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Où partir en Sardaigne pour quinze jours de plages, restaurants...? English translation pending
by Clecle76 · 2013-01-23 · 5 replies
Bonjour! Nous sommes un jeune couple et nous souhaitons partir en Sardaigne cet été. On recherche de belles plages, si possible de sable, avec un centre ou on peut manger des glaces, restos... Enfin comme la cote d'azur mais en sardaigne! Que ce soit assez animé, mais pas non plus Ibiza! On compte faire du camping On aura pas de voiture donc on chercher vraiment un endroit ou il y aura plages, petit centre ville, quelque chose de touristique quoi D'apres quelques recherches il y aurait la Costa Smeralda ou la Costa Rei? Mais Apres, une fois qu'on a choisit le coin, auriez vous une ville, enfin un endroit ou aller précisement? On recherche vraiment une station balnéaire mais ou aller? C'est très flou! Merci beaucoup de vos réponses, on aimerait réserver rapidement 😄
Carnet de voyage Mare e Monti Sud et plages en juillet 2012 English translation pending
by Itadakimasu · 2012-08-18 · 8 replies
Suite à mon retour de Corse, je voulais faire un retour succinct sur ces 10 jours de plaisir :) et ainsi aider en retour d'autres personnes après avoir moi même profité de conseils ...

Je suis parti avec un ami pour faire le sentier Mare e Monti sud dans le sens Porticcio - Propriano. Départ 3ème semaine de Juillet et retour 9 jours plus tard.

Le transport: * A/R en avion (low cost) avec arrivée à Ajaccio * Depuis l'aéroport, taxi partagé avec d'autres randonneurs rencontrés à la sortie de l'avion. Au retour, on prendra la bus de ville qui fait la navette jusqu'à l'aéroport

Logement: On transporte une tente deux places qui nous servira de logement en camping principalement sauf à Ajaccio (hôtel)

Le voyage:

J1: Ajaccio Arrivée tard le soir à Ajaccio, petite promenade du côté du marché nocturne. Ca y est, les vacances commencent! Puis direction l'hôtel pour une première courte nuit avant le grand départ! L'hôtel, "Le Dauphin" est modeste mais présente deux intérêts: il est proche de la gare routière et maritime et il n'est "pas très cher" au vu des prix à Ajaccio en été (~90 euros pour 2, petit dej compris)

J2: Porticcio- Bisinao: On prend le bus pour Ajaccio, direction Porticcio. Le chauffeur nous dépose près de l'office de tourisme où on récupère un plan qui nous permet de trouver le cimetière, point de départ du sentier. On en profite pour faire le plein d'eau au carrefour du coin car il fait très très chaud, dès 9h du mat'! L'étape entre Porticcio et Bisinao est très montante. C'est peut être la plus dure du sentier. Elle offre quelques jolis panoramas sur Ajaccio notamment. On arrive enfin à Bisinao, très petit village, où on pose nos affaires au gite A Funtana. Bisinao se résume, à peu de choses près à: une fontaine (d'où le nom du gite), une épicerie, un autre gite et quelques maisons. On est loin de l'agitation touristique de la Corse en plein été! On passera une très bonne soirée, à la table du gite, où l'on a gouté à nos 1eres spécialités corses: le cap corse et "figatellu". C'est aussi l'occasion d'échanger avec les autres randonneurs qui ont fait le sentier dans l'autre sens et le propriétaire du gite, qui connait le sentier par coeur, et qui nous feront part de tous les pièges à éviter sachant que les deux étapes suivantes sont plutôt mal balisées

J3: Bisinao - Cupabia Normalement, l'étape 2 se termine à Coti-Chiavari. N'ayant pas pu trouver de gite/camping, on a décidé de pousser l'étape 2 en faisant une grande partie de l'étape 3 et en dormant au Camping de Cupabia. Cette étape est donc longue, très longue! Grâce aux nombreux conseils glanés la vieille, on y arrive sans soucis (à part à la sortie de Coti, mais là la chance nous fait rencontrer des randonneurs dans l'autre sens qui nous montreront le sentier à prendre et qu'on aurait sans doute manquer!). Cette journée nous offre des panoramas magnifiques sur le golfe d'Ajaccio. En plus, les paysages traversés ne se ressemblent pas. La baie de Cupabia est, comme prévu, magnifique...

J4: Cupabia - Porto-Pollo C'est pour nous l'étape la plus courte :) Le matin, on profite encore de Cupabia et on repart en direction de Porto-Pollo en direction de l'après-midi. L'étape est courte mais on souffre de la chaleur étouffante! On découvre alors pour la première fois le golfe de Valinco. A Porto-Pollo, on pose notre tente sous les pins du camping et on profite de notre nouvelle "aire de détente", les longues plages de Porto-Pollo. Aussi, c'est notre première vraie "ville" avec ces quelques restaurants, son supermarché, son animation, ce qui nous change un peu ...

J5: Porto-Pollo - Olmeto La aussi, une étape très différente des autres, avec beaucoup de temps passé sous les chênes ou en foret. Par contre, le début de l'étape, sur une départementale, sans un coin d'ombre, n'est pas très agréable. Puis enfin, on a droit à de jolies vues sur Propriano notre destination finale et Campomoro. N'ayant pas pu trouver de camping ou de gite acceptant notre tente à Olmeto, nous quittons le sentier 1/2h avant Olmeto pour rejoindre, via une piste et en passant près d'un joli quartier résidentiel, le camping Vigna Maggiore. Le détour fait pour l'occasion est long et on est donc content d'arriver vers 19h15 (même si l’accueil est plus que moyen et .. que la piscine ferme à 19h30!). Le soir c'est charcuterie Corse et raviolis au brocciu, un repas léger quoi!

J6: Olmeto - Burgo - Propriano Autant le dire: c'est le jour le plus long :p Le camping bordant une nationale qui va vers Olmeto, on décide de faire du stop pour s'éviter la montée qui nous attend pour rejoindre le sentier. Il y a beaucoup de passages de voitures et nous sommes très bien placés, près d'une très longue bande d'arrêt d'urgence. Mais après 20 min d'échecs on abandonne et on décide de faire le chemin retour de la vieille. Ca rallonge notre périple d'1h de montée sous un soleil matinal qui tape déjà très fort. Arrivé à Olmeto on fait le plein de forces à l'épicerie puis direction Burgo. Très vite ça monte bien, mais on est plutôt bien protégés du soleil. Encore et toujours de très jolis points de vues et un sentier qui ne ressemble pas aux autres. Et puis, au bout d'un moment, ce n'est plus que de la descente. A noter, vers la fin, une balise qui nous a largement induit en erreur: on s'est retrouvé pendant 45 min à chercher notre sentier sur une pente plutôt dangeureuse et pleines de ronces. En faisant demi-tour et en voulant quitter le sentier pour une autre route, on est tombé cette fois vers le bon sentier, ouf! Arrivés à Burgo, on a voulu faire, ce qui nous avait été conseillé: du stop jusqu'à Propriano (il y a 7 km de Départementale en Burgo et Propriano sans intérêts); comme prévu, il y a très peu de passage (5 voitures/4*4/vans dans notre direction dans la 1ere demi-heure) mais bien que l'on soient sur une petite route de campagne personne ne s'arrête :( Après 4km de marche sur cette route sans ombre on tombe sur une voiture de touristes qui nous demandent la route à prendre (!) ils nous prennent en stop jusqu'à notre camping (ils sont au même que nous). Ca y est, le sentier Mare e Monti Sud (et même un peu plus) est fini!!!

Arrivés au camping, un saut dans la piscine puis direction la ville de Propriano. Le but: voir si on préfère rester à Propriano ou repartir sur Porto-Pollo. Le constat est rapide: la grande plage de Baraci a peu de charme. Il y a bien quelques toutes petites plages qui ont l'air sympa mais elles semblent sans accès facile (plage de résidence?). Du coup on profite de l'ambiance de la nuit: il y a plein de resto/bars à Propriano.

J7: Retour à Porto-Pollo En théorie, on devait aller visiter Sartène, en partant de Propriano en bus. Pour faire simple, disons que logistiquement c'était pas pratique, on décide donc d'abandonner et de retourner à Porto-Pollo (et puis il faut dire qu'on avait une grande envie de profiter de la plage et de la mer :). Allez hop, bus en direction de Porto-Pollo (malade en bus, s'abstenir lol) pour un repos bien mérité. Notre journée? plage resto, plage resto, plage ....

J8: Porto-Pollo / Cupabia: On décide de retourner une dernière fois à Cupabia: pour moi et mes ampoules, ce sera en vélo (location)! Encore une très belle journée ensoleillée et très venteuse (comme la vieille). On en profite bien, pour la dernière fois.... Le soir, à Porto-Pollo, on trouve un bar qui diffuse les exploits des nageurs français au JO!

J9: Retour à Ajaccio Départ le matin, en bus, vers Ajaccio. On a une journée pour visiter la ville! A l'office de tourisme, on se procure une brochure qui propose 3 circuits de la villes sur des thèmes différents (Ajaccio la Génoise, etc ...) que l'on fait tous. Mon ami en profite même pour se baigner une dernière fois! C'est notre dernière journée sur l'île de beauté, un peu nostalgique tout de même ....

J10: On quitte la corse RAS: bus puis avion (le matin) pour un retour en métropole

En conclusion, je dirais que c'est un sentier que je conseille: il est accessible pour quasiment tout le monde, peu fréquenté, offre de jolis points de vus et permet d'altérner, comme son nom l'indique, mer et montagne.

Je donne ici quelques conseils, pêle mele: * Munissez vous du topo-guide entre mer et montagne et d'une boussole. A l'heure où j'écris ces lignes, le sentier est balisé de façon très inégale. Le site du gite A Funtana fournit aussi des indications très précieuses
http://www.giteafuntana.com/index.php/fr_FR/le-sentier-mare-e-monti-sud.html * A ce propos, il existe aussi une variante, mentionné sur le site A Funtana, pour la partie Cupabia-Porto-Pollo à tester à mon avis * Normalement, ce sentier se fait plutôt d'hôtel en hôtel (ou gîte). C'est simple, parmi les autres randonneurs rencontrés, ils privilégiaient tous cette option. En été, je pense qu'il faut donc réserver à l'avance, ce que l'on peut se passer de faire si on a juste une tente et qu'on n'arrive pas trop tard au camping. * Par rapport à la marche: voyager LE-GER ! C'est la clé d'une randonnée agréable. Pour nous, qui voyageons avec tente et sac de couchage, le sac pesait moins de 6 kg (eau et nourriture non comprises) * Si vous ne craignez pas les eaux plus fraiches, préférer la rando en dehors de Juillet-Aout: il y fait extrèmement chaud!!! Sinon, pour chaque étapé, prévoyer de quoi vous hydrater (perso, je prenais env 2 à 3L d'eau par étapes) * Bâtons ou pas? J'en avais, pas mon ami. Je ne l'ai pas regrété: vraiment pratique en descente, parfois utile en montée. La c'est vraiment une question de gout (préférer les batons à 3 brins, plus pratique à ranger)

En espérant que ça vous aidera et vous donnera envie de faire le sentier ...
Votre avis sur notre itinéraire de six jours en Corse du Sud? English translation pending
by Crichard · 2012-07-10 · 4 replies
Bonjour,

Nous partons en couple 6 jours dans le sud de la Corse. Je lis partout qu'il faut plus de temps pour bien profiter de cette magnifique région mais nous ne l'avons malheureusement pas...

Voici l'itinéraire auquel nous avons pensé, pourriez-vous nous donner votre avis ? Sachant que nous ne sommes pas du genre à rester des heures sur la plage mais que nous préférons visiter et bouger.

1/ Arrivée fin d'après-midi à Figari et nuit à Bonifacio 2/ journée et nuit à Bonifacio 3/ Bonifacio vers le Col de Bavella via Opédale, Queza, Zonza et nuit à Aulène 4/ direction Ajaccio et les Iles Sanguinaires 5/ direction Campomoro par la côte 6/ Sartène, Roccapina et retour à Figari

En empruntant cet itinéraire, rate-t-on des poins immanquables ?

En outre, auriez-vous des bonnes adresses dans ces coins-là ?

Merci beaucoup d'avance !

Christine
Quinze jours en Corse au mois de septembre English translation pending
by 11manu1982 · 2012-07-04 · 14 replies
Bonjour Nous partons en corse 15 jours en septembre nous logerons 7 jours a solenzara puis 7 autres jours ou nous ne savons pas encore qu'est ce que vous me conseillé camping, chambre d'hote ou hotel ?

On espere aussi pouvoir tourver de belle plages peu frequentées ? donc si vous en connaissez n'hesitez pas a nous les recommander

Merci d'avance aux amis corse de m'aider pour redecouvrir votre pays si magnifique (et oui j'y suis deja allé il y a 10 ans et j'en garde de merveilleux souvenir )
Bivouac en Sardaigne à vélo English translation pending
by Gueuth · 2012-05-26 · 15 replies
Bonjour !

Nous partons en Sardaigne début juin pour 15 jours de vélo-camping. En amateurs de bivouac, nous allons privilégier les nuits au bord de l'eau dans des endroits calmes et jolis, ce qui ne manque pas sur la côte ouest (première partie du périple) d'après ce qu'on a pu lire jusqu'ici. On aimerait aussi aller voir Caprera, apparemment c'est sauvage, quelqu'un peut me confirmer ? On ne voudrait pas payer la traversée pour se retrouver au milieu de complexes hôteliers... Et enfin, est-il possible de passer une nuit sur l'île d'Asinara ? J'ai lu que c'est une réserve accessible seulement avec guide, sans installations touristiques, mais sur la carte des routes et villages sont indiqués. Qu'en est-il ?

Sinon, c'est facile de prendre les trains sardes avec les vélos ? On essaie de travailler l'italien pour les nuls, mais si c'est aussi "simple" qu'en France, je ne pense pas qu'on aura le niveau pour se débrouiller... Pour le moment on compte dessus, vu qu'on n'aura pas les jambes pour boucler le tour de l'île avec tous les détours qui s'imposent.

Merci d'avance pour vos réponses !

M&Ms
Randonnée en Grèce - mai 2012 English translation pending
by Rimail · 2012-04-03 · 17 replies
Hello.

Je serai à Athènes en fin de mois. Je souhaiterai faire une randonnée d'une dizaine de jours dans les montagnes du nord de la Grèce (Macédoine ? Epire ? ...). En tenant compte des paramètres suivants, que me conseillez vous ? Où allez ? - des transports, - de la météo, - de l’enneigement.

a+.
Circuit en Corse ou Espagne/Andalousie? English translation pending
by Letty113 · 2012-03-11 · 8 replies
Bonjour à tous, Voilà je vous écris car je commence à prévoir mes vacances d'été avec mon copain. On voulait partir tous les 2 faire un circuit en voiture en juin ou septembre (juillet/aout c'est trop cher) et dormir dans des campings. Nous hésitons entre 2 destinations : un circuit en corse OU un circuit en espagne (jusqu'à l'andalousie). Déjà, quelle destination me conseillez-vous? et à quelle période (juin ou septembre)? (sachant que j'ai du mal à supporter les trop grosses chaleurs). Je cherche également des gens qui ont fait l'un ou l'autre des circuits pour avoir des conseils et astuces. Merci bcp
Playa Uvita ou Cahuita? English translation pending
by Maplume · 2012-01-05 · 15 replies
Hola! Après 2 semaines de balade au Costa Rica en mars, j'aimerais bien me reposer 5-6 jours, tranquille, loin de la foule et j'hésites entre ces Playa Uvita (Pacifique) et Cahuitas-Puerto Viejo (Caraïbes). Questions: Laquelle des 2 plages est plus belle et tranquille. Sont-elles accessibles facilement via les inter-bus ou les bus locaux? Y a-til des possibilités de supermarchés ou restos aux alentours (accessibles à pied) Est-ce que du côté des Caraïbes c'est sécuritaire pour une femme seule (Lonely Planet émet des consignes de sécurité supplémentaire...)

Gracias ;-)
Voyage en Corse English translation pending
by Christine50 · 2011-12-21 · 12 replies
Bonjour à tous

Ceci est juste pour partager le bonheur d'être allée en Corse cet automne du 18 septembre au 10 octobre. Ce fut un voyage extraordinaire du soleil pendant trois semaines. La Corse est magnifique je n'ai pas de mots, c'est la première fois que je reviens avec une certaine nostalgie je voudrais vraiment y retourner un jour . Beaucoup de coups de cœur , les aiguilles de Bavella, l'île Rousse , Les calanches de Piana , et bien d'autres.

Merci a ceux qui m'avaient donné certains conseils.

Christine
Naviguer en voilier en Sardaigne English translation pending
by Ezkecha · 2011-12-17 · 9 replies
Aprés 3mois de navigation en voilier aux Baléares en 2011 ou nous avons pu apprécier les nombreuses Calas et mouillages .....gratuits, nous aimerions savoir si la Sardaigne peut nous apporter ces mêmes plaisrs Peut on s'approvisionner facilement en eau, carburants dans les ports ? sans y séjourner? Nous envisageons cette navigation en aout Merci pour vos conseils SUZY et JACQUES😉
Visiter la Corse pour environ dix-huit jours en juin English translation pending
by Maribel · 2011-11-07 · 31 replies
Bonjour,

Nous désirons visiter la Corse en juin prochain à compter du début du mois pour une durée d'environ 18 jours.

Comme nous prendrons un vol Montréal -Nice, nour prévoyons prendre un ferry de Nice . Nous aurons donc le choix entre plusieurs ports d'arrivée en Corse. Lequel serait le plus intéressant ?

A notre arrivée en Corse, nous louerons une auto pour nous déplacer à notre guise .

Quel circuit serait intéressant pour la durée que nous prévoyons ?

Est-ce facile de trouver des hébergements au jour le jour sans avoir déjà réservé à cette période de l'année?

Merci Maribel
Nouvelle programmation Costa pour 2012 English translation pending
by JCC83 · 2011-08-18 · 44 replies
Sur le site ci-dessous vous trouverez la nouvelle programmation Costa pour 2012

http://www.viajaratope.com/Noticias-1176-nueva-programacion-Costa-Crociere-2012.html

Voici une traduction « personnelle » et bonne lecture !

« Madrid, le 16 août 2011.

Costa Croisiere a présenté un nouveau programme d'itinéraires pour 2012, y compris les nouveaux itinéraires du Fascinosa, le futur navire Costa, itinéraires exclusifs dans la Méditerranée et Europe du Nord et grandes croisières dans l'océan Indien, entre autres. Voici les points les plus importants de ce nouveau programme :

Le Costa Fascinosa double ses croisières inaugurales Le nouveau navire amiral Costa (114 500 tonnes de jauge brute et la capacité de «3800 passagers), qui est actuellement en construction au chantier naval Fincantieri à Marghera (Venise), fera ses débuts au printemps 2012. Pour répondre à la forte demande, en particulier des passagers les plus fidèles, l'entreprise a programmé deux nouvelles croisières de présentation. La première, qui partira de Venise, le 2 mai 2012, s'arrêtera à Dubrovnik (Croatie), Capri (Italie) Savone (Italie), la seconde partira de Savone, le 7 mai 2012 et s'arrêtera à Corfou (Grèce), Kotor (Monténégro) et Venise (Italie).

Méditerranée : plage, plaisir, culture et religion dans le haut de la liste Parmi les nouvelles les plus importantes de l'année prochaine, Costa dans ses itinéraires d'été privilégie des vacances différentes, en particulier la plage, le divertissement, la culture et la religion. Le premier itinéraire est au depart de Rhodes. Un itinéraire passionnant de sept nuits en mer Egée, orientée vers la plage, en visitant un maximum de six îles grecques. De la fin de Juin jusqu'à la mi Septembre 2012, le Costa Atlantica partira de Rhodes chaque vendredi à destination des îles de Kos, Samos, Izmir (Turquie), Mykonos, Santorin et Héraklion / Crète.

A partir 14 Septembre 2012 et jusqu'à Novembre, le navire entamera une croisière de sept nuits à partir de Rhodes, mais l'itinéraire prendra un aspect plus culturel et inclura Chypre, Turquie, Israël et la Grèce.

Une autre nouvelle route sera consacrée à la plage à l'été et au plaisir. De Juin à Septembre 2012, le Costa Serena proposera des croisières de sept nuits à partir de Palma de Majorque, Marseille (avec excursions en Provence.), Avec escales à Savone, Rome (Civitavecchia), Olbia (Costa Smeralda, Italie) une nuit à Ibiza, (où vous pouvez même faire une excursion vers la belle île de Formentera), Palma de Majorque.

En outre, Costa a programmé un nouvel itinéraire pour la Méditerranée orientale, qui vise à découvrir la magnifique côte dalmate. Tout au long de l'été, le Costa Classica naviguera sept nuits avec une journée complète à Dubrovnik et la possibilité d'excursions à Medjugorje, l'un des centres de pèlerinage les plus importants du monde et une destination de première grandeur. Voici les escales du nouvel itinéraire du Costa Classica: Trieste, Ancône (Italie), Dubrovnik / Medjugorje, Céphalonie (Grèce), Corfou (Grèce) et Kotor (Monténégro).

Enfin, le nouvel itinéraire de sept nuits du Costa Concordia à partir de Barcelone ou Palma de Majorque dans la Méditerranée occidentale, pour profiter des vacances avec soleil garanti: Savone (Italie), Malte, Palma de Majorque, Catane (Italie) Naples (Italie).

Méditerranée: plusieurs routes vers la mer Noire, le Portugal et Israël

En avril 2012, pour les départs de Septembre à Novembre, les croisière de 11 nuits sur le Costa Pacifica, qui comprenaient l'Egypte seront remplacées par un itinéraire Grèce Israël / Turquie deux jours en Israël, Ashdod et Haïfa, et l'occasion de visiter Jérusalem et la Terre Sainte.

Le Costa Mediterranea aura deux dates supplémentaires de 13 nuits pour la mer Noire, ainsi que quatre de 10 nuits vers Lisbonne et Casablanca.

En automne 2012, le Costa Fortuna remplacera les croisières de 10 nuits en Egypte par des croisières de 9 nuits vers Lisbonne et Casablanca.

Méditerranée: Cagliari remplace Tunis Le port italien de Cagliari remplacera Tunis dans les croisières d’été de sept nuits du Costa Allegra en Méditerranée occidentale dans les croisières d’hiver de sept nuits du Costa Concordia en Méditerranée occidentale et dans tous les mini-croisières Costa Deliziosa de décembre 2011 à avril 2012.

Europe du Nord: de nouveaux itinéraires pour le Costa NeoRomantica Au cours de l'hiver prochain, le Costa Romantica va subir une rénovation complète qui fera de lui un nouveau navire: le NeoRomantica Costa. Après la période initiale avec des croisières de 11 nuits vers les îles Canaries, le navire partira de la fin Mars jusqu'à la mi-Septembre 2012 pour des nouveaux circuits de 14 nuits, itinéraires exclusifs en l'Europe du Nord: quatre croisières pour découvrir les ports comme Amsterdam, Bruges, Le Havre, Saint-Malo, Bordeaux, Porto et Lisbonne, six croisières dans les fjords et les capitales baltes et deux croisières aux îles Spitzberg.

Grandes croisières dans l'Océan Indien, en Extrême-Orient et en Australie En outre, Costa a introduit de nouveaux itinéraires de longue durée en particulier pour les clients les plus dévoués. A partir du 19 Septembre 2012, Costa offre de nouvelles croisières sur le NeoRomantica de 21 nuits aller-retour en partance pour le golfe Persique, océan Indien, en Extrême-Orient et en Australie. Ce navires sera appeler à faire escales dans des endroits merveilleux comme Israël, Jordanie, Oman, Inde, Seychelles, Maurice, les Maldives, Sri Lanka, Thaïlande, Indonésie, Australie et Nouvelle-Zélande. »
Budget à prévoir en Corse au mois d'août? English translation pending
by Hdandco · 2011-07-23 · 65 replies
Bonjour, Quel est le budget à prévoir pour partir en Aoùt en Corse, par personne, sachant que nous choisissons l'option camping (une semaine au nord, une semaine au sud) et que nous partons en ferrie avec notre véhicule ?? Merci pour cette info qui me permettra de faire ce choix de prochaines destination.....hé oui, ça se prépare a l'avance ! Merci.
Corse: tour de l'île à vélo en onze jours English translation pending
by Kburgener · 2011-06-15 · 30 replies
Bonjour les amis cyclistes 😊 je suis en train de planifier un itinéraire pour faire le tour de l'île de la Corse du 9 au 21 juillet 2011. Nous sommes 4 femmes, plus ou moins sportives (ça dépend les lendemains d'apéros prolongés 🏴‍☠️) Nous aimerions parcourir ces étapes sur 11 jours :

1. Bastia - Saint Florent (env 50 km par la D82 et 860 dénivelés) 2. Saint Florent - L'Ile Rousse (env. 40 km et 1120 dénivelés) 3. L'Ile Rousse - Galeria (env 55 km et 1640 dénivelés) 4. Galéria - Porto (env. 55 km et 2650 dénivelés) 5. Porto - Sagone (env 30 km et 1500 dénivelés) 6. Sagone - Ajaccio (env 60 km et 1500 dénivelés) 7. Ajaccio - Verghia (env 30 km et 375 dénivelés) 8. Verghia - Propriano (env 40 km et 1200 dénivelés) 9. Propriano - Bonifacio (env 60 km et 1500 dénivelés) 10. Bonifacio - Porto Vecchio (env 25 km et 250 dénivelés) 11. Porto Vecchio - Bastia (env 125 km et 320 dénivelés).

Malgré mes nombreuses recherches sur les forums, je n'ai pas trouvé de réponses satisfaisantes à mes questions.

1.) mon GPS a calculé 2650 dénivelés pour l'étape 4 Galéria - Porto. J'ai bien compris que la corse est montagneuse, mais en zoomant la carte, j'ai plutôt l'impression que le calcul n'est pas juste. Avez-vous des informations plus précises sur les dénivelés pour cette étape ?

2.) il paraît qu'il y a un petit courant d'air dans certaines régions. Faut-il faire le tour de l'île dans le sens des aiguilles d'une montre pour ne pas être décoiffé ?

3.) les hébergements....nous avons du mal à trouver un hébergement pour cette période. On n'est pas en avance avec la réservation, je suis bien consciente, mais les imprévus sont rarement prévus 😛 Est-il facile de trouver des hébergements sans réservation, de préférence dans des gîtes ou hôtel, au "pire", dans un camping ? Même une ferme est possible, puisque je dormirais tous les soirs avec 3 vaches 😉 je rigole...

Avez-vous des adresses sur ces étapes ?

Je vous remercie d'avance

Karin
Voyage en Sardaigne (Sud Cagliari Carloforte) fin mai 2011 English translation pending
by Véggà · 2011-03-24 · 11 replies
Bonjour à tous,

Je pars une semaine fin mai 2011 vers la Sardaigne. Cela fait déjà quelque temps que cette idée me trottait dans la tête, sans doute l'envie de retrouver de lointaines racines, mes grands parents paternel sont tous deux nés à Carloforte. Ne connaissant pas du tout ce pays je commence à préparer mon voyage afin de tenter en une semaine, de saisir une infime partie du meilleur de la Sardaigne. C'est la raison de ce post, peut être pourrez vous me donner quelques conseils ou idées en fonction de vos expériences sur cette destination.

Pour être précis j'atterris à Cagliari ou j'ai réservé 3 nuits d'hôtel. Je pars ensuite pour carloforte sur l'ile San Pietro (je ne sais pas encore comment :) ) où je resterai 5 jours.

J'ai étudié quelques guides (michelin etc... région Sud Cagliari etc...) mais je reste sur ma faim préférant me fier à l'expérience humaine des voyageurs pour me conseiller.

Je compte louer un véhicule. A ce propos si quelqu'un a une adresse de loueur cela m'intéresse, ceux trouvés sur internet sont assez chers pour des véhicules au final pas trés fun. Si je peux trouver un loueur de cabriolets se serait génial et ca épaterait mon amie 😛

En résumé j'ai pleins de questions et une grande envie de ne pas passer à coté de ce que je peux voir de ce pays.

Merci d'avance.
Péloponnèse en août 2011: incontournables à visiter? English translation pending
by Chri44 · 2011-03-19 · 11 replies
Bonjour ! Nous projetons un séjour de 7 jours dans le peloponnese puis 7 jours à Syfnos puis 2 jours à Athenes. Nous hésitons sur les sites à visiter dans le peloponnese, nous avons 2 enfants de 15 et 11 ans, qui peuvent saturer si nous leur montrons trop de vieilles pierres ! Quels sont à votre avis les incontournables ? Cela vous semble-t-il possible de combiner une journée dans les météores ? Merci d'avance Christine🙂
Où faire du camping au bord de la mer en Corse avec mon Zodiac? English translation pending
by Cosaque · 2010-10-28 · 4 replies
Je recherche un camping bord de mer en Corse avec possibilité de tirer mon pneumatique BOMBARD C5 sur la plage près ou pas trop loin de ma tente. Celui-ci est pourvu de roues arrières et avant (MAT C). J'aimais Galéria , mais pas de place sauf corps mort.
Corse: quinze jours sous la tente avec deux garçons (8 et 10 ans) English translation pending
by Madrouille13 · 2010-07-17 · 3 replies
Bonjour a tous,

une voiture, une tente et c'est parti dans 3 semaines pour 15 jours en Corse avec nos 2 loulous. C'est notre première escapade sur l'ile de bauté et nous ne savons pas trop par ou commencer alors je sollicite ceux qui connaissent pour nous guider un peu et ne pas passer à coté de l'essentiel...

objectif : en prendre plein les yeux. Plages, torrents, balades, villages, traditions🙂 contraintes : arrivée et départ de Bastia periode: 3 au 18 aout hebergement recherché : camping familial calme +- piscine, +- à la ferme ?

on envisage de rayonner autour de 3 camps de base différents. quels sont les endroits les plus appropriés pour ne pas passer notre vie sur les routes et profiter de la diversité de l'ile?

une idée de circuit sur 15 jours adapté aux enfants avec 3 régions cibles ?

a priori pas de resa possible dans les camping pour une tente. tous les campings fonctionnent-ils comme ça ?🤪 si vous avez des idées de trucs a voir absolument , de sites magiques en dehors des sentiers battus, n'hésitez pas nous sommes preneurs ! 😉 Merci de vos réponses
Vos itinéraires de croisières? English translation pending
by Alcati · 2010-03-26 · 81 replies
😉😉😉Bonjour,

Je vous propose une discussion sur laquelle vous pourriez à la fin de votre croisière mentionner le nom exacte des itinéraires choisis avec les escales parcourues.

Cela permettra aux personnes qui programme ou qui son en train de réserver un circuit de prendre contact avec vous sachant par ce moyen d'information que vous avez effectué ce parcours.

Je lis souvent que l'ont demande de ce que l'ont pense de telle ou telle escale. Quels sont les endroits sympa à visiter, quel est le prix d'un taxi ou faut-il faire cette excursion par la compagnie su paquebot !!!

Vous aurez là, un moyen de communication plus rapide afin de leur amener un maximum d'information sachant qu'il est toujours sympa d'ajouter un plan des lieux (style carte que l'ont trouve à bord), photos des sites, également, etc...

A titre d'exemple, en 2002, sur le MELODY de MSC, j'ai fait le circuit suivant :

"BASSIN MÉDITERRANÉEN" comprenant les escales suivantes : MARSEILLE - GÈNES - NAPLES - PALERME - TUNIS - PALMA DE MAJORQUE - BARCELONE - MARSEILLE.

En 2006, sur le CLUB MED II, l'itinéraire était le suivant :

"LA ROUTE DES VOLCANS" avec pour escales : NICE - PORTO VECCHIO - CAPRI - LIPARI - TAORMINA - AMALFI - PORTO FINO - NICE

En 2008 : "PASSAGE A L'EST" sur le COSTA VICTORIA et dont les escales furent : SAVONE - NAPLES - SANTORIN - MYKONOS - IZMIR - ISTANBUL - CONSTANZA - ODESSA - YALTA - LE PIREE - KATAKOLON - SAVONE.

En 2009 : "MERS et MYTHES CLASSIQUES" sur le COSTA MEDITERRANEA avec les escales suivantes : SAVONE - NAPLES - MESSINE - ALEXANDRIE - LIMASSOL - MARMARIS - KATAKOLON - SAVONE.

En espérant que cela vous guidera dans vos démarches futures.

Bonnes croisières à tous.

JC
Italie: hébergements sur la côte almafitaine? English translation pending
by Emmastockh · 2010-03-09 · 22 replies
Bonjour Je recherche des hébergements sur amalfi sorrento capri naples nous atterrissons à Naples, avons loué une voiture à l'aéroport et allons faire 1 tours sur la côte du 17 au 21 mars. Des conseils? Merci d'avance !!🙂
Tour de la Corse à moto: hébergements à prix raisonnable? English translation pending
by Serras · 2010-03-06 · 12 replies
Salut à tous, nous sommes 2 couples à envisager de partir la derniére quinzaine de juin pour faire le tour de la Corse à moto. Voici notre idée de circuit : - Jour 1 : arrivée Bastia à 7h du mat'. Tour du Cap Corse. Le soir arrêt à St Florent -110 km - Jour 2 : Région de St Florent- - Jour 3 : Destination Ile Rousse, Calvi - 70 km - Jour 4 et 5 : Destination Porto, rando dans les Calanches de Piana, et cascades d'Aïtone - 70 km - Jour 6 : trajet vers Ajaccio, Lac de Creno, Iles Sanguinaires - 80 km - Jour 7 et 8 : Route vers Bonifacio - réserve de Scandola, bateau - 110 KM - Jour 9 et 10 : Porto Vecchio, Bavella - 80 KM - Rando - Jour 11 et 12 : route vers Corte par l'intérieur - 130 km - Jour 13 : retour vers Bastia avec boucle vers Oletta et Muratto, col de Teghine. Départ bateau 21h. 120 KM

Soit au total 800 km..

Objectif : balades, baignades, farniente, et re-découverte des merveilles corses.

Qu'en pensent ceux qui ont l'habitude de la Corse à moto ?? Réaliste ? Fou ? Qu'est ce que j'ai oublié ? Et l'hébergement ?? Avez vous des bons plans à prix raisonnable ???

Merci par avance de vos réponses, et .. bonne route .

Sandrine
Des Bretons en Corse (en camping-car) English translation pending
by Strikeman22 · 2009-08-27 · 15 replies
Des Bretons en Corse (en Camping-car..)

Nous sommes de St Alban dans les côtes d’Armor, Irène et Rodolphe et nous avons comme camping-car un Chausson Welcome 26.

Jeudi 06 Août 2009 :

Nous sommes partis d’Ajaccio à 8h15 ; (nous avons passé la nuit à « la cale » des pêcheurs,

Après le parking d’embarquement sur la droite).

Les tickets avaient été pris sur internet quelques jours plus tôt, avec Corsica Ferries ;

(Vérifiez bien vos hauteurs, largeurs, longueurs, avant de valider vos tickets afin de ne pas avoir de surprises).

Nous avons débarqué à 14h15 à l’Ile Rousse, puis nous avons pris la direction de Calvi ;

1er arrêt à Algojola, (descendez jusqu’à la plage), pour une baignade à 27°c.

(Vous pouvez rester dormir une nuit sans problème). ***

Fin de baignade, direction Calvi, stationnement gratuit face à Super U ; (autant de jours que vous le souhaitez). Dîner sur le port. (Prix très correct)

Vendredi 07 Août :

Rencontre d’un cousin Ardéchois en vacances, ballade en bateau, visite de la citadelle***, (toujours 35° à l’ombre), puis direction Ambroggio (petit demi-tour) pour dîner avec famille ;

Nous avons passé la nuit « au Rocher », petite crique magnifique, avec parking (où nous avons dormi). ***

Samedi 08 Août :

Matin, baignade au rocher, puis route vers le désert des Agriates, jusqu’à St Florent.

Parking gratuit à l’entrée de la ville, sur la droite .Ballade en ville, puis route vers

La vallée de l’Ostriconi (demi-tour jusqu’à la N1197).

Arrêt dans la montagne, chez « Dominique »et sa femme, pour goûter les spécialités Corses.

Faites un arrêt, vous verrez « Le Corse » !! *** des montagnes.

Arrêt apéro à Lama. ***, puis route pour Corte.

Dimanche 09 Août :

Dormir à Corte, rien de plus simple : ne rentrez pas dans la ville ;

sur l’axe Calvi/Aléria, vous avez un parking avec une baraque à pizza,

vous pouvez y rester une nuit au moins ; (demandez si vous ne dérangez pas).

De plus, ils adorent les Bretons !!!

Visite de la Citadelle en petit train, visite du musée de Napoléon, midi resto pas cher,

avec Jeff et sa fille, « Aaronnais » en vacance sur l’île de Beauté.

« Lèche-vitrines », (c’est pas ce qui manque), et départ pour la vallée de Tavignano

et ses ponts Génois.

Le soir, arrêt au camping à Ghisonaccia, le « U CAZONE » *** pour la vidange et

Remplissage en eau (compris dans le prix de la nuit). Baignade sur une des plages de la Costa Serena, ( pas très propre, et envahi par les Italiens).

Lundi 10 Août :

Départ vers le sud, baignade à Solenzara ***, ravitaillement et route vers Bavella. ****

Baignade en rivière, puis route jusqu’au barrage après la Cascade Piscia di Gallo,

afin de dormir au bord de l’eau.

Mardi 11 Août :

Matin, cascade Piscia **, raffraichissement dans la rivière, déjeuner paillote de la cascade,

(la plus petite des deux, c’est charmant et sympa.)

Route vers Porto-Vecchio, achat de cartes postales, parking sur le port avec eau gratuite,

Mais pas de vidange. Mais on peut dormir plusieurs jours !!

Nous ne restons pas, la plage de Palombaggia ****nous attends !un parking payant pour 10 euros la nuit, possibilité de vidanger et de remplir. **

Mercredi 12 Août :

Matin, baignade à Palombaggia, puis départ pour Bonifacio, arrivée fin d’après midi

car nous avons rattrapé la D 859, puis la N 196 pour terminer au Cap Pertusato où

nous avons passé la nuit (près du sémaphore) *** ; dîner sur le port toujours à des prix

attractifs.

Jeudi 13 Août :

Bateau pour les Iles Lavezzi **** (plusieurs heures sur l’île) + grottes, falaises et calanches.

On ne compte plus les coups de soleil malgré les protections, la température est toujours la même, c’est le rêve !! au retour, douche au port, ( faut y penser), puis visite de la haute ville,

et 2ème nuit au Cap.

Vendredi 14 Août :

Matin, re-visite de la haute ville avec son « cimetière des marins »,

resto le midi dans la haute ville, et route vers Rondinara dans le golfe de Santa Monza,

puis départ pour Propriano, avec arrêt baignade à l’anse Fornello, visite du « Rocher du Lion » et de sa plage ****; si le camping est complet, impossible de rester pour la nuit.

Avant Sartène, il y a une aire de pique-nique (N196); on s’y installe pour la nuit !! **

Si vous manquez d’eau, faites le plein de gerricans aux diverses fontaines sur la route !!!

Ca aide car les campings, à ces dates, sont souvent complets, et ne vendent pas d’eau.

Donc le système D s’impose… ; et en plus c’est marrant !!

Samedi 15 Août :

Matin, arrivé à Propriano, nous faisons les courses ; puis baignade à Olmeto plage ;

(pour les footeux, j’ai bien mis un O, pas un A…à la fin).

Midi, plage à Cupabia ***, baignade, sieste ; et route vers Porticcio.

Parking face à la mer ****, gratuit et à volonté. Sur la plage, toilette et douche « gratuit ».

Shopping nocturne, vue sur le feu d’artifice d’Ajaccio !!

Dimanche 16 Août :

Matin, shopping toute la matinée, midi resto “Le Club”buffet à volonté 12 euros **** sur la plage !!!

14h30, baignade jusqu’à 17h ; randonnée en buggy au belvédère de Tolla, avec notre guide Mathieu, retour vers 19h. Nous faisons alors la connaissance du propriétaire du magasin « Corsica Souvenirs », (qui loue les « buggy » à petits prix), Alex.

Nous discutons des Corses, des Bretons, des villages à visiter, et une réelle amitié s’instaure au fil des heures.

1h30, il faut aller se coucher au bord de l’eau car Alex nous a dit qu’il n’y avait pas de problème pour s’installer au franc de la plage, (route derrière les boutiques).

Lundi 17 Août :

8h00 : réveillé par « Zavatta »; le cirque vient s’installer pile où on s’est garé !! et pendant 3 jours !! Alex ne le savait pas, il est excusé ! tant pis, vu l’heure, une baignade s’impose après avoir remis le C.Car sur le 1er parking.

12h30 : navette bateau pour Ajaccio et visite de la ville jusqu’à 19h.

Pot avec Alex, il nous indique une auberge à Porticcio (sortie de la ville dir .Ajaccio) où aller manger ce soir. ******. 3ème nuit à Porticcio.

Si vous voulez super bien mangé, allez voir Alex de notre part !!!!

Mardi 18 Août :

Départ 10h30 avec la voiture d’Alex, eh oui, un Corse nous prête sa voiture, ça décoiffe !!comme quoi, les Corses sont comme tout le monde, voir mieux ,

Vous prêteriez votre voiture à une personne que vous ne connaissez que depuis 2 jours…. ?

Bref, quand on lui a dit que l’on allait visiter les « calanches »de Piana en C.Car, il a insisté

Pour nous prêter sa voiture, et je dois dire que j’ai apprécié de ne pas être stressé dans ces routes étroites. Donc encore merci Alex.

La visite a commencé par la route des sanguinaires après Ajaccio, puis resto à Piana « chez Ginette » ***, puis calanches de Piana ****jusqu’à Porto, et retour vers 19h.

Nous avons rendu la voiture à Alex, et il nous a invité à une soirée « chanteuse du Sud » au bar d’à coté vers 23h.En attendant, courses et dîner.

Mercredi 19 Août :

CHAUD, CHAUD, 45° à l’ombre ; matin baignade, brocante, baignade, baignade !!

Après-midi, sieste, puis achats cadeaux souvenirs ; soir resto sur la plage.

Ballade, il fait 31° à 3h du mat…..

Jeudi 20 Août :

Dernière journée avant le départ pour le continent. Nous avons vidangé l’eau et les toilettes.

L’eau propre est presque vide, il reste ce qu’il faut pour les douches de demain matin. A vide, on ne frotte pas lors de la montée sur le bateau !! et le plein se fera sur le continent.

Nous passons la journée à la plage, baignade, farniente, et au revoir à Alex, à son frère, ses filles, et à Mathieu, des Corses Hyper sympas !!!

Le soir, nous dînons avec Marinette et Daniel (des Ajacciens qui étaient en vacances en Bretagne, eh oui !), ainsi que leurs enfants au restaurant « La Ferme » ****, à la sortie de Porticcio (mais dans l’autre sens).

6ème et dernière nuit à Porticcio et la Corse nous manque déjà… ;

Vendredi 21 Août :

7h15 : arrivée à Ajaccio pour l’embarquement ; comme les C .Car sont les derniers à monter

pas la peine de venir trop tôt ; l’année prochaine, nous arriverons1/2 h avant ; arrivé à Nice

à 14h15, nous avons pris la direction de la Bretagne, en faisant des pauses chez les cousins

qui étaient sur notre route.. ; Au Revoir la Corse !!!!! et vivement l’été prochain .
Séjour de douze jours en Corse en septembre English translation pending
by Yamen78 · 2009-08-06 · 5 replies
Bonjour,

Nous partons tout début septembre pour notre première fois en Corse pour 12 jours. Nous arrivons à Ajaccio. L'objectif : visites et repos, tempérées par un bébé !

Nous comptons couper notre séjour en deux : - une partie entre Calvi et l'Ile Rousse pour découvrir la Balagne. - une partie près d'Ajaccio pour visiter le coin et ce qu'il y a autour de Porto. 1ère question : Est-ce facile de rayonner autour d'ajaccio jusque Porto pour des visites sur une journée ?

J'ai commencé à regarder les hôtels pour notre "première partie" et j'ai repéré dans notre gamme de prix : - Hôtel Funtana Marina - Ile Rousse. - Hôtel Les Aloès - Calvi. - Hôtel St Joseph - Algajola. - Hôtel Stella Mare - Algajola. 2ème question : vos avis sur ces choix ?

Avez-vous de bons plans logement sur la Balagne ou plus au sud vers Ajaccio ? Je trouve que les prix restent élevés en septembre pour des gammes d'hôtels qui restent assez modestes...

Au plaisir de vous lire.

Yamen.
Avis sur itinéraire de 18 jours en Corse fin septembre à mi-octobre? English translation pending
by RicQc · 2009-08-06 · 5 replies
Bonjour,

voici la planification du voyage que nous avons pour notre voyage en Corse à l'automne (fin septembre à mi-octobre): Ajaccio (2 nuits) Bonifacio (4 nuits) Zonza (2 nuits) Corte (1 nuit) Bastia (2 nuits) Calvi (2 nuits) Piana (3 nuits) Ajaccio (2 nuits)

On se demande si l'itinéraire est réaliste? Est-ce que les déplacements en voiture entre ces villes seront trop long? Des amis me disent que la route vers Ajaccio-Corte est dangereuse, est-ce vrai? Est-ce que je risque d'avoir du brouillard sur ces routes le matin? Je n'ai pas encore loué ma voiture, idéalement je cherche un voiture compacte avec un coffre permettant d'y loger 2 valises de grandeur moyenne. Est-ce que vous avez des modèles à me conseiller? Des agences de location à me référer?

Merci de votre aide
Avis sur itinéraire de douze jours en Corse (voiture+camping)? English translation pending
by Gauchepatte · 2009-08-05 · 5 replies
Bonjour,

Nous partons moi et ma compagne fin août-début septembre en Corse pour 12 jours sur place (arrivée le lundi 7:00 à Bastia, départ le vendredi de la semaine suivante d'Ajaccio à 19:00). 😎

Je suis en train de préparer notre itinéraire mais tellement d'endroits me font envie que j'ai des difficultés à faire les choix, et à évaluer ce qui est réalisable!

Je me permet donc de vous exposer mon idée et espère avoir vos avis éclairés!

J'ai donc envisagé de décrire un "S" depuis Bastia, c'est à dire Bastia->une partie du cap Corse->St-Florent->Calvi->Porto->Corte->Bavella->Porto Vecchio->Bonifacio->côte en regard de Sartène->Ajaccio, avec donc à chaque fois un endroit précis où aller en tête (Nonza dans le sud du cap, Saleccia au passage à St-Florent, la citadelle de Corte, 3-4 plages entre Porto Vecchio et Sartène...) et notre escale la plus longue à Porto pour 3 nuits (Calanchesde Piana, bateau pour la reserve naturelle),

mais je crains que ce projet ne soit trop ambitieux pour nos 12 jours et ne permette aucun contre-temps, d'autant plus que je l'ai calculé en imaginant que les matinées soient "remplies", souvent par les trajets mais ma compagne ne semble pas décidée à se lever à l'aube tous les jours, et je crains que ce programme chargé ne nous permette pas non plus de flâner autant sur la plage qu'elle l'aimerait, ou tout simplement de rentrer frusté d'avoir tout parcouru sans avoir pû profiter pleinement de rien...🏴‍☠️

J'ai donc imaginé une autre solution, qui serait de me résoudre à retourner en Corse l'été prochain, et donc choisir de couper la Corse en 2 (par une ligne entre Ajaccio et Aléria disons), ce qui me permet alors d'envisager un itinéraire plus "cool" qui consisterait en fait à étoffer et à visiter plus tranquillement la partie "Nord" de mon premier itinéraire, à savoir Bastia->cap Corse->St Florent->Corte->Calvi->Porto->Ajaccio, ce qui laisse alors du temps pour approfondir sur le cap Corse, les Agriates, faire une journée de randonnée en montagne autour de Corte, et faire les Calanches, Piana et Porto de fond en comble jusqu'au bateau de retour d'Ajaccio.

Et donc envisager l'an prochain le col de Bavella, Porto Vecchio, Bonifacio, Sartène, le Sud en fait, tout aussi sereinement, je pense.

Voilà j'espère que vos avis étayeront ces idées, peut-être que mon premier projet est plus réalisable que je ne l'imagine, ou peut-être pas du tout, peut-être est-ce vraiment trop dommage de manquer pour un premier voyage en Corse le Sud de l'île, peut-être puis-je faire mon "S" facilement en zappant simplement 1 ou 2 choses qui ne vous semblent pas judicieuses sur mon parcours, ou peut-être que tout simplement ma deuxième idée répond intelligemment à toutes ces questions!

Toute autre suggestion est évidemment la bienvenue!

une dernière précision nous prenons le bateau de nuit avec la SNCM, j'ai simplement reservé 2 fauteuils (en salon semble-t-il) et un ami pense que la cabine s'imposait et que noous seront sûrement "crevés" le lundi de notre arrivée à Bastia, ce qui mettrait encore plus en péril ma "première idée" puisque un jour est quasiment perdu... avez-vous également un avis là-dessus?

Merci beaucoup d'avance! 🙂
Quinze jours dans le sud de la Corse fin septembre English translation pending
by Belsigui · 2009-08-04 · 4 replies
Bonjour à vous. Ma compagne et moi comptons nous rendre dans le sud de la Corse fin du mois de septembre pour 15 jours. Nous venons de Belgique en voiture. J'ai fait les calculs et prendre l'avion avec une location de voiture sur place ne coûte que 100 euros de plus. Que vaut-il mieux faire? Le gain de temps en avion est un atout évidemment. Y a t'il des conseils particuliers pour voyager au mieux, des bons plans pour se déplacer sur place, ... Nous comptons nous concentrer sur le sud pour notre premier séjour. Le climat est-il encore favorable? La plongée ou le snorkelling sont-ils encore agréables (eau pas trop fraîche?). Nous aimerions aussi faire des petites ballades sympa et pas pour des pros de la rando (on aimerait bien s'y mettre mais pas encore pour tout de suite!!!). Nous avons acheté qlq guides dont le guide evasion chez Hachette et le guide des merveilles de la nature corse chez Arthaud qui proposent pas mal de ballades mais si vous pouvez nous suggérer des ballades (avec les incontournables) que vous auriez déjà faites, nous sommes preneurs de tout. Nous comptons loger en camping dans la région de Bonifacio. Nous avons acheté le guide Michelin Camping mais à nouveau, si vous avez une adresse sympa... Pour ce qui est de la nourriture, trouve-t'on facilement des petits magasins? ou des petits restos locaux à prix abordables? Merci d'avance et bien à vous.
Premier voyage à vélo, tour de Corse et Sardaigne English translation pending
by Lucbertrand · 2009-06-12 · 2 replies
Corse Sardaigne à vélo

Un mois à vélo à travers ces deux îles, projet très tentant que j'ai tout de suite accepté. Il faut dire qu'avec Jean on est sûr que ça va «rouler», en effet il a une très bonne expérience des grands voyages à vélo, tour de l'Adriatique, tour de Turquie etc... Le plan est simple: en partant de Bastia remonter le Cap Corse puis descendre la Corse par sa côte ouest, prendre le bateau à Bonifacio pour Santa Teresa, puis longer la côte ouest de la Sardaigne jusqu'à Oristano, mettre le cap sur le centre de l'île, grimper le point culminant au passage, rejoindre la côte est et la remonter jusqu'à Santa Teresa, rejoindre à nouveau Bonifacio, d'où direction Porto Vecchio et de là attaquer directement à travers les montagnes jusqu'à Bastia par Zonza, Ghisoni et la Castagniccia en escaladant une multitude de cols. Le tout devant durer à peu près un mois. Les deux parties du trajet en Corse seront effectuées à deux et le parcours en Sardaigne à quatre. Les deux autres protagonistes arriveront et partiront de Porto Torres. La longueur des étapes, en fonction des conditions météorologiques, des dénivelés et autres facteurs variera de 50 à 110 kilomètres. L' hébergement sera principalement effectué en camping. Autant les côtes sont assez bien pourvues en terrains de camping, autant le centre des îles n'en possède pas beaucoup, surtout aux mois d'avril et mai beaucoup ne sont pas encore ouverts. En effet le départ de Bastia est fixé le 26 avril et l'arrivée à cette même ville est prévu aux environs de la dernière semaine de mai.

C'est mon premier voyage à vélo. Pour le matériel, celui que j'emporte pour de grandes randonnées à pied devrait suffire. Pourtant, malgré ce principe de base simple, au lieu des 10 kilogrammes habituels, je me retrouve avec plus du double. Deux sacoches arrières sur lesquelles je pose mon sac north face, une petite sacoche de guidon et tout tient sans problème, mais l'ensemble dépasse largement les 20 kilos. Mon vélo un trek cadre alu, sur lequel le vendeur de cycles m'a mis un très bon matériel en particulier des roues particulièrement solides aux pneus de petite section mais renforcés kévelar, avec des roulements performants. Dans les descentes mes camarades pédalant je me contenterai souvent de me laisser aller en roue libre. Je précise que ce vendeur de cycles sur les quais de la Saône à Lyon j'y suis allé grâce à une question posée sur Voyage Forum.

Rendez-vous fixé avec Jean le 24 avril chez ma cousine à Nice. Le lendemain nous rejoignons le bateau qui part à 14heures30. Pour la première fois de ma vie je pilote un vélo avec sacoches. Au cours des premiers kilomètres pour se rendre au port en pleine ville, je donne sans doute l'impression d'être un peu éméché, en effet la maîtrise de l'engin avec quelques 25 kilogrammes sur le porte-bagages n'est pas innée. Sans incident cependant nous atteignons le point d'embarquement. Heureusement que nous voyageons avec Corsica Ferries car la compagnie française concurrente est en grève. La traversée s'effectue sans encombre par beau temps, mais un peu couvert en arrivant, prémices de mauvais temps pour les jours à venir. Débarquement de nuit, je ne trouve pas ma frontale et je n'ai pas d'éclairage, mes roues sont sous-gonflées, toutes les erreurs basiques du néophyte! Les 6 premiers kilomètres en direction du Cap Corse sont un calvaire, je ne vois pas les trous et aspérités sur la chaussée, de plus ma jante cogne en écrasant la chambre à air. Heureusement le supplice ne dure pas, car un camping nous accueille exactement à 5, 5 kilomètres de notre point d'arrivée. Pas grand monde, nous passons une bonne nuit après avoir avalé notre ration de pâtes. Première nuit d'une longue série au cours desquelles les oiseaux nocturnes puis les diurnes au lever du jour nous régaleront de leurs chants aux multiples modulations. Pas un éveil au cours de ce mois sans ces concerts quotidiens, certains même pour ne pas se réveiller dès cinq heures mettront des boules quiès!

26 avril

Un jour blafard se lève, bien en accord avec les prévisions météo des plus pessimistes. Nous avons le temps de plier nos affaires avant la pluie, mais tout juste. En effet dès que mon vélo est prêt je cours me mettre à l'abri en le poussant. Après quelques mètres la roue arrière est bloquée. Que se passe-t-il? Aïe! Un tendeur accroché dans les rayons, le crochet aux trois quarts arraché, le tout enroulé plusieurs fois autour des pignons. Le métier de cyclotouriste rentre par ce genre de petites erreurs. Un tendeur qui pend ça ne pardonne pas.

L'étape prévue est conséquente, en effet nous espérons rejoindre Saint-Florent en passant par le Cap Corse, une bonne centaine de kilomètres. La température est fraîche, idéale pour le vélo. La végétation est luxuriante, signe qu'il a beaucoup plu cette année. Le bord des routes aussi bien en Corse qu'en Sardaigne sera un enchantement permanent du fait des myriades de fleurs qui tel un tapis merveilleux nous accompagneront au cours des 1900 kilomètres de notre périple. La route domine la mer, ce qui permet un joli spectacle sur les flots gris couleur de plomb, ponctués de temps à autre de touches vert pâle trahissant la présence de bancs de sable. Les premières gouttes ne tardent pas à faire leur apparition, mais notre moral n'est pas entamé. Les sacoches et mon sac sont étanches, tout du moins c'est ce que je crois, et je n'ai pas pris la précaution de répartir mes affaires dans des sacs plastiques. Eh oui! Il faut que le métier rentre. Nous passons une magnifique crique au sable noir, dominée d'un joli village aux couleurs vives, qui rehaussent la grisaille de ce premier matin d'un mois d'errance. La pluie se renforce. On s'arrête dans un bistrot , boire un café et faire le point. Deux couples de Canadiens aux vélos bien équipés passent et ne semblent pas perturbés par le temps, à entendre leurs éclats de rire. On ne va peut-être pas pousser jusqu'au Cap Corse dans ces conditions. Nous coupons par le col de Santa Lucia, à peu près aux deux tiers de la distance du cap. Première montée, 380 mètres de dénivelé. Malgré les 25 kilogrammes de bagages ça se passe bien, petit plateau grand pignon, tranquillement à 8 à l'heure le terrain défile. Mais je n'ai pas vraiment le loisir de contempler le paysage, j'ai comme on dit la tête dans le guidon. Le col atteint, une belle descente nous attend, mais la pluie guette aussi, et le froid se fait tout de suite sentir avec la vitesse. Une fois sur la côte ouest, le spectacle est magnifique. La pluie, les nuages accrochés, les rochers frangés d'écume et la mer sombre donnent une touche d'austérité au paysage. A midi complètement trempés nous effectuons une halte dans un restaurant suspendu au-dessus de la mer, qui possède une salle voûtée de belle facture. Un bon steak nous réchauffe. Retour sous la pluie qui diminue et s'arrête lors de notre arrivée à Saint-Florent. Cette première étape de 85 kilomètres n'a occasionné aucune fatigue. Mon vélo me semble très bien , souvent j'ai plus l'impression de glisser que de rouler tellement le mouvement est souple. Installation dans un camping à l'entrée de la ville, à cette époque les clients ne se bousculent pas encore . Notre arrivée est l'occasion d'une bonne rigolade. En effet l'homme à la réception me demande ma carte d'identité, en lisant ma nationalité française, il me regarde et dit « Vous êtes français comme moi» et il rit franchement. Je reste dubitatif ne sachant pas si c'est du lard ou du cochon (un comble en Corse). Cependant lorsque je relate l'anecdote à Jean on se marre un bon coup. Sans bagage, donc très légers, nous partons visiter la ville. La citadelle, grosse bâtisse circulaire, qui domine le golfe, permet une belle vue circulaire. Construite en 1440, elle fut au gré des périodes génoise, aragonaise, française, anglo-corse, italienne et aussi bien sûr corse. Comme la plupart des villes de Corse et de Sardaigne que nous allons visiter, nous constatons que ces régions étaient très convoitées et que de nombreux peuples se les sont disputées, chacun les possédant de temps à autre en fonction des fortunes de guerre et des alliances. Qu'il est doux de déambuler à vélo par un temps somme toute redevenu clément, bien que de gros nuages sombres rôdent encore sur les reliefs. Revenons à des questions plus terre à terre, avec quoi notre repas du soir sera-t-il arrosé? Jean a la bonne idée d'acheter du Patrimonio au détail, mais n'ayant pas de bouteille, il met ce magnifique vin rouge dans son bidon. La soirée et le dîner sont agréables et le litre de Patrimonio passe de vie à trépas.

27 avril

Après une bonne nuit, le réveil aux chants des oiseaux est un régal, de plus il ne pleut pas. Aujourd'hui début de parcours par la traversée du Désert des Agriates. En montant le premier col, Bocca di Vezzu, qui culmine à 311 mètres une bruine légère commence à tomber. Progressivement elle évolue vers le déluge. Moi qui pensais qu'un désert était garant de sécheresse! La descente sur Île Rousse est un supplice face à un vent violent, cinglés par des gouttes énormes. 50 kilomètres à l'heure sur chaussée détrempée nécessite de l'attention, mais une seule idée me hante, que ce calvaire s'arrête le plus vite possible. Le froid me tétanise, on est beaucoup plus sensible à ces variations de température à vélo qu'à pied, tout particulièrement en descente. Les derniers kilomètres avant la ville en bord de mer sont éprouvants, arque boutés sur les pédales, complètement essorés nous nous traînons lamentablement à 10 à l'heure tellement les rafales de vent et de pluie sont puissantes. Au centre du village arrêt d'urgence dans un petit bar qui nous fait à manger. Les rues se sont transformées en rivières et aucun signe d'apaisement n'est en vue. L'étape d'aujourd'hui s'arrête ici avec seulement 47 kilomètres enregistrés au compteur. Nous prenons une chambre d'hôtel et faisons sécher nos affaires. Je constate que mes sacoches et mon sac ne sont pas totalement étanches, et il va me falloir revoir ma stratégie de conditionnement de mes habits et de mon matériel de couchage, le métier rentre doucement, les petits revers sont formateurs. Les Corses au cours de cet après-midi de fin du monde nous diront qu'ils n'ont jamais vu un temps pareil. Il pleut maintenant depuis six mois. Si ça doit continuer on a du souci à se faire pour notre balade. De plus le tonnerre s'y met! Nous nous endormons bercés par les gouttières qui débordent.

28 avril

Il ne pleut pas. La journée commence bien, le patron très gentiment nous offre le café. L'étape de ce jour sera musclée. Il nous faut récupérer la distance non faite hier, donc au programme arriver à Porto. Rapidement Calvi est atteinte. Nous prenons le temps de visiter cette magnifique cité. La citadelle haut perchée sur son rocher offre une vue époustouflante. Après un pique-nique rapide 85 kilomètres nous attendent, constitués de beaucoup de côtes et en prime avec le vent dans le nez. Nous optons pour les petites routes et prenons la D81, serpentant au-dessus de rochers acérés qui plongent dans la mer. Ce vent qui nous freine, ce qu'il est bon de le sentir sur son visage, ses bras et sur tout le corps. Le voyage en s'exposant aux aléas du climat apporte réellement une dimension de plus à l'expérience. Il n'y a pas que l'effort physique qui procure du plaisir mais aussi ce contact sensuel avec les éléments. Il faut garder toute sa vigilance pour résister aux coups de boutoir du vent, qui arrivent de façon aléatoire. Derrière une vitre de voiture le spectacle est le même mais il manque ce tutoiement avec la planète et ses caprices. Les lendemains de tempête, l'air a une limpidité qui fait ressortir les couleurs et accentue leurs contrastes. En particulier, les très nombreuses fleurs dans ce décor encore tout humide brillent de mille feux, où domine le jaune ponctué des tâches rouges des coquelicots. Cette départementale, très sauvage et peu parcourue à cette époque longe la mer puis s'enfonce dans les terres. Elle est en permanence coupée de petits ruisseaux, conséquence des très fortes précipitations de ces deux derniers jours. Ce qui est extraordinaire sur ces routes corses, c'est que tout en longeant la mer, on peut contempler à proximité de belles montagnes enneigées, qui se découpent sur le ciel.

A 15 heures, nous arrivons à proximité de Galéria qui se situe dans un cul de sac. Le chemin pour Porto est encore long. Une grimpette de 11km pour quatre cents mètres de dénivelé nous fait peiner. Ensuite il reste plus de quarante kilomètres à parcourir qui ne sont pas uniquement en descente. Alors que nous sommes encore à trente deux kilomètres de Porto, son petit golfe semble tout proche. C'est compter sans les interminables détours le long des courbes de niveau. C'est digne du nord de l'Albanie, et si moi je ne l'ai parcouru qu'en voiture, Jean lui a circulé dans ces contrées reculées à vélo. Un peu avant d'arriver à Porto la route passe entre de grandes falaises de roche rouge, du porphyre, permettant par endroits des points de vue vertigineux sur une côte déchiquetée et frangée d'écume. Le gros avantage du vélo sur la voiture, le long de ces routes très étroites et tortueuses, consiste dans le fait que l'on peut toujours s'arrêter pour profiter d'un beau point de vue. Les derniers kilomètres nous donnent bien du mal en nous opposant des pentes rudes. Enfin la petite ville de Porto se trouve à nos pieds. Qu'elle est belle avec sa baie envahie de grosses vagues et sa tour sarrasine sur son éperon rocheux! L'étape a été de 109 kilomètres et le plaisir d'être arrivés est évident. Dernier supplice, rejoindre le camping par un chemin de grande raideur, je pousse le vélo. Soirée agréable, comme précédemment, à cette époque les campings sont presque déserts. Juste au-dessus de nous le Capu d'Ortu, culminant à 1294 mètres pratiquement sur la mer, nous laisse admirer sa vaste face ouest éclairée par le soleil couchant.

29 avril

Durant la nuit il a un peu plu, pourvu que le déluge des premiers jours ne fasse pas un retour. Le ciel reste chargé mais aucune goutte ne se fera sentir de toute la journée. Le départ est brutal et sans mise en jambe. Au cours des six premiers kilomètres la route s'élève de cinq cents mètres, mais petit plateau et grand pignon, tranquillement ça monte. Le lieu est l'un des plus touristiques de l'Île de Beauté, les fameuses Calanches de Piana. Beaucoup de monde, motos, voitures et cars ainsi que deux autres vélos. Je décide de m'arrêter pour faire une photo, je n'arrive pas à décliper mes pédales et je fais ma première chute. L'arrivée au sol est violente, mais heureusement les bagages amortissent en partie le choc, cependant je me blesse légèrement à la jambe avec les plateaux. Je n'arrive pas à me relever car mon pied reste rivé à la pédale. Un grand balèze qui a assisté au spectacle, me prend dans ses bras et me remet sur pieds, mais il manque me lâcher avant que ma chaussure soit décoincée, donc il était moins deux pour que je remette cela. Je le remercie en lui disant «Comme il est bon de se trouver dans les bras d'un grand costaud». Tout le groupe qui l'accompagne éclate de rire. Le site est splendide, d'immenses parois nous surplombent alors que celles situées sous la route dominent la mer de plusieurs centaines de mètres. Des rochers aux formes étranges ajoutent au pittoresque du lieu.

Le parcours jusqu'à Ajaccio se passe sans encombre sur une route toujours splendide. L'arrivée dans la ville est rébarbative à cause d'une circulation dense. Nous fuyons et rejoignons, par une route à circulation rapide très désagréable, un camping à proximité de l'aéroport. L'étape de ce jour est de 92 kilomètres.

30 avril

Aujourd'hui encore une très belle étape par une petite route peu fréquentée nous attend. Dans ces conditions le vélo est un sport très agréable et un moyen de voyager génial, même s'il ne procure pas le degré de liberté de la marche, qui elle s'affranchit de la route. Grosse forme, je pars comme un «calu», Jean qui a l'expérience sait que cela n'aura qu'un temps. Je découvre le plaisir de pédaler à un bon rythme, et de voir défiler les kilomètres. Ce matin cette vitesse est d'autant plus agréable, que nous avons un vent favorable et que la route longe le bord de mer depuis Porticcio. Nous quittons le bord de l'eau et une première côte sévère bloque net le mouvement. Puis contre toute attente nous entamons une descente raide et assez mal pavée, et nous voilà de nouveau sur la plage. Interrogation? Nous nous sommes trompés dans la montée du col de Cortonu. Que faire? Remonter? Ma carte au 100 000, datant de 1985, indique qu'un chemin contourne par l'ouest le col et conduit de nouveau sur la D55a un peu plus loin. Après tout, nous cherchons les petites routes et bien allons-y! Jean est toujours fana pour ce genre de variantes, ça lui rappelle ses virées dans des contrées lointaines. Oui nous le trouvons notre chemin, mais depuis vingt ans le progrès est passé par là et il est goudronné. Cependant son tracé est resté le même, et souvent les chemins ça ne cherchent à faire des détours, il attaque tout droit dans la pente à plus de 10%. Jean s'envole, je mets un point d'honneur à ne pas mettre pied à terre et appuie sur les pédales. Ne pas tomber en dessous de six à l'heure car la limite de l'équilibre se situe à 5, 5 voire cinq, et un déséquilibre avec les pieds rivés j'en connais le résultat! Là les 25 kilos de bagages je les sens. Je n'en reviens pas, pourquoi je suis capable de traverser les Pyrénées à pied avec moins de 10 kilos et que je me retrouve ici chargé comme un camion? Les besoins sont presque les mêmes à pied et à vélo, le couchage et les habits le reste c'est du superflu. Il faut peut-être dire que j'ai de quoi pêcher ainsi que masque et tuba, et aussi plusieurs livres. À pied on restreint le matériel de façon plus drastique. De petites dérives en petits excès on se retrouve accablé comme une mule. Le plus cocasse c'est que pour la norme cyclotouristique je ne suis pas tellement chargé.

Enfin nous voilà de retour sur la route initialement prévue, mais que ce détour était joli. Là, à vélo et à pied je fais la même constatation, au cours des erreurs d'itinéraire on voit généralement de très belles choses et on ne regrette surtout pas de s'être trompé. Une belle descente se présente, logique le col est derrière, et c'est reparti grand braquet, que du plaisir. Nous arrivons à Acqua Doria toute petite localité perchée. Une épicerie bar nous accueille, quelques achats et un café pris sur la terrasse offrant un panorama vaste dans toutes les directions. Je découvre sur une étagère de cette petite échoppe un vin qui m'intrigue tellement que je fais la photo de l'étiquette. Sur cette dernière on peut lire: vin de Merde, le pire... cache le meilleur. On y croit pas à la première lecture et donc on recommence! Mais si c'est bien écrit cela. Pour compléter, des fois que l'on ait pas compris, dans le coin droit de l'étiquette se trouve une belle grosse mouche bleue sans doute du meilleur et non du pire effet! Un peu plus loin nous faisons une halte et pique-niquons bien installés au soleil, moment très agréable passé à se raconter une multitude d'histoires. En effet si nous pratiquons des sports généralement différents actuellement, nous sommes tous les deux alpinistes au départ, et plusieurs dizaines d'années d'escalade ça formate. Nous repartons par de minuscules routes à travers une campagne verdoyante, on ne se fait pas cette idée de la Corse. Les pluies qui s'abattent sur l'île depuis des mois lui donnent un côté luxuriant et partout de grandes herbes bien vertes envahissent les espaces libres et les champs. Retour en bord de mer, Propriano apparaît au fond de sa baie turquoise au sable clair, entourée de montagnes. Que ces grands espaces sont jolis lorsqu'ils sont presque déserts. A l'entrée de la ville nous trouvons un camping en hauteur. Pour rejoindre notre emplacement 500 mètres d'une raideur extrême, ces derniers coups de collier sont un vrai supplice, bien que le compteur ne comptabilise que 62 kilomètres pour la journée. Comme toujours pas grand monde , nous sommes presque seuls à part quelques chats affamés qui viennent quémander. J'évalue le niveau de faim d'un chat, outre sa maigreur, au fait qu'il mange ou non le pain. Pas de doute ceux-là ont très faim. En tout cas ils ne sont pas farouches l'un d'eux escalade mes sacoches comme s'il désirait continuer avec nous. Les bagages posés, une descente en ville nous permet de découvrir une petite cité agréable surtout par ce temps presque estival.

1 mai

Aujourd'hui l'étape sera moins sympathique. En effet, la seule route pour Bonifacio, c'est la nationale, ce qui est toujours un peu stressant et souvent ça ne sent pas bon. Ça commence dur, une belle montée jusqu'à Sartène et tout les jours ne se ressemblant pas je me sens un peu fatigué, donc avec la chaleur je souffre. Il me suffit de penser à Kazantsakis et sa formule que j'ai faite mienne: un jour où je n'ai pas souffert est un jour où je n'ai pas vécu. Un raccourci dans la ville elle-même est très raide, une erreur de pignon m'est fatale. Je mets pied à terre et, mon Dieu que le vélo est lourd à pousser dans cette côte qui affiche au moins 12 ou 13 %. Le reste de l'étape ne me laisse pas de souvenir précis, si ce n'est le moment où dans un virage nous avons vu surgir la Sardaigne, que nous rejoindrons demain. Un autre détail me revient en mémoire, nous avons croisé un groupe de Ferraris en vadrouille, elles étaient quatorze, et même si les voitures ne vous intéressent pas c'est pas mal à regarder passer. Après 60 kilomètres, sur les hauteurs de Bonifacio nous nous installons dans un camping agréable dominé de jolis monticules granitiques qui donnent envie de faire de l'escalade. Sans charge la descente est amorcée pour visiter la cité, qui est très pittoresque. Sa citadelle colonise un magnifique promontoire permettant une vue de tout premier plan sur la Sardaigne et le détroit qui protège le port de la pleine mer. Je me souviens y être venu en voilier il y a bien longtemps lors d'une magnifique navigation d'une quinzaine de jours.

2 mai

Ce matin branle-bas très tôt, nous devons être au port au plus tard à 8 heures pour un départ à huit trente. Les cinq kilomètres du camping au port sont exclusivement en descente. Qu'il est bon de se laisser glisser comme cela de bon matin. Les roulements à billes de mes roues sont si performants que j'ai plus l'impression de glisser que de rouler.

Les passagers ne sont pas très nombreux sur le bateau, quelques voitures et motos. Ces dernières tout au long de notre périple nous en verrons des meutes plus ou moins importantes, sauf en finale dans le centre de la Corse en Castanicca, coin enchanteur dont je reparlerai et qui nous fera regretter de mettre fin à notre voyage, comme attirés par une envie d'errance sans fin. Le départ le long de ces grandes falaises blanches, au sommet desquelles se serrent des maisons toutes en hauteur est d'une saisissante beauté. Les goélands, qui planent derrière le navire à la même vitesse, semblent immobiles. Les bateaux m'ont toujours procuré une forte impression de départ vers des contrées lointaines, même si aujourd'hui le trajet n'excède pas une vingtaine de kilomètres et ne dure que cinquante minutes. Cependant pour un prix de vingt euros, j'ai vraiment la sensation de partir.

Après cette traversée agréable nous débarquons en Sardaigne. Cela me fait quelque chose car il y a plusieurs générations déjà, par ma grand-mère paternelle j'ai des gènes qui proviennent de cette île. Nous commençons avec un petit café sur le port. La vie est délicieuse lorsqu'on n'est pas dans l'urgence et autonomes, pas de contrainte concernant le point de chute, tout petit recoin discret peut faire l'affaire, si à huit heures du soir on n'a pas trouvé de lieu d'arrêt dit autorisé.

Cette première étape doit nous conduire à Castelsardo, jolie petite ville chargée d'histoire posée sur un magnifique tertre pyramidal qui s'avance sur la mer. Le relief sur la côte ouest nous semble presque débonnaire après la descente de la Corse. La circulation n'est pas très importante et le déplacement à vélo est agréable. La campagne sarde est un festival de fleurs, qui déroulent leurs corolles par millions à notre passage. Au bout d'une ligne droite quelques centaines de mètres devant, nous voyons deux cyclotouristes. La chasse est lancée, je réussis à m'approcher à une cinquantaine de mètres puis je me fais décrocher. Jean ne semble pas s'être intéressé à la course. Ils reprennent le terrain perdu et finissent par disparaître. Une quinzaine de kilomètres plus loin, nous les retrouvons devant une échoppe de fruits et légumes sur le bord de la route en pleine campagne. Nous en profitons pour faire la halte de midi. Il s'agit de deux Allemands engagés sur le tour de Sardaigne en douze jours avec points de départ et d'arrivée à Olbia, aéroport desservant l'île par des vols low costs. Nous rencontrerons de nombreuses personnes qui utilisent ce point d'entrée. Les Allemands partent avant nous, mais ayant fait un petit détour par une crique qui les a un peu retardés, pour un temps nous les retrouvons. Cela nous donne l'occasion de nous «allumer» sérieusement le long d'une grosse bosse, et je ne suis pas le premier à craquer. Quand on est bête c'est pour la vie, et ça ne risque pas de s'arranger après cinquante ans!

Castelsardo apparaît au détour d'un virage, véritable splendeur que ce tertre qui s'avance sur la mer, coiffé de sa citadelle centenaire au pied de laquelle de petites maisons multicolores serrées les unes contre les autres essaient de monter à l'assaut. Pris par la beauté de ce spectacle je freine et m'arrête, mais je ne pense pas à mes pieds et rebelote deuxième chute, cependant l'expérience aidant je ne me fais cette fois aucune égratignure. Pourtant on n'est jamais à l'abri d'un poignet cassé, il faudra que ça rentre. Ne devient pas cyclotouriste qui veut! Nous montons visiter cette petite cité, c'est raide à vélo, vieille ville charmante aux ruelles calmes et colorées, haut perchées au-dessus de la mer. Mais il n'y a pas de logement hormis les hôtels, il nous faut pousser jusqu'à Porto Torres à une trentaine de kilomètres plus au sud. Cette décision ne soulève pas l'enthousiasme, mais quelle autre alternative? Rapidement nous reprenons plaisir à pédaler, la route domine la mer avec de belles perspectives sur de petites criques, et de plus le vent nous pousse. À une moyenne supérieure à vingt à l'heure nous atteignons notre but, ce qui fait pour la journée 105 kilomètres, mais ils comptent moins que les kilomètres corses. Installés au camping, nous partons faire les courses au supermarché situé à trois cents mètres. Devant le magasin je freine et dix de der, je n'ai pas vu que mes pieds sont clipés. La chute est plus brutale car je n'ai plus de bagage pour amortir. Je suis bien secoué mais une fois de plus rien, cependant il faut que je réagisse cela fait la troisième depuis le départ et la seconde aujourd'hui, à ce rythme les statistiques me disent que je vais finir au mieux avec un pl��tre. Retour au camping et qui voyons-nous en train d'arriver? Nos deux Allemands , Josef et Wolfgang. Ils viennent s'installer à côté de nous et ce sera l'occasion d'une soirée sympathique à nous raconter des histoires de vélos. Ce sont de gros rouleurs qui n'hésitent pas à traverser les USA. Demain ils partiront tôt, par contre pour nous ce sera repos car nous devons récupérer deux compagnons qui arrivent par bateau et qui vont nous accompagner durant le tour de Sardaigne. Eh oui! VF a encore sévi.

Nous roulons depuis une semaine, cela me permet de me faire une première idée de cette façon de voyager que je n'imaginais pas utiliser, encore récemment. Le vélo ne donne pas cette impression de liberté que procure la marche, car on reste, sinon prisonnier, tout au moins dépendant de la route. Parfois la circulation est dense et ce n'est pas très agréable, cependant on s'accoutume assez vite. Nous avons franchi 550 kilomètres, cela fait beaucoup plus qu'à pied. On éprouve toujours un certain contentement en regardant une carte sur laquelle on a parcouru de grandes distances à la seule force de son corps, à pied ou à vélo. C'est sans doute un peu puérile mais c'est cependant un petit plaisir et une vie heureuse, paraît-il, est constituée d'une somme de petits plaisirs. Il est vrai qu'en soi la distance ne signifie pas grand chose, donnée relative en fonction de la difficulté ou du mode de déplacement. Que dire d'un parcours en kayak ou de la montée d'une face qui fait «seulement» un kilomètre? Même si le kilométrage n'est qu'un accessoire du voyage, souvent on s'imagine qu'en allant loin on voyage vraiment. Forcément ce genre de conditionnement joue et voilà pourquoi on est tout content de regarder sur la carte une grande distance que l'on vient d'accomplir. Le vélo a un autre gros avantage, il est beaucoup moins traumatisant que la marche à pied. Bien sûr l'effort musculaire a été intense au cours des innombrables montées de la côte ouest de la Corse, mais les contraintes et les chocs sur l'ossature sont moindres. Le soir à l'arrêt la fatigue est différente de celle ressentie à pied, bien moins traumatique, vraie source de bien-être. Je n'en reviens toujours pas, pourvu que cela dure. Il y a maintenant une semaine que je suis rentré chez moi, après un mois de vélo et 1900 kilomètres, et je n'éprouve aucune douleur nulle part. Juste avant de partir, une épaule me faisait mal depuis plusieurs années avec des fourmis dans la main. L'ostéopathe que j'ai vu trois jours avant de rouler m'a dit de partir quand même, et il a eu bien raison. Cet effort présente un véritable effet curatif sur les douleurs articulaires. Donc le voyage à vélo présente indéniablement des avantages et des côtés très agréables, bien que toutes les dimensions de liberté ne soient pas réunies, tout du moins en Europe. J'imagine que dans certains pays lointains sur des pistes peu ou pas fréquentées le vélo devient l'outil le plus sublime pour voyager.

3 mai

Ce matin pas d'impératif, nous voyons les Allemands partir et nous petit-déjeunons tranquillement. Cette journée d'arrêt est la bienvenue car je sens une légère fatigue. Nous devons nous rendre au port attendre Evelyne et Rafik à 19h. En début d'après-midi nous partons pour un tour en ville et la reconnaissance du port. De nombreux restes archéologiques subsistent dans cette ville de 20 000 habitants. En outre, elle est très industrialisée. Le hasard fait bien les choses, nous tombons sur une procession religieuse. Un cortège immense suit la statue de la vierge, comme si toute la cité s'était donnée rendez-vous. Les autorités en premier, maire et autres autorités civiles puis, policiers, carabinieri, pompiers, militaires ouvrent la voie à cette foule interminable qui monte à l'église. En fin d'après-midi nous nous rendons sur le port. Bizarre pas de bateau prévu à 19heures, il y en a bien un à 20 heures mais en partance.

En définitive, ils débarquent bien mais à vingt et une heures. Les dix kilomètres pour rentrer au camping se feront de nuit. Moment d'angoisse avec seulement une frontale qui ne permet pas de bien visualiser la route et ses à-côtés. On m'avait dit que les phares n'étaient pas nécessaires car on roule toujours de jour et on ne se laisse jamais prendre par la nuit. Cela fait déjà deux fois en une semaine. Dès que je rentre chez moi je ferai équiper mon vélo du système d'éclairage adéquate. Là encore c'est le métier qui rentre. Nous leur avons préparé un petit repas d'accueil, simple mais consistant, purée saucisses. Nous faisons connaissance, Evelyne est une coureuse à pied reconvertie au vélo et Rafik est un athlète de haut niveau qui a terminé 17ème au championnat du monde de cross. Première soirée très agréable, et durant les 15 jours l'ambiance restera au beau fixe. Manifestement ce sont des clients de haut niveau. Moi le novice du vélo je n'ai qu'à bien me tenir! Le bilan kilométrique de cette journée se monte à trente, une broutille tandis qu'à pied cela représente une belle étape.

4 mai

Aujourd'hui, il est prévu un trajet de rodage à quatre. A travers la campagne sarde par de petites routes nous comptons rejoindre le Cap Caccia, qui est la pointe sud d'une longue et étroite presque-île bordée de falaises qui dominent le mer d'environ 200 mètres. Cinquante kilomètres sans voiture ou presque dans des paysages paisibles ou le vert des prairies et les couleurs vives des fleurs dominent. Qu'il est paisible de faire ce type de randonnée, là le vélo est un merveilleux moyen de locomotion. Nous rejoignons le bord de mer, et prenons la direction du cap précité. Quelques raidillons carabinés nous permettent d'accéder à un belvédère remarquable, d'où la vue sur d'énormes rochers émergeant de l'eau est saisissante. Un groupe d'Allemands devant leur car nous applaudit dans notre effort final. En remerciement je leur récite les premiers vers de la Lorelei: Was soll es bedeuten, dass ich so traurig bin...

Mais au fait sur ce rocher s'avançant sur la mer nous ne voyons pas de camping, alors qu'il était prévu de s'y arrêter pour la nuit. Un petit sigle triangulaire sur la carte avait été mal interprété. De notre magnifique point de vue dans le lointain après un grand cap blanc se dévoile la ville d'Alghero. Nous comprenons tout de suite que c'est reparti pour trente kilomètres. Après quelques bosses, nous rejoignons des zones plates. Un léger vent arrière transforme les vingt derniers kilomètres en une promenade de plaisir à vive allure. Le premier camping rencontré est fermé, le second se cache sur la plage pratiquement dans la ville. Nous finirons par le dénicher après plusieurs passages et les renseignements des autochtones. Le kilométrage pour ce jour s'élève à 77km. La ville a du cachet avec ses fortifications qui donnent directement sur la mer. On les suit par de larges esplanades. De nombreuses armées d'invasion ont laissé des traces dans cette cité, qui a été convoitée et conquise au cours des siècles par les Italiens, les Carthaginois, les Phéniciens, les Byzantins, les Arabes les Catalans et sans doute d'autres.

5 mai

Ce matin petite forme, deux d'entre nous ont des symptômes concordants, mal de tête et nausées. Avons-nous mangé quelque chose qui n'était pas frais? Nous passons la matinée tranquillement. Le départ a lieu à 11heures 30, l'état des deux malades s'améliorant. Le but de la journée se trouve à 48 kilomètres, il s'agit de la petite bourgade de Bosa. Même si la distance n'est pas très importante, l'étape nous marque d'une part du fait de sa beauté, route en hauteur au-dessus de la mer, et d'autre par à cause de ses pentes particulièrement longues et raides. Enfin après avoir bataillé plusieurs heures, une immense descente nous tend les bras. Elle doit nous conduire au point d'étape prévu. Mais le plaisir sera gâché, car l'orage s'invite à la fête et il est particulièrement violent. Nous ne trouvons pas le moindre abri, et stoïquement nous pédalons sous des trombes d'eau. L'absence de construction le long de cet itinéraire est totale, et sous la pluie cela se remarque d'autant plus. Après une petite heure de grosse rincée, le beau temps revient aussi vite qu'il avait été chassé. L'arrivée dans Bosa se fait au milieu des mares laissées par l'orage.

Nous sommes hébergés à l'auberge de jeunesse, spartiate mais fonctionnelle, une chambre à quatre avec lits superposés. Rafik et moi partons pêcher. Outre le goût prononcé pour le sport et la course à pied, nous avons d'autres points communs. Lui est d'origine tunisienne et mon père est né en Algérie, certes de père ardéchois, mais cela n'empêche que nous venons du même creuset de la Méditerranée et que tout nous attire en elle, en particulier la pêche. La petite baie de Bosa est abritée par une large digue sur laquelle viennent se fracasser de grosses vagues. Au débouché d'un petit estuaire aux eaux très remuées, les pêcheurs s'agglutinent, taquinant la dorade et le loup. Pour notre part nous n'attrapons qu'un petit sarran, joli poisson de roche bariolé. Je le décroche avec précaution et le remets à l'eau. Certains pourraient me dire pourquoi embêter les poissons, voire plus, si ce n'est que pour le plaisir de les attraper. Sans doute toute la tradition communiquée par mon père qui me racontait avec une passion non assouvie les pêches merveilleuses qu'il faisait dans son enfance sur les côtes algériennes. Dans ces régions méditerranéennes je me sens bien, ce qui peut paraître un peu paradoxal car je ne rêve que de montagnes et de parois raides. En Corse j'ai plutôt tendance à regarder du côté de la montagne, qui jaillit partout, tandis qu'en Sardaigne mon regard va naturellement vers la mer, même si les reliefs sont parfois escarpés et présentent de belles falaises. La Corse pour moi est une extraordinaire montagne dans la mer, et la Sardaigne consiste en une succession de magnifiques sites côtiers tout du moins sur son versant ouest, la côte est étant plus accidentée. Cependant en Corse, même sa côte plate est dominée de magnifiques pics, enneigés plus de la moitié de l'année. Je ne dis pas qu'elle est plus belle que la Sardaigne, ce type de comparaison n'a pas de sens. Je reprendrai seulement les mots d'un grand navigateur qui a arpenté le monde sous toutes ses coutures et qui déclare « de toutes les contrées dans lesquelles j'ai navigué, les deux plus belles sont la Corse et la Bretagne » et il est breton, alors pensez ce que vous voulez de la Corse!

6 mai

Très beau temps, le petit déjeuner servi à l'auberge de jeunesse est frugal, mais heureusement nous ajoutons le complément. De petits ennuis techniques nous retardent. Le départ a lieu vers midi. Le démarrage est brutal, une rampe particulièrement raide ouvre le bal. Halte repas très plaisante sur la place du village de Sennariolo, et nous ne dérogeons pas au rite du petit café final, surtout qu'en Sardaigne il est moins cher qu'en France, généralement 80 centimes. La montée reprend jusqu'au village suivant Cuglieri. Ensuite le parcours est un enchantement, une succession de faux plats en descente avec le vent dans le dos. Je m'en donne à cœur-joie sur le grand braquet, une vingtaine de kilomètres parcourus entre 40 et 55 kilomètres par heure en permanence. Le vélo procure dans ces moments un plaisir intense. L'expression filer comme le vent décrit bien la situation. J'ai vraiment la sensation de vitesse, et je m'y connais un peu ayant conduit de grosses motos de façon souvent déraisonnable. Un arrêt est improvisé à S'Archittu, tellement ce petit golfe couleur turquoise entouré de falaises est magnifique. Nous repartons sur un bon rythme. La grande ville approche avec son cortège habituel, constructions plus nombreuses, route plus large et un trafic toujours plus dense. Nous n'entrons pas dans Oristano mais partons à l'ouest camper à Torre Grande. Aujourd'hui le compteur marque 72 kilomètres, dont pas mal furent un véritable régal. En particulier les dix derniers kilomètres, vent dans le nez, bien abrités derrière Jean qui comme un tracteur maintenait un bon vingt-cinq de moyenne, on ressent tout le bien-fait de l'effort soutenu au bon niveau sans que cela fasse mal. Il faut dire qu'entre lui et Rafik nous avons deux gros costauds du vélo. Evelyne , toute menue qu'elle est, dans les côtes quelque soit leur inclinaison et leur longueur, elle appuie de façon régulière sur les pédales et je la vois systématiquement disparaître, j'en ferai encore l'expérience au cours des jours à venir dans les montagnes. Mon arme secrète pour refaire mon retard c'est de mettre le grand développement dans les descentes et de forcer comme une brute. J'atteins régulièrement les 60 à l'heure, voire parfois beaucoup plus. Cette sympathique émulation se passe dans la bonne humeur et la décontraction.

Nous envisageons de rester deux nuits sur place afin de visiter tout à loisir les environs demain . En effet à une dizaine de kilomètres à l'ouest se trouve le magnifique site archéologique de la ville de Tharros. Cette dernière il y maintenant deux millénaires était la capitale de l'île. Notre camping est «bunkérisé» par de grandes grilles et un haut mur sur le devant, mais agréable une fois à l'intérieur. Comme d'habitude pas d'affluence, cependant un peu plus de monde que les jours précédents, en particulier des groupes de motards. Un cyclotouriste allemand nous aborde et nous narre son périple commencé cinq semaines plus tôt en Allemagne par une traversée des Alpes jusqu'à Nice.

7 mai

Comme prévu départ pour Tharros, mais les petites routes nous conduisent sur les bords d'un immense étang utilisé pour la pisciculture. De toute évidence les poissons grouillent, mais nous sommes perdus parmi les hautes herbes, notre chemin ayant subitement disparu. Nous ne restons pas longtemps seuls. Des gardes forestiers équipés d'un 4x4, nous ayant repérés de loin, nous prenant peut-être pour des braconniers, s'arrêtent à notre hauteur. Nous leur expliquons notre situation. Ces derniers très gentiment nous proposent de les suivre et par un véritable labyrinthe de petits chemins en sous-bois ils nous remettront dans la bonne direction. L'itinéraire n'est pas évident, car à plusieurs reprises à la croisée de sentes nous les voyons hésiter. Ensuite, la route sur une dizaine de kilomètres est une splendeur, entre plans d'eau et explosions de fleurs sur des hectares.

Enfin nous atteignons la très belle église San Giovanni. Tharros est à proximité. Une piste en terre conduit à l'extrémité du cap. Le lieu est magique. On imagine facilement la scène, lorsque les premiers Phéniciens abordèrent ce site sept siècles avant notre ère. Ils en évaluèrent tout de suite le potentiel. En effet jusque vers la fin du premier millénaire après Jésus-Christ, le port fondé prospéra et donna cette très belle cité. Mais les corsaires sarrasins devenant de plus en plus menaçants, un repli vers l'intérieur des terres fut amorcé et la ville périclita. Il en reste des ruines superbes dans un cadre enchanteur, envahies au mois de mai, d'une incroyable densité de fleurs, qui montent à l'assaut du pied de la grande tour ronde bien campée sur la plus haute colline du cap. Site exceptionnel particulièrement surveillé, nous y croisons outre les gardes qui nous ont indiqué notre chemin, des policiers, des carbinieri et des gardes côtes. Je déconseille formellement à quiconque d'avoir l'idée d'y envisager le camping sauvage.

Nous décidons ensuite d'aller visiter Oristano, jolie petite ville au centre très pittoresque. De belles places dallées aux formes inhabituelles font la meilleure impression. En ce début d'après-midi les rues sont désertes, sieste oblige et nous avons l'impression d'avoir la cité pour nous seuls.

Journée agréable de visites, nous avons tout de même parcouru 62 kilomètres, mais sans bagage nous n'avons pas l'impression d'avoir roulé. A croire que la déformation du cyclotouriste arrive plus vite qu'on le pense!

8 mai

Aujourd'hui départ matinal, car l'étape prévue est conséquente. Plus de 100km ponctués de gros dénivelés, avec pour but Fonni, station estivale au pied ou presque de la Punta Marmora, point culminant de l'île. Le mot Punta n'est pas très bien choisi, car si vous imaginez trouver un beau pic vous serez déçu. Il s'agit plutôt du point le plus élevé d'une crête massive, qui pourrait ressembler au Honneck vu sous un certain angle. Donc c'est une belle montagne, en effet je vis avec une Vosgienne, évidemment le Honneck est forcément à l'égal du Daulaghiri, magnifique pyramide qui culmine presque à 8200 mètres!

Nous mettons donc le cap sur le centre de l'île avec la ferme intention d'en atteindre le sommet, qui culmine, certains diront seulement, à 1834 mètres. Cependant se rendre au départ d'une balade à pied en utilisant un vélo ce n'est pas comme s'y rendre en voiture. Cela participe aussi au charme du voyage à bicyclette (je ne sais pas si ce terme fait partie du vocabulaire du cyclo?). Au nord d'Oristano nous ne trouvons pas la petite route repérée sur la carte, c'est donc par une voie à la circulation relativement importante que nous commençons. Rapidement nous réussissons à nous en échapper. Première localité relativement importante, Busachi, les choses sérieuses n'ont pas vraiment débuté. Premier gros incident technique, le dérailleur de Rafik se prend dans les rayons, d'où blocage de la roue et de nombreux dégâts, rayons complètement pliés dérailleur très endommagé. Rafik est un magicien de la mécanique, en une petite heure il remet tout cela d'équerre, et fait notre admiration. La chaleur devient suffocante et la pente raidit. Nous commençons à avoir des doutes quant à la possibilité de rejoindre Fonni ce soir.

Arrêt à l'ombre d'un petit village pour le repas de midi. Comme toujours l'ambiance est très agréable, peu de monde, quelques autochtones attablés sur les minuscules terrasses des débits de boissons. Nous aurons l'occasion de constater aussi bien en Corse qu'en Sardaigne, que les routes côtières sont beaucoup plus fréquentées par les étrangers que les routes intérieures. Ce qui à vrai dire fera notre bonheur. Retour sur les pédales, ça chauffe dur. À la sortie du village de Sorgono nous faisons un arrêt au cimetière pour nous ravitailler en eau. Nos derniers espoirs pour atteindre Fonni ce soir se sont évanouis définitivement. Teti sera notre lieu d'arrêt. Il s'agit d'un magnifique petit village de montagne. Les habitants très gentiment nous permettent de camper sur le terrain communal dédié aux fêtes du village. Ils viendront même nous brancher l'eau.

L'étape du jour ne s'élève qu'à 85 kilomètres mais la forte proportion de côtes raides et la chaleur nous laissent une impression de journée fatigante et très bien remplie. Cette sensation de bonne fatigue, les muscles un peu endormis, et pas ce sentiment de squelette martyrisé que j'ai après une grosse étape à pied, procure un réel bien-être. Jean parle de vélo-thérapie, et c'est exactement cela. Rassurez-vous, je ne cherche pas un prétexte pour laisser tomber les longues marches. Probablement j'intégrerai plus le vélo dans ma manière de voyager, mais certains grands projets qui me tiennent à cœur ne s'envisagent pas à vélo, comme la Haute Route Pyrénéenne ou terminer la traversée des Alpes, et il m'en reste un grand morceau à parcourir, Chamonix à Trieste.

Une fois de plus la soirée se déroule dans la meilleure convivialité, agrémentée d'un décor superbe au milieu de ce terrain accidenté où la vue porte loin de crête en crête. Mes compagnons de voyage ont tous des expériences sportives et de voyages particulièrement intéressantes, et de plus l'humour, la simplicité et la rusticité font partie de leur qualités. Ce sont les ingrédients assurés d'une bonne partie de rigolade sans jamais à avoir à se tracasser quant aux conditions que l'on rencontrera. Il est étonnant de constater, comme dans certaines conditions une relation intime peut s'établir rapidement. J'ai l'impression sinon de toujours les avoir connus, au moins de les connaître de longue date.

9 mai

Aujourd'hui direction Fonni et cet après-midi l'escalade de la Punta Marmora est prévue. La journée commence par une belle descente, mais ça ne dure pas. Il nous faut enchaîner avec la raide route de Fonni, heureusement presque déserte. Le décor est splendide, grands espaces verts, un lac de barrage magnifique. Sous le pont qui l'enjambe une multitude de gros poissons fait des ronds à la surface.

La ville est à mille mètres d'altitude, de ce fait la chaleur n'est pas trop forte. Pour la seule fois de notre périple nous faisons appel à l'agritourisme. Une jolie demeure bien positionnée un peu au-dessus de Fonni en direction de la montagne que nous voulons gravir. Si le site est joli, le prix l'est tout autant. Une chambre à quatre lits pour la modique somme de 140 euros, certes avec le petit-déjeuner. Malgré des tentatives de négociation, rien n'y fera. Le prix annoncé sur le petit futé est moindre. Cette augmentation est la conséquence probable d'une publicité avantageuse. Nous ne sommes pas en mesure de trop insister ou de chercher une autre solution, si nous voulons suivre le programme. Les bagages déposés, nous reprenons nos vélos pour une belle grimpette jusqu'à l'altitude de 1500 mètres. A partir de ce point le sommet s'atteint à pied. Quelques névés subsistent, que nous nous empressons de fouler. Une première crête est atteinte, de laquelle une descente permet d'en rejoindre une seconde qui conduit au point culminant de l'île. Malgré sa faible altitude la vue porte loin sur les plaines environnantes, mais nous n'arrivons pas à distinguer la mer. Cette région montagneuse est austère, elle me fait un peu penser au Mont Lozère, par la couleur sombre de la roche, ses grandes pentes herbeuses et sa désertification. La redescende est effectuée au pas de course. Il ne faut pas grand chose pour qu'avec Rafik, nous courrions comme des dératés. La vigilance est de mise, car mes chaussures de cycliste, de temps à autre du fait des parties métalliques du système d'accrochage ont une fâcheuse tendance à déraper sans prévenir sur le rocher. Rafik possède un coffre invraisemblable, certes il a 10 ans de moins, mais ses références en matière de course à pied en font un véritable OCNI (objet courant non identifié). Le plaisir de me défoncer physiquement restera, tant que mon état le permettra, une source de joie immense. Nous retournons dans notre agritourisme, où l'ambiance n'est pas franchement chaleureuse, et en guise de représailles nous préparons notre popote dans la chambre bien que ce soit interdit. Ayant été pris au dépourvu pour les courses, quelques lyophilisés en secours nous permettent un repas somme toute bon et suffisamment copieux.

L'étape de ce jour se monte à 54 kilomètres à vélo, dont une bonne quarantaine en montée raide, plus deux heures de presque course en montagne. Seul soir où je sens un peu mon dos, preuve que le déplacement à pied, certes en courant, traumatise plus que le vélo.

10 mai

Aujourd'hui nous retrouverons le bord de mer sur la côte est. Nous commençons la journée par un petit-déjeuner original dans une belle salle circulaire surmontée d'une charpente en forme de tente indienne, ce qui donne à la pièce beaucoup de volume et du cachet. Peut-être pour contrebalancer les relations quelque peu conflictuelles de la veille, l'hôtesse nous sert, outre les ingrédients habituels, une magnifique part de ricotta bien nappée de miel, un pur régal!

Nous sommes en pleine forme, pas de doute un lit de temps à autre, cela fait du bien. Après une descente sur Fonni, la route part à l'assaut d'un col sur 15 kilomètres et 300 mètres de dénivelé, presque une formalité. Au col du Monte Pipinari à 1246 mètres il fait frisquet. Nous ne traînons pas et entamons une longue descente. A quelque distance Rafik crève, son pneu est endommagé ainsi que sa gente. Pour cette dernière il s'agit des conséquences de l'incident de l'avant-veille, quand il a du détordre des rayons en forçant.

Nous arrivons sans autre incident après une magnifique étape à un camping idyllique à Tortoli. Les tentes sont installées sur de petites terrasses juste au-dessus d'un golfe à l'eau d'un bleu profond, avec en deuxième plan de grands rochers, plutôt de petites montagnes qui de par leur positionnement donnent toute sa profondeur à cette baie de grande beauté. Pour agrémenter l'ensemble, une magnifique tour sarrasine est érigée juste en face. Elle sera la toute première à recevoir le soleil du matin. Le lieu nous plaisant, et Rafik ayant des réparations importantes à effectuer sur son vélo, nous décidons de passer la journée du lendemain dans cet endroit.

11 mai

Lever 6 heures et c'est parti pour une partie de pêche. Je ne choisis pas tout de suite le meilleur endroit, mais pour le petit déjeuner nous aurons droit à quelques magnifiques poissons de roche, girelles dont une royale de belle taille et sarrans. Si l'idée semblait surprendre au départ, tout le monde a bien apprécié la chair très fine et ferme de la girelle au petit déjeuner, et contre toute attente, cela passe très bien. Nous ne poussons cependant pas le plaisir jusqu'à arroser cette friture d'un coup de blanc! Journée de farniente sauf pour Rafik qui, ayant acheté pneu, gente et chambre à air, remet tout en état, en particulier le dérailleur qui occasionne quelques difficultés de réglage. La réparation sera efficace car il en sera définitivement fini de ses ennuis mécaniques. En fin d'après-midi nouvelle séance de pêche, et petite friture au dîner qui passe aussi bien que celle du matin. Cette journée dans ce camping est d'autant plus agréable que le personnel est très gentil et particulièrement serviable.

12 mai

Nous démarrons tôt, l'étape sera longue et agrémentée de nombreuses montées. Avec regret nous quittons ce camping où il fait si bon séjourner. Après avoir fait quelques détours pour quitter Tortoli, le ton est donné, ça monte et ça dure! Au village de Baunel, un premier arrêt ravitaillement est effectué. En 15 kilomètres l'altitude atteinte est de 480 mètres. Nous ne sommes pas au bout de nos peines. Le point de passage le plus élevé se situe à 1017 mètres, mais auparavant quatre cols intermédiaires jalonnent l'itinéraire. La route bien tracée permet une montée régulière sans forcer. Avec l'altitude la végétation change, on pourrait se croire quelque part dans le massif central. Enfin le Passo Gena Silana est atteint. Il nous aura fallu quatre heure pour une quarantaine de kilomètres. On s'attendait à plus difficile.

Au col casse-croûte copieux, des cyclistes de route assez nombreux sont montés par le versant opposé. Une très longue et magnifique descente nous procure un vif plaisir. Le cadre est magnifique, de grandes falaises calcaires étincellent de toutes parts avec la mer en toile de fond. Alors que nous avons quitté la montagne, la route serpente en faux plats descendants au milieu de bocages. Nous profitons de ces conditions très favorables pour se tirer une bourre pas possible, aidés d'un bon coup de vent dans le dos. Que c'est plaisant de débouler à vive allure en ayant mis le grand développement.

Avant d'arriver à Orosei, la route traverse d'immenses carrières de marbre, spectacle impressionnant. En voyant un ouvrier travailler, nous prenons conscience du gigantisme de ces chantiers. La ville d'Orosei, est manifestement très touchée par la proximité des carrières. Le premier camping se trouve à 12 kilomètres. Nous le rejoignons par des pistes, l'accès principal étant fermé à cause d'intempéries récentes. Encore un site étonnant au débouché d'une petite rivière sur une plage de sable blanc, baignée par une mer à l'eau émeraude. Pour ajouter au charme du lieu, le propriétaire est particulièrement accueillant et serviable. Le compteur affiche 106 kilomètres et encore le mien est le plus pessimiste. Nous aurions pu sans fatigue en faire beaucoup plus. C'est peut-être aussi cela le miracle du vélo? A moins que ce soit l'endorphine sécrétée qui commence son travail de fond contre la douleur et pour le bonheur!

13 mai

Lever aux aurores, j'aimerais bien rapporter quelques poissons pour le petit-déjeuner. Avec Rafik, nous partons ramasser quelques appâts le long des rochers. J'ai le plus grand espoir de faire une belle pêche. Mais contre toute attente pas une seule touche, comme si les poissons désertaient certains endroits. Je suis d'autant plus surpris, que j'avais trouvé quelques escavennes, oubliées par un pêcheur. En effet ces vers sont infaillibles, les poissons se jettent généralement dessus, mais pas ce matin. Cela ne nous empêche pas d'assister à une très jolie apparition du soleil sur une mer et des rochers déserts.

Départ à dix heures, une fois de plus le lieu était très agréable et calme avant les vacances. L'étape du jour ne présente pas de difficulté, et une fois de plus nous avons le vent comme allié. Les 56 kilomètres qui nous mènent à San Teodoro sont un vrai plaisir. Dans ces conditions, on a plus l'impression de pratiquer un sport de glisse que le vélo. Les tentes sont montées en bordure de plage, le vent souffle, des surf-skates font des acrobaties et montent très haut. En arrière plan sur la mer se découpent deux petites îles, Molara et Tavolara. La seconde est très impressionnante, elle jaillit des flots à la manière d'une flamme et culmine presque à six cents mètres. Comme toujours les oiseaux sont nombreux et nous gratifient d'une multitude de chants très différents, dont le mélange est un régal pour l'oreille.

14 mai

Ce matin réveil en fanfare par une multitude de corbeaux, et ça dure. Enfin ils décident de s'éloigner et les chants beaucoup plus mélodieux habituels envahissent l'espace. Aujourd'hui, malgré un vent encore favorable, la première partie du trajet sera désagréable. En effet nous approchons d'Olbia et le trafic s'intensifie. Nous avions perdu l'habitude des flots de voitures qui serrent parfois de trop près. La traversée de la ville est heureusement vite effectuée par une voie rapide. Dès la sortie de l'agglomération tout s'arrange, à part le temps qui devient menaçant. Quelques montées bien raides dans un joli décor d'aiguilles granitiques, auxquelles les nuages donnent un air austère du meilleur effet. Pique-nique à l'improviste sur la place du superbe village de San Pantaleo, parmi les maraîchers qui replient leur stands. Ce petit bourg a du cachet de par son architecture et du fait de la proximité d'aiguilles rocheuses, qui semblent émerger directement des toits. Il est des lieux comme celui-là, sans que je définisse très bien pourquoi, qui m' apportent une forme de quiétude ou de plaisir, l'esthétique du site seule ne peut en être la cause. Sans doute une conjonction d'éléments, le village avec ses maisons bien entretenues et le joli pavement de sa place qui est le point haut du bourg, les rochers environnants qui donnent envie de grimper, les maraîchers sympathiques, le temps certes couvert mais clément, ce que nous mangeons qui est très bon, un gros chien gentil un peu collant qui d'un regard concupiscent nous réclame les reliefs de notre repas, le petit bistrot à la terrasse coquette qui nous attend pour le rituel du café, et aussi pour finir cette saine fatigue que distille le vélo dans nos muscles. Le mélange de tous ces facteurs permet d'accéder au nirvana!

Le redémarrage, après cet arrêt de longue durée, n'est pas très difficile, car nous entamons une descente dans laquelle le grand braquet une fois de plus va faire merveille. Il faut rester très prudent car chargé, le vélo nécessite des distances importantes pour s'arrêter, les freins faisant l'effet de doux ralentisseurs. Les 15 derniers kilomètres sont une splendeur, le long d'une minuscule route qui se tient au plus près de très jolis golfes clairs, en enfilade pour le plaisir de la vue. L'étape se termine à Palau en milieu d'après-midi. Le lieu une fois de plus est merveilleux. Nous campons à quelques mètres de l'eau. En face l'île de la Maddalena coupe la houle. Ce bras de mer ressemble à un lac immobile, duquel surgissent par-ci par-là de gros rochers granitiques aux formes étranges. Cerise sur le gâteau, l'eau est bonne et j'en profite pour aller ramasser quelques douzaines d'oursins dont nous nous régalons sur le champ.

Le temps est à la pluie et les prévisions pour demain sont mitigées. Nous verrons bien, après les trombes corses nous restons sereins, cela ne pourra pas être pire. Une fois de plus, pris sous le charme du lieu, nous décidons de rester sur place un jour supplémentaire. Nous prendrons le temps de visiter le village, surtout que ce sera jour de marché. Un couple d'Allemands cyclotouristes vient s'installer à quelques mètres. La pluie nous chasse au restaurant, dans lequel la soirée sera exquise.

15 mai

Très tôt sur le coup des deux heures, je vais m'installer sur le rocher juste à côté de ma tente. Le spectacle est féérique. La luminosité est suffisante pour discerner de façon précise le panorama qui s'offre au regard. La mer est d'huile, le mot est bien approprié, l'absence de toute ride la rend de consistance épaisse. Les lumières de Palau s'associent à celles de l'île de la Maddalena et dessinent les moindres recoins du rivage. Aucun bruit, sauf le va et vient de la navette reliant les deux îles. Même de nuit le trafic ne s'arrête pas, un bateau de taille conséquente au moins une fois par heure dans chaque sens. Que peuvent-ils transporter?

Ce matin pas de précipitation, au petit déjeuner nous dégustons quelques oursins. Ce subtile goût iodé au réveil excite les papilles et met en appétit. Nous partons visiter la ville et son marché. Il s'agit d'une petite cité balnéaire sans caractéristique architecturale spécifique. Les étals pour les touristes sont nombreux, qu'il s'agisse de vêtements, de colliers ou autres bijoux. Le rouge du corail est très présent. Je peux dire que la poste italienne tout du moins celle de cette petite cité sarde est digne de ce que nous vivons souvent en France. Ne trouvant pas de timbre, je me rabats tout naturellement vers le bureau de poste. Il est organisé exactement comme chez nous. Deux files sont formées devant deux employés, espacés d'un mètre sans séparation entre eux. J'en choisis une et attends. Le temps que les 6 personnes me précédant passent. Cela prend au moins vingt minutes. Arrive enfin mon tour, à ma demande de timbres l'employé me fait signe que c'est le guichet d'à côté, devant lequel stationnent maintenant une douzaine de clients. Si je veux des timbres je dois compter facilement une demie-heure de plus. Je remercie et quitte le lieu sans ce que je venais chercher. La standardisation de l'Europe c'est bien, au moins on ne perd pas ses repaires et ses habitudes, ni ses frustrations!

Retour au camping pour le repas, la pluie ne tarde pas à faire son apparition et dure tout l'après-midi. Nous tuons le temps à jouer à la belote. C'est une découverte pour Evelyne, mais elle se débrouille bien, puisque son équipe gagne. Je profite aussi de ce temps libre, pour avancer dans le livre que j'ai emporté, voyage au bout de la nuit de Céline. À plusieurs reprises dans ma vie je l'avais commencé, mais pour la première fois je vais le lire jusqu'au bout. Grande œuvre, on comprend que cet ouvrage ait fait couler tant d'encre. De cette lecture on ressort différent. On y trouve la même désespérance que dans Cioran, mais abordée, entre autre, sans concession sous l'angle de la condition physiologique de l'être humain, ce qui fait frémir d'horreur. Mais c'est tellement vrai, c'est justement cela le plus gênant.

16 mai

Le temps s'écoule rapidement. Cela fait maintenant vingt jours que nous sommes partis de Bastia avec Jean et 12 que nous arpentons la Sardaigne avec Evelyne et Rafik. Tout a une fin. Aujourd'hui sera notre dernier jour de voyage en commun. Demain matin nos routes se séparent. Nous retournerons en Corse et eux prendront la direction de Porto Torres pour rentrer sur Gênes, leurs vacances se finissant. En tant que retraités nous n'avons plus ce problème, bien que les errances ne peuvent se prolonger à l'infini, famille oblige. Je comprends très bien ceux qui partent sans idée précise de retour, ou ceux qui au moment final au lieu de rentrer repartent pour un tour. Ce qui me plaît dans le voyage, c'est de ne pas savoir où je vais dormir le soir. Surtout ne pas programmer et ne jamais réserver les points de chute. La recherche au dernier moment représente un véritable attrait, qui attise la curiosité et qui permet le contact. C'est une des raisons pour lesquelles je voyage souvent seul à pied. L'errance sans contingence donne à mon sens un vrai goût de liberté, ce n'est peut-être qu'une illusion, cependant la sensation ressentie est formidable. Cette liberté est exacerbée par le dépouillement. En effet, le voyage à vélo, et cela est encore plus vrai à pied, implique de limiter au nécessaire ce que l'on emporte. Le fait de vivre un mois avec un environnement matériel restreint tout en ayant une totale autonomie est très reposant. On prend d'autant plus conscience des masses d'objets, souvent plus que superflus que l'on amasse dans nos maisons et qui nous rendent esclaves. Mon père avait l'habitude de dire que la possession est un asservissement, comme je comprends ses mots en voyage à vélo, et encore plus à pied lorsque tout ce que je possède n'excède pas les 10 kilogrammes.

Revenons au 15 mai. L'objectif du jour est la petite ville de Tempio Pausania. Elle se situe à l'intérieur des terres. Nous allons renouer avec les bonnes grimpettes. Mais avant de démarrer, une visite un lieu très pittoresque qui domine notre camping s'impose. Il s'agit du site de Roccia dell'Orso. Énormes rochers posés au sommet d'un tertre, offrant un large point de vue sur les environs, en particulier sur les îles faisant face à Palau. Les formes de ces blocs géants rappellent différents animaux, ours, dinosaure et autres monstres plus ou moins préhistoriques. Comme ils sont très visibles de la mer, ils ont toujours servi de repère aux marins de l'antiquité. De ce fait, ils sont mentionnés dans des écrits anciens . Nous y montons tôt et sommes seuls. Lorsque nous en descendons les premiers cars déversent leurs flots de visiteurs pour la plupart allemands.

Il est temps de mettre le cap sur Tempio. Effectivement ça grimpe dur, mais la route est agréable, pas trop de trafic, chaleur tempérée et cette verdure qui nous entoure de toutes parts. Vers les treize heures nous effectuons quelques courses et mangeons à l'entrée de la ville. Cet après-midi nous aurons tout loisir pour visiter. Cette cité possède un joli centre, bien regroupé autour d'une petite place. De nombreuses constructions, palais églises en granit donnent du caractère à l'ensemble. Nous déambulons dans des ruelles ombragées, enserrées entre des maisons toute en hauteur, un peu à la manière des villes de montagne, comme dans le Dévoluy par exemple. Le nombre d'édifices religieux est important et leurs dimensions souvent imposantes. La promenade est instructive et fort plaisante.

De toute évidence à part l'hôtel il n'est pas possible de trouver de quoi passer la nuit. Nous reprenons la route vers le village d'Aggius, qui se trouve dans un lieu charmant, verdoyant et vallonné. Deux beaux dômes granitiques dominent les maisons. A la sortie du bourg, juste à côté du cimetière sous une futaie, un coin discret et pratique nous permet de nous installer en toute quiétude, après 67 kilomètres pour ce jour.

La proximité du cimetière est très pratique pour l'eau. Evelyne va s'y laver sommairement. Pour ma part je n'ose pas, ayant peur de déclencher la colère, si je me fais découvrir dévêtu dans ce lieu. Cette dernière soirée a des petits relents de nostalgie. Alors que les pâtes cuisent Rafik découvre une sente, qui monte à l'assaut de l'un des dômes granitiques, en courant nous nous y engouffrons. Très vite cela devient raide, mais une main courante aide au déplacement et assure la sécurité. Une centaine de mètres sous le sommet le terrain se redresse et le chemin équipé prend fin. Devant nous une belle dalle en granit fauve inclinée à 60 degrés, parcourue d'une large fissure à la prise franche nous invite à poursuivre. Nous n'hésitons pas longtemps et la remontons les pieds en adhérence les mains bien calées en empoignant son rebord tranchant. Sur ce granit bien rugueux, à gros grains, qu'il est bon se mouvoir. Bien entendu il est préférable de ne pas glisser, donc garder un peu de vigilance et ne pas succomber à l'euphorie du mouvement et à la sensualité du contact. Je me surprends à imaginer que cette dalle fissurée s'élance sur mille mètres, hélas non! Rapidement le rocher se couche et les mains ne sont plus nécessaires, et après quelques contours le sommet est atteint. Une vue magnifique s'étend sur la région, rochers qui pointent au milieu de zones vertes avec des villages disséminés au gré des mouvements de terrain. Mais au fait, il ne faut pas traîner, nous nous sommes enfuis en cachette à deux, alors que le repas était presque prêt. Vite nous repartons et dévalons ces dalles, sur lesquelles de gros blocs sont disposés en équilibre. Evelyne et Jean nous attendaient patiemment pour notre dernier repas en commun. L'endroit est bien choisi, non seulement il est très discret, mais en plus il offre une table et des bancs, le grand confort!

17 mai

Lever matinal, petit déjeuner gai, nous savons qu'une expérience de deux semaines particulièrement enrichissante dans de nombreux domaines arrive à son terme. Nous réalisons tout étonnés, que cela fait déjà quinze jours que nous roulons ensemble. La fin de cette aventure à quatre est imminente. Pour trois kilomètres, et de plus en descente, notre chemin est encore commun. Ça y est, le voilà le carrefour de la séparation. Nous nous arrêtons, quelques photos sont prises, on se fait tous une grosse bise. Evelyne et Rafik prennent la route de Castelsardo tandis que Jean et moi partons plein nord pour traverser la région de la Gallura par son centre. Un peu tristes, mais ne pas se poser de question, le voyage continue. Dans un paysage de campagne ponctué de gros rochers de granit fauve puis de porphyre rouge nous retombons rapidement sous le charme de cette nature riante. La Gallura est très jolie en son centre, ce que nous n'avions pas perçu lorsque nous l'avions longée par le bord de mer sur la côte ouest. Une grande descente, grand braquet et nous appuyons à en être étourdis. Je bats mon record de vitesse, 73, 5 kilomètres à heure. Le vélo reste bien stable et je n'ai pas vraiment une impression de grande vitesse. Cependant attention, il faut penser à freiner, je vais quasiment à la vitesse des quelques voitures qui me précèdent. Si elles freinent, je n'ai aucune chance d'en faire autant, donc il me faut relâcher. J'aurais peut-être pu gratter un petit quelque chose en plus! Nous rejoignons un peu plus tôt que prévu la grande route en bord de mer, suite à un croisement passé sans doute trop rapidement. Nous débouchons au moment où deux jeunes cyclotouristes allemands passent. Ça y est c'est reparti j'appuie à fond pour les poursuivre. Je faiblis, Jean passe devant et contre le vent garde une bonne vitesse, je m'abrite derrière et le nez dans le guidon je force. Ah là là!! Les vieux ça veut toujours avoir l'illusion que c'est encore jeunes!! J'en connais certaines, qui, si elles me voyaient, ne pourraient s'empêcher de dire que je suis toujours aussi c... que lorsque j'avais vingt ans. C'est peut-être ça le secret de la jeunesse, rester c...? Le trajet jusqu'à San Teresa est enlevé en un temps record. Nous débouchons sur le port vers midi. Le prochain bateau est à 15 heures30. Nous nous installons à l'abri de la chaleur sur le quai et faisons notre dernier repas sarde, avec notre dernière bouteille de vin rouge de l'île. La bouteille y passe aux deux tiers. Est-ce raisonnable? Nous avons encore une trentaine de kilomètres à parcourir en Corse, de Bonifacio à Porto Vecchio. Mais nous avons cinq bonnes heures pour digérer somme toute une quantité de vingt cinq centilitres par tête, même si je pense en avoir bu un peu plus que Jean! A 17 heures nous serons bien en-dessous des 0, 5 fatidiques. En effet attention à vélo c'est le même tarif qu'en voiture en cas de dépassement, ce qui est normal. La police a constaté que de plus en plus de gens qui se rendent à des fêtes, sachant qu'ils allaient boire, utilisent un vélo. Ce qui tout naturellement a entraîné une recrudescence des accidents avec ce moyen de déplacement. Donc maintenant les cyclistes sont dans le collimateur, avis aux amateurs!

En attendant de traverser vers la Corse, nous discutons avec un couple qui vient d'effectuer en voiture un périple de 10 jours en Sardaigne. Ils sont enchantés de leur séjour, mais sont contents de rentrer, car ils en ont assez de trop manger dans les agritourismes. On en arrive à un véritable paradoxe en matière de voyage. Je réalise tout le bien-être que procure le voyage spartiate, en ayant un repas consistant par jour, généralement constitué de riz ou de pâtes. Même de riz de basse qualité, en effet il y a quelques jours une Allemande nous a proposé, car ses vacances arrivaient à leur terme, un paquet de deux kilos de riz de la pire qualité. Eh bien! Ces grains cassés qui cuisent mal je m'en régale, et ce n'est pas une histoire de radinerie, probablement le plaisir de la rusticité maximale.

La traversée a lieu à l'heure prévue. L'arrivée sur les falaises de Bonifacio dans l'après-midi alors que les rayons du soleil les frappent perpendiculairement, en les faisant resplendir, est un spectacle époustouflant. La vue de ces maisons toutes petites, serrées tout en-haut de ce mur blanc stratifié en surplomb donne presque le vertige. On s'attend à les voir basculer dans la mer. Les nombreux gros blocs empilés au pied de la paroi apportent la preuve évidente que la falaise est travaillée par la mer. La rentrée dans le chenal est spectaculaire. Les remparts de la citadelle défilent en nous dominant d'une belle hauteur. Un voilier de grande taille, aux proportions parfaites est à l'escale. Me déplacer en bateau me donne toujours une véritable impression de voyage, surtout lorsqu'on domine d'assez haut les flots. Sur le quai une meute de motos se tient prête à embarquer. Cela réveille chez moi de vieux souvenirs de folie, à l'époque où le permis moto était à seize ans. Dès cet âge mon père m'avait acheté l'une des plus puissantes motos du marché, une T500 Suzuki, gros deux temps, qui m'a donné des émotions dont je garde un souvenir précis presque quarante ans après. Mais et mais de taille, la contre-partie intolérable de cette époque, c'est que nombreux sont mes camarades d'alors, qui n'y ont pas survécu. Ce que l'on retient dans sa vie ce sont surtout ces moments où l'on ne sait pas très bien si on est encore parmi les vivants ou si on a déjà le billet pour l'au-delà en main. L'alpinisme m'a aussi procuré ce genre de sensations mais de façon moins actuelle, l'action étant plus lente, l'analyse de la situation, hors chute de pierres et avalanches, permet de mieux participer au devenir d'une situation qui s'avère hypothétique. En moto l'excès de vitesse est très difficile à gérer, car l'automobiliste, et c'est normal, n'est pas préparé à voir surgir des bolides à des vitesses déraisonnables. J'arrête sur le sujet, car maintenant je suis un adepte inconditionnel du respect de la vitesse sur la route.

Après ces errements philosophico-débiles revenons à la réalité du moment. Le débarquement effectué, nous prenons la direction de Porto Vecchio. Une fois passée la petite montée de sortie de la ville que nous connaissons bien, les vingt cinq kilomètres à venir sont une délectation. Un terrain peu accidenté, agrémenté d'un bon vent favorable, nous permet de filer, je dirais même de nous envoler à plus de vingt de moyenne. Dans les descentes le cinquante est fréquemment atteint et sans forcer, quelle jouissance! En un temps record nous rejoignons un camping à l'entrée de la ville. Le compteur pour ce jour affiche 85 kilomètres. Comme d'habitude l'installation prend quelques minutes, après plus de vingt jours, la manœuvre ne présente plus aucun secret. Et bien entendu encore une fois le site est presque vide. Le mois de mai est un mois idéal, des fleurs partout et presque personne.

Ensuite nous partons visiter cette ville balnéaire pleine de charme. J'y étais venu en novembre de l'année passée pour raison professionnelle et ce mélange des genres me procure une drôle de sensation.

Notre projet pour les jours à venir, est de traverser la Corse par son centre afin de rejoindre Bastia. Comme c'est étrange, depuis que nous avons quitté nos amis et la Sardaigne, j'ai vraiment l'impression d'être engagé dans un voyage nouveau complètement déconnecté de ce que nous venons de vivre. J'imagine facilement que de segmentation en segmentation, on puisse nomadiser un temps non déterminé de découvertes en expériences en perdant la référence au temps. Le secret pour durer et garder sa motivation au cours de ses errances, c'est peut-être de bien connaître son degré de résistance, et rester à un niveau où l'effort est plaisant sans être monotone et sans dépasser sa capacité d'endurance. Bien entendu cela n'exclut nullement un peu de souffrance, due à l'effort ou à la météo, afin de pimenter l'aventure. Alors l'alchimie de l'alliance du corps et de l'esprit, plaisir aidant, fait que l'on n'a plus envie de rentrer à la maison. Je pense au livre de Bruce Chatwin «Anatomie de l'errance», dans lequel il aborde ce thème éternel du chez soi, qu'il est indispensable d'avoir, pour pouvoir le fuir. Paradoxe de l'être humain, peut-être plus présent chez l'homme que chez la femme, différence jamais facile à concilier dans un couple.

18 mai

Nous renouons aujourd'hui avec les étapes avec gros dénivelé. La route doit nous conduire à Zonza, puis au col de Bavella. En quittant Porto Vecchio devant un lycée des élèves attendent le début des cours. Que pensent-t-ils de ces deux individus lourdement chargés qui passent devant eux un lundi matin? Pour ma part en les regardant, je me rappelle ma rentrée en sixième au lycée Ampère à Lyon, il y a longtemps, et pourtant j'ai l'impression que c'était hier. La seule chose à en déduire, profiter du moment présent et ne pas hésiter à vivre, ça passe très vite une vie. Avec Jean au cours de nos discussions nous sommes arrivés à la même constatation: on part toujours malgré, car il y a une multitude de raisons pour ne pas partir, qui vont du mal de dos à la famille qui vit cela comme un abandon.

Très vite nous rentrons dans le vif du sujet. L'Ospédale, petit village perché, mille mètres de dénivelé en 15 kilomètres. L'effort se fait intense, la route semble escalader les montagnes jusque dans le ciel, mais le plaisir demeure. Arrivés au pied du village, je dis à Jean «Nous sommes bientôt arrivés». Alors une voix sort de derrière une haie et rajoute « Le dernier kilomètre vous allez voir, je ne vous dis rien». Nous ne voyons personne, les buissons parlent-ils? En Corse tout est possible. C'est bon, nous sommes avertis. Nous commençons par voir que le kilomètre en fait deux, et effectivement la pente est supérieure à 10% avec des épingles demandant de s'arracher. D'autre part la route est pleine de trous ce qui ne facilite pas l'effort. Et le bouquet, nous contournons le village sans rentrer dedans. Lorsque nous le réalisons il est un peu tard et l'idée de redescendre ne nous effleure pas. Nous arrivons au barrage qui porte le nom du village. Le lieu est magnifique. L'altitude fait que la température est agréable. Un peu plus loin nous décidons d'une halte afin de boire un café dans une buvette. Le gros de l'effort du jour est fait. Pour rejoindre Zonza, nous nous laissons glisser le long d'un itinéraire serpentant dans un décor de rêve, où les montagnes rivalisent de beauté. A un détour de la route, les aiguilles de Bavella apparaissent soudainement, je freine pour pouvoir les admirer. Mes pieds solidarisés à mes pédales sont le dernier de mes soucis, mais pas pour longtemps. Boum! Quatrième chute, et là je me luxe le pouce droit. Ce n'est pas dramatique, j'arrive toujours à tenir fermement mon guidon. Je ne sais pas si tous les cyclotouristes tombent à la même fréquence? Un peu avant Zonza, le camping municipal nous attend, lieu bucolique et accueillant au milieu d'une forêt aux arbres épars. Nous montons nos tentes, déposons nos bagages et partons faire des courses. Le déjeuner sera succulent, constitué de Lonzo et fromage corse, accompagnés de l'incontournable vin rouge corse. L'après-midi est consacré au farniente jusque vers cinq heures. Il est alors temps de s'attaquer au col de Bavella, une dizaine de kilomètres que nous grimpons à un bon rythme. Spectacle sublime que ces aiguilles d'une part granitiques et de l'autre porphyriques. Nous restons une demie-heure à profiter de l'ambiance du lieu. Puis le plaisir de la glissade rapide vers Zonza nous procure de bonnes et belles sensations. Nous avons décidé de revenir sur nos pas, car la descente sur Solenzara, si tentante qu'elle soit, nous aurait éloignés du cœur des montagnes où nous voulons rester. De nouveau à Zonza, l'attrait de la Pietra, la fameuse bière à la châtaigne, est irrésistible. L'étape de demain devrait être dure par des routes peu fréquentées. Nous demandons au barman si la route de Ghisoni est bien celle que nous voyons commencer à quelques mètres de la terrasse du café. Il nous répond surpris « Pas du tout Ghisoni ce n'est pas par là. Il faut passer par la côte». À mon tour d'être étonné. Je lui montre la carte et la route au milieu des montagnes qui passe par les cols de la Vaccia et de Verdé. Alors sa réponse est une répartie d'anthologie «Oh! Mais là c'est le nord, on y va jamais». Le tout avec un accent corse à couper au couteau. Le ton est donné, notre route ne sera pas fréquentée. En quelques kilomètres nous sommes de retour au camping. La nuit sera fraîche, j'aurai un peu froid car depuis notre départ j'ai pris l'habitude de dormir hors de mon sac de couchage. Ce jour nous avons fait 70kilomètres, ce qui semble peu, mais l'effort a été intense et la journée bien remplie.

19 mai

Lever matinal, il fait froid. Les habits sont les bienvenus pour démarrer. À nouveau la traversée de Zonza, puis nous empruntons la D 420 direction Quenza. Trois autres villages accrochés à la montagne sont traversés avant d'arriver à Aullène. De cet endroit une route minuscule monte en direction du col de la Vaccia. Régulièrement elle suit un fond de vallée puis escalade un pan de montagne à flanc, pour nous conduire vers les 1200 mètres d'altitude au col. Pratiquement personne, seule une moto passe. Nous faisons une pose pour photographier un gros cochon qui paît tranquillement, oui qui paît à la manière d'une vache! D'abord il se montre farouche et ne se laisse pas approcher. Puis de son plein gré, il se rapproche comme s'il avait compris que nous n'allions pas le transformer tout de suite en lonzo et autre coppa. La descente sur le versant opposé est en très mauvais état, goudron déformé et trous partout. Les mains crispées sur les freins, cela devient rapidement un supplice. La chaussée change, de toute défoncée elle passe à toute neuve. L'effet est presque le même, car la couche de gravillons est épaisse. Il est dangereux de rouler sur ce tapis instable, et il indispensable de se servir des freins avec agilité et tact. Tout a un fin, même les tapis de gravillons. Au cours de cette descente nous ne sommes pas allés beaucoup plus vite qu'à la montée. S'offre à nous le village de Zicavo. La halte est la bienvenue. Un groupe de randonneurs est engagé dans la travers��e de la Corse d'ouest en est. Après avoir englouti quelques spécialités locales et avoir satisfait au rite du café, malgré la chaleur nous partons à l'assaut du col Verde. Comme pour le précédent, la route monte régulièrement et l'effort demandé n'est jamais brutal. Plus nous montons, plus la vue porte loin, immensité de verdure dans laquelle se cachent de petits villages aux maisons serrées, dominés de montagnes enneigées telles des sentinelles qui veillent et qui contribuent à donner à cette île son caractère unique. Les derniers kilomètres avant le col semblent ne jamais finir, surtout que suite à une mauvaise évaluation, nous nous sommes lancés dans un sprint sur ce qui n'était pas le dernier kilomètre. Enfin le voilà. Un groupe de cyclistes belges à vélo de course avec assistance logistique y stationnent. Nous entamons une discussion animée ponctuée d'éclats de rire. Traditionnellement à cette période de l'année ils partent pour une semaine de vélo. Jean leur indique une route qui les conduira au col de la Vaccia en évitant les gravillons puis les trous. Après avoir pris congé, nous nous laissons emporter dans une descente d'une vingtaine de kilomètres qui nous conduira à Ghisoni. Un peu plus loin nous renseignons deux jeunes cyclotouristes qui verraient d'un bon œil la fin de cette rampe, moment qu'ils attendent avec une certaine impatience. Comme quoi nous ne sommes pas les seuls fous dans ces contrées reculées. Après une bonne partie de plaisir Ghisoni est atteint. Très gentiment on nous autorise le camping sur un site laissé à l'abandon ou presque. Le cadre est magnifique. De belles aiguilles rougeoyant au soleil couchant nous offrent un spectacle de premier choix. Le compteur affiche 93 kilomètres pour la journée. Perchés sur notre petite terrasse herbeuse au milieu des arbres nous sommes seuls et nous nous trouvons royalement bien. Autour d'une grosse platée de riz et une bouteille de Patrimonio nous refaisons le monde. Ce type d'errance que nous pratiquons depuis presque un mois, est devenu un mode de vie. Montage et démontage de tentes, repas et toutes les contingences de la logistique ne nous posent plus aucun problème. Nous avons même le confort de posséder une dizaine de lyophilisés qui nous permettraient en cas de besoin au moins quarante huit heures d'autonomie. Au fond de nous, c'est avec un peu d'appréhension que nous sentons la fin du voyage arriver. Même par les montagnes et en plein milieu, la Corse se traverse assez vite. Si besoin, un signe qui ne trompe pas, la carte au 100 000 numéro 74 nous la quitterons demain pour sa sœur la 73. Bastia n'est plus qu'à 80 kilomètres à vol d'oiseau, cependant notre itinéraire en comporte cent de plus. Nous allons faire tout notre possible pour rester cachés sur de petites routes loin de tout, en particulier nous ne passerons pas à Corté.

20 mai

La nuit a été excellente, et comme d'habitude le chant des oiseaux nocturnes et diurnes nous a accompagnés. Le temps est très beau ce matin. L'impatience de rouler nous tenaille, poussés par la curiosité. En effet notre itinéraire fait de tels tortillons sur la carte qu'il est difficile d'en évaluer la longueur et la difficulté. Avant de quitter Ghisoni nous effectuons quelques courses dont l'achat d'un magnifique pain. L'itinéraire commence par la descente des profondes gorges qui passent par le défilé de l'Inzecca. Tout est tellement joli que nous marquons des arrêts au moins tous les kilomètres. Une petite rivière, courant sur une roche blanche ponctuée de gros blocs polis, joue à cache cache entre ombre et lumière, et tout autour s'étalent de grandes forêts de pins couronnées de montagnes enneigées.

Un minuscule embranchement au bas des gorges et c'est reparti pour 15 kilomètres de montée bien raide jusqu'au village de Vezzani. Dans cette portion de route, nous croisons des cyclistes lancés sur leur vélo de course. L'un d'eux, en nous voyant arque boutés sur nos pédales avec notre gros chargement, s'écrit « Du vélo comme ça, ah non merci!». C'est gentil! Mais il n'imagine pas à côté de quels plaisirs il passe! Cependant la fatigue se ressent et nous oblige à une pose, qui nous ragaillardit. Puis rapidement nous basculons sur l'autre flanc de la montagne. Que cette Corse profonde est belle. De nombreux villages s'accrochent aux pentes des montagnes ou colonisent leurs crêtes. De nouveau le fond de la vallée est atteint. Corté n'est qu'à une dizaine de kilomètres, mais nous lui tournons résolument le dos et suivons la nationale sur une courte distance. Un pont, juste derrière à gauche, une route confidentielle nous permet de continuer notre itinéraire buissonnier. Après huit kilomètres raides sous le caniard, nous pénétrons dans un village perché. À sa sortie juste avant les dernières maisons, une petite terrasse. Le bar semble fermé, alors le miracle se produit. Le propriétaire, les 80 ans largement dépassés apparaît et nous invite à prendre place. Les deux heures que nous passons en sa compagnie sont un délice. Tout d'abord avec notre lonzo, nous avons droit au vin qu'il produit, très fruité ayant du corps et pas trop d'alcool. Il est la mémoire du temps passé dans cette région reculée. Il nous parle de la vie à l'époque où le village comptait 550 âmes. Les champs n'étaient pas abandonnés au maquis. Des dizaines de paires de bœufs constituaient l'élément moteur de cette agriculture. Il nous relate l'histoire de ce gendarme ayant passé sa carrière ici, et qui vit maintenant dans une cage à lapins à Nice. Il ne se console pas d'avoir quitté la Corse. Il nous raconte aussi la guerre. Les Italiens qui étaient pire que les Allemands. Ces derniers rentraient à l'église désarmés, par contre les Italiens assistaient à la messe avec leurs fusils. Des rancœurs profondes en sont restées. Puis une fois l'île délivrée, ainsi que quelques milliers de jeunes Corses, il a été mobilisé dans les armées alliées. Il finira la guerre quelque part dans la vallée du Doubs. Nous avons droit à un couplet sur les autonomistes, manifestement il ne les porte pas dans son cœur. Leur chef aurait un père italien et donc ne serait même pas corse. Lorsque nous lui demandons ce que veut dire cette inscription à la peinture que l'on a vue plusieurs fois écrite en gros au beau milieu de la route: FRANCIA FORA. D'un air désabusé il nous apprend que cela signifie, la France dehors, ce que nous supputions. Pour finir il nous offre une myrte, c'est excellent, mais attention la route est encore longue et pentue cet après-midi. Nous le remercions vivement avant de prendre congé. En effet pour une somme modique, il nous a procuré un grand moment de plaisir, satisfaisant pleinement notre palais et notre curiosité.

La route serpente dans la montagne et relie entre eux des villages perdus, qui se cachent dans la végétation. La perspective de toits se découpant sur le ciel le long de crêtes avec en arrière-plan de grandes montagnes enneigées est caractéristique de cette Corse sauvage. À Erbajolo à l'entrée du bourg, une église et devant, une route minuscule la D16 part tout droit dans la pente. Nous avons vraiment l'impression de nous diriger vers nulle part. Un petit carrefour à 1000 mètres d'altitude, un éleveur de porc nous renseigne. Une descente d'une raideur inhabituelle, en pleine forêt, permet des perspectives étonnantes. Jean me précède d'une centaine de mètres, j'ai vraiment l'impression qu'il est très très bas. Nous hésitons encore, car la carte ne semble pas en cohérence avec ce que nous a dit l'éleveur. Nous avons l'explication un peu plus tard. La piste que je voulais suivre n'est pas praticable à vélo, car il y a de nombreuses marches pour escalader le col, qui conduit directement au village que nous voulons atteindre. Donc sans aucun remord nous nous engageons sur la route préconisée. Avec le soleil de fin d'après-midi, ce décor de villages agrippés au sommet de rochers est d'une beauté exceptionnelle, le tout baignant dans une lumière diffuse. L'envoutement est total, le charme du lieu nous subjugue. Encore une fois nous avons de la difficulté à avancer tellement à chaque changement de perspective l'émerveillement joue pleinement du fait du spectacle qui se dévoile au regard. Cette féérie est exacerbée par les rayons solaires rasants, qui mettent en relief les couleurs tout en révélant des jeux d'ombres et de lumières à couper le souffle. Il est de ces ambiances exceptionnelles, où l'esprit est complètement accaparé, au point d'en oublier le flot de pensées parasites qui brouille en permanence le fond de l'esprit. On en ressent une forme de plénitude, que l'on aimerait permanente. Mais le charme finit inéluctablement par se rompre. Cela se produit lorsque nous atteignons la très relative grande route D14, à quatre kilomètres de Bustanico, notre point de chute. Le compteur affiche pour ce jour 78 kilomètres et le dénivelé dépasse très probablement les 1200 mètres. Mais comment mesurer dans ce dédale et cet enchevêtrement de routes. Je sais que les puristes me rétorqueront, qu'il suffit d'avoir un GPS. Mais sans doute signe de vieillesse précoce et d'inadaptation au monde moderne, je suis philosophiquement contre. Des arguments je n'en ai pas beaucoup, si ce n'est que les cartes me font rêver et que je revendique le droit de me perdre. D'ailleurs de l'importance de savoir si le dénivelé faisait 1250 ou 1500 mètres? Le village est formé de deux bourgs distants par la route d'un kilomètre, mais quel kilomètre, un bon 12%. Dans la partie haute, un hôtel, niché en pleine pente, nous ouvre ses portes bien que paradoxalement il ne soit pas ouvert. De la chambre, la vue porte en face dans le lointain, sur le massif du Cinto. L'hôtelier est très sympathique et serviable. Le repas typiquement corse qu'il nous concocte est original et fin. En particulier son entrée, dont malheureusement je n'arrive pas à me remémorer le nom. Une pâte au four fourrée d'une multitude d'herbes plus odoriférantes et goûteuses les unes que les autres. L'ensemble de ces saveurs s'alliant, sans s'annihiler mutuellement, pour procurer une explosion de plaisirs en bouche.

21 mai

A la joie de se trouver dans une région aussi extraordinaire, s'oppose insidieusement l'idée que le voyage va bientôt toucher à sa fin. Mais n'y pensons pas. Aujourd'hui nous rentrons au cœur d'une zone mythique, la Castagniccia. Pour les puristes, et tous les Corses le sont, elle commence au col qui nous domine du haut de ses mille et quelques mètres. Notre très sympathique hôte, dont l'établissement est en bordure mais en dehors de la Casatagniccia, nous fait cette remarque quelque peu désabusée: «Elle commence là-haut la Castagniccia, mais des châtaigniers on en a autant qu'eux!». Réplique mortelle qui ne souffre pas la contestation! L'étape du jour sur la carte est encore matérialisée par une multitude de tortillons difficiles à démêler. Je demande son avis à l'hôtelier qui me répond: «Vous savez pas où c'est la Pooorta, vous y êtes jamais allé à la Pooorta, eh bien moi non plus!» Sur ces entrefaites, le petit déjeuner qu'il nous sert est copieux et de grande qualité. Cet hôtel dans la partie haute de Bustanico, juste posé dans un virage, nous le recommandons tout particulièrement. Et pour ceux qui veulent réserver je peux même donner le numéro de téléphone.

Notre dernière journée, perdus dans la montagne corse, commence et nos attentes ne seront pas déçues. Ce jour est le jeudi de l'Ascension, jour férié, et bien nous ne verrons quasiment personne jusqu'au fameux village de la Porta, seulement quelques autochtones toujours très gentils et prompts à la discussion. Cette route déserte en pleine montagne nous semble presque irréelle. Parfois elle s'envole vers le ciel avec des pourcentages de montée à deux chiffres. Mais notre plaisir est tel, que nous ne ressentons aucune difficulté, tout absorbés à nous imprégner de l'esprit de ce pays hors du commun.

Vers 13heures30 sonne le moment de l'arrêt. Dans une minuscule bourgade à l'ombre d'un châtaigner, nous prenons place sur le muret de la route dans un virage et commençons notre repas. Que l'endroit est paisible, une fontaine prodigue une eau fraîche, et les habitants ont poussé l'attention jusqu'à mettre un verre à la disposition du passant. Bien abrités du soleil qui darde ses rayons, nous avons tout loisir de contempler une fois encore vers le centre de l'île de grandes montagnes enneigées. Que ce contraste est étonnant par cette chaleur! De l'autre côté de la chaussée une maison carrée possédant une terrasse, sur laquelle deux dames sont installées. L'une d'elles nous apporte très gentiment sur un plateau deux cafés. Un vieux monsieur arrive d'un petit chemin et cherche quelque chose sur le talus herbeux. Intrigué, je lui demande quel est l'objet de son attention. Alors il m'explique que selon la tradition corse, il recherche l'herbe de l'Ascension. Il s'agit d'une petite plante de quelques centimètres, dont on fait un bouquet et que l'on suspend chez soi, en attendant qu'au cours du mois à venir il fleurisse sous la forme de minuscules fleurs blanches. Il m'offre son premier bouquet, que je protège religieusement dans ma sacoche de guidon. Il est arrivé sans dommage à Lyon. Je l'ai suspendu dans mon jardin et effectivement des petites fleurs ressemblant à des étoiles de mer miniatures à six branches commencent à s'épanouir. Pour le moment elles sont vertes, mais vont sans doute évoluer, car il faut un délai d'un mois et pour le moment cela ne fait que deux semaines. Je les regarde de jour en jour avec un plaisir non dissimulé, pensant à ce vieux Corse qui m'a communiqué sa tradition. Une dame se promène le long de la route, elle s'arrête se désaltérer et engage la conversation avec Jean. Elle n'est pas Corse d'origine, mais il y a bien longtemps que son Lot-et-Garonne natal appartient au passé. Son lieu d'habitation est un minuscule groupe de maisons sur une butte, qu'elle nous montre. Elle y demeure depuis bientôt trente ans. L'idée de partir ne l'a jamais effleurée. Dans ces lieux reculés, la distance la protège de la folie du monde. Son discours révèle toute la passion qu'elle éprouve pour ces montagnes privilégiées. Elle fait une comparaison avec la Haute-Ariège, où elle a habité. En effet, on peut trouver des similitudes entre ces régions de montagnes sauvages et désertifiées. La Haute-Ariège je la connais bien et c'est effectivement une région qui me procure de grandes émotions. J'en ai gravi la plupart des sommets, l'Estat point culminant, qui s'élève à 3143 mètres, et aussi le Rouch sauvage tas de cailloux, le Maubermé qui s'élance, plutôt se cabre sur sa partie finale d'un jet sur au moins 600 mètres de dénivelé, le Certescans qui est aussi mystérieux que son nom, le Vallier, sentinelle avancée, sans doute le plus esthétique, le Pic Rouge de Bassiés mon préféré, et nombre d'autres. Les dénivelés sont toujours importants et jamais en dessous des 1600 mètres et cela va jusqu'à plus de 2000, et cerise sur le gâteau la plupart de ces sommets sont généralement déserts et pas toujours équipés en refuges. Oui de toute évidence ces hautes terres corses et ariègeoises ont des points communs, comme si un même esprit y régnait et rentrait en harmonie avec certains êtres.

Nous restons deux heures et demie sur notre bord de route et nous n'y perdons pas notre temps. Ces rencontres dues au hasard ce sont les plus belles. S'arracher au sortilège du lieu n'est pas facile, cependant nous reprenons notre route. Après une multitude de virages, tout en bas la Porta apparaît. Une route particulièrement tortueuse nous y conduit. Cette magnifique petite bourgade nous accueille sur une place très originale bordée d'une magnifique église baroque flanquée d'un grand campanile. Il s'y déroule sinon un concert d'orgue, tout du moins une démonstration et nous prenons place pour un moment de recueillement. En sortant de l'église, auprès d'un barman je m'enquière des possibilités de camper. Il interpelle une femme assise à la terrasse du café en face: «Oh Ginette ! Où ils peuvent aller camper?» Avant qu'elle ait pu s'exprimer, plusieurs voix s'élèvent et répondent: «Sur le terrain de sport à côté des pompiers, il y a tout ce qu'il faut et même de l'eau». Nous remercions et partons nous installer à l'endroit indiqué. Effectivement le site est superbe et très pratique. Que les gens sont gentils dans tous ces villages corses, avec spontanéité toujours heureux de nous rendre service. C'est le dernier soir, demain Bastia, adieu la montagne corse et ses habitants. Nous terminons la soirée dans un petit restaurant typique. Aujourd'hui nous avons parcouru seulement 42 kilomètres, comme si cette région nous ne voulions pas la quitter, et que nos roues collaient à la route pour nous y retenir.

22 mai

La nuit a été très bonne. Le réveil se fait en fanfare comme si tous les oiseaux de l'Île de Beauté venaient nous dire au revoir. Une multitude de chants différents se superposent et se mélangent. Certains s'apparentent à des sifflements plus ou moins forts sur des modulations diverses, d'autres à des piaillements et certains à de véritables cris presque des hurlements de colère voire des interpellations vindicatives. Je n'avais jamais entendu quelque chose de comparable. Je reste médusé un long moment à écouter tout ce monde animal qui s'éveille. Nous nous levons, prenons le temps de bien petit-déjeuner, comme nous avons pris l'habitude de le faire depuis un mois. Le terrain de foot est entouré jusque haut dans la montagne par des constructions. Une l'église au clocher effilé brille au soleil levant. Le tout est noyé dans la verdure. Et tout là-haut quelques parois rocheuses ajoutent une touche à la beauté du tableau.

Encore une quinzaine de kilomètres et la Castagniccia sera derrière nous. Une magnifique forêt ombragée, garde toute la fraîcheur de la nuit. Nous la parcourons tous sens en éveil, elle nous délivre les derniers parfums. Tout à loisir, nous observons la multitude de porcs se sauvant mollement à notre approche. Cela va du cochon bien rose au sanglier bien gris, avec tous les intermédiaires, tels des patchworks sur pattes. Au fond de la vallée nous voyons grossir la nationale que nous ne voulons pas rejoindre. Aujourd'hui pas de grand braquet dans cette longue descente, mais les freins serrés un peu à la manière du cœur. Inexorablement la grande route approche. Le bruit de la circulation dense se fait de plus en plus prégnant. Et voilà, cette maudite nationale marque la limite de la Castagniccia, que nous quittons bien à regret. Par une succession de montées et de descentes au milieu d'un flot de véhicules dense nous rejoignons Bastia. L'aventure prend fin. Demain départ matinal. Nous passons la nuit dans un camping. Nous nous y sentons mal à l'aise, la transition est trop brutale.

23 mai

Heureusement nous quittons ce lieu aux aurores pour être à l'heure, heureux de fuir cet endroit que nous ressentons comme hostile. Un petit désagrément, nous ne voyons pas comment éviter de nous engager dans un tunnel interdit aux vélos. Mais grand braquet aidant et gros coup de pédale, nous allons presque aussi vite que les bus, tout du moins dans la première partie qui descend légèrement.

Le bateau manœuvre et se met à quai. Les foules embarquent, nous sommes les seuls à vélo. Nous avons la joie de voir des baleines à la hauteur du cap Corse.

Nous débarquons à 15heures30 à Nice. Jean continue à vélo jusqu'à Saint Raphaël, où il compte prendre le train pour Tarbes. Je sens qu'il n'a pas envie de rentrer. Pour ma part, j'aimerais bien prendre le temps de retourner à Lyon par les Alpes ou les Préalpes, en prenant le temps de digérer seul ce mois fabuleux que nous venons de passer. Mais il faut aussi penser aux autres. Ceux, qui restent et attendent, éprouvent un supplice qui n'en finit pas, une sensation de temps comme immobile.

Pour une première expérience à vélo, même si parfois j'ai ressenti la route comme un enchaînement et le trafic comme une menace, j'en retire de multiples satisfactions et je vais renouveler ce genre d'expérience en groupe et seul aussi. Je me verrai bien traverser la France seul uniquement par de toutes petites routes voire des chemins en campant par exemple aux confluents des rivières, endroits généralement aérés presque toujours accueillants. À court terme si tout se passe comme prévu, une grande aventure de deux mois en compagnie de Jean en août et septembre m'attend, mais laissons venir.
Circuits touristiques Nice - Rome? English translation pending
by Pierjan · 2009-05-18 · 8 replies
Bonjour,

A la mi-septembre, nous planifions ma conjointe et moi, un voyage en auto de 7 à 10 jours entre Nice et Rome... Nous aimerions connaître un circuit touristique comprenant le nombre de jours suggérés par endroit ainsi que des hébergements abordables et pittoresques..Merci
Corse et camping-car: bon ménage ou pas? English translation pending
by Sabetfred · 2009-04-16 · 28 replies
bonjour a tous notre petite famille partons en corse au moins d aout en camping car recherche info pour que tout se passe bien car je n ai pas lu beaucoup de choses positif a part le paysage mais apparament les camping car en corse ne sont pas les bienvenu besoin de temoingnage et de conseil merci
Périple en voilier Sardaigne-Sicile-Malte English translation pending
by Loulou8864 · 2009-03-08 · 4 replies
bonjour je cherche des informations pour mon prochain periple qui aurait pratique les eaux entre la sardaigne, la sicile et malte ? vents dominants, conditions de mer etc je suis meme preneur de coins sympa pour mouiller

enfin parlez m en

merci a tous loulou

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