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Circuit de trois semaines à Bali en août/septembre 2010 English translation pending
Bonjour,
Nous partons pour 3 semaines à Bali sur aout-sept 2010 (les billets d'avion sont réservés pour Paris-Denpasar).
Nous sommes en train de préparer notre itinéraire sur place, et il y a tellement de choses à voir qu'il va falloir que nous fassions des choix. Nous partons en mode routard/itinérant, sans réservation mais en ayant quand même une idée de notre itinéraire sur place. Ainsi, nous souhaitons faire appel à votre expérience de voyageur : - quels sont les incontournables de l'île (nous aimerions éviter les coins très touristiques genre Kuta afin de privilégier les lieux plus préservés) : temples, villes/villages, plages, ... ? - Combien de temps consacré à ces difféents lieux ? - Combien de temps au total faut-il passer sur l'île de Bali pour découvrir et prendre son temps ?
Pensez-vous qu'en 3 semaines nous ayons le temps de voir à la fois Bali (priorité) mais également la partie est de Java (notamment le Kawa Ijen) ?
L'escale à Lombok vaut-elle vraiment le coup (j'ai l'impression que les avis sont mitigés de ce coté là...) ?
Enfin voilà, nous sommes preneurs de toutes les bonnes astuces pour passer un beau séjour sur cette île qui a l'air fabuleuse !
Merci d'avance pour vos conseils !
Véro & Nico.
Nous partons pour 3 semaines à Bali sur aout-sept 2010 (les billets d'avion sont réservés pour Paris-Denpasar).
Nous sommes en train de préparer notre itinéraire sur place, et il y a tellement de choses à voir qu'il va falloir que nous fassions des choix. Nous partons en mode routard/itinérant, sans réservation mais en ayant quand même une idée de notre itinéraire sur place. Ainsi, nous souhaitons faire appel à votre expérience de voyageur : - quels sont les incontournables de l'île (nous aimerions éviter les coins très touristiques genre Kuta afin de privilégier les lieux plus préservés) : temples, villes/villages, plages, ... ? - Combien de temps consacré à ces difféents lieux ? - Combien de temps au total faut-il passer sur l'île de Bali pour découvrir et prendre son temps ?
Pensez-vous qu'en 3 semaines nous ayons le temps de voir à la fois Bali (priorité) mais également la partie est de Java (notamment le Kawa Ijen) ?
L'escale à Lombok vaut-elle vraiment le coup (j'ai l'impression que les avis sont mitigés de ce coté là...) ?
Enfin voilà, nous sommes preneurs de toutes les bonnes astuces pour passer un beau séjour sur cette île qui a l'air fabuleuse !
Merci d'avance pour vos conseils !
Véro & Nico.
Retour de Croisière MSC Spendida en Méditerranée ( 9 au 20 janvier 2010) English translation pending
Bonjour
Je reviens de la Croisiére découverte de la méditerranée, sur le MSC Splendida .
Je suis a voir ecoute si vous souhaitez des conseils ou des renseignements.
Nous avons fait prés de 3500 photos, le temps de les classer et de faire des petits textes, et j'enverrai mon carnet de voyage.
Je suis trés contente de mon séjour
Nos escales, Katakolon, le Pirée, Alexendrie, Héraklion, Rhodes, La valette, Messina, Naples.
Bonne croisiére a tous
Fiora
Bonne croisiére a tous
Fiora
Parcours de Guillin à Guiyang (Chine) English translation pending
Bonjour à tous,
Je prépare mon prochain voyage en Chine, je suis très tenté par la route qui va de Guillin à Guiyang en passant par Kaili et les villages des minorités dans le Guizhou.
Pensez vous qu'il soit raisonnable d'envisager ce parcours en 8 jours ?
Savez vous si on peut trouver une voiture avec chauffeur à Guillin ou à Guiyang (dans ce cas le sens du parcours serait inversé) ? Et à quel coût ?
Peut on connaitre les dates des marchés dans cette région afin d'établir un programme en fonction ?
En dehors des trois villes, quels types d'hôtels trouvent on dans ces villages ?
Je suis preneur de tout autres renseignements utiles car les guides (Lonely Planet et Guide Bleu) que j'ai en ma possession sont succeints pour cette région
Merci d'avance à tout ceux qui prendront la peine de me répondre.
Jean.
Je prépare mon prochain voyage en Chine, je suis très tenté par la route qui va de Guillin à Guiyang en passant par Kaili et les villages des minorités dans le Guizhou.
Pensez vous qu'il soit raisonnable d'envisager ce parcours en 8 jours ?
Savez vous si on peut trouver une voiture avec chauffeur à Guillin ou à Guiyang (dans ce cas le sens du parcours serait inversé) ? Et à quel coût ?
Peut on connaitre les dates des marchés dans cette région afin d'établir un programme en fonction ?
En dehors des trois villes, quels types d'hôtels trouvent on dans ces villages ?
Je suis preneur de tout autres renseignements utiles car les guides (Lonely Planet et Guide Bleu) que j'ai en ma possession sont succeints pour cette région
Merci d'avance à tout ceux qui prendront la peine de me répondre.
Jean.
Qui est allé en Crète et aux Cyclades en 2008-2009? English translation pending
Quelqu'un est-il aller en Crète en 2008-2009 ? Je trouve peu de discussions récentes ?
Merci à tous,
Retour de trois semaines en Thaïlande English translation pending
De retour de thailande aprés 3 semaines géniales je projette de créer un blog avec infos pratiques, récit du voyage (Bangkok, région de Kanchanaburi, région de Krabi, parc de Khao Sok)...pour aider ceux qui ont la chance de partir bientot pour la premiere fois et vont passer quelques mois à écumer le net pour préparer leur voyage (ce qui finalement est déjà une partie du plaisir et permet d'en profiter sur place sans perte de temps et galères...quand on est pas vraiment une "baroudeuse"!).En attendant juste quelques mentions spéciales:le Lamphu hotel à Bangkok et le Somkiet Buri hotel à Ao nang (région de Krabi)et surtout l'agence Safarine à Kanchanaburi et leur merveilleux guide Tom avec qui on a passé 3 jours fabuleux!Quelques photos...
Sud-est marocain en famille English translation pending
Ayant largement bénéficié de l'aide du forum pour la conception de notre périple, je tiens à faire un petit compte-rendu à mon tour.
Nous sommes vraiment enchantés de ce voyage: grande variété de paysages et découverte (souvent surprenante) de la vie des marocains. Partout nous avons été bien reçus, et jamais à souffrir de l'instance de vendeurs ou de guide.
Pour couronner le tout, le beau temps a été au rendez-vous, après un hiver rigoureux (pour nous et pour eux)
L'itinéraire
C'est notre premier voyage au Maroc, donc nous nous sommes cantonnés à du très classique. Sans compter que partir avec les enfants (sept, de deux à seize ans) nous paraissait un challenge suffisant pour le moment. Donc arrivée sur Marrakech, col du Tichka, Aït Benhaddou, gorges du Dadès, gorges du Todra, Merzouga, Tazzarine, Agdz, puis retour pour une journée à Marrakech. J'ai craint le trop de kilomètres (surtout pour le dernier qui n'est pas fan de voiture) mais je pense qu'un retour par Tazenakht et le Tizi-n-test aurait été possible dans le même timing, même si le passage par le Tichka est si joli que nous n'avons pas souffert de le prendre à l'aller et au retour.
Le véhicule
Alors là franchement ça a été difficile de trouver un neuf places sans chauffeur. Apparemment seul Europcar propose un tel véhicule, le Hyundaï H1, véhicule poussif mais confortable, au coffre sommaire, mais qui a permis de caser nos trois gros sacs+2 sacs à dos.

8 février : le départ
Déjà, rejoindre Orly (depuis Brest), en voiture (pas de train le matin, vive la province...) dépot à Parcorly (je suis un peu trouillarde, je voulais pouvoir réserver 😊), prestations nickel, sympa et rapide. Le vol Transavia part à l'heure, c'est un peu cheap par rapport à Air-France mais question tarif il n'y avait pas photo. Baptême de l'air pour les quatre derniers (ravis), trois heures de vol qui passent vite, et à l'arrivée, il fait doux !
Neuf fiches à remplir (pas fournies durant le vol) trois quart d'heure pour les passeports, alors là pas cool, les petits commençaient à courir partout 🤪
Prise en main de la voiture (déjà payée) et nous voilà de nuit jetés au milieu des mobylettes, ânes, chars à bras et autres voitures, mais on trouve sans problème le Toulousain pour notre première nuit. Repas sans façon dans le premier resto trouvé, tajines et premier thé à la menthe, avec une once de fleurs d'oranger je pense, car légèrement fleuri.
(les deux petits endormis)
Le Toulousain fait vraiment vieille gloire décatie, nos chambres avaient 5m de plafond ! en revanche c'est propre, et facile d'accès et pour se garer. Très calme vis à vis de la rue, moins en ce qui concerne les autres clients.
9 février
On retire un peu de liquide, on achète des bouteilles d'eau et des oranges et c'est parti ! La montée au col du Tichka est très belle, collines de cactus, puis très vite paysage de montagne.

Arrêt bataille de boules de neige et bonhomme de neige, et puis repas Chez Ahmed à Taddert ou pour 400 dh nous nous régalons de brochettes, côtelettes d'agneau, ou tajine...

On arrive au col, où on se prend en photo devant le signal, les marchands du temple nous attendent de pied ferme, mais se rendent vite compte qu'il n'y aura rien à tirer de nous. Pas d'animosité pour autant, la conversation se poursuit amicalement, et lorsque nous partons, un car de japonais arrive qui aura sans doute été de meilleur rapport... (il en manque un sur la photo, tiens...)

Descente vers Aït Benhaddou, paysage qui change à chaque virage, des ânes partout, la lessive dans la rivière, les femmes chargées de lourds ballots d'herbe...

Visite de la kasbah, à l'heure où le soleil décline, on doit être une vingtaine de touristes (y compris nous neuf) c'est royal.

Et on rejoint trois kilomètres plus haut l'auberge Ayouze, où Zoé nous fait un accueil très sympathique, chambres simples mais confortables et jolies, demi-pension copieuse et excellente, un rapport qualité/prix imbattable !
Une vue de la terrasse où nous avons pris le petit déjeuner...
10 février
Nous montons à Tamdaght nous balader dans les jardins, c'est vraiment splendide, amandiers en fleurs à l'odeur de miel, réseau savant d'irrigation, cultures de fèves, de luzerne. Puis petites courses à Ouarzazate, dont des gâteaux à la pâtisseries des Habouss à se damner ! et pique-nique dans les environs:

Arrivée à Skoura, chez Talout, qui nous montre sa nouvelle kasbah (quel entrepreneur cet homme !) avant de nous confier à Sofiane qui est extraordinairement gentil et soucieux de nous en apprendre le plus sur son pays. C'est un peu cher, la cuisine est bonne et copieuse mais sans plus, mais cet accueil et la vue à 360° de la terrasse (les photos ne peuvent lui rendre justice) le valent largement. On accède à la palmeraie directement, et nous faisons une chouette balade en revenant par le village et le marabout.

Repas au coin du feu, s'il fait très bon dans la journée, le soir le frais tombe vite !
11 février
Nous continuons vers Boumalne, les gorges du Dadès par une très jolie route, puis Tinerir et les gorges du Todra, que nous préférons : plus riante plus gaie, et surtout, difficile de s'arrêter aux gorges du dadès avec les enfants, des précipices partout 🤪 bon je ne mets pas de photos, parce qu'on en voit partout ...
Nuit à la kasbah tabohrite, où l'on accède par un petit pont suspendu, au milieu de la palmeraie. très grandes chambres, deux nous suffiront. Moment de détente un peu décalé au salon devant un Charlot, 'les temps modernes' projeté par un client espagnol, où les petits français rient de concert avec le personnel marocain.
12 février Balade superbe avec un guide de l'hôtel, Aziz, pour parcourir à travers la palmeraie et le village de Tabia le chemin qui mène aux gorges. Le Todra est cristallin (rien à voir avec le Dadès) c'est un enchantement et la fin est superbe.

Aziz nous propose au passage de boire un thé chez ses parents, et comme on est d'excellente humeur et qu'on sait qu'on ne pourra pas repartir du Maroc sans notre tapis 😛, on dit oui. Donc thé, essais de noeuds sur le métier à tisser, explications sur les pigments les laines les usages et négociation avec le sourire de notre beau tapis jaune/orangé, tissé brodé. Je n'en sais rien si c'est le prix (1600dh), en tout cas c'est un prix qui nous a convenu.
Avec tout ça on n'est pas trop en avance car il faut rejoindre Merzouga avant 17h 🤪, là vraiment on a manqué d'une étape à Tinejdad par exemple, qui nous aurait permis de voir le musée et de prendre plus de temps pour admirer les rhettaras sur le chemin:
A Rissani, pas de faux ni de vrais guides qui se jettent sous nos roues, et les panneaux pour Merzouga/Taouz sont à leur place.
J'ai bien compris que l'erg Chebbi est un truc à touristes, mais ça tombe bien, nous sommes des touristes et franchement on est ravis : c'est beauauau !
pour
On arrive juste à temps à la kasbah Mohayut, très jolie, un peu genre mexicain, où on nous laisse mettre nos affaires dans une chambre (très chouette, je regrette de ne pas y avoir prévu une nuit de plus !) et on nous sert un thé en attendant que nos montures soient prêtes. Nous pourrions dire que cette méharée de deux heures pour rejoindre le bivouac c'est pour les enfants, mais ce serait trahir notre excitation à nous les parents 😛. C'est tout à fait confortable (deux heures hein, huit je ne sais pas) et la nuit tombe doucement sur les dunes, des milliards d'étoile apparaissent, le bonheur...le bivouac apparait, deux tentes pour quatre, c'est intime et confortable, les gamins chahutent dans la nuit, on arrive à tous les rattrapper pour le meilleur tajine poulet que j'aie mangé au Maroc
13 février lever de soleil, chahut de la tribu
et thé, méharée retour, bonne douche, et superbe petit déjeuner sur la terrasse de la kasbah Mohayut.
Nous partons vers Tazzarine par une route qui s'appellerait "Scenic highway" en d'autres lieux, montagnes et accacias, plantes grasses...

et arrivons à l'Oasis de Mezgarne.
Accueil par Bilal et Toufik qui sera notre guide. C'est très sommaire (matelas de 5cm, et on a eu froid la première nuit, ça a été mieux la seconde avec des couvertures en plus, douches chaudes mais sanitaires vétustes sinon délabrés, lumière au groupe donc coupée le soir) donc j'ai trouvé l'hébergement un peu cher (117 euros la nuit en demi-pension, le même prix qu'à Ayouze !), mais c'était vraiment authentique et les excursions proposées étaient vraiment top. Visite de la Médina, du Marabout avec explications très intéressantes, découverte de l'association d'alphabétisation... et achat de chèches, pas par coquetterie, mais ça tape !
14 février
On devait faire une excursion à la journée, mais l'un de nos petits a un peu de fièvre, et donc Toufik nous propose de ne partir qu'à la demi-journée qu'on ne s'éloigne pas trop. Top là, les grands sur les dromadaires, le petit fièvreux en écharpe cuvant son doliprane c'est parti pour la dune, des dizaines de fossiles par terre,
Thé chez le chamelier dans son petit village, une chouette balade !

Le pique-nique sera pris à Mezgarne, et comme le petit va mieux, nous embarquons Toufik pour aller voir les gravures néolithiques d'Aït-Ouazik, 15km de piste praticable avec notre H1. La vallée en elle-même est très belle, le gardien du site est très intéressant et même si on est furieux d'apprendre que de nombreuses gravures ont été volées, il en reste assez pour être émerveillé: rhinocéros, boeufs, gazelles, caméléons, éléphants, girafes d'un trait pur et harmonieux témoignent d'un passé luxuriant;

La vallée:
Et le soir festin: un méchoui de chèvre délicieux, (où on a pu voir les vrais courageux de la famille qui ont osé goûté les délicieux testicules de chevreau 😉), et au moment où l'on finit les fruits, le battement du tambour dans la nuit, musique gnaoua autour du feu de bois, un chouette moment !
une escale à recommander même si un peu "roots"
15 février
On quitte Tazzarine, on passe un petit moment au souk débordant d'acivité de N'Kob puis rejoint la majestueuse palmeraie du Drâa à Tansikht (juste après le pont, il y a à l'hôtel une épicerie où on a acheté nos meilleures dattes, pour trois fois rien, on a regretté de ne pas en avoir pris plus !)
On pique-nique, vite rejoints par trois gamins qui trouvent nos mets à leur goût ( cacahuètes, gâteaux de cacahouètes, oranges, dattes, et bonbons !)
Et nous voilà à Agdz où nous posons nos bagages au très joli Dar Qamar, situé en plein douar. Le jardin est splendide, mais la piscine m'empêchera d'en profiter avec quiétude, avec nos petits ! les chambres sont très jolies, les salles de bain en tadelakt, avec des produits à la délicieuse odeur (d'argan je pense, j'ai oublié de demander) Balade à Tamnougalt avec un guide pas trop intéressant, rien de vraiment différent des villages que nous avons visité jusqu'à présent, bref on a trouvé que ça ne valait pas sa réputation.

Point de vue à Agdz sur la théière

et pendant que les grands se prélassent, épuisés, nous sortons dans le douar et dans la palmeraie, avec les petits, c'est plein de gens qui rentrent tranquillement des jardins, de femmes qui nous abordent, veulent embrasser les petits, qui ont beaucoup de succès aussi auprès des petites filles ! trop marrant !
16 février
Journée cool où nous repassons par Ouarzazate (pour la pâtisserie des Habouss 😊) par le très joli tizi-n-tinififft
On jette un coup d'oeil au centre artisanal, les prix sont indiqués mais quand on part sans acheter (on l'a déjà notre tapis !) on nous propose un rabais sur un tapis qu'on avait considéré avec un certain intérêt 😉 (mais niet de ma part, en tant que ministre des finances)
et retour à l'auberge Ayouze pour un superbe couscous. (et crise de colère mémorable du petit dernier 😕)
17 février
Retour par le Tizi-n-tichka toujours aussi beau
Avec les mêmes scènes de vie tout partout

et arrivée au riad Aguerzame à marrakech, avec les précieuses indications d'Antoine.
Le riad est beau, stucs, tadelakts, photos et peintures superbes, le jardin dans le patio un hâvre de calme et de zénitude, mais le mieux est encore l'accueil d'Antoine, qui va nous guider dans le quartier, et nous fournir mille détails passionants sur Marrakech. Table d'hôte très raffinée, et conversation passionante, une vraie maison d'hôte !
18 février
Ville ahurissante qunad même, quel dédale cette médina. Ce n'est pas ce que j'ai préféré au Maroc...tout de même souks où nous trouvons des chaussons (enfin des babouches 😛) pour toute la famille, très belle medersa ben youssef. déjeuner au restaurant berbère près de la place, puis palais de la Bahia, vraiment admirablen dommage que ce ne soit pas mis en valeur par un peu de mise en scène (comme meubler un appartement)


un peu de repos au riad, et on ressort pour dîner sur l'excitante place jema el fnaa, donc je m'étonne qu'on puisse dire que c'est un truc à touristes, puisqu'il y au moins 90% de marocains, à écouter les bonimenteurs, la musique ou déguster les escagots et autres têtes de mouton... (on a jeté quant à nous notre dévolu sur de délicieuses crevettes frites, et un dernier thé à la menthe)
19 février
Dernier réveil par le muezzin, mais ce coup ci on ne se rendort pas, c'est l'heure du départ, on récupère la voiture au parking, duement lavée, et on rejoint l'aéroport, une heure presque de retard pour le vol de transavia, mais c'est un avion militaire en bout de piste qui est encause.
Bilan
Très positif ! enfants( partout très bien accueillis) et parents, on a tous des souvenirs superbes.
Budget
416 euros d'avion (résa six mois à l'avance, vol à 1 euro + taxes 😛) 1100 euros de voiture 100 euros d'essence 3400 hébergements/visites/repas Autour de 5000 euros donc pour 10-11 jours à neuf, sans se priver de rien.
L'itinéraire
C'est notre premier voyage au Maroc, donc nous nous sommes cantonnés à du très classique. Sans compter que partir avec les enfants (sept, de deux à seize ans) nous paraissait un challenge suffisant pour le moment. Donc arrivée sur Marrakech, col du Tichka, Aït Benhaddou, gorges du Dadès, gorges du Todra, Merzouga, Tazzarine, Agdz, puis retour pour une journée à Marrakech. J'ai craint le trop de kilomètres (surtout pour le dernier qui n'est pas fan de voiture) mais je pense qu'un retour par Tazenakht et le Tizi-n-test aurait été possible dans le même timing, même si le passage par le Tichka est si joli que nous n'avons pas souffert de le prendre à l'aller et au retour.
Le véhicule
Alors là franchement ça a été difficile de trouver un neuf places sans chauffeur. Apparemment seul Europcar propose un tel véhicule, le Hyundaï H1, véhicule poussif mais confortable, au coffre sommaire, mais qui a permis de caser nos trois gros sacs+2 sacs à dos.

8 février : le départ
Déjà, rejoindre Orly (depuis Brest), en voiture (pas de train le matin, vive la province...) dépot à Parcorly (je suis un peu trouillarde, je voulais pouvoir réserver 😊), prestations nickel, sympa et rapide. Le vol Transavia part à l'heure, c'est un peu cheap par rapport à Air-France mais question tarif il n'y avait pas photo. Baptême de l'air pour les quatre derniers (ravis), trois heures de vol qui passent vite, et à l'arrivée, il fait doux !
Neuf fiches à remplir (pas fournies durant le vol) trois quart d'heure pour les passeports, alors là pas cool, les petits commençaient à courir partout 🤪
Prise en main de la voiture (déjà payée) et nous voilà de nuit jetés au milieu des mobylettes, ânes, chars à bras et autres voitures, mais on trouve sans problème le Toulousain pour notre première nuit. Repas sans façon dans le premier resto trouvé, tajines et premier thé à la menthe, avec une once de fleurs d'oranger je pense, car légèrement fleuri.
(les deux petits endormis)Le Toulousain fait vraiment vieille gloire décatie, nos chambres avaient 5m de plafond ! en revanche c'est propre, et facile d'accès et pour se garer. Très calme vis à vis de la rue, moins en ce qui concerne les autres clients.
9 février
On retire un peu de liquide, on achète des bouteilles d'eau et des oranges et c'est parti ! La montée au col du Tichka est très belle, collines de cactus, puis très vite paysage de montagne.

Arrêt bataille de boules de neige et bonhomme de neige, et puis repas Chez Ahmed à Taddert ou pour 400 dh nous nous régalons de brochettes, côtelettes d'agneau, ou tajine...

On arrive au col, où on se prend en photo devant le signal, les marchands du temple nous attendent de pied ferme, mais se rendent vite compte qu'il n'y aura rien à tirer de nous. Pas d'animosité pour autant, la conversation se poursuit amicalement, et lorsque nous partons, un car de japonais arrive qui aura sans doute été de meilleur rapport... (il en manque un sur la photo, tiens...)

Descente vers Aït Benhaddou, paysage qui change à chaque virage, des ânes partout, la lessive dans la rivière, les femmes chargées de lourds ballots d'herbe...

Visite de la kasbah, à l'heure où le soleil décline, on doit être une vingtaine de touristes (y compris nous neuf) c'est royal.

Et on rejoint trois kilomètres plus haut l'auberge Ayouze, où Zoé nous fait un accueil très sympathique, chambres simples mais confortables et jolies, demi-pension copieuse et excellente, un rapport qualité/prix imbattable !
Une vue de la terrasse où nous avons pris le petit déjeuner...

10 février
Nous montons à Tamdaght nous balader dans les jardins, c'est vraiment splendide, amandiers en fleurs à l'odeur de miel, réseau savant d'irrigation, cultures de fèves, de luzerne. Puis petites courses à Ouarzazate, dont des gâteaux à la pâtisseries des Habouss à se damner ! et pique-nique dans les environs:

Arrivée à Skoura, chez Talout, qui nous montre sa nouvelle kasbah (quel entrepreneur cet homme !) avant de nous confier à Sofiane qui est extraordinairement gentil et soucieux de nous en apprendre le plus sur son pays. C'est un peu cher, la cuisine est bonne et copieuse mais sans plus, mais cet accueil et la vue à 360° de la terrasse (les photos ne peuvent lui rendre justice) le valent largement. On accède à la palmeraie directement, et nous faisons une chouette balade en revenant par le village et le marabout.

Repas au coin du feu, s'il fait très bon dans la journée, le soir le frais tombe vite !
11 février
Nous continuons vers Boumalne, les gorges du Dadès par une très jolie route, puis Tinerir et les gorges du Todra, que nous préférons : plus riante plus gaie, et surtout, difficile de s'arrêter aux gorges du dadès avec les enfants, des précipices partout 🤪 bon je ne mets pas de photos, parce qu'on en voit partout ...
Nuit à la kasbah tabohrite, où l'on accède par un petit pont suspendu, au milieu de la palmeraie. très grandes chambres, deux nous suffiront. Moment de détente un peu décalé au salon devant un Charlot, 'les temps modernes' projeté par un client espagnol, où les petits français rient de concert avec le personnel marocain.

12 février Balade superbe avec un guide de l'hôtel, Aziz, pour parcourir à travers la palmeraie et le village de Tabia le chemin qui mène aux gorges. Le Todra est cristallin (rien à voir avec le Dadès) c'est un enchantement et la fin est superbe.

Aziz nous propose au passage de boire un thé chez ses parents, et comme on est d'excellente humeur et qu'on sait qu'on ne pourra pas repartir du Maroc sans notre tapis 😛, on dit oui. Donc thé, essais de noeuds sur le métier à tisser, explications sur les pigments les laines les usages et négociation avec le sourire de notre beau tapis jaune/orangé, tissé brodé. Je n'en sais rien si c'est le prix (1600dh), en tout cas c'est un prix qui nous a convenu.
Avec tout ça on n'est pas trop en avance car il faut rejoindre Merzouga avant 17h 🤪, là vraiment on a manqué d'une étape à Tinejdad par exemple, qui nous aurait permis de voir le musée et de prendre plus de temps pour admirer les rhettaras sur le chemin:

A Rissani, pas de faux ni de vrais guides qui se jettent sous nos roues, et les panneaux pour Merzouga/Taouz sont à leur place.
J'ai bien compris que l'erg Chebbi est un truc à touristes, mais ça tombe bien, nous sommes des touristes et franchement on est ravis : c'est beauauau !
pourOn arrive juste à temps à la kasbah Mohayut, très jolie, un peu genre mexicain, où on nous laisse mettre nos affaires dans une chambre (très chouette, je regrette de ne pas y avoir prévu une nuit de plus !) et on nous sert un thé en attendant que nos montures soient prêtes. Nous pourrions dire que cette méharée de deux heures pour rejoindre le bivouac c'est pour les enfants, mais ce serait trahir notre excitation à nous les parents 😛. C'est tout à fait confortable (deux heures hein, huit je ne sais pas) et la nuit tombe doucement sur les dunes, des milliards d'étoile apparaissent, le bonheur...le bivouac apparait, deux tentes pour quatre, c'est intime et confortable, les gamins chahutent dans la nuit, on arrive à tous les rattrapper pour le meilleur tajine poulet que j'aie mangé au Maroc
13 février lever de soleil, chahut de la tribu

et thé, méharée retour, bonne douche, et superbe petit déjeuner sur la terrasse de la kasbah Mohayut.
Nous partons vers Tazzarine par une route qui s'appellerait "Scenic highway" en d'autres lieux, montagnes et accacias, plantes grasses...

et arrivons à l'Oasis de Mezgarne.

Accueil par Bilal et Toufik qui sera notre guide. C'est très sommaire (matelas de 5cm, et on a eu froid la première nuit, ça a été mieux la seconde avec des couvertures en plus, douches chaudes mais sanitaires vétustes sinon délabrés, lumière au groupe donc coupée le soir) donc j'ai trouvé l'hébergement un peu cher (117 euros la nuit en demi-pension, le même prix qu'à Ayouze !), mais c'était vraiment authentique et les excursions proposées étaient vraiment top. Visite de la Médina, du Marabout avec explications très intéressantes, découverte de l'association d'alphabétisation... et achat de chèches, pas par coquetterie, mais ça tape !
14 février
On devait faire une excursion à la journée, mais l'un de nos petits a un peu de fièvre, et donc Toufik nous propose de ne partir qu'à la demi-journée qu'on ne s'éloigne pas trop. Top là, les grands sur les dromadaires, le petit fièvreux en écharpe cuvant son doliprane c'est parti pour la dune, des dizaines de fossiles par terre,

Thé chez le chamelier dans son petit village, une chouette balade !

Le pique-nique sera pris à Mezgarne, et comme le petit va mieux, nous embarquons Toufik pour aller voir les gravures néolithiques d'Aït-Ouazik, 15km de piste praticable avec notre H1. La vallée en elle-même est très belle, le gardien du site est très intéressant et même si on est furieux d'apprendre que de nombreuses gravures ont été volées, il en reste assez pour être émerveillé: rhinocéros, boeufs, gazelles, caméléons, éléphants, girafes d'un trait pur et harmonieux témoignent d'un passé luxuriant;

La vallée:

Et le soir festin: un méchoui de chèvre délicieux, (où on a pu voir les vrais courageux de la famille qui ont osé goûté les délicieux testicules de chevreau 😉), et au moment où l'on finit les fruits, le battement du tambour dans la nuit, musique gnaoua autour du feu de bois, un chouette moment !

une escale à recommander même si un peu "roots"
15 février
On quitte Tazzarine, on passe un petit moment au souk débordant d'acivité de N'Kob puis rejoint la majestueuse palmeraie du Drâa à Tansikht (juste après le pont, il y a à l'hôtel une épicerie où on a acheté nos meilleures dattes, pour trois fois rien, on a regretté de ne pas en avoir pris plus !)
On pique-nique, vite rejoints par trois gamins qui trouvent nos mets à leur goût ( cacahuètes, gâteaux de cacahouètes, oranges, dattes, et bonbons !)
Et nous voilà à Agdz où nous posons nos bagages au très joli Dar Qamar, situé en plein douar. Le jardin est splendide, mais la piscine m'empêchera d'en profiter avec quiétude, avec nos petits ! les chambres sont très jolies, les salles de bain en tadelakt, avec des produits à la délicieuse odeur (d'argan je pense, j'ai oublié de demander) Balade à Tamnougalt avec un guide pas trop intéressant, rien de vraiment différent des villages que nous avons visité jusqu'à présent, bref on a trouvé que ça ne valait pas sa réputation.

Point de vue à Agdz sur la théière

et pendant que les grands se prélassent, épuisés, nous sortons dans le douar et dans la palmeraie, avec les petits, c'est plein de gens qui rentrent tranquillement des jardins, de femmes qui nous abordent, veulent embrasser les petits, qui ont beaucoup de succès aussi auprès des petites filles ! trop marrant !
16 février
Journée cool où nous repassons par Ouarzazate (pour la pâtisserie des Habouss 😊) par le très joli tizi-n-tinififft

On jette un coup d'oeil au centre artisanal, les prix sont indiqués mais quand on part sans acheter (on l'a déjà notre tapis !) on nous propose un rabais sur un tapis qu'on avait considéré avec un certain intérêt 😉 (mais niet de ma part, en tant que ministre des finances)
et retour à l'auberge Ayouze pour un superbe couscous. (et crise de colère mémorable du petit dernier 😕)
17 février
Retour par le Tizi-n-tichka toujours aussi beau
Avec les mêmes scènes de vie tout partout

et arrivée au riad Aguerzame à marrakech, avec les précieuses indications d'Antoine.
Le riad est beau, stucs, tadelakts, photos et peintures superbes, le jardin dans le patio un hâvre de calme et de zénitude, mais le mieux est encore l'accueil d'Antoine, qui va nous guider dans le quartier, et nous fournir mille détails passionants sur Marrakech. Table d'hôte très raffinée, et conversation passionante, une vraie maison d'hôte !
18 février
Ville ahurissante qunad même, quel dédale cette médina. Ce n'est pas ce que j'ai préféré au Maroc...tout de même souks où nous trouvons des chaussons (enfin des babouches 😛) pour toute la famille, très belle medersa ben youssef. déjeuner au restaurant berbère près de la place, puis palais de la Bahia, vraiment admirablen dommage que ce ne soit pas mis en valeur par un peu de mise en scène (comme meubler un appartement)


un peu de repos au riad, et on ressort pour dîner sur l'excitante place jema el fnaa, donc je m'étonne qu'on puisse dire que c'est un truc à touristes, puisqu'il y au moins 90% de marocains, à écouter les bonimenteurs, la musique ou déguster les escagots et autres têtes de mouton... (on a jeté quant à nous notre dévolu sur de délicieuses crevettes frites, et un dernier thé à la menthe)
19 février
Dernier réveil par le muezzin, mais ce coup ci on ne se rendort pas, c'est l'heure du départ, on récupère la voiture au parking, duement lavée, et on rejoint l'aéroport, une heure presque de retard pour le vol de transavia, mais c'est un avion militaire en bout de piste qui est encause.
Bilan
Très positif ! enfants( partout très bien accueillis) et parents, on a tous des souvenirs superbes.
Budget
416 euros d'avion (résa six mois à l'avance, vol à 1 euro + taxes 😛) 1100 euros de voiture 100 euros d'essence 3400 hébergements/visites/repas Autour de 5000 euros donc pour 10-11 jours à neuf, sans se priver de rien.
Ephèse ce qu'il te plait (Turquie) English translation pending
Dans les rue de Selçuk, sur mon vélo, je suis le roi des maillots roses,
Et comme j'ai les mollets tout durs, et que j'ai rien à voir avec Gérard Holtz,
J'irais désormais à pieds, j'aurais au minimum moins mal à ma dignité.
Pas besoin de te rappeler que les réveils sont matinaux, tu dois en avoir assez de m'entendre geindre, et tu as raison. Je vis au fil de l'eau sauf qu'ici tout est sec, toujours pas été ni sous la pluie ni sous la grisaille, et c'est tant mieux car je vais encore passé la journée à l'extérieur. Après avoir tourné autour depuis 24h, je file à Ephèse, première de mes véritables découvertes de cités englouties. C'est pratiquement sur le pas de ma porte, seuls 3km nous séparent. Et comme rien d'autre n'est à l'ordre du jour, on prend son temps et on respire le grand air. Pas compliqué de se rendre sur place, il suffit de suivre la route, à pieds sur un chemin à l'abri du bruit des voitures et à l'ombre du soleil ravageur.
Dans mon paquetage, un oeuf dur chapardé au petit déjeuner, une grande bouteille d'eau, je suis autonome. L'appareil photo attend bien tranquillement l'heure des hostilités. Sur mon chemin ombragé, des appareils de gym à la mode pékinoise sont laissés à la disposition des courageux. D'ailleurs, à mon passage, un papy qui fait son exercice stoppe son effort et me fait l'accolade reconnaissant là le marcheur courageux, très belle entrée en matière pour cette radieuse escapade. Au bout de quelques dizaines de minutes, j'arrive sur le site. de nombreux bus sont garés là, attendant le retour des touristes qu'ils ont déjà déversés. Je ne suis pas tout seul, Ephèse est une destination phare du tourisme turc. Autres témoins de cet exode touristique, de nombreux marchands de bibelots guettent également le passage des visiteurs dépensiers. Le jus d'orange frais est à plus de 3 euros, le gogo est roi.
Je m'acquitte comme il se doit du droit d'entrée et pénêtre sur ces terres bibliques. La ville fut fondée près de 10 siècles avant JC et vit passer tout ce que la région a compté d'envahisseurs : Cimmériens, Lydiens, Perses, Romains, Byzantins, Arabes, Turcs Seldjoukides, les croisades et puis l'empire Ottoman.etc; c'est un vrai bordel, y'en a partout! La "Sainte" Vierge y posa également ses valises en compagnie de Saint Jean qui y rédigea son évangile et dont la tombe a été visitée la veille. Dieu seul sait ce qu'ils y firent, ces deux là... Le site est à la mesure de tout ce remue-ménage, il y a de vieilles pierres à perte de vue, c'est incalculable et très impressionnant, d'autant plus impressionnant que c'est aussi ma première vision semblable si l'on exclue les arènes de Lutèce qui en comparaison sont une cerise à côté d'une pastèque. Ici, aucune entrave au regard, tout ce qui est présenté est d'origine et souvent remonté par des archéologues amateurs de puzzles bien loin d'Indiana jones. Je ne pourrais pas te retranscrire tout ce qu'on y trouve et qui composait jadis une cité antique mais tout est là, et si quelque chose est tombé ou englouti, de nombreux panneaux informatifs sont là pour aiguiller le visiteur novice : l'agora, les bains, l'odéon, l'hotel de ville, des arcs de triomphe, des fontaines, une bibliothèque, des rues voire des avenues pavés, un amphithéatre... L'amphithéatre est d'ailleurs remarcablement conservé, 25000 personnes venaient ici avec les enfants se repaitre de spectacle qui laisseraient sans doute J.M Jarre sans voix. On y pénètre par la scène et la simple ascension des gradins est un tour de force, j'exagère à peine, à peine. Quand j'y arrive, d'autres groupes de visiteurs sont là, et un néo-zélandais se sent poussé des ailes et entame un haka dans ce lieu colossale. Sa performance est salué par tout le toutim et par moi aussi. Ca permet de bien se rendre compte de l'accoustique du lieu qui est remarquable, même à quelques dizaines de mètres de distances, les cris du kiwi me parviennent limpides. Bien d'autres groupes arriveront encore me faisant me sentir à l'étroit malgré la taille de l'édifice. Je vais voir ailleurs il y a de quoi faire, le site a la taille de la ville de l'époque dont j'ignore le nombre d'habitants, mais si le théatre fait 25000 places, j'ai de quoi tourné aux alentours. Les touristes sont en fait partout, il faut presque faire la queue pour prendre une photo car chacun veut un cliché de ce qu'à pris le voisin la seconde précédente. Mais midi arrive, le soleil quasiment au zénith, les gorges s'assèchent, les estomacs se creusent, et le touriste de groupe aura tôt fait de répondre à l'appel de son berger de guide qui lui annoncera quand manger. Je n'ai pas ce genre d'emploi du temps, tant mieux. Pour moi, l'heure du repas, c'est quand ça me chante et de toute façon j'ai pas besoin d'aller bien loin pour trouver mon oeuf. Je pérégrine, de ci à gauche, de là à droite. Un bas-relief par ci, une statue par là; c'est un régal pour les yeux et pour l'imagination. Suffit juste de dépasser les groupes de chinois et d'allemands en chaussettes sous sandales (c'est pas que un cliché!) pour avoir une vue à peu près dégagée et un environnement sonore plus tranquille. Et comme prévu, l'appel de la fourchette a de toute façon eu raison de leur compagnie. Il est 14h30, je retourne à l'amphithéatre; l'endroit est désert, je suis seul sur la scène avec une foule fantôme qui me domine. Immersion totale garantie même si je m'abstiendrais de pousser la chansonnette pour ne pas rompre le charme. "Sexual Healing" de Marvin Gaye a beau me traverser l'esprit, c'est ni le lieu ni le moment; ma voix de sauterelle ne parviendrait de toute façon pas à contenter les spectateurs imaginaires des places du fond. Je me trouve un coin d'ombre dans les tribunes, mange mon oeuf et profite de l'instant. Rarement un simple oeuf dur aura pris des dimensions si théatrale. Moment de calme dans un endroit qui respire un bruit tû depuis des siècles. Ces quelques frissons dureront un bon quart d'heure, le temps pour un nouveau groupe bruyant de rompre de charme. Je reste malgré tout encore un peu, je suis à l'ombre, je sèche en buvant de l'eau encore pas trop chaude, je me dilate les pupilles de ce spectacle grandiose. Une autre caravane polyglotte arrive, je laisse finalement la place. Je continuerais à tourner comme ça pendant plus d'une heure au gré du courant d'une foule devenue clairsemée au fil de l'après-midi, jusqu'à un ultime moment de plaisir : un batiment en ruine se trouve un peu plus à l'écart du reste du site et comme il est près de la sortie et qu'à ce point, les gens normaux en ont pleins les pattes, je m'y dirigi et tomba sur un champ de mures. Un demi kilo de régalade fruitière environ aura fini de m'achever, l'heure approche les 17, trois kilomètres me séparent de l'hotel, il est temps de finir la ballade pour aujourd'hui; non sans rire, dans les boutiques pour touristes, un panonceau attire mon attention : "genuine fake watches" ou "vraies fausses montres". Le vendeur ne doute vraiment de rien et moi, j'ai la banane, encore.
Je reprends le chemin inverse, me faisant doubler par des autobus remplis d'autogusses plus pressés que moi, la fin de journée est douce, le chemin tranquille comme mon rythme de marche. J'ai sorti finalement l'Ipod, et chante désormais au vent et à qui veut l'entendre.
Je retrouve à l'hotel l'irlandais qui me propose de boire une bière fraiche, ce que à ce point je ne puis refuser. On y croisera 2 australiennes de Sydney où un lit m'attend désormais...
Avant de me coucher, j'ai pensé quand même à toi, et t'ai rédigé un des articles précédents qui m'a encore amené au bout de la nuit, il va falloir que je m'y fasse, je suis pas là pour dormir!!
Comme à Istanbul auparavant, j'ai écumé vaillamment les incontournables alentours. Il est temps de refaire mon sac et de me préparer à migrer. L'étape suivante sera Pamukkale, et rien qu'à prononcer le nom, ça devrait valoir le déplacement.
Comme tu as été très sage, tu trouveras un album illustrant Selçuk et ses environs ephèsiens, rince-toi l'oeil sur le blog, c'est moi qui régale!!!
PS : Je n'ai pas voulu troubler vos saints esprits, mais sachez que à Selçuk, on croise de temps en temps des tortues terrestres. Vous ne voyez pas le rapport? Je vous laisse découvrir les photos, mais sachez qu'à 2 pas de la tombe de Saint Jean, c'est luxure et compagnie... Pour ceux qui connaissent cette séquence culte du zapping, sachez qu'elles poussent effectivement des petits Hiiiiiiiiii Hiiiiiiiiiii !!! A mourir de rire!!!!
PPS : juste pour que tu saches où j'en suis réellement, je quitte Pamukkale demain après 2 jours sur place, direction la mer et les vacances. Je suis pas trop en retard dans mon récit, ça devrait calmer les sceptiques!!!! Merci pour vos commentaires, ça fait chaud au coeur. N'hésitez pas également à me raconter vos histoires, j'en salive d'avance.
Pas besoin de te rappeler que les réveils sont matinaux, tu dois en avoir assez de m'entendre geindre, et tu as raison. Je vis au fil de l'eau sauf qu'ici tout est sec, toujours pas été ni sous la pluie ni sous la grisaille, et c'est tant mieux car je vais encore passé la journée à l'extérieur. Après avoir tourné autour depuis 24h, je file à Ephèse, première de mes véritables découvertes de cités englouties. C'est pratiquement sur le pas de ma porte, seuls 3km nous séparent. Et comme rien d'autre n'est à l'ordre du jour, on prend son temps et on respire le grand air. Pas compliqué de se rendre sur place, il suffit de suivre la route, à pieds sur un chemin à l'abri du bruit des voitures et à l'ombre du soleil ravageur.
Dans mon paquetage, un oeuf dur chapardé au petit déjeuner, une grande bouteille d'eau, je suis autonome. L'appareil photo attend bien tranquillement l'heure des hostilités. Sur mon chemin ombragé, des appareils de gym à la mode pékinoise sont laissés à la disposition des courageux. D'ailleurs, à mon passage, un papy qui fait son exercice stoppe son effort et me fait l'accolade reconnaissant là le marcheur courageux, très belle entrée en matière pour cette radieuse escapade. Au bout de quelques dizaines de minutes, j'arrive sur le site. de nombreux bus sont garés là, attendant le retour des touristes qu'ils ont déjà déversés. Je ne suis pas tout seul, Ephèse est une destination phare du tourisme turc. Autres témoins de cet exode touristique, de nombreux marchands de bibelots guettent également le passage des visiteurs dépensiers. Le jus d'orange frais est à plus de 3 euros, le gogo est roi.
Je m'acquitte comme il se doit du droit d'entrée et pénêtre sur ces terres bibliques. La ville fut fondée près de 10 siècles avant JC et vit passer tout ce que la région a compté d'envahisseurs : Cimmériens, Lydiens, Perses, Romains, Byzantins, Arabes, Turcs Seldjoukides, les croisades et puis l'empire Ottoman.etc; c'est un vrai bordel, y'en a partout! La "Sainte" Vierge y posa également ses valises en compagnie de Saint Jean qui y rédigea son évangile et dont la tombe a été visitée la veille. Dieu seul sait ce qu'ils y firent, ces deux là... Le site est à la mesure de tout ce remue-ménage, il y a de vieilles pierres à perte de vue, c'est incalculable et très impressionnant, d'autant plus impressionnant que c'est aussi ma première vision semblable si l'on exclue les arènes de Lutèce qui en comparaison sont une cerise à côté d'une pastèque. Ici, aucune entrave au regard, tout ce qui est présenté est d'origine et souvent remonté par des archéologues amateurs de puzzles bien loin d'Indiana jones. Je ne pourrais pas te retranscrire tout ce qu'on y trouve et qui composait jadis une cité antique mais tout est là, et si quelque chose est tombé ou englouti, de nombreux panneaux informatifs sont là pour aiguiller le visiteur novice : l'agora, les bains, l'odéon, l'hotel de ville, des arcs de triomphe, des fontaines, une bibliothèque, des rues voire des avenues pavés, un amphithéatre... L'amphithéatre est d'ailleurs remarcablement conservé, 25000 personnes venaient ici avec les enfants se repaitre de spectacle qui laisseraient sans doute J.M Jarre sans voix. On y pénètre par la scène et la simple ascension des gradins est un tour de force, j'exagère à peine, à peine. Quand j'y arrive, d'autres groupes de visiteurs sont là, et un néo-zélandais se sent poussé des ailes et entame un haka dans ce lieu colossale. Sa performance est salué par tout le toutim et par moi aussi. Ca permet de bien se rendre compte de l'accoustique du lieu qui est remarquable, même à quelques dizaines de mètres de distances, les cris du kiwi me parviennent limpides. Bien d'autres groupes arriveront encore me faisant me sentir à l'étroit malgré la taille de l'édifice. Je vais voir ailleurs il y a de quoi faire, le site a la taille de la ville de l'époque dont j'ignore le nombre d'habitants, mais si le théatre fait 25000 places, j'ai de quoi tourné aux alentours. Les touristes sont en fait partout, il faut presque faire la queue pour prendre une photo car chacun veut un cliché de ce qu'à pris le voisin la seconde précédente. Mais midi arrive, le soleil quasiment au zénith, les gorges s'assèchent, les estomacs se creusent, et le touriste de groupe aura tôt fait de répondre à l'appel de son berger de guide qui lui annoncera quand manger. Je n'ai pas ce genre d'emploi du temps, tant mieux. Pour moi, l'heure du repas, c'est quand ça me chante et de toute façon j'ai pas besoin d'aller bien loin pour trouver mon oeuf. Je pérégrine, de ci à gauche, de là à droite. Un bas-relief par ci, une statue par là; c'est un régal pour les yeux et pour l'imagination. Suffit juste de dépasser les groupes de chinois et d'allemands en chaussettes sous sandales (c'est pas que un cliché!) pour avoir une vue à peu près dégagée et un environnement sonore plus tranquille. Et comme prévu, l'appel de la fourchette a de toute façon eu raison de leur compagnie. Il est 14h30, je retourne à l'amphithéatre; l'endroit est désert, je suis seul sur la scène avec une foule fantôme qui me domine. Immersion totale garantie même si je m'abstiendrais de pousser la chansonnette pour ne pas rompre le charme. "Sexual Healing" de Marvin Gaye a beau me traverser l'esprit, c'est ni le lieu ni le moment; ma voix de sauterelle ne parviendrait de toute façon pas à contenter les spectateurs imaginaires des places du fond. Je me trouve un coin d'ombre dans les tribunes, mange mon oeuf et profite de l'instant. Rarement un simple oeuf dur aura pris des dimensions si théatrale. Moment de calme dans un endroit qui respire un bruit tû depuis des siècles. Ces quelques frissons dureront un bon quart d'heure, le temps pour un nouveau groupe bruyant de rompre de charme. Je reste malgré tout encore un peu, je suis à l'ombre, je sèche en buvant de l'eau encore pas trop chaude, je me dilate les pupilles de ce spectacle grandiose. Une autre caravane polyglotte arrive, je laisse finalement la place. Je continuerais à tourner comme ça pendant plus d'une heure au gré du courant d'une foule devenue clairsemée au fil de l'après-midi, jusqu'à un ultime moment de plaisir : un batiment en ruine se trouve un peu plus à l'écart du reste du site et comme il est près de la sortie et qu'à ce point, les gens normaux en ont pleins les pattes, je m'y dirigi et tomba sur un champ de mures. Un demi kilo de régalade fruitière environ aura fini de m'achever, l'heure approche les 17, trois kilomètres me séparent de l'hotel, il est temps de finir la ballade pour aujourd'hui; non sans rire, dans les boutiques pour touristes, un panonceau attire mon attention : "genuine fake watches" ou "vraies fausses montres". Le vendeur ne doute vraiment de rien et moi, j'ai la banane, encore.
Je reprends le chemin inverse, me faisant doubler par des autobus remplis d'autogusses plus pressés que moi, la fin de journée est douce, le chemin tranquille comme mon rythme de marche. J'ai sorti finalement l'Ipod, et chante désormais au vent et à qui veut l'entendre.
Je retrouve à l'hotel l'irlandais qui me propose de boire une bière fraiche, ce que à ce point je ne puis refuser. On y croisera 2 australiennes de Sydney où un lit m'attend désormais...
Avant de me coucher, j'ai pensé quand même à toi, et t'ai rédigé un des articles précédents qui m'a encore amené au bout de la nuit, il va falloir que je m'y fasse, je suis pas là pour dormir!!
Comme à Istanbul auparavant, j'ai écumé vaillamment les incontournables alentours. Il est temps de refaire mon sac et de me préparer à migrer. L'étape suivante sera Pamukkale, et rien qu'à prononcer le nom, ça devrait valoir le déplacement.
Comme tu as été très sage, tu trouveras un album illustrant Selçuk et ses environs ephèsiens, rince-toi l'oeil sur le blog, c'est moi qui régale!!!
PS : Je n'ai pas voulu troubler vos saints esprits, mais sachez que à Selçuk, on croise de temps en temps des tortues terrestres. Vous ne voyez pas le rapport? Je vous laisse découvrir les photos, mais sachez qu'à 2 pas de la tombe de Saint Jean, c'est luxure et compagnie... Pour ceux qui connaissent cette séquence culte du zapping, sachez qu'elles poussent effectivement des petits Hiiiiiiiiii Hiiiiiiiiiii !!! A mourir de rire!!!!
PPS : juste pour que tu saches où j'en suis réellement, je quitte Pamukkale demain après 2 jours sur place, direction la mer et les vacances. Je suis pas trop en retard dans mon récit, ça devrait calmer les sceptiques!!!! Merci pour vos commentaires, ça fait chaud au coeur. N'hésitez pas également à me raconter vos histoires, j'en salive d'avance.
Désert de l'Atacama en 4x4 (Chili) English translation pending
Bonjour,
Je souhaiterais l'année prochaine visiter le désert de l'Atacama ainsi que le grand nord du Chili (Parinacota) en 4x4 sur 2 ou 3 semaines. Nous partirions à plusieurs mais notre souhait est de vivre cette aventure sans guide, agence, ou chauffeur quelconque. Bref, avec la carte, le GPS, et le téléphone satellite en cas de gros pépin.
N'ayant pas d'expérience particulière du 4x4, je voulais savoir si d'une part c'était jouable et deuxièmement, si certains coins étaient particulièrement déconseillés. J'ai lu à titre d'exemple sur ce forum que l'accès aux Geysers du Tatio était déconseillé sans chauffeur.
Je souhaiterais l'année prochaine visiter le désert de l'Atacama ainsi que le grand nord du Chili (Parinacota) en 4x4 sur 2 ou 3 semaines. Nous partirions à plusieurs mais notre souhait est de vivre cette aventure sans guide, agence, ou chauffeur quelconque. Bref, avec la carte, le GPS, et le téléphone satellite en cas de gros pépin.
N'ayant pas d'expérience particulière du 4x4, je voulais savoir si d'une part c'était jouable et deuxièmement, si certains coins étaient particulièrement déconseillés. J'ai lu à titre d'exemple sur ce forum que l'accès aux Geysers du Tatio était déconseillé sans chauffeur.
A la découverte d'Amsterdam et de la Hollande English translation pending
* * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * Découverte d'Amsterdam & de la Hollande * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * du 29 avril au 5 mai 2008 * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * * *
Mardi 29 avril : Pays-Bas, nous voilà !
Il est 13h et des poussières. J’ai aperçu le « Kuip » du Feyenoord, nous venons de passer Rotterdam. Un ciel gris nous accompagne depuis Bruxelles. A la fenêtre, des parcelles de tulipes et des champs à perte de vue : le décor est planté. Les Pays-Bas ne s’appellent pas ainsi par hasard. La Centraal Station annoncée, nous récupérons nos affaires et désertons le Thalys. Il fait bon mais la météo ne présage rien de bien réjouissant. Enfin, pour le moment, il nous faut juste trouver notre logement, situé dans une rue qui fait face à la gare. Au 144 de la Niewezijds Voorburgwal (plus facile à éternuer qu’à prononcer…), nous poussons la porte de l’hôtel Tamara. Un escalier raide et étroit nargue nos pieds. Mon sac sur le dos, j’assure la grimpette. L’ascension s’avère plus compliquée pour Anne, têtue qu’elle est d’avoir emmené une valise lourde comme un âne mort. Ce n’est pourtant pas faute de la supplier avant chaque grand départ d’opter pour un bagage plus pratique, en vain. Au premier étage, une jeune fille nous reçoit dans un anglais parfait. Contre le solde des nuitées, elle nous confie les clés de la chambre, située au 3ème étage. Un lit d’environ 3 m² dans une pièce qui doit en faire guère plus de 6, un minuscule rangement et un lavabo. Un semblant de moquette recouvre le plancher. Faudra pas faire la fine bouche. Du moment que l’on dort bien, on en demandera davantage. Nous tentons d’organiser la pièce comme on peut avant d’aller repérer le quartier. A une dizaine de mètres de l’hôtel se trouve le Magna Plaza, dont la façade imposante ressemble plus à un musée qu’à une galerie commerciale, laquelle se nivelle sur 3 étages. Non loin, nous repérons une supérette siglée « Albert Heijn » (AH pour les intimes), qui sera notre point de ravitaillement durant le séjour. Devant les grilles closes de la Nieuwe Kerk s’étend la Place du Dam. Bordée par le bien terne Palais Royal, nous faisons sa connaissance alors qu’elle est assiégée par une gigantesque fête foraine. Le Monument National, un obélisque en hommage aux victimes de 39-45, trône ici. Nous poursuivons sans but avoué, et c’est sous une pluie de plus en plus insistante que nous arrivons au Begijnhof. J’aurais bien aimé faire quelques clichés, mais les conditions climatiques en décident autrement. Jusqu’en fin d’après-midi, à la merci d’un ciel capricieux, nous avons déambulé dans la ville, utilisant à l’occasion les boutiques de souvenirs comme abri de fortune. Ce ne fut pas une journée mémorable. Ce n’est qu’aux alentours de 19h que les averses cesseront, accordant enfin un peu de liberté à mon numérique. Quelques courses chez AH pour le lendemain puis nous repartons en direction de la gare. Mon objectif s’attarde sur l’immense parking de vélos de Centraal Station. En parlant de deux-roues, une petite parenthèse. Il va falloir s’habituer à leur présence car ici ce sont eux les maîtres des trottoirs et du bitume. On en voit même certains roulant le portable vissé à l’oreille, ou des couples main dans la main ! Si l’on ajoute à cela la circulation automobile, les nombreux tramways et un système de feux tricolores pas toujours très pratique pour le piéton, on peut sans blaguer qualifier la marche à pieds dans Amsterdam de périlleuse pour le non-initié. Il est presque 20h, nous revenons sur nos pas à la recherche d’une table. Dans la rue de notre hôtel, il y en a pour tous les goûts. Un repas rapidement englouti dans un italien ira très bien. Partis le matin même de Paris via Bruxelles, la fatigue commence à se faire sentir. Demain, suite des visites, avec en prime la Fête de la Reine. En espérant que le soleil veuille bien s’y inviter...
Mercredi 30 avril : Vive la Reine ! La nuit a été calme. Depuis la rue, quelques pré-fêtards se sont manifestés, mais pas de quoi troubler notre profond sommeil. Nous délogeons alors qu’il n’est pas encore 9h. La réception est désormais tenue par un type grisonnant, le joint au bec, et qui aime semble-t-il à s’envoler dans des discussions sans fin. Un drôle de personnage. Dehors, les nuages sont toujours aussi menaçants. En guise de petit déjeuner, boissons chaudes et biscuits, dégustés au bord d’un canal. Les rues sont quasiment désertes, et seuls les tintements de vélos se font entendre. Le calme avant la tempête… Puis, comme la veille, nous improvisons une balade. Des stands ont poussé sur les trottoirs, et tout ce qui est orange y est déballé : tee-shirts, écharpes, perruques, gadgets de toutes sortes et chapeaux improbables garnissent les étalages. Aujourd’hui, c’est la « Koninginnedag », traduisez « Jour de la Reine ». Et plus que jamais, la couleur nationale est de sortie. Pour le moment, ce n’est pas encore très animé, mais ça ne devrait pas durer. Nous profitons donc de la quiétude de cette matinée pour longer les canaux et réaliser quelques clichés. 11h. La première barque colorée passe devant nous. Une quarantaine de passagers, dont certains déguisés, laisse présager de la suite. Nous piquons vers Muntplein, envahi par les Amstellodamois et les nombreux visiteurs. Les tenues carnavalesques, plus farfelues les unes que les autres, rivalisent d’originalité. La place est noire (ou plutôt orange) de monde. Dans le canal, sept ou huit énergumènes couleur carotte déboulent sur le « King of Scandinavia », suivis de près par une seconde, puis une troisième embarcation. A bord, les confettis volent, l’alcool coule à flot, et les baffles crachent de la musique électro. Le ton est donné. Un falafel frites grignoté sur le pouce, nous fuyons la cohue pour un coin plus paisible, le quartier de Plantage. Les averses, aussi courtes que fréquentes, rythment cette journée. Les trams sont à l’arrêt en ce jour de festivités, c’est donc à pieds qu’il faut nous y rendre. Même avec un plan entre les mains, nous avons bien du mal à nous orienter. Canaux, ponts, rues, tout se ressemble ici. Je propose à Anne de partir à la recherche du moulin De Gooyer, l’un des rares encore présents dans la capitale. Lorsque nous demandons de l’aide, guide illustré à l’appui, les habitants restent dubitatifs. Un agent de police nous rétorque même un « It’s in Amsterdam ? » Ok, c’est pas dans la fouille. Nous parvenons à atteindre l’objet de notre quête, au prix d’une bonne heure de marche, ponctuée de photos et d’une pause gourmande. Nos pas se dirigent ensuite vers le Musée Maritime Néerlandais (je vous épargne le nom en V.O.) pour apercevoir l’Amsterdam (quel nom original !), réplique d’un trois-mâts du XVIIIème. Nos jambes calent un peu. Nous tirons doucement jusqu’à Centraal puis rejoignons la fête qui bât son plein. C’est à présent une véritable marée humaine qui squatte la ville. Dans certaines ruelles, nous pouvons à peine nous retourner (Ben, tu avais raison…), et c’est avec grand peine que nous fendons les attroupements autour des bistrots. Même les cyclistes n’ont plus aucun pouvoir. Au cœur des canaux, c’est encore bien pire. Le trafic y est si dense que l’on n’aperçoit même plus la surface de l’eau ! Mais visiblement, ça n’a l’air de déranger personne. Devant les ponts trop étroits, les embarcations stagnent les unes contre les autres. Leurs passagers, imbibés pour la plupart, se trémoussent sur de la techno endiablée, bière à la main et pétard à la bouche… La débauche totale, quoi ! Moi qui étais curieux de voir à quoi ressemblait cette fameuse Koninginnedag, je ne suis pas déçu. Tandis que l’on s’éloigne de cette orgie, de timides rayons de lumière transpercent les nuages pour s’offrir à nous. J’ai l’impression que l’on ne voit le soleil que quand il se couche. J’exagère en disant cela, mais force est de constater que depuis notre arrivée nous ne sommes pas très gâtés par la météo. Ce soir, on s’offre un resto indien, une première pour moi. Un régal ! Nous y reviendrons avant la fin du séjour, c’est promis ! Rassasiés et cuits, nous ne veillerons pas tard ce soir-là. La suite, c’est pour demain...
Jeudi 1er mai : Amsterdam au fil de l'eau Il est 8h30. Le petit déjeuner est déjà derrière nous. C’est dans une ville morte que nous entamons la journée. Les camions poubelles ont de quoi s’occuper. Bouteilles vides et déchets jonchent le sol, séquelles de la fiesta de la veille. Pour le moment, il fait beau, mais il ne faut présager de rien, maintenant on sait que ça tourne vite ici. Comme me disait Ben à propos de sa Belgique natale : « S’il ne pleut pas, c’est qu’il a plu ou qu’il va bientôt pleuvoir ». Un adage qui pourrait parfaitement s’appliquer à sa voisine néerlandaise. Le Begijnhof est enfin à nous. C’est dans un silence quasi-religieux qu’Anne et moi baladons dans cette paisible cour intérieure qui abrite l’une des dernières maisons en bois de la ville. Puis nous arrivons au bord du Singel. Sur l’autre rive, les flèches élancées de l’église De Krijtberg attirent notre attention. Nous traversons le canal pour nous y rendre. Alors qu’une messe est sur le point de débuter, nous apprécions quelques instants l’intérieur de l’édifice. Notre chemin nous mène ensuite jusqu’au Bloemenmarkt. De nombreuses variétés de fleurs sont alignées sur ce marché en équilibre au bord de l’eau. Evidement, Anne ne peut résister à l’achat de quelques bulbes. La Munttoren se dresse au bout de l’allée. Sur Rembrandtplein, il est impossible de s’approcher de la statue en bronze du célèbre peintre néerlandais, emprisonnée par une scène et des échafaudages provisoires. Un concert a sans doute été donné ici même hier soir si l’on en juge par la saleté des trottoirs. Après de multiples clichés ayant pour thème les canaux et les pignons, notre route nous conduit naturellement jusqu’au Magere Brug. Il s’agit du plus célèbre pont de la ville, qui enjambe l’Amstel, et permet par son ingénieux système de bascule le passage des bateaux imposants. Justement, en voici un qui s’approche. Anne et moi, tel deux gosses, observons la scène. Puis nous remontons vers la place pavée du Nieuwmarket et le quartier chinois. D’ici, nous accédons à la Zuidekerk. Renseignements pris, nous participons à la visite du clocher. Seul un couple se joint à nous. Au fur et à mesure des étages, nous apercevons le carillon et les énormes cloches que renferme l’édifice. Au sommet, la vue n’est pas aussi belle que nous l’espérions. Les grands bâtiments surgissent au milieu des toitures, mais l’on ne distingue pas très bien le dessin des canaux. Moyennement satisfaits de cette exploration, il est temps pour nous d’aller remplir nos panses dans un resto asiatique. La météo jusqu’ici peu coopérante, nous hésitions à entreprendre une sortie en bateau-mouche. Mais nous décidons tout de même d’explorer la ville depuis les flots. Une sympathique promenade d’une heure, qui permet d’apprécier Amsterdam sous un autre angle, à travers le dédale de canaux qui serpente au cœur de la cité. Malgré de nouvelles petites averses, je réussis à mettre en boîte quelques images de cette virée fluviale. Nous avons ensuite erré le restant de l’après-midi, selon un itinéraire souvent hasardeux uniquement guidés par notre curiosité. C’est dans un fast food proche de la Place du Dam que nous avons pris le dernier repas du jour. En faisant un aller-retour à notre hôtel pour y déposer nos sacs, un magasin aguiche nos regards. Il se nomme HempShopper et propose du cannabis sous toutes les formes possibles et imaginables. Outre les classiques graines, on y trouve également des tisanes, des tablettes de chocolat et même des sucettes. Avis aux amateurs ! La nuit nous a entraîné dans le Quartier Rouge. Les néons des coffees et des sex-shops éclairent cette sombre artère où les prostituées s’exhibent en vitrine. Certaines sont terriblement jeunes. Ici, l’hypocrisie n’est pas de mise et rien ne se fait en catimini. Amsterdam, capitale du sexe, de la drogue, mais avant tout de la tolérance…
Vendredi 2 mai : Lettres de mon moulin... et de mon stade En cette belle matinée, nous abandonnons A’dam pour la première des trois excursions inscrites à notre programme. Un train nous dépose à la petite gare de Koog-Zaandijk, à moins d’une demi-heure de la capitale. C’est à Zaanse Schans que nous nous rendons, site très prisé pour ses typiques moulins à vent hollandais. Le fléchage nous conduit jusqu’au bord du Zaan, puis un bac nous dépose sur l’autre rive en cinq minutes. Nous nous retrouvons dans un cadre idyllique. De jolies maisons d’un autre temps se reflètent dans un paisible cours d’eau. Une cane promène ses petits sous le regard attendri des promeneurs. Anne et moi traînons un peu dans ce petit hameau dépaysant, intrigués par une délicieuse et persistante odeur de chocolat qui flotte dans l’air… A l’écart du village, vaches et moutons paissent au milieu des polders. Nous voici maintenant sur la Kalverringdijk, un sentier en bordure de la rivière sur lequel s’alignent les fameux moulins à vent. Le premier, dénommé « De Kat » (le chat), se dresse devant nos yeux. Moyennant quelques euros, nous pénétrons les entrailles où le mécanisme, composé d’énormes engrenages, relie les ailes à la meule. Des illustrations d’époque agrémentent les lieux. Au niveau supérieur, devant l’enfilade des moulins le long du Zaan, mon numérique ne résiste pas longtemps. Nous flânons ainsi une heure durant dans ce paysage de carte postale où la nature est reine. Canetons en balade ou héron en quête d’une proie, la faune locale ne semble guère importunée par la présence humaine. De retour au village, nous faisons la tournée des rares commerces plantés là. Une fromagerie organise une démonstration sur la fabrication de ses produits. Un musée-boutique dédié au sabot fait étalage de centaines de paires. Il y en a de toutes sortes, pour tous les goûts, pour toutes les bourses. Nous revenons tranquillement jusqu’au quai en prenant soin de ne rien manquer de ce havre de paix. En direction des moulins, un dernier coup d’œil, un dernier cliché, et le bac nous récupère. A Zaandijk, la présence d’une imposante usine à cacao lève le voile sur le mystérieux parfum qui a enchanté nos narines pendant des heures. En gare, le train pour A’dam ne se fait pas attendre bien longtemps. Il est 14h15 déjà à notre arrivée à Centraal. Un casse-croûte acheté sur place fera office de repas. Anne et moi convenons de programmes différents pour l’après-midi. Un petit bout de chemin ensemble, puis ma bien-aimée file vers le quartier des musées tandis que je rejoins Nieuwmarkt. Pour les déplacements en ville, rien ne vaut le tram. Mais lorsqu’il s’agit de gagner la proche banlieue, le métro s’avère incontournable. A la station, je me fais aider d’une employée pour acheter mon ticket, puis j’emprunte la ligne 54 qui me dépose à Strandvliet. Depuis le quai, j’aperçois en contrebas le dôme de l’ArenA. Je passe devant la porte Noord et arrive aux portes de la boutique du club. A l’accueil, l’hôtesse me délivre le billet d’entrée combinant stade et musée. Ses explications empressées dans la langue de Shakespeare sont un peu trop indigestes pour moi (quand Anne n’est pas là, c’est moins facile…). Par chance, l’une de ses collègues maîtrise pas mal le français. Elle m’explique que le musée ferme ses portes à 16h30, heure à laquelle débute le tour de l’ArenA. Un laps de temps assez court, néanmoins suffisant car il n’est pas excessivement grand. Dans les vitrines, des maillots oranges de la sélection nationale côtoient ceux rouges et blancs de l’Ajax. D’ailleurs, un mur entier est tapissé des portraits des joueurs ayant revêtu les deux tuniques, et pas des moindres : Cruyff, Van Basten, Rijkaard, Bergkamp, Seedorf… Des vidéos retraçant les heures glorieuses de l’Ajax passent en boucle sur des écrans. Enfin, exposés au centre de la pièce, les trophées majeurs et les Coupes européennes. C’est déjà l’heure, je redescends dans le hall. Cinquante à soixante personnes patientent là. Cette mêlée se voit scindée en deux groupes par les organisateurs. Les néerlandophones d’un côte, le reste du monde de l’autre. Mon choix est vite fait. Je me retrouve au milieu de compatriotes, d’italiens et d’anglais. La découverte des infrastructures se déroule sous un soleil radieux, chapeautée par un jeune guide qui doit faire preuve d’une bonne dose de patience et d’humour pour maîtriser un groupe quelque peu indiscipliné. Pour ma part, je reste discrètement en queue de peloton pour shooter en toute liberté tous les coins et recoins de cette magnifique enceinte. Je ne prête pas beaucoup d’attention aux infos en anglais qui nous sont délivrées, préférant emmagasiner aux commentaires les images des très esthétiques gradins multicolores. Le circuit nous conduit successivement dans les tribunes, au bord de la pelouse, dans la salle de commande du toit rétractable, pour s’achever dans la salle de presse. Ce bijou ultramoderne, classé tout de même 5 étoiles par l’UEFA, a été inauguré en 1996 et peut accueillir plus de 51.000 supporters lors de matchs de football. Mais il est aussi le théâtre de nombreux concerts et spectacles. Pour la petite histoire, il avait été pensé à l’origine pour les J.O. de 1992, finalement attribués à Barcelone. Il est 17h45 lorsque j’attrape un métro pour rejoindre le centre-ville. Quelques sms échangés avec Anne que je retrouve une heure plus tard sur la pelouse du Museumplein, visiblement ravie de son passage au Musée Van Gogh. Malgré la fatigue, c’est à pieds que nous prenons la direction de l’hôtel, car nous sommes dans un quartier qui nous est encore inconnu. Longeant l’imposant Rijksmuseum, nous atterrissons à Leidseplein, une place animée par la foule et des artistes de rue. Sur Keizersgracht, nous cherchons le 401, adresse d’un musée de photographies qui s’appelle « Huis Marseille » (Maison de Marseille). Il tire son nom d’une tablette de pierre qui orne son front, placée ici par le propriétaire d’origine, et qui représente le Vieux Port. Nous trouvons assez insolite de voir ce petit morceau de la Cité Phocéenne affiché en plein cœur d’Amsterdam. J’immortalise l’image. La faim commence à se faire sentir. C’est à nouveau dans un resto italien que nous rentrons. Il est rempli, mais par chance l’une des dernières tables disponibles nous est destinée, tandis que de nombreux clients potentiels se voient gentiment refoulés à l’entrée peu de temps après notre arrivée. Les pâtes qui nous sont servies ne sont pas les meilleures du monde, mais nos estomacs sont calés, c’est bien là l’essentiel. Une courte pause digestive sur la Place du Dam, enfin vidée de ses manèges suicidaires, et nous regagnons nos pénates. Une nouvelle excursion nous attend demain, l’heure est au repos…
Samedi 3 mai : Les villages de pêcheurs Nos boissons chaudes dans les mains, nous attrapons de justesse le bus n°111. 45 minutes plus tard, au bout de la digue de Kruisbaakweg, il atteint la presqu’île de Marken et nous dépose devant le petit pont de Beatrixbrug qui marque l’entrée du village. Il est encore tôt. Eloignés de la capitale, nous échappons pour le moment à l’afflux touristique. Comme à Zaanse la veille, l’endroit respire la tranquillité. Un troupeau de moutons par-ci, un chat qui se prélasse par-là, un paisible canal sur lequel glissent quelques canards… La vie ici tourne au ralenti. Les nombreuses maisons sur pilotis témoignent des fréquentes inondations dont a été victime le village par le passé. Si certaines ont conservé cette architecture lacustre, d’autres ont aménagé une pièce au rez-de-chaussée. Dans la petite église, les maquettes de bateaux suspendues à la voûte rappellent l’importance du port de Marken. Le port justement, nous y allons. Là aussi, un calme olympien règne en maître. De part et d’autre, une piste cyclable traverse le tapis de verdure pour longer une mer d’huile. Des maisons similaires les unes aux autres sont ordonnées autour des bateaux ancrés. L’une d’entre elles est ouverte au public. Contre une poignée de piécettes, une vieille dame présente aux badauds un intérieur d’époque totalement reconstitué : costumes traditionnels, meubles, vaisselle, accessoires, décoration. Un bel aperçu de la vie d’autrefois. Chez un commerçant voisin, je me procure une jolie paire de sabots décoratifs pour la maison. Des étals de poissons dans une baraque à sandwiches attisent nos appétits, mais pour l’instant nous prenons place à bord du Marken Express. Il est bientôt midi, nous prenons la mer. La traversée n’est pas très longue, et notre destination apparaît doucement à l’horizon. Tandis que la navette s’apprête à accoster, nous avons déjà un aperçu de Volendam. Plus étendue, mais surtout plus fréquentée que sa voisine d’en face. Il y a du monde sur le port, mais également aux terrasses des cafés et restos. Nous achetons de quoi grignoter : moules frites et sandwich au crabe pour Anne, poisson frit pour moi. Nous profitons du joli cadre pour avaler nos repas sur la jetée, au bout de laquelle un héron imperturbable se laisse approcher, pour le plus grand bonheur des touristes et de leurs numériques. La rue la plus calme, Zuideinde, nous amène à la marina. Pas grand-chose à y voir, nous rebroussons chemin. Anne a flashé sur une babiole dans une boutique et elle souhaite y retourner. Je la quitte momentanément pour me rendre vers le petit stade du FC Volendam non loin de là. Un match de jeunes va bientôt commencer. Je monte dans les tribunes pour quelques photos avant de retrouver Anne sur le port. Un petit tour de lèche-vitrines, et je me fais plaisir à mon tour en m’offrant un t-shirt orange estampillé « HOLLAND ». Le genre de fringue que j’avais déjà repéré dans les échoppes amstellodamoises, sauf qu’ici c’est moitié moins cher. Ravis de nos achats, nous prenons Noordeinde. Une artère garnie d’une flopée de « gifts shops » et d’une foule importante. Un autocar tente même une manoeuvre risquée dans cette étroite rue. La sérénité de Marken me semble déjà bien lointaine et me rendrait presque nostalgique. Nous renonçons à avancer, et par une ruelle dérobée nous tombons sur St-Vincentiuskerk, une église dans laquelle nous trouvons le calme pour quelques instants. Nous voici maintenant à la sortie de Volendam. Notre dernière étape est à moins de 3 km de là, nous y allons à pieds. Une balade dans un cadre agréable qui nous amène, au terme de quarante minutes de marche, aux portes d’Edam. Nous filons droit devant, sur Damplein, une place où sont réunis l’office du tourisme, le petit musée de la ville et un inhabituel pont en forme de dos d’âne qui recouvre le canal. Un peu plus loin se dresse la Speeltoren (Tour du Carillon), unique vestige d’une église aujourd’hui disparue, et qui abrite à présent une galerie d’art. Nous terminons par la Grote Kerk. Alors même qu’un marché aux livres se déroule au cœur de cet édifice, Anne et moi faisons le tour des lieux. Les vitraux représentent les armoiries des diverses villes et régions des Pays-Bas. A l’extérieur, un cimetière jouxte l’église. De nouveaux clichés dans l’escarcelle, nous partons à la recherche de l’arrêt de bus le plus proche. Nous ne patientons pas bien longtemps, le premier à se pointer est le bon. Nous rentrons sur A’dam, la boucle est bouclée. 19h et des poussières. La journée a été longue et fatigante. Malgré ça, nous puisons dans nos dernières ressources pour nous aventurer dans le Vondelpark. 48 hectares de pelouses et de bassins font de cet espace vert le véritable poumon de la ville. Il s’anime, les soirs d’été notamment, lorsque musiciens et artistes s’y produisent. Il est aussi lieu de rendez-vous de la jeunesse Amstellodamoise qui vient s’adonner à la consommation de substances plus ou moins douteuses. Un excellent dîner thaï conclura cette belle journée, riche en découvertes et en images…
Dimanche 4 mai : Flower Power Le ciel est clair. En cette matinée, A’dam n’est pas encore tout à fait réveillée. Seul le défilé des trams anime les rues dépeuplées du centre. Sur le Damrak, les bateaux-mouches dorment encore. Nous prenons un petit-déjeuner rapide près de Centraal Station, puis un train nous convie à son bord. La dernière de nos trois excursions nous conduit ainsi à Leiden. A notre arrivée sur place, nous rejoignons une file déjà bien longue qui s’est formée sur le parking des bus. Le 54 chargé de faire la liaison avec Lisse apparaît bientôt, récupérant tout ce beau monde. Une demi-heure plus tard, le chauffeur dépose ses passagers aux portes du Keukenhof. Un immense orgue de Barbarie trône à l’entrée du parc. Sa musique et ses personnages animés charment les plus petits. Il n’est pas encore 10h15, nous attaquons la visite. Pour vous donner une idée, voici quelques chiffres qui filent le vertige (OK, elle était facile celle-là…). Le parc s’étend sur 32 hectares tapissés de 4, 5 millions de tulipes dont une centaine de variétés, ce qui en fait l’attraction touristique la plus importante des Pays-Bas. Ouvert au public seulement deux mois par an en période printanière, il ne faut pas s’étonner de trouver une foule si nombreuse en cette belle journée. Alors que je commence à m’attarder devant les premiers parterres de tulipes, Anne s’impatiente. Bon c’est vrai, je ne vais pas prendre une photo de chaque fleur, sinon on va en avoir pour la vie des rats… Je fais l’effort, malgré la tentation constante de faire un cliché toutes les dix secondes. Il y a tant de couleurs et d’originalité étalées sous nos yeux qu’il serait dommage de ne pas capturer ces belles images. Anne stoppe net devant une baraque en bois. Ici, on peut commander et se faire livrer des bulbes, trop tentant pour ma bien aimée. Pendant qu’elle feuillette le catalogue, je m’éclipse et profite pour shooter tout ce qui m’entoure. Du mauve, du jaune, du rouge, je m’en mets plein les mirettes… et l’objectif. Des pavillons thématiques abritent également des bouquets et des compositions florales magnifiques. Nous passons près d’un lac, où canards et cygnes mendient auprès des visiteurs de quoi grignoter. Après plus de quatre heures à déambuler au milieu de cet océan multicolore, le bus peut nous rapatrier, tandis que les derniers champs de tulipes se dévoilent au bord de la route. Il est encore tôt. Nous profitons du restant de la journée pour rester à Leiden. Cette « Amsterdam miniature », qui a vu naître Rembrandt, n’est pas très prisée des touristes. C’est pourtant une ville charmante dans laquelle nous avons vadrouillé. Le moulin De Valk, planté au bord d’un canal, pose pour moi. L’imposant bâtiment de l’Hôtel de Ville n’est pas mal non plus. Certaines rues sont complètement vides, nous avons l’impression d’être seuls dans les environs. L’église de Pieterskerk est en réfection, nous n’en verrons que les abords. Depuis le pont de Korensbeurbrug, les terrasses flottantes des troquets affichent complet. Nous arrivons au Château de Burcht. Un bien grand mot pour qualifier ce qui n’est en réalité qu’un mur d’enceinte de forme circulaire, érigé sur une butte au centre de la ville. La vue depuis le sommet n’est toutefois pas négligeable. Un dernier détour par un pont à bascule, petite sœur du Magere Brug d’Amsterdam, et nous filons à la gare. De retour dans la capitale, nous tenons notre promesse en dînant à nouveau au resto indien. Rentrés directement à l’hôtel, nous préparons nos bagages. Car demain le voyage prendra fin, quand en soirée nous débarquerons à Marseille. En attendant, c’est la dernière nuit à A’Dam…
Lundi 5 mai : Tot Ziens Holland ! Les bagages déposés à la réception, nous errons une dernière fois dans les alentours. Un joli ciel bleu ensoleillé nous fait l’honneur de sa présence. Lui qui nous avait tant fait défaut au début du séjour s’est bien rattrapé par la suite. Et il est le bienvenue, car ponts, façades et canaux posent pour les ultimes photos du voyage. Des costumes oranges exposés dans une vitrine sont là pour nous rappeler l’insolite Koninginnedag découverte quelques jours auparavant. Dans une librairie du Bloemenmarket, Anne et moi choisissons un livre en français sur Amsterdam. Nous hésitons un petit moment, car les éditions qui nous sont proposés semblent dater d’une vingtaine d’année au moins. Apparemment, il y a belle lurette que les illustrations de ces bouquins n’ont pas été remises au goût du jour. Nous achetons tout de même un exemplaire, dont les photos « vintage » nous amuserons dans le train du retour. De retour vers l’hôtel, nous passons inévitablement par la Place du Dam. Des couronnes de fleurs tricolores s’entassent aux pieds du Monument National, célébrant ainsi l’anniversaire de la fin de la Guerre et de l’occupation nazie. Dans AH, un stock de chocolats et de biscuits, destinés à notre consommation personnelle et celles de nos proches, constituent l’essentiel de nos emplettes. Nous saluons le réceptionniste et quittons définitivement le Tamara pour la gare. Le 13h56 est à l’heure. Tandis que le train laisse Centraal Station derrière lui, nous prenons place et déballons les en-cas prévus pour affronter les trois petites heures qui nous séparent de Bruxelles. Je trie les derniers clichés pour tuer le temps. Moins d’une heure plus tard, comme à l’aller, le Kuip de Rotterdam se montre à la fenêtre. C’est ainsi que la Hollande deviendra bientôt une escapade mémorable dont je retracerai le parcours, relaté par ce récit et un millier d’images... 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂
Mardi 29 avril : Pays-Bas, nous voilà !
Il est 13h et des poussières. J’ai aperçu le « Kuip » du Feyenoord, nous venons de passer Rotterdam. Un ciel gris nous accompagne depuis Bruxelles. A la fenêtre, des parcelles de tulipes et des champs à perte de vue : le décor est planté. Les Pays-Bas ne s’appellent pas ainsi par hasard. La Centraal Station annoncée, nous récupérons nos affaires et désertons le Thalys. Il fait bon mais la météo ne présage rien de bien réjouissant. Enfin, pour le moment, il nous faut juste trouver notre logement, situé dans une rue qui fait face à la gare. Au 144 de la Niewezijds Voorburgwal (plus facile à éternuer qu’à prononcer…), nous poussons la porte de l’hôtel Tamara. Un escalier raide et étroit nargue nos pieds. Mon sac sur le dos, j’assure la grimpette. L’ascension s’avère plus compliquée pour Anne, têtue qu’elle est d’avoir emmené une valise lourde comme un âne mort. Ce n’est pourtant pas faute de la supplier avant chaque grand départ d’opter pour un bagage plus pratique, en vain. Au premier étage, une jeune fille nous reçoit dans un anglais parfait. Contre le solde des nuitées, elle nous confie les clés de la chambre, située au 3ème étage. Un lit d’environ 3 m² dans une pièce qui doit en faire guère plus de 6, un minuscule rangement et un lavabo. Un semblant de moquette recouvre le plancher. Faudra pas faire la fine bouche. Du moment que l’on dort bien, on en demandera davantage. Nous tentons d’organiser la pièce comme on peut avant d’aller repérer le quartier. A une dizaine de mètres de l’hôtel se trouve le Magna Plaza, dont la façade imposante ressemble plus à un musée qu’à une galerie commerciale, laquelle se nivelle sur 3 étages. Non loin, nous repérons une supérette siglée « Albert Heijn » (AH pour les intimes), qui sera notre point de ravitaillement durant le séjour. Devant les grilles closes de la Nieuwe Kerk s’étend la Place du Dam. Bordée par le bien terne Palais Royal, nous faisons sa connaissance alors qu’elle est assiégée par une gigantesque fête foraine. Le Monument National, un obélisque en hommage aux victimes de 39-45, trône ici. Nous poursuivons sans but avoué, et c’est sous une pluie de plus en plus insistante que nous arrivons au Begijnhof. J’aurais bien aimé faire quelques clichés, mais les conditions climatiques en décident autrement. Jusqu’en fin d’après-midi, à la merci d’un ciel capricieux, nous avons déambulé dans la ville, utilisant à l’occasion les boutiques de souvenirs comme abri de fortune. Ce ne fut pas une journée mémorable. Ce n’est qu’aux alentours de 19h que les averses cesseront, accordant enfin un peu de liberté à mon numérique. Quelques courses chez AH pour le lendemain puis nous repartons en direction de la gare. Mon objectif s’attarde sur l’immense parking de vélos de Centraal Station. En parlant de deux-roues, une petite parenthèse. Il va falloir s’habituer à leur présence car ici ce sont eux les maîtres des trottoirs et du bitume. On en voit même certains roulant le portable vissé à l’oreille, ou des couples main dans la main ! Si l’on ajoute à cela la circulation automobile, les nombreux tramways et un système de feux tricolores pas toujours très pratique pour le piéton, on peut sans blaguer qualifier la marche à pieds dans Amsterdam de périlleuse pour le non-initié. Il est presque 20h, nous revenons sur nos pas à la recherche d’une table. Dans la rue de notre hôtel, il y en a pour tous les goûts. Un repas rapidement englouti dans un italien ira très bien. Partis le matin même de Paris via Bruxelles, la fatigue commence à se faire sentir. Demain, suite des visites, avec en prime la Fête de la Reine. En espérant que le soleil veuille bien s’y inviter...
Mercredi 30 avril : Vive la Reine ! La nuit a été calme. Depuis la rue, quelques pré-fêtards se sont manifestés, mais pas de quoi troubler notre profond sommeil. Nous délogeons alors qu’il n’est pas encore 9h. La réception est désormais tenue par un type grisonnant, le joint au bec, et qui aime semble-t-il à s’envoler dans des discussions sans fin. Un drôle de personnage. Dehors, les nuages sont toujours aussi menaçants. En guise de petit déjeuner, boissons chaudes et biscuits, dégustés au bord d’un canal. Les rues sont quasiment désertes, et seuls les tintements de vélos se font entendre. Le calme avant la tempête… Puis, comme la veille, nous improvisons une balade. Des stands ont poussé sur les trottoirs, et tout ce qui est orange y est déballé : tee-shirts, écharpes, perruques, gadgets de toutes sortes et chapeaux improbables garnissent les étalages. Aujourd’hui, c’est la « Koninginnedag », traduisez « Jour de la Reine ». Et plus que jamais, la couleur nationale est de sortie. Pour le moment, ce n’est pas encore très animé, mais ça ne devrait pas durer. Nous profitons donc de la quiétude de cette matinée pour longer les canaux et réaliser quelques clichés. 11h. La première barque colorée passe devant nous. Une quarantaine de passagers, dont certains déguisés, laisse présager de la suite. Nous piquons vers Muntplein, envahi par les Amstellodamois et les nombreux visiteurs. Les tenues carnavalesques, plus farfelues les unes que les autres, rivalisent d’originalité. La place est noire (ou plutôt orange) de monde. Dans le canal, sept ou huit énergumènes couleur carotte déboulent sur le « King of Scandinavia », suivis de près par une seconde, puis une troisième embarcation. A bord, les confettis volent, l’alcool coule à flot, et les baffles crachent de la musique électro. Le ton est donné. Un falafel frites grignoté sur le pouce, nous fuyons la cohue pour un coin plus paisible, le quartier de Plantage. Les averses, aussi courtes que fréquentes, rythment cette journée. Les trams sont à l’arrêt en ce jour de festivités, c’est donc à pieds qu’il faut nous y rendre. Même avec un plan entre les mains, nous avons bien du mal à nous orienter. Canaux, ponts, rues, tout se ressemble ici. Je propose à Anne de partir à la recherche du moulin De Gooyer, l’un des rares encore présents dans la capitale. Lorsque nous demandons de l’aide, guide illustré à l’appui, les habitants restent dubitatifs. Un agent de police nous rétorque même un « It’s in Amsterdam ? » Ok, c’est pas dans la fouille. Nous parvenons à atteindre l’objet de notre quête, au prix d’une bonne heure de marche, ponctuée de photos et d’une pause gourmande. Nos pas se dirigent ensuite vers le Musée Maritime Néerlandais (je vous épargne le nom en V.O.) pour apercevoir l’Amsterdam (quel nom original !), réplique d’un trois-mâts du XVIIIème. Nos jambes calent un peu. Nous tirons doucement jusqu’à Centraal puis rejoignons la fête qui bât son plein. C’est à présent une véritable marée humaine qui squatte la ville. Dans certaines ruelles, nous pouvons à peine nous retourner (Ben, tu avais raison…), et c’est avec grand peine que nous fendons les attroupements autour des bistrots. Même les cyclistes n’ont plus aucun pouvoir. Au cœur des canaux, c’est encore bien pire. Le trafic y est si dense que l’on n’aperçoit même plus la surface de l’eau ! Mais visiblement, ça n’a l’air de déranger personne. Devant les ponts trop étroits, les embarcations stagnent les unes contre les autres. Leurs passagers, imbibés pour la plupart, se trémoussent sur de la techno endiablée, bière à la main et pétard à la bouche… La débauche totale, quoi ! Moi qui étais curieux de voir à quoi ressemblait cette fameuse Koninginnedag, je ne suis pas déçu. Tandis que l’on s’éloigne de cette orgie, de timides rayons de lumière transpercent les nuages pour s’offrir à nous. J’ai l’impression que l’on ne voit le soleil que quand il se couche. J’exagère en disant cela, mais force est de constater que depuis notre arrivée nous ne sommes pas très gâtés par la météo. Ce soir, on s’offre un resto indien, une première pour moi. Un régal ! Nous y reviendrons avant la fin du séjour, c’est promis ! Rassasiés et cuits, nous ne veillerons pas tard ce soir-là. La suite, c’est pour demain...
Jeudi 1er mai : Amsterdam au fil de l'eau Il est 8h30. Le petit déjeuner est déjà derrière nous. C’est dans une ville morte que nous entamons la journée. Les camions poubelles ont de quoi s’occuper. Bouteilles vides et déchets jonchent le sol, séquelles de la fiesta de la veille. Pour le moment, il fait beau, mais il ne faut présager de rien, maintenant on sait que ça tourne vite ici. Comme me disait Ben à propos de sa Belgique natale : « S’il ne pleut pas, c’est qu’il a plu ou qu’il va bientôt pleuvoir ». Un adage qui pourrait parfaitement s’appliquer à sa voisine néerlandaise. Le Begijnhof est enfin à nous. C’est dans un silence quasi-religieux qu’Anne et moi baladons dans cette paisible cour intérieure qui abrite l’une des dernières maisons en bois de la ville. Puis nous arrivons au bord du Singel. Sur l’autre rive, les flèches élancées de l’église De Krijtberg attirent notre attention. Nous traversons le canal pour nous y rendre. Alors qu’une messe est sur le point de débuter, nous apprécions quelques instants l’intérieur de l’édifice. Notre chemin nous mène ensuite jusqu’au Bloemenmarkt. De nombreuses variétés de fleurs sont alignées sur ce marché en équilibre au bord de l’eau. Evidement, Anne ne peut résister à l’achat de quelques bulbes. La Munttoren se dresse au bout de l’allée. Sur Rembrandtplein, il est impossible de s’approcher de la statue en bronze du célèbre peintre néerlandais, emprisonnée par une scène et des échafaudages provisoires. Un concert a sans doute été donné ici même hier soir si l’on en juge par la saleté des trottoirs. Après de multiples clichés ayant pour thème les canaux et les pignons, notre route nous conduit naturellement jusqu’au Magere Brug. Il s’agit du plus célèbre pont de la ville, qui enjambe l’Amstel, et permet par son ingénieux système de bascule le passage des bateaux imposants. Justement, en voici un qui s’approche. Anne et moi, tel deux gosses, observons la scène. Puis nous remontons vers la place pavée du Nieuwmarket et le quartier chinois. D’ici, nous accédons à la Zuidekerk. Renseignements pris, nous participons à la visite du clocher. Seul un couple se joint à nous. Au fur et à mesure des étages, nous apercevons le carillon et les énormes cloches que renferme l’édifice. Au sommet, la vue n’est pas aussi belle que nous l’espérions. Les grands bâtiments surgissent au milieu des toitures, mais l’on ne distingue pas très bien le dessin des canaux. Moyennement satisfaits de cette exploration, il est temps pour nous d’aller remplir nos panses dans un resto asiatique. La météo jusqu’ici peu coopérante, nous hésitions à entreprendre une sortie en bateau-mouche. Mais nous décidons tout de même d’explorer la ville depuis les flots. Une sympathique promenade d’une heure, qui permet d’apprécier Amsterdam sous un autre angle, à travers le dédale de canaux qui serpente au cœur de la cité. Malgré de nouvelles petites averses, je réussis à mettre en boîte quelques images de cette virée fluviale. Nous avons ensuite erré le restant de l’après-midi, selon un itinéraire souvent hasardeux uniquement guidés par notre curiosité. C’est dans un fast food proche de la Place du Dam que nous avons pris le dernier repas du jour. En faisant un aller-retour à notre hôtel pour y déposer nos sacs, un magasin aguiche nos regards. Il se nomme HempShopper et propose du cannabis sous toutes les formes possibles et imaginables. Outre les classiques graines, on y trouve également des tisanes, des tablettes de chocolat et même des sucettes. Avis aux amateurs ! La nuit nous a entraîné dans le Quartier Rouge. Les néons des coffees et des sex-shops éclairent cette sombre artère où les prostituées s’exhibent en vitrine. Certaines sont terriblement jeunes. Ici, l’hypocrisie n’est pas de mise et rien ne se fait en catimini. Amsterdam, capitale du sexe, de la drogue, mais avant tout de la tolérance…
Vendredi 2 mai : Lettres de mon moulin... et de mon stade En cette belle matinée, nous abandonnons A’dam pour la première des trois excursions inscrites à notre programme. Un train nous dépose à la petite gare de Koog-Zaandijk, à moins d’une demi-heure de la capitale. C’est à Zaanse Schans que nous nous rendons, site très prisé pour ses typiques moulins à vent hollandais. Le fléchage nous conduit jusqu’au bord du Zaan, puis un bac nous dépose sur l’autre rive en cinq minutes. Nous nous retrouvons dans un cadre idyllique. De jolies maisons d’un autre temps se reflètent dans un paisible cours d’eau. Une cane promène ses petits sous le regard attendri des promeneurs. Anne et moi traînons un peu dans ce petit hameau dépaysant, intrigués par une délicieuse et persistante odeur de chocolat qui flotte dans l’air… A l’écart du village, vaches et moutons paissent au milieu des polders. Nous voici maintenant sur la Kalverringdijk, un sentier en bordure de la rivière sur lequel s’alignent les fameux moulins à vent. Le premier, dénommé « De Kat » (le chat), se dresse devant nos yeux. Moyennant quelques euros, nous pénétrons les entrailles où le mécanisme, composé d’énormes engrenages, relie les ailes à la meule. Des illustrations d’époque agrémentent les lieux. Au niveau supérieur, devant l’enfilade des moulins le long du Zaan, mon numérique ne résiste pas longtemps. Nous flânons ainsi une heure durant dans ce paysage de carte postale où la nature est reine. Canetons en balade ou héron en quête d’une proie, la faune locale ne semble guère importunée par la présence humaine. De retour au village, nous faisons la tournée des rares commerces plantés là. Une fromagerie organise une démonstration sur la fabrication de ses produits. Un musée-boutique dédié au sabot fait étalage de centaines de paires. Il y en a de toutes sortes, pour tous les goûts, pour toutes les bourses. Nous revenons tranquillement jusqu’au quai en prenant soin de ne rien manquer de ce havre de paix. En direction des moulins, un dernier coup d’œil, un dernier cliché, et le bac nous récupère. A Zaandijk, la présence d’une imposante usine à cacao lève le voile sur le mystérieux parfum qui a enchanté nos narines pendant des heures. En gare, le train pour A’dam ne se fait pas attendre bien longtemps. Il est 14h15 déjà à notre arrivée à Centraal. Un casse-croûte acheté sur place fera office de repas. Anne et moi convenons de programmes différents pour l’après-midi. Un petit bout de chemin ensemble, puis ma bien-aimée file vers le quartier des musées tandis que je rejoins Nieuwmarkt. Pour les déplacements en ville, rien ne vaut le tram. Mais lorsqu’il s’agit de gagner la proche banlieue, le métro s’avère incontournable. A la station, je me fais aider d’une employée pour acheter mon ticket, puis j’emprunte la ligne 54 qui me dépose à Strandvliet. Depuis le quai, j’aperçois en contrebas le dôme de l’ArenA. Je passe devant la porte Noord et arrive aux portes de la boutique du club. A l’accueil, l’hôtesse me délivre le billet d’entrée combinant stade et musée. Ses explications empressées dans la langue de Shakespeare sont un peu trop indigestes pour moi (quand Anne n’est pas là, c’est moins facile…). Par chance, l’une de ses collègues maîtrise pas mal le français. Elle m’explique que le musée ferme ses portes à 16h30, heure à laquelle débute le tour de l’ArenA. Un laps de temps assez court, néanmoins suffisant car il n’est pas excessivement grand. Dans les vitrines, des maillots oranges de la sélection nationale côtoient ceux rouges et blancs de l’Ajax. D’ailleurs, un mur entier est tapissé des portraits des joueurs ayant revêtu les deux tuniques, et pas des moindres : Cruyff, Van Basten, Rijkaard, Bergkamp, Seedorf… Des vidéos retraçant les heures glorieuses de l’Ajax passent en boucle sur des écrans. Enfin, exposés au centre de la pièce, les trophées majeurs et les Coupes européennes. C’est déjà l’heure, je redescends dans le hall. Cinquante à soixante personnes patientent là. Cette mêlée se voit scindée en deux groupes par les organisateurs. Les néerlandophones d’un côte, le reste du monde de l’autre. Mon choix est vite fait. Je me retrouve au milieu de compatriotes, d’italiens et d’anglais. La découverte des infrastructures se déroule sous un soleil radieux, chapeautée par un jeune guide qui doit faire preuve d’une bonne dose de patience et d’humour pour maîtriser un groupe quelque peu indiscipliné. Pour ma part, je reste discrètement en queue de peloton pour shooter en toute liberté tous les coins et recoins de cette magnifique enceinte. Je ne prête pas beaucoup d’attention aux infos en anglais qui nous sont délivrées, préférant emmagasiner aux commentaires les images des très esthétiques gradins multicolores. Le circuit nous conduit successivement dans les tribunes, au bord de la pelouse, dans la salle de commande du toit rétractable, pour s’achever dans la salle de presse. Ce bijou ultramoderne, classé tout de même 5 étoiles par l’UEFA, a été inauguré en 1996 et peut accueillir plus de 51.000 supporters lors de matchs de football. Mais il est aussi le théâtre de nombreux concerts et spectacles. Pour la petite histoire, il avait été pensé à l’origine pour les J.O. de 1992, finalement attribués à Barcelone. Il est 17h45 lorsque j’attrape un métro pour rejoindre le centre-ville. Quelques sms échangés avec Anne que je retrouve une heure plus tard sur la pelouse du Museumplein, visiblement ravie de son passage au Musée Van Gogh. Malgré la fatigue, c’est à pieds que nous prenons la direction de l’hôtel, car nous sommes dans un quartier qui nous est encore inconnu. Longeant l’imposant Rijksmuseum, nous atterrissons à Leidseplein, une place animée par la foule et des artistes de rue. Sur Keizersgracht, nous cherchons le 401, adresse d’un musée de photographies qui s’appelle « Huis Marseille » (Maison de Marseille). Il tire son nom d’une tablette de pierre qui orne son front, placée ici par le propriétaire d’origine, et qui représente le Vieux Port. Nous trouvons assez insolite de voir ce petit morceau de la Cité Phocéenne affiché en plein cœur d’Amsterdam. J’immortalise l’image. La faim commence à se faire sentir. C’est à nouveau dans un resto italien que nous rentrons. Il est rempli, mais par chance l’une des dernières tables disponibles nous est destinée, tandis que de nombreux clients potentiels se voient gentiment refoulés à l’entrée peu de temps après notre arrivée. Les pâtes qui nous sont servies ne sont pas les meilleures du monde, mais nos estomacs sont calés, c’est bien là l’essentiel. Une courte pause digestive sur la Place du Dam, enfin vidée de ses manèges suicidaires, et nous regagnons nos pénates. Une nouvelle excursion nous attend demain, l’heure est au repos…
Samedi 3 mai : Les villages de pêcheurs Nos boissons chaudes dans les mains, nous attrapons de justesse le bus n°111. 45 minutes plus tard, au bout de la digue de Kruisbaakweg, il atteint la presqu’île de Marken et nous dépose devant le petit pont de Beatrixbrug qui marque l’entrée du village. Il est encore tôt. Eloignés de la capitale, nous échappons pour le moment à l’afflux touristique. Comme à Zaanse la veille, l’endroit respire la tranquillité. Un troupeau de moutons par-ci, un chat qui se prélasse par-là, un paisible canal sur lequel glissent quelques canards… La vie ici tourne au ralenti. Les nombreuses maisons sur pilotis témoignent des fréquentes inondations dont a été victime le village par le passé. Si certaines ont conservé cette architecture lacustre, d’autres ont aménagé une pièce au rez-de-chaussée. Dans la petite église, les maquettes de bateaux suspendues à la voûte rappellent l’importance du port de Marken. Le port justement, nous y allons. Là aussi, un calme olympien règne en maître. De part et d’autre, une piste cyclable traverse le tapis de verdure pour longer une mer d’huile. Des maisons similaires les unes aux autres sont ordonnées autour des bateaux ancrés. L’une d’entre elles est ouverte au public. Contre une poignée de piécettes, une vieille dame présente aux badauds un intérieur d’époque totalement reconstitué : costumes traditionnels, meubles, vaisselle, accessoires, décoration. Un bel aperçu de la vie d’autrefois. Chez un commerçant voisin, je me procure une jolie paire de sabots décoratifs pour la maison. Des étals de poissons dans une baraque à sandwiches attisent nos appétits, mais pour l’instant nous prenons place à bord du Marken Express. Il est bientôt midi, nous prenons la mer. La traversée n’est pas très longue, et notre destination apparaît doucement à l’horizon. Tandis que la navette s’apprête à accoster, nous avons déjà un aperçu de Volendam. Plus étendue, mais surtout plus fréquentée que sa voisine d’en face. Il y a du monde sur le port, mais également aux terrasses des cafés et restos. Nous achetons de quoi grignoter : moules frites et sandwich au crabe pour Anne, poisson frit pour moi. Nous profitons du joli cadre pour avaler nos repas sur la jetée, au bout de laquelle un héron imperturbable se laisse approcher, pour le plus grand bonheur des touristes et de leurs numériques. La rue la plus calme, Zuideinde, nous amène à la marina. Pas grand-chose à y voir, nous rebroussons chemin. Anne a flashé sur une babiole dans une boutique et elle souhaite y retourner. Je la quitte momentanément pour me rendre vers le petit stade du FC Volendam non loin de là. Un match de jeunes va bientôt commencer. Je monte dans les tribunes pour quelques photos avant de retrouver Anne sur le port. Un petit tour de lèche-vitrines, et je me fais plaisir à mon tour en m’offrant un t-shirt orange estampillé « HOLLAND ». Le genre de fringue que j’avais déjà repéré dans les échoppes amstellodamoises, sauf qu’ici c’est moitié moins cher. Ravis de nos achats, nous prenons Noordeinde. Une artère garnie d’une flopée de « gifts shops » et d’une foule importante. Un autocar tente même une manoeuvre risquée dans cette étroite rue. La sérénité de Marken me semble déjà bien lointaine et me rendrait presque nostalgique. Nous renonçons à avancer, et par une ruelle dérobée nous tombons sur St-Vincentiuskerk, une église dans laquelle nous trouvons le calme pour quelques instants. Nous voici maintenant à la sortie de Volendam. Notre dernière étape est à moins de 3 km de là, nous y allons à pieds. Une balade dans un cadre agréable qui nous amène, au terme de quarante minutes de marche, aux portes d’Edam. Nous filons droit devant, sur Damplein, une place où sont réunis l’office du tourisme, le petit musée de la ville et un inhabituel pont en forme de dos d’âne qui recouvre le canal. Un peu plus loin se dresse la Speeltoren (Tour du Carillon), unique vestige d’une église aujourd’hui disparue, et qui abrite à présent une galerie d’art. Nous terminons par la Grote Kerk. Alors même qu’un marché aux livres se déroule au cœur de cet édifice, Anne et moi faisons le tour des lieux. Les vitraux représentent les armoiries des diverses villes et régions des Pays-Bas. A l’extérieur, un cimetière jouxte l’église. De nouveaux clichés dans l’escarcelle, nous partons à la recherche de l’arrêt de bus le plus proche. Nous ne patientons pas bien longtemps, le premier à se pointer est le bon. Nous rentrons sur A’dam, la boucle est bouclée. 19h et des poussières. La journée a été longue et fatigante. Malgré ça, nous puisons dans nos dernières ressources pour nous aventurer dans le Vondelpark. 48 hectares de pelouses et de bassins font de cet espace vert le véritable poumon de la ville. Il s’anime, les soirs d’été notamment, lorsque musiciens et artistes s’y produisent. Il est aussi lieu de rendez-vous de la jeunesse Amstellodamoise qui vient s’adonner à la consommation de substances plus ou moins douteuses. Un excellent dîner thaï conclura cette belle journée, riche en découvertes et en images…
Dimanche 4 mai : Flower Power Le ciel est clair. En cette matinée, A’dam n’est pas encore tout à fait réveillée. Seul le défilé des trams anime les rues dépeuplées du centre. Sur le Damrak, les bateaux-mouches dorment encore. Nous prenons un petit-déjeuner rapide près de Centraal Station, puis un train nous convie à son bord. La dernière de nos trois excursions nous conduit ainsi à Leiden. A notre arrivée sur place, nous rejoignons une file déjà bien longue qui s’est formée sur le parking des bus. Le 54 chargé de faire la liaison avec Lisse apparaît bientôt, récupérant tout ce beau monde. Une demi-heure plus tard, le chauffeur dépose ses passagers aux portes du Keukenhof. Un immense orgue de Barbarie trône à l’entrée du parc. Sa musique et ses personnages animés charment les plus petits. Il n’est pas encore 10h15, nous attaquons la visite. Pour vous donner une idée, voici quelques chiffres qui filent le vertige (OK, elle était facile celle-là…). Le parc s’étend sur 32 hectares tapissés de 4, 5 millions de tulipes dont une centaine de variétés, ce qui en fait l’attraction touristique la plus importante des Pays-Bas. Ouvert au public seulement deux mois par an en période printanière, il ne faut pas s’étonner de trouver une foule si nombreuse en cette belle journée. Alors que je commence à m’attarder devant les premiers parterres de tulipes, Anne s’impatiente. Bon c’est vrai, je ne vais pas prendre une photo de chaque fleur, sinon on va en avoir pour la vie des rats… Je fais l’effort, malgré la tentation constante de faire un cliché toutes les dix secondes. Il y a tant de couleurs et d’originalité étalées sous nos yeux qu’il serait dommage de ne pas capturer ces belles images. Anne stoppe net devant une baraque en bois. Ici, on peut commander et se faire livrer des bulbes, trop tentant pour ma bien aimée. Pendant qu’elle feuillette le catalogue, je m’éclipse et profite pour shooter tout ce qui m’entoure. Du mauve, du jaune, du rouge, je m’en mets plein les mirettes… et l’objectif. Des pavillons thématiques abritent également des bouquets et des compositions florales magnifiques. Nous passons près d’un lac, où canards et cygnes mendient auprès des visiteurs de quoi grignoter. Après plus de quatre heures à déambuler au milieu de cet océan multicolore, le bus peut nous rapatrier, tandis que les derniers champs de tulipes se dévoilent au bord de la route. Il est encore tôt. Nous profitons du restant de la journée pour rester à Leiden. Cette « Amsterdam miniature », qui a vu naître Rembrandt, n’est pas très prisée des touristes. C’est pourtant une ville charmante dans laquelle nous avons vadrouillé. Le moulin De Valk, planté au bord d’un canal, pose pour moi. L’imposant bâtiment de l’Hôtel de Ville n’est pas mal non plus. Certaines rues sont complètement vides, nous avons l’impression d’être seuls dans les environs. L’église de Pieterskerk est en réfection, nous n’en verrons que les abords. Depuis le pont de Korensbeurbrug, les terrasses flottantes des troquets affichent complet. Nous arrivons au Château de Burcht. Un bien grand mot pour qualifier ce qui n’est en réalité qu’un mur d’enceinte de forme circulaire, érigé sur une butte au centre de la ville. La vue depuis le sommet n’est toutefois pas négligeable. Un dernier détour par un pont à bascule, petite sœur du Magere Brug d’Amsterdam, et nous filons à la gare. De retour dans la capitale, nous tenons notre promesse en dînant à nouveau au resto indien. Rentrés directement à l’hôtel, nous préparons nos bagages. Car demain le voyage prendra fin, quand en soirée nous débarquerons à Marseille. En attendant, c’est la dernière nuit à A’Dam…
Lundi 5 mai : Tot Ziens Holland ! Les bagages déposés à la réception, nous errons une dernière fois dans les alentours. Un joli ciel bleu ensoleillé nous fait l’honneur de sa présence. Lui qui nous avait tant fait défaut au début du séjour s’est bien rattrapé par la suite. Et il est le bienvenue, car ponts, façades et canaux posent pour les ultimes photos du voyage. Des costumes oranges exposés dans une vitrine sont là pour nous rappeler l’insolite Koninginnedag découverte quelques jours auparavant. Dans une librairie du Bloemenmarket, Anne et moi choisissons un livre en français sur Amsterdam. Nous hésitons un petit moment, car les éditions qui nous sont proposés semblent dater d’une vingtaine d’année au moins. Apparemment, il y a belle lurette que les illustrations de ces bouquins n’ont pas été remises au goût du jour. Nous achetons tout de même un exemplaire, dont les photos « vintage » nous amuserons dans le train du retour. De retour vers l’hôtel, nous passons inévitablement par la Place du Dam. Des couronnes de fleurs tricolores s’entassent aux pieds du Monument National, célébrant ainsi l’anniversaire de la fin de la Guerre et de l’occupation nazie. Dans AH, un stock de chocolats et de biscuits, destinés à notre consommation personnelle et celles de nos proches, constituent l’essentiel de nos emplettes. Nous saluons le réceptionniste et quittons définitivement le Tamara pour la gare. Le 13h56 est à l’heure. Tandis que le train laisse Centraal Station derrière lui, nous prenons place et déballons les en-cas prévus pour affronter les trois petites heures qui nous séparent de Bruxelles. Je trie les derniers clichés pour tuer le temps. Moins d’une heure plus tard, comme à l’aller, le Kuip de Rotterdam se montre à la fenêtre. C’est ainsi que la Hollande deviendra bientôt une escapade mémorable dont je retracerai le parcours, relaté par ce récit et un millier d’images... 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂
Deux semaines (trop courtes) au Kerala English translation pending
Je prends (enfin !) le temps de faire un retour sur notre voyage au Kerala. Quelques renseignements pratiques, mais surtout quelques impressions qui seront peut-être utiles… ou feront rêver.
Le contexte : je suis partie du 4 au 19 avril dernier, avec mes deux enfants de 12 et 15 ans. Un second voyage en Inde pour eux, après un séjour un Rajasthan, et un troisième pour moi, le Kerala ayant été précédé quelques mois plus tôt par le Tamil Nadu. Deux semaines, bien sûr, c’est trop court et hyper frustrant, d’autant plus que moi, je me sens plutôt bien en Inde. Mais il faut faire avec, ce qui nous a amené à privilégier quelques « stops » parmi les plus faciles d’accès. A une prochaine fois donc le nord et le theyyatam, les coins reculés de Wayanad, Kannnur et ses plages… Pas question non plus de se serrer la ceinture à outrance : les économies on en a fait un maximum avant, on va privilégier le plaisir (quoique, bien entendu, plaisir ne rime souvent pas avec luxe). E puis aussi, si vous voulez comprendre un peu nos choix, disons que la mère est partie littéralement crevée. Alors, pas question de s’épuiser inutilement.
Nos stops (avec en gras les endroits où nous avons passé la nuit) : Cochin - Thattekad – Marayoor – Chinnar – Munnar – Varkala – Allepey - Aranmula – Ettumanur – Thattekad.
En bref : un très beau voyage, où le contact avec la nature et la « ruralité » nous ont le plus apporté. La montagne, la mer, les backwaters, les petites villes… le Kerala nous a offert une belle diversité. Si c’était à refaire, je planifierais autrement les choses pour éviter les longs déplacements que j’avais choisi d’effectuer, pour voir autrement la campagne, en voiture. A noter que les chambres sont pour 3 personnes .
Ca commence comme ça…
5 et 6 avril - Cochin : après une escale à l’aéroport/centre commercial de Dubaï (c’est dingue : à deux heures du mat, une véritable atmosphère de grand magasin à la veille de veille de Noël!) le choc : il fait chaud ! C’est humide ! Pas facile tout ça après un vol où personne n’a pu fermer l’œil. Et pas neutre non plus quant à l’image que je garde de Cochin : j’ai l’impression de revoir les petites rues tellement calmes de Fort Cochin comme dans une sorte de brouillard. Je ne connaissais pas cette Inde là : des arbres partout, des rues quasi désertes (évidemment, on n’est pas en haute saison touristique et les Indiens ne sont pas cons, ils ne sont pas dehors à cette heure là !). Je n’entends même pas de klaxon ! Etrange.
Après une journée à flâner et une petite sieste, on se traîne jusqu’au premier resto : Addy’s. Le poisson cuit dans une feuille de bananier se laisse manger mais les accompagnements (trois ( !) frites et du concombre) sont ridicules et le curry de légumes de ma fille « not too spicy, please » est carrément insipide, alors que la facture, elle, est plutôt salée. Leçon no.1 : se fier à son intuition ! On va finir la soirée sur une terrasse qui ne paie pas de mine et où les enfants engloutissent quelques pakoras. Un aigle, à l’aigle brisée, vient animer notre soirée et on rigole bien avec le serveur. Ca y est, j’ai l’impression que le voyage commence. De retour à notre pension (Henri’s Anchorage : 800 rps…) la proprio nous attend avec quelques tranches de gâteau (une spécialité des chrétiens du Kerala) et du vin (sans alcool), le tout « fait maison » et agrémenté d’un gentil « happy birthday ». Eh oui, mon « pauvre » fils n’avait pas pu fêter son anniversaire comme il se doit, puisque nous sommes partis en voyage ce jour-là (le pauvre…). La gentille dame de la pension n’avait pas l’esprit ailleurs lorsqu’elle a rempli nos fiches ! Une « maison », vous le constatez, au service très attentionné.
Le lendemain nous consacrons la journée aux quelques visites « classiques » de Cochin. Matttanchery semble être un endroit vraiment sympa et vivant. Ca me fait un peu penser à une ville… à la campagne. Malheureusement, c’est dimanche. La majorité des petits commerces sont fermés et les autres, près de la synagogue, regorgent d’objets « que pour nous les touristes ». Un peu décevant. C’est le soir que nous avons le sentiment de « toucher » vraiment à la vie de cette ville, en bord de mer, alors que les Indiens prennent le frais au coucher du soleil. C’est magique : j’avais oublié comment est belle la foule en Inde, éclatante de couleurs. J’allais oublier : il y a aussi les fameux filets chinois ! Ils sont beaux, c’est vrai (comme sur les photos…) mais moi c’est la foule bigarrée qui retient mon attention. Les enfants vont et viennent, je les vois faire la queue pour s’acheter une glace qu’ils devront lécher bien rapidement : le soleil a peut-être disparu à l’horizon mais il fait encore très chaud.
Le soir, un dîner fabuleux au Fort House. Eh oui, c’est probablement un ghetto à touristes. Eh oui, c’est plutôt cher. Mais les plats de poisson sont d’une finesse que je n’ai retrouvée nulle part ailleurs (il ne faut pas non plus oublier une excellente salade de mangues, presque aussi bonne que celles que je cuisine à la maison…) et le fait de manger les pieds quasi dans l’eau est tellement reposant. Le Seagull à côté est, paraît-il, plutôt bien : il est en tout cas très fréquenté, et très bruyant…
Au final, nous ne garderons pas un souvenir impérissable de Cochin. Mais soyons honnête, ce n’est pas la faute à Cochin. Nous étions tout simplement trop fatigués pour vraiment l’apprécier et dimanche n’était pas l’idéal pour découvrir la ville. Mais pour qui sait sortir du quartier le plus touristique de Fort Cochin, l’endroit recèle certainement de jolies découvertes, avec la possibilité d’une plongée si besoin tout en douceur au Kerala. Next time.
7 au 10 avril – Thattekad, Marayoor et Chinnar : j’avais, avant notre départ, réservé un trek de 2 jours et demi dans le parc de Chinnar. Une décision que j’avais remise en question jusqu’à la dernière minute. L’organisation, la planification, ça ne correspond pas à mon idée des vacances. Mais bon, ayons l’esprit ouvert. En fait, ce furent parmi les plus beaux moments de notre séjour. Et je ne regrette pas du tout ce « luxe » que nous nous sommes payés (Wild Kerala Tour, 5500 rps par personne tout compris).
Nous nous rendons tout d’abord jusqu’au parc ornithologique de Thattekad où nous attend Vinod, notre guide pour les prochains jours. En taxi, pas le choix : on a avec nous plus de 30 kg de vêtements que nous comptons amener à Munnar (disons que nos vêtement ne sont pas très adaptés à un climat tropical…). A Thattekad, nous plongeons pour la première fois dans la forêt. Les bruits des animaux, leurs traces, les drôles d’insectes et les papillons, le goût des plantes et des fruits qui s’offrent à nous… On est bien. Vinod est charmant. Les prochains jours s’annoncent bien… même si notre ballade a pris fin dans un bain de sang. Enfin, pour mon fils, courageuse victime d’une « attaque» sournoise de sangsue! Mais on connaît maintenant la conjuration : une petite pincée de sel et ça y est, il n’y a plus qu’à ne pas trop se tacher.
Ensuite, c’est reparti pour la montée vers Munnar. Une véritable révélation : comme c’est vert! Un vrai paradis végétal. J’ai l’impression que nous sommes des nains de jardin en balade chez Truffaut... J’ai plusieurs de ces plantes chez moi, mais si petites, si maladives (bon, je l’avoue, je n’ai pas le pouce vert). C’est une révélation aussi que toutes ces maisons immenses et luxueuses qui jalonnent la route. L’Inde est en plein boom économique et, ici, ça se voit !
A Munnar, après nous être délesté de nos bagages pour ne garder que l’essentiel, nous prenons le bus, direction Marayoor. Les plantations de thé sont… comme sur les photos (!), mais là je les découvre sous la pluie. Une pluie qui nous oblige à fermer les « stores » du bus ce qui, du coup, nous donne plus l’impression d’être dans un manège de fête foraine que dans un bus (comme si on volait… tout en prenant parfois de sacrés coups. Un peu, pour ceux qui connaissent, comme le « Chatbus » de mon Voisin Totoro… mais en plus violent.). Il faut dire que l’on est tout à l’arrière, moi et Vinod. Quant aux enfants, à qui nous avons trouvé une place vers l’avant… ils dorment !
A Marayoor nous prenons une chambre à l’entrée de la ville au Marayoor Tourist Home (300 rps, basic mais correct). Les chambres sont disposées autour d’une cour en gravillon en contrebas de la route. On dirait presque un motel américain.
La ville semble se résumer à la rue où nous faisons nos courses pour les deux prochains jours. Il n’y a rien à voir et pourtant je m’y attarderais bien. Quelques étals, un bon chaï, la campagne tout autour, des fleurs qui poussent dans les ravines au bord de la route (je vois parfois les mêmes, dans les vitrines des fleuristes « de luxe » parisiens)… Mon fils mitraille avec son appareil photo un épouvantail accroché à un bâtiment en construction. C’est vrai qu’à la nuit tombée, l’impression est saisissante. On croirait un décor digne d’Halloween. Je suis toute fière de pouvoir expliquer aux enfants qu’il s’agit d’une pratique visant à protéger les immeubles en construction des mauvais esprits… J’en avais aperçu plusieurs quelques mois auparavant dans la campagne autour de Mammalipuram.
La nuit est… noire. Je m’aperçois que l’électricité, à Marayoor, c’est quelque chose qui va et qui vient… Et bien sûr, j’ai oublié nos torches, alors que le plus souvent je les traîne quasi pour rien. C’aurait été tellement plus pratique que ces petites bougies avec lesquelles je dois me battre pour qu’elles tiennent à peu près droites ! Le lendemain, nous parcourons en rickshaw les 12 kms qui nous séparent de l’entrée du parc. La végétation change très rapidement. Ici, tout est beaucoup plus sec et la forêt beaucoup plus clairsemée. La vue porte loin et, quelle vue.
La marche est rude au soleil et les montées n’en sont que plus pénibles mais nous n’avons surtout pas à nous plaindre : 4 hommes de la tribu locale des Pulaya portent tout ce dont nous aurons besoin jusqu’à la petite hutte de terre où nous passerons la nuit, au sommet d’une falaise. Et là, un vrai coup de foudre. Quand je ferme les yeux, je revois cette immense plaine à nos pieds et les montagnes qui se détachent sur l’horizon. J’entends le barrissement des éléphants, le croassement des grenouilles, les cris des singes, les oiseaux… Je salive en repensant à ces savoureux repas qui ont été cuisinés pour nous… Nous partons traquer les animaux que nos guides ont repérés. La nuit tombe, l’orage gronde sur le Tamil Nadu qui s’étend devant nous. Un bonheur… mais pas partagé par tous : selon les enfants, ça grouille de bêtes dans la hutte ! Mais bon, moi je suis myope comme une taupe… c’est pratique parfois…
Le lendemain, nous repassons par le « checkpoint » (où nous ferons un arrêt malheureusement trop long) avant de suivre le cours d’une rivière jusqu’à notre second hébergement. Je me croirais dans le Livre de la Jungle… On fait une trempette, observés par une foule de singes Langur et… par un gros sanglier pas vraiment sympathique. Vinod, notre guide, nous « abandonne », juste avant la nuit, entre les mains de gardes du parc que nous ne connaissons pas et qui parlent très peu anglais (le règlement !!! Ca, c’est à revoir.) Mais bon, comme nous sommes fatigués nous nous couchons peu de temps après la tombée de la nuit.
Réveil avec le lever du jour. Ce sont nos derniers moments à Chinnar. Nous reprenons la route vers le checkpoint où nous retrouverons Vinod avant de sauter dans un bus pour Munnar. La route cette fois-ci se fera sous le soleil… avec en fond sonore un film d’aventure tamoul.
10 et 11 avril – Munnar : Vinod reste à Munnar avec nous jusqu’en fin d’après-midi. Nous accompagnons Nohan, un élu local et aussi proprio d’une agence de « tourisme d’aventure » à Munnar (Trackfinder, 09447266632), dans un centre social où sont pris en charge les enfants des familles parmi les plus pauvres de la ville. Je me sens un peu bête parmi tous ces enfants : en général, nos « dons » sont un peu plus anonymes. Mais j’avais bien visé : les vêtements chauds semblent vraiment beaucoup leur plaire…
Nous optons pour un homestay à proximité du centre social (Theresian Homesaty, 700 rps). La chambre est vaste et très propre, l’endroit très calme, en retrait de la route principale, tout en étant proche du centre. Mais la vue est quelconque : on n’aperçoit même pas les plantations de thé. Et la proprio est assez… distante (le manque de chaleur de l’endroit sera toutefois compensé par les bains de vapeur du centre de massage Marayu qui se trouve à proximité et où nous nous ferons tous massés le soir venu. C’est qu’il fait quasi froid à Munnar !).
En fin d’après-midi, nous allons tous nous éclater à la Munnar Mella, tout à la fois foire et fête foraine. Les stands nous donnent à voir tout ce que nous n’avions jamais demandé à voir en venant à Munnar : ustensiles de cuisine indispensables à la bonne ménagère, outils de jardinage, pubs pour les projets de développement de la région, techniques d’insémination des vaches et fœtus de veau dans le formol, programmes des cours de l’école d’hôtellerie… Côté fête foraine… alors là, j’ai carrément l’impression de faire partie d’un tableau surréaliste. La foule se presse sur un terrain boueux où sont installés des manèges qui ne sont ni plus ni moins que ceux que j’ai connu enfant… mais dans un état que probablement même mes parents n’ont pas connu ! Il y a la rouille, bien sûr, qui vient un peu atténuer le débordement des couleurs, mais il y a surtout des mécanismes euh… que je ne sais trop comment qualifier (mais ça fait peur !), des moteurs qui crachent, des grincements, de la fumée noire qui tout à coup s’échappe de dessous un manège… Mon fils nous regarde horrifié, moi et ma fille, faire un tour de grande roue (la vue est si belle…), puis un autre dans ces espèces tasses qui tournent (j’ai mal au cœur…). C’est une folie, je le concède. Jamais, même en France, je ne fais confiance à ce type d installations. Quand on parle des Fous de l’Inde… Ici, ce serait plus « Fous en Inde… ». Disons simplement que le risque n’était probablement pas plus grand que celui que l’on court quotidiennement sur les routes indiennes (rationalisation de mon inconscience que tout cela. Bon, je ne recommencerai plus).
Il y avait aussi, tout au bout du terrain où se dressaient les manèges, une étrange installation. Imaginez une structure circulaire en bois surmontée d’un chapiteau, au sommet de laquelle il est possible de monter par des escaliers en métal rouillé. Des spectateurs sont agglutinés tout autour de la structure (un tube évasé surmonté d’une toile), sur des estrades métalliques. Ma curiosité est piquée : nous payons nos 10rps et commençons l’ascension de la structure lorsque, tout à coup, un vacarme épouvantable accompagné de terribles vibrations nous prend aux tripes. Arrivée en haut, je réussi à me faire une petite place entre deux spectateurs (j’ai le cœur qui cogne !) et ce que je vois me semble sorti tout droit de l’enfer. Des motos tournent à une vitesse folle, engagées sur les murs quasi verticaux de la structure de bois. Elles ne sont qu’à quelques centimètres les unes des autres. Leurs pilotes, hommes et femmes, se lèvent sur leurs sièges, se donnent la main tout en tournant, se croisent… C’est ensuite au tour d’une voiture de s’engager sur le mur, au milieu des motos! Son conducteur se hisse par la fenêtre ouverte, ne tenant le volant que d’une seule main. Le niveau de décibel est ahurissant, les vapeurs d’essence donnent la nausée. Je redescends, dégoûtée. Ce n’est pas mon premier voyage en Inde. J’ai vu la misère, la pauvreté. Mais là, je ne sais pas pourquoi, je suis sonnée. Payer pour voir des humains prendre de tels risques et vivre dans de telles conditions, y prendre plaisir… Ca me fait froid dans le dos. Même si, je l’admets, c’est loin d’être une particularité indienne.
Et puis il y a aussi ce spectacle de chiens savants qui rend tristes les enfants… Nous sommes les seuls à ne pas rire. Il est temps de rentrer.
Le lendemain, nous louons une jeep pour nous balader aux alentours de Munnar. Le petit déjeuner dans une échoppe au bord d’un lac de barrage est mémorable : vue splendide, chaï réconfortant et leçon « en live » de confection de parathas que nous dévorons par la suite accompagnés de sambar, le tout pour un gros total de 30 rps pour nous trois. Miam. Ensuite ? Eh bien, c’est avec plaisir que nous succombons à l’ « attrape-touristes » classique : la balade à dos d’éléphant, avec photo finale de l’éléphant caparaçonné et de sa « noble » monture protégée par une ombrelle… Plus kitsch, tu meurs, mais quelle rigolade. Et de voir tous ces touristes Indiens qui eux aussi se prêtent au jeu… c’est pas mal. Et disons, à notre décharge, que le lieu aurait pu être plus mal choisi : admirer du haut d’un éléphant un magnifique paysage de lac de montagne, on peut faire pire.
Nous continuons notre route jusqu’à Top Station. La route est grandiose mais, je ne sais si c’est en raison du brouillard, je ne vois pas trop l’intérêt à être venue jusqu’ici. Nous achetons des fruits de la passion et des « tree tomatoes » (une découverte pour moi) à une petite échoppe au bord de la route. Et ça, c’est un souvenir mémorable…
Retour à Munnar et déjeuner au Saravan Bhavan. Ca ne désemplit pas. Les places, aussitôt libérées, sont prises d’assaut aussi bien par des touristes indiens que par des locaux. Les feuilles de bananier sont vite jetées sur les tables et les serveurs se pressent pour nous servir et nous resservir d’une variété impressionnante de plats. Ambiance cafétéria, bruyante, conviviale. Les conversations vont bon train : un jeune couple de Bangalore, tout excité à l’idée de se retrouver le lendemain sur un houseboat, nous fait part de ses impressions de voyage, un marchand de montres nous évoque la situation économique de la ville… Les enfants s’empiffrent, surtout de riz. Pour le reste, il semble y avoir overdose. Dommage. Nous avions opté pour la « totale », à 45 rps ! Je n’avais pas remarqué que nous aurions pu faire beaucoup plus modeste…
L’après-midi, nous décidons de flâner dans les collines environnantes. C’est bon de marcher, au soleil, sans être écrasé par la chaleur. Afin de pousser un peu plus loin, nous arrêtons au hasard un conducteur de rickshaw qui se révélera tout simplement formidable. Comme on accroche bien, on décide de faire un bout de chemin avec lui. Bien sûr, il connaît plein de choses sur la culture du thé. Mais il se révèle surtout un guide plein d’entrain et d’humour qui fait connaître aux enfants aussi bien le secret des sifflets confectionnés avec les feuilles de thé que celui de ces feuilles que l’on déchire et sur lesquelles on souffle pour faire des bulles de savon (bon, pas de savon, bien sûr, mais c’est tout comme). Et on découvre, encore, un grand nombre de végétaux comestibles. On mange toutes sortes de graines, de fruits, mais le plus drôle ce sont ces petites plantes dont on écrase la tige pour en boire la sève et dont on mange ensuite la feuille. On a l’impression de brouter ! Dommage que nous n’ayons pas rencontré plus tôt Rajamani (09495187552). Ce sont souvent des rencontres comme celle-là qui nous font apprécier autrement un endroit.
Le soir venu, la question du « et maintenant, où va-t-on ? » est posée. Et là, rien d’évident. J’avais envisagé de descendre en bus jusqu’à Kottayam pour ensuite prendre le ferry jusqu’à Allepey. Mais face à l’éventualité de nous retrouver dans la chaleur écrasante des plaines (ce qui ne rend pas particulièrement de bonne humeur les enfants) et à la hâte qu’a ma fille de se baigner dans la mer, je décide de mettre tout de suite le cap sur Varkala. Une fausse bonne idée. Coûteuse (3500 rps de taxi) mais surtout épuisante et décevante. Quand nous optons pour un taxi, c’est le plus souvent pour pouvoir profiter de ce qu’il y a entre notre point de départ et notre point d’arrivée. Mais là, ce sera plutôt un chemin de croix…
12 et 13 avril – Varkala : Départ de Munnar à 7h00. Après un arrêt petit déjeuner vers 10h30 et la visite d’une plantation d’épices, nous atteignons en fin de matinée les abords d’Ernakulam. J’aurais préféré passer par la route de Kottayam, mais je me rends compte, trop tard, que Seluam a mis le cap sur le NH47 qui longe du nord au sud le Kerala. L’autre route serait beaucoup beaucoup trop dangereuse (sic). Nous ne percevons évidemment de la voiture que les aspects peu engageants de la ville –les bouchons, les grandes artères- et ses abords, comme presque tous les abords de ville, affreux et congestionnés. L’usage assez inusité que font les Indiens du klaxon n’est évidemment pas une découverte mais ce qui l’est, en revanche, c’est l’usage immodéré qu’en fait Seluam. Il a littéralement la main appuyée en continue sur le klaxon ! J’ai chaud. J’ai la tête qui menace d’éclater. Je ne vois rien des villes que l’on se presse de traverser et de la campagne environnante. Et, le clou de la journée, je m’aperçois trop tard que Seluam ne s’est pas arrêté à Kayamkulam pour que nous puissions faire la visite du Krishnapuram Palace où je lui avais pourtant demandé un peu plus tôt de nous arrêter. Grrrr.
Nous atteignons Varkala aux alentours de 16h30 et là, consternation : ça n’a absolument rien à voir avec l’image que je m’en étais faite. Evidemment, nous sommes tous crevés. Evidemment, une station balnéaire découverte sous la pluie ne se présente probablement pas sous son meilleur jour. Mais je suis sidérée devant tous ces panneaux accrochés aux arbres, aux clôtures, et qui à chaque intersection nous vantent les mérites ou nous incitent à visiter guesthouses, hôtels, salons de massage, agences de voyage, restos… Notre chauffeur est de mauvais poil, comme nous (ça se comprend, et lui il se tapera le chemin du retour). Je lui propose de nous laisser là, tout simplement, on se débrouillera bien, mais il refuse. Il me propose quelques guesthouse sur la Northcliff, un autre quasi sur la piste de l’héliport ( !) mais il est hors de question que nous louions une chambre derrière un barrage de commerces où se pressent toute la journée une foule de touristes. (Bon, je suis de mauvais poil, vous l’aurez compris). Tant qu’à être venue jusqu’ici, je veux la mer, tout près, et le calme (je crois que si je m’écoutais, je taperais du pied, comme une enfant, ou je m’effondrerais en sanglots. Mais bon, des enfants, il y en a déjà deux dans la voiture). J’essaie désespérément de nous faire conduire plus au nord, vers Odayam ou Edava, mais personne ne semble connaître, ni mon chauffeur ni tous ceux que je croise et à qui je demande des infos. Put… ! C’est une conspiration ou quoi.
Je finis quand même par me faire amener un peu plus au nord et je m’arrête au Wood House Cottage (1000 rps). Les constructions en continue ont pris fin. On se retrouve tout au bout de la Northcliff, juste à l’endroit où cette dernière redescends vers la mer. Un cottage est libre, le premier, tout au bord de la mer. C’est loin de correspondre à mon rêve mais bon, on s’arrêtera là. Adieu Seluam. Mauvaise pioche. Ca arrive.
Au final, nous ne regretterons pas le choix du Wood House. Le cottage est coquet et propre et, assis sur notre balcon, nous avons une vue magnifique sur la mer et la côte qui se prolonge vers le nord. La nuit, nous nous endormons avec le bruit des vagues qui se brisent sur les rochers en contrebas. Le lendemain matin, je découvre lors d’une longue balade vers le nord les sites d’Odayam et d’Edeva où je souhaitais m’installer à l’origine. C’est très calme, mais loin d’être désert. Les pêcheurs qui reviennent de leur nuit en mer remontent leurs filets. Je croise aussi des femmes, des enfants. Ca et là, je note la présence de quelques structures touristiques qui, en cette fin de saison, sont totalement vides. Pour un séjour prolongé, nul doute que c’est ici que j’aurais aimé m’installer. Mais pour quelques jours, en définitive, mieux vaut être près de « l’action » d’autant plus que les transports vers la plage de Varkala semblent quasi inexistants, du moins en cette saison, et que je n’ai toujours pas acheté de lampe torche, essentielle pour se déplacer une fois la nuit tombée. Je n’apprécie pas trop la grande plage de Varkala. Mais la petite plage de sable noir qui se situe à un jet de pierre de notre cottage est formidable. On y passe des heures dans l’eau… aussi chaude que celle d’une baignoire. Le soir, on flâne de ci de là, on se mange un poisson et on se retrouve, comme tant de monde, au Funky Art Cafe. C’est vraiment l’endroit « in » du moment, et ça se comprend. Nous aurons droit, les deux soirs que nous y passerons, à un concert de musique classique indienne. Car il ne faudrait pas l’oublier : on est en Inde !!! Et, qui plus est, au Kerala ! Les nombreuses boutiques tenues par des Cachemiris et des Tibétains pourraient nous amener à en douter…
Varkala… Décidément, si on considère que c’est encore une petite station, je préfère ne pas voir ce que doit être Kovalam. Disons que ça m’a un peu rappelé l’atmosphère un peu « baba » de certains coins de la Thaïlande il y a 20 ans, mais en beaucoup beaucoup plus développé (mes coins de prédilection, à l’époque, n’avaient même pas l’électricité). Ce n’est pas désagréable, d’autant qu’on peut se sauver assez facilement de la horde de touristes en cette saison. Mais ce n’est pas mon truc.
14 au 16 avril – Allepey : Le 14, nous prenons un train en fin de matinée pour Allepey, ce qui nous laisse suffisamment de temps pour faire trempette. Malheureusement, nous sommes expulsés de « notre »( !) plage par des pêcheurs qui remontent leur filet.
Pour un trajet aussi court, pas besoin de réservation. Nous prenons des places en sleeper (71rps). Le trajet est vraiment sympa. Il y a beaucoup de mouvements, les jeunes vont et viennent et les conversations vont bon train. Je déplie ma carte, sors mes guides, et tout le monde y va de son conseil pour que nous profitions au mieux de nos derniers jours de voyage. Il fait chaud mais les fenêtres ouvertes laissent passer suffisamment d’air et, surtout, elles permettent une première découverte des backwaters. Et ce qui est loin d’être négligeable, le train permet de se déplacer sans entendre le sempiternel bruit des klaxons. Ouf…
Arrivés à Allepey, nous sautons sur le quai de la gare et, là, je me fais avoir comme une « bleue ». La honte. Suite aux conseils de Stalingrad, forumiste grand spécialiste du Kerala et amoureux d’Allepey, j’étais entrée en contact avec Shameer, un chauffeur de taxi de ses amis. Celui-ci devait m’attendre à la gare d’où nous avions prévu trouver un hébergement et nous entendre sur un futur trajet dans la campagne, nous amenant d’Allepey à Thattekad.
Donc, pour faire court, il y avait bien quelqu’un à la gare qui m’attendait avec un grand sourire, mais ce n’était pas Shameer… en dépit de ce qu’il avait affirmé au départ (enfin, SHameer devait être là, mais un peu plus discret que l'autre chauffeur qui m'a bien eu). J’ai été un peu longue à la détente, j’aurais pourtant dû percuter en voyant le Jésus qui ornait le tableau de bord. Et le comportement du monsieur me semblait assez peu correspondre à ce que nos coups de fil m’avaient fait imaginer… Enfin, tout est bien qui finit bien. Shameer nous a retrouvés. On ne m’y reprendra plus.
J’avais envie, à Allepey, de m’installer hors de la ville, au bord de l’eau. Histoire de profiter du lieu, dans le calme. Nous tentons notre chance au Palm Grove Resort où nous nous installons dans un petit cottage avec une très chouette salle de bain en plein air. Quel plaisir de prendre sa douche sous les arbres, au milieu des plantes qui poussent partout ! Le cottage sera notre hébergement le plus cher de ce voyage (1250 rps) mais nous ne le regretterons pas. Nous sommes tout au bord de l’eau, loin de la route principale. Il y a une salle à manger en plein air où j’aurai de longues conversations avec Joseph, un jeune homme qui fait là son stage dans le cadre de sa formation en hôtellerie (un superbe cuisinier). Et il y a aussi des hamacs où les enfants passeront beaucoup de temps. De là, le spectacle est permanent. On voit passer sur l’eau les gens des environs mais aussi, ce qui ne nous donnera pas le goût de tenter l’expérience, les kettuvallam et leurs touristes qui profitent des backwaters. A certaines heures, on dirait une autoroute !
Allepey est certainement un de nos coups de cœur de ce voyage. Nous avons beaucoup profité de la ville où, curieusement, ne semblent pas beaucoup s’aventurer les touristes. Moi j’adore ces petites villes où très rapidement on peut prendre ses marques. Et les deux principaux canaux sont des points de repère qui facilitent bien les choses. Ce ne sont pas les principaux sites qui me laisseront un souvenir impérissable (les églises indiennes, bof… et les temples, quand on connaît le Tamil Nadu, sont plutôt décevants). Mais j’ai de magnifiques souvenirs des ballades dans les rizières qui entourent la ville et dans les quartiers où la campagne se mêle à la ville. Nous en avons aussi profité pour faire nos courses, conseillés par Joseph qui nous a orienté vers les boutiques « in » de vêtements pour hommes (bon, on n’est pas à Delhi…). Et puis, bien sûr, on a acheté quelques parapluies, une des grandes spécialités de la ville.
Nous avons préféré profiter des backwaters dans un petit bateau à rame, au lever du soleil. Départ à 5h40 .C’est magnifique de voir s’éveiller la vie dans les backwaters. Nous évoluons quelques temps sur de grands canaux pour ensuite nous engager dans certains canaux incroyablement étroits. Nous descendons parfois sur les berges pour nous délier les jambes et aller découvrir de magnifiques paysages. Il fait encore bon. On se laisse porter, au ras de l’eau, ce qui n’est pas désagréable. Notre balade nous aura coûté plutôt cher si je compare aux prix que certains offraient (150 rps de l’heure). Moi, j’ai payé 1200 rps pour un périple de 6 hrs, mais il faut dire que nous avions deux rameurs, ce qui n’est pas négligeable.
Et comment se remettre de tant d’émotions ? Par un bon massage, pourquoi pas. Et là, c’est la poursuite du bonheur. Total. Contrairement à Munnar, le massage s’effectue en partie assis, et en partie couché. Et il se termine par une séance de lavage : le corps, le visage, les cheveux. C’est un vrai bonheur, par cette chaleur, de se faire laver avec de l’eau très chaude. On en ressort tout sec et la moiteur prend un certain temps à se réinstaller. Ah ! Sudha, que de bonheur tu m’as fait connaître (un bonheur tel que moi et ma fille récidiveront le lendemain matin dès 7hrs) (Sreekrishna, Ayurveda Panchakarma Centre, 500 rps).
Après un superbe repas concocté par Joseph au Palm Grove, nous nous rendons en rickshaw à Marari Beach. Une vraie plage de carte postale. Les palmiers, les bateaux sur la sable : on se dit que ça, c’est une plage… Mais bon, il y a du vent et, surtout, une mer agitée qui, dès qu’on y trempe les pieds, nous fait bien sentir le danger. Je suis pourtant une bonne nageuse, pas trouillarde, mais là, je me suis contentée de rester au bord à barboter. Et j’ai terminée la baignade avec du sable collé partout (et comme je m’étais baignée avec mon tee-shirt, histoire de ne pas choquer d’éventuels passants, et que je n’avais pas de vêtements de rechange, je vous laisse imaginer les heures qui ont suivi…).
Le soir, on décide de se payer un bon resto. On choisit le Harbour, dont les cuisines semble-t-il sont les mêmes que celles du Chakara, le plus chic resto d’Allepey (selon le Rough Guide). Mais le Harbour est définitivement fermé, les enfants sont affamés, on est sur la route de la plage, il fait noir. Au diable la dépense, on tente le chic du chic au Chakara. Première surprise : un menu unique, de la mise en bouche ( !) au dessert. Deuxième surprise : le prix. 600 rps le repas !!! J’en tombe presque de stupeur. Mais bon, je suis curieuse… A quoi ça peut bien ressembler, un repas aussi cher en Inde ? Et le cadre est surprenant : disons, l’Inde telle qu’on la voit parfois représentée dans les pubs, d’un très bon goût « occidental », très raffiné et sobre. On casse le cochon, pour l’ « expérience ». On ne cadre pas trop avec le décor, c’est certain (c’est curieux, jusqu’ici je ne remarquais pas trop les taches qui maculent mes vêtements). Mais bon, pas grave, il est tôt et on est tout seul. Enfin, jusqu’à ce qu’un cameraman arrive, avec un éclairagiste, un perchman, une réalisatrice… et une SUPERBE actrice indienne qui ne parle pas un mot de malayalam et s’exprime donc en anglais. On assiste au tournage d’une pub qui, si j’ai bien compris, fera la promotion de plusieurs sites (commerces ?) de la région. Et nous qui voulions une petite soirée tranquille. Enfin, c’est ce que semblait croire le proprio du resto qui n’en finit plus de s’excuser. On finira par partir, en payant une note sensiblement réduite « en raison du dérangement ». Ouf ! L’apprentissage ne fut donc pas si dur pour notre porte-monnaie (soit dit en passant, le chic du chic est quand même moins cher qu’un simple repas en famille chez Courte Paille). Ah, au fait, ce n’était pas mauvais mais nous avons beaucoup regretté le biryani de chez … (bon, j’ai oublié le nom, mais ça ressemble à Allah… un resto tenu par des musulmans, en bordure du South canal. Une grande cafétéria, où les demi-portions sont bien suffisantes… Demandez, tout le monde connaît. Et ça vaut le coup.). Et aussi la bonne cuisine que l’on nous avait préparé en plein parc de Chinnar, loin de tout…
17 et 18 avril : Aranmula, Ettamanur, beaucoup de route (!) et Thattekad… Il n’y avait pas tant de route pour aller d’Allepey à Thattekad. Nous aurions fort bien pu prendre le ferry jusqu’à Kottayam, puis des bus. Mais j’avais envie de profiter de cette région du Kerala à laquelle m’avait fait rêver Arundathi Roy dans son livre Le Dieu des Petits Rien. Les backwaters, les rizières, les plantations … j’avais envie de sentir un peu mieux cet environnement, quitte à y revenir lors d’un prochain voyage. Deux endroits m’attiraient plus particulièrement: Aranmula, réputé pour sa fabrication de miroirs en métal et Ettamanur, pour y admirer les fresques du temple de Mahadeva. Nous avons donc loué une voiture pour cette journée d’exploration. Pas la meilleure idée du voyage.
Départ pour Aranmula. Nous passons progressivement d’un paysage où dominent l’eau et les rizières à un environnement boisé et vallonné qui annonce le tout début des ghats. On mesure ici l’importance de la culture du riz. Il y en a partout : étalé pour sécher le long des routes, dans de gros sacs, à l’arrière de camions qui en assurent le transport… Il y a bien peu de machinerie agricole. Cette industrie qui nourrit des millions de personnes est encore ici très artisanale.
Le temple d’Aranmula occupe le centre du village. Nous trouvons une petite boutique où sont exposés quelques miroirs : jolis mais, malheureusement, gâchés par l’inscription « valkannadi mirror », gravée juste sous la surface réfléchissante. Il est probablement important de bien montrer à tout le monde que l’on possède un spécimen de ces miroirs si spéciaux, autrefois réservés à la royauté… Mais de toute façon, si je suis venue jusqu’ici, c’est que j’étais très curieuse d’en découvrir la fabrication. Nous trouvons finalement une famille d’artisans. Nous traversons la maison, tout en longueur, qui débouche sur un atelier ouvert sur le jardin, véritable jungle au milieu du village. Il fait incroyablement chaud. Quatre hommes, assis à même le sol, font couler le métal fondu dans des moules de terre, cisèlent le métal, polissent les surfaces. Mais ce qui fait la spécificité de ces miroirs, c’est que leur surface réfléchissante n’est pas faite de miroir mais de métal poli. Tel que je les vois, ces hommes doivent travailler de la même manière et dans les mêmes conditions qu’il y a des centaines d’années. Leurs gestes sont lents, précis.
De petits miroirs, tous identiques, sont en cours de fabrication. Un Indien vivant aux Etats-Unis en a commandé 300 pour offrir aux invités du mariage de son fils. Ils sont jolis : petits, avec un manche, très féminin. Je réussis à les convaincre de m’en vendre un, qu’un des artisans termine pour moi. Il me le dépose dans la main, encore tout chaud (au sens propre). Le reflet est parfait mais, attention, il ne faut surtout pas y poser les doigts.
Nous reprenons la route, direction Ettumanur. Et là, ça se gâte. Bien sûr, le paysage est magnifique. Nous évoluons parmi des plantations de caoutchouc et diverses cultures. Mais alors qu’il y avait sur ma carte une route directe entre Aranmula et Ettumanur, nous roulons pendant 4 heures sur de petites routes tortueuses, obligés de nous arrêter à chaque carrefour pour demander notre chemin. C’est beau, bien sûr, mais c’est long, très long. Les heures et les kilomètres défilent. Nous arrivons finalement à Ettumanur en fin de journée, pressés par notre chauffeur de trouver au plus vite ces fameuses (foutues) murales pour repartir au plus tôt.
Le temple d’Ettumanur est impressionnant. Les murs de la structure centrale, très basse, sont tapissés de lampes remplies d’huile de coco dans lesquelles des moines déposent de petites mèches. Il y en a des milliers. Le résultat, les lampes allumées, doit être magique. Mais nous devrons repartir avant la tombée de la nuit. Nous trouvons finalement les fameuses murales, accrochées de chaque côté de la porte ouvrant sur le temple, dans un espace très sombre et encombré qui relève plus du débarras qu’autre chose. Nous sommes d’ailleurs les seuls, j’ai l’impression, à nous intéresser à ces murales, par ailleurs très belles mais dans un état lamentable. Les pèlerins sont pourtant nombreux. Plusieurs, le torse nu, habillés d’un dhoti noir, sont sur la route de Sabarimala.
Nous repartons pour Thattekad. Jamais je n’avais roulé aussi vite sur des routes en Inde ! Je me calme un peu dans les embouteillages de fin de journée à Muvattupula et nous arrivons àThattekad où nous attends Vinod. Enfin. Vinod nous a trouvé une chambre au Thattekadu Resort (650 rps) juste en contrebas du pont, de l’autre côté de l’entrée de la réserve. Les chambres sont très moyennes, les installations extérieures semblent à l’abandon, mais la situation au bord de la rivière Periyar est magnifique et nous sommes merveilleusement bien accueillis par Bibil qui fera la cuisine pour nous pendant notre séjour. Car nous sommes, littéralement, au milieu de rien… Il n’y a nulle part où aller, à pied.
La rivière est haute. Si haute en fait qu’elle recouvre les berges, les bancs installés dans le resort pour admirer le paysage, les barrières, les lampadaires… L’impression qui s’en dégage est très étrange. On peut s’installer sur un banc, les pieds dans l’eau… Nous choisissions plutôt, profitant qu’il fasse nuit, de nous baigner dans la rivière. Je m’y verrais mal en plein jour, les badauds nous observant à partir du pont… Après cette longue journée la sensation de se retrouver dans l’eau est tout simplement fabuleuse. Nous sommes tous de bons nageurs, Vinod aussi, mais il reste un peu nerveux. En février 2007, 15 élèves et 3 de leurs professeurs sont décédés un peu plus loin, dans l’accident de leur ferry. Vinod faisait parti des sauveteurs. Depuis, il y a beaucoup moins de touristes indiens à Thattekad et les affaires sont difficiles.
Le lendemain, Vinod part de très bonne heure pour Chinnar où un autre trek l’attend. Dommage. Mais cette dernière journée de notre voyage n’en sera pas moins mémorable. Nous partons très tôt pour Kodanad afin d’assister au bain des éléphants. Après un trajet d’environ une heure en voiture nous atteignons un zoo, ou plutôt un centre qui recueille les animaux blessés ou malades. Des slogans écolos ornent les barrières qui bordent l’accès au centre et en présentent la mission. De bien belles intentions. Mais que ce soit par manque de moyens ou suite à une représentation tout à fait différente de la mienne des besoins des animaux, nous nous retrouvons face à un spectacle plutôt triste. Les singes dans leur petite cage font peine à voir. Mais le pire de tout ce sont les cervidés : un nombre incroyable d’entre eux sont réunis dans un enclos boueux, entassés, sans espace où s’ébattre. Et selon le responsable, il n’y a aucune possibilité de les réadapter à la vie sauvage. Je n’ai pu m’empêcher de penser que, peut-être, il aurait mieux valu les laisser mourir.
Heureusement, cette escapade nous aura aussi permis d’assister au bain des éléphants. A partir du parc, nous les suivons sur une petite route qui nous conduit à un espace herbeux où nous nous arrêtons pour découper les noix de coco qui permettront de les laver. C’est pour nous un premier contact avec eux, timide. Pour les trois petits éléphants, ça va, mais le plus gros est vraiment… gros ! Nous descendons ensuite sur les bords de la rivière pour le fameux bain. Le paysage est très beau, serein. Les éléphants entrent dans l’eau, guidés par leur cornac, qui commence à les arroser avec les coques de noix de coco pour ensuite les frotter. Il faut avoir de la patience pour laver un éléphant. La tête, le dos, un côté, puis l’autre… Les touristes sont invités à donner un coup de main, les pieds dans l’eau. Il doit y en avoir une bonne douzaine, Indiens et surtout étrangers, qui nous ont rejoints au bord de la rivière. Je ne sais pas si c’est pour économiser le prix de l’entrée au centre animalier (très peu cher… 50rps si je me souviens bien) que leur chauffeur les amène directement ici, mais c’est vraiment dommage : les cornacs soutirent des touristes quelques rps mais le centre, lui, n’a rien (et il en aurait bien besoin, au vu des installations et de l’entretien du lieu).
Retour à Thattekad où Bibil nous a préparé un autre repas… chinois .Nous n’aurons d’ailleurs droit, ici, qu’à du Chinois. C’est sa cuisine préféré, et il fait des tests (sans commentaires…). En milieu d’après-midi, un jeune homme envoyé par Vinod vient nous chercher en canoë (tout neuf, en bois et fibres de coco). Le temps est à l’orage : les couleurs des oiseaux et de la végétation se détachent sur un ciel noir d’encre. Nous approchons tout doucement des oiseaux. Le vol de deux martins-pêcheurs, blanc et noir, nous laisse sans voix. C’est tout simplement magnifique.
C’est sous la pluie battante que nous atteignons le barrage de Bhoothathankettu. Lorsque la pluie se fait un peu moins forte, nous quittons notre abri et nous engageons sur la route qui passe sur le barrage. En sens inverse, plusieurs vaches font la traversée à la queue leu leu. Une glace, sous la pluie, et c’est reparti. Sur le chemin du retour, Bilil arrête le canoë sur des pierres à fleur d’eau pour nous permettre de nous baigner. Sur la rive, les muscadiers ressemblent à des arbres de Noël avec leurs fruits jaunes qui resplendissent au soleil couchant. Un vrai bonheur.
Nous rentrons à la nuit tombée. Dernier repas, re-re-re-chinois. Dernier émerveillement : une minuscule grenouille toute noire. C’est le temps de faire les bagages. Nous partons tôt demain matin pour l’aéroport.
19 avril : le retour La route vers l’aéroport se fait sans encombre. Pas de bouchon, pas de ville à traverser. Super. Un second arrêt à l’aéroport de Dubaï me confirme dans ma première impression : c’est complètement dingue comme endroit !
Arrivés à Roissy, nous retrouvons un de nos sacs complètement éventré et brûlé ( !). Il y a du thé partout, des boîtes en plastique ont carrément fondu… et on a l’impression que l’employée de la compagnie aérienne se fout carrément de notre gueule. Arrivés à Austerlitz, on saute dans le train qui nous ramènera chez nous : il est bondé, on voyage assis par terre. Bienvenue chez nous !
Le contexte : je suis partie du 4 au 19 avril dernier, avec mes deux enfants de 12 et 15 ans. Un second voyage en Inde pour eux, après un séjour un Rajasthan, et un troisième pour moi, le Kerala ayant été précédé quelques mois plus tôt par le Tamil Nadu. Deux semaines, bien sûr, c’est trop court et hyper frustrant, d’autant plus que moi, je me sens plutôt bien en Inde. Mais il faut faire avec, ce qui nous a amené à privilégier quelques « stops » parmi les plus faciles d’accès. A une prochaine fois donc le nord et le theyyatam, les coins reculés de Wayanad, Kannnur et ses plages… Pas question non plus de se serrer la ceinture à outrance : les économies on en a fait un maximum avant, on va privilégier le plaisir (quoique, bien entendu, plaisir ne rime souvent pas avec luxe). E puis aussi, si vous voulez comprendre un peu nos choix, disons que la mère est partie littéralement crevée. Alors, pas question de s’épuiser inutilement.
Nos stops (avec en gras les endroits où nous avons passé la nuit) : Cochin - Thattekad – Marayoor – Chinnar – Munnar – Varkala – Allepey - Aranmula – Ettumanur – Thattekad.
En bref : un très beau voyage, où le contact avec la nature et la « ruralité » nous ont le plus apporté. La montagne, la mer, les backwaters, les petites villes… le Kerala nous a offert une belle diversité. Si c’était à refaire, je planifierais autrement les choses pour éviter les longs déplacements que j’avais choisi d’effectuer, pour voir autrement la campagne, en voiture. A noter que les chambres sont pour 3 personnes .
Ca commence comme ça…
5 et 6 avril - Cochin : après une escale à l’aéroport/centre commercial de Dubaï (c’est dingue : à deux heures du mat, une véritable atmosphère de grand magasin à la veille de veille de Noël!) le choc : il fait chaud ! C’est humide ! Pas facile tout ça après un vol où personne n’a pu fermer l’œil. Et pas neutre non plus quant à l’image que je garde de Cochin : j’ai l’impression de revoir les petites rues tellement calmes de Fort Cochin comme dans une sorte de brouillard. Je ne connaissais pas cette Inde là : des arbres partout, des rues quasi désertes (évidemment, on n’est pas en haute saison touristique et les Indiens ne sont pas cons, ils ne sont pas dehors à cette heure là !). Je n’entends même pas de klaxon ! Etrange.
Après une journée à flâner et une petite sieste, on se traîne jusqu’au premier resto : Addy’s. Le poisson cuit dans une feuille de bananier se laisse manger mais les accompagnements (trois ( !) frites et du concombre) sont ridicules et le curry de légumes de ma fille « not too spicy, please » est carrément insipide, alors que la facture, elle, est plutôt salée. Leçon no.1 : se fier à son intuition ! On va finir la soirée sur une terrasse qui ne paie pas de mine et où les enfants engloutissent quelques pakoras. Un aigle, à l’aigle brisée, vient animer notre soirée et on rigole bien avec le serveur. Ca y est, j’ai l’impression que le voyage commence. De retour à notre pension (Henri’s Anchorage : 800 rps…) la proprio nous attend avec quelques tranches de gâteau (une spécialité des chrétiens du Kerala) et du vin (sans alcool), le tout « fait maison » et agrémenté d’un gentil « happy birthday ». Eh oui, mon « pauvre » fils n’avait pas pu fêter son anniversaire comme il se doit, puisque nous sommes partis en voyage ce jour-là (le pauvre…). La gentille dame de la pension n’avait pas l’esprit ailleurs lorsqu’elle a rempli nos fiches ! Une « maison », vous le constatez, au service très attentionné.
Le lendemain nous consacrons la journée aux quelques visites « classiques » de Cochin. Matttanchery semble être un endroit vraiment sympa et vivant. Ca me fait un peu penser à une ville… à la campagne. Malheureusement, c’est dimanche. La majorité des petits commerces sont fermés et les autres, près de la synagogue, regorgent d’objets « que pour nous les touristes ». Un peu décevant. C’est le soir que nous avons le sentiment de « toucher » vraiment à la vie de cette ville, en bord de mer, alors que les Indiens prennent le frais au coucher du soleil. C’est magique : j’avais oublié comment est belle la foule en Inde, éclatante de couleurs. J’allais oublier : il y a aussi les fameux filets chinois ! Ils sont beaux, c’est vrai (comme sur les photos…) mais moi c’est la foule bigarrée qui retient mon attention. Les enfants vont et viennent, je les vois faire la queue pour s’acheter une glace qu’ils devront lécher bien rapidement : le soleil a peut-être disparu à l’horizon mais il fait encore très chaud.
Le soir, un dîner fabuleux au Fort House. Eh oui, c’est probablement un ghetto à touristes. Eh oui, c’est plutôt cher. Mais les plats de poisson sont d’une finesse que je n’ai retrouvée nulle part ailleurs (il ne faut pas non plus oublier une excellente salade de mangues, presque aussi bonne que celles que je cuisine à la maison…) et le fait de manger les pieds quasi dans l’eau est tellement reposant. Le Seagull à côté est, paraît-il, plutôt bien : il est en tout cas très fréquenté, et très bruyant…
Au final, nous ne garderons pas un souvenir impérissable de Cochin. Mais soyons honnête, ce n’est pas la faute à Cochin. Nous étions tout simplement trop fatigués pour vraiment l’apprécier et dimanche n’était pas l’idéal pour découvrir la ville. Mais pour qui sait sortir du quartier le plus touristique de Fort Cochin, l’endroit recèle certainement de jolies découvertes, avec la possibilité d’une plongée si besoin tout en douceur au Kerala. Next time.
7 au 10 avril – Thattekad, Marayoor et Chinnar : j’avais, avant notre départ, réservé un trek de 2 jours et demi dans le parc de Chinnar. Une décision que j’avais remise en question jusqu’à la dernière minute. L’organisation, la planification, ça ne correspond pas à mon idée des vacances. Mais bon, ayons l’esprit ouvert. En fait, ce furent parmi les plus beaux moments de notre séjour. Et je ne regrette pas du tout ce « luxe » que nous nous sommes payés (Wild Kerala Tour, 5500 rps par personne tout compris).
Nous nous rendons tout d’abord jusqu’au parc ornithologique de Thattekad où nous attend Vinod, notre guide pour les prochains jours. En taxi, pas le choix : on a avec nous plus de 30 kg de vêtements que nous comptons amener à Munnar (disons que nos vêtement ne sont pas très adaptés à un climat tropical…). A Thattekad, nous plongeons pour la première fois dans la forêt. Les bruits des animaux, leurs traces, les drôles d’insectes et les papillons, le goût des plantes et des fruits qui s’offrent à nous… On est bien. Vinod est charmant. Les prochains jours s’annoncent bien… même si notre ballade a pris fin dans un bain de sang. Enfin, pour mon fils, courageuse victime d’une « attaque» sournoise de sangsue! Mais on connaît maintenant la conjuration : une petite pincée de sel et ça y est, il n’y a plus qu’à ne pas trop se tacher.
Ensuite, c’est reparti pour la montée vers Munnar. Une véritable révélation : comme c’est vert! Un vrai paradis végétal. J’ai l’impression que nous sommes des nains de jardin en balade chez Truffaut... J’ai plusieurs de ces plantes chez moi, mais si petites, si maladives (bon, je l’avoue, je n’ai pas le pouce vert). C’est une révélation aussi que toutes ces maisons immenses et luxueuses qui jalonnent la route. L’Inde est en plein boom économique et, ici, ça se voit !
A Munnar, après nous être délesté de nos bagages pour ne garder que l’essentiel, nous prenons le bus, direction Marayoor. Les plantations de thé sont… comme sur les photos (!), mais là je les découvre sous la pluie. Une pluie qui nous oblige à fermer les « stores » du bus ce qui, du coup, nous donne plus l’impression d’être dans un manège de fête foraine que dans un bus (comme si on volait… tout en prenant parfois de sacrés coups. Un peu, pour ceux qui connaissent, comme le « Chatbus » de mon Voisin Totoro… mais en plus violent.). Il faut dire que l’on est tout à l’arrière, moi et Vinod. Quant aux enfants, à qui nous avons trouvé une place vers l’avant… ils dorment !
A Marayoor nous prenons une chambre à l’entrée de la ville au Marayoor Tourist Home (300 rps, basic mais correct). Les chambres sont disposées autour d’une cour en gravillon en contrebas de la route. On dirait presque un motel américain.
La ville semble se résumer à la rue où nous faisons nos courses pour les deux prochains jours. Il n’y a rien à voir et pourtant je m’y attarderais bien. Quelques étals, un bon chaï, la campagne tout autour, des fleurs qui poussent dans les ravines au bord de la route (je vois parfois les mêmes, dans les vitrines des fleuristes « de luxe » parisiens)… Mon fils mitraille avec son appareil photo un épouvantail accroché à un bâtiment en construction. C’est vrai qu’à la nuit tombée, l’impression est saisissante. On croirait un décor digne d’Halloween. Je suis toute fière de pouvoir expliquer aux enfants qu’il s’agit d’une pratique visant à protéger les immeubles en construction des mauvais esprits… J’en avais aperçu plusieurs quelques mois auparavant dans la campagne autour de Mammalipuram.
La nuit est… noire. Je m’aperçois que l’électricité, à Marayoor, c’est quelque chose qui va et qui vient… Et bien sûr, j’ai oublié nos torches, alors que le plus souvent je les traîne quasi pour rien. C’aurait été tellement plus pratique que ces petites bougies avec lesquelles je dois me battre pour qu’elles tiennent à peu près droites ! Le lendemain, nous parcourons en rickshaw les 12 kms qui nous séparent de l’entrée du parc. La végétation change très rapidement. Ici, tout est beaucoup plus sec et la forêt beaucoup plus clairsemée. La vue porte loin et, quelle vue.
La marche est rude au soleil et les montées n’en sont que plus pénibles mais nous n’avons surtout pas à nous plaindre : 4 hommes de la tribu locale des Pulaya portent tout ce dont nous aurons besoin jusqu’à la petite hutte de terre où nous passerons la nuit, au sommet d’une falaise. Et là, un vrai coup de foudre. Quand je ferme les yeux, je revois cette immense plaine à nos pieds et les montagnes qui se détachent sur l’horizon. J’entends le barrissement des éléphants, le croassement des grenouilles, les cris des singes, les oiseaux… Je salive en repensant à ces savoureux repas qui ont été cuisinés pour nous… Nous partons traquer les animaux que nos guides ont repérés. La nuit tombe, l’orage gronde sur le Tamil Nadu qui s’étend devant nous. Un bonheur… mais pas partagé par tous : selon les enfants, ça grouille de bêtes dans la hutte ! Mais bon, moi je suis myope comme une taupe… c’est pratique parfois…
Le lendemain, nous repassons par le « checkpoint » (où nous ferons un arrêt malheureusement trop long) avant de suivre le cours d’une rivière jusqu’à notre second hébergement. Je me croirais dans le Livre de la Jungle… On fait une trempette, observés par une foule de singes Langur et… par un gros sanglier pas vraiment sympathique. Vinod, notre guide, nous « abandonne », juste avant la nuit, entre les mains de gardes du parc que nous ne connaissons pas et qui parlent très peu anglais (le règlement !!! Ca, c’est à revoir.) Mais bon, comme nous sommes fatigués nous nous couchons peu de temps après la tombée de la nuit.
Réveil avec le lever du jour. Ce sont nos derniers moments à Chinnar. Nous reprenons la route vers le checkpoint où nous retrouverons Vinod avant de sauter dans un bus pour Munnar. La route cette fois-ci se fera sous le soleil… avec en fond sonore un film d’aventure tamoul.
10 et 11 avril – Munnar : Vinod reste à Munnar avec nous jusqu’en fin d’après-midi. Nous accompagnons Nohan, un élu local et aussi proprio d’une agence de « tourisme d’aventure » à Munnar (Trackfinder, 09447266632), dans un centre social où sont pris en charge les enfants des familles parmi les plus pauvres de la ville. Je me sens un peu bête parmi tous ces enfants : en général, nos « dons » sont un peu plus anonymes. Mais j’avais bien visé : les vêtements chauds semblent vraiment beaucoup leur plaire…
Nous optons pour un homestay à proximité du centre social (Theresian Homesaty, 700 rps). La chambre est vaste et très propre, l’endroit très calme, en retrait de la route principale, tout en étant proche du centre. Mais la vue est quelconque : on n’aperçoit même pas les plantations de thé. Et la proprio est assez… distante (le manque de chaleur de l’endroit sera toutefois compensé par les bains de vapeur du centre de massage Marayu qui se trouve à proximité et où nous nous ferons tous massés le soir venu. C’est qu’il fait quasi froid à Munnar !).
En fin d’après-midi, nous allons tous nous éclater à la Munnar Mella, tout à la fois foire et fête foraine. Les stands nous donnent à voir tout ce que nous n’avions jamais demandé à voir en venant à Munnar : ustensiles de cuisine indispensables à la bonne ménagère, outils de jardinage, pubs pour les projets de développement de la région, techniques d’insémination des vaches et fœtus de veau dans le formol, programmes des cours de l’école d’hôtellerie… Côté fête foraine… alors là, j’ai carrément l’impression de faire partie d’un tableau surréaliste. La foule se presse sur un terrain boueux où sont installés des manèges qui ne sont ni plus ni moins que ceux que j’ai connu enfant… mais dans un état que probablement même mes parents n’ont pas connu ! Il y a la rouille, bien sûr, qui vient un peu atténuer le débordement des couleurs, mais il y a surtout des mécanismes euh… que je ne sais trop comment qualifier (mais ça fait peur !), des moteurs qui crachent, des grincements, de la fumée noire qui tout à coup s’échappe de dessous un manège… Mon fils nous regarde horrifié, moi et ma fille, faire un tour de grande roue (la vue est si belle…), puis un autre dans ces espèces tasses qui tournent (j’ai mal au cœur…). C’est une folie, je le concède. Jamais, même en France, je ne fais confiance à ce type d installations. Quand on parle des Fous de l’Inde… Ici, ce serait plus « Fous en Inde… ». Disons simplement que le risque n’était probablement pas plus grand que celui que l’on court quotidiennement sur les routes indiennes (rationalisation de mon inconscience que tout cela. Bon, je ne recommencerai plus).
Il y avait aussi, tout au bout du terrain où se dressaient les manèges, une étrange installation. Imaginez une structure circulaire en bois surmontée d’un chapiteau, au sommet de laquelle il est possible de monter par des escaliers en métal rouillé. Des spectateurs sont agglutinés tout autour de la structure (un tube évasé surmonté d’une toile), sur des estrades métalliques. Ma curiosité est piquée : nous payons nos 10rps et commençons l’ascension de la structure lorsque, tout à coup, un vacarme épouvantable accompagné de terribles vibrations nous prend aux tripes. Arrivée en haut, je réussi à me faire une petite place entre deux spectateurs (j’ai le cœur qui cogne !) et ce que je vois me semble sorti tout droit de l’enfer. Des motos tournent à une vitesse folle, engagées sur les murs quasi verticaux de la structure de bois. Elles ne sont qu’à quelques centimètres les unes des autres. Leurs pilotes, hommes et femmes, se lèvent sur leurs sièges, se donnent la main tout en tournant, se croisent… C’est ensuite au tour d’une voiture de s’engager sur le mur, au milieu des motos! Son conducteur se hisse par la fenêtre ouverte, ne tenant le volant que d’une seule main. Le niveau de décibel est ahurissant, les vapeurs d’essence donnent la nausée. Je redescends, dégoûtée. Ce n’est pas mon premier voyage en Inde. J’ai vu la misère, la pauvreté. Mais là, je ne sais pas pourquoi, je suis sonnée. Payer pour voir des humains prendre de tels risques et vivre dans de telles conditions, y prendre plaisir… Ca me fait froid dans le dos. Même si, je l’admets, c’est loin d’être une particularité indienne.
Et puis il y a aussi ce spectacle de chiens savants qui rend tristes les enfants… Nous sommes les seuls à ne pas rire. Il est temps de rentrer.
Le lendemain, nous louons une jeep pour nous balader aux alentours de Munnar. Le petit déjeuner dans une échoppe au bord d’un lac de barrage est mémorable : vue splendide, chaï réconfortant et leçon « en live » de confection de parathas que nous dévorons par la suite accompagnés de sambar, le tout pour un gros total de 30 rps pour nous trois. Miam. Ensuite ? Eh bien, c’est avec plaisir que nous succombons à l’ « attrape-touristes » classique : la balade à dos d’éléphant, avec photo finale de l’éléphant caparaçonné et de sa « noble » monture protégée par une ombrelle… Plus kitsch, tu meurs, mais quelle rigolade. Et de voir tous ces touristes Indiens qui eux aussi se prêtent au jeu… c’est pas mal. Et disons, à notre décharge, que le lieu aurait pu être plus mal choisi : admirer du haut d’un éléphant un magnifique paysage de lac de montagne, on peut faire pire.
Nous continuons notre route jusqu’à Top Station. La route est grandiose mais, je ne sais si c’est en raison du brouillard, je ne vois pas trop l’intérêt à être venue jusqu’ici. Nous achetons des fruits de la passion et des « tree tomatoes » (une découverte pour moi) à une petite échoppe au bord de la route. Et ça, c’est un souvenir mémorable…
Retour à Munnar et déjeuner au Saravan Bhavan. Ca ne désemplit pas. Les places, aussitôt libérées, sont prises d’assaut aussi bien par des touristes indiens que par des locaux. Les feuilles de bananier sont vite jetées sur les tables et les serveurs se pressent pour nous servir et nous resservir d’une variété impressionnante de plats. Ambiance cafétéria, bruyante, conviviale. Les conversations vont bon train : un jeune couple de Bangalore, tout excité à l’idée de se retrouver le lendemain sur un houseboat, nous fait part de ses impressions de voyage, un marchand de montres nous évoque la situation économique de la ville… Les enfants s’empiffrent, surtout de riz. Pour le reste, il semble y avoir overdose. Dommage. Nous avions opté pour la « totale », à 45 rps ! Je n’avais pas remarqué que nous aurions pu faire beaucoup plus modeste…
L’après-midi, nous décidons de flâner dans les collines environnantes. C’est bon de marcher, au soleil, sans être écrasé par la chaleur. Afin de pousser un peu plus loin, nous arrêtons au hasard un conducteur de rickshaw qui se révélera tout simplement formidable. Comme on accroche bien, on décide de faire un bout de chemin avec lui. Bien sûr, il connaît plein de choses sur la culture du thé. Mais il se révèle surtout un guide plein d’entrain et d’humour qui fait connaître aux enfants aussi bien le secret des sifflets confectionnés avec les feuilles de thé que celui de ces feuilles que l’on déchire et sur lesquelles on souffle pour faire des bulles de savon (bon, pas de savon, bien sûr, mais c’est tout comme). Et on découvre, encore, un grand nombre de végétaux comestibles. On mange toutes sortes de graines, de fruits, mais le plus drôle ce sont ces petites plantes dont on écrase la tige pour en boire la sève et dont on mange ensuite la feuille. On a l’impression de brouter ! Dommage que nous n’ayons pas rencontré plus tôt Rajamani (09495187552). Ce sont souvent des rencontres comme celle-là qui nous font apprécier autrement un endroit.
Le soir venu, la question du « et maintenant, où va-t-on ? » est posée. Et là, rien d’évident. J’avais envisagé de descendre en bus jusqu’à Kottayam pour ensuite prendre le ferry jusqu’à Allepey. Mais face à l’éventualité de nous retrouver dans la chaleur écrasante des plaines (ce qui ne rend pas particulièrement de bonne humeur les enfants) et à la hâte qu’a ma fille de se baigner dans la mer, je décide de mettre tout de suite le cap sur Varkala. Une fausse bonne idée. Coûteuse (3500 rps de taxi) mais surtout épuisante et décevante. Quand nous optons pour un taxi, c’est le plus souvent pour pouvoir profiter de ce qu’il y a entre notre point de départ et notre point d’arrivée. Mais là, ce sera plutôt un chemin de croix…
12 et 13 avril – Varkala : Départ de Munnar à 7h00. Après un arrêt petit déjeuner vers 10h30 et la visite d’une plantation d’épices, nous atteignons en fin de matinée les abords d’Ernakulam. J’aurais préféré passer par la route de Kottayam, mais je me rends compte, trop tard, que Seluam a mis le cap sur le NH47 qui longe du nord au sud le Kerala. L’autre route serait beaucoup beaucoup trop dangereuse (sic). Nous ne percevons évidemment de la voiture que les aspects peu engageants de la ville –les bouchons, les grandes artères- et ses abords, comme presque tous les abords de ville, affreux et congestionnés. L’usage assez inusité que font les Indiens du klaxon n’est évidemment pas une découverte mais ce qui l’est, en revanche, c’est l’usage immodéré qu’en fait Seluam. Il a littéralement la main appuyée en continue sur le klaxon ! J’ai chaud. J’ai la tête qui menace d’éclater. Je ne vois rien des villes que l’on se presse de traverser et de la campagne environnante. Et, le clou de la journée, je m’aperçois trop tard que Seluam ne s’est pas arrêté à Kayamkulam pour que nous puissions faire la visite du Krishnapuram Palace où je lui avais pourtant demandé un peu plus tôt de nous arrêter. Grrrr.
Nous atteignons Varkala aux alentours de 16h30 et là, consternation : ça n’a absolument rien à voir avec l’image que je m’en étais faite. Evidemment, nous sommes tous crevés. Evidemment, une station balnéaire découverte sous la pluie ne se présente probablement pas sous son meilleur jour. Mais je suis sidérée devant tous ces panneaux accrochés aux arbres, aux clôtures, et qui à chaque intersection nous vantent les mérites ou nous incitent à visiter guesthouses, hôtels, salons de massage, agences de voyage, restos… Notre chauffeur est de mauvais poil, comme nous (ça se comprend, et lui il se tapera le chemin du retour). Je lui propose de nous laisser là, tout simplement, on se débrouillera bien, mais il refuse. Il me propose quelques guesthouse sur la Northcliff, un autre quasi sur la piste de l’héliport ( !) mais il est hors de question que nous louions une chambre derrière un barrage de commerces où se pressent toute la journée une foule de touristes. (Bon, je suis de mauvais poil, vous l’aurez compris). Tant qu’à être venue jusqu’ici, je veux la mer, tout près, et le calme (je crois que si je m’écoutais, je taperais du pied, comme une enfant, ou je m’effondrerais en sanglots. Mais bon, des enfants, il y en a déjà deux dans la voiture). J’essaie désespérément de nous faire conduire plus au nord, vers Odayam ou Edava, mais personne ne semble connaître, ni mon chauffeur ni tous ceux que je croise et à qui je demande des infos. Put… ! C’est une conspiration ou quoi.
Je finis quand même par me faire amener un peu plus au nord et je m’arrête au Wood House Cottage (1000 rps). Les constructions en continue ont pris fin. On se retrouve tout au bout de la Northcliff, juste à l’endroit où cette dernière redescends vers la mer. Un cottage est libre, le premier, tout au bord de la mer. C’est loin de correspondre à mon rêve mais bon, on s’arrêtera là. Adieu Seluam. Mauvaise pioche. Ca arrive.
Au final, nous ne regretterons pas le choix du Wood House. Le cottage est coquet et propre et, assis sur notre balcon, nous avons une vue magnifique sur la mer et la côte qui se prolonge vers le nord. La nuit, nous nous endormons avec le bruit des vagues qui se brisent sur les rochers en contrebas. Le lendemain matin, je découvre lors d’une longue balade vers le nord les sites d’Odayam et d’Edeva où je souhaitais m’installer à l’origine. C’est très calme, mais loin d’être désert. Les pêcheurs qui reviennent de leur nuit en mer remontent leurs filets. Je croise aussi des femmes, des enfants. Ca et là, je note la présence de quelques structures touristiques qui, en cette fin de saison, sont totalement vides. Pour un séjour prolongé, nul doute que c’est ici que j’aurais aimé m’installer. Mais pour quelques jours, en définitive, mieux vaut être près de « l’action » d’autant plus que les transports vers la plage de Varkala semblent quasi inexistants, du moins en cette saison, et que je n’ai toujours pas acheté de lampe torche, essentielle pour se déplacer une fois la nuit tombée. Je n’apprécie pas trop la grande plage de Varkala. Mais la petite plage de sable noir qui se situe à un jet de pierre de notre cottage est formidable. On y passe des heures dans l’eau… aussi chaude que celle d’une baignoire. Le soir, on flâne de ci de là, on se mange un poisson et on se retrouve, comme tant de monde, au Funky Art Cafe. C’est vraiment l’endroit « in » du moment, et ça se comprend. Nous aurons droit, les deux soirs que nous y passerons, à un concert de musique classique indienne. Car il ne faudrait pas l’oublier : on est en Inde !!! Et, qui plus est, au Kerala ! Les nombreuses boutiques tenues par des Cachemiris et des Tibétains pourraient nous amener à en douter…
Varkala… Décidément, si on considère que c’est encore une petite station, je préfère ne pas voir ce que doit être Kovalam. Disons que ça m’a un peu rappelé l’atmosphère un peu « baba » de certains coins de la Thaïlande il y a 20 ans, mais en beaucoup beaucoup plus développé (mes coins de prédilection, à l’époque, n’avaient même pas l’électricité). Ce n’est pas désagréable, d’autant qu’on peut se sauver assez facilement de la horde de touristes en cette saison. Mais ce n’est pas mon truc.
14 au 16 avril – Allepey : Le 14, nous prenons un train en fin de matinée pour Allepey, ce qui nous laisse suffisamment de temps pour faire trempette. Malheureusement, nous sommes expulsés de « notre »( !) plage par des pêcheurs qui remontent leur filet.
Pour un trajet aussi court, pas besoin de réservation. Nous prenons des places en sleeper (71rps). Le trajet est vraiment sympa. Il y a beaucoup de mouvements, les jeunes vont et viennent et les conversations vont bon train. Je déplie ma carte, sors mes guides, et tout le monde y va de son conseil pour que nous profitions au mieux de nos derniers jours de voyage. Il fait chaud mais les fenêtres ouvertes laissent passer suffisamment d’air et, surtout, elles permettent une première découverte des backwaters. Et ce qui est loin d’être négligeable, le train permet de se déplacer sans entendre le sempiternel bruit des klaxons. Ouf…
Arrivés à Allepey, nous sautons sur le quai de la gare et, là, je me fais avoir comme une « bleue ». La honte. Suite aux conseils de Stalingrad, forumiste grand spécialiste du Kerala et amoureux d’Allepey, j’étais entrée en contact avec Shameer, un chauffeur de taxi de ses amis. Celui-ci devait m’attendre à la gare d’où nous avions prévu trouver un hébergement et nous entendre sur un futur trajet dans la campagne, nous amenant d’Allepey à Thattekad.
Donc, pour faire court, il y avait bien quelqu’un à la gare qui m’attendait avec un grand sourire, mais ce n’était pas Shameer… en dépit de ce qu’il avait affirmé au départ (enfin, SHameer devait être là, mais un peu plus discret que l'autre chauffeur qui m'a bien eu). J’ai été un peu longue à la détente, j’aurais pourtant dû percuter en voyant le Jésus qui ornait le tableau de bord. Et le comportement du monsieur me semblait assez peu correspondre à ce que nos coups de fil m’avaient fait imaginer… Enfin, tout est bien qui finit bien. Shameer nous a retrouvés. On ne m’y reprendra plus.
J’avais envie, à Allepey, de m’installer hors de la ville, au bord de l’eau. Histoire de profiter du lieu, dans le calme. Nous tentons notre chance au Palm Grove Resort où nous nous installons dans un petit cottage avec une très chouette salle de bain en plein air. Quel plaisir de prendre sa douche sous les arbres, au milieu des plantes qui poussent partout ! Le cottage sera notre hébergement le plus cher de ce voyage (1250 rps) mais nous ne le regretterons pas. Nous sommes tout au bord de l’eau, loin de la route principale. Il y a une salle à manger en plein air où j’aurai de longues conversations avec Joseph, un jeune homme qui fait là son stage dans le cadre de sa formation en hôtellerie (un superbe cuisinier). Et il y a aussi des hamacs où les enfants passeront beaucoup de temps. De là, le spectacle est permanent. On voit passer sur l’eau les gens des environs mais aussi, ce qui ne nous donnera pas le goût de tenter l’expérience, les kettuvallam et leurs touristes qui profitent des backwaters. A certaines heures, on dirait une autoroute !
Allepey est certainement un de nos coups de cœur de ce voyage. Nous avons beaucoup profité de la ville où, curieusement, ne semblent pas beaucoup s’aventurer les touristes. Moi j’adore ces petites villes où très rapidement on peut prendre ses marques. Et les deux principaux canaux sont des points de repère qui facilitent bien les choses. Ce ne sont pas les principaux sites qui me laisseront un souvenir impérissable (les églises indiennes, bof… et les temples, quand on connaît le Tamil Nadu, sont plutôt décevants). Mais j’ai de magnifiques souvenirs des ballades dans les rizières qui entourent la ville et dans les quartiers où la campagne se mêle à la ville. Nous en avons aussi profité pour faire nos courses, conseillés par Joseph qui nous a orienté vers les boutiques « in » de vêtements pour hommes (bon, on n’est pas à Delhi…). Et puis, bien sûr, on a acheté quelques parapluies, une des grandes spécialités de la ville.
Nous avons préféré profiter des backwaters dans un petit bateau à rame, au lever du soleil. Départ à 5h40 .C’est magnifique de voir s’éveiller la vie dans les backwaters. Nous évoluons quelques temps sur de grands canaux pour ensuite nous engager dans certains canaux incroyablement étroits. Nous descendons parfois sur les berges pour nous délier les jambes et aller découvrir de magnifiques paysages. Il fait encore bon. On se laisse porter, au ras de l’eau, ce qui n’est pas désagréable. Notre balade nous aura coûté plutôt cher si je compare aux prix que certains offraient (150 rps de l’heure). Moi, j’ai payé 1200 rps pour un périple de 6 hrs, mais il faut dire que nous avions deux rameurs, ce qui n’est pas négligeable.
Et comment se remettre de tant d’émotions ? Par un bon massage, pourquoi pas. Et là, c’est la poursuite du bonheur. Total. Contrairement à Munnar, le massage s’effectue en partie assis, et en partie couché. Et il se termine par une séance de lavage : le corps, le visage, les cheveux. C’est un vrai bonheur, par cette chaleur, de se faire laver avec de l’eau très chaude. On en ressort tout sec et la moiteur prend un certain temps à se réinstaller. Ah ! Sudha, que de bonheur tu m’as fait connaître (un bonheur tel que moi et ma fille récidiveront le lendemain matin dès 7hrs) (Sreekrishna, Ayurveda Panchakarma Centre, 500 rps).
Après un superbe repas concocté par Joseph au Palm Grove, nous nous rendons en rickshaw à Marari Beach. Une vraie plage de carte postale. Les palmiers, les bateaux sur la sable : on se dit que ça, c’est une plage… Mais bon, il y a du vent et, surtout, une mer agitée qui, dès qu’on y trempe les pieds, nous fait bien sentir le danger. Je suis pourtant une bonne nageuse, pas trouillarde, mais là, je me suis contentée de rester au bord à barboter. Et j’ai terminée la baignade avec du sable collé partout (et comme je m’étais baignée avec mon tee-shirt, histoire de ne pas choquer d’éventuels passants, et que je n’avais pas de vêtements de rechange, je vous laisse imaginer les heures qui ont suivi…).
Le soir, on décide de se payer un bon resto. On choisit le Harbour, dont les cuisines semble-t-il sont les mêmes que celles du Chakara, le plus chic resto d’Allepey (selon le Rough Guide). Mais le Harbour est définitivement fermé, les enfants sont affamés, on est sur la route de la plage, il fait noir. Au diable la dépense, on tente le chic du chic au Chakara. Première surprise : un menu unique, de la mise en bouche ( !) au dessert. Deuxième surprise : le prix. 600 rps le repas !!! J’en tombe presque de stupeur. Mais bon, je suis curieuse… A quoi ça peut bien ressembler, un repas aussi cher en Inde ? Et le cadre est surprenant : disons, l’Inde telle qu’on la voit parfois représentée dans les pubs, d’un très bon goût « occidental », très raffiné et sobre. On casse le cochon, pour l’ « expérience ». On ne cadre pas trop avec le décor, c’est certain (c’est curieux, jusqu’ici je ne remarquais pas trop les taches qui maculent mes vêtements). Mais bon, pas grave, il est tôt et on est tout seul. Enfin, jusqu’à ce qu’un cameraman arrive, avec un éclairagiste, un perchman, une réalisatrice… et une SUPERBE actrice indienne qui ne parle pas un mot de malayalam et s’exprime donc en anglais. On assiste au tournage d’une pub qui, si j’ai bien compris, fera la promotion de plusieurs sites (commerces ?) de la région. Et nous qui voulions une petite soirée tranquille. Enfin, c’est ce que semblait croire le proprio du resto qui n’en finit plus de s’excuser. On finira par partir, en payant une note sensiblement réduite « en raison du dérangement ». Ouf ! L’apprentissage ne fut donc pas si dur pour notre porte-monnaie (soit dit en passant, le chic du chic est quand même moins cher qu’un simple repas en famille chez Courte Paille). Ah, au fait, ce n’était pas mauvais mais nous avons beaucoup regretté le biryani de chez … (bon, j’ai oublié le nom, mais ça ressemble à Allah… un resto tenu par des musulmans, en bordure du South canal. Une grande cafétéria, où les demi-portions sont bien suffisantes… Demandez, tout le monde connaît. Et ça vaut le coup.). Et aussi la bonne cuisine que l’on nous avait préparé en plein parc de Chinnar, loin de tout…
17 et 18 avril : Aranmula, Ettamanur, beaucoup de route (!) et Thattekad… Il n’y avait pas tant de route pour aller d’Allepey à Thattekad. Nous aurions fort bien pu prendre le ferry jusqu’à Kottayam, puis des bus. Mais j’avais envie de profiter de cette région du Kerala à laquelle m’avait fait rêver Arundathi Roy dans son livre Le Dieu des Petits Rien. Les backwaters, les rizières, les plantations … j’avais envie de sentir un peu mieux cet environnement, quitte à y revenir lors d’un prochain voyage. Deux endroits m’attiraient plus particulièrement: Aranmula, réputé pour sa fabrication de miroirs en métal et Ettamanur, pour y admirer les fresques du temple de Mahadeva. Nous avons donc loué une voiture pour cette journée d’exploration. Pas la meilleure idée du voyage.
Départ pour Aranmula. Nous passons progressivement d’un paysage où dominent l’eau et les rizières à un environnement boisé et vallonné qui annonce le tout début des ghats. On mesure ici l’importance de la culture du riz. Il y en a partout : étalé pour sécher le long des routes, dans de gros sacs, à l’arrière de camions qui en assurent le transport… Il y a bien peu de machinerie agricole. Cette industrie qui nourrit des millions de personnes est encore ici très artisanale.
Le temple d’Aranmula occupe le centre du village. Nous trouvons une petite boutique où sont exposés quelques miroirs : jolis mais, malheureusement, gâchés par l’inscription « valkannadi mirror », gravée juste sous la surface réfléchissante. Il est probablement important de bien montrer à tout le monde que l’on possède un spécimen de ces miroirs si spéciaux, autrefois réservés à la royauté… Mais de toute façon, si je suis venue jusqu’ici, c’est que j’étais très curieuse d’en découvrir la fabrication. Nous trouvons finalement une famille d’artisans. Nous traversons la maison, tout en longueur, qui débouche sur un atelier ouvert sur le jardin, véritable jungle au milieu du village. Il fait incroyablement chaud. Quatre hommes, assis à même le sol, font couler le métal fondu dans des moules de terre, cisèlent le métal, polissent les surfaces. Mais ce qui fait la spécificité de ces miroirs, c’est que leur surface réfléchissante n’est pas faite de miroir mais de métal poli. Tel que je les vois, ces hommes doivent travailler de la même manière et dans les mêmes conditions qu’il y a des centaines d’années. Leurs gestes sont lents, précis.
De petits miroirs, tous identiques, sont en cours de fabrication. Un Indien vivant aux Etats-Unis en a commandé 300 pour offrir aux invités du mariage de son fils. Ils sont jolis : petits, avec un manche, très féminin. Je réussis à les convaincre de m’en vendre un, qu’un des artisans termine pour moi. Il me le dépose dans la main, encore tout chaud (au sens propre). Le reflet est parfait mais, attention, il ne faut surtout pas y poser les doigts.
Nous reprenons la route, direction Ettumanur. Et là, ça se gâte. Bien sûr, le paysage est magnifique. Nous évoluons parmi des plantations de caoutchouc et diverses cultures. Mais alors qu’il y avait sur ma carte une route directe entre Aranmula et Ettumanur, nous roulons pendant 4 heures sur de petites routes tortueuses, obligés de nous arrêter à chaque carrefour pour demander notre chemin. C’est beau, bien sûr, mais c’est long, très long. Les heures et les kilomètres défilent. Nous arrivons finalement à Ettumanur en fin de journée, pressés par notre chauffeur de trouver au plus vite ces fameuses (foutues) murales pour repartir au plus tôt.
Le temple d’Ettumanur est impressionnant. Les murs de la structure centrale, très basse, sont tapissés de lampes remplies d’huile de coco dans lesquelles des moines déposent de petites mèches. Il y en a des milliers. Le résultat, les lampes allumées, doit être magique. Mais nous devrons repartir avant la tombée de la nuit. Nous trouvons finalement les fameuses murales, accrochées de chaque côté de la porte ouvrant sur le temple, dans un espace très sombre et encombré qui relève plus du débarras qu’autre chose. Nous sommes d’ailleurs les seuls, j’ai l’impression, à nous intéresser à ces murales, par ailleurs très belles mais dans un état lamentable. Les pèlerins sont pourtant nombreux. Plusieurs, le torse nu, habillés d’un dhoti noir, sont sur la route de Sabarimala.
Nous repartons pour Thattekad. Jamais je n’avais roulé aussi vite sur des routes en Inde ! Je me calme un peu dans les embouteillages de fin de journée à Muvattupula et nous arrivons àThattekad où nous attends Vinod. Enfin. Vinod nous a trouvé une chambre au Thattekadu Resort (650 rps) juste en contrebas du pont, de l’autre côté de l’entrée de la réserve. Les chambres sont très moyennes, les installations extérieures semblent à l’abandon, mais la situation au bord de la rivière Periyar est magnifique et nous sommes merveilleusement bien accueillis par Bibil qui fera la cuisine pour nous pendant notre séjour. Car nous sommes, littéralement, au milieu de rien… Il n’y a nulle part où aller, à pied.
La rivière est haute. Si haute en fait qu’elle recouvre les berges, les bancs installés dans le resort pour admirer le paysage, les barrières, les lampadaires… L’impression qui s’en dégage est très étrange. On peut s’installer sur un banc, les pieds dans l’eau… Nous choisissions plutôt, profitant qu’il fasse nuit, de nous baigner dans la rivière. Je m’y verrais mal en plein jour, les badauds nous observant à partir du pont… Après cette longue journée la sensation de se retrouver dans l’eau est tout simplement fabuleuse. Nous sommes tous de bons nageurs, Vinod aussi, mais il reste un peu nerveux. En février 2007, 15 élèves et 3 de leurs professeurs sont décédés un peu plus loin, dans l’accident de leur ferry. Vinod faisait parti des sauveteurs. Depuis, il y a beaucoup moins de touristes indiens à Thattekad et les affaires sont difficiles.
Le lendemain, Vinod part de très bonne heure pour Chinnar où un autre trek l’attend. Dommage. Mais cette dernière journée de notre voyage n’en sera pas moins mémorable. Nous partons très tôt pour Kodanad afin d’assister au bain des éléphants. Après un trajet d’environ une heure en voiture nous atteignons un zoo, ou plutôt un centre qui recueille les animaux blessés ou malades. Des slogans écolos ornent les barrières qui bordent l’accès au centre et en présentent la mission. De bien belles intentions. Mais que ce soit par manque de moyens ou suite à une représentation tout à fait différente de la mienne des besoins des animaux, nous nous retrouvons face à un spectacle plutôt triste. Les singes dans leur petite cage font peine à voir. Mais le pire de tout ce sont les cervidés : un nombre incroyable d’entre eux sont réunis dans un enclos boueux, entassés, sans espace où s’ébattre. Et selon le responsable, il n’y a aucune possibilité de les réadapter à la vie sauvage. Je n’ai pu m’empêcher de penser que, peut-être, il aurait mieux valu les laisser mourir.
Heureusement, cette escapade nous aura aussi permis d’assister au bain des éléphants. A partir du parc, nous les suivons sur une petite route qui nous conduit à un espace herbeux où nous nous arrêtons pour découper les noix de coco qui permettront de les laver. C’est pour nous un premier contact avec eux, timide. Pour les trois petits éléphants, ça va, mais le plus gros est vraiment… gros ! Nous descendons ensuite sur les bords de la rivière pour le fameux bain. Le paysage est très beau, serein. Les éléphants entrent dans l’eau, guidés par leur cornac, qui commence à les arroser avec les coques de noix de coco pour ensuite les frotter. Il faut avoir de la patience pour laver un éléphant. La tête, le dos, un côté, puis l’autre… Les touristes sont invités à donner un coup de main, les pieds dans l’eau. Il doit y en avoir une bonne douzaine, Indiens et surtout étrangers, qui nous ont rejoints au bord de la rivière. Je ne sais pas si c’est pour économiser le prix de l’entrée au centre animalier (très peu cher… 50rps si je me souviens bien) que leur chauffeur les amène directement ici, mais c’est vraiment dommage : les cornacs soutirent des touristes quelques rps mais le centre, lui, n’a rien (et il en aurait bien besoin, au vu des installations et de l’entretien du lieu).
Retour à Thattekad où Bibil nous a préparé un autre repas… chinois .Nous n’aurons d’ailleurs droit, ici, qu’à du Chinois. C’est sa cuisine préféré, et il fait des tests (sans commentaires…). En milieu d’après-midi, un jeune homme envoyé par Vinod vient nous chercher en canoë (tout neuf, en bois et fibres de coco). Le temps est à l’orage : les couleurs des oiseaux et de la végétation se détachent sur un ciel noir d’encre. Nous approchons tout doucement des oiseaux. Le vol de deux martins-pêcheurs, blanc et noir, nous laisse sans voix. C’est tout simplement magnifique.
C’est sous la pluie battante que nous atteignons le barrage de Bhoothathankettu. Lorsque la pluie se fait un peu moins forte, nous quittons notre abri et nous engageons sur la route qui passe sur le barrage. En sens inverse, plusieurs vaches font la traversée à la queue leu leu. Une glace, sous la pluie, et c’est reparti. Sur le chemin du retour, Bilil arrête le canoë sur des pierres à fleur d’eau pour nous permettre de nous baigner. Sur la rive, les muscadiers ressemblent à des arbres de Noël avec leurs fruits jaunes qui resplendissent au soleil couchant. Un vrai bonheur.
Nous rentrons à la nuit tombée. Dernier repas, re-re-re-chinois. Dernier émerveillement : une minuscule grenouille toute noire. C’est le temps de faire les bagages. Nous partons tôt demain matin pour l’aéroport.
19 avril : le retour La route vers l’aéroport se fait sans encombre. Pas de bouchon, pas de ville à traverser. Super. Un second arrêt à l’aéroport de Dubaï me confirme dans ma première impression : c’est complètement dingue comme endroit !
Arrivés à Roissy, nous retrouvons un de nos sacs complètement éventré et brûlé ( !). Il y a du thé partout, des boîtes en plastique ont carrément fondu… et on a l’impression que l’employée de la compagnie aérienne se fout carrément de notre gueule. Arrivés à Austerlitz, on saute dans le train qui nous ramènera chez nous : il est bondé, on voyage assis par terre. Bienvenue chez nous !
Peuple étrange: les voyageuses! English translation pending
Pour agrémenter un dimanche de pluie, voici quelques portraits de voyageuses que vous pourrez modifier, améliorer, un peu comme la désencyclopédie Wilkipedia
1 - Voyageuse organisée.
En voyage du même nom. N’oublie jamais son sèche-cheveux, son maquillage, son bikini et son matos à épiler. Choisit ses produits de beauté waterprouffe chez Sephora ou Nocibé. Encombrée de la valise rigide à roulettes en promo chez Carrouf, assorti du vanity case pour le même prix (promo intéressante) elle s’informe utilement. Pas des horaires, ni des lignes intérieures, elle a la tête libérée de toute la logistique. Elle recherche surtout du renseignement pratique sur la qualité du restaurant, de la chambre, du pourboire à laisser, de la météo puisqu’elle doit adapter l’ indice de produit solaire. Elle est aimable, souriante, précise qu’elle ne recherche pas l’aventure mais tombe facilement amoureuse. Elle aura fait la Tunisie, le Maroc, la République Dominicaine et Cuba, elle commencera à regarder du côté du Sénégal, du Kenya parce que décidément y’a trop de concurrence sur ces destinations habituelles. Non, en fait, elle n’aura pas fait, parce qu’elle ne dit pas "j’ai voyagé" mais je suis partie en vacances. La durée de ses séjours n’excédera pas quinze jours (quand il y a une réduc sur la deuxième semaine). Elle adore les duty-free. L’hiver elle reste fidèle à la France quand elle est française et choisira une destination ski avec une prédilection pour Chamrousse, les sept Laux où les boîtes de nuits sont moins chères qu’Avoriaz ou Tignes. Quand elle fume et c’est rare, ça abime le teint, ce sont des Marlboro Elle travaille, supporte ses horaires parce qu’elle a plein de copines pour papoter. Les hommes, la mode sont deux sujets éminemment abordés. Elle a une peluche sur son lit et Daniel Steel dans sa bibliothèque. Quelques photos du dernier été au bord de la piscine bleue avec le super animateur sont placées artistement sur un socle à ressort, sur la table du salon. Certains disent d’elle qu’elle est une dinde, elle ‘n’en a cure. Elle est réellement serviable et quand on a oublié son porte-monnaie, elle n’hésite pas, ouvre son petit sac de contre façon –Esprit- et prête cinq euros sans les réclamer dès le lendemain.
Elle ne se reconnaîtra pas, parce que ne lit pas cette rubrique
2- Voyageuse aventureuse.
Elle se reconnait à son sac à dos aux couleurs délavées. Elle n’oublie jamais son guide papier, crache sur le guide du routard et tourne les pages cornées du footprint. Sa trousse de toilette est succincte, un savon multi usage (peau, petite culotte) et quelques produits de prévention phytothérapique, homéopathique. Sac à dos d’un maximum 50 litres, quasi vide au départ. Appareil photo numérique, carte bleue, passeport. Ca suffit, car elle aura acheté des billets électroniques au meilleur prix. S’intéresse à vf, renseigne dès qu’elle le peut et cherche elle-même peu de renseignements car elle voit sur place.. Vêtue d’un jean à l’embarquement, elle portera dès l’atterrissage le vêtement local mieux adapté à la baroude. Pleine de fantaisie, elle aime les vêtements colorés. Elle est aimable, souriante, vaguement condescendante avec ses pairs. Elle ne rencontre jamais celle cité au dessus, ne recherche pas spécialement l’aventure et reste très méfiante avec l’homme local. N’hésite pas cependant à tenter un tour de piste avec le japonais, l’anglais, l’allemand, l’australien, eux aussi en vacances et en plein dépaysement. Ses pays de prédilection : Inde-Afrique-Australie Elle travaille, préfère les cdd au cdi, supporte mal l’autorité d’un chef, forcément désagréable. Elle a peu d’amies, mais des vraies, sort peu, écoute beaucoup de musique et lit beaucoup. Ses livres, Monod – Bouvier et les polars. Tente ou aimerait tenter un tour du monde en solo. En général, c’est une fumeuse (camel) ou mieux des roulées (économiques) De ses voyages elle rapporte l’artisanat local qui crée un beau foutoir bien douillet chez elle.
Elle se reconnaitra parce qu’elle lit toutes les rubriques et a un solide sens de l’humour.
(la suite dans quelques instants!!!)
1 - Voyageuse organisée.
En voyage du même nom. N’oublie jamais son sèche-cheveux, son maquillage, son bikini et son matos à épiler. Choisit ses produits de beauté waterprouffe chez Sephora ou Nocibé. Encombrée de la valise rigide à roulettes en promo chez Carrouf, assorti du vanity case pour le même prix (promo intéressante) elle s’informe utilement. Pas des horaires, ni des lignes intérieures, elle a la tête libérée de toute la logistique. Elle recherche surtout du renseignement pratique sur la qualité du restaurant, de la chambre, du pourboire à laisser, de la météo puisqu’elle doit adapter l’ indice de produit solaire. Elle est aimable, souriante, précise qu’elle ne recherche pas l’aventure mais tombe facilement amoureuse. Elle aura fait la Tunisie, le Maroc, la République Dominicaine et Cuba, elle commencera à regarder du côté du Sénégal, du Kenya parce que décidément y’a trop de concurrence sur ces destinations habituelles. Non, en fait, elle n’aura pas fait, parce qu’elle ne dit pas "j’ai voyagé" mais je suis partie en vacances. La durée de ses séjours n’excédera pas quinze jours (quand il y a une réduc sur la deuxième semaine). Elle adore les duty-free. L’hiver elle reste fidèle à la France quand elle est française et choisira une destination ski avec une prédilection pour Chamrousse, les sept Laux où les boîtes de nuits sont moins chères qu’Avoriaz ou Tignes. Quand elle fume et c’est rare, ça abime le teint, ce sont des Marlboro Elle travaille, supporte ses horaires parce qu’elle a plein de copines pour papoter. Les hommes, la mode sont deux sujets éminemment abordés. Elle a une peluche sur son lit et Daniel Steel dans sa bibliothèque. Quelques photos du dernier été au bord de la piscine bleue avec le super animateur sont placées artistement sur un socle à ressort, sur la table du salon. Certains disent d’elle qu’elle est une dinde, elle ‘n’en a cure. Elle est réellement serviable et quand on a oublié son porte-monnaie, elle n’hésite pas, ouvre son petit sac de contre façon –Esprit- et prête cinq euros sans les réclamer dès le lendemain.
Elle ne se reconnaîtra pas, parce que ne lit pas cette rubrique
2- Voyageuse aventureuse.
Elle se reconnait à son sac à dos aux couleurs délavées. Elle n’oublie jamais son guide papier, crache sur le guide du routard et tourne les pages cornées du footprint. Sa trousse de toilette est succincte, un savon multi usage (peau, petite culotte) et quelques produits de prévention phytothérapique, homéopathique. Sac à dos d’un maximum 50 litres, quasi vide au départ. Appareil photo numérique, carte bleue, passeport. Ca suffit, car elle aura acheté des billets électroniques au meilleur prix. S’intéresse à vf, renseigne dès qu’elle le peut et cherche elle-même peu de renseignements car elle voit sur place.. Vêtue d’un jean à l’embarquement, elle portera dès l’atterrissage le vêtement local mieux adapté à la baroude. Pleine de fantaisie, elle aime les vêtements colorés. Elle est aimable, souriante, vaguement condescendante avec ses pairs. Elle ne rencontre jamais celle cité au dessus, ne recherche pas spécialement l’aventure et reste très méfiante avec l’homme local. N’hésite pas cependant à tenter un tour de piste avec le japonais, l’anglais, l’allemand, l’australien, eux aussi en vacances et en plein dépaysement. Ses pays de prédilection : Inde-Afrique-Australie Elle travaille, préfère les cdd au cdi, supporte mal l’autorité d’un chef, forcément désagréable. Elle a peu d’amies, mais des vraies, sort peu, écoute beaucoup de musique et lit beaucoup. Ses livres, Monod – Bouvier et les polars. Tente ou aimerait tenter un tour du monde en solo. En général, c’est une fumeuse (camel) ou mieux des roulées (économiques) De ses voyages elle rapporte l’artisanat local qui crée un beau foutoir bien douillet chez elle.
Elle se reconnaitra parce qu’elle lit toutes les rubriques et a un solide sens de l’humour.
(la suite dans quelques instants!!!)
Pèlerinage épique à Parasnath, Jharkhand (Inde) English translation pending
Je quitte Gaya aux aurores pour me rendre a Parasnath, une destination un peu mysterieuse, hors des sentiers battus, a propos de laquelle le Lonely Planet ne fournit que des informations extremement succintes (a peine une demi-colonne), mais tres allechantes. C’est ici que 23 des 24 divinites (trithankar) du pantheon jain ont atteint le nirvana, dont Parasnath, a l’age de 100 ans. Voila qui en fait le plus grand lieu de pelerinage jain « au monde » (comme les jains aiment formuler la chose). La ville se trouve dans l’etat du Jharkhand, qui est tres peu frequente des touristes et parfois agite par des troubles lies aux mouvements naxalistes ou maoistes. Meme si le guide met un peu en garde (pour eviter toute critique j’imagine), a priori rien a craindre pour moi puisque les attaques armees et actes de violence ne visent que le pouvoir (police, armee, etc). Pas grand chose sur Internet, hormis la meme soupe redigee dans un anglais approximatif, et aucune mention dans les grands forums consacres au voyage que sont ceux du Routard, de Lonely Planet ou de Voyage Forum. Bref, un petit-gout d’aventure qui me plait bien, avec a la cle une jolie petite randonnee, des temples et un panorama apparemment sublime au point culminant de l’etat, Parasnath Hill (1 355 metres).
Je quitte donc Bodhgaya aux aurores, et rejoindrai la gare de Gaya au terme d’un trajet en tempo encore plus intense qu’a l’aller, puisque nous serons pas moins de 17 a y trouver place, ce qui depasse les limites de la science fiction la plus delirante. C’est folklo, evidemment, et encore une fois, c’est incroyable comme ca tape dur dans les rues defoncees de Gaya. Une fois a la gare, je prends un billet « wagon a bestiaux » (prosaiquement appele general compartment) pour 48 roupies. Prevu a 9h05, le train arrive avec une heure de retard, ce qui reste raisonnable. C’est evidemment une lutte de haut vol pour monter a bord et trouver un semblant d’espace ou me planter (s’asseoir etant un luxe impensable, les bancs en fer et bois prevus pour 3-4 personnes accueillant deja tous 6 ou 7 passagers). Les aller-et-venues incessantes des vendeurs ambulants ne font que compliquer les choses, vu comme le wagon est deja plein a craquer. Mais je reste zen, j’ai choisi d’etre la, apres tout, moi le nanti qui ai les moyens de voyager en premiere classe. J’observe longuement les passagers, les vendeurs. Quelles vies ils ont...Je suis toujours sidere de les voir reussir a dormir comme des masses dans le vacarme, l’inconfort, entasses, la tete appuyee contre des montants en acier, les fesses et le dos contre du bois dur. Un vendeur passe, avec dans sa corbeille un aliment inconnu. Des boules marron, de la taille d’une balle de golf, recouvertes de quelques graines de sesame. Sucre ? Sale ? Bah, a quatre roupies les deux, je ne vais pas risquer grand chose ! Le premier contact est deplaisant, avec un gout ecoeurant de vieille friture mal egouttee. Et puis, viens la pate, encore un peu tiede, avec en plus le sesame...humm...ce bon p’tit gout de miel ! C’est sacrement bon ! Et je ne suis pas le seul a le penser, puisque tout le compartiment, la bouche encore pleine, en redemande. C’est presque l’emeute a bord ! De partout, des billets et des pieces sont tendus. Donne-moi en deux de plus ! J’en prends un kilo ! Des billets de 10 et de 50 roupies dans une main, sa vieille balance dans l’autre, notre pauvre vendeur est deborde, et en seulement trois compartiment – meme pas un wagon – il ecoulera le contenu d’un grand panier pourtant dodu. « Nassa », ou un truc comme ca, que ca s’appelait. Vers 12h30, j’arrive enfin a la petite gare de Parasnath, soulage de pouvoir enfin bouger mes gambettes. Je dois a present me rendre a Madhuban, point de depart pour l’ascension de la colline sacree, ou je souhaite loger. A la gare, zero bus. Ah ben, ca commence bien. Personne ne parle vraiment anglais. A la gare ferroviaire, on m’explique qu’il n’y a effectivement aucun bus aujourd’hui, et depuis 3-4 jours apparemment. Et puis on me parle du gouvernement de l’etat (communiste). Gloups, la communication est difficile. Un type me propose de me conduire a Madhuban, moyennant 300 roupies. A ce prix-la, je peux surement me loger ici et decouvrir la ville, alors autant faire contre mauvaise fortune bon coeur, d’autant que ce n’est pas aujourd’hui que je pourrai gravir la montagne. En fait, la station s’appelle Parasnath, mais je suis a Izri, aussi appelee Izri Bazar. Parasnath se trouve semble-t-il sur la colline eponyme, au pied de laquelle est nichee Madhuban, le point de depart des pelerins jains. Je descends la rue de la gare a la recherche d’un hotel, et demande tout de meme confirmation a un pharmacien quant a cette histoire de bus. Il ne parle pas non plus anglais, et me dit de m’adresser dans la ruelle juste en face. Un homme se tient a la grille. Difficilement, il me confirme qu’il n’y a pas de bus, et me fait rentrer dans la cour. Vous allez dormir ici, me dit-il, et prendrez le bus demain aux aurores. Je suis en fait dans une dharamsala, une auberge pour pelerins. La chambre est a 100 roupies, mais je dois faire un don. Il me dit de lui donner 200. Je m’execute, car je me doute bien que l’hebergement est une denree rare dans le coin (effectivement, je n’ai pas vu d’hotel par la suite). Une chambre basique, mais spacieuse. Ca ne vaut certainement pas 200 roupies, mais ca fera l’affaire pour la nuit. Je prends une douche et m’allonge pour une sieste. C’est un delice, et je suis sur le point de m’endormir quand on tambourine a ma porte. C’est Nirmal Kumar Jain, le gerant qui m’avait accueilli. Il s’inscruste, et je ne comprends pas bien ce qu’il veut. Au bout d’un moment, je realise qu’il me parle de sous-vetements. Quel type je porte ? Ben, euh, des slips, la. Il veut voir. Refus polis, il insiste, et je lui montre un bout, pudique que je suis. Je ne sais comment, je me retrouve a lui deballer mon maigre stock de slips. Il est tres interesse. Elastic band ! Oh, verrry good, verrry comforrrtable ! Euh, oui, c’est ca, mon vieux. Bon, ca suffit, tu me rends mes slips, maintenant. Avec quelques difficultes, je reussis a m’en debarasser. Je pars en balade. C’est tres calme, ici. Personne ne m’aborde, ne cherche a me vendre quelque chose, ne vient mendier. Pas d’auto-rickshaws, juste quelques rares rickshaws assoupis. Les gens ont l’air un peu sideres de me voir. Je descends la rue de la gare, qui rejoint une nationale. Hop, je parcours quelques centaines de metres sur la droite, reviens sur mes pas, puis file ensuite longuement vers l’est. Ce sont principalement des camions de marchandises qui empruntent cette route, et donc autant de boutiques qui leur sont consacrees, ainsi qu’aux accessoires auto. Bref, rien de passionnant a voir ou a faire, mais il fait tres bon, la lumiere est superbe, et le traffic etant fluide, je profite des oiseaux et de l’ambiance un peu rurale. Je sirote un Pepsi dans une petite boutique, mange quelques samossas a l’ombre d’un arbre, tandis que l’on m’observe longuement depuis les echoppes de l’autre cote de la route. A la sortie de la ville, au terme d’un long faux-plat, la vue est degagee, et je decouvre au loin, noyee dans la brume de chaleur, Parasnath Hill. On apercoit meme le temple principal, petite tache blanche au sommet de la crete. Je rentre a deux a l’heure, et fais mon marche : concombres, tomates et un petit paquet de pain de mie, pour un pique-nique en chambre ce soir. J’occuperai ma soiree a ecrire, lire, et a preparer mon repas dans ma cuisine improvisee, une chaise de camping. Accessoirement, je m’occupe en chassant des dizaines de moustiques, et attends parfois que le courant revienne. A 21h30, on tocque a ma porte. Et merde, c’est Nirmal Kumar qui s’incruste. Il me reparle des slips. Un peu plus loin dans la conversation, voyant que j’ai des poils sous les bras, il m’apprend qu’ici on se rase, idem pour le pubis. Je lui explique que chez moi ce n’est pas le cas. Il veut voir…Je commence a le trouver louche…Un peu plus loin, il me relance. Bon, je manœuvre pour le mettre dehors, il me dit qu’il va me donner son adresse pour que je puisse lui envoyer un colis avec deux slips ! Hein, euh, oui, c’est ca, d’accord (bon, allez, degage maintenant).Et la, notre ami, debordant d’affection, me serre la main, me prend dans ses bras…et commence a m’embrasser les joues bizarrement en me serrant contre lui ! Je le repousse poliment, quoique difficilement, plutot gene. Allez, au revoir. Et voilà qu’il remet ca ! Et il a cherche a m’embrasser pour de vrai, j’en suis quasiment sur ! Et moi qui tournais sans cesse la tete de droite a gauche, ne sachant pas comment gerer la situation, vous auriez du me voir ! J’ai ete totalement pris au depourvu ! La porte fermee, je m’asseois sur le lit, totalement abasourdi par ce qui vient de se passer. Et dix minutes plus tard, voilà qu’il revient. Et il tambourine, en plus ! Je lui laisse juste le temps de me laisser sa carte de visite pour faire bonne figure, et lui souhaite bonne nuit. Vlan, je ferme la porte a double tour. Hallucinant…
Le reveil, a 5h10, est plutot violent le lendemain matin. Je souhaite en effet ne prendre aucun risque et ne pas rater le bus de 6 heures. Je prevois large, et sors dans la rue a 5h45. Il fait presque jour, et quelques personnes attendent deja.Un homme m’aborde et me demande ou je vais. Il me repond que lui aussi veut aller a Madhuban, ou il travaille, mais qu’il n’y a pas de bus, seulement des vehicules prives (des mini-vans en general), que l’on doit partager. Vu comment il marmonne avec certains chauffeurs, je sens encore l’arnaque. Je me rends a la gare routiere/ferroviaire. On me confirme qu’il n’y a pas de bus, et on me propose de me conduire pour 300 roupies. Seul un gars me baragouine qu’un bus part a 8h direction Madhuban. J’ai un peu les boules, et il n’est que 6h15…Personne ne parle anglais, pas moyen d’avoir des informations fiables et coherentes, et les vautours planent autour de moi avec leurs taxis. Un peu stressant. Je decide d’attendre, voir ce qui se passe, jusqu'à 8h s’il le faut. Il y a plein de jeeps et de voitures avec chauffeur garees juste devant moi, ca doit bien etre pour quelque chose ! A chaque train qui s’arrete en gare, c’est l’espoir que des passagers arrivent et constituent un equipage, pour reduire le cout de la jeep. En vain. Les gens s’entassent a 15 dans un vehicule, mais toujours direction Giridih. J’attends, en me disant qu’au pire, je peux chopper le train de 9h ou de 11h direction Calcutta. Je me pose pour boire un chai, et 5 minutes plus tard un mini-van quasiment plein s’arrete a ma hauteur. Et hop, pour 50 roupettes, je file sur Madhuban. C’est le double du bus, mais serait-il jamais passe ? Je suis installe a l’avant, le levier de vitesse entre les jambes. A chaque changement de rapport – entre mes cuisses – je ne peux m’empecher de de repenser a l’incident de la veille. La route est tres jolie. Un paysage rural, bucolique, calme. C’est pauvre, evidemment, mais pas cette misere noire, crasseuse, brutale comme on peut voir partout ailleurs, surtout dans les villes. La lenteur du vehicule rend la balade encore plus plaisante. Arrivee a Madhuban vers 8h15 environ. Je demande au chauffeur ou se trouve la tourist lodge qu’evoque le Lonely Planet. Il me dit de laisser tomber, et de loger dans l’etablissement devant lequel nous venons de nous garer. Une dharamsala jaine, allons jeter un coup d’œil. On accepte de m’accueillir pour une nuit, apparemment gratuitement. Ma chambre est sinistre. Une grande piece haute de plafond, aux murs noircis, qui sent l’humidite. Plein de moustiques, evidemment, les volets de bois restant toujours clos. Bon, ben ca ira pour la nuit, hein. Je remonte la rue principale de cette tranquille bourgade et reserve un billet de train pour le lendemain, un bureau d’Indian Railways etant installe en haut de la rue. Vu le logement, je me vois mal rester tres longtemps. A Izri Bazar, j’avais eu du mal a trouver de l’eau minerale, alors je charge lourdement mon sac. Pas question de refaire la meme erreur qu’a Girnar Hill (Junagadh, Gujarat). Je debute l’ascension vers 9h30. La montee est douce, sur un chemin de beton qui serpente a travers une foret luxuriante. De beaux arbres, quelques lianes. Quel silence ! Rien que le chant des oiseaux, parfois les cris de quelques singes. Je suis seul, c’est un delice. De temps en temps, quelques huttes ou l’on peut se reposer. Certaines sont habitees, et l’on y vend boissons et biscuits, parfois du chai. Au detour d’un espece de hameau de huttes sans eau ni electricite, un gros arbre, sous lequel des ecoliers, mains jointes, chantent ce qui ressemble a un hymne. Une ecole du bout du monde. Je croise quelques pelerins qui redescendent, mais tres peu. Il commence a faire chaud. Heureusement, le chemin offre une majorite de passages ombrages. Sur les versants opposes des collines alentours, des arbres en fleur ornent les massifs de quelques jolies touches de blanc et de violet. Ce sont a present des marches qu’il faut gravir, pendant les trois derniers kilometres. Je commence a fatiguer. Tout du long, le calme, et pas du tout de harcelement, de la part d’aucun des rares vendeurs ou mendiants installes le long du chemin. Juste des regards un peu meduses. Non loin du sommet, je rejoins le chemin qui dessert les 23 autres temples. Je passe devant une bonne partie d’entre eux, sortes de mini-chapelles ou autels sans interet notable sur le plan architectural ou artistique. A cet endroit, debouche l’autre voie d’acces, qui vient du sud, celle-ci. Soudain, du monde. Des porteurs, de nombreux pelerins. Ca fait drole, de voir du monde, apres quelque deux heures tout seul dans la foret ! Mais la encore, personne pour vous sauter dessus, vous vendre quelque chose, vous harceler de questions. A peine une ou deux personnes, tres gentilles, qui se contenteront de dire bonjour et de demander d’ou je viens. C’est tres agreable, et si rare, ici. Je suis alors une sorte de crete, depourvue de vegetation, mais constellee de superbes roches. Une courte descente, et me voilà au pied de la derniere montee, 200 metres a peine. Dans cette cuvette, une atmosphere sympathique, quelques gargottes installees sous des cabanes en bois et baches, ou les familles se desalterent en avalant quelques pakoras (beignets de legumes). Je me dechausse, et gravis les dernieres marches qui menent au temple de Parasnath. La encore, c’est bien plus l’ascension et le superbe panorama qui retiennent l’attention, que le temple en lui-meme, tres sobre et depouille a l’exterieur comme a l’interieur. Apres presque 3 heures d’ascension, me voila arrive. Je m’installe dans un coin, parmi les fideles, et ecris mon journal, en observant de temps en temps. Un brouhaha continu s’eleve et resonne sous la coupole. Priere declamees a haute voix se melangent aux chants enjoues d’un groupe d’adolescentes installees dans le fond. Les gens sont assis en tailleur, face a de petits pupitres. Ils prient, lisent des textes sacres, manipulent noix de coco et petits tas de riz avec lesquels ils realisent des motifs. D’autres se succedent devant un petit autel de marbre decore de guirlandes et coiffe d’un petit drapeau safran frappe d’une swastika. Dans la niche principale, une plaque de pierre noire, rectangulaire, comportant deux empreintes de pieds, en bas relief. Un pretre depose une goutte de liquide sur mon front. Un jeune etudiant rencontre peu avant depose quant a lui quelques gouttes d’eau benite sur mes doigts (car mes mains sont sales), et m’invite a m’humecter les paupieres et la nuque. Il m’avait auparavant donne une poignee de riz et une petite pierre, que j’avais deposees dans une grande coupelle devant l’autel. Nous descendons sous le temple, dans une sorte de chapelle etroite et sombre. Nous prenons place sur des nattes, face a un roc dans lequel est taille un autel. Le plafond est bas et noirci, mais comme eclaire par une douzaine de plaques dorees, devant lesquelles l’autel est place. Mon ami saisit l’un des exemplaires du livre saint jain, recite quelques prieres, et medite quelques minutes. Je file vers d’autres temples, sur la crete. Contraitement aux temples de Palitana, aucun d’entre eux ne comporte de statue, c’est pourquoi il est permis de photographier j’imagine. Tous comportent par contre ces plaques de pierre blanche ou noire dans laquelle est taillee l’empreinte de deux pas. Il est 15h30. Apres avoir profite une derniere fois du splendide panorama (et de l’apic parfois vertigineux), je commence la descente vers Madhuban, loin, tres loin tout en bas. Il fait tres bon, une legere brise me rafraichit, et la lumiere est splendide sur les massifs boises. Le calme absolu. La terre est rouge chaud, parfois noire et grasse. Je dis au revoir aux gros rochers noirs et rentre dans la foret. Les arbres ont une couleur splendide, un beau marron qui se fond avec celui de la terre. Je me pose a l’ombre sur un banc artisanal, un tronc fendu dans le sens de la longueur. Tout le long du chemin, de nombreux mendiants, probablement les habitants de la foret, les occupants de ces cabanes de bois et de toile. Certains sont atteints de malformations, d’autres semblent avoir la lepre. Tous vivent dans des conditions moyenageuses, sans electricite ni eau courante. Dans leurs gamelles posees a leurs pieds nus et uses, ravages par les crevasses, un peu de riz et quelques piecettes donnees par les pelerins. Vers la fin de la descente, j’entends des voix, et apercois de nombreux pelerins arrivant d’un chemin a gauche. La descente plus « classique », alors que je me suis contente de prendre le meme chemin qu’a l’aller, pour ne pas prendre de risques et etre sur d’atterir a Madhuban. Ca me va tres bien, car c’est si beau qu’on ne se lasse pas, et j’ai vraiment ete tranquille, seul avec la nature. Au terme d’une heure cinquante d’une descente qui m’aura meurtri les orteils et les genoux, j’arrive enfin au village. Je suis epuise, apres ces quelques 22 kilometres dans la montagne (9 kilometres pour monter, 9 pour descendre, plus quelques aller-et-venues). Je ne peux qu’etre admiratif devant les pelerins, qui font la boucle complete, soit 27 km, et tout ca pieds nus sur le beton brulant, irregulier et constelle de petits cailloux, brindilles ou autres bricoles desagreables. Beaucoup de temples jains ici, evidemment, ainsi que deux musees. Des la sortie de la foret, en rentrant dans le village, deux temples au style plus contemporain, grosses structures de beton assez hideuses, il faut reconnaître. Totalement ereinte, je regagne ma cellule, apres avoir decline une invitation a me rendre au refectoire. J’ai vraiment besoin d’une douche, la ! Et elle sera delicieuse…(je precise qu’on se lave au seau, puisque comme souvent il n’y a pas a proprement parler de « douche », juste un robinet et un seau). Propre comme un sou neuf, je sors me balader en ville. Ou plutot dans l’artere principale, les quelques rues laterales ne semblant pas etre interessantes et etant surtout tres mal eclairees. La encore, je peux me balader comme un indien lambda, tranquille. Je fais vite le tour : des boutiques de saris a profusion, quelques points telephone, une poignee de boutiques de souvenirs, et une demie-douzaine d’epiceries. Mais pas de restaurant, a l’exception de quelques trucs a cote desquels une dhaba passe pour un resto cinq etoiles. Je me resouds a me nourrir d’un paquet de crackers sales, apres avoir seulement avale un minuscule paquet de gateaux dans la matinee. Plus tot, en regagnant ma chambre pour me doucher, j’avais trouve ma porte dotee d’un second cadenas, en plus du mien ! Trois jeunes qui logaient la m’etaient venu en aide, et apres dix minutes d’attente, j’avais pu regagner mes quartiers et me recurer enfin. Je tombe sur eux en me promenant, et nous passerons la soiree ensemble a discuter dans la rue ou sur l’un des nombreux bancs de la dharamsala, au pied d’un grand palmier, sous le ciel etoile. Coucher a 21 heures petantes, sous ma couverture poussiereuse, ventilo a fond pour eloigner les vampires ailes.
J’ai evidemment dormi comme une masse, et me reveille a sept heures pour prendre le bus, prevu une heure plus tard. Une forte odeur d’urine, d’egout et d’humidite flotte dans ma chambre. Peu avant, j’avais entendu la foudre, enorme, et des trombes d’eau. Heureusement, le temps de me preparer, le temps se degage. Je remercie mes genereux hotes, et rejoins la dharamsala voisine, ou attend deja le bus direction la gare de Parasnath. Tout le monde me confirme qu’il part a 8 heures, ce qui est parfait car mon train part a 9h00. A 8h20, personne a bord, meme pas de chauffeur. Je redescends, inquiet, et demande ce qui se passe : il part a 8h30, mais ce n’est pas fixe, ca peut etre 8h45, aussi bien… Putain, c’est pas vrai, ca ! Je me resouds a prendre un taxi, un vehicule prive. Pas envie de rater l’unique train et rester bloque a Izri Bazar…Les tarifs sont prohibitifs. Je reussis a negocier la course a 150 roupies. C’est cher, mais je n’ai pas le choix et ai ete loge gratuitement la veille, alors ca compense. Comme il fallait s’y attendre, le chauffeur embarquera d’autres passagers et refusera pour autant de reduire le prix de ma course. J’ai beau savoir que les trains indiens sont toujours en retard, je passe mon temps a regarder ma montre. Heureusement, nous arrivons a la gare a 9h pile. Je me rends au guichet pour connaître mon numero de siege, car j’etais en liste d’attente. Je n’en crois pas mes oreilles quand j’apprends que mon train a purement et simplement ete annule ! Et aucun autre avant demain ! Encore sous le « choc » de l’annulation de mon train et d’avoir claque 150 roupies pour rien, voilà que je vois debouler le bus de la dharamsala. Si, si, celui qui ne prend que 20 roupies pour venir ! Bon, y’a pas moyen de rester ici, faut que je file quelque part. Aucun train pour Calcutta, soit, alors retournons a Bodhgaya, mon etape precedente ! Pas de train…Bon, ben allons a Varanasi, alors, puisque c’est egalement sympa et pas cher. Pas de train non plus…Je suis ecoeure. Tout du long, je n’aurai eu que des merdes, ici. C’est vraiment pas facile de voyager au Jharkhand, hors de circuits touristiques. Arrive Nem Kumar Jain, jeune etudiant jain avec qui j’avais sympathise dans la jeep. Heureusement, il parle un peu anglais. Je lui explique mon souci. Adorable, il se renseigne pour moi au guichet, et me trouve une solution : prendre le meme train local que son oncle et lui jusqu'à Dhanbad, attendre 4-5 heures, et prendre le « Black Diamond » jusqu'à Calcutta. Je prends un billet a 11 roupies, et nous rejoignons le quai, ou nous attendrons le train, qui aura une heure de retard. Evidemment, c’est l’attroupement autour de nous. C’est mon premier train local, et forcement, il est tres…couleur locale. Une version plus aeree de la classe 2 des trains express, que j’appelle « wagons a bestiaux ». Pas de compartiments ou de sieges en hauteur, juste des boxes ouverts avec des bancs de bois dur qui se font face. Beaucoup plus d’espace visuel, on respire plus, et heureusement pour moi, il y a peu de monde aujourd’hui. Enfin, pour l’Inde…Les 48 kilometres sont parcourus en un peu plus d’une heure, et me permettent de decouvrir une campagne verdoyante et un relief aux douces ondulations. Avec les pluies du petit matin, les rizieres et les forets ont vire au vert fluo, et la terre au rouge chaud. A Dhanbad, Nem Kumar et son oncle se plient en quatre pour moi, allant de guichet en guichet pour avoir des informations ou tenter d’effectuer une reservation en mon nom. Pas de reservation possible, et je dois attendre 5 heures mon « diamant noir ». Je decide d’aller dejeuner, seul, car Nem Kumar declinera malheureusement mon invitation. Ca fait deux jours et demi que je n’ai pas pris de vrai repas, chaud, et j’ai envie de manger dans un resto sympa. Lourdement charge, je marche sous un soleil de plomb, dans un environnement poussiereux, crasseux et moche. Ce que j’ai vu de Dhanbad ne m’a pas vraiment convaincu. Apres environ un kilometre, je trouve un hotel possedant un restaurant. Ca fait du bien de manger, d’etre au frais, et d’avoir les fesses sur un truc confortable ! Vers 14h, je suis de retour a la gare, et patiente de longues heures dans une chaleur suffocante. Je prends place a bord du train, qui, o miracle, part a l’heure. La meme version que celui pris dans la matinee, mais un peu plus confortable. Au plafond, 31 ventilateurs, rien que ca ; pas de trop pour brasser ce feu. Le train est a moitie plein quand nous partons, et j’ai la chance d’etre assis. La campagne est tres jolie. Des arbres, des cultures, du vert partout, des buffles qui paissent dans les rizieres. A Asansol, le train est pris d’assaut, et restera blinde jusqu’a l’arrivee. Nous sommes entasses sur des banquettes en skai qui font horriblement transpirer, la chaleur moite est intenable. Je serre les fesses. Le nombre de vendeurs qui se succedent est impressionnant, bien superieur a ce que j’ai pu voir en deuxieme classe couchettes (sleeper). Boissons, cacahuettes, beignets, snacks locaux, fruits, concombres, jouets pour les enfants, coupes-ongles, tabac a chiquer, stylos, cadenas... « Clap clap clap ». Tiens, un claquement de mains caracteristique. Voila trois travestis qui arrivent, et qui comme souvent mendient avec insistance et un air un peu menacant. Au bout du wagon, une voix chevrottante qui se rapproche tout doucement, rythmee par le « clong » lourd et mat d’un baton. Il ne chante pas tres bien, mais je lui donnerai tout de meme la piece, a ce chanteur aveugle, dont la chemise montre qu’il a rate quelques cuillerees de curry lors de ses precedents repas. Je ne compte plus les mendiants, dont certains sont infirmes ou souffrent de difformites et rampent sur le sol crasseux du couloir, pourtant etroit et tres encomnbre. A une petite gare, monte une jeune femme energique accompagnee d’une femme plus agee, qui tient dans ses bras un bebe, probablement son petit-fils. Avec une force impressionnante pour son gabarit ridicule, la jeune femme charge une demie-douzaine de lourds sacs de charbon, qu’elle range sous les banquettes en s’allongeant dans la poussiere. Des haillons sales et dechires, pas de chaussures, des pieds d’un noir inimaginable, les cheveux en bataille et du charbon plein les mains et le visage. Et pourtant, elle est belle, feminine, et c’est avec grace qu’elle se debarbouille rapidement le visage au petit lavabo du bout du wagon. Je suis touche par sa force et son energie, problablement celle de ceux qui n’ont pas le choix. Malgre le spectacle permanent, le voyage est interminable, et il nous faudra 5h15 pour rallier Calcutta (pardon : Kolkata), dont 30 horribles minutes pour faire les 800 derniers metres. Je suis casse, gluant et incroyablement poussiereux. Je monte dans un de ces taxis jaunes au style retro, une jolie Ambassador, qui pour 50 roupies me conduit dans la rue des routards, Sudder Street. C’est un chaos sans nom autour de la gare. Un ocean de taxis, colles au millimetre, completement en vrac dans tous les sens. Les carrosseries portent les stigmates de cette arene mecanique ou tous les coups sont permis. Les conducteurs font preuve d’une audace et d’une agilite surprenantes, meme si la vitesse reste reduite du fait du traffic. Nous empruntons Howrah Bridge, le pont le plus frequente au monde (un delire), traversons de larges avenues a vive allure, et arrivons a Sudder St. A part de chambres « hors de prix » (300 roupies la nuit), tout est complet. Je prends donc un lit au dortoir de l’Hotel Maria, pour seulement 70 roupies, soit 1, 30 euros. Pas le grand luxe, evidemment, mais je suis rode maintenant, et c’est plus dans mon budget. A 23 heures, soit 15 heures apres avoir quitte la dharamsala de Madhuban a 350 kilometres de la, je peux enfin dire « ouf », prendre une douche liberatrice, et m’ecrouler, sourire aux levres, sur ma planche. Quelle aventure, quelle journee de folie, une fois de plus ! Que de bons souvenirs, finalement !
Hôtel à Kuta (Bali), location de mobylette et snorkelling English translation pending
Arrivée à Bali le 25 août et je suis pommé avec tous les hôtels au sud de Bali...
Je recherche un hôtel 10-20 euros à Kuta ou sa région (au delà de l'hôtel, tous les posts "anti Kuta" me font hésiter à jouer au surfer là bas..) pour repos après petit trip sur Hong Kong.
Côté location d'une mob, comment éviter le racket des flics ? un conseil ?
Je suis dingue de snorkelling. On parle du supers récifes vers Amed, Lovina...? si qlq'un a un endroit top à me conseiller (avec accès direct depuis plage...), j'en rêve...
Merci pour vos conseils !
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Merci pour vos conseils !
Logement et sorties à Ibiza en Espagne English translation pending
Bonjour,
je prévois terminer un voyage en Europe à Ibiza en Espagne.Je voudrais savoir quels sont les endroits les moins chers pour se loger, étant donné que le cout de la vie est très cher sur cette ile.
Et si qlq1 a un endroit particulier où il faut absolument aller, n'hésitez pas!À part biensûr les discothèques ;)
Merci
Merci
Nouvelle-Zélande 2005 English translation pending
Nouvelle-Zélande : du 6 au 29 Octobre 2005
Jour 1 - Jeudi 6 Octobre.
Nous atteignons l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle à 9 heures 30 et nous dirigeons vers l’aérogare 2C, où nous pouvons enregistrer nos bagages sans attendre, en zone 6. L’agent de comptoir a la gentillesse de nous attribuer les places de notre choix, et ce jusqu’à Auckland ; et enregistre les bagages de bout en bout. Éspérons qu’ils arriverons à bon port et en même temps que nous. À midi, les passagers du vol Air France 264, annoncé à l’heure, sont appelés à embarquer. Nous sommes ravis, car tous les autres vols ( New York, St Petersbourg... ) sont retardés en raison de l’épais brouillard qui sévit sur le Val d’Oise ce matin. Mais la satisfaction sera de courte durée, car le Boeing 777 au contact de la porte C80 ne sera pas le nôtre... La passerelle nous conduit en effet sur la piste, où un bus nous attend. Nous rejoindrons donc notre avion après un interminable “tour” de la zone aéroportuaire. A 13 heures 30, il est là, devant nous, F-GSPY nous attend. Il s’agit du 395ème triple 7 à être sorti des chaînes d’assemblage de Boeing à Seatle. Il a été mis en service par Air France le 2 Avril 2002. A 14 heures 45, soit avec une heure et demie de retard, notre biréacteur s’élance enfin. Nous sommes installés rangée 35, sièges A et B, au niveau de l’issue de secours. Nous survolons tour à tour la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède, l’Estonie et la Russie. Nous dormerons ensuite la quasi totalité du vol pendant l’interminable survol de la Sibérie. Il convient d’avancer nos montres de 7 heures pour nous régler sur l’heure de Séoul. Il est donc minuit.
Jour 2 - Vendredi 7 Octobre.
Nous survolons Ulan Bator, puis Pékin, lorsque l’on nous apporte notre petit déjeuner. Nous nous posons sous une pluie battante à 8 heures précises à Inchéon, avec une heure de retard. Nous passons rapidement le filtre de police, puis la douane, et, à la sortie de l'aérogare, prenons place à bord d’un “limousine bus” de Korean Air, en direction du centre ville. Mais Séoul est une capitale densément peuplée, et la pluie n’aidant en rien, des embouteillages monstres nous ralentissent. Nous arriverons à 10 heures 30 à la gare de Séoul. Nous n’avons prévu ni parapluie, ni imperméable pour cette journée : ils sont dans nos bagages enregistrés. Malheureusement bien convaincus que nous ne verrons pas grand chose de Séoul compte tenu des conditions météorologiques, nous achetons un parapluie au grand magasin “Galleria” jouxtant la gare, puis partons à l’aventure. Direction, le marché de Namdaemun. En chemin, nous apercevons la Porte Sungnyemun, ancienne barrrière délimitant le centre. De saisissants contrastes nous interpellent au gré de notre promenade. De grandes avenues à deux fois quatre voies de circulation sur lesquelles se font face de larges trottoirs, des banques, des grands magasins, des hôtels de luxe ; et des rues adjacentes ressemblant plus à des “souks”, à la limite du bidonville. La voilà, la société capitaliste à deux vitesses. Nous voici à présent au marché de Namdaemun, où les gadgets et la fripe “made in Korea” tiennent le haut du pavé. C’eut été passionnant de déambuler dans ces ruelles, s’il avait fait beau. Mais là, même avec un parapluie, cela relève plus du calvaire. Nous sommes trempés. Nous marchons encore jusqu’à l’hôtel de ville, en traversant une galerie souterraine, puis après être passés devant la banque de Corée, nous engouffrons dans le métro. Des quais centraux, une signalisation fiable et lisible, une propreté à toute épreuve et une rigueur sans failles. Voilà pour l’impression laissée par ce métro. Résignés, nous regagnons l'&éroport d'Inchéon. Nous allons déjeuner dans une cafétéria-self, un “all-you-can-eat” sud-coréen. Rassasiés, nous allons alors jouer les globe trotters en transit en nous allongeant sur des banquettes pour dormir un peu. Il n’est que 16 heures. A 18 heures, nous repassons la douane, puis errons en zone hors taxe, où les prix ne se montrent pas aussi attratctifs qu'escompté... Notre vol est annoncé à l’heure, pour 21 heures 10, avec un embarquement en porte 23 à 20 heures 40. A 20 heures 40 très précises, l’embarquement débute, mené de main de maître et de fer par le personnel de Korean Air. Du travail de pro. Impressionnant. Une rigueur et une organisation "perlée" qu’il serait bon de transposer en Europe. Nous prenons place à bord du Boeing 777 immatriculé HL-7714, mis en service en Juillet 2002 ; dans lequel nous sommes accueillis par une nuée de créatures mi-fées, mi-anges : les “libellules” de la Korean, magnifiques hôtesses, appretées et tirées à quatre épingles. Du grand art. Les deux cent passagers ayant pris place dans le temps imparti, le bel oiseau bleu s’élance, à l’heure, soit à 21 heures 10, pour Auckland.
Jour 3 - Samedi 8 Octobre.
Avançant de nouveau notre montre de quatre heures, il est une heure du matin passé en Nouvelle-Zélande, et nous dormons tant que nous pouvons, entre les repas -coréens- et les collations, durant ces 11 heures 20 de vol. A 11 heures 30, nous apercevons les terres du Northland. Puis après avoir contourné Auckland par l’est, et malgré un vent très fort, le 777 se pose sur la piste. Il est midi 45, et nous sommes enfin en Nouvelle-Zélande ! Nous passons rapidement les formalités de police, puis récupérons nos bagages. Skyteam a tenu ses promesses avec l’enregistrement de bout en bout. Reste à présent la douane, où nos bagages passent aux rayons X, car aucune substance végétale ou animale ne doit rentrer. Ils inspectent même les semelles de nos chaussures pour déceler la présence éventuelle de terre ! Nous attendons ensuite la navette-bus gratuite qui doit nous conduire au dépôt d’United Campervans. Les hôtesses d’accueil d’United nous expliquent que nous aurons droit à un véhicule neuf, 200 km au compteur. C’est un Fiat Ducato 2, 3 l Dti, tout équipé. S’en suit la démonstration -en anglais- intérieure ( lit, table, douche, chauffage...), et extérieure ( raccordements, électricité, gaz, eaux usées...). Nous pouvons enfin prendre la route, avec notre “maison sur notre dos”. A nous l’aventure !!! Première direction, le supermarché, afin d’effectuer quelques provisions alimentaires chez “Foodtown”, la chaîne de supermarchés locale. Il est trop tard pour visiter “Rainbow’s End”, le parc d’attractions prévu au programme. Nous le caserons sur la journée de mardi. Nous choisissons d’aller pour l’heure au camping de Manukau, labellisé “Top 10 Holiday Park”. Un accueil tout gentil nous est réservé par une demoiselle d’environ 12 ans. Nous achetons la carte “Club” qui nous donnera droit à 10% de remise chaque jour. Vient ensuite l’heure de notre installation dans le camion. Il est 20 heures, nous nous allongeons, tirons les rideaux et procédons à l’extinction des feux.
Jour 4 - Dimanche 9 Octobre.
Réveillés à 7 heures, nous quittons les lieux pour le centre-ville d’Auckland. Nous constatons tout d’abord qu’il doit être très difficile de stationner ici avec le Camping-Car. Afin de nous rendre au “monde sous-marin de Kelly Tarlton”, nous empruntons Tamaki Drive, la “croisette” d’Auckland, puis après quelques prises de vue de la baie et des innombrables embarcations ammarées là, débutons la visite de “l’Antarctic Encounter”. Nous achetons deux “Auckland Superpass”, donnant l’accès aux principales attractions de la ville. Ce “ Kelly Tarlton’s Center” nous rappelle au niveau du concept Sea World, en plus petit, certes, mais à taille humaine. La visite est divisée en trois parties, la première étant un circuit en véhicule monorail autour de la banquise. C’est une rencontre de très près avec une colonie de manchots. Après avoir traversé la reconstitution du camp de Scott, un explorateur anglais parti de Nouvelle-Zélande en 1910 pour atteindre le pôle sud, nous arrivons à la nouvelle attraction de ces lieux : “StingRay”. Il s’agit d’un immense bassin dans lequel s’ébattent quelques raies manta monumentales. Ensuite, nous prenons place sur un tapis roulant pour une ballade en vision sous-marine. Le tunnel de plexiglas qui nous entoure nous permet d’observer requins et autres poissons en toute quiétude. Nous reprenons le véhicule à onze heures, en direction de l’Auckland Domain, un très vaste parc en plein centre ville, qui abrite en son sein le Museum d’Auckland. Une longue visite qui s’articule sur trois étages : ce “War Memorial & Museum” présente l’histoire d’Auckland autour de trois thèmes : les peuples du pacifique, l’histoire naturelle, et les guerres. Visite très instructive et même en certains points passionnante. Nous repartons en direction du centre, afin de poursuivre les visites à pied. Il est très difficile de trouver des places de stationnement, mais trouvons toutefois une place sur Aotea Square. Nous débutons notre visite pédestre par l’hôtel de ville et Queen Street, la principale artère commerçante d’Auckland, puis nous dirigeons vers le port. Le “Ferry Terminal” se dresse devant nous, puis nous allons faire un tour du côté du “Viaduct Bassin” ( théatre de l’épisode du Rainbow Warrior, coulé en ces lieux par les services secrets français en 1985...), et le “Village de l’America’s Cup”. Nous revenons sur “Custom’s Street”, où l’ancienne douane, l’un des plus beaux monuments d’Auckland, a été reconvertie en centre commercial de luxe. Nous remontons à présent Albert Street jusqu’au complexe “Skycity”, ville dans la ville, où outre la Skytower, édifice de 325 mètres, tenante du titre de “plus haut monument de l’hémisphère sud”, nous trouvons un immense casino, hôtels, piscines, centre de conférences, restaurants... Nous montons au sommet de la tour, en ascenseur panoramique dont le sol est vitré, puis découvrons Auckland “vu du ciel”. Comme à Toronto il y a trois ans, le “Skydeck” s’avère être un poste d’observation qui permet d’avoir “les pieds dans le vide”, sur des surfaces vitrées : sensations garanties ! Les visites prévues à Auckland touchant à leur fin, nous jetons un coup d’oeil sur l’itinéraire à suivre pour quitter Auckland, et c’est le départ pour Orewa, point de chute de ce soir. Nous trouvons facilement le “Top10 Holiday Park”, un camping 5 étoilles où nous dormirons.
Jour 5 - Lundi 10 Octobre.
Nous partons aujourd'hui en direction de Whangarei. C’est la capitale du Northland, la ville la plus peuplée du “grand nord”. Le principal centre d’intérêt de cette ville sont ses chutes, d’une centaine de mètres. Nous stationnons à proximité, puis effectuons le circuit balisé qui fait le tour des dites chutes. Plusieurs points d’observation jalonnent le chemin : du haut, de côté et d’en bas, avant de revenir au parking en traversant la forêt tropicale. La végétation est dense et luxuriante. Nous mettons à présent le cap sur Paihia-Waitangi, siège de nos visites du jour. Waitangi, tout d’abord, site historique de Nouvelle-Zélande par excellence, puisque c’est ici qu’en 1840 fut signé le traité de paix entre la couronne britanique et le peuple maori. Nous arrivons à Waitangi après avoir traversé Paihia, véritable station balnéaire, et un long pont à sens unique. Le site est merveilleusement bien entretenu et mis en valeur. Ce qui nous permet d’accéder à la “Whare Waka”, un “Pa” protégeant un canot de guerre maori pouvant accueillir cent guerriers. Un sentier pedestre nous conduit au “Flagstaff”, immense mât porte-drapeau où les membres du gouverrnement assistent à une cérémonie annuelle le jour du “Waitangi Day”. Face à nous, “Treaty House”, le demeure dans laquelle le capitaine Hobson reçu les maoris et leur fit signer le fameux traité. Enfin, “Te Whare Runanga”, la maison commune maorie, véritable oeuvre d’art, dans laquelle nous pénétrons déchaussés. Ravis de cette visite émouvante et chargée d’histoire, nous retournons à Paihia, afin de préparer la “grosse” activité de l’après-midi : la découverte de la baie des îles, l’observation des dauphins, et tenter de nager avec eux ! Nous déjeunons sur le ponton, face au “Discovery IV”, le catamaran jaune sur lequel nous passerons l’après-midi. Dès l’embarquement, nous mesurons l’étendue des difficultés qui nous attendent, notamment à cause de la barrière de la langue, rendant quasi-incompréhensible les consignes de l’équipage. Nous sommes onze passagers. Très rapidement, le bateau atteint une zone en plein océan Pacifique, peuplée de dauphins. Ils sont là, sous nos yeux, à s’ébattre joyeux dans l’eau. Ils jouent et nous amusent aussi. Nous sommes quelques uns à avoir envie de les rejoindre, quatre hommes, très exactement. Une fois la combinaison enfilée, le masque et le tuba appliqués, et les palmes chaussées, nous devons nous jeter à l’eau, et avancer vite vers les dauphins. Mais l’eau est froide, 15 °C tout au plus, et les vagues rendent la nage difficile en plein océan, à une cinquantaine de mètres du catamaran, en “buvant la tasse” à chaque vague, tout en étant à bout de souffle... De retour sur l'embarcation, nous profiterons de vues magnifiques sur la baie des îles, en s’approchera de fameux trou dans les rochers surnommé “Hole in the rock”. De retour à Paihia, il est 17 heures, et après avoir efffectué un plein de gasoil, nous irons passer la nuit à Kerikeri, à une vingtaine kilomètres de là.
Jour 6 - Mardi 11 Octobre.
Nous partons pour le “Far North”, la péninsule d’Aupori. Des paysages magnifiques nous attendent. Pas de visites à proprement parler pour aujourd’hui, mais la découverte en profondeur du Northland. Nous approchons de “Ninety Mile Beach”, une longue et interminable plage d’une centaine de kilomètres, praticable par les voitures à marée basse, mais interdite pour nous. Le vent souffle fort, mais nous arpentons tout de même, à pied, la dune pour aller fouler le sable immaculé de cette plage. De retour au camping-car, nous mettons le cap sur Kaitaia, la “ville” du grand nord. Ensuite, nous partons en direction de la Kauri Coast, ainsi nommée en raison de la Waipoua Forest qu’elle traverse, forêt abritant les traditionnels arbres “Kauri”. Il est prévu de rejoindre le village de Rawene avec une traversée d’une rivière en bac. Mais, chose imprévue, le service du ferry est “unaivailable” du 5 au 15 octobre. Pas de chance ! Nous devons poursuivre notre route en efffectuant un long détour, dont quelques kilomètres sur une piste boueuse non goudronnée, sous la pluie... le tout sans dépasser les 20 km/h ! Mais l’arrivée dans la Waipoua Forest relèvera de l’enchantement. Pur. La végétation est reine, et les arbres sont rois. Le roi de la forêt, c’est le Kauri ; dont le plus ancien se trouve soudain là, devant nous. Il a deux mille ans, et il est de dimensions impressionnantes et hors du commun. Nous sommes à la fois abasourdis et ravis. Nous repartons à présent en direction de Dargaville, bourgade industrielle, réputée pour sa culture de la patate douce, Dargaville où nous remplissons le réservoir de carburant. Nous n’atteindrons pas Auckland comme prévu ce soir, et décidons de retourner dormir au Top Ten d’Orewa, comme il y a deux jours. Au programme demain, dernières visites à Auckland.
Jour 7 - Mercredi 12 Octobre.
Nous prenons un peu le temps ce matin. Avant de partir pour Auckland, la réceptionniste du camping nous explique que jusqu’à 9 heures, le trafic est “busy” jusqu’à Auckland. Mais qu’à cela ne tienne, nous décidons de braver les embouteillages. Et sans trop de problèmes ( ce n’est pas l’A86 non plus !!! ), nous franchissons “l’’Harbour Bridge” et arrivons au port d’Auckland pour 9 heures. Après avoir stationné le camping-car, nous nous dirigeons vers le National Maritime Museum. Une visite bien agréable, chaque pièce offrant l’opportunité de découvrir de nouveaux bateaux, ferrys, canoes, maquettes, toiles... Bref, toute l’histoire maritime du pays est ici expliquée, sur deux étages d’expositions. Nous pouvons même visiter un ancien bâtiment de guerre désarmé et ammaré dans le port. Ensuite, nous allons faire un peu de shopping à DFS Galleria, la grande boutique de luxe hors-taxes sise dans l’ancienne douane. Nous reprenons ensuite le camping-car pour partir à la découverte de la banlieue d’Auckland, et notamment “One Tree Hill”, colline-espace vert faisant désormais office de parc urbain, mais jadis chargé d’histoire et de luttes sociales. Nous roulons à présent sur la “Great South Road” jusqu’au parc d’attractions “Rainbow’s End”, une sorte de “Parc Astérix”, mais très peu fréquenté, ce qui permet de ne pas attendre aux attractions. Nous essayons tout d’abord “Log Flume”, descente de chutes d’eau en rondin de bois ; puis tenterons le “Power Surge”, sorte d’araignée virevoltante et retournante, défiant la gravité, certes de courte durée, mais à fortes sensations . Un peu de repos ensuite sur des bateaux-bouées à moteur, d’où nous ressortirons un peu “wet”. Nous allons après faire un tour de chariots de mines d’or, très agréable. Enfin, nous essayerons le roller coaster qui, outre un double grand huit, opère un virage en vrille exténuant. Nous terminerons par un peu de Karting... Nous quittons à présent Rainbow’s End pour le supermarché Food Town d’en face, où nous effectuons quelques provisions. Puis, c’est l’heure du grand départ d’Auckland, pour le sud et l’aventure. Nous mettons le cap sur la péninsule du Coromandel. Une agréable heure de route sur les nationales 1 et 2, où nous sommes de moins en moins nombreux. Puis débute la route 25, la route du Coromandel. Et là, c’est un enchantement. Passé Thames, la magie opère : à gauche, nous longeons l’océan, le soleil entame sa descente et les paysages sur notre droite sont grandioses. Régulièrement, nous faisons de petites pauses pour admirer un tel “tableau”. Nous ne cessons de la répéter : c’est magnifique ! Nous arrivons ensuite à Coromandel Town, et regagnons le Top 10 de “Shelly Beach”, où nous passerons la nuit dans ce camping donnant directement sur la plage, et dans lequel nous rencontrons deux français avec lesquels nous ferons un brin de causette.
Jour 8 - Jeudi 13 Octobre.
Étant déjà sur place, nous n’avons pas besoin de partir trop tôt ce matin. Une fois prêts, nous nous rendons au “Driving Creek Railways”, qu’un céramiste passioné de chemins de fer à construit dans les années 70 et 80, où nous effectuons une ballade d’un heure en petit train, sur voie étroite, au milieu de la verdure et bénéficiant de superbes points de vue sur la baie du Coromandel. Nous passons tour à tour dans des tunnels, sur des ponts, dont un à double niveau, et à maintes reprises, rebrousssons chemin pour prendre de l’altitude. Enfin, un panorama exceptionnel s’offre à nous. Photos de rigueur, malgré la pluie, qui a repris ses activités “quotidiennes” et qui redouble d’intensité. Une fois de retour au camping car, nous poursuivons notre tour de la péninsule du Coromandel, par Whitianga puis Whangamata, où nous remplissons le réservoir de de gasoil. A Waihi, prend fin la route 25, et nous partons pour Paeroa sur la nationale 2, en longeant les Karangahake Gorges, nous offrant là encore de magnifiques décors. À Te Aroha, nous rentrons dans les terres, en direction de Matamata, où le réalisateur du film “Le Seigneur des Anneaux” avait planté le décor de la “Comté” dans les paysages verts fluo des alentours. D’ailleurs, un panneau “Welcome to Hobbiton” nous le rappelle. Nous retrouvons un peu de civilisation sur la route nationale 1 qui nous mène à Cambridge et Hamilton, deux villes typiquement “so British”. Nous apercevons le “Country Store” à Cambridge et effectuons un détour par les “Hamilton’s Gardens”, jardin botanique et parc urbain de la cinquième ville du pays. Enfin, c’est la descente vers le sud, en direction de New Plymouth, par la route 3. Une heure de route nous sépare des Waitomo Caves, que nous visiterons demain. Nous nous installons au Top 10, sis en face des grottes, pour la nuit.
Jour 9 - Vendredi 14 Octobre.
Réveillés à 7 heures, s’en suit le “grand nettoyage” : pour la première fois, il faut s’occuper du Camping Car. Vider les eaux usées, les toilettes, recharger de l’eau, et nettoyer l’intérieur et l’extérieur. Rien de plus simple à la “Dump Station”... À 9 heures, nous débutons la visite de Gloworms Caves, visite guidée de ces grottes de “vers luisants”. Une partie de la visite s’effectue en barque dans l’obscurité la plus totale. Le plafond est recouvert de millions de vers : nous avons l’impression d’être sous une rivière de diamants. Les secondes grottes au programme à Waitomo sont les “Aranui Caves”. Celles-ci, à trois kilomètres des précédentes sont plus “brutes de décoffrage”... On peut y prendre photos et vidéos des nombreux stalactites et stalagmictes. Nous reprenons le Camping Car à 11 heures en direction de New Plymouth. La route nationale 3 est bonne, et à 13 H 30, nous atteignons la capitale du Taranaki. Nous y effectuons un nouveau plein de diesel. S’en suit un rapide tour de ville, où nous en profitons pour effectuer un petit crochet par l’église Ste Mary avant de partir pour l’Egmont National Park, par le Cap Egmont, Opunake et les Dawson Falls, chutes que l’on observe au cours d’une randonnée d’une demi-heure en pleine forêt tropicale à la végétation luxuriante. Nous sommes ravis. Nous mettons le cap à présent sur Wanganui que l’on atteint après deux nouvelles heures de route. Il est trop tard pour emprunter le fameux ascenseur à plan incliné de Durie Hill, nous en ferons néanmoins l’ascenion à pied. D’en haut, un superbe panorama de Wanganui s’offre à nous. Wanganui a tout pour plaire, telle une ville de province proprette, aux nombreux commerces et restaurants, mais si, dans ce pays, tout est certes ouvert 7 jours sur 7, nous avons le regret de constater que la vie s’arrête passé 17 heures. Donc, contraints de stopper net nos visites pour aujourd’hui, nous allons passer la nuit au Top 10 de Wanganui River, où nous sommes acccueillis par une horde de moutons et de canards, mais avec un décor de coucher de soleil de carte postale. Nous dînons puis nous écroulons de sommeil.
Jour 10 - Samedi 15 Octobre.
À 6 heures, nous quittons Wanganui par la nationale 4 afin de rejoindre le plateau volcanique du Tongariro National Park. Passé le village du même nom, nous empruntons la route 47 où nous apercevons les premières fumeroles s’échappant du sol. Le lac Rotoaira s’étend sur notre droite, et laissons filer la station de ski de Whakapapa. Apparament, il y a encore de la neige, vu que les voitures qui s’y rendent ont les skis sur les toits... A Turangi, nous rechargeons du diesel dans le camion, puis regagnons Taupo. Superbe station de vacances, avec ses hôtels à touristes en bordure du plus grand lac de Nouvelle-Zélande. À la sortie de Taupo, nous faisons une pause aux Huka Falls, qui ressemblent plus à des rapides qu’à des chutes à proprement parler... Mais l’eau est d’un bleu turquoise limpide et clair et la puissance de l’eau est telle que les remous provoqués éclaboussent à plusieurs mètres. Nous empruntons à présent la nationale 5 en direction de Rotorua. Cette route est bordée de cratères volcaniques. La première “attraction” de la journée sera la visite du site thermal de Whakarewarewa. LA VISITE à ne pas manquer en Nouvelle-Zélande ! École de sculpture maorie, atelier de tissage, maison commune où nous assistons à un spectacle de chants et danses traditionnelles maories ; mais aussi un long parcours pédestre où l’on peut à loisir observer des bassins bouillonnants, des cratères en éruption, des geysers jaillissants, le tout dans une odeur de souffre persistante et omniprésente. Le geyser Pohutu jaillit sous nos yeux et ses projections atteignent 20 mètres de haut ! Nous découvrons même un petit cimetière traditionnel maori, où les défunts sont entreposées en hauteur, compte tenu de l’instabilité du sous-sol. Enchantés par cette visite, nous décidons de nous attarder à Rotorua, en poursuivant la journée au “Skyline Complex”, où nous empruntons des télécabines qui nous permettent de jouir d’un superbe panorama sur Rotorua, son lac, et ses environs. Le site offre une autre attraction : la descente en luge. Prise de vitesse maximale, et en avant les sensations ! De retour au centre-ville, nous nous installons au Top 10, et, sous la pluie, repartons pour le centre à pied. Nous décidons de nous offrir une séance au “Polynesians Spa”, consacrés “l’un des meilleurs centres thermaux au monde”. Nous profitons d’une piscine d’eau thermale à 40°, privative, pour trente minutes. Trente minutes de bonheur, seuls dans notre “baignoire” à ciel ouvert. S’en suit une douche froide pour remettre les muscles en place, puis nous quittons ces lieux enchanteurs... Nous terminons la journée par une ballade dans les Governments gardens, et ses orchidées ; suivie d’un repas au bord du lac Rotorua. À l’orée de la nuit, nous repartons pour le camping en traversant le Kuirau Park, un parc urbain plein de bassins de boue, d’eau bouillonante, de cratères et de fumeroles. De véritables paysages lunaires crépusculaires par endroits ! Demain, le "cap est" est au programme : nous serons parmi les premiers au monde à voir le jour et le soleil le Dimanche 16 Octobre 2005.
Jour 11 - Dimanche 16 Octobre.
C’est aujourd’hui que nous attend la plus longue étape de notre périple : 600 kilomètres pour rejoindre Napier, par le cap est. Levés à 5h30, nous quittons Rotorua par la route 30 en direction de Whakatane et Opotiki. Le jour se lève à peine, et il n’est que 7h30 à Hawaï... mais hier ! Personne d’autre sur terre que nous et les habitants de la région n’aura vu le soleil se lever aussi tôt ce jour ! Il n’est que 19h30 à Paris hier soir. Une fois sur la nationale 2, nous contournons Whakatane et stoppons quelques minutes à Opotiki le temps d’un pemier plein de diesel, puis nous partons pour East Cape par la route 35. Nous empruntons tout d’abord un pont ferroviaire, puis à hauteur du Cap Runaway, effectuons une pause devant l’église en bois de Rankokore, datant de 1894. La route est sinueuse jusqu’au cap est, à Te Araroa, où nous déjeunons en observant un “Pohutukawa”, un arbre à 22 troncs. Nous sommes face à la plage et toute l’immensité du pacifique s’offre à nous, derrière un ultime panneau indicateur “London, 18394 km”. Reprenant la route, à Tikitiki, nous apercevons l’église St Mary, de 1924, richement décorée. Puis, c’est l’arrivée à Gisbornne, plus importante ville de la côte est, avec 30000 habitants. Nous poursuivons notre long chemin pour les 200 derniers kilomètres nous séparant de Napier, ville rasée en 1931 lors d’un terrible tremblement de terre, et reconstruite selon la mode architecturale de l’époque, typiquement “Art Déco”. Nous l’atteignons à 18 heures. Après un rapide tour de ville en camion par le “town center” et “marine parade”, nous allons nous installer au Top 10 de “Kennedy Park”.
Jour 12 - Lundi 17 Octobre.
Après un réveil en douceur, nous quittons ce camping, véritable ville dans la ville, pour rejoindre Marine Parade, superbe avenue de bord de plage, ornée de palmiers. Première visite ce matin, l’aquarium national de Nouvelle-Zélande. Tout neuf, toute la faune marine du pacifique y est représentée. Nous avons même l’opportunité de voir un kiwi, et une reproduction de grotte de vers luisants. La fin de la visite a toutefois un air de déjà vu : tapis roulant dans un tunnel sous-marin... Nous stationnons ensuite le camion sur le parking du marineland, où le show n’est qu’à 10h30. En attendant, nous partons pour un tour pedestre du centre-ville : rues pietonnes, palmiers, architecture art-déco et bâtiments colorés. Direction à présent le marineland, qui abrite un “liliput railroad”, salle avec un immense train électrique. Le spectacle de dauphhins et d’otaries n’a rien d’exceptionnel, surtout après avoir vu Sea World. Nous quittons Napier à midi et rejoignons Hastings, où nous effectuons un plein de carburant. Direction, à présent, la nationale 2 : 300 kilomètres, avalés en un peu moins de quatre heures. Peu de paysages ébourrifants aujourd’hui... C’est donc l’arrivée à Wellington, extrémité sud de l’île du nord, et capitale du pays. Nous nous rendons aussitôt au comptoir d’Interislander, la société exploitante de la traversée en ferry entre les deux îles. Or, le bateau sur lequel nous avons réservé notre traversée de demain est “cancelled”, en français, annulé. Cela tombe plutôt bien, car nous voulions le modifier afin de rester plus longtemps à Wellington. Nous rejoindrons donc l’île du sud le 19 à 9 heures au lieu du 18 à 18 heures. De plus, la traversée s’effectuera de jour, et nous offrira de splendides vues des Malbourough Sounds. Ceci étant fait, nous allons à présent au centre-ville, prendre nos marques pour demain. Nous arpentons le quartier du port par Courtenay Place et le Civic Center. Enfin, nous allons effectuer quelques provisions alimentaires chez New World. Nous repartons pour la “Hutt Valley”, la banlieue nord de Wellington, où se trouve le Top 10. Nous y resterons deux nuits.
Jour 13 - Mardi 18 Octobre.
N’ayant pas de route au programme aujourd’hui, on traîne un peu ce matin... Nous partons ensuite pour Wellington et stationnons le camping-car dans un parking à la journée sur Queen’s warf. Et c’est parti pour une ballade à pied dans le downtown... Lambton quay, tout d’abord, la rue commerçante par excellence, puis le parlement, et l’université. Un peu de lèche-vitrine, puis nous empruntons le cable-car, en d’autres termes, le “funiculaire de Kelburn”, vieux train en bois d’époque. Nous partons ensuite à la découverte des botanics gardens, parc urbain valloné dans le genre des Buttes-Chaumont. Nous terminons notre ballade en rejoignant la “terrasse”, autre avenue commerçante surplombant la ville, par une traversée bien originale, celle du cimetière, en pleine ville, les pierres tombales s’égrennant le long des rues et des allées. Nous regagnons à présent le quartier “populaire” et vivant de Wellington : Cuba. Nous nous engouffrons à présent dans “Te Papa”, le museum national ( “notre lieu” en maori ). Une manifestation anarcho-pacifiste a lieu devant l’entrée. Le bâtiment est immense et nous promet une visite passionnante... Mais malgré une reconstitution du “bush” ( forêt locale ), et quelques constructions typiquement maories ( pâ, haka... ); ce musée nous laisse sur notre faim. Il permet certes de présenter toute la Nouvelle-Zélande en un lieu, mais en réalité, il n’est utile que pour celui qui n’aurait qu’une seule journée à passer dans ce pays ! Pour ceux qui visitent le pays en profondeur, le musée n’a qu’un intérêt limité. Après avoir récupéré le véhicule et réglé le parking, nous effectuons le tour de “Marine drive”, la route côtière qui encercle tout Wellington, elle-même autour d’une colline ; puis regagnons notre “camp de base”, à Hutt. Nous dormons vite, et bien, car demain, nous devons nous lever tôt pour le ferry.
Jour 14 - Mercredi 19 Octobre.
Réveillés à 6 heures, nous quittons la Hutt valley à 7 heures, car il nous faut enregistrer le véhicule sur le ferry avant 7h45. Nous suivons le flèchage “Lynx Ferry” puis donnons notre voucher ( bon d’échange ) au guichet. Le “Waitaki” ( “Challenger”, en anglais ) est là, construit en 95 aux Pays-Bas, son ancien port d’attache étant Portsmouth, où il servait aux liaisons Portsmouth-Le Havre. Il vient tout juste de rejoindre la flotte d’Interislander. Nous quittons Wellington à 9h20, avec une bonne demi-heure de retard, et devons accepter les “Apologize to delays”. Nous traversons le détroit de Cook, et voguons à présent au beau milieu des Malborough Sounds. Nous effectuons quelques prises de vue depuis le pont 10, en plein air. Arrivés à Picton à 13h30, nous débarquons sur l’île du Sud. Nous effectuons un rapide tour de port, puis partons en direction de Havelock par la Queen Charlotte Drive. 35 kilomètres jalonnés de points de vue à couper le souffle, sur cette route surplombant les Malborough Sounds. À Havelock, nous filons vers Nelson, la “ville” de la région, où nous stationnons afin de faire un tour de ville à pied et surtout, visiter la “Sutter Art Gallery”, petit musée sans prétention, permettant toutefois de se faire une idée de l’art moderne néozélandais. Après Richmond, nous nous aventurons sur la nationale 60, en direction de Motueka et Takaka. Plusieurs sites nous offrent de superbes points de vue, puis allons dormir au Top 10 de Takaka, plus exactement à Motupipi.
Jour 15 - Jeudi 20 Octobre.
Levés tôt ce matin, à 6 heures, nous continuons sur la route de Totaranui, afin d’atteindre les magnifiques chutes de Wainui, au bout d’un trek sportif en pleine forêt, sous la pluie. Un pont suspendu en corde doit être franchi peu avant d’arriver à la cascade, un des sites à ne pas manquer dans l’Abel Tasman National Park. Nous retournons ensuite à Takaka, où nous continuons la route du “Far West” vers Collingwood. En chemin, nous “trekkons” de nouveau jusqu’aux Pupu Springs, un source souterraine d’une limpidité absolue. Le spectacle offert par cette source qui jaillit sous un étang dont le fond est parsemé de quartz, est ébourrifant ! L’eau paraît bleue et verte, tout en étant d’une transparence totale. Collingwood, ensuite, n’est rien d’autre qu’un petit port de pêche du bout du monde, en cul-de-sac, à la pointe nord-ouest de l’île du sud. Nous traversons ensuite le Kahurangi National Park, jusqu’à Motueka, l’occasion, malgré un épais brouillard, de longer des vignes et des vergers de Kiwifruit. Nous regagnons à présent la nationale 6, jusqu’à Murchison, puis Westport. Nous arrivons sur la West Coast, dans la région des mines d’or et de charbon. Nous allons donc de ce pas visiter le Coal Town Museum, qui permet de se replonger dans le passé minier de la région. Le contenu de l’exposition est riche. Nous zappons ensuite volontairement l’aller-retour à Karamea, afin de nous avancer un peu en rejoignant Greymouth. En route, nous traversons le Paparoa National Park, où après avoir suivi le Truman Track - grâce auquel, en un quart d’heure, nous aurons joui d’un superbe panorama sur la côte rocheuse tout en traversant la forêt subtropicale- nous atteignons les renommés “Pankakes rocks”, là où l’érosion maritime a donné aux roches cette formation d’empilements de crèpes. De nombreux “lookout” s’égrennent tout le long du “walkway”. Arrivés à Greymouth, nous dînons puis remplissons de gazole le réservoir et nous installons au Top 10, en bord de plage, où nous admirons un superbe coucher de soleil.
Jour 16 - Vendredi 21 Octobre.
Nous partons à 7 heures ce matin, en direction du lac Brunner, en passant par Stillwater. Pour une “petite route”, elle est en bon état, même si nous devons marquer l’arrêt pour laisser passer un troupeau de vaches. Nous atteignons rapidement l’Arthur’s Pass National Park, en longeant la voie ferrée “tranzalpine” d’Otira à Arthur’s Pass village. Nous marquons une pause pour observer l’Otira viaduc, datant de 1999, puis stationnons sur l’aire de Temple Basin pour afin d’effectuer notre première randonnée du jour, le “Dobson Nature Walk”, de trente minutes, ce qui nous permet de découvrir la flore alpine. Au cours de cette marche, plusieurs points de vue nous offfrent un panorama sur les Devil’s Punchbowl Waterfall, chutes de 130 mètres de haut. Une autre courte pause le temps de faire demi-tour à l’Arthur’s Pass village, puis nous refranchissons le col, 920 mètres d’altitude, en direction de Kumara. Nous ne regrettons pas d’avoir effectué la “boucle”. Il n’est que 11 heures lorsque nous arrivons à Hokitika, après avoir franchi un pont routier et ferroviaire à sens unique ! Nous passons d’ailleurs juste après le train. Hokitika, -où nous en profitons pour faire le plein et pour visiter la “Jade Factory”- est la ville du Jade ( Greenstone, ou Néphrite ). Nous longeons ensuite la mer de Tasmanie jusqu’au village de Franz Josef Glacier. Encore quatre kilomètres sur une piste gravilloneuse puis nous arrivons au point de départ d’une randonnée d’une heure et demie qui nous conduit au pied du glacier. Le suivant, à 25 kilomètres plus au sud, est le Fox Glacier. 3 nouveaux kilomètres de piste, puis une heure de randonnée, plus sportive que la précédente, jusqu’au glacier, que l’on peut approcher de très près. Mais son caractère instable, avec quelques chutes de blocs de glace en direct-live, ne nous inspire guère confiance. Nous reprenons donc la route, et comme il n’est que 16 heures, nous décidons de “ pousser” jusqu’à Wanaka, la “porte” du sud. Passé le village de Haast, nous pénétrons dans le “Mount Aspiring National Park”, et allons observer les Thunder Creek Falls, nouvelles chutes enchanteresses. Peu après, nous franchissons les portes de la Haast, où un pont surplombe le lit des rapides de la rivière Haast, puis le col éponyme ; avant de longer les lacs Wanaka et Hawea, qui nous offrent tour à tour un décor de rêve au coucher du soleil. La nuit se passera au Top 10 de Wanaka.
Jour 17 - Samedi 22 Octobre.
Une journée de transition est au programme aujourd’hui, avec notamment très peu de route. Nous quittons Wanaka à 9 heures pour retourner au lac Hawea, que nous tenions à filmer et à photographier. Puis nous repartons en direction de Queenstown par la route d’altitude de Cardona. Des paysages mi-désertiques mi-lunairess s’offrent à nous. De nombreuses scènes du “Seigneur des Anneaux” ont été tournées ici. Le vent souffle, il fait froid et nous sommes à 1100 mètres. Nous descendons à présent vers le lac Wakatipu en faisant un détour par Arrowtown, ville-fantôme de chercheurs d’or dont les constructions d’époque ont été conservées et réhabilitées ; le village étant ainsi transformé en ventouse à touristes. Queenstown, autoproclamée “capitale mondiale de l’aventure” nous laissera d’ailleurs la même impression. Quel changement tout d’un coup. Des touristes par centaines, déversés des autocars et/ou débarqués de leurs camping-cars errent dans les rues de ce “Chamonix” local ! Station de sports d’hiver typique, où tout est proposé : saut à l’élastique, survols en hélicoptère, rafting, parapente, jet ski... Nous nous contentons de la vue panoramique de la ville et du lac, depuis le complexe Skyline, où comme à Rotorua, des télécabines nous conduisent à une plate forme d’observation. Nous partons donc en direction de Kingston, afin de passer l’après-midi à bord du “Kingston Flyer”, un train à vapeur datant de 1925. Une heure et demie de parcours en wagons en bois, d’époque, avec les sensations réelles d’un voyage en train à vapeur. C’est “Retour vers le futur” ! De retour ensuite à Queenstown, où nous passerons la nuit, nous effectuons nos courses à New World, ainsi qu’un plein de Gazole, puis nous installons au Top 10, où le réceptionniste est francophone. Nous terminons la journée à pied au centre-ville.
Jour 18 - Dimanche 23 Octobre.
Après un réveil matinal à 5 heures, nous quittons Queenstown au quatrième top de 6 heures, pour rejoindre Milford Sound, à 300 kilomètres de là. Le “Turbo D” aidant, nous tenons une cadence de 110 Km/h !!! Passé Te Anau à 8 heures, nous empruntons la Milford Road, longue de 120 kilomètres, déserte, également appelée “l’avenue de la montagne qui disparaît” par les maoris. Nous n’y effectuons aucun arrêt, puisque nous ferons le trajet retour cet après-midi. Car ce matin, à 11 heures, débute la croisière sur le Milford Sound, fjord de 16 kilomètres. Nous sommes prêts à embarquer, il fait froid, et malgré cela, de nombreux moustiques errent dans l’air (!) Nous passerons une heure et demie sur le Milford Monarch, de la compagnie Real Journeys, à observer les montagnes, les chutes d’eau et les dauphins, avant d’arriver au débouché en mer de Tasmanie, puis de rebrousser chemin. Grandiôse ! Comme prévu, la route du retour vers Te Anau nous réserve mille et une surprises. La Cleddau Valley, l’Hommer Tunnel et sa pente à 10 %, le gouffre de Chasm ; puis un track de 45 minutes au lac Gunn ( où les montagnes et le ciel se reflètent dans l’eau tels dans un mirroir ) ; puis un autre vers le lac Mistletoe. Nous allons de découvertes en découvertes. Les paysages magnifiques se succèdents. Nous franchissons la latitude 45 sud, longitude 180°, soit, strictement au point opposé à la France ( lat. 45 nord, long 0° ). Impossible d’aller plus loin sur terre !!! De retour à Te Anau, nous effectuons un nouveau plein, puis allons nous installer au Top 10. À 18 heures, nous repartons pour une découverte pédestre de Te Anau, puis nous rendons à l’embarcadère pour l’excursion vers les Glowworms Caves. Celle-ci dure deux heures trente, et débute par une demi-heure de bateau sur le lac, deuxième plus grand plan d’eau de Nouvelle-Zélande. Après avoir suivi un film documentaire sur les grottes de vers luisants, nous pénétrons enfin dans ces fabuleuses grottes. Nous crapahutons au frais dans un dédale de galeries étroites ( parfois seulement 60 cm de haut ), puis avons droit à deux promenades en barques sur une rivière souterraine -6°, toute l’année, jour et nuit-. C’est fabuleux. Des chutes d’eau jaillissent même à l’intérieur, sous un plafond ressemblant à une rivière de diamants. En un mot : Féérique !!!
Jour 19 - Lundi 24 Octobre.
Nous quittons Te Anau à 8 heures en direction de Manapouri. Nous suivrons aujourd’hui la “Southern Scenic Road”, jusqu’à Dunedin. La route nous amène à Invercargill, la ville la plus méridionale de Nouvelle-Zélande. Nous la traversons et continuons jusqu’à Bluff, port industriel, au “bout du bout”, qui abrite, à la fin de la National 1, le “Stirling Point”, un panneau indicateur ( London, Tokyoo, South Pôle...). C’est le point le plus au sud que nous n’ayons jamais atteint. Nous montons ensuite sur Bluff Hill, promontoire donnant une vue panoramique sur ce cap sud, et sur l’immensité devinée de l’océan glacial antarctique. Puis, c’est le retour à Invercargill, où nous allons ensuite nous balllader dans Queen’s Park, jardin de 80 ha abritant un mini-zoo, où nous observons des wallabies dans leur milieu naturel, ainsi qu’une roseraie et de nombreux rhododendrons. Le parc jouxte le Southland Museum & Art Gallery, gratuit, qui se révèle être très intéressant ( mi-gallerie mi-museum d’histoire naturelle ), il abrite également un vivarium avec des sphénodons ( sorte d’iguanes ). Après un tour du centre-ville par Ted St, Tay St et Dee St, nous effectuons un plein de diesel, puis reprenons la Southern Scenic Road. Celle-ci va nous permettre de découvrir en profondeur la région des “Catlins”, le sud-est de l’île, combinaison de falaises, chutes d’eau, plages et grottes ! C’est désert, mais la route est bonne, sauf pour rejoindre les deux chutes que nous voulons voir : les Mc Lean Falls et les Purakaunui Falls, qui nécessitent chacune cinq kilomètres de route non-goudronnée et 30 minutes de marche. Mais elles valent le coup d’oeil ! Nous effectuerons également un court arrêt au lac Wilkie, puis nous rejoignons la nationale 1 à Balclutha, jusqu’à Dunedin, où nous passerons deux nuits au Top 10.
Jour 20 - Mardi 25 Octobre.
Le Top 10 de Dunedin n’étant qu’à 2 kilomètres du centre-ville, nous décidons d’y aller à pied, et de laisser le camion au camping. Nous ne roulerons pas aujourd’hui, et ce pour la première fois ! La “marche” s’avère assez longue car Dunedin est au creux d’un “trou”, entourée de collines. Il faut donc monter une côte pendant un quart d’heure avant de “déscendre” Stuart Street, jusqu’à l’Octogon, le “coeur de Dunedin”. Par un rapide tour de ville ; nous atteignons la gare, où nous confirmons nos réservations pour le Taieri Gorge Railway, dont le départ du “voyage” aura lieu à 14 heures. Nous voici ensuite partis pour un tour plus approfondi de la ville, observant tour à tour le palais de justice, la prison et la “First Church”, puis par la visite de la Dunedin Art Gallery, qui nous offre notamment la possibilité de contempler une section d’art moderne néozélandais.. De retour ensuite sur l’Octogon, nous passons devant l’hôtel de ville et la cathédrale St Paul, avant d’arpenter de long en large George Street, l’artère la plus commerçante de la ville. Nous partons à présent pour la gare, magnifique exemple d’édifice en pierre, datant de 1906, où le Taieri Gorge Railway nous attend. Nous montons à son bord pour un voyage de 4 heures ( 2 heures aller et 2 heures retour ) le long des gorges du Taieri, jusqu’à la gare “désertique” de Pukerangi. Nous avons deux sièges individuels face à face et jouissons d’une vue superbe, le décor nous offrant de splendides panoramas. De tunnels en viaducs, de lacs en montagnes, la voie ferrée serpente le long de la rivière. La ballade est ponctuée d’arrêts photo-vidéo. Nous sommes ravis, puis traversons de nouveau Dunedin, parés pour trente nouvelles minutes de marche sportive pour rejoindre le Top 10.
Jour 21 - Mercredi 26 Octobre.
Levés à 5 heures afin de pouvoir partir à 6 heures, nous quittons Dunedin encore endormie, par la nationale 1, en direction du nord. Une heure plus tard, nous atteignons le site des Moeraki Boulders, sortes de gros rochers ronds de deux mètres de diamètre ! Ils se situent sur une plage, au milieu d’un “loop track”, de dix minutes. Puis nous arrivons à Oamaru, ville “historique”, tout d’abord car c’est de là qu’est partie la première cargaison de viande ovine congelée à l’exportation. Ensuite, nous arpentons le centre-ville (Thames St., Tyne St., et Itchin St. ) afin d’observer ses édifices de style colonial ( 1880 ) parfaitement conservés et entretenus. Après une ascension jusqu’au “lookout reserve”, nous réservant une vue panoramique sur Oamaru, nous partons en direction du parc national Mount Cook. Sur la route d’Omarama, nous longeons la vallée du Waitiki, jalonée de plans d’eau d’altitude et de barrages, et contribuant à la production hydroélectrique néozélandaise. Nous observons les barrages de Waitiki et Aviemore et les lacs éponymes, bleus turquoise. À Omarama, nous effectuons un plein de carburant et quelques achats alimentaires chez 4Square, puis traversons Twizel, petite station de montagne. À notre surprise, la route est droite et sans relief particulier, nous pouvons ainsi rouler à 100 kmh jusqu’à Mount Cook. Mais la station-village ne ressemble en rien à une homologue européenne. Un seul hôtel, l’hermitage, quasi-exclusivement destiné à la riche clientèle japoniaise. Toutes les inscriptions et panneaux du village sont d’ailleurs en Anglais et en Japonais. Après renseignements pris au DOC ( Department Of Conservation ), nous ferons une randonnée de 90 minutes ( le Governors Bush Walk ) nous réseravnt de belles vues sur le Mount Cook, les glaciers et la chaîne de montagne enneigée ! Toutefois un brin déçus, nous repartons pour Lake Tekapo. Ce lac est un “2 en 1” : Il combine à la fois l’attrait d’un lac mirroir et d’un lac du turquoise typique de la région. Nous mettons à présent le cap sur Timaru, où nous passerons la nuit.
Jour 22 - Jeudi 27 Octobre.
Un tour de ville ce matin de Timaru, banale ville de province, mais à l’allure assez commerçante, nous mettons le cap aujourd’hui sur les plaines du Canterbury, que nous traverserons avant Christchurch. Ashburton et Rakaïa sont des villes-villages ruraux peuplés de moutons, puis nous quittons la “one” pour une escapade dans la péninsule de Banks. Et là, la surprise et la magie opèrent ! Falaises, vallées, route offrant à chaque virage un nouveau coup d’oeil sur les bras de mer alentours d’un bleu féérique, de baies en baies, nous atteignons Akaroa, ancienne colonie française ( 1840 ), fière de ses origines ( drapeaux bleu blanc rouge un peu partout, “boulangerie”, noms de rues et de commerces en “french”...). Notre coup de coeur. Ahhh...Karoa !!! Une nouvelle ( et dernière ) heure de route, et nous voilà à Christchurch, la deuxième ville du pays... mais aussi la plus belle ! Mis à part son nom, il faut avouer que la ville est magnifique. Après un rapide tour de ville à pied ( le parcmètre ne nous laissant qu’une heure ), nous allons stationner vers les Botanics Gardens ( gratuit ) ; puis nous offrons un tour de tramway ( touristique, mais pittoresque ). Nous observons et découvrons Victoria Street, la rivière Avon, la cathédrale Christchurch, New Regent Street ( rue piétonne charmante mais éminemment touristique ) ; ainsi que le City Mall, le plateau piétonnier, coeur de la ville “qui bouge”. Nous partons ensuite découvrir en profondeur les Botanics Gardens, datant de 1863, autoproclamés “l’un des plus beaux du monde”. Après un dernier tour du centre-ville par l’Arts Center, nous tentons de trouver le Top 10, près de l’aéroport, mais mal indiqué.Une fois installés, nous allons nous baigner à la piscine soi-disant “chauffée”. De retour au camping-car, nous nous "attaquons" aux bagages. Demain, à la même heure, nous serons dans l’avion.
Jour 23 - Vendredi 28 Octobre.
Nous débuterons ce dernier jour par un grand nettoyage du camion. Et c’est le départ en direction de la première station-service où nous effectuons le dernier plein de gasoil.Nous stationnons ensuite le véhicule pour la journée aux Botanics Gardens, puis profitons de nos dernières heures pour aller flâner dans Christchurch. A 14 heures, nous partons restituer le camping-car au dépôt d’United, en zone aéroportuaire. Aucun incident n’ayant été à déplorer, les formalités sont brèves, et la préposée nous appelle un taxi, qui nous conduit devant l’aérogare des vols domestiques de l’aéroport de Christchurch. Nous enregistrons nos bagages de bout en bout, puis attendons d'embarquer à bord du vol Qantas 4152, un Boeing 737 immatriculé ZK-JNC, en provenance de Queenstown et à destination d'Auckland. Nous survoleons l'Egmont National Park, avec de superbes vues derrière le hublot, puis atteignons Auckland à la tombée de la nuit. Nous rejoignons, via un cheminement pedestre l'aérogare internationale, où nous nous enregistrons sur le vol Korean Air 824. Mais la promesse de Skyteam n'est pas tenue, et on ne nous délivre pas, contrairement à l'aller nos cartes d'embarquement pour le vol suivant. L'agent de comptoir d'Auckland ne connaissant même pas l'existence de Skyteam ! Fidèle à sa réputation, Korean Air nous fera embarquer et décoller à l'heure, à bord du même 777 qu'à l'aller, immatriculé HL-7714. Un vol sans histoires de douze heures, durant lequel nous reculerons nos montres de 4 heures.
Jour 24 - Samedi 29 Octobre.
Il est 7 heures lorsque nous nous posons sur le tarmac d'Inchéon, débarquons, puis nous dirigeons vers les guichets de transit. Là, le staff commun Air France-Korean Air est aux petits soins, et nous patientons de nouveau trois heures avant d'embarquer pour Paris. À 9 heures, nous sommes invités à monter à bord d'un Boeing 777-300 d'Air France, F-GSQB, assurant exceptionnellement la rotation de Séoul aujourd'hui, habituellement exploitée en 777-200. Le vol de douze heures, paraît interminable tant nous sommes pressés de retrouver nos bases... Le survol de la Sibérie dure cinq heures, que nous passons debout au bar libre-service au fond de l'appareil. À l'heure prévue, le vol AF 267 se pose à Roissy-CDG, et nous récupérons nos bagages à l'aérogare 2 A, ravis que nous sommes de ce fabuleux voyages, des images et des souvenirs plein la tête.
Jour 1 - Jeudi 6 Octobre.
Nous atteignons l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle à 9 heures 30 et nous dirigeons vers l’aérogare 2C, où nous pouvons enregistrer nos bagages sans attendre, en zone 6. L’agent de comptoir a la gentillesse de nous attribuer les places de notre choix, et ce jusqu’à Auckland ; et enregistre les bagages de bout en bout. Éspérons qu’ils arriverons à bon port et en même temps que nous. À midi, les passagers du vol Air France 264, annoncé à l’heure, sont appelés à embarquer. Nous sommes ravis, car tous les autres vols ( New York, St Petersbourg... ) sont retardés en raison de l’épais brouillard qui sévit sur le Val d’Oise ce matin. Mais la satisfaction sera de courte durée, car le Boeing 777 au contact de la porte C80 ne sera pas le nôtre... La passerelle nous conduit en effet sur la piste, où un bus nous attend. Nous rejoindrons donc notre avion après un interminable “tour” de la zone aéroportuaire. A 13 heures 30, il est là, devant nous, F-GSPY nous attend. Il s’agit du 395ème triple 7 à être sorti des chaînes d’assemblage de Boeing à Seatle. Il a été mis en service par Air France le 2 Avril 2002. A 14 heures 45, soit avec une heure et demie de retard, notre biréacteur s’élance enfin. Nous sommes installés rangée 35, sièges A et B, au niveau de l’issue de secours. Nous survolons tour à tour la Belgique, les Pays-Bas, le Danemark, la Suède, l’Estonie et la Russie. Nous dormerons ensuite la quasi totalité du vol pendant l’interminable survol de la Sibérie. Il convient d’avancer nos montres de 7 heures pour nous régler sur l’heure de Séoul. Il est donc minuit.
Jour 2 - Vendredi 7 Octobre.
Nous survolons Ulan Bator, puis Pékin, lorsque l’on nous apporte notre petit déjeuner. Nous nous posons sous une pluie battante à 8 heures précises à Inchéon, avec une heure de retard. Nous passons rapidement le filtre de police, puis la douane, et, à la sortie de l'aérogare, prenons place à bord d’un “limousine bus” de Korean Air, en direction du centre ville. Mais Séoul est une capitale densément peuplée, et la pluie n’aidant en rien, des embouteillages monstres nous ralentissent. Nous arriverons à 10 heures 30 à la gare de Séoul. Nous n’avons prévu ni parapluie, ni imperméable pour cette journée : ils sont dans nos bagages enregistrés. Malheureusement bien convaincus que nous ne verrons pas grand chose de Séoul compte tenu des conditions météorologiques, nous achetons un parapluie au grand magasin “Galleria” jouxtant la gare, puis partons à l’aventure. Direction, le marché de Namdaemun. En chemin, nous apercevons la Porte Sungnyemun, ancienne barrrière délimitant le centre. De saisissants contrastes nous interpellent au gré de notre promenade. De grandes avenues à deux fois quatre voies de circulation sur lesquelles se font face de larges trottoirs, des banques, des grands magasins, des hôtels de luxe ; et des rues adjacentes ressemblant plus à des “souks”, à la limite du bidonville. La voilà, la société capitaliste à deux vitesses. Nous voici à présent au marché de Namdaemun, où les gadgets et la fripe “made in Korea” tiennent le haut du pavé. C’eut été passionnant de déambuler dans ces ruelles, s’il avait fait beau. Mais là, même avec un parapluie, cela relève plus du calvaire. Nous sommes trempés. Nous marchons encore jusqu’à l’hôtel de ville, en traversant une galerie souterraine, puis après être passés devant la banque de Corée, nous engouffrons dans le métro. Des quais centraux, une signalisation fiable et lisible, une propreté à toute épreuve et une rigueur sans failles. Voilà pour l’impression laissée par ce métro. Résignés, nous regagnons l'&éroport d'Inchéon. Nous allons déjeuner dans une cafétéria-self, un “all-you-can-eat” sud-coréen. Rassasiés, nous allons alors jouer les globe trotters en transit en nous allongeant sur des banquettes pour dormir un peu. Il n’est que 16 heures. A 18 heures, nous repassons la douane, puis errons en zone hors taxe, où les prix ne se montrent pas aussi attratctifs qu'escompté... Notre vol est annoncé à l’heure, pour 21 heures 10, avec un embarquement en porte 23 à 20 heures 40. A 20 heures 40 très précises, l’embarquement débute, mené de main de maître et de fer par le personnel de Korean Air. Du travail de pro. Impressionnant. Une rigueur et une organisation "perlée" qu’il serait bon de transposer en Europe. Nous prenons place à bord du Boeing 777 immatriculé HL-7714, mis en service en Juillet 2002 ; dans lequel nous sommes accueillis par une nuée de créatures mi-fées, mi-anges : les “libellules” de la Korean, magnifiques hôtesses, appretées et tirées à quatre épingles. Du grand art. Les deux cent passagers ayant pris place dans le temps imparti, le bel oiseau bleu s’élance, à l’heure, soit à 21 heures 10, pour Auckland.
Jour 3 - Samedi 8 Octobre.
Avançant de nouveau notre montre de quatre heures, il est une heure du matin passé en Nouvelle-Zélande, et nous dormons tant que nous pouvons, entre les repas -coréens- et les collations, durant ces 11 heures 20 de vol. A 11 heures 30, nous apercevons les terres du Northland. Puis après avoir contourné Auckland par l’est, et malgré un vent très fort, le 777 se pose sur la piste. Il est midi 45, et nous sommes enfin en Nouvelle-Zélande ! Nous passons rapidement les formalités de police, puis récupérons nos bagages. Skyteam a tenu ses promesses avec l’enregistrement de bout en bout. Reste à présent la douane, où nos bagages passent aux rayons X, car aucune substance végétale ou animale ne doit rentrer. Ils inspectent même les semelles de nos chaussures pour déceler la présence éventuelle de terre ! Nous attendons ensuite la navette-bus gratuite qui doit nous conduire au dépôt d’United Campervans. Les hôtesses d’accueil d’United nous expliquent que nous aurons droit à un véhicule neuf, 200 km au compteur. C’est un Fiat Ducato 2, 3 l Dti, tout équipé. S’en suit la démonstration -en anglais- intérieure ( lit, table, douche, chauffage...), et extérieure ( raccordements, électricité, gaz, eaux usées...). Nous pouvons enfin prendre la route, avec notre “maison sur notre dos”. A nous l’aventure !!! Première direction, le supermarché, afin d’effectuer quelques provisions alimentaires chez “Foodtown”, la chaîne de supermarchés locale. Il est trop tard pour visiter “Rainbow’s End”, le parc d’attractions prévu au programme. Nous le caserons sur la journée de mardi. Nous choisissons d’aller pour l’heure au camping de Manukau, labellisé “Top 10 Holiday Park”. Un accueil tout gentil nous est réservé par une demoiselle d’environ 12 ans. Nous achetons la carte “Club” qui nous donnera droit à 10% de remise chaque jour. Vient ensuite l’heure de notre installation dans le camion. Il est 20 heures, nous nous allongeons, tirons les rideaux et procédons à l’extinction des feux.
Jour 4 - Dimanche 9 Octobre.
Réveillés à 7 heures, nous quittons les lieux pour le centre-ville d’Auckland. Nous constatons tout d’abord qu’il doit être très difficile de stationner ici avec le Camping-Car. Afin de nous rendre au “monde sous-marin de Kelly Tarlton”, nous empruntons Tamaki Drive, la “croisette” d’Auckland, puis après quelques prises de vue de la baie et des innombrables embarcations ammarées là, débutons la visite de “l’Antarctic Encounter”. Nous achetons deux “Auckland Superpass”, donnant l’accès aux principales attractions de la ville. Ce “ Kelly Tarlton’s Center” nous rappelle au niveau du concept Sea World, en plus petit, certes, mais à taille humaine. La visite est divisée en trois parties, la première étant un circuit en véhicule monorail autour de la banquise. C’est une rencontre de très près avec une colonie de manchots. Après avoir traversé la reconstitution du camp de Scott, un explorateur anglais parti de Nouvelle-Zélande en 1910 pour atteindre le pôle sud, nous arrivons à la nouvelle attraction de ces lieux : “StingRay”. Il s’agit d’un immense bassin dans lequel s’ébattent quelques raies manta monumentales. Ensuite, nous prenons place sur un tapis roulant pour une ballade en vision sous-marine. Le tunnel de plexiglas qui nous entoure nous permet d’observer requins et autres poissons en toute quiétude. Nous reprenons le véhicule à onze heures, en direction de l’Auckland Domain, un très vaste parc en plein centre ville, qui abrite en son sein le Museum d’Auckland. Une longue visite qui s’articule sur trois étages : ce “War Memorial & Museum” présente l’histoire d’Auckland autour de trois thèmes : les peuples du pacifique, l’histoire naturelle, et les guerres. Visite très instructive et même en certains points passionnante. Nous repartons en direction du centre, afin de poursuivre les visites à pied. Il est très difficile de trouver des places de stationnement, mais trouvons toutefois une place sur Aotea Square. Nous débutons notre visite pédestre par l’hôtel de ville et Queen Street, la principale artère commerçante d’Auckland, puis nous dirigeons vers le port. Le “Ferry Terminal” se dresse devant nous, puis nous allons faire un tour du côté du “Viaduct Bassin” ( théatre de l’épisode du Rainbow Warrior, coulé en ces lieux par les services secrets français en 1985...), et le “Village de l’America’s Cup”. Nous revenons sur “Custom’s Street”, où l’ancienne douane, l’un des plus beaux monuments d’Auckland, a été reconvertie en centre commercial de luxe. Nous remontons à présent Albert Street jusqu’au complexe “Skycity”, ville dans la ville, où outre la Skytower, édifice de 325 mètres, tenante du titre de “plus haut monument de l’hémisphère sud”, nous trouvons un immense casino, hôtels, piscines, centre de conférences, restaurants... Nous montons au sommet de la tour, en ascenseur panoramique dont le sol est vitré, puis découvrons Auckland “vu du ciel”. Comme à Toronto il y a trois ans, le “Skydeck” s’avère être un poste d’observation qui permet d’avoir “les pieds dans le vide”, sur des surfaces vitrées : sensations garanties ! Les visites prévues à Auckland touchant à leur fin, nous jetons un coup d’oeil sur l’itinéraire à suivre pour quitter Auckland, et c’est le départ pour Orewa, point de chute de ce soir. Nous trouvons facilement le “Top10 Holiday Park”, un camping 5 étoilles où nous dormirons.
Jour 5 - Lundi 10 Octobre.
Nous partons aujourd'hui en direction de Whangarei. C’est la capitale du Northland, la ville la plus peuplée du “grand nord”. Le principal centre d’intérêt de cette ville sont ses chutes, d’une centaine de mètres. Nous stationnons à proximité, puis effectuons le circuit balisé qui fait le tour des dites chutes. Plusieurs points d’observation jalonnent le chemin : du haut, de côté et d’en bas, avant de revenir au parking en traversant la forêt tropicale. La végétation est dense et luxuriante. Nous mettons à présent le cap sur Paihia-Waitangi, siège de nos visites du jour. Waitangi, tout d’abord, site historique de Nouvelle-Zélande par excellence, puisque c’est ici qu’en 1840 fut signé le traité de paix entre la couronne britanique et le peuple maori. Nous arrivons à Waitangi après avoir traversé Paihia, véritable station balnéaire, et un long pont à sens unique. Le site est merveilleusement bien entretenu et mis en valeur. Ce qui nous permet d’accéder à la “Whare Waka”, un “Pa” protégeant un canot de guerre maori pouvant accueillir cent guerriers. Un sentier pedestre nous conduit au “Flagstaff”, immense mât porte-drapeau où les membres du gouverrnement assistent à une cérémonie annuelle le jour du “Waitangi Day”. Face à nous, “Treaty House”, le demeure dans laquelle le capitaine Hobson reçu les maoris et leur fit signer le fameux traité. Enfin, “Te Whare Runanga”, la maison commune maorie, véritable oeuvre d’art, dans laquelle nous pénétrons déchaussés. Ravis de cette visite émouvante et chargée d’histoire, nous retournons à Paihia, afin de préparer la “grosse” activité de l’après-midi : la découverte de la baie des îles, l’observation des dauphins, et tenter de nager avec eux ! Nous déjeunons sur le ponton, face au “Discovery IV”, le catamaran jaune sur lequel nous passerons l’après-midi. Dès l’embarquement, nous mesurons l’étendue des difficultés qui nous attendent, notamment à cause de la barrière de la langue, rendant quasi-incompréhensible les consignes de l’équipage. Nous sommes onze passagers. Très rapidement, le bateau atteint une zone en plein océan Pacifique, peuplée de dauphins. Ils sont là, sous nos yeux, à s’ébattre joyeux dans l’eau. Ils jouent et nous amusent aussi. Nous sommes quelques uns à avoir envie de les rejoindre, quatre hommes, très exactement. Une fois la combinaison enfilée, le masque et le tuba appliqués, et les palmes chaussées, nous devons nous jeter à l’eau, et avancer vite vers les dauphins. Mais l’eau est froide, 15 °C tout au plus, et les vagues rendent la nage difficile en plein océan, à une cinquantaine de mètres du catamaran, en “buvant la tasse” à chaque vague, tout en étant à bout de souffle... De retour sur l'embarcation, nous profiterons de vues magnifiques sur la baie des îles, en s’approchera de fameux trou dans les rochers surnommé “Hole in the rock”. De retour à Paihia, il est 17 heures, et après avoir efffectué un plein de gasoil, nous irons passer la nuit à Kerikeri, à une vingtaine kilomètres de là.
Jour 6 - Mardi 11 Octobre.
Nous partons pour le “Far North”, la péninsule d’Aupori. Des paysages magnifiques nous attendent. Pas de visites à proprement parler pour aujourd’hui, mais la découverte en profondeur du Northland. Nous approchons de “Ninety Mile Beach”, une longue et interminable plage d’une centaine de kilomètres, praticable par les voitures à marée basse, mais interdite pour nous. Le vent souffle fort, mais nous arpentons tout de même, à pied, la dune pour aller fouler le sable immaculé de cette plage. De retour au camping-car, nous mettons le cap sur Kaitaia, la “ville” du grand nord. Ensuite, nous partons en direction de la Kauri Coast, ainsi nommée en raison de la Waipoua Forest qu’elle traverse, forêt abritant les traditionnels arbres “Kauri”. Il est prévu de rejoindre le village de Rawene avec une traversée d’une rivière en bac. Mais, chose imprévue, le service du ferry est “unaivailable” du 5 au 15 octobre. Pas de chance ! Nous devons poursuivre notre route en efffectuant un long détour, dont quelques kilomètres sur une piste boueuse non goudronnée, sous la pluie... le tout sans dépasser les 20 km/h ! Mais l’arrivée dans la Waipoua Forest relèvera de l’enchantement. Pur. La végétation est reine, et les arbres sont rois. Le roi de la forêt, c’est le Kauri ; dont le plus ancien se trouve soudain là, devant nous. Il a deux mille ans, et il est de dimensions impressionnantes et hors du commun. Nous sommes à la fois abasourdis et ravis. Nous repartons à présent en direction de Dargaville, bourgade industrielle, réputée pour sa culture de la patate douce, Dargaville où nous remplissons le réservoir de carburant. Nous n’atteindrons pas Auckland comme prévu ce soir, et décidons de retourner dormir au Top Ten d’Orewa, comme il y a deux jours. Au programme demain, dernières visites à Auckland.
Jour 7 - Mercredi 12 Octobre.
Nous prenons un peu le temps ce matin. Avant de partir pour Auckland, la réceptionniste du camping nous explique que jusqu’à 9 heures, le trafic est “busy” jusqu’à Auckland. Mais qu’à cela ne tienne, nous décidons de braver les embouteillages. Et sans trop de problèmes ( ce n’est pas l’A86 non plus !!! ), nous franchissons “l’’Harbour Bridge” et arrivons au port d’Auckland pour 9 heures. Après avoir stationné le camping-car, nous nous dirigeons vers le National Maritime Museum. Une visite bien agréable, chaque pièce offrant l’opportunité de découvrir de nouveaux bateaux, ferrys, canoes, maquettes, toiles... Bref, toute l’histoire maritime du pays est ici expliquée, sur deux étages d’expositions. Nous pouvons même visiter un ancien bâtiment de guerre désarmé et ammaré dans le port. Ensuite, nous allons faire un peu de shopping à DFS Galleria, la grande boutique de luxe hors-taxes sise dans l’ancienne douane. Nous reprenons ensuite le camping-car pour partir à la découverte de la banlieue d’Auckland, et notamment “One Tree Hill”, colline-espace vert faisant désormais office de parc urbain, mais jadis chargé d’histoire et de luttes sociales. Nous roulons à présent sur la “Great South Road” jusqu’au parc d’attractions “Rainbow’s End”, une sorte de “Parc Astérix”, mais très peu fréquenté, ce qui permet de ne pas attendre aux attractions. Nous essayons tout d’abord “Log Flume”, descente de chutes d’eau en rondin de bois ; puis tenterons le “Power Surge”, sorte d’araignée virevoltante et retournante, défiant la gravité, certes de courte durée, mais à fortes sensations . Un peu de repos ensuite sur des bateaux-bouées à moteur, d’où nous ressortirons un peu “wet”. Nous allons après faire un tour de chariots de mines d’or, très agréable. Enfin, nous essayerons le roller coaster qui, outre un double grand huit, opère un virage en vrille exténuant. Nous terminerons par un peu de Karting... Nous quittons à présent Rainbow’s End pour le supermarché Food Town d’en face, où nous effectuons quelques provisions. Puis, c’est l’heure du grand départ d’Auckland, pour le sud et l’aventure. Nous mettons le cap sur la péninsule du Coromandel. Une agréable heure de route sur les nationales 1 et 2, où nous sommes de moins en moins nombreux. Puis débute la route 25, la route du Coromandel. Et là, c’est un enchantement. Passé Thames, la magie opère : à gauche, nous longeons l’océan, le soleil entame sa descente et les paysages sur notre droite sont grandioses. Régulièrement, nous faisons de petites pauses pour admirer un tel “tableau”. Nous ne cessons de la répéter : c’est magnifique ! Nous arrivons ensuite à Coromandel Town, et regagnons le Top 10 de “Shelly Beach”, où nous passerons la nuit dans ce camping donnant directement sur la plage, et dans lequel nous rencontrons deux français avec lesquels nous ferons un brin de causette.
Jour 8 - Jeudi 13 Octobre.
Étant déjà sur place, nous n’avons pas besoin de partir trop tôt ce matin. Une fois prêts, nous nous rendons au “Driving Creek Railways”, qu’un céramiste passioné de chemins de fer à construit dans les années 70 et 80, où nous effectuons une ballade d’un heure en petit train, sur voie étroite, au milieu de la verdure et bénéficiant de superbes points de vue sur la baie du Coromandel. Nous passons tour à tour dans des tunnels, sur des ponts, dont un à double niveau, et à maintes reprises, rebrousssons chemin pour prendre de l’altitude. Enfin, un panorama exceptionnel s’offre à nous. Photos de rigueur, malgré la pluie, qui a repris ses activités “quotidiennes” et qui redouble d’intensité. Une fois de retour au camping car, nous poursuivons notre tour de la péninsule du Coromandel, par Whitianga puis Whangamata, où nous remplissons le réservoir de de gasoil. A Waihi, prend fin la route 25, et nous partons pour Paeroa sur la nationale 2, en longeant les Karangahake Gorges, nous offrant là encore de magnifiques décors. À Te Aroha, nous rentrons dans les terres, en direction de Matamata, où le réalisateur du film “Le Seigneur des Anneaux” avait planté le décor de la “Comté” dans les paysages verts fluo des alentours. D’ailleurs, un panneau “Welcome to Hobbiton” nous le rappelle. Nous retrouvons un peu de civilisation sur la route nationale 1 qui nous mène à Cambridge et Hamilton, deux villes typiquement “so British”. Nous apercevons le “Country Store” à Cambridge et effectuons un détour par les “Hamilton’s Gardens”, jardin botanique et parc urbain de la cinquième ville du pays. Enfin, c’est la descente vers le sud, en direction de New Plymouth, par la route 3. Une heure de route nous sépare des Waitomo Caves, que nous visiterons demain. Nous nous installons au Top 10, sis en face des grottes, pour la nuit.
Jour 9 - Vendredi 14 Octobre.
Réveillés à 7 heures, s’en suit le “grand nettoyage” : pour la première fois, il faut s’occuper du Camping Car. Vider les eaux usées, les toilettes, recharger de l’eau, et nettoyer l’intérieur et l’extérieur. Rien de plus simple à la “Dump Station”... À 9 heures, nous débutons la visite de Gloworms Caves, visite guidée de ces grottes de “vers luisants”. Une partie de la visite s’effectue en barque dans l’obscurité la plus totale. Le plafond est recouvert de millions de vers : nous avons l’impression d’être sous une rivière de diamants. Les secondes grottes au programme à Waitomo sont les “Aranui Caves”. Celles-ci, à trois kilomètres des précédentes sont plus “brutes de décoffrage”... On peut y prendre photos et vidéos des nombreux stalactites et stalagmictes. Nous reprenons le Camping Car à 11 heures en direction de New Plymouth. La route nationale 3 est bonne, et à 13 H 30, nous atteignons la capitale du Taranaki. Nous y effectuons un nouveau plein de diesel. S’en suit un rapide tour de ville, où nous en profitons pour effectuer un petit crochet par l’église Ste Mary avant de partir pour l’Egmont National Park, par le Cap Egmont, Opunake et les Dawson Falls, chutes que l’on observe au cours d’une randonnée d’une demi-heure en pleine forêt tropicale à la végétation luxuriante. Nous sommes ravis. Nous mettons le cap à présent sur Wanganui que l’on atteint après deux nouvelles heures de route. Il est trop tard pour emprunter le fameux ascenseur à plan incliné de Durie Hill, nous en ferons néanmoins l’ascenion à pied. D’en haut, un superbe panorama de Wanganui s’offre à nous. Wanganui a tout pour plaire, telle une ville de province proprette, aux nombreux commerces et restaurants, mais si, dans ce pays, tout est certes ouvert 7 jours sur 7, nous avons le regret de constater que la vie s’arrête passé 17 heures. Donc, contraints de stopper net nos visites pour aujourd’hui, nous allons passer la nuit au Top 10 de Wanganui River, où nous sommes acccueillis par une horde de moutons et de canards, mais avec un décor de coucher de soleil de carte postale. Nous dînons puis nous écroulons de sommeil.
Jour 10 - Samedi 15 Octobre.
À 6 heures, nous quittons Wanganui par la nationale 4 afin de rejoindre le plateau volcanique du Tongariro National Park. Passé le village du même nom, nous empruntons la route 47 où nous apercevons les premières fumeroles s’échappant du sol. Le lac Rotoaira s’étend sur notre droite, et laissons filer la station de ski de Whakapapa. Apparament, il y a encore de la neige, vu que les voitures qui s’y rendent ont les skis sur les toits... A Turangi, nous rechargeons du diesel dans le camion, puis regagnons Taupo. Superbe station de vacances, avec ses hôtels à touristes en bordure du plus grand lac de Nouvelle-Zélande. À la sortie de Taupo, nous faisons une pause aux Huka Falls, qui ressemblent plus à des rapides qu’à des chutes à proprement parler... Mais l’eau est d’un bleu turquoise limpide et clair et la puissance de l’eau est telle que les remous provoqués éclaboussent à plusieurs mètres. Nous empruntons à présent la nationale 5 en direction de Rotorua. Cette route est bordée de cratères volcaniques. La première “attraction” de la journée sera la visite du site thermal de Whakarewarewa. LA VISITE à ne pas manquer en Nouvelle-Zélande ! École de sculpture maorie, atelier de tissage, maison commune où nous assistons à un spectacle de chants et danses traditionnelles maories ; mais aussi un long parcours pédestre où l’on peut à loisir observer des bassins bouillonnants, des cratères en éruption, des geysers jaillissants, le tout dans une odeur de souffre persistante et omniprésente. Le geyser Pohutu jaillit sous nos yeux et ses projections atteignent 20 mètres de haut ! Nous découvrons même un petit cimetière traditionnel maori, où les défunts sont entreposées en hauteur, compte tenu de l’instabilité du sous-sol. Enchantés par cette visite, nous décidons de nous attarder à Rotorua, en poursuivant la journée au “Skyline Complex”, où nous empruntons des télécabines qui nous permettent de jouir d’un superbe panorama sur Rotorua, son lac, et ses environs. Le site offre une autre attraction : la descente en luge. Prise de vitesse maximale, et en avant les sensations ! De retour au centre-ville, nous nous installons au Top 10, et, sous la pluie, repartons pour le centre à pied. Nous décidons de nous offrir une séance au “Polynesians Spa”, consacrés “l’un des meilleurs centres thermaux au monde”. Nous profitons d’une piscine d’eau thermale à 40°, privative, pour trente minutes. Trente minutes de bonheur, seuls dans notre “baignoire” à ciel ouvert. S’en suit une douche froide pour remettre les muscles en place, puis nous quittons ces lieux enchanteurs... Nous terminons la journée par une ballade dans les Governments gardens, et ses orchidées ; suivie d’un repas au bord du lac Rotorua. À l’orée de la nuit, nous repartons pour le camping en traversant le Kuirau Park, un parc urbain plein de bassins de boue, d’eau bouillonante, de cratères et de fumeroles. De véritables paysages lunaires crépusculaires par endroits ! Demain, le "cap est" est au programme : nous serons parmi les premiers au monde à voir le jour et le soleil le Dimanche 16 Octobre 2005.
Jour 11 - Dimanche 16 Octobre.
C’est aujourd’hui que nous attend la plus longue étape de notre périple : 600 kilomètres pour rejoindre Napier, par le cap est. Levés à 5h30, nous quittons Rotorua par la route 30 en direction de Whakatane et Opotiki. Le jour se lève à peine, et il n’est que 7h30 à Hawaï... mais hier ! Personne d’autre sur terre que nous et les habitants de la région n’aura vu le soleil se lever aussi tôt ce jour ! Il n’est que 19h30 à Paris hier soir. Une fois sur la nationale 2, nous contournons Whakatane et stoppons quelques minutes à Opotiki le temps d’un pemier plein de diesel, puis nous partons pour East Cape par la route 35. Nous empruntons tout d’abord un pont ferroviaire, puis à hauteur du Cap Runaway, effectuons une pause devant l’église en bois de Rankokore, datant de 1894. La route est sinueuse jusqu’au cap est, à Te Araroa, où nous déjeunons en observant un “Pohutukawa”, un arbre à 22 troncs. Nous sommes face à la plage et toute l’immensité du pacifique s’offre à nous, derrière un ultime panneau indicateur “London, 18394 km”. Reprenant la route, à Tikitiki, nous apercevons l’église St Mary, de 1924, richement décorée. Puis, c’est l’arrivée à Gisbornne, plus importante ville de la côte est, avec 30000 habitants. Nous poursuivons notre long chemin pour les 200 derniers kilomètres nous séparant de Napier, ville rasée en 1931 lors d’un terrible tremblement de terre, et reconstruite selon la mode architecturale de l’époque, typiquement “Art Déco”. Nous l’atteignons à 18 heures. Après un rapide tour de ville en camion par le “town center” et “marine parade”, nous allons nous installer au Top 10 de “Kennedy Park”.
Jour 12 - Lundi 17 Octobre.
Après un réveil en douceur, nous quittons ce camping, véritable ville dans la ville, pour rejoindre Marine Parade, superbe avenue de bord de plage, ornée de palmiers. Première visite ce matin, l’aquarium national de Nouvelle-Zélande. Tout neuf, toute la faune marine du pacifique y est représentée. Nous avons même l’opportunité de voir un kiwi, et une reproduction de grotte de vers luisants. La fin de la visite a toutefois un air de déjà vu : tapis roulant dans un tunnel sous-marin... Nous stationnons ensuite le camion sur le parking du marineland, où le show n’est qu’à 10h30. En attendant, nous partons pour un tour pedestre du centre-ville : rues pietonnes, palmiers, architecture art-déco et bâtiments colorés. Direction à présent le marineland, qui abrite un “liliput railroad”, salle avec un immense train électrique. Le spectacle de dauphhins et d’otaries n’a rien d’exceptionnel, surtout après avoir vu Sea World. Nous quittons Napier à midi et rejoignons Hastings, où nous effectuons un plein de carburant. Direction, à présent, la nationale 2 : 300 kilomètres, avalés en un peu moins de quatre heures. Peu de paysages ébourrifants aujourd’hui... C’est donc l’arrivée à Wellington, extrémité sud de l’île du nord, et capitale du pays. Nous nous rendons aussitôt au comptoir d’Interislander, la société exploitante de la traversée en ferry entre les deux îles. Or, le bateau sur lequel nous avons réservé notre traversée de demain est “cancelled”, en français, annulé. Cela tombe plutôt bien, car nous voulions le modifier afin de rester plus longtemps à Wellington. Nous rejoindrons donc l’île du sud le 19 à 9 heures au lieu du 18 à 18 heures. De plus, la traversée s’effectuera de jour, et nous offrira de splendides vues des Malbourough Sounds. Ceci étant fait, nous allons à présent au centre-ville, prendre nos marques pour demain. Nous arpentons le quartier du port par Courtenay Place et le Civic Center. Enfin, nous allons effectuer quelques provisions alimentaires chez New World. Nous repartons pour la “Hutt Valley”, la banlieue nord de Wellington, où se trouve le Top 10. Nous y resterons deux nuits.
Jour 13 - Mardi 18 Octobre.
N’ayant pas de route au programme aujourd’hui, on traîne un peu ce matin... Nous partons ensuite pour Wellington et stationnons le camping-car dans un parking à la journée sur Queen’s warf. Et c’est parti pour une ballade à pied dans le downtown... Lambton quay, tout d’abord, la rue commerçante par excellence, puis le parlement, et l’université. Un peu de lèche-vitrine, puis nous empruntons le cable-car, en d’autres termes, le “funiculaire de Kelburn”, vieux train en bois d’époque. Nous partons ensuite à la découverte des botanics gardens, parc urbain valloné dans le genre des Buttes-Chaumont. Nous terminons notre ballade en rejoignant la “terrasse”, autre avenue commerçante surplombant la ville, par une traversée bien originale, celle du cimetière, en pleine ville, les pierres tombales s’égrennant le long des rues et des allées. Nous regagnons à présent le quartier “populaire” et vivant de Wellington : Cuba. Nous nous engouffrons à présent dans “Te Papa”, le museum national ( “notre lieu” en maori ). Une manifestation anarcho-pacifiste a lieu devant l’entrée. Le bâtiment est immense et nous promet une visite passionnante... Mais malgré une reconstitution du “bush” ( forêt locale ), et quelques constructions typiquement maories ( pâ, haka... ); ce musée nous laisse sur notre faim. Il permet certes de présenter toute la Nouvelle-Zélande en un lieu, mais en réalité, il n’est utile que pour celui qui n’aurait qu’une seule journée à passer dans ce pays ! Pour ceux qui visitent le pays en profondeur, le musée n’a qu’un intérêt limité. Après avoir récupéré le véhicule et réglé le parking, nous effectuons le tour de “Marine drive”, la route côtière qui encercle tout Wellington, elle-même autour d’une colline ; puis regagnons notre “camp de base”, à Hutt. Nous dormons vite, et bien, car demain, nous devons nous lever tôt pour le ferry.
Jour 14 - Mercredi 19 Octobre.
Réveillés à 6 heures, nous quittons la Hutt valley à 7 heures, car il nous faut enregistrer le véhicule sur le ferry avant 7h45. Nous suivons le flèchage “Lynx Ferry” puis donnons notre voucher ( bon d’échange ) au guichet. Le “Waitaki” ( “Challenger”, en anglais ) est là, construit en 95 aux Pays-Bas, son ancien port d’attache étant Portsmouth, où il servait aux liaisons Portsmouth-Le Havre. Il vient tout juste de rejoindre la flotte d’Interislander. Nous quittons Wellington à 9h20, avec une bonne demi-heure de retard, et devons accepter les “Apologize to delays”. Nous traversons le détroit de Cook, et voguons à présent au beau milieu des Malborough Sounds. Nous effectuons quelques prises de vue depuis le pont 10, en plein air. Arrivés à Picton à 13h30, nous débarquons sur l’île du Sud. Nous effectuons un rapide tour de port, puis partons en direction de Havelock par la Queen Charlotte Drive. 35 kilomètres jalonnés de points de vue à couper le souffle, sur cette route surplombant les Malborough Sounds. À Havelock, nous filons vers Nelson, la “ville” de la région, où nous stationnons afin de faire un tour de ville à pied et surtout, visiter la “Sutter Art Gallery”, petit musée sans prétention, permettant toutefois de se faire une idée de l’art moderne néozélandais. Après Richmond, nous nous aventurons sur la nationale 60, en direction de Motueka et Takaka. Plusieurs sites nous offrent de superbes points de vue, puis allons dormir au Top 10 de Takaka, plus exactement à Motupipi.
Jour 15 - Jeudi 20 Octobre.
Levés tôt ce matin, à 6 heures, nous continuons sur la route de Totaranui, afin d’atteindre les magnifiques chutes de Wainui, au bout d’un trek sportif en pleine forêt, sous la pluie. Un pont suspendu en corde doit être franchi peu avant d’arriver à la cascade, un des sites à ne pas manquer dans l’Abel Tasman National Park. Nous retournons ensuite à Takaka, où nous continuons la route du “Far West” vers Collingwood. En chemin, nous “trekkons” de nouveau jusqu’aux Pupu Springs, un source souterraine d’une limpidité absolue. Le spectacle offert par cette source qui jaillit sous un étang dont le fond est parsemé de quartz, est ébourrifant ! L’eau paraît bleue et verte, tout en étant d’une transparence totale. Collingwood, ensuite, n’est rien d’autre qu’un petit port de pêche du bout du monde, en cul-de-sac, à la pointe nord-ouest de l’île du sud. Nous traversons ensuite le Kahurangi National Park, jusqu’à Motueka, l’occasion, malgré un épais brouillard, de longer des vignes et des vergers de Kiwifruit. Nous regagnons à présent la nationale 6, jusqu’à Murchison, puis Westport. Nous arrivons sur la West Coast, dans la région des mines d’or et de charbon. Nous allons donc de ce pas visiter le Coal Town Museum, qui permet de se replonger dans le passé minier de la région. Le contenu de l’exposition est riche. Nous zappons ensuite volontairement l’aller-retour à Karamea, afin de nous avancer un peu en rejoignant Greymouth. En route, nous traversons le Paparoa National Park, où après avoir suivi le Truman Track - grâce auquel, en un quart d’heure, nous aurons joui d’un superbe panorama sur la côte rocheuse tout en traversant la forêt subtropicale- nous atteignons les renommés “Pankakes rocks”, là où l’érosion maritime a donné aux roches cette formation d’empilements de crèpes. De nombreux “lookout” s’égrennent tout le long du “walkway”. Arrivés à Greymouth, nous dînons puis remplissons de gazole le réservoir et nous installons au Top 10, en bord de plage, où nous admirons un superbe coucher de soleil.
Jour 16 - Vendredi 21 Octobre.
Nous partons à 7 heures ce matin, en direction du lac Brunner, en passant par Stillwater. Pour une “petite route”, elle est en bon état, même si nous devons marquer l’arrêt pour laisser passer un troupeau de vaches. Nous atteignons rapidement l’Arthur’s Pass National Park, en longeant la voie ferrée “tranzalpine” d’Otira à Arthur’s Pass village. Nous marquons une pause pour observer l’Otira viaduc, datant de 1999, puis stationnons sur l’aire de Temple Basin pour afin d’effectuer notre première randonnée du jour, le “Dobson Nature Walk”, de trente minutes, ce qui nous permet de découvrir la flore alpine. Au cours de cette marche, plusieurs points de vue nous offfrent un panorama sur les Devil’s Punchbowl Waterfall, chutes de 130 mètres de haut. Une autre courte pause le temps de faire demi-tour à l’Arthur’s Pass village, puis nous refranchissons le col, 920 mètres d’altitude, en direction de Kumara. Nous ne regrettons pas d’avoir effectué la “boucle”. Il n’est que 11 heures lorsque nous arrivons à Hokitika, après avoir franchi un pont routier et ferroviaire à sens unique ! Nous passons d’ailleurs juste après le train. Hokitika, -où nous en profitons pour faire le plein et pour visiter la “Jade Factory”- est la ville du Jade ( Greenstone, ou Néphrite ). Nous longeons ensuite la mer de Tasmanie jusqu’au village de Franz Josef Glacier. Encore quatre kilomètres sur une piste gravilloneuse puis nous arrivons au point de départ d’une randonnée d’une heure et demie qui nous conduit au pied du glacier. Le suivant, à 25 kilomètres plus au sud, est le Fox Glacier. 3 nouveaux kilomètres de piste, puis une heure de randonnée, plus sportive que la précédente, jusqu’au glacier, que l’on peut approcher de très près. Mais son caractère instable, avec quelques chutes de blocs de glace en direct-live, ne nous inspire guère confiance. Nous reprenons donc la route, et comme il n’est que 16 heures, nous décidons de “ pousser” jusqu’à Wanaka, la “porte” du sud. Passé le village de Haast, nous pénétrons dans le “Mount Aspiring National Park”, et allons observer les Thunder Creek Falls, nouvelles chutes enchanteresses. Peu après, nous franchissons les portes de la Haast, où un pont surplombe le lit des rapides de la rivière Haast, puis le col éponyme ; avant de longer les lacs Wanaka et Hawea, qui nous offrent tour à tour un décor de rêve au coucher du soleil. La nuit se passera au Top 10 de Wanaka.
Jour 17 - Samedi 22 Octobre.
Une journée de transition est au programme aujourd’hui, avec notamment très peu de route. Nous quittons Wanaka à 9 heures pour retourner au lac Hawea, que nous tenions à filmer et à photographier. Puis nous repartons en direction de Queenstown par la route d’altitude de Cardona. Des paysages mi-désertiques mi-lunairess s’offrent à nous. De nombreuses scènes du “Seigneur des Anneaux” ont été tournées ici. Le vent souffle, il fait froid et nous sommes à 1100 mètres. Nous descendons à présent vers le lac Wakatipu en faisant un détour par Arrowtown, ville-fantôme de chercheurs d’or dont les constructions d’époque ont été conservées et réhabilitées ; le village étant ainsi transformé en ventouse à touristes. Queenstown, autoproclamée “capitale mondiale de l’aventure” nous laissera d’ailleurs la même impression. Quel changement tout d’un coup. Des touristes par centaines, déversés des autocars et/ou débarqués de leurs camping-cars errent dans les rues de ce “Chamonix” local ! Station de sports d’hiver typique, où tout est proposé : saut à l’élastique, survols en hélicoptère, rafting, parapente, jet ski... Nous nous contentons de la vue panoramique de la ville et du lac, depuis le complexe Skyline, où comme à Rotorua, des télécabines nous conduisent à une plate forme d’observation. Nous partons donc en direction de Kingston, afin de passer l’après-midi à bord du “Kingston Flyer”, un train à vapeur datant de 1925. Une heure et demie de parcours en wagons en bois, d’époque, avec les sensations réelles d’un voyage en train à vapeur. C’est “Retour vers le futur” ! De retour ensuite à Queenstown, où nous passerons la nuit, nous effectuons nos courses à New World, ainsi qu’un plein de Gazole, puis nous installons au Top 10, où le réceptionniste est francophone. Nous terminons la journée à pied au centre-ville.
Jour 18 - Dimanche 23 Octobre.
Après un réveil matinal à 5 heures, nous quittons Queenstown au quatrième top de 6 heures, pour rejoindre Milford Sound, à 300 kilomètres de là. Le “Turbo D” aidant, nous tenons une cadence de 110 Km/h !!! Passé Te Anau à 8 heures, nous empruntons la Milford Road, longue de 120 kilomètres, déserte, également appelée “l’avenue de la montagne qui disparaît” par les maoris. Nous n’y effectuons aucun arrêt, puisque nous ferons le trajet retour cet après-midi. Car ce matin, à 11 heures, débute la croisière sur le Milford Sound, fjord de 16 kilomètres. Nous sommes prêts à embarquer, il fait froid, et malgré cela, de nombreux moustiques errent dans l’air (!) Nous passerons une heure et demie sur le Milford Monarch, de la compagnie Real Journeys, à observer les montagnes, les chutes d’eau et les dauphins, avant d’arriver au débouché en mer de Tasmanie, puis de rebrousser chemin. Grandiôse ! Comme prévu, la route du retour vers Te Anau nous réserve mille et une surprises. La Cleddau Valley, l’Hommer Tunnel et sa pente à 10 %, le gouffre de Chasm ; puis un track de 45 minutes au lac Gunn ( où les montagnes et le ciel se reflètent dans l’eau tels dans un mirroir ) ; puis un autre vers le lac Mistletoe. Nous allons de découvertes en découvertes. Les paysages magnifiques se succèdents. Nous franchissons la latitude 45 sud, longitude 180°, soit, strictement au point opposé à la France ( lat. 45 nord, long 0° ). Impossible d’aller plus loin sur terre !!! De retour à Te Anau, nous effectuons un nouveau plein, puis allons nous installer au Top 10. À 18 heures, nous repartons pour une découverte pédestre de Te Anau, puis nous rendons à l’embarcadère pour l’excursion vers les Glowworms Caves. Celle-ci dure deux heures trente, et débute par une demi-heure de bateau sur le lac, deuxième plus grand plan d’eau de Nouvelle-Zélande. Après avoir suivi un film documentaire sur les grottes de vers luisants, nous pénétrons enfin dans ces fabuleuses grottes. Nous crapahutons au frais dans un dédale de galeries étroites ( parfois seulement 60 cm de haut ), puis avons droit à deux promenades en barques sur une rivière souterraine -6°, toute l’année, jour et nuit-. C’est fabuleux. Des chutes d’eau jaillissent même à l’intérieur, sous un plafond ressemblant à une rivière de diamants. En un mot : Féérique !!!
Jour 19 - Lundi 24 Octobre.
Nous quittons Te Anau à 8 heures en direction de Manapouri. Nous suivrons aujourd’hui la “Southern Scenic Road”, jusqu’à Dunedin. La route nous amène à Invercargill, la ville la plus méridionale de Nouvelle-Zélande. Nous la traversons et continuons jusqu’à Bluff, port industriel, au “bout du bout”, qui abrite, à la fin de la National 1, le “Stirling Point”, un panneau indicateur ( London, Tokyoo, South Pôle...). C’est le point le plus au sud que nous n’ayons jamais atteint. Nous montons ensuite sur Bluff Hill, promontoire donnant une vue panoramique sur ce cap sud, et sur l’immensité devinée de l’océan glacial antarctique. Puis, c’est le retour à Invercargill, où nous allons ensuite nous balllader dans Queen’s Park, jardin de 80 ha abritant un mini-zoo, où nous observons des wallabies dans leur milieu naturel, ainsi qu’une roseraie et de nombreux rhododendrons. Le parc jouxte le Southland Museum & Art Gallery, gratuit, qui se révèle être très intéressant ( mi-gallerie mi-museum d’histoire naturelle ), il abrite également un vivarium avec des sphénodons ( sorte d’iguanes ). Après un tour du centre-ville par Ted St, Tay St et Dee St, nous effectuons un plein de diesel, puis reprenons la Southern Scenic Road. Celle-ci va nous permettre de découvrir en profondeur la région des “Catlins”, le sud-est de l’île, combinaison de falaises, chutes d’eau, plages et grottes ! C’est désert, mais la route est bonne, sauf pour rejoindre les deux chutes que nous voulons voir : les Mc Lean Falls et les Purakaunui Falls, qui nécessitent chacune cinq kilomètres de route non-goudronnée et 30 minutes de marche. Mais elles valent le coup d’oeil ! Nous effectuerons également un court arrêt au lac Wilkie, puis nous rejoignons la nationale 1 à Balclutha, jusqu’à Dunedin, où nous passerons deux nuits au Top 10.
Jour 20 - Mardi 25 Octobre.
Le Top 10 de Dunedin n’étant qu’à 2 kilomètres du centre-ville, nous décidons d’y aller à pied, et de laisser le camion au camping. Nous ne roulerons pas aujourd’hui, et ce pour la première fois ! La “marche” s’avère assez longue car Dunedin est au creux d’un “trou”, entourée de collines. Il faut donc monter une côte pendant un quart d’heure avant de “déscendre” Stuart Street, jusqu’à l’Octogon, le “coeur de Dunedin”. Par un rapide tour de ville ; nous atteignons la gare, où nous confirmons nos réservations pour le Taieri Gorge Railway, dont le départ du “voyage” aura lieu à 14 heures. Nous voici ensuite partis pour un tour plus approfondi de la ville, observant tour à tour le palais de justice, la prison et la “First Church”, puis par la visite de la Dunedin Art Gallery, qui nous offre notamment la possibilité de contempler une section d’art moderne néozélandais.. De retour ensuite sur l’Octogon, nous passons devant l’hôtel de ville et la cathédrale St Paul, avant d’arpenter de long en large George Street, l’artère la plus commerçante de la ville. Nous partons à présent pour la gare, magnifique exemple d’édifice en pierre, datant de 1906, où le Taieri Gorge Railway nous attend. Nous montons à son bord pour un voyage de 4 heures ( 2 heures aller et 2 heures retour ) le long des gorges du Taieri, jusqu’à la gare “désertique” de Pukerangi. Nous avons deux sièges individuels face à face et jouissons d’une vue superbe, le décor nous offrant de splendides panoramas. De tunnels en viaducs, de lacs en montagnes, la voie ferrée serpente le long de la rivière. La ballade est ponctuée d’arrêts photo-vidéo. Nous sommes ravis, puis traversons de nouveau Dunedin, parés pour trente nouvelles minutes de marche sportive pour rejoindre le Top 10.
Jour 21 - Mercredi 26 Octobre.
Levés à 5 heures afin de pouvoir partir à 6 heures, nous quittons Dunedin encore endormie, par la nationale 1, en direction du nord. Une heure plus tard, nous atteignons le site des Moeraki Boulders, sortes de gros rochers ronds de deux mètres de diamètre ! Ils se situent sur une plage, au milieu d’un “loop track”, de dix minutes. Puis nous arrivons à Oamaru, ville “historique”, tout d’abord car c’est de là qu’est partie la première cargaison de viande ovine congelée à l’exportation. Ensuite, nous arpentons le centre-ville (Thames St., Tyne St., et Itchin St. ) afin d’observer ses édifices de style colonial ( 1880 ) parfaitement conservés et entretenus. Après une ascension jusqu’au “lookout reserve”, nous réservant une vue panoramique sur Oamaru, nous partons en direction du parc national Mount Cook. Sur la route d’Omarama, nous longeons la vallée du Waitiki, jalonée de plans d’eau d’altitude et de barrages, et contribuant à la production hydroélectrique néozélandaise. Nous observons les barrages de Waitiki et Aviemore et les lacs éponymes, bleus turquoise. À Omarama, nous effectuons un plein de carburant et quelques achats alimentaires chez 4Square, puis traversons Twizel, petite station de montagne. À notre surprise, la route est droite et sans relief particulier, nous pouvons ainsi rouler à 100 kmh jusqu’à Mount Cook. Mais la station-village ne ressemble en rien à une homologue européenne. Un seul hôtel, l’hermitage, quasi-exclusivement destiné à la riche clientèle japoniaise. Toutes les inscriptions et panneaux du village sont d’ailleurs en Anglais et en Japonais. Après renseignements pris au DOC ( Department Of Conservation ), nous ferons une randonnée de 90 minutes ( le Governors Bush Walk ) nous réseravnt de belles vues sur le Mount Cook, les glaciers et la chaîne de montagne enneigée ! Toutefois un brin déçus, nous repartons pour Lake Tekapo. Ce lac est un “2 en 1” : Il combine à la fois l’attrait d’un lac mirroir et d’un lac du turquoise typique de la région. Nous mettons à présent le cap sur Timaru, où nous passerons la nuit.
Jour 22 - Jeudi 27 Octobre.
Un tour de ville ce matin de Timaru, banale ville de province, mais à l’allure assez commerçante, nous mettons le cap aujourd’hui sur les plaines du Canterbury, que nous traverserons avant Christchurch. Ashburton et Rakaïa sont des villes-villages ruraux peuplés de moutons, puis nous quittons la “one” pour une escapade dans la péninsule de Banks. Et là, la surprise et la magie opèrent ! Falaises, vallées, route offrant à chaque virage un nouveau coup d’oeil sur les bras de mer alentours d’un bleu féérique, de baies en baies, nous atteignons Akaroa, ancienne colonie française ( 1840 ), fière de ses origines ( drapeaux bleu blanc rouge un peu partout, “boulangerie”, noms de rues et de commerces en “french”...). Notre coup de coeur. Ahhh...Karoa !!! Une nouvelle ( et dernière ) heure de route, et nous voilà à Christchurch, la deuxième ville du pays... mais aussi la plus belle ! Mis à part son nom, il faut avouer que la ville est magnifique. Après un rapide tour de ville à pied ( le parcmètre ne nous laissant qu’une heure ), nous allons stationner vers les Botanics Gardens ( gratuit ) ; puis nous offrons un tour de tramway ( touristique, mais pittoresque ). Nous observons et découvrons Victoria Street, la rivière Avon, la cathédrale Christchurch, New Regent Street ( rue piétonne charmante mais éminemment touristique ) ; ainsi que le City Mall, le plateau piétonnier, coeur de la ville “qui bouge”. Nous partons ensuite découvrir en profondeur les Botanics Gardens, datant de 1863, autoproclamés “l’un des plus beaux du monde”. Après un dernier tour du centre-ville par l’Arts Center, nous tentons de trouver le Top 10, près de l’aéroport, mais mal indiqué.Une fois installés, nous allons nous baigner à la piscine soi-disant “chauffée”. De retour au camping-car, nous nous "attaquons" aux bagages. Demain, à la même heure, nous serons dans l’avion.
Jour 23 - Vendredi 28 Octobre.
Nous débuterons ce dernier jour par un grand nettoyage du camion. Et c’est le départ en direction de la première station-service où nous effectuons le dernier plein de gasoil.Nous stationnons ensuite le véhicule pour la journée aux Botanics Gardens, puis profitons de nos dernières heures pour aller flâner dans Christchurch. A 14 heures, nous partons restituer le camping-car au dépôt d’United, en zone aéroportuaire. Aucun incident n’ayant été à déplorer, les formalités sont brèves, et la préposée nous appelle un taxi, qui nous conduit devant l’aérogare des vols domestiques de l’aéroport de Christchurch. Nous enregistrons nos bagages de bout en bout, puis attendons d'embarquer à bord du vol Qantas 4152, un Boeing 737 immatriculé ZK-JNC, en provenance de Queenstown et à destination d'Auckland. Nous survoleons l'Egmont National Park, avec de superbes vues derrière le hublot, puis atteignons Auckland à la tombée de la nuit. Nous rejoignons, via un cheminement pedestre l'aérogare internationale, où nous nous enregistrons sur le vol Korean Air 824. Mais la promesse de Skyteam n'est pas tenue, et on ne nous délivre pas, contrairement à l'aller nos cartes d'embarquement pour le vol suivant. L'agent de comptoir d'Auckland ne connaissant même pas l'existence de Skyteam ! Fidèle à sa réputation, Korean Air nous fera embarquer et décoller à l'heure, à bord du même 777 qu'à l'aller, immatriculé HL-7714. Un vol sans histoires de douze heures, durant lequel nous reculerons nos montres de 4 heures.
Jour 24 - Samedi 29 Octobre.
Il est 7 heures lorsque nous nous posons sur le tarmac d'Inchéon, débarquons, puis nous dirigeons vers les guichets de transit. Là, le staff commun Air France-Korean Air est aux petits soins, et nous patientons de nouveau trois heures avant d'embarquer pour Paris. À 9 heures, nous sommes invités à monter à bord d'un Boeing 777-300 d'Air France, F-GSQB, assurant exceptionnellement la rotation de Séoul aujourd'hui, habituellement exploitée en 777-200. Le vol de douze heures, paraît interminable tant nous sommes pressés de retrouver nos bases... Le survol de la Sibérie dure cinq heures, que nous passons debout au bar libre-service au fond de l'appareil. À l'heure prévue, le vol AF 267 se pose à Roissy-CDG, et nous récupérons nos bagages à l'aérogare 2 A, ravis que nous sommes de ce fabuleux voyages, des images et des souvenirs plein la tête.
Lugu Hu: J'ai fait un voyage en groupe! English translation pending
Tout avait pourtant bien commencé lors de ce petit voyage de dix jours dans le Yunnan:
J'ai remarqué une jolie fille qui n'arrêtait pas de me faire de l'oeil dans la salle d'embarquement et en sortant de l'avion... mais qui malheureusement ne descendait pas à Kunming comme moi, mais au terminus,
Je me suis détruit la bouche en ingurgitant un ananas entier à Kunming,
Je me suis fait avoir en achetant une grenade pas assez mure, toujours à Kunming,
Je me suis engueulé pendant plus d'une heure avec des chauffeurs de taxi à l'aéroport de Dali, pour économiser quelques yuans et sauver la face, aidé en cela par un couple rencontré dans l'avion et pressé d'en découdre avec les locaux,
Je me suis donc retrouvé comme un con sur le parking de l'aéroport sans aucun moyen de locomotion disponible (y a pas de bus à l'aéroport de Dali) avant que n'arrive un taxi providentiel,
Je me suis cassé le nez dans une dizaine d'hôtels complets à Dali, avant de trouver miraculeusement un lit pourri à 10 yuans la nuit,
Je me suis retrouvé sous un orage cataclysmique en pleine ascension d'une colline boisée et boueuse au dessus de Dali, et en ai profité pour initier mes vêtements à la couleur marron qu'ils ignoraient jusqu'alors,
J'ai subi les sarcasmes des chinois qui me passaient juste au-dessus en télésiège et qui criaient "eh l'étranger, t'as pas vu qu'il pleut? ah ah ah" ou bien "laisse tomber, tu n'y arriveras jamais". Et bien si bande d'imbéciles j'y suis arrivé, et même en un temps record. Vous avez même dû me féliciter à mon arrivée😠,
Je me suis retrouvé dans un petit temple des bords du lac Erhai... en compagnie d'une armée de touristes chinois dont les guides équipés des derniers hauts parleurs à la mode ont parfaitement réussi leur mission de décourager les voyageurs individuels,
J'ai dû minutieusement expliquer, sur le bateau du retour, à un groupe de nankinois pourquoi il est plus intéressant de voyager seul, et pourquoi la liberté est si importante quand on voyage... sans malheureusement réussir à les convaincre (mission impossible),
Je me suis retrouvé pendant trois heures de bus de Dali à Lijiang assis à côté d'un type qui empestait le crottin de cheval et qui, ayant malheureusement remarqué que je parlais chinois, s'est cru obligé de raconter des stupidités pendant tout le voyage,
Je suis tombé sur une menteuse hors pair qui voulait absolument m'emmener dans un hôtel minable du nouveau Lijiang, en me jurant sur tous les saints du monde qu'on était bien dans le vieux Lijiang (la différence c'est pas très compliqué: le vieux Lijiang, ce sont des ruelles pavées et des maisons basses de style traditionnel, le nouveau Lijiang... c'est la Chine moderne bruyante et sale)
Je me suis perdu dans les rues du vieux Lijiang, ce qui est tout à fait normal d'après le Lonely Planet, mais n'en représente pas moins un affront considérable à mon amour propre,
Le ventre vide et les pieds et les jambes détruits, j'ai dû déambuler pendant une heure et demi pour trouver un restaurant qui accepte d'offrir une table à un voyageur seul (Lijiang, c'est une des densités de touristes les plus importantes au monde après Disneyland),
Le lendemain, j'ai partagé la table avec des jeunes du Sichuan bien sympathiques, mais qui ne m'avaient pas dit d'où ils venaient en m'invitant à les rejoindre pour déjeuner. Je ne l'ai su que trop tard... quelques minutes avant de voir arriver les premiers insectes et doufus pimentés sous mes yeux ébahis. Bon, au moins je peux maintenant dire que j'ai mangé des larves de libellule. Ca fera bien sur mon CV.
(suite dans un instant)
J'ai remarqué une jolie fille qui n'arrêtait pas de me faire de l'oeil dans la salle d'embarquement et en sortant de l'avion... mais qui malheureusement ne descendait pas à Kunming comme moi, mais au terminus,
Je me suis détruit la bouche en ingurgitant un ananas entier à Kunming,
Je me suis fait avoir en achetant une grenade pas assez mure, toujours à Kunming,
Je me suis engueulé pendant plus d'une heure avec des chauffeurs de taxi à l'aéroport de Dali, pour économiser quelques yuans et sauver la face, aidé en cela par un couple rencontré dans l'avion et pressé d'en découdre avec les locaux,
Je me suis donc retrouvé comme un con sur le parking de l'aéroport sans aucun moyen de locomotion disponible (y a pas de bus à l'aéroport de Dali) avant que n'arrive un taxi providentiel,
Je me suis cassé le nez dans une dizaine d'hôtels complets à Dali, avant de trouver miraculeusement un lit pourri à 10 yuans la nuit,
Je me suis retrouvé sous un orage cataclysmique en pleine ascension d'une colline boisée et boueuse au dessus de Dali, et en ai profité pour initier mes vêtements à la couleur marron qu'ils ignoraient jusqu'alors,
J'ai subi les sarcasmes des chinois qui me passaient juste au-dessus en télésiège et qui criaient "eh l'étranger, t'as pas vu qu'il pleut? ah ah ah" ou bien "laisse tomber, tu n'y arriveras jamais". Et bien si bande d'imbéciles j'y suis arrivé, et même en un temps record. Vous avez même dû me féliciter à mon arrivée😠,
Je me suis retrouvé dans un petit temple des bords du lac Erhai... en compagnie d'une armée de touristes chinois dont les guides équipés des derniers hauts parleurs à la mode ont parfaitement réussi leur mission de décourager les voyageurs individuels,
J'ai dû minutieusement expliquer, sur le bateau du retour, à un groupe de nankinois pourquoi il est plus intéressant de voyager seul, et pourquoi la liberté est si importante quand on voyage... sans malheureusement réussir à les convaincre (mission impossible),
Je me suis retrouvé pendant trois heures de bus de Dali à Lijiang assis à côté d'un type qui empestait le crottin de cheval et qui, ayant malheureusement remarqué que je parlais chinois, s'est cru obligé de raconter des stupidités pendant tout le voyage,
Je suis tombé sur une menteuse hors pair qui voulait absolument m'emmener dans un hôtel minable du nouveau Lijiang, en me jurant sur tous les saints du monde qu'on était bien dans le vieux Lijiang (la différence c'est pas très compliqué: le vieux Lijiang, ce sont des ruelles pavées et des maisons basses de style traditionnel, le nouveau Lijiang... c'est la Chine moderne bruyante et sale)
Je me suis perdu dans les rues du vieux Lijiang, ce qui est tout à fait normal d'après le Lonely Planet, mais n'en représente pas moins un affront considérable à mon amour propre,
Le ventre vide et les pieds et les jambes détruits, j'ai dû déambuler pendant une heure et demi pour trouver un restaurant qui accepte d'offrir une table à un voyageur seul (Lijiang, c'est une des densités de touristes les plus importantes au monde après Disneyland),
Le lendemain, j'ai partagé la table avec des jeunes du Sichuan bien sympathiques, mais qui ne m'avaient pas dit d'où ils venaient en m'invitant à les rejoindre pour déjeuner. Je ne l'ai su que trop tard... quelques minutes avant de voir arriver les premiers insectes et doufus pimentés sous mes yeux ébahis. Bon, au moins je peux maintenant dire que j'ai mangé des larves de libellule. Ca fera bien sur mon CV.
(suite dans un instant)
Merveilles et galères de... France English translation pending
La France, pays du cartésianisme, des droits de l'homme, des 360 fromages et des 35 heures, est une destination dont on parle peu ici.
C'est le pays où j'ai grandi et où je rentre de temps en temps pour mes vacances, et que je regarde maintenant avec l'oeil amusé et à l'affût d'un voyageur.
Ce fut un vol direct de China Eastern Airlines qui m'emmena à l'aéroport Charles de Gaulle, pile à l'heure, autour de 6 heures du matin. L'aventure commença avant même l'entrée dans l'aérogare. Tandis que je franchissais hier la porte de l'avion, pensant me retrouver dans une passerelle, c'est en fait un immense véhicule dont le compartiment était surélevé qui nous attendait. Une fois fait le plein, le véhicule s'est déplacé pour nous rapprocher de l'aérogare.
Ce fut un trajet assez long car l'avion était en bout de piste et que notre véhicule devait céder la priorité à absolument tout. On nous permit enfin de débarquer dans une passerelle, parmi d'autres que nous voyions être noires de monde. Nous sommes restés une vingtaine de minutes dans la passerelle, car la police regardait longuement les passeports de tous les chinois, créant ainsi un embouteillage insupportable. Une scène similaire attenait les passagers en provenance d'Afrique sur les passerelles voisines.
Finalement, il s'est écoulé presqu'une heure entre l'atterrissage de l'avion et l'entrée dans l'aérogare. Les passagers qui allaient rater leur correspondance étaient furieux, et bien que n'ayant pas d'autre avion à attrapper, j'étais également furieux pour eux. Oubliée la pagaille de l'aéroport de Delhi, l'aéroport de Paris Charles de Gaulle semblait encore plus bordélique et imperméable à l'intérêt du voyageur.
Ce fut ensuite la bagarre pour passer l'immigration et récupérer les bagages (rarement vu un aéroport aussi étroit et mal organisé).
Ceci fait, ma priorité fut d'acheter une carte pour recharger mon téléphone portable, dont je ne m'étais pas servi en France depuis près d'un an. 15 euros furent ainsi gaspillés pour une carte qui ne me servirait à rien puisque mon numéro avait été invalidé entre temps. Apparemment il est impossible pour un résident étranger de garder son numéro de portable s'il ne s'en sert pas pendant plus de six mois. Merci SFR! Allez hop, encore 30 euros de gaspillés pour acheter un nouveau numéro. Dire que pour ce prix là j'aurais pu faire un festin à une des meilleures tables de Shanghai... Le vendeur me dit de composer un numéro SFR pour me faire communiquer mon nouveau numéro. Le numéro ne marchait pas, et d'après le vendeur, c'était normal car il était trop tôt. Ce genre de service basique n'est pas automatisé!
Finalement, après avoir perdu un temps fou dans ce maudi aéroport, je me suis retrouvé dans le sinistre RER à destination du centre-ville. Le temps était mauvais et brouillardeux, tandis que nous traversions les quartiers les plus moches de la banlieue parisienne. Une bien belle première image de la France!
Après une douche et une sieste bien mérités, un bon petit repas m'attendait chez ma grand-mère. Et oui, la France ce n'est pas seulement un pays bordélique, c'est aussi le pays de la gastronomie, et ça, ça fait toujours plaisir à retrouver!
Plus tard dans l'après-midi, je me suis balladé dans les rues de Paris, faisant bien attention à ce que mes pas évitent les excréments canins qui décorent les trottoirs hexagonaux. Moins grosses que les bouses indiennes, les crottes de chien françaises sont toutefois plus odorantes et dangereuses, et surtout, elles seraient plus facilement évitables. Mais il parait que les chiens sont les amis des hommes, et que ce sont les gens sans coeur qui s'émeuvent de cette situation.
Voilà pour les premières impressions du moment. C'était Shanghaipat en direct de Nice.
C'est le pays où j'ai grandi et où je rentre de temps en temps pour mes vacances, et que je regarde maintenant avec l'oeil amusé et à l'affût d'un voyageur.
Ce fut un vol direct de China Eastern Airlines qui m'emmena à l'aéroport Charles de Gaulle, pile à l'heure, autour de 6 heures du matin. L'aventure commença avant même l'entrée dans l'aérogare. Tandis que je franchissais hier la porte de l'avion, pensant me retrouver dans une passerelle, c'est en fait un immense véhicule dont le compartiment était surélevé qui nous attendait. Une fois fait le plein, le véhicule s'est déplacé pour nous rapprocher de l'aérogare.
Ce fut un trajet assez long car l'avion était en bout de piste et que notre véhicule devait céder la priorité à absolument tout. On nous permit enfin de débarquer dans une passerelle, parmi d'autres que nous voyions être noires de monde. Nous sommes restés une vingtaine de minutes dans la passerelle, car la police regardait longuement les passeports de tous les chinois, créant ainsi un embouteillage insupportable. Une scène similaire attenait les passagers en provenance d'Afrique sur les passerelles voisines.
Finalement, il s'est écoulé presqu'une heure entre l'atterrissage de l'avion et l'entrée dans l'aérogare. Les passagers qui allaient rater leur correspondance étaient furieux, et bien que n'ayant pas d'autre avion à attrapper, j'étais également furieux pour eux. Oubliée la pagaille de l'aéroport de Delhi, l'aéroport de Paris Charles de Gaulle semblait encore plus bordélique et imperméable à l'intérêt du voyageur.
Ce fut ensuite la bagarre pour passer l'immigration et récupérer les bagages (rarement vu un aéroport aussi étroit et mal organisé).
Ceci fait, ma priorité fut d'acheter une carte pour recharger mon téléphone portable, dont je ne m'étais pas servi en France depuis près d'un an. 15 euros furent ainsi gaspillés pour une carte qui ne me servirait à rien puisque mon numéro avait été invalidé entre temps. Apparemment il est impossible pour un résident étranger de garder son numéro de portable s'il ne s'en sert pas pendant plus de six mois. Merci SFR! Allez hop, encore 30 euros de gaspillés pour acheter un nouveau numéro. Dire que pour ce prix là j'aurais pu faire un festin à une des meilleures tables de Shanghai... Le vendeur me dit de composer un numéro SFR pour me faire communiquer mon nouveau numéro. Le numéro ne marchait pas, et d'après le vendeur, c'était normal car il était trop tôt. Ce genre de service basique n'est pas automatisé!
Finalement, après avoir perdu un temps fou dans ce maudi aéroport, je me suis retrouvé dans le sinistre RER à destination du centre-ville. Le temps était mauvais et brouillardeux, tandis que nous traversions les quartiers les plus moches de la banlieue parisienne. Une bien belle première image de la France!
Après une douche et une sieste bien mérités, un bon petit repas m'attendait chez ma grand-mère. Et oui, la France ce n'est pas seulement un pays bordélique, c'est aussi le pays de la gastronomie, et ça, ça fait toujours plaisir à retrouver!
Plus tard dans l'après-midi, je me suis balladé dans les rues de Paris, faisant bien attention à ce que mes pas évitent les excréments canins qui décorent les trottoirs hexagonaux. Moins grosses que les bouses indiennes, les crottes de chien françaises sont toutefois plus odorantes et dangereuses, et surtout, elles seraient plus facilement évitables. Mais il parait que les chiens sont les amis des hommes, et que ce sont les gens sans coeur qui s'émeuvent de cette situation.
Voilà pour les premières impressions du moment. C'était Shanghaipat en direct de Nice.
Route Lhassa - Katmandou à vélo en solo English translation pending
Bonjour à tous,
Je souhaite réaliser à vélo le trajet Lhasa-Katmandou et je lis que le gouvernement chinois ne délivre que des visas pour des personnes en groupe !!!!
Questions:
1- Est ce que des personnes ont été récemment au Tibet en solo ? Est il possible de voyager en solo au Tibet ?
2- Comment faire pour obtenir le visa pour entrer au Tibet ? Aller à l'ambassade de Chine en France ou sur place à Katmandou ?
Merci pour votre aide
Je souhaite réaliser à vélo le trajet Lhasa-Katmandou et je lis que le gouvernement chinois ne délivre que des visas pour des personnes en groupe !!!!
Questions:
1- Est ce que des personnes ont été récemment au Tibet en solo ? Est il possible de voyager en solo au Tibet ?
2- Comment faire pour obtenir le visa pour entrer au Tibet ? Aller à l'ambassade de Chine en France ou sur place à Katmandou ?
Merci pour votre aide
Québécois: bilingues or not bilingues? English translation pending
Suite a une discussion et des opinions divergeantes, je voudrais avoir le point de vue des quebecois (surtout les francophones) sur le bilinguisme au Quebec. A savoir, par rapport a l'anglais, est-ce que les francophones sont dans leur tres grosse majorite : Completement bilingues Se debrouillent pas trop mal Ont le niveau des francais (cad basique) Causent pas anglais (ou veulent pas ?) Bref, est-ce qu'un visiteur qui ne parle pas le francais peut voyager et se faire comprendre sans probleme au Quebec ?
Preparing for a trip to Sri Lanka
Hi everyone.
The tickets for SRI LANKA are booked—arriving in COLOMBO on 12/21 and returning from the same place on 01/17. I’ve read here and there that it’ll be high season, but we don’t have a choice, so we’ll make do...
My first question is obviously about the itinerary: Most of the ones I’ve seen go clockwise, and I’m wondering if I should do it the other way: - To avoid the cultural triangle between Christmas and New Year’s - To start with a bit of rest (we’re really wiped out) Does that make sense?
My second question is about the time allocated to each stop, which you’ll find below. Is it balanced? Too much here and not enough there?
My third question will be about Jaffna: yes or no? How long is the trip from Anuradhapura? Where can I fit in the 3 days needed?

Thanks for your replies. A few details: ultra-independent travelers, using public transport, hikers, minimum 2 nights per accommodation. First time in Sri Lanka! !
The tickets for SRI LANKA are booked—arriving in COLOMBO on 12/21 and returning from the same place on 01/17. I’ve read here and there that it’ll be high season, but we don’t have a choice, so we’ll make do...
My first question is obviously about the itinerary: Most of the ones I’ve seen go clockwise, and I’m wondering if I should do it the other way: - To avoid the cultural triangle between Christmas and New Year’s - To start with a bit of rest (we’re really wiped out) Does that make sense?
My second question is about the time allocated to each stop, which you’ll find below. Is it balanced? Too much here and not enough there?
My third question will be about Jaffna: yes or no? How long is the trip from Anuradhapura? Where can I fit in the 3 days needed?

Thanks for your replies. A few details: ultra-independent travelers, using public transport, hikers, minimum 2 nights per accommodation. First time in Sri Lanka! !
Off on an adventure to Java (and a bit of Bali)
Hey there, community! Back this weekend, below is my travel journal from my adventure in Indonesia. Enjoy the read!!!
Day 1 - August 10, 2025 New life downloading for three weeks! And for that, Flo and I launched a public tender... A public tender? What’s that got to do with a travel journal???... Well, when you think about it, few destinations tick all the boxes for an August adventure: Meaning, finding a place that’s exotic in the middle of August, not too expensive, not too packed with tourists, warm but not *too* warm, with postcard-perfect landscapes, dreamy beaches, tasty cuisine with a hint of exoticism, friendly and welcoming locals, where you’re free to sleep under the stars among the mosquitos, take transport surrounded by chickens, and even eat from a pig trough if you feel like it—well, turns out it’s not that easy to find! I’d even say, given how thick the list of requirements is, there’s a big risk the tender could be declared unsuccessful for failing to meet just one criterion. Let’s just say the candidates better submit a rock-solid proposal!
After reviewing all the responses and presentations from the candidates, the obvious choice for us is... Indonesia! Except that trying to explore a country as vast as Indonesia and its 17,504 islands in less than five years is a bit like reading the summary of a Proust novel without taking the time to savor each of its 950 pages! Don’t worry, I won’t name them all here. Besides, do they even all have names? No! Only 7,870 have been named—their parents clearly ran out of ideas for the rest. Anyway, our society, which worships the "work more to earn more" mantra, unfortunately limits our adventure time. So we’ll only get to see a small part of Indonesia, and we’ll have to make a tough choice to head for the best of the best in this archipelago of over seventeen thousand islands. Each one has its own selling points: Sumatra, Sulawesi, Java, the Celebes, Bali, Borneo, Papua, Timor, the Moluccas... So many names that smell of adventure... Another tender, another list of requirements, another review of proposals... Drumroll... Splash splash... And the lucky winner is... Ta-da... Java, Bali’s big sister, where I’ve already been eight years ago... Java the programming language. The Java of Broadway. We’re gonna *do* the Java. Java the coffee. And yes, Java is also an island!
This island, four times smaller than France, is home to 136 million people, making it the most populated island in the world! Fun fact: Indonesia, with its 260 million inhabitants, is just shy of the podium for the world’s most populated countries, after the winning trio of India, China, and the United States. And it’s on this island of Java that you’ll find Jakarta, the (soon-to-be-former) capital and main airport of the country, where we’ll soon land after our nineteen-hour flight! Yep, nineteen hours! I mean, Indonesia in general—and Java in particular—is a *tad* farther than going on vacation to Grandma Yoyo’s! Not sure where it is? Easy. Grab a map. Plant your finger on the big island at the bottom right—aka Australia for those who struggle with geography—move it up two centimeters, and bam, welcome to Indonesia!

Nice transition, right? Because "Welcome to Indonesia" is exactly what the friendly flight attendant just said to me as we got off the plane! That’s it, our chakras are open, we’ve arrived at our (air)port. Time for rest, pool, cocktails, and a beach with our toes spread out... Wait, if you bought that, you clearly don’t know us yet! Since we still have energy to burn and need to adjust to the flight and time difference, we tackle the long administrative formalities to enter Indonesia, just to earn the right to hop in a 45-minute Grab taxi to the train station. The train station? What train station?... What do you usually do at a train station? Take a train, of course! Off we go for a three-hour train ride to Bandung, where we’ll officially start our adventure tomorrow after our first Indonesian night...
Unfortunately, we were a bit slow off the mark, which meant we missed the 6:25 PM train by two minutes. Oh well, we’ll have to wait until 11 PM. We take the opportunity to stretch our legs in Jakarta, soak up the atmosphere, and enjoy the delicious smells wafting from the *warungs*—those little typical street restaurants. A quick stop at the National Monument, a detour to a night market to devour our first *kwetiaw goreng* and *teh manis* for 60,000 rupiahs (that’s 3 € for two), and just like that, our penalty is lifted, and we’re allowed to hit the road again. Off to Bandung, where we arrive at 2 AM for... a *very* short night...




Day 1 - August 10, 2025 New life downloading for three weeks! And for that, Flo and I launched a public tender... A public tender? What’s that got to do with a travel journal???... Well, when you think about it, few destinations tick all the boxes for an August adventure: Meaning, finding a place that’s exotic in the middle of August, not too expensive, not too packed with tourists, warm but not *too* warm, with postcard-perfect landscapes, dreamy beaches, tasty cuisine with a hint of exoticism, friendly and welcoming locals, where you’re free to sleep under the stars among the mosquitos, take transport surrounded by chickens, and even eat from a pig trough if you feel like it—well, turns out it’s not that easy to find! I’d even say, given how thick the list of requirements is, there’s a big risk the tender could be declared unsuccessful for failing to meet just one criterion. Let’s just say the candidates better submit a rock-solid proposal!
After reviewing all the responses and presentations from the candidates, the obvious choice for us is... Indonesia! Except that trying to explore a country as vast as Indonesia and its 17,504 islands in less than five years is a bit like reading the summary of a Proust novel without taking the time to savor each of its 950 pages! Don’t worry, I won’t name them all here. Besides, do they even all have names? No! Only 7,870 have been named—their parents clearly ran out of ideas for the rest. Anyway, our society, which worships the "work more to earn more" mantra, unfortunately limits our adventure time. So we’ll only get to see a small part of Indonesia, and we’ll have to make a tough choice to head for the best of the best in this archipelago of over seventeen thousand islands. Each one has its own selling points: Sumatra, Sulawesi, Java, the Celebes, Bali, Borneo, Papua, Timor, the Moluccas... So many names that smell of adventure... Another tender, another list of requirements, another review of proposals... Drumroll... Splash splash... And the lucky winner is... Ta-da... Java, Bali’s big sister, where I’ve already been eight years ago... Java the programming language. The Java of Broadway. We’re gonna *do* the Java. Java the coffee. And yes, Java is also an island!
This island, four times smaller than France, is home to 136 million people, making it the most populated island in the world! Fun fact: Indonesia, with its 260 million inhabitants, is just shy of the podium for the world’s most populated countries, after the winning trio of India, China, and the United States. And it’s on this island of Java that you’ll find Jakarta, the (soon-to-be-former) capital and main airport of the country, where we’ll soon land after our nineteen-hour flight! Yep, nineteen hours! I mean, Indonesia in general—and Java in particular—is a *tad* farther than going on vacation to Grandma Yoyo’s! Not sure where it is? Easy. Grab a map. Plant your finger on the big island at the bottom right—aka Australia for those who struggle with geography—move it up two centimeters, and bam, welcome to Indonesia!

Nice transition, right? Because "Welcome to Indonesia" is exactly what the friendly flight attendant just said to me as we got off the plane! That’s it, our chakras are open, we’ve arrived at our (air)port. Time for rest, pool, cocktails, and a beach with our toes spread out... Wait, if you bought that, you clearly don’t know us yet! Since we still have energy to burn and need to adjust to the flight and time difference, we tackle the long administrative formalities to enter Indonesia, just to earn the right to hop in a 45-minute Grab taxi to the train station. The train station? What train station?... What do you usually do at a train station? Take a train, of course! Off we go for a three-hour train ride to Bandung, where we’ll officially start our adventure tomorrow after our first Indonesian night...
Unfortunately, we were a bit slow off the mark, which meant we missed the 6:25 PM train by two minutes. Oh well, we’ll have to wait until 11 PM. We take the opportunity to stretch our legs in Jakarta, soak up the atmosphere, and enjoy the delicious smells wafting from the *warungs*—those little typical street restaurants. A quick stop at the National Monument, a detour to a night market to devour our first *kwetiaw goreng* and *teh manis* for 60,000 rupiahs (that’s 3 € for two), and just like that, our penalty is lifted, and we’re allowed to hit the road again. Off to Bandung, where we arrive at 2 AM for... a *very* short night...




Croatia, Montenegro – two victims of overtourism?
Mid-June, two Auvergnats on the starting blocks—off we go to the former Yugoslavia!
We’d already explored some nooks and crannies of northern Croatia back in 2019, so we’re keeping the momentum going by planning a trip to the south of the country and then Montenegro.
On the way back, we’ll drift into Bosnia-Herzegovina just to mix things up a bit!
We’re a little unsure about what to expect in terms of tourist crowds.
Dubrovnik has a reputation for being the hardest-hit city by overtourism, and Kotor and the whole Dalmatian coast aren’t exactly empty...
Luckily, most European countries haven’t started school holidays yet, and some measures seem to have been put in place to limit the flow (like restrictions on the number of cruise ships allowed to dock at the same time).
Maybe we’ll manage to escape the promised hell?
For now, we’re slamming the doors of the Scirocco and heading off to our first stop: northern Italy!

On the way back, we’ll drift into Bosnia-Herzegovina just to mix things up a bit!
We’re a little unsure about what to expect in terms of tourist crowds.
Dubrovnik has a reputation for being the hardest-hit city by overtourism, and Kotor and the whole Dalmatian coast aren’t exactly empty...
Luckily, most European countries haven’t started school holidays yet, and some measures seem to have been put in place to limit the flow (like restrictions on the number of cruise ships allowed to dock at the same time).
Maybe we’ll manage to escape the promised hell?
For now, we’re slamming the doors of the Scirocco and heading off to our first stop: northern Italy!

Retour de croisière Costa aux Caraïbes (2 au 12 décembre 2019) English translation pending

Bonjour à tous,
De retour d'une croisière intitulée "Caraïbes au départ de Port Everglades" effectuée à bord du Costa Luminosa du 2 au 12 décembre 2019, je m'attaque à la rédaction de ce carnet de voyage, laquelle se fera au rythme de mes disponibilités d'emploi du temps, donc avec beaucoup de...
A suivre...,
Le Kenya hors des sentiers battus English translation pending
En 2010 nous faisions notre premier safari au Kenya en famille, nous étions loin de penser que nous tomberions à ce point amoureux de cette destination.
Depuis ce premier voyage en Afrique sub-saharienne nous sommes repartis à sept reprises au Kenya…. Nous sommes également allés en Tanzanie (les parcs du nord en février) et au Botswana (en camping itinérant).
Au Kenya la seule réserve où nous sommes allés à chaque voyage est celle de Samburu. Le reste de l’itinéraire a varié à chaque fois. Ayant trouvé peu d’informations en français (les forums en anglais comme « Safaritalk » sont plus alimentés par « des Meru, Samburu ou Aberdare lovers ») sur certains de ces lieux j’ai pensé proposer ce carnet de voyage pour ceux qui aimerait découvrir le Kenya un peu différemment. Il n’y aura rien sur le Massaï Mara, Amboseli, Baringo, Naïvasha ou Nakuru : ce sont des lieux très visités et pour lesquels on trouve déjà de nombreux et très beaux carnets. De plus j’ai pu constater que ces endroits subissent une très forte pression touristique et je ne souhaite pas en faire la promotion. Ce ne sera pas un carnet journalier classique mais un partage de notre expérience en plusieurs voyages dans ces différents lieux. Nous partons en général en « self catering » avec un guide et un cuisinier. Ceci permet d’éviter lorsque c’est possible les lodges et d’avoir une grande liberté quant aux horaires.
Pour illustrer ce carnet je posterai essentiellement des photos de mon complice et mari Benoit, parfois elles pourront aussi avoir été prises par un de nos quatre fils. Je fais très peu de photos : à la fois je ne maitrise pas bien la technique photo et j’aime en safari être totalement dans l’émotion. J’ai besoin d’être entièrement dans le moment présent : tenter de comprendre le comportement animalier, observer les interactions, essayer d’anticiper ce qui va se passer ….et prévenir mes photographes préférés 😉.
Ces voyages ont été à géométrie variable pour la composition de l’équipe : le tout premier en famille à 5 (sans notre ainé), ensuite à 3 avec le petit dernier, à 6 avec des amis, plusieurs fois en couple et puis à notre plus grand bonheur l’été dernier à 5 avec N° 1 (dont c’était le 1er safari) et N° 3 et sa compagne.
Nous partons le plus souvent en juillet ou août (contraintes professionnelles) à une exception en 2017 où nous étions au Kenya en février.
ABERDARE NATIONAL PARK
Pour vous mettre dans l'ambiance, les deux visages d'Aberdare NP : soleil ou brume .....



Au Kenya la seule réserve où nous sommes allés à chaque voyage est celle de Samburu. Le reste de l’itinéraire a varié à chaque fois. Ayant trouvé peu d’informations en français (les forums en anglais comme « Safaritalk » sont plus alimentés par « des Meru, Samburu ou Aberdare lovers ») sur certains de ces lieux j’ai pensé proposer ce carnet de voyage pour ceux qui aimerait découvrir le Kenya un peu différemment. Il n’y aura rien sur le Massaï Mara, Amboseli, Baringo, Naïvasha ou Nakuru : ce sont des lieux très visités et pour lesquels on trouve déjà de nombreux et très beaux carnets. De plus j’ai pu constater que ces endroits subissent une très forte pression touristique et je ne souhaite pas en faire la promotion. Ce ne sera pas un carnet journalier classique mais un partage de notre expérience en plusieurs voyages dans ces différents lieux. Nous partons en général en « self catering » avec un guide et un cuisinier. Ceci permet d’éviter lorsque c’est possible les lodges et d’avoir une grande liberté quant aux horaires.
Pour illustrer ce carnet je posterai essentiellement des photos de mon complice et mari Benoit, parfois elles pourront aussi avoir été prises par un de nos quatre fils. Je fais très peu de photos : à la fois je ne maitrise pas bien la technique photo et j’aime en safari être totalement dans l’émotion. J’ai besoin d’être entièrement dans le moment présent : tenter de comprendre le comportement animalier, observer les interactions, essayer d’anticiper ce qui va se passer ….et prévenir mes photographes préférés 😉.
Ces voyages ont été à géométrie variable pour la composition de l’équipe : le tout premier en famille à 5 (sans notre ainé), ensuite à 3 avec le petit dernier, à 6 avec des amis, plusieurs fois en couple et puis à notre plus grand bonheur l’été dernier à 5 avec N° 1 (dont c’était le 1er safari) et N° 3 et sa compagne.
Nous partons le plus souvent en juillet ou août (contraintes professionnelles) à une exception en 2017 où nous étions au Kenya en février.
ABERDARE NATIONAL PARK
Pour vous mettre dans l'ambiance, les deux visages d'Aberdare NP : soleil ou brume .....



Tour de l'Allemagne en famille English translation pending
Bonjour à tous,
Cela fait un moment que je lis des carnets de VoyageForum. Parfois pour m'inspirer, souvent par pur plaisir.
Par curiosité, j'ai regardé dans la rubrique Allemagne et je n'ai rien trouvé s'approchant du voyage que je m’apprêtais à réaliser. Je ne suis pas une très bonne rédactrice et ai tendance à aller à l'essentiel. Mais bon, mon carnet présentant des lieux que je n'ai trouvé dans aucun carnet de voyage, cela servira peut-être à quelqu'un.
Une petite présentation du contexte s'impose : un couple de jeunes trentenaires qui aiment voyager en organisant tout eux-même et voyageant pour la 1ère fois avec leur bébé de 9 mois, pendant 3 semaines réparties entre juillet et août. Le but du voyage était de découvrir un pays que nous ne connaissons qu'un peu en s'adaptant au rythme de notre petit trésor, voir si notre façon de voyager était possible. Nous n'avions donc réservé que les 3 premières nuits, le reste a été réservé au fur et à mesure.
Quelques infos pratiques : - 3 semaines entre juillet et août - voiture louée à Strasbourg pour la durée du séjour (400 euros) - nous avons éliminé certains coins que nous connaissions déjà (Bade-Wurtemberg, Bavière et Berlin) - nuits en hôtel ou Airbnb (moyenne de 80 euros/nuit en dernière minute pour des chambres avec possibilité de mettre notre lit bébé) - des temps de trajets pas trop long entre les étapes - pas de musée, notre bébé n'appréciant pas trop pour l'instant - objectif lancé au hasard et tenu : voir la mer Baltique
Voici finalement comment se sont organisée ces 3 semaines : jour 1 : route vers le Rhin romantique jour 2 : croisière sur le Rhin jour 3 : Trier (Trèves) et une partie de la vallée de la Moselle jour 4 : suite de la vallée de la Moselle et château d'Eltz jour 5 : Köln (Cologne) et Münster jour 6 : Bremen (Brême) jour 7 et 8 : Hamburg (Hambourg) jour 9 : Lübeck jour 10 : Schwerin jour 11 : Wismar, Bad Doberan, Rostock jour 12 : presqu'île Fischland-Darss-Zingst jour 13 : île de Rügen et Stralsund jour 14 : Greifswald et île d'Usedom jour 15 : Spreewald jour 16 : Leipzig jour 17 : Weimar et Erfurt jour 18 : Nürnberg (Nuremberg) jour 19 : Schwäbisch Gmünd jour 20 : retour
Comme vous l'avez remarqué nous avons beaucoup bougé !
Cela fait un moment que je lis des carnets de VoyageForum. Parfois pour m'inspirer, souvent par pur plaisir.
Par curiosité, j'ai regardé dans la rubrique Allemagne et je n'ai rien trouvé s'approchant du voyage que je m’apprêtais à réaliser. Je ne suis pas une très bonne rédactrice et ai tendance à aller à l'essentiel. Mais bon, mon carnet présentant des lieux que je n'ai trouvé dans aucun carnet de voyage, cela servira peut-être à quelqu'un.
Une petite présentation du contexte s'impose : un couple de jeunes trentenaires qui aiment voyager en organisant tout eux-même et voyageant pour la 1ère fois avec leur bébé de 9 mois, pendant 3 semaines réparties entre juillet et août. Le but du voyage était de découvrir un pays que nous ne connaissons qu'un peu en s'adaptant au rythme de notre petit trésor, voir si notre façon de voyager était possible. Nous n'avions donc réservé que les 3 premières nuits, le reste a été réservé au fur et à mesure.
Quelques infos pratiques : - 3 semaines entre juillet et août - voiture louée à Strasbourg pour la durée du séjour (400 euros) - nous avons éliminé certains coins que nous connaissions déjà (Bade-Wurtemberg, Bavière et Berlin) - nuits en hôtel ou Airbnb (moyenne de 80 euros/nuit en dernière minute pour des chambres avec possibilité de mettre notre lit bébé) - des temps de trajets pas trop long entre les étapes - pas de musée, notre bébé n'appréciant pas trop pour l'instant - objectif lancé au hasard et tenu : voir la mer Baltique
Voici finalement comment se sont organisée ces 3 semaines : jour 1 : route vers le Rhin romantique jour 2 : croisière sur le Rhin jour 3 : Trier (Trèves) et une partie de la vallée de la Moselle jour 4 : suite de la vallée de la Moselle et château d'Eltz jour 5 : Köln (Cologne) et Münster jour 6 : Bremen (Brême) jour 7 et 8 : Hamburg (Hambourg) jour 9 : Lübeck jour 10 : Schwerin jour 11 : Wismar, Bad Doberan, Rostock jour 12 : presqu'île Fischland-Darss-Zingst jour 13 : île de Rügen et Stralsund jour 14 : Greifswald et île d'Usedom jour 15 : Spreewald jour 16 : Leipzig jour 17 : Weimar et Erfurt jour 18 : Nürnberg (Nuremberg) jour 19 : Schwäbisch Gmünd jour 20 : retour
Comme vous l'avez remarqué nous avons beaucoup bougé !
Cap Vert pour 10 jours en octobre: une bonne idée? English translation pending
Bonjour,
Voilà, nous envisageons de partir au Cap Vert la première quinzaine d'octobre, nous hésitons encore avec les Açores donc si quelqu'un connaît les 2 et peut nous donner son avis ça serait top !!!😉 J'ai lu qu'il y avait la mousson à cette période… est-ce un frein ?😎
Si nous choisissons le Cap Vert, nous aurons 10 jours (arrivée le mercredi, retour le samedi).
Vu les vols depuis Lisbonne, il semble qu'arriver à Sao Vicente soit une bonne option. Le début serait donc Sao Vicente et ensuite Santo Antao. Pour la suite j'avais dans un premier temps pensé à Sal (et retour direct sur Lisbonne) pour la plage… mais cela me paraît très très construit… peut-être me trompe-je ? Y a-t-il des endroits encore un peu charmant ?
Sinon un autre endroit pour se baigner avec une belle plage ?
Fogo nous intéresserait aussi mais les transferts m'ont l'air compliqué… Bref, si vous avez quelques conseils ça serait génial et je vous en remercie d'avance !
Voilà, nous envisageons de partir au Cap Vert la première quinzaine d'octobre, nous hésitons encore avec les Açores donc si quelqu'un connaît les 2 et peut nous donner son avis ça serait top !!!😉 J'ai lu qu'il y avait la mousson à cette période… est-ce un frein ?😎
Si nous choisissons le Cap Vert, nous aurons 10 jours (arrivée le mercredi, retour le samedi).
Vu les vols depuis Lisbonne, il semble qu'arriver à Sao Vicente soit une bonne option. Le début serait donc Sao Vicente et ensuite Santo Antao. Pour la suite j'avais dans un premier temps pensé à Sal (et retour direct sur Lisbonne) pour la plage… mais cela me paraît très très construit… peut-être me trompe-je ? Y a-t-il des endroits encore un peu charmant ?
Sinon un autre endroit pour se baigner avec une belle plage ?
Fogo nous intéresserait aussi mais les transferts m'ont l'air compliqué… Bref, si vous avez quelques conseils ça serait génial et je vous en remercie d'avance !
Splendeurs cinghalaises: entre culture et nature English translation pending
INTRO
Nous devions initialement aller au Sri Lanka l' an passé à la même époque mais avons du y renoncer un mois avant le début du voyage pour cause de troubles politiques et inter-religieux attisés par les débuts d'une campagne présidentielle très âpre. Nos contacts sur place nous avaient déconseillé le voyage en particulier dans la région de Kandy. Nous avons donc repoussé ce voyage à cette seconde quinzaine du mois de mars 2019, l'un des meilleurs moments de l' année pour se déplacer dans la région. Ce n' est pas encore la haute saison ni la période des chaleurs accablantes qui commence en avril. Pourquoi le Sri Lanka ? Parce que simplement nous étions attirés par ce pays depuis des années et que sans doute, il fait encore rêver. Egalement parce que le pays est une bonne introduction à l' Asie du Sud que nous ne connaissons pas, et en particulier l' Inde, même si le Sri Lanka est une entité géographique, sociale, religieuse et culturelle tout à fait spéciale et unique. De plus, nous étions reçus à Colombo par un ami sri-lankais de notre fils vivant à Sydney où ils se sont connus il y a des années, dans la maison familiale, ce qui reste toujours un privilège lorsque l' on arrive en terre inconnue. Après Colombo, nous avons entamé un circuit de 9 jours dans l' île, avec un chauffeur privé avec van Toyota contacté à partir d'un forum de voyage. Nous sommes enchantés de la formule et des rapports de confiance et d'amitié que nous avons tissés avec Susil pendant cette période. Il a facilité nos déplacements, s'est occupé aussi tous les jours des restaurants où pouvoir déjeuner et dîner sans devoir se limiter au ' Rice and Curry ' sempiternel et trop épicé. Il nous a aussi réservé lui-même une partie des hôtels à des prix hyper-compétitifs. Attention : il n' était pas guide touristique, ce qui implique qu'il faut savoir au départ ce que l'on veut faire exactement. Nous avons arpenté les sites sans lui. Mais il connait son pays comme sa poche, sait conduire vers les endroits plus touristiques au bon moment de la journée, et vous évite de marcher des heures dans la chaleur qui écrase les sites en pleine journée. Il est souriant, chaleureux, discret, flexible, fiable et de bon conseil. C' est une perle que je recommande pour tout séjour mobile au Sri Lanka et dont je donnerai les coordonnées par message privé à qui le demande. il ne parle pas français mais anglais uniquement. Son anglais n' est pas toujours très clair ni correct grammaticalement mais, si vous êtes allergique à l' anglais, ce ne sera pas votre homme ! On trouve bien sur aussi des chauffeurs-guides via les agences de tourisme réceptif locales, mais il vous en coûtera beaucoup plus cher.
DETAILS PRATIQUES Nous avons volé sur KLM à partir de Montpellier via Amsterdam où nous avons passé une nuit de transit. Vols parfaits et confortables. Au retour, trois vols en continuité, via Amsterdam et Paris cette fois, à cause des horaires de connexion. KLM est une compagnie fiable et ponctuelle, tout s'est donc déroulé impeccablement. Nous avions, pour préparer ce voyage, acheté une carte routière du pays et trois guides : le Routard de 2017, le Petit Futé de 2018 ainsi qu'un guide anglais de la collection EyeWitness superbement présenté et agrémenté de belles photos et d' explications détaillées et claires. Il est conseillé et facile d'acheter une carte SIM locale avec une charge téléphone + Internet. C' est très pratique et peu onéreux, et cela donne de la flexibilité. En ce qui concerne l' argent, nous avions des cartes de crédit que nous n' avons pas utilisées. En revanche, nous avions emporté des dollars ( petites coupures surtout ) et des euros. Susil a été payé en liquide ( euros ) à notre arrivée comme il le souhaitait ( tous les hôtels réservés par lui + plus la moitié de sa prestation ), nous avons aussi changé de l' argent officiellement dans une banque au départ, puis Susil nous a changé au fur et à mesure du voyage des dollars ou des euros de façon plus officieuse. Les entrées de sites ou de parcs peuvent se régler en dollars ( uniquement ). Change ( qui peut varier légèrement ) : environ 175 roupies pour 1 dollar et 198 roupies pour 1 euro. Connexion Wi-Fi gratuite et disponible quasiment partout, mais, à la campagne, cela rame ! Inutile de penser à télécharger quoi que ce soit .
Maintenant la nourriture : elle est peu variée et extrêmement épicée, plus encore qu'en Inde. Difficile à supporter, du moins en ce qui nous concerne. Nous ne voulions pas être malades sur le trajet. Disons que ce qui est présenté comme non épicé ( en fait sans piment rouge ou vert dit ' chilli ' ) l' est déjà beaucoup pour nos papilles européennes ! Heureusement, Susil ne nous arrêtait que dans des restaurants avec buffet que nous passions en revue avec lui, et il nous indiquait ce que nous pouvions manger sans mauvaise surprise. Il a été irremplaçable dans son rôle et nous a permis de ne pas nous polariser sur la nourriture - pas terrible dans l' ensemble tout de même - et donc de consacrer ce séjour à profiter des beautés du pays.
Enfin la circulation automobile : elle est infernale, les embouteillages sont permanents dans Colombo et les villes moyennes sri lankaises, la pollution est préoccupante. Il n' y a que dans le centre et le sud de l' île que nous avons eu des moments de répit. On double partout et tout le temps, y compris sur lignes blanches continues et en sommet de côte. Une route normale à deux voies est au Sri lanka une route à 4 voies pour tous véhicules, voitures, petits camions, bus et une multitude de tricycles qui se faufilent partout. Sur la route, ils sont doublés en permanence, y compris lorsqu'eux-mêmes doublent. Ce chaos reste finalement assez organisé, et nous n' avons finalement assisté à aucun accrochage ni accident. On finit par s' habituer à la conduite acrobatique au klaxon ! La vitesse est limitée mais ce n' est pas un problème, on avance à 30 - 40 km / h et donc il faut du temps pour rejoindre des destinations qui nous semblent proches sur la carte. On est dans une autre dimension ! Beaucoup de contrôles de police cependant, en bord de route mais qui restent courtois. Inutile de penser à louer une voiture sans chauffeur. Il n' y a qu'une signalisation sommaire des directions à prendre, pas de GPS. il faut donc avec recours à Google Map donc avoir de l' Internet tout le temps. Pour profiter du séjour, une voiture avec chauffeur est, à mon avis, la meilleure façon de circuler sereinement.
VOYAGE Du 17 au 30 mars 2019 17 mars : départ de Montpellier en fin d'après-midi pour Amsterdam. logement à l' aéroport. 18 mars : vol direct Amsterdam-Colombo ( un peu moins de 10 heures de vol ) et arrivée le 19 mars à 0 h 15. 19 et 20 mars : Colombo. 21 mars : Début du circuit : Colombo - Dambulla - Habarana 22 mars : Habarana - Anuradhapura - Avukana - Mihintale - Habarana 23 mars : Habarana - Polonnaruwa - Madirigiriya - Sigiriya 24 mars : Sigiriya - Nalanda - Route des Epices - Peradeniya Botanic Gardens - Kandy 25 mars : Kandy - mini-circuit des 3 temples : Gadalageriya / Lankatillaka / Embekke Dewala / Kandy centre et Temple de la Dent / Soirée danses traditionnelles kandyennes 26 mars : Kandy - Tea Plantation Scenic Route and Visit / Horton Plains NP / Nuwara Eliya 27 mars : Nuwara Eliya - - Lipton's Seat - Ella 28 mars : Ella / Scenic Country Route to Mirissa on the Southern Coast - Mirissa & Surroundings 29 mars : Mirissa / Galle / Negombo / International Airport 30 mars : Vol de retour vers l' Europe : départ à 2 H 10 am / arrivée à Montpellier à 14 H 10 le même jour. Vol international de nuit d'une durée de 10 H 40 environ.
Arrivée à l' aéroport international de Bandaranaike de Colombo situé à quelque 30 kilomètres du centre-ville, dans la nuit du 18 au 19 mars. Une 4 voies à péage assez dégagée permet de rejoindre la ville rapidement, surtout la nuit, mais on peut transiter aussi par Negombo, ville toute proche qui peut être pratique pour une première ou une dernière nuit avant arrivée ou départ. Voies intérieurs possibles ( Cinnamon Air / Fly Sri Lanka ) sur petits avions ou hydravions.
Nous sommes réceptionnés à l' aéroport par l' ami de notre fils qui nous conduit à la maison familiale où nous faisons connaissance avec ses parents, dînons très tardivement mais légèrement et allons nous coucher.
COLOMBO Colombo est la capitale économique du pays et la plus grande ville du pays avec environ 750.000 habitants, ce qui est finalement peu pour une ville asiatique. Son pendant politique et administratif est la ville limitrophe et moyenne de Sri Janawardenapura Kotte. Ce sont les Portugais qui officialisent le nom de Colombo en 1505. Puis arrivent les Hollandais qui conquièrent la ville 150 ans plus tard en 1656, étendant rapidement leur emprise sur l' ensemble de l' île et implantant des plantations de cannelle au plus proche de la ville dans le quartier que l' on appelle désormais ' Cinnamon Gardens '. Après les Hollandais viennent les Anglais qui vont débarquer 140 ans plus tard et faire de Colombo d'abord une simple base militaire. En 1815, tout bascule avec la chute du royaume de Kandy et Colombo devient de facto la nouvelle capitale du pays. Les Britanniques démolissent le fort construit par les Portugais et tracent progressivement les contours d'une vraie capitale. En 1948, Ceylan obtient pacifiquement son indépendance. Mais la guerre civile - et les attentats tamouls meurtriers - viendra troubler les premières décennies tranquilles d'un pays souverain, mais en proie aux différents linguistiques et religieux pendant 25 longues années, de 1983 à 2009. Beaucoup d'attentats ont lieu à Colombo mais aussi à Kandy et à Galle, et même dans le triangle culturel du nord. Les tamouls ont pour base stratégique le nord de l' île; cette partie du Sri Lanka est, de nos jours, toujours à la traîne économiquement et socialement et difficile à parcourir en toute sérénité. Notre guide nous a avoué s'y rendre avec encore beaucoup de méfiance.
Mardi 19 mars : petit -déjeuner en famille puis Sid et sa maman décident de nous emmener visiter les quartiers iconiques de Colombo, une ville souvent décriée mais qui mérite que l'on s' y arrête au moins deux nuits, ne serait-ce que pour récupérer un peu d'énergie après un long voyage. Et puis, il fait très chaud en cette mi-mars, et il vaut mieux être en forme pour affronter le soleil en pleine journée. Nous allons d' abord dans le quartier de Slave Island ( situé entre le Fort au nord, Galle Road à l' ouest et Cinnamon Gardens au sud ). C' est plutôt un quartier administratif et commercial où sont aussi regroupées les banques. C' est dans une banque que nous allons changer des euros et acheter une carte SIM. Attention : cela prend tout de même un peu de temps, on contrôle les identités, il faut des photocopies. Et il faut faire un peu de queue. L' administration est tatillonne, il reste un peu de méfiance et un traumatisme après 25 ans de guerre civile. On contrôle...
Ensuite, c'est le quartier du Fort ( ne pas chercher les murailles d'enceinte détruites par les Anglais ! ) , ancien quartier colonial où se trouvent les beaux hôtels, et puis un bâtiment iconique de Colombo, le Dutch Hospital, impeccablement rénové en 2012 et transformé en centre culturel et commercial de loisir, et de cafés, boutiques et petits restaurants très conviviaux. Au départ, c'était la résidence d'un ancien gouverneur hollandais à la fin du 17ème siècle qui devint au fil du temps hôpital et orphelinat, séminaire catholique, hôpital militaire, poste de police.... Gravement endommagé par un attentat tamoul en 1996, il fut laissé à l' abandon un temps, puis sauvé de justesse de la destruction pour retrouver son lustre initial. Il est d'architecture typique hollandaise 17ème siècle, long bâtiment rectangulaire, bordé d'arcades et à toiture basse. On peut accéder, dans son enceinte, à un musée qui retrace la présence coloniale hollandaise au Sri Lanka. Dans le même quartier, le Grand Oriental Hotel dont je parle plus bas. Egalement la Lighthouse Clock Tower, une tour datant de 1857 qui servait autrefois de phare, d'horloge et de clocher et resta en service jusqu'en 1952 en tant que phare. On considère qu'elle représente le point zéro au centre de la capitale. Elle donne accès à la rue - qui était interdite d'accès jusqu'en 2015 - faisant face au palais présidentiel ( ' Presidents House & Gordon Gardens ) anciennement ' Government House ' utilisée par les gouverneurs hollandais et anglais, appelée ensuite ' Kings House ' et ' Queens House ' jusqu' en 1972. C' est le gouverneur Sir Arthur Hamilton Gordon qui créa le magnifique parc entourant la résidence en l' honneur du jubilé de la reine Victoria en 1887. Toujours dans le quartier du Fort, le Old Parliament Building, édifice de style néo-baroque construit en 1930. Le parlement a été transféré dans un nouvel édifice à Sri Jayawardenepura Kotte. Un peu plus loin ( je signale que toute cette balade peut facilement se faire à pied dans un périmètre restreint, ce qui est un avantage réel dans une ville au centre historique ramassé ), on pourra admirer le Cargills Building, bâtiment de style colonial aux façades en brique et pierre rouges et blanches, à l' origine un entrepôt faisant partie de ce qui allait devenir l' empire Cargills dédié au commerce de gros, et plus récemment reconverti dans les supermarchés et le marché de fruits et légumes. Nouvelle appellation des supermarchés insulaires : Cargills Food City. Dans le même périmètre ( York Street / Leyden Bastian Road / Sir Baron Jayathilaka Mawatha ), des bâtiments également intéressants tels le Gaffoor Building. Dans le même quartier ( celui de Pettah ), on pourra admirer Old Town Hall, un très beau bâtiment datant de 1873 qui fut Hôtel de Ville jusqu'en 1928 avant son transfert à Cinnamon Gardens.



Un mot quand même sur les hôtels historiques de Colombo qui valent une petite visite : d'abord, dans le quartier du Fort, le Grand Oriental Hotel, vieux palace construit en 1837 pour accueillir les soldats britanniques puis transformé en hôtel en 1875. Egalement le Galle Face Hotel , datant de 1864, bâti en bordure d'océan et dont les chambres sont lambrissées d'époque, enfin le Mount Lavinia, établissement bicentenaire et ancienne résidence privée - et garçonnière de luxe - du gouverneur britannique qui y recevait - entre autres jolies femmes d'une bonne société métissée et en secret - Lovina, sa belle maîtresse sri lankaise à qui il avait offert une maison attenante reliée à sa résidence par un tunnel. Cet hôtel est magnifique, il ressemble au Raffles de Singapour et nous y avons déjeuné le premier midi à Colombo, un buffet à 2500 roupies par personne, ce qui est vraiment honnête vu le lieu exceptionnel. Très belle vue de la terrasse- piscine jusqu' au port et la silhouette familière, dans le lointain un peu brumeux, d'un autre bel hôtel, le Kingsbury. On a tourné au Mount Lavinia Hotel une des scènes du film ' Le Pont de la Rivière Kwai ' après l' avoir, pour l' occasion, transformé en hôpital. Mount Lavinia est une petite ville résidentielle arborée avec jardins exubérants et fleuris, accolée à la capitale, vraiment très agréable. On y trouve hôtels et restaurants de bonne tenue. Après le déjeuner, la balade en voiture se poursuit vers le site du nouveau Parlement, un édifice moderne et de proportions harmonieuses situé sur l' île au centre de Diyawannawa Lake, là où se trouvait jadis le palais de Nissaka Alakesvara, le plus puissant ministre du roi Vikramabahu III. Puis l' île appartint à Edward Walter Pereira ( 1875-1953 ), une figure majeure de l' indépendance de l' île, anciennement Ceylan, et désormais Sri Lanka, ou ' île resplendissante '. Le nouveau parlement est l' oeuvre d'un architecte sri lankais mondialement connu, Geoffrey Bawa. On termine par Town Hall, nouvelle Mairie de Colombo ( depuis 1928 ). C' est un bâtiment imposant, tout blanc avec des airs de Capitole Washingtonien et qui fut dessiné par un architecte anglais connu du début du 20ème siècle, S.J. Edwards. Retour à la maison pour un thé servi à l' ancienne ( et c'est partout ainsi ) avec théière, jolies tasses de grande taille à l' anglaise, sucrier et pot à lait assorti, bref, tel qu' on ne le fait plus très souvent en Grande Bretagne ! La tradition du thé perdure au Sri Lanka, comme celle du cricket ! Puis nous sommes invités à dîner au Dutch Hospital, visité dans l' après-midi, dans un restaurant japonais. Belle ambiance sous les arcades intérieures, et vue sur Colombo by night.
Mercredi 20 mars Nous partons pour la journée avec l' ami de notre fils voir les éléphants au Pinnawala Elephant Orphanage à environ 80 kms vers l' est. En fait, l' orphelinat lui-même ne peut être visité ( les petits orphelins ont grandi et sont désormais des éléphants adultes à moitié sauvages - à moitié domestiqués, et on ne peut en réalité qu' assister au bain des éléphants accompagnés de leurs suiveurs et soigneurs ou cornacs dans la rivière. Interdiction d'approcher les pachydermes de trop près. Le site est sauvage côté rivière, les éléphants sont tranquilles et apprécient douche au jet surpuissant et bain dans les vasques, et rejoignent la rivière après avoir traversé la route et une partie du village attenant où les marchands attendent les touristes devant leurs stands, leurs étals et leurs boutiques. Bref, ce n' est pas désagréable comme but de balade, mais ce n' est pas non plus fantastique. C'est touristique dans le mauvais sens du mot (en anglais ' touristy ' ). Je ne recommanderais pas vraiment cet endroit surfait, et encombré de visiteurs chinois obsédés du selfie, y compris avec éléphant dans l' objectif. C' est insupportable ! On trouvera mieux ailleurs, en particulier dans la grande réserve du sud du pays. Restaurant en bord de rivière, trusté par les touristes chinois et où l'on déjeune vraiment affreusement. Le plus mauvais déjeuner- buffet du séjour dans une salle à manger bondée du plus mauvais goût chinois.

Retour à Colombo par un chemin un peu plus rapide et dégagé. En soirée, nous sommes de nouveau invités au restaurant de fruits de mer du Cinnamon Grand Colombo, superbe hôtel au hall d'entrée et salons magnifiques et doté de 14 restaurants ! Celui où nous allons dîner propose fruits de mer ( crabes, coquilles St Jacques ) et poissons variés grillés ou en sauce. Cadre et nourriture irréprochables. Chambres doubles à 160 dollars la nuit environ, ce qui est cher mais très compétitif par rapport à d'autres pays. C 'est le meilleur hôtel de la ville, situé idéalement à moins de 2 kms du Fort, et un choix idéal pour commencer son séjour si l' on a les moyens. Ceci dit, à part à Kandy et à Galle ( prononcer ' gôl ' ), on ne trouvera que profusion de petits hôtels ou B&B ou guest-houses dont certains peuvent réserver de mauvaises surprises. En revanche, les tarifs sont canon : à partir de 30 euros la nuit, généralement avec climatisation ( et c'est préférable si l'on veut dormir... ), douche avec eau chaude et petit déjeuner compris. Attention : dans l' ensemble du pays, il y a actuellement des coupures de courant effectuées sur ordre du gouvernement, soit-disant parce qu'il ne pleut pas assez et que les réservoirs et lacs de retenue sont au plus bas ( c'est faux ), réellement parce qu'il y a un défaut criant et inquiétant de maintenance des installations électriques. Les Sri lankais en rient, ils ont beaucoup de recul par rapport à leur personnel politique et à la corruption ambiante. Il faut parfois subir trois coupures de courant d' une heure ou plus, une le matin, une l' après-midi et une en début de soirée. En conséquence, il convient donc choisir des hôtels avec générateurs ! Sinon, chaleur et moustiques sont au rendez-vous. Et en plus, la connexion Wi-Fi est interrompue !
Jeudi 21 mars Nous quittons nos hôtes avec effusion car ils nous ont gâtés pendant cette première étape de notre séjour. Je le répète, Colombo vaut un arrêt d'au moins deux nuits / 1 jour et demie ou 2 jours. Nous avons rendez-vous avec Susil, notre chauffeur, au domicile des parents de Sil à 9 heures du matin pour un départ vers Dambulla, ville située à environ 150 kms de Colombo à l' est. Nous allons en fin de journée rejoindre ce que l'on appelle le Triangle Culturel, mais Dambulla mérite un arrêt d'environ deux heures, voire davantage. En effet, la ville est célèbre pour Rock Temple - ou Golden Temple -, un temple troglodytique situé au sommet d'un immense roc de granit et qui date du 1er siècle avant JC quand le roi Vattagamani Abhaya y trouva refuge après avoir fui Anuradhapura devant des envahisseurs indiens.

Le site est répertorié au patrimoine mondial de l' UNESCO depuis 1991. Ce temple-caverne sera notre premier coup de coeur et, avec ses 5 salles décorées de fresques pariétales historiées et ses collections de bouddhas de toutes tailles couchés ou assis, le plus bel édifice religieux du Sri Lanka, à notre avis. Les peintures datent du 13ème siècle, période faste des rois Kandy, elles couvrent 6000 m2 de parois diverses et racontent la vie de Bouddha, représenté par 157 statues de couleurs vives, d'or et d'argent. Ne pas manquer en particulier la deuxième salle ( Maha Raja Viharaya ou Temple du Roi des Dieux avec ses statues de rois, ses 53 statues de Bouddha et d'autres de divinités hindoues telles Ganesh ou Vishnou ) et la quatrième salle ( Pascima Viharaya ou Temple de l' Ouest ) avec son plafond recouvert de peintures et ses bouddhas assis dans la position du ' dhyana mudra ', celle de la méditation.








Les 5 grottes ouvertes au public ( sur environ 80 ) sont les plus belles de cet unique sanctuaire bouddhique existant depuis 22 siècles. On y accède par un escalier de 500 marches environ. La grande cour extérieure du temple offre une vue imprenable sur toute la région. Attention : tenue spéciale, correcte et couverte pour la visite des temples et des sites religieux en général. Il faut ôter ses chaussures ou sandales pour marcher pieds nus ou en chaussettes ( à choisir épaisses à cause de la chaleur du sol ou de la pierre ), couvrir ses genoux en portant soit un bermuda très long soit un sarong ( à acheter en magasin ) et découvrir son crâne, ce qui peut être gênant. Pas de casquette, pas de chapeau, mais un mouchoir flottant est toléré. S' enduire également de crème solaire en cas d' exposition prolongée ( ce qui est souvent le cas ) au soleil en plein midi ou en début d'après-midi. L' idéal donc est de commencer les visites ( ou ascensions a fortiori ) tôt le matin, les sites ouvrant souvent vers 6 - 7 heures.
Nous repartons de Dambulla vers Anuradhapura, ville située à 70 kms au nord de Dambulla, c'est à dire à environ 200 kms au nord-est de Colombo. Il y a la ville moderne sans interêt, bruyante, embouteillée et polluée et puis il y a la ville ancienne et sainte à laquelle nous allons consacrer tout l' après-midi. Avant l' arrivée à Anuradhapura, nous allons faire un crochet par la campagne et les toutes petites routes ( sur lesquelles on fait sécher le riz à même le bitume et la poussière ) pour rejoindre Avukana, après avoir longé un moment le Kala Wewa Reservoir, un vaste lac de retenue très panoramique sur lequel circulent des pirogues de pêcheurs. La promenade est jolie et tranquille, loin des embouteillages. A Avukana se trouve un bouddha de 12 mètres de haut datant du 5ème siècle, considéré comme la plus belle statue du genre au SL. C' est le matin qu' elle est la plus belle à regarder car ' elle se nourrit de soleil '. C' est le sens du nom Avukana.
Anuradhapura fut fondée au 5ème siècle avant JC et demeura la capitale de l' île pendant 14 siècles. C 'est la plus grande et la plus étendue des villes du Triangle, une ville qui a grandi sous le patronage de trois monastères bouddhiques et autour d'immenses édifices - reliquaires, les dagobas et stupas construits en l' honneur et en mémoire de Bouddha : Thuparama, le plus ancien dagoba, puis Ruvanveliseya Stupa, le plus révéré et les immenses dagobas Jetavaranama et Abhayagiriya. La ville a connu son apogée au 2ème siècle avant JC avec l' arrivée du bouddhisme sous le règne du roi Devanampiyatissa. Elle a connu aussi beaucoup de hauts et de bas politiques en tombant au mains d' envahisseurs indiens puis en étant reconquise par un autre roi, Dutugetmunu. Elle fut le théâtre d'autres batailles et d'autres reconquêtes. Plus de 60 rois s'y succédèrent, conférant à la ville son aura et son unicité et permettant une expansion hors normes jusqu'à ce que, de guerre lasse ( trop d'invasions indiennes ) on lui préfère sa voisine et concurrente, Polonnaruwa.
Avant d' entrer sur le site de la ville, il faut passer à la caisse. et là, cela fait mal. J' ai récemment critiqué dans un carnet sur le Costa Rica la politique touristique en matière de frais d'entrée sur les sites naturels du pays pour les étrangers. Eh bien, c'est la même chose au Sri Lanka en pire, je dirais, car on tape fort. L' entrée de la cité sacrée coûte 25 dollars US ( à payer en dollars ou en équivalent-roupies ) pour un étranger quel qu'il soit, et moins d'un dollar pour un sri lankais ! Une discrimination tout à fait insupportable et aberrante d'un simple point de vue touristique. On m' a dit que l' addition des frais de visa ( actuellement 35 dollars US mais qui pourraient être supprimés à partir du 1er mai ) à celle des entrées sur sites sacrés ou dans les parcs nationaux rebutaient un certain nombre de visiteurs potentiels qui s'orientaient alors plutôt vers la Thaïlande par exemple, pour réduire leurs dépenses globales. L'information vient directement du ministère du Tourisme Sri Lankais, inquiet finalement de perdre des touristes aussi stupidement.
Je reviens au site visité aujourd'hui. Il est très étendu et difficile à parcourir à pied. En revanche, si l' on ne dispose pas d'une voiture avec chauffeur, on peut louer des vélos ou se déplacer en tricycle à partir des hôtels et autres Guesthouses qui ne manquent pas ! Il faut être jeune et ne pas craindre la chaleur, écrasante ! Le site est ouvert de 7 heures du matin à 18 heures. La visite commence généralement par le musée archéologique, situé à l' entrée, au niveau de la billetterie, datant de 1947, et occupant en partie l' ancien bâtiment de l' administration britannique. Cette partie ( édifice colonial en bois avec véranda ) était, lors de notre visite, en rénovation. A l' intérieur du périmètre sacré, il y a deux sites plus mineurs mais qui valent une visite. Ils sont payants ( en sus donc ). Compter donc environ 70 dollars US en frais d'entrée à deux sur ce premier site du Triangle Culturel. Je ne vais pas entrer dans les détails - à rechercher dans les bons guides - de la visite complète qui nous a pris environ 4 heures, mais simplement vous donner des indications et nos préférences. A Nord de la cité -- Abayagiri Dagoba, à l' extrême nord des ruines. C' était l'un des plus grands monastères, construit au 1er siècle avant JC par le roi Valagamba et qui fut choisi pour accueillir la relique de la dent sacrée de Bouddha au 4ème siècle. Son rayonnement perdura jusqu'au 14ème siècle. C'est toujours un lieu de pélerinage important. -- Samadhi Bouddha Statue, à l' est des ruines du nord. Date du 4ème siècle avant JC, sculptée dans le granit, elle est considérée comme l'une des plus belles du pays. Bouddha est représenté en méditation ( assis en tailleur, une main posée sur l' autre , les paumes tournées vers le ciel ). C' est le premier stade de l' élévation spirituelle de Bouddha ou ' samadhi '.
B Centre de la Cité -- Le Musée Archéologique précédemment cité. -- Jetavanarama Dagoba qui culmine à 120 mètres de hauteur, 3ème édifice antique le plus haut du monde après les pyramides de Gizeh. Construit au 3ème siècle après JC et censé contenir la ceinture et le bol à aumônes de Bouddha. Fait de 10 millions de briques. Etait autrefois, il ya bien longtemps, un énorme monastère. -- Ruvanveliseya Stupa Construit au 2ème siècle avant JC. Demeure un site majeur de spiritualité bouddhiste. A survécu aux destructions massives imposées par les envahisseurs venus du sud de l' Inde. -- Sri Maha Bodi C' est l' arbre Bo sacré du Temple du Grand Eveil, considéré comme le plus vieux du monde ( mais rien n' est moins sur, à mon avis... ) et sous lequel Bouddha reçut l' illumination. C 'est un lieu de pèlerinage majeur où un attentat de grande ampleur par les Tamouls en 1985, tuant et blessant des centaines de visiteurs présents. Accès payant: 200 roupies. 3 / Sud de la cité -- Isurumuniya Vihara ou temple des Amants Date du 3ème siècle avant JC. Petit musée avec de fines et superbes sculptures de pierre représentant des éléphants s'ébrouant dans une rivière et un couple qui pourrait être un dieu et une déesse hindous . Entrée payante : 5 dollars US.







La visite est terminée mais nous n' allons pas rejoindre notre hôtel tout de suite. Il est prévu de continuer la route jusqu' au site de Mihintale, située à 11 kms d' Anarudhapura. Le site se situe sur trois paliers, et on peut atteindre le second en voiture. L' accès au 3ème palier est payant : 1000 roupies. Le site est célèbre: c'est là qu'en 247 avant JC le roi d' Anarudhapura rencontra Mahinda, le fils de l' empereur indien Asoka, et se convertit au bouddhisme et permit, de ce fait, à la nouvelle religion de s'installer et de prospérer sur ce site sacré.
Fin de la première partie du carnet. Il se poursuit logiquement sur un autre feuillet attaché à celui-ci. On trouvera les photos de Avukana et de Mihintale au début de cette seconde partie.
Nous devions initialement aller au Sri Lanka l' an passé à la même époque mais avons du y renoncer un mois avant le début du voyage pour cause de troubles politiques et inter-religieux attisés par les débuts d'une campagne présidentielle très âpre. Nos contacts sur place nous avaient déconseillé le voyage en particulier dans la région de Kandy. Nous avons donc repoussé ce voyage à cette seconde quinzaine du mois de mars 2019, l'un des meilleurs moments de l' année pour se déplacer dans la région. Ce n' est pas encore la haute saison ni la période des chaleurs accablantes qui commence en avril. Pourquoi le Sri Lanka ? Parce que simplement nous étions attirés par ce pays depuis des années et que sans doute, il fait encore rêver. Egalement parce que le pays est une bonne introduction à l' Asie du Sud que nous ne connaissons pas, et en particulier l' Inde, même si le Sri Lanka est une entité géographique, sociale, religieuse et culturelle tout à fait spéciale et unique. De plus, nous étions reçus à Colombo par un ami sri-lankais de notre fils vivant à Sydney où ils se sont connus il y a des années, dans la maison familiale, ce qui reste toujours un privilège lorsque l' on arrive en terre inconnue. Après Colombo, nous avons entamé un circuit de 9 jours dans l' île, avec un chauffeur privé avec van Toyota contacté à partir d'un forum de voyage. Nous sommes enchantés de la formule et des rapports de confiance et d'amitié que nous avons tissés avec Susil pendant cette période. Il a facilité nos déplacements, s'est occupé aussi tous les jours des restaurants où pouvoir déjeuner et dîner sans devoir se limiter au ' Rice and Curry ' sempiternel et trop épicé. Il nous a aussi réservé lui-même une partie des hôtels à des prix hyper-compétitifs. Attention : il n' était pas guide touristique, ce qui implique qu'il faut savoir au départ ce que l'on veut faire exactement. Nous avons arpenté les sites sans lui. Mais il connait son pays comme sa poche, sait conduire vers les endroits plus touristiques au bon moment de la journée, et vous évite de marcher des heures dans la chaleur qui écrase les sites en pleine journée. Il est souriant, chaleureux, discret, flexible, fiable et de bon conseil. C' est une perle que je recommande pour tout séjour mobile au Sri Lanka et dont je donnerai les coordonnées par message privé à qui le demande. il ne parle pas français mais anglais uniquement. Son anglais n' est pas toujours très clair ni correct grammaticalement mais, si vous êtes allergique à l' anglais, ce ne sera pas votre homme ! On trouve bien sur aussi des chauffeurs-guides via les agences de tourisme réceptif locales, mais il vous en coûtera beaucoup plus cher.
DETAILS PRATIQUES Nous avons volé sur KLM à partir de Montpellier via Amsterdam où nous avons passé une nuit de transit. Vols parfaits et confortables. Au retour, trois vols en continuité, via Amsterdam et Paris cette fois, à cause des horaires de connexion. KLM est une compagnie fiable et ponctuelle, tout s'est donc déroulé impeccablement. Nous avions, pour préparer ce voyage, acheté une carte routière du pays et trois guides : le Routard de 2017, le Petit Futé de 2018 ainsi qu'un guide anglais de la collection EyeWitness superbement présenté et agrémenté de belles photos et d' explications détaillées et claires. Il est conseillé et facile d'acheter une carte SIM locale avec une charge téléphone + Internet. C' est très pratique et peu onéreux, et cela donne de la flexibilité. En ce qui concerne l' argent, nous avions des cartes de crédit que nous n' avons pas utilisées. En revanche, nous avions emporté des dollars ( petites coupures surtout ) et des euros. Susil a été payé en liquide ( euros ) à notre arrivée comme il le souhaitait ( tous les hôtels réservés par lui + plus la moitié de sa prestation ), nous avons aussi changé de l' argent officiellement dans une banque au départ, puis Susil nous a changé au fur et à mesure du voyage des dollars ou des euros de façon plus officieuse. Les entrées de sites ou de parcs peuvent se régler en dollars ( uniquement ). Change ( qui peut varier légèrement ) : environ 175 roupies pour 1 dollar et 198 roupies pour 1 euro. Connexion Wi-Fi gratuite et disponible quasiment partout, mais, à la campagne, cela rame ! Inutile de penser à télécharger quoi que ce soit .
Maintenant la nourriture : elle est peu variée et extrêmement épicée, plus encore qu'en Inde. Difficile à supporter, du moins en ce qui nous concerne. Nous ne voulions pas être malades sur le trajet. Disons que ce qui est présenté comme non épicé ( en fait sans piment rouge ou vert dit ' chilli ' ) l' est déjà beaucoup pour nos papilles européennes ! Heureusement, Susil ne nous arrêtait que dans des restaurants avec buffet que nous passions en revue avec lui, et il nous indiquait ce que nous pouvions manger sans mauvaise surprise. Il a été irremplaçable dans son rôle et nous a permis de ne pas nous polariser sur la nourriture - pas terrible dans l' ensemble tout de même - et donc de consacrer ce séjour à profiter des beautés du pays.
Enfin la circulation automobile : elle est infernale, les embouteillages sont permanents dans Colombo et les villes moyennes sri lankaises, la pollution est préoccupante. Il n' y a que dans le centre et le sud de l' île que nous avons eu des moments de répit. On double partout et tout le temps, y compris sur lignes blanches continues et en sommet de côte. Une route normale à deux voies est au Sri lanka une route à 4 voies pour tous véhicules, voitures, petits camions, bus et une multitude de tricycles qui se faufilent partout. Sur la route, ils sont doublés en permanence, y compris lorsqu'eux-mêmes doublent. Ce chaos reste finalement assez organisé, et nous n' avons finalement assisté à aucun accrochage ni accident. On finit par s' habituer à la conduite acrobatique au klaxon ! La vitesse est limitée mais ce n' est pas un problème, on avance à 30 - 40 km / h et donc il faut du temps pour rejoindre des destinations qui nous semblent proches sur la carte. On est dans une autre dimension ! Beaucoup de contrôles de police cependant, en bord de route mais qui restent courtois. Inutile de penser à louer une voiture sans chauffeur. Il n' y a qu'une signalisation sommaire des directions à prendre, pas de GPS. il faut donc avec recours à Google Map donc avoir de l' Internet tout le temps. Pour profiter du séjour, une voiture avec chauffeur est, à mon avis, la meilleure façon de circuler sereinement.
VOYAGE Du 17 au 30 mars 2019 17 mars : départ de Montpellier en fin d'après-midi pour Amsterdam. logement à l' aéroport. 18 mars : vol direct Amsterdam-Colombo ( un peu moins de 10 heures de vol ) et arrivée le 19 mars à 0 h 15. 19 et 20 mars : Colombo. 21 mars : Début du circuit : Colombo - Dambulla - Habarana 22 mars : Habarana - Anuradhapura - Avukana - Mihintale - Habarana 23 mars : Habarana - Polonnaruwa - Madirigiriya - Sigiriya 24 mars : Sigiriya - Nalanda - Route des Epices - Peradeniya Botanic Gardens - Kandy 25 mars : Kandy - mini-circuit des 3 temples : Gadalageriya / Lankatillaka / Embekke Dewala / Kandy centre et Temple de la Dent / Soirée danses traditionnelles kandyennes 26 mars : Kandy - Tea Plantation Scenic Route and Visit / Horton Plains NP / Nuwara Eliya 27 mars : Nuwara Eliya - - Lipton's Seat - Ella 28 mars : Ella / Scenic Country Route to Mirissa on the Southern Coast - Mirissa & Surroundings 29 mars : Mirissa / Galle / Negombo / International Airport 30 mars : Vol de retour vers l' Europe : départ à 2 H 10 am / arrivée à Montpellier à 14 H 10 le même jour. Vol international de nuit d'une durée de 10 H 40 environ.
Arrivée à l' aéroport international de Bandaranaike de Colombo situé à quelque 30 kilomètres du centre-ville, dans la nuit du 18 au 19 mars. Une 4 voies à péage assez dégagée permet de rejoindre la ville rapidement, surtout la nuit, mais on peut transiter aussi par Negombo, ville toute proche qui peut être pratique pour une première ou une dernière nuit avant arrivée ou départ. Voies intérieurs possibles ( Cinnamon Air / Fly Sri Lanka ) sur petits avions ou hydravions.
Nous sommes réceptionnés à l' aéroport par l' ami de notre fils qui nous conduit à la maison familiale où nous faisons connaissance avec ses parents, dînons très tardivement mais légèrement et allons nous coucher.
COLOMBO Colombo est la capitale économique du pays et la plus grande ville du pays avec environ 750.000 habitants, ce qui est finalement peu pour une ville asiatique. Son pendant politique et administratif est la ville limitrophe et moyenne de Sri Janawardenapura Kotte. Ce sont les Portugais qui officialisent le nom de Colombo en 1505. Puis arrivent les Hollandais qui conquièrent la ville 150 ans plus tard en 1656, étendant rapidement leur emprise sur l' ensemble de l' île et implantant des plantations de cannelle au plus proche de la ville dans le quartier que l' on appelle désormais ' Cinnamon Gardens '. Après les Hollandais viennent les Anglais qui vont débarquer 140 ans plus tard et faire de Colombo d'abord une simple base militaire. En 1815, tout bascule avec la chute du royaume de Kandy et Colombo devient de facto la nouvelle capitale du pays. Les Britanniques démolissent le fort construit par les Portugais et tracent progressivement les contours d'une vraie capitale. En 1948, Ceylan obtient pacifiquement son indépendance. Mais la guerre civile - et les attentats tamouls meurtriers - viendra troubler les premières décennies tranquilles d'un pays souverain, mais en proie aux différents linguistiques et religieux pendant 25 longues années, de 1983 à 2009. Beaucoup d'attentats ont lieu à Colombo mais aussi à Kandy et à Galle, et même dans le triangle culturel du nord. Les tamouls ont pour base stratégique le nord de l' île; cette partie du Sri Lanka est, de nos jours, toujours à la traîne économiquement et socialement et difficile à parcourir en toute sérénité. Notre guide nous a avoué s'y rendre avec encore beaucoup de méfiance.
Mardi 19 mars : petit -déjeuner en famille puis Sid et sa maman décident de nous emmener visiter les quartiers iconiques de Colombo, une ville souvent décriée mais qui mérite que l'on s' y arrête au moins deux nuits, ne serait-ce que pour récupérer un peu d'énergie après un long voyage. Et puis, il fait très chaud en cette mi-mars, et il vaut mieux être en forme pour affronter le soleil en pleine journée. Nous allons d' abord dans le quartier de Slave Island ( situé entre le Fort au nord, Galle Road à l' ouest et Cinnamon Gardens au sud ). C' est plutôt un quartier administratif et commercial où sont aussi regroupées les banques. C' est dans une banque que nous allons changer des euros et acheter une carte SIM. Attention : cela prend tout de même un peu de temps, on contrôle les identités, il faut des photocopies. Et il faut faire un peu de queue. L' administration est tatillonne, il reste un peu de méfiance et un traumatisme après 25 ans de guerre civile. On contrôle...
Ensuite, c'est le quartier du Fort ( ne pas chercher les murailles d'enceinte détruites par les Anglais ! ) , ancien quartier colonial où se trouvent les beaux hôtels, et puis un bâtiment iconique de Colombo, le Dutch Hospital, impeccablement rénové en 2012 et transformé en centre culturel et commercial de loisir, et de cafés, boutiques et petits restaurants très conviviaux. Au départ, c'était la résidence d'un ancien gouverneur hollandais à la fin du 17ème siècle qui devint au fil du temps hôpital et orphelinat, séminaire catholique, hôpital militaire, poste de police.... Gravement endommagé par un attentat tamoul en 1996, il fut laissé à l' abandon un temps, puis sauvé de justesse de la destruction pour retrouver son lustre initial. Il est d'architecture typique hollandaise 17ème siècle, long bâtiment rectangulaire, bordé d'arcades et à toiture basse. On peut accéder, dans son enceinte, à un musée qui retrace la présence coloniale hollandaise au Sri Lanka. Dans le même quartier, le Grand Oriental Hotel dont je parle plus bas. Egalement la Lighthouse Clock Tower, une tour datant de 1857 qui servait autrefois de phare, d'horloge et de clocher et resta en service jusqu'en 1952 en tant que phare. On considère qu'elle représente le point zéro au centre de la capitale. Elle donne accès à la rue - qui était interdite d'accès jusqu'en 2015 - faisant face au palais présidentiel ( ' Presidents House & Gordon Gardens ) anciennement ' Government House ' utilisée par les gouverneurs hollandais et anglais, appelée ensuite ' Kings House ' et ' Queens House ' jusqu' en 1972. C' est le gouverneur Sir Arthur Hamilton Gordon qui créa le magnifique parc entourant la résidence en l' honneur du jubilé de la reine Victoria en 1887. Toujours dans le quartier du Fort, le Old Parliament Building, édifice de style néo-baroque construit en 1930. Le parlement a été transféré dans un nouvel édifice à Sri Jayawardenepura Kotte. Un peu plus loin ( je signale que toute cette balade peut facilement se faire à pied dans un périmètre restreint, ce qui est un avantage réel dans une ville au centre historique ramassé ), on pourra admirer le Cargills Building, bâtiment de style colonial aux façades en brique et pierre rouges et blanches, à l' origine un entrepôt faisant partie de ce qui allait devenir l' empire Cargills dédié au commerce de gros, et plus récemment reconverti dans les supermarchés et le marché de fruits et légumes. Nouvelle appellation des supermarchés insulaires : Cargills Food City. Dans le même périmètre ( York Street / Leyden Bastian Road / Sir Baron Jayathilaka Mawatha ), des bâtiments également intéressants tels le Gaffoor Building. Dans le même quartier ( celui de Pettah ), on pourra admirer Old Town Hall, un très beau bâtiment datant de 1873 qui fut Hôtel de Ville jusqu'en 1928 avant son transfert à Cinnamon Gardens.



Un mot quand même sur les hôtels historiques de Colombo qui valent une petite visite : d'abord, dans le quartier du Fort, le Grand Oriental Hotel, vieux palace construit en 1837 pour accueillir les soldats britanniques puis transformé en hôtel en 1875. Egalement le Galle Face Hotel , datant de 1864, bâti en bordure d'océan et dont les chambres sont lambrissées d'époque, enfin le Mount Lavinia, établissement bicentenaire et ancienne résidence privée - et garçonnière de luxe - du gouverneur britannique qui y recevait - entre autres jolies femmes d'une bonne société métissée et en secret - Lovina, sa belle maîtresse sri lankaise à qui il avait offert une maison attenante reliée à sa résidence par un tunnel. Cet hôtel est magnifique, il ressemble au Raffles de Singapour et nous y avons déjeuné le premier midi à Colombo, un buffet à 2500 roupies par personne, ce qui est vraiment honnête vu le lieu exceptionnel. Très belle vue de la terrasse- piscine jusqu' au port et la silhouette familière, dans le lointain un peu brumeux, d'un autre bel hôtel, le Kingsbury. On a tourné au Mount Lavinia Hotel une des scènes du film ' Le Pont de la Rivière Kwai ' après l' avoir, pour l' occasion, transformé en hôpital. Mount Lavinia est une petite ville résidentielle arborée avec jardins exubérants et fleuris, accolée à la capitale, vraiment très agréable. On y trouve hôtels et restaurants de bonne tenue. Après le déjeuner, la balade en voiture se poursuit vers le site du nouveau Parlement, un édifice moderne et de proportions harmonieuses situé sur l' île au centre de Diyawannawa Lake, là où se trouvait jadis le palais de Nissaka Alakesvara, le plus puissant ministre du roi Vikramabahu III. Puis l' île appartint à Edward Walter Pereira ( 1875-1953 ), une figure majeure de l' indépendance de l' île, anciennement Ceylan, et désormais Sri Lanka, ou ' île resplendissante '. Le nouveau parlement est l' oeuvre d'un architecte sri lankais mondialement connu, Geoffrey Bawa. On termine par Town Hall, nouvelle Mairie de Colombo ( depuis 1928 ). C' est un bâtiment imposant, tout blanc avec des airs de Capitole Washingtonien et qui fut dessiné par un architecte anglais connu du début du 20ème siècle, S.J. Edwards. Retour à la maison pour un thé servi à l' ancienne ( et c'est partout ainsi ) avec théière, jolies tasses de grande taille à l' anglaise, sucrier et pot à lait assorti, bref, tel qu' on ne le fait plus très souvent en Grande Bretagne ! La tradition du thé perdure au Sri Lanka, comme celle du cricket ! Puis nous sommes invités à dîner au Dutch Hospital, visité dans l' après-midi, dans un restaurant japonais. Belle ambiance sous les arcades intérieures, et vue sur Colombo by night.
Mercredi 20 mars Nous partons pour la journée avec l' ami de notre fils voir les éléphants au Pinnawala Elephant Orphanage à environ 80 kms vers l' est. En fait, l' orphelinat lui-même ne peut être visité ( les petits orphelins ont grandi et sont désormais des éléphants adultes à moitié sauvages - à moitié domestiqués, et on ne peut en réalité qu' assister au bain des éléphants accompagnés de leurs suiveurs et soigneurs ou cornacs dans la rivière. Interdiction d'approcher les pachydermes de trop près. Le site est sauvage côté rivière, les éléphants sont tranquilles et apprécient douche au jet surpuissant et bain dans les vasques, et rejoignent la rivière après avoir traversé la route et une partie du village attenant où les marchands attendent les touristes devant leurs stands, leurs étals et leurs boutiques. Bref, ce n' est pas désagréable comme but de balade, mais ce n' est pas non plus fantastique. C'est touristique dans le mauvais sens du mot (en anglais ' touristy ' ). Je ne recommanderais pas vraiment cet endroit surfait, et encombré de visiteurs chinois obsédés du selfie, y compris avec éléphant dans l' objectif. C' est insupportable ! On trouvera mieux ailleurs, en particulier dans la grande réserve du sud du pays. Restaurant en bord de rivière, trusté par les touristes chinois et où l'on déjeune vraiment affreusement. Le plus mauvais déjeuner- buffet du séjour dans une salle à manger bondée du plus mauvais goût chinois.

Retour à Colombo par un chemin un peu plus rapide et dégagé. En soirée, nous sommes de nouveau invités au restaurant de fruits de mer du Cinnamon Grand Colombo, superbe hôtel au hall d'entrée et salons magnifiques et doté de 14 restaurants ! Celui où nous allons dîner propose fruits de mer ( crabes, coquilles St Jacques ) et poissons variés grillés ou en sauce. Cadre et nourriture irréprochables. Chambres doubles à 160 dollars la nuit environ, ce qui est cher mais très compétitif par rapport à d'autres pays. C 'est le meilleur hôtel de la ville, situé idéalement à moins de 2 kms du Fort, et un choix idéal pour commencer son séjour si l' on a les moyens. Ceci dit, à part à Kandy et à Galle ( prononcer ' gôl ' ), on ne trouvera que profusion de petits hôtels ou B&B ou guest-houses dont certains peuvent réserver de mauvaises surprises. En revanche, les tarifs sont canon : à partir de 30 euros la nuit, généralement avec climatisation ( et c'est préférable si l'on veut dormir... ), douche avec eau chaude et petit déjeuner compris. Attention : dans l' ensemble du pays, il y a actuellement des coupures de courant effectuées sur ordre du gouvernement, soit-disant parce qu'il ne pleut pas assez et que les réservoirs et lacs de retenue sont au plus bas ( c'est faux ), réellement parce qu'il y a un défaut criant et inquiétant de maintenance des installations électriques. Les Sri lankais en rient, ils ont beaucoup de recul par rapport à leur personnel politique et à la corruption ambiante. Il faut parfois subir trois coupures de courant d' une heure ou plus, une le matin, une l' après-midi et une en début de soirée. En conséquence, il convient donc choisir des hôtels avec générateurs ! Sinon, chaleur et moustiques sont au rendez-vous. Et en plus, la connexion Wi-Fi est interrompue !
Jeudi 21 mars Nous quittons nos hôtes avec effusion car ils nous ont gâtés pendant cette première étape de notre séjour. Je le répète, Colombo vaut un arrêt d'au moins deux nuits / 1 jour et demie ou 2 jours. Nous avons rendez-vous avec Susil, notre chauffeur, au domicile des parents de Sil à 9 heures du matin pour un départ vers Dambulla, ville située à environ 150 kms de Colombo à l' est. Nous allons en fin de journée rejoindre ce que l'on appelle le Triangle Culturel, mais Dambulla mérite un arrêt d'environ deux heures, voire davantage. En effet, la ville est célèbre pour Rock Temple - ou Golden Temple -, un temple troglodytique situé au sommet d'un immense roc de granit et qui date du 1er siècle avant JC quand le roi Vattagamani Abhaya y trouva refuge après avoir fui Anuradhapura devant des envahisseurs indiens.

Le site est répertorié au patrimoine mondial de l' UNESCO depuis 1991. Ce temple-caverne sera notre premier coup de coeur et, avec ses 5 salles décorées de fresques pariétales historiées et ses collections de bouddhas de toutes tailles couchés ou assis, le plus bel édifice religieux du Sri Lanka, à notre avis. Les peintures datent du 13ème siècle, période faste des rois Kandy, elles couvrent 6000 m2 de parois diverses et racontent la vie de Bouddha, représenté par 157 statues de couleurs vives, d'or et d'argent. Ne pas manquer en particulier la deuxième salle ( Maha Raja Viharaya ou Temple du Roi des Dieux avec ses statues de rois, ses 53 statues de Bouddha et d'autres de divinités hindoues telles Ganesh ou Vishnou ) et la quatrième salle ( Pascima Viharaya ou Temple de l' Ouest ) avec son plafond recouvert de peintures et ses bouddhas assis dans la position du ' dhyana mudra ', celle de la méditation.








Les 5 grottes ouvertes au public ( sur environ 80 ) sont les plus belles de cet unique sanctuaire bouddhique existant depuis 22 siècles. On y accède par un escalier de 500 marches environ. La grande cour extérieure du temple offre une vue imprenable sur toute la région. Attention : tenue spéciale, correcte et couverte pour la visite des temples et des sites religieux en général. Il faut ôter ses chaussures ou sandales pour marcher pieds nus ou en chaussettes ( à choisir épaisses à cause de la chaleur du sol ou de la pierre ), couvrir ses genoux en portant soit un bermuda très long soit un sarong ( à acheter en magasin ) et découvrir son crâne, ce qui peut être gênant. Pas de casquette, pas de chapeau, mais un mouchoir flottant est toléré. S' enduire également de crème solaire en cas d' exposition prolongée ( ce qui est souvent le cas ) au soleil en plein midi ou en début d'après-midi. L' idéal donc est de commencer les visites ( ou ascensions a fortiori ) tôt le matin, les sites ouvrant souvent vers 6 - 7 heures.
Nous repartons de Dambulla vers Anuradhapura, ville située à 70 kms au nord de Dambulla, c'est à dire à environ 200 kms au nord-est de Colombo. Il y a la ville moderne sans interêt, bruyante, embouteillée et polluée et puis il y a la ville ancienne et sainte à laquelle nous allons consacrer tout l' après-midi. Avant l' arrivée à Anuradhapura, nous allons faire un crochet par la campagne et les toutes petites routes ( sur lesquelles on fait sécher le riz à même le bitume et la poussière ) pour rejoindre Avukana, après avoir longé un moment le Kala Wewa Reservoir, un vaste lac de retenue très panoramique sur lequel circulent des pirogues de pêcheurs. La promenade est jolie et tranquille, loin des embouteillages. A Avukana se trouve un bouddha de 12 mètres de haut datant du 5ème siècle, considéré comme la plus belle statue du genre au SL. C' est le matin qu' elle est la plus belle à regarder car ' elle se nourrit de soleil '. C' est le sens du nom Avukana.
Anuradhapura fut fondée au 5ème siècle avant JC et demeura la capitale de l' île pendant 14 siècles. C 'est la plus grande et la plus étendue des villes du Triangle, une ville qui a grandi sous le patronage de trois monastères bouddhiques et autour d'immenses édifices - reliquaires, les dagobas et stupas construits en l' honneur et en mémoire de Bouddha : Thuparama, le plus ancien dagoba, puis Ruvanveliseya Stupa, le plus révéré et les immenses dagobas Jetavaranama et Abhayagiriya. La ville a connu son apogée au 2ème siècle avant JC avec l' arrivée du bouddhisme sous le règne du roi Devanampiyatissa. Elle a connu aussi beaucoup de hauts et de bas politiques en tombant au mains d' envahisseurs indiens puis en étant reconquise par un autre roi, Dutugetmunu. Elle fut le théâtre d'autres batailles et d'autres reconquêtes. Plus de 60 rois s'y succédèrent, conférant à la ville son aura et son unicité et permettant une expansion hors normes jusqu'à ce que, de guerre lasse ( trop d'invasions indiennes ) on lui préfère sa voisine et concurrente, Polonnaruwa.
Avant d' entrer sur le site de la ville, il faut passer à la caisse. et là, cela fait mal. J' ai récemment critiqué dans un carnet sur le Costa Rica la politique touristique en matière de frais d'entrée sur les sites naturels du pays pour les étrangers. Eh bien, c'est la même chose au Sri Lanka en pire, je dirais, car on tape fort. L' entrée de la cité sacrée coûte 25 dollars US ( à payer en dollars ou en équivalent-roupies ) pour un étranger quel qu'il soit, et moins d'un dollar pour un sri lankais ! Une discrimination tout à fait insupportable et aberrante d'un simple point de vue touristique. On m' a dit que l' addition des frais de visa ( actuellement 35 dollars US mais qui pourraient être supprimés à partir du 1er mai ) à celle des entrées sur sites sacrés ou dans les parcs nationaux rebutaient un certain nombre de visiteurs potentiels qui s'orientaient alors plutôt vers la Thaïlande par exemple, pour réduire leurs dépenses globales. L'information vient directement du ministère du Tourisme Sri Lankais, inquiet finalement de perdre des touristes aussi stupidement.
Je reviens au site visité aujourd'hui. Il est très étendu et difficile à parcourir à pied. En revanche, si l' on ne dispose pas d'une voiture avec chauffeur, on peut louer des vélos ou se déplacer en tricycle à partir des hôtels et autres Guesthouses qui ne manquent pas ! Il faut être jeune et ne pas craindre la chaleur, écrasante ! Le site est ouvert de 7 heures du matin à 18 heures. La visite commence généralement par le musée archéologique, situé à l' entrée, au niveau de la billetterie, datant de 1947, et occupant en partie l' ancien bâtiment de l' administration britannique. Cette partie ( édifice colonial en bois avec véranda ) était, lors de notre visite, en rénovation. A l' intérieur du périmètre sacré, il y a deux sites plus mineurs mais qui valent une visite. Ils sont payants ( en sus donc ). Compter donc environ 70 dollars US en frais d'entrée à deux sur ce premier site du Triangle Culturel. Je ne vais pas entrer dans les détails - à rechercher dans les bons guides - de la visite complète qui nous a pris environ 4 heures, mais simplement vous donner des indications et nos préférences. A Nord de la cité -- Abayagiri Dagoba, à l' extrême nord des ruines. C' était l'un des plus grands monastères, construit au 1er siècle avant JC par le roi Valagamba et qui fut choisi pour accueillir la relique de la dent sacrée de Bouddha au 4ème siècle. Son rayonnement perdura jusqu'au 14ème siècle. C'est toujours un lieu de pélerinage important. -- Samadhi Bouddha Statue, à l' est des ruines du nord. Date du 4ème siècle avant JC, sculptée dans le granit, elle est considérée comme l'une des plus belles du pays. Bouddha est représenté en méditation ( assis en tailleur, une main posée sur l' autre , les paumes tournées vers le ciel ). C' est le premier stade de l' élévation spirituelle de Bouddha ou ' samadhi '.
B Centre de la Cité -- Le Musée Archéologique précédemment cité. -- Jetavanarama Dagoba qui culmine à 120 mètres de hauteur, 3ème édifice antique le plus haut du monde après les pyramides de Gizeh. Construit au 3ème siècle après JC et censé contenir la ceinture et le bol à aumônes de Bouddha. Fait de 10 millions de briques. Etait autrefois, il ya bien longtemps, un énorme monastère. -- Ruvanveliseya Stupa Construit au 2ème siècle avant JC. Demeure un site majeur de spiritualité bouddhiste. A survécu aux destructions massives imposées par les envahisseurs venus du sud de l' Inde. -- Sri Maha Bodi C' est l' arbre Bo sacré du Temple du Grand Eveil, considéré comme le plus vieux du monde ( mais rien n' est moins sur, à mon avis... ) et sous lequel Bouddha reçut l' illumination. C 'est un lieu de pèlerinage majeur où un attentat de grande ampleur par les Tamouls en 1985, tuant et blessant des centaines de visiteurs présents. Accès payant: 200 roupies. 3 / Sud de la cité -- Isurumuniya Vihara ou temple des Amants Date du 3ème siècle avant JC. Petit musée avec de fines et superbes sculptures de pierre représentant des éléphants s'ébrouant dans une rivière et un couple qui pourrait être un dieu et une déesse hindous . Entrée payante : 5 dollars US.







La visite est terminée mais nous n' allons pas rejoindre notre hôtel tout de suite. Il est prévu de continuer la route jusqu' au site de Mihintale, située à 11 kms d' Anarudhapura. Le site se situe sur trois paliers, et on peut atteindre le second en voiture. L' accès au 3ème palier est payant : 1000 roupies. Le site est célèbre: c'est là qu'en 247 avant JC le roi d' Anarudhapura rencontra Mahinda, le fils de l' empereur indien Asoka, et se convertit au bouddhisme et permit, de ce fait, à la nouvelle religion de s'installer et de prospérer sur ce site sacré.
Fin de la première partie du carnet. Il se poursuit logiquement sur un autre feuillet attaché à celui-ci. On trouvera les photos de Avukana et de Mihintale au début de cette seconde partie.
Guatemala hors des sentiers battus (avec enfants) English translation pending
Bonjour,
Les images et les récits sur cette merveilleuse terre qui est le Guatemala nous ont convaincus d'acheter des billets d'avions. Nous partons, mon conjoint, mes deux filles (11 et 9 ans) et moi pour un beau 3 semaines en sac à dos au mois août. Nos besoins et nos envies pour ce voyage sont de vivre des choses authentiques avec la population locales et de sortir des sentiers battus.
Le but de se message est de recueillir vos suggestions et recommandations. Je ne suis aucunement fermée à vos suggestions touristiques qui valent le détour, je vais noter tout tout tout, mais mentionnez moi aussi les petits endroits purs et merveilleux qui vous ont mis la larme à l'œil ou qui vous ont réellement donné le pouls du pays.
Aussi, est-ce que vous avez des recommandations coup de cœur pour les passer là nuits? (environ 175 GTQ) Des restos/cantines/marchés/bouffe de rue? Notez que nous cherchons aucunement des endroits luxueux.
A la suite de plusieurs lectures, semble-t-il qu'il est fortement recommandé d'être accompagné d'un guide pour certains endroits. A quels endroits est-ce nécessaire pour notre sécurité? Avez-vous des références de guides qui se débrouillent en français?
En terminant, chers complices, quelqu'un d'entre vous a louer une voiture? Est-ce recommandable? État des routes, barrages, sécurité ( et oui, encore elle!)...
Merci à tous et au plaisir de vous lire.
Le but de se message est de recueillir vos suggestions et recommandations. Je ne suis aucunement fermée à vos suggestions touristiques qui valent le détour, je vais noter tout tout tout, mais mentionnez moi aussi les petits endroits purs et merveilleux qui vous ont mis la larme à l'œil ou qui vous ont réellement donné le pouls du pays.
Aussi, est-ce que vous avez des recommandations coup de cœur pour les passer là nuits? (environ 175 GTQ) Des restos/cantines/marchés/bouffe de rue? Notez que nous cherchons aucunement des endroits luxueux.
A la suite de plusieurs lectures, semble-t-il qu'il est fortement recommandé d'être accompagné d'un guide pour certains endroits. A quels endroits est-ce nécessaire pour notre sécurité? Avez-vous des références de guides qui se débrouillent en français?
En terminant, chers complices, quelqu'un d'entre vous a louer une voiture? Est-ce recommandable? État des routes, barrages, sécurité ( et oui, encore elle!)...
Merci à tous et au plaisir de vous lire.
Retour du Cap Vert English translation pending
De retour du Cap Vert je remercie tous ceux qui nous ont permis de réaliser ce voyage, mention spéciale à Petite Tortue. 😏
Après avoir visité Sao Antao et Sao Vicente il y a 3 ans, cette année nous avons choisi de partir 18 jours, de nous fixer 9 jours à Fogo et 9 jours a Santiago. Nous n’avons pas pris d’agence, et avons organisé seuls notre séjour.
Pour préparer ce voyage nous avons utilisé ce forum, et quelques documents :
Cartes 1/50 000 Fogo-Brava et 1/50 000 Santiago, que l’on peut se procurer sur le site de Attila Bertalan : www.ab-kartenverlag.de Encyclopedie Nature de l’Archipel du Cap Vert d’André Szpéra que l’on peut se procurer a Ponto do Sol sur Sao Antao.
Au cours de notre voyage nous avons le plaisir de découvrir d’autres ouvrages :
Les Rebalados du Cap Vert, Etude de Françoise Ascher, journaliste française. Sur le mouvement de rébellion contre la colonisation sur l’ile de Santiago. Ce mouvement a donné naissance à un mouvement artistique Rebalarte. Ce livre est disponible sur Internet Bienviendos a Santa Catarina. Guide touristique e 4 langue de la région de Santa Catarina sur l’ile de Santiago qui recouvre la région d’Assomada, Ribera de Barca, la Sierra Malaguetta.
9 jours à Fogo :
1ere partie du séjour dans la Caldeira vraiment hors du temps chez José et Carole Tel +238 9527093
Très bon hébergement, bonne cuisine tout au feu de bois, diners et petits déjeuners en commun, chambres simples et confortables, sanitaires communs. Soyez économes pour l’eau de la douche !!
Coté rando dans la caldeira : jour 1 aller-retour au petit Pico 3h, jour 2 rando jusqu’au bout de la caldeira sur le chemin de Mosteiros puis bifurcation a gauche pour rejoindre le village de Montino (chemin ° 220 sur la carte) passage payant 100 escudos par personne, jour 3 montée au grand Pico et retour par le petit Pico, dur dur les genoux pour les soixantenaires que nous sommes, jour 4 balade jusqu’à la grotte, au pied du petit Pico.
José est un garçon très attachant, jovial, amuseur public et très bon cuisinier. Il est a fond dans son rôle mais quelle énergie cela doit lui couter !! Nous avons fait l’ascension avec son frère Johny en 3 heures, tout en musique. Arrivée sur le bord du cratère, quelques petits pas de funana la musique caboverdienne, c’est irréel. La descente sur le petit Pico dans la pouzzolane est inoubliable. Merci à eux du fond du coeur !!
La suite à Sao Filipe s’est faite chez Roberto à la Tortugua. Roberto est un super cuisinier qui met un point d’honneur a vous faire gouter le maximum de variétés de poissons, cuisinés a sa manière, un vrai régal !! un moment au bout du bout de la plage, proche des pécheurs. Tel : +238 994 15 12
Nous avons poursuivi au Pipi’s Guesthouse au centre historique de Sao Filipe, 3 chambres d’hôtes crées au-dessus du bar à cocktails, gentillesse, disponibilité, propreté et un confort remarquable. On y parle français. Petits dej sur la terrasse avec un vue exceptionnelle sut toute la ville de Sao Filipe. Tel : +238 530 39 76
Coté rando : Ribeira Filipe Cisterno-Sao Lorençao (chemin n° 122 sur la carte Fogo) Nous sommes aussi partis à Ponta de Salinas, aucun intérêt et gros chantier de construction d’un hôtel. Dommage
A noter pour Sao Filipe :
Visiter le musée de la Mémoire (ferme à 15heures) Balades dans Sao Filipe pour voir les Sobrados, belles demeures coloniales, Les peintures murales, expression de tout un peuple, barbiers coiffeurs, petits marchés Escapade’24 , resto bar musical en centre-ville, très bonne musique le Vendredi seulement
Commentaires personnels :
Certaines personnes montent sans guide au Pico de Fogo. Oui on peut, MAIS, sachez qu’il y a 45 guides dans la caldeira, qu’ils ne mangent pas tous a leur faim surtout depuis la dernière éruption. les prendre a la journée, c’est aussi une manière d’être solidaire et ramené à nos budgets de vacances, c’est peu. Côté solidarité, il y a depuis peu une association qui s’est créée pour la reconstruction de l’école maternelle et primaire, les deux écoles ont été détruites et les enfants sont dans des maisons provisoires avec peu de matériel Si vous voulez aider, contactez Associaçao Minis de Burcan, Marisa +238 999 53 92. Ils ont besoin de tout !!
9 jours à Santiago :
Cidade Velha : Nous avons dormi a la Pousada Quinta Ribeirihia, chez Fatima et Dick. Un bel endroit au calme à la sortie de la ville. Confortable, petits déjeuners copieux. Gentillesse, propreté. il y a une petite piscine. Tel : +238 991 70 58
Pour manger, revenir vers le centre-ville et s’arrêter au 1er resto tenu par Djibrilotte et Lorette, et Joséphine la cuisinière. Jovialité, très très bonne cuisine, poisson péché dans la journée, gentillesse.
Coté visite : rue Banana, Citadelle, Place du Pilori Bons restos de poissons frais sur le bord de la plage. Coté rando, remonter le Ribeira Grande, belle vallée cultivée et sauvage à la fois. Baobabs et singes verts à 30 minutes du centre-ville.
Un taxi nous a amené de l’aéroport de Praia à Cidade Velha pour 4 000 escudos. Nous l’avons revu a différentes reprises. C’est un garçon très sérieux et ponctuel. Ses coordonnées : Fred (il parle français) : +238 998 12 71
Sierra Malagueta : Hébergement : Côte de France, petit hôtel resto de 4 chambres, simple et confortable à la sortie d’Assomada, très bonne cuisine authentique tout en finesse. Tel +238 930 24 45
Guide : recommandé par l’hôtel, nous sommes partis avec Zigue. Très belle balade de l’entrée du parc jusqu’à Hortelon. 1000m de dénivelé négatif, 4 heures. Arrivés a Hortelon, il y a un bar qui propose un plat du jour a 300 escudos a toutes heures.
Une belle surprise : A 5 minutes en taxi, à Fundura, Albertina fabrique des savons artisanalement. Charmante vieille dame qui prend son temps pour tout nous expliquer : eucalyptus, aloès verra, purgera. 200 escudos chaque savon. Faites-vous plaisir, ça lui fera plaisir.
Ribeira de Barca à 30 minutes de Fundura
Rendez vous pris avec Sety pour la balade en barque a Agua Belas et a la Cascade Sety est un garçon charmant, plein d’énergie. La balade en barque et vraiment très belle, la côte splendide, mais franchement, la grotte n’est pas exceptionnelle, quand a la balade a la cascade, elle n’en vaut vraiment pas la peine. Nous avons dormi chez Jeanine sa cousine, simple et confortable, au centre de Ribeira de Barca, village de pêcheurs authentique, pas de touriste, des bars et 1 petit restaurant. Le soir ça chahute, ça rit, ça joue dans les rues, sans parler de la musique. Ne comptez pas vous endormir tôt, mais c’est aussi ça le Cap Vert. Le site de Sety : http://www.labarquedesety.com/
Commentaire personnel : Dans vos valises gardez un peu de place pour amener avec vous des vêtements d’enfants que vous pourrez offrir aux mamans au gré de vos rencontres. Pour le matériel scolaire, stylos et crayons, il est préférable de les donner aux instituteurs et institutrices. Nous n’avons pas donné d’argent aux enfants sur les chemins, mais plutôt des petits gâteaux ou des fruits. Enfin si vous prenez les gens en photos, demandez-leur avant, juste pas politesse, et si vous avez un polaroid moderne c’est encore mieux de leur laisser un souvenir.
Nous avons vraiment aimé retrouver ce « petit pays » qui nous a une nouvelle fois touchés par son accueil, sa gentillesse, sa jovialité malgré les difficultés. Sans oublier la musique omniprésente et les aluguers, véritable lien social.
Je vous souhaite un bon voyage.
je peux répondre à vos questions en message privé Francis
Après avoir visité Sao Antao et Sao Vicente il y a 3 ans, cette année nous avons choisi de partir 18 jours, de nous fixer 9 jours à Fogo et 9 jours a Santiago. Nous n’avons pas pris d’agence, et avons organisé seuls notre séjour.
Pour préparer ce voyage nous avons utilisé ce forum, et quelques documents :
Cartes 1/50 000 Fogo-Brava et 1/50 000 Santiago, que l’on peut se procurer sur le site de Attila Bertalan : www.ab-kartenverlag.de Encyclopedie Nature de l’Archipel du Cap Vert d’André Szpéra que l’on peut se procurer a Ponto do Sol sur Sao Antao.
Au cours de notre voyage nous avons le plaisir de découvrir d’autres ouvrages :
Les Rebalados du Cap Vert, Etude de Françoise Ascher, journaliste française. Sur le mouvement de rébellion contre la colonisation sur l’ile de Santiago. Ce mouvement a donné naissance à un mouvement artistique Rebalarte. Ce livre est disponible sur Internet Bienviendos a Santa Catarina. Guide touristique e 4 langue de la région de Santa Catarina sur l’ile de Santiago qui recouvre la région d’Assomada, Ribera de Barca, la Sierra Malaguetta.
9 jours à Fogo :
1ere partie du séjour dans la Caldeira vraiment hors du temps chez José et Carole Tel +238 9527093
Très bon hébergement, bonne cuisine tout au feu de bois, diners et petits déjeuners en commun, chambres simples et confortables, sanitaires communs. Soyez économes pour l’eau de la douche !!
Coté rando dans la caldeira : jour 1 aller-retour au petit Pico 3h, jour 2 rando jusqu’au bout de la caldeira sur le chemin de Mosteiros puis bifurcation a gauche pour rejoindre le village de Montino (chemin ° 220 sur la carte) passage payant 100 escudos par personne, jour 3 montée au grand Pico et retour par le petit Pico, dur dur les genoux pour les soixantenaires que nous sommes, jour 4 balade jusqu’à la grotte, au pied du petit Pico.
José est un garçon très attachant, jovial, amuseur public et très bon cuisinier. Il est a fond dans son rôle mais quelle énergie cela doit lui couter !! Nous avons fait l’ascension avec son frère Johny en 3 heures, tout en musique. Arrivée sur le bord du cratère, quelques petits pas de funana la musique caboverdienne, c’est irréel. La descente sur le petit Pico dans la pouzzolane est inoubliable. Merci à eux du fond du coeur !!
La suite à Sao Filipe s’est faite chez Roberto à la Tortugua. Roberto est un super cuisinier qui met un point d’honneur a vous faire gouter le maximum de variétés de poissons, cuisinés a sa manière, un vrai régal !! un moment au bout du bout de la plage, proche des pécheurs. Tel : +238 994 15 12
Nous avons poursuivi au Pipi’s Guesthouse au centre historique de Sao Filipe, 3 chambres d’hôtes crées au-dessus du bar à cocktails, gentillesse, disponibilité, propreté et un confort remarquable. On y parle français. Petits dej sur la terrasse avec un vue exceptionnelle sut toute la ville de Sao Filipe. Tel : +238 530 39 76
Coté rando : Ribeira Filipe Cisterno-Sao Lorençao (chemin n° 122 sur la carte Fogo) Nous sommes aussi partis à Ponta de Salinas, aucun intérêt et gros chantier de construction d’un hôtel. Dommage
A noter pour Sao Filipe :
Visiter le musée de la Mémoire (ferme à 15heures) Balades dans Sao Filipe pour voir les Sobrados, belles demeures coloniales, Les peintures murales, expression de tout un peuple, barbiers coiffeurs, petits marchés Escapade’24 , resto bar musical en centre-ville, très bonne musique le Vendredi seulement
Commentaires personnels :
Certaines personnes montent sans guide au Pico de Fogo. Oui on peut, MAIS, sachez qu’il y a 45 guides dans la caldeira, qu’ils ne mangent pas tous a leur faim surtout depuis la dernière éruption. les prendre a la journée, c’est aussi une manière d’être solidaire et ramené à nos budgets de vacances, c’est peu. Côté solidarité, il y a depuis peu une association qui s’est créée pour la reconstruction de l’école maternelle et primaire, les deux écoles ont été détruites et les enfants sont dans des maisons provisoires avec peu de matériel Si vous voulez aider, contactez Associaçao Minis de Burcan, Marisa +238 999 53 92. Ils ont besoin de tout !!
9 jours à Santiago :
Cidade Velha : Nous avons dormi a la Pousada Quinta Ribeirihia, chez Fatima et Dick. Un bel endroit au calme à la sortie de la ville. Confortable, petits déjeuners copieux. Gentillesse, propreté. il y a une petite piscine. Tel : +238 991 70 58
Pour manger, revenir vers le centre-ville et s’arrêter au 1er resto tenu par Djibrilotte et Lorette, et Joséphine la cuisinière. Jovialité, très très bonne cuisine, poisson péché dans la journée, gentillesse.
Coté visite : rue Banana, Citadelle, Place du Pilori Bons restos de poissons frais sur le bord de la plage. Coté rando, remonter le Ribeira Grande, belle vallée cultivée et sauvage à la fois. Baobabs et singes verts à 30 minutes du centre-ville.
Un taxi nous a amené de l’aéroport de Praia à Cidade Velha pour 4 000 escudos. Nous l’avons revu a différentes reprises. C’est un garçon très sérieux et ponctuel. Ses coordonnées : Fred (il parle français) : +238 998 12 71
Sierra Malagueta : Hébergement : Côte de France, petit hôtel resto de 4 chambres, simple et confortable à la sortie d’Assomada, très bonne cuisine authentique tout en finesse. Tel +238 930 24 45
Guide : recommandé par l’hôtel, nous sommes partis avec Zigue. Très belle balade de l’entrée du parc jusqu’à Hortelon. 1000m de dénivelé négatif, 4 heures. Arrivés a Hortelon, il y a un bar qui propose un plat du jour a 300 escudos a toutes heures.
Une belle surprise : A 5 minutes en taxi, à Fundura, Albertina fabrique des savons artisanalement. Charmante vieille dame qui prend son temps pour tout nous expliquer : eucalyptus, aloès verra, purgera. 200 escudos chaque savon. Faites-vous plaisir, ça lui fera plaisir.
Ribeira de Barca à 30 minutes de Fundura
Rendez vous pris avec Sety pour la balade en barque a Agua Belas et a la Cascade Sety est un garçon charmant, plein d’énergie. La balade en barque et vraiment très belle, la côte splendide, mais franchement, la grotte n’est pas exceptionnelle, quand a la balade a la cascade, elle n’en vaut vraiment pas la peine. Nous avons dormi chez Jeanine sa cousine, simple et confortable, au centre de Ribeira de Barca, village de pêcheurs authentique, pas de touriste, des bars et 1 petit restaurant. Le soir ça chahute, ça rit, ça joue dans les rues, sans parler de la musique. Ne comptez pas vous endormir tôt, mais c’est aussi ça le Cap Vert. Le site de Sety : http://www.labarquedesety.com/
Commentaire personnel : Dans vos valises gardez un peu de place pour amener avec vous des vêtements d’enfants que vous pourrez offrir aux mamans au gré de vos rencontres. Pour le matériel scolaire, stylos et crayons, il est préférable de les donner aux instituteurs et institutrices. Nous n’avons pas donné d’argent aux enfants sur les chemins, mais plutôt des petits gâteaux ou des fruits. Enfin si vous prenez les gens en photos, demandez-leur avant, juste pas politesse, et si vous avez un polaroid moderne c’est encore mieux de leur laisser un souvenir.
Nous avons vraiment aimé retrouver ce « petit pays » qui nous a une nouvelle fois touchés par son accueil, sa gentillesse, sa jovialité malgré les difficultés. Sans oublier la musique omniprésente et les aluguers, véritable lien social.
Je vous souhaite un bon voyage.
je peux répondre à vos questions en message privé Francis
Voyage en Ouzbékistan, sur les routes de la soie English translation pending
Assalamou alaïkoum! Ichlar kalay?
Bienvenue à vous sur ce petit carnet de voyage que j'écrirai en plusieurs étapes/messages.
Après moult tergiversations, nous décidons mon compagnon et moi-même en février 2018 de nous lancer sur les routes de la soie, pour un voyage de 19 jours en Ouzbékistan. Passionnés d'histoire, nous étions emballés à l'idée d'aller marcher sur les traces d'Alexandre le Grand, de Gengis Khan, de Tamerlan. Nous avions entendu beaucoup de choses positives sur ce pays, encore assez à l'écart des grands circuits touristiques classiques, et rêvé sur de splendides clichés qui représentaient les immenses médersa du Reghistan de Samarcand. Nous avons choisi de nous adresser à une agence ouzbèke pour la réservation d'une voiture avec chauffeur et des hôtels, histoire de gagner du temps sur place. Par contre, nous avons pu coudre main l'intégralité de notre voyage, choisissant le sens de notre circuit et son déroulement étape par étape.
Notre circuit pas à pas :
Jour 1. Vol Paris CDG/TACHKENT via OURGUENTCH Jour 2. Journée dans les montagnes du Tian Shan à Bildirçoi et sur les bords du lac Tcharvak Jour 3. NUKUS et ses alentours : visite de la nécropole Mizdakhan et de la forteresse en ruine Gyaur Kala. Visite du musée Igor Savitsky. Jour 4. Visite des forteresses du désert Toprak Kala et Ayaz Kala. Après-midi à KHIVA Jour 5, 6. KHIVA en visite libre Jour 7, 8. BOUKHARA en visite libre Jour 9. Les environs de BOUKHARA : le Palais d'été de l'émir, la nécropole Tchor Bakr, la cité sogdienne en ruine de Varakhcha Jour 10. Visite à GIJDUVAN d'un atelier de céramiques. Visite de NOURATA : bassin aux poissons sacrés, mosquée, vestiges de la cité sogdienne. Visite du lac AYDARKUL. Arrivée au camps de yourtes à YANGUIGAZGAN. Promenade en chameau dans le désert. Nuit sous la yourte. Jour 11. MOJRUM et son cyprès bimillénaire. HAYAT dans les montagnes nouratines Jour 12. Randonnée de 5-6 heures dans les montagnes nouratines avec pique-nique sur le col Jour 13, 14. SAMARCANDE en visite libre Jour 15. SAMARCANDE et les environs de SAMARCANDE : URGUT Jour 16. CHAKRIZABZ Jour 17. KOKAND - RICHTAN - FERGANA Jour 18. MARGUILAN Jour 19. Vol TACHKENT/PARIS CDG
Allez, c'est parti pour le récit d'un périple inoubliable, duquel nous sommes rentrés plein d'étoiles dans les yeux, entre le désert du Kyzyl Kum, les montagnes nouratines, la vallée du Ferghana et les grandes villes-musées ! Nous partons de Paris CDG le vendredi 31 août 2018 à 21h30 et arrivons le lendemain à Tachkent, la capitale, à 9h20 heure locale. En été, il faut compter 3h de décalage horaire. Une fois arrivés à l'aéroport, notre premier chauffeur francophone nous attend avec une pancarte. Il se montre tout de suite très accueillant et sympathique. Nous mettons les valises dans la malle et partons en direction des montagnes du Tian Shan pour une journée divisée en deux étapes : une petite ascension à 2200 mètres en télésiège à Bildirçoi pour pouvoir admirer le panorama montagnard et une visite au lac Tcharvak. Le tout se situant à environ 1h30 de Tachkent dans l'arrière-pays.
Sur le chemin pour Bildirçoi, nous nous arrêtons une première fois pour savourer les spécialités locales vendues sur un petit marché de bord de route. Une femme nous interpelle et nous invite à venir goûter ses produits, comme il est d'usage de le faire en Ouzbékistan dans les bozor. Elle nous propose toute une gamme d'amandes au sucre, au miel mais aussi des graines, des fruits secs à profusion et des laitages dont le fameux kurut. Le kurut, ce sont des petites billes de fromage séché, natures ou épicées. Pour leur conception, on utilise du lait de chèvre, de mouton ou de vache qui est transformé en yoghourt puis salé et mis à égoutter dans des sacs de toile ou de peau de chèvre. Ensuite, on le roule en billes ou en boules et on le laisse sécher pendant plusieurs semaines au soleil. On mange ce "fromage" ouzbek très salé à l'apéritif en sirotant une bonne bière. Nous sommes gâtés par la gentillesse et le sourire de cette dame avec laquelle nous échangeons nos premiers mots ouzbeks. Et nous repartons avec des sacs remplis de bonnes choses.

Nous reprenons la route. Sur les bas-côtés, des animaux évoluent en semi-liberté. Ils ont beau vivre librement dans la montagne, et non paître dans des parcs clos, ils ont tous un propriétaire et ils connaissent parfaitement leur territoire. Ici, une ânesse et son petit ânon.


Nous arrivons enfin à la station de Bildirçoi. Nous devrons faire 1h30 de queue avant de pouvoir grimper sur un télésiège très rudimentaire qui nous fera culminer à 2200 mètres d'altitude en survolant des vergers de pommiers et une charmante petite rivière. En effet, nous sommes le samedi 1er septembre, c'est le jour de l'Indépendance en Ouzbékistan. Les Ouzbeks se sont réunis en famille ou entre amis pour profiter une dernière fois des atours de la montagne avant la rentrée officielle du lundi qui suit. Une fois arrivés là-haut, nous profitons d'une vue magnifique sur un horizon montagneux aux belles couleurs.


Nous nous engageons ensuite dans la descente qui nous prendra 25 minutes environ. C'est assez abrupt par moment, on a vraiment l'impression de plonger dans le vide. Une fois en bas, nous retrouvons notre ami chauffeur qui nous racontera toutes sortes d'anecdotes sur l'histoire du pays avant de nous amener sur les bords du lac Tcharvak. Nous roulons sur une route correcte jusqu'à une distance d'environ 80 km au nord-est de Tachkent et nous tombons nez-à-nez sur le lac Tcharvak, près de Tchimgan. Ses eaux d'un bleu profond répondant à celui du ciel avec, comme horizon proche, la silhouette des montagnes du Tian Shan en arrière-plan. Nous sommes conquis. Il s'agit d'un lac artificiel construit en 1982 au confluent des hautes vallées du Pskem, du Koksou et du Tchatkal. Aujourd'hui, les Ouzbeks viennent y pratiquer le sport nautique ou le deltaplane sur ses contreforts.





Nous prenons le temps de contempler le panorama du haut de la route. Cet endroit respire le calme, la quiétude et nous laisse une impression d'immensité.
Nous nous arrêtons dans une tchaikhana pour déguster nos premières shashliks de mouton et de boeuf, les brochettes ouzbèkes. Elles nous sont servies avec une salade de tomates (pomidor), de concombres (bodring) et d'oignons (piyoz). Nous buvons le célèbre kok chai ou thé vert mais aussi de la Kompot soit un jus de fruit frais national aux variantes locales. Absolument délicieux. Évidemment, pas de déjeuner sans l'incontournable nôn, le pain ouzbek dont les recettes se déclinent selon les régions. Puis nous repartons en direction de Tachkent où nous passerons la nuit dans un quartier résidentiel de la ville dans un hôtel très correct tenu par des Russes.
Fin de la première journée !
Bienvenue à vous sur ce petit carnet de voyage que j'écrirai en plusieurs étapes/messages.
Après moult tergiversations, nous décidons mon compagnon et moi-même en février 2018 de nous lancer sur les routes de la soie, pour un voyage de 19 jours en Ouzbékistan. Passionnés d'histoire, nous étions emballés à l'idée d'aller marcher sur les traces d'Alexandre le Grand, de Gengis Khan, de Tamerlan. Nous avions entendu beaucoup de choses positives sur ce pays, encore assez à l'écart des grands circuits touristiques classiques, et rêvé sur de splendides clichés qui représentaient les immenses médersa du Reghistan de Samarcand. Nous avons choisi de nous adresser à une agence ouzbèke pour la réservation d'une voiture avec chauffeur et des hôtels, histoire de gagner du temps sur place. Par contre, nous avons pu coudre main l'intégralité de notre voyage, choisissant le sens de notre circuit et son déroulement étape par étape.
Notre circuit pas à pas :
Jour 1. Vol Paris CDG/TACHKENT via OURGUENTCH Jour 2. Journée dans les montagnes du Tian Shan à Bildirçoi et sur les bords du lac Tcharvak Jour 3. NUKUS et ses alentours : visite de la nécropole Mizdakhan et de la forteresse en ruine Gyaur Kala. Visite du musée Igor Savitsky. Jour 4. Visite des forteresses du désert Toprak Kala et Ayaz Kala. Après-midi à KHIVA Jour 5, 6. KHIVA en visite libre Jour 7, 8. BOUKHARA en visite libre Jour 9. Les environs de BOUKHARA : le Palais d'été de l'émir, la nécropole Tchor Bakr, la cité sogdienne en ruine de Varakhcha Jour 10. Visite à GIJDUVAN d'un atelier de céramiques. Visite de NOURATA : bassin aux poissons sacrés, mosquée, vestiges de la cité sogdienne. Visite du lac AYDARKUL. Arrivée au camps de yourtes à YANGUIGAZGAN. Promenade en chameau dans le désert. Nuit sous la yourte. Jour 11. MOJRUM et son cyprès bimillénaire. HAYAT dans les montagnes nouratines Jour 12. Randonnée de 5-6 heures dans les montagnes nouratines avec pique-nique sur le col Jour 13, 14. SAMARCANDE en visite libre Jour 15. SAMARCANDE et les environs de SAMARCANDE : URGUT Jour 16. CHAKRIZABZ Jour 17. KOKAND - RICHTAN - FERGANA Jour 18. MARGUILAN Jour 19. Vol TACHKENT/PARIS CDG
Allez, c'est parti pour le récit d'un périple inoubliable, duquel nous sommes rentrés plein d'étoiles dans les yeux, entre le désert du Kyzyl Kum, les montagnes nouratines, la vallée du Ferghana et les grandes villes-musées ! Nous partons de Paris CDG le vendredi 31 août 2018 à 21h30 et arrivons le lendemain à Tachkent, la capitale, à 9h20 heure locale. En été, il faut compter 3h de décalage horaire. Une fois arrivés à l'aéroport, notre premier chauffeur francophone nous attend avec une pancarte. Il se montre tout de suite très accueillant et sympathique. Nous mettons les valises dans la malle et partons en direction des montagnes du Tian Shan pour une journée divisée en deux étapes : une petite ascension à 2200 mètres en télésiège à Bildirçoi pour pouvoir admirer le panorama montagnard et une visite au lac Tcharvak. Le tout se situant à environ 1h30 de Tachkent dans l'arrière-pays.
Sur le chemin pour Bildirçoi, nous nous arrêtons une première fois pour savourer les spécialités locales vendues sur un petit marché de bord de route. Une femme nous interpelle et nous invite à venir goûter ses produits, comme il est d'usage de le faire en Ouzbékistan dans les bozor. Elle nous propose toute une gamme d'amandes au sucre, au miel mais aussi des graines, des fruits secs à profusion et des laitages dont le fameux kurut. Le kurut, ce sont des petites billes de fromage séché, natures ou épicées. Pour leur conception, on utilise du lait de chèvre, de mouton ou de vache qui est transformé en yoghourt puis salé et mis à égoutter dans des sacs de toile ou de peau de chèvre. Ensuite, on le roule en billes ou en boules et on le laisse sécher pendant plusieurs semaines au soleil. On mange ce "fromage" ouzbek très salé à l'apéritif en sirotant une bonne bière. Nous sommes gâtés par la gentillesse et le sourire de cette dame avec laquelle nous échangeons nos premiers mots ouzbeks. Et nous repartons avec des sacs remplis de bonnes choses.

Nous reprenons la route. Sur les bas-côtés, des animaux évoluent en semi-liberté. Ils ont beau vivre librement dans la montagne, et non paître dans des parcs clos, ils ont tous un propriétaire et ils connaissent parfaitement leur territoire. Ici, une ânesse et son petit ânon.


Nous arrivons enfin à la station de Bildirçoi. Nous devrons faire 1h30 de queue avant de pouvoir grimper sur un télésiège très rudimentaire qui nous fera culminer à 2200 mètres d'altitude en survolant des vergers de pommiers et une charmante petite rivière. En effet, nous sommes le samedi 1er septembre, c'est le jour de l'Indépendance en Ouzbékistan. Les Ouzbeks se sont réunis en famille ou entre amis pour profiter une dernière fois des atours de la montagne avant la rentrée officielle du lundi qui suit. Une fois arrivés là-haut, nous profitons d'une vue magnifique sur un horizon montagneux aux belles couleurs.


Nous nous engageons ensuite dans la descente qui nous prendra 25 minutes environ. C'est assez abrupt par moment, on a vraiment l'impression de plonger dans le vide. Une fois en bas, nous retrouvons notre ami chauffeur qui nous racontera toutes sortes d'anecdotes sur l'histoire du pays avant de nous amener sur les bords du lac Tcharvak. Nous roulons sur une route correcte jusqu'à une distance d'environ 80 km au nord-est de Tachkent et nous tombons nez-à-nez sur le lac Tcharvak, près de Tchimgan. Ses eaux d'un bleu profond répondant à celui du ciel avec, comme horizon proche, la silhouette des montagnes du Tian Shan en arrière-plan. Nous sommes conquis. Il s'agit d'un lac artificiel construit en 1982 au confluent des hautes vallées du Pskem, du Koksou et du Tchatkal. Aujourd'hui, les Ouzbeks viennent y pratiquer le sport nautique ou le deltaplane sur ses contreforts.





Nous prenons le temps de contempler le panorama du haut de la route. Cet endroit respire le calme, la quiétude et nous laisse une impression d'immensité.
Nous nous arrêtons dans une tchaikhana pour déguster nos premières shashliks de mouton et de boeuf, les brochettes ouzbèkes. Elles nous sont servies avec une salade de tomates (pomidor), de concombres (bodring) et d'oignons (piyoz). Nous buvons le célèbre kok chai ou thé vert mais aussi de la Kompot soit un jus de fruit frais national aux variantes locales. Absolument délicieux. Évidemment, pas de déjeuner sans l'incontournable nôn, le pain ouzbek dont les recettes se déclinent selon les régions. Puis nous repartons en direction de Tachkent où nous passerons la nuit dans un quartier résidentiel de la ville dans un hôtel très correct tenu par des Russes.
Fin de la première journée !