Bienvenue à vous sur ce petit carnet de voyage que j'écrirai en plusieurs étapes/messages.
Après moult tergiversations, nous décidons mon compagnon et moi-même en février 2018 de nous lancer sur les routes de la soie, pour un voyage de 19 jours en Ouzbékistan. Passionnés d'histoire, nous étions emballés à l'idée d'aller marcher sur les traces d'Alexandre le Grand, de Gengis Khan, de Tamerlan. Nous avions entendu beaucoup de choses positives sur ce pays, encore assez à l'écart des grands circuits touristiques classiques, et rêvé sur de splendides clichés qui représentaient les immenses médersa du Reghistan de Samarcand.
Nous avons choisi de nous adresser à une agence ouzbèke pour la réservation d'une voiture avec chauffeur et des hôtels, histoire de gagner du temps sur place. Par contre, nous avons pu coudre main l'intégralité de notre voyage, choisissant le sens de notre circuit et son déroulement étape par étape.
Notre circuit pas à pas :
Jour 1. Vol Paris CDG/TACHKENT via OURGUENTCH
Jour 2. Journée dans les montagnes du Tian Shan à Bildirçoi et sur les bords du lac Tcharvak
Jour 3. NUKUS et ses alentours : visite de la nécropole Mizdakhan et de la forteresse en ruine Gyaur Kala. Visite du musée Igor Savitsky.
Jour 4. Visite des forteresses du désert Toprak Kala et Ayaz Kala. Après-midi à KHIVA
Jour 5, 6. KHIVA en visite libre
Jour 7, 8. BOUKHARA en visite libre
Jour 9. Les environs de BOUKHARA : le Palais d'été de l'émir, la nécropole Tchor Bakr, la cité sogdienne en ruine de Varakhcha
Jour 10. Visite à GIJDUVAN d'un atelier de céramiques. Visite de NOURATA : bassin aux poissons sacrés, mosquée, vestiges de la cité sogdienne. Visite du lac AYDARKUL. Arrivée au camps de yourtes à YANGUIGAZGAN. Promenade en chameau dans le désert. Nuit sous la yourte.
Jour 11. MOJRUM et son cyprès bimillénaire. HAYAT dans les montagnes nouratines
Jour 12. Randonnée de 5-6 heures dans les montagnes nouratines avec pique-nique sur le col
Jour 13, 14. SAMARCANDE en visite libre
Jour 15. SAMARCANDE et les environs de SAMARCANDE : URGUT
Jour 16. CHAKRIZABZ
Jour 17. KOKAND - RICHTAN - FERGANA
Jour 18. MARGUILAN
Jour 19. Vol TACHKENT/PARIS CDG
Allez, c'est parti pour le récit d'un périple inoubliable, duquel nous sommes rentrés plein d'étoiles dans les yeux, entre le désert du Kyzyl Kum, les montagnes nouratines, la vallée du Ferghana et les grandes villes-musées !
Nous partons de Paris CDG le vendredi 31 août 2018 à 21h30 et arrivons le lendemain à Tachkent, la capitale, à 9h20 heure locale. En été, il faut compter 3h de décalage horaire.
Une fois arrivés à l'aéroport, notre premier chauffeur francophone nous attend avec une pancarte. Il se montre tout de suite très accueillant et sympathique. Nous mettons les valises dans la malle et partons en direction des montagnes du Tian Shan pour une journée divisée en deux étapes : une petite ascension à 2200 mètres en télésiège à Bildirçoi pour pouvoir admirer le panorama montagnard et une visite au lac Tcharvak. Le tout se situant à environ 1h30 de Tachkent dans l'arrière-pays.
Sur le chemin pour Bildirçoi, nous nous arrêtons une première fois pour savourer les spécialités locales vendues sur un petit marché de bord de route. Une femme nous interpelle et nous invite à venir goûter ses produits, comme il est d'usage de le faire en Ouzbékistan dans les bozor. Elle nous propose toute une gamme d'amandes au sucre, au miel mais aussi des graines, des fruits secs à profusion et des laitages dont le fameux kurut. Le kurut, ce sont des petites billes de fromage séché, natures ou épicées. Pour leur conception, on utilise du lait de chèvre, de mouton ou de vache qui est transformé en yoghourt puis salé et mis à égoutter dans des sacs de toile ou de peau de chèvre. Ensuite, on le roule en billes ou en boules et on le laisse sécher pendant plusieurs semaines au soleil. On mange ce "fromage" ouzbek très salé à l'apéritif en sirotant une bonne bière.
Nous sommes gâtés par la gentillesse et le sourire de cette dame avec laquelle nous échangeons nos premiers mots ouzbeks. Et nous repartons avec des sacs remplis de bonnes choses.
Nous reprenons la route. Sur les bas-côtés, des animaux évoluent en semi-liberté. Ils ont beau vivre librement dans la montagne, et non paître dans des parcs clos, ils ont tous un propriétaire et ils connaissent parfaitement leur territoire.
Ici, une ânesse et son petit ânon.
Nous arrivons enfin à la station de Bildirçoi. Nous devrons faire 1h30 de queue avant de pouvoir grimper sur un télésiège très rudimentaire qui nous fera culminer à 2200 mètres d'altitude en survolant des vergers de pommiers et une charmante petite rivière.
En effet, nous sommes le samedi 1er septembre, c'est le jour de l'Indépendance en Ouzbékistan. Les Ouzbeks se sont réunis en famille ou entre amis pour profiter une dernière fois des atours de la montagne avant la rentrée officielle du lundi qui suit.
Une fois arrivés là-haut, nous profitons d'une vue magnifique sur un horizon montagneux aux belles couleurs.
Nous nous engageons ensuite dans la descente qui nous prendra 25 minutes environ. C'est assez abrupt par moment, on a vraiment l'impression de plonger dans le vide.
Une fois en bas, nous retrouvons notre ami chauffeur qui nous racontera toutes sortes d'anecdotes sur l'histoire du pays avant de nous amener sur les bords du lac Tcharvak.
Nous roulons sur une route correcte jusqu'à une distance d'environ 80 km au nord-est de Tachkent et nous tombons nez-à-nez sur le lac Tcharvak, près de Tchimgan. Ses eaux d'un bleu profond répondant à celui du ciel avec, comme horizon proche, la silhouette des montagnes du Tian Shan en arrière-plan. Nous sommes conquis. Il s'agit d'un lac artificiel construit en 1982 au confluent des hautes vallées du Pskem, du Koksou et du Tchatkal. Aujourd'hui, les Ouzbeks viennent y pratiquer le sport nautique ou le deltaplane sur ses contreforts.
Nous prenons le temps de contempler le panorama du haut de la route. Cet endroit respire le calme, la quiétude et nous laisse une impression d'immensité.
Nous nous arrêtons dans une tchaikhana pour déguster nos premières shashliks de mouton et de boeuf, les brochettes ouzbèkes. Elles nous sont servies avec une salade de tomates (pomidor), de concombres (bodring) et d'oignons (piyoz). Nous buvons le célèbre kok chai ou thé vert mais aussi de la Kompot soit un jus de fruit frais national aux variantes locales. Absolument délicieux. Évidemment, pas de déjeuner sans l'incontournable nôn, le pain ouzbek dont les recettes se déclinent selon les régions.
Puis nous repartons en direction de Tachkent où nous passerons la nuit dans un quartier résidentiel de la ville dans un hôtel très correct tenu par des Russes.
Bonjour Marie,
L'Asie centrale est une région qui m'attire de plus en plus, et ce ne sont pas tes beaux paysages qui vont me dissuader d'y aller
Je crois donc que je vais suivre ton carnet avec plaisir.
Merci...
Le blog voyages : http://derrierelhorizon.fr/accueil/
Comme je te comprends, l'Asie centrale est une région du monde fabuleuse entre ses paysages à couper le souffle et ses témoignages architecturaux d'une immense histoire.
Je te souhaite la bienvenue sur mon carnet de voyage ! J'espère qu'il te fera passer du bon temps dans le sillage de ces contrées lointaines qui inspirent beaucoup de sentiments contradictoires chez le lambda, entre peur et émerveillement.
Le dimanche 2 septembre, nous quittons Tachkent à 7h via un vol intérieur pour Noukous, capitale de la République autonome du Karakapakistan (le pays des bonnets noirs) et ancienne porte d'accès à la mer d'Aral, à l'ouest du pays.
L'aéroport de Tachkent est assez bien organisé, nous décollerons à l'heure et arriverons à 8h25 à Noukous.
Sur place, un chauffeur était supposé nous attendre avec une pancarte, mais il n'y avait personne. Nous contactons l'agence pour comprendre ce qu'il se passe : notre chauffeur vient de tomber en panne, ils nous en envoient un autre sur le champ pour venir nous récupérer. Ouf !
Le problème résolu, nous partons en direction de Mizdakhan, gigantesque nécropole qui aligne plusieurs milliers de tombes sur trois collines. C'est l'une des plus anciennes d'Ouzbékistan, jadis un important centre d'artisanat sur la route de Gourgandj, jusqu'à se destruction par Tamerlan.
Vieille de plus de 2000 ans, elle abrite des tombes musulmanes mais aussi des tombes chrétiennes sur lesquelles on trouve des croix gravées.
Mizdakhan attire les pèlerins venus de partout par ses mystères et ses légendes. La nécropole n'est pas conçue comme un simple cimetière.
On y trouve un monument appelé "horloge mondiale". C'est un grand bâtiment autrefois utilisé comme médersa puis comme mausolée d'un des saints locaux qui perdrait une brique tous les ans. La légende raconte qu'alors, un jour, quand le monument s'effondrera, sonnera l'heure de la fin du monde.
En face du site de Mizdakhan, gisent les ruines d'une ancienne forteresse datant du 4ème siècle avant J.C., Gyaur Kala. On l'appelait la "Forteresse des Infidèles" car elle était habitée par les adorateurs du culte du feu, des Zoroastriens.
Nous repartons en direction de notre hôtel à Noukous où nous serons installés plutôt confortablement, à deux pas du musée Igor Stavisky. Nous allons déjeuner dans le centre ville où je goûte un plat à base de bœuf mijoté et de pommes de terre, agrémenté de petits légumes : le kavardak. Mon compagnon, lui, se laisse tenter par des mantys fourrés à la viande.
Après déjeuner, nous filons visiter le musée Igor Stavisky dans lequel il n'est malheureusement pas possible de prendre de photos. Les œuvres sont surprenantes. Y est exposée l'une des plus belles collections de l'avant-garde soviétique des années 20-30. Mais on trouve également de l'art khorezmien de Toprak Kala, l'une des grandes citadelles du désert du Kyzyl Kum et du cubisme karakalpak.
Notre journée se termine par une petite marche de curiosité dans les rues de Noukous en fin de soirée.
J'ai particulièrement aimé Mizdakhan. Un site vraiment très impressionnant d'immensité et par les richesses historiques qu'il recèle. Je conseille vivement à ceux qui font le périple jusqu'à la mer d'Aral à Moynaq de faire un détour par la nécropole.
Le lendemain matin, lundi 3 septembre 2018, nous filons après le petit-déjeuner sur le territoire du district d’Ellikqala du Karakalpakstan pour découvrir les vestiges d'une forteresse datant du 4ème siècle av. J.C. : Toprak Kala. C'était à l'époque une cité très importante, constituée d'environ 3000 personnes.
La "citadelle d'argile" a été entièrement construite en briques de terre battue. Ses murs étaient hauts de 20 mètres et épais de 12 mètres. Des siècles et des siècles après, nous pouvons admirer ce que construisaient les Khorezmiens grâce à leurs exceptionnelles connaissances. Ils utilisaient de petits cailloux trouvés dans le désert afin de constituer la couche consolidante et du sable de rivière s'imprégnant de l'humidité pour assurer que le milieu soit sec à l'intérieur des locaux.
Site classé patrimoine mondial de l'UNESCO.
Nous quittons Toprak Kala pour nous diriger vers la citadelle d'Ayaz Kala. Notre chauffeur nous dépose en face du site dans un premier temps, pour aller à la rencontre des chameaux et des dromadaires.
Puis nous grimpons jusqu'à la citadelle. En fait, Ayaz Kala était un complexe renfermant trois citadelles. Vestiges uniques des temps du Zoroastrisme, ils reposent sur le sommet d'une colline de 60 mètres de haut. Terrassées par le soleil, les plaines du Khorezm étaient autrefois parsemées de marais et étaient densément peuplées. Y naviguaient les bateaux et les tigres y étaient chez eux. Puis la région s'est lentement asséchée. Ce fut l'une des premières régions du monde à pratiquer la viticulture.
La majesté de ces lieux millénaires nous a ébahis. Ayaz Kala, "Forteresse du vent", cache une légende intéressante exposée par l'archéologue S.P. Tolstov dans son livre «Aux traces de la civilisation khorézmienne ancienne. P.1.» (1948): La légende populaire lie cette forteresse avec le nom du héros - esclave Ayaz sollicitant le consentement de la princesse qui habitait dans la forteresse Kirk-kiz avec ses quarante copines. Le personnage de l’esclave-preux Ayaz, courageux et sage est l’un de plus anciens types du folklore turc centre-asiatique. La légende kazakh décrit les événements légendaires ayant prédéterminés l’apparition de la mer d’Aral, disparition de la manche d’Oustyourte de l’Amou-darya et fondation de l’ancien État du Khorézm.
D’après cette légende, dans les temps anciens il n’y avait pas d’Aral, et Syrdarya et Amoudarya, en se fusionnant, coulaient à travers Laouzan, Kounya-Ourguentch et Aybouguir vers la mer Caspienne.
Sur la place de la mer d’Aral habitaient les Adagues gouvernés par Fasil-khan, cruel et perfide, et sur le territoire le long d’Ouzboï vivait le peuple des Baïsin avec Ayaz-khan à la tête, ancien esclave lequel grâce à sa sagesse et justice était devenu le souverain de l’État.
Le prix des crimes affreux de Fasil-khan ayant déshonoré la fille d’un saint fut le déluge, provoqué par les prières du dernier et qui inonda tout le royaume de Fasil. La mer d’Aral apparut sur ces lieux où les deux grandes rivières commencèrent à jeter leurs eaux. Leur ancien lit commun sécha et le peuple de Baïsin avec Ayaz-khan à sa tête se déplaça au Khorézm et créa le royaume qui prit le nom d’Ourguentch. Pour ce qui concerne les Adagues et leurs villes, ils périrent tous dans les eaux et les jours clairs on peut voir les vestiges de leurs constructions dans les profondeurs de la mer d’Aral même maintenant... ».
Nous reprenons la route pour Khiva, après un arrêt déjeuner dans la petite ville de Buston.
Merci à vous pour l'intérêt que vous portez à ce beau pays via mon carnet. J'espère pouvoir arriver à transmettre un peu de la beauté des lieux que j'ai visités au milieu de ces gens si avenants, accueillants, à l'esprit ouvert sur le monde et sur les autres.
Ce voyage a été un vrai dépaysement et une grande découverte, dans une zone géographique dont on a tendance à se défier quand on ne connaît pas bien l'Ouzbékistan ...
Suite de notre périple du lundi 3 septembre 2018 !
Nous arrivons à Khiva vers 15h30 et nous installons à l'hôtel au Nord-Ouest d'Itchan Kala, la petite cité intérieure de Khiva. Puis nous partons en reconnaissance à travers la ville à pied. Nous tombons immédiatement sous le charme des lieux. Itchan Kala est entourée de remparts en pisé mesurant 600 mètres de long pour 400 mètres de large. Fondée il y a 2500 ans, elle est aujourd'hui classée patrimoine mondial de l'UNESCO. Le coeur de la ville, ou chakhristan, est encerclé par 2,2 km de ces fortifications crénelées, aussi anciennes que la ville qu'elles protègent.
Les remparts en pisé
Dans la lumière du coucher de soleil
La ville est située au Sud de l'Amou Daria (anciennement appelé Oxus), dans la région du Khârezm, et était l’ultime étape des caravaniers avant la traversée du désert en direction de la Perse.
Itchan Kala a été maintenue dans son état d'origine. Les travaux de restauration effectués ont respecté les techniques de construction traditionnelles et l’emploi de matériaux locaux traités de façon traditionnelle, tels que la brique cuite, le bois et la pierre.
Construite selon les traditions d'urbanisme d'Asie centrale, la ville intérieure s'étend sur 26 hectares, et son histoire remonte à plus de 2000 ans ! Elle forme un rectangle régulier (650 par 400 m) allongé dans le sens nord-sud elle est retranchée à l’intérieur de murailles de brique hautes d’une dizaine de mètres.
Elle abrite 51 structures monumentales anciennes et 250 habitations, et offre des types remarquables d’ensembles architecturaux, tels que la mosquée Djouma, la mosquée Oq, les madrasas Allakouli-Khan, Muhammad Aminkhon, Muhammad Rakhimkhon, les mausolées de Pakhlavan-Makhmoud, de Seyid Allaouddine, Shergozi-khan, ainsi que des caravansérails et des marchés. Tous ces attributs sont autant d’exemples exceptionnels de l’architecture islamique de l’Asie centrale.
La ville n’a pas d’âge mais elle aurait, dit-on, été fondée par Sem, le fils de Noé, qui y découvrit un puits où les hommes et les bêtes pouvaient s’abreuver avant de poursuivre leur interminable marche transcontinentale . D’abord perse, puis arabe, son histoire est marquée par les assauts successifs des troupes de Genghis Khan, de Tamerlan, des Ouzbèkes puis des Russes. Pillée, saccagée, la cité, qui est scindée en deux parties, Dichan-Kala, la ville extérieure et Itchan-Kala, la partie intérieure, s’est à chaque fois relevée.
Mais derrière cette vitrine, la cité oasis du Khorezm cache un passé lourd et son lot d'histoires sordides. Elle était notamment célèbre pour son marché d'esclaves, repaire de voleurs, de brigands et de trafiquants de tous poils.
Majoliques bleues et blanches, coupoles vert jade, portes sculptées, piliers de bois ciselé ... Itchan Kala regorge de détails que l'on a de cesse d'admirer.
Nous visitons Khiva les deux jours suivants. Tôt le matin, nous dévalons le dédale de ruelles sinueuses et désertes. Avant 8h, il n'y a pas âme qui vive. La ville est dépouillée de ses très nombreux touristes et des artisans qui en peuplent les artères en journée. Sur les étals de ces derniers, se côtoient foulards en soie, objets en bois sculpté, tapis, tissus et poupées aux yeux parfois inquiétants.
Quelques Ouzbeks s'affairent dans les jardins et nettoient les pavés. Un calme olympien règne dans la cité et la lumière est parfaite pour prendre quelques photos des remparts.
Des enfants en uniformes s'apprêtent à partir à l'école. Il fait un peu frais mais il n'y a pas de vent. Des effluves de nôn chaud envahissent nos narines.
Nous découvrons aussi l'ensemble de la carte gastronomique ouzbèke avec ses influences kazakhes, tadjikes ou ouïghoures, dans les quelques tchaïkhana que nous trouvons sur notre chemin : laghman, chorba, manty, somsa, shashlik et le fameux palov ouzbek, plat national à base de riz pilaf, de carottes et d'oignons et de boeuf mijoté dans l'huile.
Les Ouzbeks sont toujours curieux à la rencontre des touristes. Ils nous saluent, s'amusent gentiment de nous et nous invitent à échanger quelques mots au détour d'une médersa ou d'une mosquée. Les quelques rudiments d'ouzbek et de russe que nous avons appris nous seront très utiles et nous permettront de créer des liens intéressants avec les enfants et les personnes âgées. Nous nous sentons partout les bienvenus. C'est incroyable de constater combien les gens sont gentils, avenants et prêts à vous aider au moindre souci d'itinéraire.
Un plan de la ville pour mieux se repérer est disponible au Point Tourisme, juste en face du Kalta Minor. On vous renseignera sur toutes les modalités d'accès aux sites. Il faut acheter un pass d'une validité de deux jours pour 100 000 soums. La quasi totalité des monuments sont accessibles avec ce pass soit un peu moins d'une vingtaine.
Pour profiter pleinement de Khiva, il vaut mieux y passer deux jours complets, histoire d'avoir le temps d'abord de prendre ses repères dans la ville puis ensuite de flâner de site en site sans avoir à tout faire au pas de course.
J embarque ! Ça fait longtemps qu il n y a pas eu de carnet récent et illustré sur ce pays, qui me fait rêver depuis longtemps. Et la beauté de vos quelques photos ne font que renforcer mon intérêt pour cette culture.
Merci également de partager votre itinéraire, qui semble sortir un peu des sentiers battus...
Bonjour et merci pour votre message, bienvenue à bord ! [:)]
Je reviendrai compléter la partie sur Khiva plus tard en ajoutant le nom des monuments sous chaque photo.
Je vais ajouter un résumé de notre itinéraire dans le premier message.
Il y aura un long épilogue dans lequel je parlerai en profondeur du pays, de sa situation, de son histoire, des Ouzbeks, d'un petit peu tout finalement !
Nous sommes maintenant le 6 septembre et après l'un de ces petits-déjeuners copieux que nous prenons depuis notre arrivée au pays, nous faisons nos adieux à la belle Khiva pour rejoindre Boukhara.
Nous roulons toute la matinée et arrivons autour de 15h40 à Boukhara.
Notre première impression est mitigée. Nous logeons dans le quartier Liab-I-Haouz qui se trouve être excessivement touristique à notre goût. Depuis le début de notre voyage, les Ouzbeks apprécient de nous entendre parler l'ouzbek. Mais pas ici. Tout est très occidentalisé, jusque dans le service et les cartes des restaurants. Nous nous hâtons de quitter cet endroit trop léché qui nous fait un peu penser à une vitrine Disney Land. Nous sommes aussi lassés de tous ces commerçants artisans qui guettent le touriste et aimerions retrouver la vie ouzbèke dans son jus, qui ne se définit pas uniquement autour et pour le tourisme. C'est le bozor de Boukhara qui nous fera nous réconcilier avec la ville.
Cela étant dit, la gentillesse des Ouzbeks est incroyable. Les gens s'arrêtent pour vous d'eux-mêmes dans les rues pour s'assurer que vous n'ayez besoin de rien. La magnificence et le gigantisme des monuments ne sont plus à prouver. Leurs dimensions dépassent de loin celles de Khiva.
Le centre historique de Boukhara remonte à plus de 2000 ans. Il est situé sur les Routes de la soie. C’est un des meilleurs exemples de cités islamiques bien préservées d’Asie centrale du Xe au XVIIe siècle, avec un tissu urbain qui est resté largement intact.
Important centre économique et culturel de l'Asie centrale, l'ancienne cité perse a été un centre majeur de la culture islamique pendant des siècles et est devenue un centre culturel majeur du Califat au VIIIe siècle.
À l’exception de quelques vestiges importants datant de la période antérieure aux invasions mongoles de Gengis Khan en 1220 et de Timour en 1370, la vieille ville est un témoin de l’urbanisme et de l’architecture de la période chaybanide des rois ouzbeks, à partir du début du XVIe siècle. La citadelle, reconstruite au XVIe siècle, marque le centre civique de la ville depuis ses origines.
Les monuments importants encore debout depuis ces temps anciens comprennent la célèbre tombe d’Ismail Samanai, impressionnante dans sa sobre élégance et plus bel exemple restant de l’architecture du Xe siècle dans tout le monde musulman. De la période karakhanide du XIe siècle date le remarquable minaret de Poi-Kalyan, chef-d’œuvre de la décoration en briques, de même que la plus grande partie de la mosquée Magoki Attori et du mausolée Chashma Ayub. La madrasa Ulugbek est un héritage survivant des Timourides. Aux Chaybanides sont dus certains des plus célèbres monuments de Boukhara : l’ensemble de Poi-Kalyan, l’ensemble de Lyabi-Khauz, la madrasa Kosh et la madrasa Gaukushon dans l’ensemble de Hodja-Kalon. Les édifices ultérieurs de cette période de l’histoire de Boukhara comprennent des madrasas monumentales aux carrefours importants : Taki Sarafon (Coupole des changeurs), Taki-Tilpak-Furushan (Coupole des chapeliers), Tim-Bazzazan et Tiro-Abdullah-Khan. Au début du XVIIe siècle, de belles constructions sont venues s’y ajouter, dont une nouvelle grande mosquée, Magoki Kurns (1637) et l’imposante madrasa Abdulazziz-Khan (1652).
Cependant, l’importance réelle de Boukhara tient non pas à ses édifices pris individuellement, mais plutôt à l’ensemble de son paysage urbain, démontrant le niveau élevé et constant de l’urbanisme et de l’architecture inauguré par la dynastie chaybanide.
Voir la page du site de l'UNESCO qui lui est consacrée.
Le bozor est un véritable régal ! Nous sommes conviés à siroter un kok chai chez un marchand d'épices et de fruits secs. Nous partons encore avec des sacs remplis d'abricots, de noix, d'amandes, de thé, de paprika, de chili, etc. La cacophonie ambiante répond à un foisonnement de couleurs et à une multitude de parfums qui s'enchevêtrent.
Un groupe de femmes m'interpellent. Elles vendent du kurut nature et épicé, de toutes tailles, en grande quantité. Elles sont étonnées de me voir l'aimer autant. Apparemment, d'habitude, les touristes n'en raffolent pas. S'engage alors une conversation un peu surréaliste en ouzbek, que j'essaie de suivre comme je peux. Je ne peux plus les arrêter de me poser des questions sur d'où je viens et qui je suis. Un souvenir qui restera gravé dans ma mémoire.
Voici un plan de la ville pour mieux se repérer :
Boukhara, c'est aussi un atelier artisanal de fabrication de marionnettes. Elles sont sculptées, peintes et accessoirisées main selon un savoir-faire transmis par le maître et sont exposées partout dans le monde. Un vrai bonheur que de pénétrer l'intérieur de cet atelier où s'affairent les artisans avec bois, papier mâché et tissus colorés.
Samedi 8 septembre 2019. La veille, je me suis adressée à l'hôtel afin de trouver un chauffeur et un guide francophone pour aller visiter les environs de Boukhara. Nous avions en tête de faire le Palais d'été de l'Emir Sitoraï-Makhi-Khosa, la nécropole Tchor Bakr et les vestiges de l'ancienne colonie de Varakhcha. Nos désirs sont devenus réalité.
Le palais d'été de l'émir
Construit par les Russes en 1911 pour le dernier émir Alim Khan, le Palais d'été de l'émir avait pour vocation de l'inciter à quitter l'Ark de Boukhara et à se retirer dans un no man's land stratégique à la lisière de la ville.
Les émirs en furent chassés lorsque les bolchéviques s'emparèrent de l'émirat (autrefois protectorat de l'Empire russe) en 1920.
La nécropole Tchor Bakr
Six kilomètres à l'ouest de Boukhara seraient enterrés quatre descendants du prophète Mahomet depuis 970 : l'imam Sayid Abou Bakr et ses trois frères Fazl, Ahmed et Hamed.
Ainsi, la réputation de sainteté des lieux attira des foules de fidèles, et notamment des personnes riches et célèbres désireuses d'en recueillir les bienfaits.
La secte Khodjoroum de derviches soufis fut la première à installer sa communauté autour des tombeaux des quatre (tchor) Bakr.
Varakhcha
Il aura fallu emprunter une route extrêmement mauvaise et longue pour arriver jusque-là. Je ne conseille cette visite qu'aux amoureux des ruines , sachant qu'il ne reste absolument rien de cette ancienne cité sogdienne. Le site permet seulement d'imaginer ce que fut cette ville à l'époque et qui ne se releva jamais des attaques arabes et du manque d'irrigation, puis de sa destruction par Gengis Khan.
Varakhcha abritait la résidence des anciens souverains de l'oasis de Boukhara avant la conquête arabe. Elle marquait la frontière militaire ouest de l'oasis et accueillait une citadelle et un grand marché, car elle se trouvait entre Boukhara et Khorezm (Khiva). L'historien Nerchakhy (899-959) au Xe siècle la décrit comme ayant été autrefois plus ancienne et plus importante que Boukhara et étant irriguée de douze canaux. Elle résista à l'invasion arabe et joua un rôle important contre l'expansion de l'islamisme, mais tomba en décadence avant d'être entièrement détruite par les armées de Gengis Khan.
Il faut ici jouer de son imagination pour se représenter ce que fut cette grande cité d'antan.
Merci pour ce beau carnet. Les photos sont magnifiques , bref j'adore et j'embarque moi aussi !!!
Encore une destination qui va allonger la liste des pays que j'aimerai visiter .....
vivement la suite ... ça y est je suis bien installée.
Mariejo
Qui a l'habitude de voyager sait qu'il vient toujours un moment où il faut partir...
Paulo Coelho
Un grand merci pour votre message qui me fait très plaisir. Soyez la bienvenue à bord !
Si vous avez des questions sur des sujets précis, n'hésitez pas, j'y répondrai avec plaisir.
Un petit kok chai à siroter en tournant les pages de ce carnet ? [;)]
Et merci pour votre message !
Comme vous avez dû le remarquer, je n'ai pas précisé le nom de l'agence avec laquelle j'ai voyagé, pas plus que les hôtels dans lesquels j'ai logé. En effet, il est écrit sur le site qu'il est interdit de faire de la publicité. Du coup, je n'ai pas osé.
Je peux vous communiquer plus de détails en MP avec plaisir.
Et merci pour votre message !
Comme vous avez dû le remarquer, je n'ai pas précisé le nom de l'agence avec laquelle j'ai voyagé, pas plus que les hôtels dans lesquels j'ai logé. En effet, il est écrit sur le site qu'il est interdit de faire de la publicité. Du coup, je n'ai pas osé.
Je peux vous communiquer plus de détails en MP avec plaisir.
Bonne soirée.
Marie
Bonsoir,
Merci pour ce fabuleux carnet de voyage qui me fait rêver avant l'heure.
Je prévois d'y aller au printemps prochain et en découvrant votre aventure vivement le printemps 😉😉.
Pourriez-vous me donner les coordonnées de votre guide et le coût approximatif.
Je vous remercie.
Dimanche 9 septembre 2018, nous prenons la route à destination du camp de yourtes de Yanguigazgan dans le désert du Kyzyl-Kum (sable rouge). Mais en chemin, nous ferons quelques haltes dont la première sera l'atelier de fabrication de céramiques de Gijduvan.
Nous y sommes accueillis autour d'un kok chai et de fruits secs à grignoter. La maîtresse des lieux est parfaitement francophone. L'atelier expose ses céramiques en France, en Europe, aux États-Unis et ailleurs.
Chaque région ouzbèke ou d'Asie centrale a sa propre pâte en matière de céramiques, les couleurs et les motifs diffèrent d'un lieu de production à l'autre selon les traditions locales.
Nous partons ensuite en direction de Nourata. Sur la route, nous nous arrêtons pour admirer des pétroglyphes datant d'il y a 4000 ans.
Nous arrivons à Nourata et pénétrons à l'intérieur du complexe par la mosquée. Autour de celle-ci sur sa gauche, un bassin de poissons sacrés reflètent les rayons du soleil. C'est un lieu de pèlerinage pour les Ouzbeks qui sont présents nombreux en famille.
Nous grimpons au sommet de l'ancienne cité sogdienne sur le flanc de la montagne. Malheureusement, le site est vraiment très pollué de plastiques.
Direction Aydarkul. Nous roulons un moment au milieu du désert du Kyzyl-Kum et apercevons des troupeaux de chevaux las de la chaleur en train de paresser, avant d'atteindre les rives d'un lac aux eaux bleues bordées de tamaris roses et peuplées de migrateurs évoluant sur la plages ou nichant dans les peupliers de l'Euphrate. Un moment de paix et de quiétude s'offre à nous. On n'entend pas une moucher voler, le silence règne. Le lac écume et lèche le sable de plages couvertes de branchages. Nous avons l'impression d'être seuls au monde.
Direction Yanguigazgan maintenant, après ce petit interlude de calme, nous reprenons la route pour le camp de yourtes kazakh où nous passerons une nuit.
Nous nous installons dans notre yourte, très confortable et bien équipée avant d'aller rejoindre notre guide et ses deux chameaux de Bactriane pour une petite balade dans le désert au soleil couchant. Je suis conquise par mon destrier, Simba, qui a une bouille d'enfer. Il faut dire que j'ai tendance à rapidement gâtouiller avec les animaux. Nous montons sur le dos carrossé de nos deux amis de fortune et partons à travers les paysages de dunes de sable recouvertes de buissons asséchés et d'ail sauvage. L'atmosphère est agréable, et la lumière, magique, se tamise. Le ciel prend un teint orangé et il fait extrêmement doux. Nous sommes juste bien.
Nous retournons au camp, ravis et allons déguster un kok chai dans la salle à manger avant de dîner d'un repas délicieux uniquement à base de légumes en salade et mijotés. Nous aurons droit à la pastèque en dessert (tarvuz) et au melon (qovun).
Puis nous nous retrouvons tous ensemble autour d'un feu de camp, où un chanteur/musicien interprète des chants ouzbeks et kazakhs sous une voûte étoilée, au milieu de nulle part. Nous passons un très beau moment de partage à danser et chanter.
Nous passons une nuit apaisée dans notre yourte. Et le lendemain matin, je me lève aux aurores pour capturer les premiers rayons du lever du jour sur les collines de sable.
Lundi 10 septembre, nous quittons le camp de yourtes de Yanguigazgan en direction des montagnes nourratines où nous serons hébergés en chambre d'hôte pour deux nuits à Hayat.
Sur la route, nous faisons un détour par Mojrum, un village perdu qui nous offre une petite balade en "forêt" le long d'un cours d'eau. Une vraie merveille s'y cache : un cyprès bimillénaire, qui a traversé les âges et qui trône comme un roi dans un coin d'ombre. Nous nous sentons l'âme d'enfants et allons nous percher sur ses énormes branches noueuses.
Après quelques minutes de repos, nous rejoignons la voiture et repartons pour Hayat.
Une fois arrivés, nous nous installons confortablement dans nos pénates. La chambre est spartiate avec deux couvertures épaisses par terre. La maison d'hôte est jolie, pourvue d'un grand jardin, d'un verger et d'un potager. De grandes tables sont installées dehors pour notre déjeuner. Les propriétaires des lieux ne parlent pas un mot d'anglais et vivent resserrés en famille. De nombreux enfants cohabitent avec nous. Ils sont tous vifs et adorables. Nous essayons d'échanger quelques mots en ouzbek et quelques mimiques pour les amuser un peu.
La journée s'écoule lentement, nous paressons dans les jardins et allons nous promener dans le village. J'en profite pour tenir mon carnet de voyage à jour.
Le soir, nous dînons avec un groupe de Français et la vodka coule à flots. Elle se boit dans des bols et cul sec. Je ne fais pas long feu après mon cinquième bol.
Le lendemain, départ pour la randonnée en montagne. Il est 9h, nous démarrons doucement. Il fait déjà très chaud. Le propriétaire de la maison d'hôte sera notre guide, il a sellé son âne qui porte notre pique-nique. Nous commençons à gravir quelques dénivelés en plein soleil. Un peu rude ... Les premières couleurs de l'automne apparaissent sur les quelques arbres qui habitent le paysage et contrastent avec le dénuement des lieux, la sècheresse extrême de la montagne. Un peu plus bas après avoir passé un premier village, un petit cours d'eau permet la culture d'arbres fruitiers. Nous longeons des maisons en pierre plantées dans de grands jardins où les fruits sèchent sur les toits. Beaucoup de chiens aboient sur notre passage. Nous croisons des locaux, des enfants sur le chemin de l'école, toujours en uniforme mais aussi quelques chevaux et âne chargés de victuailles.
Une fois arrivés en haut du col, nous admirons de splendides pétroglyphes datant de 4000 ans sur le flanc de la montagne.
Nous faisons une halte sous une forêt de noyers pour déjeuner. Notre guide étale une immense couverture sur le sol et déleste son petit âne au caractère bien trempé de notre ravitaillement. Au menu, des fruits frais, du nôn, des œufs de ferme, des concombres, des gâteaux sucrés. Nous nous régalons aussi de noix fraîches tombées des arbres qui nous abritaient.
Une fois bien restaurés, nous reprenons le chemin en sens inverse. Les feuilles se teintent de jaune et répondent aux couleurs des fruits des jujubiers. Le soleil exalte les parfums de fruits mûrs, prunes et pommes, sur les bords de notre petit sentier caillouteux. Le temps semble s'être suspendu sur ces hauteurs préservées.
Bonjour, Je prévois de faire ce voyage l'an prochain. Je pensais partir en circuit organisé, mais votre séjour m'a plu. Pouvez-vous me dire combien vous a coûté le séjour et ou vous avez réservé ? Je vous remercie par avance. Bien cordialement
Nous sommes maintenant le mercredi 12 septembre. Nous quittons Hayat tôt le matin en direction de Samarcande. Au cœur de toute l'histoire de l'Asie centrale, la cité des grandes ombres est nichée dans la vallée du Zéravchan, dominée par le massif de l'Altaï. Des vestiges d'urbanisation du VIIIe siècle avant notre ère ont été mis au jour par les archéologues. Ville la plus peuplée de Transoxiane jusqu'au XVe siècle, elle est toujours son grand carrefour commercial et culturel, son jardin nourricier et son marché.
Il existe toute une mystification autour des origines de Samarcande. A-t-elle été fondée par le roi Samar ou par le roi Afrasiab ?
Nous arrivons aux alentours de 12h et allons déjeuner dans un restaurant du centre ville avant d'aller déposer nos valises à l'hôtel. Puis nous partons à pied à la découverte de la ville.
Samarcande est une grande ville moderne à l'aura soviétique. Après l'immersion dans la petite Khiva, notre séjour dans le désert et dans les montagnes, je suis un peu choquée par les embouteillages et le son omniprésent des klaxons. Nous sommes loin du calme du Khorezm. Il faut dire que Samarcande est la deuxième ville d'Ouzbékistan après Tachkent.
Nous commençons par découvrir la majesté du Gour Émir ou "le tombeau du souverain" avec son grand portique bleu de Mohammed Sultan. Y repose le tombeau de Tamerlan.
Puis nous traversons une place arborée pour rejoindre le Reghistan et ses trois médersas, un des plus beaux complexes de l'Islam, restauré dans sa splendeur originelle. Son nom veut dire "place de sable"
La médersa Chir Dor, construite par Yalangtouch entre 1619 et 1636
Le pitchak est surmonté de mosaïques représentant des lions à la poursuite de biches blanches fuyant au milieu de spirales de rameaux et de fleurs. Les lions ressemblent à des tigres, et portent sur leur dos des soleils à face humaine, bordés de rayons. La légende veut que l'architecte fut condamné à mort pour cause d'hérésie, bien que d'autres médersas du XVIIe soient décorées de la sorte. Le choix des couleurs - bleu, blanc, jaune et vert - reflète également l'influence de Boukhara.
Dôme de la médersa Chir Dor
Cour intérieure de la médersa Chir Dor
Cour intérieure de la médersa Chir Dor
Médersa Tilla-Qari
Yalangtouch souhaita compléter l'harmonie de la place, et demanda à ses architectes d'y construire une troisième médersa, avec une façade large de 75 mètres cette fois. Les travaux durèrent de 1646 à 1660. Des tourelles d'angle furent préférées aux minarets, mais les mosaïques offrent un festival de symboles solaires éclatants et d'entrelacs floraux dans les mêmes tons que Chir Dor
Cour intérieure de la médersa Tilla-Qari
Cour intérieure de la médersa Tilla-Qari
Médersa d'Ouloug Beg
Si Tamerlan était un bâtisseur de mosquées et de mausolées, Oulog Beg, son petit-fils, préféra investir dans l'enseignement. On enseignait dans sa médersa tant les études islamiques que les sciences profanes. Il y en enseigna en personne l'astronomie, sa grande passion, évoquée par les étoiles qui ponctuent le firmament du pichtak de l'édifice.
Cour intérieure de la médersa d'Ouloug Beg
A quelques pas du Reghistan, aux portes du Siyob Dehkon Bozori, le grand bazar de la ville, l'immense silhouette de la mosquée Bibi Khanum se dessine. Tamerlan aurait fait le vœu à son retour de Delhi en décembre 1398 de bâtir une mosquée surpassant tout ce qu'il y avait de grand et de beau dans le monde musulman. Les meilleurs artisans de l'empire furent mis au travail. Quelque 95 éléphants ramenés d'Inde tiraient les chariots chargés de marbre. La cour et les activités s'y déroulant étaient très importantes.
Le dôme de Bibi Khanum
Bibi Khanum
Bibi Khanum
Nous faisons ensuite une halte gourmande au bazar attenant. Nous sommes enhardis par une foule de parfums qui envahissent les lieux. Les couleurs sont éclatantes, des sacs d'épices multicolores collent à des étals de fruits secs ou frais. Une rumeur circule et s'exalte au gré des rencontres qui se font et défont dans les allées du marché. On nous hèle pour nous proposer du thé et goûter aux produits frais. Voilà un lieu gorgé de vie où il fait bon se perdre.
Nous ponctuons notre découverte de Samarcande par la visite de la nécropole Shah-I-Zinda.
Le site le plus sacré de la ville, ensemble de mausolées qui s'étend aux confins nord-est de la capitale de Tamerlan, par-delà les murs de la ville, jusqu'au versant méridional d'Afrasiab. Cet ensemble semble avoir concentré toutes les expériences architecturales des XIVe et et XVe siècles en une apothéose de l'art de la céramique, sans égale dans toute l'Asie centrale. Cette cité funéraire offre sans doute le spectacle le plus étonnant de cette capitale des superlatifs. La légende fait remonter l'histoire de Shah-I-Zinda à l'an 676, c'est-à-dire à l'arrivée de Koussam-ibn-Abbas, le cousin du Prophète venu convertir la Sogdiane zoroastrienne à l'islam. Le succès de sa prédication aurait conduit, en réaction, une bande d'adorateurs du feu à le décapiter alors qu'il était en prière. La furie mongole rasa tout le site ...à l'exception du tombeau de Koussam.
Nous assisterons à une prière dans la mosquée Hazrat Hizr.
Puis nous visiterons l'Observatoire d'Ouloug Beg et le musée Afrosiab.
Enfin, nous pousserons jusqu'à l'ensemble Khodja Akrar à cinq kilomètres au sud du Reghistan, ensemble bâti autour du tombeau de Cheikh Khodja Akrar (1404-1490), chef de la confrérie derviche des Nakhchbandi et figure politique de premier plan en Transoxiane après la mort d'Ouloug Beg.
Sur le portique de la médersa, on admire des symboles païens : les emblèmes hérétiques persans que sont les lions-tigres chassant les biches.
Durant cette journée et demi à Samarcande, nous avons dû prendre plusieurs taxis pour nous rendre sur les différents sites et au restaurant. Il est très facile de trouver un taxi à héler sur le bord de la route à Samarcande. Les courses sont en général très raisonnables. Le prix est à négocier en rentrant dans le véhicule.
Nous recommandons le restaurant Besh Chinor où l'on mange de très bonnes shashliks.
Nous rentrons à l'hôtel dans la matinée rejoindre notre chauffeur qui nous conduira au Complexe Chor Chinor à Urgut avec ses platanes millénaires, ses bassins alimentés par une source sacrée et sa mosquée. Nous aurons la chance d'être accompagnés du papa du chauffeur, ancien policier à la retraite, qui a tenu à nous emmener dans un endroit confidentiel réservé aux Ouzbeks : une seconde source sacrée à l'abri d'un grand parc le long des monts Zarafshan. Nous avons pu observer les rituels d'ablution des gens du cru.
Nous avons lus avec intérêt, mon épouse et moi, le récit de ton voyage en Ouzbekistan.
Nous avons un projet similaire pour 2019 et nous aimerions connaitre - si c'est possible - le nom de l'agence que tu as utilisée ainsi qu'un ordre de grandeur du prix payé à l'agence.
Samedi 15 septembre 2018, nous prenons la route pour Chakhrisabz tôt le matin. Sur la route, nous faisons une halte sur un petit marché où nous achetons plein de produits alimentaires : des plantes et des fruits pour préparer des infusions, du kurut, des abricots secs, des amandes fraîches.
Puis nous nous arrêtons de nouveau un peu plus loin pour goûter une spécialité à base de mouton : le tandir kebab : un vrai régal ! La viande est cuite dans un grand four fermé où l'on fait brûler du bois de sapin. Nous en profitons pour faire quelques photos de la belle vue qui s'offre à nous des montagnes.
Nous arrivons à Chakhrisabz, où est né Amir Timour alias Tamerlan en 1336, grand guerrier turco-mongol. A l'époque, la ville n'était pas ouzbèke. Petit havre de paix, la ville est un symbole d'unité nationale, majoritairement peuplée de Tadjiks parlant une langue perse et de fortes minorités ouzbèke et russe. Fondée il y a près de 2700 ans, c'est l'une des plus anciennes cités d'Asie centrale. La plupart des monuments datent de l'époque des Timourides, vers la fin notre Moyen-Age. C'était à l'époque de Tamerlan la deuxième ville de l'Empire. Roxane, l'épouse d'Alexandre, serait aussi originaire de la région.
Ak Sarai
Ak Sarai
Ak Sarai
Complexe Dorut Tilovat
Complexe Dorut Tilovat
Complexe Dorut Tilovat
Complexe Dorut Tilovat
Complexe Dorut Tilovat
Complexe Dorut Tilovat
Complexe Dorut Tilovat
Nous rentrons à Samarcande pour prendre notre train "Afrosiyob" à17h en direction de Tachkent.
Bonjour Marie et merci pour votre carnet de voyage qui me fait rêver ! C'est un de mes projets.. aussi pouvez-vous svp me transmettre les coordonnées de cette agence et le prix du voyage pour 19 jours ? Quel plaisir cette yourte et vos belles photos ! Je vis votre voyage et j'en suis ravie !
Au plaisir d'avoir une réponse
Bien cordialement
MClaude
Bonjour
Quel magnifique voyage
Avec de splendides photos.
Votre carnet n a fait que renforcer mon envie de visiter ce pays.
S il vous plait pouvez vous m aider en me donnant une indication du coût du voyage et les coordonnées de l agence.
Merci.pour ce partage
Muriel
Bonjour Belisama, superbes photos ! j'étais inscrite à un voyage qui n'a pu se faire faute de participants, il en fallait au moins 6 et nous n'étions que 2... Alors je veux bien tout savoir sur la façon dont vous avez procédé, merci d'avance ! [:)]
Bonjour Marie. Ton blog est très intéressant, et ton voyage correspond à ce que je souhaite réaliser avec mon épouse en juillet-août 2019.
Peux-tu me préciser quelle l'agence locale qui apparemment t'a donné satisfaction, et si possible me donner une estimation du budget que cela implique ? Merci. Claude.
Merci beaucoup pour vos messages.
Pour répondre à vos questions :
- L'agence avec laquelle nous sommes partis est Karavan Travel, une agence ouzbèke basée à Samarcande. Nous sommes passés par EVANEOS pour les contacter.
- Le voyage nous a coûté en tout environ 2000 euros par personne auxquels il faut enlever les frais de visa que nous avons payés. En effet, les touristes français sont désormais dispensés de visa pour rentrer dans le pays depuis le 1er octobre dernier. Je dirais environ 1900 euros par personne tout compris. Je précise que nous n'avons pas pris de guide mais seulement loué une voiture avec chauffeur. Nous avons mangé en moyenne pour 5 euros par personne par repas. Les petits-déjeuners étaient inclus dans le prix des chambres d'hôtel.
Je ferai un plus long post bientôt, aussi s'il y a des choses que vous aimeriez savoir, n'hésitez pas à me les faire savoir, j'en profiterai pour y répondre !
Je finirai mon carnet demain, désolée de l'avoir laissé en suspens ainsi. Manque de temps !
Dimanche 16 septembre 2018. Nous sommes arrivés à Tachkent la veille à 19h10 où notre chauffeur nous attendait à la gare pour nous conduire à notre hôtel.
Nous partons de bonne heure le matin, de nouveau en direction de la gare, pour prendre notre train pour la vallée de Ferghana. Nous descendons à Kokand à 12h16 après environ quatre heures de train. Le voyage a été un peu long mais plutôt agréable car les trains sont assez modernes, propres et confortables en Ouzbékistan.
Autrefois étape marchande de la route de la soie, la localité qui préexistait à Kokand a été détruite par les Mongols au 13ème siècle.
Gengis Khan fit de cette ville sa résidence principale, et Tamerlan y donna, pour le mariage de ses petits-fils, une fête où se trouvèrent réunis cinq cents ambassadeurs de peuples soumis.
Nous commençons par la visite du Palais de Khoudayar Khan, bâti entre 1863 et 1873 par le khan de Kokand, Khoudayar. Il s'agit d'un palais fortifié que l'on nomme"ourda" par opposition à l'"ark" de Boukhara.
Puis nous faisons un détour par la Mosquée Juma, première mosquée du Vendredi du khanat. Les non-musulmans ne peuvent que jeter un œil sur la vaste cour intérieure, où s'élève un minaret de 22 mètres et où s'étend un aïvan de 100 mètres de long, aux 98 piliers polychromes en bois des Indes sculpté.
Nous continuons notre périple en prenant la route vers Richtan où nous visiterons un atelier de céramique. Ces belles céramiques bleues et vertes avec leur glaçure unique "ichkor" sont reconnues dans le monde entier. Depuis 800 ans, les secrets de cet artisanat se transmettent de de père en fils. Les matériaux utilisés sont l'argile rouge et les pigments naturels.
Je n'ai malheureusement pas pris de photos des ateliers, concentrée sur la visite guidée en anglais qui nous a été proposée.
Nous partons ensuite pour Fergana où nous passerons la nuit.
Lundi 17 septembre 2018, nous voilà partis en direction de Marguilan où nous allons découvrir l'atelier de soierie Yodgorlik dans un premier temps.
Tournant le dos à la production de masse pour remonter un atelier traditionnel en 1983, ce sont près de deux mille ouvriers qui travaillent dans cette fabrique.
Les vers à soie sont nourris par des familles avec des feuilles de mûrier fraîches jusqu'à ce qu'ils forment leur cocon. Puis, les cocons sont ébouillantés et envoyés à la fabrique, avant que les chrysalides ne se transforment en papillons. Ils s'y assouplissent dans des bains bouillonnants avant de libérer leur précieux fil. On peut suivre les différents processus de dévidage et de tissage. Les phases de teinture du fil en divers coloris sont réservés aux hommes alors que les femmes s'activent devant leurs métiers à tisser. Alors, apparaît le fameux "khanatla", le roi des motifs, ce dessin chatoyant qui envahit les rues ouzbèkes. Au-dessus des ouvriers et ouvrières, brûle l'herbe "isryq" pour éloigner le mauvais oeil.
Après cette escapade très enrichissante, nous nous acheminons vers le bozor central de Marguilan. Nous tombons sous le charme de ce marché aux milles couleurs et parfums où errent hommes et femmes entre les étals en quête de bavardages.
Que dire d'autre que "BRAVO".
Prendre le temps et le soin d'écrire en détail votre voyage en y joignant de merveilleuses photos, c'est tout simplement magnifique, je vous félicite très sincèrement pour avoir réalisé ce long et très riche résumé qui nous donne à tous envie de visiter ce très beau pays qui offre des paysages uniques et qui possède une histoire si captivante.
Nous concernant, c'est un pays que nous souhaitions visiter il y a déjà quelques années. Puis nous avions lu et cela nous avait été ensuite confirmé, qu'un problème pouvait se poser pour nous occidentaux, au niveau de la cuisine réalisée généralement à base d'huile de coton.
Vous allez me dire que c'est un peu ridicule de se priver d'un si beau voyage par rapport à cet aspect, mais, lorsque vous devez y séjourner plusieurs jours, vous réfléchissez quand même par rapport à ce désagrément, car si pas mal de Personnes n'ont pas été concernées, beaucoup d'autres, et j'ai eu quelques témoignages, ont connu de sérieux problèmes de santé qui ont donc gâché leur voyage.
Par conséquent, vous pourrez nous apporter votre témoignage qui est très récent, moi je vous parle d'ennuis signalés ces dernières années, et donc, il est possible que les autorités Ouzbèques aient pris des mesures pour éviter ces désagréments aux touristes. Je ne sais pas...
En tout cas merci de nous donner votre avis là dessus. Encore merci pour ce magnifique récit, et il se peut que je vous contacte en MP si on décidait "enfin" d'aller voir ce superbe pays.
Cordialement
J'ai fait un voyage en Ouzbékistan avec mon mari, il y a quelques années réservé directement avec Uzbek travel, complètement sur mesure avec chauffeur et guide privés. Guide universitaire parfaitement francophone, cultivé, nourriture excellente, bon choix d'hébergement. Nous sommes retraité, peu amateurs de voyage organisés . Nous allons souvent en Asie mais c'est moi qui organise tout. Ce circuit en Ouzbékistan avait été un enchantement.
Cette années nos enfants , couple de trentenaires, ont pris la même agence pour un circuit de 15 jours fin août avec chauffeur guide francophone , professeur de français à l'université. Ils sont rentrés complètement enthousiastes, le guide s'est adapté à leurs goûts. Leur voyage en pension complète avec guide francophone était moins cher que celui de l'auteur de ce récit.
Il m arrive de communiquer le nom de l'agence en message privé, mais comme elle fait de la publicité sur VF et que mes enfants sont emballés aussi, je me permets de les citer.
Ceci dit l Ouzbékistan est un pays où l'on trouve de bons guides francophones. Le cuisine est bonne, surtout quand on peut aller dans les familles, il y a encore un bel artisanat...et les guides ne vous poussent pas à fréquenter les boutiques où ils ont des commissions. C'est encore très sain. Dépêcher vous d'y aller avant qu'ils prennent les mauvaises habitudes des pays touristiques.
Bravo pour ce carnet qui va susciter bien des voyages. Moi j'y suis allée après avoir vu un carnet de Vasyvite et j avais pris la même agence que lui, mais je n'ai jamais pris le temps d écrire un carnet...alors que je fais de la photo...et ce pays est un régal pour les photographes.
Je n'ai pas vu la vallée de la Fergana, vous allez me donner envie de retourner en Ouzbékistan !
Un grand merci pour votre très gentil message. Je suis vraiment heureuse que ce petit carnet vous plaise.
Je vais rentrer dans le vif du sujet et aller droit au but : ne vous privez pas plus longtemps d'un si beau voyage à cause de potentiels petits désagréments intestinaux. L'huile de coton n'est pas dangereuse pour la santé. Elle peut tout au plus provoquer quelques troubles digestifs chez certaines personnes. De mon côté, RAS ! Le comble c'est que la seule fois que j'ai été gênée a été à Fergana après avoir dîné typiquement européen dans le restaurant de notre hôtel. La nourriture locale ne m'a jamais rendu malade. Elle est d'ailleurs délicieuse à vrai dire.
On m'avait averti sur le caractère très gras de la cuisine ouzbèke et bien j'ai été fort surprise de constater que les choses avaient dû évoluer car je ne l'ai que très peu souvent ressenti. Une seule fois à Khiva, j'ai mangé un ragoût de boeuf baignant dans l'huile, qui à côté de cela était savoureux et qui ne m'a absolument pas rendu malade. Peut-être que cela doit dépendre des gens, des métabolismes. Il existe des médicaments efficaces en pharmacie pour lutter contre ces soucis inopportuns. Ou encore mieux, moi qui ne suis pas pour la consommation de sodas chimiques, je me suis contentée de boire du Coca Cola le dernier jour où j'ai été gênée et tous mes symptômes ont disparu rapidement.
Je pense sincèrement qu'il ne faut pas s'affoler pour cette histoire d'huile de coton. Il faut évidemment essayer de manger sainement cela va sans dire. J'essaierai de publier une liste de bonnes tchaikhanas en épilogue. Mais pour être honnête, nous n'avons vraiment mal mangé nulle part. Nous avons essayé tant bien que mal d'éviter les restaurants trop touristiques et de type européens. Ce fut parfois compliqué car dans Khiva, par exemple, il n'y en a pas tant que cela.
L'Ouzbékistan, pour le moment, échappe au suraménagement touristique bien que les choses soient (malheureusement) en train de changer. Les villes "subissent" des politiques de modernisation drastiques. Ce qui est aussi une bonne nouvelle pour les Ouzbeks heureux d'évoluer en terme de confort. Certains quartiers un peu anciens ont été complètement rasés pour laisser place à des projets de construction plus modernes. Toujours à Khiva, le bozor à l'entrée de la ville a été liquidé par exemple ainsi que bon nombre d'habitations. C'est un pays qui risque de changer dans les années à venir, qui s'ouvre au monde de plus en plus. Le rapport avec la population locale reste très authentique pour l'instant. Les gens ne vous voient pas comme des porte-feuilles sur pattes. On se sent bien accueillis en tant que ce que l'on est et pas en tant que potentiels acheteurs de je ne sais quoi. Même si dans Khiva et Boukhara, de nombreux artisans de rue attendent le touriste et peuvent se montrer offensifs dans le commerce une fois l'attention du badaud retenue. C'est généralement très bon enfant.
En somme, c'est le moment d'y aller !
Et merci beaucoup pour vos messages tant utiles que gentils.
J'espère pouvoir un jour découvrir vos photos et votre ressenti via un beau carnet sur votre voyage en Ouzbékistan ! J'ai remarqué que contrairement à d'autres destinations il n'y en avait pas énormément sur ce site. C'est vrai que pour les amateurs de photo, l'Ouzbékistan est un paradis. Par contre, j'ai eu personnellement du mal à me concentrer sur la photo tant j'ai eu besoin de vivre seulement ce voyage en live, sans me soucier de réglages techniques, ni de l'après. Mais je ne regrette pas de m'y être contrainte car j'ai pu a posteriori restaurer le fil de ce merveilleux périple au gré de mes souvenirs. Et maintenant, je n'ai qu'une idée en tête : y retourner avec mes futurs enfants pour leur faire connaître ce fabuleux pays.
J'espère que ce petit carnet aura suscité l'envie à d'autres de partir à la découverte de l'Ouzbékistan qui mérite d'être connue et aimée à sa juste valeur.
Bonsoir Marie
de retour moi même d'Ouzbékistan depuis quelques jours , je prends enfin le temps de parcourir votre carnet !
quel plaisir de retrouver tous ces lieux magnifiques !
vos photos sont superbes , et les commentaires me font du bien car n'ayant pas pris trop de notes , les vôtres me sont bien utiles !
j'ai moi même beaucoup apprécié l'accueil et la gentillesse des Ouzbeks !
je conseille à tous d'y aller rapidement car ce pays s'ouvre rapidement au touristes , de plus en effet le visa est gratuit depuis le 5 oct pour les Français !
pas eu de soucis de "santé " , bonne nourriture , peut être un peu grasse et salée , mais vraiment très bien !
nous avons passés 4 nuits chez l'habitant , 2 dans une ferme en campagne et 2 dans une maison plus en montagne ( il y a fait assez froid d'ailleurs )
malgré le problème de la langue , que de bons moments à faire la cuisine avec les femmes de la famille , à danser et chanter le soir avec les musiciens , à partager les bols de thé et de vodka !
les gens rencontrés partout (surtout les femmes ) venaient vers nous pour discuter (pour les plus jeunes en Anglais ) et pour celles de mon âge grace à notre guide parfaitement Francophone !
vraiment un pays que je conseille à tous !
je viens d'acheter un carnet de voyage de Philippe Bichon ( au Grand Bivouac , à Albertville , festival de voyage )
je vais compléter mes connaissances sur ce beaux pays !
merci pour tout !
francia
le mérite d'un homme réside dans sa connaissance et dans ses actes et non point dans la couleur de sa peau ou de sa religion!
Khalil Gibran
Je reçois des messages privés qui me demandent le nom de l'agence qui a emballé mes enfants cet été, c'est Uzbek Travel citée au début de mon message, celle que j'avais appréciée il y a 4 ou 5 ans. .Ils ont une correspondante en France bien pratique pour discuter du voyage puisque c'est sur mesure. Je pense aussi qu' avec une agence on fait de meilleurs repas de cuisine locale . Les guides savent choisir les bonnes adresses notamment dans des familles, ils évitent les gargottes pour routiers ouzbèques ou l'on s'arrêterait sûrement si on voyageait seuls!
Quant aux questions sur les meilleurs endroits à photographier : partout! Architecture ancienne très graphique , marchés animés, villages en terre crue, artisans
Il y en a pour tout les goûts. Regardez aussi le carnet de Vasyvite qui vous confortera dans cette idée
Je viens de lire le récit de votre séjour en Ouzbekistan. Passionnant ! Serait-il possible d'avoir votre avis sur la bonne période pour visiter ce pays. Que pensez-vous d'un séjour en juillet et Août ? Avez-vous séjourné dans des familles ?
j'ai lu avec intérêt votre récit de voyage en OUzbékistan
Voudriez vous me donner les coordonnées de l'organisateur de votre circuit et me donner un ordre de prix approximatif.
J'envisage de partir en Avril avec mon mari.
Merci à l'avance de votre réponse.
excusez moi, il y avait la réponse dans votre carnet...
pourriez vous me dire si les vols sont compris ?
si vous aviez réservé les hôtels avant de partir via l agence ou via les sites ?
et enfin l'agence avait assuré les grands trajets "route" où si vous avez organisé au fur et à mesure.
nous partons (4 adultes) chaque année découvrir un pays par nous même et votre voyage nous correspond.
Attention, il fait extrêmement chaud en juillet/août en Ouzbékistan. Vous risquez de souffrir de la chaleur ! Déjà en septembre nous avons eu autour de 35 degrés ... Si vous le pouvez, préférez le printemps, les mois de mai, de juin ou l'automne, septembre, octobre !
Les vols ne sont pas compris dans les frais d'agence mais sont pris en compte dans le calcul que j'ai fait concernant le coût total de notre voyage.
L'agence s'est occupée de nous réserver l'hôtellerie mais nous n'avons pas été déçus par la qualité de la prestation : propreté et confort étaient au rendez-vous.
L'agence s'est également occupée de notre circuit route. Nous avions un chauffeur à chacune de nos étapes qui venait nous retrouver à l'hôtel le matin avant de partir.
Il est possible de trouver des chauffeurs par soi-même via les hôtels ou dans la rue mais il faudra négocier les prix (l'agence le fait). Avoir son chauffeur désigné est un grand confort et évite de perdre du temps.
Je vous souhaite de faire un très beau voyage !
Bien à vous.
Marie
bonjour,
partant dans quelques mois en ouzbekistan, je souhaiterais savoir si vous avez été contente des différentes étapes de votre circuit. en d'autres termes, si c'était à refaire, est ce que que vous passeriez plus de temps sur certaines étapes ou moins sur d'autres ?
de même , me conseilliez vous de réserver à l'avance mes hébergements. merci d'avance . Laure
Bonjour,
Superbe journal. Puis je connaître l'agence et les contacts. Peut-on combiner intervention d'agence et voyage en liberté ?
Merci pour la réponse
Bonjour,
Superbes photos et bcp d'explications intéressantes.
Nous devrions aller dans ce pays fin septembre et nous (couple senior) souhaiterions avoir des précisions sur votre logistique qui parait excellente. Nous avons l'habitude de voyager en indépendant mais nous ne parlons ni russe ni uzbek mais l'anglais. Votre organisation de voyage en liberté tout en ayant recours à des prestataires locaux parait une très bonne solution.
Dans l'attente d'une réponse, un grand bonjour