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6760 results found.
Looking for companions for Manaslu Circuit trek in November 2025
Hi everyone. I’ve been dreaming of this trek since my first trip to Nepal: either joining an existing group (I’m 70, so the pace will be adjusted accordingly...), or organizing it myself with the same guide who accompanied me on the Annapurna Circuit and in Mustang (putting together a group of 2 or 3 people). Who’s interested??? Jules. Agnes
Cumuler randonnées à la Réunion et visites des îles alentours English translation pending
Bonjour,
L'été 2021 nous aimerions randonner à la Réunion (faire les 3 cirques au moins) pour cela j'ai trouvé pas mal de circuits, mais auriez vous un prestataire local à me conseiller ?
Après environ 10 jours de rando, que ne faut-il pas louper à visiter sur l'ile ?
Ensuite j'hésite entre Mayotte Madagascar et Maurice, sachant 2 ou 3 jours de balnéaires sont mon max. Que me conseillez vous pour le plus grand dépaysement
Pour finir je me demande s'il est judicieux de prendre un vol en boucle (paris, la réunion, mayotte, paris) ou s'il existe des AR genre : paris, la réunion, mayotte, paris ?
Merci pour toutes vos suggestions
Planning juillet-août du groupe Lufthansa English translation pending
Bonjour
Pour ceux que cela intéressent
https://www.lufthansaexperts.com/shared/files/lufthansa/public/mcms/folder_102/folder_6073/file_147741.pdf
Que voir en deux jours à Hong Kong? English translation pending
Hong Kong est une mégalopole étonnante avec ses gratte-ciels qui semblent défier les lois de l'apesanteur, ses temples tranquilles au milieu de la frénésie urbaine et ses artères débordantes de vie où commerçants et visiteurs s'agitent.
Mais Hong Kong , n 'est pas que cette image de la ville à la densité de population vertigineuse et son horizon saturé de buildings. C'est aussi des paysages de moyennes montagnes tapissées de jungle, des treks en pleine nature, des plages presque exotiques et des villages perdus, à une heure du centre-ville.
Savant mélange de culture britannique et asiatique, Hong Kong est surprenant.
Souvent, on s'y arrête le temps d'une escale avant une autre destination asiatique. Alors les heures sont comptées pour visiter la ville. Dans notre cas, nous y sommes restés 2 jours / 2 nuits. Voici un programme que l'on a optimisé au maximum afin de bien en profiter :
Jour 1 : - VICTORIA PEAK : le plus haut sommet de l'ile de Hong Kong qui offre des vues magnifiques sur la ville - TEMPLE MAN MO : un temple coup de cœur avec ses photogéniques spirales d'encens - SHEUNG WAN : un quartier sur l'ile de Hong Kong qui a su garder son authenticité. Notre quartier préféré à Hong Kong ! - FERRY ET PROMENADE SUR KOWLOON : le "must" de Hong Kong ? La traversée en bateau de la baie victoria, qui pourrait presque s'apparenter à une mini-croisière, est fabuleuse. Le quartier tout au sur de Kowloon très animé, touristique et commerçant. C'est aussi le cœur culturel de la ville avec musées et opéra.
JOUR 2 : - ÎLE LANTAU : un coin de verdure à 1h en transport en commun de Hong Kong. Une mise au vert bien sympa où on en profite pour admirer le fameux "Bouddha assis" - TEMPLE DE WONG TAI SIN : un temple magnifique de couleurs et d'harmonie, tant dans ses jardins qu'à l'intérieur des batiments. - LE MARCHÉ DE TEMPLE STREET : un immense bazar de nuit à ciel ouvert pour acheter de tout et manger sur le pouce…
Si tu veux en savoir davantage sur notre itinéraire, nos émerveillements, nos déceptions, tu peux aller voir notre article et guide complet sur Hong Kong en 2 jours.
Jour 1 : - VICTORIA PEAK : le plus haut sommet de l'ile de Hong Kong qui offre des vues magnifiques sur la ville - TEMPLE MAN MO : un temple coup de cœur avec ses photogéniques spirales d'encens - SHEUNG WAN : un quartier sur l'ile de Hong Kong qui a su garder son authenticité. Notre quartier préféré à Hong Kong ! - FERRY ET PROMENADE SUR KOWLOON : le "must" de Hong Kong ? La traversée en bateau de la baie victoria, qui pourrait presque s'apparenter à une mini-croisière, est fabuleuse. Le quartier tout au sur de Kowloon très animé, touristique et commerçant. C'est aussi le cœur culturel de la ville avec musées et opéra.
JOUR 2 : - ÎLE LANTAU : un coin de verdure à 1h en transport en commun de Hong Kong. Une mise au vert bien sympa où on en profite pour admirer le fameux "Bouddha assis" - TEMPLE DE WONG TAI SIN : un temple magnifique de couleurs et d'harmonie, tant dans ses jardins qu'à l'intérieur des batiments. - LE MARCHÉ DE TEMPLE STREET : un immense bazar de nuit à ciel ouvert pour acheter de tout et manger sur le pouce…
Si tu veux en savoir davantage sur notre itinéraire, nos émerveillements, nos déceptions, tu peux aller voir notre article et guide complet sur Hong Kong en 2 jours.
L'aéroport de Bruxelles bientôt connecté en 5G English translation pending
D'ici avril 2020, l'aéroport Bruxelles-National sera doté de son propre réseau 5G. Celle-ci permettra un connectivité plus efficace et plus rapide.
Lire la suite...
Temps nécessaire pour aller de Roissy T2 à la gare TGV de Roissy English translation pending
Bonjour,
C’est la première fois que je prends l’avion, lorsque je rentre de New-York York à destination de Paris Charles de Gaule 2, j’atterris pour 11h20 et j’ai un train à 12h38 a Charle de gaule également pensez-vous que c’est possible ou non je risque de le rater? J’aimerais savoir combien de temps il faut compter pour après l’atterrissage?
Merci de vos réponses
C’est la première fois que je prends l’avion, lorsque je rentre de New-York York à destination de Paris Charles de Gaule 2, j’atterris pour 11h20 et j’ai un train à 12h38 a Charle de gaule également pensez-vous que c’est possible ou non je risque de le rater? J’aimerais savoir combien de temps il faut compter pour après l’atterrissage?
Merci de vos réponses
Boucle 9/10 jours Bengalore - Hampi English translation pending
bonjour,
je projette de revenir en inde sur une boucle Bengalore hampi sur une petite dizaine de jours
périple court donc besoin d'infos pour voir si jouable
avec :
étape 1 : atterrissage Bengalore (apparemment le plus logique)
étape 2 : hampi 3 nuits (surement avec un train de nuit Bengalore-hampi)
étape 3 : ? peut être Mysore ? autre étape ? hassan ?
je suis preneurs d'infos ou d'idées carpe diem
je suis preneurs d'infos ou d'idées carpe diem
Billet d'avion et arrivée tardive à l'aéroport de Kittilä et location de voiture (Finlande) English translation pending
Bonjour,
Si mes recherches avancent, notamment grâce à l'aide apportée par des adhérents VF, je galère encore pour le billet d'avion. Différentes propositions ( Opodo, Travel Genio, etc...) ou directement à la cie Finnair? Quelle a été votre expérience? Avec une arrivée très tardive ( 22h00), avez-vous trouvé une voiture à l'aéroport ( loueur Scandia) ou faut-il prévoir une nuit en ville, notamment à Kittila? Merci beaucoup. Cordialement. Chabcha
PS: en fait, je prendrai un billet avec un supplément bagage en soute ( tarif standard Finnair + cher).
Si mes recherches avancent, notamment grâce à l'aide apportée par des adhérents VF, je galère encore pour le billet d'avion. Différentes propositions ( Opodo, Travel Genio, etc...) ou directement à la cie Finnair? Quelle a été votre expérience? Avec une arrivée très tardive ( 22h00), avez-vous trouvé une voiture à l'aéroport ( loueur Scandia) ou faut-il prévoir une nuit en ville, notamment à Kittila? Merci beaucoup. Cordialement. Chabcha
PS: en fait, je prendrai un billet avec un supplément bagage en soute ( tarif standard Finnair + cher).
Parcours dans la région du Madhya Pradesh et hébergements English translation pending
Bonjour à tous,
Je serai en Inde du 24 décembre 2019 au 21 janvier 2020 avec mon conjoint. Nous passerons une quinzaine de jours dans la région du Kerala pour débuter notre aventure. Par la suite, je pensais me rendre dans certaines villes du Rajastan. J'ai fait une découverte en faisant des recherches et la région du Madhya Pradesh me semble vraiment intéressante. Il y a par contre très peu de blog ou d'informations sur ce secteur.
Considérant que nous prendrions un vol de Cochin à Bhiopal et que je veux remonter vers Agra, les villes sur notre parcours seraient les suivantes:
-Bhiopal -Sanchi -Orchha -Shiupuri -Gwalior
Je sais qu'il y a des temples à voir et tout ça. J'aimerais avoir de l'information générale sur cette région. Comment s'y sent-on ? Est-ce facile d'accès pour les déplacements ? Avez-vous des coups de coeur ou des découvertes sur le trajet que j'ai choisi ? Des suggestions d'hébergement ?
Merci de partager avec moi :)
Je serai en Inde du 24 décembre 2019 au 21 janvier 2020 avec mon conjoint. Nous passerons une quinzaine de jours dans la région du Kerala pour débuter notre aventure. Par la suite, je pensais me rendre dans certaines villes du Rajastan. J'ai fait une découverte en faisant des recherches et la région du Madhya Pradesh me semble vraiment intéressante. Il y a par contre très peu de blog ou d'informations sur ce secteur.
Considérant que nous prendrions un vol de Cochin à Bhiopal et que je veux remonter vers Agra, les villes sur notre parcours seraient les suivantes:
-Bhiopal -Sanchi -Orchha -Shiupuri -Gwalior
Je sais qu'il y a des temples à voir et tout ça. J'aimerais avoir de l'information générale sur cette région. Comment s'y sent-on ? Est-ce facile d'accès pour les déplacements ? Avez-vous des coups de coeur ou des découvertes sur le trajet que j'ai choisi ? Des suggestions d'hébergement ?
Merci de partager avec moi :)
Retour d'un voyage sur la Route de la soie Tachkent - Khiva à vélo English translation pending
Je rentre d'un voyage à vélo en Ouzbékistan le long de la partie de la Route de la Soie entre Tachkent (où je suis arrivé par avion) et Khiva (que j'ai quitté par train de nuit pour retourner à Tachkent prendre l'avion de retour). Ci-dessous un résumé qui pourrait servir à ceux qui envisagent de faire le même trajet.
1. Aspects généraux : - A l'arrivée, j'avais organisé avec un taxi suffisamment grand pour charger le vélo dans son carton (10$ depuis l'aéroport) avec l'hôtel Art. L'hôtel m'a aussi permis de laisser le carton pendant ma randonnée, pour le retrouver à l'arrivée. L'hôtel est en fait un groupe d'hôtels, comprenant entre autres un hostel (chambres communes, 12 US$/nuit) et des hôtels plus classiques (dont l'hôtel Art, Rakatboshi Street, que j'ai utilisé, 27 US$/nuit). J'ai fait les réservations par Whattsap au +998 90 167 8337. - J'ai pu changer des dollars contre des sums dans un petit guichet situé à l'arrivée-bagages. Le guichet était ouvert à 5h du matin. - Il n'y a aucun formulaire de déclaration de devises à remplir. Comme citoyen suisse, je n'ai pas eu besoin de visa. J'ai passé la douane en une minute avec mon carton, en passant du côté vert "Nothing to declare". Tout cela est assez inattendu, il y a d'habitude beaucoup plus de complications à l'arrivée dans les pays de l'ex-URSS. - Il ne faut prendre que des dollars US : cette monnaie représente la seconde monnaie du pays. L'euro est quasiment inconnu en dehors des banques. Beaucoup de services peuvent se payer indifféremment en dollars ou en sums; il n'y a pas de marché parallèle (le taux officiel s'étant aligné sur le taux du marché noir il y a quelques années; en septembre - octobre 2019 le taux était environ de 9'400 sums pour un dollar US). -Les hôtels sont censés délivrer un coupon attestant de votre séjour dans leur établissement ("Registration slip"), la police des frontières étant censée vérifier qu'on a dormi chaque soir dans un hôtel (sous peine de complications au moment de quitter le pays). J'ai donc benoîtement collectionné ces coupons pour les montrer à la sortie du territoire. Le policier qui a tamponné mon passeport n'y a pas jeté le moindre coup d’œil, et a même haussé les épaules quand je lui ai montré les coupons. - Je n'ai pas pris de tente, mais seulement un sac de couchage. Le seul endroit où la tente aurait été très utile aura été pendant les 300 kms de la traversée du désert du Kyzylkum, entre Gazni et Tortkol. J'ai dormi à Gazni dans une tchaikhana, la première à droite dans la direction de Tortkol. J'ai vu le lendemain, quand j'ai quitté cette tchaikhana, une enseigne indiquant "Hostel" environ 300 m plus loin, toujours sur la droite. Je n'ai pas vérifié si l'hostel fonctionnait réellement. J'ai dormi dans une seconde tchaikhana le lendemain (d'autres établissements ne m'ont pas permis d'utiliser leur installation pour sortir mon sac de couchage). - Le voyage m'a coûté en moyenne 30 dollars par jour (incluant hôtels, repas, entrées dans les sites touristiques, train de nuit Khiva-Tachkent), en comprenant des arrêts de 3-4 jours à Tachkent, Samarcande, Boukhara et Khiva. - J'ai acheté une carte SIM locale chez Ucell à Tachkent (métro Abdulla Qodirii, coordonnées GPS : 41°19'01''N, 69°16'56.02''E), avec 8GB de données pour 105'000 sums (environ 16 $US). La couverture réseau (accès à Internet a été bonne à moyenne pendant tout le trajet.
2. Le trajet en vélo : - Le trajet Tachkent - Khiva (1'100 km) a été bouclé en 9 étapes. - On peut circuler à vélo sur toutes les routes. Celles reliant les principales villes sont comparables à ce qu'on appelle des "quatre-voies" en France. Ces routes ont un revêtement allant de très mauvais à moyen-bas, sauf les 200 kms de route qui traverse le désert du Kyzylkum, qui sont un véritable billard. - Les routes sont surchargées, et les Ouzbeks conduisent de façon dangereuse (y compris pour eux-mêmes : personne ne porte la ceinture de sécurité dans les véhicules). De plus, à part dans les villages, aucun Ouzbek ne va à vélo, ce qui fait que les conducteurs fonctionnent comme si les cyclistes étaient transparents. Un rétroviseur sur le vélo est essentiel. Il y n'y a pratiquement pas d'itinéraires secondaires, les routes alternatives ne sont pas entretenues et sont habituellement en très mauvais état. Il faut noter plusieurs villages dans la même province peuvent porter le même nom, ce qui peut compliquer la navigation GPS (c'est vrai autour de Tachkent, et je ne me suis rendu compte que je me dirigeais sur le mauvais village pour sortir de la ville qu'après une quinzaine de kms). - Il fait chaud à très chaud pendant la seconde moitié de septembre. La température descend au-dessous de 30°C pendant la journée au cours de la première semaine d'octobre. On trouve à boire sans problème le long des routes; il faut cependant noter que les tchaikhanas indiqués par Open Street Map lors de la traversée du Kyzylkum sont souvent désaffectées ou abandonnées. Les nuits peuvent être fraîches à partir de début octobre. Pas de pluie pendant mon trajet; le vent peut être d'intensité moyenne, sa direction est variable (j'ai eu un vent de 3/4 face pendant la traversée du Kyzylkum). - On trouve généralement des hôtels de confort moyen à bas dans les villes. Il n'y a en général pas de problèmes de restauration : les tchaikhanas servent habituellement un excellent lagman (soupe aux nouilles); les plovs sont proposés moins souvent. Les samosas (comca en caractères cyrilliques) sont proposés partout; c'est ce que les Ouzbeks souvent prennent au petit-déjeuner. - Les trains prennent les vélos sans problèmes (en tout cas le train de nuit Khiva-Tachkent).
En résumé : - Le trajet en lui-même en vélo n'est pas intéressant. Ce millier de kilomètres est très plat et très monotone (même la montée vers Samarcande, qui est à 800 m d’altitude), et rendu compliqué par la conduite automobile agressive. - Les villes principales le long de la Route de la Soie sont très belles, au moins leur partie ancienne. Les petites villes ou villages traversés en chemin n'offre à-peu-près aucun intérêt. - Je ne me suis jamais senti en insécurité en Ouzbékistan (sauf sur le vélo et dans le trafic automobile local).


1. Aspects généraux : - A l'arrivée, j'avais organisé avec un taxi suffisamment grand pour charger le vélo dans son carton (10$ depuis l'aéroport) avec l'hôtel Art. L'hôtel m'a aussi permis de laisser le carton pendant ma randonnée, pour le retrouver à l'arrivée. L'hôtel est en fait un groupe d'hôtels, comprenant entre autres un hostel (chambres communes, 12 US$/nuit) et des hôtels plus classiques (dont l'hôtel Art, Rakatboshi Street, que j'ai utilisé, 27 US$/nuit). J'ai fait les réservations par Whattsap au +998 90 167 8337. - J'ai pu changer des dollars contre des sums dans un petit guichet situé à l'arrivée-bagages. Le guichet était ouvert à 5h du matin. - Il n'y a aucun formulaire de déclaration de devises à remplir. Comme citoyen suisse, je n'ai pas eu besoin de visa. J'ai passé la douane en une minute avec mon carton, en passant du côté vert "Nothing to declare". Tout cela est assez inattendu, il y a d'habitude beaucoup plus de complications à l'arrivée dans les pays de l'ex-URSS. - Il ne faut prendre que des dollars US : cette monnaie représente la seconde monnaie du pays. L'euro est quasiment inconnu en dehors des banques. Beaucoup de services peuvent se payer indifféremment en dollars ou en sums; il n'y a pas de marché parallèle (le taux officiel s'étant aligné sur le taux du marché noir il y a quelques années; en septembre - octobre 2019 le taux était environ de 9'400 sums pour un dollar US). -Les hôtels sont censés délivrer un coupon attestant de votre séjour dans leur établissement ("Registration slip"), la police des frontières étant censée vérifier qu'on a dormi chaque soir dans un hôtel (sous peine de complications au moment de quitter le pays). J'ai donc benoîtement collectionné ces coupons pour les montrer à la sortie du territoire. Le policier qui a tamponné mon passeport n'y a pas jeté le moindre coup d’œil, et a même haussé les épaules quand je lui ai montré les coupons. - Je n'ai pas pris de tente, mais seulement un sac de couchage. Le seul endroit où la tente aurait été très utile aura été pendant les 300 kms de la traversée du désert du Kyzylkum, entre Gazni et Tortkol. J'ai dormi à Gazni dans une tchaikhana, la première à droite dans la direction de Tortkol. J'ai vu le lendemain, quand j'ai quitté cette tchaikhana, une enseigne indiquant "Hostel" environ 300 m plus loin, toujours sur la droite. Je n'ai pas vérifié si l'hostel fonctionnait réellement. J'ai dormi dans une seconde tchaikhana le lendemain (d'autres établissements ne m'ont pas permis d'utiliser leur installation pour sortir mon sac de couchage). - Le voyage m'a coûté en moyenne 30 dollars par jour (incluant hôtels, repas, entrées dans les sites touristiques, train de nuit Khiva-Tachkent), en comprenant des arrêts de 3-4 jours à Tachkent, Samarcande, Boukhara et Khiva. - J'ai acheté une carte SIM locale chez Ucell à Tachkent (métro Abdulla Qodirii, coordonnées GPS : 41°19'01''N, 69°16'56.02''E), avec 8GB de données pour 105'000 sums (environ 16 $US). La couverture réseau (accès à Internet a été bonne à moyenne pendant tout le trajet.
2. Le trajet en vélo : - Le trajet Tachkent - Khiva (1'100 km) a été bouclé en 9 étapes. - On peut circuler à vélo sur toutes les routes. Celles reliant les principales villes sont comparables à ce qu'on appelle des "quatre-voies" en France. Ces routes ont un revêtement allant de très mauvais à moyen-bas, sauf les 200 kms de route qui traverse le désert du Kyzylkum, qui sont un véritable billard. - Les routes sont surchargées, et les Ouzbeks conduisent de façon dangereuse (y compris pour eux-mêmes : personne ne porte la ceinture de sécurité dans les véhicules). De plus, à part dans les villages, aucun Ouzbek ne va à vélo, ce qui fait que les conducteurs fonctionnent comme si les cyclistes étaient transparents. Un rétroviseur sur le vélo est essentiel. Il y n'y a pratiquement pas d'itinéraires secondaires, les routes alternatives ne sont pas entretenues et sont habituellement en très mauvais état. Il faut noter plusieurs villages dans la même province peuvent porter le même nom, ce qui peut compliquer la navigation GPS (c'est vrai autour de Tachkent, et je ne me suis rendu compte que je me dirigeais sur le mauvais village pour sortir de la ville qu'après une quinzaine de kms). - Il fait chaud à très chaud pendant la seconde moitié de septembre. La température descend au-dessous de 30°C pendant la journée au cours de la première semaine d'octobre. On trouve à boire sans problème le long des routes; il faut cependant noter que les tchaikhanas indiqués par Open Street Map lors de la traversée du Kyzylkum sont souvent désaffectées ou abandonnées. Les nuits peuvent être fraîches à partir de début octobre. Pas de pluie pendant mon trajet; le vent peut être d'intensité moyenne, sa direction est variable (j'ai eu un vent de 3/4 face pendant la traversée du Kyzylkum). - On trouve généralement des hôtels de confort moyen à bas dans les villes. Il n'y a en général pas de problèmes de restauration : les tchaikhanas servent habituellement un excellent lagman (soupe aux nouilles); les plovs sont proposés moins souvent. Les samosas (comca en caractères cyrilliques) sont proposés partout; c'est ce que les Ouzbeks souvent prennent au petit-déjeuner. - Les trains prennent les vélos sans problèmes (en tout cas le train de nuit Khiva-Tachkent).
En résumé : - Le trajet en lui-même en vélo n'est pas intéressant. Ce millier de kilomètres est très plat et très monotone (même la montée vers Samarcande, qui est à 800 m d’altitude), et rendu compliqué par la conduite automobile agressive. - Les villes principales le long de la Route de la Soie sont très belles, au moins leur partie ancienne. Les petites villes ou villages traversés en chemin n'offre à-peu-près aucun intérêt. - Je ne me suis jamais senti en insécurité en Ouzbékistan (sauf sur le vélo et dans le trafic automobile local).


Visa touristique pour deux mois en Thaïlande English translation pending
Bonjour
Je pars le 3 janvier pour 2mois en Thaïlande
Il me faut un visa touristique
Faut il me rendre à l'ambassade à Paris pour déposer et récupérer mes documents
J'habite à 400kms....
Ou passer par une agence qui à flairé le filon....
Merci de vos reponses
Delais après "Titre en cours de production" pour passeport English translation pending
Bonjour,
Mon passeport est en cours de production depuis le 23/09/19, pour ceux qui ont fait des demandes de passeport récemment quel est le délais pour le recevoir après en mairie ?
Merci beaucoup :D
Mon passeport est en cours de production depuis le 23/09/19, pour ceux qui ont fait des demandes de passeport récemment quel est le délais pour le recevoir après en mairie ?
Merci beaucoup :D
Le Lesotho et le Drakensberg en transport public (et à pied) English translation pending
Pas de bon transport direct de Johannesburg au Lesotho, j'ai pris le bus Eldo Coaches pour Bloemfontein et il faut y passer la nuit vu l'heure de ce bus. Le matin, visite de Naval Hill puis aux taxi ranks, du attendre longtemps pour que le minibus se remplisse pour Maseru Bridge.
Maseru Bridge, pas de queue, formalités rapides et je reçois un mois au lieu des 14 jours réglementaires. Marché 2,5 km a la Foothills Guesthouse dans un quartier agréable. Plus tard, marché au Pioneer Mall pour acheter une carte SIM Vodacom (ne pas trop compter sur le Wifi au Lesotho) et le supermarché Pick n Pay (la Foothills Guesthouse a une cuisine commune).
Marché au bazar et minibus (fréquent) pour Motsekoua, et changement a autre minibus pour Malealea. Descendu du minibus au col Gates of Paradise et terminé les derniers kilomètres a pied. Malealea Lodge, très bien, pas cher, campagne authentique. Chorale locale le soir (ou bien beau coucher de soleil en haut de la colline a 10 minutes). Le lendemain belle journée de marche d'une journée en passant par la gorge de Pitseng, sauvage, luxuriante (il y a un saut de 1,5 km dans l'eau et 2 passages hors sentier dans le bush). Le matin il y a des minibus directs de Malealea a Maseru.
Minibus pour Semonkong (pas fréquent, on peut attendre longtemps), belle route, par contre un peu déçu par le Semonkong Lodge (moins bien que Malealea). Autre marche d'une journée aux chutes de Maletsunyane (la descente au pied de la cascade est raide mais un guide est inutile).
Revenu a Maseru, bus pour Butha Buthe puis minibus pour le Mamohase Rural Stay, in peu a l'écart de la route. Autre belle campagne, ballade. Logement très simple, bon repas.
Minibus local pour Moteng, Peu de transports publics pour continuer. On peut faire du stop, mais continue a pied, col de Moteng sur la route puis l'ancien chemin plus court jusqu'après Oxbow. Camping sauvage. Au matin sur la crête qui domine Afriski et descendu a Afriski. Mini piste de neige artificielle, plutôt surréaliste, enclave sud africaine au Lesotho. Puis attendu le bus Maseru Mokhotlong.
Mokhotlong beau paysage aussi. La Tsabi's GH est dans le centre, mais la Shoeshoe GH a 500 metres est mieux. Il y a un supermarché ShopRite et un restaurant correct, le Dinner 1010.
Minibus pour Sani Pass (il va a Pietermaritzburg). Séjour au Backpackers, a mon avis mieux que le lodge lui meme, Pas cher, cuisine, chambres privées, au calme, terrasse abritée du vent (violent).
(A suivre)
(A suivre)
Investissements locatifs en Thaïlande English translation pending
bonjour,
quelqu' un à t' il des retours sur les investissements locatifs avec soit disant 8% par an + garantie de rachat
réalité ou arnaque ?
MERCI
Voyage de 2 semaines en Ouzbékistan en octobre English translation pending
bonjour
je commence à préparer mon voyage en Ouzbékistan 2 semaines en octobre
une première question : nous aimons en voyage passer quelques nuits chez l'habitant (couchsurfing ou autre) qu'en est il en Ouzbékistan ? je lis qu'on est facilement invités mais je lis aussi qu'on doit produire un enregistrement des nuits à la fin du voyage pouvez vous me faire part de vos expériences ?
les fouilles malhonnêtes des policiers existent elles toujours ? surtout à Tachkent ? comment s'en protéger?
et enfin en dehors des grand pôles touristiques conseillés avez vous des choses à voir ou a faire à me conseiller sortir des sentiers battus…….
ah oui aussi je lis qu'il serait potentiellement dangereux de prendre le train de nuit de tachken à Noukous certains ont ils fait l'expérience ?je vous remercie par avance tous les conseils sont les bienvenus
Cécile
Projet d'itinéraire 2 semaines dans le sud de l'Albanie English translation pending
Bonjour à tous,
je suis en cours de finalisation d'un itinéraire dans la partie Sud de l'Albanie, en Août. Nous arriverons par ferry à Saranda et allons louer une voiture classique. Nous aimons les plages, et la culture, en particulier les vestiges antiques. Nous avons 2 jeunes enfants, habitués à voyager partout. Nous préférons ne pas changer de lieu tous les jours, plus compliqué avec les enfants. Voici l'itinéraire pour le moment :
Jour 1 9h10 : Arrivée Saranda Récupération Voiture Route vers Himare / Riviera : 1h30 Nuit Himare 1?
Jour 2 RivieraNuit Himare 2?
Jour 3 RivieraNuit Himare 3?
Jour 4 Route Fier : 2H30 ou Berat : 3h15Passage à Vlora Passage au site archéologique de Orikum? Appolonia Monastère Ardenica Nuit Fier ou Berat 1
Jour 5 Ville de Berat / Canyon?Nuit Fier ou Berat 2
Jour 6 Route Byllis : 0h50Visit Byllis : site archéologique, temps visite? Nuit Fier ou Berat 3
Jour 7 Réserve naturelle Divjake (lagon)Plage Djivaka Route Durres : 1h30 Nuit Durres 1
Jour 8 Route Kruje : 1h00Visite Kruje : Citadelle, Musée ethnographique nationale, Tekké Dollma, Vieux bazar Retour Durres : 1h00 Nuit Durres 2
Jour 9 Route vers les Lacs : 3h15Passage à Elbasan? Nuit Pogradec 1?
Jour 10 Lac OhridNuit Pogradec 2?
Jour 11 Lac PrespaNuit Pogradec 3?
Jour 12 Route Korce : 1h00 ?Visite Korce Route Leskovik : 3h15 Nuit Leskovic
Jour 13 Route Girokaster : 2h30Passage à Permet : pont Ura e Kadiut, eaux thermales de Bënja, vieille ville Visite Girokaster Nuit Girokaster
Jour 14 Visite Girokaster?Route Saranda : 1h00 En route, églises médiévales : Mesopotamon et Labova e Kryqit Plage Ksamil Nuit
Jour 15 Visite Butrint : au mois 3h00Source de l’oeil bleu Nuit Saranda
Jour 16 10h15 : Ferry Saranda - Corfou12h25 : arrivée Corfou
Nous évitons Tirana qui ne nous attire pas trop. J'ai des doutes sur l'équilibrage du temps, certains jours me paraissent creux ( Jour 6, Byliss), d'autres trop chargés (jour 13, Permet / Girokastra). Concernant les lacs, un jour par lac est-il adapté, en sachant que je ne suis pas sûr de pouvoir passer en Macédoine avec la voiture? Ohrid étant très tentant...
Merci d'avance!
je suis en cours de finalisation d'un itinéraire dans la partie Sud de l'Albanie, en Août. Nous arriverons par ferry à Saranda et allons louer une voiture classique. Nous aimons les plages, et la culture, en particulier les vestiges antiques. Nous avons 2 jeunes enfants, habitués à voyager partout. Nous préférons ne pas changer de lieu tous les jours, plus compliqué avec les enfants. Voici l'itinéraire pour le moment :
Jour 1 9h10 : Arrivée Saranda Récupération Voiture Route vers Himare / Riviera : 1h30 Nuit Himare 1?
Jour 2 RivieraNuit Himare 2?
Jour 3 RivieraNuit Himare 3?
Jour 4 Route Fier : 2H30 ou Berat : 3h15Passage à Vlora Passage au site archéologique de Orikum? Appolonia Monastère Ardenica Nuit Fier ou Berat 1
Jour 5 Ville de Berat / Canyon?Nuit Fier ou Berat 2
Jour 6 Route Byllis : 0h50Visit Byllis : site archéologique, temps visite? Nuit Fier ou Berat 3
Jour 7 Réserve naturelle Divjake (lagon)Plage Djivaka Route Durres : 1h30 Nuit Durres 1
Jour 8 Route Kruje : 1h00Visite Kruje : Citadelle, Musée ethnographique nationale, Tekké Dollma, Vieux bazar Retour Durres : 1h00 Nuit Durres 2
Jour 9 Route vers les Lacs : 3h15Passage à Elbasan? Nuit Pogradec 1?
Jour 10 Lac OhridNuit Pogradec 2?
Jour 11 Lac PrespaNuit Pogradec 3?
Jour 12 Route Korce : 1h00 ?Visite Korce Route Leskovik : 3h15 Nuit Leskovic
Jour 13 Route Girokaster : 2h30Passage à Permet : pont Ura e Kadiut, eaux thermales de Bënja, vieille ville Visite Girokaster Nuit Girokaster
Jour 14 Visite Girokaster?Route Saranda : 1h00 En route, églises médiévales : Mesopotamon et Labova e Kryqit Plage Ksamil Nuit
Jour 15 Visite Butrint : au mois 3h00Source de l’oeil bleu Nuit Saranda
Jour 16 10h15 : Ferry Saranda - Corfou12h25 : arrivée Corfou
Nous évitons Tirana qui ne nous attire pas trop. J'ai des doutes sur l'équilibrage du temps, certains jours me paraissent creux ( Jour 6, Byliss), d'autres trop chargés (jour 13, Permet / Girokastra). Concernant les lacs, un jour par lac est-il adapté, en sachant que je ne suis pas sûr de pouvoir passer en Macédoine avec la voiture? Ohrid étant très tentant...
Merci d'avance!
Choix de tente pour la randonnée à vélo English translation pending
Bonjour à tous ...
Je n'ai pas eu de réponse à ma précédente question ... je repose différemment mon interrogation : quel choix de tente pour de la rando à vélo "assez confort" , c'est à dire 3 places tunnel , grand maxi 4 kg . Je penche pour la Vaude Arco XT 3p ou équivalent Robens . Vos avis sont les bienvenus en particulier sur la fiabilité . ( j'ai une mac Kinley tunnel 3 pl. qui arrive à bout de course !)
Merci !
Pierre
Hôtels et contact guides pour visites et treks Tabriz /nord-ouest Iran English translation pending
Bonjour,
J'envisage avec mes deux compagnons de voyage de visiter une seconde fois l'iran en cet été 2019. Nous nous concentrons sur les destinations suivante: l'itinéraire classique du nord ouest (qazvin, vallée alamut, zanjan, tabriz, maku, jolfa, vallée de l'araxe, ardabil).
Pouvez vous me conseiller des adresses d'hotel pas trop cher que vous avez apprécié pour ceux de la communauté qui reviennent de voyage ? Ainsi que des contacts de guides ou agence ou chauffeurs intéressants pour des virées et treks?
Mille mercis Sonia
J'envisage avec mes deux compagnons de voyage de visiter une seconde fois l'iran en cet été 2019. Nous nous concentrons sur les destinations suivante: l'itinéraire classique du nord ouest (qazvin, vallée alamut, zanjan, tabriz, maku, jolfa, vallée de l'araxe, ardabil).
Pouvez vous me conseiller des adresses d'hotel pas trop cher que vous avez apprécié pour ceux de la communauté qui reviennent de voyage ? Ainsi que des contacts de guides ou agence ou chauffeurs intéressants pour des virées et treks?
Mille mercis Sonia
Dien Bien Phu depuis le nord de la Thaïlande English translation pending
Bonjour,
Est il possible de se rendre à DBP depuis la région de Nan au nord thaillande ?
Merci par avance.
Ladava
Est il possible de se rendre à DBP depuis la région de Nan au nord thaillande ?
Merci par avance.
Ladava
L'Iran, un pays de contraste English translation pending
Bonjour,
Suite à mon séjour de 14 jours passés en Iran, je voulais partager un peu mon expérience.
J'ai visité la partie du nord-ouest (Téhéran, Tabriz, Kandovan, Jolfa, Ardabil, Masouleh, Qazvin, Téhéran) ainsi que le désert de LUT (Kerman) qui m'a chamboulé.
Première partie: En premier lieu, je dirai que les paysages sont magiques et magnifiques. Les montagnes sont parfois rouges, puis brunes et quelques kilomètres plus loin, je tombais dans une prairie verte. Après avoir visiter Téhéran, j'ai pris un vol interne pour Tabriz et j'ai visité son splendide bazar. Non, ce n'est pas un mythe, mais un vrai "palais" au milieu de la ville.
A Kandovan, j'ai pu visiter et dormir dans une maison troglodyte, un spectacle féérique.. La nuit passée, les "maisons" étaient recouvertes d'une fine pellicule de neige. Un vrai conte de fée à vrai dire 🙂
Puis, je continue ma route vers Jolfa, ou des églises arméniennes m'attendaient. Elles sont très belles et surtout bien conservées.
Ardabil était un lieu de découverte pour moi, les tapis d'Iran. Je vous cache pas que j'ai cédé pour un petit souvenir ;-)
Proche d'Ardabil, j'ai même tenter les sources d'eau (très) chaudes, un vrai régal au milieu des montagnes.
A Masouleh (petit village de montagne), j'ai discuté avec beaucoup d'Iranien qui m'ont invité à boire le thé et manger quelques spécialités (petits gâteaux).
Pour terminer cette première étape, je me suis rendu à Qazvin, pour voir quelques anciennes mosquées et maison de maîtres sous le shah.
Deuxième partie: Pour terminer ce voyage, j'ai décidé de changer un peu de décor en allant dormir dans le désert de LUT (celui de Kerman) Après un petit Safari dans les dunes, j'ai eu l'opportunité de dormir sous tente. Le guide m'a concocté un magnifique poulet au citron, rôti sur le feu. Et pour couronner le toutes (c'était le 14 avril), la lune était à son apogée.
Bref, un excellent voyage que je recommande à tous. Je vous suggère tout de même de prendre un guide pour la langue et surtout si vous êtes un peu pressé comme moi.
J'ajouterai encore que les iraniens ont le sens de l'accueil. J'ai été à plusieurs reprises invités à partager un repas avec eux et ceci sans arrière pensées
Je vais certainement y revenir dans quelques mois tellement ce voyage m'a boulversé.
Merci de m'avoir lu.
Première partie: En premier lieu, je dirai que les paysages sont magiques et magnifiques. Les montagnes sont parfois rouges, puis brunes et quelques kilomètres plus loin, je tombais dans une prairie verte. Après avoir visiter Téhéran, j'ai pris un vol interne pour Tabriz et j'ai visité son splendide bazar. Non, ce n'est pas un mythe, mais un vrai "palais" au milieu de la ville.
A Kandovan, j'ai pu visiter et dormir dans une maison troglodyte, un spectacle féérique.. La nuit passée, les "maisons" étaient recouvertes d'une fine pellicule de neige. Un vrai conte de fée à vrai dire 🙂
Puis, je continue ma route vers Jolfa, ou des églises arméniennes m'attendaient. Elles sont très belles et surtout bien conservées.
Ardabil était un lieu de découverte pour moi, les tapis d'Iran. Je vous cache pas que j'ai cédé pour un petit souvenir ;-)
Proche d'Ardabil, j'ai même tenter les sources d'eau (très) chaudes, un vrai régal au milieu des montagnes.
A Masouleh (petit village de montagne), j'ai discuté avec beaucoup d'Iranien qui m'ont invité à boire le thé et manger quelques spécialités (petits gâteaux).
Pour terminer cette première étape, je me suis rendu à Qazvin, pour voir quelques anciennes mosquées et maison de maîtres sous le shah.
Deuxième partie: Pour terminer ce voyage, j'ai décidé de changer un peu de décor en allant dormir dans le désert de LUT (celui de Kerman) Après un petit Safari dans les dunes, j'ai eu l'opportunité de dormir sous tente. Le guide m'a concocté un magnifique poulet au citron, rôti sur le feu. Et pour couronner le toutes (c'était le 14 avril), la lune était à son apogée.
Bref, un excellent voyage que je recommande à tous. Je vous suggère tout de même de prendre un guide pour la langue et surtout si vous êtes un peu pressé comme moi.
J'ajouterai encore que les iraniens ont le sens de l'accueil. J'ai été à plusieurs reprises invités à partager un repas avec eux et ceci sans arrière pensées
Je vais certainement y revenir dans quelques mois tellement ce voyage m'a boulversé.
Merci de m'avoir lu.
Itinéraire en Ouzbékistan English translation pending
bonjour à tous, partant en Ouzbékistan avec mon mari en octobre, j'aimerais votre avis sur mon itinéraire:
-arrivée samedi 19/10 à Taskent à 3h du matin puis vol interne pour Noukous . visite du musée de Noukous
-dim 20/10: excursion à Mounyaq
-lundi 21/10: départ pour Kiva en passant par les forteresses d'Eliq Qala
-mardi 22/10: visite de Khiva
-merc 23/10: train pour Boukhara
-24, 25, 26/10: visite de Boukhara
-27/10: train pour Samarcande et visite de samarcande
-28 et 29/10: visite de Samarcande avec train de 17h pour Tashkent
-30/10: train pour Kokand avec visite de Kokand
-jeudi 31/10: excursion à marguilan (bazar Kuntepa et atelier de soieries) et Rishtan (visite ateliers de Poterie)
-1/11: train le matin pour Tashkent
-2 et 3/11: visite de Tashkent
-4/11: avion de retour
est ce que les timing vous semblent bons pour les étapes ? le lonely planet conseille de réserver à l'avance les hébergements sympas type B and B car visiblement ils sont complets en haute saison (donc à la période ou je pars), qu'en pensez vous? je n'ai pas l'habitude de réserver à l'avance car cela coupe la possibilité de modifier l'itinéraire.
je me pose surtout des questions pour la fin du parcours. est ce que 2 jours et demi ne seront pas trop longs sur Tashkent , d'autant que nous aurons déjà vu les "merveilles" de l'Ouzbékistan? me conseillez vous alors de rester un jour de plus dans la vallée de Fergana (mais alors que voir de plus? rien de plus à voir sur le lonely en tout cas). je me suis arrangée avec l'itinéraire pour être sur Marguilan un jeudi, jour d'ouverture du bazar Kuntepa , visiblement très réputé car j'affectionne particulièrement les beaux marchés. Merci de votre aide et/ou conseils .
Laure
est ce que les timing vous semblent bons pour les étapes ? le lonely planet conseille de réserver à l'avance les hébergements sympas type B and B car visiblement ils sont complets en haute saison (donc à la période ou je pars), qu'en pensez vous? je n'ai pas l'habitude de réserver à l'avance car cela coupe la possibilité de modifier l'itinéraire.
je me pose surtout des questions pour la fin du parcours. est ce que 2 jours et demi ne seront pas trop longs sur Tashkent , d'autant que nous aurons déjà vu les "merveilles" de l'Ouzbékistan? me conseillez vous alors de rester un jour de plus dans la vallée de Fergana (mais alors que voir de plus? rien de plus à voir sur le lonely en tout cas). je me suis arrangée avec l'itinéraire pour être sur Marguilan un jeudi, jour d'ouverture du bazar Kuntepa , visiblement très réputé car j'affectionne particulièrement les beaux marchés. Merci de votre aide et/ou conseils .
Laure
Trépied à Naples English translation pending
Bonjour
Je vais à Naples et ses alentours dans deux semaines et tout est dans le titre :) Pour ceux qui ont pris un trépied, est-ce gérable à Naples avec la foule ?
Que conseillez vous ?
merci à tous !
Je vais à Naples et ses alentours dans deux semaines et tout est dans le titre :) Pour ceux qui ont pris un trépied, est-ce gérable à Naples avec la foule ?
Que conseillez vous ?
merci à tous !
Quelques photos d'Iran English translation pending
Quelques photos de mon voyage de 15 jours en Iran effectué début Avril 2019.
L'itinéraire fut le suivant:
Shiraz-Yadz-Bayazeh-Mesr-Esfahan-Kashan-Téhéran
Shiraz
Le bazar Vakil


Shiraz

Le bazar Vakil



Istanbul pendant l'Aïd English translation pending
Bonjour
Je me rends à Istanbul début juin mais je viens de m'apercevoir voir que j'y serais au moment de l'Aïd.
Est ce que tout sera fermé ? Seulement quelques endroits et lesquels ? et si oui pendant combien de temps ?
D'avance merci
Trek Gokyo - Kala Patthar et quand partir English translation pending
Bonjour
nous envisageons un trek de 3 semaine en partant de Lukla qui fait une boucle en passant par le Kala Patthar, lacs Gokyo, col de cho La
Nous avons vu qu'il y a deux mois propices pour ce voyage, Avril ou Novembre. Lequel de ces 2 mois conseillez vous? quels sont les avantages et inconvénients de partir dans les deux cas?
merci pour vos retours
merci pour vos retours
Circuit d'une semaine en voiture en passant par le lac Ohrid (Albanie) English translation pending
Bonjour
Je prévois un circuit en voiture en juin pendant une semaine en Albanie. J'aimerais aller jusqu'au lac Ohrid en partant de Tirana, Elbasan, Pogradec et descendre dans le sud par Korça, Berat jusqu' à Sarande.
J' ai lu que l' état des routes à partir de Pogradec est plutôt mauvais, voire à peine praticable.
Est ce que quelqu'un peut me renseigner sur ce trajet?
D'avance merci. Christa
D'avance merci. Christa
Circuit en Iran: dilemme de fin d'itinéraire (avril) English translation pending
Bonjour,
A tous les Forumeurs qui connaissent l’Iran, je soumets mon projet d’itinéraire pour un temps relativement court (du 8 avril au 20) Merci d’avance pour vos avis et conseils!
Jour 1: arrivée à Chiraz à 04H45 avec Quatar Airways. Formalités (le fameux visa), arrivée à l’hôtel, petit repos, bref la journée sera courte.
Jour 2: Visite Chiraz.
Jour 3: 1ère interrogation: continuer à visiter Chiraz. Ou aller voir Persépolis? Question: pourquoi ne pas s’y arrêter le jour 4 suivant en allant précisément vers Yazd? (dans ce cas, trajet en taxi le jour 4 vers Yazd et non pas en Bus) (sous questions: Combien cela revient-il en taxi en 2019? Le négocier en direct ou via l’hôtel ou agence?
Jour 4 (un vendredi férié) Trajet de toute façon vers Yazd. Suite de la journée pour aborder Yazd.
Jour 5: visite de Yazd. Question: rester à Yazd ou visiter les villages (Kharanaq, etc) Je lis ici et ailleurs des appréciations pas toujours enthousiasmantes par rapport à la fatigue et aux kilomètres à faire pour ces villages).
Jour 6: trajet Yazd vers Ispahan en bus.
Jour: 7 Ispahan.
Jour 8: Ispahan.
Jour 9: Ispahan
C’est au jour 10 que j’ai un dilemne. Deux hypothèses:
HYPOTHESE A (c'est plutôt mon idée pour l'instant) Jour 10: Vol tôt matin (c’est un jeudi) Ispahan-Teheran pour encore voir Téhéran (Bazar) en activité (mais le Bazar serait déjà fermé le jeudi après-midi?) Jour 11 (c’est un vendredi férié) visite des Musées et Parcs Ouverts. Jour 12: lever tôt, taxi et départ à 12H45 de l’aéroport International à 12H45.Si je prends cette hypothèse, quel délai de réservation pour l’avion?
HYPOTHESE B: Hypothèse ou je zappe Téhéran (mais ne pas voir la capitale me perturbe :-) Jour 10: bus vers Kashan et jour 11: soit Kashan soit Qom. (qu’y faire un vendredi?) Jour 12: lever tôt et taxi directement vers l’aéroport international au Sud de Téhéran.
Merci pour vos éclairages!!!
C’est au jour 10 que j’ai un dilemne. Deux hypothèses:
HYPOTHESE A (c'est plutôt mon idée pour l'instant) Jour 10: Vol tôt matin (c’est un jeudi) Ispahan-Teheran pour encore voir Téhéran (Bazar) en activité (mais le Bazar serait déjà fermé le jeudi après-midi?) Jour 11 (c’est un vendredi férié) visite des Musées et Parcs Ouverts. Jour 12: lever tôt, taxi et départ à 12H45 de l’aéroport International à 12H45.Si je prends cette hypothèse, quel délai de réservation pour l’avion?
HYPOTHESE B: Hypothèse ou je zappe Téhéran (mais ne pas voir la capitale me perturbe :-) Jour 10: bus vers Kashan et jour 11: soit Kashan soit Qom. (qu’y faire un vendredi?) Jour 12: lever tôt et taxi directement vers l’aéroport international au Sud de Téhéran.
Merci pour vos éclairages!!!
Une semaine à Fortaleza dans le Ceara English translation pending
Samedi 26 janvier
Le jour tombe quand on arrive à La Souterraine pour prendre le train. Il souffle un vent aigre et on est content de se réfugier dans la salle d’attente bien chauffée de la gare. Le train part vers 7 h et arrive à Paris vers 10 h. Comme notre avion décolle à 13 h, on n’avait pas d’autre choix que venir passer la nuit ici. À l’hôtel, près de la Gare de Lyon, on est accueilli par un réceptionniste robot. Amabilité de façade, discours d’accueil répété sans doute des dizaines de fois par semaine. Enfin, on ne compte pas non plus s’en faire un pote. L’hôtel étant en travaux, on nous a surclassé. On ne va donc pas se plaindre. De fait, la chambre est plutôt grande pour Paris et joliment restaurée.
Finalement, on a une petite faim et on dîne d���un croque à la terrasse d’un petit restau en face de la gare. L’ambiance est décontractée. Autour de nous, un couple avec leur fille ado, deux couples de jeunes à une autre table, le garçon est sympa et efficace. Un vrai garçon de café parisien comme on les aime.
Dimanche 27 janvier
Même pas cinq minutes à attendre la navette pour l’aéroport. Pas eu le temps de se demander si elle passait ou non. Circulation très fluide jusqu’à Roissy. Un peu le bazar au scanner. J’oublie d’ôter mon ceinturon et je dois ressortir le déposer dans un bac. Ensuite la préposée me demande si j’ai du liquide dans ma valise. Non, bien sûr. Eh bien si, j’avais complètement oublié que j’y avais laissé deux bouteilles d’eau. Je ressors une nouvelle fois pour les jeter à la poubelle. Décidément, c’est pas le jour. Du coup, j’ai droit à une fouille de la valise. Comme je voyage léger, il n’y en a que pour une minute. Au moins, les employés sont assez décontractés et plutôt sympas.
Vol Joon. Avion neuf, personnel navigant très sympa. La patte Air France. Comme on est parti pour neuf heures de vol de jour, on risque de trouver le temps long. Je préfère les vols de nuit. Par chance, la sélection cinématographique est excellente et je regarde trois films : En guerre, I feel good et Les vieux fourneaux. Tous trois sont particulièrement d’actualité.
On atterrit à Fortaleza avec un petit peu d’avance. Le passage en douane somme toute assez rapide. Deux Finlandaises derrière nous sont ravies de m’entendre leur sortir les trois mots de finnois qui me restent de l’hiver passé dans leur pays. Dire que je l’ai connu avant elles ! Le privilège de l’âge…
L’aéroport est toujours aussi sinistre. Éclairages tristes, murs gris. Pas grave, on est au chaud ! Au bureau de change, la fille nous parle en anglais mais nous décoche un grand sourire en nous entendant répondre en portugais. Bien que la nuit soit tombée depuis une bonne heure, il fait encore 28 ou 29°. Et ce je ne sais quoi dans l’air qui nous dit qu’on est bien à Fortaleza et pas ailleurs. Un mélange unique de touffeur équatoriale et d’odeurs diffuses.
La route qui va de l’aéroport au centre ressemble enfin à ce qu’on attend de ce genre de route. Une quatre-voies jusqu’à l’Avenida Desembargador Moreira. Il y a dix ans, la quatre-voies ne s’étendait qu’à un kilomètre avant et après l’aéroport. Ensuite, c’était une deux-voies truffée de nids-de-poule et pas ou mal éclairée.
Petit tour de la Praça do Portugal et nous voici à l’hôtel Villa Maior, en bas de l’avenida Visconde de Mauá.
« Senhor Gilles ? » me lance le réceptionniste. Il prononce « Guiliss ». Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi les Brésiliens prononçaient mon prénom comme ça, puisque la prononciation est la même dans nos deux langues. Autre truc rigolo : comme sur les résas, on met toujours le prénom avant le nom, comme il se doit, ils doivent croire que c’est mon nom de famille. En tout cas, l’accueil très sympa et chaleureux. Dieu que je suis content d’être là ! D’ailleurs, je n’arrête pas de le répéter.
La réception donne sur la cour intérieure de l’hôtel construit autour d’une piscine. Celle-ci est entourée de trois bâtiments : celui de la réception avec les chambres dans les étages, un autre sur la droite construit de manière à donner l’impression qu’il s’agit d’une rue brésilienne typique et un troisième en face, le nôtre. Quelques palmiers. Parfait. Encore plein de monde est attablé autour de la piscine pendant que les enfants s’ébattent dans l’eau. La sono diffuse de la MPB, la música popular brasileira. Le décor est planté.
Vite, on dépose nos affaires dans la chambre. L’hésitation ne dure que quelques instants : allez, direction Beira Mar ! Nous ne sommes qu’à 200 mètres de la Feirinha da Noite, le marché nocturne de l’avenue qui longe le bord de mer. Un monde fou pour un dimanche soir, mais il est vrai que ce sont les grandes vacances des Brésiliens. Onze ans qu’on n’est pas revenu, mais hormis quelques gratte-ciels en plus, rien n’a changé. Les vendeurs de gadgets vendent toujours les mêmes gadgets, le mime peint en gris métallisé fait toujours son animation, les marchands ambulants de glaces ou de noix de coco sont toujours là. Tout juste si on remarque que tout est un peu plus aseptisé qu’il y a quelques années.
On s’installe à une table d’une gargote un peu à l’écart, à quelques mètres du trottoir, juste là où commence la plage. On se laisse bercer par le ressac de la marée montante en savourant – enfin ! - une caipirinha. Et en regardant les gens autour de nous. Sur la plage, un jeune serveur de la baraque voisine va de temps en temps sur la plage jouer avec son chien. À la table voisine est assis un jeune couple avec une petite fille et un petit garçon très occupé à chercher des cibles pour son fusil à flèche.
Lundi 28 janvier
Réveil à 6 heures du matin, en heure locale, soit 10 heures en France. On traînasse un peu dans la chambre jusqu’au moment où on se rend compte que si on veut trouver une table libre pour le petit-dèj’, il va falloir se grouiller. Buffet brésilien. On se rue sur les fruits – ananas, pastèque, goyave, melon et papaye. C’est la meilleure saison pour les fruits et on a bien l’intention d’en profiter. Surtout que trouver de la papaye mûre à point en France, ça relève de l’utopie. On est apparemment les seuls étrangers de l’hôtel. Les autres clients sont des Brésiliens du sud. On s’amuse à les regarder faire des selfies assis à côté de la statue de José de Alencar, l’écrivain cearense de l’époque romantique. Les selfies… Narcissiques comme ils sont, on se demande ce que deviendraient les Brésiliens sans leur smartphone.
Bon, et maintenant on fait quoi ? Comme on a pensé la même chose en même temps, c’est parti : on va dans le Centre, sans les appareils photo, juste les mains dans les poches histoire de prendre la température. Des amis qui ont aussi vécu ici, mais sont repassés à Fortaleza ces dernières années nous ont dit des tas d’horreurs. Fortaleza serait devenue un vrai coupe-gorge. À les entendre, il n’est pas question d’aller à pied à la superette du coin : il faut impérativement prendre un taxi.
Nous voilà donc partis sur le coup de neuf heures. Le soleil est déjà haut et il fait facilement 30°. Heureusement, on longe la plage par l’avenue Beira Mar et l’air de la mer tempère son ardeur. À cette heure, c’est calme. Quelques promeneurs, un courageux occasionnel qui fait son jogging. En réalité, on s’en rendra compte le lendemain, ce sont des lève-tard. Ici, on fait son jogging entre six et sept heures. Après, il fait déjà trop chaud.
On arrive à la plage d’Iracema. Tiens, le restaurant Tia Nair a finalement été démoli. Ce doit être récent, parce qu’on l’a encore vu dans Street View il y a peu de temps. Tout le quartier est salement sinistré. Des terrains vagues, des maisons à l’abandon, taguées à souhait. Le pire, c’est le Ponte dos Ingleses. La rambarde en bois est démolie sur plusieurs mètres. Les petites constructions en bois à l’entrée sont fermées et abondamment taguées. D’ailleurs, l’accès est barré par une palissade métallique où on lit que « prochainement », la convivialité des lieux va être restaurée, ou quelque chose comme ça. Eh ben, y a du boulot. C’est vraiment sinistre. Seuls l’Estoril et le Pirata font encore bonne figure dans cet environnement dégradé. Dans les rues voisines, même ambiance générale d’abandon.
On remonte jusqu’au centre culturel Dragão do Mar. Même chose. Les jolies façades des constructions alentour sont pisseuses et couvertes de tags. Le Dragão do Mar proprement dit s’en sort pas trop mal, mais on voit bien que plus rien n’est entretenu. S’il n’y avait pas des vigiles armés à différents emplacements stratégiques, ce serait sans doute bien pire.
De là, on traverse la place du Cristo Redentor avant de nous diriger vers le Centro. Là, au moins, rien n’a changé. Ça se serait même plutôt amélioré. Quartier commercial populaire où la bourgeoisie fortalézienne ne s’aventure pas. On fait une pause dans une « lanchonete », nom donné ici à un snack. Vitamina de graviola pour moi, vitamina de abacaxi et coxinha pour Marielle. On savoure nos boissons en profitant de la brise soufflée par les ventilateurs. C’est l’heure où les gens venus faire quelques courses dans le quartier font une pause.
« Dis donc, qu’est-ce que t’es rouge ! - Euh, tu t’es regardé ? »
Un coup d’œil dans la glace : aïe, c’est déjà foutu, on a bien trinqué. C’est à chaque fois la même chose. On est ici sous l’équateur et ça tape dur. Comme il souffle toujours une petite brise de mer, on ne rend pas compte qu’il faut vraiment se méfier du soleil et… quand on s’en rend compte il est trop tard. Tant pis, demain on sera bronzés.
En sortant, on pousse le pied jusqu’à la place du théâtre… José de Alencar. Très encombrée de stands de vêtements, ustensiles de cuisine et gadgets en tous genres. Des bâtiments dont on ne souvient plus très bien ont été démolies au fond de la place. Il faudra qu’on regarde nos vieilles photos pour savoir ce qu’il y avait là exactement. Je me souviens d’une boutique d’articles religieux, mais c’est tout. On refait une pause, cette fois dans la petite église de la place. L’ambiance est bien différente de celles de nos églises froides et souvent vides. On dénombre une trentaine de fidèles disséminés sur les bancs. L’église est évidemment grande ouverte et à l’intérieur on est bercé par le ronronnement des ventilateurs. On s’esquive au moment où l’office va commencer.
Retour à l’hôtel. Six bons kilomètres. On passe dans le premier quartier où on a habité, juste derrière l’archevêché. Ici, les rues ont conservé leur allure traditionnelle. Elles sont bordées de maisons basses, peintes en blanc ou dans des couleurs pastel un peu passées. Quelques-unes ont un étage ou une courette. Toutes sont fermées par des grilles. Quant aux murs qui les entourent, ils sont surmontés de tessons de bouteille ou de barbelés. Passé le Mercado dos Pinhões, on glisse progressivement dans le quartier bourgeois traditionnel d’Aldeota. Là, les maisons bourgeoises qui n’ont pas encore cédé la place à des immeubles modernes ou des centres commerciaux se cachent derrière une végétation luxuriante et de hauts murs peints en blanc, eux aussi surmontés de barbelés. Pour rentrer chez eux, les propriétaires ne descendent pas de voiture. Ils brandissent la télécommande du portail. D’ailleurs, un écriteau indique qu’il ne faut pas klaxonner, mais utiliser la télécommande. À ce genre de détail on voit que les choses ont un peu changé. Avant, Monsieur klaxonnait nerveusement à plusieurs reprises en rentrant chez lui, manifestant son impatience en attendant que la bonne vienne ouvrir le portail. Aujourd’hui, les nouvelles classes moyennes n’ont plus de valetaille, les familles sont moins nombreuses et les jeunes couples préfèrent s’installer dans un appartement.
On est à la limite du coup de chaud au moment où on arrive enfin à l’hôtel. Il est vrai que pour une première journée, on a fait très fort. Déjà 13-14 kilomètres au compteur, selon nos estimations confirmées par l’appli santé du smartphone.
Quelques heures plus tard, on est requinqué et on va faire quelques courses au Pão de Açucar. Autrefois, cette grande surface comparable à un Carrefour (le PdA appartient d’ailleurs au groupe) ou un centre Leclerc, était ouverte 24 h/24. Surprise : ça ferme à 20 heures. Eh bien, le Brésil a pris un sacré coup de vieux ! Et s’est embourgeoisé. À l’intérieur tout a été réaménagé. C’est beau, c’est brillamment éclairé, c’est riche et on trouve tout, absolument tout. Évidemment, la clientèle n’appartient pas précisément aux classes populaires. Avant, la première chose qu’on remarquait en entrant était l’odeur caractéristique de la carne de sol, cette savoureuse viande séchée au soleil et qui nécessite une préparation longue et compliquée. Aujourd’hui, ça sent, eh bien, comme n’importe quel marché. C’est aseptisé.
À la tombée de la nuit, on va dîner sur Beira Mar. Carne de sol, justement. Ensuite, un petit tour jusqu’au marché aux poissons sur la Volta da Jurema. Dans quelques jours on apprendra que les Fortaléziens, amnésiques comme toujours, ne connaissent plus ce nom. Désormais, on l’appelle simplement par le nom du quartier, Mucuripe. C’est en plein travaux tout du long : on est en train d’aménager des places de parking.
Retour à l’hôtel. On a marché plus de 22 kilomètres aujourd’hui. On n’en revient pas.
Demain, c’est juré, on se calme.
Mardi 29 janvier
Debout à six heures. Ce matin on retourne à Iracema faire quelques photos des fresques, mais aussi des dégradations du Ponte dos Ingleses. Devant l’ancien hôtel Iracema, un type dans les quarante-cinq ou cinquante ans, nous voyant faire des photos vient nous dire que l’établissement – enfin, la ruine – avait été racheté il y a quelques années, « du temps de Tasso », Tasso Jereissati, l’ancien gouverneur. Oui, bien sûr que je me souviens. Le type – pas Tasso – est très sympa et on discute quelques minutes. On apprend que Tasso avait un projet immobilier pour ce site, mais qu’il y a des tas de complications juridiques. Du coup, les arbustes accrochés aux derniers étages continuent de pousser… Au moment de nous séparer, le type me demande si « a senhora », Marielle, est française.
On remonte la Rua dos Tabajaras – dans le quartier, toutes les rues portent le nom de tribus indiennes depuis longtemps disparues – jusqu’au Pirata. Le quartier, un temps haut lieu de la vie nocturne fortalézienne, est bien décrépit. On est quand même agréablement surpris de voir que le petit hôtel où on avait séjourné en 1997 est toujours là. Le Pirata est le seul établissement à faire bonne figure avec ses façades fraîchement repeintes et bien entretenues. De là, on bifurque vers le Ponte dos Ingleses pour faire quelques photos de ce haut lieu de la désolation. Espérons qu’il sera remis en état rapidement.
Ensuite, on traîne sur le bord de mer à faire des photos des fresques. Une dame entre deux âges vient nous trouver. Apprenant qu’on est français, elle est toute heureuse de nous apprendre qu’elle a séjourné à Dijon il y a quelques mois. Il se trouve que nous sommes justement allés visiter la ville l’automne dernier. Elle se dit enchantée de son séjour et de cette ville, qu’elle préfère à Lyon.
Retour à l’hôtel un peu après 8 heures pour le petit-dèj’. On fait traîner en nous laissant bercer par des chansons brésiliennes. Au moins, ils ont le bon goût de ne pas mettre de la variété anglo-saxonne ringarde comme c’est trop souvent le cas dans les hôtels touristiques. Il faut dire que la clientèle est 100 % brésilienne, principalement des états riches du sud du pays.
Comme hier on a fait un peu fort avec nos 22 kilomètres, on passe la journée à glander. À mesure que le soleil se déplace, les clients de l’hôtel vont s’asseoir d’un côté ou de l’autre de la piscine. Quelques femmes seules avec leurs enfants. Des familles. Les gamins s’en donnent à cœur joie. Déjeuner à un petit restau « au kilo » à deux pas de l’hôtel. Cette formule est très en vogue depuis quelques années. On prend un plateau et on se sert, comme à la cafète, mais on fait ensuite peser son assiette. Là, on reçoit un ticket avec un numéro. Si on veut se resservir, on repasse ensuite à la caisse peser l’assiette. On paie donc au poids. Un peu comme dans les restaus chinois de chez nous, qui ont une formule buffet. Pour le café – le cafezinho pour être précis -, une bouteille thermos est posée sur une table près de la sortie. On se sert à volonté, c’est inclus dans le prix.
Dans l’après-midi, on redescend s’asseoir un moment au bord de la piscine. À peine assis, un employé de l’hôtel m’interpelle : un coup de fil pour moi à la réception. C’est Diego qui me rappelle pour confirmer le RV demain matin. Il doit être télépathe ! Diego, c’est un jeune de Mucuripe qui travaille comme guide touristique culturel – ils sont quatre au total pour tout Fortaleza et peut-être même le Ceará. Il est tombé un jour sur www.aquiceara.com et m’a contacté pour avoir des photos de Fortaleza dans les années 80. On a donc convenu de se voir à l’occasion de notre venue.
En fin d’après-midi, le ciel s’est un peu couvert et on en profite pour aller dans un centre commercial acheter un cordon USB pour l’appareil photo. Manque de pot, je me goure d’itinéraire et on se retrouve dans l’avenue Barão de Studart. Au bout de cent mètres, je me rends compte que nous sommes à deux pas de l’épicerie de Thierry. C’est un Français qu’on a connu, et même hébergé quelques jours quand on habitait à Mucuripe en 1986. Au début des années 90, marié depuis peu mais ses finances étant au plus bas, il a décidé d’ouvrir une épicerie. Une activité considérée comme peu prestigieuse, mais sûre. Ça n’a pas trop mal marché et l’épicerie est toujours là. On n’a pas revu Thierry depuis une bonne douzaine d’années. En approchant, j’aperçois deux personnes dans la pénombre et j’ai un doute : après tout, il a peut-être revendu ? C’est sa fille qui nous accueille. Le doute n’est pas permis : elle ressemble comme deux gouttes d’eau à sa mère. Et nous apprend que Thierry est décédé il y a six mois. Cancer. Il n’avait même pas soixante ans. Pour nous, c’est un choc.
C’est encore sous le coup de l’émotion qu’on repart en direction du centre commercial où se trouve apparemment la seule boutique susceptible de vendre le cordon USB recherché. Sur la porte, une affichette : « volto já já » - je reviens tout de suite, tout de suite. On repart. À tous les coups, le papier est là depuis des lustres. D’ailleurs, le Shopping Aldeota dont une copine nous avait tant parlé semble assez mal en point. Boutiques fermées, éclairages sinistres, peu de monde. Pas folichon.
On va manger un truc vite fait sur Beira Mar, mais avant de rentrer, on s’arrête quand même boire une caipirinha. Il n’est que huit ou neuf heures, mais il y a un monde fou. Beaucoup de Paulistas et de Gauchos. Toutes les cinq minutes, un vendeur ambulant vient proposer des lunettes de soleil, des bonbons, des sculptures en fil de fer, des sculptures sur bois, des clopes et même des mini-enceintes pour smartphone… On en a dénombré au moins vingt-cinq en un peu plus d’une heure. Comment est-ce qu’ils font pour vivre ? Tout à coup surgit une femme portant une blouse blanche : une masseuse. Le jeune couple de la table à côté est partant. Le mec doit être chatouilleux parce qu’à un moment donné il part d’un fou rire. Au bout de quelques minutes, on voit les deux types assis à une table à quelques mètres devant la nôtre se gondoler. Nous, on pleure de rire. De même que la masseuse, qui doit s’éloigner un instant pour éponger ses larmes.
Mercredi 30 janvier
Ce matin on rencontre Diego. Il a créé une petite fondation pour la préservation de la mémoire du quartier. Il est venu nous chercher à l’hôtel avec une amie à lui, Rosalia. Elle est guide touristique aussi, et a vécu en France. Elle a d’ailleurs été mariée à un Français.
On se retrouve dans les ruelles de Mucuripe à découvrir son minuscule local, installé dans l’entrée d’une petite maison du quartier. Le coin n’est pas encore envahi par des tours. Dédale de ruelles bordées de maisons basses couvertes de tuiles romanes. Tout le charme d’un quartier populaire. Chez lui, Diego a réuni une impressionnante collection de livres et de photos du quartier. Il nous a même montré un court-métrage tourné sur la plage de Mucuripe en 1941, la même année que celle où Orson Welles a tourné It’s all true. Ensuite, déjeuner d’une moqueca de raia au Mirante, le quartier construit sur la dune et qui domine Mucuripe, avant de rentrer à l’hôtel. Diego et Rosalia doivent aller travailler, et on convient de se revoir samedi.
En fin d’après-midi, on va louer une voiture chez Hertz – ou plutôt chez Localiza. Hertz doit être trop difficile à prononcer pour les Brésiliens. 450 reais, soit 105 € pour 4 jours, kilométrage illimité. Cool. Une petite Nissan toute simple, ça fera parfaitement l’affaire. Et le litre d’essence coûte à peine un euro.
Dîner sur la plage. Ensuite on traîne un moment sur la nouvelle digue à côté de la feirinha da noite, le marché artisanal nocturne. L’endroit est très agréable. On peut profiter du bruit des vagues sans être gêné par la musique et la circulation de Beira Mar tout en contemplant les gratte-ciel du front de mer. Des familles ou des couples d’amoureux font de même. Je filme un jeune chien qui joue avec un petit chat noir et blanc. Je ne suis d’ailleurs pas le seul. Je discute quelques minutes avec le propriétaire du chien, un mec de Mucuripe, justement. Il me confie qu’il est très attaché à ce chien, qui a toujours veillé sur lui pendant l’année où il a dormi dehors…
Jeudi 31 janvier
Eh bien maintenant qu’on a une bagnole, allons donc traîner un peu sur les routes du Ceará ! On n’a rien prévu en particulier. Deux possibilités : le littoral est ou le littoral ouest. Notre préférence va au littoral ouest, on le gardera donc pour la bonne bouche.
On sort donc de Fortaleza par l’avenue Washington Soares. Par rapport à notre dernier séjour, il n’y a finalement guère de changement. Bien sûr, de nouvelles constructions sont sorties de terre un peu partout, les routes ont été élargies, le bétonnage a continué… en passant devant l’Unifor, l’université privée de la Fondation Queiroz, je me revois descendant du bus en 1985 ou 86. On m’avait parlé d’une possibilité de donner des cours. À l’époque, les terrains alentour n’étaient que des étendues herbeuses desséchées par le soleil. Aujourd’hui ce ne sont que centres commerciaux et établissements divers aussi rutilants et prétentieux qu’inutiles.
Passé l’embranchement vers Cofeco et Prainha, la route a perdu son côté campagne. Les terrains occupés par les anacardiers et le manioc sont désormais occupés par des marchands de matériaux. Et ça continue comme ça tout le long de la côte jusqu’après Aquiraz. Des complexes hôteliers en veux-tu, en voilà là où il n’y avait que du sable. À Morro Branco, on renonce finalement à aller revoir les falaises de sable coloré de la Praia das Fontes. Après tout, on connaît tout ça par cœur et on a plutôt envie de juste traîner en bagnole pour nous évader de Fortaleza.
Cette année, on voit que la saison des pluies est un peu en avance. La campagne est très verte et la végétation a poussé avec une vigueur insolente. De Morro Branco, on décide de ne pas continuer le long de la côte, mais de bifurquer vers Pacajus et, de là, d’aller dans la Serra de Guaramiranga. Dès qu’on s’éloigne du littoral, on se retrouve dans une jolie région de collines, d’anciennes dunes colonisées de longue date par la végétation. Très peu de circulation, et la route est plutôt bonne, même s’il ne faut pas relâcher sa vigilance : des nids-de-poule attendent parfois en embuscade et on a un très mauvais souvenir avec ça.
À Pacajus, on perd un bon moment à tourner en rond pour trouver la route de Redenção. Il faut en effet traverser la fédérale, la BR116, mais impossible de trouver le croisement. On l’emprunte d’abord en direction de Fortaleza, mais au bout de quelques kilomètres, rien. Pas de sortie en direction de la montagne. Comme nous sommes sur une deux fois deux-voies, il faut rouler jusqu’au prochain « retorno » pour faire demi-tour. Là, rebelote. On refait quelques kilomètres en sens inverse puis on rentre dans Pacajus. Là, eurêka, au premier croisement il suffit de tourner à gauche… pour nous retrouver sur la BR quelques kilomètres plus loin ! Quelle histoire de fous. Cependant, on a aperçu en face, de l’autre côté de la BR, un panneau au-dessus de la route qu’on cherche. OK, c’est reparti pour un tour. BR jusqu’au retorno puis on guette la sortie à droite. Aucun panneau indicateur, mais tout de même une sortie tout ce qu’il y a de plus anonyme en rase campagne, à l’intérieur d’un virage, et qu’on manque de rater une nouvelle fois. Deux ou trois-cents mètres plus loin, victoire ! On est sur la bonne route. Dingue. Ils ont supprimé purement et simplement l’ancien croisement quand ils ont refait la BR, mais sans mettre aucun panneau indicateur. À l’usager de deviner ! On a un peu l’habitude, mais là ils ont tout de même fait fort.
Sur la route, toujours aussi belle et tranquille qui nous conduit à Redenção, on essuie une ou deux averses. L’arrivée de la saison des pluies est imminente et ce sont les premières escarmouches. En revanche, cela nous donne l’occasion d’apprécier les jeux d’ombre et de lumière des nuages sur les forêts qui couvrent les montagnes au loin.
Il est près de deux heures quand on aperçoit l’escalier blanc à flanc de colline conduisant à la petite chapelle qui domine la ville. On commence à avoir faim et on s’arrête à la sortie en direction de Quixadá, dans un restau bien typique. Comme on hésite devant le menu – on est assez tenté par les côtes d’agneau en ragoût – la patronne donne le coup de pouce décisif : il est justement tout prêt. Question rituelle : « Dá pra dois ? - Dá, sim. » Pour deux, ça ira ? - Oui, bien sûr. Elle nous demande tout de même s’il s’agit d’une pause déjeuner vite fait ou si on est gros mangeurs. On lui fait une réponse de normand. Quelle que soit notre réponse, on sait que ce sera bien cuisiné et abondant. Et on se retrouve avec trois beaux morceaux dans une sauce à se damner et quelques pommes de terre, du riz, de la salade, des spaghettis, et du pirão. On arrose le tout avec de la cajuina. Un vrai déjeuner cearense comme on les aime.
On repart en direction de Baturité, sur les premiers contreforts. Pas que cette montagne soit bien haute, puisque son point culminant est à 1500 mètres, mais les Fortaléziens viennent volontiers y trouver une fraîcheur relative. Tout le long de la route, je peste contre les limitations de vitesse délirantes et les radars – ils en ont mis partout, même jusque par ici. N’oublions pas, bien entendu, les gendarmes couchés de toutes sortes, excessivement nombreux et mal foutus, souvent aussi inutiles que dangereux. Les pires, ce sont les plots en plastique jaune qui dépassent de quatre ou cinq centimètres de l’asphalte – quand ce n’est pas des rues aux pavés disjoints des agglomérations – et ne demandent qu’à bousiller les amortisseurs. Qu’on les prenne au pas, en première, ou à dix kilomètres à l’heure, on ne peut pas s’empêcher de pousser un gros soupir d’exaspération.
Très sinueuse, la route est splendide. La région est relativement verte, même en saison sèche, mais les premières pluies ont accompli des merveilles et… on s’émerveille. Au détour d’un virage on découvre ici ou là une petite maison aux tuiles romanes parée de bougainvilliers avec un panonceau indiquant qu’il s’agit d’une auberge ou d’un « sitio », mi-maison de campagne, mi-fermette. Les rues à l’entrée des bourgs sont bordées de flamboyants en pleine floraison. On passe à l’occasion devant une petite église ou un couvent devant lequel se dressent de majestueux palmiers impériaux d’une vingtaine de mètres. D’ailleurs, je me rendrai compte sur le chemin du retour que ces palmiers, on n’est pas allé les chercher bien loin : ils sont endémiques et on les voit dépasser de la végétation basse par centaines sur les flancs de la montagne.
Après avoir tourné un moment en rond entre Baturité, Maranguape et Mulungu, notamment à cause d’une signalisation routière débile qui nous fait faire dix kilomètres dans un sens puis dans l’autre, c’est un peu à cran qu’on reprend la route de Fortaleza. Quelques kilomètres plus loin, un poste de la police de la route. On nous fait signe de nous arrêter. Il ne manquait plus que ça. Pendant que les keufs examinent mes papiers en prenant un air soupçonneux, comme il se doit. « O carro é alugado ? » La voiture est louée ? Je leur répondrais bien que, pas du tout, on vient de la chourer, mais l’humour qui fait la réputation des Cearenses n’est peut-être pas de mise. Finalement, ils me rendent mes papiers avec le sourire, le plus jeune ajoutant même « Allez la France ! ».
Par chance, passé Redenção, la route est belle et il n’y a quasiment aucun radar. On devrait arriver juste après la tombée de la nuit. Eh bien non : à Maracanau, non seulement il fait déjà nuit, mais des travaux et une déviation très, très mal indiquée nous obligent – nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls – à rebrousser chemin dans une certaine confusion. Quelques mètres plus loin, je pile en voyant un petit bout de chat âgé de tout juste deux mois traverser comme si de rien n’était. La bagnole qui roulait parallèlement à nous en fait autant. Le chauffeur l’a fait par réflexe, sans trop savoir pourquoi, mais comme il fait nuit et qu’il n’y a aucun éclairage à cet endroit, il a dû penser qu’il y avait un nid-de-poule. Enfin, le chat est passé sans encombre et personne ne nous est rentré dedans. C’est l’essentiel.
On finit par se retrouver sur l’anneau routier puis, une dizaine de kilomètres plus loin sur la BR en direction du centre. C’est l’heure des embouteillages, mais comme j’ai loupé la sortie vers Aldeota on se retrouve sur l’Avenida Dom Manuel, ce qui nous fait finalement gagner du temps.
Vendredi 1er février
On est réveillé par l’orage. Le ciel d’un noir d’encre est fréquemment zébré d’éclairs et il pleut très fort. Avant de venir, la météo annonçait de l’orage toute la semaine, mais comme il a fait beau jusqu’ici, on n’y croyait plus. Seulement là, finie la rigolade. Il tombe des trombes d’eau.
Après le petit-déjeuner, une accalmie relative nous décide à prendre la route. Aujourd’hui on a décidé d’aller revoir quelques plages du littoral ouest, et puis l’orage va bien finir par se calmer.
En fait, ça ne se calme pas du tout, du tout. Ça ne fait même qu’empirer. C’est le déluge. Les voitures zigzaguent tant bien que mal entre les flaques – ou plutôt les mares – qui ont envahi la moitié de la chaussée, tantôt du côté gauche, tantôt du côté droit. On ne voit pas à vingt mètres. Avec toute cette flotte, on ne voit pas non plus les gendarmes couchés qui se rappellent brutalement à notre bon souvenir, même en roulant à trente à l’heure. Sans parler des nids-de-poule. Enfin on atteint l’avenue Bezerra de Menezes pour sortir de la ville puis l’embranchement vers la CE-85. Bonne surprise, c’est maintenant une quatre-voies. En 2007, ce n’était encore qu’une deux-voies. La pluie est de plus en plus forte. À soixante à l’heure, on a l’impression de prendre des risques insensés. Heureusement, il n’y a presque pas de circulation. Je suppose que tous ceux qui n’ont pas un besoin impératif de se déplacer ont préféré attendre.
La route qui part vers l’ouest traverse une région de caatinga, forêt de buissons et de petits arbustes ne dépassant guère 4 ou 5 mètres de hauteur, entrecoupée de zones un peu marécageuses où poussent de grandes herbes et des carnaúbas (palmiers rôniers). Comme la saison des pluies a commencé tôt cette année, c’est déjà très vert. Aux abords de São Gonçalo do Amarante, on longe la Lagoa do Cauípe, une très belle lagune dont le niveau a déjà bien monté avec toute cette pluie. Nous avons décidé d’aller jusqu’à Mundaú, à environ 150 km de Fortaleza puis de revenir en faisant des incursions sur les différentes plages.
On roule toute la matinée sous une pluie battante, pour dire le moins, qui met longtemps à se calmer. La route est récente et en bon état, hormis sur un petit tronçon où des nids-de-poule sont en formation. Sous cette pluie battante qui transforme la route en rivière, on ne les repère qu’au dernier moment. Par chance, ça ne dure pas. Je me verrais mal changer une roue par ce temps.
Quelques kilomètres avant Mundaú, on profite de ce que la pluie a presque cessé pour nous arrêter déjeuner dans un bled. Le téléviseur accroché dans un coin de la salle montre des images des inondations à Fortaleza, où il est tombé 55 mm. Pas si exceptionnel, mais à Fortaleza, c’est tout de suite la cata à cause d’infrastructures souvent déficientes. À Paracuru, il est tombé 70 mm et 90 à Crato, dans le sud du Ceará. On est somme toute plutôt bien lotis.
À la sortie de la ville, on constate que la route a été asphaltée récemment, elle aussi, sauf qu’on tombe aussitôt sur un tronçon de 3-400 mètres complètement défoncé (un panneau indique que c’est temporaire…) avant de retrouver un beau macadam bien propre. Pas de doute, on est au Ceará.
Mundaú n’a rien d’exceptionnel, mais je voulais revoir la route côtière entre la plage déserte et les dunes où le sable durci en galettes présente des configurations intéressantes. Le ciel est toujours aussi noir, mais la pluie a cessé depuis le déjeuner. Nous repartons vers l’est, en direction de Paracuru, non sans faire un petit détour par Flexeiras, qu’on ne connaît pas encore. Le village est plutôt mignon, avec ses belles maisons et autres pousadas pour les vacances. Seulement, on se demande comment on peut bien en vivre ici. Le taux de remplissage ne doit pas dépasser 50 %, et encore, pendant un mois par an. On voit bien que le reste du temps, ce doit être assez désolé.
Un peu avant d’arriver à Paracuru, on remarque des drapeaux plantés à intervalles réguliers sur un terrain déboisé de plusieurs hectares, avant de passer devant une petite guérite devant laquelle on a aménagé une petite allée de gravillons. C’est le bureau de vente du lotissement. Ils ont vu grand : il y a de quoi construire je ne sais combien de dizaines de maisons. Et on n’a pas tout vu : quelques centaines de mètres plus loin, on tombe sur deux ou trois autres lotissements du genre. Encore des projets qui vont faire pchitt, la conjoncture économique n’étant plus vraiment porteuse.
On se gare au bout de la route, là où on a aménagé une placette carrelée et des gradins descendant vers la plage. On a également aménagé un trottoir carrelé qui longe la plage sur deux ou trois-cents mètres. Bonne idée. D’ailleurs, cela semble un lieu de promenade assez prisé des mères de famille avec leurs enfants. Dommage qu’on n’ait pas trop le temps, et surtout que la météo est incertaine. On aurait bien poussé le pied jusqu’à l’endroit où la rivière traverse les dunes. Je suppose qu’elles ont encore progressé et remodelé le paysage.
Un peu avant Fortaleza, on décide de faire un crochet par Cumbuco. Là, pas d’illusion à se faire : il y a au moins vingt ans que la plage est pourrie par le tourisme. On s’arrête boire un guaraná. La serveuse doit faire le tour des établissements voisins pour échanger deux canettes de coca contre du guaraná. Ce petit service a un prix : on paie 12 reais pour deux malheureuses canettes !
Enfin, la route de retour à Fortaleza est toujours aussi moche. De chaque côté de la route, des projets immobiliers et autres bâtiments abandonné. L’ensemble donne une sensation de désolation.
Samedi 2 février
Ce matin on a rendez-vous à neuf heures avec Diego. On a convenu d’aller au centre Quatro Varas, à Pirambu, puis au musée du cajou. Quatro Varas est un projet communautaire monté dans les années 80-90 par les habitants du quartier. Pirambu était alors particulièrement miséreux. D’ailleurs, passé une certaine heure, plus aucun taxi ne voulait s’y rendre. Le quartier avait la réputation d’être le plus dangereux du Brésil. Aujourd’hui, c’est simplement un quartier populaire, mais certaines réputations sont tenaces. Diego a son GPS et on arrive à se faufiler dans le dédale de rues conduisant au centre, tout près de la plage. Notre petite Nissan s’en sort avec les honneurs, mais… le centre est fermé le samedi. On s’y attendait un peu, mais là, on en a le cœur net. Diego est mort de trouille. Pourtant il ne faut pas exagérer, à cette heure-ci on ne craint vraiment pas grand-chose. D’ailleurs, il y a dix ans, on est venu ici faire des photos et filmer sans aucun problème.
On repart donc en direction du musée. Incidemment, il se trouve à Guadalajara, là où j’ai en quelque sorte découvert le Brésil en 1984. L’ ONG pour laquelle je bossais avait une petite mission là-bas. À l’époque, c’était encore la campagne. Les rues étaient plutôt des chemins, la plupart des maisons étant séparées par des terrains en friche ou plantés de manioc. Aujourd’hui, c’est complètement méconnaissable. Toutes les rues sont pavées et bordées de maisons, souvent avec un étage. La ville, quoi.
Le musée est installé dans un ancien sitio, c’est-à-dire une ancienne maison de campagne entourée d’un terrain. Celui-ci est ceint d’un haut mur peint en blanc, avec des fresques représentant bien évidemment des cajous de part et d’autre du portail. À l’intérieur, on découvre une végétation magnifique, avec bien entendu quelques anacardiers (l’arbre qui donne le cajou), des atiers, des sapotiers… D’ailleurs, Diego est tout aussi étonné que nous de découvrir un sapotier d’une bonne quinzaine de mètres de haut portant des fruits gros comme des oranges. Ce doit être un spécimen assez exceptionnel.
La maison est tout entière consacrée au cajou : tableaux, sculptures, littérature, photos, canevas… tout ce qu’on a toujours voulu savoir sur le cajou sans jamais oser le demander. Et il y a la boutique où on déguste une excellente cajuina, du jus de cajou qui subit plusieurs filtrations jusqu’à devenir parfaitement translucide avant d’être chauffé au bain-marie jusqu’à obtention d’une belle couleur dorée.
Le fondateur a mis vingt ans à mettre ce musée sur pied. Un passionné de culture, d’art et de traditions qui déplore l’immobilisme, voire l’incompétence des pouvoirs publics. On lui dit qu’on était bien contents que Diego nous accompagne, parce qu’autrement on n’aurait pas trouvé le chemin du musée. Il nous explique qu’il a trente-cinq panneaux indicateurs dans la pièce à côté, mais que pour chacun d’eux il faut une autorisation avant de le placer sur le bord de la route. Et comme les administrations se renvoient toutes la balle, ça peut encore durer des années. Décidément, le Brésil n’a pas changé. Sans doute pourrait-il aller installer ces panneaux lui-même, mais il se trouverait sans doute une ou deux bonnes âmes pour le dénoncer.
La visite terminée, on rentre à Fortaleza pour acheter des cartes postales. Diego nous a appris qu’en fait, on n’en trouvait plus nulle part depuis des années. On n’est pas surpris, il n’y en a jamais eu beaucoup, et de nos jours tout le monde fait des photos sur son smartphone et les envoie par messagerie instantanée. On trouve tout de même un kiosque au marché central où ils en ont encore quelques-unes. Le type les conserve dans une pochette en plastique jusqu’à épuisement du stock. Un coup d’œil rapide nous confirme ce que nous soupçonnions : elles sont moches et en mauvais état.
De là, on se rend dans un centre culturel aménagé dans l’ancien marché central. C’est de là que part le petit train pour la balade de découverte culturelle de Fortaleza. En attendant l’heure du départ, on va jeter un coup d’œil dans la salle du fond. Un concours de rap est en train de s’achever. C’est l’heure de la remise des prix et des photos. Les mecs se la jouent un max en prenant la pose. Enfin, sait-on jamais, ils rencontreront peut-être un succès planétaire un jour…
L’idée de cette balade en petit train ne nous emballe pas du tout, mais Diego a l’air d’y tenir. On n’a guère envie de se ridiculiser dans un de ces petits trains pour touristes comme ceux qu’on voit à Beira Mar avec des animateurs déguisés en Mickey ou Pluto. On est vite rassuré : c’est un truc organisé par une association culturelle et l’animateur n’est autre que le mec du musée du cajou. Un type intelligent qui nous a bien plu par son humour.
On n’est pas déçu : on sillonne le centre historique en nous régalant de ses commentaires. Telle maison bourgeoise ayant autrefois appartenu à une gloire locale mériterait d’être restaurée, mais hélas, il y a des problèmes juridico-financiers. Un peu plus loin, il explique que les maisons traditionnelles de la rue ont été démolies pour un énième projet aussi quelconque qu’inutile, que le gouvernement a engagé 170 millions de l’argent public – « notre argent ». En passant devant une maternité publique, il souligne que le Ceará ne manque pas d’établissements hospitaliers publics, comme celui-ci, et qu’ils valent largement les coûteuses cliniques privées vantées un peu partout. Tel ou tel autre bâtiment « devait être » restauré en vue de je ne sais quoi, mais « hélas »… Dans le train, tout le monde est hilare. « Les grands bâtiments sur votre gauche ? Ils vont être inaugurés dans deux ans. Ben oui, au moment des élections »…
Des visites culturelles comme ça, on en redemande.
À quatre heures de l’après-midi on se retrouve dans un restau sur Beira Mar pour déjeuner. C’est qu’on commence à avoir sérieusement les crocs. Dans la conversation, on reparle du mec du musée et tous les trois, on se dit qu’il nous rappelle quelqu’un mais pas moyen de mettre un nom dessus. Tout à coup, tout s’éclaire quand Diego dit « ah, si, euh, il me rappelle un certain… Gil… Gil... » sur quoi Marielle et moi on enchaîne en chœur : « Gilmar ! ». Diego : oui, c’est ça, Gilmar Chaves ! Il nous montre d’ailleurs une photo de Gilma sur son téléphone. Plus de doute. Et là, on est morts de rire. J’ai connu Gilmar en 1984 et passé pas mal de soirées avec lui à rigoler en buvant de la cachaça. Gilmar, c’est sans doute le pique-assiette le plus connu du Brésil, mais on ne peut pas s’empêcher de le trouver sympa. En 2001, on a même passé quelques jours avec lui à Rio. Il a toujours des tas d’histoires à raconter et connaît tout le monde. Il nous est même arrivé un soir de nous retrouver avec lui sur un podium où le gouverneur était en train de prononcer un discours pour l’inauguration d’un tronçon d’autoroute.
En sortant du restau, on raccompagne Diego à Mucuripe avant de rentrer à l’hôtel. Le soir, on ressort faire un dernier tour à pied à Beira Mar jusqu’au marché aux poissons. La promenade est bien agréable, même si on la connaît par cœur, mais on se dit qu’on ne pourrait vraiment plus vivre ici. Dans les années 80, c’était une expérience formidable, mais ça s’arrête là. Vivre en France peut laisser à désirer à cause des tracasseries administratives et autres, mais c’est de la gaminerie par rapport au Brésil. Ici, tout est compliqué, cher ou dangereux. Bien souvent les trois à la fois. Quand on ne fait qu’y séjourner en vacances, on a l’impression que tout y est possible. Seulement, il y a loin de la coupe aux lèvres. Combien de gringos sont venus ici des rêves plein la tête et ont tout perdu, les rêves, leur argent, leur conjoint, leur santé…
Avant de rentrer, on savoure une jarre de jus de maracuja. Enfin, plutôt deux tellement c’est bon et bien frais. Faut dire qu’ici, on est trempé de sueur en permanence et qu’il y a tout intérêt à bien s’hydrater. Nous avons déniché une table sous un raisinier et profitons du bruit des vagues et de la petite brise qui vient nous rafraîchir en savourant l’instant.
Dimanche 3 février
C’est le jour du départ. Après le petit-déjeuner on remonte faire les bagages. Il n’y en a que pour cinq minutes, mais on met une heure. On a du temps à revendre. En plus, un message d’Air France nous apprend que le vol de retour est retardé de deux heures. Nous décollerons donc à 22 h 30 au lieu de 20 h 30. Comme nous devons rendre la voiture à l’aéroport pour 16 heures, il faut encore trouver quelque chose à faire. L’éternel problème du dernier jour : il faut avoir rendu la chambre à midi, mais trouver le moyen d’occuper le restant de la journée. Que faire, donc ? Sortir de Fortaleza ? pour aller où ? on connaît la région par cœur et puis on n’a guère envie de risquer un pépin le dernier jour. Rester à Fortaleza ? Pour quoi faire ?
Finalement, on quitte l’hôtel sur le coup des onze heures. J’ai envie de jeter un coup d’œil à la Praia do Futuro. Pas notre endroit préféré à Fortaleza. C’est une longue plage où le vent souffle toujours fort. Le soir, c’est un coupe-gorge. D’ailleurs, les immeubles résidentiels ont mis très longtemps à venir s’y installer. Si on décide de venir habiter ici, il vaut mieux s’apprêter à racheter tout ce qui est électrique ou électronique presque tous les ans à cause de la rouille. En arrivant sur place, on se rend compte que la rue pavée longeant la plage sur notre gauche, bordée de quelques paillotes et où de rares cocotiers ont un mal de chien à tenir le coup est à présent doublée d’une avenue parallèle asphaltée. Sur notre droite, une large étendue déserte jusqu’à la dune où sont construits des immeubles résidentiels à l’aspect déjà fatigué à force d’être battus par les vents, le sable et le sel.
Arrivé au bout, on tombe sur le fameux pont franchissant la Sabiaguaba que des copains installés à l’époque sur la plage de Cofeco ont attendu plus de dix ans. Le pont est arrivé trop tard. On fait demi-tour au rond-point de l’autre côté avant de décider d’aller directement à l’aéroport. De toute manière, on est parti pour se faire chier jusqu’à l’heure du décollage, alors y aller un peu plus tôt ou plus tard ne change rien.
Le dimanche, la circulation est des plus fluides et on ne devrait mettre qu’une demi-heure pour y arriver. Il faut « juste » trouver l’agence Hertz, qui a déménagé temporairement à proximité de l’aéroport à cause des travaux en cours. C’est là que ça part de travers. Certaines rues sont désormais en sens unique, on est obligé de faire des détours, la signalisation est souvent mal placée, inexistante ou n’a pas été modifiée lors des réaménagements du plan de circulation. Enfin on arrive sur la bonne route, mais je loupe une sortie et on se retrouve quelques kilomètres plus loin sans pouvoir faire demi-tour. Et comme de juste, aucune indication de l’endroit où se trouve l’aéroport. De toute évidence, on n’est censé s’y rendre qu’en venant du centre de Fortaleza. Si on arrive par l’autre côté, eh bien, bonne chance, Jim. Avisant une sortie, on se retrouve à tourner en rond dans un quartier périphérique sans aucune signalisation. L’appli GPS du téléphone nous permet de nous repérer à peu près, mais on n’ose pas activer le mode données pour ne pas nous retrouver avec une note de téléphone salée. Du coup, on n’est pas tellement avancé. Une fois revenu sur la quatre-voies, je loupe la sortie suivante, apparemment la bonne. Le seul panneau indiquant l’aéroport se trouvait juste après la bretelle de sortie. Aucune indication, ne serait-ce que 100 mètres avant. Bref, c’est passablement énervés après avoir tourné en rond pendant une heure et demie qu’on arrive enfin en vue de l’aéroport. Par chance, l’agence Hertz est bien indiquée et on la trouve tout de suite. Ouf !
L’aéroport de Fortaleza a été reconstruit entièrement il y a une vingtaine d’années. On regrette l’ancien, qui avait tout le charme provincial d’un petit aéroport tropical. Tout était ouvert sur l’extérieur, il n’y avait évidemment pas de climatisation et on se faisait bouffer par les moustiques, mais c’était sympa. Le nouvel aéroport est évidemment mieux adapté à l’augmentation du trafic depuis cette époque. Par contre, il est sinistre. Tout n’est que marbre sombre, on se croirait dans un film de Costa Gavras sur les dictatures sud-américaines des années 70. Un bon point quand même : le food-court de la salle des départs. Des dizaines de tables et de chaises occupent un vaste espace entouré de restaurants où chacun peut choisir ce qui lui plaît. Il y a même une enseigne « Sushi do sertão ». Le sertão évoque des steaks grands comme la main plutôt que des sushis…
Le jour tombe quand on arrive à La Souterraine pour prendre le train. Il souffle un vent aigre et on est content de se réfugier dans la salle d’attente bien chauffée de la gare. Le train part vers 7 h et arrive à Paris vers 10 h. Comme notre avion décolle à 13 h, on n’avait pas d’autre choix que venir passer la nuit ici. À l’hôtel, près de la Gare de Lyon, on est accueilli par un réceptionniste robot. Amabilité de façade, discours d’accueil répété sans doute des dizaines de fois par semaine. Enfin, on ne compte pas non plus s’en faire un pote. L’hôtel étant en travaux, on nous a surclassé. On ne va donc pas se plaindre. De fait, la chambre est plutôt grande pour Paris et joliment restaurée.
Finalement, on a une petite faim et on dîne d���un croque à la terrasse d’un petit restau en face de la gare. L’ambiance est décontractée. Autour de nous, un couple avec leur fille ado, deux couples de jeunes à une autre table, le garçon est sympa et efficace. Un vrai garçon de café parisien comme on les aime.
Dimanche 27 janvier
Même pas cinq minutes à attendre la navette pour l’aéroport. Pas eu le temps de se demander si elle passait ou non. Circulation très fluide jusqu’à Roissy. Un peu le bazar au scanner. J’oublie d’ôter mon ceinturon et je dois ressortir le déposer dans un bac. Ensuite la préposée me demande si j’ai du liquide dans ma valise. Non, bien sûr. Eh bien si, j’avais complètement oublié que j’y avais laissé deux bouteilles d’eau. Je ressors une nouvelle fois pour les jeter à la poubelle. Décidément, c’est pas le jour. Du coup, j’ai droit à une fouille de la valise. Comme je voyage léger, il n’y en a que pour une minute. Au moins, les employés sont assez décontractés et plutôt sympas.
Vol Joon. Avion neuf, personnel navigant très sympa. La patte Air France. Comme on est parti pour neuf heures de vol de jour, on risque de trouver le temps long. Je préfère les vols de nuit. Par chance, la sélection cinématographique est excellente et je regarde trois films : En guerre, I feel good et Les vieux fourneaux. Tous trois sont particulièrement d’actualité.
On atterrit à Fortaleza avec un petit peu d’avance. Le passage en douane somme toute assez rapide. Deux Finlandaises derrière nous sont ravies de m’entendre leur sortir les trois mots de finnois qui me restent de l’hiver passé dans leur pays. Dire que je l’ai connu avant elles ! Le privilège de l’âge…
L’aéroport est toujours aussi sinistre. Éclairages tristes, murs gris. Pas grave, on est au chaud ! Au bureau de change, la fille nous parle en anglais mais nous décoche un grand sourire en nous entendant répondre en portugais. Bien que la nuit soit tombée depuis une bonne heure, il fait encore 28 ou 29°. Et ce je ne sais quoi dans l’air qui nous dit qu’on est bien à Fortaleza et pas ailleurs. Un mélange unique de touffeur équatoriale et d’odeurs diffuses.
La route qui va de l’aéroport au centre ressemble enfin à ce qu’on attend de ce genre de route. Une quatre-voies jusqu’à l’Avenida Desembargador Moreira. Il y a dix ans, la quatre-voies ne s’étendait qu’à un kilomètre avant et après l’aéroport. Ensuite, c’était une deux-voies truffée de nids-de-poule et pas ou mal éclairée.
Petit tour de la Praça do Portugal et nous voici à l’hôtel Villa Maior, en bas de l’avenida Visconde de Mauá.
« Senhor Gilles ? » me lance le réceptionniste. Il prononce « Guiliss ». Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi les Brésiliens prononçaient mon prénom comme ça, puisque la prononciation est la même dans nos deux langues. Autre truc rigolo : comme sur les résas, on met toujours le prénom avant le nom, comme il se doit, ils doivent croire que c’est mon nom de famille. En tout cas, l’accueil très sympa et chaleureux. Dieu que je suis content d’être là ! D’ailleurs, je n’arrête pas de le répéter.
La réception donne sur la cour intérieure de l’hôtel construit autour d’une piscine. Celle-ci est entourée de trois bâtiments : celui de la réception avec les chambres dans les étages, un autre sur la droite construit de manière à donner l’impression qu’il s’agit d’une rue brésilienne typique et un troisième en face, le nôtre. Quelques palmiers. Parfait. Encore plein de monde est attablé autour de la piscine pendant que les enfants s’ébattent dans l’eau. La sono diffuse de la MPB, la música popular brasileira. Le décor est planté.
Vite, on dépose nos affaires dans la chambre. L’hésitation ne dure que quelques instants : allez, direction Beira Mar ! Nous ne sommes qu’à 200 mètres de la Feirinha da Noite, le marché nocturne de l’avenue qui longe le bord de mer. Un monde fou pour un dimanche soir, mais il est vrai que ce sont les grandes vacances des Brésiliens. Onze ans qu’on n’est pas revenu, mais hormis quelques gratte-ciels en plus, rien n’a changé. Les vendeurs de gadgets vendent toujours les mêmes gadgets, le mime peint en gris métallisé fait toujours son animation, les marchands ambulants de glaces ou de noix de coco sont toujours là. Tout juste si on remarque que tout est un peu plus aseptisé qu’il y a quelques années.
On s’installe à une table d’une gargote un peu à l’écart, à quelques mètres du trottoir, juste là où commence la plage. On se laisse bercer par le ressac de la marée montante en savourant – enfin ! - une caipirinha. Et en regardant les gens autour de nous. Sur la plage, un jeune serveur de la baraque voisine va de temps en temps sur la plage jouer avec son chien. À la table voisine est assis un jeune couple avec une petite fille et un petit garçon très occupé à chercher des cibles pour son fusil à flèche.
Lundi 28 janvier
Réveil à 6 heures du matin, en heure locale, soit 10 heures en France. On traînasse un peu dans la chambre jusqu’au moment où on se rend compte que si on veut trouver une table libre pour le petit-dèj’, il va falloir se grouiller. Buffet brésilien. On se rue sur les fruits – ananas, pastèque, goyave, melon et papaye. C’est la meilleure saison pour les fruits et on a bien l’intention d’en profiter. Surtout que trouver de la papaye mûre à point en France, ça relève de l’utopie. On est apparemment les seuls étrangers de l’hôtel. Les autres clients sont des Brésiliens du sud. On s’amuse à les regarder faire des selfies assis à côté de la statue de José de Alencar, l’écrivain cearense de l’époque romantique. Les selfies… Narcissiques comme ils sont, on se demande ce que deviendraient les Brésiliens sans leur smartphone.
Bon, et maintenant on fait quoi ? Comme on a pensé la même chose en même temps, c’est parti : on va dans le Centre, sans les appareils photo, juste les mains dans les poches histoire de prendre la température. Des amis qui ont aussi vécu ici, mais sont repassés à Fortaleza ces dernières années nous ont dit des tas d’horreurs. Fortaleza serait devenue un vrai coupe-gorge. À les entendre, il n’est pas question d’aller à pied à la superette du coin : il faut impérativement prendre un taxi.
Nous voilà donc partis sur le coup de neuf heures. Le soleil est déjà haut et il fait facilement 30°. Heureusement, on longe la plage par l’avenue Beira Mar et l’air de la mer tempère son ardeur. À cette heure, c’est calme. Quelques promeneurs, un courageux occasionnel qui fait son jogging. En réalité, on s’en rendra compte le lendemain, ce sont des lève-tard. Ici, on fait son jogging entre six et sept heures. Après, il fait déjà trop chaud.
On arrive à la plage d’Iracema. Tiens, le restaurant Tia Nair a finalement été démoli. Ce doit être récent, parce qu’on l’a encore vu dans Street View il y a peu de temps. Tout le quartier est salement sinistré. Des terrains vagues, des maisons à l’abandon, taguées à souhait. Le pire, c’est le Ponte dos Ingleses. La rambarde en bois est démolie sur plusieurs mètres. Les petites constructions en bois à l’entrée sont fermées et abondamment taguées. D’ailleurs, l’accès est barré par une palissade métallique où on lit que « prochainement », la convivialité des lieux va être restaurée, ou quelque chose comme ça. Eh ben, y a du boulot. C’est vraiment sinistre. Seuls l’Estoril et le Pirata font encore bonne figure dans cet environnement dégradé. Dans les rues voisines, même ambiance générale d’abandon.
On remonte jusqu’au centre culturel Dragão do Mar. Même chose. Les jolies façades des constructions alentour sont pisseuses et couvertes de tags. Le Dragão do Mar proprement dit s’en sort pas trop mal, mais on voit bien que plus rien n’est entretenu. S’il n’y avait pas des vigiles armés à différents emplacements stratégiques, ce serait sans doute bien pire.
De là, on traverse la place du Cristo Redentor avant de nous diriger vers le Centro. Là, au moins, rien n’a changé. Ça se serait même plutôt amélioré. Quartier commercial populaire où la bourgeoisie fortalézienne ne s’aventure pas. On fait une pause dans une « lanchonete », nom donné ici à un snack. Vitamina de graviola pour moi, vitamina de abacaxi et coxinha pour Marielle. On savoure nos boissons en profitant de la brise soufflée par les ventilateurs. C’est l’heure où les gens venus faire quelques courses dans le quartier font une pause.
« Dis donc, qu’est-ce que t’es rouge ! - Euh, tu t’es regardé ? »
Un coup d’œil dans la glace : aïe, c’est déjà foutu, on a bien trinqué. C’est à chaque fois la même chose. On est ici sous l’équateur et ça tape dur. Comme il souffle toujours une petite brise de mer, on ne rend pas compte qu’il faut vraiment se méfier du soleil et… quand on s’en rend compte il est trop tard. Tant pis, demain on sera bronzés.
En sortant, on pousse le pied jusqu’à la place du théâtre… José de Alencar. Très encombrée de stands de vêtements, ustensiles de cuisine et gadgets en tous genres. Des bâtiments dont on ne souvient plus très bien ont été démolies au fond de la place. Il faudra qu’on regarde nos vieilles photos pour savoir ce qu’il y avait là exactement. Je me souviens d’une boutique d’articles religieux, mais c’est tout. On refait une pause, cette fois dans la petite église de la place. L’ambiance est bien différente de celles de nos églises froides et souvent vides. On dénombre une trentaine de fidèles disséminés sur les bancs. L’église est évidemment grande ouverte et à l’intérieur on est bercé par le ronronnement des ventilateurs. On s’esquive au moment où l’office va commencer.
Retour à l’hôtel. Six bons kilomètres. On passe dans le premier quartier où on a habité, juste derrière l’archevêché. Ici, les rues ont conservé leur allure traditionnelle. Elles sont bordées de maisons basses, peintes en blanc ou dans des couleurs pastel un peu passées. Quelques-unes ont un étage ou une courette. Toutes sont fermées par des grilles. Quant aux murs qui les entourent, ils sont surmontés de tessons de bouteille ou de barbelés. Passé le Mercado dos Pinhões, on glisse progressivement dans le quartier bourgeois traditionnel d’Aldeota. Là, les maisons bourgeoises qui n’ont pas encore cédé la place à des immeubles modernes ou des centres commerciaux se cachent derrière une végétation luxuriante et de hauts murs peints en blanc, eux aussi surmontés de barbelés. Pour rentrer chez eux, les propriétaires ne descendent pas de voiture. Ils brandissent la télécommande du portail. D’ailleurs, un écriteau indique qu’il ne faut pas klaxonner, mais utiliser la télécommande. À ce genre de détail on voit que les choses ont un peu changé. Avant, Monsieur klaxonnait nerveusement à plusieurs reprises en rentrant chez lui, manifestant son impatience en attendant que la bonne vienne ouvrir le portail. Aujourd’hui, les nouvelles classes moyennes n’ont plus de valetaille, les familles sont moins nombreuses et les jeunes couples préfèrent s’installer dans un appartement.
On est à la limite du coup de chaud au moment où on arrive enfin à l’hôtel. Il est vrai que pour une première journée, on a fait très fort. Déjà 13-14 kilomètres au compteur, selon nos estimations confirmées par l’appli santé du smartphone.
Quelques heures plus tard, on est requinqué et on va faire quelques courses au Pão de Açucar. Autrefois, cette grande surface comparable à un Carrefour (le PdA appartient d’ailleurs au groupe) ou un centre Leclerc, était ouverte 24 h/24. Surprise : ça ferme à 20 heures. Eh bien, le Brésil a pris un sacré coup de vieux ! Et s’est embourgeoisé. À l’intérieur tout a été réaménagé. C’est beau, c’est brillamment éclairé, c’est riche et on trouve tout, absolument tout. Évidemment, la clientèle n’appartient pas précisément aux classes populaires. Avant, la première chose qu’on remarquait en entrant était l’odeur caractéristique de la carne de sol, cette savoureuse viande séchée au soleil et qui nécessite une préparation longue et compliquée. Aujourd’hui, ça sent, eh bien, comme n’importe quel marché. C’est aseptisé.
À la tombée de la nuit, on va dîner sur Beira Mar. Carne de sol, justement. Ensuite, un petit tour jusqu’au marché aux poissons sur la Volta da Jurema. Dans quelques jours on apprendra que les Fortaléziens, amnésiques comme toujours, ne connaissent plus ce nom. Désormais, on l’appelle simplement par le nom du quartier, Mucuripe. C’est en plein travaux tout du long : on est en train d’aménager des places de parking.
Retour à l’hôtel. On a marché plus de 22 kilomètres aujourd’hui. On n’en revient pas.
Demain, c’est juré, on se calme.
Mardi 29 janvier
Debout à six heures. Ce matin on retourne à Iracema faire quelques photos des fresques, mais aussi des dégradations du Ponte dos Ingleses. Devant l’ancien hôtel Iracema, un type dans les quarante-cinq ou cinquante ans, nous voyant faire des photos vient nous dire que l’établissement – enfin, la ruine – avait été racheté il y a quelques années, « du temps de Tasso », Tasso Jereissati, l’ancien gouverneur. Oui, bien sûr que je me souviens. Le type – pas Tasso – est très sympa et on discute quelques minutes. On apprend que Tasso avait un projet immobilier pour ce site, mais qu’il y a des tas de complications juridiques. Du coup, les arbustes accrochés aux derniers étages continuent de pousser… Au moment de nous séparer, le type me demande si « a senhora », Marielle, est française.
On remonte la Rua dos Tabajaras – dans le quartier, toutes les rues portent le nom de tribus indiennes depuis longtemps disparues – jusqu’au Pirata. Le quartier, un temps haut lieu de la vie nocturne fortalézienne, est bien décrépit. On est quand même agréablement surpris de voir que le petit hôtel où on avait séjourné en 1997 est toujours là. Le Pirata est le seul établissement à faire bonne figure avec ses façades fraîchement repeintes et bien entretenues. De là, on bifurque vers le Ponte dos Ingleses pour faire quelques photos de ce haut lieu de la désolation. Espérons qu’il sera remis en état rapidement.
Ensuite, on traîne sur le bord de mer à faire des photos des fresques. Une dame entre deux âges vient nous trouver. Apprenant qu’on est français, elle est toute heureuse de nous apprendre qu’elle a séjourné à Dijon il y a quelques mois. Il se trouve que nous sommes justement allés visiter la ville l’automne dernier. Elle se dit enchantée de son séjour et de cette ville, qu’elle préfère à Lyon.
Retour à l’hôtel un peu après 8 heures pour le petit-dèj’. On fait traîner en nous laissant bercer par des chansons brésiliennes. Au moins, ils ont le bon goût de ne pas mettre de la variété anglo-saxonne ringarde comme c’est trop souvent le cas dans les hôtels touristiques. Il faut dire que la clientèle est 100 % brésilienne, principalement des états riches du sud du pays.
Comme hier on a fait un peu fort avec nos 22 kilomètres, on passe la journée à glander. À mesure que le soleil se déplace, les clients de l’hôtel vont s’asseoir d’un côté ou de l’autre de la piscine. Quelques femmes seules avec leurs enfants. Des familles. Les gamins s’en donnent à cœur joie. Déjeuner à un petit restau « au kilo » à deux pas de l’hôtel. Cette formule est très en vogue depuis quelques années. On prend un plateau et on se sert, comme à la cafète, mais on fait ensuite peser son assiette. Là, on reçoit un ticket avec un numéro. Si on veut se resservir, on repasse ensuite à la caisse peser l’assiette. On paie donc au poids. Un peu comme dans les restaus chinois de chez nous, qui ont une formule buffet. Pour le café – le cafezinho pour être précis -, une bouteille thermos est posée sur une table près de la sortie. On se sert à volonté, c’est inclus dans le prix.
Dans l’après-midi, on redescend s’asseoir un moment au bord de la piscine. À peine assis, un employé de l’hôtel m’interpelle : un coup de fil pour moi à la réception. C’est Diego qui me rappelle pour confirmer le RV demain matin. Il doit être télépathe ! Diego, c’est un jeune de Mucuripe qui travaille comme guide touristique culturel – ils sont quatre au total pour tout Fortaleza et peut-être même le Ceará. Il est tombé un jour sur www.aquiceara.com et m’a contacté pour avoir des photos de Fortaleza dans les années 80. On a donc convenu de se voir à l’occasion de notre venue.
En fin d’après-midi, le ciel s’est un peu couvert et on en profite pour aller dans un centre commercial acheter un cordon USB pour l’appareil photo. Manque de pot, je me goure d’itinéraire et on se retrouve dans l’avenue Barão de Studart. Au bout de cent mètres, je me rends compte que nous sommes à deux pas de l’épicerie de Thierry. C’est un Français qu’on a connu, et même hébergé quelques jours quand on habitait à Mucuripe en 1986. Au début des années 90, marié depuis peu mais ses finances étant au plus bas, il a décidé d’ouvrir une épicerie. Une activité considérée comme peu prestigieuse, mais sûre. Ça n’a pas trop mal marché et l’épicerie est toujours là. On n’a pas revu Thierry depuis une bonne douzaine d’années. En approchant, j’aperçois deux personnes dans la pénombre et j’ai un doute : après tout, il a peut-être revendu ? C’est sa fille qui nous accueille. Le doute n’est pas permis : elle ressemble comme deux gouttes d’eau à sa mère. Et nous apprend que Thierry est décédé il y a six mois. Cancer. Il n’avait même pas soixante ans. Pour nous, c’est un choc.
C’est encore sous le coup de l’émotion qu’on repart en direction du centre commercial où se trouve apparemment la seule boutique susceptible de vendre le cordon USB recherché. Sur la porte, une affichette : « volto já já » - je reviens tout de suite, tout de suite. On repart. À tous les coups, le papier est là depuis des lustres. D’ailleurs, le Shopping Aldeota dont une copine nous avait tant parlé semble assez mal en point. Boutiques fermées, éclairages sinistres, peu de monde. Pas folichon.
On va manger un truc vite fait sur Beira Mar, mais avant de rentrer, on s’arrête quand même boire une caipirinha. Il n’est que huit ou neuf heures, mais il y a un monde fou. Beaucoup de Paulistas et de Gauchos. Toutes les cinq minutes, un vendeur ambulant vient proposer des lunettes de soleil, des bonbons, des sculptures en fil de fer, des sculptures sur bois, des clopes et même des mini-enceintes pour smartphone… On en a dénombré au moins vingt-cinq en un peu plus d’une heure. Comment est-ce qu’ils font pour vivre ? Tout à coup surgit une femme portant une blouse blanche : une masseuse. Le jeune couple de la table à côté est partant. Le mec doit être chatouilleux parce qu’à un moment donné il part d’un fou rire. Au bout de quelques minutes, on voit les deux types assis à une table à quelques mètres devant la nôtre se gondoler. Nous, on pleure de rire. De même que la masseuse, qui doit s’éloigner un instant pour éponger ses larmes.
Mercredi 30 janvier
Ce matin on rencontre Diego. Il a créé une petite fondation pour la préservation de la mémoire du quartier. Il est venu nous chercher à l’hôtel avec une amie à lui, Rosalia. Elle est guide touristique aussi, et a vécu en France. Elle a d’ailleurs été mariée à un Français.
On se retrouve dans les ruelles de Mucuripe à découvrir son minuscule local, installé dans l’entrée d’une petite maison du quartier. Le coin n’est pas encore envahi par des tours. Dédale de ruelles bordées de maisons basses couvertes de tuiles romanes. Tout le charme d’un quartier populaire. Chez lui, Diego a réuni une impressionnante collection de livres et de photos du quartier. Il nous a même montré un court-métrage tourné sur la plage de Mucuripe en 1941, la même année que celle où Orson Welles a tourné It’s all true. Ensuite, déjeuner d’une moqueca de raia au Mirante, le quartier construit sur la dune et qui domine Mucuripe, avant de rentrer à l’hôtel. Diego et Rosalia doivent aller travailler, et on convient de se revoir samedi.
En fin d’après-midi, on va louer une voiture chez Hertz – ou plutôt chez Localiza. Hertz doit être trop difficile à prononcer pour les Brésiliens. 450 reais, soit 105 € pour 4 jours, kilométrage illimité. Cool. Une petite Nissan toute simple, ça fera parfaitement l’affaire. Et le litre d’essence coûte à peine un euro.
Dîner sur la plage. Ensuite on traîne un moment sur la nouvelle digue à côté de la feirinha da noite, le marché artisanal nocturne. L’endroit est très agréable. On peut profiter du bruit des vagues sans être gêné par la musique et la circulation de Beira Mar tout en contemplant les gratte-ciel du front de mer. Des familles ou des couples d’amoureux font de même. Je filme un jeune chien qui joue avec un petit chat noir et blanc. Je ne suis d’ailleurs pas le seul. Je discute quelques minutes avec le propriétaire du chien, un mec de Mucuripe, justement. Il me confie qu’il est très attaché à ce chien, qui a toujours veillé sur lui pendant l’année où il a dormi dehors…
Jeudi 31 janvier
Eh bien maintenant qu’on a une bagnole, allons donc traîner un peu sur les routes du Ceará ! On n’a rien prévu en particulier. Deux possibilités : le littoral est ou le littoral ouest. Notre préférence va au littoral ouest, on le gardera donc pour la bonne bouche.
On sort donc de Fortaleza par l’avenue Washington Soares. Par rapport à notre dernier séjour, il n’y a finalement guère de changement. Bien sûr, de nouvelles constructions sont sorties de terre un peu partout, les routes ont été élargies, le bétonnage a continué… en passant devant l’Unifor, l’université privée de la Fondation Queiroz, je me revois descendant du bus en 1985 ou 86. On m’avait parlé d’une possibilité de donner des cours. À l’époque, les terrains alentour n’étaient que des étendues herbeuses desséchées par le soleil. Aujourd’hui ce ne sont que centres commerciaux et établissements divers aussi rutilants et prétentieux qu’inutiles.
Passé l’embranchement vers Cofeco et Prainha, la route a perdu son côté campagne. Les terrains occupés par les anacardiers et le manioc sont désormais occupés par des marchands de matériaux. Et ça continue comme ça tout le long de la côte jusqu’après Aquiraz. Des complexes hôteliers en veux-tu, en voilà là où il n’y avait que du sable. À Morro Branco, on renonce finalement à aller revoir les falaises de sable coloré de la Praia das Fontes. Après tout, on connaît tout ça par cœur et on a plutôt envie de juste traîner en bagnole pour nous évader de Fortaleza.
Cette année, on voit que la saison des pluies est un peu en avance. La campagne est très verte et la végétation a poussé avec une vigueur insolente. De Morro Branco, on décide de ne pas continuer le long de la côte, mais de bifurquer vers Pacajus et, de là, d’aller dans la Serra de Guaramiranga. Dès qu’on s’éloigne du littoral, on se retrouve dans une jolie région de collines, d’anciennes dunes colonisées de longue date par la végétation. Très peu de circulation, et la route est plutôt bonne, même s’il ne faut pas relâcher sa vigilance : des nids-de-poule attendent parfois en embuscade et on a un très mauvais souvenir avec ça.
À Pacajus, on perd un bon moment à tourner en rond pour trouver la route de Redenção. Il faut en effet traverser la fédérale, la BR116, mais impossible de trouver le croisement. On l’emprunte d’abord en direction de Fortaleza, mais au bout de quelques kilomètres, rien. Pas de sortie en direction de la montagne. Comme nous sommes sur une deux fois deux-voies, il faut rouler jusqu’au prochain « retorno » pour faire demi-tour. Là, rebelote. On refait quelques kilomètres en sens inverse puis on rentre dans Pacajus. Là, eurêka, au premier croisement il suffit de tourner à gauche… pour nous retrouver sur la BR quelques kilomètres plus loin ! Quelle histoire de fous. Cependant, on a aperçu en face, de l’autre côté de la BR, un panneau au-dessus de la route qu’on cherche. OK, c’est reparti pour un tour. BR jusqu’au retorno puis on guette la sortie à droite. Aucun panneau indicateur, mais tout de même une sortie tout ce qu’il y a de plus anonyme en rase campagne, à l’intérieur d’un virage, et qu’on manque de rater une nouvelle fois. Deux ou trois-cents mètres plus loin, victoire ! On est sur la bonne route. Dingue. Ils ont supprimé purement et simplement l’ancien croisement quand ils ont refait la BR, mais sans mettre aucun panneau indicateur. À l’usager de deviner ! On a un peu l’habitude, mais là ils ont tout de même fait fort.
Sur la route, toujours aussi belle et tranquille qui nous conduit à Redenção, on essuie une ou deux averses. L’arrivée de la saison des pluies est imminente et ce sont les premières escarmouches. En revanche, cela nous donne l’occasion d’apprécier les jeux d’ombre et de lumière des nuages sur les forêts qui couvrent les montagnes au loin.
Il est près de deux heures quand on aperçoit l’escalier blanc à flanc de colline conduisant à la petite chapelle qui domine la ville. On commence à avoir faim et on s’arrête à la sortie en direction de Quixadá, dans un restau bien typique. Comme on hésite devant le menu – on est assez tenté par les côtes d’agneau en ragoût – la patronne donne le coup de pouce décisif : il est justement tout prêt. Question rituelle : « Dá pra dois ? - Dá, sim. » Pour deux, ça ira ? - Oui, bien sûr. Elle nous demande tout de même s’il s’agit d’une pause déjeuner vite fait ou si on est gros mangeurs. On lui fait une réponse de normand. Quelle que soit notre réponse, on sait que ce sera bien cuisiné et abondant. Et on se retrouve avec trois beaux morceaux dans une sauce à se damner et quelques pommes de terre, du riz, de la salade, des spaghettis, et du pirão. On arrose le tout avec de la cajuina. Un vrai déjeuner cearense comme on les aime.
On repart en direction de Baturité, sur les premiers contreforts. Pas que cette montagne soit bien haute, puisque son point culminant est à 1500 mètres, mais les Fortaléziens viennent volontiers y trouver une fraîcheur relative. Tout le long de la route, je peste contre les limitations de vitesse délirantes et les radars – ils en ont mis partout, même jusque par ici. N’oublions pas, bien entendu, les gendarmes couchés de toutes sortes, excessivement nombreux et mal foutus, souvent aussi inutiles que dangereux. Les pires, ce sont les plots en plastique jaune qui dépassent de quatre ou cinq centimètres de l’asphalte – quand ce n’est pas des rues aux pavés disjoints des agglomérations – et ne demandent qu’à bousiller les amortisseurs. Qu’on les prenne au pas, en première, ou à dix kilomètres à l’heure, on ne peut pas s’empêcher de pousser un gros soupir d’exaspération.
Très sinueuse, la route est splendide. La région est relativement verte, même en saison sèche, mais les premières pluies ont accompli des merveilles et… on s’émerveille. Au détour d’un virage on découvre ici ou là une petite maison aux tuiles romanes parée de bougainvilliers avec un panonceau indiquant qu’il s’agit d’une auberge ou d’un « sitio », mi-maison de campagne, mi-fermette. Les rues à l’entrée des bourgs sont bordées de flamboyants en pleine floraison. On passe à l’occasion devant une petite église ou un couvent devant lequel se dressent de majestueux palmiers impériaux d’une vingtaine de mètres. D’ailleurs, je me rendrai compte sur le chemin du retour que ces palmiers, on n’est pas allé les chercher bien loin : ils sont endémiques et on les voit dépasser de la végétation basse par centaines sur les flancs de la montagne.
Après avoir tourné un moment en rond entre Baturité, Maranguape et Mulungu, notamment à cause d’une signalisation routière débile qui nous fait faire dix kilomètres dans un sens puis dans l’autre, c’est un peu à cran qu’on reprend la route de Fortaleza. Quelques kilomètres plus loin, un poste de la police de la route. On nous fait signe de nous arrêter. Il ne manquait plus que ça. Pendant que les keufs examinent mes papiers en prenant un air soupçonneux, comme il se doit. « O carro é alugado ? » La voiture est louée ? Je leur répondrais bien que, pas du tout, on vient de la chourer, mais l’humour qui fait la réputation des Cearenses n’est peut-être pas de mise. Finalement, ils me rendent mes papiers avec le sourire, le plus jeune ajoutant même « Allez la France ! ».
Par chance, passé Redenção, la route est belle et il n’y a quasiment aucun radar. On devrait arriver juste après la tombée de la nuit. Eh bien non : à Maracanau, non seulement il fait déjà nuit, mais des travaux et une déviation très, très mal indiquée nous obligent – nous ne sommes d’ailleurs pas les seuls – à rebrousser chemin dans une certaine confusion. Quelques mètres plus loin, je pile en voyant un petit bout de chat âgé de tout juste deux mois traverser comme si de rien n’était. La bagnole qui roulait parallèlement à nous en fait autant. Le chauffeur l’a fait par réflexe, sans trop savoir pourquoi, mais comme il fait nuit et qu’il n’y a aucun éclairage à cet endroit, il a dû penser qu’il y avait un nid-de-poule. Enfin, le chat est passé sans encombre et personne ne nous est rentré dedans. C’est l’essentiel.
On finit par se retrouver sur l’anneau routier puis, une dizaine de kilomètres plus loin sur la BR en direction du centre. C’est l’heure des embouteillages, mais comme j’ai loupé la sortie vers Aldeota on se retrouve sur l’Avenida Dom Manuel, ce qui nous fait finalement gagner du temps.
Vendredi 1er février
On est réveillé par l’orage. Le ciel d’un noir d’encre est fréquemment zébré d’éclairs et il pleut très fort. Avant de venir, la météo annonçait de l’orage toute la semaine, mais comme il a fait beau jusqu’ici, on n’y croyait plus. Seulement là, finie la rigolade. Il tombe des trombes d’eau.
Après le petit-déjeuner, une accalmie relative nous décide à prendre la route. Aujourd’hui on a décidé d’aller revoir quelques plages du littoral ouest, et puis l’orage va bien finir par se calmer.
En fait, ça ne se calme pas du tout, du tout. Ça ne fait même qu’empirer. C’est le déluge. Les voitures zigzaguent tant bien que mal entre les flaques – ou plutôt les mares – qui ont envahi la moitié de la chaussée, tantôt du côté gauche, tantôt du côté droit. On ne voit pas à vingt mètres. Avec toute cette flotte, on ne voit pas non plus les gendarmes couchés qui se rappellent brutalement à notre bon souvenir, même en roulant à trente à l’heure. Sans parler des nids-de-poule. Enfin on atteint l’avenue Bezerra de Menezes pour sortir de la ville puis l’embranchement vers la CE-85. Bonne surprise, c’est maintenant une quatre-voies. En 2007, ce n’était encore qu’une deux-voies. La pluie est de plus en plus forte. À soixante à l’heure, on a l’impression de prendre des risques insensés. Heureusement, il n’y a presque pas de circulation. Je suppose que tous ceux qui n’ont pas un besoin impératif de se déplacer ont préféré attendre.
La route qui part vers l’ouest traverse une région de caatinga, forêt de buissons et de petits arbustes ne dépassant guère 4 ou 5 mètres de hauteur, entrecoupée de zones un peu marécageuses où poussent de grandes herbes et des carnaúbas (palmiers rôniers). Comme la saison des pluies a commencé tôt cette année, c’est déjà très vert. Aux abords de São Gonçalo do Amarante, on longe la Lagoa do Cauípe, une très belle lagune dont le niveau a déjà bien monté avec toute cette pluie. Nous avons décidé d’aller jusqu’à Mundaú, à environ 150 km de Fortaleza puis de revenir en faisant des incursions sur les différentes plages.
On roule toute la matinée sous une pluie battante, pour dire le moins, qui met longtemps à se calmer. La route est récente et en bon état, hormis sur un petit tronçon où des nids-de-poule sont en formation. Sous cette pluie battante qui transforme la route en rivière, on ne les repère qu’au dernier moment. Par chance, ça ne dure pas. Je me verrais mal changer une roue par ce temps.
Quelques kilomètres avant Mundaú, on profite de ce que la pluie a presque cessé pour nous arrêter déjeuner dans un bled. Le téléviseur accroché dans un coin de la salle montre des images des inondations à Fortaleza, où il est tombé 55 mm. Pas si exceptionnel, mais à Fortaleza, c’est tout de suite la cata à cause d’infrastructures souvent déficientes. À Paracuru, il est tombé 70 mm et 90 à Crato, dans le sud du Ceará. On est somme toute plutôt bien lotis.
À la sortie de la ville, on constate que la route a été asphaltée récemment, elle aussi, sauf qu’on tombe aussitôt sur un tronçon de 3-400 mètres complètement défoncé (un panneau indique que c’est temporaire…) avant de retrouver un beau macadam bien propre. Pas de doute, on est au Ceará.
Mundaú n’a rien d’exceptionnel, mais je voulais revoir la route côtière entre la plage déserte et les dunes où le sable durci en galettes présente des configurations intéressantes. Le ciel est toujours aussi noir, mais la pluie a cessé depuis le déjeuner. Nous repartons vers l’est, en direction de Paracuru, non sans faire un petit détour par Flexeiras, qu’on ne connaît pas encore. Le village est plutôt mignon, avec ses belles maisons et autres pousadas pour les vacances. Seulement, on se demande comment on peut bien en vivre ici. Le taux de remplissage ne doit pas dépasser 50 %, et encore, pendant un mois par an. On voit bien que le reste du temps, ce doit être assez désolé.
Un peu avant d’arriver à Paracuru, on remarque des drapeaux plantés à intervalles réguliers sur un terrain déboisé de plusieurs hectares, avant de passer devant une petite guérite devant laquelle on a aménagé une petite allée de gravillons. C’est le bureau de vente du lotissement. Ils ont vu grand : il y a de quoi construire je ne sais combien de dizaines de maisons. Et on n’a pas tout vu : quelques centaines de mètres plus loin, on tombe sur deux ou trois autres lotissements du genre. Encore des projets qui vont faire pchitt, la conjoncture économique n’étant plus vraiment porteuse.
On se gare au bout de la route, là où on a aménagé une placette carrelée et des gradins descendant vers la plage. On a également aménagé un trottoir carrelé qui longe la plage sur deux ou trois-cents mètres. Bonne idée. D’ailleurs, cela semble un lieu de promenade assez prisé des mères de famille avec leurs enfants. Dommage qu’on n’ait pas trop le temps, et surtout que la météo est incertaine. On aurait bien poussé le pied jusqu’à l’endroit où la rivière traverse les dunes. Je suppose qu’elles ont encore progressé et remodelé le paysage.
Un peu avant Fortaleza, on décide de faire un crochet par Cumbuco. Là, pas d’illusion à se faire : il y a au moins vingt ans que la plage est pourrie par le tourisme. On s’arrête boire un guaraná. La serveuse doit faire le tour des établissements voisins pour échanger deux canettes de coca contre du guaraná. Ce petit service a un prix : on paie 12 reais pour deux malheureuses canettes !
Enfin, la route de retour à Fortaleza est toujours aussi moche. De chaque côté de la route, des projets immobiliers et autres bâtiments abandonné. L’ensemble donne une sensation de désolation.
Samedi 2 février
Ce matin on a rendez-vous à neuf heures avec Diego. On a convenu d’aller au centre Quatro Varas, à Pirambu, puis au musée du cajou. Quatro Varas est un projet communautaire monté dans les années 80-90 par les habitants du quartier. Pirambu était alors particulièrement miséreux. D’ailleurs, passé une certaine heure, plus aucun taxi ne voulait s’y rendre. Le quartier avait la réputation d’être le plus dangereux du Brésil. Aujourd’hui, c’est simplement un quartier populaire, mais certaines réputations sont tenaces. Diego a son GPS et on arrive à se faufiler dans le dédale de rues conduisant au centre, tout près de la plage. Notre petite Nissan s’en sort avec les honneurs, mais… le centre est fermé le samedi. On s’y attendait un peu, mais là, on en a le cœur net. Diego est mort de trouille. Pourtant il ne faut pas exagérer, à cette heure-ci on ne craint vraiment pas grand-chose. D’ailleurs, il y a dix ans, on est venu ici faire des photos et filmer sans aucun problème.
On repart donc en direction du musée. Incidemment, il se trouve à Guadalajara, là où j’ai en quelque sorte découvert le Brésil en 1984. L’ ONG pour laquelle je bossais avait une petite mission là-bas. À l’époque, c’était encore la campagne. Les rues étaient plutôt des chemins, la plupart des maisons étant séparées par des terrains en friche ou plantés de manioc. Aujourd’hui, c’est complètement méconnaissable. Toutes les rues sont pavées et bordées de maisons, souvent avec un étage. La ville, quoi.
Le musée est installé dans un ancien sitio, c’est-à-dire une ancienne maison de campagne entourée d’un terrain. Celui-ci est ceint d’un haut mur peint en blanc, avec des fresques représentant bien évidemment des cajous de part et d’autre du portail. À l’intérieur, on découvre une végétation magnifique, avec bien entendu quelques anacardiers (l’arbre qui donne le cajou), des atiers, des sapotiers… D’ailleurs, Diego est tout aussi étonné que nous de découvrir un sapotier d’une bonne quinzaine de mètres de haut portant des fruits gros comme des oranges. Ce doit être un spécimen assez exceptionnel.
La maison est tout entière consacrée au cajou : tableaux, sculptures, littérature, photos, canevas… tout ce qu’on a toujours voulu savoir sur le cajou sans jamais oser le demander. Et il y a la boutique où on déguste une excellente cajuina, du jus de cajou qui subit plusieurs filtrations jusqu’à devenir parfaitement translucide avant d’être chauffé au bain-marie jusqu’à obtention d’une belle couleur dorée.
Le fondateur a mis vingt ans à mettre ce musée sur pied. Un passionné de culture, d’art et de traditions qui déplore l’immobilisme, voire l’incompétence des pouvoirs publics. On lui dit qu’on était bien contents que Diego nous accompagne, parce qu’autrement on n’aurait pas trouvé le chemin du musée. Il nous explique qu’il a trente-cinq panneaux indicateurs dans la pièce à côté, mais que pour chacun d’eux il faut une autorisation avant de le placer sur le bord de la route. Et comme les administrations se renvoient toutes la balle, ça peut encore durer des années. Décidément, le Brésil n’a pas changé. Sans doute pourrait-il aller installer ces panneaux lui-même, mais il se trouverait sans doute une ou deux bonnes âmes pour le dénoncer.
La visite terminée, on rentre à Fortaleza pour acheter des cartes postales. Diego nous a appris qu’en fait, on n’en trouvait plus nulle part depuis des années. On n’est pas surpris, il n’y en a jamais eu beaucoup, et de nos jours tout le monde fait des photos sur son smartphone et les envoie par messagerie instantanée. On trouve tout de même un kiosque au marché central où ils en ont encore quelques-unes. Le type les conserve dans une pochette en plastique jusqu’à épuisement du stock. Un coup d’œil rapide nous confirme ce que nous soupçonnions : elles sont moches et en mauvais état.
De là, on se rend dans un centre culturel aménagé dans l’ancien marché central. C’est de là que part le petit train pour la balade de découverte culturelle de Fortaleza. En attendant l’heure du départ, on va jeter un coup d’œil dans la salle du fond. Un concours de rap est en train de s’achever. C’est l’heure de la remise des prix et des photos. Les mecs se la jouent un max en prenant la pose. Enfin, sait-on jamais, ils rencontreront peut-être un succès planétaire un jour…
L’idée de cette balade en petit train ne nous emballe pas du tout, mais Diego a l’air d’y tenir. On n’a guère envie de se ridiculiser dans un de ces petits trains pour touristes comme ceux qu’on voit à Beira Mar avec des animateurs déguisés en Mickey ou Pluto. On est vite rassuré : c’est un truc organisé par une association culturelle et l’animateur n’est autre que le mec du musée du cajou. Un type intelligent qui nous a bien plu par son humour.
On n’est pas déçu : on sillonne le centre historique en nous régalant de ses commentaires. Telle maison bourgeoise ayant autrefois appartenu à une gloire locale mériterait d’être restaurée, mais hélas, il y a des problèmes juridico-financiers. Un peu plus loin, il explique que les maisons traditionnelles de la rue ont été démolies pour un énième projet aussi quelconque qu’inutile, que le gouvernement a engagé 170 millions de l’argent public – « notre argent ». En passant devant une maternité publique, il souligne que le Ceará ne manque pas d’établissements hospitaliers publics, comme celui-ci, et qu’ils valent largement les coûteuses cliniques privées vantées un peu partout. Tel ou tel autre bâtiment « devait être » restauré en vue de je ne sais quoi, mais « hélas »… Dans le train, tout le monde est hilare. « Les grands bâtiments sur votre gauche ? Ils vont être inaugurés dans deux ans. Ben oui, au moment des élections »…
Des visites culturelles comme ça, on en redemande.
À quatre heures de l’après-midi on se retrouve dans un restau sur Beira Mar pour déjeuner. C’est qu’on commence à avoir sérieusement les crocs. Dans la conversation, on reparle du mec du musée et tous les trois, on se dit qu’il nous rappelle quelqu’un mais pas moyen de mettre un nom dessus. Tout à coup, tout s’éclaire quand Diego dit « ah, si, euh, il me rappelle un certain… Gil… Gil... » sur quoi Marielle et moi on enchaîne en chœur : « Gilmar ! ». Diego : oui, c’est ça, Gilmar Chaves ! Il nous montre d’ailleurs une photo de Gilma sur son téléphone. Plus de doute. Et là, on est morts de rire. J’ai connu Gilmar en 1984 et passé pas mal de soirées avec lui à rigoler en buvant de la cachaça. Gilmar, c’est sans doute le pique-assiette le plus connu du Brésil, mais on ne peut pas s’empêcher de le trouver sympa. En 2001, on a même passé quelques jours avec lui à Rio. Il a toujours des tas d’histoires à raconter et connaît tout le monde. Il nous est même arrivé un soir de nous retrouver avec lui sur un podium où le gouverneur était en train de prononcer un discours pour l’inauguration d’un tronçon d’autoroute.
En sortant du restau, on raccompagne Diego à Mucuripe avant de rentrer à l’hôtel. Le soir, on ressort faire un dernier tour à pied à Beira Mar jusqu’au marché aux poissons. La promenade est bien agréable, même si on la connaît par cœur, mais on se dit qu’on ne pourrait vraiment plus vivre ici. Dans les années 80, c’était une expérience formidable, mais ça s’arrête là. Vivre en France peut laisser à désirer à cause des tracasseries administratives et autres, mais c’est de la gaminerie par rapport au Brésil. Ici, tout est compliqué, cher ou dangereux. Bien souvent les trois à la fois. Quand on ne fait qu’y séjourner en vacances, on a l’impression que tout y est possible. Seulement, il y a loin de la coupe aux lèvres. Combien de gringos sont venus ici des rêves plein la tête et ont tout perdu, les rêves, leur argent, leur conjoint, leur santé…
Avant de rentrer, on savoure une jarre de jus de maracuja. Enfin, plutôt deux tellement c’est bon et bien frais. Faut dire qu’ici, on est trempé de sueur en permanence et qu’il y a tout intérêt à bien s’hydrater. Nous avons déniché une table sous un raisinier et profitons du bruit des vagues et de la petite brise qui vient nous rafraîchir en savourant l’instant.
Dimanche 3 février
C’est le jour du départ. Après le petit-déjeuner on remonte faire les bagages. Il n’y en a que pour cinq minutes, mais on met une heure. On a du temps à revendre. En plus, un message d’Air France nous apprend que le vol de retour est retardé de deux heures. Nous décollerons donc à 22 h 30 au lieu de 20 h 30. Comme nous devons rendre la voiture à l’aéroport pour 16 heures, il faut encore trouver quelque chose à faire. L’éternel problème du dernier jour : il faut avoir rendu la chambre à midi, mais trouver le moyen d’occuper le restant de la journée. Que faire, donc ? Sortir de Fortaleza ? pour aller où ? on connaît la région par cœur et puis on n’a guère envie de risquer un pépin le dernier jour. Rester à Fortaleza ? Pour quoi faire ?
Finalement, on quitte l’hôtel sur le coup des onze heures. J’ai envie de jeter un coup d’œil à la Praia do Futuro. Pas notre endroit préféré à Fortaleza. C’est une longue plage où le vent souffle toujours fort. Le soir, c’est un coupe-gorge. D’ailleurs, les immeubles résidentiels ont mis très longtemps à venir s’y installer. Si on décide de venir habiter ici, il vaut mieux s’apprêter à racheter tout ce qui est électrique ou électronique presque tous les ans à cause de la rouille. En arrivant sur place, on se rend compte que la rue pavée longeant la plage sur notre gauche, bordée de quelques paillotes et où de rares cocotiers ont un mal de chien à tenir le coup est à présent doublée d’une avenue parallèle asphaltée. Sur notre droite, une large étendue déserte jusqu’à la dune où sont construits des immeubles résidentiels à l’aspect déjà fatigué à force d’être battus par les vents, le sable et le sel.
Arrivé au bout, on tombe sur le fameux pont franchissant la Sabiaguaba que des copains installés à l’époque sur la plage de Cofeco ont attendu plus de dix ans. Le pont est arrivé trop tard. On fait demi-tour au rond-point de l’autre côté avant de décider d’aller directement à l’aéroport. De toute manière, on est parti pour se faire chier jusqu’à l’heure du décollage, alors y aller un peu plus tôt ou plus tard ne change rien.
Le dimanche, la circulation est des plus fluides et on ne devrait mettre qu’une demi-heure pour y arriver. Il faut « juste » trouver l’agence Hertz, qui a déménagé temporairement à proximité de l’aéroport à cause des travaux en cours. C’est là que ça part de travers. Certaines rues sont désormais en sens unique, on est obligé de faire des détours, la signalisation est souvent mal placée, inexistante ou n’a pas été modifiée lors des réaménagements du plan de circulation. Enfin on arrive sur la bonne route, mais je loupe une sortie et on se retrouve quelques kilomètres plus loin sans pouvoir faire demi-tour. Et comme de juste, aucune indication de l’endroit où se trouve l’aéroport. De toute évidence, on n’est censé s’y rendre qu’en venant du centre de Fortaleza. Si on arrive par l’autre côté, eh bien, bonne chance, Jim. Avisant une sortie, on se retrouve à tourner en rond dans un quartier périphérique sans aucune signalisation. L’appli GPS du téléphone nous permet de nous repérer à peu près, mais on n’ose pas activer le mode données pour ne pas nous retrouver avec une note de téléphone salée. Du coup, on n’est pas tellement avancé. Une fois revenu sur la quatre-voies, je loupe la sortie suivante, apparemment la bonne. Le seul panneau indiquant l’aéroport se trouvait juste après la bretelle de sortie. Aucune indication, ne serait-ce que 100 mètres avant. Bref, c’est passablement énervés après avoir tourné en rond pendant une heure et demie qu’on arrive enfin en vue de l’aéroport. Par chance, l’agence Hertz est bien indiquée et on la trouve tout de suite. Ouf !
L’aéroport de Fortaleza a été reconstruit entièrement il y a une vingtaine d’années. On regrette l’ancien, qui avait tout le charme provincial d’un petit aéroport tropical. Tout était ouvert sur l’extérieur, il n’y avait évidemment pas de climatisation et on se faisait bouffer par les moustiques, mais c’était sympa. Le nouvel aéroport est évidemment mieux adapté à l’augmentation du trafic depuis cette époque. Par contre, il est sinistre. Tout n’est que marbre sombre, on se croirait dans un film de Costa Gavras sur les dictatures sud-américaines des années 70. Un bon point quand même : le food-court de la salle des départs. Des dizaines de tables et de chaises occupent un vaste espace entouré de restaurants où chacun peut choisir ce qui lui plaît. Il y a même une enseigne « Sushi do sertão ». Le sertão évoque des steaks grands comme la main plutôt que des sushis…
Festival des lanternes de Samut Prakan (périphérie de Bangkok) English translation pending
S🙂wasdee!
Tiens, une activité annuelle lumineuse, apparemment encore confidentielle parmi les visiteurs de Bangkok:
https://lepetitjournal.com/bangkok/samut-prakan-le-festival-de-lanternes-cloture-le-nouvel-chinois-250771?fbclid=IwAR3sXbwYm2fB2htYzaWtMw3JIj4CK5kEAaPImBiHJmmZTITgoypIHIVkLVw
ps: on peut s'Y rendre par la terre ou par river (boat privatisé au taksin pier, par exemple.)
A bon lecteur, salut!
Sân😎uk30.
Tiens, une activité annuelle lumineuse, apparemment encore confidentielle parmi les visiteurs de Bangkok:
https://lepetitjournal.com/bangkok/samut-prakan-le-festival-de-lanternes-cloture-le-nouvel-chinois-250771?fbclid=IwAR3sXbwYm2fB2htYzaWtMw3JIj4CK5kEAaPImBiHJmmZTITgoypIHIVkLVw
ps: on peut s'Y rendre par la terre ou par river (boat privatisé au taksin pier, par exemple.)
A bon lecteur, salut!
Sân😎uk30.
Forfaits téléphone et choix de marchés à Maurice English translation pending
Bonjour
J'ai plusieurs questions pour notre futur voyage à Maurice :
A ceux ayant voyagé à Maurice, pouvez vous me dire ce que vous avez pris afin d'avoir internet et de pouvoir appeler un peu en France sans se ruiner ? (à part whatsapp)
J'ai lu diverses réponses à ce sujet, mais je ne trouve pas de réponse précise sur un forfait, une carte à choisir. J'ai bien regardé sur le site d'emtel comme ce lien : https://www.emtel.com/mobile-internet mais cela parle d'internet, pas de communications.
Quelqu'un pourrait me parler plus précisément de ce qui existe et du coût d'une carte / d'un forfait comprenant des appels vers la France (et local) et internet svp ??
Autre question : quel(s) marché(s) me conseillez vous de faire ? Je souhaiterais également acheter des serviettes de plages, où me conseillez vous de les acheter et quel prix dois je compter svp ? (je dois en ramener à toute la famille !)
je vous remercie !!!
Bonne journée
J'ai plusieurs questions pour notre futur voyage à Maurice :
A ceux ayant voyagé à Maurice, pouvez vous me dire ce que vous avez pris afin d'avoir internet et de pouvoir appeler un peu en France sans se ruiner ? (à part whatsapp)
J'ai lu diverses réponses à ce sujet, mais je ne trouve pas de réponse précise sur un forfait, une carte à choisir. J'ai bien regardé sur le site d'emtel comme ce lien : https://www.emtel.com/mobile-internet mais cela parle d'internet, pas de communications.
Quelqu'un pourrait me parler plus précisément de ce qui existe et du coût d'une carte / d'un forfait comprenant des appels vers la France (et local) et internet svp ??
Autre question : quel(s) marché(s) me conseillez vous de faire ? Je souhaiterais également acheter des serviettes de plages, où me conseillez vous de les acheter et quel prix dois je compter svp ? (je dois en ramener à toute la famille !)
je vous remercie !!!
Bonne journée