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Réflexions de Français qui ne savaient pas que vous étiez...français English translation pending
by Bikeman · 2006-04-23 · 69 replies
voici _un sujet qui va vous faire beaucoup rire !! vous avez tous un moment ou a un autres été témoins de réflexions de francais qui ne se doutais pas qu'ils avais des compatriotes juste a coté.voici 3 exemples qui me viennent en mémoire: acropole d'athenes, je suis avec mon pote nasser entrain de manger un sandwich sur le parvis lorsque cette discution nous parviens aux oreilles: alors raymond tu l'as fais cette photo ? NON !Y A 2 COUILLONS QUI SONT ENTRAIN DE MANGER JUSTE DEVANT !!!! eclat de rire de notre part. eglise de la nativité a bethlem nous nous sommes collé a un groupe de touristes francais pour profiter des explications du guide, une fois son exposé terminé les touristes regagne la surface et la les 2 derniers on cette réflexion que j'entend encore dans mes oreilles : AU FAIT T'A ECOUTE ? C'EST QUI LE MEC QUI EST NE ICI, ? dans une supérette en turquie 2 filles sont devant moi dans la queue, bien qu'elle parle en francais, je n'entend pas et ne cherche pas specialement a ecouté la conversation mais tout a coup j'entend tres distinctement : MAIS SI CA TE PLAI PAS QUAND IL T'en....., tu n'as qu'a lui dire je ne peux que me marrer un grand coup !!nous sommes visiblement génés tous les 3 et regardons nos tong en priant que la caisssiere finisse au plus vite !!
Indien vaut mieux que deux tu l'auras... English translation pending
by Slaeinte · 2006-04-17 · 1 reply
1 an autour de la planete, et nous basculons des montagnes nepalaises dans l'envoutante spiritualite indienne... (pour les photos http://www.lespiedssurterre.org)

Mardi 22 Novembre: "Hare Krishna" Devant le comptoir de l'immigration, nous faisons la rencontre d'un groupe de touristes retraites réussissant l'exploit de visiter le Rajasthan, Varanasi et la vallée de Kathmandou en 14 jours dont 4 réservés aux transports, bravo Jet tour! Intrigués par le nombre de visas figurant sur nos passeports, ils sont très curieux d'un tel voyage. Etrangement ce qui les impressionne le plus c'est de ne pas savoir où l'on va dormir le soir sans réservation. Dans le lot, il y a bien évidemment le vieux bougon désagréable qui nous lance indirectement des " Pauvre France … … A notre époque on pensait d'abord a la carrière, aujourd'hui ils pensent aux loisirs!" Réponse du berger à la bergère, Sophie lança : "En attendant nous on n'aura peut-être pas de retraites pour s'offrir des voyages quand on sera vieux! c'est ça et bientôt c'est les retraites qui paieront votre retraite! de toute façon y'en a toujours un comme ça dans les voyages organisés" clôtura Sophie en faisant rire l'assemblée. A la sortie de l'aéroport de Varanasi, nous sommes harcelés par les taxis. Les prix sont bien sur revus à la hausse et certains n'hésitent pas à rajouter des suppléments pour les bagages, pour la personne supplémentaire, pour la clim et encore plus fort parce que la voiture est neuve et confortable! (Et pourquoi pas parce que le chauffeur s'est rasé ce matin tant qu'on y est ?!) Finalement, nous sortons de l'aéroport pour en prendre un directement dans la rue. Des types s'immiscent comme intermédiaires et il faut batailler pour imposer notre prix. Il faut reconnaître que ces taxis blancs à l'allure de vieilles voitures coloniales ont de la gueule, ce sont des Ambassador. Pour atteindre le bord du Gange ou se trouvent les guest, nous devons ensuite prendre un rickshaw et la, ça commence a ressembler a l'image qu'on avait de l'Inde, le bruit et la poussière sont la. Entasses comme deux sacs a patates a l'arrière avec nos énormes sacs a dos sur les genoux, nous devons nous tenir mutuellement pour ne pas tomber a chaque nid de poule. En haut des maisons, des singes bondissent et nous croisons quelques vaches au milieu de cette circulation anarchique que l'agent gesticulant sur son rond-point serait bien incapable de déloger. Leur fâcheuse tendance a se mettre au milieu de la route s'expliquerait par leur goût prononce pour les courants d'air provoques par les véhicules…ça chasse les mouches ! Cela pose tellement de problèmes de circulation que l'Assemblée a vote une loi en 2004 autorisant les policiers à les chasser avec de légers coups de bâtons. Nous arrivons au coucher du soleil à la Vishnou resthouse. Il y avait peu de chance de trouver une chambre mais la dernière vient de se libérer, cool. La terrasse, pourvu d'un petit temple (sans doute dédié à Vishnou) est très agréable et donne sur le Gange. Des cerfs volants se partagent l'horizon et des chants sacrés commencent à s'élever dans les airs. Ajouté a cela un "Hare Krishna" psalmodié en boucle pendant 40 mn et vous obtiendrez une Mais que fait la police ?ambiance complètement irréaliste. Bon ben la, on est en plein dedans. Cela inspire Sophie qui "croque" le profil de Christophe (assez ressemblant d'ailleurs). A peine arrivés que nous sommes déjà sous le charme de cette ville. C'est aussi l'heure ou les routards de la guest rentrent au bercail. Nous faisons ainsi la connaissance d'Aurélien, Fred, Aurélie et Jihane. Si la "Vishnou" est plutôt bonne enfant, le confort des chambres y est très sommaire. Deux énormes lézards, des geckos, la partagent avec nous tout comme les chiens qui hurleront sous nos fenêtres une bonne partie de la nuit.

Mercredi 23 Novembre: Le Nirvana Nous sommes réveillés vers les 04h30 par l'imam du coin, puis a 5h30 par des tintements de cloches et enfin, pour que l'orchestre soit complet, a 06h00 par ce qui pourrait ressembler a une partie de tennis engagée. Pourtant y'a pas de terrain dans le coin...nous découvrons en ouvrant les fenêtres qu'il s'agit des lavandières en train de battre leur linge dans le Gange. Nous les regarderons le temps de prendre notre petit dej' sur la terrasse. Nous commençons par visiter le Chowk, le vieux quartier qui longe le Gange. Il est facile de se perdre dans ce labyrinthe de ruelles tortueuses. Elles sont si étroites que voitures et charrettes ne peuvent circuler, ce qui n'enlève rien a l'animation qui y règne. Petits commerces, mangoustes et singes, souris et vaches sacrées mangeant les détritus jetés a même le sol, gargotes, buffles gênant notre passage, odeurs nauséabondes succédant a de divines effluves de masala et d'encens puis surtout chiens galeux a tous les coins de rues, sans oublier les bouses et autres déchets (étant donne qu'il n'y a pas de ramassage d'ordures, ce sont les animaux qui s'en chargent). Tout y est ! Le plus saisissant reste de tomber nez à nez avec le corps d'un défunt que sa famille conduit en cortège au lieu de crémation... On a comme le sentiment de déambuler Lessive collectivedans une ville moyenâgeuse, Villon se serait régalé de ce spectacle. Les hommes ont souvent une écharpe autour de la tête à la manière d'une rage de dent ou les cheveux (et même barbe et moustaches) teint au henné…orange ! Au détour d'une ruelle, nous arrivons au Golden temple, le temple le plus sacré de la ville suppose contenir le lingam de Shiva (le symbole de Shiva étant un lingam, le principe mâle enfonce dans un yoni représentant le principe féminin). Aucun profane n'est autorisé à y pénétrer. A l'entrée de la ruelle d'accès au temple, chacun, indien comme touriste, est fouillé obligatoirement par des militaires armés. Comment dans de telles conditions, Sophie a-t-elle réussi à y entrer et ressortir avec la tika sur le front et une cordelette de longue vie autour du poignet? Un vieillard gardant les chaussures à l'entrée lui a juste demande de les ôter, et c'est seulement au moment de ressortir qu'on lui a fait remarquer le panneau d'interdiction "temple exclusivement réservé aux hindous". Personne n'a eu l'air surpris de sa présence a l'intérieur, la suite du voyage nous confirmera que les indiens sont d'une extrême tolérance a ce niveau-là. Nous terminons la ballade par les bords du Gange ou se trouvent les ghats, les marches d'accès au fleuve sacré. Le plus important est le Manikarnika Ghat. C'est en suivant un cortège funéraire que nous y sommes arrivés. Sur une plate-forme bordée sur trois cotés par le Gange, brûlent une dizaine de bûchers. Le voeu le plus cher de tout hindou est que son âme monte au ciel par la grâce du feu. Il espère ainsi échapper au cercle sans fin des renaissances pour accéder directement au stade suprême: le nirvana. Des barques chargées de tonnes de bois sont amarrées et des hommes déchargent les bûches toute la journée. Un corps met trois heures à brûler et nécessite 350 kg de bois. Non loin de là, des stèles de sati évoquent le sacrifice des veuves qui s'immolaient vives (de façon plus ou moins consentie) en même temps que leur défunt mari. Bien que cette tradition fût interdite par les britanniques, elle a perduré jusqu'à très récemment. Les cadavres drapés de blanc pour les hommes, de rouge pour les femmes et de jaune doré pour les vieillards sont d'abord immergés dans le Gange avant d'être brûlés, les cendres seront ensuite jetées dans les eaux sacrées du Gange. Lorsque la famille, trop pauvre, ne peut acheter suffisamment de bois, il arrive que le corps a demi consumé soit jeté dans le fleuve ou les charognards achèveront le travail. Nous montons dans une tour qui domine la scène. Le tableau qui s'offre à nous est constitué de deux jambes calcinées qui dépassent du bûcher. Nous arrivons juste a temps pour voir le maître d'oeuvre les casser pour les poser sur le dessus à l'aide d'un bambou. Dans le bûcher voisin, nous apercevons la tête d'un autre encore attachée à sa cage thoracique, le "spectacle" est hallucinant pour nous occidentaux. Nous sommes fascinés par cette ferveur et ce mysticisme dans ce décor semi réel. La mort en Europe est cloisonnée derrière des portes, des hospices, ou le silence est de rigueur. Ici au contraire la vie côtoie la mort: des chèvres viennent manger les fleurs mortuaires, les cris des enfants jouant autour se font entendre, une dame se lave dans le fleuve a quelques mètres des bûchers. La mort n'a pas cet aspect tabou qui existe chez nous, elle n'est pas niée et Varanasi nous apparaît ainsi comme un carrefour entre les mondes spirituel et physique. Les bâtiments a proximité sont des mouroirs ou les gens attendent leur tour. Il est bien évidemment interdit de filmer ou de photographier mais certains n'hésitent pas à nous réclamer une participation aux frais de crémation (qui coûte très cher) en contrepartie. A la guest, c'est l'heure du "Hare Krishna" et du "banana lassi time". Un deuxième Fred et Paul, un anglais se joignent a nous. Demain nous partagerons à sept une barque pour le lever du soleil sur le Gange. Rendez-vous fixe a 6h00. Les guest de Vishnou

Jeudi 24 Novembre: Ganja euh non Ganga ! Nous décollons plus tard que prévu mais juste a temps pour voir le soleil se lever…et nous ne sommes pas les seuls: des dizaines de barques longent elles aussi les ghats avec de nombreux touristes a leur bord. 1, 5 millions de bacteries pour 100 ml ! Ghats reserves aux femmes C'est un "spectacle" hallucinant que cette vie grouillante au bord du fleuve. On se rend vraiment compte de la puissance de la religion sur les mentalités et…de la pollution du Gange. "Aucun microbe qui se respecte ne sauraient vivre dans une eau pareille.", écrivait Mark Twain, et pourtant 1, 5 millions de bactéries cohabitent dans 100 ml d'eau (le maximum toléré au-delà duquel un bain peut être nocif est de 500!) Cela n'empêchent pas les indiens de laver leur linge avant de le mettre a sécher sur le sable et dans la poussière, de se laver (même les dents) et le pire, les enfants de plonger et les pèlerins de boire de son eau. Les buffles de leur coté n'éprouvent pas le moindre problème non plus à faire trempette. A ce propos, il est important de préciser qu'à Varanasi se trouve un des plus beaux goshalas de l'Inde, une maison de retraite pour vaches. Si l'on respecte autant les vaches en Inde c'est parce qu'elles incarnent l'ashima, l'absence de volonté de tuer et symbolisent la maternité, la charité et la pitié. Durant la crise de la vache folle, l'Inde a proposé à la France et au Royaume Uni de leur racheter les vaches destinées à l'abattage pour 12 millions d'euros!!! Cette anecdote illustre bien le culte voué a la vache. Les ablutions se font au soleil levant, les pèlerins doivent se baigner en cinq endroits différents. L'hindou religieux doit suivre ce rite chaque matin: prononcer le mantra sacré (prière), s'immerger complètement trois fois de suite, et boire une gorgée d'eau du Gange dans sa main; quand on voit ce qui flotte a la surface… Beurk! Raison de plus pour être surpris d'apercevoir les fameux dauphins du Gange, même les spécialistes s'interrogent sur le fait qu'ils n'aient pas encore totalement disparus. A plusieurs reprises nous en verrons sortir de l'eau, leur aileron et leur nez allongé bien visible. La soie est l'étoffe sacrée par excellence et Varanasi en est la capitale. Cet après-midi, Sophie visite donc les fabriques de soie du quartier musulman en compagnie de Fred le Suisse. Ce sera l'occasion de distinguer la soie "sauvage" de la "naturelle", et la "mousseline" du "brocard". Les marchands de soie sont près a tout pour faire acheter; dans la même journée, Sophie a rencontré les fournisseurs de Sonia Rikel, Pierre Cardin et Hermès, rien que ça! Varanasi est à la fois musulmane et hindoue; il n'est donc pas rare de croiser des femmes complètement voilées de noir. L'Inde est en effet le deuxième pays musulman après l'Indonésie en termes de population. La petite troupe est au complet à 15h30, la barque nous attend cette fois-ci pour assister à la Puja, la cérémonie du culte au Gange. Elle a lieu à la tombée de la nuit sur le Dasashwamedh Ghat. Plusieurs prêtres accompagnés de musiciens officient tournés vers le Gange tandis que les chants sacrés s'élèvent et que des dizaines de bougies sont déposées sur l'eau. C'est assez mystique mais ça devient barbant au bout d'une demi-heure. C'est aussi à la nuit tombée que les crémations sont les plus impressionnantes. On assiste a un triste spectacle à la descente du bateau: deux chiens collés dévalent une pente. En regardant d'un peu plus près, on s'aperçoit qu'ils sont restés "enfiles" durant le coït. On ne peut malheureusement rien faire pour eux a part leur mettre le doigt dans le dernier orifice disponible mais personne ne s'est dévoué. Pas d'inquiétude à avoir, ils s'en sont sortis tous seuls. Aucun resto proche de notre guest n'est mentionné dans les guides, on y va donc au pif, et la mauvaise pioche, même Christophe n'a pas fini ses assiettes! La soirée se termine à l'Internet café ou les pannes de courant s'enchaînent à nous arracher les cheveux; il semble que ce soit assez "courant" dans le pays!

Vendredi 25 Novembre: Yoga Ce matin, nous testons l'activité phare de Varanasi après les crémations: le yoga. Les cours ont lieu dans le petit temple sur la terrasse de notre guest de 8 à 10 heures et il faut être à jeun. Aurélien, Jihane, Aurélie ainsi qu'un autre couple participent aussi. La séance commence par un travail de respiration puis des exercices "exutoires" qui permettent sans doute de libérer les tensions. Dans notre cas ça a surtout libère un énorme fou rire collectif notamment quand on a du faire "le lion" à tour de rôle! La séance se termine par de la méditation où il est possible de ressentir une sorte d'énergie entre les mains et ça marche! Christophe était complètement absorbé dans sa bulle "magnétique". On est resté un bon moment sur la terrasse: Sophie a pris les choses en mains en testant la coupe de cheveux aux ciseaux, Christophe commençait vraiment a ressembler à un lion "grisonnant", le processus de "blanchiment" s'étant emballé depuis notre départ de France. Le résultat est plutôt satisfaisant compte tenu de l'outillage. La fin de journée fut un peu plus stressante. Pour se rendre au Ramnagar palace, la demeure du maharadjah de Varanasi, nous prenons un autorickshaw, sans doute un des plus intrépides de la ville. On se serait cru dans un jeu vidéo où il faut conduire une voiture lancée à toute berzingue qui doit éviter tout un tas d'embûches sur la route. Sauf que la c'est "pour de vrai", il faut éviter vaches, chiens, voitures, vélos, écoliers et autres piétons et c'est même pas nous qui étions aux commandes. Sophie a cru mourir à plusieurs reprises alors que Christophe s'en amusait, le chauffeur maniait son engin comme s'il faisait corps avec, virant à droite, esquivant une moto qui déboulait à gauche, frôlant les camions puis se faufilant comme Speedy Gonzales dans une circulation totalement anarchique. Le trajet a semblé durer des heures pour Sophie qui hurlait a chaque fois qu'on s'approchait un peu trop vite ou un peu trop près des "embûches", un enfer! Sans oublier qu'au passage on se prend de la poussière plein les yeux et le nez. Il lui a fallu un peu de temps pour s'en remettre. Christophe, quant à lui, a apprécié la ballade et l'agilité de notre chauffeur.

Samedi 26 Novembre: "bouge de la" (Mc Solar) Nous partons ce soir en train de nuit pour Satna. Nous nous balladons une dernière fois sur les ghât pour observer son animation de plus près. De grands parasols abritent toutes sortes de petits métiers: masseurs, vendeurs de fleurs, barbiers et astrologues qui veulent a tous prix nous lire les lignes de la main. On voit aussi des "gourous" autour desquels sont rassemblés de nombreux fidèles qui les écoutent interpréter les textes sacrés pendant des heures ou répéter leurs chants. Un peu plus loin, un homme fait du yoga; il se cambre en arrière puis se contorsionne pour finir debout sur un pied comme Shiva le fit une longue période de sa vie. Nous avons également croisé un sâdhu, le plus célèbre de la ville, celui qu'on aperçoit lorsque l'on est dans la barque, celui qui est assis sous son arbre, celui qui arbore un crâne humain plante sur un pieu et qui s'extasie sur les Nike de Sophie "super tes chaussures…". Un phénomène le gars, peut-être un peu trop mégalomane pour un ascète! Départ pour la gare vers 22h00, la mauvaise heure. Nous revivons la même expérience en rickshaw que la veille version night background: il fait nuit noire, les vaches n'ont pas de feux stop, des piétons traversent a l'improviste et le chauffeur hésite entre conduite a droite ou conduite a gauche. Notre train prévu pour 23h30 n'arrivera en gare qu'a 1h15! Sophie a réussi l'exploit de s'endormir assise sur son sac a dos, la tête posée sur ses genoux alors qu'il n'y a pas si longtemps elle avait du mal a trouver le sommeil ailleurs que dans sa chambre. A l'arrivée du train, la première image qui nous est venue a l'esprit, aussi déplacée soit-elle, est celle de ces wagons de déportes pendant la Deuxième guerre mondiale. Les fenêtres sont flanquées de barreaux ou plusieurs têtes se collent et les wagons bondées, de véritables bétaillères. Monter dans le train relève du défi, mais avec l'aide de deux autres touristes, un français et un brésilien, nous nous entassons dans le wagon 4. L'étape suivante consiste a atteindre nos couchettes en enjambant des familles entières assises ou allongées par terre au milieu de valises et sacs en tous genres, en bousculant a droite a gauche voir en forçant le passage, nos sac a dos ne nous permettant pas de jouer en finesse. Bien évidemment nos couchettes comme toutes les autres sont occupées. Nous présentons nos billets "pour faire valoir ce que de droit". Ces messieurs nous expliquent alors qu'il y a eu erreur sur la numérotation du train et que nous nous trouvons dans le wagon 5. Info ou intox, nous n'avons pas d'autres options que de les croire puisque, hormis le chauffeur, aucun contrôleur ou employé des chemins de fer ne s'aventurent dans cette jungle. Nous voici tous les quatre a nouveau sur le quai quand tout a coup le train se met à bouger sans préavis. Ni une ni deux nous sautons dans le wagon le plus proche, le numéro 6. Grrrrr… Serres de tous cotes et A multiplier par 10 !!dépasses par la situation, nous nous résignons a passer les prochaines 8 heures debout agglutines a nos sacs. Pour 10 places assises 30 personnes sont entassées la. Le brésilien est plus combatif et nous motive à retraverser les deux wagons. L'expédition prendra une demi heure, au prix de quelques attouchements à l' encontre de Sophie. Mais voici qu'au milieu de ce bordel, nous devinons nos numéros de couchettes. Yiipaaaa! Nous sommes quatre et au final nous arrivons à nous imposer. Nos deux compagnons, habitues des trains indiens, nous expliquent que c'est bien la première fois qu'ils voyagent dans de telles conditions. Pour notre première expérience ferroviaire ici, nous voila baptises! On ne fermera pas beaucoup l'oeil cette nuit la, dévisages par tous et adosses sur nos gros sacs a dos cadenasses. La nuit s'annonce looonnnnnngue.

Dimanche 27 Novembre: Le parc de Bandhavgarh L'absence de toute indication, visuelle dans les gares ou orales dans le train, ne nous ayant pas permis d'anticiper notre descente, c'est à 06h00 du matin dans la précipitation que nous saisissons notre barda pour quitter la bétaillère. Belle erreur de débutant de Christophe qui, pour éviter les mains baladeuses de la veille, garde un oeil sur Sophie et se fait ainsi distancer (quelques mètres) par le précédent pour sortir. Aussitôt une dizaine d'indiens s'engouffrent dans l'espace libre, nous voila bloqués et le train qui va repartir d'une minute à l'autre. Une seule solution, chercher l'intervalle et percer. Râfuts a droite a gauche, coups d'épaules et nous atteignons la sortie plus surpris nous même par notre bourrinage que les locaux accoutumés au fait. Faute de bus pour se rendre au parc de Bandhavgarh, nous louons un taxi. La route est asphaltée en partie, l'autre est en cours d'asphaltage ce qui signifie cahoteuse. Les ouvriers qui transportent des paniers de gravier sur leur tête sont des femmes et on se demande finalement quels types de travaux sont réserves aux hommes… Le trajet de quatre heures est pénible et il est impossible de dormir pour récupérer le manque de sommeil de la nuit dernière, ni même de lire au risque de faire une grosse gerboulade. Arrivés au parc, il nous reste a choisir un hôtel et c'est le moins cher qui a gagne. Le confort est proportionnel et on se contentera de l'eau ferreuse froide et des draps poussiéreux. Le personnel, par contre, est charmant et fera tout pour nous satisfaire: nous apporter des thés au lait au lieu du café commande ou une bougie de gâteau d'anniversaire pour nous éclairer lors des fréquentes coupures d'électricité! Nos voisins de chambrée est un surprenant couple anglo-écossais avec qui nous décidons d'oublier nos rancoeurs olympiques pour partager une jeep le lendemain.

Lundi 28 Novembre: Mon cher Khan, … Nous partons à l'aube afin de mettre toutes les chances de notre coté pour dénicher le fameux Shere Khan, le tigre du Livre de la jungle, ça vous dit quelque chose? Kipling, qui passa sa jeunesse en Inde, se serait inspiré de cette région pour créer le décor de son célèbre roman. Nous avons le décor, il ne nous reste plus qu'à retrouver les personnages. Christophe s'est mis bille en tête de voir un tigre, ça le titille depuis le parc de Chitwan au Népal. Une soixantaine de spécimens vivent dans ce parc, la plus grande concentration d'Inde. Dans la famille Walt Disney, nous piochons d'abord Bambi et nous réussissons à former toute la famille, ensuite des langurs ces sympathiques singes blancs à la longue queue et des macaques puis un chacal, un groupe de perroquets, des paons, des poules sauvages, des vautours, des sangliers et des sambars mais… pas de tigre. On garde bon espoir puisqu'on y retourne en fin d'après-midi après la sieste. On est venus, on l'a pas vu on est repartis la queue entre les jambes! Même si le parc est vraiment beau et la faune très dense, Christophe est tellement déçu qu'il somatise et nous refait une tourista, la quatrième. Pourtant on y a cru. A plusieurs reprises on s'est arrêté, l'oreille alerte au moindre bruit (cris d'alarme des animaux indiquant la présence d'un tigre en chasse) et l'oeil attentif scrutant les fourrés. Des empreintes nous ont aussi mis sur la voie (mais pas la bonne). Que se passe-t-il? Notre bonne étoile nous aurait-elle abandonnés? Nous décidons de forcer la chance le lendemain en faisant un tour d'éléphant, il y a 90% de chance d'en voir un.

Mardi 29 Novembre: Miaou On se lève a nouveau à 5h30 pour être les premiers sur la liste puis parcourons a nouveau le parc pleins d'espoir. Nous croisons des jeeps qui ont aperçu un tigre et nous toujours rien, la poisse! Ca fait partie du jeu (sinon autant aller au zoo) mais on persiste. Notre dernier espoir: l'éléphant. Les guides du parc sont très organisés: à dos de pachyderme ils repèrent un tigre puis avertissent les autres par talkie-walkie afin qu'ils apprêtent un éléphant pour les touristes. C'est un service qui se paie cher mais maintenant qu'on est là tant pis pour le supplément, on fonce. Bon d'accord c'est pas très glorieux mais on se retrouve à cinq mètres d'un fauve au repos, peu dérangé apparemment par les allers-retours incessants des éléphants. C'est à peine s'il lève la tête à notre arrivée mais nous verrons tout de même Grosminetson magnifique regard couleur ocre. Difficile d'imaginer que ce gros matou tranquille est surnommé le Mangeur d'hommes. Nous repartons émerveillés d'avoir approché de près ce magnifique animal en voie de disparition (ne l'oublions pas). En tous cas, ces quelques minutes justifiaient à elles seules le déplacement. Après-midi lecture à la cool dans un hôtel classe. Il nous a suffi de commander un jus d'orange et un coca sans bulle (tourista oblige) pour profiter seuls de l'agréable jardin (les touristes ne se bousculent pas). Nous étions absorbés par notre livre lorsqu'un singe d'un mètre (queue d'un mètre non comprise) nous a surpris en bondissant sur notre terrasse à deux mètres de nous. Apres avoir constaté notre présence, autant surpris que nous, il est reparti en sautant sur le toit. Décidemment l'Inde est un pays magique.

Mercredi 30 Novembre: De que color es tu pelo? Nous avons fait la rencontre de deux espagnols de Gérone, Fiona et Michael qui comme nous voulaient se rendre a Khajuraho. Nous partageons donc le taxi, ce qui nous donne l'occasion de pratiquer un peu notre espagnol pendant les sept heures de route. Ils sont très sympa et les sujets abordés seront divers et variés. Michael, catalan jusqu'au bout des ongles reste pourtant partisan d'une construction européenne (à condition que ceux qui décident de s'installer dans la patrie de Dali se mettent au catalan, y tiene razon). Quant a Fiona, elle collectionne les crânes d'animaux qu'elle trouve dans la nature (ou qu'on lui offre), ce qui ne l'empêche pas d'être contre la tauromachie). Christophe sera très fier de leur chantonner l'Estaca en catalan (" l'avi sise tem parlaba, de bon mati al portal …") Nous les quittons à leur hôtel, notre budget ne nous permettant pas de les suivre. Nous trouvons un hôtel simple mais propre avec eau chaude, après 3 jours de douche au baquet c'est du luxe pour 2 euros la nuit! Equipe franco-catalane

Jeudi 1er Decembre: Kama-sutra a Khajuraho Le site archéologique, constitué de temples datant du IX au XIIe siècle, est célèbre pour ses sculptures érotiques. Nous passons donc une bonne partie de la journée à rechercher avec la curiosité de l'adolescent pour le film porno du samedi soir les scènes coquines qui se dissimulent au milieu d'autres représentations de la vie de l'époque (guerre, rois, reines, divinités, etc…). Les scientifiques n'ont toujours pas élucidé les significations de telles représentations, mais la culture tantrique donnent quelques informations : les scènes d'amour incarnent l'oubli de soi-même et l'abolition du temps, ce qui représente le meilleur moyen de méditer! Mouais, à cette explication cosmique d'autres préféreront une autre plutôt orgasmique! Etant donné que c'est le spot le plus " excitant " euh…important de la ville, il n'est pas étonnant d'y rencontrer nos catalans Michael et Fiona. L'après-midi se passera au lit pour Christophe et Tourista, sa nouvelle copine tandis que Sophie flânera dans les boutiques de patchwork. Nous avons droit à la coupure d'électricité habituelle au moment du dîner et nous choisissons le seul resto éclairé, celui qui a un générateur (l'intensité de l'ampoule étant inversement proportionnelle au bruit du moteur!!!). Le problème c'est que dans la rue, il fait noir noir, raison pour laquelle Christophe n'a pu éviter la bouse bien fraîche qui se trouvait sur son chemin (si vous venez Cosmique ou orgasmique ?un jour en Inde, ne sortez jamais sans votre lampe de poche, ). En tout cas, c'est tout de même moins dangereux que les bouches d'égoût ouvertes à Ulan Bator. Aparté de Christophe : " Marre de jouer les Donald ! A quand le tour de Sophie ? "

Vendredi 2 Décembre: Un chien dans un jeu de quille Christophe s'est réveillé brutalement en pleine nuit à cause d'un cauchemar où une bestiole se promenait sur son bras sauf que ce n'était pas un rêve et qu'il y avait bel et bien une grosse souris sur son bras! La pauvre a fait un vol plané a travers la chambre. Nous terminons la visite du site par celui du vieux village ou se trouvent quelques temples jains. Cette fois pas question d'espérer y voir des sculptures érotiques, les Jains les ont fait "sauter" pour y mettre les leurs beaucoup plus puribondes! Le bus pour Jhansi part a 16h et arrive a 21h, on a oublié que c'est la période la plus dangereuse pour circuler, surtout lorsque la "highway" n'a qu'une voie, que les vélos n'ont pas de phare, et les buffles non plus! Pas glop de voir un véhicule de plusieurs tonnes nous fonçant droit dessus sur la même voie, bus et camion klaxonnant dans une sorte de ballet d'intimidation. C'est à celui qui craquera le premier et qui s'écartera sur le bas-côté pour laisser la route a l'autre...La hiérarchie est souvent respectée: le piéton s'écarte systématiquement puis le vélo, la voiture, la jeep, le bus et le camion au sommet de la pyramide. Seule exception, la vache, qui têtue comme une mule, campe parfois sur le bitume et oblige les chauffards à ralentir ou s'arrêter. Les chiens, par contre ne sont pas sacrés, bien au contraire, ils souffrent d'une mauvaise image (pour les hindous ils sont la réincarnation des voleurs) et s'ils ne s'écartent pas rapidement, se retrouvent a l'état de chapati. Nous arrivons à Jhansi, une ville sans touristes puisqu'il n'y a rien à y voir ou à y faire. Pas facile donc de trouver un hôtel. D'abord trop cher puis ensuite interdit aux étrangers, nous avons finalement choisi l'hôtel le plus bruyant du quartier, avec vue plongeante sur une salle des fêtes en plein air où a lieu un mariage (tant pis, on est crevés et de toute façon on a des boules Quies!). Devant l'insistance du père de la mariée, nous n'avons pu refuser son invitation et puis les murs de notre hôtel étant épais comme du papier à cigarette autant avoir l'image et le son. On se retrouve dans une soirée ou plusieurs centaines de personnes ont été conviées. Il est malgré tout impossible de passer inaperçus et nous sommes accueillis telles des stars. Comme Johnny au Parc des Princes nous sommes dépassés par les évènements et entourés d'une foule de curieux nous assommant de questions, nous serrant la main et nous prenant en photos. Christophe aura même le privilège de se faire invité à danser par des hommes qui n'hésitent pas à le tenir longuement par la main. On a beau savoir que c'est une démonstration d'amitié courante ici, ça fait bizarre! Même endimanchés, les indiens ont un look très rétro : jean moulant en haut, pat'd'eph en bas, veste en sky sur laquelle sont rabattus des cols dits " pelle à tarte " ou encore smoking au veston croisé et boutons dorés. Question coiffure, la mode est à la frange longue gominée sur le côté et la raie au milieu. Les mariés sont installés sur une sorte de trône ou les invités défilent pour leur donner la bénédiction et être photographiés en leur compagnie. A notre tour donc d'être sous les projecteurs Le plus beau jour de ma vie !pendant qu'on pose notre main sur la tête des "heureux" mariés (qui n'ont d'ailleurs pas du tout l'air de l'être, n'oublions pas qu'ici les mariages sont pour la plupart du temps arrangés). Nous sommes très gênés avec cette sensation de leur voler la vedette. Discrètement le père nous demande si l'on veut boire un whisky. Bourde de Sophie qui a oublié qu'en Inde on ne boit pas d'alcool en place publique, même dans un mariage. Trop tard pour faire marche arrière, il n'attendait que ça pour " s'en jeter un ". Le voici avec sa bouteille dans un sac près à monter dans notre chambre pour faire "ça" à l'abri des regards. Le tonnelier de l'hôtel n'est pas dupe et refuse catégoriquement que nous allions dans notre chambre en sa compagnie; il devient limite agressif et nous interdit tout bonnement de retourner à la fête comme des enfants qu'on punit. On s'en fout, nous on fait qu'est-ce qu'on veut et si on veut aller au mariage on y va, non mais!? Ce serait contre toutes les lois de l'hospitalité que de refuser une telle invitation. Donc, fi de ses menaces nous nous y rendons et profitons du buffet gargantuesque. La soirée touchant à sa fin, nous ne tarderons pas à aller nous coucher dans notre hôtel minable (ou nous serons réveillés à 4h par le générateur).

Samedi 3 Décembre: Orchha On décide d'aller directement à Orchha sans passer par les cases Datia et Sonagiri, c'est trop galère pour s'y rendre. C'est en recherchant une guest que nous sommes tombés une fois de plus sur les catalans installés dans celle d'en face. Orchha, surnommée "le joyau du Madhya Pradesh" est une petite bourgade médiévale au milieu de la campagne sur les bords de la rivière Betwa. De nombreux palais, temples et mausolées en pierre témoignent de la puissance de cette minuscule cité jadis capitale au XVIIe siècle. Nous grimpons au quatrième étage du Chaturbhuj temple d'ou l'on peut observer les nombreux vautours et perroquets verts qui ont élu domicile sur les hauteurs de tous les édifices. Cela nous offre aussi un très beau panorama sur le village, la rivière et tous les autres palais qui nous attendent demain. Orchha

Dimanche 4 Décembre: Leçon de français C'est en visitant les mausolées le long de la rivière que nous croisons une fois encore Fiona et Michael. Nous les suivons pour une ballade à travers champs qui nous mène au Laksmi Narayan temple. Après quoi un bon déjeuner où le temps de préparation fut fidèle à ses 60 minutes habituelles; désormais nous passons commande puis profitons de l'attente pour aller dans un Internet café ou faire de "l'administratif" style réservation (même en vacances on ne perd pas de temps). Cette fois nous leur disons adieu puisqu'ils retournent a Delhi. Adios amigos... L'après-midi nous visitons le Raja Mahal et le Jahangir Mahal, les deux palais les plus célèbres. Massifs et imposants nous imaginons quelle splendeur cela devait être lorsqu'ils étaient encore recouverts de faïence turquoise et émeraude. Sur la place du marché où de nombreux stands à touristes sont installés, un jeune nous demande quelques tuyaux en " franchis " pour être plus "compétitif". Nous lui faisons cadeau de La phrase, celle qui fera la différence, celle qui a déjà fait le tour de Birmanie: "c'est joli, c'est pas cher, c'est local", et là, le cours de franchis se transforme rapidement en cours collectif... A vendre

Lundi 5 Décembre: Une journée a l'Orchha Resort Comme hier matin, nous prenons le petit dej' sur la terrasse de notre guest. La ville s'éveille en même temps que les singes en face de nous sur le toit voisin. Les petits s'accrochent sous leur mère, tètent et jouent entre eux, les mâles essaient de faire la loi et les plus malins descendent sur notre terrasse pour boire dans la réserve d'eau de l'hôtel. Les tenanciers les chassent tout en s'en amusant mais des qu'ils ont le dos tourné, les singes en profitent pour refaire un petit tour dans la barrique, c'est un vrai spectacle comique ; Sophie pourrait rester des heures à les regarder. On réussit enfin à contacter l'indien que nous avions croisé a Katmandou. Il nous attend a l'Orchha resort, l'hôtel le plus luxueux du coin. Il est ici chez lui puisqu'il appartient à son meilleur ami et nous sommes ses invités. Bien que le complexe soit descendu en flèche par "Le Routard" compte tenu de son non-respect de l'environnement (il se trouve au pied des cénotaphes royaux), la piscine, le buffet et la chambre aux frais de la princesse ont eu raison de notre bonne conscience. Le soir nous dînons en compagnie de ses amis: un cinéaste de Bollywood appartenant a la caste des " guerriers ", et un brahmane journaliste a l'Indian Today. Nous apprendrons ce soir que le système des castes est en voie de disparition. Ils nous expliquent qu'aujourd'hui en Inde, on peut être au plus bas de l'échelle comme ces hors-classes appelés " intouchables " qui exercent des métiers " impurs " (abattage des animaux, travail en rapport avec la mort d'une manière générale) et faire fortune, ou appartenir à la plus haute des castes, celle des " brahmanes ", prêtres a l'origine vivant selon des règles strictes (interdiction de V.I.P.manger de la nourriture préparée par quelqu'un issu d'une autre classe et de boire de l'alcool) et crever de faim. De la même façon, il existe maintenant des mariages " mixtes " c'est-à-dire entre classes différentes. La réussite sociale semble en effet avoir pris le dessus sur les traditions (mais est-ce vraiment un mal ?) et l'argent a tout pouvoir même celui de se permettre de boire de l'alcool quand on est brahmane. D'ailleurs ça y va le whisky et la vodka. Cela nous arrange, on se tape à deux la bouteille de Saint-Estèphe que Marc nous a laissée. Ils ont "l'occidentale way of life", en Inde ils appartiennent à la " haute ". Il faut cependant relativiser car leur regard sur la société indienne semble en décalage par rapport aux réalités de l'Inde profonde. Les échanges que nous avons eus antérieurement nous ont montré le contraire. Même si l'accord des jeunes gens concernés est pris en compte, dans la majorité des cas les mariages sont toujours arrangés a l'intérieur d'une même caste. Nous terminons la soirée avec Rajdan à qui nous faisons une petite démonstration de salsa. Il nous parlera un peu de sa vie personnelle, de son divorce et de sa maîtresse rencontrée à Katmandou. Puis, contre toute attente, il sera fier de nous montrer un film porno sur son ordinateur portable! A ce propos, la sexualité est un sujet tabou en Inde (pourtant c'est bien eux le Kama-Sutra !). Les jeunes qui peuvent avoir accès a Internet découvrent le sexe par ce moyen et certains plus indiscrets que d'autres n'hésitent pas a nous questionner sur le sujet (dans ce domaine, les occidentaux représentent la liberté).

Mardi 6 Décembre: D'Orchha à Agra en passant par Gwalior Le petit dej' du palace est décevant, même pas un jus de fruit frais et le café est imbuvable. Moralité: quand on va dans une guest pour routards, on paie pas cher mais on sait pourquoi! Nous remercions Rajdan qui veut nous rejoindre à Goa pour le nouvel an. Un des chauffeurs de l'hôtel nous dépose à la gare de Jhansi. Nous passons tout le trajet à discuter avec des indiens très curieux de nous et de notre avis sur leur pays : " Que pensez-vous de l'Inde ? " vient souvent après " Where do you come from? ". Une heure et demi plus tard nous descendons a Gwalior pour quelques heures, le temps de visiter la citadelle, "une de ces citadelles de Titans comme on en construisait dans ces pays aux ages héroïques", écrivait Pierre Loti.

Sur la route qui nous mène sur les hauteurs de la ville, nous croisons les engins les plus étranges qu'il nous ait été donné de voir depuis le début de notre voyage, des véhicules noirs pétaradants à trois roues, croisement d'une voitures des années 30 avec un tuk-tuk! Ses façades ont conservé des vestiges de faïences, en email bleu, verte et or de ce qui dut être une éblouissante frise représentant canards, paons, éléphants, crocodiles, etc... Quelques mots sur les normes de sécurité en Inde: il n'y en a pas! Ce n'est pas la première fois que l'on constate cet état de fait en Inde, mais la sécurité n'est pas la priorité numéro un du pays: en longeant la muraille, nous remarquons que certains créneaux sont effondrés ce qui nous laisse au bord d'un précipice a 90 degrés sans aucune barrière de protection; un pied qui butte sur une dalle qui dépasse et hop le saut de l'ange...Pareille sur les routes ; les fils barbelés qui la bordent achèveront à coup sûr tous les motards ou cyclistes qui auront la malchance de se faire projeter sur le bas-côté ! Bon, c'est pas tout mais ce soir on a rencard. Nicolas qui vient de passer deux semaines en Inde avec sa guitare sur le dos rentre en France demain et nous nous sommes donnés rendez-vous ce soir à Agra. Nous l'apercevons venant en sens inverse en rickshaw. On a du mal à se croiser en France mais on arrive à se donner rendez-vous a Agra, c'est fort !

Mercredi 7 Décembre: "Cette larme sur la joue du temps" (Rabindranath Tagore, poète) Nico ne disposant que de deux semaines pour visiter le Rajasthan s'est offert le luxe de louer une voiture avec chauffeur, luxe dont nous profiterons ce matin. Direction le Fort Rouge. Cette très belle forteresse qui donne un avant-goût du Taj Mahal avec ses bâtiments en marbre, abritait un harem de 5000 femmes (un paradis sur Terre pour la gente masculine), mais servit aussi de prison a l'empereur Shah Jahan qui fut emprisonné par Aurangzeb, son propre fils. De sa cage dorée il put contempler à loisir le tombeau de sa femme tant aimée, le Taj Mahal ou il l'a rejointe. Nous quittons Nico à la sortie comme on se quitte après une soirée en regrettant que ce ne fut pas plus long. Rendez-vous a Mexico, on s'fait une bouffe? Cliché Pose Ca y est, nous y voilà, c'est le symbole de cet immense pays et il est là à portée de main: le Taj Mahal. Caché jusqu'au dernier moment derrière une immense porte qu'il nous faut franchir avant de le découvrir brusquement. Et c'est le but, créer un choc, l'apercevoir d'un bloc dans sa majesté au bout d'une allée bordée d'arbres et son double se reflétant dans les bassins à ses pieds. On peut dire que l'architecte a réussi son coup. Commande pour recevoir le corps de sa femme, ce magnifique tombeau de marbre blanc est aussi le symbole de l'amour. Pour qu'il soit à la hauteur de son amour perdu, il dut faire assassiner l'épouse de l'architecte afin que l'oeuvre de ce dernier soit aussi belle que sa douleur intense. La deuxième attraction de cet endroit fabuleux est la pose photo. Ca n'en finit pas de se bousculer la queue pour figurer au bon endroit devant le Taj et c'est assez drôle à observer (même si nous en avons fait partie).

Jeudi 8 Décembre: Fathepur Sikri Nous prenons le bus pour Fathepur Sikri, une bourgade située a 40 Km d'Agra. Christophe n'a toujours pas integré la façon qu'ont les indiens (comme les népalais) de dire "oui" par un hochement de tête sur le côté (qui pour nous s'apparente à un "oui-non"), et c'est très drôle de l'entendre poser trois fois la même question au chauffeur qui répond toujours de cette manière (ça pourrait durer longtemps...). L'empereur Akbar, connu pour sa politique de tolérance qui permit de faire cohabiter hindous et musulmans, est à l'origine de l'art Moghol en Inde. Nous visitons la citadelle où il installa sa cour. Ses magnifiques palais de grès rouge ont résisté à l'usure du temps; l'Unesco envisage de lui conférer le statut de Patrimoine Mondial. Un peu plus en contrebas se trouve le caravansérail puis nous poussons jusqu'au vieux village à quelques minutes de marche. Nous sommes accueillis par une colonie de gamins qui nous indiquent le chemin tout en nous réclamant roupies, chocolat et school pen. Au passage de Christophe, les femmes se voilent le visage, ce qui n'était encore jamais arrivé. Nous traversons une ville où des enfants crasseux jouent au milieu des ordures, et où les rues sont remplacées par des caniveaux ou pourrissent toutes sortes de détritus. Les enfants s'amusent de peu de choses : faire rouler un pneu avec une baguette, tirer sur les singes avec des lance-pierres ou ramasser de la bouse avec les mains pour en faire des galettes (qui serviront une fois séchées a alimenter le feu). Ici comme partout en Inde, les animaux vivent au plus près des hommes. Chiens, vaches, cochons, singes et humains cohabitent le plus naturellement du monde. Le hasard nous amène à une superbe devanture en dentelle de pierre ignorée des guides touristiques et pourtant la plus belle que nous ayons vue jusqu'à présent. Les gamins ne nous lâchent pas d'une semelle et ils nous accompagneront jusqu'à la sortie du village. Nous terminons la visite du site par la mosquée et sa Porte Sublime, " sublime " dans le coucher du soleil. A ses pieds, un camion citerne a attiré les habitants du voisinage venus se ravitailler en eau, ça gesticule à tout va. Pour certains, l'eau du robinet est un luxe inabordable et l'absence de puits rend le camion-citerne indispensable.

Vendredi 9 Décembre: La réserve d'oiseaux de Bharatpur Sur la route qui nous mène au parc de Keoladeo, de nombreux montreurs d'ours qui font lever leurs balibars attendent que les touristes s'arrêtent pour prendre quelques clichés et donner la pièce. Bien que cette tradition existe depuis longtemps dans le coin, les animaux subissent de mauvais traitements. Nous nous passerons de la photo à sensation espérant être de plus en plus nombreux à ne pas cautionner cette activité. La réserve d'oiseaux fut jadis le terrain de chasse du maharadjah. De grosses colonies d'oiseaux représentant des centaines d'espèces et en font aujourd'hui une des toutes premières réserves au monde, un paradis sauvage. Nous le parcourons à vélo avec les services d'un guide. Arbres et étangs sont couverts de milliers d'oiseaux peu craintifs et d'une variété immense: hérons, aigrettes, marabouts, ibis, martin-pêcheur, hibou, rapaces et échassiers en tous genres se partagent le ciel et les branches. Bien que les marabouts soient particulièrement bruyants, nous apprécions le calme et la nature reposante de ce parc. Ni jeep ni barrière ; nous sommes au coeur d'un lieu enchanteur. Contre toute attente, il est aussi réputé pour ses pythons. Nous nous aventurons donc à pieds à la recherche de ces reptiles en suivant de près notre guide. Il a repéré des traces et, connaissant bien le parc, nous mène directement à leur nid. La bestiole se repose au soleil, elle est énorme et ne semble pas dérangée par notre présence, on pourrait la toucher sans difficulté (faut juste oser le faire!). C'est ce qu'a fait notre guide lorsqu'elle s'est mise à onduler sur le sable pour rentrer dans son trou. Il lui a choppé la queue avant qu'elle ne s'engouffre a l'intérieur. Impressionnant. Sur ce, il nous à amèné à un autre repère ou cette fois, quatre spécimens tout aussi gros paressaient tranquillement. Même pas peur! Christophe était comme un fou, il en voulait encore et s'est mis en tête de les dénicher tout seul. Il est revenu bredouille. Kssss...

Samedi 10 Décembre: Delhi Levés aux aurores pour se rendre a Delhi, d'abord le bus jusqu'a Agra puis le train. Nous n'avons pas réservé de place et prenons le premier train qui se présente dans le wagon réservé aux placements libres. Ils ont du vendre plus de billets qu'il n'y a de place, c'est encore pire que la première fois, impossible de circuler au milieu des bagages et des voyageurs. On ne va pas pouvoir passer cinq heures dans ces conditions, on monte dans le premier wagon voisin et tant pis pour l'amende! On était confortablement installés dans une couchette première classe à l'abri des regards cachés derrière un rideau lorsque le contrôleur est arrivé. On se met d'accord sur le prix d'un bakchich inférieur au montant du billet. " Honnête ", il est revenu nous rendre de l'argent jugeant qu'il nous avait trop ponctionnés. Des dizaines de tuk-tuk et de rabatteurs d'hôtels n'attendent que nous à la sortie de la gare. Ils annoncent des prix exorbitants pour nous déposer à l'Anoop guesthouse. Nous sommes déjà avertis de leurs pratiques et précisons bien que s'ils cherchent à nous déposer ailleurs (ou ils touchent un bakchich), nous ne paierons pas. Ok, ok, no problem répondit-il sauf qu'en route le prix de la course se met à grimper. Grosse colère de Christophe qui le stoppe net au milieu de la route. Résultat, on ira a pied a l'hôtel! (C'est bon pour les fessiers.) Nous sommes dans Main bazaar, le quartier touristique de Delhi, tout ce qu'il nous faut pour préparer la suite de notre voyage: trouver les vols pour Goa et les Maldives, réserver les billets de train pour aller aux sources du Gange et s'occuper de la visite du Rajasthan. Difficile de dénicher un billet pour se rendre a Goa pour le nouvel an, on abandonne l'idée, on le passera a Bombay. Quand au Rajasthan, étant donné qu'Olivier n'est là que pour 15 jours, on gagnera du temps à louer une voiture avec chauffeur, nous prendrons Praveem, celui qui a trimbalé Nico.

Dimanche 11 Décembre: Olivier est arrivé hé hé, sans s'presser hé hé. La petite ballade au Central market où nous achetons quelques petites bricoles bon marché sera notre seule sortie de Main bazar de la journée. Il nous reste encore des démarches à faire et, à vrai dire, on est un peu fatigués des visites; on se réserve pour le Rajasthan ou le rythme sera soutenu. C'est ce soir qu'Olivier doit arriver; voyageant en Gp, rien n'est moins sûr surtout qu'il semble y avoir quelques problèmes à l'embarquement. C'est plutôt embêtant car on a reservé les billets pour demain. Il arrivera finalement avec trois heures de retard, ouf! Noël avant l'heure

Lundi 12 Décembre: Le ton est donné Pendant que Christophe finalise les réservations de billets, Sophie fait découvrir le quartier de Pahar Ganj à Olivier, c'est-à-dire les magasins. Contrairement à la veille où son arrivée tardive lui avait montré des rues sombres et désertes mis a part quelques vaches endormies, l'animation de la rue et les couleurs du jour lui éclatent à la figure. 15h25, nous sautons dans le train pour Haridwar. On trouve de tout sur les quais de gare : gargotes vendant des plats dans des feuilles (ça c'est écolo), vendeurs ambulants de thé et même vendeurs de jouets. Cinq heures plus tard nous arrivons de nuit et compte tenu de la galère à trouver un bus se rendant a Rishikesh, nous négocions un auto rickshaw pour couvrir les 25 km. Nous sommes plus au nord et il caille, le trajet nous paraît très long emmitouflés dans nos polaires (Olivier regrette déjà d´être venu en vêtements légers sur les recommandations de Christophe). La musique " zen " diffusée a l'entrée de la guest, les affiches proposant cours de yoga ou de méditation et les massages ayurvédiques à tous les coins de rue donnent le ton de la ville, capitale mondiale des sciences méditatives rendue célèbre par les Beatles venus y pratiquer la méditation transcendantale. Strawberry fields forever…

Mardi 13 Décembre: " Öm " Pas le temps de se lancer dans un stage de méditation transcendantale, nous préférons découvrir la campagne environnante en grimpant la colline voisine surplombée du Kandavpuhri temple. Nous sommes invites à prendre le thé dans une ferme où le patriarche de la famille passe une bonne partie de son temps assis sur la terrasse aux côtés de sa carabine. Intrigués de le voir ainsi, nous apprenons que son arme est purement défensive, les animaux sauvages rôderaient dans les parages. Papi, que nous avons surnommé " le chasseur de lion " en aurait déjà aperçus plusieurs rôdant près des cultures, mais les derniers spécimens vivant dans le Gujarat, cela remonte sans doute à Mathusalem. Avant d'arriver au sommet, nous traversons un village. Les enfants qui jouent dans la cour de l'école ont des jeux plutôt déconcertants : ils se tiennent la main par deux en faisant la courte échelle à un troisième qui a sa jambe au-dessus, ce dernier se retrouve a cloche pieds et s'agrippe aux autres puis ils tournent autour d'un pieu. Le but du jeu : aucune idée mais nous profitons de leur curiosité a notre égard pour les imiter et provoquer un fou rire général. Qu´est-ce que c´est bon une pleine volée de rires d´enfants … La classe se passe a l'extérieur sur des nattes sauf l'enseignante qui est assise sur une chaise face à une douzaine d´élèves. Öm Kandhavpuhri dont le suffixe est a l´image du temple n´a qu´un un intérêt limité si ce n'est la vue qu'il offre sur les sommets himalayens qu'Olivier attendait avec impatience. De toute façon l´intérêt d'une ballade ne réside pas dans la destination en soi mais dans le chemin pour y parvenir. " Tout dépend du degré de la pente " rajoute Sophie en sueur… Nous rentrons en bus. Les lacets sont serrés, le précipice abrupt et la route étroite. Ajoutez à cela une conduite sportive et vous aurez une Sophie terrorisée prête a laisser sa signature sur les flancs du car déjà flanqué de moult dégoulinures séchées. Elle n'avait pas besoin de ça, une tourista la travaille depuis ce matin. Nous terminons sur les ghats de Triveni pour le coucher du soleil. Comme à Varanasi, les fidèles déposent leurs offrandes de fleurs et de lumières sur l'eau emportées par le courant. Nous ne sommes pas loin des sources du Gange et il est difficile d'imaginer que cette eau presque claire va devenir quelques 800 Km plus loin cette culture de microbes. Nous assistons ensuite à la Puja, la cérémonie qui se tient tous les jours au crépuscule sur les bords du fleuve. De retour a la guest, on découvre les autres clients de l'endroit : marchant pour la plupart sur les traces des Beatles, ils ne sont pas habillés de blousons chauds comme nous mais à la mode indienne, c'est-à-dire enroulés dans une couverture. Certains poussent l'originalité jusqu'a se raser la tête ou juste la moitié de la tête ! Bref un mélange du " Nom de la rose " pour les vêtements et de " Tigre et dragon " pour la coupe. Peut-être faut-il passer par là pour ouvrir ses chakras et se concentrer sur ses capacités spirituelles intrinsèques. Sauf qu´à part certains touristes, nous n´avons vu aucun indien accoutré de cette façon. Pour rester dans le domaine de la mode, nous faisons nos excuses à tous les allemands venus passer leurs vacances sur la côte et victimes de nos moqueries sur leur look dit de " l'allemand en short-chaussettes-sandalettes ". Ils étaient pourtant précurseurs dans leur domaine mais nous français ne réaliseront ça que plus tard. Il faut voyager pour que ça vous saute a l'oeil ! Une vilaine ampoule causée la veille oblige Oliv à porter ses tongues, avec une bonne paire de chaussette pour le froid. Quant à Christophe, tel un vieux couple se laissant aller, le voyage l'éloigne de plus en plus des efforts vestimentaires, à moins que ce ne soit le côté pratique, toujours est-il qu'il a rejoint la tendance en Mongolie et au Népal notamment. Rendons donc ses lettres de noblesse à cette mode germanique injustement décriée.

Mercredi 14 Décembre: La cour des miracles Au lever, les mêmes qu'hier, cette fois vêtus d'une sorte de kimono, sont agenouillés et font des exercices pratiques face au soleil levant, à moins que ce ne soit des prières. Sophie qui nous a fait une poussée de fièvre pendant la nuit reste au lit pendant que les deux frangins visitent un ashram, la spécialité du coin. Ces établissements sont des lieux permettant de goûter à la vie ascétique. Il faut s'y déchausser avant d'entrer. A l'intérieur, une succession de temples et les effigies des innombrables avatars de Brahma, Vishnou et Shiva, la Trinité (ou triade cosmique) sans oublier Ganesh, le très populaire fils de Shiva et Parvati a tête d'éléphant. Pour la petite histoire, croyant surprendre sa femme avec un amant à son retour d'une longue absence, Shiva lui trancha la tête puis, s'apercevant de son erreur, la lui remplaça par celle du premier animal croisé. Sur les murs sont inscrites des prières mystiques dont la fameuse formule ésotérique " Om mani padme hum " que l'on entendait en boucle au Népal chez tous les disquaires. Nous filons ensuite à Haridwar ou nous devons reprendre le train le lendemain à 6h25. Direction le temple qui marque le début du pèlerinage des hindous. Dans un sens c'est aussi celui d'Olivier qui découvre ses premiers vautours, écureuils et langurs, ces grands singes blancs à tête noire qui n'hésitent pas à lui tirer le pantalon pour réclamer quelque nourriture. A force, on n'y prête même plus attention; comme les vaches, ils font partis du décor quotidien ici en Inde (on adore). Au-delà du succès de la méditation transcendantale, Rishikesh et Haridwar sont des villes connues pour être le départ des pèlerinages vers les sources du Gange. Des milliers de pèlerins affluent chaque année. Le Gange tient une place extrêmement importante dans la religion hindoue et ceci indépendamment du dieu que l'on prie, c'est en effet plus qu'un fleuve, c'est la déesse Ganga descendue du ciel pour sauver l'humanité... Pour saisir l´importance Reporter sans frontières qu´occupe ce fleuve dans la vie des hindous, il faut rester des heures au bord du fleuve dans des villes comnme Varanasi, Haridwar ou Rishikech. C'est d'ailleurs ici que se tient la Kumb Mela, plus important festival religieux rassemblant plusieurs centaines de milliers de personnes une fois tous les 12 ans. Nous mettons donc le cap sur les ghâts qui ressemblent davantage à Varanasi que ceux de la veille. On se retrouve en pleine cour des miracles: aveugles, éclopés, manchot, unijambistes, homme-tronc, miséreux souffrant de difformité et lépreux qui nous tendent leur moignons sont rassemblés a l'entrée des ghâts et font l'aumône auprès des fidèles notamment dans les lieux saints. C'est parfois difficile de soutenir le regard devant cette misère et, même si on n'y peut rien, on ne peut pas s'empêcher de culpabiliser. En donnant quelques roupies, les hindous améliorent leur karma qui déterminera ainsi leur enveloppe future dans leur prochain cycle de réincarnation. Pour nous occidentaux, le don est une démarche personnelle plus que spirituelle. Chacun agit selon sa conscience, ses principes et son état d'esprit de l'instant. La mendicité comme l'infirmité en Inde n'ont pas du tout cette image négative qu'on trouve en Europe. La misère tient place publique et n'est pas cachée sous les ponts. Elle est même parfois un choix comme ces sâdhus qui décident de vivre de l'aumône pour consacrer leur temps à la méditation. Pour ces derniers, elle n'est pas subie mais voulue, en ce sens que couplée à une vie de renoncement, elle leur permet d'être délivré du cycle infernal des renaissances. Ce n'est pas le cas de ces enfants qui ne vont pas à l'école et ramènent plus d'argent que leurs parents en prenant une mine abattue auprès des touristes. Nous en avons même vu un qui s'est arrêté de boîter après nous avoir croises. L'hôtel ou nous passons la nuit ce soir est le moins cher que nous ayons dégoté en Inde (1, 5 euros) et on sait pourquoi: y'a pas d'eau chaude dans la salle de bain crasseuse, les draps sont tellement degueux qu'on dormira dans nos duvets et cerise sur le gâteau, les murs sont peints en vert du moins là ou le plâtre n'est pas tombé (et ça c'est pas feng shui !). C'est super glauque. Dis, qu'en est-ce qu'on rentre à la maison? Des singes et des hommes

Jeudi 15 Décembre: Héros malgré nous Nous arrivons a la gare alors qu'il fait encore nuit. En attendant leur train, les indiens dorment à même le sol enroulés dans des couvertures telles des momies, même une vache fuyant le froid s'est trouvé un abri dans le hall! Il y a un centimètre de jeu entre les vitres et l'air s'engouffre dans le wagon. Olivier n'est pas au mieux et les courants d'air achèvent le travail commencé la veille en tuk-tuk: la fièvre monte. On commence à avoir une image de héros aux yeux d'Olivier qui en trois jours en Inde s'est choppé une ampoule de fort beau gabarit, une tourista de bienvenue et cerise sur le gâteau: un rhume couplé à de la fièvre! Lui qui pensait trouvé chaleur et cocotier pour Noël, c'est raté. Sophie n'étant pas en forme non plus, on laisse tomber la visite du temple sikh de Delhi. Cela nous aurait pourtant permis d'en savoir plus sur ces hommes à la barbe bien taillée et portant ce turban très particulier qui cache leur longs cheveux. Jadis réputes pour être de vaillants guerriers, ils sont devenus des business mans hors pair. Le sikhisme, un mélange d'islam et d'hindouisme, fut fondé en réaction a l'inégalité des classes et du pouvoir abusif des brahmanes. Ils croient en un dieu unique mais aussi en la réincarnation, et s'imposent des règles de conduite strictes (pas d'alcool ni de tabac). Les deux malades trouveront néanmoins la force de se rendre au tibetan market...(no comment). Nous prenons la route pour Jaipur avec Praveem, notre chauffeur de 27 ans. Célibataire, il vit toujours chez ses parents et à la vue de la maison, les affaires ont l'air de bien marcher. Son père est commissaire, ça peut toujours servir : Nicolas qui s'était fait volé sa carte bleue a pu ainsi expédier la déclaration en une demi-heure. Nous arrivons à une heure du matin sans réservation d'hôtel. Comme c'est la pleine saison nous tournons 1h de plus avant de trouver une chambre de fortune dans la quelle nous rajouterons un matelas.

Vendredi 16 Décembre: "Qu'il est loin mon pays, qu'il est loin..." L'orange est à Jaipur ce que le rose est à Toulouse. Pourtant, comme sa consœur française, elle est elle aussi surnommée "la ville rose". Ses bâtiments sont faits de grès rose ou peints dans les mêmes tons. Apres le train et le tuk-tuk, Olivier teste le rickshaw pour se rendre au City Palace, nos drivers respectifs se tapant la bourre au milieu des voitures, des vaches et des ânes. Avant d'entamer la visite, nous passons devant le palais des vents dont la haute et belle façade pyramidale fut édifiée pour les femmes du harem qui pouvaient ainsi observer la rue sans être vue. Le City Palace, toujours habité par le maharadjah de Jaipur est un peu décevant. Ce qu'on retiendra sera une magnifique collection d'armes et de vêtements d'apparat brodés et parfois sertis de pierres précieuses ayant appartenu aux prédécesseurs, et les plus grosses pièces du monde en argent: deux immenses jarres de 345 kg qui servaient a transporter l'eau du Gange pour les ablutions du maharadjah. Enfin les voila, depuis le temps qu'on les attendait ces images d'Epinal indiennes...Le turban sur la tête et la flûte au bec, ils sont assis en tailleur devant deux paniers d'ou sortent trois cobras. Ksssssss.... Après un plantureux repas dans une gargote cent pour cent indienne (malai kofta, matar paneer et eggs biryani Mmmm…), nous nous lançons a l'assaut de l'Amber Palace. Ici encore des langurs espèrent recevoir de la nourriture des passants. Il suffit d'avoir un sachet à la main pour qu'ils arrivent par derrière et vous l'arrachent des mains causant au passage un cri de la victime suivi d'un éclat de rire des spectateurs. Ce n'est pas la première fois qu'on constate que ce sont de véritables voleurs; hier, ils s'y sont mis à plusieurs pour chaparder des chapatis et de la préparation directement dans les gamelles d'une gargote avant de les déguster sur les fils électriques. Les commerçants les chassent mais semblent finalement s'en amuser. En tous cas, nous ça nous fait bien marrer. Ce palace ressemblera aux autres avec les chambres des concubines jamais très loin de celle du maharadjah, des fontaines et un astucieux système de circulation d'air, ancêtre de l'air conditionné en moins polluant. De retour en ville nous passons devant le Lake palace, splendide construction plantée au milieu du lac, décor des plus romantique au coucher de soleil. Il nous reste le temps d'aller flâner dans les magasins de Johar bazar, épuisant. C'est un incroyable raccolage: "How are you? Which country? Have a look? please, madam', excuse me? etc..." INSUPPORTABLE! Aux voleurs Le repas de ce soir est à marquer d'une pierre blanche: devant les estomacs fragiles d'Olivier et Sophie, Christophe consent à faire une entorse à ses principes et à manger au Mac Do. Le décor est le même mais les sandwichs diffèrent quelque peu: pas de burger de vache sacrée bien évidemment mais des Mac Maharadjah épices a souhait (obligés de prendre une glace pour éteindre le feu). Ce soir c'est cinéma, et pas n'importe lequel, le célèbre Raj Mandir autrefois la plus belle salle d'Inde. Devant l'entrée, il y a deux files: une pour les femmes et unes pour les hommes. Et oui ici comme dans les gares, pour éviter de se coller entre garçons et filles, on fait file a part! Une fois le splendide rideau levé, au lieu de voir débarquer Jean Mineur sur son ticket (mediavision 01.47.20 zero-zero-zero-un), nous assistons à une séance de pubs qui nous paraissent bien éloignées de la réalité des indiens, en tous cas de ce que nous avons pu voir jusqu'alors. Puis le film commence, il s'agit de "Neat and Nikkie"(ça sonne pas très hindi ça non plus). Résumé: Neat beau gosse et bien né souhaite voir du pays avant de se marier avec la promise de ses parents. Le voila parti pour Vancouver où une jeune indienne fraîchement plaquée par un frenchy (quelle réputation !) lui fera tomber a l'eau tous ses plans drague. Gags et coïncidences s'enchaînent entre deux scènes chantées et dansées style comédie musicale jusqu'au dénouement final où l'amour surgit entre nos deux protagonistes. Pas besoin de sous-titrage pour suivre l'intrigue, hormis sa simplicité, le langage est un mélange d'hindi et d'anglais. Le sujet est surtout prétexte à un beau défilé de nymphettes en tenue sexy La premiere séance (chose paradoxale au regard du comportement pudibond à l'entrée du ciné!), les cinéphiles auraient pu y reconnaître la patte de Russ Meyer, ce réalisateur génialissime des années 70. Une fois de plus on est bien loin de la réalité et il suffit de sortir du ciné pour s'en apercevoir. Question décor: ni villas, ni belles voitures, ni top model; cote scénario: Praveem notre chauffeur refuse les filles qu'on lui destine et a bien du mal à épouser la femme qu'il aime compte tenu de son métier qualifié de trop dangereux.

Samedi 17 Décembre: Pushkar Visite de la forteresse de Jaigarth qui n'a rien de particulier par rapport aux autres (créneaux et murailles comme d'hab) si ce n'est qu'elle renferme le plus gros canon du monde (50 tonnes) qui nécessitait quatre éléphants pour le déplacer. Tout comme la forteresse, il n'a jamais servi (sauf pour son tir d'essai), le maharadjah étant pote avec le big boss Akbar. On prend la voiture pour Pushkar. Nous aurons le temps de grimper la colline qui mène au temple Savitri pour voir le soleil se coucher et finir l'Ossau Iraty rapporté par Olivier. De là-haut nous avons une vue plongeante sur la ville et les plaines arides environnantes. Le désert du Taar vient ici lécher le bourg qui s'organise autour du lac sacré dans lequel descendent les ghats. Pushkar est une petite ville paisible malgré son caractère saint (la foire aux chameaux qui s'y tenait il y a quelques semaines ne nous aurait pas permis un tel calme). C'est la seule place dédiée à Brahma, le dieu des dieux; il y aurait écrit les Védas, des textes sacrés. Comme Katmandou, ce fut autrefois un repère de hippies, les looks de certains d'jeun's et le hachisch proposé dans la rue en témoignent encore. Nous logeons à la Rajgun guesthouse très basique mais bien tenue par le maître de maison un peu maniaque sur les bords. Sophie a gagné au Yahtzee (elle a absolument voulu l'écrire, désolé !).

Dimanche 18 Décembre: La journée de la vache Sophie et Olivier sont toujours malades avec de grosses douleurs au ventre. " Les mouches ont changé d'âne " glisse Christophe. Raison de plus pour que ce soit une journée "à la cool"; le billet retour d'Olivier nous oblige en effet à planifier et malheureusement à être un peu speed. Donc, aujourd'hui c'est ballade dans la ville qui de toute façon n'offre rien de particulier a visiter et c'est tant mieux! Les maisons bordant les ruelles sont colorées comme les saris des indiennes vêtues de rouges flamboyants, de jaunes francs et de verts éclatants qui sont les couleurs du Rajasthan. Nous terminons la journée sur les ghâts ou il faut se déchausser et de ce fait ... marcher sur les merdes de pigeons qui investissent les lieux! Sophie à la cote avec deux sikhs plutôt entreprenants. Un habitant voyant ça du coin de l'œil nous mettra en garde, outre par leur comportement irrespectueux à notre égard dans ce lieu saint. Les vaches auront bien animé notre journée. Une première a pété les plombs et a chargé en beuglant dans la rue obligeant les passants a s'écarter sur son passage, c'était comique. Ensuite nous avons croisé deux spécimens dignes de figurer au musée des horreurs qui avaient une cinquième patte...sur le dos! Enfin, pendant que nous lisions assis sur les ghâts, une noiraude s'est pointée par derrière et a bouffé quelques pages du carnet où Christophe écrit ses notes avant qu'Olivier ne lui arrache de la bouche. La garce, comment on va faire maintenant pour écrire le journal?....T'as de la chance de jouir de ton impunité de vache sacrée, sinon tu finissais en steak! Une fois de plus Praveem nous propose de l'accompagner à boire du whisky. Il se met ça tous les soirs, heureusement ça ne se ressent pas sur sa conduite. A ce propos, ici comme au Népal, on achète son permis de conduire. Nous dînons sur une très belle terrasse au coin du feu où Olivier nous mettra la pâtée au "baccalauréat" (on fait c'qu'on peut pour s'occuper, y'a pas d'télé).

Lundi 19 Decembre: Ahhh...Jmer Avant d'entamer les 11 heures de voiture qui nous séparent de Jaisalmer, nous faisons une petite halte à Ajmer, voisine de Pushkar. Et quelle halte, on s'en serait voulu de rater ça. Cette ville, abrite le mausolée de Khwaja Moinuddin Chisti qui lui confère le statut de lieu de pèlerinage islamique, ainsi que la mosquée Adhai-din-ka-Jhonpra. Les musulmans achèvent de nous convaincrent de leur talent d'architecte (le Taj Mahal, l'Alhambra etc…); divinement sculptés dans la pierre, caractères et motifs arabes ciselés dans une pierre ocre, les restes de cette mosquée valaient a eux seuls le détour. Pour entrer dans Dargah, sorte de ville dans la ville où se trouve le mausolée, il faut se déchausser et se couvrir la tête. Nous déambulons sur le marbre glacé avec nos coiffes achetées pour 15 roupies au milieu des odeurs de pieds. Tout un microcosme vit ici: marchands de fleurs et d'articles religieux, pèlerins, mendiants et...un français de 49 ans converti a l'islam. Il eut la révélation lors de son premier voyage en Inde il y a 30 ans et connaît bien l'endroit puisqu'il y vit maintenant depuis un an. Il nous fait la visite du lieu et nous présente a "Haji Syed Noor Alam Chishty", haut représentant religieux qui nous invite à boire le thé. C'est en tout cas un chaud-lapin le type. Souphie par-ci, Souphie par-là; un peu plus et il lui proposait de rejoindre son harem! On reprend la route. Plus nous avançons vers Jaisalmer, plus les vaches semblent laisser la place aux chameaux occupés à tirer une charrette ou a paître sur le bord de la route. Apres Jodhpur, le désert s'impose de plus en plus, le sable vient lécher le bord de la route. La nuit tombe et comme d´habitude sur ces longues routes désertes, nous croisons des cadavres d'animaux sauvages attirés par les phares des véhicules. Viens plus près Souphie… Le trajet fut nourri aux classiques des BO de Bollywood. Les musiques de film représentent ici l'essentiel de la variété musicale. Et ce n'est pas mal du tout, varié, savant mélange de sonorités modernes et traditionnelles. Et puis, pour éviter que Praveem ne s'endorme au volant, nous avons ponctué le trajet d'une belle engueulade. Il a été très surpris et gêné de cet intermède, en Inde le rôle de la femme n'est pas des plus enviable et surtout, il est inimaginable qu'elle puisse tenir tête à son mari. Avec Sophie, il a été servi et a pu se rendre compte que les rapports hommes/femmes sont très différents ailleurs.

Mardi 20 Décembre: The "Golden city" Nous sommes arrivés de nuit et c'est seulement à la lumière du jour que nous découvrons Jaisalmer surnommée à juste titre " la ville jaune ". Alors que nous déambulons dans la rue du marché flanquée de boutiques d'artisanat, nous sommes éblouis par la beauté de la vieille ville. Les façades ocres éclatantes au soleil nous dévoilent des balcons, des portes et des fenêtres ciselées d'une extraordinaire finesse; ce sont les havelies, les demeures de riches bourgeois cherchant à rivaliser en taille et en exubérance. Les ruelles sont toujours odorantes, jonchées de poubelles, de bouses et de vaches placides, sauf que l'une d'elles mal lunée a voulu charger Christophe.

La banlieue de Jaisalmer Haveli (détail) En levant les yeux, la citadelle nous apparaît majestueuse perchée sur son promontoire. C'est un des derniers forts encore habité, on y retrouve la vie foisonnante enserrée a l'intérieur des remparts qui caractérisait celle du Moyen-âge. Nous filons aux temples Jaïns, et là encore, on reste bouche bée. Cette fois les sculptures s'étendent du sol au plafond : frises, coupoles, bas-relief représentants des danseuses, des dieux et déesses aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur n'en finissent de nous émerveiller. Le Jaïnisme, cette religion que nous avons découverte en Inde est très intéressante et ses représentants inspirent le plus grand respect aux habitants de ce pays. Suivant le principe de non-violence et du respect de tous les êtres vivants, les jains refusent les armes, sont strictement végétariens et balaient avec frénésie leur lieu de cultes pour éviter qu'on ne marche malencontreusement sur une fourmi. Les plus " extrémistes " portentun masque sur la bouche pour ne pas avaler d'insectes et ne mangent pas de tubercules (oignons, patates …) pour les mêmes raisons. Ils préfèrent aussi marcher plutôt que prendre un véhicule dont le pare-brise est couvert de cadavres d'insectes. Après la visite du palace dont la richesse réside finalement sur ses façades extérieures, nous nous rendons dans le Nord de la ville afin de voir le coucher de soleil sans Olivier qui, fiévreux, préfère aller se coucher. Comme dans la plupart des villes, c'est à sa lisière que sont regroupées les demeures des tranches les plus pauvres vivant pour certains de la fabrication de marionnettes en bois. Nous passons au milieu de petites maisons de terre parfois décorées de peinture au toit de tôle pour atteindre le haut de la colline panoramique. Les enfants nous " donnent " de nouveaux surnoms : " Roupie " et " school pen ". Deux mamans entourées de leurs bambins nous invitent à boire le chai, le fameux thé sucré infuse dans du lait. Elles sont mortes de rires de se voir en vidéo, ça fait plaisir. Pour le coucher de soleil nous nous rendons aux cénotaphes royaux, qui nous offrent une superbe vue sur la citadelle imposante sur son rocher. Nous étions tombés sous le charme de Varanasi, notre deuxième coup de foudre sera pour Jaisalmer, ce bijou planté au milieu du désert que les femmes colorent de leurs saris chatoyants, leurs bijoux faisant rayonner leur peau ambrée au soleil. Aprés une sieste de deux heures et une bonne suée, Olivier a récupéré et profitera du dîner dans un bon restaurant, le " Saffron " installé sur la terrasse d'un haveli dont le poulet tandoori est un vrai régal. Ce sera pour lui l'occasion de nous faire quelques remarques tout à fait à propos. Depuis son arrivée on a été un peu speed et le rythme plutôt soutenu. A notre corps défendant, nous voulions lui montrer un max de choses en un minimum de temps et les longues distances ne nous ont pas laissé trop de temps pour se poser. Nous avons pris également quelques mauvais travers. A côtoyer des furieux du cliches et Ulrik, cette jeune réalisatrice allemande, nous sommes devenus accro à la photo et à la vidéo. Dorénavant on essaiera de mettre nos objectifs de côté. Il est aussi étonné du peu de contacts que nous avons avec les indiens en dehors de la sphère touristique. Il a raison, mais à trois c'est beaucoup plus difficile, surtout en sautant d'un site à l'autre dans une voiture de location. Au fur et à mesure que les mois défilent, nous avons été amenés à nous poser pas mal de questions sur notre manière de voyager : la décision est prise d'aborder l'Amérique du sud différemment...en prenant notre temps.

Mercredi 21 Décembre: Le chien aboie… Rendez-vous 7h30 pour la virée dans le désert du Thar. Olivier a encore 38, 4 de température mais vaillant comme un Rajput, il nous suivra dans cette trépidante aventure chamelière… Nous montons dans la jeep avec un couple d'anglais et un belge flamand pour qui le français est une langue totalement étrangère même en vivant à 30 kms de Bruxelles. On fait des pâtés ? Nuit a la " pèle " étoile Nos dromadaires sont chargés de jerricanes d'eau, de nourriture et de couvertures car ce soir nous dormons à la belle étoile et le désert n'est pas réputé pour ses nuits chaudes. Nous sommes gênés de voir les chameliers et cuistots marcher à côté de nos montures, cela fait un peu touristes-rois que l'on promène. On fait une halte à l'ombre d'un arbre pour le déjeuner. Les cuistots nous ont préparé un thali un peu épicé mais très bon. La deuxième partie du voyage met à mal nos adducteurs; il faut changer de position régulièrement en croisant les jambes devant la selle et c'est pas évident à tenir. En tout cas, on est tous d'accord pour dire qu´il y a un peu de laisser aller au niveau de l´hygiène bucco-dentaire de nos montures. Les fosses sceptiques de Calcutta par une journée de grosse chaleur dégagent une odeur de brise marine en comparaison de ce qui peut sortir de la bouche d'un chameau. Sophie en fera une expérience toute personnelle en recevant un délicieux filet de bave au visage… Le désert du Thar n'est pas si monotone, des terres arides alternent avec des bandes de sables et des arbustes éparses jusqu'aux dunes ou nous bivouaquerons cette nuit. Un malin est là à nous attendre avec bières et boissons fraîches ! Apres le coucher de soleil, le froid ne tarde pas à se faire sentir. Olivier qui s'était senti mieux dans la journée repasse dans la zone rouge. Il faut d'ailleurs souligner un bel effort vestimentaire de sa part : chaussures bateaux, chaussettes remontant sur les bas de pantalon, Tshirt moulant de plongée Beuchat et veste tenue sur la tête par un bob surmonte d'une lampe frontale. On n'avait pas vu autant d'originalité chez un jeune couturier depuis bien longtemps… Nous assistons à la préparation du thali et des chapatis avant de prendre notre repas autour d'un feu. Nous dormons sur de fins matelas tout habillés dans nos duvets avec trois couvertures en plus. Le thème de la veillée sera " observation des étoiles ", même s'il n'est pas aussi étoilé que dans les steppes mongoles, le ciel nous offrira quelques étoiles filantes.

Jeudi 22 Décembre: … et la caravane passe Après quelques toasts grillés au feu de bois, un œuf dur et un chai, nous entamons le chemin du retour, cette fois juste tous les trois puisque les autres passent une deuxième nuit dans le désert. Nous croisons gazelles et rapaces sur la route qu'Olivier terminera à pieds, pour cause de " trop mal au cul ". Sur la route nous nous arrêtons a Khuldara, ville fantôme en plein désert. Les 700 maisons en ruines et la taille de cette ville-étape sur la route de la soie témoignent de sa prospérité d'antan. Du haut du temple en son centre, on imagine l'agitation qui devait y régner à l'arrivée des caravanes mais, refusant d'être rackettés par le maharadja, les habitants quittèrent la ville en une nuit. Pour rester dans l'ambiance " caravane ", de retour à Jaisalmer, nous visitons un ancien caravansérail transformé en hôtel de luxe (c'est devenu une véritable obsession chez Christophe qui entame le troisième volet de la trilogie " La longue marche ", Sophie a jugé que le premier lui suffisait!). La vue de la terrasse valait le déplacement, on aurait pu y rester des heures à contempler d'en haut la vie grouillante de la ville sur fond de citadelle. Ce soir, après une nuit pas très confort et deux thalis de suite, on se fait plaisir en dînant dans le resto le plus réputé de Jaisalmer " le trio ". Mouais... A dada

Vendredi 23 décembre: Bon anniversaire Praveem Départ pour Jodhpur au petit matin, il fait encore nuit. Sur la route, des chiens peu chanceux et même un dromadaire sont raides sur la chaussée. Nous entrons en pays vishnois, habitants connus pour être sans doute les plus fervents écolo et plus grands adeptes de la non-violence qui soient. Sur ordre du maharadja, 363 de ces personnes furent tuées enlacées à des arbres pour empêcher qu'ils ne finissent en meuble. Cela explique probablement ces carrières que nous apercevons sur la route dont seuls les arbres au sommet d'un monticule ont été épargnés par les bulldozers. Jodhpur est appelée " la ville bleue " ; appartenant à l'origine à des brahmanes, nombre de ses maisons sont teintées de bleu, la couleur de Krishna (il paraît qu'en plus ça éloigne les moustiques!). Nous franchissons l'enceinte de la vieille ville blottie autour de la forteresse Rajput, l'emblème de la ville. C'est à la célèbre " omlet shop " que nous prenons un casse-croûte avant de monter à l'assaut de la forteresse de Mehrangarh. Pour une fois, nous avons chacun un audio guide et déambulons avec nos écouteurs sur les oreilles et notre baladeur autour du cou. Toute de grès rouge, renfermant plusieurs palais, temples et cours, elle est sans doute l'une des plus belles et des plus imposantes d'Inde. L'après-midi, Olivier et Sophie partent à la recherche de tables basses, la ville étant réputée pour le travail du bois. Ils découvriront du coup les fournisseurs de Pier Import et autres " meubles du monde " basés sur Palace road. Pour rester dans le domaine du shopping, nous sommes le 23 décembre et nous ne réalisons pas que Noël est dans 24 heures. Seuls les mails nous rappellent cette frénésie consommatrice qui tous les ans rythment la fin d'année en Europe. Ici, pas de prospectus vantant les mérites des dernières merveilles technologiques, pas de boutiques noyées sous les guirlandes et les spots, et encore moins de Père Noël. Même si cela nous évite le casse-tête pour le cadeau de dernière minute, Noël reste une période ou l'absence des proches se fait le plus sentir. Heureusement, Olive est la! C'est une maison bleue… Happy birthday Praveem ! C'est aujourd'hui l'anniversaire de Praveem, on voulait l'inviter mais ce soir c'est lui qui régale. S'il avait su ce qui l'attendait... La soirée avait pourtant bien commencé, apéro, confidences (ne le répétez pas mais il est encore vierge, l'Inde n'est pas le pays du libertinage), cadeaux (2 cassettes de musiques bollywoodiennes)... jusqu'au moment ou le ton est monté entre lui et Christophe. Depuis le début, il essaie de nous driver aussi bien au niveau du choix de notre itinéraire que des hôtels et restos dans lesquels il perçoit une commission si nous restons. Christophe lui sortira donc ses quatre vérités sur un ton un peu ferme d'autant plus que Praveem lui a fait comprendre qu'il attendait de nous un gros pourboire. Sympa l'ambiance de fin de voyage...

Samedi 24 Décembre : Joyeux Noël ! L'ambiance est un peu tendue dans la voiture qui nous mène à Ranakpur. Le paysage étonnamment plat depuis notre départ de Delhi commencent à prendre un peu de relief, nous arrivons dans les monts Arawelli en pays Mewar. Nous nous posons dans un hôtel assez correct où le jardin est agrémenté d'un bassin que se partagent deux canards caractériels. De toute façon on n'a pas trop le choix, Ranakpur n'est même pas un village, c'est un site célèbre pour ses temples jains. Mais quel site ! Le temple de Jaisalmer nous avait déjà ébloui, celui-la nous laisse bouche bée. C'est le plus grand et le plus beau d'Inde dans sa catégorie. Il rivalise avec encore plus de sculptures du sol à la coupole et sur ses 1444 colonnes. La blancheur de la pierre reflète les rayons du soleil à l'intérieur, c'est éblouissant. Nous finissons la journée au sunset point en haut des collines qui dominent un joli lac où il y aurait des crocodiles paraît-il. Pas vu ! Ce soir c'est Noël. Praveem, un pote chauffeur et de son client autrichien déjà allumés au whisky insistent pour qu'on se joigne à eux autour du feu. Praveem qui n'a pas l'alcool mauvais s'excuse pour hier et fait la paix avec Christophe. Son collègue par contre à tendance à devenir agressif et nous coupe un peu trop la parole. Il ne supporte pas le fait que nous n'avalions pas nos rasades de whisky en moins de deux minutes et devient un peu trop machiste avec Sophie. Du coup nous finissons la soirée dans notre chambrée où un lit d'appoint a été installé par terre pour Olivier. Au menu : foie gras sur butter nan, saucisse sèche Justin Bridou, magrets de canards fourres au foie gras, Jurancon Lacabe 1996 et si on a encore de la place Nutella ! Bonne ripaille, tongues en cuir de chameau, chemise et chapeau à la Indiana Jones trop grands, faux tétons en silicone qui se sont avèrés être des tétines, produits miracles du coin, bref le Papa Noël nous a gâtés ! Temple jaïn

Dimanche 25 Décembre : Au revoir Olivier Olivier est bien content de nous avoir rendu visite mais ne cache pas sa joie de rentrer et de laisser derrière lui tourista, fièvre, transports et douches froides. Dernière épreuve : 12 heures de voiture pour aller a Delhi, 4h d'attente, 10 heures de vol puis une fois en France enchaîner avec une heure de transport et une journée de 8 heures de boulot ! Et le soir venu, faut assurer avec Alexandra. Oups ! On n'a rien dit… De notre côté, fini le luxe de la voiture privée; pour se rendre à Kumbhalgarh, c'est stop, bus et jeep. Une fois de plus, Sophie a cru mourir à l'avant du bus. Le chauffeur roulait un peu vite à son goût sur ces routes de montagnes dont les murets ont disparu dans les virages suite à de malencontreux dérapages fatals. Mais, une fois de plus, nous arriverons à bon port. Les paysages toujours arides prennent plus de relief au fur et à mesure que nous nous enfonçons dans les monts Arawelli. Les travaux des champs, les saluts des paysans et la beauté des paysages traversés nous ont donné envie de nous arrêter sur la route. Le discours d´Olivier raisonnant encore dans nos têtes, nous décidons demain de prendre la tente et de nous perdre dans cette région au gré du vent… D'ailleurs, à bien réfléchir, nos souvenirs les plus marquants sont cette excursion au lac Inle et surtout la semaine passée auprès d'une famille mongole. Kelwara, où nous logeons, est la ville la plus proche de la forteresse de Kumbhalgarh dont la belle muraille de 37 km serait la deuxième après celle de Chine (50000km) !! Le Rajasthan est décidément un paradis pour les amateurs de châteaux et forteresses. Contrairement au sud de l'Inde, le nord fut constamment soumis aux invasions, musulmanes notamment. La géographie du pays et la vallée du Gange forment en effet un axe ouest/est propice aux mouvements des armées. CQFD. Sophie s'est aujourd'hui senti une âme de denfenseuse des animaux en volant au secours de quatre chiots victimes des caprices de gamins, puis en mettant en fuite des ados qui s'amusaient à effrayer les singes en leur balançant des pierres. Ils ont pris la poudre d'escampette lorsqu'ils l'ont vu s'élancer des pierres à la main pour leur infliger le même sort ! Ahhh chiche

Lundi 26 Décembre : promenade dans la campagne indienne Comme prévu, nous laissons une partie des affaires et préparons le nécessaire pour découvrir a pied la campagne indienne notre tente sur le dos. Cela fait longtemps qu'elle n'a pas servi et nous espérons faire du camping sauvage ou chez l'habitant. Le patron de l'hôtel, surpris par notre démarche nous donne le nom de villages pittoresques : Varthada, Kaltana et Baldra. Pendant que nous attendons le bus qui nous ramènera sur nos pas, nous observons les villageois. Les femmes enveloppées dans des saris aux couleurs vives arborent un anneau perlé à la narine qui leur cache presque la lèvre supérieure ; quant aux hommes, les babouches pointues et recourbées aux pieds, le pantalon court et bouffant entre les jambes, parfois des boucles d'oreilles en forme de fleur et les énormes turbans rouges qu'ils ont sur la tête donnent à cette petite ville des allures de Milles et une nuits, il ne manque plus que les tapis volants ! Nous marchons le long de la route. Les femmes toujours coquettes avec leurs breloques éclatantes aux oreilles, autour des bras et des chevilles, transportent sur leur tête de gros fagots de branches pour faire du feu ou de l'eau tirée a la pompe dans des pots dorés. Aux champs comme à la ville, il semble que le travail de force soit réservé aux femmes alors que les hommes ont des activités habituellement destinées aux femmes dans nos pays, comme la cuisine ou la couture, question de culture. Malgré l'aridité de la région, la terre est cultivée notamment avec la canne à sucre grâce a un système d'irrigation rudimentaire, des norias. Des bœufs aux énormes cornes peintes de toutes les couleurs tournent en rond pour actionner un moulin bricolé avec de vieux pots en fer qui remontent l'eau du puits distribuée ensuite par des canaux. Nous nous arrêtons près d'un chantier ou hommes, femmes, enfants et vieillards travaillent à la construction d'un réservoir d'eau. Ils s'arrêtent de travailler pour nous observer d'un peu plus près. On est un peu gêné devant ces spectateurs qui nous dévisagent sans mot dire. Mais la vidéo et les photos font à nouveau leur effet et provoquent rires et curiosité. Tout d'un coup, ils déguerpissent et dévalent la pente à toute berzingue. Loin d'être de notre faute, ils ont en fait aperçu le contremaître qui est arrivé au mauvais moment. Noria Alors que nous contemplions un couple de pic-vert, deux femmes de la soixantaine viennent nous faire l'aumône. L'une d'elles se met a enchaîner roulades et poirier sur la tête pour quelques roupies. Choqués par ce spectacle pitoyable (dans le sens propre du terme), nous leur donnons brosses a dents, dentifrices et savonnettes que nous destinions aux paysans. L'autre s'est baissée pour nous baiser les pieds (signe de profond respect chez les hindous mais attitude humiliante pour nous), ce qui nous mit très mal a l'aise. Bizarrement, voir ces personnes plus âgées que nos mères se donner en spectacle nous bouleverse plus encore que les infirmes que nous avons déjà eu l'occasion de voir à plusieurs reprises. Un peu plus loin, nous croisons trois jeunes filles dont l'une est très jolie. Nous nous apercevons que la main de l'une d'elles présente tous les symptômes de la lèpre. La bonne humeur de la ballade en prend un coup. C'est ce moment-là que nous " choisissons " pour nous égarer, incapables de retrouver le chemin qui menait au village prévu pour passer la nuit. Des paysans nous déconseillent de nous y rendre à cause des bêtes sauvages (ours, léopards, loups et… gazelles) et nous offrent l'hospitalité dans l'école du village désertée pour les vacances. La salle de classe est vide car les élèves étudient sur des nattes à même le sol. Nous installons notre lit de fortune devant une foule de curieux, surtout des jeunes pendant qu'on nous apporte du bois et des couvertures. Des jeunes nous font visiter le coin et goûter à la canne a sucre. Sur le chemin du retour, nous sommes invites à boire le thé dans la maison de l'instituteur, fils d'institutrice et marie à une instit aussi. Comme des VIP, nous sommes ensuite présentés au médecin (le gratin du village quoi) chez qui nous dégustons un délicieux lait chaud. Tout le monde est aux petits soins ; lorsque nous revenons a l'école, le feu est déjà allumé dans la cour et cela fait un bon moment qu'ils essaient de mettre au point un montage électrique pour nous éclairer. Nous mangeons le riz pulao commandé ce matin à l'hôtel, réchauffé sur le feu en compagnie de l'instit qui a du mal à nous abandonner et nous donne rendez-vous pour le lendemain matin. Chez l'instit

Mardi 27 Décembre: Koltra et tais-toi! Namaste ! Cherchez l'intrus A notre réveil, un comité d'accueil nous attend autour du feu pour le petit déjeuner. Contrairement aux autres pays traversés, les indiens, mêmes pas bien épais, refusent presque systématiquement la nourriture qu'on leur propose. Sans doute une question de culture ou d'éducation (les enfants attendent l'approbation de l'adulte avant d'accepter). L'instit ainsi que les deux jeunes de la veille décident de nous accompagner au village voisin de Koltra. Adorable hameau dont l'unique ruelle se faufile entre les maisons de terre. Les habitants, surpris de recevoir des visiteurs nous sourient tandis que les enfants crasseux au cheveu hirsute nous suivent partout pieds nus en nous lançant des "tatas" à tout bout de champs. Brebis et chevreaux, chats et buffles complètent le tableau pittoresque de ce village perdu. Ici aussi, telles des musulmanes avec leur tchador, les femmes se cachent le visage devant les hommes, leur père ou mari leur interdisant de le montrer. Nous prenons le thé dans la maison du guérisseur, spécialiste des plantes médicinales avant de reprendre la route toujours escortés. La route est caillouteuse mais offre un superbe panorama sur le vallée et la forteresse de Kumbhalgarh. Du haut des crêtes, nous apercevons en surplomb d'autres minuscules villages autour desquels des champs verdoyants contrastent avec ce paysage sec aux tons chauds. Cela fait un moment maintenant que nous marchons et nos ôtes décident de faire demi-tour après être grimpés au temple de Shiva isolé dans une grotte. Sophie préfère attendre au pied de la montée. Christophe reviendra baptisé avec une cordelette rouge et jaune autour du poignet, une tikka sur le front et une boisson miracle dans le gosier. De retour à Kelwara, nous récupérons nos affaires et montons dans le bus direction Udaipur. Nous voyageons à l'avant dans la vaste cabine du conducteur où cinq places assises sont disponibles quand le car est plein. Les paysages sont superbes et nous voyons plusieurs dromadaires; alors que nous sommes habitués à les voir affublés de manière ridicule pour promener les touristes, ils servent ici de bête de somme pour les travaux des champs. Nous arrivons de nuit a Udaipur et montons dans le rickshaw le plus lent de la ville, même les vélos réussissent a nous doubler. Nous allons nous poser quelques jours à la Lake View paying guesthhouse.

Mercredi 28 Décembre: "My name is Bond…James Bond." Pour une fois nous avons une belle chambre avec eau chaude et la terrasse de l'hôtel est la plus haute de la ville. De là-haut, nous avons une vue plongeante sur les temples vishnouistes, sur le lac et les palaces plantés au milieu de l'eau. Seul le city palace nous domine du sommet de sa colline. Depuis quelques années, la mousson est insuffisante et le lac régulièrement assèché. Par chance la dernière a été bonne et nous offre ce qui fait la beauté de cette ville. Visite du Jagdish temple dédié à Vishnou sans grand intérêt puis visite de la ville. Ici aussi il y a des animaux partout, des écureuils sur les terrasses qui viennent grignoter sur votre table, des ânes minuscules pas plus haut qu'un Labrador, des vaches tranquilles (sauf celle qui a mis un coup de cornes au cul de Sophie), des chiens parfois dans un sale état à qui il manque une oreille ou une patte, des chiennes aux mamelles touchants le sol, des chiots déjà galleux et des chats, plus rares, la queue ou une patte coupée et à juste titre impossibles a approcher. Nous arpentons les rues de la vieille ville bordées de nombreuses boutiques d'artisanat en tous genres et de miniatures en particuliers. Une boutique attire notre attention… on ressort une heure plus tard des peintures plein les bras. Ils font un travail exceptionnel, en deux temps trois mouvements, ils nous ont peint un portrait et un éléphant sur les ongles! Leurs peintures sont d'une finesse incroyable. Nous terminons dans un institut de massages dits "ayurvédiques". Sophie sera autant satisfaite que Christophe déçu, il n'est pas tombé sur le bon. Ce soir c'est "plateau-télé". Une des originalités d'Udaipur est de diffuser tous les soirs dans les guest "Octopussy", un James Bond qui fut tourné en partie dans cette ville. C'est plein de clichés mais on apprécie vraiment même sans les sous-titrages!

Jeudi 29 décembre: Circus Le city Palace est le plus grand palais du Rajasthan. C'est un entrelacs de couloirs et d'escaliers, de patios et de jardins. En tous cas, il y a de la recherche au niveau de la deco intérieure et pas toujours du meilleur goût d'ailleurs. Chaque Maharana (dénomination du maharadjah d'Udaipur) y a rajouté sa "personal touch", multicolor, multi facette et souvent kitsch a souhait. Régine a dû s'inspirer du lieu pour sa discothèque (à moins que ce ne soit le contraire)! Ce soir, nous assistons a un spectacle traditionnel au Bagore Ki Haveli Museum dont les murs n'arrivent pas à la cheville du plus dépouillé de Jaisalmer, mais avec l'éclairage du soir ça fait son effet. S'enchaînent des danseuses avec toutes sortes d'objets (l'une empilera des pots mesurant au total l'équivalent de sa taille) et marionnettes sur fond de musique jouée par un orchestre. Cela ressemblait finalement davantage à des numéros de cirque mais c'était chouette.

Vendredi 30 décembre: fashion victimes? Nous avons commandé des cadres pour les peintures, acheté deux tables basses en bois, il ne nous reste plus qu'à faire empaqueter tout ça pour l'envoyer en France par cargo (en espérant qu'il arrive). Ce soir nous faisons le passage obligé en bateau sur le lac de Pichola. Le city palace et le Lake palace (hôtel ultra chic d'où est tiré un feu d'artifice tous les soirs) se reflètent dans les eaux du lac. Le spectacle des lavandières et des femmes se lavant sur les ghâts est aussi très beau dans le coucher de soleil. Nous nous arrêtons un moment à Jag mandir, autre palais flottant. Ici, le spectacle n'est plus le magnifique panorama que nous avons sur le lac mais quelques spécimens qui nous entourent: italien aux cheveux longs vêtu d'un short tweed marron, chemisette rayée bleue et blanche et chaussures bateau vertes! Mais la première place revient a ce quinquagénaire au pantalon à pinces et a rayures tombant sur des mocassins léopards. Nous sommes un peu mauvaise langue mais on n'a pas pu s'empêcher! Désolé. Nous reprenons la route ce soir. Le trajet s'annonce long et fatigant: Bus de nuit en couchette a 22h30, arrivée 4h à Ahmenabad puis transfert de 10 km en autorickshaw a l'aéroport, enfin décollage a 7h30 pour arriver a 8h30 a Bombay.

Ces drôles de machines !

Samedi 31 Décembre: Nouvel an à Colaba A la sortie de l'avion, on enchaîne direct avec la recherche d'une agence de voyage succeptible de nous trouver un hôtel aux Maldives pour dans 10 jours! Bombay désormais Mumbai, premières impressions: où sont passées les vaches? Et les saris multicolores? Et les rickshaws décorés de guirlandes de Noël? Les derniers sont interdits en centre-ville, les seconds sont remplacés par des vêtements occidentaux et les premières restent un mystère. Tout simplement, Bombay est une ville beaucoup plus moderne et riche que celles traversées dans le Nord, Delhi comprise. La circulation est plus ou moins régulée; il y a des feux tricolores (mais toujours pas de passages piétons) et des centaines de taxis noirs et jaunes. Il y a moins de bruit et des trottoirs nous mettent a l'abri des chauffards sans stresser à chaque véhicule qui approche de peur qu'il nous klaxonne dans les oreilles ou nous frôle de près. Mieux, des airs de " lambada " ou de " happy birthday " se font entendre lorsqu'une voiture munie de ce gadget musical recule. Original, non ? C'est ici aussi que la richesse côtoie la pauvreté, les mendiants dorment à même le sol sous les arches des boutiques de luxe ou dans des bidonvilles au pied des demeures bourgeoises. Des femmes musulmanes voilées croisent des couples indiens qui (oh surprise) se tiennent la main. Les indiens de la classe moyenne ou bourgeoise se parlent en anglais entre eux tandis que de nombreux enfants mendient dans les rues. Autre caractéristique de Bombay, les logements sont très mauvais. Non seulement les hôtels sont beaucoup plus chers qu'ailleurs (environ fois 3), mais ils sont médiocres et souvent complets. On ne fait donc pas la fine bouche lorsqu'on arrive au Carlton (rien a voir avec son homonyme 5*) dans une "cellule" avec barreaux aux fenêtres sans WC ni lavabo; pour la toilette, ce sera des baquets d'eau chaude! Comme on a perdu les coordonnées du producteur rencontré a Orccha qui devait nous prendre sous son aile pour la soirée de ce soir et la visite des studios (fuck!), on improvise une soirée dans un resto-bar-disco branchouille, le Leopold. Les routards se retrouvent au milieu de la jeunesse dorée du coin et c'est entre un écossais moine bouddhiste et des jeunes arabes de Dubai venus s'encanailler que nous passons notre réveillon. Il n'y a pas autant de ferveur autour de cette fête qu'en Occident, ni compte à rebours avant les douze coups de minuit; on s'embrasse au milieu d'un bon vieux tube années 80, " Holyday-eh… " . Les rues sont remplies de badauds et une foule s'est rassemblée devant le Taj Mahal, le plus prestigieux hôtel d'Inde. C'est en voulant se mêler à la population qu'on s'est aperçu que la majorité était masculine. Sophie fut en proie à de multiples mains baladeuses qui venaient de tous côtés parfois simultanément profitant de la bousculade jusqu'au moment où, excédée, elle a giflé le premier venu (malheureusement pour lui, il était innocent). Le suivant, par contre, a eu son compte réglé par Christophe qui tel un chevalier servant s'est lancé à sa poursuite au milieu de la foule.

Dimanche 1er Janvier: RAS Internet, voeux, recherches d'hôtel aux Maldives et d'une nouvelle chambre à Bombay.

Lundi 2 janvier: Bon, beh, … Bombay ? C'est d´la bombe he Nous changeons d'hôtel encore plus pourri que le précédent mais cette fois le prix divisé par deux est justifié (aucune fenêtre, odeur d'humidité, draps degueu, patron mal aimable, une vraie caricature). Une chose est sûre, on n'y restera pas plus d'une nuit (va-t-on réussir a se poser a Bombay?) On découvre le quartier de Colaba ou nous résidons, quartier très animé avec resto, hôtels et commerces puis le Bombay néo-gothique hérité des anglais qui côtoie des façades style art-deco. Nous dînons au Bagdadi, p´tit bouboui conseillé par le Routard ou nous mangeons des nan enoooormes dans les deux sens du terme : aussi grands que la pizza giant du pizzaiolo de quartier avec des saveurs de gaufres bretonnes.

Mardi 3 Janvier: Contrastes Rechangement d'hôtel pour l'Apollo Guesthouse dont le patron mielleux nous a fait courir pendant deux jours mais qui dispose de chambres plus agréables bien que minuscules et d'une douche chaude commune. C'est le meilleur rapport qualité-prix que nous ayons trouvé ici. Aujourd'hui c'est plage, C'est la première fois qu'on foule le sable depuis notre départ, on a laissé le froid au nord, il y a comme un parfum de vacances dans l'air… mais vu la couleur de l'eau on oublie les maillots de bain. La large baie qui valut d'ailleurs son nom a la ville (bom bay= bonne baie en portugais), est bordée de tours modernes qui de loin lui donnent un petit air de Rio (sans les strings et la baignade). Les toilettes publiques de la plage y sont investies par des indiennes a moitie nues venues y faire leur toilette et leur lessive ; Sophie devra les enjamber pour y accéder. On poursuit en se rendant au bout de la pointe de Malabar Hill a Banganga tank, vaste réservoir d'eau entouré de ghâts situé dans un quartier très pauvre. A quelques mètres de là, des bidonvilles bordent la côte près de ce qui devait être autrefois une belle petite crique. Désormais c'est une décharge infecte balayée par une mer tout aussi sale où les enfants jouent pieds nus au milieu des immondices et des chats cherchant des restes à se mettre sous la dent. En soirée, nous allons au cinéma Inox voir King Kong. Les effets spéciaux à la :Jurassic park sont hallucinants mais le remake de Peter Jackson manque d'émotion par rapport a la fabuleuse version de Merian C Cooper. Au final : décevant au niveau du scénario mais très divertissant. Le plus étonnant fut de voir toute la salle se lever lorsque le drapeau indien apparut à l'écran sur fond d'hymne national avant la séance. Autre caractéristique déjà remarquée à Jaipur: les indiens partent avant la fin du film au moment de l'épilogue alors que le générique de fin n'a même pas commencé. Bidon-plage

Mercredi 4 janvier : Bonnie and Clyde Ca nous démange depuis notre arrivée a Bombay mais aujourd'hui c'est décidé, on passe à l'acte. Avec nos têtes d'européens, ça doit pouvoir se faire sans trop de difficultés, il suffit de jouer les habitués. Première étape : passer la porte d'entrée et déambuler dans la galerie commerciale, ce qui n'est pas un problème puisque tout le monde y a accès ; le plus dur va être de descendre au Spa pour se changer. Sophie laisse le soin à Christophe de se jeter dans la gueule du loup. Que neni, il ressort en short de bain. Deuxième étape : accéder a la piscine. Le groom de surveillance avec qui Christophe a sympathisé au spa nous demande d'inscrire le numéro de notre chambre, de signer puis nous installe deux chaises longues au soleil. Maintenant c'est quitte ou double ; s'il vérifie sur l'ordinateur, il va découvrir qu'il n'y a aucun Lapefet en 318 et on est grillés ; dans le cas contraire on passe la matinée au bord de la piscine du plus prestigieux hôtel d'Inde, le Taj Mahal. Edifie par la famille Tata, brillante dynastie qui détient aujourd'hui plusieurs entreprises en Inde (de l'insecticide au secteur automobile en passant par le robot ménager), ce luxueux hôtel style victorien en bordure de mer a reçu plusieurs célébrités de ce monde dont notre " cher " président Chichi au frais du contribuable évidemment. Finalement c'est passé comme une lettre a la poste et Christophe finira la matinée dans le jacuzzi du spa. Luxure quand tu nous tiens... Pour rester dans " la haute ", on change d'épicerie pour dîner au Bollywood. Ouais, bof, aucune star mais une addition qui rejoint les étoiles ! Le Taj Mahal hôtel

Jeudi 5 Janvier: Bollywood movie En venant à Bombay, première ville productrice de films au monde devant Hollywood, on espérait bien visiter les studios ou faire de la figuration dans un film pour le fun. Même pas la peine de chercher, on est réveillés à 7h du mat par un chasseur de tête de Bollywood. Nous voila partis sur les chapeaux de roue sans avoir eu le temps de déjeuner, d'abord taxi puis train de banlieue puis tuk-tuk pour se rendre dans le nord de la ville. Il ne s'agit pas d'un tournage mais d'une séance photo pour la promo d'un sitcom genre "Helène et les garçons". Le décor: terrasse de café a l'américaine en bord de mer; nos rôles: Christophe habille en d'jeuns bermuda/tee shirt moulant déguste un beignet attablé pendant que Sophie en serveuse lui sert un verre d'eau; les protagonistes: un jeune couple en premier Taxiplan. Puis, une australienne embauchée comme nous à la dernière minute arrive et remplace Sophie qui à son tour se retrouve devant un beignet. Cela n'a duré que deux heures pour 10 euros chacun, (ça représente une somme ici) mais l'expérience est très sympa, et ils ont promis de nous envoyer les photos par mail (on espère). En tant qu'Européens, nous avons eu un certain succès puisque Christophe s'est vu proposer de faire des photos de mode et Sophie de donner la réplique le surlendemain. Le français Pascal of Bollywood, célèbre ici pour ses chansons hindi teintées d'accent gaulois a dû débuter comme ça ! Cela fait un moment qu'on n'a pas fait de sport, on commence a prendre du gras et surtout on n'a pas la patate. Un petite séance à la salle de sport locale ne nous fera pas de mal. Sophie est la seule fille et bizarrement cela ne pose aucun problème qu'elle soit en short, alors que Christophe devra revenir en pantalon la fois prochaine!

Vendredi 6 Janvier: tablars et ghanta Encore une journée dans Colaba et plus spécialement dans un Internet café. Le soir on se prévoit une petite sortie spectacle au théâtre. Au programme: concert de percussions indiennes. En regardant de près le magazine, on s'aperçoit qu'il commence une demi-heure plus tôt qu'on ne pensait, c'était vraiment pas le moment de perdre notre temps avec notre cadenas dont le code a changé à cause d'une erreur de manipulation. Nous avons pris l'habitude d'utiliser un verrou à code c'est plus pratique que d'avoir une clé pour deux. Le problème là, c'est qu'il n'ouvre plus et un code a quatre chiffres ça fait 10000 combinaisons possibles... autant chercher une aiguille dans une botte de foin. Tant pis pour le verrou, faut couper et à défaut de pince coupante, Christophe aidé de notre tenancier jouera les évadés avec une …lime! Nous arrivons a temps au concert pour voir les grilles du guichet fermées, "sold out". Plus une place. Comme d'autres touristes arrivés bien avant nous et le bec dans l'eau, nous tentons notre chance auprès des spectateurs susceptibles d'avoir des places à revendre. Bingo, en cinq minutes nous voila nos billets en main, plutôt chanceux sur ce coup-ci. A l'affiche Zakir Hussain, virtuose des tablas accompagné d'un maestro du violon et de son frère. Nous ne sommes pas assez connaisseurs ou amateurs pour pouvoir apprécier cette démonstration de performances techniques à sa juste valeur, nous préférons sans conteste les rythmes africains. Heureusement la deuxième partie avec l'entrée en scène de T.H "Vikku" Vinayakran 75 ans et son "ghanta", un gros pot en argile, va donner une autre dimension au concert. Ca bouge, ça vibre et ça tape des mains dans la salle.

Samedi 7 Janvier: la vie à la bombayienne Le Crawford market est le plus célèbre marche de Bombay, marché couvert entouré d'un dédale de ruelles commerçantes. Ici, on trouve de tout de la visse minuscule pour réparer notre disque dur portable au matériel d'aquarelle pour Sophie en passant par les primeurs, l'épicerie et les animaux vivants. Les rues sont bondées et l'animation débordante avec ses boutiques, ses gargotes et ses commerçants. La chaussée est parsemée de cageots et de charrettes. Ca circule dans tous les sens, les porteurs déchargent des caisses ou transportent des paniers sur la tête qui semblent glisser dans les airs. Comme au temps jadis ou les Halles de Paris n'avaient pas fait place au Forum, ce marché couvert aux airs de pavillons Baltard est divisé en sections : fruits et légumes (des fraises au mois de Janvier, si ça c'est pas du luxe !?), épiceries et confiseries, produits d'hygiène, viande et même des animaux vivants (oiseaux, chiens, lapins, souris, etc…). C'est une explosion d'odeurs des plus délicates aux plus insupportables : le parfum des fruits fait place a d'écœurantes effluves provenant du quartier des bouchers. Nous arrivons après la bataille pour découvrir des restes de carcasses entassées que se partagent rats, chiens errants et corbeaux, sans déranger le moins du monde les indiens qui dorment au milieu des déchets sanguinolents. Nous passons la soirée à Chowpatti beach, cette plage peu animée le jour devient fête foraine le soir. Les terrasses des buvettes et resto sont pleines. Familles, enfants, jeunes, vendeurs de ballons, tout le monde s'y retrouve pour manger un morceau, se faire dire l'avenir par une drôle de machine clignotante, se faire masser ou faire un tour de manège. Pas de risque que les manèges se bloquent, ils sont totalement manuels. C'est impressionnant de voir ces jeunes grimper en haut de la roue et l'actionner avec la force des jambes, redescendre en s'accrochant à une nacelle puis remonter a nouveau. Sophie tombera sous le charme d'un jeune sikh de 21 ans qui projette de finir DJ. Christophe: "33 ans bientôt et elle continue de craquer pour ces stars des dance floor!!! " Nous décidons de nous faire masser sous les étoiles allongés sur le sable. Tout aurait été parfait si nous n'étions pas tombes sur des amateurs dont l'un a surtout joué des mains baladeuses a l'égard de Sophie. Du coup, on écourte le "massage/pelotage" a trente minutes c'est bien assez comme ça! En repartant, nous sommes sollicités par des mendiants notamment des femmes leurs bébés sous le bras. C'est une constante ici plus qu'ailleurs et c'est insupportable. Les enfants surtout n'hésitent pas à nous attraper par le bras et à être insistants. Il est très difficile de savoir comment gérer ça. On évite de donner de l'argent mais plutôt des produits de consommation courante ou de la nourriture. Nous resterons très marqués par l'image de cette gamine de huit ans faisant l'aumône près d'une gargote, dont le regard s'est illuminé lorsque nous lui avons donne un kebab. Elle l'a englouti par terre aux pieds d'enfants issus d'un milieu privilégie bien habillés, cheveux gominés et assis. Les parents de ces derniers lui ont aussi donne une assiette mais le contraste reste frappant.

Dimanche 8 Janvier: sur les traces d'Harry Potter Nos ballades en ville nous ont confirmé ce que nous avions déjà remarqué en traversant le pays. D'immenses esplanades pelousées y sont dédiées au sport national: le criquet. C'est dimanche et il y a foule. Nous assistons à des parties endiablées ou des pro tout de blanc vêtus se partagent le stade avec la "populasse" et les supporters. Les parties pouvant durer plusieurs jours, nous n'attendrons pas de connaître le gagnant. Bombay est probablement une des villes d'Inde ou l'empreinte anglaise est la plus marquée. Outre ce sport et ces joueurs à l'allure très british, nous longeons d'impressionnants édifices gothiques, cour de justice et université dans le plus pur style anglais, gris et lugubre dont seuls les palmiers ensoleillés nous rappellent que nous sommes en Inde et non pas au pays magique d'Harry Potter. Et tant que nous abordons le sujet de l'influence anglaise, nous avons été très surpris au cours de nos rencontres avec les indiens d'avoir souvent la réflexion suivante : " Vous aussi en France, vous parlez anglais entre vous ? " et même une fois : " Quand est ce que vous avez obtenu votre indépendance ? (Vis-à-vis de l'Angleterre) ". Il était une fois Jeanne d'Arc… Criquet

Lundi 9 Janvier : Ce n'est qu'un au revoir Bon ben ça y est, on fait les sacs a dos et on quitte sans regrets le patron de l'hôtel. Il nous reste la journée avant d'embarquer. Christophe décide de visiter le Musée Gandhi qui retrace sa vie, sa politique de non-violence, ses luttes et…sa fameuse roue à tisser (que l'on voit sur le drapeau indien)! Un tour a la salle de sport et on a encore assez de temps pour aller a Internet (a 30 dollars l'heure aux Maldives, on s'en passera). Faut qu'on prenne notre dose. Depuis le temps qu'on en rêvait de l'Inde, on l'a fait… et on le refera : indien vaut mieux que deux tu l'auras ! Sophie est triste de quitter l'Inde malgré la plage et les cocotiers qui nous tendent les bras. Ca n'a pas été facile tous les jours mais une évidence s'impose, ce pays nous a complètement envoûtes…

Visages d'Inde
American Airlines? English translation pending
by Shirley81 · 2006-04-10 · 20 replies
Hello,

j'aimerais des témoignages, des avis, des commentaires...bref des infos sur la compagnie American Air Line, sur laquelle j'envisage de réserver mon vol pour mon séjour linguistique en 2007.

Est-ce une compagnie fiable ? y a-t-il souvent des retards ? des grèves surprises ? ce genre de choses...

Merci !
Immanquables du Mexique et du Guatemala English translation pending
by MelT · 2006-04-04 · 30 replies
Allo

Je pars 2 mois au Mexique et en amérique central cet été, mois de juillet et août (1 mois au Mexique et 1 mois du Guatemala jusqu'à où je pourrais bien me rendre...) Je voudrais savoir si vous pourriez me conseiller les endroits à ne pas manquer.

Au Mexique je compte faire les Chiapas et le Yucatan, alors s'il y a des endroits à ne pas manquer, j'aimerais bien que vous m'en faisiez part. Cela m'aiderais à tracer mon itinéraire...

Au Guatemala, je ne me suis pas déterminé d'itinéraire encore, mais j'aimerais bien que vous me conseilliez à ce sujet, les plus beaux endroits...

Merci a+ Melanie
Début d'été en Antarctique English translation pending
by Polkarctic · 2006-03-30 · 3 replies
8 novembre 2005 à 4H45 après un réveil à 3H45 : il faisait déjà jour mais pas trop envie de me lever si tôt... sommeillé encore une heure. Donc lever à 4H45 🤪 : nous naviguons dans le détroit de Gerlache large d'environ 10 km [?] ; il y a du vent, quelques growlers sur la mer. Je reste donc une heure sur le pont à photographier le paysage essentiellement. Avant l'apparition du soleil au dessus des montagnes de la Terre de Graham à l'est, la lumière était très belle sur les montagnes de l'île Brabant à l'ouest .



9H : ça y est, nous sommes près de l'île Cuverville dans une baie ceinturée de montagnes d'où descendent de nombreux glaciers. Beaucoup d'icebergs sont échoués ici ; le temps est vraiment magnifique et notre visite de ce matin à une manchotière se présente sous les meilleurs auspices. 😎

10H30, sur une petite colline de Cuverville en haut de la manchotière papou avec en face de moi un champ... d'icebergs : du bleu, du blanc, du gris selon l'éclairage... c'est très, très beau. Je suis en train d'attendre un accouplement mais bon... j'ai peut-être mal interprété la scène qui ressemblait pourtant beaucoup à des préliminaires... Il ne fait pas très chaud et il "neigeotte" quelques flocons. Au fait, j'avais bien interprété la "danse nuptiale" ;o)



Comme à chaque "descente" à terre, avant de quitter les lieux nous essayons d'aplanir les trous de nos traces vraiment trop profonds dans la neige afin de ne pas laisser un vrai parcours du combattant aux manchots. Eux-mêmes laissent des traces assez profondes à force de passer et repasser sur les mêmes pistes entre les différents "quartiers" de la manchotière.

Lors de notre retour à bord, nous flânons à nouveau entre les icebergs, très nombreux ici : certains ont visiblement basculé "cul par dessus tête" et nous présentent des parois en "balle de golf", d'autres sont échoués et leur "ligne de flottaison" se trouve maintenant bien au dessus du niveau de la mer. Je garde un très, très bon souvenir de ce slalom entre les icebergs très bien mis en lumière sous un beau ciel bleu. 🙂🙂

Vers midi, nous levons l'ancre pour nous diriger vers Neko Harbour dans la baie d'Andvord par le Chenal Errera. Ces 30 minutes de navigation sont un de mes meilleurs souvenirs de mon voyage dans le sud. Le Chenal de Errera, relativement étroit entre le continent et l'île Rongé est encombré d'icebergs. Le MS Nordnorge slalome vraiment entre ceux-ci passant parfois à 15 m de l'un d'entre eux au ralenti bien sûr dans un presque silence ; on parle à voix basse... quand on parle, tellement absorbé par la contemplation de ce paysage qui défile devant nous. Nous sommes vraiment aux premières loges pour admirer les belles couleurs de la glace, des montagnes, de la mer lisse comme un miroir. Beaucoup de passagers sont à l'avant du pont 5 ; je suis plutôt à l'arrière des ponts 5 à 7 ou alors au pont 5, tantôt sur bâbord, tantôt sur tribord pour essayer de ne rien louper. C'est vraiment très, très beau et je me sens très "serein" dans ce décor, 😇 cette lumière, l'allure du navire très réduite, peu de bruit et je perçoit même le crépitement des glaçons dans la mer qui me rappelle ma balade au Spitzberg en août 2003.



13H50 dans la cabine : j'ai photographié une baleine au loin, trop loin hélas pour que je conserve les photos alors que nous rebroussions chemin dans la baie d'Andvord car les glaces empêchaient le débarquement à Neko Harbour. Si le MS Nordnorge complètement ceinturé de growlers et autres glaçons pouvait encore manœuvrer, la navigation n'aurait guère été possible dans cet environnement pour les polar cirkel boats.

Nous nous dirigeons donc maintenant vers la baie du Paradis au sud-ouest d'Andvord. A ce moment là, j'ai enregistré "nous ne mettrons donc pas le pied sur le continent Antarctique"... quoique.... Il fait 3°C, 5 Beaufort , cap au 222° par 64°47´ sud et 63°2´ ouest.

15H30, nous venons de franchir un pack assez... compacte dans Paradise Bay et on nous annonce que l'on va débarquer sur le continent vers 16H. La traversée de ce pack a été très belle et j'ai notamment photographié à tribord 2 phoques crabiers qui somnolaient sur la glace et n'ont, il m'a semblé, vraiment pas été dérangés par le passage du MS Nordnorge à 30 m maximum d'eux. A bâbord, il y avait un léopard selon des passagers... dommage que je n'ai pas de don d'ubiquité. Là, il y a de très beaux nuages lenticulaires... on dirait "Mars attack" 😉

Nous débarquons donc au pied de la base argentine Almirante Brown dans une ambiance douce : la lumière n'est plus aussi forte, le ciel s'est couvert, mais d'un plafond très haut, bien au dessus des nuages lenticulaires qui ne bougent pratiquement pas. Nous sommes dans un camaïeu de blancs, gris avec juste les touches colorées ocre des bâtiments de la station, les bruits semblent étouffés.

Si les hommes ont provisoirement [?] déserté cette base, des manchots l'occupent et j'aime l'impression qu'ils occupent l'un des bâtiments en voyant leurs nombreuses traces autour de celui-ci. Quelques uns d'entre nous montent au sommet d'une petite colline au dessus de la base mais la pente assez raide me fait craindre pour mes genoux à la descente et je n'y monte donc pas.

Je rembarque assez rapidement pour une balade en polar cirkel boat d'une demie heure au fond de la baie, le long des falaises où nichent des cormorans impériaux dont j'aperçois dans mon zoom la touche de couleur jaune au dessus du bec. La balade se poursuit au pied des fronts glaciaires puis au milieu des growlers et des icebergs où là, je peux observer et photographier à 10 m maximum, 3 cormorans aux yeux d'un bleu... mais d'un bleu !! 😇 sur un tout petit "radeau" de glace à peine assez grand pour qu'ils y prennent place. Plus loin, ce sont des prions de Foster qui se reposent sur un tout petit growler à quelques mètres du polar cirkel boat. On parle à voix basse ou même par signes; je me contorsionne pour les photographier. Le reflet du ciel gris clair s'accorde bien avec les autres couleurs et j'attend, j'attend... en vain une chute de séracs. Au Spitzberg, j'en ai observées beaucoup plus et également entendu beaucoup plus souvent les "coups de fusil" que fait la glace quand elle craque. Peut-être est-ce dû au fait que c'était la fin de l'été alors qu'ici, l'été n'est pas encore commencé ?? La surface de l'eau est comme un miroir et les reflets du ciel et des montagnes sont vraiment magnifiques. C'est vraiment très, très beau et j'ai vraiment beaucoup apprécié ces quelques dizaines de minutes au ras de l'eau dans la Baie du Paradis, la bien nommée.



18H, après la séance de jacuzzi sur le pont 6 alors que l'on est toujours à l'ancre dans ce décor grandiose. En fait, j'ai beaucoup plus apprécié la balade dans l'annexe que la visite de la base à terre... mais j'y ai mis le pied sur le continent Antarctique.

Paul

PS, voir 2 "google maps" de mon voyage en Antarctique et Patagonie à
http://expresscotier.free.fr/antarctic/carte-antarctic.html et http://expresscotier.free.fr/antarctic/carte-patagonie.html
Post supprimé de "Quel regard portez-vous sur les femmes asiatiques?" English translation pending
by Ren · 2006-03-27 · 76 replies
Je demande au modérateur de bien vouloir attentivement lire mon post s'il vous plaît...

J'ai écrit cet après midi un post sur le regard des Occidentaux par rapport aux femmes asiatiques et n'ayant pas eu le temps de lire les réponses qui composaient mon topic, je trouve cela peu consciencieux de supprimer tout le sujet sachant que mon but était justement de peut-être briser un cliché que les gens ont généralement envers une catégorie de femmes...

Le but du voyage, c'est de s'ouvrir et d'apprendre ? Eh bien peut-être que par ce post, des gens apprendront que l'image de la femme asiatique n'est pas celle que l'on pourrait habituellement croire...

Supprimer des posts litigieux ou déplacer mon topic dans un autre forum, je veux bien le comprendre... Supprimer tous les posts pour des raisons de pudeur me surprend... Après tous les posts sur Pattaya, que personne ne s'étonne de croire que la Thailande est composée de filles qui ne recherchent que des hommes ( et ces derniers voyagent sans leur femme... ) Si les gens lisent les posts en biais, bien sûr... Et cela, c'est une réputation qui me sidère !

Libre à vous...

Je m'en souviens...

Le titre de mon sujet exprime donc ce qu'il veut dire : soumission, dévotion, douceur, tendresse, réputation de femmes faciles, les massages ou le kama sutra etc... Je crois sentir que ce dernier détail n'échappera pas à certains et si je le cite en exemple, c'est parce que c'est habituellement un cliché que l'on attribue aux femmes...

Il est flagrant que l'on peut parfois/souvent se sentir attiré par une catégorie de personnes lorsque l'on voyage dans un pays spécifique mais parmi mon entourage, j'ai remarqué que les femmes asiatiques étaient très nommées et décrites en termes plus haut... En plus de quelques avis récoltés sur ce forum ou parmi les gens que je rencontre qui estiment que la femme asiatique serait caractéristique de ce que recherche un homme en général...

Est-ce que je me trompe ? Pensez-vous que c'est une réputation erronée ?
Tour de l'Amérique Centrale et du Sud English translation pending
by Aymili · 2006-03-26 · 13 replies
Bonjour!!! Je m'appelle Emilie, 24 ans, de Paris et j'aimerais continuer ma grande aventure des voyages en Octobre 2006 pour un an, voire un an et demi en Amérique Latine donc!!! J'ai plein plein d'infos à vous demander alors!!! Pour les transports : Avions : Connaissez vous les prix des Pass pour l'Amérique Latine et leur durée de valitié? Quelles compagnies proposent cela? Et où se renseigner pour vraiment avoir un devis exact!!! Quels sont les moyens les moins chers, surs, pour ceux qui ont expérimentés sur place pour faire : Chilie-Argentine ; Argentine-Uruguay ; Uruguay-Paraguay ; Paraguay-Bolivie ; Bolivie-Pérou ; Pérou-Brésil ; Brésil-Colombie ; Colombie-Vénézuela ; Vénézuela-Equateur ; Equateur-Costa Rica ; Costa Rica-Nicaragua ; Nicaragua-Salvador-Honduras ; Nicaragua-Guatemala ; Guatemala-Belize et enfin Bélize-Mexique!!!! Quels sont les pays où il faut passer le plus de temps, c'est dure de faire un choix quant au temps attribué à chaque pays même si je me laisse de la flexibilité et le vent me porter!!! Etant une fille, quels sont les coins, endroits dans chaque pays à éviter!!! Quand on voit le site du Ministère des Affaires Etrangères, on flippe vraiment : entre les viols, meurtres de touristes... Y a t-il des gens que cela intéresse pour partir avec moi? Pour les pays suivants si vous avez des contacts ( 😎), plans pour se loger pas cher chez l'habitant de préférence, de visites à faire, sites à pas manquer, je suis prenneuse : Chilie, Argentine, Uruguay, Paraguay, Brésil, Vénézuela, Salvador, Honduras, Belize et Mexique!!!!! Enfin, pour ceux qui l'ont déjà fait, quelles assurances médicales/rapatriment... avez-vous pris en France? La moins chère et la plus complète!!! 😎 Quels sont les vaccins que vous conseillez? Connaissez vous des sponsors, publics qui pourraient aider à financer ce projet!!! J'ai déjà fait mes recherches pour ces nombreuses questions mais je préfère avoir l'avis aussi de ceux qui ont été sur le terrain et qui ont franchi le cap !!! Je suis vraiment motivée, c'est maintenant ou jamais qu'il faut le faire et après (je vois loin déjà) mais j'aimerais faire la même chose en Asie!!!! Bon, j'espère avec de nombreuses réponses car j'ai besoin de beaucoup d'info, conseils, avis... J'avoue que mon seul bémole, à part l'argent, c'est la sécurité, le danger des les pays, étant seule, enfin à moins que vous vous joignez à moi!!!!!
30 jours dans l'Ouest américain English translation pending
by Pad · 2006-03-26 · 81 replies
Bonjour à tous ! 🙂

Mon frère et moi sommes actuellement en phase de préparation d'un voyage dans l'Ouest américain d'une durée d'un mois (mi-mai/mi-juin). L'avion et la voiture de location sont réservés. Reste à placer les lieux d'hébergement, après quoi il sera plus difficile de revenir sur l'itinéraire. L'arrivée se fera à San Francisco et le départ à Los Angeles (ce qui évite les frais inter-Etats supplémentaires pour la voiture). Ce voyage fait suite à un premier trip organisé en 2004 qui avait duré 3 semaines. Il s'agit surtout ici d'approfondir certains endroits et de tourner un film. Le voyage diffère du premier par le retrait du Big Sur et de Yosemite et l'ajout des Rockies, du Nouveau Mexique et de San Diego pour l'essentiel. Quelques sacrifices ont déjà consentis par manque de temps (Yellowstone, Badlands, Salt-Lake City...). Je vous sollicite car je sais qu'il existe sur ce forum de nombreux routards avec une bonne expérience du terrain, sans compter les quelques participants résidant sur place qui peuvent avoir leur mot à dire. Il y a donc des chances que vous m'apportiez un petit "plus" à la consultation classique et non-interactive des guides touristiques (Michelin, Lonely Planet). N'hésitez donc pas à me faire part de vos judicieuses suggestions...

Day 1 : Paris - San Francisco (premières visites) Day 2 : San Francisco (la totale en voiture !) Day 3 : San Francisco - Wuksachi Vaillage (Kings Canyon, Sequoia Park) Day 4 : Wuksachi Village - Furnace Creek (Death Valley) Day 5 : Furnace Creek - Sedona (Death Valley, Red Rock Country) Day 6 : Sedona - Desert Inn (Sunset Crater Volcano, Meteor Crater, Petrified Forest) Day 7 : Desert Inn - Alamogordo (Petrified Forest, Very Large Array, White Sands) Day 8 : Alamogordo - Las Vegas (Roswell) Day 9 : Las Vegas - Alamosa (Turquoise Trail, Santa Fe, Taos, Great Sand Dunes) Day 10 : Alamosa - Cripple Creek (Great Sand Dunes, Seven Falls, Garden of the Gods) Day 11 : Cripple Creek - Nederland (Mollie Kathleen Gold Mine, Pikes Peak, Boulder) Day 12 : Nederland - Grand Lake (Estes Park, Rocky Mountains Park) Day 13 : Grand Lake - Aspen (Leadville, Maroon Bells) Day 14 : Aspen - Durango (Glenwood Springs, Colorado Monument) Day 15 : Durango - Cortez (Durango & Silverton Narrow Gauge Railroad) Day 16 : Cortez - Moab (Mesa Verde, Canyonlands, Dead Horse Point) Day 17 : Moab - Monticello (Arches) Day 18 : Monticello - Kayenta (Canyonlands, Natural Bridges, Lake Powell, Monument Valley) Day 19 : Kayenta - North Rim (Monument Valley, Lake Powell, Grand Canyon) Day 20 : North Rim - Bryce (Grand Canyon, Bryce Canyon) Day 21 : Bryce - St George (Bryce Canyon, Cedar Breaks, Zion) Day 22 : St George - Las Vegas (Lake Mead, Valley of Fire, Fremont & Strip) Day 23 : Las Vegas - Palm Springs (Mojave, Joshua Tree) Day 24 : Palm Springs - San Diego (Salton Sea, Anza-Borrego Desert, Julian) Day 25 : San Diego (quelques missions et le zoo !) Day 26 : San Diego - Los Angeles (Downtown et Mulholland by night) Day 27 : Los Angeles (entrées des studios, l'Observatoire, jardins botaniques, Sunset Bld, Santa Monica) Day 28 : Los Angeles - Santa Barbara (un musée à LA, la mission de Santa Barbara) Day 29 : Santa Barbara - Los Angeles - Paris (Bel Air, Beverly Hills, Rodeo Drive)

Toute suggestion de visite ou commentaire sur l'itinéraire sont les bienvenus !

😛
Comment vous faites? English translation pending
by Chevrolet · 2006-03-20 · 180 replies
Bonjour, 🙂

J'ai une question qui va peut-être vous paraître bête :

Lorsque vous êtes en Inde, en Thaïlande, au Mali ou que sais-je, et que vous avez à votre disposition une certaine somme d'argent, vous ne vous dites pas qu'avec cet argent vous pourriez véritablement changer la vie d'une famille locale ? comment faites-vous pour résister ? Quand on sait qu'avec 1000€ on peut transformer la vie d'une famille de Bénarès par ex. quelle est la réflexion qui vous empêche de distribuer votre argent à ceux qui en ont vraiment besoin ?

C'est une vraie question. Sérieuse.

🙂
Bam (Iran)... English translation pending
by Opai · 2006-03-15 · 14 replies
Août 2004

Il pleut et je viens de rentrer de mon voyage en Asie du sud-est. Je suis encore un peu assommé par mon retour, pas vraiment de la tristesse. Tellement de pensées m'occupe, il faut que tout cela décante. Je dors beaucoup, je pense déjà au voyage suivant. Une après-midi, quelques rayons de soleil passent à travers les nuages, l'averse vient de s'achever.Je regarde un reportage allemand. Il parle du retour d'un jeune routard à Bam, huit mois après avoir échappé au tremblement de terre. Il rapporte de l'argent récolté dans son pays pour aider son hôte d'alors, Akbar. Les images sont splendides, aucun commentaire ou presque. Ces instants de retrouvailles sont d'une intensité qui me bouleverse pour plusieurs jours. Et quand je me remémore cette histoire les frissons ne sont pas loin.

Août 2005

Voilà, j'y suis. J'ai traversé l'Europe, la Turquie et une bonne partie de l'Iran. J'arrive à Bam vers dix heure du matin après une nuit dans le bus. Je descends à un rond point, près d'une station essence. Peu de gens sont ici, nous ne sommes pas dans la ville. Mais où est cette ville ? Un taxi me trouve. Il ne connaît pas Akbar. Il m'emmène automatiquement vers le grand hôtel sur la grande route. Celui qui coûte 50 ou 100 dollars la nuit. Je l'ai vu du bus. Il semble être à l'abandon. Je ne descends pas, reformule ma demande. Je veux aller chez Akbar, telle rue. Il tourne, il tourne, pas loin de trente minutes. Nous voilà dans la ville. Des containers, beaucoup de palmiers à dattes, des gravas, des amas de ferraille. De nombreux scooters dans les rues, quelques voitures. Un grande rue est bordée de marchands. Ici, un commerce s'est développé, celui des pierres tombales. Sur 300 mètres environ, côte à côte, des sculpteur et des graveurs de marbre. Déjà, des boutiques, ces visages qui me regardent à travers la mort...

J'arrive enfin chez Akbar. Le taxi grogne, il veut 5 fois plus que ce qui était convenu. Je maudit les taxis, tous les taxis une fois de plus. Jamais un seul n'a été honnête. Jamais et nulle part. Je suis accueilli par la femme d'Akbar. La maison est un assemblage de 3 ou 4 carré pré-fabriqués. Mais cela a de l'allure dans ce contexte. Derrière la maison en T, une terrasse couverte de tôle encore neuve et en contrebas, un jardin vert, fleuri où poussent des palmiers. Deux suisses sont là à vélo, de passage vers l'Inde ou la Chine ou... ils verront bien! Je mange avec eux du pain et de la crème. C'est délicieux, sucré. Puis nous buvons un thé et fumons le narghillé, le qailan. Il y a une ambiance sereine dans ce lieu. On est coupé de la ville, on ne voit que le jardin.

Je sors enfin, dans la chaleur. Il est quatorze heure. Personne dans les rues, de la poussière rendue éblouissante à cause de la violence de la lumière. Un chaleur insoutenable. Je marche une heure, ou deux heures peut-être. Je suis seul dans cet immense terrain vague. Des containers en métal sont éparpillés dans le sable et les gravas. Parfois, des silhouettes noirs passent, comme des spectres. Presque tous les portails ont tenu. Ils sont là, debout et ne sont que des frontières entre le vide et le vide. Je souris en voyantle visage des candidats à la dernière élection placardés sur ces survivants de ferraille. C'est le seul endroit ou il a été possible de coller des affiches! Je rentre et sur le chemin, quelques jeunes me saluent en passant sur leurs scooters.

Après un peu de repos, je pars vers la citadelle. Le soleil décline, il y a un peu de vent. Nous rentrons dans les ruine. C'est impressionnant cette masse. Parfois, un arc ou un pan de mur est dressé, solitaire. Je croise le gardien du site. Il vit là, dans ce champs de briques, dans un abris dressé contre un morceau de maison. Je deviendrai fou si je devais passer mes jours et mes nuits ici. Ne pouvant plus avancé, au pied de la citadelle, je m'assied. Le ciel est rose. Le silence est profond. Parfois, un oiseau ou un lézard passe et il me regarde, tout étonné sûrement de revoir des hommes ici.

Le soir, je me couche dehors, l'air y est plus frais. Je croise furtivement la nièce d'Akbar. C'est la beauté même, dévoilée. Je m'endors lentement, pense au lendemain, à ce que j'ai vu aussi. Mon esprit lâche prise quand je suis réveillé par un bruit grave suivi de la vibration des tôles qui sont au dessus de ma tête. Bientôt, le sol tremble...

Je me suis endormi en pensant au tremblement de terre de Décembre 2003. J'ai mis du temps à m'endormir. J'ai passé la matinée à discuter avec Akbar. Il me raconte de sa voix grave les familles décimées. Ses voisins préparaient un mariage. Ils étaient 60 écrasés sous la maison. Aucun survivant. Souvent, Akbar fait le pitre, raconte une blague. Il me parle de ce couple d'allemand qui ont eu un accident avec leur voiture, près d'ici. Ils étaient absolument désespérés de devoir peut-être retardé la suite de leur périple. " Je leur ai simplement dit, regardez autour de vous, pensez vous que ce soit si grave? Rien n'est si grave, ici, à Bam. Regardez autour de vous!". Et le couple a mesuré sa détresse, relativisé. L'après-midi, il m'emmène au cimetière. C'est un champs immense. Je le laisse se recueillir seul. Les visages sont gravés sur les tombes. Ils regardent les vivants. Presque toujours, c'est toute une famille qui est réuni sous terre, avec tous les portraits souriants mais figés au dessus. Né le ... mort le... 35000 vies se sont arrêtées au même instant. 35000... C'est trop, ça en devient abstrait. J'attends Akbar dans la voiture. Il essuie ses larmes, je me sens mal. Tous mes deuils remontent en moi. Puis il me dit que non, la nature n'est pas bonne. Pourquoi tant de vie coupées nets, pourquoi des enfants ? Il s'excuse, ravale ses larmes. Puis il recommence à pleurer. Dans un sanglot, il me dit avoir enfin trouvé aujourd'hui la tombe de son ami d'enfance. Il la cherchait depuis 18 mois. Mais le cimetière est si vaste. Nous partons en voiture, au milieu de cette cité de victimes de la terre. Le soleil se reflète sur le marbre, on entend que les gémissement retenus d' Akbar et le bruit du moteur. Le vent fait flotter tranquillement des drapeaux...

Je croise par hasard une femme qui m'invite à visiter une ONG iranienne. Je la suis. Nous sommes accueilli par Masoomeh. Elle rayonne de bonté. Elle a trente ans peut-être, semble forte mais très douce. Nous rentrons dans un bâtiment préfabriqué. Lorsque la lumière s'allume dans ces 20 metres carrés, je vois, partout, des instruments de musique. Les placards ont des noms : Mozart, Bach, Beethoven! Puis vient Saeed, le musicien. Il a quitté Téhéran le lendemain du drâme pour aider les sauveteurs. Après un mois, il est devenu interprète puis a intégrer l'association contre le travail des enfants. Il fait de la musique avec tous les enfants de Bam qui le souhaitent. D'autres font du dessin ou de l'informatique pour aider les enfants a vivre malgré tout. J'y retourne le lendemain pour participer à un cours. Un trentaine de filles, trois garçons font de la flûte à bec, du xylophone et du tambour. Dans quelques semaine, ils joueront à Téhéran lors d'un grand concert.. Je n'ai rien à leur donner alors je joue un peu sur le piano électrique qui est là. Je repense souvent à Saeed, nous nous écrivons parfois. Il incarne pour moi ce qu'il y a de meilleur dans l'homme. Dommage qu'il faille le pire de la nature pour voir cette face là de l'humanité.

Nous passons de bons moments avec Saeed et Masoomeh. Autour d'une pastèque, nous parlons des enfants, de musique, de politique. Ils voient l'Iran dans une impasse. Ils n'en peuvent plus de ces gouvernements plus corrompus que vraiment religieux. Mais ils ne souhaitent pas non plus l'intervention d'étrangers. Résister ? Pour eux, c'est diminuer les souffrances des innocents, des enfants. Que peuvent-ils faire d'autre... si tu dis trop haut tes pensées sur le régime, tu disparaît, tout simplement.

Le lendemain, je me lève de bonheur. J'ai un but à atteindre. Ridicule peut-être. Akbar ne comprend pas trop, il rigole. "Il n'y a rien entre Bam et la frontière pakistanaise" me dit-il en hochant la tête "Que veux-tu donc faire là-bas?". Et bien moi, je veux aller là-bas, au bout de mon voyage. J'attend le bus sur la grande route. Le soleil se lève à peine et déjà il écrase tout. Des travailleurs baloutchis dorment à même le sol. Certains privilégiés occupent le rond point couvert d'herbe, moins dur que le béton. Ils sont nombreux à attendre du travail pour la journée. Cela ne manque pas ici. Il faut des bras pour reconstruire. Ils sont accroupis au bord de la route, noir, brûlés par le soleil. Ils profitent des quelques instant de répis avant une journée harassante de plus. Ils sont beaux, très nobles. Leur regard est vif, même dur. Parfois, ce regard se perd dans le vide et je me demande à quoi ils pensent.

Par la fenêtre du bus pour Zahedan, je vois des montagnes noires, du sable, quelques villages. C'est magnifique, vaste. A la gare routière, je trouve un pick-up pour me conduire à la frontière. Le chauffeur est gentil, il me comprend. Avec nous, un baloutch qui rentre chez lui au Pakistan. Ses innombrables cartons remplissent tout le plateau. Nous fonçons vers la frontière. Quatre ou cinq fois, des policiers ou des militaires sont en travers de la route. Cent mètre en amont, notre bon chauffeur braque vers le désert, contourne le point de contrôle puis récupère la route un peu plus loin. Le chauffeur sourit et me dit en haussant les épaules et en roulant les r : " Police, bad, bad, verrry verrry bad". Nous rions tous les trois. Voilà Mirjaveh, le dernier village iranien. Je montre mon passeport pour entrer dans un couloir routier entouré de barbelés et de miradors. Il reste 4 km jusqu'au Pakistan. Nous arrivons... Le chauffeur a bien compris mon idée. Il me montre un banc, à droite de l'entrée du poste frontière. Debout, je jette un oeil par dessus le mur. A cinq mètres, un drapeau pakistanais et, presque effacé, sur un mur: "WELCOME TO PAKISTAN". Je suis heureux, c'est si bête.

Je remonte vite dans la voiture. Nous nous éloignons de la maison qui sert de poste frontière. L'entrée est en Iran, la sortie au Pakistan. Je suis bouleversé car j'ai atteint le but géographique de mon voyage. Quoique je fasse, maintenant, je me rapproche de chez moi. Je suis sur le chemin du retour et cela me rend triste, terriblement triste.
Qui a vu Syriana? English translation pending
by Aristomakos · 2006-03-10 · 21 replies
Bonjour,

Je crois qu'on a pas encore évoqué ce fim récent. Je viens de le voir, tout à l'heure.

Et je ne le regrette pas. C'est un bon film.

Je n'ai pas encore fait de recherches mais bp de scènes ont été tournées en extérieure, les paysages urbains et désertiques font authentiques.

J'ai eu peur du début de prestation de Matt Demon mais finalement on croit en son personnage.

Quant à l'histoire, qui dénonce les conivences CIA/grands groupes d'hydrocarbures US dans le Golfe persique et aux alentours, elle est tres crédible, même si certains aspects paraissent hyperbolés (assassinat d'un héritier au trone d'un émirat du golfe, via satellite et missile de croisière ; mais aussi côté idéalisé de cet héritier qui veut rendre ''l'independance'' à son pays et le developper en le modernisant).

Ce film, qui imbrique plusieurs histoires qui se recoupent logiquement et assez facilement, dénonce bien des aspects de la lutte pour le controle des gisements dans le monde, avec les accords secrets, la corruption, les trahisons, les manipulations nonbreuses...

Enfin, tous les noms de pays et de villes sont réels, celui de l'émirat en question n'étant pas cité. Je précise cela car je viens de voir Le Terminal avec son horrible Crakhovia ou une ineptie proche.

Vous, qu'en avez-vous pensé ?
L'humour sur VoyageForum English translation pending
by Pondy · 2006-03-09 · 36 replies
Au souhait de Yanguizzi, qui trouve un écho chez moi, j'ouvre un post sur l'humour de l'écriture et dans l'écriture.

L'humour est une forme d'esprit à l'oral comme à l'écrit : Ironie, parodie, satire, moquerie. VF se veut grave et ludique, drôle, sérieux, amusant, informatif. On peut jouer sur le sens des mots, sur le son et s'amuser à des calembours désopilants qui déclenchent le rire (certains sur VF en sont champions) Là, je reprends ce que j'ai trouvé ailleurs à titre d'exemple : "la France : mère patrie "le Québec : hostie-nation "Dieu : meilleur des monstres ou encore :" le Champagne est un vin vieux car sa mousse tâche et grise........"

Puis après le calembour, on trouve le mot d'esprit qui joue avec les mots au delà des astuces lexicales. Il ne brille que s'il est naturel :"le but de l'humour est de poivrer un texte et faire ressortir l'aspect cocasse d'une situation" L'humour se doit d'être de bon goût, ni saugrenu, ni déplacé et tous les procédés stylistiques sont bons. Beaucoup s'y essaient avec bonheur.

Et parfois, l'humour est à plusieurs niveaux et reste incompris du lecteur même avec l'aide des smileys. L'efficacité dépend de l'expression et de la spontanéité du lecteur et parfois, il se sent agressé quand il ne s'agit que de rire.

On lit un message, on s'amuse à la rédaction de la réponse et paf... : incompréhension et il arrive que ce que l'on prenait pour un jeu dérive vers la méchanceté gratuite, la polémique acerbe, voire le règlement de compte entre deux personnes qui n'ont rien en commun, qui s'empoignent et bavent de rage et oups... modérateurs nous voilà et tous les lecteurs VF se retrouvent avec une discussion supprimée là où, pourtant, il y avait un vrai apport d'informations.

Nous avons tous subi l'opprobe pour avoir osé se moquer avec les mots et nous avons moqué celui qui s'exprime mal, celui qui écrit mal, celui qui se torture le nombril etc... VF est un champ incroyable de diversité culturelle, sociale, philosophique (allons-y), psychologique (allons-y encore), affectif, et ce n'est pas évident d'en faire un chant de rire, d'amusement et de drôlerie. Le rire est le propre de l'homme, non?

Dom.
Pour ou contre le guide du routard en Thaïlande? English translation pending
by Kirk · 2006-03-04 · 166 replies
J'ai acheter le guide du routard en thailande hier ... et c'est la premiere fois que je trouve un de leur guide vrément pas bon. Des infos incompletes, pas d'explication pour se rendre dans certain endroit et cé meme endroit ne son pas noté sur leur carte, ils font une fixation sur les bar à p... et le tourisme sexuel au point que on pourré croire que la thailande se résume a sa, En bref il ne sont content de rien, et n'indique meme pas de petits petit coin sympa et échappant au tourisme de masse comme dans leur autre guide. J'sui vrément dessu.

Qu'en penssé vous ?? Qu'elqu'un pourré me conseiller un guide vrément sur parce que un guide cé pas donner et j'vais pas en acheter 36 .

Merci d'avance
Résumé de l'hôtel Coralia Club Playa de Oro du 12 au 19 février 2006 English translation pending
by Yoshimi · 2006-02-23 · 15 replies
Bonjour à tous!

Je suis allée au Coralia Club Playa de Oro pour la semaine du 12 au 19 février et j'ai passé une super semaine! j'étais avec mon copain et tous les deux on a vraiment aimé l'hotel. en passant on a 25 et 28 ans, donc l'hotel convenait à nos standards qui sont peut-être moins élevés que des voyageurs plus âgés...voici quelques détails en résumé.

Go Travel Direct et Zoom airlines: on a acheté notre voyage avec GTD; rien à redire sur eux. c'était la 2ème fois que je voyageais avec eux et je n'hésiterais pas le refaire. il y avait toujours un représentant dans le lobby pour répondre à nos questions. notre vol de retour a été retardé à cause des mauvaises conditions métérologiques au Québec, mais ce fut un plus pour nous, car nous avons pu profiter de la plage une demi-journée de plus le dimanche.

Chambre: le check-in s'est fait rapidement à notre arrivée à l'hotel (on est arrivés à 1h du matin à peu près) et ils ont donné à chaque personne une petite boîte à lunch avec des petits sandwiches, banane et jus. je ne l'ai pas mangé à cause de l'heure tardive, mais mon chum a bien aimé ça. hehe! nous avions fait la demande pour une chambre au 4ième et nous l'avons eu. on avait une vue d'ensemble sur le site, du côté de la piscine et du bar de la piscine, mais on pouvait voir quand même la mer un peu... on a passé la semaine à dire qu'on avait pogné la meilleure chambre! hehe. notre balcon était assez grand et toujours ensoleillé. je n'ai vu aucune foumi ou bibittes dans la chambre. on a été chanceux car j'ai parlé avec des gens qui eux avaient pogné une chambre au rez-de-chaussé dans un trou où ça sentait l'humidité. on était content d'avoir pris le temps d'écrire personnellement à l'hotel pour notre demande. ça a porté fruit! la chambre était propre et la maid passait chaque jour. on lui a laissé des petits cadeaux à chaque matin et elle nous a même écrit 2 fois un petit mot pour nous remercier!

Site: il y a pas mal de végétation et c'est très joli. 2 piscines, mais on ne voyait pas souvent des gens de baigner. c'est très propre, il y a toujours des employés en train d'entretenir la place.

Plage: wow! rien à redire là-dessus non plus! c'est vrai qu'en marchant sur la plage et en voyant les autres hotels, on s'est rendu compte qu'on avait vraiment la plus belle plage au Playa de Oro (la plage d'or!). la première journée il ne faisait pas très beau (il ventait beaucoup et il y avait les plus grosses vagues que j'ai vues de ma vie!), et il y avait beaucoup de jelly fish sur la plage... très étranges comme créatures. à tous les matins on allait se réserver un palapas et des chaises de bonne heure. jamais eu de problème avec ça, mis à part la journée ou une gang de français a décidé qu'elle nous envahissait à 13h30 et qu'elle s'installait sous le même palapas que nous!?! ils ont collé leur chaise à 1 pouce des nôtres! non mais je suis en voyage d'amoureux et tout d'un coup on se retrouve entourés de 8 français, qui même après discussion, ne comprennent pas qu'ils sont dans notre espace vital! tout le monde autour capotait. ils se sont installé autour de nous et d'un autre couple de québécois. la plage est tellement grande! il y avait de l'ombre ailleurs. entk, je ne comprends toujours pas leur façon de raisonner. on a fini par quitter notre spot....dommage, on était là depuis 9h le matin!

Animation: ce n'était peut-être pas la meilleure, mais moi ce n'est pas un critère pour que je passe une belle semaine. à tous les jours il y avait des cours de danse sur la plage et du volleyball. il y avait un band live qui jouait des fois, c'était bien. ça faisait de l'ambiance! pour ce qui est des spectacles du soir, eh bien on allait toujours voir les premières minutes de quoi ça avait l'air, mais ce n'est pas notre genre vraiment alors on se dirigeait vers le bar du lobby pour prendre un drink hehe. les gens plus vieux semblaient apprécier par contre.

Bars: il y a 3 bars. un dans le lobby (24h) mais pas mal toujours tranquille, un à la piscine, et un sur le bord de la plage. les drinks étaient pas pire. mes préférés étaient les daiquiri aux fraises du lobby, les mojitos du bars de la plage et les banana punch du bar de la piscine. hehe. la bière est bonne aussi! on tippait, mais pas à chaque fois. on avait des tasses thermos et c'était pratique. on pouvait faire remplir nos bouteilles d'eau aux bars, mais laissez-moi vous dire que si elle n'est pas hyper froide, elle est dégueulasse. après 3 jours, on a décidé de s'acheter des bouteilles à la boutique de l'hotel.

Nourriture: en général j'ai très bien mangé toute la semaine. le buffet était pas pire, on finissait toujours par se trouver quelque chose de bon à manger. c'est sûr qu'après une semaine ça peut devenir répétitif, mais on en meurt pas hehe. le soir il y avait un bar à pâtes au buffet, et c'était délicieux! moi j'adore les pâtes alors j'étais comblée. chaque journée a un thème. pour le midi, il y a un buffet grill au ranchon sur le bord de la plage. c'était délicieux! avec le band c'était génial. on peut manger des frites, hot dogs, hamburgers, pizza au bar de la piscine tous les midis. c'est très bon. ce n'est peut-être pas ce qu'il y a de plus santé, mais on s'en fout quand on est en vacances :). on n'a pas pu essayer les 2 restaurants à la carte car ils étaient plein quand on a voulu réserver...dommage. c'est peut-être pour ça qu'on était tanné du buffet après une semaine! j'ai entendu dire que c'était très bon par exemple. pour ce qui est du service, je dirais que c'est peut-être leur point faible... à moins de tipper. et de t'arranger pour que le gars te reconnaisse. nous on a vraiment eu une mauvais expérience avec un serveur en particulier (il a décidé de nous ignorer après le premier soir où on l'avait pas tippé). après 3 soirs consécutifs à être placés dans sa section, on a décidé de se plaindre à la dame qui était en charge des serveurs. ça a marché car on a été très bien servi le restant de la semaine! par d'autres serveurs car lui a été rétrogradé je crois. entk, si jamais vous n'êtes pas satisfaits, dites-le.

Excursions: nous sommes allés passer une journée à la Havane. nous avons décidé de ne pas prendre le tour organisé par l'hotel, car ça nous tentait plus ou moins de faire ça tout organisé. on est donc allé par nous-mêmes, en prenant le bus Viazul au centre-ville de Varadero. pas mal plus économique! 10 pesos pour y aller, 10 pesos pour revenir. arrivés là-bas, on s'est fait accoster par des gens qui voulaient nous guider. faites attention car ils veulent toujours quelque chose en retour! et ils peuvent se fâcher... la Havane c'est magnifique! c'est vraiment quelque chose à voir. on a aussi fait le Crucero del Sol (excursion en catamaran pour aller sur l'île de Cayo Blanco et nager avec les dauphins). quelle belle journée! la nage avec les dauphins fut une des expériences les plus trippantes de ma vie! ça vaut vraiment la peine.

bon je crois que c'est un résumé assez complet. je recommanderais cet hotel à tout le monde qui veulent passer une belle semaine sans trop s'attendre au luxe. j'y retournerais!

si vous avez des questions, n'hésitez pas! 🙂
Rencontre cabane à sucre dans la région de Montréal le 19 mars 2006 English translation pending
by PierreC · 2006-02-15 · 102 replies
Salut tout le monde

Nous somme le 15 février la température est très douce et je croie qu'il serais une bonne idée d'organiser une rencontre cabane a sucre pour le mois de Mars.

Avez vous des idées pour le lieu et les dattes et transport pour cette sortie.
Peur d'être décue par la République Dominicaine English translation pending
by Zaz53 · 2006-02-14 · 70 replies
Ayant réservé un séjour en RP fin avril, et suite à diverses lectures dans le forum, j'ai peur d'être décue par cette destination, effectivement on n'en dit pas que du bien, peut-on m'en dire un peu plus ? De plus, mes enfants rêvent déjà de nager avec les dauphins, mais ce que j'en ai lu est décourageant (maltraitance, prix, attente......). Je finis par regretter mon choix ! merci de me rassurer.
Voyager rend-il tolérant? L'agressivité est elle occidentale? English translation pending
by Parvat · 2006-02-06 · 663 replies
Bonjour,

Deux questions qui me turlupinent... J'ai toujours pensé que les voyages rendent plus tolérants. Je me disais avant, qu'à force de partir et de m'interresser à tout ce qui touche l'Asie et le Bouddhisme, j'allais me rapprocher d'une certaine sagesse... Mais on a tous des préjugés, des moments sombres, on peut être agressif... Je trouve parfois bien difficile de mettre en pratique ce que l'on apprend de positif là bas...

Puis aussi, trouvez vous que l'agressivité est typiquement occidentale? Je n'ai jamais encore été en Am latine, mais en Asie, je pense qu'ils font plus passer leurs nerfs dans le sport, la méditation ou le boulot que nous, non? En tout cas, en général ils ont plus le sourire que nous. (Les mots suivent pas correctement mes pensées, mais you know what I mean.)
Deux étudiants pour trois semaines en Islande English translation pending
by Pololétudian · 2006-02-05 · 12 replies
Bonjour à tous, Tout d'abord merci à tous pour tous vos posts, surtout à Chris et Marie-Françoise pour leur site magnifique...

Nous sommes deux étudiants, ma copine et moi, 20 ans et nous avons prévu un voyage en Islande de trois semaines en juillet 2006. Tout ce que j'ai lu, sur le net ou dans des bouquins, m'a beaucoup refroidi je dois dire, mais heureusement des carnets de voyage comme ceux de Chris et Nancy m'ont remonté le moral. Nous n'avons que peu de moyens, et les billets d'avion entament déjà notre budget, mais pas notre moral!! 😉 Pour la nourriture nous ne pourrons pas faire autrement que de payer, mais pour ce qui est de l'hébergement et des transports, je pense qu'on peut y arriver! Nous avions pensé louer une toyota yaris (forcément la moins chère...) une semaine pour faire les fjords de l'ouest et leurs oiseaux, phoques, baleines et fleurs! Nous sommes en effet des ornithologues amateurs, des apprentis naturalistes. Je voulais savoir si les routes de cette péninsule, à part la n°1, sont vraiment défoncées ? Nous ferions les deux semaines restantes en bus, mais les autres posts ont répondu à mes questions (largement) à ce niveau là.

Pour ce qui est de l'hébergement, quels sont les prix moyens des fermes de plus basses qualités que vous ayez rencontrées? Et pour le camping, le vent est il si violent que ça? Je ne me fais par contre aucune illusion quant au froid et à l'humidité...

Voilà, vous me direz peut être que je dois me faire ma propre expérience, m'enfin si je peux gratter un peu du côté des plus expérimentés... Je vous embêterai encore jusqu'en juillet, j'ai vraiment hâte d'y être vous pouvez pas savoir. Ah si vous pouvez savoir...

Merci, à bientôt. 😛
777 AF sur Antilles English translation pending
by FàTahiti · 2006-02-02 · 53 replies
Les B 777 sont prévus par AF sur les Antilles. quelqu'un ici a t-il les plans des cabines de ces nouveaux avions?combien de passagers?vcombien de classes? où peut on voir les plans de cabine sur le net concernant ces derniers avions rentrés dans la flotte? quand commencent ils les rotatations? sur le site AF ces 777 sont référencés comme 77W mais les plans de cabines sont Hélas absents du site et Seat Guru n' est jamais à jour. Enfin pour checkmytrip il faut une résa pour voir le plan de l'avion... merci pour vos réponses
Vivre à Papeete avec un bébé et travailler à l'IME Raimanutea English translation pending
by Flodelune · 2006-01-28 · 30 replies
Bonjour, je viens de postuler pour travailler à temps plein dans un Institut Médico Educatif (IME) a Papeete, embauche annoncée le 15/02, et j'aimerais avoir des infos sur comment s'installer rapidement la-bas avec un bébé: je viendrais avec ma petite fille de 10 mois, et je me demande si c'est facile de trouver une nounou de confiance - et à quel prix. Le salaire proposé est de 256.000 fpc avec une prime de logement de 50.000 fcp, est-ce que c'est "viable" compte tenu du cout de la vie et des logements, sachant que je préfère la nature aux activités "de consommation"? et avez vous des échos de cet IME raimanutea, merci!
Six mois en Thaïlande dans un foyer pour filles English translation pending
by LAjoulie · 2006-01-26 · 78 replies
Six mois en Thailande... Dans un orphelinat pour filles.

Peut-être que le titre rappellera des souvenirs à certains... ou donnera des idées à d'autres...

C'était en janvier dernier que je suis partie.... Avec une association qui m'a trouvé un bouleau et une famille d'accueil à PhraPutthabat, près de saraburi à 250km de bangkok... dans un petit villlage paumé.

Il faut foncer. C'est moi qui ai choisi de partir. de me fondre dans leur culture. de rencontrer une famille, d'y vivre, d'aller bosser dans un foyer pour filles. Moi qui ai décidé de découvrire... d'etre seule. d'etre mal, d'etre seule........ De rien capté à la langue. d'etre avec des dizaine de thai à table et de juste rien comprendre... Grand POING dans la gueule le premier mois... c'est dur. j'aimerais rentrer... souvent...

Mais je commence à travailler. A l'orphelinat-foyer de bansaraburi. OU vivent des filles de 5 à 20ans. Des fillettes, qui la plupart on été amenées ici par la police. Traffic sexuel, les parents souvent les ont vendues, car c'était surement encore la seule chose qui pouvait leur ramener un peu de tune... à bangkok, ou souvent dans cette putain de ville ignoble qui se nomme pattaya.....

Certaines ne savent pas d'où elles viennent... Certaines ne parlent plus... Certaines se font mal, se frappent, s'automutilent. Personne n'est là pour les écouter. Elles ont en elle quelque chose. Tout au fond. Un truc qui pleure et qui ne s'arrêtera surement jamais de pleurer. Quelque chose en sang. Quelque chose qu'on leur a arraché. Qu'on ne leur rendra pas. La confiance en la vie...

Dès mon début dans le foyer, je sens que ce sont ces gamines qui sont ma nouvelle famille.... Elles sont la, meurtrie, seules, avec un passé inimaginablement lourd.... mais elles sont la. Se sont reconstruites un petit univers... avec leurs amies. C'est la débandade, la vraie colonie de vacances. ON va a l'école, je donne des cours d'anglais alors que je parle vraiment mal, on mange des mangues vertes tout le temps, on court après les lézards, on mange des curry qui arrachent et elles se moquent de moi qui décède un peu quand c'est vraiment trop fort dans la bouche.....

je m'attache, elles s'attachent, après 1 mois c'est toutes mes petites soeurs, mes filles, mes petites découvertes.... J'y vais chaque matin avec un grand sourire... m'arrete dans la rue et achete des bananes fries et les leur amène. elles adorent. elles ont souvent aucun sous pour s'en acheter.

Dans ma famille ca va bien. y'a 4 momes un peu gatés sur les bords mais ca va. Peu à peu, je passe tout mon temps au foyer et fini par y habiter et après 3 mois chey les SOMbuphiboonporn, je pars vivre la bas, dans la petite maison de la directrice... une femme incroyable qui m'accueille les bras ouverts.......

Ah les thai. pour ca... ils sont fort...

Je decouvre en six mois plus de chose qu'en 5ans à lausanne.

Je découvre qu'ils vivent dans leur bulle les thai. ils croient que nous, les européens on est des surhommes. que l'on souffre pas. ou moins en tout cas. que tout nous est acquis, donnés. facile. on est beau, parce qu'on est grands.

Un jour, j'ai meme raconter que j'avais fait un cauchemar à ma mère thai et elle était tellement étonnée ! elle me croyais pas ! Elle me disait... Maiiiis noooon..... tu fais des cauchemars ?????

Peut-être etait-ce parce que je me trouvais dans un petit village reculé. ou la seule image qu'ils ont des blancs, ce sont celles de la famille royale anglaise... La grand mere me dit meme que je ressemble à lady di....... suuuper... je recherche toujours la ressemblance. à part la peau blanche, je vois pas...

Enfin bref..... six moi qui ont passé, tout de meme, lentement. je ne regrette rien. le début fut difficile. peut-être la chose la plus dure que j'aie vécu de toute ma vie jusque la. J'ai du me dépasser. etre seule, je me suis découverte. J'ai vu des choses fabuleuses, des choses qui m'ont touchées et chamboulées à vie...

Ces petites du foyer sont dans ma tete à jamais. au bout de mes doigts et dans mes yeux. J'y retourne en mai. j'ai peur que tout me retombe sur la gueule. toutes ces émotions que jai du surmonter.

La rage, de voir des petits êtres souillés, qu'on a jamais respecté. Qu'on a abandonné. QU'on ignore parce que l'on ne veut pas voir la verité en face. L'envie, de toutes les prendre. De rester. D'être là pour elles. De ne pas les abandonner moi aussi. L'espoir, d'y croire... De croire en la vie. Qu'elles lui donnent une deuxième chance. QU'elles lui refasse confiance à cette salope. Refaire confiance à quelqu'un. A un sourire. A une main, à des yeux...

Durant ces six mois, j'ai pu aller à khao lak aussi, au nord de pukhet, 4 mois après le tsunami, dans un village de pêcheurs, ou ma mère thai ( directrice du foyer ) avait construit avec d'autres femmes, un centre pour ces habitants meurtris... j'ai vu des gamins qui parlaient plus... à jamais morts dans l'ame de s'etre vu emportés par l'océan. Des parents trainants les pieds, ayant perdu leurs bébés. L'attente.

Et puis, un petit bébé, né juste après le tsunami, dont le sourire rappelle que la vie continue.

J'ai pu aller dans un orphelinat près de chiang mai. Ou j'ai vu des centaines de bébés alignés dans les couchettes, attendant qu'un NICE Fallang viennent les adopter.

J'ai meme été dans un Home pour personnes handicapées, au nord aussi, avec ma mère thai, éducatrice. une horreur.... des cinquantaines de personnes handicapées, dans des chambres, à dormir par terre, tous habillés pareil, en robe un peu verte. rasées. j'ai cru tomber à la renverse. Jcrois que ça, je l'ai mis dans un petit coin de ma mémoire. j'y repense souvent à ces personnes... maintenant que je bosse dans une institution ou les handicapés ont une chambre à eux. une armoire d'habits, des ateliers ou s'amuser.... des gens pour s'occuper d'eux et un NOM à eux.....

J'ai fait aussi 10 jours de méditation dans un temble, à surat thani. La folie, c'était dur dur.... 10jours sans parler... 10jours avec toi meme. Ca FORGe quelque chose... je sais pas quoi. mais ca forge.....

un truc pareil ca vous marque à jamais. je me demande si quelqu'un va lire ca.

POur la thailande. je reve. je reve de remanger des nouilles au bord de la route et de voir un éléphant marcher derrière moi. en silence. De me lever à 5h du matin pour voir les moines recolter leur dons de nourritures. de voir mes petites nanas jouer sous les cocotiers avec des cailloux, qu'elles m'apprennent leurs jeux qu'elles ont inventés et que je sois foudroyée par leur intelligence. leur capacité à rebondir sur la vie. après avoir subi tant de violences et d'abandons....

Les bouddhas, les temples, les elephants, les motos qui pétaradent 24/24h. LA bouffe de malade.... les tongs 6mois de suite, les sourires des enfants asiatiques, la curiosité des adultes, leur envie de parler anglais, leur fierté, leurs silences, leurs sourires qui cachent mille souffrances accumulées de générations en générations.........

Tout ca et tellement de choses encore. la folie. la meilleur chose qui pouvait m'arriver. Me remplir de tout ce que le peuple thai m'a offert !!!! Sans le savoir...

MERCI POUR CEux qui ont tout lu ! - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - AOUT 2006

Voila... Je suis retournee dans l'orphelinat il y a deux mois, j'aimerais repartager ces retrouvailles avec vous ! Ca va venir.... Difficile de retrouver les mots. Cest encore trop frais peut-etre !

Fantastique, inesperé... ce que ces petites m'ont offert a nouveau est presque indescriptible. Personne ne m'avait oublié. Et puis, jai senti que Revenir vers ces petites qui avaient subi l'abandon. Ces petites que j'avais abandonnees en quelque sortes a la fin de mes six mois. Je leur ai prouvé que ce n'est pas une regle, que je ne l'ai avais pas abandonnees. que j'etais revenue.... Qu'elle peuve faire confiance a nouveau en quelqu'un qui leur dit je t'aime, qu'elles ne doivent pas avoir si peur d'aimer. Que... Que j'etais revenue et que je reviendrai. Elles me croient cette fois.

Aucune d'entre elles n'avait changé. Elles etaient la, comme l'année d'avant. Même pas tellement plus grandes. En arrivant, le soir, j'avais les jambes en sauce, le coeur dans les talons et les chauves souris dans les cheveux tellement j'avais peur......

Et elle etait la... Porn, 14 ans, retrouvee dans la rue quelques annees auparavant. Personne ne sait d'ou elle vient, elle non plus. Defoncee a toutes sortes de substances et encore beau mal l'annee derniere, elle etait assise, sur un banc, a l'entree des dortoirs......

Elle s'est levee et a crié : Piiii JUUUliiii !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

elle m'a saute dans les bras et la cetait juste la folie... Elle a rameuté toutes les petites qui sont venues me sauter dessus et ont pris ma pote maude d'assaut tout en douceur....

c'etait fabuleux...

Nous sommes restées deux semaines, à les accompagner à l'ecole, à manger avec elles, à rire sur les bancs, à reapprendre le thai, à ne plus avoir peur, à etre bien, à profiter de chaque moment, à partager ca avec une amie... A esperer que ces petites s'en sortiront.

J'y retournerai. le plus vite possible...

J'arrive pas a croire que j'ai pu faire une rencontre pareille. au bout du monde, j'ai une maman thailandaise avec ses 180 enfants. Pleins de petites soeurs et de petites fillettes...

MERCI à tous ceux qui ont lu jusqu'au BOut !!! A BIENTOT !

YAAAhhooou SAWADEEKA !!!
Condition des animaux en Chine English translation pending
by Kirby · 2006-01-26 · 264 replies
j'ai envie de faire un cri de révolte là car j'en ai vraiment marre !!!!

Pour ceux qui aiment les animaux comme moi trouvez vous pas scandaleux ce que les chinois font subir aux animaux ??????? Chiens, chats, ours et tous le reste ? Moi je trouve celà inhumain et voilà pourquoi je n'irais jamais dans ce pays ! car je veux bien qu'on tue et mange des animaux pour se nourir ok mais alors la fourure et le moyen de tuer et de detenir ces animaux est inioble il n'y a pas de mot pour décrire ça c'est dégueulasse et c'est eux je trouve qu'on devrait dépecer à vif pour leur montrer !!!!

Bon là je suis vraiment en colère désolée mais je vois plein de joli message dans ce forum sur la chine mais je pense qu'on devrais aussi parler de ce coté horrible de ce pays ! C'est monstrueux !!! 😠
Tarif d'un guide au Mali English translation pending
by Ricou13 · 2006-01-25 · 35 replies
Bonjour,

Je lance ce sujet indépendamment de ma demande d'infos sur la Mali car je me pose beaucoup de questions sur les tarifs rééls des guides au Mali.

En me basant sur les posts des autre VFistes :

ici Oliverte : "Dix journées guidées + hebergement + bouffe + ... en pays Dogon 125000 CFA" (février 2005)

ici Mayalassa : "Nous sommes allées 5 jours dans les pays Dogon c'est super, vraiment surprenant. Nous avons payé 40000 francs CFA pour le séjour et par personne." (aout 2003) - Ici, c'est vrai que ce n'est pas très clair ! Fredochat : "5 jour au Pays Dogon (quel bonheur!) et avons payé 25.000 FCFA par jour pour 2 personnes tout compris à partir de Bandiagara" (décembre 2005)

J'ai estimé que je pouvais obtenir un "trek" de 5 jours en pays Dogon pour environ 30 000 FCFA / jour pour 2. Soit un budget de 1500 FF. En ajoutant les frais d'hotel à Mopti et le transport pour Sangha (aller -retour), j'ai pensé m'en tiré au maximum à 2 500 FF tout compris pour 2. Soit 250 000 FCFA. J'ai donc envoyé des demandes de devis à divers guides

Voici la première réponse reçue :--

300 euros / personne pour faire : Mopti -> Sangha 4, 5 jours en pays Dogon Retour à Mopti

Soit, environ 5 jours pleins. Ce qui fait 200 000 FCFA par personne. Si on enlève 10 000 FCFA pour le transport aller-retour Mopti-Sangha (un aller en bus Mopti-Djenné coutant 2 000 FCFA), cela fait 190 000 FCFA tout compris pour le trek lui-même

Soit 38 000 FCFA / jour / personne.

- --

Je trouve ça un peu cher même avec un guide à 15 000 FCFA / jour. Cela quadruple le budget initial et double quasiment le budget total.

Qu'en pensez-vous ?
Air France et la "famille" English translation pending
by Anàssa · 2006-01-10 · 66 replies
Suite à un voyage très éprouvant avec Air France, j'envoie à leur service client une lettre courtoisement incendiaire (besoin de me passer la hargne et l'épuisement). Je reçois trois mois plus tard une réponse m'accordant un avoir de 100 euros à dépenser dans les douze mois pour l'achat d'un de leur billet. Il est spécifié que cet avoir peut également être utilisé par ma famille directe : parents, frères et soeurs. Je donne donc la lettre à ma mère. Munie du livret de famille (nous n'avons pas le même nom), elle se présente à un comptoir d'Air France de l'aéroport de Bordeaux et demande un billet. Là l'hôtesse lui indique qu'elle ne peut bénéficier de l'avoir qui est réservé au père, à la mère, aux frères et soeurs. Ma mère lui montre le livret de famille et l'hôtesse lui répète que seuls le père, le mère et les frères et soeurs peuvent utiliser l'avoir et que vu que nous n'avons pas le même nom elle ne peut pas en bénéficier. Ca a duré longtemps et... l'hôtesse a eu le dernier mot (seuls le PERE !!!!!!!!!!!!!!!!!!, la MERE !!!!!!!!!!!!!! les FRERES et SOEURS !!!!!!!!! peuvent bénéficier de l'avoir, MADAME!!!!!!!!!!!!!!!!!).

Fantastique la compagnie nationale, non ?

Catherine
Conseils pour le sud-est de la Thaïlande English translation pending
by Kaotom · 2005-12-31 · 8 replies
Salut, je ne connais pas du tout la region de Trat et aimerait bien decouvrir ce coin sans nescessairement aller sur Ko Chang que je pense trop touristique, si vous avez de bons plans pour ce coin, (adresses, guesthouse...) merci par avance
Le Chaco en Argentine et au Paraguay English translation pending
by Voyageuse13 · 2005-12-10 · 40 replies
Bonjour, Je pars en février en Argentine et je voudrais me rendre dans le Chaco. Je n'aurai pas de voiture sur place.

Coté Argentine : Quel est le meilleur moyen de pénétrer dans "l'impénétrable" ? Pour trouver une petite agence pour un circuit de 2/3 jours, vaut-il mieux de partir de Résistencia, de Saenz Pena, de Castelli ?

Coté Paraguay : J'ai lu que c'était intéressant car complètement différent de l'Argentine, mais je n'ai aucune info sur le Paraguay. Existe-t-il des excursions à partir d'Asuncion ou tout autre moyen de se rendre dans le Chaco ?

Merci
Rencontre à Paris le dimanche 22 janvier 2006 English translation pending
by Ailleursland · 2005-12-08 · 1338 replies
Bonjour à tous,

Le gang de Paris revient après une longue pause cet automne pour une nouvelle rencontre ouverte à tous les voyageurs d’ici et d’ailleurs.

Date : Dimanche 22 Janvier 2006 à midi pour pouvoir profiter de la journée

Lieu : je laisse le soin aux pros des restos atypiques de vous l’annoncer plus tard dans le post ( lieu à déterminer en fonction du nombre de participants )

Thème : chaque participant emmène un objet ( en rapport avec le voyage ) lui appartenant et qui lui tient particulièrement à cœur ( ça peut être un objet acheté ici ou là qui a une valeur inestimable, matérielle ou sentimentale, ça peut être un objet qu’on vous a offert lors d’un voyage et qui ne vous quitte plus, une trouvaille, du sable magique, etc… ) Cet objet a certainement une histoire puisqu’il vous tient tellement à cœur et ce serait sympa de la raconter….et de partager ensemble nos coups de cœur.

Si l’idée vous tente, rendez-vous le 22 Janvier…..

Sur ce, je m’éclipse pour quelque temps et laisse le soin aux participants de faire vivre ce post en mon absence… Je passerai de temps en temps dire bonjour…😉

A bientôt de vous voir ou de vous revoir, avec le sourire…..🙂

Ailleurs
Travailler au Club Med? English translation pending
by Hedve42 · 2005-11-21 · 603 replies
Salut a tous, j'aimerais travailler au Club Med. Pouvez vous me renseigner sur la durée des contrats, le temps entre 2 contrats, la rémunération, l'ambiance, les conditions de travail, etc... et est ce que quelqu'un a deja travailler au service maintenance ?

Merci d'avance.
Les "nouveaux", ne soyez pas intimidés English translation pending
by Loopkin · 2005-11-21 · 60 replies
Bonjour à tous, et notamment à ceux qui se sentent nouveaux sur le forum.

J'ai écrit hier à Alan, l'homme aux 3000 messages, dans la discussion portant sur La rencontre à Nice le 3 décembre ( http://voyageforum.com/v.f?post=311470 ):

Je me rends compte que les "petits nouveaux" sont tres intimidés par les dinausores du forum (la réaction d'exotica n'est pas la première). Il faudrait qu'on se demande comment ca se fait, et qu'on reflechisse à un changement de cap pour que ce sentiment diminue, parce que c'est dommage. Je dis ca pour nous tous, les anciens, pas que pour moi ou toi. Tu as raison, la richesse de VF, c'est entre autre ces rencontres ou anciens et nouveaux se retrouvent en vrai, voire parfois nouveaux et nouveaux, ou anciens et anciens...

En réponse, il m'a été suggéré de démarrer cette discussion, ce que je fais ici.

En gros, j'ai envie: 1) que les nouveaux inscrits ne se sentent pas intimidés, car ce forum tire sa force de son ouverture, donc tous les voyageurs sont les bienvenus, même ceux qui n'ont jamais voyagé et qui ont envie de voyager. On ne mesure pas la qualité d'un être humain au nombre de kilomètres parcourus à pieds, au nombre de pays visités, au nombre de 8000 grimpés, au nombre de bivouacs réalisés par - 30 degrés, ni au nombre de ses messages postés sur VF. Donc, ceux qui, pour une raison ou une autre, se sentiraient dépassés par certains "dinausores du forum", relativisez, et osez. Il n'y a rien à craindre, personne ne vous rejettera, personne ne se moquera de vous, enfin... j'ose espérer!!!! De toute façon, on ne mesure pas la qualité d'un être humain, tout court.

Ce forum existe depuis trois ans maintenant. D'autres forums plus récents (notamment en politique) ont des membres qui ont posté 40 000 messages. Je l'ai vu. Relativisons.

2) de savoir pourquoi vous vous sentez intimidés. Sommes nous trop "entre nous"? Dans ce cas, nous pouvons corriger cela, aidez nous en nous disant comment. Sommes nous réellement trop snobs? J'espère vraiment pas...🤪 Dans tous les cas, vous êtes vraiment les bienvenus dans toutes les rencontres, et même plus, VF a besoin d'une relève selon moi. Je ne prone pas l'extinction des dinausores, mais le renouvellement n'a jamais fait de mal que je sache. Mixons, mixons, mes frères...

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