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Circuit d'une semaine au Maroc English translation pending
Bonjour,
Voila je projete de partir avec mon homme au maroc debut juillet, mais pas en hotel club, nous voulons plustot dormir dans des riads et louer une voiture pour voir du pays.
J'avais dans l'idée d'arriver à marrakech, de passer par essaouira, et de remonter vers Fes et repartir de l'aeroport de Fes.
En sachant que nous n'avons que 8 jours.
Est ce fesable sans passer nos journées sur les routes? quels lieus doit on ne pas rater? où s'arreter pour dormir entre essaouira et Fes ? Je n'ai pas d'idée des distances et des villes ou vilages a voir sur ces routes....
Avez vous d'autres suggestions d'itineraire ?
Ca fait beaucoup de questions lol
merci en tout cas à ceux qui prendrons le temps de me repondre..
Voila je projete de partir avec mon homme au maroc debut juillet, mais pas en hotel club, nous voulons plustot dormir dans des riads et louer une voiture pour voir du pays.
J'avais dans l'idée d'arriver à marrakech, de passer par essaouira, et de remonter vers Fes et repartir de l'aeroport de Fes.
En sachant que nous n'avons que 8 jours.
Est ce fesable sans passer nos journées sur les routes? quels lieus doit on ne pas rater? où s'arreter pour dormir entre essaouira et Fes ? Je n'ai pas d'idée des distances et des villes ou vilages a voir sur ces routes....
Avez vous d'autres suggestions d'itineraire ?
Ca fait beaucoup de questions lol
merci en tout cas à ceux qui prendrons le temps de me repondre..
L'Australie, un grand parc d'attraction! English translation pending
Bon je ne sais par où commencer!
Tout d'abord je tiens à dire à tous les fans de ce pays qu'il n'est pas utile
qu'ils m'envoyent des messages vindicatifs car ce que je vais écrire ensuite
n'est que mon ressenti face aux 2 mois et demi que j'ai passé ds ce pays,
j'y est d'ailleurs croisé plrs voyageurs écourtant leur séjour déçus de leur
périple.
L'esprit ds lequel je m'y suis rendue était le suivant, découvrir des paysages
diversifiés, NATURELS, voir à couper le souffle... S'imprégner du mode de vie
des locaux (dit COOL), barouder, faire claquer mes talons sur des sentiers
formés par des randonneurs émerveillés par la beauté de la faune et la flore
et non sur des routes conçus pour les pick-up au milieu des forêts!!!!!!!!!
Apercevoir des espèces animales sous un soleil de plomb, camper à la belle
étoile, voyager sans se ruiner en partageant les bons plans des locaux,
améliorer mon anglais.........et j'en passe.............................................
Ce que j'en ai vu: Transport: j'ai utilisé la compagnie GREYHOUND pour me déplacer entre les villes, je ne lui ferai pas bonne presse, aucun problème pour la côte est, celle-ci regorgeant de touristes, une fois Sydney passé fo s'accrocher! Une seule horaire, très mal desservi, les parcs nationaux autant oublier, les villes desservies sont à des centaines de km des lieux intéressants, business, business!!! Inutile de parler du désert vs avez saisi, je pense?! Difficile de dormir en pleine nature ds ces conditions, alors le budget explose. J'ai pu parcourir le désert grâce à une rencontre, merci, sans lui je n'aurais pas pu accèder à certains sites! Comme l'Uluru Business!Le stop n'y est pas trop pratiqué, c'est pourtant un pays qui se dit ROUTARD???? Sites, Faune et Flore: Dificile d'obtenir des infos sur les lieux à découvrir à la sueur de mon front, tout est organisé, les tours opérateurs s'approprient tout, les offices de tourismes abondent ds leur sens, leur visage et le ton de leur voix devenaient glacials lorsque je leur exprimais mes envies, ds un anglais très médiocre ce qui ne m'a pas aidé! J'ai découvert par moi-même des endroits magnifiques comme Fraser Island assaillis de 4x4 désolant, les Kings Canyons, les Grampians... peu de pers sur les chemins de rando, et non c'est tellement plus facile d'etre motorisé! pour voir des dauphins, lamantins, koalas, otaries sortez les billets, c'est insensé ds un pays à la faune si présente, payer pour un safari en Afrique ok, mais la fo arrêter! J'ai pu voir des kangourous en liberté, des oiseaux magnifiques, insectes et invertébrés, des dingos, et deux malheureux koalas ds une réserve. Mode de vie: euh! Je n'ai pas trouvé que les australiens soient aussi cool qu'on veut bien le dire, je n' ai surement pas rencontré les meilleurs. Sinon je n'ai gouté à aucun plat de pays puisqu'il n'en existe pas, pas de culture puisque les aborigènes en possédant une sont ignorés, je ne vais pas m'étendre là-dessus je finirais par vomir, ah juste une chose ils n'ignorent pas leur art puisqu'il leur permet de faire encore + de profit. Pas de traditions, le dépaysement à ce niveau n'est pas au rdv. Hébergement: Sans van, la grande mode, ne pas espérer dormir sous les étoiles. Backpakers, auberge de jeunesse, à 2 c'est plus cher qu'un F1 en France, la propreté n'y est pas le mot d'ordre, et l'ambiance ado non_merci! J'ai croisé un paquet de jeunes venus en Australie, enfin sur la côte Est, rien que pour se prendre des mines, les tours opérateurs l'ont bien compris, l'arrêt au liquorland est compris ds le packtage. Ouah! Enfin chacun est libre de voyager à sa manière, ce qui est soulant c'est de débarquer ds un endroit paradisiaque, après quelque heures de marches, avec une horde de bourrés bruyant ds un endroit paisible et normalement sauvage.
Bon je vais m'arreter là, mon texte est long et plutot négatif, inutile que je m'étale sur ce qui m'a plu puisque les messages que l'ont trouvent sur ce pays, soit disant des merveilles, ds les forums sont tous positifs, pourtant j'aurais aimé en lire des com celui-ci, mais peut-etre est-ce sacrilège de négativer sur l'OZ.
Ce que j'en ai vu: Transport: j'ai utilisé la compagnie GREYHOUND pour me déplacer entre les villes, je ne lui ferai pas bonne presse, aucun problème pour la côte est, celle-ci regorgeant de touristes, une fois Sydney passé fo s'accrocher! Une seule horaire, très mal desservi, les parcs nationaux autant oublier, les villes desservies sont à des centaines de km des lieux intéressants, business, business!!! Inutile de parler du désert vs avez saisi, je pense?! Difficile de dormir en pleine nature ds ces conditions, alors le budget explose. J'ai pu parcourir le désert grâce à une rencontre, merci, sans lui je n'aurais pas pu accèder à certains sites! Comme l'Uluru Business!Le stop n'y est pas trop pratiqué, c'est pourtant un pays qui se dit ROUTARD???? Sites, Faune et Flore: Dificile d'obtenir des infos sur les lieux à découvrir à la sueur de mon front, tout est organisé, les tours opérateurs s'approprient tout, les offices de tourismes abondent ds leur sens, leur visage et le ton de leur voix devenaient glacials lorsque je leur exprimais mes envies, ds un anglais très médiocre ce qui ne m'a pas aidé! J'ai découvert par moi-même des endroits magnifiques comme Fraser Island assaillis de 4x4 désolant, les Kings Canyons, les Grampians... peu de pers sur les chemins de rando, et non c'est tellement plus facile d'etre motorisé! pour voir des dauphins, lamantins, koalas, otaries sortez les billets, c'est insensé ds un pays à la faune si présente, payer pour un safari en Afrique ok, mais la fo arrêter! J'ai pu voir des kangourous en liberté, des oiseaux magnifiques, insectes et invertébrés, des dingos, et deux malheureux koalas ds une réserve. Mode de vie: euh! Je n'ai pas trouvé que les australiens soient aussi cool qu'on veut bien le dire, je n' ai surement pas rencontré les meilleurs. Sinon je n'ai gouté à aucun plat de pays puisqu'il n'en existe pas, pas de culture puisque les aborigènes en possédant une sont ignorés, je ne vais pas m'étendre là-dessus je finirais par vomir, ah juste une chose ils n'ignorent pas leur art puisqu'il leur permet de faire encore + de profit. Pas de traditions, le dépaysement à ce niveau n'est pas au rdv. Hébergement: Sans van, la grande mode, ne pas espérer dormir sous les étoiles. Backpakers, auberge de jeunesse, à 2 c'est plus cher qu'un F1 en France, la propreté n'y est pas le mot d'ordre, et l'ambiance ado non_merci! J'ai croisé un paquet de jeunes venus en Australie, enfin sur la côte Est, rien que pour se prendre des mines, les tours opérateurs l'ont bien compris, l'arrêt au liquorland est compris ds le packtage. Ouah! Enfin chacun est libre de voyager à sa manière, ce qui est soulant c'est de débarquer ds un endroit paradisiaque, après quelque heures de marches, avec une horde de bourrés bruyant ds un endroit paisible et normalement sauvage.
Bon je vais m'arreter là, mon texte est long et plutot négatif, inutile que je m'étale sur ce qui m'a plu puisque les messages que l'ont trouvent sur ce pays, soit disant des merveilles, ds les forums sont tous positifs, pourtant j'aurais aimé en lire des com celui-ci, mais peut-etre est-ce sacrilège de négativer sur l'OZ.
Bon voyage... English translation pending
"Peut on rire de tout ?
Peut-on rire avec tout le monde ?
A la première question, je répondrai oui sans hésiter.
S'il est vrai que l'humour est la politesse du désespoir, s'il est vrai que le rire sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s'il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles,
alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout."
Pierre Desproges, Vivons heureux en attendant la mort (Seuil, Novembre 1983)
... hommage ...
A la première question, je répondrai oui sans hésiter.
S'il est vrai que l'humour est la politesse du désespoir, s'il est vrai que le rire sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s'il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles,
alors oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout."
Pierre Desproges, Vivons heureux en attendant la mort (Seuil, Novembre 1983)
... hommage ...
Yémen wahdi English translation pending
C'est un privilege d'etre ici. La ville est d'une beaute qui laisse pantois, surtout la nuit. Les facades sont superbes, et les petites fenetres eclairees, dont un certain nombre ont de beaux vitraux, donnent une impression de feerie particuliere. C'est vrai, cette impression de deambuler dans un conte des mille et unes nuits...
Au matin, l'enchantement est different. J'aime l'ambiance a la porte Bab Al Yemen, les hommes en robes blanches avec leurs djambiyas a la ceinture, les dedales du souk, les sons elastiques des voix...
J'ai passe cette porte des le premier soir, mais il m'a vraiment fallu deux jours pour enfin entrer au Yemen pour de bon. Deux jours a batailler avec mon foulard sur la tete, avec ma culpabilite: celle de me promener moins couverte que les femmes du pays que je voyais comme des ombres, identiques, inidentifiables, et auxquelles j'avais l'impression de faire insulte, comme si j'etais un rappel douloureux de leur fardeau, en etant habillee plus librement...
Et puis... j'ai compris que le blocage n'etait que mien; que personne ne me reprochait rien; que je pouvais gouter au bonheur sans melange d'etre la, simplement.
Aujourd'hui j'ai passe mon temps a me ballader a pied dans la vieille ville, suis allee au Wadi Dhar a moto avec anttoine...on a perdu notre chemin deux fois, on a failli avoir un accident trois fois (j'ai l'impression que les yemenites sont pires que les indiens en voiture) mais je suis contente de ma journee bien remplie. J'ai ete guidee par un vieux et des enfants dans un de ces espaces caches au coeur de la ville, comme un grand jardin a l'abandon, entoures de toutes parts par de belles batisses... Une chance de passer par la, et d'etre invitee a faire quelques pas sur un chemin de traverse... Plus loin une femme qui secoue son tapis... quand je leve la tete, elle me fait signe de venir... a l'interieur, je trouve deux jeunes femmes devoilees, toutes gaies... des visages qu'on ne verra jamais dehors; qu'on ne pourra meme pas deviner... D'entree, c'est chaleureux, evident, simple. Elles me font la bise, m'offrent du the, m'entrainent voir la vue sur le toit... Outch! C'est fabuleux! La mere cuit du pain dans un four a bois style tandoor, les filles se preparent et m'accompagnent au souk... avec leurs voiles, j'ai du mal a savoir laquelle est laquelle... Elles sont toutes pareilles... comment on fait pour reconnaitre ses copines? On se separe au marche... Je repasse devant le Burj-As-Salam, un des hotels les plus chic de la ville, ou j'ai ete invitee la veille a entrer pour visiter. La vue depuis le toit au 7e etage, avait de quoi epoustoufler. Deja tres emue a la vision de la facade, j'avais presque envie de pleurer... quelle splendeur! Tout en haut, une grande piece avec de larges fenetres, qui pourrait etre le mafraj, agrementee de banquettes et de coussins, me tend les bras. Deux occidentaux assez surpris de me voir, m'offrent un the et une conversation bilingue enrichissante. Qui aurait cru que j'entrerais ici ? Je sirotte mon lait chaud avec une satisfaction non feinte. Quelle benediction!
A midi, je mange sans embarras dans la gargotte exclusivement masculine de la porte Bab Al Yemen. C'est anime et j'adore cette ambiance entre cour des miracles et Afghanistan. Je commande un jus de mangue, du riz, et un accompagnement vegetarien. Mon plus proche voisin, qui croit sans doute que ma commande de poulet se fait attendre, me balance sans demander mon avis, deux morceaux de sa propre pitance dans mon assiette. Je sursaute de surprise, mais je sais qu'il le fait nonchalemment, ... c'est normal. On m'a prevenue. Quand un plat met trop longtemps a arriver, les yemenis partagent du leur. Je rigole interieurement...
Ce soir, je suis retournee voir un tailleur avec lequel j'ai sympathise...en chemin, dans le souk, un vendeur me fait gouter deux sortes de miel, et parfume mon poignet au jasmin, un autre que j'ai photographie ce matin et que je reconnais, m'offre une datte; plus loin, un autre me glisse une poignee de pistache dans la main... mon dieu qu'est-ce qu'ils sont genereux et hospitaliers! Alors que je ramene du the a Sinan, il a l'air malheureux de quelqu'un qui aurait voulu offrir et qui s'est fait devance... a voir la tete qu'il fait; j'ai presque des regrets! Mais on rigole bien quand j'enfile une de ces fameuses chemises blanches d'hommes et que Sinan emprunte d'autorite jambiya et ceinture a un de ses clients pour completer le tableau..
Je suis de retour a Sanaa pour deux jours, avant mon vol pour Socotra... Il y a eu quelques rebondissements. A la veille de partir pour les montagnes au sud de Sanaa ( les monts Harraz ou se trouve Manakha et Al Hajjarah pour les fanas de geographie)...je me suis appercue que l'on m'avait file un visa d'un mois seulement, a l'arrivee... une erreur... un tampon oublie... du coup, j'ai du me rendre au service de l'immigration. L'expedition (C'en est une!) s'est bien passee parce que j'ai eu un bol monstrueux. Dans le bus j'ai rencontre deux hommes d'honneur qui bossent pour le centre de langue arabe et dont l'un d'eux est charge des relations avec l'immigration justement... Sans lui, j'aurais eu bien du mal a trouver mon chemin dans ce lieu chaotique qui ressemble davantage a un campus universitaire qu'a un service administratif... officiers dans tous les sens qui paraphent les documents debout dans les couloirs en saluant leurs potes avec maintes empoignades chaleureuses et etreintes amicales ( un comble de fraternite entre civils ceints de leurs poignards traditionnels-la jambiya- et ils en ont tous! et officiels pares d'armes a feu) et au mur, des macarons d'interdiction, comme nos interdictions de fumer... mais la, c'est pour l'interdiction d'entrer avec des kalashnikov... le formulaire a remplir est evidemment en arabe... les photocopieuses sont dans la cour pres de la buvette... joyeux bordel... sans eux...rien n'aurait ete possible... Finalement j'ai un visa de trois mois...
Je ne compte plus les fois ou on m'invite a manger, ou mon bus est paye avant que j'ai pu dire ouf... impressionnant, cette generosite...
J'ai bien marche autour de Al Hajjarah, les paysages dramatiques laissront des souvenirs, les gens aussi... j'ai fait le trajet en 'pijou' ( peugeot amenagee pour servir de taxi collectif), il faut filer des copies de mon pemis de voyager a chaque check-point... l'ambiance est joviale et j'aime bien, surtout, quand les policiers m'oublient completement... sur le retour ils ont du me prendre pour une locale; peut etre la femme du passager avec lequel je partageais le siege avant (Oui, on est trois a l'avant avec le conducteur) ils ne m'ont pas du tout calculee...
J'ai deja pas mal varie les modes de transports : a pied, a moto, en debab, en pijou, assise a l'arriere d'un utilitaire sur des sacs de riz avec les hommes....
Ensuite je suis allee me ballader dans les montagnes au nord de Sanaa... Thulla, Hababa, Zakatine, Bokur et Kawkaban... j'ai alterne marche a pied, stop et transport collectif... Le stop marche tres bien et c'est assez cocasse. Un truc fou... ils connaissent tous, dans un village comme Thulla, les noms de Francois Mitterand ( qu'ils tiennent en haute estime; faut dire qu'il s'est fendu d'une visite jusque la) ; de Jacques Chirac (il semble le juger positivement aussi) et meme de Sarkouzi... mais la, ils me demandent mon avis...comme je ne peux pas faire dans les nuances je reponds assez directement qu'il est dingue, comme Bush... reponse qui a un certain succes...
A Thulla, je suis tombee, le soir de retour a l'auberge ( une vaste chambre a doubles portes dans une antique batisse en pierres et ornees de vitraux... pour 2000 rials la nuit avec petit dej et diner), sur une equipe de tournage. Les actrices, visages decouverts, modernes et loquaces, m'invitent a diner avec toute l'equipe... on me presente tout le monde, du realisateur au maquilleur... et me convie a assister au tournage un peu plus tard... du bled d'ou j'arrive en stop ou les enfants collectent des dechets metalliques pour les remettre a un camion de ramassage a cette ambiance, c'est sans transition, mais j'aime les contrastes...
A Kawkaban, je suis decue; je decouvre un village en ruines... c'est du gachis, beaucoup de maisons sont effondrees... et la conservation du patrimoine semble passer par une reproduction en ciment des oeuvres a l'origine en pierres... desastre...
A Shibam, le probleme de la gestion des dechets est flagrant... plus impressionnant qu'ailleurs. Le manque d'eau est vraiment problematique aussi...il faudrait qu'ils arretent la production ( et la consommation) de qat; qui cause un reel prejudice au pays, tant sur le plan ecologique et sanitaire, qu'economique...
J'ai eu l'occasion d'entrer dans une plantation ( c'est un peu comme si on m'avait autorisee a entrer dans une plantation de coca, vous voyez) ; de voir comment se passe la cueillette... on m'a souvent invitee a qatter aussi avec les hommes... j'ai goute trois feuilles une fois. ca m'a suffit.... beurk...
* **
Aujourd'hui, mon pote Abdusalem a fait le voyage d'Al Hajjarah a Sanaa, officiellement pour rendre visite a sa soeur mais en fait il a passe la journee avec moi. On a mange chez elle a midi. Ce qui me semble completement hallucinant c'est cette organisation familiale et sociale si contraignante qui oblige a cloisonner les espaces de vie au sein meme des maisons. Je m'explique. Sa soeur est mariee et vit dans la maison de son mari... mais ils ne sont pas que tous les deux. Il y a aussi la mere de celui-ci et ses autres enfants ( elle en a eu onze, ce qui est assez frequent). Or, les femmes qui logent sous un meme toit ne peuvent montrer leur visage a un etranger, et Abdusalem, qui fait pourtant partie de la famille puisqu'il est le frere de la femme de leur frere (t'as suivi?), n'est pas autorise a voir leurs visages. Ils evoluent donc dans des pieces differentes et si par exemple il doit traverser une piece (pour aller, disons, aux toilettes, par exemple-cas de figure reel-) ou elles se trouvent, elles doivent, soit se voiler en hate, soit carrement degager la piece avant qu'il arrive. C'est un peu bizarre., toutes ces femmes cachees derriere des portes, ou derriere des voiles. Moi, je passe toutes les portes et, une fois qu'elles se sentent en securite face a moi, les femmes se devoilent en ma presence, mais pour un touriste masculin, les femmes de ce pays ne restent que des ombres...
On a passe la plus grosse partie de la journee a effectuer une distribution photos ( j'ai decide de faire des impressions papier tant que je suis ici, pour donner leurs portraits aux personnes concernees) ... le truc c'est que j'ai pris des photos un peu partout dans le vieux Sanaa, sans forcement etre capable de me souvenir ou... donc la distribution a pris un tour particulier... mi-chasse au tresor, mi-enquete detective ; pour re-situer les quartiers, localiser les personnes, on a mis tout le monde a contribution dans la rue... revisiter Sanaa ainsi est assez rejouissant. Et les gens sont tellement contents d'avoir leur photos! C'est le delire, mais le jeu en vaut la chandelle...
Je commence a connaitre du monde ici et je sais deja que mon coeur va se soulever quand je devrais partir. Vraiment, j'adore Sanaa... l'ambiance me plait tellement que ca me dissuaderait presque de visiter d'autres coins du pays.... C'est un joyau, ce lieu!
* ** Mon dernier jour a Sanaa avant le vol pour Socotra a ete assez bien rempli. D'abord, j'ai ete a Bayt Boss avec Abdusalem (On a renonce a se rendre a Shahara parce que personne ne veut nous prendre en tranports collectifs pour des raisons de securite... a vrai dire je m'y attendais un peu)... Une citadelle abandonnee qui surplomble la plaine, logee sur un rocher dont les pentes vertes m'intriguent... Personne ne sait me dire ce que c'est. Aventurine? Jade? On peut rever... Dans le lointain les preparatifs d'un mariage battent leur plein. Des petards; trois tirs de kalashnikovs... J'ai envie d'aller voir. Ni une ni deux, on y va... Et laissant Abdusalem et son ami sur le pas de la porte, a qui l'entree est interdite, je penetre, guidee par un membre de la famille, dans la demeure de la mariee qui essaye sa robe entouree de quelques amies. Sympathique. Ensuite, j'ai appris a manier un flingue a la reception de l'hotel. Je suis arrivee au moment ou y'en avait un qui sortait l'arme coincee a sa ceinture et j'ai demander a voir ca de plus pres. On a ote les balles et je me suis exercee a la manip. Je ne dirais pas que je saurais refaire, m'enfin j'aurais essaye. Ca a l'air moins difficile que de conduire une voiture, hahaha. Ensuite, j'ai vraiment assiste a un mariage. La parade nocturne des maries -trois freres qui se marient le meme jour- en costumes dans les rues du vieux Sanaa se fait en grande pompe, avec chants, musique et danses sur une place illuminee par des guirlandes d'ampoules. Les facades des vieilles batisses degoulinent de lumieres, couleur de miel...Je suis la seule femme dehors. Toutes les autres, visages caches derriere leurs foulards noirs, dont ne depassent que les yeux, sont agglutinees derrieres les hautes fenetres des edifices et tentent d'appercevoir tant bien que mal ce qui se passe sur la place. Mais je ne me sens pas une intruse. Je savoure ma chance sous l'attention bienveillante de Sinan et Abdusalem, qui veillent comme deux bonnes fees a ce que tout se passe bien pour moi. Un peu plus tard, j'aurais le droit de voir la mariee qui attend son promis, seule avec deux proches a l'etage d'une maison dont tous les autres niveaux sont occupes par des femmes de tous ages qui poussent des youyous et se bousculent joyeusement vers les escaliers pour voir qui arrive. La mariee, elle, est visiblement en proie a la panique. Elle respire fort et vite comme une bete affolee. Je la plains, d'avoir si peur. Du coup, ne voulant pas ajouter a son stress, je ne m'attarde pas, lui souhaitant simplement bonne chance. Une mamie, qui m'avait refuse l'entree au depart de maniere assez aggressive, avant que le pere de la mariee ne lui intime avec autorite l'ordre de me laisser le passage; s'excuse avec effusion quand je redescends. Elle avait juste peur que je prenne des photos en fait. J'avais compris; elle est toute excusee; il n'y a pas de probleme. Je la serre dans mes bras pour dissiper toute confusion; elle m'embrasse en multipliant les excuses. Pour finir, j'ai arpente les rues de Sanaa de nuit avec mes acolytes Abdusalem et Sinan en attendant mon vol matinal pour Hadibo; sans savoir encore que l'enchantement de Sanaa aurait, de maniere differente mais avec autant d'intensite, son pendant a Socotra...
L'ile d'Adham. Vous ne la trouverez sur aucune carte, pourtant, elle existe: je viens d'y passer une semaine. J'en ai sillonne la cote nord, d'Est en Ouest...Vegetation du debut des temps, et presque pas d'animaux. Seulement des chevres, qui gambadent a l'etat sauvage et traversent les routes de facon aussi impromptue que des kangourous. Pas un seul chien, ce qui assure des ballades sereines. Le stop marche bien mais il y a si peu de circulation, la fournaise est si intense, l'ombre si rare; que c'est vite un calvaire... Dans les montagnes, sur les hauts plateaux, des sommets couverts de dragonniers... les boules vertes des arbres sont en si grand nombre... ca me fait penser a des troupeaux de bison... Sensation parfois d'etre sur la terre originelle, avant que l'empreinte de l'Homme ne se manifeste... La beaute n'eclate pas toujours comme une evidence, mais s'instille, au gre des changements de lumieres... et des rencontres. Il m'a fallu celle d'Adham (un nom bien symbolique; en osmose avec cette terre pure) pour vraiment commencer a apprecier les lieux. A Dihamri, on a fait du snorkelling ensemble; a Qalansiah, on a couru dans la haute dune de sable blanc qui surplombe le lagon; Alher a ete idyllique, entre sable blanc, mer limpide et athmosphere de bout du monde au ras irssel (malheureusement le charme sera bientot rompu, avec la pose d'asphalte en cours et les probables constructions qui suivront). Homhill, je l'ai decouvert a pied avec Monir. Rude grimpee sous une chaleur implacable, tallonnes par un vieillard qui pretend au depart que cette marche va le tuer mais qui grimpe comme un cabri en portant une batterie de 15 kilos sur les epaules...et nous depasse meme quand on approche du sommet... La vue est splendide, surtout dans la descente, au retour, avec le soleil couchant. A Diksam, apres la marche a pied pour atteindre le wadi, toujours avec Monir, j'ai ete malade. Mechant coup de pompe sans doute cause par la chaleur. Monir m'a installe sur une natte a l'ecart et a l'ombre... moment tragico-comique quand il revient avec mon plat du dejeuner. Au moment ou il repart, je me fait attaquer par une chevre qui me dispute mon dejeuner en me foncant dessus tete baissee; puis un vautour a la tignasse rousse en bataille ('egyptian vulture' en anglais), peu farouche, vient se poster a deux metres et commence a approcher. J'ai un baton et une pierre pour me defendre....Ambiance... Sur le chemin de retour au soleil couchant on ecoute toujours la meme cassette de musique:des chants de Al Mukalla. Monir lache le volant pour battre le rythme dans ses mains en meme temps que moi... Le paysage qui se deroule, sous la douce caresse de la lumiere du jour qui se fane, ajoute en charme a ce moment de joie partagee. De retour a Dihamri, Adham m'accueille par un simple:" You're late" qui me fait bien plaisir parce que pour ma part j'etais pressee de le retrouver. Tout est simple, naturel et chaleureux en sa presence. Un fou rire nous saisi tous les deux quand Monir, indigne, lui raconte la proposition indecente qu lui a fait un touriste italien homosexuel dans le wadi aujourd'hui. Visiblement traumatise et en colere, il n'a pas arrete d'y faire allusion lors du trajet retour en voiture mais la, le recit, avec les traductions et les eclats de rire d'Adham, est beaucoup plus savoureux et detaille. Ce soir est vraiment convivial. On a une vraie complicite avec Monir, maintenant (je l'ai amuse car je l'ai incite a prendre tous les auto-stoppeurs sur la route... d'abord un ecolier, puis deux barbus, puis une femme avec laquelle je partage le siege avant) et Adham, tout sourire, est encore plus proche... Cette ile, son ile, que je quitterais le lendemain, c'est, vous l'avez devine... Socotra. J'adore la maniere des socotris de se saluer. Il y a plusieurs degres d'intimite. Je n'y aurais jamais acces, etant une femme (certains, comme Ahmed, le pieu cousin d'Adham, refusent meme de me serrer la main) mais j'en suis souvent temoin. Soit une franche poignee de main ou chacun se penche simultanement vers la main de l'autre pour l'embrasser, soit les deux hommes approchent leurs visages et font se toucher leurs nez, souvent plusieurs fois. Un peu au meme rythme ou les yemenis se font la bise. J'adore cette facon de faire.
Derniere vue sur Socotra... le pilote a la delicatesse d'informer les passagers qu'on va survoler le lagon de Qalansiah... tons clairs de l'eau... et vue sur le Ras Shoua ou j'ai vecu un de mes meilleurs moments sur l'ile. Adham, qui guidait alors un groupe de quinquagenaires italiennes, avait loue un bateau pour les emmener sur une plage ou elles pourraient faire ce qu'elles preferent : bruler au soleil. En chemin, on a croise de petits dauphins un peu indolents a la peau noire, puis des dauphins a bosses, plus joueurs... Les italiennes s'extasient sur les oiseaux... il y a des hordes de canards assez rigolos qui flottent en ligne a la queue-leu-leu puis plongent et refont surface les uns apres les autres, comme des dominos. Le spectacle est comique... Les femmes s'etalent au soleil en maillot de bain... Adham et moi nous retirons a l'ecart, en quete de fraicheur, sous un arbre a l'ombre maigrichonne. De petits oiseaux viennent se nicher a quelques centimetres de nous, sur la meme branche basse ou reposent nos tetes... moment magique, a ecouter leurs trilles, en clignant des yeux en regardant le soleil a travers le feuillage... Apres un long moment de farniente, on voit reapparaitre le pecheur qui nous a conduit en bateau. Il y a un autre petit homme barbu qui se dirige vers nous depuis le bout de la plage (mais d'ou sort-il ?). Adham et les deux hommes discutent; s'eloignent un peu. Avant de s'eclipser dans les fourres, ils se retournent tous les trois, Adham me fait signe de les rejoindre... et je les suis sans savoir ou. Je n'ai pas de chaussures, le sable est brulant, les hautes herbes epineuses me lacerent les pieds... le pecheur, qui a deux ou trois pointures de plus, me prete ses sandales... mon allure est un peu cahin-caha -on rigole quand je m'effondre dans la vegetation; mais ca marche. Apres vingt minutes de marche ("Et les italiennes?" je demande... "Elles veulent griller au soleil", me repond Adham... et on eclate de rire... A vrai dire je ne suis pas fachee de leur fausser compagnie... c'est d'un ennuyeux, ce rituel de bronzage!); on a atteint, apres la traversee d'un paysage plus aride, une petite montagne. Il y a une grotte, des gens qui y vivent... on va dejeuner avec eux. Quand on arrive, ils sont une vingtaine dans la grotte, des hommes surtout mais aussi quelques femmes et des enfants. Je serre la main a tout le monde. On me fait asseoir a cote d'Adham. Ils ont tue un mouton; deux hommes continuent la decoupe des morceaux de viande, les femmes tournent le riz qui cuit dans de grosses marmites, une trentaine de vautours attendent patiemment les restes... la peau de la bete traine encore par terre, molle envellope noire aux yeux ronds... je ne suis pas sure de reussir a avaler la viande mais je vais essayer de faire honneur a cette invitation. En revanche je decline le bouillon de gras de mouton qui est offert en guise d'entree... je serais tentee de vomir. Assis les uns a cote des autres, a l'ombre de la grotte, on forme un cercle assez elastique au centre duquel viennent s'entreposer les plats, servis par les ados. On mange dans le meme plat par groupe de quatre ou cinq... J'aime bien cette sensation d'etre integree a une communaute, et l'absence de tabou dans le partage de la nourriture. Tout est naturel et simple. Personne, ici, pour essuyer d'un geste pingre le goulot d'une bouteille si l'on doit partager une boisson, ou pour se scandaliser de l'usage d'une meme cuillere... La vue, d'ici, est somptueuse... beaucoup plus belle que de la plage. Un decor de reve devant les yeux mais un mode de vie assez spartiate, surtout pour l'approvisionnement en eau. N'empeche, le moment est genial. On part avant que le the soit servi... Le pecheur part devant en courant apres un dernier "bisou" sur le nez avec nos hotes... Adham a l'air content; on s'eloigne d'un bon pas, rigolant comme deux garnements a la pensee des italiennes restees seules sur la plage qui doivent se demander ou on est passes et realiser que le bronzage ne remplit pas l'estomac... J'ai adore ce mement... Adham, d'un mouvement spontané, m'offre ce bisou sur le nez que je croyais que je n'aurais jamais... La plenitude alors, est totale.
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Socotra, au petit matin. Je quitte Dihamri avant meme le lever du jour. Derniere vision d'Adham a la lueur d'une lampe a petrole... C'est Mounir qui m'emmene a l'aeroport. Je n'ai pas envie de partir mais comment avoir le coeur serre avec de si bons compagnons? Je bois le paysage du regard, le rimmel de la nuit coule sous les ors de l'aube. J'adore longer la mer. Au bout d'un moment, je realise que Mounir n'est vraiment pas loquace aujourd'hui; c'est inhabituel! Je remarque enfin qu'il pleure discretement. C'est peut-etre le chant poignant du muezzin qui retentit dans son autoradio? Il est invraisemblable qu'il soit triste a ce point que je m'en aille! La complainte me prend aux tripes tout a coup... mais il est hors de question de finir sur une note lugubre. Mounir retire precipitemment la cassette, et je propose d'ecouter les chansons entrainantes de Al Mukalla. C'est gagne: Mounir retrouve une humeur enjouee et nous voila a nouveau comme deux gamins a taper le rythme dans nos mains, pendant que les kilometres defilent. On s'enivre de notre propre espieglerie.
Al Mukalla. Je saute dans un taxi qu'on loue deux yemenis. J'ai ete si prompte a leur emboiter le pas que ca les amuse, je crois. Personne n'a eu le temps de me faire une de ces propositions aux tarifs astronomiques dont les taxis ont l'art, et au final, alors meme qu'ils me deposent au pied meme de l'immeuble ou je me rend, ils m'offrent meme la course.
A peine mon sac pose, mon ventre creux m'indique le chemin de la corniche. Encore une fois, on me depose en voiture. Ils sont toujours prets a rendre service, ces yemenis! Mais j'avais oublie: on est vendredi; tout est ferme; c'est la grande priere du matin. Je fais le tour du quartier, ne croisant que des hommes au pas de trombes, qui se hatent vers la mosquee la plus proche. Je reste un peu etonnee par la forte presence policiere aux abords de l'edifice, non seulement des agents a pied mais aussi un vehicule equipee d'une mitrailleuse, pointee sur l'entree. Je ferais peut-etre mieux de pas trop trainer dans le coin... Toujours a la recherche d'un endroit pour me restaurer, j'atteris devant une devanture bleue, close, mais on me dit que ca va ouvrir dans une demie-heure. Je patiente donc sur une chaise sur le trottoir, en repondant aux habituelles questions: "Where do you come from? Are you married? What's your name?"... On me demande ce que je veux manger, donc avec un peu de chance mes souhaits parviendront au cuistot plus vite que prevu. Je demande des gembira avec des legumes( je confonds avec le bahasa indonesia ou crevettes se dire gambari)... A midi trente petantes (pas midi trente-une, entendez bien) c'est la ruee a la porte du boui-boui, dont un des employes ouvre la porte cadenassee dans la bousculade generale. Je me jette dans la melee, bien decidee a disputer une place aux devots affames; j'etais la la premiere, non mais... Comme, effectivement, ma commande est deja passee; je n'ai plus qu'a attendre... j'en profite pour observer l'effervescence, la zizanie, la virevolte des larges galettes chaudes qui atterissent sur les tables, les serveurs qui slalomment en portant des plats de salta bouillante, tous les hommes qui crient leurs commandes, et bougent dans tous les sens. Et j'adore ca...
C'est marrant, je realise plus tard que j'ai atteris sans le savoir au Al Khayyam, dont j'avais lu quelques part des merveilles, et que j'avais cherche en vain sans le trouver. Crevettes, galette et jus de mangue, environ 1300 rials. C'est cher pour le Yemen mais tout est relatif ( un euro= environ 300 rials). Et c'est bon. Le soir, je mangerais du barracuda pour le meme prix!
Al Mukalla est un agreable petit port de peche mais il n'y a pas grand chose a faire. Si je n'avais pas, a notre surprise a tous les deux, croise Ali, de Socotra, qui a prit l'avion suivant et qui est venu faire des demarches pour ses etudes...je n'aurais pas passe un jour de plus ici. Mais j'ai promis de rester; je lui doit bien ca, apres la frayeur que je lui ai fait a Socotra. (Il m'a emmene en 4X4 a la plage de Delisha avec deux de ses potes. J'avais une heure et demie pour me promener sur la plage et me baigner pendant qu'il machouillaient leur qat. Mais a l'heure indiquee de notre rendez-vous, les trois copains, certainement un peu ramollis, n'etaient pas au rencart... J'ai rebrousse chemin vers la voiture, pas vu le vehicule, re-rebrousse chemin vers l'autre extremite de la plage en grelottant pieds nus sur le chemin caillouteux ou passent les voitures pour etre sure de ne pas les rater. Le soleil s'est couche derriere la colline.. toujours personne... mais ou etient ils passes? Une voiture est apparue; c'etait pas eux mais ils m'ont propose de me ramener sur Hadibo; je n'ai pas hesite. J'ai du traverser tout le village trempee, vetements colles au corps et pieds nus. La honte!... Impossible de joindre Ali sur son portable, ligne toujours occupee. Enfin, douchee et propre, l'estomac dans les talons, je suis allee jusqu'au resto du bout de la rue qui sert un peu de point de ralliement pour tous les guides. Adham etait la... il a pu joindre Ali... toujours a Delisha, qui, se faisant un sang d'encre, avait envoye des pecheurs faire des rondes en bateau et prevenu la police pensant que j'avais disparu en mer... tout ca pour un rendez-vous manque... ! On etait faches tous les deux... mais on se reconcilie a Al Mukalla.
Au poste de police de Al Mukalla, ou Saleem m'a accompagne, j'obtiens mon permis special pour l'Hadramaout en dix minutes, sans difficultes. Un homme arrive un peu apres moi. Il est presque blond, avec un teint hale et des yeux bleus... Yemenite? J'hesite a le croire... je pencherais plutot pour un autre pays musulman... mais lequel? Jordanie? Liban? Intriguant en tout cas. Il a l'air mysterieux; ne parle pas, repond d'un leger signe de tete a mon salut. Je ne le sais pas encore, lui non plus, mais on se reverra...et en quelque sorte, on se connait deja !
Une fois mon permis etabli, je prends la route pour Sayun. Il fait tres chaud mais a ma surprise, il y a du vent. Qui plus loin vers le desert cree des tourbillons de sable, comme de mini typhons que j'ai plaisir a comtempler par la fenetre. Quand on en croise un, vite on ferme toutes les fenetres. C'est la seule chose qui agremente un peu la monotonie du paysage et le manque de conversation sur le trajet. On circule entre les masses tabulaires de montagnes exemptes de vegetation, c'est austere et assez rebarbatif. Il faut attendre l'approche du wadi pour voir jaillir quelques couleurs... La verdure fait plaisir a voir et puis il y a quelques portes de maisons eblouissantes...Je ne peux pas demander de s'arreter pour faire des photos mais j'en meurs d'envie...J'adore ces vieilles plaques metalliques a moitie rouillees, bariolees, graffitees, qui detonnent avec les sobres ouvrages de pierre.
Sayun... Une grande partie des edifices anciens tombent en poussiere et sont a l'abandon.... C'est vraiment dommage... A l'exception du palais, d'un blanc rutilant, qui trone majestueusement au coeur de la ville, tout le reste semble voue a l'oubli et a la destruction. C'est du gachis.
Je loge dans un hotel peu recommandable, ou les puces sont maitres de la chambre avant le locataire, et qui n'est meme pas specialement bon marche... mais j'y reste. C'est peut-etre fantasque mais la raison est la suivante: la vue, depuis ma petite piaule sous les toits, est royale, juste en face du palais. La nuit, la vision est imperiale, avec les lumieres. Je me sens privilegiee, je me regale a le regarder... et je retarde le moment de m'allonger sur le lit et de me faire devorer par les puces!
Quand je lui raconte ca, Hussein rigole. Il soutient que je devrais aller loger ailleurs mais quand il decouvre la vue depuis ma fenetre, il comprend enfin ma retenue. Hussein tient une boutique de travaux et materiel photo. Je ne sais meme plus pourquoi j'y suis rentree; on a papote si longuement et de tellement de choses dans tous les sens, que la raison initiale a tout simplement disparu. Comme on a sympathise, du coup, je commence a apprecier Sayun plus que je n'aurais cru et decide de rester un peu plus. On passe un excellent moment ensemble, le jour suivant, a faire un soi-disant concours de photos de nuit, a Shibam. Tu parles d'un concours; il me laisse faire toutes les photos!
Quand je quitte Shibam, Hussein, toujours soucieux de me savoir seule en vadrouille, m'accompagne jusqu'au bus et s'assure que ses deux copains par hasard presents dans le bus prendront soin de moi. C'est trop mignon.
Encore une fois, il a fallu demander un permis special pour traverser le desert. La route la plus rapide vers Sanaa est aussi celle qui passe par Marib, dont l'acces est interdit aux voyageurs individuels. Seules sont autorisees les visites organisees par agence et escortees par les militaires. Si circuler sur cet axe est si risque, pourquoi la police de Sayun octroie t-elle malgre tout aux voyageurs individuels un tel permis? Pourquoi, a contrario, la police de Sana'a refuse-elle de le delivrer? Comment une route serait-elle dangereuse dans un sens et pas dans l'autre? Mystere! Je ne cherches pas trop a comprendre; j'empoche mon permis et en avant! Ce genre de paradoxe m'amuse.
La traversee du Rub-Al-Khali me reserve une bonne surprise. Dans ce desert de dunes claires, quelques chameaux errent, et mon regard se perd. Je ne me lasse pas de regarder les douces courbes du sable, et le soleil qui fond a l'horizon. J'ai meme le privilege de voir mon voeu secret (marcher dans les dunes) exauce, a la faveur d'un arret. Les hommes se precipitent derriere la premiere dune; je dois m'eloigner...Et je le fais conscieusement, pataugeant dans le sable avec delectation...
L'etape du diner se fait a Marib ( mais je croyais que... bon, bon, d'accord). Ici, pas mal d'hommes sont armes non seulement de la jambiya traditionelle, mais aussi de AK 47... qu'ils ne quittent ni pour diner, ni pour aller prier (la mosquee est attenante au boui-boui de service). Ambiance...
De retour a Sana'a, je recroise le mysterieux voyageur appercu au poste de police de Al Mukalla. En fait, il est francais et il s'apelle Jean-Charles. Mort de rire! Mais j'ai un petit doute tout a coup. Vous savez, ce genre de doute qui est une intuition pas encore tout a fait epanouie. Je lui demande si par hasard, il ne va pas sur le site de voyageforum? Surpris, il me repond que si. En fait, je me rapelle vaguement d'un pseudo qui pourrait etre le sien. C'est bien ca; il en reste consterne. A vrai dire, je n'ai aucun merite; il n'y a pas beaucoup de voyageurs au Yemen et j'ai failli lui repondre mais ai manque de temps avant le depart... N'empeche, la coincidence est marrante.
Jean habite en fait, au Liban, ou il est en stage et visite le Yemen pour la premiere fois, Il a une approche sensiblement identique a la mienne mais un avantage certain du fait qu'il se debrouille deja bien en arabe...
On decide de passer la soiree ensemble et d'aller voir se qui se passe du cote du Burj-As-Salam. Des guirlandes ont ete accrochees dans la rue et une tente geante installee au pied de l'hotel de luxe, qui en bloque carrement l'acces et oblige clients ou personnel a contourner tout le batiment, hehehe. Quel faste! C'est un vrai mafraj avec banquettes et coussins, qui s'offre a nos yeux. Finalement on est venus avec Mohammed Jurga qui rivalise de pitreries avec lui-meme et me fait bien rire. Que je ris le fait rire aussi alors on en finit plus... Une bande de joyeux lurons. On nous fait chaleureusement signe d'entrer. Les regards semblent comme magnetises sur nous. De fait, on ne partira pas avant une heure assez avancee, avec une petite ballade dans le quartier juif avec explications historiques a la cle, et festin (c'est ironique... )de fouhl pour Jean, (hehehe, il a ete oblige de manger ma part alors qu'il n'avait meme pas faim! parce que je me suis eclipsee au bon moment pour aller boire un jus de mangue). Le nez en l'air, je me lave les yeux avec toute cette beaute. Je ne me lasse pas d'admirer l'architecture, les decorations des facades, tandis que notre guide, un erudit machouilleur de qat rencontre sous la tente, qui a decide de nous choyer, partage avec nous les secrets de la vieille ville. En arabe, pour le bonheur de Jean, qui fait des progres de minute en minute (l'arabe parle au Liban est sensiblement different) mais il effectue la traduction pour moi de bonne grace, (quand il comprend !) ... C'est ainsi que j'apprend que les juifs ont ete pries de quitter le pays en 1945 pour un voyage sans retour. Or, la majorite des artisans etaient juifs (on leur doit, entre autres, les superbes vitraux dans les maisons de Sanaa) et l'economie s'est effondree avec leur depart. Ils ont laisse un si bel ouvrage; j'espere que le savoir ne se perdra pas totalement; que ces merveilles de pierre et d'albatre pourront, malgre l'usure et les negligences, garder leur lustre encore longtemps.
J'adore le vieux Sana'a !!! On y rencontre toujours quelqu'un, trois ou quatre fois par jour, pour nous souhaiter "Welcome in Yemen" quand bien meme ce serait les seuls mots d'anglais appris. Un vieux assis a l'ombre qui me regarde prendre une photo ; un groupe d'enfants excites qui veulent savoir comment je m'appelle, et veulent tous me serrer la main... Chaque jour, comme un refrain qui accompagne le voyage, ce "Welcome in Yemen" restera grave dans ma memoire. Et le dernier jour, a quelques heures du depart, entendre encore un inconnu nous souhaiter la bienvenue a de quoi tordre le coeur parce qu'evidemment, on a plus envie de partir avec un accueil pareil !
A contrario un soir, alors que je sirote un enieme jus de mangue, dans un troquet un peu desert vu l'heure tardive, un homme qui s'est glisse a la table a cote pour boire un verre, me demande d'ou je viens. Son attitude est etrange; il m'a pose la question sans meme vraiment me regarder, la tete un peu basse, le regard en dessous comme un chien menacant. Quand je repond, d'un air detache (c'est la routine) que je suis française, il hoche la tete, gromelle une obscure approbation, puis opine encore une fois du chef en ajoutant d'un ton severe et charge de sous-entendus " Bien. C'est bien!" Je ne comprends pas ou il veut en venir. Je lui demande ce qu'il entend par "c'est bien" ; pourquoi c'est bien? A quoi il me retorque que si j'avais ete danoise... et la, il fait un geste qui ne laisse aucun doute sur ses intentions: me trancher la carotide. Je t'aurais tuee, ajoute-t'il comme si ce n'etait pas encore assez explicite. Glups! Mortifiee, stupefaite, je me concentre sur ma paille pour avaler ce qu'il y a dedans dans un silence soudain un peu lourd...
Mais revenons a nos moutons... ceux qu'on tue, justement, parce qu'ils sont des moutons (pas danois, eux), pour les manger...C'est une autre chose que j'adore au Yemen, et a Sana'a en particulier: les moments de partage que constituent les repas. Ca a presque des allures de rituel, quand les hommes delaissent ou ferment carrement leurs boutiques et se retrouvent dans la rue pour manger ensemble, a la bonne franquette, assis en rond sur le trottoir autour de gamelles bouillantes de sahlta, et partager les khubs. . L'ambiance est si conviviale; j'ai si souvent et si genereusement ete invitee a me joindre a l'un de ces groupes; que j'imagine mal comment je vais retrouver la solitude et la pauvrete d'un machonnage de sandwiche. Au debut, je craignais que le touillage en commun des gamelles ne m'inspire quelque repulsion, mais apres en avoir fait l'experience; dans les familles, en particulier; j'adore ca. Et je sais deja que ca me manquera...
Souvent, la nuit, je reste collee a la fenetre de ma chambre, dans le noir, pour regarder la porte Bab Al Yemen illuminee et les maisons resplendissant sous la douce lumiere jaune des reverberes... Vision enchantee, magique, dont je ne me lasse pas; un prodige de chaque seconde qui me saute aux yeux a chaque clignement d'yeux et me tient eveillee jusqu'a ce que le marchand de sable passe. Je m'endors devant ce paysage fabuleux; on dirait que les facades ont ete enduites d'une coulee de miel... (de l'Hadramaout, bien sur...!)
Le matin, je me reveille tot pour comtempler les variations de lumieres sur les minarets a mesure que le jour se leve, et l'animation croissante de la rue... La baraque a thé est le lieu le plus frequente, dans une paisible nonchalance, par quelques vieux aux visages parchemines qui se tiennent bien droit devant leur brevage fumant... Le chameau a deja commence sa ronde autour du moulin a huile mais tout est tranquille encore, et silencieux. Vendeurs ambulants, peintres en batiment armes de leurs rouleaux, artisans de rue, mendiants arrivent peu a peu... puis les boutiques ouvrent... murs tapisses de jambiyas, de bijoux en argent, de robes colorees aux formes frivoles, que l'on ne verra jamais sur les femmes... et de ces longues tenues noires de fantomes, qu'elles portent par dessus leurs vetements et les rendent toutes identiques aux yeux du neophyte. Les premiers clients commencent a arriver. Les femmes hesitent coquetemment entre plusieurs foulards noirs dont seule la decoration en bordure (petits points dores, arabesques, motifs en forme de feuilles...) varie un peu. Elles marchandent et bavardent. Seuls leurs yeux sont visibles. Parfois cela m'incommode de me sentir devisagee, et inspectee de la tete aux pieds par des personnes qui sont, elles, masquees, et bien a l'abri, derriere leurs voiles opaques; sans que je puisse rien comprendre a leurs eventuels commentaires dans une langue que je ne maitrise pas...
La langue... elle se deroule, comme des volutes de fumees; claque, sonore; ecorche un peu les oreilles; hypnotise aussi... les sons que je preferent sont les plus singuliers, les plus chaotiques, les plus rebels a la pronociation. Quand il y a un "h" et un "w" dans le meme mot, comme dans "wahed" ou "wahdi"... J'adore aussi quand vient l'heure de la priere du soir, que le jour est tombe, que les hommes pressent le pas a l'appel des muezzins. Les chants sont beaux, dechirants parfois... D'un coin a l'autre de la vieille ville, leurs voix se melent, se disputant l'attention du ciel et la ferveur des croyants, dans une touchante cacophonie. Vraiment, j'adore ca. Il y a de la puissance, de la serenite... quelsque chose qui remue l'ame et incite a l'humilite.
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C'est decide : je pars a Zabid pour la journee. Je me suis laissee ensorcelee par Sana'a un peu trop longtemps; je ne verrais donc pas le marche de Beit-Al-Faqih, mais a la vue de la longue plaine poussiereuse qu'il faut traverser, mes derniers regrets fondent... Je n'apprecie pas, ni l' emprise de l'air qui nous enserre dans son etau, ni la terre brulee de chaleur qui sert de paysage, ni les silences de mes compagnons de voyages, dans une pijou bondee... Evidemment un pneu eclate. Je n'ai jamais vu un pneu aussi explose! On a de la chance: cela arrive 30 kilometres avant Al Hodeidah, en pleine ligne droite... La descente des montagnes s'est faite sans encombres; cela aurait ete nettement plus dangereux si le pneu avait eclate dans un des lacets de la route!...
Zabid ne me charme pas outre mesure, mais il y a dans la vieille ville aux batisses blanches, en plus de la plus ancienne mosquee du Yemen, une maison privee qui a servi de decor au tournage des "1001 nuits" de Pier Paolo Pasolini... visite qui legitime a elle seule mon delire (l'aller-retour dans la journee depuis Sana'a c'est un peu insense en transports en commun, vu la longueur des trajets). La facade, les vitres interieures colorees, les boiseries peintes au plafond, sont remarquables. Il est affligeant de constater que les proprietaires ne prennent pas soin de l'heritage; le manque d'entretien est criant. C'est vraiment dommage mais c'est visiblement chose courante a Zabid ou les edifices qui devraient etre proteges et restaures sont souvent delabres voire tombent en ruines.
Je resiste a la tentation d'y passer la nuit -je subodore que les proprietaires sont des Thenardiers- ils transpirent de cupidite...d'autant plus immeritee qu'ils ne font visiblement par d'efforts pour valoriser leur patrimoine... bref je choisis de m'echapper et de rentrer fissa a Sana'a.
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Sur le retour vers Sana'a, le chauffeur de la pijou roule a toute berzingue dans la nuit et depasse tout le monde, meme dans les virages. Mais il conduit bien. Delivree de toute crainte, je me laisse bercer par le passage des vitesses et les ondulations des tournants. Sa conduite est fluide. On a mis du temps a partir au depart. Il s'est arrete tres frequemment, pour parler a quelqu'un, deposer quelque chose, acheter une babiole... j'ai commence a m'impatienter. Quand, moins de trois-quart d'heure apres le depart, il a arrete la pijou devant une mosquee, c'etait le bouquet! Mais je ne pouvais rien dire; c'est l'heure de la priere... Femme et non-musulmane, je suis exclue d'office. Je me suis mise a bouillir interieurement. Mais le chant poignant du muezzin s'est eleve et la beaute de sa voix m'a ramene a davantage de serenite. A la fin de la priere, les visages sont plus detendus, la douceur de l'air, qui a fraichi, semble offrir une derniere caresse de Dieu avant de reprendre la route. Le silence s'installe. Recueillement, reverie ou concentration... en tous cas, des ailes semblent avoir pousse sur les flancs de la voiture et on trace...
On a aborde les montagnes depuis un moment, quand, au detour d'un lacet, j'appercois a la lueur des phares, un panneau "Manakha". J'interpelle le chauffeur. "Manakha, a min huna?" Oui, c'est par la et a seulement dix kilometres... Il a ralenti a ma question; j'hesite deux secondes puis hop, je decide de me faire deposer la. Je vais faire une surprise a Abdusalem; qui m'a reclame de revenir le voir...
Au croisement de la route qui mene vers les sommets, j'avise un conducteur de moto, juche sur un superbe engin recouvert de peau de mouton, comme c'est la mode dans tous les vehicules (dans les voitures, c'est le tableau de bord qui en est recouvert). Je negocie mon transport jusqu'a Al Hajjara. J'apprecie encore une fois l'avantage d'avoir un petit sac a dos: un plus volumineux bagage m'interdirait de circuler a moto. J'enfile mon blouson et rabat ma capuche: ca me protegera du froid et du vertige en meme temps. Le motard demarre, et la musique aussi... avec ce paysage dramatique, ca me remue comme "La chevauchee des Walkyries" de Wagner dans "Apocalypse Now"... Esperons juste que ma derniere heure n'est pas venue et que l'on ne va pas deraper... Le motard fonce; je me colle contre son dos en enfouissant mon visage pour ne pas voir le precipice et les petites lumieres en bas... mais je savoure la fantaisie de ce petit crochet...Qui pourrait imaginer, au funduq, que je vais debarquer a moto en pleine nuit ? Hehehe.
A l'arrivee, je me sens rayonnante... j'ai reussi a passer outre ma frousse et puis l'arrivee en musique, c'est classe ! Mais, il y a un petit grain de sable dans mon plan...: Abdusalem n'est pas la; il est a Sana'a!!!
Je suis decue mais ce coup du sort me semble suffisamment facetieux pour me faire sourire. Evidemment!...
Kamal refuse que je l'aide pendant qu'il me prepare a manger; Abdu Fata me prete son portable pour que je telephone a Abdusalem... celui-ci me confirme qu'il est a Sana'a mais dit qu'il rentre aujourd'hui. D'ailleurs, il arrive tout de suite; il est deja dans la pijou... Il devrait etre la dans trois heures...
Il est si tard... il y a encore des departs de pijou, a cette heure? Il faut croire que oui...
Je reste eveillee le plus longtemps possible pour l'attendre mais je finis par m'endormir. La journee a ete longue et mouvementee: Sana'a-Zabid-Al Hajjara... j'ai eu mon content de kilometres et d'emotions. Je me reveille un peu avant quatre heures du matin. Mais qu'est-ce qu'il fout? Il a promis de venir taper a ma porte quand il arrive! Je descends voir en bas. Devant la porte de la piece ou les hommes machent le qat l'apres-midi et qui sert parfois de dortoir a Mohammed et Abdusalem, il y a deux paires de sandales. Je les reconnais... Je sais que c'est culotte mais j'entrebaille la porte. Mohammed leve la tete, se redresse d'un bond et avant que j'ai pu dire ouf, reveille sans menagement Abdusalem. Ils ont pas ose me reveiller, eux, mais ils sont tres content que je le fasse...
Je m'assied sur le bord d'un matelas et on commence a papoter...Mohammed aussi etait a Sana'a. Ils m'expliquent pourquoi; et je raconte ma viree a Zabid... Je remarque que Mohammed a l'air triste. Abdusalem m'explique alors d'une voix sourde que son beau-frere (le mari de sa soeur) est mort il y a deux jours dans un accident de moto. Je suis vraiment desolee... et pour sa soeur, ca doit etre vraiment dur! Abdusalem traduit les mots de reconfort que je trouve a lui dire mais c'est mes gestes d'affection qui sont le plus efficace (on est assez proches pour que je puisse me permettre de lui tenir la main et de lui caresser les cheveux, comme une mere, sans que ce soit equivoque).
Je passe le reste de la nuit a discuter avec Abdusalem en regardant l'aube se lever sur l'autre versant des montagnes et Manakha, que j'appercois de ma fenetre. La lumiere des vitraux se reflete sur le mur blanc dans les premiers rayons du soleil... une nouvelle journee va commencer.
A midi, on mange tous les trois chez Abdusalem. Mohammed s'est fait un peu prie... il voulait qu'on mange chez lui. Ils me font marrer a se disputer pour ca... Le pere d'Abdusalem s'obstine a me demander de l'appeler "oncle"... et fait rire les garcons avec ses plaisanteries. Il semble plus enfantin que son fils!
Apres le repas Mohammed m'emmene chez lui et me presente toute sa famille. Abdusalem reste dehors pour ne pas gener la vie de la maison (avec toutes les femmes qu'il y a, son intrusion obligerait a trop de chamboulements) Il y a la ses quatre soeurs, son jeune frere Kamal (que j'appelle Kamal II pour le differencier de Kamal I, le musicien du funduq), ses parents et ses grands parents... Ils veulent tous que je m'assois pour manger avec eux. Une soeur reussit a m'enfourner un morceau de poulet dans la bouche; le papi se leve pour faire pareil... je ne vais pas m'en sortir! C'est que j'ai deja mange, moi! Je bats en retraite, non sans avoir embrasse et serre dans mes bras la soeur veuve en lui faisant toutes mes condoleances, dont la fille de huit ans, se dandine sur le pas de la porte, rieuse et inconsciente, semble t-il, du décès de son pere...
Le lendemain midi, cette fois, je n'y coupe pas; Mohammed m'entraine chez lui pour y dejeuner. A vrai dire; j'en ai bien envie. J'ai apprecie l'ambiance familiale et je serais ravie de revoir ses soeurs. Je partage si peu de moments avec des femmes! Et depuis la fois ou j'ai danse avec les belles-soeurs d'Abdusalem dans la maison familiale de Sana'a, je n'ai guere eu d'autre occasion. Il est vrai que les activites traditionellement reservees aux femmes me paraissent vite rebarbatives: je ne suis pas une femme d'interieur, et elles sortent si peu que cela limite vraiment les contacts.
Ce repas est le meilleur que j'aie mange au Yemen! La cuisine est raffinee, variee, et en plus, il y a du "shafout"; que je revais de gouter ici, apres avoir tente l'execution de la recette a domicile en France. Tout est delicieux! J'annonce ensuite a Abdusalem que j'aimerais bien manger chez Mohammed tous les jours... ce qui le fait bien rigoler. Hier, il m'a vante le pain de sa mere, qui selon lui et le meilleur de toute la region, mais aujourd'hui, il m'avoue qu'il n'a jamais mange chez Mohammed; il ne peut donc pas comparer... A mon tour de rigoler... et de le tanner en lui disant qu'il ne sait pas ce qu'il rate!
* ** Ce matin, on va au marche de Manakha. Je suis la derniere assise sur la moto, derriere Abdusalem. J'adore quand on est a trois dessus...avec la musique, le vertigineux relief des montagnes encore enturbannees de brumes, la sensation est vraiment grisante. Abdusalem doit faire des courses pour le funduq. L'occasion de rencontrer pas mal de gens qu'il connait, de se saluer, de prendre des nouvelles... On fait le plein de légumes, s'attarde pres du marchand de desserts, ou les delices sucres rivalisent de couleurs, du vert pomme au vermillon, en passant par l'orange criard... mais je prefere gouter avec les yeux... tout ca me semble bien trop gras. On remonte lentement la pente, slalommant entre le stand du boucher et le marchand de tissus. A notre arrivee sur le terre-plein, a une trentaine de metres, c'est la melee: une bagarre a visiblement eclate, et les hommes commencent a accourir pour y prendre part. On s'ecarte. Un coup de feu est tire. Juste au moment d'emprunter l'escalier pour rejoindre la rue en surplomb, ou des badauds se sont masses pour observer ce qui se passe, des policiers armes de leurs kalashnikovs devalent les marches a toute allure. On doit s'ecarter pour les laisser passer... Une fois en haut, on s'aligne sur le bord avec tout le monde qui regarde. Tous les hommes semblent lies les uns aux autres, dans des gestes de solidarite et de protection mutuelle. Je me retiens au bras d'Abdusalem. Et a ma surprise, le vieux a cote de moi me prend aussi le poignet. Sensation etrange... a me sentir un des leurs. En bas, l'accrochage est vraiment vif, la foule a grossi. Deux tirs de kalashnikov en l'air accentuent la tension. Il est plus prudent de se retirer. On s'enfonce dans les rues derriere. Un peu plus tard, un attroupement s'est forme devant le poste de police. A l'entree, ca pousse et ca crie dans tous les sens... On doit passer devant pour repartir vers Al Hajjarah ou faire un gros detour. Abdusalem me laisse choisir. On passe...! J'aimerais bien savoir ce qu'ils racontent... Enfin, on a une explication: Un policier a cru qu'un gamin volait de l'argent alors qu'il ne faisait que ramasser des sous par terre, et sans reflechir, lui a tire dans le pied. Sur ce, un homme (parent? voisin? ami? ou simple passant offusque, va savoir!?) s'est jeté sur le policier et lui a plante sa jambiya dans l'epaule... et le chaos a commence... Plus tard, on apprendra que le policier a etait arrete, que le garcon est a l'hopital... mais je n'en saurais pas plus.
Apres une derniere escapade, cette fois au Djebel Shuqruf avec Abdusalem et Kamal I, ou un paysage dramatique a souhait nous invite a la reverie et a la nostalgie, mais ou le vent nous crie de deguerpir... il est temps de penser a rentrer a Sana'a... Dernier repas ensemble, derniers accords de Kamal a la mandoline, echange de cadeaux...car je partirais demain.
Au matin, coup de theatre. Au moment de partir, je croise un ecossais plutot sympa et avec le sens de l'humour, fan de plongee, qui me demande des infos sur l'Hadramaout et Socotra. Dans la discussion, je comprends que lui et son guide repartent a Sana'a en voiture dans l'apres-midi et me permet de leur demander un "lift". Accorde! Le guide est franchement sympa aussi et son anglais superieur; c'est donc un plaisir de conversation, ce voyage de retour. Par contre, une demie-heure apres le depart...dans un virage, on creve un pneu. Le chauffeur se rabat tant bien que mal, sans cesser de machouiller ses feuilles de qat qui lui font deja une joue proeminante et distordue. Son vehicule qui semble flambant neuf m'a soudain l'air moins solide et fiable que les vieilles peugeot rafistolees qui sillonnent les routes d'un bout a l'autre du pays. On pose quelques pierres dans le virage suivant pour signaler l'accident et inviter les conducteurs a modifier leur trajectoire, et notre chauffeur entreprend laborieusement de changer la roue.
* **
J'ai decide de faire encore une viree. Une folie d'une journee, comme je l'avais imagine pour Zabid. La derniere. Enfin, je crois. Car il ne me reste que tres peu de jours a Sana'a avant mon depart du pays, et j'adore tellement cette ville qu'il m'est necessaire d'y passer au moins les deux derniers jours. J'adore les virees d'une journee. Je pars avec un tout petit sac en bandouliere, qui contient juste mon permis de circuler, mon argent et mes papiers et mon appareil photo. Autant dire: les mains dans les poches. La destination, cette fois, est Jiblah. La petite ville satellite de Ibb a une histoire bien chargee, et je suis curieuse de decouvrir le palais de la reine Arwa et les demeures ismaeliennes encore debout. La route qui s'eloigne de Sana'a est bien agreable: elle traverse une jolie vallee verte, ou il y a enfin d'autres cultures que le qat, et quelques arbres qui ont pris leur elan vers le ciel... Puis c'est a nouveau un paysage de montagnes, a la beaute aride. La "pijou" me laisse a Ibb. De la, je vais rejoindre Jiblah en debab. Jiblah me charme sur le champ. Par son architecture mais aussi par l'athmosphere paisible qui y regne. Il y a une petite riviere, c'est vraiment relax. Comme on est vendredi, c'est particulierement calme. Un jeune homme rencontre dans la rue m'emmene manger chez lui. Je suis impressionnee par la simplicite et le naturel avec lesquels sa mere m'accueuille. Elle me prend la main, la retourne et l'embrasse. Sans la lacher, je lui retourne son baiser sur sa main a elle. J'aime bien ces echanges qui sont bien davantage que de la politesse... deja un temoignage de sympathie. Apres le dejeuner, la visite continue. J'admire les minarets, la coupole blanche d'une vieille mosquee, rigole en voyant un mouton noir qui s'est introduit dans un ancien hammam et qui faufile la tete par la fenetre, comme s'il etait vraiment en train de transpirer a l'interieur et en quete d'oxygene! Aux abords de la mosquee de la Reine Arwa, des enfants me disent que je peux entrer. Monde blanc, silencieux, ou un vieillard dort, un autre lit... Un homme traverse la cour et vient vers moi: c'est l'imam. Il tempete que je n'ai pas enleve mes chaussures, se radoucit quand il comprend que je n'ai pas l'intention de les garder aux pieds pour visiter la mosquee et finit par m'inviter chez lui.
J'ai l'impression d'etre au moyen-age: les plafonds, dans l'escalier en colimacon, sont bas; il n'y a pas de lumiere, et le silence entrecoupe de quelques phrases chuchotees en arabe ajoute encore au mystere. On surgit enfin sur la terasse, eclaboussee de lumiere, ou une vue splendide s'offre alors a mes yeux. On surplombe la mosquee de la reine, et une bonne partie de la ville. C'est vraiment beau. L'imam jouit d'une vue globale sur la ville et d'un emplacement stratégique pour surveiller la mosquee. Superbe. Je quitte les lieux a regrets...
Dans la rue, je rencontre Yessin. Il a l'air gentil, humble, candide, doux... et curieux. J'ai remarque qu'il m'avait plus ou moins suivi jusqu'a la mosquee avec ses potes. Mais l'avancee est subtile, et la delicatesse du sourire engageante. Je lui demande mon chemin (mais je ne suis absolument pas desorientee), juste pour lui fournir l'alibi qu'il cherche pour m'adresser la parole. Et evidemment, sous couvert de me montrer le chemin, il en profite pour laisser ses potes et marcher seul avec moi, en essayant de cacher qu'il est aux anges... c'est trop mignon!
Un autre homme se joint a nous. Je suis toute etonnee: il ressemble drolement a l'acteur Alfred Molina. Petite scene comique: j'ai grimpe sur un toit et Yessin et lui me font un auvent avec le foulard traditionnel pour que je puisse prendre des photos a contre-jour...
Jiblah vit dans une douceur et une lenteur que je n'ai pas rencontre ailleurs, qui contraste fortement avec l'activite d'Ibb, la moderne ville voisine. Accrochee a un flanc de montagne comme une gracieuse flanerie suspendue... ca me donne envie de rester la. A l'heure de la priere, quand les appels des muezzins retentissent simultanément, avec les 50 mosquees qu'il y a ici, ca doit resonner! Il me faudra revenir pour entendre ca...! Mais aujourd'hui, je dois rentrer a Sana'a.
Sur ce, la pluie arrive... ma premiere pluie au Yemen. Le silence s'installe dans la pijou a mesure que la route monte en lacets et surprise par la beaute tragique du paysage, j'immobilise le moment dans ma memoire. C'est sombre et majestueux, dans la gloire du couchant.
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Dernier jour a Sana'a.
Je rencontre Richard, un anglais cinquantenaire en conges sans soldes, et en voyage a velo pour six mois... Il n'en est qu'au debut, le veinard!, mais je constate vite qu'il a une facilite de contact immediate et manifeste, avec les yemenites. Etre deux, ce qui pourrait freiner et rarefier les occasions de contact, cree au contraire avec Richard, une certaine synergie, et les yemenites ne craignent pas de nous aborder... C'est marrant, ces deux voyageurs aux antipodes: un grand type grisonnant (dieu sait pourquoi il me fait penser a l'auteur Paul Theroux) d'origine anglaise, qui serait discret s'il n'etait pas aussi grand de taille, et une francaise de taille moyenne qui passerait inappercue si elle n'etait pas montee sur ressort. Elle termine son voyage et lui le commence...
J'invite Richard a m'accompagner au souk de poissons ou j'ai l'intention de manger. Je me demande franchement pourquoi je ne suis pas venue y manger plus souvent? Cet endroit est genial; l'ambiance, unique; et la nourriture savoureuse. On visite plusieurs echoppes, ou les poissons s'etalent. Aucun prix, aucun nom, mais beaucoup de choix, et beaucoup de monde dans les boutiques. Les hommes crient, montrent du doigt, sortent des liasses de rials de leurs poches et derriere le comptoir, les marchands pesent, vident et decoupent les poissons a la demande.
Qu'est-ce qu'on mange? Pour moi, ce sera crevettes ou barracuda. Richard me laisse choisir. Il avoue qu'il n'a jamais mange de barracuda. Quoi??? On va remedier a ca tout de suite! On achete un barracuda entier (600 rials soit 2 euros). Le vendeur nous le prepare et nous le coupe en long, pret pour la cuisson. On passe dans un boui-boui voisin ou les flammes du four rugissantes ont noirci les murs. C'est aussi noir de monde mais on trouve une place au fond. L'ambiance, ici, est folklorique. Un cuisinier jovial, chapeau de cow-boy sur la tete, retire des plaques brulantes du four ou tronent toutes sortes de poissons, parfois entiers et ouverts en deux, parfois coupes en rondelles... Les langues folles des flammes s'echappent imprudemment du four dans un puissant vacarme, et les hommes hurlent. Mais c'est trop sympathique pour ressembler a l'enfer...
Apres avoir confie notre poisson a un garcon de salle, on s'assied a table. Je me glisse sur le banc qui fait face a la salle et continue d'observer. Je remarque enfin un autre cuistot qui fait mijoter des plats en sauce, dans le style curry, et dont les marmites fumantes arrivent sur les tables en bouillonnant. A peine installes, notre voisin de siege, deja servi, et qui se delecte de poisson grille, de pain et d'un melange de tomates moulinees avec du fromage, des herbes et des epices, nous invite a partager sa pitance. Comme on lui fait signe que notre poisson arrive, il insiste et pousse vers nous, poisson et legumes et nous tend un morceau de pain chaud. Richard est timide; je me lance... Bientot d'autres hommes rejoignent le banc. C'est toujours problematique de sieger a cote d'une femme que l'on ne connait pas dans un lieu public, mais je les met a l'aise en les invitant a s'asseoir a cote de moi... et la gene fond (la faim dans les talons doit faciliter les choses). Quand ils sont servis, eux aussi partagent leur nourriture... et comme le barracuda est long a cuire, et que nous mangeons plus lentement que les yemenites, on goute a plein de poissons differents, plusieurs sortes de pain, et des melanges varies de legumes... Tout ca dans une bonne franquette confondante, une joyeuse et genereuse simplicite qui nous enthousiasme et nous emerveille. Cet endroit est genial! Je sais, je l'ai deja dit, mais c'et vrai!
Richard pretend qu'il n'a deja presque plus faim. Je rigole : Attends un peu que le barracuda arrive! Et il apparait, enfin, gresillant encore... A notre tour de partager avec nos voisins... de leur glisser un morceau de pain dans la main, de guetter le moment ou ils seront a court de poisson... de les inviter, d'un geste, a piocher dans nos plats...
On se regale, vraiment! Et a ma grande satisfaction, notre barracuda est le poisson que Richard prefere, dans tout ce qu'on a goute. Il dit qu'il reviendra manger ici. Je le comprend et je l'envie. Je n'aurais pas cette chance de sitot : c'est mon dernier jour a Sana'a...
Mais ce dejeuner d'adieu, cloture mon sejour dans le faste et je ne vois pas pourquoi je ressentirais des regrets: j'ai si bien profite du moment! On sort de table rassasies et rayonnants (et probablement beaucoup plus dodus qu'avant le plantureux repas)...
Je passe le reste de l'apres-midi dans la vieille ville pendant que Richard se fend d'une visite administrative pour obtenir son permis de circuler. Je fais le tour des gens que j'aime pour leur dire au-revoir, distribue les dernieres photos, et trompe ma tristesse par de nouvelles joies amicales.
Mohammed, assis avec deux amis dans la baraque a thé, me hele quand il m'appercoit. Je les rejoins et commande un lait chaud. On s'aime bien, avec Mohammed, mais on ne peut pas se dire grand chose. Il ne parle qu'arabe et ma connaissance de la langue est trop sommaire pour un veritable echange. Pour une fois qu'il ne travaille pas, on profite de passer un moment ensemble mais si les difficultes de communication rendent la situation assez drole, ca ressemble davantage a un film muet de Chaplin qu'a une fantaisie de Woddy Allen...
Enfin, il m'accompagne de l'autre cote de la vieille ville, une fois qu'il a a peu pres compris ou je veux aller. En fait, de l'autre cote de la Sialah, cette large voie a double sens qui traverse la vieille ville en saison seche et redevient naturellement une riviere en saison des pluies. Je dois donner quelques photos a Ali et lui dire au-revoir.
La compagnie de Mohammed m'evite d'avoir le coeur serre. Je plaisante avec Ali sur mon retour en 2050 quand les hommes yemenites porteront des voiles noirs a la place des femmes, ou que j'aurais epouse sept maris-un de chaque continent-... le genre de film fantastique que j'ai imagine en bavardant et philosophant avec lui et son oncle. La verite, c'est que je ne sais pas quand je reviendrais, mais, inch allah, je reviendrais un jour!
De retour a Bab al Yemen, derniere poignee de main avec Mohammed. Je le quitte a regrets: je prefererais franchement aller prier a la mosquee avec lui que faire mon sac... le chant du muezzin remplit mon coeur de nostalgie et le souleve d'un soupir : c'est bientot l'heure de partir. D'ailleurs, je dois me depecher: j'ai moins de deux heures pour tout ranger, manger, telephoner successivement a Adham, Abdusalem et Hussein et filer a l'aeroport.
L'heure du diner est largement passe quand j'atteins la petite place ou l'on sert des kebabs... Mohammed et Mohammed, qui bossent dans mon boui-boui favori (favori justement parce qu'ils y bossent, eux, ces joyeux comperes!) sont aux petits soins comme a chaque fois... Non seulement j'ai toujours droit a une ration supplementaire de sauce ou de kebab, mais en plus, il m'est souvent impossible de regler l'addition parce qu'ils refusent de me laisser payer... Ce soir encore... pff... je laisse tomber! Vous etes fous les gars!
Je capte leur dernier regard petillant de malice, et disparait dans l'etroit passage qui debouche sur le souk aux graines, aux epices, a la myrrhe et a l'encens.
Il est bien difficile d'admettre que c'est la derniere fois que j'arpente les rues de Sana'a avant un long moment. Je voudrais tant rester encore...
Une fois dans ma chambre, j'empoigne mes affaires et ouvre la porte, prete a sortir. Je jette un dernier regard pour voir si je n'ai pas oublie quelque chose et je me fige: si, j'allais oublier quelque chose ! J'eteins alors la lumiere, et me met a genoux sur le lit, le nez colle a la fenetre, pour aspirer ce que j'ai sous les yeux; cette vue que j'adore... je ne me lasse pas de la vision nocturne de Bab Al Yemen illuminee et je veux suspendre ma course vers l'aeroport une minute, juste pour regarder encore une derniere fois, dans un silence meditatif, Sana'a ...
C'est le moment que choisi Richard pour apparaitre, dans la penombre de la porte. Surprise, je realise alors que je dois avoir l'air bien bizarre, avec mon sac sur les epaules, dans le noir, collee a la vitre...
Mais Richard comprend, et tout deconfit d'avoir manque le diner (il croyait que je partais plus tard) m'accompagne jusqu'au taxi devant lequel, d'un grand geste theatral, il me souhaite bon vent...
Je pars, il reste... j'ai l'impression qu'il prend le relais... et que le voyage ne cesse jamais!
J'ai passe cette porte des le premier soir, mais il m'a vraiment fallu deux jours pour enfin entrer au Yemen pour de bon. Deux jours a batailler avec mon foulard sur la tete, avec ma culpabilite: celle de me promener moins couverte que les femmes du pays que je voyais comme des ombres, identiques, inidentifiables, et auxquelles j'avais l'impression de faire insulte, comme si j'etais un rappel douloureux de leur fardeau, en etant habillee plus librement...
Et puis... j'ai compris que le blocage n'etait que mien; que personne ne me reprochait rien; que je pouvais gouter au bonheur sans melange d'etre la, simplement.
Aujourd'hui j'ai passe mon temps a me ballader a pied dans la vieille ville, suis allee au Wadi Dhar a moto avec anttoine...on a perdu notre chemin deux fois, on a failli avoir un accident trois fois (j'ai l'impression que les yemenites sont pires que les indiens en voiture) mais je suis contente de ma journee bien remplie. J'ai ete guidee par un vieux et des enfants dans un de ces espaces caches au coeur de la ville, comme un grand jardin a l'abandon, entoures de toutes parts par de belles batisses... Une chance de passer par la, et d'etre invitee a faire quelques pas sur un chemin de traverse... Plus loin une femme qui secoue son tapis... quand je leve la tete, elle me fait signe de venir... a l'interieur, je trouve deux jeunes femmes devoilees, toutes gaies... des visages qu'on ne verra jamais dehors; qu'on ne pourra meme pas deviner... D'entree, c'est chaleureux, evident, simple. Elles me font la bise, m'offrent du the, m'entrainent voir la vue sur le toit... Outch! C'est fabuleux! La mere cuit du pain dans un four a bois style tandoor, les filles se preparent et m'accompagnent au souk... avec leurs voiles, j'ai du mal a savoir laquelle est laquelle... Elles sont toutes pareilles... comment on fait pour reconnaitre ses copines? On se separe au marche... Je repasse devant le Burj-As-Salam, un des hotels les plus chic de la ville, ou j'ai ete invitee la veille a entrer pour visiter. La vue depuis le toit au 7e etage, avait de quoi epoustoufler. Deja tres emue a la vision de la facade, j'avais presque envie de pleurer... quelle splendeur! Tout en haut, une grande piece avec de larges fenetres, qui pourrait etre le mafraj, agrementee de banquettes et de coussins, me tend les bras. Deux occidentaux assez surpris de me voir, m'offrent un the et une conversation bilingue enrichissante. Qui aurait cru que j'entrerais ici ? Je sirotte mon lait chaud avec une satisfaction non feinte. Quelle benediction!
A midi, je mange sans embarras dans la gargotte exclusivement masculine de la porte Bab Al Yemen. C'est anime et j'adore cette ambiance entre cour des miracles et Afghanistan. Je commande un jus de mangue, du riz, et un accompagnement vegetarien. Mon plus proche voisin, qui croit sans doute que ma commande de poulet se fait attendre, me balance sans demander mon avis, deux morceaux de sa propre pitance dans mon assiette. Je sursaute de surprise, mais je sais qu'il le fait nonchalemment, ... c'est normal. On m'a prevenue. Quand un plat met trop longtemps a arriver, les yemenis partagent du leur. Je rigole interieurement...
Ce soir, je suis retournee voir un tailleur avec lequel j'ai sympathise...en chemin, dans le souk, un vendeur me fait gouter deux sortes de miel, et parfume mon poignet au jasmin, un autre que j'ai photographie ce matin et que je reconnais, m'offre une datte; plus loin, un autre me glisse une poignee de pistache dans la main... mon dieu qu'est-ce qu'ils sont genereux et hospitaliers! Alors que je ramene du the a Sinan, il a l'air malheureux de quelqu'un qui aurait voulu offrir et qui s'est fait devance... a voir la tete qu'il fait; j'ai presque des regrets! Mais on rigole bien quand j'enfile une de ces fameuses chemises blanches d'hommes et que Sinan emprunte d'autorite jambiya et ceinture a un de ses clients pour completer le tableau..
Je suis de retour a Sanaa pour deux jours, avant mon vol pour Socotra... Il y a eu quelques rebondissements. A la veille de partir pour les montagnes au sud de Sanaa ( les monts Harraz ou se trouve Manakha et Al Hajjarah pour les fanas de geographie)...je me suis appercue que l'on m'avait file un visa d'un mois seulement, a l'arrivee... une erreur... un tampon oublie... du coup, j'ai du me rendre au service de l'immigration. L'expedition (C'en est une!) s'est bien passee parce que j'ai eu un bol monstrueux. Dans le bus j'ai rencontre deux hommes d'honneur qui bossent pour le centre de langue arabe et dont l'un d'eux est charge des relations avec l'immigration justement... Sans lui, j'aurais eu bien du mal a trouver mon chemin dans ce lieu chaotique qui ressemble davantage a un campus universitaire qu'a un service administratif... officiers dans tous les sens qui paraphent les documents debout dans les couloirs en saluant leurs potes avec maintes empoignades chaleureuses et etreintes amicales ( un comble de fraternite entre civils ceints de leurs poignards traditionnels-la jambiya- et ils en ont tous! et officiels pares d'armes a feu) et au mur, des macarons d'interdiction, comme nos interdictions de fumer... mais la, c'est pour l'interdiction d'entrer avec des kalashnikov... le formulaire a remplir est evidemment en arabe... les photocopieuses sont dans la cour pres de la buvette... joyeux bordel... sans eux...rien n'aurait ete possible... Finalement j'ai un visa de trois mois...
Je ne compte plus les fois ou on m'invite a manger, ou mon bus est paye avant que j'ai pu dire ouf... impressionnant, cette generosite...
J'ai bien marche autour de Al Hajjarah, les paysages dramatiques laissront des souvenirs, les gens aussi... j'ai fait le trajet en 'pijou' ( peugeot amenagee pour servir de taxi collectif), il faut filer des copies de mon pemis de voyager a chaque check-point... l'ambiance est joviale et j'aime bien, surtout, quand les policiers m'oublient completement... sur le retour ils ont du me prendre pour une locale; peut etre la femme du passager avec lequel je partageais le siege avant (Oui, on est trois a l'avant avec le conducteur) ils ne m'ont pas du tout calculee...
J'ai deja pas mal varie les modes de transports : a pied, a moto, en debab, en pijou, assise a l'arriere d'un utilitaire sur des sacs de riz avec les hommes....
Ensuite je suis allee me ballader dans les montagnes au nord de Sanaa... Thulla, Hababa, Zakatine, Bokur et Kawkaban... j'ai alterne marche a pied, stop et transport collectif... Le stop marche tres bien et c'est assez cocasse. Un truc fou... ils connaissent tous, dans un village comme Thulla, les noms de Francois Mitterand ( qu'ils tiennent en haute estime; faut dire qu'il s'est fendu d'une visite jusque la) ; de Jacques Chirac (il semble le juger positivement aussi) et meme de Sarkouzi... mais la, ils me demandent mon avis...comme je ne peux pas faire dans les nuances je reponds assez directement qu'il est dingue, comme Bush... reponse qui a un certain succes...
A Thulla, je suis tombee, le soir de retour a l'auberge ( une vaste chambre a doubles portes dans une antique batisse en pierres et ornees de vitraux... pour 2000 rials la nuit avec petit dej et diner), sur une equipe de tournage. Les actrices, visages decouverts, modernes et loquaces, m'invitent a diner avec toute l'equipe... on me presente tout le monde, du realisateur au maquilleur... et me convie a assister au tournage un peu plus tard... du bled d'ou j'arrive en stop ou les enfants collectent des dechets metalliques pour les remettre a un camion de ramassage a cette ambiance, c'est sans transition, mais j'aime les contrastes...
A Kawkaban, je suis decue; je decouvre un village en ruines... c'est du gachis, beaucoup de maisons sont effondrees... et la conservation du patrimoine semble passer par une reproduction en ciment des oeuvres a l'origine en pierres... desastre...
A Shibam, le probleme de la gestion des dechets est flagrant... plus impressionnant qu'ailleurs. Le manque d'eau est vraiment problematique aussi...il faudrait qu'ils arretent la production ( et la consommation) de qat; qui cause un reel prejudice au pays, tant sur le plan ecologique et sanitaire, qu'economique...
J'ai eu l'occasion d'entrer dans une plantation ( c'est un peu comme si on m'avait autorisee a entrer dans une plantation de coca, vous voyez) ; de voir comment se passe la cueillette... on m'a souvent invitee a qatter aussi avec les hommes... j'ai goute trois feuilles une fois. ca m'a suffit.... beurk...
* **
Aujourd'hui, mon pote Abdusalem a fait le voyage d'Al Hajjarah a Sanaa, officiellement pour rendre visite a sa soeur mais en fait il a passe la journee avec moi. On a mange chez elle a midi. Ce qui me semble completement hallucinant c'est cette organisation familiale et sociale si contraignante qui oblige a cloisonner les espaces de vie au sein meme des maisons. Je m'explique. Sa soeur est mariee et vit dans la maison de son mari... mais ils ne sont pas que tous les deux. Il y a aussi la mere de celui-ci et ses autres enfants ( elle en a eu onze, ce qui est assez frequent). Or, les femmes qui logent sous un meme toit ne peuvent montrer leur visage a un etranger, et Abdusalem, qui fait pourtant partie de la famille puisqu'il est le frere de la femme de leur frere (t'as suivi?), n'est pas autorise a voir leurs visages. Ils evoluent donc dans des pieces differentes et si par exemple il doit traverser une piece (pour aller, disons, aux toilettes, par exemple-cas de figure reel-) ou elles se trouvent, elles doivent, soit se voiler en hate, soit carrement degager la piece avant qu'il arrive. C'est un peu bizarre., toutes ces femmes cachees derriere des portes, ou derriere des voiles. Moi, je passe toutes les portes et, une fois qu'elles se sentent en securite face a moi, les femmes se devoilent en ma presence, mais pour un touriste masculin, les femmes de ce pays ne restent que des ombres...
On a passe la plus grosse partie de la journee a effectuer une distribution photos ( j'ai decide de faire des impressions papier tant que je suis ici, pour donner leurs portraits aux personnes concernees) ... le truc c'est que j'ai pris des photos un peu partout dans le vieux Sanaa, sans forcement etre capable de me souvenir ou... donc la distribution a pris un tour particulier... mi-chasse au tresor, mi-enquete detective ; pour re-situer les quartiers, localiser les personnes, on a mis tout le monde a contribution dans la rue... revisiter Sanaa ainsi est assez rejouissant. Et les gens sont tellement contents d'avoir leur photos! C'est le delire, mais le jeu en vaut la chandelle...
Je commence a connaitre du monde ici et je sais deja que mon coeur va se soulever quand je devrais partir. Vraiment, j'adore Sanaa... l'ambiance me plait tellement que ca me dissuaderait presque de visiter d'autres coins du pays.... C'est un joyau, ce lieu!
* ** Mon dernier jour a Sanaa avant le vol pour Socotra a ete assez bien rempli. D'abord, j'ai ete a Bayt Boss avec Abdusalem (On a renonce a se rendre a Shahara parce que personne ne veut nous prendre en tranports collectifs pour des raisons de securite... a vrai dire je m'y attendais un peu)... Une citadelle abandonnee qui surplomble la plaine, logee sur un rocher dont les pentes vertes m'intriguent... Personne ne sait me dire ce que c'est. Aventurine? Jade? On peut rever... Dans le lointain les preparatifs d'un mariage battent leur plein. Des petards; trois tirs de kalashnikovs... J'ai envie d'aller voir. Ni une ni deux, on y va... Et laissant Abdusalem et son ami sur le pas de la porte, a qui l'entree est interdite, je penetre, guidee par un membre de la famille, dans la demeure de la mariee qui essaye sa robe entouree de quelques amies. Sympathique. Ensuite, j'ai appris a manier un flingue a la reception de l'hotel. Je suis arrivee au moment ou y'en avait un qui sortait l'arme coincee a sa ceinture et j'ai demander a voir ca de plus pres. On a ote les balles et je me suis exercee a la manip. Je ne dirais pas que je saurais refaire, m'enfin j'aurais essaye. Ca a l'air moins difficile que de conduire une voiture, hahaha. Ensuite, j'ai vraiment assiste a un mariage. La parade nocturne des maries -trois freres qui se marient le meme jour- en costumes dans les rues du vieux Sanaa se fait en grande pompe, avec chants, musique et danses sur une place illuminee par des guirlandes d'ampoules. Les facades des vieilles batisses degoulinent de lumieres, couleur de miel...Je suis la seule femme dehors. Toutes les autres, visages caches derriere leurs foulards noirs, dont ne depassent que les yeux, sont agglutinees derrieres les hautes fenetres des edifices et tentent d'appercevoir tant bien que mal ce qui se passe sur la place. Mais je ne me sens pas une intruse. Je savoure ma chance sous l'attention bienveillante de Sinan et Abdusalem, qui veillent comme deux bonnes fees a ce que tout se passe bien pour moi. Un peu plus tard, j'aurais le droit de voir la mariee qui attend son promis, seule avec deux proches a l'etage d'une maison dont tous les autres niveaux sont occupes par des femmes de tous ages qui poussent des youyous et se bousculent joyeusement vers les escaliers pour voir qui arrive. La mariee, elle, est visiblement en proie a la panique. Elle respire fort et vite comme une bete affolee. Je la plains, d'avoir si peur. Du coup, ne voulant pas ajouter a son stress, je ne m'attarde pas, lui souhaitant simplement bonne chance. Une mamie, qui m'avait refuse l'entree au depart de maniere assez aggressive, avant que le pere de la mariee ne lui intime avec autorite l'ordre de me laisser le passage; s'excuse avec effusion quand je redescends. Elle avait juste peur que je prenne des photos en fait. J'avais compris; elle est toute excusee; il n'y a pas de probleme. Je la serre dans mes bras pour dissiper toute confusion; elle m'embrasse en multipliant les excuses. Pour finir, j'ai arpente les rues de Sanaa de nuit avec mes acolytes Abdusalem et Sinan en attendant mon vol matinal pour Hadibo; sans savoir encore que l'enchantement de Sanaa aurait, de maniere differente mais avec autant d'intensite, son pendant a Socotra...
L'ile d'Adham. Vous ne la trouverez sur aucune carte, pourtant, elle existe: je viens d'y passer une semaine. J'en ai sillonne la cote nord, d'Est en Ouest...Vegetation du debut des temps, et presque pas d'animaux. Seulement des chevres, qui gambadent a l'etat sauvage et traversent les routes de facon aussi impromptue que des kangourous. Pas un seul chien, ce qui assure des ballades sereines. Le stop marche bien mais il y a si peu de circulation, la fournaise est si intense, l'ombre si rare; que c'est vite un calvaire... Dans les montagnes, sur les hauts plateaux, des sommets couverts de dragonniers... les boules vertes des arbres sont en si grand nombre... ca me fait penser a des troupeaux de bison... Sensation parfois d'etre sur la terre originelle, avant que l'empreinte de l'Homme ne se manifeste... La beaute n'eclate pas toujours comme une evidence, mais s'instille, au gre des changements de lumieres... et des rencontres. Il m'a fallu celle d'Adham (un nom bien symbolique; en osmose avec cette terre pure) pour vraiment commencer a apprecier les lieux. A Dihamri, on a fait du snorkelling ensemble; a Qalansiah, on a couru dans la haute dune de sable blanc qui surplombe le lagon; Alher a ete idyllique, entre sable blanc, mer limpide et athmosphere de bout du monde au ras irssel (malheureusement le charme sera bientot rompu, avec la pose d'asphalte en cours et les probables constructions qui suivront). Homhill, je l'ai decouvert a pied avec Monir. Rude grimpee sous une chaleur implacable, tallonnes par un vieillard qui pretend au depart que cette marche va le tuer mais qui grimpe comme un cabri en portant une batterie de 15 kilos sur les epaules...et nous depasse meme quand on approche du sommet... La vue est splendide, surtout dans la descente, au retour, avec le soleil couchant. A Diksam, apres la marche a pied pour atteindre le wadi, toujours avec Monir, j'ai ete malade. Mechant coup de pompe sans doute cause par la chaleur. Monir m'a installe sur une natte a l'ecart et a l'ombre... moment tragico-comique quand il revient avec mon plat du dejeuner. Au moment ou il repart, je me fait attaquer par une chevre qui me dispute mon dejeuner en me foncant dessus tete baissee; puis un vautour a la tignasse rousse en bataille ('egyptian vulture' en anglais), peu farouche, vient se poster a deux metres et commence a approcher. J'ai un baton et une pierre pour me defendre....Ambiance... Sur le chemin de retour au soleil couchant on ecoute toujours la meme cassette de musique:des chants de Al Mukalla. Monir lache le volant pour battre le rythme dans ses mains en meme temps que moi... Le paysage qui se deroule, sous la douce caresse de la lumiere du jour qui se fane, ajoute en charme a ce moment de joie partagee. De retour a Dihamri, Adham m'accueille par un simple:" You're late" qui me fait bien plaisir parce que pour ma part j'etais pressee de le retrouver. Tout est simple, naturel et chaleureux en sa presence. Un fou rire nous saisi tous les deux quand Monir, indigne, lui raconte la proposition indecente qu lui a fait un touriste italien homosexuel dans le wadi aujourd'hui. Visiblement traumatise et en colere, il n'a pas arrete d'y faire allusion lors du trajet retour en voiture mais la, le recit, avec les traductions et les eclats de rire d'Adham, est beaucoup plus savoureux et detaille. Ce soir est vraiment convivial. On a une vraie complicite avec Monir, maintenant (je l'ai amuse car je l'ai incite a prendre tous les auto-stoppeurs sur la route... d'abord un ecolier, puis deux barbus, puis une femme avec laquelle je partage le siege avant) et Adham, tout sourire, est encore plus proche... Cette ile, son ile, que je quitterais le lendemain, c'est, vous l'avez devine... Socotra. J'adore la maniere des socotris de se saluer. Il y a plusieurs degres d'intimite. Je n'y aurais jamais acces, etant une femme (certains, comme Ahmed, le pieu cousin d'Adham, refusent meme de me serrer la main) mais j'en suis souvent temoin. Soit une franche poignee de main ou chacun se penche simultanement vers la main de l'autre pour l'embrasser, soit les deux hommes approchent leurs visages et font se toucher leurs nez, souvent plusieurs fois. Un peu au meme rythme ou les yemenis se font la bise. J'adore cette facon de faire.
Derniere vue sur Socotra... le pilote a la delicatesse d'informer les passagers qu'on va survoler le lagon de Qalansiah... tons clairs de l'eau... et vue sur le Ras Shoua ou j'ai vecu un de mes meilleurs moments sur l'ile. Adham, qui guidait alors un groupe de quinquagenaires italiennes, avait loue un bateau pour les emmener sur une plage ou elles pourraient faire ce qu'elles preferent : bruler au soleil. En chemin, on a croise de petits dauphins un peu indolents a la peau noire, puis des dauphins a bosses, plus joueurs... Les italiennes s'extasient sur les oiseaux... il y a des hordes de canards assez rigolos qui flottent en ligne a la queue-leu-leu puis plongent et refont surface les uns apres les autres, comme des dominos. Le spectacle est comique... Les femmes s'etalent au soleil en maillot de bain... Adham et moi nous retirons a l'ecart, en quete de fraicheur, sous un arbre a l'ombre maigrichonne. De petits oiseaux viennent se nicher a quelques centimetres de nous, sur la meme branche basse ou reposent nos tetes... moment magique, a ecouter leurs trilles, en clignant des yeux en regardant le soleil a travers le feuillage... Apres un long moment de farniente, on voit reapparaitre le pecheur qui nous a conduit en bateau. Il y a un autre petit homme barbu qui se dirige vers nous depuis le bout de la plage (mais d'ou sort-il ?). Adham et les deux hommes discutent; s'eloignent un peu. Avant de s'eclipser dans les fourres, ils se retournent tous les trois, Adham me fait signe de les rejoindre... et je les suis sans savoir ou. Je n'ai pas de chaussures, le sable est brulant, les hautes herbes epineuses me lacerent les pieds... le pecheur, qui a deux ou trois pointures de plus, me prete ses sandales... mon allure est un peu cahin-caha -on rigole quand je m'effondre dans la vegetation; mais ca marche. Apres vingt minutes de marche ("Et les italiennes?" je demande... "Elles veulent griller au soleil", me repond Adham... et on eclate de rire... A vrai dire je ne suis pas fachee de leur fausser compagnie... c'est d'un ennuyeux, ce rituel de bronzage!); on a atteint, apres la traversee d'un paysage plus aride, une petite montagne. Il y a une grotte, des gens qui y vivent... on va dejeuner avec eux. Quand on arrive, ils sont une vingtaine dans la grotte, des hommes surtout mais aussi quelques femmes et des enfants. Je serre la main a tout le monde. On me fait asseoir a cote d'Adham. Ils ont tue un mouton; deux hommes continuent la decoupe des morceaux de viande, les femmes tournent le riz qui cuit dans de grosses marmites, une trentaine de vautours attendent patiemment les restes... la peau de la bete traine encore par terre, molle envellope noire aux yeux ronds... je ne suis pas sure de reussir a avaler la viande mais je vais essayer de faire honneur a cette invitation. En revanche je decline le bouillon de gras de mouton qui est offert en guise d'entree... je serais tentee de vomir. Assis les uns a cote des autres, a l'ombre de la grotte, on forme un cercle assez elastique au centre duquel viennent s'entreposer les plats, servis par les ados. On mange dans le meme plat par groupe de quatre ou cinq... J'aime bien cette sensation d'etre integree a une communaute, et l'absence de tabou dans le partage de la nourriture. Tout est naturel et simple. Personne, ici, pour essuyer d'un geste pingre le goulot d'une bouteille si l'on doit partager une boisson, ou pour se scandaliser de l'usage d'une meme cuillere... La vue, d'ici, est somptueuse... beaucoup plus belle que de la plage. Un decor de reve devant les yeux mais un mode de vie assez spartiate, surtout pour l'approvisionnement en eau. N'empeche, le moment est genial. On part avant que le the soit servi... Le pecheur part devant en courant apres un dernier "bisou" sur le nez avec nos hotes... Adham a l'air content; on s'eloigne d'un bon pas, rigolant comme deux garnements a la pensee des italiennes restees seules sur la plage qui doivent se demander ou on est passes et realiser que le bronzage ne remplit pas l'estomac... J'ai adore ce mement... Adham, d'un mouvement spontané, m'offre ce bisou sur le nez que je croyais que je n'aurais jamais... La plenitude alors, est totale.
* **
Socotra, au petit matin. Je quitte Dihamri avant meme le lever du jour. Derniere vision d'Adham a la lueur d'une lampe a petrole... C'est Mounir qui m'emmene a l'aeroport. Je n'ai pas envie de partir mais comment avoir le coeur serre avec de si bons compagnons? Je bois le paysage du regard, le rimmel de la nuit coule sous les ors de l'aube. J'adore longer la mer. Au bout d'un moment, je realise que Mounir n'est vraiment pas loquace aujourd'hui; c'est inhabituel! Je remarque enfin qu'il pleure discretement. C'est peut-etre le chant poignant du muezzin qui retentit dans son autoradio? Il est invraisemblable qu'il soit triste a ce point que je m'en aille! La complainte me prend aux tripes tout a coup... mais il est hors de question de finir sur une note lugubre. Mounir retire precipitemment la cassette, et je propose d'ecouter les chansons entrainantes de Al Mukalla. C'est gagne: Mounir retrouve une humeur enjouee et nous voila a nouveau comme deux gamins a taper le rythme dans nos mains, pendant que les kilometres defilent. On s'enivre de notre propre espieglerie.
Al Mukalla. Je saute dans un taxi qu'on loue deux yemenis. J'ai ete si prompte a leur emboiter le pas que ca les amuse, je crois. Personne n'a eu le temps de me faire une de ces propositions aux tarifs astronomiques dont les taxis ont l'art, et au final, alors meme qu'ils me deposent au pied meme de l'immeuble ou je me rend, ils m'offrent meme la course.
A peine mon sac pose, mon ventre creux m'indique le chemin de la corniche. Encore une fois, on me depose en voiture. Ils sont toujours prets a rendre service, ces yemenis! Mais j'avais oublie: on est vendredi; tout est ferme; c'est la grande priere du matin. Je fais le tour du quartier, ne croisant que des hommes au pas de trombes, qui se hatent vers la mosquee la plus proche. Je reste un peu etonnee par la forte presence policiere aux abords de l'edifice, non seulement des agents a pied mais aussi un vehicule equipee d'une mitrailleuse, pointee sur l'entree. Je ferais peut-etre mieux de pas trop trainer dans le coin... Toujours a la recherche d'un endroit pour me restaurer, j'atteris devant une devanture bleue, close, mais on me dit que ca va ouvrir dans une demie-heure. Je patiente donc sur une chaise sur le trottoir, en repondant aux habituelles questions: "Where do you come from? Are you married? What's your name?"... On me demande ce que je veux manger, donc avec un peu de chance mes souhaits parviendront au cuistot plus vite que prevu. Je demande des gembira avec des legumes( je confonds avec le bahasa indonesia ou crevettes se dire gambari)... A midi trente petantes (pas midi trente-une, entendez bien) c'est la ruee a la porte du boui-boui, dont un des employes ouvre la porte cadenassee dans la bousculade generale. Je me jette dans la melee, bien decidee a disputer une place aux devots affames; j'etais la la premiere, non mais... Comme, effectivement, ma commande est deja passee; je n'ai plus qu'a attendre... j'en profite pour observer l'effervescence, la zizanie, la virevolte des larges galettes chaudes qui atterissent sur les tables, les serveurs qui slalomment en portant des plats de salta bouillante, tous les hommes qui crient leurs commandes, et bougent dans tous les sens. Et j'adore ca...
C'est marrant, je realise plus tard que j'ai atteris sans le savoir au Al Khayyam, dont j'avais lu quelques part des merveilles, et que j'avais cherche en vain sans le trouver. Crevettes, galette et jus de mangue, environ 1300 rials. C'est cher pour le Yemen mais tout est relatif ( un euro= environ 300 rials). Et c'est bon. Le soir, je mangerais du barracuda pour le meme prix!
Al Mukalla est un agreable petit port de peche mais il n'y a pas grand chose a faire. Si je n'avais pas, a notre surprise a tous les deux, croise Ali, de Socotra, qui a prit l'avion suivant et qui est venu faire des demarches pour ses etudes...je n'aurais pas passe un jour de plus ici. Mais j'ai promis de rester; je lui doit bien ca, apres la frayeur que je lui ai fait a Socotra. (Il m'a emmene en 4X4 a la plage de Delisha avec deux de ses potes. J'avais une heure et demie pour me promener sur la plage et me baigner pendant qu'il machouillaient leur qat. Mais a l'heure indiquee de notre rendez-vous, les trois copains, certainement un peu ramollis, n'etaient pas au rencart... J'ai rebrousse chemin vers la voiture, pas vu le vehicule, re-rebrousse chemin vers l'autre extremite de la plage en grelottant pieds nus sur le chemin caillouteux ou passent les voitures pour etre sure de ne pas les rater. Le soleil s'est couche derriere la colline.. toujours personne... mais ou etient ils passes? Une voiture est apparue; c'etait pas eux mais ils m'ont propose de me ramener sur Hadibo; je n'ai pas hesite. J'ai du traverser tout le village trempee, vetements colles au corps et pieds nus. La honte!... Impossible de joindre Ali sur son portable, ligne toujours occupee. Enfin, douchee et propre, l'estomac dans les talons, je suis allee jusqu'au resto du bout de la rue qui sert un peu de point de ralliement pour tous les guides. Adham etait la... il a pu joindre Ali... toujours a Delisha, qui, se faisant un sang d'encre, avait envoye des pecheurs faire des rondes en bateau et prevenu la police pensant que j'avais disparu en mer... tout ca pour un rendez-vous manque... ! On etait faches tous les deux... mais on se reconcilie a Al Mukalla.
Au poste de police de Al Mukalla, ou Saleem m'a accompagne, j'obtiens mon permis special pour l'Hadramaout en dix minutes, sans difficultes. Un homme arrive un peu apres moi. Il est presque blond, avec un teint hale et des yeux bleus... Yemenite? J'hesite a le croire... je pencherais plutot pour un autre pays musulman... mais lequel? Jordanie? Liban? Intriguant en tout cas. Il a l'air mysterieux; ne parle pas, repond d'un leger signe de tete a mon salut. Je ne le sais pas encore, lui non plus, mais on se reverra...et en quelque sorte, on se connait deja !
Une fois mon permis etabli, je prends la route pour Sayun. Il fait tres chaud mais a ma surprise, il y a du vent. Qui plus loin vers le desert cree des tourbillons de sable, comme de mini typhons que j'ai plaisir a comtempler par la fenetre. Quand on en croise un, vite on ferme toutes les fenetres. C'est la seule chose qui agremente un peu la monotonie du paysage et le manque de conversation sur le trajet. On circule entre les masses tabulaires de montagnes exemptes de vegetation, c'est austere et assez rebarbatif. Il faut attendre l'approche du wadi pour voir jaillir quelques couleurs... La verdure fait plaisir a voir et puis il y a quelques portes de maisons eblouissantes...Je ne peux pas demander de s'arreter pour faire des photos mais j'en meurs d'envie...J'adore ces vieilles plaques metalliques a moitie rouillees, bariolees, graffitees, qui detonnent avec les sobres ouvrages de pierre.
Sayun... Une grande partie des edifices anciens tombent en poussiere et sont a l'abandon.... C'est vraiment dommage... A l'exception du palais, d'un blanc rutilant, qui trone majestueusement au coeur de la ville, tout le reste semble voue a l'oubli et a la destruction. C'est du gachis.
Je loge dans un hotel peu recommandable, ou les puces sont maitres de la chambre avant le locataire, et qui n'est meme pas specialement bon marche... mais j'y reste. C'est peut-etre fantasque mais la raison est la suivante: la vue, depuis ma petite piaule sous les toits, est royale, juste en face du palais. La nuit, la vision est imperiale, avec les lumieres. Je me sens privilegiee, je me regale a le regarder... et je retarde le moment de m'allonger sur le lit et de me faire devorer par les puces!
Quand je lui raconte ca, Hussein rigole. Il soutient que je devrais aller loger ailleurs mais quand il decouvre la vue depuis ma fenetre, il comprend enfin ma retenue. Hussein tient une boutique de travaux et materiel photo. Je ne sais meme plus pourquoi j'y suis rentree; on a papote si longuement et de tellement de choses dans tous les sens, que la raison initiale a tout simplement disparu. Comme on a sympathise, du coup, je commence a apprecier Sayun plus que je n'aurais cru et decide de rester un peu plus. On passe un excellent moment ensemble, le jour suivant, a faire un soi-disant concours de photos de nuit, a Shibam. Tu parles d'un concours; il me laisse faire toutes les photos!
Quand je quitte Shibam, Hussein, toujours soucieux de me savoir seule en vadrouille, m'accompagne jusqu'au bus et s'assure que ses deux copains par hasard presents dans le bus prendront soin de moi. C'est trop mignon.
Encore une fois, il a fallu demander un permis special pour traverser le desert. La route la plus rapide vers Sanaa est aussi celle qui passe par Marib, dont l'acces est interdit aux voyageurs individuels. Seules sont autorisees les visites organisees par agence et escortees par les militaires. Si circuler sur cet axe est si risque, pourquoi la police de Sayun octroie t-elle malgre tout aux voyageurs individuels un tel permis? Pourquoi, a contrario, la police de Sana'a refuse-elle de le delivrer? Comment une route serait-elle dangereuse dans un sens et pas dans l'autre? Mystere! Je ne cherches pas trop a comprendre; j'empoche mon permis et en avant! Ce genre de paradoxe m'amuse.
La traversee du Rub-Al-Khali me reserve une bonne surprise. Dans ce desert de dunes claires, quelques chameaux errent, et mon regard se perd. Je ne me lasse pas de regarder les douces courbes du sable, et le soleil qui fond a l'horizon. J'ai meme le privilege de voir mon voeu secret (marcher dans les dunes) exauce, a la faveur d'un arret. Les hommes se precipitent derriere la premiere dune; je dois m'eloigner...Et je le fais conscieusement, pataugeant dans le sable avec delectation...
L'etape du diner se fait a Marib ( mais je croyais que... bon, bon, d'accord). Ici, pas mal d'hommes sont armes non seulement de la jambiya traditionelle, mais aussi de AK 47... qu'ils ne quittent ni pour diner, ni pour aller prier (la mosquee est attenante au boui-boui de service). Ambiance...
De retour a Sana'a, je recroise le mysterieux voyageur appercu au poste de police de Al Mukalla. En fait, il est francais et il s'apelle Jean-Charles. Mort de rire! Mais j'ai un petit doute tout a coup. Vous savez, ce genre de doute qui est une intuition pas encore tout a fait epanouie. Je lui demande si par hasard, il ne va pas sur le site de voyageforum? Surpris, il me repond que si. En fait, je me rapelle vaguement d'un pseudo qui pourrait etre le sien. C'est bien ca; il en reste consterne. A vrai dire, je n'ai aucun merite; il n'y a pas beaucoup de voyageurs au Yemen et j'ai failli lui repondre mais ai manque de temps avant le depart... N'empeche, la coincidence est marrante.
Jean habite en fait, au Liban, ou il est en stage et visite le Yemen pour la premiere fois, Il a une approche sensiblement identique a la mienne mais un avantage certain du fait qu'il se debrouille deja bien en arabe...
On decide de passer la soiree ensemble et d'aller voir se qui se passe du cote du Burj-As-Salam. Des guirlandes ont ete accrochees dans la rue et une tente geante installee au pied de l'hotel de luxe, qui en bloque carrement l'acces et oblige clients ou personnel a contourner tout le batiment, hehehe. Quel faste! C'est un vrai mafraj avec banquettes et coussins, qui s'offre a nos yeux. Finalement on est venus avec Mohammed Jurga qui rivalise de pitreries avec lui-meme et me fait bien rire. Que je ris le fait rire aussi alors on en finit plus... Une bande de joyeux lurons. On nous fait chaleureusement signe d'entrer. Les regards semblent comme magnetises sur nous. De fait, on ne partira pas avant une heure assez avancee, avec une petite ballade dans le quartier juif avec explications historiques a la cle, et festin (c'est ironique... )de fouhl pour Jean, (hehehe, il a ete oblige de manger ma part alors qu'il n'avait meme pas faim! parce que je me suis eclipsee au bon moment pour aller boire un jus de mangue). Le nez en l'air, je me lave les yeux avec toute cette beaute. Je ne me lasse pas d'admirer l'architecture, les decorations des facades, tandis que notre guide, un erudit machouilleur de qat rencontre sous la tente, qui a decide de nous choyer, partage avec nous les secrets de la vieille ville. En arabe, pour le bonheur de Jean, qui fait des progres de minute en minute (l'arabe parle au Liban est sensiblement different) mais il effectue la traduction pour moi de bonne grace, (quand il comprend !) ... C'est ainsi que j'apprend que les juifs ont ete pries de quitter le pays en 1945 pour un voyage sans retour. Or, la majorite des artisans etaient juifs (on leur doit, entre autres, les superbes vitraux dans les maisons de Sanaa) et l'economie s'est effondree avec leur depart. Ils ont laisse un si bel ouvrage; j'espere que le savoir ne se perdra pas totalement; que ces merveilles de pierre et d'albatre pourront, malgre l'usure et les negligences, garder leur lustre encore longtemps.
J'adore le vieux Sana'a !!! On y rencontre toujours quelqu'un, trois ou quatre fois par jour, pour nous souhaiter "Welcome in Yemen" quand bien meme ce serait les seuls mots d'anglais appris. Un vieux assis a l'ombre qui me regarde prendre une photo ; un groupe d'enfants excites qui veulent savoir comment je m'appelle, et veulent tous me serrer la main... Chaque jour, comme un refrain qui accompagne le voyage, ce "Welcome in Yemen" restera grave dans ma memoire. Et le dernier jour, a quelques heures du depart, entendre encore un inconnu nous souhaiter la bienvenue a de quoi tordre le coeur parce qu'evidemment, on a plus envie de partir avec un accueil pareil !
A contrario un soir, alors que je sirote un enieme jus de mangue, dans un troquet un peu desert vu l'heure tardive, un homme qui s'est glisse a la table a cote pour boire un verre, me demande d'ou je viens. Son attitude est etrange; il m'a pose la question sans meme vraiment me regarder, la tete un peu basse, le regard en dessous comme un chien menacant. Quand je repond, d'un air detache (c'est la routine) que je suis française, il hoche la tete, gromelle une obscure approbation, puis opine encore une fois du chef en ajoutant d'un ton severe et charge de sous-entendus " Bien. C'est bien!" Je ne comprends pas ou il veut en venir. Je lui demande ce qu'il entend par "c'est bien" ; pourquoi c'est bien? A quoi il me retorque que si j'avais ete danoise... et la, il fait un geste qui ne laisse aucun doute sur ses intentions: me trancher la carotide. Je t'aurais tuee, ajoute-t'il comme si ce n'etait pas encore assez explicite. Glups! Mortifiee, stupefaite, je me concentre sur ma paille pour avaler ce qu'il y a dedans dans un silence soudain un peu lourd...
Mais revenons a nos moutons... ceux qu'on tue, justement, parce qu'ils sont des moutons (pas danois, eux), pour les manger...C'est une autre chose que j'adore au Yemen, et a Sana'a en particulier: les moments de partage que constituent les repas. Ca a presque des allures de rituel, quand les hommes delaissent ou ferment carrement leurs boutiques et se retrouvent dans la rue pour manger ensemble, a la bonne franquette, assis en rond sur le trottoir autour de gamelles bouillantes de sahlta, et partager les khubs. . L'ambiance est si conviviale; j'ai si souvent et si genereusement ete invitee a me joindre a l'un de ces groupes; que j'imagine mal comment je vais retrouver la solitude et la pauvrete d'un machonnage de sandwiche. Au debut, je craignais que le touillage en commun des gamelles ne m'inspire quelque repulsion, mais apres en avoir fait l'experience; dans les familles, en particulier; j'adore ca. Et je sais deja que ca me manquera...
Souvent, la nuit, je reste collee a la fenetre de ma chambre, dans le noir, pour regarder la porte Bab Al Yemen illuminee et les maisons resplendissant sous la douce lumiere jaune des reverberes... Vision enchantee, magique, dont je ne me lasse pas; un prodige de chaque seconde qui me saute aux yeux a chaque clignement d'yeux et me tient eveillee jusqu'a ce que le marchand de sable passe. Je m'endors devant ce paysage fabuleux; on dirait que les facades ont ete enduites d'une coulee de miel... (de l'Hadramaout, bien sur...!)
Le matin, je me reveille tot pour comtempler les variations de lumieres sur les minarets a mesure que le jour se leve, et l'animation croissante de la rue... La baraque a thé est le lieu le plus frequente, dans une paisible nonchalance, par quelques vieux aux visages parchemines qui se tiennent bien droit devant leur brevage fumant... Le chameau a deja commence sa ronde autour du moulin a huile mais tout est tranquille encore, et silencieux. Vendeurs ambulants, peintres en batiment armes de leurs rouleaux, artisans de rue, mendiants arrivent peu a peu... puis les boutiques ouvrent... murs tapisses de jambiyas, de bijoux en argent, de robes colorees aux formes frivoles, que l'on ne verra jamais sur les femmes... et de ces longues tenues noires de fantomes, qu'elles portent par dessus leurs vetements et les rendent toutes identiques aux yeux du neophyte. Les premiers clients commencent a arriver. Les femmes hesitent coquetemment entre plusieurs foulards noirs dont seule la decoration en bordure (petits points dores, arabesques, motifs en forme de feuilles...) varie un peu. Elles marchandent et bavardent. Seuls leurs yeux sont visibles. Parfois cela m'incommode de me sentir devisagee, et inspectee de la tete aux pieds par des personnes qui sont, elles, masquees, et bien a l'abri, derriere leurs voiles opaques; sans que je puisse rien comprendre a leurs eventuels commentaires dans une langue que je ne maitrise pas...
La langue... elle se deroule, comme des volutes de fumees; claque, sonore; ecorche un peu les oreilles; hypnotise aussi... les sons que je preferent sont les plus singuliers, les plus chaotiques, les plus rebels a la pronociation. Quand il y a un "h" et un "w" dans le meme mot, comme dans "wahed" ou "wahdi"... J'adore aussi quand vient l'heure de la priere du soir, que le jour est tombe, que les hommes pressent le pas a l'appel des muezzins. Les chants sont beaux, dechirants parfois... D'un coin a l'autre de la vieille ville, leurs voix se melent, se disputant l'attention du ciel et la ferveur des croyants, dans une touchante cacophonie. Vraiment, j'adore ca. Il y a de la puissance, de la serenite... quelsque chose qui remue l'ame et incite a l'humilite.
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C'est decide : je pars a Zabid pour la journee. Je me suis laissee ensorcelee par Sana'a un peu trop longtemps; je ne verrais donc pas le marche de Beit-Al-Faqih, mais a la vue de la longue plaine poussiereuse qu'il faut traverser, mes derniers regrets fondent... Je n'apprecie pas, ni l' emprise de l'air qui nous enserre dans son etau, ni la terre brulee de chaleur qui sert de paysage, ni les silences de mes compagnons de voyages, dans une pijou bondee... Evidemment un pneu eclate. Je n'ai jamais vu un pneu aussi explose! On a de la chance: cela arrive 30 kilometres avant Al Hodeidah, en pleine ligne droite... La descente des montagnes s'est faite sans encombres; cela aurait ete nettement plus dangereux si le pneu avait eclate dans un des lacets de la route!...
Zabid ne me charme pas outre mesure, mais il y a dans la vieille ville aux batisses blanches, en plus de la plus ancienne mosquee du Yemen, une maison privee qui a servi de decor au tournage des "1001 nuits" de Pier Paolo Pasolini... visite qui legitime a elle seule mon delire (l'aller-retour dans la journee depuis Sana'a c'est un peu insense en transports en commun, vu la longueur des trajets). La facade, les vitres interieures colorees, les boiseries peintes au plafond, sont remarquables. Il est affligeant de constater que les proprietaires ne prennent pas soin de l'heritage; le manque d'entretien est criant. C'est vraiment dommage mais c'est visiblement chose courante a Zabid ou les edifices qui devraient etre proteges et restaures sont souvent delabres voire tombent en ruines.
Je resiste a la tentation d'y passer la nuit -je subodore que les proprietaires sont des Thenardiers- ils transpirent de cupidite...d'autant plus immeritee qu'ils ne font visiblement par d'efforts pour valoriser leur patrimoine... bref je choisis de m'echapper et de rentrer fissa a Sana'a.
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Sur le retour vers Sana'a, le chauffeur de la pijou roule a toute berzingue dans la nuit et depasse tout le monde, meme dans les virages. Mais il conduit bien. Delivree de toute crainte, je me laisse bercer par le passage des vitesses et les ondulations des tournants. Sa conduite est fluide. On a mis du temps a partir au depart. Il s'est arrete tres frequemment, pour parler a quelqu'un, deposer quelque chose, acheter une babiole... j'ai commence a m'impatienter. Quand, moins de trois-quart d'heure apres le depart, il a arrete la pijou devant une mosquee, c'etait le bouquet! Mais je ne pouvais rien dire; c'est l'heure de la priere... Femme et non-musulmane, je suis exclue d'office. Je me suis mise a bouillir interieurement. Mais le chant poignant du muezzin s'est eleve et la beaute de sa voix m'a ramene a davantage de serenite. A la fin de la priere, les visages sont plus detendus, la douceur de l'air, qui a fraichi, semble offrir une derniere caresse de Dieu avant de reprendre la route. Le silence s'installe. Recueillement, reverie ou concentration... en tous cas, des ailes semblent avoir pousse sur les flancs de la voiture et on trace...
On a aborde les montagnes depuis un moment, quand, au detour d'un lacet, j'appercois a la lueur des phares, un panneau "Manakha". J'interpelle le chauffeur. "Manakha, a min huna?" Oui, c'est par la et a seulement dix kilometres... Il a ralenti a ma question; j'hesite deux secondes puis hop, je decide de me faire deposer la. Je vais faire une surprise a Abdusalem; qui m'a reclame de revenir le voir...
Au croisement de la route qui mene vers les sommets, j'avise un conducteur de moto, juche sur un superbe engin recouvert de peau de mouton, comme c'est la mode dans tous les vehicules (dans les voitures, c'est le tableau de bord qui en est recouvert). Je negocie mon transport jusqu'a Al Hajjara. J'apprecie encore une fois l'avantage d'avoir un petit sac a dos: un plus volumineux bagage m'interdirait de circuler a moto. J'enfile mon blouson et rabat ma capuche: ca me protegera du froid et du vertige en meme temps. Le motard demarre, et la musique aussi... avec ce paysage dramatique, ca me remue comme "La chevauchee des Walkyries" de Wagner dans "Apocalypse Now"... Esperons juste que ma derniere heure n'est pas venue et que l'on ne va pas deraper... Le motard fonce; je me colle contre son dos en enfouissant mon visage pour ne pas voir le precipice et les petites lumieres en bas... mais je savoure la fantaisie de ce petit crochet...Qui pourrait imaginer, au funduq, que je vais debarquer a moto en pleine nuit ? Hehehe.
A l'arrivee, je me sens rayonnante... j'ai reussi a passer outre ma frousse et puis l'arrivee en musique, c'est classe ! Mais, il y a un petit grain de sable dans mon plan...: Abdusalem n'est pas la; il est a Sana'a!!!
Je suis decue mais ce coup du sort me semble suffisamment facetieux pour me faire sourire. Evidemment!...
Kamal refuse que je l'aide pendant qu'il me prepare a manger; Abdu Fata me prete son portable pour que je telephone a Abdusalem... celui-ci me confirme qu'il est a Sana'a mais dit qu'il rentre aujourd'hui. D'ailleurs, il arrive tout de suite; il est deja dans la pijou... Il devrait etre la dans trois heures...
Il est si tard... il y a encore des departs de pijou, a cette heure? Il faut croire que oui...
Je reste eveillee le plus longtemps possible pour l'attendre mais je finis par m'endormir. La journee a ete longue et mouvementee: Sana'a-Zabid-Al Hajjara... j'ai eu mon content de kilometres et d'emotions. Je me reveille un peu avant quatre heures du matin. Mais qu'est-ce qu'il fout? Il a promis de venir taper a ma porte quand il arrive! Je descends voir en bas. Devant la porte de la piece ou les hommes machent le qat l'apres-midi et qui sert parfois de dortoir a Mohammed et Abdusalem, il y a deux paires de sandales. Je les reconnais... Je sais que c'est culotte mais j'entrebaille la porte. Mohammed leve la tete, se redresse d'un bond et avant que j'ai pu dire ouf, reveille sans menagement Abdusalem. Ils ont pas ose me reveiller, eux, mais ils sont tres content que je le fasse...
Je m'assied sur le bord d'un matelas et on commence a papoter...Mohammed aussi etait a Sana'a. Ils m'expliquent pourquoi; et je raconte ma viree a Zabid... Je remarque que Mohammed a l'air triste. Abdusalem m'explique alors d'une voix sourde que son beau-frere (le mari de sa soeur) est mort il y a deux jours dans un accident de moto. Je suis vraiment desolee... et pour sa soeur, ca doit etre vraiment dur! Abdusalem traduit les mots de reconfort que je trouve a lui dire mais c'est mes gestes d'affection qui sont le plus efficace (on est assez proches pour que je puisse me permettre de lui tenir la main et de lui caresser les cheveux, comme une mere, sans que ce soit equivoque).
Je passe le reste de la nuit a discuter avec Abdusalem en regardant l'aube se lever sur l'autre versant des montagnes et Manakha, que j'appercois de ma fenetre. La lumiere des vitraux se reflete sur le mur blanc dans les premiers rayons du soleil... une nouvelle journee va commencer.
A midi, on mange tous les trois chez Abdusalem. Mohammed s'est fait un peu prie... il voulait qu'on mange chez lui. Ils me font marrer a se disputer pour ca... Le pere d'Abdusalem s'obstine a me demander de l'appeler "oncle"... et fait rire les garcons avec ses plaisanteries. Il semble plus enfantin que son fils!
Apres le repas Mohammed m'emmene chez lui et me presente toute sa famille. Abdusalem reste dehors pour ne pas gener la vie de la maison (avec toutes les femmes qu'il y a, son intrusion obligerait a trop de chamboulements) Il y a la ses quatre soeurs, son jeune frere Kamal (que j'appelle Kamal II pour le differencier de Kamal I, le musicien du funduq), ses parents et ses grands parents... Ils veulent tous que je m'assois pour manger avec eux. Une soeur reussit a m'enfourner un morceau de poulet dans la bouche; le papi se leve pour faire pareil... je ne vais pas m'en sortir! C'est que j'ai deja mange, moi! Je bats en retraite, non sans avoir embrasse et serre dans mes bras la soeur veuve en lui faisant toutes mes condoleances, dont la fille de huit ans, se dandine sur le pas de la porte, rieuse et inconsciente, semble t-il, du décès de son pere...
Le lendemain midi, cette fois, je n'y coupe pas; Mohammed m'entraine chez lui pour y dejeuner. A vrai dire; j'en ai bien envie. J'ai apprecie l'ambiance familiale et je serais ravie de revoir ses soeurs. Je partage si peu de moments avec des femmes! Et depuis la fois ou j'ai danse avec les belles-soeurs d'Abdusalem dans la maison familiale de Sana'a, je n'ai guere eu d'autre occasion. Il est vrai que les activites traditionellement reservees aux femmes me paraissent vite rebarbatives: je ne suis pas une femme d'interieur, et elles sortent si peu que cela limite vraiment les contacts.
Ce repas est le meilleur que j'aie mange au Yemen! La cuisine est raffinee, variee, et en plus, il y a du "shafout"; que je revais de gouter ici, apres avoir tente l'execution de la recette a domicile en France. Tout est delicieux! J'annonce ensuite a Abdusalem que j'aimerais bien manger chez Mohammed tous les jours... ce qui le fait bien rigoler. Hier, il m'a vante le pain de sa mere, qui selon lui et le meilleur de toute la region, mais aujourd'hui, il m'avoue qu'il n'a jamais mange chez Mohammed; il ne peut donc pas comparer... A mon tour de rigoler... et de le tanner en lui disant qu'il ne sait pas ce qu'il rate!
* ** Ce matin, on va au marche de Manakha. Je suis la derniere assise sur la moto, derriere Abdusalem. J'adore quand on est a trois dessus...avec la musique, le vertigineux relief des montagnes encore enturbannees de brumes, la sensation est vraiment grisante. Abdusalem doit faire des courses pour le funduq. L'occasion de rencontrer pas mal de gens qu'il connait, de se saluer, de prendre des nouvelles... On fait le plein de légumes, s'attarde pres du marchand de desserts, ou les delices sucres rivalisent de couleurs, du vert pomme au vermillon, en passant par l'orange criard... mais je prefere gouter avec les yeux... tout ca me semble bien trop gras. On remonte lentement la pente, slalommant entre le stand du boucher et le marchand de tissus. A notre arrivee sur le terre-plein, a une trentaine de metres, c'est la melee: une bagarre a visiblement eclate, et les hommes commencent a accourir pour y prendre part. On s'ecarte. Un coup de feu est tire. Juste au moment d'emprunter l'escalier pour rejoindre la rue en surplomb, ou des badauds se sont masses pour observer ce qui se passe, des policiers armes de leurs kalashnikovs devalent les marches a toute allure. On doit s'ecarter pour les laisser passer... Une fois en haut, on s'aligne sur le bord avec tout le monde qui regarde. Tous les hommes semblent lies les uns aux autres, dans des gestes de solidarite et de protection mutuelle. Je me retiens au bras d'Abdusalem. Et a ma surprise, le vieux a cote de moi me prend aussi le poignet. Sensation etrange... a me sentir un des leurs. En bas, l'accrochage est vraiment vif, la foule a grossi. Deux tirs de kalashnikov en l'air accentuent la tension. Il est plus prudent de se retirer. On s'enfonce dans les rues derriere. Un peu plus tard, un attroupement s'est forme devant le poste de police. A l'entree, ca pousse et ca crie dans tous les sens... On doit passer devant pour repartir vers Al Hajjarah ou faire un gros detour. Abdusalem me laisse choisir. On passe...! J'aimerais bien savoir ce qu'ils racontent... Enfin, on a une explication: Un policier a cru qu'un gamin volait de l'argent alors qu'il ne faisait que ramasser des sous par terre, et sans reflechir, lui a tire dans le pied. Sur ce, un homme (parent? voisin? ami? ou simple passant offusque, va savoir!?) s'est jeté sur le policier et lui a plante sa jambiya dans l'epaule... et le chaos a commence... Plus tard, on apprendra que le policier a etait arrete, que le garcon est a l'hopital... mais je n'en saurais pas plus.
Apres une derniere escapade, cette fois au Djebel Shuqruf avec Abdusalem et Kamal I, ou un paysage dramatique a souhait nous invite a la reverie et a la nostalgie, mais ou le vent nous crie de deguerpir... il est temps de penser a rentrer a Sana'a... Dernier repas ensemble, derniers accords de Kamal a la mandoline, echange de cadeaux...car je partirais demain.
Au matin, coup de theatre. Au moment de partir, je croise un ecossais plutot sympa et avec le sens de l'humour, fan de plongee, qui me demande des infos sur l'Hadramaout et Socotra. Dans la discussion, je comprends que lui et son guide repartent a Sana'a en voiture dans l'apres-midi et me permet de leur demander un "lift". Accorde! Le guide est franchement sympa aussi et son anglais superieur; c'est donc un plaisir de conversation, ce voyage de retour. Par contre, une demie-heure apres le depart...dans un virage, on creve un pneu. Le chauffeur se rabat tant bien que mal, sans cesser de machouiller ses feuilles de qat qui lui font deja une joue proeminante et distordue. Son vehicule qui semble flambant neuf m'a soudain l'air moins solide et fiable que les vieilles peugeot rafistolees qui sillonnent les routes d'un bout a l'autre du pays. On pose quelques pierres dans le virage suivant pour signaler l'accident et inviter les conducteurs a modifier leur trajectoire, et notre chauffeur entreprend laborieusement de changer la roue.
* **
J'ai decide de faire encore une viree. Une folie d'une journee, comme je l'avais imagine pour Zabid. La derniere. Enfin, je crois. Car il ne me reste que tres peu de jours a Sana'a avant mon depart du pays, et j'adore tellement cette ville qu'il m'est necessaire d'y passer au moins les deux derniers jours. J'adore les virees d'une journee. Je pars avec un tout petit sac en bandouliere, qui contient juste mon permis de circuler, mon argent et mes papiers et mon appareil photo. Autant dire: les mains dans les poches. La destination, cette fois, est Jiblah. La petite ville satellite de Ibb a une histoire bien chargee, et je suis curieuse de decouvrir le palais de la reine Arwa et les demeures ismaeliennes encore debout. La route qui s'eloigne de Sana'a est bien agreable: elle traverse une jolie vallee verte, ou il y a enfin d'autres cultures que le qat, et quelques arbres qui ont pris leur elan vers le ciel... Puis c'est a nouveau un paysage de montagnes, a la beaute aride. La "pijou" me laisse a Ibb. De la, je vais rejoindre Jiblah en debab. Jiblah me charme sur le champ. Par son architecture mais aussi par l'athmosphere paisible qui y regne. Il y a une petite riviere, c'est vraiment relax. Comme on est vendredi, c'est particulierement calme. Un jeune homme rencontre dans la rue m'emmene manger chez lui. Je suis impressionnee par la simplicite et le naturel avec lesquels sa mere m'accueuille. Elle me prend la main, la retourne et l'embrasse. Sans la lacher, je lui retourne son baiser sur sa main a elle. J'aime bien ces echanges qui sont bien davantage que de la politesse... deja un temoignage de sympathie. Apres le dejeuner, la visite continue. J'admire les minarets, la coupole blanche d'une vieille mosquee, rigole en voyant un mouton noir qui s'est introduit dans un ancien hammam et qui faufile la tete par la fenetre, comme s'il etait vraiment en train de transpirer a l'interieur et en quete d'oxygene! Aux abords de la mosquee de la Reine Arwa, des enfants me disent que je peux entrer. Monde blanc, silencieux, ou un vieillard dort, un autre lit... Un homme traverse la cour et vient vers moi: c'est l'imam. Il tempete que je n'ai pas enleve mes chaussures, se radoucit quand il comprend que je n'ai pas l'intention de les garder aux pieds pour visiter la mosquee et finit par m'inviter chez lui.
J'ai l'impression d'etre au moyen-age: les plafonds, dans l'escalier en colimacon, sont bas; il n'y a pas de lumiere, et le silence entrecoupe de quelques phrases chuchotees en arabe ajoute encore au mystere. On surgit enfin sur la terasse, eclaboussee de lumiere, ou une vue splendide s'offre alors a mes yeux. On surplombe la mosquee de la reine, et une bonne partie de la ville. C'est vraiment beau. L'imam jouit d'une vue globale sur la ville et d'un emplacement stratégique pour surveiller la mosquee. Superbe. Je quitte les lieux a regrets...
Dans la rue, je rencontre Yessin. Il a l'air gentil, humble, candide, doux... et curieux. J'ai remarque qu'il m'avait plus ou moins suivi jusqu'a la mosquee avec ses potes. Mais l'avancee est subtile, et la delicatesse du sourire engageante. Je lui demande mon chemin (mais je ne suis absolument pas desorientee), juste pour lui fournir l'alibi qu'il cherche pour m'adresser la parole. Et evidemment, sous couvert de me montrer le chemin, il en profite pour laisser ses potes et marcher seul avec moi, en essayant de cacher qu'il est aux anges... c'est trop mignon!
Un autre homme se joint a nous. Je suis toute etonnee: il ressemble drolement a l'acteur Alfred Molina. Petite scene comique: j'ai grimpe sur un toit et Yessin et lui me font un auvent avec le foulard traditionnel pour que je puisse prendre des photos a contre-jour...
Jiblah vit dans une douceur et une lenteur que je n'ai pas rencontre ailleurs, qui contraste fortement avec l'activite d'Ibb, la moderne ville voisine. Accrochee a un flanc de montagne comme une gracieuse flanerie suspendue... ca me donne envie de rester la. A l'heure de la priere, quand les appels des muezzins retentissent simultanément, avec les 50 mosquees qu'il y a ici, ca doit resonner! Il me faudra revenir pour entendre ca...! Mais aujourd'hui, je dois rentrer a Sana'a.
Sur ce, la pluie arrive... ma premiere pluie au Yemen. Le silence s'installe dans la pijou a mesure que la route monte en lacets et surprise par la beaute tragique du paysage, j'immobilise le moment dans ma memoire. C'est sombre et majestueux, dans la gloire du couchant.
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Dernier jour a Sana'a.
Je rencontre Richard, un anglais cinquantenaire en conges sans soldes, et en voyage a velo pour six mois... Il n'en est qu'au debut, le veinard!, mais je constate vite qu'il a une facilite de contact immediate et manifeste, avec les yemenites. Etre deux, ce qui pourrait freiner et rarefier les occasions de contact, cree au contraire avec Richard, une certaine synergie, et les yemenites ne craignent pas de nous aborder... C'est marrant, ces deux voyageurs aux antipodes: un grand type grisonnant (dieu sait pourquoi il me fait penser a l'auteur Paul Theroux) d'origine anglaise, qui serait discret s'il n'etait pas aussi grand de taille, et une francaise de taille moyenne qui passerait inappercue si elle n'etait pas montee sur ressort. Elle termine son voyage et lui le commence...
J'invite Richard a m'accompagner au souk de poissons ou j'ai l'intention de manger. Je me demande franchement pourquoi je ne suis pas venue y manger plus souvent? Cet endroit est genial; l'ambiance, unique; et la nourriture savoureuse. On visite plusieurs echoppes, ou les poissons s'etalent. Aucun prix, aucun nom, mais beaucoup de choix, et beaucoup de monde dans les boutiques. Les hommes crient, montrent du doigt, sortent des liasses de rials de leurs poches et derriere le comptoir, les marchands pesent, vident et decoupent les poissons a la demande.
Qu'est-ce qu'on mange? Pour moi, ce sera crevettes ou barracuda. Richard me laisse choisir. Il avoue qu'il n'a jamais mange de barracuda. Quoi??? On va remedier a ca tout de suite! On achete un barracuda entier (600 rials soit 2 euros). Le vendeur nous le prepare et nous le coupe en long, pret pour la cuisson. On passe dans un boui-boui voisin ou les flammes du four rugissantes ont noirci les murs. C'est aussi noir de monde mais on trouve une place au fond. L'ambiance, ici, est folklorique. Un cuisinier jovial, chapeau de cow-boy sur la tete, retire des plaques brulantes du four ou tronent toutes sortes de poissons, parfois entiers et ouverts en deux, parfois coupes en rondelles... Les langues folles des flammes s'echappent imprudemment du four dans un puissant vacarme, et les hommes hurlent. Mais c'est trop sympathique pour ressembler a l'enfer...
Apres avoir confie notre poisson a un garcon de salle, on s'assied a table. Je me glisse sur le banc qui fait face a la salle et continue d'observer. Je remarque enfin un autre cuistot qui fait mijoter des plats en sauce, dans le style curry, et dont les marmites fumantes arrivent sur les tables en bouillonnant. A peine installes, notre voisin de siege, deja servi, et qui se delecte de poisson grille, de pain et d'un melange de tomates moulinees avec du fromage, des herbes et des epices, nous invite a partager sa pitance. Comme on lui fait signe que notre poisson arrive, il insiste et pousse vers nous, poisson et legumes et nous tend un morceau de pain chaud. Richard est timide; je me lance... Bientot d'autres hommes rejoignent le banc. C'est toujours problematique de sieger a cote d'une femme que l'on ne connait pas dans un lieu public, mais je les met a l'aise en les invitant a s'asseoir a cote de moi... et la gene fond (la faim dans les talons doit faciliter les choses). Quand ils sont servis, eux aussi partagent leur nourriture... et comme le barracuda est long a cuire, et que nous mangeons plus lentement que les yemenites, on goute a plein de poissons differents, plusieurs sortes de pain, et des melanges varies de legumes... Tout ca dans une bonne franquette confondante, une joyeuse et genereuse simplicite qui nous enthousiasme et nous emerveille. Cet endroit est genial! Je sais, je l'ai deja dit, mais c'et vrai!
Richard pretend qu'il n'a deja presque plus faim. Je rigole : Attends un peu que le barracuda arrive! Et il apparait, enfin, gresillant encore... A notre tour de partager avec nos voisins... de leur glisser un morceau de pain dans la main, de guetter le moment ou ils seront a court de poisson... de les inviter, d'un geste, a piocher dans nos plats...
On se regale, vraiment! Et a ma grande satisfaction, notre barracuda est le poisson que Richard prefere, dans tout ce qu'on a goute. Il dit qu'il reviendra manger ici. Je le comprend et je l'envie. Je n'aurais pas cette chance de sitot : c'est mon dernier jour a Sana'a...
Mais ce dejeuner d'adieu, cloture mon sejour dans le faste et je ne vois pas pourquoi je ressentirais des regrets: j'ai si bien profite du moment! On sort de table rassasies et rayonnants (et probablement beaucoup plus dodus qu'avant le plantureux repas)...
Je passe le reste de l'apres-midi dans la vieille ville pendant que Richard se fend d'une visite administrative pour obtenir son permis de circuler. Je fais le tour des gens que j'aime pour leur dire au-revoir, distribue les dernieres photos, et trompe ma tristesse par de nouvelles joies amicales.
Mohammed, assis avec deux amis dans la baraque a thé, me hele quand il m'appercoit. Je les rejoins et commande un lait chaud. On s'aime bien, avec Mohammed, mais on ne peut pas se dire grand chose. Il ne parle qu'arabe et ma connaissance de la langue est trop sommaire pour un veritable echange. Pour une fois qu'il ne travaille pas, on profite de passer un moment ensemble mais si les difficultes de communication rendent la situation assez drole, ca ressemble davantage a un film muet de Chaplin qu'a une fantaisie de Woddy Allen...
Enfin, il m'accompagne de l'autre cote de la vieille ville, une fois qu'il a a peu pres compris ou je veux aller. En fait, de l'autre cote de la Sialah, cette large voie a double sens qui traverse la vieille ville en saison seche et redevient naturellement une riviere en saison des pluies. Je dois donner quelques photos a Ali et lui dire au-revoir.
La compagnie de Mohammed m'evite d'avoir le coeur serre. Je plaisante avec Ali sur mon retour en 2050 quand les hommes yemenites porteront des voiles noirs a la place des femmes, ou que j'aurais epouse sept maris-un de chaque continent-... le genre de film fantastique que j'ai imagine en bavardant et philosophant avec lui et son oncle. La verite, c'est que je ne sais pas quand je reviendrais, mais, inch allah, je reviendrais un jour!
De retour a Bab al Yemen, derniere poignee de main avec Mohammed. Je le quitte a regrets: je prefererais franchement aller prier a la mosquee avec lui que faire mon sac... le chant du muezzin remplit mon coeur de nostalgie et le souleve d'un soupir : c'est bientot l'heure de partir. D'ailleurs, je dois me depecher: j'ai moins de deux heures pour tout ranger, manger, telephoner successivement a Adham, Abdusalem et Hussein et filer a l'aeroport.
L'heure du diner est largement passe quand j'atteins la petite place ou l'on sert des kebabs... Mohammed et Mohammed, qui bossent dans mon boui-boui favori (favori justement parce qu'ils y bossent, eux, ces joyeux comperes!) sont aux petits soins comme a chaque fois... Non seulement j'ai toujours droit a une ration supplementaire de sauce ou de kebab, mais en plus, il m'est souvent impossible de regler l'addition parce qu'ils refusent de me laisser payer... Ce soir encore... pff... je laisse tomber! Vous etes fous les gars!
Je capte leur dernier regard petillant de malice, et disparait dans l'etroit passage qui debouche sur le souk aux graines, aux epices, a la myrrhe et a l'encens.
Il est bien difficile d'admettre que c'est la derniere fois que j'arpente les rues de Sana'a avant un long moment. Je voudrais tant rester encore...
Une fois dans ma chambre, j'empoigne mes affaires et ouvre la porte, prete a sortir. Je jette un dernier regard pour voir si je n'ai pas oublie quelque chose et je me fige: si, j'allais oublier quelque chose ! J'eteins alors la lumiere, et me met a genoux sur le lit, le nez colle a la fenetre, pour aspirer ce que j'ai sous les yeux; cette vue que j'adore... je ne me lasse pas de la vision nocturne de Bab Al Yemen illuminee et je veux suspendre ma course vers l'aeroport une minute, juste pour regarder encore une derniere fois, dans un silence meditatif, Sana'a ...
C'est le moment que choisi Richard pour apparaitre, dans la penombre de la porte. Surprise, je realise alors que je dois avoir l'air bien bizarre, avec mon sac sur les epaules, dans le noir, collee a la vitre...
Mais Richard comprend, et tout deconfit d'avoir manque le diner (il croyait que je partais plus tard) m'accompagne jusqu'au taxi devant lequel, d'un grand geste theatral, il me souhaite bon vent...
Je pars, il reste... j'ai l'impression qu'il prend le relais... et que le voyage ne cesse jamais!
Vos plus belles cascades... English translation pending
Bonjour,
Lorsque la nature nous livre sa force intime. Sans mascarades. Cascades.
Un sujet qui coule de source...
Storseterfoss; Norvège

Lorsque la nature nous livre sa force intime. Sans mascarades. Cascades.
Un sujet qui coule de source...
Storseterfoss; Norvège

Qui sera dans l'ouest des Etats-Unis en août? English translation pending
J'ouvre ce topic pour recenser les personnes ou groupes qui seront dans l'ouest pendant le mois d'aout, ca peux etre sympa si certains ont des dates communes a des endroits communs.
Pourquoi pas organiser une rencontre ou autre 😉
Que chacun poste ici ses dates et un petit resumé de son trip avec les etapes importants, je resumerai en editant le premier post:
madseb: Arrivée a LA le 29/07 et départ de LA le 28/08 le 03/08 a végas, le 04 à GC, le 05 a MV, le 06 vers torrey, le 07 a bryce et le 08 a death valley le 18 vers monterey et les 19 et 20 sur SFO Le reste du temps aux alentours de LA 🙂
Que chacun poste ici ses dates et un petit resumé de son trip avec les etapes importants, je resumerai en editant le premier post:
madseb: Arrivée a LA le 29/07 et départ de LA le 28/08 le 03/08 a végas, le 04 à GC, le 05 a MV, le 06 vers torrey, le 07 a bryce et le 08 a death valley le 18 vers monterey et les 19 et 20 sur SFO Le reste du temps aux alentours de LA 🙂
Si vous deviez retenir une seule chose de la Thaïlande English translation pending
Bonjour à tous !!
Je vous écris de Miami, mais je reste très assidu au forum Asie du Sud Est, j'ai juste troqué mon Kao Pat Khai contre les Cheeseburgers...😎
Juste une petite discussion qui a peut-être déjà été traitée, mais depuis beaucoup de gens sont retournés ou ont été en Thailande, donc une petite mise à jour ne fait pas de mal.
Ca m'intéresse de savoir LA chose (et une seule, pas de triche...) que vous avez préféré en Thailande, que ce soit un moment, un lieu, des personnes, quoi que ce soit.
Allez je commence :
Mes 4 jours à Chiang Mai pour Songkran. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est la fête de l'eau, autrement dit pendant presque 1 semaine, le pays se transforme en une bataille d'eau gigantesque. Chiang Mai est réputée pour être le meilleur endroit pour ça, et pour cause.
En effet, au coeur de la ville il y a un canal, et tout le long, les pick-up s'entassent, avec à l'arrière des barils remplis d'eau, des blocs de glace pour la refroidir, et la bataile d'eau commence. Ca dure plusieurs jours, et on peut arroser policiers, moines, enfin tout ce qui se présente. J'ai eu la chance de le faire en ayant louer un Pick-up avec des amis Thai, et ca restera mon meilleur souvenir sur mes 13 mois en Thailande.
Petite photo de notre Pick-Up, et de gens....mouillés !! 😉

Je vous écris de Miami, mais je reste très assidu au forum Asie du Sud Est, j'ai juste troqué mon Kao Pat Khai contre les Cheeseburgers...😎
Juste une petite discussion qui a peut-être déjà été traitée, mais depuis beaucoup de gens sont retournés ou ont été en Thailande, donc une petite mise à jour ne fait pas de mal.
Ca m'intéresse de savoir LA chose (et une seule, pas de triche...) que vous avez préféré en Thailande, que ce soit un moment, un lieu, des personnes, quoi que ce soit.
Allez je commence :
Mes 4 jours à Chiang Mai pour Songkran. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est la fête de l'eau, autrement dit pendant presque 1 semaine, le pays se transforme en une bataille d'eau gigantesque. Chiang Mai est réputée pour être le meilleur endroit pour ça, et pour cause.
En effet, au coeur de la ville il y a un canal, et tout le long, les pick-up s'entassent, avec à l'arrière des barils remplis d'eau, des blocs de glace pour la refroidir, et la bataile d'eau commence. Ca dure plusieurs jours, et on peut arroser policiers, moines, enfin tout ce qui se présente. J'ai eu la chance de le faire en ayant louer un Pick-up avec des amis Thai, et ca restera mon meilleur souvenir sur mes 13 mois en Thailande.
Petite photo de notre Pick-Up, et de gens....mouillés !! 😉

De Ouarzazate à Merzuga (Maroc) English translation pending
Dans mon précédent récit (Marrakech, nous revoilà), nous venions de quitter la petite Fatima. Je tremble de plaisir en pensant à la suite de notre voyage. Itinéraire de 204km à partir de Marrakech jusqu'à Ouarzazate, en passant par le col de TIZI-N-TICHKA. Puis, balade dans la vallée du Draà jusqu'à Merzouga, nuit dans l'erg Chebbi, retour à Marrakech, par la vallée du Dadès, pour revenir ensuite à Essaouira !... Bon, ça paraît un peu compliqué, mais non, la preuve ....
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Le coffre de la voiture est assez grand pour tous nos bagages. Ouf ! Nous avons eu un peu peur de ne pas tout caser ! Sortir de Marrakech n’est pas une simple affaire ! D’abord remplir le réservoir d’essence, puis consulter la boussole. De quel côté, Ouarzazate ?
Il faut prendre la route qui passe par le col de Tizi-n-Tchika. Nous avons été prévenus, il ne faut pas oublier que nous sommes en vacances et prendre notre temps. Ouarzazate n’est qu’à 3h de voiture de Marrakech. Jean est tout heureux d’avoir un volant entre les mains, il pilote le 4X4 qui nous a été confié avec enthousiasme par Fouzia et son collègue. Bon d’accord, il y a un peu de jeu dans la direction, un feu arrière cassé, un impact sur le pare-brise, une des portes qui ne se ferme pas facilement et par ci, par là quelques éraflures du plus bel effet ! Mais il ronfle bien et on espère très fort qu’il nous amènera à bon port ! Nous les filles, confortablement installées à l’arrière du véhicule, essayons de ne rien rater du paysage qui défile. Les appareils à photos sont sortis de leur étui, prêts à capter l’évènement imprévu, le personnage insolite, les couleurs des costumes, celles des tapis exposés en plein soleil, prêts à témoigner de la diversité des régions que l’on traverse, des émotions qui nous saisissent devant certaines scènes de la vie campagnarde marocaine. Dès les premiers kilomètres, nous sommes surpris par l’aridité du paysage. Cette route, toute droite devant nous, traverse une plaine immense où « fleurissent » des tas de cailloux. Pratiquement pas d’habitations en vue, quelques arbres misérables qui s’obstinent à pousser là, et de temps en temps, un bout de champ, une tâche verte sur laquelle de pauvres gens travaillent, aidés dans leur labeur par de petits ânes dociles. Nous prenons un peu plus d’altitude et la végétation se fait un peu plus « dense ». Ce sont les cactées qui dominent, en particulier les figuiers de Barbarie.
La route grimpe petit à petit, le paysage devient plus montagneux, des moutons arrachent quelques brins d’herbe à cette terre aride et caillouteuse. Les ravins se font plus impressionnants, les virages serrés sont négociés avec prudence. Les couleurs sont toujours aussi belles, mariant toutes les variations de l’ocre.
Et puis, dans un virage plus large, la vue d’un bar nous incite à faire une pause. L’occasion de jouer « aux vases communicants », nous désaltérer et soulager nos vessies soumises à rude épreuve par les soubresauts du 4X4 ! Nous sommes accueillis aussi bruyamment que chaleureusement par un magnifique jeune homme. Il est habillé de bleu comme les hommes du désert, il a un sourire éclatant, de bonnes joues rebondies, il s’appelle Ahmed. Il nous suit dans le bar et nous le prenons pour le patron. Nous commandons cafés et rafraîchissements et demandons bien sûr : « les toilettes, SVP ? ». Le papier nous est dispensé avec parcimonie et c’est avec un peu d’appréhension que nous entrons à tour de rôle dans le « saint des saints ». Rudimentaire mais impeccable de propreté. Un trou dans le sol, une arrivée d’eau à l’aide d’un petit robinet et un seau qu’il faut remplir afin de « tirer la chasse » ! Et Ahmed qui nous félicite, car :-« il y en a qui pose la m… et qui ne boive rien ! ». Nous sommes des gens « bien » et cela fait plaisir d’être reconnu ! Il s’assied à notre table et de confidences en confidences, nous apprend qu’il tient la boutique accolée au bar.
Nous comprenons vite que le respect qu’il éprouve à notre égard sera encore plus grand si nous lui achetons quelque chose ! Bon, on y va. On va bien trouver l’occasion de dépenser nos dirhams. Il y a longtemps qu’on ne leur a pas fait prendre l’air !
Nous flanchons pour de jolis chèches, bleus pour Michel et Huguette, vert pour moi. Jean ne cède pas et rigole de nous voir enturbannés de la sorte. Quand à Ahmed, il rit à gorge déployée !
Quoi ? On n’est pas beau ? Personnellement, je dirais même que Lilou est de loin celui qui s’arabise le plus vite !
Sacré Ahmed, il a réussi à nous vendre ces écharpes 10€ chacune ! On aurait dû se méfier quand il n’a pas insisté pour nous vendre autre chose ! Mais il est tellement sympathique que nous lui promettons de nous arrêter au retour.
Les rares villages que l’on aperçoit se confondent avec la couleur du sol. Les montagnes plus loin ont des airs menaçants. De grandes murailles sévères surplombent de petits carrés verts de végétation. Ce sont les seuls signes qui témoignent de la présence d’êtres humains dans les parages !



La route s’élève doucement et le paysage change petit à petit. Ce sont maintenant des forêts de pins et de chênes. Certains villages sont entourés de noyers et nous pourrions y trouver de quoi nous restaurer. L’ascension se poursuit par de larges lacets dans un paysage montagnard où la végétation se réduit à de maigres prairies. Nous avons la chance de capter une jolie scène de la vie rurale. Une jeune bergère et ses quelques moutons.
J’apprends que ces prairies s’appellent en berbère « tichka ». Comme le nom du col, le plus haut du Maroc, qui nous permettra de passer sur le versant saharien du Haut Atlas.
Et le sommet du col, tout proche. Nous sommes à 2260m d’altitude, les cimes sont légèrement enneigées.
Après la gentillesse d’Ahmed et sa conception du commerce, voilà les « arnaqueurs » du Tizi-n-Tchika ! Ici, on vend des minéraux et fossiles dont l’authenticité est plus que douteuse ! Les pierres que brandissent les marchands scintillent dans la lumière. La plupart des améthystes ne sont que des cristaux de roche teints à l’aide d’encre violette. Je ne parlerai pas des « rubis et saphirs » aussi fabuleux que faux ! Le premier marchand (photo) est sympa et donc, réussit à nous vendre un petit objet à chacun. Mais le second a déclenché en moi une profonde aversion. Sous des airs bonaces, il cache une agressivité qui me hérisse le poil encore aujourd’hui !Les autres promettent de s’arrêter au retour, moi, je fais la tête ! Je n’ai vraiment pas envie de le revoir, celui-là !
Quelques kasbahs en bord de route dressent leurs murailles de terre ocre. Beaucoup sont en piteux état ! Je surprends un petit âne qui attend patiemment je ne sais quoi !
Nous approchons de Aït-Benhaddou. Et soudain, le choc ! A la sortie d’un large virage, la vue superbe du ksar rouge, hérissé de hautes tours en pisé, se dressant à flanc de colline nous laisse sans voix ! Il se trouve sur l’autre rive de la rivière en contre bas, le Mellah. On s’arrête pour mieux le contempler.
Puis, laissant notre voiture en bordure de route, sous la surveillance d’un jeune homme qui nous servira de guide plus tard, nous optons à l’unanimité pour une pause réparatrice dans l’auberge la plus proche. Pas de problème, ce sera encore un tajine au poulet. Nous n’avons pas pensé à compter combien de fois nous avions choisi ce plat !
Petite plongée dans le guide touristique et nous sommes tout de suite plus savants !
(Le ksar de Aït-Benhaddou, l'un des plus fameux du Sud marocain, est désormais classé patrimoine de l'humanité par l'Unesco. Le décor du ksar a inspiré de nombreux cinéastes. David Lean y tourna pour Lawrence d'Arabie les scènes censées se dérouler à Aqaba.)

Nous franchissons facilement la rivière Mellah à gué. De gros sacs sont posés à distance irrégulière et c’est en sautant avec plus ou moins de grâce que nous arrivons sur l’autre rive. Le guide nous apprend que l’eau de la ou le...Mellah n’est utilisable ni pour les hommes ni pour les cultures. Il ou elle traverse d’anciennes mines de sel et charrie bien sûr des eaux impropres à la consommation. Nous nous promenons dans un lacis de ruelles et grimpons allègrement un sentier pierreux qui nous amène au sommet du ksar. La vue plongeante sur la rivière et la plaine alentour, l’immense grenier tout au fond, les tentes noires dressées au bord de l’eau pour un groupe de touristes, et juste en contre bas, les belles tours de pisé, nous rendent muets ! Et pour rendre muettes les deux filles, il en faut, vous le savez bien !


En visitant le village, nous sommes passés devant moult boutiques et avons été agréablement surpris de n’être importunés par aucun des marchands ! Nos illusions se sont envolées en redescendant du promontoire. Notre gentil guide nous propose de visiter la « maison berbère », il y en a paraît-il pour 5 minutes ! Comme il est sympa, va pour la visite. Nous sommes accueillis par un homme à l’imposante stature qui, aimablement, nous invite à boire le thé. Nous entrons dans une pièce où sol et murs sont recouverts de tapis. Des montagnes de tapis ! Nous nous asseyons par terre face à lui, notre guide sur le côté, toujours aussi discret. Sans s’arrêter de parler, notre hôte prépare le traditionnel thé de bienvenue. Nous sommes détendus et sourions à ses propos débonnaires. Il a commencé par une histoire amusante, suivie d’une devinette, nous rions, confiants et de bonne humeur. Il nous parle de la fabrication des tapis par les femmes de la montagne et nous dit qu’il n’a pas l’intention de nous en vendre. Nous sommes tout à fait rassurés, quand il nous annonce que par contre…Et le voilà qui attrape un beau coffre de bois et de cuir, jusque là caché derrière lui. Il y a à l’intérieur une profusion de bijoux « berbères » fabriqués, soi-disant dans le désert, et qui sont, bien sûr, uniques au monde ! Bon, nous y voilà ! Michel garde le sourire, Jean fronce les sourcils et nous deux, nous bavons d’envie devant les petites merveilles que le roublard a disposées devant nous ! Bien sûr, « il faut boire le thé, ne pas s’énerver et surtout ne pas parler du prix…on a le temps, ce n’est pas important…on achète, c’est bien, on n’achète pas, on reste ami ! » Bien entendu, il a vu que nous étions plus vulnérables que nos hommes et il essaie de nous appâter de toutes les façons. Il n’hésite pas le gros malin, à augmenter outrageusement les prix lorsqu’il voit que nous regardons plus particulièrement un article ! Finalement, ce sera un peu fâché quand même que nous le quitterons ! Notre guide ne bronche pas et continue à nous raconter l’histoire du village et de ses habitants. Nous lui sommes reconnaissants de ne pas nous montrer sa déception, car il ne touchera pas de bakchich auprès du marchand de bijoux. Nous compensons par un bon pourboire et reprenons la route. Nous sommes à une vingtaine de kilomètres de Ouarzazate et avons hâte de faire un brin de toilette. Je consulte le voucher qui nous permettra de loger à l’hôtel « LE ZAT ». C’est bien sur la route de Skoura, en direction des gorges du Dadès. Entrée de Ouarzazate. Nous passons comme une fusée devant la Casbah du Glaoui et je n’ai que le temps d’armer mon appareil photo, elle est déjà loin !

L’hôtel est moderne, l’eau de la piscine un peu fraîche et le serveur a un petit air d’Henri Salvador qui nous le rend tout à fait sympathique. Nous n’aurons qu’à nous féliciter du bon accueil qui nous est réservé partout où nous irons !
VENDREDI 1ER DECEMBRE 2007. La journée d’hier a été remplie d’images et de paysages les plus divers, les maisons et villages de pisé se sont succédés sur la route et la visite de Aït-Benhaddou a ravi nos yeux. Nous passons donc sans états d’âme particuliers devant la magnifique Casbah du Glaoui située à Telouèt, 1Km de Ouarzazate. (Voir la photo plus haut). Elle est d’une luminosité exceptionnelle et a été reconstruite avec des moyens financiers énormes. Les réalisateurs de cinéma s’y précipitent, on dit qu’Hemingway y séjourna et malgré cela, .... nous préférons faire la visite des studios de cinéma qui se trouvent à la sortie de la ville. Michel frétille comme un gardon à la pensée de se frotter aux prestigieux acteurs qui ont tourné là et fréquentent toujours cet endroit. D’immenses statues égyptiennes sont érigées aux abords du site. Munis du billet d’entrée, nous attendons patiemment qu’un guide soit libre pour commencer la visite. Huguette pose tranquillement et s’imagine être dans la peau de Cléopâtre. Nous nous attardons devant les affiches des films dont certaines scènes ont été tournées ici.

Notre guide est tout mignon et s’appelle Ali, je crois ! Il est marrant comme tout et démystifie une à une tous les histoires qui nous avaient faits rêver jusque là ! De l’illusion partout et du toc en veux-tu en voilà ! Des murs qui paraissaient faits en dur, ne sont en réalité fabriqués que de toile et de peinture. Des décors en trompe- l’œil, donnent le change jusqu’à ce qu’on s’en approche de près ! Eclats de rire quand on voit que tout est « bidon » ! On reste admiratif devant ce déploiement d’astuces les diverses. Vraiment aucun regret après cette visite qui nous a prouvé à quel point il est « facile » de manipuler tout un chacun ! Respect pour tous les acteurs de cette ville fantôme ! Un champ de pierres, immense devant nous, et un berger qui y mène ses moutons avec je ne sais quel espoir d’y trouver leur pitance ! Encore un qui va se faire prendre aux pièges des prestidigitateurs de cet endroit ! Le guide nous certifie que de grandes « batailles » cinématographiques se sont jouées là ! Bon ! On préfère le croire, car rien ne nous paraît plus réel ! « Laisse béton ! ». On s’amuse bien en passant d’une pièce à l’autre, les décors changent et nos délires aussi. Ali nous pose des devinettes : « Quel est le film qui a été tourné ici ? »-- Les idées les plus farfelues nous traversent l’esprit et nous lui en faisons part bruyamment ce qui le fait rire aux éclats ! Nous nous prenions pour des cinéphiles avertis, que non ! Chaque réponse est fausse ! Les garçons s’amusent à nous faire peur, bouuuuuuh ! Comme si on ne voyait pas que ce sont de faux ossements ! Quoique !!! Et puis on ne se lasse pas de jouer les reines dans ce décor « Hollywoodien » et, prendre la pose dans les escaliers qui mènent au trône de Cléopâtre n’est pas pour nous déplaire ! Il n’y a pas que Monica Bellucci sur la terre ! On me met une perruque et une couronne sur la tête, deux seins hauts placés et un régime « slim fast » pendant 2 ans, je n’aurais aucun mal pour lui ressembler…surtout de loin ! Et Ali qui rigole ! Il ne se fiche pas de nous quand même ! C’est qu’il en est bien capable, le bougre ! Direction la vallée du Dadès et plus précisément, TINERHIR aux orthographes les plus diverses, sans parler de la prononciation qui nous divisera souvent. La route qui va de Ouarzazate à Tinerhir, et au-delà jusqu’à Erfoud, a été nommée la « route des Kasbahs ». Difficile de rester insensible à la beauté de cette architecture de terre. Ces villages fortifiés, aux façades souvent décorées, ces colosses de terre puissants et fragiles à la fois sont vraiment impressionnants. Certaines kasbahs sont en piteux état, et les poteaux et fils électriques qui courent devant elles défigurent ces magnifiques bâtisses. Mais il doit être déjà suffisamment difficile de vivre là, et il serait bien mal venu de leur reprocher ce manque d’esthétisme provoqué par le peu de confort auquel ils ont droit. Un magnifique plan d’eau surprend à la sortie de la ville. C’est un lac de retenue sur le Drâa. Tout de suite, le paysage désertique, avec pour fond de décor une vue saisissante sur les sommets de l’Atlas. Certains dépassent largement les 3000 mètres. Plusieurs dizaines de kms plus loin, l’oasis de Skoura. L’œil sur la carte, nous nous interrogeons sur la possibilité de visiter le jour même les Gorges du Dadès et celles du Drâa. L’objectif est d’arriver à Boulmane-du-Dadès. Une centaine de kms nous en séparent, et la succession d’oasis et de kasbahs nous font patienter. Aux alentours de El-Kelaà M’Gouna, des enfants sur le bord de la route nous proposent des flacons et autres produits fabriqués à base d’eau de rose. On apprendra par la suite que la plupart de ces produits sont tout à fait artificiels, certaines eaux de rose étant elles-mêmes fabriquées à Casablanca ! La magie du Maroc ! Et les magnifiques kasbahs, encore et encore…jusqu’à Boulmane, embranchement à ne pas rater si on veut voir de plus près les célèbres gorges du Dadès.
Le début de la vallée est riant, les minuscules champs irrigués par le torrent, les vergers d’amandiers et de noyers offrent un paysage reposant. Les villages en terre rouge sont accrochés à la montagne. Un camaïeu de couleurs splendides. De l’autre côté de la rivière, une formation géologique extraordinaire. Elle est appelée le « cerveau de l’Atlas » ou « les doigts de singes ». Nous prendrons cette photo en revenant et les derniers rayons de soleil donnent à ces roches une couleur et une dimension surprenantes !

La route est bordée de petites auberges où il ferait bon s’arrêter, mais il y a tellement de choses à voir !


(symbole berbère sur pratiquement toutes les maisons)
On croise des femmes qui portent de lourdes charges. Elles ont sur le dos de grands morceaux de tissu remplis d’herbes qui doivent servir à nourrir le bétail. D’autres s’en servent pour porter leur bébé ! Nous essayons le plus discrètement possible de saisir quelques personnages mais les images ne sont pas trop nettes ! Tant pis ! Notre chauffeur n’a pas l’intention de ralentir chaque fois que nous avons l’impression de faire la photo du siècle. De grands fous rires nous tordent le ventre. Lilou ne fait que râler, fustigeant Huguette qui soumet à rude épreuve les piles de son appareil. C’est vrai aussi ! Elle vise au petit bonheur la chance, tout ce qui pourrait devenir le scoop de l’année ! En fait, c’est surtout le montant des portières qu’elle photographie avec le plus de réussite. Je ris tellement que j’en prends à mon tour pour mon grade ! « Et l’autre (moi) avec son téléphone…Blip, blip, blip… » Ces vieux alors, pas moyen de rigoler !
Puis la route se fait plus étroite, les parois plus abruptes, plus menaçantes au dessus de nos têtes. La végétation se fait plus rare et tout à coup, une brève mais impressionnante montée en lacet nous permet d’avoir une vue saisissante sur les gorges. Plus d’une centaine de mètres de profondeur pour moins de dix de large ! Puis la route redescend doucement pour arriver au niveau de la rivière et là, c’est le spectacle à l’envers, l’immensité de ces murailles qui nous surplombent, nous écrase. Le soleil est encore assez haut pour pénétrer entre les parois verticales. Nous levons la tête à la limite du torticolis ! Le jeu de lumière entre eau et minéraux est vraiment fantastique. Dommage que la photo ne soit pas fidèle à ce que voient nos yeux !
La proximité de ces falaises est telle qu’il est impossible de faire quelque chose de bien.
Tant pis ! Il commence à se faire tard et c’est à regret que nous rebroussons chemin Quelques notes sur la carte me rappelle le nom de cet endroit : « le défilé d’IMDIAZEN ».
Au sommet du col, juste avant d’entamer la descente en lacet sur Boulmane, une petite auberge juchée sur un piton rocheux attire notre attention. Il est l’heure du déjeuner et nous trouvons plus judicieux de nous arrêter là. C’est sympa comme tout, les gens sont charmants et sont prêts à confectionner un beau tajine dans l’heure. Photos sur les gorges en descendant des escaliers aux marches inégales, visite dans les toilettes « berbères » et Huguette qui tombe sous le charme d’un jeune homme. Celui-ci lui présente plusieurs tapis tissés par sa femme et elle se laisse aller ! Un beau tapis rouge en laine épaisse qui agrémentera l’entrée de sa maison. Toute fière, la Guichou ! La fin du repas sera animée car nous sommes les témoins d’un mini drame. Nous avons été intrigués dès notre arrivée par l’attitude d’un homme. Il a le verbe haut et le geste large, l’apanage qui sied à tout individu décontracté, bien dans sa peau et surtout au dessus de tout soupçon. Mais il en fait peut-être un peu trop et c’est sans surprise que nous découvrons qu’il n’est qu’un vulgaire petit escroc. Il a trouvé le moyen de partir sans payer et ce sont les cris de colère du restaurateur qui nous font lever d’un bond. Collés contre le bord de la rampe sur la terrasse qui surplombe la route, nous tentons avec force gestes, d’attirer l’attention du mauvais payeur, lui accordant encore le bénéfice du doute. Après tout, ce n’est peut-être que de l’étourderie ! Il est écoeuré le patron du resto ! On a maintenant la certitude qu’Arabes et Berbères ne sont pas copains du tout ! Allons bon ! Cap sur Boulmane-du-Dadès et direction Tinerhir. Un œil fébrile sur le voucher qui me donne l’adresse de l’hôtel : « la casbah de Tombouctou, 126, av.Bir Anzarane ». Fouette cocher ! Tinerhir est une étape importante et le point de départ de nombreuses excursions dont celle des célèbres Gorges du Todra. On nous en a tellement parlé que nous nous engageons dans la route qui y mène, négligeant l’entrée de la ville et la possibilité de rejoindre notre hôtel. La végétation luxuriante prouve que l’eau est toute proche. Les nombreux palmiers et arbres au bord du chemin poussiéreux cachent à demi les magnifiques casbahs de pisé de l’autre côté du torrent. Nous sommes pratiquement au niveau de la rivière. Et puis, la route s’élargit, et nous succombons sous le charme de la palmeraie, de la ville ocre et rouge que l’on découvre au loin, des champs minuscules, cultivés avec soin. Nous descendons de voiture et essayons de fixer sur la pellicule ce morceau de paradis !
Après avoir consulté la carte routière et compris que la nuit tomberait sur nous avant peu de temps, nous retournons sur nos pas et faisons notre entrée dans la ville. Celle-ci a l’air animé et la large avenue est bordée de magasins et d’ateliers artisanaux eux-mêmes situés sous de grandes arcades. Je repère la poste près d’un grand espace arboré et me souviens des cartes postales à envoyer aux amis. Ne pas reproduire la mésaventure de Marrakech et ne pas oublier de vérifier les adresses avant la mise en boîte ! (Certaines cartes ne sont parvenues à leur destinataire qu’au mois de février !!! Le « facteur à dromadaire » a eu bon dos ! Hi Hi Hi)
La Casbah de Tombouctou. Mais où est-elle ? Nous l’avons dépassée quand, tournant la tête j’aperçois, son enseigne lumineuse coincée entre deux magasins. Soupirs de soulagement, demi-tour. Garés devant une boutique qui vomit à tue-tête la dernière chanson à la mode, nous déplions nos jambes engourdies et prenons la mesure de notre fatigue. C’est un catalan, Roger Mimo, qui, amoureux de l’architecture du Maroc et particulièrement de cette région, a restauré une ancienne casbah. Le couloir qui mène à la réception, est tapissé de photos qui rappellent aux voyageurs l’ampleur des travaux effectués. Chaque chambre a son propre décor. Le mobilier en bois de laurier-rose, le crépi de terre sur les murs, les plafonds en tataoui, (Technique décorative : baguettes de lauriers, peintes, assemblées et entrecroisées entre les poutres d'un plafond, formant un décor géométrique), les tentures et rideaux aux couleurs chaudes et profondes, la jolie salle de bain, les sofas sur lesquels on peut s’écrouler, les lumières tamisées qui donnent une ambiance sensuelle à la pièce, nous font taper des mains de joie ! Vite, photo ! Finalement, un peu plus de lumière ne serait pas de trop ! Déjà que je suis un peu contrariée de l’épisode « promenade apéritive », il ne faut pas m’énerver ! Non, je rigole ! Mais c’est vrai aussi, pas moyen de flâner le nez au vent dans ce pays ! Mes cartes postales à la main, je marche aux côtés d’Huguette quand un jeune homme nous accoste. Il est « mimi » tout plein et parle bien le français. Il a l’air content de deviser avec nous et nous l’écoutons attentivement quand il nous parle de sa vie, de ses études. Nous sommes près du parc dont je parlais tout à l’heure et le bureau de poste n’est pas loin. Et voilà qu’un deuxième luron se joint à notre groupe ! (Peut-être même « larron !) Largement moins mignon que le premier et surtout beaucoup plus pressant ! L’ambiance change d’un coup et on a un petit mouvement de contrariété qu’il perçoit très vite. Alors il change de façon de faire et semble remarquer les cartes que je tiens à la main. Pour dissiper le malaise, je lui demande à quel endroit je pourrais déposer ces dernières. J’aperçois au même moment une boîte aux lettres sur la façade de la poste juste en face de nous et me dirige donc par là. Mais non, il me prend vigoureusement par le bras et me dit : « Non, non, par là c’est mieux ! »- Et je me retrouve propulsée à la vitesse « grand V » sur le côté gauche du bâtiment et devant une ouverture dans le mur qui ressemble à celle d’une ancienne boîte. Je proteste en lui disant : « Tu es sûr que mes cartes ne vont pas être perdues ? ». Il affirme énergiquement que je n’ai aucun souci à me faire, que c’est vraiment là qu’il faut que je pose mon courrier, bref, je cède car il est trop ch…, je ne dis pas le mot ! Je glisse avec appréhension mes cartes dans le trou béant et les lâche avec regret sous l’œil attentif de mon compagnon. Le bruit que je perçois me rassure quelque peu, on dirait que la boîte est bien remplie. Est-elle régulièrement vidée ? That’s the question ! Je me méfie de lui et l’avenir me prouvera que j’avais tort d’un côté et raison de l’autre ! Le courrier a bien été expédié, mais il est parvenu tellement tard à leur destinataire que je garde toujours un doute quant à la vélocité avec laquelle il a été traité ! C’est bien entendu au moment de les quitter que cela se complique un peu ! Ils essaient l’un et l’autre de nous retenir, veulent nous accueillir chez eux, nous invitent à prendre le thé et surtout, à admirer les tapis que fabriquent leurs mamans ! Et comme d’habitude, sans obligation d’achat !!! Du coup, fini la promenade, nous repartons vers l’hôtel ! Quelle barbe ! Il doit pourtant y avoir de jolies choses à voir dans cette ville ! Il y a devant La Casbah de Tombouctou, une cabine téléphonique. Guichou s’y engouffre, elle veut parler avec Floflo. Mais le bruit de la rue et le magasin de disques en face qui diffuse toujours à tue-tête le dernier tube, la gênent et elle est déçue de ne pouvoir entendre la petite. Plus loin un Point Phone va nous sauver. Pour quelques dirhams échangés avec le monsieur de service, nous pourrons communiquer avec nos enfants respectifs. Quel bonheur d’entendre leur voix ! Il faut aller se coucher, demain le programme est chargé. Visite des gorges du Todra puis départ vers Merzouga et les belles dunes ! J’ai des fourmis dans les jambes rien que d’y penser. Vite, vite !
Nous nous arrêtons pour la deuxième fois à l’endroit qui nous avait tant plu la veille. La lumière du matin magnifie la vue que nous avons sous les yeux. Tout paraît paisible jusqu’au moment où les pétarades d’un moteur de mobylette donnent l’alerte. Nous tournons la tête de ce côté quand Jean nous signale un autre intrus. Comme sorti de terre, un homme que nous n’avions pas vu, s’approche de nous. Nous rentrons dans la voiture, maudissant cette mauvaise habitude qu’ils ont tous : harceler les touristes ! Comme les gorges du Dadès, le départ se fait à peu près au niveau de la rivière et la vallée est assez large. De nombreux campings et auberges jalonnent le parcours, puis vient la partie la plus spectaculaire : un défilé de quelques dizaines de mètres de large avec des parois verticales de près de 300m de haut. Petite déception pour moi qui aurais bien voulu aller plus loin, mais il faut laisser la voiture et continuer à pied, alors…Et puis il y a encore du chemin à faire, ce soir nous devons dormir dans le désert…Youpi ! Jean est un peu préoccupé par cette étape et nous presse de partir. Retour sur Tinerhir et direction d’abord Erfoud, puis Merzouga représenté par un tout petit point sur la carte ! Je me rassure en regardant les derniers vouchers. Prochain contact : LE KSAR BICHA. Au moins 200 kilomètres à parcourir, il vaut mieux ne pas s’attarder. Erfoud est encore assez loin. Cette ville est importante car située à l’entrée du désert. On peut dire que c’est la capitale touristique de la région : hôtellerie florissante et nombreuses boutiques artisanales. Ici est commercialisée la fameuse « pierre d’Erfoud », pierre noire incrustée de fossiles. Nous allons avoir plus d’une fois la frayeur de notre vie, en évitant de justesse tout le long de la route qui nous mène à Merzouga, de téméraires vendeurs de pierre qui se jettent carrément sous nos roues. Cette route goudronnée s’étire devant nous et le contraste est frappant : la palmeraie, alimentée par l’eau qui coule invisible, déploie avec magnificence de superbes palmiers, tandis que quelques mètres plus loin, les cailloux fleurissent par milliers ! Des hommes creusent la terre pour dénicher sûrement les pierres qu’ils proposeront aux touristes, tandis qu’une femme, juchée sur un petit âne, vient de récolter quelques légumes dans un des jardins de l’oasis. Autrefois nomades, les populations berbères se sédentarisent de plus en plus et occupent pratiquement tous les endroits situés le long des points d’eau. Leur condition de vie est bien rude et c’est avec beaucoup de respect que nous les observons. Nous ne pourrons nous empêcher d’éprouver quelques remords, lorsque nous ne serons pas assez généreux.
Puis, très vite, changement de paysage. Les cailloux dominent, plus de palmiers même clairsemés à l’horizon, la plaine (hamada) est immense, la lumière intense. Le regard se perd. Devant nous, la route toute droite, et sur les côtés, au loin, très loin, les prémisses du désert tout proche. Pas de marchands de pierre dans le coin, nous en profitons pour faire une « pause pipi » derrière l’un des mamelons pierreux en bordure de route . C’est là que je prendrai en photo les petites fleurs, pensant que ce serait les dernières que nous aurions l’occasion de voir, pendant un bon moment ! On « grimpe » sur les monticules de sable, imaginant déjà être au pied des dunes ! Michel n’a pas quitté son chèche, il est fin prêt pour affronter le soleil du désert. On ne voit plus que ses yeux bleus, je me surprends à penser à Lauwrence d’Arabie ! Non, Huguette, je rigole ! Quoique, fais gaffe quand même ! Lit-elle dans mes pensées ? Elle se rapproche de son mari et ne le quitte pas ! Encore une heure de route pour arriver aux environs de Merzouga. Le ksar Bicha, est-il avant ou après la ville ? Nous scrutons attentivement chaque panneau en bord de route, car les dunes de l’erg Chebbi, bien qu’encore éloignées, sont maintenant visibles. Euréka ! Nous y sommes ! Quelques kilomètres avant merzouga, une pancarte sur le bord de la route. C’est là ! Quelques arbres, du sable et des constructions ici et là. Pas d’erreur, nous sommes arrivés ! Jean gare le 4x4 et nous descendons timidement, cherchant un interlocuteur qui nous rassurera. Dans le hall de la réception, quelques bagages sur le sol attirent notre attention. Ce sont ceux du jeune homme qui se dirige vers nous. Il nous dit tout d’une traite : Qu’il vient juste d’arriver, qu’il est le nouveau cuisinier, que le patron n’est pas là, mais que si on le veut, il nous fait quelque chose à manger ! Dis donc, il est à l’air aussi désorienté que nous ! Va pour une omelette au fromage (qui nous restera un peu sur l’estomac) et quelques fruits. Pas faciles à manger, les grenades ! Il est là, le beau Ali. Je ne résiste pas à l’envie de vous le montrer. Petit coup d’œil à Huguette . Ah, si on était plus jeune ou… si nos maris n’étaient pas là !
Et il est coquin comme tout, il se moque de notre accent et s’amuse à répéter nos phrases en exagérant notre prononciation. Morveux, va ! Le gars qui doit nous prendre en charge pour la « traversée » du désert n’est pas encore arrivé et on parle du Paris-Dakar, du Trophée des Gazelles…et voilà Ali qui nous propose une petite démonstration dans les dunes avec le 4x4 que nous a loué Fouzia ! Les premières vagues de dunes ne sont qu’à une centaine de mètres du ksar. On craint un peu pour le 4x4, mais Ali a l’air sûr de lui et nous affirme que c’est un exercice auquel il se livre souvent et ce, avec n’importe quelle voiture. Alors… ! Les garçons ont l’air intéressé, les filles l’air effrayé…mais il y va de notre honneur, il n’y aura pas de dégonflé dans la troupe ! Ali s’installe au volant, Jean est à côté de lui, Guichou, Lilou et moi sur la banquette arrière. J’allume la caméra. Départ…pour l’instant, ça va, le terrain est plat ! On grimpe tranquillement sur la première dune, la crête est suffisamment large pour ne pas s’inquiéter. Cool ! Tout d’un coup, Ali braque le volant à 90° et voilà la voiture qui plonge dans le creux de la dune ! Maman !!! La caméra ne filme plus que le sol et l’instant d’après, que le ciel ! Bonjour le reportage ! Les garçons restent stoïques tandis que les filles commencent à pousser des cris d’orfraie ! Il faut que je sois honnête, c’est surtout moi qui crie ! Guichou rit, toujours aussi placide devant le danger ! Elle a confiance, paraît-il ! Et Ali qui répète et répète la manœuvre pour que les gars comprennent bien comment il faut faire ! Quand le conducteur sent qu’il ne peut plus rouler facilement sur la dune, il faut qu’il en redescende « fissa » en braquant le volant de cette façon et cela sans aucune hésitation ! Autrement, gare à l’ensablement ! Stop. Ali descend et Jean se met au volant. Je ne veux pas montrer que j’ai peur et serre les dents. Je ne veux pas que Jean pense à autre chose qu’à la conduite de ce maudit engin! J’ai confiance, mais !!! Jean est attentif et suit scrupuleusement les consignes d’Ali. L’ambiance est chaude dans le 4x4, surtout sur la banquette arrière ! Les cris fusent souvent et la caméra valdingue de tous les côtés. Je suis sûre qu’on aura le « tournis » simplement en visionnant le film ! Et le ballet continue : je monte, je roule et je descends à 90° ! Bon sang de bonsoir ! Je commence à avoir chaud partout ! Stop ! Tout le monde descend ! Nous sommes sur une portion de terrain relativement plat et c’est Lilou qui prend le volant. Je ne comprends pas pourquoi Huguette panique ! N’aurait-elle pas confiance en son mari ? On roule un petit peu encore quand Ali nous conseille de descendre. Allons bon ! Ou il en a marre de nous entendre crier, ou il n’a pas trop confiance lui aussi ! Je penche gentiment pour la première hypothèse ! Jean prend la caméra et nous regardons le véhicule s’éloigner. Tout baigne ! On les voit se diriger vers une dune, y grimper quelques instants et puis…Que se passe-t-il ?
4x4 stoppé en plein élan, perché sur la crête de la dune. Lilou qui essaie de redémarrer et qui apparemment n’y arrive pas. Ali descend et regarde sous la voiture, alors là, la panique revient. Zut ! Pourvu qu’il n’y ait rien de cassé ! Comment allons nous faire pour continuer ? Nous les rejoignons au pas de course et constatons avec effroi que la voiture est ensablée. Tout le monde à quatre pattes ! Nous nous servons de nos mains comme pelle de fortune et essayons fébrilement de dégager les roues du sable qui les maintient prisonnières
Plus de peur que de mal, Ali reprend le volant et nous ramène sagement au point de départ !
Allez, fini de faire des bêtises ! Revenons au ksar. Notre méhariste doit être arrivé ! Le voilà, il s’appelle Hassan, il a un sourire éblouissant et porte la tenue bleue des hommes du désert ! Les quatre dromadaires sont couchés sur le sable, jambes repliées sous le ventre. Leurs gros yeux ombragés de grands cils sont fixés sur nous. Ils mâchouillent je ne sais quoi et leurs mâchoires vont et viennent de façon fort disgracieuse d’un côté et de l’autre de leur bouche ! Hou lala ! Mon ventre a des gargouillis de mauvais augure ! Je regarde mes compagnons…ils ont un petit air qui me fait penser que je ne suis pas la seule à me poser des questions ! Nous avons noué tant bien que mal, notre chèche, Jean s’obstinant à ne rien vouloir sur le crâne ! Il a emporté son bonnet de ski bleu marine et le mettra sûrement plus tard. Hassan nous aide à grimper sur les bestioles, je me retrouve sur le premier, Guichou clôture la marche, les deux « gazous » entre nous deux. Ma pauvre monture doit supporter mon poids et celui des provisions qu’Hassan a chargées dans de gros sacs jaunes.
Huguette a été la première à faire le grand saut. Hassan lui fait la courte échelle, lui permettant d’enjamber plus facilement la bestiole qui n’a pas arrêté pour autant de ruminer. Sont-ce des ruminants, ces camélidés-là ? Que oui, je viens de vérifier ! On sait aussi qu’ils n’ont qu’une bosse et on voudrait bien la voir ! On a l’impression qu’on pourrait mieux caler notre postérieur si elle était visible. Mais la selle est cachée elle aussi sous une couverture et c’est au petit bonheur que nous y posons notre fessier ! Il sera bien difficile de rectifier la position lorsque ces charmantes bêtes iront l’amble. Guichou est concentrée et tient fermement le devant de la selle. Nous l’observons avec attention. Hassan, tout en maintenant Huguette, donne un léger coup sur les pattes arrière du dromadaire. Oh, purée ! On voit Huguette partir vers l’avant, puis vers l’arrière, l’animal est maintenant debout. Guichou nous domine largement ! C’est au tour de Lilou ! Pas de panique, tout se passe bien. Jean se retrouve haut perché dans la minute qui suit. Allez, bibiche, c’est à toi ! Qu’il est gentil cet Hassan ! Il voit que j’ai un peu peur et fait tout ce qu’il faut pour me rassurer. Les quatre dromadaires sont reliés les uns aux autres par une corde dont Hassan tient une extrémité. Nous sommes équipés pour cette expédition comme des pros ! Chaussures et pantalons de montagne, chèches noués laborieusement sur la tête pour certains, sacs à dos remplis d’affaires de toilette et de quelques vêtements. Et Hassan qui trotte dans le sable avec des nu-pieds éculés ! Il se retourne de temps en temps pour surveiller ses nouveaux compagnons. C’est dans une position tout à fait « confortable » que nous faisons nos premiers pas : jambes écartelées, dos ronds, pieds ballants, les mains fermement accrochées au pommeau de la selle invisible, le corps soulevé et balancé tantôt à droite, tantôt à gauche. Ah, elle a fière allure la caravane !
Cette photo a été prise par Hassan qui, pour ce faire, a dévalé la pente, pieds nus. Les dromadaires doivent être habitués à tout ce cirque car, livrés à eux-mêmes, ils n’ont pas bougé d’un pouce. Heureusement pour nous, d’ailleurs ! 
Mais que font ces gosses ? Ils courent après nous et réclament des bonbons qu’Huguette s’empresse de distribuer. Notre guide rappelle à l’ordre les gamins et leur dit de s’en aller car les dromadaires n’apprécient pas leurs cris et commencent à manifester du mécontentement. Ils se mettent à blatérer, et je vois avec effroi, sortir de la bouche fendue de ma monture, une énorme langue toute tordue qui s’agite dans tous les sens. Sa tête qui pivote vers les intrus me rappelle le film dans lequel jouait Coluche : « Banzaï » ! A part que là, ça ne me fait pas rire, mais pas du tout ! On demande à Huguette d’en finir avec ses largesses ! Le ksar Bicha est pratiquement hors de vue. Plus qu’une heure et demie à être ballotté de la sorte, ce n’est pas la mer à boire ! Où est-elle la mer ? Pour le moment, nous naviguons au milieu de vaguelettes de dunes. Le terrain n’est pas trop accidenté et nous cheminons « cahin-caha », en essayant de garder une assise à peu près correcte. On arrive même à prendre des photos et on pose des questions à Hassan sur le relief qui est autour de nous. On apprend que ces premières dunes ne sont pas stables, contrairement à celles que nous verrons plus tard, et qu’elles se déplacent souvent au gré des vents. Quelques courageux palmiers consolident leur attache à ce sol mouvant et des traces blanches par terre amènent d’autres questions. Ce sont des traces de sel qui, après évaporation de la rosée ou de l’eau qui tombe parfois, affleurent le sol. L’erg Chebbi est le massif le plus important du Maroc, il s’étire sur une trentaine de kilomètres et sur une largeur maximale d’une dizaine de kilomètres. Nous allons dormir dans le creux de la plus haute dune de l’erg : 150m de haut, la dune ! Je suis impatiente de la voir ! Les crampes dans les jambes, les douleurs sournoises au creux des reins, les adducteurs qui sont soumis à rude épreuve, nous font faire la grimace. On se tortille en essayant de trouver une position plus confortable, mais les « chevaux du désert » opposent de la résistance ! On échange quelques conseils difficilement praticables, on geint le plus doucement possible pour qu’Hassan ne se paie pas notre tête ! On monte sur la crête des dunes et on redescend dans les creux…comme avec le 4x4, mais on crie moins fort ! Le temps commence à peser à certains, n’est-ce pas Jean ? Il me semble qu’il fait un peu la tête, l’Aspois ! Ah, ce n’est pas sur un âne qu’il est assis ! Quel extraordinaire paysage ! Le soleil qui baisse à l’horizon, joue avec le relief et donne des couleurs changeantes aux dunes qui nous entourent de tous les côtés. La couleur dominante tire sur le rose et le beige orangé, mais selon la face qui est éclairée, la palette des nuances s’élargit. Tout est douceur, les courbes, les teintes, le silence. Et Hassan, qui se met à fredonner, ajoute un peu plus au bonheur ambiant !
Le sourire rassurant d’Hassan et son doigt pointé dans une direction : le bivouac est en vue. Effectivement, on aperçoit une tache noire au pied d’une immense dune rose. C’est là que nous allons passer la nuit ! L’aventure continue et les surprises vont se succéder, pour notre plus grande joie.
C’est avec quelques difficultés que nous descendons de nos montures. Aïe, aïe… ! Il faut redonner du jeu à nos articulations traumatisées ! Je commence à comprendre pourquoi Lucky Luke a les jambes arquées ! Le chamelier décharge les sacs qui sont sur la bête de bât, enlève les couvertures qui nous servaient d’amortisseurs, détachent les dromadaires et les fait coucher sur le sable à bonne distance de la tente. Ils les attachent ensuite les uns aux autres et les entravent pour empêcher toute velléité de fuite. Les animaux se laissent faire docilement et si la manoeuvre nous impressionne un peu, les voir continuer leur mastication sans broncher, nous rassure ! Le sol est jonché d’excréments et nous nous félicitons de ce que le campement soit plus loin. Nous dévalons la pente jusqu’à la grande tente noire et déposons en vrac nos affaires. Hassan nous suggère de grimper sur l’une des dunes qui nous entoure et de guetter le coucher du soleil.
Ce sera aussi l’occasion de se cacher pour faire un petit pipi. On est des humains, pas vrai ? Les toilettes aseptisées dont rêvait Huguette ne sont pas au rendez-vous !
Nos hommes se sont étendus sur le sable, se croient-ils à la plage ? Et Jean qui n’a pas enlevé son anorak !
Nous partons à l’assaut de la dune sans complexe, d’un pas bien décidé.
Mais bien vite, le souffle nous manque et les muscles de nos jambes se raidissent. Il nous semble impossible de faire les derniers mètres ! Nos « gazous » tendent vers nous une main secourable que nous saisissons précipitamment ! Quel spectacle ! L’émotion m’envahit totalement. Mon rêve d’enfant s’est réalisé ! Assise sur la crête de la dune, je regarde autour de moi et ne vois qu’une immensité de sable aux couleurs merveilleuses, des courbes harmonieuses où le regard se perd et s’alanguit. Ma poitrine est soulevée par un gros soupir de contentement, et je regarde mes compagnons. Nous restons, tous les quatre, un grand moment sans parler. On essaie de réajuster nos coiffes, on est dans le désert ou on n’y est pas ! Jean a mis son bonnet !!! Heureusement, nous n'avons pas de miroir, ce qui nous laisse tout à fait décontractés, face à l'objectif ! 😎 La position que nous occupons n’est pas très confortable et nous enfonçons bien fort nos talons dans le sable qui glisse sous nos pieds. En face de nous, tout au loin, la barrière rocheuse (la hamada du Guir) qui sépare le Maroc de l’Algérie, pays natal de Guichou. Nous jouons à la petite chèvre de Mr Seguin en voyant derrière nous, tout en bas, le minuscule campement et la silhouette bleue d’Hassan. Notre guide a l’air bien actif. On le voit en train de défaire les sacs, il serait peut-être temps d’aller lui donner un coup de main, et de visiter notre « hôtel » ! Ce bivouac est un ensemble de plusieurs tentes, de toiles noires, lourdes et épaisses qui ne laissent passer, une fois les pans d’ouverture rabattus, ni la lumière, ni le froid, ni la chaleur. A la gauche de la photo, la grande chambre que nous partagerons tous les quatre. A côté d’elle, un espace assez large où sont entreposés couvertures, matelas et oreillers. Formant un angle droit avec ce que je viens de décrire, une tente plus importante où se déroulera le repas. Personnellement, Jean et moi connaissons les « joies » du camping. Guichou et Lilou vont apprendre à vivre au ras du sol et prendrons même du plaisir à s’étaler sur les coussins qui nous servent de siège ! Hassan s’active et pèle oignons, pommes de terre, tomates et poivrons. Il refuse gentiment notre aide et dit que tout sera prêt dans un moment ! Il a l’air un peu intimidé ou tout simplement préoccupé par toutes les tâches qu’il doit accomplir en si peu de temps. Nous le laissons vaquer à ses occupations et, mollement étendus sur les coussins, nous essayons de récupérer de la rando à dos de chameaux ! La nuit tombe tout doucement, le ciel s’étoile de plus en plus. Un trépied posé sur le sol et relié à une bonbonne de gaz accueillera le tajine, le lourd plat de terre brun vernissé que nous avons aperçu à l’entrée. Hassan a émincé les oignons, les pose au fond du plat et ajoute les morceaux de poulet. Il alterne les lamelles fines de pommes de terre, les rondelles de tomates et les lanières de poivrons, sale le tout avec du gros sel, met des épices et de l’huile, ferme le plat avec le couvercle en forme de cône qui permet à la vapeur condensée en fines gouttelettes de retomber sur les mets et de se mêler au jus ! Miam ! Les parfums qui s’échappent très rapidement du tajine sont tout à fait alléchants et nous serons soumis à rude épreuve pendant environ deux heures. Notre cuisinier est amusé par la curiosité qui nous anime.
Que fait-il maintenant ? Il émince à nouveau un gros oignon rouge, il coupe en minuscules dés les tomates, les poivrons verts, les concombres, et arrange harmonieusement le tout dans un grand plat. Il a gardé un concombre qu’il pèle, coupe en plus gros morceaux qu’il évide et met une olive noire dans chacun des trous ainsi faits. Le plat est maintenant agrémenté d’une jolie couronne de concombres aux olives ! Il est fier Hassan, de la jolie photo que nous lui montrons ! Le plat principal mijote doucement, la salade est prête, Hassan a l’air content de lui. Nous sommes installés plus ou moins confortablement sur les coussins, et il nous rejoint en tenant dans ses mains un taârija, instrument à percussion en céramique et cuir de chèvre. Je suis assise à côté de lui et il me tend une paire de crotales appelés aussi qarabek. Je suis sensée l’accompagner en rythmant avec ce truc-là le chant qu’il entonne pendant qu’il frappe avec ses doigts ou la paume de ses mains sur le taârija ! Je tourne et retourne dans mes mains ces morceaux de métal et reste perplexe quant à la manière de faire vibrer ce drôle d’outil ! Hassan rit de toutes ses dents et daigne enfin nous expliquer comment s’en servir. Effectivement, il y arrive beaucoup mieux ! Alors, chacun notre tour, nous allons essayer à sa plus grande joie, d’accompagner le chant monocorde et néanmoins enthousiaste qu’il recommence.
On se coince les doigts, on n’arrive pas à suivre, peu importe, c’est vraiment une partie de rigolade !
Et puis voilà qu’il veut jouer aux devinettes et demande si on connaît des histoires. J’en ai une en mémoire, celle que nous a racontée le berbère « marchand de bijoux hors de prix » de Âït- Benhaddoù. --« Quelle différence y a-t-il entre un chameau et une femme ? »--Il me regarde et ses yeux noirs sont interrogateurs. Ah, je lui en bouche un coin !--« Avec un chameau, tu traverses le désert, avec une « gazelle », toute la vie ! » Et vlan !
Dans l’élan, on apprend qu’il a une femme « Fatima » et, je crois deux enfants, qu’il est pour les mariages d’amour, mais en même temps, on sent bien que le poids de la famille et le choix de celle-ci pour choisir une épouse « bien », est très important !
--« Car si les parents de la future épouse sont bien, il y a de fortes chances pour que la jeune fille le soit aussi !!! »--dixit Hassan ! Et ce n’est ni Guichou ni moi, qui avons été choisies sur ces critères, qui allons le contredire !
Devinette, avec gestes à l’appui : --« Qui est plein comme ça et vide comme ça ? » Il met tantôt la paume de la main vers le bas, doigts légèrement recourbés, tantôt tournée vers le haut ! C’est à notre tour d’avoir l’air interrogateur ! Assis en tailleur, il se balance d’avant en arrière en riant fort ! On lui fait répéter et le mystère reste entier. Alors il dit d’une voix puissante qu’il y a quelqu’un parmi nous qui pourrait répondre ! Allons bon ! Qui est-ce ? C’est Jean, et l’objet à deviner, il l’a sur la tête…son bonnet ! Quelle rigolade ! Ah quand on est heureux, il en faut peu !!! Tout content, le naïf Hassan ! Puisque c’est ça, on s’en rechante une autre ! Bon, les paroles, c’est plutôt difficile, mais l’air, no problem ! On arrive à fredonner le leitmotiv qu’il nous chante depuis le début ! Il s’amuse à nous appeler par l’équivalent en arabe, de nos prénoms : Mostafa (Jean), Mohammed (Michel), Radija (Huguette) et Fatima (Marie). Je ne garantis pas l’orthographe pour le pseudo de Guichou !
Le moment tant attendu, arrive. Le repas va nous être servi sous une tente berbère, au cœur du désert, par un superbe homme en bleu ! Le top du top !
Bien sûr, il a mis des fourchettes, mais le plat est au centre de la table et comme la coutume le veut, ce devrait être avec les doigts que nous devrions partager ce bon plat. J’observe Hassan et j’ai envie de faire comme lui. Je tiens un morceau de pain dans la main gauche et approche la main droite du plat. J’essaie d’attraper le plus adroitement possible la nourriture, en me servant seulement de trois doigts, « les doigts d’Adam ». L'expression "manger avec la fourchette d'Adam" est une phrase polie pour désigner le manque de savoir-vivre dans la manière de se nourrir ou pour assumer soi-même le fait de manger avec ses doigts. (manière de vous montrer, chers lecteurs, que je me suis enrichie au hasard de mes recherches !) 😉 Pas fastoche ! Mais j’y arrive quand même et déguste ce poulet cuit à l’étouffée avec gourmandise. Cela ressemble fort au poulet aux oignons que l’on fait cuire à la maison, mais avec un parfum de je ne sais quoi qui fleure bon les vacances ! Les derniers morceaux de pain enlèveront les dernières fibres « oignons-poulet » caramélisées au fond du tajine ! Re-miam ! Hassan débarrasse la table et ne veut pas être aidé. Il est tout fier de ses nouveaux « invités » et nous parle avec dédain de ces touristes, je crois Japonais, qui --« eux manger, dourmir, ci tout ! Fatigués, toujours fatigués !». Pas marrants, les Japonais ! Et voilà qu’il nous parle, japonais, allemand et anglais ! Quelques mots et expressions certes, mais là, il marque des points ! Sacré Hassan ! Et il rit à gorge déployée en voyant notre air stupéfait ! On lui pose plein de questions et il répond avec application. Il est quelquefois difficile de comprendre « son français », nous essayons de parler plus lentement pour qu’il comprenne le « notre » ! On demande de quelle matière est faite la tente. Il répond--« avec des bouts d’étoffes tissées par les femmes, avec de la laine de chèvre et de chameau », il ajoute et là, nous tendons l’oreille, perplexes, (Je vais écrire phonétiquement, du moins essayer !!!)--« et y en a disicour. » --Disicour ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Et il s’obstine à répéter ce mot, ne comprenant pas notre étonnement. Il ne parle plus, réfléchit puis, un éclair dans les yeux, il nous pose une autre devinette. -« Tu as une voiture--oui--Tu as quatre roues--oui--Alors, tu as une disicour-- ! Mais bon sang, oui, il y en a une « DE SECOURS » !!! On comprend alors ce qu’il voulait dire. Les femmes tissent toujours un morceau de tissu en plus pour pallier d’éventuelles déchirures dans la toile, la voilà la « toile disicour » ! Et allez, une autre pinte de rire ! Comme il rit aussi fort que nous en se tapant sur les cuisses, je me demande qui se moque de l’autre. Hum ! La nuit est complètement tombée depuis un bon moment, il serait temps d’aller faire un tour dehors. Brrr ! Il fait froid, et nous remettons bien entendu le chèche autour de notre tête. Il nous va si bien ! 🤪 Jean enfonce son bonnet au ras des oreilles ! Hassan nous promet de nous faire faire du « ski berbère » sur les dunes ! Il faut d’abord y grimper, sur les dunes ! Elles sont là, qui se détachent sur un ciel étoilé. Le silence est parfait, on a le nez fixé sur le firmament et Hassan nous dit d’observer le ciel attentivement. Les étoiles « ithri ou titrit » filantes sont légion dans le coin. Bien entendu, j’en vois plein et Jean se moque de moi en me disant que je me laisse influencer. Mais non, je suis sûre que j’en aie vues ! Je veux en avoir vues ! C’est trop beau, trop magique ! Et la lune qui nous sert d’éclairage a un bien joli nom en berbère : Ayour. On pourrait presque dire qu’on y voit comme en plein jour si ce n’était l’absence de couleurs ! Et Hassan qui rigole doucement devant notre émerveillement et qui se moque de nous en transformant en «ci tri jouli » le « Oh que c’est joli ! » qui nous échappe à chaque instant ! Allez, faudrait voir de là-haut ! Départ en fanfare et arrivée dans la douleur ! Encore les mains tendues pour les fragiles gazelles ! Ici, on a le droit et même le devoir d’être moins forte que les hommes. Quel bonheur ! On rit, on se bouscule, on fait semblant d’avoir peur ! Le sable file un peu sous nos pieds et la notion des distances nous est devenue étrangère. La tente paraît bien petite, tout en bas et Hassan veut nous faire descendre la dune en courant ! Droit devant nous ! Maman !!! Bien sûr les trois hommes ricanent devant nos appréhensions. Ils tiendront pourtant fermement nos mains pendant la descente. Mais qu’est-ce qu’on peut s’amuser dans le désert ! Une vraie cour de récré ! Quelques dizaines de mètres plus bas et il faut penser à « dourmir » comme dit Hassan. D’abord attraper les matelas, les draps, les couvertures, les coussins, tout cela à la lumière de la lune, aidée par la lampe tempête du guide et celle électrique de Jean. C’est à quatre pattes que nous entrons dans la chambrette. Nous disposons les quatre matelas sur des tapis qui nous isolent du sable. Les lisle d’un côté, les Lamazou de l’autre ! Ce n’est pas un club d’échangiste ici ! Il y a quelques trous dans la toile de notre côté et Jean chasse les courants d’air en les bouchant avec les sacs à dos !
Là encore, Hassan veut faire son boulot tout seul, je l’aide quand même à étendre les draps, à disposer les trois couvertures, (oui trois et elles ne seront pas de trop !) et il est exigeant, pas de faux plis, tout est au carré ! Les deux lits sont faits, Hassan disparaît, emportant avec lui la lampe tempête. C’est à la faible lueur des piles Wonder que nous nous déshabillons. Enfin, déshabiller n’est peut-être pas le mot le plus approprié, car si nous enlevons nos habits de « baroudeurs », c’est pour enfiler survêtements et pull-over, et même garder le bonnet sur la tête pour Jean ! On se faufile sous les couvertures en rigolant encore. Va-t-on pouvoir dormir ? Peut-être pas tout de suite ! La lampe de poche est éteinte, on essaie de reprendre notre sérieux, quand un sifflement se fait entendre du côté de la « chambre » de nos amis ! Ils sifflotent tous les deux en nous affirmant qu’ils ne peuvent s’endormir que de cette façon…et c’est reparti pour le fou rire ! La fatigue sera la plus forte et nous fera glisser dans les bras de Morphée. On aimerait se réveiller de bonne heure pour assister au lever du soleil ! 7h, vite, debout ! On remet les habits de la veille, la toilette se fait très succinctement, quelques lingettes imbibées nous servent de gant de toilette ! La portière en toile noire est tellement lourde que nos hommes doivent se mettre à deux pour la soulever ! Un petit pipi en cachette derrière la tente, brossage des dents vite fait ! Le soleil n’attend pas, il faut regrimper là-haut ! Quelle merveille encore une fois ! Mais c’est qu’ils deviennent très sensibles, les petits béarnais ! Assis au sommet pour la dernière fois, on assiste sans parler à l’apparition du « tafukt » (le joli nom du soleil en berbère). Comme il est content Hassan, ou plus sûrement après maintes recherches, AFSAN. Peu importe, il répond avec bonne humeur quand nous l’interpellons et nous a pardonné s’il y a erreur ! Le regard fixé sur la barrière rocheuse de la frontière algérienne, la hamada du Guir, nous n’arrivons pas à quitter notre poste de gué tout là-haut. Nous jouons avec le sable et le laissons filer entre nos doigts, admirant la couleur rose que lui donne le soleil naissant. Peu de paroles échangées, nous dégustons ce moment de plénitude et laissons notre regard errer sur cet espace magique. (J'ai rêvé de voir le désert pendant des années, et je trouve le moyen de ne pas ramener de sable ! Heureusement, les semelles de mes chaussures auront eu la bonne idée de pailler à mon étourderie. Je prélèverai avec soin sur un papier journal, les grains rosés de la belle dune, qui s'étaient cachés dans leurs crans. ils sont maintenant à l'abri dans un petit tube de verre ! Je suis un peu fada, par moment !)
Hier était la première fois, ce matin, la dernière ! On a un peu le cœur gros ! Il faut se faire une raison et rejoindre notre guide qui est toujours en train de s’affairer près de la tente. Il prépare notre petit déjeuner et il faut lui faire honneur.
Il y a sur la petite table basse tout ce qu’il faut pour passer un bon moment ! Le sempiternel thé à la menthe (ataye), le pain omni présent lui aussi (khoubz), le pot de confiture de facture européenne et les petits morceaux de beurre dans une coupelle, nous mettent en appétit ! « Saha » nous dit Hassan, bon appétit ! Nous lui répondons en chœur, --Saha- tout content de parler sa langue. Et j’ajoute pour le faire rire, au moment où il me sert le thé -« Choukrane bezef ». C’est garanti, à chaque fois, il rigole ! Quel bon public, cet Hassan ! Nous défaisons nos lits et rassemblons nos affaires personnelles pendant qu’Hassan range les ustensiles de cuisine dans un coin de la tente principale. Il recouvre le tout d’un linge et remplit à nouveau les sacs jaunes qu’il remet sur le dos de mon dromadaire. Eh oui, c’est encore moi qui porte tout ! D’ailleurs je suis la première à grimper la dune, déjà « bien » en place sur mon canasson ! Mes compagnons sont à pied et grimpe péniblement jusqu’à l’endroit où leurs montures les attendent paisiblement. Jean a eu un moment l’intention de faire le chemin du retour à pied, craignant pour ses jolies fesses ! Réflexion faite, il remonte sur le dromadaire qui n’attendait que lui !
Hassan entonne la litanie de circonstance, « Fatima, Radija, marhaba à Sahara…Mohammed et Mostafa etc…etc… »
Et nous, ballottés comme des paquets de linge sale, essayant de garder le sourire malgré les douleurs récurrentes dans nos fessiers, dos, adducteurs et cie, chantonnons de concert.
M’éloigner de ce site merveilleux me fait mal au cœur et j’emmagasine le maximum d’images. Hassan nous signale des traces sur le sable, c’est un fennec qui est passé par là ! Ici, ce sont sûrement celles d’un petit lapin ! Si je voyais le « Petit Prince » caché derrière une dune, je ne serais pas plus étonnée que ça ! Des touffes d’herbes raides et jaunies poussent de ci de là, et nos dromadaires tendent le cou pour les arracher plus facilement. Oh, la bestiole ! Ne te penche pas trop comme ça ! Et pas besoin de secouer tes pattes de cette façon ! Hassan nous explique que c’est à cause du sable qui pénètre entre leurs doigts de pieds ! Bon, alors c’est bon ! Cela ne ressemblait tout de même pas à des ruades, mais on est plus rassuré ! Le roulis, auquel on est soumis depuis un moment, nous endort un peu et les ombres qui s’étirent sur le sable nous hypnotisent. Attention au mirage ! Non, attention surtout au troupeau de dromadaires qui arrive droit sur nous ! Ceux-là ne sont pas attachés les uns aux autres et visiblement, aimeraient en découdre avec les notres ! Ils sont gardés par un jeune homme qui se fait enguirlander par Hassan. Notre guide fait de grands moulinets avec les bras, poussent de grands cris pour empêcher l’affrontement. Eh bien, les touristes n’en mènent pas large ! Manquerait plus qu’on soit désarçonné ! Boudiou, comme dit Guichou !
Rencontre privilégiée entre deux dunes. La femme d’Hassan, accompagnée de ses enfants, à la recherche d’herbe à chameaux, nous offre un joli sourire. On taquine Hassan en lui disant que sa femme s’ennuyait de lui et que c’est pour ça qu’elle vient à sa rencontre ! Il rit, Hassan de toutes ses dents ! On fouille nos poches à la recherche de friandises et on leur donne la bouteille d’eau que l’on n’a pas bue. Moins de poésie dans l’air depuis un moment. Est-ce parce que nous apercevons loin devant, les premières constructions bétonnées des multiples ksars de Merzouga ? Est-ce parce que les dunes sont plus petites, plus espacées et que nous sentons bien que le voyage initiatique prend fin ? Awah, chouf ! (J’y crois pas, regarde !) Quelle désillusion ! Une sonnerie ténue parvient à mes oreilles, Hassan a un « tilifoune » (je n’invente rien, ça s’écrit comme ça ! Hi hi hi ! ) caché sous sa djellaba ! Le patron doit appeler, d’autres clients attendent sûrement ! Voilà qui sonne le glas de notre « aventure », redescendons sur terre…et d’abord de nos dromadaires ! Aïe…Ouille…dur de reprendre contact avec le sol ! Besslâma, Hassan, Ali et l’erg Chebbi ! (Au revoir !)
Les bagages sont chargés dans le coffre et nous n’avons vraiment pas le temps de nous attendrir outre mesure ! C’est Lilou qui prend le volant et je n’y vois personnellement aucun inconvénient puisqu’il n’y a plus de dunes à grimper !!! Juste une longue étape à faire, car il n’y a pas moins de 400kms qui nous séparent de Zagora. Un coup d’œil sur la carte routière et passage obligé dans la ville de Merzouga où nous aurions aimer faire le plein d’essence. Mais les regards curieux et, nous semble-t-il, peu amènes de ses habitants, ne nous incitent pas à nous attarder ! Les a priori ont du mal à s’estomper ! Dès que l’on se retrouve au milieu de la multitude, les mauvais réflexes jouent encore ! C’est sûrement jour de marché et le souk s’étale tout le long de la rue principale. Il est vrai que les touristes sont peu nombreux et bien sûr, nous avons l’impression d’être observés plus attentivement. Alors, n’écoutant que notre « courage », nous demandons à Michel d’accélérer et de sortir le plus rapidement possible de la ville ! Il faut revenir sur nos pas, direction Rissani, et ce ne sera que deux heures plus tard, à la sortie d’une ville dont je ne me rappelle plus le nom, que nous ferons le plein du 4x4 et celui de notre petit ventre ! La jeune fille qui prend notre commande n’a pas l’air de s’affoler, nous sommes les seuls clients, du moins pour le déjeuner, et elle envoie tout simplement un adolescent, chercher légumes et cigarettes au marché que nous venons de traverser ! Puis elle préparera le tajine aux légumes et nous le servira en terrasse ! Plus frais, tu meurs ! Pendant ce temps, comme nous sommes au premier poste pour surveiller tout ce qui bouge autour de nous, nous nous amusons à commenter l’animation qui règne au niveau des pompes à essence. Ce n’est qu’un va et vient de voitures et camionnettes aux fortunes les plus diverses ! Apparemment, certaines servent de taxi et nous voyons avec stupeur, s’entasser dans l’une d’elles, un nombre incroyable de gens ! Le fou rire nous prend, quand d’autres personnes prennent place sur la galerie ! Y a-t-il un code de la route au Maroc ? Bien sûr, mais il est transgressé tellement souvent qu’on pourrait en douter ! Il fait chaud, la lumière du soleil puissante. La végétation est rare et la poussière que soulèvent les pneus de la voiture, dense. Nous roulons sur une route droite, aux balisages inexistants. Le paysage est splendide, une immense étendue désertique et la barrière rocheuse du djebel Ougnat sur notre droite, puis plus loin, celle impressionnante du djebel Sarhro.
On approche de Tazzarine, quelques palmiers apportent un peu de fraîcheur à notre itinéraire. La ville, ou ce que l’on en aperçoit, est assez moderne, les cybercafé, les téléboutiques et restaurants sont nombreux. Et puis, jusqu’à Nekob, ce n’est qu’une suite d’oasis et de kasbahs. Plusieurs oueds venant de l’Atlas, irriguent cette région qui vit de l’agriculture. (Maïs, blé, fèves et des tomates quand l’eau est assez abondante.)
oasis et jdebel Sarhro
kasbahs
le Draà
Le coffre de la voiture est assez grand pour tous nos bagages. Ouf ! Nous avons eu un peu peur de ne pas tout caser ! Sortir de Marrakech n’est pas une simple affaire ! D’abord remplir le réservoir d’essence, puis consulter la boussole. De quel côté, Ouarzazate ?
Il faut prendre la route qui passe par le col de Tizi-n-Tchika. Nous avons été prévenus, il ne faut pas oublier que nous sommes en vacances et prendre notre temps. Ouarzazate n’est qu’à 3h de voiture de Marrakech. Jean est tout heureux d’avoir un volant entre les mains, il pilote le 4X4 qui nous a été confié avec enthousiasme par Fouzia et son collègue. Bon d’accord, il y a un peu de jeu dans la direction, un feu arrière cassé, un impact sur le pare-brise, une des portes qui ne se ferme pas facilement et par ci, par là quelques éraflures du plus bel effet ! Mais il ronfle bien et on espère très fort qu’il nous amènera à bon port ! Nous les filles, confortablement installées à l’arrière du véhicule, essayons de ne rien rater du paysage qui défile. Les appareils à photos sont sortis de leur étui, prêts à capter l’évènement imprévu, le personnage insolite, les couleurs des costumes, celles des tapis exposés en plein soleil, prêts à témoigner de la diversité des régions que l’on traverse, des émotions qui nous saisissent devant certaines scènes de la vie campagnarde marocaine. Dès les premiers kilomètres, nous sommes surpris par l’aridité du paysage. Cette route, toute droite devant nous, traverse une plaine immense où « fleurissent » des tas de cailloux. Pratiquement pas d’habitations en vue, quelques arbres misérables qui s’obstinent à pousser là, et de temps en temps, un bout de champ, une tâche verte sur laquelle de pauvres gens travaillent, aidés dans leur labeur par de petits ânes dociles. Nous prenons un peu plus d’altitude et la végétation se fait un peu plus « dense ». Ce sont les cactées qui dominent, en particulier les figuiers de Barbarie.
La route grimpe petit à petit, le paysage devient plus montagneux, des moutons arrachent quelques brins d’herbe à cette terre aride et caillouteuse. Les ravins se font plus impressionnants, les virages serrés sont négociés avec prudence. Les couleurs sont toujours aussi belles, mariant toutes les variations de l’ocre.
Et puis, dans un virage plus large, la vue d’un bar nous incite à faire une pause. L’occasion de jouer « aux vases communicants », nous désaltérer et soulager nos vessies soumises à rude épreuve par les soubresauts du 4X4 ! Nous sommes accueillis aussi bruyamment que chaleureusement par un magnifique jeune homme. Il est habillé de bleu comme les hommes du désert, il a un sourire éclatant, de bonnes joues rebondies, il s’appelle Ahmed. Il nous suit dans le bar et nous le prenons pour le patron. Nous commandons cafés et rafraîchissements et demandons bien sûr : « les toilettes, SVP ? ». Le papier nous est dispensé avec parcimonie et c’est avec un peu d’appréhension que nous entrons à tour de rôle dans le « saint des saints ». Rudimentaire mais impeccable de propreté. Un trou dans le sol, une arrivée d’eau à l’aide d’un petit robinet et un seau qu’il faut remplir afin de « tirer la chasse » ! Et Ahmed qui nous félicite, car :-« il y en a qui pose la m… et qui ne boive rien ! ». Nous sommes des gens « bien » et cela fait plaisir d’être reconnu ! Il s’assied à notre table et de confidences en confidences, nous apprend qu’il tient la boutique accolée au bar.
Nous comprenons vite que le respect qu’il éprouve à notre égard sera encore plus grand si nous lui achetons quelque chose ! Bon, on y va. On va bien trouver l’occasion de dépenser nos dirhams. Il y a longtemps qu’on ne leur a pas fait prendre l’air !
Nous flanchons pour de jolis chèches, bleus pour Michel et Huguette, vert pour moi. Jean ne cède pas et rigole de nous voir enturbannés de la sorte. Quand à Ahmed, il rit à gorge déployée !
Quoi ? On n’est pas beau ? Personnellement, je dirais même que Lilou est de loin celui qui s’arabise le plus vite !
Sacré Ahmed, il a réussi à nous vendre ces écharpes 10€ chacune ! On aurait dû se méfier quand il n’a pas insisté pour nous vendre autre chose ! Mais il est tellement sympathique que nous lui promettons de nous arrêter au retour.
Les rares villages que l’on aperçoit se confondent avec la couleur du sol. Les montagnes plus loin ont des airs menaçants. De grandes murailles sévères surplombent de petits carrés verts de végétation. Ce sont les seuls signes qui témoignent de la présence d’êtres humains dans les parages !



La route s’élève doucement et le paysage change petit à petit. Ce sont maintenant des forêts de pins et de chênes. Certains villages sont entourés de noyers et nous pourrions y trouver de quoi nous restaurer. L’ascension se poursuit par de larges lacets dans un paysage montagnard où la végétation se réduit à de maigres prairies. Nous avons la chance de capter une jolie scène de la vie rurale. Une jeune bergère et ses quelques moutons.
J’apprends que ces prairies s’appellent en berbère « tichka ». Comme le nom du col, le plus haut du Maroc, qui nous permettra de passer sur le versant saharien du Haut Atlas. Et le sommet du col, tout proche. Nous sommes à 2260m d’altitude, les cimes sont légèrement enneigées.
Après la gentillesse d’Ahmed et sa conception du commerce, voilà les « arnaqueurs » du Tizi-n-Tchika ! Ici, on vend des minéraux et fossiles dont l’authenticité est plus que douteuse ! Les pierres que brandissent les marchands scintillent dans la lumière. La plupart des améthystes ne sont que des cristaux de roche teints à l’aide d’encre violette. Je ne parlerai pas des « rubis et saphirs » aussi fabuleux que faux ! Le premier marchand (photo) est sympa et donc, réussit à nous vendre un petit objet à chacun. Mais le second a déclenché en moi une profonde aversion. Sous des airs bonaces, il cache une agressivité qui me hérisse le poil encore aujourd’hui !Les autres promettent de s’arrêter au retour, moi, je fais la tête ! Je n’ai vraiment pas envie de le revoir, celui-là !
Quelques kasbahs en bord de route dressent leurs murailles de terre ocre. Beaucoup sont en piteux état ! Je surprends un petit âne qui attend patiemment je ne sais quoi !
Nous approchons de Aït-Benhaddou. Et soudain, le choc ! A la sortie d’un large virage, la vue superbe du ksar rouge, hérissé de hautes tours en pisé, se dressant à flanc de colline nous laisse sans voix ! Il se trouve sur l’autre rive de la rivière en contre bas, le Mellah. On s’arrête pour mieux le contempler.
Puis, laissant notre voiture en bordure de route, sous la surveillance d’un jeune homme qui nous servira de guide plus tard, nous optons à l’unanimité pour une pause réparatrice dans l’auberge la plus proche. Pas de problème, ce sera encore un tajine au poulet. Nous n’avons pas pensé à compter combien de fois nous avions choisi ce plat !
Petite plongée dans le guide touristique et nous sommes tout de suite plus savants !
(Le ksar de Aït-Benhaddou, l'un des plus fameux du Sud marocain, est désormais classé patrimoine de l'humanité par l'Unesco. Le décor du ksar a inspiré de nombreux cinéastes. David Lean y tourna pour Lawrence d'Arabie les scènes censées se dérouler à Aqaba.)

Nous franchissons facilement la rivière Mellah à gué. De gros sacs sont posés à distance irrégulière et c’est en sautant avec plus ou moins de grâce que nous arrivons sur l’autre rive. Le guide nous apprend que l’eau de la ou le...Mellah n’est utilisable ni pour les hommes ni pour les cultures. Il ou elle traverse d’anciennes mines de sel et charrie bien sûr des eaux impropres à la consommation. Nous nous promenons dans un lacis de ruelles et grimpons allègrement un sentier pierreux qui nous amène au sommet du ksar. La vue plongeante sur la rivière et la plaine alentour, l’immense grenier tout au fond, les tentes noires dressées au bord de l’eau pour un groupe de touristes, et juste en contre bas, les belles tours de pisé, nous rendent muets ! Et pour rendre muettes les deux filles, il en faut, vous le savez bien !


En visitant le village, nous sommes passés devant moult boutiques et avons été agréablement surpris de n’être importunés par aucun des marchands ! Nos illusions se sont envolées en redescendant du promontoire. Notre gentil guide nous propose de visiter la « maison berbère », il y en a paraît-il pour 5 minutes ! Comme il est sympa, va pour la visite. Nous sommes accueillis par un homme à l’imposante stature qui, aimablement, nous invite à boire le thé. Nous entrons dans une pièce où sol et murs sont recouverts de tapis. Des montagnes de tapis ! Nous nous asseyons par terre face à lui, notre guide sur le côté, toujours aussi discret. Sans s’arrêter de parler, notre hôte prépare le traditionnel thé de bienvenue. Nous sommes détendus et sourions à ses propos débonnaires. Il a commencé par une histoire amusante, suivie d’une devinette, nous rions, confiants et de bonne humeur. Il nous parle de la fabrication des tapis par les femmes de la montagne et nous dit qu’il n’a pas l’intention de nous en vendre. Nous sommes tout à fait rassurés, quand il nous annonce que par contre…Et le voilà qui attrape un beau coffre de bois et de cuir, jusque là caché derrière lui. Il y a à l’intérieur une profusion de bijoux « berbères » fabriqués, soi-disant dans le désert, et qui sont, bien sûr, uniques au monde ! Bon, nous y voilà ! Michel garde le sourire, Jean fronce les sourcils et nous deux, nous bavons d’envie devant les petites merveilles que le roublard a disposées devant nous ! Bien sûr, « il faut boire le thé, ne pas s’énerver et surtout ne pas parler du prix…on a le temps, ce n’est pas important…on achète, c’est bien, on n’achète pas, on reste ami ! » Bien entendu, il a vu que nous étions plus vulnérables que nos hommes et il essaie de nous appâter de toutes les façons. Il n’hésite pas le gros malin, à augmenter outrageusement les prix lorsqu’il voit que nous regardons plus particulièrement un article ! Finalement, ce sera un peu fâché quand même que nous le quitterons ! Notre guide ne bronche pas et continue à nous raconter l’histoire du village et de ses habitants. Nous lui sommes reconnaissants de ne pas nous montrer sa déception, car il ne touchera pas de bakchich auprès du marchand de bijoux. Nous compensons par un bon pourboire et reprenons la route. Nous sommes à une vingtaine de kilomètres de Ouarzazate et avons hâte de faire un brin de toilette. Je consulte le voucher qui nous permettra de loger à l’hôtel « LE ZAT ». C’est bien sur la route de Skoura, en direction des gorges du Dadès. Entrée de Ouarzazate. Nous passons comme une fusée devant la Casbah du Glaoui et je n’ai que le temps d’armer mon appareil photo, elle est déjà loin !

L’hôtel est moderne, l’eau de la piscine un peu fraîche et le serveur a un petit air d’Henri Salvador qui nous le rend tout à fait sympathique. Nous n’aurons qu’à nous féliciter du bon accueil qui nous est réservé partout où nous irons !
VENDREDI 1ER DECEMBRE 2007. La journée d’hier a été remplie d’images et de paysages les plus divers, les maisons et villages de pisé se sont succédés sur la route et la visite de Aït-Benhaddou a ravi nos yeux. Nous passons donc sans états d’âme particuliers devant la magnifique Casbah du Glaoui située à Telouèt, 1Km de Ouarzazate. (Voir la photo plus haut). Elle est d’une luminosité exceptionnelle et a été reconstruite avec des moyens financiers énormes. Les réalisateurs de cinéma s’y précipitent, on dit qu’Hemingway y séjourna et malgré cela, .... nous préférons faire la visite des studios de cinéma qui se trouvent à la sortie de la ville. Michel frétille comme un gardon à la pensée de se frotter aux prestigieux acteurs qui ont tourné là et fréquentent toujours cet endroit. D’immenses statues égyptiennes sont érigées aux abords du site. Munis du billet d’entrée, nous attendons patiemment qu’un guide soit libre pour commencer la visite. Huguette pose tranquillement et s’imagine être dans la peau de Cléopâtre. Nous nous attardons devant les affiches des films dont certaines scènes ont été tournées ici.

Notre guide est tout mignon et s’appelle Ali, je crois ! Il est marrant comme tout et démystifie une à une tous les histoires qui nous avaient faits rêver jusque là ! De l’illusion partout et du toc en veux-tu en voilà ! Des murs qui paraissaient faits en dur, ne sont en réalité fabriqués que de toile et de peinture. Des décors en trompe- l’œil, donnent le change jusqu’à ce qu’on s’en approche de près ! Eclats de rire quand on voit que tout est « bidon » ! On reste admiratif devant ce déploiement d’astuces les diverses. Vraiment aucun regret après cette visite qui nous a prouvé à quel point il est « facile » de manipuler tout un chacun ! Respect pour tous les acteurs de cette ville fantôme ! Un champ de pierres, immense devant nous, et un berger qui y mène ses moutons avec je ne sais quel espoir d’y trouver leur pitance ! Encore un qui va se faire prendre aux pièges des prestidigitateurs de cet endroit ! Le guide nous certifie que de grandes « batailles » cinématographiques se sont jouées là ! Bon ! On préfère le croire, car rien ne nous paraît plus réel ! « Laisse béton ! ». On s’amuse bien en passant d’une pièce à l’autre, les décors changent et nos délires aussi. Ali nous pose des devinettes : « Quel est le film qui a été tourné ici ? »-- Les idées les plus farfelues nous traversent l’esprit et nous lui en faisons part bruyamment ce qui le fait rire aux éclats ! Nous nous prenions pour des cinéphiles avertis, que non ! Chaque réponse est fausse ! Les garçons s’amusent à nous faire peur, bouuuuuuh ! Comme si on ne voyait pas que ce sont de faux ossements ! Quoique !!! Et puis on ne se lasse pas de jouer les reines dans ce décor « Hollywoodien » et, prendre la pose dans les escaliers qui mènent au trône de Cléopâtre n’est pas pour nous déplaire ! Il n’y a pas que Monica Bellucci sur la terre ! On me met une perruque et une couronne sur la tête, deux seins hauts placés et un régime « slim fast » pendant 2 ans, je n’aurais aucun mal pour lui ressembler…surtout de loin ! Et Ali qui rigole ! Il ne se fiche pas de nous quand même ! C’est qu’il en est bien capable, le bougre ! Direction la vallée du Dadès et plus précisément, TINERHIR aux orthographes les plus diverses, sans parler de la prononciation qui nous divisera souvent. La route qui va de Ouarzazate à Tinerhir, et au-delà jusqu’à Erfoud, a été nommée la « route des Kasbahs ». Difficile de rester insensible à la beauté de cette architecture de terre. Ces villages fortifiés, aux façades souvent décorées, ces colosses de terre puissants et fragiles à la fois sont vraiment impressionnants. Certaines kasbahs sont en piteux état, et les poteaux et fils électriques qui courent devant elles défigurent ces magnifiques bâtisses. Mais il doit être déjà suffisamment difficile de vivre là, et il serait bien mal venu de leur reprocher ce manque d’esthétisme provoqué par le peu de confort auquel ils ont droit. Un magnifique plan d’eau surprend à la sortie de la ville. C’est un lac de retenue sur le Drâa. Tout de suite, le paysage désertique, avec pour fond de décor une vue saisissante sur les sommets de l’Atlas. Certains dépassent largement les 3000 mètres. Plusieurs dizaines de kms plus loin, l’oasis de Skoura. L’œil sur la carte, nous nous interrogeons sur la possibilité de visiter le jour même les Gorges du Dadès et celles du Drâa. L’objectif est d’arriver à Boulmane-du-Dadès. Une centaine de kms nous en séparent, et la succession d’oasis et de kasbahs nous font patienter. Aux alentours de El-Kelaà M’Gouna, des enfants sur le bord de la route nous proposent des flacons et autres produits fabriqués à base d’eau de rose. On apprendra par la suite que la plupart de ces produits sont tout à fait artificiels, certaines eaux de rose étant elles-mêmes fabriquées à Casablanca ! La magie du Maroc ! Et les magnifiques kasbahs, encore et encore…jusqu’à Boulmane, embranchement à ne pas rater si on veut voir de plus près les célèbres gorges du Dadès.
Le début de la vallée est riant, les minuscules champs irrigués par le torrent, les vergers d’amandiers et de noyers offrent un paysage reposant. Les villages en terre rouge sont accrochés à la montagne. Un camaïeu de couleurs splendides. De l’autre côté de la rivière, une formation géologique extraordinaire. Elle est appelée le « cerveau de l’Atlas » ou « les doigts de singes ». Nous prendrons cette photo en revenant et les derniers rayons de soleil donnent à ces roches une couleur et une dimension surprenantes !


La route est bordée de petites auberges où il ferait bon s’arrêter, mais il y a tellement de choses à voir !


(symbole berbère sur pratiquement toutes les maisons)
On croise des femmes qui portent de lourdes charges. Elles ont sur le dos de grands morceaux de tissu remplis d’herbes qui doivent servir à nourrir le bétail. D’autres s’en servent pour porter leur bébé ! Nous essayons le plus discrètement possible de saisir quelques personnages mais les images ne sont pas trop nettes ! Tant pis ! Notre chauffeur n’a pas l’intention de ralentir chaque fois que nous avons l’impression de faire la photo du siècle. De grands fous rires nous tordent le ventre. Lilou ne fait que râler, fustigeant Huguette qui soumet à rude épreuve les piles de son appareil. C’est vrai aussi ! Elle vise au petit bonheur la chance, tout ce qui pourrait devenir le scoop de l’année ! En fait, c’est surtout le montant des portières qu’elle photographie avec le plus de réussite. Je ris tellement que j’en prends à mon tour pour mon grade ! « Et l’autre (moi) avec son téléphone…Blip, blip, blip… » Ces vieux alors, pas moyen de rigoler !
Puis la route se fait plus étroite, les parois plus abruptes, plus menaçantes au dessus de nos têtes. La végétation se fait plus rare et tout à coup, une brève mais impressionnante montée en lacet nous permet d’avoir une vue saisissante sur les gorges. Plus d’une centaine de mètres de profondeur pour moins de dix de large ! Puis la route redescend doucement pour arriver au niveau de la rivière et là, c’est le spectacle à l’envers, l’immensité de ces murailles qui nous surplombent, nous écrase. Le soleil est encore assez haut pour pénétrer entre les parois verticales. Nous levons la tête à la limite du torticolis ! Le jeu de lumière entre eau et minéraux est vraiment fantastique. Dommage que la photo ne soit pas fidèle à ce que voient nos yeux !
La proximité de ces falaises est telle qu’il est impossible de faire quelque chose de bien.
Tant pis ! Il commence à se faire tard et c’est à regret que nous rebroussons chemin Quelques notes sur la carte me rappelle le nom de cet endroit : « le défilé d’IMDIAZEN ».Au sommet du col, juste avant d’entamer la descente en lacet sur Boulmane, une petite auberge juchée sur un piton rocheux attire notre attention. Il est l’heure du déjeuner et nous trouvons plus judicieux de nous arrêter là. C’est sympa comme tout, les gens sont charmants et sont prêts à confectionner un beau tajine dans l’heure. Photos sur les gorges en descendant des escaliers aux marches inégales, visite dans les toilettes « berbères » et Huguette qui tombe sous le charme d’un jeune homme. Celui-ci lui présente plusieurs tapis tissés par sa femme et elle se laisse aller ! Un beau tapis rouge en laine épaisse qui agrémentera l’entrée de sa maison. Toute fière, la Guichou ! La fin du repas sera animée car nous sommes les témoins d’un mini drame. Nous avons été intrigués dès notre arrivée par l’attitude d’un homme. Il a le verbe haut et le geste large, l’apanage qui sied à tout individu décontracté, bien dans sa peau et surtout au dessus de tout soupçon. Mais il en fait peut-être un peu trop et c’est sans surprise que nous découvrons qu’il n’est qu’un vulgaire petit escroc. Il a trouvé le moyen de partir sans payer et ce sont les cris de colère du restaurateur qui nous font lever d’un bond. Collés contre le bord de la rampe sur la terrasse qui surplombe la route, nous tentons avec force gestes, d’attirer l’attention du mauvais payeur, lui accordant encore le bénéfice du doute. Après tout, ce n’est peut-être que de l’étourderie ! Il est écoeuré le patron du resto ! On a maintenant la certitude qu’Arabes et Berbères ne sont pas copains du tout ! Allons bon ! Cap sur Boulmane-du-Dadès et direction Tinerhir. Un œil fébrile sur le voucher qui me donne l’adresse de l’hôtel : « la casbah de Tombouctou, 126, av.Bir Anzarane ». Fouette cocher ! Tinerhir est une étape importante et le point de départ de nombreuses excursions dont celle des célèbres Gorges du Todra. On nous en a tellement parlé que nous nous engageons dans la route qui y mène, négligeant l’entrée de la ville et la possibilité de rejoindre notre hôtel. La végétation luxuriante prouve que l’eau est toute proche. Les nombreux palmiers et arbres au bord du chemin poussiéreux cachent à demi les magnifiques casbahs de pisé de l’autre côté du torrent. Nous sommes pratiquement au niveau de la rivière. Et puis, la route s’élargit, et nous succombons sous le charme de la palmeraie, de la ville ocre et rouge que l’on découvre au loin, des champs minuscules, cultivés avec soin. Nous descendons de voiture et essayons de fixer sur la pellicule ce morceau de paradis !
Après avoir consulté la carte routière et compris que la nuit tomberait sur nous avant peu de temps, nous retournons sur nos pas et faisons notre entrée dans la ville. Celle-ci a l’air animé et la large avenue est bordée de magasins et d’ateliers artisanaux eux-mêmes situés sous de grandes arcades. Je repère la poste près d’un grand espace arboré et me souviens des cartes postales à envoyer aux amis. Ne pas reproduire la mésaventure de Marrakech et ne pas oublier de vérifier les adresses avant la mise en boîte ! (Certaines cartes ne sont parvenues à leur destinataire qu’au mois de février !!! Le « facteur à dromadaire » a eu bon dos ! Hi Hi Hi) La Casbah de Tombouctou. Mais où est-elle ? Nous l’avons dépassée quand, tournant la tête j’aperçois, son enseigne lumineuse coincée entre deux magasins. Soupirs de soulagement, demi-tour. Garés devant une boutique qui vomit à tue-tête la dernière chanson à la mode, nous déplions nos jambes engourdies et prenons la mesure de notre fatigue. C’est un catalan, Roger Mimo, qui, amoureux de l’architecture du Maroc et particulièrement de cette région, a restauré une ancienne casbah. Le couloir qui mène à la réception, est tapissé de photos qui rappellent aux voyageurs l’ampleur des travaux effectués. Chaque chambre a son propre décor. Le mobilier en bois de laurier-rose, le crépi de terre sur les murs, les plafonds en tataoui, (Technique décorative : baguettes de lauriers, peintes, assemblées et entrecroisées entre les poutres d'un plafond, formant un décor géométrique), les tentures et rideaux aux couleurs chaudes et profondes, la jolie salle de bain, les sofas sur lesquels on peut s’écrouler, les lumières tamisées qui donnent une ambiance sensuelle à la pièce, nous font taper des mains de joie ! Vite, photo ! Finalement, un peu plus de lumière ne serait pas de trop ! Déjà que je suis un peu contrariée de l’épisode « promenade apéritive », il ne faut pas m’énerver ! Non, je rigole ! Mais c’est vrai aussi, pas moyen de flâner le nez au vent dans ce pays ! Mes cartes postales à la main, je marche aux côtés d’Huguette quand un jeune homme nous accoste. Il est « mimi » tout plein et parle bien le français. Il a l’air content de deviser avec nous et nous l’écoutons attentivement quand il nous parle de sa vie, de ses études. Nous sommes près du parc dont je parlais tout à l’heure et le bureau de poste n’est pas loin. Et voilà qu’un deuxième luron se joint à notre groupe ! (Peut-être même « larron !) Largement moins mignon que le premier et surtout beaucoup plus pressant ! L’ambiance change d’un coup et on a un petit mouvement de contrariété qu’il perçoit très vite. Alors il change de façon de faire et semble remarquer les cartes que je tiens à la main. Pour dissiper le malaise, je lui demande à quel endroit je pourrais déposer ces dernières. J’aperçois au même moment une boîte aux lettres sur la façade de la poste juste en face de nous et me dirige donc par là. Mais non, il me prend vigoureusement par le bras et me dit : « Non, non, par là c’est mieux ! »- Et je me retrouve propulsée à la vitesse « grand V » sur le côté gauche du bâtiment et devant une ouverture dans le mur qui ressemble à celle d’une ancienne boîte. Je proteste en lui disant : « Tu es sûr que mes cartes ne vont pas être perdues ? ». Il affirme énergiquement que je n’ai aucun souci à me faire, que c’est vraiment là qu’il faut que je pose mon courrier, bref, je cède car il est trop ch…, je ne dis pas le mot ! Je glisse avec appréhension mes cartes dans le trou béant et les lâche avec regret sous l’œil attentif de mon compagnon. Le bruit que je perçois me rassure quelque peu, on dirait que la boîte est bien remplie. Est-elle régulièrement vidée ? That’s the question ! Je me méfie de lui et l’avenir me prouvera que j’avais tort d’un côté et raison de l’autre ! Le courrier a bien été expédié, mais il est parvenu tellement tard à leur destinataire que je garde toujours un doute quant à la vélocité avec laquelle il a été traité ! C’est bien entendu au moment de les quitter que cela se complique un peu ! Ils essaient l’un et l’autre de nous retenir, veulent nous accueillir chez eux, nous invitent à prendre le thé et surtout, à admirer les tapis que fabriquent leurs mamans ! Et comme d’habitude, sans obligation d’achat !!! Du coup, fini la promenade, nous repartons vers l’hôtel ! Quelle barbe ! Il doit pourtant y avoir de jolies choses à voir dans cette ville ! Il y a devant La Casbah de Tombouctou, une cabine téléphonique. Guichou s’y engouffre, elle veut parler avec Floflo. Mais le bruit de la rue et le magasin de disques en face qui diffuse toujours à tue-tête le dernier tube, la gênent et elle est déçue de ne pouvoir entendre la petite. Plus loin un Point Phone va nous sauver. Pour quelques dirhams échangés avec le monsieur de service, nous pourrons communiquer avec nos enfants respectifs. Quel bonheur d’entendre leur voix ! Il faut aller se coucher, demain le programme est chargé. Visite des gorges du Todra puis départ vers Merzouga et les belles dunes ! J’ai des fourmis dans les jambes rien que d’y penser. Vite, vite !
Nous nous arrêtons pour la deuxième fois à l’endroit qui nous avait tant plu la veille. La lumière du matin magnifie la vue que nous avons sous les yeux. Tout paraît paisible jusqu’au moment où les pétarades d’un moteur de mobylette donnent l’alerte. Nous tournons la tête de ce côté quand Jean nous signale un autre intrus. Comme sorti de terre, un homme que nous n’avions pas vu, s’approche de nous. Nous rentrons dans la voiture, maudissant cette mauvaise habitude qu’ils ont tous : harceler les touristes ! Comme les gorges du Dadès, le départ se fait à peu près au niveau de la rivière et la vallée est assez large. De nombreux campings et auberges jalonnent le parcours, puis vient la partie la plus spectaculaire : un défilé de quelques dizaines de mètres de large avec des parois verticales de près de 300m de haut. Petite déception pour moi qui aurais bien voulu aller plus loin, mais il faut laisser la voiture et continuer à pied, alors…Et puis il y a encore du chemin à faire, ce soir nous devons dormir dans le désert…Youpi ! Jean est un peu préoccupé par cette étape et nous presse de partir. Retour sur Tinerhir et direction d’abord Erfoud, puis Merzouga représenté par un tout petit point sur la carte ! Je me rassure en regardant les derniers vouchers. Prochain contact : LE KSAR BICHA. Au moins 200 kilomètres à parcourir, il vaut mieux ne pas s’attarder. Erfoud est encore assez loin. Cette ville est importante car située à l’entrée du désert. On peut dire que c’est la capitale touristique de la région : hôtellerie florissante et nombreuses boutiques artisanales. Ici est commercialisée la fameuse « pierre d’Erfoud », pierre noire incrustée de fossiles. Nous allons avoir plus d’une fois la frayeur de notre vie, en évitant de justesse tout le long de la route qui nous mène à Merzouga, de téméraires vendeurs de pierre qui se jettent carrément sous nos roues. Cette route goudronnée s’étire devant nous et le contraste est frappant : la palmeraie, alimentée par l’eau qui coule invisible, déploie avec magnificence de superbes palmiers, tandis que quelques mètres plus loin, les cailloux fleurissent par milliers ! Des hommes creusent la terre pour dénicher sûrement les pierres qu’ils proposeront aux touristes, tandis qu’une femme, juchée sur un petit âne, vient de récolter quelques légumes dans un des jardins de l’oasis. Autrefois nomades, les populations berbères se sédentarisent de plus en plus et occupent pratiquement tous les endroits situés le long des points d’eau. Leur condition de vie est bien rude et c’est avec beaucoup de respect que nous les observons. Nous ne pourrons nous empêcher d’éprouver quelques remords, lorsque nous ne serons pas assez généreux.

Puis, très vite, changement de paysage. Les cailloux dominent, plus de palmiers même clairsemés à l’horizon, la plaine (hamada) est immense, la lumière intense. Le regard se perd. Devant nous, la route toute droite, et sur les côtés, au loin, très loin, les prémisses du désert tout proche. Pas de marchands de pierre dans le coin, nous en profitons pour faire une « pause pipi » derrière l’un des mamelons pierreux en bordure de route . C’est là que je prendrai en photo les petites fleurs, pensant que ce serait les dernières que nous aurions l’occasion de voir, pendant un bon moment ! On « grimpe » sur les monticules de sable, imaginant déjà être au pied des dunes ! Michel n’a pas quitté son chèche, il est fin prêt pour affronter le soleil du désert. On ne voit plus que ses yeux bleus, je me surprends à penser à Lauwrence d’Arabie ! Non, Huguette, je rigole ! Quoique, fais gaffe quand même ! Lit-elle dans mes pensées ? Elle se rapproche de son mari et ne le quitte pas ! Encore une heure de route pour arriver aux environs de Merzouga. Le ksar Bicha, est-il avant ou après la ville ? Nous scrutons attentivement chaque panneau en bord de route, car les dunes de l’erg Chebbi, bien qu’encore éloignées, sont maintenant visibles. Euréka ! Nous y sommes ! Quelques kilomètres avant merzouga, une pancarte sur le bord de la route. C’est là ! Quelques arbres, du sable et des constructions ici et là. Pas d’erreur, nous sommes arrivés ! Jean gare le 4x4 et nous descendons timidement, cherchant un interlocuteur qui nous rassurera. Dans le hall de la réception, quelques bagages sur le sol attirent notre attention. Ce sont ceux du jeune homme qui se dirige vers nous. Il nous dit tout d’une traite : Qu’il vient juste d’arriver, qu’il est le nouveau cuisinier, que le patron n’est pas là, mais que si on le veut, il nous fait quelque chose à manger ! Dis donc, il est à l’air aussi désorienté que nous ! Va pour une omelette au fromage (qui nous restera un peu sur l’estomac) et quelques fruits. Pas faciles à manger, les grenades ! Il est là, le beau Ali. Je ne résiste pas à l’envie de vous le montrer. Petit coup d’œil à Huguette . Ah, si on était plus jeune ou… si nos maris n’étaient pas là !

Et il est coquin comme tout, il se moque de notre accent et s’amuse à répéter nos phrases en exagérant notre prononciation. Morveux, va ! Le gars qui doit nous prendre en charge pour la « traversée » du désert n’est pas encore arrivé et on parle du Paris-Dakar, du Trophée des Gazelles…et voilà Ali qui nous propose une petite démonstration dans les dunes avec le 4x4 que nous a loué Fouzia ! Les premières vagues de dunes ne sont qu’à une centaine de mètres du ksar. On craint un peu pour le 4x4, mais Ali a l’air sûr de lui et nous affirme que c’est un exercice auquel il se livre souvent et ce, avec n’importe quelle voiture. Alors… ! Les garçons ont l’air intéressé, les filles l’air effrayé…mais il y va de notre honneur, il n’y aura pas de dégonflé dans la troupe ! Ali s’installe au volant, Jean est à côté de lui, Guichou, Lilou et moi sur la banquette arrière. J’allume la caméra. Départ…pour l’instant, ça va, le terrain est plat ! On grimpe tranquillement sur la première dune, la crête est suffisamment large pour ne pas s’inquiéter. Cool ! Tout d’un coup, Ali braque le volant à 90° et voilà la voiture qui plonge dans le creux de la dune ! Maman !!! La caméra ne filme plus que le sol et l’instant d’après, que le ciel ! Bonjour le reportage ! Les garçons restent stoïques tandis que les filles commencent à pousser des cris d’orfraie ! Il faut que je sois honnête, c’est surtout moi qui crie ! Guichou rit, toujours aussi placide devant le danger ! Elle a confiance, paraît-il ! Et Ali qui répète et répète la manœuvre pour que les gars comprennent bien comment il faut faire ! Quand le conducteur sent qu’il ne peut plus rouler facilement sur la dune, il faut qu’il en redescende « fissa » en braquant le volant de cette façon et cela sans aucune hésitation ! Autrement, gare à l’ensablement ! Stop. Ali descend et Jean se met au volant. Je ne veux pas montrer que j’ai peur et serre les dents. Je ne veux pas que Jean pense à autre chose qu’à la conduite de ce maudit engin! J’ai confiance, mais !!! Jean est attentif et suit scrupuleusement les consignes d’Ali. L’ambiance est chaude dans le 4x4, surtout sur la banquette arrière ! Les cris fusent souvent et la caméra valdingue de tous les côtés. Je suis sûre qu’on aura le « tournis » simplement en visionnant le film ! Et le ballet continue : je monte, je roule et je descends à 90° ! Bon sang de bonsoir ! Je commence à avoir chaud partout ! Stop ! Tout le monde descend ! Nous sommes sur une portion de terrain relativement plat et c’est Lilou qui prend le volant. Je ne comprends pas pourquoi Huguette panique ! N’aurait-elle pas confiance en son mari ? On roule un petit peu encore quand Ali nous conseille de descendre. Allons bon ! Ou il en a marre de nous entendre crier, ou il n’a pas trop confiance lui aussi ! Je penche gentiment pour la première hypothèse ! Jean prend la caméra et nous regardons le véhicule s’éloigner. Tout baigne ! On les voit se diriger vers une dune, y grimper quelques instants et puis…Que se passe-t-il ?
4x4 stoppé en plein élan, perché sur la crête de la dune. Lilou qui essaie de redémarrer et qui apparemment n’y arrive pas. Ali descend et regarde sous la voiture, alors là, la panique revient. Zut ! Pourvu qu’il n’y ait rien de cassé ! Comment allons nous faire pour continuer ? Nous les rejoignons au pas de course et constatons avec effroi que la voiture est ensablée. Tout le monde à quatre pattes ! Nous nous servons de nos mains comme pelle de fortune et essayons fébrilement de dégager les roues du sable qui les maintient prisonnières
Plus de peur que de mal, Ali reprend le volant et nous ramène sagement au point de départ !
Allez, fini de faire des bêtises ! Revenons au ksar. Notre méhariste doit être arrivé ! Le voilà, il s’appelle Hassan, il a un sourire éblouissant et porte la tenue bleue des hommes du désert ! Les quatre dromadaires sont couchés sur le sable, jambes repliées sous le ventre. Leurs gros yeux ombragés de grands cils sont fixés sur nous. Ils mâchouillent je ne sais quoi et leurs mâchoires vont et viennent de façon fort disgracieuse d’un côté et de l’autre de leur bouche ! Hou lala ! Mon ventre a des gargouillis de mauvais augure ! Je regarde mes compagnons…ils ont un petit air qui me fait penser que je ne suis pas la seule à me poser des questions ! Nous avons noué tant bien que mal, notre chèche, Jean s’obstinant à ne rien vouloir sur le crâne ! Il a emporté son bonnet de ski bleu marine et le mettra sûrement plus tard. Hassan nous aide à grimper sur les bestioles, je me retrouve sur le premier, Guichou clôture la marche, les deux « gazous » entre nous deux. Ma pauvre monture doit supporter mon poids et celui des provisions qu’Hassan a chargées dans de gros sacs jaunes.
Huguette a été la première à faire le grand saut. Hassan lui fait la courte échelle, lui permettant d’enjamber plus facilement la bestiole qui n’a pas arrêté pour autant de ruminer. Sont-ce des ruminants, ces camélidés-là ? Que oui, je viens de vérifier ! On sait aussi qu’ils n’ont qu’une bosse et on voudrait bien la voir ! On a l’impression qu’on pourrait mieux caler notre postérieur si elle était visible. Mais la selle est cachée elle aussi sous une couverture et c’est au petit bonheur que nous y posons notre fessier ! Il sera bien difficile de rectifier la position lorsque ces charmantes bêtes iront l’amble. Guichou est concentrée et tient fermement le devant de la selle. Nous l’observons avec attention. Hassan, tout en maintenant Huguette, donne un léger coup sur les pattes arrière du dromadaire. Oh, purée ! On voit Huguette partir vers l’avant, puis vers l’arrière, l’animal est maintenant debout. Guichou nous domine largement ! C’est au tour de Lilou ! Pas de panique, tout se passe bien. Jean se retrouve haut perché dans la minute qui suit. Allez, bibiche, c’est à toi ! Qu’il est gentil cet Hassan ! Il voit que j’ai un peu peur et fait tout ce qu’il faut pour me rassurer. Les quatre dromadaires sont reliés les uns aux autres par une corde dont Hassan tient une extrémité. Nous sommes équipés pour cette expédition comme des pros ! Chaussures et pantalons de montagne, chèches noués laborieusement sur la tête pour certains, sacs à dos remplis d’affaires de toilette et de quelques vêtements. Et Hassan qui trotte dans le sable avec des nu-pieds éculés ! Il se retourne de temps en temps pour surveiller ses nouveaux compagnons. C’est dans une position tout à fait « confortable » que nous faisons nos premiers pas : jambes écartelées, dos ronds, pieds ballants, les mains fermement accrochées au pommeau de la selle invisible, le corps soulevé et balancé tantôt à droite, tantôt à gauche. Ah, elle a fière allure la caravane !
Cette photo a été prise par Hassan qui, pour ce faire, a dévalé la pente, pieds nus. Les dromadaires doivent être habitués à tout ce cirque car, livrés à eux-mêmes, ils n’ont pas bougé d’un pouce. Heureusement pour nous, d’ailleurs ! 
Mais que font ces gosses ? Ils courent après nous et réclament des bonbons qu’Huguette s’empresse de distribuer. Notre guide rappelle à l’ordre les gamins et leur dit de s’en aller car les dromadaires n’apprécient pas leurs cris et commencent à manifester du mécontentement. Ils se mettent à blatérer, et je vois avec effroi, sortir de la bouche fendue de ma monture, une énorme langue toute tordue qui s’agite dans tous les sens. Sa tête qui pivote vers les intrus me rappelle le film dans lequel jouait Coluche : « Banzaï » ! A part que là, ça ne me fait pas rire, mais pas du tout ! On demande à Huguette d’en finir avec ses largesses ! Le ksar Bicha est pratiquement hors de vue. Plus qu’une heure et demie à être ballotté de la sorte, ce n’est pas la mer à boire ! Où est-elle la mer ? Pour le moment, nous naviguons au milieu de vaguelettes de dunes. Le terrain n’est pas trop accidenté et nous cheminons « cahin-caha », en essayant de garder une assise à peu près correcte. On arrive même à prendre des photos et on pose des questions à Hassan sur le relief qui est autour de nous. On apprend que ces premières dunes ne sont pas stables, contrairement à celles que nous verrons plus tard, et qu’elles se déplacent souvent au gré des vents. Quelques courageux palmiers consolident leur attache à ce sol mouvant et des traces blanches par terre amènent d’autres questions. Ce sont des traces de sel qui, après évaporation de la rosée ou de l’eau qui tombe parfois, affleurent le sol. L’erg Chebbi est le massif le plus important du Maroc, il s’étire sur une trentaine de kilomètres et sur une largeur maximale d’une dizaine de kilomètres. Nous allons dormir dans le creux de la plus haute dune de l’erg : 150m de haut, la dune ! Je suis impatiente de la voir ! Les crampes dans les jambes, les douleurs sournoises au creux des reins, les adducteurs qui sont soumis à rude épreuve, nous font faire la grimace. On se tortille en essayant de trouver une position plus confortable, mais les « chevaux du désert » opposent de la résistance ! On échange quelques conseils difficilement praticables, on geint le plus doucement possible pour qu’Hassan ne se paie pas notre tête ! On monte sur la crête des dunes et on redescend dans les creux…comme avec le 4x4, mais on crie moins fort ! Le temps commence à peser à certains, n’est-ce pas Jean ? Il me semble qu’il fait un peu la tête, l’Aspois ! Ah, ce n’est pas sur un âne qu’il est assis ! Quel extraordinaire paysage ! Le soleil qui baisse à l’horizon, joue avec le relief et donne des couleurs changeantes aux dunes qui nous entourent de tous les côtés. La couleur dominante tire sur le rose et le beige orangé, mais selon la face qui est éclairée, la palette des nuances s’élargit. Tout est douceur, les courbes, les teintes, le silence. Et Hassan, qui se met à fredonner, ajoute un peu plus au bonheur ambiant !
Le sourire rassurant d’Hassan et son doigt pointé dans une direction : le bivouac est en vue. Effectivement, on aperçoit une tache noire au pied d’une immense dune rose. C’est là que nous allons passer la nuit ! L’aventure continue et les surprises vont se succéder, pour notre plus grande joie.
C’est avec quelques difficultés que nous descendons de nos montures. Aïe, aïe… ! Il faut redonner du jeu à nos articulations traumatisées ! Je commence à comprendre pourquoi Lucky Luke a les jambes arquées ! Le chamelier décharge les sacs qui sont sur la bête de bât, enlève les couvertures qui nous servaient d’amortisseurs, détachent les dromadaires et les fait coucher sur le sable à bonne distance de la tente. Ils les attachent ensuite les uns aux autres et les entravent pour empêcher toute velléité de fuite. Les animaux se laissent faire docilement et si la manoeuvre nous impressionne un peu, les voir continuer leur mastication sans broncher, nous rassure ! Le sol est jonché d’excréments et nous nous félicitons de ce que le campement soit plus loin. Nous dévalons la pente jusqu’à la grande tente noire et déposons en vrac nos affaires. Hassan nous suggère de grimper sur l’une des dunes qui nous entoure et de guetter le coucher du soleil.
Ce sera aussi l’occasion de se cacher pour faire un petit pipi. On est des humains, pas vrai ? Les toilettes aseptisées dont rêvait Huguette ne sont pas au rendez-vous !
Nos hommes se sont étendus sur le sable, se croient-ils à la plage ? Et Jean qui n’a pas enlevé son anorak !
Nous partons à l’assaut de la dune sans complexe, d’un pas bien décidé.
Mais bien vite, le souffle nous manque et les muscles de nos jambes se raidissent. Il nous semble impossible de faire les derniers mètres ! Nos « gazous » tendent vers nous une main secourable que nous saisissons précipitamment ! Quel spectacle ! L’émotion m’envahit totalement. Mon rêve d’enfant s’est réalisé ! Assise sur la crête de la dune, je regarde autour de moi et ne vois qu’une immensité de sable aux couleurs merveilleuses, des courbes harmonieuses où le regard se perd et s’alanguit. Ma poitrine est soulevée par un gros soupir de contentement, et je regarde mes compagnons. Nous restons, tous les quatre, un grand moment sans parler. On essaie de réajuster nos coiffes, on est dans le désert ou on n’y est pas ! Jean a mis son bonnet !!! Heureusement, nous n'avons pas de miroir, ce qui nous laisse tout à fait décontractés, face à l'objectif ! 😎 La position que nous occupons n’est pas très confortable et nous enfonçons bien fort nos talons dans le sable qui glisse sous nos pieds. En face de nous, tout au loin, la barrière rocheuse (la hamada du Guir) qui sépare le Maroc de l’Algérie, pays natal de Guichou. Nous jouons à la petite chèvre de Mr Seguin en voyant derrière nous, tout en bas, le minuscule campement et la silhouette bleue d’Hassan. Notre guide a l’air bien actif. On le voit en train de défaire les sacs, il serait peut-être temps d’aller lui donner un coup de main, et de visiter notre « hôtel » ! Ce bivouac est un ensemble de plusieurs tentes, de toiles noires, lourdes et épaisses qui ne laissent passer, une fois les pans d’ouverture rabattus, ni la lumière, ni le froid, ni la chaleur. A la gauche de la photo, la grande chambre que nous partagerons tous les quatre. A côté d’elle, un espace assez large où sont entreposés couvertures, matelas et oreillers. Formant un angle droit avec ce que je viens de décrire, une tente plus importante où se déroulera le repas. Personnellement, Jean et moi connaissons les « joies » du camping. Guichou et Lilou vont apprendre à vivre au ras du sol et prendrons même du plaisir à s’étaler sur les coussins qui nous servent de siège ! Hassan s’active et pèle oignons, pommes de terre, tomates et poivrons. Il refuse gentiment notre aide et dit que tout sera prêt dans un moment ! Il a l’air un peu intimidé ou tout simplement préoccupé par toutes les tâches qu’il doit accomplir en si peu de temps. Nous le laissons vaquer à ses occupations et, mollement étendus sur les coussins, nous essayons de récupérer de la rando à dos de chameaux ! La nuit tombe tout doucement, le ciel s’étoile de plus en plus. Un trépied posé sur le sol et relié à une bonbonne de gaz accueillera le tajine, le lourd plat de terre brun vernissé que nous avons aperçu à l’entrée. Hassan a émincé les oignons, les pose au fond du plat et ajoute les morceaux de poulet. Il alterne les lamelles fines de pommes de terre, les rondelles de tomates et les lanières de poivrons, sale le tout avec du gros sel, met des épices et de l’huile, ferme le plat avec le couvercle en forme de cône qui permet à la vapeur condensée en fines gouttelettes de retomber sur les mets et de se mêler au jus ! Miam ! Les parfums qui s’échappent très rapidement du tajine sont tout à fait alléchants et nous serons soumis à rude épreuve pendant environ deux heures. Notre cuisinier est amusé par la curiosité qui nous anime.

Que fait-il maintenant ? Il émince à nouveau un gros oignon rouge, il coupe en minuscules dés les tomates, les poivrons verts, les concombres, et arrange harmonieusement le tout dans un grand plat. Il a gardé un concombre qu’il pèle, coupe en plus gros morceaux qu’il évide et met une olive noire dans chacun des trous ainsi faits. Le plat est maintenant agrémenté d’une jolie couronne de concombres aux olives ! Il est fier Hassan, de la jolie photo que nous lui montrons ! Le plat principal mijote doucement, la salade est prête, Hassan a l’air content de lui. Nous sommes installés plus ou moins confortablement sur les coussins, et il nous rejoint en tenant dans ses mains un taârija, instrument à percussion en céramique et cuir de chèvre. Je suis assise à côté de lui et il me tend une paire de crotales appelés aussi qarabek. Je suis sensée l’accompagner en rythmant avec ce truc-là le chant qu’il entonne pendant qu’il frappe avec ses doigts ou la paume de ses mains sur le taârija ! Je tourne et retourne dans mes mains ces morceaux de métal et reste perplexe quant à la manière de faire vibrer ce drôle d’outil ! Hassan rit de toutes ses dents et daigne enfin nous expliquer comment s’en servir. Effectivement, il y arrive beaucoup mieux ! Alors, chacun notre tour, nous allons essayer à sa plus grande joie, d’accompagner le chant monocorde et néanmoins enthousiaste qu’il recommence.
On se coince les doigts, on n’arrive pas à suivre, peu importe, c’est vraiment une partie de rigolade !
Et puis voilà qu’il veut jouer aux devinettes et demande si on connaît des histoires. J’en ai une en mémoire, celle que nous a racontée le berbère « marchand de bijoux hors de prix » de Âït- Benhaddoù. --« Quelle différence y a-t-il entre un chameau et une femme ? »--Il me regarde et ses yeux noirs sont interrogateurs. Ah, je lui en bouche un coin !--« Avec un chameau, tu traverses le désert, avec une « gazelle », toute la vie ! » Et vlan !
Dans l’élan, on apprend qu’il a une femme « Fatima » et, je crois deux enfants, qu’il est pour les mariages d’amour, mais en même temps, on sent bien que le poids de la famille et le choix de celle-ci pour choisir une épouse « bien », est très important !
--« Car si les parents de la future épouse sont bien, il y a de fortes chances pour que la jeune fille le soit aussi !!! »--dixit Hassan ! Et ce n’est ni Guichou ni moi, qui avons été choisies sur ces critères, qui allons le contredire !
Devinette, avec gestes à l’appui : --« Qui est plein comme ça et vide comme ça ? » Il met tantôt la paume de la main vers le bas, doigts légèrement recourbés, tantôt tournée vers le haut ! C’est à notre tour d’avoir l’air interrogateur ! Assis en tailleur, il se balance d’avant en arrière en riant fort ! On lui fait répéter et le mystère reste entier. Alors il dit d’une voix puissante qu’il y a quelqu’un parmi nous qui pourrait répondre ! Allons bon ! Qui est-ce ? C’est Jean, et l’objet à deviner, il l’a sur la tête…son bonnet ! Quelle rigolade ! Ah quand on est heureux, il en faut peu !!! Tout content, le naïf Hassan ! Puisque c’est ça, on s’en rechante une autre ! Bon, les paroles, c’est plutôt difficile, mais l’air, no problem ! On arrive à fredonner le leitmotiv qu’il nous chante depuis le début ! Il s’amuse à nous appeler par l’équivalent en arabe, de nos prénoms : Mostafa (Jean), Mohammed (Michel), Radija (Huguette) et Fatima (Marie). Je ne garantis pas l’orthographe pour le pseudo de Guichou !
Le moment tant attendu, arrive. Le repas va nous être servi sous une tente berbère, au cœur du désert, par un superbe homme en bleu ! Le top du top ! Bien sûr, il a mis des fourchettes, mais le plat est au centre de la table et comme la coutume le veut, ce devrait être avec les doigts que nous devrions partager ce bon plat. J’observe Hassan et j’ai envie de faire comme lui. Je tiens un morceau de pain dans la main gauche et approche la main droite du plat. J’essaie d’attraper le plus adroitement possible la nourriture, en me servant seulement de trois doigts, « les doigts d’Adam ». L'expression "manger avec la fourchette d'Adam" est une phrase polie pour désigner le manque de savoir-vivre dans la manière de se nourrir ou pour assumer soi-même le fait de manger avec ses doigts. (manière de vous montrer, chers lecteurs, que je me suis enrichie au hasard de mes recherches !) 😉 Pas fastoche ! Mais j’y arrive quand même et déguste ce poulet cuit à l’étouffée avec gourmandise. Cela ressemble fort au poulet aux oignons que l’on fait cuire à la maison, mais avec un parfum de je ne sais quoi qui fleure bon les vacances ! Les derniers morceaux de pain enlèveront les dernières fibres « oignons-poulet » caramélisées au fond du tajine ! Re-miam ! Hassan débarrasse la table et ne veut pas être aidé. Il est tout fier de ses nouveaux « invités » et nous parle avec dédain de ces touristes, je crois Japonais, qui --« eux manger, dourmir, ci tout ! Fatigués, toujours fatigués !». Pas marrants, les Japonais ! Et voilà qu’il nous parle, japonais, allemand et anglais ! Quelques mots et expressions certes, mais là, il marque des points ! Sacré Hassan ! Et il rit à gorge déployée en voyant notre air stupéfait ! On lui pose plein de questions et il répond avec application. Il est quelquefois difficile de comprendre « son français », nous essayons de parler plus lentement pour qu’il comprenne le « notre » ! On demande de quelle matière est faite la tente. Il répond--« avec des bouts d’étoffes tissées par les femmes, avec de la laine de chèvre et de chameau », il ajoute et là, nous tendons l’oreille, perplexes, (Je vais écrire phonétiquement, du moins essayer !!!)--« et y en a disicour. » --Disicour ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Et il s’obstine à répéter ce mot, ne comprenant pas notre étonnement. Il ne parle plus, réfléchit puis, un éclair dans les yeux, il nous pose une autre devinette. -« Tu as une voiture--oui--Tu as quatre roues--oui--Alors, tu as une disicour-- ! Mais bon sang, oui, il y en a une « DE SECOURS » !!! On comprend alors ce qu’il voulait dire. Les femmes tissent toujours un morceau de tissu en plus pour pallier d’éventuelles déchirures dans la toile, la voilà la « toile disicour » ! Et allez, une autre pinte de rire ! Comme il rit aussi fort que nous en se tapant sur les cuisses, je me demande qui se moque de l’autre. Hum ! La nuit est complètement tombée depuis un bon moment, il serait temps d’aller faire un tour dehors. Brrr ! Il fait froid, et nous remettons bien entendu le chèche autour de notre tête. Il nous va si bien ! 🤪 Jean enfonce son bonnet au ras des oreilles ! Hassan nous promet de nous faire faire du « ski berbère » sur les dunes ! Il faut d’abord y grimper, sur les dunes ! Elles sont là, qui se détachent sur un ciel étoilé. Le silence est parfait, on a le nez fixé sur le firmament et Hassan nous dit d’observer le ciel attentivement. Les étoiles « ithri ou titrit » filantes sont légion dans le coin. Bien entendu, j’en vois plein et Jean se moque de moi en me disant que je me laisse influencer. Mais non, je suis sûre que j’en aie vues ! Je veux en avoir vues ! C’est trop beau, trop magique ! Et la lune qui nous sert d’éclairage a un bien joli nom en berbère : Ayour. On pourrait presque dire qu’on y voit comme en plein jour si ce n’était l’absence de couleurs ! Et Hassan qui rigole doucement devant notre émerveillement et qui se moque de nous en transformant en «ci tri jouli » le « Oh que c’est joli ! » qui nous échappe à chaque instant ! Allez, faudrait voir de là-haut ! Départ en fanfare et arrivée dans la douleur ! Encore les mains tendues pour les fragiles gazelles ! Ici, on a le droit et même le devoir d’être moins forte que les hommes. Quel bonheur ! On rit, on se bouscule, on fait semblant d’avoir peur ! Le sable file un peu sous nos pieds et la notion des distances nous est devenue étrangère. La tente paraît bien petite, tout en bas et Hassan veut nous faire descendre la dune en courant ! Droit devant nous ! Maman !!! Bien sûr les trois hommes ricanent devant nos appréhensions. Ils tiendront pourtant fermement nos mains pendant la descente. Mais qu’est-ce qu’on peut s’amuser dans le désert ! Une vraie cour de récré ! Quelques dizaines de mètres plus bas et il faut penser à « dourmir » comme dit Hassan. D’abord attraper les matelas, les draps, les couvertures, les coussins, tout cela à la lumière de la lune, aidée par la lampe tempête du guide et celle électrique de Jean. C’est à quatre pattes que nous entrons dans la chambrette. Nous disposons les quatre matelas sur des tapis qui nous isolent du sable. Les lisle d’un côté, les Lamazou de l’autre ! Ce n’est pas un club d’échangiste ici ! Il y a quelques trous dans la toile de notre côté et Jean chasse les courants d’air en les bouchant avec les sacs à dos !
Là encore, Hassan veut faire son boulot tout seul, je l’aide quand même à étendre les draps, à disposer les trois couvertures, (oui trois et elles ne seront pas de trop !) et il est exigeant, pas de faux plis, tout est au carré ! Les deux lits sont faits, Hassan disparaît, emportant avec lui la lampe tempête. C’est à la faible lueur des piles Wonder que nous nous déshabillons. Enfin, déshabiller n’est peut-être pas le mot le plus approprié, car si nous enlevons nos habits de « baroudeurs », c’est pour enfiler survêtements et pull-over, et même garder le bonnet sur la tête pour Jean ! On se faufile sous les couvertures en rigolant encore. Va-t-on pouvoir dormir ? Peut-être pas tout de suite ! La lampe de poche est éteinte, on essaie de reprendre notre sérieux, quand un sifflement se fait entendre du côté de la « chambre » de nos amis ! Ils sifflotent tous les deux en nous affirmant qu’ils ne peuvent s’endormir que de cette façon…et c’est reparti pour le fou rire ! La fatigue sera la plus forte et nous fera glisser dans les bras de Morphée. On aimerait se réveiller de bonne heure pour assister au lever du soleil ! 7h, vite, debout ! On remet les habits de la veille, la toilette se fait très succinctement, quelques lingettes imbibées nous servent de gant de toilette ! La portière en toile noire est tellement lourde que nos hommes doivent se mettre à deux pour la soulever ! Un petit pipi en cachette derrière la tente, brossage des dents vite fait ! Le soleil n’attend pas, il faut regrimper là-haut ! Quelle merveille encore une fois ! Mais c’est qu’ils deviennent très sensibles, les petits béarnais ! Assis au sommet pour la dernière fois, on assiste sans parler à l’apparition du « tafukt » (le joli nom du soleil en berbère). Comme il est content Hassan, ou plus sûrement après maintes recherches, AFSAN. Peu importe, il répond avec bonne humeur quand nous l’interpellons et nous a pardonné s’il y a erreur ! Le regard fixé sur la barrière rocheuse de la frontière algérienne, la hamada du Guir, nous n’arrivons pas à quitter notre poste de gué tout là-haut. Nous jouons avec le sable et le laissons filer entre nos doigts, admirant la couleur rose que lui donne le soleil naissant. Peu de paroles échangées, nous dégustons ce moment de plénitude et laissons notre regard errer sur cet espace magique. (J'ai rêvé de voir le désert pendant des années, et je trouve le moyen de ne pas ramener de sable ! Heureusement, les semelles de mes chaussures auront eu la bonne idée de pailler à mon étourderie. Je prélèverai avec soin sur un papier journal, les grains rosés de la belle dune, qui s'étaient cachés dans leurs crans. ils sont maintenant à l'abri dans un petit tube de verre ! Je suis un peu fada, par moment !)
Hier était la première fois, ce matin, la dernière ! On a un peu le cœur gros ! Il faut se faire une raison et rejoindre notre guide qui est toujours en train de s’affairer près de la tente. Il prépare notre petit déjeuner et il faut lui faire honneur.
Il y a sur la petite table basse tout ce qu’il faut pour passer un bon moment ! Le sempiternel thé à la menthe (ataye), le pain omni présent lui aussi (khoubz), le pot de confiture de facture européenne et les petits morceaux de beurre dans une coupelle, nous mettent en appétit ! « Saha » nous dit Hassan, bon appétit ! Nous lui répondons en chœur, --Saha- tout content de parler sa langue. Et j’ajoute pour le faire rire, au moment où il me sert le thé -« Choukrane bezef ». C’est garanti, à chaque fois, il rigole ! Quel bon public, cet Hassan ! Nous défaisons nos lits et rassemblons nos affaires personnelles pendant qu’Hassan range les ustensiles de cuisine dans un coin de la tente principale. Il recouvre le tout d’un linge et remplit à nouveau les sacs jaunes qu’il remet sur le dos de mon dromadaire. Eh oui, c’est encore moi qui porte tout ! D’ailleurs je suis la première à grimper la dune, déjà « bien » en place sur mon canasson ! Mes compagnons sont à pied et grimpe péniblement jusqu’à l’endroit où leurs montures les attendent paisiblement. Jean a eu un moment l’intention de faire le chemin du retour à pied, craignant pour ses jolies fesses ! Réflexion faite, il remonte sur le dromadaire qui n’attendait que lui !
Hassan entonne la litanie de circonstance, « Fatima, Radija, marhaba à Sahara…Mohammed et Mostafa etc…etc… »
Et nous, ballottés comme des paquets de linge sale, essayant de garder le sourire malgré les douleurs récurrentes dans nos fessiers, dos, adducteurs et cie, chantonnons de concert.
M’éloigner de ce site merveilleux me fait mal au cœur et j’emmagasine le maximum d’images. Hassan nous signale des traces sur le sable, c’est un fennec qui est passé par là ! Ici, ce sont sûrement celles d’un petit lapin ! Si je voyais le « Petit Prince » caché derrière une dune, je ne serais pas plus étonnée que ça ! Des touffes d’herbes raides et jaunies poussent de ci de là, et nos dromadaires tendent le cou pour les arracher plus facilement. Oh, la bestiole ! Ne te penche pas trop comme ça ! Et pas besoin de secouer tes pattes de cette façon ! Hassan nous explique que c’est à cause du sable qui pénètre entre leurs doigts de pieds ! Bon, alors c’est bon ! Cela ne ressemblait tout de même pas à des ruades, mais on est plus rassuré ! Le roulis, auquel on est soumis depuis un moment, nous endort un peu et les ombres qui s’étirent sur le sable nous hypnotisent. Attention au mirage ! Non, attention surtout au troupeau de dromadaires qui arrive droit sur nous ! Ceux-là ne sont pas attachés les uns aux autres et visiblement, aimeraient en découdre avec les notres ! Ils sont gardés par un jeune homme qui se fait enguirlander par Hassan. Notre guide fait de grands moulinets avec les bras, poussent de grands cris pour empêcher l’affrontement. Eh bien, les touristes n’en mènent pas large ! Manquerait plus qu’on soit désarçonné ! Boudiou, comme dit Guichou !Rencontre privilégiée entre deux dunes. La femme d’Hassan, accompagnée de ses enfants, à la recherche d’herbe à chameaux, nous offre un joli sourire. On taquine Hassan en lui disant que sa femme s’ennuyait de lui et que c’est pour ça qu’elle vient à sa rencontre ! Il rit, Hassan de toutes ses dents ! On fouille nos poches à la recherche de friandises et on leur donne la bouteille d’eau que l’on n’a pas bue. Moins de poésie dans l’air depuis un moment. Est-ce parce que nous apercevons loin devant, les premières constructions bétonnées des multiples ksars de Merzouga ? Est-ce parce que les dunes sont plus petites, plus espacées et que nous sentons bien que le voyage initiatique prend fin ? Awah, chouf ! (J’y crois pas, regarde !) Quelle désillusion ! Une sonnerie ténue parvient à mes oreilles, Hassan a un « tilifoune » (je n’invente rien, ça s’écrit comme ça ! Hi hi hi ! ) caché sous sa djellaba ! Le patron doit appeler, d’autres clients attendent sûrement ! Voilà qui sonne le glas de notre « aventure », redescendons sur terre…et d’abord de nos dromadaires ! Aïe…Ouille…dur de reprendre contact avec le sol ! Besslâma, Hassan, Ali et l’erg Chebbi ! (Au revoir !)
Les bagages sont chargés dans le coffre et nous n’avons vraiment pas le temps de nous attendrir outre mesure ! C’est Lilou qui prend le volant et je n’y vois personnellement aucun inconvénient puisqu’il n’y a plus de dunes à grimper !!! Juste une longue étape à faire, car il n’y a pas moins de 400kms qui nous séparent de Zagora. Un coup d’œil sur la carte routière et passage obligé dans la ville de Merzouga où nous aurions aimer faire le plein d’essence. Mais les regards curieux et, nous semble-t-il, peu amènes de ses habitants, ne nous incitent pas à nous attarder ! Les a priori ont du mal à s’estomper ! Dès que l’on se retrouve au milieu de la multitude, les mauvais réflexes jouent encore ! C’est sûrement jour de marché et le souk s’étale tout le long de la rue principale. Il est vrai que les touristes sont peu nombreux et bien sûr, nous avons l’impression d’être observés plus attentivement. Alors, n’écoutant que notre « courage », nous demandons à Michel d’accélérer et de sortir le plus rapidement possible de la ville ! Il faut revenir sur nos pas, direction Rissani, et ce ne sera que deux heures plus tard, à la sortie d’une ville dont je ne me rappelle plus le nom, que nous ferons le plein du 4x4 et celui de notre petit ventre ! La jeune fille qui prend notre commande n’a pas l’air de s’affoler, nous sommes les seuls clients, du moins pour le déjeuner, et elle envoie tout simplement un adolescent, chercher légumes et cigarettes au marché que nous venons de traverser ! Puis elle préparera le tajine aux légumes et nous le servira en terrasse ! Plus frais, tu meurs ! Pendant ce temps, comme nous sommes au premier poste pour surveiller tout ce qui bouge autour de nous, nous nous amusons à commenter l’animation qui règne au niveau des pompes à essence. Ce n’est qu’un va et vient de voitures et camionnettes aux fortunes les plus diverses ! Apparemment, certaines servent de taxi et nous voyons avec stupeur, s’entasser dans l’une d’elles, un nombre incroyable de gens ! Le fou rire nous prend, quand d’autres personnes prennent place sur la galerie ! Y a-t-il un code de la route au Maroc ? Bien sûr, mais il est transgressé tellement souvent qu’on pourrait en douter ! Il fait chaud, la lumière du soleil puissante. La végétation est rare et la poussière que soulèvent les pneus de la voiture, dense. Nous roulons sur une route droite, aux balisages inexistants. Le paysage est splendide, une immense étendue désertique et la barrière rocheuse du djebel Ougnat sur notre droite, puis plus loin, celle impressionnante du djebel Sarhro.
On approche de Tazzarine, quelques palmiers apportent un peu de fraîcheur à notre itinéraire. La ville, ou ce que l’on en aperçoit, est assez moderne, les cybercafé, les téléboutiques et restaurants sont nombreux. Et puis, jusqu’à Nekob, ce n’est qu’une suite d’oasis et de kasbahs. Plusieurs oueds venant de l’Atlas, irriguent cette région qui vit de l’agriculture. (Maïs, blé, fèves et des tomates quand l’eau est assez abondante.)
oasis et jdebel Sarhro
kasbahs
le DraàAvis sur circuit au Québec avec deux enfants cet été 2008 English translation pending
Bonjour,
Nous préparons un voyage au Quebec cet été (du 29 juillet au 18 août 2008) avec 2 enfants (7 ans et 2 ans et demi). Nous avons une proposition de circuit familial, faite par une agence.
Nous aurions besoin d'avis éclairés sur le parcours qui nous est proposé. Surtout pour savoir s'il est bien adapté avec de jeunes enfants, d'autant plus que ce sera notre premier grand voyage (pour fêter nos 10 ans de mariage) ! Nous sommes notamment hésitant sur la fin du séjour par une boucle en Gaspésie. Nous nous demandons si cela ne risque pas d'être assez fatiguant pour les enfants, comme pour nous d'ailleurs?
Voici le circuit : 3 jours à Montréal (hotel Delta Montreal) 2 jours en Mauricie (pourvoirie du Triton) 2 jours au Lac St Jean (chez l'habitant) (visite du zoo St Félicien + village de Val Jalbert) 2 jours au fjord de Saguenay (auberge des cévennes) 1 jour à Tadoussac (suite de l'anse) (pour voir les baleines) 2 jours au parc de la Gaspésie (le gite Mont, gite & mer) 1 jour au parc Forillon (le gite Pétale de rose) 1 jour à Percé (auberge de la table à Roland) (pour croisière vers l'île de Bonaventure) 2 jour à Bonaventure (écolodge) (visite du bioparc) 1 jour à kamouraska (à l'auberge sur mer) 3 jours à Quebec (hôtel Chateau laurier) 1 jour retour vers Montreal (aeroport)
Nous envisageons de faire ce circuit en voiture.
Nous ne connaissons pas le Quebec autrement que par les sites "vitrine" et les agences. Nous nous sommes inscrits au forum pour avoir des conseils afin de savoir ce qu'il ne faut pas rater au Quebec tout en restant un voyage adapté avec des jeunes enfants. Y a t'il des restos sympas où les enfants sont bienvenus et les prix accessibles à une famille de 4 ?
Tout avis nous sera profitable. Merci par avance!!!
Jasmine et Guy.
Nous préparons un voyage au Quebec cet été (du 29 juillet au 18 août 2008) avec 2 enfants (7 ans et 2 ans et demi). Nous avons une proposition de circuit familial, faite par une agence.
Nous aurions besoin d'avis éclairés sur le parcours qui nous est proposé. Surtout pour savoir s'il est bien adapté avec de jeunes enfants, d'autant plus que ce sera notre premier grand voyage (pour fêter nos 10 ans de mariage) ! Nous sommes notamment hésitant sur la fin du séjour par une boucle en Gaspésie. Nous nous demandons si cela ne risque pas d'être assez fatiguant pour les enfants, comme pour nous d'ailleurs?
Voici le circuit : 3 jours à Montréal (hotel Delta Montreal) 2 jours en Mauricie (pourvoirie du Triton) 2 jours au Lac St Jean (chez l'habitant) (visite du zoo St Félicien + village de Val Jalbert) 2 jours au fjord de Saguenay (auberge des cévennes) 1 jour à Tadoussac (suite de l'anse) (pour voir les baleines) 2 jours au parc de la Gaspésie (le gite Mont, gite & mer) 1 jour au parc Forillon (le gite Pétale de rose) 1 jour à Percé (auberge de la table à Roland) (pour croisière vers l'île de Bonaventure) 2 jour à Bonaventure (écolodge) (visite du bioparc) 1 jour à kamouraska (à l'auberge sur mer) 3 jours à Quebec (hôtel Chateau laurier) 1 jour retour vers Montreal (aeroport)
Nous envisageons de faire ce circuit en voiture.
Nous ne connaissons pas le Quebec autrement que par les sites "vitrine" et les agences. Nous nous sommes inscrits au forum pour avoir des conseils afin de savoir ce qu'il ne faut pas rater au Quebec tout en restant un voyage adapté avec des jeunes enfants. Y a t'il des restos sympas où les enfants sont bienvenus et les prix accessibles à une famille de 4 ?
Tout avis nous sera profitable. Merci par avance!!!
Jasmine et Guy.
Cherche photos de panneaux du monde English translation pending
J’envisage de réaliser un site internet sur les panneaux de monde (oui, je sais, l’idée est bizarre). J’ai déjà de nombreuses photos de panneaux, prises au cours de voyages, mais si ce site pouvait également s’enrichir de vos photos, ce serait encore mieux.
Tous les panneaux sortant un peu de l’ordinaire sont bienvenus : - panneaux typiques de certains pays (le panneau « arrêt » du Québec, le panneau « Ped Xing » américain, etc) - panneaux de lieux mythiques (route 66, welcome to Las Vegas…) - panneaux sur les animaux (traversée d’ours, croisement de dromadaire, attention élan…) - panneaux insolites (noms de lieux bizarres, panneaux incompréhensibles, etc)
Tous les panneaux sont bienvenus, à partir du moment où ils sortent des standards internationaux. Pour vous donner une petite idée, voici quelques exemples : http://picasaweb.google.com/delseve59/Panneaux?authkey=cBikGqZ2JYw
Si vous avez en stock quelques photos de panneaux, pensez à moi, et si au cours de vos voyages, vous croisez des panneaux originaux, pensez à faire un petit cliché.
Précisez-moi le lieu de la photo (éventuellement la date) et le nom (ou pseudo) de l'auteur de la photo qui figurera sur le site.
Merci d’avance à tous
Tous les panneaux sortant un peu de l’ordinaire sont bienvenus : - panneaux typiques de certains pays (le panneau « arrêt » du Québec, le panneau « Ped Xing » américain, etc) - panneaux de lieux mythiques (route 66, welcome to Las Vegas…) - panneaux sur les animaux (traversée d’ours, croisement de dromadaire, attention élan…) - panneaux insolites (noms de lieux bizarres, panneaux incompréhensibles, etc)
Tous les panneaux sont bienvenus, à partir du moment où ils sortent des standards internationaux. Pour vous donner une petite idée, voici quelques exemples : http://picasaweb.google.com/delseve59/Panneaux?authkey=cBikGqZ2JYw
Si vous avez en stock quelques photos de panneaux, pensez à moi, et si au cours de vos voyages, vous croisez des panneaux originaux, pensez à faire un petit cliché.
Précisez-moi le lieu de la photo (éventuellement la date) et le nom (ou pseudo) de l'auteur de la photo qui figurera sur le site.
Merci d’avance à tous
Péripéties en Thaïlande English translation pending
ayé je suis de retour de thailande apres environ 20jours de hauts et de bas...
mais il nous est arive pas mal de galeres...
on etait trois...
donc je commence, depart de roissy le 12janvier, arive au dessus de l allemagne, l avion fait demi tout, suite a un probleme technique, donc oblige de dormir dans un hotel a roissy, pour prendre un autre vol le lendemain matin...ca commence mal!
bref, on arive a bankok, on prends un taxi juska pattaya, pour y sejourner un ou deux jours car on a entendut que la bas on pouvait faire de bonnes affaires pour les vetements...
malheureusement, la ville avc walking street nous a degoutté, que d prostituées de tout les cotes et ce n est pas notre style, donc voila, pour l instant rien de bien beau a voir pour nous...
environ deux jours plus tard on pars sur pukhet a pattong beach et la, on perds ou on se fait voler nos trois passeports ainsi que 300euros ki se trouvaient dns la meme sacoche. je dis "perdu ou voles" car mon pote est sur a 95% d avoir laisse la sacoche dns la chambre de l hotel donc voila.
le lendemain, on pars faire du jetski, puis en revenant, ptet dix minutes en retard, les loueurs, une quinzaine, nous attendent de pieds fermes... on se dit qu ils sont certainement enerve car on a un peu de retard mais eux nous parlent du retard, mais aussi de fait que nous sommes allé loin de la rive, en meme temps quand on loue un jet c est pour se faire plaisir nan?
mais surtout ils nous demandent 800euros de reparations car soi disant il ya d rayures sur l un des jet.
du vrai nimporte quoi...
evidemment nous, on les envoie un peu chier ce qui est normal, surtout qu avec leur anglais a deux sous c difficile de se faire comprendre mais bon...ils nous suivent jusqu a l hotel nous reclamant leurs sous, c etait limite l embrouille, mais la vraie, mais d apres ce qu on nous a dit, la bas, si tu apelles la police, en cas de litiges, ils donnent toujours raison aux thailandais...
donc on reste poste a l entree de l hotel, car o moins la bas il ya une camera, donc sil se passe quelque chose preuve se fera...
finalement apres plus de 5ou 6heures on lache et jen etais degoute, 180euros alors que nous etions dans notre droit... nous n avons rien fait d illegal, c dur de se dire que j ai travaille pour cet argent et que finalemnt il part en fumee pour des fils de p....
desole pour la vulgarite mais la je pese mes mots.
en bref nous avons perdu 480euros en 24heurs; c pas mal nan??
le lendemain, on se casse de cette ville, direction kho phi phi et la, le reve a enfin commence, plages de reves, soleil magnifique, bronzage et tout le tralala... enfin mon billet d avion commencait a etre rentabilisé...
en gros une fois sur les iles, il n y a plus eut de galeres...
nous avons fait les plages de koh phi phi, long beach, monkey bech maya bay, etc, puis ensuite sommes allés a krabi ou c etait pas mal non plus...
puis ensuite retour sur pattaya pour recuperer des vetements commandes, et aussi visiter crocodile farmer, nous avons posé avec d tigres ki rugissaient, des elephants, et nous sommes assis sur d crocodiles.
pas mal nan?
puis retour a bangkok direction l ambassade, pour se faire faire un laisser passer pour remplacer nos passeports, puis retour a paris apres avoir notamment oublie un sac dans l un des taxis que nous avions empruntés la veille, le taxi driver s etait rendut a notre hotel pour nous le rendre mais ne nous voyant pas a la reception, plutot que de laisser le sac, il a prefere laisser son numero de telephone, pour kon le rapl et pour kon le paie... manque de pots pour moi je n ai pas eut le temps de recuperer ce sac...
la moralite de ce message que je laisse, c est que si vous partez en thailande, mefiez vous de tout les thailandais, ils n en veulent qu a votre argent, rares sont ceux avec qui nous avons sympathisés.
personnelement, quand on me demande un service, si jpeu le rendre jle fais; la bas, sils peuvent le rendre ils vont te demander des sous...
c est malheureux a dire mais c est bel et bien vrai...
mais ca reste mon plus beau voyage...
il faut eviter les grandes villes c est tout...
Las Vegas: hôtels sur le Strip? English translation pending
Bonjour,
C'est mon premier message ici et j'aurais besoin de votre aide.
Je me rends pour la première fois seul à Las Vegas et j'hésite entre plusieurs hôtels sur le Strip.
J'ai déjà passé deux nuits à Vegas dans le passé (dont une au Circus Circus), mais pas dans des hôtels bien situés au niveau du Strip.
J'ai lu les différents posts de ce forum, mais je souhaiterais connaître vos expériences personnelles.
Bonheur, déception, engueulade... par rapport à votre chambre louée à Vegas.
C'est une sorte de sondage qui me permettra de bien choisir un hôtel.
Pas de problème au niveau financier; je souhaite un hôtel avec chambre sur le Strip, avec jolie vue (par ex. hôtels d'en face, lac du Bellagio...).
Pour l'instant, j'hésite entre le Mirage, Caesar, Flamingo, MGM Signature et Bellagio.
Je vous remercie pour votre aide.
C'est mon premier message ici et j'aurais besoin de votre aide.
Je me rends pour la première fois seul à Las Vegas et j'hésite entre plusieurs hôtels sur le Strip.
J'ai déjà passé deux nuits à Vegas dans le passé (dont une au Circus Circus), mais pas dans des hôtels bien situés au niveau du Strip.
J'ai lu les différents posts de ce forum, mais je souhaiterais connaître vos expériences personnelles.
Bonheur, déception, engueulade... par rapport à votre chambre louée à Vegas.
C'est une sorte de sondage qui me permettra de bien choisir un hôtel.
Pas de problème au niveau financier; je souhaite un hôtel avec chambre sur le Strip, avec jolie vue (par ex. hôtels d'en face, lac du Bellagio...).
Pour l'instant, j'hésite entre le Mirage, Caesar, Flamingo, MGM Signature et Bellagio.
Je vous remercie pour votre aide.
De l'Alsace à l'Asie Centrale (Ouzbékistan, Tadjikistan et Kirghizistan) en été 2007 English translation pending
De l'Alsace aux Tien-Shan (Monts célestes) en passant par
Minsk, Moscou, l'Ouzbékistan, le Tajikistan, les Pamirs...
Je vous propose de suivre mon voyage par voie terrestre depuis Colmar jusque Bishkek. J'ai d'abord rejoint Samarcande en train en traversant rapidement l'Europe de l'est, la Russie et le Kazakhstan. Une fois arrivé en Asie centrale, j'y ai passé presque deux mois. Un peu de temps en Ouzbékistan puis, le Tadjikistan et le Kirghizistan.
J'ai l'habitude de tenir un carnet lors de mes voyages. Cette année, rien! Dès mon entré au Tadjikistan, je ne me suis plus tenu à cette discipline, préférant peut-être regarder les paysages qu'une feuille blanche.
Suite à la remarque d'un ami plus âgé, j'ai décidé de reprendre tout le fil de mon voyage car "la mémoire me fera des infidélités" m'a-t-il prédit. De peur de perdre petit à petit la beauté de ce voyage, je me suis mis à écrire. Chaque jour, je prends donc le temps de me replonger dans une journée de voyage. Je revis en temps réel tout ce qui a fait la richesse de mon périple. Cela me demande quelques efforts de concentration mais les souvenirs me reviennent facilement. A partir du réveil, je déroule les expériences d'une journée comme les perles d'un collier!
Je vous propose ce carnet de note différé, accompagné d'images.
Jour après jour...
Je vous propose de suivre mon voyage par voie terrestre depuis Colmar jusque Bishkek. J'ai d'abord rejoint Samarcande en train en traversant rapidement l'Europe de l'est, la Russie et le Kazakhstan. Une fois arrivé en Asie centrale, j'y ai passé presque deux mois. Un peu de temps en Ouzbékistan puis, le Tadjikistan et le Kirghizistan.
J'ai l'habitude de tenir un carnet lors de mes voyages. Cette année, rien! Dès mon entré au Tadjikistan, je ne me suis plus tenu à cette discipline, préférant peut-être regarder les paysages qu'une feuille blanche.
Suite à la remarque d'un ami plus âgé, j'ai décidé de reprendre tout le fil de mon voyage car "la mémoire me fera des infidélités" m'a-t-il prédit. De peur de perdre petit à petit la beauté de ce voyage, je me suis mis à écrire. Chaque jour, je prends donc le temps de me replonger dans une journée de voyage. Je revis en temps réel tout ce qui a fait la richesse de mon périple. Cela me demande quelques efforts de concentration mais les souvenirs me reviennent facilement. A partir du réveil, je déroule les expériences d'une journée comme les perles d'un collier!
Je vous propose ce carnet de note différé, accompagné d'images.
Jour après jour...
La Syrie: j'etais rassuré! puis on m'a dit ca... English translation pending
Bonjour à tous,
Je compte me rendre en syrie en mai prochain avec mon frère et ma soeur afin de découvrir ce beau pays. J'avais laissé quelques messages sur ce forum et les réponses publiées m'avaient rassurés tant sur la sécurité du pays que sur la population qui semble assez accueillante. En recherchant les autres posts sur ce pays, j'ai cru comprendre que d'autres avaient la meme opinion et que personne n'avait rencontré de réelles galères.
Donc jusqu'à là tout allait bien.
Jusqu'à hier où j'ai discuté avec un ami qui me parlait de sa collègue qui en revenait. Tout au long du voyage, frequemment elle s'est fait insultée par des syriens, ainsi que son ami, sans doute (selon elle) parce qu'elle ne portait pas le voile. Elle se sentait souvent haie par la population et le regard haineux à son égard ont été très frequent. Pire elle a croisée des policiers qui tapaient leur matraque sur leurs mains en les regardant. Elle en ai revenu decu et en ayant la certitude que les syriens n'aiment pas les Francais.
A votre avis ? qu'est ce qu'il faut en penser ? De plus, une femme en syrie sans voile est t-elle montrée du doigt ?
Rassurez moi car j'ai été un peu sonné par cette description. Je serai parti qu'avec mon frère, je n'aurais pas été inquièt, mais ma soeur sera présente et je me pose vraiment quelques questions ...
Merci de votre retour Nico
Je compte me rendre en syrie en mai prochain avec mon frère et ma soeur afin de découvrir ce beau pays. J'avais laissé quelques messages sur ce forum et les réponses publiées m'avaient rassurés tant sur la sécurité du pays que sur la population qui semble assez accueillante. En recherchant les autres posts sur ce pays, j'ai cru comprendre que d'autres avaient la meme opinion et que personne n'avait rencontré de réelles galères.
Donc jusqu'à là tout allait bien.
Jusqu'à hier où j'ai discuté avec un ami qui me parlait de sa collègue qui en revenait. Tout au long du voyage, frequemment elle s'est fait insultée par des syriens, ainsi que son ami, sans doute (selon elle) parce qu'elle ne portait pas le voile. Elle se sentait souvent haie par la population et le regard haineux à son égard ont été très frequent. Pire elle a croisée des policiers qui tapaient leur matraque sur leurs mains en les regardant. Elle en ai revenu decu et en ayant la certitude que les syriens n'aiment pas les Francais.
A votre avis ? qu'est ce qu'il faut en penser ? De plus, une femme en syrie sans voile est t-elle montrée du doigt ?
Rassurez moi car j'ai été un peu sonné par cette description. Je serai parti qu'avec mon frère, je n'aurais pas été inquièt, mais ma soeur sera présente et je me pose vraiment quelques questions ...
Merci de votre retour Nico
Népal - Novembre 2007 English translation pending
Pour tous les voyageurs, Katmandou est une destination mythique. Pour diverses raisons ... Moi, ce sont les yeux … Ces yeux de Bouddha sur les stupas, mi-clos, apaisants, ce regard détaché, sage, impassible … Ils m’ont toujours attirée, à la limite de l’hypnose …
Et puis, l’Himalaya … Le pays du Mont Everest. Le toit du monde … excusez du peu ! Les hauts sommets me fascinent et j’ai pour eux un respect presque … humain.
Et pourtant, au départ, notre voyage devait être plus culturel que sportif. On s’est même longtemps demandé si nous allions ou non faire un trek … Pas question en tous cas d’y consacrer nos 3 semaines. Mais enfin quand même ?… Aller au Népal sans s’approcher des sommets ?... C’était peut-être dommage … En bons cartésiens que nous sommes, nous avons fini par couper la poire en 2 : faisons le plus court des grands treks et consacrons le reste du temps à Katmandou et à sa vallée.
Que de joie, que d’émerveillement, que de surprises mais aussi que de frustrations nous a réservés ce choix !
NOTRE PERIPLE EN 3 SEMAINES :
Jeu 1er Nov- Vol GulfAir Paris/Bahrein – Longue escale et nuit à Bahrein Ven- Vol GulfAir Bahrein/Katmandou - Nuit à Katmandou (International GH) Sam - A pied : Swayambhunath Stupa – Durbar Square de Katmandou - Nuit à Katmandou Dim - Bus vers Pokhara (bus touristique – 7 heures) - Nuit à Pokhara (Moonlight Hotel) Lun - Trek de Jomsom J1 - Envol pour Jomsom - Nuit à Kagbeni (New Asia Trekker’s Home) Mar - Trek J2 - Nuit à Muktinath (Shree Muktinath Hotel) Mer- Trek J3 - Nuit à Marpha ( Dhaulagiri GH) Jeu - Trek J4 - Nuit à Kalopani/Lete (Kasturi Cottage) Ven- Trek J5 - Nuit à Tatopani (Hotel Himalaya) Sam- Trek J6 - Nuit à Shikha (Moonlight GH) Dim - Trek J7 - Nuit à Ghorepani (Kamala Lodge) Lun - Trek J8 - Nuit à Tikhe Dhunga (Chandra GH) Mar- Trek J9 - Transfert en bus de Nayapul à Pokhara – Nuit à Pokhara (Moonlight Hotel) Mer - Bus vers Katmandou (bus touristique – 9 heures) - Nuit à Katmandou (International GH) Jeu - Katmandou - Nuit à Katmandou (Holy Himalaya Hotel) Ven - Patan (taxi : 150 Rs l’aller + 150 Rs le retour) - Nuit à Katmandou Sam - Katmandou - Nuit à Katmandou Dim- Pashupathinath (taxi 120 Rs) – Bodhnath (à pied depuis Pashu) - Retour taxi (150 Rs) - Nuit à Katmandou Lun- Kirtipur (bus local 9 Rs/p) – Chobar (à pied) – Patan (à pied) - Retour taxi (150 Rs) - Nuit à Katmandou Mar- Bhaktapur (minibus express 15 Rs/p) - Changu Narayan (taxi 300 Rs A/R depuis Bhaktapur) – Retour minibus (18 Rs) - Nuit à Katmandou Mer- Katmandou - Nuit à Katmandou Jeu- Bhaktapur (minibus 15 Rs/p aller et 18 retour) - Nuit à Katmandou Ven 23 Nov–Aéroport (taxi 300 Rs) - Vols GulfAir Katmandou/Bahrein/Paris
BUDGET :
La Roupie Népalaise (Rs) Cours : 1 € = 90 Rs
Dépenses préalables : Vols réguliers GulfAir Paris/Katmandou via Bahrein : 989 €/p = 1 978 €
Principales dépenses sur place (pour nous 2, hors achats perso de souvenirs) : Trek de Jomsom par Nepal Ecology Treks : 467 €/p = 934 € payé cash sur place Hôtel : 300 US$ en TC pour 11 nuits (hors trek) Cash et CB : 550 € (transport, repas, entrées)
Je le répète à chaque fois, ce que je rapporte ici n’a qu’une valeur indicative … Evidemment, on peut dormir et manger à Katmandou pour vraiment beaucoup moins cher ... Ce budget correspond à un niveau confortable (hôtel confortable et restaurant midi et soir).
Vous trouverez partout des petits bureaux de change, ouverts tous les jours. Taux affichés, identiques partout, sans commission. Il devient alors très facile de changer nos euros, petit à petit, au fil de l’eau. Demandez un reçu si vous voulez pouvoir les rechanger à l’aéroport avant de partir. Je me suis fait avoir … J’y ai vu un signe : nous voilà obligés de revenir !
GUIDES :
Lonely Planet Népal - Version française 5è édition – Septembre 2006 – Excellentissime - Nécessaire et suffisant. Guide du Routard Népal Tibet – 2007-2008 - Inutile. Ca fait 17 ans qu’on voyage, 17 ans qu’on peste contre le GdR, 17 ans qu’on continue à l’acheter … Allez comprendre … 🤪
TRANSPORTS :1 - Vols Paris/Bahrein/Katmandou – GulfAir Aucun vol direct vers Katmandou depuis Paris. C’est donc forcément long … Achetés début mai sur le site Voyages-sncf : 989 € l’A/R. J’étais assez contente de ma trouvaille. Au moment de l’achat, l’escale à Bahrein à l’aller était de quelques heures. Les mois passant, elle s’est allongée, allongée, allongée … Au final, nous avons dû passer la nuit à Bahrein (tous frais payés par GulfAir bien sûr). Bon, une nuit ça va, mais je n’y passerais pas mes vacances ! Contact avec GulfAir très courtois. Nous avons fait reconfirmer notre vol de retour, le Lonely Planet insistant sur la nécessité de le faire. L’hôtel s’en est chargé gracieusement et efficacement. De fait, le vol Katmandou/Bahrein était surbooké et nous avons été … surclassés !! (j’en connais une qui va ENFIN arrêter de se la péter maintenant 😛 !) C’est magique !! Je dis souvent que si on gagnait au loto, on ne changerait rien à notre façon de voyager SAUF qu’on se paierait la classe business.
2 – Taxi sur place Négociez la course avant de partir. Le mieux c’est d’avoir une idée du prix (cf Lonely Planet) et de l’annoncer. Le chauffeur va rabioter quelques dizaines de Rs et tout le monde est content. J’ai indiqué le prix des taxis qu’on a pris dans mon itinéraire, plus haut.
3 - Bus Epique !! Nous, on est des fanas de bus. Les paysages défilent, la vie dans le bus est typique et les arrêts pour manger sont sympas … Bref, on a là l’impression d’être au plus près de la population et des habitudes locales. Ici, le problème ce ne sont pas les bus, ce sont les bouchons aux abords de Katmandou. D’ailleurs, ça s’applique aussi aux taxis.
4 - Katmandou Des bouchons monstres ! Pire qu’à Paris. Des klaxons. Du gaz carbonique. Des motos, des camionnettes, des voitures, des minibus, une vache, 25 chiens, des piétons … bref, un immense bordel. Surtout en début et fin de journée. Pensez-y pour vos déplacements (surtout pour rejoindre l’aéroport). Thamel est quasi déserte en milieu d’après-midi.
HEBERGEMENT :
Katmandou : Sur les conseils avisés de Sawaddeekha (merci Régine !), nous avions réservé par internet nos 2 premières nuits d’hôtel à l’International Guest House (cliquer ici) en deluxe (25$-20% car résa via internet). A l’arrivée, ils n’ont pu nous proposer qu’une standard à 20$ (-20% aussi) + 13% de taxes + 3$ pour les 2 petits dej (soit 21$ au total). On prend. L’hôtel est situé dans une rue au calme à l’Ouest de Thamel ; il est très agréable, bourré de charme, avec un joli petit jardin dans lequel est servi le petit déjeuner pour les moins frileux. Néanmoins, les chambres standards sont assez petites, un peu vieillottes mais les douches sont puissantes et bien chaudes. Pas de groupe électrogène (et à Katmandou, ça a son importance !) Système de consignes de bagages (gratuit) très sécurisé pour ceux qui partent en trek : d’une part un local sous clé pour les bagages (avec étiquetage de chaque sac) et, d’autre part, des coffres individuels pour les valeurs. C’est vraiment sûr. Moi, la grande inquiète, je suis partie en trek l’esprit totalement libre, avec pour seule inquiétude celle de ne pas perdre la clé du coffre ! Gérable !... Avant de partir, on réserve une nuit pour notre retour, en deluxe cette fois svp. Au retour … encore pas de deluxe et le patron prend de haut notre tentative de négociation sur les prix quand on lui dit qu’on veut rester 9 nuits. Il nous la joue "c’est complet". On n’en croit pas un mot et ça nous agace un peu ; on ne dit rien mais, 1 heure plus tard, on avait trouvé un autre hôtel pour le reste du séjour. Des fois, on est un peu tête de cochon (pas Lorrains pour rien !). Et quand le soir, le patron, avec un grand sourire, nous a annoncé que finalement il avait réussi à se débrouiller pour nous garder notre petite chambre pour les 8 nuits supplémentaires, ce n’est pas sans une certaine jubilation contenue qu’on lui a sorti "too late, we’ll check out tomorrow". 😎 A part ça, pas de conclusion hâtive : c’est un très chouette endroit, bien situé, et très au calme. Paiement en TC $, sans commission.
Nous avons donc émigré ensuite pour le reste du séjour à l’Hotel Holy Himalaya (ex Dynasty) (cliquer ici). Dans une petite rue déserte, à l’Est de Thamel. Rien à voir avec le précédent : grand complexe impersonnel, sans charme particulier, mais très propre ; grande chambre lumineuse avec belle salle de bain complète. Eau bien chaude. Groupe électrogène. Internet 24h/24 en libre service (d’une lenteur effroyable comme partout !). Thé à volonté. Eau à 9rs (en refill). Accueil souriant et agréable. Nous avons pu choisir entre plusieurs chambres qu’ils nous ont proposées d’emblée à 30$ ttc petit dej inclus. On a gagné ici en confort ce qu’on a perdu en charme. Mais, c’est aussi une très bonne adresse que je recommande également. Paiement en TC $, sans commission.
Pokhara : 2 nuits passées à l’Hotel Moonlight (cliquer ici), intégrées au package trekking réservé auprès de Nepal Ecology Trek. Certes bien situé au bord du lac, mais aucun charme voire un peu tristounet. Un filet d’eau chaude. Accueil froid. Restaurant glauque. Vous avez compris : une adresse à oublier ! Heureusement, c’était avant et après le trek. Avant, on était surexcité, après on était euphorique. Donc, ça ne nous a pas gênés plus que ça ….
REPAS :
Le service est lent. Partout. Comptez 20 minutes mini entre la commande et le service. Le summum a été atteint au Ganesh (Freak Street) où on a attendu plus d’une heure nos 2 plats alors que nous étions les seuls clients … Une fois qu’on le sait, on prévoit : mon carnet de voyage s’est rempli principalement sur les tables des restaurants en attendant la commande … Attention aussi aux prix affichés, dans les restaurants un peu chics (genre Kilroy’s) : il faut rajouter 13% de taxes. De nombreuses pâtisseries proposent des viennoiseries, des brownies, des tartes, des gâteaux … plus savoureux les uns que les autres. Quelques vendeurs de fruits dans la rue jusque tard. Enfin tard … entendons-nous … nous à 20h, on était rentrés … on est des vraies poules en voyage. On a beaucoup profité des restaurants en toit-terrasse, à Bodnath, sur les Durbar Square de Patan et de Bhaktapur. C’est très agréable et encore mieux si on dispose de la table en bord de terrasse. Pour cela, c’est facile, arrivez un peu avant midi, vous serez les premiers. Le Taleju Restaurant sur Dubar Square à Patan permet de dominer toute la place tout en ayant les sommets en arrière-plan. Superbe vue. A Bodnath, un toit terrasse (il y en a beaucoup) permet de jolies photos des Yeux … En dehors du trek, nos repas se composaient généralement d’une seule entrée pour nous 2 (souvent des momos), d’un plat de riz avec de temps en temps du poulet, de 2 naans (pure gourmandise) et d’un grand pot de thé noir. Un tel régime tournait autour de 700 Rs pour nous 2. Les momos : cuits à la vapeur ou frits, ils sont toujours vendus par 10. Ca ressemble aux Dim Sum, les vapeurs d’Asie du SE (je ne prends pas de risque, ne sachant pas précisément si les Dim Sum sont chinois, thaïlandais ou vietnamiens 😉 …). Bref, donc, un beignet de légumes dans une feuille de riz. Nous n’avons testé que les végé momos vapeur. Qualité très variable selon la fraîcheur et les légumes à l’intérieur. Nos préférés : ceux du Jatra (aux épinards) à 90 Rs (toujours les 10) mais peut-être parce que c’était les premiers ! Egalement ceux du Helena’s (105 Rs), bien moelleux. Ceux du Yak Café (50 Rs) par contre étaient vraiment secs … Le dahl baht : voir § suivant car c’est surtout lors du trek que nous en avons mangé.
Quelques prix : Les prix sont très variables d’un restau à un autre … Une bouteille d’eau (1 litre) : autour de 15 Rs Une assiette de 10 momos végétariens vapeur : entre 40 et 110 Rs Une bouteille de bière (600 ml) : autour de 200 Rs – L’Everest est très douce. Un plat végétarien (dahl baht, fried rice, biryani, chop suey, chow mein …) : entre 100 et 250 Rs Un plain naan : de 25 à 70 Rs – Nos préférés : ceux du Helena’s. Une théière familiale de thé noir (4 tasses au moins) : entre 40 et 100 Rs Très difficile de trouver du coca light ou bien à 100 Rs la canette. A ce prix là, on s’est enfilé des litres de thé.
Voici quelques adresses qu’on a bien aimées : (Vous trouverez les adresses dans le Lonely Planet ou sur un plan touristique de Katmandou)
1 - Dans Thamel
Loin devant, le Helena’s. Ce n’est pas un petit restau cosy, plutôt un grand machin, sur plusieurs étages, aux grandes pièces et grandes tables. Pas beaucoup de charme, ça fait un peu grande cantine. Mais l’accueil est vraiment souriant et la nourriture est succulente. En plus, il y a vraiment de la place et on peut s’y installer pour lire ou écrire son carnet en attendant son repas. On y est allé 4 fois ! 110 Rs la théière familiale avec 3 sachets de thé. Ils la remplissent d’eau chaude gracieusement une fois vide et les sachets infusent encore suffisamment ; 105 Rs les vege momos (ultra frais) ; entre 150 et 250 Rs le plat végétarien (fried rice, biryani, moussaka …) ; 45 Rs le naan tout chaud et tout moelleux. Bref, autour de 700 Rs pour nous 2.
Tashi Deleg : Tout autre ambiance pour ce petit restaurant tibétain qu’il faut trouver. Il est caché au fond d’un couloir. Vous pourrez y tester le fameux tongba (bière de millet chaude). Surprenant, pas mauvais, mais on n’y est pas revenu … Les plats y sont copieux, un peu lourdauds mais vraiment pas chers. Excellents momos (70 Rs). Autour de 400 Rs pour nous 2.
Roadhouse Café : Belle pizzeria tout en bois. Les pizzas, cuites au feu de bois, sont énormes et délicieuses. Autour de 350 Rs la pizza. Ca change du riz …
Kilroy’s Rest : Restaurant réputé, huppé, bondé. Ici, les serviettes sont en tissu … Beaucoup plus cher mais ça vaut le coup. On paie notre repas complet (plats de mouton et de poulet / riz / naan / vrais desserts / 1 bière) 1943 Rs ttc. Pensez aux 13% de taxe à ajouter aux prix de la carte. Ouf … 🤪 Ca les vaut, c’est délicieux mais attention, certains plats sont très pimentés. La carte est sympa, pleine d’humour. Une belle adresse pour un repas en amoureux, surtout en cas de panne d’électricité, les bougies apportant un romantisme fou ! Paiement par CB sans commission.
Thamel House Rest : Restaurant traditionnel dans une belle demeure sur plusieurs étages. Arrivez tôt pour pouvoir profiter de la salle sous le toit. Ambiance chaleureuse où l’on mange assis par terre (ah, oui, il faut aimer ça …) Service à la carte ou bien menu complet de 12 ou 15 (je ne sais plus) plats. En fait, c’est une version très raffinée du dhal bhat. Version vegé ou non. On a pris un de chaque. Ici, le service est rapide ! Quelques momos (pas 10, 5 ou 6 je crois), parmi les meilleurs qu’on ait mangés suivi du dhal bhat. Ils vous disent à chaque fois ce qu’ils vous servent. C’est bon, servi à volonté, comme tous les dhal bhat. Cadre agréable. Forcément plus cher (500 ou 600 Rs le menu végé ou non) … A faire une fois.
2 - Dans Freak Street, du côté de Durbar Square
Ganesh Rest : 400 Rs pour 2 plat vég et 1 grand pot de thé. C’est très bon, pas cher mais vraiment sale et vraiment, mais alors vraiment long ! C’est le seul endroit où je n’ai pas été à mon aise pour manger … Nos verres ont été essuyés avec une méchante lavette grise traînant par terre … Je ne crois pas être chochotte mais j’ai trouvé là ma limite …
Par contre, pas bien loin, le Snowman Restaurant est, parait-il, très réputé pour ses gâteaux. Après l’expérience un peu tristounette du Ganesh Rest, on a envie de se remonter le moral et on ne résiste pas, on commande 2 apple crumble, 1 brownie, 1 chocolat chaud et 1 thé. Euh oui oui, on n’était que tous les 2 … On s’est demandé où on avait pris nos 2 kilos. Je crois que je sais … Enfin, tant pis pour les kilos, n’hésitez pas, c’est un grand moment 🙂 ! Cet endroit nous a rappelé le café de Solitaire en Namibie. Pas du tout pour l’ambiance bien sûr, mais pour le mythe qu’il transporte : passage obligé …
3 - A Chobar
Chobar Village : Suivez les panneaux, il est tout en haut … Très bel endroit, bien aménagé, très calme, accueil chaleureux. Pas un rat … Cuisine quelconque mais superbe vue sur toute la vallée.
4 - A Bhaktapur
Ne manquez pas de goûter les yaourts et les sikarnis (yaourt aux noisettes et fruits), spécialité de la ville. Le café Nyatapola est hors de prix mais les tables en balcon jouissent d’une belle vue sur la place et le grand temple. Au moins, pour y prendre un thé et un sikarni …
LE TREKKING :
Au départ, nous n’avions pas envisagé de trekking. Dans mon salon, quand je pensais à un trekking au Népal, je voyais des cordées sur neige avec piolets et crampons … Pas pour nous tout ça … Allez, peut-être 2 ou 3 jours dans la région de Katmandou … Finalement, à la lecture de différentes infos, j’ai d’abord compris que mon imagination avait déliré et qu’on ratait sans doute quelque chose. D’autant qu’on adore marcher ! Enfin, il y a eu les échanges avec Sawaddeekha qui nous ont totalement convaincus de faire le plus court des grands treks : le trek de Jomsom. Ca nous a semblé être un bon compromis pour tester notre condition physique, notre endurance en altitude et découvrir la logistique d’un trek (relation au porteur, relation au guide, manger, dormir, se laver …). Bref, des questions qu’on se pose tous (j’en suis sûre !) tant qu'on ne l'a pas vécu. Et tout ça dans des paysages paraît-il fabuleux. Donc, nous voilà décidés : c’était parti pour le trek de Jomsom !
On pensait tout organiser depuis Katmandou auprès des nombreuses agences citées dans les guides. En réfléchissant un peu, on a fini par se dire (10 jours avant notre départ !) que ce ne serait sûrement pas très facile et de toute façon très long de comparer les offres sur place ; on se voyait mal courir d’une agence à une autre. Or, toutes ces agences ont des sites et des adresses e-mail. Vive Internet ! En 10 minutes notre demande fut envoyée à 5 agences. Réponse immédiate. On constate que les devis sont assez comparables. Quelques compléments d’infos, quelques modifs … tout est possible, c’est du sur mesure, c’est facile. On finit par se décider. On opte pour Nepal Ecology Trek, d’une part pour leur réputation (unanime sur le Net), d’autre part pour le sérieux de leurs réponses et leur écoute de nos besoins. Réservation sur parole, sans acompte. Ils n’ont apparemment pas de site internet (en tous cas, pas trouvé …) mais voici leur e-mail : ecotrek@mos.com.np Leur package comprend : les services d’un guide anglophone et d’un porteur, de Katmandou à Katmandou les transferts de Katmandou à Pokhara et retours en bus touristique (pour nous 4) les 2 nuits d’hôtel à Pokhara avec petit dej (pour nous 4) le vol Pokhara / Jomsom (pour nous 4) le trek en pension complète (pour nous 4) les permis de l’ACAP la location de 2 sacs de couchage (North Face ou simili, excellent état, propre et bien chaud) 934 € au total que je paierai en liquide (et en €) à un responsable de l’agence venu nous rencontrer à la GuestHouse de Katmandou le samedi matin. Il nous présente notre guide Santa qui nous donne rendez-vous pour le transfert à Pokhara le lendemain matin. Je reviendrai plus loin sur le coût. A propos du permis(2000 Rs/p), l’agence s’est chargée de les faire grâce à un scan de nos passeports et à 2 photos numériques (qu’on a faites dans notre salon !), le tout envoyé par mail … Efficace !
1 - La randonnée en elle-même Le trek de Jomsom constitue la fin du très fameux Tour des Annapurnas, après le passage du col de Thorung à 5400m. C’est un trek facile : 9 jours de marche maxi, 3 à 6h de marche par jour, 3800m au point le plus haut (à Muktinath), sentiers sans danger, quelques ponts suspendus en bon état. Ce circuit traverse fréquemment de jolis villages de pierre, très authentiques. Paysages superbes, variés, et chaînes des Annapurnas et des Dhaulagiris en toile de fond. Je dis bien en toile de fond : ne vous attendez pas sur ce trek à être au pied des grands sommets.
Rappel de nos étapes et durée de marche Lun - J1 - Envol pour Jomsom - 2h30 de marche - Nuit à Kagbeni (New Asia Trekker’s Home) Mar - J2 -4h de marche - Nuit à Muktinath (Shree Muktinath Hotel) Mer- J3 -5h de marche - Nuit à Marpha ( Dhaulagiri GH) Jeu - J4 - 5h de marche - Nuit à Kalopani/Lete (Kasturi Cottage) Ven- J5 -6h de marche - Nuit à Tatopani (Hotel Himalaya) Sam- J6 - 3h30 de marche - Nuit à Shikha (Moonlight GH) Dim - J7 -3h de marche - Nuit à Ghorepani (Kamala Lodge) Lun - J8 - Montée vers Poon Hill +4h de marche - Nuit à Tikhe Dhunga (Chandra GH) Mar - J9 - 2h30 de marche - Transfert en bus de Nayapul à Pokhara – Nuit à Pokhara (Moonlight Hotel)
Nous avons suivi les conseils d’internautes et de VFistes (encore merci Sawaddeekha !) en coupant en 2 la longue montée de Tatopani vers Ghorepani. Nous n’avons pas regretté ! La descente de Ghorepani vers Nayapul peut se faire aussi en une seule étape. L’arrêt à Tikhe Dhunga permet juste d’assurer le bus local à Nayapul en y arrivant assez tôt. La montée à Poon Hill permet d’atteindre en 40 minutes un plateau duquel, par temps clair, on peut assister à un magnifique lever de soleil sur le Dhaulagiri et les Annapurnas. Nous sommes partis vers 5h et étions redescendus au lodge à 7h30 pour le petit déjeuner. La montée est facile mais ça monte bien donc on a chaud. Par contre, une fois en haut, ça caille vraiment. C’est le moment de tout prendre. Pour ma part, j’avais même gardé mon pantalon polaire et enfilé mon surpantalon coupe-vent. J’étais bien … Thé ou chocolat chaud dispo là haut bien sûr. Emportez quelques roupies, trop sympa !… Ne boudez surtout pas ce point de vue même si se lever à 4h30 dans le froid et la nuit, ce n’est pas hyper cool. Vous serez payés de vos efforts. Pas de regret sur les étapes choisies. On gardera ce découpage pour la prochaine fois … 😉 J’avais entendu dire que le sentier était sale. Je n’ai pas trouvé. De gros efforts ont sans doute été faits. Les villages sont aussi bien entretenus et très accueillants. Notre préféré est Marpha, de très loin !
2 - Condition physique Nous aimons marcher. Sans être des montagnards (on est Lorrains et on habite en banlieue parisienne !) on crapahute régulièrement à Fontainebleau (circuit des 25 bosses pour ceux qui connaissent) et on y a usé nos chaussures de marche avant le départ. Nous avons 45 ans, pas de problèmes de santé particuliers, une alimentation et des habitudes de vie saines. Partant de là, nous n’avons eu aucun problème. Pas de courbature, pas de problème de souffle, pas d’ampoule. Aucune difficulté technique, c’est de la randonnée, ni alpinisme ni escalade. J’ose dire que c’est ouvert à tous ceux qui sont en bonne santé et qui aiment marcher. Mal des montagnes : vous savez qu’aucun entraînement ne peut permettre d’éviter ce désagrément. Seule l’acclimatation lente y contribue. Ce trek ne monte pas très haut. Et même en arrivant à Jomsom en avion (une hérésie en terme d’acclimatation !!), ça ne pose pas de problème. Soyons honnêtes, notre boîte de Doliprane (j’ai lu que pour combattre le mal des montagnes, le paracétamol était préférable à l’aspirine) y est passée quand même et nous mouchions un peu de sang. Mais rien d’inquiétant ou de vraiment gênant. Et les genoux ? 2 écoles : avec ou sans bâtons. Nous, on fait partie de l’école sans. Ce sont les descentes qui bousillent les genoux. Et il y en a !… Nous étions très attentifs à faire travailler les muscles et non les articulations. Ca oblige à descendre avec les genoux très légèrement fléchis et à freiner la descente pour éviter les à-coups mais c’est efficace. Les cuisses et les mollets travaillent et l’articulation du genou est beaucoup moins sollicitée. Bon, que les pros ne me tombent pas dessus, ce sont nos conclusions personnelles ! Et puis après, on a des mollets et des cuisses en béton !...
3 - Les ponts Dans mon salon … je voyais des ponts de singe : une grosse liane sur laquelle on marche en équilibre en s’aidant de 2 autres lianes pour les mains. C’est vrai qu’on voit souvent les yacks passer sur de tels ponts, accrochés par les cornes pour garder leur équilibre … 😛 Sur le terrain, bien sûr, c’est tout autre chose. Ce sont des ponts métalliques pour la majorité (1 ou 2 encore en bois), larges, protégés de part et d’autre par un grillage de plus d’un mètre de hauteur où même les mules n’hésitent pas une seconde. Aucun danger. Bien sûr ça tangue un peu. Bien sûr c’est à claire voie. Parfois (très très rarement) le grillage est béant sur 20 cm (pas même de quoi passer un pied !). Je fais la fière maintenant mais le premier est quand même assez impressionnant. Et puis, on s’habitue et j’ai même réussi à m’arrêter au milieu du dernier (pour la photo, histoire d’en mettre plein la vue à certaine !). Non, je n’ai pas trop regardé en bas quand même !... Enfin bref, pour les inquiets du vide comme moi, soyez rassurés, ça se passe bien. Mieux que la chaîne sur l’Olive Trail en Namibie !!
4 - Le racket des maoïstes Toujours dans mon salon, j’imaginais l’assaut d’un groupe d’une dizaine de communistes, l’œil sévère, armés jusqu’aux dents, kalachnikov à l’épaule, le verbe haut, exigeant leur dû. Et nous de nous soumettre, sans oser les regarder, tendant les billets réclamés en tremblant, et repartant, heureux d’avoir échappé à une mort certaine. Ah, j’vous le dis, j’ai une imagination débordante quand il s’agit de se faire peur toute seule. Sur le terrain, un peu avant Jomsom (au retour de Muktinath), nous apercevons une vieille cahute en bois et 2 mecs, cools, se marrant ensemble. Ils viennent vers nous, tout sourire. Tiens, que veulent-ils ? Et d’un seul coup, ARGH ! je comprends, je vois le drapeau rouge, le marteau, la faucille !! Ce sont eux !!.... comment ça ce sont eux ??... Mais où sont les kalachnikovs, les tanks, les bazookas ?…. Au final, c’est d’un gentil racket dont il s’agit, négociable même. Ils nous remettent un reçu sur l’obole perçue en nous engageant à bien le garder pour le présenter à un éventuel autre groupe et ne pas avoir à payer 2 fois. Grand sourire, échange d’amabilités, photos … bref, je m’étais vraiment fait un film et non, là décidément pas de quoi pavaner en racontant qu’on a survécu aux rackets des maoïstes … Maintenant, ne vous méprenez pas, je ne les défends pas pour autant et je n’en conclus pas qu’ils sont de doux agneaux angéliques … Pour notre part, nous avons payé 500 Rs pour nous 2. Notre guide nous a affirmé que c’est grâce à ses talents de négociateurs que nous avons payé si peu. D’ordinaire c’est 2000 Rs/p. C’était peut-être vrai.
5 - Logistique La logistique est très facilitée par les nombreux petits villages traversés où l’on peut toujours trouver à boire et bien souvent s’y nourrir (ah les tartes aux pommes !!) et y dormir. C’est l’embarras du choix ! Des fontaines jalonnent le parcours. Une pastille de micropur et c’est reparti ! Nous profitions aussi très souvent d’une pause pour boire un black tea dans une tea shop, ou mieux encore un chocolat chaud (du vrai, avec plus de lait que d’eau). Très chaud. Avec un crumble aux pommes, sur fond d’Himalaya … Vous imaginez ? C’est à pleurer !!! Dans ces conditions, une gourde d’1 litre pour nous 2 nous a largement suffi tout au long du parcours.
5.1 - Les lodges Aucun lodge n’était réservé. C’est bien sûr toujours Santa qui nous a guidés vers les lodges de son choix, en nous demandant si ça nous convenait (ce qui a toujours été le cas). C’est quoi un lodge ? Dans mon salon (dernière fois, promis 😛) … j’imaginais des refuges de montagne, avec une immense salle/dortoir où se superposaient trois étages de lits en rangs d’oignons … (j’ai connu ça à la caverne Dufour à la Réunion). Ici, c’est vraiment mieux que ça. Nous avons toujours eu une chambre pour 2. Certes, sommaire : 2 lits, 2 matelas (vraiment minces !), 2 oreillers. Soyons clairs, ça n’incite pas aux câlins … Toujours un petite table où poser son sac à dos. Parfois une prise électrique qui permettait (quand elle fonctionnait) de recharger la batterie de l’appareil photo. WC communs, assez souvent à la turque, avec papier et eau. Douches communes, pas toujours chaudes, parfois dans le même local que les wc, parfois, juste un robinet. Et parfois 1 seule douche pour 10 ou 15 chambres … C’est très sommaire, c’est froid mais c’est propre. Pour ma part, je me suis lavée complètement tous les jours (mais c’est sûr que les Lorrains sont un peu moins frileux que les Drômois 😛 …). Chambre, wc et douches ne sont pas chauffés. Il faut donc un bon duvet et avoir vraiment une grosse envie pour avoir le courage de se relever la nuit … Pensez-y avant de boire le dernier thé du soir … La salle à manger commune est la seule pièce chauffée, soit par un poêle, soit par des braseros glissés sous les grandes tables elles-mêmes recouvertes de couvertures qui vous tombent sur les genoux. En soirée, tous les trekkeurs se retrouvent dans cette pièce pour y manger, lire, jouer, discuter … Ambiance toujours sympa, décontractée et simple. Nous y avons fait de belles rencontres. Notamment 2 jeunes Japonaises ne parlant pas un mot d’Anglais mais tellement ouvertes, tellement joviales, tellement communicatives qu’on prenait un grand plaisir à se retrouver d’une étape à une autre … Elles ont même réussi à nous apprendre un jeu (une histoire de pouces levés) qui nous a tous (guides, porteurs, trekkeurs) beaucoup amusés. Séquence fou rire. Comme quoi, le langage parlé ne fait pas tout … Mais est-il un voyageur qui en doutait encore ?… Nous étions plus couverts dans les lodges que sur le chemin, d’autant plus que les Népalais ont la fâcheuse habitude de laisser les portes grandes ouvertes (il faut bien le reconnaître, les Népalais sont encore moins frileux que les Lorrains …). Bref, on se couvrait donc : pantalon polaire, chaussettes de laine (prévoyez des sandales à scratch plutôt que des tongs …), T-shirt manches longues, petite et grosse polaire, écharpe polaire. Indispensable également de disposer d’un sac de couchage bien chaud. Je dormais avec une chemisette style Damart et des chaussettes. Je vous l’ai dit, ça n’incite pas aux câlins … Cela étant dit, ainsi parés, nous n’avons jamais souffert du froid. Je n’ai pas de remarque particulière sur nos lodges. Le New Asia Trekker’s Home était de loin le plus confortable (sanitaires privés) mais tous étaient bien. Aucun à éviter absolument. On s’est offert une tarte aux pommes (oh ? 😇) à l’Eagle Nest Guest House de Ghasa (entre Kalopani et Tatopani) et ce lodge nous a paru vraiment vraiment bien … presque douillet … Et l’apple pie était divine !! On a retenu son nom pour la prochaine fois …
5.2 - Les repas Nous arrivions au lodge généralement un peu après midi, pour y déjeuner. Tous les lodges proposent une carte longue et variée (mais la même partout). Contrairement à ce qui était stipulé dans notre devis, Santa nous a toujours laissés libres de choisir tout ce qu’on voulait. Tous les guides font ça apparemment : ils disposent d’un forfait pour l’hébergement et les repas et si les trekkeurs sont raisonnables tout le monde y gagne … nous en liberté, eux sur le forfait. On n’a jamais dû le dépasser puisque, jusqu’au bout, on a eu "carte libre" pour les 3 repas par jour (le petit déj aussi est à la carte). On n’a jamais abusé non plus (mais on n’avait pas envie). Ni bière, ni dessert … Juste un bon gros dahl baht et une grosse théière de thé noir et on était heureux. Entre la commande du déjeuner et l’arrivée de votre plat, il faut bien compter … au moins 30 minutes (moi, j’en profitais pour me doucher !). Aussi, pour le dîner, les lodges ont-ils pris l’habitude de prendre la commande dans le courant de l’après-midi et de vous demander à quelle heure vous voulez être servis (généralement, entre 18 et 19h). Idem pour le petit déj, la commande est passée la veille en indiquant l’heure de service. Le rituel est toujours le même : vous notez dans un cahier votre numéro de chambre, votre commande et l’heure. Lents mais bien organisés ! Les frais de repas et d’hébergement sont totalement pris en charge par le guide. Rien à débourser (hormis le thé que nous sirotions dans l’après midi et que nous payions aussitôt). Pour information (pour notre prochain trek et pour VF !!), j’ai noté que chacun de nos 3 repas revenait en moyenne à 500 Rs pour nous 2 (soit 1500 au total) et que la nuit en lodge coûtait entre 100 et 150 Rs pour un confort simple (sanitaires communs).
5.3 - Le fameux dahl baht C’est le plat national du Népal, a fortiori du trek. Très nourrissant, très copieux puisque servi à volonté, très bon, nous, on ne s’en est pas lassé !! Une énorme assiette de riz cuit vapeur et autour un curry de légumes, une soupe de lentilles, des épinards, des achards. Tout est resservi à volonté et dès que votre assiette se vide, ils arrivent avec les gamelles. C’est génial. Je vous assure que, lorsque vous avez marché 4 ou 5 heures, l’estomac dans les talons, ce plat bien chaud est divin. Le serait-il autant un samedi soir ici à Paris avec des amis, je n’en suis pas si sûre … mais, là, en montagne, il avait toute sa saveur ! Vous devez goûter ça ! Et goûtez le vite car si vous aimez, vous pourrez y revenir !
5.4 - L’équipement (à cette époque, début Novembre) Dans la journée, il fait doux mais on sent qu’on est en altitude. Le matin, on démarrait (entre 7h30 et 8h) avec 4 couches (T-shirt + polaire légère + grosse polaire + coupe-vent). Généralement, après 1 heure de marche, nous tombions le GoreTex (coupe vent et grosse polaire) et parfois même la polaire légère (surtout si on montait !). La partie de Jomsom vers Kagbeni est très ventée. Le coupe-vent est très appréciable ici, ainsi que des lunettes de soleil (pour protéger les yeux des grains de sable qui volent). Finalement, nous n’avons jamais souffert du froid pendant la journée.
Notre sac à dos (1 seul pour nous 2) pesait environ 14 kg (sacs de couchage compris). Eh bien, vous savez quoi ? on a encore ramené du linge propre ! On emporte toujours trop ! Sur ce trek, on transpire peu, on ne se salit pas, on peut se laver facilement et il n’est pas utile de changer de T-shirt tous les jours. Bien sûr au bout de 5 jours, je ne dis pas que je sentais encore l’Ariel Grand Large mais je ne faisais pas fuir mes voisins non plus, je vous assure … Après la douche, je m’habillais d’une tenue propre pour la fin de journée. Et le lendemain matin, je ré-enfilais ma tenue de marche qui avait eu le temps de s’aérer. Un changement de T-shirt au bout de 5 jours et voilà ! Sachez néanmoins qu’il fait froid la nuit et qu’un slip lavé ne sera pas sec le lendemain matin … Pensez aux protections jetables, c’est idéal (d’accord, ce sont des déchets qui polluent, c’est vrai …). Un soutien gorge de sport est plus confortable. Comment ça "pour quoi faire ?" ? Même pour les petits gabarits comme moi, c’est plus agréable.
Voilà ce que j’ai utilisé en 9 jours : 2 T-shirt manches courtes (en fibre technique, c’est mieux pour éviter la sensation de froid après transpiration) 1 T-shirt manches longues, un peu épais, pour le soir (je ne l’ai pas porté en journée) 1 polaire légère (journée et soir) 1 pantalon de rando coton 1 surpantalon imperméable et coupe-vent (Lafuma, entièrement zippé, très bien, trouvé chez Go Sport) 1 pantalon polaire (pour le soir ou sous le surpantalon pour monter à Poon Hill) 1 grosse polaire 1 coupe-vent Gore Tex 2 paires de chaussettes de rando 3 slips, 2 SG 1 chemisette manches longues style Damart (mais moins chère que Damart) pour la nuit Bonnet, écharpe, gants
Indispensable : Chargeur pour votre batterie d’appareil photo numérique (pas besoin d’adaptateur mais les prises ne fonctionnent pas toujours bien) Lampe frontale pour les pannes d’électricité (courantes si j’ose dire !!) et aussi pour lire au lit quand l’interrupteur est près de la porte … Vous trouverez des piles rondes de rechange partout. Protection solaire, mais n’emportez pas 25 flacons, il n’y a que le visage qui est exposé … un petit tube suffit (et toc, encore 50 gr d’économisé !) Des mouchoirs en papier : on mouche beaucoup. Ceux vendus sur place sont ultra fins et se transforment en dentelle après une seule narine. Pas très agréable … Offrez-vous ce petit luxe d’apporter vos Kleenex habituels. Des sandales et non des tongs, pour pouvoir garder des chaussettes. C’est vraiment agréable de quitter les chaussures à l’étape. Du papier toilette pour vos besoins dans les petites tea houses en chemin. Un peu de lecture. Pour ma part j’ai lu Annapurna premier 8000 de Maurice Herzog. En dehors des passionnés de montagnes, ce livre n’a aucun intérêt SAUF ici !! On est dans ses pas, il cite des villages qu’on traverse, des sommets qui nous dominent, des cols qu’on aperçoit … Fabuleux ! Je le conseille. Un jeu de cartes. De l’argent liquide : pour payer les dépenses hors repas (les thés, les tartes aux pommes, les maoïstes …). On a dépensé 60€ pour nous 2 pendant les 9 jours de trek (ça file vite quand même …). Ne cherchez pas à tout prix à n’emporter que des petites coupures, les billets de 500 Rs ne posent aucun problème. Prenez soin de votre permis de l’ACAP, vous aurez à le présenter assez souvent. Nous avions laissé nos passeports dans le coffre de Katmandou. Mais vous en aurez besoin ainsi qu'une photo d'identité si vous devez faire ce permis sur place.
5.5 - Une journée type Petit déjeuner autour de 7h Départ entre 7h30 et 8h Arrivée à l’étape entre 11 et 13h Repas / Douche Visite du village / Lecture / Ecriture / Recherche d’une tarte aux pommes (encore ??!!) / Repos … Dîner entre 18h et 18h30 Dodo vers 20h
6 - Santa, le guide et Divi, le porteur Nos relations ont été agréables, amicales et saines, d’autant plus que Santa avait une attitude très paternelle et très protectrice envers le jeune Divi. Ce qui n’est pas toujours le cas ... Divi ne nous attendait pas. Il marchait à son rythme, à savoir très très vite (en sandales de plastique !) avec de nombreuses pauses assez courtes. Santa, lui, démarrait avec nous. Son niveau d’Anglais était vraiment très faible et ne nous permettait aucune discussion. Ce qui ne nous gênait pas beaucoup, et lui non plus apparemment. Nous marchions côte à côte, sans non plus être collés. Parfois il s’arrêtait pour discuter avec un copain et l’écart se creusait. Nous sommes même montés à Poon Hill seuls car il avait une gueule de bois à gérer …. Lors des pauses, il est de coutume et de bon ton de payer l’ensemble des consommations. Mais ils étaient tous 2 bien moins gourmands que nous ! Qu’est-ce qu’on a pu manger comme tartes aux pommes !! Aux étapes, guides et porteurs se retrouvaient tous ensemble pour manger, boire de l’alcool de pomme et jouer aux cartes. De temps à autre (entre 2 donnes), un petit coup d’œil, un petit sourire pour vérifier que tout allait bien pour nous. Pas du tout envahissants et je pense que Santa a vite compris que ça ne nous gênait pas (ceux qui ont lu mes précédents carnets savent que nous ne sommes pas très liants). Il vivait sa vie, nous la nôtre, en bonne entente. C’était parfait pour nous. Lors de l’étape à Muktinath, nous avons passé la soirée avec un couple d’Allemands, nos guides et nos porteurs. A 8, tous ensemble à la même grande table pour profiter du brasero à nos pieds. Mais ce fut la seule fois. Le porteur des Allemands n’était d’ailleurs pas du tout à son aise … Le pourboire. Toujours un peu délicat … Surtout ne pas les brimer, mais sans donner trop non plus … Nous avons suivi les conseils d’autres trekkeurs disant de prévoir 3€ pour le guide par jour de trek et 2€ pour le porteur. Nous avons donné 2500 Rs à chacun. Pas eu envie de faire de différence.
7 - Le bilan
7.1 - L’agence Nepal Ecology Trek Je pense vraiment que NET est une excellente agence. Tous les guides qu’on a croisés (de chez NET ou non) nous ont dit que NET était correcte avec ses guides et ses porteurs. Par ailleurs, les bénéfices servant des œuvres humanitaires, ça aide à ouvrir le porte-monnaie pour une somme aussi lourde … Car, tout de même, la satisfaction n’exclut pas le bilan et il faut bien convenir que passer par une agence (même locale, je ne parle pas des agences françaises !) revient très cher. En comptant très large, j’ai estimé avoir payé plus du double du prix de revient (salaire, hébergement et repas de nos 2 compagnons de voyage inclus). Aucun regret bien sûr, d’abord c’est pour la bonne cause, on a fait travailler un guide et un porteur et on n’aurait jamais imaginé partir seul pour une première approche de l’Himalaya. On a payé notre confort, notre tranquillité d’esprit et notre sécurité. On a rencontré en chemin plusieurs couples faisant le grand Tour seuls, sans guide, sans porteur. Liberté totale … C’est vraiment faisable … Clairement, sur ce trek, le guide est inutile. Il n’y a aucune ambiguïté de parcours, du monde partout (Népalais et trekkeurs) pour vous aiguiller si nécessaire, des lodges en abondance et les maoïstes sont calmes. Si c’était à refaire, et toujours dans le cadre d’un premier voyage, je conseillerais, l’embauche d’un seul guide/porteur, directement (hors agence). Dans ce cas, il faut embaucher quelqu’un recommandé par d’autres pour éviter de tomber sur des filous … Sawaddeekha (entre autres !) donne le mail de son guide/porteur dans son post (cliquer ici).
7.2 - Le trek en lui-même ENCHANTES !! Mais avec un énorme goût de TROP PEU au final … On s’aperçoit que décidément on aime marcher ! Notre but est atteint. Ce trek était une première approche. Nous voulions voir ce qu’était un trek dans l’Himalaya, nous voulions voir si nous avions la condition physique pour le faire, l’esprit, le goût, l’envie d’aller plus loin. On a répondu … Résultat : en arrivant à Katmandou, on a couru acheter une carte du Tour des Annapurnas au 1/100 000 pour préparer le prochain. Que nous ferons seuls, cette fois, puisque maintenant on sait où on va, on peut se le permettre. En prévoyant 4 semaines (pour 16 à 20 jours de trek), ça nous parait large et prudent, tout le temps nécessaire pour s’acclimater et parer aux imprévus. Thorung La, attends-nous, on revient ! Maintenant il faut que j’explique à mon patron que je veux partir 4 semaines … pas gagné !! 🤪
KATMANDOU :
Rien de ce que je peux dire ici ne suffira à vous en donner une image exacte. Tant mieux ! La première impression que fait Katmandou (surtout en arrivant en début de soirée, période de rush) est déconcertante. Katmandou est la ville de tous les contrastes : le sublime côtoie le sordide, le spirituel côtoie l’immonde … Mais voilà qui fait tout son charme. Jamais vu ville plus bruyante, plus polluée, plus délabrée. Les ordures jonchent les rues, apportant avec elles leurs lots d’odeurs ! Imaginez un peu : des femmes magnifiques dans leurs saris vifs et colorés, assises au milieu des gravats ; un doux fumet de curry couvert d’un seul coup par l’odeur âcre de l’urine ; un rat crevé devant un temple de Ganesh ( !) ; des embouteillages monstres, bruyants, juste aux abords d’une petite cour sereine où du linge sèche sur un temple … Ce sont ces contrastes aussi marqués qui rendent Katmandou fascinante. Soyez prévenus, Katmandou n’est pas Luang Prabang, loin s’en faut. Mais que ça ne vous empêche pas de plonger avec délices dans cette ville intemporelle.
Swayambhunath 100 Rs (guichet tout en haut des marches) – Tous les prix indiqués s’entendent par personne Depuis Thamel, on peut s’y rendre à pied : les explications du Lonely Planet dégrossissent, les Népalais font le reste. Ils devinent tous où vous allez quand vous êtes dans le coin … Environnement agréable, long escalier pour atteindre le stupa où les singes se donnent en spectacle. Nous avons supposé que nous y étions un jour de fête, tant les Népalaises aux saris rouges étaient nombreuses. Superbes scènes d’offrandes. Tous les sens sont sollicités : la vue en premier lieu avec tout ce rouge déployé, l’odorat avec les bougies et les petites lampes à huile, l’ouïe avec le son des clochettes que tous font tinter pour appeler les divinités, le toucher avec les moulins à prières qu’on n’a pas manqué de faire virevolter nous aussi. Pour nous ne manquait que le goût. Les Népalais l’ont eux développé au cours d’un grand repas rituel partagé au sein du temple, à même le sol, des journaux en guise d’assiettes. Notre premier temple, nos premiers Yeux, nos premières rencontres, nos premiers portraits. Belle visite, le ton de notre voyage était donné !
Durbar Square 200 Rs Si vous comptez y passer plus d’une fois, ne manquez pas de demander un pass. Il vous faut une photo d’identité et votre passeport. Si vous avez le temps, ne cherchez pas à la comprendre en une seule fois. Venez-y en fin d’après midi, avec une belle lumière rasante et laissez-vous simplement porter par l’ambiance, perdez-vous dans ce dédale de temples newar et shikhara. Et puis revenez, cette fois pour une visite plus approfondie, plus studieuse. Arrivez, cette fois, tôt le matin quand la place commence seulement à s’animer. Montez en haut de Maju Dega et prenez le temps de lire vos guides. Le petit plan fourni par le guichet et le Lonely Planet suffisent pour faire une visite complète et agréable. Mais si vous préférez être guidés, vous n’aurez que l’embarras du choix … Nous, nous préférons toujours être seuls et avons écarté gentiment les guides qui proposaient leurs services. Lonely Planet, plan et boussole à la main, on vit alors notre visite un peu comme une chasse aux trésors, et les efforts que l’on fait pour découvrir tel ou tel indice nous permettent de nous approprier le lieu, de noter les détails truculents et de fixer les images. On aime cette quête. Le musée Tribhuvan (250 Rs) n’a d’intérêt que pour l’architecture du bâtiment. Le contenu, à la gloire des derniers rois, m’a prodigieusement barbée (et je reste polie) ! Le berceau du roi, la tétine du roi, le jouet du roi, une photo du roi avec Machin, et encore une avec Bidule, et encore une avec Truc … Pfff … En plus, que c’est grand … Je pense qu’on peut vraiment en faire l’économie …
Pashupatinath 250 Rs Pour ce prix, vous n’aurez accès qu’à l’extérieur. L’entrée du temple est interdit aux non-hindouistes. On y va en taxi depuis Thamel (120 Rs). Je suis un peu mal à l’aise avec cette visite … Pashupatinath se situe au bord de la rivière sacrée Bagmati le long de laquelle ont lieu très régulièrement des crémations. Agglutinés le long de la rive opposée, on assiste à ce spectacle bien orchestré. J’ai beau y assister avec discrétion et humilité, je ne peux pas m’empêcher de m’interroger sur le bien fondé de ma présence. Bien sûr c’est une cérémonie, intéressante sur le plan culturel, et s’il s’agissait d’un mariage ou d’un baptême, je n’aurais aucun scrupule. Le problème c’est la mort … Autant il me parait sain et agréable d’assister à la joie des gens, autant j’ai plus de mal avec le chagrin. Quelle est la part de voyeurisme ?... Bon, je n’ai pas répondu à cette question … et je suis toujours partagé entre l’enrichissement culturel que m’a apporté cette cérémonie si loin de nos coutumes, et la gêne et le sentiment d’avoir peut-être manqué de compassion et de respect. A l’Est de la rivière s’élève un large escalier avec, de part et d’autre, une forêt de chatryas dédiés à Shiva. Dans ce dédale de petits temples, quelques sadhous, plus ou moins comédiens, attendent le touriste pour monnayer une photo. Bref, voici un endroit intéressant mais qui m’a laissé un souvenir mitigé … A chacun de voir …
Bodhnath 100 Rs On rejoint Bodhnath à pied depuis Pashupatinath à travers villages et champs grâce aux explications claires du Lonely Planet. Bien peu de touristes ici finalement comparé à l’affluence à Thamel le soir. Ce n’est peut-être pas ce que la majorité vient chercher. Peu importe, tant mieux pour moi ! Car les Yeux, ceux que l’on voit partout, c’est ici !! Un cube doré sur un dôme blanc festonné de guirlandes de peinture jaune. Et la musique sacrée Om mani padme hum qui partout résonne, relaxante, lancinante. Tous dans le même sens, Népalais et Tibétains tournent autour du stupa en faisant valser les moulins. Et dominant toute cette ferveur, ce Regard impassible, envoûtant … Mon regard à moi se voile … Séquence émotion. Nous tournerons nous aussi autour du stupa, d’un lent pas de sénateur, comme il convient. Un tour, 2 tours, 10 tours … jusqu’à plus soif, jusqu’à pouvoir se décrocher de ce lieu magique. Une fois encore, je prends conscience ici du privilège et de la chance que j’ai de pouvoir réaliser mes rêves.
Thamel Quartier touristique de Katmandou qui regorge de petits hôtels et de bons restaurants. Sans parler des boutiques, des agences, des bureaux de change … tout est fait pour les touristes. Absolument aucune authenticité, pourtant ce quartier vivant n’est pas désagréable. Il est en tout cas extrêmement pratique. Vous y trouverez entre autres de nombreuses librairies vendant des livres (ben oui !) mais aussi et surtout des cartes détaillées de tout le Népal, vraiment pas chères. Quand Philippe veut me faire plaisir, il ne m’emmène pas dans une bijouterie, il m’emmène à l’IGN. Alors là, comme il disait, j’étais comme une gamine dans une confiserie, les yeux écarquillés, ne sachant plus où donner de la tête, totalement survoltée. Je crois même l’avoir un peu saoulé 😇 … Nous y avons acheté les cartes qui nous serviront à préparer notre retour …
LA VALLEE :
1 – Bhaktapur
Minibus express : 15 Rs/p l’aller, 18 le retour. Bhaktapur, savamment restaurée, est un joyau !
Durbar Square 750 Rs – Avec votre n° de passeport, le guichetier indiquera au dos du billet la durée de validité que vous lui demanderez Nous savions que nous reviendrions … Comme pour Katmandou, une première visite où on a goûté l’ambiance, flâné dans les rues et consacré du temps pour Changu Narayan. La veille de notre départ, nous y sommes revenus. L’impression d’être déjà en terrain connu, le plaisir de retrouver ce que l’on a adoré 2 jours plus tôt. Revenir, c’est bénéficier d'un bonus. Pourtant, pour être parfaitement honnête la Durbar Square de Bhaktapur n’est pas ma préférée mais on est quand même à un très haut niveau d’émerveillement … Pour contempler le temple Nyatapola depuis la terrasse du café éponyme, il faut accepter de payer le prix fort … c’est hors de prix. Mais que le sikarni (yaourt local agrémenté de noisettes et de fruits) y est bon !! Allez, petit luxe …
Changu Narayan 60 Rs A défaut du bus local vraiment trop bondé, on revient à Durbar Square où on négocie âprement un taxi pour nous y emmener, nous attendre et nous redescendre. 300 Rs l’A/R. Route défoncée comme il se doit, qui s’élève vers un temple superbe, haut en couleurs. Nous y arrivons un jour de fête. Le monde, le rouge, les tikas épaisses et colorées sur tous les fronts (hommes, femmes et enfants) ne nous laissent pas en douter. Une fois de plus, nous passerons davantage de temps à admirer les gens et leurs coutumes que les sculptures des étais de bois (pourtant d’une rare finesse). Nous redescendrons trop sagement (et un peu à regret) retrouver notre taxi au bout d’une heure, durée d’attente convenue avec le chauffeur. Sommes-nous trop disciplinés ?…
2 – Patan
Taxi de Thamel à Patan Dokha pour 150 Rs. Là encore, nous suivons l’itinéraire du Lonely Planet qui nous entraîne de petites ruelles en minuscules passages couverts, de cours en cours, toutes pourvues de leur petit temple, de leur bassin, de leur puits. L’objectif est d’atteindre Durbar Square en profitant de toutes les splendeurs de Patan. Superbe balade.
Golden Temple 25 Rs Un peu lourd (à mon goût) mais superbe ! Montez à l’étage visiter le monastère bouddhiste.
Durbar Square 200 Rs Mon préféré … c’est mon esprit cartésien qui parle : celui-là est tiré au cordeau ! Le toit terrasse du Taleju Restaurant domine toute la place, avec les montages en toile de fond.
Musée 250 Rs Remarquable, didactique, on y passerait des heures. Belle muséographie, belles pièces, nombreuses clés sur l’iconographie bouddhiste et hindouiste. On y apprend beaucoup de choses, facilement, pour peu qu’on lise l’Anglais …
3 – Kirtipur et Chobar
Kirtipur est un petit village agréable qui permet de découvrir les environs de la capitale. Nous nous y sommes rendus en bus (9Rs/p) et ensuite, à l’aide du Lonely Planet, d’une boussole et des habitants, nous avons visité les lieux. Jolies petites ruelles de briques rouges avec partout des petits temples, tout poisseux de paraffine et enduits de pigments rouges, orange, jaunes au point parfois de ne plus reconnaître la divinité … Perdez-vous et profitez. Ce n’est pas bien grand, on ne risque rien …
Nous quittons Kirtipur à pied pour rejoindre Chobar. Toujours grâce aux indications des villageois, nous y arriverons sans problème par une agréable promenade dans la campagne, le long des rizières. N’hésitez pas. Avant de chercher les fameuses gorges, on décide d’aller manger … Le Chobar Village est réputé. Repas quelconque (voir § plus haut) mais surtout vue superbe sur toute la vallée et accueil chaleureux. La gorge de Chobar ne vaut pas tripette … surtout quand on rentre de l’Annapurna … Mais qu’importe, elle fournit un objectif à une jolie balade en campagne.
Nous rejoignons ensuite Patan à pied (ça fait un petit bout quand même) pour revoir encore Durbar Square. Nous y sommes arrivés à 17h15, la nuit tombait, les bibelotiers remballaient leur étals, quelques ampoules à droite à gauche formaient des ombres sur les grands temples … ambiance magique … Enfin, taxi pour rentrer à Thamel (150 Rs et ½ h de bouchon …).
C’est une très belle journée mais Patan et Bhaktapur restent prioritaires. C’est parce que nous avions le temps …
DIVERS :
L’accueil : souriants, gentils, aimables, serviables … un vrai bonheur Logistique : pensez à apporter des photos d’identité. Au moins 2 : une pour le pass de Durbar Square de Katmandou, une autre pour le permis de trekking. Vous trouverez tout à Thamel ou à Pokhara. On a acheté 2 gourdes en métal à Pokhara la veille de partir en trek, vraiment pas chères (400 Rs chaque). On en a eu pour notre argent : elles fuyaient !... D’ailleurs, elles sont restées au Népal … Pannes d’électricité fréquentes et parfois assez longues. Certains lieux (hôtels, boutiques, restau) ont des groupes électrogènes, d’autres pas … On a mangé aux bougies au Kilroy’s, c’était super ! Finir sa douche dans le noir, ça l’est moins … Les cybercafés sont très nombreux, pas chers mais les tarifs varient du simple au décuple ! Débit effroyablement long … Il faut parfois ½ h d’attente pour avoir enfin accès à la messagerie. 10 minutes pour faire un beau grand message détaillé, je me relis, oui, c’est bien, ouf ! allez "ENVOYER" et vlan … panne de courant !!! j’ai failli jeter la souris sur l’écran … Bref, n’entrez pas dans un cybercafé sans votre bouquin, une petite heure devant vous … et une bonne dose de fatalisme … La carte bancaire : oui, elle peut servir, pour les achats un peu plus coûteux. Nous l’avons utilisé 2 fois : un restau (le Kilroy’s) et l’achat d’un mandala. Je ne l’ai pas utilisée en retrait cash, j’avais apporté des € et des TC en $ (mais pourquoi donc des TC en $ ?? Je les traîne depuis 17 ans, j’en ai marre, on a décidé de les utiliser …). Le climat à cette époque : sec, lumineux, doux. N’oubliez pas une polaire pour les soirées à Katmandou. Sans faire froid, il fait frais … Vous pouvez oublier les débardeurs et les shorts. Pour nous Lorrains, ça nous semble être le temps idéal pour voyager ! Je déteste transpirer !.... L’affluence touristique à cette époque : énorme, disparate, beaucoup de groupes de Français sur le trek. Thamel se vide de ses touristes en journée. Ambiance plus cool … Il devient alors agréable d’y flâner. Les problèmes de santé : ni Philippe, ni moi-même n’avons souffert de tourista. Nous buvions de l’eau en bouteille ou purifiée à la pastille (l’équivalent de Micropur) et nous nous lavions les dents à l’eau du robinet. Pas de précautions particulières non plus sur les légumes, les fruits et les crudités. Hors de question de s’en priver, on a juste habitué nos estomacs progressivement. Je suis convaincue qu’à trop prendre de précaution, on ne s’immunise pas et que c’est comme ça qu’on finit sur les toilettes … Ca n’engage que moi et je dégage toute responsabilité bla bla bla … Par contre, on a beaucoup souffert de la gorge et des bronches à Katmandou, très sûrement à cause de la pollution. Mais quoi, on n’allait quand même pas se trimballer avec un masque ?… On en a vu ! Les devantures des pharmacies regorgent de Strepsil. Comme quoi !… L’air pur de Paris a suffi à nous remettre sur pieds … Quoi ?... 😇 L’itinéraire : notre choix a été très particulier : un "petit grand" trek qui occupe la moitié du séjour et le reste à Katmandou. On aurait pu aller à Chitwan ou à Bardia, je sais Sawaddeekha, tu avais insisté sur ce point … On aurait dû courir … On a fait le choix de se poser … On ne regrette pas, Katmandou mérite qu’on s’en imprègne pour passer derrière l’écran, sinon, on risque de repartir avec juste la vision d’une ville dépotoir … Affaire de temps, affaire de choix, affaire d’envie ... Nous avons privilégié le confort de se poser 8 jours dans le même hôtel et de rayonner. Peut-être aurions-nous dû consacrer une nuit à Bhaktapur pour profiter de la ville le soir. On a peut-être été un peu mous sur ce coup-là … Photos : portraits faciles pour peu que vous disposiez d’un numérique et que vous montriez le résultat. Les voisins voudront voir et vous demanderont d’être pris eux aussi. Ca peut parfois durer longtemps … Un jour, j’ai vu un touriste faire une photo d’un Népalais, en guenilles, un peu hagard, pauvre hère … Certes, allure vraiment exotique. Le photographe demande à sa femme de se mettre à côté (tel un trophée). Gros rire niais de la femme, elle s’exécute et s’approche de notre homme, assez près pour être dans le cadre, mais pas trop non plus des fois que ses puces aient envie de changer de propriétaire … sourire conquérant de la femme, regard perdu du pauvre homme, voilà, c’est parfait, la photo est faite. La femme rejoint son mari affairé à vérifier son œuvre tout en rejoignant déjà son groupe. Ils n’auront pas un regard, pas un geste, pas un merci pour le pauvre homme qui est resté planté comme un I, le regard totalement éperdu. J’ai été lâche, ils n’étaient pas Français et je ne me suis pas sentie capable de les insulter en Anglais. Mais j’aurais dû le faire en Français. Le numérique a un énorme avantage : celui de partager avec son sujet la photo faite. Et ce moment de partage est divin : le regard s’illumine, il touche l’écran, un sourire point, pudique, et levant alors les yeux vers moi, il me remercie encore plus que moi je ne le faisais. Gratitude partagée, échange de sourires, les mots sont inutiles, l’émotion passe. Ce moment est bien plus important que la photo en elle-même. Prenez en photo un enfant porté par sa mère et regardez le sourire et l’air fier de la mère devant le résultat. On n’oublie pas de tels moments. Combien de portraits ai-je fait, que je n’ai pas conservés, juste pour créer cet instant magique ! L'artisanat : beaucoup de babioles sympa pour faire plaisir à moindre frais … Rien d’extraordinaire en terme de sculptures sur bois, les pays d’Asie du Sud-Ouest proposent un artisanat bien plus fini. Les boutiques "d’antiquités" disposent parfois de belles pièces (de bronze notamment) mais attention aux prix. Nous avons aimé les peintures (aquarelles, huiles, mandalas). Aucun conseil, c’est tellement affaire de goût. Prenez le temps avant d’acheter car les qualités varient beaucoup d’un artiste à un autre. Les boutiques de Thamel ferment entre 19 et 20h et ouvrent assez tard (vers 10h). Ambiance agréable dans les boutiques, les vendeurs vous hèlent sans agressivité et avec le sourire.
On a beaucoup aimé : 🙂 Le trek - Etre dominés par des plus de 8000. Dormir dans des sacs de couchage bien chauds dans des chambres bien froides Les apple crumble de Marpha … et d’ailleurs Les magnifiques temples newar aux fines sculptures sur bois, prélude des pagodes chinoises
On a moins aimé : 😕 Sentir les mollards passer parfois bien près … A Bodhnath, j’en ai pris une éclaboussure sur la main. Beurk, beurk, beurk … Ah, quels cracheurs !! Les klaxons La minceur des matelas
En conclusion ... Que de joie, que d’émerveillement, que de surprises mais aussi que de frustrations nous a réservés ce choix, disais-je en intro ! Il est très peu de pays dont on soit revenu en disant qu’on y retournerait. Le Népal en est un. Certes, les yeux de Bouddha sont envoûtants, énigmatiques ; Katmandou est fascinante, tellement fatigante, polluée, bruyante, mais tellement hors du temps, chatoyante, joyeuse, hallucinante ; les Népalais sont d’une gentillesse et d’une patience incomparables ; les dahl baht sont délicieux … Mais au-delà de tout ça, ce qui nous a émerveillés, ce sont les montagnes, ces sommets blancs majestueux. Ce sont eux que nous voulons revoir. Correction ! Pas seulement en fait, c’est un tout. Ce qu’on veut revoir, ce qu’on veut revivre, c’est l’arrivée dans les villages de pierre, le sourire des villageois en chemin, le chocolat chaud qui réchauffe les doigts engourdis, les repas roboratifs mais toujours hauts en saveur, les mules, les yacks souvent croisés sur les sentiers, les porteurs qui malgré leur charge continuent à sourire, les paysages changeants, variés, toujours grandioses, les ponts, défi vaincu à ma peur du vide, les soirées autour d’un brasero emmitouflés dans 2 polaires, les nuits froides et noires, chacun blotti dans son sac de couchage bien douillet, à se sourire sans rien se dire … Non, ce qu’on veut revoir, ce ne sont pas les montagnes, ce n’est pas vrai. Ce qu’on veut revoir, finalement … c’est le Népal. Thorung La, on reviendra.
NOTRE PERIPLE EN 3 SEMAINES :
Jeu 1er Nov- Vol GulfAir Paris/Bahrein – Longue escale et nuit à Bahrein Ven- Vol GulfAir Bahrein/Katmandou - Nuit à Katmandou (International GH) Sam - A pied : Swayambhunath Stupa – Durbar Square de Katmandou - Nuit à Katmandou Dim - Bus vers Pokhara (bus touristique – 7 heures) - Nuit à Pokhara (Moonlight Hotel) Lun - Trek de Jomsom J1 - Envol pour Jomsom - Nuit à Kagbeni (New Asia Trekker’s Home) Mar - Trek J2 - Nuit à Muktinath (Shree Muktinath Hotel) Mer- Trek J3 - Nuit à Marpha ( Dhaulagiri GH) Jeu - Trek J4 - Nuit à Kalopani/Lete (Kasturi Cottage) Ven- Trek J5 - Nuit à Tatopani (Hotel Himalaya) Sam- Trek J6 - Nuit à Shikha (Moonlight GH) Dim - Trek J7 - Nuit à Ghorepani (Kamala Lodge) Lun - Trek J8 - Nuit à Tikhe Dhunga (Chandra GH) Mar- Trek J9 - Transfert en bus de Nayapul à Pokhara – Nuit à Pokhara (Moonlight Hotel) Mer - Bus vers Katmandou (bus touristique – 9 heures) - Nuit à Katmandou (International GH) Jeu - Katmandou - Nuit à Katmandou (Holy Himalaya Hotel) Ven - Patan (taxi : 150 Rs l’aller + 150 Rs le retour) - Nuit à Katmandou Sam - Katmandou - Nuit à Katmandou Dim- Pashupathinath (taxi 120 Rs) – Bodhnath (à pied depuis Pashu) - Retour taxi (150 Rs) - Nuit à Katmandou Lun- Kirtipur (bus local 9 Rs/p) – Chobar (à pied) – Patan (à pied) - Retour taxi (150 Rs) - Nuit à Katmandou Mar- Bhaktapur (minibus express 15 Rs/p) - Changu Narayan (taxi 300 Rs A/R depuis Bhaktapur) – Retour minibus (18 Rs) - Nuit à Katmandou Mer- Katmandou - Nuit à Katmandou Jeu- Bhaktapur (minibus 15 Rs/p aller et 18 retour) - Nuit à Katmandou Ven 23 Nov–Aéroport (taxi 300 Rs) - Vols GulfAir Katmandou/Bahrein/Paris
BUDGET :
La Roupie Népalaise (Rs) Cours : 1 € = 90 Rs
Dépenses préalables : Vols réguliers GulfAir Paris/Katmandou via Bahrein : 989 €/p = 1 978 €
Principales dépenses sur place (pour nous 2, hors achats perso de souvenirs) : Trek de Jomsom par Nepal Ecology Treks : 467 €/p = 934 € payé cash sur place Hôtel : 300 US$ en TC pour 11 nuits (hors trek) Cash et CB : 550 € (transport, repas, entrées)
Je le répète à chaque fois, ce que je rapporte ici n’a qu’une valeur indicative … Evidemment, on peut dormir et manger à Katmandou pour vraiment beaucoup moins cher ... Ce budget correspond à un niveau confortable (hôtel confortable et restaurant midi et soir).
Vous trouverez partout des petits bureaux de change, ouverts tous les jours. Taux affichés, identiques partout, sans commission. Il devient alors très facile de changer nos euros, petit à petit, au fil de l’eau. Demandez un reçu si vous voulez pouvoir les rechanger à l’aéroport avant de partir. Je me suis fait avoir … J’y ai vu un signe : nous voilà obligés de revenir !
GUIDES :
Lonely Planet Népal - Version française 5è édition – Septembre 2006 – Excellentissime - Nécessaire et suffisant. Guide du Routard Népal Tibet – 2007-2008 - Inutile. Ca fait 17 ans qu’on voyage, 17 ans qu’on peste contre le GdR, 17 ans qu’on continue à l’acheter … Allez comprendre … 🤪
TRANSPORTS :1 - Vols Paris/Bahrein/Katmandou – GulfAir Aucun vol direct vers Katmandou depuis Paris. C’est donc forcément long … Achetés début mai sur le site Voyages-sncf : 989 € l’A/R. J’étais assez contente de ma trouvaille. Au moment de l’achat, l’escale à Bahrein à l’aller était de quelques heures. Les mois passant, elle s’est allongée, allongée, allongée … Au final, nous avons dû passer la nuit à Bahrein (tous frais payés par GulfAir bien sûr). Bon, une nuit ça va, mais je n’y passerais pas mes vacances ! Contact avec GulfAir très courtois. Nous avons fait reconfirmer notre vol de retour, le Lonely Planet insistant sur la nécessité de le faire. L’hôtel s’en est chargé gracieusement et efficacement. De fait, le vol Katmandou/Bahrein était surbooké et nous avons été … surclassés !! (j’en connais une qui va ENFIN arrêter de se la péter maintenant 😛 !) C’est magique !! Je dis souvent que si on gagnait au loto, on ne changerait rien à notre façon de voyager SAUF qu’on se paierait la classe business.
2 – Taxi sur place Négociez la course avant de partir. Le mieux c’est d’avoir une idée du prix (cf Lonely Planet) et de l’annoncer. Le chauffeur va rabioter quelques dizaines de Rs et tout le monde est content. J’ai indiqué le prix des taxis qu’on a pris dans mon itinéraire, plus haut.
3 - Bus Epique !! Nous, on est des fanas de bus. Les paysages défilent, la vie dans le bus est typique et les arrêts pour manger sont sympas … Bref, on a là l’impression d’être au plus près de la population et des habitudes locales. Ici, le problème ce ne sont pas les bus, ce sont les bouchons aux abords de Katmandou. D’ailleurs, ça s’applique aussi aux taxis.
4 - Katmandou Des bouchons monstres ! Pire qu’à Paris. Des klaxons. Du gaz carbonique. Des motos, des camionnettes, des voitures, des minibus, une vache, 25 chiens, des piétons … bref, un immense bordel. Surtout en début et fin de journée. Pensez-y pour vos déplacements (surtout pour rejoindre l’aéroport). Thamel est quasi déserte en milieu d’après-midi.
HEBERGEMENT :
Katmandou : Sur les conseils avisés de Sawaddeekha (merci Régine !), nous avions réservé par internet nos 2 premières nuits d’hôtel à l’International Guest House (cliquer ici) en deluxe (25$-20% car résa via internet). A l’arrivée, ils n’ont pu nous proposer qu’une standard à 20$ (-20% aussi) + 13% de taxes + 3$ pour les 2 petits dej (soit 21$ au total). On prend. L’hôtel est situé dans une rue au calme à l’Ouest de Thamel ; il est très agréable, bourré de charme, avec un joli petit jardin dans lequel est servi le petit déjeuner pour les moins frileux. Néanmoins, les chambres standards sont assez petites, un peu vieillottes mais les douches sont puissantes et bien chaudes. Pas de groupe électrogène (et à Katmandou, ça a son importance !) Système de consignes de bagages (gratuit) très sécurisé pour ceux qui partent en trek : d’une part un local sous clé pour les bagages (avec étiquetage de chaque sac) et, d’autre part, des coffres individuels pour les valeurs. C’est vraiment sûr. Moi, la grande inquiète, je suis partie en trek l’esprit totalement libre, avec pour seule inquiétude celle de ne pas perdre la clé du coffre ! Gérable !... Avant de partir, on réserve une nuit pour notre retour, en deluxe cette fois svp. Au retour … encore pas de deluxe et le patron prend de haut notre tentative de négociation sur les prix quand on lui dit qu’on veut rester 9 nuits. Il nous la joue "c’est complet". On n’en croit pas un mot et ça nous agace un peu ; on ne dit rien mais, 1 heure plus tard, on avait trouvé un autre hôtel pour le reste du séjour. Des fois, on est un peu tête de cochon (pas Lorrains pour rien !). Et quand le soir, le patron, avec un grand sourire, nous a annoncé que finalement il avait réussi à se débrouiller pour nous garder notre petite chambre pour les 8 nuits supplémentaires, ce n’est pas sans une certaine jubilation contenue qu’on lui a sorti "too late, we’ll check out tomorrow". 😎 A part ça, pas de conclusion hâtive : c’est un très chouette endroit, bien situé, et très au calme. Paiement en TC $, sans commission.
Nous avons donc émigré ensuite pour le reste du séjour à l’Hotel Holy Himalaya (ex Dynasty) (cliquer ici). Dans une petite rue déserte, à l’Est de Thamel. Rien à voir avec le précédent : grand complexe impersonnel, sans charme particulier, mais très propre ; grande chambre lumineuse avec belle salle de bain complète. Eau bien chaude. Groupe électrogène. Internet 24h/24 en libre service (d’une lenteur effroyable comme partout !). Thé à volonté. Eau à 9rs (en refill). Accueil souriant et agréable. Nous avons pu choisir entre plusieurs chambres qu’ils nous ont proposées d’emblée à 30$ ttc petit dej inclus. On a gagné ici en confort ce qu’on a perdu en charme. Mais, c’est aussi une très bonne adresse que je recommande également. Paiement en TC $, sans commission.
Pokhara : 2 nuits passées à l’Hotel Moonlight (cliquer ici), intégrées au package trekking réservé auprès de Nepal Ecology Trek. Certes bien situé au bord du lac, mais aucun charme voire un peu tristounet. Un filet d’eau chaude. Accueil froid. Restaurant glauque. Vous avez compris : une adresse à oublier ! Heureusement, c’était avant et après le trek. Avant, on était surexcité, après on était euphorique. Donc, ça ne nous a pas gênés plus que ça ….
REPAS :
Le service est lent. Partout. Comptez 20 minutes mini entre la commande et le service. Le summum a été atteint au Ganesh (Freak Street) où on a attendu plus d’une heure nos 2 plats alors que nous étions les seuls clients … Une fois qu’on le sait, on prévoit : mon carnet de voyage s’est rempli principalement sur les tables des restaurants en attendant la commande … Attention aussi aux prix affichés, dans les restaurants un peu chics (genre Kilroy’s) : il faut rajouter 13% de taxes. De nombreuses pâtisseries proposent des viennoiseries, des brownies, des tartes, des gâteaux … plus savoureux les uns que les autres. Quelques vendeurs de fruits dans la rue jusque tard. Enfin tard … entendons-nous … nous à 20h, on était rentrés … on est des vraies poules en voyage. On a beaucoup profité des restaurants en toit-terrasse, à Bodnath, sur les Durbar Square de Patan et de Bhaktapur. C’est très agréable et encore mieux si on dispose de la table en bord de terrasse. Pour cela, c’est facile, arrivez un peu avant midi, vous serez les premiers. Le Taleju Restaurant sur Dubar Square à Patan permet de dominer toute la place tout en ayant les sommets en arrière-plan. Superbe vue. A Bodnath, un toit terrasse (il y en a beaucoup) permet de jolies photos des Yeux … En dehors du trek, nos repas se composaient généralement d’une seule entrée pour nous 2 (souvent des momos), d’un plat de riz avec de temps en temps du poulet, de 2 naans (pure gourmandise) et d’un grand pot de thé noir. Un tel régime tournait autour de 700 Rs pour nous 2. Les momos : cuits à la vapeur ou frits, ils sont toujours vendus par 10. Ca ressemble aux Dim Sum, les vapeurs d’Asie du SE (je ne prends pas de risque, ne sachant pas précisément si les Dim Sum sont chinois, thaïlandais ou vietnamiens 😉 …). Bref, donc, un beignet de légumes dans une feuille de riz. Nous n’avons testé que les végé momos vapeur. Qualité très variable selon la fraîcheur et les légumes à l’intérieur. Nos préférés : ceux du Jatra (aux épinards) à 90 Rs (toujours les 10) mais peut-être parce que c’était les premiers ! Egalement ceux du Helena’s (105 Rs), bien moelleux. Ceux du Yak Café (50 Rs) par contre étaient vraiment secs … Le dahl baht : voir § suivant car c’est surtout lors du trek que nous en avons mangé.
Quelques prix : Les prix sont très variables d’un restau à un autre … Une bouteille d’eau (1 litre) : autour de 15 Rs Une assiette de 10 momos végétariens vapeur : entre 40 et 110 Rs Une bouteille de bière (600 ml) : autour de 200 Rs – L’Everest est très douce. Un plat végétarien (dahl baht, fried rice, biryani, chop suey, chow mein …) : entre 100 et 250 Rs Un plain naan : de 25 à 70 Rs – Nos préférés : ceux du Helena’s. Une théière familiale de thé noir (4 tasses au moins) : entre 40 et 100 Rs Très difficile de trouver du coca light ou bien à 100 Rs la canette. A ce prix là, on s’est enfilé des litres de thé.
Voici quelques adresses qu’on a bien aimées : (Vous trouverez les adresses dans le Lonely Planet ou sur un plan touristique de Katmandou)
1 - Dans Thamel
Loin devant, le Helena’s. Ce n’est pas un petit restau cosy, plutôt un grand machin, sur plusieurs étages, aux grandes pièces et grandes tables. Pas beaucoup de charme, ça fait un peu grande cantine. Mais l’accueil est vraiment souriant et la nourriture est succulente. En plus, il y a vraiment de la place et on peut s’y installer pour lire ou écrire son carnet en attendant son repas. On y est allé 4 fois ! 110 Rs la théière familiale avec 3 sachets de thé. Ils la remplissent d’eau chaude gracieusement une fois vide et les sachets infusent encore suffisamment ; 105 Rs les vege momos (ultra frais) ; entre 150 et 250 Rs le plat végétarien (fried rice, biryani, moussaka …) ; 45 Rs le naan tout chaud et tout moelleux. Bref, autour de 700 Rs pour nous 2.
Tashi Deleg : Tout autre ambiance pour ce petit restaurant tibétain qu’il faut trouver. Il est caché au fond d’un couloir. Vous pourrez y tester le fameux tongba (bière de millet chaude). Surprenant, pas mauvais, mais on n’y est pas revenu … Les plats y sont copieux, un peu lourdauds mais vraiment pas chers. Excellents momos (70 Rs). Autour de 400 Rs pour nous 2.
Roadhouse Café : Belle pizzeria tout en bois. Les pizzas, cuites au feu de bois, sont énormes et délicieuses. Autour de 350 Rs la pizza. Ca change du riz …
Kilroy’s Rest : Restaurant réputé, huppé, bondé. Ici, les serviettes sont en tissu … Beaucoup plus cher mais ça vaut le coup. On paie notre repas complet (plats de mouton et de poulet / riz / naan / vrais desserts / 1 bière) 1943 Rs ttc. Pensez aux 13% de taxe à ajouter aux prix de la carte. Ouf … 🤪 Ca les vaut, c’est délicieux mais attention, certains plats sont très pimentés. La carte est sympa, pleine d’humour. Une belle adresse pour un repas en amoureux, surtout en cas de panne d’électricité, les bougies apportant un romantisme fou ! Paiement par CB sans commission.
Thamel House Rest : Restaurant traditionnel dans une belle demeure sur plusieurs étages. Arrivez tôt pour pouvoir profiter de la salle sous le toit. Ambiance chaleureuse où l’on mange assis par terre (ah, oui, il faut aimer ça …) Service à la carte ou bien menu complet de 12 ou 15 (je ne sais plus) plats. En fait, c’est une version très raffinée du dhal bhat. Version vegé ou non. On a pris un de chaque. Ici, le service est rapide ! Quelques momos (pas 10, 5 ou 6 je crois), parmi les meilleurs qu’on ait mangés suivi du dhal bhat. Ils vous disent à chaque fois ce qu’ils vous servent. C’est bon, servi à volonté, comme tous les dhal bhat. Cadre agréable. Forcément plus cher (500 ou 600 Rs le menu végé ou non) … A faire une fois.
2 - Dans Freak Street, du côté de Durbar Square
Ganesh Rest : 400 Rs pour 2 plat vég et 1 grand pot de thé. C’est très bon, pas cher mais vraiment sale et vraiment, mais alors vraiment long ! C’est le seul endroit où je n’ai pas été à mon aise pour manger … Nos verres ont été essuyés avec une méchante lavette grise traînant par terre … Je ne crois pas être chochotte mais j’ai trouvé là ma limite …
Par contre, pas bien loin, le Snowman Restaurant est, parait-il, très réputé pour ses gâteaux. Après l’expérience un peu tristounette du Ganesh Rest, on a envie de se remonter le moral et on ne résiste pas, on commande 2 apple crumble, 1 brownie, 1 chocolat chaud et 1 thé. Euh oui oui, on n’était que tous les 2 … On s’est demandé où on avait pris nos 2 kilos. Je crois que je sais … Enfin, tant pis pour les kilos, n’hésitez pas, c’est un grand moment 🙂 ! Cet endroit nous a rappelé le café de Solitaire en Namibie. Pas du tout pour l’ambiance bien sûr, mais pour le mythe qu’il transporte : passage obligé …
3 - A Chobar
Chobar Village : Suivez les panneaux, il est tout en haut … Très bel endroit, bien aménagé, très calme, accueil chaleureux. Pas un rat … Cuisine quelconque mais superbe vue sur toute la vallée.
4 - A Bhaktapur
Ne manquez pas de goûter les yaourts et les sikarnis (yaourt aux noisettes et fruits), spécialité de la ville. Le café Nyatapola est hors de prix mais les tables en balcon jouissent d’une belle vue sur la place et le grand temple. Au moins, pour y prendre un thé et un sikarni …
LE TREKKING :
Au départ, nous n’avions pas envisagé de trekking. Dans mon salon, quand je pensais à un trekking au Népal, je voyais des cordées sur neige avec piolets et crampons … Pas pour nous tout ça … Allez, peut-être 2 ou 3 jours dans la région de Katmandou … Finalement, à la lecture de différentes infos, j’ai d’abord compris que mon imagination avait déliré et qu’on ratait sans doute quelque chose. D’autant qu’on adore marcher ! Enfin, il y a eu les échanges avec Sawaddeekha qui nous ont totalement convaincus de faire le plus court des grands treks : le trek de Jomsom. Ca nous a semblé être un bon compromis pour tester notre condition physique, notre endurance en altitude et découvrir la logistique d’un trek (relation au porteur, relation au guide, manger, dormir, se laver …). Bref, des questions qu’on se pose tous (j’en suis sûre !) tant qu'on ne l'a pas vécu. Et tout ça dans des paysages paraît-il fabuleux. Donc, nous voilà décidés : c’était parti pour le trek de Jomsom !
On pensait tout organiser depuis Katmandou auprès des nombreuses agences citées dans les guides. En réfléchissant un peu, on a fini par se dire (10 jours avant notre départ !) que ce ne serait sûrement pas très facile et de toute façon très long de comparer les offres sur place ; on se voyait mal courir d’une agence à une autre. Or, toutes ces agences ont des sites et des adresses e-mail. Vive Internet ! En 10 minutes notre demande fut envoyée à 5 agences. Réponse immédiate. On constate que les devis sont assez comparables. Quelques compléments d’infos, quelques modifs … tout est possible, c’est du sur mesure, c’est facile. On finit par se décider. On opte pour Nepal Ecology Trek, d’une part pour leur réputation (unanime sur le Net), d’autre part pour le sérieux de leurs réponses et leur écoute de nos besoins. Réservation sur parole, sans acompte. Ils n’ont apparemment pas de site internet (en tous cas, pas trouvé …) mais voici leur e-mail : ecotrek@mos.com.np Leur package comprend : les services d’un guide anglophone et d’un porteur, de Katmandou à Katmandou les transferts de Katmandou à Pokhara et retours en bus touristique (pour nous 4) les 2 nuits d’hôtel à Pokhara avec petit dej (pour nous 4) le vol Pokhara / Jomsom (pour nous 4) le trek en pension complète (pour nous 4) les permis de l’ACAP la location de 2 sacs de couchage (North Face ou simili, excellent état, propre et bien chaud) 934 € au total que je paierai en liquide (et en €) à un responsable de l’agence venu nous rencontrer à la GuestHouse de Katmandou le samedi matin. Il nous présente notre guide Santa qui nous donne rendez-vous pour le transfert à Pokhara le lendemain matin. Je reviendrai plus loin sur le coût. A propos du permis(2000 Rs/p), l’agence s’est chargée de les faire grâce à un scan de nos passeports et à 2 photos numériques (qu’on a faites dans notre salon !), le tout envoyé par mail … Efficace !
1 - La randonnée en elle-même Le trek de Jomsom constitue la fin du très fameux Tour des Annapurnas, après le passage du col de Thorung à 5400m. C’est un trek facile : 9 jours de marche maxi, 3 à 6h de marche par jour, 3800m au point le plus haut (à Muktinath), sentiers sans danger, quelques ponts suspendus en bon état. Ce circuit traverse fréquemment de jolis villages de pierre, très authentiques. Paysages superbes, variés, et chaînes des Annapurnas et des Dhaulagiris en toile de fond. Je dis bien en toile de fond : ne vous attendez pas sur ce trek à être au pied des grands sommets.
Rappel de nos étapes et durée de marche Lun - J1 - Envol pour Jomsom - 2h30 de marche - Nuit à Kagbeni (New Asia Trekker’s Home) Mar - J2 -4h de marche - Nuit à Muktinath (Shree Muktinath Hotel) Mer- J3 -5h de marche - Nuit à Marpha ( Dhaulagiri GH) Jeu - J4 - 5h de marche - Nuit à Kalopani/Lete (Kasturi Cottage) Ven- J5 -6h de marche - Nuit à Tatopani (Hotel Himalaya) Sam- J6 - 3h30 de marche - Nuit à Shikha (Moonlight GH) Dim - J7 -3h de marche - Nuit à Ghorepani (Kamala Lodge) Lun - J8 - Montée vers Poon Hill +4h de marche - Nuit à Tikhe Dhunga (Chandra GH) Mar - J9 - 2h30 de marche - Transfert en bus de Nayapul à Pokhara – Nuit à Pokhara (Moonlight Hotel)
Nous avons suivi les conseils d’internautes et de VFistes (encore merci Sawaddeekha !) en coupant en 2 la longue montée de Tatopani vers Ghorepani. Nous n’avons pas regretté ! La descente de Ghorepani vers Nayapul peut se faire aussi en une seule étape. L’arrêt à Tikhe Dhunga permet juste d’assurer le bus local à Nayapul en y arrivant assez tôt. La montée à Poon Hill permet d’atteindre en 40 minutes un plateau duquel, par temps clair, on peut assister à un magnifique lever de soleil sur le Dhaulagiri et les Annapurnas. Nous sommes partis vers 5h et étions redescendus au lodge à 7h30 pour le petit déjeuner. La montée est facile mais ça monte bien donc on a chaud. Par contre, une fois en haut, ça caille vraiment. C’est le moment de tout prendre. Pour ma part, j’avais même gardé mon pantalon polaire et enfilé mon surpantalon coupe-vent. J’étais bien … Thé ou chocolat chaud dispo là haut bien sûr. Emportez quelques roupies, trop sympa !… Ne boudez surtout pas ce point de vue même si se lever à 4h30 dans le froid et la nuit, ce n’est pas hyper cool. Vous serez payés de vos efforts. Pas de regret sur les étapes choisies. On gardera ce découpage pour la prochaine fois … 😉 J’avais entendu dire que le sentier était sale. Je n’ai pas trouvé. De gros efforts ont sans doute été faits. Les villages sont aussi bien entretenus et très accueillants. Notre préféré est Marpha, de très loin !
2 - Condition physique Nous aimons marcher. Sans être des montagnards (on est Lorrains et on habite en banlieue parisienne !) on crapahute régulièrement à Fontainebleau (circuit des 25 bosses pour ceux qui connaissent) et on y a usé nos chaussures de marche avant le départ. Nous avons 45 ans, pas de problèmes de santé particuliers, une alimentation et des habitudes de vie saines. Partant de là, nous n’avons eu aucun problème. Pas de courbature, pas de problème de souffle, pas d’ampoule. Aucune difficulté technique, c’est de la randonnée, ni alpinisme ni escalade. J’ose dire que c’est ouvert à tous ceux qui sont en bonne santé et qui aiment marcher. Mal des montagnes : vous savez qu’aucun entraînement ne peut permettre d’éviter ce désagrément. Seule l’acclimatation lente y contribue. Ce trek ne monte pas très haut. Et même en arrivant à Jomsom en avion (une hérésie en terme d’acclimatation !!), ça ne pose pas de problème. Soyons honnêtes, notre boîte de Doliprane (j’ai lu que pour combattre le mal des montagnes, le paracétamol était préférable à l’aspirine) y est passée quand même et nous mouchions un peu de sang. Mais rien d’inquiétant ou de vraiment gênant. Et les genoux ? 2 écoles : avec ou sans bâtons. Nous, on fait partie de l’école sans. Ce sont les descentes qui bousillent les genoux. Et il y en a !… Nous étions très attentifs à faire travailler les muscles et non les articulations. Ca oblige à descendre avec les genoux très légèrement fléchis et à freiner la descente pour éviter les à-coups mais c’est efficace. Les cuisses et les mollets travaillent et l’articulation du genou est beaucoup moins sollicitée. Bon, que les pros ne me tombent pas dessus, ce sont nos conclusions personnelles ! Et puis après, on a des mollets et des cuisses en béton !...
3 - Les ponts Dans mon salon … je voyais des ponts de singe : une grosse liane sur laquelle on marche en équilibre en s’aidant de 2 autres lianes pour les mains. C’est vrai qu’on voit souvent les yacks passer sur de tels ponts, accrochés par les cornes pour garder leur équilibre … 😛 Sur le terrain, bien sûr, c’est tout autre chose. Ce sont des ponts métalliques pour la majorité (1 ou 2 encore en bois), larges, protégés de part et d’autre par un grillage de plus d’un mètre de hauteur où même les mules n’hésitent pas une seconde. Aucun danger. Bien sûr ça tangue un peu. Bien sûr c’est à claire voie. Parfois (très très rarement) le grillage est béant sur 20 cm (pas même de quoi passer un pied !). Je fais la fière maintenant mais le premier est quand même assez impressionnant. Et puis, on s’habitue et j’ai même réussi à m’arrêter au milieu du dernier (pour la photo, histoire d’en mettre plein la vue à certaine !). Non, je n’ai pas trop regardé en bas quand même !... Enfin bref, pour les inquiets du vide comme moi, soyez rassurés, ça se passe bien. Mieux que la chaîne sur l’Olive Trail en Namibie !!
4 - Le racket des maoïstes Toujours dans mon salon, j’imaginais l’assaut d’un groupe d’une dizaine de communistes, l’œil sévère, armés jusqu’aux dents, kalachnikov à l’épaule, le verbe haut, exigeant leur dû. Et nous de nous soumettre, sans oser les regarder, tendant les billets réclamés en tremblant, et repartant, heureux d’avoir échappé à une mort certaine. Ah, j’vous le dis, j’ai une imagination débordante quand il s’agit de se faire peur toute seule. Sur le terrain, un peu avant Jomsom (au retour de Muktinath), nous apercevons une vieille cahute en bois et 2 mecs, cools, se marrant ensemble. Ils viennent vers nous, tout sourire. Tiens, que veulent-ils ? Et d’un seul coup, ARGH ! je comprends, je vois le drapeau rouge, le marteau, la faucille !! Ce sont eux !!.... comment ça ce sont eux ??... Mais où sont les kalachnikovs, les tanks, les bazookas ?…. Au final, c’est d’un gentil racket dont il s’agit, négociable même. Ils nous remettent un reçu sur l’obole perçue en nous engageant à bien le garder pour le présenter à un éventuel autre groupe et ne pas avoir à payer 2 fois. Grand sourire, échange d’amabilités, photos … bref, je m’étais vraiment fait un film et non, là décidément pas de quoi pavaner en racontant qu’on a survécu aux rackets des maoïstes … Maintenant, ne vous méprenez pas, je ne les défends pas pour autant et je n’en conclus pas qu’ils sont de doux agneaux angéliques … Pour notre part, nous avons payé 500 Rs pour nous 2. Notre guide nous a affirmé que c’est grâce à ses talents de négociateurs que nous avons payé si peu. D’ordinaire c’est 2000 Rs/p. C’était peut-être vrai.
5 - Logistique La logistique est très facilitée par les nombreux petits villages traversés où l’on peut toujours trouver à boire et bien souvent s’y nourrir (ah les tartes aux pommes !!) et y dormir. C’est l’embarras du choix ! Des fontaines jalonnent le parcours. Une pastille de micropur et c’est reparti ! Nous profitions aussi très souvent d’une pause pour boire un black tea dans une tea shop, ou mieux encore un chocolat chaud (du vrai, avec plus de lait que d’eau). Très chaud. Avec un crumble aux pommes, sur fond d’Himalaya … Vous imaginez ? C’est à pleurer !!! Dans ces conditions, une gourde d’1 litre pour nous 2 nous a largement suffi tout au long du parcours.
5.1 - Les lodges Aucun lodge n’était réservé. C’est bien sûr toujours Santa qui nous a guidés vers les lodges de son choix, en nous demandant si ça nous convenait (ce qui a toujours été le cas). C’est quoi un lodge ? Dans mon salon (dernière fois, promis 😛) … j’imaginais des refuges de montagne, avec une immense salle/dortoir où se superposaient trois étages de lits en rangs d’oignons … (j’ai connu ça à la caverne Dufour à la Réunion). Ici, c’est vraiment mieux que ça. Nous avons toujours eu une chambre pour 2. Certes, sommaire : 2 lits, 2 matelas (vraiment minces !), 2 oreillers. Soyons clairs, ça n’incite pas aux câlins … Toujours un petite table où poser son sac à dos. Parfois une prise électrique qui permettait (quand elle fonctionnait) de recharger la batterie de l’appareil photo. WC communs, assez souvent à la turque, avec papier et eau. Douches communes, pas toujours chaudes, parfois dans le même local que les wc, parfois, juste un robinet. Et parfois 1 seule douche pour 10 ou 15 chambres … C’est très sommaire, c’est froid mais c’est propre. Pour ma part, je me suis lavée complètement tous les jours (mais c’est sûr que les Lorrains sont un peu moins frileux que les Drômois 😛 …). Chambre, wc et douches ne sont pas chauffés. Il faut donc un bon duvet et avoir vraiment une grosse envie pour avoir le courage de se relever la nuit … Pensez-y avant de boire le dernier thé du soir … La salle à manger commune est la seule pièce chauffée, soit par un poêle, soit par des braseros glissés sous les grandes tables elles-mêmes recouvertes de couvertures qui vous tombent sur les genoux. En soirée, tous les trekkeurs se retrouvent dans cette pièce pour y manger, lire, jouer, discuter … Ambiance toujours sympa, décontractée et simple. Nous y avons fait de belles rencontres. Notamment 2 jeunes Japonaises ne parlant pas un mot d’Anglais mais tellement ouvertes, tellement joviales, tellement communicatives qu’on prenait un grand plaisir à se retrouver d’une étape à une autre … Elles ont même réussi à nous apprendre un jeu (une histoire de pouces levés) qui nous a tous (guides, porteurs, trekkeurs) beaucoup amusés. Séquence fou rire. Comme quoi, le langage parlé ne fait pas tout … Mais est-il un voyageur qui en doutait encore ?… Nous étions plus couverts dans les lodges que sur le chemin, d’autant plus que les Népalais ont la fâcheuse habitude de laisser les portes grandes ouvertes (il faut bien le reconnaître, les Népalais sont encore moins frileux que les Lorrains …). Bref, on se couvrait donc : pantalon polaire, chaussettes de laine (prévoyez des sandales à scratch plutôt que des tongs …), T-shirt manches longues, petite et grosse polaire, écharpe polaire. Indispensable également de disposer d’un sac de couchage bien chaud. Je dormais avec une chemisette style Damart et des chaussettes. Je vous l’ai dit, ça n’incite pas aux câlins … Cela étant dit, ainsi parés, nous n’avons jamais souffert du froid. Je n’ai pas de remarque particulière sur nos lodges. Le New Asia Trekker’s Home était de loin le plus confortable (sanitaires privés) mais tous étaient bien. Aucun à éviter absolument. On s’est offert une tarte aux pommes (oh ? 😇) à l’Eagle Nest Guest House de Ghasa (entre Kalopani et Tatopani) et ce lodge nous a paru vraiment vraiment bien … presque douillet … Et l’apple pie était divine !! On a retenu son nom pour la prochaine fois …
5.2 - Les repas Nous arrivions au lodge généralement un peu après midi, pour y déjeuner. Tous les lodges proposent une carte longue et variée (mais la même partout). Contrairement à ce qui était stipulé dans notre devis, Santa nous a toujours laissés libres de choisir tout ce qu’on voulait. Tous les guides font ça apparemment : ils disposent d’un forfait pour l’hébergement et les repas et si les trekkeurs sont raisonnables tout le monde y gagne … nous en liberté, eux sur le forfait. On n’a jamais dû le dépasser puisque, jusqu’au bout, on a eu "carte libre" pour les 3 repas par jour (le petit déj aussi est à la carte). On n’a jamais abusé non plus (mais on n’avait pas envie). Ni bière, ni dessert … Juste un bon gros dahl baht et une grosse théière de thé noir et on était heureux. Entre la commande du déjeuner et l’arrivée de votre plat, il faut bien compter … au moins 30 minutes (moi, j’en profitais pour me doucher !). Aussi, pour le dîner, les lodges ont-ils pris l’habitude de prendre la commande dans le courant de l’après-midi et de vous demander à quelle heure vous voulez être servis (généralement, entre 18 et 19h). Idem pour le petit déj, la commande est passée la veille en indiquant l’heure de service. Le rituel est toujours le même : vous notez dans un cahier votre numéro de chambre, votre commande et l’heure. Lents mais bien organisés ! Les frais de repas et d’hébergement sont totalement pris en charge par le guide. Rien à débourser (hormis le thé que nous sirotions dans l’après midi et que nous payions aussitôt). Pour information (pour notre prochain trek et pour VF !!), j’ai noté que chacun de nos 3 repas revenait en moyenne à 500 Rs pour nous 2 (soit 1500 au total) et que la nuit en lodge coûtait entre 100 et 150 Rs pour un confort simple (sanitaires communs).
5.3 - Le fameux dahl baht C’est le plat national du Népal, a fortiori du trek. Très nourrissant, très copieux puisque servi à volonté, très bon, nous, on ne s’en est pas lassé !! Une énorme assiette de riz cuit vapeur et autour un curry de légumes, une soupe de lentilles, des épinards, des achards. Tout est resservi à volonté et dès que votre assiette se vide, ils arrivent avec les gamelles. C’est génial. Je vous assure que, lorsque vous avez marché 4 ou 5 heures, l’estomac dans les talons, ce plat bien chaud est divin. Le serait-il autant un samedi soir ici à Paris avec des amis, je n’en suis pas si sûre … mais, là, en montagne, il avait toute sa saveur ! Vous devez goûter ça ! Et goûtez le vite car si vous aimez, vous pourrez y revenir !
5.4 - L’équipement (à cette époque, début Novembre) Dans la journée, il fait doux mais on sent qu’on est en altitude. Le matin, on démarrait (entre 7h30 et 8h) avec 4 couches (T-shirt + polaire légère + grosse polaire + coupe-vent). Généralement, après 1 heure de marche, nous tombions le GoreTex (coupe vent et grosse polaire) et parfois même la polaire légère (surtout si on montait !). La partie de Jomsom vers Kagbeni est très ventée. Le coupe-vent est très appréciable ici, ainsi que des lunettes de soleil (pour protéger les yeux des grains de sable qui volent). Finalement, nous n’avons jamais souffert du froid pendant la journée.
Notre sac à dos (1 seul pour nous 2) pesait environ 14 kg (sacs de couchage compris). Eh bien, vous savez quoi ? on a encore ramené du linge propre ! On emporte toujours trop ! Sur ce trek, on transpire peu, on ne se salit pas, on peut se laver facilement et il n’est pas utile de changer de T-shirt tous les jours. Bien sûr au bout de 5 jours, je ne dis pas que je sentais encore l’Ariel Grand Large mais je ne faisais pas fuir mes voisins non plus, je vous assure … Après la douche, je m’habillais d’une tenue propre pour la fin de journée. Et le lendemain matin, je ré-enfilais ma tenue de marche qui avait eu le temps de s’aérer. Un changement de T-shirt au bout de 5 jours et voilà ! Sachez néanmoins qu’il fait froid la nuit et qu’un slip lavé ne sera pas sec le lendemain matin … Pensez aux protections jetables, c’est idéal (d’accord, ce sont des déchets qui polluent, c’est vrai …). Un soutien gorge de sport est plus confortable. Comment ça "pour quoi faire ?" ? Même pour les petits gabarits comme moi, c’est plus agréable.
Voilà ce que j’ai utilisé en 9 jours : 2 T-shirt manches courtes (en fibre technique, c’est mieux pour éviter la sensation de froid après transpiration) 1 T-shirt manches longues, un peu épais, pour le soir (je ne l’ai pas porté en journée) 1 polaire légère (journée et soir) 1 pantalon de rando coton 1 surpantalon imperméable et coupe-vent (Lafuma, entièrement zippé, très bien, trouvé chez Go Sport) 1 pantalon polaire (pour le soir ou sous le surpantalon pour monter à Poon Hill) 1 grosse polaire 1 coupe-vent Gore Tex 2 paires de chaussettes de rando 3 slips, 2 SG 1 chemisette manches longues style Damart (mais moins chère que Damart) pour la nuit Bonnet, écharpe, gants
Indispensable : Chargeur pour votre batterie d’appareil photo numérique (pas besoin d’adaptateur mais les prises ne fonctionnent pas toujours bien) Lampe frontale pour les pannes d’électricité (courantes si j’ose dire !!) et aussi pour lire au lit quand l’interrupteur est près de la porte … Vous trouverez des piles rondes de rechange partout. Protection solaire, mais n’emportez pas 25 flacons, il n’y a que le visage qui est exposé … un petit tube suffit (et toc, encore 50 gr d’économisé !) Des mouchoirs en papier : on mouche beaucoup. Ceux vendus sur place sont ultra fins et se transforment en dentelle après une seule narine. Pas très agréable … Offrez-vous ce petit luxe d’apporter vos Kleenex habituels. Des sandales et non des tongs, pour pouvoir garder des chaussettes. C’est vraiment agréable de quitter les chaussures à l’étape. Du papier toilette pour vos besoins dans les petites tea houses en chemin. Un peu de lecture. Pour ma part j’ai lu Annapurna premier 8000 de Maurice Herzog. En dehors des passionnés de montagnes, ce livre n’a aucun intérêt SAUF ici !! On est dans ses pas, il cite des villages qu’on traverse, des sommets qui nous dominent, des cols qu’on aperçoit … Fabuleux ! Je le conseille. Un jeu de cartes. De l’argent liquide : pour payer les dépenses hors repas (les thés, les tartes aux pommes, les maoïstes …). On a dépensé 60€ pour nous 2 pendant les 9 jours de trek (ça file vite quand même …). Ne cherchez pas à tout prix à n’emporter que des petites coupures, les billets de 500 Rs ne posent aucun problème. Prenez soin de votre permis de l’ACAP, vous aurez à le présenter assez souvent. Nous avions laissé nos passeports dans le coffre de Katmandou. Mais vous en aurez besoin ainsi qu'une photo d'identité si vous devez faire ce permis sur place.
5.5 - Une journée type Petit déjeuner autour de 7h Départ entre 7h30 et 8h Arrivée à l’étape entre 11 et 13h Repas / Douche Visite du village / Lecture / Ecriture / Recherche d’une tarte aux pommes (encore ??!!) / Repos … Dîner entre 18h et 18h30 Dodo vers 20h
6 - Santa, le guide et Divi, le porteur Nos relations ont été agréables, amicales et saines, d’autant plus que Santa avait une attitude très paternelle et très protectrice envers le jeune Divi. Ce qui n’est pas toujours le cas ... Divi ne nous attendait pas. Il marchait à son rythme, à savoir très très vite (en sandales de plastique !) avec de nombreuses pauses assez courtes. Santa, lui, démarrait avec nous. Son niveau d’Anglais était vraiment très faible et ne nous permettait aucune discussion. Ce qui ne nous gênait pas beaucoup, et lui non plus apparemment. Nous marchions côte à côte, sans non plus être collés. Parfois il s’arrêtait pour discuter avec un copain et l’écart se creusait. Nous sommes même montés à Poon Hill seuls car il avait une gueule de bois à gérer …. Lors des pauses, il est de coutume et de bon ton de payer l’ensemble des consommations. Mais ils étaient tous 2 bien moins gourmands que nous ! Qu’est-ce qu’on a pu manger comme tartes aux pommes !! Aux étapes, guides et porteurs se retrouvaient tous ensemble pour manger, boire de l’alcool de pomme et jouer aux cartes. De temps à autre (entre 2 donnes), un petit coup d’œil, un petit sourire pour vérifier que tout allait bien pour nous. Pas du tout envahissants et je pense que Santa a vite compris que ça ne nous gênait pas (ceux qui ont lu mes précédents carnets savent que nous ne sommes pas très liants). Il vivait sa vie, nous la nôtre, en bonne entente. C’était parfait pour nous. Lors de l’étape à Muktinath, nous avons passé la soirée avec un couple d’Allemands, nos guides et nos porteurs. A 8, tous ensemble à la même grande table pour profiter du brasero à nos pieds. Mais ce fut la seule fois. Le porteur des Allemands n’était d’ailleurs pas du tout à son aise … Le pourboire. Toujours un peu délicat … Surtout ne pas les brimer, mais sans donner trop non plus … Nous avons suivi les conseils d’autres trekkeurs disant de prévoir 3€ pour le guide par jour de trek et 2€ pour le porteur. Nous avons donné 2500 Rs à chacun. Pas eu envie de faire de différence.
7 - Le bilan
7.1 - L’agence Nepal Ecology Trek Je pense vraiment que NET est une excellente agence. Tous les guides qu’on a croisés (de chez NET ou non) nous ont dit que NET était correcte avec ses guides et ses porteurs. Par ailleurs, les bénéfices servant des œuvres humanitaires, ça aide à ouvrir le porte-monnaie pour une somme aussi lourde … Car, tout de même, la satisfaction n’exclut pas le bilan et il faut bien convenir que passer par une agence (même locale, je ne parle pas des agences françaises !) revient très cher. En comptant très large, j’ai estimé avoir payé plus du double du prix de revient (salaire, hébergement et repas de nos 2 compagnons de voyage inclus). Aucun regret bien sûr, d’abord c’est pour la bonne cause, on a fait travailler un guide et un porteur et on n’aurait jamais imaginé partir seul pour une première approche de l’Himalaya. On a payé notre confort, notre tranquillité d’esprit et notre sécurité. On a rencontré en chemin plusieurs couples faisant le grand Tour seuls, sans guide, sans porteur. Liberté totale … C’est vraiment faisable … Clairement, sur ce trek, le guide est inutile. Il n’y a aucune ambiguïté de parcours, du monde partout (Népalais et trekkeurs) pour vous aiguiller si nécessaire, des lodges en abondance et les maoïstes sont calmes. Si c’était à refaire, et toujours dans le cadre d’un premier voyage, je conseillerais, l’embauche d’un seul guide/porteur, directement (hors agence). Dans ce cas, il faut embaucher quelqu’un recommandé par d’autres pour éviter de tomber sur des filous … Sawaddeekha (entre autres !) donne le mail de son guide/porteur dans son post (cliquer ici).
7.2 - Le trek en lui-même ENCHANTES !! Mais avec un énorme goût de TROP PEU au final … On s’aperçoit que décidément on aime marcher ! Notre but est atteint. Ce trek était une première approche. Nous voulions voir ce qu’était un trek dans l’Himalaya, nous voulions voir si nous avions la condition physique pour le faire, l’esprit, le goût, l’envie d’aller plus loin. On a répondu … Résultat : en arrivant à Katmandou, on a couru acheter une carte du Tour des Annapurnas au 1/100 000 pour préparer le prochain. Que nous ferons seuls, cette fois, puisque maintenant on sait où on va, on peut se le permettre. En prévoyant 4 semaines (pour 16 à 20 jours de trek), ça nous parait large et prudent, tout le temps nécessaire pour s’acclimater et parer aux imprévus. Thorung La, attends-nous, on revient ! Maintenant il faut que j’explique à mon patron que je veux partir 4 semaines … pas gagné !! 🤪
KATMANDOU :
Rien de ce que je peux dire ici ne suffira à vous en donner une image exacte. Tant mieux ! La première impression que fait Katmandou (surtout en arrivant en début de soirée, période de rush) est déconcertante. Katmandou est la ville de tous les contrastes : le sublime côtoie le sordide, le spirituel côtoie l’immonde … Mais voilà qui fait tout son charme. Jamais vu ville plus bruyante, plus polluée, plus délabrée. Les ordures jonchent les rues, apportant avec elles leurs lots d’odeurs ! Imaginez un peu : des femmes magnifiques dans leurs saris vifs et colorés, assises au milieu des gravats ; un doux fumet de curry couvert d’un seul coup par l’odeur âcre de l’urine ; un rat crevé devant un temple de Ganesh ( !) ; des embouteillages monstres, bruyants, juste aux abords d’une petite cour sereine où du linge sèche sur un temple … Ce sont ces contrastes aussi marqués qui rendent Katmandou fascinante. Soyez prévenus, Katmandou n’est pas Luang Prabang, loin s’en faut. Mais que ça ne vous empêche pas de plonger avec délices dans cette ville intemporelle.
Swayambhunath 100 Rs (guichet tout en haut des marches) – Tous les prix indiqués s’entendent par personne Depuis Thamel, on peut s’y rendre à pied : les explications du Lonely Planet dégrossissent, les Népalais font le reste. Ils devinent tous où vous allez quand vous êtes dans le coin … Environnement agréable, long escalier pour atteindre le stupa où les singes se donnent en spectacle. Nous avons supposé que nous y étions un jour de fête, tant les Népalaises aux saris rouges étaient nombreuses. Superbes scènes d’offrandes. Tous les sens sont sollicités : la vue en premier lieu avec tout ce rouge déployé, l’odorat avec les bougies et les petites lampes à huile, l’ouïe avec le son des clochettes que tous font tinter pour appeler les divinités, le toucher avec les moulins à prières qu’on n’a pas manqué de faire virevolter nous aussi. Pour nous ne manquait que le goût. Les Népalais l’ont eux développé au cours d’un grand repas rituel partagé au sein du temple, à même le sol, des journaux en guise d’assiettes. Notre premier temple, nos premiers Yeux, nos premières rencontres, nos premiers portraits. Belle visite, le ton de notre voyage était donné !
Durbar Square 200 Rs Si vous comptez y passer plus d’une fois, ne manquez pas de demander un pass. Il vous faut une photo d’identité et votre passeport. Si vous avez le temps, ne cherchez pas à la comprendre en une seule fois. Venez-y en fin d’après midi, avec une belle lumière rasante et laissez-vous simplement porter par l’ambiance, perdez-vous dans ce dédale de temples newar et shikhara. Et puis revenez, cette fois pour une visite plus approfondie, plus studieuse. Arrivez, cette fois, tôt le matin quand la place commence seulement à s’animer. Montez en haut de Maju Dega et prenez le temps de lire vos guides. Le petit plan fourni par le guichet et le Lonely Planet suffisent pour faire une visite complète et agréable. Mais si vous préférez être guidés, vous n’aurez que l’embarras du choix … Nous, nous préférons toujours être seuls et avons écarté gentiment les guides qui proposaient leurs services. Lonely Planet, plan et boussole à la main, on vit alors notre visite un peu comme une chasse aux trésors, et les efforts que l’on fait pour découvrir tel ou tel indice nous permettent de nous approprier le lieu, de noter les détails truculents et de fixer les images. On aime cette quête. Le musée Tribhuvan (250 Rs) n’a d’intérêt que pour l’architecture du bâtiment. Le contenu, à la gloire des derniers rois, m’a prodigieusement barbée (et je reste polie) ! Le berceau du roi, la tétine du roi, le jouet du roi, une photo du roi avec Machin, et encore une avec Bidule, et encore une avec Truc … Pfff … En plus, que c’est grand … Je pense qu’on peut vraiment en faire l’économie …
Pashupatinath 250 Rs Pour ce prix, vous n’aurez accès qu’à l’extérieur. L’entrée du temple est interdit aux non-hindouistes. On y va en taxi depuis Thamel (120 Rs). Je suis un peu mal à l’aise avec cette visite … Pashupatinath se situe au bord de la rivière sacrée Bagmati le long de laquelle ont lieu très régulièrement des crémations. Agglutinés le long de la rive opposée, on assiste à ce spectacle bien orchestré. J’ai beau y assister avec discrétion et humilité, je ne peux pas m’empêcher de m’interroger sur le bien fondé de ma présence. Bien sûr c’est une cérémonie, intéressante sur le plan culturel, et s’il s’agissait d’un mariage ou d’un baptême, je n’aurais aucun scrupule. Le problème c’est la mort … Autant il me parait sain et agréable d’assister à la joie des gens, autant j’ai plus de mal avec le chagrin. Quelle est la part de voyeurisme ?... Bon, je n’ai pas répondu à cette question … et je suis toujours partagé entre l’enrichissement culturel que m’a apporté cette cérémonie si loin de nos coutumes, et la gêne et le sentiment d’avoir peut-être manqué de compassion et de respect. A l’Est de la rivière s’élève un large escalier avec, de part et d’autre, une forêt de chatryas dédiés à Shiva. Dans ce dédale de petits temples, quelques sadhous, plus ou moins comédiens, attendent le touriste pour monnayer une photo. Bref, voici un endroit intéressant mais qui m’a laissé un souvenir mitigé … A chacun de voir …
Bodhnath 100 Rs On rejoint Bodhnath à pied depuis Pashupatinath à travers villages et champs grâce aux explications claires du Lonely Planet. Bien peu de touristes ici finalement comparé à l’affluence à Thamel le soir. Ce n’est peut-être pas ce que la majorité vient chercher. Peu importe, tant mieux pour moi ! Car les Yeux, ceux que l’on voit partout, c’est ici !! Un cube doré sur un dôme blanc festonné de guirlandes de peinture jaune. Et la musique sacrée Om mani padme hum qui partout résonne, relaxante, lancinante. Tous dans le même sens, Népalais et Tibétains tournent autour du stupa en faisant valser les moulins. Et dominant toute cette ferveur, ce Regard impassible, envoûtant … Mon regard à moi se voile … Séquence émotion. Nous tournerons nous aussi autour du stupa, d’un lent pas de sénateur, comme il convient. Un tour, 2 tours, 10 tours … jusqu’à plus soif, jusqu’à pouvoir se décrocher de ce lieu magique. Une fois encore, je prends conscience ici du privilège et de la chance que j’ai de pouvoir réaliser mes rêves.
Thamel Quartier touristique de Katmandou qui regorge de petits hôtels et de bons restaurants. Sans parler des boutiques, des agences, des bureaux de change … tout est fait pour les touristes. Absolument aucune authenticité, pourtant ce quartier vivant n’est pas désagréable. Il est en tout cas extrêmement pratique. Vous y trouverez entre autres de nombreuses librairies vendant des livres (ben oui !) mais aussi et surtout des cartes détaillées de tout le Népal, vraiment pas chères. Quand Philippe veut me faire plaisir, il ne m’emmène pas dans une bijouterie, il m’emmène à l’IGN. Alors là, comme il disait, j’étais comme une gamine dans une confiserie, les yeux écarquillés, ne sachant plus où donner de la tête, totalement survoltée. Je crois même l’avoir un peu saoulé 😇 … Nous y avons acheté les cartes qui nous serviront à préparer notre retour …
LA VALLEE :
1 – Bhaktapur
Minibus express : 15 Rs/p l’aller, 18 le retour. Bhaktapur, savamment restaurée, est un joyau !
Durbar Square 750 Rs – Avec votre n° de passeport, le guichetier indiquera au dos du billet la durée de validité que vous lui demanderez Nous savions que nous reviendrions … Comme pour Katmandou, une première visite où on a goûté l’ambiance, flâné dans les rues et consacré du temps pour Changu Narayan. La veille de notre départ, nous y sommes revenus. L’impression d’être déjà en terrain connu, le plaisir de retrouver ce que l’on a adoré 2 jours plus tôt. Revenir, c’est bénéficier d'un bonus. Pourtant, pour être parfaitement honnête la Durbar Square de Bhaktapur n’est pas ma préférée mais on est quand même à un très haut niveau d’émerveillement … Pour contempler le temple Nyatapola depuis la terrasse du café éponyme, il faut accepter de payer le prix fort … c’est hors de prix. Mais que le sikarni (yaourt local agrémenté de noisettes et de fruits) y est bon !! Allez, petit luxe …
Changu Narayan 60 Rs A défaut du bus local vraiment trop bondé, on revient à Durbar Square où on négocie âprement un taxi pour nous y emmener, nous attendre et nous redescendre. 300 Rs l’A/R. Route défoncée comme il se doit, qui s’élève vers un temple superbe, haut en couleurs. Nous y arrivons un jour de fête. Le monde, le rouge, les tikas épaisses et colorées sur tous les fronts (hommes, femmes et enfants) ne nous laissent pas en douter. Une fois de plus, nous passerons davantage de temps à admirer les gens et leurs coutumes que les sculptures des étais de bois (pourtant d’une rare finesse). Nous redescendrons trop sagement (et un peu à regret) retrouver notre taxi au bout d’une heure, durée d’attente convenue avec le chauffeur. Sommes-nous trop disciplinés ?…
2 – Patan
Taxi de Thamel à Patan Dokha pour 150 Rs. Là encore, nous suivons l’itinéraire du Lonely Planet qui nous entraîne de petites ruelles en minuscules passages couverts, de cours en cours, toutes pourvues de leur petit temple, de leur bassin, de leur puits. L’objectif est d’atteindre Durbar Square en profitant de toutes les splendeurs de Patan. Superbe balade.
Golden Temple 25 Rs Un peu lourd (à mon goût) mais superbe ! Montez à l’étage visiter le monastère bouddhiste.
Durbar Square 200 Rs Mon préféré … c’est mon esprit cartésien qui parle : celui-là est tiré au cordeau ! Le toit terrasse du Taleju Restaurant domine toute la place, avec les montages en toile de fond.
Musée 250 Rs Remarquable, didactique, on y passerait des heures. Belle muséographie, belles pièces, nombreuses clés sur l’iconographie bouddhiste et hindouiste. On y apprend beaucoup de choses, facilement, pour peu qu’on lise l’Anglais …
3 – Kirtipur et Chobar
Kirtipur est un petit village agréable qui permet de découvrir les environs de la capitale. Nous nous y sommes rendus en bus (9Rs/p) et ensuite, à l’aide du Lonely Planet, d’une boussole et des habitants, nous avons visité les lieux. Jolies petites ruelles de briques rouges avec partout des petits temples, tout poisseux de paraffine et enduits de pigments rouges, orange, jaunes au point parfois de ne plus reconnaître la divinité … Perdez-vous et profitez. Ce n’est pas bien grand, on ne risque rien …
Nous quittons Kirtipur à pied pour rejoindre Chobar. Toujours grâce aux indications des villageois, nous y arriverons sans problème par une agréable promenade dans la campagne, le long des rizières. N’hésitez pas. Avant de chercher les fameuses gorges, on décide d’aller manger … Le Chobar Village est réputé. Repas quelconque (voir § plus haut) mais surtout vue superbe sur toute la vallée et accueil chaleureux. La gorge de Chobar ne vaut pas tripette … surtout quand on rentre de l’Annapurna … Mais qu’importe, elle fournit un objectif à une jolie balade en campagne.
Nous rejoignons ensuite Patan à pied (ça fait un petit bout quand même) pour revoir encore Durbar Square. Nous y sommes arrivés à 17h15, la nuit tombait, les bibelotiers remballaient leur étals, quelques ampoules à droite à gauche formaient des ombres sur les grands temples … ambiance magique … Enfin, taxi pour rentrer à Thamel (150 Rs et ½ h de bouchon …).
C’est une très belle journée mais Patan et Bhaktapur restent prioritaires. C’est parce que nous avions le temps …
DIVERS :
L’accueil : souriants, gentils, aimables, serviables … un vrai bonheur Logistique : pensez à apporter des photos d’identité. Au moins 2 : une pour le pass de Durbar Square de Katmandou, une autre pour le permis de trekking. Vous trouverez tout à Thamel ou à Pokhara. On a acheté 2 gourdes en métal à Pokhara la veille de partir en trek, vraiment pas chères (400 Rs chaque). On en a eu pour notre argent : elles fuyaient !... D’ailleurs, elles sont restées au Népal … Pannes d’électricité fréquentes et parfois assez longues. Certains lieux (hôtels, boutiques, restau) ont des groupes électrogènes, d’autres pas … On a mangé aux bougies au Kilroy’s, c’était super ! Finir sa douche dans le noir, ça l’est moins … Les cybercafés sont très nombreux, pas chers mais les tarifs varient du simple au décuple ! Débit effroyablement long … Il faut parfois ½ h d’attente pour avoir enfin accès à la messagerie. 10 minutes pour faire un beau grand message détaillé, je me relis, oui, c’est bien, ouf ! allez "ENVOYER" et vlan … panne de courant !!! j’ai failli jeter la souris sur l’écran … Bref, n’entrez pas dans un cybercafé sans votre bouquin, une petite heure devant vous … et une bonne dose de fatalisme … La carte bancaire : oui, elle peut servir, pour les achats un peu plus coûteux. Nous l’avons utilisé 2 fois : un restau (le Kilroy’s) et l’achat d’un mandala. Je ne l’ai pas utilisée en retrait cash, j’avais apporté des € et des TC en $ (mais pourquoi donc des TC en $ ?? Je les traîne depuis 17 ans, j’en ai marre, on a décidé de les utiliser …). Le climat à cette époque : sec, lumineux, doux. N’oubliez pas une polaire pour les soirées à Katmandou. Sans faire froid, il fait frais … Vous pouvez oublier les débardeurs et les shorts. Pour nous Lorrains, ça nous semble être le temps idéal pour voyager ! Je déteste transpirer !.... L’affluence touristique à cette époque : énorme, disparate, beaucoup de groupes de Français sur le trek. Thamel se vide de ses touristes en journée. Ambiance plus cool … Il devient alors agréable d’y flâner. Les problèmes de santé : ni Philippe, ni moi-même n’avons souffert de tourista. Nous buvions de l’eau en bouteille ou purifiée à la pastille (l’équivalent de Micropur) et nous nous lavions les dents à l’eau du robinet. Pas de précautions particulières non plus sur les légumes, les fruits et les crudités. Hors de question de s’en priver, on a juste habitué nos estomacs progressivement. Je suis convaincue qu’à trop prendre de précaution, on ne s’immunise pas et que c’est comme ça qu’on finit sur les toilettes … Ca n’engage que moi et je dégage toute responsabilité bla bla bla … Par contre, on a beaucoup souffert de la gorge et des bronches à Katmandou, très sûrement à cause de la pollution. Mais quoi, on n’allait quand même pas se trimballer avec un masque ?… On en a vu ! Les devantures des pharmacies regorgent de Strepsil. Comme quoi !… L’air pur de Paris a suffi à nous remettre sur pieds … Quoi ?... 😇 L’itinéraire : notre choix a été très particulier : un "petit grand" trek qui occupe la moitié du séjour et le reste à Katmandou. On aurait pu aller à Chitwan ou à Bardia, je sais Sawaddeekha, tu avais insisté sur ce point … On aurait dû courir … On a fait le choix de se poser … On ne regrette pas, Katmandou mérite qu’on s’en imprègne pour passer derrière l’écran, sinon, on risque de repartir avec juste la vision d’une ville dépotoir … Affaire de temps, affaire de choix, affaire d’envie ... Nous avons privilégié le confort de se poser 8 jours dans le même hôtel et de rayonner. Peut-être aurions-nous dû consacrer une nuit à Bhaktapur pour profiter de la ville le soir. On a peut-être été un peu mous sur ce coup-là … Photos : portraits faciles pour peu que vous disposiez d’un numérique et que vous montriez le résultat. Les voisins voudront voir et vous demanderont d’être pris eux aussi. Ca peut parfois durer longtemps … Un jour, j’ai vu un touriste faire une photo d’un Népalais, en guenilles, un peu hagard, pauvre hère … Certes, allure vraiment exotique. Le photographe demande à sa femme de se mettre à côté (tel un trophée). Gros rire niais de la femme, elle s’exécute et s’approche de notre homme, assez près pour être dans le cadre, mais pas trop non plus des fois que ses puces aient envie de changer de propriétaire … sourire conquérant de la femme, regard perdu du pauvre homme, voilà, c’est parfait, la photo est faite. La femme rejoint son mari affairé à vérifier son œuvre tout en rejoignant déjà son groupe. Ils n’auront pas un regard, pas un geste, pas un merci pour le pauvre homme qui est resté planté comme un I, le regard totalement éperdu. J’ai été lâche, ils n’étaient pas Français et je ne me suis pas sentie capable de les insulter en Anglais. Mais j’aurais dû le faire en Français. Le numérique a un énorme avantage : celui de partager avec son sujet la photo faite. Et ce moment de partage est divin : le regard s’illumine, il touche l’écran, un sourire point, pudique, et levant alors les yeux vers moi, il me remercie encore plus que moi je ne le faisais. Gratitude partagée, échange de sourires, les mots sont inutiles, l’émotion passe. Ce moment est bien plus important que la photo en elle-même. Prenez en photo un enfant porté par sa mère et regardez le sourire et l’air fier de la mère devant le résultat. On n’oublie pas de tels moments. Combien de portraits ai-je fait, que je n’ai pas conservés, juste pour créer cet instant magique ! L'artisanat : beaucoup de babioles sympa pour faire plaisir à moindre frais … Rien d’extraordinaire en terme de sculptures sur bois, les pays d’Asie du Sud-Ouest proposent un artisanat bien plus fini. Les boutiques "d’antiquités" disposent parfois de belles pièces (de bronze notamment) mais attention aux prix. Nous avons aimé les peintures (aquarelles, huiles, mandalas). Aucun conseil, c’est tellement affaire de goût. Prenez le temps avant d’acheter car les qualités varient beaucoup d’un artiste à un autre. Les boutiques de Thamel ferment entre 19 et 20h et ouvrent assez tard (vers 10h). Ambiance agréable dans les boutiques, les vendeurs vous hèlent sans agressivité et avec le sourire.
On a beaucoup aimé : 🙂 Le trek - Etre dominés par des plus de 8000. Dormir dans des sacs de couchage bien chauds dans des chambres bien froides Les apple crumble de Marpha … et d’ailleurs Les magnifiques temples newar aux fines sculptures sur bois, prélude des pagodes chinoises
On a moins aimé : 😕 Sentir les mollards passer parfois bien près … A Bodhnath, j’en ai pris une éclaboussure sur la main. Beurk, beurk, beurk … Ah, quels cracheurs !! Les klaxons La minceur des matelas
En conclusion ... Que de joie, que d’émerveillement, que de surprises mais aussi que de frustrations nous a réservés ce choix, disais-je en intro ! Il est très peu de pays dont on soit revenu en disant qu’on y retournerait. Le Népal en est un. Certes, les yeux de Bouddha sont envoûtants, énigmatiques ; Katmandou est fascinante, tellement fatigante, polluée, bruyante, mais tellement hors du temps, chatoyante, joyeuse, hallucinante ; les Népalais sont d’une gentillesse et d’une patience incomparables ; les dahl baht sont délicieux … Mais au-delà de tout ça, ce qui nous a émerveillés, ce sont les montagnes, ces sommets blancs majestueux. Ce sont eux que nous voulons revoir. Correction ! Pas seulement en fait, c’est un tout. Ce qu’on veut revoir, ce qu’on veut revivre, c’est l’arrivée dans les villages de pierre, le sourire des villageois en chemin, le chocolat chaud qui réchauffe les doigts engourdis, les repas roboratifs mais toujours hauts en saveur, les mules, les yacks souvent croisés sur les sentiers, les porteurs qui malgré leur charge continuent à sourire, les paysages changeants, variés, toujours grandioses, les ponts, défi vaincu à ma peur du vide, les soirées autour d’un brasero emmitouflés dans 2 polaires, les nuits froides et noires, chacun blotti dans son sac de couchage bien douillet, à se sourire sans rien se dire … Non, ce qu’on veut revoir, ce ne sont pas les montagnes, ce n’est pas vrai. Ce qu’on veut revoir, finalement … c’est le Népal. Thorung La, on reviendra.
Patagonie: émotions à l'état brut (Argentine et Chili) English translation pending
Me voici de retour, complètement émerveillé ... Il me faudra longtemps pour atterrir.
Ce fut un extraordinaire voyage que nous préparions depuis plusieurs années. Presque tout un mois en Argentine et au Chili, plus de 10 000 km dans ces immenses pays, du Nord au Sud et du Sud au Nord, avec quelques zig-zag d'Ouest en Est, à travers les Andes. Dix avions, des mini-bus et des bateaux sans les compter, et quelques millimètres de semelles de chaussures.
Après Buenos-Aires, ses quartiers typiques et ses tangos sensuels, direction plein Sud vers la péninsule Valdes.
Les habitants des lieux étaient au rendez-vous : dans la baie de Puerto Pyramides, des monstres de 30 tonnes, les baleines et leurs baleineaux, ont batifolé autour de nous comme des truites dans un vivier (une amie en a pleuré d'émotion). A Punta Tombo, nous avons passé la matinée dans la plus grande colonie de manchots du monde : 300 000 petits clowns en smoking déambulant autour de nous. On pouvait presque les toucher ! Sous le soleil mais dans un froid mordant, des terriers, des nids, des oeufs partout, c'est tout un petit monde affairé et confiant qui se dandine. On est un peu gènés d'être chez eux, on fait de notre mieux pour se rendre invisibles, mais c'est difficile. Non loin de là, à Caleta Valdes, les troupeaux d’éléphants de mer ronflaient sur la plage. Là, on est restés à distance, car ces messieurs font quatre tonnes et ces dames une tonne, et si ces gens-là ne sont pas des sprinters, ils ont la dent facile, même entre-eux : certains avaient d’horribles plaies sur les flancs, le genre de morsure qui vous arrache 4 kilos de viande d’un seul coup !
Plein Sud ensuite avec les immenses étendues de la Patagonie. Là, c’est le monde des "estancias" grandes comme un département français, avec 400 000 têtes de bétail en liberté et des gauchos burinés, tout droit sortis de la légende. On s’y est arrêtés plusieurs fois, on y mange midi et soir d'énormes et savoureuses pièces de boeuf grillé qui font oublier ce que veut dire le mot "viande" chez nous ! (le luxe là-bas, ce sont les légumes).
Et puis toujours plus au Sud, à travers les steppes où ne peut vivre qu’un mouton à l’hectare, jusqu'au mythique détroit de Magellan, puis encore plus Sud, tant qu’il y a de la terre, jusqu’à ce qu’on appelle là-bas « la fin del mundo », la Terre de Feu, Ushuaïa, le canal de Beagle sur lequel nous avons pris les bateaux du bout du monde, car une fois arrivé là, on ne peut pas s'arrêter au bord du quai ... Montagnes enneigées, froid mordant sous un pâle soleil dans ces fjords grandioses et désolés, colonies de lions de mer et de cormorans sur les îlots battus par les vents et les tempêtes. Belles randonnées à pied dans le Parc National de la Tierra del Fuego, parmi les oies sauvages et les renards, là où les arbres poussent comme des drapeaux déchirés par le vent, là où la forêt n’est plus qu’un incroyable enchevêtrement de troncs brisés, éclatés, couchés, pourris, des morts servant de lit aux arbres vivants et torturés …
Remontée vers le Nord : un saut de puce en avion (700 km, c’est la porte à côté en Argentine) et nous voici à El Calafate, porte d’entrée du Parc National Los Glaciares, grand comme la Suisse. Il n’y a plus guère de routes ici : navigation au coeur des Andes sur le gigantesque Lago Argentino, rencontre des premiers icebergs monumentaux 35 km avant d'atteindre les glaciers ... et puis soudain, dans le froid qui pétrifie le corps malgré un soleil éclatant, le choc, comme une hallucination : partout les fronts glaciaires, gigantesques, démesurés, faramineux, 5 km de large et 70 m de haut, la hauteur d'immeubles de 25 étages de glace pure, parfois blanche, parfois d'un bleu irréel ... Des fracas de tonnerre, des écroulements de montagnes de glace toutes les cinq minutes. Le plus grand de tous, le Perito Moreno, est un des seuls glaciers au monde qui ne régresse pas, mais au contraire avance puissamment. Sa démesure et sa majesté resteront à jamais gravées dans nos mémoires. Dieu, que la Terre est belle ! Nous étions muets d’émotion, les yeux embués … (non, c’était peut-être le froid …).
Traversée des Andes vers le Chili ensuite, en minibus tout terrain par les pistes sauvages, au milieu des troupeaux de guanacos (des camélidés proches du lama) et de nandous (sortes d'autruches). Au bout de la piste, une fois passée la frontière chilienne, une des plus grandes émotions de notre vie nous attendait au Parc National Torres del Paine. Les phénoménales aiguilles de granit ("las Torres" = "les tours") triomphaient dans l'azur avec leurs panaches fumants de cristaux de glace ... Mais comment la Terre peut-elle être aussi belle ?!! Ici aussi, nous avons eu une chance insolente pour le temps : notre guide local nous a dit que certains attendaient parfois une semaine pour voir se dégager les géants de pierre …
Vers le Sud à nouveau, plein Sud pour la suite, pour parcourir les "canaux" de la Patagonie chilienne, un dédale de fjords et d'îlots qui constituent la côte de l'extrême Sud-Ouest du Chili. Six cents kilomètres sans route ni piste, avec d'un côté le Pacifique, de l'autre la calotte glaciaire patagonienne, toute en longueur comme ce pays en forme de haricot vert. Bateau, donc, de nouveau, à partir de Puerto Natales, petit port oublié aux maisons de vieille tôle peintes de couleurs vives, des bateaux du bout du monde, des marins rudes aux tronches patibulaires, une navigation dure sur l'interminable fjord de "Ultima Espéranza" dont le nom à lui seul est toute une histoire. Rivages glacés ou vécurent presque nus, jusqu'au début du 20ème siècle, les derniers indiens Alakalufs, le corps enduit de graisse de phoque. Navigation sans but vers l’impasse des grands glaciers étincelants au bord desquels, en ce début d'été austral, les buissons se couvraient de fleurs rouges et jaunes.
Mini-bus ensuite, jusqu'à Punta Arenas, sur le détroit de Magellan, juste pour y rejoindre un petit aéroport et encore un avion qui nous a remontés 1400 km plus au Nord, à Puerto Montt, sur la côte Pacifique, près de l'île de Chiloe. Et de là, dès le lendemain, une incroyable traversée des Andes chiliennes dans le sens Ouest-Est, depuis le Pacifique jusqu'à la frontière avec l'Argentine. Un itinéraire sans doute parmi les plus fabuleux de la planète, que je suivais du doigt sur les cartes depuis des années (je suis accro-dépendant aux cartes). Une piste en pointillés, composée de sept sections alternativement marron et en petits tirés bleus : quatre sections "terrestres" et trois sections "lacustres", une alternance de passages de piste et de navigation sur de grandes vallées glaciaires devenues des lacs, au coeur des Andes. Entre les grands volcans enneigés aux formes parfaites, un enchantement de longs miroirs d'eau calme où le bateau avance lentement, avant de confier sa cargaison humaine et matérielle à un camion et un minibus tout terrain, prisonniers à jamais de leur portion de piste, et ainsi de suite jusqu'au prochain lac, la prochaine piste, le prochain camion, le prochain lac, le prochain bateau …
Retour à Puerto Montt, ses marchés de poissons et de coquillages, puis un nouvel envol vers le Nord (le haricot vert est si long !) jusqu'à Santiago, la capitale chilienne où nous avons au début attrapé un peu le vertige avec ce retour brutal à la modernité. Mais pas longtemps, car vite repartis en balade vers la côte Pacifique : Valparaiso le port mythique où faisaient relâche les cap-horniers. Ses collines abruptes, ses maisons de couleurs vives, ses incroyables funiculaires brinqueballants. J’ai adoré Valparaiso ! Non loin de là, visite à Isla Negra et à la maison de Pablo Neruda, vaisseau ancré à terre où rode encore l'âme du poête amoureux du Pacifique et de la liberté. Liberté qu’il défendit jusqu’à son dernier souffle dans son pays martyrisé. Pablo, j’ai récité tes vers sur place, chez toi, j’étais ému.
A Santiago, encore un avion et un autre saut de puce de 1600 km vers ke Nord et nous voici à San Pedro de Atacama, près de la frontière avec la Bolivie. Notre voyage s’est terminé là, quatre jours dans le désert le plus aride de la planète. Des reliefs incroyables, des dunes immenses, des falaises vertigineuses, des gorges défiant toute proportion, des couleurs irréelles, des sculptures de pierre et de sel, des "salares" (lacs de sel) grands comme un département français. Un autre monde, une autre planète … Un matin, nous sommes allés voir à 4300 m d’altitude les dizaines de geysers du Tatio qui s’éveillent tous ensemble lorsque le jour se lève. Partis à 4 h 30 du matin, nous sommes arrivés sur place après deux heures de piste, dans le noir glacé, un quart d’heure avant que ne débute cet hallucinant spectacle. Les geysers du Tatio ne ressemblent pas aux geysers d’Islande. Ici, point de jaillissement périodique et brutal. Ce sont des geysers calmes et continus, fumant et jaillissant tout doucement, sans interruption, à quelques mètres de hauteur. Il y en a partout, sur 10 000 ha, tout un immense bassin intramontagnard qui fume, qui crachotte, glougloutte et bouillonne de partout. Des mares de boue en ébullition, des vasques de plusieurs mètres animées d’un gros champignon bouillant et continu d’un mètre de hauteur, des trous et des ruisseaux aux couleurs rouges, mauves, vertes, blanches, des cristaux de soufre, de sel et de magnésium. Aucune limite, aucune protection, on marche où on veut … et où on peut, ça fume à gauche, ça bout à droite, ça glougloutte droit devant dans la vapeur, il faut être attentif ! (quatre morts ces dernières années). Il ne faut pas s'agiter, non plus : à cette altitude, le moindre effort est une épreuve, manger un sandwich est épuisant.
Dans le désert d’Atacama, c’est Natalia ("Nati") qui nous a guidés pendant ces quatre jours. On l’adore, Nati, elle est jeune, métis, sauvage, brute, "indómita" (indomptable), comme elle dit d’elle-même. Ses cheveux noirs ignorent le peigne, ses baskets sont trouées et ses lacets perpétuellement défaits. Elle nous a fait partager ses plus beaux secrets, ses passions, ses émotions. Chaque soir, elle nous a emmenés voir le coucher de soleil dans un site différent, en haut de promontoires comme des proues de vaisseaux de pierre devant ces fabuleux paysages qui s’embrasaient sous nos yeux en quelques minutes, comme si un peintre fou avait allumé la mèche. Le soir de l’adieu, elle nous a dit : « Ce soir, je vous promets un coucher de soleil comme vous n’en avez jamais rêvé : au milieu du salar, vous allez voir tout autour de nous les grands volcans de 6000 mètres s’embraser les uns après les autres, et aux derniers rayons du soleil, les flamands roses vont s’envoler juste devant nous et passer comme des bâtons ailés au dessus de nos têtes, pour disparaître dans le noir … Ça s’est passé exactement comme elle avait dit … Elle était assise, immobile, silencieuse, rayonnante. Nous aussi, muets d’émotion devant l’incendie fulgurant du paysage et les dégradés de couleurs allant du bleu turquoise au rouge sang et au mauve profond. Au milieu du lac de sel, au centre du désert des déserts, la sècheresse était la plus incroyable du monde. Pour arriver là, nous avions consommé une petite bouteille d’eau toutes les demi-heures, mais à ce moment là, nos yeux étaient humides …
Chris.
P.S. ... Après plusieurs mois (... il fallait laisser décanter tout ça ...) nous avons mis en ligne quelques diaporamas de ce grand voyage. Vous trouverez les liens, classés par grandes parties du voyage, ici : http://voyageforum.com/v.f?post=1710161#1710161
Chris et MF.
Ce fut un extraordinaire voyage que nous préparions depuis plusieurs années. Presque tout un mois en Argentine et au Chili, plus de 10 000 km dans ces immenses pays, du Nord au Sud et du Sud au Nord, avec quelques zig-zag d'Ouest en Est, à travers les Andes. Dix avions, des mini-bus et des bateaux sans les compter, et quelques millimètres de semelles de chaussures.
Après Buenos-Aires, ses quartiers typiques et ses tangos sensuels, direction plein Sud vers la péninsule Valdes.
Les habitants des lieux étaient au rendez-vous : dans la baie de Puerto Pyramides, des monstres de 30 tonnes, les baleines et leurs baleineaux, ont batifolé autour de nous comme des truites dans un vivier (une amie en a pleuré d'émotion). A Punta Tombo, nous avons passé la matinée dans la plus grande colonie de manchots du monde : 300 000 petits clowns en smoking déambulant autour de nous. On pouvait presque les toucher ! Sous le soleil mais dans un froid mordant, des terriers, des nids, des oeufs partout, c'est tout un petit monde affairé et confiant qui se dandine. On est un peu gènés d'être chez eux, on fait de notre mieux pour se rendre invisibles, mais c'est difficile. Non loin de là, à Caleta Valdes, les troupeaux d’éléphants de mer ronflaient sur la plage. Là, on est restés à distance, car ces messieurs font quatre tonnes et ces dames une tonne, et si ces gens-là ne sont pas des sprinters, ils ont la dent facile, même entre-eux : certains avaient d’horribles plaies sur les flancs, le genre de morsure qui vous arrache 4 kilos de viande d’un seul coup !
Plein Sud ensuite avec les immenses étendues de la Patagonie. Là, c’est le monde des "estancias" grandes comme un département français, avec 400 000 têtes de bétail en liberté et des gauchos burinés, tout droit sortis de la légende. On s’y est arrêtés plusieurs fois, on y mange midi et soir d'énormes et savoureuses pièces de boeuf grillé qui font oublier ce que veut dire le mot "viande" chez nous ! (le luxe là-bas, ce sont les légumes).
Et puis toujours plus au Sud, à travers les steppes où ne peut vivre qu’un mouton à l’hectare, jusqu'au mythique détroit de Magellan, puis encore plus Sud, tant qu’il y a de la terre, jusqu’à ce qu’on appelle là-bas « la fin del mundo », la Terre de Feu, Ushuaïa, le canal de Beagle sur lequel nous avons pris les bateaux du bout du monde, car une fois arrivé là, on ne peut pas s'arrêter au bord du quai ... Montagnes enneigées, froid mordant sous un pâle soleil dans ces fjords grandioses et désolés, colonies de lions de mer et de cormorans sur les îlots battus par les vents et les tempêtes. Belles randonnées à pied dans le Parc National de la Tierra del Fuego, parmi les oies sauvages et les renards, là où les arbres poussent comme des drapeaux déchirés par le vent, là où la forêt n’est plus qu’un incroyable enchevêtrement de troncs brisés, éclatés, couchés, pourris, des morts servant de lit aux arbres vivants et torturés …
Remontée vers le Nord : un saut de puce en avion (700 km, c’est la porte à côté en Argentine) et nous voici à El Calafate, porte d’entrée du Parc National Los Glaciares, grand comme la Suisse. Il n’y a plus guère de routes ici : navigation au coeur des Andes sur le gigantesque Lago Argentino, rencontre des premiers icebergs monumentaux 35 km avant d'atteindre les glaciers ... et puis soudain, dans le froid qui pétrifie le corps malgré un soleil éclatant, le choc, comme une hallucination : partout les fronts glaciaires, gigantesques, démesurés, faramineux, 5 km de large et 70 m de haut, la hauteur d'immeubles de 25 étages de glace pure, parfois blanche, parfois d'un bleu irréel ... Des fracas de tonnerre, des écroulements de montagnes de glace toutes les cinq minutes. Le plus grand de tous, le Perito Moreno, est un des seuls glaciers au monde qui ne régresse pas, mais au contraire avance puissamment. Sa démesure et sa majesté resteront à jamais gravées dans nos mémoires. Dieu, que la Terre est belle ! Nous étions muets d’émotion, les yeux embués … (non, c’était peut-être le froid …).
Traversée des Andes vers le Chili ensuite, en minibus tout terrain par les pistes sauvages, au milieu des troupeaux de guanacos (des camélidés proches du lama) et de nandous (sortes d'autruches). Au bout de la piste, une fois passée la frontière chilienne, une des plus grandes émotions de notre vie nous attendait au Parc National Torres del Paine. Les phénoménales aiguilles de granit ("las Torres" = "les tours") triomphaient dans l'azur avec leurs panaches fumants de cristaux de glace ... Mais comment la Terre peut-elle être aussi belle ?!! Ici aussi, nous avons eu une chance insolente pour le temps : notre guide local nous a dit que certains attendaient parfois une semaine pour voir se dégager les géants de pierre …
Vers le Sud à nouveau, plein Sud pour la suite, pour parcourir les "canaux" de la Patagonie chilienne, un dédale de fjords et d'îlots qui constituent la côte de l'extrême Sud-Ouest du Chili. Six cents kilomètres sans route ni piste, avec d'un côté le Pacifique, de l'autre la calotte glaciaire patagonienne, toute en longueur comme ce pays en forme de haricot vert. Bateau, donc, de nouveau, à partir de Puerto Natales, petit port oublié aux maisons de vieille tôle peintes de couleurs vives, des bateaux du bout du monde, des marins rudes aux tronches patibulaires, une navigation dure sur l'interminable fjord de "Ultima Espéranza" dont le nom à lui seul est toute une histoire. Rivages glacés ou vécurent presque nus, jusqu'au début du 20ème siècle, les derniers indiens Alakalufs, le corps enduit de graisse de phoque. Navigation sans but vers l’impasse des grands glaciers étincelants au bord desquels, en ce début d'été austral, les buissons se couvraient de fleurs rouges et jaunes.
Mini-bus ensuite, jusqu'à Punta Arenas, sur le détroit de Magellan, juste pour y rejoindre un petit aéroport et encore un avion qui nous a remontés 1400 km plus au Nord, à Puerto Montt, sur la côte Pacifique, près de l'île de Chiloe. Et de là, dès le lendemain, une incroyable traversée des Andes chiliennes dans le sens Ouest-Est, depuis le Pacifique jusqu'à la frontière avec l'Argentine. Un itinéraire sans doute parmi les plus fabuleux de la planète, que je suivais du doigt sur les cartes depuis des années (je suis accro-dépendant aux cartes). Une piste en pointillés, composée de sept sections alternativement marron et en petits tirés bleus : quatre sections "terrestres" et trois sections "lacustres", une alternance de passages de piste et de navigation sur de grandes vallées glaciaires devenues des lacs, au coeur des Andes. Entre les grands volcans enneigés aux formes parfaites, un enchantement de longs miroirs d'eau calme où le bateau avance lentement, avant de confier sa cargaison humaine et matérielle à un camion et un minibus tout terrain, prisonniers à jamais de leur portion de piste, et ainsi de suite jusqu'au prochain lac, la prochaine piste, le prochain camion, le prochain lac, le prochain bateau …
Retour à Puerto Montt, ses marchés de poissons et de coquillages, puis un nouvel envol vers le Nord (le haricot vert est si long !) jusqu'à Santiago, la capitale chilienne où nous avons au début attrapé un peu le vertige avec ce retour brutal à la modernité. Mais pas longtemps, car vite repartis en balade vers la côte Pacifique : Valparaiso le port mythique où faisaient relâche les cap-horniers. Ses collines abruptes, ses maisons de couleurs vives, ses incroyables funiculaires brinqueballants. J’ai adoré Valparaiso ! Non loin de là, visite à Isla Negra et à la maison de Pablo Neruda, vaisseau ancré à terre où rode encore l'âme du poête amoureux du Pacifique et de la liberté. Liberté qu’il défendit jusqu’à son dernier souffle dans son pays martyrisé. Pablo, j’ai récité tes vers sur place, chez toi, j’étais ému.
A Santiago, encore un avion et un autre saut de puce de 1600 km vers ke Nord et nous voici à San Pedro de Atacama, près de la frontière avec la Bolivie. Notre voyage s’est terminé là, quatre jours dans le désert le plus aride de la planète. Des reliefs incroyables, des dunes immenses, des falaises vertigineuses, des gorges défiant toute proportion, des couleurs irréelles, des sculptures de pierre et de sel, des "salares" (lacs de sel) grands comme un département français. Un autre monde, une autre planète … Un matin, nous sommes allés voir à 4300 m d’altitude les dizaines de geysers du Tatio qui s’éveillent tous ensemble lorsque le jour se lève. Partis à 4 h 30 du matin, nous sommes arrivés sur place après deux heures de piste, dans le noir glacé, un quart d’heure avant que ne débute cet hallucinant spectacle. Les geysers du Tatio ne ressemblent pas aux geysers d’Islande. Ici, point de jaillissement périodique et brutal. Ce sont des geysers calmes et continus, fumant et jaillissant tout doucement, sans interruption, à quelques mètres de hauteur. Il y en a partout, sur 10 000 ha, tout un immense bassin intramontagnard qui fume, qui crachotte, glougloutte et bouillonne de partout. Des mares de boue en ébullition, des vasques de plusieurs mètres animées d’un gros champignon bouillant et continu d’un mètre de hauteur, des trous et des ruisseaux aux couleurs rouges, mauves, vertes, blanches, des cristaux de soufre, de sel et de magnésium. Aucune limite, aucune protection, on marche où on veut … et où on peut, ça fume à gauche, ça bout à droite, ça glougloutte droit devant dans la vapeur, il faut être attentif ! (quatre morts ces dernières années). Il ne faut pas s'agiter, non plus : à cette altitude, le moindre effort est une épreuve, manger un sandwich est épuisant.
Dans le désert d’Atacama, c’est Natalia ("Nati") qui nous a guidés pendant ces quatre jours. On l’adore, Nati, elle est jeune, métis, sauvage, brute, "indómita" (indomptable), comme elle dit d’elle-même. Ses cheveux noirs ignorent le peigne, ses baskets sont trouées et ses lacets perpétuellement défaits. Elle nous a fait partager ses plus beaux secrets, ses passions, ses émotions. Chaque soir, elle nous a emmenés voir le coucher de soleil dans un site différent, en haut de promontoires comme des proues de vaisseaux de pierre devant ces fabuleux paysages qui s’embrasaient sous nos yeux en quelques minutes, comme si un peintre fou avait allumé la mèche. Le soir de l’adieu, elle nous a dit : « Ce soir, je vous promets un coucher de soleil comme vous n’en avez jamais rêvé : au milieu du salar, vous allez voir tout autour de nous les grands volcans de 6000 mètres s’embraser les uns après les autres, et aux derniers rayons du soleil, les flamands roses vont s’envoler juste devant nous et passer comme des bâtons ailés au dessus de nos têtes, pour disparaître dans le noir … Ça s’est passé exactement comme elle avait dit … Elle était assise, immobile, silencieuse, rayonnante. Nous aussi, muets d’émotion devant l’incendie fulgurant du paysage et les dégradés de couleurs allant du bleu turquoise au rouge sang et au mauve profond. Au milieu du lac de sel, au centre du désert des déserts, la sècheresse était la plus incroyable du monde. Pour arriver là, nous avions consommé une petite bouteille d’eau toutes les demi-heures, mais à ce moment là, nos yeux étaient humides …
Chris.
P.S. ... Après plusieurs mois (... il fallait laisser décanter tout ça ...) nous avons mis en ligne quelques diaporamas de ce grand voyage. Vous trouverez les liens, classés par grandes parties du voyage, ici : http://voyageforum.com/v.f?post=1710161#1710161
Chris et MF.
Aimez-vous la France et les Francais? English translation pending
Voyager pourquoi?
1- Pour quitter ce pays
Pour ma part, je commence vraiment à prendre la France et les francais en grippe.....En effet, ce pays me gonfle de part ce conformisme, ce conservatisme et cet immobilisme qui l'habite, cette impossibilité de se renouveler et de changer les choses.....on baigne dans une consommation outrancière et une société d'apparat ou les gens te jugent en fonction de ta catégorie socio professionnelle....dans qu'elle case vont-ils pouvoir te mettre !!!! Donc tu n'existes pas pour ce que tu es mais bien plus pour ce que tu représente.... Alors moi j'ai décidé de ne faire partie d'aucune case..... Les francais m'emmerdent, je les trouve BOF...je n'ai plus rien à voir avec mes potes (de longues date pourtant..) qui ne me parlent que de leurs gamins, des couches, des bib, et leur SACRO SAINT boulot!!!! PASSIONANT!!!! D'ailleurs il suffit de voir la réputation que l'on a à l'étranger.....de gens désagréables, jamais contents, agréssifs qui font toujours la geule.....il faudra écrire un post là dessus!!! Je m'emmerde royal ici. Je part m'expatrier l'année prochaine en amérique centrale, ou je trouve les gens nettement plus ouverts, tolérants, AGREABLE..... Les voyages, c'est tellement passionant...une vraie quète intérieure pour ma part, c'est ma raison de vivre. Sans voyage, je meurt. On découvre tellement de choses, de gens, on fait des rencontres extraordinaires, ca nous remet en place quelques fois et ca fait du bien, c'est ce que je veux...être remise à ma place. Apprendre à relativiser, apprendre à comprendre les différences, la nature humaine dans toute sa complexité, diversité....expériences humaines qui te mènent vers une autre dimension: celle où tu es à la source, à l'essentiel. Un voyage c'est avant tout quelque chose de vrai ou tu es tout nu face au monde...tu es toi et non pas le directeur d'entreprise, la secrétaire, le commercial.....En voyage tu ne peux pas te mentir à toi même, tu ne peux pas mentir non plus. C'est toi face au monde. Et lorsque les rencontres sont là au rendez vous, alors là tu sais que ces moments magiques sont d'une intense vérité car tu auras était toi même et tu auras été apprécié pour ce que tu es réellement au plus profond de toi....et ca n'a pas de prix.
Et vous aimez vous votre pays?????????????????????????????????????????????????????????
1- Pour quitter ce pays
Pour ma part, je commence vraiment à prendre la France et les francais en grippe.....En effet, ce pays me gonfle de part ce conformisme, ce conservatisme et cet immobilisme qui l'habite, cette impossibilité de se renouveler et de changer les choses.....on baigne dans une consommation outrancière et une société d'apparat ou les gens te jugent en fonction de ta catégorie socio professionnelle....dans qu'elle case vont-ils pouvoir te mettre !!!! Donc tu n'existes pas pour ce que tu es mais bien plus pour ce que tu représente.... Alors moi j'ai décidé de ne faire partie d'aucune case..... Les francais m'emmerdent, je les trouve BOF...je n'ai plus rien à voir avec mes potes (de longues date pourtant..) qui ne me parlent que de leurs gamins, des couches, des bib, et leur SACRO SAINT boulot!!!! PASSIONANT!!!! D'ailleurs il suffit de voir la réputation que l'on a à l'étranger.....de gens désagréables, jamais contents, agréssifs qui font toujours la geule.....il faudra écrire un post là dessus!!! Je m'emmerde royal ici. Je part m'expatrier l'année prochaine en amérique centrale, ou je trouve les gens nettement plus ouverts, tolérants, AGREABLE..... Les voyages, c'est tellement passionant...une vraie quète intérieure pour ma part, c'est ma raison de vivre. Sans voyage, je meurt. On découvre tellement de choses, de gens, on fait des rencontres extraordinaires, ca nous remet en place quelques fois et ca fait du bien, c'est ce que je veux...être remise à ma place. Apprendre à relativiser, apprendre à comprendre les différences, la nature humaine dans toute sa complexité, diversité....expériences humaines qui te mènent vers une autre dimension: celle où tu es à la source, à l'essentiel. Un voyage c'est avant tout quelque chose de vrai ou tu es tout nu face au monde...tu es toi et non pas le directeur d'entreprise, la secrétaire, le commercial.....En voyage tu ne peux pas te mentir à toi même, tu ne peux pas mentir non plus. C'est toi face au monde. Et lorsque les rencontres sont là au rendez vous, alors là tu sais que ces moments magiques sont d'une intense vérité car tu auras était toi même et tu auras été apprécié pour ce que tu es réellement au plus profond de toi....et ca n'a pas de prix.
Et vous aimez vous votre pays?????????????????????????????????????????????????????????
Voyage dans le Sud tunisien English translation pending
Bonjour à tous,
je suis entrain d'organiser mon voyage en Tunisie. Nous partons à 4 (2adultes et 2 enfants) du 24 décembre au 3 janvier. Nous allons louer une voiture à Tunis pour arpenter la Tunisie .
En consultant les discutions j'ai déjà pu récolter beaucoup d'informations mais il y a encore quelques questions que je me pose, notamment concernant le sud du pays.
1-Je souhaite faire le Lézard Rouge, où peut-on se loger à proximité du départ ? J'ai pris note du Tamerza Palace mais cela me parait loin de Metlaoui et comme nous arriverons de Kairouan, il me semble que ça ferait un aller-retour supplémentaire, à moins que Tamerza/Midès soient indispensables à voir, qu'en pensez-vous ? De plus le Tamerza Palace à l'air très touristique et nous préférons les hébergements plus simples et proches des habitants.
2-Nous irons ensuite à Douz pour le festival, est-il facile de trouver un hébergement durant le festival pour un prix raisonnable ? Etant donné les festivités, vaut-il mieux être logé dans le centre ville ou plus éloigné ?
3-Excursion dans le désert : combien de temps faut-il en méharée pour aller jusqu'à Tsar Ghilane ? Quel agence me conseillerez-vous à Douz ? N'est-ce pas trop touristiques à cette période ?
4-A tsar Ghilane, est-il facile une fois sur place de faire une ballade à cheval jusqu'au fort romain ou faut-il s'y prendre à l'avance à Douz ?
5-Tatouine/Chenini sont-elles des étapes indispensables ?
6-Je pensais passer le 31 décembre à Sousse, qu'en pensez-vous ?
Merci, à bientôt,
Marinouchka
1-Je souhaite faire le Lézard Rouge, où peut-on se loger à proximité du départ ? J'ai pris note du Tamerza Palace mais cela me parait loin de Metlaoui et comme nous arriverons de Kairouan, il me semble que ça ferait un aller-retour supplémentaire, à moins que Tamerza/Midès soient indispensables à voir, qu'en pensez-vous ? De plus le Tamerza Palace à l'air très touristique et nous préférons les hébergements plus simples et proches des habitants.
2-Nous irons ensuite à Douz pour le festival, est-il facile de trouver un hébergement durant le festival pour un prix raisonnable ? Etant donné les festivités, vaut-il mieux être logé dans le centre ville ou plus éloigné ?
3-Excursion dans le désert : combien de temps faut-il en méharée pour aller jusqu'à Tsar Ghilane ? Quel agence me conseillerez-vous à Douz ? N'est-ce pas trop touristiques à cette période ?
4-A tsar Ghilane, est-il facile une fois sur place de faire une ballade à cheval jusqu'au fort romain ou faut-il s'y prendre à l'avance à Douz ?
5-Tatouine/Chenini sont-elles des étapes indispensables ?
6-Je pensais passer le 31 décembre à Sousse, qu'en pensez-vous ?
Merci, à bientôt,
Marinouchka
Comportement automobiliste à l'égard des cyclos English translation pending
Cela fait 15 ans que je randonne à travers le monde à raison de 3-4 mois par an (50 pays visités) et j'ai l'impression que les français conduisent les plus mal du monde...
La palme revient aux conducteurs des fourgonnettes et de voitures puissantes qui sont les rois du rase-cyclo.
Qu'en pensez-vous ?
Et vous, comment conduisez-vous si vous avez une voiture ? Personnellement, je double dans 90% des cas un cyclo comme si c'était un tracteur.
La palme revient aux conducteurs des fourgonnettes et de voitures puissantes qui sont les rois du rase-cyclo.
Qu'en pensez-vous ?
Et vous, comment conduisez-vous si vous avez une voiture ? Personnellement, je double dans 90% des cas un cyclo comme si c'était un tracteur.
Avertissement du gouvernement canadien pour ceux qui se rendent en Thaïlande English translation pending
Bonjour,
S.V.P. lire cet article qui vous concerne.
http://www.voyage.gc.ca/dest/report-fr.asp?country=290000
Le gouvernement Canadien a émis ajourd'hui, cet avertissement quant aux régions à éviter en Thaïlande, considérant le climat politique actuel.
Bon Voyage!
S.V.P. lire cet article qui vous concerne.
http://www.voyage.gc.ca/dest/report-fr.asp?country=290000
Le gouvernement Canadien a émis ajourd'hui, cet avertissement quant aux régions à éviter en Thaïlande, considérant le climat politique actuel.
Bon Voyage!
Partir seule au Bangladesh English translation pending
je serai au bangladesh pour deux mois à partir de mi septembre<;
je travaille un mois à Dhaka et puis je souhaiterais voyager un mois dans le pays.
quelqu'une aurait-elle vécu l'expérience seule? comment, quels sont les risques.., vous êtes vous senties à l'aise..? en bref si vous pouvez m'éclairer via vos témoignages et conseils, ..merci d'avance
Bali et Sulawesi (juillet 2007) English translation pending
Genève, le 7 juillet 2007
"24 heures chrono avant le départ" Hahaha!!!! Mon sac est presque prêt..je suis trop chargé comme d'hab... Pourtant deux t-shirt, deux shorts et deux chemises, c'ets pas beaucoup pour presque un mois .... mais bon on verra... no panic... ce qui m'emmerde c'est de ne pas pouvoir ramener de choses mais bon....on verra!!!!! Le plan de vol; Départ de Genève pour Zurich à 0755. Puis Zh -Doha au Qatar à 1155 pour une durée de 6heures. Arrivée à 1855 Départ de Doha pour Denpassar à Bali à 2320. Durée 12 heures. Arrivée à 1605 sur palce. Attention, décallage de 8 heures si je ne me trompe pas... Trois jours plus tard, soit le jeudi 12 juillet je quitte Denpassar en avion pour Ujung Pandang à Sulawesi. Je compte remonter jusqu'à Rantepao et visiter le pays Toraja. Puis de remonter vers le norddirection Poso et les ìles Togian...Cett région n'étant pas trop sûre je dois vérifier encore auprès du DFAE ( l'ami à Marie...celui qu'elle connait bien...le chef du DFAE!!!!!) et bien sûr me renseigner auprès d'autres voyageurs... c'est l'objectif de ces trois premiers jours que je vais passer à Kuta.J'ai reservé une chambre au Bendesa accomodation...et comble du luxe, ils viennent me chercher à l'aéroport!!!!!! 15 jours plus tard ce sera le retour sur Bali puis une semaine de vadrouille en moto à travaers l'île. Je veux aller à Ubud et qui sait prendre peut-être un cours de cuisine indonésienne.... Allez tous à vos commentaires!!! Besos!!! Vous me manquez déjà.... ah oui pour ceux pour qui la géo est du chinois, j'ai mis une carte ou deux..... ah pis ça a rien à voir mais j'ai rajouté quelques photos de moi jeune comme ça vous m'oubliez pô!!!!
Doha- Qatar, le 8 juillet 1830 a Geneve. Une heure de plus a Doha au Qatar. Apres six heures de vol, je viens de debarquer pour une courte escale de trois heures avant de reprendre le periple direction Bali et ses 12 heures de vol... Il fait 28 degres..... je vais me balader un peu dans cet aeroport qui ma tout l air d etre un temple de la consommation.... Pour l-heure tout va bien mais vous me manquez.....Bien fait pour moi.... Kuta le 10 juillet 2007 Eh ben j vous raconte pas la big nuit de sommeil que je me suis faite...Bestiale et indispensable..Le Bendesa accomodation est a reccomander absolument..je donne les coordonnees a qui les veut. Les gens sont absolument adorabls et pas chiants...Pourtant je pense que je suis dans un des endroits les plus touristiques de Bali: Kuta et ses australiens, Kuta et ses surfeurs, Kuta et ses contrefacons...mais bon pour ces deux premiers jours ca me fait vraiment vacances a la cool, piscine, plage, petits achats et plongee dans la nouritture locale. Hier soir j ai mange un bapi kecap. C est du porc avec du riz et des epices.. j en ai eu pour 6 francs suisses...c est vous dire... Ce matin apres le ptit dej' jai file a la plage ou je me suis ramasse un magnifique Ku (ta) de soleil...hahaha... bien fait me direz vous, vous qui geley dans vos lointaines contrees... J ai loue un matelas en esperant bouquiner tranquillement mais tu parles...c est un vendeur apres la utre mais c est marrant quand meme... une mangue plus tard et un tour a l hotel je me suis rendu compte que j avais oublie d aller manger... decalage sans doute... alors ce soir c est le japonais du Routard qui m appelle... Par contre ce soir au couche de soleil c etait magnifique. non pas le soleil mais la foule, nos amis les surfeurs encore eux mais surtout les familles balinaises au grand complet... je me suis regale de photos de gens.... va falloir que je change de bureau, y aura bientot plus de place... Finalment les doutes que j avais au depart sr quoi faire pendant ce voyage se dissipent peu a peu.. tout a l air extremement simple. Il suffit de laisser faire les choses et lles s imbriquent entre elles. Demain je me refait un programme a la tranquille-emile et jeudi matin, depart pour l aventure a sulawesi. je vise un hotel du routard a ujung padang pour la premiere nuit pui de prendre le bus de nuit pour Rantepao, la capitale du pays toraja. Messag por mes soeurs su elles me lisent: ce n est pas la qu ils coupent les tetes... Allez, j ai la dalle... lachez vos comm ca me fait plaisir de les lire.. Eh Marie, j t ai reconnu!!!!! Par contre, pas de nouvelles de Sacha...je trouve ca un peu dur...mais bon... Bisou a tous!!!!
Kuta, le 11 juillet 2007 ben ca alors...ca me fait presque drole de parler ou plutot ecrire en francais... ici il y en a pas...et non les chapions du monde ne viennent pas jusqu ici...hehe... alors je pratique mon anglais...faut dire que le matin je le parle super bien, apres la plage et les coups de soleil, c est plus difficile mais le soir en plaine digestion c est carrement du chinois...mais bon ils me comprennent c est l essentiel et sinon ils font semblant et ils se marrent... ..hier j ai mange des sushis, .... c etait tellement bon que jy suis retourne ce soir... a midi je me suis dcouvert une gargotte toute paumee ou l ons ervait un nasi goreng d enfer...genial.... Bon faut que je me calme, y a un surfer blond decolore qui s est installe sur l ordi a cote de moi... il a pas l air doue...pourtant surfer c est sa specialite... j suis mechant mais faut les voir le soir quand ils sont bourres...bon c est comme partout.... C est ca aussi Kuta et je suis content de partir demain parce que c etait cool pour demarrer mais la j ai envie de passer a autre chose. Donc je me leve a 0630 et depart pour laeroport a0730...une heure de vol et j arrive a Macassar ou je vise l hotel des routards du guide...moche mais une mine d or de renseignements... on verra. je compte passer une journee la bas et prendre le bus de nuit pour le pays toraja et sa capitale Rantepao.... C est super cool pour moi de vous lire... et hop....le surfeur vient de sauter une page... hahaha, , , , zy va s noyer le con et gloups et gloups.... koi moi....jalux.... d une blondasse decoloree.... plutot faire la planche oui... Besos a tout le monde...Marie merci pour les news de papa... Pour Sacha, je ne sais pas...????
Makassar- Sulawesi, le 12 juillet 2007 Dur dur le reveil ce matin... j ai pas reussi a dormir presque de la nuit... alors ce matin...le vol, court mais agite... Je suis donc sur l ile de Sulawesi... Sur la carte c est ce gros morceau en forme de K!!! A l arrivee, un chauffeur de taxi qui ne parle que la langue locale et nous voila parti pour presque une heure de delire sur route jusqu a la mythique Makassar, ville de pirates et d epices... L hotel est super cool...6 francs pour la chambre...ok, ok j entends les ronchons, t as pas de fenetres, les chiottes et la douche sont a l etage...et alors...c est cool quand meme et les gens sont super gentils.... pour tout vous dire, j ai l impression d etre le seule blanc de toute la ville... pas vu un seul gringo...ca change de Kuta... mais c est hard quand meme...c est vraiment la ville portuaire, canaille...ou t as envie de rester pour ecrire un bouquin...noir.... J ai fait mon premier tour en Becak... C est en fait une fragile cabine fixee a l avant d un tricycle...oui oui j ai bien dit a l avant... ca te donne l impression d une mort imminente a chaque approche d un fou du volant ce qui est une race en pleine expansion ici... par contre c est bestial pour se promener, faire des photos... Je suis alle visiter d abord le Fort Rotterdam...vestige de la colonisation hollandaise. A chier, moche et nul...mais par contre j y ai fait de droles de rencontres.. d abord un prof-guide local-guide spirituel musulman aussi. On a discute un long moment et c etait tres interessant... ici c est les gens qui t offrent a boire...incroyable non... Il parlait un anglais parfait... Il m a file plein de tuyaux pour la suite de mon voyage...des adresses...gratos... Puis j ai fait la connaiassance d Udin, un guide qui lui, parlait italien...presque parfaitement, puis est arrive un pote a eux qu on aurait dit un peruvien et qui parlait parfaitement mais absolument genialement l espagnol et un peu le catalan! Ca c etait Beso... a mourir... je n arrivais plus a decoller tellement que c etait drole.... Finalement un vieux pedaleur m a conduit au vieux port marchand ou le pauvre a du envier les tapettes qui font le Tour de France parce que me pousser moi c est pas de la tarte... et c etait long...mais les photos sont cool... Finalement je suis alle sur la Croisette locale voir se coucher le soleil et me perdre dans des ruelles sans lumieres pour trouver la perle des restaurants de poissons grilles... le Turi. J ai mange, niam niam, un Poisson noimme MILK FISH ou poisson sans arete... bestial... super copieux j ai pas pu finir pour un prix encore un fois miserable... Finalement ce qui m etonne le plus c est le sourire et la gentillesse des gens... tout le monde le dit mais c est vrai... tu marches dans la rue tout le monde t appelle: MisterMister!!!! et te disent bonjour... Meme les flics ils passent en voiture et klaxonnent avec le sourire pour te saluer... Bon peut etre j ai une arete de poisson collee au dos et c est la fete.... hahaha Demain a 2200 je prends le Bus pour Rantepao. Le voyage se fait de nuit donc j espere...dormir dans le bus...tu parles on verra... Merci pour vos comm qui me font toujours plaisir... J ai pense a mon retour continuer a ecrire comme si j etais encore en Indonesie...je suis devenu accro...Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii Besitos... Non Marie...pas de news....J sms... Makassar-Sulawesi, vendredi 13 juillet Nom de Dieu...moi qui voulais dormir ce matin... a 0630 les gens commencaient a dejeuner...et a cote de ma porte... bon pas grave... je me suis rendormi un peu et traine dans ma cellulle jusqu a 0900.. Ce matin en discutant avec la patronne du l hotel et son ami, j ai palnifie un peu mon sejour a sulawesi....en commencant par la fin... Je passerai les4 derniers jours sur les iles Toggian, au black Marlin...cherhce sur Google si vous voulez voir...c est magique...le luxe total pour moins de 30 chf par jour...bon j arrete de oparler fric parce qu ici ca na aucune mesure avec ce qu on connait et donc ca frise l indecence parfois... Bref apres ces trois jours aux Toggian je reprends le bateau de ligne pour Gorontalo au nord puis le lendemain l avion pour Makassar et enfin le meme jour mon vol pour Bali... Compris ? Non? Ben vous avez que relire, non? Je vais pas vous l explqiuer a nouveau... cest a la minute le net... non mais... Drole de journee aujourd hui. Il y a l hotel un jeune, Henrik, qui est ami avec les patrons. Il fait un stage dans le tourisme et je l ai pris avec moi pour visiter les chutes de Bantimurung... Je ne vous parle pas du lieu parce que bon c eatit pas trop spectaculaire.. par contre on a mis 2 heures trente pour aller et la meme chose pour revenir... Ca, c etait long mais drole...on l a fait en Bemo, ces miniscules minibus locaux.. Les gens sont hilares quand ils me voient.. deja que je parle pas le Bahasa, qui est la langue commune a toute l Indonesie, alors le Sulawesien, j te dis pas... alors pour les faire rire je repete apres eux... et eux ils se pissent aux culottes... je n ai pas de peine a imaginer ce qu ils me font dire... Dans deux heures, je prends le bus de nuit pour Rantepao dans le pays Toraja. J ai une adresse la bas... et j espere pouvoir me poser trois ou quatre jours et louer un scooter.. je me rends compte qu avec mon sac a dos ca va etre dur de me deplacer en scoot. alors vaut mieux que je sois localise quelque part et bouger depuis la... je me suis renseigne sur la region de Poso, celle qui m inquietait un peu...Il semblerait que les troubles font partie du passe... Je vais quand meme prendre toutes mes precautions et me renseigner a Rantepao encore... J espere pouvoir vous ecrire encore des demain... Vous arrivez a lire parce qu ici je ne trouve pas les accents ni d autres signes.... Merci pour vos chouettes comm, c est trop genial de vous lire... en tout cas j ai de bonnes adresses pour qui veut venir... la gentillesse des gens vaut a elle seule le deplacement... Besitos.... Marie, c est bon on s est sms avec Fiston... Rantepao-Pays Toraja, samedi 14 juillet 2007 Hier soir, quand j ai pris le Bemo de l hotel a la gare routiere je me suis dit que ce ne serait pas simple...J ai eu le nez fin... Deja, certines personnes quand elles me voyaient dans le bemo refusaient de monter... c est deja ariive l apres midi... elles avaient peur.... Du coup le soir ce chauffeur m a laisse a une autre station de bus que celle a laquelle je devais me rendre... c est la premeire fois depuis mon arrivee que j ai mentalement injurie quelqu un... pa grave une moto ma pris et charge comme un mulet je suis arrive a l heure... Premiere surprise, ils ont sorti tout le cablage et sont en train de reparer.. Bon un peu plus tard nous partons quand meme et ... a lheure... Donc je confirme, la compagnie de bus Bintang Prima, comme la Litha offre des bus climatise ou il y a des sieges-lits... encre faut il pouvoir y dormir... Mais bon c est super confortable quand meme.. Toutes les deux heures, les six autocars s arretent pour faire une pause..premiere suprise: je suis le seul blanc.... Mais bon pas grave... de toutes manieres je conseille le voyage de nuit parce que voir le danger en face de jour....non merci!!!! C est vriament des malades du volant...j ai jamais vu cela...vaut mieux fermer les yeux et prier....ou dormir... Bref, nous sommes arrives vers 0600. C etait completement brumeux... Je descends du bus en ayant choisi un hebergement 5 minutes avant dans mon routard... Un gars chevelu m aborde en me demandant ou je vais...je me mefie... Il me dit: tu es Antonio, t es suisse? Je suis surtout surpris.... En fait le patron de l hotel de hier soir, le Legend l a appelle. C est un copain et lui a dit que j arrivais ...si je cherchais un guide il pouvait etre celui la... Ca tombe bien... On va a l hotel....Genial!!!! Je suis raide je vais juste faire un petite sieste.....de deux heures trente.... Onboit un cafe avec Youssouf, mon guide et on negocie le prix.... Correct: cent balles pour trois jours... On demarre tout de suite, il y a un mariage assez surprenant auquel il aimerait m amener... Effectivement, c est un suisse qui epouse traditionnellement une fille du pays, une Toraja. On monte dans un bemo puis dans un deuxieme.... Ca grimpe de village en village, au travers de rizieres et de forets de bambous...les maisons Torajas avec leurs toits incurves vers le haut...Cela signifie selon la tradition: tu viens du ciel et tu retourneras au ciel... c est aussi pour que les enfants se rappellent de leurs ancetres qui eux naviguaient.... J avoue que j etais un peu gene d etre la sans y etre invite...mais c est comme ca, tout le village etait present, des centaines de personnes, enfants viellards, dignitaires.... C etait bizarre de parler francais... Une partie des familles suisses, francaises etaient presente...en habits traditionnels Torajas, sil vous plait.... Bref, une belle ceremonie, faite de danses, de chansons...et oui mon guide a chante Aline et Guantanamera...( on croit rever!!!!) Puis apres le repas, tous les villageois sont partis rapidement... J ai aussi ete surpris du fait que les gens n applaudissent pas apres une prestation...c est comme ca... On en a profite aussi avec Youssouff... Bon la descente on l a fait a pied en chantant a travers les rizieres ces chansons preferees, c est a dire ABBA.... et oui...les rizieres, les maisons Torajas au toit incurve vers le haut, les bambous...et deux couillons en train de chanter: Money, Money, Money.....ou Fernando... Bref on s est bien marre.... On a bu un jus de Terung Belanda (tamarillo) au bistrot et la je rentre me doucher et rejoindre Youssouf pour un papiong ( porc cuit au bambou)... Je reserve ce soir mes trois jours sur les iles Toggian... ca va etrre bestial... tout colle: le bateau qui me ramene apres sur Gorontalo ou je reprends l avion pour Makassar le jeudi 26... tout est en ordre...c est incroyable.... Demain c est tour dans les villages alentours et marches..combats de coq... Lundi on va a une ceremonie funeraire.... je vous raconte tout ca demain..... Merci pour vos comm! Special thanks to Maflo qui est en Thailande!!!! Besitos a tout le monde
Rantepao- Pays Toraja, le dimanche 15 juillet 2007 Bon ben hier soir j ai pas retrouve le bistrot ou on avait rendez vous avec Youssouf.. Il faisaitt tellement noir que je me suis mis a tourner en rond dans le bled... Finalement je me suis pose dans en desespoir de cause dans un petit warung (resto familial) pour un Bakhso babi, soit des boulettes de porc avec des nouilles et du riz dans cuit dans du lait de coco enroule dans une feuille de.. de de....... je sais plus...banane sans doute... delicieux...j allais commencer a manger quand est apparu mon guide...il me cherchait et etait inquet! On a mange ensemble en regardant la demie finale de la coupe d asie opposant l indonesie a l arabie saoudite... a la fin du repas on est quand meme alle au bistrot dont j avais pas note le nom( pas bien!!!) pour un dernier the au gingembre...hummmm delicieux... En rentrant j ai regarde la fin du match avec des indo du coin...a la 92 eme les arabes ont marque....ils ont du penser que je leur portait malheur...Les indo pas les arabes qui m invitent d ors et deja l an prochain pour les vacances!!!
Ce matin depart a 0900. Nous nous arretons d abord au petit marche local qui borde la chemin de mon warung ( sorte d hotel). J adore les marches locaux!!! Puis depart pour Lemo. Nous visitons un des endroits ou les tombes dans les roches sont les mieux conservees... Vous verrez les photos... Des trous sont creuses profondemment dans la paroi...On y place les membres d une meme famille. Puis une petite porte en bois sculpte clos l endroit. Parfois, des personnes malintentionnees volent ces portes pour les vendre a des antiquaires ou dans les marches... Puis des Tau Tau sont fabriques. Ce sont des statues de bois represantant le defunt. Ces statues sont placees a meme la falaise et regardent les visiteurs depuis leur balcon... Puis nous avons repris notre bal de bemos...direction Kambira et les tombes des enfants. Il reste peu d endroit comme celui ci aussi bien conserve. Les enfants morts de moins de trois mois sont confies au tronc de l arbre. Ainsi places dans son tronc, ils vont continuer a grandir avec celui ci... Cet arbre etait place dans un magnifique petite foret de bambous......geants!! Nous avons continue notre longue marche a travers les rizieres vers un endroit ignore du tourisme car eloigne de tout. Tapamgalo et sa grotte cimetiere aux cranes et aux Pau Pau...Impressionnant et finalement cette balade etait tres apaisante. En traversant un village dont j ai oublie le nom, notre bemo s est trouve coince par la foule. Des combats de buffles etaient organuses en l honneur d un celebre defunt. Bon c est un peu comme les combats de reine en un peu plus gore.. Ils avait deja decoupe une bete et vendaient les morceaux...Les tripes etait ouvertes dans l herbe et les mouches se regalaient...Je confirme, les buffles sont herbivores... Tant mieux ca pue moins!!! Ce qui etait le plus drole dans tout cela c est les rires en forme de moquerie quand les betes refusaient le combat.. Finalement apres deux trois echaufourees, l une d elle a finalement pris la fuite poursuivie par son adversaire..Cela au milieu des spectateurs, des voitures et a vive allure..J etais content d etre un peu plus loin et pouvoir faire le brave en riant de tout ca... Au retour, nous etions 14 dans le meme vehicule!!! Les bemos ici sont des 4|4...14 c est pas mal croyez moi mais ca fait rire tout le monde, tout le monde est content alors...... Demain, buffles egorges aux funerailles, puis marche de Bolu qui a lieu les lundis. On y vend justement des cochons, des buffles ( encore vivants), etc...je dois me racheter un petit sac a dos, le mien a rendu l ame...egroge lui aussi... Apres, nous irons parier aux combats de coqs... Vous n entendez pas mais j ai le muezzin qui hurle a cote et moi je tape de plus en plus fort comme si vous me lisiez mieux...
Hier j etais super optimiste quand a la suite du voyage mais ca s est complique durant la soiree... En effet, il n y a pas de bateau qui puisse me conduire a Gorontalo pour reprendre mon avion le jour J. J ai du changer mes plans et vraiment ils sont super demmerdes et ne te laissent pas tomber. Ils ont pu me changer mon billet pour un autre aeroport de maniere a ce que je puisse quand meme faire mes trois jours de plage sur les iles Toggian.. Cela m a coute la coquette somme de 40 francs quand meme.... Je vais me taper de longues distances en bus local mais c est cool quand meme...Le seul hic c est qu ils ne parlent pratiquement pas l anglais et mon bahasa se limite a trois mots et demi alors on verra bien.... En tout cas, ils se sont plies en quatre pour me faire arriver a bon port. On a envoye par le bus de nuit, les sous, une copie de mon passeport et mon billet d avion desormais inutile a l hotel Legend a Macassar. Ceux ci me renvoie demain matin par le bus de jour mon nouveau billet d avion... Alors ce soir, je vais enfin manger mon Papiong au restaurant Rimiko ( client d oeil a Cathy qui adore cet endroit)!!! Voila, je suis raide mais c est toujours aussi cool... Bisoux a tout le monde!!!!
PS: merci Sacha pour ton petit mot... Bon voyage a vous et bonne suite...Moi aussi JT. Et oui, les sms fonctionnent puisque je t en ai envoye...hehehe.... Besos!!! Fais un bisou a nostra terra!!!! Visca Daimus!!!!
Rantepao-Pays toraja, le 16 juillet 2007 Ahhhhh...j ai dormi comme un roi.... Ce matin apres le ptit dej, depart a huit heures pour une ceremonie funeraire... En fait nous n allons pas assister a toute la ceremonie qui se deroule sur plusieurs jours...Aujourd hui c est le jour du sacrifice des buffles... Ceux ci sont sacres... Ils sont les facilitateurs pour le passage de l ame du defunt vers sa nouvelle vie. Tout Toraja n economise que pour les funerailles. Les montants engages a ce moment la sont enormes. Un buffle peut couter jusqu a plusieurs dizaines de millions de roupies soit plusieurs milliers de nos francs... a cela il faut ajouter les musiciens, les pretres, etc.... Quand nous arrivons nous sommes accueillis par la famille qui nous installe sous un couvert...Nous rentrons mon guide et moi pieds nus et on nous sert du cafe et des gateaux deliceiux tels que des Toris, des batonnets de riz frit avec du sucre de palomo, le cake national a base de poudre de tapioca ainsi que des Sagon cake ou bagiak fait des troncs des palmiers. Enfin, c est ce que j ai cru comprendre...en tout cas c etait fameux... J ai remis comme convenu mon present au representant de la famille: une cartouche de Kretek, les cigarettes locales a base de clous de girofles. Puis nous avons fait la connaissance d une equipe de la television andalouse, Telesur, qui tournait un reportage sur l Indonesie... Enfin, apres avoir presente les 15 betes et decide d en epargner une qui sera donnee vivante aux oeuvres de bienfaisance, les autres sont amenees sur l esplanade. Elles sont enormes et super impressionnantes. Certaines agressives et on le comprend. Elles sont tenues par une corde. Soudain s approche un homme muni de son couteau de sacrifice, il saisit la bete par les naseaux, l obligeant a relever la tete puis d un coup sec, lui tranche la gorge. Le sang jaillit a gros bouillon et si tout se passe bien, l animal s affaisse immediatement. Seulement d apres les gens du village, quelqu un avait pratique la magie noire de facon a compliquer la ceremonie. Les betes resistent longtemps, debout, le coup tranche, le sang ne cessant de couler en poussant de beuglements desesperes et s agitant si fort qu elles en augmentent l ouverture de leur blessure. Un peu gore tout de meme... L etre humain est ainsi fait que j ai filme tout cela avec mon portable. Je n ai pas encore revu les images mais elles ne seront pas faciles a voir... Une fois mortes, les peaux des buffles sont retires comme une chaussette puis la viande decoupee et distribuee... Voila pour cette premier partie de matinee...Puisse l ame du defunt voyager en paix apres cela! Nous avons profite du vehicule des deux reporteuses pour aller aux marche. C est le lundi que sont vendus les buffles et les cochons egalement. Je pense que les photos sont sublimes car ce sont des animaux majestueux. Nul doute que les Torajas les venerent meme si leur mise a mort peut etre impressionnante pour nous occidentaux. Par contre les tits cochonnets attaches en ligne, ficeles tels des saucissons qu ils vont devenir....c est salaud...j mangerais plus jamais du citterio de a meme maniere!!Ils couinaient les gorets tels des betes... surtout quand ils etaient vendus et qu ils etaient transportes a dos d homme sur leur bambous...Ils criaient: On veut pas, on veut pas, dev'nir des cipolattas, c est fini, c est fini, le bon temps des salamis!!!! La manf des gorets a ete dissoute par les forces l ordre et ils ont ete sommes de redevenir de bons jambonnots... Le marche local etait geant aussi. J en ai profite pour faire une affaire et acheter un nouveau petit sac a dos car le mien a rendu l ame...5 francs le sac... super affaire qui a dure l apres midi et que j ai du amener recoudre vers un cordonnier car il lachait deja...hahaha...bien fait pour moi...p'tain.... le muezzin a nouveau!!!!! Allez je tape plus fort sur mon clavier. Nous sommes alle manger a midi dans un village ou etaient organises des combats de coqs. C est vrai que c est violent mais ce qu il y a de plus impressionnant c est l etat d excitation des parieurs et des......parieuses!!!! Ca hurle de partout en agitant le pognon... et pas des petites sommes, des liasses entieres pouvant aller jusqu au million! Le Toraja est tres parieur!!! Au cri de: Beke ou de Songko designant l un ou l autre des combattants emplumes.... J avoue que je me suis laisse prendre au jeu...Faut dire que Youssouf est un malade qui pendant le combat, parle en faisant certainement des incantations pour ne pas perdre sa fortune. Pas de bol, Tonin, le gallo primero est passe par la! J ai parie...plusieurs fois...et j ai GAGNEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE !!!!!!!! 200'000 roupies...Une fortune! 28 balles mais bon ca ma paye la difference du billet d avion....J y serais bien reste un peu mais je ne sais pas pourquoi mais mon guide commencait a trouver cela ennuyeux... hehehe.... Nous avons fini la journee dans un village qui a conserve son habitat traditionnel. C est vrai que beaucoup de touristes y vont mais c etait beau de voir les artisans travailler le bois... ce sont vraiment des artistes... Nous avons revu des cerceuils suspendus a la falaise puis j ai pu visiter une maison Toraja. Il y avait un vieux monsieur de 86 ans qui buvait son cafe et fumait ses cigarettes... Les habitations sont composees de trois pieces et dirigees du nord au sud. La Sali est la piece du milieu. Elle sert de cuisine et peut servir de chambre a coucher des enfants et de la famille. La Tangdok est sur la partie frontale de la maison, dirigee vers le nord. C est la piece des invites ou des enfants. La Sumbung est au sud. C est la chambre des parents ou des personnes malades. Elle sert aussi pour les personnes decedees avant leur transfert aux funerailles ou leur lieu d attente avant celle ci. Les personnes mortes sont egalement appellees sleeping persons ( personnes qui dorment). Il faut savoir que la maison Toraja ne sert que pour dormir. Les gens sont soit dans les rizieres soit simplement a l exterieur la journee. Voila, ce soir c est le dernier soir ici. C etait cool. Vraiment. J ai rencontre des gens super gentils pret a tout pour me permettre de bien continuer le voyage. J ai deja des points de chute pour la suite... J ai mon billet de bus, deux nouveaux t shirts...j ai du jeter mon pantalon qui etait tout tache de sang... J ai achete un sarong et une epee rituelle au cas ou il y aurait un buffle a tuer du cote de Meyrin... Demain le bus m amene apres 10 heures de voyage a Tentena ou je passe la nuit. Puis le lendemain encore quelques heures jusqu a Ampana avant de prendre le bateau le lendemain pour l ile de Bomba dans les Toggian et la playa quelques jours. Sinon je serais plus blanc que vous au retour... Je ne sais pas quand je trouverais a nouveau internet sur ma route...Aussi laisseez moi des comm tout plein pour que je vous lise a ma prochane connection...
Sampai jumpa!!!!! A plus tard!!!
Besos Rantepao, le 16 juillet: Derniere soiree au Mambo Cafe. Repas, guitare, djembe et chansons. On se croirait dans un chalet des guides en Valais. Youssouf, Atché et les autres guides sont là à la table ronde... Petite fête pour mon depart...c est cool... Y a comme un air de nostalgie ce soir. J'en suis a mon 4ème thé au gingembre( thé Jahé)...vais pas dormir...
Rantepao, le 17 juillet 2007 Adieu definitif a mon ami Youssouf. Si vous voulez un guide, c est lui qu il vous faut...Je vais voyager avec mes nouveaux compagnons de route:un couple de grecs: Elisa et Kostas et un couple de jeunes français établis a la Reunion, Géralgine et Julien:Gé et Ju!Depart donc pour le centre de Sulawesi par Tentena d abord, Ampana puis les iles Toggian.Le voyage est peu confrortable dans unbus super vieux aux sieges exigus et tout casses. Il doit durer 10 heures. Nous commencons par une seance de keliling ce qui signifie tourner pendant deux heures dans la ville pour chercher des nouveaux clients. Nous etions peu au depart et meme si les conditions semblaient rudimentaires, ca va vite devenir infernaL. tout ce monde, ces sacs de riz, ecrans d ordis... Bref, un peu bonde...Personne ne parle un mot d anglais et mes potes sont loin devant...Mes voisins s affalent sur moi...c est la coutume...Il fait chaud, j ai mal au cul et mes jambes touchent le siege de devant... on dirai qu elles poussent au fur et a mesure du voyage! Montagnes, routes etroites, villages, la côte, des ponts hasardeux tout s enchaine sur ce voyage qui durera finalement 14 heures!!! A notre arrivee, on nous jette devant le village. Heureusement un pick up nous charge et nous amene a l hotel distant de...rien du tout...distance indo bien sur... Les mesures et le temps n ont pas la meme valeur ici. en tout cas le lendemain, nous decidons de "charteriser" un bemo rien que pour nous 5!!!
Tentena, centre Sulawesi, le 18 juillet 2007 Nouvelle journee de voyage apres une courte promenade au marche de Tentena. Ils vendent des chauves souris grillees..Euhhhhh, j y ai pas goute... beurkkkkk!!!! On embraque dans notre mini bus..Ouf! Mon cul est sauf! est plus cher mais ca vaut le cul! Oh pardon, le coup! A notre arivee a Ampana nous nous repartisssons dans nos differents hotels.. Le mien est glauque...J y suis parce que je dois discuter avec la patronne des bungalows sur l' ile de Bomba. Je rejoins juste Elisa et Kostas pour le repas du soir...Ils ont tiré le gros lot...Super leur hotel! Et pour le meme prix que le mien..La patronne, Untche, une chinoise va parfois rendre visite a sa soeur en Suisse. Elle sort ses photos, puis nous invite a manger avec eux....Bref comme c est egalement la patronne du Kadidiri Paradise sur l ile du meme nom, c est finalement la bas que nous irons tous... On s etait deja dit au revoir mes potes et moi et on repart pour une semaine...Cool parce-que je les apprécie vraiment!
Kadidiri Toggian19 juillet 2007 Nous embarquons le matin sur un bateau tout rouille bonde de monde...tiens ca me rappelle quelquechose... Les gens roupillent sur des matelas, certains vomissent deja...une chevre tremble et se fait parmis...la pôvre biquette....Le voyage doit durer 4 heures et au bout de 3h 30............la panne!!!!!!! On est coince u milieu de l ocean pendant trois heures...jusqu a l arrivee des secours...1 heure 30 de rab' et nous arrivons au Paradise. On mange et on se couche... on est vannes..
Kadidiri Paradise. 20 juillet 2007 C est magnifique!Mon bungalow est pose sur une roche au bord de l eau. Mon balcon surplombe la mer. La nuit on se croirait sur un bateau... Vous me direz j ai l habitude maintenant... Malheureusement le temps est souvent couvert et il va pleuvoir tout l apres midi. Bon...l eau est a 28 degres aussi... Pas grave, j ai decidé, convaincu par Julien de passer mon open water. 4 jours de stages de plongée...on verra, à demain. Ah oui j oubliais..la terre a tremble a 1030 ce matin...J étais en train de bouquiner sur la plage..ca fait bizarre..
Kadidiri Paradise. le 21 juillet 2007 Tout à l heure pour la premiere fois je me suis retrouve poisson au milieu des poissons. Cette etrange sensation de se sentir en apensanteur au milieu de l immensite. Les poissons ne me fuyaient pas..ils etaient chez eux et je faisais partie de cet environnement. J ai franchement hesite au debut...L equipement, le gilet, la bouteille, les poids...c est lourd... Puis il faut se balancer a l eau... ha au fait vous savez pourquoi les plongeurs se jettent en arriere du bateau? hahaha!!!!! Puis on flotte dans l eau et il faut se laisser descendre.....premieres respirations sous l eau... c est un nouveau monde qui s'ouvre, un nouvel espace..nouveau stress aussi..finalement le rythme respiratoire s' apaise et nous avons voyage sous la mer pendant plus d' une heure... Magique. Merci Julien de m'avoir convaincu...
Kadidiri Paradise. 22 juillet 2007 Aujourd hui je confirmais les apprentissages d hier et continuais ma progression... C etait dur..nous avons ploge a Coral Garden et il y avait beaucoup de courant... difficile de se stabiliser. J ai vu un bebe raie. Demian c est Una Una...le site de plongee bestial!!!
Kadidiri Paradise. le 24(?) juillet 2007 Voila j'ai mon brevet...!!!! Et pas un brevet de plonge au bistrot!!!! Par contre ca a failli tourner au drame aujour dhui. Un bateau special a ete affrete pour nous conduire sur le site. Nous etions huit plongeurs avec l instructeur, Harold. 3 heures de bateau a l aller...Les plongees n ont pas ete terribles selon les plongeures confirmés. On ne nous avait pas lâchés sur le bon site.. Moi j ai quand même bien aimé!!! Nous somme repartis vers 1600. Le temps s est rapidement degrade. Grosse pluie diluvienne, grosses vagues sur notre coque de noix, secousses, eclairs!!!! Nous ne voyions plus rien et le capitaine ne savait pas e servir de un compas...ici ils naviguet a vue...La nuit est tombee. Il faut dire que "culturellement" ici ils ne savant pas dire: "je ne sais pas.... " Au bout de 4 heures, force est de constater que nous sommes perdus au milieu de l ocean, sans radio, sans bouffe et avec un peu d eau et du rab de petrole, heureusement... J avoue que je n etais pas rassuré.. et que j ai pensé à vous tous...l'un apres l'autre....J ai crains pour notre survie...Les esprits se sont échauffes un peu quand il a fallu prendre des decisons. Fallait il continuer et tenter de trouver une ile ou passer la nuit ou s arreter et attendre le lever du jour... Nous optons pour la deuxiee solutiom Tout le monde s entasse sous le couvert ou s engouffre les gaz d echappement... Nous gonflons nos gilets de plongee au cas ou nous viendrions a heurter quelquechose. Nous organisons de quarts pour surveiller les alentours...Tout le monde s entasse par terre, les uns sur les autres et nous essayons de dormir un peu. Le jour venu, nous pouvons enfin nous positionner et rentrer au paradis. Il est 6 heures du mat' et nous venons de passer 14 heures sur ce bateau. Nous refusons de payer qui que ce soit pour le deplacement et pour la nuit aux bungalows. Ouf...moi je dois repartir a 0900 ( en bateau!!!), donc je devrais pouvoir prendre mes vols...et aller a Bali...
Ampana.Le 25 juillet 2007 J ai rendez vous a 1700 a Ampana pour prendre le vehicule qui m emmene a Palu, d ou je prends un vol pour Makassar puis quelques heures apres pour Denpassar a Bali...!!! Les delais sont serrés...Si j etais resté coincé en mer je perdais tout mes vols et mes connexions... Ca y est j y suis...et c est reparti pour 10 heures de bus. Mais comme d habitude........................ ahhhhhhhh!!!!!!!!! je vois que vous attendez l annonce d un nouveau pépin.... ???? et oui!!!!! vers 3 heures du matin, apres une route épouvantable dû aux éboulements suite à la pluie...un pneu eclate.... Le chauffeur decide de continuer mais à 10 km à l heure... et moi qui dois être à 6heures du mat à l'aéroport pour ne pas louper l'avion et ma connexion...evidemment a part une jeune homme de 17 ans personne ne parle l'anglais... Bref excédé, je decide d arrêter le bus parce que je connais les: " on arrive dans une demie heure...c est juste là au coin de la rue..." Je demande un taxi et fini ma route à l aéroport a 0530 !!!! JE NE LOUPERAIS PAS MON AVION!!!!!!! L indonésie et les transports.... c est à chier... Là, je vous écris d Ubud, au centre de Bali. Je me suis payé le taxi depuis l aéroport en arrivant!!! c est excessivement cher mais j'en ai rien à battre!Na! Fais c'que j'veux! C est super beau...je suis vivant... et je vous raconte la suite demain!!! Besitos
Ubud- Bali, le 27 juillet 2007 Ouah...l arrivee a Ubud!!! Tout d abord mon Home stay: Le Jati 1. Magnifique maison balinaise. Chaque piece est en bambou. Le contour du lit est en bambou, les murs: du bambou. Le matelas: du bambou....meuh non! Et le balcon avec vue sur les rizieres! Vraiment tres beau. Je me suis promene hier soir sur la rue marchande....beaucoup de touristes!!! C est cool, les magas' sont tres "artistiques". Tout est beau! Seul inconvenient, ca semble loin l'Indonesie.. tout le monde parle anglais ( ingriss), mais bon l ambiance est tres cool, zen, courtoise..beaux restos! Juste le temps de manger, de vous raconter mes histoires dans les iles et ce fut un dodo merite. Ce matin je n'en revenais pas du repos que j ai pris et en regardant en l air, ce plafond a 6 metres de haut, tout en.................................................................BAMBOU!!! Ce matin j ai loue un scooter! C est geant. Bon faut etre super vigilant mais quelle liberte de partir et de revenir quand on veut. Pis pour moins de 5 francs par jour c est vraiment un moyen ideal de visiter les alentours! J'ai taille la route vers l est, direction Ganyar. En allant au marche, je me suis regale de brochettes satay. Bon les miennes ne sont pas mal non plus mais la, dans le contexte c est autre chose... Le stand s est rempli de curieux voir la "chose" manger les mini brochettes. Ils etaient mort de rire quand je me suis irremediablement tache de sauce cacahuete sur ma belle chemise claire. Il ne me restais plus qu'a m'en trouver une autre au marche. C est un lieu impresionnant. Tout se passe dans une enorme batisse. Quelques vendeurs sont aux alentours, notamment les echoppes de riz, pates et autres brochettes que j eviterais cette fois ci, des fois qu elles se reconnaisent dans les taches precedentes et qu elles me sautent a la gueule!!!!!! Les etages du batiment sont reserves aux habits, tissus, chaussures. En dessous ce sont les epices, les petales de fleurs pour les offandes. Au rez, les racines tels que gingembre et autres reparations bizarres ainsi que les petits poissons grilles. Ce sont de vieilles dames qui tiennent ces stands. Visiblement, je ne suis pas le bien venu et elles ne se laissent pas photographier. Dommage. C etaient des "gueules" comme je les aime... En sortant, je me suis pose boire ma boisson favorite; un N"u. C est un soda de the vert. Le pere travaillait avec sa fille et parlaient parfaitement bien l anglais. Il m a appris a nouer mon sarong a la facon balinaise. Je suis reparti direction Klungkung ou j ai visite le Kerta Gosa et le Bale Kambang qui sont le Palais de justice et son pavillon flottant. Ce sont des vestiges du 18 eme de la dynastie Gelgel dont vous avez bien evidemment entendu parler... Je continue la route jusqu a Sidemen en longeant les rizieres. C est simplement feerique, superbe, reposant.... Arrive au village je me suis ballade dans les ruelles jusqu a entrer dans une maison ou les enfants semblaient trouver tres drole de voir ma bobine. On a fait plein de photos et on a rit...en poussant des cris a chaque fois qu ils voyaient leur tete sur le petit ecran. J ai pu voir les tisserandes a l oeuvre.. qu'elle patience! Ca m a rappelle Essaouira... T es prete Chris? Et c est reparti par une route qui remonte le long des rizieres a travers la foret... De belles photos en tout cas. Finalement en rentrant sur Ubud je riais tout seul sur mon scoot du bonheur de voir de si belles choses. C est la que reside le danger...car t es sans arret sollicite par des paysages, des scenes cocasses et si tu te deconcentres, tu oublies que tu dois rouler a gauche et paf le chien!!!! Ce soir, j ai suivi les conseils du Routard et je me suis regale chez Ibu Rai. J ai remange des brochettes Satay. Ben vous me croirez pas mais j ai pas fait de taches... Besitos... Faites des commentaires et faites en faire autour de vous.... Ubud-Bali, le 28 juillet 2007 Aujourd hui diane a 0730. Je vais faire des kilometres et veux croiser le moins de monde possible.. Je pars pour le mother temple de Besakih. Le Pura Besakih, qui est le plus grand temple de l'ile. Les routes sont vertigineuses par moment, elles montent et descendent au milieu de forets, de palmiers, longeant des rizieres. Tantot traversant des petites villes ou des villages. J en prends plein la vue et ai de la peine a rouler vite mais c est tant mieux....je ne suis pas attendu et encore moins au paradis ou en enfer plutot.... En chemin je croise une sorte de caisse a savon bricolee servant de char a foin avec son pilote hilare de me voir halluciner... J ai pas eu le temps de m arreter qu il avait deja disparu... C est etonnant de voir de tout jeunes garcons de meme pas dix ans, rouler a scooter...sans casque bien sur....Et puis au detour d un champ un groupe d enfants tout surpris de voir une pelle mecanique flambant neuve, remuer la terre..Une veritable attraction... J arrive enfin au village de Besakih. Il faut dire que tout est tres bien indique je trouve et les balinais m orientent facilement contrairement a ce qui est ecrit dans les guides. Je gare mon scoot, noue mon sarong et me dirige vrs le bureau d accueil. Le responsabe me donne quelques informations et me dit qu il y a une ceremonie aujourd hui... C est le deuxieme qui me dit ca...quel veinard vraiment. En fait c est pour me fourguer les services d un guide Absolument Obligatoire en ce jour beni.... Je lui explique que je connais les leiux, que j y suis deja venu et que je peux me balader seul.... C est monumental!!!!!!!!!!! Je ne vais pas trouver de mots pour vous decrire ce que je vois, ce que je ressens a ce moment la. J'ai bien fait de partir tot. Je suis un des premiers sur place et l approche de l entree me donne des frissons... Je gravis les nombreuses marches avec un sentiment de serenite qui ne me quittera plus jusqu'au moment du depart. Ce n est pas beau. Ce n est pas joli. C'est vivant. Empli de paix. Peacefull comme ils disent et ce mot se prete a merveille pour l energie qui se degage, passant d'un temple a l'autre. Ceux-ci se suivent en gravissant chaque fois un longue serie de marches. Comme si la serenite ou la paix interieure se meritait. Huit temples, je crois, se suivent. J'ai parle avec un pretre qui me disait que l ile degageait cette Paix...puis il est parti prier. Plus haut, le son d'un leggong, orchestre traditionnel de cuivres et de perscussions, joue des airs au sonorites aigues... C est un bien etrange musique dont je ne compreds pas la suite logique des melodies... ils m'invitent a m'asseoir aupres d 'eux et c'est encore plus prenant... Finalement je vais rester un moment dans le dernier temple aupres de quelques personnes qui s y receuillent. En partant je me laisse guider par des cris aigus d'un cochon...A mon avis, il a compris ce qui va lui arriver. Je m'approche et c'est effectivement ses derniers minutes dans ce bas monde... Je bois encore un the indo en compagnie d'un local rencontre plus haut puis je refourche ma moto pour tracer jusqu'a Sanur... Ouf......encore maintenant je ne me suis pas remis de ce long moment passe au Pura Besakih. J arrive a Sanur en debut d apres midi apres m'etre arrete en route pour manger un Ayam Goreng. C est du poulet frit avec du riz et des legumes et une ptite sauce...hummmm je m'en leche encore les doigts... J adore manger avec les balinais..ils sont super contents de voir un blanc tenter de manger comme eux... et oui, faire des boulettes de riz et se les mettre dans la bouche ca parait easy mais ca l'est pas croyez-moi...mais c'etait delicieux... Par contre Sanur....bof.....tout ces gens etales au soleil style troisieme age germanique version rouge crevette et full of beer... J'ai regrette le deplacement qui m'a emble bien long. Finalement au retour la route semblait vraiment plus courte donc il n'est pas exclu que j'essie a nouveau Sanur mais un peu plus au sud de la Germanie... En remontant le long de la route par le village de Tegallalang, c'est tout les produits que l'on trouve a Maison du Monde, la Casa, etc..qui s'etalent devant moi, a des prix defiant toute concurrence et me faisant un pied de nez car je ne pourrais pas ramener la moitie du quart de ce qui me plait ici... Allez, un petit repas au Biah Biah, un petit warung tout pres de mon homestay, un delicieux Nasi Champur (riz, poulet, porc et legumes...) suivi de deux minis sate lilit babai ( brochette de porc aux epices balinaises) et d'un klepon en dessert qui est un gateau de riz avec du sirop de sucre de palme dedans.... De-li-cieux!!! Allez, je vous embrasse..continuez a commenter...c'est cool!!!! He Jo, ici ils jouent aux boules avec des noix de coco. Je t'en ramene? T'auras pt'etre une chance de viser le cochonnet comme ca...hahaha! Besos!!!! Ubud-Bali, le 29 juillet 2007 Lever aux aurores...il etait 0030 chez vous... certains n etaient pas encore au lit...je le sais...Il etait 0630 ici. Petit dej tout les jours differents et toujours ambiance zen. J ai des kils a faire aujourd hui. Je vais au lac Batur au pied du volcan du meme nom. La route est super agreable. Il fait presque froid, heureusement j'ai mis une veste... J arrive trop tot pour que les gardes me fassent payer l entree comme c'est de coutume mais trop tard pour eviter la vendeuse d'offrandes indispensables a proteger la moto et son conducteur des mauvais esprits... C'est cool quand meme et joli! Le paysage est splendide... Le lac a diffeentes couleurs de bleu et de vert... Des roches volcaniques formanet la rive entre le mont et l'eau. C'est tres vallone. Je prends quelques photos puis descend vers les villages de pecheurs et/ou cultivateurs du bord de l'eau... Nous sommes ici au coeur de Bali. Ce sont des balinais purs et durs, loin de l influence de l hindouisme. Bien....quelques photos, une longue balade digne d'un moto-cross de village en village puis on the road again!!!!! Je repars en sens inverse direction Tampaksiring. Non il ne s'agit pas d'une specialite locale consistant a vendre aux touristes des tampons hygieniques comme boucles d'oreilles...!!!!! C'est un village avec un tres joli petit temple et des Bains sacres. J'ai la peau super irritee sinon je me serais bien baigne aussi. Il faut voir cela. Pour acceder aux bains, il faut franchir une petite porte concue pour deux personnes.. Ce sont plusieurs dizaines de personnes qui vont essayer de passer en forcant un peu. Tout le monde a le sourire. Personne ne dit rien, ne tire la gueule. Et ce n'est pas juste de la politesse, c'est culturel... C'est vrai, tout semble plus simple comme ca. Meme moi je me surprends a ne pas m'enerver. Il n'y a qu'en scoot que je jure un peu mais juste un peu bordel de merde... Les gens ont le sourire en permanence..Personne mais personne n'est stresse. et tout fonctionne... C'est super facile ici et le sentiment d'apaisement est permanent. Du matin au soir...et meme la nuit! Je reviens a mes bains... les gens descendent dans l'eau avec leurs sarongs et se mettent la tete sous des jets representant chacun des divinites. C'est impressionant...mais qu'est-ce qui n'est pas impressionant ici??? Je repars sur la route Gianyar. Il y a deux jours je vous avait raconte le marche ou j'etias le seul blanc, ou les gens semblaient pas trop enthousiastes de me voir... et bien aujourd'hui j'ai pris la rue principale et c'est super moderne....il y a meme un Bata.... l'envers de la piece en somme... Aujourd'hui a Gianyar, il y avait une course de motos ou plutot de scooter et une presentation des modeles Honda... Plusieurs rues etaient fermees et ca petaradait de tout les cotes. Il y avait meme un concours de miss...Ils leur posaient des questions et je suppose que c'etaient les memes conneries que chez nous.J'ai pris des photos des scoot pour toi Sacha...tuning et tout....c'est une epidemie ma parole!!!! Puis la route m'a mene a la plage pres de Sukawati. Il y avait un festivasl de cerfs-volants. Euh....ici les cerfs-volants c'est du serieux.... Ils sont facilement une vingtaine a le porter avant qu'il ne s'envole... c'est donc un concours. L'intervilles local avec son guy Lux qui commente depuis une tourelle la competition. Il n'arrete pas une seconde..Je ne comprends rien mais les gens se marrent bien... Dans la tourelle se trouve aussi une autre personne qui psalmodie ou chante a la facon d'un muezzin...C'est incroyable je pensais qu'il s'agissait d'un disque mais non....c'est du live... C'est tres spectaculaire. D'abord les cerfs-volants sont beaux. Puis ils sont un nombre incroyable a tirer sur la corde pour que leur vol dure le plus longtemps possible. Chaque equipe a son gamelan, rappellez-vous le petit orchestre local. Et ca rit partout des que le vent tourne un peu ou que le cerf-volant descend...Bon Guy Lux fait monter la mayonnaise avec ses gags a deux roupies ce qui ne fait pas cher en francs je vous le rappelle... Bref, j'ai bien cru qu'il y allait avoir des vachettes ou des bufflettes mais que nenni. Une fois le cerf-volant presque au niveau du sol, il faut le rattraper avant qu'il ne touche terre. Ben c'est complique parce-que plus il est bas plus il tangue de gauche a droite et l'equipe qui court essayant d'anticiper au son du gamelan, rappellez vous le petit orchestre....., et des cris des spectateurs.... En partant j'ai refait un saut a Sanur, histoire de voir si j, y allais ou pas pour mon dernier jour. Ce sera non. Objectivement c'est joli comme une petite plage de la cote mediterraneene mais ca ne me dis rien. J'irais a Kuta, j'ai mon ptit hotel, mon ptit japonais et quelques boutiques ou claquer mes dernieres roupies qui roupillent au font de mes poches.... Voila pour aujourd'hui...
Besitos Ubud-Bali, le 30 juillet 2007 he ben je suis au cyber en face du terrain de foot et y'a un match qui se terminait maintenant... les cris des spectateurs!!!!! Ca a finit aux penaltys.... De toute maniere tout le monde rit donc impossible de savoir si Ubud a gagne ou perdu...Je crois que tout le monde s'en fout!!! Le gardien etait trop avance sur sa ligne...l'arbitre lui a fait signe de reculer en riant... le public s'esclaffait!!! C'est incroyable...Il ne doit pas y avoir de traduction pour le mot hooligan... Voila, c'est le dernier jour a Ubud. Je n'ai pas de regrets de partir parce-que je me rejouis de vous retrouver. Mais je preferais nettement vous prendre avec moi ici dans ce lieu de paix.... Mais comment font-ils pour etre si "en paix"??? Aujourd'hui je me la suis joue tranquille.. Je suis reste dans les alentours, faire quelques derniers achats bien que je ne puisse plus rien mettre dans mon sac... J'ai croise un transport scolaire: c'est un bache avec 50 gamins en uniforme dessus.... Les plus grands sont tous a scooter, des dizains et des dizaines en meme temps, habilles pareil et allant dans la meme direction... Et puis dans une petite rue, un vieux monsieur tout courbe, avec une enorme charge sur le dos...il souffrait et son dos etait irremediablement penche vers le sol... Je n'ai pas eu le coeur de sortir mon appareil... Faut dire qu'on me prend pour un journaliste! J'ai fait mille portraits..Je me suis arrete un long moment dans un hangar ou des femmes confectionnaient des offrandes pour les ceremonies funeraires. C'etait tres interessant! Ca papotait, ca riait et j'etais un peu la curiosite du jour... Je suis quand meme alle a la Monkey Forrest voir nos freres les singes... Certainement les plus agressifs habitants de l ile!!!! Ils ont failloi m'arracher le sac. Comme quoi on est en securite nulle part... Demain je serais a Kuta pour deux jours..Kuta ce n'est pas Bali, c'est BillabongBeach ...va savoir si je verrais un kangourou...
A demain... Kuta-Bali, le 31 juillet 2007 Et ben voila je suis de retour ou tout a commence pour moi a Bali. Meme hotel, meme plage, memes casse-couilles: "transport Boss?You want sunglasses, Boss?" mais finalement c'est bien de finir comme ca. J'ai quitte le paradis et je retourne au purgatoire avant de revenir en enfer.... Heureusement que vous mes petits anges etes-la pour me tenir conpagnie... Je vais gentimment aller claquer mes Roupiahs... Il faut dire que le pays est tellement bon marche qu'il m'en reste bien plus que ce que je pensais... Ca c'est aussi une bonne nouvelle... Mais surtout ce qu'il me restera grave c'est la gentillesse des gens. Et meme quand vous ne faites pas affaire avec eux, ils vous lachent avec un sourire...c'est comme ca et j'ai l'impression d'avoir baigne dans un sourire permanent pendant presque un mois... A refaire absolument et pour ceux qui seraient tentes par l experience, j'ai une bonne dose d'adresses sympas...Des pas sympas j'en ai pas trouve. La seule chose d'un peu complique vous l'aurez compris, c'est les transports... mais bon on se fait a tout a condition d'en echapper... J'ai prepare mon sac a dos ce matin....il etait super lourd... et mon ptit sac a dos, le nouveau pas celui a 5.- qui a dure deux jours est plein a craquer...j'ai encore un sac en plastique..j'espere que je pourrais le ramener dans l'avion... J'ai pese le sac en arrivant a l hotel a Kuta...22kg... Merde!!! Bon j'ai recommence, sorti les chaussures de marche...bref comme par miracle, la ca devrait aller...bon on verra, c'est des soucis mineurs.... on vera la tete au guichet a l'aeroport...
A demain...besitos a tous!!!! Doha-Qatar, le 2 août 2007 pas d'internet hier...c'etait le premier aout donc j'ai pris conge moi aussi... Sur nos monts quand le soleil, annonce un brillant reveil! Pis j'avais pas grand chose a dire.... Ce n'est pas que je n'ai pas aime Kuta, je serais faux cul de dire cela. Mais j'ai fait le calcul: en moyenne on est sollicite environ deux cents (200!!!) fois par jour pour un taxi, des t/shirts, un massage, etc... 200 fois a dire non merci ( tidak, teri makhasi). Au bout d'un moment on ne repond plus. Les gens n'attendent pas de reponse non plus... Mais bon ca fait partie du jeu. Ca me fait penser a l Espagne avec ses boutiques, ses bars, sa plage.... et j'aime bien ca aussi mais c'est quand meme loin de l'Indonesie que j'ai aime... Et puis, toute cet harmonie que j'ai ressenti pendant ce mois a brusquement disparue, effacee par le bruit des discotheques alentours... C'etait le moment de repartir.... Je suis au Qatar. La plus grande partie du voyage, onze heures(!), est passee...Il me reste a glander dans cet aeroport pourri 7 heures puis six heures jusqu'a Unique Zurich Rosti puis Genf.... hehehe...c'est les fetes de Geneve non??? Qu'est-ce que j'en est retenu de ce voyage seul? C'est vrai que c'est avant tout une image, constante et vecue en permanence: le sourire des Indonesiens. Leur gentillesse. Leur capacite a prendre une chose apres l'autre sans apprehension et sans jugement. Peut-etre je me fais une idee trop ideale mais je l'ai reellement vecu comme cela... Hier soir, je prenais quelques dernieres photos dont le mausolee en souvenir des victimes de l'attentat de novembre 2005. En partant j'ai demande a mon chauffeur ou avait explose la bombe? "C'est ici". Nous passions devant un grillage bordant un tas de gravats ou etaient epingles quelques photos souvenirs de victimes... J'etais passe plusieurs fois devant sans m'en rendre compte... Et je crois que c'est comme cela qu'ils prennent les evenements durs de leur vie.... C'est arrive. Il faut continuer... Une chose apres l'autre. Sans show bizz. Avec de la pudeur. Voila...J'arrive.... Besitos... Meyrin, le 3 août 2007 Héhé..moins sexy Meyrin comme nom.... et pourtant c'est chez moi...et puis les lettres sur le clavier sont à la bonne place, elles y sont toutes.... comme tout mon chez moi et les miens... Merci ti-coeur de t'être occupé de mon Tigré. Tu lui as sauvé la vie... Aujourd'hui, je mettrais les photos... Dernière aventure en date.... Il est dix heures vendredi matin et ma valise n'est pas arrivée... Elle est toujours à Zürich.... comme quoi tu peux voyager au bout du monde et ça va mais chez nous..... c'est quand même Unique.... Y'en a point comme nous... Besitos..
Les photos et d'autres voyages; www.gatitoperezdetudela.spaces.live.com
Doha- Qatar, le 8 juillet 1830 a Geneve. Une heure de plus a Doha au Qatar. Apres six heures de vol, je viens de debarquer pour une courte escale de trois heures avant de reprendre le periple direction Bali et ses 12 heures de vol... Il fait 28 degres..... je vais me balader un peu dans cet aeroport qui ma tout l air d etre un temple de la consommation.... Pour l-heure tout va bien mais vous me manquez.....Bien fait pour moi.... Kuta le 10 juillet 2007 Eh ben j vous raconte pas la big nuit de sommeil que je me suis faite...Bestiale et indispensable..Le Bendesa accomodation est a reccomander absolument..je donne les coordonnees a qui les veut. Les gens sont absolument adorabls et pas chiants...Pourtant je pense que je suis dans un des endroits les plus touristiques de Bali: Kuta et ses australiens, Kuta et ses surfeurs, Kuta et ses contrefacons...mais bon pour ces deux premiers jours ca me fait vraiment vacances a la cool, piscine, plage, petits achats et plongee dans la nouritture locale. Hier soir j ai mange un bapi kecap. C est du porc avec du riz et des epices.. j en ai eu pour 6 francs suisses...c est vous dire... Ce matin apres le ptit dej' jai file a la plage ou je me suis ramasse un magnifique Ku (ta) de soleil...hahaha... bien fait me direz vous, vous qui geley dans vos lointaines contrees... J ai loue un matelas en esperant bouquiner tranquillement mais tu parles...c est un vendeur apres la utre mais c est marrant quand meme... une mangue plus tard et un tour a l hotel je me suis rendu compte que j avais oublie d aller manger... decalage sans doute... alors ce soir c est le japonais du Routard qui m appelle... Par contre ce soir au couche de soleil c etait magnifique. non pas le soleil mais la foule, nos amis les surfeurs encore eux mais surtout les familles balinaises au grand complet... je me suis regale de photos de gens.... va falloir que je change de bureau, y aura bientot plus de place... Finalment les doutes que j avais au depart sr quoi faire pendant ce voyage se dissipent peu a peu.. tout a l air extremement simple. Il suffit de laisser faire les choses et lles s imbriquent entre elles. Demain je me refait un programme a la tranquille-emile et jeudi matin, depart pour l aventure a sulawesi. je vise un hotel du routard a ujung padang pour la premiere nuit pui de prendre le bus de nuit pour Rantepao, la capitale du pays toraja. Messag por mes soeurs su elles me lisent: ce n est pas la qu ils coupent les tetes... Allez, j ai la dalle... lachez vos comm ca me fait plaisir de les lire.. Eh Marie, j t ai reconnu!!!!! Par contre, pas de nouvelles de Sacha...je trouve ca un peu dur...mais bon... Bisou a tous!!!!
Kuta, le 11 juillet 2007 ben ca alors...ca me fait presque drole de parler ou plutot ecrire en francais... ici il y en a pas...et non les chapions du monde ne viennent pas jusqu ici...hehe... alors je pratique mon anglais...faut dire que le matin je le parle super bien, apres la plage et les coups de soleil, c est plus difficile mais le soir en plaine digestion c est carrement du chinois...mais bon ils me comprennent c est l essentiel et sinon ils font semblant et ils se marrent... ..hier j ai mange des sushis, .... c etait tellement bon que jy suis retourne ce soir... a midi je me suis dcouvert une gargotte toute paumee ou l ons ervait un nasi goreng d enfer...genial.... Bon faut que je me calme, y a un surfer blond decolore qui s est installe sur l ordi a cote de moi... il a pas l air doue...pourtant surfer c est sa specialite... j suis mechant mais faut les voir le soir quand ils sont bourres...bon c est comme partout.... C est ca aussi Kuta et je suis content de partir demain parce que c etait cool pour demarrer mais la j ai envie de passer a autre chose. Donc je me leve a 0630 et depart pour laeroport a0730...une heure de vol et j arrive a Macassar ou je vise l hotel des routards du guide...moche mais une mine d or de renseignements... on verra. je compte passer une journee la bas et prendre le bus de nuit pour le pays toraja et sa capitale Rantepao.... C est super cool pour moi de vous lire... et hop....le surfeur vient de sauter une page... hahaha, , , , zy va s noyer le con et gloups et gloups.... koi moi....jalux.... d une blondasse decoloree.... plutot faire la planche oui... Besos a tout le monde...Marie merci pour les news de papa... Pour Sacha, je ne sais pas...????
Makassar- Sulawesi, le 12 juillet 2007 Dur dur le reveil ce matin... j ai pas reussi a dormir presque de la nuit... alors ce matin...le vol, court mais agite... Je suis donc sur l ile de Sulawesi... Sur la carte c est ce gros morceau en forme de K!!! A l arrivee, un chauffeur de taxi qui ne parle que la langue locale et nous voila parti pour presque une heure de delire sur route jusqu a la mythique Makassar, ville de pirates et d epices... L hotel est super cool...6 francs pour la chambre...ok, ok j entends les ronchons, t as pas de fenetres, les chiottes et la douche sont a l etage...et alors...c est cool quand meme et les gens sont super gentils.... pour tout vous dire, j ai l impression d etre le seule blanc de toute la ville... pas vu un seul gringo...ca change de Kuta... mais c est hard quand meme...c est vraiment la ville portuaire, canaille...ou t as envie de rester pour ecrire un bouquin...noir.... J ai fait mon premier tour en Becak... C est en fait une fragile cabine fixee a l avant d un tricycle...oui oui j ai bien dit a l avant... ca te donne l impression d une mort imminente a chaque approche d un fou du volant ce qui est une race en pleine expansion ici... par contre c est bestial pour se promener, faire des photos... Je suis alle visiter d abord le Fort Rotterdam...vestige de la colonisation hollandaise. A chier, moche et nul...mais par contre j y ai fait de droles de rencontres.. d abord un prof-guide local-guide spirituel musulman aussi. On a discute un long moment et c etait tres interessant... ici c est les gens qui t offrent a boire...incroyable non... Il parlait un anglais parfait... Il m a file plein de tuyaux pour la suite de mon voyage...des adresses...gratos... Puis j ai fait la connaiassance d Udin, un guide qui lui, parlait italien...presque parfaitement, puis est arrive un pote a eux qu on aurait dit un peruvien et qui parlait parfaitement mais absolument genialement l espagnol et un peu le catalan! Ca c etait Beso... a mourir... je n arrivais plus a decoller tellement que c etait drole.... Finalement un vieux pedaleur m a conduit au vieux port marchand ou le pauvre a du envier les tapettes qui font le Tour de France parce que me pousser moi c est pas de la tarte... et c etait long...mais les photos sont cool... Finalement je suis alle sur la Croisette locale voir se coucher le soleil et me perdre dans des ruelles sans lumieres pour trouver la perle des restaurants de poissons grilles... le Turi. J ai mange, niam niam, un Poisson noimme MILK FISH ou poisson sans arete... bestial... super copieux j ai pas pu finir pour un prix encore un fois miserable... Finalement ce qui m etonne le plus c est le sourire et la gentillesse des gens... tout le monde le dit mais c est vrai... tu marches dans la rue tout le monde t appelle: MisterMister!!!! et te disent bonjour... Meme les flics ils passent en voiture et klaxonnent avec le sourire pour te saluer... Bon peut etre j ai une arete de poisson collee au dos et c est la fete.... hahaha Demain a 2200 je prends le Bus pour Rantepao. Le voyage se fait de nuit donc j espere...dormir dans le bus...tu parles on verra... Merci pour vos comm qui me font toujours plaisir... J ai pense a mon retour continuer a ecrire comme si j etais encore en Indonesie...je suis devenu accro...Merciiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii Besitos... Non Marie...pas de news....J sms... Makassar-Sulawesi, vendredi 13 juillet Nom de Dieu...moi qui voulais dormir ce matin... a 0630 les gens commencaient a dejeuner...et a cote de ma porte... bon pas grave... je me suis rendormi un peu et traine dans ma cellulle jusqu a 0900.. Ce matin en discutant avec la patronne du l hotel et son ami, j ai palnifie un peu mon sejour a sulawesi....en commencant par la fin... Je passerai les4 derniers jours sur les iles Toggian, au black Marlin...cherhce sur Google si vous voulez voir...c est magique...le luxe total pour moins de 30 chf par jour...bon j arrete de oparler fric parce qu ici ca na aucune mesure avec ce qu on connait et donc ca frise l indecence parfois... Bref apres ces trois jours aux Toggian je reprends le bateau de ligne pour Gorontalo au nord puis le lendemain l avion pour Makassar et enfin le meme jour mon vol pour Bali... Compris ? Non? Ben vous avez que relire, non? Je vais pas vous l explqiuer a nouveau... cest a la minute le net... non mais... Drole de journee aujourd hui. Il y a l hotel un jeune, Henrik, qui est ami avec les patrons. Il fait un stage dans le tourisme et je l ai pris avec moi pour visiter les chutes de Bantimurung... Je ne vous parle pas du lieu parce que bon c eatit pas trop spectaculaire.. par contre on a mis 2 heures trente pour aller et la meme chose pour revenir... Ca, c etait long mais drole...on l a fait en Bemo, ces miniscules minibus locaux.. Les gens sont hilares quand ils me voient.. deja que je parle pas le Bahasa, qui est la langue commune a toute l Indonesie, alors le Sulawesien, j te dis pas... alors pour les faire rire je repete apres eux... et eux ils se pissent aux culottes... je n ai pas de peine a imaginer ce qu ils me font dire... Dans deux heures, je prends le bus de nuit pour Rantepao dans le pays Toraja. J ai une adresse la bas... et j espere pouvoir me poser trois ou quatre jours et louer un scooter.. je me rends compte qu avec mon sac a dos ca va etre dur de me deplacer en scoot. alors vaut mieux que je sois localise quelque part et bouger depuis la... je me suis renseigne sur la region de Poso, celle qui m inquietait un peu...Il semblerait que les troubles font partie du passe... Je vais quand meme prendre toutes mes precautions et me renseigner a Rantepao encore... J espere pouvoir vous ecrire encore des demain... Vous arrivez a lire parce qu ici je ne trouve pas les accents ni d autres signes.... Merci pour vos chouettes comm, c est trop genial de vous lire... en tout cas j ai de bonnes adresses pour qui veut venir... la gentillesse des gens vaut a elle seule le deplacement... Besitos.... Marie, c est bon on s est sms avec Fiston... Rantepao-Pays Toraja, samedi 14 juillet 2007 Hier soir, quand j ai pris le Bemo de l hotel a la gare routiere je me suis dit que ce ne serait pas simple...J ai eu le nez fin... Deja, certines personnes quand elles me voyaient dans le bemo refusaient de monter... c est deja ariive l apres midi... elles avaient peur.... Du coup le soir ce chauffeur m a laisse a une autre station de bus que celle a laquelle je devais me rendre... c est la premeire fois depuis mon arrivee que j ai mentalement injurie quelqu un... pa grave une moto ma pris et charge comme un mulet je suis arrive a l heure... Premiere surprise, ils ont sorti tout le cablage et sont en train de reparer.. Bon un peu plus tard nous partons quand meme et ... a lheure... Donc je confirme, la compagnie de bus Bintang Prima, comme la Litha offre des bus climatise ou il y a des sieges-lits... encre faut il pouvoir y dormir... Mais bon c est super confortable quand meme.. Toutes les deux heures, les six autocars s arretent pour faire une pause..premiere suprise: je suis le seul blanc.... Mais bon pas grave... de toutes manieres je conseille le voyage de nuit parce que voir le danger en face de jour....non merci!!!! C est vriament des malades du volant...j ai jamais vu cela...vaut mieux fermer les yeux et prier....ou dormir... Bref, nous sommes arrives vers 0600. C etait completement brumeux... Je descends du bus en ayant choisi un hebergement 5 minutes avant dans mon routard... Un gars chevelu m aborde en me demandant ou je vais...je me mefie... Il me dit: tu es Antonio, t es suisse? Je suis surtout surpris.... En fait le patron de l hotel de hier soir, le Legend l a appelle. C est un copain et lui a dit que j arrivais ...si je cherchais un guide il pouvait etre celui la... Ca tombe bien... On va a l hotel....Genial!!!! Je suis raide je vais juste faire un petite sieste.....de deux heures trente.... Onboit un cafe avec Youssouf, mon guide et on negocie le prix.... Correct: cent balles pour trois jours... On demarre tout de suite, il y a un mariage assez surprenant auquel il aimerait m amener... Effectivement, c est un suisse qui epouse traditionnellement une fille du pays, une Toraja. On monte dans un bemo puis dans un deuxieme.... Ca grimpe de village en village, au travers de rizieres et de forets de bambous...les maisons Torajas avec leurs toits incurves vers le haut...Cela signifie selon la tradition: tu viens du ciel et tu retourneras au ciel... c est aussi pour que les enfants se rappellent de leurs ancetres qui eux naviguaient.... J avoue que j etais un peu gene d etre la sans y etre invite...mais c est comme ca, tout le village etait present, des centaines de personnes, enfants viellards, dignitaires.... C etait bizarre de parler francais... Une partie des familles suisses, francaises etaient presente...en habits traditionnels Torajas, sil vous plait.... Bref, une belle ceremonie, faite de danses, de chansons...et oui mon guide a chante Aline et Guantanamera...( on croit rever!!!!) Puis apres le repas, tous les villageois sont partis rapidement... J ai aussi ete surpris du fait que les gens n applaudissent pas apres une prestation...c est comme ca... On en a profite aussi avec Youssouff... Bon la descente on l a fait a pied en chantant a travers les rizieres ces chansons preferees, c est a dire ABBA.... et oui...les rizieres, les maisons Torajas au toit incurve vers le haut, les bambous...et deux couillons en train de chanter: Money, Money, Money.....ou Fernando... Bref on s est bien marre.... On a bu un jus de Terung Belanda (tamarillo) au bistrot et la je rentre me doucher et rejoindre Youssouf pour un papiong ( porc cuit au bambou)... Je reserve ce soir mes trois jours sur les iles Toggian... ca va etrre bestial... tout colle: le bateau qui me ramene apres sur Gorontalo ou je reprends l avion pour Makassar le jeudi 26... tout est en ordre...c est incroyable.... Demain c est tour dans les villages alentours et marches..combats de coq... Lundi on va a une ceremonie funeraire.... je vous raconte tout ca demain..... Merci pour vos comm! Special thanks to Maflo qui est en Thailande!!!! Besitos a tout le monde
Rantepao- Pays Toraja, le dimanche 15 juillet 2007 Bon ben hier soir j ai pas retrouve le bistrot ou on avait rendez vous avec Youssouf.. Il faisaitt tellement noir que je me suis mis a tourner en rond dans le bled... Finalement je me suis pose dans en desespoir de cause dans un petit warung (resto familial) pour un Bakhso babi, soit des boulettes de porc avec des nouilles et du riz dans cuit dans du lait de coco enroule dans une feuille de.. de de....... je sais plus...banane sans doute... delicieux...j allais commencer a manger quand est apparu mon guide...il me cherchait et etait inquet! On a mange ensemble en regardant la demie finale de la coupe d asie opposant l indonesie a l arabie saoudite... a la fin du repas on est quand meme alle au bistrot dont j avais pas note le nom( pas bien!!!) pour un dernier the au gingembre...hummmm delicieux... En rentrant j ai regarde la fin du match avec des indo du coin...a la 92 eme les arabes ont marque....ils ont du penser que je leur portait malheur...Les indo pas les arabes qui m invitent d ors et deja l an prochain pour les vacances!!!
Ce matin depart a 0900. Nous nous arretons d abord au petit marche local qui borde la chemin de mon warung ( sorte d hotel). J adore les marches locaux!!! Puis depart pour Lemo. Nous visitons un des endroits ou les tombes dans les roches sont les mieux conservees... Vous verrez les photos... Des trous sont creuses profondemment dans la paroi...On y place les membres d une meme famille. Puis une petite porte en bois sculpte clos l endroit. Parfois, des personnes malintentionnees volent ces portes pour les vendre a des antiquaires ou dans les marches... Puis des Tau Tau sont fabriques. Ce sont des statues de bois represantant le defunt. Ces statues sont placees a meme la falaise et regardent les visiteurs depuis leur balcon... Puis nous avons repris notre bal de bemos...direction Kambira et les tombes des enfants. Il reste peu d endroit comme celui ci aussi bien conserve. Les enfants morts de moins de trois mois sont confies au tronc de l arbre. Ainsi places dans son tronc, ils vont continuer a grandir avec celui ci... Cet arbre etait place dans un magnifique petite foret de bambous......geants!! Nous avons continue notre longue marche a travers les rizieres vers un endroit ignore du tourisme car eloigne de tout. Tapamgalo et sa grotte cimetiere aux cranes et aux Pau Pau...Impressionnant et finalement cette balade etait tres apaisante. En traversant un village dont j ai oublie le nom, notre bemo s est trouve coince par la foule. Des combats de buffles etaient organuses en l honneur d un celebre defunt. Bon c est un peu comme les combats de reine en un peu plus gore.. Ils avait deja decoupe une bete et vendaient les morceaux...Les tripes etait ouvertes dans l herbe et les mouches se regalaient...Je confirme, les buffles sont herbivores... Tant mieux ca pue moins!!! Ce qui etait le plus drole dans tout cela c est les rires en forme de moquerie quand les betes refusaient le combat.. Finalement apres deux trois echaufourees, l une d elle a finalement pris la fuite poursuivie par son adversaire..Cela au milieu des spectateurs, des voitures et a vive allure..J etais content d etre un peu plus loin et pouvoir faire le brave en riant de tout ca... Au retour, nous etions 14 dans le meme vehicule!!! Les bemos ici sont des 4|4...14 c est pas mal croyez moi mais ca fait rire tout le monde, tout le monde est content alors...... Demain, buffles egorges aux funerailles, puis marche de Bolu qui a lieu les lundis. On y vend justement des cochons, des buffles ( encore vivants), etc...je dois me racheter un petit sac a dos, le mien a rendu l ame...egroge lui aussi... Apres, nous irons parier aux combats de coqs... Vous n entendez pas mais j ai le muezzin qui hurle a cote et moi je tape de plus en plus fort comme si vous me lisiez mieux...
Hier j etais super optimiste quand a la suite du voyage mais ca s est complique durant la soiree... En effet, il n y a pas de bateau qui puisse me conduire a Gorontalo pour reprendre mon avion le jour J. J ai du changer mes plans et vraiment ils sont super demmerdes et ne te laissent pas tomber. Ils ont pu me changer mon billet pour un autre aeroport de maniere a ce que je puisse quand meme faire mes trois jours de plage sur les iles Toggian.. Cela m a coute la coquette somme de 40 francs quand meme.... Je vais me taper de longues distances en bus local mais c est cool quand meme...Le seul hic c est qu ils ne parlent pratiquement pas l anglais et mon bahasa se limite a trois mots et demi alors on verra bien.... En tout cas, ils se sont plies en quatre pour me faire arriver a bon port. On a envoye par le bus de nuit, les sous, une copie de mon passeport et mon billet d avion desormais inutile a l hotel Legend a Macassar. Ceux ci me renvoie demain matin par le bus de jour mon nouveau billet d avion... Alors ce soir, je vais enfin manger mon Papiong au restaurant Rimiko ( client d oeil a Cathy qui adore cet endroit)!!! Voila, je suis raide mais c est toujours aussi cool... Bisoux a tout le monde!!!!
PS: merci Sacha pour ton petit mot... Bon voyage a vous et bonne suite...Moi aussi JT. Et oui, les sms fonctionnent puisque je t en ai envoye...hehehe.... Besos!!! Fais un bisou a nostra terra!!!! Visca Daimus!!!!
Rantepao-Pays toraja, le 16 juillet 2007 Ahhhhh...j ai dormi comme un roi.... Ce matin apres le ptit dej, depart a huit heures pour une ceremonie funeraire... En fait nous n allons pas assister a toute la ceremonie qui se deroule sur plusieurs jours...Aujourd hui c est le jour du sacrifice des buffles... Ceux ci sont sacres... Ils sont les facilitateurs pour le passage de l ame du defunt vers sa nouvelle vie. Tout Toraja n economise que pour les funerailles. Les montants engages a ce moment la sont enormes. Un buffle peut couter jusqu a plusieurs dizaines de millions de roupies soit plusieurs milliers de nos francs... a cela il faut ajouter les musiciens, les pretres, etc.... Quand nous arrivons nous sommes accueillis par la famille qui nous installe sous un couvert...Nous rentrons mon guide et moi pieds nus et on nous sert du cafe et des gateaux deliceiux tels que des Toris, des batonnets de riz frit avec du sucre de palomo, le cake national a base de poudre de tapioca ainsi que des Sagon cake ou bagiak fait des troncs des palmiers. Enfin, c est ce que j ai cru comprendre...en tout cas c etait fameux... J ai remis comme convenu mon present au representant de la famille: une cartouche de Kretek, les cigarettes locales a base de clous de girofles. Puis nous avons fait la connaissance d une equipe de la television andalouse, Telesur, qui tournait un reportage sur l Indonesie... Enfin, apres avoir presente les 15 betes et decide d en epargner une qui sera donnee vivante aux oeuvres de bienfaisance, les autres sont amenees sur l esplanade. Elles sont enormes et super impressionnantes. Certaines agressives et on le comprend. Elles sont tenues par une corde. Soudain s approche un homme muni de son couteau de sacrifice, il saisit la bete par les naseaux, l obligeant a relever la tete puis d un coup sec, lui tranche la gorge. Le sang jaillit a gros bouillon et si tout se passe bien, l animal s affaisse immediatement. Seulement d apres les gens du village, quelqu un avait pratique la magie noire de facon a compliquer la ceremonie. Les betes resistent longtemps, debout, le coup tranche, le sang ne cessant de couler en poussant de beuglements desesperes et s agitant si fort qu elles en augmentent l ouverture de leur blessure. Un peu gore tout de meme... L etre humain est ainsi fait que j ai filme tout cela avec mon portable. Je n ai pas encore revu les images mais elles ne seront pas faciles a voir... Une fois mortes, les peaux des buffles sont retires comme une chaussette puis la viande decoupee et distribuee... Voila pour cette premier partie de matinee...Puisse l ame du defunt voyager en paix apres cela! Nous avons profite du vehicule des deux reporteuses pour aller aux marche. C est le lundi que sont vendus les buffles et les cochons egalement. Je pense que les photos sont sublimes car ce sont des animaux majestueux. Nul doute que les Torajas les venerent meme si leur mise a mort peut etre impressionnante pour nous occidentaux. Par contre les tits cochonnets attaches en ligne, ficeles tels des saucissons qu ils vont devenir....c est salaud...j mangerais plus jamais du citterio de a meme maniere!!Ils couinaient les gorets tels des betes... surtout quand ils etaient vendus et qu ils etaient transportes a dos d homme sur leur bambous...Ils criaient: On veut pas, on veut pas, dev'nir des cipolattas, c est fini, c est fini, le bon temps des salamis!!!! La manf des gorets a ete dissoute par les forces l ordre et ils ont ete sommes de redevenir de bons jambonnots... Le marche local etait geant aussi. J en ai profite pour faire une affaire et acheter un nouveau petit sac a dos car le mien a rendu l ame...5 francs le sac... super affaire qui a dure l apres midi et que j ai du amener recoudre vers un cordonnier car il lachait deja...hahaha...bien fait pour moi...p'tain.... le muezzin a nouveau!!!!! Allez je tape plus fort sur mon clavier. Nous sommes alle manger a midi dans un village ou etaient organises des combats de coqs. C est vrai que c est violent mais ce qu il y a de plus impressionnant c est l etat d excitation des parieurs et des......parieuses!!!! Ca hurle de partout en agitant le pognon... et pas des petites sommes, des liasses entieres pouvant aller jusqu au million! Le Toraja est tres parieur!!! Au cri de: Beke ou de Songko designant l un ou l autre des combattants emplumes.... J avoue que je me suis laisse prendre au jeu...Faut dire que Youssouf est un malade qui pendant le combat, parle en faisant certainement des incantations pour ne pas perdre sa fortune. Pas de bol, Tonin, le gallo primero est passe par la! J ai parie...plusieurs fois...et j ai GAGNEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE !!!!!!!! 200'000 roupies...Une fortune! 28 balles mais bon ca ma paye la difference du billet d avion....J y serais bien reste un peu mais je ne sais pas pourquoi mais mon guide commencait a trouver cela ennuyeux... hehehe.... Nous avons fini la journee dans un village qui a conserve son habitat traditionnel. C est vrai que beaucoup de touristes y vont mais c etait beau de voir les artisans travailler le bois... ce sont vraiment des artistes... Nous avons revu des cerceuils suspendus a la falaise puis j ai pu visiter une maison Toraja. Il y avait un vieux monsieur de 86 ans qui buvait son cafe et fumait ses cigarettes... Les habitations sont composees de trois pieces et dirigees du nord au sud. La Sali est la piece du milieu. Elle sert de cuisine et peut servir de chambre a coucher des enfants et de la famille. La Tangdok est sur la partie frontale de la maison, dirigee vers le nord. C est la piece des invites ou des enfants. La Sumbung est au sud. C est la chambre des parents ou des personnes malades. Elle sert aussi pour les personnes decedees avant leur transfert aux funerailles ou leur lieu d attente avant celle ci. Les personnes mortes sont egalement appellees sleeping persons ( personnes qui dorment). Il faut savoir que la maison Toraja ne sert que pour dormir. Les gens sont soit dans les rizieres soit simplement a l exterieur la journee. Voila, ce soir c est le dernier soir ici. C etait cool. Vraiment. J ai rencontre des gens super gentils pret a tout pour me permettre de bien continuer le voyage. J ai deja des points de chute pour la suite... J ai mon billet de bus, deux nouveaux t shirts...j ai du jeter mon pantalon qui etait tout tache de sang... J ai achete un sarong et une epee rituelle au cas ou il y aurait un buffle a tuer du cote de Meyrin... Demain le bus m amene apres 10 heures de voyage a Tentena ou je passe la nuit. Puis le lendemain encore quelques heures jusqu a Ampana avant de prendre le bateau le lendemain pour l ile de Bomba dans les Toggian et la playa quelques jours. Sinon je serais plus blanc que vous au retour... Je ne sais pas quand je trouverais a nouveau internet sur ma route...Aussi laisseez moi des comm tout plein pour que je vous lise a ma prochane connection...
Sampai jumpa!!!!! A plus tard!!!
Besos Rantepao, le 16 juillet: Derniere soiree au Mambo Cafe. Repas, guitare, djembe et chansons. On se croirait dans un chalet des guides en Valais. Youssouf, Atché et les autres guides sont là à la table ronde... Petite fête pour mon depart...c est cool... Y a comme un air de nostalgie ce soir. J'en suis a mon 4ème thé au gingembre( thé Jahé)...vais pas dormir...
Rantepao, le 17 juillet 2007 Adieu definitif a mon ami Youssouf. Si vous voulez un guide, c est lui qu il vous faut...Je vais voyager avec mes nouveaux compagnons de route:un couple de grecs: Elisa et Kostas et un couple de jeunes français établis a la Reunion, Géralgine et Julien:Gé et Ju!Depart donc pour le centre de Sulawesi par Tentena d abord, Ampana puis les iles Toggian.Le voyage est peu confrortable dans unbus super vieux aux sieges exigus et tout casses. Il doit durer 10 heures. Nous commencons par une seance de keliling ce qui signifie tourner pendant deux heures dans la ville pour chercher des nouveaux clients. Nous etions peu au depart et meme si les conditions semblaient rudimentaires, ca va vite devenir infernaL. tout ce monde, ces sacs de riz, ecrans d ordis... Bref, un peu bonde...Personne ne parle un mot d anglais et mes potes sont loin devant...Mes voisins s affalent sur moi...c est la coutume...Il fait chaud, j ai mal au cul et mes jambes touchent le siege de devant... on dirai qu elles poussent au fur et a mesure du voyage! Montagnes, routes etroites, villages, la côte, des ponts hasardeux tout s enchaine sur ce voyage qui durera finalement 14 heures!!! A notre arrivee, on nous jette devant le village. Heureusement un pick up nous charge et nous amene a l hotel distant de...rien du tout...distance indo bien sur... Les mesures et le temps n ont pas la meme valeur ici. en tout cas le lendemain, nous decidons de "charteriser" un bemo rien que pour nous 5!!!
Tentena, centre Sulawesi, le 18 juillet 2007 Nouvelle journee de voyage apres une courte promenade au marche de Tentena. Ils vendent des chauves souris grillees..Euhhhhh, j y ai pas goute... beurkkkkk!!!! On embraque dans notre mini bus..Ouf! Mon cul est sauf! est plus cher mais ca vaut le cul! Oh pardon, le coup! A notre arivee a Ampana nous nous repartisssons dans nos differents hotels.. Le mien est glauque...J y suis parce que je dois discuter avec la patronne des bungalows sur l' ile de Bomba. Je rejoins juste Elisa et Kostas pour le repas du soir...Ils ont tiré le gros lot...Super leur hotel! Et pour le meme prix que le mien..La patronne, Untche, une chinoise va parfois rendre visite a sa soeur en Suisse. Elle sort ses photos, puis nous invite a manger avec eux....Bref comme c est egalement la patronne du Kadidiri Paradise sur l ile du meme nom, c est finalement la bas que nous irons tous... On s etait deja dit au revoir mes potes et moi et on repart pour une semaine...Cool parce-que je les apprécie vraiment!
Kadidiri Toggian19 juillet 2007 Nous embarquons le matin sur un bateau tout rouille bonde de monde...tiens ca me rappelle quelquechose... Les gens roupillent sur des matelas, certains vomissent deja...une chevre tremble et se fait parmis...la pôvre biquette....Le voyage doit durer 4 heures et au bout de 3h 30............la panne!!!!!!! On est coince u milieu de l ocean pendant trois heures...jusqu a l arrivee des secours...1 heure 30 de rab' et nous arrivons au Paradise. On mange et on se couche... on est vannes..
Kadidiri Paradise. 20 juillet 2007 C est magnifique!Mon bungalow est pose sur une roche au bord de l eau. Mon balcon surplombe la mer. La nuit on se croirait sur un bateau... Vous me direz j ai l habitude maintenant... Malheureusement le temps est souvent couvert et il va pleuvoir tout l apres midi. Bon...l eau est a 28 degres aussi... Pas grave, j ai decidé, convaincu par Julien de passer mon open water. 4 jours de stages de plongée...on verra, à demain. Ah oui j oubliais..la terre a tremble a 1030 ce matin...J étais en train de bouquiner sur la plage..ca fait bizarre..
Kadidiri Paradise. le 21 juillet 2007 Tout à l heure pour la premiere fois je me suis retrouve poisson au milieu des poissons. Cette etrange sensation de se sentir en apensanteur au milieu de l immensite. Les poissons ne me fuyaient pas..ils etaient chez eux et je faisais partie de cet environnement. J ai franchement hesite au debut...L equipement, le gilet, la bouteille, les poids...c est lourd... Puis il faut se balancer a l eau... ha au fait vous savez pourquoi les plongeurs se jettent en arriere du bateau? hahaha!!!!! Puis on flotte dans l eau et il faut se laisser descendre.....premieres respirations sous l eau... c est un nouveau monde qui s'ouvre, un nouvel espace..nouveau stress aussi..finalement le rythme respiratoire s' apaise et nous avons voyage sous la mer pendant plus d' une heure... Magique. Merci Julien de m'avoir convaincu...
Kadidiri Paradise. 22 juillet 2007 Aujourd hui je confirmais les apprentissages d hier et continuais ma progression... C etait dur..nous avons ploge a Coral Garden et il y avait beaucoup de courant... difficile de se stabiliser. J ai vu un bebe raie. Demian c est Una Una...le site de plongee bestial!!!
Kadidiri Paradise. le 24(?) juillet 2007 Voila j'ai mon brevet...!!!! Et pas un brevet de plonge au bistrot!!!! Par contre ca a failli tourner au drame aujour dhui. Un bateau special a ete affrete pour nous conduire sur le site. Nous etions huit plongeurs avec l instructeur, Harold. 3 heures de bateau a l aller...Les plongees n ont pas ete terribles selon les plongeures confirmés. On ne nous avait pas lâchés sur le bon site.. Moi j ai quand même bien aimé!!! Nous somme repartis vers 1600. Le temps s est rapidement degrade. Grosse pluie diluvienne, grosses vagues sur notre coque de noix, secousses, eclairs!!!! Nous ne voyions plus rien et le capitaine ne savait pas e servir de un compas...ici ils naviguet a vue...La nuit est tombee. Il faut dire que "culturellement" ici ils ne savant pas dire: "je ne sais pas.... " Au bout de 4 heures, force est de constater que nous sommes perdus au milieu de l ocean, sans radio, sans bouffe et avec un peu d eau et du rab de petrole, heureusement... J avoue que je n etais pas rassuré.. et que j ai pensé à vous tous...l'un apres l'autre....J ai crains pour notre survie...Les esprits se sont échauffes un peu quand il a fallu prendre des decisons. Fallait il continuer et tenter de trouver une ile ou passer la nuit ou s arreter et attendre le lever du jour... Nous optons pour la deuxiee solutiom Tout le monde s entasse sous le couvert ou s engouffre les gaz d echappement... Nous gonflons nos gilets de plongee au cas ou nous viendrions a heurter quelquechose. Nous organisons de quarts pour surveiller les alentours...Tout le monde s entasse par terre, les uns sur les autres et nous essayons de dormir un peu. Le jour venu, nous pouvons enfin nous positionner et rentrer au paradis. Il est 6 heures du mat' et nous venons de passer 14 heures sur ce bateau. Nous refusons de payer qui que ce soit pour le deplacement et pour la nuit aux bungalows. Ouf...moi je dois repartir a 0900 ( en bateau!!!), donc je devrais pouvoir prendre mes vols...et aller a Bali...
Ampana.Le 25 juillet 2007 J ai rendez vous a 1700 a Ampana pour prendre le vehicule qui m emmene a Palu, d ou je prends un vol pour Makassar puis quelques heures apres pour Denpassar a Bali...!!! Les delais sont serrés...Si j etais resté coincé en mer je perdais tout mes vols et mes connexions... Ca y est j y suis...et c est reparti pour 10 heures de bus. Mais comme d habitude........................ ahhhhhhhh!!!!!!!!! je vois que vous attendez l annonce d un nouveau pépin.... ???? et oui!!!!! vers 3 heures du matin, apres une route épouvantable dû aux éboulements suite à la pluie...un pneu eclate.... Le chauffeur decide de continuer mais à 10 km à l heure... et moi qui dois être à 6heures du mat à l'aéroport pour ne pas louper l'avion et ma connexion...evidemment a part une jeune homme de 17 ans personne ne parle l'anglais... Bref excédé, je decide d arrêter le bus parce que je connais les: " on arrive dans une demie heure...c est juste là au coin de la rue..." Je demande un taxi et fini ma route à l aéroport a 0530 !!!! JE NE LOUPERAIS PAS MON AVION!!!!!!! L indonésie et les transports.... c est à chier... Là, je vous écris d Ubud, au centre de Bali. Je me suis payé le taxi depuis l aéroport en arrivant!!! c est excessivement cher mais j'en ai rien à battre!Na! Fais c'que j'veux! C est super beau...je suis vivant... et je vous raconte la suite demain!!! Besitos
Ubud- Bali, le 27 juillet 2007 Ouah...l arrivee a Ubud!!! Tout d abord mon Home stay: Le Jati 1. Magnifique maison balinaise. Chaque piece est en bambou. Le contour du lit est en bambou, les murs: du bambou. Le matelas: du bambou....meuh non! Et le balcon avec vue sur les rizieres! Vraiment tres beau. Je me suis promene hier soir sur la rue marchande....beaucoup de touristes!!! C est cool, les magas' sont tres "artistiques". Tout est beau! Seul inconvenient, ca semble loin l'Indonesie.. tout le monde parle anglais ( ingriss), mais bon l ambiance est tres cool, zen, courtoise..beaux restos! Juste le temps de manger, de vous raconter mes histoires dans les iles et ce fut un dodo merite. Ce matin je n'en revenais pas du repos que j ai pris et en regardant en l air, ce plafond a 6 metres de haut, tout en.................................................................BAMBOU!!! Ce matin j ai loue un scooter! C est geant. Bon faut etre super vigilant mais quelle liberte de partir et de revenir quand on veut. Pis pour moins de 5 francs par jour c est vraiment un moyen ideal de visiter les alentours! J'ai taille la route vers l est, direction Ganyar. En allant au marche, je me suis regale de brochettes satay. Bon les miennes ne sont pas mal non plus mais la, dans le contexte c est autre chose... Le stand s est rempli de curieux voir la "chose" manger les mini brochettes. Ils etaient mort de rire quand je me suis irremediablement tache de sauce cacahuete sur ma belle chemise claire. Il ne me restais plus qu'a m'en trouver une autre au marche. C est un lieu impresionnant. Tout se passe dans une enorme batisse. Quelques vendeurs sont aux alentours, notamment les echoppes de riz, pates et autres brochettes que j eviterais cette fois ci, des fois qu elles se reconnaisent dans les taches precedentes et qu elles me sautent a la gueule!!!!!! Les etages du batiment sont reserves aux habits, tissus, chaussures. En dessous ce sont les epices, les petales de fleurs pour les offandes. Au rez, les racines tels que gingembre et autres reparations bizarres ainsi que les petits poissons grilles. Ce sont de vieilles dames qui tiennent ces stands. Visiblement, je ne suis pas le bien venu et elles ne se laissent pas photographier. Dommage. C etaient des "gueules" comme je les aime... En sortant, je me suis pose boire ma boisson favorite; un N"u. C est un soda de the vert. Le pere travaillait avec sa fille et parlaient parfaitement bien l anglais. Il m a appris a nouer mon sarong a la facon balinaise. Je suis reparti direction Klungkung ou j ai visite le Kerta Gosa et le Bale Kambang qui sont le Palais de justice et son pavillon flottant. Ce sont des vestiges du 18 eme de la dynastie Gelgel dont vous avez bien evidemment entendu parler... Je continue la route jusqu a Sidemen en longeant les rizieres. C est simplement feerique, superbe, reposant.... Arrive au village je me suis ballade dans les ruelles jusqu a entrer dans une maison ou les enfants semblaient trouver tres drole de voir ma bobine. On a fait plein de photos et on a rit...en poussant des cris a chaque fois qu ils voyaient leur tete sur le petit ecran. J ai pu voir les tisserandes a l oeuvre.. qu'elle patience! Ca m a rappelle Essaouira... T es prete Chris? Et c est reparti par une route qui remonte le long des rizieres a travers la foret... De belles photos en tout cas. Finalement en rentrant sur Ubud je riais tout seul sur mon scoot du bonheur de voir de si belles choses. C est la que reside le danger...car t es sans arret sollicite par des paysages, des scenes cocasses et si tu te deconcentres, tu oublies que tu dois rouler a gauche et paf le chien!!!! Ce soir, j ai suivi les conseils du Routard et je me suis regale chez Ibu Rai. J ai remange des brochettes Satay. Ben vous me croirez pas mais j ai pas fait de taches... Besitos... Faites des commentaires et faites en faire autour de vous.... Ubud-Bali, le 28 juillet 2007 Aujourd hui diane a 0730. Je vais faire des kilometres et veux croiser le moins de monde possible.. Je pars pour le mother temple de Besakih. Le Pura Besakih, qui est le plus grand temple de l'ile. Les routes sont vertigineuses par moment, elles montent et descendent au milieu de forets, de palmiers, longeant des rizieres. Tantot traversant des petites villes ou des villages. J en prends plein la vue et ai de la peine a rouler vite mais c est tant mieux....je ne suis pas attendu et encore moins au paradis ou en enfer plutot.... En chemin je croise une sorte de caisse a savon bricolee servant de char a foin avec son pilote hilare de me voir halluciner... J ai pas eu le temps de m arreter qu il avait deja disparu... C est etonnant de voir de tout jeunes garcons de meme pas dix ans, rouler a scooter...sans casque bien sur....Et puis au detour d un champ un groupe d enfants tout surpris de voir une pelle mecanique flambant neuve, remuer la terre..Une veritable attraction... J arrive enfin au village de Besakih. Il faut dire que tout est tres bien indique je trouve et les balinais m orientent facilement contrairement a ce qui est ecrit dans les guides. Je gare mon scoot, noue mon sarong et me dirige vrs le bureau d accueil. Le responsabe me donne quelques informations et me dit qu il y a une ceremonie aujourd hui... C est le deuxieme qui me dit ca...quel veinard vraiment. En fait c est pour me fourguer les services d un guide Absolument Obligatoire en ce jour beni.... Je lui explique que je connais les leiux, que j y suis deja venu et que je peux me balader seul.... C est monumental!!!!!!!!!!! Je ne vais pas trouver de mots pour vous decrire ce que je vois, ce que je ressens a ce moment la. J'ai bien fait de partir tot. Je suis un des premiers sur place et l approche de l entree me donne des frissons... Je gravis les nombreuses marches avec un sentiment de serenite qui ne me quittera plus jusqu'au moment du depart. Ce n est pas beau. Ce n est pas joli. C'est vivant. Empli de paix. Peacefull comme ils disent et ce mot se prete a merveille pour l energie qui se degage, passant d'un temple a l'autre. Ceux-ci se suivent en gravissant chaque fois un longue serie de marches. Comme si la serenite ou la paix interieure se meritait. Huit temples, je crois, se suivent. J'ai parle avec un pretre qui me disait que l ile degageait cette Paix...puis il est parti prier. Plus haut, le son d'un leggong, orchestre traditionnel de cuivres et de perscussions, joue des airs au sonorites aigues... C est un bien etrange musique dont je ne compreds pas la suite logique des melodies... ils m'invitent a m'asseoir aupres d 'eux et c'est encore plus prenant... Finalement je vais rester un moment dans le dernier temple aupres de quelques personnes qui s y receuillent. En partant je me laisse guider par des cris aigus d'un cochon...A mon avis, il a compris ce qui va lui arriver. Je m'approche et c'est effectivement ses derniers minutes dans ce bas monde... Je bois encore un the indo en compagnie d'un local rencontre plus haut puis je refourche ma moto pour tracer jusqu'a Sanur... Ouf......encore maintenant je ne me suis pas remis de ce long moment passe au Pura Besakih. J arrive a Sanur en debut d apres midi apres m'etre arrete en route pour manger un Ayam Goreng. C est du poulet frit avec du riz et des legumes et une ptite sauce...hummmm je m'en leche encore les doigts... J adore manger avec les balinais..ils sont super contents de voir un blanc tenter de manger comme eux... et oui, faire des boulettes de riz et se les mettre dans la bouche ca parait easy mais ca l'est pas croyez-moi...mais c'etait delicieux... Par contre Sanur....bof.....tout ces gens etales au soleil style troisieme age germanique version rouge crevette et full of beer... J'ai regrette le deplacement qui m'a emble bien long. Finalement au retour la route semblait vraiment plus courte donc il n'est pas exclu que j'essie a nouveau Sanur mais un peu plus au sud de la Germanie... En remontant le long de la route par le village de Tegallalang, c'est tout les produits que l'on trouve a Maison du Monde, la Casa, etc..qui s'etalent devant moi, a des prix defiant toute concurrence et me faisant un pied de nez car je ne pourrais pas ramener la moitie du quart de ce qui me plait ici... Allez, un petit repas au Biah Biah, un petit warung tout pres de mon homestay, un delicieux Nasi Champur (riz, poulet, porc et legumes...) suivi de deux minis sate lilit babai ( brochette de porc aux epices balinaises) et d'un klepon en dessert qui est un gateau de riz avec du sirop de sucre de palme dedans.... De-li-cieux!!! Allez, je vous embrasse..continuez a commenter...c'est cool!!!! He Jo, ici ils jouent aux boules avec des noix de coco. Je t'en ramene? T'auras pt'etre une chance de viser le cochonnet comme ca...hahaha! Besos!!!! Ubud-Bali, le 29 juillet 2007 Lever aux aurores...il etait 0030 chez vous... certains n etaient pas encore au lit...je le sais...Il etait 0630 ici. Petit dej tout les jours differents et toujours ambiance zen. J ai des kils a faire aujourd hui. Je vais au lac Batur au pied du volcan du meme nom. La route est super agreable. Il fait presque froid, heureusement j'ai mis une veste... J arrive trop tot pour que les gardes me fassent payer l entree comme c'est de coutume mais trop tard pour eviter la vendeuse d'offrandes indispensables a proteger la moto et son conducteur des mauvais esprits... C'est cool quand meme et joli! Le paysage est splendide... Le lac a diffeentes couleurs de bleu et de vert... Des roches volcaniques formanet la rive entre le mont et l'eau. C'est tres vallone. Je prends quelques photos puis descend vers les villages de pecheurs et/ou cultivateurs du bord de l'eau... Nous sommes ici au coeur de Bali. Ce sont des balinais purs et durs, loin de l influence de l hindouisme. Bien....quelques photos, une longue balade digne d'un moto-cross de village en village puis on the road again!!!!! Je repars en sens inverse direction Tampaksiring. Non il ne s'agit pas d'une specialite locale consistant a vendre aux touristes des tampons hygieniques comme boucles d'oreilles...!!!!! C'est un village avec un tres joli petit temple et des Bains sacres. J'ai la peau super irritee sinon je me serais bien baigne aussi. Il faut voir cela. Pour acceder aux bains, il faut franchir une petite porte concue pour deux personnes.. Ce sont plusieurs dizaines de personnes qui vont essayer de passer en forcant un peu. Tout le monde a le sourire. Personne ne dit rien, ne tire la gueule. Et ce n'est pas juste de la politesse, c'est culturel... C'est vrai, tout semble plus simple comme ca. Meme moi je me surprends a ne pas m'enerver. Il n'y a qu'en scoot que je jure un peu mais juste un peu bordel de merde... Les gens ont le sourire en permanence..Personne mais personne n'est stresse. et tout fonctionne... C'est super facile ici et le sentiment d'apaisement est permanent. Du matin au soir...et meme la nuit! Je reviens a mes bains... les gens descendent dans l'eau avec leurs sarongs et se mettent la tete sous des jets representant chacun des divinites. C'est impressionant...mais qu'est-ce qui n'est pas impressionant ici??? Je repars sur la route Gianyar. Il y a deux jours je vous avait raconte le marche ou j'etias le seul blanc, ou les gens semblaient pas trop enthousiastes de me voir... et bien aujourd'hui j'ai pris la rue principale et c'est super moderne....il y a meme un Bata.... l'envers de la piece en somme... Aujourd'hui a Gianyar, il y avait une course de motos ou plutot de scooter et une presentation des modeles Honda... Plusieurs rues etaient fermees et ca petaradait de tout les cotes. Il y avait meme un concours de miss...Ils leur posaient des questions et je suppose que c'etaient les memes conneries que chez nous.J'ai pris des photos des scoot pour toi Sacha...tuning et tout....c'est une epidemie ma parole!!!! Puis la route m'a mene a la plage pres de Sukawati. Il y avait un festivasl de cerfs-volants. Euh....ici les cerfs-volants c'est du serieux.... Ils sont facilement une vingtaine a le porter avant qu'il ne s'envole... c'est donc un concours. L'intervilles local avec son guy Lux qui commente depuis une tourelle la competition. Il n'arrete pas une seconde..Je ne comprends rien mais les gens se marrent bien... Dans la tourelle se trouve aussi une autre personne qui psalmodie ou chante a la facon d'un muezzin...C'est incroyable je pensais qu'il s'agissait d'un disque mais non....c'est du live... C'est tres spectaculaire. D'abord les cerfs-volants sont beaux. Puis ils sont un nombre incroyable a tirer sur la corde pour que leur vol dure le plus longtemps possible. Chaque equipe a son gamelan, rappellez-vous le petit orchestre local. Et ca rit partout des que le vent tourne un peu ou que le cerf-volant descend...Bon Guy Lux fait monter la mayonnaise avec ses gags a deux roupies ce qui ne fait pas cher en francs je vous le rappelle... Bref, j'ai bien cru qu'il y allait avoir des vachettes ou des bufflettes mais que nenni. Une fois le cerf-volant presque au niveau du sol, il faut le rattraper avant qu'il ne touche terre. Ben c'est complique parce-que plus il est bas plus il tangue de gauche a droite et l'equipe qui court essayant d'anticiper au son du gamelan, rappellez vous le petit orchestre....., et des cris des spectateurs.... En partant j'ai refait un saut a Sanur, histoire de voir si j, y allais ou pas pour mon dernier jour. Ce sera non. Objectivement c'est joli comme une petite plage de la cote mediterraneene mais ca ne me dis rien. J'irais a Kuta, j'ai mon ptit hotel, mon ptit japonais et quelques boutiques ou claquer mes dernieres roupies qui roupillent au font de mes poches.... Voila pour aujourd'hui...
Besitos Ubud-Bali, le 30 juillet 2007 he ben je suis au cyber en face du terrain de foot et y'a un match qui se terminait maintenant... les cris des spectateurs!!!!! Ca a finit aux penaltys.... De toute maniere tout le monde rit donc impossible de savoir si Ubud a gagne ou perdu...Je crois que tout le monde s'en fout!!! Le gardien etait trop avance sur sa ligne...l'arbitre lui a fait signe de reculer en riant... le public s'esclaffait!!! C'est incroyable...Il ne doit pas y avoir de traduction pour le mot hooligan... Voila, c'est le dernier jour a Ubud. Je n'ai pas de regrets de partir parce-que je me rejouis de vous retrouver. Mais je preferais nettement vous prendre avec moi ici dans ce lieu de paix.... Mais comment font-ils pour etre si "en paix"??? Aujourd'hui je me la suis joue tranquille.. Je suis reste dans les alentours, faire quelques derniers achats bien que je ne puisse plus rien mettre dans mon sac... J'ai croise un transport scolaire: c'est un bache avec 50 gamins en uniforme dessus.... Les plus grands sont tous a scooter, des dizains et des dizaines en meme temps, habilles pareil et allant dans la meme direction... Et puis dans une petite rue, un vieux monsieur tout courbe, avec une enorme charge sur le dos...il souffrait et son dos etait irremediablement penche vers le sol... Je n'ai pas eu le coeur de sortir mon appareil... Faut dire qu'on me prend pour un journaliste! J'ai fait mille portraits..Je me suis arrete un long moment dans un hangar ou des femmes confectionnaient des offrandes pour les ceremonies funeraires. C'etait tres interessant! Ca papotait, ca riait et j'etais un peu la curiosite du jour... Je suis quand meme alle a la Monkey Forrest voir nos freres les singes... Certainement les plus agressifs habitants de l ile!!!! Ils ont failloi m'arracher le sac. Comme quoi on est en securite nulle part... Demain je serais a Kuta pour deux jours..Kuta ce n'est pas Bali, c'est BillabongBeach ...va savoir si je verrais un kangourou...
A demain... Kuta-Bali, le 31 juillet 2007 Et ben voila je suis de retour ou tout a commence pour moi a Bali. Meme hotel, meme plage, memes casse-couilles: "transport Boss?You want sunglasses, Boss?" mais finalement c'est bien de finir comme ca. J'ai quitte le paradis et je retourne au purgatoire avant de revenir en enfer.... Heureusement que vous mes petits anges etes-la pour me tenir conpagnie... Je vais gentimment aller claquer mes Roupiahs... Il faut dire que le pays est tellement bon marche qu'il m'en reste bien plus que ce que je pensais... Ca c'est aussi une bonne nouvelle... Mais surtout ce qu'il me restera grave c'est la gentillesse des gens. Et meme quand vous ne faites pas affaire avec eux, ils vous lachent avec un sourire...c'est comme ca et j'ai l'impression d'avoir baigne dans un sourire permanent pendant presque un mois... A refaire absolument et pour ceux qui seraient tentes par l experience, j'ai une bonne dose d'adresses sympas...Des pas sympas j'en ai pas trouve. La seule chose d'un peu complique vous l'aurez compris, c'est les transports... mais bon on se fait a tout a condition d'en echapper... J'ai prepare mon sac a dos ce matin....il etait super lourd... et mon ptit sac a dos, le nouveau pas celui a 5.- qui a dure deux jours est plein a craquer...j'ai encore un sac en plastique..j'espere que je pourrais le ramener dans l'avion... J'ai pese le sac en arrivant a l hotel a Kuta...22kg... Merde!!! Bon j'ai recommence, sorti les chaussures de marche...bref comme par miracle, la ca devrait aller...bon on verra, c'est des soucis mineurs.... on vera la tete au guichet a l'aeroport...
A demain...besitos a tous!!!! Doha-Qatar, le 2 août 2007 pas d'internet hier...c'etait le premier aout donc j'ai pris conge moi aussi... Sur nos monts quand le soleil, annonce un brillant reveil! Pis j'avais pas grand chose a dire.... Ce n'est pas que je n'ai pas aime Kuta, je serais faux cul de dire cela. Mais j'ai fait le calcul: en moyenne on est sollicite environ deux cents (200!!!) fois par jour pour un taxi, des t/shirts, un massage, etc... 200 fois a dire non merci ( tidak, teri makhasi). Au bout d'un moment on ne repond plus. Les gens n'attendent pas de reponse non plus... Mais bon ca fait partie du jeu. Ca me fait penser a l Espagne avec ses boutiques, ses bars, sa plage.... et j'aime bien ca aussi mais c'est quand meme loin de l'Indonesie que j'ai aime... Et puis, toute cet harmonie que j'ai ressenti pendant ce mois a brusquement disparue, effacee par le bruit des discotheques alentours... C'etait le moment de repartir.... Je suis au Qatar. La plus grande partie du voyage, onze heures(!), est passee...Il me reste a glander dans cet aeroport pourri 7 heures puis six heures jusqu'a Unique Zurich Rosti puis Genf.... hehehe...c'est les fetes de Geneve non??? Qu'est-ce que j'en est retenu de ce voyage seul? C'est vrai que c'est avant tout une image, constante et vecue en permanence: le sourire des Indonesiens. Leur gentillesse. Leur capacite a prendre une chose apres l'autre sans apprehension et sans jugement. Peut-etre je me fais une idee trop ideale mais je l'ai reellement vecu comme cela... Hier soir, je prenais quelques dernieres photos dont le mausolee en souvenir des victimes de l'attentat de novembre 2005. En partant j'ai demande a mon chauffeur ou avait explose la bombe? "C'est ici". Nous passions devant un grillage bordant un tas de gravats ou etaient epingles quelques photos souvenirs de victimes... J'etais passe plusieurs fois devant sans m'en rendre compte... Et je crois que c'est comme cela qu'ils prennent les evenements durs de leur vie.... C'est arrive. Il faut continuer... Une chose apres l'autre. Sans show bizz. Avec de la pudeur. Voila...J'arrive.... Besitos... Meyrin, le 3 août 2007 Héhé..moins sexy Meyrin comme nom.... et pourtant c'est chez moi...et puis les lettres sur le clavier sont à la bonne place, elles y sont toutes.... comme tout mon chez moi et les miens... Merci ti-coeur de t'être occupé de mon Tigré. Tu lui as sauvé la vie... Aujourd'hui, je mettrais les photos... Dernière aventure en date.... Il est dix heures vendredi matin et ma valise n'est pas arrivée... Elle est toujours à Zürich.... comme quoi tu peux voyager au bout du monde et ça va mais chez nous..... c'est quand même Unique.... Y'en a point comme nous... Besitos..
Les photos et d'autres voyages; www.gatitoperezdetudela.spaces.live.com
Jeu des photos: suite de la suite English translation pending
Alors pour commencer ce nouveau fil deux photos pour le prix d'une. Prises de chaque côté de la rivière. Mais où est-ce donc?
Espagne/Portugal: circuit en terre ibérique (juillet 2007) English translation pending
Jeudi 19 juillet : cap sur l’Espagne Anne et moi arrivons vers 19h à l’aéroport et nous découvrons le tout récent MP2, le terminal low cost de Marseille, inauguré un an auparavant. Décor sommaire, couleurs vert pomme et cramoisi… Bref, on n’est pas là pour visiter. Il n’y a pas de file d’attente, nous en profitons pour faire enregistrer les bagages que nous portons et déposons nous-mêmes sur le tapis roulant. On peut alors se poser tranquillement dans le hall et se remplir la panse de nos sandwiches. Nous avons devant nous assez de temps pour nous diriger vers l’autre terminal, le vrai si j’ose dire, où nous pouvons trouver les magazines qui nous occuperont pendant la bonne heure et demi de voyage qui se présente devant nous.
21h. C’était l’heure prévue du départ, mais nous sommes encore en train d’attendre sagement l’embarquement. Une fois installés à bord du 737 de Ryanair, le commandant de bord s’adresse aux passagers… en espagnol puis en anglais. On ne se sent déjà plus chez nous. Une demi-heure plus tard, l’avion quitte enfin le tarmac de Marignane, salue la Bonne Mère, et prend la direction de Madrid. Les vacances peuvent commencer.
Il est 23h environ lorsque le vol 5447 se pose sur la piste de Barajas. L’aéroport de la banlieue madrilène nous semble immense. L’appareil roule si longtemps après l’atterrissage que l’on se prend à imaginer qu’il pourrait emprunter l’autoroute et nous déposer directement à l’hôtel. Utopie.
Nos bagages rapidement récupérés, nous entamons alors une longue marche à travers les longs couloirs de l’aéroport, suivant les indications pour rejoindre la station de métro. Plantés devant les machines automatiques multilingues, nous tentons vainement de nous procurer nos titres de transport. Nous bidouillons l’engin cinq bonnes minutes avant que celui-ci daigne nous délivrer les précieux sésames. Joie de courte durée, nous restons bloqués aux tourniquets car les tickets ne sont pas les bons. On se décide à faire la queue au guichet – car oui il est 23h30 et un guichet est ouvert – jusqu’au moment où un agent nous interpelle pour nous proposer son aide. Quelques palabres hispano-anglaises plus tard, il parvient patiemment à nous faire comprendre que les tickets de métro au départ de Barajas sont majorés d’un euro. Il prend l’initiative de changer les titres via la machine et nous le remercions…
Trois lignes de métro plus tard, il est minuit bien entamé quand nous tombons nez à nez sur l’énorme porte en bois de l’Hostal Miralva, situé au 32 de la calle Valverde. Bien que située à quelques pas de Gran Via, les « Champs-Elysées » espagnols, nous ne sommes guère rassurés par cette sombre artère animée par quelques poivrots et vitrines de sex-shops. Nous sonnons, et au 1er étage de cet immeuble nous accueille un homme grisonnant. Là encore, nos lacunes en espagnol font défaut, c’est donc dans un anglais scolaire que se fait la discussion. Dans le hall, nous rencontrons deux touristes français arrivés de Paris, dont l’un nous dit : « Prévoyez de la crème solaire, ça bombarde ici ! ». Je lui rétorque en plaisantant que l’on vient de Marseille, et que par conséquent le soleil, nous, on a l’habitude. Le gérant nous remet les clés et nous découvrons notre chambre pour les quatre prochaines nuits. Un lit double, une armoire, une table, deux chaises et un lavabo, le strict minimum. Les toilettes et la salle de bains sont à l’autre bout du couloir. Les douches sont interdites après minuit, ça tombe bien, il est 1h du mat passé et j’avais envie de me rafraîchir, tant pis, demain il fait jour…
J’aurai pu finir ce récit du premier soir sur un « nous nous couchâmes et nous endormîmes paisiblement », hélas… Tous les bruits émanant de la rue se firent entendre dans la chambre. Des cris, des chants, des jeunes parlant bruyamment en passant sous notre fenêtre, et le ballet incessant des voitures qui semblaient rouler dans notre lit. Cette première nuit madrilène fut un concerto de nuisances sonores, à tel point que je ne saurais vous dire à quelle heure nous avons réussi à rejoindre Morphée…
Vendredi 20 juillet : à nous Madrid ! La nuit passée, agitée et peu réparatrice, nous a semblé bien courte. Malgré ça, le programme de ce premier jour dans la capitale espagnole ne nous a pas laissé le loisir de garder le lit davantage. La douche prise et un petit dej rapidement avalé, nous voici partis à la conquête de Madrid.
La ville est bien desservie par les transports en commun et ce jusqu’à tard dans la soirée. Le métro, associé à la marche à pied, est à mon avis le meilleur moyen de découvrir la capitale espagnole. A Gran Via, la station la plus proche de notre hébergement, nous déboursons 9€ chacun pour acheter des pass bus/métro pour « 3 dias ». Vu le tarif d’un ticket à l’unité et le programme chargé qui nous attend les jours à venir, il est clair que nous les rentabiliserons assez rapidement.
Nous inaugurons nos tickets pour nous rendre à la station Banco de España près de laquelle se trouve la Plaza de Cibeles. Désirant me rapprocher pour faire quelques clichés de la fontaine qui se trouve en son centre, je contourne la place, mais je me rends compte qu’il n’y a en réalité aucun accès. J’aurai bien tenté d’y parvenir en traversant la grande avenue, mais, devant la présence de quelques policiers réglant la dense circulation, je me ravise. Je viens à peine d’arriver, et je n’ai pas – déjà – envie de me faire remarquer. Je me contente donc de zoomer sur la fontaine en question, avec en fond l’imposant Hôtel des Postes.
Nous poursuivons notre balade via le Paseo del Prado qui, comme son nom l’indique, est tout proche du fameux musée qui sera l’objet d’une incontournable visite pour Anne. Après s’être arrêtés quelques instants devant le Monumento del Dos de Mayo, nous arrivons devant le Ritz. Notre curiosité nous pousse à pénétrer le luxueux établissement pour admirer la beauté des lieux. Devant tant de richesses, on se dit que nous sommes dans un autre monde auquel nous n’appartenons pas, et puis, de toute façon, on en a pas vraiment envie. Quelques instants plus tard, nous arrivons à l’autre célèbre fontaine de Madrid, celle de Neptune. Bis repetita, pas moyen de s’en approcher, le zoom s’impose.
Un peu plus loin, nous apercevons bientôt la Gare d’Atocha, devenue tristement célèbre suite aux attentats qui y furent perpétrés le 11 mars 2004. Sans raison aucune, nous décidons de nous y rendre. Et quelle ne fut pas notre surprise d’y découvrir un magnifique jardin tropical au cœur duquel vaquaient une centaine de tortues. L’escalator nous hisse au dernier étage de la gare, et nous y découvrons une vue encore plus impressionnante sur ce bel espace vert qui se dresse au milieu du bâtiment. J’immortalise l’image. La faim commence à se faire sentir. Nous nous arrêtons au premier restaurant que nous croisons dans la gare, essayons tant bien que mal de décrypter la carte, et commandons de quoi grignoter : croquettes frites au jambon, calamars frits et patates baignant dans une sauce épicée. Pas très équilibré comme repas, je vous l’accorde, juste de quoi caler l’estomac jusqu’au soir.
Nous prenons ensuite la direction du Buen Retiro, le plus beau parc de la capitale d’après les guides. Allées ombragées, fontaines, statues, parterres de fleurs, ruisseaux, tout est fait pour rendre agréable une balade qui vous fait oublier pour un temps le bruit de la ville. Un petit lac, où glissent quelques cygnes noirs, et duquel jaillit un jet d’eau, borde le Palais de Cristal, jolie demeure de verre qui semble-t-il accueille quelques expositions temporaires. En avançant, nous tombons sur un plan d’eau où les Madrilènes aiment à flâner sur les barques en location. Nous sommes déjà à la sortie du parc et nous reconnaissons la Puerta de Alcala.
Anne commence à se sentir fatiguée, sans doute la chaleur cumulée au manque de sommeil. Nous décidons de faire une courte halte à la Plaza de Toros de Las Ventas. Il s’agit des arènes de Madrid, les plus grandes d’Espagne, que nous ne manquerons pas de visiter ultérieurement. Après quelques photos, nous retournons à l’hôtel. Je prends le temps de recharger la batterie de mon numérique, puis je repars tout seul à l’affût d’autres clichés, Anne préférant rester se reposer. Mon plan de la ville en main, je prends le métro jusqu’à la station Anton Martin. Non sans avoir demandé mon chemin auprès de quelques passants, j’arrive enfin dans le quartier de Santa Ana, histoire d’admirer quelques belles façades de boutiques faites d’azulejos. Je tombe par hasard sur une statue de Garcia Lorca. Restos, pubs et autres cafés se succèdent au fur et à mesure des rues. Je me promène au feeling et shoote tout ce qui peut faire une belle photo. J’arrive sans le vouloir à la Puerta del Sol, le cœur de la ville, dont une partie est en travaux. Des commerces qui grouillent de monde, je fais un petit tour des environs puis m’engouffre dans le métro pour échapper à la foule et rejoindre Anne à l’hôtel.
En soirée, Anne à nouveau d’attaque, nous quittons notre chambre et empruntons à pieds Gran Via jusqu’à Cibeles où nous étions le matin même. Mais la balade est bien plus agréable, la température plus clémente, et le soleil couchant éclaire les bâtiments d’une jolie lumière couleur ocre. Nous nous rendons ensuite à la Plaza de España, qui ne paye pas de mine, mais au milieu de laquelle trône un monument à Cervantès qui veille sur ses deux plus illustres personnages, Don Quichotte et Sancho Panza.
La journée a été longue et fatigante, et celle qui nous attend le lendemain le sera au moins tout autant. Pour rejoindre l’hôtel, nous remontons sans nous presser Gran Via, animée par la foule et les néons des enseignes. Un dernier crochet par le Burger King pour un dîner léger conclura qui cette journée bien remplie. Et ce n’est que le début…
Samedi 21 juillet : Royal Madrid
Epuisés par la veille et apaisés par un semblant de calme nocturne revenu miraculeusement dans Valverde, nous avons passé une nuit – presque – digne de ce nom. Et il fallait au moins ça pour affronter la journée qui se préparait.
Le rituel matinal douche petit dej rapidement expédié, nous prenons la direction du métro pour nous rendre à Puerta del Sol. Anne n’a pas manqué de se munir de son guide Michelin qui propose un gymkhana à travers les rues de la ville. Après avoir longé la Calle Mayor, nous bifurquons sur notre gauche vers l'une des arches donnant accès à la Plaza Mayor. Nous restons un petit moment sur cette vaste place et sous les arcades qui la borde. Suivant approximativement les indications du guide vert, nous avons ainsi déambulé dans la ville. De nombreuses façades recouvertes d’azulejos multicolores représentant Madrid, Séville ou Cordoue se dévoilaient sur notre passage. Notre balade nous a conduit tour à tour devant la Iglesia de San Miguel, la Plaza de la Villa, et la Iglesia San Francisco el Grande où nous sommes furtivement entrés alors même qu’un mariage était célébré. Il est déjà 14h. Le temps passe vite lorsque l’on ne s’ennuie pas. Nous passons en revue plusieurs restos et dès que nous en avons assez de chercher, nous rentrons et prenons place. Anne se délecte d’une omelette au jambon et au fromage pendant que je déguste une belle tranche de saumon grillé. Puis nous sortons et passons devant la Catedral de San Isidro, mais elle est fermée. Tant pis. Fin de l’itinéraire balisé par Bibendum…
Retour donc à la Puerta del Sol, à la recherche de la statue de l’Ours et l’Arbousier, symbole de la ville de Madrid. Nous le trouvons rapidement et quelques photos plus tard, nous partons sans tarder pour la visite du fameux Palacio Real. Nous déboursons les 8€ chacun que coûte l’entrée et quelques minutes après, alors même que nous arrivons devant les marches du palais, une pancarte nous informe qu’il y est strictement interdit de photographier. J’ai quand même réussi à prendre quelques clichés avant de me faire reprendre de volée par les agents de sécurité qui veillaient au bon déroulement des visites et à l’application inflexible du règlement. Je n’ai donc pas joué longtemps avec le feu, conscient de ne pas faire le poids face aux fidèles sujets de sa majesté Juan Carlos. Anne s’amusait de me voir ronger mon frein, passant de salles en salles, le numérique éteint autour du cou.
Nous avons flâné deux bonnes heures dans et autour du palais, et avons logiquement enchaîné avec la Catedral Nostra Señora de la Almudena qui fait face à l’ancienne résidence royale. Grand édifice à la déco assez contemporaine qui m’a bien plu, je multiplie les photos. Puis nous faisons une halte dans le Jardin de Sabatini. Petites fontaines et allées soigneusement taillées, ce petit coin de verdure adossé au palais ne manque pas de charme. A peine franchie la grille pour sortir, j’aperçois sur le trottoir d’en face une boutique Häagen-Dasz. J’en fait part à Anne dont je sais qu’elle raffole de leurs crèmes glacées. La chaleur et notre gourmandise sont deux excellentes raisons pour y faire un arrêt. Les glaces englouties, il est presque 19h30, nous regagnons nos pénates.
En cette douce soirée, nous n’avons rien fait d’exceptionnel. Comme la veille, nous sommes allés manger au fast food – pour la ligne on verra en rentrant en France – et nous avons été prendre quelques photos de nuit. La Puerta de Toledo, joliment illuminée, et la Iglesia San Francisco el Grande, bien mise en valeur par les éclairages, se sont révélés bien photogéniques. Déjà 23h30 passé, le métro nous ramène à notre chambre. Une nouvelle journée pleine de découvertes s’achève, une autre nous guette le lendemain…
Dimanche 22 juillet : métro, Prado, Rastro, zoo, dodo
En cette fin de semaine, le soleil est toujours au rendez-vous. Il fait très chaud mais on n’est quand même pas en droit de s’en plaindre. La nuit à été relativement calme, à signaler juste un « Hijo de p… » qui a fusé dans Valverde et qui a provoqué un petit fou rire chez Anne.
Aujourd’hui sera une journée un peu spéciale. Anne et moi décidons de programmes séparés, tout du moins pour la matinée. Pendant que je chinerai au cœur du Rastro, un gigantesque marché aux puces dominical qui s’étale dans les ruelles jouxtant la Calle de Toledo, Anne s’en ira contempler les trésors exposés au Musée du Prado, d’autant plus que c’est gratuit le dimanche et fermé le lundi. Vous l’aurez bien compris, je n’aime pas les musées d’arts. Les raisons ? Je ne suis pas fana d’art, qu’il soit classique ou contemporain, ni du genre à m’extasier devant une sculpture ou une toile. Et puis, l’idée même de passer une ou deux heures au milieu de ces chefs d’œuvres qui me sont totalement indifférents me rebute.
Je fais le trajet avec Anne jusqu’aux portes du Prado, puis attrape une rame qui me dépose à la station La Latina. Sur place, le marché est déjà en pleine effervescence. Des centaines de personnes défilent devant le déballage de fringues et de babioles de toutes sortes. Par excès de prudence, je mets mon sac à dos devant moi, car qui dit foule, dit éventuellement pickpockets. Puis je m’engouffre dans l’allée gorgée de monde. Je ne suis pas venu dans le but d’acheter quoi que ce soit, juste déambuler, regarder, fouiller un peu à l’affût d’une éventuelle bonne affaire. Je repartirai finalement en début d’après-midi la besace vide et le porte-monnaie intact. Entre temps, j’aurai assisté à une descente de police un peu musclée, destinée à déloger les quelques vendeurs à la sauvette qui s’étaient invités à la fête.
J’avais entrepris de faire le marché dans son intégralité, mais l’heure et la fatigue ont finalement eu raison de mon envie de continuer. En plus, je n’ai fait que descendre les rues, ce qui m’obligerait à tout remonter. La station de Puerta de Toledo tombe à pic. Je me rends ainsi à Las Ventas, lieu de rendez-vous convenu avec Anne. Devant l’imposante bâtisse, je ne me lasse pas de prendre à nouveau quelques clichés de ce lieu qui décidément m’inspire pas mal. Anne m’envoie un texto me disant qu’elle en a terminé avec les Velasquez, Goya et consort. Je l’attends donc devant les arènes que nous avions prévu de visiter, bien que nous ne soyons pas des aficionados des corridas, loin s’en faut.
Trente minutes plus tard, Anne débarque et nous achetons nos tickets. Je pensais que la visite des arènes incluait l’entrée au musée taurin, mais je le cherche encore… La guide nous accueille par une grand porte latérale. Nous sommes apparemment le seul couple de français parmi les touristes. Ce qui est parfait puisque la demoiselle qui va nous faire la visite s’exprime magnifiquement… en anglais et en italien. Peu importe, nous parvenons à comprendre les infos qu’elle nous délivre au fur et à mesure que nous découvrons l’intérieur des arènes, une très belle enceinte de 25.000 places. La promenade d’une trentaine de minutes retrace l’histoire du lieu, agrémentée de quelques anecdotes. Temple de la tauromachie madrilène, les murs sont ornés de plaques commémoratives. Ici les plus grands se sont produits, certains mêmes y ont semble-t-il laissé leur vie… La visite s’achève sur une démonstration fictive d’estocade avec la muleta, et on nous invite même à poser pour une photo avec les accessoires de la mise à mort. Ca sera sans nous…
A Puerta del Sol, à quelques stations de là, nous trouvons un petit resto. Une ardoise à l’entrée affiche une promotion plat et boisson, nous n’hésitons pas longtemps, il fait faim. La chaleur qui règne dehors contraste avec l’accueil glacial qui nous est réservé. Vous savez, quand vous rentrez quelque part et que vous avez presque l’impression de déranger… Nous commandons chacun un bon plat de pâtes que nous avalons rapidement. Toujours aussi indifféremment, la serveuse nous enlève nos assiettes vides et nous apporte la note. On a bien mangé mais pour le sourire, on repassera. Et pour le pourboire aussi…
Je suggère à Anne de passer une après-midi tranquille, il n’en a rien été… Grâce au Téléférico, qui permet d’avoir une vue aérienne sur une bonne partie de la ville, nous arrivons dans l’immense parc de Casa del Campo. Là-bas, à l’écart du centre ville, il y a de quoi se distraire avec un parc d’attraction et un zoo. Grande adepte de sensations fortes, Anne salive devant les montagnes russes du haut desquels des hurlements déboulent jusqu’à nos oreilles. Je lui dis que si elle veut enfourcher une de ces machines infernales, qu’elle ne compte pas sur moi pour la suivre.
Pas très chaud pour aller voir les animaux non plus, la suite de la journée s’est quand même déroulée au parc zoologique. Que vous dire ? Des pingouins, des girafes, des rhinocéros, des ours, des singes, des lions… Un zoo quoi ! Ah si, une petite originalité : un tigre blanc, à qui je n’ai pas manqué de tirer le portrait. Passée en revue toute la faune présente, la visite s’est conclue par un sympathique show de dauphins façon Marineland, devant un public d’enfants et de parents conquis. Alors que ma chère et tendre m’abandonnait quelques minutes pour faire un tour de l’aquarium, je l’attendais à l’extérieur, reposant mes pauvres pieds quelques instants. Pause de courte durée, puisqu’il nous fallait encore rejoindre le centre ville. Nous avions prévu de repartir comme nous étions arrivés, via le téléphérique, mais le courage nous manquant pour remonter toute la route, nous nous sommes dirigés vers la station de métro la plus proche.
En soirée, nous squattons une nouvelle fois notre fast foot attitré sur Gran Via. Pendant que nous avalons nos hamburgers, la batterie presque vide de mon numérique recharge dans les toilettes. Qu’est-ce que je ne ferais pas pour quelques photos. J’ai envie de faire des images de nuit et je m’imagine mal tomber en rade avec mon appareil. Et pour la troisième fois depuis notre arrivée en terre madrilène, nous repartons vers… Las Ventas. Quand je vous disais que ce lieu à la gloire de la tauromachie m’inspirait. Et plongé dans la nuit, il est très joliment éclairé. Jolie de nuit l’est tout autant la Plaza Mayor que nous atteignons un peu plus tard pour finir la journée en beauté. Une journée une fois encore épuisante, mais malgré tout riche de découvertes. C’est un peu ça nos vacances, des voyages où l’on ne se repose pas vraiment…
Lundi 23 juillet : d’une capitale à l’autre
Nous vivons déjà notre dernier jour dans la capitale espagnole. Nos dernières heures même, puisque l’autocar qui doit nous emmener à Lisbonne part à 16h00 pétantes. Les bagages bouclés, nous demandons à pouvoir les laisser à l’hôtel pour quelques heures. Le gérant accepte, ouvre une porte dans le couloir et y entrepose nos sacs. Coût de l’utilisation du placard... enfin, de la consigne : 2€ par personne ! Bon, on ne va pas faire la fine bouche, ça nous rend service et surtout ça nous offre un peu de temps libre.
Sans tarder, nous achetons un ticket de métro pour la journée, et direction Santiago Bernabeu. Bien que supporter du Barça depuis l’époque Romario, je ne pouvais pas passer à côté de ce temple du football. Le « Bernabeu Tour », comme ils l’appellent, regroupe la visite du stade, de ses infrastructures et du musée. Le prix est un peu prohibitif, 15€ tout de même, mais quand on aime le foot, on ne compte pas. Un ascenseur nous amène dans les tribunes du haut desquelles on a une vue globale du stade. Les sièges sont bleus et les travées oranges. Après avoir traversé des couloirs tapissés de photos des stars de l’équipe – dont notre Zizou national – nous arrivons au musée. Un vrai lieu de culte pour les socios du Réal Madrid. Portraits des présidents successifs, maillot dédicacé par Di Stefano, histoire de la construction du stade, palmarès détaillé, photos et vidéos des grandes heures du club, trophées en tout genre, et en point d’orgue, une vitrine animée dans laquelle sont fièrement alignées les neuf Coupes d’Europe des Clubs Champions. Même le blaugrana qui sommeille en moi ne peut rester indifférent. Bon, pas trop longtemps tout de même, la visite continue… Nous arrivons ensuite dans la partie basse du stade, au bord de la pelouse. D’ici on peut clairement lire l’inscription « REAL MADRID CF » qui s’affiche en lettres blanches sur la tribune bleue qui nous fait face. Je shoote sous tous les angles, encore et encore. Un dernier détour par la salle de presse, interview imaginaire oblige, et nous quittons les lieux satisfaits, une centaine de clichés au compteur.
Il ne nous reste que très peu de temps, juste assez pour nous rendre à la station voisine de la Plaza de Castilla où se dresse la Puerta de Europa. Il s’agit en fait de deux tours de verre, inclinées – volontairement, pas comme celle de Pise – l’une vers l’autre. Une construction insolite et moderne qui vaut bien quelques photos. Il est déjà 14h20, on file à l’hôtel.
Un rapide « Adios » pour le gérant – et surtout pour sa chambre infernale – nous fonçons vers la Estacion del Sur où nous devons prendre notre autocar. Il est environ 15h30, nous n’avons pas encore eu le temps de manger et nos estomacs commencent à se manifester. Je laisse Anne sur le quai surveiller l’affichage des départs et, quelques sous en poche, je pars en quête de nourriture. Dans le hall je trouve une cafétéria. Je rentre et une caissière me remet une feuille avec des cases à cocher. Evidement je ne comprends rien de ce qui est inscrit sur le bout de papier. Dans l’urgence et devant la nonchalance du personnel, je perds rapidement patience et m’en vais. Il est déjà 15h45, Anne doit s’impatienter là-haut sur le quai. Je tombe enfin sur une sandwicherie. Je commande ce que je pense être à notre goût, m’équipe d’une bouteille d’eau et remonte l’escalier. Il est 15h55, le numéro du quai est déjà affiché. Je retrouve Anne, apparemment soulagée de me voir enfin réapparaître, et on rejoint notre car. Bagages en soute, papiers en règle, on peut embarquer. Il était moins une, au propre comme au figuré. Encore essoufflé, je raconte mon parcours du combattant à Anne qui m’avoue avoir commencé à s’affoler de ne pas me voir revenir à temps. Enfin, nous sommes dans le car avec de quoi nous restaurer, c’est bien là l’essentiel.
Ensuite, que vous raconter du trajet en lui-même. Rien de bien intéressant à vrai dire. Le chauffeur nous passe un premier film. Il s’agit du fameux « Maman, j’ai encore raté l’avion » en version originale et sous-titré en portugais. On est déjà dans l’ambiance. On ne comprend pas grand chose, mais comme on connaît déjà l’histoire, ce n’est pas bien gênant. S’ensuit un Bud Spencer - Therence Hill, un monument du 7ème art, qui nous intéresse déjà beaucoup moins. Pour conclure cette belle soirée cinématographique, nous visionnons une vidéo intitulée « Marradas 2006 ». Intrigués, on commence à regarder. Il s’agit en fait de lâcher de taureaux dans de petits villages. Une sorte de vidéo gag à la sauce portugaise. Ca nous amuse une demi-heure, puis ça commence à nous barber. On en mangera pour deux plombes. Remarquez, ça aurait pu être pire. Je me souviens que lors de mon escapade autrichienne en novembre 2004, le chauffeur avait eu le bon goût de nous proposer la fameuse saga avec Romi Schneider. Ca peut être pire, si si !
Avec tout ça, nous n’avons même pas vu le franchissement de la frontière hispano-portugaise. C’est par l’interminable pont Vasco de Gama que nous enjambons le Tage et devinons les lumières de Lisbonne. Nous avions prévu d’arriver à notre hôtel aux alentours de minuit. Mais le chauffeur s’est un peu attardé lors des deux poses – ce qui lui a d’ailleurs valu une belle engueulade avec l’un des passagers – et il est minuit passé à nos montres quand l’autocar dépose les premiers voyageurs à la gare routière d’Oriente. On commence déjà à paniquer, imaginant trouver porte close à l’auberge. Un quart d’heure plus tard, on arrive enfin à notre destination finale, Sete Rios. Le car tout juste stationné, je fais remarquer à Anne que la pendule digitale du quai affiche 23h15. Etonnés, nous récupérons nos effets en soute et essayons de trouver une autre horloge. C’est en effet la bonne heure. Tout d’un coup, je crois me souvenir avoir lu qu’il y a une heure de décalage horaire entre la France et la côte ouest du Portugal, détail qui m’était totalement sorti de l’esprit. Anne me prend pour un fou, elle ne me croit pas vraiment. Et pourtant, c’est bien la réalité qui se confirme au fur et à mesure de notre avancée vers la station de métro. Du coup, nous n’avons plus de retard mais de l’avance. Nous voilà soulagés. Nous découvrons le métro lisboète pour nous rendre à la station Avenida. Impossible de se tromper, ici il n’existe que quatre lignes, ce qui est très peu en comparaison du tentaculaire réseau madrilène.
Station Avenida. L’hôtel Danubio Residential ne se situe qu’à quelques dizaines de mètres. Nous sommes dans les temps. Au 49 de la rua de Salitre, un petit mot à notre attention, scotché sur la porte, nous invite à sonner. Une souriante demoiselle vient nous ouvrir. L’anglais hésitant, nous la suivons. Elle nous fait entrer et nous présente une feuille. C’est un mot signé de Léo, le gérant, qui explique que la jeune femme doit nous remettre les clés, nous indiquer notre chambre, et que lui-même sera présent le lendemain matin pour régler les formalités. Nous remercions notre hôtesse et sans tarder entrons dans notre chambre. Elle n’est pas très grande, et le lit occupe quasiment les trois quarts de la pièce. Notre fenêtre donne sur une petite cour intérieure où du linge est étendu. Le silence semble régner en maître, ce qui augure enfin de quelques nuits sereines. Un lit et du calme, c’est tout ce dont on a besoin. Curieux, nous faisons discrètement un petit tour du propriétaire. Les sanitaires sont repérés, la salle de bain également, et il y a même une cuisine collective avec un frigo. Nous ne tardons pas à aller nous coucher, la belle Lisbonne nous attend demain…
Mardi 24 juillet : Bom dia Lisboa !
La nuit fut d’un calme olympien. Anne et moi avons très bien dormi, et sommes frais pour affronter la journée. Nous faisons la connaissance de Léo qui nous explique le fonctionnement de l’auberge. Il est plus cool et plus sympathique que le tenancier de Valverde. On échange aisément en anglais. Dans le couloir, il nous montre un plan de la ville affiché sur le mur, sur lequel il a noté de précieux renseignements sur les balades à faire, les divers moyens de transports ainsi que les tarifs, et les coins à éviter la nuit. Nous voulons lui régler les nuitées par carte mais il n’a pas porté l’appareil adéquat. Il nous faudra donc repasser ce soir à 21h pour lui payer notre dû.
Mais avant de commencer à visiter la ville, un autre impératif nous attend. Il nous faut absolument rallier la gare ferroviaire pour acheter les billets de train pour Porto. Le petit dej devra patienter, nous prenons un ticket de métro aller-retour direction Oriente. Pour cela nous devons emprunter trois des quatre lignes de métro, Oriente étant au nord-est de la ville. Une bonne demi-heure plus tard, nous découvrons les lieux. Une gare hyper moderne, très design. Nous cherchons un guichet ouvert, qui nous est gentiment indiqué par un vigile. Nous accueille une personne qui pratique la langue de Shakespeare. Ouf ! Anne, moi et le portugais ça fait trois. Mais pas trop besoin de baragouiner, nous lui montrons une feuille, une simulation éditée avant notre départ via internet, avec le jour, l’horaire et le train désiré. On s’en tire avec 39€ à deux, exactement le budget prévu. Mission accomplie. Et le petit dej dans tout ça ? J’y viens. On repère une sorte de boulangerie, « Croissanterie de Paris » la bien nommée. On y commande deux viennoiseries, un café et un chocolat chaud. La note : 3, 50€. On est surpris de payer si peu cher.
Rassasiés, nous nous engouffrons dans le métro direction l’avenida de la Liberdade où débutera notre programme de la journée. Cette large avenue ombragée, aux trottoirs en mosaïques, est très agréable à emprunter. Elle descend jusqu’à la jolie Praça dos Restauradores. En continuant, se dresse à notre droite la très belle façade du Musée des Arts Sacrés. Devant nous se trouve la Praça Dom Pedro IV, dite « Rossio ». Enfin, en tournant à gauche, nous tombons sur la Praça da Figueira, point de départ de nombreux carris, les fameux tramways « d’époque » qui font la renommée de Lisbonne.
Les rues de la Baixa, la ville basse, sont parfaitement quadrillées. Difficile de s’y perdre, qui plus est avec un plan entre les mains. Nous prenons la rua Augusta qui nous emmène tout droit vers la Praça do Comercio, au bord du Tage. Avant de continuer notre expédition pédestre qui promet d’être bien éreintante, nous entrons dans un troquet pour manger. Là aussi, comme à Madrid sur la Puerta del Sol, l’accueil n’est pas très chaleureux. On commande une salade et deux petits sandwiches, à l’omelette pour Anne, au jambon cru pour moi. On se déleste des 12, 20€ demandés, ni plus ni moins. Les piécettes viendront avec les sourires, ça ne sera encore pas pour cette fois.
Nous poursuivons notre itinéraire par la rua do Ouro jusqu’à atteindre l’elevador de Santa Justa. La présence de cette tour de métal en pleine rue peut surprendre le visiteur. Mais ce n’est en aucun cas une machine inutile, juste destinée à amuser le touriste. C’est un ascenseur qui permet d’accéder sans peine au Bairro Alto, le quartier haut de la ville. J’oubliais de vous le préciser, mais Lisbonne est bâtie sur sept collines, ce qui lui vaut de nombreuses artères pentues. Ce type d’ascenseur et autres funiculaires dispersés dans la ville sont donc très utiles pour passer facilement d’un quartier à l’autre. Au sommet, une terrasse de café nous permet de jouir d’une belle vue sur Lisbonne. Anne et moi retraçons aisément du doigt le chemin parcouru jusqu’ici. Une fois franchie la passerelle, nous arrivons devant le couvent du Carmo. Sa particularité réside dans le fait que, lors du terrible tremblement de terre qui frappa la ville en 1755 – un peu de culture ça ne fait pas de mal – le toit s’est effondré tandis que les arches de la voûte sont restées intactes. J’aurai bien aimé faire quelques photos de ce couvent à ciel ouvert, mais il a été transformé en musée. Payer l’entrée juste pour un cliché, je tire ma révérence.
Nous continuons notre route, admirant quelques façades d’azulejos au passage. Nous tentons de rejoindre le Miradouro Santa Catarina, sensé nous offrir une vue panoramique sur la ville. Hélas, une fois trouvé nous ne pouvons y accéder pour cause de travaux. Qu’à cela ne tienne, nous remontons encore et arrivons devant un petit jardin au milieu duquel on a laissé pousser ce qui semble être un cyprès qui, paraît-il, date d’avant le séisme de 1755. Ses branches sont si larges et si longues qu’il est soutenu tout autour par des tiges de fer. C’est un insolite coin d’ombre pour les habitants du quartier qui viennent s’asseoir sur les bancs disposés à l’abri du soleil. Nous osons déranger un couple d’amoureux afin de leur glaner quelques infos. Toujours en anglais, nous leur demandons de nous indiquer un point de vue panoramique sur la ville, mais les coins qu’ils nous proposent sont beaucoup trop éloignés. Nous les quittons par des « Thanks » et des « Gracias » encore tenaces, nous avons encore du mal à nous adapter aux « Obligado » en vigueur ici. La suite est simple. Nous étions sur les hauteurs de la ville, il nous restait plus qu’à redescendre. A travers les fraîches ruelles du Bairro Alto, nous avons tenté de regagner la Baixa, chose qui ne fut pas de tout repos. Les plans dont nous étions équipés ne mentionnaient pas toutes les minuscules artères que nous traversions. La gentillesse des lisboètes, toujours enclins à nous orienter, est à signaler. Jamais nous n’avons hésité à demander notre route.
Arrivés à destination, nous nous présentons à un kiosque Carris sur la Praça da Figueira. Petit conseil : acheter un ticket à bord de l’ « electrico » vous coûtera 1, 30€ tandis qu’en kiosque, pour le même tarif, vous avez l’aller retour. Nous avions décidé de faire une balade dans le célèbre Tram 28, très prisé des touristes, qui traverse tous les quartiers de la cité, de la Baixa au Bairro Alto, en passant par l’Alfama. Pour seulement 3€, on s’est offert une belle balade de plus d’une heure. Ce moyen de transport est à la fois insolite et impressionnant. Il serpente dans les rues étroites, frôlant parfois de quelques centimètres les façades et les voitures. Sur les trottoirs, les gens se plaquent contre les murs dès qu’ils entendent la sonnerie du tram retentir.
Nous avons rendez-vous à 21h avec Léo. Alors que j’envisage de reprendre prudemment le chemin inverse du matin même pour regagner l’auberge, Anne veut faire du free style. Je ne sais pas pourquoi mais je l’ai suivi et résultat des courses, on s’est un peu paumé. Certes, on parvient à retrouver rapidement notre route, mais ceci au détriment d’un petit détour en pente raide qui nous a bien fait suer. Nous arrivons juste à temps et, venant à bout d’une carte bancaire quelque peu capricieuse, nous refermons enfin le chapitre des transactions financières.
A partir de là, nous n’avons plu le courage de retourner dans le centre ville à la recherche d’un endroit pour grailler. Sur les bons conseils de Léo, nous traversons Salitre pour nous rendre au « Mimosa do Salitre », un petit bistrot planté juste en face du Danubio. Le patron nous accueille sympathiquement. Un bar, où nous avons un peu plus tard aperçu Léo en train de vider quelques verres en compagnie d’autres personnes, semble être le coin animé de la maison. Anne et moi, installés un peu à l’écart, commentons le menu. Je me suis laissé tenté une nouvelle fois par du saumon, Anne a choisi de l’espadon. Le tout accompagné de patates dont je ne suis pas arrivé à bout. Un bon repas. Le patron nous a entendu parlé, il a reconnu la langue de Molière. Il est venu parler un peu avec nous dans un français plus que correct. Surpris d’une telle maîtrise de notre langue, il nous a expliqué que lorsqu’il était au collège, dans les années 70, il était possible d’apprendre le français en plus du portugais. Et comme beaucoup émigraient vers la France, ça leur était d’une très grande utilité. La discussion terminée, nous l’avons remercié et quitté l’établissement pour regagner notre chambre. On n’a pas veillé très tard, on profitera de « Lisbon by night » une autre fois…
Mercredi 25 juillet : Belém by day, Belém by night
Que les nuits dans Salitre sont plaisantes ! Avec les journées que l’on passe et celles qui nous attendent, il est important que nous dormions bien. Et à Lisbonne c’est le cas. Aujourd’hui, nous avons décidé de quitter le centre ville pour Belém. Et ce pour quelques visites de choix : le Monument des Découvertes, la Tour de Belém et le Monastère des Jéromites. Et accessoirement pour apercevoir le fameux Pont du 25 Avril, avec lequel nous jouons à cache-cache depuis la veille.
La douche prise, nous retournons chez Mimosa – Anne et moi le surnommons ainsi – prendre le premier repas du jour. Café, chocolat et croissants tout chauds que nous prenons le temps de déguster. Un petit détour par notre chambre pour nous équiper d’un sac à dos et d’une bouteille fraîche, et nous prenons le chemin de la Praça Figueira. C’est d’ici que part le Tram 15 qui nous déposera à Belém. Nous y sommes une trentaine de minutes plus tard. Une colonne, au sommet de laquelle nous pensons reconnaître Vasco de Gama, se dresse au milieu d’un parc que nous traversons pour atteindre le fleuve. Nous pouvons enfin admirer le Pont du 25 Avril, le petit frère jumeau du célèbre Golden Gate de San Francisco. Sur l’autre rive, on devine la silhouette du Cristo Rei, réplique elle aussi miniaturisée du Corcovado qui domine la baie de Rio de Janeiro. Je me prends un instant à rêver de destinations encore plus lointaines. Mais pour l’heure, c’est Lisbonne qui nous tend les bras.
Nous longeons les quais du Tage pour arriver au Monument des Découvertes. Cette sculpture, en forme de proue de navire, est dédiée aux grands navigateurs portugais. Anne tente de me « culturiser » en m’énumérant les noms des personnages figés dans la pierre. Ne me demandez pas les noms, j’ai juste le souvenir d’un roi, d’un écrivain – ou poète – et d’un peintre. Une immense carte du monde s’étale sur le sol. Elle retrace les multiples expéditions qui, partant de Lisbonne, ont atteint les quatre coins du globe. Nous continuons pour atteindre enfin la fameuse Tour de Belém. Il est presque midi et demi et le soleil se fait cruellement sentir. Avant de patienter pour la visite de la tour, je repère quelques arrosages automatiques au milieu de la pelouse environnante. Anne n’ose pas y aller, mais moi je n’hésite pas longtemps pour m’en approcher et me rafraîchir un peu avant de gagner la file d’attente. Une passerelle de planches permet d’accéder à l’entrée. A l’intérieur, la température est plus que clémente. Arrivés au premier étage de la tour qui en compte cinq – ou six, mes souvenirs sont flous – nous faisons le tour de la terrasse et pénétrons les échauguettes présentes à chaque angle. Nous devons ensuite patienter un bon quart d’heure sous une chaleur caniculaire avant d’accéder aux étages supérieurs. Une à une, nous avalons les marches, faisant une courte halte à chacun des étages, jusqu’à arriver au tout dernier. Après avoir posé pour la postérité sur le balcon d’arcades avec vue sur la terrasse, Anne et moi redescendons et quittons la tour, plus d’une heure après y être entrés.
La cafétéria toute proche est un don du ciel, la pause repas est la bienvenue. Pour une vingtaine d’euros, nous nous calons les estomacs jusqu’au soir. Car la journée est loin d’être terminée. Belém est un coin plaisant malgré la chaleur, alors nous envisageons déjà de revenir le soir même, au frais, pour une balade au clair de lune, le long du Tage.
Il nous faut revenir sur nos pas, le monastère étant situé de l’autre côté de la voie ferrée, à mi-chemin entre les deux monuments précédemment visités. Nous arrivons devant un bâtiment tout en longueur. Il abrite le Musée de la Marine. A sa droite, nous trouvons l’entrée du monastère, et les guichets permettant l’accès au fameux cloître, qualifié d’immanquable par la majorité des guides feuilletés avant le départ. C’est par ce dernier que nous débutons. Un lieu qui respire le calme. Dans les allées, nous prenons le temps d’admirer les magnifiques arcades ciselées de style manuélin. Le centre du cloître est occupé par une verte pelouse et une petite fontaine. Tout cela ajouté à un ciel dégagé permet de figer quelques belles images. On peut accéder au réfectoire qui révèle des azulejos où le bleu et le jaune dominent. Puis, un escalier dessert le sommet du Largo dos Jeronimos. Cette église, où l’on entrera quelques minutes plus tard, renferme le tombeau de l’incontournable Vasco de Gama.
La visite aussitôt achevée nous sortons, et aux premières personnes que nous croisons, demandons le chemin de la fameuse Antiga Confeitaria de Belém. Cette pâtisserie, qui date de 1837, est vantée par les Lisboètes du monde entier – et les membres de Voyage Forum – comme étant la plus célèbre de la ville. Depuis le départ, je n’avais cessé de parler à Anne de leur spécialité, la pasteis de Belém. Et comme je savais son amour pour les petites douceurs, elle ne s’est pas fait prier pour que l’on s’en aille déguster quelques-unes unes de ces merveilles. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, il s’agit de petits gâteaux de flanc saupoudrés de cannelle et de sucre glace. Un délice pour les papilles ! Après cette pause gourmande et l’achat de quelques cartes postales, nous avons attendu le tram pour rallier le centre ville.
Demain, c’est la dernière journée à Lisbonne, et il y a encore pas mal de choses que nous souhaitons voir. Pour tout coordonner, nous poussons la porte de l’office du tourisme sur le Rossio et nous tentons de soutirer quelques précieuses infos auprès d’une hôtesse. Après Santiago Bernabeu à Madrid, j’ai bien envie de voir ce que renferme l’Estadio da Luz, le stade du mythique Benfica. Je demande donc les horaires à la jeune fille qui se vante de tout connaître du club. Apparemment une inconditionnelle des rouges et blancs. Il faudra donc que je sois sur place à 10h30 le lendemain. Anne semble avoir atteint son quota footbalistique pour la semaine, elle préfère réserver sa matinée pour une séance de lèche-vitrines dans la Baixa. Elle meurt d’envie aussi d’aller voir de plus près le Cristo Rei, ce que nous ferons ensemble dans l’après-midi.
Le planning du jeudi en partie réglé, nous partons un peu à l’aventure vers le quartier de l’Alfama, que nous n’avons pas encore eu le loisir de découvrir. En partant de la Baixa, nous grimpons difficilement les pentes abruptes, ou chaque fin de rue est une petite victoire. Nous demandons notre chemin à plusieurs reprises, le plan que nous suivons n’indique évidemment pas grand chose de ce dédale de ruelles. Entre temps, la batterie de mon numérique a rendu l’âme et j’enrage de ne pouvoir photographier ce qui nous entoure. Nous montons jusqu’à l’entrée du château et stagnons devant une boutique où j’achète un azulejo qui m’a tapé dans l’œil. Nous gardons la visite du château pour demain. Et puis sans photos à faire, à quoi bon. En plus du stade et le Christ, c’est encore une sacrée journée qui se dessine.
Mais on n’y est pas encore. Nous rattrapons la Baixa et c’est dans un Mc Do que le dîner se fait. Comme à Madrid, je profite d’une prise de courant libre pour donner un second souffle à mon appareil photo. Nous avions furtivement imaginé une balade sur les rives du Tage la nuit tombée. Et bien, nous avons concrétisé l’idée. En effet, les transports en commun fonctionnent jusqu’à une heure du matin, autant en profiter. A bord du Tram 15, nous avons foncé, et ce n’est pas peu dire vu la vitesse à laquelle roulait l’engin. On s’est arrêtés cette fois à deux pas du Pont du 25 Avril, afin de l’admirer de plus près et de nuit. Mais nous sommes déçus car les éclairages ne mettent pas spécialement en avant cette œuvre du génie civil. Même les photos ne sont pas terribles, dommage. Puis, comme nous l’avions fait sous le cagnard plusieurs heures auparavant, nous avons suivi le cours du fleuve jusqu’au Monuments des Découvertes et la Torre de Belém, pour le coup désertés des nuées de touristes. La balade aurait pu être des plus agréables sans quelques énormes blattes rencontrées le long des quais, bestioles qui ont un tantinet gâché le côté romantique de la soirée.
C’est par un ultime passage devant le Monastère des Jéromites que s’est achevée cette virée nocturne. Minuit et demi. Le dernier tram nous convie à son bord. Avec Anne on se remémore la journée écoulée. On est fous, mais après tout c’est bien le but que l’on s’est fixé de découvrir tant de choses en si peu de temps. Quand va t-on un peu se reposer ? Sûrement pas demain…
Jeudi 26 juillet : Aux pieds du Cristo Rei
Je ne vous parle plus des nuits. On dort très bien, rien à signaler. Mimosa nous sert encore un petit déjeuner toujours aussi copieux. Je quitte Anne en bas de Salitre. Je la regarde descendre Avenida de la Liberdade avant de disparaître dans le métro.
Mon trajet n’est pas long. L’Estadio da Luz ne se trouve qu’à quelques stations de métro de là. A peine sorti, j’aperçois le stade. Une fois passé le tunnel sous l’autoroute, j’entame le tour de l’enceinte en vue d’une quelconque indication. Je m’arrête un instant devant la statue d’Eusebio, le légendaire joueur originaire du Mozambique qui écrivit les plus belles pages de l’histoire du Benfica et de la sélection nationale portugaise. Un peu plus loin, j’arrive devant le monumental aigle qui orne la devanture du stade. La porte 18 est enfin la bonne. Je suis surpris de ne trouver personne devant l’entrée, la visite est sensée débuter dans un petit quart d’heure. J’entre, et la dame à l’accueil me dit que la visite a commencé… à 10h. Dans ma tête, je maudis quelques secondes la fille de l’office du tourisme. A cause d’elle je dois attendre 11h pour la visite suivante, et Anne va m’attendre désespérément. C’est alors que la personne fait appel à l’un de ses collègues qui se débrouille un peu en français, et à qui j’explique la situation. Il me rassure, me proposant de prendre part à la visite en cours. Ils n’ont encore visité que le musée, que l’on me propose de faire à la fin. Je n’ai pas trop le choix, j’accepte. J’intègre le groupe et la visite suit son cours. La jeune guide ne distille presque aucun commentaire, se contentant de nous ouvrir les portes et d’attendre que chacun prennent ses photos. Ainsi se déroule l’itinéraire. Je fais connaissance avec un sympathique portugais résidant en Suisse, qui me traduit les rares infos que l’on nous donne. La balade n’est pas d’un très grand intérêt, on est bien loin des Santiago Bernabeu et autres Nou Camp. Dans la salle de presse, on nous présente Vitoria, un aigle royal… en chair et en plume. Je l’avais déjà vu à la télé. Quand le Benfica joue un match en Ligue des Champions, l’aigle est lâché. Il fait plusieurs tours dans le stade jusqu’à descendre sur le logo posé sur la pelouse et ainsi former l’emblème du club, sous les applaudissements des 65.000 spectateurs. Tandis que la visite touche à sa fin dans boutique souvenir, on m’accompagne comme convenu au musée où je prends quelques photos des trophées. Sur les murs de l’accueil, mon regard s’arrête sur les fanions qui sont affichés sur le mur. Parmi ceux de tant de grands clubs, je reconnais celui de mon OM adoré. Je me rappelle du coup la douloureuse confrontation européenne entre les deux équipes en 1990, la main de Vata et l’injuste élimination marseillaise…
Pas le temps d’être nostalgique. Il est déjà 11h45 quand je quitte les lieux. J’envoie un texto à Anne avant d’attraper mon métro. A la station de Cais de Sobré je la retrouve. On achète les tickets pour le bateau qui doit nous emmener vers Cacilhas, sur l’autre rive du Tage. La traversée est rapide, un petit quart d’heure. Pendant que je lui raconte ma mésaventure du stade, Anne me montre ses quelques achats de la matinée. Nous débarquons sur les lieux et, avant d’entreprendre quelque expédition que ce soit, on cherche à se ravitailler en victuailles. Pas de souci, quelques snacks sont présents, on en choisi un qui fait des sandwichs. Après info, c’est le bus 101 qui nous emmènera jusqu’au Cristo Rei quelques instants plus tard.
Nous descendons au terminus. La statue est de dos, nous allons vers le piédestal. Des panneaux, dont l’un en français, explique l’histoire de cette œuvre. L’idée a germé dans la tête d’un portugais après qu’il soit passé par Rio de Janeiro, et la construction était suspendue à la condition que le pays soit épargné par la guerre, ce qui fut en effet le cas. Le résultat est remarquable. Mais avant de se hisser au sommet, nous avons prit le temps de savourer nos sandwichs devant un tableau de rêve. Devant nous, à portée de regard, le Pont du 25 Avril est plus beau que jamais. Je reste bouche bée devant l’image que j’immortalise à de multiples reprises. Anne se remémore San Francisco qu’elle a visité quelques années auparavant avec son frère. Aux pieds du Christ, on domine toute la ville : la Praça do Comercio, les merveilles de Belém, et le Tage qui termine sa course dans l’Atlantique. On est très surpris de découvrir si peu de touristes, le point de vue y est si beau. Nous ne nous attardons pas indéfiniment. Il faut regagner l’autre rive et partir à la conquête de l’Alfama et du Castello Saõ Jorge. Bus 101, puis bateau vers Cais do Sobré, le chemin est le même dans l’autre sens.
Un petit détour par la Catédral Sé, devant laquelle le défilé des trams a captivé notre attention un bon moment, et nous voici à São Jorge. La balade du château est très plaisante. Dans le jardin, une vieille dame assise sur un banc nous gratifie de sa très jolie voix. Ces petits airs en portugais s’accordent parfaitement avec la quiétude du lieu. Contre quelques piécettes, la vieille dame nous envoie un baiser. Alors que le soleil disparaît au fur et à mesure de la balade, le ciel rougit derrière la colline, nous offrant une image de carte postale. Le Pont du 25 Avril profite des derniers rayons pour se mettre en valeur.
Petite anecdote maintenant. La promenade nous a conduit devant un grand escalier qui descendait sur un petit mirador. Je l’emprunte, Anne me suit quelques mètres derrière. Arrivé le premier en bas, j’aperçois un couple en train de se bécoter. Je lance à Anne un « Ah ! On n’est pas seuls ! » à voix haute, persuadé que les deux tourtereaux ne comprendraient pas. Puis Anne me rejoint sur la petite esplanade pour admirer la vue sur la ville. Quelques minutes plus tard, les amoureux s’apprêtent à remonter les marches lorsque le garçon nous envoie en se marrant « Voilà, vous êtes seuls maintenant » !… Moralité : où que vous soyez dans le monde, faites attention à ce que vous dites, il est toujours possible qu’un compatriote ne soit pas loin…
Le tour des remparts terminé, nous avons erré dans l’Alfama, quartier au cœur duquel résonnaient quelques notes de fado. Un repas copieux nous attendait pas très loin. Puis, depuis la Praça do Comercio, nous avons lentement remonté les rues pavées de la Baixa jusqu’à notre auberge, afin de profiter une dernière fois de la douceur de la ville. C’est ainsi que nous avons fait nos adieux à la ville. Nous repartirons les yeux pleins d’images, la tête pleine de souvenirs. Demain matin, c’est vers Porto que l’aventure se poursuivra. Mais en attendant, Lisbonne est belle…
Vendredi 27 juillet : direction Porto
Notre train est prévu pour 9h39. On ne s’attarde donc pas trop en ce vendredi matin. Juste le temps de prendre une douche et de vérifier que nous n’oublions rien dans notre chambre. Léo n’est pas là. Nous lui laissons un petit mot pour le remercier de son hospitalité.
Terminus de la ligne Amarelha, station Oriente. 9h et des poussières. Nous avons le ventre vide. Mais nous avions décidé de nous rendre à la gare au plus vite et de manger ensuite. Nous retrouvons avec plaisir la croissanterie testée avec succès quelques jours auparavant. Café, chocolat, croissants. Rituel immuable. On ne change pas une équipe qui gagne. Suivant les panneaux, nous trouvons notre quai. Le train ne tarde pas. Nous cherchons notre voiture, puis nos sièges. Je peste un peu contre quelques personnes plantées sans raison dans l’allée centrale et je rejoins Anne. Lisbonne est déjà derrière nous…
La musique dans les oreilles, nous ne prêtons guère attention au paysage qui défile. On se prend à quelques éclats de rire quand le « Confessions Nocturnes » de Fatal Bazooka déboule dans les écouteurs, devant le regard pas du tout amusé des passagers. Depuis que nous avons quitté Marseille, je n’ai pas rechargé mon portable, il s’est vidé, puis éteint. Dans les toilettes, il y a une prise. Juste le temps de constater qui n’y a pas eu d’appel ou de message urgent, je regagne mon fauteuil rassuré. Je tente de trouver le sommeil, bercé par le balancement du wagon, en vain. Il est midi passé, Porto n’est plus très loin. Nous voyons bientôt l’écume blanche des rouleaux de l’océan dévaler sur notre gauche. La gare de Vila Nova de Gaia nous semble annoncée. Nous semble en effet car, entre l’écrit et la prononciation portugaise, nous avons parfois du mal à associer les deux. Je me penche vers la fenêtre et un panneau me confirme l’info. Le train franchit le Douro et nous reconnaissons les arcades métalliques du Pont Pia Maria, nous arrivons à Campanha.
Bagages en main et sur le dos, nous partons en quête de tickets de métro. Une fois de plus, nous sommes désemparés face à la machine. Un couple de compatriotes devant nous semble tout aussi évasif. Comme à Lisbonne, on a du mal à comprendre les multiples options existantes. Pour nous compliquer davantage la tâche déjà ardue, le métro de Porto est divisé en plusieurs zones de tarification. Pour le moment, on se contentera du centre ville, car notre hôtel se situe seulement à quelques stations de là. Par chance, le distributeur permet d’afficher les explications en français. Nous comprenons vaguement qu’il faut acheter une carte à 0, 50€ que l’on devra recharger avant chaque déplacement. Les tickets enfin en mains, nous pouvons rallier Bolhão.
Nous trouvons sans peine le Solar Residential São Gabriel au cœur de la rua Alegria. Une dame nous accueille avec le sourire, elle parle notre langue. Les formalités d’usage expédiées, nous prenons l’ascenseur jusqu’au 4ème étage. Anne et moi sommes très étonnés de la qualité des lieux. On se demande même si on ne s’est pas trompé d’adresse, c’est vous dire. Arrivés dans la chambre, notre surprise se confirme. C’est dans un petit nid douillet que nous passerons les deux nuits à venir. Propre, silencieux, climatisé, salle de bain privée. On se rappelle alors notre chambre madrilène il y a moins d’une semaine, incomparable. Avant de quitter l’hôtel, nous passons à l’accueil où nous apprenons que les petits déjeuners sont inclus. Que demande le peuple ?
A quelques dizaines de mètres de l’hôtel se dresse une superbe église dont les façades sont entièrement recouvertes d’azulejos bleus et blancs, et qui représentent des scènes bibliques. Je prends quelques photos de cet édifice peu commun et suggère à Anne d’y entrer un peu plus tard. Pour le moment, nous avons faim et l’urgence est à la quête d’un coin pour nous restaurer. La Via Catarina, une vaste galerie commerciale qui s’étale sur plusieurs niveaux, fera notre bonheur. Une supérette, quelques boutiques de mode, et surtout une flopée de petits snacks accolés les uns aux autres. On n’a que l’embarras du choix. C’est un fast food que nous squattons le temps d’un repas pas très équilibré.
Puis, sans trop savoir où l’on va, nous empruntons quelques rues et arrivons devant l’hôtel de ville. A deux pas se trouve un point tourisme, nous y allons. Un bon plan de la ville entre les mains et quelques infos récoltées, nous pouvons commencer à parcourir la cité. Nous sommes sur la Praça da Liberdade, en bas de laquelle se trouve la Igreja dos Congregados. Cette fois, nous entrons. C’est l’heure de la messe. Nous jetons rapidement un œil et, sans bruit, nous quittons le lieu de prière. A notre gauche se trouve la gare de São Bento, dont le hall est tapissé de fresques d’azulejos. Malheureusement, les murs sont en restauration et nous ne pouvons profiter pleinement des mosaïques qui aimeraient bien s’offrir à nos yeux.
Alors que nous quittons la gare, un escalier nous invite à monter jusqu’à la Catédral Sé que nous apercevons. Sur l’un des côtés de l’édifice, des angelots peints sur des azulejos aguichent mon numérique. L’intérieur est un peu tristounet. Le cloître attenant mérite un peu plus le détour. Là encore, les carreaux bleus et blancs sont rois et décorent admirablement les allées. Il est déjà 17h30 passé, nous quittons Sé sous un soleil de plomb. En contre bas, les enfants du quartier ont réquisitionné la fontaine dans laquelle ils pataugent allègrement en maillot de bain. Nous les envions grandement. C’est ici le point de départ de notre descente vers le Douro. Sans vraiment suivre le plan, nous empruntons les ruelles où la chaleur est moindre.
Nous prenons le temps de découvrir ce que cache ce labyrinthe à l’abri du soleil. Quelques drapeaux rouges et verts, symbole de fierté nationale, se mêlent au linge immaculé qui sèche sur les balcons. Les rares commerces semblent vivre au ralenti. Devant une minuscule épicerie, quelques gamins tout sourire s’amusent à prendre la pose pour un cliché. Je shoote tout en avançant. Le peu de lumière qui s’infiltre ici m’inspire pour des photos en noir et blanc. Le résultat qui apparaîtra sur l’écran de mon ordi quelques jours plus tard me donnera raison.
Il est presque 19h lorsque nous arrivons sur la Praça da Ribeira. Le Douro est devant nous. Sur l’autre rive, c’est Vila Nova de Gaia et ses caves de Porto. Le Pont Dom Luis nous permet d’y accéder. Le soleil nous offre un peu de répit, il s’éclipse doucement à l’horizon alors que nous longeons tranquillement le fleuve. Amarrées à nos pieds, les « barcos rabelos », qui servaient jadis au transport des vins, ne sont désormais plus qu’une attraction touristique. Nous avons fait pas mal de chemin depuis l’hôtel, il nous faut penser au retour et au dîner. Sur la route qui nous ramène vers Alegria, Anne et moi planifions quelque peu le programme du lendemain. Dans Via Catarina, une copieuse assiette de pâtes conclura la soirée, avant de regagner notre chambre pour une nuit des plus paisibles…
Samedi 28 juillet : gros bisous caniculaires
Avant-dernier jour de notre escapade ibérique. Il faut profiter au maximum pour ne rien regretter. Anne est bien décidée à ramener du Porto à ses proches. Et je commence à la connaître, quand elle a une idée en tête, elle ne l’a pas ailleurs… Alors qu’elle s’attarde dans une boutique à la recherche du précieux breuvage, je l’abandonne quelques minutes pour errer dans le Mercado de Bolhão. Mon attention ne tarde pas à se porter sur une céramique du coq de Barcelos, animal à l’origine d’une légende lusitanienne et qui est devenu l’un des emblèmes de la nation. Anne, depuis Lisbonne, est tombée sous le charme du volatile, et a déjà acheté un porte-clés et un dessous de plat à son effigie. Sûr de lui faire plaisir, je me procure la statuette que je lui offrirai à notre retour à Marseille. Anne me rejoint peu après, deux belles bouteilles dans les mains. Nous ramenons les précieux achats à l’hôtel et pouvons enfin partir pour effectuer les visites prévues.
C’est par la Torre de Clérigos que nous débutons notre circuit. Un escalier sans fin, trop étroit pour une circulation à double sens, nous donne difficilement accès aux divers étages puis au somment de la gigantesque tour. La vue y est imprenable. Les toits des maisons tout en bas s’alignent et s’entremêlent jusqu’au Douro qui s’allonge sous nos yeux. Juste le temps de saisir quelques images, nous ne restons guère longtemps, car le peu de place ne permet pas une grande liberté de déplacement. Qui plus est, une multitude de touristes affluent via l’escalier et nous avons bien du mal à atteindre les marches. Au prix de politesses internationalement échangées, nous touchons enfin au but.
Nous poursuivons par la Igreja do Carmo et la Igreja das Carmelitas, deux églises accolées l’une à l’autre. La première est ouverte. Une porte de verre automatisée nous accueille, c’est très moderne. L’intérieur est richement orné de dorures. Mais une fois de plus, nous arrivons en pleine messe et nous faisons demi-tour par crainte de perturber la cérémonie. Devant la seconde, nous trouvons porte close. Anne et moi prenons la direction du Douro. Il est presque 14h, nous sommes devant le Palacio da Bolsa - Palais de la Bourse pour les non-lusitanophones – que nous souhaitons visiter. Mais un imprévu va faire son apparition. A l’accueil, un panneau me décourage totalement. Les photos ne sont pas permises. Et il en est de même pour la Igreja São Francisco toute proche. S’en est trop ! Si c’est ainsi, ce sera sans moi. Anne et moi nous mettons d’accord et partons. Sur le parvis de São Francisco, je prends quelques photos de la façade de l’église. Queues de pies et tailleurs sont de sortie. Une mariée se fait désirer. Nous patientons quelques minutes, espérant l’apercevoir. Mais la chaleur est intenable, nous partons.
Nous ne sommes qu’à quelques minutes à pied de la Ribeira. Tables et chaises sont déployées sur les terrasses en bordure du fleuve. Nous profitons d’un repas dans un resto sur les quais de la Ribeira, à quelques mètres du Douro. Mon envie de poisson ayant atteint son paroxysme, je commande des sardines, un plat qui me faisait de l’œil depuis notre arrivée au Portugal. Anne se régalant quant à elle d’un poulet en sauce accompagné de pommes frites. Bien que nous soyons à l’abri sous un parasol, le soleil est impitoyable. Anne avait envisagé dans l’après-midi de filer vers la plage de Matosinhos, facilement accessible depuis Porto par les transports en commun, mais finalement elle se ravise. Elle qui est assez frileuse risque fort de ne pas apprécier l’eau glaciale de l’Atlantique. Et si c’est pour cuire sur le sable sans pouvoir piquer une tête dans les vagues, la frustration risque d’être terrible.
14h30. En guise de digestif, nous convenons d’une balade sur le Douro. En moins d’une heure, nous passons sous les six ponts que compte la ville, dont les deux arches métalliques que sont Dom Luis et Maria Pia. La vue depuis l’embarcation nous permet de découvrir la cité sous un autre angle. Nous glissons tout au long de la Ribeira et de ses façades multicolores. Cette balade est très agréable car non seulement nous profitons du paysage, mais la fraîcheur qui nous étreint sur le bateau est inestimable.
Nous décidons ensuite de prendre le métro pour nous rendre au Estadio do Dragão. Après avoir visité les antres du Réal à Madrid et du Benfica à Lisbonne, je compte bien accrocher un nouveau stade à mon palmarès, celui du FC Porto. A l’office du tourisme, il nous avait été précisé que les visites en période estivale étaient organisées toutes les heures de 14h à 18h les week-ends. Malgré ça, nous sommes arrivés devant la porte 18 et nous n’avons trouvé personne, hormis deux policiers qui nous ont informé qu’aucune visite n’était prévue pour la journée, pour des raisons inexpliquées. Il faudra revenir demain. Anne en à marre et souhaite rentrer à l’hôtel. J’improvise un programme jusqu’à 20h puis la rejoindrai à notre chambre. Nous nous séparons dans le métro, et tandis qu’elle rejoint Alegria, je décide de me rendre à l’Estadio do Bessa, le stade du second club de Porto, le Boavista.
Petite parenthèse pour vous parler du métro de Porto. Paradoxalement, il est beaucoup plus grand et plus étendu que celui de Lisbonne, pourtant capitale du pays. Les couloirs ainsi que les quais sont très larges et très clairs. Et surtout, ne vous avisez pas de gruger. Les contrôleurs ainsi que les policiers vous attendent très souvent à la sortie pour le contrôle de billets. J’emprunte donc une rame qui me dépose dans la proche banlieue et demande mon chemin aux rares personnes que je croise. Puis j’aperçois quelques supporters attablés dans un bar, maillots à damiers blancs et noirs sur les épaules, le stade n’est pas loin. La présence des forces de l’ordre et de quelques badauds aux abords de l’enceinte sportive m’intrigue. Je ne tarde pas à comprendre que le soir même, un match amical de pré-saison va opposer ici même les deux équipes de la ville. Ce qui explique aussi que le Dragão n’ai pu nous ouvrir ses portes. Je fais quelques clichés, notamment d’une énorme panthère noire menaçante – animal symbolisant le Boavista - qui veille devant les guichets.
Je retrouve Anne à notre chambre et nous partons vers Via Catarina. Même snack que le veille. Le troquet voisin diffuse le derby, et quelques fanas crient et applaudissent lorsque le FC Porto ouvre le score. On reste sur place pour flâner un peu dans les boutiques qui sont encore ouvertes. Il est presque 22h, mais pas question d’aller se coucher. C’est notre dernière soirée et les lumières de la ville n’attendent que nous. Bien que la nuit soit déjà tombée, la température elle, reste assez élevée. Nous marchons jusqu’à arriver devant la Catédral Sé que je voulais photographier de nuit, puis nous arrivons sur la partie haute du Pont Dom Luis. Ici passent les rames du métro qui font vibrer la construction métallique, et sur les bords les piétons peuvent déambuler. La hauteur est vertigineuse mais la vue est superbe. Les lumières de la Ribeira et de Nova Vila de Gaia se reflètent dans le Douro. Nous nous hissons jusqu’au Mosteiro da Serra do Pilar, sans aucun doute l’un des plus beaux points de vue sur Porto. Demain nous ferons la même visite de jour. Sur le retour, notre regard éberlué s’arrête quelques secondes sur un écran digital. Il est minuit et il fait 27°, sans commentaire. Une dernière halte par São Bento vidée de la foule, et Alegria n’est plus très loin.
Dimanche 29 juillet : retour à la réalité
Dernier jour de la semaine, mais surtout dernier jour du voyage. On a tellement visité que ces dix jours sont passés terriblement vite. Mais l’heure n’est pas encore à la nostalgie. Il nous reste encore une petite journée à bonifier pour parfaire notre séjour.
Les bagages sont prêts. Une consigne gratuite nous permet de les laisser à l’hôtel pour quelques heures. Nous passons une énième fois devant l’église d’azulejos, et décidons enfin d’y entrer. Et devinez quoi ? Et bien, c’est la messe ! Et là je manque de peu de réaliser LA photo du séjour. Près de la porte, un peu à l’écart des fidèles, deux vieilles dames sont agenouillées à même le sol, en pleine prière. L’église est pleine à craquer. Je m’avance de quelques pas et me retourne. La photo en noir et blanc est absolument à faire. Mais j’hésite, trop peut-être. Je regarde en direction des vieilles dames, et l’une d’entre elles croise mon regard. Elle a compris que je veux faire une photo. Elle continue de prier. Et là, un peu honteux de vouloir immortaliser un moment de recueillement si intime, j’éteins le numérique et quitte les lieux, l’estomac noué. Anne ne comprend pas que je puisse agir de la sorte, mais l’image à faire était si belle. Je l’ai encore vaguement en tête au moment où je rédige ces quelques lignes. Mais je ne pourrai pas vous la faire partager…
Nous continuons ce dimanche comme nous avions terminé le samedi, par le Pont Dom Luis. Et la vue panoramique qui la veille s’était avérée magique de nuit s’est confirmée très différente par les couleurs mais tout aussi belle en plein jour. Les « barcos rabelos », toutes voiles dehors, laissent apparaître les noms des chais : Martinez, Graham’s, Càlem… Puis nous retournons une dernière fois vers Via Catarina pour un repas rapide et un détour à « Modelo », la supérette, qui à notre grande surprise est ouverte le dimanche. Nous achetons de quoi confectionner quelques sandwiches pour le soir.
14h30. C’est avec un peu d’avance que nous arrivons aux portes du Dragão. Nous faisons un tour de l’enceinte pour quelques photos et, une demi-heure plus tard, on nous accueille enfin pour la visite guidée. Et là, c’est le drame. Photos interdites ! Je suis dégoûté ! Dans un musée ou une église, passe encore que le flash de l’appareil photo puisse porter atteinte aux œuvres conservées. Mais dans un stade, de quoi ont-ils peur ? Que mon numérique n’abîme les murs ? Les sièges ? La pelouse ? Ma naïveté ne dure qu’un instant, c’est purement pour des raisons mercantiles que l’on nous prive de clichés. En effet, le photographe attitré du club est sensé nous suivre et immortaliser les visiteurs durant la visite. Bien qu’énervé par cette pratique consistant à dépouiller le touriste à tout prix, Anne et moi prenons quand même part à la visite guidée, que je qualifierai sans retenue de… merdique ! Certes, nous avons approché le vert gazon, découverts les vestiaires et eu droit aux quelques anecdotes sur l’histoire du club. Le tout chapeauté par un agent de sécurité dont la présence n’avait pour autre but que de nous dissuader à garder éteint les numériques… J’ai eu quelques fois l’occasion de voler quelques images en échappant à la vigilance du pitbull, mais je n’en ai rien fait de peur de me faire virer du groupe. Au bout d’une demi-heure, nous arrivons dans une pièce où l’on nous invite à s’asseoir. Et voilà que le photographe nous fait défiler sur un écran ses œuvres. Je suis certain que ma fille de sept ans avec un jetable aurait fait de plus beaux clichés. Parmi les visiteurs, un client s’est manifesté pour acheter celles où l’on voyait sa figure, son bras, son orteil… Ok, j’exagère un peu. Toujours est-il que le pigeon en question s’est vu réclamer tout de même la modique somme de 30€ pour six misérables tirages. Ultime foutage de gueule, nous croyons poursuivre la visite après cette pause quand le guide nous annonce que celle-ci vient de toucher à sa fin. Mais où est passé le musée ? Nous ne verrons pas l’ombre d’un trophée ! Circulez, y’a rien à voir !
Autant vous dire que je suis sorti de la visite totalement frustré. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot. En face du stade se dresse un grand bâtiment qui semble abriter une galerie commerciale. Nous y allons, car nous n’avons plus rien de prévu, et il nous reste un peu de temps à tuer avant de récupérer les bagages et de tracer vers l’aéroport. Sur trois ou quatre étages s’empilent de nombreuses boutiques. Guère intéressé par une séance de lèche-vitrines, je cherche un point de vue qui me permettra de faire quelques photos du stade. Nous montons au dernier étage. Il y a là-haut un Pizza Hut avec une baie vitrée. L’occasion est trop bonne. Le resto est désert, il semble fermé. A l’entrée un vigile vient à notre rencontre. Quelques mots en anglais pour lui demander de nous laisser entrer juste pour quelques secondes. Il accepte. Et voici que je découvre une vue imprenable sur le Dragão que je shoote une bonne dizaine de fois. Je tiens ma petite revanche. Anne et moi remercions le personnel du resto et partons. Ce seront les derniers clichés du séjour. Sur la route de l’hôtel, nous faisons une halte dans un cybercafé. J’expédie quelques mails et consulte un peu les news. Je présente à Anne une vidéo du rapace benfiquiste qu’un internaute à mis en ligne sur YouTube. Sur VF, j’ai quelques réponses qui sont tombées… sur Madrid et Lisbonne. J’y répondrai tranquillement à mon retour.
L’aventure touche à sa fin, ou presque. Car un dernier contretemps nous attendait à l’aéroport. Notre vol est prévu pour 20h30 heure locale, nous sommes dans les temps. Arrivés au terminal sans encombre via un ultime trajet en métro, l’enregistrement des bagages ne pose aucun souci. Anne, de peur de voir ses bouteilles de Porto se briser dans sa valise, décide de les garder dans son sac à dos. Elle sait pertinemment, elle qui voyage par les airs plus régulièrement que moi, que l’on à pas le droit de transporter du liquide dans un bagage à main. Elle est têtue ma chère Anne, mais pas autant que le douanier lors du passage au portique de sécurité. Alors que j’ai franchi le détecteur avec succès, je découvre Anne furax devant l’imperturbable contrôleur qui lui interdit l’accès de l’avion avec ses spiritueux. Alors qu’il fouille son vanity-case de fond en comble, elle lui assène : « mais oui, cherchez bien, je planque ma dose de cocaïne !». Je tente alors de calmer Anne, devant l’agent qui lui ne bronche pas, par méconnaissance du français ou juste par zénitude absolue. Mais il invite ma chère Anne à faire enregistrer son bagage à main contenant tout de même près de 150€ de Porto !
Passée cette courte frayeur qui au final trouvera sa place au rayon des petites anecdotes du voyage, nous embarquons à bord de l’appareil. Alors que la nuit est prête à tomber, l’avion s’envole dans le ciel portugais. Nous laissons dans notre sillage bien plus qu’un coucher de soleil. A notre retour, nous déballerons sur notre écran le millier d’images qui illustrera à merveille tout ce qui a rendu ce voyage unique et mémorable. Les moments inoubliables, les émotions ressenties, les sourires partagés. Puis je me lancerai à l’écriture du récit de ce séjour, en essayant de transmettre au mieux le vécu de cette escapade en terre ibérique…
21h. C’était l’heure prévue du départ, mais nous sommes encore en train d’attendre sagement l’embarquement. Une fois installés à bord du 737 de Ryanair, le commandant de bord s’adresse aux passagers… en espagnol puis en anglais. On ne se sent déjà plus chez nous. Une demi-heure plus tard, l’avion quitte enfin le tarmac de Marignane, salue la Bonne Mère, et prend la direction de Madrid. Les vacances peuvent commencer.
Il est 23h environ lorsque le vol 5447 se pose sur la piste de Barajas. L’aéroport de la banlieue madrilène nous semble immense. L’appareil roule si longtemps après l’atterrissage que l’on se prend à imaginer qu’il pourrait emprunter l’autoroute et nous déposer directement à l’hôtel. Utopie.
Nos bagages rapidement récupérés, nous entamons alors une longue marche à travers les longs couloirs de l’aéroport, suivant les indications pour rejoindre la station de métro. Plantés devant les machines automatiques multilingues, nous tentons vainement de nous procurer nos titres de transport. Nous bidouillons l’engin cinq bonnes minutes avant que celui-ci daigne nous délivrer les précieux sésames. Joie de courte durée, nous restons bloqués aux tourniquets car les tickets ne sont pas les bons. On se décide à faire la queue au guichet – car oui il est 23h30 et un guichet est ouvert – jusqu’au moment où un agent nous interpelle pour nous proposer son aide. Quelques palabres hispano-anglaises plus tard, il parvient patiemment à nous faire comprendre que les tickets de métro au départ de Barajas sont majorés d’un euro. Il prend l’initiative de changer les titres via la machine et nous le remercions…
Trois lignes de métro plus tard, il est minuit bien entamé quand nous tombons nez à nez sur l’énorme porte en bois de l’Hostal Miralva, situé au 32 de la calle Valverde. Bien que située à quelques pas de Gran Via, les « Champs-Elysées » espagnols, nous ne sommes guère rassurés par cette sombre artère animée par quelques poivrots et vitrines de sex-shops. Nous sonnons, et au 1er étage de cet immeuble nous accueille un homme grisonnant. Là encore, nos lacunes en espagnol font défaut, c’est donc dans un anglais scolaire que se fait la discussion. Dans le hall, nous rencontrons deux touristes français arrivés de Paris, dont l’un nous dit : « Prévoyez de la crème solaire, ça bombarde ici ! ». Je lui rétorque en plaisantant que l’on vient de Marseille, et que par conséquent le soleil, nous, on a l’habitude. Le gérant nous remet les clés et nous découvrons notre chambre pour les quatre prochaines nuits. Un lit double, une armoire, une table, deux chaises et un lavabo, le strict minimum. Les toilettes et la salle de bains sont à l’autre bout du couloir. Les douches sont interdites après minuit, ça tombe bien, il est 1h du mat passé et j’avais envie de me rafraîchir, tant pis, demain il fait jour…
J’aurai pu finir ce récit du premier soir sur un « nous nous couchâmes et nous endormîmes paisiblement », hélas… Tous les bruits émanant de la rue se firent entendre dans la chambre. Des cris, des chants, des jeunes parlant bruyamment en passant sous notre fenêtre, et le ballet incessant des voitures qui semblaient rouler dans notre lit. Cette première nuit madrilène fut un concerto de nuisances sonores, à tel point que je ne saurais vous dire à quelle heure nous avons réussi à rejoindre Morphée…
Vendredi 20 juillet : à nous Madrid ! La nuit passée, agitée et peu réparatrice, nous a semblé bien courte. Malgré ça, le programme de ce premier jour dans la capitale espagnole ne nous a pas laissé le loisir de garder le lit davantage. La douche prise et un petit dej rapidement avalé, nous voici partis à la conquête de Madrid.
La ville est bien desservie par les transports en commun et ce jusqu’à tard dans la soirée. Le métro, associé à la marche à pied, est à mon avis le meilleur moyen de découvrir la capitale espagnole. A Gran Via, la station la plus proche de notre hébergement, nous déboursons 9€ chacun pour acheter des pass bus/métro pour « 3 dias ». Vu le tarif d’un ticket à l’unité et le programme chargé qui nous attend les jours à venir, il est clair que nous les rentabiliserons assez rapidement.
Nous inaugurons nos tickets pour nous rendre à la station Banco de España près de laquelle se trouve la Plaza de Cibeles. Désirant me rapprocher pour faire quelques clichés de la fontaine qui se trouve en son centre, je contourne la place, mais je me rends compte qu’il n’y a en réalité aucun accès. J’aurai bien tenté d’y parvenir en traversant la grande avenue, mais, devant la présence de quelques policiers réglant la dense circulation, je me ravise. Je viens à peine d’arriver, et je n’ai pas – déjà – envie de me faire remarquer. Je me contente donc de zoomer sur la fontaine en question, avec en fond l’imposant Hôtel des Postes.
Nous poursuivons notre balade via le Paseo del Prado qui, comme son nom l’indique, est tout proche du fameux musée qui sera l’objet d’une incontournable visite pour Anne. Après s’être arrêtés quelques instants devant le Monumento del Dos de Mayo, nous arrivons devant le Ritz. Notre curiosité nous pousse à pénétrer le luxueux établissement pour admirer la beauté des lieux. Devant tant de richesses, on se dit que nous sommes dans un autre monde auquel nous n’appartenons pas, et puis, de toute façon, on en a pas vraiment envie. Quelques instants plus tard, nous arrivons à l’autre célèbre fontaine de Madrid, celle de Neptune. Bis repetita, pas moyen de s’en approcher, le zoom s’impose.
Un peu plus loin, nous apercevons bientôt la Gare d’Atocha, devenue tristement célèbre suite aux attentats qui y furent perpétrés le 11 mars 2004. Sans raison aucune, nous décidons de nous y rendre. Et quelle ne fut pas notre surprise d’y découvrir un magnifique jardin tropical au cœur duquel vaquaient une centaine de tortues. L’escalator nous hisse au dernier étage de la gare, et nous y découvrons une vue encore plus impressionnante sur ce bel espace vert qui se dresse au milieu du bâtiment. J’immortalise l’image. La faim commence à se faire sentir. Nous nous arrêtons au premier restaurant que nous croisons dans la gare, essayons tant bien que mal de décrypter la carte, et commandons de quoi grignoter : croquettes frites au jambon, calamars frits et patates baignant dans une sauce épicée. Pas très équilibré comme repas, je vous l’accorde, juste de quoi caler l’estomac jusqu’au soir.
Nous prenons ensuite la direction du Buen Retiro, le plus beau parc de la capitale d’après les guides. Allées ombragées, fontaines, statues, parterres de fleurs, ruisseaux, tout est fait pour rendre agréable une balade qui vous fait oublier pour un temps le bruit de la ville. Un petit lac, où glissent quelques cygnes noirs, et duquel jaillit un jet d’eau, borde le Palais de Cristal, jolie demeure de verre qui semble-t-il accueille quelques expositions temporaires. En avançant, nous tombons sur un plan d’eau où les Madrilènes aiment à flâner sur les barques en location. Nous sommes déjà à la sortie du parc et nous reconnaissons la Puerta de Alcala.
Anne commence à se sentir fatiguée, sans doute la chaleur cumulée au manque de sommeil. Nous décidons de faire une courte halte à la Plaza de Toros de Las Ventas. Il s’agit des arènes de Madrid, les plus grandes d’Espagne, que nous ne manquerons pas de visiter ultérieurement. Après quelques photos, nous retournons à l’hôtel. Je prends le temps de recharger la batterie de mon numérique, puis je repars tout seul à l’affût d’autres clichés, Anne préférant rester se reposer. Mon plan de la ville en main, je prends le métro jusqu’à la station Anton Martin. Non sans avoir demandé mon chemin auprès de quelques passants, j’arrive enfin dans le quartier de Santa Ana, histoire d’admirer quelques belles façades de boutiques faites d’azulejos. Je tombe par hasard sur une statue de Garcia Lorca. Restos, pubs et autres cafés se succèdent au fur et à mesure des rues. Je me promène au feeling et shoote tout ce qui peut faire une belle photo. J’arrive sans le vouloir à la Puerta del Sol, le cœur de la ville, dont une partie est en travaux. Des commerces qui grouillent de monde, je fais un petit tour des environs puis m’engouffre dans le métro pour échapper à la foule et rejoindre Anne à l’hôtel.
En soirée, Anne à nouveau d’attaque, nous quittons notre chambre et empruntons à pieds Gran Via jusqu’à Cibeles où nous étions le matin même. Mais la balade est bien plus agréable, la température plus clémente, et le soleil couchant éclaire les bâtiments d’une jolie lumière couleur ocre. Nous nous rendons ensuite à la Plaza de España, qui ne paye pas de mine, mais au milieu de laquelle trône un monument à Cervantès qui veille sur ses deux plus illustres personnages, Don Quichotte et Sancho Panza.
La journée a été longue et fatigante, et celle qui nous attend le lendemain le sera au moins tout autant. Pour rejoindre l’hôtel, nous remontons sans nous presser Gran Via, animée par la foule et les néons des enseignes. Un dernier crochet par le Burger King pour un dîner léger conclura qui cette journée bien remplie. Et ce n’est que le début…
Samedi 21 juillet : Royal Madrid
Epuisés par la veille et apaisés par un semblant de calme nocturne revenu miraculeusement dans Valverde, nous avons passé une nuit – presque – digne de ce nom. Et il fallait au moins ça pour affronter la journée qui se préparait.
Le rituel matinal douche petit dej rapidement expédié, nous prenons la direction du métro pour nous rendre à Puerta del Sol. Anne n’a pas manqué de se munir de son guide Michelin qui propose un gymkhana à travers les rues de la ville. Après avoir longé la Calle Mayor, nous bifurquons sur notre gauche vers l'une des arches donnant accès à la Plaza Mayor. Nous restons un petit moment sur cette vaste place et sous les arcades qui la borde. Suivant approximativement les indications du guide vert, nous avons ainsi déambulé dans la ville. De nombreuses façades recouvertes d’azulejos multicolores représentant Madrid, Séville ou Cordoue se dévoilaient sur notre passage. Notre balade nous a conduit tour à tour devant la Iglesia de San Miguel, la Plaza de la Villa, et la Iglesia San Francisco el Grande où nous sommes furtivement entrés alors même qu’un mariage était célébré. Il est déjà 14h. Le temps passe vite lorsque l’on ne s’ennuie pas. Nous passons en revue plusieurs restos et dès que nous en avons assez de chercher, nous rentrons et prenons place. Anne se délecte d’une omelette au jambon et au fromage pendant que je déguste une belle tranche de saumon grillé. Puis nous sortons et passons devant la Catedral de San Isidro, mais elle est fermée. Tant pis. Fin de l’itinéraire balisé par Bibendum…
Retour donc à la Puerta del Sol, à la recherche de la statue de l’Ours et l’Arbousier, symbole de la ville de Madrid. Nous le trouvons rapidement et quelques photos plus tard, nous partons sans tarder pour la visite du fameux Palacio Real. Nous déboursons les 8€ chacun que coûte l’entrée et quelques minutes après, alors même que nous arrivons devant les marches du palais, une pancarte nous informe qu’il y est strictement interdit de photographier. J’ai quand même réussi à prendre quelques clichés avant de me faire reprendre de volée par les agents de sécurité qui veillaient au bon déroulement des visites et à l’application inflexible du règlement. Je n’ai donc pas joué longtemps avec le feu, conscient de ne pas faire le poids face aux fidèles sujets de sa majesté Juan Carlos. Anne s’amusait de me voir ronger mon frein, passant de salles en salles, le numérique éteint autour du cou.
Nous avons flâné deux bonnes heures dans et autour du palais, et avons logiquement enchaîné avec la Catedral Nostra Señora de la Almudena qui fait face à l’ancienne résidence royale. Grand édifice à la déco assez contemporaine qui m’a bien plu, je multiplie les photos. Puis nous faisons une halte dans le Jardin de Sabatini. Petites fontaines et allées soigneusement taillées, ce petit coin de verdure adossé au palais ne manque pas de charme. A peine franchie la grille pour sortir, j’aperçois sur le trottoir d’en face une boutique Häagen-Dasz. J’en fait part à Anne dont je sais qu’elle raffole de leurs crèmes glacées. La chaleur et notre gourmandise sont deux excellentes raisons pour y faire un arrêt. Les glaces englouties, il est presque 19h30, nous regagnons nos pénates.
En cette douce soirée, nous n’avons rien fait d’exceptionnel. Comme la veille, nous sommes allés manger au fast food – pour la ligne on verra en rentrant en France – et nous avons été prendre quelques photos de nuit. La Puerta de Toledo, joliment illuminée, et la Iglesia San Francisco el Grande, bien mise en valeur par les éclairages, se sont révélés bien photogéniques. Déjà 23h30 passé, le métro nous ramène à notre chambre. Une nouvelle journée pleine de découvertes s’achève, une autre nous guette le lendemain…
Dimanche 22 juillet : métro, Prado, Rastro, zoo, dodo
En cette fin de semaine, le soleil est toujours au rendez-vous. Il fait très chaud mais on n’est quand même pas en droit de s’en plaindre. La nuit à été relativement calme, à signaler juste un « Hijo de p… » qui a fusé dans Valverde et qui a provoqué un petit fou rire chez Anne.
Aujourd’hui sera une journée un peu spéciale. Anne et moi décidons de programmes séparés, tout du moins pour la matinée. Pendant que je chinerai au cœur du Rastro, un gigantesque marché aux puces dominical qui s’étale dans les ruelles jouxtant la Calle de Toledo, Anne s’en ira contempler les trésors exposés au Musée du Prado, d’autant plus que c’est gratuit le dimanche et fermé le lundi. Vous l’aurez bien compris, je n’aime pas les musées d’arts. Les raisons ? Je ne suis pas fana d’art, qu’il soit classique ou contemporain, ni du genre à m’extasier devant une sculpture ou une toile. Et puis, l’idée même de passer une ou deux heures au milieu de ces chefs d’œuvres qui me sont totalement indifférents me rebute.
Je fais le trajet avec Anne jusqu’aux portes du Prado, puis attrape une rame qui me dépose à la station La Latina. Sur place, le marché est déjà en pleine effervescence. Des centaines de personnes défilent devant le déballage de fringues et de babioles de toutes sortes. Par excès de prudence, je mets mon sac à dos devant moi, car qui dit foule, dit éventuellement pickpockets. Puis je m’engouffre dans l’allée gorgée de monde. Je ne suis pas venu dans le but d’acheter quoi que ce soit, juste déambuler, regarder, fouiller un peu à l’affût d’une éventuelle bonne affaire. Je repartirai finalement en début d’après-midi la besace vide et le porte-monnaie intact. Entre temps, j’aurai assisté à une descente de police un peu musclée, destinée à déloger les quelques vendeurs à la sauvette qui s’étaient invités à la fête.
J’avais entrepris de faire le marché dans son intégralité, mais l’heure et la fatigue ont finalement eu raison de mon envie de continuer. En plus, je n’ai fait que descendre les rues, ce qui m’obligerait à tout remonter. La station de Puerta de Toledo tombe à pic. Je me rends ainsi à Las Ventas, lieu de rendez-vous convenu avec Anne. Devant l’imposante bâtisse, je ne me lasse pas de prendre à nouveau quelques clichés de ce lieu qui décidément m’inspire pas mal. Anne m’envoie un texto me disant qu’elle en a terminé avec les Velasquez, Goya et consort. Je l’attends donc devant les arènes que nous avions prévu de visiter, bien que nous ne soyons pas des aficionados des corridas, loin s’en faut.
Trente minutes plus tard, Anne débarque et nous achetons nos tickets. Je pensais que la visite des arènes incluait l’entrée au musée taurin, mais je le cherche encore… La guide nous accueille par une grand porte latérale. Nous sommes apparemment le seul couple de français parmi les touristes. Ce qui est parfait puisque la demoiselle qui va nous faire la visite s’exprime magnifiquement… en anglais et en italien. Peu importe, nous parvenons à comprendre les infos qu’elle nous délivre au fur et à mesure que nous découvrons l’intérieur des arènes, une très belle enceinte de 25.000 places. La promenade d’une trentaine de minutes retrace l’histoire du lieu, agrémentée de quelques anecdotes. Temple de la tauromachie madrilène, les murs sont ornés de plaques commémoratives. Ici les plus grands se sont produits, certains mêmes y ont semble-t-il laissé leur vie… La visite s’achève sur une démonstration fictive d’estocade avec la muleta, et on nous invite même à poser pour une photo avec les accessoires de la mise à mort. Ca sera sans nous…
A Puerta del Sol, à quelques stations de là, nous trouvons un petit resto. Une ardoise à l’entrée affiche une promotion plat et boisson, nous n’hésitons pas longtemps, il fait faim. La chaleur qui règne dehors contraste avec l’accueil glacial qui nous est réservé. Vous savez, quand vous rentrez quelque part et que vous avez presque l’impression de déranger… Nous commandons chacun un bon plat de pâtes que nous avalons rapidement. Toujours aussi indifféremment, la serveuse nous enlève nos assiettes vides et nous apporte la note. On a bien mangé mais pour le sourire, on repassera. Et pour le pourboire aussi…
Je suggère à Anne de passer une après-midi tranquille, il n’en a rien été… Grâce au Téléférico, qui permet d’avoir une vue aérienne sur une bonne partie de la ville, nous arrivons dans l’immense parc de Casa del Campo. Là-bas, à l’écart du centre ville, il y a de quoi se distraire avec un parc d’attraction et un zoo. Grande adepte de sensations fortes, Anne salive devant les montagnes russes du haut desquels des hurlements déboulent jusqu’à nos oreilles. Je lui dis que si elle veut enfourcher une de ces machines infernales, qu’elle ne compte pas sur moi pour la suivre.
Pas très chaud pour aller voir les animaux non plus, la suite de la journée s’est quand même déroulée au parc zoologique. Que vous dire ? Des pingouins, des girafes, des rhinocéros, des ours, des singes, des lions… Un zoo quoi ! Ah si, une petite originalité : un tigre blanc, à qui je n’ai pas manqué de tirer le portrait. Passée en revue toute la faune présente, la visite s’est conclue par un sympathique show de dauphins façon Marineland, devant un public d’enfants et de parents conquis. Alors que ma chère et tendre m’abandonnait quelques minutes pour faire un tour de l’aquarium, je l’attendais à l’extérieur, reposant mes pauvres pieds quelques instants. Pause de courte durée, puisqu’il nous fallait encore rejoindre le centre ville. Nous avions prévu de repartir comme nous étions arrivés, via le téléphérique, mais le courage nous manquant pour remonter toute la route, nous nous sommes dirigés vers la station de métro la plus proche.
En soirée, nous squattons une nouvelle fois notre fast foot attitré sur Gran Via. Pendant que nous avalons nos hamburgers, la batterie presque vide de mon numérique recharge dans les toilettes. Qu’est-ce que je ne ferais pas pour quelques photos. J’ai envie de faire des images de nuit et je m’imagine mal tomber en rade avec mon appareil. Et pour la troisième fois depuis notre arrivée en terre madrilène, nous repartons vers… Las Ventas. Quand je vous disais que ce lieu à la gloire de la tauromachie m’inspirait. Et plongé dans la nuit, il est très joliment éclairé. Jolie de nuit l’est tout autant la Plaza Mayor que nous atteignons un peu plus tard pour finir la journée en beauté. Une journée une fois encore épuisante, mais malgré tout riche de découvertes. C’est un peu ça nos vacances, des voyages où l’on ne se repose pas vraiment…
Lundi 23 juillet : d’une capitale à l’autre
Nous vivons déjà notre dernier jour dans la capitale espagnole. Nos dernières heures même, puisque l’autocar qui doit nous emmener à Lisbonne part à 16h00 pétantes. Les bagages bouclés, nous demandons à pouvoir les laisser à l’hôtel pour quelques heures. Le gérant accepte, ouvre une porte dans le couloir et y entrepose nos sacs. Coût de l’utilisation du placard... enfin, de la consigne : 2€ par personne ! Bon, on ne va pas faire la fine bouche, ça nous rend service et surtout ça nous offre un peu de temps libre.
Sans tarder, nous achetons un ticket de métro pour la journée, et direction Santiago Bernabeu. Bien que supporter du Barça depuis l’époque Romario, je ne pouvais pas passer à côté de ce temple du football. Le « Bernabeu Tour », comme ils l’appellent, regroupe la visite du stade, de ses infrastructures et du musée. Le prix est un peu prohibitif, 15€ tout de même, mais quand on aime le foot, on ne compte pas. Un ascenseur nous amène dans les tribunes du haut desquelles on a une vue globale du stade. Les sièges sont bleus et les travées oranges. Après avoir traversé des couloirs tapissés de photos des stars de l’équipe – dont notre Zizou national – nous arrivons au musée. Un vrai lieu de culte pour les socios du Réal Madrid. Portraits des présidents successifs, maillot dédicacé par Di Stefano, histoire de la construction du stade, palmarès détaillé, photos et vidéos des grandes heures du club, trophées en tout genre, et en point d’orgue, une vitrine animée dans laquelle sont fièrement alignées les neuf Coupes d’Europe des Clubs Champions. Même le blaugrana qui sommeille en moi ne peut rester indifférent. Bon, pas trop longtemps tout de même, la visite continue… Nous arrivons ensuite dans la partie basse du stade, au bord de la pelouse. D’ici on peut clairement lire l’inscription « REAL MADRID CF » qui s’affiche en lettres blanches sur la tribune bleue qui nous fait face. Je shoote sous tous les angles, encore et encore. Un dernier détour par la salle de presse, interview imaginaire oblige, et nous quittons les lieux satisfaits, une centaine de clichés au compteur.
Il ne nous reste que très peu de temps, juste assez pour nous rendre à la station voisine de la Plaza de Castilla où se dresse la Puerta de Europa. Il s’agit en fait de deux tours de verre, inclinées – volontairement, pas comme celle de Pise – l’une vers l’autre. Une construction insolite et moderne qui vaut bien quelques photos. Il est déjà 14h20, on file à l’hôtel.
Un rapide « Adios » pour le gérant – et surtout pour sa chambre infernale – nous fonçons vers la Estacion del Sur où nous devons prendre notre autocar. Il est environ 15h30, nous n’avons pas encore eu le temps de manger et nos estomacs commencent à se manifester. Je laisse Anne sur le quai surveiller l’affichage des départs et, quelques sous en poche, je pars en quête de nourriture. Dans le hall je trouve une cafétéria. Je rentre et une caissière me remet une feuille avec des cases à cocher. Evidement je ne comprends rien de ce qui est inscrit sur le bout de papier. Dans l’urgence et devant la nonchalance du personnel, je perds rapidement patience et m’en vais. Il est déjà 15h45, Anne doit s’impatienter là-haut sur le quai. Je tombe enfin sur une sandwicherie. Je commande ce que je pense être à notre goût, m’équipe d’une bouteille d’eau et remonte l’escalier. Il est 15h55, le numéro du quai est déjà affiché. Je retrouve Anne, apparemment soulagée de me voir enfin réapparaître, et on rejoint notre car. Bagages en soute, papiers en règle, on peut embarquer. Il était moins une, au propre comme au figuré. Encore essoufflé, je raconte mon parcours du combattant à Anne qui m’avoue avoir commencé à s’affoler de ne pas me voir revenir à temps. Enfin, nous sommes dans le car avec de quoi nous restaurer, c’est bien là l’essentiel.
Ensuite, que vous raconter du trajet en lui-même. Rien de bien intéressant à vrai dire. Le chauffeur nous passe un premier film. Il s’agit du fameux « Maman, j’ai encore raté l’avion » en version originale et sous-titré en portugais. On est déjà dans l’ambiance. On ne comprend pas grand chose, mais comme on connaît déjà l’histoire, ce n’est pas bien gênant. S’ensuit un Bud Spencer - Therence Hill, un monument du 7ème art, qui nous intéresse déjà beaucoup moins. Pour conclure cette belle soirée cinématographique, nous visionnons une vidéo intitulée « Marradas 2006 ». Intrigués, on commence à regarder. Il s’agit en fait de lâcher de taureaux dans de petits villages. Une sorte de vidéo gag à la sauce portugaise. Ca nous amuse une demi-heure, puis ça commence à nous barber. On en mangera pour deux plombes. Remarquez, ça aurait pu être pire. Je me souviens que lors de mon escapade autrichienne en novembre 2004, le chauffeur avait eu le bon goût de nous proposer la fameuse saga avec Romi Schneider. Ca peut être pire, si si !
Avec tout ça, nous n’avons même pas vu le franchissement de la frontière hispano-portugaise. C’est par l’interminable pont Vasco de Gama que nous enjambons le Tage et devinons les lumières de Lisbonne. Nous avions prévu d’arriver à notre hôtel aux alentours de minuit. Mais le chauffeur s’est un peu attardé lors des deux poses – ce qui lui a d’ailleurs valu une belle engueulade avec l’un des passagers – et il est minuit passé à nos montres quand l’autocar dépose les premiers voyageurs à la gare routière d’Oriente. On commence déjà à paniquer, imaginant trouver porte close à l’auberge. Un quart d’heure plus tard, on arrive enfin à notre destination finale, Sete Rios. Le car tout juste stationné, je fais remarquer à Anne que la pendule digitale du quai affiche 23h15. Etonnés, nous récupérons nos effets en soute et essayons de trouver une autre horloge. C’est en effet la bonne heure. Tout d’un coup, je crois me souvenir avoir lu qu’il y a une heure de décalage horaire entre la France et la côte ouest du Portugal, détail qui m’était totalement sorti de l’esprit. Anne me prend pour un fou, elle ne me croit pas vraiment. Et pourtant, c’est bien la réalité qui se confirme au fur et à mesure de notre avancée vers la station de métro. Du coup, nous n’avons plus de retard mais de l’avance. Nous voilà soulagés. Nous découvrons le métro lisboète pour nous rendre à la station Avenida. Impossible de se tromper, ici il n’existe que quatre lignes, ce qui est très peu en comparaison du tentaculaire réseau madrilène.
Station Avenida. L’hôtel Danubio Residential ne se situe qu’à quelques dizaines de mètres. Nous sommes dans les temps. Au 49 de la rua de Salitre, un petit mot à notre attention, scotché sur la porte, nous invite à sonner. Une souriante demoiselle vient nous ouvrir. L’anglais hésitant, nous la suivons. Elle nous fait entrer et nous présente une feuille. C’est un mot signé de Léo, le gérant, qui explique que la jeune femme doit nous remettre les clés, nous indiquer notre chambre, et que lui-même sera présent le lendemain matin pour régler les formalités. Nous remercions notre hôtesse et sans tarder entrons dans notre chambre. Elle n’est pas très grande, et le lit occupe quasiment les trois quarts de la pièce. Notre fenêtre donne sur une petite cour intérieure où du linge est étendu. Le silence semble régner en maître, ce qui augure enfin de quelques nuits sereines. Un lit et du calme, c’est tout ce dont on a besoin. Curieux, nous faisons discrètement un petit tour du propriétaire. Les sanitaires sont repérés, la salle de bain également, et il y a même une cuisine collective avec un frigo. Nous ne tardons pas à aller nous coucher, la belle Lisbonne nous attend demain…
Mardi 24 juillet : Bom dia Lisboa !
La nuit fut d’un calme olympien. Anne et moi avons très bien dormi, et sommes frais pour affronter la journée. Nous faisons la connaissance de Léo qui nous explique le fonctionnement de l’auberge. Il est plus cool et plus sympathique que le tenancier de Valverde. On échange aisément en anglais. Dans le couloir, il nous montre un plan de la ville affiché sur le mur, sur lequel il a noté de précieux renseignements sur les balades à faire, les divers moyens de transports ainsi que les tarifs, et les coins à éviter la nuit. Nous voulons lui régler les nuitées par carte mais il n’a pas porté l’appareil adéquat. Il nous faudra donc repasser ce soir à 21h pour lui payer notre dû.
Mais avant de commencer à visiter la ville, un autre impératif nous attend. Il nous faut absolument rallier la gare ferroviaire pour acheter les billets de train pour Porto. Le petit dej devra patienter, nous prenons un ticket de métro aller-retour direction Oriente. Pour cela nous devons emprunter trois des quatre lignes de métro, Oriente étant au nord-est de la ville. Une bonne demi-heure plus tard, nous découvrons les lieux. Une gare hyper moderne, très design. Nous cherchons un guichet ouvert, qui nous est gentiment indiqué par un vigile. Nous accueille une personne qui pratique la langue de Shakespeare. Ouf ! Anne, moi et le portugais ça fait trois. Mais pas trop besoin de baragouiner, nous lui montrons une feuille, une simulation éditée avant notre départ via internet, avec le jour, l’horaire et le train désiré. On s’en tire avec 39€ à deux, exactement le budget prévu. Mission accomplie. Et le petit dej dans tout ça ? J’y viens. On repère une sorte de boulangerie, « Croissanterie de Paris » la bien nommée. On y commande deux viennoiseries, un café et un chocolat chaud. La note : 3, 50€. On est surpris de payer si peu cher.
Rassasiés, nous nous engouffrons dans le métro direction l’avenida de la Liberdade où débutera notre programme de la journée. Cette large avenue ombragée, aux trottoirs en mosaïques, est très agréable à emprunter. Elle descend jusqu’à la jolie Praça dos Restauradores. En continuant, se dresse à notre droite la très belle façade du Musée des Arts Sacrés. Devant nous se trouve la Praça Dom Pedro IV, dite « Rossio ». Enfin, en tournant à gauche, nous tombons sur la Praça da Figueira, point de départ de nombreux carris, les fameux tramways « d’époque » qui font la renommée de Lisbonne.
Les rues de la Baixa, la ville basse, sont parfaitement quadrillées. Difficile de s’y perdre, qui plus est avec un plan entre les mains. Nous prenons la rua Augusta qui nous emmène tout droit vers la Praça do Comercio, au bord du Tage. Avant de continuer notre expédition pédestre qui promet d’être bien éreintante, nous entrons dans un troquet pour manger. Là aussi, comme à Madrid sur la Puerta del Sol, l’accueil n’est pas très chaleureux. On commande une salade et deux petits sandwiches, à l’omelette pour Anne, au jambon cru pour moi. On se déleste des 12, 20€ demandés, ni plus ni moins. Les piécettes viendront avec les sourires, ça ne sera encore pas pour cette fois.
Nous poursuivons notre itinéraire par la rua do Ouro jusqu’à atteindre l’elevador de Santa Justa. La présence de cette tour de métal en pleine rue peut surprendre le visiteur. Mais ce n’est en aucun cas une machine inutile, juste destinée à amuser le touriste. C’est un ascenseur qui permet d’accéder sans peine au Bairro Alto, le quartier haut de la ville. J’oubliais de vous le préciser, mais Lisbonne est bâtie sur sept collines, ce qui lui vaut de nombreuses artères pentues. Ce type d’ascenseur et autres funiculaires dispersés dans la ville sont donc très utiles pour passer facilement d’un quartier à l’autre. Au sommet, une terrasse de café nous permet de jouir d’une belle vue sur Lisbonne. Anne et moi retraçons aisément du doigt le chemin parcouru jusqu’ici. Une fois franchie la passerelle, nous arrivons devant le couvent du Carmo. Sa particularité réside dans le fait que, lors du terrible tremblement de terre qui frappa la ville en 1755 – un peu de culture ça ne fait pas de mal – le toit s’est effondré tandis que les arches de la voûte sont restées intactes. J’aurai bien aimé faire quelques photos de ce couvent à ciel ouvert, mais il a été transformé en musée. Payer l’entrée juste pour un cliché, je tire ma révérence.
Nous continuons notre route, admirant quelques façades d’azulejos au passage. Nous tentons de rejoindre le Miradouro Santa Catarina, sensé nous offrir une vue panoramique sur la ville. Hélas, une fois trouvé nous ne pouvons y accéder pour cause de travaux. Qu’à cela ne tienne, nous remontons encore et arrivons devant un petit jardin au milieu duquel on a laissé pousser ce qui semble être un cyprès qui, paraît-il, date d’avant le séisme de 1755. Ses branches sont si larges et si longues qu’il est soutenu tout autour par des tiges de fer. C’est un insolite coin d’ombre pour les habitants du quartier qui viennent s’asseoir sur les bancs disposés à l’abri du soleil. Nous osons déranger un couple d’amoureux afin de leur glaner quelques infos. Toujours en anglais, nous leur demandons de nous indiquer un point de vue panoramique sur la ville, mais les coins qu’ils nous proposent sont beaucoup trop éloignés. Nous les quittons par des « Thanks » et des « Gracias » encore tenaces, nous avons encore du mal à nous adapter aux « Obligado » en vigueur ici. La suite est simple. Nous étions sur les hauteurs de la ville, il nous restait plus qu’à redescendre. A travers les fraîches ruelles du Bairro Alto, nous avons tenté de regagner la Baixa, chose qui ne fut pas de tout repos. Les plans dont nous étions équipés ne mentionnaient pas toutes les minuscules artères que nous traversions. La gentillesse des lisboètes, toujours enclins à nous orienter, est à signaler. Jamais nous n’avons hésité à demander notre route.
Arrivés à destination, nous nous présentons à un kiosque Carris sur la Praça da Figueira. Petit conseil : acheter un ticket à bord de l’ « electrico » vous coûtera 1, 30€ tandis qu’en kiosque, pour le même tarif, vous avez l’aller retour. Nous avions décidé de faire une balade dans le célèbre Tram 28, très prisé des touristes, qui traverse tous les quartiers de la cité, de la Baixa au Bairro Alto, en passant par l’Alfama. Pour seulement 3€, on s’est offert une belle balade de plus d’une heure. Ce moyen de transport est à la fois insolite et impressionnant. Il serpente dans les rues étroites, frôlant parfois de quelques centimètres les façades et les voitures. Sur les trottoirs, les gens se plaquent contre les murs dès qu’ils entendent la sonnerie du tram retentir.
Nous avons rendez-vous à 21h avec Léo. Alors que j’envisage de reprendre prudemment le chemin inverse du matin même pour regagner l’auberge, Anne veut faire du free style. Je ne sais pas pourquoi mais je l’ai suivi et résultat des courses, on s’est un peu paumé. Certes, on parvient à retrouver rapidement notre route, mais ceci au détriment d’un petit détour en pente raide qui nous a bien fait suer. Nous arrivons juste à temps et, venant à bout d’une carte bancaire quelque peu capricieuse, nous refermons enfin le chapitre des transactions financières.
A partir de là, nous n’avons plu le courage de retourner dans le centre ville à la recherche d’un endroit pour grailler. Sur les bons conseils de Léo, nous traversons Salitre pour nous rendre au « Mimosa do Salitre », un petit bistrot planté juste en face du Danubio. Le patron nous accueille sympathiquement. Un bar, où nous avons un peu plus tard aperçu Léo en train de vider quelques verres en compagnie d’autres personnes, semble être le coin animé de la maison. Anne et moi, installés un peu à l’écart, commentons le menu. Je me suis laissé tenté une nouvelle fois par du saumon, Anne a choisi de l’espadon. Le tout accompagné de patates dont je ne suis pas arrivé à bout. Un bon repas. Le patron nous a entendu parlé, il a reconnu la langue de Molière. Il est venu parler un peu avec nous dans un français plus que correct. Surpris d’une telle maîtrise de notre langue, il nous a expliqué que lorsqu’il était au collège, dans les années 70, il était possible d’apprendre le français en plus du portugais. Et comme beaucoup émigraient vers la France, ça leur était d’une très grande utilité. La discussion terminée, nous l’avons remercié et quitté l’établissement pour regagner notre chambre. On n’a pas veillé très tard, on profitera de « Lisbon by night » une autre fois…
Mercredi 25 juillet : Belém by day, Belém by night
Que les nuits dans Salitre sont plaisantes ! Avec les journées que l’on passe et celles qui nous attendent, il est important que nous dormions bien. Et à Lisbonne c’est le cas. Aujourd’hui, nous avons décidé de quitter le centre ville pour Belém. Et ce pour quelques visites de choix : le Monument des Découvertes, la Tour de Belém et le Monastère des Jéromites. Et accessoirement pour apercevoir le fameux Pont du 25 Avril, avec lequel nous jouons à cache-cache depuis la veille.
La douche prise, nous retournons chez Mimosa – Anne et moi le surnommons ainsi – prendre le premier repas du jour. Café, chocolat et croissants tout chauds que nous prenons le temps de déguster. Un petit détour par notre chambre pour nous équiper d’un sac à dos et d’une bouteille fraîche, et nous prenons le chemin de la Praça Figueira. C’est d’ici que part le Tram 15 qui nous déposera à Belém. Nous y sommes une trentaine de minutes plus tard. Une colonne, au sommet de laquelle nous pensons reconnaître Vasco de Gama, se dresse au milieu d’un parc que nous traversons pour atteindre le fleuve. Nous pouvons enfin admirer le Pont du 25 Avril, le petit frère jumeau du célèbre Golden Gate de San Francisco. Sur l’autre rive, on devine la silhouette du Cristo Rei, réplique elle aussi miniaturisée du Corcovado qui domine la baie de Rio de Janeiro. Je me prends un instant à rêver de destinations encore plus lointaines. Mais pour l’heure, c’est Lisbonne qui nous tend les bras.
Nous longeons les quais du Tage pour arriver au Monument des Découvertes. Cette sculpture, en forme de proue de navire, est dédiée aux grands navigateurs portugais. Anne tente de me « culturiser » en m’énumérant les noms des personnages figés dans la pierre. Ne me demandez pas les noms, j’ai juste le souvenir d’un roi, d’un écrivain – ou poète – et d’un peintre. Une immense carte du monde s’étale sur le sol. Elle retrace les multiples expéditions qui, partant de Lisbonne, ont atteint les quatre coins du globe. Nous continuons pour atteindre enfin la fameuse Tour de Belém. Il est presque midi et demi et le soleil se fait cruellement sentir. Avant de patienter pour la visite de la tour, je repère quelques arrosages automatiques au milieu de la pelouse environnante. Anne n’ose pas y aller, mais moi je n’hésite pas longtemps pour m’en approcher et me rafraîchir un peu avant de gagner la file d’attente. Une passerelle de planches permet d’accéder à l’entrée. A l’intérieur, la température est plus que clémente. Arrivés au premier étage de la tour qui en compte cinq – ou six, mes souvenirs sont flous – nous faisons le tour de la terrasse et pénétrons les échauguettes présentes à chaque angle. Nous devons ensuite patienter un bon quart d’heure sous une chaleur caniculaire avant d’accéder aux étages supérieurs. Une à une, nous avalons les marches, faisant une courte halte à chacun des étages, jusqu’à arriver au tout dernier. Après avoir posé pour la postérité sur le balcon d’arcades avec vue sur la terrasse, Anne et moi redescendons et quittons la tour, plus d’une heure après y être entrés.
La cafétéria toute proche est un don du ciel, la pause repas est la bienvenue. Pour une vingtaine d’euros, nous nous calons les estomacs jusqu’au soir. Car la journée est loin d’être terminée. Belém est un coin plaisant malgré la chaleur, alors nous envisageons déjà de revenir le soir même, au frais, pour une balade au clair de lune, le long du Tage.
Il nous faut revenir sur nos pas, le monastère étant situé de l’autre côté de la voie ferrée, à mi-chemin entre les deux monuments précédemment visités. Nous arrivons devant un bâtiment tout en longueur. Il abrite le Musée de la Marine. A sa droite, nous trouvons l’entrée du monastère, et les guichets permettant l’accès au fameux cloître, qualifié d’immanquable par la majorité des guides feuilletés avant le départ. C’est par ce dernier que nous débutons. Un lieu qui respire le calme. Dans les allées, nous prenons le temps d’admirer les magnifiques arcades ciselées de style manuélin. Le centre du cloître est occupé par une verte pelouse et une petite fontaine. Tout cela ajouté à un ciel dégagé permet de figer quelques belles images. On peut accéder au réfectoire qui révèle des azulejos où le bleu et le jaune dominent. Puis, un escalier dessert le sommet du Largo dos Jeronimos. Cette église, où l’on entrera quelques minutes plus tard, renferme le tombeau de l’incontournable Vasco de Gama.
La visite aussitôt achevée nous sortons, et aux premières personnes que nous croisons, demandons le chemin de la fameuse Antiga Confeitaria de Belém. Cette pâtisserie, qui date de 1837, est vantée par les Lisboètes du monde entier – et les membres de Voyage Forum – comme étant la plus célèbre de la ville. Depuis le départ, je n’avais cessé de parler à Anne de leur spécialité, la pasteis de Belém. Et comme je savais son amour pour les petites douceurs, elle ne s’est pas fait prier pour que l’on s’en aille déguster quelques-unes unes de ces merveilles. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas, il s’agit de petits gâteaux de flanc saupoudrés de cannelle et de sucre glace. Un délice pour les papilles ! Après cette pause gourmande et l’achat de quelques cartes postales, nous avons attendu le tram pour rallier le centre ville.
Demain, c’est la dernière journée à Lisbonne, et il y a encore pas mal de choses que nous souhaitons voir. Pour tout coordonner, nous poussons la porte de l’office du tourisme sur le Rossio et nous tentons de soutirer quelques précieuses infos auprès d’une hôtesse. Après Santiago Bernabeu à Madrid, j’ai bien envie de voir ce que renferme l’Estadio da Luz, le stade du mythique Benfica. Je demande donc les horaires à la jeune fille qui se vante de tout connaître du club. Apparemment une inconditionnelle des rouges et blancs. Il faudra donc que je sois sur place à 10h30 le lendemain. Anne semble avoir atteint son quota footbalistique pour la semaine, elle préfère réserver sa matinée pour une séance de lèche-vitrines dans la Baixa. Elle meurt d’envie aussi d’aller voir de plus près le Cristo Rei, ce que nous ferons ensemble dans l’après-midi.
Le planning du jeudi en partie réglé, nous partons un peu à l’aventure vers le quartier de l’Alfama, que nous n’avons pas encore eu le loisir de découvrir. En partant de la Baixa, nous grimpons difficilement les pentes abruptes, ou chaque fin de rue est une petite victoire. Nous demandons notre chemin à plusieurs reprises, le plan que nous suivons n’indique évidemment pas grand chose de ce dédale de ruelles. Entre temps, la batterie de mon numérique a rendu l’âme et j’enrage de ne pouvoir photographier ce qui nous entoure. Nous montons jusqu’à l’entrée du château et stagnons devant une boutique où j’achète un azulejo qui m’a tapé dans l’œil. Nous gardons la visite du château pour demain. Et puis sans photos à faire, à quoi bon. En plus du stade et le Christ, c’est encore une sacrée journée qui se dessine.
Mais on n’y est pas encore. Nous rattrapons la Baixa et c’est dans un Mc Do que le dîner se fait. Comme à Madrid, je profite d’une prise de courant libre pour donner un second souffle à mon appareil photo. Nous avions furtivement imaginé une balade sur les rives du Tage la nuit tombée. Et bien, nous avons concrétisé l’idée. En effet, les transports en commun fonctionnent jusqu’à une heure du matin, autant en profiter. A bord du Tram 15, nous avons foncé, et ce n’est pas peu dire vu la vitesse à laquelle roulait l’engin. On s’est arrêtés cette fois à deux pas du Pont du 25 Avril, afin de l’admirer de plus près et de nuit. Mais nous sommes déçus car les éclairages ne mettent pas spécialement en avant cette œuvre du génie civil. Même les photos ne sont pas terribles, dommage. Puis, comme nous l’avions fait sous le cagnard plusieurs heures auparavant, nous avons suivi le cours du fleuve jusqu’au Monuments des Découvertes et la Torre de Belém, pour le coup désertés des nuées de touristes. La balade aurait pu être des plus agréables sans quelques énormes blattes rencontrées le long des quais, bestioles qui ont un tantinet gâché le côté romantique de la soirée.
C’est par un ultime passage devant le Monastère des Jéromites que s’est achevée cette virée nocturne. Minuit et demi. Le dernier tram nous convie à son bord. Avec Anne on se remémore la journée écoulée. On est fous, mais après tout c’est bien le but que l’on s’est fixé de découvrir tant de choses en si peu de temps. Quand va t-on un peu se reposer ? Sûrement pas demain…
Jeudi 26 juillet : Aux pieds du Cristo Rei
Je ne vous parle plus des nuits. On dort très bien, rien à signaler. Mimosa nous sert encore un petit déjeuner toujours aussi copieux. Je quitte Anne en bas de Salitre. Je la regarde descendre Avenida de la Liberdade avant de disparaître dans le métro.
Mon trajet n’est pas long. L’Estadio da Luz ne se trouve qu’à quelques stations de métro de là. A peine sorti, j’aperçois le stade. Une fois passé le tunnel sous l’autoroute, j’entame le tour de l’enceinte en vue d’une quelconque indication. Je m’arrête un instant devant la statue d’Eusebio, le légendaire joueur originaire du Mozambique qui écrivit les plus belles pages de l’histoire du Benfica et de la sélection nationale portugaise. Un peu plus loin, j’arrive devant le monumental aigle qui orne la devanture du stade. La porte 18 est enfin la bonne. Je suis surpris de ne trouver personne devant l’entrée, la visite est sensée débuter dans un petit quart d’heure. J’entre, et la dame à l’accueil me dit que la visite a commencé… à 10h. Dans ma tête, je maudis quelques secondes la fille de l’office du tourisme. A cause d’elle je dois attendre 11h pour la visite suivante, et Anne va m’attendre désespérément. C’est alors que la personne fait appel à l’un de ses collègues qui se débrouille un peu en français, et à qui j’explique la situation. Il me rassure, me proposant de prendre part à la visite en cours. Ils n’ont encore visité que le musée, que l’on me propose de faire à la fin. Je n’ai pas trop le choix, j’accepte. J’intègre le groupe et la visite suit son cours. La jeune guide ne distille presque aucun commentaire, se contentant de nous ouvrir les portes et d’attendre que chacun prennent ses photos. Ainsi se déroule l’itinéraire. Je fais connaissance avec un sympathique portugais résidant en Suisse, qui me traduit les rares infos que l’on nous donne. La balade n’est pas d’un très grand intérêt, on est bien loin des Santiago Bernabeu et autres Nou Camp. Dans la salle de presse, on nous présente Vitoria, un aigle royal… en chair et en plume. Je l’avais déjà vu à la télé. Quand le Benfica joue un match en Ligue des Champions, l’aigle est lâché. Il fait plusieurs tours dans le stade jusqu’à descendre sur le logo posé sur la pelouse et ainsi former l’emblème du club, sous les applaudissements des 65.000 spectateurs. Tandis que la visite touche à sa fin dans boutique souvenir, on m’accompagne comme convenu au musée où je prends quelques photos des trophées. Sur les murs de l’accueil, mon regard s’arrête sur les fanions qui sont affichés sur le mur. Parmi ceux de tant de grands clubs, je reconnais celui de mon OM adoré. Je me rappelle du coup la douloureuse confrontation européenne entre les deux équipes en 1990, la main de Vata et l’injuste élimination marseillaise…
Pas le temps d’être nostalgique. Il est déjà 11h45 quand je quitte les lieux. J’envoie un texto à Anne avant d’attraper mon métro. A la station de Cais de Sobré je la retrouve. On achète les tickets pour le bateau qui doit nous emmener vers Cacilhas, sur l’autre rive du Tage. La traversée est rapide, un petit quart d’heure. Pendant que je lui raconte ma mésaventure du stade, Anne me montre ses quelques achats de la matinée. Nous débarquons sur les lieux et, avant d’entreprendre quelque expédition que ce soit, on cherche à se ravitailler en victuailles. Pas de souci, quelques snacks sont présents, on en choisi un qui fait des sandwichs. Après info, c’est le bus 101 qui nous emmènera jusqu’au Cristo Rei quelques instants plus tard.
Nous descendons au terminus. La statue est de dos, nous allons vers le piédestal. Des panneaux, dont l’un en français, explique l’histoire de cette œuvre. L’idée a germé dans la tête d’un portugais après qu’il soit passé par Rio de Janeiro, et la construction était suspendue à la condition que le pays soit épargné par la guerre, ce qui fut en effet le cas. Le résultat est remarquable. Mais avant de se hisser au sommet, nous avons prit le temps de savourer nos sandwichs devant un tableau de rêve. Devant nous, à portée de regard, le Pont du 25 Avril est plus beau que jamais. Je reste bouche bée devant l’image que j’immortalise à de multiples reprises. Anne se remémore San Francisco qu’elle a visité quelques années auparavant avec son frère. Aux pieds du Christ, on domine toute la ville : la Praça do Comercio, les merveilles de Belém, et le Tage qui termine sa course dans l’Atlantique. On est très surpris de découvrir si peu de touristes, le point de vue y est si beau. Nous ne nous attardons pas indéfiniment. Il faut regagner l’autre rive et partir à la conquête de l’Alfama et du Castello Saõ Jorge. Bus 101, puis bateau vers Cais do Sobré, le chemin est le même dans l’autre sens.
Un petit détour par la Catédral Sé, devant laquelle le défilé des trams a captivé notre attention un bon moment, et nous voici à São Jorge. La balade du château est très plaisante. Dans le jardin, une vieille dame assise sur un banc nous gratifie de sa très jolie voix. Ces petits airs en portugais s’accordent parfaitement avec la quiétude du lieu. Contre quelques piécettes, la vieille dame nous envoie un baiser. Alors que le soleil disparaît au fur et à mesure de la balade, le ciel rougit derrière la colline, nous offrant une image de carte postale. Le Pont du 25 Avril profite des derniers rayons pour se mettre en valeur.
Petite anecdote maintenant. La promenade nous a conduit devant un grand escalier qui descendait sur un petit mirador. Je l’emprunte, Anne me suit quelques mètres derrière. Arrivé le premier en bas, j’aperçois un couple en train de se bécoter. Je lance à Anne un « Ah ! On n’est pas seuls ! » à voix haute, persuadé que les deux tourtereaux ne comprendraient pas. Puis Anne me rejoint sur la petite esplanade pour admirer la vue sur la ville. Quelques minutes plus tard, les amoureux s’apprêtent à remonter les marches lorsque le garçon nous envoie en se marrant « Voilà, vous êtes seuls maintenant » !… Moralité : où que vous soyez dans le monde, faites attention à ce que vous dites, il est toujours possible qu’un compatriote ne soit pas loin…
Le tour des remparts terminé, nous avons erré dans l’Alfama, quartier au cœur duquel résonnaient quelques notes de fado. Un repas copieux nous attendait pas très loin. Puis, depuis la Praça do Comercio, nous avons lentement remonté les rues pavées de la Baixa jusqu’à notre auberge, afin de profiter une dernière fois de la douceur de la ville. C’est ainsi que nous avons fait nos adieux à la ville. Nous repartirons les yeux pleins d’images, la tête pleine de souvenirs. Demain matin, c’est vers Porto que l’aventure se poursuivra. Mais en attendant, Lisbonne est belle…
Vendredi 27 juillet : direction Porto
Notre train est prévu pour 9h39. On ne s’attarde donc pas trop en ce vendredi matin. Juste le temps de prendre une douche et de vérifier que nous n’oublions rien dans notre chambre. Léo n’est pas là. Nous lui laissons un petit mot pour le remercier de son hospitalité.
Terminus de la ligne Amarelha, station Oriente. 9h et des poussières. Nous avons le ventre vide. Mais nous avions décidé de nous rendre à la gare au plus vite et de manger ensuite. Nous retrouvons avec plaisir la croissanterie testée avec succès quelques jours auparavant. Café, chocolat, croissants. Rituel immuable. On ne change pas une équipe qui gagne. Suivant les panneaux, nous trouvons notre quai. Le train ne tarde pas. Nous cherchons notre voiture, puis nos sièges. Je peste un peu contre quelques personnes plantées sans raison dans l’allée centrale et je rejoins Anne. Lisbonne est déjà derrière nous…
La musique dans les oreilles, nous ne prêtons guère attention au paysage qui défile. On se prend à quelques éclats de rire quand le « Confessions Nocturnes » de Fatal Bazooka déboule dans les écouteurs, devant le regard pas du tout amusé des passagers. Depuis que nous avons quitté Marseille, je n’ai pas rechargé mon portable, il s’est vidé, puis éteint. Dans les toilettes, il y a une prise. Juste le temps de constater qui n’y a pas eu d’appel ou de message urgent, je regagne mon fauteuil rassuré. Je tente de trouver le sommeil, bercé par le balancement du wagon, en vain. Il est midi passé, Porto n’est plus très loin. Nous voyons bientôt l’écume blanche des rouleaux de l’océan dévaler sur notre gauche. La gare de Vila Nova de Gaia nous semble annoncée. Nous semble en effet car, entre l’écrit et la prononciation portugaise, nous avons parfois du mal à associer les deux. Je me penche vers la fenêtre et un panneau me confirme l’info. Le train franchit le Douro et nous reconnaissons les arcades métalliques du Pont Pia Maria, nous arrivons à Campanha.
Bagages en main et sur le dos, nous partons en quête de tickets de métro. Une fois de plus, nous sommes désemparés face à la machine. Un couple de compatriotes devant nous semble tout aussi évasif. Comme à Lisbonne, on a du mal à comprendre les multiples options existantes. Pour nous compliquer davantage la tâche déjà ardue, le métro de Porto est divisé en plusieurs zones de tarification. Pour le moment, on se contentera du centre ville, car notre hôtel se situe seulement à quelques stations de là. Par chance, le distributeur permet d’afficher les explications en français. Nous comprenons vaguement qu’il faut acheter une carte à 0, 50€ que l’on devra recharger avant chaque déplacement. Les tickets enfin en mains, nous pouvons rallier Bolhão.
Nous trouvons sans peine le Solar Residential São Gabriel au cœur de la rua Alegria. Une dame nous accueille avec le sourire, elle parle notre langue. Les formalités d’usage expédiées, nous prenons l’ascenseur jusqu’au 4ème étage. Anne et moi sommes très étonnés de la qualité des lieux. On se demande même si on ne s’est pas trompé d’adresse, c’est vous dire. Arrivés dans la chambre, notre surprise se confirme. C’est dans un petit nid douillet que nous passerons les deux nuits à venir. Propre, silencieux, climatisé, salle de bain privée. On se rappelle alors notre chambre madrilène il y a moins d’une semaine, incomparable. Avant de quitter l’hôtel, nous passons à l’accueil où nous apprenons que les petits déjeuners sont inclus. Que demande le peuple ?
A quelques dizaines de mètres de l’hôtel se dresse une superbe église dont les façades sont entièrement recouvertes d’azulejos bleus et blancs, et qui représentent des scènes bibliques. Je prends quelques photos de cet édifice peu commun et suggère à Anne d’y entrer un peu plus tard. Pour le moment, nous avons faim et l’urgence est à la quête d’un coin pour nous restaurer. La Via Catarina, une vaste galerie commerciale qui s’étale sur plusieurs niveaux, fera notre bonheur. Une supérette, quelques boutiques de mode, et surtout une flopée de petits snacks accolés les uns aux autres. On n’a que l’embarras du choix. C’est un fast food que nous squattons le temps d’un repas pas très équilibré.
Puis, sans trop savoir où l’on va, nous empruntons quelques rues et arrivons devant l’hôtel de ville. A deux pas se trouve un point tourisme, nous y allons. Un bon plan de la ville entre les mains et quelques infos récoltées, nous pouvons commencer à parcourir la cité. Nous sommes sur la Praça da Liberdade, en bas de laquelle se trouve la Igreja dos Congregados. Cette fois, nous entrons. C’est l’heure de la messe. Nous jetons rapidement un œil et, sans bruit, nous quittons le lieu de prière. A notre gauche se trouve la gare de São Bento, dont le hall est tapissé de fresques d’azulejos. Malheureusement, les murs sont en restauration et nous ne pouvons profiter pleinement des mosaïques qui aimeraient bien s’offrir à nos yeux.
Alors que nous quittons la gare, un escalier nous invite à monter jusqu’à la Catédral Sé que nous apercevons. Sur l’un des côtés de l’édifice, des angelots peints sur des azulejos aguichent mon numérique. L’intérieur est un peu tristounet. Le cloître attenant mérite un peu plus le détour. Là encore, les carreaux bleus et blancs sont rois et décorent admirablement les allées. Il est déjà 17h30 passé, nous quittons Sé sous un soleil de plomb. En contre bas, les enfants du quartier ont réquisitionné la fontaine dans laquelle ils pataugent allègrement en maillot de bain. Nous les envions grandement. C’est ici le point de départ de notre descente vers le Douro. Sans vraiment suivre le plan, nous empruntons les ruelles où la chaleur est moindre.
Nous prenons le temps de découvrir ce que cache ce labyrinthe à l’abri du soleil. Quelques drapeaux rouges et verts, symbole de fierté nationale, se mêlent au linge immaculé qui sèche sur les balcons. Les rares commerces semblent vivre au ralenti. Devant une minuscule épicerie, quelques gamins tout sourire s’amusent à prendre la pose pour un cliché. Je shoote tout en avançant. Le peu de lumière qui s’infiltre ici m’inspire pour des photos en noir et blanc. Le résultat qui apparaîtra sur l’écran de mon ordi quelques jours plus tard me donnera raison.
Il est presque 19h lorsque nous arrivons sur la Praça da Ribeira. Le Douro est devant nous. Sur l’autre rive, c’est Vila Nova de Gaia et ses caves de Porto. Le Pont Dom Luis nous permet d’y accéder. Le soleil nous offre un peu de répit, il s’éclipse doucement à l’horizon alors que nous longeons tranquillement le fleuve. Amarrées à nos pieds, les « barcos rabelos », qui servaient jadis au transport des vins, ne sont désormais plus qu’une attraction touristique. Nous avons fait pas mal de chemin depuis l’hôtel, il nous faut penser au retour et au dîner. Sur la route qui nous ramène vers Alegria, Anne et moi planifions quelque peu le programme du lendemain. Dans Via Catarina, une copieuse assiette de pâtes conclura la soirée, avant de regagner notre chambre pour une nuit des plus paisibles…
Samedi 28 juillet : gros bisous caniculaires
Avant-dernier jour de notre escapade ibérique. Il faut profiter au maximum pour ne rien regretter. Anne est bien décidée à ramener du Porto à ses proches. Et je commence à la connaître, quand elle a une idée en tête, elle ne l’a pas ailleurs… Alors qu’elle s’attarde dans une boutique à la recherche du précieux breuvage, je l’abandonne quelques minutes pour errer dans le Mercado de Bolhão. Mon attention ne tarde pas à se porter sur une céramique du coq de Barcelos, animal à l’origine d’une légende lusitanienne et qui est devenu l’un des emblèmes de la nation. Anne, depuis Lisbonne, est tombée sous le charme du volatile, et a déjà acheté un porte-clés et un dessous de plat à son effigie. Sûr de lui faire plaisir, je me procure la statuette que je lui offrirai à notre retour à Marseille. Anne me rejoint peu après, deux belles bouteilles dans les mains. Nous ramenons les précieux achats à l’hôtel et pouvons enfin partir pour effectuer les visites prévues.
C’est par la Torre de Clérigos que nous débutons notre circuit. Un escalier sans fin, trop étroit pour une circulation à double sens, nous donne difficilement accès aux divers étages puis au somment de la gigantesque tour. La vue y est imprenable. Les toits des maisons tout en bas s’alignent et s’entremêlent jusqu’au Douro qui s’allonge sous nos yeux. Juste le temps de saisir quelques images, nous ne restons guère longtemps, car le peu de place ne permet pas une grande liberté de déplacement. Qui plus est, une multitude de touristes affluent via l’escalier et nous avons bien du mal à atteindre les marches. Au prix de politesses internationalement échangées, nous touchons enfin au but.
Nous poursuivons par la Igreja do Carmo et la Igreja das Carmelitas, deux églises accolées l’une à l’autre. La première est ouverte. Une porte de verre automatisée nous accueille, c’est très moderne. L’intérieur est richement orné de dorures. Mais une fois de plus, nous arrivons en pleine messe et nous faisons demi-tour par crainte de perturber la cérémonie. Devant la seconde, nous trouvons porte close. Anne et moi prenons la direction du Douro. Il est presque 14h, nous sommes devant le Palacio da Bolsa - Palais de la Bourse pour les non-lusitanophones – que nous souhaitons visiter. Mais un imprévu va faire son apparition. A l’accueil, un panneau me décourage totalement. Les photos ne sont pas permises. Et il en est de même pour la Igreja São Francisco toute proche. S’en est trop ! Si c’est ainsi, ce sera sans moi. Anne et moi nous mettons d’accord et partons. Sur le parvis de São Francisco, je prends quelques photos de la façade de l’église. Queues de pies et tailleurs sont de sortie. Une mariée se fait désirer. Nous patientons quelques minutes, espérant l’apercevoir. Mais la chaleur est intenable, nous partons.
Nous ne sommes qu’à quelques minutes à pied de la Ribeira. Tables et chaises sont déployées sur les terrasses en bordure du fleuve. Nous profitons d’un repas dans un resto sur les quais de la Ribeira, à quelques mètres du Douro. Mon envie de poisson ayant atteint son paroxysme, je commande des sardines, un plat qui me faisait de l’œil depuis notre arrivée au Portugal. Anne se régalant quant à elle d’un poulet en sauce accompagné de pommes frites. Bien que nous soyons à l’abri sous un parasol, le soleil est impitoyable. Anne avait envisagé dans l’après-midi de filer vers la plage de Matosinhos, facilement accessible depuis Porto par les transports en commun, mais finalement elle se ravise. Elle qui est assez frileuse risque fort de ne pas apprécier l’eau glaciale de l’Atlantique. Et si c’est pour cuire sur le sable sans pouvoir piquer une tête dans les vagues, la frustration risque d’être terrible.
14h30. En guise de digestif, nous convenons d’une balade sur le Douro. En moins d’une heure, nous passons sous les six ponts que compte la ville, dont les deux arches métalliques que sont Dom Luis et Maria Pia. La vue depuis l’embarcation nous permet de découvrir la cité sous un autre angle. Nous glissons tout au long de la Ribeira et de ses façades multicolores. Cette balade est très agréable car non seulement nous profitons du paysage, mais la fraîcheur qui nous étreint sur le bateau est inestimable.
Nous décidons ensuite de prendre le métro pour nous rendre au Estadio do Dragão. Après avoir visité les antres du Réal à Madrid et du Benfica à Lisbonne, je compte bien accrocher un nouveau stade à mon palmarès, celui du FC Porto. A l’office du tourisme, il nous avait été précisé que les visites en période estivale étaient organisées toutes les heures de 14h à 18h les week-ends. Malgré ça, nous sommes arrivés devant la porte 18 et nous n’avons trouvé personne, hormis deux policiers qui nous ont informé qu’aucune visite n’était prévue pour la journée, pour des raisons inexpliquées. Il faudra revenir demain. Anne en à marre et souhaite rentrer à l’hôtel. J’improvise un programme jusqu’à 20h puis la rejoindrai à notre chambre. Nous nous séparons dans le métro, et tandis qu’elle rejoint Alegria, je décide de me rendre à l’Estadio do Bessa, le stade du second club de Porto, le Boavista.
Petite parenthèse pour vous parler du métro de Porto. Paradoxalement, il est beaucoup plus grand et plus étendu que celui de Lisbonne, pourtant capitale du pays. Les couloirs ainsi que les quais sont très larges et très clairs. Et surtout, ne vous avisez pas de gruger. Les contrôleurs ainsi que les policiers vous attendent très souvent à la sortie pour le contrôle de billets. J’emprunte donc une rame qui me dépose dans la proche banlieue et demande mon chemin aux rares personnes que je croise. Puis j’aperçois quelques supporters attablés dans un bar, maillots à damiers blancs et noirs sur les épaules, le stade n’est pas loin. La présence des forces de l’ordre et de quelques badauds aux abords de l’enceinte sportive m’intrigue. Je ne tarde pas à comprendre que le soir même, un match amical de pré-saison va opposer ici même les deux équipes de la ville. Ce qui explique aussi que le Dragão n’ai pu nous ouvrir ses portes. Je fais quelques clichés, notamment d’une énorme panthère noire menaçante – animal symbolisant le Boavista - qui veille devant les guichets.
Je retrouve Anne à notre chambre et nous partons vers Via Catarina. Même snack que le veille. Le troquet voisin diffuse le derby, et quelques fanas crient et applaudissent lorsque le FC Porto ouvre le score. On reste sur place pour flâner un peu dans les boutiques qui sont encore ouvertes. Il est presque 22h, mais pas question d’aller se coucher. C’est notre dernière soirée et les lumières de la ville n’attendent que nous. Bien que la nuit soit déjà tombée, la température elle, reste assez élevée. Nous marchons jusqu’à arriver devant la Catédral Sé que je voulais photographier de nuit, puis nous arrivons sur la partie haute du Pont Dom Luis. Ici passent les rames du métro qui font vibrer la construction métallique, et sur les bords les piétons peuvent déambuler. La hauteur est vertigineuse mais la vue est superbe. Les lumières de la Ribeira et de Nova Vila de Gaia se reflètent dans le Douro. Nous nous hissons jusqu’au Mosteiro da Serra do Pilar, sans aucun doute l’un des plus beaux points de vue sur Porto. Demain nous ferons la même visite de jour. Sur le retour, notre regard éberlué s’arrête quelques secondes sur un écran digital. Il est minuit et il fait 27°, sans commentaire. Une dernière halte par São Bento vidée de la foule, et Alegria n’est plus très loin.
Dimanche 29 juillet : retour à la réalité
Dernier jour de la semaine, mais surtout dernier jour du voyage. On a tellement visité que ces dix jours sont passés terriblement vite. Mais l’heure n’est pas encore à la nostalgie. Il nous reste encore une petite journée à bonifier pour parfaire notre séjour.
Les bagages sont prêts. Une consigne gratuite nous permet de les laisser à l’hôtel pour quelques heures. Nous passons une énième fois devant l’église d’azulejos, et décidons enfin d’y entrer. Et devinez quoi ? Et bien, c’est la messe ! Et là je manque de peu de réaliser LA photo du séjour. Près de la porte, un peu à l’écart des fidèles, deux vieilles dames sont agenouillées à même le sol, en pleine prière. L’église est pleine à craquer. Je m’avance de quelques pas et me retourne. La photo en noir et blanc est absolument à faire. Mais j’hésite, trop peut-être. Je regarde en direction des vieilles dames, et l’une d’entre elles croise mon regard. Elle a compris que je veux faire une photo. Elle continue de prier. Et là, un peu honteux de vouloir immortaliser un moment de recueillement si intime, j’éteins le numérique et quitte les lieux, l’estomac noué. Anne ne comprend pas que je puisse agir de la sorte, mais l’image à faire était si belle. Je l’ai encore vaguement en tête au moment où je rédige ces quelques lignes. Mais je ne pourrai pas vous la faire partager…
Nous continuons ce dimanche comme nous avions terminé le samedi, par le Pont Dom Luis. Et la vue panoramique qui la veille s’était avérée magique de nuit s’est confirmée très différente par les couleurs mais tout aussi belle en plein jour. Les « barcos rabelos », toutes voiles dehors, laissent apparaître les noms des chais : Martinez, Graham’s, Càlem… Puis nous retournons une dernière fois vers Via Catarina pour un repas rapide et un détour à « Modelo », la supérette, qui à notre grande surprise est ouverte le dimanche. Nous achetons de quoi confectionner quelques sandwiches pour le soir.
14h30. C’est avec un peu d’avance que nous arrivons aux portes du Dragão. Nous faisons un tour de l’enceinte pour quelques photos et, une demi-heure plus tard, on nous accueille enfin pour la visite guidée. Et là, c’est le drame. Photos interdites ! Je suis dégoûté ! Dans un musée ou une église, passe encore que le flash de l’appareil photo puisse porter atteinte aux œuvres conservées. Mais dans un stade, de quoi ont-ils peur ? Que mon numérique n’abîme les murs ? Les sièges ? La pelouse ? Ma naïveté ne dure qu’un instant, c’est purement pour des raisons mercantiles que l’on nous prive de clichés. En effet, le photographe attitré du club est sensé nous suivre et immortaliser les visiteurs durant la visite. Bien qu’énervé par cette pratique consistant à dépouiller le touriste à tout prix, Anne et moi prenons quand même part à la visite guidée, que je qualifierai sans retenue de… merdique ! Certes, nous avons approché le vert gazon, découverts les vestiaires et eu droit aux quelques anecdotes sur l’histoire du club. Le tout chapeauté par un agent de sécurité dont la présence n’avait pour autre but que de nous dissuader à garder éteint les numériques… J’ai eu quelques fois l’occasion de voler quelques images en échappant à la vigilance du pitbull, mais je n’en ai rien fait de peur de me faire virer du groupe. Au bout d’une demi-heure, nous arrivons dans une pièce où l’on nous invite à s’asseoir. Et voilà que le photographe nous fait défiler sur un écran ses œuvres. Je suis certain que ma fille de sept ans avec un jetable aurait fait de plus beaux clichés. Parmi les visiteurs, un client s’est manifesté pour acheter celles où l’on voyait sa figure, son bras, son orteil… Ok, j’exagère un peu. Toujours est-il que le pigeon en question s’est vu réclamer tout de même la modique somme de 30€ pour six misérables tirages. Ultime foutage de gueule, nous croyons poursuivre la visite après cette pause quand le guide nous annonce que celle-ci vient de toucher à sa fin. Mais où est passé le musée ? Nous ne verrons pas l’ombre d’un trophée ! Circulez, y’a rien à voir !
Autant vous dire que je suis sorti de la visite totalement frustré. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot. En face du stade se dresse un grand bâtiment qui semble abriter une galerie commerciale. Nous y allons, car nous n’avons plus rien de prévu, et il nous reste un peu de temps à tuer avant de récupérer les bagages et de tracer vers l’aéroport. Sur trois ou quatre étages s’empilent de nombreuses boutiques. Guère intéressé par une séance de lèche-vitrines, je cherche un point de vue qui me permettra de faire quelques photos du stade. Nous montons au dernier étage. Il y a là-haut un Pizza Hut avec une baie vitrée. L’occasion est trop bonne. Le resto est désert, il semble fermé. A l’entrée un vigile vient à notre rencontre. Quelques mots en anglais pour lui demander de nous laisser entrer juste pour quelques secondes. Il accepte. Et voici que je découvre une vue imprenable sur le Dragão que je shoote une bonne dizaine de fois. Je tiens ma petite revanche. Anne et moi remercions le personnel du resto et partons. Ce seront les derniers clichés du séjour. Sur la route de l’hôtel, nous faisons une halte dans un cybercafé. J’expédie quelques mails et consulte un peu les news. Je présente à Anne une vidéo du rapace benfiquiste qu’un internaute à mis en ligne sur YouTube. Sur VF, j’ai quelques réponses qui sont tombées… sur Madrid et Lisbonne. J’y répondrai tranquillement à mon retour.
L’aventure touche à sa fin, ou presque. Car un dernier contretemps nous attendait à l’aéroport. Notre vol est prévu pour 20h30 heure locale, nous sommes dans les temps. Arrivés au terminal sans encombre via un ultime trajet en métro, l’enregistrement des bagages ne pose aucun souci. Anne, de peur de voir ses bouteilles de Porto se briser dans sa valise, décide de les garder dans son sac à dos. Elle sait pertinemment, elle qui voyage par les airs plus régulièrement que moi, que l’on à pas le droit de transporter du liquide dans un bagage à main. Elle est têtue ma chère Anne, mais pas autant que le douanier lors du passage au portique de sécurité. Alors que j’ai franchi le détecteur avec succès, je découvre Anne furax devant l’imperturbable contrôleur qui lui interdit l’accès de l’avion avec ses spiritueux. Alors qu’il fouille son vanity-case de fond en comble, elle lui assène : « mais oui, cherchez bien, je planque ma dose de cocaïne !». Je tente alors de calmer Anne, devant l’agent qui lui ne bronche pas, par méconnaissance du français ou juste par zénitude absolue. Mais il invite ma chère Anne à faire enregistrer son bagage à main contenant tout de même près de 150€ de Porto !
Passée cette courte frayeur qui au final trouvera sa place au rayon des petites anecdotes du voyage, nous embarquons à bord de l’appareil. Alors que la nuit est prête à tomber, l’avion s’envole dans le ciel portugais. Nous laissons dans notre sillage bien plus qu’un coucher de soleil. A notre retour, nous déballerons sur notre écran le millier d’images qui illustrera à merveille tout ce qui a rendu ce voyage unique et mémorable. Les moments inoubliables, les émotions ressenties, les sourires partagés. Puis je me lancerai à l’écriture du récit de ce séjour, en essayant de transmettre au mieux le vécu de cette escapade en terre ibérique…
Suite du jeu des photos English translation pending
Bonjour toulmonde,
Photo suivante :

Photo suivante :

Le pour et contre de vos vélos? English translation pending
Je propose un brainstorming de nos vélos !!
Pour ma part : cadre chromo monté moi même avec porte bagage avant et arrière en alu. après 1 an de voyage : le bilan !
LE POUR : l'acier c'est un peu plus souple que l'alu donc plus confortable en théorie c'est réparable mais j'ai rien cassé (au niveau du cadre)... alors bon ! le cintre papillon que j'ai posé (pour avoir des positions différentes sur le vélo) le porte bagae arrière zefal à 3 branches : même cassé il tient toujours ! les sacoches ortlieb vraiment solide !
LE CONTRE : Vélo lourd ! (16kg le vélo) les roues mavick crossland ! vraiment une mauvaise idée ! la jante arrière a explosé après 1000 km. le cadre un peu trop petit.
conclusion : je pense repartir avec un vélo en alu (léger !) et une remorque BOB YAK.
A VOUS ????? des conseils des critiques sur vos propres vélos ... ça aidera tout le monde !!!
Pour ma part : cadre chromo monté moi même avec porte bagage avant et arrière en alu. après 1 an de voyage : le bilan !
LE POUR : l'acier c'est un peu plus souple que l'alu donc plus confortable en théorie c'est réparable mais j'ai rien cassé (au niveau du cadre)... alors bon ! le cintre papillon que j'ai posé (pour avoir des positions différentes sur le vélo) le porte bagae arrière zefal à 3 branches : même cassé il tient toujours ! les sacoches ortlieb vraiment solide !
LE CONTRE : Vélo lourd ! (16kg le vélo) les roues mavick crossland ! vraiment une mauvaise idée ! la jante arrière a explosé après 1000 km. le cadre un peu trop petit.
conclusion : je pense repartir avec un vélo en alu (léger !) et une remorque BOB YAK.
A VOUS ????? des conseils des critiques sur vos propres vélos ... ça aidera tout le monde !!!
First time in India? Premier voyage en Inde? 2001 English translation pending
Bon, je me lance. J'espère en tout cas, que vous allez bien vous marrez comme moi, je me marre à chaque fois que je relis le récit de ce premier voyage en Inde.....
Samedi 31 mars 2001
6h30 !! C’est l’heure, c’est le moment, c’est l’instant, c’est le jour J !! Thierry fait couler le café, Marie fait couler la douche…
7h30. Il fait seulement 7°…brrrrrrrrrr…..vite vite un bus 71 qui nous mène à la gare centrale de Bruxelles puis, le train jusqu’à Zaventem. Ce sont les vacances scolaires de Pâques et il y a un monde fou !! Nous montons au resto qui donne sur les pistes et nous enfilons un petit-déjeuner en imaginant notre futur voyage. A peine avons-nous décollé que nous atterrissons déjà 40 minutes plutard à Roissy Charles de Gaulle. Notre avion ne décollant qu’à 16h, cela nous donne le temps de mettre notre sac à dos en consigne et de prendre un RER pour Paris car j’ai envie de boire un bon café crème au bord du canal St Martin. Hélas, le personnel du-dit RER est en grève et nous sommes condamnés à passer le restant de la journée à l’aéroport. Cela passe assez vite car il y tellement de choses à voir dans un aéroport. Comme nous n’avons chacun qu’un seul sac à dos très léger que nous garderons en cabine, l’enregistrement est rapide.
Une heure avant d’embarquer, nous sommes déjà à la gate 44. L’avion également. « C’est un boeing 747 des années ’70 » me dit Thierry. Il a l’air un peu vieux mais il est joli et original, chaque fenêtre est décorée avec des dessins indiens. Au compte-goutte, le personnel naviguant arrive. « Thierry, tu as vu le personnel de bord ? » « Oui, les hôtesses, c’est pas vraiment les miss monde qu’on voit dans les magazines » « Non, je voulais surtout que tu regardes l’état du costume des hommes. » « Ah oui, effectivement, le bord de leur col de chemise et veston est complètement élimés…. » « Ben, j’espère que l’avion n’est pas dans le même état…. »
Nous devrions décollés à 16h. Or, je vois qu’il est 17h….heu...…….18h et pas de nouvelles mais, tout à coup, nous entendons un appel dans le micro.
-« Les passagers du vol Air India 140 à destination de Delhi sont priés de patienter un instant, l’avion est en réparation…. »
-« Hein ?!?! Quoi ?!?!? Hé Thierry, moi je monte pas dans cet avion ». Il me corrige : « L’avion est en préparation »….….Ouf !!
Nous pouvons enfin embarquer vers 18h15. Nos sièges sont superbement bien placés à la première rangée, et Thierry pourra allonger ses jambes. Tiens, il y a déjà quelqu’un à sa place. C’est un monsieur indien. « Excuse me sir, but you took my place » « No, it’s my seat» « Sorry, but look once to your embarkment card and you will see that you are wrong. I have the window and my wife, the middle seat» « grrrrrrr……»”
Il se lève en râlant et recule de 2 places……Voilà notre premier contact avec l’Inde. ….
19h30. Un petit en-cas nous est servi. Bonne nouvelle : mousse de poisson sur toast. Mauvaise nouvelle : les toast font 3x2cm !! Est-ce là notre souper ?!?! Mauvaise langue que je suis. …….Une heure plu tard, notre hôtesse nous apporte un sachet de cacahuètes…..
L’avion traverse de grands trous d’air et je ne me sens pas trop bien. Assez mal en tout les cas pour ne pas avoir envie de manger ce bon repas indien qui arrive. C’est Thierry qui mange tout : poulet tandoori et mouton. L’odeur des épices me retourne l’estomac et je suis à 2 doigts de crier « Raoul »….…
Mais cela n’arrivera pas, je l’ai décidé !!
Autre chose : le pilote…..mais quelle babelutte celui-là !!
- « A votre gauche, vous pouvez admirer les Alpes » - « Si vous regardez à droite, vous verrez les Carpates » - « Attention, nous allons survoler….
En fait, il nous fait un cours de géographie. C’est super sympa. Non seulement, il nous pilote, mais en plus, il nous explique tout ce qu’il voit sur son chemin. Je me demande si je dois lui donner un pourboire en descendant de l’avion…….
Je parviens, malgré les turbulences qui ne cessent, à m’endormir.
Voilà qu’à 4h du matin, Mr le professeur de géographie réveille 700 passagers, juste pour dire que nous passons la frontière pakistanaise !!!
Mais il a eu raison, notre guide. La frontière entre le Pakistan et l’Inde est complètement illuminée. Je ne situe pas trop exactement le tronçon illuminé mais là, c’est géant !! Merci !!
Dimanche 1 avril 2001
5h13. Les formalités administratives accomplies, nous sommes les premiers à passer le hall de sortie de l'aéroport de Delhi. Un hall triste, éclairé de néons crasseux et quelques fans fatigués qui tournent au ralenti.
Il y a là, au milieu de ce hall, une femme assise sur une chaise branlante. Autour d’elle, des dizaines de personnes à même le sol qui tâtonnent, ouvrent, contrôle et trient des centaines colis. Ils lui crient le nom du destinataire (sans doute) et elle l’inscrit dans un vieux carnet tout destroy et jauni. Je regarde de plus près…..ah oui, je ne me suis pas trompée….c’est bien ce que je pensais avoir lu...ce sont des colis qui viennent d’arriver avec Fédéral Express…..
Il est un peu plus de 5h30 quand on sort de l’aéroport mais nous ne sommes pas seul……………..Une nuée de rickshaw nous saute dessus pour nous emmener en ville !!! C’est une véritable plaie…
Hé là, moi pas me faire avoir hein !! J’ai bien lu mon guide avant de partir et je sais qu’il y a le bus 780 qui va en ville pour à peine quelques sous. Il y a bien 2-3 bus devant l’entrée mais il n’y a personne à l’intérieur. Les rickshawallas nous disent que les chauffeurs de bus sont en grève et qu’il n’y a pas d’autre solution que de partir avec eux…. D’après notre guide, l’arrêt de bus se trouve de l’autre côté de la rue. On s’engage donc dans la pénombre………..et c’est là que je la vois !!!
Elle est très foncée, je dirais même racée, la tête bien haute comme pour défier les nouveaux arrivants. Ils ont bien fait ça, on dirait une vraie !!! « Waow !! T’as vu ? Ils ont fait, comme chez nous à Blankenberge, à la côte belge, une statue pour accueillir les touristes !! » « Oui, oui, Marie, il est temps que tu te reposes… » « Mais non, regarde !! On dirait une vraie !! « Marie…………. c’est une vraie….……...................vache ….. »
La honte……Pourtant je le savais. Cela faisait un an que je me documentais sur ce pays. J’ai tout vu, tout lu, tout entendu à propos de l’Inde….. Je suis à peine depuis 10 minutes sur le sol indien et voilà que je suis déjà perturbée….…. Hé non, ce n’est pas un poisson d’avril. Devant l’aéroport de Delhi ce samedi 01 avril 2001, il y a des vaches qui se baladent tranquillement… Tant que l’on n’est pas plongé dedans, on ne peut pas réaliser. Aucun livre, aucun documentaire, aucun récit ne peut remplacer la réalité, les bruits, les odeurs, la langue, les couleurs….
Décidément, il est temps que je me repose….
Après une promenade dans les environs de l’aéroport, nous y revenons et montons dans le premier bus dont le chauffeur nous confirme la destination du centre-ville. Là, pendant une heure, nous attrapons l’Inde en pleine poire !! Il n’est que 6h30 et il fait déjà 21°. Le chauffeur de bus se fraye un chemin à coup de klaxon comme si c’était une urgence. Ca nous dépasse déjà. Mais le pire, c’est ce que nous voyons tout au long du chemin. Nous en restons muets. De fatigue bien sur, mais également de stupéfaction de voir ce que l’on voit…… Tout ces gens qui dorment sur les trottoirs au milieu des vaches, singes, chiens, chèvres, cochons, corbeaux, de la crasse, de la puanteur partout. C’est tellement loin de nos réalités d’occidentaux…
Et soudain, le chauffeur de bus ralenti et nous dit de descendre. « Ok, you can go. It’s here. » « Are you sure this is the centre of Delhi? Connaught Place? » « Sure, no problem » (on l’entendra souvent ce “no problem”…)
No problem, no problem…..C’est vite dit ça…..
C’est sur, on s’est fait avoir, c’est pas le centre ici, ça doit encore être la banlieue…...mais….Connaught Place, ça devrait être plus moderne, non ? Plus vivant, non ? Heu, j’ sais pas moi, un peu plus occidental quoi, avec des belles rues bien tracées, histoire que je sois pas trop paumée….. Au lieu de cela, je ne vois que des trottoirs défoncés et de la saleté partout autour de nous. Qu’à cela ne tienne, j’ouvre mon guide pour me situer un peu. « Bon, allons jusqu’au coin de la rue voir si on trouve une plaque qui nous donne le nom de cet endroit » « Heu, je vois rien » « C’est pas grave. Il y a un Sikh là qui arrive. On va lui demander »
Il est grand et à l’air d’avoir bien capté notre désarroi…. « Can I help you? » « Yes, thank you. We are a little bit lost and we are looking for the Connaught place and a room. » « No problem, I can call you a rickshaw and tell him the adress of a good room» « Oh Thank you so much » « You’re welcome »
Dans la seconde qui suit, alors que l’on n’avait pas vu un seul véhicule circuler dans le coin depuis notre arrivée dans le quartier, un rickshaw arrive de nulle part. C’est magique non ?!?!?
Après une petite conversation entre le sikh et le chauffeur (évidemment, on sait pas ce qu’ils se disent), nous payons 10 rps. et nous nous installons pour une première course dans cet engin pétaradant. Nous savons bien évidemment que le chauffeur recevra une petite commission de l’hôtel où il nous emmène, mais ce n’est pas grave. On est tellement fatigués qu’on n’a plus de courage. Arrivés à l’hôtel Red Castel dans le quartier de Karol Bagh, on nous annonce 1500 rps. pour une chambre. Ca à l’air cher non ? Mais trop fatigués pour discuter, nous nous installons dans le petit salon dans le hall et attendons que la chambre soit prête. Le-dit hall est dallé de marbre et la cage d’escalier est tout en fer forgé. C’est très chic…..Le patron vient s’installer avec nous pour faire plus ample connaissance et nous offre un café. Cela nous fait du bien car nous n’avons encore rien ingurgité depuis l’avion. Arrive un gars ….. C’est, visiblement, un copain du patron qui veut tout savoir sur nous et parle même quelques mots de français. Nous intégrons enfin notre chambre. Elle est assez sympa. Un grand lit de 2 personnes, un petit frigo, une télé, une salle de bain et, de la fenêtre, nous avons une vue sur un joli petit parc. Nous prenons une douche et redescendons.
Notre « nouvel ami » est toujours là. Il nous propose d’aller à son agence. Il nous trouve tellement sympathique qu’il veut nous offrir un tour de la ville gratuit. Vu qu’on n’a pas de projets précis, on accepte. De toute façon, on a pas envie de se casser la tête le premier jour…. On embarque dans une belle voiture blanche, on dirait une voiture de ministre, une Tata ambassador et on roule….50 m !!! Ils sont fous ou quoi !!...on aurait pu les faire à pied !! L’agence d’Ali n’est pas très grande, 3x2 m à tout casser. Malgré le fan qui tourne au plafond, il fait une chaleur étouffante et cela fait maintenant plus de 36h que nous n’avons pas dormi, ça commence à être dur-dur…… Evidemment, Ali et son cousin sont très sympas. Ils nous offrent le thé, nous montrent les dizaines de livres d’or signés par leurs précédents clients, étalent leurs cartes géographiques de l’Inde, les photos magnifiques du Cashmire, région d’origine d’Ali.
On lui explique que le Cashmire n’est pas prévu au programme, que nous avons un avion à prendre dans 15 jours à Mumbai, que nous sommes fatigués et que nous allons réfléchir…. « No problem…..i can make you a good trip…and a good price » « Thank you Ali, but we have no idea what will be our plans. We have to think » « Look, you can have a car with driver for 1 week, 7 days and I can book you hotels, so, no worry, everything will be ok » « Ok, say what you propose and we will see » « You can go to Agra, Jaipur, Pushkar, Udaipur and come back to Delhi»« No, it’s not a good idea, we go to Mumbai. » « No problem, I can book train tickets from Udaipur to Mumbai and rooms for you till Udaipur »
En fait, Ali n’a pas d’autorisation de rouler au-delà de la frontière du Rajasthan. « Ca à l’air sympa comme proposition, qu’est-ce que t’en penses Thierry ?» « Oui, c’est pas mal. Comme ça, on ne doit plus se tracasser, tout est déjà réservé. En plus, demandons un ticket de train pour Daman, ça nous fera du bien. On veut de toute façon s’y arrêter 2-3 jours. » « Bon, je demande le prix maintenant….» « Ok, say us exactly what you porpose and give us a price. » « Look this programme: You have a car with driver for 8 days. Visit of Agra, Fathepur-Sikri, Jaipur, Amber, Pushkar, Udaipur. 7 nights in good hotels + 1 train ticket Udaipur-Ahmedabad+ 1 train ticket Ahmedabad-Vapi + 1 train ticket Vapi-Mumbai for only……….(et c’est là que vous commencer à rire comme des baleines)……………30000 rps…..…..and because you are good persons, i offer you a car for free today to visit Delhi »
Oui, vous avez bien lu, 30.000 rps !!! Le pire, c’est que grâce ou à cause de la chaleur suffocante, le décalage horaire, l’absence de repas depuis l’avion, le baratinage des 2 zouaves qu’on a en face de nous, le fait qu’on ne nous a pas lâché une seconde depuis la descente du bus, et bien, on ne fait pas du tout la conversion en euros, on n’a rien vu venir et on ne réagit pas !! Ou plutôt, on réagit comme des triples cons et on acquiesce à tout !! On signe et on paie directement sans réfléchir…..sauf que je sais que maintenant, on a plus un balle sur nous et qu’on doit trouver un distributeur de billet. « No problem, you can take my car and driver to get some money »
Quelle gentillesse...grrrrrrr. Là, il est trop sympa non ?!?!?
Nous sortons de l’agence et la voiture nous attend déjà pour aller à la banque. Nazir, notre chauffeur pour la journée, nous dépose à Connaught Place (on l’aura quand même vu) afin de manger un bout dans un petit snack le long des colonnades. Alors que nous sortons du snack, deux petits cireurs nous accostent. Thierry porte des bottines en toile et moi, je suis en tong. Pas de bol pour eux mais nous leur achetons une bouteille de coca et des chapatis. Ils s’en vont tout heureux. On se promène un peu dans le parc central mais nous sommes tout de suite suivi par une gamine à l’air pitoyable, genre, 8-9 ans avec un bébé dans les bras. « One roupee pleeeeeeeeease, one roupee for my baby…. » C’est très dur de vivre ça pour la première fois. Je ne sais pas du tout comment réagir. Je lui donne quelque chose ou je continue sans la regarder ? De toute façon, elle nous suit partout. Un sikh s’approche de nous et nous dit qu’il ne faut absolument rien donner aux enfants car ils doivent souvent remettre leur argent à des adultes pas toujours sympa avec eux. Mais si l’on veut faire des offrandes, « no problem » nous pouvons aller avec lui au temple sikh qui se trouve juste à côté. Nous accompagnons donc ce monsieur et nous nous baladons dans des petites ruelles. Il s’intéresse fort à nous, veut tout savoir sur la Belgique, quel est le but de notre voyage. Avant d’arriver au temple, il nous invite à monter chez lui qui, en fait, ……….n’est qu’un bureau !! Voilà qu’on s’y fait reprendre !! Il nous étale ses prospectus tous pourris ….Holà stop !!! On a déjà assez donné !! Nous déguerpissons et rejoignons Nazir.
13h. Il fait très chaud. Il règne une pollution indescriptible sur la ville. On s’arrête au Raj Gath, mémorial au Mahatma Gandhi au bord de la Jamuna, au temple du Lotus, au fort rouge et à la colonne du Qutb Minar. De là, nous allons jusqu’à l’ India Gate. Nous restons un moment à nous balader dans les pelouses aux alentours de l'arche mais l’on nous alpague de toutes parts. L’un avec un singe acrobate, l’autre avec un cobra. On veut tout nous vendre : des cartes postales, des tee-shirts, des ballons et des gadgets chinois. On stoppe également un petit coup au parlement où les singes squattent les jardins. Nazir nous explique que pour se faire un petit plus, il emmène les touristes dans des emporiums (magasins agrées par le gouvernement), et nous demande si ça ne nous ennuierait pas. Si c’est si gentiment demandé, pas de problème mais à une condition : pas d’arnaque hein !! On a déjà eu assez pour aujourd’hui !! On achète rien mais cela donne une vague idée des prix pratiqués.
Le soleil se couche déjà et nous rentrons à l’hôtel pour prendre une douche. A peine sortie de la salle de bain, l’électricité se coupe et nous entendons un boucan d’enfer. C’est un groupe électrogène qui se met en route tout à côté de notre chambre… Nous voulons ressortir pour aller souper mais le patron de l’hôtel nous dit que c’est hyper dangereux de sortir seul dans ce quartier et surtout quand il n’y a plus d’électricité……Il nous propose de nous offrir un taxi et nous allons manger un bout au Nirula’s restaurant. On y mange, oui, je sais, c’est pas très indien, un chili con carne et des pâtes au poulet.
Là, maintenant, on est complètement mort de fatigue et on rentre dormir. Mais arrivés dans la chambre, le groupe électrogène tourne toujours et la chambre est puante et bleue des émanations de pétrole qui entrent par les aérations de la salle de bain !!
-« Hey, our room is stincking!! What’s that?!?!? » -« No problem sir, it will be stop in a few minutes» -« Be sure, because we are very tired » -« No problem sir, I promiss»
-« Ok, I have to call. How much is it for a phonecall to Belgium? » -« Only 5 roupees for 1 minut. »
Après avoir rassurés les enfants qui sont restés à Bruxelles, nous regagnons notre chambre.
Le bruit infernal du générateur s’arrête et l’électricité revient...c'est enfin l'heure de dormir.....🤪
Samedi 31 mars 2001
6h30 !! C’est l’heure, c’est le moment, c’est l’instant, c’est le jour J !! Thierry fait couler le café, Marie fait couler la douche…
7h30. Il fait seulement 7°…brrrrrrrrrr…..vite vite un bus 71 qui nous mène à la gare centrale de Bruxelles puis, le train jusqu’à Zaventem. Ce sont les vacances scolaires de Pâques et il y a un monde fou !! Nous montons au resto qui donne sur les pistes et nous enfilons un petit-déjeuner en imaginant notre futur voyage. A peine avons-nous décollé que nous atterrissons déjà 40 minutes plutard à Roissy Charles de Gaulle. Notre avion ne décollant qu’à 16h, cela nous donne le temps de mettre notre sac à dos en consigne et de prendre un RER pour Paris car j’ai envie de boire un bon café crème au bord du canal St Martin. Hélas, le personnel du-dit RER est en grève et nous sommes condamnés à passer le restant de la journée à l’aéroport. Cela passe assez vite car il y tellement de choses à voir dans un aéroport. Comme nous n’avons chacun qu’un seul sac à dos très léger que nous garderons en cabine, l’enregistrement est rapide.
Une heure avant d’embarquer, nous sommes déjà à la gate 44. L’avion également. « C’est un boeing 747 des années ’70 » me dit Thierry. Il a l’air un peu vieux mais il est joli et original, chaque fenêtre est décorée avec des dessins indiens. Au compte-goutte, le personnel naviguant arrive. « Thierry, tu as vu le personnel de bord ? » « Oui, les hôtesses, c’est pas vraiment les miss monde qu’on voit dans les magazines » « Non, je voulais surtout que tu regardes l’état du costume des hommes. » « Ah oui, effectivement, le bord de leur col de chemise et veston est complètement élimés…. » « Ben, j’espère que l’avion n’est pas dans le même état…. »
Nous devrions décollés à 16h. Or, je vois qu’il est 17h….heu...…….18h et pas de nouvelles mais, tout à coup, nous entendons un appel dans le micro.
-« Les passagers du vol Air India 140 à destination de Delhi sont priés de patienter un instant, l’avion est en réparation…. »
-« Hein ?!?! Quoi ?!?!? Hé Thierry, moi je monte pas dans cet avion ». Il me corrige : « L’avion est en préparation »….….Ouf !!
Nous pouvons enfin embarquer vers 18h15. Nos sièges sont superbement bien placés à la première rangée, et Thierry pourra allonger ses jambes. Tiens, il y a déjà quelqu’un à sa place. C’est un monsieur indien. « Excuse me sir, but you took my place » « No, it’s my seat» « Sorry, but look once to your embarkment card and you will see that you are wrong. I have the window and my wife, the middle seat» « grrrrrrr……»”
Il se lève en râlant et recule de 2 places……Voilà notre premier contact avec l’Inde. ….
19h30. Un petit en-cas nous est servi. Bonne nouvelle : mousse de poisson sur toast. Mauvaise nouvelle : les toast font 3x2cm !! Est-ce là notre souper ?!?! Mauvaise langue que je suis. …….Une heure plu tard, notre hôtesse nous apporte un sachet de cacahuètes…..
L’avion traverse de grands trous d’air et je ne me sens pas trop bien. Assez mal en tout les cas pour ne pas avoir envie de manger ce bon repas indien qui arrive. C’est Thierry qui mange tout : poulet tandoori et mouton. L’odeur des épices me retourne l’estomac et je suis à 2 doigts de crier « Raoul »….…
Mais cela n’arrivera pas, je l’ai décidé !!
Autre chose : le pilote…..mais quelle babelutte celui-là !!
- « A votre gauche, vous pouvez admirer les Alpes » - « Si vous regardez à droite, vous verrez les Carpates » - « Attention, nous allons survoler….
En fait, il nous fait un cours de géographie. C’est super sympa. Non seulement, il nous pilote, mais en plus, il nous explique tout ce qu’il voit sur son chemin. Je me demande si je dois lui donner un pourboire en descendant de l’avion…….
Je parviens, malgré les turbulences qui ne cessent, à m’endormir.
Voilà qu’à 4h du matin, Mr le professeur de géographie réveille 700 passagers, juste pour dire que nous passons la frontière pakistanaise !!!
Mais il a eu raison, notre guide. La frontière entre le Pakistan et l’Inde est complètement illuminée. Je ne situe pas trop exactement le tronçon illuminé mais là, c’est géant !! Merci !!
Dimanche 1 avril 2001
5h13. Les formalités administratives accomplies, nous sommes les premiers à passer le hall de sortie de l'aéroport de Delhi. Un hall triste, éclairé de néons crasseux et quelques fans fatigués qui tournent au ralenti.
Il y a là, au milieu de ce hall, une femme assise sur une chaise branlante. Autour d’elle, des dizaines de personnes à même le sol qui tâtonnent, ouvrent, contrôle et trient des centaines colis. Ils lui crient le nom du destinataire (sans doute) et elle l’inscrit dans un vieux carnet tout destroy et jauni. Je regarde de plus près…..ah oui, je ne me suis pas trompée….c’est bien ce que je pensais avoir lu...ce sont des colis qui viennent d’arriver avec Fédéral Express…..
Il est un peu plus de 5h30 quand on sort de l’aéroport mais nous ne sommes pas seul……………..Une nuée de rickshaw nous saute dessus pour nous emmener en ville !!! C’est une véritable plaie…
Hé là, moi pas me faire avoir hein !! J’ai bien lu mon guide avant de partir et je sais qu’il y a le bus 780 qui va en ville pour à peine quelques sous. Il y a bien 2-3 bus devant l’entrée mais il n’y a personne à l’intérieur. Les rickshawallas nous disent que les chauffeurs de bus sont en grève et qu’il n’y a pas d’autre solution que de partir avec eux…. D’après notre guide, l’arrêt de bus se trouve de l’autre côté de la rue. On s’engage donc dans la pénombre………..et c’est là que je la vois !!!
Elle est très foncée, je dirais même racée, la tête bien haute comme pour défier les nouveaux arrivants. Ils ont bien fait ça, on dirait une vraie !!! « Waow !! T’as vu ? Ils ont fait, comme chez nous à Blankenberge, à la côte belge, une statue pour accueillir les touristes !! » « Oui, oui, Marie, il est temps que tu te reposes… » « Mais non, regarde !! On dirait une vraie !! « Marie…………. c’est une vraie….……...................vache ….. »
La honte……Pourtant je le savais. Cela faisait un an que je me documentais sur ce pays. J’ai tout vu, tout lu, tout entendu à propos de l’Inde….. Je suis à peine depuis 10 minutes sur le sol indien et voilà que je suis déjà perturbée….…. Hé non, ce n’est pas un poisson d’avril. Devant l’aéroport de Delhi ce samedi 01 avril 2001, il y a des vaches qui se baladent tranquillement… Tant que l’on n’est pas plongé dedans, on ne peut pas réaliser. Aucun livre, aucun documentaire, aucun récit ne peut remplacer la réalité, les bruits, les odeurs, la langue, les couleurs….
Décidément, il est temps que je me repose….
Après une promenade dans les environs de l’aéroport, nous y revenons et montons dans le premier bus dont le chauffeur nous confirme la destination du centre-ville. Là, pendant une heure, nous attrapons l’Inde en pleine poire !! Il n’est que 6h30 et il fait déjà 21°. Le chauffeur de bus se fraye un chemin à coup de klaxon comme si c’était une urgence. Ca nous dépasse déjà. Mais le pire, c’est ce que nous voyons tout au long du chemin. Nous en restons muets. De fatigue bien sur, mais également de stupéfaction de voir ce que l’on voit…… Tout ces gens qui dorment sur les trottoirs au milieu des vaches, singes, chiens, chèvres, cochons, corbeaux, de la crasse, de la puanteur partout. C’est tellement loin de nos réalités d’occidentaux…
Et soudain, le chauffeur de bus ralenti et nous dit de descendre. « Ok, you can go. It’s here. » « Are you sure this is the centre of Delhi? Connaught Place? » « Sure, no problem » (on l’entendra souvent ce “no problem”…)
No problem, no problem…..C’est vite dit ça…..
C’est sur, on s’est fait avoir, c’est pas le centre ici, ça doit encore être la banlieue…...mais….Connaught Place, ça devrait être plus moderne, non ? Plus vivant, non ? Heu, j’ sais pas moi, un peu plus occidental quoi, avec des belles rues bien tracées, histoire que je sois pas trop paumée….. Au lieu de cela, je ne vois que des trottoirs défoncés et de la saleté partout autour de nous. Qu’à cela ne tienne, j’ouvre mon guide pour me situer un peu. « Bon, allons jusqu’au coin de la rue voir si on trouve une plaque qui nous donne le nom de cet endroit » « Heu, je vois rien » « C’est pas grave. Il y a un Sikh là qui arrive. On va lui demander »
Il est grand et à l’air d’avoir bien capté notre désarroi…. « Can I help you? » « Yes, thank you. We are a little bit lost and we are looking for the Connaught place and a room. » « No problem, I can call you a rickshaw and tell him the adress of a good room» « Oh Thank you so much » « You’re welcome »
Dans la seconde qui suit, alors que l’on n’avait pas vu un seul véhicule circuler dans le coin depuis notre arrivée dans le quartier, un rickshaw arrive de nulle part. C’est magique non ?!?!?
Après une petite conversation entre le sikh et le chauffeur (évidemment, on sait pas ce qu’ils se disent), nous payons 10 rps. et nous nous installons pour une première course dans cet engin pétaradant. Nous savons bien évidemment que le chauffeur recevra une petite commission de l’hôtel où il nous emmène, mais ce n’est pas grave. On est tellement fatigués qu’on n’a plus de courage. Arrivés à l’hôtel Red Castel dans le quartier de Karol Bagh, on nous annonce 1500 rps. pour une chambre. Ca à l’air cher non ? Mais trop fatigués pour discuter, nous nous installons dans le petit salon dans le hall et attendons que la chambre soit prête. Le-dit hall est dallé de marbre et la cage d’escalier est tout en fer forgé. C’est très chic…..Le patron vient s’installer avec nous pour faire plus ample connaissance et nous offre un café. Cela nous fait du bien car nous n’avons encore rien ingurgité depuis l’avion. Arrive un gars ….. C’est, visiblement, un copain du patron qui veut tout savoir sur nous et parle même quelques mots de français. Nous intégrons enfin notre chambre. Elle est assez sympa. Un grand lit de 2 personnes, un petit frigo, une télé, une salle de bain et, de la fenêtre, nous avons une vue sur un joli petit parc. Nous prenons une douche et redescendons.
Notre « nouvel ami » est toujours là. Il nous propose d’aller à son agence. Il nous trouve tellement sympathique qu’il veut nous offrir un tour de la ville gratuit. Vu qu’on n’a pas de projets précis, on accepte. De toute façon, on a pas envie de se casser la tête le premier jour…. On embarque dans une belle voiture blanche, on dirait une voiture de ministre, une Tata ambassador et on roule….50 m !!! Ils sont fous ou quoi !!...on aurait pu les faire à pied !! L’agence d’Ali n’est pas très grande, 3x2 m à tout casser. Malgré le fan qui tourne au plafond, il fait une chaleur étouffante et cela fait maintenant plus de 36h que nous n’avons pas dormi, ça commence à être dur-dur…… Evidemment, Ali et son cousin sont très sympas. Ils nous offrent le thé, nous montrent les dizaines de livres d’or signés par leurs précédents clients, étalent leurs cartes géographiques de l’Inde, les photos magnifiques du Cashmire, région d’origine d’Ali.
On lui explique que le Cashmire n’est pas prévu au programme, que nous avons un avion à prendre dans 15 jours à Mumbai, que nous sommes fatigués et que nous allons réfléchir…. « No problem…..i can make you a good trip…and a good price » « Thank you Ali, but we have no idea what will be our plans. We have to think » « Look, you can have a car with driver for 1 week, 7 days and I can book you hotels, so, no worry, everything will be ok » « Ok, say what you propose and we will see » « You can go to Agra, Jaipur, Pushkar, Udaipur and come back to Delhi»« No, it’s not a good idea, we go to Mumbai. » « No problem, I can book train tickets from Udaipur to Mumbai and rooms for you till Udaipur »
En fait, Ali n’a pas d’autorisation de rouler au-delà de la frontière du Rajasthan. « Ca à l’air sympa comme proposition, qu’est-ce que t’en penses Thierry ?» « Oui, c’est pas mal. Comme ça, on ne doit plus se tracasser, tout est déjà réservé. En plus, demandons un ticket de train pour Daman, ça nous fera du bien. On veut de toute façon s’y arrêter 2-3 jours. » « Bon, je demande le prix maintenant….» « Ok, say us exactly what you porpose and give us a price. » « Look this programme: You have a car with driver for 8 days. Visit of Agra, Fathepur-Sikri, Jaipur, Amber, Pushkar, Udaipur. 7 nights in good hotels + 1 train ticket Udaipur-Ahmedabad+ 1 train ticket Ahmedabad-Vapi + 1 train ticket Vapi-Mumbai for only……….(et c’est là que vous commencer à rire comme des baleines)……………30000 rps…..…..and because you are good persons, i offer you a car for free today to visit Delhi »
Oui, vous avez bien lu, 30.000 rps !!! Le pire, c’est que grâce ou à cause de la chaleur suffocante, le décalage horaire, l’absence de repas depuis l’avion, le baratinage des 2 zouaves qu’on a en face de nous, le fait qu’on ne nous a pas lâché une seconde depuis la descente du bus, et bien, on ne fait pas du tout la conversion en euros, on n’a rien vu venir et on ne réagit pas !! Ou plutôt, on réagit comme des triples cons et on acquiesce à tout !! On signe et on paie directement sans réfléchir…..sauf que je sais que maintenant, on a plus un balle sur nous et qu’on doit trouver un distributeur de billet. « No problem, you can take my car and driver to get some money »
Quelle gentillesse...grrrrrrr. Là, il est trop sympa non ?!?!?
Nous sortons de l’agence et la voiture nous attend déjà pour aller à la banque. Nazir, notre chauffeur pour la journée, nous dépose à Connaught Place (on l’aura quand même vu) afin de manger un bout dans un petit snack le long des colonnades. Alors que nous sortons du snack, deux petits cireurs nous accostent. Thierry porte des bottines en toile et moi, je suis en tong. Pas de bol pour eux mais nous leur achetons une bouteille de coca et des chapatis. Ils s’en vont tout heureux. On se promène un peu dans le parc central mais nous sommes tout de suite suivi par une gamine à l’air pitoyable, genre, 8-9 ans avec un bébé dans les bras. « One roupee pleeeeeeeeease, one roupee for my baby…. » C’est très dur de vivre ça pour la première fois. Je ne sais pas du tout comment réagir. Je lui donne quelque chose ou je continue sans la regarder ? De toute façon, elle nous suit partout. Un sikh s’approche de nous et nous dit qu’il ne faut absolument rien donner aux enfants car ils doivent souvent remettre leur argent à des adultes pas toujours sympa avec eux. Mais si l’on veut faire des offrandes, « no problem » nous pouvons aller avec lui au temple sikh qui se trouve juste à côté. Nous accompagnons donc ce monsieur et nous nous baladons dans des petites ruelles. Il s’intéresse fort à nous, veut tout savoir sur la Belgique, quel est le but de notre voyage. Avant d’arriver au temple, il nous invite à monter chez lui qui, en fait, ……….n’est qu’un bureau !! Voilà qu’on s’y fait reprendre !! Il nous étale ses prospectus tous pourris ….Holà stop !!! On a déjà assez donné !! Nous déguerpissons et rejoignons Nazir.
13h. Il fait très chaud. Il règne une pollution indescriptible sur la ville. On s’arrête au Raj Gath, mémorial au Mahatma Gandhi au bord de la Jamuna, au temple du Lotus, au fort rouge et à la colonne du Qutb Minar. De là, nous allons jusqu’à l’ India Gate. Nous restons un moment à nous balader dans les pelouses aux alentours de l'arche mais l’on nous alpague de toutes parts. L’un avec un singe acrobate, l’autre avec un cobra. On veut tout nous vendre : des cartes postales, des tee-shirts, des ballons et des gadgets chinois. On stoppe également un petit coup au parlement où les singes squattent les jardins. Nazir nous explique que pour se faire un petit plus, il emmène les touristes dans des emporiums (magasins agrées par le gouvernement), et nous demande si ça ne nous ennuierait pas. Si c’est si gentiment demandé, pas de problème mais à une condition : pas d’arnaque hein !! On a déjà eu assez pour aujourd’hui !! On achète rien mais cela donne une vague idée des prix pratiqués.
Le soleil se couche déjà et nous rentrons à l’hôtel pour prendre une douche. A peine sortie de la salle de bain, l’électricité se coupe et nous entendons un boucan d’enfer. C’est un groupe électrogène qui se met en route tout à côté de notre chambre… Nous voulons ressortir pour aller souper mais le patron de l’hôtel nous dit que c’est hyper dangereux de sortir seul dans ce quartier et surtout quand il n’y a plus d’électricité……Il nous propose de nous offrir un taxi et nous allons manger un bout au Nirula’s restaurant. On y mange, oui, je sais, c’est pas très indien, un chili con carne et des pâtes au poulet.
Là, maintenant, on est complètement mort de fatigue et on rentre dormir. Mais arrivés dans la chambre, le groupe électrogène tourne toujours et la chambre est puante et bleue des émanations de pétrole qui entrent par les aérations de la salle de bain !!
-« Hey, our room is stincking!! What’s that?!?!? » -« No problem sir, it will be stop in a few minutes» -« Be sure, because we are very tired » -« No problem sir, I promiss»
-« Ok, I have to call. How much is it for a phonecall to Belgium? » -« Only 5 roupees for 1 minut. »
Après avoir rassurés les enfants qui sont restés à Bruxelles, nous regagnons notre chambre.
Le bruit infernal du générateur s’arrête et l’électricité revient...c'est enfin l'heure de dormir.....🤪
Organiser un voyage de huit jours en Croatie au mois de juillet English translation pending
Bonjour à tous.
Je souhaites partir 8 jours en Croatie en juillet (du 15 au 23) à deux, mais avec un budget rikiki (500€ / pers). Partant de Bretagne, j'ai déjà (je pense) optimisé le prix du vol aller/retour : 660€, mais cela représente déjà plus de la moitier de notre budget...
J'aimerais voir plusieurs choses dans le pays, donc je me suis fixé deux destinations différentes au cours de le semaine : 3 jours à Plitvice puis 4 jours dans la région de Zadar. Pour le logement, grâce aux infos que j'ai trouvé sur le forum, j'ai trouvé des logements privés (chambres principalement) pour environ 240€ sur http://www.adriagate.com, le fait de scinder le séjour en deux augmentant légerement le tarif.
Mon budget étant déjà quasiment épuisé rien qu'en vol puis en hébergement, et qu'il me reste à payer pour la nouriture (étant en chambre, on est limité), les transports (la location de voiture me semble hors de prix) et les extras (visites, ...), je me demande si tout cela reste envisageable.
Pour info, je souhaites pas mal bouger sur place (visite des parcs à la journée, randos, ...), c'est pour ca que je me permet de ne prendre que des chambres. Mais tout cela implique une certaine mobilité (en plus du voyage de Zagreb à Plitvice le premier jour, puis de Plitvice à Zadar le deuxième jour, et enfin de Zadar à Zagreb pour le retour)...
Voici donc mes questions : Feriez vous autrement (et moins cher) que ce que je décrit ci-dessus ? Comment plannifier les déplacements dans le pays, en privilégiant les autobus (la plupart des sites que j'ai vu étant en langue slave...) ?Merci d'avance pour vos réponses, car je n'ai pas d'experience dans le domaine du voyage...
Je souhaites partir 8 jours en Croatie en juillet (du 15 au 23) à deux, mais avec un budget rikiki (500€ / pers). Partant de Bretagne, j'ai déjà (je pense) optimisé le prix du vol aller/retour : 660€, mais cela représente déjà plus de la moitier de notre budget...
J'aimerais voir plusieurs choses dans le pays, donc je me suis fixé deux destinations différentes au cours de le semaine : 3 jours à Plitvice puis 4 jours dans la région de Zadar. Pour le logement, grâce aux infos que j'ai trouvé sur le forum, j'ai trouvé des logements privés (chambres principalement) pour environ 240€ sur http://www.adriagate.com, le fait de scinder le séjour en deux augmentant légerement le tarif.
Mon budget étant déjà quasiment épuisé rien qu'en vol puis en hébergement, et qu'il me reste à payer pour la nouriture (étant en chambre, on est limité), les transports (la location de voiture me semble hors de prix) et les extras (visites, ...), je me demande si tout cela reste envisageable.
Pour info, je souhaites pas mal bouger sur place (visite des parcs à la journée, randos, ...), c'est pour ca que je me permet de ne prendre que des chambres. Mais tout cela implique une certaine mobilité (en plus du voyage de Zagreb à Plitvice le premier jour, puis de Plitvice à Zadar le deuxième jour, et enfin de Zadar à Zagreb pour le retour)...
Voici donc mes questions : Feriez vous autrement (et moins cher) que ce que je décrit ci-dessus ? Comment plannifier les déplacements dans le pays, en privilégiant les autobus (la plupart des sites que j'ai vu étant en langue slave...) ?Merci d'avance pour vos réponses, car je n'ai pas d'experience dans le domaine du voyage...
Randonnées dans les monts Tsodilo au Botswana English translation pending
bonjour!
je recherche tous renseignements concernant les randonnées dans les monts Tsodilo, puisque, apparemment c'est l'un des rares endroits en Afrique sub-équatoriale (avec le Kaokoland) où la rando est possible, i.e. de la marche sans observation de la faune qui rend la chose prohibitive.
Itinéraires et descriptifs? Accès? Difficulté? Durée(s)? Guide ou pas guide? Tarifs? Hébergement? Possibilités d'approvisionnement? Types de paysage? etc., etc.
Merci et ... bonne journée🤪
Itinéraires et descriptifs? Accès? Difficulté? Durée(s)? Guide ou pas guide? Tarifs? Hébergement? Possibilités d'approvisionnement? Types de paysage? etc., etc.
Merci et ... bonne journée🤪
Location de quad à Merzouga (Maroc) English translation pending
Bonjour,
quelqu'un connait une adresse sur Merzouga pour louer des quads (nous sommes deux) pour une heure ou deux?
Ça devrait couter combien?
Est-il obligatoire de prendre un guide?
Merci
Ça devrait couter combien?
Est-il obligatoire de prendre un guide?
Merci