vers la frontière mexicaine (bien lire les panneaux... c'est pas précisé ! ou alors on a pas vu...), entourés de mexicains à l'air fatigués et en colère contre tout (les camions montent sur les trottoirs, ça hurle, ambiance...), impossible de faire machine arrière jusqu'à 10 mètres du poste frontière, où une douanière américaine la main sur le revolver (toujours), nous permet de faire demi-tour. On n'a pas osé prendre des photos...
Et en repartant, de belles cheminées avec écrit dessus (voir photo)... quelle journée !
Coucher : Drury Hotel - Qualité prix = *
Resto : Applebee

(sort de ce corps, Jean-Luc...)



J17 Je 24 Las Cruces/Tombstone/Bisbee
Pris par la patrouille en sortant du parking du motel sans marquer très proprement le stop (on roulait au pas, personne en vue, et même pas le motard qui surgit en sirénant comme un fou...) - Après discussion assez longue, ("OK. on a tort, mais on connait pas la ville, on est français, et pire, perdus", etc.), ça se résume à une photo avec lui, pas d'amende, juste un avertissement, et un grand sourire "...Pour que vous n'ayez pas une mauvaise impression de Las Cruces..." Merci monsieur l'agent !
Steins ville fantôme, hélas fermée à la visite. Des gens à l'intérieur de bâtiments, mais qui ne veulent pas répondre...? (non, pas des fantômes...)
Piste à Fort Bowie déconseillée cause grosses pluies récentes.
Tombstone : ville un peu parc d'attraction, mais on a marché dans la combine... Attention au "Duel" : c'est dans un enclos, payant, sur des gradins, en plein soleil, et ça dure un certain temps (de mémoire une heure) (c'est théâtralisé, on nous plonge dans l'ambiance, le duel lui même ne dure que 1 à 2 mn...). Joli corbillard ancien à l'entrée...
Bisbee : pas mal d'artisans/artistes, intéressants, attention aux heures de fermetures...
Coucher : Hotel San Ramon (réservé de France) - Qualité prix = * un peu cher, mais presque un B&B - volée de marches à monter, pas d'ascenseur - Accueil personnalisé de Tamara Page, dynamique et sympathique propriétaire
Resto : Cafe Roka *** - super ! Un vrai moment gastronomique. Jessie qui nous sert n'a pas la langue dans sa poche...






J18 Ve 25 Bisbee/Kartschner Caverns/Saguaro/Apache Trail/Payson
En partant, la Bordel Patrol en compagnie de 5 ou 6 Mexicains assis... on a pas vu de violences ce coup là.
Colossal Cave : ici, le gouffre de la Pierre Saint Martin et Michel Siffre sont très connus - intéressante visite, sans plus pour les non-spécialistes.
Saguaro East : de toutes tailles, de toutes formations, au milieu de ces créatures, dont certaines sont d'âge respectable, la boucle (goudronnée) dans le parc est fascinante.
On se perd (évidemment...) dans Tucson...
Il est tard quand on aborde Apache Trail - Tortilla Flat (Superstition Saloon) vient juste de fermer (Damned !) et un orage menace... serrons les dents (pas que les dents...) et on y va : goudronnée au début, puis piste pas difficile, mais sérieux pour les débutants : ça monte/descend et tourne un peu, c'est pas très large, petits ponts à une voie... On croise 2 voitures avec remorques à bateaux.. des habitués... mais on est sacrément récompensé par les superbes couleurs de la piste - plein de saguaros. 1h30/2h pour arriver au bout.
Coucher : Best Western - Qualité prix = *
Resto : (?) un mexicain avec des tables peintes - un peu cher








J19 Sa 26 Payson/Sedona
Sedona : Oh, les rouges !
Environnement superbe. Beaucoup de travaux routiers en ville, vers Taqueplaque : embouteillages... On n'a pas vu Taqueplaque : trop de monde pour nous.
Coucher : Sky Ranch Lodge (réservé de France) - Qualité prix = **
Resto : pizzeria Picazzo - bof...



J20 Di 27 Sedona
Grande découverte que Sédona : un immense merci à Philippe (Schüler) pour nous avoir incité à y aller, (et aussi pour l'ensemble de ses conseils et de son "oeuvre" !!!) : un des plus beaux souvenirs du voyage - des roches rouges, au milieu de la ville, des balades superbes, (West Fork of Oak Creek : je m'y suis bien tordu la cheville : maladroit, parceque c'est sans doute un peu long, mais pas difficile, même si on peut parfois se tromper, ombragé, le "tunnel" où j'ai fait tomber un appareil photo dans l'eau, l'arbre qui tombe avec un bruit énorme sur le chemin !, etc. compter 4/5h aller retour, peut-être moins avec une cheville normale), le Red Planet Diner (assez bon), la pizzeria Picazzo un peu surfaite... et le Vortex !
Ne pas oublier qu'on est en altitude (moyenne) -
Coucher : Sky Ranch Lodge
Resto : Red Planet Diner - à voir - et pas mauvais (c'est un Diner...)




J21 Lu 28 Sedona/Painted Desert/Petrified Forest/Chinle Canyon Chelly
La route vers Flagstaff semble longue, d'où la question : ne vaut-il pas mieux loger à Sedona si on reste plus d'une nuit, les frais d'essence compensant le moindre coût du motel ?
Painted Desert pas inintéressant, on traverse des étendues de roches colorées, vues larges, avec à un endroit "l'air le plus pur des Etats Unis" Si, c'est marqué !
Tour des vues du haut du canyon de Chelly - presque personne, lumières douces
Coucher : Thunderbird Lodge (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Cafet du Lodge - bonne




J22 Ma 29 Canyon Chelly
L'excursion 1/2 journée en 4/4 (12 places environ, pas de toit) avec guide navajo à l'intérieur du canyon : à faire (chapeau et eau..., pas d'ombre dans le 4/4), pour l'ambiance, l'histoire racontée, la rencontre avec les autres passagers.
Bijoux et artisanat en vente aux 2 arrêts, certains vraiment intéressants (mieux à la première halte).
Moustiques !
Coucher : Thunderbird Lodge
Resto : Cafet du Lodge






J23 Me 30 Chinle/Gd Canyon North
En passant par la réserve Hopi - petit arrêt au Hopi Cultural Center à Second Mesa (excellent repas) , puis à Old Oraibi où il n'y a rien à voir sinon des maisons en torchis de bric et de broc : on ressent bien les difficultés sociales, et la valeur de l'eau...
Mais quand même parfois des panneaux solaires sur le toit, et des 4/4 impressionnants...
Bijoux authentiques à la Monongya Gallery; excellent accueil.
En Hopi, le son "oui" (à peu près) voudrait parait-il dire yes...( à vérifier) - étonnant, non ?
Route à partir de Jacob Lake = montagnes, forêts, petites fleurs, prairies...
Gd Canyon North moins de monde qu'au Sud, mais quand même... Pas le temps d'aller aux points de vues extérieurs au lodge - Donc une étape un peu inutile pour nous, c'était pour comparer, mais le trajet s'est révélé trop long à force de musarder... - Certes, des vues extraordinaires, qui vaudraient sans doute la peine de s'y attarder.
Coucher : Lodge (réservé de France) - Qualité prix = * (Jolies petites cabines en rondins, certaines pas très loin du bord, grandes, mais c'est cher...)
Resto : restaurant du Lodge - cher - mais la vue, si on arrive à avoir une table près des fenêtres...



J24 Je 31 GdCanyonNorth/Antelope (upper)/Mexican Hat
Moments de route superbes entre Page et Mexican Hat (vers Kaibito par exemple).
On passe près de Monument Valley qu'on a déjà visité en 2005, mais avec un petit regret de ne pas y retourner.
Antelope (upper)... qu'est-ce qui n'a pas déjà été dit ou montré ?
Coucher : San Juan Inn (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : le grill qui balance...





J25 Ve 1 Mexican Hat/Moki Dudgway/Natural Bridges/Monticello
Moki Dudgway : ça monte mais ça reste roulant - en arrivant en haut, prendre 1ère piste à gauche (roulante) après l'overlook, assez longtemps (6 miles env): Muley Point - vues au bout superbes et bien dégagées... (non, pas derrière les oreilles) - vu personne pendant plus de 2 h...
Natural Bridges - très chaud - juste fait les points de vue.
Route vers Blanding très belle (rouges, verts...)
Coucher : Rodeway Inn - Qualité prix = 0 - propreté douteuse, gérant débordé - à éviter
Resto : (?) une rue à l'écart de la route principale - familial (buffet de hors d'oeuvres, ribs) et bon





J26 Sa 2 Monticello/Harts Draw Road/Needles/ soir route 128, Fisher towers
Harts Draw Road (491) : Très jolie route dans la forêt au matin : plein de petits animaux
Canyonlands (Needles) toujours étonnant de partout, des endroits si différents... parc à faire absolument - tranquille : Roadside Ruins, Cave Springs (2 échelles à monter (faciles))
Vers le soir, la lumière sur les Fishers. Piste courte, un peu défoncée sur la toute fin.
Coucher : Sleep Inn (réservé de France) - Qualité prix = * : rien de spécial - chambres OK - accueil moyen - beaucoup de monde au petit dèj
Resto : Pasta Jay : pas convaincu...





J27 Di 3 Moab/ Negro Bill
C'est connu, c'est magnifique.
Evidemment, pour Negro Bill (env 4h A/R), on oublie un peu qu'il fait chaud, et on part avec, royal, 1/2 litre d'eau pour deux... et 2 bouteilles de 1/2 litre de boisson "énergétique".
Surtout à ne pas faire ! Même si on mouille sans cesse les chapeaux (et les fesses !) dans l'eau qui accompagne une grande partie du chemin, deux américaines (jeunes et sportives....) qui nous croisent à l'aller nous proposent une partie de leur bidon en voyant les rouges inédits et intéressants sur nos visages... : c'est sympa, mais on a sa fierté, que diantre, on s'en sortira comme des grands, style film d'aventures (une petite gorgée à toi, à moi...), mais à la limite de la déshydratation... Ne faites pas comme nous.
Attention, parfois le chemin n'est pas si facile à trouver (buissons d'herbes hautes), ou alors on s'est trompés, et ce n'est pas une balade si pépère que ça (ça monte et descend...).
Au bout, Morning Glory Arch, et un peu de fraîcheur (source) ! Récompensés et fiers !
Coucher : Sleep Inn (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Buck's Grill House - cher mais bon. Pourboire obligatoire de 17%...




J28 Lu 4 Moab/Mill Creek Canyon/ soir Arches (Delicate)
L'expérience d'hier à Negro Bill nous a servi : on a 4l d'eau dans les sacs... Mill Creek bien beau aussi, on commence à être fatigués, on est pas des pros, faut se ménager pour Delicate... mais il fait moins chaud. Chemin un peu difficile à trouver, cascade au bout - 3 petites heures A/R.
En fin d'après-midi, , la montée à Delicate m'a semblé beaucoup moins ardue qu'en 2005 - sans doute un peu moins de chaleur, plus de vent. Mais plus de monde...
Coucher : Sleep Inn (réservé de France) - Qualité prix = *
Resto : Moab Diner



J29 Ma 5 Moab/Goblin Valley/ Fruita/ Scenic drive Cathedral Valley/ Torrey
Rigolos les Goblins, (ça doit être sympas pour les mômes), marrons marrants, petit arrêt à faire.
Little Wild Horse Canyon, j'ai été voir le début (Madame est restée dans la voiture, un peu fatiguée), avec les gros rochers qui bloquent, puis demi-tour, car Monsieur aussi, un coup de fatigue - dans ces cas là, ne pas insister.
Fruita : A-pics grisâtres, comme des rideaux, et en bas l'herbe des jardins. Le camping a l'air très sympa.
Vers Caineville, roches grises, un peu Death Valley.
Scenic Drive Cathedral Valley : comme d'autres, on a payé les 5$ (enveloppe), alors qu'on avait le pass...
Torrey : très vert, mais pluie battante...
Coucher : Austin Chuckwagon (réservé de France) - Qualité prix = ** - à la hauteur de sa réputation : accueil sympa de Michelle Perkins et Randy Austin, et logement très correct - épicerie.
Resto : Cafe Diablo - *** - super ! deuxième moment gastronomique, étonnant, avec là des saveurs inconnues (Ah! le cake au rattlesnake..., les herbes au goût étrange... non, pas ce à quoi certains pensent...).






J30 Me 6 Torrey/ Escalante
Dixie National Forest = pins, arbres blancs, montagne (9600 pieds), hélas nuages... des biches qui traversent.
En fait, on avait réservé au Boulder Mountain Ranch, mais ils avaient de (très) gros problèmes de plomberie, et l'ensemble paraissait un peu limite, en passe d'être rénové (ce que nous a dit le gars qui nous a accueilli) - Comme vraiment on tenait à l'eau courante, on a gentiment dit qu'on repasserait une autre année... pas de problème, et on s'est retrouvé à Escalante au Prospector. Avec Pauline, la gérante, à qui je demande si elle peut faire un prix... Aïe, le regard... et le ton ! "Non. Je fais jamais" (!!!). Bon, OK M'dame, on s'installe, et on va découvrir que Pauline (Ex Chauffeur/euse de son truck (Washington/Chicago/San Francisco) pendant 20 ans....!) est adorable (peut-être parcequ'on lui a offert des petits beurre, des vrais de France, qu'on avait encore au fond des valises...). Elle nous offrira des petites tomates de son jardin et un petit verre qu'on garde précieusement...
Boutique Serenidad : le Monsieur connaît très bien Laurent Martres, et aussi Philippe Schüler (Sedonax)
Il pleut, donc on ne pourra pas faire les pistes...
Coucher : Prospector Inn - Qualité prix = *
Resto : derrière le motel

J31 Je 7 Escalante/Burr Trail
Il pleut encore ! Un peu la Burr Trail (goudronnée), mais pas beaucoup plus loin.
Coucher : Prospector Inn - Qualité prix = *
Resto : derrière le motel





J32 Ve 8 Escalante/Kodachrome
Il pleut toujours! Kodachrome - des trombes d'eau...
Coucher : Prospector Inn - Qualité prix = *
Resto : derrière le motel


J33 Sa 9 Escalante/Bryce
Bryce déjà vu en 2005 - toujours dans le trio de tête de nos parcs préférés. Visite au bout du parc (points de vues, Britlescone Loop) et Navajo Loop.
Mossy Cave à l'extérieur du Parc est très facile - petite cascade.
Coucher : Bryce Canyon Lodge (réservé de France) - Qualité prix = * (Cher...)
Resto : Resto du Lodge - cher




J34 Di 10 Bryce/un peu Cottonwood Road par le sud (15 miles)/Paria Outpost
Impossible de prendre la Cottonwood Canyon Road par le nord (mouillée...).
On passe par Kanab, et juste avant d'aller à l'Outpost, frustrés par la pluie des jours précédents, on essaie Cottonwood Canyon Road par l'entrée (sud) qui n'est pas loin - Début prometteur et mystérieux, mais le soir tombe, et quelques gros trous remplis d'eau nous font rebrousser chemin.
On ne verra pas nos hôtes ce soir, après avoir téléphoné, un petit mot adorable sur la porte nous indique où est la clé.
Coucher : Paria Outpost (réservé de France) - Qualité prix = ** pour l'ambiance générale - une petite chambre très simple avec douche - pas luxe, mais ça ne nous a pas dérangé.
Resto : Page - tous les restos bien pleins - donc une pizzeria (?) avec plein de français dans la queue...




J35 Lu 11 Paria Outpost/Coyote Buttes South
Avec les Parias Outfitters (les Dodsons) (Susan, Steve était occupé), une journée d'anthologie pour nous, Paw Hole, White Pockets (découvert par les frères Leech (?) qui trouvaient cet endroit nul...), etc., à voir et à vivre. Inoubliable. ****
Je n'aurais jamais pu conduire un 4/4 seul pour y arriver : à mon avis, il faut vraiment être très expérimenté dans ce type de conduite pour le faire sans guide. Susan l'est...et son 4/4 est solide !
Le soir, on croise Steve qui connaît bien Phil Lesh (bassiste du Dead pour les connaisseurs...). Hélas, ils sont pris ailleurs, on aurait vraiment aimé passer plus de temps avec eux (et encore parler de Bush et Obama, pas encore élu à cette date : heureusement, qu'il l'a été, ils étaient prêts à s'exiler si ça n'avait pas été le cas...), et on va se coucher complètement épuisés après un excellent repas préparé par Susan.
Coucher : (réservé de France) - Qualité prix = **
Resto : sur place, par Susan







J36 Ma 12 Paria Outpost/Las Vegas
A Kanab, voiture de police sur bord de route... avec un mannequin à l'intérieur ! Mais attention, la prochaine fois ce sera peut-être un vrai...
A Zion la route passe à un moment dans un tunnel avec ouvertures sur la montagne.
Entre St Georges et Las Vegas, (vers Mesquite) route désertique avec montagnes grises pelées - très chaud.
A Las Vegas, bien viser ses horaires (les décaler au plus tôt) pour éviter les interminables queues aux buffets, surtout le soir...
Coucher : Bill's - (réservé de France) - Qualité prix = ** bien situé, pas cher, mais rien d'exceptionnel : c'est pas grave, c'est pour dormir...
Resto : Buffet Planet Hollywood ** - comme en 2005

J37 Me 13 Las Vegas
Repos, visites casinos - le soir, spectacle Love (Cirque du Soleil) au Mirage - Superbe, impressionnant, émouvant - et pour moi qui ait connu les Beatles au début, des bouffées de bonheur nostalgique incontrôlables (ben oui, des larmichettes), c'est toute ma jeunesse qui remonte, et ça fait tout drôle...
Coucher : Bill's
Resto : Buffet Mirage *

J38 Je 14 Las Vegas
Repos, visites, outlets (jeans et chaussures surtout) : attention, c'est fatigant les outlets...
Coucher : Bill's
Resto : Victorian room (Bill's) - correct

J39 Ve 15 Las Vegas/Death Valley
Déjà vue en 2005 - un peu moins torride cette année.
Piscine bien chaude au Furnace Creek Ranch -
Coucher : Furnace Creek Ranch (réservé de France) - Qualité prix = * (Cher...)
Resto : Furnace Creek Inn


J40 Sa 16 Death Valley/Sequoia/Fresno
Route vers Lonepine assez montagneuse (5000 pieds)
Avant Trona, une "ville fantôme" (Ballarat ?) inintéressante (quasiment rien)
Trona, déprimant. Voitures rouillées, baraques en ruines, style base de l'armée quasi abandonnée - après la guerre nucléaire...
Sequoia, sympa, route qui tourne beaucoup, qui monte, Général Sherman à voir (un peu de marche, 1km5 A/R en pente) mais moins fort comme impression que les Redwoods... On est peut-être fatigués...
Prévoir essence, car peu de pompes, et cher !
Sans réserver, on pensait trouver vers Sequoia, mais beaucoup de motels ou lodges sont pleins, la nuit tombe et on décide de pousser jusqu'à Fresno, où on se perd grave car il fait nuit !...
Coucher : Fresno Marriott Springhill Suites - Qualité prix = * un peu cher, mais le gars au desk nous fait un prix - et il y a une française sympathique comme manager ! (Isabelle Louis-Oleary)
Resto : rien (si, un truc à metre dans le micro-ondes...mais je sais plus quoi) - dodo



J41 Di 17 Fresno/San Francisco
4$ péage en arrivant par le Bay Bridge
Coucher : Chancellor, histoire de s'offrir un petit luxe (réservé de France) - Qualité prix = ** (pas trop cher pour sa situation) : vieil hôtel, chambres petites, mais très bien tenu, central, avec un staff qui a le sens de l'humour, compétent et de bon conseil.
Resto : Uncle Vito's *



J42 Lu 18 San Francisco
Les otaries à Fisherman qui parlent fort !
Chinatown, pour s'y perdre, pour les poissons séchés, les légumes incroyables, les champignons, les petits passages où on trouve des boutiques totalement improbables... Beaucoup de locaux ne parlent pas anglais...
Coucher : Chancellor
Resto : Harris's - grillades - chic et cher





J43 Ma 19 San Francisco
Mission - voir les fresques à Clarion Alley presqu'en face de Mission Police Station 630 Valencia
Castro, très coloré
Coucher : Chancellor
Resto : La Taqueria Mission * - On est servis au comptoir - bien bon les tacos et burritos, mais les jus de fruits nous ont semblé bizarres.




J44 Me 20 San Francisco
Matin : croissants de chez Boudin.
Repos et courses souvenirs - sérénité...
Coucher : Chancellor
Resto : Wood house Fish Company - sympa, tenu par des jeunes - très bruyant, mais bonne qualité



J45 Je 21 San Francisco/Avion/Paris
Un peu fatigués, 45 jours c'est long... mais plein de souvenirs et d'envies d'y retourner...

Alors, maintenant...
.... Bon voyage à vous !
Les +++
San Francisco, toujours...
CBS
Kasha-Katuwe
Crater Lake
Sedona
Les bijoux Hopis (argent), et leur sens
Les bijous Zunis (argent)
Apache Trail
Restos : Cafe Roka Bisbee, El Diablo Torrey
Moab et alentours, encore...
Spectacle Love à Las Vegas
(Carizzozo hors concours)
Les ++
Yellowstone
Bandelier
Canyon de Chelly
Saguaro East
Antelope
Moki Dudgway
White Sands
Great Sand Dunes
Vince du Coventry
Scenic Road Cathedral Valley (le vrai grand tour doit être extraordinaire)
Globalement, tous les rangers rencontrés
Le Toyota Four Runner
Les + :
Santa Fe
Bisbee/Tombstone
L'accueil Alamo Albuquerque
Le jeune punk garagiste vers Boise
Le policier à Las Cruces
Restos : San Francisco : La Taqueria (Mission), You's dim sum (Chinatown), et Uncle Vito's (Union Square) - Albuquerque : Sadie's Cocinita et Cooperage - Sedona : Red Planet Diner
Le bourbon Knob Creek (du Kentucky ! bu à San Francisco)
Le Toyota Four Runner
Le barman caviste du Chancellor (bien compétent, et fin )
Très souvent du WiFi dans les motels
Les "un peu moins" :
- le trop grand appétit de voir tout (je sais, on me l'avais dit...), qui conduit à speeder, voire à squeezer, des visites quand survient un contretemps... par exemple, ne pas oublier que sur un trajet (hors autoroute), on traverse des patelins, tout en longueur, et que la vitesse y est limitée (25/35 mph) - de même, il y aussi des travaux sur les routes aux USA, et on se trompe, on prend des photos... : donc la moyenne baisse...beaucoup !
- le verre d'eau du robinet parfois payant dans certains (pas tous !) fast food (Taco Bell, divers indépendants...)
- Roswell : tristounet...
- Taos : trop touriste
- La pluie quand il faut pas ! donc des pistes éliminées
- Les travaux et l'attente interminable sur certaines routes
Les "beaucoup moins" :
- La road assistance et la réaction Alamo Jackson
- Les types louches qui nous ont suivis un soir à Albuquerque...
- Se perdre à El Paso (beau titre de film...) et manquer se retrouver au Mexique sans le vouloir...
- La perte (temporaire) de valise par Air France (mais il est vrai qu'ils ont tout de suite compensé)
Premier voyage à vélo, tour de Corse et Sardaigne English translation pending
Corse Sardaigne à vélo
Un mois à vélo à travers ces deux îles, projet très tentant que j'ai tout de suite accepté. Il faut dire qu'avec Jean on est sûr que ça va «rouler», en effet il a une très bonne expérience des grands voyages à vélo, tour de l'Adriatique, tour de Turquie etc... Le plan est simple: en partant de Bastia remonter le Cap Corse puis descendre la Corse par sa côte ouest, prendre le bateau à Bonifacio pour Santa Teresa, puis longer la côte ouest de la Sardaigne jusqu'à Oristano, mettre le cap sur le centre de l'île, grimper le point culminant au passage, rejoindre la côte est et la remonter jusqu'à Santa Teresa, rejoindre à nouveau Bonifacio, d'où direction Porto Vecchio et de là attaquer directement à travers les montagnes jusqu'à Bastia par Zonza, Ghisoni et la Castagniccia en escaladant une multitude de cols. Le tout devant durer à peu près un mois. Les deux parties du trajet en Corse seront effectuées à deux et le parcours en Sardaigne à quatre. Les deux autres protagonistes arriveront et partiront de Porto Torres. La longueur des étapes, en fonction des conditions météorologiques, des dénivelés et autres facteurs variera de 50 à 110 kilomètres. L' hébergement sera principalement effectué en camping. Autant les côtes sont assez bien pourvues en terrains de camping, autant le centre des îles n'en possède pas beaucoup, surtout aux mois d'avril et mai beaucoup ne sont pas encore ouverts. En effet le départ de Bastia est fixé le 26 avril et l'arrivée à cette même ville est prévu aux environs de la dernière semaine de mai.
C'est mon premier voyage à vélo. Pour le matériel, celui que j'emporte pour de grandes randonnées à pied devrait suffire. Pourtant, malgré ce principe de base simple, au lieu des 10 kilogrammes habituels, je me retrouve avec plus du double. Deux sacoches arrières sur lesquelles je pose mon sac north face, une petite sacoche de guidon et tout tient sans problème, mais l'ensemble dépasse largement les 20 kilos. Mon vélo un trek cadre alu, sur lequel le vendeur de cycles m'a mis un très bon matériel en particulier des roues particulièrement solides aux pneus de petite section mais renforcés kévelar, avec des roulements performants. Dans les descentes mes camarades pédalant je me contenterai souvent de me laisser aller en roue libre. Je précise que ce vendeur de cycles sur les quais de la Saône à Lyon j'y suis allé grâce à une question posée sur Voyage Forum.
Rendez-vous fixé avec Jean le 24 avril chez ma cousine à Nice. Le lendemain nous rejoignons le bateau qui part à 14heures30. Pour la première fois de ma vie je pilote un vélo avec sacoches. Au cours des premiers kilomètres pour se rendre au port en pleine ville, je donne sans doute l'impression d'être un peu éméché, en effet la maîtrise de l'engin avec quelques 25 kilogrammes sur le porte-bagages n'est pas innée. Sans incident cependant nous atteignons le point d'embarquement. Heureusement que nous voyageons avec Corsica Ferries car la compagnie française concurrente est en grève. La traversée s'effectue sans encombre par beau temps, mais un peu couvert en arrivant, prémices de mauvais temps pour les jours à venir. Débarquement de nuit, je ne trouve pas ma frontale et je n'ai pas d'éclairage, mes roues sont sous-gonflées, toutes les erreurs basiques du néophyte! Les 6 premiers kilomètres en direction du Cap Corse sont un calvaire, je ne vois pas les trous et aspérités sur la chaussée, de plus ma jante cogne en écrasant la chambre à air. Heureusement le supplice ne dure pas, car un camping nous accueille exactement à 5, 5 kilomètres de notre point d'arrivée. Pas grand monde, nous passons une bonne nuit après avoir avalé notre ration de pâtes. Première nuit d'une longue série au cours desquelles les oiseaux nocturnes puis les diurnes au lever du jour nous régaleront de leurs chants aux multiples modulations. Pas un éveil au cours de ce mois sans ces concerts quotidiens, certains même pour ne pas se réveiller dès cinq heures mettront des boules quiès!
26 avril
Un jour blafard se lève, bien en accord avec les prévisions météo des plus pessimistes. Nous avons le temps de plier nos affaires avant la pluie, mais tout juste. En effet dès que mon vélo est prêt je cours me mettre à l'abri en le poussant. Après quelques mètres la roue arrière est bloquée. Que se passe-t-il? Aïe! Un tendeur accroché dans les rayons, le crochet aux trois quarts arraché, le tout enroulé plusieurs fois autour des pignons. Le métier de cyclotouriste rentre par ce genre de petites erreurs. Un tendeur qui pend ça ne pardonne pas.
L'étape prévue est conséquente, en effet nous espérons rejoindre Saint-Florent en passant par le Cap Corse, une bonne centaine de kilomètres. La température est fraîche, idéale pour le vélo. La végétation est luxuriante, signe qu'il a beaucoup plu cette année. Le bord des routes aussi bien en Corse qu'en Sardaigne sera un enchantement permanent du fait des myriades de fleurs qui tel un tapis merveilleux nous accompagneront au cours des 1900 kilomètres de notre périple. La route domine la mer, ce qui permet un joli spectacle sur les flots gris couleur de plomb, ponctués de temps à autre de touches vert pâle trahissant la présence de bancs de sable. Les premières gouttes ne tardent pas à faire leur apparition, mais notre moral n'est pas entamé. Les sacoches et mon sac sont étanches, tout du moins c'est ce que je crois, et je n'ai pas pris la précaution de répartir mes affaires dans des sacs plastiques. Eh oui! Il faut que le métier rentre. Nous passons une magnifique crique au sable noir, dominée d'un joli village aux couleurs vives, qui rehaussent la grisaille de ce premier matin d'un mois d'errance. La pluie se renforce. On s'arrête dans un bistrot , boire un café et faire le point. Deux couples de Canadiens aux vélos bien équipés passent et ne semblent pas perturbés par le temps, à entendre leurs éclats de rire. On ne va peut-être pas pousser jusqu'au Cap Corse dans ces conditions. Nous coupons par le col de Santa Lucia, à peu près aux deux tiers de la distance du cap. Première montée, 380 mètres de dénivelé. Malgré les 25 kilogrammes de bagages ça se passe bien, petit plateau grand pignon, tranquillement à 8 à l'heure le terrain défile. Mais je n'ai pas vraiment le loisir de contempler le paysage, j'ai comme on dit la tête dans le guidon. Le col atteint, une belle descente nous attend, mais la pluie guette aussi, et le froid se fait tout de suite sentir avec la vitesse. Une fois sur la côte ouest, le spectacle est magnifique. La pluie, les nuages accrochés, les rochers frangés d'écume et la mer sombre donnent une touche d'austérité au paysage. A midi complètement trempés nous effectuons une halte dans un restaurant suspendu au-dessus de la mer, qui possède une salle voûtée de belle facture. Un bon steak nous réchauffe. Retour sous la pluie qui diminue et s'arrête lors de notre arrivée à Saint-Florent. Cette première étape de 85 kilomètres n'a occasionné aucune fatigue. Mon vélo me semble très bien , souvent j'ai plus l'impression de glisser que de rouler tellement le mouvement est souple. Installation dans un camping à l'entrée de la ville, à cette époque les clients ne se bousculent pas encore . Notre arrivée est l'occasion d'une bonne rigolade. En effet l'homme à la réception me demande ma carte d'identité, en lisant ma nationalité française, il me regarde et dit « Vous êtes français comme moi» et il rit franchement. Je reste dubitatif ne sachant pas si c'est du lard ou du cochon (un comble en Corse). Cependant lorsque je relate l'anecdote à Jean on se marre un bon coup. Sans bagage, donc très légers, nous partons visiter la ville. La citadelle, grosse bâtisse circulaire, qui domine le golfe, permet une belle vue circulaire. Construite en 1440, elle fut au gré des périodes génoise, aragonaise, française, anglo-corse, italienne et aussi bien sûr corse. Comme la plupart des villes de Corse et de Sardaigne que nous allons visiter, nous constatons que ces régions étaient très convoitées et que de nombreux peuples se les sont disputées, chacun les possédant de temps à autre en fonction des fortunes de guerre et des alliances. Qu'il est doux de déambuler à vélo par un temps somme toute redevenu clément, bien que de gros nuages sombres rôdent encore sur les reliefs. Revenons à des questions plus terre à terre, avec quoi notre repas du soir sera-t-il arrosé? Jean a la bonne idée d'acheter du Patrimonio au détail, mais n'ayant pas de bouteille, il met ce magnifique vin rouge dans son bidon. La soirée et le dîner sont agréables et le litre de Patrimonio passe de vie à trépas.
27 avril
Après une bonne nuit, le réveil aux chants des oiseaux est un régal, de plus il ne pleut pas. Aujourd'hui début de parcours par la traversée du Désert des Agriates. En montant le premier col, Bocca di Vezzu, qui culmine à 311 mètres une bruine légère commence à tomber. Progressivement elle évolue vers le déluge. Moi qui pensais qu'un désert était garant de sécheresse! La descente sur Île Rousse est un supplice face à un vent violent, cinglés par des gouttes énormes. 50 kilomètres à l'heure sur chaussée détrempée nécessite de l'attention, mais une seule idée me hante, que ce calvaire s'arrête le plus vite possible. Le froid me tétanise, on est beaucoup plus sensible à ces variations de température à vélo qu'à pied, tout particulièrement en descente. Les derniers kilomètres avant la ville en bord de mer sont éprouvants, arque boutés sur les pédales, complètement essorés nous nous traînons lamentablement à 10 à l'heure tellement les rafales de vent et de pluie sont puissantes. Au centre du village arrêt d'urgence dans un petit bar qui nous fait à manger. Les rues se sont transformées en rivières et aucun signe d'apaisement n'est en vue. L'étape d'aujourd'hui s'arrête ici avec seulement 47 kilomètres enregistrés au compteur. Nous prenons une chambre d'hôtel et faisons sécher nos affaires. Je constate que mes sacoches et mon sac ne sont pas totalement étanches, et il va me falloir revoir ma stratégie de conditionnement de mes habits et de mon matériel de couchage, le métier rentre doucement, les petits revers sont formateurs. Les Corses au cours de cet après-midi de fin du monde nous diront qu'ils n'ont jamais vu un temps pareil. Il pleut maintenant depuis six mois. Si ça doit continuer on a du souci à se faire pour notre balade. De plus le tonnerre s'y met! Nous nous endormons bercés par les gouttières qui débordent.
28 avril
Il ne pleut pas. La journée commence bien, le patron très gentiment nous offre le café. L'étape de ce jour sera musclée. Il nous faut récupérer la distance non faite hier, donc au programme arriver à Porto. Rapidement Calvi est atteinte. Nous prenons le temps de visiter cette magnifique cité. La citadelle haut perchée sur son rocher offre une vue époustouflante. Après un pique-nique rapide 85 kilomètres nous attendent, constitués de beaucoup de côtes et en prime avec le vent dans le nez. Nous optons pour les petites routes et prenons la D81, serpentant au-dessus de rochers acérés qui plongent dans la mer. Ce vent qui nous freine, ce qu'il est bon de le sentir sur son visage, ses bras et sur tout le corps. Le voyage en s'exposant aux aléas du climat apporte réellement une dimension de plus à l'expérience. Il n'y a pas que l'effort physique qui procure du plaisir mais aussi ce contact sensuel avec les éléments. Il faut garder toute sa vigilance pour résister aux coups de boutoir du vent, qui arrivent de façon aléatoire. Derrière une vitre de voiture le spectacle est le même mais il manque ce tutoiement avec la planète et ses caprices. Les lendemains de tempête, l'air a une limpidité qui fait ressortir les couleurs et accentue leurs contrastes. En particulier, les très nombreuses fleurs dans ce décor encore tout humide brillent de mille feux, où domine le jaune ponctué des tâches rouges des coquelicots. Cette départementale, très sauvage et peu parcourue à cette époque longe la mer puis s'enfonce dans les terres. Elle est en permanence coupée de petits ruisseaux, conséquence des très fortes précipitations de ces deux derniers jours. Ce qui est extraordinaire sur ces routes corses, c'est que tout en longeant la mer, on peut contempler à proximité de belles montagnes enneigées, qui se découpent sur le ciel.
A 15 heures, nous arrivons à proximité de Galéria qui se situe dans un cul de sac. Le chemin pour Porto est encore long. Une grimpette de 11km pour quatre cents mètres de dénivelé nous fait peiner. Ensuite il reste plus de quarante kilomètres à parcourir qui ne sont pas uniquement en descente. Alors que nous sommes encore à trente deux kilomètres de Porto, son petit golfe semble tout proche. C'est compter sans les interminables détours le long des courbes de niveau. C'est digne du nord de l'Albanie, et si moi je ne l'ai parcouru qu'en voiture, Jean lui a circulé dans ces contrées reculées à vélo. Un peu avant d'arriver à Porto la route passe entre de grandes falaises de roche rouge, du porphyre, permettant par endroits des points de vue vertigineux sur une côte déchiquetée et frangée d'écume. Le gros avantage du vélo sur la voiture, le long de ces routes très étroites et tortueuses, consiste dans le fait que l'on peut toujours s'arrêter pour profiter d'un beau point de vue. Les derniers kilomètres nous donnent bien du mal en nous opposant des pentes rudes. Enfin la petite ville de Porto se trouve à nos pieds. Qu'elle est belle avec sa baie envahie de grosses vagues et sa tour sarrasine sur son éperon rocheux! L'étape a été de 109 kilomètres et le plaisir d'être arrivés est évident. Dernier supplice, rejoindre le camping par un chemin de grande raideur, je pousse le vélo. Soirée agréable, comme précédemment, à cette époque les campings sont presque déserts. Juste au-dessus de nous le Capu d'Ortu, culminant à 1294 mètres pratiquement sur la mer, nous laisse admirer sa vaste face ouest éclairée par le soleil couchant.
29 avril
Durant la nuit il a un peu plu, pourvu que le déluge des premiers jours ne fasse pas un retour. Le ciel reste chargé mais aucune goutte ne se fera sentir de toute la journée. Le départ est brutal et sans mise en jambe. Au cours des six premiers kilomètres la route s'élève de cinq cents mètres, mais petit plateau et grand pignon, tranquillement ça monte. Le lieu est l'un des plus touristiques de l'Île de Beauté, les fameuses Calanches de Piana. Beaucoup de monde, motos, voitures et cars ainsi que deux autres vélos. Je décide de m'arrêter pour faire une photo, je n'arrive pas à décliper mes pédales et je fais ma première chute. L'arrivée au sol est violente, mais heureusement les bagages amortissent en partie le choc, cependant je me blesse légèrement à la jambe avec les plateaux. Je n'arrive pas à me relever car mon pied reste rivé à la pédale. Un grand balèze qui a assisté au spectacle, me prend dans ses bras et me remet sur pieds, mais il manque me lâcher avant que ma chaussure soit décoincée, donc il était moins deux pour que je remette cela. Je le remercie en lui disant «Comme il est bon de se trouver dans les bras d'un grand costaud». Tout le groupe qui l'accompagne éclate de rire. Le site est splendide, d'immenses parois nous surplombent alors que celles situées sous la route dominent la mer de plusieurs centaines de mètres. Des rochers aux formes étranges ajoutent au pittoresque du lieu.
Le parcours jusqu'à Ajaccio se passe sans encombre sur une route toujours splendide. L'arrivée dans la ville est rébarbative à cause d'une circulation dense. Nous fuyons et rejoignons, par une route à circulation rapide très désagréable, un camping à proximité de l'aéroport. L'étape de ce jour est de 92 kilomètres.
30 avril
Aujourd'hui encore une très belle étape par une petite route peu fréquentée nous attend. Dans ces conditions le vélo est un sport très agréable et un moyen de voyager génial, même s'il ne procure pas le degré de liberté de la marche, qui elle s'affranchit de la route. Grosse forme, je pars comme un «calu», Jean qui a l'expérience sait que cela n'aura qu'un temps. Je découvre le plaisir de pédaler à un bon rythme, et de voir défiler les kilomètres. Ce matin cette vitesse est d'autant plus agréable, que nous avons un vent favorable et que la route longe le bord de mer depuis Porticcio. Nous quittons le bord de l'eau et une première côte sévère bloque net le mouvement. Puis contre toute attente nous entamons une descente raide et assez mal pavée, et nous voilà de nouveau sur la plage. Interrogation? Nous nous sommes trompés dans la montée du col de Cortonu. Que faire? Remonter? Ma carte au 100 000, datant de 1985, indique qu'un chemin contourne par l'ouest le col et conduit de nouveau sur la D55a un peu plus loin. Après tout, nous cherchons les petites routes et bien allons-y! Jean est toujours fana pour ce genre de variantes, ça lui rappelle ses virées dans des contrées lointaines. Oui nous le trouvons notre chemin, mais depuis vingt ans le progrès est passé par là et il est goudronné. Cependant son tracé est resté le même, et souvent les chemins ça ne cherchent à faire des détours, il attaque tout droit dans la pente à plus de 10%. Jean s'envole, je mets un point d'honneur à ne pas mettre pied à terre et appuie sur les pédales. Ne pas tomber en dessous de six à l'heure car la limite de l'équilibre se situe à 5, 5 voire cinq, et un déséquilibre avec les pieds rivés j'en connais le résultat! Là les 25 kilos de bagages je les sens. Je n'en reviens pas, pourquoi je suis capable de traverser les Pyrénées à pied avec moins de 10 kilos et que je me retrouve ici chargé comme un camion? Les besoins sont presque les mêmes à pied et à vélo, le couchage et les habits le reste c'est du superflu. Il faut peut-être dire que j'ai de quoi pêcher ainsi que masque et tuba, et aussi plusieurs livres. À pied on restreint le matériel de façon plus drastique. De petites dérives en petits excès on se retrouve accablé comme une mule. Le plus cocasse c'est que pour la norme cyclotouristique je ne suis pas tellement chargé.
Enfin nous voilà de retour sur la route initialement prévue, mais que ce détour était joli. Là, à vélo et à pied je fais la même constatation, au cours des erreurs d'itinéraire on voit généralement de très belles choses et on ne regrette surtout pas de s'être trompé. Une belle descente se présente, logique le col est derrière, et c'est reparti grand braquet, que du plaisir. Nous arrivons à Acqua Doria toute petite localité perchée. Une épicerie bar nous accueille, quelques achats et un café pris sur la terrasse offrant un panorama vaste dans toutes les directions. Je découvre sur une étagère de cette petite échoppe un vin qui m'intrigue tellement que je fais la photo de l'étiquette. Sur cette dernière on peut lire: vin de Merde, le pire... cache le meilleur. On y croit pas à la première lecture et donc on recommence! Mais si c'est bien écrit cela. Pour compléter, des fois que l'on ait pas compris, dans le coin droit de l'étiquette se trouve une belle grosse mouche bleue sans doute du meilleur et non du pire effet! Un peu plus loin nous faisons une halte et pique-niquons bien installés au soleil, moment très agréable passé à se raconter une multitude d'histoires. En effet si nous pratiquons des sports généralement différents actuellement, nous sommes tous les deux alpinistes au départ, et plusieurs dizaines d'années d'escalade ça formate. Nous repartons par de minuscules routes à travers une campagne verdoyante, on ne se fait pas cette idée de la Corse. Les pluies qui s'abattent sur l'île depuis des mois lui donnent un côté luxuriant et partout de grandes herbes bien vertes envahissent les espaces libres et les champs. Retour en bord de mer, Propriano apparaît au fond de sa baie turquoise au sable clair, entourée de montagnes. Que ces grands espaces sont jolis lorsqu'ils sont presque déserts. A l'entrée de la ville nous trouvons un camping en hauteur. Pour rejoindre notre emplacement 500 mètres d'une raideur extrême, ces derniers coups de collier sont un vrai supplice, bien que le compteur ne comptabilise que 62 kilomètres pour la journée. Comme toujours pas grand monde , nous sommes presque seuls à part quelques chats affamés qui viennent quémander. J'évalue le niveau de faim d'un chat, outre sa maigreur, au fait qu'il mange ou non le pain. Pas de doute ceux-là ont très faim. En tout cas ils ne sont pas farouches l'un d'eux escalade mes sacoches comme s'il désirait continuer avec nous. Les bagages posés, une descente en ville nous permet de découvrir une petite cité agréable surtout par ce temps presque estival.
1 mai
Aujourd'hui l'étape sera moins sympathique. En effet, la seule route pour Bonifacio, c'est la nationale, ce qui est toujours un peu stressant et souvent ça ne sent pas bon. Ça commence dur, une belle montée jusqu'à Sartène et tout les jours ne se ressemblant pas je me sens un peu fatigué, donc avec la chaleur je souffre. Il me suffit de penser à Kazantsakis et sa formule que j'ai faite mienne: un jour où je n'ai pas souffert est un jour où je n'ai pas vécu. Un raccourci dans la ville elle-même est très raide, une erreur de pignon m'est fatale. Je mets pied à terre et, mon Dieu que le vélo est lourd à pousser dans cette côte qui affiche au moins 12 ou 13 %. Le reste de l'étape ne me laisse pas de souvenir précis, si ce n'est le moment où dans un virage nous avons vu surgir la Sardaigne, que nous rejoindrons demain. Un autre détail me revient en mémoire, nous avons croisé un groupe de Ferraris en vadrouille, elles étaient quatorze, et même si les voitures ne vous intéressent pas c'est pas mal à regarder passer. Après 60 kilomètres, sur les hauteurs de Bonifacio nous nous installons dans un camping agréable dominé de jolis monticules granitiques qui donnent envie de faire de l'escalade. Sans charge la descente est amorcée pour visiter la cité, qui est très pittoresque. Sa citadelle colonise un magnifique promontoire permettant une vue de tout premier plan sur la Sardaigne et le détroit qui protège le port de la pleine mer. Je me souviens y être venu en voilier il y a bien longtemps lors d'une magnifique navigation d'une quinzaine de jours.
2 mai
Ce matin branle-bas très tôt, nous devons être au port au plus tard à 8 heures pour un départ à huit trente. Les cinq kilomètres du camping au port sont exclusivement en descente. Qu'il est bon de se laisser glisser comme cela de bon matin. Les roulements à billes de mes roues sont si performants que j'ai plus l'impression de glisser que de rouler.
Les passagers ne sont pas très nombreux sur le bateau, quelques voitures et motos. Ces dernières tout au long de notre périple nous en verrons des meutes plus ou moins importantes, sauf en finale dans le centre de la Corse en Castanicca, coin enchanteur dont je reparlerai et qui nous fera regretter de mettre fin à notre voyage, comme attirés par une envie d'errance sans fin. Le départ le long de ces grandes falaises blanches, au sommet desquelles se serrent des maisons toutes en hauteur est d'une saisissante beauté. Les goélands, qui planent derrière le navire à la même vitesse, semblent immobiles. Les bateaux m'ont toujours procuré une forte impression de départ vers des contrées lointaines, même si aujourd'hui le trajet n'excède pas une vingtaine de kilomètres et ne dure que cinquante minutes. Cependant pour un prix de vingt euros, j'ai vraiment la sensation de partir.
Après cette traversée agréable nous débarquons en Sardaigne. Cela me fait quelque chose car il y a plusieurs générations déjà, par ma grand-mère paternelle j'ai des gènes qui proviennent de cette île. Nous commençons avec un petit café sur le port. La vie est délicieuse lorsqu'on n'est pas dans l'urgence et autonomes, pas de contrainte concernant le point de chute, tout petit recoin discret peut faire l'affaire, si à huit heures du soir on n'a pas trouvé de lieu d'arrêt dit autorisé.
Cette première étape doit nous conduire à Castelsardo, jolie petite ville chargée d'histoire posée sur un magnifique tertre pyramidal qui s'avance sur la mer. Le relief sur la côte ouest nous semble presque débonnaire après la descente de la Corse. La circulation n'est pas très importante et le déplacement à vélo est agréable. La campagne sarde est un festival de fleurs, qui déroulent leurs corolles par millions à notre passage. Au bout d'une ligne droite quelques centaines de mètres devant, nous voyons deux cyclotouristes. La chasse est lancée, je réussis à m'approcher à une cinquantaine de mètres puis je me fais décrocher. Jean ne semble pas s'être intéressé à la course. Ils reprennent le terrain perdu et finissent par disparaître. Une quinzaine de kilomètres plus loin, nous les retrouvons devant une échoppe de fruits et légumes sur le bord de la route en pleine campagne. Nous en profitons pour faire la halte de midi. Il s'agit de deux Allemands engagés sur le tour de Sardaigne en douze jours avec points de départ et d'arrivée à Olbia, aéroport desservant l'île par des vols low costs. Nous rencontrerons de nombreuses personnes qui utilisent ce point d'entrée. Les Allemands partent avant nous, mais ayant fait un petit détour par une crique qui les a un peu retardés, pour un temps nous les retrouvons. Cela nous donne l'occasion de nous «allumer» sérieusement le long d'une grosse bosse, et je ne suis pas le premier à craquer. Quand on est bête c'est pour la vie, et ça ne risque pas de s'arranger après cinquante ans!
Castelsardo apparaît au détour d'un virage, véritable splendeur que ce tertre qui s'avance sur la mer, coiffé de sa citadelle centenaire au pied de laquelle de petites maisons multicolores serrées les unes contre les autres essaient de monter à l'assaut. Pris par la beauté de ce spectacle je freine et m'arrête, mais je ne pense pas à mes pieds et rebelote deuxième chute, cependant l'expérience aidant je ne me fais cette fois aucune égratignure. Pourtant on n'est jamais à l'abri d'un poignet cassé, il faudra que ça rentre. Ne devient pas cyclotouriste qui veut! Nous montons visiter cette petite cité, c'est raide à vélo, vieille ville charmante aux ruelles calmes et colorées, haut perchées au-dessus de la mer. Mais il n'y a pas de logement hormis les hôtels, il nous faut pousser jusqu'à Porto Torres à une trentaine de kilomètres plus au sud. Cette décision ne soulève pas l'enthousiasme, mais quelle autre alternative? Rapidement nous reprenons plaisir à pédaler, la route domine la mer avec de belles perspectives sur de petites criques, et de plus le vent nous pousse. À une moyenne supérieure à vingt à l'heure nous atteignons notre but, ce qui fait pour la journée 105 kilomètres, mais ils comptent moins que les kilomètres corses. Installés au camping, nous partons faire les courses au supermarché situé à trois cents mètres. Devant le magasin je freine et dix de der, je n'ai pas vu que mes pieds sont clipés. La chute est plus brutale car je n'ai plus de bagage pour amortir. Je suis bien secoué mais une fois de plus rien, cependant il faut que je réagisse cela fait la troisième depuis le départ et la seconde aujourd'hui, à ce rythme les statistiques me disent que je vais finir au mieux avec un plâtre. Retour au camping et qui voyons-nous en train d'arriver? Nos deux Allemands , Josef et Wolfgang. Ils viennent s'installer à côté de nous et ce sera l'occasion d'une soirée sympathique à nous raconter des histoires de vélos. Ce sont de gros rouleurs qui n'hésitent pas à traverser les USA. Demain ils partiront tôt, par contre pour nous ce sera repos car nous devons récupérer deux compagnons qui arrivent par bateau et qui vont nous accompagner durant le tour de Sardaigne. Eh oui! VF a encore sévi.
Nous roulons depuis une semaine, cela me permet de me faire une première idée de cette façon de voyager que je n'imaginais pas utiliser, encore récemment. Le vélo ne donne pas cette impression de liberté que procure la marche, car on reste, sinon prisonnier, tout au moins dépendant de la route. Parfois la circulation est dense et ce n'est pas très agréable, cependant on s'accoutume assez vite. Nous avons franchi 550 kilomètres, cela fait beaucoup plus qu'à pied. On éprouve toujours un certain contentement en regardant une carte sur laquelle on a parcouru de grandes distances à la seule force de son corps, à pied ou à vélo. C'est sans doute un peu puérile mais c'est cependant un petit plaisir et une vie heureuse, paraît-il, est constituée d'une somme de petits plaisirs. Il est vrai qu'en soi la distance ne signifie pas grand chose, donnée relative en fonction de la difficulté ou du mode de déplacement. Que dire d'un parcours en kayak ou de la montée d'une face qui fait «seulement» un kilomètre? Même si le kilométrage n'est qu'un accessoire du voyage, souvent on s'imagine qu'en allant loin on voyage vraiment. Forcément ce genre de conditionnement joue et voilà pourquoi on est tout content de regarder sur la carte une grande distance que l'on vient d'accomplir. Le vélo a un autre gros avantage, il est beaucoup moins traumatisant que la marche à pied. Bien sûr l'effort musculaire a été intense au cours des innombrables montées de la côte ouest de la Corse, mais les contraintes et les chocs sur l'ossature sont moindres. Le soir à l'arrêt la fatigue est différente de celle ressentie à pied, bien moins traumatique, vraie source de bien-être. Je n'en reviens toujours pas, pourvu que cela dure. Il y a maintenant une semaine que je suis rentré chez moi, après un mois de vélo et 1900 kilomètres, et je n'éprouve aucune douleur nulle part. Juste avant de partir, une épaule me faisait mal depuis plusieurs années avec des fourmis dans la main. L'ostéopathe que j'ai vu trois jours avant de rouler m'a dit de partir quand même, et il a eu bien raison. Cet effort présente un véritable effet curatif sur les douleurs articulaires. Donc le voyage à vélo présente indéniablement des avantages et des côtés très agréables, bien que toutes les dimensions de liberté ne soient pas réunies, tout du moins en Europe. J'imagine que dans certains pays lointains sur des pistes peu ou pas fréquentées le vélo devient l'outil le plus sublime pour voyager.
3 mai
Ce matin pas d'impératif, nous voyons les Allemands partir et nous petit-déjeunons tranquillement. Cette journée d'arrêt est la bienvenue car je sens une légère fatigue. Nous devons nous rendre au port attendre Evelyne et Rafik à 19h. En début d'après-midi nous partons pour un tour en ville et la reconnaissance du port. De nombreux restes archéologiques subsistent dans cette ville de 20 000 habitants. En outre, elle est très industrialisée. Le hasard fait bien les choses, nous tombons sur une procession religieuse. Un cortège immense suit la statue de la vierge, comme si toute la cité s'était donnée rendez-vous. Les autorités en premier, maire et autres autorités civiles puis, policiers, carabinieri, pompiers, militaires ouvrent la voie à cette foule interminable qui monte à l'église. En fin d'après-midi nous nous rendons sur le port. Bizarre pas de bateau prévu à 19heures, il y en a bien un à 20 heures mais en partance.
En définitive, ils débarquent bien mais à vingt et une heures. Les dix kilomètres pour rentrer au camping se feront de nuit. Moment d'angoisse avec seulement une frontale qui ne permet pas de bien visualiser la route et ses à-côtés. On m'avait dit que les phares n'étaient pas nécessaires car on roule toujours de jour et on ne se laisse jamais prendre par la nuit. Cela fait déjà deux fois en une semaine. Dès que je rentre chez moi je ferai équiper mon vélo du système d'éclairage adéquate. Là encore c'est le métier qui rentre. Nous leur avons préparé un petit repas d'accueil, simple mais consistant, purée saucisses. Nous faisons connaissance, Evelyne est une coureuse à pied reconvertie au vélo et Rafik est un athlète de haut niveau qui a terminé 17ème au championnat du monde de cross. Première soirée très agréable, et durant les 15 jours l'ambiance restera au beau fixe. Manifestement ce sont des clients de haut niveau. Moi le novice du vélo je n'ai qu'à bien me tenir! Le bilan kilométrique de cette journée se monte à trente, une broutille tandis qu'à pied cela représente une belle étape.
4 mai
Aujourd'hui, il est prévu un trajet de rodage à quatre. A travers la campagne sarde par de petites routes nous comptons rejoindre le Cap Caccia, qui est la pointe sud d'une longue et étroite presque-île bordée de falaises qui dominent le mer d'environ 200 mètres. Cinquante kilomètres sans voiture ou presque dans des paysages paisibles ou le vert des prairies et les couleurs vives des fleurs dominent. Qu'il est paisible de faire ce type de randonnée, là le vélo est un merveilleux moyen de locomotion. Nous rejoignons le bord de mer, et prenons la direction du cap précité. Quelques raidillons carabinés nous permettent d'accéder à un belvédère remarquable, d'où la vue sur d'énormes rochers émergeant de l'eau est saisissante. Un groupe d'Allemands devant leur car nous applaudit dans notre effort final. En remerciement je leur récite les premiers vers de la Lorelei: Was soll es bedeuten, dass ich so traurig bin...
Mais au fait sur ce rocher s'avançant sur la mer nous ne voyons pas de camping, alors qu'il était prévu de s'y arrêter pour la nuit. Un petit sigle triangulaire sur la carte avait été mal interprété. De notre magnifique point de vue dans le lointain après un grand cap blanc se dévoile la ville d'Alghero. Nous comprenons tout de suite que c'est reparti pour trente kilomètres. Après quelques bosses, nous rejoignons des zones plates. Un léger vent arrière transforme les vingt derniers kilomètres en une promenade de plaisir à vive allure. Le premier camping rencontré est fermé, le second se cache sur la plage pratiquement dans la ville. Nous finirons par le dénicher après plusieurs passages et les renseignements des autochtones. Le kilométrage pour ce jour s'élève à 77km. La ville a du cachet avec ses fortifications qui donnent directement sur la mer. On les suit par de larges esplanades. De nombreuses armées d'invasion ont laissé des traces dans cette cité, qui a été convoitée et conquise au cours des siècles par les Italiens, les Carthaginois, les Phéniciens, les Byzantins, les Arabes les Catalans et sans doute d'autres.
5 mai
Ce matin petite forme, deux d'entre nous ont des symptômes concordants, mal de tête et nausées. Avons-nous mangé quelque chose qui n'était pas frais? Nous passons la matinée tranquillement. Le départ a lieu à 11heures 30, l'état des deux malades s'améliorant. Le but de la journée se trouve à 48 kilomètres, il s'agit de la petite bourgade de Bosa. Même si la distance n'est pas très importante, l'étape nous marque d'une part du fait de sa beauté, route en hauteur au-dessus de la mer, et d'autre par à cause de ses pentes particulièrement longues et raides. Enfin après avoir bataillé plusieurs heures, une immense descente nous tend les bras. Elle doit nous conduire au point d'étape prévu. Mais le plaisir sera gâché, car l'orage s'invite à la fête et il est particulièrement violent. Nous ne trouvons pas le moindre abri, et stoïquement nous pédalons sous des trombes d'eau. L'absence de construction le long de cet itinéraire est totale, et sous la pluie cela se remarque d'autant plus. Après une petite heure de grosse rincée, le beau temps revient aussi vite qu'il avait été chassé. L'arrivée dans Bosa se fait au milieu des mares laissées par l'orage.
Nous sommes hébergés à l'auberge de jeunesse, spartiate mais fonctionnelle, une chambre à quatre avec lits superposés. Rafik et moi partons pêcher. Outre le goût prononcé pour le sport et la course à pied, nous avons d'autres points communs. Lui est d'origine tunisienne et mon père est né en Algérie, certes de père ardéchois, mais cela n'empêche que nous venons du même creuset de la Méditerranée et que tout nous attire en elle, en particulier la pêche. La petite baie de Bosa est abritée par une large digue sur laquelle viennent se fracasser de grosses vagues. Au débouché d'un petit estuaire aux eaux très remuées, les pêcheurs s'agglutinent, taquinant la dorade et le loup. Pour notre part nous n'attrapons qu'un petit sarran, joli poisson de roche bariolé. Je le décroche avec précaution et le remets à l'eau. Certains pourraient me dire pourquoi embêter les poissons, voire plus, si ce n'est que pour le plaisir de les attraper. Sans doute toute la tradition communiquée par mon père qui me racontait avec une passion non assouvie les pêches merveilleuses qu'il faisait dans son enfance sur les côtes algériennes. Dans ces régions méditerranéennes je me sens bien, ce qui peut paraître un peu paradoxal car je ne rêve que de montagnes et de parois raides. En Corse j'ai plutôt tendance à regarder du côté de la montagne, qui jaillit partout, tandis qu'en Sardaigne mon regard va naturellement vers la mer, même si les reliefs sont parfois escarpés et présentent de belles falaises. La Corse pour moi est une extraordinaire montagne dans la mer, et la Sardaigne consiste en une succession de magnifiques sites côtiers tout du moins sur son versant ouest, la côte est étant plus accidentée. Cependant en Corse, même sa côte plate est dominée de magnifiques pics, enneigés plus de la moitié de l'année. Je ne dis pas qu'elle est plus belle que la Sardaigne, ce type de comparaison n'a pas de sens. Je reprendrai seulement les mots d'un grand navigateur qui a arpenté le monde sous toutes ses coutures et qui déclare « de toutes les contrées dans lesquelles j'ai navigué, les deux plus belles sont la Corse et la Bretagne » et il est breton, alors pensez ce que vous voulez de la Corse!
6 mai
Très beau temps, le petit déjeuner servi à l'auberge de jeunesse est frugal, mais heureusement nous ajoutons le complément. De petits ennuis techniques nous retardent. Le départ a lieu vers midi. Le démarrage est brutal, une rampe particulièrement raide ouvre le bal. Halte repas très plaisante sur la place du village de Sennariolo, et nous ne dérogeons pas au rite du petit café final, surtout qu'en Sardaigne il est moins cher qu'en France, généralement 80 centimes. La montée reprend jusqu'au village suivant Cuglieri. Ensuite le parcours est un enchantement, une succession de faux plats en descente avec le vent dans le dos. Je m'en donne à cœur-joie sur le grand braquet, une vingtaine de kilomètres parcourus entre 40 et 55 kilomètres par heure en permanence. Le vélo procure dans ces moments un plaisir intense. L'expression filer comme le vent décrit bien la situation. J'ai vraiment la sensation de vitesse, et je m'y connais un peu ayant conduit de grosses motos de façon souvent déraisonnable. Un arrêt est improvisé à S'Archittu, tellement ce petit golfe couleur turquoise entouré de falaises est magnifique. Nous repartons sur un bon rythme. La grande ville approche avec son cortège habituel, constructions plus nombreuses, route plus large et un trafic toujours plus dense. Nous n'entrons pas dans Oristano mais partons à l'ouest camper à Torre Grande. Aujourd'hui le compteur marque 72 kilomètres, dont pas mal furent un véritable régal. En particulier les dix derniers kilomètres, vent dans le nez, bien abrités derrière Jean qui comme un tracteur maintenait un bon vingt-cinq de moyenne, on ressent tout le bien-fait de l'effort soutenu au bon niveau sans que cela fasse mal. Il faut dire qu'entre lui et Rafik nous avons deux gros costauds du vélo. Evelyne , toute menue qu'elle est, dans les côtes quelque soit leur inclinaison et leur longueur, elle appuie de façon régulière sur les pédales et je la vois systématiquement disparaître, j'en ferai encore l'expérience au cours des jours à venir dans les montagnes. Mon arme secrète pour refaire mon retard c'est de mettre le grand développement dans les descentes et de forcer comme une brute. J'atteins régulièrement les 60 à l'heure, voire parfois beaucoup plus. Cette sympathique émulation se passe dans la bonne humeur et la décontraction.
Nous envisageons de rester deux nuits sur place afin de visiter tout à loisir les environs demain . En effet à une dizaine de kilomètres à l'ouest se trouve le magnifique site archéologique de la ville de Tharros. Cette dernière il y maintenant deux millénaires était la capitale de l'île. Notre camping est «bunkérisé» par de grandes grilles et un haut mur sur le devant, mais agréable une fois à l'intérieur. Comme d'habitude pas d'affluence, cependant un peu plus de monde que les jours précédents, en particulier des groupes de motards. Un cyclotouriste allemand nous aborde et nous narre son périple commencé cinq semaines plus tôt en Allemagne par une traversée des Alpes jusqu'à Nice.
7 mai
Comme prévu départ pour Tharros, mais les petites routes nous conduisent sur les bords d'un immense étang utilisé pour la pisciculture. De toute évidence les poissons grouillent, mais nous sommes perdus parmi les hautes herbes, notre chemin ayant subitement disparu. Nous ne restons pas longtemps seuls. Des gardes forestiers équipés d'un 4x4, nous ayant repérés de loin, nous prenant peut-être pour des braconniers, s'arrêtent à notre hauteur. Nous leur expliquons notre situation. Ces derniers très gentiment nous proposent de les suivre et par un véritable labyrinthe de petits chemins en sous-bois ils nous remettront dans la bonne direction. L'itinéraire n'est pas évident, car à plusieurs reprises à la croisée de sentes nous les voyons hésiter. Ensuite, la route sur une dizaine de kilomètres est une splendeur, entre plans d'eau et explosions de fleurs sur des hectares.
Enfin nous atteignons la très belle église San Giovanni. Tharros est à proximité. Une piste en terre conduit à l'extrémité du cap. Le lieu est magique. On imagine facilement la scène, lorsque les premiers Phéniciens abordèrent ce site sept siècles avant notre ère. Ils en évaluèrent tout de suite le potentiel. En effet jusque vers la fin du premier millénaire après Jésus-Christ, le port fondé prospéra et donna cette très belle cité. Mais les corsaires sarrasins devenant de plus en plus menaçants, un repli vers l'intérieur des terres fut amorcé et la ville périclita. Il en reste des ruines superbes dans un cadre enchanteur, envahies au mois de mai, d'une incroyable densité de fleurs, qui montent à l'assaut du pied de la grande tour ronde bien campée sur la plus haute colline du cap. Site exceptionnel particulièrement surveillé, nous y croisons outre les gardes qui nous ont indiqué notre chemin, des policiers, des carbinieri et des gardes côtes. Je déconseille formellement à quiconque d'avoir l'idée d'y envisager le camping sauvage.
Nous décidons ensuite d'aller visiter Oristano, jolie petite ville au centre très pittoresque. De belles places dallées aux formes inhabituelles font la meilleure impression. En ce début d'après-midi les rues sont désertes, sieste oblige et nous avons l'impression d'avoir la cité pour nous seuls.
Journée agréable de visites, nous avons tout de même parcouru 62 kilomètres, mais sans bagage nous n'avons pas l'impression d'avoir roulé. A croire que la déformation du cyclotouriste arrive plus vite qu'on le pense!
8 mai
Aujourd'hui départ matinal, car l'étape prévue est conséquente. Plus de 100km ponctués de gros dénivelés, avec pour but Fonni, station estivale au pied ou presque de la Punta Marmora, point culminant de l'île. Le mot Punta n'est pas très bien choisi, car si vous imaginez trouver un beau pic vous serez déçu. Il s'agit plutôt du point le plus élevé d'une crête massive, qui pourrait ressembler au Honneck vu sous un certain angle. Donc c'est une belle montagne, en effet je vis avec une Vosgienne, évidemment le Honneck est forcément à l'égal du Daulaghiri, magnifique pyramide qui culmine presque à 8200 mètres!
Nous mettons donc le cap sur le centre de l'île avec la ferme intention d'en atteindre le sommet, qui culmine, certains diront seulement, à 1834 mètres. Cependant se rendre au départ d'une balade à pied en utilisant un vélo ce n'est pas comme s'y rendre en voiture. Cela participe aussi au charme du voyage à bicyclette (je ne sais pas si ce terme fait partie du vocabulaire du cyclo?). Au nord d'Oristano nous ne trouvons pas la petite route repérée sur la carte, c'est donc par une voie à la circulation relativement importante que nous commençons. Rapidement nous réussissons à nous en échapper. Première localité relativement importante, Busachi, les choses sérieuses n'ont pas vraiment débuté. Premier gros incident technique, le dérailleur de Rafik se prend dans les rayons, d'où blocage de la roue et de nombreux dégâts, rayons complètement pliés dérailleur très endommagé. Rafik est un magicien de la mécanique, en une petite heure il remet tout cela d'équerre, et fait notre admiration. La chaleur devient suffocante et la pente raidit. Nous commençons à avoir des doutes quant à la possibilité de rejoindre Fonni ce soir.
Arrêt à l'ombre d'un petit village pour le repas de midi. Comme toujours l'ambiance est très agréable, peu de monde, quelques autochtones attablés sur les minuscules terrasses des débits de boissons. Nous aurons l'occasion de constater aussi bien en Corse qu'en Sardaigne, que les routes côtières sont beaucoup plus fréquentées par les étrangers que les routes intérieures. Ce qui à vrai dire fera notre bonheur. Retour sur les pédales, ça chauffe dur. À la sortie du village de Sorgono nous faisons un arrêt au cimetière pour nous ravitailler en eau. Nos derniers espoirs pour atteindre Fonni ce soir se sont évanouis définitivement. Teti sera notre lieu d'arrêt. Il s'agit d'un magnifique petit village de montagne. Les habitants très gentiment nous permettent de camper sur le terrain communal dédié aux fêtes du village. Ils viendront même nous brancher l'eau.
L'étape du jour ne s'élève qu'à 85 kilomètres mais la forte proportion de côtes raides et la chaleur nous laissent une impression de journée fatigante et très bien remplie. Cette sensation de bonne fatigue, les muscles un peu endormis, et pas ce sentiment de squelette martyrisé que j'ai après une grosse étape à pied, procure un réel bien-être. Jean parle de vélo-thérapie, et c'est exactement cela. Rassurez-vous, je ne cherche pas un prétexte pour laisser tomber les longues marches. Probablement j'intégrerai plus le vélo dans ma manière de voyager, mais certains grands projets qui me tiennent à cœur ne s'envisagent pas à vélo, comme la Haute Route Pyrénéenne ou terminer la traversée des Alpes, et il m'en reste un grand morceau à parcourir, Chamonix à Trieste.
Une fois de plus la soirée se déroule dans la meilleure convivialité, agrémentée d'un décor superbe au milieu de ce terrain accidenté où la vue porte loin de crête en crête. Mes compagnons de voyage ont tous des expériences sportives et de voyages particulièrement intéressantes, et de plus l'humour, la simplicité et la rusticité font partie de leur qualités. Ce sont les ingrédients assurés d'une bonne partie de rigolade sans jamais à avoir à se tracasser quant aux conditions que l'on rencontrera. Il est étonnant de constater, comme dans certaines conditions une relation intime peut s'établir rapidement. J'ai l'impression sinon de toujours les avoir connus, au moins de les connaître de longue date.
9 mai
Aujourd'hui direction Fonni et cet après-midi l'escalade de la Punta Marmora est prévue. La journée commence par une belle descente, mais ça ne dure pas. Il nous faut enchaîner avec la raide route de Fonni, heureusement presque déserte. Le décor est splendide, grands espaces verts, un lac de barrage magnifique. Sous le pont qui l'enjambe une multitude de gros poissons fait des ronds à la surface.
La ville est à mille mètres d'altitude, de ce fait la chaleur n'est pas trop forte. Pour la seule fois de notre périple nous faisons appel à l'agritourisme. Une jolie demeure bien positionnée un peu au-dessus de Fonni en direction de la montagne que nous voulons gravir. Si le site est joli, le prix l'est tout autant. Une chambre à quatre lits pour la modique somme de 140 euros, certes avec le petit-déjeuner. Malgré des tentatives de négociation, rien n'y fera. Le prix annoncé sur le petit futé est moindre. Cette augmentation est la conséquence probable d'une publicité avantageuse. Nous ne sommes pas en mesure de trop insister ou de chercher une autre solution, si nous voulons suivre le programme. Les bagages déposés, nous reprenons nos vélos pour une belle grimpette jusqu'à l'altitude de 1500 mètres. A partir de ce point le sommet s'atteint à pied. Quelques névés subsistent, que nous nous empressons de fouler. Une première crête est atteinte, de laquelle une descente permet d'en rejoindre une seconde qui conduit au point culminant de l'île. Malgré sa faible altitude la vue porte loin sur les plaines environnantes, mais nous n'arrivons pas à distinguer la mer. Cette région montagneuse est austère, elle me fait un peu penser au Mont Lozère, par la couleur sombre de la roche, ses grandes pentes herbeuses et sa désertification. La redescende est effectuée au pas de course. Il ne faut pas grand chose pour qu'avec Rafik, nous courrions comme des dératés. La vigilance est de mise, car mes chaussures de cycliste, de temps à autre du fait des parties métalliques du système d'accrochage ont une fâcheuse tendance à déraper sans prévenir sur le rocher. Rafik possède un coffre invraisemblable, certes il a 10 ans de moins, mais ses références en matière de course à pied en font un véritable OCNI (objet courant non identifié). Le plaisir de me défoncer physiquement restera, tant que mon état le permettra, une source de joie immense. Nous retournons dans notre agritourisme, où l'ambiance n'est pas franchement chaleureuse, et en guise de représailles nous préparons notre popote dans la chambre bien que ce soit interdit. Ayant été pris au dépourvu pour les courses, quelques lyophilisés en secours nous permettent un repas somme toute bon et suffisamment copieux.
L'étape de ce jour se monte à 54 kilomètres à vélo, dont une bonne quarantaine en montée raide, plus deux heures de presque course en montagne. Seul soir où je sens un peu mon dos, preuve que le déplacement à pied, certes en courant, traumatise plus que le vélo.
10 mai
Aujourd'hui nous retrouverons le bord de mer sur la côte est. Nous commençons la journée par un petit-déjeuner original dans une belle salle circulaire surmontée d'une charpente en forme de tente indienne, ce qui donne à la pièce beaucoup de volume et du cachet. Peut-être pour contrebalancer les relations quelque peu conflictuelles de la veille, l'hôtesse nous sert, outre les ingrédients habituels, une magnifique part de ricotta bien nappée de miel, un pur régal!
Nous sommes en pleine forme, pas de doute un lit de temps à autre, cela fait du bien. Après une descente sur Fonni, la route part à l'assaut d'un col sur 15 kilomètres et 300 mètres de dénivelé, presque une formalité. Au col du Monte Pipinari à 1246 mètres il fait frisquet. Nous ne traînons pas et entamons une longue descente. A quelque distance Rafik crève, son pneu est endommagé ainsi que sa gente. Pour cette dernière il s'agit des conséquences de l'incident de l'avant-veille, quand il a du détordre des rayons en forçant.
Nous arrivons sans autre incident après une magnifique étape à un camping idyllique à Tortoli. Les tentes sont installées sur de petites terrasses juste au-dessus d'un golfe à l'eau d'un bleu profond, avec en deuxième plan de grands rochers, plutôt de petites montagnes qui de par leur positionnement donnent toute sa profondeur à cette baie de grande beauté. Pour agrémenter l'ensemble, une magnifique tour sarrasine est érigée juste en face. Elle sera la toute première à recevoir le soleil du matin. Le lieu nous plaisant, et Rafik ayant des réparations importantes à effectuer sur son vélo, nous décidons de passer la journée du lendemain dans cet endroit.
11 mai
Lever 6 heures et c'est parti pour une partie de pêche. Je ne choisis pas tout de suite le meilleur endroit, mais pour le petit déjeuner nous aurons droit à quelques magnifiques poissons de roche, girelles dont une royale de belle taille et sarrans. Si l'idée semblait surprendre au départ, tout le monde a bien apprécié la chair très fine et ferme de la girelle au petit déjeuner, et contre toute attente, cela passe très bien. Nous ne poussons cependant pas le plaisir jusqu'à arroser cette friture d'un coup de blanc! Journée de farniente sauf pour Rafik qui, ayant acheté pneu, gente et chambre à air, remet tout en état, en particulier le dérailleur qui occasionne quelques difficultés de réglage. La réparation sera efficace car il en sera définitivement fini de ses ennuis mécaniques. En fin d'après-midi nouvelle séance de pêche, et petite friture au dîner qui passe aussi bien que celle du matin. Cette journée dans ce camping est d'autant plus agréable que le personnel est très gentil et particulièrement serviable.
12 mai
Nous démarrons tôt, l'étape sera longue et agrémentée de nombreuses montées. Avec regret nous quittons ce camping où il fait si bon séjourner. Après avoir fait quelques détours pour quitter Tortoli, le ton est donné, ça monte et ça dure! Au village de Baunel, un premier arrêt ravitaillement est effectué. En 15 kilomètres l'altitude atteinte est de 480 mètres. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Le point de passage le plus élevé se situe à 1017 mètres, mais auparavant quatre cols intermédiaires jalonnent l'itinéraire. La route bien tracée permet une montée régulière sans forcer. Avec l'altitude la végétation change, on pourrait se croire quelque part dans le massif central. Enfin le Passo Gena Silana est atteint. Il nous aura fallu quatre heure pour une quarantaine de kilomètres. On s'attendait à plus difficile.
Au col casse-croûte copieux, des cyclistes de route assez nombreux sont montés par le versant opposé. Une très longue et magnifique descente nous procure un vif plaisir. Le cadre est magnifique, de grandes falaises calcaires étincellent de toutes parts avec la mer en toile de fond. Alors que nous avons quitté la montagne, la route serpente en faux plats descendants au milieu de bocages. Nous profitons de ces conditions très favorables pour se tirer une bourre pas possible, aidés d'un bon coup de vent dans le dos. Que c'est plaisant de débouler à vive allure en ayant mis le grand développement.
Avant d'arriver à Orosei, la route traverse d'immenses carrières de marbre, spectacle impressionnant. En voyant un ouvrier travailler, nous prenons conscience du gigantisme de ces chantiers. La ville d'Orosei, est manifestement très touchée par la proximité des carrières. Le premier camping se trouve à 12 kilomètres. Nous le rejoignons par des pistes, l'accès principal étant fermé à cause d'intempéries récentes. Encore un site étonnant au débouché d'une petite rivière sur une plage de sable blanc, baignée par une mer à l'eau émeraude. Pour ajouter au charme du lieu, le propriétaire est particulièrement accueillant et serviable. Le compteur affiche 106 kilomètres et encore le mien est le plus pessimiste. Nous aurions pu sans fatigue en faire beaucoup plus. C'est peut-être aussi cela le miracle du vélo? A moins que ce soit l'endorphine sécrétée qui commence son travail de fond contre la douleur et pour le bonheur!
13 mai
Lever aux aurores, j'aimerais bien rapporter quelques poissons pour le petit-déjeuner. Avec Rafik, nous partons ramasser quelques appâts le long des rochers. J'ai le plus grand espoir de faire une belle pêche. Mais contre toute attente pas une seule touche, comme si les poissons désertaient certains endroits. Je suis d'autant plus surpris, que j'avais trouvé quelques escavennes, oubliées par un pêcheur. En effet ces vers sont infaillibles, les poissons se jettent généralement dessus, mais pas ce matin. Cela ne nous empêche pas d'assister à une très jolie apparition du soleil sur une mer et des rochers déserts.
Départ à dix heures, une fois de plus le lieu était très agréable et calme avant les vacances. L'étape du jour ne présente pas de difficulté, et une fois de plus nous avons le vent comme allié. Les 56 kilomètres qui nous mènent à San Teodoro sont un vrai plaisir. Dans ces conditions, on a plus l'impression de pratiquer un sport de glisse que le vélo. Les tentes sont montées en bordure de plage, le vent souffle, des surf-skates font des acrobaties et montent très haut. En arrière plan sur la mer se découpent deux petites îles, Molara et Tavolara. La seconde est très impressionnante, elle jaillit des flots à la manière d'une flamme et culmine presque à six cents mètres. Comme toujours les oiseaux sont nombreux et nous gratifient d'une multitude de chants très différents, dont le mélange est un régal pour l'oreille.
14 mai
Ce matin réveil en fanfare par une multitude de corbeaux, et ça dure. Enfin ils décident de s'éloigner et les chants beaucoup plus mélodieux habituels envahissent l'espace. Aujourd'hui, malgré un vent encore favorable, la première partie du trajet sera désagréable. En effet nous approchons d'Olbia et le trafic s'intensifie. Nous avions perdu l'habitude des flots de voitures qui serrent parfois de trop près. La traversée de la ville est heureusement vite effectuée par une voie rapide. Dès la sortie de l'agglomération tout s'arrange, à part le temps qui devient menaçant. Quelques montées bien raides dans un joli décor d'aiguilles granitiques, auxquelles les nuages donnent un air austère du meilleur effet. Pique-nique à l'improviste sur la place du superbe village de San Pantaleo, parmi les maraîchers qui replient leur stands. Ce petit bourg a du cachet de par son architecture et du fait de la proximité d'aiguilles rocheuses, qui semblent émerger directement des toits. Il est des lieux comme celui-là, sans que je définisse très bien pourquoi, qui m' apportent une forme de quiétude ou de plaisir, l'esthétique du site seule ne peut en être la cause. Sans doute une conjonction d'éléments, le village avec ses maisons bien entretenues et le joli pavement de sa place qui est le point haut du bourg, les rochers environnants qui donnent envie de grimper, les maraîchers sympathiques, le temps certes couvert mais clément, ce que nous mangeons qui est très bon, un gros chien gentil un peu collant qui d'un regard concupiscent nous réclame les reliefs de notre repas, le petit bistrot à la terrasse coquette qui nous attend pour le rituel du café, et aussi pour finir cette saine fatigue que distille le vélo dans nos muscles. Le mélange de tous ces facteurs permet d'accéder au nirvana!
Le redémarrage, après cet arrêt de longue durée, n'est pas très difficile, car nous entamons une descente dans laquelle le grand braquet une fois de plus va faire merveille. Il faut rester très prudent car chargé, le vélo nécessite des distances importantes pour s'arrêter, les freins faisant l'effet de doux ralentisseurs. Les 15 derniers kilomètres sont une splendeur, le long d'une minuscule route qui se tient au plus près de très jolis golfes clairs, en enfilade pour le plaisir de la vue. L'étape se termine à Palau en milieu d'après-midi. Le lieu une fois de plus est merveilleux. Nous campons à quelques mètres de l'eau. En face l'île de la Maddalena coupe la houle. Ce bras de mer ressemble à un lac immobile, duquel surgissent par-ci par-là de gros rochers granitiques aux formes étranges. Cerise sur le gâteau, l'eau est bonne et j'en profite pour aller ramasser quelques douzaines d'oursins dont nous nous régalons sur le champ.
Le temps est à la pluie et les prévisions pour demain sont mitigées. Nous verrons bien, après les trombes corses nous restons sereins, cela ne pourra pas être pire. Une fois de plus, pris sous le charme du lieu, nous décidons de rester sur place un jour supplémentaire. Nous prendrons le temps de visiter le village, surtout que ce sera jour de marché. Un couple d'Allemands cyclotouristes vient s'installer à quelques mètres. La pluie nous chasse au restaurant, dans lequel la soirée sera exquise.
15 mai
Très tôt sur le coup des deux heures, je vais m'installer sur le rocher juste à côté de ma tente. Le spectacle est féérique. La luminosité est suffisante pour discerner de façon précise le panorama qui s'offre au regard. La mer est d'huile, le mot est bien approprié, l'absence de toute ride la rend de consistance épaisse. Les lumières de Palau s'associent à celles de l'île de la Maddalena et dessinent les moindres recoins du rivage. Aucun bruit, sauf le va et vient de la navette reliant les deux îles. Même de nuit le trafic ne s'arrête pas, un bateau de taille conséquente au moins une fois par heure dans chaque sens. Que peuvent-ils transporter?
Ce matin pas de précipitation, au petit déjeuner nous dégustons quelques oursins. Ce subtile goût iodé au réveil excite les papilles et met en appétit. Nous partons visiter la ville et son marché. Il s'agit d'une petite cité balnéaire sans caractéristique architecturale spécifique. Les étals pour les touristes sont nombreux, qu'il s'agisse de vêtements, de colliers ou autres bijoux. Le rouge du corail est très présent. Je peux dire que la poste italienne tout du moins celle de cette petite cité sarde est digne de ce que nous vivons souvent en France. Ne trouvant pas de timbre, je me rabats tout naturellement vers le bureau de poste. Il est organisé exactement comme chez nous. Deux files sont formées devant deux employés, espacés d'un mètre sans séparation entre eux. J'en choisis une et attends. Le temps que les 6 personnes me précédant passent. Cela prend au moins vingt minutes. Arrive enfin mon tour, à ma demande de timbres l'employé me fait signe que c'est le guichet d'à côté, devant lequel stationnent maintenant une douzaine de clients. Si je veux des timbres je dois compter facilement une demie-heure de plus. Je remercie et quitte le lieu sans ce que je venais chercher. La standardisation de l'Europe c'est bien, au moins on ne perd pas ses repaires et ses habitudes, ni ses frustrations!
Retour au camping pour le repas, la pluie ne tarde pas à faire son apparition et dure tout l'après-midi. Nous tuons le temps à jouer à la belote. C'est une découverte pour Evelyne, mais elle se débrouille bien, puisque son équipe gagne. Je profite aussi de ce temps libre, pour avancer dans le livre que j'ai emporté, voyage au bout de la nuit de Céline. À plusieurs reprises dans ma vie je l'avais commencé, mais pour la première fois je vais le lire jusqu'au bout. Grande œuvre, on comprend que cet ouvrage ait fait couler tant d'encre. De cette lecture on ressort différent. On y trouve la même désespérance que dans Cioran, mais abordée, entre autre, sans concession sous l'angle de la condition physiologique de l'être humain, ce qui fait frémir d'horreur. Mais c'est tellement vrai, c'est justement cela le plus gênant.
16 mai
Le temps s'écoule rapidement. Cela fait maintenant vingt jours que nous sommes partis de Bastia avec Jean et 12 que nous arpentons la Sardaigne avec Evelyne et Rafik. Tout a une fin. Aujourd'hui sera notre dernier jour de voyage en commun. Demain matin nos routes se séparent. Nous retournerons en Corse et eux prendront la direction de Porto Torres pour rentrer sur Gênes, leurs vacances se finissant. En tant que retraités nous n'avons plus ce problème, bien que les errances ne peuvent se prolonger à l'infini, famille oblige. Je comprends très bien ceux qui partent sans idée précise de retour, ou ceux qui au moment final au lieu de rentrer repartent pour un tour. Ce qui me plaît dans le voyage, c'est de ne pas savoir où je vais dormir le soir. Surtout ne pas programmer et ne jamais réserver les points de chute. La recherche au dernier moment représente un véritable attrait, qui attise la curiosité et qui permet le contact. C'est une des raisons pour lesquelles je voyage souvent seul à pied. L'errance sans contingence donne à mon sens un vrai goût de liberté, ce n'est peut-être qu'une illusion, cependant la sensation ressentie est formidable. Cette liberté est exacerbée par le dépouillement. En effet, le voyage à vélo, et cela est encore plus vrai à pied, implique de limiter au nécessaire ce que l'on emporte. Le fait de vivre un mois avec un environnement matériel restreint tout en ayant une totale autonomie est très reposant. On prend d'autant plus conscience des masses d'objets, souvent plus que superflus que l'on amasse dans nos maisons et qui nous rendent esclaves. Mon père avait l'habitude de dire que la possession est un asservissement, comme je comprends ses mots en voyage à vélo, et encore plus à pied lorsque tout ce que je possède n'excède pas les 10 kilogrammes.
Revenons au 15 mai. L'objectif du jour est la petite ville de Tempio Pausania. Elle se situe à l'intérieur des terres. Nous allons renouer avec les bonnes grimpettes. Mais avant de démarrer, une visite un lieu très pittoresque qui domine notre camping s'impose. Il s'agit du site de Roccia dell'Orso. Énormes rochers posés au sommet d'un tertre, offrant un large point de vue sur les environs, en particulier sur les îles faisant face à Palau. Les formes de ces blocs géants rappellent différents animaux, ours, dinosaure et autres monstres plus ou moins préhistoriques. Comme ils sont très visibles de la mer, ils ont toujours servi de repère aux marins de l'antiquité. De ce fait, ils sont mentionnés dans des écrits anciens . Nous y montons tôt et sommes seuls. Lorsque nous en descendons les premiers cars déversent leurs flots de visiteurs pour la plupart allemands.
Il est temps de mettre le cap sur Tempio. Effectivement ça grimpe dur, mais la route est agréable, pas trop de trafic, chaleur tempérée et cette verdure qui nous entoure de toutes parts. Vers les treize heures nous effectuons quelques courses et mangeons à l'entrée de la ville. Cet après-midi nous aurons tout loisir pour visiter. Cette cité possède un joli centre, bien regroupé autour d'une petite place. De nombreuses constructions, palais églises en granit donnent du caractère à l'ensemble. Nous déambulons dans des ruelles ombragées, enserrées entre des maisons toute en hauteur, un peu à la manière des villes de montagne, comme dans le Dévoluy par exemple. Le nombre d'édifices religieux est important et leurs dimensions souvent imposantes. La promenade est instructive et fort plaisante.
De toute évidence à part l'hôtel il n'est pas possible de trouver de quoi passer la nuit. Nous reprenons la route vers le village d'Aggius, qui se trouve dans un lieu charmant, verdoyant et vallonné. Deux beaux dômes granitiques dominent les maisons. A la sortie du bourg, juste à côté du cimetière sous une futaie, un coin discret et pratique nous permet de nous installer en toute quiétude, après 67 kilomètres pour ce jour.
La proximité du cimetière est très pratique pour l'eau. Evelyne va s'y laver sommairement. Pour ma part je n'ose pas, ayant peur de déclencher la colère, si je me fais découvrir dévêtu dans ce lieu. Cette dernière soirée a des petits relents de nostalgie. Alors que les pâtes cuisent Rafik découvre une sente, qui monte à l'assaut de l'un des dômes granitiques, en courant nous nous y engouffrons. Très vite cela devient raide, mais une main courante aide au déplacement et assure la sécurité. Une centaine de mètres sous le sommet le terrain se redresse et le chemin équipé prend fin. Devant nous une belle dalle en granit fauve inclinée à 60 degrés, parcourue d'une large fissure à la prise franche nous invite à poursuivre. Nous n'hésitons pas longtemps et la remontons les pieds en adhérence les mains bien calées en empoignant son rebord tranchant. Sur ce granit bien rugueux, à gros grains, qu'il est bon se mouvoir. Bien entendu il est préférable de ne pas glisser, donc garder un peu de vigilance et ne pas succomber à l'euphorie du mouvement et à la sensualité du contact. Je me surprends à imaginer que cette dalle fissurée s'élance sur mille mètres, hélas non! Rapidement le rocher se couche et les mains ne sont plus nécessaires, et après quelques contours le sommet est atteint. Une vue magnifique s'étend sur la région, rochers qui pointent au milieu de zones vertes avec des villages disséminés au gré des mouvements de terrain. Mais au fait, il ne faut pas traîner, nous nous sommes enfuis en cachette à deux, alors que le repas était presque prêt. Vite nous repartons et dévalons ces dalles, sur lesquelles de gros blocs sont disposés en équilibre. Evelyne et Jean nous attendaient patiemment pour notre dernier repas en commun. L'endroit est bien choisi, non seulement il est très discret, mais en plus il offre une table et des bancs, le grand confort!
17 mai
Lever matinal, petit déjeuner gai, nous savons qu'une expérience de deux semaines particulièrement enrichissante dans de nombreux domaines arrive à son terme. Nous réalisons tout étonnés, que cela fait déjà quinze jours que nous roulons ensemble. La fin de cette aventure à quatre est imminente. Pour trois kilomètres, et de plus en descente, notre chemin est encore commun. Ça y est, le voilà le carrefour de la séparation. Nous nous arrêtons, quelques photos sont prises, on se fait tous une grosse bise. Evelyne et Rafik prennent la route de Castelsardo tandis que Jean et moi partons plein nord pour traverser la région de la Gallura par son centre. Un peu tristes, mais ne pas se poser de question, le voyage continue. Dans un paysage de campagne ponctué de gros rochers de granit fauve puis de porphyre rouge nous retombons rapidement sous le charme de cette nature riante. La Gallura est très jolie en son centre, ce que nous n'avions pas perçu lorsque nous l'avions longée par le bord de mer sur la côte ouest. Une grande descente, grand braquet et nous appuyons à en être étourdis. Je bats mon record de vitesse, 73, 5 kilomètres à heure. Le vélo reste bien stable et je n'ai pas vraiment une impression de grande vitesse. Cependant attention, il faut penser à freiner, je vais quasiment à la vitesse des quelques voitures qui me précèdent. Si elles freinent, je n'ai aucune chance d'en faire autant, donc il me faut relâcher. J'aurais peut-être pu gratter un petit quelque chose en plus! Nous rejoignons un peu plus tôt que prévu la grande route en bord de mer, suite à un croisement passé sans doute trop rapidement. Nous débouchons au moment où deux jeunes cyclotouristes allemands passent. Ça y est c'est reparti j'appuie à fond pour les poursuivre. Je faiblis, Jean passe devant et contre le vent garde une bonne vitesse, je m'abrite derrière et le nez dans le guidon je force. Ah là là!! Les vieux ça veut toujours avoir l'illusion que c'est encore jeunes!! J'en connais certaines, qui, si elles me voyaient, ne pourraient s'empêcher de dire que je suis toujours aussi c... que lorsque j'avais vingt ans. C'est peut-être ça le secret de la jeunesse, rester c...? Le trajet jusqu'à San Teresa est enlevé en un temps record. Nous débouchons sur le port vers midi. Le prochain bateau est à 15 heures30. Nous nous installons à l'abri de la chaleur sur le quai et faisons notre dernier repas sarde, avec notre dernière bouteille de vin rouge de l'île. La bouteille y passe aux deux tiers. Est-ce raisonnable? Nous avons encore une trentaine de kilomètres à parcourir en Corse, de Bonifacio à Porto Vecchio. Mais nous avons cinq bonnes heures pour digérer somme toute une quantité de vingt cinq centilitres par tête, même si je pense en avoir bu un peu plus que Jean! A 17 heures nous serons bien en-dessous des 0, 5 fatidiques. En effet attention à vélo c'est le même tarif qu'en voiture en cas de dépassement, ce qui est normal. La police a constaté que de plus en plus de gens qui se rendent à des fêtes, sachant qu'ils allaient boire, utilisent un vélo. Ce qui tout naturellement a entraîné une recrudescence des accidents avec ce moyen de déplacement. Donc maintenant les cyclistes sont dans le collimateur, avis aux amateurs!
En attendant de traverser vers la Corse, nous discutons avec un couple qui vient d'effectuer en voiture un périple de 10 jours en Sardaigne. Ils sont enchantés de leur séjour, mais sont contents de rentrer, car ils en ont assez de trop manger dans les agritourismes. On en arrive à un véritable paradoxe en matière de voyage. Je réalise tout le bien-être que procure le voyage spartiate, en ayant un repas consistant par jour, généralement constitué de riz ou de pâtes. Même de riz de basse qualité, en effet il y a quelques jours une Allemande nous a proposé, car ses vacances arrivaient à leur terme, un paquet de deux kilos de riz de la pire qualité. Eh bien! Ces grains cassés qui cuisent mal je m'en régale, et ce n'est pas une histoire de radinerie, probablement le plaisir de la rusticité maximale.
La traversée a lieu à l'heure prévue. L'arrivée sur les falaises de Bonifacio dans l'après-midi alors que les rayons du soleil les frappent perpendiculairement, en les faisant resplendir, est un spectacle époustouflant. La vue de ces maisons toutes petites, serrées tout en-haut de ce mur blanc stratifié en surplomb donne presque le vertige. On s'attend à les voir basculer dans la mer. Les nombreux gros blocs empilés au pied de la paroi apportent la preuve évidente que la falaise est travaillée par la mer. La rentrée dans le chenal est spectaculaire. Les remparts de la citadelle défilent en nous dominant d'une belle hauteur. Un voilier de grande taille, aux proportions parfaites est à l'escale. Me déplacer en bateau me donne toujours une véritable impression de voyage, surtout lorsqu'on domine d'assez haut les flots. Sur le quai une meute de motos se tient prête à embarquer. Cela réveille chez moi de vieux souvenirs de folie, à l'époque où le permis moto était à seize ans. Dès cet âge mon père m'avait acheté l'une des plus puissantes motos du marché, une T500 Suzuki, gros deux temps, qui m'a donné des émotions dont je garde un souvenir précis presque quarante ans après. Mais et mais de taille, la contre-partie intolérable de cette époque, c'est que nombreux sont mes camarades d'alors, qui n'y ont pas survécu. Ce que l'on retient dans sa vie ce sont surtout ces moments où l'on ne sait pas très bien si on est encore parmi les vivants ou si on a déjà le billet pour l'au-delà en main. L'alpinisme m'a aussi procuré ce genre de sensations mais de façon moins actuelle, l'action étant plus lente, l'analyse de la situation, hors chute de pierres et avalanches, permet de mieux participer au devenir d'une situation qui s'avère hypothétique. En moto l'excès de vitesse est très difficile à gérer, car l'automobiliste, et c'est normal, n'est pas préparé à voir surgir des bolides à des vitesses déraisonnables. J'arrête sur le sujet, car maintenant je suis un adepte inconditionnel du respect de la vitesse sur la route.
Après ces errements philosophico-débiles revenons à la réalité du moment. Le débarquement effectué, nous prenons la direction de Porto Vecchio. Une fois passée la petite montée de sortie de la ville que nous connaissons bien, les vingt cinq kilomètres à venir sont une délectation. Un terrain peu accidenté, agrémenté d'un bon vent favorable, nous permet de filer, je dirais même de nous envoler à plus de vingt de moyenne. Dans les descentes le cinquante est fréquemment atteint et sans forcer, quelle jouissance! En un temps record nous rejoignons un camping à l'entrée de la ville. Le compteur pour ce jour affiche 85 kilomètres. Comme d'habitude l'installation prend quelques minutes, après plus de vingt jours, la manœuvre ne présente plus aucun secret. Et bien entendu encore une fois le site est presque vide. Le mois de mai est un mois idéal, des fleurs partout et presque personne.
Ensuite nous partons visiter cette ville balnéaire pleine de charme. J'y étais venu en novembre de l'année passée pour raison professionnelle et ce mélange des genres me procure une drôle de sensation.
Notre projet pour les jours à venir, est de traverser la Corse par son centre afin de rejoindre Bastia. Comme c'est étrange, depuis que nous avons quitté nos amis et la Sardaigne, j'ai vraiment l'impression d'être engagé dans un voyage nouveau complètement déconnecté de ce que nous venons de vivre. J'imagine facilement que de segmentation en segmentation, on puisse nomadiser un temps non déterminé de découvertes en expériences en perdant la référence au temps. Le secret pour durer et garder sa motivation au cours de ses errances, c'est peut-être de bien connaître son degré de résistance, et rester à un niveau où l'effort est plaisant sans être monotone et sans dépasser sa capacité d'endurance. Bien entendu cela n'exclut nullement un peu de souffrance, due à l'effort ou à la météo, afin de pimenter l'aventure. Alors l'alchimie de l'alliance du corps et de l'esprit, plaisir aidant, fait que l'on n'a plus envie de rentrer à la maison. Je pense au livre de Bruce Chatwin «Anatomie de l'errance», dans lequel il aborde ce thème éternel du chez soi, qu'il est indispensable d'avoir, pour pouvoir le fuir. Paradoxe de l'être humain, peut-être plus présent chez l'homme que chez la femme, différence jamais facile à concilier dans un couple.
18 mai
Nous renouons aujourd'hui avec les étapes avec gros dénivelé. La route doit nous conduire à Zonza, puis au col de Bavella. En quittant Porto Vecchio devant un lycée des élèves attendent le début des cours. Que pensent-t-ils de ces deux individus lourdement chargés qui passent devant eux un lundi matin? Pour ma part en les regardant, je me rappelle ma rentrée en sixième au lycée Ampère à Lyon, il y a longtemps, et pourtant j'ai l'impression que c'était hier. La seule chose à en déduire, profiter du moment présent et ne pas hésiter à vivre, ça passe très vite une vie. Avec Jean au cours de nos discussions nous sommes arrivés à la même constatation: on part toujours malgré, car il y a une multitude de raisons pour ne pas partir, qui vont du mal de dos à la famille qui vit cela comme un abandon.
Très vite nous rentrons dans le vif du sujet. L'Ospédale, petit village perché, mille mètres de dénivelé en 15 kilomètres. L'effort se fait intense, la route semble escalader les montagnes jusque dans le ciel, mais le plaisir demeure. Arrivés au pied du village, je dis à Jean «Nous sommes bientôt arrivés». Alors une voix sort de derrière une haie et rajoute « Le dernier kilomètre vous allez voir, je ne vous dis rien». Nous ne voyons personne, les buissons parlent-ils? En Corse tout est possible. C'est bon, nous sommes avertis. Nous commençons par voir que le kilomètre en fait deux, et effectivement la pente est supérieure à 10% avec des épingles demandant de s'arracher. D'autre part la route est pleine de trous ce qui ne facilite pas l'effort. Et le bouquet, nous contournons le village sans rentrer dedans. Lorsque nous le réalisons il est un peu tard et l'idée de redescendre ne nous effleure pas. Nous arrivons au barrage qui porte le nom du village. Le lieu est magnifique. L'altitude fait que la température est agréable. Un peu plus loin nous décidons d'une halte afin de boire un café dans une buvette. Le gros de l'effort du jour est fait. Pour rejoindre Zonza, nous nous laissons glisser le long d'un itinéraire serpentant dans un décor de rêve, où les montagnes rivalisent de beauté. A un détour de la route, les aiguilles de Bavella apparaissent soudainement, je freine pour pouvoir les admirer. Mes pieds solidarisés à mes pédales sont le dernier de mes soucis, mais pas pour longtemps. Boum! Quatrième chute, et là je me luxe le pouce droit. Ce n'est pas dramatique, j'arrive toujours à tenir fermement mon guidon. Je ne sais pas si tous les cyclotouristes tombent à la même fréquence? Un peu avant Zonza, le camping municipal nous attend, lieu bucolique et accueillant au milieu d'une forêt aux arbres épars. Nous montons nos tentes, déposons nos bagages et partons faire des courses. Le déjeuner sera succulent, constitué de Lonzo et fromage corse, accompagnés de l'incontournable vin rouge corse. L'après-midi est consacré au farniente jusque vers cinq heures. Il est alors temps de s'attaquer au col de Bavella, une dizaine de kilomètres que nous grimpons à un bon rythme. Spectacle sublime que ces aiguilles d'une part granitiques et de l'autre porphyriques. Nous restons une demie-heure à profiter de l'ambiance du lieu. Puis le plaisir de la glissade rapide vers Zonza nous procure de bonnes et belles sensations. Nous avons décidé de revenir sur nos pas, car la descente sur Solenzara, si tentante qu'elle soit, nous aurait éloignés du cœur des montagnes où nous voulons rester. De nouveau à Zonza, l'attrait de la Pietra, la fameuse bière à la châtaigne, est irrésistible. L'étape de demain devrait être dure par des routes peu fréquentées. Nous demandons au barman si la route de Ghisoni est bien celle que nous voyons commencer à quelques mètres de la terrasse du café. Il nous répond surpris « Pas du tout Ghisoni ce n'est pas par là. Il faut passer par la côte». À mon tour d'être étonné. Je lui montre la carte et la route au milieu des montagnes qui passe par les cols de la Vaccia et de Verdé. Alors sa réponse est une répartie d'anthologie «Oh! Mais là c'est le nord, on y va jamais». Le tout avec un accent corse à couper au couteau. Le ton est donné, notre route ne sera pas fréquentée. En quelques kilomètres nous sommes de retour au camping. La nuit sera fraîche, j'aurai un peu froid car depuis notre départ j'ai pris l'habitude de dormir hors de mon sac de couchage. Ce jour nous avons fait 70kilomètres, ce qui semble peu, mais l'effort a été intense et la journée bien remplie.
19 mai
Lever matinal, il fait froid. Les habits sont les bienvenus pour démarrer. À nouveau la traversée de Zonza, puis nous empruntons la D 420 direction Quenza. Trois autres villages accrochés à la montagne sont traversés avant d'arriver à Aullène. De cet endroit une route minuscule monte en direction du col de la Vaccia. Régulièrement elle suit un fond de vallée puis escalade un pan de montagne à flanc, pour nous conduire vers les 1200 mètres d'altitude au col. Pratiquement personne, seule une moto passe. Nous faisons une pose pour photographier un gros cochon qui paît tranquillement, oui qui paît à la manière d'une vache! D'abord il se montre farouche et ne se laisse pas approcher. Puis de son plein gré, il se rapproche comme s'il avait compris que nous n'allions pas le transformer tout de suite en lonzo et autre coppa. La descente sur le versant opposé est en très mauvais état, goudron déformé et trous partout. Les mains crispées sur les freins, cela devient rapidement un supplice. La chaussée change, de toute défoncée elle passe à toute neuve. L'effet est presque le même, car la couche de gravillons est épaisse. Il est dangereux de rouler sur ce tapis instable, et il indispensable de se servir des freins avec agilité et tact. Tout a un fin, même les tapis de gravillons. Au cours de cette descente nous ne sommes pas allés beaucoup plus vite qu'à la montée. S'offre à nous le village de Zicavo. La halte est la bienvenue. Un groupe de randonneurs est engagé dans la traversée de la Corse d'ouest en est. Après avoir englouti quelques spécialités locales et avoir satisfait au rite du café, malgré la chaleur nous partons à l'assaut du col Verde. Comme pour le précédent, la route monte régulièrement et l'effort demandé n'est jamais brutal. Plus nous montons, plus la vue porte loin, immensité de verdure dans laquelle se cachent de petits villages aux maisons serrées, dominés de montagnes enneigées telles des sentinelles qui veillent et qui contribuent à donner à cette île son caractère unique. Les derniers kilomètres avant le col semblent ne jamais finir, surtout que suite à une mauvaise évaluation, nous nous sommes lancés dans un sprint sur ce qui n'était pas le dernier kilomètre. Enfin le voilà. Un groupe de cyclistes belges à vélo de course avec assistance logistique y stationnent. Nous entamons une discussion animée ponctuée d'éclats de rire. Traditionnellement à cette période de l'année ils partent pour une semaine de vélo. Jean leur indique une route qui les conduira au col de la Vaccia en évitant les gravillons puis les trous. Après avoir pris congé, nous nous laissons emporter dans une descente d'une vingtaine de kilomètres qui nous conduira à Ghisoni. Un peu plus loin nous renseignons deux jeunes cyclotouristes qui verraient d'un bon œil la fin de cette rampe, moment qu'ils attendent avec une certaine impatience. Comme quoi nous ne sommes pas les seuls fous dans ces contrées reculées. Après une bonne partie de plaisir Ghisoni est atteint. Très gentiment on nous autorise le camping sur un site laissé à l'abandon ou presque. Le cadre est magnifique. De belles aiguilles rougeoyant au soleil couchant nous offrent un spectacle de premier choix. Le compteur affiche 93 kilomètres pour la journée. Perchés sur notre petite terrasse herbeuse au milieu des arbres nous sommes seuls et nous nous trouvons royalement bien. Autour d'une grosse platée de riz et une bouteille de Patrimonio nous refaisons le monde. Ce type d'errance que nous pratiquons depuis presque un mois, est devenu un mode de vie. Montage et démontage de tentes, repas et toutes les contingences de la logistique ne nous posent plus aucun problème. Nous avons même le confort de posséder une dizaine de lyophilisés qui nous permettraient en cas de besoin au moins quarante huit heures d'autonomie. Au fond de nous, c'est avec un peu d'appréhension que nous sentons la fin du voyage arriver. Même par les montagnes et en plein milieu, la Corse se traverse assez vite. Si besoin, un signe qui ne trompe pas, la carte au 100 000 numéro 74 nous la quitterons demain pour sa sœur la 73. Bastia n'est plus qu'à 80 kilomètres à vol d'oiseau, cependant notre itinéraire en comporte cent de plus. Nous allons faire tout notre possible pour rester cachés sur de petites routes loin de tout, en particulier nous ne passerons pas à Corté.
20 mai
La nuit a été excellente, et comme d'habitude le chant des oiseaux nocturnes et diurnes nous a accompagnés. Le temps est très beau ce matin. L'impatience de rouler nous tenaille, poussés par la curiosité. En effet notre itinéraire fait de tels tortillons sur la carte qu'il est difficile d'en évaluer la longueur et la difficulté. Avant de quitter Ghisoni nous effectuons quelques courses dont l'achat d'un magnifique pain. L'itinéraire commence par la descente des profondes gorges qui passent par le défilé de l'Inzecca. Tout est tellement joli que nous marquons des arrêts au moins tous les kilomètres. Une petite rivière, courant sur une roche blanche ponctuée de gros blocs polis, joue à cache cache entre ombre et lumière, et tout autour s'étalent de grandes forêts de pins couronnées de montagnes enneigées.
Un minuscule embranchement au bas des gorges et c'est reparti pour 15 kilomètres de montée bien raide jusqu'au village de Vezzani. Dans cette portion de route, nous croisons des cyclistes lancés sur leur vélo de course. L'un d'eux, en nous voyant arque boutés sur nos pédales avec notre gros chargement, s'écrit « Du vélo comme ça, ah non merci!». C'est gentil! Mais il n'imagine pas à côté de quels plaisirs il passe! Cependant la fatigue se ressent et nous oblige à une pose, qui nous ragaillardit. Puis rapidement nous basculons sur l'autre flanc de la montagne. Que cette Corse profonde est belle. De nombreux villages s'accrochent aux pentes des montagnes ou colonisent leurs crêtes. De nouveau le fond de la vallée est atteint. Corté n'est qu'à une dizaine de kilomètres, mais nous lui tournons résolument le dos et suivons la nationale sur une courte distance. Un pont, juste derrière à gauche, une route confidentielle nous permet de continuer notre itinéraire buissonnier. Après huit kilomètres raides sous le caniard, nous pénétrons dans un village perché. À sa sortie juste avant les dernières maisons, une petite terrasse. Le bar semble fermé, alors le miracle se produit. Le propriétaire, les 80 ans largement dépassés apparaît et nous invite à prendre place. Les deux heures que nous passons en sa compagnie sont un délice. Tout d'abord avec notre lonzo, nous avons droit au vin qu'il produit, très fruité ayant du corps et pas trop d'alcool. Il est la mémoire du temps passé dans cette région reculée. Il nous parle de la vie à l'époque où le village comptait 550 âmes. Les champs n'étaient pas abandonnés au maquis. Des dizaines de paires de bœufs constituaient l'élément moteur de cette agriculture. Il nous relate l'histoire de ce gendarme ayant passé sa carrière ici, et qui vit maintenant dans une cage à lapins à Nice. Il ne se console pas d'avoir quitté la Corse. Il nous raconte aussi la guerre. Les Italiens qui étaient pire que les Allemands. Ces derniers rentraient à l'église désarmés, par contre les Italiens assistaient à la messe avec leurs fusils. Des rancœurs profondes en sont restées. Puis une fois l'île délivrée, ainsi que quelques milliers de jeunes Corses, il a été mobilisé dans les armées alliées. Il finira la guerre quelque part dans la vallée du Doubs. Nous avons droit à un couplet sur les autonomistes, manifestement il ne les porte pas dans son cœur. Leur chef aurait un père italien et donc ne serait même pas corse. Lorsque nous lui demandons ce que veut dire cette inscription à la peinture que l'on a vue plusieurs fois écrite en gros au beau milieu de la route: FRANCIA FORA. D'un air désabusé il nous apprend que cela signifie, la France dehors, ce que nous supputions. Pour finir il nous offre une myrte, c'est excellent, mais attention la route est encore longue et pentue cet après-midi. Nous le remercions vivement avant de prendre congé. En effet pour une somme modique, il nous a procuré un grand moment de plaisir, satisfaisant pleinement notre palais et notre curiosité.
La route serpente dans la montagne et relie entre eux des villages perdus, qui se cachent dans la végétation. La perspective de toits se découpant sur le ciel le long de crêtes avec en arrière-plan de grandes montagnes enneigées est caractéristique de cette Corse sauvage. À Erbajolo à l'entrée du bourg, une église et devant, une route minuscule la D16 part tout droit dans la pente. Nous avons vraiment l'impression de nous diriger vers nulle part. Un petit carrefour à 1000 mètres d'altitude, un éleveur de porc nous renseigne. Une descente d'une raideur inhabituelle, en pleine forêt, permet des perspectives étonnantes. Jean me précède d'une centaine de mètres, j'ai vraiment l'impression qu'il est très très bas. Nous hésitons encore, car la carte ne semble pas en cohérence avec ce que nous a dit l'éleveur. Nous avons l'explication un peu plus tard. La piste que je voulais suivre n'est pas praticable à vélo, car il y a de nombreuses marches pour escalader le col, qui conduit directement au village que nous voulons atteindre. Donc sans aucun remord nous nous engageons sur la route préconisée. Avec le soleil de fin d'après-midi, ce décor de villages agrippés au sommet de rochers est d'une beauté exceptionnelle, le tout baignant dans une lumière diffuse. L'envoutement est total, le charme du lieu nous subjugue. Encore une fois nous avons de la difficulté à avancer tellement à chaque changement de perspective l'émerveillement joue pleinement du fait du spectacle qui se dévoile au regard. Cette féérie est exacerbée par les rayons solaires rasants, qui mettent en relief les couleurs tout en révélant des jeux d'ombres et de lumières à couper le souffle. Il est de ces ambiances exceptionnelles, où l'esprit est complètement accaparé, au point d'en oublier le flot de pensées parasites qui brouille en permanence le fond de l'esprit. On en ressent une forme de plénitude, que l'on aimerait permanente. Mais le charme finit inéluctablement par se rompre. Cela se produit lorsque nous atteignons la très relative grande route D14, à quatre kilomètres de Bustanico, notre point de chute. Le compteur affiche pour ce jour 78 kilomètres et le dénivelé dépasse très probablement les 1200 mètres. Mais comment mesurer dans ce dédale et cet enchevêtrement de routes. Je sais que les puristes me rétorqueront, qu'il suffit d'avoir un GPS. Mais sans doute signe de vieillesse précoce et d'inadaptation au monde moderne, je suis philosophiquement contre. Des arguments je n'en ai pas beaucoup, si ce n'est que les cartes me font rêver et que je revendique le droit de me perdre. D'ailleurs de l'importance de savoir si le dénivelé faisait 1250 ou 1500 mètres? Le village est formé de deux bourgs distants par la route d'un kilomètre, mais quel kilomètre, un bon 12%. Dans la partie haute, un hôtel, niché en pleine pente, nous ouvre ses portes bien que paradoxalement il ne soit pas ouvert. De la chambre, la vue porte en face dans le lointain, sur le massif du Cinto. L'hôtelier est très sympathique et serviable. Le repas typiquement corse qu'il nous concocte est original et fin. En particulier son entrée, dont malheureusement je n'arrive pas à me remémorer le nom. Une pâte au four fourrée d'une multitude d'herbes plus odoriférantes et goûteuses les unes que les autres. L'ensemble de ces saveurs s'alliant, sans s'annihiler mutuellement, pour procurer une explosion de plaisirs en bouche.
21 mai
A la joie de se trouver dans une région aussi extraordinaire, s'oppose insidieusement l'idée que le voyage va bientôt toucher à sa fin. Mais n'y pensons pas. Aujourd'hui nous rentrons au cœur d'une zone mythique, la Castagniccia. Pour les puristes, et tous les Corses le sont, elle commence au col qui nous domine du haut de ses mille et quelques mètres. Notre très sympathique hôte, dont l'établissement est en bordure mais en dehors de la Casatagniccia, nous fait cette remarque quelque peu désabusée: «Elle commence là-haut la Castagniccia, mais des châtaigniers on en a autant qu'eux!». Réplique mortelle qui ne souffre pas la contestation! L'étape du jour sur la carte est encore matérialisée par une multitude de tortillons difficiles à démêler. Je demande son avis à l'hôtelier qui me répond: «Vous savez pas où c'est la Pooorta, vous y êtes jamais allé à la Pooorta, eh bien moi non plus!» Sur ces entrefaites, le petit déjeuner qu'il nous sert est copieux et de grande qualité. Cet hôtel dans la partie haute de Bustanico, juste posé dans un virage, nous le recommandons tout particulièrement. Et pour ceux qui veulent réserver je peux même donner le numéro de téléphone.
Notre dernière journée, perdus dans la montagne corse, commence et nos attentes ne seront pas déçues. Ce jour est le jeudi de l'Ascension, jour férié, et bien nous ne verrons quasiment personne jusqu'au fameux village de la Porta, seulement quelques autochtones toujours très gentils et prompts à la discussion. Cette route déserte en pleine montagne nous semble presque irréelle. Parfois elle s'envole vers le ciel avec des pourcentages de montée à deux chiffres. Mais notre plaisir est tel, que nous ne ressentons aucune difficulté, tout absorbés à nous imprégner de l'esprit de ce pays hors du commun.
Vers 13heures30 sonne le moment de l'arrêt. Dans une minuscule bourgade à l'ombre d'un châtaigner, nous prenons place sur le muret de la route dans un virage et commençons notre repas. Que l'endroit est paisible, une fontaine prodigue une eau fraîche, et les habitants ont poussé l'attention jusqu'à mettre un verre à la disposition du passant. Bien abrités du soleil qui darde ses rayons, nous avons tout loisir de contempler une fois encore vers le centre de l'île de grandes montagnes enneigées. Que ce contraste est étonnant par cette chaleur! De l'autre côté de la chaussée une maison carrée possédant une terrasse, sur laquelle deux dames sont installées. L'une d'elles nous apporte très gentiment sur un plateau deux cafés. Un vieux monsieur arrive d'un petit chemin et cherche quelque chose sur le talus herbeux. Intrigué, je lui demande quel est l'objet de son attention. Alors il m'explique que selon la tradition corse, il recherche l'herbe de l'Ascension. Il s'agit d'une petite plante de quelques centimètres, dont on fait un bouquet et que l'on suspend chez soi, en attendant qu'au cours du mois à venir il fleurisse sous la forme de minuscules fleurs blanches. Il m'offre son premier bouquet, que je protège religieusement dans ma sacoche de guidon. Il est arrivé sans dommage à Lyon. Je l'ai suspendu dans mon jardin et effectivement des petites fleurs ressemblant à des étoiles de mer miniatures à six branches commencent à s'épanouir. Pour le moment elles sont vertes, mais vont sans doute évoluer, car il faut un délai d'un mois et pour le moment cela ne fait que deux semaines. Je les regarde de jour en jour avec un plaisir non dissimulé, pensant à ce vieux Corse qui m'a communiqué sa tradition. Une dame se promène le long de la route, elle s'arrête se désaltérer et engage la conversation avec Jean. Elle n'est pas Corse d'origine, mais il y a bien longtemps que son Lot-et-Garonne natal appartient au passé. Son lieu d'habitation est un minuscule groupe de maisons sur une butte, qu'elle nous montre. Elle y demeure depuis bientôt trente ans. L'idée de partir ne l'a jamais effleurée. Dans ces lieux reculés, la distance la protège de la folie du monde. Son discours révèle toute la passion qu'elle éprouve pour ces montagnes privilégiées. Elle fait une comparaison avec la Haute-Ariège, où elle a habité. En effet, on peut trouver des similitudes entre ces régions de montagnes sauvages et désertifiées. La Haute-Ariège je la connais bien et c'est effectivement une région qui me procure de grandes émotions. J'en ai gravi la plupart des sommets, l'Estat point culminant, qui s'élève à 3143 mètres, et aussi le Rouch sauvage tas de cailloux, le Maubermé qui s'élance, plutôt se cabre sur sa partie finale d'un jet sur au moins 600 mètres de dénivelé, le Certescans qui est aussi mystérieux que son nom, le Vallier, sentinelle avancée, sans doute le plus esthétique, le Pic Rouge de Bassiés mon préféré, et nombre d'autres. Les dénivelés sont toujours importants et jamais en dessous des 1600 mètres et cela va jusqu'à plus de 2000, et cerise sur le gâteau la plupart de ces sommets sont généralement déserts et pas toujours équipés en refuges. Oui de toute évidence ces hautes terres corses et ariègeoises ont des points communs, comme si un même esprit y régnait et rentrait en harmonie avec certains êtres.
Nous restons deux heures et demie sur notre bord de route et nous n'y perdons pas notre temps. Ces rencontres dues au hasard ce sont les plus belles. S'arracher au sortilège du lieu n'est pas facile, cependant nous reprenons notre route. Après une multitude de virages, tout en bas la Porta apparaît. Une route particulièrement tortueuse nous y conduit. Cette magnifique petite bourgade nous accueille sur une place très originale bordée d'une magnifique église baroque flanquée d'un grand campanile. Il s'y déroule sinon un concert d'orgue, tout du moins une démonstration et nous prenons place pour un moment de recueillement. En sortant de l'église, auprès d'un barman je m'enquière des possibilités de camper. Il interpelle une femme assise à la terrasse du café en face: «Oh Ginette ! Où ils peuvent aller camper?» Avant qu'elle ait pu s'exprimer, plusieurs voix s'élèvent et répondent: «Sur le terrain de sport à côté des pompiers, il y a tout ce qu'il faut et même de l'eau». Nous remercions et partons nous installer à l'endroit indiqué. Effectivement le site est superbe et très pratique. Que les gens sont gentils dans tous ces villages corses, avec spontanéité toujours heureux de nous rendre service. C'est le dernier soir, demain Bastia, adieu la montagne corse et ses habitants. Nous terminons la soirée dans un petit restaurant typique. Aujourd'hui nous avons parcouru seulement 42 kilomètres, comme si cette région nous ne voulions pas la quitter, et que nos roues collaient à la route pour nous y retenir.
22 mai
La nuit a été très bonne. Le réveil se fait en fanfare comme si tous les oiseaux de l'Île de Beauté venaient nous dire au revoir. Une multitude de chants différents se superposent et se mélangent. Certains s'apparentent à des sifflements plus ou moins forts sur des modulations diverses, d'autres à des piaillements et certains à de véritables cris presque des hurlements de colère voire des interpellations vindicatives. Je n'avais jamais entendu quelque chose de comparable. Je reste médusé un long moment à écouter tout ce monde animal qui s'éveille. Nous nous levons, prenons le temps de bien petit-déjeuner, comme nous avons pris l'habitude de le faire depuis un mois. Le terrain de foot est entouré jusque haut dans la montagne par des constructions. Une l'église au clocher effilé brille au soleil levant. Le tout est noyé dans la verdure. Et tout là-haut quelques parois rocheuses ajoutent une touche à la beauté du tableau.
Encore une quinzaine de kilomètres et la Castagniccia sera derrière nous. Une magnifique forêt ombragée, garde toute la fraîcheur de la nuit. Nous la parcourons tous sens en éveil, elle nous délivre les derniers parfums. Tout à loisir, nous observons la multitude de porcs se sauvant mollement à notre approche. Cela va du cochon bien rose au sanglier bien gris, avec tous les intermédiaires, tels des patchworks sur pattes. Au fond de la vallée nous voyons grossir la nationale que nous ne voulons pas rejoindre. Aujourd'hui pas de grand braquet dans cette longue descente, mais les freins serrés un peu à la manière du cœur. Inexorablement la grande route approche. Le bruit de la circulation dense se fait de plus en plus prégnant. Et voilà, cette maudite nationale marque la limite de la Castagniccia, que nous quittons bien à regret. Par une succession de montées et de descentes au milieu d'un flot de véhicules dense nous rejoignons Bastia. L'aventure prend fin. Demain départ matinal. Nous passons la nuit dans un camping. Nous nous y sentons mal à l'aise, la transition est trop brutale.
23 mai
Heureusement nous quittons ce lieu aux aurores pour être à l'heure, heureux de fuir cet endroit que nous ressentons comme hostile. Un petit désagrément, nous ne voyons pas comment éviter de nous engager dans un tunnel interdit aux vélos. Mais grand braquet aidant et gros coup de pédale, nous allons presque aussi vite que les bus, tout du moins dans la première partie qui descend légèrement.
Le bateau manœuvre et se met à quai. Les foules embarquent, nous sommes les seuls à vélo. Nous avons la joie de voir des baleines à la hauteur du cap Corse.
Nous débarquons à 15heures30 à Nice. Jean continue à vélo jusqu'à Saint Raphaël, où il compte prendre le train pour Tarbes. Je sens qu'il n'a pas envie de rentrer. Pour ma part, j'aimerais bien prendre le temps de retourner à Lyon par les Alpes ou les Préalpes, en prenant le temps de digérer seul ce mois fabuleux que nous venons de passer. Mais il faut aussi penser aux autres. Ceux, qui restent et attendent, éprouvent un supplice qui n'en finit pas, une sensation de temps comme immobile.
Pour une première expérience à vélo, même si parfois j'ai ressenti la route comme un enchaînement et le trafic comme une menace, j'en retire de multiples satisfactions et je vais renouveler ce genre d'expérience en groupe et seul aussi. Je me verrai bien traverser la France seul uniquement par de toutes petites routes voire des chemins en campant par exemple aux confluents des rivières, endroits généralement aérés presque toujours accueillants. À court terme si tout se passe comme prévu, une grande aventure de deux mois en compagnie de Jean en août et septembre m'attend, mais laissons venir.
Un mois à vélo à travers ces deux îles, projet très tentant que j'ai tout de suite accepté. Il faut dire qu'avec Jean on est sûr que ça va «rouler», en effet il a une très bonne expérience des grands voyages à vélo, tour de l'Adriatique, tour de Turquie etc... Le plan est simple: en partant de Bastia remonter le Cap Corse puis descendre la Corse par sa côte ouest, prendre le bateau à Bonifacio pour Santa Teresa, puis longer la côte ouest de la Sardaigne jusqu'à Oristano, mettre le cap sur le centre de l'île, grimper le point culminant au passage, rejoindre la côte est et la remonter jusqu'à Santa Teresa, rejoindre à nouveau Bonifacio, d'où direction Porto Vecchio et de là attaquer directement à travers les montagnes jusqu'à Bastia par Zonza, Ghisoni et la Castagniccia en escaladant une multitude de cols. Le tout devant durer à peu près un mois. Les deux parties du trajet en Corse seront effectuées à deux et le parcours en Sardaigne à quatre. Les deux autres protagonistes arriveront et partiront de Porto Torres. La longueur des étapes, en fonction des conditions météorologiques, des dénivelés et autres facteurs variera de 50 à 110 kilomètres. L' hébergement sera principalement effectué en camping. Autant les côtes sont assez bien pourvues en terrains de camping, autant le centre des îles n'en possède pas beaucoup, surtout aux mois d'avril et mai beaucoup ne sont pas encore ouverts. En effet le départ de Bastia est fixé le 26 avril et l'arrivée à cette même ville est prévu aux environs de la dernière semaine de mai.
C'est mon premier voyage à vélo. Pour le matériel, celui que j'emporte pour de grandes randonnées à pied devrait suffire. Pourtant, malgré ce principe de base simple, au lieu des 10 kilogrammes habituels, je me retrouve avec plus du double. Deux sacoches arrières sur lesquelles je pose mon sac north face, une petite sacoche de guidon et tout tient sans problème, mais l'ensemble dépasse largement les 20 kilos. Mon vélo un trek cadre alu, sur lequel le vendeur de cycles m'a mis un très bon matériel en particulier des roues particulièrement solides aux pneus de petite section mais renforcés kévelar, avec des roulements performants. Dans les descentes mes camarades pédalant je me contenterai souvent de me laisser aller en roue libre. Je précise que ce vendeur de cycles sur les quais de la Saône à Lyon j'y suis allé grâce à une question posée sur Voyage Forum.
Rendez-vous fixé avec Jean le 24 avril chez ma cousine à Nice. Le lendemain nous rejoignons le bateau qui part à 14heures30. Pour la première fois de ma vie je pilote un vélo avec sacoches. Au cours des premiers kilomètres pour se rendre au port en pleine ville, je donne sans doute l'impression d'être un peu éméché, en effet la maîtrise de l'engin avec quelques 25 kilogrammes sur le porte-bagages n'est pas innée. Sans incident cependant nous atteignons le point d'embarquement. Heureusement que nous voyageons avec Corsica Ferries car la compagnie française concurrente est en grève. La traversée s'effectue sans encombre par beau temps, mais un peu couvert en arrivant, prémices de mauvais temps pour les jours à venir. Débarquement de nuit, je ne trouve pas ma frontale et je n'ai pas d'éclairage, mes roues sont sous-gonflées, toutes les erreurs basiques du néophyte! Les 6 premiers kilomètres en direction du Cap Corse sont un calvaire, je ne vois pas les trous et aspérités sur la chaussée, de plus ma jante cogne en écrasant la chambre à air. Heureusement le supplice ne dure pas, car un camping nous accueille exactement à 5, 5 kilomètres de notre point d'arrivée. Pas grand monde, nous passons une bonne nuit après avoir avalé notre ration de pâtes. Première nuit d'une longue série au cours desquelles les oiseaux nocturnes puis les diurnes au lever du jour nous régaleront de leurs chants aux multiples modulations. Pas un éveil au cours de ce mois sans ces concerts quotidiens, certains même pour ne pas se réveiller dès cinq heures mettront des boules quiès!
26 avril
Un jour blafard se lève, bien en accord avec les prévisions météo des plus pessimistes. Nous avons le temps de plier nos affaires avant la pluie, mais tout juste. En effet dès que mon vélo est prêt je cours me mettre à l'abri en le poussant. Après quelques mètres la roue arrière est bloquée. Que se passe-t-il? Aïe! Un tendeur accroché dans les rayons, le crochet aux trois quarts arraché, le tout enroulé plusieurs fois autour des pignons. Le métier de cyclotouriste rentre par ce genre de petites erreurs. Un tendeur qui pend ça ne pardonne pas.
L'étape prévue est conséquente, en effet nous espérons rejoindre Saint-Florent en passant par le Cap Corse, une bonne centaine de kilomètres. La température est fraîche, idéale pour le vélo. La végétation est luxuriante, signe qu'il a beaucoup plu cette année. Le bord des routes aussi bien en Corse qu'en Sardaigne sera un enchantement permanent du fait des myriades de fleurs qui tel un tapis merveilleux nous accompagneront au cours des 1900 kilomètres de notre périple. La route domine la mer, ce qui permet un joli spectacle sur les flots gris couleur de plomb, ponctués de temps à autre de touches vert pâle trahissant la présence de bancs de sable. Les premières gouttes ne tardent pas à faire leur apparition, mais notre moral n'est pas entamé. Les sacoches et mon sac sont étanches, tout du moins c'est ce que je crois, et je n'ai pas pris la précaution de répartir mes affaires dans des sacs plastiques. Eh oui! Il faut que le métier rentre. Nous passons une magnifique crique au sable noir, dominée d'un joli village aux couleurs vives, qui rehaussent la grisaille de ce premier matin d'un mois d'errance. La pluie se renforce. On s'arrête dans un bistrot , boire un café et faire le point. Deux couples de Canadiens aux vélos bien équipés passent et ne semblent pas perturbés par le temps, à entendre leurs éclats de rire. On ne va peut-être pas pousser jusqu'au Cap Corse dans ces conditions. Nous coupons par le col de Santa Lucia, à peu près aux deux tiers de la distance du cap. Première montée, 380 mètres de dénivelé. Malgré les 25 kilogrammes de bagages ça se passe bien, petit plateau grand pignon, tranquillement à 8 à l'heure le terrain défile. Mais je n'ai pas vraiment le loisir de contempler le paysage, j'ai comme on dit la tête dans le guidon. Le col atteint, une belle descente nous attend, mais la pluie guette aussi, et le froid se fait tout de suite sentir avec la vitesse. Une fois sur la côte ouest, le spectacle est magnifique. La pluie, les nuages accrochés, les rochers frangés d'écume et la mer sombre donnent une touche d'austérité au paysage. A midi complètement trempés nous effectuons une halte dans un restaurant suspendu au-dessus de la mer, qui possède une salle voûtée de belle facture. Un bon steak nous réchauffe. Retour sous la pluie qui diminue et s'arrête lors de notre arrivée à Saint-Florent. Cette première étape de 85 kilomètres n'a occasionné aucune fatigue. Mon vélo me semble très bien , souvent j'ai plus l'impression de glisser que de rouler tellement le mouvement est souple. Installation dans un camping à l'entrée de la ville, à cette époque les clients ne se bousculent pas encore . Notre arrivée est l'occasion d'une bonne rigolade. En effet l'homme à la réception me demande ma carte d'identité, en lisant ma nationalité française, il me regarde et dit « Vous êtes français comme moi» et il rit franchement. Je reste dubitatif ne sachant pas si c'est du lard ou du cochon (un comble en Corse). Cependant lorsque je relate l'anecdote à Jean on se marre un bon coup. Sans bagage, donc très légers, nous partons visiter la ville. La citadelle, grosse bâtisse circulaire, qui domine le golfe, permet une belle vue circulaire. Construite en 1440, elle fut au gré des périodes génoise, aragonaise, française, anglo-corse, italienne et aussi bien sûr corse. Comme la plupart des villes de Corse et de Sardaigne que nous allons visiter, nous constatons que ces régions étaient très convoitées et que de nombreux peuples se les sont disputées, chacun les possédant de temps à autre en fonction des fortunes de guerre et des alliances. Qu'il est doux de déambuler à vélo par un temps somme toute redevenu clément, bien que de gros nuages sombres rôdent encore sur les reliefs. Revenons à des questions plus terre à terre, avec quoi notre repas du soir sera-t-il arrosé? Jean a la bonne idée d'acheter du Patrimonio au détail, mais n'ayant pas de bouteille, il met ce magnifique vin rouge dans son bidon. La soirée et le dîner sont agréables et le litre de Patrimonio passe de vie à trépas.
27 avril
Après une bonne nuit, le réveil aux chants des oiseaux est un régal, de plus il ne pleut pas. Aujourd'hui début de parcours par la traversée du Désert des Agriates. En montant le premier col, Bocca di Vezzu, qui culmine à 311 mètres une bruine légère commence à tomber. Progressivement elle évolue vers le déluge. Moi qui pensais qu'un désert était garant de sécheresse! La descente sur Île Rousse est un supplice face à un vent violent, cinglés par des gouttes énormes. 50 kilomètres à l'heure sur chaussée détrempée nécessite de l'attention, mais une seule idée me hante, que ce calvaire s'arrête le plus vite possible. Le froid me tétanise, on est beaucoup plus sensible à ces variations de température à vélo qu'à pied, tout particulièrement en descente. Les derniers kilomètres avant la ville en bord de mer sont éprouvants, arque boutés sur les pédales, complètement essorés nous nous traînons lamentablement à 10 à l'heure tellement les rafales de vent et de pluie sont puissantes. Au centre du village arrêt d'urgence dans un petit bar qui nous fait à manger. Les rues se sont transformées en rivières et aucun signe d'apaisement n'est en vue. L'étape d'aujourd'hui s'arrête ici avec seulement 47 kilomètres enregistrés au compteur. Nous prenons une chambre d'hôtel et faisons sécher nos affaires. Je constate que mes sacoches et mon sac ne sont pas totalement étanches, et il va me falloir revoir ma stratégie de conditionnement de mes habits et de mon matériel de couchage, le métier rentre doucement, les petits revers sont formateurs. Les Corses au cours de cet après-midi de fin du monde nous diront qu'ils n'ont jamais vu un temps pareil. Il pleut maintenant depuis six mois. Si ça doit continuer on a du souci à se faire pour notre balade. De plus le tonnerre s'y met! Nous nous endormons bercés par les gouttières qui débordent.
28 avril
Il ne pleut pas. La journée commence bien, le patron très gentiment nous offre le café. L'étape de ce jour sera musclée. Il nous faut récupérer la distance non faite hier, donc au programme arriver à Porto. Rapidement Calvi est atteinte. Nous prenons le temps de visiter cette magnifique cité. La citadelle haut perchée sur son rocher offre une vue époustouflante. Après un pique-nique rapide 85 kilomètres nous attendent, constitués de beaucoup de côtes et en prime avec le vent dans le nez. Nous optons pour les petites routes et prenons la D81, serpentant au-dessus de rochers acérés qui plongent dans la mer. Ce vent qui nous freine, ce qu'il est bon de le sentir sur son visage, ses bras et sur tout le corps. Le voyage en s'exposant aux aléas du climat apporte réellement une dimension de plus à l'expérience. Il n'y a pas que l'effort physique qui procure du plaisir mais aussi ce contact sensuel avec les éléments. Il faut garder toute sa vigilance pour résister aux coups de boutoir du vent, qui arrivent de façon aléatoire. Derrière une vitre de voiture le spectacle est le même mais il manque ce tutoiement avec la planète et ses caprices. Les lendemains de tempête, l'air a une limpidité qui fait ressortir les couleurs et accentue leurs contrastes. En particulier, les très nombreuses fleurs dans ce décor encore tout humide brillent de mille feux, où domine le jaune ponctué des tâches rouges des coquelicots. Cette départementale, très sauvage et peu parcourue à cette époque longe la mer puis s'enfonce dans les terres. Elle est en permanence coupée de petits ruisseaux, conséquence des très fortes précipitations de ces deux derniers jours. Ce qui est extraordinaire sur ces routes corses, c'est que tout en longeant la mer, on peut contempler à proximité de belles montagnes enneigées, qui se découpent sur le ciel.
A 15 heures, nous arrivons à proximité de Galéria qui se situe dans un cul de sac. Le chemin pour Porto est encore long. Une grimpette de 11km pour quatre cents mètres de dénivelé nous fait peiner. Ensuite il reste plus de quarante kilomètres à parcourir qui ne sont pas uniquement en descente. Alors que nous sommes encore à trente deux kilomètres de Porto, son petit golfe semble tout proche. C'est compter sans les interminables détours le long des courbes de niveau. C'est digne du nord de l'Albanie, et si moi je ne l'ai parcouru qu'en voiture, Jean lui a circulé dans ces contrées reculées à vélo. Un peu avant d'arriver à Porto la route passe entre de grandes falaises de roche rouge, du porphyre, permettant par endroits des points de vue vertigineux sur une côte déchiquetée et frangée d'écume. Le gros avantage du vélo sur la voiture, le long de ces routes très étroites et tortueuses, consiste dans le fait que l'on peut toujours s'arrêter pour profiter d'un beau point de vue. Les derniers kilomètres nous donnent bien du mal en nous opposant des pentes rudes. Enfin la petite ville de Porto se trouve à nos pieds. Qu'elle est belle avec sa baie envahie de grosses vagues et sa tour sarrasine sur son éperon rocheux! L'étape a été de 109 kilomètres et le plaisir d'être arrivés est évident. Dernier supplice, rejoindre le camping par un chemin de grande raideur, je pousse le vélo. Soirée agréable, comme précédemment, à cette époque les campings sont presque déserts. Juste au-dessus de nous le Capu d'Ortu, culminant à 1294 mètres pratiquement sur la mer, nous laisse admirer sa vaste face ouest éclairée par le soleil couchant.
29 avril
Durant la nuit il a un peu plu, pourvu que le déluge des premiers jours ne fasse pas un retour. Le ciel reste chargé mais aucune goutte ne se fera sentir de toute la journée. Le départ est brutal et sans mise en jambe. Au cours des six premiers kilomètres la route s'élève de cinq cents mètres, mais petit plateau et grand pignon, tranquillement ça monte. Le lieu est l'un des plus touristiques de l'Île de Beauté, les fameuses Calanches de Piana. Beaucoup de monde, motos, voitures et cars ainsi que deux autres vélos. Je décide de m'arrêter pour faire une photo, je n'arrive pas à décliper mes pédales et je fais ma première chute. L'arrivée au sol est violente, mais heureusement les bagages amortissent en partie le choc, cependant je me blesse légèrement à la jambe avec les plateaux. Je n'arrive pas à me relever car mon pied reste rivé à la pédale. Un grand balèze qui a assisté au spectacle, me prend dans ses bras et me remet sur pieds, mais il manque me lâcher avant que ma chaussure soit décoincée, donc il était moins deux pour que je remette cela. Je le remercie en lui disant «Comme il est bon de se trouver dans les bras d'un grand costaud». Tout le groupe qui l'accompagne éclate de rire. Le site est splendide, d'immenses parois nous surplombent alors que celles situées sous la route dominent la mer de plusieurs centaines de mètres. Des rochers aux formes étranges ajoutent au pittoresque du lieu.
Le parcours jusqu'à Ajaccio se passe sans encombre sur une route toujours splendide. L'arrivée dans la ville est rébarbative à cause d'une circulation dense. Nous fuyons et rejoignons, par une route à circulation rapide très désagréable, un camping à proximité de l'aéroport. L'étape de ce jour est de 92 kilomètres.
30 avril
Aujourd'hui encore une très belle étape par une petite route peu fréquentée nous attend. Dans ces conditions le vélo est un sport très agréable et un moyen de voyager génial, même s'il ne procure pas le degré de liberté de la marche, qui elle s'affranchit de la route. Grosse forme, je pars comme un «calu», Jean qui a l'expérience sait que cela n'aura qu'un temps. Je découvre le plaisir de pédaler à un bon rythme, et de voir défiler les kilomètres. Ce matin cette vitesse est d'autant plus agréable, que nous avons un vent favorable et que la route longe le bord de mer depuis Porticcio. Nous quittons le bord de l'eau et une première côte sévère bloque net le mouvement. Puis contre toute attente nous entamons une descente raide et assez mal pavée, et nous voilà de nouveau sur la plage. Interrogation? Nous nous sommes trompés dans la montée du col de Cortonu. Que faire? Remonter? Ma carte au 100 000, datant de 1985, indique qu'un chemin contourne par l'ouest le col et conduit de nouveau sur la D55a un peu plus loin. Après tout, nous cherchons les petites routes et bien allons-y! Jean est toujours fana pour ce genre de variantes, ça lui rappelle ses virées dans des contrées lointaines. Oui nous le trouvons notre chemin, mais depuis vingt ans le progrès est passé par là et il est goudronné. Cependant son tracé est resté le même, et souvent les chemins ça ne cherchent à faire des détours, il attaque tout droit dans la pente à plus de 10%. Jean s'envole, je mets un point d'honneur à ne pas mettre pied à terre et appuie sur les pédales. Ne pas tomber en dessous de six à l'heure car la limite de l'équilibre se situe à 5, 5 voire cinq, et un déséquilibre avec les pieds rivés j'en connais le résultat! Là les 25 kilos de bagages je les sens. Je n'en reviens pas, pourquoi je suis capable de traverser les Pyrénées à pied avec moins de 10 kilos et que je me retrouve ici chargé comme un camion? Les besoins sont presque les mêmes à pied et à vélo, le couchage et les habits le reste c'est du superflu. Il faut peut-être dire que j'ai de quoi pêcher ainsi que masque et tuba, et aussi plusieurs livres. À pied on restreint le matériel de façon plus drastique. De petites dérives en petits excès on se retrouve accablé comme une mule. Le plus cocasse c'est que pour la norme cyclotouristique je ne suis pas tellement chargé.
Enfin nous voilà de retour sur la route initialement prévue, mais que ce détour était joli. Là, à vélo et à pied je fais la même constatation, au cours des erreurs d'itinéraire on voit généralement de très belles choses et on ne regrette surtout pas de s'être trompé. Une belle descente se présente, logique le col est derrière, et c'est reparti grand braquet, que du plaisir. Nous arrivons à Acqua Doria toute petite localité perchée. Une épicerie bar nous accueille, quelques achats et un café pris sur la terrasse offrant un panorama vaste dans toutes les directions. Je découvre sur une étagère de cette petite échoppe un vin qui m'intrigue tellement que je fais la photo de l'étiquette. Sur cette dernière on peut lire: vin de Merde, le pire... cache le meilleur. On y croit pas à la première lecture et donc on recommence! Mais si c'est bien écrit cela. Pour compléter, des fois que l'on ait pas compris, dans le coin droit de l'étiquette se trouve une belle grosse mouche bleue sans doute du meilleur et non du pire effet! Un peu plus loin nous faisons une halte et pique-niquons bien installés au soleil, moment très agréable passé à se raconter une multitude d'histoires. En effet si nous pratiquons des sports généralement différents actuellement, nous sommes tous les deux alpinistes au départ, et plusieurs dizaines d'années d'escalade ça formate. Nous repartons par de minuscules routes à travers une campagne verdoyante, on ne se fait pas cette idée de la Corse. Les pluies qui s'abattent sur l'île depuis des mois lui donnent un côté luxuriant et partout de grandes herbes bien vertes envahissent les espaces libres et les champs. Retour en bord de mer, Propriano apparaît au fond de sa baie turquoise au sable clair, entourée de montagnes. Que ces grands espaces sont jolis lorsqu'ils sont presque déserts. A l'entrée de la ville nous trouvons un camping en hauteur. Pour rejoindre notre emplacement 500 mètres d'une raideur extrême, ces derniers coups de collier sont un vrai supplice, bien que le compteur ne comptabilise que 62 kilomètres pour la journée. Comme toujours pas grand monde , nous sommes presque seuls à part quelques chats affamés qui viennent quémander. J'évalue le niveau de faim d'un chat, outre sa maigreur, au fait qu'il mange ou non le pain. Pas de doute ceux-là ont très faim. En tout cas ils ne sont pas farouches l'un d'eux escalade mes sacoches comme s'il désirait continuer avec nous. Les bagages posés, une descente en ville nous permet de découvrir une petite cité agréable surtout par ce temps presque estival.
1 mai
Aujourd'hui l'étape sera moins sympathique. En effet, la seule route pour Bonifacio, c'est la nationale, ce qui est toujours un peu stressant et souvent ça ne sent pas bon. Ça commence dur, une belle montée jusqu'à Sartène et tout les jours ne se ressemblant pas je me sens un peu fatigué, donc avec la chaleur je souffre. Il me suffit de penser à Kazantsakis et sa formule que j'ai faite mienne: un jour où je n'ai pas souffert est un jour où je n'ai pas vécu. Un raccourci dans la ville elle-même est très raide, une erreur de pignon m'est fatale. Je mets pied à terre et, mon Dieu que le vélo est lourd à pousser dans cette côte qui affiche au moins 12 ou 13 %. Le reste de l'étape ne me laisse pas de souvenir précis, si ce n'est le moment où dans un virage nous avons vu surgir la Sardaigne, que nous rejoindrons demain. Un autre détail me revient en mémoire, nous avons croisé un groupe de Ferraris en vadrouille, elles étaient quatorze, et même si les voitures ne vous intéressent pas c'est pas mal à regarder passer. Après 60 kilomètres, sur les hauteurs de Bonifacio nous nous installons dans un camping agréable dominé de jolis monticules granitiques qui donnent envie de faire de l'escalade. Sans charge la descente est amorcée pour visiter la cité, qui est très pittoresque. Sa citadelle colonise un magnifique promontoire permettant une vue de tout premier plan sur la Sardaigne et le détroit qui protège le port de la pleine mer. Je me souviens y être venu en voilier il y a bien longtemps lors d'une magnifique navigation d'une quinzaine de jours.
2 mai
Ce matin branle-bas très tôt, nous devons être au port au plus tard à 8 heures pour un départ à huit trente. Les cinq kilomètres du camping au port sont exclusivement en descente. Qu'il est bon de se laisser glisser comme cela de bon matin. Les roulements à billes de mes roues sont si performants que j'ai plus l'impression de glisser que de rouler.
Les passagers ne sont pas très nombreux sur le bateau, quelques voitures et motos. Ces dernières tout au long de notre périple nous en verrons des meutes plus ou moins importantes, sauf en finale dans le centre de la Corse en Castanicca, coin enchanteur dont je reparlerai et qui nous fera regretter de mettre fin à notre voyage, comme attirés par une envie d'errance sans fin. Le départ le long de ces grandes falaises blanches, au sommet desquelles se serrent des maisons toutes en hauteur est d'une saisissante beauté. Les goélands, qui planent derrière le navire à la même vitesse, semblent immobiles. Les bateaux m'ont toujours procuré une forte impression de départ vers des contrées lointaines, même si aujourd'hui le trajet n'excède pas une vingtaine de kilomètres et ne dure que cinquante minutes. Cependant pour un prix de vingt euros, j'ai vraiment la sensation de partir.
Après cette traversée agréable nous débarquons en Sardaigne. Cela me fait quelque chose car il y a plusieurs générations déjà, par ma grand-mère paternelle j'ai des gènes qui proviennent de cette île. Nous commençons avec un petit café sur le port. La vie est délicieuse lorsqu'on n'est pas dans l'urgence et autonomes, pas de contrainte concernant le point de chute, tout petit recoin discret peut faire l'affaire, si à huit heures du soir on n'a pas trouvé de lieu d'arrêt dit autorisé.
Cette première étape doit nous conduire à Castelsardo, jolie petite ville chargée d'histoire posée sur un magnifique tertre pyramidal qui s'avance sur la mer. Le relief sur la côte ouest nous semble presque débonnaire après la descente de la Corse. La circulation n'est pas très importante et le déplacement à vélo est agréable. La campagne sarde est un festival de fleurs, qui déroulent leurs corolles par millions à notre passage. Au bout d'une ligne droite quelques centaines de mètres devant, nous voyons deux cyclotouristes. La chasse est lancée, je réussis à m'approcher à une cinquantaine de mètres puis je me fais décrocher. Jean ne semble pas s'être intéressé à la course. Ils reprennent le terrain perdu et finissent par disparaître. Une quinzaine de kilomètres plus loin, nous les retrouvons devant une échoppe de fruits et légumes sur le bord de la route en pleine campagne. Nous en profitons pour faire la halte de midi. Il s'agit de deux Allemands engagés sur le tour de Sardaigne en douze jours avec points de départ et d'arrivée à Olbia, aéroport desservant l'île par des vols low costs. Nous rencontrerons de nombreuses personnes qui utilisent ce point d'entrée. Les Allemands partent avant nous, mais ayant fait un petit détour par une crique qui les a un peu retardés, pour un temps nous les retrouvons. Cela nous donne l'occasion de nous «allumer» sérieusement le long d'une grosse bosse, et je ne suis pas le premier à craquer. Quand on est bête c'est pour la vie, et ça ne risque pas de s'arranger après cinquante ans!
Castelsardo apparaît au détour d'un virage, véritable splendeur que ce tertre qui s'avance sur la mer, coiffé de sa citadelle centenaire au pied de laquelle de petites maisons multicolores serrées les unes contre les autres essaient de monter à l'assaut. Pris par la beauté de ce spectacle je freine et m'arrête, mais je ne pense pas à mes pieds et rebelote deuxième chute, cependant l'expérience aidant je ne me fais cette fois aucune égratignure. Pourtant on n'est jamais à l'abri d'un poignet cassé, il faudra que ça rentre. Ne devient pas cyclotouriste qui veut! Nous montons visiter cette petite cité, c'est raide à vélo, vieille ville charmante aux ruelles calmes et colorées, haut perchées au-dessus de la mer. Mais il n'y a pas de logement hormis les hôtels, il nous faut pousser jusqu'à Porto Torres à une trentaine de kilomètres plus au sud. Cette décision ne soulève pas l'enthousiasme, mais quelle autre alternative? Rapidement nous reprenons plaisir à pédaler, la route domine la mer avec de belles perspectives sur de petites criques, et de plus le vent nous pousse. À une moyenne supérieure à vingt à l'heure nous atteignons notre but, ce qui fait pour la journée 105 kilomètres, mais ils comptent moins que les kilomètres corses. Installés au camping, nous partons faire les courses au supermarché situé à trois cents mètres. Devant le magasin je freine et dix de der, je n'ai pas vu que mes pieds sont clipés. La chute est plus brutale car je n'ai plus de bagage pour amortir. Je suis bien secoué mais une fois de plus rien, cependant il faut que je réagisse cela fait la troisième depuis le départ et la seconde aujourd'hui, à ce rythme les statistiques me disent que je vais finir au mieux avec un plâtre. Retour au camping et qui voyons-nous en train d'arriver? Nos deux Allemands , Josef et Wolfgang. Ils viennent s'installer à côté de nous et ce sera l'occasion d'une soirée sympathique à nous raconter des histoires de vélos. Ce sont de gros rouleurs qui n'hésitent pas à traverser les USA. Demain ils partiront tôt, par contre pour nous ce sera repos car nous devons récupérer deux compagnons qui arrivent par bateau et qui vont nous accompagner durant le tour de Sardaigne. Eh oui! VF a encore sévi.
Nous roulons depuis une semaine, cela me permet de me faire une première idée de cette façon de voyager que je n'imaginais pas utiliser, encore récemment. Le vélo ne donne pas cette impression de liberté que procure la marche, car on reste, sinon prisonnier, tout au moins dépendant de la route. Parfois la circulation est dense et ce n'est pas très agréable, cependant on s'accoutume assez vite. Nous avons franchi 550 kilomètres, cela fait beaucoup plus qu'à pied. On éprouve toujours un certain contentement en regardant une carte sur laquelle on a parcouru de grandes distances à la seule force de son corps, à pied ou à vélo. C'est sans doute un peu puérile mais c'est cependant un petit plaisir et une vie heureuse, paraît-il, est constituée d'une somme de petits plaisirs. Il est vrai qu'en soi la distance ne signifie pas grand chose, donnée relative en fonction de la difficulté ou du mode de déplacement. Que dire d'un parcours en kayak ou de la montée d'une face qui fait «seulement» un kilomètre? Même si le kilométrage n'est qu'un accessoire du voyage, souvent on s'imagine qu'en allant loin on voyage vraiment. Forcément ce genre de conditionnement joue et voilà pourquoi on est tout content de regarder sur la carte une grande distance que l'on vient d'accomplir. Le vélo a un autre gros avantage, il est beaucoup moins traumatisant que la marche à pied. Bien sûr l'effort musculaire a été intense au cours des innombrables montées de la côte ouest de la Corse, mais les contraintes et les chocs sur l'ossature sont moindres. Le soir à l'arrêt la fatigue est différente de celle ressentie à pied, bien moins traumatique, vraie source de bien-être. Je n'en reviens toujours pas, pourvu que cela dure. Il y a maintenant une semaine que je suis rentré chez moi, après un mois de vélo et 1900 kilomètres, et je n'éprouve aucune douleur nulle part. Juste avant de partir, une épaule me faisait mal depuis plusieurs années avec des fourmis dans la main. L'ostéopathe que j'ai vu trois jours avant de rouler m'a dit de partir quand même, et il a eu bien raison. Cet effort présente un véritable effet curatif sur les douleurs articulaires. Donc le voyage à vélo présente indéniablement des avantages et des côtés très agréables, bien que toutes les dimensions de liberté ne soient pas réunies, tout du moins en Europe. J'imagine que dans certains pays lointains sur des pistes peu ou pas fréquentées le vélo devient l'outil le plus sublime pour voyager.
3 mai
Ce matin pas d'impératif, nous voyons les Allemands partir et nous petit-déjeunons tranquillement. Cette journée d'arrêt est la bienvenue car je sens une légère fatigue. Nous devons nous rendre au port attendre Evelyne et Rafik à 19h. En début d'après-midi nous partons pour un tour en ville et la reconnaissance du port. De nombreux restes archéologiques subsistent dans cette ville de 20 000 habitants. En outre, elle est très industrialisée. Le hasard fait bien les choses, nous tombons sur une procession religieuse. Un cortège immense suit la statue de la vierge, comme si toute la cité s'était donnée rendez-vous. Les autorités en premier, maire et autres autorités civiles puis, policiers, carabinieri, pompiers, militaires ouvrent la voie à cette foule interminable qui monte à l'église. En fin d'après-midi nous nous rendons sur le port. Bizarre pas de bateau prévu à 19heures, il y en a bien un à 20 heures mais en partance.
En définitive, ils débarquent bien mais à vingt et une heures. Les dix kilomètres pour rentrer au camping se feront de nuit. Moment d'angoisse avec seulement une frontale qui ne permet pas de bien visualiser la route et ses à-côtés. On m'avait dit que les phares n'étaient pas nécessaires car on roule toujours de jour et on ne se laisse jamais prendre par la nuit. Cela fait déjà deux fois en une semaine. Dès que je rentre chez moi je ferai équiper mon vélo du système d'éclairage adéquate. Là encore c'est le métier qui rentre. Nous leur avons préparé un petit repas d'accueil, simple mais consistant, purée saucisses. Nous faisons connaissance, Evelyne est une coureuse à pied reconvertie au vélo et Rafik est un athlète de haut niveau qui a terminé 17ème au championnat du monde de cross. Première soirée très agréable, et durant les 15 jours l'ambiance restera au beau fixe. Manifestement ce sont des clients de haut niveau. Moi le novice du vélo je n'ai qu'à bien me tenir! Le bilan kilométrique de cette journée se monte à trente, une broutille tandis qu'à pied cela représente une belle étape.
4 mai
Aujourd'hui, il est prévu un trajet de rodage à quatre. A travers la campagne sarde par de petites routes nous comptons rejoindre le Cap Caccia, qui est la pointe sud d'une longue et étroite presque-île bordée de falaises qui dominent le mer d'environ 200 mètres. Cinquante kilomètres sans voiture ou presque dans des paysages paisibles ou le vert des prairies et les couleurs vives des fleurs dominent. Qu'il est paisible de faire ce type de randonnée, là le vélo est un merveilleux moyen de locomotion. Nous rejoignons le bord de mer, et prenons la direction du cap précité. Quelques raidillons carabinés nous permettent d'accéder à un belvédère remarquable, d'où la vue sur d'énormes rochers émergeant de l'eau est saisissante. Un groupe d'Allemands devant leur car nous applaudit dans notre effort final. En remerciement je leur récite les premiers vers de la Lorelei: Was soll es bedeuten, dass ich so traurig bin...
Mais au fait sur ce rocher s'avançant sur la mer nous ne voyons pas de camping, alors qu'il était prévu de s'y arrêter pour la nuit. Un petit sigle triangulaire sur la carte avait été mal interprété. De notre magnifique point de vue dans le lointain après un grand cap blanc se dévoile la ville d'Alghero. Nous comprenons tout de suite que c'est reparti pour trente kilomètres. Après quelques bosses, nous rejoignons des zones plates. Un léger vent arrière transforme les vingt derniers kilomètres en une promenade de plaisir à vive allure. Le premier camping rencontré est fermé, le second se cache sur la plage pratiquement dans la ville. Nous finirons par le dénicher après plusieurs passages et les renseignements des autochtones. Le kilométrage pour ce jour s'élève à 77km. La ville a du cachet avec ses fortifications qui donnent directement sur la mer. On les suit par de larges esplanades. De nombreuses armées d'invasion ont laissé des traces dans cette cité, qui a été convoitée et conquise au cours des siècles par les Italiens, les Carthaginois, les Phéniciens, les Byzantins, les Arabes les Catalans et sans doute d'autres.
5 mai
Ce matin petite forme, deux d'entre nous ont des symptômes concordants, mal de tête et nausées. Avons-nous mangé quelque chose qui n'était pas frais? Nous passons la matinée tranquillement. Le départ a lieu à 11heures 30, l'état des deux malades s'améliorant. Le but de la journée se trouve à 48 kilomètres, il s'agit de la petite bourgade de Bosa. Même si la distance n'est pas très importante, l'étape nous marque d'une part du fait de sa beauté, route en hauteur au-dessus de la mer, et d'autre par à cause de ses pentes particulièrement longues et raides. Enfin après avoir bataillé plusieurs heures, une immense descente nous tend les bras. Elle doit nous conduire au point d'étape prévu. Mais le plaisir sera gâché, car l'orage s'invite à la fête et il est particulièrement violent. Nous ne trouvons pas le moindre abri, et stoïquement nous pédalons sous des trombes d'eau. L'absence de construction le long de cet itinéraire est totale, et sous la pluie cela se remarque d'autant plus. Après une petite heure de grosse rincée, le beau temps revient aussi vite qu'il avait été chassé. L'arrivée dans Bosa se fait au milieu des mares laissées par l'orage.
Nous sommes hébergés à l'auberge de jeunesse, spartiate mais fonctionnelle, une chambre à quatre avec lits superposés. Rafik et moi partons pêcher. Outre le goût prononcé pour le sport et la course à pied, nous avons d'autres points communs. Lui est d'origine tunisienne et mon père est né en Algérie, certes de père ardéchois, mais cela n'empêche que nous venons du même creuset de la Méditerranée et que tout nous attire en elle, en particulier la pêche. La petite baie de Bosa est abritée par une large digue sur laquelle viennent se fracasser de grosses vagues. Au débouché d'un petit estuaire aux eaux très remuées, les pêcheurs s'agglutinent, taquinant la dorade et le loup. Pour notre part nous n'attrapons qu'un petit sarran, joli poisson de roche bariolé. Je le décroche avec précaution et le remets à l'eau. Certains pourraient me dire pourquoi embêter les poissons, voire plus, si ce n'est que pour le plaisir de les attraper. Sans doute toute la tradition communiquée par mon père qui me racontait avec une passion non assouvie les pêches merveilleuses qu'il faisait dans son enfance sur les côtes algériennes. Dans ces régions méditerranéennes je me sens bien, ce qui peut paraître un peu paradoxal car je ne rêve que de montagnes et de parois raides. En Corse j'ai plutôt tendance à regarder du côté de la montagne, qui jaillit partout, tandis qu'en Sardaigne mon regard va naturellement vers la mer, même si les reliefs sont parfois escarpés et présentent de belles falaises. La Corse pour moi est une extraordinaire montagne dans la mer, et la Sardaigne consiste en une succession de magnifiques sites côtiers tout du moins sur son versant ouest, la côte est étant plus accidentée. Cependant en Corse, même sa côte plate est dominée de magnifiques pics, enneigés plus de la moitié de l'année. Je ne dis pas qu'elle est plus belle que la Sardaigne, ce type de comparaison n'a pas de sens. Je reprendrai seulement les mots d'un grand navigateur qui a arpenté le monde sous toutes ses coutures et qui déclare « de toutes les contrées dans lesquelles j'ai navigué, les deux plus belles sont la Corse et la Bretagne » et il est breton, alors pensez ce que vous voulez de la Corse!
6 mai
Très beau temps, le petit déjeuner servi à l'auberge de jeunesse est frugal, mais heureusement nous ajoutons le complément. De petits ennuis techniques nous retardent. Le départ a lieu vers midi. Le démarrage est brutal, une rampe particulièrement raide ouvre le bal. Halte repas très plaisante sur la place du village de Sennariolo, et nous ne dérogeons pas au rite du petit café final, surtout qu'en Sardaigne il est moins cher qu'en France, généralement 80 centimes. La montée reprend jusqu'au village suivant Cuglieri. Ensuite le parcours est un enchantement, une succession de faux plats en descente avec le vent dans le dos. Je m'en donne à cœur-joie sur le grand braquet, une vingtaine de kilomètres parcourus entre 40 et 55 kilomètres par heure en permanence. Le vélo procure dans ces moments un plaisir intense. L'expression filer comme le vent décrit bien la situation. J'ai vraiment la sensation de vitesse, et je m'y connais un peu ayant conduit de grosses motos de façon souvent déraisonnable. Un arrêt est improvisé à S'Archittu, tellement ce petit golfe couleur turquoise entouré de falaises est magnifique. Nous repartons sur un bon rythme. La grande ville approche avec son cortège habituel, constructions plus nombreuses, route plus large et un trafic toujours plus dense. Nous n'entrons pas dans Oristano mais partons à l'ouest camper à Torre Grande. Aujourd'hui le compteur marque 72 kilomètres, dont pas mal furent un véritable régal. En particulier les dix derniers kilomètres, vent dans le nez, bien abrités derrière Jean qui comme un tracteur maintenait un bon vingt-cinq de moyenne, on ressent tout le bien-fait de l'effort soutenu au bon niveau sans que cela fasse mal. Il faut dire qu'entre lui et Rafik nous avons deux gros costauds du vélo. Evelyne , toute menue qu'elle est, dans les côtes quelque soit leur inclinaison et leur longueur, elle appuie de façon régulière sur les pédales et je la vois systématiquement disparaître, j'en ferai encore l'expérience au cours des jours à venir dans les montagnes. Mon arme secrète pour refaire mon retard c'est de mettre le grand développement dans les descentes et de forcer comme une brute. J'atteins régulièrement les 60 à l'heure, voire parfois beaucoup plus. Cette sympathique émulation se passe dans la bonne humeur et la décontraction.
Nous envisageons de rester deux nuits sur place afin de visiter tout à loisir les environs demain . En effet à une dizaine de kilomètres à l'ouest se trouve le magnifique site archéologique de la ville de Tharros. Cette dernière il y maintenant deux millénaires était la capitale de l'île. Notre camping est «bunkérisé» par de grandes grilles et un haut mur sur le devant, mais agréable une fois à l'intérieur. Comme d'habitude pas d'affluence, cependant un peu plus de monde que les jours précédents, en particulier des groupes de motards. Un cyclotouriste allemand nous aborde et nous narre son périple commencé cinq semaines plus tôt en Allemagne par une traversée des Alpes jusqu'à Nice.
7 mai
Comme prévu départ pour Tharros, mais les petites routes nous conduisent sur les bords d'un immense étang utilisé pour la pisciculture. De toute évidence les poissons grouillent, mais nous sommes perdus parmi les hautes herbes, notre chemin ayant subitement disparu. Nous ne restons pas longtemps seuls. Des gardes forestiers équipés d'un 4x4, nous ayant repérés de loin, nous prenant peut-être pour des braconniers, s'arrêtent à notre hauteur. Nous leur expliquons notre situation. Ces derniers très gentiment nous proposent de les suivre et par un véritable labyrinthe de petits chemins en sous-bois ils nous remettront dans la bonne direction. L'itinéraire n'est pas évident, car à plusieurs reprises à la croisée de sentes nous les voyons hésiter. Ensuite, la route sur une dizaine de kilomètres est une splendeur, entre plans d'eau et explosions de fleurs sur des hectares.
Enfin nous atteignons la très belle église San Giovanni. Tharros est à proximité. Une piste en terre conduit à l'extrémité du cap. Le lieu est magique. On imagine facilement la scène, lorsque les premiers Phéniciens abordèrent ce site sept siècles avant notre ère. Ils en évaluèrent tout de suite le potentiel. En effet jusque vers la fin du premier millénaire après Jésus-Christ, le port fondé prospéra et donna cette très belle cité. Mais les corsaires sarrasins devenant de plus en plus menaçants, un repli vers l'intérieur des terres fut amorcé et la ville périclita. Il en reste des ruines superbes dans un cadre enchanteur, envahies au mois de mai, d'une incroyable densité de fleurs, qui montent à l'assaut du pied de la grande tour ronde bien campée sur la plus haute colline du cap. Site exceptionnel particulièrement surveillé, nous y croisons outre les gardes qui nous ont indiqué notre chemin, des policiers, des carbinieri et des gardes côtes. Je déconseille formellement à quiconque d'avoir l'idée d'y envisager le camping sauvage.
Nous décidons ensuite d'aller visiter Oristano, jolie petite ville au centre très pittoresque. De belles places dallées aux formes inhabituelles font la meilleure impression. En ce début d'après-midi les rues sont désertes, sieste oblige et nous avons l'impression d'avoir la cité pour nous seuls.
Journée agréable de visites, nous avons tout de même parcouru 62 kilomètres, mais sans bagage nous n'avons pas l'impression d'avoir roulé. A croire que la déformation du cyclotouriste arrive plus vite qu'on le pense!
8 mai
Aujourd'hui départ matinal, car l'étape prévue est conséquente. Plus de 100km ponctués de gros dénivelés, avec pour but Fonni, station estivale au pied ou presque de la Punta Marmora, point culminant de l'île. Le mot Punta n'est pas très bien choisi, car si vous imaginez trouver un beau pic vous serez déçu. Il s'agit plutôt du point le plus élevé d'une crête massive, qui pourrait ressembler au Honneck vu sous un certain angle. Donc c'est une belle montagne, en effet je vis avec une Vosgienne, évidemment le Honneck est forcément à l'égal du Daulaghiri, magnifique pyramide qui culmine presque à 8200 mètres!
Nous mettons donc le cap sur le centre de l'île avec la ferme intention d'en atteindre le sommet, qui culmine, certains diront seulement, à 1834 mètres. Cependant se rendre au départ d'une balade à pied en utilisant un vélo ce n'est pas comme s'y rendre en voiture. Cela participe aussi au charme du voyage à bicyclette (je ne sais pas si ce terme fait partie du vocabulaire du cyclo?). Au nord d'Oristano nous ne trouvons pas la petite route repérée sur la carte, c'est donc par une voie à la circulation relativement importante que nous commençons. Rapidement nous réussissons à nous en échapper. Première localité relativement importante, Busachi, les choses sérieuses n'ont pas vraiment débuté. Premier gros incident technique, le dérailleur de Rafik se prend dans les rayons, d'où blocage de la roue et de nombreux dégâts, rayons complètement pliés dérailleur très endommagé. Rafik est un magicien de la mécanique, en une petite heure il remet tout cela d'équerre, et fait notre admiration. La chaleur devient suffocante et la pente raidit. Nous commençons à avoir des doutes quant à la possibilité de rejoindre Fonni ce soir.
Arrêt à l'ombre d'un petit village pour le repas de midi. Comme toujours l'ambiance est très agréable, peu de monde, quelques autochtones attablés sur les minuscules terrasses des débits de boissons. Nous aurons l'occasion de constater aussi bien en Corse qu'en Sardaigne, que les routes côtières sont beaucoup plus fréquentées par les étrangers que les routes intérieures. Ce qui à vrai dire fera notre bonheur. Retour sur les pédales, ça chauffe dur. À la sortie du village de Sorgono nous faisons un arrêt au cimetière pour nous ravitailler en eau. Nos derniers espoirs pour atteindre Fonni ce soir se sont évanouis définitivement. Teti sera notre lieu d'arrêt. Il s'agit d'un magnifique petit village de montagne. Les habitants très gentiment nous permettent de camper sur le terrain communal dédié aux fêtes du village. Ils viendront même nous brancher l'eau.
L'étape du jour ne s'élève qu'à 85 kilomètres mais la forte proportion de côtes raides et la chaleur nous laissent une impression de journée fatigante et très bien remplie. Cette sensation de bonne fatigue, les muscles un peu endormis, et pas ce sentiment de squelette martyrisé que j'ai après une grosse étape à pied, procure un réel bien-être. Jean parle de vélo-thérapie, et c'est exactement cela. Rassurez-vous, je ne cherche pas un prétexte pour laisser tomber les longues marches. Probablement j'intégrerai plus le vélo dans ma manière de voyager, mais certains grands projets qui me tiennent à cœur ne s'envisagent pas à vélo, comme la Haute Route Pyrénéenne ou terminer la traversée des Alpes, et il m'en reste un grand morceau à parcourir, Chamonix à Trieste.
Une fois de plus la soirée se déroule dans la meilleure convivialité, agrémentée d'un décor superbe au milieu de ce terrain accidenté où la vue porte loin de crête en crête. Mes compagnons de voyage ont tous des expériences sportives et de voyages particulièrement intéressantes, et de plus l'humour, la simplicité et la rusticité font partie de leur qualités. Ce sont les ingrédients assurés d'une bonne partie de rigolade sans jamais à avoir à se tracasser quant aux conditions que l'on rencontrera. Il est étonnant de constater, comme dans certaines conditions une relation intime peut s'établir rapidement. J'ai l'impression sinon de toujours les avoir connus, au moins de les connaître de longue date.
9 mai
Aujourd'hui direction Fonni et cet après-midi l'escalade de la Punta Marmora est prévue. La journée commence par une belle descente, mais ça ne dure pas. Il nous faut enchaîner avec la raide route de Fonni, heureusement presque déserte. Le décor est splendide, grands espaces verts, un lac de barrage magnifique. Sous le pont qui l'enjambe une multitude de gros poissons fait des ronds à la surface.
La ville est à mille mètres d'altitude, de ce fait la chaleur n'est pas trop forte. Pour la seule fois de notre périple nous faisons appel à l'agritourisme. Une jolie demeure bien positionnée un peu au-dessus de Fonni en direction de la montagne que nous voulons gravir. Si le site est joli, le prix l'est tout autant. Une chambre à quatre lits pour la modique somme de 140 euros, certes avec le petit-déjeuner. Malgré des tentatives de négociation, rien n'y fera. Le prix annoncé sur le petit futé est moindre. Cette augmentation est la conséquence probable d'une publicité avantageuse. Nous ne sommes pas en mesure de trop insister ou de chercher une autre solution, si nous voulons suivre le programme. Les bagages déposés, nous reprenons nos vélos pour une belle grimpette jusqu'à l'altitude de 1500 mètres. A partir de ce point le sommet s'atteint à pied. Quelques névés subsistent, que nous nous empressons de fouler. Une première crête est atteinte, de laquelle une descente permet d'en rejoindre une seconde qui conduit au point culminant de l'île. Malgré sa faible altitude la vue porte loin sur les plaines environnantes, mais nous n'arrivons pas à distinguer la mer. Cette région montagneuse est austère, elle me fait un peu penser au Mont Lozère, par la couleur sombre de la roche, ses grandes pentes herbeuses et sa désertification. La redescende est effectuée au pas de course. Il ne faut pas grand chose pour qu'avec Rafik, nous courrions comme des dératés. La vigilance est de mise, car mes chaussures de cycliste, de temps à autre du fait des parties métalliques du système d'accrochage ont une fâcheuse tendance à déraper sans prévenir sur le rocher. Rafik possède un coffre invraisemblable, certes il a 10 ans de moins, mais ses références en matière de course à pied en font un véritable OCNI (objet courant non identifié). Le plaisir de me défoncer physiquement restera, tant que mon état le permettra, une source de joie immense. Nous retournons dans notre agritourisme, où l'ambiance n'est pas franchement chaleureuse, et en guise de représailles nous préparons notre popote dans la chambre bien que ce soit interdit. Ayant été pris au dépourvu pour les courses, quelques lyophilisés en secours nous permettent un repas somme toute bon et suffisamment copieux.
L'étape de ce jour se monte à 54 kilomètres à vélo, dont une bonne quarantaine en montée raide, plus deux heures de presque course en montagne. Seul soir où je sens un peu mon dos, preuve que le déplacement à pied, certes en courant, traumatise plus que le vélo.
10 mai
Aujourd'hui nous retrouverons le bord de mer sur la côte est. Nous commençons la journée par un petit-déjeuner original dans une belle salle circulaire surmontée d'une charpente en forme de tente indienne, ce qui donne à la pièce beaucoup de volume et du cachet. Peut-être pour contrebalancer les relations quelque peu conflictuelles de la veille, l'hôtesse nous sert, outre les ingrédients habituels, une magnifique part de ricotta bien nappée de miel, un pur régal!
Nous sommes en pleine forme, pas de doute un lit de temps à autre, cela fait du bien. Après une descente sur Fonni, la route part à l'assaut d'un col sur 15 kilomètres et 300 mètres de dénivelé, presque une formalité. Au col du Monte Pipinari à 1246 mètres il fait frisquet. Nous ne traînons pas et entamons une longue descente. A quelque distance Rafik crève, son pneu est endommagé ainsi que sa gente. Pour cette dernière il s'agit des conséquences de l'incident de l'avant-veille, quand il a du détordre des rayons en forçant.
Nous arrivons sans autre incident après une magnifique étape à un camping idyllique à Tortoli. Les tentes sont installées sur de petites terrasses juste au-dessus d'un golfe à l'eau d'un bleu profond, avec en deuxième plan de grands rochers, plutôt de petites montagnes qui de par leur positionnement donnent toute sa profondeur à cette baie de grande beauté. Pour agrémenter l'ensemble, une magnifique tour sarrasine est érigée juste en face. Elle sera la toute première à recevoir le soleil du matin. Le lieu nous plaisant, et Rafik ayant des réparations importantes à effectuer sur son vélo, nous décidons de passer la journée du lendemain dans cet endroit.
11 mai
Lever 6 heures et c'est parti pour une partie de pêche. Je ne choisis pas tout de suite le meilleur endroit, mais pour le petit déjeuner nous aurons droit à quelques magnifiques poissons de roche, girelles dont une royale de belle taille et sarrans. Si l'idée semblait surprendre au départ, tout le monde a bien apprécié la chair très fine et ferme de la girelle au petit déjeuner, et contre toute attente, cela passe très bien. Nous ne poussons cependant pas le plaisir jusqu'à arroser cette friture d'un coup de blanc! Journée de farniente sauf pour Rafik qui, ayant acheté pneu, gente et chambre à air, remet tout en état, en particulier le dérailleur qui occasionne quelques difficultés de réglage. La réparation sera efficace car il en sera définitivement fini de ses ennuis mécaniques. En fin d'après-midi nouvelle séance de pêche, et petite friture au dîner qui passe aussi bien que celle du matin. Cette journée dans ce camping est d'autant plus agréable que le personnel est très gentil et particulièrement serviable.
12 mai
Nous démarrons tôt, l'étape sera longue et agrémentée de nombreuses montées. Avec regret nous quittons ce camping où il fait si bon séjourner. Après avoir fait quelques détours pour quitter Tortoli, le ton est donné, ça monte et ça dure! Au village de Baunel, un premier arrêt ravitaillement est effectué. En 15 kilomètres l'altitude atteinte est de 480 mètres. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Le point de passage le plus élevé se situe à 1017 mètres, mais auparavant quatre cols intermédiaires jalonnent l'itinéraire. La route bien tracée permet une montée régulière sans forcer. Avec l'altitude la végétation change, on pourrait se croire quelque part dans le massif central. Enfin le Passo Gena Silana est atteint. Il nous aura fallu quatre heure pour une quarantaine de kilomètres. On s'attendait à plus difficile.
Au col casse-croûte copieux, des cyclistes de route assez nombreux sont montés par le versant opposé. Une très longue et magnifique descente nous procure un vif plaisir. Le cadre est magnifique, de grandes falaises calcaires étincellent de toutes parts avec la mer en toile de fond. Alors que nous avons quitté la montagne, la route serpente en faux plats descendants au milieu de bocages. Nous profitons de ces conditions très favorables pour se tirer une bourre pas possible, aidés d'un bon coup de vent dans le dos. Que c'est plaisant de débouler à vive allure en ayant mis le grand développement.
Avant d'arriver à Orosei, la route traverse d'immenses carrières de marbre, spectacle impressionnant. En voyant un ouvrier travailler, nous prenons conscience du gigantisme de ces chantiers. La ville d'Orosei, est manifestement très touchée par la proximité des carrières. Le premier camping se trouve à 12 kilomètres. Nous le rejoignons par des pistes, l'accès principal étant fermé à cause d'intempéries récentes. Encore un site étonnant au débouché d'une petite rivière sur une plage de sable blanc, baignée par une mer à l'eau émeraude. Pour ajouter au charme du lieu, le propriétaire est particulièrement accueillant et serviable. Le compteur affiche 106 kilomètres et encore le mien est le plus pessimiste. Nous aurions pu sans fatigue en faire beaucoup plus. C'est peut-être aussi cela le miracle du vélo? A moins que ce soit l'endorphine sécrétée qui commence son travail de fond contre la douleur et pour le bonheur!
13 mai
Lever aux aurores, j'aimerais bien rapporter quelques poissons pour le petit-déjeuner. Avec Rafik, nous partons ramasser quelques appâts le long des rochers. J'ai le plus grand espoir de faire une belle pêche. Mais contre toute attente pas une seule touche, comme si les poissons désertaient certains endroits. Je suis d'autant plus surpris, que j'avais trouvé quelques escavennes, oubliées par un pêcheur. En effet ces vers sont infaillibles, les poissons se jettent généralement dessus, mais pas ce matin. Cela ne nous empêche pas d'assister à une très jolie apparition du soleil sur une mer et des rochers déserts.
Départ à dix heures, une fois de plus le lieu était très agréable et calme avant les vacances. L'étape du jour ne présente pas de difficulté, et une fois de plus nous avons le vent comme allié. Les 56 kilomètres qui nous mènent à San Teodoro sont un vrai plaisir. Dans ces conditions, on a plus l'impression de pratiquer un sport de glisse que le vélo. Les tentes sont montées en bordure de plage, le vent souffle, des surf-skates font des acrobaties et montent très haut. En arrière plan sur la mer se découpent deux petites îles, Molara et Tavolara. La seconde est très impressionnante, elle jaillit des flots à la manière d'une flamme et culmine presque à six cents mètres. Comme toujours les oiseaux sont nombreux et nous gratifient d'une multitude de chants très différents, dont le mélange est un régal pour l'oreille.
14 mai
Ce matin réveil en fanfare par une multitude de corbeaux, et ça dure. Enfin ils décident de s'éloigner et les chants beaucoup plus mélodieux habituels envahissent l'espace. Aujourd'hui, malgré un vent encore favorable, la première partie du trajet sera désagréable. En effet nous approchons d'Olbia et le trafic s'intensifie. Nous avions perdu l'habitude des flots de voitures qui serrent parfois de trop près. La traversée de la ville est heureusement vite effectuée par une voie rapide. Dès la sortie de l'agglomération tout s'arrange, à part le temps qui devient menaçant. Quelques montées bien raides dans un joli décor d'aiguilles granitiques, auxquelles les nuages donnent un air austère du meilleur effet. Pique-nique à l'improviste sur la place du superbe village de San Pantaleo, parmi les maraîchers qui replient leur stands. Ce petit bourg a du cachet de par son architecture et du fait de la proximité d'aiguilles rocheuses, qui semblent émerger directement des toits. Il est des lieux comme celui-là, sans que je définisse très bien pourquoi, qui m' apportent une forme de quiétude ou de plaisir, l'esthétique du site seule ne peut en être la cause. Sans doute une conjonction d'éléments, le village avec ses maisons bien entretenues et le joli pavement de sa place qui est le point haut du bourg, les rochers environnants qui donnent envie de grimper, les maraîchers sympathiques, le temps certes couvert mais clément, ce que nous mangeons qui est très bon, un gros chien gentil un peu collant qui d'un regard concupiscent nous réclame les reliefs de notre repas, le petit bistrot à la terrasse coquette qui nous attend pour le rituel du café, et aussi pour finir cette saine fatigue que distille le vélo dans nos muscles. Le mélange de tous ces facteurs permet d'accéder au nirvana!
Le redémarrage, après cet arrêt de longue durée, n'est pas très difficile, car nous entamons une descente dans laquelle le grand braquet une fois de plus va faire merveille. Il faut rester très prudent car chargé, le vélo nécessite des distances importantes pour s'arrêter, les freins faisant l'effet de doux ralentisseurs. Les 15 derniers kilomètres sont une splendeur, le long d'une minuscule route qui se tient au plus près de très jolis golfes clairs, en enfilade pour le plaisir de la vue. L'étape se termine à Palau en milieu d'après-midi. Le lieu une fois de plus est merveilleux. Nous campons à quelques mètres de l'eau. En face l'île de la Maddalena coupe la houle. Ce bras de mer ressemble à un lac immobile, duquel surgissent par-ci par-là de gros rochers granitiques aux formes étranges. Cerise sur le gâteau, l'eau est bonne et j'en profite pour aller ramasser quelques douzaines d'oursins dont nous nous régalons sur le champ.
Le temps est à la pluie et les prévisions pour demain sont mitigées. Nous verrons bien, après les trombes corses nous restons sereins, cela ne pourra pas être pire. Une fois de plus, pris sous le charme du lieu, nous décidons de rester sur place un jour supplémentaire. Nous prendrons le temps de visiter le village, surtout que ce sera jour de marché. Un couple d'Allemands cyclotouristes vient s'installer à quelques mètres. La pluie nous chasse au restaurant, dans lequel la soirée sera exquise.
15 mai
Très tôt sur le coup des deux heures, je vais m'installer sur le rocher juste à côté de ma tente. Le spectacle est féérique. La luminosité est suffisante pour discerner de façon précise le panorama qui s'offre au regard. La mer est d'huile, le mot est bien approprié, l'absence de toute ride la rend de consistance épaisse. Les lumières de Palau s'associent à celles de l'île de la Maddalena et dessinent les moindres recoins du rivage. Aucun bruit, sauf le va et vient de la navette reliant les deux îles. Même de nuit le trafic ne s'arrête pas, un bateau de taille conséquente au moins une fois par heure dans chaque sens. Que peuvent-ils transporter?
Ce matin pas de précipitation, au petit déjeuner nous dégustons quelques oursins. Ce subtile goût iodé au réveil excite les papilles et met en appétit. Nous partons visiter la ville et son marché. Il s'agit d'une petite cité balnéaire sans caractéristique architecturale spécifique. Les étals pour les touristes sont nombreux, qu'il s'agisse de vêtements, de colliers ou autres bijoux. Le rouge du corail est très présent. Je peux dire que la poste italienne tout du moins celle de cette petite cité sarde est digne de ce que nous vivons souvent en France. Ne trouvant pas de timbre, je me rabats tout naturellement vers le bureau de poste. Il est organisé exactement comme chez nous. Deux files sont formées devant deux employés, espacés d'un mètre sans séparation entre eux. J'en choisis une et attends. Le temps que les 6 personnes me précédant passent. Cela prend au moins vingt minutes. Arrive enfin mon tour, à ma demande de timbres l'employé me fait signe que c'est le guichet d'à côté, devant lequel stationnent maintenant une douzaine de clients. Si je veux des timbres je dois compter facilement une demie-heure de plus. Je remercie et quitte le lieu sans ce que je venais chercher. La standardisation de l'Europe c'est bien, au moins on ne perd pas ses repaires et ses habitudes, ni ses frustrations!
Retour au camping pour le repas, la pluie ne tarde pas à faire son apparition et dure tout l'après-midi. Nous tuons le temps à jouer à la belote. C'est une découverte pour Evelyne, mais elle se débrouille bien, puisque son équipe gagne. Je profite aussi de ce temps libre, pour avancer dans le livre que j'ai emporté, voyage au bout de la nuit de Céline. À plusieurs reprises dans ma vie je l'avais commencé, mais pour la première fois je vais le lire jusqu'au bout. Grande œuvre, on comprend que cet ouvrage ait fait couler tant d'encre. De cette lecture on ressort différent. On y trouve la même désespérance que dans Cioran, mais abordée, entre autre, sans concession sous l'angle de la condition physiologique de l'être humain, ce qui fait frémir d'horreur. Mais c'est tellement vrai, c'est justement cela le plus gênant.
16 mai
Le temps s'écoule rapidement. Cela fait maintenant vingt jours que nous sommes partis de Bastia avec Jean et 12 que nous arpentons la Sardaigne avec Evelyne et Rafik. Tout a une fin. Aujourd'hui sera notre dernier jour de voyage en commun. Demain matin nos routes se séparent. Nous retournerons en Corse et eux prendront la direction de Porto Torres pour rentrer sur Gênes, leurs vacances se finissant. En tant que retraités nous n'avons plus ce problème, bien que les errances ne peuvent se prolonger à l'infini, famille oblige. Je comprends très bien ceux qui partent sans idée précise de retour, ou ceux qui au moment final au lieu de rentrer repartent pour un tour. Ce qui me plaît dans le voyage, c'est de ne pas savoir où je vais dormir le soir. Surtout ne pas programmer et ne jamais réserver les points de chute. La recherche au dernier moment représente un véritable attrait, qui attise la curiosité et qui permet le contact. C'est une des raisons pour lesquelles je voyage souvent seul à pied. L'errance sans contingence donne à mon sens un vrai goût de liberté, ce n'est peut-être qu'une illusion, cependant la sensation ressentie est formidable. Cette liberté est exacerbée par le dépouillement. En effet, le voyage à vélo, et cela est encore plus vrai à pied, implique de limiter au nécessaire ce que l'on emporte. Le fait de vivre un mois avec un environnement matériel restreint tout en ayant une totale autonomie est très reposant. On prend d'autant plus conscience des masses d'objets, souvent plus que superflus que l'on amasse dans nos maisons et qui nous rendent esclaves. Mon père avait l'habitude de dire que la possession est un asservissement, comme je comprends ses mots en voyage à vélo, et encore plus à pied lorsque tout ce que je possède n'excède pas les 10 kilogrammes.
Revenons au 15 mai. L'objectif du jour est la petite ville de Tempio Pausania. Elle se situe à l'intérieur des terres. Nous allons renouer avec les bonnes grimpettes. Mais avant de démarrer, une visite un lieu très pittoresque qui domine notre camping s'impose. Il s'agit du site de Roccia dell'Orso. Énormes rochers posés au sommet d'un tertre, offrant un large point de vue sur les environs, en particulier sur les îles faisant face à Palau. Les formes de ces blocs géants rappellent différents animaux, ours, dinosaure et autres monstres plus ou moins préhistoriques. Comme ils sont très visibles de la mer, ils ont toujours servi de repère aux marins de l'antiquité. De ce fait, ils sont mentionnés dans des écrits anciens . Nous y montons tôt et sommes seuls. Lorsque nous en descendons les premiers cars déversent leurs flots de visiteurs pour la plupart allemands.
Il est temps de mettre le cap sur Tempio. Effectivement ça grimpe dur, mais la route est agréable, pas trop de trafic, chaleur tempérée et cette verdure qui nous entoure de toutes parts. Vers les treize heures nous effectuons quelques courses et mangeons à l'entrée de la ville. Cet après-midi nous aurons tout loisir pour visiter. Cette cité possède un joli centre, bien regroupé autour d'une petite place. De nombreuses constructions, palais églises en granit donnent du caractère à l'ensemble. Nous déambulons dans des ruelles ombragées, enserrées entre des maisons toute en hauteur, un peu à la manière des villes de montagne, comme dans le Dévoluy par exemple. Le nombre d'édifices religieux est important et leurs dimensions souvent imposantes. La promenade est instructive et fort plaisante.
De toute évidence à part l'hôtel il n'est pas possible de trouver de quoi passer la nuit. Nous reprenons la route vers le village d'Aggius, qui se trouve dans un lieu charmant, verdoyant et vallonné. Deux beaux dômes granitiques dominent les maisons. A la sortie du bourg, juste à côté du cimetière sous une futaie, un coin discret et pratique nous permet de nous installer en toute quiétude, après 67 kilomètres pour ce jour.
La proximité du cimetière est très pratique pour l'eau. Evelyne va s'y laver sommairement. Pour ma part je n'ose pas, ayant peur de déclencher la colère, si je me fais découvrir dévêtu dans ce lieu. Cette dernière soirée a des petits relents de nostalgie. Alors que les pâtes cuisent Rafik découvre une sente, qui monte à l'assaut de l'un des dômes granitiques, en courant nous nous y engouffrons. Très vite cela devient raide, mais une main courante aide au déplacement et assure la sécurité. Une centaine de mètres sous le sommet le terrain se redresse et le chemin équipé prend fin. Devant nous une belle dalle en granit fauve inclinée à 60 degrés, parcourue d'une large fissure à la prise franche nous invite à poursuivre. Nous n'hésitons pas longtemps et la remontons les pieds en adhérence les mains bien calées en empoignant son rebord tranchant. Sur ce granit bien rugueux, à gros grains, qu'il est bon se mouvoir. Bien entendu il est préférable de ne pas glisser, donc garder un peu de vigilance et ne pas succomber à l'euphorie du mouvement et à la sensualité du contact. Je me surprends à imaginer que cette dalle fissurée s'élance sur mille mètres, hélas non! Rapidement le rocher se couche et les mains ne sont plus nécessaires, et après quelques contours le sommet est atteint. Une vue magnifique s'étend sur la région, rochers qui pointent au milieu de zones vertes avec des villages disséminés au gré des mouvements de terrain. Mais au fait, il ne faut pas traîner, nous nous sommes enfuis en cachette à deux, alors que le repas était presque prêt. Vite nous repartons et dévalons ces dalles, sur lesquelles de gros blocs sont disposés en équilibre. Evelyne et Jean nous attendaient patiemment pour notre dernier repas en commun. L'endroit est bien choisi, non seulement il est très discret, mais en plus il offre une table et des bancs, le grand confort!
17 mai
Lever matinal, petit déjeuner gai, nous savons qu'une expérience de deux semaines particulièrement enrichissante dans de nombreux domaines arrive à son terme. Nous réalisons tout étonnés, que cela fait déjà quinze jours que nous roulons ensemble. La fin de cette aventure à quatre est imminente. Pour trois kilomètres, et de plus en descente, notre chemin est encore commun. Ça y est, le voilà le carrefour de la séparation. Nous nous arrêtons, quelques photos sont prises, on se fait tous une grosse bise. Evelyne et Rafik prennent la route de Castelsardo tandis que Jean et moi partons plein nord pour traverser la région de la Gallura par son centre. Un peu tristes, mais ne pas se poser de question, le voyage continue. Dans un paysage de campagne ponctué de gros rochers de granit fauve puis de porphyre rouge nous retombons rapidement sous le charme de cette nature riante. La Gallura est très jolie en son centre, ce que nous n'avions pas perçu lorsque nous l'avions longée par le bord de mer sur la côte ouest. Une grande descente, grand braquet et nous appuyons à en être étourdis. Je bats mon record de vitesse, 73, 5 kilomètres à heure. Le vélo reste bien stable et je n'ai pas vraiment une impression de grande vitesse. Cependant attention, il faut penser à freiner, je vais quasiment à la vitesse des quelques voitures qui me précèdent. Si elles freinent, je n'ai aucune chance d'en faire autant, donc il me faut relâcher. J'aurais peut-être pu gratter un petit quelque chose en plus! Nous rejoignons un peu plus tôt que prévu la grande route en bord de mer, suite à un croisement passé sans doute trop rapidement. Nous débouchons au moment où deux jeunes cyclotouristes allemands passent. Ça y est c'est reparti j'appuie à fond pour les poursuivre. Je faiblis, Jean passe devant et contre le vent garde une bonne vitesse, je m'abrite derrière et le nez dans le guidon je force. Ah là là!! Les vieux ça veut toujours avoir l'illusion que c'est encore jeunes!! J'en connais certaines, qui, si elles me voyaient, ne pourraient s'empêcher de dire que je suis toujours aussi c... que lorsque j'avais vingt ans. C'est peut-être ça le secret de la jeunesse, rester c...? Le trajet jusqu'à San Teresa est enlevé en un temps record. Nous débouchons sur le port vers midi. Le prochain bateau est à 15 heures30. Nous nous installons à l'abri de la chaleur sur le quai et faisons notre dernier repas sarde, avec notre dernière bouteille de vin rouge de l'île. La bouteille y passe aux deux tiers. Est-ce raisonnable? Nous avons encore une trentaine de kilomètres à parcourir en Corse, de Bonifacio à Porto Vecchio. Mais nous avons cinq bonnes heures pour digérer somme toute une quantité de vingt cinq centilitres par tête, même si je pense en avoir bu un peu plus que Jean! A 17 heures nous serons bien en-dessous des 0, 5 fatidiques. En effet attention à vélo c'est le même tarif qu'en voiture en cas de dépassement, ce qui est normal. La police a constaté que de plus en plus de gens qui se rendent à des fêtes, sachant qu'ils allaient boire, utilisent un vélo. Ce qui tout naturellement a entraîné une recrudescence des accidents avec ce moyen de déplacement. Donc maintenant les cyclistes sont dans le collimateur, avis aux amateurs!
En attendant de traverser vers la Corse, nous discutons avec un couple qui vient d'effectuer en voiture un périple de 10 jours en Sardaigne. Ils sont enchantés de leur séjour, mais sont contents de rentrer, car ils en ont assez de trop manger dans les agritourismes. On en arrive à un véritable paradoxe en matière de voyage. Je réalise tout le bien-être que procure le voyage spartiate, en ayant un repas consistant par jour, généralement constitué de riz ou de pâtes. Même de riz de basse qualité, en effet il y a quelques jours une Allemande nous a proposé, car ses vacances arrivaient à leur terme, un paquet de deux kilos de riz de la pire qualité. Eh bien! Ces grains cassés qui cuisent mal je m'en régale, et ce n'est pas une histoire de radinerie, probablement le plaisir de la rusticité maximale.
La traversée a lieu à l'heure prévue. L'arrivée sur les falaises de Bonifacio dans l'après-midi alors que les rayons du soleil les frappent perpendiculairement, en les faisant resplendir, est un spectacle époustouflant. La vue de ces maisons toutes petites, serrées tout en-haut de ce mur blanc stratifié en surplomb donne presque le vertige. On s'attend à les voir basculer dans la mer. Les nombreux gros blocs empilés au pied de la paroi apportent la preuve évidente que la falaise est travaillée par la mer. La rentrée dans le chenal est spectaculaire. Les remparts de la citadelle défilent en nous dominant d'une belle hauteur. Un voilier de grande taille, aux proportions parfaites est à l'escale. Me déplacer en bateau me donne toujours une véritable impression de voyage, surtout lorsqu'on domine d'assez haut les flots. Sur le quai une meute de motos se tient prête à embarquer. Cela réveille chez moi de vieux souvenirs de folie, à l'époque où le permis moto était à seize ans. Dès cet âge mon père m'avait acheté l'une des plus puissantes motos du marché, une T500 Suzuki, gros deux temps, qui m'a donné des émotions dont je garde un souvenir précis presque quarante ans après. Mais et mais de taille, la contre-partie intolérable de cette époque, c'est que nombreux sont mes camarades d'alors, qui n'y ont pas survécu. Ce que l'on retient dans sa vie ce sont surtout ces moments où l'on ne sait pas très bien si on est encore parmi les vivants ou si on a déjà le billet pour l'au-delà en main. L'alpinisme m'a aussi procuré ce genre de sensations mais de façon moins actuelle, l'action étant plus lente, l'analyse de la situation, hors chute de pierres et avalanches, permet de mieux participer au devenir d'une situation qui s'avère hypothétique. En moto l'excès de vitesse est très difficile à gérer, car l'automobiliste, et c'est normal, n'est pas préparé à voir surgir des bolides à des vitesses déraisonnables. J'arrête sur le sujet, car maintenant je suis un adepte inconditionnel du respect de la vitesse sur la route.
Après ces errements philosophico-débiles revenons à la réalité du moment. Le débarquement effectué, nous prenons la direction de Porto Vecchio. Une fois passée la petite montée de sortie de la ville que nous connaissons bien, les vingt cinq kilomètres à venir sont une délectation. Un terrain peu accidenté, agrémenté d'un bon vent favorable, nous permet de filer, je dirais même de nous envoler à plus de vingt de moyenne. Dans les descentes le cinquante est fréquemment atteint et sans forcer, quelle jouissance! En un temps record nous rejoignons un camping à l'entrée de la ville. Le compteur pour ce jour affiche 85 kilomètres. Comme d'habitude l'installation prend quelques minutes, après plus de vingt jours, la manœuvre ne présente plus aucun secret. Et bien entendu encore une fois le site est presque vide. Le mois de mai est un mois idéal, des fleurs partout et presque personne.
Ensuite nous partons visiter cette ville balnéaire pleine de charme. J'y étais venu en novembre de l'année passée pour raison professionnelle et ce mélange des genres me procure une drôle de sensation.
Notre projet pour les jours à venir, est de traverser la Corse par son centre afin de rejoindre Bastia. Comme c'est étrange, depuis que nous avons quitté nos amis et la Sardaigne, j'ai vraiment l'impression d'être engagé dans un voyage nouveau complètement déconnecté de ce que nous venons de vivre. J'imagine facilement que de segmentation en segmentation, on puisse nomadiser un temps non déterminé de découvertes en expériences en perdant la référence au temps. Le secret pour durer et garder sa motivation au cours de ses errances, c'est peut-être de bien connaître son degré de résistance, et rester à un niveau où l'effort est plaisant sans être monotone et sans dépasser sa capacité d'endurance. Bien entendu cela n'exclut nullement un peu de souffrance, due à l'effort ou à la météo, afin de pimenter l'aventure. Alors l'alchimie de l'alliance du corps et de l'esprit, plaisir aidant, fait que l'on n'a plus envie de rentrer à la maison. Je pense au livre de Bruce Chatwin «Anatomie de l'errance», dans lequel il aborde ce thème éternel du chez soi, qu'il est indispensable d'avoir, pour pouvoir le fuir. Paradoxe de l'être humain, peut-être plus présent chez l'homme que chez la femme, différence jamais facile à concilier dans un couple.
18 mai
Nous renouons aujourd'hui avec les étapes avec gros dénivelé. La route doit nous conduire à Zonza, puis au col de Bavella. En quittant Porto Vecchio devant un lycée des élèves attendent le début des cours. Que pensent-t-ils de ces deux individus lourdement chargés qui passent devant eux un lundi matin? Pour ma part en les regardant, je me rappelle ma rentrée en sixième au lycée Ampère à Lyon, il y a longtemps, et pourtant j'ai l'impression que c'était hier. La seule chose à en déduire, profiter du moment présent et ne pas hésiter à vivre, ça passe très vite une vie. Avec Jean au cours de nos discussions nous sommes arrivés à la même constatation: on part toujours malgré, car il y a une multitude de raisons pour ne pas partir, qui vont du mal de dos à la famille qui vit cela comme un abandon.
Très vite nous rentrons dans le vif du sujet. L'Ospédale, petit village perché, mille mètres de dénivelé en 15 kilomètres. L'effort se fait intense, la route semble escalader les montagnes jusque dans le ciel, mais le plaisir demeure. Arrivés au pied du village, je dis à Jean «Nous sommes bientôt arrivés». Alors une voix sort de derrière une haie et rajoute « Le dernier kilomètre vous allez voir, je ne vous dis rien». Nous ne voyons personne, les buissons parlent-ils? En Corse tout est possible. C'est bon, nous sommes avertis. Nous commençons par voir que le kilomètre en fait deux, et effectivement la pente est supérieure à 10% avec des épingles demandant de s'arracher. D'autre part la route est pleine de trous ce qui ne facilite pas l'effort. Et le bouquet, nous contournons le village sans rentrer dedans. Lorsque nous le réalisons il est un peu tard et l'idée de redescendre ne nous effleure pas. Nous arrivons au barrage qui porte le nom du village. Le lieu est magnifique. L'altitude fait que la température est agréable. Un peu plus loin nous décidons d'une halte afin de boire un café dans une buvette. Le gros de l'effort du jour est fait. Pour rejoindre Zonza, nous nous laissons glisser le long d'un itinéraire serpentant dans un décor de rêve, où les montagnes rivalisent de beauté. A un détour de la route, les aiguilles de Bavella apparaissent soudainement, je freine pour pouvoir les admirer. Mes pieds solidarisés à mes pédales sont le dernier de mes soucis, mais pas pour longtemps. Boum! Quatrième chute, et là je me luxe le pouce droit. Ce n'est pas dramatique, j'arrive toujours à tenir fermement mon guidon. Je ne sais pas si tous les cyclotouristes tombent à la même fréquence? Un peu avant Zonza, le camping municipal nous attend, lieu bucolique et accueillant au milieu d'une forêt aux arbres épars. Nous montons nos tentes, déposons nos bagages et partons faire des courses. Le déjeuner sera succulent, constitué de Lonzo et fromage corse, accompagnés de l'incontournable vin rouge corse. L'après-midi est consacré au farniente jusque vers cinq heures. Il est alors temps de s'attaquer au col de Bavella, une dizaine de kilomètres que nous grimpons à un bon rythme. Spectacle sublime que ces aiguilles d'une part granitiques et de l'autre porphyriques. Nous restons une demie-heure à profiter de l'ambiance du lieu. Puis le plaisir de la glissade rapide vers Zonza nous procure de bonnes et belles sensations. Nous avons décidé de revenir sur nos pas, car la descente sur Solenzara, si tentante qu'elle soit, nous aurait éloignés du cœur des montagnes où nous voulons rester. De nouveau à Zonza, l'attrait de la Pietra, la fameuse bière à la châtaigne, est irrésistible. L'étape de demain devrait être dure par des routes peu fréquentées. Nous demandons au barman si la route de Ghisoni est bien celle que nous voyons commencer à quelques mètres de la terrasse du café. Il nous répond surpris « Pas du tout Ghisoni ce n'est pas par là. Il faut passer par la côte». À mon tour d'être étonné. Je lui montre la carte et la route au milieu des montagnes qui passe par les cols de la Vaccia et de Verdé. Alors sa réponse est une répartie d'anthologie «Oh! Mais là c'est le nord, on y va jamais». Le tout avec un accent corse à couper au couteau. Le ton est donné, notre route ne sera pas fréquentée. En quelques kilomètres nous sommes de retour au camping. La nuit sera fraîche, j'aurai un peu froid car depuis notre départ j'ai pris l'habitude de dormir hors de mon sac de couchage. Ce jour nous avons fait 70kilomètres, ce qui semble peu, mais l'effort a été intense et la journée bien remplie.
19 mai
Lever matinal, il fait froid. Les habits sont les bienvenus pour démarrer. À nouveau la traversée de Zonza, puis nous empruntons la D 420 direction Quenza. Trois autres villages accrochés à la montagne sont traversés avant d'arriver à Aullène. De cet endroit une route minuscule monte en direction du col de la Vaccia. Régulièrement elle suit un fond de vallée puis escalade un pan de montagne à flanc, pour nous conduire vers les 1200 mètres d'altitude au col. Pratiquement personne, seule une moto passe. Nous faisons une pose pour photographier un gros cochon qui paît tranquillement, oui qui paît à la manière d'une vache! D'abord il se montre farouche et ne se laisse pas approcher. Puis de son plein gré, il se rapproche comme s'il avait compris que nous n'allions pas le transformer tout de suite en lonzo et autre coppa. La descente sur le versant opposé est en très mauvais état, goudron déformé et trous partout. Les mains crispées sur les freins, cela devient rapidement un supplice. La chaussée change, de toute défoncée elle passe à toute neuve. L'effet est presque le même, car la couche de gravillons est épaisse. Il est dangereux de rouler sur ce tapis instable, et il indispensable de se servir des freins avec agilité et tact. Tout a un fin, même les tapis de gravillons. Au cours de cette descente nous ne sommes pas allés beaucoup plus vite qu'à la montée. S'offre à nous le village de Zicavo. La halte est la bienvenue. Un groupe de randonneurs est engagé dans la traversée de la Corse d'ouest en est. Après avoir englouti quelques spécialités locales et avoir satisfait au rite du café, malgré la chaleur nous partons à l'assaut du col Verde. Comme pour le précédent, la route monte régulièrement et l'effort demandé n'est jamais brutal. Plus nous montons, plus la vue porte loin, immensité de verdure dans laquelle se cachent de petits villages aux maisons serrées, dominés de montagnes enneigées telles des sentinelles qui veillent et qui contribuent à donner à cette île son caractère unique. Les derniers kilomètres avant le col semblent ne jamais finir, surtout que suite à une mauvaise évaluation, nous nous sommes lancés dans un sprint sur ce qui n'était pas le dernier kilomètre. Enfin le voilà. Un groupe de cyclistes belges à vélo de course avec assistance logistique y stationnent. Nous entamons une discussion animée ponctuée d'éclats de rire. Traditionnellement à cette période de l'année ils partent pour une semaine de vélo. Jean leur indique une route qui les conduira au col de la Vaccia en évitant les gravillons puis les trous. Après avoir pris congé, nous nous laissons emporter dans une descente d'une vingtaine de kilomètres qui nous conduira à Ghisoni. Un peu plus loin nous renseignons deux jeunes cyclotouristes qui verraient d'un bon œil la fin de cette rampe, moment qu'ils attendent avec une certaine impatience. Comme quoi nous ne sommes pas les seuls fous dans ces contrées reculées. Après une bonne partie de plaisir Ghisoni est atteint. Très gentiment on nous autorise le camping sur un site laissé à l'abandon ou presque. Le cadre est magnifique. De belles aiguilles rougeoyant au soleil couchant nous offrent un spectacle de premier choix. Le compteur affiche 93 kilomètres pour la journée. Perchés sur notre petite terrasse herbeuse au milieu des arbres nous sommes seuls et nous nous trouvons royalement bien. Autour d'une grosse platée de riz et une bouteille de Patrimonio nous refaisons le monde. Ce type d'errance que nous pratiquons depuis presque un mois, est devenu un mode de vie. Montage et démontage de tentes, repas et toutes les contingences de la logistique ne nous posent plus aucun problème. Nous avons même le confort de posséder une dizaine de lyophilisés qui nous permettraient en cas de besoin au moins quarante huit heures d'autonomie. Au fond de nous, c'est avec un peu d'appréhension que nous sentons la fin du voyage arriver. Même par les montagnes et en plein milieu, la Corse se traverse assez vite. Si besoin, un signe qui ne trompe pas, la carte au 100 000 numéro 74 nous la quitterons demain pour sa sœur la 73. Bastia n'est plus qu'à 80 kilomètres à vol d'oiseau, cependant notre itinéraire en comporte cent de plus. Nous allons faire tout notre possible pour rester cachés sur de petites routes loin de tout, en particulier nous ne passerons pas à Corté.
20 mai
La nuit a été excellente, et comme d'habitude le chant des oiseaux nocturnes et diurnes nous a accompagnés. Le temps est très beau ce matin. L'impatience de rouler nous tenaille, poussés par la curiosité. En effet notre itinéraire fait de tels tortillons sur la carte qu'il est difficile d'en évaluer la longueur et la difficulté. Avant de quitter Ghisoni nous effectuons quelques courses dont l'achat d'un magnifique pain. L'itinéraire commence par la descente des profondes gorges qui passent par le défilé de l'Inzecca. Tout est tellement joli que nous marquons des arrêts au moins tous les kilomètres. Une petite rivière, courant sur une roche blanche ponctuée de gros blocs polis, joue à cache cache entre ombre et lumière, et tout autour s'étalent de grandes forêts de pins couronnées de montagnes enneigées.
Un minuscule embranchement au bas des gorges et c'est reparti pour 15 kilomètres de montée bien raide jusqu'au village de Vezzani. Dans cette portion de route, nous croisons des cyclistes lancés sur leur vélo de course. L'un d'eux, en nous voyant arque boutés sur nos pédales avec notre gros chargement, s'écrit « Du vélo comme ça, ah non merci!». C'est gentil! Mais il n'imagine pas à côté de quels plaisirs il passe! Cependant la fatigue se ressent et nous oblige à une pose, qui nous ragaillardit. Puis rapidement nous basculons sur l'autre flanc de la montagne. Que cette Corse profonde est belle. De nombreux villages s'accrochent aux pentes des montagnes ou colonisent leurs crêtes. De nouveau le fond de la vallée est atteint. Corté n'est qu'à une dizaine de kilomètres, mais nous lui tournons résolument le dos et suivons la nationale sur une courte distance. Un pont, juste derrière à gauche, une route confidentielle nous permet de continuer notre itinéraire buissonnier. Après huit kilomètres raides sous le caniard, nous pénétrons dans un village perché. À sa sortie juste avant les dernières maisons, une petite terrasse. Le bar semble fermé, alors le miracle se produit. Le propriétaire, les 80 ans largement dépassés apparaît et nous invite à prendre place. Les deux heures que nous passons en sa compagnie sont un délice. Tout d'abord avec notre lonzo, nous avons droit au vin qu'il produit, très fruité ayant du corps et pas trop d'alcool. Il est la mémoire du temps passé dans cette région reculée. Il nous parle de la vie à l'époque où le village comptait 550 âmes. Les champs n'étaient pas abandonnés au maquis. Des dizaines de paires de bœufs constituaient l'élément moteur de cette agriculture. Il nous relate l'histoire de ce gendarme ayant passé sa carrière ici, et qui vit maintenant dans une cage à lapins à Nice. Il ne se console pas d'avoir quitté la Corse. Il nous raconte aussi la guerre. Les Italiens qui étaient pire que les Allemands. Ces derniers rentraient à l'église désarmés, par contre les Italiens assistaient à la messe avec leurs fusils. Des rancœurs profondes en sont restées. Puis une fois l'île délivrée, ainsi que quelques milliers de jeunes Corses, il a été mobilisé dans les armées alliées. Il finira la guerre quelque part dans la vallée du Doubs. Nous avons droit à un couplet sur les autonomistes, manifestement il ne les porte pas dans son cœur. Leur chef aurait un père italien et donc ne serait même pas corse. Lorsque nous lui demandons ce que veut dire cette inscription à la peinture que l'on a vue plusieurs fois écrite en gros au beau milieu de la route: FRANCIA FORA. D'un air désabusé il nous apprend que cela signifie, la France dehors, ce que nous supputions. Pour finir il nous offre une myrte, c'est excellent, mais attention la route est encore longue et pentue cet après-midi. Nous le remercions vivement avant de prendre congé. En effet pour une somme modique, il nous a procuré un grand moment de plaisir, satisfaisant pleinement notre palais et notre curiosité.
La route serpente dans la montagne et relie entre eux des villages perdus, qui se cachent dans la végétation. La perspective de toits se découpant sur le ciel le long de crêtes avec en arrière-plan de grandes montagnes enneigées est caractéristique de cette Corse sauvage. À Erbajolo à l'entrée du bourg, une église et devant, une route minuscule la D16 part tout droit dans la pente. Nous avons vraiment l'impression de nous diriger vers nulle part. Un petit carrefour à 1000 mètres d'altitude, un éleveur de porc nous renseigne. Une descente d'une raideur inhabituelle, en pleine forêt, permet des perspectives étonnantes. Jean me précède d'une centaine de mètres, j'ai vraiment l'impression qu'il est très très bas. Nous hésitons encore, car la carte ne semble pas en cohérence avec ce que nous a dit l'éleveur. Nous avons l'explication un peu plus tard. La piste que je voulais suivre n'est pas praticable à vélo, car il y a de nombreuses marches pour escalader le col, qui conduit directement au village que nous voulons atteindre. Donc sans aucun remord nous nous engageons sur la route préconisée. Avec le soleil de fin d'après-midi, ce décor de villages agrippés au sommet de rochers est d'une beauté exceptionnelle, le tout baignant dans une lumière diffuse. L'envoutement est total, le charme du lieu nous subjugue. Encore une fois nous avons de la difficulté à avancer tellement à chaque changement de perspective l'émerveillement joue pleinement du fait du spectacle qui se dévoile au regard. Cette féérie est exacerbée par les rayons solaires rasants, qui mettent en relief les couleurs tout en révélant des jeux d'ombres et de lumières à couper le souffle. Il est de ces ambiances exceptionnelles, où l'esprit est complètement accaparé, au point d'en oublier le flot de pensées parasites qui brouille en permanence le fond de l'esprit. On en ressent une forme de plénitude, que l'on aimerait permanente. Mais le charme finit inéluctablement par se rompre. Cela se produit lorsque nous atteignons la très relative grande route D14, à quatre kilomètres de Bustanico, notre point de chute. Le compteur affiche pour ce jour 78 kilomètres et le dénivelé dépasse très probablement les 1200 mètres. Mais comment mesurer dans ce dédale et cet enchevêtrement de routes. Je sais que les puristes me rétorqueront, qu'il suffit d'avoir un GPS. Mais sans doute signe de vieillesse précoce et d'inadaptation au monde moderne, je suis philosophiquement contre. Des arguments je n'en ai pas beaucoup, si ce n'est que les cartes me font rêver et que je revendique le droit de me perdre. D'ailleurs de l'importance de savoir si le dénivelé faisait 1250 ou 1500 mètres? Le village est formé de deux bourgs distants par la route d'un kilomètre, mais quel kilomètre, un bon 12%. Dans la partie haute, un hôtel, niché en pleine pente, nous ouvre ses portes bien que paradoxalement il ne soit pas ouvert. De la chambre, la vue porte en face dans le lointain, sur le massif du Cinto. L'hôtelier est très sympathique et serviable. Le repas typiquement corse qu'il nous concocte est original et fin. En particulier son entrée, dont malheureusement je n'arrive pas à me remémorer le nom. Une pâte au four fourrée d'une multitude d'herbes plus odoriférantes et goûteuses les unes que les autres. L'ensemble de ces saveurs s'alliant, sans s'annihiler mutuellement, pour procurer une explosion de plaisirs en bouche.
21 mai
A la joie de se trouver dans une région aussi extraordinaire, s'oppose insidieusement l'idée que le voyage va bientôt toucher à sa fin. Mais n'y pensons pas. Aujourd'hui nous rentrons au cœur d'une zone mythique, la Castagniccia. Pour les puristes, et tous les Corses le sont, elle commence au col qui nous domine du haut de ses mille et quelques mètres. Notre très sympathique hôte, dont l'établissement est en bordure mais en dehors de la Casatagniccia, nous fait cette remarque quelque peu désabusée: «Elle commence là-haut la Castagniccia, mais des châtaigniers on en a autant qu'eux!». Réplique mortelle qui ne souffre pas la contestation! L'étape du jour sur la carte est encore matérialisée par une multitude de tortillons difficiles à démêler. Je demande son avis à l'hôtelier qui me répond: «Vous savez pas où c'est la Pooorta, vous y êtes jamais allé à la Pooorta, eh bien moi non plus!» Sur ces entrefaites, le petit déjeuner qu'il nous sert est copieux et de grande qualité. Cet hôtel dans la partie haute de Bustanico, juste posé dans un virage, nous le recommandons tout particulièrement. Et pour ceux qui veulent réserver je peux même donner le numéro de téléphone.
Notre dernière journée, perdus dans la montagne corse, commence et nos attentes ne seront pas déçues. Ce jour est le jeudi de l'Ascension, jour férié, et bien nous ne verrons quasiment personne jusqu'au fameux village de la Porta, seulement quelques autochtones toujours très gentils et prompts à la discussion. Cette route déserte en pleine montagne nous semble presque irréelle. Parfois elle s'envole vers le ciel avec des pourcentages de montée à deux chiffres. Mais notre plaisir est tel, que nous ne ressentons aucune difficulté, tout absorbés à nous imprégner de l'esprit de ce pays hors du commun.
Vers 13heures30 sonne le moment de l'arrêt. Dans une minuscule bourgade à l'ombre d'un châtaigner, nous prenons place sur le muret de la route dans un virage et commençons notre repas. Que l'endroit est paisible, une fontaine prodigue une eau fraîche, et les habitants ont poussé l'attention jusqu'à mettre un verre à la disposition du passant. Bien abrités du soleil qui darde ses rayons, nous avons tout loisir de contempler une fois encore vers le centre de l'île de grandes montagnes enneigées. Que ce contraste est étonnant par cette chaleur! De l'autre côté de la chaussée une maison carrée possédant une terrasse, sur laquelle deux dames sont installées. L'une d'elles nous apporte très gentiment sur un plateau deux cafés. Un vieux monsieur arrive d'un petit chemin et cherche quelque chose sur le talus herbeux. Intrigué, je lui demande quel est l'objet de son attention. Alors il m'explique que selon la tradition corse, il recherche l'herbe de l'Ascension. Il s'agit d'une petite plante de quelques centimètres, dont on fait un bouquet et que l'on suspend chez soi, en attendant qu'au cours du mois à venir il fleurisse sous la forme de minuscules fleurs blanches. Il m'offre son premier bouquet, que je protège religieusement dans ma sacoche de guidon. Il est arrivé sans dommage à Lyon. Je l'ai suspendu dans mon jardin et effectivement des petites fleurs ressemblant à des étoiles de mer miniatures à six branches commencent à s'épanouir. Pour le moment elles sont vertes, mais vont sans doute évoluer, car il faut un délai d'un mois et pour le moment cela ne fait que deux semaines. Je les regarde de jour en jour avec un plaisir non dissimulé, pensant à ce vieux Corse qui m'a communiqué sa tradition. Une dame se promène le long de la route, elle s'arrête se désaltérer et engage la conversation avec Jean. Elle n'est pas Corse d'origine, mais il y a bien longtemps que son Lot-et-Garonne natal appartient au passé. Son lieu d'habitation est un minuscule groupe de maisons sur une butte, qu'elle nous montre. Elle y demeure depuis bientôt trente ans. L'idée de partir ne l'a jamais effleurée. Dans ces lieux reculés, la distance la protège de la folie du monde. Son discours révèle toute la passion qu'elle éprouve pour ces montagnes privilégiées. Elle fait une comparaison avec la Haute-Ariège, où elle a habité. En effet, on peut trouver des similitudes entre ces régions de montagnes sauvages et désertifiées. La Haute-Ariège je la connais bien et c'est effectivement une région qui me procure de grandes émotions. J'en ai gravi la plupart des sommets, l'Estat point culminant, qui s'élève à 3143 mètres, et aussi le Rouch sauvage tas de cailloux, le Maubermé qui s'élance, plutôt se cabre sur sa partie finale d'un jet sur au moins 600 mètres de dénivelé, le Certescans qui est aussi mystérieux que son nom, le Vallier, sentinelle avancée, sans doute le plus esthétique, le Pic Rouge de Bassiés mon préféré, et nombre d'autres. Les dénivelés sont toujours importants et jamais en dessous des 1600 mètres et cela va jusqu'à plus de 2000, et cerise sur le gâteau la plupart de ces sommets sont généralement déserts et pas toujours équipés en refuges. Oui de toute évidence ces hautes terres corses et ariègeoises ont des points communs, comme si un même esprit y régnait et rentrait en harmonie avec certains êtres.
Nous restons deux heures et demie sur notre bord de route et nous n'y perdons pas notre temps. Ces rencontres dues au hasard ce sont les plus belles. S'arracher au sortilège du lieu n'est pas facile, cependant nous reprenons notre route. Après une multitude de virages, tout en bas la Porta apparaît. Une route particulièrement tortueuse nous y conduit. Cette magnifique petite bourgade nous accueille sur une place très originale bordée d'une magnifique église baroque flanquée d'un grand campanile. Il s'y déroule sinon un concert d'orgue, tout du moins une démonstration et nous prenons place pour un moment de recueillement. En sortant de l'église, auprès d'un barman je m'enquière des possibilités de camper. Il interpelle une femme assise à la terrasse du café en face: «Oh Ginette ! Où ils peuvent aller camper?» Avant qu'elle ait pu s'exprimer, plusieurs voix s'élèvent et répondent: «Sur le terrain de sport à côté des pompiers, il y a tout ce qu'il faut et même de l'eau». Nous remercions et partons nous installer à l'endroit indiqué. Effectivement le site est superbe et très pratique. Que les gens sont gentils dans tous ces villages corses, avec spontanéité toujours heureux de nous rendre service. C'est le dernier soir, demain Bastia, adieu la montagne corse et ses habitants. Nous terminons la soirée dans un petit restaurant typique. Aujourd'hui nous avons parcouru seulement 42 kilomètres, comme si cette région nous ne voulions pas la quitter, et que nos roues collaient à la route pour nous y retenir.
22 mai
La nuit a été très bonne. Le réveil se fait en fanfare comme si tous les oiseaux de l'Île de Beauté venaient nous dire au revoir. Une multitude de chants différents se superposent et se mélangent. Certains s'apparentent à des sifflements plus ou moins forts sur des modulations diverses, d'autres à des piaillements et certains à de véritables cris presque des hurlements de colère voire des interpellations vindicatives. Je n'avais jamais entendu quelque chose de comparable. Je reste médusé un long moment à écouter tout ce monde animal qui s'éveille. Nous nous levons, prenons le temps de bien petit-déjeuner, comme nous avons pris l'habitude de le faire depuis un mois. Le terrain de foot est entouré jusque haut dans la montagne par des constructions. Une l'église au clocher effilé brille au soleil levant. Le tout est noyé dans la verdure. Et tout là-haut quelques parois rocheuses ajoutent une touche à la beauté du tableau.
Encore une quinzaine de kilomètres et la Castagniccia sera derrière nous. Une magnifique forêt ombragée, garde toute la fraîcheur de la nuit. Nous la parcourons tous sens en éveil, elle nous délivre les derniers parfums. Tout à loisir, nous observons la multitude de porcs se sauvant mollement à notre approche. Cela va du cochon bien rose au sanglier bien gris, avec tous les intermédiaires, tels des patchworks sur pattes. Au fond de la vallée nous voyons grossir la nationale que nous ne voulons pas rejoindre. Aujourd'hui pas de grand braquet dans cette longue descente, mais les freins serrés un peu à la manière du cœur. Inexorablement la grande route approche. Le bruit de la circulation dense se fait de plus en plus prégnant. Et voilà, cette maudite nationale marque la limite de la Castagniccia, que nous quittons bien à regret. Par une succession de montées et de descentes au milieu d'un flot de véhicules dense nous rejoignons Bastia. L'aventure prend fin. Demain départ matinal. Nous passons la nuit dans un camping. Nous nous y sentons mal à l'aise, la transition est trop brutale.
23 mai
Heureusement nous quittons ce lieu aux aurores pour être à l'heure, heureux de fuir cet endroit que nous ressentons comme hostile. Un petit désagrément, nous ne voyons pas comment éviter de nous engager dans un tunnel interdit aux vélos. Mais grand braquet aidant et gros coup de pédale, nous allons presque aussi vite que les bus, tout du moins dans la première partie qui descend légèrement.
Le bateau manœuvre et se met à quai. Les foules embarquent, nous sommes les seuls à vélo. Nous avons la joie de voir des baleines à la hauteur du cap Corse.
Nous débarquons à 15heures30 à Nice. Jean continue à vélo jusqu'à Saint Raphaël, où il compte prendre le train pour Tarbes. Je sens qu'il n'a pas envie de rentrer. Pour ma part, j'aimerais bien prendre le temps de retourner à Lyon par les Alpes ou les Préalpes, en prenant le temps de digérer seul ce mois fabuleux que nous venons de passer. Mais il faut aussi penser aux autres. Ceux, qui restent et attendent, éprouvent un supplice qui n'en finit pas, une sensation de temps comme immobile.
Pour une première expérience à vélo, même si parfois j'ai ressenti la route comme un enchaînement et le trafic comme une menace, j'en retire de multiples satisfactions et je vais renouveler ce genre d'expérience en groupe et seul aussi. Je me verrai bien traverser la France seul uniquement par de toutes petites routes voire des chemins en campant par exemple aux confluents des rivières, endroits généralement aérés presque toujours accueillants. À court terme si tout se passe comme prévu, une grande aventure de deux mois en compagnie de Jean en août et septembre m'attend, mais laissons venir.
Aventures dans l'Ouest canadien et parc des glaciers,USA (3ème partie) English translation pending
Aventures dans l'Ouest canadien et Parc des Glaciers (3ème partie)
Suite à des modifications techniques, le carnet a quelques "bugs". Vous pouvez le lire ici dans sa totalité: http://sites.google.com/site/grisemoteouestcanadien/accueil
Pour retourner à la deuxième partie:
Les choses vont commencer à devenir sérieuses. A force de monter vers le nord (ou de descendre pour ceux qui habitent dans l’hémisphère sud), cela devait arriver : les jours rallongent, les nuits sont un peu plus froides tout en restant tout à fait supportables, le ciel a tendance à plus souvent se charger de nuages, il y a de moins en moins de voitures sur les routes. Nous nous dirigeons (en quelques étapes quand même) vers la mystérieuse Alaska entrevue dans quelques films qui marquent –Insomnia, The Thing. On s’attend à y trouver pluie et brouillard dans des villages paumés au milieu de lacs gorgés de moustiques et à être chahutés par les Grizzlis joueurs … qu’en sera-t-il exactement ?
Jeudi 24 juillet 2008 - 20 ème jour du périple. Le moral est au beau fixe. Les longues balades à crapahuter à flan de montagne ont été remplacées par de longues heures de voiture en direction du nord-ouest. – route vers Prince George. Nous quittons Jasper avec un certain regret : pour le camping, la ville fort attrayante et les décors très bien faits des environs. La route nous conduit vers le Mont Robson, chapeauté de blanc au travers d’un défilé de pics du plus bel effet.

Après cinq cents kilomètres de paysages magnifiques, nous faisons halte dans le camping du Beaumont Provincial Park (qui nous a semblé plus attrayant que la ville de Prince George), mondialement connu pour ses lacs mais surtout ses moustiques. Même s’il y a eu des claques dans l’air (pour les moustiques, bien sûr), le camping est bien situé et inspire calme et repos. Un très bon moment de zenitude.



Dès le lendemain nous repartons dévorer les kilomètres toujours en direction du nord-ouest. Les cimes disparaissent pour faire place à un relief plus arrondi et monotone. Sur certaines portions, il faut admettre que c’est même franchement répétitif comme paysage. Quelle surprise nous attend au prochain virage ? Simple ! Des collines recouvertes de forêts habillées de temps en temps de tâches sombres et poilues – vous aurez reconnu bien sûr des ours. On les aime bien mais s’ils pouvaient parfois se déguiser en cerfs, caribous, castors (là c’est vrai que ce n’est pas le bon gabarit) ou autres herbivores, cela mettrait un peu de piment.


Allez, faut pas exagérer quand même, les grands espaces, les longues lignes droites vers l’horizon, c’est quand même fantastique.
Comment aller à l’ouest du Canada sans rencontrer d’Indiens ? En fait c’est facile : les « natives » comme ils sont appelés, sont tellement peu nombreux (ou complètement intégrés) qu’il n’y a pas beaucoup d’occasions de voir leur culture. C’est sûr qu’une pyramide ou une cathédrale résiste mieux au temps qu’un totem ou un tipi … Notre passage à K’san comblera cette lacune.

La visite du village amérindien - peuple Gitxsan - mérite le détour, avec ses grands bâtiments en bois aux motifs rouges et noirs si caractéristiques, ses totems de bonne facture et son petit spectacle de danses indiennes mené par des autochtones (uniquement le vendredi).
Les acteurs du spectacle.
les accessoires originaux utilisés pour le spectacle qui retrace les coutumes et les légendes du peuple Gitxsan.
La visite guidée du village (sept grandes « maisons en bois » ) est sans prétention mais nous montre quelques aspects très intéressants de l’ancienne civilisation décimée. La boutique recèle également une mine de beaux objets qui serviront de cadeaux à ceux qui n’ont pas pu venir (un certain nombre donc !).


Le camping, à quelques mètres du site, ne manque pas d’attrait non plus, près d’une rivière et dans un beau cadre.

Une étape instructive et agréable.

village de Hazelton près de K'san

Le jour suivant, la visite de Kispiox est programmée avant de suivre la rivière du même nom.


C’est un petit village typique du coin, garni de petites maisons de bois qui possède un site de totems (raison de notre arrêt). De belles pièces encore, mais pas du tout mises en valeur …


Pour ce qui est de la remontée de la rivière Kispiox, nous optons pour une route de traverse – ou un raccourci, comme on veut – indiquée sur la carte et le GPS, et qui doit nous permettre d’éviter la « grosse » artère sans surprises. Entre forêts, lacs et rivière, cette belle route ravit les sens, tant que l’on ne s’arrête pas pour nourrir les moustiques. Au bout d’une vingtaine de kilomètres, elle se transforme petit à petit en piste, puis en piste un poil technique, puis en cul de sac pour qui n’est pas équipé d’un 4x4 voire d’un char lunaire.

Nous serions nous trompés sur une bifurcation entre 2 chemins ? Nous explorons donc d’autres voies qui nous amènent dans un chemin pentu jusqu’à un groupe de campeurs perdu au milieu d’un océan de verdure, à boire des bières autour d’un bon feu. Le film « Délivrance », c’est dans quel pays déjà ? En fait, ce fut un échange très sympathique, qui nous a éclairé sur notre erreur de trajet. « C’est simple, la route est fermée ! Vous ne pouvez que revenir sur vos pas » soit quatre-vingts kilomètres en arrière. Gloups ! Ce petit raccourci nous aura juste fait faire un détour de deux cents kilomètres quand même ! Nous suivons au final la highway le long de la rivière Skeena (région où fut tourné le film « l’ours ») qui s’est avérée de toute beauté.
Les kilomètres défilent avec des arbres, des collines et … des ours, avant d’arriver, exténués, au camping de Meziadin lake Provincial Park, d’une catégorie que nous ne connaissions pas : le camping spartiate, équipé un cran en dessous du camping primitif.
Côté pile, l’environnement offre une vue imprenable sur un beau lac entouré d’un relief prononcé, chatouillé par des nuages lascifs en promenade du soir. Côté face, notre emplacement est constitué d’un tapis de cailloux certes bien ordonnés, mais difficile à percer (plutôt prévu pour les camping-cars).

Le côté obscur n’est cependant pas là. La seule source d’eau est une pompe poussive, dont le grincement sinistre est de nature à réveiller tout le camping, et qui délivre ses quelques gouttes après avoir copieusement versé les nôtres sous forme de sueur. Super pratique pour la vaisselle, accroupi, pour pomper- rincer en pleine nuit, sous le regard hostile de ceux qui voudraient bien dormir …

Petite flambée du soir au tarif habituel pour se réchauffer sous les étoiles.
Les portes de l’Alaska bientôt vont se refermer sur notre petite famille, et c’est là que nous finirons … notre montée vers le nord.
La nuit fût froide, mais le réveil matinal avec vue sur le lac brumeux sous un ciel azur et un soleil radieux fera oublier les tracas locaux. En route vers Stewart, à la frontière avec les Etats-Unis.

Les collines prennent de l’embonpoint et de la hauteur et nous retrouvons notre ambiance de montagnes agrémentées cette fois de glaciers qui descendent généreusement jusqu’au niveau de la route. La taille de ces monstres est impressionnante.


Le Bear Glacier, un des plus beaux glaciers bleus au monde, comporte à sa base une sorte de « bouche » qui déverse les eaux de fonte. Depuis la route, cela ressemble à une aspérité. C’est en fait une large caverne.





Stewart est une petite ville très rurale qui semble tranquille, au niveau de la mer , à l’extrémité d’un fjord de plusieurs centaines de kilomètres. Malgré un petit côté industriel avec son port, elle dégage l’impression d’un fonctionnement au ralenti au gré d’une météo capricieuse.

C’est précisément pour le côté très aléatoire de cette dernière que nous avons ici abandonné la tente pour un logement en dur. L’avenir montrera que nous avons bien fait ! Notre hôtel (le Stewart Mountain Lodge) est chaleureux et nous offre une grande chambre dimensionnée pour cinq et bien calfeutrée.
Nous sommes toujours fort accompagnés dans nos déplacements!!!
Les Streets et les avenues de la ville ont un caractère particulier : la majorité est en terre battue. Ça casse !



Nous partons dès l’installation pour notre première visite de Hyder, en Alaska, à quelques kilomètres de Stewart. Le passage frontière vers le cinquantième état des USA se remarque par la fin de la route goudronnée. Nous n’avons pas même vu l’ombre d’un uniforme de douanier, preuve si c’était nécessaire que nous arrivons à l’un des bouts du monde. Hyder ressemble à un village minier paumé de maisons en bois de type western mais dans la forêt humide. Tout cela ne manque vraiment pas de charme.


Contrairement au film « Insomnia » qui fut tourné à Hyder, nous n’avons pas été confrontés au problème du soleil de minuit, loin de là. Hyder est quand même bien en deçà du cercle polaire.
A la sortie nord de la ville (simple à suivre puisqu’il semble qu’il n’y ait qu’une seule route principale, en terre battue) se trouve une des curiosités du coin : un observatoire à ours juste à côté d’un torrent (sorte de passerelle en bois qui surplombe la rivière sur cent cinquante mètres environ).

Nous prenons le permis pour trois jours ce qui nous donne le droit d’assister aux premières loges, quand bon nous semble, au spectacle de la pêche des ours, qui, comme l’indique le titre, est une tragédie.
Le 1er acte est marqué par l’attente de la bête. C’est l’acte de loin le plus long et le préféré des saumons qui bullent tranquillement en remontant le courant et des moustiques qui profitent de notre inactivité.

Pour les enfants et ceux qui ne sont pas totalement dans l’ambiance de la traque, c’est un peu long (mais il faut éviter de le dire !). On trouve à cet endroit des passionnés des ours et même des photographes pros aux objectifs qui ressemblent à des télescopes.

Acte 2 : un gros paquet de poils mouillés arrive gaillardement en remontant le courant et s’ébat dans les flots pour tenter d’attraper ses jouets préférés. Les appareils photo crépitent. La star en rajoute pour bien montrer que l’eau est bonne. Mon œil !



Acte 3 : un des saumons malchanceux est sorti de son élément sans ménagement entre les crocs du fauve et l’ours met sa serviette et déguste.


Les cartes mémoire sont vite pleines. Après le départ du gourmet, chacun tri ses photos ou compare ses clichés avec ceux du voisin, raconte sa difficulté de saisir le drame bouleversant auquel nous avons assisté impuissants. Ce jour là en tout cas, l’ordinaire des ours a bien failli être complété par de la viande made in china en provenance d’un car arrêté pour voir la scène de pêche hors de la passerelle. Heureusement que les rangers étaient là. Quel orgueil, il faut savoir parfois refuser le rôle principal …
Un jeune grizzly vient tenter sa chance à son tour!
Si l’entrée en Alaska, zone détaxée, est une formalité, le retour au Canada reste sous surveillance de la douane.
Le lendemain, nous retraversons Hyder et nous dirigeons vers le Salmon Glacier. La montée est rude pour le moteur.

Bientôt, à partir de la route, la vue sur un gigantesque « torrent » de glace est de toute beauté.



Le ciel azur et une température de fin de printemps nous permettront de savourer un des plus beaux glaciers que nous ayons vu sur notre globe.


Comme on ne s’en lasse pas, nous continuons la piste après le point culminant pour explorer une des langues de glace qui beigne dans un lac.



Le long de la route se trouvent des entrées d’anciennes mines que nous ne visiterons pas par sécurité. Un tour à pied entre des petits torrents pour arriver au lac bleu profond complètera notre visite enchanteresse.

Nous trouvons facilement des minerais de métal par terre. Pas étonnant qu’il y ait eu des mines par ici. Alors que nous rêvassons au soleil, une explosion terrible nous fait sursauter. Un gros bloc de glace flotte maintenant dans l’eau, résultat de cette déflagration. Quelle taille avait-il pour provoquer une détonation pareille ?
Trouvez le glaçon😉
Alors que nous repartons en voiture de notre balade plutôt tranquille, nous croisons un 4X4 qui nous annonce fièrement avoir vu des grizzlys en chasse à quelques centaines de mètres plus haut. Bigre, on les avait oublié ceux là. C’est que les grizzlys ne sont pas nos nounours (déjà un peu dangereux) du bord des routes du Canada.
Un bon kilomètre après notre rencontre, bien en contrebas de la route, trois gros ours hirsutes gambadent entre les rochers et les trous pour chercher de la nourriture.

Des marmottes sifflent pour signaler le danger ce qui a tendance à les exciter.

A pied le long de la route ils sont impossibles à suivre. Ils ont l’air lent, mais un ours atteint quand même les 60 km/h à la course. Carl Lewis peu toujours s’accrocher.
La fin de la journée fut marquée par une visite à notre passerelle à ours et un peu de shopping à Hyder. Pas de berceuse ce soir là pour s’endormir.
Stewart - 24 ème journée de périple : Quatre hommes (dont trois apprentis) et une Grisemote se lèvent résolument pour affronter les ours sur un chemin de randonnée chaudement recommandé par notre hôtelier (décidemment charmant). Il nous prête au passage très gentiment une bombe à ours. Le hic c’est que le plafond nuageux est bas. Les gouttelettes de pluies se transforment en grosses gouttes bien nourries qui n’engagent pas à l’aventure. Un grand tour à notre passerelle à ours pour attendre la fin des hostilités ne suffira pas. Le ciel semble s’être percé définitivement pour la journée. Shopping. Par désœuvrement devant les pleurs célestes intarissables, nous prenons une bière dans un saloon typique dont les murs étaient recouverts de billets de 1 $ et de casques de mineurs (autorisé en pleine journée pour les enfants).


Là nous rencontrons des anciens mineurs nostalgiques, en pèlerinage, avec lesquels nous discutons en Français (ahhh ça fait du bien). Ils nous expliquent que ce genre de journée « humide » et « vivifiante» n’a rien d’exceptionnel, que les mines contenaient de l’or, du fer et du cuivre (on aurait du y entrer !), que la vie en Alaska n’était pas un bagne, bien au contraire, à condition d’aimer un certain isolement l’hiver, et pour finir, que parler Français avec des Français est exotique. Idem pour nous par rapport à l’accent Canadien. Avant de partir une nouvelle fois aux ours, nous immortalisons notre passage dans ce très sympathique Saloon par un billet de 1$ à notre nom collé sur le mur ! Avec toute l’eau tombée dans la journée, il nous a paru logique de manger un repas de « halibut »(flétan typique du coin à chair très fine) tout frais pêché, acheté dans un ancien bus reconverti en petit restau au fin fond d’une ruelle d’Hyder - le meilleur du coin d’après nos mineurs.

Le lendemain de cette journée lascive, dernière en ces lieux, Grisemote insatiable vis-à-vis des ours pêcheurs, se lève à cinq heures pour prendre ses derniers clichés(il faut dire que lors de nos passages précédents les saumons n’étaient pas encore arrivés massivement et par voie de conséquence les ours non plus !)




Ça roupille sec dans les rangs de ceux qui sont restés au lit, et, vers onze heures, lorsque tout le monde est levé, nous n’avons toujours pas de traces de Grisemote. Aurait-elle imité les chinois avec moins de chance ? C’est d’autant plus fâcheux que c’est elle qui maîtrise la fin du voyage et qui a la voiture.
Vers 11h30, notre exploratrice préférée pointe ce qui lui reste de nez. Certes, après trois heures trente d’attente sous des trombes, elle a vu un grizzly prendre son petit déjeuner quasiment à sa table, elle a pu discuter avec des sommités de la photo animalière, mais dans l’action elle n’a pas appréhendé un mal mesquin qui la rongeait lentement mais sûrement : les moustiques. Globalement néanmoins il était possible de la reconnaître…





« Bon, c’est pas tout cela, mais ce soir nous devons dormir à Prince Rupert – 463 km vers le sud ». Go ! Après midi voiture, sous un ciel variable. Au revoir l’Alaska – coup de cœur du voyage.
Partout dans la région, le saumon est roi!
Les kilomètres s’enchaînent avec du beau et du plus monotone. Nous passons sur la route à Kitwanga et Kitwancool, hauts lieux de villages indiens.




Prince Rupert est une belle ville, vivante, avec un port vif en couleurs, entouré d’un relief prononcé de collines arrondies et de lacs. A noter près du port, un nombre considérable d'aigles pêcheurs. Comme le lever du lendemain est programmé à 4h30, inutile de dire que la soirée fut vite écourtée.

Le lendemain, nous partons pour Port Hardy sur l’île de Vancouver, par le ferry : Inside passage, seize heures de traversée au milieu de fjords paraît-il fabuleux. Cette journée, nous l’attendions avec impatience. Une promenade en mer au milieu des montagnes arrondies. Un régal pour les yeux d’après les témoignages de ceux qui l’on fait … par beau temps.

L’ïle de Vancouver : la forêt pluviale aux 30 000 ours
Dringgg ! « Déjà ! On vient de s’endormir ». Le soleil est encore loin d’être levé lorsque nous émergeons pour prendre un petit déjeuner lapidaire avant de nous diriger vers le port. Pour nous cela commence plutôt par la fête à la grenouille, à attendre l’embarquement dans la voiture, sous une pluie battante, une heure durant. Ambiance morose des jours pesants ou le ciel, la mer et la terre se ressemblent : des nuances de gris.

La visite des différents ponts du ferry, dès l’arrivée, est toujours un moment de découverte agréable sur l’immeuble flottant que constitue ce gros tas de ferraille (très bien construit au demeurant). Grace à Archimède, cela flotte pour notre plus grand plaisir et c’est tant mieux.



Il serait injuste de dire qu’il a plu tout le temps. 50 à 60 % semblerait être le bon chiffre, mais cela ne fait pas grande différence puisque des montagnes nous n’avons jamais vu plus que quelques centaines de mètres. D’un autre côté, le retour à la photo noir et blanc a un petit côté rétro pas désagréable.

Le paysage qui défile devant nos yeux change à chaque détour de fjord. Les monts jouent à cache-cache avec les nuages dans des dégradés gris qui se superposent. Tout cela rend le voyage mystérieux et fait travailler l’imagination (faut bien positiver !).

Le tout fut entrecoupé de repas pris sur le bateau, à des prix tout à fait abordables pour une bonne qualité. Bon, ce n’est bien entendu pas la balade enchanteresse dont nous rêvions, mais boire un irish coffee sur le pont, le nez au vent, sous une pluie battante dans cet univers aux formes imprécises et fantasmagoriques, a quelque chose de jubilatoire.


Enfin, disons que c’est mon avis, car celui de Grisemote pourrait se résumer à : « casser sa tirelire de presque 700€ pour ne rien voir de la journée sur l’un des points forts du voyage, c’est nul, nul, nul ! ». Ceci dit, sans le ferry, le passage par la route nécessite un détour de 2000 kilomètres. Cela fait aussi réfléchir !
L’arrivée à Port Hardy, sur l’ïle de Vancouver, à 23H00, marque une nouvelle phase dans ce voyage. La découverte de la forêt pluviale( rain forest) et le contact permanent avec la mer. Hôtel – lavage de dent – ZZZ zzz ZZZ

Jeudi 31 juillet 09 – il fait gris avec des pluies intermittentes. La route pour Telegraph Cove Resort, réputé pour ses safaris photographiques d’orques, est essentiellement forestière.




A l’arrivée, le petit port est charmant, coloré et nettoyé à fond par la pluie. Notre safari ayant été programmé l’après-midi, nous profitons d’une accalmie pour nous installer au camping à quelques tours de roue de là .Le camping est en pleine forêt pluviale, qui porte très bien son nom. Les arbres sont gigantesques, moussus et magnifiques.


Rayon de soleil extrêmement fugace.
Nous montons les tentes et les protégeons par de grandes bâches tendues par des cordes, des sangles et des mousquetons (très utiles). Vue la quantité d’eau qui tombe, ce n’est vraiment pas du luxe. Faire du feu relèvera certainement d'un exploit !
Les joies du camping, pas toujours facile!

En route pour la visite des orques, moment tant attendu du périple ! Équipés d’imperméables et de fourrures polaires, nous nous entassons dans une petite vedette avec une bonne vingtaine de personnes. Pas simple de s’asseoir dans tout cela.

Sans la pluie, on peut imaginer que tout ce petit monde se serait réparti sur le pont supérieur ou inférieur. Une scientifique de l’aquarium de Vancouver est notre accompagnatrice. Elle nous explique, en français et en langue de Shakespeare, que les orques étaient là hier, mais qu’elles sont parties chercher du saumon au large depuis le matin. Il y a donc une probabilité non négligeable que nous n’en voyons pas. Gloups, bon début ! Elle nous rassure néanmoins sur la présence quasi certaine de baleines et autres cétacés pour lesquels elle a fixé un rancard qui devrait être honoré. Tant mieux, nous sommes là pour cela.


Au bout d’un petit quart d’heure de moteur, nous atteignons le terrain de jeu, au milieu d’îles totalement recouvertes de végétation dense. L’eau est plate comme un lac. Une baleine (humback whale) pointe bientôt son nez, signalée comme il se doit par une pulvérisation nasale puis replonge en faisant un petit signe de sa queue. Un classique du genre, mais en vécu.

Ceci se reproduit à plusieurs reprises, majestueusement, mais toujours pas d’orques. Des dauphins puis ensuite des marsouins accompagnent le bateau lorsqu’il se déplace.

Très joueurs et très photogéniques comme animaux.



Tout cela serait super plaisant s’il ne pleuvait pas des cordes et si le ciel ne se confondait pas avec la mer. Encore un univers en nuances de gris. Même nos impers très efficaces finissent par ne plus être étanches. Prendre des photos sans mouiller l’appareil devient un vrai casse tête… et toujours pas d’orques au bout de trois heures (pourtant, d’après les organisateurs, la probabilité d’en voir est de 90 %). Du coup notre GO se résout à nous faire écouter leurs chants au magnéto et non comme prévu à partir des micros sous marins dont le bateau est équipé. C’est intéressant, surtout avec les explications, mais comment dire … Deux grosses déceptions en deux jours, surtout pour Grisemote qui a les larmes aux yeux et peine à s’en remettre, nous amènerons à acheter une bonne côte de bœuf, des pavés de saumon et un petit vin canadien à l’arrivée pour oublier. Comme la pluie redouble toute la soirée, le feu finit par s’allumer sous la bâche. L’aventure a parfois ses moments de morosité. Pas pour tout le monde car les enfants bricolent un barrage sur le ruisseau formé par la pluie et qui jouxte les tentes. La pluie finira bien par s’arrêter un jour …
Et ce jour viendra, sûrement, … mais plus tard. La « rain forest » qu’ils appellent ça ici, on se demande vraiment pourquoi. Le matin suivant nous remballons sous la pluie et partons pour 450 kilomètres de forêts, de collines et de pluie en direction du sud pour le camping de Greenpoint situé au cœur du parc de Pacific Rim.
Petit arrêt à Campbell River où nous déjeunerons au restaurant flottant de"Patti Finn"


Nous nous arrêtons à une attraction qui vaut l’arrêt impératif même sous une pluie battante : « Cathedral Grove » : une cathédrale de verdure dont les piliers ne sont rien d’autre que des conifères démesurément grands et puissants. Les fougères et autres feuilles au pied sont du même calibre. Bienvenue dans le monde des lilliputiens. Côté photo, vue la tristesse du ciel, même à 800 iso sans pied c’est juste.




Et la clémence des cieux vint sur la fin du parcours, lui-même très agréable et plutôt montagneux avec une route toute de courbes vêtue.


L’emplacement du camping est aussi superbe que le précédent au milieu de la forêt pluviale mais avec l’option soleil en plus.





En quelques minutes, tentes montées (les tentes 2 secondes de qui vous savez sont vraiment très bien adaptées), nous nous retrouvons sur la plage pour admirer l’immensité de l’océan et reprendre des couleurs après tous ses jours sans voir le soleil.
Grillades du soir accompagnées de chamallows grillés en guise de dessert sous un ciel étoilé, que demander de plus sinon que cela continue dans la même veine …
Samedi 2 août jusqu’au 4 aout : Pacific Rim


Forcement, avec le soleil, le moral revient vite au galop et tout devient attractif. Nous parcourons la réserve naturelle de Pacific Rim en tout sens. Ce fut un réel plaisir.

Pour ces quelques jours, nous avions envisagé un tour en bateau pour voir soit les ours depuis la mer, soit les baleines. Mais des ours nous n’en avons pas manqué et les baleines….c’est parfois décevant de ne voir qu’un bout de dos par ci par là. Nous resterons raisonnables. Nous avions aussi pensé aller en bateau taxi à l’île de Meares qui semblait vraiment attirante selon les dires. Mais le prix de la traversée nous a rapidement fait capituler : faut pas exagérer vu la distance minimale !
Finalement, les randos, c’est sain et c’est à la portée de toutes les bourses. Nous en userons sur tous types de terrain : - sentiers au sein de l’exubérance générale de la rain forest, une merveille !







- tourbière où nous marchons sur une passerelle qui repose uniquement sur de la mousse. Nous y découvrons des arbres « bonzaïs », tordus par la difficulté de croître dans ce milieu acide et mal drainé. Certains de ces arbres, de plus de trois cents ans, ne mesurent que quelques mètres ! Chaque petite plante a dû se battre avec ardeur pour mériter sa place ici ! Nous y croisons aussi les droseras, célèbres plantes carnivores (de quelques centimètres) !

Un chou puant!
Les droseras.
- plages : Ici ce n’est pas ce qui manque.

Près du camping la mer est magnifique et déroule de gros rouleaux de mousse blanche sur un sable fin. Un paradis pour le surfeur (en combinaison chaude quand même).



Le bord des plages est le siège d’un enchevêtrement de troncs dont certains font plusieurs dizaines de mètres. Les pièces de bois plus petites sont usées comme des galets.

Dans les zones rocheuses pullule une faune dense d’étoiles de mer aux multiples couleurs et d’anémones.

Un régal ! Très visiblement ce coin de l’océan regorge de vie.


Nous découvrons « long beach » et ses différentes anses : Willowbrae, anse Schooner et la baie Florencia, Nuu-chah-nulth, Franck Island où nous nous ferons surprendre par la marée, Uclulet


et son « Wild pacific trail »,


Les arbres torturés par le vent sur le "Wild Pacific trail"

Tofino et ses environs.

A noter que l’on ne trouve pas que des produits de la mer sur la plage. A Wickaninnish, nous avons dérangé un ours décidé à parfaire son bronzage, à une cinquantaine de mètres de nous. Cerné entre notre famille qui arrivait sur le chemin longeant la plage et un autre groupe de touristes, le fauve inquiet se met à foncer dans notre direction. Bien entendu, grâce aux consignes rabâchées de Grisemote pendant des mois, nous savions ce qu’il ne fallait pas faire : courir et fuir. C’est donc sans aucune hésitation que … nous avons tous déguerpi sans laisser notre reste. Tous ? Non ! Grisemote en total self control a reculé de plusieurs pas fermes pour laisser une échappatoire à ce brave ours qui ne demandait visiblement qu’à retrouver sa solitude. C’était aussi notre intention, mais nous, quand c’est décidé, on y va tout de suite et on ne traînasse pas comme certaine … évident !


Côté faune : pour les oiseaux dans la forêt pluviale, ce n’est pas la bousculade, mais peut-être faut il savoir les trouver. Bien entendu, avec 30 000 ours répartis sur toute l’île de Vancouver, il n’est pas rare d’apercevoir des truffes le long des routes.

Côté villages : ils sont colorés, avec des maisons basses, assez touristiques mais tellement agréables … Un grand coup de chapeau à l’aquarium « tactile » de Tofino qui nous avait été recommandé par un ranger. Petit mais tenu par des jeunes passionnés qui rendent la visite inoubliable. Tous les pensionnaires viennent des fonds avoisinants et sont remis à l’eau l’été fini !

C’est quoi un aquarium tactile ? M’enfin ! C’est un aquarium où il est possible de toucher presque toutes les bestioles, vivantes bien entendu, exposées : étoiles de mer, anémones, oursins, sunflower star (étoile de mer aux bras multiples qui sprinte jusqu’à trois mètres par minute !).
La fameuse "sunflower star", rencontrée sur la plage.
Nous y apprendrons quelques farces que Dame nature a réalisées pour pimenter les visites des aquariums : Qu’y a-t-il de plus placide qu’une « swimming scallop » (pétoncle) ? Un rocher, et encore. Un des animateurs nous a montré qu’il n’en est rien. Toute « swimming scallop » plongée dans un aquarium où dort une fameuse sunflower star, perçoit immédiatement le danger et parcours l’aquarium en tous sens en ouvrant et refermant ses valves. Gare à ne pas le faire trop souvent pour éviter la crise cardiaque du coquillage. « Oh qu’elle est mignonne cette petite pieuvre ». Yes, sauf que ce bébé de trois cœurs (comme les PC) deviendra grand et pourra atteindre jusqu’à 9 mètres. La pieuvre montre un bel exemple de sacrifice des parents pour leurs enfants, car une fois les bébés mis au monde, ils meurent et servent de nourriture à leurs chérubins!

Bref, visite passionnante pour les grands et les petits.
Petites particularités locales : - jusqu’à onze heures voire midi, nous sommes dans la brume et le soleil suivant le bon vouloir de la brise.

Etonnant d’être sur la plage en pleine brume le matin, avec la sensation du soleil qui chauffe derrière cet écran blanc.


- par beau temps, les couchers de soleil sur les immenses plages ne laissent pas indifférents


- des panneaux de tsunami indiquent les zones de replis au cas où ! Rassurant.

- Le bois au camping : décidemment au même prix d’ailleurs
Grosse particularité culinaire nationale : Le Canada est le pays des 3 C : Cheddar, Crackers et Cannelle. On en trouve partout, sur tout et dans tout. Allez, soyons honnête, on n’en pouvait plus, surtout du cheddar. Des origines anglaises dans l’ouest canadien ? Vous croyez ?


Vancouver : La montagne à la mer
La distance de Tofino vers Nanaimo (200 km) pour prendre le ferry vers la ville de Vancouver fut une formalité, avec un nouveau passage à « Cathedral grove » mais cette fois sous le soleil. Sublime ! La traversée n’est pas longue (1h 30). Sous un grand soleil nous distinguons le mont Mont Baker au-dessus de l’eau brumeuse, avant de découvrir Vancouver.


Avec ses grands ponts, ses bâtiments d’une architecture qui semble de loin homogène et le cadre montagneux du plus bel effet, on comprend que la ville ait pu être choisie pour les futurs jeux olympiques d’hiver (2010). Comme d’hab, difficile de se perdre dans ce type de ville avec ses streets et ses avenues – pourtant nous avons eu du mal à trouver notre Hôtel. Il faut dire qu’avec les Jeux, les travaux de préparation sont partout. Vancouver est une ville très cosmopolite, franchement plaisante, mais pas vraiment belle de l’intérieure (jugement personnel uniquement) précisément par rapport à ces fameux bâtiments type années soixante-dix qui semblaient si harmonieux de loin. La circulation n’y était pas intense (mois d’août) ce qui ne gâche rien. Notre hôtel, le Plaza, est bien placé avec une vue sur la ville imprenable.
Côté activité, la ville ne manque pas d’attraits :
- visite du lighthouse park, assez en dehors de la ville et qui permet de voir un panoramique sur la ville et une belle forêt (mais quand on vient de Pacific Rim, c’est un peu urbain comme forêt) - le pont suspendu de Capilano, aussi impressionnant qu’il est cher, et il est, parait-il, très impressionnant (nous ferons l’impasse). - Stanley parc que nous avons parcouru en vélo : très agréable circuit qui permet une belle vue sur le port et la ville dans un beau cadre





- la plage (c’est pas le top du sable et de l’eau mais c’est une halte avec les vélos qui fut appréciée) - le shopping vers Gastown et Chinatown (bon, ce n’est pas New York ou San Francisco non plus !),

- Grandville Island avec son marché (dont celui des enfants), ses artistes et ses maisons flottantes

- les restaus de tous les pays. Idéale pour voyager assis. Nous avons testé un restaurant mongolien où on compose son plat soit même, cuit sur une grande plaque métallique. c’est très dépaysant.
Juchés en haut de la terrasse de notre hôtel comme dans un nid d’aigle, nous admirons pour notre dernier soir les lumières de la ville qui s’endort progressivement. Nous goûtons nos derniers instants canadiens dans un air tiède et calme. Le lendemain nous repartons vers notre quotidien et nos habitudes. Heureusement que l’aventure est tapie dans toute chose et toute situation, n’est-il pas ?

Epilogue
Ainsi s’achève notre grand périple dans l’ouest Canadien. Nous en avons pris plein les yeux, avons vécu le chaud, le froid, le soleil et aussi pas mal de pluie. Nous repartons très en forme après des dizaines de kilomètres à crapahuter sur les rochers. Nos « copains » les ours se sont généreusement montrés sans jamais nous inquiéter (ce qui était une crainte en venant). Partout nous avons été bien reçus. En dehors des sublimes points de vue de notre période montagne, nous avons eu un gros coup de cœur pour l’ambiance sauvage et bout du monde de l’Alaska, ainsi que pour la forêt pluviale et les plages de Pacific Rim. Côté camping, les emplacements au cœur de la forêt primitive de Greenpoint et de Telegraph cove sont inoubliables. Au chapitre des points perfectibles, il y aurait bien la hauteur des montagnes qui nous a obligé à puiser dans nos réserves physiques, ces $* # de moustiques et l’impression globale parfois d’un côté un poil mercantile (si ça se trouve c’est un peu à cause du bois). Encore un immense merci à Grisemote qui une fois de plus a imaginé, conçu et construit étape par étape l’ensemble de cette aventure, avec l’aide incontournable du forum et de ses membres actifs. Ses longues recherches l’on souvent amené à être en décalage horaire bien avant l’heure. Merci également à nos pitchouns (ils grandissent et doivent commencer à assez peu apprécier cette appellation) qui ont été coolissime pour accepter sans (trop) râler les kilomètres à pieds, les heures de voitures, les repas sautés ou pris en dehors des normes, le rythme des 3 C (voir plus haut) et les arrêts toutes les minutes pour prendre des photos. Le monde est vaste et il reste tant de chose à voir … ça au moins, c’est fait !
Gilles, 28 mai 2009 2 heures du mat
Pour finir, quelques données purement pratiques (auxquelles il faudra rajouter les courses et restaus à votre convenance):
Avion : 4872, 35€ (4 adultes , 1 enfant au départ de Paris) Voiture (Alamo avec assurance Gold) : 1923€ Ferry inside passage : 694, 81€ Ferry île de Vancouver – Vancouver (nanaimo – horseshoe bay) : 73, 97€
Activités :
Stampede : spectacle du soir 169, 89€ (246, 75 CAD) + rodéo de l’après-midi 97, 88€ (142, 34CAD) Orques à Telegraph Cove : 467, 25 CAD (299, 03€) Entrée parcs Canada famille : 136, 40 CAD (87, 06€) Cheval Waterton : 250CAD (159, 59€) + pourboire Rando sur glacier : 185 CAD (119, 41€) Canoé lac Maligne : 100CAD (64, 62€) (pour 2 heures) Aquarium Uclulet : 16 CAD Location de vélos à Vancouver : 107, 10CAD (67, 93€) Spectacle danses K’san: 35CAD (10 par adulte, 5 par enfant) Visite guidée du village de K’san : 34, 97CAD (22, 95€) (tarif famille) Randonnée Dinosaur Park : 25 CAD Passage douane américaine : 30 $ (5X6 US$) Entrée parc des glaciers : 25 US$ Bateau Waterton Crypt Lake : 40, 97€ (16 par adulte, 8 par enfant)
Campings :
- Dinosaur : 20$ - Ste Mary (Glacier Park USA) : 23$ (16, 87€) - Fish Creek (Glacier Park USA) : 23$ (16, 87€) - Many glacier: 40$ (2 nuits) - Lacs Waterton : 65, 60 CAD (2 nuits) (41, 86 €) - Greenpoint à Pacific Rim : 100, 80 CAD (4 nuits) (69, 53 €) ( achat du bois : 6 CAD) - Wapiti (Jasper) : 93$ (3 nuits) ( 59, 49€) - Lac Louise (Banff) : 120, 40$ (4 nuits) (78, 16€) - K’san : 17$ - Ruisseau Wilcox (Athabasca) : 15, 70CAD (27, 50 avec permis de feu) - Beaumont Provincial Park : 15 CAD - Meziadin lake : 15 CAD - Telegraph Cove Resort : 24, 15 CAD (16, 15€)
TOTAL CAMPINGS : 377€ (avec les différents permis bois)
Hotels/Motels :
Hotel Calgary : 342, 93€ Hotel Vancouver : 466, 11€ Chambre Motel Glacier Park (Many glacier) : 84, 19€ + 8€(charges) 122$+12, 2$(taxes) (4 personnes) Stewart Mountain Lodge (Granduc room triple) : 268, 94 CAD (2 nuits) (172, 18€) Motel Prince Rupert Pacific Inn : 132, 25CAD (84, 85€) Motel North Shore Inn (Port Hardy):138 CAD (88, 45€)
TOTAL ESSENCE : 475, 06€ (pour 4600 kilomètres)
Pour retourner à la deuxième partie: http://voyageforum.com/...ost=2597939;#2597939 Pour retourner à la première partie: http://voyageforum.com/...ere_partie_D2595664/
Suite à des modifications techniques, le carnet a quelques "bugs". Vous pouvez le lire ici dans sa totalité: http://sites.google.com/site/grisemoteouestcanadien/accueil
Pour retourner à la deuxième partie:

Les choses vont commencer à devenir sérieuses. A force de monter vers le nord (ou de descendre pour ceux qui habitent dans l’hémisphère sud), cela devait arriver : les jours rallongent, les nuits sont un peu plus froides tout en restant tout à fait supportables, le ciel a tendance à plus souvent se charger de nuages, il y a de moins en moins de voitures sur les routes. Nous nous dirigeons (en quelques étapes quand même) vers la mystérieuse Alaska entrevue dans quelques films qui marquent –Insomnia, The Thing. On s’attend à y trouver pluie et brouillard dans des villages paumés au milieu de lacs gorgés de moustiques et à être chahutés par les Grizzlis joueurs … qu’en sera-t-il exactement ?
Jeudi 24 juillet 2008 - 20 ème jour du périple. Le moral est au beau fixe. Les longues balades à crapahuter à flan de montagne ont été remplacées par de longues heures de voiture en direction du nord-ouest. – route vers Prince George. Nous quittons Jasper avec un certain regret : pour le camping, la ville fort attrayante et les décors très bien faits des environs. La route nous conduit vers le Mont Robson, chapeauté de blanc au travers d’un défilé de pics du plus bel effet.

Après cinq cents kilomètres de paysages magnifiques, nous faisons halte dans le camping du Beaumont Provincial Park (qui nous a semblé plus attrayant que la ville de Prince George), mondialement connu pour ses lacs mais surtout ses moustiques. Même s’il y a eu des claques dans l’air (pour les moustiques, bien sûr), le camping est bien situé et inspire calme et repos. Un très bon moment de zenitude.



Dès le lendemain nous repartons dévorer les kilomètres toujours en direction du nord-ouest. Les cimes disparaissent pour faire place à un relief plus arrondi et monotone. Sur certaines portions, il faut admettre que c’est même franchement répétitif comme paysage. Quelle surprise nous attend au prochain virage ? Simple ! Des collines recouvertes de forêts habillées de temps en temps de tâches sombres et poilues – vous aurez reconnu bien sûr des ours. On les aime bien mais s’ils pouvaient parfois se déguiser en cerfs, caribous, castors (là c’est vrai que ce n’est pas le bon gabarit) ou autres herbivores, cela mettrait un peu de piment.


Allez, faut pas exagérer quand même, les grands espaces, les longues lignes droites vers l’horizon, c’est quand même fantastique.Comment aller à l’ouest du Canada sans rencontrer d’Indiens ? En fait c’est facile : les « natives » comme ils sont appelés, sont tellement peu nombreux (ou complètement intégrés) qu’il n’y a pas beaucoup d’occasions de voir leur culture. C’est sûr qu’une pyramide ou une cathédrale résiste mieux au temps qu’un totem ou un tipi … Notre passage à K’san comblera cette lacune.

La visite du village amérindien - peuple Gitxsan - mérite le détour, avec ses grands bâtiments en bois aux motifs rouges et noirs si caractéristiques, ses totems de bonne facture et son petit spectacle de danses indiennes mené par des autochtones (uniquement le vendredi).
Les acteurs du spectacle.
les accessoires originaux utilisés pour le spectacle qui retrace les coutumes et les légendes du peuple Gitxsan.La visite guidée du village (sept grandes « maisons en bois » ) est sans prétention mais nous montre quelques aspects très intéressants de l’ancienne civilisation décimée. La boutique recèle également une mine de beaux objets qui serviront de cadeaux à ceux qui n’ont pas pu venir (un certain nombre donc !).


Le camping, à quelques mètres du site, ne manque pas d’attrait non plus, près d’une rivière et dans un beau cadre.

Une étape instructive et agréable.

village de Hazelton près de K'san
Le jour suivant, la visite de Kispiox est programmée avant de suivre la rivière du même nom.


C’est un petit village typique du coin, garni de petites maisons de bois qui possède un site de totems (raison de notre arrêt). De belles pièces encore, mais pas du tout mises en valeur …


Pour ce qui est de la remontée de la rivière Kispiox, nous optons pour une route de traverse – ou un raccourci, comme on veut – indiquée sur la carte et le GPS, et qui doit nous permettre d’éviter la « grosse » artère sans surprises. Entre forêts, lacs et rivière, cette belle route ravit les sens, tant que l’on ne s’arrête pas pour nourrir les moustiques. Au bout d’une vingtaine de kilomètres, elle se transforme petit à petit en piste, puis en piste un poil technique, puis en cul de sac pour qui n’est pas équipé d’un 4x4 voire d’un char lunaire.

Nous serions nous trompés sur une bifurcation entre 2 chemins ? Nous explorons donc d’autres voies qui nous amènent dans un chemin pentu jusqu’à un groupe de campeurs perdu au milieu d’un océan de verdure, à boire des bières autour d’un bon feu. Le film « Délivrance », c’est dans quel pays déjà ? En fait, ce fut un échange très sympathique, qui nous a éclairé sur notre erreur de trajet. « C’est simple, la route est fermée ! Vous ne pouvez que revenir sur vos pas » soit quatre-vingts kilomètres en arrière. Gloups ! Ce petit raccourci nous aura juste fait faire un détour de deux cents kilomètres quand même ! Nous suivons au final la highway le long de la rivière Skeena (région où fut tourné le film « l’ours ») qui s’est avérée de toute beauté.
Les kilomètres défilent avec des arbres, des collines et … des ours, avant d’arriver, exténués, au camping de Meziadin lake Provincial Park, d’une catégorie que nous ne connaissions pas : le camping spartiate, équipé un cran en dessous du camping primitif.
Côté pile, l’environnement offre une vue imprenable sur un beau lac entouré d’un relief prononcé, chatouillé par des nuages lascifs en promenade du soir. Côté face, notre emplacement est constitué d’un tapis de cailloux certes bien ordonnés, mais difficile à percer (plutôt prévu pour les camping-cars).

Le côté obscur n’est cependant pas là. La seule source d’eau est une pompe poussive, dont le grincement sinistre est de nature à réveiller tout le camping, et qui délivre ses quelques gouttes après avoir copieusement versé les nôtres sous forme de sueur. Super pratique pour la vaisselle, accroupi, pour pomper- rincer en pleine nuit, sous le regard hostile de ceux qui voudraient bien dormir …

Petite flambée du soir au tarif habituel pour se réchauffer sous les étoiles.
Les portes de l’Alaska bientôt vont se refermer sur notre petite famille, et c’est là que nous finirons … notre montée vers le nord.
La nuit fût froide, mais le réveil matinal avec vue sur le lac brumeux sous un ciel azur et un soleil radieux fera oublier les tracas locaux. En route vers Stewart, à la frontière avec les Etats-Unis.

Les collines prennent de l’embonpoint et de la hauteur et nous retrouvons notre ambiance de montagnes agrémentées cette fois de glaciers qui descendent généreusement jusqu’au niveau de la route. La taille de ces monstres est impressionnante.


Le Bear Glacier, un des plus beaux glaciers bleus au monde, comporte à sa base une sorte de « bouche » qui déverse les eaux de fonte. Depuis la route, cela ressemble à une aspérité. C’est en fait une large caverne.





Stewart est une petite ville très rurale qui semble tranquille, au niveau de la mer , à l’extrémité d’un fjord de plusieurs centaines de kilomètres. Malgré un petit côté industriel avec son port, elle dégage l’impression d’un fonctionnement au ralenti au gré d’une météo capricieuse.

C’est précisément pour le côté très aléatoire de cette dernière que nous avons ici abandonné la tente pour un logement en dur. L’avenir montrera que nous avons bien fait ! Notre hôtel (le Stewart Mountain Lodge) est chaleureux et nous offre une grande chambre dimensionnée pour cinq et bien calfeutrée.
Nous sommes toujours fort accompagnés dans nos déplacements!!!Les Streets et les avenues de la ville ont un caractère particulier : la majorité est en terre battue. Ça casse !



Nous partons dès l’installation pour notre première visite de Hyder, en Alaska, à quelques kilomètres de Stewart. Le passage frontière vers le cinquantième état des USA se remarque par la fin de la route goudronnée. Nous n’avons pas même vu l’ombre d’un uniforme de douanier, preuve si c’était nécessaire que nous arrivons à l’un des bouts du monde. Hyder ressemble à un village minier paumé de maisons en bois de type western mais dans la forêt humide. Tout cela ne manque vraiment pas de charme.


Contrairement au film « Insomnia » qui fut tourné à Hyder, nous n’avons pas été confrontés au problème du soleil de minuit, loin de là. Hyder est quand même bien en deçà du cercle polaire.A la sortie nord de la ville (simple à suivre puisqu’il semble qu’il n’y ait qu’une seule route principale, en terre battue) se trouve une des curiosités du coin : un observatoire à ours juste à côté d’un torrent (sorte de passerelle en bois qui surplombe la rivière sur cent cinquante mètres environ).

Nous prenons le permis pour trois jours ce qui nous donne le droit d’assister aux premières loges, quand bon nous semble, au spectacle de la pêche des ours, qui, comme l’indique le titre, est une tragédie.
Le 1er acte est marqué par l’attente de la bête. C’est l’acte de loin le plus long et le préféré des saumons qui bullent tranquillement en remontant le courant et des moustiques qui profitent de notre inactivité.

Pour les enfants et ceux qui ne sont pas totalement dans l’ambiance de la traque, c’est un peu long (mais il faut éviter de le dire !). On trouve à cet endroit des passionnés des ours et même des photographes pros aux objectifs qui ressemblent à des télescopes.

Acte 2 : un gros paquet de poils mouillés arrive gaillardement en remontant le courant et s’ébat dans les flots pour tenter d’attraper ses jouets préférés. Les appareils photo crépitent. La star en rajoute pour bien montrer que l’eau est bonne. Mon œil !



Acte 3 : un des saumons malchanceux est sorti de son élément sans ménagement entre les crocs du fauve et l’ours met sa serviette et déguste.


Les cartes mémoire sont vite pleines. Après le départ du gourmet, chacun tri ses photos ou compare ses clichés avec ceux du voisin, raconte sa difficulté de saisir le drame bouleversant auquel nous avons assisté impuissants. Ce jour là en tout cas, l’ordinaire des ours a bien failli être complété par de la viande made in china en provenance d’un car arrêté pour voir la scène de pêche hors de la passerelle. Heureusement que les rangers étaient là. Quel orgueil, il faut savoir parfois refuser le rôle principal …
Un jeune grizzly vient tenter sa chance à son tour!Si l’entrée en Alaska, zone détaxée, est une formalité, le retour au Canada reste sous surveillance de la douane.
Le lendemain, nous retraversons Hyder et nous dirigeons vers le Salmon Glacier. La montée est rude pour le moteur.

Bientôt, à partir de la route, la vue sur un gigantesque « torrent » de glace est de toute beauté.



Le ciel azur et une température de fin de printemps nous permettront de savourer un des plus beaux glaciers que nous ayons vu sur notre globe.


Comme on ne s’en lasse pas, nous continuons la piste après le point culminant pour explorer une des langues de glace qui beigne dans un lac.



Le long de la route se trouvent des entrées d’anciennes mines que nous ne visiterons pas par sécurité. Un tour à pied entre des petits torrents pour arriver au lac bleu profond complètera notre visite enchanteresse.

Nous trouvons facilement des minerais de métal par terre. Pas étonnant qu’il y ait eu des mines par ici. Alors que nous rêvassons au soleil, une explosion terrible nous fait sursauter. Un gros bloc de glace flotte maintenant dans l’eau, résultat de cette déflagration. Quelle taille avait-il pour provoquer une détonation pareille ?
Trouvez le glaçon😉Alors que nous repartons en voiture de notre balade plutôt tranquille, nous croisons un 4X4 qui nous annonce fièrement avoir vu des grizzlys en chasse à quelques centaines de mètres plus haut. Bigre, on les avait oublié ceux là. C’est que les grizzlys ne sont pas nos nounours (déjà un peu dangereux) du bord des routes du Canada.
Un bon kilomètre après notre rencontre, bien en contrebas de la route, trois gros ours hirsutes gambadent entre les rochers et les trous pour chercher de la nourriture.

Des marmottes sifflent pour signaler le danger ce qui a tendance à les exciter.

A pied le long de la route ils sont impossibles à suivre. Ils ont l’air lent, mais un ours atteint quand même les 60 km/h à la course. Carl Lewis peu toujours s’accrocher.
La fin de la journée fut marquée par une visite à notre passerelle à ours et un peu de shopping à Hyder. Pas de berceuse ce soir là pour s’endormir.
Stewart - 24 ème journée de périple : Quatre hommes (dont trois apprentis) et une Grisemote se lèvent résolument pour affronter les ours sur un chemin de randonnée chaudement recommandé par notre hôtelier (décidemment charmant). Il nous prête au passage très gentiment une bombe à ours. Le hic c’est que le plafond nuageux est bas. Les gouttelettes de pluies se transforment en grosses gouttes bien nourries qui n’engagent pas à l’aventure. Un grand tour à notre passerelle à ours pour attendre la fin des hostilités ne suffira pas. Le ciel semble s’être percé définitivement pour la journée. Shopping. Par désœuvrement devant les pleurs célestes intarissables, nous prenons une bière dans un saloon typique dont les murs étaient recouverts de billets de 1 $ et de casques de mineurs (autorisé en pleine journée pour les enfants).


Là nous rencontrons des anciens mineurs nostalgiques, en pèlerinage, avec lesquels nous discutons en Français (ahhh ça fait du bien). Ils nous expliquent que ce genre de journée « humide » et « vivifiante» n’a rien d’exceptionnel, que les mines contenaient de l’or, du fer et du cuivre (on aurait du y entrer !), que la vie en Alaska n’était pas un bagne, bien au contraire, à condition d’aimer un certain isolement l’hiver, et pour finir, que parler Français avec des Français est exotique. Idem pour nous par rapport à l’accent Canadien. Avant de partir une nouvelle fois aux ours, nous immortalisons notre passage dans ce très sympathique Saloon par un billet de 1$ à notre nom collé sur le mur ! Avec toute l’eau tombée dans la journée, il nous a paru logique de manger un repas de « halibut »(flétan typique du coin à chair très fine) tout frais pêché, acheté dans un ancien bus reconverti en petit restau au fin fond d’une ruelle d’Hyder - le meilleur du coin d’après nos mineurs.

Le lendemain de cette journée lascive, dernière en ces lieux, Grisemote insatiable vis-à-vis des ours pêcheurs, se lève à cinq heures pour prendre ses derniers clichés(il faut dire que lors de nos passages précédents les saumons n’étaient pas encore arrivés massivement et par voie de conséquence les ours non plus !)




Ça roupille sec dans les rangs de ceux qui sont restés au lit, et, vers onze heures, lorsque tout le monde est levé, nous n’avons toujours pas de traces de Grisemote. Aurait-elle imité les chinois avec moins de chance ? C’est d’autant plus fâcheux que c’est elle qui maîtrise la fin du voyage et qui a la voiture.
Vers 11h30, notre exploratrice préférée pointe ce qui lui reste de nez. Certes, après trois heures trente d’attente sous des trombes, elle a vu un grizzly prendre son petit déjeuner quasiment à sa table, elle a pu discuter avec des sommités de la photo animalière, mais dans l’action elle n’a pas appréhendé un mal mesquin qui la rongeait lentement mais sûrement : les moustiques. Globalement néanmoins il était possible de la reconnaître…




« Bon, c’est pas tout cela, mais ce soir nous devons dormir à Prince Rupert – 463 km vers le sud ». Go ! Après midi voiture, sous un ciel variable. Au revoir l’Alaska – coup de cœur du voyage.
Partout dans la région, le saumon est roi!Les kilomètres s’enchaînent avec du beau et du plus monotone. Nous passons sur la route à Kitwanga et Kitwancool, hauts lieux de villages indiens.




Prince Rupert est une belle ville, vivante, avec un port vif en couleurs, entouré d’un relief prononcé de collines arrondies et de lacs. A noter près du port, un nombre considérable d'aigles pêcheurs. Comme le lever du lendemain est programmé à 4h30, inutile de dire que la soirée fut vite écourtée.

Le lendemain, nous partons pour Port Hardy sur l’île de Vancouver, par le ferry : Inside passage, seize heures de traversée au milieu de fjords paraît-il fabuleux. Cette journée, nous l’attendions avec impatience. Une promenade en mer au milieu des montagnes arrondies. Un régal pour les yeux d’après les témoignages de ceux qui l’on fait … par beau temps.

L’ïle de Vancouver : la forêt pluviale aux 30 000 ours
Dringgg ! « Déjà ! On vient de s’endormir ». Le soleil est encore loin d’être levé lorsque nous émergeons pour prendre un petit déjeuner lapidaire avant de nous diriger vers le port. Pour nous cela commence plutôt par la fête à la grenouille, à attendre l’embarquement dans la voiture, sous une pluie battante, une heure durant. Ambiance morose des jours pesants ou le ciel, la mer et la terre se ressemblent : des nuances de gris.

La visite des différents ponts du ferry, dès l’arrivée, est toujours un moment de découverte agréable sur l’immeuble flottant que constitue ce gros tas de ferraille (très bien construit au demeurant). Grace à Archimède, cela flotte pour notre plus grand plaisir et c’est tant mieux.



Il serait injuste de dire qu’il a plu tout le temps. 50 à 60 % semblerait être le bon chiffre, mais cela ne fait pas grande différence puisque des montagnes nous n’avons jamais vu plus que quelques centaines de mètres. D’un autre côté, le retour à la photo noir et blanc a un petit côté rétro pas désagréable.

Le paysage qui défile devant nos yeux change à chaque détour de fjord. Les monts jouent à cache-cache avec les nuages dans des dégradés gris qui se superposent. Tout cela rend le voyage mystérieux et fait travailler l’imagination (faut bien positiver !).

Le tout fut entrecoupé de repas pris sur le bateau, à des prix tout à fait abordables pour une bonne qualité. Bon, ce n’est bien entendu pas la balade enchanteresse dont nous rêvions, mais boire un irish coffee sur le pont, le nez au vent, sous une pluie battante dans cet univers aux formes imprécises et fantasmagoriques, a quelque chose de jubilatoire.


Enfin, disons que c’est mon avis, car celui de Grisemote pourrait se résumer à : « casser sa tirelire de presque 700€ pour ne rien voir de la journée sur l’un des points forts du voyage, c’est nul, nul, nul ! ». Ceci dit, sans le ferry, le passage par la route nécessite un détour de 2000 kilomètres. Cela fait aussi réfléchir !
L’arrivée à Port Hardy, sur l’ïle de Vancouver, à 23H00, marque une nouvelle phase dans ce voyage. La découverte de la forêt pluviale( rain forest) et le contact permanent avec la mer. Hôtel – lavage de dent – ZZZ zzz ZZZ

Jeudi 31 juillet 09 – il fait gris avec des pluies intermittentes. La route pour Telegraph Cove Resort, réputé pour ses safaris photographiques d’orques, est essentiellement forestière.




A l’arrivée, le petit port est charmant, coloré et nettoyé à fond par la pluie. Notre safari ayant été programmé l’après-midi, nous profitons d’une accalmie pour nous installer au camping à quelques tours de roue de là .Le camping est en pleine forêt pluviale, qui porte très bien son nom. Les arbres sont gigantesques, moussus et magnifiques.


Rayon de soleil extrêmement fugace.Nous montons les tentes et les protégeons par de grandes bâches tendues par des cordes, des sangles et des mousquetons (très utiles). Vue la quantité d’eau qui tombe, ce n’est vraiment pas du luxe. Faire du feu relèvera certainement d'un exploit !
Les joies du camping, pas toujours facile!
En route pour la visite des orques, moment tant attendu du périple ! Équipés d’imperméables et de fourrures polaires, nous nous entassons dans une petite vedette avec une bonne vingtaine de personnes. Pas simple de s’asseoir dans tout cela.

Sans la pluie, on peut imaginer que tout ce petit monde se serait réparti sur le pont supérieur ou inférieur. Une scientifique de l’aquarium de Vancouver est notre accompagnatrice. Elle nous explique, en français et en langue de Shakespeare, que les orques étaient là hier, mais qu’elles sont parties chercher du saumon au large depuis le matin. Il y a donc une probabilité non négligeable que nous n’en voyons pas. Gloups, bon début ! Elle nous rassure néanmoins sur la présence quasi certaine de baleines et autres cétacés pour lesquels elle a fixé un rancard qui devrait être honoré. Tant mieux, nous sommes là pour cela.


Au bout d’un petit quart d’heure de moteur, nous atteignons le terrain de jeu, au milieu d’îles totalement recouvertes de végétation dense. L’eau est plate comme un lac. Une baleine (humback whale) pointe bientôt son nez, signalée comme il se doit par une pulvérisation nasale puis replonge en faisant un petit signe de sa queue. Un classique du genre, mais en vécu.

Ceci se reproduit à plusieurs reprises, majestueusement, mais toujours pas d’orques. Des dauphins puis ensuite des marsouins accompagnent le bateau lorsqu’il se déplace.

Très joueurs et très photogéniques comme animaux.



Tout cela serait super plaisant s’il ne pleuvait pas des cordes et si le ciel ne se confondait pas avec la mer. Encore un univers en nuances de gris. Même nos impers très efficaces finissent par ne plus être étanches. Prendre des photos sans mouiller l’appareil devient un vrai casse tête… et toujours pas d’orques au bout de trois heures (pourtant, d’après les organisateurs, la probabilité d’en voir est de 90 %). Du coup notre GO se résout à nous faire écouter leurs chants au magnéto et non comme prévu à partir des micros sous marins dont le bateau est équipé. C’est intéressant, surtout avec les explications, mais comment dire … Deux grosses déceptions en deux jours, surtout pour Grisemote qui a les larmes aux yeux et peine à s’en remettre, nous amènerons à acheter une bonne côte de bœuf, des pavés de saumon et un petit vin canadien à l’arrivée pour oublier. Comme la pluie redouble toute la soirée, le feu finit par s’allumer sous la bâche. L’aventure a parfois ses moments de morosité. Pas pour tout le monde car les enfants bricolent un barrage sur le ruisseau formé par la pluie et qui jouxte les tentes. La pluie finira bien par s’arrêter un jour …
Et ce jour viendra, sûrement, … mais plus tard. La « rain forest » qu’ils appellent ça ici, on se demande vraiment pourquoi. Le matin suivant nous remballons sous la pluie et partons pour 450 kilomètres de forêts, de collines et de pluie en direction du sud pour le camping de Greenpoint situé au cœur du parc de Pacific Rim.
Petit arrêt à Campbell River où nous déjeunerons au restaurant flottant de"Patti Finn"



Nous nous arrêtons à une attraction qui vaut l’arrêt impératif même sous une pluie battante : « Cathedral Grove » : une cathédrale de verdure dont les piliers ne sont rien d’autre que des conifères démesurément grands et puissants. Les fougères et autres feuilles au pied sont du même calibre. Bienvenue dans le monde des lilliputiens. Côté photo, vue la tristesse du ciel, même à 800 iso sans pied c’est juste.




Et la clémence des cieux vint sur la fin du parcours, lui-même très agréable et plutôt montagneux avec une route toute de courbes vêtue.


L’emplacement du camping est aussi superbe que le précédent au milieu de la forêt pluviale mais avec l’option soleil en plus.





En quelques minutes, tentes montées (les tentes 2 secondes de qui vous savez sont vraiment très bien adaptées), nous nous retrouvons sur la plage pour admirer l’immensité de l’océan et reprendre des couleurs après tous ses jours sans voir le soleil.
Grillades du soir accompagnées de chamallows grillés en guise de dessert sous un ciel étoilé, que demander de plus sinon que cela continue dans la même veine …Samedi 2 août jusqu’au 4 aout : Pacific Rim


Forcement, avec le soleil, le moral revient vite au galop et tout devient attractif. Nous parcourons la réserve naturelle de Pacific Rim en tout sens. Ce fut un réel plaisir.

Pour ces quelques jours, nous avions envisagé un tour en bateau pour voir soit les ours depuis la mer, soit les baleines. Mais des ours nous n’en avons pas manqué et les baleines….c’est parfois décevant de ne voir qu’un bout de dos par ci par là. Nous resterons raisonnables. Nous avions aussi pensé aller en bateau taxi à l’île de Meares qui semblait vraiment attirante selon les dires. Mais le prix de la traversée nous a rapidement fait capituler : faut pas exagérer vu la distance minimale !
Finalement, les randos, c’est sain et c’est à la portée de toutes les bourses. Nous en userons sur tous types de terrain : - sentiers au sein de l’exubérance générale de la rain forest, une merveille !







- tourbière où nous marchons sur une passerelle qui repose uniquement sur de la mousse. Nous y découvrons des arbres « bonzaïs », tordus par la difficulté de croître dans ce milieu acide et mal drainé. Certains de ces arbres, de plus de trois cents ans, ne mesurent que quelques mètres ! Chaque petite plante a dû se battre avec ardeur pour mériter sa place ici ! Nous y croisons aussi les droseras, célèbres plantes carnivores (de quelques centimètres) !

Un chou puant!
Les droseras.- plages : Ici ce n’est pas ce qui manque.

Près du camping la mer est magnifique et déroule de gros rouleaux de mousse blanche sur un sable fin. Un paradis pour le surfeur (en combinaison chaude quand même).



Le bord des plages est le siège d’un enchevêtrement de troncs dont certains font plusieurs dizaines de mètres. Les pièces de bois plus petites sont usées comme des galets.

Dans les zones rocheuses pullule une faune dense d’étoiles de mer aux multiples couleurs et d’anémones.

Un régal ! Très visiblement ce coin de l’océan regorge de vie.


Nous découvrons « long beach » et ses différentes anses : Willowbrae, anse Schooner et la baie Florencia, Nuu-chah-nulth, Franck Island où nous nous ferons surprendre par la marée, Uclulet


et son « Wild pacific trail »,


Les arbres torturés par le vent sur le "Wild Pacific trail"
Tofino et ses environs.

A noter que l’on ne trouve pas que des produits de la mer sur la plage. A Wickaninnish, nous avons dérangé un ours décidé à parfaire son bronzage, à une cinquantaine de mètres de nous. Cerné entre notre famille qui arrivait sur le chemin longeant la plage et un autre groupe de touristes, le fauve inquiet se met à foncer dans notre direction. Bien entendu, grâce aux consignes rabâchées de Grisemote pendant des mois, nous savions ce qu’il ne fallait pas faire : courir et fuir. C’est donc sans aucune hésitation que … nous avons tous déguerpi sans laisser notre reste. Tous ? Non ! Grisemote en total self control a reculé de plusieurs pas fermes pour laisser une échappatoire à ce brave ours qui ne demandait visiblement qu’à retrouver sa solitude. C’était aussi notre intention, mais nous, quand c’est décidé, on y va tout de suite et on ne traînasse pas comme certaine … évident !


Côté faune : pour les oiseaux dans la forêt pluviale, ce n’est pas la bousculade, mais peut-être faut il savoir les trouver. Bien entendu, avec 30 000 ours répartis sur toute l’île de Vancouver, il n’est pas rare d’apercevoir des truffes le long des routes.

Côté villages : ils sont colorés, avec des maisons basses, assez touristiques mais tellement agréables … Un grand coup de chapeau à l’aquarium « tactile » de Tofino qui nous avait été recommandé par un ranger. Petit mais tenu par des jeunes passionnés qui rendent la visite inoubliable. Tous les pensionnaires viennent des fonds avoisinants et sont remis à l’eau l’été fini !

C’est quoi un aquarium tactile ? M’enfin ! C’est un aquarium où il est possible de toucher presque toutes les bestioles, vivantes bien entendu, exposées : étoiles de mer, anémones, oursins, sunflower star (étoile de mer aux bras multiples qui sprinte jusqu’à trois mètres par minute !).
La fameuse "sunflower star", rencontrée sur la plage.Nous y apprendrons quelques farces que Dame nature a réalisées pour pimenter les visites des aquariums : Qu’y a-t-il de plus placide qu’une « swimming scallop » (pétoncle) ? Un rocher, et encore. Un des animateurs nous a montré qu’il n’en est rien. Toute « swimming scallop » plongée dans un aquarium où dort une fameuse sunflower star, perçoit immédiatement le danger et parcours l’aquarium en tous sens en ouvrant et refermant ses valves. Gare à ne pas le faire trop souvent pour éviter la crise cardiaque du coquillage. « Oh qu’elle est mignonne cette petite pieuvre ». Yes, sauf que ce bébé de trois cœurs (comme les PC) deviendra grand et pourra atteindre jusqu’à 9 mètres. La pieuvre montre un bel exemple de sacrifice des parents pour leurs enfants, car une fois les bébés mis au monde, ils meurent et servent de nourriture à leurs chérubins!

Bref, visite passionnante pour les grands et les petits.
Petites particularités locales : - jusqu’à onze heures voire midi, nous sommes dans la brume et le soleil suivant le bon vouloir de la brise.

Etonnant d’être sur la plage en pleine brume le matin, avec la sensation du soleil qui chauffe derrière cet écran blanc.


- par beau temps, les couchers de soleil sur les immenses plages ne laissent pas indifférents


- des panneaux de tsunami indiquent les zones de replis au cas où ! Rassurant.

- Le bois au camping : décidemment au même prix d’ailleurs
Grosse particularité culinaire nationale : Le Canada est le pays des 3 C : Cheddar, Crackers et Cannelle. On en trouve partout, sur tout et dans tout. Allez, soyons honnête, on n’en pouvait plus, surtout du cheddar. Des origines anglaises dans l’ouest canadien ? Vous croyez ?


Vancouver : La montagne à la mer
La distance de Tofino vers Nanaimo (200 km) pour prendre le ferry vers la ville de Vancouver fut une formalité, avec un nouveau passage à « Cathedral grove » mais cette fois sous le soleil. Sublime ! La traversée n’est pas longue (1h 30). Sous un grand soleil nous distinguons le mont Mont Baker au-dessus de l’eau brumeuse, avant de découvrir Vancouver.


Avec ses grands ponts, ses bâtiments d’une architecture qui semble de loin homogène et le cadre montagneux du plus bel effet, on comprend que la ville ait pu être choisie pour les futurs jeux olympiques d’hiver (2010). Comme d’hab, difficile de se perdre dans ce type de ville avec ses streets et ses avenues – pourtant nous avons eu du mal à trouver notre Hôtel. Il faut dire qu’avec les Jeux, les travaux de préparation sont partout. Vancouver est une ville très cosmopolite, franchement plaisante, mais pas vraiment belle de l’intérieure (jugement personnel uniquement) précisément par rapport à ces fameux bâtiments type années soixante-dix qui semblaient si harmonieux de loin. La circulation n’y était pas intense (mois d’août) ce qui ne gâche rien. Notre hôtel, le Plaza, est bien placé avec une vue sur la ville imprenable.
Côté activité, la ville ne manque pas d’attraits :
- visite du lighthouse park, assez en dehors de la ville et qui permet de voir un panoramique sur la ville et une belle forêt (mais quand on vient de Pacific Rim, c’est un peu urbain comme forêt) - le pont suspendu de Capilano, aussi impressionnant qu’il est cher, et il est, parait-il, très impressionnant (nous ferons l’impasse). - Stanley parc que nous avons parcouru en vélo : très agréable circuit qui permet une belle vue sur le port et la ville dans un beau cadre





- la plage (c’est pas le top du sable et de l’eau mais c’est une halte avec les vélos qui fut appréciée) - le shopping vers Gastown et Chinatown (bon, ce n’est pas New York ou San Francisco non plus !),

- Grandville Island avec son marché (dont celui des enfants), ses artistes et ses maisons flottantes

- les restaus de tous les pays. Idéale pour voyager assis. Nous avons testé un restaurant mongolien où on compose son plat soit même, cuit sur une grande plaque métallique. c’est très dépaysant.
Juchés en haut de la terrasse de notre hôtel comme dans un nid d’aigle, nous admirons pour notre dernier soir les lumières de la ville qui s’endort progressivement. Nous goûtons nos derniers instants canadiens dans un air tiède et calme. Le lendemain nous repartons vers notre quotidien et nos habitudes. Heureusement que l’aventure est tapie dans toute chose et toute situation, n’est-il pas ?

Epilogue
Ainsi s’achève notre grand périple dans l’ouest Canadien. Nous en avons pris plein les yeux, avons vécu le chaud, le froid, le soleil et aussi pas mal de pluie. Nous repartons très en forme après des dizaines de kilomètres à crapahuter sur les rochers. Nos « copains » les ours se sont généreusement montrés sans jamais nous inquiéter (ce qui était une crainte en venant). Partout nous avons été bien reçus. En dehors des sublimes points de vue de notre période montagne, nous avons eu un gros coup de cœur pour l’ambiance sauvage et bout du monde de l’Alaska, ainsi que pour la forêt pluviale et les plages de Pacific Rim. Côté camping, les emplacements au cœur de la forêt primitive de Greenpoint et de Telegraph cove sont inoubliables. Au chapitre des points perfectibles, il y aurait bien la hauteur des montagnes qui nous a obligé à puiser dans nos réserves physiques, ces $* # de moustiques et l’impression globale parfois d’un côté un poil mercantile (si ça se trouve c’est un peu à cause du bois). Encore un immense merci à Grisemote qui une fois de plus a imaginé, conçu et construit étape par étape l’ensemble de cette aventure, avec l’aide incontournable du forum et de ses membres actifs. Ses longues recherches l’on souvent amené à être en décalage horaire bien avant l’heure. Merci également à nos pitchouns (ils grandissent et doivent commencer à assez peu apprécier cette appellation) qui ont été coolissime pour accepter sans (trop) râler les kilomètres à pieds, les heures de voitures, les repas sautés ou pris en dehors des normes, le rythme des 3 C (voir plus haut) et les arrêts toutes les minutes pour prendre des photos. Le monde est vaste et il reste tant de chose à voir … ça au moins, c’est fait !
Gilles, 28 mai 2009 2 heures du mat
Pour finir, quelques données purement pratiques (auxquelles il faudra rajouter les courses et restaus à votre convenance):
Avion : 4872, 35€ (4 adultes , 1 enfant au départ de Paris) Voiture (Alamo avec assurance Gold) : 1923€ Ferry inside passage : 694, 81€ Ferry île de Vancouver – Vancouver (nanaimo – horseshoe bay) : 73, 97€
Activités :
Stampede : spectacle du soir 169, 89€ (246, 75 CAD) + rodéo de l’après-midi 97, 88€ (142, 34CAD) Orques à Telegraph Cove : 467, 25 CAD (299, 03€) Entrée parcs Canada famille : 136, 40 CAD (87, 06€) Cheval Waterton : 250CAD (159, 59€) + pourboire Rando sur glacier : 185 CAD (119, 41€) Canoé lac Maligne : 100CAD (64, 62€) (pour 2 heures) Aquarium Uclulet : 16 CAD Location de vélos à Vancouver : 107, 10CAD (67, 93€) Spectacle danses K’san: 35CAD (10 par adulte, 5 par enfant) Visite guidée du village de K’san : 34, 97CAD (22, 95€) (tarif famille) Randonnée Dinosaur Park : 25 CAD Passage douane américaine : 30 $ (5X6 US$) Entrée parc des glaciers : 25 US$ Bateau Waterton Crypt Lake : 40, 97€ (16 par adulte, 8 par enfant)
Campings :
- Dinosaur : 20$ - Ste Mary (Glacier Park USA) : 23$ (16, 87€) - Fish Creek (Glacier Park USA) : 23$ (16, 87€) - Many glacier: 40$ (2 nuits) - Lacs Waterton : 65, 60 CAD (2 nuits) (41, 86 €) - Greenpoint à Pacific Rim : 100, 80 CAD (4 nuits) (69, 53 €) ( achat du bois : 6 CAD) - Wapiti (Jasper) : 93$ (3 nuits) ( 59, 49€) - Lac Louise (Banff) : 120, 40$ (4 nuits) (78, 16€) - K’san : 17$ - Ruisseau Wilcox (Athabasca) : 15, 70CAD (27, 50 avec permis de feu) - Beaumont Provincial Park : 15 CAD - Meziadin lake : 15 CAD - Telegraph Cove Resort : 24, 15 CAD (16, 15€)
TOTAL CAMPINGS : 377€ (avec les différents permis bois)
Hotels/Motels :
Hotel Calgary : 342, 93€ Hotel Vancouver : 466, 11€ Chambre Motel Glacier Park (Many glacier) : 84, 19€ + 8€(charges) 122$+12, 2$(taxes) (4 personnes) Stewart Mountain Lodge (Granduc room triple) : 268, 94 CAD (2 nuits) (172, 18€) Motel Prince Rupert Pacific Inn : 132, 25CAD (84, 85€) Motel North Shore Inn (Port Hardy):138 CAD (88, 45€)
TOTAL ESSENCE : 475, 06€ (pour 4600 kilomètres)
Pour retourner à la deuxième partie: http://voyageforum.com/...ost=2597939;#2597939 Pour retourner à la première partie: http://voyageforum.com/...ere_partie_D2595664/
Itinéraire entre Denver et Salt Lake City English translation pending
Bonjour,
j'aimerais soumettre mon itinéraire à toute personne susceptible de m'apporter ses lumières. Je rame un petit peu et n'arrive pas à finaliser. le temps passe et le montant des billets d'avion grimpe.
Alors voilà :
Départ le 20 luillet 2009
Arrivée Denver 1 nuit
Denver Cheyenn e 1 nuit route trail ridge road par Rocky Mountain)
Cheyenne Fort Laramie 1 nuit (Peut-on dormir à Fort Laramie ou vaut-il mieux aller jusqu'à Custer ou Rapid city) (Visite Mont Rushmore, les badlands )
Deadwood 1 nuit (Est-ce que ça vaut le coup)(devil's tower)
Sheridan ou Buffalo 1 nuit(Rodéo)
Cody 1 nuit(?)
Yellowstone 4 nuits(Grand prasmatic, upper geyser basin, biscuit basin et emeralg pool, le canyon, vallée Delamar)
Grand teton 1 nuit Ballade à Taggart lake kelly river=
Soit départ de Billings ou Salt Lake city par avion sur SF
Départ de SF le 5 aout pour Paris.
Faut -il rajouter des nuits entre Denver et grand téton ?
Quelles sont les randos entre 2 et 4 heures (mes enfants ont 13 et 17 ans)
à ne pas manquer ?
Les points de vue inoubliables ?
Merci d'avance à ceux qui pourront m'aider.
Rencontres insolites avec des grizzlys, des chercheurs d’or et autres dans l’Ouest nord-américain English translation pending
Je reçois régulièrement des histoires incroyables de Cochize, qui a passé une bonne partie de son activité professionnelle à parcourir et étudier l’Amérique du Nord en tant que géologue, dont près de quatre années (cumulées) sous la tente, et comme je trouve que ce serait bien d’élargir la discussion à d'autres membres, je lui ai proposé d'ouvrir un nouveau post.
D'ailleurs, si certains ont fait des rencontres insolites au coin d'un bois, au bord d'un lac ou le long d'un torrent aurifère... à vos claviers!
Comme il me semble plus normal que ce post appartienne en titre à Cochize, puisqu'il y raconte ses histoires, et qu'il puisse intervenir dessus à tout moment, je lui ai proposé d'ouvrir son propre sujet, ce qu'il a finalement accepté. Vous le trouverez ici:
http://voyageforum.com/...dans_ouest_D2416415/
Je laisse malgré tout la trace de ses quatre premières histoires:
Sauver les ours de la décharge de Z
Chose bien connue de tous, en Amérique du Nord, parmi les endroits les plus fréquentés par les ours de toutes sortes (noirs, grizzlys, blancs) en dehors des rivières à saumons, champs de blueberries etc… ont figuré malheureusement depuis des décennies les décharges (garbage dumps) associées à la proximité d’une collectivité humaine. Il fut un temps où, tout comme en France, toute collectivité avait sa décharge ouverte à tous vents. A l’heure actuelle on parle plutôt de centre d’enfouissement (landfill) clôturés, mais les ours sont malheureusement toujours attirés par les poubelles.
Cette année-là, dans les années 1970, sur la côte nord-ouest de l’île de Vancouver nous avions installé un camp d’une quinzaine de personnes. Le site choisi en bordure d’une belle rivière de montagne fournissant eau potable pour faire du TANG !! ( boisson qui accompagnait couramment les repas) était de plus dégagé, permettant donc en tout temps un accès facile et sécurisé à l’hélicoptère, indispensable pour se déplacer rapidement en montagne.
(Hélicoptère léger sur flotteurs du type de celui utilisé. OKANAGAN HELICOPTER a disparu en tant que tel en 1987 )
Il était néanmoins accessible aux 4x4 car proche de la route (alors simple gravel road) conduisant au village de logging de Z……. situé, plus en aval, à l’embouchure de la rivière, au fond de l’inlet (fjord). Ce village avant de devenir une importante base de logging avait d’ailleurs pris naissance vers 1930 lors d’une des toutes dernières ruées vers l’or historiques, d’importance relativement locale, activité certes plus excitante que celle de bûcheron mais beaucoup moins pérenne !! C’était presque un siècle après celle de Californie et plus de trente ans après celle du Klondike.
Le cadre était enchanteur, la rivière aux eaux claires, encaissée au pied des montagnes permettait d’agrémenter de temps en temps l’ordinaire de truites sauvages ou autres steelheads. Derrière nous les sommets enneigés, devant nous la côte Pacifique accessible à notre Zodiac. Et en plus on était payés pour vivre là !!!! Dieu que la nature est belle et sereine parfois !! 🙂🙂
Entre notre camp et le village, à seulement quelques centaines de mètres de nous mais complètement noyée dans la végétation, totalement invisible depuis la route se trouvait la décharge-poubelle locale. A vrai dire nous ne l’avions pas repérée de prime abord mais en réalité elle ne nous gênait pas. Bien entendu les ours (noirs, pas de grizzlys dans l’île) la fréquentaient assidûment et en termes de voisinage nous n’avions peut être pas suivi à la lettre les consignes de sécurité maintenant répandues (ne le répétez pas… il y a de toutes manières prescription...😛).
La coexistence Ce que nous avons découvert par contre c’était que le site sur lequel nous nous étions établi se trouvait sur un des itinéraires préférés de nos voisins et qu’ils n’avaient pas l’intention d’en changer. Pour descendre de la montagne ils continuèrent donc à l’utiliser, en tout cas de nuit, de sorte que souvent le matin on trouvait des traces de pas dans le sable et en plein milieu du camp, entre les tentes. Nous avions une tente cuisine, jamais ils n’y ont tenté la moindre incursion. Nous prenions bien entendu certaines précautions de base quant aux provisions et aux déchets alimentaires mais quand on voit ce qui nous est survenu en des circonstances différentes où les ours se sont attaqué au réfrigérateur fermé pour aller y chercher la nourriture on peut s’étonner rétrospectivement. Le fait est que nos voisins étaient gavés de nourriture de la poubelle, littéralement gavés. Il suffisait de voir leur tour de taille et leur nonchalance. Comme de simples touristes (j’allais dire vulgaires 😛, pardon), le soir après notre propre repas nous allions fréquemment de l’intérieur de nos 4x4 les observer évoluer autour de nous sans nous prêter attention. Allons dire bonsoir aux ours disait l’un d’entre nous et d’autres suivaient. Il y en avait jusqu’à une dizaine qui cassaient la croûte en fourrageant dans les déchets de la journée. C’est à peine s’il levaient la tête pour nous observer, il était difficile de croire que l’on avait affaire à des animaux sauvages, des fauves en puissance et certains d’entre nous devaient parfois résister à la tentation de sortir du 4x4 pour aller leur faire causette.
Un peu à l’écart des tentes-vie, accessible par une sente étroite au milieu de la végétation arbustive et buissonneuse dense, nous avions installé notre out-house (la cabane au fond du jardin dirait l’humoriste).

Deux gros mâles, bien gras, placides et débonnaires (d’allure en tous cas) avaient pris l’habitude d’y faire la sieste en pleine journée. On les avait surnommés "les moines" Pour se rendre à nos commodités il fallait quand même rendre des précautions, éviter de les surprendre. C’est là que nous utilisions une grosse clochette bien sonore, un peu comme les lépreux au Moyen Age pour les avertir de notre arrivée. Si quelqu’un voulait aller aux toilettes donc, on lui rappelait "fais attention aux moines". Il arrivait que nous les trouvions si bien installés qu’ils ne daignaient pas bouger. A ce moment-là nous jugions plus sage de faire demi-tour. Après tout, ils étaient là avant nous n’est-ce pas ? Chaque matin l’hélicoptère emmenait par rotations successives les membres de l’équipe faire leur travail. Chaque soir il allait les chercher. La course de l’hélicoptère l’amenait à passer à très basse altitude au-dessus de la décharge. Les premiers jours nos voisins avaient tendance à s’égailler dans tous les sens, comme du bétail (cela me rappelle, ce qui n’a rien à voir avec notre sujet actuel, un bush pilote du Québec qui, dans la région du lac Saint-Jean, adorait piquer sur les troupeaux pour voir les pauvres bovins courir dans tous les sens ; je ne sais pas si c’était très bon pour la lactation !! ). Au bout de quelques jours ils s’étaient accoutumés et comme tout un chacun levaient simplement la tête vers notre aéronef, nouvelle preuve s’il en était besoin de la rapidité d’accoutumance de l’ours (ils deviennent rapidement "habituated" selon les termes du Professeur Herrero, spécialiste de l’ours à l’université de Calgary).
Nous les aimions bien nos ours, eux des bêtes sauvages, nous des humains, nous partagions le même environnement, buvions la même eau de la même rivière, mangions même parfois les mêmes blueberries du brûlé voisin, profitions du même soleil. Un soir que, dans la tente cuisine, nous dînions, une bonne douzaine d’entre nous dont le pilote de notre hélicoptère, un ancien RCMP ( gendarme de la Royal Canadian Mounted Police), nous sursautons à des coups de feu tout proches, suivis de hurlements affreux. Instantanément nous avons compris : Nom de Dieu ILS tirent sur nos ours !!!. ILS c’était bien sûr les bûcherons du village voisin. Nous nous précipitons tous, renversant les bancs de la cuisine, géologues, prospecteurs, étudiants, pilote et son mécanicien…, sautons dans les véhicules les plus proches et fonçons vers la décharge… Et c’était bien vrai… un enfoiré de villageois, il n’y a pas d’autre mot, était simplement venu faire un carton pour essayer sa 30-06 toute neuve, il n’était même pas intéressé par le trophée ni bien sûr par la viande, ce qui aurait pu être une raison. Il voulait seulement tester son arme sur un ours et maintenant n’ayant même pas été capable d’ajuster son tir sur un animal immobile, il l’avait seulement blessé et on entendait ses plaintes s’éloigner dans la forêt. Trouillard, de plus, il n’osait pas poursuivre la bête pour l’achever proprement. Notre pilote ex RCMP oublie alors qu’il n’en est plus un, devient rouge de colère, il arrache la 30-06 des mains de son propriétaire, l’engueule copieusement, fait mine de lui balancer une gifle, déclare qu’il lui confisque son fusil tout neuf, qu’il n’est pas prêt de le revoir et qu’il sera poursuivi pour braconnage. Là-dessus avec un autre résidant du village armé arrivé sur place, il part sur la trace de l’animal dont on entend toujours les plaintes et… au bout d’un moment on entend deux autres coups de feu puis plus rien… Aucun fou de la gâchette n’est revenu dans le secteur de la décharge pendant notre présence dans les parages. Nos ours donc ne nous ont jamais causé d’ennuis et nous ne leur avons jamais causé, mais une nuit ils nous ont fait bien rigolé sans être réellement impliqués eux-mêmes. Mon épouse et moi avions un chat tigré qui nous suivait partout "dans le bois". Ce chat avait un comportement intéressant à observer. Premièrement quand nous arrivions sur un nouveau site il s’éclipsait pour environ 48 heures peut-être pour reconnaître son territoire et le marquer à l’instar de ses ancêtres félins sauvages. Il revenait d’ailleurs souvent avec des traces de luttes voire des blessures. Deuxièmement une fois implanté sur un site, il restait la journée au camp à somnoler comme tout bon chat mais, la nuit tombée, s’éclipsait de nouveau, à la chasse, et pour quelques heures seulement. Il rentrait au milieu ou vers la fin de la nuit mais pas d’une manière banale… Nos tentes consistaient en un "squelette" de contreplaqué assemblé par clous, sur lequel on tendait la toile de tente proprement dite, toile de tente qui était censée passer par-dessus le contre plaqué, pour être étanche à la pluie, mais que souvent on laissait pendre à l’intérieur de la paroi. De sorte que le chat sautant sur la toile de tente faisant toit, se laissait glisser sur elle à l’intérieur du contreplaqué et atterrissait directement sur nos sacs de couchage ce qui, la plupart du temps, nous réveillait mais nous en avions l’habitude et n’y prêtions pas attention, et tout le monde replongeait dans le sommeil.
Une nuit, notre chat – était-il euphorique, avait-il consommé une herbe particulière – s’est trompé et a réintégré sur le coup de 3 heures la tente, proche de la mienne, d’un couple de collègues. A l’arrivée brutale mais surtout inattendue de notre greffier sur leur sac de couchage: réveil en sursaut et émoi de nos voisins. Lui, mal réveillé, pensant qu’un ours s’écartait de son code de bonne conduite, bondit en dehors de sa tente en gesticulant et criant à mon intention sachant que j’étais le seul à avoir une carabine à portée de main : "JP ta Winchester!… ta Winchester!!…"
D'ailleurs, si certains ont fait des rencontres insolites au coin d'un bois, au bord d'un lac ou le long d'un torrent aurifère... à vos claviers!
Comme il me semble plus normal que ce post appartienne en titre à Cochize, puisqu'il y raconte ses histoires, et qu'il puisse intervenir dessus à tout moment, je lui ai proposé d'ouvrir son propre sujet, ce qu'il a finalement accepté. Vous le trouverez ici:
http://voyageforum.com/...dans_ouest_D2416415/
Je laisse malgré tout la trace de ses quatre premières histoires:
Sauver les ours de la décharge de Z
Chose bien connue de tous, en Amérique du Nord, parmi les endroits les plus fréquentés par les ours de toutes sortes (noirs, grizzlys, blancs) en dehors des rivières à saumons, champs de blueberries etc… ont figuré malheureusement depuis des décennies les décharges (garbage dumps) associées à la proximité d’une collectivité humaine. Il fut un temps où, tout comme en France, toute collectivité avait sa décharge ouverte à tous vents. A l’heure actuelle on parle plutôt de centre d’enfouissement (landfill) clôturés, mais les ours sont malheureusement toujours attirés par les poubelles.
Cette année-là, dans les années 1970, sur la côte nord-ouest de l’île de Vancouver nous avions installé un camp d’une quinzaine de personnes. Le site choisi en bordure d’une belle rivière de montagne fournissant eau potable pour faire du TANG !! ( boisson qui accompagnait couramment les repas) était de plus dégagé, permettant donc en tout temps un accès facile et sécurisé à l’hélicoptère, indispensable pour se déplacer rapidement en montagne.
(Hélicoptère léger sur flotteurs du type de celui utilisé. OKANAGAN HELICOPTER a disparu en tant que tel en 1987 )Il était néanmoins accessible aux 4x4 car proche de la route (alors simple gravel road) conduisant au village de logging de Z……. situé, plus en aval, à l’embouchure de la rivière, au fond de l’inlet (fjord). Ce village avant de devenir une importante base de logging avait d’ailleurs pris naissance vers 1930 lors d’une des toutes dernières ruées vers l’or historiques, d’importance relativement locale, activité certes plus excitante que celle de bûcheron mais beaucoup moins pérenne !! C’était presque un siècle après celle de Californie et plus de trente ans après celle du Klondike.
Le cadre était enchanteur, la rivière aux eaux claires, encaissée au pied des montagnes permettait d’agrémenter de temps en temps l’ordinaire de truites sauvages ou autres steelheads. Derrière nous les sommets enneigés, devant nous la côte Pacifique accessible à notre Zodiac. Et en plus on était payés pour vivre là !!!! Dieu que la nature est belle et sereine parfois !! 🙂🙂
Entre notre camp et le village, à seulement quelques centaines de mètres de nous mais complètement noyée dans la végétation, totalement invisible depuis la route se trouvait la décharge-poubelle locale. A vrai dire nous ne l’avions pas repérée de prime abord mais en réalité elle ne nous gênait pas. Bien entendu les ours (noirs, pas de grizzlys dans l’île) la fréquentaient assidûment et en termes de voisinage nous n’avions peut être pas suivi à la lettre les consignes de sécurité maintenant répandues (ne le répétez pas… il y a de toutes manières prescription...😛).
La coexistence Ce que nous avons découvert par contre c’était que le site sur lequel nous nous étions établi se trouvait sur un des itinéraires préférés de nos voisins et qu’ils n’avaient pas l’intention d’en changer. Pour descendre de la montagne ils continuèrent donc à l’utiliser, en tout cas de nuit, de sorte que souvent le matin on trouvait des traces de pas dans le sable et en plein milieu du camp, entre les tentes. Nous avions une tente cuisine, jamais ils n’y ont tenté la moindre incursion. Nous prenions bien entendu certaines précautions de base quant aux provisions et aux déchets alimentaires mais quand on voit ce qui nous est survenu en des circonstances différentes où les ours se sont attaqué au réfrigérateur fermé pour aller y chercher la nourriture on peut s’étonner rétrospectivement. Le fait est que nos voisins étaient gavés de nourriture de la poubelle, littéralement gavés. Il suffisait de voir leur tour de taille et leur nonchalance. Comme de simples touristes (j’allais dire vulgaires 😛, pardon), le soir après notre propre repas nous allions fréquemment de l’intérieur de nos 4x4 les observer évoluer autour de nous sans nous prêter attention. Allons dire bonsoir aux ours disait l’un d’entre nous et d’autres suivaient. Il y en avait jusqu’à une dizaine qui cassaient la croûte en fourrageant dans les déchets de la journée. C’est à peine s’il levaient la tête pour nous observer, il était difficile de croire que l’on avait affaire à des animaux sauvages, des fauves en puissance et certains d’entre nous devaient parfois résister à la tentation de sortir du 4x4 pour aller leur faire causette.
Un peu à l’écart des tentes-vie, accessible par une sente étroite au milieu de la végétation arbustive et buissonneuse dense, nous avions installé notre out-house (la cabane au fond du jardin dirait l’humoriste).

Deux gros mâles, bien gras, placides et débonnaires (d’allure en tous cas) avaient pris l’habitude d’y faire la sieste en pleine journée. On les avait surnommés "les moines" Pour se rendre à nos commodités il fallait quand même rendre des précautions, éviter de les surprendre. C’est là que nous utilisions une grosse clochette bien sonore, un peu comme les lépreux au Moyen Age pour les avertir de notre arrivée. Si quelqu’un voulait aller aux toilettes donc, on lui rappelait "fais attention aux moines". Il arrivait que nous les trouvions si bien installés qu’ils ne daignaient pas bouger. A ce moment-là nous jugions plus sage de faire demi-tour. Après tout, ils étaient là avant nous n’est-ce pas ? Chaque matin l’hélicoptère emmenait par rotations successives les membres de l’équipe faire leur travail. Chaque soir il allait les chercher. La course de l’hélicoptère l’amenait à passer à très basse altitude au-dessus de la décharge. Les premiers jours nos voisins avaient tendance à s’égailler dans tous les sens, comme du bétail (cela me rappelle, ce qui n’a rien à voir avec notre sujet actuel, un bush pilote du Québec qui, dans la région du lac Saint-Jean, adorait piquer sur les troupeaux pour voir les pauvres bovins courir dans tous les sens ; je ne sais pas si c’était très bon pour la lactation !! ). Au bout de quelques jours ils s’étaient accoutumés et comme tout un chacun levaient simplement la tête vers notre aéronef, nouvelle preuve s’il en était besoin de la rapidité d’accoutumance de l’ours (ils deviennent rapidement "habituated" selon les termes du Professeur Herrero, spécialiste de l’ours à l’université de Calgary).
Nous les aimions bien nos ours, eux des bêtes sauvages, nous des humains, nous partagions le même environnement, buvions la même eau de la même rivière, mangions même parfois les mêmes blueberries du brûlé voisin, profitions du même soleil. Un soir que, dans la tente cuisine, nous dînions, une bonne douzaine d’entre nous dont le pilote de notre hélicoptère, un ancien RCMP ( gendarme de la Royal Canadian Mounted Police), nous sursautons à des coups de feu tout proches, suivis de hurlements affreux. Instantanément nous avons compris : Nom de Dieu ILS tirent sur nos ours !!!. ILS c’était bien sûr les bûcherons du village voisin. Nous nous précipitons tous, renversant les bancs de la cuisine, géologues, prospecteurs, étudiants, pilote et son mécanicien…, sautons dans les véhicules les plus proches et fonçons vers la décharge… Et c’était bien vrai… un enfoiré de villageois, il n’y a pas d’autre mot, était simplement venu faire un carton pour essayer sa 30-06 toute neuve, il n’était même pas intéressé par le trophée ni bien sûr par la viande, ce qui aurait pu être une raison. Il voulait seulement tester son arme sur un ours et maintenant n’ayant même pas été capable d’ajuster son tir sur un animal immobile, il l’avait seulement blessé et on entendait ses plaintes s’éloigner dans la forêt. Trouillard, de plus, il n’osait pas poursuivre la bête pour l’achever proprement. Notre pilote ex RCMP oublie alors qu’il n’en est plus un, devient rouge de colère, il arrache la 30-06 des mains de son propriétaire, l’engueule copieusement, fait mine de lui balancer une gifle, déclare qu’il lui confisque son fusil tout neuf, qu’il n’est pas prêt de le revoir et qu’il sera poursuivi pour braconnage. Là-dessus avec un autre résidant du village armé arrivé sur place, il part sur la trace de l’animal dont on entend toujours les plaintes et… au bout d’un moment on entend deux autres coups de feu puis plus rien… Aucun fou de la gâchette n’est revenu dans le secteur de la décharge pendant notre présence dans les parages. Nos ours donc ne nous ont jamais causé d’ennuis et nous ne leur avons jamais causé, mais une nuit ils nous ont fait bien rigolé sans être réellement impliqués eux-mêmes. Mon épouse et moi avions un chat tigré qui nous suivait partout "dans le bois". Ce chat avait un comportement intéressant à observer. Premièrement quand nous arrivions sur un nouveau site il s’éclipsait pour environ 48 heures peut-être pour reconnaître son territoire et le marquer à l’instar de ses ancêtres félins sauvages. Il revenait d’ailleurs souvent avec des traces de luttes voire des blessures. Deuxièmement une fois implanté sur un site, il restait la journée au camp à somnoler comme tout bon chat mais, la nuit tombée, s’éclipsait de nouveau, à la chasse, et pour quelques heures seulement. Il rentrait au milieu ou vers la fin de la nuit mais pas d’une manière banale… Nos tentes consistaient en un "squelette" de contreplaqué assemblé par clous, sur lequel on tendait la toile de tente proprement dite, toile de tente qui était censée passer par-dessus le contre plaqué, pour être étanche à la pluie, mais que souvent on laissait pendre à l’intérieur de la paroi. De sorte que le chat sautant sur la toile de tente faisant toit, se laissait glisser sur elle à l’intérieur du contreplaqué et atterrissait directement sur nos sacs de couchage ce qui, la plupart du temps, nous réveillait mais nous en avions l’habitude et n’y prêtions pas attention, et tout le monde replongeait dans le sommeil.
Une nuit, notre chat – était-il euphorique, avait-il consommé une herbe particulière – s’est trompé et a réintégré sur le coup de 3 heures la tente, proche de la mienne, d’un couple de collègues. A l’arrivée brutale mais surtout inattendue de notre greffier sur leur sac de couchage: réveil en sursaut et émoi de nos voisins. Lui, mal réveillé, pensant qu’un ours s’écartait de son code de bonne conduite, bondit en dehors de sa tente en gesticulant et criant à mon intention sachant que j’étais le seul à avoir une carabine à portée de main : "JP ta Winchester!… ta Winchester!!…"
Deux mois et demi en camping-car: ouest des États-Unis - Canada (1ère partie) English translation pending
Enfant, je tendais des embuscades à la Cavalerie américaine en compagnie de Cochise et Géronimo…Adolescent, je m’endormais en admirant le magnifique poster du Lac Maligne que j’avais fixé au plafond juste au-dessus de mon lit…Il m’aura fallu attendre 25 ans avant de découvrir tous ces paysages et tous ces sites historiques qui ont enchanté mes jeunes années! J’ai emmené, dans mon sillage, ma petite famille ( Nathalie ma compagne, Julia, ma fille de 13 ans et Nathan, mon fils de 9 ans) pendant 2 mois et demi en camping-car. Nous avons parcouru 12 000 kms sur des routes plus mythiques les unes que les autres et avons randonné plus de 300 kms sans compter le canoë sur le fameux Lac Maligne !.. Nous avons rencontré des gens formidables que ce soit parmi les Native Nations que parmi les Américains. Mon objectif était, au départ, de partir 5 mois, de l’Alaska au sud de l’Arizona, mais les contraintes administratives, professionnelles et financières m’ont obligé à revoir mon projet à la baisse ; nous avons donc vécu cette aventure inoubliable sur 75 jours. Je remercie les membres du forum qui m’ont aidé à mettre le circuit en place ( les carnets de voyage que j’ai « dévorés » avant de partir m’ont été d’une aide très précieuse…) ainsi que les auteurs de « ouestusa.fr », Thierry Lagarde et Philippe Schuler, le site de « arizona- dream » et enfin le site de « vazyvite » que je conseille si vous voulez passer de bons moments de rigolade…
1ere partie Seattle-Hardin 
J1 Lundi 21 juillet
C’est le grand jour, l’excitation des dernières semaines à fait place à une certaine inquiétude… Nous ne sommes pas coutumiers d’un tel voyage et des tonnes de questions nous assaillent, mais il est trop tard pour reculer. Nous prenons l’avion à Toulouse, direction Seattle via Francfort. Nous survolons le Groenland, les grandes plaines canadiennes, les Rocheuses et après 12 hrs de vol, nous nous posons à Seattle.



Nous appréhendons le passage à l’immigration qui serait, d’après plusieurs témoignages, une épreuve terrible ; nous ne sommes pas rassurés… Mais il n’en est rien. Une dame très gentille nous accueille et nous remercie d’avoir choisi son pays pour passer nos vacances. Nous récupérons facilement nos bagages ; il ne manque rien. Notre chauffeur nous attend, il doit nous mener à Grayland sur le Pacifique où nous devons récupérer le camping-car. Tout se passe bien, ce n’est pas normal… Nous montons dans un van gigantesque, le chauffeur allume la radio et c’est Tom Petty qui accompagne nos premiers pas aux Etats-Unis. Une douce euphorie nous envahit et malgré la fatigue, nous sommes tout sourire. Arrivés au camping, nous prenons possession de notre habitation pour les prochaines semaines. Du camping nous entendons les vagues du Pacifique et nous ne résistons pas à la tentation de faire quelques pas sur la plage. A notre retour nous prenons notre premier repas américain(…) Les enfants ne sont toujours pas fatigués, mais il est près de 22 hrs. Avec le décalage horaire, cela fait donc 27 hrs que nous sommes debout, il est grand temps d’aller se coucher !
J2 Mardi 22 juillet
Nous choisissons de rester un jour de plus à Grayland, pour récupérer un peu. L’après midi nous partons visiter Westport, un petit port de pêche. Je m’installe au volant du camping-car, après quelques explications du loueur, je commence à rouler ; au bout d’une centaine de mètres, allez savoir pourquoi, je décide de freiner… Le camping-car s’immobilise dans un fracas assourdissant ; nous sommes projetés vers l’avant tandis que la vaisselle se répand dans l’habitacle. Il va falloir être doux sur la pédale de frein… Arrivés à Westport, Nathan est impatient de dépenser ses premiers dollars. Nous faisons quelques courses ; on y reste un temps fou, car nous ne connaissons pas les produits. Nous faisons l’aller-retour dans un vacarme terrible ; 12 000 kms dans ces conditions, ça promet…Trop confiant, je n’ai, en fait, pas suffisamment écouté les consignes concernant la boîte automatique, et nous avons effectué le trajet en vitesse « montagne » (l’équivalent de notre seconde) !!!

J3 Mercredi 23 juillet

C’est aujourd’hui le vrai départ. Nous prenons la pause devant le camping-car, pour immortaliser cet instant. En route pour le Lake Quinault. Pique nique au bord du lac avant de repartir vers Kalaloch.

La route s’étire parmi des forêts immenses, qui semblent à perte de vue. Nous longeons maintenant le littoral ; la route est très belle, nous apercevons à travers le feuillage des criques sauvages. Arrivés à Kalaloch, nous allons vers la plage ; c’est un incroyable enchevêtrement de bois mort qu’il nous faut enjamber pour arriver à l’océan.
Il fait grand beau temps et les enfants vont se baigner (quel courage !). Nous trouvons une place à un camping primitif avec un foyer pour faire du feu (pour nous, c’est une découverte !). Nous demandons au ranger, où nous pouvons acheter du bois ; il nous conseille de le ramasser sur la plage. Après les grillades nous repartons assister au coucher de soleil sur le Pacifique.

J4 Jeudi 24 juillet
Comme d’habitude, nous nous levons de bonne heure, il est à peine 8hrs, quand nous arrivons sur le parking de Beach 4 ; il est désert. Après une courte marche dans la forêt, nous arrivons au bord d’une falaise qui surplombe de quelques mètres la plage. C’est un moment magique, c’est tellement beau ! Nous trainons plus d’une heure sur la plage, nous sommes si bien !



Mais la matinée s’avance, il faut songer à repartir. Ruby Beach… encore un site magnifique, mais il y a plus de monde et le charme est rompu.




Nous prenons ensuite la route de Hoh Rain Forest ; A l’entrée de Olympic National Park, nous achetons le Pass annuel. Nous mangeons en vitesse et commençons ; « Spruce Nature Trail » ; une petite balade dans la forêt. Un panneau nous met en garde contre des Elks (wapitis) belliqueux. Effectivement après quelques minutes, un couple d’Américains arrive en courant ; ils nous expliquent qu’ils viennent de se faire charger par un Elk. Nous avançons prudemment… il est là, au milieu de la rivière ; le temps de faire quelques photos et il reprend sa marche en avant et disparaît dans les fourrés de l’autre coté de Hoh River. Quelle nature incroyable !

La deuxième balade, « Hall of Moses », est plus calme, si ce n’est de grosses mouches qui viennent nous ennuyer. La forêt est très belle, mais elle le serait probablement encore plus après la pluie. Or, aujourd’hui, c’est grand soleil et la mousse sur les arbres est sèche. Nous repartons vers le Pacifique, réservons une place à « Mora Campground » avant d’aller à Rialto Beach. Le vent souffle fort ; toujours ces étendues de bois mort… Nathan tient à se baigner malgré le froid. Il ne restera que quelques instants dans l’eau.


Retour au camping situé dans une forêt aux arbres immenses, on se croirait dans une cathédrale. Nous apercevons nos premiers « Squirrels » (écureuils) que les enfants vont, bien sûr, nourrir.
J5 Vendredi 25 juillet
Nous quittons Mora Campground pour La Push. C’est une réserve indienne de la tribu Quileute. Le port n’est pas très touristique, pas très propre non plus mais il se dégage des lieux un charme indéniable.
Nous reprenons la route, Crescent Lake. Ici tout est nickel, bien rangé ; on se croirait en Suisse… Petite balade vers « Marymere Falls » .La forêt est encore magnifique, mais les chutes n’ont rien d’exceptionnel.


Direction maintenant Port Angeles où nous devons embarquer pour Vancouver Island. Première petite galère ; nous n’avons pas réservé notre trajet sur le ferry et il n’y a plus de place dans la journée. Nous pouvons tout de même faire la traversée de nuit. Nous arrivons à Victoria, il est près de 23hrs. Par chance, après avoir tourné en ville quelques minutes, nous trouvons un parking où l’on peut passer la nuit.
J6 Samedi 26 juillet
Visite de Victoria en début de matinée ; nous commençons par le bord de mer où nous sommes attirés par de nombreux Totems.

Direction Chinatown, il est presque midi. Un couple dans un restaurant se régale de beignets de crevettes, c’en est trop ! Je propose d’aller manger chinois. Le repas est bon mais nous avons trop commandé. Nous rentrons par le port, les quais sont très animés ; beaucoup d’étals d’artistes et d’articles « indiens ».

Pour sortir de Victoria, c’est une vraie galère ! Nous allons tourner un moment avant de trouver la route de Port Renfrew. Nous trouvons une place au camping de « China Beach ». La plage n’est qu’à 1 km ; nous décidons d’y aller tout de suite. Très belle plage, la lumière est magnifique.

Nathan commence à ramasser quelques bûches ; il y a ici aussi du bois mort. Nous reprenons un autre chemin, la montée est rude. Arrivés en haut, nous devons encore faire plus d’un kilomètre pour rejoindre le camping. Les enfants râlent un peu, mais il faut bien rentrer. Une fois au camping, nous allumons le feu. Une ranger s’approche, nous interpelle : « Où avez-vous trouvé ce bois ? Au Canada il est interdit d’en ramasser sur la plage !» Nous nous excusons en bafouillant. Nous sommes passés très près d’une amende salée... Au milieu de la nuit, l’alarme se met en route. Une fuite de gaz est détectée. Nathalie bondit et coupe le gaz. Rien à faire… l’alarme continue ainsi toute la nuit.
J7 Dimanche 27 juillet
Enfin l’alarme s’est arrêtée. Un coup de fil à STI, la société où nous avons loué le camping-car ; il n’y a pas de fuite de gaz, mais nous avons passé 3 jours sans recharger les batteries et c’est pourquoi l’alarme s’est déclenchée. Il fait mauvais ce matin, nous partons vers Port Renfrew, qui semble au bout du monde. De là, nous rejoignons Nanaimo par une petite route de montagne très peu fréquentée. Nous allons directement au ferry, comme à Port Angeles. Pas de place, sauf sur celui du lendemain matin à 8 hrs. Nous trouvons une place à « Jingle Pot Campground » un camping délicieusement fleuri, où nous sommes chaleureusement accueillis.
J8 Lundi 28 juillet
Réveil en fanfare, on a un ferry à prendre. A peine embarqués, nous montons sur le pont pour profiter cette fois du paysage. Le ferry navigue entre les îles et nous atteignons rapidement Horseshoe Bay, terme de notre croisière.



Nous sortons du ferry et trouvons rapidement la route vers Whistler. Les panoramas sont superbes. Malheureusement à cause des nombreux travaux sur la route pour les JO, nous ne pouvons pas nous arrêter. Nous sommes surpris par la circulation ; c’est quasiment un flot ininterrompu de véhicules qui descendent vers la côte. Les paysages sont magnifiques, mais il y a vraiment trop de travaux. Nous avons l’explication de ce trafic : un festival de musique s’est terminé la veille à Pemberton et a attiré beaucoup de monde. La route après Whistler est beaucoup plus calme. Elle s’élève doucement entre les prairies et les conifères. Nous arrivons à un col, mais aucune indication d’altitude ; la vue sur les montagnes est de toute beauté, une vraie carte postale !

Soudain je m’écrie : « UN OURS ! » En effet, l’animal est en train de manger à quelques mètres de la route. Je freine, mais le temps d’empoigner appareil photo et autre caméscope, le plantigrade s’est enfui… Dommage ! J’espère que nous aurons une autre occasion, surtout que Julia n’a pas vu l’ours. La descente est interminable ; je me demande à quelle altitude nous pouvions bien être tout à l’heure. Lillooet, enfin ! Nous nous dirigeons maintenant vers Kamloops. Le paysage est très différent, presque aride. Nous prenons un camping sur la route de Clearwater. La journée a été pénible ; trop de route… Nous apprécions une bière bien fraîche.
J9 Mardi 29 juillet
Encore une longue route aujourd’hui. Les paysages ne sont pas aussi spectaculaires qu’hier, mais très beaux tout de même. Après de nombreuses heures de route, au détour d’un virage, la face nord du Mt Robson se dévoile, déclenchant des « OH ! » admiratifs dans le camping- car. Le temps est gris et le sommet est malheureusement dans les nuages.

Direction le « visitor center » pour récupérer notre « Backcountry permit » qui va nous autoriser à camper au Berg Lake. Notre nom n’apparaît pas dans les réservations. Nous nous y étions pris pourtant très tôt pour réserver de France ! Il reste heureusement une place à Robson Pass, mais 2 kms plus loin. Ce soir, au lit de bonne heure ; les 2 prochaines journées s’annoncent difficiles…
J10 Mercredi 30 juillet
Il a plu toute la nuit et ce matin il pleut encore. La randonnée vers Berg Lake semble compromise. Nous passons au visitor center pour s’enquérir de la météo : perturbé aujourd’hui, cela s’arrange demain. On décide quand même de partir, profitant d’une éclaircie. Quelques centaines de mètres plus haut, la pluie se remet à tomber. On marche d’un bon pas en longeant la Robson river.


On atteint Kinney Lake, la pluie s’intensifie. Nous sommes trempés quand nous arrivons à l’abri de Kinney Lake campground. L’heure est grave, …Que faut il faire ? Continuer ou s’en retourner ? Les enfants optent pour la deuxième solution. Nathalie hésite. Je suis pour continuer…Un léger rayon de soleil achève de me convaincre… nous continuons. C’est la soupe à la grimace, d’autant plus que le chemin est maintenant très casse- pattes.



Nous sortons enfin de la forêt et attaquons la première réelle difficulté du parcours. La vue sur le lac, malgré le mauvais temps, est magnifique.

Nous traversons un pont suspendu et entrons dans « Valley of Thousand Falls » Cette vallée est magnifique ! Bordée des 2 côtés par des falaises. Le chemin longe à présent le torrent. Je suis émerveillé à chaque pas.

Nous entendons, avant de la voir, la « White Fall », qui descend de la falaise et s’engouffre dans le canyon. C’est maintenant la partie la plus difficile du trail ; le chemin escalade la falaise et nous permet de contempler de grandioses points de vue sur la cascade.


Ces 5 kms d’ascension seront mon chemin de croix ; je me traine lamentablement en fin de colonne. La pente s’adoucit enfin, nous avons passé le plus dur. Nous longeons à nouveau la Robson river.

Mon caméscope, qui était fixé au trépied, se détache, dévale plusieurs mètres sur les cailloux et tombe à l’eau. Je reste pétrifié alors que Nathalie s’est déjà précipitée ; elle repêche la caméra qui trempait partiellement dans l’eau. Nous débouchons sur un plateau caillouteux. Le soir commence à tomber ; le ciel est gris. .. Nous semblons tout petits perdus dans cette immensité…



Nathalie s’inquiète, il se fait tard. Nous arrivons au lac ; plus que deux kms jusqu’au camping ! Malgré la fatigue, nous prenons 5 minutes, pour contempler le paysage.

Enfin le camping ! Nous dénombrons 4 emplacements vides. C’est décidé, nous n’allons pas plus loin. La tente est rapidement montée. Notre réchaud acheté la veille ne fonctionne pas, c’est la galère. On mange froid, heureusement nos voisins ( des randonneurs canadiens ) vont nous prêter leur réchaud pour faire chauffer un thé. Ils doivent nous prendre en pitié… On va se coucher. A propos, la caméra fonctionne encore, ouf ! Bonne nuit, on est crevé…
J11 Jeudi 31 juillet
Il fait froid ce matin, mais il fait beau. Le dôme de Robson est dégagé ; c’est un des plus beaux panoramas qu’il m’ait été donné de voir !



Nous remercions tout le monde, faisons le plein d’eau et commençons à redescendre.





La fatigue se fait à nouveau sentir et les derniers kilomètres nous paraissent interminables. Nous arrivons enfin, complètement épuisés (les rations de nourritures n’étaient pas suffisantes). Nous venons d’effectuer 44 kms en deux jours et je dois dire que je tire un coup de chapeau à Nathan et Julia qui ont tenu le coup sans râler … à part un peu au début…
J12 Vendredi 1er aout
On se dirige aujourd’hui vers Jasper, le temps est toujours maussade. On s’acquitte du pass Jasper/Banff : 136 dollars quand même ! C’est plus cher qu’aux USA .On fait quelques courses et visite de la ville. Beaucoup de boutiques « attrapes touristes ». On rentre dans un magasin « Native » ; tout est très cher. Je laisse Nathalie et les enfants faire des emplettes. J’en ai marre, mes pieds me font souffrir. Le Backcountry pour Maligne Lake est confirmé. Nous pouvons rejoindre Whistler campground, très grand camping impersonnel. Un bon repas et au lit ; demain il y a du boulot…
J13 Samedi 2 août
C’est parti pour ce qui sera peut-être la plus grande aventure de ce voyage : Deux jours en canoë sur le Lac maligne. La route qui nous mène au lac Maligne est magnifique. Nous guettons le « Moose »( l’élan ), mais c’est l’ours que nous allons voir. En de telles circonstances, les consignes sont claires : rester dans sa voiture et continuer sa route, mais comme nous sommes français, nous faisons exactement le contraire. Une ourse et ses 2 petits s’amusent en contre bas de la route. Nous voilà au lac Maligne ! De France, cela me semblait une bonne idée de partir en canoë au lieu d’utiliser la navette vers « Spirit Island », mais aujourd’hui, debout sur le ponton, harnachés dans mon gilet de sauvetage, face au lac, je n’en suis plus du tout persuadé. Première difficulté : embarquer sans se mettre à l’eau, surtout que des curieux se sont massés sur la rive. J’invite Nathan à prendre les devants. Ce n’est apparemment pas si compliqué. Nous prenons rapidement nos marques et pagayer devient un plaisir.

Par prudence nous longeons la côte et au bout de quelques kilomètres nous accostons pour goûter ; quelle sensation extraordinaire !

La journée s’avance et toujours pas de camping en vue. Le ciel s’assombrit et il commence à pleuvoir. Nous arrivons enfin dans la Fisherman’s Bay qui héberge le camping. Le temps d’accoster et c’est le déluge. On monte rapidement la tente mais nous sommes trempés et plus gênant encore, certains sacs de couchage le sont aussi.



Nous avons cette fois un réchaud qui fonctionne et de la nourriture en abondance. Malgré le froid nous arrivons à nous endormir. On entend des loups hurler au loin, c’est un peu lugubre…
J14 Dimanche 3 août
Il fait très froid ce matin, et nous ne traînons pas. Après un petit déjeuner, retour au canoë et cap sur « Spirit Island ».

Le brouillard est très bas sur le lac et lui donne un aspect sinistre. Nous débarquons sur la presqu’île et montons au promontoire d’où est pris le célèbre cliché. Le poster trônait dans ma chambre d’adolescent, époque durant laquelle je rêvais de grands espaces et de solitude. Malheureusement le paysage est complètement bouché.

Nathalie qui perçoit ma déception, propose d’attendre un moment, pour voir si le temps se lève. Le soleil commence finalement à percer, chassant le brouillard et le panorama extraordinaire, devant nos yeux se dévoile…C’est magique et inespéré !

Nous avons plusieurs minutes pour en profiter, avant l’arrivée des premières navettes. Ce fut un instant très particulier pour moi, plein d’émotion… Mais il faut repartir… Je garderai, toute ma vie, en mémoire ce dimanche matin à Spirit Island…


Le retour est plus monotone. Les premières navettes circulent. Julia me fait un signe en souriant ; un japonais est en train de nous prendre en photo ! Après la pause, je reprends Nathan qui fait beaucoup d’efforts pour m’aider. A quelques encablures du port, notre galère quotidienne : la pluie se met à tomber et nous devons faire face à un fort vent contraire. Nous reprenons pied sur la terre ferme, fourbus mais heureux.

J15 Lundi 4 août
Aujourd’hui grand moment en perspective, il fait grand beau temps et nous empruntons la « Icefield Road » 240 kms jusqu'à Lake Louise. Le voyage commence par les chutes Athabasca. Nous allons faire les parfaits touristes et nous arrêter à tous les points de vue. Les Ah ! et les Oh ! fusent dans le camping-car. Des sommets enneigés, des glaciers, des meadows (prairies), des lacs, des fleuves, rien ne nous sera épargné. Quelle route magnifique !







A l’approche de Lake Louise, un Black bear, vient faire le clown au bord de la route. On ne s’arrête même pas, c’est lassant les ours à la fin (…) Lake Louise est immense ; il y a un monde fou. Nous prenons notre place au camping. Heureusement, nous avions réservé ! Nous sommes repus et nous nous endormons bercés par…les trains de nuit qui passent toutes les heures, déclenchant leurs sirènes, probablement à l’approche d’un passage à niveau.
J16 Mardi 5 août
Réveil de bonne heure, nous avons décidé de repartir en rando. Ce sera Giant Steps par Paradise Valley ; tout un programme ! Première bonne nouvelle ; il n’y a aucune voiture garée au départ de la balade. Nous marchons d’un bon pas, sur un chemin facile dans la forêt.

Peu avant Annette Lake, le sentier se redresse et nous commençons à souffler. Une petite pause au bord du lac, dominé par le Mt Temple et son glacier et nous repartons.

Après une nouvelle montée dans la forêt, nous débouchons sur un éboulis ; devant nous le glacier Horseshoe et le pic Wenkchemna. Le spectacle est magnifique !


Nous traversons l’éboulis et repartons dans la forêt. Il commence à faire chaud et la faim tenaille Julia. Soudain un grand bruit à côté de nous ! Tout le monde sursaute et s’apprête à affronter le grizzli qui est en train de nous charger…Notre soif d’aventure sera pour une autre fois ; ce n’est qu’un porc- épic qui tente de hisser son gros derrière en haut d’un arbre… Le pauvre a du avoir peur ! Julia s’enfonce dans la forêt, soi-disant pour le photographier ; je la soupçonne plutôt de vouloir le manger… Nous arrivons maintenant sur de grandes dalles, les Giant Steps. Une cascade dévale du glacier et glisse sur ces marches de géant.

Nous nous installons sur le large rocher plat qui surplombe la vallée. Encore une fois nous sommes seuls dans cette nature qui semble vierge de toute trace humaine. J’imagine que nous sommes des desperados venus planquer leur butin après le hold- up de la banque de Lake Louise ( j’adore les westerns ).

Nous partageons le corned beef, c’est horrible ! Nous terminons cette petite balade, qui fait quand même 21 kms, en redescendant dans la forêt. Les enfants sont devant, Nathan n’arrête pas de parler, quelle pêche !
J17 Mercredi 6 août
Réveil de bonne heure aujourd’hui encore, nous partons visiter Lake Louise et Moraine Lake, 2 grands sites touristiques et nous voulons éviter le gros de la foule. Lake Louise tout d’abord ; le site est très beau mais défiguré par les installations touristiques. A noter que tous les sommets portent tous le nom d’intendants ou d’hommes politiques blancs, même la fille ou la petite fille de la reine Victoria y a droit… Aucun ne porte le nom d’un indien… Ce sont pourtant les Assiniboines qui ont contribué à faire découvrir le lac aux blancs ; ils le nommaient « le lac aux petits poissons ».

La route vers lac Moraine est magnifique. Nous partons vers Consolation Lakes ; le site est encore une fois remarquable !

Retour au lac Moraine ; nous montons au belvédère, il commence à y avoir pas mal de monde. Nathan est heureux, il a caressé un « squirrel », Julia est furieuse, « cette attitude est irresponsable et anti-écologique » lui dit-elle. » Ah ces intellos ! » lui répond son frère.


Il est 11hrs du matin, le parking est plein. De nombreuses voitures sont stationnées le long de la route et ça monte encore en file ininterrompue. Direction Banff où nous prenons un camping : au loin nous entendons siffler les trains.
J18 Jeudi 7 août
Visite de Banff aujourd’hui. Tout d’abord le musée sur la faune des « Rockies » puis « Buffalo Nation », le musée indien.


Ensuite, direction le centre ville, où les enfants vont inaugurer une longue série de magasins de souvenirs. Je les abandonne au bout du deuxième, Nathalie continue courageusement. Nous quittons Banff en milieu d’après midi, pour nous rapprocher de Glacier. Nous allons emprunter une des plus belles routes depuis notre départ à travers le Kananaskis Country, très sauvage. Après Highwood Pass, nous redescendons vers les plaines. Nous trouvons un camping à Longview, le gérant est très amical, c’est la première fois qu’il accueille des français.
J19 Vendredi 8 août
On reprend la route vers les Etats-Unis, on fait des courses au Wall Mart, le premier d’une longue série. Nous nous enfonçons dans la montagne, la frontière approche. Un Black Bear vient nous souhaiter un bon voyage, nous ralentissons, mais il a l’air menaçant, moins débonnaire que ceux rencontrés à Jasper. A la douane, un policeman monte à bord du camping- car : crâne rasé, pistolet à la ceinture, il est impressionnant, mais finalement bien sympa. Ils vont nous confisquer 2 morceaux de bois ; ils craignent la prolifération d’insectes dans leurs forêts. Nous sommes en pays Blackfeet, aux abords de Glacier National Park.

Nous allons vers Many Glacier, mais il n’y a plus de place, il nous faut descendre vers St Mary Lake. Deux Grizzlis mangent des baies près de la rivière, impossible de s’approcher ; des rangers veillent. Nous choisissons de nous arrêter au KOA. Le coucher de soleil sur Glacier est superbe !

J20 Samedi 9 août
Nous avons décidé de faire une nouvelle rando vers « Red Eagle Lake » : 26 kms aller/ retour. Le départ se déroule en forêt, mais une forêt qui a beaucoup souffert de l’incendie de 2006. Le contraste est saisissant entre le noir des troncs calcinés et le mauve des parterres de fleurs.

Nous évoluons parmi de hautes herbes, le sentier serpente dans les meadows et les sous bois. Nathalie est inquiète, il n’y a personne et le souvenir des deux grizzlis d’hier est toujours présent dans son esprit. Elle craint de voir surgir à tout moment l’un de ces dangereux mammifères.


Le chemin gravit une colline dans les rochers, nous longeons une crête qui domine le lac. Le site est moins spectaculaire que dans les rocheuses canadiennes.

Le retour va être difficile pour les enfants, mais surtout pour Nathalie, J’entends des craquements dans les arbres… j’aperçois un Black Bear qui s’avance paisiblement vers le sentier ; il ne nous a pas encore repérés, il suffira de hausser la voix pour le faire fuir. C’est enfin la fin de la rando. C’était très différent de ce que nous avions fait auparavant, j’ai beaucoup aimé mais je suis bien le seul.

J21 Dimanche 10 août
Aujourd’hui nous avons décidé de nous octroyer un jour de repos. Nous allons donc rester au camping. Les enfants vont pouvoir profiter de la piscine. En fin d’après-midi nous faisons quelques courses ; impossible de trouver de la bière ! Nous sommes sur la réserve Blackfeet, la vente d’alcool est interdite car il y a un pow wow à quelques kilomètres d’ici.
J22 Lundi 11 août
Nous ne pouvons pas emprunter la « Going to the sun road » avec notre camping-car, nous allons donc utiliser la navette au départ du visitor center. Le paysage est magnifique jusqu'à Logan Pass où nous nous arrêtons pour effectuer une petite balade vers Hidden Lake. Un vent glacial souffle très fort. Impossible de faire la rando, nous sommes frigorifiés.

Nous décidons de descendre de l’autre côté du col. Nous allons le regretter : il y a des travaux sur la route et pour remonter nous allons devoir patienter une bonne heure. Il y a bien une file d’attente au départ de chaque navette, mais personne ne la respecte ; on nous passe devant sans vergogne, comme quoi les français ne sont pas les seuls indisciplinés…

J23 Mardi12 août
Nous réenfilons aujourd’hui nos chaussures de marche, direction Many Glacier. Nous avons beaucoup hésité, mais nous avons choisi d’aller à « Iceberg Lake ». Le début de la rando est un peu raide mais ça s’arrange par la suite. Nous ne sommes pas partis très tôt ce matin et il y a pas mal de monde. Plusieurs groupes de marcheurs sous la houlette de rangers. Il y a des rangers conférenciers, des rangers gymnastes et tout ce petit monde s’agite en rythme. Ca me gonfle un petit peu, je presse le pas, tout le monde suit sauf Nathan…qui me précède.

Il nous faut seulement 2hrs pour atteindre le lac. Encore un site magnifique !


Les marcheurs se font de plus en plus nombreux, on redescend. Ce soir, Nathalie nous invite au restaurant. On va se régaler de bons steaks du Montana et de délicieux desserts. Les enfants prennent d’énormes Milk Shake. Moi, je vais prendre un « Smoothie » sans trop savoir ce que c’est ; je ne le sais toujours pas, mais c’est très bon… Nous rentrons au camping. Un air de Lou Reed me trotte dans la tête… « It’s just a perfect day… »
J24 Mercredi13 août
Nous quittons Glacier : 700 kilomètres de bitume pour rejoindre le sud du Montana. Nous traversons tout d’abord Browning, la ville natale de James Welch, un auteur Black Foot que j’aime bien. Je suis surpris par la misère et le délabrement des bâtiments. Les kilomètres défilent, c’est agréable de conduire aux Etats-Unis.



Nous passons Billings, direction Hardin terme de notre journée sur la route. A quelque miles du but, un pneu arrière éclate ! Je me gare en catastrophe sur le bord de la route. On descend constater les dégâts.


Heureusement, nous avions souscrit une assistance complémentaire à « AAA », je ne me voyais pas changer le pneu tout seul ! Un dépanneur arrive au bout de quelques temps, pose le pneu de rechange et nous invite à passer demain à son garage. Nous arrivons tard le soir à Hardin. Fin de la première partie
Suite du voyage: http://voyageforum.com/v.f?post=2398576;search_string=boumtchak

J1 Lundi 21 juillet
C’est le grand jour, l’excitation des dernières semaines à fait place à une certaine inquiétude… Nous ne sommes pas coutumiers d’un tel voyage et des tonnes de questions nous assaillent, mais il est trop tard pour reculer. Nous prenons l’avion à Toulouse, direction Seattle via Francfort. Nous survolons le Groenland, les grandes plaines canadiennes, les Rocheuses et après 12 hrs de vol, nous nous posons à Seattle.



Nous appréhendons le passage à l’immigration qui serait, d’après plusieurs témoignages, une épreuve terrible ; nous ne sommes pas rassurés… Mais il n’en est rien. Une dame très gentille nous accueille et nous remercie d’avoir choisi son pays pour passer nos vacances. Nous récupérons facilement nos bagages ; il ne manque rien. Notre chauffeur nous attend, il doit nous mener à Grayland sur le Pacifique où nous devons récupérer le camping-car. Tout se passe bien, ce n’est pas normal… Nous montons dans un van gigantesque, le chauffeur allume la radio et c’est Tom Petty qui accompagne nos premiers pas aux Etats-Unis. Une douce euphorie nous envahit et malgré la fatigue, nous sommes tout sourire. Arrivés au camping, nous prenons possession de notre habitation pour les prochaines semaines. Du camping nous entendons les vagues du Pacifique et nous ne résistons pas à la tentation de faire quelques pas sur la plage. A notre retour nous prenons notre premier repas américain(…) Les enfants ne sont toujours pas fatigués, mais il est près de 22 hrs. Avec le décalage horaire, cela fait donc 27 hrs que nous sommes debout, il est grand temps d’aller se coucher !
J2 Mardi 22 juillet
Nous choisissons de rester un jour de plus à Grayland, pour récupérer un peu. L’après midi nous partons visiter Westport, un petit port de pêche. Je m’installe au volant du camping-car, après quelques explications du loueur, je commence à rouler ; au bout d’une centaine de mètres, allez savoir pourquoi, je décide de freiner… Le camping-car s’immobilise dans un fracas assourdissant ; nous sommes projetés vers l’avant tandis que la vaisselle se répand dans l’habitacle. Il va falloir être doux sur la pédale de frein… Arrivés à Westport, Nathan est impatient de dépenser ses premiers dollars. Nous faisons quelques courses ; on y reste un temps fou, car nous ne connaissons pas les produits. Nous faisons l’aller-retour dans un vacarme terrible ; 12 000 kms dans ces conditions, ça promet…Trop confiant, je n’ai, en fait, pas suffisamment écouté les consignes concernant la boîte automatique, et nous avons effectué le trajet en vitesse « montagne » (l’équivalent de notre seconde) !!!

J3 Mercredi 23 juillet

C’est aujourd’hui le vrai départ. Nous prenons la pause devant le camping-car, pour immortaliser cet instant. En route pour le Lake Quinault. Pique nique au bord du lac avant de repartir vers Kalaloch.

La route s’étire parmi des forêts immenses, qui semblent à perte de vue. Nous longeons maintenant le littoral ; la route est très belle, nous apercevons à travers le feuillage des criques sauvages. Arrivés à Kalaloch, nous allons vers la plage ; c’est un incroyable enchevêtrement de bois mort qu’il nous faut enjamber pour arriver à l’océan.
Il fait grand beau temps et les enfants vont se baigner (quel courage !). Nous trouvons une place à un camping primitif avec un foyer pour faire du feu (pour nous, c’est une découverte !). Nous demandons au ranger, où nous pouvons acheter du bois ; il nous conseille de le ramasser sur la plage. Après les grillades nous repartons assister au coucher de soleil sur le Pacifique.
J4 Jeudi 24 juillet
Comme d’habitude, nous nous levons de bonne heure, il est à peine 8hrs, quand nous arrivons sur le parking de Beach 4 ; il est désert. Après une courte marche dans la forêt, nous arrivons au bord d’une falaise qui surplombe de quelques mètres la plage. C’est un moment magique, c’est tellement beau ! Nous trainons plus d’une heure sur la plage, nous sommes si bien !



Mais la matinée s’avance, il faut songer à repartir. Ruby Beach… encore un site magnifique, mais il y a plus de monde et le charme est rompu.




Nous prenons ensuite la route de Hoh Rain Forest ; A l’entrée de Olympic National Park, nous achetons le Pass annuel. Nous mangeons en vitesse et commençons ; « Spruce Nature Trail » ; une petite balade dans la forêt. Un panneau nous met en garde contre des Elks (wapitis) belliqueux. Effectivement après quelques minutes, un couple d’Américains arrive en courant ; ils nous expliquent qu’ils viennent de se faire charger par un Elk. Nous avançons prudemment… il est là, au milieu de la rivière ; le temps de faire quelques photos et il reprend sa marche en avant et disparaît dans les fourrés de l’autre coté de Hoh River. Quelle nature incroyable !

La deuxième balade, « Hall of Moses », est plus calme, si ce n’est de grosses mouches qui viennent nous ennuyer. La forêt est très belle, mais elle le serait probablement encore plus après la pluie. Or, aujourd’hui, c’est grand soleil et la mousse sur les arbres est sèche. Nous repartons vers le Pacifique, réservons une place à « Mora Campground » avant d’aller à Rialto Beach. Le vent souffle fort ; toujours ces étendues de bois mort… Nathan tient à se baigner malgré le froid. Il ne restera que quelques instants dans l’eau.


Retour au camping situé dans une forêt aux arbres immenses, on se croirait dans une cathédrale. Nous apercevons nos premiers « Squirrels » (écureuils) que les enfants vont, bien sûr, nourrir.
J5 Vendredi 25 juillet
Nous quittons Mora Campground pour La Push. C’est une réserve indienne de la tribu Quileute. Le port n’est pas très touristique, pas très propre non plus mais il se dégage des lieux un charme indéniable.

Nous reprenons la route, Crescent Lake. Ici tout est nickel, bien rangé ; on se croirait en Suisse… Petite balade vers « Marymere Falls » .La forêt est encore magnifique, mais les chutes n’ont rien d’exceptionnel.


Direction maintenant Port Angeles où nous devons embarquer pour Vancouver Island. Première petite galère ; nous n’avons pas réservé notre trajet sur le ferry et il n’y a plus de place dans la journée. Nous pouvons tout de même faire la traversée de nuit. Nous arrivons à Victoria, il est près de 23hrs. Par chance, après avoir tourné en ville quelques minutes, nous trouvons un parking où l’on peut passer la nuit.
J6 Samedi 26 juillet

Visite de Victoria en début de matinée ; nous commençons par le bord de mer où nous sommes attirés par de nombreux Totems.

Direction Chinatown, il est presque midi. Un couple dans un restaurant se régale de beignets de crevettes, c’en est trop ! Je propose d’aller manger chinois. Le repas est bon mais nous avons trop commandé. Nous rentrons par le port, les quais sont très animés ; beaucoup d’étals d’artistes et d’articles « indiens ».

Pour sortir de Victoria, c’est une vraie galère ! Nous allons tourner un moment avant de trouver la route de Port Renfrew. Nous trouvons une place au camping de « China Beach ». La plage n’est qu’à 1 km ; nous décidons d’y aller tout de suite. Très belle plage, la lumière est magnifique.

Nathan commence à ramasser quelques bûches ; il y a ici aussi du bois mort. Nous reprenons un autre chemin, la montée est rude. Arrivés en haut, nous devons encore faire plus d’un kilomètre pour rejoindre le camping. Les enfants râlent un peu, mais il faut bien rentrer. Une fois au camping, nous allumons le feu. Une ranger s’approche, nous interpelle : « Où avez-vous trouvé ce bois ? Au Canada il est interdit d’en ramasser sur la plage !» Nous nous excusons en bafouillant. Nous sommes passés très près d’une amende salée... Au milieu de la nuit, l’alarme se met en route. Une fuite de gaz est détectée. Nathalie bondit et coupe le gaz. Rien à faire… l’alarme continue ainsi toute la nuit.
J7 Dimanche 27 juillet
Enfin l’alarme s’est arrêtée. Un coup de fil à STI, la société où nous avons loué le camping-car ; il n’y a pas de fuite de gaz, mais nous avons passé 3 jours sans recharger les batteries et c’est pourquoi l’alarme s’est déclenchée. Il fait mauvais ce matin, nous partons vers Port Renfrew, qui semble au bout du monde. De là, nous rejoignons Nanaimo par une petite route de montagne très peu fréquentée. Nous allons directement au ferry, comme à Port Angeles. Pas de place, sauf sur celui du lendemain matin à 8 hrs. Nous trouvons une place à « Jingle Pot Campground » un camping délicieusement fleuri, où nous sommes chaleureusement accueillis.
J8 Lundi 28 juillet
Réveil en fanfare, on a un ferry à prendre. A peine embarqués, nous montons sur le pont pour profiter cette fois du paysage. Le ferry navigue entre les îles et nous atteignons rapidement Horseshoe Bay, terme de notre croisière.



Nous sortons du ferry et trouvons rapidement la route vers Whistler. Les panoramas sont superbes. Malheureusement à cause des nombreux travaux sur la route pour les JO, nous ne pouvons pas nous arrêter. Nous sommes surpris par la circulation ; c’est quasiment un flot ininterrompu de véhicules qui descendent vers la côte. Les paysages sont magnifiques, mais il y a vraiment trop de travaux. Nous avons l’explication de ce trafic : un festival de musique s’est terminé la veille à Pemberton et a attiré beaucoup de monde. La route après Whistler est beaucoup plus calme. Elle s’élève doucement entre les prairies et les conifères. Nous arrivons à un col, mais aucune indication d’altitude ; la vue sur les montagnes est de toute beauté, une vraie carte postale !

Soudain je m’écrie : « UN OURS ! » En effet, l’animal est en train de manger à quelques mètres de la route. Je freine, mais le temps d’empoigner appareil photo et autre caméscope, le plantigrade s’est enfui… Dommage ! J’espère que nous aurons une autre occasion, surtout que Julia n’a pas vu l’ours. La descente est interminable ; je me demande à quelle altitude nous pouvions bien être tout à l’heure. Lillooet, enfin ! Nous nous dirigeons maintenant vers Kamloops. Le paysage est très différent, presque aride. Nous prenons un camping sur la route de Clearwater. La journée a été pénible ; trop de route… Nous apprécions une bière bien fraîche.
J9 Mardi 29 juillet
Encore une longue route aujourd’hui. Les paysages ne sont pas aussi spectaculaires qu’hier, mais très beaux tout de même. Après de nombreuses heures de route, au détour d’un virage, la face nord du Mt Robson se dévoile, déclenchant des « OH ! » admiratifs dans le camping- car. Le temps est gris et le sommet est malheureusement dans les nuages.

Direction le « visitor center » pour récupérer notre « Backcountry permit » qui va nous autoriser à camper au Berg Lake. Notre nom n’apparaît pas dans les réservations. Nous nous y étions pris pourtant très tôt pour réserver de France ! Il reste heureusement une place à Robson Pass, mais 2 kms plus loin. Ce soir, au lit de bonne heure ; les 2 prochaines journées s’annoncent difficiles…
J10 Mercredi 30 juillet
Il a plu toute la nuit et ce matin il pleut encore. La randonnée vers Berg Lake semble compromise. Nous passons au visitor center pour s’enquérir de la météo : perturbé aujourd’hui, cela s’arrange demain. On décide quand même de partir, profitant d’une éclaircie. Quelques centaines de mètres plus haut, la pluie se remet à tomber. On marche d’un bon pas en longeant la Robson river.


On atteint Kinney Lake, la pluie s’intensifie. Nous sommes trempés quand nous arrivons à l’abri de Kinney Lake campground. L’heure est grave, …Que faut il faire ? Continuer ou s’en retourner ? Les enfants optent pour la deuxième solution. Nathalie hésite. Je suis pour continuer…Un léger rayon de soleil achève de me convaincre… nous continuons. C’est la soupe à la grimace, d’autant plus que le chemin est maintenant très casse- pattes.



Nous sortons enfin de la forêt et attaquons la première réelle difficulté du parcours. La vue sur le lac, malgré le mauvais temps, est magnifique.

Nous traversons un pont suspendu et entrons dans « Valley of Thousand Falls » Cette vallée est magnifique ! Bordée des 2 côtés par des falaises. Le chemin longe à présent le torrent. Je suis émerveillé à chaque pas.

Nous entendons, avant de la voir, la « White Fall », qui descend de la falaise et s’engouffre dans le canyon. C’est maintenant la partie la plus difficile du trail ; le chemin escalade la falaise et nous permet de contempler de grandioses points de vue sur la cascade.


Ces 5 kms d’ascension seront mon chemin de croix ; je me traine lamentablement en fin de colonne. La pente s’adoucit enfin, nous avons passé le plus dur. Nous longeons à nouveau la Robson river.

Mon caméscope, qui était fixé au trépied, se détache, dévale plusieurs mètres sur les cailloux et tombe à l’eau. Je reste pétrifié alors que Nathalie s’est déjà précipitée ; elle repêche la caméra qui trempait partiellement dans l’eau. Nous débouchons sur un plateau caillouteux. Le soir commence à tomber ; le ciel est gris. .. Nous semblons tout petits perdus dans cette immensité…



Nathalie s’inquiète, il se fait tard. Nous arrivons au lac ; plus que deux kms jusqu’au camping ! Malgré la fatigue, nous prenons 5 minutes, pour contempler le paysage.

Enfin le camping ! Nous dénombrons 4 emplacements vides. C’est décidé, nous n’allons pas plus loin. La tente est rapidement montée. Notre réchaud acheté la veille ne fonctionne pas, c’est la galère. On mange froid, heureusement nos voisins ( des randonneurs canadiens ) vont nous prêter leur réchaud pour faire chauffer un thé. Ils doivent nous prendre en pitié… On va se coucher. A propos, la caméra fonctionne encore, ouf ! Bonne nuit, on est crevé…
J11 Jeudi 31 juillet
Il fait froid ce matin, mais il fait beau. Le dôme de Robson est dégagé ; c’est un des plus beaux panoramas qu’il m’ait été donné de voir !



Nous remercions tout le monde, faisons le plein d’eau et commençons à redescendre.





La fatigue se fait à nouveau sentir et les derniers kilomètres nous paraissent interminables. Nous arrivons enfin, complètement épuisés (les rations de nourritures n’étaient pas suffisantes). Nous venons d’effectuer 44 kms en deux jours et je dois dire que je tire un coup de chapeau à Nathan et Julia qui ont tenu le coup sans râler … à part un peu au début…
J12 Vendredi 1er aout
On se dirige aujourd’hui vers Jasper, le temps est toujours maussade. On s’acquitte du pass Jasper/Banff : 136 dollars quand même ! C’est plus cher qu’aux USA .On fait quelques courses et visite de la ville. Beaucoup de boutiques « attrapes touristes ». On rentre dans un magasin « Native » ; tout est très cher. Je laisse Nathalie et les enfants faire des emplettes. J’en ai marre, mes pieds me font souffrir. Le Backcountry pour Maligne Lake est confirmé. Nous pouvons rejoindre Whistler campground, très grand camping impersonnel. Un bon repas et au lit ; demain il y a du boulot…
J13 Samedi 2 août
C’est parti pour ce qui sera peut-être la plus grande aventure de ce voyage : Deux jours en canoë sur le Lac maligne. La route qui nous mène au lac Maligne est magnifique. Nous guettons le « Moose »( l’élan ), mais c’est l’ours que nous allons voir. En de telles circonstances, les consignes sont claires : rester dans sa voiture et continuer sa route, mais comme nous sommes français, nous faisons exactement le contraire. Une ourse et ses 2 petits s’amusent en contre bas de la route. Nous voilà au lac Maligne ! De France, cela me semblait une bonne idée de partir en canoë au lieu d’utiliser la navette vers « Spirit Island », mais aujourd’hui, debout sur le ponton, harnachés dans mon gilet de sauvetage, face au lac, je n’en suis plus du tout persuadé. Première difficulté : embarquer sans se mettre à l’eau, surtout que des curieux se sont massés sur la rive. J’invite Nathan à prendre les devants. Ce n’est apparemment pas si compliqué. Nous prenons rapidement nos marques et pagayer devient un plaisir.

Par prudence nous longeons la côte et au bout de quelques kilomètres nous accostons pour goûter ; quelle sensation extraordinaire !

La journée s’avance et toujours pas de camping en vue. Le ciel s’assombrit et il commence à pleuvoir. Nous arrivons enfin dans la Fisherman’s Bay qui héberge le camping. Le temps d’accoster et c’est le déluge. On monte rapidement la tente mais nous sommes trempés et plus gênant encore, certains sacs de couchage le sont aussi.



Nous avons cette fois un réchaud qui fonctionne et de la nourriture en abondance. Malgré le froid nous arrivons à nous endormir. On entend des loups hurler au loin, c’est un peu lugubre…
J14 Dimanche 3 août
Il fait très froid ce matin, et nous ne traînons pas. Après un petit déjeuner, retour au canoë et cap sur « Spirit Island ».

Le brouillard est très bas sur le lac et lui donne un aspect sinistre. Nous débarquons sur la presqu’île et montons au promontoire d’où est pris le célèbre cliché. Le poster trônait dans ma chambre d’adolescent, époque durant laquelle je rêvais de grands espaces et de solitude. Malheureusement le paysage est complètement bouché.

Nathalie qui perçoit ma déception, propose d’attendre un moment, pour voir si le temps se lève. Le soleil commence finalement à percer, chassant le brouillard et le panorama extraordinaire, devant nos yeux se dévoile…C’est magique et inespéré !

Nous avons plusieurs minutes pour en profiter, avant l’arrivée des premières navettes. Ce fut un instant très particulier pour moi, plein d’émotion… Mais il faut repartir… Je garderai, toute ma vie, en mémoire ce dimanche matin à Spirit Island…


Le retour est plus monotone. Les premières navettes circulent. Julia me fait un signe en souriant ; un japonais est en train de nous prendre en photo ! Après la pause, je reprends Nathan qui fait beaucoup d’efforts pour m’aider. A quelques encablures du port, notre galère quotidienne : la pluie se met à tomber et nous devons faire face à un fort vent contraire. Nous reprenons pied sur la terre ferme, fourbus mais heureux.

J15 Lundi 4 août
Aujourd’hui grand moment en perspective, il fait grand beau temps et nous empruntons la « Icefield Road » 240 kms jusqu'à Lake Louise. Le voyage commence par les chutes Athabasca. Nous allons faire les parfaits touristes et nous arrêter à tous les points de vue. Les Ah ! et les Oh ! fusent dans le camping-car. Des sommets enneigés, des glaciers, des meadows (prairies), des lacs, des fleuves, rien ne nous sera épargné. Quelle route magnifique !







A l’approche de Lake Louise, un Black bear, vient faire le clown au bord de la route. On ne s’arrête même pas, c’est lassant les ours à la fin (…) Lake Louise est immense ; il y a un monde fou. Nous prenons notre place au camping. Heureusement, nous avions réservé ! Nous sommes repus et nous nous endormons bercés par…les trains de nuit qui passent toutes les heures, déclenchant leurs sirènes, probablement à l’approche d’un passage à niveau.
J16 Mardi 5 août
Réveil de bonne heure, nous avons décidé de repartir en rando. Ce sera Giant Steps par Paradise Valley ; tout un programme ! Première bonne nouvelle ; il n’y a aucune voiture garée au départ de la balade. Nous marchons d’un bon pas, sur un chemin facile dans la forêt.

Peu avant Annette Lake, le sentier se redresse et nous commençons à souffler. Une petite pause au bord du lac, dominé par le Mt Temple et son glacier et nous repartons.

Après une nouvelle montée dans la forêt, nous débouchons sur un éboulis ; devant nous le glacier Horseshoe et le pic Wenkchemna. Le spectacle est magnifique !


Nous traversons l’éboulis et repartons dans la forêt. Il commence à faire chaud et la faim tenaille Julia. Soudain un grand bruit à côté de nous ! Tout le monde sursaute et s’apprête à affronter le grizzli qui est en train de nous charger…Notre soif d’aventure sera pour une autre fois ; ce n’est qu’un porc- épic qui tente de hisser son gros derrière en haut d’un arbre… Le pauvre a du avoir peur ! Julia s’enfonce dans la forêt, soi-disant pour le photographier ; je la soupçonne plutôt de vouloir le manger… Nous arrivons maintenant sur de grandes dalles, les Giant Steps. Une cascade dévale du glacier et glisse sur ces marches de géant.

Nous nous installons sur le large rocher plat qui surplombe la vallée. Encore une fois nous sommes seuls dans cette nature qui semble vierge de toute trace humaine. J’imagine que nous sommes des desperados venus planquer leur butin après le hold- up de la banque de Lake Louise ( j’adore les westerns ).

Nous partageons le corned beef, c’est horrible ! Nous terminons cette petite balade, qui fait quand même 21 kms, en redescendant dans la forêt. Les enfants sont devant, Nathan n’arrête pas de parler, quelle pêche !
J17 Mercredi 6 août
Réveil de bonne heure aujourd’hui encore, nous partons visiter Lake Louise et Moraine Lake, 2 grands sites touristiques et nous voulons éviter le gros de la foule. Lake Louise tout d’abord ; le site est très beau mais défiguré par les installations touristiques. A noter que tous les sommets portent tous le nom d’intendants ou d’hommes politiques blancs, même la fille ou la petite fille de la reine Victoria y a droit… Aucun ne porte le nom d’un indien… Ce sont pourtant les Assiniboines qui ont contribué à faire découvrir le lac aux blancs ; ils le nommaient « le lac aux petits poissons ».

La route vers lac Moraine est magnifique. Nous partons vers Consolation Lakes ; le site est encore une fois remarquable !

Retour au lac Moraine ; nous montons au belvédère, il commence à y avoir pas mal de monde. Nathan est heureux, il a caressé un « squirrel », Julia est furieuse, « cette attitude est irresponsable et anti-écologique » lui dit-elle. » Ah ces intellos ! » lui répond son frère.


Il est 11hrs du matin, le parking est plein. De nombreuses voitures sont stationnées le long de la route et ça monte encore en file ininterrompue. Direction Banff où nous prenons un camping : au loin nous entendons siffler les trains.
J18 Jeudi 7 août
Visite de Banff aujourd’hui. Tout d’abord le musée sur la faune des « Rockies » puis « Buffalo Nation », le musée indien.


Ensuite, direction le centre ville, où les enfants vont inaugurer une longue série de magasins de souvenirs. Je les abandonne au bout du deuxième, Nathalie continue courageusement. Nous quittons Banff en milieu d’après midi, pour nous rapprocher de Glacier. Nous allons emprunter une des plus belles routes depuis notre départ à travers le Kananaskis Country, très sauvage. Après Highwood Pass, nous redescendons vers les plaines. Nous trouvons un camping à Longview, le gérant est très amical, c’est la première fois qu’il accueille des français.
J19 Vendredi 8 août
On reprend la route vers les Etats-Unis, on fait des courses au Wall Mart, le premier d’une longue série. Nous nous enfonçons dans la montagne, la frontière approche. Un Black Bear vient nous souhaiter un bon voyage, nous ralentissons, mais il a l’air menaçant, moins débonnaire que ceux rencontrés à Jasper. A la douane, un policeman monte à bord du camping- car : crâne rasé, pistolet à la ceinture, il est impressionnant, mais finalement bien sympa. Ils vont nous confisquer 2 morceaux de bois ; ils craignent la prolifération d’insectes dans leurs forêts. Nous sommes en pays Blackfeet, aux abords de Glacier National Park.

Nous allons vers Many Glacier, mais il n’y a plus de place, il nous faut descendre vers St Mary Lake. Deux Grizzlis mangent des baies près de la rivière, impossible de s’approcher ; des rangers veillent. Nous choisissons de nous arrêter au KOA. Le coucher de soleil sur Glacier est superbe !

J20 Samedi 9 août
Nous avons décidé de faire une nouvelle rando vers « Red Eagle Lake » : 26 kms aller/ retour. Le départ se déroule en forêt, mais une forêt qui a beaucoup souffert de l’incendie de 2006. Le contraste est saisissant entre le noir des troncs calcinés et le mauve des parterres de fleurs.

Nous évoluons parmi de hautes herbes, le sentier serpente dans les meadows et les sous bois. Nathalie est inquiète, il n’y a personne et le souvenir des deux grizzlis d’hier est toujours présent dans son esprit. Elle craint de voir surgir à tout moment l’un de ces dangereux mammifères.


Le chemin gravit une colline dans les rochers, nous longeons une crête qui domine le lac. Le site est moins spectaculaire que dans les rocheuses canadiennes.

Le retour va être difficile pour les enfants, mais surtout pour Nathalie, J’entends des craquements dans les arbres… j’aperçois un Black Bear qui s’avance paisiblement vers le sentier ; il ne nous a pas encore repérés, il suffira de hausser la voix pour le faire fuir. C’est enfin la fin de la rando. C’était très différent de ce que nous avions fait auparavant, j’ai beaucoup aimé mais je suis bien le seul.

J21 Dimanche 10 août
Aujourd’hui nous avons décidé de nous octroyer un jour de repos. Nous allons donc rester au camping. Les enfants vont pouvoir profiter de la piscine. En fin d’après-midi nous faisons quelques courses ; impossible de trouver de la bière ! Nous sommes sur la réserve Blackfeet, la vente d’alcool est interdite car il y a un pow wow à quelques kilomètres d’ici.
J22 Lundi 11 août
Nous ne pouvons pas emprunter la « Going to the sun road » avec notre camping-car, nous allons donc utiliser la navette au départ du visitor center. Le paysage est magnifique jusqu'à Logan Pass où nous nous arrêtons pour effectuer une petite balade vers Hidden Lake. Un vent glacial souffle très fort. Impossible de faire la rando, nous sommes frigorifiés.

Nous décidons de descendre de l’autre côté du col. Nous allons le regretter : il y a des travaux sur la route et pour remonter nous allons devoir patienter une bonne heure. Il y a bien une file d’attente au départ de chaque navette, mais personne ne la respecte ; on nous passe devant sans vergogne, comme quoi les français ne sont pas les seuls indisciplinés…

J23 Mardi12 août
Nous réenfilons aujourd’hui nos chaussures de marche, direction Many Glacier. Nous avons beaucoup hésité, mais nous avons choisi d’aller à « Iceberg Lake ». Le début de la rando est un peu raide mais ça s’arrange par la suite. Nous ne sommes pas partis très tôt ce matin et il y a pas mal de monde. Plusieurs groupes de marcheurs sous la houlette de rangers. Il y a des rangers conférenciers, des rangers gymnastes et tout ce petit monde s’agite en rythme. Ca me gonfle un petit peu, je presse le pas, tout le monde suit sauf Nathan…qui me précède.

Il nous faut seulement 2hrs pour atteindre le lac. Encore un site magnifique !


Les marcheurs se font de plus en plus nombreux, on redescend. Ce soir, Nathalie nous invite au restaurant. On va se régaler de bons steaks du Montana et de délicieux desserts. Les enfants prennent d’énormes Milk Shake. Moi, je vais prendre un « Smoothie » sans trop savoir ce que c’est ; je ne le sais toujours pas, mais c’est très bon… Nous rentrons au camping. Un air de Lou Reed me trotte dans la tête… « It’s just a perfect day… »
J24 Mercredi13 août
Nous quittons Glacier : 700 kilomètres de bitume pour rejoindre le sud du Montana. Nous traversons tout d’abord Browning, la ville natale de James Welch, un auteur Black Foot que j’aime bien. Je suis surpris par la misère et le délabrement des bâtiments. Les kilomètres défilent, c’est agréable de conduire aux Etats-Unis.



Nous passons Billings, direction Hardin terme de notre journée sur la route. A quelque miles du but, un pneu arrière éclate ! Je me gare en catastrophe sur le bord de la route. On descend constater les dégâts.


Heureusement, nous avions souscrit une assistance complémentaire à « AAA », je ne me voyais pas changer le pneu tout seul ! Un dépanneur arrive au bout de quelques temps, pose le pneu de rechange et nous invite à passer demain à son garage. Nous arrivons tard le soir à Hardin. Fin de la première partie
Suite du voyage: http://voyageforum.com/v.f?post=2398576;search_string=boumtchak
Mai 2008, d'une saison à l'autre dans l'Ouest américain (3e partie) English translation pending
Troisième partie
De Zion NP à San Francisco
Le site MaBul, qui hébergeait les images, est définitivement en panne et a perdu tous les fichiers🏴☠️. Désormais, pour voir les photos, il faut passer uniquement par le site:
http://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_11.html Pour ceux qui ont vu les parties précédentes, j'ai fait depuis quelques ajouts, notamment à propos du gros rocher rond (2e partie, après les photos de Valley of the Gods) dont j'avais oublié le nom (merci Philippe!), Church Rock, et son histoire aussi brève qu'étonnante.
2e partie: http://voyageforum.com/...ost=2152941;#2152941 1re partie: http://voyageforum.com/...ost=2152941;#2152941
Nous reprenons une chambre dans notre motel préféré, le Golden Hills à Mount Carmel Junction, toujours aussi bien et peu cher (64 $ plus taxes). Nous allumons les fausses flammes de la fausse cheminée qui répandent tout de suite une chaleur bienvenue. Les fenêtres au nord donnent sur la rivière et la montagne. Un gros bouquet dans un coin, une maquette de bateau sur la cheminée, réfrigérateur, micro-ondes, table à repasser, c’est bien agréable. Plus l’ordinateur à disposition à l’office.
A Zion, les parkings se multiplient comme des petits pains. Nous prenons la navette pour The Grotto et Angel’s Landing. Le ciel est sombre, le vent cinglant. Le chemin traverse la rivière

et après une partie en pente douce attaque directement la montagne en lacet, bordé de grandes fleurs blanches dans sa partie basse (Palmer's Penstemon (Penstemon palmeri). (Merci à Alain-Pierre, alias "Derennes", pour m'avoir indiqué le lien qui m'a menée à leur identification).

Nous montons lentement comme à notre habitude, sans nous arrêter sauf pour prendre des photos.

Il y a ici des penstemons d’une grande variété de rouges ; rosés, pourpre, vermillon…

La dernière partie avant d’arriver à Scout Lookout est particulièrement raide et soutenue de murets,

en haut, le vent est très violent et la vue sur la vallée vertigineuse.

Sans Alain qui a le vertige je décide d’avancer un peu sur l’arête rocheuse, histoire de voir…

Mais ce sera vite fait, car le vent maintenant glacial me tire de droite et de gauche, me bouscule, et finalement, alors que je suis arrivée au bout des chaînes fixées dans le roc et que je peux voir à droite la paroi à pic et à gauche… la paroi à pic, je manque de perdre l’équilibre. Le demi-tour est instantané et rassurant. Je suis suivie par un randonneur absolument tétanisé, qui se colle à la roche de tout son corps, les jambes tremblantes et le regard fixe. C’est terrible, je me demande même s’il ne va pas tomber. Arrivé en bas où l’attend son amie, il se redresse et prend l’air conquérant de celui qui a vaincu un 8000...
Retour par les pâturage couverts de bisons, stoïques dans le blizzard tranchant comme une lame. Arrivés au motel, nous sommes heureux de retrouver notre chambre et son feu dans la cheminée.

Jeudi 22 mai
Aujourd’hui nous partons pour Bryce Canyon, où nous n’avons toujours rien réservé, car nous comptons camper. Mais alors qu’Alain termine de charger la voiture j’ai soudain l’idée lumineuse (pas pour tout le monde…) que nous pourrions rester une nuit supplémentaire et randonner une autre journée à Zion. Aussitôt dit aussitôt fait, après quand même une vague hésitation d’Alain que n’emballe pas vraiment l’idée de redéménager.
Nous voilà partis cette fois-ci pour Observation Point. Ma-gni-fi-que !! Huit miles aller-retour et un dénivelé de 650 mètres. Le sentier grimpe raide tout du long sur les quatre miles, mais là encore nous montons lentement, doublés au début par un jeune couple que l’on retrouve systématiquement épuisé deux ou trois virages au-dessus. Par endroits, la roche est d’un jaune soufré extrêmement vif,


quelquefois striée d'ocre rouge.

Les falaises sont immenses au-dessus de nous, sombres dans le contre-jour, et laissent tout juste voir un peu de ciel bleu. L’air est vif et il fait même assez froid, ce qui est idéal pour aller décrocher les nuages, et nous permet de ne nous charger que d’un litre d’eau ; mais ce sera quand même limite. Nous longeons un canyon très étroit où l’on devine à peine en se penchant sous la roche le filet d’eau qui coule au fond.


Au milieu des falaises de grès rose saumon...

poussent de nombreux opuntias, beavertails, asters, jacinthes roses comme des oxalis, fleurs mauves. Les tamias sont là aussi, joueurs et peureux à la fois, courant de droite et de gauche la queue en l’air, complètement surexcités.



Alors que nous nous rapprochons nettement du sommet, nous croisons un randonneur qui nous dit « vous y êtes presque ! ». Juste après, et il n’y a qu’aux Etats-Unis pour voir une chose pareille, déboulent au détour d’un virage une femme qui a bien quatre-vingt-quinze ans et son fils d’au moins soixante-quinze ans… Effectivement, nous sommes bien arrivés en haut, mais pas au bout du chemin qui longe maintenant le bord de la falaise en se coulant sous les pins. On aperçoit à une certaine distance, pour ne pas dire à une distance certaine, une avancée qui ressemble tout à fait au point de vue final au-dessus de la vallée...
La vue est effectivement extraordinaire, et je ne me lasse pas de la prendre en photos !


On aperçoit, à gauche, le Great White Throne,



et on domine la proue d’Angel’s Landing sur la droite, où se distinguent à peine quelques silhouettes téméraires sur l’arête de pierre.


Allez, encore une dernière! Quand on aime on ne compte pas...

La descente est un peu plus dure que la montée mais la vue, différente, est constamment superbe, que l’on se glisse, minuscules, entre les falaises géantes...

ou que l’on domine la vallée.

En repartant, un rayon de soleil perce le ciel d’encre et dore Checkerboard Mesa et ses alentours. Zion est vraiment magnifique !


Retour à Mount Carmel Junction à 19 h 30. Nous achetons oranges et cookies à la grocery de la pompe à essence et filons allumer les fausses flammes de la cheminée.
Vendredi 23 mai
Nous partons pour Bryce par un temps glacial. Avant l’embranchement de la Hwy 12, la neige fait son apparition sur les arbres qui bordent la route et je suis aux anges! Bientôt, le paysage tout entier est blanc.


Red Canyon est recouvert d’une couche de neige fraîche qui contraste violemment avec la roche rouge, c’est superbe. Nous nous arrêtons pour nous balader dans ce décor incroyable, l’air est vif, le vent léger agite les pins et fait dégringoler sur nos têtes des paquets de flocons blancs.





Contrairement à ce que l’on pensait, il n’a pas neigé sur Bryce. Un passage au Visitor Center, puis nous allons directement nous installer à South campground où nous n’avons que l’embarras du choix. Les rares personnes qui sont là s’apprêtent à partir et il ne nous reste qu’à choisir le meilleur emplacement. C’est chose faite dans la section C, n° 289, dont une ranger nous dira que c’est le plus convoité, aucun vis-à-vis, devant la table la forêt clairsemée monte en pente douce. Alain a trouvé un sac en plastique plein de bois sec et de journaux abandonné sous une table auquel j’ajoute du petit bois avant qu’il soit mouillé, et que nous mettons immédiatement à l’abri pour le soir, car il fait un froid polaire. Après avoir accroché le premier morceau de l’enveloppe de paiement sur le piquet du site, nous prenons nos sacs et partons pour Queen’s Garden, Peek-a-Boo Loop et Navajo Loop.



Il y a du monde sur la première partie du chemin malgré le grésil qui s’est mis à tomber. Comme nous n’avons pas de K-way, j’ai eu l’idée d’emporter des sacs en plastique pour nous protéger la tête au cas où, et ça a été particulièrement efficace et distrayant pour tous les gens que nous avons croisés. Entre Family Dollar et Smiths enfoncés sur le crâne, les poignées des sacs coincées entre les dents à cause du vent, on a eu un sacré succès. What a good idea ! ! Le lendemain on a même vu quelqu’un avec un sac sur la tête et on a pensé qu’on l’avait croisé sur Queen’s Garden… Le chemin est à notre goût trop fréquenté malgré le mauvais temps. Le ciel est bouché, l’argile collante et nos baskets sont subitement surcompensées de plusieurs centimètres et alourdies de plusieurs kilos.


La fin de Queen’s Garden est plus tranquille et à Peek-a-Boo nous sommes totalement seuls. La neige tombe maintenant à gros flocons mais ne tient pas sur les monolithes d’autant plus rouges qu’ils sont mouillés, nos sacs nous protègent bien la tête ce qui n’empêche pas l’humidité de nous envahir peu à peu car nous ne sommes pas équipés pour un temps pareil.



Des cerfs-mulets broutent tranquillement sur une pente, ignorant notre présence silencieuse. Croisons des mules.





The Wall of Windows...

Les monolithes sont moins beaux sous la neige qui ne tient pas.

Nous montons un peu fatigués par la dernière partie de Navajo à Sunset Point, car en plus d’être très raide c’est une véritable patinoire, à la limite d’être praticable. Nombreux sont les gens qui avancent d’un pas pour reculer de deux, notamment un qui est descendu serviette sur les épaules, maillot de bain et tongs aux pieds. C’est une façon originale de randonner sous la neige…


Le soir nous mangeons au Ruby’s Inn, steak frites et saumon frites. En sortant il y a une queue de plus de cent personnes, des cars sans doute. Au camping il y a à peine plus de monde qu’en arrivant. Nous faisons un feu en attendant la nuit, frigorifiés, puis nous nous glissons avec délice dans nos duvets.

Samedi 24 mai
Au petit matin, la condensation de notre respiration a recouvert non seulement toutes les vitres car je ne les avais baissées à l’avant que de un centimètre hier soir, mais aussi nos sacs de couchage qui sont complètement trempés. C’est ce qui explique, avec le fait que nous n’avons pas mis les matelas mais avons encore dormi directement sur la moquette, que pour la première fois nous avons eu froid quasi toute la nuit. J’essuie la buée d’un revers de main et aperçoit à quelques mètres deux cerfs-mulets qui prennent leur petit déjeuner.
Sur la route du Nevada, la 56 puis la 319 et la 93 qui nous mènent à l’entrée de l’Extraterrestrial Hwy, il pleut des trombes sur tous les coins de l’horizon mais la voiture passe pour l’instant miraculeusement entre les gouttes. Quelque part, entre Panaca et Crystal Springs...


sur la 93 sud, là où les Joshua trees font des ricochets dans le désert...

Comme sa sœur jumelle la Hwy 50 plus au nord, « The Loneliest road of America », la 375, tout aussi déserte, qui part de Crystal Springs et finit à Warm Springs, appelée, elle, l'Extraterrestrial Highway,

traverse un paysage de montagnes arides et colorées.

Les pluies abondantes ont par endroits laissé dans le désert de longues traînées de fleurs jaunes.

Des mustangs broutent, magnifiques et inquiets,

au-dessus d’un petit lac où barbotent des canards.

Tonopah.

Nous descendons puis remontons Main Street pour repérer les motels et jetons notre dévolu sur le Tonopah Motel. Très propre, et pour une fois rien de déglingué dans la chambre refaite à neuf. Le prix le plus bas que nous ayons jamais payé, 33 $ ! Le village est minier depuis la découverte d’argent en 1900.


Il reste de grands hôtels, comme le Mizpah, témoin de sa grandeur passée… Maisons du siècle dernier. Il flotte là une atmosphère d’Amérique profonde. Les gens sont très aimables mais l’ensemble est malgré tout assez sinistre sous le ciel gris et froid et bientôt les trombes d’eau qui dévalent Main Street…Tonopah a quelque chose de ses sœurs Eureka et Austin, de la Hwy 50, en plus grand et plus triste à cause du paysage minier. Nous mangeons dans la chambre du saumon fumé et de grosses crevettes.
Dimanche 25 mai
Bon lit et bonne nuit. Nous rangeons la voiture et partons faire un tour au magasin de turquoises repéré la veille mais qui avait fermé juste à notre arrivée.

Il y a un monde fou ! Des tas de gens viennent s’inscrire pour participer à une journée de pioche à la mine de turquoise. Quel dommage que nous partions ! A l'intérieur, Alain m’offre une très jolie paire de boucles d’oreilles en argent (de Durango!...), et turquoise de Tonopah.
La route qui mène à Lee Vining est presque totalement déserte et bordée de montagnes dans un camaïeu de marron, plus belles encore que celles d’Artist’s Drive, à Death Valley, auxquelles elles ressemblent beaucoup, ce qui n’est pas étonnant car en fait c’est tout près à vol d’oiseau.

Le sol est vert tendre et jaune pâle à cause de la sauge en fleur. Je suis sans arrêt tentée de prendre des photos, surtout qu’aux quatre coins de l’horizon il pleut toujours des cordes, noyant dans un même gris sombre le ciel et la terre. C’est vraiment très beau. Au fur et à mesure que nous montons, le grésil se mêle à la pluie puis il neige tout à fait. Les collines laissent la place aux montagnes de lave noire brillante recouvertes de touffes de sauge, qui laissent couler de longues stries anthracite.


Vers 8300 pieds (environ 2500 mètres), le paysage est tout entier contenu dans un gros édredon sombre et la route est bordée de neige.

Nous traversons Benton, quelques maisons posées çà et là, aucun motel, heureusement que nous nous étions arrêtés à Tonopah.


Plus haut encore, c’est le plein hiver, la neige a tout recouvert,

Quelques miles plus loin elle n'a pas tenu, et il flotte à la surface du sol d'étranges brumes qui ressemblent à des fumerolles.




Avant d’arriver à Lee Vining, niché au pied de la Sierra Nevada la bien-nommée, nous faisons une halte à Mono Lake, sur la 20, cerné de volcans sur trois côtés, Bodie Hills au nord et Anchorite Hills à l’est. Au sud, le Panum a explosé il y a à peine six cents ans… Le niveau du lac a baissé de deux cents mètres depuis l’origine, ce qui explique son taux élevé de sels, empêchant tout poisson de paresser dans ses eaux alcalines. Mais la place n’est pas perdue pour tout le monde : crevettes et mouches grouillent sous et sur la surface, approvisionnant le restaurant de milliers d’oiseaux à toute heure. Malgré son nom, qui veut dire « mouches » en langue yokut, en raison de la saison nous n’en voyons pas une seule à l’horizon. Autrefois leurs chrysalides étaient une des bases de la nourriture des Indiens de la région, Paiutes et Kuzedika, et servaient même au troc avec les Yokuts en échange de glands.

Entrée 3 $ par personne, le pass est accepté. Il tombe une petite bruine et il règne là une atmosphère étrange, montagnes blanches de la Sierra d’un côté, noyées dans les nuages,

lac marin et concrétions de tuf,



sauge incroyablement odorante, Indian Paintbrushes mêlés de lupin bleu.

Les mouettes se pressent en miroir sur les rives orangées concentrées en sels minéraux et fouillent les quelques centimètres d’eau de leurs becs jaunes. Parfois un rayon de soleil éclaire brièvement l’une ou l’autre sculpture de roche claire.

Avant d’arriver au Murphey’s Motel, nous dépassons la Tioga road qui est… « closed » ! J’ai souhaité intensément qu’elle soit ouverte pour éviter de faire le grand détour par le nord et surtout pour traverser le cœur de Yosemite, ce qui, en cette année exceptionnelle, serait également exceptionnel, mais non… Ce sera pour demain, j’en suis certaine ! La chambre du Murphey’s est très bien, il faut juste savoir comment fonctionne la serrure pour éviter les foudres de la gérante qui est obligée de se déplacer à chaque nouvel arrivant. Un minuscule morceau de papier au-dessus de la poignée avertit qu’il ne faut pas actionner le fermoir en sortant, seulement tirer la porte. Evidemment, personne ne le lit ni même ne le voit… Nous partons maintenant explorer la rive nord de Mono Lake. Route, puis piste sur laquelle nous voyons un splendide arbuste qui ressemble à de l’aubépine rose,

et enfin dunes de sable volcanique.

Les stries laissées par le vent ont séché sur leur côté exposé au soleil et forment à l’infini de très belles rayures gris cendré et noires qui gardent par endroits les empreintes d’un lièvre (un « truc » tout simple pour distinguer les empreintes d’un lapin de celles d’un lièvre : les premières tiennent dans une petite boîte d’allumettes).



Des milliers de goélands nichent sur Negit, l’ilôt sombre au milieu du lac, théoriquement protégés par un panneau d’interdiction de s’approcher à moins de un mile, ce qu’ignore le jeune couple croisé dans les dunes peu avant… Quand le niveau du lac baisse, une langue de terre apparaît, qui permet aux coyotes d’avoir accès aux nids. L’autre îlot, le blanc, Paoha, n’a que deux cent trente ans…






Le ciel est de plus en plus noir et nous quittons la rive nord de Mono Lake. La piste est bordée là aussi de lupins et d'Indian Paintbrushes d'un rouge fluorescent.

Soudain, c'est un déluge qui nous tombe sur la tête!


Un tour au Visitor Center idéalement situé juste au-dessus du lac, puis nous rentrons au motel manger saumon, tomates, avocats et soupe de squash.
Lundi 26 mai
6 heures… je jette un œil par la fenêtre, histoire de voir s’il neige, et j’aperçois deux Indiens plantés à l’entrée du motel, un grand et un petit, qui ont l’air d’adresser la parole à un homme qui range des valises dans un 4 x 4 sans leur prêter attention … Plus tard, alors que je descends l’escalier pour me diriger vers le TrailBlazer, je vois qu’ils sont toujours là et je sens tout de suite que c’est nous qu’ils attendaient. Effectivement, avec un grand sourire ils me proposent de me racheter la roue de secours ! Alain m’a rejointe et on a beau leur expliquer que c’est impossible, que c’est une voiture de location et qu’il nous faut de toute façon une roue de secours, il n’y a rien à faire. Ils nous racontent leur mésaventure, ils ont un TrailBlazer et ont crevé, la roue de secours est fichue aussi, ils sont bloqués à Lee Vining, mais doivent rejoindre Los Angeles, d’ailleurs, tiens, est-ce qu’on n’y va pas, à Los Angeles ? Eh bien non, malheureusement, on va plutôt sur San Francisco… Ils ont soudain une idée lumineuse, le petit sort son portefeuille et nous montre une liasse de dollars : combien a-t-on payé la location ? Et là, soudain, ils ont l’air perdu, ils ne comprennent plus, ils veulent à tout prix mettre une virgule à la somme (1300 €) qu’on leur annonce, et nous sommes gênés tout à coup d’avoir mis autant d’argent dans une voiture alors qu’eux n’ont rien… Une petite demi-heure plus tard, on les a enfin convaincus d’aller à la station cinquante mètres plus haut et de faire tout simplement réparer un pneu.
A 8 h 30, enfin, nous filons vers l’entrée de la Tioga road pour découvrir qu’elle est… closed !! Mais je ne désespère toujours pas, bien que tout d’abord très déçue et incrédule. A la station Mobil nous demandons à la caissière du magasin si elle sait quelque chose : Oui, bien sûr. Il y a eu un petit contretemps, un éboulement, et l’ouverture est prévue pour dix heures !!! En attendant nous prenons de l’essence à un taux record : 4, 70 $ le gallon, et allons nous garer devant la barrière. On peut apercevoir les sommets enneigés des montagnes alentour, très hautes. Peu à peu, l’information passe et la file de voitures et de camping-cars commence de s’allonger. A 10 heures précises, la barrière se lève, et la Tioga road est enfin à nous !
Alors que nous laissons très loin au-dessous de nous la trouée lumineuse de Mono Lake,

nous entrons dans le brouillard pour ne plus en sortir avant Yosemite Valley. Par endroits, nous passons au milieu de deux murs de neige, notamment aux abords d’Ellery Lake, à plus de 9500 pieds (2900 mètres). Le lac est entièrement gelé, seul un boomerang d’eau noire dans lequel se reflète délicatement un petit morceau de roche frémit sur sa surface blanche et givrée.

Soudain une cahute, et à l’intérieur deux rangers qui ne doivent pas avoir très chaud alors que dehors tout est gris, cotonneux et glacial. D’immenses fir trees au tronc marron rouge, couverts de neige de la tête aux pieds, bordent le ruban sombre de la route et quelques mares aux eaux noirâtres,


et se perdent vite dans le brouillard aussi épais que le silence.

Nous nous arrêtons ici et là pour prendre des photos, les sens en alerte à cause des ours – encore et toujours –, surtout lorsque nous nous éloignons du 4 x 4. Au bout d’une heure et demie environ nous croisons la première voiture, mais il n’y a aucun signe d’amélioration du côté du ciel.

Avant d’arriver à Tuolumne Meadows, il y a un peu plus de monde, des séquoias – mais qui n’ont rien à voir avec ceux de Sequoia NP –, quelques prairies humides, mais nous n’avons aucune envie d’aller faire schlouk schlouk dans l’herbe verte et poursuivons jusqu’à Crane Flat toujours sans savoir si nous longeons des abîmes ou traversons des plateaux d’altitude. Au premier plan un Sarcodes sanguinae (Snow Plant)


La Big Oak Flat road est nettement plus chargée que la Tioga road et laisse augurer une foule du côté de Yosemite Valley et de Curry Village en particulier. Quelques beaux points de vue sur la vallée, enfin, des manzanitas centenaires à l’écorce violine, torturées par le vent et le gel. Puis les chutes, des files de voitures sur les bas-côtés, Curry Village et ses immenses parkings bondés,


la queue à la réservation, les chemins labyrinthiques avant d’arriver à notre cabane, la 274, « without bath », adossée à un gros rocher. Deux lits style caserne, un petit bureau, une chaise, un chauffage électrique… Mais l’ensemble est assez agréable (heureusement que je n’avais pas vu l’araignée qui trônait sur un chevron juste au-dessus des oreillers !). Quelques conseils affichés au mur: ne déposer aucune nourriture sur le sol, mais la poser sur l’étagère en hauteur (ah bon ? les ours seraient-ils capables de défoncer le plancher pour voler quelques tranches de pain ??), fermer les rideaux en partant, toujours pour ne pas tenter le diable. Nous avons le temps, après nous être installés, c’est-à-dire après avoir apporté à pied depuis le parking tout notre barda, les quatre gros sacs plus tout ce que l’on peut accumuler en un mois de vadrouille, d’aller faire un tour à Lower Falls

et de passer au Visitor Center admirer la très belle expo photo d’Ansel Adams. Il y a énormément d’Indiens (d’Inde). Au retour nous faisons la queue dans le froid pour acheter une pizza à emporter, puis nous nous couchons dans un lit mal fait. Mauvaise nuit, constamment réveillée.
Mardi 27 mai
En partant, un jeune ours noir a traversé la route en courant de gauche à droite. Il était brun doré (je pense encore une fois à Don Juan et à Castaneda). Le week-end du Labor Day étant passé, nous espérons un peu moins de monde, mais c’est raté, du moins à Glacier Point. Nous avons hésité à y monter à pied de la vallée, mais à cause des ours nous avons pris le 4 x 4 et fait le grand tour. Heureusement parce qu’un peu avant le sommet le sentier était fermé pour cause de « fall rocks ». Nous nous sommes rappelé alors qu’en bas, dans la prairie au départ du chemin, il y avait un hélicoptère et une ambulance…
La vue, en haut, porte très loin, dans deux vallées ; en face, le Half Dome en éruption...


à gauche Basket Dome et North Dome...


et plus à droite les Vernal Falls et Nevada Falls.

Il y a un monde fou qui se penche au-dessus du vide ou qui braque ses jumelles droit devant.

Nous partons sur Panorama Trail via Illilouet Falls à travers une végétation dense et verte d’un mètre de haut puis une forêt cimetière de séquoias et de redwoods.


Le Half Dome...






Croisons un écureuil joueur avec d’énormes moustaches d’herbes sèches.

C’est le début du printemps, et la crainte des ours, pour moi, est toujours là. Je serais ourse, je trouverais l’endroit idéal. Nous passons deux torrents puis la pluie se met à tomber, une petite pluie fine et drue qui nous transperce. Nous faisons demi-tour.

Accident sur la route, en redescendant : une voiture esquintée contre un arbre. Arrivés à la cabane nous commençons, suprême corvée qui sent le retour, le tri des papiers et multiples sacs en plastique car demain, à San Francisco, sur Post Street, nous rendons le 4 x 4. Snif… Nous faisons la queue à nouveau pour acheter une pizza, toujours sous la pluie qui tombe sans discontinuer depuis que l’on est rentrés de Glacier Point.
Mercredi 28 mai
Cette fois ce n’est pas un ours mais un beau coyote, un peu maigrichon pourtant, qui a traversé devant la voiture, de droite à gauche. Il était très grand pour un coyote et avançait en trottinant d’une démarche aérienne.
Belles réflexions dans la Merced River de Cathedral Spires (sur la gauche) et de Cathedral Rocks.

La route qui quitte Yosemite traverse de belles et hautes collines, comme derrière le Golden Gate mais en plus grand, puis d’autres collines blondes à l’infini, comme un désert de dunes. Ensuite la 120 se prolonge par l’autoroute 580, bondée notamment de gros camions. Les gens roulent n’importe comment, doublent à droite à gauche, peu importe, ou s’installent tranquillement sur la voie de gauche. Bay Bridge, 4 $, très long au-dessus de la baie. Trois heure trente après avoir quitté Yosemite, nous rentrons dans San Francisco et retrouvons le Golden Gate Hotel sur Bush Street. Cette fois-ci nous avons la chambre 402 au troisième étage, toujours aussi minuscule et jolie, avec une fenêtre qui donne sur un passage métallique couvert d’énormes pots de géraniums. Nous allons rendre le TrailBlazer chez Avis, deux rues plus loin, faisons un tour au Civic Center pour trouver des cadeaux-vêtements pour Loïc, puis Alain part à City Light Books; moi je suis fatiguée et reste à l’hôtel pour écrire. Douche et repos. Le soir, Yellow Tail et pistaches, puis maïs, avocat, tomates. Les voisins de la chambre d'à côté, des Allemands, sont extrêmement bruyants. Il y a deux jeunes enfants qui dès 3 heures du matin, décalage horaire oblige, sont sur le pied de guerre à crier, courir, chanter à tue-tête ! Je vais frapper à leur porte en leur demandant de faire moins de bruit, le père les calme trois minutes puis ils reprennent de plus belle. Quelqu’un d’autre vient frapper, rebelote… ce qui décide le père à les habiller et à les sortir en pleine nuit pour les calmer. Au retour, une heure plus tard, ils sont en pleine forme et prêts à recommencer. Mais où est donc la mère ? Nous la verrons au petit déjeuner, une grosse Allemande vilaine et sans-gêne… Je ne me prive pas de la fusiller du regard…
Jeudi 29 mai
Ce matin nous prenons le cable-car jusqu’à Fisherman’s Wharf, pour rattraper ma frustration de 2007 (la queue de plusieurs centaines de personnes avait été dissuasive). Mais finalement il est plus attrayant de le voir passer que d’être à l’intérieur, où l’on se contorsionne de droite et de gauche pour apercevoir, mal, ce qu’on voit beaucoup mieux à pied. A l’arrivée nous achetons un mauvais fish & chips dans l’une des nombreuses échoppes de la petite place et le mangeons assis sur un rebord de pierre infect. Fisherman’s Wharf est assez agréable, surtout quand on se balade au premier étage sur les chemins de bois.


Plus loin, les dizaines d’otaries de Pier 39 se prélassent au soleil, certaines alanguies, d’autres agitées et prêtes à en découdre, le tout dans un fumet qui chatouille les narines…




Vendredi 30 mai
Au croisement d’une rue, aux abords de Civic Center, nous voyons une galerie qui expose Miro. Les doubles portes vitrées, immenses, sont grandes ouvertes, on peut entrer et sortir comme dans un moulin, alors qu’à quelques mètres sont accrochés des Picasso, des Leonor Fini, des Chagall… et que les deux seules personnes qui s’occupent de l’expo sont à un bureau tout au fond en train de discuter. Nous sommes sidérés !! L’an dernier nous avions été sur Leavenworth, au Golden Gate Park et à son jardin japonais, à Alamo Square, à Coit Tower, bien sûr au Golden Gate Bridge, etc., et cette fois-ci nous avons envie de découvrir le quartier latino – le plus ancien de San Francisco – et ses peintures murales. Nous prenons un bus et descendons à la 16th, pour rejoindre à pied la 24th. Les rues jouent aux montagnes russes, on commence à voir des palmiers et des collines dorées. Belles maisons croûlant sous la végétation luxuriante.
Au croisement de la 24th, il n’y a pas plus de quartier latino que de beurre en broche… On bifurque sur la gauche, direction Mission, à six blocks de là, et tout à coup le changement est saisissant ! Toujours sur la 24th, mais juste passé le carrefour, on quitte les Etats-Unis. Mexicains, Guatémaltèques, Salvadoriens, Nicaraguayens, Equatoriens, la langue a changé, il y a du monde partout, des tas de petites échoppes, une superbe bodega somptueusement décorée grande ouverte sur la rue.


Les peintures murales de Balmy, minuscule rue étroite et courte, bordée de maisons basses et de bougainvillées,

ont fait leur apparition dans le milieu des années quatre-vingt, en réaction à la violation des droits de l’homme en Amérique centrale. Elles sont en constante évolution, la dernière étant même en cours de réalisation. Quel dommage que Loïc ne soit pas là !



On y croise bien sûr Frida Kahlo, peintre mexicaine compagne de Diego Rivera (deuxième en partant de la gauche).

Ah, un compteur un peu moins tristounet que ceux qu’on a l’habitude de voir !

Les peintures ont débordé Balmy pour s’accrocher ici ou là, aux croisements des rues alentour


Il paraît qu’à Mission il y a de très bons restaurants, mais nous sommes invités chez Marian, à Oakland, et il est plus que temps de prendre le Bart, un genre de RER, et de filer à tombeau ouvert jusqu’à Rockridge. Elle nous attend à la sortie et nous l’accompagnons faire quelques courses dans le petit marché couvert qui se trouve à deux pas de là, où l’on se croirait quasiment en France : fromagerie, charcuterie, boulangerie vendant d’excellents produits. Sa maison, à laquelle on accède par une volée de marches équivalant à trois ou quatre étages, est plantée sur la colline au milieu de la végétation, comme toutes ses voisines. Le repas – cuisine californienne – est véritablement excellent, préparé par la plus jeune de ses filles, le vin délicieux, et nous nous régalons, totalement saturés que nous sommes depuis un mois du régime thon, salade, tomates, bananes… Mais je me souviens qu’en 2000 on avait été dégoûtés à vie d’un autre régime – au bout de quinze jours on était limite anorexiques, alors cinq semaines plus tard… – qui consistait en riz, maïs, purée de haricots rouges et gros pain frit imbibé d’huile, traitement de choc à manger éventuellement par moins 40° C, mais pas avec 48° à l’ombre… Le soir Marian nous raccompagne jusqu’à San Francisco, et nous passons sur le Bay Bridge. A chaque fois que nous l’empruntons je pense à ce jour d’octobre 89, quand un tremblement de terre d’une magnitude de 7, 1 l’endommagea en partie et fit six morts.
Samedi 31 mai
La pire journée d’un voyage… Nous avions réservé la navette qui dessert un certain nombre d’hôtels du centre, bien pratique pour rejoindre l’aéroport, la mort dans l’âme… Autant le vol aller ne nous avait jamais semblé aussi court, autant le retour a été d’une longueur exceptionnelle. Pourtant les deux étaient directs… Bizarre, non ?

De Zion NP à San Francisco
Le site MaBul, qui hébergeait les images, est définitivement en panne et a perdu tous les fichiers🏴☠️. Désormais, pour voir les photos, il faut passer uniquement par le site:
http://www.carnetsdameriquesetdailleurs.fr/crbst_11.html Pour ceux qui ont vu les parties précédentes, j'ai fait depuis quelques ajouts, notamment à propos du gros rocher rond (2e partie, après les photos de Valley of the Gods) dont j'avais oublié le nom (merci Philippe!), Church Rock, et son histoire aussi brève qu'étonnante.
2e partie: http://voyageforum.com/...ost=2152941;#2152941 1re partie: http://voyageforum.com/...ost=2152941;#2152941
Nous reprenons une chambre dans notre motel préféré, le Golden Hills à Mount Carmel Junction, toujours aussi bien et peu cher (64 $ plus taxes). Nous allumons les fausses flammes de la fausse cheminée qui répandent tout de suite une chaleur bienvenue. Les fenêtres au nord donnent sur la rivière et la montagne. Un gros bouquet dans un coin, une maquette de bateau sur la cheminée, réfrigérateur, micro-ondes, table à repasser, c’est bien agréable. Plus l’ordinateur à disposition à l’office.
A Zion, les parkings se multiplient comme des petits pains. Nous prenons la navette pour The Grotto et Angel’s Landing. Le ciel est sombre, le vent cinglant. Le chemin traverse la rivière

et après une partie en pente douce attaque directement la montagne en lacet, bordé de grandes fleurs blanches dans sa partie basse (Palmer's Penstemon (Penstemon palmeri). (Merci à Alain-Pierre, alias "Derennes", pour m'avoir indiqué le lien qui m'a menée à leur identification).

Nous montons lentement comme à notre habitude, sans nous arrêter sauf pour prendre des photos.

Il y a ici des penstemons d’une grande variété de rouges ; rosés, pourpre, vermillon…

La dernière partie avant d’arriver à Scout Lookout est particulièrement raide et soutenue de murets,

en haut, le vent est très violent et la vue sur la vallée vertigineuse.

Sans Alain qui a le vertige je décide d’avancer un peu sur l’arête rocheuse, histoire de voir…

Mais ce sera vite fait, car le vent maintenant glacial me tire de droite et de gauche, me bouscule, et finalement, alors que je suis arrivée au bout des chaînes fixées dans le roc et que je peux voir à droite la paroi à pic et à gauche… la paroi à pic, je manque de perdre l’équilibre. Le demi-tour est instantané et rassurant. Je suis suivie par un randonneur absolument tétanisé, qui se colle à la roche de tout son corps, les jambes tremblantes et le regard fixe. C’est terrible, je me demande même s’il ne va pas tomber. Arrivé en bas où l’attend son amie, il se redresse et prend l’air conquérant de celui qui a vaincu un 8000...
Retour par les pâturage couverts de bisons, stoïques dans le blizzard tranchant comme une lame. Arrivés au motel, nous sommes heureux de retrouver notre chambre et son feu dans la cheminée.

Jeudi 22 mai
Aujourd’hui nous partons pour Bryce Canyon, où nous n’avons toujours rien réservé, car nous comptons camper. Mais alors qu’Alain termine de charger la voiture j’ai soudain l’idée lumineuse (pas pour tout le monde…) que nous pourrions rester une nuit supplémentaire et randonner une autre journée à Zion. Aussitôt dit aussitôt fait, après quand même une vague hésitation d’Alain que n’emballe pas vraiment l’idée de redéménager.
Nous voilà partis cette fois-ci pour Observation Point. Ma-gni-fi-que !! Huit miles aller-retour et un dénivelé de 650 mètres. Le sentier grimpe raide tout du long sur les quatre miles, mais là encore nous montons lentement, doublés au début par un jeune couple que l’on retrouve systématiquement épuisé deux ou trois virages au-dessus. Par endroits, la roche est d’un jaune soufré extrêmement vif,


quelquefois striée d'ocre rouge.

Les falaises sont immenses au-dessus de nous, sombres dans le contre-jour, et laissent tout juste voir un peu de ciel bleu. L’air est vif et il fait même assez froid, ce qui est idéal pour aller décrocher les nuages, et nous permet de ne nous charger que d’un litre d’eau ; mais ce sera quand même limite. Nous longeons un canyon très étroit où l’on devine à peine en se penchant sous la roche le filet d’eau qui coule au fond.


Au milieu des falaises de grès rose saumon...

poussent de nombreux opuntias, beavertails, asters, jacinthes roses comme des oxalis, fleurs mauves. Les tamias sont là aussi, joueurs et peureux à la fois, courant de droite et de gauche la queue en l’air, complètement surexcités.



Alors que nous nous rapprochons nettement du sommet, nous croisons un randonneur qui nous dit « vous y êtes presque ! ». Juste après, et il n’y a qu’aux Etats-Unis pour voir une chose pareille, déboulent au détour d’un virage une femme qui a bien quatre-vingt-quinze ans et son fils d’au moins soixante-quinze ans… Effectivement, nous sommes bien arrivés en haut, mais pas au bout du chemin qui longe maintenant le bord de la falaise en se coulant sous les pins. On aperçoit à une certaine distance, pour ne pas dire à une distance certaine, une avancée qui ressemble tout à fait au point de vue final au-dessus de la vallée...
La vue est effectivement extraordinaire, et je ne me lasse pas de la prendre en photos !


On aperçoit, à gauche, le Great White Throne,



et on domine la proue d’Angel’s Landing sur la droite, où se distinguent à peine quelques silhouettes téméraires sur l’arête de pierre.


Allez, encore une dernière! Quand on aime on ne compte pas...

La descente est un peu plus dure que la montée mais la vue, différente, est constamment superbe, que l’on se glisse, minuscules, entre les falaises géantes...

ou que l’on domine la vallée.

En repartant, un rayon de soleil perce le ciel d’encre et dore Checkerboard Mesa et ses alentours. Zion est vraiment magnifique !


Retour à Mount Carmel Junction à 19 h 30. Nous achetons oranges et cookies à la grocery de la pompe à essence et filons allumer les fausses flammes de la cheminée.
Vendredi 23 mai
Nous partons pour Bryce par un temps glacial. Avant l’embranchement de la Hwy 12, la neige fait son apparition sur les arbres qui bordent la route et je suis aux anges! Bientôt, le paysage tout entier est blanc.


Red Canyon est recouvert d’une couche de neige fraîche qui contraste violemment avec la roche rouge, c’est superbe. Nous nous arrêtons pour nous balader dans ce décor incroyable, l’air est vif, le vent léger agite les pins et fait dégringoler sur nos têtes des paquets de flocons blancs.





Contrairement à ce que l’on pensait, il n’a pas neigé sur Bryce. Un passage au Visitor Center, puis nous allons directement nous installer à South campground où nous n’avons que l’embarras du choix. Les rares personnes qui sont là s’apprêtent à partir et il ne nous reste qu’à choisir le meilleur emplacement. C’est chose faite dans la section C, n° 289, dont une ranger nous dira que c’est le plus convoité, aucun vis-à-vis, devant la table la forêt clairsemée monte en pente douce. Alain a trouvé un sac en plastique plein de bois sec et de journaux abandonné sous une table auquel j’ajoute du petit bois avant qu’il soit mouillé, et que nous mettons immédiatement à l’abri pour le soir, car il fait un froid polaire. Après avoir accroché le premier morceau de l’enveloppe de paiement sur le piquet du site, nous prenons nos sacs et partons pour Queen’s Garden, Peek-a-Boo Loop et Navajo Loop.



Il y a du monde sur la première partie du chemin malgré le grésil qui s’est mis à tomber. Comme nous n’avons pas de K-way, j’ai eu l’idée d’emporter des sacs en plastique pour nous protéger la tête au cas où, et ça a été particulièrement efficace et distrayant pour tous les gens que nous avons croisés. Entre Family Dollar et Smiths enfoncés sur le crâne, les poignées des sacs coincées entre les dents à cause du vent, on a eu un sacré succès. What a good idea ! ! Le lendemain on a même vu quelqu’un avec un sac sur la tête et on a pensé qu’on l’avait croisé sur Queen’s Garden… Le chemin est à notre goût trop fréquenté malgré le mauvais temps. Le ciel est bouché, l’argile collante et nos baskets sont subitement surcompensées de plusieurs centimètres et alourdies de plusieurs kilos.


La fin de Queen’s Garden est plus tranquille et à Peek-a-Boo nous sommes totalement seuls. La neige tombe maintenant à gros flocons mais ne tient pas sur les monolithes d’autant plus rouges qu’ils sont mouillés, nos sacs nous protègent bien la tête ce qui n’empêche pas l’humidité de nous envahir peu à peu car nous ne sommes pas équipés pour un temps pareil.



Des cerfs-mulets broutent tranquillement sur une pente, ignorant notre présence silencieuse. Croisons des mules.





The Wall of Windows...

Les monolithes sont moins beaux sous la neige qui ne tient pas.

Nous montons un peu fatigués par la dernière partie de Navajo à Sunset Point, car en plus d’être très raide c’est une véritable patinoire, à la limite d’être praticable. Nombreux sont les gens qui avancent d’un pas pour reculer de deux, notamment un qui est descendu serviette sur les épaules, maillot de bain et tongs aux pieds. C’est une façon originale de randonner sous la neige…


Le soir nous mangeons au Ruby’s Inn, steak frites et saumon frites. En sortant il y a une queue de plus de cent personnes, des cars sans doute. Au camping il y a à peine plus de monde qu’en arrivant. Nous faisons un feu en attendant la nuit, frigorifiés, puis nous nous glissons avec délice dans nos duvets.

Samedi 24 mai
Au petit matin, la condensation de notre respiration a recouvert non seulement toutes les vitres car je ne les avais baissées à l’avant que de un centimètre hier soir, mais aussi nos sacs de couchage qui sont complètement trempés. C’est ce qui explique, avec le fait que nous n’avons pas mis les matelas mais avons encore dormi directement sur la moquette, que pour la première fois nous avons eu froid quasi toute la nuit. J’essuie la buée d’un revers de main et aperçoit à quelques mètres deux cerfs-mulets qui prennent leur petit déjeuner.
Sur la route du Nevada, la 56 puis la 319 et la 93 qui nous mènent à l’entrée de l’Extraterrestrial Hwy, il pleut des trombes sur tous les coins de l’horizon mais la voiture passe pour l’instant miraculeusement entre les gouttes. Quelque part, entre Panaca et Crystal Springs...


sur la 93 sud, là où les Joshua trees font des ricochets dans le désert...

Comme sa sœur jumelle la Hwy 50 plus au nord, « The Loneliest road of America », la 375, tout aussi déserte, qui part de Crystal Springs et finit à Warm Springs, appelée, elle, l'Extraterrestrial Highway,

traverse un paysage de montagnes arides et colorées.

Les pluies abondantes ont par endroits laissé dans le désert de longues traînées de fleurs jaunes.

Des mustangs broutent, magnifiques et inquiets,

au-dessus d’un petit lac où barbotent des canards.

Tonopah.

Nous descendons puis remontons Main Street pour repérer les motels et jetons notre dévolu sur le Tonopah Motel. Très propre, et pour une fois rien de déglingué dans la chambre refaite à neuf. Le prix le plus bas que nous ayons jamais payé, 33 $ ! Le village est minier depuis la découverte d’argent en 1900.


Il reste de grands hôtels, comme le Mizpah, témoin de sa grandeur passée… Maisons du siècle dernier. Il flotte là une atmosphère d’Amérique profonde. Les gens sont très aimables mais l’ensemble est malgré tout assez sinistre sous le ciel gris et froid et bientôt les trombes d’eau qui dévalent Main Street…Tonopah a quelque chose de ses sœurs Eureka et Austin, de la Hwy 50, en plus grand et plus triste à cause du paysage minier. Nous mangeons dans la chambre du saumon fumé et de grosses crevettes.
Dimanche 25 mai
Bon lit et bonne nuit. Nous rangeons la voiture et partons faire un tour au magasin de turquoises repéré la veille mais qui avait fermé juste à notre arrivée.

Il y a un monde fou ! Des tas de gens viennent s’inscrire pour participer à une journée de pioche à la mine de turquoise. Quel dommage que nous partions ! A l'intérieur, Alain m’offre une très jolie paire de boucles d’oreilles en argent (de Durango!...), et turquoise de Tonopah.
La route qui mène à Lee Vining est presque totalement déserte et bordée de montagnes dans un camaïeu de marron, plus belles encore que celles d’Artist’s Drive, à Death Valley, auxquelles elles ressemblent beaucoup, ce qui n’est pas étonnant car en fait c’est tout près à vol d’oiseau.

Le sol est vert tendre et jaune pâle à cause de la sauge en fleur. Je suis sans arrêt tentée de prendre des photos, surtout qu’aux quatre coins de l’horizon il pleut toujours des cordes, noyant dans un même gris sombre le ciel et la terre. C’est vraiment très beau. Au fur et à mesure que nous montons, le grésil se mêle à la pluie puis il neige tout à fait. Les collines laissent la place aux montagnes de lave noire brillante recouvertes de touffes de sauge, qui laissent couler de longues stries anthracite.


Vers 8300 pieds (environ 2500 mètres), le paysage est tout entier contenu dans un gros édredon sombre et la route est bordée de neige.

Nous traversons Benton, quelques maisons posées çà et là, aucun motel, heureusement que nous nous étions arrêtés à Tonopah.


Plus haut encore, c’est le plein hiver, la neige a tout recouvert,

Quelques miles plus loin elle n'a pas tenu, et il flotte à la surface du sol d'étranges brumes qui ressemblent à des fumerolles.




Avant d’arriver à Lee Vining, niché au pied de la Sierra Nevada la bien-nommée, nous faisons une halte à Mono Lake, sur la 20, cerné de volcans sur trois côtés, Bodie Hills au nord et Anchorite Hills à l’est. Au sud, le Panum a explosé il y a à peine six cents ans… Le niveau du lac a baissé de deux cents mètres depuis l’origine, ce qui explique son taux élevé de sels, empêchant tout poisson de paresser dans ses eaux alcalines. Mais la place n’est pas perdue pour tout le monde : crevettes et mouches grouillent sous et sur la surface, approvisionnant le restaurant de milliers d’oiseaux à toute heure. Malgré son nom, qui veut dire « mouches » en langue yokut, en raison de la saison nous n’en voyons pas une seule à l’horizon. Autrefois leurs chrysalides étaient une des bases de la nourriture des Indiens de la région, Paiutes et Kuzedika, et servaient même au troc avec les Yokuts en échange de glands.

Entrée 3 $ par personne, le pass est accepté. Il tombe une petite bruine et il règne là une atmosphère étrange, montagnes blanches de la Sierra d’un côté, noyées dans les nuages,

lac marin et concrétions de tuf,



sauge incroyablement odorante, Indian Paintbrushes mêlés de lupin bleu.

Les mouettes se pressent en miroir sur les rives orangées concentrées en sels minéraux et fouillent les quelques centimètres d’eau de leurs becs jaunes. Parfois un rayon de soleil éclaire brièvement l’une ou l’autre sculpture de roche claire.

Avant d’arriver au Murphey’s Motel, nous dépassons la Tioga road qui est… « closed » ! J’ai souhaité intensément qu’elle soit ouverte pour éviter de faire le grand détour par le nord et surtout pour traverser le cœur de Yosemite, ce qui, en cette année exceptionnelle, serait également exceptionnel, mais non… Ce sera pour demain, j’en suis certaine ! La chambre du Murphey’s est très bien, il faut juste savoir comment fonctionne la serrure pour éviter les foudres de la gérante qui est obligée de se déplacer à chaque nouvel arrivant. Un minuscule morceau de papier au-dessus de la poignée avertit qu’il ne faut pas actionner le fermoir en sortant, seulement tirer la porte. Evidemment, personne ne le lit ni même ne le voit… Nous partons maintenant explorer la rive nord de Mono Lake. Route, puis piste sur laquelle nous voyons un splendide arbuste qui ressemble à de l’aubépine rose,

et enfin dunes de sable volcanique.

Les stries laissées par le vent ont séché sur leur côté exposé au soleil et forment à l’infini de très belles rayures gris cendré et noires qui gardent par endroits les empreintes d’un lièvre (un « truc » tout simple pour distinguer les empreintes d’un lapin de celles d’un lièvre : les premières tiennent dans une petite boîte d’allumettes).



Des milliers de goélands nichent sur Negit, l’ilôt sombre au milieu du lac, théoriquement protégés par un panneau d’interdiction de s’approcher à moins de un mile, ce qu’ignore le jeune couple croisé dans les dunes peu avant… Quand le niveau du lac baisse, une langue de terre apparaît, qui permet aux coyotes d’avoir accès aux nids. L’autre îlot, le blanc, Paoha, n’a que deux cent trente ans…






Le ciel est de plus en plus noir et nous quittons la rive nord de Mono Lake. La piste est bordée là aussi de lupins et d'Indian Paintbrushes d'un rouge fluorescent.

Soudain, c'est un déluge qui nous tombe sur la tête!


Un tour au Visitor Center idéalement situé juste au-dessus du lac, puis nous rentrons au motel manger saumon, tomates, avocats et soupe de squash.
Lundi 26 mai
6 heures… je jette un œil par la fenêtre, histoire de voir s’il neige, et j’aperçois deux Indiens plantés à l’entrée du motel, un grand et un petit, qui ont l’air d’adresser la parole à un homme qui range des valises dans un 4 x 4 sans leur prêter attention … Plus tard, alors que je descends l’escalier pour me diriger vers le TrailBlazer, je vois qu’ils sont toujours là et je sens tout de suite que c’est nous qu’ils attendaient. Effectivement, avec un grand sourire ils me proposent de me racheter la roue de secours ! Alain m’a rejointe et on a beau leur expliquer que c’est impossible, que c’est une voiture de location et qu’il nous faut de toute façon une roue de secours, il n’y a rien à faire. Ils nous racontent leur mésaventure, ils ont un TrailBlazer et ont crevé, la roue de secours est fichue aussi, ils sont bloqués à Lee Vining, mais doivent rejoindre Los Angeles, d’ailleurs, tiens, est-ce qu’on n’y va pas, à Los Angeles ? Eh bien non, malheureusement, on va plutôt sur San Francisco… Ils ont soudain une idée lumineuse, le petit sort son portefeuille et nous montre une liasse de dollars : combien a-t-on payé la location ? Et là, soudain, ils ont l’air perdu, ils ne comprennent plus, ils veulent à tout prix mettre une virgule à la somme (1300 €) qu’on leur annonce, et nous sommes gênés tout à coup d’avoir mis autant d’argent dans une voiture alors qu’eux n’ont rien… Une petite demi-heure plus tard, on les a enfin convaincus d’aller à la station cinquante mètres plus haut et de faire tout simplement réparer un pneu.
A 8 h 30, enfin, nous filons vers l’entrée de la Tioga road pour découvrir qu’elle est… closed !! Mais je ne désespère toujours pas, bien que tout d’abord très déçue et incrédule. A la station Mobil nous demandons à la caissière du magasin si elle sait quelque chose : Oui, bien sûr. Il y a eu un petit contretemps, un éboulement, et l’ouverture est prévue pour dix heures !!! En attendant nous prenons de l’essence à un taux record : 4, 70 $ le gallon, et allons nous garer devant la barrière. On peut apercevoir les sommets enneigés des montagnes alentour, très hautes. Peu à peu, l’information passe et la file de voitures et de camping-cars commence de s’allonger. A 10 heures précises, la barrière se lève, et la Tioga road est enfin à nous !
Alors que nous laissons très loin au-dessous de nous la trouée lumineuse de Mono Lake,

nous entrons dans le brouillard pour ne plus en sortir avant Yosemite Valley. Par endroits, nous passons au milieu de deux murs de neige, notamment aux abords d’Ellery Lake, à plus de 9500 pieds (2900 mètres). Le lac est entièrement gelé, seul un boomerang d’eau noire dans lequel se reflète délicatement un petit morceau de roche frémit sur sa surface blanche et givrée.

Soudain une cahute, et à l’intérieur deux rangers qui ne doivent pas avoir très chaud alors que dehors tout est gris, cotonneux et glacial. D’immenses fir trees au tronc marron rouge, couverts de neige de la tête aux pieds, bordent le ruban sombre de la route et quelques mares aux eaux noirâtres,


et se perdent vite dans le brouillard aussi épais que le silence.

Nous nous arrêtons ici et là pour prendre des photos, les sens en alerte à cause des ours – encore et toujours –, surtout lorsque nous nous éloignons du 4 x 4. Au bout d’une heure et demie environ nous croisons la première voiture, mais il n’y a aucun signe d’amélioration du côté du ciel.

Avant d’arriver à Tuolumne Meadows, il y a un peu plus de monde, des séquoias – mais qui n’ont rien à voir avec ceux de Sequoia NP –, quelques prairies humides, mais nous n’avons aucune envie d’aller faire schlouk schlouk dans l’herbe verte et poursuivons jusqu’à Crane Flat toujours sans savoir si nous longeons des abîmes ou traversons des plateaux d’altitude. Au premier plan un Sarcodes sanguinae (Snow Plant)


La Big Oak Flat road est nettement plus chargée que la Tioga road et laisse augurer une foule du côté de Yosemite Valley et de Curry Village en particulier. Quelques beaux points de vue sur la vallée, enfin, des manzanitas centenaires à l’écorce violine, torturées par le vent et le gel. Puis les chutes, des files de voitures sur les bas-côtés, Curry Village et ses immenses parkings bondés,


la queue à la réservation, les chemins labyrinthiques avant d’arriver à notre cabane, la 274, « without bath », adossée à un gros rocher. Deux lits style caserne, un petit bureau, une chaise, un chauffage électrique… Mais l’ensemble est assez agréable (heureusement que je n’avais pas vu l’araignée qui trônait sur un chevron juste au-dessus des oreillers !). Quelques conseils affichés au mur: ne déposer aucune nourriture sur le sol, mais la poser sur l’étagère en hauteur (ah bon ? les ours seraient-ils capables de défoncer le plancher pour voler quelques tranches de pain ??), fermer les rideaux en partant, toujours pour ne pas tenter le diable. Nous avons le temps, après nous être installés, c’est-à-dire après avoir apporté à pied depuis le parking tout notre barda, les quatre gros sacs plus tout ce que l’on peut accumuler en un mois de vadrouille, d’aller faire un tour à Lower Falls

et de passer au Visitor Center admirer la très belle expo photo d’Ansel Adams. Il y a énormément d’Indiens (d’Inde). Au retour nous faisons la queue dans le froid pour acheter une pizza à emporter, puis nous nous couchons dans un lit mal fait. Mauvaise nuit, constamment réveillée.
Mardi 27 mai
En partant, un jeune ours noir a traversé la route en courant de gauche à droite. Il était brun doré (je pense encore une fois à Don Juan et à Castaneda). Le week-end du Labor Day étant passé, nous espérons un peu moins de monde, mais c’est raté, du moins à Glacier Point. Nous avons hésité à y monter à pied de la vallée, mais à cause des ours nous avons pris le 4 x 4 et fait le grand tour. Heureusement parce qu’un peu avant le sommet le sentier était fermé pour cause de « fall rocks ». Nous nous sommes rappelé alors qu’en bas, dans la prairie au départ du chemin, il y avait un hélicoptère et une ambulance…
La vue, en haut, porte très loin, dans deux vallées ; en face, le Half Dome en éruption...


à gauche Basket Dome et North Dome...


et plus à droite les Vernal Falls et Nevada Falls.

Il y a un monde fou qui se penche au-dessus du vide ou qui braque ses jumelles droit devant.

Nous partons sur Panorama Trail via Illilouet Falls à travers une végétation dense et verte d’un mètre de haut puis une forêt cimetière de séquoias et de redwoods.


Le Half Dome...






Croisons un écureuil joueur avec d’énormes moustaches d’herbes sèches.

C’est le début du printemps, et la crainte des ours, pour moi, est toujours là. Je serais ourse, je trouverais l’endroit idéal. Nous passons deux torrents puis la pluie se met à tomber, une petite pluie fine et drue qui nous transperce. Nous faisons demi-tour.

Accident sur la route, en redescendant : une voiture esquintée contre un arbre. Arrivés à la cabane nous commençons, suprême corvée qui sent le retour, le tri des papiers et multiples sacs en plastique car demain, à San Francisco, sur Post Street, nous rendons le 4 x 4. Snif… Nous faisons la queue à nouveau pour acheter une pizza, toujours sous la pluie qui tombe sans discontinuer depuis que l’on est rentrés de Glacier Point.
Mercredi 28 mai
Cette fois ce n’est pas un ours mais un beau coyote, un peu maigrichon pourtant, qui a traversé devant la voiture, de droite à gauche. Il était très grand pour un coyote et avançait en trottinant d’une démarche aérienne.
Belles réflexions dans la Merced River de Cathedral Spires (sur la gauche) et de Cathedral Rocks.

La route qui quitte Yosemite traverse de belles et hautes collines, comme derrière le Golden Gate mais en plus grand, puis d’autres collines blondes à l’infini, comme un désert de dunes. Ensuite la 120 se prolonge par l’autoroute 580, bondée notamment de gros camions. Les gens roulent n’importe comment, doublent à droite à gauche, peu importe, ou s’installent tranquillement sur la voie de gauche. Bay Bridge, 4 $, très long au-dessus de la baie. Trois heure trente après avoir quitté Yosemite, nous rentrons dans San Francisco et retrouvons le Golden Gate Hotel sur Bush Street. Cette fois-ci nous avons la chambre 402 au troisième étage, toujours aussi minuscule et jolie, avec une fenêtre qui donne sur un passage métallique couvert d’énormes pots de géraniums. Nous allons rendre le TrailBlazer chez Avis, deux rues plus loin, faisons un tour au Civic Center pour trouver des cadeaux-vêtements pour Loïc, puis Alain part à City Light Books; moi je suis fatiguée et reste à l’hôtel pour écrire. Douche et repos. Le soir, Yellow Tail et pistaches, puis maïs, avocat, tomates. Les voisins de la chambre d'à côté, des Allemands, sont extrêmement bruyants. Il y a deux jeunes enfants qui dès 3 heures du matin, décalage horaire oblige, sont sur le pied de guerre à crier, courir, chanter à tue-tête ! Je vais frapper à leur porte en leur demandant de faire moins de bruit, le père les calme trois minutes puis ils reprennent de plus belle. Quelqu’un d’autre vient frapper, rebelote… ce qui décide le père à les habiller et à les sortir en pleine nuit pour les calmer. Au retour, une heure plus tard, ils sont en pleine forme et prêts à recommencer. Mais où est donc la mère ? Nous la verrons au petit déjeuner, une grosse Allemande vilaine et sans-gêne… Je ne me prive pas de la fusiller du regard…
Jeudi 29 mai
Ce matin nous prenons le cable-car jusqu’à Fisherman’s Wharf, pour rattraper ma frustration de 2007 (la queue de plusieurs centaines de personnes avait été dissuasive). Mais finalement il est plus attrayant de le voir passer que d’être à l’intérieur, où l’on se contorsionne de droite et de gauche pour apercevoir, mal, ce qu’on voit beaucoup mieux à pied. A l’arrivée nous achetons un mauvais fish & chips dans l’une des nombreuses échoppes de la petite place et le mangeons assis sur un rebord de pierre infect. Fisherman’s Wharf est assez agréable, surtout quand on se balade au premier étage sur les chemins de bois.


Plus loin, les dizaines d’otaries de Pier 39 se prélassent au soleil, certaines alanguies, d’autres agitées et prêtes à en découdre, le tout dans un fumet qui chatouille les narines…




Vendredi 30 mai
Au croisement d’une rue, aux abords de Civic Center, nous voyons une galerie qui expose Miro. Les doubles portes vitrées, immenses, sont grandes ouvertes, on peut entrer et sortir comme dans un moulin, alors qu’à quelques mètres sont accrochés des Picasso, des Leonor Fini, des Chagall… et que les deux seules personnes qui s’occupent de l’expo sont à un bureau tout au fond en train de discuter. Nous sommes sidérés !! L’an dernier nous avions été sur Leavenworth, au Golden Gate Park et à son jardin japonais, à Alamo Square, à Coit Tower, bien sûr au Golden Gate Bridge, etc., et cette fois-ci nous avons envie de découvrir le quartier latino – le plus ancien de San Francisco – et ses peintures murales. Nous prenons un bus et descendons à la 16th, pour rejoindre à pied la 24th. Les rues jouent aux montagnes russes, on commence à voir des palmiers et des collines dorées. Belles maisons croûlant sous la végétation luxuriante.
Au croisement de la 24th, il n’y a pas plus de quartier latino que de beurre en broche… On bifurque sur la gauche, direction Mission, à six blocks de là, et tout à coup le changement est saisissant ! Toujours sur la 24th, mais juste passé le carrefour, on quitte les Etats-Unis. Mexicains, Guatémaltèques, Salvadoriens, Nicaraguayens, Equatoriens, la langue a changé, il y a du monde partout, des tas de petites échoppes, une superbe bodega somptueusement décorée grande ouverte sur la rue.


Les peintures murales de Balmy, minuscule rue étroite et courte, bordée de maisons basses et de bougainvillées,

ont fait leur apparition dans le milieu des années quatre-vingt, en réaction à la violation des droits de l’homme en Amérique centrale. Elles sont en constante évolution, la dernière étant même en cours de réalisation. Quel dommage que Loïc ne soit pas là !



On y croise bien sûr Frida Kahlo, peintre mexicaine compagne de Diego Rivera (deuxième en partant de la gauche).

Ah, un compteur un peu moins tristounet que ceux qu’on a l’habitude de voir !

Les peintures ont débordé Balmy pour s’accrocher ici ou là, aux croisements des rues alentour


Il paraît qu’à Mission il y a de très bons restaurants, mais nous sommes invités chez Marian, à Oakland, et il est plus que temps de prendre le Bart, un genre de RER, et de filer à tombeau ouvert jusqu’à Rockridge. Elle nous attend à la sortie et nous l’accompagnons faire quelques courses dans le petit marché couvert qui se trouve à deux pas de là, où l’on se croirait quasiment en France : fromagerie, charcuterie, boulangerie vendant d’excellents produits. Sa maison, à laquelle on accède par une volée de marches équivalant à trois ou quatre étages, est plantée sur la colline au milieu de la végétation, comme toutes ses voisines. Le repas – cuisine californienne – est véritablement excellent, préparé par la plus jeune de ses filles, le vin délicieux, et nous nous régalons, totalement saturés que nous sommes depuis un mois du régime thon, salade, tomates, bananes… Mais je me souviens qu’en 2000 on avait été dégoûtés à vie d’un autre régime – au bout de quinze jours on était limite anorexiques, alors cinq semaines plus tard… – qui consistait en riz, maïs, purée de haricots rouges et gros pain frit imbibé d’huile, traitement de choc à manger éventuellement par moins 40° C, mais pas avec 48° à l’ombre… Le soir Marian nous raccompagne jusqu’à San Francisco, et nous passons sur le Bay Bridge. A chaque fois que nous l’empruntons je pense à ce jour d’octobre 89, quand un tremblement de terre d’une magnitude de 7, 1 l’endommagea en partie et fit six morts.
Samedi 31 mai
La pire journée d’un voyage… Nous avions réservé la navette qui dessert un certain nombre d’hôtels du centre, bien pratique pour rejoindre l’aéroport, la mort dans l’âme… Autant le vol aller ne nous avait jamais semblé aussi court, autant le retour a été d’une longueur exceptionnelle. Pourtant les deux étaient directs… Bizarre, non ?

Ouest américain, entre geysers, forêts et canyons (2 et fin) English translation pending
Voici la suite de notre voyage nature de 40 jours à travers le Wyoming, l'Utah, le Colorado et l'Arizona au départ de Salt Lake City.
Ci-dessous le récit accompagné de quelques photos.
Pour une version avec davantage de photos, allez directement là :
sites.google.com/.../fabuleuxvoyagesusa/

========================================================================= La première partie du récit sur VF est... là
Du canyon de Chelly à Navajo NM
J22 (23/06) : Bluff – Canyon de Chelly
Adieu Bluff, bonjour le Canyon de Chelly ! Afin de ne rien louper des deux rives du canyon, nous bifurquons via Lukachukaï pour arriver par la North Rim Drive et jouir de ses 4 points de vue. Dès le premier coup d’œil, nous sommes agréablement surpris : cette vue nous donne une grande impression de calme et de sérénité ! Nous apprécions !
Nous poursuivons jusqu’à notre hôtel, l’Holiday Inn que nous atteignons à midi. Trop tôt pour s’installer, mais le restaurant de l’hôtel (intérieur chaleureux) nous séduit. Cela tombe bien, nous n’avons pas encore fait de ravitaillement. Finalement nous sommes très déçus par son salad bar, très peu garni et assez cher !
Après le check-in, courses et repos avant de poursuivre la découverte de Chelly.
Le seul sentier autorisé est celui de White House, alors forcément c’est celui que nous prenons en cette fin d’après-midi. Il y a un peu de monde, mais ce n’est tout de même pas la procession. Les paysages le long du sentier font penser aux Coyotes Buttes, non ?
Au fond, le canyon est beaucoup moins beau que d’en haut : de nombreuses souches d’arbres calcinées lui donnent par endroits un aspect désolé ! Heureusement qu’il y a les belles ruines de White House qui compensent cette note négative !
Il nous reste à présent à aller jusqu’au bout de la South Rim Drive pour voir LE symbole du Canyon de Chelly : Spider Rock.
Eh, bien, voilà, nous avons fait le tour ! Ce soir dînette dans notre chambre. Un orage gronde tout près, mais rien sur Chelly.
J23 (24/06) : Canyon de Chelly – Page.
Nous ne voulons pas quitter le Canyon de Chelly sans une petite incursion en son sein….et pourquoi pas à cheval ? Oh, on n’ira pas très loin en 2h…. jusqu’à First Ruin mais ça change un peu des randonnées pédestres et c’est cool !
Ma monture est d’une docilité exemplaire, mais la jument d’Hervé ne fait que ce qui lui plaît, aussi rebelle que son cavalier ! Elle hennit à qui mieux mieux (en fait, elle a laissé au ranch son petit poulain !!!) et n’a qu’une idée en tête : faire demi-tour. La monter n’est pas une mince affaire.
Notre impression sur le canyon va se confirmer : très beau d’en haut, beaucoup moins d’en bas. En fait, au début, le canyon est très large et surtout, il y a de la circulation ! Eh ! oui, habitants, touristes en 4x4, …c’est fou ce qu’il y a comme trafic !
La balade se termine peu avant midi. Direction Page mais avec un arrêt au Navajo National Monument. Comme nous ne trouvons pas de coin pique-nique en route, celui du Monument est le bienvenu : il est déjà 14H.
Il fait bon, voire frais, j’ai presque la chair de poule. Ici on est en altitude, plus de 2200m.
Après manger, allons découvrir plus avant ce petit parc en enchaînant deux petites randonnées :
- Le Sandal Trail nous amène en 1 mile A/R à un point de vue permettant d’apercevoir les ruines indiennes de Betatakin.
- L’Aspen Trail qui, avec ses 100m de dénivelé, nous permet d’apercevoir une ancienne forêt de bouleaux.
C’est aussi l’endroit que nous choisissons pour une petite sieste au frais avant d’affronter la chaleur de Page.
Nous continuons notre route vers Page en passant par Kaïbito et par des paysages qui nous évoquent Red & White Canyon, mais je crains fort qu’aucun des connaisseurs de ce canyon secret ne veuille nous confirmer nos hypothèses ! Alors, il faudra peut-être un jour revenir explorer les alentours pour en avoir le cœur net !
A Page, nous nous installons pour trois nuits au Motel6, correct et prix très sage !
C’est notre deuxième séjour dans cette ville et nous y avons déjà nos habitudes, du moins pour la restauration : ce sera Ken’s Old West. On n'est pas le week-end, donc pas d’orchestre, mais une surprise : entre deux services, la barmaid prend sa guitare et chante quelques airs à la Joan Baez ! Sympa !
Spider Rock
Autour de Page : canyons et hoodoos
J24 (25/06) : Page
Séjourner à Page sans aller voir Antelope Canyon ? Impensable deux années de suite …alors cette fois-ci, nous nous sommes laissés convaincre, laissant au placard nos à-prioris négatifs (foule +++ sur un canyon d’à peine 200m !!!). Mieux encore, nous sommes allés visiter les deux : Lower et Upper.
Dès 8h du matin nous attendons devant la porte du Lower, les Navajos n’ouvriront finalement que vers 8H20 et pour la visite de 8H30 (à visiter très tôt le matin en raison de la lumière) nous sommes 4 + le guide. Chouette, cela se présente bien !
Grâce à un système d’échelles, nous descendons palier par palier dans le fond du canyon et nous sommes conquis. Oui, Antelope Canyon est vraiment une merveille !
Pour l’Upper, c’est une autre histoire. Il y a d’abord le parcours en 4X4 navajo : très fun et secousses garanties !
A l’entrée du canyon, une bonne dizaine de ces 4X4 sont déjà garés, à raison de 10 touristes par camion, le compte est vite fait : près d’une centaine de personnes à l’intérieur !
On avance à la queue leu leu…quand il n’y a pas encombrement.
Sur les photos, on pourrait croire qu’il n’y a que nous !
La réalité, c’est ça !
Mais au final, on n’a pas regretté car c’est vraiment très beau ô ô ô
Après tant de beautés, mieux vaut faire un petit break. Il fait une chaleur torride alors la fraîcheur de notre chambre est la bienvenue jusqu’en milieu d’après-midi.
Mais d’autres merveilles nous attendent, alors c’est reparti vers Lee’s Ferry et Cathedral Wash (4 miles, 2h). Il fait encore beaucoup trop chaud quand nous arrivons au trailhead. Alors avant d’entamer la randonnée, nous trempons les pieds dans le Colorado à Lee’s Ferry : ça fait un bien !
Ragaillardis nous allons randonner une heure plus tard et entre temps le soleil a baissé un peu, c’est mieux ! En fait, la balade suit un wash mais il faut parfois chercher sa route et les cairns, s’aider de ses mains.
Le wash débouche sur le Colorado !
A nouveau quel plaisir de faire trempette ! Même si l’eau est vraiment glacée.
Dommage qu’il soit déjà tard, on y resterait bien encore un peu. Il fait presque nuit quand nous rentrons à notre hôtel où nous trouvons un message. Philippe (Sedonax) nous attend à la pizzeria Stromboli : bien sûr notre voyage et nos premières impressions sont au cœur de la conversation toute la soirée.
J25 (26/06) : Page (suite).
Décidément à Page et dans ses environs, il y a plein de choses à faire ! Ce matin, nous partons pour voir des hoodoos ou cheminées de fées.
D’abord les White Rocks.
L’année dernière, nous avions déjà voulu voir ce site mais un wash très boueux nous avait fait renoncer. Aujourd’hui aucun souci, la piste est sèche, archi-sèche !
Voilà les cheminées de fées !
Certaines sont très curieuses : il y en a de toutes les tailles !
Dans le même secteur se trouvent aussi les Toadstool Hoodoos : ils sont accessibles à partir de l’US 89 après une courte randonnée (1h A/R). Contrairement aux précédents, ils se déclinent dans des couleurs caramel. Malheureusement notre appareil-photo tombe en panne sèche de batterie et l’appareil de secours est resté à l’hôtel : pas de chance ! Pas de photo !
Cela nous donne une excuse pour retourner à Page, nous reposer jusqu’en soirée avant de nous aventurer vers Alstrom Point, le meilleur point de vue sur le lac Powell, d’après les connaisseurs.
Après quelques interrogations au départ (sommes-nous bien sur la bonne route ?), nous voilà lancés sur la Smoky Mountain Road qui porte bien son nom !
Au bout de quelques miles nous rattrapons un autre baroudeur : il s’agit de Philippe. Il veut comme nous rallier Alstrom Point après un détour par Kelly Grade Overlook. Nous ne l’accompagnons pas pour ce détour, car Hervé vient de s’apercevoir que l’essence risque d’être juste (j’ai conduit toute la journée jusque là sans faire attention à la jauge).
Nous poursuivons seuls vers Alstrom Point : la piste se dégrade de plus en plus au fur et à mesure de notre progression. Quand notre GPS nous indique que le point de vue est à 2 kms nous continuons à pied (à cause de l’état de la piste, mais surtout pour économiser de l’essence pour le retour !)
La vue sur le lac Powell est déjà pas mal !
2kms plus loin, persuadés d’être arrivés, nous explorons un peu les alentours, à l’écart de la piste. Philippe ne devrait plus tarder à nous rejoindre. Au loin, nous apercevons son véhicule laissant un panache de poussière.
Une autre vue sur le lac !
A l’issue de notre petit écart, en revenant sur la piste, nous nous rendons compte que Philippe, toujours en 4X4, vient de nous dépasser et continue encore et encore sur la piste de plus en plus défoncée. Le GPS nous a berné, Alstrom Point était donc plus loin.
Dépités, nous le suivons avec nos jumelles : avons-nous le temps de le suivre à pieds et d’arriver avant le coucher su soleil ? Hésitations….Nous le voyons s’arrêter, descendre de sa voiture, regarder en dessous (eh oui ! le bas de caisse a dû racler !!!) puis disparaître au bord de la falaise !
A force d’hésiter, il est trop tard maintenant…Le soleil se couche et nous pensons avec regrets aux beaux panoramas qu’on a dû rater.
Mais l’aventure est devant nous. Le challenge : revenir sur l’US 89 de nuit et sans tomber en panne d’essence. L’aiguille est dans le rouge depuis belle lurette, alors on échafaude un plan au cas où : la tente est dans la voiture, nous avons de l’eau ainsi que quelques en-cas, très bien ça pourrait nous servir !
Le trajet est interminable et on se demande par quel miracle la voiture roule toujours quand nous débouchons sur la route 89. Enfin la pompe de Big Water est en vue et dieu merci elle fonctionne ! Nous mettons 19, 98 gallons (sur20) dans le réservoir ! Ouf, on a eu chaud ! Dorénavant, la consigne sera de refaire le plein dès la moitié du réservoir !
Petite dînette dans la chambre, nous sommes vannés !
Lake Powell depuis Alstrom Point
Coyote Buttes South
J26 (27/06) : Page – Coyote Buttes South
Une nouvelle aventure nous attend aujourd’hui pour laquelle il est plus prudent d’avoir toutes nos affaires avec nous (tente, ravitaillement, eau +++) en cas de pépin. Nous avons en effet des permis pour Coyote Buttes South et en période sèche, le risque d’ensablement est élevé.
C’est parti sur la House Valley Road que nous connaissons déjà pour l’avoir pratiquée 2 fois l’an passé, notamment pour aller à la Wave. A Lone Tree nous bifurquons à gauche vers Paw Hole. Effectivement le sable est mou, très mou mais notre Nissan se révèle très efficace et arrive à destination sans encombre. Ce n’est pas le cas du couple de Texans que nous rencontrons en chemin et qui a dû laisser le 4X4 au parking de Lone Tree.
De là l’exploration peut commencer, au gré des teepees et de notre inspiration !
Pique-nique à l’ombre d’un genévrier puis suite de l’aventure. Nous voulons maintenant rejoindre l’autre partie de CBS : Cottonwood Cove. Pour cela il est recommandé de faire un grand détour par le sud pour limiter le risque d’ensablement. Zones de sable mou et zones de roches alternent mais une nouvelle fois, notre 4X4 négocie à merveille les difficultés.
Nous arrivons enfin sur place où une seule autre voiture est garée et une tente plantée. Mais où sont les 10 personnes ayant toutes obtenu un permis ?
Afin de mieux en profiter, nous avons prévu de camper. Nous choisissons notre emplacement le long de la piste gérée par le BLM, sous un genévrier, montons la tente (en 2 secondes, merci la marque française ). Nous nous installons tranquillement puis en milieu d’après-midi allons à la découverte de ces buttes jusqu’au coucher du soleil.
C’est un endroit fascinant !!!
Des formes très travaillées voire torturées !
Celle-ci très évocatrice !
Que dire de cette mini-arche : tout simplement unique !
Et ces couleurs !
On ne se lasse pas de toutes ces formations rocheuses, d’ailleurs l’après-midi y passe et quand on rejoint notre campement, le soleil est bien couché, on a juste le temps de dîner avant la nuit !
Ce soir, il fait bon : on devrait bien dormir !
Coyote Buttes South
Par la Cottonwood Road jusqu'à Escalante
J27 (28/06) : CBS – Kodachrome Basin.
La butte aux coyotes porte bien son nom et cette nuit nous les avons entendus hurler à plusieurs reprises, mais la nuit a été excellente, de quoi nous réconcilier avec le camping !
Lever de très bonne heure (avant 5h), petit déjeuner et en avant pour une nouvelle exploration du site jusqu’à 7h.
Coyotes Buttes peu après le lever du soleil !
Nos ombres entre deux teepees !
A 7h nous levons le camp, ça tombe bien, en même temps que nos voisins de campement. A deux véhicules, c’est plus rassurant ! Mais très vite, on ne les voit plus dans notre rétroviseur : ils ont dû prendre le raccourci par Paw Hole !
Nous, on n’a pas osé alors on a sagement fait le grand tour par le sud. Sur le parking de Wire Pass, on les retrouve, ils nous ont devancés de quelques minutes. Finalement le raccourci fait gagner un peu de temps !
Avant de rejoindre la Cottonwood Road, un petit détour par Old Paria. Certes le décor de cinéma est parti en flammes, mais dans les badlands en arrière-plan on trouve toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.
Sur la Cottonwood Road (dont nous avions déjà parcouru une partie l’an passé), nous nous arrêtons au pied du trailhead vers Yellow Rock avec l’intention de faire cette randonnée, une fois notre pique-nique terminé. Mais la chaleur de midi a eu raison de nous et une nouvelle fois, nous renonçons au rocher jaune. Il faut bien en laisser pour la prochaine fois !
Alors nous continuons vers Cannonville sur cette route distillant quelques paysages hauts en couleurs !
Grosvenor Arch est notre étape suivante : très belle arche triple !
L’étape finale, c’est Kodachrome Basin SP, parc dans lequel nous envisageons de louer une petite cabine. Aucun problème, toutes sont libres et seule la nôtre sera occupée. Dire que nous craignions ne pas trouver de place un samedi !
En fin d’après-midi, bravant la chaleur, nous voulons voir à quoi ressemble ce petit state park. Il ne ressemble à aucun autre parc avec ses drôles de pitons rocheux qui ressemblent à des pains de pâte à modeler !
Formes érectiles, vestiges d’anciens geysers ! Sans commentaire !
Après cette première balade dans le parc, nous passons la soirée dans notre cabine dans un décor kodachrome !
J28 ( 29/06) : Kodachrome Basin SP – Escalante
Le début de la randonnée de ce matin n’est qu’à quelques pas de notre cabine. Un gros gain de temps et la possibilité de marcher tant qu’il ne fait pas encore trop chaud sont vraiment appréciables.
Pour avoir une vue d’ensemble du parc, nous enchaînons Panorama Trail + Big Geyser Trail (6miles, 3H30) pour une randonnée facile dans la partie ouest, la plus sauvage de Kodachrome.
Au retour, nous profitons encore un peu de notre cabine pour déjeuner au frais puis direction Willis Creek dont le trailhead se situe sur la Skutumpah Road.
C’est un slot canyon. Il y fait très bon bien qu’on soit en tout début d’après-midi, un mince filet d’eau y coule au fond .
Impression de fraicheur encore, grâce à ces jolies cascades !
Nous avançons dans les gorges jusqu’à la jonction avec Averett Canyon (3 miles A/R)
Au retour, des nuages annonciateurs d’orage commencent à se former au loin. Mais notre souci premier est de toute autre nature : nos provisions sont à sec, il faut absolument refaire le stock de nourriture. Je suis quasiment sûre qu’à Escalante nous ne trouverons pas d’épicerie ouverte le jour du seigneur, mais du côté de Bryce nous devrions avoir plus de chance.
Cap sur Bryce et stop à Tropic, puisque nous y trouvons toutes les commodités : petit supermarché, laverie juste à côté (et hop, la lessive aussi). Dommage le candy-shop est fermé !
Pendant ce temps, l’orage a progressé.
Alors si nous avons un moment pensé poursuivre jusqu’à Bryce Canyon, histoire de revoir le magnifique amphithéâtre sous les couleurs du soir, cela n’est plus d’actualité avec l’orage.
Nous rejoignons immédiatement Escalante et prenons une chambre au Prospector Inn, motel de base correct. Il n’a certes rien à voir avec le charme du B&B de Catherine l’année dernière, mais offre un avantage, celui de pouvoir partir très tôt le matin et, demain matin, le programme exige un départ matinal !
Pour le dîner, nous voulons vérifier que les pizzas sont toujours aussi bonnes chez Outfitters : elles le sont ! Et que dire du Brownie Sandwich : tout simplement divin !
Cottonwood Road
Neon Canyon : Golden Cathedral
J29 (30/06) : Escalante – Hole in the Rock Road – Escalante
Lever très, très tôt (5h). Départ 6h. Arrivée au parking d’Egypt Trailhead à 7H30. Objectif : Neon Canyon et Golden Cathedral (10 miles = 8, 5h prévues). L’hôtelière nous annonce des risques d’orages en milieu d’après-midi. Nous en tiendrons compte.
Deux itinéraires sont possibles pour cette randonnée : - Soit tracer directement à travers la mesa en direction de Neon Canyon. - Soit passer par Fence Canyon, une variante un peu plus longue mais plus scénique dixit « Photographing… »
Bien, on préfère voir du paysage, alors va pour Fence Canyon. Comme d’habitude, c’est de la descente pour commencer, d’abord sur du rocher puis du sable, mais elle se fait très progressivement, tout en douceur.
Le fond du canyon est en vue !
Tout se passe pour le mieux, rien à voir avec la difficulté de la randonnée d’Owl Creek. Mais nous n’avons encore aucune idée de l’enfer qui nous attend au fond !!!
En effet, dès que nous pénétrons dans la jungle du wash, une armée de taons s’abat sur nous !! Nous tentons de nous défendre comme des diables : nos chapeaux ne nous servent plus de couvre-chefs mais de tapettes à mouches ! C’est l’horreur et ça dure…….J’en pleurerai. Les Deer Fly, ou Horse Fly, ne nous lâchent pas !
Heureusement il y a plusieurs passages de rivière pendant lesquels nous avons quelques minutes de répit. De surcroît, l’eau est claire et bonne, j’y barboterai bien.
Enfin nous pénétrons dans Neon Canyon et les bestioles abandonnent la partie. Ouf, car je suis au bord de la crise de nerfs. Là nous profitons de la fraîcheur et surtout de l’extraordinaire couleur du Neon.
Un dernier effort et au bout de 3h30, nous y voilà, nous sommes aux pieds de la Cathédrale d’Or.
La pause tombe à pic pour nous sustenter un peu et nous remettre de nos émotions. C’est aussi le moment de réfléchir à un plan bis, car il est hors de question de retraverser cette zone infestée. On décide de prendre la variante pour le retour, c.à.d. au bout de Neon Canyon traverser l’Escalante River, monter sur la mesa et une fois arrivés sur le plateau, tout droit jusqu’au point de départ. Encore faut-il trouver la trace ?
Ce qui est dit est fait et par chance, Hervé trouve directement la trace (au milieu d’une végétation dense) une fois la rivière traversée. La montée sur la mesa se fait à vitesse grand V (malgré le sable mou et la chaleur), car quelques taons nous poursuivent malgré tout, heureusement très peu de temps.
En prime, voilà les nuages qui comme prévus commencent à se rapprocher. Il ne faut pas s’attarder. A 14h30 nous sommes de retour à la voiture après avoir tracé à travers le plateau et finalement cette variante nous a fait gagner une heure. Merci au GPS.
Neon Canyon et Golden Cathedral sont deux endroits magiques qui méritent largement qu’on souffre un peu pour les atteindre ! Cette randonnée fera partie des musts de notre séjour.
Pas d’autres balades pour aujourd’hui : le temps se couvre, l’orage gronde mais donne à peine quelques gouttes de pluie.
En soirée, nous nous rendons à une autre adresse déjà expérimentée l’an passé : Cow Boy Blues Restaurant puis passons notre deuxième nuit au Prospector.
Golden Cathedral
En passant par la Scenic Road 12
J30 ( 01/07) : Escalante – Boulder
Aujourd’hui une toute petite étape nous attend : Escalante – Boulder. Mais depuis deux jours des orages se développent à partir du début d’après-midi, alors une balade de matinée suffira : c’est la randonnée vers Escalante Natural Bridge. Après, on rompt avec le programme, car on a envie de se mettre au frais. Une idée : prendre la Hells Backbone Road à Boulder !
Mais d’abord direction le pont au-dessus de l’Escalante sur la très belle route 12, où chaque virage dévoile un nouveau point de vue. C’est là que démarre le sentier vers l’autre pont, naturel celui-là.
Après l’expérience « deer flies », le pantalon long est de rigueur cette fois-ci.
L’idéal serait de porter des chaussures d’eau. Nous n’en avons pas alors ce sera corvée déchaussage et re-chaussage et ce, 5 fois à l’aller et autant au retour ! De quoi faire râler Hervé !
Au bout de 2 miles, la « Natural Bridge » se dresse devant nous !
Il est bientôt midi et l’aire de pique-nique de Calf Creek n’est pas loin : c’est le lieu idéal pour manger au frais. Comme les jours précédents, la chaleur est au rendez-vous et le ciel devient plus orageux.
Sur la route 12 !
Avec de telles températures s’éloigner un peu du désert et rejoindre les Boulder Mountains devrait être une bonne option. La Hell’s Backbone Road nous amène jusqu’à 2700m : vive la fraîcheur, quelques gouttes de pluie, des bouleaux, des lupins…C’est bon !
Ensuite nous continuons jusqu’à la Hell’s Backbone Bridge qui surplombe Box Death Hollow. Vues époustouflantes sur le canyon !
Au retour un ranch retient notre attention, le Boulder Mountain Ranch (à ne pas confondre avec le Lodge du même nom). C’est ici que nous choisissons de passer la nuit : par chance une chambre est disponible, « a bunk room » mais elle fait très bien l’affaire (l’Indépendance Day approche) !
Une petite balade s’improvise, vers des cascades sur le domaine du ranch.
Nous sommes si bien que nous n’avons pas envie de bouger pour aller dîner. Nos hôtes nous proposent de nous confectionner des buritos maison avec des produits bio. Correct mais un peu cher pour ce que c’est. Pas de dessert ni même de fruit. Manger en ville aurait été un meilleur choix.
Dernière promenade dans la propriété au coucher du soleil ! Nous apprécions la fraîcheur du soir à 2000m d’altitude…..et les couleurs du ciel.
J31(02/07) : Boulder – Torrey
Pas moyen de « décoller » de bonne heure ce matin : nous nous attardons un peu sur la terrasse du ranch à la fraîche. Enfin, tout est relatif nous partons à 9h ce qui n’est finalement pas si tard !
Il y a tout de même plus d’une heure de route par le Burr Trail jusqu’à la bifurcation vers Strike Valley. Nous nous engageons sur le début de la piste mais stop ! elle est vraiment très mauvaise après le premier parking et suit un wash particulièrement boueux après les orages d’hier soir ! Nous jouons la carte de la prudence et préférons faire marche arrière jusqu’au parking. Bon, avec ça la randonnée de Upper Muley Twist Canyon est compromise car impossible d’enchaîner 3 miles de piste + 5 miles de sentier, le tout multiplié par deux, soit 16 miles, vu l’heure (10H30).
Alors, très modestement, nous nous contentons des 6 miles/ 2h 30 A/R (tout de même) pour contempler la vue au Strike Valley Overlook.
Nous suivons la fameuse piste, partagés entre le regret de n’avoir pas continué en voiture et la raison qui nous a fait rester prudents.
Du bord du chemin, vue sur deux arches.
Encore une troisième arche ? Oui, C’est Peek-a-boo Arch !
Après 2, 4 miles de piste, il reste à gravir la colline pour avoir LA vue sur le Waterpocket Fold, Strike Valley, la Notom Bullfrog Road et les Henry Mountains.
La fin de la randonnée sonne déjà l’heure du pique-nique. Reste à trouver une aire sympa. La carte nous en indique une tout juste avant les lacets du Burr Trail. C’est parfait : il reste à tirer la table à l’ombre et c’est avec une vue 4* que nous mangeons notre salade composée.
Les lacets du Burr Trail se négocient sans problème et nous voilà sur la Notom Bullfrog Road en direction de Torrey.
Une route au moins aussi belle que la Cottonwood Road !
Arrivés sur la Hwy24, je propose de jeter un coup d’œil au gué sur la Fremont. C’est là que devrait se terminer après demain notre périple à Cathedral Valley. Le panneau « River Ford » nous indique que c’est bien là….Hervé s’engage sur le chemin d’accès. Bouh, c’est humide… ! Après quelques glissades incontrôlables, je le supplie d’évacuer la première à droite pour nous sortir de là…Ouf, nous retrouvons la route principale, sans avoir été jusqu’à la rivière et très sceptiques quant à la possibilité d’emprunter cet itinéraire dans 2 jours. A suivre…
Dans l’immédiat nous poursuivons jusqu’à Torrey dans un but bien précis : randonner, me diriez-vous ? Eh bien, non, pour aller déguster des chocolats chez Cafe & Candy à Torrey (adresse déjà expérimentée l’an passé). On en rêve depuis des jours. Quelles douceurs !
Après cette pause gourmandise, il faut aller à la recherche d’une chambre. Austin’s Chuck Wagon Inn nous avait donné toute satisfaction en 2007, alors une possibilité chez eux serait top ! En cette veille de week-end férié, l’hôtelière nous propose soit une suite-famille soit la petite chambre derrière l’épicerie, sans climatisation ! La suite, non, et la chambre, faut voir ! Aussitôt vue, aussitôt prise : il fait très bon dans cette chambre (d’ailleurs dans toute la propriété en raison de la présence de grands arbres et de l’altitude, 2085m) et le prix très doux en fait une excellente affaire.
Après-midi piscine, dîner chez Capitol Reef Inn (toujours aussi bon)….ce sont les vacances, quoi !
Nottom Bullfrog Road
Cathedral Valley
J32 (03/07) : Torrey – Cathedral Valley via Loa et Fishlake
Qui l’eût cru ! Ce matin à Torrey il faut « déterrer » les polaires enfouis au fond de la valise pour prendre notre petit déjeuner sur la table installée devant notre chambre. Il ne fait pas plus de 10°, mais cela se réchauffera vite.
Aujourd’hui nous avons prévu : - Randonnée à Hickman Bridge dans Capitol Reef - Si possible Cathedral Valley avec nuit sur place.
Alors le plein de courses et d’eau (chez Austin’s y a tout ce qu’il faut) et en route vers Capitol Reef NP. D’abord l’arrêt « règlementaire » au Visitor Center pour un avis sur Cathedral Valley. Nous exposons notre projet :
- Rejoindre la vallée des Cathédrales non par l’un des 2 accès sur la 24, mais par Loa avec un détour dans la région de Fishlake (brièvement traversée en 2007) pour profiter de la fraîcheur de ces sites avant le désert.
Le ranger trouve notre projet très intéressant et ne tarit pas de renseignements. Nous ressortons avec dessin à main levée du meilleur itinéraire et plan pré-imprimé du passage à gué de la Frémont River. Il nous confirme les bonnes conditions météo : au moins 3 jours de beau temps devant nous ! Alors c’est le moment ou jamais !
Dans l’immédiat nous prenons le sentier vers Hickman Natural Bridge (2, 8miles-3hA/R)
Avant d’y arriver une autre bridge très mignonne : Nels Johnson Bridge
Voilà le pont naturel en question qui ressemble beaucoup à ceux de Natural Bridges NM !
Au retour nous jouissons d’une belle vue sur deux « highlights » du parc.
Capitol Dome, avec en avant-plan les fameux "boulders".
Pectol Pyramid !
L’arrêt de la mi-journée se fait dans l’oasis de Fruita, sur une belle pelouse peuplée de daims pour un repas tiré du sac !
Une nouvelle visite chez Cafe & Candy (on devient accros !) et c’est parti vers Cathedral Valley via Loa et la Fishlake National Forest !
Quelques pas autour du lac (Fishlake), bordé d’une belle forêt de bouleaux ! Qu’il fait bon !
Puis une petite pause devant le Johnson Lake, un peu trop fréquenté en cette veille de jour férié, alors nous fuyons sur les hauteurs au lieu-dit « Ridley Springs » pour une randonnée jusqu’à Pole Canyon (8kms A/R) sur un bout du Great Western Trail
Ici la tranquillité est assurée dans un paysage très vert !
C’est déjà la fin de l’après-midi et le moment de rejoindre la vallée des cathédrales par la Thousand Lake Mountain Road. Bien qu’étant en territoire connu (sommes passés par là en 2007), nous ne reconnaissons pas l’endroit où nous avons failli nous enliser ! A cette saison la piste est bien sèche, un peu rugueuse tout de même !
Destination atteinte : nous plantons la tente dans le camping de Cathedral Valley où il n’y a pas un chat ! Dans les toilettes, il ya bien un avertissement sur la présence possible d’un couguar, mais comme cette affiche date de deux ans (n’est-ce-pas Marie ?), cela ne nous alarme pas plus que ça !
Un coup d’œil sur la vallée. Les cathédrales sont majestueuses !
Puis un petit tour au pied des monolithes !
Profitons des couleurs chaudes de la soirée !
Retour au campement : après le dîner, assis sur une pierre au bord de la falaise, nous dissertons sur notre solitude et notre chance d’être dans ce décor unique tout en regardant le soleil se coucher.
Une petite flambée de pommes de pin (ramassage de bois interdit)….pas pour se réchauffer (la température est très agréable) mais pour l’ambiance….Et de l’ambiance il ne va pas tarder à y en avoir !!!
Une « visite » d’abord : celle d’un drôle de petit rongeur bondissant. Hervé brandit l’appareil-photo et moi, la lampe-torche. Mais tout à son excitation, le photographe oublie d’ôter le capuchon de l’appareil et s’énerve de ne pas arriver à déclencher. L’animal se sauve sous la voiture et nous ne le reverrons plus. Donc pas d’image de ce que notre documentation ultérieure révélera être un rat-kangourou ! Si vous voulez voir à quoi il ressemble, voilà un lien vers ce rongeur.
La nuit est maintenant tombée et voilà qu’on entend…. cela
D’abord à distance puis plus rapprochés, les rugissements finissent par se produire certainement à moins d’une centaine de mètres.
Nous bondissons dans la voiture et réfléchissons à la conduite à adopter. Convaincus que nous ne dormirions pas tranquilles dans la tente, nous décidons d’y faire « dormir » nos bagages pendant que nous, nous resterions à l’abri dans le 4X4. En deux temps trois mouvements, les valises sont transférées et les couchages installés dans le véhicule. Nous pouvons maintenant dormir sur nos deux oreilles. Le ou les couguars de l’affiche ne sont donc pas une légende !
J33 (04/07) : Cathedral Valley – Hanksville
J’ai passé une bonne nuit dans la voiture, Hervé pas vraiment car il n’a pas pu s’étendre suffisamment ! Réveillés par les premières lueurs du jour, nous prêtons l’oreille. Non seulement on entend le puma pousser son cri au loin, mais on a nettement l’impression qu’un autre lui répond : peut-être un couple ?
Comme il fait jour, nous craignons moins son apparition mais restons malgré tout vigilants tout en petit déjeunant puis en repliant nos affaires.
N’ayant pas véritablement envie de nous attarder ici, nous sommes sur le départ avant 7h.
Une fois dans la voiture, si le lion des montagnes voulait bien se montrer pour un petit cliché, ce serait vraiment sympa. Mais pas de chance, il restera caché !
Notre plan pour la matinée consiste à rejoindre la Hwy24 par Hartnett Road (Caineville Wash Road avait été empruntée en 2007) pour un passage du gué en fin de matinée.
Ça roule ! Mais avec de nombreux stops pour voir les différents points de vue et attractions le long de cette piste.
- Upper Cathedral Valley Overlook
- Upper South Desert Overlook
- Vue sur Temple of the Sun et Temple of the Moon depuis un col qu’on atteint après 2 miles de marche A/R.
- Lower South Desert Overlook
- Bentonite Hills
- Vestige d'un passé révolu !
Les 28 miles de piste nous amènent à la Hwy24 comme prévu vers 11H. La Fremont River est devant nous, il faut la passer. Je serre un peu les fesses, mais ça passe les doigts dans le nez et nous prenons la direction d’Hanksville (glissades évitées !).
Trois quarts d’heure plus tard nous nous attablons au Red Rock Restaurant (ça change du pique-nique quotidien). Nous avons une bonne idée car ce soir, il sera fermé pour cause d’Independance Day. Bonnes grillades et glaces.
La chaleur suffocante à Hanksville invite au repos en arrivant au Whispering Sand, motel de base avec frigo et micro-ondes pour un prix très sage ! Même un week-end férié ici ce n’est pas la foule !
Quand nous sortons en fin d’après-midi la chaleur est toujours torride ! Plutôt que d’aller visiter Little Egypt, pourquoi ne pas aller jusqu’aux Henry Mountains, destination probablement plus fraîche.
La décision est prise. Mais nous n’arriverons jamais au pied des dites montagnes, car au bout de quelques miles le voyant lumineux de la pression des pneus clignote : un pneu crevé !
Il faut alors trouver la « tige » qui permet de faire descendre la roue de secours, le crique.. . tout cela bien caché et pas tout au même endroit. Cela nous vaut quelques suées et quelques mots de travers ! Mais pas le choix, il faut y arriver. Un seul véhicule nous croise et sa conductrice ne daigne même pas nous jeter un coup d’œil. Finalement c’est fait …mais adieu doux climat des Henry Mountains. Il ne reste plus qu’à retourner à Hanksville pour réparer. N’oublions pas que nous sommes le 4 juillet.
Et bien même un jour férié, nous avons trouvé une station-service où le patron nous a fait la réparation illico ! Pour à peine 26$ !
Soirée dans la chambre : internet, visionnage des photos, et plateau -télé….pépère, quoi !
Cathedral Valley
De Green River à Park City
J34(05/07) : Hanksville – Green River.
Malgré notre crevaison, une nouvelle piste est à l’ordre du jour, celle amenant dans la partie excentrée de Canyonlands, Horseshoe Canyon pour une randonnée qui allie nature et culture, en direction de la Great Gallery et trois autres sites de pétroglyphes.
Le départ est matinal en raison du trajet : 30 miles dont 19 sur de la piste ! Et si on ne veut pas randonner sous le cagnard….Mais le ciel est couvert ce matin, alors… ?
Bon, rendons nous sur place, nous aviserons après. Nous traversons ces paysages de dunes sous de gros nuages !
A 8h30, nous y sommes mais il nous faudra une heure pour nous décider ! Que faire ? Quelques gouttes de pluie, des coups de vents, toujours des nuages, les nombreux avertissements sur les dangers et les désagréments du canyon (flash flood, éclairs, taons…), sur les difficultés de la randonnée (chaleur, dénivelé, déshydratation) n’aident pas à prendre une décision.
Après avoir tourné en rond, nous décidons finalement d’y aller mais de rebrousser chemin au moindre petit changement de temps et en ayant bien pris soin de mettre un pantalon (présence de taons indiquée !). Durée prévue dans la documentation du parc : 6, 5 miles/ 3 à 8h / dénivelé 250m.
Le temps imprévisible nous fait accélérer la cadence : on ne court pas, mais presque, dans la descente et aussi dans le fond du canyon. De toute façon, la présence de moustiques et moucherons ne nous engagent guère à flâner !
Les pétroglyphes sont superbes !
Ici Alcove Springs Gallery
Là dans Great Gallery
Nous faisons une courte pause près de la dernière galerie pour nous restaurer un peu puis reprenons aussitôt le chemin du retour tant que le temps se maintient.
Finalement ce temps couvert aura été un atout, car nous n’avons pas eu à souffrir de la chaleur, notamment à la montée finale. A 13h, nous sommes de retour au parking nettement en avance par rapport à nos prévisions.
Un peu de pluie et surtout un ciel désespérément gris nous incite à zapper Goblin Valley et à rejoindre immédiatement notre prochaine destination, Green River (la ville).
Au Comfort Inn nous restons dans notre chambre tout l’après-midi puis nous décidons tout de même d’aller voir Crystal Geyser en soirée sous un ciel d’orage
Détails…
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le photographe n’est pas tout seul. Il y a foule près du geyser (qui doit être en fin d’éruption car l’eau ruisselle encore sur les concrétions calcaires) : rafteurs, campeurs, pique-niqueurs, promeneurs, baigneurs….
Retour à Green River pour un dîner au Tamarisk Restaurant attablés derrière de grandes baies vitrées qui donnent sur le fleuve du même nom, sympa pour le coucher du soleil. Cuisine correcte.
J35 (06/07) : Green River – Park City
Nous voici à trois jours de la fin de notre voyage ! Suite aux différentes modifications faites en cours de route, nous bénéficions toujours de deux jours d’avance alors nous choisissons de les passer dans les montagnes de Salt Lake City . La station de sports d’hiver ayant accueilli des épreuves des Jeux Olympiques de 2002, Park City, est retenue. Altitude 2070m : hum, il doit y faire très bon !
Alors ce matin, le désert, c’est fini ! En route pour la montagne !
Green River…Price….Provo….la route est très belle et la ville de Provo surprenante avec ses belles maisons bourgeoises….Heber City où nous prenons le meilleur expresso de tout le Southwest (la patronne est flattée !)….et arrivée à Park City en tout début d’après-midi.
J’avais repéré sur internet un studio très mignon mais en arrivant sur place, la résidence est complète. Où trouver ? A l’accueil, le gars nous dit « Peut-être au Marr… ? » Sans vraiment comprendre la fin de sa réponse, nous faisons le tour du pâté de maisons espérant trouver un hébergement dans la résidence voisine. Au moment de pénétrer dans la dite résidence, je m’aperçois que nous sommes au Marriott Hotel. Bah, demandons tout de même les prix !
Finalement, l’hôtel n’est pas plus cher que celui que nous avions pris à Gardiner, Grand Teton ou Flaming Gorge….alors un petit plaisir pour la fin du voyage n’est pas de refus.
Nous nous installons pour les trois dernières nuits au Marriott Hotel. Ah, ça change des motels de base !
Une petit tour au Visitor Center, histoire de nous documenter sur la station… et puisque ce dernier se trouve à proximité des fameux outlets de Park City, nous nous octroyons une après-midi shopping.
Ici, aux Tanger Outlets, 50 magasins d’usine (Levi’s, Nike, Reebok, Gap, Calvin Klein, Ralph Lauren..) permettent de renouveler sa garde-robe à moindres frais. Oh, on n’a pas fait de folies…. juste renouvelé nos shorts usés jusqu’à la trame sur le slickrock du Southwest plus quelques tee-shirts et polos pour nous et pour nos enfants (gare au surpoids des valises ! ).
Tout l’après-midi y passe …et c’est presque aussi fatigant qu’une randonnée…alors quelques brasses dans la piscine du Marriott sont bienvenues.
Pour le dîner, tout juste deux étages à descendre ! Ce soir, on essaie le restaurant de l’hôtel (Park City Grill) qui nous offre une remise le premier soir (autant en profiter !). Les crevettes sautées sont excellentes avec un bon verre de Cabernet blanc californien !
Pétroglyphes de Great Gallery
Park City et environs J36 (07/07) : Park City
Aujourd’hui allons voir de plus près à quoi ressemblent les montagnes de Park City !
Nous nous rendons jusqu’à Silver Lake Village en voiture. Au Visitor Center, on nous avait indiqué qu’à partir de là nous pouvions prendre un télésiège jusqu’au sommet puis redescendre à pied.
Mais franchement il y a à peine 250 m de dénivelé, une bagatelle après tout ce qu’on a fait depuis 5 semaines…alors la montée à pied s’impose. Aller par Silver Lake Trail (2 miles), retour par Ontario Trail (2, 5 miles).
Le chemin croise à plusieurs reprises des télésièges.
Vue plongeante sur Jordanelle Reservoir dans la vallée.
Encore des névés présents près du chemin et pas plus de 10° à l’ombre (à l’arrêt, polaire bienvenue) mais chaud au soleil !
Le sentier traverse des bosquets de bouleaux !
L’après-midi se finit à la piscine de l’hôtel : après quelques longueurs, un peu de lecture sur les transats…tranquilles !
Ce soir, nous rejoignons le centre ville de Park City. Nous déambulons dans Main Street, très animée, afin de choisir un restaurant. Un trottoir puis l’autre….Il y a de nombreux restaurants, plutôt chers dans l’ensemble, à l’image de cette station assez huppée !
Notre choix se porte sur Zoom, un restaurant appartenant à l’acteur Robert Redford (ça, nous l’apprenons sur place ). D’abord attablés à l’extérieur, nous migrons vite vers l’intérieur car avec la nuit qui tombe, les températures se rafraîchissent sérieusement ! On est à la montagne ici !
« Roasted Half Chicken with an Orange-Sesame Glaze, Jasmine Rice and Ponzou Stir » pour moi et pour Hervé…. « Herb and Asiàgo Crusted Alaskan Halibut with a Red Pepper Vinaigrette, Seared Spinach and Grilled Asparagus » De quoi vous mettre l’eau à la bouche !
En sortant, on prend une petite glace chez Chocolate Factory. Oui, vous l’avez compris, nous sommes très gourmands !
J37 (08/07) : Park City – Mirror Lake Road – Park City.
C’est notre dernière journée complète ! A cette occasion nous décidons de parcourir une Scenic Byway, la Mirror Lake Road qui relie Kamas (UT) à Evanston (WY). Nous n’irons pas jusqu’au bout mais jusqu'au Mirror Lake, ce qui fait environ 50 miles l’aller.
La route grimpe doucement dans les Uintas Mountains. Qui voudrait camper sur cette route aurait l’embarras du choix, on trouve ici une multitude de campings !
Notre premier arrêt se fait aux Provo River Falls, de jolies cascades encadrées d’une très belle forêt de conifères.
La route au col de Bald Mountain passe à plus de 3500m, puis plonge vers le Mirror Lake, pas si miroir que cela malgré tout !
Nous mettons 6$ dans un enveloppe car on est ici dans une Recreation Area dès qu’on s’arrête ! L’aire de pique-nique est sympathique mais infestée de moustiques, nous finissons notre sandwich dans la voiture.
On risque tout de même le tour du lac après manger, mais on est quitte pour quelques piqûres. Familles et pêcheurs fréquentent les abords en grand nombre, ce qui fait que l’on ne s’attarde pas davantage, préférant poursuivre en voiture jusqu’au parking vers Ruth Lake.
Un sentier (1, 5 miles A/R) mène jusqu’à ce lac, beaucoup moins fréquenté et plus sauvage que le précédent.
De retour à l’hôtel en milieu d’après-midi, il est temps de préparer les valises. Pour le dîner nous liquidons notre ravitaillement….Demain c’est le grand retour !
Mirror Lake
La fin du voyage
J38 (09/07) : Park City – Salt Lake City – Paris
Ce matin il faut rejoindre Salt Lake City et pour en profiter jusqu’au bout nous quittons l’hôtel à 8H.
Nous voilà avant 9h dans le centre de la Capitale des Mormons.
Une petite visite de Temple Square s’impose ! Nous déclinons la visite guidée et préférons tout juste jeter un rapide coup d’œil aux différents bâtiments.
Impressionnants, d’ailleurs !!!
Salt Lake Temple
En une demi-heure, c’est fait ! Puis direction Museum of Fine Arts dans le Campus Universitaire.
C’est l’exposition temporaire « Monet to Picasso » qui a motivé notre visite. En attendant qu’elle ouvre, nous parcourons rapidement le premier étage et ses salles permanentes.
Une pièce du musée !
Puis nous passons le reste de la matinée à admirer les tableaux des peintres européens les plus célèbres : Renoir, Degas, Monet, Van Gogh, Dali, Picasso, Matisse et encore d’autres.
Les photos sont interdites, mais voici un lien vers les « highlights » de l’exposition.
Après cette parenthèse culturelle, revenons à des considérations plus matérielles : il est midi, où aller manger ? Nous nous rapprochons de Main Street et après avoir consulté notre guide, nous retenons « Lamb’s Grill Cafe », l’un des plus vieux restaurant d’Utah. Malgré son nom, il ne propose pas que de l’agneau mais une cuisine américaine variée. D’ailleurs je choisis du poisson et Hervé une bonne grillade.
Pour l’expresso il faut aller au Starbucks voisin et sur la place se produit un orchestre country. Dommage que l’on ne puisse pas s’attarder. Non, décidément, c’est l’heure, il est bientôt 14H….début de l’enregistrement.
Un dernier hoodoo qui trône en plein cœur de Salt Lake City !!!
A l’aéroport, après avoir rendu la voiture, nous nous présentons au comptoir d’enregistrement. L’employé après avoir ouvert mon passeport, me montre son badge : il porte le même patronyme que moi. Ravi, il me fait le check-in dans la langue de Goethe (manifestement sa langue maternelle !) et du même coup, ferme les yeux sur les 25 kg (au lieu des 23 règlementaires) que pèse une de nos valises !
Passage des contrôles, attente….l’avion décolle à 17h !
J39 (10/07) : Paris – retour maison.
11H15 : l’avion se pose à Paris-Roissy. Il faut maintenant affronter le RER avec tous nos bagages…pas une mince affaire, quand il faut passer les tourniquets avec sur le dos une tente 2 secondes (une tortue Ninja dans le métro) ! Une dizaine de stations et nous voilà à destination.
Les meilleures choses ont une fin alors....
It's really .............. the End !
Hoodoo en plein coeur de Salt Lake City
Le mot de la fin
Un voyage exceptionnel !
Plus de 7000 kms parcourus en voiture dont pas mal sur des pistes mais surtout, beaucoup, beaucoup de kms parcourus à pied !
Le fait de n’avoir réservé aucun hébergement d’avance nous a donné une grande liberté et nous a permis d’adapter le programme à la météo, surtout au début à Yellowstone où le temps était capricieux ! Cela était d’autant plus facile que nous étions en juin.
Autres avantages du mois de juin :
- Une fréquentation touristique modérée, essentiellement des Américains, quelques Européens, très peu de Français !
- Un temps sec (à partir de Moab), ce qui nous a permis de mieux pouvoir gérer les excursions sur les pistes et les sentiers de randonnée. Moins de risques de flash-flood et d’orages. Un circuit tel que le nôtre est difficile à tenir en août où les orages sont quotidiens.
- Des journées longues !
- Une flore très riche dans les déserts (non visible l'été)
Inconvénient :
- La présence +++ de moustiques et dans le fond de certains canyons de taons : prévoir pantalons et répulsifs.
Nos coups de cœur !
On a tout aimé ….le classement est difficile..
Disons que, malgré quelques aventures, ce sont des lieux où l’on a campé (car immergés dans le wilderness) dont nous gardons les souvenirs les plus forts : Dinosaur, Canyonlands, CBS, Cathedral Valley.
Sinon beaucoup d’autres sites nous ont permis des randonnées remarquables, voire exceptionnelles : ruines indiennes de Mule Canyon, Road Canyon et Moon House… Golden Cathedral…les pétroglyphes de Cedar Mesa et Horseshoe Canyon…. Arches….Natural Bridges.. Colorado NM…des lieux où nous étions toujours seuls ou presque !
Appréciant particulièrement les grands espaces vierges et la solitude qui les accompagnent, nous avons été comblés par le sud ouest américain.
Nous avons apprécié Yellowstone davantage pour sa faune que pour ses phénomènes volcaniques, mais le temps ne s’y prêtait pas.
Ce sont les endroits en général mythiques ou classiques (comme Monument Valley par exemple ) pour lesquels nous avons été le moins enthousiastes.
Bibliographie
- « Photographing the Southwest » volumes Utah et Arizona (Laurent Martres), guides auxquels Philippe (Sedonax) a beaucoup contribué.
- « Yellowtone & Grand Teton NP /Must-do hikes for everyone » (Andrew Dean Nystrom) pour la description de randonnées dans ces 2 parcs.
Routard et Lonely Planet Ouest Américain (ont seulement servis pour trouver hôtels et/ou restaurants)
Le site www.ouestusa.fr de Thierry (Wavemaster) et Philippe (Sedonax) déjà cité en introduction : incontournable pour la description de beaucoup de sites et de randonnées.
- Le site de photos de Philippe (Sedonax) www.phschuler.com.....pour vous donner envie !
Pour compléter la documentation précédente, quelques sites internet qui m'ont été particulièrement utiles pour la préparation de certaines randonnées :
- Fort Bottom J12 www.utahtrails.com/FortBottom.html - Moses & Zeus J12 www.utahtrails.com/Moses.html - Tower Arch J14 climb-utah.com/Moab/tower.htm - Confluence Overlook J16www.utahtrails.com/Confluence.html - Mule Canyon J18 climb-utah.com/CM/mule.htm - Owl Creek to Nevilles Arch J19 www.localhikes.com/...s/Owl_Creek_0000.asp - Golden Cathedral J29 www.dankat.com/swhikes/maps/neoncn.htm
Début 2009, le virus de l'Ouest Américain nous a repris et nous sommes allés découvrir l'Arizona et le Nouveau-Mexique au printemps. C'est ici.


Ci-dessous le récit accompagné de quelques photos.
Pour une version avec davantage de photos, allez directement là :
sites.google.com/.../fabuleuxvoyagesusa/

========================================================================= La première partie du récit sur VF est... là
Du canyon de Chelly à Navajo NM
J22 (23/06) : Bluff – Canyon de Chelly
Adieu Bluff, bonjour le Canyon de Chelly ! Afin de ne rien louper des deux rives du canyon, nous bifurquons via Lukachukaï pour arriver par la North Rim Drive et jouir de ses 4 points de vue. Dès le premier coup d’œil, nous sommes agréablement surpris : cette vue nous donne une grande impression de calme et de sérénité ! Nous apprécions !
Nous poursuivons jusqu’à notre hôtel, l’Holiday Inn que nous atteignons à midi. Trop tôt pour s’installer, mais le restaurant de l’hôtel (intérieur chaleureux) nous séduit. Cela tombe bien, nous n’avons pas encore fait de ravitaillement. Finalement nous sommes très déçus par son salad bar, très peu garni et assez cher !
Après le check-in, courses et repos avant de poursuivre la découverte de Chelly.
Le seul sentier autorisé est celui de White House, alors forcément c’est celui que nous prenons en cette fin d’après-midi. Il y a un peu de monde, mais ce n’est tout de même pas la procession. Les paysages le long du sentier font penser aux Coyotes Buttes, non ?
Au fond, le canyon est beaucoup moins beau que d’en haut : de nombreuses souches d’arbres calcinées lui donnent par endroits un aspect désolé ! Heureusement qu’il y a les belles ruines de White House qui compensent cette note négative !
Il nous reste à présent à aller jusqu’au bout de la South Rim Drive pour voir LE symbole du Canyon de Chelly : Spider Rock.
Eh, bien, voilà, nous avons fait le tour ! Ce soir dînette dans notre chambre. Un orage gronde tout près, mais rien sur Chelly.
J23 (24/06) : Canyon de Chelly – Page.
Nous ne voulons pas quitter le Canyon de Chelly sans une petite incursion en son sein….et pourquoi pas à cheval ? Oh, on n’ira pas très loin en 2h…. jusqu’à First Ruin mais ça change un peu des randonnées pédestres et c’est cool !
Ma monture est d’une docilité exemplaire, mais la jument d’Hervé ne fait que ce qui lui plaît, aussi rebelle que son cavalier ! Elle hennit à qui mieux mieux (en fait, elle a laissé au ranch son petit poulain !!!) et n’a qu’une idée en tête : faire demi-tour. La monter n’est pas une mince affaire.
Notre impression sur le canyon va se confirmer : très beau d’en haut, beaucoup moins d’en bas. En fait, au début, le canyon est très large et surtout, il y a de la circulation ! Eh ! oui, habitants, touristes en 4x4, …c’est fou ce qu’il y a comme trafic !
La balade se termine peu avant midi. Direction Page mais avec un arrêt au Navajo National Monument. Comme nous ne trouvons pas de coin pique-nique en route, celui du Monument est le bienvenu : il est déjà 14H.
Il fait bon, voire frais, j’ai presque la chair de poule. Ici on est en altitude, plus de 2200m.
Après manger, allons découvrir plus avant ce petit parc en enchaînant deux petites randonnées :
- Le Sandal Trail nous amène en 1 mile A/R à un point de vue permettant d’apercevoir les ruines indiennes de Betatakin.
- L’Aspen Trail qui, avec ses 100m de dénivelé, nous permet d’apercevoir une ancienne forêt de bouleaux.
C’est aussi l’endroit que nous choisissons pour une petite sieste au frais avant d’affronter la chaleur de Page.
Nous continuons notre route vers Page en passant par Kaïbito et par des paysages qui nous évoquent Red & White Canyon, mais je crains fort qu’aucun des connaisseurs de ce canyon secret ne veuille nous confirmer nos hypothèses ! Alors, il faudra peut-être un jour revenir explorer les alentours pour en avoir le cœur net !
A Page, nous nous installons pour trois nuits au Motel6, correct et prix très sage !
C’est notre deuxième séjour dans cette ville et nous y avons déjà nos habitudes, du moins pour la restauration : ce sera Ken’s Old West. On n'est pas le week-end, donc pas d’orchestre, mais une surprise : entre deux services, la barmaid prend sa guitare et chante quelques airs à la Joan Baez ! Sympa !
Spider Rock

Autour de Page : canyons et hoodoos
J24 (25/06) : Page
Séjourner à Page sans aller voir Antelope Canyon ? Impensable deux années de suite …alors cette fois-ci, nous nous sommes laissés convaincre, laissant au placard nos à-prioris négatifs (foule +++ sur un canyon d’à peine 200m !!!). Mieux encore, nous sommes allés visiter les deux : Lower et Upper.
Dès 8h du matin nous attendons devant la porte du Lower, les Navajos n’ouvriront finalement que vers 8H20 et pour la visite de 8H30 (à visiter très tôt le matin en raison de la lumière) nous sommes 4 + le guide. Chouette, cela se présente bien !
Grâce à un système d’échelles, nous descendons palier par palier dans le fond du canyon et nous sommes conquis. Oui, Antelope Canyon est vraiment une merveille !
Pour l’Upper, c’est une autre histoire. Il y a d’abord le parcours en 4X4 navajo : très fun et secousses garanties !
A l’entrée du canyon, une bonne dizaine de ces 4X4 sont déjà garés, à raison de 10 touristes par camion, le compte est vite fait : près d’une centaine de personnes à l’intérieur !
On avance à la queue leu leu…quand il n’y a pas encombrement.
Sur les photos, on pourrait croire qu’il n’y a que nous !
La réalité, c’est ça !
Mais au final, on n’a pas regretté car c’est vraiment très beau ô ô ô
Après tant de beautés, mieux vaut faire un petit break. Il fait une chaleur torride alors la fraîcheur de notre chambre est la bienvenue jusqu’en milieu d’après-midi.
Mais d’autres merveilles nous attendent, alors c’est reparti vers Lee’s Ferry et Cathedral Wash (4 miles, 2h). Il fait encore beaucoup trop chaud quand nous arrivons au trailhead. Alors avant d’entamer la randonnée, nous trempons les pieds dans le Colorado à Lee’s Ferry : ça fait un bien !
Ragaillardis nous allons randonner une heure plus tard et entre temps le soleil a baissé un peu, c’est mieux ! En fait, la balade suit un wash mais il faut parfois chercher sa route et les cairns, s’aider de ses mains.
Le wash débouche sur le Colorado !
A nouveau quel plaisir de faire trempette ! Même si l’eau est vraiment glacée.
Dommage qu’il soit déjà tard, on y resterait bien encore un peu. Il fait presque nuit quand nous rentrons à notre hôtel où nous trouvons un message. Philippe (Sedonax) nous attend à la pizzeria Stromboli : bien sûr notre voyage et nos premières impressions sont au cœur de la conversation toute la soirée.
J25 (26/06) : Page (suite).
Décidément à Page et dans ses environs, il y a plein de choses à faire ! Ce matin, nous partons pour voir des hoodoos ou cheminées de fées.
D’abord les White Rocks.
L’année dernière, nous avions déjà voulu voir ce site mais un wash très boueux nous avait fait renoncer. Aujourd’hui aucun souci, la piste est sèche, archi-sèche !
Voilà les cheminées de fées !
Certaines sont très curieuses : il y en a de toutes les tailles !
Dans le même secteur se trouvent aussi les Toadstool Hoodoos : ils sont accessibles à partir de l’US 89 après une courte randonnée (1h A/R). Contrairement aux précédents, ils se déclinent dans des couleurs caramel. Malheureusement notre appareil-photo tombe en panne sèche de batterie et l’appareil de secours est resté à l’hôtel : pas de chance ! Pas de photo !
Cela nous donne une excuse pour retourner à Page, nous reposer jusqu’en soirée avant de nous aventurer vers Alstrom Point, le meilleur point de vue sur le lac Powell, d’après les connaisseurs.
Après quelques interrogations au départ (sommes-nous bien sur la bonne route ?), nous voilà lancés sur la Smoky Mountain Road qui porte bien son nom !
Au bout de quelques miles nous rattrapons un autre baroudeur : il s’agit de Philippe. Il veut comme nous rallier Alstrom Point après un détour par Kelly Grade Overlook. Nous ne l’accompagnons pas pour ce détour, car Hervé vient de s’apercevoir que l’essence risque d’être juste (j’ai conduit toute la journée jusque là sans faire attention à la jauge).
Nous poursuivons seuls vers Alstrom Point : la piste se dégrade de plus en plus au fur et à mesure de notre progression. Quand notre GPS nous indique que le point de vue est à 2 kms nous continuons à pied (à cause de l’état de la piste, mais surtout pour économiser de l’essence pour le retour !)
La vue sur le lac Powell est déjà pas mal !
2kms plus loin, persuadés d’être arrivés, nous explorons un peu les alentours, à l’écart de la piste. Philippe ne devrait plus tarder à nous rejoindre. Au loin, nous apercevons son véhicule laissant un panache de poussière.
Une autre vue sur le lac !
A l’issue de notre petit écart, en revenant sur la piste, nous nous rendons compte que Philippe, toujours en 4X4, vient de nous dépasser et continue encore et encore sur la piste de plus en plus défoncée. Le GPS nous a berné, Alstrom Point était donc plus loin.
Dépités, nous le suivons avec nos jumelles : avons-nous le temps de le suivre à pieds et d’arriver avant le coucher su soleil ? Hésitations….Nous le voyons s’arrêter, descendre de sa voiture, regarder en dessous (eh oui ! le bas de caisse a dû racler !!!) puis disparaître au bord de la falaise !
A force d’hésiter, il est trop tard maintenant…Le soleil se couche et nous pensons avec regrets aux beaux panoramas qu’on a dû rater.
Mais l’aventure est devant nous. Le challenge : revenir sur l’US 89 de nuit et sans tomber en panne d’essence. L’aiguille est dans le rouge depuis belle lurette, alors on échafaude un plan au cas où : la tente est dans la voiture, nous avons de l’eau ainsi que quelques en-cas, très bien ça pourrait nous servir !
Le trajet est interminable et on se demande par quel miracle la voiture roule toujours quand nous débouchons sur la route 89. Enfin la pompe de Big Water est en vue et dieu merci elle fonctionne ! Nous mettons 19, 98 gallons (sur20) dans le réservoir ! Ouf, on a eu chaud ! Dorénavant, la consigne sera de refaire le plein dès la moitié du réservoir !
Petite dînette dans la chambre, nous sommes vannés !
Lake Powell depuis Alstrom Point

Coyote Buttes South
J26 (27/06) : Page – Coyote Buttes South
Une nouvelle aventure nous attend aujourd’hui pour laquelle il est plus prudent d’avoir toutes nos affaires avec nous (tente, ravitaillement, eau +++) en cas de pépin. Nous avons en effet des permis pour Coyote Buttes South et en période sèche, le risque d’ensablement est élevé.
C’est parti sur la House Valley Road que nous connaissons déjà pour l’avoir pratiquée 2 fois l’an passé, notamment pour aller à la Wave. A Lone Tree nous bifurquons à gauche vers Paw Hole. Effectivement le sable est mou, très mou mais notre Nissan se révèle très efficace et arrive à destination sans encombre. Ce n’est pas le cas du couple de Texans que nous rencontrons en chemin et qui a dû laisser le 4X4 au parking de Lone Tree.
De là l’exploration peut commencer, au gré des teepees et de notre inspiration !
Pique-nique à l’ombre d’un genévrier puis suite de l’aventure. Nous voulons maintenant rejoindre l’autre partie de CBS : Cottonwood Cove. Pour cela il est recommandé de faire un grand détour par le sud pour limiter le risque d’ensablement. Zones de sable mou et zones de roches alternent mais une nouvelle fois, notre 4X4 négocie à merveille les difficultés.
Nous arrivons enfin sur place où une seule autre voiture est garée et une tente plantée. Mais où sont les 10 personnes ayant toutes obtenu un permis ?
Afin de mieux en profiter, nous avons prévu de camper. Nous choisissons notre emplacement le long de la piste gérée par le BLM, sous un genévrier, montons la tente (en 2 secondes, merci la marque française ). Nous nous installons tranquillement puis en milieu d’après-midi allons à la découverte de ces buttes jusqu’au coucher du soleil.
C’est un endroit fascinant !!!
Des formes très travaillées voire torturées !
Celle-ci très évocatrice !
Que dire de cette mini-arche : tout simplement unique !
Et ces couleurs !
On ne se lasse pas de toutes ces formations rocheuses, d’ailleurs l’après-midi y passe et quand on rejoint notre campement, le soleil est bien couché, on a juste le temps de dîner avant la nuit !
Ce soir, il fait bon : on devrait bien dormir !
Coyote Buttes South

Par la Cottonwood Road jusqu'à Escalante
J27 (28/06) : CBS – Kodachrome Basin.
La butte aux coyotes porte bien son nom et cette nuit nous les avons entendus hurler à plusieurs reprises, mais la nuit a été excellente, de quoi nous réconcilier avec le camping !
Lever de très bonne heure (avant 5h), petit déjeuner et en avant pour une nouvelle exploration du site jusqu’à 7h.
Coyotes Buttes peu après le lever du soleil !
Nos ombres entre deux teepees !
A 7h nous levons le camp, ça tombe bien, en même temps que nos voisins de campement. A deux véhicules, c’est plus rassurant ! Mais très vite, on ne les voit plus dans notre rétroviseur : ils ont dû prendre le raccourci par Paw Hole !
Nous, on n’a pas osé alors on a sagement fait le grand tour par le sud. Sur le parking de Wire Pass, on les retrouve, ils nous ont devancés de quelques minutes. Finalement le raccourci fait gagner un peu de temps !
Avant de rejoindre la Cottonwood Road, un petit détour par Old Paria. Certes le décor de cinéma est parti en flammes, mais dans les badlands en arrière-plan on trouve toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.
Sur la Cottonwood Road (dont nous avions déjà parcouru une partie l’an passé), nous nous arrêtons au pied du trailhead vers Yellow Rock avec l’intention de faire cette randonnée, une fois notre pique-nique terminé. Mais la chaleur de midi a eu raison de nous et une nouvelle fois, nous renonçons au rocher jaune. Il faut bien en laisser pour la prochaine fois !
Alors nous continuons vers Cannonville sur cette route distillant quelques paysages hauts en couleurs !
Grosvenor Arch est notre étape suivante : très belle arche triple !
L’étape finale, c’est Kodachrome Basin SP, parc dans lequel nous envisageons de louer une petite cabine. Aucun problème, toutes sont libres et seule la nôtre sera occupée. Dire que nous craignions ne pas trouver de place un samedi !
En fin d’après-midi, bravant la chaleur, nous voulons voir à quoi ressemble ce petit state park. Il ne ressemble à aucun autre parc avec ses drôles de pitons rocheux qui ressemblent à des pains de pâte à modeler !
Formes érectiles, vestiges d’anciens geysers ! Sans commentaire !
Après cette première balade dans le parc, nous passons la soirée dans notre cabine dans un décor kodachrome !
J28 ( 29/06) : Kodachrome Basin SP – Escalante
Le début de la randonnée de ce matin n’est qu’à quelques pas de notre cabine. Un gros gain de temps et la possibilité de marcher tant qu’il ne fait pas encore trop chaud sont vraiment appréciables.
Pour avoir une vue d’ensemble du parc, nous enchaînons Panorama Trail + Big Geyser Trail (6miles, 3H30) pour une randonnée facile dans la partie ouest, la plus sauvage de Kodachrome.
Au retour, nous profitons encore un peu de notre cabine pour déjeuner au frais puis direction Willis Creek dont le trailhead se situe sur la Skutumpah Road.
C’est un slot canyon. Il y fait très bon bien qu’on soit en tout début d’après-midi, un mince filet d’eau y coule au fond .
Impression de fraicheur encore, grâce à ces jolies cascades !
Nous avançons dans les gorges jusqu’à la jonction avec Averett Canyon (3 miles A/R)
Au retour, des nuages annonciateurs d’orage commencent à se former au loin. Mais notre souci premier est de toute autre nature : nos provisions sont à sec, il faut absolument refaire le stock de nourriture. Je suis quasiment sûre qu’à Escalante nous ne trouverons pas d’épicerie ouverte le jour du seigneur, mais du côté de Bryce nous devrions avoir plus de chance.
Cap sur Bryce et stop à Tropic, puisque nous y trouvons toutes les commodités : petit supermarché, laverie juste à côté (et hop, la lessive aussi). Dommage le candy-shop est fermé !
Pendant ce temps, l’orage a progressé.
Alors si nous avons un moment pensé poursuivre jusqu’à Bryce Canyon, histoire de revoir le magnifique amphithéâtre sous les couleurs du soir, cela n’est plus d’actualité avec l’orage.
Nous rejoignons immédiatement Escalante et prenons une chambre au Prospector Inn, motel de base correct. Il n’a certes rien à voir avec le charme du B&B de Catherine l’année dernière, mais offre un avantage, celui de pouvoir partir très tôt le matin et, demain matin, le programme exige un départ matinal !
Pour le dîner, nous voulons vérifier que les pizzas sont toujours aussi bonnes chez Outfitters : elles le sont ! Et que dire du Brownie Sandwich : tout simplement divin !
Cottonwood Road

Neon Canyon : Golden Cathedral
J29 (30/06) : Escalante – Hole in the Rock Road – Escalante
Lever très, très tôt (5h). Départ 6h. Arrivée au parking d’Egypt Trailhead à 7H30. Objectif : Neon Canyon et Golden Cathedral (10 miles = 8, 5h prévues). L’hôtelière nous annonce des risques d’orages en milieu d’après-midi. Nous en tiendrons compte.
Deux itinéraires sont possibles pour cette randonnée : - Soit tracer directement à travers la mesa en direction de Neon Canyon. - Soit passer par Fence Canyon, une variante un peu plus longue mais plus scénique dixit « Photographing… »
Bien, on préfère voir du paysage, alors va pour Fence Canyon. Comme d’habitude, c’est de la descente pour commencer, d’abord sur du rocher puis du sable, mais elle se fait très progressivement, tout en douceur.
Le fond du canyon est en vue !
Tout se passe pour le mieux, rien à voir avec la difficulté de la randonnée d’Owl Creek. Mais nous n’avons encore aucune idée de l’enfer qui nous attend au fond !!!
En effet, dès que nous pénétrons dans la jungle du wash, une armée de taons s’abat sur nous !! Nous tentons de nous défendre comme des diables : nos chapeaux ne nous servent plus de couvre-chefs mais de tapettes à mouches ! C’est l’horreur et ça dure…….J’en pleurerai. Les Deer Fly, ou Horse Fly, ne nous lâchent pas !
Heureusement il y a plusieurs passages de rivière pendant lesquels nous avons quelques minutes de répit. De surcroît, l’eau est claire et bonne, j’y barboterai bien.
Enfin nous pénétrons dans Neon Canyon et les bestioles abandonnent la partie. Ouf, car je suis au bord de la crise de nerfs. Là nous profitons de la fraîcheur et surtout de l’extraordinaire couleur du Neon.
Un dernier effort et au bout de 3h30, nous y voilà, nous sommes aux pieds de la Cathédrale d’Or.
La pause tombe à pic pour nous sustenter un peu et nous remettre de nos émotions. C’est aussi le moment de réfléchir à un plan bis, car il est hors de question de retraverser cette zone infestée. On décide de prendre la variante pour le retour, c.à.d. au bout de Neon Canyon traverser l’Escalante River, monter sur la mesa et une fois arrivés sur le plateau, tout droit jusqu’au point de départ. Encore faut-il trouver la trace ?
Ce qui est dit est fait et par chance, Hervé trouve directement la trace (au milieu d’une végétation dense) une fois la rivière traversée. La montée sur la mesa se fait à vitesse grand V (malgré le sable mou et la chaleur), car quelques taons nous poursuivent malgré tout, heureusement très peu de temps.
En prime, voilà les nuages qui comme prévus commencent à se rapprocher. Il ne faut pas s’attarder. A 14h30 nous sommes de retour à la voiture après avoir tracé à travers le plateau et finalement cette variante nous a fait gagner une heure. Merci au GPS.
Neon Canyon et Golden Cathedral sont deux endroits magiques qui méritent largement qu’on souffre un peu pour les atteindre ! Cette randonnée fera partie des musts de notre séjour.
Pas d’autres balades pour aujourd’hui : le temps se couvre, l’orage gronde mais donne à peine quelques gouttes de pluie.
En soirée, nous nous rendons à une autre adresse déjà expérimentée l’an passé : Cow Boy Blues Restaurant puis passons notre deuxième nuit au Prospector.
Golden Cathedral

En passant par la Scenic Road 12
J30 ( 01/07) : Escalante – Boulder
Aujourd’hui une toute petite étape nous attend : Escalante – Boulder. Mais depuis deux jours des orages se développent à partir du début d’après-midi, alors une balade de matinée suffira : c’est la randonnée vers Escalante Natural Bridge. Après, on rompt avec le programme, car on a envie de se mettre au frais. Une idée : prendre la Hells Backbone Road à Boulder !
Mais d’abord direction le pont au-dessus de l’Escalante sur la très belle route 12, où chaque virage dévoile un nouveau point de vue. C’est là que démarre le sentier vers l’autre pont, naturel celui-là.
Après l’expérience « deer flies », le pantalon long est de rigueur cette fois-ci.
L’idéal serait de porter des chaussures d’eau. Nous n’en avons pas alors ce sera corvée déchaussage et re-chaussage et ce, 5 fois à l’aller et autant au retour ! De quoi faire râler Hervé !
Au bout de 2 miles, la « Natural Bridge » se dresse devant nous !
Il est bientôt midi et l’aire de pique-nique de Calf Creek n’est pas loin : c’est le lieu idéal pour manger au frais. Comme les jours précédents, la chaleur est au rendez-vous et le ciel devient plus orageux.
Sur la route 12 !
Avec de telles températures s’éloigner un peu du désert et rejoindre les Boulder Mountains devrait être une bonne option. La Hell’s Backbone Road nous amène jusqu’à 2700m : vive la fraîcheur, quelques gouttes de pluie, des bouleaux, des lupins…C’est bon !
Ensuite nous continuons jusqu’à la Hell’s Backbone Bridge qui surplombe Box Death Hollow. Vues époustouflantes sur le canyon !
Au retour un ranch retient notre attention, le Boulder Mountain Ranch (à ne pas confondre avec le Lodge du même nom). C’est ici que nous choisissons de passer la nuit : par chance une chambre est disponible, « a bunk room » mais elle fait très bien l’affaire (l’Indépendance Day approche) !
Une petite balade s’improvise, vers des cascades sur le domaine du ranch.
Nous sommes si bien que nous n’avons pas envie de bouger pour aller dîner. Nos hôtes nous proposent de nous confectionner des buritos maison avec des produits bio. Correct mais un peu cher pour ce que c’est. Pas de dessert ni même de fruit. Manger en ville aurait été un meilleur choix.
Dernière promenade dans la propriété au coucher du soleil ! Nous apprécions la fraîcheur du soir à 2000m d’altitude…..et les couleurs du ciel.
J31(02/07) : Boulder – Torrey
Pas moyen de « décoller » de bonne heure ce matin : nous nous attardons un peu sur la terrasse du ranch à la fraîche. Enfin, tout est relatif nous partons à 9h ce qui n’est finalement pas si tard !
Il y a tout de même plus d’une heure de route par le Burr Trail jusqu’à la bifurcation vers Strike Valley. Nous nous engageons sur le début de la piste mais stop ! elle est vraiment très mauvaise après le premier parking et suit un wash particulièrement boueux après les orages d’hier soir ! Nous jouons la carte de la prudence et préférons faire marche arrière jusqu’au parking. Bon, avec ça la randonnée de Upper Muley Twist Canyon est compromise car impossible d’enchaîner 3 miles de piste + 5 miles de sentier, le tout multiplié par deux, soit 16 miles, vu l’heure (10H30).
Alors, très modestement, nous nous contentons des 6 miles/ 2h 30 A/R (tout de même) pour contempler la vue au Strike Valley Overlook.
Nous suivons la fameuse piste, partagés entre le regret de n’avoir pas continué en voiture et la raison qui nous a fait rester prudents.
Du bord du chemin, vue sur deux arches.
Encore une troisième arche ? Oui, C’est Peek-a-boo Arch !
Après 2, 4 miles de piste, il reste à gravir la colline pour avoir LA vue sur le Waterpocket Fold, Strike Valley, la Notom Bullfrog Road et les Henry Mountains.
La fin de la randonnée sonne déjà l’heure du pique-nique. Reste à trouver une aire sympa. La carte nous en indique une tout juste avant les lacets du Burr Trail. C’est parfait : il reste à tirer la table à l’ombre et c’est avec une vue 4* que nous mangeons notre salade composée.
Les lacets du Burr Trail se négocient sans problème et nous voilà sur la Notom Bullfrog Road en direction de Torrey.
Une route au moins aussi belle que la Cottonwood Road !
Arrivés sur la Hwy24, je propose de jeter un coup d’œil au gué sur la Fremont. C’est là que devrait se terminer après demain notre périple à Cathedral Valley. Le panneau « River Ford » nous indique que c’est bien là….Hervé s’engage sur le chemin d’accès. Bouh, c’est humide… ! Après quelques glissades incontrôlables, je le supplie d’évacuer la première à droite pour nous sortir de là…Ouf, nous retrouvons la route principale, sans avoir été jusqu’à la rivière et très sceptiques quant à la possibilité d’emprunter cet itinéraire dans 2 jours. A suivre…
Dans l’immédiat nous poursuivons jusqu’à Torrey dans un but bien précis : randonner, me diriez-vous ? Eh bien, non, pour aller déguster des chocolats chez Cafe & Candy à Torrey (adresse déjà expérimentée l’an passé). On en rêve depuis des jours. Quelles douceurs !
Après cette pause gourmandise, il faut aller à la recherche d’une chambre. Austin’s Chuck Wagon Inn nous avait donné toute satisfaction en 2007, alors une possibilité chez eux serait top ! En cette veille de week-end férié, l’hôtelière nous propose soit une suite-famille soit la petite chambre derrière l’épicerie, sans climatisation ! La suite, non, et la chambre, faut voir ! Aussitôt vue, aussitôt prise : il fait très bon dans cette chambre (d’ailleurs dans toute la propriété en raison de la présence de grands arbres et de l’altitude, 2085m) et le prix très doux en fait une excellente affaire.
Après-midi piscine, dîner chez Capitol Reef Inn (toujours aussi bon)….ce sont les vacances, quoi !
Nottom Bullfrog Road

Cathedral Valley
J32 (03/07) : Torrey – Cathedral Valley via Loa et Fishlake
Qui l’eût cru ! Ce matin à Torrey il faut « déterrer » les polaires enfouis au fond de la valise pour prendre notre petit déjeuner sur la table installée devant notre chambre. Il ne fait pas plus de 10°, mais cela se réchauffera vite.
Aujourd’hui nous avons prévu : - Randonnée à Hickman Bridge dans Capitol Reef - Si possible Cathedral Valley avec nuit sur place.
Alors le plein de courses et d’eau (chez Austin’s y a tout ce qu’il faut) et en route vers Capitol Reef NP. D’abord l’arrêt « règlementaire » au Visitor Center pour un avis sur Cathedral Valley. Nous exposons notre projet :
- Rejoindre la vallée des Cathédrales non par l’un des 2 accès sur la 24, mais par Loa avec un détour dans la région de Fishlake (brièvement traversée en 2007) pour profiter de la fraîcheur de ces sites avant le désert.
Le ranger trouve notre projet très intéressant et ne tarit pas de renseignements. Nous ressortons avec dessin à main levée du meilleur itinéraire et plan pré-imprimé du passage à gué de la Frémont River. Il nous confirme les bonnes conditions météo : au moins 3 jours de beau temps devant nous ! Alors c’est le moment ou jamais !
Dans l’immédiat nous prenons le sentier vers Hickman Natural Bridge (2, 8miles-3hA/R)
Avant d’y arriver une autre bridge très mignonne : Nels Johnson Bridge
Voilà le pont naturel en question qui ressemble beaucoup à ceux de Natural Bridges NM !
Au retour nous jouissons d’une belle vue sur deux « highlights » du parc.
Capitol Dome, avec en avant-plan les fameux "boulders".
Pectol Pyramid !
L’arrêt de la mi-journée se fait dans l’oasis de Fruita, sur une belle pelouse peuplée de daims pour un repas tiré du sac !
Une nouvelle visite chez Cafe & Candy (on devient accros !) et c’est parti vers Cathedral Valley via Loa et la Fishlake National Forest !
Quelques pas autour du lac (Fishlake), bordé d’une belle forêt de bouleaux ! Qu’il fait bon !
Puis une petite pause devant le Johnson Lake, un peu trop fréquenté en cette veille de jour férié, alors nous fuyons sur les hauteurs au lieu-dit « Ridley Springs » pour une randonnée jusqu’à Pole Canyon (8kms A/R) sur un bout du Great Western Trail
Ici la tranquillité est assurée dans un paysage très vert !
C’est déjà la fin de l’après-midi et le moment de rejoindre la vallée des cathédrales par la Thousand Lake Mountain Road. Bien qu’étant en territoire connu (sommes passés par là en 2007), nous ne reconnaissons pas l’endroit où nous avons failli nous enliser ! A cette saison la piste est bien sèche, un peu rugueuse tout de même !
Destination atteinte : nous plantons la tente dans le camping de Cathedral Valley où il n’y a pas un chat ! Dans les toilettes, il ya bien un avertissement sur la présence possible d’un couguar, mais comme cette affiche date de deux ans (n’est-ce-pas Marie ?), cela ne nous alarme pas plus que ça !
Un coup d’œil sur la vallée. Les cathédrales sont majestueuses !
Puis un petit tour au pied des monolithes !
Profitons des couleurs chaudes de la soirée !
Retour au campement : après le dîner, assis sur une pierre au bord de la falaise, nous dissertons sur notre solitude et notre chance d’être dans ce décor unique tout en regardant le soleil se coucher.
Une petite flambée de pommes de pin (ramassage de bois interdit)….pas pour se réchauffer (la température est très agréable) mais pour l’ambiance….Et de l’ambiance il ne va pas tarder à y en avoir !!!
Une « visite » d’abord : celle d’un drôle de petit rongeur bondissant. Hervé brandit l’appareil-photo et moi, la lampe-torche. Mais tout à son excitation, le photographe oublie d’ôter le capuchon de l’appareil et s’énerve de ne pas arriver à déclencher. L’animal se sauve sous la voiture et nous ne le reverrons plus. Donc pas d’image de ce que notre documentation ultérieure révélera être un rat-kangourou ! Si vous voulez voir à quoi il ressemble, voilà un lien vers ce rongeur.
La nuit est maintenant tombée et voilà qu’on entend…. cela
D’abord à distance puis plus rapprochés, les rugissements finissent par se produire certainement à moins d’une centaine de mètres.
Nous bondissons dans la voiture et réfléchissons à la conduite à adopter. Convaincus que nous ne dormirions pas tranquilles dans la tente, nous décidons d’y faire « dormir » nos bagages pendant que nous, nous resterions à l’abri dans le 4X4. En deux temps trois mouvements, les valises sont transférées et les couchages installés dans le véhicule. Nous pouvons maintenant dormir sur nos deux oreilles. Le ou les couguars de l’affiche ne sont donc pas une légende !
J33 (04/07) : Cathedral Valley – Hanksville
J’ai passé une bonne nuit dans la voiture, Hervé pas vraiment car il n’a pas pu s’étendre suffisamment ! Réveillés par les premières lueurs du jour, nous prêtons l’oreille. Non seulement on entend le puma pousser son cri au loin, mais on a nettement l’impression qu’un autre lui répond : peut-être un couple ?
Comme il fait jour, nous craignons moins son apparition mais restons malgré tout vigilants tout en petit déjeunant puis en repliant nos affaires.
N’ayant pas véritablement envie de nous attarder ici, nous sommes sur le départ avant 7h.
Une fois dans la voiture, si le lion des montagnes voulait bien se montrer pour un petit cliché, ce serait vraiment sympa. Mais pas de chance, il restera caché !
Notre plan pour la matinée consiste à rejoindre la Hwy24 par Hartnett Road (Caineville Wash Road avait été empruntée en 2007) pour un passage du gué en fin de matinée.
Ça roule ! Mais avec de nombreux stops pour voir les différents points de vue et attractions le long de cette piste.
- Upper Cathedral Valley Overlook
- Upper South Desert Overlook
- Vue sur Temple of the Sun et Temple of the Moon depuis un col qu’on atteint après 2 miles de marche A/R.
- Lower South Desert Overlook
- Bentonite Hills
- Vestige d'un passé révolu !
Les 28 miles de piste nous amènent à la Hwy24 comme prévu vers 11H. La Fremont River est devant nous, il faut la passer. Je serre un peu les fesses, mais ça passe les doigts dans le nez et nous prenons la direction d’Hanksville (glissades évitées !).
Trois quarts d’heure plus tard nous nous attablons au Red Rock Restaurant (ça change du pique-nique quotidien). Nous avons une bonne idée car ce soir, il sera fermé pour cause d’Independance Day. Bonnes grillades et glaces.
La chaleur suffocante à Hanksville invite au repos en arrivant au Whispering Sand, motel de base avec frigo et micro-ondes pour un prix très sage ! Même un week-end férié ici ce n’est pas la foule !
Quand nous sortons en fin d’après-midi la chaleur est toujours torride ! Plutôt que d’aller visiter Little Egypt, pourquoi ne pas aller jusqu’aux Henry Mountains, destination probablement plus fraîche.
La décision est prise. Mais nous n’arriverons jamais au pied des dites montagnes, car au bout de quelques miles le voyant lumineux de la pression des pneus clignote : un pneu crevé !
Il faut alors trouver la « tige » qui permet de faire descendre la roue de secours, le crique.. . tout cela bien caché et pas tout au même endroit. Cela nous vaut quelques suées et quelques mots de travers ! Mais pas le choix, il faut y arriver. Un seul véhicule nous croise et sa conductrice ne daigne même pas nous jeter un coup d’œil. Finalement c’est fait …mais adieu doux climat des Henry Mountains. Il ne reste plus qu’à retourner à Hanksville pour réparer. N’oublions pas que nous sommes le 4 juillet.
Et bien même un jour férié, nous avons trouvé une station-service où le patron nous a fait la réparation illico ! Pour à peine 26$ !
Soirée dans la chambre : internet, visionnage des photos, et plateau -télé….pépère, quoi !
Cathedral Valley

De Green River à Park City
J34(05/07) : Hanksville – Green River.
Malgré notre crevaison, une nouvelle piste est à l’ordre du jour, celle amenant dans la partie excentrée de Canyonlands, Horseshoe Canyon pour une randonnée qui allie nature et culture, en direction de la Great Gallery et trois autres sites de pétroglyphes.
Le départ est matinal en raison du trajet : 30 miles dont 19 sur de la piste ! Et si on ne veut pas randonner sous le cagnard….Mais le ciel est couvert ce matin, alors… ?
Bon, rendons nous sur place, nous aviserons après. Nous traversons ces paysages de dunes sous de gros nuages !
A 8h30, nous y sommes mais il nous faudra une heure pour nous décider ! Que faire ? Quelques gouttes de pluie, des coups de vents, toujours des nuages, les nombreux avertissements sur les dangers et les désagréments du canyon (flash flood, éclairs, taons…), sur les difficultés de la randonnée (chaleur, dénivelé, déshydratation) n’aident pas à prendre une décision.
Après avoir tourné en rond, nous décidons finalement d’y aller mais de rebrousser chemin au moindre petit changement de temps et en ayant bien pris soin de mettre un pantalon (présence de taons indiquée !). Durée prévue dans la documentation du parc : 6, 5 miles/ 3 à 8h / dénivelé 250m.
Le temps imprévisible nous fait accélérer la cadence : on ne court pas, mais presque, dans la descente et aussi dans le fond du canyon. De toute façon, la présence de moustiques et moucherons ne nous engagent guère à flâner !
Les pétroglyphes sont superbes !
Ici Alcove Springs Gallery
Là dans Great Gallery
Nous faisons une courte pause près de la dernière galerie pour nous restaurer un peu puis reprenons aussitôt le chemin du retour tant que le temps se maintient.
Finalement ce temps couvert aura été un atout, car nous n’avons pas eu à souffrir de la chaleur, notamment à la montée finale. A 13h, nous sommes de retour au parking nettement en avance par rapport à nos prévisions.
Un peu de pluie et surtout un ciel désespérément gris nous incite à zapper Goblin Valley et à rejoindre immédiatement notre prochaine destination, Green River (la ville).
Au Comfort Inn nous restons dans notre chambre tout l’après-midi puis nous décidons tout de même d’aller voir Crystal Geyser en soirée sous un ciel d’orage
Détails…
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le photographe n’est pas tout seul. Il y a foule près du geyser (qui doit être en fin d’éruption car l’eau ruisselle encore sur les concrétions calcaires) : rafteurs, campeurs, pique-niqueurs, promeneurs, baigneurs….
Retour à Green River pour un dîner au Tamarisk Restaurant attablés derrière de grandes baies vitrées qui donnent sur le fleuve du même nom, sympa pour le coucher du soleil. Cuisine correcte.
J35 (06/07) : Green River – Park City
Nous voici à trois jours de la fin de notre voyage ! Suite aux différentes modifications faites en cours de route, nous bénéficions toujours de deux jours d’avance alors nous choisissons de les passer dans les montagnes de Salt Lake City . La station de sports d’hiver ayant accueilli des épreuves des Jeux Olympiques de 2002, Park City, est retenue. Altitude 2070m : hum, il doit y faire très bon !
Alors ce matin, le désert, c’est fini ! En route pour la montagne !
Green River…Price….Provo….la route est très belle et la ville de Provo surprenante avec ses belles maisons bourgeoises….Heber City où nous prenons le meilleur expresso de tout le Southwest (la patronne est flattée !)….et arrivée à Park City en tout début d’après-midi.
J’avais repéré sur internet un studio très mignon mais en arrivant sur place, la résidence est complète. Où trouver ? A l’accueil, le gars nous dit « Peut-être au Marr… ? » Sans vraiment comprendre la fin de sa réponse, nous faisons le tour du pâté de maisons espérant trouver un hébergement dans la résidence voisine. Au moment de pénétrer dans la dite résidence, je m’aperçois que nous sommes au Marriott Hotel. Bah, demandons tout de même les prix !
Finalement, l’hôtel n’est pas plus cher que celui que nous avions pris à Gardiner, Grand Teton ou Flaming Gorge….alors un petit plaisir pour la fin du voyage n’est pas de refus.
Nous nous installons pour les trois dernières nuits au Marriott Hotel. Ah, ça change des motels de base !
Une petit tour au Visitor Center, histoire de nous documenter sur la station… et puisque ce dernier se trouve à proximité des fameux outlets de Park City, nous nous octroyons une après-midi shopping.
Ici, aux Tanger Outlets, 50 magasins d’usine (Levi’s, Nike, Reebok, Gap, Calvin Klein, Ralph Lauren..) permettent de renouveler sa garde-robe à moindres frais. Oh, on n’a pas fait de folies…. juste renouvelé nos shorts usés jusqu’à la trame sur le slickrock du Southwest plus quelques tee-shirts et polos pour nous et pour nos enfants (gare au surpoids des valises ! ).
Tout l’après-midi y passe …et c’est presque aussi fatigant qu’une randonnée…alors quelques brasses dans la piscine du Marriott sont bienvenues.
Pour le dîner, tout juste deux étages à descendre ! Ce soir, on essaie le restaurant de l’hôtel (Park City Grill) qui nous offre une remise le premier soir (autant en profiter !). Les crevettes sautées sont excellentes avec un bon verre de Cabernet blanc californien !
Pétroglyphes de Great Gallery

Park City et environs J36 (07/07) : Park City
Aujourd’hui allons voir de plus près à quoi ressemblent les montagnes de Park City !
Nous nous rendons jusqu’à Silver Lake Village en voiture. Au Visitor Center, on nous avait indiqué qu’à partir de là nous pouvions prendre un télésiège jusqu’au sommet puis redescendre à pied.
Mais franchement il y a à peine 250 m de dénivelé, une bagatelle après tout ce qu’on a fait depuis 5 semaines…alors la montée à pied s’impose. Aller par Silver Lake Trail (2 miles), retour par Ontario Trail (2, 5 miles).
Le chemin croise à plusieurs reprises des télésièges.
Vue plongeante sur Jordanelle Reservoir dans la vallée.
Encore des névés présents près du chemin et pas plus de 10° à l’ombre (à l’arrêt, polaire bienvenue) mais chaud au soleil !
Le sentier traverse des bosquets de bouleaux !
L’après-midi se finit à la piscine de l’hôtel : après quelques longueurs, un peu de lecture sur les transats…tranquilles !
Ce soir, nous rejoignons le centre ville de Park City. Nous déambulons dans Main Street, très animée, afin de choisir un restaurant. Un trottoir puis l’autre….Il y a de nombreux restaurants, plutôt chers dans l’ensemble, à l’image de cette station assez huppée !
Notre choix se porte sur Zoom, un restaurant appartenant à l’acteur Robert Redford (ça, nous l’apprenons sur place ). D’abord attablés à l’extérieur, nous migrons vite vers l’intérieur car avec la nuit qui tombe, les températures se rafraîchissent sérieusement ! On est à la montagne ici !
« Roasted Half Chicken with an Orange-Sesame Glaze, Jasmine Rice and Ponzou Stir » pour moi et pour Hervé…. « Herb and Asiàgo Crusted Alaskan Halibut with a Red Pepper Vinaigrette, Seared Spinach and Grilled Asparagus » De quoi vous mettre l’eau à la bouche !
En sortant, on prend une petite glace chez Chocolate Factory. Oui, vous l’avez compris, nous sommes très gourmands !
J37 (08/07) : Park City – Mirror Lake Road – Park City.
C’est notre dernière journée complète ! A cette occasion nous décidons de parcourir une Scenic Byway, la Mirror Lake Road qui relie Kamas (UT) à Evanston (WY). Nous n’irons pas jusqu’au bout mais jusqu'au Mirror Lake, ce qui fait environ 50 miles l’aller.
La route grimpe doucement dans les Uintas Mountains. Qui voudrait camper sur cette route aurait l’embarras du choix, on trouve ici une multitude de campings !
Notre premier arrêt se fait aux Provo River Falls, de jolies cascades encadrées d’une très belle forêt de conifères.
La route au col de Bald Mountain passe à plus de 3500m, puis plonge vers le Mirror Lake, pas si miroir que cela malgré tout !
Nous mettons 6$ dans un enveloppe car on est ici dans une Recreation Area dès qu’on s’arrête ! L’aire de pique-nique est sympathique mais infestée de moustiques, nous finissons notre sandwich dans la voiture.
On risque tout de même le tour du lac après manger, mais on est quitte pour quelques piqûres. Familles et pêcheurs fréquentent les abords en grand nombre, ce qui fait que l’on ne s’attarde pas davantage, préférant poursuivre en voiture jusqu’au parking vers Ruth Lake.
Un sentier (1, 5 miles A/R) mène jusqu’à ce lac, beaucoup moins fréquenté et plus sauvage que le précédent.
De retour à l’hôtel en milieu d’après-midi, il est temps de préparer les valises. Pour le dîner nous liquidons notre ravitaillement….Demain c’est le grand retour !
Mirror Lake

La fin du voyage
J38 (09/07) : Park City – Salt Lake City – Paris
Ce matin il faut rejoindre Salt Lake City et pour en profiter jusqu’au bout nous quittons l’hôtel à 8H.
Nous voilà avant 9h dans le centre de la Capitale des Mormons.
Une petite visite de Temple Square s’impose ! Nous déclinons la visite guidée et préférons tout juste jeter un rapide coup d’œil aux différents bâtiments.
Impressionnants, d’ailleurs !!!
Salt Lake Temple
En une demi-heure, c’est fait ! Puis direction Museum of Fine Arts dans le Campus Universitaire.
C’est l’exposition temporaire « Monet to Picasso » qui a motivé notre visite. En attendant qu’elle ouvre, nous parcourons rapidement le premier étage et ses salles permanentes.
Une pièce du musée !
Puis nous passons le reste de la matinée à admirer les tableaux des peintres européens les plus célèbres : Renoir, Degas, Monet, Van Gogh, Dali, Picasso, Matisse et encore d’autres.
Les photos sont interdites, mais voici un lien vers les « highlights » de l’exposition.
Après cette parenthèse culturelle, revenons à des considérations plus matérielles : il est midi, où aller manger ? Nous nous rapprochons de Main Street et après avoir consulté notre guide, nous retenons « Lamb’s Grill Cafe », l’un des plus vieux restaurant d’Utah. Malgré son nom, il ne propose pas que de l’agneau mais une cuisine américaine variée. D’ailleurs je choisis du poisson et Hervé une bonne grillade.
Pour l’expresso il faut aller au Starbucks voisin et sur la place se produit un orchestre country. Dommage que l’on ne puisse pas s’attarder. Non, décidément, c’est l’heure, il est bientôt 14H….début de l’enregistrement.
Un dernier hoodoo qui trône en plein cœur de Salt Lake City !!!
A l’aéroport, après avoir rendu la voiture, nous nous présentons au comptoir d’enregistrement. L’employé après avoir ouvert mon passeport, me montre son badge : il porte le même patronyme que moi. Ravi, il me fait le check-in dans la langue de Goethe (manifestement sa langue maternelle !) et du même coup, ferme les yeux sur les 25 kg (au lieu des 23 règlementaires) que pèse une de nos valises !
Passage des contrôles, attente….l’avion décolle à 17h !
J39 (10/07) : Paris – retour maison.
11H15 : l’avion se pose à Paris-Roissy. Il faut maintenant affronter le RER avec tous nos bagages…pas une mince affaire, quand il faut passer les tourniquets avec sur le dos une tente 2 secondes (une tortue Ninja dans le métro) ! Une dizaine de stations et nous voilà à destination.
Les meilleures choses ont une fin alors....
It's really .............. the End !
Hoodoo en plein coeur de Salt Lake City

Le mot de la fin
Un voyage exceptionnel !
Plus de 7000 kms parcourus en voiture dont pas mal sur des pistes mais surtout, beaucoup, beaucoup de kms parcourus à pied !
Le fait de n’avoir réservé aucun hébergement d’avance nous a donné une grande liberté et nous a permis d’adapter le programme à la météo, surtout au début à Yellowstone où le temps était capricieux ! Cela était d’autant plus facile que nous étions en juin.
Autres avantages du mois de juin :
- Une fréquentation touristique modérée, essentiellement des Américains, quelques Européens, très peu de Français !
- Un temps sec (à partir de Moab), ce qui nous a permis de mieux pouvoir gérer les excursions sur les pistes et les sentiers de randonnée. Moins de risques de flash-flood et d’orages. Un circuit tel que le nôtre est difficile à tenir en août où les orages sont quotidiens.
- Des journées longues !
- Une flore très riche dans les déserts (non visible l'été)
Inconvénient :
- La présence +++ de moustiques et dans le fond de certains canyons de taons : prévoir pantalons et répulsifs.
Nos coups de cœur !
On a tout aimé ….le classement est difficile..
Disons que, malgré quelques aventures, ce sont des lieux où l’on a campé (car immergés dans le wilderness) dont nous gardons les souvenirs les plus forts : Dinosaur, Canyonlands, CBS, Cathedral Valley.
Sinon beaucoup d’autres sites nous ont permis des randonnées remarquables, voire exceptionnelles : ruines indiennes de Mule Canyon, Road Canyon et Moon House… Golden Cathedral…les pétroglyphes de Cedar Mesa et Horseshoe Canyon…. Arches….Natural Bridges.. Colorado NM…des lieux où nous étions toujours seuls ou presque !
Appréciant particulièrement les grands espaces vierges et la solitude qui les accompagnent, nous avons été comblés par le sud ouest américain.
Nous avons apprécié Yellowstone davantage pour sa faune que pour ses phénomènes volcaniques, mais le temps ne s’y prêtait pas.
Ce sont les endroits en général mythiques ou classiques (comme Monument Valley par exemple ) pour lesquels nous avons été le moins enthousiastes.
Bibliographie
- « Photographing the Southwest » volumes Utah et Arizona (Laurent Martres), guides auxquels Philippe (Sedonax) a beaucoup contribué.
- « Yellowtone & Grand Teton NP /Must-do hikes for everyone » (Andrew Dean Nystrom) pour la description de randonnées dans ces 2 parcs.
Routard et Lonely Planet Ouest Américain (ont seulement servis pour trouver hôtels et/ou restaurants)
Le site www.ouestusa.fr de Thierry (Wavemaster) et Philippe (Sedonax) déjà cité en introduction : incontournable pour la description de beaucoup de sites et de randonnées.
- Le site de photos de Philippe (Sedonax) www.phschuler.com.....pour vous donner envie !
Pour compléter la documentation précédente, quelques sites internet qui m'ont été particulièrement utiles pour la préparation de certaines randonnées :
- Fort Bottom J12 www.utahtrails.com/FortBottom.html - Moses & Zeus J12 www.utahtrails.com/Moses.html - Tower Arch J14 climb-utah.com/Moab/tower.htm - Confluence Overlook J16www.utahtrails.com/Confluence.html - Mule Canyon J18 climb-utah.com/CM/mule.htm - Owl Creek to Nevilles Arch J19 www.localhikes.com/...s/Owl_Creek_0000.asp - Golden Cathedral J29 www.dankat.com/swhikes/maps/neoncn.htm
Début 2009, le virus de l'Ouest Américain nous a repris et nous sommes allés découvrir l'Arizona et le Nouveau-Mexique au printemps. C'est ici.


La connerie humaine.... English translation pending
Alors que la planete souffre de pollution, je me demandais comment des gens "reflechis" (ce qui reste encore à demontrer) pouvaient a un moment se donner autant "en spectacle" que pour se faire u plaisir qui coute cher sur la fameuse "empreinte ecologique".....
une reflexion de ma part, qui apres avoir avec joie assister a la disparition du Dakkar, se demande bien pourquoi des hommes sont alles "toujours plus haut" pour detruire le peu d'endroits qui reste ??? (cf/ http://www.transorientale.com)
comment des gouvernements et des organisateurs repsonsables peuvent ils s'engager dans des aberrations pareilles ?
une reflexion de ma part, qui apres avoir avec joie assister a la disparition du Dakkar, se demande bien pourquoi des hommes sont alles "toujours plus haut" pour detruire le peu d'endroits qui reste ??? (cf/ http://www.transorientale.com)
comment des gouvernements et des organisateurs repsonsables peuvent ils s'engager dans des aberrations pareilles ?
Avis sur itinéraire entre Monument Valley et Moab? (États-Unis) English translation pending
Si je suis le matin de bonne heure à Monument Valley pour le sunrise, et qu'ensuite je visite Gooseneck, Muley Point et Valley of Gods ( sous reserve que je puisse y aller avec une voiture normale ) le plan initial était d'aller passer la nuit à Blanding, mais je me demande d'un coup s'il n'est pas possible de rajouter Needles Overlook et de tirer jusqu'a Moab ...
Qu'en pensez vous ?
Qu'en pensez vous ?
Tout sur le camping dans l'Ouest américain et explications des sites de réservation English translation pending
Bonjour,
Mon compagnon et moi, nous partons aux usa en juin (environ 30 jours de motels et 25 jours de camping) et j'ai des questions à vous poser sur les sites de réservation de camping.
Comme nous le savons, pour camper à Yosemite et au Grand Canyon, il faut réserver plusieurs mois à l'avance.
Pour éviter de s'éparpiller parmis les nombreux messages, je propose que nous regroupons sur ce post toutes les infos nécessaires sur le sujet.
Voici les sites que nous connaissons :
Sites de réservation :
http://koa.com/
http://www.recreation.gov/
Sur ce site : http://www.reserveamerica.com/?topTabIndex=Home, regroupement de tous les campings (nationaux, privés etc) : Federal State County KOA Private)
http://www.woodalls.com/
Dans l'un des messages du forum, j'ai trouvé ce site mais apparemment il y a un bug : http://www.camprrm.com/index-old.htm#White%20Mountain%20Ranger%20District Que pensez vous de ce site ?
Messages du forum sur le sujet : A la 1ère page, 2ème post, vazyvite dit : http://voyageforum.com/...t_americain_D409513/ Dans le parc, c'est ici que ça se passe : http://www.nps.gov/parks.html et ensuite tu choisis le parc et voir "Plan your visit" pour trouver "Camping" .... et tu es renvoyé ici : http://www.reserveusa.com/
A la 1ère page, 4ème post, Mousselliine dit : http://voyageforum.com/...t_americain_D409513/ "Mais pour moi le vrai camping ça se passe dans les parcs nationaux, parcs provinciaux, states parks - là tu es dans la vraie nature. Pas de soirées dansantes, bingos et autres trucs (en camping on veut avoir la paix, juste le silence de la nature), peu de services, jamais de piscine, généralement des douches, mais pas toujours" Question : Les camping nationaux n'ont pas souvent de douche ou pas du tout ? (ce qui n'était pas précisé dans le message ci-dessus) Dans les parcs provinciaux, states parks et campings privés oui ?
A la 1ère page, 17ème post, Sedonax dit : http://voyageforum.com/voyage/etats-unis_camping_dans_ouest_americain_D979549/ dans les parcs et monuments nationaux (National Park et National Monument), pas de douches (trop cher à alimenter et à entretenir, et pas "obligatoire" puisque ces campings seront souvent complets ou presque même sans douches). Mais il ya toujours un point d'eau pour remplir une bassine et se laver dans sa tente. dans les parcs d'état (State Park) payants, généralement des douches. dans les campings privés, toujours des douches (quelquefois à payer en plus du camping de base) en camping sauvage dans le wilderness (autorisé sous certaines conditions dans les terres gérées par le BLM), pas de douches ... mais possibilité d'utiliser ces grosses poches noires avec une mini douchette, à remplir d'eau que l'on fait chauffer au soleil sur le toit de la voiture pendant la randonnée, ou d'utiliser l'eau de la rivière ou du torrent avec un savon biodégradable. Autres infos sur le sujet :
Le camping sauvage
Sedonax a très bien détaillé dans son message : http://voyageforum.com/...etats_unis_D1574659/Jjlasne a écrit : http://voyageforum.com/...arch_string=camping; Je crois que la parking sauvage est interdit que ce soit sur les proprietes privees ou les terres gouvernementales... L' exception serait peut etre les terres de la BLM (www.blm.gov) mais elles sont generalement situees dans les deserts genre Black Rock Canyon (formellement le site de Burning Man) au Nevada. A voir pour les aventureux, les "desert rats" et les chariots a voile sur la playa... http://www.blackrockdesert.org/ Les sites de camping legal sont tres nombreux, varies, plutot bien places et surtout confortables.
Horaires d'arrivée et de départ :A la première page, 5ème post, dommm063 dit : http://voyageforum.com/v.f?post=1510423;search_string=campingPour le camping, vous pouvez arriver à n'importe quelle heure : l'horaire qu'on vous indique (11h ou midi), c'est l'heure à laquelle vous devez partir de votre site et pas conséquent, à laquelle vous pouvez commencer à arriver. Donc pas de souci si vous arrivez à 18h par exemple.
Autres liens :
http://voyageforum.com/...rch_forum=all;mh=25;
Mes questions :
Je ne comprends pas tjrs les sites de réservation et j'aimerais vous poser des questions bêtes. J'ai fait des erreurs de confusions alors vaut mieux être sure pour ne pas avoir de mauvaises surprises.
D'abord je n'arrive pas à voir sur leurs sites s'il y a des douches ou pas. Quand il y a écrit "No shower" on comprend bien que ça veut dire qu'il n'y a pas de douche. Mais quand cela n'est pas précisé, comment peut-on le savoir ?
Explications des sites de réservation :
Dans celui ci : http://www.recreation.gov/
Traduction en français (à gauche) :
Looking for : All sites / Tous les emplacements Rv sites / Emplacements de rv (camping car ??) Cabins or lookouts (cabing : grosse toile / Lookouts ???) Tent Tente (c'est à dire un emplacement avec une tente, donc pas besoin d'amener une tente ?) Trailer dans le dictionnaire il y a écrit : "lotissement de mobile", ?? Group sites Emplacements de groupe c'est à dire ? Day use Utilisation de jour ??? Horse sites Emplacements de cheval Boat sites Emplacements de bateau
State : L'état (ex : Utah) Near : Lieu (ex : Zion National Park Arrival date : La date d'arrivée Length of stay: Nombres de jours et SEARCH
Je tombe sur cette fenêtre : http://www.recreation.gov/...TabIndex=CampingSpot
available = places diponibles not available = places non disponibles 13.7 distance miles (13, 7 x 1, 6 = 21, 92km) Facility :Liste de services Map : carte de l'emplacement (dans certains lieux, il n'y a même pas de route, cela veut dire qu'il faut marcher à pied jusqu'à la route ? ex : le camping entre Yosemite et Mono Lake : http://www.recreation.gov/...RSO&parkId=70806)
Equip length/ Driveway = Max # of people = ex ici : http://www.recreation.gov/...0349&search=site Il y a écrit Max # of people = 13 personnes et Equip length/ Driveway = 42 Back-In Qu'est ce que cela veut dire ?
Pour comprendre les cartes d'emplacement :

On voit une grande tente et une petite, quelle est la différence entre les deux ?
Le petit dessin du camion, est ce l'emplacement pour le camping car ?
Est ce que nous pouvons s'installer avec une voiture et une tente ?
Enfin notre première priorité c'est de trouver un camping avec des douches, la piscine tout ça on s'enfou, nous préférons être dans la nature et avoir un minimum d'espace vital.
En attendant vos réponses, je vous remercie de m'avoir lu
A plus 😉
Mon compagnon et moi, nous partons aux usa en juin (environ 30 jours de motels et 25 jours de camping) et j'ai des questions à vous poser sur les sites de réservation de camping.
Comme nous le savons, pour camper à Yosemite et au Grand Canyon, il faut réserver plusieurs mois à l'avance.
Pour éviter de s'éparpiller parmis les nombreux messages, je propose que nous regroupons sur ce post toutes les infos nécessaires sur le sujet.
Voici les sites que nous connaissons :
Sites de réservation :
http://koa.com/
http://www.recreation.gov/
Sur ce site : http://www.reserveamerica.com/?topTabIndex=Home, regroupement de tous les campings (nationaux, privés etc) : Federal State County KOA Private)
http://www.woodalls.com/
Dans l'un des messages du forum, j'ai trouvé ce site mais apparemment il y a un bug : http://www.camprrm.com/index-old.htm#White%20Mountain%20Ranger%20District Que pensez vous de ce site ?
Messages du forum sur le sujet : A la 1ère page, 2ème post, vazyvite dit : http://voyageforum.com/...t_americain_D409513/ Dans le parc, c'est ici que ça se passe : http://www.nps.gov/parks.html et ensuite tu choisis le parc et voir "Plan your visit" pour trouver "Camping" .... et tu es renvoyé ici : http://www.reserveusa.com/
A la 1ère page, 4ème post, Mousselliine dit : http://voyageforum.com/...t_americain_D409513/ "Mais pour moi le vrai camping ça se passe dans les parcs nationaux, parcs provinciaux, states parks - là tu es dans la vraie nature. Pas de soirées dansantes, bingos et autres trucs (en camping on veut avoir la paix, juste le silence de la nature), peu de services, jamais de piscine, généralement des douches, mais pas toujours" Question : Les camping nationaux n'ont pas souvent de douche ou pas du tout ? (ce qui n'était pas précisé dans le message ci-dessus) Dans les parcs provinciaux, states parks et campings privés oui ?
A la 1ère page, 17ème post, Sedonax dit : http://voyageforum.com/voyage/etats-unis_camping_dans_ouest_americain_D979549/ dans les parcs et monuments nationaux (National Park et National Monument), pas de douches (trop cher à alimenter et à entretenir, et pas "obligatoire" puisque ces campings seront souvent complets ou presque même sans douches). Mais il ya toujours un point d'eau pour remplir une bassine et se laver dans sa tente. dans les parcs d'état (State Park) payants, généralement des douches. dans les campings privés, toujours des douches (quelquefois à payer en plus du camping de base) en camping sauvage dans le wilderness (autorisé sous certaines conditions dans les terres gérées par le BLM), pas de douches ... mais possibilité d'utiliser ces grosses poches noires avec une mini douchette, à remplir d'eau que l'on fait chauffer au soleil sur le toit de la voiture pendant la randonnée, ou d'utiliser l'eau de la rivière ou du torrent avec un savon biodégradable. Autres infos sur le sujet :
Le camping sauvage
Sedonax a très bien détaillé dans son message : http://voyageforum.com/...etats_unis_D1574659/Jjlasne a écrit : http://voyageforum.com/...arch_string=camping; Je crois que la parking sauvage est interdit que ce soit sur les proprietes privees ou les terres gouvernementales... L' exception serait peut etre les terres de la BLM (www.blm.gov) mais elles sont generalement situees dans les deserts genre Black Rock Canyon (formellement le site de Burning Man) au Nevada. A voir pour les aventureux, les "desert rats" et les chariots a voile sur la playa... http://www.blackrockdesert.org/ Les sites de camping legal sont tres nombreux, varies, plutot bien places et surtout confortables.
Horaires d'arrivée et de départ :A la première page, 5ème post, dommm063 dit : http://voyageforum.com/v.f?post=1510423;search_string=campingPour le camping, vous pouvez arriver à n'importe quelle heure : l'horaire qu'on vous indique (11h ou midi), c'est l'heure à laquelle vous devez partir de votre site et pas conséquent, à laquelle vous pouvez commencer à arriver. Donc pas de souci si vous arrivez à 18h par exemple.
Autres liens :
http://voyageforum.com/...rch_forum=all;mh=25;
Mes questions :
Je ne comprends pas tjrs les sites de réservation et j'aimerais vous poser des questions bêtes. J'ai fait des erreurs de confusions alors vaut mieux être sure pour ne pas avoir de mauvaises surprises.
D'abord je n'arrive pas à voir sur leurs sites s'il y a des douches ou pas. Quand il y a écrit "No shower" on comprend bien que ça veut dire qu'il n'y a pas de douche. Mais quand cela n'est pas précisé, comment peut-on le savoir ?
Explications des sites de réservation :
Dans celui ci : http://www.recreation.gov/
Traduction en français (à gauche) :
Looking for : All sites / Tous les emplacements Rv sites / Emplacements de rv (camping car ??) Cabins or lookouts (cabing : grosse toile / Lookouts ???) Tent Tente (c'est à dire un emplacement avec une tente, donc pas besoin d'amener une tente ?) Trailer dans le dictionnaire il y a écrit : "lotissement de mobile", ?? Group sites Emplacements de groupe c'est à dire ? Day use Utilisation de jour ??? Horse sites Emplacements de cheval Boat sites Emplacements de bateau
State : L'état (ex : Utah) Near : Lieu (ex : Zion National Park Arrival date : La date d'arrivée Length of stay: Nombres de jours et SEARCH
Je tombe sur cette fenêtre : http://www.recreation.gov/...TabIndex=CampingSpot
available = places diponibles not available = places non disponibles 13.7 distance miles (13, 7 x 1, 6 = 21, 92km) Facility :Liste de services Map : carte de l'emplacement (dans certains lieux, il n'y a même pas de route, cela veut dire qu'il faut marcher à pied jusqu'à la route ? ex : le camping entre Yosemite et Mono Lake : http://www.recreation.gov/...RSO&parkId=70806)
Equip length/ Driveway = Max # of people = ex ici : http://www.recreation.gov/...0349&search=site Il y a écrit Max # of people = 13 personnes et Equip length/ Driveway = 42 Back-In Qu'est ce que cela veut dire ?
Pour comprendre les cartes d'emplacement :

On voit une grande tente et une petite, quelle est la différence entre les deux ?
Le petit dessin du camion, est ce l'emplacement pour le camping car ?
Est ce que nous pouvons s'installer avec une voiture et une tente ? Enfin notre première priorité c'est de trouver un camping avec des douches, la piscine tout ça on s'enfou, nous préférons être dans la nature et avoir un minimum d'espace vital.
En attendant vos réponses, je vous remercie de m'avoir lu
A plus 😉
Voyageur ou touriste? English translation pending
Je ne veux pas faire l'elitiste, mais un ami m a balance ce que j ai d abord pris pour une phrase toute faite :
" le touriste fait son tour, le voyageur va sur sa voie." et finalement ca sonne juste dans mon esprit.
ici on est sur voyage forum, et c est parfois difficile d avoir des echanges entre voyageurs. alors pourquoi "voyage forum"...c est mon sejour en thailande, ici a koh tao qui me fait ressortir cette idee que ca clochait un poil.
"je veux reserver ceci", "fera t il beau tel mois", "je viens 10 jours..." tout ca c est du tourisme, c est prepare, peur de l imprevu, envie de decouvrir mais en sachant quand meme ce qu on va voir...pas du voyage. ou alors les voyageurs doivent trouver un autre nom.
alors tout le monde n a pas (ne se donne pas) le temps de voyager...
je n aime pas le tourisme, c est un export de pas mal de crasses, notamment du monde de consumerisme, qui se developpe, avec les comportements lies.
c etait mon blowin in the wind...
ici on est sur voyage forum, et c est parfois difficile d avoir des echanges entre voyageurs. alors pourquoi "voyage forum"...c est mon sejour en thailande, ici a koh tao qui me fait ressortir cette idee que ca clochait un poil.
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alors tout le monde n a pas (ne se donne pas) le temps de voyager...
je n aime pas le tourisme, c est un export de pas mal de crasses, notamment du monde de consumerisme, qui se developpe, avec les comportements lies.
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Casas Particulares à Cuba English translation pending
Je compte partir à Cuba très bientôt et je me demandais si j'avais besoin d'adresse de casa particular ou si elles sont facilement repérable?
Lors de ma dernière visite à Trinidad, des cubains venaient me voir pour m'inviter à visiter leur casa. Est-ce la même chose partout? De plus en retrouve t-on ailleurs que dans les grandes villes tel La Havane, Cienfuegos, Holguin... où il y en a même dans des endroits éloignés tel la péninsule Zapata?
Merci à vous tous
Lors de ma dernière visite à Trinidad, des cubains venaient me voir pour m'inviter à visiter leur casa. Est-ce la même chose partout? De plus en retrouve t-on ailleurs que dans les grandes villes tel La Havane, Cienfuegos, Holguin... où il y en a même dans des endroits éloignés tel la péninsule Zapata?
Merci à vous tous
Voyage dans l'Ouest américain: semaine 1 English translation pending
Voilà, c’est fini… 2 semaines dans l’ouest américain en compagnie de mes compères Fabien et Fred qui auront été aussi belles que prévues…
Pour immortaliser ce voyage, beaucoup de photos et de films, mais avant tout des souvenirs plein la tête et une forte envie de revoir un jour ces lieux qui regorgent de trésors.
Afin de vous faire partager nos sentiments et nos ressentis mais aussi pour convaincre les éventuels indécis, voici quelques mots et quelques photos retraçant grossièrement notre périple.
SEMAINE 1
Samedi 8 septembre : Après une traversée de l’Atlantique sans encombre, nous faisons escale à Detroit où la modernité de l’aéroport me surprend, mes préjugés scolaires sur la crise économique dans le nord-est des Etats-Unis en prennent un coup !

La première immense bannière étoilée est aperçue dans cet aéroport, derrière une fontaine dont la rapidité des jets d’eau joue avec l’objectif de mon appareil photo…

Après un interminable vol interne entre Detroit et Las Vegas, nous arrivons enfin à destination avec plus d’une heure de retard… Les premières joutes verbales (sans compter l’éphémère « conversation » avec le douanier) ont lieu avec une personne de l’agence Alamo, auprès de qui nous avons loué un SUV. Je ne m’en tire pas trop mal, nous pouvons nous diriger vers le parking… Et là, après s’être fait à nouveau assommer par la chaleur (plus de 30°C vers 22h), bonne surprise, comme je l’avais lu à plusieurs reprises, les loueurs font souvent du surbooking. Nous avons donc le droit de choisir parmi toute une rangée de voitures appartenant à une catégorie supérieure. Nous optons pour le Toyota 4Runner. Fred, tout excité, prend le volant de ce monstre et nous nous dirigeons vers l’hôtel « Emerald Suites » que Fabien avait réservé début juin. Un motel classique, c’est-à-dire immense et où la climatisation tourne à plein régime, situé quelques kilomètres au sud du Strip, et où il est surtout temps de se mettre au lit : il est 23h passées, soit 8h du matin en France… Un petit coup de fil à la France qui se lève tôt (!) et puis dodo !
Dimanche 9 septembre : Après une bonne nuit de sommeil, enfin je parle pour moi car Fred et Fabien me raconteront un peu plus tard comment une arrestation un peu musclée dans une chambre voisine est venue perturber leur sommeil, nous nous réveillons vers 9h (soit une des plus grosses grasses matinées du séjour) et notre premier réflexe est de sortir pour observer les alentours : chaleur écrasante, montagnes dénudées de toute végétation, le Nevada tient bien sa réputation ! Première mission du voyage : faire de grosses provisions car nous savons que les prochains jours nous n’apercevrons pas beaucoup de commerces, sans oublier l’indispensable, à savoir une glacière et des oreillers pour nous trois, les cassés du dos… Etant donné que nous partons en direction de Valley of Fire (au nord-est de Las Vegas), nous traversons Las Vegas de jour. Sin City semble plutôt calme à cette période de la journée. La mission oreillers est plus difficile que prévue mais nous trouvons finalement notre bonheur dans une des multiples « pharmacies » croisées, où des machines à sous sont disposées directement derrière les caisses. Nous quittons donc cette ville édifiée au milieu de nulle part et empruntons la route n°15 construite… au milieu de nulle part. La sécheresse et l’immensité des lieux réussit à nous surprendre malgré tout ce que l’on sait sur le Nevada. Nous pensons alors aux recherches de Steve Fossett, disparu 6 jours plus tôt : c’est pire que chercher une aiguille dans une botte de foin… Nous comprenons que nous nous rapprochons de Valley of Fire lorsque la terre prend une légère teinte rougeâtre.

Pour immortaliser le début de notre périple, un arrêt photo s’impose à l’entrée du parc.

Il y fait très chaud, environ 100°F, soit quasiment 40°C à l’ombre, la Vallée du Feu porte son nom à merveille. Heureusement, le fait qu’il y ait peu voire pas d’humidité dans l’air rend la chose plus supportable. Nous croisons de drôles de formes géologiques rouges, comme si la terre avait expulsé de ses entrailles de gros blocs encore chauds…

Pour dominer un peu tout ce spectacle qui s’offre à nous, je grimpe sur ce que l’on pourrait, avec un peu d’imagination, décrire comme un corps de lion pétrifié dont la tête surveille les visiteurs qui franchissent l’entrée du parc.

Direction le Visitors center où nous jetons rapidement un œil à une expo sur la faune locale avant de grignoter sur un banc en retrait et de faire connaissance avec les premiers chipmunks (tamias en français) du voyage.

La vue s’étire loin et la terre rouge vient superbement contraster avec le vert de la végétation rase.

En possession de diverses cartes, nous décidons de pousser la balade dans le nord du parc, avec un premier arrêt à Rainbow Vista. Le panel de couleurs est encore plus impressionnant et le soleil baissant ajoute une lumière magnifique au panorama. La sinuosité des routes qui semblent se diriger dans l’inconnu s’apparente à une forme de bienvenue dans l’ouest américain.

Une dernière photo de cet endroit magique avant de se rendre vers les White Domes pour une randonnée avant le coucher de soleil.

Après quelques minutes sur une route passant dans des lits de cours d’eau formés par les pluies orageuses (ça secoue !), nous arrivons au point de départ de la randonnée qui nous attend. La pensant courte, nous n’emmenons ni à boire, ni à manger. Cette promenade nous amène sur un ancien lieu de tournage de westerns, où subsistent quelques ruines ayant servi aux différents tournages.

Ce lieu est censé former le point depuis lequel nous attaquons le retour par un autre chemin. Voyant quelques traces de pas dans le sable rouge, nous nous engageons dans un mini canyon. A cet endroit du parc, les différentes strates de roches possèdent des couleurs assez vives et différentes. On dirait qu’elles ont littéralement été peintes.

Quelques dizaines de minutes plus tard, nous nous rendons compte que nous n’avons pas emprunté le bon chemin. Mais nous finissons par apercevoir la route du parc et après une bonne marche, nous regagnons finalement notre voiture. Il était temps, notre soif était grande, nous liquidons dans la foulée un litre de Powerade chacun ! Pour notre première soirée en camping, nous faisons la connaissance d’un drôle de rongeur qui vient chercher quelques chips au pied de notre table, une espèce de souris avec une très longue queue. Il fait nuit depuis un moment déjà, donc trop tard pour aller se doucher car il n’y a pas de lumière dans les sanitaires, même si quelques éclairs lointains et les lumières de Las Vegas (pourtant située à plus de 60 kilomètres à vol d’oiseau !) viennent contrarier un ciel très étoilé. Nous nous couchons mais le sommeil tarde à venir étant donné la chaleur qui règne dans les tentes.
Lundi 10 septembre : Il n’empêche ! Fabien et moi sommes debout dès 6h du matin, tout enchantés par les rochers qui s’enflamment avec les premières lueurs du soleil. Nous décampons vers 7h30, direction Zion National Park. La route qui nous mène vers la sortie est du parc nous offre un paysage désertique…

Dernière étape d’un parc que j’aurais beaucoup aimé pour sa variété de couleurs, Elephant Rock, que je dresse difficilement.

Avant de rejoindre la route n°15, nous traversons Overton et Logandale, 2 villes perdues au nord du Lake Mead. Mais les gros bus jaunes d’écoliers sont là pour nous rappeler que la vie existe, même ici. Puis nous passons à proximité de Mesquite, à la frontière de l’Utah, exactement le type de ville que je m’imaginais avant d’arriver : un Mac Do, un maillage urbain très quadrillé, des lotissements flambant neuf et un golf, tout ça en plein désert ! Nous arrivons vers 11h30 à Springdale qui marque l’entrée sud de Zion National Park, où nous achetons l’Annual Pass qui nous permet d’entrer dans tous les parcs nationaux.

Dans un petit resto de pêcheurs glacé par la climatisation, nous commandons un bon vieux hamburger et une énorme limonade remplie de glaçons. Le temps se dégrade et quelques gouttes de pluie viennent taper sur les carreaux près de Fabien. Notre programme étant chargé, il ne faut pas traîner. Première balade de la journée : Canyon overlook. Après quelques kilomètres au pied de grandes falaises, nous traversons le tunnel du Mont Carmel. Le début de la rando se fait à sa sortie. Une marche facile d’une grosse demi-heure et au bout, un panorama époustouflant sur le canyon de Zion. De plus, la chance est avec nous puisque le soleil pointe le bout de son nez. Nous sommes pris en photo devant ce paysage grandiose par un Breton, le monde est petit…

Nous redescendons dans la vallée pour prendre le bus du parc qui doit nous déposer à l’arrêt « La Grotto ». Le chauffeur, qui lègue quelques commentaires sur les lieux, a une voix étrange, comme droguée par la routine de ses paroles. Nous entamons la West Rim trail avec pour but la fameuse Angels Landing trail, dont j’ai entendu dire qu’elle est très impressionnante. Je deviens impatient de la découvrir, tant j’aime les paysages graves et excessifs. Soudain, sur le sentier, je croise une femme qui sursaute lorsque son regard tombe sur… un crotale, serpent mortel très présent dans le sud-ouest américain. C’est le premier reptile que nous voyons, mais je pense qu’à ce moment-là, nous en avons déjà croisé quelques-uns sans s’en apercevoir ! Au bout d’une bonne heure de marche, nous atteignons le redoutable secteur des Walters Wiggles, un enchaînement d’une vingtaine de lacets sur un chemin à fort dénivelé, qui me rappelle l’ascension d’un certain Mont Olympe en Grèce. Mais la récompense est belle : depuis le Scout Outlook, la route du fond de vallée n’en mène pas large. Et pour cause, elle est 300 mètres plus bas !

C’est ici que débute la vertigineuse Angels Landing trail, c’est aussi ici que Fabien et Fred m’attendront. Ce dernier effort est le plus dur, tant sut le plan physique que sur le plan psychologique. Il s’agit de monter à même la crête les 160 derniers mètres de dénivelé.

Tout au long du parcours, des chaînes sont là pour aider les marcheurs tant le ravin est proche. D’ailleurs, une pancarte avertit que des chutes mortelles se sont déjà produites : rassurant !

Je ne suis pas sujet au vertige, mais un passage apparaît quand même très tendu : le sentier ne fait que 2 ou 3 mètres de large et de chaque côté de celui-ci, un précipice de plus de 400 mètres… Mes jambes flagellent un peu mais j’essaie de faire abstraction du vide. Il fait chaud et le soleil tape désormais. Je m’arrête assez souvent pour boire et pour profiter de ce spectacle.

Peu de personnes sur ce parcours mais à chaque fois que j’en croise ou presque, on me dit « Be safe ». J’atteins enfin le sommet où 6 personnes contemplent le paysage. Une touriste italienne raconte son séjour à un couple d’américains cinquantenaires et pendant ce temps-là, un chipmunk tente d’investir mon sac à dos pour y chiper quelque nourriture.
Je fais 2 ou 3 photos du canyon et dans un élan de maladresse, je fais tomber le pare-soleil de mon appareil photo qui se loge à quelques centimètres du ravin de 500 mètres… Je parviens difficilement à le récupérer et me décide à rejoindre Fabien et Fred, qui m’attendent tranquillement au niveau de Scout Outlook. La redescente nous paraît longue. Vers 18h, après d’âpres négociations avec Fred, nous allons jeter un œil aux cascades de Lower et Middle Emerald Pools qui n’existent quasiment pas en cette fin d’été. Sur le retour, nous croisons quelques cervidés dans les sous-bois, proches de la Virgin river. Une fois de plus, nous mangeons de nuit au camping de Watchman. Nous testons les chips au piment de Fred, échec n°1 ! Fabien se fait un plaisir de goûter à son French Bread, échec n°2 ! Fred et moi essayons le jambon caoutchouteux sous vide, échec n°3 ! On se contente finalement de chips classiques et de boîtes de thon… Pour finir en beauté la journée, on apprend que le camping ne dispose pas de douches. Ayant pas mal sué lors de cette journée, Fred et moi improvisons une douche en regroupant les différentes bouteilles d’eau et en les remplissant au robinet. Mais les nuits de septembre à Zion sont fraîches et ce qui devait être un plaisir se transforme en calvaire. Fabien, nous voyant souffrir, préfère s’endormir sans se laver.
Mardi 11 septembre : Ce matin, pas un nuage dans le ciel. Nous sommes impatients de découvrir le prochain parc. Nous prenons la route tôt le matin car nous sentons déjà que Bryce Canyon va être incroyable. J’ai d’ailleurs prévu plusieurs marches autour et dans l’amphithéâtre. Mais nous n’en sommes pas là ! Nous quittons Zion National Park dont les immenses falaises baignent dans le soleil.

L’est du parc est magnifique et assez différent de ce qu’on a vu de Zion pour l’instant. Nous ne cessons de monter en altitude, le temps est idéal en cette matinée : un ciel d’un bleu très profond et une température parfaite pour rouler et faire quelques arrêts photos (20-25°C).

Nous faisons le premier plein d’essence à Mount Carmel Junction où nombre de bus touristiques jonchent les différents parkings des commerces et autres stations essence. L’addition n’est pas très lourde, une fois divisée par trois et grâce à un dollar très bas ! En terme de villes ou plutôt villages croisés, Orderville et Glendale, puis quasiment plus rien jusqu’à Bryce Canyon, soit environ 80 kilomètres sans urbanisation… Les premiers « hoodoos », ces espèces de pitons rocheux sculptés par l'érosion, apparaissent au niveau de Red Canyon. Un léger avant-goût de ce qui constitue sans doute le plus beau des parcs nationaux de l’Utah. Nous passons dans un tunnel creusé à même la roche, laissons l’aérodrome de Bryce Canyon sur notre gauche et ça y est, nous y sommes. Beaucoup de commerces et de logements pour accueillir ceux qui, comme nous, veulent découvrir cette merveille de la nature. Quelques kilomètres plus loin, nous entrons officiellement dans le parc. Arrêt photo obligatoire.

Nous trépignons d’impatience, c’est pourquoi, avant de revenir déjeuner au Ruby’s Canyon Diner, nous faisons le choix de nous rendre à Sunset Point pour avoir un premier aperçu. Dans ce parc très boisé, beaucoup de cervidés pas farouches, à quelques mètres seulement de la route.

Nous arrivons enfin au parking qui permet d’accéder à Sunset Point. Plein d’énormes camping-cars locatifs sont là pour nous rappeler que nous ne sommes pas les seuls à venir observer ce paradis géologique. Et puis l’émerveillement. Un endroit magique mêlant le rouge de cette terre si caractéristique du sud-ouest américain, le vert des centaines de pins qui occupent les lieux, le bleu du ciel et le blanc des quelques nuages qui bourgeonnent. Nous prenons le temps d’écrire quelques cartes postales devant cet exceptionnel panorama.

Nous sommes le 11 septembre 2007 et j’ai l’impression que la nature essaie de compenser par sa beauté le drame auquel on a assisté 6 ans plus tôt jour pour jour à New York.

Nous prenons la Rim trail. Sur notre droite, une forêt de pins, dont certains arbres ont été calcinés par les incendies de l’été. Sur notre gauche, nous dominons ce qu’on appelle ici l’amphithéâtre. Quelques arbres, dont l’équilibre paraît plus que précaire, s’accrochent à la paroi, comme s’ils avaient fui la violence de ces feux.

Ici, même si les dimensions du parc sont beaucoup plus humaines que celles des voisins Capitol Reef ou encore Grand Canyon, la nature a formé des hoodoos de 30 mètres de haut dont la posture paraît parfois fragile.

Nous continuons notre tour de l’amphithéâtre et apercevons quelques rapaces qui volent fièrement au-dessus de nos têtes.

Depuis Bryce Point, j’observe avec attention ce que j’imagine être les fondations de l’amphithéâtre et me rends compte de la taille des pins qui doivent au moins mesurer 10 mètres de haut. Je n’ose pas imaginer la taille des gros hoodoos…

Nous voilà au point le plus haut de notre séjour : 8 300 pieds, soit précisément 2 530 mètres. Il fait bon mais nous sommes prévenus, à cette altitude, les nuits sont beaucoup plus fraîches.

Nous suivons notre planning qui doit nous guider vers la Peekaboo Loop trail mais une barrière et une pancarte nous indiquent clairement que ce sentier n’est pas accessible ce jour. Nous faisons donc demi-tour pour rejoindre notre point de départ, Sunset Point, d’où l’on décide d’enchaîner les Navajo Loop et Queens Garden trails. C’est une descente dans le cœur du parc au milieu des hoodoos. Les pins, d’ordinaire majestueux, paraissent ridicules à côtés de ces monstres minéraux.

Une fois sur la Queens Garden trail, nous ne croisons plus grand monde. Nous suivons des lits de cours d’eau aujourd’hui à sec, et à un moment, je pense à la violence des éléments qui les ont creusés. Le ciel est par endroits menaçant, je fais soudainement le lien avec l’absence de marcheurs. Mais il n’en est rien, Dame Nature est avec nous, les gros nuages sombres iront déverser leur contenu un peu plus loin, laissant place à une jolie lumière de fin de journée.

Ma dernière photo du jour est pour cette espèce d’animal pétrifié à huit pattes, comme bloqué dans sa progression par tous ces pins qui l’entourent.

Nous quittons (provisoirement) les lieux pour regagner le North campground. Notre emplacement semble isolé, d’autant plus quand nous apprenons que des ours bruns ainsi que des couguars peuplent les environs… Nous nous installons comme à l’accoutumée, en 2 minutes chrono, devant quelques yeux stupéfaits par cette belle invention française qu’est la tente Quechua. Le soleil baisse inexorablement, il est temps pour nous de se mettre à la recherche de pommes de pins et autres branches pouvant alimenter un feu qui sera un confort thermique pour notre dîner.

Ca y est, le soleil est couché, la température baisse à vue de nez. Je pose mon téléphone à l’écart de toute source artificielle de chaleur, son thermomètre confirme cette brutale chute de température. Après un repas comme souvent frugal, nous partons à la recherche des douches annoncées par les brochures du camping. C’est une lutte interminable, non seulement pour trouver l’emplacement du bloc sanitaire, mais aussi pour obtenir les 8 pièces de 0, 25 dollar requises par douche ! Nous y parvenons juste avant l’heure de fermeture fixée à 22h. Bien salis par la quinzaine de kilomètres parcourus dans la journée, nous profitons longuement de cette eau chaude, essayant de faire abstraction du mauvais état hygiénique de ces sanitaires. Dehors, l’air devient vraiment froid, il s’agit de bien se couvrir pour regagner notre emplacement. Je me rends compte qu’un paquet de chips, tentant pour les ours, traîne dans ma tente, mais la flemme me pousse à le caser au fond de mon sac à dos plutôt que d’aller le mettre dans la voiture.
Mercredi 12 septembre : 6h30, le réveil nous presse d’aller un faire un tour à Sunrise Point. Fred reste au lit, Fabien et moi préparons nos appareils photo et nous rendons voir ce magnifique lever de soleil. Et nous ne sommes pas les seuls ! Une multitude d’objectifs est braquée sur l’amphithéâtre que les premiers rayons du soleil embrasent violemment.

La température ne dépasse pas les 4°C, nous sommes frigorifiés, mais le spectacle offert occulte largement cette sensation douloureuse. Après une bonne heure passée à dire au revoir à Bryce Canyon, nous rejoignons Fred au camping qui, lui, émerge tout juste. Nous plions bagage pour prendre la direction du prochain parc national au programme : Capitol Reef. Nous entamons ainsi la fameuse route n°12 en traversant Tropic, Cannonville et Henrieville, villages du sud de l’Utah cernés par nombre de sites naturels très intéressants. Depuis la route, les paysages qui défilent recèlent un panel de couleurs très divers : le jaune de la végétation au premier plan, ensuite le vert des arbustes, puis le gris minéral et enfin le bleu clair d’un ciel complètement dégagé.

Nous voilà dans Grand Staircase National Monument, gigantesque étendue préservée de 6 800 km² où le minéral règne à perte de vue. Certains sommets dépassent allègrement les 3 000 m. Nous faisons un arrêt sur un parking surplombant la route qui nous attend. C’est toujours la route n°12, dont le tracé à même la roche m’impressionne.

Nous passons Escalante, dernière ville avant Boulder, lieu de départ de notre escapade tout terrain. Nous roulons sur une crête depuis laquelle un infini panorama occupe le paysage, aussi bien sur notre gauche que sur notre droite. Par endroits, la visibilité est supérieure à plus de 100 kilomètres ! Il est quasiment midi lorsque nous arrivons à Boulder. Sous les conseils d’un commerçant, nous décidons de déjeuner au Burr Trail Grill. « We apologize for George Bush, we know he’s horrible », voilà les premières paroles de la gérante à notre encontre. Nous commandons un menu classique, basé autour d’un fameux hamburger. Nous ne traînons pas car nous savons qu’une piste longue et difficile, en l’occurrence la Burr Trail road, nous attend. En guise d’avertissement, un panneau indique l’absence totale de services pendant 120 kilomètres. Le ton est donné.

Tout d’abord goudronnée, la Burr Trail road enchaîne de nombreux virages au milieu d’un environnement marqué par la terre rouge mais aussi par l’importante présence de verdure, dont on se demande comment toute cette flore peut bien survivre avec un climat si hostile.

Nous traversons ensuite Long Canyon. Ici, nous ne croisons quasiment personne.

Le canyon débouche soudain sur un panorama exceptionnel, sûrement un des plus beaux du séjour. Au premier plan, la terre est incroyablement rouge, voire violette. Je me demande comment la terre peut prendre des teintes aussi vives. Là encore, la grandeur du paysage s’étire sur des dizaines et des dizaines de kilomètres.

Nous ne sommes maintenant plus très loin de Capitol Reef National Park. Une espèce de mini-tornade attire notre attention sur notre gauche. Nous nous arrêtons pour filmer ce phénomène et c’est alors que survient le drame : Fred se fait piquer par une guêpe, peut-être la première croisée depuis le début du voyage ! La piqûre entraîne un bel œdème dans son dos, mais heureusement l’application d’une crème calmante vient apaiser la douleur. En plein désert, Fred nous prouve qu’un peu de prévoyance peut être appréciable ! Dans ce coin, pas un bruit et une variété de couleurs encore hallucinante…

Ca y est, nous pénétrons dans Capitol Reef National Park. En guise d’accueil, la route jusque-là goudronnée se transforme en piste caillouteuse.

Fabien et moi, géographes de formation, devenons plus qu’impatients de découvrir le Waterpocket Fold, gigantesque pliure de plus de 150 kilomètres de long et vieille de 65 millions d’années. Nous savions avant notre départ que l’accès à ce site serait conditionné par la météo. Et comme par enchantement, les pluies orageuses qui défoncent habituellement la piste en cette fin d’été n’ont pas sévi depuis maintenant plusieurs semaines. Nous pouvons donc emprunter la lunaire Notom Road sans crainte.

Avant d’entamer la descente dans les entrailles de la Terre, je profite d’un dernier arrêt pour faire une photo des lieux que nous allons traverser.

Malgré le beau temps qui rend possible l’expédition, cet endroit ne se laisse pas apprivoiser facilement. En témoignent les nombreuses courbes de la piste qui nous attend.

Les premiers miles de la Notom Road sont très sablonneux. Nous avons enfin l’impression que notre 4x4 est utile…

Un peu plus loin apparaissent à nouveau des teintes violettes dans la roche.

Nous continuons de remonter la Notom Road vers le nord, avec le Waterpocket Fold sur notre droite. Ici, les talus qui encadrent cette énorme faille sont moins hauts. C’est pourquoi nous tentons une petite escapade pédestre. A travers une végétation basse où la présence de reptiles ne fait aucun doute, nous regardons surtout nos pieds, jusqu’au moment où nous grimpons un petit talus qui domine l’immense Waterpocket Fold.

En regagnant la piste, nous sommes tout surpris de ramasser… une huître ! Mais nous n’y accordons pas plus d’importance que ça (quelques heures plus tard, le Visitor Center du parc nous apprendra qu’il s’agit d’huîtres datant de l’époque secondaire, pendant laquelle une mer intérieure recouvrait ces lieux : cette huître a donc plusieurs millions d’années…). Juste avant de retrouver une route goudronnée que l’on a quittée il y a maintenant 1h30, un nuage se promenant très seulement dans le bleu profond du ciel attire mon attention.

Avec l’asphalte, nous avons l’impression d’un semblant de retour à la civilisation. Mais l’influence de la nature est toujours grande, comme le montre ce sein sculpté à même la roche.

Après un rapide passage par le Visitor Center, nous prenons la direction de la Scenic Drive road.

Notre but est de rejoindre Capitol Gorge, partie de la vallée de la Fremont River que les explorateurs et pionniers mormons colonisèrent à la fin du dix-neuvième siècle afin d'éviter le terrain escarpé du plissement. Pour se faire, nous empruntons une piste jonchée d’obstacles en tous genres.

Avant d’entrer dans Capitol Gorge, nous faisons une pause et nous rafraîchissons car la chaleur est une fois de plus intense.

Difficile d’imaginer qu’au début du 20ème siècle, les pionniers traversaient Capitol Gorge en voiture, tant la piste semble étroite et cabossée ! Après avoir croisé les fameux pétroglyphes, nous continuons à nous enfoncer dans Capitol Gorge. C’est la fin d’après-midi, le soleil va bientôt se coucher, nous en profitons pour jouer une dernière fois avec nos ombres.

Nous n’atteignons pas le bout de la randonnée car le temps presse. Sur le retour, les lumières de fin de journée embellissent un peu plus un paysage pourtant déjà somptueux.

Avant d’attaquer la Scenic Drive road, nous avons pris le soin de réserver un emplacement au camping de Fruita. Et nous avons bien fait car ce soir, il n’y en a plus un de disponible. Comme à notre habitude, nous montons nos tentes made in France en 2 secondes, sous le regard ébahi de nos campeurs voisins. Le dîner est fidèle à lui-même, c’est-à-dire léger et peu diététique. Avant de nous endormir, nous souhaitons nous doucher mais une fois de plus, le camping, pourtant situé le long de la Fremont river, ne dispose pas de douches. Fred et moi optons alors pour une douche improvisée… dans des toilettes handicapées ! Assez précaire mais indispensable au vu de notre état de propreté.
Jeudi 13 septembre : Après une bonne nuit de sommeil, nous nous levons et commençons notre journée par une dernière balade via la Cohab Canyon trail. Le temps est plus gris ce matin, mais il n’empêche que cette petite randonnée nous offre de jolis points de vue. Avant de quitter le 3ème parc national de notre épopée, je photographie la maison de pionniers mormons située à l’entrée de Fruita.

Les paysages situés entre Fruita et Hanksville sont littéralement lunaires. Rarement je n’ai vu de telles étendues de roches grisâtres.

Très peu de monde sur cette portion de la route n°24 où l’immensité des lieux est vraiment impressionnante.

Nous voilà arrivés à Hanksville, il est temps de faire le plein d’essence, d’acheter un bon vieux sandwich pour le repas du midi et d’appeler Christophe, le frère de Fabien qui aurait tant voulu être de la partie, pour le chambrer un peu… Pendant les 2 heures de route qui nous séparent de Green river, la compilation concoctée par Fabien ainsi que le best of de Led Zeppelin tournent en boucle. Nous déjeunons dans l’abominable ville de Green River, puis nous prenons la direction des Fisher Towers pour finir cette journée de transition. Sur la Dinosaur Diamond Prehistoric Highway nous doublons un camping-car immatriculé en France ! Nous arborons alors fièrement par la fenêtre le drapeau breton. Dans cette région où nous voyons le Colorado pour la première fois, la terre prend une teinte rougeâtre différente de celles croisées depuis 5 jours.

Il est 15h et nous nous approchons enfin des fameuses Fisher Towers. La climatisation tourne à plein régime, le choc est d’autant plus violent lorsque nous quittons la voiture afin de s’essayer à une petite marche vers ces drôles de monolithes. Nous n’atteignons pas le pied des tours tant la lourdeur du climat nous accable.

Nous rebroussons donc chemin, avec un petit sourire malgré tout car nous savons qu’une piscine nous attend au Sleep Inn de Moab. Avant de profiter de cette eau rafraîchissante, nous lançons une lessive à l’hôtel car nos affaires sales s’entassent de plus en plus au fond de nos sacs. En nous dirigeant vers la piscine, nous remarquons la présence d’un spa. Passage obligatoire dans cette eau bouillante en guise de préliminaires… Après ça, l’eau de la piscine nous paraît à peine fraîche tant notre excitation est grande. Un petit concours d’apnée et quelques brasses rythment donc notre fin d’après-midi.

Mais le temps nous est compté. Si nous voulons assister, comme nous l’avons prévu, au coucher du soleil à Dead Horse Point, il ne faut pas tarder car il est déjà 18h et la nuit tombe vite en cette période de l’année dans l’ouest américain... Sur la route de Dead Horse Point, les Monitor et Merrimac Buttes nous imposent un arrêt photo.

La fin du trajet est une véritable course contre la montre. Nous voyons les minutes qui défilent et dans le même temps le soleil qui descend inéluctablement. Et ce qui devait arriver arriva, lorsque nous accédons enfin sur le parvis dominant Islands in the Sky, Dead Horse Point est déjà dans l’ombre. Les derniers rayons du soleil nous proposent tout de même une perspective à couper le souffle.

Un groupe important de Français est également présent pour assister à ce joli crépuscule. Il fait maintenant quasiment nuit, nous reprenons alors la route de Moab. En quittant le parking de Dead Horse Point, nous croisons un ranger qui verbalise un conducteur qui n’a a priori pas payé le droit d’entrée de ce State Park. Un peu plus loin, nous apercevons quelques biches sur notre gauche. En cette fin de journée, la lune pointe enfin le bout de son nez au milieu d’un ciel très coloré.

Vendredi 14 septembre : Après une nuit d’hôtel réparatrice et un petit-déjeuner où l’on avale enfin du bon pain avec de la confiture, nous nous rendons au supermarché pour y faire quelques provisions. Nous sommes d’attaque pour enchaîner notre parcours sur Arches National Park.

Nous jetons tout d’abord un œil aux North et South Windows, 2 arches quasi-similaires. Puis nous nous arrêtons devant Balanced Rock dont l’équilibre paraît hasardeux.

Nous poussons jusqu’au parking de Devils Garden. C’est d’ici que débute la randonnée qui doit nous mener notamment à Landscape Arch et Double O Arch. Après une petite heure de marche, le temps s’est bien couvert. Nous arrivons donc sur une Landscape Arch assez terne, mais ses 89 mètres de long me laissent tout de même sans voix. Nous choisissons cet endroit pour goûter la salade que nous nous sommes préparés quelques heures plus tôt. Nous ne nous attardons pas trop car nous savons que le Devils Garden trail est assez long. Après un passage devant Wall Arch, je tente une photo qui offre une belle perspective au-dessus d’une faille qui mesure 50 cm de largeur pour environ 3 mètres de profondeur. En prenant mon appareil photo dans ma petite sacoche, je fais malencontreusement tomber mon portefeuille dans la crevasse ! La mission s’annonce délicate pour le récupérer mais j’y parviens finalement, après quelques difficultés pour descendre notamment. Nous apercevons Double O Arch vers 14h30. De loin, elle ne semble pas très imposante mais une échelle humaine sur la photo évite tout commentaire.

Nous traînons un peu autour de cette arche curieuse. Dans ce coin, le vent est fort, mais cela n’empêche pas un escaladeur de s’essayer à une paroi verticale. Après être allé faire un tour sur le dessus de l’arche, nous continuons notre chemin et entamons la 2ème moitié de la boucle. Un sentier vraiment agréable où l’on marche très souvent sur des surfaces aplanies de grès. A certains moments, il est très facile d’imaginer l’emplacement des futures arches du parc.

Nous consacrons la fin d’après-midi à Delicate Arch. Après une montée plus longue et plus difficile que nous l’avions prévue, Fabien et moi atteignons un site envahi par les photographes, Fred étant légèrement en retrait. L’endroit est d’autant plus beau que le soleil, assez inexistant aujourd’hui, se fait enfin remarquer.

Nous assistons à une demande en mariage au pied de l’arche. Pour le coup, les nombreux photographes, qui d’ordinaire n’hésitent pas à huer ceux qui s’approchent un peu trop près de la photogénique arche, se morfondent dans un silence de politesse. Fred, lui, a enfilé ses lunettes 8 millions de pixels qui dévoilent l’envers du décor.

Au fur et à mesure que le soleil baisse, le rouge que revêt l’arche devient très vif, à la limite de l’embrasement… A l’arrière-plan, les sommets de La Sal Mountain, qui culminent à plus de 3 500 mètres, se retrouvent dans l’ombre.

La redescente est plus facile, mais il fait quand même quasiment nuit lorsque nous arrivons à la voiture. Nous regagnons Moab sans savoir vraiment où nous dormons ce soir. Le festival de musique country rend nos tentatives vaines auprès des motels de la ville, ceux-ci affichant tous complets ! Nous optons finalement pour le Canyonlands campground, situé en plein centre, mais dont l’amabilité du gérant en aurait fait fuir plus d’un… Le montage des tentes, même s’il est très simple, se fait dans un camping complètement dans l’obscurité. La fatigue, qui commence à se faire ressentir, ajoutée aux douches payantes rend cette fin de journée assez pénible. Seul Fred casse sa tirelire pour bénéficier d’une douche bien chaude, Fabien et moi nous contentons d’un lavage sommaire à l’ancienne.
La 2ème semaine par ici !
SEMAINE 1
Samedi 8 septembre : Après une traversée de l’Atlantique sans encombre, nous faisons escale à Detroit où la modernité de l’aéroport me surprend, mes préjugés scolaires sur la crise économique dans le nord-est des Etats-Unis en prennent un coup !

La première immense bannière étoilée est aperçue dans cet aéroport, derrière une fontaine dont la rapidité des jets d’eau joue avec l’objectif de mon appareil photo…

Après un interminable vol interne entre Detroit et Las Vegas, nous arrivons enfin à destination avec plus d’une heure de retard… Les premières joutes verbales (sans compter l’éphémère « conversation » avec le douanier) ont lieu avec une personne de l’agence Alamo, auprès de qui nous avons loué un SUV. Je ne m’en tire pas trop mal, nous pouvons nous diriger vers le parking… Et là, après s’être fait à nouveau assommer par la chaleur (plus de 30°C vers 22h), bonne surprise, comme je l’avais lu à plusieurs reprises, les loueurs font souvent du surbooking. Nous avons donc le droit de choisir parmi toute une rangée de voitures appartenant à une catégorie supérieure. Nous optons pour le Toyota 4Runner. Fred, tout excité, prend le volant de ce monstre et nous nous dirigeons vers l’hôtel « Emerald Suites » que Fabien avait réservé début juin. Un motel classique, c’est-à-dire immense et où la climatisation tourne à plein régime, situé quelques kilomètres au sud du Strip, et où il est surtout temps de se mettre au lit : il est 23h passées, soit 8h du matin en France… Un petit coup de fil à la France qui se lève tôt (!) et puis dodo !
Dimanche 9 septembre : Après une bonne nuit de sommeil, enfin je parle pour moi car Fred et Fabien me raconteront un peu plus tard comment une arrestation un peu musclée dans une chambre voisine est venue perturber leur sommeil, nous nous réveillons vers 9h (soit une des plus grosses grasses matinées du séjour) et notre premier réflexe est de sortir pour observer les alentours : chaleur écrasante, montagnes dénudées de toute végétation, le Nevada tient bien sa réputation ! Première mission du voyage : faire de grosses provisions car nous savons que les prochains jours nous n’apercevrons pas beaucoup de commerces, sans oublier l’indispensable, à savoir une glacière et des oreillers pour nous trois, les cassés du dos… Etant donné que nous partons en direction de Valley of Fire (au nord-est de Las Vegas), nous traversons Las Vegas de jour. Sin City semble plutôt calme à cette période de la journée. La mission oreillers est plus difficile que prévue mais nous trouvons finalement notre bonheur dans une des multiples « pharmacies » croisées, où des machines à sous sont disposées directement derrière les caisses. Nous quittons donc cette ville édifiée au milieu de nulle part et empruntons la route n°15 construite… au milieu de nulle part. La sécheresse et l’immensité des lieux réussit à nous surprendre malgré tout ce que l’on sait sur le Nevada. Nous pensons alors aux recherches de Steve Fossett, disparu 6 jours plus tôt : c’est pire que chercher une aiguille dans une botte de foin… Nous comprenons que nous nous rapprochons de Valley of Fire lorsque la terre prend une légère teinte rougeâtre.

Pour immortaliser le début de notre périple, un arrêt photo s’impose à l’entrée du parc.

Il y fait très chaud, environ 100°F, soit quasiment 40°C à l’ombre, la Vallée du Feu porte son nom à merveille. Heureusement, le fait qu’il y ait peu voire pas d’humidité dans l’air rend la chose plus supportable. Nous croisons de drôles de formes géologiques rouges, comme si la terre avait expulsé de ses entrailles de gros blocs encore chauds…

Pour dominer un peu tout ce spectacle qui s’offre à nous, je grimpe sur ce que l’on pourrait, avec un peu d’imagination, décrire comme un corps de lion pétrifié dont la tête surveille les visiteurs qui franchissent l’entrée du parc.

Direction le Visitors center où nous jetons rapidement un œil à une expo sur la faune locale avant de grignoter sur un banc en retrait et de faire connaissance avec les premiers chipmunks (tamias en français) du voyage.

La vue s’étire loin et la terre rouge vient superbement contraster avec le vert de la végétation rase.

En possession de diverses cartes, nous décidons de pousser la balade dans le nord du parc, avec un premier arrêt à Rainbow Vista. Le panel de couleurs est encore plus impressionnant et le soleil baissant ajoute une lumière magnifique au panorama. La sinuosité des routes qui semblent se diriger dans l’inconnu s’apparente à une forme de bienvenue dans l’ouest américain.

Une dernière photo de cet endroit magique avant de se rendre vers les White Domes pour une randonnée avant le coucher de soleil.

Après quelques minutes sur une route passant dans des lits de cours d’eau formés par les pluies orageuses (ça secoue !), nous arrivons au point de départ de la randonnée qui nous attend. La pensant courte, nous n’emmenons ni à boire, ni à manger. Cette promenade nous amène sur un ancien lieu de tournage de westerns, où subsistent quelques ruines ayant servi aux différents tournages.

Ce lieu est censé former le point depuis lequel nous attaquons le retour par un autre chemin. Voyant quelques traces de pas dans le sable rouge, nous nous engageons dans un mini canyon. A cet endroit du parc, les différentes strates de roches possèdent des couleurs assez vives et différentes. On dirait qu’elles ont littéralement été peintes.

Quelques dizaines de minutes plus tard, nous nous rendons compte que nous n’avons pas emprunté le bon chemin. Mais nous finissons par apercevoir la route du parc et après une bonne marche, nous regagnons finalement notre voiture. Il était temps, notre soif était grande, nous liquidons dans la foulée un litre de Powerade chacun ! Pour notre première soirée en camping, nous faisons la connaissance d’un drôle de rongeur qui vient chercher quelques chips au pied de notre table, une espèce de souris avec une très longue queue. Il fait nuit depuis un moment déjà, donc trop tard pour aller se doucher car il n’y a pas de lumière dans les sanitaires, même si quelques éclairs lointains et les lumières de Las Vegas (pourtant située à plus de 60 kilomètres à vol d’oiseau !) viennent contrarier un ciel très étoilé. Nous nous couchons mais le sommeil tarde à venir étant donné la chaleur qui règne dans les tentes.
Lundi 10 septembre : Il n’empêche ! Fabien et moi sommes debout dès 6h du matin, tout enchantés par les rochers qui s’enflamment avec les premières lueurs du soleil. Nous décampons vers 7h30, direction Zion National Park. La route qui nous mène vers la sortie est du parc nous offre un paysage désertique…

Dernière étape d’un parc que j’aurais beaucoup aimé pour sa variété de couleurs, Elephant Rock, que je dresse difficilement.

Avant de rejoindre la route n°15, nous traversons Overton et Logandale, 2 villes perdues au nord du Lake Mead. Mais les gros bus jaunes d’écoliers sont là pour nous rappeler que la vie existe, même ici. Puis nous passons à proximité de Mesquite, à la frontière de l’Utah, exactement le type de ville que je m’imaginais avant d’arriver : un Mac Do, un maillage urbain très quadrillé, des lotissements flambant neuf et un golf, tout ça en plein désert ! Nous arrivons vers 11h30 à Springdale qui marque l’entrée sud de Zion National Park, où nous achetons l’Annual Pass qui nous permet d’entrer dans tous les parcs nationaux.

Dans un petit resto de pêcheurs glacé par la climatisation, nous commandons un bon vieux hamburger et une énorme limonade remplie de glaçons. Le temps se dégrade et quelques gouttes de pluie viennent taper sur les carreaux près de Fabien. Notre programme étant chargé, il ne faut pas traîner. Première balade de la journée : Canyon overlook. Après quelques kilomètres au pied de grandes falaises, nous traversons le tunnel du Mont Carmel. Le début de la rando se fait à sa sortie. Une marche facile d’une grosse demi-heure et au bout, un panorama époustouflant sur le canyon de Zion. De plus, la chance est avec nous puisque le soleil pointe le bout de son nez. Nous sommes pris en photo devant ce paysage grandiose par un Breton, le monde est petit…

Nous redescendons dans la vallée pour prendre le bus du parc qui doit nous déposer à l’arrêt « La Grotto ». Le chauffeur, qui lègue quelques commentaires sur les lieux, a une voix étrange, comme droguée par la routine de ses paroles. Nous entamons la West Rim trail avec pour but la fameuse Angels Landing trail, dont j’ai entendu dire qu’elle est très impressionnante. Je deviens impatient de la découvrir, tant j’aime les paysages graves et excessifs. Soudain, sur le sentier, je croise une femme qui sursaute lorsque son regard tombe sur… un crotale, serpent mortel très présent dans le sud-ouest américain. C’est le premier reptile que nous voyons, mais je pense qu’à ce moment-là, nous en avons déjà croisé quelques-uns sans s’en apercevoir ! Au bout d’une bonne heure de marche, nous atteignons le redoutable secteur des Walters Wiggles, un enchaînement d’une vingtaine de lacets sur un chemin à fort dénivelé, qui me rappelle l’ascension d’un certain Mont Olympe en Grèce. Mais la récompense est belle : depuis le Scout Outlook, la route du fond de vallée n’en mène pas large. Et pour cause, elle est 300 mètres plus bas !

C’est ici que débute la vertigineuse Angels Landing trail, c’est aussi ici que Fabien et Fred m’attendront. Ce dernier effort est le plus dur, tant sut le plan physique que sur le plan psychologique. Il s’agit de monter à même la crête les 160 derniers mètres de dénivelé.

Tout au long du parcours, des chaînes sont là pour aider les marcheurs tant le ravin est proche. D’ailleurs, une pancarte avertit que des chutes mortelles se sont déjà produites : rassurant !

Je ne suis pas sujet au vertige, mais un passage apparaît quand même très tendu : le sentier ne fait que 2 ou 3 mètres de large et de chaque côté de celui-ci, un précipice de plus de 400 mètres… Mes jambes flagellent un peu mais j’essaie de faire abstraction du vide. Il fait chaud et le soleil tape désormais. Je m’arrête assez souvent pour boire et pour profiter de ce spectacle.

Peu de personnes sur ce parcours mais à chaque fois que j’en croise ou presque, on me dit « Be safe ». J’atteins enfin le sommet où 6 personnes contemplent le paysage. Une touriste italienne raconte son séjour à un couple d’américains cinquantenaires et pendant ce temps-là, un chipmunk tente d’investir mon sac à dos pour y chiper quelque nourriture.
Je fais 2 ou 3 photos du canyon et dans un élan de maladresse, je fais tomber le pare-soleil de mon appareil photo qui se loge à quelques centimètres du ravin de 500 mètres… Je parviens difficilement à le récupérer et me décide à rejoindre Fabien et Fred, qui m’attendent tranquillement au niveau de Scout Outlook. La redescente nous paraît longue. Vers 18h, après d’âpres négociations avec Fred, nous allons jeter un œil aux cascades de Lower et Middle Emerald Pools qui n’existent quasiment pas en cette fin d’été. Sur le retour, nous croisons quelques cervidés dans les sous-bois, proches de la Virgin river. Une fois de plus, nous mangeons de nuit au camping de Watchman. Nous testons les chips au piment de Fred, échec n°1 ! Fabien se fait un plaisir de goûter à son French Bread, échec n°2 ! Fred et moi essayons le jambon caoutchouteux sous vide, échec n°3 ! On se contente finalement de chips classiques et de boîtes de thon… Pour finir en beauté la journée, on apprend que le camping ne dispose pas de douches. Ayant pas mal sué lors de cette journée, Fred et moi improvisons une douche en regroupant les différentes bouteilles d’eau et en les remplissant au robinet. Mais les nuits de septembre à Zion sont fraîches et ce qui devait être un plaisir se transforme en calvaire. Fabien, nous voyant souffrir, préfère s’endormir sans se laver.
Mardi 11 septembre : Ce matin, pas un nuage dans le ciel. Nous sommes impatients de découvrir le prochain parc. Nous prenons la route tôt le matin car nous sentons déjà que Bryce Canyon va être incroyable. J’ai d’ailleurs prévu plusieurs marches autour et dans l’amphithéâtre. Mais nous n’en sommes pas là ! Nous quittons Zion National Park dont les immenses falaises baignent dans le soleil.

L’est du parc est magnifique et assez différent de ce qu’on a vu de Zion pour l’instant. Nous ne cessons de monter en altitude, le temps est idéal en cette matinée : un ciel d’un bleu très profond et une température parfaite pour rouler et faire quelques arrêts photos (20-25°C).

Nous faisons le premier plein d’essence à Mount Carmel Junction où nombre de bus touristiques jonchent les différents parkings des commerces et autres stations essence. L’addition n’est pas très lourde, une fois divisée par trois et grâce à un dollar très bas ! En terme de villes ou plutôt villages croisés, Orderville et Glendale, puis quasiment plus rien jusqu’à Bryce Canyon, soit environ 80 kilomètres sans urbanisation… Les premiers « hoodoos », ces espèces de pitons rocheux sculptés par l'érosion, apparaissent au niveau de Red Canyon. Un léger avant-goût de ce qui constitue sans doute le plus beau des parcs nationaux de l’Utah. Nous passons dans un tunnel creusé à même la roche, laissons l’aérodrome de Bryce Canyon sur notre gauche et ça y est, nous y sommes. Beaucoup de commerces et de logements pour accueillir ceux qui, comme nous, veulent découvrir cette merveille de la nature. Quelques kilomètres plus loin, nous entrons officiellement dans le parc. Arrêt photo obligatoire.

Nous trépignons d’impatience, c’est pourquoi, avant de revenir déjeuner au Ruby’s Canyon Diner, nous faisons le choix de nous rendre à Sunset Point pour avoir un premier aperçu. Dans ce parc très boisé, beaucoup de cervidés pas farouches, à quelques mètres seulement de la route.

Nous arrivons enfin au parking qui permet d’accéder à Sunset Point. Plein d’énormes camping-cars locatifs sont là pour nous rappeler que nous ne sommes pas les seuls à venir observer ce paradis géologique. Et puis l’émerveillement. Un endroit magique mêlant le rouge de cette terre si caractéristique du sud-ouest américain, le vert des centaines de pins qui occupent les lieux, le bleu du ciel et le blanc des quelques nuages qui bourgeonnent. Nous prenons le temps d’écrire quelques cartes postales devant cet exceptionnel panorama.

Nous sommes le 11 septembre 2007 et j’ai l’impression que la nature essaie de compenser par sa beauté le drame auquel on a assisté 6 ans plus tôt jour pour jour à New York.

Nous prenons la Rim trail. Sur notre droite, une forêt de pins, dont certains arbres ont été calcinés par les incendies de l’été. Sur notre gauche, nous dominons ce qu’on appelle ici l’amphithéâtre. Quelques arbres, dont l’équilibre paraît plus que précaire, s’accrochent à la paroi, comme s’ils avaient fui la violence de ces feux.

Ici, même si les dimensions du parc sont beaucoup plus humaines que celles des voisins Capitol Reef ou encore Grand Canyon, la nature a formé des hoodoos de 30 mètres de haut dont la posture paraît parfois fragile.

Nous continuons notre tour de l’amphithéâtre et apercevons quelques rapaces qui volent fièrement au-dessus de nos têtes.

Depuis Bryce Point, j’observe avec attention ce que j’imagine être les fondations de l’amphithéâtre et me rends compte de la taille des pins qui doivent au moins mesurer 10 mètres de haut. Je n’ose pas imaginer la taille des gros hoodoos…

Nous voilà au point le plus haut de notre séjour : 8 300 pieds, soit précisément 2 530 mètres. Il fait bon mais nous sommes prévenus, à cette altitude, les nuits sont beaucoup plus fraîches.

Nous suivons notre planning qui doit nous guider vers la Peekaboo Loop trail mais une barrière et une pancarte nous indiquent clairement que ce sentier n’est pas accessible ce jour. Nous faisons donc demi-tour pour rejoindre notre point de départ, Sunset Point, d’où l’on décide d’enchaîner les Navajo Loop et Queens Garden trails. C’est une descente dans le cœur du parc au milieu des hoodoos. Les pins, d’ordinaire majestueux, paraissent ridicules à côtés de ces monstres minéraux.

Une fois sur la Queens Garden trail, nous ne croisons plus grand monde. Nous suivons des lits de cours d’eau aujourd’hui à sec, et à un moment, je pense à la violence des éléments qui les ont creusés. Le ciel est par endroits menaçant, je fais soudainement le lien avec l’absence de marcheurs. Mais il n’en est rien, Dame Nature est avec nous, les gros nuages sombres iront déverser leur contenu un peu plus loin, laissant place à une jolie lumière de fin de journée.

Ma dernière photo du jour est pour cette espèce d’animal pétrifié à huit pattes, comme bloqué dans sa progression par tous ces pins qui l’entourent.

Nous quittons (provisoirement) les lieux pour regagner le North campground. Notre emplacement semble isolé, d’autant plus quand nous apprenons que des ours bruns ainsi que des couguars peuplent les environs… Nous nous installons comme à l’accoutumée, en 2 minutes chrono, devant quelques yeux stupéfaits par cette belle invention française qu’est la tente Quechua. Le soleil baisse inexorablement, il est temps pour nous de se mettre à la recherche de pommes de pins et autres branches pouvant alimenter un feu qui sera un confort thermique pour notre dîner.

Ca y est, le soleil est couché, la température baisse à vue de nez. Je pose mon téléphone à l’écart de toute source artificielle de chaleur, son thermomètre confirme cette brutale chute de température. Après un repas comme souvent frugal, nous partons à la recherche des douches annoncées par les brochures du camping. C’est une lutte interminable, non seulement pour trouver l’emplacement du bloc sanitaire, mais aussi pour obtenir les 8 pièces de 0, 25 dollar requises par douche ! Nous y parvenons juste avant l’heure de fermeture fixée à 22h. Bien salis par la quinzaine de kilomètres parcourus dans la journée, nous profitons longuement de cette eau chaude, essayant de faire abstraction du mauvais état hygiénique de ces sanitaires. Dehors, l’air devient vraiment froid, il s’agit de bien se couvrir pour regagner notre emplacement. Je me rends compte qu’un paquet de chips, tentant pour les ours, traîne dans ma tente, mais la flemme me pousse à le caser au fond de mon sac à dos plutôt que d’aller le mettre dans la voiture.
Mercredi 12 septembre : 6h30, le réveil nous presse d’aller un faire un tour à Sunrise Point. Fred reste au lit, Fabien et moi préparons nos appareils photo et nous rendons voir ce magnifique lever de soleil. Et nous ne sommes pas les seuls ! Une multitude d’objectifs est braquée sur l’amphithéâtre que les premiers rayons du soleil embrasent violemment.

La température ne dépasse pas les 4°C, nous sommes frigorifiés, mais le spectacle offert occulte largement cette sensation douloureuse. Après une bonne heure passée à dire au revoir à Bryce Canyon, nous rejoignons Fred au camping qui, lui, émerge tout juste. Nous plions bagage pour prendre la direction du prochain parc national au programme : Capitol Reef. Nous entamons ainsi la fameuse route n°12 en traversant Tropic, Cannonville et Henrieville, villages du sud de l’Utah cernés par nombre de sites naturels très intéressants. Depuis la route, les paysages qui défilent recèlent un panel de couleurs très divers : le jaune de la végétation au premier plan, ensuite le vert des arbustes, puis le gris minéral et enfin le bleu clair d’un ciel complètement dégagé.

Nous voilà dans Grand Staircase National Monument, gigantesque étendue préservée de 6 800 km² où le minéral règne à perte de vue. Certains sommets dépassent allègrement les 3 000 m. Nous faisons un arrêt sur un parking surplombant la route qui nous attend. C’est toujours la route n°12, dont le tracé à même la roche m’impressionne.

Nous passons Escalante, dernière ville avant Boulder, lieu de départ de notre escapade tout terrain. Nous roulons sur une crête depuis laquelle un infini panorama occupe le paysage, aussi bien sur notre gauche que sur notre droite. Par endroits, la visibilité est supérieure à plus de 100 kilomètres ! Il est quasiment midi lorsque nous arrivons à Boulder. Sous les conseils d’un commerçant, nous décidons de déjeuner au Burr Trail Grill. « We apologize for George Bush, we know he’s horrible », voilà les premières paroles de la gérante à notre encontre. Nous commandons un menu classique, basé autour d’un fameux hamburger. Nous ne traînons pas car nous savons qu’une piste longue et difficile, en l’occurrence la Burr Trail road, nous attend. En guise d’avertissement, un panneau indique l’absence totale de services pendant 120 kilomètres. Le ton est donné.

Tout d’abord goudronnée, la Burr Trail road enchaîne de nombreux virages au milieu d’un environnement marqué par la terre rouge mais aussi par l’importante présence de verdure, dont on se demande comment toute cette flore peut bien survivre avec un climat si hostile.

Nous traversons ensuite Long Canyon. Ici, nous ne croisons quasiment personne.

Le canyon débouche soudain sur un panorama exceptionnel, sûrement un des plus beaux du séjour. Au premier plan, la terre est incroyablement rouge, voire violette. Je me demande comment la terre peut prendre des teintes aussi vives. Là encore, la grandeur du paysage s’étire sur des dizaines et des dizaines de kilomètres.

Nous ne sommes maintenant plus très loin de Capitol Reef National Park. Une espèce de mini-tornade attire notre attention sur notre gauche. Nous nous arrêtons pour filmer ce phénomène et c’est alors que survient le drame : Fred se fait piquer par une guêpe, peut-être la première croisée depuis le début du voyage ! La piqûre entraîne un bel œdème dans son dos, mais heureusement l’application d’une crème calmante vient apaiser la douleur. En plein désert, Fred nous prouve qu’un peu de prévoyance peut être appréciable ! Dans ce coin, pas un bruit et une variété de couleurs encore hallucinante…

Ca y est, nous pénétrons dans Capitol Reef National Park. En guise d’accueil, la route jusque-là goudronnée se transforme en piste caillouteuse.

Fabien et moi, géographes de formation, devenons plus qu’impatients de découvrir le Waterpocket Fold, gigantesque pliure de plus de 150 kilomètres de long et vieille de 65 millions d’années. Nous savions avant notre départ que l’accès à ce site serait conditionné par la météo. Et comme par enchantement, les pluies orageuses qui défoncent habituellement la piste en cette fin d’été n’ont pas sévi depuis maintenant plusieurs semaines. Nous pouvons donc emprunter la lunaire Notom Road sans crainte.

Avant d’entamer la descente dans les entrailles de la Terre, je profite d’un dernier arrêt pour faire une photo des lieux que nous allons traverser.

Malgré le beau temps qui rend possible l’expédition, cet endroit ne se laisse pas apprivoiser facilement. En témoignent les nombreuses courbes de la piste qui nous attend.

Les premiers miles de la Notom Road sont très sablonneux. Nous avons enfin l’impression que notre 4x4 est utile…

Un peu plus loin apparaissent à nouveau des teintes violettes dans la roche.

Nous continuons de remonter la Notom Road vers le nord, avec le Waterpocket Fold sur notre droite. Ici, les talus qui encadrent cette énorme faille sont moins hauts. C’est pourquoi nous tentons une petite escapade pédestre. A travers une végétation basse où la présence de reptiles ne fait aucun doute, nous regardons surtout nos pieds, jusqu’au moment où nous grimpons un petit talus qui domine l’immense Waterpocket Fold.

En regagnant la piste, nous sommes tout surpris de ramasser… une huître ! Mais nous n’y accordons pas plus d’importance que ça (quelques heures plus tard, le Visitor Center du parc nous apprendra qu’il s’agit d’huîtres datant de l’époque secondaire, pendant laquelle une mer intérieure recouvrait ces lieux : cette huître a donc plusieurs millions d’années…). Juste avant de retrouver une route goudronnée que l’on a quittée il y a maintenant 1h30, un nuage se promenant très seulement dans le bleu profond du ciel attire mon attention.

Avec l’asphalte, nous avons l’impression d’un semblant de retour à la civilisation. Mais l’influence de la nature est toujours grande, comme le montre ce sein sculpté à même la roche.

Après un rapide passage par le Visitor Center, nous prenons la direction de la Scenic Drive road.

Notre but est de rejoindre Capitol Gorge, partie de la vallée de la Fremont River que les explorateurs et pionniers mormons colonisèrent à la fin du dix-neuvième siècle afin d'éviter le terrain escarpé du plissement. Pour se faire, nous empruntons une piste jonchée d’obstacles en tous genres.

Avant d’entrer dans Capitol Gorge, nous faisons une pause et nous rafraîchissons car la chaleur est une fois de plus intense.

Difficile d’imaginer qu’au début du 20ème siècle, les pionniers traversaient Capitol Gorge en voiture, tant la piste semble étroite et cabossée ! Après avoir croisé les fameux pétroglyphes, nous continuons à nous enfoncer dans Capitol Gorge. C’est la fin d’après-midi, le soleil va bientôt se coucher, nous en profitons pour jouer une dernière fois avec nos ombres.

Nous n’atteignons pas le bout de la randonnée car le temps presse. Sur le retour, les lumières de fin de journée embellissent un peu plus un paysage pourtant déjà somptueux.

Avant d’attaquer la Scenic Drive road, nous avons pris le soin de réserver un emplacement au camping de Fruita. Et nous avons bien fait car ce soir, il n’y en a plus un de disponible. Comme à notre habitude, nous montons nos tentes made in France en 2 secondes, sous le regard ébahi de nos campeurs voisins. Le dîner est fidèle à lui-même, c’est-à-dire léger et peu diététique. Avant de nous endormir, nous souhaitons nous doucher mais une fois de plus, le camping, pourtant situé le long de la Fremont river, ne dispose pas de douches. Fred et moi optons alors pour une douche improvisée… dans des toilettes handicapées ! Assez précaire mais indispensable au vu de notre état de propreté.
Jeudi 13 septembre : Après une bonne nuit de sommeil, nous nous levons et commençons notre journée par une dernière balade via la Cohab Canyon trail. Le temps est plus gris ce matin, mais il n’empêche que cette petite randonnée nous offre de jolis points de vue. Avant de quitter le 3ème parc national de notre épopée, je photographie la maison de pionniers mormons située à l’entrée de Fruita.

Les paysages situés entre Fruita et Hanksville sont littéralement lunaires. Rarement je n’ai vu de telles étendues de roches grisâtres.

Très peu de monde sur cette portion de la route n°24 où l’immensité des lieux est vraiment impressionnante.

Nous voilà arrivés à Hanksville, il est temps de faire le plein d’essence, d’acheter un bon vieux sandwich pour le repas du midi et d’appeler Christophe, le frère de Fabien qui aurait tant voulu être de la partie, pour le chambrer un peu… Pendant les 2 heures de route qui nous séparent de Green river, la compilation concoctée par Fabien ainsi que le best of de Led Zeppelin tournent en boucle. Nous déjeunons dans l’abominable ville de Green River, puis nous prenons la direction des Fisher Towers pour finir cette journée de transition. Sur la Dinosaur Diamond Prehistoric Highway nous doublons un camping-car immatriculé en France ! Nous arborons alors fièrement par la fenêtre le drapeau breton. Dans cette région où nous voyons le Colorado pour la première fois, la terre prend une teinte rougeâtre différente de celles croisées depuis 5 jours.

Il est 15h et nous nous approchons enfin des fameuses Fisher Towers. La climatisation tourne à plein régime, le choc est d’autant plus violent lorsque nous quittons la voiture afin de s’essayer à une petite marche vers ces drôles de monolithes. Nous n’atteignons pas le pied des tours tant la lourdeur du climat nous accable.

Nous rebroussons donc chemin, avec un petit sourire malgré tout car nous savons qu’une piscine nous attend au Sleep Inn de Moab. Avant de profiter de cette eau rafraîchissante, nous lançons une lessive à l’hôtel car nos affaires sales s’entassent de plus en plus au fond de nos sacs. En nous dirigeant vers la piscine, nous remarquons la présence d’un spa. Passage obligatoire dans cette eau bouillante en guise de préliminaires… Après ça, l’eau de la piscine nous paraît à peine fraîche tant notre excitation est grande. Un petit concours d’apnée et quelques brasses rythment donc notre fin d’après-midi.

Mais le temps nous est compté. Si nous voulons assister, comme nous l’avons prévu, au coucher du soleil à Dead Horse Point, il ne faut pas tarder car il est déjà 18h et la nuit tombe vite en cette période de l’année dans l’ouest américain... Sur la route de Dead Horse Point, les Monitor et Merrimac Buttes nous imposent un arrêt photo.

La fin du trajet est une véritable course contre la montre. Nous voyons les minutes qui défilent et dans le même temps le soleil qui descend inéluctablement. Et ce qui devait arriver arriva, lorsque nous accédons enfin sur le parvis dominant Islands in the Sky, Dead Horse Point est déjà dans l’ombre. Les derniers rayons du soleil nous proposent tout de même une perspective à couper le souffle.

Un groupe important de Français est également présent pour assister à ce joli crépuscule. Il fait maintenant quasiment nuit, nous reprenons alors la route de Moab. En quittant le parking de Dead Horse Point, nous croisons un ranger qui verbalise un conducteur qui n’a a priori pas payé le droit d’entrée de ce State Park. Un peu plus loin, nous apercevons quelques biches sur notre gauche. En cette fin de journée, la lune pointe enfin le bout de son nez au milieu d’un ciel très coloré.

Vendredi 14 septembre : Après une nuit d’hôtel réparatrice et un petit-déjeuner où l’on avale enfin du bon pain avec de la confiture, nous nous rendons au supermarché pour y faire quelques provisions. Nous sommes d’attaque pour enchaîner notre parcours sur Arches National Park.

Nous jetons tout d’abord un œil aux North et South Windows, 2 arches quasi-similaires. Puis nous nous arrêtons devant Balanced Rock dont l’équilibre paraît hasardeux.

Nous poussons jusqu’au parking de Devils Garden. C’est d’ici que débute la randonnée qui doit nous mener notamment à Landscape Arch et Double O Arch. Après une petite heure de marche, le temps s’est bien couvert. Nous arrivons donc sur une Landscape Arch assez terne, mais ses 89 mètres de long me laissent tout de même sans voix. Nous choisissons cet endroit pour goûter la salade que nous nous sommes préparés quelques heures plus tôt. Nous ne nous attardons pas trop car nous savons que le Devils Garden trail est assez long. Après un passage devant Wall Arch, je tente une photo qui offre une belle perspective au-dessus d’une faille qui mesure 50 cm de largeur pour environ 3 mètres de profondeur. En prenant mon appareil photo dans ma petite sacoche, je fais malencontreusement tomber mon portefeuille dans la crevasse ! La mission s’annonce délicate pour le récupérer mais j’y parviens finalement, après quelques difficultés pour descendre notamment. Nous apercevons Double O Arch vers 14h30. De loin, elle ne semble pas très imposante mais une échelle humaine sur la photo évite tout commentaire.

Nous traînons un peu autour de cette arche curieuse. Dans ce coin, le vent est fort, mais cela n’empêche pas un escaladeur de s’essayer à une paroi verticale. Après être allé faire un tour sur le dessus de l’arche, nous continuons notre chemin et entamons la 2ème moitié de la boucle. Un sentier vraiment agréable où l’on marche très souvent sur des surfaces aplanies de grès. A certains moments, il est très facile d’imaginer l’emplacement des futures arches du parc.

Nous consacrons la fin d’après-midi à Delicate Arch. Après une montée plus longue et plus difficile que nous l’avions prévue, Fabien et moi atteignons un site envahi par les photographes, Fred étant légèrement en retrait. L’endroit est d’autant plus beau que le soleil, assez inexistant aujourd’hui, se fait enfin remarquer.

Nous assistons à une demande en mariage au pied de l’arche. Pour le coup, les nombreux photographes, qui d’ordinaire n’hésitent pas à huer ceux qui s’approchent un peu trop près de la photogénique arche, se morfondent dans un silence de politesse. Fred, lui, a enfilé ses lunettes 8 millions de pixels qui dévoilent l’envers du décor.

Au fur et à mesure que le soleil baisse, le rouge que revêt l’arche devient très vif, à la limite de l’embrasement… A l’arrière-plan, les sommets de La Sal Mountain, qui culminent à plus de 3 500 mètres, se retrouvent dans l’ombre.

La redescente est plus facile, mais il fait quand même quasiment nuit lorsque nous arrivons à la voiture. Nous regagnons Moab sans savoir vraiment où nous dormons ce soir. Le festival de musique country rend nos tentatives vaines auprès des motels de la ville, ceux-ci affichant tous complets ! Nous optons finalement pour le Canyonlands campground, situé en plein centre, mais dont l’amabilité du gérant en aurait fait fuir plus d’un… Le montage des tentes, même s’il est très simple, se fait dans un camping complètement dans l’obscurité. La fatigue, qui commence à se faire ressentir, ajoutée aux douches payantes rend cette fin de journée assez pénible. Seul Fred casse sa tirelire pour bénéficier d’une douche bien chaude, Fabien et moi nous contentons d’un lavage sommaire à l’ancienne.
La 2ème semaine par ici !
Astuce simple pour suivi de voyage à vélo English translation pending
Salut à toutes et à toutes !!!
Comme chacun sait partir c'est bien, mais faut appeller la famille, amis et collègues de travail, et ça fait beaucoup. Il ya 1 an environ je me suis élancé de Paris jusqu'à Lisbonne avec un vrai défi que chacun et chacune voulait suivre de près. On sait que des bornes internet y en a dans les grandes villes et certains campings, mais c'est pas facile d'en trouver partout et au bon moment. Le portable était la solution ... MAIS pas besoin d'appeller tout le monde ! Au soir de chaque étape je changeais juste ma messagerie d'accueil, en indiquant ma position, le nombre de kilomètres et tout et tout. Je coupais ensuite mon portable et les gens n'avaient plus qu'à m'appeller. Ils tombaient sur la messagerie et hop !!
Voici le moyen le plus simple et évident que j'ai trouvé à l'époque. Si quelqu'un a d'autre idées ?
Comme chacun sait partir c'est bien, mais faut appeller la famille, amis et collègues de travail, et ça fait beaucoup. Il ya 1 an environ je me suis élancé de Paris jusqu'à Lisbonne avec un vrai défi que chacun et chacune voulait suivre de près. On sait que des bornes internet y en a dans les grandes villes et certains campings, mais c'est pas facile d'en trouver partout et au bon moment. Le portable était la solution ... MAIS pas besoin d'appeller tout le monde ! Au soir de chaque étape je changeais juste ma messagerie d'accueil, en indiquant ma position, le nombre de kilomètres et tout et tout. Je coupais ensuite mon portable et les gens n'avaient plus qu'à m'appeller. Ils tombaient sur la messagerie et hop !!
Voici le moyen le plus simple et évident que j'ai trouvé à l'époque. Si quelqu'un a d'autre idées ?
Soignez la qualité de vos photos English translation pending
Je suis un amateur de belles photos de voyages et je suis de plus en plus énervé, outré, scandalisé, effaré, suffoqué et révolté... (rayez les mentions inutiles) de voir avec quelle facilité beaucoup de VFistes vident l'intégralité des cartes mémoires de leurs appareils photos dans "Voyage Forum", la plupart du temps sans se préoccuper d'un minimum de qualité acceptable pour un cliché qui va être quand même accessible à des milliers de personnes.
J'ai souvent renoncé à visionner toutes les photos de certains forums car il fallait en regarder 50 avant d'en voir une intéressante (et c'est très dommage pour son auteur, qui se retrouve noyé dans la masse)
Je ne réclame pas la perfection (car je serais obligé de m'auto-censurer instantanément) et je sais que ce forum n'est pas un rendez-vous de professionnels de la photo, mais un minimum de tri me paraitrait indispensable ! Pas de photos floues...car des photos floues sur le Net ce n'est pas sérieux ! 😄😄 Pas de photos "illisibles" car trop sombres, trop claires ou très mal cadrées Pas de photos pour lesquelles le sujet ne présente pas vraiment d'intérêt...
J'ai pour principe qu'en voyage, quand on tire vingt photos, si on en a une présentable "en public", c'est que l'on est déjà un bon photographe !
Alors, faites un tout petit petit effort de sélection, et pensez que quand vous invitez des amis, vous ne leur servez pas les restes de la veille. Quand vous voulez mettre deux photos, n'en mettez plus qu'une et si possible la meilleure / Merci d'avance
P.S : Je suis sûr qu'après une tirade comme celle-ci, je vais passer définitivement pour un vieux grincheux ! 🤪
Je ne réclame pas la perfection (car je serais obligé de m'auto-censurer instantanément) et je sais que ce forum n'est pas un rendez-vous de professionnels de la photo, mais un minimum de tri me paraitrait indispensable ! Pas de photos floues...car des photos floues sur le Net ce n'est pas sérieux ! 😄😄 Pas de photos "illisibles" car trop sombres, trop claires ou très mal cadrées Pas de photos pour lesquelles le sujet ne présente pas vraiment d'intérêt...
J'ai pour principe qu'en voyage, quand on tire vingt photos, si on en a une présentable "en public", c'est que l'on est déjà un bon photographe !
Alors, faites un tout petit petit effort de sélection, et pensez que quand vous invitez des amis, vous ne leur servez pas les restes de la veille. Quand vous voulez mettre deux photos, n'en mettez plus qu'une et si possible la meilleure / Merci d'avance
P.S : Je suis sûr qu'après une tirade comme celle-ci, je vais passer définitivement pour un vieux grincheux ! 🤪
Hôtel LTI à l'île Margarita English translation pending
J'aimerais avoir de l'information sur l'hôtel LTI à l'île MagaritaLa plageles chambresLa bouffe
etc....
Merci 😉
Mission accomplie au Jilin (Chine) English translation pending
Grâce à mon changement de travail, je me suis vu contraint et forcé en juillet 2006 de liquider mes jours de vacances et ai donc dû affronter la douloureuse épreuve de choisir une destination de voyage. Cette fois, j'avais envie de rester en Chine plutôt que de partir à l'Etranger, les joies et peines du voyage en Chine commençant à me manquer après environ un an d'abstinence. Le pays est vaste, et il y a encore de nombreuses provinces où je n'ai jamais mis les pieds. Le Sichuan est à la mode, tout le monde y va en ce moment. Une bonne raison pour ne pas y aller donc, bien que la région m'attire beaucoup. Le Shandong? Sans doute trop chaud. Le Tibet ou le Xinjiang? Trop grand, pas le temps de les visiter en seulement 8 jours. Et pourquoi pas le nord-est tiens, cette région que l'on appelait autrefois Mandchourie et divisée aujourd'hui en trois provinces? Parmi ces trois provinces, c'est celle du Jilin, la moins connue, que j'ai retenue, car: les températures y sont sûrement bien moins élevées qu'à Shanghai qui connaissait alors la canicule, il y a des montagnes, il y a une très longue frontière avec la Corée du Nord, il ne viendrait pas à l'idée de la plupart des gens de la visiter. Je devrais donc être à peu près tranquille.
Adjugé donc, j'ai acheté un billet aller-retour Shanghai-Changchun
Adjugé donc, j'ai acheté un billet aller-retour Shanghai-Changchun
Le paradis et l'enfer en Thaïlande English translation pending
LA THAILANDE, UNE MERVEILLE!SES HABITANTS TRES GENTILS ET HOSPITALIERS!MAIS, PARCE-QU'IL Y A UN MAIS!!!
LA SECURITE?
C'EST VRAI C'EST LA FAUTE A PAS DE CHANCE!MON FILS A ETE ASSASSINE A QUELQUES METRES DE MOI,
A 8h30, LE 5 AVRIL 2006 SUR LA MERVEILLEUSE BAIE DE nAI hARN TOUT AU SUD DE L'ILE DE PUKHET!
IL AVAIT 34 ANS ET JE DOIS PREVENIR TOUS CEUX QUI PARTENT.
CA NE M'EMPECHE PAS DE PARTIR EN
INDE EN JUILLET, MAIS MOI MAINTENANT JE N'AI PLUS RIEN A PERDRE....
JVKANMEM.
Changement de mentalité thaïlandaise? English translation pending
Suite aux quelques propos que j'ai pu échanger avec Thuan sur un autre topic et ne voulant pas flooder indéfiniment le topic d'un autre membre, je crée ce sujet afin de poser une question sur la mentalité thailandaise !
Je me demandais simplement au vu de la fascination de la jeunesse thailandaise pour l'occident si les mentalités n'étaient pas en train de changer et si la jeunesse thai en voulant suivre un mode de vie et des preceptes occidentaux, ne perdraient pas certaines valeurs ou si au contraire la jeunesse thailandaise finalement évoluaient dans le bon sens en jumelant deux cultures différentes en y prenant le meilleur de chacune !
J'imagine que ce changement s'il y a, doit être beaucoup plus manifeste à Bangkok que dans le reste du pays !
Voyage dans le temps English translation pending
Bien l'bonjour ! 🙂
Je lance un nouveau sujet qui, je l'espère, trouvera un écho chez vous...
Depuis tout petit, je me dis que tout de même, le plus beau des voyages ce serait un voyage dans le temps.
Personnellement, j'échange les voyages les plus lointains, les plus exotiques contre un seul voyage dans le temps.
Bon, c'est pas tellement possible, mais on est là pour rêver un peu aussi... Alors moi j'ai choisi : Paris au 16è ou 17è siécle ?
Et vous, vous iriez où ? Et quand ?
Ensuite, on pourrait aussi parler de l'uniformisation du monde : même au fin fond de l'Himalaya, on voit des parasols Coca-Cola, des bouteilles d'eau minérale, des GPS, des ordinateurs...
Alors, existe-t-il encore une ville, une région où le temps n'a pas d'emprise ? Ou la modernité n'a pas mis le pied ? Moi je n'en connais pas.
Je fais appel à toute votre indulgence quant à l'intérêt et au bien-fondé de ce sujet. 🙂
C'est à vous !
Je lance un nouveau sujet qui, je l'espère, trouvera un écho chez vous...
Depuis tout petit, je me dis que tout de même, le plus beau des voyages ce serait un voyage dans le temps.
Personnellement, j'échange les voyages les plus lointains, les plus exotiques contre un seul voyage dans le temps.
Bon, c'est pas tellement possible, mais on est là pour rêver un peu aussi... Alors moi j'ai choisi : Paris au 16è ou 17è siécle ?
Et vous, vous iriez où ? Et quand ?
Ensuite, on pourrait aussi parler de l'uniformisation du monde : même au fin fond de l'Himalaya, on voit des parasols Coca-Cola, des bouteilles d'eau minérale, des GPS, des ordinateurs...
Alors, existe-t-il encore une ville, une région où le temps n'a pas d'emprise ? Ou la modernité n'a pas mis le pied ? Moi je n'en connais pas.
Je fais appel à toute votre indulgence quant à l'intérêt et au bien-fondé de ce sujet. 🙂
C'est à vous !
Amateurs de corrida et visite des élevages de taureaux English translation pending
y a il des amateurs de corridas sur ce site? J'aimerais aller voir des corridas mais aussi aller visiter les élevages de taureaux...
Votre "doudou" et les voyages English translation pending
Je viens de voir l'avatar de Enzo0511 et j'ai une petite question à vous poser ...
Bon bein il y a longtemps que je voulais vous demander mais je n'osais pas...
J'ai su au cours de rencontres que je n'étais pas la seule... il se murmure des choses dans les dîners, des petites confidences... et j'ai ainsi découvert qu'il y avait d'autres membres de VF qui, .. comme moi, ne pouvaient pas se séparer de leur doudou en voyage... !!!
Non non je ne donnerais aucun nom, je sais qu'ils témoigneront ici 😉
Alors, et vous, est ce que vous emmenez votre doudou dans vos aventures autour du globe ??
Est ce qu'il y a un objet dont vous ne pouvez pas vous passer quand vous êtes loin de la maison ? et il ressemble à quoi ?
Est ce que vous avez comme enzo des photos de votre doudou en vacances ?
ah je vois venir les petits malins qui vont m'envoyer une photo de leur chéri(e) en vacances... ça ne compte pas... !! je parle des vrais doudous, à poils, à plumes, en tissus ou en peluche !!
Alors, et vous, est ce que vous emmenez votre doudou dans vos aventures autour du globe ??
Est ce qu'il y a un objet dont vous ne pouvez pas vous passer quand vous êtes loin de la maison ? et il ressemble à quoi ?
Est ce que vous avez comme enzo des photos de votre doudou en vacances ?
ah je vois venir les petits malins qui vont m'envoyer une photo de leur chéri(e) en vacances... ça ne compte pas... !! je parle des vrais doudous, à poils, à plumes, en tissus ou en peluche !!