Results for "Brive+et+restaurant+|+127"
8614 results found.
Hôtel Occidental Grand Punta Cana: club Preference English translation pending
Bonjour,
Est-ce que quelqu'un est allé en République Dominicaine dernierement à cet hotel. J'aimerais avoir vos commentaires (chambre, salle de bain etc
Notre départ est prévu pour fév. 2011
Est-ce que quelqu'un est allé en République Dominicaine dernierement à cet hotel. J'aimerais avoir vos commentaires (chambre, salle de bain etc
Notre départ est prévu pour fév. 2011
Hôtel Barcelo Cayo Santa Maria English translation pending
Bonjour avous tous
pour ceux qui reviennent de cet hotel , j aimerais s avoir si il y a au buffet des soupers a thème, meme en basse saison, tel que soirée de fruits mer avec langoustes et crevettes parce que j aimerais en arrivant las bas réserver mes repas aux restaurants a la carte et je ne voudrais pas manqué des buffets comme ca.
aussi est ce qu il y a des gens qui ont essayés le resto japonais payant nous partons le 23 juillet avec ma fille et elle adore ca voir le cuisinier devant elle alors je me demande si ca vaut la peine.
vous pouvez me donner vos commentaires sur cette endroit car c est très partagé nous voyageons a chaque année et ces la premiere fois en été et pour ma fille de 12 ans j espère que nous ne serons pas trop décu et que air climatisé va bien fonctionner pour dormir😛
nous pensons aussi faire le catamaran pour initier notre fille a la plongée en apnée est ce que ca vaut la peine.
merci a vous tous de me répondre.
pour ceux qui reviennent de cet hotel , j aimerais s avoir si il y a au buffet des soupers a thème, meme en basse saison, tel que soirée de fruits mer avec langoustes et crevettes parce que j aimerais en arrivant las bas réserver mes repas aux restaurants a la carte et je ne voudrais pas manqué des buffets comme ca.
aussi est ce qu il y a des gens qui ont essayés le resto japonais payant nous partons le 23 juillet avec ma fille et elle adore ca voir le cuisinier devant elle alors je me demande si ca vaut la peine.
vous pouvez me donner vos commentaires sur cette endroit car c est très partagé nous voyageons a chaque année et ces la premiere fois en été et pour ma fille de 12 ans j espère que nous ne serons pas trop décu et que air climatisé va bien fonctionner pour dormir😛
nous pensons aussi faire le catamaran pour initier notre fille a la plongée en apnée est ce que ca vaut la peine.
merci a vous tous de me répondre.
Faire du camping dans l'ouest des État-Unis: site internet? English translation pending
Bonjour! Nous envisageons de partir dans l'ouest Américain et de louer une voiture, nous voulions faire du camping avec notre tente, mais d'après ce que je vois ça a l'air d'être un peu plus difficil qu'au Canada. Quelqu'un peut me dire si il l'a fait, si il sait les prix, si cela est facile, si il y a un site internet ou voir les prix, lieu, date d'ouverture...
Merci et abientôt.
Visite de Yellowstone cet été 2008 English translation pending
Salut à tous,
je compte me rendre à Yellowstone cet été et une première question se pose : Quel est l'aéroport le mieux placé pour atteindre ce parc sachant que j'arriverai de Seattle ?
Pour le moment on hésite entre Idaho Falls, West Yellowstone et Jackson hole. On aura besoin de louer un véhicule sur place et je ne sais pas si des loueurs sont présents à West Yellowstone (location 30 jours avec voiture laissée à L.A.)
Ensuite au niveau de la répartitions des jours on compte passer 3 jours à Yellowstone et 1 à Grand Téton. ceci vous semble t il OK ? Que pouvez vous me conseillez en terme de logement (nous ne sommes pas adeptes du camping) ? J'ai lu que West Yellowstone était bien placé pour voir les points les plus marquant du parc . Les autres conseils sont les bienvenus
Pour ce qui est de Grand Téton je pense qu'on dormira à Jackson Hole en sortant du parc.
D'avance merci pour tout ce que vous pourrez m'apporter.
Ensuite au niveau de la répartitions des jours on compte passer 3 jours à Yellowstone et 1 à Grand Téton. ceci vous semble t il OK ? Que pouvez vous me conseillez en terme de logement (nous ne sommes pas adeptes du camping) ? J'ai lu que West Yellowstone était bien placé pour voir les points les plus marquant du parc . Les autres conseils sont les bienvenus
Pour ce qui est de Grand Téton je pense qu'on dormira à Jackson Hole en sortant du parc.
D'avance merci pour tout ce que vous pourrez m'apporter.
Philippines: trois semaines au paradis... English translation pending
et voilà le petit carnet sur ce super voyage ...
Avec mon collègue Thierry, nous avions pas mal hésité entre Mada et les Phils ; j étais plutot " branché " Afrique mais avec un frère marié à une charmante Philippine, qui n 'arretait pas de me parler des 7100 iles ...la pression était forte pour l Asie du sud est
Finallement c est le billet d avion qui a tranché : moins de 700 euros pour 12000 bornes, allez banco pour l asie du sud-est !
Vendredi 2 mars / départ pour l'Asie ...
Beau temps sur Nice ; décollage pour Amsterdam où l'on a quelques heures à passer L' aéroport de Schipool est bien fait et en 30 minutes nous voici gare centrale d 'Amsterdam . Le temps est beau mais froid et la goretex servira au moins une fois dans le voyage ... On se réfugie dans un coffee-shop sympa, après avoir balladé un peu dans les environs de la gare et vers 11 h manoeuvre de retour vers Schipool pour le saut vers l Asie . 11 h de vol en B 777 de la KLM, presque un plaisir car écrans individuels, films récents, service de qualité... Peu de temps après le repas on entre dans la nuit et le sommeil ne tarde pas a arriver ...La lecture du livre" Beach boy "parlant de la vie dun enfant parsi à Bombay, me fera passer un bon moment, puis c'est la descente sur MANILLE qui est annoncée : à travers le hublot c' est une ville gigantesque qui défile sous les ailes du boeing et 20 minutes plus tard nous voici posés à NAIA (l un des 3 aéroports de la capitale . les formalités sont très simples ; on change de suite pas mal d'argent pour éviter de passer du temps dans les banques . Pour 1 euro on nous donne 63 pisos ...Le minibus de la Malate pension est là et vers 11 heures nous voici au coeur de Manille dans le quartier animé de Malate . On attaque par un exellent jus de mangue sur la terrasse de la pension et vers 14 h Cristy, ma belle soeur arrive ! C est la première fois que je la rencontre ; elle est mignone et très sympa ...Nous passons l après-midi ensemble à Makati, le quartier des affaires, shopping centers, buildings, grandes avenues .Elle nous accompagne chez Abalon où nous avons réservé notre 4x4 pour une semaine dans le nord . Nous payons 270$ pour une semaine en Kil illimité .Vers 20h nous quittons Cristy qui m' a meme prèté un portable avec carte sim pour le cas où nous aurrions besoin de la joindre . De plus, un ami de la famille, Joda, nous conduira demain jusqu'à la sortie de Manille sur EDSA, le périphérique de Manille .Une longue route nous attendra jusqu'à Banaue et elle ne veut pas que nous perdions de temps dans la traversée de Manille .Rendez vous donc avec Joda demain matin à 6 h du mat à la Malate pension ...On ne commencera pas les vacances pas une grasse mat ça c'est déjà sur ! Nous passons une soirée très sympa à malate, qui est un quartier très très animé surtout ce samedi soir 😉 Repas de spécialités philippines au centre commercial Robinson " à volonté pour 270 pisos /personne c est à dire 4 euros environ ...Il pleut un peu quand nous descendons vers Roxas Bd au bord de la baie de Manille ; il y a beaucoup d 'animation, et plein de bars à musique au bord de la baie ; Ce soir on se contentera d un jus de mangue, la san miguel se sera pour la prochaine fois ! On remonte sur malate par Remedios circle et re-coup à boire dans une animation débordante ....Vers 1h du mat retour à la pension, petit coup d internet pour rassurer la famille et premiere nuit de plomb pour moi ...
Dimanche 3 mars : un peu de Manille et beaucoup de route ...Nord LUZON ...
Dur dur le lever, une bien petite nuit, mais Joda nous attend et nous voici déjà à traverser la ville ; il nous faudra presque 1h30 pour se retrouver sur Edsa à l embranchement de la highway vers le nord de Luzon ; Joda me donne les dernières recommandations et nous voilà "lachés " avec notre 4x4 . La conduite est facile, le véhicule en exellent état ; péage de 47 pisos à la sortie prévue et là on comprend de suite pourquoi il faudra 10 heures de route pour 350 kms environ . Les routes sont très encombrées dans les villages : tricycles, sortes de tuk-tuk, taxis, camions surchargés, jeepneys croulant sous le nombre de passagers, arrets fréquents, bref tout y est pour un traffic lent et intense dans les villages . Peu où pas de panneaux de signalisation ne contribuent pas à aller faciliter la progression ... Le paysage de plaines et de rizieres très très vertes est déjà bien beau .Cela me rappelle un peu le Cambodge avec des villages s'étalant le long de la route principale . sur une moto le nombre est a peu près de 4 personnes en moyenne . Arret repas vers 1 heure dans un petit resto en bord de route Plusieures marmites dans lesquelles on choisi son repas : un bol de riz, une boisson et c'est parti pour 1 à 2 euro le repas ! On va pas se ruiner dans ce pays d autant que c'est copieux ! Les fruits sont exellents surtout les mangues jaunes à 35 pisos le kg Pour moi ce sera le "pays des meilleures mangues" que je n ai jamais mangé de ma vie de voyageur ...hasard de la saison ? en tous cas en 22 jours pas un seul jour sans mangues et pas une seule qui ne fonde pas dans la bouche : je suis déjà en manque sérieux depuis notre retour ...Quand à Thierry qui n'aime pas la bière c'était fresh-mango juice + mangues au dessert chaque jour ...Aux deux-tiers du chemin commence une route de montagne. Nous voici en pays "IFUGAO " et cela se voit bien au profil des habitants .La route est très belle, milieu tropical de montagne, virages, végétation exubérante et premières rizières de montagne en étages ...En 373 kms et vers 18h juste avant la nuit voici enfin BANAUE ...Nous allons de suite au Sanafé lodge conseillé par des voyageurs sur VF où nous trouvons une petite chambre pour 750 pisos ; repas au sanafé, discussion avec le patron bien sympa avec qui nous convenons de rencontrer un chauffeur de tricycle demain matin pour organiser notre trek de 2 j dans les riziéres .Ce soir après un tout petit tour dans le village, très calme, la nuit nous nous coucherons tot le sommeil nous rappelant vite au lit . Il pleut fort et sur les toits de toles le bruit réveillera Thierry alors que moi je n ai rien entendu de la nuit ...ça a quand meme un peu des avantages d'etre sourd comme un pot ...
Vendredi 2 mars / départ pour l'Asie ...
Beau temps sur Nice ; décollage pour Amsterdam où l'on a quelques heures à passer L' aéroport de Schipool est bien fait et en 30 minutes nous voici gare centrale d 'Amsterdam . Le temps est beau mais froid et la goretex servira au moins une fois dans le voyage ... On se réfugie dans un coffee-shop sympa, après avoir balladé un peu dans les environs de la gare et vers 11 h manoeuvre de retour vers Schipool pour le saut vers l Asie . 11 h de vol en B 777 de la KLM, presque un plaisir car écrans individuels, films récents, service de qualité... Peu de temps après le repas on entre dans la nuit et le sommeil ne tarde pas a arriver ...La lecture du livre" Beach boy "parlant de la vie dun enfant parsi à Bombay, me fera passer un bon moment, puis c'est la descente sur MANILLE qui est annoncée : à travers le hublot c' est une ville gigantesque qui défile sous les ailes du boeing et 20 minutes plus tard nous voici posés à NAIA (l un des 3 aéroports de la capitale . les formalités sont très simples ; on change de suite pas mal d'argent pour éviter de passer du temps dans les banques . Pour 1 euro on nous donne 63 pisos ...Le minibus de la Malate pension est là et vers 11 heures nous voici au coeur de Manille dans le quartier animé de Malate . On attaque par un exellent jus de mangue sur la terrasse de la pension et vers 14 h Cristy, ma belle soeur arrive ! C est la première fois que je la rencontre ; elle est mignone et très sympa ...Nous passons l après-midi ensemble à Makati, le quartier des affaires, shopping centers, buildings, grandes avenues .Elle nous accompagne chez Abalon où nous avons réservé notre 4x4 pour une semaine dans le nord . Nous payons 270$ pour une semaine en Kil illimité .Vers 20h nous quittons Cristy qui m' a meme prèté un portable avec carte sim pour le cas où nous aurrions besoin de la joindre . De plus, un ami de la famille, Joda, nous conduira demain jusqu'à la sortie de Manille sur EDSA, le périphérique de Manille .Une longue route nous attendra jusqu'à Banaue et elle ne veut pas que nous perdions de temps dans la traversée de Manille .Rendez vous donc avec Joda demain matin à 6 h du mat à la Malate pension ...On ne commencera pas les vacances pas une grasse mat ça c'est déjà sur ! Nous passons une soirée très sympa à malate, qui est un quartier très très animé surtout ce samedi soir 😉 Repas de spécialités philippines au centre commercial Robinson " à volonté pour 270 pisos /personne c est à dire 4 euros environ ...Il pleut un peu quand nous descendons vers Roxas Bd au bord de la baie de Manille ; il y a beaucoup d 'animation, et plein de bars à musique au bord de la baie ; Ce soir on se contentera d un jus de mangue, la san miguel se sera pour la prochaine fois ! On remonte sur malate par Remedios circle et re-coup à boire dans une animation débordante ....Vers 1h du mat retour à la pension, petit coup d internet pour rassurer la famille et premiere nuit de plomb pour moi ...
Dimanche 3 mars : un peu de Manille et beaucoup de route ...Nord LUZON ...
Dur dur le lever, une bien petite nuit, mais Joda nous attend et nous voici déjà à traverser la ville ; il nous faudra presque 1h30 pour se retrouver sur Edsa à l embranchement de la highway vers le nord de Luzon ; Joda me donne les dernières recommandations et nous voilà "lachés " avec notre 4x4 . La conduite est facile, le véhicule en exellent état ; péage de 47 pisos à la sortie prévue et là on comprend de suite pourquoi il faudra 10 heures de route pour 350 kms environ . Les routes sont très encombrées dans les villages : tricycles, sortes de tuk-tuk, taxis, camions surchargés, jeepneys croulant sous le nombre de passagers, arrets fréquents, bref tout y est pour un traffic lent et intense dans les villages . Peu où pas de panneaux de signalisation ne contribuent pas à aller faciliter la progression ... Le paysage de plaines et de rizieres très très vertes est déjà bien beau .Cela me rappelle un peu le Cambodge avec des villages s'étalant le long de la route principale . sur une moto le nombre est a peu près de 4 personnes en moyenne . Arret repas vers 1 heure dans un petit resto en bord de route Plusieures marmites dans lesquelles on choisi son repas : un bol de riz, une boisson et c'est parti pour 1 à 2 euro le repas ! On va pas se ruiner dans ce pays d autant que c'est copieux ! Les fruits sont exellents surtout les mangues jaunes à 35 pisos le kg Pour moi ce sera le "pays des meilleures mangues" que je n ai jamais mangé de ma vie de voyageur ...hasard de la saison ? en tous cas en 22 jours pas un seul jour sans mangues et pas une seule qui ne fonde pas dans la bouche : je suis déjà en manque sérieux depuis notre retour ...Quand à Thierry qui n'aime pas la bière c'était fresh-mango juice + mangues au dessert chaque jour ...Aux deux-tiers du chemin commence une route de montagne. Nous voici en pays "IFUGAO " et cela se voit bien au profil des habitants .La route est très belle, milieu tropical de montagne, virages, végétation exubérante et premières rizières de montagne en étages ...En 373 kms et vers 18h juste avant la nuit voici enfin BANAUE ...Nous allons de suite au Sanafé lodge conseillé par des voyageurs sur VF où nous trouvons une petite chambre pour 750 pisos ; repas au sanafé, discussion avec le patron bien sympa avec qui nous convenons de rencontrer un chauffeur de tricycle demain matin pour organiser notre trek de 2 j dans les riziéres .Ce soir après un tout petit tour dans le village, très calme, la nuit nous nous coucherons tot le sommeil nous rappelant vite au lit . Il pleut fort et sur les toits de toles le bruit réveillera Thierry alors que moi je n ai rien entendu de la nuit ...ça a quand meme un peu des avantages d'etre sourd comme un pot ...
Cadeaux pour des amis thaïlandais? English translation pending
Bonjour à tous,
Je dois repartir en thailande bientôt et je me demande qu'est-ce que je peux ramener comme cadeaux à mes amis Thai (homme, femme, famille avec enfants). Je parle bien sûr d'objet ou autres typiquement de chez nous. Qu'est-ce qu'il pourrait leur faire plaisir ?
Merci d'avance de me faire part de vos expériences à ce sujet...
Hôtel Kantenah Palladium ou Iberostar Paraiso Lindo? English translation pending
Bonjour … Nous sommes vraiment confus mon mari et moi quant à savoir à quel hôtel aller à Riviera Maya. Nous voulions aller au Kantenah Palladium ou Iberostar Paraiso Lindo. Nos critères sont les suivants : Proximité de la plage. Belle plage sans roche, activités diversifiées. Aidez-nous SVP à faire un choix ! Merci à l'avance.
Retour de Croatie en camping-car: ça devient très cher! English translation pending
Nous revenons de Croatie avec un voyage en camping car qui a commencé par Cres, KRK, Rab et les côtes entre Rijeka et Split.
Plusieurs points :
* Les campings cars sont "tolérés" sur les routes mais beaucoup de villes affichent un panneau interdit 0-24H... Et vous dirigent vers un parking ou, mélangés avec les bus, vous payez le prix fort pour stationner le temps la visite.
* Mais lorsque par chance vous pouvez traverser un village, on ne nous a pas embété même lorsque nous avons stationné en génant un peu avec un 6, 8 métres de long...
* Aucune police. Gens sympas. Seuls les touristes "étrangers", je veux dire Allemands, nous ont causé qq soucis, tel ce type qui voulait que l'on mette une muselière à notre brave chien. On a bien failli en venir aux mains...
* Sur Cres et aussi sur KRK, le camping car sauvage est quasi impossible car les routes sont étroites et aucun chemin n'est accessible. Il ne reste que la possibilité d'aller dans un Autocamp. Celui d'Osor le long du canal est bien adapté.
* Nous avons réglé une somme moyenne de 200 Kuna soit plus de 30 euros par nuit pour deux personnes et un chien + eau et électricité. Très cher pour une prestation souvent médiocre.
* Coté restaurant, les prix sont ceux pratiqués en France. Donc ne pas espérer trouver le petit restau de poissons avec vue sur le petit port sympa à 10 euros le menu. Ca n'existe plus...
* Et les ferrys entre les iles ne sont pas donnés non plus.
Côte ouest des Etats Unis English translation pending
😛 Salut a tous ! et toutes!
Ma cherie et moi on a trois semaines pour se regaler aux USA,
On est ouvert a toutes idees et points de vue et tout le monde nous parle de la cote Ouest,
Ni a t'il rien " d'autre a voir?"
Merci 😏 😎
Ma cherie et moi on a trois semaines pour se regaler aux USA,
On est ouvert a toutes idees et points de vue et tout le monde nous parle de la cote Ouest,
Ni a t'il rien " d'autre a voir?"
Merci 😏 😎
Bahia principe Punta Cana English translation pending
bonjour, je me demande quelles sont les différences entre le section bavaro et la section punta cana, est-ce que les deux sections partagent les memes installations, les chambres sont-elles de meme qualité? laquelle est elle la plus proche de la plage etc merci!!! je part le 12 juin youpi!!!
Croisière sur le Boréal "Le Groenland inexploré" English translation pending
Bonjour, ce sera notre première croisière et nous partons le 10 aout.
Je voudrais un avis pratique de personnes ayant déjà fait une croisière sur ce navire. Nous avons réservés une cabine prestige.
J'ai lu beaucoup de choses sur d'autres navires sur cruise critic, mais pas beaucoup d'avis sur le Boreal.
Y a t'il des choses à ne pas oublier de prendre? Devrais-je prendre quelques crochets magnétiques et des cintres suppléméntaires? Quelques pinces à linge?
Est-ce que c'est une bonne idée d'avoir une multiprise avec nous?
Le premier soir, est ce que vous nous conseillez de manger dans la grande salle à manger ou éviter la foule en allant ailleurs?
Merci d'avance pour toutes les suggestions!
Compte rendu d'un séjour de 8 jours à New York English translation pending
Voyage à New York et en Islande en juin 2016
J’ai pris pas mal de renseignements et conseils pour mes voyages sur votre site et je remercie les forumeurs qui m’ont répondu. Je vais essayer de vous faire le compte-rendu de ces voyages
D’abord moi, je voulais aller à New-York pour mon anniversaire, et mon mari lui était plus intéressé par les paysages d’Islande, nous avons vu qu’avec Icelandair, il était possible d’aller d’abord à New-York et au retour nous arrêter en Islande, nous avons programmé deux voyages en un et ainsi satisfaire nos envies respectives, que du bonheur.
Nous commencerons d’abord par New York, arrivée vers 15H à JFK, nous avions prévu un transfert jusqu’à notre hôtel à côté de Times Square, nous avons très rapidement été pris en charge et très vite nous ouvrons grand nos yeux.
Après les formalités d’usage pour récupérer la chambre, nous allons humer l’air de New York dans les environs de notre quartier. Wouahouh, … c’est grand, c’est haut… Les grands immeubles, les taxis jaunes, les sirènes quasi permanentes, c’est comme en cinéma mais en mieux, nous en sommes les acteurs.


















Rio San Juan? English translation pending
Bonjour
Nous partons en décembre deux semaines à Rio San Juan. Nous louons une petite maison et nous aurons une voiture.
Y etes vous déjà allé ? Je suis à la recherche des activités, balades, marchés, ou n'importe quoi autre qui vous ont plu dans le coin, des trucs à ne pas oublier, ...
Toute info est bienvenue ...
Il nous tarde !
Pascale
Itinéraire en République Dominicaine English translation pending
Bonjour,
Nous (couple de 35 et 40 ans) irons en RD pour la première fois, en février, quinze jours. On envisage de passer trois jours à Santo Domingo, puis huit jours à Las Terrenas, et trois jours à Santo Domingo avant de repartir. Pensez-vous que nous devions envisager une étape de plus, et laquelle?
Pour préciser, nous sommes de bons voyageurs (de l'Inde urbaine aux recoins du Pérou), on se débrouillera avec les transports locaux, on ne cherche pas de grands hôtels et on parle espagnol. En même temps, on a sur ce coup-là une envie un peu basique de bonnes plages au soleil, en mangeant bien, sans faire spécialement la fête (mais le rhum sera goûté), et pas d'illusion de "rencontrer les locaux": d'où Las Terrenas (P. Cana nous semble beaucoup trop standardisé.) Quant à Santo Domingo, on est motivé par notre curiosité pour la vie antillaise et pour l'Histoire.
En revanche, aucun autre lieu ne nous semble incontournable (en tout cas pour une durée aussi brève.)
Merci d'avance pour vos réponses,
G.
Maurice: Une île aux douces saveurs English translation pending

Au-delà de ses paysages de rêve, de ses longues plages de sable et de ses vastes lagons dignes du paradis … Maurice offre également à ses visiteurs un véritable cocktail de saveurs. Plaisantes au palais, elles s'avèrent souvent douces et aromatisées, parfois épicées ou enivrantes … Pour découvrir les goûts de cette île de l'Océan Indien, on peut bien sûr courir de restaurants renommés en bonnes tables traditionnelles, mais il est possible aussi d'évoquer quelques saveurs à travers une balade parmi des lieux qui ont tout pour vous émoustiller les papilles … C'est donc à ce programme que je vous convie (virtuellement). J'en suis certain, il va vous mettre « l'eau à la bouche ».

C'est par la visite d'un marché local que commence ce périple « saveurs ». Il est encore tôt ce matin et déjà le centre de Mahébourg s'anime. Nous sommes lundi et c'est jour de grand marché. On y vient de tous les quartiers de cette ville du sud de l'île comme également des bourgades alentour. Devant nous, quelques ménagères en sari, à peine descendues de l'autobus, se dirigent vers ce marché coloré, couvert d'une toiture vert amande. Les paniers à provisions sont encore vides mais à n'en pas douter, ils ne vont pas tarder à se remplir. En créole local, marché se dit bazar … un nom qui correspond parfaitement à la première impression que l'on a en traversant les étals et les quelques stands d'ustensiles en tout genre : récipients, bassines, plats … un vrai bric à brac, passons !
Toujours à l'extérieur de ces halles mais sur la gauche, se trouve un alignement d'étroites boutiques proposant des spécialités locales. On y vend une multitude de beignets et de galettes à manger « sur le pouce » , en quelque sorte c'est ici, l'allée des « fast-food » mais à la mauricienne.

La vitrine de M'dame Mahe est alléchante, bien achalandée et joliment décorée avec ces inscriptions colorées et puis, la marchande a le sourire … cela suffit à me décider d'y faire quelques emplettes pour le pique-nique de midi. La sympathique commerçante aura beau m'expliquer les spécificités de chacune de ses spécialités, j'avoue avoir eu quelques difficultés à bien comprendre son français créolisé et noyé au milieu du brouhaha environnant.

Bon, il y a là empilé sur les étagères derrière la vitrine, la plupart des spécialités de beignets et de galettes dont les mauriciens sont friands. Les dholl puri sont de fines et appétissantes galettes préparées avec de la farine de lentilles (ou de pois) puis garnies de légumes, il en est de même des farata ou autre roti, seule la composition ou la garniture varie : légumes, viandes, poissons, sauce tomate (rougail) ou petites crevettes ( roti chevrettes) …. j'ai particulièrement apprécié cette variété de roti pris dans une gargote de bordure de plage, mais c'était un autre jour. Après une courte hésitation entre tous ces beignets, je passe commande à M'dame Mahé d'un assortiment : dholl puri évidemment, samoussas (de forme triangulaire) et beignet aux bringelles, c'est le nom local des aubergines … ce sera finalement celui que j'ai préféré. Et la marchande de me conseiller pour terminer un gâteau-piment …. euh ? Merci ! Je me méfie de la digestion du « piquant » local d'autant que tous ces beignets sont assez gras, déjà des auréoles d'huile tâchent le papier qui les enveloppe !
Sur les marchés, dans les rues ou en bordure des plages, on trouve partout ces gargotes qui vous proposent ces mêmes fritures ainsi que ces galettes fourrées. Ces préparations traditionnelles indo-mauriciennes sont ici consommées à toute heure. Un petit creux … et hop, un dholl puri ou un farata fait l'affaire pour dissiper la fringale. Mais comme ailleurs, les burgers à l'américaine plaisent de plus en plus et les jeunes semblent quelque peu délaisser les beignets traditionnels. Pour preuve, juste à côté de ce marché central de Mahébourg, une grande enseigne de fast-food à incontestablement pignon sur rue !
--
Poursuivons nos courses dans les allées du marché où il faut pour avancer se faufiler entre les porteurs de cagettes, les ménagères en train de palabrer ou de soupeser, de tâter et enfin de flairer les marchandises …

De part et d'autre les étals sont chargés de légumes et de fruits et les affaires vont bon train. Avec nos galettes et beignets frits, quelques crudités seraient les bienvenues pour équilibrer notre repas. Tiens ! Si l'on prenait quelques « Pommes d'amour » ? Non, ce n'est pas encore le dessert mais cet amusant nom désigne à Maurice les … tomates !

Tout autour, la palette de couleurs est variée et le choix de légumes est infini. Des classiques poireaux/carottes aux aubergines en passant par les patates douces, les chouchous (courges), les giraumons …. et bien d'autres encore dont je ne connais ni le nom ni le goût …. j'ai décidément encore beaucoup à découvrir parmi les légumes de l'île ! Côté fruits, ça fleure également bon les tropiques avec des étalages d'ananas, de citrons verts, de pastèques ….

Là, ce sont des litchis, un fruit dont j'aime bien la douce saveur sucrée et les arômes évoquant la rose, ce sera parfait pour terminer le repas. « Ce sont presque les premiers de la saison ! » me dit avec fierté la vendeuse.
--
A Maurice comme dans toutes les îles des tropiques, les épices tiennent une bonne place dans la préparation des plats locaux. Ne voyant pas d'étals proposant d'épices typiques de l'île, me voici questionnant un marchand de fruits en lui demandant où en trouver ?. « Non, non, il n'y a pas de vendeurs d'aromates et d'épices dans ces halles, me dit-il, les épices on peut en trouver dans les magasins du quartier ... Sortez à droite, puis tournez à gauche, un peu plus loin, juste à côté du …… ? ». Merci, merci ! A vrai dire, je n'ai pas vraiment tout retenu et finalement la boutique indiquée restera pour moi un lieu mystérieux ! Bien sûr, j'en trouverai de ces fameuse épices mais un peu plus tard et notamment celle qui est parmi la plus utilisée à Maurice. En fait, il s'agit d'un mélange que l'on appelle ici (et dans d'autres îles de l'Océan Indien) le massala.

Le massala est donc cette poudre ocre jaune concoctée à partir d'épices torréfiées, sa composition varie en fonction des multiples préparations proposées. La base est faite de coriandre, cumin, ail, gingembre, cannelle, girofle, poivre, anis étoilé, cardamone, curcuma, feuilles de curry, pois chiches cassés … Pour ceux qui n'ont jamais goûté, vous avez ci-dessus, la liste des ingrédients, il ne vous reste plus qu'à imaginer la saveur d'un tel mélange ... et par là même le goût typique de la cuisine de Maurice.
Le massala accompagne aussi bien les plats de viandes, de volailles et de poissons. Une dernière précision, il existe des massala avec ou sans piments, cela est souvent précisé et c'est mieux ainsi. Car le massala fortement pimenté a la fâcheuse tendance de masquer les autres épices qu'il contient et ce dès la première bouchée avalée. Palais sensibles, vous voilà prévenus !
--

La poursuite de ma balade gustative me fait traverser la Chaux, le cours d'eau qui sépare le centre ville d'un quartier populaire de la périphérie de Mahébourg. En empruntant le pont Cavendish, on va passer du plat de résistance au dessert en allant visiter la Biscuiterie H.Rault ; c'est une institution dans la région puisque ici sont fabriqués depuis des lustres de petits biscuits au … manioc ! Juste après le pont, à l'issue d'une rue, une route serpente entre les mornes. Nous y voilà, prêts pour la visite qui sera suivie comme il se doit d'une dégustation. L'atelier/biscuiterie est situé au fond d'une cour au milieu de laquelle trône un imposant badamier.

Ici, l'accueil est chaleureux comme souvent à Maurice et notre guide pour débuter la présentation nous conte l'historique de ces fameux biscuits. Remontons le temps … nous voici en 1868 et Hilarion Rault, un colon d'origine bretonne à l'idée de confectionner des biscuits en s'inspirant de la recette des savoureuses galettes bretonnes. Mais à Maurice qui s'appelle à l'époque encore Isle de France, la farine de blé, le beurre ou le lait sont des denrées difficiles à trouver … qu'à cela ne tienne ! Sur place on dispose de sucre (de canne) et de farine (de manioc). Avec astuce, notre pâtissier amateur élabore une recette toute simple avec ces ingrédients. Il suffit d'y ajouter soit de la cannelle, du sésame, de l'anis, de la vanille ou du coco et surtout un savoir faire et voilà le tour est joué. Les Biscuits Manioc sont ainsi nés, la tradition et le succès se perpétuent donc depuis 1870 !

A l'extérieur, sur le versant du morne, on ne manque pas de nous présenter une parcelle de culture de manioc. De jeunes pousses car la plante à maturation peut mesurer jusqu'à deux mètres. C'est bien entendu seulement le tubercule que l'on utilise pour le transformer en farine. Le manioc est ainsi en vedette à l'intérieur de la fabrique. Les principales étapes de la préparation restent artisanales et manuelles sauf le pressage auquel on assiste. Une fois la farine obtenue, la préparation des biscuits peut débuter … mais la recette originale de ces biscuits « uniques au monde », nous précise-t-on, reste secrète, on pouvait s'en douter ! Et si la recette est ancienne, elle s'avère très tendance : simple, naturelle et donc presque bio sans oublier de plus qu'elle est certifiée sans gluten !

Vient ensuite la cuisson sur un four alimenté avec de la paille et des feuilles de latanier. Les ouvrières s'activent consciencieusement répétant sans cesse les mêmes gestes à l'image de celle qui empaquette les petits biscuits carrés. Quelle dextérité mais quel travail répétitif !


A l'entrée de la pièce, la patronne veille sur ses ouvrières en notant sur un registre les lots prêts à la vente. Il règne ici, une atmosphère d'un autre temps … Soudain une cloche sonne, c'est l'heure de la pause pour les ouvrières ! Pour nous c'est aussi le moment de la pause … dégustation, ces effluves biscuitées nous ont mis l'eau à la bouche. Un assortiment de biscuits aromatisés nous est proposé : nature, cannelle, chocolat, coco, vanille … Vous imaginez que je ne me suis pas privé en savourant et comparant les saveurs de ces biscuits plutôt originaux. Verdict, j'avoue un petit faible pour ceux au parfum chocolat et également à la cannelle.
La question vous brûle (enfin peut être !) les lèvres : mais quel est donc le goût de ces biscuits au manioc ? Ce sont bien des biscuits secs loin de la saveur beurrée des galettes bretonnes. Le parfum du sucre de canne ne passe pas inaperçu comme également les fibres du manioc, d'une texture un peu identique à celle du coco. Des biscuits secs … bien accompagnés par les boissons servies, jus de fruits, café ou thé.
--
A propos de thé, justement … Sur les hauteurs de l'île, à Bois Chéri plus précisément, le relief vallonné est couvert de plantations de théiers. Allons y faire un tour. Autant les bords de mer à Maurice sont la plupart du temps ensoleillés, autant dans le centre de l'île les nuages restent souvent accrochés. C'est le cas ce matin avec de plus une pluie qui ne cesse de tomber.

Les gouttes dégoulinent sur notre pare-brise alors que nous parvenons en vue de la manufacture de thé de Bois Chéri. De même dans les champs, l'eau ruisselle sur les feuilles de thé. « Il pleut pratiquement tous les jours ici, plus souvent l'après-midi » me dit une des employées du mini musée local du thé, avant d'ajouter : « ... de l'eau et de la chaleur, ce sont des conditions indispensables pour obtenir des feuilles de thé de qualité ! ». Soit, mais le visiteur amateur de photo que je suis aurait préféré un temps plus clément.
Ce matin il n'y a aucune ouvrière parmi les théiers et donc aucune cueillette dans la plantation … alors je vais faire appel à ma mémoire.
J'avais visité ces lieux il y a quelques années et ce jour-là par chance un généreux soleil baignait le paysage (d'ailleurs j'avais évoqué ces moments passés sur la « Route du thé » dans un paragraphe en complément d'un texte illustré sur les « Couleurs de Maurice », c'est en ligne sur VF *).

Je me souviens de ces quelques femmes, sac de toile sur le dos, cueillant feuilles après feuilles la fameuse plante … sous l’œil du chef de troupe, le seul homme et le seul également à se protéger du soleil à l’aide d’une élégante ombrelle. La cueillette a lieu en début de matinée, entre 6 et 11 h environ, afin d'éviter les heures trop chaudes ; chaque ouvrière ramasse ainsi environ 60 kilos de feuilles !

Je me souviens aussi de la visite, très instructive, de la manufacture. Dans une atmosphère où dominent, bruit, chaleur et forte odeur … pas celle du thé mais d' effluves plus végétales, on pouvait suivre les étapes successives qui mènent de la feuille brute au thé prêt à infuser. Broyage puis triage afin d’enlever tiges et nervures qui donneraient une désagréable amertume au breuvage. Ensuite place au tamisage et au passage au four : 10 minutes à 110° C … et on apprenait également que la différence entre le thé vert et le noir n’est pas due à des variétés spécifiques mais à des temps distincts de fermentation.

Je me souviens encore de la fin de la visite avec le plaisir de la dégustation devant ce magnifique panorama. Thé nature, à la bergamote, à la vanille ou au coco ? Sucre de canne ou bien nature ? En effet, on avait le choix, plusieurs boîtes de sachets étaient à disposition accompagnées de quelques biscuits. Et je me souviens enfin d'avoir eu un faible pour le thé à la vanille, d'ailleurs c'est le plus prisé à Maurice Plaisir du palais, plaisir des yeux, temps ensoleillé et visite instructive … Tout pour combler le visiteur !
--
Suite du récit « Saveurs » (sucre canne, rhum, vanille …), message suivant -->
Les chiens dans le nord-ouest des États-Unis English translation pending
Hello,
Nous rentrons d'un voyage de 3 semaines en Californie du Nord, Oregon et Washington et avons été épatés par le nombre de chiens accompagnant des familles en vacances (nous étions nous-mêmes un peu en manque!) Il y en a partout, dans les campings, sur les ferries, dans les aéroports (en particulier à Portland où le sol est moquetté de partout), dans les restaurants, toujours bien élevés et placides. Pas la moindre crotte errante, pas de roquet agressif s'étranglant au bout de sa laisse.
Une question me chiffonne : y aurait-il une"mode" consistant à adopter "des corniauds bizarroïdes" sans doute issus de refuges? On a vu certes qq chiens 'de race" mais énormément de chiens bizarres, souvent assez marrants et sympathiques. On est loin de l'archétype "famille avec enfants et golden retriever" si classique chez nous (j'en parle en connaissance de cause😊)
Qu'en pensez-vous?
Marie
Nous rentrons d'un voyage de 3 semaines en Californie du Nord, Oregon et Washington et avons été épatés par le nombre de chiens accompagnant des familles en vacances (nous étions nous-mêmes un peu en manque!) Il y en a partout, dans les campings, sur les ferries, dans les aéroports (en particulier à Portland où le sol est moquetté de partout), dans les restaurants, toujours bien élevés et placides. Pas la moindre crotte errante, pas de roquet agressif s'étranglant au bout de sa laisse.
Une question me chiffonne : y aurait-il une"mode" consistant à adopter "des corniauds bizarroïdes" sans doute issus de refuges? On a vu certes qq chiens 'de race" mais énormément de chiens bizarres, souvent assez marrants et sympathiques. On est loin de l'archétype "famille avec enfants et golden retriever" si classique chez nous (j'en parle en connaissance de cause😊)
Qu'en pensez-vous?
Marie
Excursions à faire seuls à Bayahibe? English translation pending
Bonjour,
Moi, mon mari et mes 2 enfants de 16 et 11 ans arriverons à Bayahibe le 4 juillet prochain pour 2 semaines. Ce sera une première pour nous. Précédemment, nous sommes allés 4 fois au Mexique où nous avions l'habitude d'acheter 2 ou 3 excursions avec agence et de faire plein d'autres sorties par nous-même (Les ruines de Tulum, nager avec les tortues à Akumal, la lagune de Yal-Ku, Playa del Carmen, des cénotes ....). Ca permettait de limiter les frais et de découvrir le pays autrement. Cependant, je commence à être inquiète car j'ai pas l'impression qu'il y ait ce genre de possibilités dans la région de Bayahibe. En tout cas, je ne trouve pas beaucoup d'infos sur ce sujet mais je me dis que ce n'est pas possible qu'il n'y ait rien d'autre à voir en dehors de Saona.
Pour info, nous serons à l'Iberostar Hacienda Dominicus. Alors, si des personnes qui connaissent bien le coin auraient la gentillesse de me donner des bons plans, s'il y en a, pour compléter nos sorties, ce serait vraiment très gentil.
A l'avance, je vous remercie.
Katy
Katy
MSC problèmes réservation English translation pending
Nous avons offerts à nos enfants et nos petits enfants le voyage MSC simphonia au départ de Gênes le 19/12, 5 adultes + 5 enfants, avant la réservation nous avons bien informé que la condition sine qua non était les trois cabines côte à côte, nous avons choisi pour cela ambiance Fantasia. Un courrier de leur service réservation nous confirme les trois cabines côte côte et nous indique les numéros sur la réservation, nous réglons de suite l'acompte. Le premier souci qui apparaît est que les dix personnes sont mélangées n'importe comment dans les cabines, les enfants ne sont pas avec leurs parents et nous mêmes sommes séparés, nous appelons notre contact qui se trouve à Naples( nous avons eu affaire avec le site Français) réponse du contact 3 aucune importance puisque vous êtes les uns à côté des autres, en effet nous devons prendre un jeune enfant dans notre cabine et garder les cinq enfants dans les trois cabines, si les parents désirent prolonger leur soirée. Entre temps l'une de nos filles nous demande notre réservation et facture au nom de son comité d'entreprise qui prend en charge environ 3 000 € du voyage, nous joignons leur comptabilité qui nous le déconseille, nous risquons de perdre nos trois cabines côte côte, nous abandonnons donc cette aide. Nous réglons la totalité du voyage( forfaits, excursions, pourboires..) Début nous recevons le carnet de voyage, une des cabines se trouve loin des deux autres et un enfant a disparu du voyage, nous appelons maintes fois. Réponses; il y a un gros problème, si vous ne vous en étiez pas rendu compte l'enfant de huit ans ne pouvait pas enbarquer; sûrement nous aurions laissé une petite fille de huit ans sur le quai ! Après une semaine de galère, notre voyage tournait au cauchemar, enfin quelqu'un qui nous rassure, l'enfant est réintégré, mais à réception des nouveaux carnets de voyage, nouvelle mauvaise surprise, nous sommes disséminés sur deux ponts de l'avant à l'arrière du bateau, le seul élément retant constant est le mélange complet dans les cabines. Nous ne savons que faire, leur service tant réservation, que customer et marketing étant lamentables, aux abonnés absents ou vous faisant parvenir des circulaires automatiques. Aucune écoute, nous avons même envoyé un e-mail à Monsieur Pierfrancesco Vago à Genève. Le grand grand patron. Surtout si vous parter n'utilisez pas leur service de réservation, j'ai rarement connu un service aussi nul.
Autre chose bien que notre facture soit intégralement payée, ils nous harcèlent pour une somme soit disant non réglée mais ils sont incapables de nous en donner le détail !
Nous pensons que nous cumulons, ce n'est pas possible d'accumuler autant d'erreurs, ce sont des incapables.
Voyage en Malaisie en août avec bébé de 10 mois English translation pending
Bonjour à tous,
mon mari et moi sommes en train de finaliser un séjour pour le mois d'août prochain avec nos 2 enfants, l'ainé aura 5 ans et notre bébé aura 10 mois, sur la cote Est de la malaisie..il parait que c'est une région que l'on peut visiter toute l'année même si les averses sont peut être un peu plus fréquentes en aout / septembre...
et avant de prendre les billets d'avion-dernière étape!-je me fais un coup de stress sur les conditions de séjour pour notre bébé, coté services médicaux en cas de pb, accès petits pots / couches sur place etc..et aussi plus généralement sur les risques sanitaires en rapport avec les vaccins...
Nous pensons faire le trajet suivant: arrivée à KL, 2 jours Départ de KL pour Penang en avion, 4 jours sur place bateau de Penang pour Langkawi, et retour Langkawi / KL en avion...
je précise que nous voyagerons dans des conditions super confortables, hôtels de luxe (nous allons au Eastern and Oriental à Penang et au Westin resort à Langkawi, si vous avez des avis sur le sujet!!) nous ferons presque tous les transferts en avion, nous restons sur la cote, nous n'irons pas dans la jungle ni dans les terres...bref, nous ne prenons pas franchement de risques et nous ne voyageons pas roots du tout!
je vais essayer de poser mes questions clairement! - 1), d'une manière générale, est ce que les hopitaux sont de bon niveau? est ce que je peux être tranquille de ce coté, en cas de pépin???(notamment sur les iles, car à KL, je suppose qu'il n'y a pas de pb, c'est une capitale moderne!)
-2) coté vaccins, traitements etc, que penser du palu?
Pour les vaccins, je me suis renseignée et j'ai donc fait faire à mes 2 enfants le vaccin hépatite B, même si je n'étais pas ravie... pour l'hépatite A, seul mon enfant de 5 ans peut le faire, car il est interdit aux enfants de moins de 1 an, donc mon bébé ne l'aura pas... du coup, il ne pourra pas forcément mangé comme nous, puisqu'il parait que l'hépatite A peut s'attraper avec la nourriture, crue notamment. ce qui sera un peu contraignant quand même car nous adorons gouter la nourriture locale et pour le coup, on préfère diner dans les restos locaux que dans les hotels...
qu'en pensez vous? est-ce que la cuisine présente des risques? dans les hotels je pense que non, mais par exemple, tout le monde nous dit qu'à Penang il faut absolument essayer les resto de rues, bon là, je suppose que j'ai plutot intéret à me rabattre sur les petits pots classiques! et pour les fruits?? s'ils sont cuits, mon bébé peut en manger sans risque?
3)- autre interrogation: le palu? a priori, tout le monde me dit que sur la cote, il y a peu de risques, donc utiliser des spray etc c'est indispensable, mais pas forcément d'anti palu...je dois dire que je n'ai aucune envie d'en donner aux enfants...
4) dernier vaccin qui m'interroge, la rage...je ne pense pas que nous le ferons, est ce que j'ai tort?
5) Dernière chose, coté pratique, trouve t-on facilement des couches et petits pots (sensiblement identiques à ceux qu"on trouve en france), sur l'ile de Penang et de Langkawi?
Merci à toutes et tous d'avance pour vos réponses qui sont nombreuses, elles me seront d'une aide précieuse et me rassureront!!!
Hélène, une maman qui a très envie de faire découvrir le monde à ses petits bouts, en toute sécurité quand même!!!
mon mari et moi sommes en train de finaliser un séjour pour le mois d'août prochain avec nos 2 enfants, l'ainé aura 5 ans et notre bébé aura 10 mois, sur la cote Est de la malaisie..il parait que c'est une région que l'on peut visiter toute l'année même si les averses sont peut être un peu plus fréquentes en aout / septembre...
et avant de prendre les billets d'avion-dernière étape!-je me fais un coup de stress sur les conditions de séjour pour notre bébé, coté services médicaux en cas de pb, accès petits pots / couches sur place etc..et aussi plus généralement sur les risques sanitaires en rapport avec les vaccins...
Nous pensons faire le trajet suivant: arrivée à KL, 2 jours Départ de KL pour Penang en avion, 4 jours sur place bateau de Penang pour Langkawi, et retour Langkawi / KL en avion...
je précise que nous voyagerons dans des conditions super confortables, hôtels de luxe (nous allons au Eastern and Oriental à Penang et au Westin resort à Langkawi, si vous avez des avis sur le sujet!!) nous ferons presque tous les transferts en avion, nous restons sur la cote, nous n'irons pas dans la jungle ni dans les terres...bref, nous ne prenons pas franchement de risques et nous ne voyageons pas roots du tout!
je vais essayer de poser mes questions clairement! - 1), d'une manière générale, est ce que les hopitaux sont de bon niveau? est ce que je peux être tranquille de ce coté, en cas de pépin???(notamment sur les iles, car à KL, je suppose qu'il n'y a pas de pb, c'est une capitale moderne!)
-2) coté vaccins, traitements etc, que penser du palu?
Pour les vaccins, je me suis renseignée et j'ai donc fait faire à mes 2 enfants le vaccin hépatite B, même si je n'étais pas ravie... pour l'hépatite A, seul mon enfant de 5 ans peut le faire, car il est interdit aux enfants de moins de 1 an, donc mon bébé ne l'aura pas... du coup, il ne pourra pas forcément mangé comme nous, puisqu'il parait que l'hépatite A peut s'attraper avec la nourriture, crue notamment. ce qui sera un peu contraignant quand même car nous adorons gouter la nourriture locale et pour le coup, on préfère diner dans les restos locaux que dans les hotels...
qu'en pensez vous? est-ce que la cuisine présente des risques? dans les hotels je pense que non, mais par exemple, tout le monde nous dit qu'à Penang il faut absolument essayer les resto de rues, bon là, je suppose que j'ai plutot intéret à me rabattre sur les petits pots classiques! et pour les fruits?? s'ils sont cuits, mon bébé peut en manger sans risque?
3)- autre interrogation: le palu? a priori, tout le monde me dit que sur la cote, il y a peu de risques, donc utiliser des spray etc c'est indispensable, mais pas forcément d'anti palu...je dois dire que je n'ai aucune envie d'en donner aux enfants...
4) dernier vaccin qui m'interroge, la rage...je ne pense pas que nous le ferons, est ce que j'ai tort?
5) Dernière chose, coté pratique, trouve t-on facilement des couches et petits pots (sensiblement identiques à ceux qu"on trouve en france), sur l'ile de Penang et de Langkawi?
Merci à toutes et tous d'avance pour vos réponses qui sont nombreuses, elles me seront d'une aide précieuse et me rassureront!!!
Hélène, une maman qui a très envie de faire découvrir le monde à ses petits bouts, en toute sécurité quand même!!!
Croisière Royal Caribbean Jewel of the Seas English translation pending
Nous avons réservés pour 1er Mars 2014 départ de Puerto Rico
Besoin de conseille !!
Forfait alcool
Habillement
Les soupers payants
Devrais-je louer voiture sur ces îles
Nos escales sont = St-john, Ste-Croix, St-Thomas, Ste-Lucia, Fort de France, Puerto Rico
Merci de m'aider
Sabwi
Nos escales sont = St-john, Ste-Croix, St-Thomas, Ste-Lucia, Fort de France, Puerto Rico
Merci de m'aider
Sabwi
Que pensez-vous de cet itinéraire de treize jours au Vietnam? English translation pending
Bonjour à tous.
Je pense partir au Vietnam prochainement et cherchant à sortir des sentiers battus et à randonner dans les montagnes, on me propose le circuit suivant qu'en pensez vous??? y a t'il mieux à faire comme trek?
Un gros merci pour votre aide Sylvain
Jour 1: 20 Oct - Arrivée à Hanoi
Arrivée à Hanoi. Accueil et transfert à l’hôtel. Nuit à Hanoi.
Jour 2: 21 Oct - Hanoi – Ba Be
Depart à 7h30 pour Ba Be (7h de route). A l’arrivée au parc national, marche au village Pac Ngoi. Nuit chez l’habitant au village Pac Ngoi.
Jour 3: 22 Oct - Trek Ba Be
Petit déjeuner chez l’habitant. Croisière sur le plus beau lac du Vietnam vers la grotte Puong. Randonnée environ 4h au village Cam Ban de l’ethnie Dao. Possibilité de rencontrer des H’mong qui vivent en voisinage avec des Dao dans cette région.
Retour en bateau au village Tay de Pac Ngoi. Nuit chez l’habitant.
Jour 4: 23 Oct - Ba Be – Bao Lac – Meo Vac
Retour à l’entrée du parc. Transfert à Ha Giang en passant par Tinh Tuc et Bao Lac. Visite occasionnelle des hameaux des ethnies minoritaires Dzao Tien et San Chay en route. Puis route le long de la rivière Gam en direction de Meo Vac. Petite marche à travers une vallée fascinante pour visiter un village des Nung.
Arrivée à Meo Vac en fin d’après-midi. Nuit en auberge.
Note : 230km de route/ marche facile et visite de 3-4h
Jour 5: 24 Oct – Meo Vac – Dong Van – Yen Minh Quitter Meo Vac, vous passez un des paysages les plus spectaculaires des montagnes du Nord en passant le col de Ma Pi Leng. Visite d’un petit village H’mong situé parmi les rochers. Continuation par la route 4C pour Dong Van. Promenade le long de l’ancien quartier de Dong Van. Après le déjeuner, continuation vers Ma Le puis Lung Tao. Vue superbe sur le Plateau de rochers. Après brève marche vous visitez un village de l’ethnie Lo Lo. Puis visite du Palais du Roi des H’mong – Vuong Chi Sinh avec son architecture aux influences diverses. Continuation vers le village Lung Cam Tren des Hmong. Route pour Yen Minh. Arivée et nuit en auberge à Yen Minh.
Note : Environ 85km de route/ marche facile et visite de 3-4h
Jour 6: 25 Oct - Yen Minh – Quan Ba – Ha giang – ban Me En quittant la route principale, traversant la rivière Nho Que par un pont suspendu, vous vous promenez le long de la rivière. Après une heure de marche au travers d’un village des H’mongs, le vehicule vous attend pour continuez vers Quan Ba.Visite d’un village de broderie en route. Continuation à Ha Giang. Marche environ 1h vers le village Me situé dans une belle vallée non loin de la ville. Nuit chez l’habitant à Ban Me.
Note : Environ 80km de route/ marche facile et visite de 3-4h
Jour 7 : 26 Oct - ban Me – Vi Xuyen – Cao Banh
Départ pour Vi Xuyen en passant par des paysages superbes. Vous commencez le trek du village Vang Luong à 50km de Viet Quang. Marche environ 6h le long d’une source d’eau qui coule entre 2 grandes chaînes de montagnes. Vous passez de petits villages des ethnies minoritaires Tay et Dzao. Arrivée au village Cao Banh où vous passez la nuit dans une maison locale de l’ethnie Dzao Ao Dai (Dzao de longue tunique).
Km de transfert : environ 60km
Km de trekking : env. 14km (5-6h)
Jour 8 : 27 Oct - trek Cao Banh – Dan Khao – Hop Nhat
Petit déjeuner chez l’habitant. Vous suivez un petit sentier en montant au sommet du Col nommé Porte du Ciel à l’altitude de 1211m. La vue panoramique est spectaculaire avec des rizières en terrasse magnifiques, des forêts luxuriantes et des chaînes de montagnes grandioses. Après le déjeuner en pique-nique, le trek descend du plateau (6km) le long de la piste étroite et assez raide pendant les deux premiers kilomètres puis plus facile. Vous passez un petit hameau des minorités Co Lao avant d’atteindre le village Hop Nhat. Dîner et nuit chez l’habitant dans ce petit village des Dzao.
Km de trekking: env. 16km (6h)
Jour 9: 28 Oct - Hop Nhat – Hoang Su Phi – Xin Man – Bac Ha
Petit déjeuner chez l’habitant. Marche sur une piste étroite qui descend vers le centre du commune Tung San. Continuation vers le village Thanh Giay peuplé par les quatre ethnies minoritaires Nung, Tay, Han et Hoa. Ballade autour du village et rencontre avec des villageois. Vous quittez le village et partez pour Hoang Su Phi en bus pour déjeuner dans un restaurant local. En après-midi, continuation vers Bac Ha. Arrêts occasionnels en route pour prendre des photos et visiter éventuellement des villages des minorités H’mong bariolés. Arrivée à Bac Ha en fin d’après-midi. Nuit à l’hôtel.
Km de transfert : environ 80km (4h)
Km de trekking : env. 11km (4h)
Jour 10: 29 Oct - Bac Ha – Sapa
Transfert à Sapa – l’ancienne station climatique française. Randonnée pédestre. Nuit chez l’habitant.
Note : En train de recherche une nouvelle randonnée hors des sentiers battus. Je t’envoie l’itinéraire bientôt.
Jour 11: 30 Oct - trek Sapa
Jour 12 : 31 Oct - trek Sapa – train de nuit pour Hanoi
Jour 13 : 01 Nov - Hanoi départ
Je pense partir au Vietnam prochainement et cherchant à sortir des sentiers battus et à randonner dans les montagnes, on me propose le circuit suivant qu'en pensez vous??? y a t'il mieux à faire comme trek?
Un gros merci pour votre aide Sylvain
Jour 1: 20 Oct - Arrivée à Hanoi
Arrivée à Hanoi. Accueil et transfert à l’hôtel. Nuit à Hanoi.
Jour 2: 21 Oct - Hanoi – Ba Be
Depart à 7h30 pour Ba Be (7h de route). A l’arrivée au parc national, marche au village Pac Ngoi. Nuit chez l’habitant au village Pac Ngoi.
Jour 3: 22 Oct - Trek Ba Be
Petit déjeuner chez l’habitant. Croisière sur le plus beau lac du Vietnam vers la grotte Puong. Randonnée environ 4h au village Cam Ban de l’ethnie Dao. Possibilité de rencontrer des H’mong qui vivent en voisinage avec des Dao dans cette région.
Retour en bateau au village Tay de Pac Ngoi. Nuit chez l’habitant.
Jour 4: 23 Oct - Ba Be – Bao Lac – Meo Vac
Retour à l’entrée du parc. Transfert à Ha Giang en passant par Tinh Tuc et Bao Lac. Visite occasionnelle des hameaux des ethnies minoritaires Dzao Tien et San Chay en route. Puis route le long de la rivière Gam en direction de Meo Vac. Petite marche à travers une vallée fascinante pour visiter un village des Nung.
Arrivée à Meo Vac en fin d’après-midi. Nuit en auberge.
Note : 230km de route/ marche facile et visite de 3-4h
Jour 5: 24 Oct – Meo Vac – Dong Van – Yen Minh Quitter Meo Vac, vous passez un des paysages les plus spectaculaires des montagnes du Nord en passant le col de Ma Pi Leng. Visite d’un petit village H’mong situé parmi les rochers. Continuation par la route 4C pour Dong Van. Promenade le long de l’ancien quartier de Dong Van. Après le déjeuner, continuation vers Ma Le puis Lung Tao. Vue superbe sur le Plateau de rochers. Après brève marche vous visitez un village de l’ethnie Lo Lo. Puis visite du Palais du Roi des H’mong – Vuong Chi Sinh avec son architecture aux influences diverses. Continuation vers le village Lung Cam Tren des Hmong. Route pour Yen Minh. Arivée et nuit en auberge à Yen Minh.
Note : Environ 85km de route/ marche facile et visite de 3-4h
Jour 6: 25 Oct - Yen Minh – Quan Ba – Ha giang – ban Me En quittant la route principale, traversant la rivière Nho Que par un pont suspendu, vous vous promenez le long de la rivière. Après une heure de marche au travers d’un village des H’mongs, le vehicule vous attend pour continuez vers Quan Ba.Visite d’un village de broderie en route. Continuation à Ha Giang. Marche environ 1h vers le village Me situé dans une belle vallée non loin de la ville. Nuit chez l’habitant à Ban Me.
Note : Environ 80km de route/ marche facile et visite de 3-4h
Jour 7 : 26 Oct - ban Me – Vi Xuyen – Cao Banh
Départ pour Vi Xuyen en passant par des paysages superbes. Vous commencez le trek du village Vang Luong à 50km de Viet Quang. Marche environ 6h le long d’une source d’eau qui coule entre 2 grandes chaînes de montagnes. Vous passez de petits villages des ethnies minoritaires Tay et Dzao. Arrivée au village Cao Banh où vous passez la nuit dans une maison locale de l’ethnie Dzao Ao Dai (Dzao de longue tunique).
Km de transfert : environ 60km
Km de trekking : env. 14km (5-6h)
Jour 8 : 27 Oct - trek Cao Banh – Dan Khao – Hop Nhat
Petit déjeuner chez l’habitant. Vous suivez un petit sentier en montant au sommet du Col nommé Porte du Ciel à l’altitude de 1211m. La vue panoramique est spectaculaire avec des rizières en terrasse magnifiques, des forêts luxuriantes et des chaînes de montagnes grandioses. Après le déjeuner en pique-nique, le trek descend du plateau (6km) le long de la piste étroite et assez raide pendant les deux premiers kilomètres puis plus facile. Vous passez un petit hameau des minorités Co Lao avant d’atteindre le village Hop Nhat. Dîner et nuit chez l’habitant dans ce petit village des Dzao.
Km de trekking: env. 16km (6h)
Jour 9: 28 Oct - Hop Nhat – Hoang Su Phi – Xin Man – Bac Ha
Petit déjeuner chez l’habitant. Marche sur une piste étroite qui descend vers le centre du commune Tung San. Continuation vers le village Thanh Giay peuplé par les quatre ethnies minoritaires Nung, Tay, Han et Hoa. Ballade autour du village et rencontre avec des villageois. Vous quittez le village et partez pour Hoang Su Phi en bus pour déjeuner dans un restaurant local. En après-midi, continuation vers Bac Ha. Arrêts occasionnels en route pour prendre des photos et visiter éventuellement des villages des minorités H’mong bariolés. Arrivée à Bac Ha en fin d’après-midi. Nuit à l’hôtel.
Km de transfert : environ 80km (4h)
Km de trekking : env. 11km (4h)
Jour 10: 29 Oct - Bac Ha – Sapa
Transfert à Sapa – l’ancienne station climatique française. Randonnée pédestre. Nuit chez l’habitant.
Note : En train de recherche une nouvelle randonnée hors des sentiers battus. Je t’envoie l’itinéraire bientôt.
Jour 11: 30 Oct - trek Sapa
Jour 12 : 31 Oct - trek Sapa – train de nuit pour Hanoi
Jour 13 : 01 Nov - Hanoi départ
San Andres ou l'île qui n'a pas tout à fait sa propre identité: Decameron Marazul juste à point English translation pending
Nous y étions du 5 au 12 Mars 2012 et avons adoré car sans trop de chichis. San Andres possède un petit aéroport, donc passer à l'immigration peut sembler un peu long selon notre perception (seulement 6 douaniers pour +/- 300 passagers) mais tout de même on prend leur rythme. Donc il y a 1hre 30 d’attente avant de passer l’immigration si vous êtes assis à la section arrière de l’avion. Donc petit astuce, sur l’avion, prenez place dans la section avant, plus vite descendu, plus vite passé à l’immigration et plus vite rentré à l’hôtel. Sinon, et bien comme mentionné, prenez votre mal en patience car l’attente sera vraiment d’une heure 30. Et lorsque l’on attend à l’extérieur de l’aéroport entre les murets de ciment, cela devient vite pénible car c’est suffocant, il n’y a pratiquement pas d’air. Une fois à l’intérieur c’est un peu mieux. Le côté positif de cette attente est qu’au moins les valises sont déjà là, prêtes à récupérer.
Prenez note que la taxe de sortie est incluse dans le forfait. De plus il n’y a pas d’ambassade du Canada sur l’Île. Et ne soyez pas surpris, lorsque l’on passe l’immigration (pour l’entrée et la sortie), ils prennent les empreintes digitales de nos deux index.
Autre surprise, notre transfert à l’hôtel se fait en taxi, par groupe de 4, ou selon. C’est impressionnant de voir comment ils empilent les valises dans le coffre arrière. Une fois arrivé à hôtel, le service est rapide et efficace. On ne se bouscule pas. Si vous arrivez dans les derniers, vous aurez manqué le cocktail de bienvenu et le comité d’accueil (notre cas). Un plus, notre réunion d’accueil avec la représentante (Julie) a lieu le jour de notre arrivée. Ça c’est appréciable.
L’hôtel Marazul est situé à moins de 10 minutes de l’aéroport. Petit complexe sans prétention directement sur une petite plage (définie comme artificielle), impeccable et sécuritaire. Remarquable : partout sur le site les toilettes publiques sont propres. Tout est à proximité : plage, piscine, restos, etc. La réserve nationale des mangroves est tout juste à côté. Site paisible. Le personnel est un peu plus gentil, souriant, sympathique, courtois, sérieux et bienveillant. Quelques-uns parlent le français. Végétation superbe. Excellent entretien paysager et ménager.
La chambre est spacieuse et propre. Un mobilier en bois de bambou fonctionnel (rien de brisé), des matelas confortables, un séchoir à cheveux disponible dans la salle de bain. On ne manque pas de serviettes, papier hygiénique, savons, shampoings, et bouteilles d’eau. Tout est complet. Le voltage est de 110 W.
La climatisation de la chambre est bien fonctionnelle, mais trop bruyante et trop froide. Il y faisait 19 degrés, Nous ne pouvions pas la réglée. La température était barrée à ce degré. On nous avise qu’on doit maintenir la température de la chambre à 22 degrés car sinon la chambre devient très vite extrêmement humide. Il nous arrivait donc de l’éteindre et d’ouvrir la porte. La ventilation de la salle de bain aussi est très bruyante. Ça devient agressant comme bruit de fond.
La micro-plage est correcte, Elle est propre aussi. Les employés l’entretiennent au quotidien.
Lors de notre séjour, nous avons connu une semaine assez venteuse. Parait-il que c’était exceptionnel….. c’est ce qu’on nous a dit. D’ailleurs plusieurs excursions ont dus être déplacées pour cette cause. L'eau de la mer de notre hôtel était quelque peu sale (algues). Étonnamment peu de gens s’y baignaient.
Une piscine bien entretenue est au centre du complexe hôtelier. D’un pas et nous sommes sur la plage. Ce qui est bien avantageux.
La nourriture au buffet est bien variée, on trouve toujours quelques choses pour se régaler et c’est très bon. Les fruits sont succulents. Le lait est en poudre, dilué avec de l’eau, et qui plus est parfois, bien mal dilué….. Le jus d’orange aussi est fait de poudre. Dommage. Le vin est excellent. Certains cocktails par contre laissent à désirer. (Le meilleur Limon Daiquiri est à l’Hôtel boutique Los Delfines, vient ensuite celui de L’Aquarium).
Le système de réservation inter-Hôtel est très intéressant. On dit : l’Aquarium pour bien manger, et le San Luis pour bien fêter…. Mais dans les faits, on mange bien partout, la viande est tendre, que ce soit le poulet, le porc, le bœuf. Le poisson et fruits de mer, succulents. En ce qui concerne les restaurants à la carte du Marazul, et bien le Caravelle est un peu trop sombre, plusieurs touristes en passaient la remarque. De plus, ce que j’ai observé (et cela vaut pour tous les restaurants des Decameron de l’île) et qui devenait désolant, c’est la confusion chez les serveurs pour le service aux tables, souvent 2 serveurs venaient nous offrir le plateau de desserts, et ce même si nous avions déjà notre dessert devant nous, c’est assez difficile d’obtenir un 2e « refill » pour le petit verre de vin. Le sentiment puissant ressenti est qu’on se fait asseoir et on se fait oublier une fois les assiettes reçues. J’ai aussi constaté que le service est beaucoup plus attentionné pour les touristes de l’Amérique du Sud (Chiliens, Argentins, Péruviens, Colombiens, etc) que pour les Québécois/ Canadiens. Je considère donc que le service serait grandement à améliorer (actuellement médiocre), car même avec pourboire, on n’en reçoit pas un meilleur.
On propose plusieurs excursions (13) pour tous les goûts, celles-ci sont sécuritaires. Pour notre part, nous avons fait le tour de l’île (31$USD/pers) de 27 KM carré en Chiva (autobus à aires ouvertes, typique de la Colombie), pour nous mettre en contexte, qui nous amène jusqu’à la première église Baptiste de l’île, le Island House Casa Museo Islena, West View, à la piscine naturelle et à un petit resto typique où l’on peut observer des « mini geysers - blow-hole». Sur tout le parcours on observe des paysages à couper le souffle.
Ensuite, nous avons loué un car de golf, ce fut une expérience bien agréable. Nous l’avions loué pour 3 hres, mais avons défoncé notre temps. Par miracle, aucune surcharge n’a été facturée… mais il ne faut pas le dire trop fort. Notre promenade fut sécuritaire et gardions la droite sur la route. De toute façon, avec ce genre d’engin, nous n’allions pas plus vite que 10KM /heure, et ce, même en ayant la pédale bien écrasée au fond. Meilleure façon de bien contempler le paysage. Car il faut l’avouer, ils ont une conduite dangereuse… Les gens circulent en scooter, moto, sans casques, à 3 ou 4 personnes sur la même moto (une famille au complet). Pas étonnant de retrouver sur la chaussée, une multitude de sandales perdues, on en a compté un peu plus de 5 sur un court parcours. Saviez-vous que l’île compte 6 feux de circulation au centre-ville ? Une nouveauté de 2012.
On constate rapidement que l’île de San Andres est complètement imprégnée aux couleurs de la Jamaïque, à sa musique reggae et où Bob Marley y règne comme un roi. Ne me trouvez pas si sévère de croire que cela lui enlève tout son cachet. C’est tout comme un vol d’identité. Pourquoi ne pas avoir laissé cette culture là où elle appartient, c’est-à-dire, en Jamaïque. Je peux comprendre que la population des Natives s’en est appropriée et que l’île a été découverte en 1629 par les Puritains anglais et les bûcherons jamaïcains mais ils auraient pu être originaux et créer leur propre culture, personnalité, avec leur propre style de musique, etc. Tout de même. Ce n’est qu’une constatation et une légère déception.
L’avantage de louer un car de golf, c’est la liberté d’aller où bon nous semble, tout en étant prudent. Notre petit périple nous a conduit entre autre vers une des plages publiques, la tournée des autres Hôtels Decameron, la cueva de Morgan que nous avons visité pour 10 000 pesos/ personne. À notre arrivée, nous étions les seuls visiteurs. Le guide semblait plus ou moins intéressé de faire la tournée et de livrer les informations. Le site est tout de même bien, malgré le fait qu’il y a certains canons de plastique. Et pour terminer la visite, on ne nous propose non pas de déguster du rhum de la réserve spéciale de Captain Morgan, mais bien une dégustation de Noni (boisson aux vertus thérapeutiques (anti-stress) et d’autres produits dérivés). Visite intéressante pour certains clichés photographiques. Outre cela, je ne sais pas si je recommande cette visite…
On s’est ensuite arrêté au club de plage Rocky Cay. Pour prendre un lunch, on doit en faire la réservation la veille, depuis notre hôtel. Nous avons tout de même reçu un privilège puisse qu’on nous a permis d’y manger. On y retrouve quelques vendeurs itinérants, pas trop harcelants. Comme mentionné sur d’autres commentaires, on peut traverser jusqu’à l’île corallienne sans problème, sur laquelle île, il n’y a pas tellement à voir. Mais l’expérience est agréable. Depuis l’hôtel Marazul jusqu’à Rocky Cay, on y met +/- 20 minutes à la marche.
Nous avons aussi choisi le safari dans l’île (35$USD/ pers) qui nous conduit au nouveau jardin botanique de San Andres, le guide pour le tour du jardin est dans son élément et connaît bien sa matière, mais qui parfois devient un peu trop élaborée. On ne peut tout retenir. La visite dure environ 45 minutes. On monte aussi dans la tour d’observation d’où on a une vue imprenable sur Johnny Cay, sur la côte est de San Andres, sur un bidonville, etc. Les policiers qui nous escortaient (très recommandé) pour cette excursion se sont quelque peu laisser aller, en sirotant une bière. Attention aux paparazzis… Pris en flagrant délit d’inconduite sociale amicale…
Nous avons poursuivi notre journée en nous rendant dans une ferme agricole locale : « Eco- Agro-Etnoturismo, Jos Saas-Paradise Farm : Natural, Traditional, Organic ». Le propriétaire est bien sympathique, et nous fait visiter ce que je défini comme son garde-manger à ciel ouvert. On passe du jus de canne à sucre, aux crabes noirs en voie d’instinction, aux iguanes, aux tortues, aux cocotiers, manguiers, etc. D’ailleurs il nous fait déguster un jus de canne à sucre, un autre au tamari et gingembre, et un autre au citron. Tous très délicieux. Son superbe coq et ses poules le suivent comme des petits chiens intelligents.
Puis finalement nous avons choisi une dernière excursion, et non la moindre, Johnny Cay et Acuario (40$USD/pers). Un must parait-il…Elle était prévue pour le jeudi, mais parce que la mer était trop agitée et à cause des grands vents, l’excursion a été déplacée de jour en jour jusqu’au dimanche, veille de notre départ. Nous nous sommes sentis alors +/- pris en otage car ils ne voulaient pas nous rembourser, convaincu qu’elle aurait lieu avant notre départ, et ce même si nous ne voulions plus la faire.
Le départ a donc eu lieu, on se dirige donc vers Johnny Cay, dès notre arrivée, la seule section de la plage où nous sommes autorisés, est bondée de monde, même chose lorsqu’on va à l’eau. Il y a masse. On y sera pour environ 2 hres. Ensuite on quitte vers Haynes Cay et Acuario. Oh my God ! Fantastique ! Là se trouve le paradis… C’est depuis ces endroits que l’on peut observer la mer aux 7 couleurs, nuancé du vert au bleu. Haynes Cay et Acuario sont beaucoup mieux que Johnny Cay bien que celui-ci soit nommé parc régional. Sur ces 3 îles, tout y est payant, jusqu’aux toilettes (1000 pesos), chaises, parasol entre 3$ et 5$USD. À Haynes Cay on y prend le repas (poulet ou succulent poisson), et ensuite on traverse à pied jusqu’à Acuario. On peut même apercevoir et nager avec des raies (Donc pas nécessaire de payer l’excursion de plongée en apnée). À Acuario ou Rose Cay, on peut louer des casiers, et ensemble pour l’apnée. Par contre c’est mieux si vous possédez les vôtres. Alors en résumé, je déconseille la sortie à Johnny Cay, surtout et d’autant plus si vous habitez au Marazul, car l’accès au quotidien, quand les fonds marins le permettent, vers Acuario et Haynes Cay, est incluse dans le séjour. C’est un gros avantage. Vous profiterez vraiment de la plongée en apnée. On vous y amène en ponton pour un deux heures facile. Sortez en après-midi, il y a moins de gens et le niveau de l’eau y est un peu plus bas. (selon les marées). Dommage pour tous ceux qui logent aux autres hôtels… Mais il faut dire que pour chaque hôtel, il y a avantages et inconvénients. Tout dépend vraiment de vos besoins et critères de sélection.
Pour notre part, nous avons trouvé grande satisfaction au Marazul.
Bon à savoir :
En fait 1.00$ USD =1700 pesos en date du 12 Mars 2012
Au moment de notre séjour :
Coffret de sécurité : 3$ USD / jour soit 21$USD
La course en taxi du Marazul au Centro est de 6.00$ USD et prend +/- 10 minutes. Après 22hres : 7$ USD, après minuit le tarif double.
Le bus : 1$ USD ou 1700 pesos. Le service cesse à 20 hres.
Location d’un car de golf : 35$ USD pour 3 hres / 60$ USD de 9hres à 18h30.
Internet : 1 hre-6$USD / 2hres-9$USD et possibilité pour 12 hres.
San Andres est une île corallienne, donc ne possède pas de terres fertiles pour la culture de café et certaines autres productions. Donc le café et le rhum proviennent directement du continent (Colombie).
Le rhum Caldas 14$USD hors-taxe de l’aéroport
Café Mariscal, le 250g, au marché: 10 200 pesos
Café 18, le 500g pour 15$USD, au restaurant Ocean’s, ou vendu aussi à l’Aquarium.
Les parfums connaissent de bons prix, sur la halte piétonnière au centre-ville, ou au Hors-Taxes de l’aéroport. Certains ont une économie de + de 25$, même en considérant le taux d’échange canadien.
Pour certaines excursions vous devez assumer les frais de transfert. (ex : le semi-submersible, aquanaute, etc)
Un restaurant qui vaut le détour et qui a de l’ambiance le jeudi soir : Gourmet Shop Assho. Assiette de langouste et fruits de mer pour 25$. (référé par Julie). Il se situe au rond-point où l’on retrouve le Barracuda.
Pour déguster un bon café et gâteau au fromage : Coffee Break.
Conseil aux voyageurs :
Attention, si vous devez consulter un infirmier ou médecin durant votre séjour à l’étranger, soyez toujours accompagné, ne consultez pas seul. Ceci vaut pour toutes les destinations. Aux voyageurs solos, trouvez-vous un touriste québécois comme témoin-présent.
En résumé nous avons passé une belle semaine avec une température idéale et ce, même si venteuse.
Je vous souhaite un bon voyage et un bon tour de l’île.
Prenez note que la taxe de sortie est incluse dans le forfait. De plus il n’y a pas d’ambassade du Canada sur l’Île. Et ne soyez pas surpris, lorsque l’on passe l’immigration (pour l’entrée et la sortie), ils prennent les empreintes digitales de nos deux index.
Autre surprise, notre transfert à l’hôtel se fait en taxi, par groupe de 4, ou selon. C’est impressionnant de voir comment ils empilent les valises dans le coffre arrière. Une fois arrivé à hôtel, le service est rapide et efficace. On ne se bouscule pas. Si vous arrivez dans les derniers, vous aurez manqué le cocktail de bienvenu et le comité d’accueil (notre cas). Un plus, notre réunion d’accueil avec la représentante (Julie) a lieu le jour de notre arrivée. Ça c’est appréciable.
L’hôtel Marazul est situé à moins de 10 minutes de l’aéroport. Petit complexe sans prétention directement sur une petite plage (définie comme artificielle), impeccable et sécuritaire. Remarquable : partout sur le site les toilettes publiques sont propres. Tout est à proximité : plage, piscine, restos, etc. La réserve nationale des mangroves est tout juste à côté. Site paisible. Le personnel est un peu plus gentil, souriant, sympathique, courtois, sérieux et bienveillant. Quelques-uns parlent le français. Végétation superbe. Excellent entretien paysager et ménager.
La chambre est spacieuse et propre. Un mobilier en bois de bambou fonctionnel (rien de brisé), des matelas confortables, un séchoir à cheveux disponible dans la salle de bain. On ne manque pas de serviettes, papier hygiénique, savons, shampoings, et bouteilles d’eau. Tout est complet. Le voltage est de 110 W.
La climatisation de la chambre est bien fonctionnelle, mais trop bruyante et trop froide. Il y faisait 19 degrés, Nous ne pouvions pas la réglée. La température était barrée à ce degré. On nous avise qu’on doit maintenir la température de la chambre à 22 degrés car sinon la chambre devient très vite extrêmement humide. Il nous arrivait donc de l’éteindre et d’ouvrir la porte. La ventilation de la salle de bain aussi est très bruyante. Ça devient agressant comme bruit de fond.
La micro-plage est correcte, Elle est propre aussi. Les employés l’entretiennent au quotidien.
Lors de notre séjour, nous avons connu une semaine assez venteuse. Parait-il que c’était exceptionnel….. c’est ce qu’on nous a dit. D’ailleurs plusieurs excursions ont dus être déplacées pour cette cause. L'eau de la mer de notre hôtel était quelque peu sale (algues). Étonnamment peu de gens s’y baignaient.
Une piscine bien entretenue est au centre du complexe hôtelier. D’un pas et nous sommes sur la plage. Ce qui est bien avantageux.
La nourriture au buffet est bien variée, on trouve toujours quelques choses pour se régaler et c’est très bon. Les fruits sont succulents. Le lait est en poudre, dilué avec de l’eau, et qui plus est parfois, bien mal dilué….. Le jus d’orange aussi est fait de poudre. Dommage. Le vin est excellent. Certains cocktails par contre laissent à désirer. (Le meilleur Limon Daiquiri est à l’Hôtel boutique Los Delfines, vient ensuite celui de L’Aquarium).
Le système de réservation inter-Hôtel est très intéressant. On dit : l’Aquarium pour bien manger, et le San Luis pour bien fêter…. Mais dans les faits, on mange bien partout, la viande est tendre, que ce soit le poulet, le porc, le bœuf. Le poisson et fruits de mer, succulents. En ce qui concerne les restaurants à la carte du Marazul, et bien le Caravelle est un peu trop sombre, plusieurs touristes en passaient la remarque. De plus, ce que j’ai observé (et cela vaut pour tous les restaurants des Decameron de l’île) et qui devenait désolant, c’est la confusion chez les serveurs pour le service aux tables, souvent 2 serveurs venaient nous offrir le plateau de desserts, et ce même si nous avions déjà notre dessert devant nous, c’est assez difficile d’obtenir un 2e « refill » pour le petit verre de vin. Le sentiment puissant ressenti est qu’on se fait asseoir et on se fait oublier une fois les assiettes reçues. J’ai aussi constaté que le service est beaucoup plus attentionné pour les touristes de l’Amérique du Sud (Chiliens, Argentins, Péruviens, Colombiens, etc) que pour les Québécois/ Canadiens. Je considère donc que le service serait grandement à améliorer (actuellement médiocre), car même avec pourboire, on n’en reçoit pas un meilleur.
On propose plusieurs excursions (13) pour tous les goûts, celles-ci sont sécuritaires. Pour notre part, nous avons fait le tour de l’île (31$USD/pers) de 27 KM carré en Chiva (autobus à aires ouvertes, typique de la Colombie), pour nous mettre en contexte, qui nous amène jusqu’à la première église Baptiste de l’île, le Island House Casa Museo Islena, West View, à la piscine naturelle et à un petit resto typique où l’on peut observer des « mini geysers - blow-hole». Sur tout le parcours on observe des paysages à couper le souffle.
Ensuite, nous avons loué un car de golf, ce fut une expérience bien agréable. Nous l’avions loué pour 3 hres, mais avons défoncé notre temps. Par miracle, aucune surcharge n’a été facturée… mais il ne faut pas le dire trop fort. Notre promenade fut sécuritaire et gardions la droite sur la route. De toute façon, avec ce genre d’engin, nous n’allions pas plus vite que 10KM /heure, et ce, même en ayant la pédale bien écrasée au fond. Meilleure façon de bien contempler le paysage. Car il faut l’avouer, ils ont une conduite dangereuse… Les gens circulent en scooter, moto, sans casques, à 3 ou 4 personnes sur la même moto (une famille au complet). Pas étonnant de retrouver sur la chaussée, une multitude de sandales perdues, on en a compté un peu plus de 5 sur un court parcours. Saviez-vous que l’île compte 6 feux de circulation au centre-ville ? Une nouveauté de 2012.
On constate rapidement que l’île de San Andres est complètement imprégnée aux couleurs de la Jamaïque, à sa musique reggae et où Bob Marley y règne comme un roi. Ne me trouvez pas si sévère de croire que cela lui enlève tout son cachet. C’est tout comme un vol d’identité. Pourquoi ne pas avoir laissé cette culture là où elle appartient, c’est-à-dire, en Jamaïque. Je peux comprendre que la population des Natives s’en est appropriée et que l’île a été découverte en 1629 par les Puritains anglais et les bûcherons jamaïcains mais ils auraient pu être originaux et créer leur propre culture, personnalité, avec leur propre style de musique, etc. Tout de même. Ce n’est qu’une constatation et une légère déception.
L’avantage de louer un car de golf, c’est la liberté d’aller où bon nous semble, tout en étant prudent. Notre petit périple nous a conduit entre autre vers une des plages publiques, la tournée des autres Hôtels Decameron, la cueva de Morgan que nous avons visité pour 10 000 pesos/ personne. À notre arrivée, nous étions les seuls visiteurs. Le guide semblait plus ou moins intéressé de faire la tournée et de livrer les informations. Le site est tout de même bien, malgré le fait qu’il y a certains canons de plastique. Et pour terminer la visite, on ne nous propose non pas de déguster du rhum de la réserve spéciale de Captain Morgan, mais bien une dégustation de Noni (boisson aux vertus thérapeutiques (anti-stress) et d’autres produits dérivés). Visite intéressante pour certains clichés photographiques. Outre cela, je ne sais pas si je recommande cette visite…
On s’est ensuite arrêté au club de plage Rocky Cay. Pour prendre un lunch, on doit en faire la réservation la veille, depuis notre hôtel. Nous avons tout de même reçu un privilège puisse qu’on nous a permis d’y manger. On y retrouve quelques vendeurs itinérants, pas trop harcelants. Comme mentionné sur d’autres commentaires, on peut traverser jusqu’à l’île corallienne sans problème, sur laquelle île, il n’y a pas tellement à voir. Mais l’expérience est agréable. Depuis l’hôtel Marazul jusqu’à Rocky Cay, on y met +/- 20 minutes à la marche.
Nous avons aussi choisi le safari dans l’île (35$USD/ pers) qui nous conduit au nouveau jardin botanique de San Andres, le guide pour le tour du jardin est dans son élément et connaît bien sa matière, mais qui parfois devient un peu trop élaborée. On ne peut tout retenir. La visite dure environ 45 minutes. On monte aussi dans la tour d’observation d’où on a une vue imprenable sur Johnny Cay, sur la côte est de San Andres, sur un bidonville, etc. Les policiers qui nous escortaient (très recommandé) pour cette excursion se sont quelque peu laisser aller, en sirotant une bière. Attention aux paparazzis… Pris en flagrant délit d’inconduite sociale amicale…
Nous avons poursuivi notre journée en nous rendant dans une ferme agricole locale : « Eco- Agro-Etnoturismo, Jos Saas-Paradise Farm : Natural, Traditional, Organic ». Le propriétaire est bien sympathique, et nous fait visiter ce que je défini comme son garde-manger à ciel ouvert. On passe du jus de canne à sucre, aux crabes noirs en voie d’instinction, aux iguanes, aux tortues, aux cocotiers, manguiers, etc. D’ailleurs il nous fait déguster un jus de canne à sucre, un autre au tamari et gingembre, et un autre au citron. Tous très délicieux. Son superbe coq et ses poules le suivent comme des petits chiens intelligents.
Puis finalement nous avons choisi une dernière excursion, et non la moindre, Johnny Cay et Acuario (40$USD/pers). Un must parait-il…Elle était prévue pour le jeudi, mais parce que la mer était trop agitée et à cause des grands vents, l’excursion a été déplacée de jour en jour jusqu’au dimanche, veille de notre départ. Nous nous sommes sentis alors +/- pris en otage car ils ne voulaient pas nous rembourser, convaincu qu’elle aurait lieu avant notre départ, et ce même si nous ne voulions plus la faire.
Le départ a donc eu lieu, on se dirige donc vers Johnny Cay, dès notre arrivée, la seule section de la plage où nous sommes autorisés, est bondée de monde, même chose lorsqu’on va à l’eau. Il y a masse. On y sera pour environ 2 hres. Ensuite on quitte vers Haynes Cay et Acuario. Oh my God ! Fantastique ! Là se trouve le paradis… C’est depuis ces endroits que l’on peut observer la mer aux 7 couleurs, nuancé du vert au bleu. Haynes Cay et Acuario sont beaucoup mieux que Johnny Cay bien que celui-ci soit nommé parc régional. Sur ces 3 îles, tout y est payant, jusqu’aux toilettes (1000 pesos), chaises, parasol entre 3$ et 5$USD. À Haynes Cay on y prend le repas (poulet ou succulent poisson), et ensuite on traverse à pied jusqu’à Acuario. On peut même apercevoir et nager avec des raies (Donc pas nécessaire de payer l’excursion de plongée en apnée). À Acuario ou Rose Cay, on peut louer des casiers, et ensemble pour l’apnée. Par contre c’est mieux si vous possédez les vôtres. Alors en résumé, je déconseille la sortie à Johnny Cay, surtout et d’autant plus si vous habitez au Marazul, car l’accès au quotidien, quand les fonds marins le permettent, vers Acuario et Haynes Cay, est incluse dans le séjour. C’est un gros avantage. Vous profiterez vraiment de la plongée en apnée. On vous y amène en ponton pour un deux heures facile. Sortez en après-midi, il y a moins de gens et le niveau de l’eau y est un peu plus bas. (selon les marées). Dommage pour tous ceux qui logent aux autres hôtels… Mais il faut dire que pour chaque hôtel, il y a avantages et inconvénients. Tout dépend vraiment de vos besoins et critères de sélection.
Pour notre part, nous avons trouvé grande satisfaction au Marazul.
Bon à savoir :
En fait 1.00$ USD =1700 pesos en date du 12 Mars 2012
Au moment de notre séjour :
Coffret de sécurité : 3$ USD / jour soit 21$USD
La course en taxi du Marazul au Centro est de 6.00$ USD et prend +/- 10 minutes. Après 22hres : 7$ USD, après minuit le tarif double.
Le bus : 1$ USD ou 1700 pesos. Le service cesse à 20 hres.
Location d’un car de golf : 35$ USD pour 3 hres / 60$ USD de 9hres à 18h30.
Internet : 1 hre-6$USD / 2hres-9$USD et possibilité pour 12 hres.
San Andres est une île corallienne, donc ne possède pas de terres fertiles pour la culture de café et certaines autres productions. Donc le café et le rhum proviennent directement du continent (Colombie).
Le rhum Caldas 14$USD hors-taxe de l’aéroport
Café Mariscal, le 250g, au marché: 10 200 pesos
Café 18, le 500g pour 15$USD, au restaurant Ocean’s, ou vendu aussi à l’Aquarium.
Les parfums connaissent de bons prix, sur la halte piétonnière au centre-ville, ou au Hors-Taxes de l’aéroport. Certains ont une économie de + de 25$, même en considérant le taux d’échange canadien.
Pour certaines excursions vous devez assumer les frais de transfert. (ex : le semi-submersible, aquanaute, etc)
Un restaurant qui vaut le détour et qui a de l’ambiance le jeudi soir : Gourmet Shop Assho. Assiette de langouste et fruits de mer pour 25$. (référé par Julie). Il se situe au rond-point où l’on retrouve le Barracuda.
Pour déguster un bon café et gâteau au fromage : Coffee Break.
Conseil aux voyageurs :
Attention, si vous devez consulter un infirmier ou médecin durant votre séjour à l’étranger, soyez toujours accompagné, ne consultez pas seul. Ceci vaut pour toutes les destinations. Aux voyageurs solos, trouvez-vous un touriste québécois comme témoin-présent.
En résumé nous avons passé une belle semaine avec une température idéale et ce, même si venteuse.
Je vous souhaite un bon voyage et un bon tour de l’île.
Phnom Penh, Cambodge: quartier où trouver des étals de rue? English translation pending
bonjour..
lors de mon passage dans cette ville je compte manger dans des etales de rues...sur le lonely , je n ai pas trouver d info a ce sujet , beaucoup sur les restaurants , ce qui n est pas mon truc...
auriez vous des infos , sur un quartier ou ils se trouverait des etales de rues pour manger avec locaux , ect... marcher de nuit , stand de " bouf " , ect....
et recherche info sur des petits " bar " locaux pour trinquer avec la population local...
merci , pour votre aide.. 🙂
Suggestions pour un voyage de type road trip aux États-Unis? English translation pending
Bonjour,
Ayant déjà visité Washington DC + NYC et réalisé un parcours dans l'ouest (SF, Yosemite, Death valley, Grand canyon, monument valley, Page, Brice canyon, LV), j'ai la possibilité de retourner +/- 15 jours aux USA en octobre, voire en novembre...
Je souhaitais visiter le Yellowstone puis redescendre vers Salt lake city puis canyonland/arches et retourner par Las Vegas, mais apparemment, il y fera vraiment froid avec un risque de neige, ce que je ne recherche pas vraiment...
Donc je n'ai pas trop d'idées sur la destination précise, et je compte sur vos suggestions et idées pour un voyage sympa à l'automne !!!
Pour apporter quelques précisions, j'aime les voyages de type road-trip, avec un mélange de randonnées nature / découverte de villes et shopping à l'occaz' / immersion
Merci pour vos idées !!!!
Ayant déjà visité Washington DC + NYC et réalisé un parcours dans l'ouest (SF, Yosemite, Death valley, Grand canyon, monument valley, Page, Brice canyon, LV), j'ai la possibilité de retourner +/- 15 jours aux USA en octobre, voire en novembre...
Je souhaitais visiter le Yellowstone puis redescendre vers Salt lake city puis canyonland/arches et retourner par Las Vegas, mais apparemment, il y fera vraiment froid avec un risque de neige, ce que je ne recherche pas vraiment...
Donc je n'ai pas trop d'idées sur la destination précise, et je compte sur vos suggestions et idées pour un voyage sympa à l'automne !!!
Pour apporter quelques précisions, j'aime les voyages de type road-trip, avec un mélange de randonnées nature / découverte de villes et shopping à l'occaz' / immersion
Merci pour vos idées !!!!
Hôtel Melia Cayo Santa Maria: vos commentaires? English translation pending
Je songe réserver pour la semaine de relâche au mélia cayo santa maria. J'aimerais savoir si quelqu'un y est allé dernièrement et pourrait me donner ses commentaires ?
Propreté confort des chambres ?
1145 $, est-ce trop élevé ? devrais-je attendre un dernière minute ?
est-ce un lieu tranquille permettant la détente sur la plage ? même à la relâche ?
cet endroit est-il réellement très venteux ?
Merci beaucoup de vos précieux conseils ! 🙂
Apprendre quelques mots pour visiter les pays d'Europe de l'Est? English translation pending
JE VAIS EN VOYAGE AU MOIS DE SEPT.ET J AIMRAIS APPRENDRE QUELQUES MOTS COMME BONJOUR , MERCI ..OU SONT LES TOILETTES VOUS VOYEZ .😉..L UTILE A L AGRÉABLE😏 ...JE VAIS EN POLOGNE AUTRICHE, HONGRIE, RÉPUPLIQUE TCHEQUE...MERCI
Improvisation Nomade (9) Pakistan English translation pending
Mauvais présage
Une brise légère inclinait les jeunes pousses de blé dans la plaine. Le printemps rendait son vert à la végétation et le soleil resplendissait sur la route que nous parcourions en vélo pour rallier la frontière pakistanaise distante maintenant de quelques kilomètres seulement. Devant les bureaux de la douane, peu de personnes attendaient. Quelques familles, séparées depuis cinquante ans, comme par le mur de Berlin, et qui, depuis peu, avaient le droit de se rendre visite… La région du Pendjab fut partagée en deux pour créer le Pakistan, un nouvel état regroupant les musulmans de l’Inde, lors de l’indépendance en 1947. Cela ne se fit pas tout seul. En effet, sur cette route, dix à quinze millions de réfugiés traversèrent la frontière, juste tracée sur les cartes d’un manuscrit des bureaux de la Royal British Compagnie, en Angleterre, dans les cris d’assassinats et de brûlés vifs. Cinq cent mille morts. Hindous et musulmans. Tous Indiens pourtant mais qui se déchiraient alors entre eux, malgré les discours de réconciliation du Mahatma Gandhi. Dans les bureaux de la douane, le fonctionnaire inspecta nos passeports et nos visas qui prenaient fin le jour même, puis leur donna un coup de tampon avant de nous laisser libres. Mais, en sortant, le vent enragé s’engouffra par la porte ouverte. Dehors, un ciel nébuleux s’écrasait sur l’horizon violet bourdonnant de tension. Un tourbillon de sable et de pluie balayait l’espace et envolait les tôles arrachées aux toits. Le vent pleurait comme un nouveau-né. Nous n’osâmes pas sortir. L’ouragan nous tenait enfermés dans les bâtiments administratifs de la frontière comme un mauvais présage. La nuit avant la nuit, l’impossibilité de sortir, l’atmosphère d’une frontière militaire colorée d’uniformes, les portes qui s’ouvraient toutes seules et laissaient rugir le vent dans le hall, rendaient nos âmes méfiantes quant à l’avenir et répandaient sur nous l’angoisse et la tristesse de partir… Sans doute avions-nous oublié quelque chose. Peut-être de leur dire adieu. Alors adieu, peuple indien, enfant peureux et sage qui nous a toujours respectés, appris, entraînés dans ses rires et ses joies de tous les jours, quelles que soient les circonstances. Nous reviendrons un jour, mais aujourd’hui, malgré la peur, nous ne pouvons pas faire demi-tour. Devant nous, la tempête s’apprête à nous emporter et derrière, la porte s’est refermée... Si ce temps, arrêté ici, nous est alloué pour, une dernière fois, te rendre hommage, je m’assois dans le coin de ce mur, sur mon sac, et, en attendant que la colère du ciel s’estompe, je pense à toi… Combien de fois m’as-tu fait pleurer de rire, au réveil, avec tes enfantillages, ton insouciance et ta simplicité ? Je te revois chaque journée me parler, négocier et mentir toujours sans sérieux, sans gravité, tout en te méprenant et feignant de ne pas t’en rendre compte. Peuple de l’Inde, heureux tous les jours, sous le soleil, sous la pluie, dans l’opulence comme dans la misère, nous t’avons laissé un peu de nous-mêmes, gisant dans la poussière, contre tout ce que tu nous as donné, appris : à savoir qu’on a tout et qu’il ne tient qu’à nous d’être heureux. Encore merci et adieu. Le cœur chargé de ces émotions qui nous ont secoués et marqués à jamais, nous avons repris la route avec Daoud, mon ami, mon frère, mon compagnon. D’un bond, nous avons franchi la porte et couru sous la pluie et le vent, dans la zone de no man’s land avant d’atteindre les bureaux de la douane pakistanaise. Un autre monde se dessinait déjà à travers les visages que nous ne reconnaissions pas. Puis, le compte à rebours s’enclencha de nouveau, au moment ou le tampon d’entrée s’écrasait sur nos passeports. Un bus grillagé nous emmenait déjà autre part pour nous abandonner dans une ville rendue grise et sale par la pluie, sans chaleur, une pluie dans les rues comme dans notre cœur. Pieds nus, courbés sous la capuche de nos sacs, pataugeant dans la boue, on devait trouver un refuge, un lieu où on serait accueilli et où on pourrait reprendre haleine et confiance. Enfin posés et calmes, nous apercevoir que ce n’était pas plus un mauvais présage qu’un orage. Nous étions au Pakistan.
Apprendre de l’infini en accord avec le temps Pendant cinq jours, nous ne sommes pas sortis de l’hôtel. Ou si peu. Nos rapides passages dans les rues nous ont refroidis. En effet, ce n’est pas l’atmosphère bon enfant de l’Inde. Le sourire est remplacé par la grimace sévère et le mépris. Mais j’espère que nous nous trompons. Il faut apprendre ce nouveau pays, cette atmosphère différente avant de s’y sentir bien. Le choc des civilisations est sensible. Tout le monde nous souriait en Inde pour une raison ou une autre. Personne ne sourit ici. Du moins, personne ne m’a encore souri. Pas de flatterie naïve, de politesse anticipée et de phrase puérile, inutile ou intempestive. Nous sommes revenus chez les hommes fiers et durs. La péninsule est si large qu’il est difficile, en Inde, d’imaginer que cette terre rouge puisse cesser quelque part, pour laisser place à d’autres pays. Les principales frontières sont formées par deux océans immenses de chaque côté et l’Himalaya infranchissable au nord. L’Inde est un monde isolé qui se suffit à lui-même. D’ailleurs, il est difficile de discuter avec la plupart des Indiens qui n’ont en général que très peu d’idée de notre civilisation. Les problèmes internationaux leur échappent le plus souvent. De cinématographie ; ils ne connaissent que la leur. Enfin, poser des questions sur leur culture relève du défit tant elle est confuse et incomparable. À l’inverse, les Pakistanais sont sur la même planète que nous, ils s’intéressent aux même choses, ils ont les mêmes préoccupations et une vision sur le monde entier que les Indiens n’ont pas. Ils ont, par ailleurs, des origines perses en plus d’être ouverts au nord sur les peuples d’Asie centrale et de Chine grâces aux anciennes routes commerciales comme celle de la soie. Enfin, les rapports privilégiés qu’ils entretiennent aujourd’hui avec les Américains, les font pénétrer directement dans le champ international, vers la globalisation. Malick Internet Inn
L’hôtel est situé au carrefour de l’avenue Jinnah et du Régal cinéma. Un petit écriteau au-dessus d’une porte située au fond d’une impasse indique son entrée. D’un côté, le parfum des chapatis brûlants du boulanger. De l’autre, un magasin de type occidental où l’on trouve les choses de chez nous que nous n’avions pas vues depuis longtemps, comme la mayonnaise et le chocolat. En face, les excellentes glaces à la fraise attirent toute la ville dans un magasin spacieux mais toujours bondé. Et qui aurait dit qu’au Pakistan, les barbus, avec leurs turbans sur la tête, aiment à se délecter d’un sorbet ? C’est une image qui, pour moi, semblait contradictoire... Enfin, l’escalier de l’hôtel monte au deuxième étage et vous sort de toute cette agitation. Dans cet hôtel, il n’y que des étrangers et des voyageurs. Une vingtaine de lits. C’est le point de rassemblement de Lahore. La journée, chacun vaque à ses occupations, organise la prochaine étape de son voyage et visite la ville. Le soir, ils préparent de quoi manger et souvent restent ensemble pour bavarder, échanger des renseignements et se donner mutuellement des conseils. L’ambiance est sympa. Venus de tous les horizons, voyageurs acharnés, back packers, globe trotters, travellers, appelez-les comme vous voulez, ils ont tous une expérience de voyage au moins comparable à la nôtre. David, un Suisse que nous avions déjà rencontré à Delhi, a été le premier à brandir les drapeaux lors de la manifestation anti-américaine de Quetta dans le Baloutchistan, avant de se dire finalement, sous les regards menaçants de la population, ce n’est peut être pas ma place… Armand, un Français, aussi grand voyageur que fainéant, barbu et chevelu à l’extrême, musicien passionné, cultivé, beau gosse, est sur la route depuis 4 ans. Julie, son amie, le rejoignait au Pakistan quand nous les avons rencontrés… Michel arrive en vélo de Genève… Bénédicte s’est mis dans la tête, en l’écoutant, de traverser le Karakorum - versant nord-ouest de l’Himalaya avec le 2ème sommet le plus haut du monde - en vélo, pour rejoindre la Chine. Je n’ai jamais eu de nouvelles quant à la réussite de son entreprise mais cette petite blonde est partie pour une sacrée aventure, sans avoir jamais fait de vélo de sa vie sur des distances aussi longues que pentues. Voilà pour les francophones. Ensuite, il y a Tess, la jolie Suédoise qui vient de traverser l’Inde en moto, seule, en 2 ans… Chen, dans son business de pierres précieuses avec Taiwan… Siren, une Norvégienne éprise de langues étrangères… Un couple d’architectes sur les traces des plus anciennes civilisations... Un pigiste danois, avec qui je serais bien parti quelques semaines pour me rendre compte de son travail. Il nous explique par ailleurs que ses articles ne se vendent pas bien, si ils ne décrivent pas uniquement la haine, le scandale et la misère ; Cette infime partie de la réalité qui, une fois répandue par les médias, devient une généralité… Enfin, d’autres encore, comme nous, sans véritable but, si ce n’est de parcourir le monde et de glaner, ici et là, les pièces du puzzle universel. Ensemble, nous échangeons nos expériences, nos idées et nos grandes théories dans des discussions parfois animées. Nous croisons les chemins, les aventures, les pays, les cultures et les anecdotes dans une cohabitation fructueuse. Certes, chacun a son point de vue sur toutes les choses du monde, hélas, personne n’a la science infuse. Les voyageurs se la racontent. Le peu de savoir acquis doit être dit plus haut et plus fort que les autres comme une vérité établie… En m’écartant un peu du groupe, en montant sur le muret qui domine la ville et en sentant le brouhaha sourd qui monte jusqu’ici, je me demande quand même ce que, tous, nous faisons au Pakistan à nous imaginer tout savoir parce qu’on a pris un peu la route… La plupart d’entre nous, comme moi, ne savent même pas quel est le régime politique du pays, ni même le nom du président ou militaire dictateur. Le risque est pourtant réel. La population ne soutient pas, en majorité, le gouvernement imposé par l’armée et sous tutelle américaine. Les talibans, dont les responsables sortent d’écoles théologiques pakistanaises, ont déjà su unifier les différentes ethnies sous les drapeaux d’un islam radical dans le pays voisin. Leurs militants, formés par Al Qaïda, s’assemblent toujours dans les zones tribales incontrôlées par l’état, pour préparer la guerre sainte. Avec nos petits sacs de voyage sur le dos, notre idéalisme sous le bras, nous n’avons pas pleinement conscience des dangers qui nous menacent ici. Nous n’avons jamais connu ni la haine, ni la guerre, ni même la misère. Dans une ambiance désinvolte, ce soir, nous préparons des crêpes… Un journaliste anglais d’origine pakistanaise nous donne sa vision des choses quant à l’histoire et la politique pakistanaise actuelles. Cela nous éclaire un peu. Nous l’écoutons tous religieusement mais bientôt les rigolades reprennent. En bons Gaulois qui se retrouvent, les blagues idiotes fusent et me font rire. Je suis bientôt, moi aussi, décontracté, heureux de retrouver l’esprit français, son humour sarcastique et un peu méprisant. Il ne nous arrivera rien, voilà tout. Et ce n’est pas le moment d’y penser. Quand on se retrouve une bonne tablée de franchouillards aussi loin de son pays, il faut se rappeler d’où l’on vient, revenir aux sources, aux bonnes blagues qui ne font rire que nous. Armand prépare les crêpes mais ses souvenirs se sont dissipés car je ne crois pas qu’en France, elles soient si épicées. Il ne manque que l’apéro pour se sentir chez soi mais l’alcool ne se trouve pas dans les épiceries pakistanaises. Alors que le shit, si. Des joints tournent et me tournent la tête, si bien que je n’ai bientôt plus rien à dire. J’écoute ces gens parler, je les regarde s’agiter, se convaincre. Quand j’ai fumé, les mots sont si légers qu’ils n’ont plus de sens et seules les attitudes me fascinent. Marco est le plus drôle, il parle avec les mains, les bras et tout son corps. Il rejoint la réputation de dragueur qu’ont les Italiens et la petite Coréenne devant lui garde les yeux ronds, fait des « Oh ! » et des « Ah ! » à la façon asiatique si singulière et passe de la fascination au désintérêt sans détourner le regard et sans savoir qu’il peut la tenir ainsi toute la nuit. Sten regarde sa guitare comme si elle avait les cheveux longs, et parfois nous joue quelques accords de ses propres chansons. Je m’aperçois alors que je ne comprends rien à l’anglais des Anglais. J’utilise la langue, parle avec tout le monde mais lui, qui utilise beaucoup d’expressions, j’ai des difficultés à le comprendre… Sauf quand il imite les Français avec ses : « Putain, enculé » et son accent de bourgeois pédant. C’est assez difficile mais passionnant de comparer une personnalité, une idée, un état d’esprit par rapport à une origine. Dire par exemple que les Français se retrouvent dans tel comportement, les Anglais dans tel autre. Un ensemble de généralités qui pourrait caractériser un peuple mais je sens que je vais dire des conneries… Un Japonais vient nous rejoindre. Ils sont discrets les Japonais mais dans un village perdu d’Afrique, vous en trouverez toujours un, car ce sont, et de loin, les plus grands voyageurs de notre époque. Celui-ci, avec son air niais, son sourire figé et ses mouvements de tête pour toujours dire oui, nous fait une démonstration de danse entre acrobatie et lévitation qui me laisse sur le cul. Good night petit Japonais. Good night tout le monde.
Dans la rue
Quelques promenades dans la ville me permettent peu à peu de me familiariser avec son ambiance. Après cette sensation de froid et de méfiance, du fait d’un certain honneur qu’il ne faut pas défier, les Pakistanais se comportent à notre égard avec discrétion et respect, avant d’exprimer intérêt et cordialité. Les discussions s’animent rapidement puisqu’ils sont encore plus curieux et plus intéressés que nous-mêmes. Ce que je prenais pour du mépris, le fait de nous ignorer, était en réalité de la considération. Ils ont moins de préjugés sur nous que nous sur eux. Ils ne nous ignorent pas mais nous matent moins que les Indiens. On ne regarde pas les gens comme des bêtes sauvages, ce que faisaient certains Indiens totalement fascinés par notre présence. Contrairement à ce que j’imaginais d’une ville pakistanaise, Lahore est beaucoup plus occidentalisée que tout ce qu’on a pu voir de l’Inde. Pas de vache dans les rues, pas de mendiant, pas de sans abri, pas de manifestation religieuse tous les jours, d’exubérance à tous les coins de rues. La vie y est plus monotone dans les petites voitures japonaises qui mènent au travail dans les industries à la périphérie de la ville. J’ai aussi entendu des jeunes écouter du rap américain, et de la musique occidentale se diffuse dans les rues commerçantes. Les femmes ne portent pas de bourka ici, à Lahore, et pour certaines jeunes, pas même de voile. Elles conduisent, se promènent entre elles, travaillent dans les administrations et nous retrouvent parfois chez le glacier. Je les sens beaucoup plus épanouies, plus vivantes, plus respectées, plus humaines qu’en Inde où le système les avilit dix fois plus encore. Ici, les femmes croisent notre regard. Pas en Inde ! Par contre, les bus, les restaurants, les mosquées, les salles publiques et tout ce que l’on peut imaginer de lieux sont partagés en deux : un côté pour les hommes seuls et l’autre pour les femmes et les familles. Lahore est la ville moderne et culturelle du pays et donc plus libre que les autres villes visitées où les femmes dans la rue sont encore moins nombreuses. Non mais alors ! Dans les villes plus isolées ou conservatrices comme Quetta, il n’y a pratiquement pas de femme visible. Et si elles sortent, personne ne s’adressera à elles dans la rue. Les hommes n’ont pas le droit de parler aux femmes, m’a-t-on dit, si elles ne sont leur mère ou leur sœur. Et les femmes n’adressent pas la parole aux hommes, si ce n’est, avec respect, à leur mari. Tête basse, elles partent au marché, plus discrètes que les chats. Julie, avec ses longs cheveux blonds dont une mèche s’échappe gracieusement du voile, s’est fait siffler par des jeunes dans la rue, à Quetta justement. Une promenade à ses côtés devient plus menaçante. Les hommes la regardent tous, parfois avec dédain, avec mépris et d’autres fois avec fougue. Pour se rassurer, on pense qu’ils respectent d’une autre manière les femmes et qu’ils n’oseront jamais, ni lui parler, ni la toucher. Aller savoir… Au retour, Armand prend l’un d’eux par la chemise et le secoue jusqu’à ce qu’il s’excuse. « Est-ce que je siffle ta femme dans la rue ? » il crie au gars accroché au bout de ses bras…
Au marché de Landa Bazar, spécialisé dans les affaires d’occasion, nous achetons avec Daoud l’équipement traditionnel complet : la shawar kamiz. Une longue chemise unie, ouverte sur un col brodé, qui tombe sur les genoux d’un pantalon très large où on peut tenir à plusieurs dans les plis et qui se referme aux chevilles comme celui des clowns, sans les couleurs. Ainsi vêtus, nous partons à pied vers le centre de la ville. Les ruelles sont en soie entremêlées d’architecture musulmane des siècles passés. Minuscules et sinueuses, elles nous emmènent sous des arcades de voûtes en céramique, dans les cours dissimulées de mosquées calmes et magnifiques, comme celle de Wazir Khan… Enfin, la porte nord de la vieille ville s’ouvre sur l’étendue qu’entoure le fort, de la même couleur de grès rouge que l’immense mosquée Badshahi, en face, l’une des plus grandes du monde. En direction de la gare, le trafic s’intensifie dans la poussière. Les commerces des rues alternent entre roulements à billes, pneus et tout ce que l’on peut imaginer de pièces de camions. En sortant de l’agitation, dans une petite rue, un canal s’est perdu et tari dans l’huile et les ordures ménagères. Un peu plus loin, la place fleurie devant la pelouse verdoyante d’un monument datant de l’ère britannique contraste avec l’ensemble. Enfin, le petit bureau solitaire et sans bousculade de la extension visa registration nous ouvre ses portes et nous délivre sans palabre une prolongation de visa d’un mois. Nous n’aurons pas fait le déplacement pour rien. L’administration pakistanaise est moins pointilleuse que celle des ses voisins indiens qui, pour la même demande, nous a fait revenir trois fois.
Sur le chemin du retour, dans une rue encombrée, un cheval me mord à l’épaule. La surprise est plus grande que le mal. Nombreux au Pakistan, ces pauvres bêtes ne sont pas ménagées. On les fait travailler avec acharnement. Sans prêter le moindre intérêt à eux avant l’incident, je ne pouvais pas les voir, cachés sous leurs œillères, porter de lourds fardeaux sur leur charrette, se frayer un chemin dans les carrefours pollués, se faire klaxonner par les camions, baver dans l’effort et souffrir sous les coups de fouet… Vivement que les Pakistanais se mettent au nucléaire… Ce soir, notre hôte si généreux, dit-il, et prouvant encore sa notoriété, organise un concert sur la terrasse de l’hôtel. Un chanteur pakistanais reconnu, avec son groupe, nous fait l’honneur de sa présence toute la soirée. Les musiciens excellent et nous offrent un grand moment musical bien que je ne puisse malheureusement pas décrire les nombreuses influences que contiennent ces airs. Le pays commence à me plaire, ses coutumes… comme, le moment tant attendu de jeter les billets sur la vedette jusqu’à la recouvrir. Il a été déçu : les voyageurs que nous sommes comptent les sous comme des diamants… Juste le temps d’arriver à l’heure pour mon rendez-vous, dans une petite rue derrière l’hôtel, avec Meriem… sur Internet. Elle me montre sa frimousse dans la webcam et j’ai envie d’embrasser l’écran. C’est terrible les moyens qu’on a aujourd’hui pour se faire mal. Dans ce sous-sol, où ça pue la sueur d’homme qui a passé trop de temps à s’émouvoir devant l’écran, je m’évade à des milliers de kilomètres pour la retrouver dans un petit village… de l’Himalaya. Elle me raconte ses balades avec un certain Dalaï-lama. Elle essaie de me rendre jaloux, sans doute… Mais plus elles sont chiantes, plus on les aime.
Toutes les femmes n’ont pas cette prestance que tu as, même pas les hommes bien sûr. C’est la vie qui nous fait, notre naissance, notre éducation, notre destin. Le tien déjà a été grand, parfois périlleux, incertain et puis heureux finalement. Il t’a fait toi. Meriem. L’aînée, la voyageuse, l’opiniâtre. Toi qui ne te ménages pas, qui n’offres pas la charité de ton âme, pas même à moi. Que dis-je, surtout pas à moi ! Montrer une larme serait un châtiment. Ne serait-ce qu’un sentiment effleurant ton visage et tu serais blessée à mort dans ton orgueil. Pas de sentiment, ni pour toi-même, ni pour les autres. Un exemple pour moi, dont les traits me trahissent chaque fois. Et d’autres exemples encore qui me laissent émerveillés. Tout cet orgueil sans pourtant de mépris, juste un peu d’arrogance, de cynisme mais surtout d’humour pour justifier les défaillances de notre chair faible, à nous les hommes, à nous qui sommes sensibles. Pourquoi m’as-tu choisi moi qui suis le plus faible de tous les hommes ? Un homme fort tu voulais, tu m’as initié à cela. Montré comme on devient un homme. Un homme fier et sûr de lui, de son mérite. Son mérite juste d’être un homme. Un peu honnête, un peu sage. Juste de quoi être respectable, digne d’estime. Quelqu’un qui peut se regarder dans la glace sans baisser les yeux parce qu’il sait qu’il a fait ce qu’il devait faire et ce qu’il a dit, il n’y avait rien d’autre à dire. Quelqu’un qui se respecte, je le répète. Qui ne passe pas son temps à avoir des remords, des regrets de choses du passé auxquelles il pense. C’est fini le passé, il faut regarder l’avenir. Le regarder avec les yeux de celui qui va escalader une montagne et qui va y arriver parce qu’il en a la détermination. Il le sait. Un pas devant l’autre. Tranquillement mais sûrement. C’est bien ça ce que tu m’as dit. Arrête de penser, arrête de creuser, de dépecer, de remémorer les choses faites. Elles sont faites. On ne reviendra plus dessus, jamais. Relève la tête, avance. Sois fier car cela va t’aider. Un homme doit être fort et ensuite fier. Je veux que tu sois cet homme. Merci, Meriem. Merci de ta confiance. On a tous besoin d’être fort pour quelqu’un, et c’est toujours cette personne qui fait qu’on l’est. Qu’on retrouve l’assurance, la sérénité et la confiance en soi ! Le bonheur est dans la certitude. Pourtant, je ne ressemblerai jamais à ton père…
Pour reprendre mes esprits, dans l’agitation et le bruit des pays de l’Orient, j’ai pris l’habitude de me diriger vers les lieux de culte, quels qu’ils soient, et de me poser dans le silence. C’est toujours un moment utile et agréable où je me retrouve, comme si je sortais la tête de l’eau et que les choses m’apparaissaient, pour un instant, sans trouble. Je me dirige donc vers le premier lieu venu. Une église. Je m’en réjouis en pensant qu’au Pakistan, j’allais être le seul à l’intérieur. Mais ma surprise est grande en entrant. L’église, que dis-je, la cathédrale, souvenir de la reine Victoria, est pleine à craquer, et la musique et les chants à la gloire de Jésus, en latin et en ourdou, montent jusqu’au ciel, avec une ferveur que je n’ai jamais trouvée en France, ni même en Europe… En effet, le Pakistan contient une communauté de chrétiens, évangélisés pendant la colonisation britannique. Ils ne se sont pas tous donné rendez-vous aujourd’hui dans cette église, mais sont présents dans tout le Pakistan, en minorité. Pas plus menacés à Lahore que dans d’autres villes, nous trouverons parfois tout un quartier chrétien avec l’église, le plus souvent récente, en son centre. Et puis, au Pakistan, comme vous allez le voir, il y a toute une panoplie de minorités. Et je dirais même plus : le Pakistan est un regroupement de minorités. Festival soufi
Un bus, un rickshaw et nous voilà de l’autre côté de la ville. Une banlieue au bout d’une grande avenue où les maisons commencent à avoir la couleur du sable et où l’électricité fait défaut. Ici, se déroule un festival en souvenir de prestigieux soufis, philosophes mystiques de l’islam, sur leur propre tombe. Musiciens, danseurs et spectateurs se sont installés à travers le cimetière de la ville, sur les dalles et les tombeaux mortuaires, à la clarté sinistre de la pleine lune. Au fond, une fête foraine avec des manèges artisanaux dans lesquels je ne monterais pour rien au monde. Un tonneau de plusieurs mètres de haut, en tôle, renferme une quantité de fausses blondes et de travestis. En avant pour le spectacle qui consiste à admirer une moto tourner et monter avec la force centrifuge, à l’extrémité du tonneau, au-dessus des strip-teaseuses qui n’en sont pas car elles n’enlèvent rien. Ce ne sont que des potiches. Applaudissements avant de continuer la balade dans la foule à travers les feux de joie et les affiches en ourdou que je ne comprends pas. Je m’installe dans un enclos du cimetière, envahi par la foule, devant un spectacle de percussions où les danseurs entrent progressivement en transe. Je suis seul, Daoud doit être quelque part, ici ou ailleurs, nous nous retrouverons demain, mais j’aurais bien voulu qu’il soit avec moi ce soir. Tout le monde ici roule des joints. Ça fume énormément. Les Pakistanais prennent deux cigarettes, les vident, font le mix et les emplissent ensuite avec dextérité. J’ai beau essayer, je n’y arrive pas. Assis par terre, l’homme âgé à mes côtés m’en offre une. Ils en roulent toujours deux en même temps : une pour eux et une pour le voisin... Derrière moi, quelques gros pachas sont installés sur des coussins. En anglais, ils commencent à me poser des questions, puis pleins de questions sans que je puisse moi-même leur demander quoi que ce soit. Qui suis-je, d’où viens-je et pourquoi t’es là ? Finalement ils me proposent des filles... Comme je ne suis pas intéressé, leur propre intérêt s’atténue et j’en profite pour bouger… Inopinément, je retrouve David, le Suisse. Un coup de chance dans cette cohue. Plusieurs milliers de personnes réunies. On ne peut pas le manquer, remarque. Il est bien grand et bien blanc. Une bonne tête d’occidental avec une guirlande de fleurs autour du cou. On sort. À l’écart de la foule, nous pouvons parler. Incroyable de se retrouver ici, dans les chemins de ce cimetière qui s’étant à perte de vue. Partout, ça grouille. De plus en plus de monde. Ça s’agite, ça se bouscule, ça se bat. On avance en essayant de ne pas se perdre. Là, un bon concert. J’aimerais regarder plus longuement et, pour ne pas être emporté par la foule, je m’accroupis et me tiens le long d’un poteau. Vraiment, un bon concert. En levant la tête, je remarque à côté de moi, au bord du flot houleux formé par la foule, le squat de quelques marginaux. Peut-être des soufis. Ils portent des vêtements comparables aux sâdhus indiens mais ont des têtes et des attitudes de Tsiganes. L’un d’entre eux tient un bâton levé et écarte la foule qui menace, en se bousculant, de tomber sur leurs tapis et leur feu. Me voyant là, tout près de lui, tentant d’échapper au mouvement, il m’invite à m’installer derrière le feu avec eux et me trouve une place entre un soufi travesti et une bande de morveux. Ok pour moi. Je suis avec un ami. Le voici. Il prend place, lui aussi, près du feu. Pendant ce temps, la foule s’épaissit encore dans ce couloir qui se rétrécit juste où les musiciens ont choisi de se placer. Trois ou quatre Tsiganes sont debout avec des bâtons pour les écarter. Tous les gens nous regardent en passant puisque nous sommes en vitrine et parfois avec des regards douteux. A ce moment-là, je sens que le travesti derrière moi est bien près. Je ne veux pas être parano mais il me fait les poches. Un regard pour le tenir tranquille. Cet air flegmatique... Si tu crois que je ne t’ai pas vu venir avec tes grosses mains pleines de doigts… Les gens dans la foule nous regardent parfois avec haine. Je n’en ai plus de doute... Aucun contact, du moins oral, avec les Tsiganes. Ils ne sourient pas. Ils semblent nous protéger. Contre quoi ? Contre qui ? Contre eux ! Sans sourire, sans parole échangée, ils nous offrent l’hospitalité. Déjà quelques joints. Et puis, comme David ne fume pas de tabac mais aimerait bien fumer quand même le bon shiras, le shit afghan et pakistanais. L’un d’eux retourne une tasse, met dessus une braise, roule une paille avec un bout de papier. Puis, il place un morceau de shiras pur sur la braise qui se consume comme de l’encens et on fait tourner la paille. Puis voici les chapatis avec les dals (lentilles) et le curry, puis enfin le tchaï, le même qu’en Inde. À côté le concert continue, terrible, à coup de clarinettes, de tablas et de cuivres. Les gens sont agglutinés, bousculés, écrasés à trois pas de nous, derrière les bâtons des Tsiganes pendant que nous sommes vautrés sur des coussins à manger et fumer gratis ! C’est dommage, au lieu d’être apaisé et profiter pleinement, je stresse. Je n’aime pas le regard que portent certaines personnes sur nous, dans la foule. Peut-être n’aiment-ils pas les Tsiganes. Peut-être ne nous aiment-ils pas nous. Peut-être qu’ils ne nous aiment pas en compagnie des soi-disant soufis. En tout cas, je ne me trouve pas bien brave. Alors parfois, je les fixe moi aussi, durement, et ils baissent le regard. Mais quel regard ! Je n’aime pas ce regard. Je le sens, il faut qu’on se casse ! J’ai un moment de panique, le sentiment d’angoisse se diffuse dans mon corps et une sueur froide parcourt mon dos. Qui, des Tsiganes ou de la foule si fervente à ce festival islamique où nous n’avons rien à foutre, sont les plus dangereux pour deux petits Européens naïfs ? Allez, on bouge. Je tape dans le coude de notre ami suisse qui lui, se trouve très bien, évidemment. Sans doute suis-je peureux ? Enfin, une fois dans la foule, je me sens mieux. Le contact des corps qui se bousculent, même si parfois des poings partent, me rassure. Il n’y a ici, que des hommes. QUE DES HOMMES ! Nous refaisons un tour. Ça va vraiment mieux. Bien content de voir ça. Allez, on retourne dans la furie des percussions, des gens en transe qui tournent toujours plus vite, des feux brûlants où sont balancées des idoles, dans tous les chemins bordés de tombes de cet affreux cimetière. Bientôt minuit. Que va-t-il se passer alors ? Rien, la fête continue, les joints scintillent au-dessus des tombeaux. La foule de plus en plus dense est au comble de l’agitation. Les gens sont surexcités. Jamais vu une foule pareille ! Sur une estrade, un jeune garçon bouge son cul dans un jean serré. Il danse en bougeant ses fesses comme seule le ferait une femme, pour vous dans l’intimité, aguichant les hommes qui le sifflent à ne plus pouvoir. L’homosexualité n’est pas un mythe dans les pays de l’islam. Les femmes sont surveillées et les hommes proches. Perso, j’aime pas trop beaucoup ça. Et pendant que David danse comme un forcené, je me dis qu’il serait raisonnable de rentrer. Trop tard, derrière nous, un énorme bonhomme nous prend un bras à chacun. My friend ! Il gueule. Et ne veut plus nous lâcher. Il rentre dans la foule, qu’il pousse de son gros corps, en nous tirant par les bras, nous fait sauter et danser devant les percussions et nous fait crier Pakistan Zindabad ! Longue vie au Pakistan. Putain, on est tombés sur une bande de lourds. Moi qui voulais passer inaperçu et qui serais bien rentré peinard, sans encombre. Nous voilà accompagnés de ce gros lourdaud avec ses potes qui ont des gueules que je n’aime pas. Ils sont surexcités et me pelotent le cul dans la foule. J’aimerais bien me barrer mais David est encore accroché au gros qui lui tient fermement la main. Il ne peut lui échapper et je sens bien que lui aussi s’agace de se faire peloter le cul… Enfin, comme on grogne fort et qu’on veut partir, ces messieurs décident de nous raccompagner. Super. Putain, ce n’est pas que je n’aie pas confiance mais là, vraiment, je n’ai pas confiance ! Retour dans leur voiture pourrie, avec deux hippopotames et trois espèces de Tsiganes édentés. Évidemment, sur la route, ces cons roulent vite et vont bientôt s’emplafonner dans un dos d’âne qu’ils n’avaient pas vu. Ce n’était pas prévu. Ça calme. Ils sont plus dangereux que des mecs bourrés… Assis entre deux des gars, je sens la pression monter. Au moins 25 ans, sans être mariés et donc puceaux, du moins avec les femmes, ils ont envie de baiser. Me le font comprendre en me montrant leur doigt avant de se le mettre dans le cul. Et, bavant et ricanant de façon cynique, ils me demandent si j’aime ça, les doigts dans le cul. Faut voir leur tête. Ces gars-là sont archi frustrés. Ils vont nous attraper ! Quelle galère, putain, je vais me faire enculer par des gros porcs dans ce putain de pays ! Non, il faut trouver une solution… Que faire… Où mène cette route ? Où nous emmènent-ils ? Ça vous dit une glace, j’demande… silence… Eh ! Ça vous dit une glace ?… deux fois… Et puis c’est un oui général ! On va bouffer une glace avant de baiser, ça c’est cool !
Siren
Je ne sais pas comment s’écrit son nom, exactement. C’est la Norvégienne… Nous sommes restés tous les deux après que tout le monde s’est couché. On fume des clopes en discutant. Elle a trente-deux ans, parle français correctement et dit qu’en Norvège, on est plus libre et plus ouvert. C’est vrai, sans doute. Mais là. Elle a surtout envie de moi. Elle se caresse les épaules, ouvre sa chemise chaque fois d’un bouton de plus et me laisse entrevoir ses seins. On est tous les deux bien près. Qu’est-ce que je fais ? C’est incroyable, je n’ai pas envie de la baiser ! Enfin, si, j’ai envie, on pourrait aller là, juste derrière, sur une couverture avec une petite bougie. Je n’ai qu’à me lever, la prendre par les épaules et lui caresser délicatement les seins. Même pas besoin de l’embrasser. Elle est fine, plutôt jolie fille… Hier, les gros porcs m’ont dégoûté. J’aime pas les mecs parfois. J’aime pas leur esprit basique. J’aime pas baiser les filles. J’aime pas. Elle veut. Je pense à toi, Meriem. Je vois ta gueule dans la webcam. Je pense à demain. À chaque fois que je passe la nuit avec des filles, comme ça, vite fait, j’ai des remords. Surtout quand je bois. Je me sens dégueulasse. Pourtant, c’est ce qu’elles veulent. C’est ça, le pire. Une autre clope… de quoi on pourrait parler ? Elle croit que je n’ose pas. Si je reste là. Près d’elle. Elle va me sauter dessus. Je me lève et articule : « Salut, je vais me coucher. Bonne nuit. »
Balade enturbannée Route d’Islamabad
Des choses que je n’explique pas… Sur la belle autoroute, dans le bus, on nous a passé un film indien dans un genre que je n’avais pas encore vu. Et surtout pas en Inde. Ou alors en privé… Le film peut se résumer ainsi : dernière Audi, Porsche, rencontre, plage et baise ! C’est là le hic. Dans le bus, les barbus rouspètent. Alors on a avancé la scène. Mais les barbus n’ont plus regardé le film. Ils ont prié. Qui regardait alors ? Qui sont les barbus plus barbus que les autres ? Qui aime ces films ? Deux mondes… Ceux qui veulent que ça change. Ceux qui ne veulent surtout pas que ça dégénère. Qui gagnera ? Ça va changer ou pas ? À côté de ça, les Pakistanais ont tellement la foi ! Même s’ils ne sont pas tous pratiquants, ils respectent les règles du Coran qui organisent leur vie de tous les jours. À côté, en Afghanistan, il y a les talibans, Au Pakistan, des groupes islamistes puissants, À Lahore, partout, il y a l’Amérique. On aime l’Amérique à Lahore. Alors, ça va changer ou pas ? Moi, perso, on ne me demande pas mon avis. D’ailleurs, je ne suis pas d’ici et pas musulman mais si on me le demandait, je dirais que j’aime bien les barbus. Ils ont raison. Il y a des choses indécentes. Suis-je extrémiste ? Les gens aiment les films de merde. Ils aiment les films de cul. Mais là, il y a des enfants dans le bus. N’y a-t-il pas de compromis possible entre libéralisme et fondamentalisme ? Être libre sans extrême, ça n’existe pas ? Trouver des limites morales à l’indécence… On a besoin d’eux, de leur sagesse, Que nous nous bornons à dissimuler.
Pakistan Zindabad !
Islamabad
Quartier G7. Ciel bleu clair puis teinte orange de la nuit. Lumières blanches des lampadaires. Pas un souffle de vent. Vastes étendues de jeux, saules et peupliers, enchevêtrés. Pieds de cannabis sauvages, poilus comme des orties. Fontaines, ruisseaux, vallées silencieuses. Chemins recouverts de feuilles. Maisons sans étage. Sans fenêtre. Places comme patio, dissimulées entre les murs, autour d’un eucalyptus. Vendeurs ambulants. Glaces à l’eau. Poussettes. Femmes et filles dans les ruelles. Vieillards silencieux, ridés au coin d’un mur. Tout est tranquille. Atmosphère paisible. Il fait doux, de cette douceur d’un soir printanier. Les enfants courent, crient, chahutent. Les hommes, dans la plaine, jouent au criquet. Sueur, cris, formes discordantes de robes blanches. Glissement de babouches. Ombres de la nuit. Sommeil tranquille. Sérénité. Apaisement… Gronde. Vibre. Là-bas. La montagne. Dieu qui rendra fou la terre, tuera, démolira la vie, fera pleurer les hommes sur les corps meurtris de leurs enfants…
Tremblement de terre au Pakistan
De retour en France, j’apprenais les tristes nouvelles du Pakistan. Aux informations, défilaient les images d’Islamabad ravagée avec des blessés encore enfouis sous les décombres et des morts par dizaines de milliers. Il faut les aider. Le Pakistan connaît aujourd’hui une transformation idéologique qui sort le pays de l’arriération sociale et économique et le mène vers des valeurs que nous prônons, celles de la démocratie, de l’éducation, du respect des droits de l’homme et de l’émancipation des femmes. Si nous sommes solidaires aujourd’hui, plutôt nous que certaines institutions mal venues, ils croiront définitivement en notre sollicitude, en nos valeurs, qui sont celles de l’entraide internationale pour un développement économique à l’échelle mondiale. La balance est prête à basculer en notre faveur. À l’inverse, si nous les laissons tomber, ils se tourneront une nouvelle fois vers Dieu, avec les conséquences que cela implique dans le contexte actuel… Islamabad a été construite dans les cinquante dernières années, à partir de la création du nouvel Etat. Elle n’est heureusement pas une ville très peuplée, ni culturelle, ni historique mais une capitale qui n’existait pas et qu’on a placé volontairement au centre du pays. 500 mille habitants vivaient à Islamabad. Rawalpindi, à 20 km seulement, est une mégapole de plusieurs millions d’habitants qui n’a heureusement pas été touchée. Au moment où j’écris ces lignes, je ne peux pas m’empêcher de revoir la vie tranquille qui se déroulait là-bas. Dans un espace compris entre les rivières et les forêts attelées aux montagnes, Islamabad était une bien jolie ville. Calme, moderne, climat agréable, végétation luxuriante, on y trouvait les plus belles voitures du pays et des hommes d’affaires ayant échangé le costume traditionnel contre la chemise et la cravate. Les différentes zones professionnelles et commerciales, les quartiers résidentiels et présidentiels, les grands hôtels internationaux se partageaient les quartiers, séparés par de vastes boulevards fleuris. Islamabad est détruite aujourd’hui. C’est la deuxième catastrophe au Pakistan depuis que j’ai quitté le pays. La première fut une collision de train qui fit plus de cinq cents morts au mois de juillet. Chaque fois, je suis touché bien plus que si je ne m’y étais jamais rendu. J’ai beaucoup aimé ce pays et ses merveilleux habitants. En France, pendant la catastrophe, j’entendais les gens marmonner qu’ils n’enverraient jamais d’argent là-bas malgré leur compassion car ils craignaient qu’il soit détourné et enrichisse le terrorisme. C’est peut-être encore ce que je penserais si je ne m’y étais pas rendu. Heureusement, les terroristes sont bien peu nombreux par rapport à l’ensemble d’une population dénuée d’ambition guerrière, généreuse comme aucune autre et acharnée au travail pour, comme partout dans le monde, donner à ses enfants une vie décente. Tous ces sourires, cette sincérité, cette générosité m’ont, pour toujours, prouvé que les Pakistanais ne méritaient pas leur triste réputation. Bien sûr, il faut les soutenir ; la population est faite d’hommes, de femmes et d’enfants comme nous, et il n’y aura jamais assez d’argent pour tout reconstruire, organiser et multiplier les infrastructures. La pauvreté, la peur et l’ignorance sont les véritables responsables de la haine. Le gouvernement pakistanais est surveillé de près par la communauté internationale, et l’argent de la banque mondiale leur parvient sous certaines conditions, comme notamment : la chasse aux terroristes, poursuivis, dénoncés et arrêtés tous les jours. Le Pakistan n’est pas un pays conquérant mais un pays en voie de développement. Il faut l’aider.
Peshawar
Notre arrivée à la station de bus est fracassante avec nos visages effarés et perdus sous nos gros sacs, au milieu de tous ces pachtounes enturbannés. Un petit groupe se forme bientôt autour de nous, avec sourires de bienvenue, et nous aide en expliquant au conducteur du rickshaw comment nous emmener à l’hôtel où nous avons rendez-vous avec des voyageurs déjà croisés à Lahore. Le rickshaw traverse la ville puis nous dépose dans la rue indiquée. Un chemin, une cour derrière une boulangerie après un étroit passage où des jeunes jouent au criquet. Une arcade sur l’entrée d’un patio fleuri, des jeans et des tee-shirts qui sèchent sur un bout de nylon : c’est bien là. Nos amis sont installés sur une table en bois brut, gravée de noms, de dates et entourée de fauteuils, sous une pergola de vigne, en cette journée ensoleillée du 1er avril. Derrière, une porte à battants ouvre sur un dortoir où s’enfonce une quinzaine de lits dans la fraîcheur et la pénombre, clairsemée de minuscules fenêtres. Le proprio, un vieux monsieur à la barbe blanche, a des yeux de loup qui nous traversent en silence quand il circule en dandinant son corps bien portant, les mains croisées derrière son dos. Cette personne, à l’allure si sage, vend un peu d’opium et d’héroïne. Juste pour arranger. C’est pourquoi, les deux jeunes Danois qui sont là depuis une semaine n’ont pas décollé de leur lit. Ensuite, ils prendront un avion pour se déchirer avec de la coke en Colombie ou avec du crack en Thaïlande. Chacun son voyage. C’est vrai que le prix de l’héroïne incite à consommer, surtout qu’elle est pure. Et je sais bien que c’est bon, cette merde là. Certains diront que c’est dommage, mais je n’en prendrai pas. Quelques pipes d’opium, déjà, me gardent au lit jusqu’à des heures sans nom… Pour me bouger, je dois faire appel à la gourmandise, attisée par le parfum de spécialités délicieuses que je ne sens pourtant pas, mais que j’imagine tant je sais qu’elles m’attendent. Alors, c’est seulement en sortant de la boulangerie, le menton dans la crème, que j’aperçois la rue, la ville et me dis qu’il est temps de faire autre chose que de rêver… Nous sommes à Peshawar. La première ville en venant de Kaboul, en Afghanistan, par le seul passage praticable : la passe de Kyber dans les montagnes de l’Indu Kuch. Tous les envahisseurs, ainsi que les explorateurs, sont venus de par-là, puis par Peshawar. Des choses incroyables se voient encore ici aujourd’hui, dans cet espace multiculturel : fief des Pathans ou Pachtounes qui sont majoritaires dans la région, Peshawar est une ville d’affluence. Des Penjâbis viennent de la vallée de l’Indus, des Sindhis remontent du port de Karachi au sud, sur la côte de l’océan indien et quelques nomades Baloutches descendent des montagnes arides et désertiques de l’ouest, en direction de l’Iran. Voilà pour les Pakistanais. Ensuite, viennent les ethnies afghanes tout aussi nombreuses. On trouve des Tadjiks aux yeux bridés qui descendent des régions proches de la Chine. Des Hazaras, des Nouristanis et des Ismaéliens du Centre et du Nord-Est de l’Afghanistan. Enfin venus des plaines du nord, les Turkmènes, Kirghizes et Ouzbeks se promènent, eux aussi, dans la ville marchande. Des peuples hétérogènes s’organisent donc ici, largement identifiables grâce à leurs traits et leur costume caractéristique mais aussi, quoique de façon moins visible, par leur langue et leur alphabet. L’ourdou est le langage officiel du Pakistan mais les Baloutches et les Afghans, pour ne citer qu’eux, utilisent l’alphabet arabe et écrivent en farsi. Le Pakistan et l’Afghanistan sont peuplés de minorités ethniques et confessionnelles. Leur Etat ne parvient pas à les cimenter en une unité nationale car toutes luttent encore entre elles, soit pour le pouvoir, soit pour l’indépendance ou encore, même, quelquefois pour la simple légitimité d’exister. Et cela contribue, comme on l’a vu, à renforcer les organisations islamiques, puisque l’islam est le seul drapeau qui puisse les rassembler. Le général Mousharaf, maître actuel du pays, s’est lancé, aux côtés des Etats Unis, dans la guerre contre les talibans et Al Qaïda. Son pouvoir est contesté par une partie de la population, ainsi que l’appui des Etats-Unis, mais il est maintenu au pouvoir grâce à une force armée imposante. Cela lui permet de recevoir l’aide de la communauté internationale et ainsi, de persévérer dans la démocratie, la lutte contre le grand banditisme, le terrorisme et la corruption tout en favorisant le développement économique. Le Pakistan a une croissance annuelle d’environ 6%. La France, en comparaison, a aujourd’hui une croissance de 0, 2%, autant dire nulle. L’Afghanistan, quant à lui, a une croissance en augmentation, mais l’argent provient pour un tiers des dérivés du pavot, sans réelle culture de substitution rentable… Les tirs de mitraillettes qu’on entend la nuit ne nous rassurent pas, même si notre hôte reste tranquille et dit qu’il n’y a pas de danger. Forcément, lui se remplit les poches. Dans le journal, assassinats, règlements de comptes et prises d’otages sont quotidiens. Le grand banditisme, comme partout, n’a pas intérêt à ce que le gouvernement s’impose. Il tente de créer la discorde pour continuer tranquillement ses affaires. Aujourd’hui, c’est la grève. Une nouvelle grève pour protester contre des réformes institutionnelles. Nous préférons ne pas sortir. Ambiance décontracte. Pression diffuse. Pakistan, le 02 avril 2005.
Petite promenade ce matin dans le vieux bazar de Peshawar. Il fait chaud, les ruelles étroites s'effilochent comme des brins de soie de toutes les couleurs. Pour passer plus inaperçu, j'ai mis le déguisement complet avec le chapeau pachtoune et je me promène au hasard du centre ville... Je vois les femmes en bourka choisir leurs strings et leurs petites tenues coquines… Elles ne doivent pas avoir grand chose dessous et puis, on ne voit que leurs yeux, mais quels yeux ! Voici, cachée, l'entrée d'un joli jardin qu’entoure un temple chrétien orthodoxe du XIIIème siècle. Je montre mon passeport. La kalache se baisse. Le sourire du gardien : – Christian ? – Yes, I'm French. – Ok come. Me voilà sur les bancs de ce petit temple dans un silence apaisant, avec un garde du corps, kalachnikov en bandoulière. Mais ici, même les magasins sont parfois protégés par des gardes armés. Et non pas seulement les temples. Ce garde règle seulement l’entrée du lieu. Chrétiens, en effet, nous sommes à l’honneur chez les Pakistanais puisque nous sommes des gens du Livre et Jésus est pour eux, lui aussi, un prophète… Cet après-midi, je vais pousser jusqu’au Smuggler Bazar dans la zone tribale, là où se vend, au kilo, le fameux haschich appelé shiras et, là aussi, où se fabriquent les armes. Alors, j’organiserai leur acheminement, par le réseau de contrebande libanaise, jusqu'en France où je ferai, cet été, mon coup d'Etat. Mais en attendant, je m'achète, au kilo, des fraises délicieuses, les trempe dans la crème et après ça les dévore délicatement une à une. Puis, je sirote une tasse de kawa, le thé vert de Chine aromatisé de cardamomes que j’accompagne d’un de leurs petits pétards tout frais qui rendent si léger et gai. Le tout, de la terrasse qui surplombe la petite place de Saddar Bazar. Pour le coup d'Etat, on verra demain...
La zone tribale
À quelques kilomètres de la ville, une semi-frontière indique le passage dans la zone tribale non administrée par le Pakistan. Elle s’étend jusqu’à la véritable frontière, sur la passe de Kyber, où sont regroupés les réfugiés afghans qui ont fui les talibans aussi bien que les bombardements américains. C’est dans cette zone que sont recrutés les terroristes et organisés des camps d’entraînement. C’est là aussi, tout près, qu’on a encore dernièrement bombardé un village, faisant une vingtaine de morts civils, pour atteindre, d’après un communiqué de presse américain, un des organisateurs des attentats du 11 septembre, qui se cachait là. C’est ici enfin, que sont fabriquées les drogues à base d’opium et les armes, dans des entreprises, et c’est le comble, que nous pouvons visiter… Un petit magasin, tout ce qui il y a de commun, avec en rayons, différents produits. Le patron, chauve et rasé, a une tête de Russe ou au moins de Kazakh. Il est habillé à l’occidental et ne quitte pas son téléphone portable. Pour faire le malin, il me met un kilo de haschich dans une main et un autre d’opium dans l’autre, pour que je goûte, avant de me demander, tout sourire, combien de kilos j’en veux. Après avoir choisi quelques grammes de chaque, que je paye une misère, et bien défoncé par tous les joints que ses acolytes roulent là dedans, le gentil monsieur m’annonce de faire extrêmement attention en sortant, et plus encore à la frontière, si je ne veux pas me retrouver en prison. Des policiers du gouvernement, en civil, se promènent partout et évidemment, choisissent les petits rigolos comme moi, pour leur faire cracher des tunes. Merci du conseil, mec, ça me rassure. Et en plus, vu que j’ai fumé, je n’ai pas du tout tendance à être parano... Il aurait mieux valu ne rien me dire et que j’avise, confronté à la situation, plutôt que d’y penser sans cesse et qu’en fait il n’arrive rien. Je sors du magasin par la porte de derrière, comme on m’indique, et je pars tête basse à travers le marché pour arrêter le premier bus en partance. Je ne fais pas le malin, cela va sans dire, mais enfin me voilà dans le bus et bientôt la frontière est passée. Le gars à côté de moi, un jeune aux yeux bleus avec une grande barbe blonde, me fixe depuis un moment entre consternation et émerveillement, pour finalement me marmonner du fond de la gorge : I’am al Qaïda ! Le pauvre gars n’avait certainement jamais vu d’occidentaux et ne s’attendait pas à en trouver un, assis à côté de lui dans ce bus. Il me sourit maintenant qu’il a craché son morceau, bien que d’une façon un peu troublante… Un espion américain en train de se foutre de ma gueule ?! Comme j’essaie d’entamer la discussion, je me rends compte qu’il ne sait rien dire d’autre en anglais. Mais mes questions attirent l’attention d’un autre gars debout qui, lui, parle parfaitement anglais. Je veux qu’il fasse l’interprète, enthousiasmé que je suis de rencontrer un membre supposé de la fameuse organisation, mais ils s’embrouillent très vite et le jeune étudiant debout a bien trop de questions à me poser pour perdre son temps avec l’autre qui paraît finalement peu intéressant. Je ne sais pas, d’ailleurs, s’il m’apprendrait quelque chose que les médias n’aient pas déjà raconté, amplifié. Je ne sais pas si je n’en sais pas sur Al Quaïda plus que lui-même car la presse ne parle que de ça depuis les attentats. Terrorisme par-ci, islam par-là ! Enfin, il n’a pas de haine puisqu’il me regarde avec un sourire ravi, heureux de me rencontrer, comme si nous devions bientôt disputer une partie de criquet et que nous appartenions chacun au camp opposé. Soit il se fout de ma gueule, soit je ne comprends rien et on nous raconte des conneries. Mais je pense surtout que nous prenons ça trop au sérieux. Ce gars-là n’ira pas poser des bombes dans nos pays. La pression monte à force d’en parler tout le temps, la pression monte comme si on voulait d’autres bombes, comme si on cherchait des ennemis pour nous faire la guerre. Oui, c’est exactement ce que nous faisons car, partout dans le monde, on suit les mêmes informations, qui en rajoutent tout le temps, qui montrent le pire et je me demande si ce n’est pas ça qui nous excite tous… Afghan de Kaboul, l’autre jeune ainsi rencontré, étudie l’informatique dans l’université de Peshawar, avec une petite bourse de l’Etat qui lui permet de louer un appartement où il m’emmène boire le thé. Nous passons la soirée à discuter vivement de tout ce que je viens de vous raconter, si bien qu’il veut m’emmener le lendemain dans sa famille à Kaboul, me promettant qu’il n’y a rien à craindre, que son magnifique pays, encore sous perfusion financière internationale, va sortir du sous-développement grâce à la motivation des jeunes universitaires et surtout, s’ils ne sont pas abandonnés aux mains des extrémistes. J’étais d’accord évidemment pour me rendre à Kaboul avec lui, mais nous avons oublié une chose importante : le visa ! Il n’y a pas moyen de passer la frontière en disant simplement, je vais faire un tour et reviens dans quelques jours. Il faut un tas de paperasses, plusieurs jours d’attente et aussi, une bonne vieille prise de sang !? Quelle idée détestable ces frontières politiques qui séparent des peuples communs et réunissent des ennemis irréconciliables…
À Peshawar, comme partout au Pakistan, on ne peut pas demander un renseignement sans être immédiatement conduits où on veut aller, sans être invité à boire le thé et, toujours, sans possibilité aucune de rendre quoi que ce soit. Hospitalité, solidarité, personne ne vous laissera tomber. Au contraire, chacun prendra un peu de son temps pour vous faciliter les choses, vous aider du mieux qu’il peut… Je cherchais un magasin de chapeau. En voulais un pachtoune, depuis que les médias français ont fait des documentaires sur le commandant Massoud - toujours avec son chapeau - que nous avons financé pour la lutte contre les Soviétiques et ensuite contre les talibans, avant qu’il ne se fasse exécuter la veille des attentats du 11 septembre. Il était l’idole de la résistance afghane, candidat de la démocratie et surtout le plus grand opposant aux talibans contre qui il tentait de rassembler une nouvelle fois le peuple. L’attentat qui l’a tué, le 10 septembre 2001, est une coïncidence qui n’en est pas une… Bref, je voulais ce chapeau, que beaucoup portent ici mais je ne trouvais pas, dans les ruelles commerçantes du centre ville, de magasins qui en vendaient. C’est ainsi que nous avons rencontré un grand monsieur, homme de prestance, dignitaire de la région, qui est venu avec nous à travers la ville, s’est engagé dans les négociations sur le prix du chapeau - je ne sais même plus qui, de nous ou de lui, a payé - puis il nous a emmenés dans une tchaïkhane prendre le thé et discuter paisiblement. Enfin, il voulait nous raccompagner jusqu’à notre hôtel en bus, même si, discrètement, il regardait sa montre. Tout ce temps pris pour nous servir, alors qu’il devait avoir tant de choses importantes à faire, montre à quel point les Pakistanais ne sont pas des barbares comme veut bien le dire la presse, et comme ils sont passés maîtres de l’hospitalité. Nous avons eu bien du mal à lui refuser de nous raccompagner et il nous a serré chaleureusement la main avant de disparaître dans la foule. C’est ainsi chaque fois que vous demandez un renseignement et c’est avec un énorme plaisir qu’on vous répond et vous aide. C’est un devoir pour eux de pratiquer l’hospitalité, c’est exact, mais c’est tellement rentré dans les mœurs qu’ils y prennent un plaisir immense et en obtiennent une satisfaction profonde.
Notre temps à Peshawar est écoulé. Demain matin, nous reprenons la route d’Islamabad pendant que d’autres poursuivent leurs démarches pour se rendre en Afghanistan. Un Argentin, notamment, qui profite de l’hospitalité des mosquées où il dort le plus souvent, pour continuer son apprentissage théologique de l’Islam. J’ai beaucoup de regret de ne pas me rendre en Afghanistan après nous être tant attachés aux Pakistanais. Le voyage promettait d’être exceptionnel car les Afghans que nous voyons et que nous rencontrons semblent eux aussi très chaleureux. Enfin, ce sera pour un autre voyage. Nous ne verrons pas Kaboul, non plus Mazâr-E Charif, Kandahar… Mais, nous verrons Quetta, ensuite les villes légendaires de Chiraz, d’Ispahan en Iran, si demain nous avons notre visa. Et puis on ne peut pas tout voir. Apprendre à se satisfaire ! Apprendre à se satisfaire ! Ça ne rentrera pas !
Retour à Islamabad.
Notre passage dans la capitale, à l’aller, a été rapide. Le temps de déposer notre demande de visa à l’ambassade d’Iran et nous repartions sur la route de Peshawar. Une amie d’une amie d’une amie iranienne a proposé de nous donner ses coordonnées à Téhéran. L’ultime chance de rentrer dans ce pays qui n’accepte pas facilement de donner un visa touristique à des occidentaux, tout en promouvant le tourisme dans les pays arabes davantage susceptibles d’apprécier à sa juste valeur l’art perse… Nous verrons bien et sinon, nous trouverons une autre solution... La prise de sang pour l’Afghanistan… Ou bien, le visa de transit qu’on ne peut normalement pas nous refuser une fois arrivés à la frontière iranienne. Mais ce visa ne nous laissera que sept jours pour traverser le pays, ce qui serait regrettable. Le minibus nous dépose à Rawalpindi sur une vaste plaine où les véhicules motorisés ont remplacé définitivement les caravanes de dromadaires qui y ont pourtant séjourné durant des siècles. Les temps changent. Aujourd’hui, ils changent très vite. Ainsi, tous les voyageurs qui sont passés ici ont vécu une histoire différente, bien que cet itinéraire ait été parcouru et raconté des centaines de fois. En voilà une de plus… Visa iranien obtenu. 5 .000 roupies pour un bout de papier collé sur notre passeport. On s’offre le plus prestigieux restaurant de la ville. Arrivés en taxi devant l’hôtel Palace, nous empruntons l’allée illuminée jusqu’à l’entrée du grand hall où une nuée de pétasses nous ouvrent les portes du luxueux salon. Derrière des fontaines et des lumières tamisées, des hommes traitent leurs affaires. Ces barbus en cravate et lunettes teintées me font penser aux mafieux bulgares affichant sans crainte leurs magouilles et leur fortune. Prière de nous asseoir autour d’une table dignement dressée. Le repas est frugal. Une gorgée d’eau avalée est immédiatement remplacée. Dommage qu’ils ne servent pas de vin. 600 roupies chacun, environ 10 euros pour pas grand-chose. Les kilos égarés le long de ce voyage ne seront pas repris ici. Il faudra attendre de rentrer chez maman…
Retour sur mon lit. Tombent en s’émiettant, virevoltant, les morceaux de peinture du plafond, sur mes mains comme des mots. Sur mes yeux fermés. Mes rêves sont agités. Islamabad est un carrefour. Au nord, en s’enfonçant dans les montagnes, on rejoint Gilgit puis la Chine. Deux semaines, tout au moins. Arrêtés parfois par des éboulements. Des ponts écroulés dans l’écume de la fonte des neiges. Par l’armée. La montagne. Le froid et l’hiver. La boue et la misère. Je ne veux pas aller au nord. J’abandonne Daoud et prends la route de l’ouest. Te rejoindre. Nos chemins ne se croiseront pas, m’as-tu écrit. « Je ne t’attendrai pas. Je n’aime pas attendre. Je suis impatiente... » Et moi, tu me saoules. Je ne vais pas te courir après. Je ne vais pas te rejoindre sur un coup de tête. Nous sommes maintenant séparés depuis un mois. Et encore deux mois minimum de terre inconnue restent à franchir pour tes beaux yeux. Des yeux que je verrai dans les céramiques de Mechhed, dans les eaux pures des oasis, dans les mirages du désert. Ça me suffira. Où sont les belles promesses d’une relation qui devait être libre dans l’espace et dans le temps. Nos chemins ne se croiseront pas, alors. Va te faire foutre si tu n’es pas capable de poireauter sur une chaise longue de la Méditerranée, que je te retrouve nue et bronzée un soir de printemps turc ou grec. Va ton chemin et ne m’écris plus pour me dire que tu t’ennuies de moi, que tu te morfonds de solitude, que tu as envie de me voir maintenant et peut-être plus, bientôt. Crois-tu que je serais assez con pour traverser l’Iran, sans la voir, pour une femme qui m’abandonnera dès qu’elle sera lasse... Oui, je suis assez con. Oui, je prends la route de l’ouest. Le train traverse la moitié du pays, les palmeraies des confluents de l’Indus, le blé vert du printemps dans les plaines, les champs de coton de Faisalabad, les marchés de Sukkur, l’entrée dans les roches dorées du Baloutchistan, les précipices de Sibi, les tunnels, les check points, les barbes et les kalachnikovs. Autant de paysages qui défilent comme les sentiments de mon cœur. Rien de meilleur qu’une ouverture dans un compartiment de train pour les jeter un à un dans l’oubli. En arrivant à Quetta. J’ai changé d’avis. Tu feras bien ce que tu veux. Et moi aussi.
Baloutchistan Quetta.
Daoud est finalement resté avec moi. Armand et Julie, partis quelques jours avant nous, nous accueillent à la gare de cette ville qui nous effrayait tant, dans l’ordonnancement de notre voyage. Depuis Istanbul, nous parlions de la ville des talibans au Pakistan. La ville anti-occidentale… Et puis… Nous y sommes. Quelles gueules ils ont, c’est impressionnant ! Ces regards, ces visages, ce style ! Longs turbans qui tombent, barbes superbement taillées, yeux clairs sur peau tannée, cisaillée, couleur de cendres. Dignes comme des boucs, balafrés, sévères… et puis souriants, une paille dans la bouche sirotant un coca cola ! Une image incrustée dans ma mémoire mais que j’aurais bien voulu montrer au monde qui m’entoure. Ces vieux bougres, taillés dans le roc de la montagne, dont les mains sont plus larges que des pelles, la barbe mouillée par des bulles de coca cola ! Il faut traverser des paysages lunaires, des champs de rocs et de sable, des montagnes hirsutes, déchirées sous un ciel bleu piqué de vautours, pour boire ça ! Du coca cola ! Une terre inhospitalière dans un monde séparé du monde à l’infini des montagnes et du désert. Un canal ensablé et vibrant de moustiques, l’ombre de quelques arbres et le terminus d’une gare suffisent, dans ces lieux, pour établir une ville plus légère qu’un songe dans un cirque de montagnes absolument nues et disproportionnées. Une ville éparse, légère, pleine de répit, où d’innombrables pacotilles arrivées là à mesure des années s’accumulent comme dans un grenier poussiéreux. L’échine de la ville, Jinnah Road, l’avenue principale, semble appartenir à un décor de western avec ses bâtiments sans étage et ses vitrines en bois vernis. Des vieillards enturbannés, de grande prestance, flottent sur des vélos silencieux*. De vieilles roulottes en bois, séchées à craquer par le soleil, promènent des épaisseurs de tissus en forme de femmes dont les yeux sont les fenêtres des prisons. Quetta : 1.800 mètres d’altitude, 200.000 âmes, et quelques chameaux. La Perse dort dans son manteau de sable à 800 km à l’ouest d’un désert hostile. Au nord, une petite route militaire traverse la zone des cultures, s’engage dans une plaine aride puis s’élève jusqu’au col de Kodjak et aux massifs de la frontière afghane. Au nord-est, un embranchement de la voie ferrée gagne Fort Sandeman au pied des Monts du Waziristân. Quelques clans Pathans les habitent avec leurs troupeaux de chèvres et de chameaux qui, la transhumance venue, gagnent la passe de Bolan sur la route du sud et descendent dans les prairies douces de l’automne. Voilà pour les points cardinaux. Rien ne pèse sur la ville solitaire, distante de plusieurs centaines de kilomètres de tout autre rassemblement humain*. Elle vit donc à l’écart du monde, dans une échelle de temps étendue comme le désert, et dont la quiétude est seulement bouleversée lors de tremblements de terre…
À l’heure dite, une douzaine de croyants, tout en barbe et en prière, s’agenouillent sur un carré de pelouse, dans la cour de l’hôtel. Le thé servi, on reprendra la discussion où on l’avait laissée. Daoud et Armand chatouillent la guitare dans la chambre et je l’entends rire. Julie s’est attelée aux Cavaliers de Kessel. J’essaie de faire des ronds de fumée, sans pour autant y parvenir, accoudé à la rambarde de l’étage, tantôt plongé dans l’observation de la montagne, derrière lesquelles le soleil disparaît dans les champs de prières, tantôt dans le théâtre de la rue où quelques bergers nomades, droits sur leur monture et suivis de leurs chèvres, défilent en soulevant la poussière. Poussière aussitôt déposée sur les fruits et légumes de l’épicier iranien, aussitôt soufflée par son boy de dix ans qui ressemble à mon petit frère. Quand je descends prendre le thé, il s’assoit en face de moi, tout sourire, pour partager ses bonbons, partager son plaisir… Il me ramène à des milliers de kilomètres, là où j’ai laissé mon enfance, dans cette petite chambre qui n’aura pas changé, loin derrière ces montagnes où, déjà, la nuit est tombée. Alors, je revois la maison, les rivières, les champs, les forêts qui m’ont vu grandir et qu’il me tarde de redécouvrir. Le voyage m’a montré finalement à quoi ressemblait chez moi, de quoi était faite ma vie et quels étaient les gens qui comptaient pour moi. Par comparaison, avec la distance, on s’éloigne seulement pour mieux voir, pour apprécier davantage ce que nous avions trop vu et trop entendu.
Voyager. Être nomade. Chaque semaine entrer dans une nouvelle atmosphère, découvrir un autre monde. Si longtemps. Tant de fois. Perdus dans les paysages, dans les villes. Survoler les hommes, leur environnement, leurs motivations et leurs âmes. Vivre de leurs illusions. Partager leurs univers. Au moins quelques instants. Mais rien de tout cela ne t’appartient. Ce n’est que la vie des autres. La tienne ne peut être faite de tous ces morceaux qui, ensemble, n’ont aucun sens. Tout s’agite et tu restes là, à contempler. Indifférent. Inutile. L’eau reflète sans même se troubler. Miroir, voleur d’images et d’émotions. Le décor te prête un instant ses couleurs…Devenir invisible. S’oublier. Apprendre de l’infini en accord avec le temps. Et puis rentrer. Rentrer avec tout ce désordre. Avec toutes ces idées. Ces rêves qui seront comme ceux d’un autre…Ce n’est pas un retour, seulement un autre lieu du voyage où l’on est déjà passé. La vie est un voyage. Ce n’est pas un retour mais une nouvelle arrivée. La vie, là-bas, aura changé à jamais. Ce qu’on a connu ne se matérialisera plus. Il n’y a plus rien de stable. Rien, depuis si longtemps, à quoi s’accrocher. Tout se ressemble. Rien ne s’assemble. Tout s’est écroulé. Quelque chose renaîtra derrière. Une nouvelle personne est née…
À qui sait attendre.
Les têtes d’agneaux sont entassées sur une table, tirant la langue aux passants, les yeux clos. À côté, quelques marchands de maigres légumes, d’épices essentielles et de vieilles étoffes dans un marché oublié au fond d’un quartier. Puis des armes, lasses de faire la guerre, qui se reposent allongées les unes contre les autres. Nous sommes au marché du quartier des réfugiés afghans qui sont nombreux dans la ville de Quetta proche de celle de Kandahar. Avec ces armes, autres déserteurs d’une guerre qui n’en finit pas : ceintures, casques, chaussures, drapeaux américains. Puis encore, ici et là, babouches retapées, chemises défraîchies, rapiécés et… broderies, dentelles sur étoffes raffinées, mêlées aux chiffons… Mes yeux ne lâchent plus ce bout de tissu camouflé sous les nippes. Je l’en sors, l’admire, telle une fragile princesse oubliée dans un monde de guerriers. Broderies vraiment fines. Long travail sur un tissu de qualité qui, si nous n’étions pas dans ce taudis, passerait aisément pour de la soie. En fouillant bien, nous dégotons quelques robes uniques au monde. Combien pour celle-ci ? Oh, pas grand-chose. Ce bazar ne vend que les biens de démunis qui ne désirent plus que manger. Le commerçant voisin, avisé des singuliers visiteurs, vient dire bonjour. Assis sur les tapis devant la devanture de planches, nous buvons le thé ensemble en bavardant car ici, le commerce est avant tout une relation sociale. Puis, chacun des commerçants vient nous présenter ce qu’il a de plus beau en robes. Souvent, ce qui leur semble beau ne nous plaît pas et ce que nous choisissons leur paraît dénué de valeur. Finalement, nous achetons cinq robes dentelées, brodées et colorées. Les Afghans sont contents, ils ne pensaient jamais les vendre. Aujourd’hui, à Kandahar, on ne porte plus ce style car il laisse la nuque nue... En France, nous n’en sommes pas là. Elles seront portées avec fierté. Leur prix est moins élevé que celui du nettoyage. Au pressing, l’homme nous dévisage de toute sa moustache. Combien pour nettoyer cette robe ? Il déplie, regarde, réfléchit : « 100 roupies. » « Non, non, c’est plus cher que le prix d’achat, nous en avons cinq alors combien pour le lot ? » « 500 roupies. » Le bougre ne veut rien lâcher. Il est froid et intransigeant. Sur son visage semble marqué, si vous n’êtes pas contents, allez voir ailleurs. Il n’y pas d’ailleurs. On essaie de négocier encore mais il n’y a rien à faire. Ok alors, pour 500 roupies. Mais tachez que ce soit bien fait. « Quand pourrons-nous venir les chercher ? » « Demain. » Le lendemain, nous achetons cinq nouvelles robes en retournant au marché afghan. Les marchands nous les avaient mises de côté après les avoir retrouvées dans leur souk. Discussion, thé, nous retournons ensuite à ce que l’on pourrait appeler le pressing. Le monsieur nous reçoit toujours sans sourire. Les robes ne sont pas prêtes. Combien pour les cinq nouvelles ? 500 roupies de plus, il dit comme si on était vraiment des cons. Pas moyen de négocier à nouveau. Heureusement qu’on ne les a pas payées cher. Nous devons revenir le lendemain. Elles seront prêtes. Nous repoussons donc notre départ. Déjà plus d’une semaine que nous sommes dans cette ville. En attendant, les jeunes du café Internet me font écouter de la musique dans la journée et, le soir, on parle ensemble de tout et de rien mais aussi de politique, de religion alors que ces sujets sont assez tabous. Celui qui tient le café a fait ses études à Karachi, la plus grande ville du pays sur la côte de l’océan indien, qu’il compare à une ville américaine. Puis il est revenu dans sa ville natale où il tente aujourd’hui d’organiser de petites manifestations culturelles autres que religieuses. Une nouvelle personne qui aimerait que ça change mais il sait devoir laisser le temps au temps. Les anciens demeurent ceux qu’on doit avant tout respecter. On ne bouscule pas des mœurs millénaires en une journée. À la fin de sa vie, il énumérera les choses qui auront changé. Et lui-même devra alors être à son tour respecté. Ainsi, rien ne doit aller trop vite, plus vite que le cycle des générations… Pourtant, chez nous, les anciens disent souvent être dépassés. Il est minuit passé quand je le quitte. Le lendemain, nous nous rendons au pressing, nous attendant à trouver les mêmes visages fermés et méprisants. Mais c’est tout le contraire qui arrive. Les robes sont prêtes, emballées très proprement. Nous sommes priés de passer derrière le comptoir du magasin. Alors, on nous paie le thé, l’incontournable joint de haschich et on s’ouvre enfin, jusqu’à nous traduire les messages des infos régionales de la télévision qui se divulguent au moment même. Avant de partir, gênés, nous recevons en cadeau deux shawar kamiz neuves qui valent, chacune d’elle, plus que le prix des robes et des nettoyages réunis… Dernier jour à Quetta
À l’étage enfumé d’une tchaïkhane, dans le brouhaha de voix d’hommes, quelques jeunes chrétiens entreprennent de monopoliser notre attention. Rien ne permet de les différencier des autres personnes avec qui nous bavardons car tous portent la barbe. Ce n’est qu’une fois sortis du bar, alors qu’ils insistent pour nous emmener dans leur quartier, qu’ils nous montrent une petite croix sur leur torse, accrochée au bout d’une chaînette. Nous sommes en effet, nous aussi, chrétiens de culture mais rien ne permet d’affirmer que nous le sommes encore aujourd’hui… Ce serait long de leur expliquer. Nous les suivons donc à travers les rues et allons visiter en premier la petite église qui n’est rien d’autre qu’une salle de classe avec un tas d’ornements peints et dessinés par la population jusqu’au tableau de Jésus qui arbore, ce qui est rare, un grand sourire. Dans la rue, nous partageons une partie de baby-foot avec les gamins du quartier. Il est assez rare en Inde et au Pakistan de trouver des adeptes du football. Il y en avait à Goa seulement, sans doute après la longue présence portugaise. Les footballeurs se ressemblent malgré tout de par le monde. Très vite, la partie se transforme en un match capital de world cup entre la France et le Pakistan. Les jeunes supporters sont au comble de l’agitation et une bagarre de petits poings éclate bientôt entre les enfants, nombreux autour du jeu. Les acclamations pour Zidane résonnent mais trop tard. C’est l’échec ; la France perd. Et il n’y aura pas de match retour cette année. Le calme revient et le championnat de rue pakistanais peut reprendre… L’étage d’une maison de la même rue sert de salle de musique. On nous fait visiter puis nous asseoir, avant de nous servir le thé pour patienter, le temps que des enfants courent chercher des musiciens pour improviser un concert. Toute la rue est au courant de notre présence et les enfants, surtout, se montrent derrière la petite fenêtre pour nous regarder. Le concert est vraiment sympathique. Mélange de musique traditionnelle pakistanaise, de chansons d’églises et…la musique du film Titanic. Original. Original aussi de se trouver ici, adoptés, invités à manger, à dormir et à rester indéfiniment. Un autre regard sur la religion chrétienne laissée à l’abandon dans ce coin du monde. Dans la nuit avancée, nous traversons une dernière fois cette ville pour rejoindre l’hôtel. J’ai le sentiment de les avoir abandonnés. En marchant dans la rue, les images de nos journées se superposent à celles de cette nuit. La ville est nue sous les étoiles, les rues balayées par le vent piquant, le quartier chrétien sans les enfants, le marché afghan sans couleur et sans vie, le boulevard des banques et des hôtels sous la lumière fade des néons. Abandonnés à jamais, puisque demain nous partons.
Khuda hafiz Pakistan.
En quittant Quetta en fin d’après-midi, le soleil effleurait déjà l’horizon et rendait aux roches pourpres la couleur des cendres rougeoyantes. La route s’élançait tel un rail de fête foraine entre les crêtes monumentales, s’ouvrant et se refermant, montait aux cols et dévalait les plaines sans fin. Je regrettais déjà de traverser le désert du Baloutchistan de nuit... Que n’avais-je pas vu : assurément montait aux astres, la Lune, d’une rondeur et d’une clarté qui, du fait de notre altitude, m’hypnotisait comme une prodigieuse illusion. J’ai su alors que ma nuit serait blanche. Plaines de sable, de cendres, roches striées, acérées, géantes, villages confondus, troupeaux dispersés, ombres enturbannées, barbes dessinées. Le tout d’un gris léger et doux sous l’œil fascinant de notre corps céleste. Paysages époustouflants ! Notre bus filait à travers les ornières. Les heures s’écoulaient sans qu’un bâillement ne fasse cligner mes paupières. Mes pensées de clair de Lune emplissaient mon esprit d’une sérénité à toute épreuve. Une nuit d’amour ! Le bleu sombre de la nuit s’éclaircissait déjà en rose humide du matin. Les bras écartés au vent, le visage rafraîchi par les ablutions, je n’étais que béatitude et ma prière à moi n’en était que plus profonde. Un matin de voyage où, plus prompt que le soleil lui-même, j’embrassais cette journée née devant moi. Mon désir de la vivre me brûlait plus encore que les premiers rayons aveuglants du soleil blanc des déserts. Nous rentrions triomphants, ivres de nouvelles connaissances, dans cet énigmatique pays qu’est l’Iran ! Rien ne pouvait me rendre plus vivant et plus libre qu’une telle nuit. Un souvenir me revint alors, une question, une seule, qui fit s’effondrer en moi l’espoir, ce jour-là, avec celle que je souffrais d’aimer : Que vas-tu chercher là-bas que tu n’as pas ici ? Sans rien dire, je suis parti. Les mots ne pourront jamais décrire ne serait-ce que le parfum du vent et son corps remplacer les sensations que j’éprouve en voyageant.
* Nicolas Bouvier
Une brise légère inclinait les jeunes pousses de blé dans la plaine. Le printemps rendait son vert à la végétation et le soleil resplendissait sur la route que nous parcourions en vélo pour rallier la frontière pakistanaise distante maintenant de quelques kilomètres seulement. Devant les bureaux de la douane, peu de personnes attendaient. Quelques familles, séparées depuis cinquante ans, comme par le mur de Berlin, et qui, depuis peu, avaient le droit de se rendre visite… La région du Pendjab fut partagée en deux pour créer le Pakistan, un nouvel état regroupant les musulmans de l’Inde, lors de l’indépendance en 1947. Cela ne se fit pas tout seul. En effet, sur cette route, dix à quinze millions de réfugiés traversèrent la frontière, juste tracée sur les cartes d’un manuscrit des bureaux de la Royal British Compagnie, en Angleterre, dans les cris d’assassinats et de brûlés vifs. Cinq cent mille morts. Hindous et musulmans. Tous Indiens pourtant mais qui se déchiraient alors entre eux, malgré les discours de réconciliation du Mahatma Gandhi. Dans les bureaux de la douane, le fonctionnaire inspecta nos passeports et nos visas qui prenaient fin le jour même, puis leur donna un coup de tampon avant de nous laisser libres. Mais, en sortant, le vent enragé s’engouffra par la porte ouverte. Dehors, un ciel nébuleux s’écrasait sur l’horizon violet bourdonnant de tension. Un tourbillon de sable et de pluie balayait l’espace et envolait les tôles arrachées aux toits. Le vent pleurait comme un nouveau-né. Nous n’osâmes pas sortir. L’ouragan nous tenait enfermés dans les bâtiments administratifs de la frontière comme un mauvais présage. La nuit avant la nuit, l’impossibilité de sortir, l’atmosphère d’une frontière militaire colorée d’uniformes, les portes qui s’ouvraient toutes seules et laissaient rugir le vent dans le hall, rendaient nos âmes méfiantes quant à l’avenir et répandaient sur nous l’angoisse et la tristesse de partir… Sans doute avions-nous oublié quelque chose. Peut-être de leur dire adieu. Alors adieu, peuple indien, enfant peureux et sage qui nous a toujours respectés, appris, entraînés dans ses rires et ses joies de tous les jours, quelles que soient les circonstances. Nous reviendrons un jour, mais aujourd’hui, malgré la peur, nous ne pouvons pas faire demi-tour. Devant nous, la tempête s’apprête à nous emporter et derrière, la porte s’est refermée... Si ce temps, arrêté ici, nous est alloué pour, une dernière fois, te rendre hommage, je m’assois dans le coin de ce mur, sur mon sac, et, en attendant que la colère du ciel s’estompe, je pense à toi… Combien de fois m’as-tu fait pleurer de rire, au réveil, avec tes enfantillages, ton insouciance et ta simplicité ? Je te revois chaque journée me parler, négocier et mentir toujours sans sérieux, sans gravité, tout en te méprenant et feignant de ne pas t’en rendre compte. Peuple de l’Inde, heureux tous les jours, sous le soleil, sous la pluie, dans l’opulence comme dans la misère, nous t’avons laissé un peu de nous-mêmes, gisant dans la poussière, contre tout ce que tu nous as donné, appris : à savoir qu’on a tout et qu’il ne tient qu’à nous d’être heureux. Encore merci et adieu. Le cœur chargé de ces émotions qui nous ont secoués et marqués à jamais, nous avons repris la route avec Daoud, mon ami, mon frère, mon compagnon. D’un bond, nous avons franchi la porte et couru sous la pluie et le vent, dans la zone de no man’s land avant d’atteindre les bureaux de la douane pakistanaise. Un autre monde se dessinait déjà à travers les visages que nous ne reconnaissions pas. Puis, le compte à rebours s’enclencha de nouveau, au moment ou le tampon d’entrée s’écrasait sur nos passeports. Un bus grillagé nous emmenait déjà autre part pour nous abandonner dans une ville rendue grise et sale par la pluie, sans chaleur, une pluie dans les rues comme dans notre cœur. Pieds nus, courbés sous la capuche de nos sacs, pataugeant dans la boue, on devait trouver un refuge, un lieu où on serait accueilli et où on pourrait reprendre haleine et confiance. Enfin posés et calmes, nous apercevoir que ce n’était pas plus un mauvais présage qu’un orage. Nous étions au Pakistan.
Apprendre de l’infini en accord avec le temps Pendant cinq jours, nous ne sommes pas sortis de l’hôtel. Ou si peu. Nos rapides passages dans les rues nous ont refroidis. En effet, ce n’est pas l’atmosphère bon enfant de l’Inde. Le sourire est remplacé par la grimace sévère et le mépris. Mais j’espère que nous nous trompons. Il faut apprendre ce nouveau pays, cette atmosphère différente avant de s’y sentir bien. Le choc des civilisations est sensible. Tout le monde nous souriait en Inde pour une raison ou une autre. Personne ne sourit ici. Du moins, personne ne m’a encore souri. Pas de flatterie naïve, de politesse anticipée et de phrase puérile, inutile ou intempestive. Nous sommes revenus chez les hommes fiers et durs. La péninsule est si large qu’il est difficile, en Inde, d’imaginer que cette terre rouge puisse cesser quelque part, pour laisser place à d’autres pays. Les principales frontières sont formées par deux océans immenses de chaque côté et l’Himalaya infranchissable au nord. L’Inde est un monde isolé qui se suffit à lui-même. D’ailleurs, il est difficile de discuter avec la plupart des Indiens qui n’ont en général que très peu d’idée de notre civilisation. Les problèmes internationaux leur échappent le plus souvent. De cinématographie ; ils ne connaissent que la leur. Enfin, poser des questions sur leur culture relève du défit tant elle est confuse et incomparable. À l’inverse, les Pakistanais sont sur la même planète que nous, ils s’intéressent aux même choses, ils ont les mêmes préoccupations et une vision sur le monde entier que les Indiens n’ont pas. Ils ont, par ailleurs, des origines perses en plus d’être ouverts au nord sur les peuples d’Asie centrale et de Chine grâces aux anciennes routes commerciales comme celle de la soie. Enfin, les rapports privilégiés qu’ils entretiennent aujourd’hui avec les Américains, les font pénétrer directement dans le champ international, vers la globalisation. Malick Internet Inn
L’hôtel est situé au carrefour de l’avenue Jinnah et du Régal cinéma. Un petit écriteau au-dessus d’une porte située au fond d’une impasse indique son entrée. D’un côté, le parfum des chapatis brûlants du boulanger. De l’autre, un magasin de type occidental où l’on trouve les choses de chez nous que nous n’avions pas vues depuis longtemps, comme la mayonnaise et le chocolat. En face, les excellentes glaces à la fraise attirent toute la ville dans un magasin spacieux mais toujours bondé. Et qui aurait dit qu’au Pakistan, les barbus, avec leurs turbans sur la tête, aiment à se délecter d’un sorbet ? C’est une image qui, pour moi, semblait contradictoire... Enfin, l’escalier de l’hôtel monte au deuxième étage et vous sort de toute cette agitation. Dans cet hôtel, il n’y que des étrangers et des voyageurs. Une vingtaine de lits. C’est le point de rassemblement de Lahore. La journée, chacun vaque à ses occupations, organise la prochaine étape de son voyage et visite la ville. Le soir, ils préparent de quoi manger et souvent restent ensemble pour bavarder, échanger des renseignements et se donner mutuellement des conseils. L’ambiance est sympa. Venus de tous les horizons, voyageurs acharnés, back packers, globe trotters, travellers, appelez-les comme vous voulez, ils ont tous une expérience de voyage au moins comparable à la nôtre. David, un Suisse que nous avions déjà rencontré à Delhi, a été le premier à brandir les drapeaux lors de la manifestation anti-américaine de Quetta dans le Baloutchistan, avant de se dire finalement, sous les regards menaçants de la population, ce n’est peut être pas ma place… Armand, un Français, aussi grand voyageur que fainéant, barbu et chevelu à l’extrême, musicien passionné, cultivé, beau gosse, est sur la route depuis 4 ans. Julie, son amie, le rejoignait au Pakistan quand nous les avons rencontrés… Michel arrive en vélo de Genève… Bénédicte s’est mis dans la tête, en l’écoutant, de traverser le Karakorum - versant nord-ouest de l’Himalaya avec le 2ème sommet le plus haut du monde - en vélo, pour rejoindre la Chine. Je n’ai jamais eu de nouvelles quant à la réussite de son entreprise mais cette petite blonde est partie pour une sacrée aventure, sans avoir jamais fait de vélo de sa vie sur des distances aussi longues que pentues. Voilà pour les francophones. Ensuite, il y a Tess, la jolie Suédoise qui vient de traverser l’Inde en moto, seule, en 2 ans… Chen, dans son business de pierres précieuses avec Taiwan… Siren, une Norvégienne éprise de langues étrangères… Un couple d’architectes sur les traces des plus anciennes civilisations... Un pigiste danois, avec qui je serais bien parti quelques semaines pour me rendre compte de son travail. Il nous explique par ailleurs que ses articles ne se vendent pas bien, si ils ne décrivent pas uniquement la haine, le scandale et la misère ; Cette infime partie de la réalité qui, une fois répandue par les médias, devient une généralité… Enfin, d’autres encore, comme nous, sans véritable but, si ce n’est de parcourir le monde et de glaner, ici et là, les pièces du puzzle universel. Ensemble, nous échangeons nos expériences, nos idées et nos grandes théories dans des discussions parfois animées. Nous croisons les chemins, les aventures, les pays, les cultures et les anecdotes dans une cohabitation fructueuse. Certes, chacun a son point de vue sur toutes les choses du monde, hélas, personne n’a la science infuse. Les voyageurs se la racontent. Le peu de savoir acquis doit être dit plus haut et plus fort que les autres comme une vérité établie… En m’écartant un peu du groupe, en montant sur le muret qui domine la ville et en sentant le brouhaha sourd qui monte jusqu’ici, je me demande quand même ce que, tous, nous faisons au Pakistan à nous imaginer tout savoir parce qu’on a pris un peu la route… La plupart d’entre nous, comme moi, ne savent même pas quel est le régime politique du pays, ni même le nom du président ou militaire dictateur. Le risque est pourtant réel. La population ne soutient pas, en majorité, le gouvernement imposé par l’armée et sous tutelle américaine. Les talibans, dont les responsables sortent d’écoles théologiques pakistanaises, ont déjà su unifier les différentes ethnies sous les drapeaux d’un islam radical dans le pays voisin. Leurs militants, formés par Al Qaïda, s’assemblent toujours dans les zones tribales incontrôlées par l’état, pour préparer la guerre sainte. Avec nos petits sacs de voyage sur le dos, notre idéalisme sous le bras, nous n’avons pas pleinement conscience des dangers qui nous menacent ici. Nous n’avons jamais connu ni la haine, ni la guerre, ni même la misère. Dans une ambiance désinvolte, ce soir, nous préparons des crêpes… Un journaliste anglais d’origine pakistanaise nous donne sa vision des choses quant à l’histoire et la politique pakistanaise actuelles. Cela nous éclaire un peu. Nous l’écoutons tous religieusement mais bientôt les rigolades reprennent. En bons Gaulois qui se retrouvent, les blagues idiotes fusent et me font rire. Je suis bientôt, moi aussi, décontracté, heureux de retrouver l’esprit français, son humour sarcastique et un peu méprisant. Il ne nous arrivera rien, voilà tout. Et ce n’est pas le moment d’y penser. Quand on se retrouve une bonne tablée de franchouillards aussi loin de son pays, il faut se rappeler d’où l’on vient, revenir aux sources, aux bonnes blagues qui ne font rire que nous. Armand prépare les crêpes mais ses souvenirs se sont dissipés car je ne crois pas qu’en France, elles soient si épicées. Il ne manque que l’apéro pour se sentir chez soi mais l’alcool ne se trouve pas dans les épiceries pakistanaises. Alors que le shit, si. Des joints tournent et me tournent la tête, si bien que je n’ai bientôt plus rien à dire. J’écoute ces gens parler, je les regarde s’agiter, se convaincre. Quand j’ai fumé, les mots sont si légers qu’ils n’ont plus de sens et seules les attitudes me fascinent. Marco est le plus drôle, il parle avec les mains, les bras et tout son corps. Il rejoint la réputation de dragueur qu’ont les Italiens et la petite Coréenne devant lui garde les yeux ronds, fait des « Oh ! » et des « Ah ! » à la façon asiatique si singulière et passe de la fascination au désintérêt sans détourner le regard et sans savoir qu’il peut la tenir ainsi toute la nuit. Sten regarde sa guitare comme si elle avait les cheveux longs, et parfois nous joue quelques accords de ses propres chansons. Je m’aperçois alors que je ne comprends rien à l’anglais des Anglais. J’utilise la langue, parle avec tout le monde mais lui, qui utilise beaucoup d’expressions, j’ai des difficultés à le comprendre… Sauf quand il imite les Français avec ses : « Putain, enculé » et son accent de bourgeois pédant. C’est assez difficile mais passionnant de comparer une personnalité, une idée, un état d’esprit par rapport à une origine. Dire par exemple que les Français se retrouvent dans tel comportement, les Anglais dans tel autre. Un ensemble de généralités qui pourrait caractériser un peuple mais je sens que je vais dire des conneries… Un Japonais vient nous rejoindre. Ils sont discrets les Japonais mais dans un village perdu d’Afrique, vous en trouverez toujours un, car ce sont, et de loin, les plus grands voyageurs de notre époque. Celui-ci, avec son air niais, son sourire figé et ses mouvements de tête pour toujours dire oui, nous fait une démonstration de danse entre acrobatie et lévitation qui me laisse sur le cul. Good night petit Japonais. Good night tout le monde.
Dans la rue
Quelques promenades dans la ville me permettent peu à peu de me familiariser avec son ambiance. Après cette sensation de froid et de méfiance, du fait d’un certain honneur qu’il ne faut pas défier, les Pakistanais se comportent à notre égard avec discrétion et respect, avant d’exprimer intérêt et cordialité. Les discussions s’animent rapidement puisqu’ils sont encore plus curieux et plus intéressés que nous-mêmes. Ce que je prenais pour du mépris, le fait de nous ignorer, était en réalité de la considération. Ils ont moins de préjugés sur nous que nous sur eux. Ils ne nous ignorent pas mais nous matent moins que les Indiens. On ne regarde pas les gens comme des bêtes sauvages, ce que faisaient certains Indiens totalement fascinés par notre présence. Contrairement à ce que j’imaginais d’une ville pakistanaise, Lahore est beaucoup plus occidentalisée que tout ce qu’on a pu voir de l’Inde. Pas de vache dans les rues, pas de mendiant, pas de sans abri, pas de manifestation religieuse tous les jours, d’exubérance à tous les coins de rues. La vie y est plus monotone dans les petites voitures japonaises qui mènent au travail dans les industries à la périphérie de la ville. J’ai aussi entendu des jeunes écouter du rap américain, et de la musique occidentale se diffuse dans les rues commerçantes. Les femmes ne portent pas de bourka ici, à Lahore, et pour certaines jeunes, pas même de voile. Elles conduisent, se promènent entre elles, travaillent dans les administrations et nous retrouvent parfois chez le glacier. Je les sens beaucoup plus épanouies, plus vivantes, plus respectées, plus humaines qu’en Inde où le système les avilit dix fois plus encore. Ici, les femmes croisent notre regard. Pas en Inde ! Par contre, les bus, les restaurants, les mosquées, les salles publiques et tout ce que l’on peut imaginer de lieux sont partagés en deux : un côté pour les hommes seuls et l’autre pour les femmes et les familles. Lahore est la ville moderne et culturelle du pays et donc plus libre que les autres villes visitées où les femmes dans la rue sont encore moins nombreuses. Non mais alors ! Dans les villes plus isolées ou conservatrices comme Quetta, il n’y a pratiquement pas de femme visible. Et si elles sortent, personne ne s’adressera à elles dans la rue. Les hommes n’ont pas le droit de parler aux femmes, m’a-t-on dit, si elles ne sont leur mère ou leur sœur. Et les femmes n’adressent pas la parole aux hommes, si ce n’est, avec respect, à leur mari. Tête basse, elles partent au marché, plus discrètes que les chats. Julie, avec ses longs cheveux blonds dont une mèche s’échappe gracieusement du voile, s’est fait siffler par des jeunes dans la rue, à Quetta justement. Une promenade à ses côtés devient plus menaçante. Les hommes la regardent tous, parfois avec dédain, avec mépris et d’autres fois avec fougue. Pour se rassurer, on pense qu’ils respectent d’une autre manière les femmes et qu’ils n’oseront jamais, ni lui parler, ni la toucher. Aller savoir… Au retour, Armand prend l’un d’eux par la chemise et le secoue jusqu’à ce qu’il s’excuse. « Est-ce que je siffle ta femme dans la rue ? » il crie au gars accroché au bout de ses bras…
Au marché de Landa Bazar, spécialisé dans les affaires d’occasion, nous achetons avec Daoud l’équipement traditionnel complet : la shawar kamiz. Une longue chemise unie, ouverte sur un col brodé, qui tombe sur les genoux d’un pantalon très large où on peut tenir à plusieurs dans les plis et qui se referme aux chevilles comme celui des clowns, sans les couleurs. Ainsi vêtus, nous partons à pied vers le centre de la ville. Les ruelles sont en soie entremêlées d’architecture musulmane des siècles passés. Minuscules et sinueuses, elles nous emmènent sous des arcades de voûtes en céramique, dans les cours dissimulées de mosquées calmes et magnifiques, comme celle de Wazir Khan… Enfin, la porte nord de la vieille ville s’ouvre sur l’étendue qu’entoure le fort, de la même couleur de grès rouge que l’immense mosquée Badshahi, en face, l’une des plus grandes du monde. En direction de la gare, le trafic s’intensifie dans la poussière. Les commerces des rues alternent entre roulements à billes, pneus et tout ce que l’on peut imaginer de pièces de camions. En sortant de l’agitation, dans une petite rue, un canal s’est perdu et tari dans l’huile et les ordures ménagères. Un peu plus loin, la place fleurie devant la pelouse verdoyante d’un monument datant de l’ère britannique contraste avec l’ensemble. Enfin, le petit bureau solitaire et sans bousculade de la extension visa registration nous ouvre ses portes et nous délivre sans palabre une prolongation de visa d’un mois. Nous n’aurons pas fait le déplacement pour rien. L’administration pakistanaise est moins pointilleuse que celle des ses voisins indiens qui, pour la même demande, nous a fait revenir trois fois.
Sur le chemin du retour, dans une rue encombrée, un cheval me mord à l’épaule. La surprise est plus grande que le mal. Nombreux au Pakistan, ces pauvres bêtes ne sont pas ménagées. On les fait travailler avec acharnement. Sans prêter le moindre intérêt à eux avant l’incident, je ne pouvais pas les voir, cachés sous leurs œillères, porter de lourds fardeaux sur leur charrette, se frayer un chemin dans les carrefours pollués, se faire klaxonner par les camions, baver dans l’effort et souffrir sous les coups de fouet… Vivement que les Pakistanais se mettent au nucléaire… Ce soir, notre hôte si généreux, dit-il, et prouvant encore sa notoriété, organise un concert sur la terrasse de l’hôtel. Un chanteur pakistanais reconnu, avec son groupe, nous fait l’honneur de sa présence toute la soirée. Les musiciens excellent et nous offrent un grand moment musical bien que je ne puisse malheureusement pas décrire les nombreuses influences que contiennent ces airs. Le pays commence à me plaire, ses coutumes… comme, le moment tant attendu de jeter les billets sur la vedette jusqu’à la recouvrir. Il a été déçu : les voyageurs que nous sommes comptent les sous comme des diamants… Juste le temps d’arriver à l’heure pour mon rendez-vous, dans une petite rue derrière l’hôtel, avec Meriem… sur Internet. Elle me montre sa frimousse dans la webcam et j’ai envie d’embrasser l’écran. C’est terrible les moyens qu’on a aujourd’hui pour se faire mal. Dans ce sous-sol, où ça pue la sueur d’homme qui a passé trop de temps à s’émouvoir devant l’écran, je m’évade à des milliers de kilomètres pour la retrouver dans un petit village… de l’Himalaya. Elle me raconte ses balades avec un certain Dalaï-lama. Elle essaie de me rendre jaloux, sans doute… Mais plus elles sont chiantes, plus on les aime.
Toutes les femmes n’ont pas cette prestance que tu as, même pas les hommes bien sûr. C’est la vie qui nous fait, notre naissance, notre éducation, notre destin. Le tien déjà a été grand, parfois périlleux, incertain et puis heureux finalement. Il t’a fait toi. Meriem. L’aînée, la voyageuse, l’opiniâtre. Toi qui ne te ménages pas, qui n’offres pas la charité de ton âme, pas même à moi. Que dis-je, surtout pas à moi ! Montrer une larme serait un châtiment. Ne serait-ce qu’un sentiment effleurant ton visage et tu serais blessée à mort dans ton orgueil. Pas de sentiment, ni pour toi-même, ni pour les autres. Un exemple pour moi, dont les traits me trahissent chaque fois. Et d’autres exemples encore qui me laissent émerveillés. Tout cet orgueil sans pourtant de mépris, juste un peu d’arrogance, de cynisme mais surtout d’humour pour justifier les défaillances de notre chair faible, à nous les hommes, à nous qui sommes sensibles. Pourquoi m’as-tu choisi moi qui suis le plus faible de tous les hommes ? Un homme fort tu voulais, tu m’as initié à cela. Montré comme on devient un homme. Un homme fier et sûr de lui, de son mérite. Son mérite juste d’être un homme. Un peu honnête, un peu sage. Juste de quoi être respectable, digne d’estime. Quelqu’un qui peut se regarder dans la glace sans baisser les yeux parce qu’il sait qu’il a fait ce qu’il devait faire et ce qu’il a dit, il n’y avait rien d’autre à dire. Quelqu’un qui se respecte, je le répète. Qui ne passe pas son temps à avoir des remords, des regrets de choses du passé auxquelles il pense. C’est fini le passé, il faut regarder l’avenir. Le regarder avec les yeux de celui qui va escalader une montagne et qui va y arriver parce qu’il en a la détermination. Il le sait. Un pas devant l’autre. Tranquillement mais sûrement. C’est bien ça ce que tu m’as dit. Arrête de penser, arrête de creuser, de dépecer, de remémorer les choses faites. Elles sont faites. On ne reviendra plus dessus, jamais. Relève la tête, avance. Sois fier car cela va t’aider. Un homme doit être fort et ensuite fier. Je veux que tu sois cet homme. Merci, Meriem. Merci de ta confiance. On a tous besoin d’être fort pour quelqu’un, et c’est toujours cette personne qui fait qu’on l’est. Qu’on retrouve l’assurance, la sérénité et la confiance en soi ! Le bonheur est dans la certitude. Pourtant, je ne ressemblerai jamais à ton père…
Pour reprendre mes esprits, dans l’agitation et le bruit des pays de l’Orient, j’ai pris l’habitude de me diriger vers les lieux de culte, quels qu’ils soient, et de me poser dans le silence. C’est toujours un moment utile et agréable où je me retrouve, comme si je sortais la tête de l’eau et que les choses m’apparaissaient, pour un instant, sans trouble. Je me dirige donc vers le premier lieu venu. Une église. Je m’en réjouis en pensant qu’au Pakistan, j’allais être le seul à l’intérieur. Mais ma surprise est grande en entrant. L’église, que dis-je, la cathédrale, souvenir de la reine Victoria, est pleine à craquer, et la musique et les chants à la gloire de Jésus, en latin et en ourdou, montent jusqu’au ciel, avec une ferveur que je n’ai jamais trouvée en France, ni même en Europe… En effet, le Pakistan contient une communauté de chrétiens, évangélisés pendant la colonisation britannique. Ils ne se sont pas tous donné rendez-vous aujourd’hui dans cette église, mais sont présents dans tout le Pakistan, en minorité. Pas plus menacés à Lahore que dans d’autres villes, nous trouverons parfois tout un quartier chrétien avec l’église, le plus souvent récente, en son centre. Et puis, au Pakistan, comme vous allez le voir, il y a toute une panoplie de minorités. Et je dirais même plus : le Pakistan est un regroupement de minorités. Festival soufi
Un bus, un rickshaw et nous voilà de l’autre côté de la ville. Une banlieue au bout d’une grande avenue où les maisons commencent à avoir la couleur du sable et où l’électricité fait défaut. Ici, se déroule un festival en souvenir de prestigieux soufis, philosophes mystiques de l’islam, sur leur propre tombe. Musiciens, danseurs et spectateurs se sont installés à travers le cimetière de la ville, sur les dalles et les tombeaux mortuaires, à la clarté sinistre de la pleine lune. Au fond, une fête foraine avec des manèges artisanaux dans lesquels je ne monterais pour rien au monde. Un tonneau de plusieurs mètres de haut, en tôle, renferme une quantité de fausses blondes et de travestis. En avant pour le spectacle qui consiste à admirer une moto tourner et monter avec la force centrifuge, à l’extrémité du tonneau, au-dessus des strip-teaseuses qui n’en sont pas car elles n’enlèvent rien. Ce ne sont que des potiches. Applaudissements avant de continuer la balade dans la foule à travers les feux de joie et les affiches en ourdou que je ne comprends pas. Je m’installe dans un enclos du cimetière, envahi par la foule, devant un spectacle de percussions où les danseurs entrent progressivement en transe. Je suis seul, Daoud doit être quelque part, ici ou ailleurs, nous nous retrouverons demain, mais j’aurais bien voulu qu’il soit avec moi ce soir. Tout le monde ici roule des joints. Ça fume énormément. Les Pakistanais prennent deux cigarettes, les vident, font le mix et les emplissent ensuite avec dextérité. J’ai beau essayer, je n’y arrive pas. Assis par terre, l’homme âgé à mes côtés m’en offre une. Ils en roulent toujours deux en même temps : une pour eux et une pour le voisin... Derrière moi, quelques gros pachas sont installés sur des coussins. En anglais, ils commencent à me poser des questions, puis pleins de questions sans que je puisse moi-même leur demander quoi que ce soit. Qui suis-je, d’où viens-je et pourquoi t’es là ? Finalement ils me proposent des filles... Comme je ne suis pas intéressé, leur propre intérêt s’atténue et j’en profite pour bouger… Inopinément, je retrouve David, le Suisse. Un coup de chance dans cette cohue. Plusieurs milliers de personnes réunies. On ne peut pas le manquer, remarque. Il est bien grand et bien blanc. Une bonne tête d’occidental avec une guirlande de fleurs autour du cou. On sort. À l’écart de la foule, nous pouvons parler. Incroyable de se retrouver ici, dans les chemins de ce cimetière qui s’étant à perte de vue. Partout, ça grouille. De plus en plus de monde. Ça s’agite, ça se bouscule, ça se bat. On avance en essayant de ne pas se perdre. Là, un bon concert. J’aimerais regarder plus longuement et, pour ne pas être emporté par la foule, je m’accroupis et me tiens le long d’un poteau. Vraiment, un bon concert. En levant la tête, je remarque à côté de moi, au bord du flot houleux formé par la foule, le squat de quelques marginaux. Peut-être des soufis. Ils portent des vêtements comparables aux sâdhus indiens mais ont des têtes et des attitudes de Tsiganes. L’un d’entre eux tient un bâton levé et écarte la foule qui menace, en se bousculant, de tomber sur leurs tapis et leur feu. Me voyant là, tout près de lui, tentant d’échapper au mouvement, il m’invite à m’installer derrière le feu avec eux et me trouve une place entre un soufi travesti et une bande de morveux. Ok pour moi. Je suis avec un ami. Le voici. Il prend place, lui aussi, près du feu. Pendant ce temps, la foule s’épaissit encore dans ce couloir qui se rétrécit juste où les musiciens ont choisi de se placer. Trois ou quatre Tsiganes sont debout avec des bâtons pour les écarter. Tous les gens nous regardent en passant puisque nous sommes en vitrine et parfois avec des regards douteux. A ce moment-là, je sens que le travesti derrière moi est bien près. Je ne veux pas être parano mais il me fait les poches. Un regard pour le tenir tranquille. Cet air flegmatique... Si tu crois que je ne t’ai pas vu venir avec tes grosses mains pleines de doigts… Les gens dans la foule nous regardent parfois avec haine. Je n’en ai plus de doute... Aucun contact, du moins oral, avec les Tsiganes. Ils ne sourient pas. Ils semblent nous protéger. Contre quoi ? Contre qui ? Contre eux ! Sans sourire, sans parole échangée, ils nous offrent l’hospitalité. Déjà quelques joints. Et puis, comme David ne fume pas de tabac mais aimerait bien fumer quand même le bon shiras, le shit afghan et pakistanais. L’un d’eux retourne une tasse, met dessus une braise, roule une paille avec un bout de papier. Puis, il place un morceau de shiras pur sur la braise qui se consume comme de l’encens et on fait tourner la paille. Puis voici les chapatis avec les dals (lentilles) et le curry, puis enfin le tchaï, le même qu’en Inde. À côté le concert continue, terrible, à coup de clarinettes, de tablas et de cuivres. Les gens sont agglutinés, bousculés, écrasés à trois pas de nous, derrière les bâtons des Tsiganes pendant que nous sommes vautrés sur des coussins à manger et fumer gratis ! C’est dommage, au lieu d’être apaisé et profiter pleinement, je stresse. Je n’aime pas le regard que portent certaines personnes sur nous, dans la foule. Peut-être n’aiment-ils pas les Tsiganes. Peut-être ne nous aiment-ils pas nous. Peut-être qu’ils ne nous aiment pas en compagnie des soi-disant soufis. En tout cas, je ne me trouve pas bien brave. Alors parfois, je les fixe moi aussi, durement, et ils baissent le regard. Mais quel regard ! Je n’aime pas ce regard. Je le sens, il faut qu’on se casse ! J’ai un moment de panique, le sentiment d’angoisse se diffuse dans mon corps et une sueur froide parcourt mon dos. Qui, des Tsiganes ou de la foule si fervente à ce festival islamique où nous n’avons rien à foutre, sont les plus dangereux pour deux petits Européens naïfs ? Allez, on bouge. Je tape dans le coude de notre ami suisse qui lui, se trouve très bien, évidemment. Sans doute suis-je peureux ? Enfin, une fois dans la foule, je me sens mieux. Le contact des corps qui se bousculent, même si parfois des poings partent, me rassure. Il n’y a ici, que des hommes. QUE DES HOMMES ! Nous refaisons un tour. Ça va vraiment mieux. Bien content de voir ça. Allez, on retourne dans la furie des percussions, des gens en transe qui tournent toujours plus vite, des feux brûlants où sont balancées des idoles, dans tous les chemins bordés de tombes de cet affreux cimetière. Bientôt minuit. Que va-t-il se passer alors ? Rien, la fête continue, les joints scintillent au-dessus des tombeaux. La foule de plus en plus dense est au comble de l’agitation. Les gens sont surexcités. Jamais vu une foule pareille ! Sur une estrade, un jeune garçon bouge son cul dans un jean serré. Il danse en bougeant ses fesses comme seule le ferait une femme, pour vous dans l’intimité, aguichant les hommes qui le sifflent à ne plus pouvoir. L’homosexualité n’est pas un mythe dans les pays de l’islam. Les femmes sont surveillées et les hommes proches. Perso, j’aime pas trop beaucoup ça. Et pendant que David danse comme un forcené, je me dis qu’il serait raisonnable de rentrer. Trop tard, derrière nous, un énorme bonhomme nous prend un bras à chacun. My friend ! Il gueule. Et ne veut plus nous lâcher. Il rentre dans la foule, qu’il pousse de son gros corps, en nous tirant par les bras, nous fait sauter et danser devant les percussions et nous fait crier Pakistan Zindabad ! Longue vie au Pakistan. Putain, on est tombés sur une bande de lourds. Moi qui voulais passer inaperçu et qui serais bien rentré peinard, sans encombre. Nous voilà accompagnés de ce gros lourdaud avec ses potes qui ont des gueules que je n’aime pas. Ils sont surexcités et me pelotent le cul dans la foule. J’aimerais bien me barrer mais David est encore accroché au gros qui lui tient fermement la main. Il ne peut lui échapper et je sens bien que lui aussi s’agace de se faire peloter le cul… Enfin, comme on grogne fort et qu’on veut partir, ces messieurs décident de nous raccompagner. Super. Putain, ce n’est pas que je n’aie pas confiance mais là, vraiment, je n’ai pas confiance ! Retour dans leur voiture pourrie, avec deux hippopotames et trois espèces de Tsiganes édentés. Évidemment, sur la route, ces cons roulent vite et vont bientôt s’emplafonner dans un dos d’âne qu’ils n’avaient pas vu. Ce n’était pas prévu. Ça calme. Ils sont plus dangereux que des mecs bourrés… Assis entre deux des gars, je sens la pression monter. Au moins 25 ans, sans être mariés et donc puceaux, du moins avec les femmes, ils ont envie de baiser. Me le font comprendre en me montrant leur doigt avant de se le mettre dans le cul. Et, bavant et ricanant de façon cynique, ils me demandent si j’aime ça, les doigts dans le cul. Faut voir leur tête. Ces gars-là sont archi frustrés. Ils vont nous attraper ! Quelle galère, putain, je vais me faire enculer par des gros porcs dans ce putain de pays ! Non, il faut trouver une solution… Que faire… Où mène cette route ? Où nous emmènent-ils ? Ça vous dit une glace, j’demande… silence… Eh ! Ça vous dit une glace ?… deux fois… Et puis c’est un oui général ! On va bouffer une glace avant de baiser, ça c’est cool !
Siren
Je ne sais pas comment s’écrit son nom, exactement. C’est la Norvégienne… Nous sommes restés tous les deux après que tout le monde s’est couché. On fume des clopes en discutant. Elle a trente-deux ans, parle français correctement et dit qu’en Norvège, on est plus libre et plus ouvert. C’est vrai, sans doute. Mais là. Elle a surtout envie de moi. Elle se caresse les épaules, ouvre sa chemise chaque fois d’un bouton de plus et me laisse entrevoir ses seins. On est tous les deux bien près. Qu’est-ce que je fais ? C’est incroyable, je n’ai pas envie de la baiser ! Enfin, si, j’ai envie, on pourrait aller là, juste derrière, sur une couverture avec une petite bougie. Je n’ai qu’à me lever, la prendre par les épaules et lui caresser délicatement les seins. Même pas besoin de l’embrasser. Elle est fine, plutôt jolie fille… Hier, les gros porcs m’ont dégoûté. J’aime pas les mecs parfois. J’aime pas leur esprit basique. J’aime pas baiser les filles. J’aime pas. Elle veut. Je pense à toi, Meriem. Je vois ta gueule dans la webcam. Je pense à demain. À chaque fois que je passe la nuit avec des filles, comme ça, vite fait, j’ai des remords. Surtout quand je bois. Je me sens dégueulasse. Pourtant, c’est ce qu’elles veulent. C’est ça, le pire. Une autre clope… de quoi on pourrait parler ? Elle croit que je n’ose pas. Si je reste là. Près d’elle. Elle va me sauter dessus. Je me lève et articule : « Salut, je vais me coucher. Bonne nuit. »
Balade enturbannée Route d’Islamabad
Des choses que je n’explique pas… Sur la belle autoroute, dans le bus, on nous a passé un film indien dans un genre que je n’avais pas encore vu. Et surtout pas en Inde. Ou alors en privé… Le film peut se résumer ainsi : dernière Audi, Porsche, rencontre, plage et baise ! C’est là le hic. Dans le bus, les barbus rouspètent. Alors on a avancé la scène. Mais les barbus n’ont plus regardé le film. Ils ont prié. Qui regardait alors ? Qui sont les barbus plus barbus que les autres ? Qui aime ces films ? Deux mondes… Ceux qui veulent que ça change. Ceux qui ne veulent surtout pas que ça dégénère. Qui gagnera ? Ça va changer ou pas ? À côté de ça, les Pakistanais ont tellement la foi ! Même s’ils ne sont pas tous pratiquants, ils respectent les règles du Coran qui organisent leur vie de tous les jours. À côté, en Afghanistan, il y a les talibans, Au Pakistan, des groupes islamistes puissants, À Lahore, partout, il y a l’Amérique. On aime l’Amérique à Lahore. Alors, ça va changer ou pas ? Moi, perso, on ne me demande pas mon avis. D’ailleurs, je ne suis pas d’ici et pas musulman mais si on me le demandait, je dirais que j’aime bien les barbus. Ils ont raison. Il y a des choses indécentes. Suis-je extrémiste ? Les gens aiment les films de merde. Ils aiment les films de cul. Mais là, il y a des enfants dans le bus. N’y a-t-il pas de compromis possible entre libéralisme et fondamentalisme ? Être libre sans extrême, ça n’existe pas ? Trouver des limites morales à l’indécence… On a besoin d’eux, de leur sagesse, Que nous nous bornons à dissimuler.
Pakistan Zindabad !
Islamabad
Quartier G7. Ciel bleu clair puis teinte orange de la nuit. Lumières blanches des lampadaires. Pas un souffle de vent. Vastes étendues de jeux, saules et peupliers, enchevêtrés. Pieds de cannabis sauvages, poilus comme des orties. Fontaines, ruisseaux, vallées silencieuses. Chemins recouverts de feuilles. Maisons sans étage. Sans fenêtre. Places comme patio, dissimulées entre les murs, autour d’un eucalyptus. Vendeurs ambulants. Glaces à l’eau. Poussettes. Femmes et filles dans les ruelles. Vieillards silencieux, ridés au coin d’un mur. Tout est tranquille. Atmosphère paisible. Il fait doux, de cette douceur d’un soir printanier. Les enfants courent, crient, chahutent. Les hommes, dans la plaine, jouent au criquet. Sueur, cris, formes discordantes de robes blanches. Glissement de babouches. Ombres de la nuit. Sommeil tranquille. Sérénité. Apaisement… Gronde. Vibre. Là-bas. La montagne. Dieu qui rendra fou la terre, tuera, démolira la vie, fera pleurer les hommes sur les corps meurtris de leurs enfants…
Tremblement de terre au Pakistan
De retour en France, j’apprenais les tristes nouvelles du Pakistan. Aux informations, défilaient les images d’Islamabad ravagée avec des blessés encore enfouis sous les décombres et des morts par dizaines de milliers. Il faut les aider. Le Pakistan connaît aujourd’hui une transformation idéologique qui sort le pays de l’arriération sociale et économique et le mène vers des valeurs que nous prônons, celles de la démocratie, de l’éducation, du respect des droits de l’homme et de l’émancipation des femmes. Si nous sommes solidaires aujourd’hui, plutôt nous que certaines institutions mal venues, ils croiront définitivement en notre sollicitude, en nos valeurs, qui sont celles de l’entraide internationale pour un développement économique à l’échelle mondiale. La balance est prête à basculer en notre faveur. À l’inverse, si nous les laissons tomber, ils se tourneront une nouvelle fois vers Dieu, avec les conséquences que cela implique dans le contexte actuel… Islamabad a été construite dans les cinquante dernières années, à partir de la création du nouvel Etat. Elle n’est heureusement pas une ville très peuplée, ni culturelle, ni historique mais une capitale qui n’existait pas et qu’on a placé volontairement au centre du pays. 500 mille habitants vivaient à Islamabad. Rawalpindi, à 20 km seulement, est une mégapole de plusieurs millions d’habitants qui n’a heureusement pas été touchée. Au moment où j’écris ces lignes, je ne peux pas m’empêcher de revoir la vie tranquille qui se déroulait là-bas. Dans un espace compris entre les rivières et les forêts attelées aux montagnes, Islamabad était une bien jolie ville. Calme, moderne, climat agréable, végétation luxuriante, on y trouvait les plus belles voitures du pays et des hommes d’affaires ayant échangé le costume traditionnel contre la chemise et la cravate. Les différentes zones professionnelles et commerciales, les quartiers résidentiels et présidentiels, les grands hôtels internationaux se partageaient les quartiers, séparés par de vastes boulevards fleuris. Islamabad est détruite aujourd’hui. C’est la deuxième catastrophe au Pakistan depuis que j’ai quitté le pays. La première fut une collision de train qui fit plus de cinq cents morts au mois de juillet. Chaque fois, je suis touché bien plus que si je ne m’y étais jamais rendu. J’ai beaucoup aimé ce pays et ses merveilleux habitants. En France, pendant la catastrophe, j’entendais les gens marmonner qu’ils n’enverraient jamais d’argent là-bas malgré leur compassion car ils craignaient qu’il soit détourné et enrichisse le terrorisme. C’est peut-être encore ce que je penserais si je ne m’y étais pas rendu. Heureusement, les terroristes sont bien peu nombreux par rapport à l’ensemble d’une population dénuée d’ambition guerrière, généreuse comme aucune autre et acharnée au travail pour, comme partout dans le monde, donner à ses enfants une vie décente. Tous ces sourires, cette sincérité, cette générosité m’ont, pour toujours, prouvé que les Pakistanais ne méritaient pas leur triste réputation. Bien sûr, il faut les soutenir ; la population est faite d’hommes, de femmes et d’enfants comme nous, et il n’y aura jamais assez d’argent pour tout reconstruire, organiser et multiplier les infrastructures. La pauvreté, la peur et l’ignorance sont les véritables responsables de la haine. Le gouvernement pakistanais est surveillé de près par la communauté internationale, et l’argent de la banque mondiale leur parvient sous certaines conditions, comme notamment : la chasse aux terroristes, poursuivis, dénoncés et arrêtés tous les jours. Le Pakistan n’est pas un pays conquérant mais un pays en voie de développement. Il faut l’aider.
Peshawar
Notre arrivée à la station de bus est fracassante avec nos visages effarés et perdus sous nos gros sacs, au milieu de tous ces pachtounes enturbannés. Un petit groupe se forme bientôt autour de nous, avec sourires de bienvenue, et nous aide en expliquant au conducteur du rickshaw comment nous emmener à l’hôtel où nous avons rendez-vous avec des voyageurs déjà croisés à Lahore. Le rickshaw traverse la ville puis nous dépose dans la rue indiquée. Un chemin, une cour derrière une boulangerie après un étroit passage où des jeunes jouent au criquet. Une arcade sur l’entrée d’un patio fleuri, des jeans et des tee-shirts qui sèchent sur un bout de nylon : c’est bien là. Nos amis sont installés sur une table en bois brut, gravée de noms, de dates et entourée de fauteuils, sous une pergola de vigne, en cette journée ensoleillée du 1er avril. Derrière, une porte à battants ouvre sur un dortoir où s’enfonce une quinzaine de lits dans la fraîcheur et la pénombre, clairsemée de minuscules fenêtres. Le proprio, un vieux monsieur à la barbe blanche, a des yeux de loup qui nous traversent en silence quand il circule en dandinant son corps bien portant, les mains croisées derrière son dos. Cette personne, à l’allure si sage, vend un peu d’opium et d’héroïne. Juste pour arranger. C’est pourquoi, les deux jeunes Danois qui sont là depuis une semaine n’ont pas décollé de leur lit. Ensuite, ils prendront un avion pour se déchirer avec de la coke en Colombie ou avec du crack en Thaïlande. Chacun son voyage. C’est vrai que le prix de l’héroïne incite à consommer, surtout qu’elle est pure. Et je sais bien que c’est bon, cette merde là. Certains diront que c’est dommage, mais je n’en prendrai pas. Quelques pipes d’opium, déjà, me gardent au lit jusqu’à des heures sans nom… Pour me bouger, je dois faire appel à la gourmandise, attisée par le parfum de spécialités délicieuses que je ne sens pourtant pas, mais que j’imagine tant je sais qu’elles m’attendent. Alors, c’est seulement en sortant de la boulangerie, le menton dans la crème, que j’aperçois la rue, la ville et me dis qu’il est temps de faire autre chose que de rêver… Nous sommes à Peshawar. La première ville en venant de Kaboul, en Afghanistan, par le seul passage praticable : la passe de Kyber dans les montagnes de l’Indu Kuch. Tous les envahisseurs, ainsi que les explorateurs, sont venus de par-là, puis par Peshawar. Des choses incroyables se voient encore ici aujourd’hui, dans cet espace multiculturel : fief des Pathans ou Pachtounes qui sont majoritaires dans la région, Peshawar est une ville d’affluence. Des Penjâbis viennent de la vallée de l’Indus, des Sindhis remontent du port de Karachi au sud, sur la côte de l’océan indien et quelques nomades Baloutches descendent des montagnes arides et désertiques de l’ouest, en direction de l’Iran. Voilà pour les Pakistanais. Ensuite, viennent les ethnies afghanes tout aussi nombreuses. On trouve des Tadjiks aux yeux bridés qui descendent des régions proches de la Chine. Des Hazaras, des Nouristanis et des Ismaéliens du Centre et du Nord-Est de l’Afghanistan. Enfin venus des plaines du nord, les Turkmènes, Kirghizes et Ouzbeks se promènent, eux aussi, dans la ville marchande. Des peuples hétérogènes s’organisent donc ici, largement identifiables grâce à leurs traits et leur costume caractéristique mais aussi, quoique de façon moins visible, par leur langue et leur alphabet. L’ourdou est le langage officiel du Pakistan mais les Baloutches et les Afghans, pour ne citer qu’eux, utilisent l’alphabet arabe et écrivent en farsi. Le Pakistan et l’Afghanistan sont peuplés de minorités ethniques et confessionnelles. Leur Etat ne parvient pas à les cimenter en une unité nationale car toutes luttent encore entre elles, soit pour le pouvoir, soit pour l’indépendance ou encore, même, quelquefois pour la simple légitimité d’exister. Et cela contribue, comme on l’a vu, à renforcer les organisations islamiques, puisque l’islam est le seul drapeau qui puisse les rassembler. Le général Mousharaf, maître actuel du pays, s’est lancé, aux côtés des Etats Unis, dans la guerre contre les talibans et Al Qaïda. Son pouvoir est contesté par une partie de la population, ainsi que l’appui des Etats-Unis, mais il est maintenu au pouvoir grâce à une force armée imposante. Cela lui permet de recevoir l’aide de la communauté internationale et ainsi, de persévérer dans la démocratie, la lutte contre le grand banditisme, le terrorisme et la corruption tout en favorisant le développement économique. Le Pakistan a une croissance annuelle d’environ 6%. La France, en comparaison, a aujourd’hui une croissance de 0, 2%, autant dire nulle. L’Afghanistan, quant à lui, a une croissance en augmentation, mais l’argent provient pour un tiers des dérivés du pavot, sans réelle culture de substitution rentable… Les tirs de mitraillettes qu’on entend la nuit ne nous rassurent pas, même si notre hôte reste tranquille et dit qu’il n’y a pas de danger. Forcément, lui se remplit les poches. Dans le journal, assassinats, règlements de comptes et prises d’otages sont quotidiens. Le grand banditisme, comme partout, n’a pas intérêt à ce que le gouvernement s’impose. Il tente de créer la discorde pour continuer tranquillement ses affaires. Aujourd’hui, c’est la grève. Une nouvelle grève pour protester contre des réformes institutionnelles. Nous préférons ne pas sortir. Ambiance décontracte. Pression diffuse. Pakistan, le 02 avril 2005.
Petite promenade ce matin dans le vieux bazar de Peshawar. Il fait chaud, les ruelles étroites s'effilochent comme des brins de soie de toutes les couleurs. Pour passer plus inaperçu, j'ai mis le déguisement complet avec le chapeau pachtoune et je me promène au hasard du centre ville... Je vois les femmes en bourka choisir leurs strings et leurs petites tenues coquines… Elles ne doivent pas avoir grand chose dessous et puis, on ne voit que leurs yeux, mais quels yeux ! Voici, cachée, l'entrée d'un joli jardin qu’entoure un temple chrétien orthodoxe du XIIIème siècle. Je montre mon passeport. La kalache se baisse. Le sourire du gardien : – Christian ? – Yes, I'm French. – Ok come. Me voilà sur les bancs de ce petit temple dans un silence apaisant, avec un garde du corps, kalachnikov en bandoulière. Mais ici, même les magasins sont parfois protégés par des gardes armés. Et non pas seulement les temples. Ce garde règle seulement l’entrée du lieu. Chrétiens, en effet, nous sommes à l’honneur chez les Pakistanais puisque nous sommes des gens du Livre et Jésus est pour eux, lui aussi, un prophète… Cet après-midi, je vais pousser jusqu’au Smuggler Bazar dans la zone tribale, là où se vend, au kilo, le fameux haschich appelé shiras et, là aussi, où se fabriquent les armes. Alors, j’organiserai leur acheminement, par le réseau de contrebande libanaise, jusqu'en France où je ferai, cet été, mon coup d'Etat. Mais en attendant, je m'achète, au kilo, des fraises délicieuses, les trempe dans la crème et après ça les dévore délicatement une à une. Puis, je sirote une tasse de kawa, le thé vert de Chine aromatisé de cardamomes que j’accompagne d’un de leurs petits pétards tout frais qui rendent si léger et gai. Le tout, de la terrasse qui surplombe la petite place de Saddar Bazar. Pour le coup d'Etat, on verra demain...
La zone tribale
À quelques kilomètres de la ville, une semi-frontière indique le passage dans la zone tribale non administrée par le Pakistan. Elle s’étend jusqu’à la véritable frontière, sur la passe de Kyber, où sont regroupés les réfugiés afghans qui ont fui les talibans aussi bien que les bombardements américains. C’est dans cette zone que sont recrutés les terroristes et organisés des camps d’entraînement. C’est là aussi, tout près, qu’on a encore dernièrement bombardé un village, faisant une vingtaine de morts civils, pour atteindre, d’après un communiqué de presse américain, un des organisateurs des attentats du 11 septembre, qui se cachait là. C’est ici enfin, que sont fabriquées les drogues à base d’opium et les armes, dans des entreprises, et c’est le comble, que nous pouvons visiter… Un petit magasin, tout ce qui il y a de commun, avec en rayons, différents produits. Le patron, chauve et rasé, a une tête de Russe ou au moins de Kazakh. Il est habillé à l’occidental et ne quitte pas son téléphone portable. Pour faire le malin, il me met un kilo de haschich dans une main et un autre d’opium dans l’autre, pour que je goûte, avant de me demander, tout sourire, combien de kilos j’en veux. Après avoir choisi quelques grammes de chaque, que je paye une misère, et bien défoncé par tous les joints que ses acolytes roulent là dedans, le gentil monsieur m’annonce de faire extrêmement attention en sortant, et plus encore à la frontière, si je ne veux pas me retrouver en prison. Des policiers du gouvernement, en civil, se promènent partout et évidemment, choisissent les petits rigolos comme moi, pour leur faire cracher des tunes. Merci du conseil, mec, ça me rassure. Et en plus, vu que j’ai fumé, je n’ai pas du tout tendance à être parano... Il aurait mieux valu ne rien me dire et que j’avise, confronté à la situation, plutôt que d’y penser sans cesse et qu’en fait il n’arrive rien. Je sors du magasin par la porte de derrière, comme on m’indique, et je pars tête basse à travers le marché pour arrêter le premier bus en partance. Je ne fais pas le malin, cela va sans dire, mais enfin me voilà dans le bus et bientôt la frontière est passée. Le gars à côté de moi, un jeune aux yeux bleus avec une grande barbe blonde, me fixe depuis un moment entre consternation et émerveillement, pour finalement me marmonner du fond de la gorge : I’am al Qaïda ! Le pauvre gars n’avait certainement jamais vu d’occidentaux et ne s’attendait pas à en trouver un, assis à côté de lui dans ce bus. Il me sourit maintenant qu’il a craché son morceau, bien que d’une façon un peu troublante… Un espion américain en train de se foutre de ma gueule ?! Comme j’essaie d’entamer la discussion, je me rends compte qu’il ne sait rien dire d’autre en anglais. Mais mes questions attirent l’attention d’un autre gars debout qui, lui, parle parfaitement anglais. Je veux qu’il fasse l’interprète, enthousiasmé que je suis de rencontrer un membre supposé de la fameuse organisation, mais ils s’embrouillent très vite et le jeune étudiant debout a bien trop de questions à me poser pour perdre son temps avec l’autre qui paraît finalement peu intéressant. Je ne sais pas, d’ailleurs, s’il m’apprendrait quelque chose que les médias n’aient pas déjà raconté, amplifié. Je ne sais pas si je n’en sais pas sur Al Quaïda plus que lui-même car la presse ne parle que de ça depuis les attentats. Terrorisme par-ci, islam par-là ! Enfin, il n’a pas de haine puisqu’il me regarde avec un sourire ravi, heureux de me rencontrer, comme si nous devions bientôt disputer une partie de criquet et que nous appartenions chacun au camp opposé. Soit il se fout de ma gueule, soit je ne comprends rien et on nous raconte des conneries. Mais je pense surtout que nous prenons ça trop au sérieux. Ce gars-là n’ira pas poser des bombes dans nos pays. La pression monte à force d’en parler tout le temps, la pression monte comme si on voulait d’autres bombes, comme si on cherchait des ennemis pour nous faire la guerre. Oui, c’est exactement ce que nous faisons car, partout dans le monde, on suit les mêmes informations, qui en rajoutent tout le temps, qui montrent le pire et je me demande si ce n’est pas ça qui nous excite tous… Afghan de Kaboul, l’autre jeune ainsi rencontré, étudie l’informatique dans l’université de Peshawar, avec une petite bourse de l’Etat qui lui permet de louer un appartement où il m’emmène boire le thé. Nous passons la soirée à discuter vivement de tout ce que je viens de vous raconter, si bien qu’il veut m’emmener le lendemain dans sa famille à Kaboul, me promettant qu’il n’y a rien à craindre, que son magnifique pays, encore sous perfusion financière internationale, va sortir du sous-développement grâce à la motivation des jeunes universitaires et surtout, s’ils ne sont pas abandonnés aux mains des extrémistes. J’étais d’accord évidemment pour me rendre à Kaboul avec lui, mais nous avons oublié une chose importante : le visa ! Il n’y a pas moyen de passer la frontière en disant simplement, je vais faire un tour et reviens dans quelques jours. Il faut un tas de paperasses, plusieurs jours d’attente et aussi, une bonne vieille prise de sang !? Quelle idée détestable ces frontières politiques qui séparent des peuples communs et réunissent des ennemis irréconciliables…
À Peshawar, comme partout au Pakistan, on ne peut pas demander un renseignement sans être immédiatement conduits où on veut aller, sans être invité à boire le thé et, toujours, sans possibilité aucune de rendre quoi que ce soit. Hospitalité, solidarité, personne ne vous laissera tomber. Au contraire, chacun prendra un peu de son temps pour vous faciliter les choses, vous aider du mieux qu’il peut… Je cherchais un magasin de chapeau. En voulais un pachtoune, depuis que les médias français ont fait des documentaires sur le commandant Massoud - toujours avec son chapeau - que nous avons financé pour la lutte contre les Soviétiques et ensuite contre les talibans, avant qu’il ne se fasse exécuter la veille des attentats du 11 septembre. Il était l’idole de la résistance afghane, candidat de la démocratie et surtout le plus grand opposant aux talibans contre qui il tentait de rassembler une nouvelle fois le peuple. L’attentat qui l’a tué, le 10 septembre 2001, est une coïncidence qui n’en est pas une… Bref, je voulais ce chapeau, que beaucoup portent ici mais je ne trouvais pas, dans les ruelles commerçantes du centre ville, de magasins qui en vendaient. C’est ainsi que nous avons rencontré un grand monsieur, homme de prestance, dignitaire de la région, qui est venu avec nous à travers la ville, s’est engagé dans les négociations sur le prix du chapeau - je ne sais même plus qui, de nous ou de lui, a payé - puis il nous a emmenés dans une tchaïkhane prendre le thé et discuter paisiblement. Enfin, il voulait nous raccompagner jusqu’à notre hôtel en bus, même si, discrètement, il regardait sa montre. Tout ce temps pris pour nous servir, alors qu’il devait avoir tant de choses importantes à faire, montre à quel point les Pakistanais ne sont pas des barbares comme veut bien le dire la presse, et comme ils sont passés maîtres de l’hospitalité. Nous avons eu bien du mal à lui refuser de nous raccompagner et il nous a serré chaleureusement la main avant de disparaître dans la foule. C’est ainsi chaque fois que vous demandez un renseignement et c’est avec un énorme plaisir qu’on vous répond et vous aide. C’est un devoir pour eux de pratiquer l’hospitalité, c’est exact, mais c’est tellement rentré dans les mœurs qu’ils y prennent un plaisir immense et en obtiennent une satisfaction profonde.
Notre temps à Peshawar est écoulé. Demain matin, nous reprenons la route d’Islamabad pendant que d’autres poursuivent leurs démarches pour se rendre en Afghanistan. Un Argentin, notamment, qui profite de l’hospitalité des mosquées où il dort le plus souvent, pour continuer son apprentissage théologique de l’Islam. J’ai beaucoup de regret de ne pas me rendre en Afghanistan après nous être tant attachés aux Pakistanais. Le voyage promettait d’être exceptionnel car les Afghans que nous voyons et que nous rencontrons semblent eux aussi très chaleureux. Enfin, ce sera pour un autre voyage. Nous ne verrons pas Kaboul, non plus Mazâr-E Charif, Kandahar… Mais, nous verrons Quetta, ensuite les villes légendaires de Chiraz, d’Ispahan en Iran, si demain nous avons notre visa. Et puis on ne peut pas tout voir. Apprendre à se satisfaire ! Apprendre à se satisfaire ! Ça ne rentrera pas !
Retour à Islamabad.
Notre passage dans la capitale, à l’aller, a été rapide. Le temps de déposer notre demande de visa à l’ambassade d’Iran et nous repartions sur la route de Peshawar. Une amie d’une amie d’une amie iranienne a proposé de nous donner ses coordonnées à Téhéran. L’ultime chance de rentrer dans ce pays qui n’accepte pas facilement de donner un visa touristique à des occidentaux, tout en promouvant le tourisme dans les pays arabes davantage susceptibles d’apprécier à sa juste valeur l’art perse… Nous verrons bien et sinon, nous trouverons une autre solution... La prise de sang pour l’Afghanistan… Ou bien, le visa de transit qu’on ne peut normalement pas nous refuser une fois arrivés à la frontière iranienne. Mais ce visa ne nous laissera que sept jours pour traverser le pays, ce qui serait regrettable. Le minibus nous dépose à Rawalpindi sur une vaste plaine où les véhicules motorisés ont remplacé définitivement les caravanes de dromadaires qui y ont pourtant séjourné durant des siècles. Les temps changent. Aujourd’hui, ils changent très vite. Ainsi, tous les voyageurs qui sont passés ici ont vécu une histoire différente, bien que cet itinéraire ait été parcouru et raconté des centaines de fois. En voilà une de plus… Visa iranien obtenu. 5 .000 roupies pour un bout de papier collé sur notre passeport. On s’offre le plus prestigieux restaurant de la ville. Arrivés en taxi devant l’hôtel Palace, nous empruntons l’allée illuminée jusqu’à l’entrée du grand hall où une nuée de pétasses nous ouvrent les portes du luxueux salon. Derrière des fontaines et des lumières tamisées, des hommes traitent leurs affaires. Ces barbus en cravate et lunettes teintées me font penser aux mafieux bulgares affichant sans crainte leurs magouilles et leur fortune. Prière de nous asseoir autour d’une table dignement dressée. Le repas est frugal. Une gorgée d’eau avalée est immédiatement remplacée. Dommage qu’ils ne servent pas de vin. 600 roupies chacun, environ 10 euros pour pas grand-chose. Les kilos égarés le long de ce voyage ne seront pas repris ici. Il faudra attendre de rentrer chez maman…
Retour sur mon lit. Tombent en s’émiettant, virevoltant, les morceaux de peinture du plafond, sur mes mains comme des mots. Sur mes yeux fermés. Mes rêves sont agités. Islamabad est un carrefour. Au nord, en s’enfonçant dans les montagnes, on rejoint Gilgit puis la Chine. Deux semaines, tout au moins. Arrêtés parfois par des éboulements. Des ponts écroulés dans l’écume de la fonte des neiges. Par l’armée. La montagne. Le froid et l’hiver. La boue et la misère. Je ne veux pas aller au nord. J’abandonne Daoud et prends la route de l’ouest. Te rejoindre. Nos chemins ne se croiseront pas, m’as-tu écrit. « Je ne t’attendrai pas. Je n’aime pas attendre. Je suis impatiente... » Et moi, tu me saoules. Je ne vais pas te courir après. Je ne vais pas te rejoindre sur un coup de tête. Nous sommes maintenant séparés depuis un mois. Et encore deux mois minimum de terre inconnue restent à franchir pour tes beaux yeux. Des yeux que je verrai dans les céramiques de Mechhed, dans les eaux pures des oasis, dans les mirages du désert. Ça me suffira. Où sont les belles promesses d’une relation qui devait être libre dans l’espace et dans le temps. Nos chemins ne se croiseront pas, alors. Va te faire foutre si tu n’es pas capable de poireauter sur une chaise longue de la Méditerranée, que je te retrouve nue et bronzée un soir de printemps turc ou grec. Va ton chemin et ne m’écris plus pour me dire que tu t’ennuies de moi, que tu te morfonds de solitude, que tu as envie de me voir maintenant et peut-être plus, bientôt. Crois-tu que je serais assez con pour traverser l’Iran, sans la voir, pour une femme qui m’abandonnera dès qu’elle sera lasse... Oui, je suis assez con. Oui, je prends la route de l’ouest. Le train traverse la moitié du pays, les palmeraies des confluents de l’Indus, le blé vert du printemps dans les plaines, les champs de coton de Faisalabad, les marchés de Sukkur, l’entrée dans les roches dorées du Baloutchistan, les précipices de Sibi, les tunnels, les check points, les barbes et les kalachnikovs. Autant de paysages qui défilent comme les sentiments de mon cœur. Rien de meilleur qu’une ouverture dans un compartiment de train pour les jeter un à un dans l’oubli. En arrivant à Quetta. J’ai changé d’avis. Tu feras bien ce que tu veux. Et moi aussi.
Baloutchistan Quetta.
Daoud est finalement resté avec moi. Armand et Julie, partis quelques jours avant nous, nous accueillent à la gare de cette ville qui nous effrayait tant, dans l’ordonnancement de notre voyage. Depuis Istanbul, nous parlions de la ville des talibans au Pakistan. La ville anti-occidentale… Et puis… Nous y sommes. Quelles gueules ils ont, c’est impressionnant ! Ces regards, ces visages, ce style ! Longs turbans qui tombent, barbes superbement taillées, yeux clairs sur peau tannée, cisaillée, couleur de cendres. Dignes comme des boucs, balafrés, sévères… et puis souriants, une paille dans la bouche sirotant un coca cola ! Une image incrustée dans ma mémoire mais que j’aurais bien voulu montrer au monde qui m’entoure. Ces vieux bougres, taillés dans le roc de la montagne, dont les mains sont plus larges que des pelles, la barbe mouillée par des bulles de coca cola ! Il faut traverser des paysages lunaires, des champs de rocs et de sable, des montagnes hirsutes, déchirées sous un ciel bleu piqué de vautours, pour boire ça ! Du coca cola ! Une terre inhospitalière dans un monde séparé du monde à l’infini des montagnes et du désert. Un canal ensablé et vibrant de moustiques, l’ombre de quelques arbres et le terminus d’une gare suffisent, dans ces lieux, pour établir une ville plus légère qu’un songe dans un cirque de montagnes absolument nues et disproportionnées. Une ville éparse, légère, pleine de répit, où d’innombrables pacotilles arrivées là à mesure des années s’accumulent comme dans un grenier poussiéreux. L’échine de la ville, Jinnah Road, l’avenue principale, semble appartenir à un décor de western avec ses bâtiments sans étage et ses vitrines en bois vernis. Des vieillards enturbannés, de grande prestance, flottent sur des vélos silencieux*. De vieilles roulottes en bois, séchées à craquer par le soleil, promènent des épaisseurs de tissus en forme de femmes dont les yeux sont les fenêtres des prisons. Quetta : 1.800 mètres d’altitude, 200.000 âmes, et quelques chameaux. La Perse dort dans son manteau de sable à 800 km à l’ouest d’un désert hostile. Au nord, une petite route militaire traverse la zone des cultures, s’engage dans une plaine aride puis s’élève jusqu’au col de Kodjak et aux massifs de la frontière afghane. Au nord-est, un embranchement de la voie ferrée gagne Fort Sandeman au pied des Monts du Waziristân. Quelques clans Pathans les habitent avec leurs troupeaux de chèvres et de chameaux qui, la transhumance venue, gagnent la passe de Bolan sur la route du sud et descendent dans les prairies douces de l’automne. Voilà pour les points cardinaux. Rien ne pèse sur la ville solitaire, distante de plusieurs centaines de kilomètres de tout autre rassemblement humain*. Elle vit donc à l’écart du monde, dans une échelle de temps étendue comme le désert, et dont la quiétude est seulement bouleversée lors de tremblements de terre…
À l’heure dite, une douzaine de croyants, tout en barbe et en prière, s’agenouillent sur un carré de pelouse, dans la cour de l’hôtel. Le thé servi, on reprendra la discussion où on l’avait laissée. Daoud et Armand chatouillent la guitare dans la chambre et je l’entends rire. Julie s’est attelée aux Cavaliers de Kessel. J’essaie de faire des ronds de fumée, sans pour autant y parvenir, accoudé à la rambarde de l’étage, tantôt plongé dans l’observation de la montagne, derrière lesquelles le soleil disparaît dans les champs de prières, tantôt dans le théâtre de la rue où quelques bergers nomades, droits sur leur monture et suivis de leurs chèvres, défilent en soulevant la poussière. Poussière aussitôt déposée sur les fruits et légumes de l’épicier iranien, aussitôt soufflée par son boy de dix ans qui ressemble à mon petit frère. Quand je descends prendre le thé, il s’assoit en face de moi, tout sourire, pour partager ses bonbons, partager son plaisir… Il me ramène à des milliers de kilomètres, là où j’ai laissé mon enfance, dans cette petite chambre qui n’aura pas changé, loin derrière ces montagnes où, déjà, la nuit est tombée. Alors, je revois la maison, les rivières, les champs, les forêts qui m’ont vu grandir et qu’il me tarde de redécouvrir. Le voyage m’a montré finalement à quoi ressemblait chez moi, de quoi était faite ma vie et quels étaient les gens qui comptaient pour moi. Par comparaison, avec la distance, on s’éloigne seulement pour mieux voir, pour apprécier davantage ce que nous avions trop vu et trop entendu.
Voyager. Être nomade. Chaque semaine entrer dans une nouvelle atmosphère, découvrir un autre monde. Si longtemps. Tant de fois. Perdus dans les paysages, dans les villes. Survoler les hommes, leur environnement, leurs motivations et leurs âmes. Vivre de leurs illusions. Partager leurs univers. Au moins quelques instants. Mais rien de tout cela ne t’appartient. Ce n’est que la vie des autres. La tienne ne peut être faite de tous ces morceaux qui, ensemble, n’ont aucun sens. Tout s’agite et tu restes là, à contempler. Indifférent. Inutile. L’eau reflète sans même se troubler. Miroir, voleur d’images et d’émotions. Le décor te prête un instant ses couleurs…Devenir invisible. S’oublier. Apprendre de l’infini en accord avec le temps. Et puis rentrer. Rentrer avec tout ce désordre. Avec toutes ces idées. Ces rêves qui seront comme ceux d’un autre…Ce n’est pas un retour, seulement un autre lieu du voyage où l’on est déjà passé. La vie est un voyage. Ce n’est pas un retour mais une nouvelle arrivée. La vie, là-bas, aura changé à jamais. Ce qu’on a connu ne se matérialisera plus. Il n’y a plus rien de stable. Rien, depuis si longtemps, à quoi s’accrocher. Tout se ressemble. Rien ne s’assemble. Tout s’est écroulé. Quelque chose renaîtra derrière. Une nouvelle personne est née…
À qui sait attendre.
Les têtes d’agneaux sont entassées sur une table, tirant la langue aux passants, les yeux clos. À côté, quelques marchands de maigres légumes, d’épices essentielles et de vieilles étoffes dans un marché oublié au fond d’un quartier. Puis des armes, lasses de faire la guerre, qui se reposent allongées les unes contre les autres. Nous sommes au marché du quartier des réfugiés afghans qui sont nombreux dans la ville de Quetta proche de celle de Kandahar. Avec ces armes, autres déserteurs d’une guerre qui n’en finit pas : ceintures, casques, chaussures, drapeaux américains. Puis encore, ici et là, babouches retapées, chemises défraîchies, rapiécés et… broderies, dentelles sur étoffes raffinées, mêlées aux chiffons… Mes yeux ne lâchent plus ce bout de tissu camouflé sous les nippes. Je l’en sors, l’admire, telle une fragile princesse oubliée dans un monde de guerriers. Broderies vraiment fines. Long travail sur un tissu de qualité qui, si nous n’étions pas dans ce taudis, passerait aisément pour de la soie. En fouillant bien, nous dégotons quelques robes uniques au monde. Combien pour celle-ci ? Oh, pas grand-chose. Ce bazar ne vend que les biens de démunis qui ne désirent plus que manger. Le commerçant voisin, avisé des singuliers visiteurs, vient dire bonjour. Assis sur les tapis devant la devanture de planches, nous buvons le thé ensemble en bavardant car ici, le commerce est avant tout une relation sociale. Puis, chacun des commerçants vient nous présenter ce qu’il a de plus beau en robes. Souvent, ce qui leur semble beau ne nous plaît pas et ce que nous choisissons leur paraît dénué de valeur. Finalement, nous achetons cinq robes dentelées, brodées et colorées. Les Afghans sont contents, ils ne pensaient jamais les vendre. Aujourd’hui, à Kandahar, on ne porte plus ce style car il laisse la nuque nue... En France, nous n’en sommes pas là. Elles seront portées avec fierté. Leur prix est moins élevé que celui du nettoyage. Au pressing, l’homme nous dévisage de toute sa moustache. Combien pour nettoyer cette robe ? Il déplie, regarde, réfléchit : « 100 roupies. » « Non, non, c’est plus cher que le prix d’achat, nous en avons cinq alors combien pour le lot ? » « 500 roupies. » Le bougre ne veut rien lâcher. Il est froid et intransigeant. Sur son visage semble marqué, si vous n’êtes pas contents, allez voir ailleurs. Il n’y pas d’ailleurs. On essaie de négocier encore mais il n’y a rien à faire. Ok alors, pour 500 roupies. Mais tachez que ce soit bien fait. « Quand pourrons-nous venir les chercher ? » « Demain. » Le lendemain, nous achetons cinq nouvelles robes en retournant au marché afghan. Les marchands nous les avaient mises de côté après les avoir retrouvées dans leur souk. Discussion, thé, nous retournons ensuite à ce que l’on pourrait appeler le pressing. Le monsieur nous reçoit toujours sans sourire. Les robes ne sont pas prêtes. Combien pour les cinq nouvelles ? 500 roupies de plus, il dit comme si on était vraiment des cons. Pas moyen de négocier à nouveau. Heureusement qu’on ne les a pas payées cher. Nous devons revenir le lendemain. Elles seront prêtes. Nous repoussons donc notre départ. Déjà plus d’une semaine que nous sommes dans cette ville. En attendant, les jeunes du café Internet me font écouter de la musique dans la journée et, le soir, on parle ensemble de tout et de rien mais aussi de politique, de religion alors que ces sujets sont assez tabous. Celui qui tient le café a fait ses études à Karachi, la plus grande ville du pays sur la côte de l’océan indien, qu’il compare à une ville américaine. Puis il est revenu dans sa ville natale où il tente aujourd’hui d’organiser de petites manifestations culturelles autres que religieuses. Une nouvelle personne qui aimerait que ça change mais il sait devoir laisser le temps au temps. Les anciens demeurent ceux qu’on doit avant tout respecter. On ne bouscule pas des mœurs millénaires en une journée. À la fin de sa vie, il énumérera les choses qui auront changé. Et lui-même devra alors être à son tour respecté. Ainsi, rien ne doit aller trop vite, plus vite que le cycle des générations… Pourtant, chez nous, les anciens disent souvent être dépassés. Il est minuit passé quand je le quitte. Le lendemain, nous nous rendons au pressing, nous attendant à trouver les mêmes visages fermés et méprisants. Mais c’est tout le contraire qui arrive. Les robes sont prêtes, emballées très proprement. Nous sommes priés de passer derrière le comptoir du magasin. Alors, on nous paie le thé, l’incontournable joint de haschich et on s’ouvre enfin, jusqu’à nous traduire les messages des infos régionales de la télévision qui se divulguent au moment même. Avant de partir, gênés, nous recevons en cadeau deux shawar kamiz neuves qui valent, chacune d’elle, plus que le prix des robes et des nettoyages réunis… Dernier jour à Quetta
À l’étage enfumé d’une tchaïkhane, dans le brouhaha de voix d’hommes, quelques jeunes chrétiens entreprennent de monopoliser notre attention. Rien ne permet de les différencier des autres personnes avec qui nous bavardons car tous portent la barbe. Ce n’est qu’une fois sortis du bar, alors qu’ils insistent pour nous emmener dans leur quartier, qu’ils nous montrent une petite croix sur leur torse, accrochée au bout d’une chaînette. Nous sommes en effet, nous aussi, chrétiens de culture mais rien ne permet d’affirmer que nous le sommes encore aujourd’hui… Ce serait long de leur expliquer. Nous les suivons donc à travers les rues et allons visiter en premier la petite église qui n’est rien d’autre qu’une salle de classe avec un tas d’ornements peints et dessinés par la population jusqu’au tableau de Jésus qui arbore, ce qui est rare, un grand sourire. Dans la rue, nous partageons une partie de baby-foot avec les gamins du quartier. Il est assez rare en Inde et au Pakistan de trouver des adeptes du football. Il y en avait à Goa seulement, sans doute après la longue présence portugaise. Les footballeurs se ressemblent malgré tout de par le monde. Très vite, la partie se transforme en un match capital de world cup entre la France et le Pakistan. Les jeunes supporters sont au comble de l’agitation et une bagarre de petits poings éclate bientôt entre les enfants, nombreux autour du jeu. Les acclamations pour Zidane résonnent mais trop tard. C’est l’échec ; la France perd. Et il n’y aura pas de match retour cette année. Le calme revient et le championnat de rue pakistanais peut reprendre… L’étage d’une maison de la même rue sert de salle de musique. On nous fait visiter puis nous asseoir, avant de nous servir le thé pour patienter, le temps que des enfants courent chercher des musiciens pour improviser un concert. Toute la rue est au courant de notre présence et les enfants, surtout, se montrent derrière la petite fenêtre pour nous regarder. Le concert est vraiment sympathique. Mélange de musique traditionnelle pakistanaise, de chansons d’églises et…la musique du film Titanic. Original. Original aussi de se trouver ici, adoptés, invités à manger, à dormir et à rester indéfiniment. Un autre regard sur la religion chrétienne laissée à l’abandon dans ce coin du monde. Dans la nuit avancée, nous traversons une dernière fois cette ville pour rejoindre l’hôtel. J’ai le sentiment de les avoir abandonnés. En marchant dans la rue, les images de nos journées se superposent à celles de cette nuit. La ville est nue sous les étoiles, les rues balayées par le vent piquant, le quartier chrétien sans les enfants, le marché afghan sans couleur et sans vie, le boulevard des banques et des hôtels sous la lumière fade des néons. Abandonnés à jamais, puisque demain nous partons.
Khuda hafiz Pakistan.
En quittant Quetta en fin d’après-midi, le soleil effleurait déjà l’horizon et rendait aux roches pourpres la couleur des cendres rougeoyantes. La route s’élançait tel un rail de fête foraine entre les crêtes monumentales, s’ouvrant et se refermant, montait aux cols et dévalait les plaines sans fin. Je regrettais déjà de traverser le désert du Baloutchistan de nuit... Que n’avais-je pas vu : assurément montait aux astres, la Lune, d’une rondeur et d’une clarté qui, du fait de notre altitude, m’hypnotisait comme une prodigieuse illusion. J’ai su alors que ma nuit serait blanche. Plaines de sable, de cendres, roches striées, acérées, géantes, villages confondus, troupeaux dispersés, ombres enturbannées, barbes dessinées. Le tout d’un gris léger et doux sous l’œil fascinant de notre corps céleste. Paysages époustouflants ! Notre bus filait à travers les ornières. Les heures s’écoulaient sans qu’un bâillement ne fasse cligner mes paupières. Mes pensées de clair de Lune emplissaient mon esprit d’une sérénité à toute épreuve. Une nuit d’amour ! Le bleu sombre de la nuit s’éclaircissait déjà en rose humide du matin. Les bras écartés au vent, le visage rafraîchi par les ablutions, je n’étais que béatitude et ma prière à moi n’en était que plus profonde. Un matin de voyage où, plus prompt que le soleil lui-même, j’embrassais cette journée née devant moi. Mon désir de la vivre me brûlait plus encore que les premiers rayons aveuglants du soleil blanc des déserts. Nous rentrions triomphants, ivres de nouvelles connaissances, dans cet énigmatique pays qu’est l’Iran ! Rien ne pouvait me rendre plus vivant et plus libre qu’une telle nuit. Un souvenir me revint alors, une question, une seule, qui fit s’effondrer en moi l’espoir, ce jour-là, avec celle que je souffrais d’aimer : Que vas-tu chercher là-bas que tu n’as pas ici ? Sans rien dire, je suis parti. Les mots ne pourront jamais décrire ne serait-ce que le parfum du vent et son corps remplacer les sensations que j’éprouve en voyageant.
* Nicolas Bouvier
Avis sur séjour à Rome du 12 au 17 août? English translation pending
Bonjour, une occasion et l'envie m'ont permis de trouver des billets et un hôtel pour Rome du 12 au 17 aout prochain ( nous ne craignons pas la chaleur !!)
J'essaie d'établir un programme de visites, même si je pense que l'ambiance aidant nous allons nous laisser vivre au gré des humeurs. J'aimerai avoir des idées, des conseils, etc..
Mercredi : arrivée vers 10 h à l'aéroport. Quid l'après midi ?
Jeudi : Le vatican . Que faire pour éviter la queue ?
Vendredi : Ostie
Samedi : Villa Borghese, le centre et les fontaines
Dimanche : Rome Antique
Lundi : Catacombes et centre puis aeroport
Nous sommes 4 ( 2 adultes et 2 ados )
Merci pour les futurs renseignements.
a+
Héberger au Train Inn ou au Suk 11 à Bangkok? English translation pending
salut en decembre je vais en thailande pour 1 mois il y aura quelque jours a bangkok..et j hesite entre la guesthouse suk 11 a sumkumvit et the train inn a cote de la gare..merci de donner votre opinion a ce sujet ..en sachant q un matin je prend le train tot vers ayutaya..bon week..
Avis sur itinéraire Las Vegas - Grand Canyon - Monument Valley - Mesa Verde - Arches - Canyonland - Capitol Reef? English translation pending
Bonsoir à toutes et tous,
Après avoir finaliser mes étapes puisque tous les hôtels sont maintenant réservés que pensez vous du timing suivant pour mes 10 premiers jours dans l'Ouest en juillet. Le programme que je compte faire subir à ma petite famille est il réalisable d'après vos propres expériences.
Est ce que je ne passe pas à coté de choses intéressantes ou au contraire des points pourraient ils être zappés sans problème.
Jour 1 : Arrivée Las Vegas en fin de journée. Prise voiture de loc. Nuit à Las Vegas prés de l'aéroport.
Jour 2 : Tôt le matin départ pour Grand Canyon via Kingman-Hackeberry-Route66-Seligman-Williams arrivée prévue vers les 15h (réservation hélicoptère chez Papillon pour le lendemain) Fin d'AM et soirée sur le West Rim Hermit Road et Yaki Point puis Coucher de soleil. Nuit à Grand Canyon.
Jour 3 : Lever de soleil à Yavapai Point et Mother Point puis survol en hélicoptère dans la matinée. Ensuite South Kaibab Trailhead puis départ pour Page via la Desert View Drive avec arrêts photo multiples sur les différents points de vue. L'après midi avant Page prendre la direction de Lee Ferry pour faire petite balade à pied peut être Cathedral Wash aurais je le temps ??? Arrivée à Page en fin de journée. Nuit à Page.
Jour 4 : Le matin Anteloppe Canyon à 11h (que faire avant ???). L'après-midi ballade en bateau de 1h ou 2h sur le lac Powel puis baignade sur la rive nord du lac vers la scénic drive. Nuit à Page.
Jour 5 : Le matin vers les 9h Horseshoe Bend puis départ pour Monument Valley. Sur la route visite du Navajo National Park avec ballade de 30 minute (sandal trail). Dépose des bagages à l'hôtel à Mexican hat puis point de vue à Gooseneck et retour à Monument Valley pour faire la petite boucle à pied et la grande boucle en voiture. Coucher de soleil à Monument Valley. (Le soir à l'hotel téléphoner à Mesa Verde pour réserver la visite de Cliff Palace à Mesa Verde). Nuit à Mexican Hat
Jour 6 : Au lever de soleil faire la Valley of the God en voiture puis départ pour Mesa Verde via Bluff - Montezuma Creek et Cortez. Faire la visite guidé de Cliff Palace à Mesa Verde puis la cliff palace Loop et la Mesa Top Loop en fin d'aprés midi. Nuit à Mesa Verde.
Jour 7 : Départ pour Moab. Sur la route qui remonte sur Moab faire les deux points de vues Needle Overlook et Anticline overlook. Nuit à Moab. La journée est elle faisable en terme de KM et d'heure de route les point de vues vallent ils le coup ?
Jour 8 : Lever de soleil à Arches National Park puis ballade en matinée dans le park. L'aprés midi et le coucher de soleil au Dead Horse Park. Nuit à Moab.
Jour 9 : Partir de Moab tôt le matin pour faire le secteur Island in the sky dans Canyonland National Park dans la matinée. En début d'aprés midi départ pour Torrey avec ballade dans Capitol Reef (vallée de la Frutta ou autre ballade que conseillez vous ?) Nuit à Torrey.
A suivre avec Bryce Canyon (2 nuits), Las Vegas (2 nuits), Death Valley (1 nuit), Yosemite (2 nuits) et enfin San Francisco (3 nuits) .....
Merci déjà pour vos premiers conseils.
Jean-Yves
Jour 1 : Arrivée Las Vegas en fin de journée. Prise voiture de loc. Nuit à Las Vegas prés de l'aéroport.
Jour 2 : Tôt le matin départ pour Grand Canyon via Kingman-Hackeberry-Route66-Seligman-Williams arrivée prévue vers les 15h (réservation hélicoptère chez Papillon pour le lendemain) Fin d'AM et soirée sur le West Rim Hermit Road et Yaki Point puis Coucher de soleil. Nuit à Grand Canyon.
Jour 3 : Lever de soleil à Yavapai Point et Mother Point puis survol en hélicoptère dans la matinée. Ensuite South Kaibab Trailhead puis départ pour Page via la Desert View Drive avec arrêts photo multiples sur les différents points de vue. L'après midi avant Page prendre la direction de Lee Ferry pour faire petite balade à pied peut être Cathedral Wash aurais je le temps ??? Arrivée à Page en fin de journée. Nuit à Page.
Jour 4 : Le matin Anteloppe Canyon à 11h (que faire avant ???). L'après-midi ballade en bateau de 1h ou 2h sur le lac Powel puis baignade sur la rive nord du lac vers la scénic drive. Nuit à Page.
Jour 5 : Le matin vers les 9h Horseshoe Bend puis départ pour Monument Valley. Sur la route visite du Navajo National Park avec ballade de 30 minute (sandal trail). Dépose des bagages à l'hôtel à Mexican hat puis point de vue à Gooseneck et retour à Monument Valley pour faire la petite boucle à pied et la grande boucle en voiture. Coucher de soleil à Monument Valley. (Le soir à l'hotel téléphoner à Mesa Verde pour réserver la visite de Cliff Palace à Mesa Verde). Nuit à Mexican Hat
Jour 6 : Au lever de soleil faire la Valley of the God en voiture puis départ pour Mesa Verde via Bluff - Montezuma Creek et Cortez. Faire la visite guidé de Cliff Palace à Mesa Verde puis la cliff palace Loop et la Mesa Top Loop en fin d'aprés midi. Nuit à Mesa Verde.
Jour 7 : Départ pour Moab. Sur la route qui remonte sur Moab faire les deux points de vues Needle Overlook et Anticline overlook. Nuit à Moab. La journée est elle faisable en terme de KM et d'heure de route les point de vues vallent ils le coup ?
Jour 8 : Lever de soleil à Arches National Park puis ballade en matinée dans le park. L'aprés midi et le coucher de soleil au Dead Horse Park. Nuit à Moab.
Jour 9 : Partir de Moab tôt le matin pour faire le secteur Island in the sky dans Canyonland National Park dans la matinée. En début d'aprés midi départ pour Torrey avec ballade dans Capitol Reef (vallée de la Frutta ou autre ballade que conseillez vous ?) Nuit à Torrey.
A suivre avec Bryce Canyon (2 nuits), Las Vegas (2 nuits), Death Valley (1 nuit), Yosemite (2 nuits) et enfin San Francisco (3 nuits) .....
Merci déjà pour vos premiers conseils.
Jean-Yves