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Une semaine en Andalousie à partir du 9 mai English translation pending
Bonjour
Nous souhaiterions partir une semaine en Andalousie du 09 mai au 16 mai 2015. Nous serons 2. Avez vous une idée de circuit? des hotels à nous conseiller? des astuces pour les vols en partant de Toulouse? Des sites à visiter? Où louer une voiture? etc Tout conseil sera utile, merci d'avance!
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De la sierra à la selva English translation pending
Voici le récit d'un voyage 23 jours en Equateur.
Les photos sont visibles sur le site:
http://mjpgouret.free.fr/equateur/equateur.html
2/09/2014: après 11h de vol l'avion contourne Quito, capitale cernée par les pentes raides de montagnes entrecoupées de ravins encaissés sur lesquels s'accrochent des constructions multicolores. Le soleil s'infiltre au milieu de la couche nuageuse pour teinter de couleurs chaudes les multiples collines sur lesquelles se déploie la ville entre 2300 et 2800m. Après un rapide passage aux formalités de police nous retrouvons notre chauffeur. Une nouvelle autoroute à peine achevée rejoint l'aéroport flambant neuf. Nous sommes un peu surpris de découvrir une végétation de pays sec avec des pelouses rousses d'où émergent quelques cactus. La route louvoie entre de profondes ravines et en 1 h nous rejoignons l'Auberge Inn, dont les chambres sont situées autour d'un agréable patio au calme. Un peu sonnés par le décalage horaire et l'altitude nous ne nous éternisons pas après le diner...
3/09: le réveil est très matinal car nous n'avons pas encore bien intégré l'heure équatorienne. Une rapide sortie nous permet de trouver une petite épicerie tout près de l'hôtel et d'acheter un ravitaillement minimum. Un taxi nous emmène en 20 minutes chez Avis auprès de qui nous avons réservé une voiture. L'accueil y est très attentionné et l'employé nous explique avec un schéma précis et détaillé comment rejoindre la route en direction d'Otavalo. La sortie de la zone urbaine semble interminable malgré une circulation fluide car, sans arrêt, nous traversons de nouvelles zones urbanisées avant de filer sur la Panaméricaine. Par une succession de montées et de descentes souvent soutenues la route dévoile en toile de fond, de tous côtés, des sommets fréquemment encapuchonnées de cumulus. Le soleil est cependant bien présent et, à cette altitude, il est ardent. Nous faisons une pause déjeuner dans un restaurant au bord de la route à Cayambe. Peu avant Otavalo, dans une large dépression apparaît le lac San Pablo surveillé par le volcan Imbabura. Nous quittons la Panaméricaine pour rentrer dans Otavalo, ville aux rues parfaitement quadrillées, où nous avons repéré un hôtel sur notre guide. Après quelques tours autour des carrés de maison nous trouvons l'hébergement envisagé, mais la ville ne nous semble pas très attrayante et nous décidons de rejoindre Peguche, petit village proche qui devrait être plus calme. Après quelques hésitations dues à notre carte sommaire nous trouvons la direction de Peguche. Une route pavée y mène et après quelques nouvelles recherches dénichons l'hôtel Aya Huma curieusement installé en bordure immédiate d'une voie ferrée tout juste rénovée. Après avoir déposé nos bagages nous partons à pied au beau milieu du ballast transformé en voie piétonne très fréquentée par les habitants et rejoignons la cascade de Peguche. Installée au cœur d'une forêt embaumant l'eucalyptus elle jaillit d'une vingtaine de mètres dans un violent fracas. Au retour nous traversons le village dont le calme n'est troublé que par le cliquetis permanent de métiers à tisser industriels. Quelques belles fresques colorées décorent les murs de constructions basses fréquemment inachevées. Pour le dîner, c'est très simple, il suffit de traverser la voie ferrée pour rejoindre le restaurant situé juste en face de l'hôtel...
4/09: aujourd'hui nous décidons de partir faire une première randonnée d'acclimatation vers la laguna de Cuicocha. Quelques kilomètres sur la Panaméricaine, élargie et refaite à neuf, avant de tourner vers Cotacachi sur une route également rénovée qui se prolonge jusqu'à l'entrée du parc. Au centre des visiteurs un garde dont c'est le premier jour d'activité nous accueille fort aimablement. Comme il ignore encore tout des itinéraires de randonnée il se déplace à l'entrée du parc pour chercher sa collègue qui fait tout son possible pour nous renseigner. Nous décidons de partir pour le tour du lac. La chaleur devient plus intense malgré les nombreux cumulus qui parsèment le ciel et cachent à la vue les plus hauts sommets. Mais le vent vient rafraîchir les ardeurs du soleil et la température est très agréable. La lumière est superbe et le lac au bleu d'azur contraste avec les pentes escarpées et sombres de la caldeira tandis que, sur le plateau, les prés dorés accrochent les rayons du soleil. Le sentier large et bien aménagé remonte d'abord vers une reconstitution de vestiges incas: calendrier solaire, calendrier lunaire, lieu d'offrandes et de purification. Quelques passages raides sont aménagés au moyen de marches. Le panorama est vaste aussi bien sur le lac que sur la région agricole d'Otavalo, dominée par l'imposant volcan d'Imbabura. De tous côtés des chaînes de montagne émergent. Des fleurs aux couleurs variées bordent le chemin tandis que les herbes dorées du paramo rayonnent même quand le soleil joue à cache-cache avec les nuages. Lorsque les bords de la caldeira sont trop escarpés le sentier s'éloigne un peu pour contourner l'obstacle mais, bien vite, revient surplomber le lac. A peu près à mi parcours, un ravin encaissé interrompt la ligne de crête nous imposant une nouvelle grimpette d'une centaine de mètres que nous franchissons tranquillement. Craignant de souffrir un peu de l'altitude nous avons mesuré nos efforts et n'avons pas ressenti d'effet désagréable d'essoufflement. A la fin du sentier nous retrouvons une large route goudronnée qu'il faut suivre sur environ 4 kilomètres. Comme elle est peu fréquentée, ce passage est « avalé » sans ennui car la vue panoramique occupe en permanence le regard. Au niveau du restaurant du mirador, nous abandonnons cette route pour emprunter à gauche un large chemin qui redescend directement à l'entrée du parc. Après une rapide visite du centre des visiteurs nous descendons vers Cotacachi, paisible ville où il semble faire bon vivre. Les rues et la grande place sont bordées de bancs protégés de la pluie ou du soleil, c'est selon, par des auvents. En cette fin d'après-midi les habitants y papotent paisiblement. Une céramique géante de Pavel Eguëz rappelle à notre mémoire que la vie n'est pas toujours aussi tranquille pour les populations indigènes d'Amérique du Sud.
5/09: pour poursuivre notre acclimatation nous passons une nouvelle journée en altitude autour de la laguna Mojanda (3730m). Depuis Otavalo jusqu'au bord de la lagune 18 kms de route aux pavés irréguliers avec de nombreux trous nous gratifient d'une longue séance de massages vibrants. Peu avant l'arrivée à la lagune la silhouette élancée du Fuya Fuya nous domine. Quand nous quittons la voiture le ciel est gris et la surface de l'eau ne reflète qu'une terne couleur métallique. Un large chemin facile en pente douce mène au lac suivant. Par moments de violentes bourrasques de vent soulèvent une poussière pulvérulente qui envahit le chemin. Sans vraiment ressentir les effets de l'altitude nous réalisons cependant qu'il nous est interdit de marcher trop vite. Nous prenons donc notre temps pour rejoindre la laguna Chiquita. De là, le schéma prêté par notre hôtelier nous indique une boucle autour du Cerro Negro. Hésitants, curieux de découvrir ce qui se cache derrière les sommets nous avons très envie de partir sur cet itinéraire. Mais une observation du terrain ainsi que les indications fournies par le GPS nous dissuadent de nous engager dans cette boucle qui risque d'être longue et nous n'avons pas de vivres, si ce n'est quelques biscuits. Nous faisons donc 'sagement' demi-tour. Au retour, une halte nous permet de découvrir Otavalo, célèbre pour ses marchés quotidiens. Le marché artisanal nous paraît assez triste, sans âme et entièrement consacré aux souvenirs touristiques. Il n'est visiblement pas fréquenté par les populations locales. C'est une ville aux bâtiments récents qui ne retiennent pas vraiment l'attention. Seul le Parque Simon Bolivar, cœur central de la ville, dégage une atmosphère de tranquille animation caractéristique des villes sud-américaines.
06/09: en début de matinée un ciel sans nuage permet de découvrir les volcans Cotacachi, Imbabura et Fuya Fuya qui dominent la région d'Otavalo. Le sommet acéré du Cotacachi est encore enneigé. C'est samedi, jour du marché aux animaux parfaitement organisé: un secteur pour les vaches, un pour les porcs, les moutons, la volaille et autres cochons d'Inde. A côté, quelques vendeurs de cordes colorées et aussi quelques cantines où on fait cuire la soupe et griller des abats pas spécialement appétissants. De nombreux habitants y portent le costume traditionnel. Le marché est animé mais sans bousculade et, bien qu'il ne soit que 9 h du matin, il nous semble que le gros de l'activité soit déjà passé. Nous reprenons ensuite la route vers Quito; la lumière est limpide et les prés dorés flamboient tandis que les volcans se dressent fièrement à l'horizon. La calotte glaciaire scintillante du volcan Cayambe domine de toute sa hauteur les hauts plateaux sur lesquels se déploie un patchwork de champs cultivés et de serres. La petite route menant aux pyramides pré inca de Cochasqui est particulièrement inconfortable avec son revêtement de pierres irrégulières et nous secoue en tous sens. Mais le site est situé sur une pente offrant un vaste panorama sur la région de Quito et l'avenue des volcans. Le cône lumineux du Cotopaxi pointe dans le lointain. Nous visitons le site accompagnés par une guide qui pratique un espagnol facilement compréhensible. Les pyramides sont toutes recouvertes de terre et seul un lieu de fouille permet d'en voir la structure. La promenade autour des pyramides est plaisante avec de nombreux lamas qui se délectent avec gourmandise d'herbe rase et sèche. Nous reprenons ensuite la route vers Quito. Aux abords de la ville la circulation se densifie mais nous retrouvons facilement notre chemin pour rejoindre l'agence Avis. Le personnel y est à nouveau très accueillant et se démène pour nous trouver un taxi qui nous emmène à l'hôtel. Nous y retrouvons une famille avec ses 3 enfants (« notre tribu sur terre ») qui démarre son tour du monde et en profitons pour échanger quelques souvenirs de voyage.
07/09: nous partons pour six jours avec Rodrigo, notre guide de l'agence Equateur Voyages Passion qui a organisé parfaitement ces journées de randonnée. Notre premier objectif est l'ascension du volcan Guagua Pichincha (4784m) qui domine Quito. C'est d'abord une longue traversée des faubourgs de cette capitale qui permet d'apercevoir les maisons et immeubles colorés accrochés sur les pentes raides qui dévalent vers la ville. Ensuite, la route serpente au milieu des zones de cultures. Le patchwork lumineux et coloré des champs s'étale sur les flancs des montagnes jusqu'à une altitude élevée. Une longue piste poussiéreuse mène ensuite vers le refuge situé sous le sommet. Nous quittons la voiture vers 4400m. Le vent balaye vigoureusement les nombreux nuages mais le soleil perce quand même et illumine le paramo. Les premiers pas sont assez difficiles: il faut avancer lentement pour éviter de s'essouffler et nous sommes à l'écoute des réactions de notre organisme. Petit à petit nous trouvons un rythme régulier qui nous permet d'avancer sans essoufflement. Après une courte halte au refuge une traversée ascendante mène vers le bord du cratère. Le vent y est violent et les nuages partent à l'assaut des crêtes déchiquetées. Heureusement, une trace légèrement en contre-bas permet de rejoindre le sommet sans être bousculés. Louvoyant entre les blocs noirâtres nous prenons lentement de l'altitude sans véritable difficulté. En contrebas la bouche du volcan émet quelques fumeroles. Les pentes sombres aux roches déchiquetées composent un tableau sauvage. Nous retournons ensuite vers Quito où la traversée de la ville est toujours aussi longue puis empruntons la Panaméricaine, large route à 2 fois 3 voies récemment rénovée. Au passage le Cotopaxi nous offre la vision sublime de son cône immaculé perçant brièvement les nuages. A Latacunga nous quittons la Panaméricaine pour emprunter une route nouvellement aménagée en direction des plateaux andins. En fin de journée, les champs prennent une chatoyante couleur ocre et les nuages, que nous survolons, s'effilochent en rougeoyant au couchant. Après un passage vers 4000m la route plonge dans un vaste paysage de hauts plateaux vallonnés Nous faisons halte à la Posada de Tigua, belle hacienda blottie au creux d'un bosquet d'arbres autour desquels paissent côte à côte lamas, moutons et vaches. À l'intérieur, un poêle diffuse sa douce chaleur tandis qu'une fraîche bise secoue les arbres.
08/09: le vent a soufflé toute la nuit; il semble ne jamais cesser dans cette région. Au réveil, une somptueuse lumière éclaire les hauts plateaux tandis que rapidement quelques cumulus font leur apparition. Des gouttes de pluie transportées par le vent allument un arc en ciel insolite au milieu d'un ciel d'azur. Nous partons accompagnés d'un guide local, Jorge, habillé de manière traditionnelle avec son poncho et son chapeau. L'air matinal est vif et le vent permanent mais le spectacle des champs irisés de soleil est ravissant. Par une large piste nous parcourons ces vallonnements au milieu d'espaces sans fin. De temps à autre notre guide rythme la marche des airs enjoués de sa flûte. Des habitations isolées apparaissent au milieu des champs cultivés: fèves, oignons, pommes de terre sont les cultures principales de la région. En traversant une hacienda des enfants vêtus de leur uniforme d'écolier tentent d'attirer notre attention par des pitreries et des cris. Le chemin longe ensuite un abrupt ravin en formation aux curieuses formes colorées et tourmentées. Puis, après une brève remontée, un raide chemin sablonneux et poussiéreux s'insinue entre d'étroites parois jusqu'au fond d'un profond canyon aux falaises délitées. Là, paissent quelques chevaux tandis que les femmes de Quilotoa, village situé à 2 heures de marche, lavent leur lessive dans le ruisseau. Après la pause pique-nique nous entamons la remontée sur un sentier escarpé où le sable instable nous oblige à accélérer le pas sous peine de glisser en arrière. À cette altitude de plus de 3000m il faut prendre garde à ne pas s'essouffler, d'autant plus qu'il y a environ 250 m de dénivellation à gravir. Finalement, sans courir, mais avec un pas régulier nous rejoignons le vaste plateau dominé par les pentes du volcan Quilotoa. Une assez longue progression en pente douce permet de gravir ce plateau panoramique et, enfin, en suivant le fond toujours sablonneux d'un nouveau canyon nous atteignons le rebord du cratère. Du mirador la vue sur la caldeira circulaire est spectaculaire avec le lac aux reflets d'azur qui en occupe tout le fond. Le vent permanent nous a bousculé toute la journée et c'est avec grand plaisir que nous rejoignons tout à côté l'hôtel Churikawa où Rodrigo est arrivé avec nos bagages. L'atmosphère de la chambre est glaciale et son équipement spartiate sans chaise ni table mais avec un poêle à bois. Après la douche nous nous réchauffons d'un un potage, plat traditionnel en Equateur. Nous sommes à 3900m et, dès que le soleil disparaît, les rafales de vent incessantes refroidissent brutalement l'atmosphère et nous nous réfugions près du poêle de la salle à manger en attendant le dîner. Après celui-ci l'hôtelier vient allumer le poêle de notre chambre qui diffuse rapidement une douce chaleur. Malheureusement, celle-ci s'évanouit rapidement dès que la provision de bois est consommée.
09/09: des rafales ont tambouriné sur le toit avec des grains de sable sans interruption durant la nuit et, au lever du jour, le froid est vif. Pas suffisant, toutefois, pour interdire une rapide sortie matinale afin d'admirer le soleil frappant la lagune irisée qui prend des teintes changeantes selon l'avancée des nuages. Bien emmitouflés nous longeons le rebord aérien de la caldeira où les violentes bourrasques de vent nous bousculent parfois brutalement. Mais le paysage est magnifique et des tâches de lumière parsèment l'eau agitée par le vent. Notre itinéraire quitte ensuite le bord du cratère pour rejoindre des zones de culture par de raides chemins sablonneux. Le paysage est chaotique et de nombreux ravins rognent les pentes escarpées sur lesquelles les champs cultivés remontent jusqu'aux crêtes. De ci de là nous apercevons les femmes qui cultivent les champs, battent les céréales ou accompagnent leurs troupeaux. Après avoir traversé le village de Guayama San Pedro, établi sur un vaste plateau, le sentier plonge à nouveau dans un profond ravin par un chemin escarpé et sablonneux où nos pas soulèvent un nuage pulvérulent. Une passerelle artisanale construite avec des troncs en équilibre permet de traverser le ruisseau, heureusement peu large à cet endroit. Ensuite, le chemin remonte une courte pente instable et sablonneuse avant de s'assagir pour gravir les ressauts plus doux qui permettent de rejoindre Chugchilan. Les enfants en uniformes rouges ou gris sortent tout juste de l'école et animent le village tandis qu'ils prennent d'assaut les camions utilisés pour le ramassage scolaire. Tout près du centre du village se trouve l'hôtel Mama Hilda, joliment décoré avec des chambres plaisantes qui nous permettent de nous reposer durant l'après midi sans être frigorifiés comme la veille. L'altitude moins élevée, à 3200m, explique aussi la température plus confortable.
10/09: nous quittons Chugchilan par la petite route qui surplombe le profond ravin traversé la veille. Aujourd'hui, nous pouvons marcher en T-shirt car il n'y a pas de vent. La région est toujours très agricole et nous croisons régulièrement des paysans qui gardent leurs troupeaux ou cultivent leurs champs. Le chemin descend ensuite rapidement vers le fond du ravin au milieu d'un dédale de falaises plus ou moins écroulées. En suivant le cours de la rivière nous arrivons dans un village aux quelques maisons regroupées autour d'une petite église et d'une école où un groupe d'élèves est en train de s'aligner pour rentrer en classe. Divers modèles de ponts ont été installés pour traverser la rivière: simples avec des empilements aléatoires de planches ou plus élaborés tels qu'une passerelle suspendue avec rambarde. Notre chemin, quant à lui, emprunte un énorme tronc raboté installé 2 mètres au dessus de l'eau et dont la rambarde est particulièrement instable: nous traversons donc avec précaution. Jorge continue de jouer régulièrement de la flûte, notamment à l'approche des fermes pour tenter d'amadouer quelques chiens à l'allure agressive. Les villageois rencontrés semblent aussi bien apprécier ces claires notes de musique qui s'élèvent du chemin. C'est par un vallon étroit qui s'insinue entre des parois ravinées que nous remontons sur le plateau. Le sentier se poursuit ensuite en contournant plusieurs vallonnements où sont disséminées de petites fermes. A l'approche de Isinvili nous croisons à nouveau les enfants rejoignant leurs maisons isolées après l'école et nous retrouvons Rodrigo qui nous attend avec la voiture et nos bagages. Une longue piste remonte vers des hauts plateaux où la vue s'élargit à l'infini sur de vastes pentes et atteint près de 4000 m avant de redescendre sur le plateau central. Devant nous les sommets des Ilinizas et du Cotopaxi sont malheureusement couverts de nuage ne laissant apparaître que la base de leurs cônes. Quelques kilomètres avant de retrouver la Panaméricaine nous faisons étape à l'hosteria Quinta Colorada aux façades décorées de fresques représentant des volcans enneigés. Un grand salon avec de larges fauteuils nous permet de lire et de consulter internet confortablement installés.
11/09: au réveil, le ciel est complètement gris et un léger brouillard a effacé tous les reliefs. Nous partons de bonne heure pour visiter le marché de Saquisili. C'est un des plus importants d'Equateur et on y vient de loin pour acheter ou vendre toutes sortes de marchandises. Au marché des animaux organisé en fonction des espèces on trouve vaches, cochons, moutons et lamas et tout ce qu'il faut pour emmener la bête achetée depuis le cordage jusqu'au fourrage. La foule se presse dans une ambiance bon enfant et les négociations vont bon train entre vendeurs et acheteurs habillés de leur costume traditionnel. Dans le centre ville on trouve répartis sur différentes places et dans les rues les marchés aux fruits et légumes largement approvisionnés et rutilants de couleurs variées, les étals de viandes et de poissons pas vraiment appétissants et tout ce qui peut être utile dans la vie quotidienne depuis les vêtements jusqu'aux bassines en pneus recyclés en passant par le mobilier d'aspect généralement assez kitsch. En fin de matinée nous prenons la route vers le parc de Cotopaxi. Le temps reste morose malgré quelques brèves éclaircies. Le paysage de hauts plateaux recouvert d'herbe rase dorée ou de lichens gris est vaste mais les sommets se dissimulent dans les nuages. Par moments, l'extrémité des langues glaciaires du Cotopaxi darde sous les nuages. Nous partons pour le tour facile de la laguna Limpiopungo. Malgré le ciel bas, quand la lumière perce entre les nuages le spectacle des masses nuageuses boursouflées au dessus de cet océan de paramo est saisissant. Nous rejoignons ensuite rapidement l'hostal Tambopaxi dont la situation privilégiée offre une vision panoramique sur le Cotopaxi. Une violente averse vient saluer notre installation et, un peu inquiets, nous regardons l'eau dégouliner le long de la large baie vitrée de notre chambre qui devrait nous offrir le Cotopaxi sur écran large. Puis, brutalement, les nuées commencent à se déchirer et les pentes glacées se dévoilent petit à petit derrière les interstices nuageux tandis que le plateau humide brille sous les éclats du soleil. Nous sortons rapidement pour entamer une série de photos en nous promenant sur le plateau. Spectacle formidable de ce cône quasi parfait qui surgit de la pampa dorée jusqu'aux glaces étincelantes. Mais l'éclaircie n'aura duré qu'une heure, car en fin d'après-midi le brouillard vient effacer le paysage. Cependant, nous constatons une nouvelle fois qu'en Equateur le temps est changeant car, dès le début de la nuit, un ciel étoilé de mille feux nous surprend. Le poêle installé dans la chambre diffuse une agréable chaleur qui nous évite d'être trop frigorifié en ce début de soirée.
12/09: la pluie est tombée une partie de la nuit et un voile uniforme de nuages se déploie sur les sommets au-dessus de 5000 m. La base du Cotopaxi est poudrée d'une fine pellicule de neige. Le ciel désespérément gris et les menaces de pluie nous incitent à modifier nos plans. Au lieu d'escalader le Ruminahui au risque de nous retrouver dans les nuages Rodrigo nous propose une petite randonnée sur le plateau en direction du site inca de Pucara Salitré. Malgré le ciel bouché la traversée à pied de ces hauts plateaux est vraiment plaisante, seuls au milieu de ces vastes espaces qui paraissent sans fin mais jamais monotones. Les espaces d'herbe rase ou de lichen sont entrecoupés de ravins aux rives abruptes dans lesquels les laves d'anciennes éruptions ont tracé leur chemin abandonnant au passage des roches déchiquetées. Quelques troupeaux de chevaux sauvages ou de vaches et de rares oiseaux apportent la vie dans cet univers isolé. Le site inca est établi sur une éminence offrant un large panorama qui permettait de surveiller aisément les environs. Il en subsiste seulement une enceinte en massives pierres jointives et, tout à côté, des cônes volcaniques utilisés pour des sacrifices rituels. De retour à Tambopaxi nous reprenons la voiture et retournons vers l'entrée du parc par une piste en tôle ondulée. Nous roulons dans la ouate car le brouillard a envahi tout l'espace. Une fois rejointe la Panaméricaine nous prenons la direction de Quito. Brèves éclaircies et averses alternent tout au long de la route. Nous retrouvons notre chambre à l'Auberge Inn et faisons nos adieux à Rodrigo qui reprend la route vers Banos.
13/09: nous partons à pied visiter la ville coloniale de Quito. L'ancienne ville occupe une surface relativement réduite mais vallonnée. Elle est quadrillée de rues perpendiculaires qui montent à l'assaut de raides collines. On y observe un étonnant mélange de constructions anciennes colorées et ornées de motifs architecturaux côtoyant des immeubles modernes sans charme. Dans le prolongement des rues apparaissent les constructions bigarrées qui s'étagent sur les nombreuses collines de la ville. Il règne une grande animation autour des principales places, notamment sur la plaza de la Independencia. Mais, le plus surprenant reste la richesse invraisemblable des décors des églises, en particulier la compania de Jesus, dont toutes les fioritures du sol au plafond semblent n'être qu'une immense feuille d'or. Nous déambulons dans ces rues une partie de la journée puis revenons vers le parc El Ejido, lieu de promenade très fréquenté en ce samedi après-midi. Pour terminer la journée nous observons, en bordure du parc, les nombreuses productions des peintres locaux qui exposent leurs tableaux dans l'espoir de trouver acheteur.
14/09: nous quittons l'hôtel pour rejoindre l'agence AVIS où nous avons réservé une voiture pour la fin du séjour. Le loueur nous propose de changer de modèle pour une Fiat UNO car le modèle réservé n'est pas en état (pneus lisses, comprenons nous???). Il s'avère que le coffre de cette voiture est trop petit pour nos 2 bagages et nous insistons pour avoir le modèle réservé. Finalement, par on ne sait quel miracle, une Chevrolet Aveo est bien disponible et nous pouvons prendre la route. Une nouvelle fois nous empruntons la direction de l'aéroport et l'orientation nouis paraît désormais simple. Nous nous dirigeons ensuite vers Papallacta par une route large et récemment bitumée qui remonte une large vallée pour atteindre un col vers 4000m. Quelques zones de travaux subsistent sans revêtement. La pente est soutenue et la voiture «peine» un peu dans cette longue côte. Nous trouvons le brouillard sous le col puis dans la descente sur le versant est une pluie continue nous accueille. La végétation change d'aspect: de nombreux arbres et arbustes verdoyants couvrent les raides pentes du Bosque Nublado. L'ambiance verdoyante et humide de l'Amazonie n'est plus très loin. L'ambiance est très particulière nous rappelant notre trajet sur la Carretera Austral il y a quelques années. Entre Baeza et Tena le soleil refait son apparition et les contreforts des Andes brillent d'un éclat particulier comme lavés par la pluie récente tandis que de gros nuages bourgeonnants grignotent le ciel. Nous traversons quelques villages à l'aspect plutôt triste. Les rivières commencent à devenir moins squelettiques et bouillonnent dans les rapides. A Tena, après quelques difficultés d'interprétation de la signalisation, nous trouvons la route de Puerto Misahualli qui s'enfonce dans la forêt à proximité du rio Napo. Juste à l'entrée du village nous faisons halte à la maison d'hôtes France America dont les cabanes en bois agréablement dispersées au milieu des arbres nous ont paru attrayantes. Sans être vraiment immergés au cœur de la forêt amazonienne nous en ressentons cependant rapidement l'ambiance. Moiteur de l'air, densité de la végétation et surtout les bruits divers et variés permanents: ça crisse, ça grésille, ça grince, ça siffle avec en bruit de fond les remous permanents de la rivière juste à côté. Une courte promenade nous fait découvrir le village modestement établi autour de sa petite place principale. Il y règne une ambiance assez nonchalante et détendue alors que les enfants gambadent autour des singes qui cabriolent sur les arbres. Tandis que les familles se baignent juste à côté de la plage sablonneuse des pirogues motorisées promènent les touristes sur le rio Napo et transportent aussi les habitants avec leurs bagages vers les villages accessibles uniquement par le fleuve.
15/09: à peine rentrés du dîner la pluie s'est mise à tomber et toute la nuit les averses de plus en plus fortes se sont succédées. Au réveil, nous sentons une brumisation nous rafraîchir le visage au travers de la moustiquaire. Tout baigne dans l'humidité, les brumes s'accrochent au faîte des arbres et le rio Napo dont le débit est devenu violent a pris une couleur marron. Nous tentons d'aller voir « el arbol gigante » tout près du village mais la pluie intense nous dissuade de quitter la voiture. Après avoir traversé le pont suspendu qui enjambe le rio Napo nous poursuivons vers la Punta. Au long de la route quelques glissements de terrain ont déposé leur couche ocre sur le bitume. À proximité du nouvel aéroport « international » une superbe route à 2 larges voies séparées vient d'être créée. Il faudra certainement attendre quelques années avant qu'elle ne soit saturée... Peu après la route bute sur le rio: quelques maisons colorées abritent les chauffeurs qui attendent le bac pour traverser vers Ahuano dans une ambiance de bout du monde sous la grisaille humide et tiède. Nous revenons ensuite vers Puerto Misahualli pour faire quelques courses à l'épicerie pompeusement appelée supermarché où l'équipement informatique récent avec lecteur de code barre fait regretter la traditionnelle calculette beaucoup plus rapide. La pluie ayant cessé nous en profitons pour faire quelques photos de ce village beaucoup moins animé que la veille. L'ambiance est surprenante avec ses maisons colorées qui se mirent dans les flaques des rues défoncées. Nous prenons ensuite la direction de Puyo par une belle route sinueuse au milieu de la forêt luxuriante dont les arbres lessivés brillent abondamment sous les premiers rayons du soleil. À Puyo, nous trouvons une chambre à l'hôtel Las Palmas, dans un bâtiment orné d'un beau balcon en bois dominant un jardin abondamment fleuri. Une fois les bagages déposés nous allons visiter le centre de réadaptation de la faune Yana Cocha (lagune noire en quechua) où quelques animaux de la forêt amazonienne peuvent être observés. De nombreuses fleurs aux couleurs vives illuminent la végétation des lieux. Alors que je m'approchais sur un sentier pour photographier de près quelques fleurs j'entends le bruit d'un plongeon soudain: quelle surprise d'apercevoir à quelques mètres un caïman apparemment dérangé par ma présence. Une belle frayeur rétrospective... En fin de journée, un petit tour dans les rues animées de Puyo nous mène vers la pizzeria.
16/09: nous quittons Puyo pour rejoindre la cordillère. La route parcourt une belle vallée encaissée dont les pentes raides sont couvertes d'une végétation serrée qui rappelle celle d'îles volcaniques telles que la Réunion. A rio Verde nous avons quelques difficultés à trouver le sentier qui permet de descendre à la cascade Palion del Diablo car celui-ci débute sous un porche en bois au milieu de boutiques de souvenirs. Il est large et bien aménagé avec quelques marches pour rejoindre environ 120 m plus bas un restaurant, porte d'entrée où il faut s'acquitter du péage pour accéder aux belvédères. À l'approche de celui situé à proximité de la cascade nous commençons à être largement aspergés par les embruns. Un petit passage sous les rochers permet au prix d'une quasi reptation de rejoindre les passerelles suspendues qui surplombent l'impressionnante et bruyante cascade. Après une rapide remontée nous reprenons la route bordée de nombreuses cascades. Des « tarabita », nacclles légères de téléphériques traversent fréquemment la rivière à belle hauteur. Utilisées pour transporter les marchandises d'une rive à l'autre elles sont devenues une attraction touristique prisée. Nous rejoignons ensuite Banos, petite cité touristique implantée sur un replat dominant une gorge profonde et trouvons facilement une chambre à l'hôtel Donde Ivan. La chambre est aménagée simplement, très propre et donne sur un patio joliment décoré. En fin d'après-midi, profitant de larges éclaircies la vision du volcan Tungurahua nous incite à remonter au delà du pont San Francisco traversant le ravin pour essayer de découvrir un point de vue dégagé sur le volcan. Nous remontons environ 200m de dénivellation mais la vue reste limitée par les arbres au travers desquels nous pouvons quand même apercevoir le sommet sur lequel s'accrochent encore les nuages.
17/09: le soleil est bien présent dès le matin. Après un tour dans la ville et quelques emplettes au supermarché nous décidons de partir découvrir les villages de Patate et Salasaca en empruntant une petite route qui remonte à travers la montagne juste au dessus de Banos. Cette route excellemment pavée est raide avec de nombreux virages serrés mais assez large. Petit à petit le paysage se dévoile avec la ville de Banos implantée sur le rebord abrupt du rio Pastaza et surplombée par le Tungurahua décoré d'une corolle de nuages. Malheureusement, après le site des antennes les pavés laissent place à une large piste empierrée mais dont nous ne sommes pas certains de la viabilité avec un véhicule standard. Nous préférons donc faire demi-tour et rejoindre Patate par la route classique goudronnée. Juste à la sortie de Banos nous découvrons un panneau indiquant la direction de Patate par une route étroite qui semble suivre le fond de la vallée. Mais, rapidement, des glissements de terrain ont détérioré le goudron et un panneau précisant que la route était dangereuse nous dissuade de continuer. Nouveau demi-tour et cette fois nous empruntons la route principale. La route s'élève petit à petit au dessus d'une profonde vallée sur les pentes desquelles s'accrochent des cultures et de multiples serres. Patate est une petite bourgade blottie au creux des montagnes avec des rues rectilignes à angle droit semblables à de nombreux villages traversés durant notre séjour en Equateur. Nous reprenons ensuite la route vers Salasaca, réputée pour ses tapis de laine. Au passage à Pelileo, tout au long de la rue principale s'étalent de nombreuses boutiques de pantalons et de jeans, autre spécialité locale. À Salasaca, quelques boutiques sur la place ne présentent que des objets vus et revus sur tous les marchés et le magasin tout neuf d'artisanat local ne nous inspire guère avec ses femmes habillées comme au spectacle qui attendent les touristes à sa porte. Notre essai de découverte hors des sentiers battus a tourné court ce jour. Nous retournons donc à Banos puis nous baladons au hasard des rues. Quadrillée de rues bordées de bâtiments modernes aux façades multicolores on y trouve pléthore d'hôtels, restaurants, agences proposant des activités de plein air et autres boutiques de souvenirs. Seuls, les vendeurs de melcocha, friandise à base de jus de canne, perpétuent une tradition artisanale traditionnelle. Au pied de la cascade de la Vierge les piscines thermales aux eaux de couleur jaunâtre et à la décoration plutôt vieillotte accueillent les amateurs de bains. En fin d'après-midi, le volcan semblant vouloir évacuer les nuages qui l'entourent nous décidons de remonter vers le mirador Ojos del Volcan. Une petite couronne de nuages laisse émerger tout le sommet d'où s'élève une colonne de fumée. Puis, la chance nous sourit quand, tout à coup, un nuage noir et épais surgit du cratère, début d'un spectacle fascinant qui durera pendant au moins 45 minutes. Une succession d'explosions va déployer dans le ciel ses champignons de fumée et de cendres qui se noient dans les nuages teintés par la merveilleuse lumière du soleil couchant.
18/09: nous quittons Banos vers Riobamba, mais ne trouvant pas la route directe (peut être coupée selon le propriétaire de l'hôtel) nous gagnons Ambato pour rejoindre la Panaméricaine. En chemin nous profitons du spectacle du Tungurahua qui fume toujours et dont le versant ouest apparaît particulièrement haut et impressionnant. Puis le Chimborazo dévoile à nos yeux sa couronne de glace dégoulinante de cascades gelées. Sa silhouette massive se détache au dessus du haut plateau andin et nous profitons à nouveau de ce spectacle à plusieurs reprises sur la route qui se déroule entre 3000 et 3500m. Après Riobamba la route serpente dans une large vallée ondoyante dont les flancs sont recouverts de champs cultivés et parfois de bosquets de pins. La voie ferrée croise la route à plusieurs reprises. Puis la Panaméricaine plonge fortement à proximité d'Alausi alors que les vallées se creusent en de profonds canyons. Après Alausi nous traversons une longue zone sauvage au cœur d'un massif peu habité où la végétation devient plus rare et sèche. Une alternance de longues montées et descentes raides ponctue l'itinéraire. Le ciel est devenu menaçant et de gros nuages noirs boursouflés éclatent en brèves averses. à Zhud, une végétation plus verdoyante refait son apparition et les habitations deviennent plus nombreuses. La route est toujours aussi sinueuse et accidentée et nous rattrapons fréquemment des camions poussifs qui nous contraignent à la patience. Aux abords de Cuenca les montagnes s'amollissent (tout est relatif quand même) et la ville apparaît encadrée par un environnement de sommets élevés. Avec quelques difficultés d'orientation nous arrivons dans le centre historique pour rechercher un hôtel. Après un premier échec, nous trouvons une chambre agréable, bien éclairée mais sans lumière du jour à l'hostal Calle Angosta qui se trouve au calme à une dizaine de minutes à pied du centre ville. Une rapide promenade pour trouver un restaurant nous permet de découvrir des rues plaisantes avec des arcades à l'ambiance agréable.
19/09: nous passons la journée à la découverte du centre historique de Cuenca. Comme dans beaucoup de villes les rues sont quadrillées à angle droit et il est très facile de s'y repérer. De nombreuses maisons colorées avec des balcons côtoient des églises blanches ou en brique. Dans les rues les habitants vaquent à leurs courses dans une ambiance tranquille et bon enfant et la circulation des voitures se fait sans énervement. Les coupoles de la cathédrale s'atteignent par un escalier en colimaçon régulier où il ne faut pas oublier que la ville est quand même à 2500m d'altitude, faute de quoi l'essoufflement est garanti à l'arrivée. De là haut, on profite d'une vue à 360° sur la ville et les montagnes qui l'entourent. Il règne dans les marchés une joyeuse animation et on aperçoit régulièrement des femmes dans leur costume traditionnel toujours très coloré. Enfin, il ne faut pas oublier quelques boutiques proposant le célèbre Panama. En effet, c'est dans la région de Cuenca qu'est fabriqué ce célèbre couvre-chef. La tradition du tissage est séculaire et la réalisation peut être très complexe en fonction des motifs d'ornement.
20/09: le grand soleil du réveil nous incite à prolonger notre séjour à Cuenca pour aller randonner dans le parc Cajas. La traversée des faubourgs de Cuenca est rapide et une fois la ville quittée la route remonte le long d'une longue vallée bordée de pentes verdoyantes. C'est samedi et de nombreux cyclistes et coureurs à pied entraînent leur souffle en pédalant ou courant gaillardement dans ces montées longues et soutenues au delà de 3000m d'altitude. Dès l'entrée du parc la vallée s'élargit et nous découvrons un vaste panorama de crêtes et de mamelons rocheux recouverts de paramo entre lesquels se niche une multitude de lacs. Malheureusement un voile nuageux filtre la lumière. Nous tentons quand même quelques arrêts photo au bord de la route mais les gardes du parc nous imposent de repartir car la route est, selon eux, « muy perigrosa ». Nous poursuivons donc jusqu'au centre d'information situé près de la laguna Toreadora. Il faut s'inscrire au bureau avant de partir pour randonner. Nous décidons de découvrir le circuit N°1 qui semble intéressant car il passe auprès de plusieurs lagunes. L'itinéraire commence par contourner la laguna Toreadora puis longe ensuite la base du cerro San Luis avant de traverser un bois de polylepis, arbre à l'écorce lisse et rouge, le seul poussant à cette altitude de près de 4000m. Le sous-bois est touffu et il faut louvoyer entre les arbres et les blocs rocheux sur un chemin de tourbe souvent glissant. Le sentier redescend ensuite vers la laguna Unidas. Malgré l'absence de soleil, les couleurs sont surprenantes avec les herbes dorées recouvrant un dédale de monticules. A proximité de la lagune, le terrain devient tellement spongieux et humide que nous hésitons à continuer. Après avoir cherché un passage plus au sec nous renonçons et faisons demi-tour. Des échappées de ciel bleu commencent à apparaître et pendant une courte pause au bord du lac Toreadoro des filaments de lumière viennent miraculeusement éclairer les rives du lac et les touffes d'herbe captent immédiatement cette lumière. En reprenant la voiture nous poursuivons jusqu'au col situé à 4200m près des Tres Cruces, belvédère panoramique sur les massifs. Quelques petits maux de tête, certainement liés à l'effort en altitude, nous incitent à redescendre et nous regagnons Cuenca dans l'après-midi.
21/09: comme la veille, nous sommes réveillés par le carillon cristallin d'une église voisine. Le ciel est à nouveau gris, ce qui semble assez fréquent dans cette région. Nous reprenons la Panaméricaine en direction du nord pour rejoindre la petite ville de Canar à proximité de laquelle s'engage une route toute neuve vers Ingapirca. En cette journée de dimanche le site Inca est fréquenté par de nombreux visiteurs équatoriens. Il est situé dans une position dominante sur un amphithéâtre établi sur les pentes d'une quebrada. La visite permet de découvrir des vestiges de murs, de temples, de canalisations et même d'une voie inca pavée qui joignait le site au chemin de l'Inca voisin de quelques kilomètres. La visite guidée en espagnol est complétée par des panneaux explicatifs en anglais. Nous rejoignons ensuite la Panaméricaine sur laquelle nous trouvons le mauvais temps: pluie et brouillard compliquent la conduite d'autant que nombre de conducteurs équatoriens oublient d'allumer leurs phares même dans un brouillard épais. A nouveau, nous n'aurons rien vu du paysage autour d'Alausi noyé dans les brumes qui se précipitent sur les pentes des montagnes. Nous poursuivons jusqu'à Guamote, petit bourg situé sur le plateau andin et prenons une chambre à l'auberge Inti Sisa dépendant d'un organisme communautaire d'éducation. Nous terminons l'après-midi en parcourant les rues pavées du village aux nombreuses constructions inachevées lui donnant un air de far west avec sa voie ferrée traversant le bourg. On rêverait d'entendre le train siffler.
22/09: après le petit déjeuner nous visitons les espaces de formation et de fabrication de l'association Inti Sisa: salle informatique, classe maternelle et atelier de confection. La route, en partie non goudronnée, vers les lagunes Ozogoche nous semblant un peu aléatoire avec notre véhicule « standard » nous décidons de partir à la découverte des lagunes Atillo accessibles par une bonne route récente. La route remonte une longue et large vallée entourés de pentes tantôt verdoyantes, tantôt plus arides. Les espaces cultivés avec des champs en damiers alternent avec des zones de reboisement et des grandes étendues de paramo qui peinent à exprimer leurs couleurs faute de lumière suffisante. De nombreuses maisons isolées parsèment cette vallée et les habitants sont nombreux au bord de la route toujours vêtus de leurs habits traditionnels. Quelques grains de pluie et des bancs de brume nous accueillent à l'arrivée aux lagunes. Plusieurs lacs se blottissent entre une multitude de mamelons herbeux. L'endroit est sauvage, peu fréquenté et nous décidons de patienter en espérant qu'une éclaircie voudra bien faire exploser les couleurs. Mais nous n'avons pas de chance et en début d'après-midi, sous la pluie et sans espoir véritable d'amélioration, nous sommes contraints de repartir. Nous nous dirigeons vers Riobamba et le ciel reste couvert tout au long du chemin. Nous trouvons une chambre à l'hôtel Tren Dorado. Des patios apportent une note de calme à cet hôtel situé en plein centre ville à côté de la gare.
23/09: le temps est variable au lever du jour avec suffisamment d'éclaircies pour nous inciter à faire le tour du Chimborazo par la route des hauts plateaux à l'ouest. Après avoir traversé quelques villages situés sur les contreforts de la montagne la route passe au milieu de zones désertiques où de rares touffes d'herbe se mêlent aux cailloux sombres. Vers 4000m nous rentrons dans un brouillard épais qui nous fait douter. Puis, au bout de quelques kilomètres des déchirures apparaissent découvrant un immense plateau désertique où gambadent des vigognes craintives et curieuses. Une courte fenêtre permet même d'apercevoir le versant glacé du Chimborazo. La route se rapproche de la base de la montagne et les dieux de la météo sont avec nous puisque de larges éclaircies nous offrent la vision majestueuse du sommet. Sur le versant nord ouest dès que la route redescend en dessous de 4000m le désert cède la place à de grandes étendues agricoles et de petits villages s'éparpillent sur l'altiplano. À une telle altitude les conditions de vie doivent être bien rudes. Une longue descente au milieu des champs accrochés sur les pentes les plus raides mène vers Ambato. Un peu fatigués nous décidons d'y faire étape même si la ville ne présente pas un grand intérêt. L'hôtel Roka Plaza déploie ses chambres autour d'un agréable patio, très calme en plein cœur de la ville. Le prix de la chambre nous paraît cependant surévalué.
24/09: nous rejoignons la Panaméricaine jusque Quito. Nous retrouvons une circulation plus importante sur une route très large qui traverse le plateau andin bordé par les volcans emblèmes de l'Equateur. La plupart restent cachés dans les nuages mais nous profitons quand même d'une belle vue sur le Cotopaxi blanchi. À Latagunca c'est la fête de la Mama Negra et il y règne une joyeuse animation dans les rues où défilent fanfares, cavaliers et personnages costumés aux couleurs vives. C'est ensuite le retour sur Quito où nous sommes toujours impressionnés par l'étendue de la ville qui s'étale au milieu d'innombrables vallons et collines. Nous quittons la voiture de location et rejoignons l'Auberge Inn comme les fois précédentes. En fin d'après-midi, un petit tour vers le quartier de Mariscal nous dégourdit les jambes après ces journées de voiture.
25/09: le ciel est intensément bleu ce matin et particulièrement limpide. Nous décidons d'aller visiter la capilla del Hombre et la maison de Guayasamin, peintre équatorien, situé sur les hauteurs du quartier de Bellavista. Malgré la distance, environ 5 kms, nous décidons de partir à pied au long du Quito moderne ce qui nous permet de découvrir les styles architecturaux très variés qui se côtoient. Maisons basses d'allure coloniale sous l'œil de buildings de verre ou de briques, larges avenues bruyantes contigües avec des ruelles calmes, petites boutiques fourre-tout adossées à des halls commerciaux clinquants. Partout, des immeubles en construction semblent témoigner du grand dynamisme et de l'évolution de la ville. Pour atteindre le musée il faut quitter les grandes avenues par de petites rues escarpées qui permettent de dominer la ville et, ce matin, d'avoir une vue panoramique dégagée sur le volcan Pichincha. Implantée en position dominante à la limite de la zone urbanisée la capilla del Hombre présente de manière très sobre une partie des œuvres du peintre. Nombre de peintures sont consacrées à la ville de Quito et aussi à la représentation de la douleur et de l'exploitation des hommes liées à la guerre ou au travail. Dans un style parfois inspiré de Picasso ses évocations sont extrêmement vivantes et, dans un style dépouillé, traduisent parfaitement le dure situation des peuples sud américains. Tout à côté, son ancienne demeure, vaste et luxueuse maison blanche, présente une collection d'objets d'art impressionnante. En redescendant nous faisons un tour vers le grand parc Carolina entouré d'immeubles récents. Nous en profitons pour nous reposer un peu au calme: jeux d'enfants, pistes cyclables, stade de course à pied, vaste pelouse où s'entraînent des joueurs de football, aires de gymnastique, pédalos, il y a là de quoi satisfaire les besoins de loisirs de la population quitenos aisée. Toujours à pied, nous rentrons en longeant l'avenue Amazonas, très fréquentée, bordée de centres commerciaux et où une piste cyclable a été aménagée. Le plus souvent partagée avec les piétons une certaine vigilance s'impose pour se protéger des cyclistes intrépides et pressés.
En résumé, un pays aux paysages spectaculaires et variés avec une population particulièrement accueillante et souriante.
2/09/2014: après 11h de vol l'avion contourne Quito, capitale cernée par les pentes raides de montagnes entrecoupées de ravins encaissés sur lesquels s'accrochent des constructions multicolores. Le soleil s'infiltre au milieu de la couche nuageuse pour teinter de couleurs chaudes les multiples collines sur lesquelles se déploie la ville entre 2300 et 2800m. Après un rapide passage aux formalités de police nous retrouvons notre chauffeur. Une nouvelle autoroute à peine achevée rejoint l'aéroport flambant neuf. Nous sommes un peu surpris de découvrir une végétation de pays sec avec des pelouses rousses d'où émergent quelques cactus. La route louvoie entre de profondes ravines et en 1 h nous rejoignons l'Auberge Inn, dont les chambres sont situées autour d'un agréable patio au calme. Un peu sonnés par le décalage horaire et l'altitude nous ne nous éternisons pas après le diner...
3/09: le réveil est très matinal car nous n'avons pas encore bien intégré l'heure équatorienne. Une rapide sortie nous permet de trouver une petite épicerie tout près de l'hôtel et d'acheter un ravitaillement minimum. Un taxi nous emmène en 20 minutes chez Avis auprès de qui nous avons réservé une voiture. L'accueil y est très attentionné et l'employé nous explique avec un schéma précis et détaillé comment rejoindre la route en direction d'Otavalo. La sortie de la zone urbaine semble interminable malgré une circulation fluide car, sans arrêt, nous traversons de nouvelles zones urbanisées avant de filer sur la Panaméricaine. Par une succession de montées et de descentes souvent soutenues la route dévoile en toile de fond, de tous côtés, des sommets fréquemment encapuchonnées de cumulus. Le soleil est cependant bien présent et, à cette altitude, il est ardent. Nous faisons une pause déjeuner dans un restaurant au bord de la route à Cayambe. Peu avant Otavalo, dans une large dépression apparaît le lac San Pablo surveillé par le volcan Imbabura. Nous quittons la Panaméricaine pour rentrer dans Otavalo, ville aux rues parfaitement quadrillées, où nous avons repéré un hôtel sur notre guide. Après quelques tours autour des carrés de maison nous trouvons l'hébergement envisagé, mais la ville ne nous semble pas très attrayante et nous décidons de rejoindre Peguche, petit village proche qui devrait être plus calme. Après quelques hésitations dues à notre carte sommaire nous trouvons la direction de Peguche. Une route pavée y mène et après quelques nouvelles recherches dénichons l'hôtel Aya Huma curieusement installé en bordure immédiate d'une voie ferrée tout juste rénovée. Après avoir déposé nos bagages nous partons à pied au beau milieu du ballast transformé en voie piétonne très fréquentée par les habitants et rejoignons la cascade de Peguche. Installée au cœur d'une forêt embaumant l'eucalyptus elle jaillit d'une vingtaine de mètres dans un violent fracas. Au retour nous traversons le village dont le calme n'est troublé que par le cliquetis permanent de métiers à tisser industriels. Quelques belles fresques colorées décorent les murs de constructions basses fréquemment inachevées. Pour le dîner, c'est très simple, il suffit de traverser la voie ferrée pour rejoindre le restaurant situé juste en face de l'hôtel...
4/09: aujourd'hui nous décidons de partir faire une première randonnée d'acclimatation vers la laguna de Cuicocha. Quelques kilomètres sur la Panaméricaine, élargie et refaite à neuf, avant de tourner vers Cotacachi sur une route également rénovée qui se prolonge jusqu'à l'entrée du parc. Au centre des visiteurs un garde dont c'est le premier jour d'activité nous accueille fort aimablement. Comme il ignore encore tout des itinéraires de randonnée il se déplace à l'entrée du parc pour chercher sa collègue qui fait tout son possible pour nous renseigner. Nous décidons de partir pour le tour du lac. La chaleur devient plus intense malgré les nombreux cumulus qui parsèment le ciel et cachent à la vue les plus hauts sommets. Mais le vent vient rafraîchir les ardeurs du soleil et la température est très agréable. La lumière est superbe et le lac au bleu d'azur contraste avec les pentes escarpées et sombres de la caldeira tandis que, sur le plateau, les prés dorés accrochent les rayons du soleil. Le sentier large et bien aménagé remonte d'abord vers une reconstitution de vestiges incas: calendrier solaire, calendrier lunaire, lieu d'offrandes et de purification. Quelques passages raides sont aménagés au moyen de marches. Le panorama est vaste aussi bien sur le lac que sur la région agricole d'Otavalo, dominée par l'imposant volcan d'Imbabura. De tous côtés des chaînes de montagne émergent. Des fleurs aux couleurs variées bordent le chemin tandis que les herbes dorées du paramo rayonnent même quand le soleil joue à cache-cache avec les nuages. Lorsque les bords de la caldeira sont trop escarpés le sentier s'éloigne un peu pour contourner l'obstacle mais, bien vite, revient surplomber le lac. A peu près à mi parcours, un ravin encaissé interrompt la ligne de crête nous imposant une nouvelle grimpette d'une centaine de mètres que nous franchissons tranquillement. Craignant de souffrir un peu de l'altitude nous avons mesuré nos efforts et n'avons pas ressenti d'effet désagréable d'essoufflement. A la fin du sentier nous retrouvons une large route goudronnée qu'il faut suivre sur environ 4 kilomètres. Comme elle est peu fréquentée, ce passage est « avalé » sans ennui car la vue panoramique occupe en permanence le regard. Au niveau du restaurant du mirador, nous abandonnons cette route pour emprunter à gauche un large chemin qui redescend directement à l'entrée du parc. Après une rapide visite du centre des visiteurs nous descendons vers Cotacachi, paisible ville où il semble faire bon vivre. Les rues et la grande place sont bordées de bancs protégés de la pluie ou du soleil, c'est selon, par des auvents. En cette fin d'après-midi les habitants y papotent paisiblement. Une céramique géante de Pavel Eguëz rappelle à notre mémoire que la vie n'est pas toujours aussi tranquille pour les populations indigènes d'Amérique du Sud.
5/09: pour poursuivre notre acclimatation nous passons une nouvelle journée en altitude autour de la laguna Mojanda (3730m). Depuis Otavalo jusqu'au bord de la lagune 18 kms de route aux pavés irréguliers avec de nombreux trous nous gratifient d'une longue séance de massages vibrants. Peu avant l'arrivée à la lagune la silhouette élancée du Fuya Fuya nous domine. Quand nous quittons la voiture le ciel est gris et la surface de l'eau ne reflète qu'une terne couleur métallique. Un large chemin facile en pente douce mène au lac suivant. Par moments de violentes bourrasques de vent soulèvent une poussière pulvérulente qui envahit le chemin. Sans vraiment ressentir les effets de l'altitude nous réalisons cependant qu'il nous est interdit de marcher trop vite. Nous prenons donc notre temps pour rejoindre la laguna Chiquita. De là, le schéma prêté par notre hôtelier nous indique une boucle autour du Cerro Negro. Hésitants, curieux de découvrir ce qui se cache derrière les sommets nous avons très envie de partir sur cet itinéraire. Mais une observation du terrain ainsi que les indications fournies par le GPS nous dissuadent de nous engager dans cette boucle qui risque d'être longue et nous n'avons pas de vivres, si ce n'est quelques biscuits. Nous faisons donc 'sagement' demi-tour. Au retour, une halte nous permet de découvrir Otavalo, célèbre pour ses marchés quotidiens. Le marché artisanal nous paraît assez triste, sans âme et entièrement consacré aux souvenirs touristiques. Il n'est visiblement pas fréquenté par les populations locales. C'est une ville aux bâtiments récents qui ne retiennent pas vraiment l'attention. Seul le Parque Simon Bolivar, cœur central de la ville, dégage une atmosphère de tranquille animation caractéristique des villes sud-américaines.
06/09: en début de matinée un ciel sans nuage permet de découvrir les volcans Cotacachi, Imbabura et Fuya Fuya qui dominent la région d'Otavalo. Le sommet acéré du Cotacachi est encore enneigé. C'est samedi, jour du marché aux animaux parfaitement organisé: un secteur pour les vaches, un pour les porcs, les moutons, la volaille et autres cochons d'Inde. A côté, quelques vendeurs de cordes colorées et aussi quelques cantines où on fait cuire la soupe et griller des abats pas spécialement appétissants. De nombreux habitants y portent le costume traditionnel. Le marché est animé mais sans bousculade et, bien qu'il ne soit que 9 h du matin, il nous semble que le gros de l'activité soit déjà passé. Nous reprenons ensuite la route vers Quito; la lumière est limpide et les prés dorés flamboient tandis que les volcans se dressent fièrement à l'horizon. La calotte glaciaire scintillante du volcan Cayambe domine de toute sa hauteur les hauts plateaux sur lesquels se déploie un patchwork de champs cultivés et de serres. La petite route menant aux pyramides pré inca de Cochasqui est particulièrement inconfortable avec son revêtement de pierres irrégulières et nous secoue en tous sens. Mais le site est situé sur une pente offrant un vaste panorama sur la région de Quito et l'avenue des volcans. Le cône lumineux du Cotopaxi pointe dans le lointain. Nous visitons le site accompagnés par une guide qui pratique un espagnol facilement compréhensible. Les pyramides sont toutes recouvertes de terre et seul un lieu de fouille permet d'en voir la structure. La promenade autour des pyramides est plaisante avec de nombreux lamas qui se délectent avec gourmandise d'herbe rase et sèche. Nous reprenons ensuite la route vers Quito. Aux abords de la ville la circulation se densifie mais nous retrouvons facilement notre chemin pour rejoindre l'agence Avis. Le personnel y est à nouveau très accueillant et se démène pour nous trouver un taxi qui nous emmène à l'hôtel. Nous y retrouvons une famille avec ses 3 enfants (« notre tribu sur terre ») qui démarre son tour du monde et en profitons pour échanger quelques souvenirs de voyage.
07/09: nous partons pour six jours avec Rodrigo, notre guide de l'agence Equateur Voyages Passion qui a organisé parfaitement ces journées de randonnée. Notre premier objectif est l'ascension du volcan Guagua Pichincha (4784m) qui domine Quito. C'est d'abord une longue traversée des faubourgs de cette capitale qui permet d'apercevoir les maisons et immeubles colorés accrochés sur les pentes raides qui dévalent vers la ville. Ensuite, la route serpente au milieu des zones de cultures. Le patchwork lumineux et coloré des champs s'étale sur les flancs des montagnes jusqu'à une altitude élevée. Une longue piste poussiéreuse mène ensuite vers le refuge situé sous le sommet. Nous quittons la voiture vers 4400m. Le vent balaye vigoureusement les nombreux nuages mais le soleil perce quand même et illumine le paramo. Les premiers pas sont assez difficiles: il faut avancer lentement pour éviter de s'essouffler et nous sommes à l'écoute des réactions de notre organisme. Petit à petit nous trouvons un rythme régulier qui nous permet d'avancer sans essoufflement. Après une courte halte au refuge une traversée ascendante mène vers le bord du cratère. Le vent y est violent et les nuages partent à l'assaut des crêtes déchiquetées. Heureusement, une trace légèrement en contre-bas permet de rejoindre le sommet sans être bousculés. Louvoyant entre les blocs noirâtres nous prenons lentement de l'altitude sans véritable difficulté. En contrebas la bouche du volcan émet quelques fumeroles. Les pentes sombres aux roches déchiquetées composent un tableau sauvage. Nous retournons ensuite vers Quito où la traversée de la ville est toujours aussi longue puis empruntons la Panaméricaine, large route à 2 fois 3 voies récemment rénovée. Au passage le Cotopaxi nous offre la vision sublime de son cône immaculé perçant brièvement les nuages. A Latacunga nous quittons la Panaméricaine pour emprunter une route nouvellement aménagée en direction des plateaux andins. En fin de journée, les champs prennent une chatoyante couleur ocre et les nuages, que nous survolons, s'effilochent en rougeoyant au couchant. Après un passage vers 4000m la route plonge dans un vaste paysage de hauts plateaux vallonnés Nous faisons halte à la Posada de Tigua, belle hacienda blottie au creux d'un bosquet d'arbres autour desquels paissent côte à côte lamas, moutons et vaches. À l'intérieur, un poêle diffuse sa douce chaleur tandis qu'une fraîche bise secoue les arbres.
08/09: le vent a soufflé toute la nuit; il semble ne jamais cesser dans cette région. Au réveil, une somptueuse lumière éclaire les hauts plateaux tandis que rapidement quelques cumulus font leur apparition. Des gouttes de pluie transportées par le vent allument un arc en ciel insolite au milieu d'un ciel d'azur. Nous partons accompagnés d'un guide local, Jorge, habillé de manière traditionnelle avec son poncho et son chapeau. L'air matinal est vif et le vent permanent mais le spectacle des champs irisés de soleil est ravissant. Par une large piste nous parcourons ces vallonnements au milieu d'espaces sans fin. De temps à autre notre guide rythme la marche des airs enjoués de sa flûte. Des habitations isolées apparaissent au milieu des champs cultivés: fèves, oignons, pommes de terre sont les cultures principales de la région. En traversant une hacienda des enfants vêtus de leur uniforme d'écolier tentent d'attirer notre attention par des pitreries et des cris. Le chemin longe ensuite un abrupt ravin en formation aux curieuses formes colorées et tourmentées. Puis, après une brève remontée, un raide chemin sablonneux et poussiéreux s'insinue entre d'étroites parois jusqu'au fond d'un profond canyon aux falaises délitées. Là, paissent quelques chevaux tandis que les femmes de Quilotoa, village situé à 2 heures de marche, lavent leur lessive dans le ruisseau. Après la pause pique-nique nous entamons la remontée sur un sentier escarpé où le sable instable nous oblige à accélérer le pas sous peine de glisser en arrière. À cette altitude de plus de 3000m il faut prendre garde à ne pas s'essouffler, d'autant plus qu'il y a environ 250 m de dénivellation à gravir. Finalement, sans courir, mais avec un pas régulier nous rejoignons le vaste plateau dominé par les pentes du volcan Quilotoa. Une assez longue progression en pente douce permet de gravir ce plateau panoramique et, enfin, en suivant le fond toujours sablonneux d'un nouveau canyon nous atteignons le rebord du cratère. Du mirador la vue sur la caldeira circulaire est spectaculaire avec le lac aux reflets d'azur qui en occupe tout le fond. Le vent permanent nous a bousculé toute la journée et c'est avec grand plaisir que nous rejoignons tout à côté l'hôtel Churikawa où Rodrigo est arrivé avec nos bagages. L'atmosphère de la chambre est glaciale et son équipement spartiate sans chaise ni table mais avec un poêle à bois. Après la douche nous nous réchauffons d'un un potage, plat traditionnel en Equateur. Nous sommes à 3900m et, dès que le soleil disparaît, les rafales de vent incessantes refroidissent brutalement l'atmosphère et nous nous réfugions près du poêle de la salle à manger en attendant le dîner. Après celui-ci l'hôtelier vient allumer le poêle de notre chambre qui diffuse rapidement une douce chaleur. Malheureusement, celle-ci s'évanouit rapidement dès que la provision de bois est consommée.
09/09: des rafales ont tambouriné sur le toit avec des grains de sable sans interruption durant la nuit et, au lever du jour, le froid est vif. Pas suffisant, toutefois, pour interdire une rapide sortie matinale afin d'admirer le soleil frappant la lagune irisée qui prend des teintes changeantes selon l'avancée des nuages. Bien emmitouflés nous longeons le rebord aérien de la caldeira où les violentes bourrasques de vent nous bousculent parfois brutalement. Mais le paysage est magnifique et des tâches de lumière parsèment l'eau agitée par le vent. Notre itinéraire quitte ensuite le bord du cratère pour rejoindre des zones de culture par de raides chemins sablonneux. Le paysage est chaotique et de nombreux ravins rognent les pentes escarpées sur lesquelles les champs cultivés remontent jusqu'aux crêtes. De ci de là nous apercevons les femmes qui cultivent les champs, battent les céréales ou accompagnent leurs troupeaux. Après avoir traversé le village de Guayama San Pedro, établi sur un vaste plateau, le sentier plonge à nouveau dans un profond ravin par un chemin escarpé et sablonneux où nos pas soulèvent un nuage pulvérulent. Une passerelle artisanale construite avec des troncs en équilibre permet de traverser le ruisseau, heureusement peu large à cet endroit. Ensuite, le chemin remonte une courte pente instable et sablonneuse avant de s'assagir pour gravir les ressauts plus doux qui permettent de rejoindre Chugchilan. Les enfants en uniformes rouges ou gris sortent tout juste de l'école et animent le village tandis qu'ils prennent d'assaut les camions utilisés pour le ramassage scolaire. Tout près du centre du village se trouve l'hôtel Mama Hilda, joliment décoré avec des chambres plaisantes qui nous permettent de nous reposer durant l'après midi sans être frigorifiés comme la veille. L'altitude moins élevée, à 3200m, explique aussi la température plus confortable.
10/09: nous quittons Chugchilan par la petite route qui surplombe le profond ravin traversé la veille. Aujourd'hui, nous pouvons marcher en T-shirt car il n'y a pas de vent. La région est toujours très agricole et nous croisons régulièrement des paysans qui gardent leurs troupeaux ou cultivent leurs champs. Le chemin descend ensuite rapidement vers le fond du ravin au milieu d'un dédale de falaises plus ou moins écroulées. En suivant le cours de la rivière nous arrivons dans un village aux quelques maisons regroupées autour d'une petite église et d'une école où un groupe d'élèves est en train de s'aligner pour rentrer en classe. Divers modèles de ponts ont été installés pour traverser la rivière: simples avec des empilements aléatoires de planches ou plus élaborés tels qu'une passerelle suspendue avec rambarde. Notre chemin, quant à lui, emprunte un énorme tronc raboté installé 2 mètres au dessus de l'eau et dont la rambarde est particulièrement instable: nous traversons donc avec précaution. Jorge continue de jouer régulièrement de la flûte, notamment à l'approche des fermes pour tenter d'amadouer quelques chiens à l'allure agressive. Les villageois rencontrés semblent aussi bien apprécier ces claires notes de musique qui s'élèvent du chemin. C'est par un vallon étroit qui s'insinue entre des parois ravinées que nous remontons sur le plateau. Le sentier se poursuit ensuite en contournant plusieurs vallonnements où sont disséminées de petites fermes. A l'approche de Isinvili nous croisons à nouveau les enfants rejoignant leurs maisons isolées après l'école et nous retrouvons Rodrigo qui nous attend avec la voiture et nos bagages. Une longue piste remonte vers des hauts plateaux où la vue s'élargit à l'infini sur de vastes pentes et atteint près de 4000 m avant de redescendre sur le plateau central. Devant nous les sommets des Ilinizas et du Cotopaxi sont malheureusement couverts de nuage ne laissant apparaître que la base de leurs cônes. Quelques kilomètres avant de retrouver la Panaméricaine nous faisons étape à l'hosteria Quinta Colorada aux façades décorées de fresques représentant des volcans enneigés. Un grand salon avec de larges fauteuils nous permet de lire et de consulter internet confortablement installés.
11/09: au réveil, le ciel est complètement gris et un léger brouillard a effacé tous les reliefs. Nous partons de bonne heure pour visiter le marché de Saquisili. C'est un des plus importants d'Equateur et on y vient de loin pour acheter ou vendre toutes sortes de marchandises. Au marché des animaux organisé en fonction des espèces on trouve vaches, cochons, moutons et lamas et tout ce qu'il faut pour emmener la bête achetée depuis le cordage jusqu'au fourrage. La foule se presse dans une ambiance bon enfant et les négociations vont bon train entre vendeurs et acheteurs habillés de leur costume traditionnel. Dans le centre ville on trouve répartis sur différentes places et dans les rues les marchés aux fruits et légumes largement approvisionnés et rutilants de couleurs variées, les étals de viandes et de poissons pas vraiment appétissants et tout ce qui peut être utile dans la vie quotidienne depuis les vêtements jusqu'aux bassines en pneus recyclés en passant par le mobilier d'aspect généralement assez kitsch. En fin de matinée nous prenons la route vers le parc de Cotopaxi. Le temps reste morose malgré quelques brèves éclaircies. Le paysage de hauts plateaux recouvert d'herbe rase dorée ou de lichens gris est vaste mais les sommets se dissimulent dans les nuages. Par moments, l'extrémité des langues glaciaires du Cotopaxi darde sous les nuages. Nous partons pour le tour facile de la laguna Limpiopungo. Malgré le ciel bas, quand la lumière perce entre les nuages le spectacle des masses nuageuses boursouflées au dessus de cet océan de paramo est saisissant. Nous rejoignons ensuite rapidement l'hostal Tambopaxi dont la situation privilégiée offre une vision panoramique sur le Cotopaxi. Une violente averse vient saluer notre installation et, un peu inquiets, nous regardons l'eau dégouliner le long de la large baie vitrée de notre chambre qui devrait nous offrir le Cotopaxi sur écran large. Puis, brutalement, les nuées commencent à se déchirer et les pentes glacées se dévoilent petit à petit derrière les interstices nuageux tandis que le plateau humide brille sous les éclats du soleil. Nous sortons rapidement pour entamer une série de photos en nous promenant sur le plateau. Spectacle formidable de ce cône quasi parfait qui surgit de la pampa dorée jusqu'aux glaces étincelantes. Mais l'éclaircie n'aura duré qu'une heure, car en fin d'après-midi le brouillard vient effacer le paysage. Cependant, nous constatons une nouvelle fois qu'en Equateur le temps est changeant car, dès le début de la nuit, un ciel étoilé de mille feux nous surprend. Le poêle installé dans la chambre diffuse une agréable chaleur qui nous évite d'être trop frigorifié en ce début de soirée.
12/09: la pluie est tombée une partie de la nuit et un voile uniforme de nuages se déploie sur les sommets au-dessus de 5000 m. La base du Cotopaxi est poudrée d'une fine pellicule de neige. Le ciel désespérément gris et les menaces de pluie nous incitent à modifier nos plans. Au lieu d'escalader le Ruminahui au risque de nous retrouver dans les nuages Rodrigo nous propose une petite randonnée sur le plateau en direction du site inca de Pucara Salitré. Malgré le ciel bouché la traversée à pied de ces hauts plateaux est vraiment plaisante, seuls au milieu de ces vastes espaces qui paraissent sans fin mais jamais monotones. Les espaces d'herbe rase ou de lichen sont entrecoupés de ravins aux rives abruptes dans lesquels les laves d'anciennes éruptions ont tracé leur chemin abandonnant au passage des roches déchiquetées. Quelques troupeaux de chevaux sauvages ou de vaches et de rares oiseaux apportent la vie dans cet univers isolé. Le site inca est établi sur une éminence offrant un large panorama qui permettait de surveiller aisément les environs. Il en subsiste seulement une enceinte en massives pierres jointives et, tout à côté, des cônes volcaniques utilisés pour des sacrifices rituels. De retour à Tambopaxi nous reprenons la voiture et retournons vers l'entrée du parc par une piste en tôle ondulée. Nous roulons dans la ouate car le brouillard a envahi tout l'espace. Une fois rejointe la Panaméricaine nous prenons la direction de Quito. Brèves éclaircies et averses alternent tout au long de la route. Nous retrouvons notre chambre à l'Auberge Inn et faisons nos adieux à Rodrigo qui reprend la route vers Banos.
13/09: nous partons à pied visiter la ville coloniale de Quito. L'ancienne ville occupe une surface relativement réduite mais vallonnée. Elle est quadrillée de rues perpendiculaires qui montent à l'assaut de raides collines. On y observe un étonnant mélange de constructions anciennes colorées et ornées de motifs architecturaux côtoyant des immeubles modernes sans charme. Dans le prolongement des rues apparaissent les constructions bigarrées qui s'étagent sur les nombreuses collines de la ville. Il règne une grande animation autour des principales places, notamment sur la plaza de la Independencia. Mais, le plus surprenant reste la richesse invraisemblable des décors des églises, en particulier la compania de Jesus, dont toutes les fioritures du sol au plafond semblent n'être qu'une immense feuille d'or. Nous déambulons dans ces rues une partie de la journée puis revenons vers le parc El Ejido, lieu de promenade très fréquenté en ce samedi après-midi. Pour terminer la journée nous observons, en bordure du parc, les nombreuses productions des peintres locaux qui exposent leurs tableaux dans l'espoir de trouver acheteur.
14/09: nous quittons l'hôtel pour rejoindre l'agence AVIS où nous avons réservé une voiture pour la fin du séjour. Le loueur nous propose de changer de modèle pour une Fiat UNO car le modèle réservé n'est pas en état (pneus lisses, comprenons nous???). Il s'avère que le coffre de cette voiture est trop petit pour nos 2 bagages et nous insistons pour avoir le modèle réservé. Finalement, par on ne sait quel miracle, une Chevrolet Aveo est bien disponible et nous pouvons prendre la route. Une nouvelle fois nous empruntons la direction de l'aéroport et l'orientation nouis paraît désormais simple. Nous nous dirigeons ensuite vers Papallacta par une route large et récemment bitumée qui remonte une large vallée pour atteindre un col vers 4000m. Quelques zones de travaux subsistent sans revêtement. La pente est soutenue et la voiture «peine» un peu dans cette longue côte. Nous trouvons le brouillard sous le col puis dans la descente sur le versant est une pluie continue nous accueille. La végétation change d'aspect: de nombreux arbres et arbustes verdoyants couvrent les raides pentes du Bosque Nublado. L'ambiance verdoyante et humide de l'Amazonie n'est plus très loin. L'ambiance est très particulière nous rappelant notre trajet sur la Carretera Austral il y a quelques années. Entre Baeza et Tena le soleil refait son apparition et les contreforts des Andes brillent d'un éclat particulier comme lavés par la pluie récente tandis que de gros nuages bourgeonnants grignotent le ciel. Nous traversons quelques villages à l'aspect plutôt triste. Les rivières commencent à devenir moins squelettiques et bouillonnent dans les rapides. A Tena, après quelques difficultés d'interprétation de la signalisation, nous trouvons la route de Puerto Misahualli qui s'enfonce dans la forêt à proximité du rio Napo. Juste à l'entrée du village nous faisons halte à la maison d'hôtes France America dont les cabanes en bois agréablement dispersées au milieu des arbres nous ont paru attrayantes. Sans être vraiment immergés au cœur de la forêt amazonienne nous en ressentons cependant rapidement l'ambiance. Moiteur de l'air, densité de la végétation et surtout les bruits divers et variés permanents: ça crisse, ça grésille, ça grince, ça siffle avec en bruit de fond les remous permanents de la rivière juste à côté. Une courte promenade nous fait découvrir le village modestement établi autour de sa petite place principale. Il y règne une ambiance assez nonchalante et détendue alors que les enfants gambadent autour des singes qui cabriolent sur les arbres. Tandis que les familles se baignent juste à côté de la plage sablonneuse des pirogues motorisées promènent les touristes sur le rio Napo et transportent aussi les habitants avec leurs bagages vers les villages accessibles uniquement par le fleuve.
15/09: à peine rentrés du dîner la pluie s'est mise à tomber et toute la nuit les averses de plus en plus fortes se sont succédées. Au réveil, nous sentons une brumisation nous rafraîchir le visage au travers de la moustiquaire. Tout baigne dans l'humidité, les brumes s'accrochent au faîte des arbres et le rio Napo dont le débit est devenu violent a pris une couleur marron. Nous tentons d'aller voir « el arbol gigante » tout près du village mais la pluie intense nous dissuade de quitter la voiture. Après avoir traversé le pont suspendu qui enjambe le rio Napo nous poursuivons vers la Punta. Au long de la route quelques glissements de terrain ont déposé leur couche ocre sur le bitume. À proximité du nouvel aéroport « international » une superbe route à 2 larges voies séparées vient d'être créée. Il faudra certainement attendre quelques années avant qu'elle ne soit saturée... Peu après la route bute sur le rio: quelques maisons colorées abritent les chauffeurs qui attendent le bac pour traverser vers Ahuano dans une ambiance de bout du monde sous la grisaille humide et tiède. Nous revenons ensuite vers Puerto Misahualli pour faire quelques courses à l'épicerie pompeusement appelée supermarché où l'équipement informatique récent avec lecteur de code barre fait regretter la traditionnelle calculette beaucoup plus rapide. La pluie ayant cessé nous en profitons pour faire quelques photos de ce village beaucoup moins animé que la veille. L'ambiance est surprenante avec ses maisons colorées qui se mirent dans les flaques des rues défoncées. Nous prenons ensuite la direction de Puyo par une belle route sinueuse au milieu de la forêt luxuriante dont les arbres lessivés brillent abondamment sous les premiers rayons du soleil. À Puyo, nous trouvons une chambre à l'hôtel Las Palmas, dans un bâtiment orné d'un beau balcon en bois dominant un jardin abondamment fleuri. Une fois les bagages déposés nous allons visiter le centre de réadaptation de la faune Yana Cocha (lagune noire en quechua) où quelques animaux de la forêt amazonienne peuvent être observés. De nombreuses fleurs aux couleurs vives illuminent la végétation des lieux. Alors que je m'approchais sur un sentier pour photographier de près quelques fleurs j'entends le bruit d'un plongeon soudain: quelle surprise d'apercevoir à quelques mètres un caïman apparemment dérangé par ma présence. Une belle frayeur rétrospective... En fin de journée, un petit tour dans les rues animées de Puyo nous mène vers la pizzeria.
16/09: nous quittons Puyo pour rejoindre la cordillère. La route parcourt une belle vallée encaissée dont les pentes raides sont couvertes d'une végétation serrée qui rappelle celle d'îles volcaniques telles que la Réunion. A rio Verde nous avons quelques difficultés à trouver le sentier qui permet de descendre à la cascade Palion del Diablo car celui-ci débute sous un porche en bois au milieu de boutiques de souvenirs. Il est large et bien aménagé avec quelques marches pour rejoindre environ 120 m plus bas un restaurant, porte d'entrée où il faut s'acquitter du péage pour accéder aux belvédères. À l'approche de celui situé à proximité de la cascade nous commençons à être largement aspergés par les embruns. Un petit passage sous les rochers permet au prix d'une quasi reptation de rejoindre les passerelles suspendues qui surplombent l'impressionnante et bruyante cascade. Après une rapide remontée nous reprenons la route bordée de nombreuses cascades. Des « tarabita », nacclles légères de téléphériques traversent fréquemment la rivière à belle hauteur. Utilisées pour transporter les marchandises d'une rive à l'autre elles sont devenues une attraction touristique prisée. Nous rejoignons ensuite Banos, petite cité touristique implantée sur un replat dominant une gorge profonde et trouvons facilement une chambre à l'hôtel Donde Ivan. La chambre est aménagée simplement, très propre et donne sur un patio joliment décoré. En fin d'après-midi, profitant de larges éclaircies la vision du volcan Tungurahua nous incite à remonter au delà du pont San Francisco traversant le ravin pour essayer de découvrir un point de vue dégagé sur le volcan. Nous remontons environ 200m de dénivellation mais la vue reste limitée par les arbres au travers desquels nous pouvons quand même apercevoir le sommet sur lequel s'accrochent encore les nuages.
17/09: le soleil est bien présent dès le matin. Après un tour dans la ville et quelques emplettes au supermarché nous décidons de partir découvrir les villages de Patate et Salasaca en empruntant une petite route qui remonte à travers la montagne juste au dessus de Banos. Cette route excellemment pavée est raide avec de nombreux virages serrés mais assez large. Petit à petit le paysage se dévoile avec la ville de Banos implantée sur le rebord abrupt du rio Pastaza et surplombée par le Tungurahua décoré d'une corolle de nuages. Malheureusement, après le site des antennes les pavés laissent place à une large piste empierrée mais dont nous ne sommes pas certains de la viabilité avec un véhicule standard. Nous préférons donc faire demi-tour et rejoindre Patate par la route classique goudronnée. Juste à la sortie de Banos nous découvrons un panneau indiquant la direction de Patate par une route étroite qui semble suivre le fond de la vallée. Mais, rapidement, des glissements de terrain ont détérioré le goudron et un panneau précisant que la route était dangereuse nous dissuade de continuer. Nouveau demi-tour et cette fois nous empruntons la route principale. La route s'élève petit à petit au dessus d'une profonde vallée sur les pentes desquelles s'accrochent des cultures et de multiples serres. Patate est une petite bourgade blottie au creux des montagnes avec des rues rectilignes à angle droit semblables à de nombreux villages traversés durant notre séjour en Equateur. Nous reprenons ensuite la route vers Salasaca, réputée pour ses tapis de laine. Au passage à Pelileo, tout au long de la rue principale s'étalent de nombreuses boutiques de pantalons et de jeans, autre spécialité locale. À Salasaca, quelques boutiques sur la place ne présentent que des objets vus et revus sur tous les marchés et le magasin tout neuf d'artisanat local ne nous inspire guère avec ses femmes habillées comme au spectacle qui attendent les touristes à sa porte. Notre essai de découverte hors des sentiers battus a tourné court ce jour. Nous retournons donc à Banos puis nous baladons au hasard des rues. Quadrillée de rues bordées de bâtiments modernes aux façades multicolores on y trouve pléthore d'hôtels, restaurants, agences proposant des activités de plein air et autres boutiques de souvenirs. Seuls, les vendeurs de melcocha, friandise à base de jus de canne, perpétuent une tradition artisanale traditionnelle. Au pied de la cascade de la Vierge les piscines thermales aux eaux de couleur jaunâtre et à la décoration plutôt vieillotte accueillent les amateurs de bains. En fin d'après-midi, le volcan semblant vouloir évacuer les nuages qui l'entourent nous décidons de remonter vers le mirador Ojos del Volcan. Une petite couronne de nuages laisse émerger tout le sommet d'où s'élève une colonne de fumée. Puis, la chance nous sourit quand, tout à coup, un nuage noir et épais surgit du cratère, début d'un spectacle fascinant qui durera pendant au moins 45 minutes. Une succession d'explosions va déployer dans le ciel ses champignons de fumée et de cendres qui se noient dans les nuages teintés par la merveilleuse lumière du soleil couchant.
18/09: nous quittons Banos vers Riobamba, mais ne trouvant pas la route directe (peut être coupée selon le propriétaire de l'hôtel) nous gagnons Ambato pour rejoindre la Panaméricaine. En chemin nous profitons du spectacle du Tungurahua qui fume toujours et dont le versant ouest apparaît particulièrement haut et impressionnant. Puis le Chimborazo dévoile à nos yeux sa couronne de glace dégoulinante de cascades gelées. Sa silhouette massive se détache au dessus du haut plateau andin et nous profitons à nouveau de ce spectacle à plusieurs reprises sur la route qui se déroule entre 3000 et 3500m. Après Riobamba la route serpente dans une large vallée ondoyante dont les flancs sont recouverts de champs cultivés et parfois de bosquets de pins. La voie ferrée croise la route à plusieurs reprises. Puis la Panaméricaine plonge fortement à proximité d'Alausi alors que les vallées se creusent en de profonds canyons. Après Alausi nous traversons une longue zone sauvage au cœur d'un massif peu habité où la végétation devient plus rare et sèche. Une alternance de longues montées et descentes raides ponctue l'itinéraire. Le ciel est devenu menaçant et de gros nuages noirs boursouflés éclatent en brèves averses. à Zhud, une végétation plus verdoyante refait son apparition et les habitations deviennent plus nombreuses. La route est toujours aussi sinueuse et accidentée et nous rattrapons fréquemment des camions poussifs qui nous contraignent à la patience. Aux abords de Cuenca les montagnes s'amollissent (tout est relatif quand même) et la ville apparaît encadrée par un environnement de sommets élevés. Avec quelques difficultés d'orientation nous arrivons dans le centre historique pour rechercher un hôtel. Après un premier échec, nous trouvons une chambre agréable, bien éclairée mais sans lumière du jour à l'hostal Calle Angosta qui se trouve au calme à une dizaine de minutes à pied du centre ville. Une rapide promenade pour trouver un restaurant nous permet de découvrir des rues plaisantes avec des arcades à l'ambiance agréable.
19/09: nous passons la journée à la découverte du centre historique de Cuenca. Comme dans beaucoup de villes les rues sont quadrillées à angle droit et il est très facile de s'y repérer. De nombreuses maisons colorées avec des balcons côtoient des églises blanches ou en brique. Dans les rues les habitants vaquent à leurs courses dans une ambiance tranquille et bon enfant et la circulation des voitures se fait sans énervement. Les coupoles de la cathédrale s'atteignent par un escalier en colimaçon régulier où il ne faut pas oublier que la ville est quand même à 2500m d'altitude, faute de quoi l'essoufflement est garanti à l'arrivée. De là haut, on profite d'une vue à 360° sur la ville et les montagnes qui l'entourent. Il règne dans les marchés une joyeuse animation et on aperçoit régulièrement des femmes dans leur costume traditionnel toujours très coloré. Enfin, il ne faut pas oublier quelques boutiques proposant le célèbre Panama. En effet, c'est dans la région de Cuenca qu'est fabriqué ce célèbre couvre-chef. La tradition du tissage est séculaire et la réalisation peut être très complexe en fonction des motifs d'ornement.
20/09: le grand soleil du réveil nous incite à prolonger notre séjour à Cuenca pour aller randonner dans le parc Cajas. La traversée des faubourgs de Cuenca est rapide et une fois la ville quittée la route remonte le long d'une longue vallée bordée de pentes verdoyantes. C'est samedi et de nombreux cyclistes et coureurs à pied entraînent leur souffle en pédalant ou courant gaillardement dans ces montées longues et soutenues au delà de 3000m d'altitude. Dès l'entrée du parc la vallée s'élargit et nous découvrons un vaste panorama de crêtes et de mamelons rocheux recouverts de paramo entre lesquels se niche une multitude de lacs. Malheureusement un voile nuageux filtre la lumière. Nous tentons quand même quelques arrêts photo au bord de la route mais les gardes du parc nous imposent de repartir car la route est, selon eux, « muy perigrosa ». Nous poursuivons donc jusqu'au centre d'information situé près de la laguna Toreadora. Il faut s'inscrire au bureau avant de partir pour randonner. Nous décidons de découvrir le circuit N°1 qui semble intéressant car il passe auprès de plusieurs lagunes. L'itinéraire commence par contourner la laguna Toreadora puis longe ensuite la base du cerro San Luis avant de traverser un bois de polylepis, arbre à l'écorce lisse et rouge, le seul poussant à cette altitude de près de 4000m. Le sous-bois est touffu et il faut louvoyer entre les arbres et les blocs rocheux sur un chemin de tourbe souvent glissant. Le sentier redescend ensuite vers la laguna Unidas. Malgré l'absence de soleil, les couleurs sont surprenantes avec les herbes dorées recouvrant un dédale de monticules. A proximité de la lagune, le terrain devient tellement spongieux et humide que nous hésitons à continuer. Après avoir cherché un passage plus au sec nous renonçons et faisons demi-tour. Des échappées de ciel bleu commencent à apparaître et pendant une courte pause au bord du lac Toreadoro des filaments de lumière viennent miraculeusement éclairer les rives du lac et les touffes d'herbe captent immédiatement cette lumière. En reprenant la voiture nous poursuivons jusqu'au col situé à 4200m près des Tres Cruces, belvédère panoramique sur les massifs. Quelques petits maux de tête, certainement liés à l'effort en altitude, nous incitent à redescendre et nous regagnons Cuenca dans l'après-midi.
21/09: comme la veille, nous sommes réveillés par le carillon cristallin d'une église voisine. Le ciel est à nouveau gris, ce qui semble assez fréquent dans cette région. Nous reprenons la Panaméricaine en direction du nord pour rejoindre la petite ville de Canar à proximité de laquelle s'engage une route toute neuve vers Ingapirca. En cette journée de dimanche le site Inca est fréquenté par de nombreux visiteurs équatoriens. Il est situé dans une position dominante sur un amphithéâtre établi sur les pentes d'une quebrada. La visite permet de découvrir des vestiges de murs, de temples, de canalisations et même d'une voie inca pavée qui joignait le site au chemin de l'Inca voisin de quelques kilomètres. La visite guidée en espagnol est complétée par des panneaux explicatifs en anglais. Nous rejoignons ensuite la Panaméricaine sur laquelle nous trouvons le mauvais temps: pluie et brouillard compliquent la conduite d'autant que nombre de conducteurs équatoriens oublient d'allumer leurs phares même dans un brouillard épais. A nouveau, nous n'aurons rien vu du paysage autour d'Alausi noyé dans les brumes qui se précipitent sur les pentes des montagnes. Nous poursuivons jusqu'à Guamote, petit bourg situé sur le plateau andin et prenons une chambre à l'auberge Inti Sisa dépendant d'un organisme communautaire d'éducation. Nous terminons l'après-midi en parcourant les rues pavées du village aux nombreuses constructions inachevées lui donnant un air de far west avec sa voie ferrée traversant le bourg. On rêverait d'entendre le train siffler.
22/09: après le petit déjeuner nous visitons les espaces de formation et de fabrication de l'association Inti Sisa: salle informatique, classe maternelle et atelier de confection. La route, en partie non goudronnée, vers les lagunes Ozogoche nous semblant un peu aléatoire avec notre véhicule « standard » nous décidons de partir à la découverte des lagunes Atillo accessibles par une bonne route récente. La route remonte une longue et large vallée entourés de pentes tantôt verdoyantes, tantôt plus arides. Les espaces cultivés avec des champs en damiers alternent avec des zones de reboisement et des grandes étendues de paramo qui peinent à exprimer leurs couleurs faute de lumière suffisante. De nombreuses maisons isolées parsèment cette vallée et les habitants sont nombreux au bord de la route toujours vêtus de leurs habits traditionnels. Quelques grains de pluie et des bancs de brume nous accueillent à l'arrivée aux lagunes. Plusieurs lacs se blottissent entre une multitude de mamelons herbeux. L'endroit est sauvage, peu fréquenté et nous décidons de patienter en espérant qu'une éclaircie voudra bien faire exploser les couleurs. Mais nous n'avons pas de chance et en début d'après-midi, sous la pluie et sans espoir véritable d'amélioration, nous sommes contraints de repartir. Nous nous dirigeons vers Riobamba et le ciel reste couvert tout au long du chemin. Nous trouvons une chambre à l'hôtel Tren Dorado. Des patios apportent une note de calme à cet hôtel situé en plein centre ville à côté de la gare.
23/09: le temps est variable au lever du jour avec suffisamment d'éclaircies pour nous inciter à faire le tour du Chimborazo par la route des hauts plateaux à l'ouest. Après avoir traversé quelques villages situés sur les contreforts de la montagne la route passe au milieu de zones désertiques où de rares touffes d'herbe se mêlent aux cailloux sombres. Vers 4000m nous rentrons dans un brouillard épais qui nous fait douter. Puis, au bout de quelques kilomètres des déchirures apparaissent découvrant un immense plateau désertique où gambadent des vigognes craintives et curieuses. Une courte fenêtre permet même d'apercevoir le versant glacé du Chimborazo. La route se rapproche de la base de la montagne et les dieux de la météo sont avec nous puisque de larges éclaircies nous offrent la vision majestueuse du sommet. Sur le versant nord ouest dès que la route redescend en dessous de 4000m le désert cède la place à de grandes étendues agricoles et de petits villages s'éparpillent sur l'altiplano. À une telle altitude les conditions de vie doivent être bien rudes. Une longue descente au milieu des champs accrochés sur les pentes les plus raides mène vers Ambato. Un peu fatigués nous décidons d'y faire étape même si la ville ne présente pas un grand intérêt. L'hôtel Roka Plaza déploie ses chambres autour d'un agréable patio, très calme en plein cœur de la ville. Le prix de la chambre nous paraît cependant surévalué.
24/09: nous rejoignons la Panaméricaine jusque Quito. Nous retrouvons une circulation plus importante sur une route très large qui traverse le plateau andin bordé par les volcans emblèmes de l'Equateur. La plupart restent cachés dans les nuages mais nous profitons quand même d'une belle vue sur le Cotopaxi blanchi. À Latagunca c'est la fête de la Mama Negra et il y règne une joyeuse animation dans les rues où défilent fanfares, cavaliers et personnages costumés aux couleurs vives. C'est ensuite le retour sur Quito où nous sommes toujours impressionnés par l'étendue de la ville qui s'étale au milieu d'innombrables vallons et collines. Nous quittons la voiture de location et rejoignons l'Auberge Inn comme les fois précédentes. En fin d'après-midi, un petit tour vers le quartier de Mariscal nous dégourdit les jambes après ces journées de voiture.
25/09: le ciel est intensément bleu ce matin et particulièrement limpide. Nous décidons d'aller visiter la capilla del Hombre et la maison de Guayasamin, peintre équatorien, situé sur les hauteurs du quartier de Bellavista. Malgré la distance, environ 5 kms, nous décidons de partir à pied au long du Quito moderne ce qui nous permet de découvrir les styles architecturaux très variés qui se côtoient. Maisons basses d'allure coloniale sous l'œil de buildings de verre ou de briques, larges avenues bruyantes contigües avec des ruelles calmes, petites boutiques fourre-tout adossées à des halls commerciaux clinquants. Partout, des immeubles en construction semblent témoigner du grand dynamisme et de l'évolution de la ville. Pour atteindre le musée il faut quitter les grandes avenues par de petites rues escarpées qui permettent de dominer la ville et, ce matin, d'avoir une vue panoramique dégagée sur le volcan Pichincha. Implantée en position dominante à la limite de la zone urbanisée la capilla del Hombre présente de manière très sobre une partie des œuvres du peintre. Nombre de peintures sont consacrées à la ville de Quito et aussi à la représentation de la douleur et de l'exploitation des hommes liées à la guerre ou au travail. Dans un style parfois inspiré de Picasso ses évocations sont extrêmement vivantes et, dans un style dépouillé, traduisent parfaitement le dure situation des peuples sud américains. Tout à côté, son ancienne demeure, vaste et luxueuse maison blanche, présente une collection d'objets d'art impressionnante. En redescendant nous faisons un tour vers le grand parc Carolina entouré d'immeubles récents. Nous en profitons pour nous reposer un peu au calme: jeux d'enfants, pistes cyclables, stade de course à pied, vaste pelouse où s'entraînent des joueurs de football, aires de gymnastique, pédalos, il y a là de quoi satisfaire les besoins de loisirs de la population quitenos aisée. Toujours à pied, nous rentrons en longeant l'avenue Amazonas, très fréquentée, bordée de centres commerciaux et où une piste cyclable a été aménagée. Le plus souvent partagée avec les piétons une certaine vigilance s'impose pour se protéger des cyclistes intrépides et pressés.
En résumé, un pays aux paysages spectaculaires et variés avec une population particulièrement accueillante et souriante.
Petit retour sur 3 semaines dans le sud du Pérou English translation pending
Petit retour sur un peu plus de 3 semaines au Pérou.
Niveau orga, on s’est bien renseigné avant de partir et le programme était déjà +/- établi. On avait juste réservé le séjour de 5 jours dans le Manu NP avant de partir … qu’on a changé en 6 jours 2 jours avant de partir à cause de problèmes d’estomac sur le trek de l’Ausangate, grand bien nous a pris !
Tout est très facile à organiser une fois sur place, même si vous parlez seulement 2 mots d’espagnol.
Programme effectif des 3 semaines 01 29.08.2014 Vol GVA-MAD-LIM-CUZ 02 30.08.2014 Arrivée @ Cuzco vers 11h00, La Boheme, 90 Soles (good) 03 31.08.2014 Visite vallee sacree (Salinas+Moray), La Boheme, 90 Soles (good) 04 01.09.2014 Visite vallee sacree (Pisac), La Boheme, 90 Soles (good) 05 02.09.2014 Visite vallee sacree (Ollanta) + train pour Aguas Calientes, El Mistico, 90 Soles (good+) 06 03.09.2014 Visite Macchu Picchu + retour Cusco, La Boheme, 90 Soles (good) 07 04.09.2014 Ausangate D1 08 05.09.2014 Ausangate D2 09 06.09.2014 Ausangate D3 10 07.09.2014 Ausangate D4 + retour Cusco, Midori, 90$ (VG room, avg BF) 11 08.09.2014 Cusco (repos/orga), Midori, 100$ (VG room, avg BF) 12 09.09.2014 Manu D1 13 10.09.2014 Manu D2 14 11.09.2014 Manu D3 15 12.09.2014 Manu D4 16 13.09.2014 Manu D5 17 14.09.2014 Manu D6 + retour Cusco, Bus de nuit pour Puno, 75 Soles 18 15.09.2014 Puno + daytrip to lake Titicaca, Vargas Inn, 60 Soles (cheap and not too bad) 19 16.09.2014 Bus trip to Arequipa (59 Soles), Casona Solar, 209 Soles (Awesome) 20 17.09.2014 Arequipa (visite/orga/repos), Casona Terrace, 150 Soles (good++) 21 18.09.2014 Colca canyon D1 22 19.09.2014 Colca canyon D2 23 20.09.2014 Colca canyon D3 + retour Arequipa, Casona Solar, 209 Soles (Awesome) 24 21.09.2014 Vol Lima + retour 25 22.09.2014 Arrivée GVA
On a adoré Les 6 jours dans la jungle, dans le parc Manu. Clairement l’expérience la plus marquante du voyage. On devait faire 5 jours à la base, on ne regrette vraiment pas d’avoir fait 6, même si c’est plus cher. Organisation au top par l’agence Bonanza (chaudement recommandé), super groupe et super séjour dans cette magnifique forêt Amazonienne.
Le trek de l’Ausangate, dans une moindre mesure. On a joué de malchance durant ces 4 jours. 3 jours de mauvais temps + 24 heures cloué au lit pour cause d’intox alimentaire (un poisson pas frais que notre cuisinier nous a concocté le premier soir). Du coup au lieu de faire le tour en 5 jours on est juste passé devant en 4. Superbes paysages malgré tout, une belle ambiance, et l’envie de repartir marcher et de découvrir d’autres coins dès que possible, notamment dans la Cordillère Blanche.
Le Machu Picchu. Et pourtant ce n’était pas gagné, surtout en ce qui me concerne. Car disons-le, c’est très cher et il n’y pas vraiment de moyen alternatif pour faire la visite que de passer par le combo train + nuit à Aguas Calientes. Et pourtant, c’est à faire. Petit moment de magie en arrivant quasi dans les premiers sur le site au petit matin, par un temps radieux. J’ai plus adoré l’endroit même du Machu Picchu que les constructions/ruines elles-mêmes, que j’ai trouvé bien moins impressionnantes que les sites d’Angkor par ex. Mais ça reste à visiter au moins une fois, clairement.
La bouffe ! On mange vraiment très très bien au Pérou, ce n’est pas forcément tout le temps bon marché mais on peut quand même se faire des restaurants vraiment au top !
Et en vrac, le fait que ça parle espagnol, ça change des pays d’Asie ! Globalement les Péruviens, plutôt sympa et pas énervé, facilité pour organiser des activités, Arequipa (vraiment chouette).
On a moins aimé Puno, vraiment pas très beau, comme pas mal de bleds au Pérou en fait. Le lac Titicaca, sympa, pas extraordinaire non plus.
Le canyon de Colca en 3j : c’est joli mais 2j auraient suffi. Sympa de voir les condors quand même, même si c’est entouré de 500 personnes …
Le budget total, soit + de 4000 euros / personne pour ces 24 jours, tout inclus (vols, etc). Pas tant cheap le Pérou, mais bon, ça valait quand même la peine :)
Etre entassé dans un collectivo coincé dans les embouteillages quand il fait 30 degrés dehors et ne pas savoir pourquoi on avance pas :)
Conclusion
Je reviens de ce séjour en me disant qu’il y a vraiment beaucoup à faire et à voir au Pérou, que c’était une très bonne idée de passer ces 3 semaines uniquement dans le sud du pays et ne pas courir ailleurs, que j’y retournerai surement (dans le nord cette fois-ci), que j’aurai bien continué ce voyage pour quelques semaines voir quelques mois, que ces Incas c'était quand même une autre culture, difficile de s’imaginer le choc des cultures quand les Espagnols sont arrivés …
Niveau orga, on s’est bien renseigné avant de partir et le programme était déjà +/- établi. On avait juste réservé le séjour de 5 jours dans le Manu NP avant de partir … qu’on a changé en 6 jours 2 jours avant de partir à cause de problèmes d’estomac sur le trek de l’Ausangate, grand bien nous a pris !
Tout est très facile à organiser une fois sur place, même si vous parlez seulement 2 mots d’espagnol.
Programme effectif des 3 semaines 01 29.08.2014 Vol GVA-MAD-LIM-CUZ 02 30.08.2014 Arrivée @ Cuzco vers 11h00, La Boheme, 90 Soles (good) 03 31.08.2014 Visite vallee sacree (Salinas+Moray), La Boheme, 90 Soles (good) 04 01.09.2014 Visite vallee sacree (Pisac), La Boheme, 90 Soles (good) 05 02.09.2014 Visite vallee sacree (Ollanta) + train pour Aguas Calientes, El Mistico, 90 Soles (good+) 06 03.09.2014 Visite Macchu Picchu + retour Cusco, La Boheme, 90 Soles (good) 07 04.09.2014 Ausangate D1 08 05.09.2014 Ausangate D2 09 06.09.2014 Ausangate D3 10 07.09.2014 Ausangate D4 + retour Cusco, Midori, 90$ (VG room, avg BF) 11 08.09.2014 Cusco (repos/orga), Midori, 100$ (VG room, avg BF) 12 09.09.2014 Manu D1 13 10.09.2014 Manu D2 14 11.09.2014 Manu D3 15 12.09.2014 Manu D4 16 13.09.2014 Manu D5 17 14.09.2014 Manu D6 + retour Cusco, Bus de nuit pour Puno, 75 Soles 18 15.09.2014 Puno + daytrip to lake Titicaca, Vargas Inn, 60 Soles (cheap and not too bad) 19 16.09.2014 Bus trip to Arequipa (59 Soles), Casona Solar, 209 Soles (Awesome) 20 17.09.2014 Arequipa (visite/orga/repos), Casona Terrace, 150 Soles (good++) 21 18.09.2014 Colca canyon D1 22 19.09.2014 Colca canyon D2 23 20.09.2014 Colca canyon D3 + retour Arequipa, Casona Solar, 209 Soles (Awesome) 24 21.09.2014 Vol Lima + retour 25 22.09.2014 Arrivée GVA
On a adoré Les 6 jours dans la jungle, dans le parc Manu. Clairement l’expérience la plus marquante du voyage. On devait faire 5 jours à la base, on ne regrette vraiment pas d’avoir fait 6, même si c’est plus cher. Organisation au top par l’agence Bonanza (chaudement recommandé), super groupe et super séjour dans cette magnifique forêt Amazonienne.
Le trek de l’Ausangate, dans une moindre mesure. On a joué de malchance durant ces 4 jours. 3 jours de mauvais temps + 24 heures cloué au lit pour cause d’intox alimentaire (un poisson pas frais que notre cuisinier nous a concocté le premier soir). Du coup au lieu de faire le tour en 5 jours on est juste passé devant en 4. Superbes paysages malgré tout, une belle ambiance, et l’envie de repartir marcher et de découvrir d’autres coins dès que possible, notamment dans la Cordillère Blanche.
Le Machu Picchu. Et pourtant ce n’était pas gagné, surtout en ce qui me concerne. Car disons-le, c’est très cher et il n’y pas vraiment de moyen alternatif pour faire la visite que de passer par le combo train + nuit à Aguas Calientes. Et pourtant, c’est à faire. Petit moment de magie en arrivant quasi dans les premiers sur le site au petit matin, par un temps radieux. J’ai plus adoré l’endroit même du Machu Picchu que les constructions/ruines elles-mêmes, que j’ai trouvé bien moins impressionnantes que les sites d’Angkor par ex. Mais ça reste à visiter au moins une fois, clairement.
La bouffe ! On mange vraiment très très bien au Pérou, ce n’est pas forcément tout le temps bon marché mais on peut quand même se faire des restaurants vraiment au top !
Et en vrac, le fait que ça parle espagnol, ça change des pays d’Asie ! Globalement les Péruviens, plutôt sympa et pas énervé, facilité pour organiser des activités, Arequipa (vraiment chouette).
On a moins aimé Puno, vraiment pas très beau, comme pas mal de bleds au Pérou en fait. Le lac Titicaca, sympa, pas extraordinaire non plus.
Le canyon de Colca en 3j : c’est joli mais 2j auraient suffi. Sympa de voir les condors quand même, même si c’est entouré de 500 personnes …
Le budget total, soit + de 4000 euros / personne pour ces 24 jours, tout inclus (vols, etc). Pas tant cheap le Pérou, mais bon, ça valait quand même la peine :)
Etre entassé dans un collectivo coincé dans les embouteillages quand il fait 30 degrés dehors et ne pas savoir pourquoi on avance pas :)
Conclusion
Je reviens de ce séjour en me disant qu’il y a vraiment beaucoup à faire et à voir au Pérou, que c’était une très bonne idée de passer ces 3 semaines uniquement dans le sud du pays et ne pas courir ailleurs, que j’y retournerai surement (dans le nord cette fois-ci), que j’aurai bien continué ce voyage pour quelques semaines voir quelques mois, que ces Incas c'était quand même une autre culture, difficile de s’imaginer le choc des cultures quand les Espagnols sont arrivés …
Récit de mon voyage au Maroc English translation pending
Dimanche 27 mai 2007
Tôt le matin, je parcours les ruelles de la médina avant de prendre le taxi collectif de Bade r-Rob pour me rendre à Imlil. Une fois le taxi complet, 2 passagers à l’avant et 4 à l’arrière de cette Mercedes, nous quittons Marrakech.
J’arrive à Imlil, 64 Km de Marrakech, (1740 m d’altitude), les guides sont nombreux à me proposer une excursion, je refuse toutes propositions, c’est ainsi que je vais fonctionner durant mon séjour dans ce pays.
J’effectue une randonnée de 6 H00, le site est merveilleux, j’aperçois la neige sur des sommets de plus de 4000 m d’altitude dont celui du Toubkal atteignant 4167m, le plus haut d’Afrique du Nord. Sur cette vallée, se nichent de minuscules villages berbères de pierre et de terre, le temps semble s’être arrêté depuis des siècles. J’ai la chance car entre mi-avril et début mai, en principe, il y a la récolte du blé. Tout le monde vient prêter main forte, hommes, femmes et enfants, dans une ambiance festive d’une gaieté incroyable, j’entends les femmes chanter, j’aperçois les enfants qui sur leur mulet chargé de blé, vont porter celui-ci à la cour de leur maison.
Sur le chemin du retour, quelques Km avant Imlil, un camion descend la vallée, le chauffeur m’amène à Asni.
Je fais du stop pour aller à Ouirgane, je vais passer la nuit chez l’habitant.
Je suis parfaitement bien accueilli par cette famille. Je fais quelques tours de magie aux enfants. Un Monsieur tond un mouton, un vieil homme assis à côté sur un tabouret en bois fait une remarque car le mouton est blessé par la tondeuse.
Lorsque la tonte de l’animal est finie, la laine est mise dans un sac puis on coupe la ficelle attachée aux pattes et une jeune fille amène ce mouton non sans égard dans un minuscule et vieux bâtiment et on recommence avec un autre mouton.
Lundi 28 mai
Je déjeune dans la cour, 7H10 et il fait déjà chaud.
Pour la douche, ça se passe dans les toilettes. L’eau recueillie de la montagne se trouve dans un bidon, sur celui-ci est accrochée une boîte de conserve qui a fonction de récipient.
Avec peu de moyen, on peut être propre, la preuve en est.
Avant de quitter cet habitat, je parcours ce village aux ruelles de terre accidentées. Je ne vais pas trop loin car je risque de ne pas pouvoir retrouver la maison où j’ai passé la nuit sinon, bien au contraire, il ne faut pas hésiter à s’y perdre, c’est le meilleur moyen de découverte.
Le bus partant de Marrakech à destination d’Agadir passe par Ouirgane vers 11H00. Voulant visiter la mosquée de Tin Mel, le car s’y arrêtant à 800m, c’est bon pour moi.
Sur cette route, j’aperçois les kasbahs d’Agadir-n-Gouf et de Talat-n- Yâkoub, je ne peux pas m’arrêter à les visiter car l’attente d’un véhicule sera longue. Les taxis collectifs seront probablement complets et le prochain bus passe dans 4H00. Le meilleur moyen pour circuler dans ce pays est la voiture de location mais pour moi seul, c’est trop coûteux. De toute façon, je sais que durant mon séjour, j’arriverai à me débrouiller.
Au loin, j’aperçois la mosquée de Tinmel, je frappe des mains pour que le car s’arrête. La mosquée se trouve à 800m de la route principale, je traverse les vergers pour m’y rendre.
Cette mosquée date de 1153. Abandonnée à l’état de ruines pendant des siècles, cette mosquée a fini par être restaurée. L’extérieur a l’austérité d’une forteresse. Le plan de cette mosquée est symétrique, des arcades en brique délimitant neuf nefs. Seule la première travée a conservé son élégant décor de stuc, notamment le beau mihrab et trois coupoles à stalactites. Les autres travées ont été entièrement reconstruites en brique rose, recréant avec beaucoup de bonheur l’espace originel.
Durant la visite de la mosquée, il y a deux couples de touristes français avec une voiture de location, je leur demande s’ils vont à Taroudant, la veine pour moi, c’est leur direction. Grâce à ces touristes, je gagne de nombreuses heures d’attente.
Le trajet offre un splendide panorama sur l’étroite vallée de l’oued Nfiss. Des petits champs en terrasses minutieusement entretenus et irrigués, des vergers d’amandiers et d’oliviers entourent les villages aux maisons de pierres sèches.
Après une série de virages vertigineux, on arrive au col du Tizi-n- Test à 2092m d’alt. La vue est époustouflante. La route descend ensuite tranquillement et la végétation évolue des chênes verts du sommet aux arganiers sauvages du Sous, en passant par les palmiers nains, les lauriers-roses et les immenses genêts à petites fleurs blanches.
De nombreuses chèvres grimpent sur les branches d’arganiers, nous passons une vingtaine de minutes à les observer, le spectacle est magnifique.
A 35 Km de Taroudant, nous visitons la palmeraie de Tioute. A l’arrière plan de cette palmeraie, il y a une belle vue de la chaîne du Haut Atlas. Au pied de cette palmeraie, se trouve une belle kasbah.
Nous reprenons le chemin pour Taroudant, la nuit tombe, je trouve un hôtel à 2 Km des remparts.
Mardi 29 mai
Taroudant se trouve à 81 km d’Agadir, 223 Km de Marrakech et 294 Km de Ouarzazate.
Les remparts dessinant un carré approximatif d’environ 8 km de pourtour sont percés de 5 portes monumentales. Il n’y a pas si longtemps, oliveraies et vergers venaient jusqu’au pied des murailles, leur conférant un charme supplémentaire. Mais, depuis quelques années, ce côté bucolique est menacé par la construction de faubourgs peu esthétiques.
J’ai visité un hôtel de luxe, je suis rentré dans cet établissement incognito. Cet établissement occupe l’ancien palais du pacha de Taroudant. Jardins luxuriants, cours secrètes animées de fontaines, beaux patios anciens plantés de grands bananiers, galeries et terrasses forment un dédale où il fait bon flâner. N’oublions pas la piscine.
Je quitte les remparts de Taroudant pour déambuler dans les souks, beaucoup d’enfants travaillent dans de minuscules ateliers avec une très faible luminosité. Hélas pour eux, ils ne vont pas à l’école qui pourtant est obligatoire, ceci amène à être analphabète, ces enfants ne sauront pas lire, ils seront comme aveugles, sans éducation, la lutte n’est pas possible.
Le très faible niveau socio-économique des familles oblige les parents à engager leurs enfants dans le travail à des âges précoces.
Leurs rémunérations de 150 DH à 300 DH par mois, soit entre 15 et 30€, sont perçues directement par les parents.
Le SMIC Marocain est à 2100 Dirhams.
Les conditions de vie sont souvent inhumaines.
Ce ‘trafic’ très lucratif est parfaitement bien organisé, il y a des bureaux de placements faisant le lien entre les familles très souvent rurales des ‘victimes’ et les futurs ‘Exploitants’.
Le code du travail de l’enfant a été élaboré mais toujours pas amandé.
Je quitte les souks et visite la médina, je suis surpris par le nombre de mosquées, les minarets sont magnifiques.
Je mange dans un restaurant à la propreté douteuse mais j’adore cette formule. Une omelette 2 œufs avec pain et thé plus l’eau du robinet à volonté me valent 7 DH, je laisse 3 DH de pourboire.
Sachez que 10 DH valent 1 €.
Maintenant j’ai une longue route à faire, je veux être ce soir à Ousmenat, village se situant à quelques Km avant Tafraoute et ce n’est pas gagné.
Un taxi collectif m’amène à Inezgane, banlieue d’Agadir. A la place des taxis collectifs d’Inezgane, je prends un autre taxi m’amenant cette fois à Âit-Baha.
Je suis à 70 Km d’Ousmenat mais avant, je veux visiter une citadelle.
En attendant que le taxi soit au complet, je prends un thé à la terrasse d’un café, je suis le seul consommateur. Dans ce pays, il est accepté de passer son temps dans un établissement sans prendre de consommation.
Nous sommes que 4 personnes à attendre que ce taxi soit au complet, voulant quitter Âit-Baha rapidement, je décide de payer la place pour les 2 personnes manquantes.
Comme prévu, je m’arrête à Tizorgan. Ce village fortifié bien seul à 500 m de la route est frappant. Arrivé à une porte fortifiée, un vieil homme assis me demande quelques DH. Ce village, situé au sommet d’une colline escarpée, a la particularité d’être parfaitement circulaire. Son enceinte de pierre est formée par les murs extérieurs des maisons. En parcourant les deux uniques ruelles, circulaires, j’admire quelques belles portes anciennes en bois d’arganier, patinées par les siècles et protégées par des auvents en plaques de schiste.
En quittant ce village, j’attends sous un soleil de plomb qu’un véhicule passe.
Après une heure d’attente, un camion s’arrête, le chauffeur m’amène à Ousmenat. Nous sommes 4 passagers pour ce trajet, serrés bien sur mais on oublie le confort, j’ai eu vraiment de la chance que ce camion soit sur cette route, la R 105, fort belle, je contemple le sommet Jbel Lekst à 2359 m d’alt.
Dans le sud du Maroc, il y a peu de véhicules, le stop est très facile, c’est un moyen pour le chauffeur de recevoir quelques DH.
Ce camion est chargé, surchargé de phosphate. Nous avançons à une vitesse d’environ 10 Km/h en côte. Nous franchissons le col du Tizi-n-Tarakine à 1500m d’alt, maintenant nous descendons à 20 Km/h, la troisième vitesse n’est jamais enclenchée. Parfois, nous nous arrêtons pour ne pas trop fatiguer le moteur.
Il fait nuit, nous roulons sans lumière sur cette route si dangereuse, c’est incroyable, je ne pense pas à l’accident sinon la peur s’installe, je suis rôdé, c’est la 5ième fois que je visite ce pays, je m’y suis habitué, je ne suis surpris de rien.
Arrivé à Ousmenat, je donne un bon pourboire au chauffeur, il le mérite franchement.
Il fait nuit, je fais de petits pas, le chemin est très accidenté, ici, nous ne sommes pas en Occident, les routes et trottoirs goudronnés, les noms de rue, l’éclairage, ceci n’existe pas.
Je rencontre une Marocaine, cette femme est institutrice. Sur le chemin m’amenant à un gîte, nous parlons de divers sujets.
A l’école, cette femme trouve les élèves mal élevés, elle pense que ceci vient des parents, il y a un manque de discipline, depuis quelques années, l’instituteur ne doit plus utiliser le bâton pour régner l’ordre.
Sur ce sujet comme tant d’autres thèmes abordés par les Marocains, je dérange mais je ne peux pas rester passif, je sais quand dans ce pays, la critique est insultante mais je respire mal si je ne dis pas ma pensée, j’ai toujours fonctionné ainsi, c’est parfois dangereux, risqué, mais c’est ma personnalité.
Dans ce pays, beaucoup d’enfants n’aiment pas l’école, ils encaissent des coups et des gifles par des excès de colère des instituteurs.
L’école publique au Maroc est malade. Certains enseignants sont outrés par les actes de leurs collègues qui . Comment aimer l’école dans ces conditions ? C’est normal que l’école devienne un endroit que l’on rejette.
Les parents envoient leurs enfants à l’école pour apprendre et se nourrir l’esprit, et pas pour prendre des coups et vivre dans la panique.
Certains enseignants pensent qu’un élève qui n’est pas battu, est un mauvais élève.
Cette enseignante me trouve trop bavard, dans ce pays, on ne parle pas ainsi me dit-elle, je lui explique comment je fonctionne, elle comprend ma culture occidentale mais est certaine qu’un jour, il m’arrivera des ennuis, ici ce n’est pas la France, tu es en vacances, respire, oublie le reste, réfléchit bien à ce que je te dis, en guise de réponse, je souris.
Je suis très bien reçu par le patron de ce gîte. Au Maroc, en principe, nous sommes toujours extrêmement bien reçus dans un établissement hôtelier ou un restaurant à l’arrivée comme au départ. Par contre, pour ce qui est administratif, banque, poste, c’est le contraire.
Mercredi 30 mai
Ce matin, je me lève plus tard, je suis tellement bien dans cette chambre si luxueuse, j’ai une douche avec l’eau chaude et en plus une serviette.
Un car d’excursion arrive pour visiter ce lieu, quant à moi, je fais la visite de ce village seul. Je me perds pour retrouver le chemin allant à Tafraoute.
Me voici enfin sur la R 105. Un petit car d’excursion s’arrête, surprise pour moi, le guide me propose de m’amener à Tafraoute, ce sont les Français que j’ai aperçus à Ousmenat qui ont demandé au guide de me faire monter dans le car. Durant le trajet, nous échangeons quelques mots, ces excursionnistes sont surpris de me voir passer des vacances ainsi, sans bagage, je voyage seulement avec un petit sac en bandoulière.
Aujourd’hui mercredi, c’est le jour du souk à Tafraoute, il approvisionne les villages de toute la région.
Je visite le village d’Adaï, 4 Km de Tafraoute, bon pour les mollets. Comme dans beaucoup de villages, de nombreuses maisons vieilles d’environ 3 ou 4 siècles sont à l’abandon ou en ruine.Il faudrait un plan de réhabilitation mais il n’y a pas d’argent pour cela, par contre, pour les mosquées des villages, elles sont toujours dans un état d’entretien impeccable. A l’intérieur de ce petit village, il y a de nombreux rochers, c’est vraiment impressionnant.
Je retourne à Tafraoute, à l’entrée de cette petite ville, il y a un hôtel avec une piscine, le nom de cet établissement se nomme Antoine. Je peux me baigner pour 20 DH.
Je vais à mon hôtel, le luxe est différent et le tarif est en conséquence. Je lave mon linge, il sèche très rapidement, il vaut mieux pour moi car c’est les seuls vêtements que j’ai.
Le soir, il y a toujours autant de monde dans les rues et les villages.
Jeudi 31 mai
Aujourd’hui, je vais visiter les gorges d’Aït-Mansour à environ 35 Km de Tafraoute.
Il n’y a pas de moyen de locomotion pour aller à ces gorges, seule une société de 4X4 fait ce trajet.
Je me dirige vers la station essence de cette ville. J’attends patiemment, durant 2H30, seul 3 automobilistes font le plein de leur véhicule de location. La première voiture est un couple d’Allemand, ils ne veulent pas me prendre ce qui est tout à fait normal, il en est de même pour le deuxième véhicule. Une troisième voiture arrive, il est déjà 10H30, ce couple est hésitant, je leur propose de l’argent pour les frais de carburant, refus de leur part par contre je peux faire le trajet avec eux, c’est vraiment une bonne journée pour moi.
Ce parcours est magnifique. Nous apercevons l’Adrar Mqorn à 2344 m d’alt. Lorsque la route goudronnée se termine, s’élève une surprenante palmeraie, enserrée entre deux hautes falaises très rapprochées. C’est un véritable enchantement de voir la verdure éclatante des jardinets irrigués sous les frondaisons denses des palmiers dattiers et de traverser l’oued à gué, à de nombreuses reprises.
La sortie des gorges débouche sur une vallée, un peu plus large, où apparaissent plusieurs villages anciens mais il faudrait trop de temps pour faire la visite. Je me contente de visiter un village se trouvant entre les deux gorges, le site est époustouflant.
Je fais demi tour et reviens vers la voiture, j’ai voulu laisser les Français se promener seuls.
Pour la route du retour, je veux m’arrêter au village d’Agard-Oudad, je quitte la voiture et remercie bien évidement ces personnes sans qui je n’aurais pas passé une agréable journée.
Ce village est entouré de rochers étrangement sculptés par l’érosion, comme ceux que l’on a nommé la gazelle, le chapeau de Napoléon, le doigt.
J’ai une heure de marche pour arriver à Tafraoute, je prends mon temps.
Je prends mon repas à la terrasse de l’hôtel, l’oued bien sec est en face de moi, soudain, inimaginable en occident, un commerçant jette tous ses détritus à travers le pont, boîtes de conserve, bouteilles de verre et autres . Triste oued, il est chargé de déchets sur toute la longueur de la ville.
Vendredi 1 juin
Je prends le bus partant de Tafraoute à 6H00 pour aller à Tiznit, distance : 107 Km.
Cette route est pittoresque. Nous mettons 3H30 pour parcourir cette distance.
Arrivé à Tiznit, je prends un taxi collectif pour me rendre à Inezgane (10 Km d’Agadir). Le chauffeur de ce taxi roule extrêmement vite, il ne faut pas être surpris si au Maroc, il y a autant d’accidents.
Je n’ai pas la prétention à écrire une rubrique ni à réaliser un rapport sur les accidents meurtriers dans ce pays mais hélas, alors que le code de la route suscite toujours la colère des conducteurs, ceux-ci ont d’ailleurs fait grève en mars 2007 pour protester contre un projet de loi visant à imposer de lourdes sanctions pour non respect des règlements de circulation, l’hécatombe, elle, se poursuit.
Les excès de vitesse, la défaillance mécanique, 60% des bus ne rempliraient pas les conditions minimales de sécurité, absence de marquage sur les routes, dépassement dans les virages, la nuit la plupart des véhicules ne sont pas éclairés et je peux en rajouter.
En 1998, le Maroc disposait de 57251 Km de routes dont 29952 Km revêtues.
Le parc automobile en circulation sur le réseau routier marocain est évalué en 2004 à 1950802 unités, ce qui représente une augmentation de 4% par rapport à 2003. Ce parc est composé de 73% de véhicules de tourisme, 26% de véhicules utilitaires et de 1% de mobylettes.
Le taux de motorisation est de 65 véhicules pour 1000 habitants source 2004.
Source 2004, le véhicule au Maroc tue 9,7 fois plus qu’en France.
3622 personnes ont été tuées dans les accidents de la circulation survenus en 2006.
Ce carnage prend les dimensions d’un cancer qui ne cesse de s’amplifier malgré la volonté d’y mettre un terme.
De Tiznit à Anizgane, il y a 78 Km. Ce trajet n’est pas agréable, sur tous les trajets que j’ai parcourus durant mon séjour, c’est le seul qui n’est pas merveilleux à mon goût.
Le taxi collectif s’arrête à une très grande place, il y a une centaine de 150 taxis à attendre le client et plus loin de nombreux bus partant pour toutes les destinations de ce pays.
Je viens d’acheter mon billet pour aller à Skoura, il est à peine midi, le bus part à 21H00, j’ai largement du temps me permettant de faire une visite quelque part.
Il fait très chaud, j’aperçois un indicateur de température s’affichant à 38°.
Dans la nuit du 29 février 1960, la ville d’Agadir fut anéantie par un tremblement de terre qui causa la mort de plus de 15000 personnes. En France, l’émotion est très vive. Monté sur le trône un an plus tard, Hassan II décide la reconstruction d’Agadir ; elle sera menée tambour battant, et le béton coulera à flot.
Architecture de béton, larges avenues entrecoupées d’espaces verts caractérisent le centre urbain reconstruit à l’issu de ce tremblement de terre. Il est difficile de comprendre l’admiration que cette architecture a pu susciter à cette époque.
Le PDRT (programme de développement régional touristique) d’Agadir vise à doter la ville à l’horizon 2015 d’une capacité litière s’élevant à 60000 lits. Ce programme porte sur le renforcement de l’hébergement en front de mer.
Je fais le choix de visiter la nouvelle médina.
Le tremblement de terre ayant privé Agadir de son ancienne médina, Coco Pollizzi, maître artisan décorateur Italien né à Rabat, a eu l’idée d’en reconstruire une. Plutôt que de tenter une impossible reconstruction, Coco Pollizzi s’est lancé dans une création personnelle, réutilisant à sa manière le vocabulaire plastique de l’architecture vernaculaire marocaine, ses matériaux et ses techniques traditionnelles de construction.
A l’intérieur, une enceinte en pisé, vous retrouverez, presque plus vrai que nature, ruelles, maisons, échoppes, ateliers, café maure, etc. La médina, loin d’être achevée, couvrira 4 ha, on peut voir des bâtisseurs blancher le pisé, installer un plafond en tataoui ou découper des zelliges. A ce projet architectural, s’ajoute un projet socioculturel : faire revivre un artisanat authentique, à l’abri du mercantilisme des bazaristes. Plusieurs dizaines d’artisans travaillent déjà, à leur propre compte, dans la médina. Leur production est vendue exclusivement sur place, pas de marchandage.
Personnellement, je trouve cette médina trop artificielle, un peu écomusée, elle manque de chaleur, il y a beaucoup de touristes venant avec le car d’excursion.
Dans cette médina, il y a un projet de discothèque, piscine, hôtel, à méditer.
Je retourne à Inezgane, je suis à 400 Km de Skoura.
Le bus quitte la place d’Inezgane comme prévu à 21H00, nous faisons le trajet de nuit.
Ce bus fait le trajet jusqu’à Errachidia, distance 670 Km.
Nous passons par Taroudant puis Ouarzazate, arrêt d’environ 30 mn.
Skoura est à 42 Km d’Ouarzazate, j’arrive à 2H30 du matin.
Heureusement, je connais Skoura, dès que j’aperçois l’entrée de ce village, je frappe très fort avec mes mains, c’est ainsi qu’il faut faire pour que le chauffeur s’arrête mais j’ai l’impression que ce chauffeur ne m’entend pas, je crie, enfin il stoppe.
Je suis le seul passager à descendre de ce bus, je me dirige jusqu’au centre de ce petit village.
Arrivé sur la Place, un vieux Monsieur fait la surveillance des magasins, au même moment un type en mobylette vient à mes côtés, il me propose de dormir chez lui, je me rends très vite compte qu’il est ivre et drogué, j’accepte tout de même sa proposition.
Arrivé chez lui, sa seule pièce d’habitation d’environ 30 m² est dans un état de clochardisation. J’espère ne pas attraper de puces ou autres. Il m’offre le thé, imaginez sa théière et ses verres, ‘ornementation de saleté’. Il parle mais le dialogue est incohérent. Vers 4H30, nous dormons, enfin lui mais moi, c’est impossible, il a un chien qui n’arrête pas de me lécher la figure, je repousse cet animal mais aussitôt il revient à moi et aboie bien péniblement. Cette bête est très amaigrie, elle a faim. Ne pouvant pas dormir et ne voulant pas perdre mon temps ici, je réveille Rachid, il a eu peur de ma présence, il ne se rappelait plus que je dormais chez lui.
Samedi 2 juin
Rachid me propose de faire la visite de la palmeraie de Skoura, allons-y, même si je la connais.
Je suis assis sur le porte-bagage de sa mobylette, il roule vite sur ce chemin sablonneux, j’espère ne pas tomber.
Nous faisons une première halte à une kasbah, construite à la fin du 18ième siècle par un Andalou. Elle est très belle (en bois sculpté, puits de lumière en colonnes) et justifie pleinement les travaux de restauration récemment entrepris. Les terrasses supérieurs offrent une vue superbe sur la palmeraie.
Ensuite, nous allons dans une maison auprès d’une mosquée, l’endroit est bucolique. Rachid me présente le propriétaire de cette maison.
Si Rachid m’amène dans cette maison, c’est certainement pour quelque chose, c’est comme la visite de la kasbah, je n’ai pas laissé le pourboire. Rachid a proposé de passer cette journée avec moi, mon temps n’est pas compté, pas de problème.
Ils ont comme projet de rénover cette maison pour en faire un gîte, alors ils me demandent si je veux participer financièrement à ce projet, en quelque sorte devenir actionnaire, ils partageront avec moi les bénéfices. Combien de fois ai-je pu avoir des propositions de ce genre.
Je refuse cette proposition débile et explique les raisons.
Ils fument le cannabis puis font une sieste, je n’ai plus qu’à attendre.
Rachid réveillé, nous quittons cette maison, aujourd’hui, la rénovation de cet habitat n’aura pas avancé.
Assis sur cette mobylette, nous prenons le chemin menant à Skoura, de là, Rachid m’amène à un gîte, le patron me fait visiter son établissement, c’est un émerveillement, fascinant, quel travail pour arriver à ce résultat. Le patron en est fier mais il peut l’être, c’est une véritable réussite.
Je paie un repas bien mérité à Rachid dans cet établissement, je n’avais pas mangé depuis hier soir, avant de prendre le bus à Inezgane.
Je prends le taxi collectif pour aller à Imassine. En quittant Skoura je me rends compte aussitôt que ce taxi prend la direction pour Ouarzazate., explication, je demande à faire demi-tour, non sans difficulté. Maintenant je suis à nouveau sur la petite place de Skoura pour attendre que le taxi soit au complet pour aller cette fois dans la bonne direction, Imassine.
En arrivant à Imassine, il fait nuit. En quittant le taxi, je traverse la route, il y a un grand parking et un restaurant. Je demande s’il y a un endroit pour dormir mais hélas, la réponse est négative. Sur cette route, les bus et les taxis s’arrêtent pour manger le tajine, acheter des cigarettes, fruits. Les femmes restent dans le véhicule ?
On m’amène un matelas, une couverture et un oreiller, je dors sur ce parking, souvent réveillé par le bruit mais c’est plus rassurant que de passer la nuit à la belle étoile.
Dimanche 3 juin
Le village d’Imassine se trouve en face du restaurant où j’ai passé la nuit. Je traverse la route pour admirer ce village situé de part et d’autres d’un oued que l’on passe à gué. Les nombreuses kasbahs sont construites au bord de la falaise.
J’attends maintenant au bord de la route qu’un taxi collectif m’amène à El Kelaâ M’Gouna, de là, je prends un autre taxi longeant la Vallée des Roses pour m’arrêter à Hadida, après ce village, la route n’est plus bitumée.
J’utilise mes jambes pour aller à Tourbist par un chemin, le seul d’ailleurs, très caillouteux.
Après 2H00 de marche, le paysage devient splendide, un panorama à 180° s’ouvre devant moi. A l’ouest se dresse l’Ighil M’Goun (4071m), avec son sommet enneigé.
De cet itinéraire, le plateau géologique est remarquable.
Je marche depuis plus de 3H00 sous un soleil de plomb, mes jambes tremblent, j’ai peu mangé ce matin, thé, pain, confiture, j’ai très soif mais je n’ai pas d’eau.
De Hadida à Tourbist par le chemin, le guide Michelin sans faire de pub annonce 2 Km, il y a obligatoirement une erreur ; quand nous circulons avec un 4X4 ce n’est pas un problème à faire 3 ou 4 Km supplémentaires mais à pied, ça change la donne.
Je deviens super agacé, je n’apprécie plus le paysage, je n’ai rencontré personne sur cette route, je me demande s’il ne faut pas faire demi-tour, suis-je sur la bonne destination ? Continuons à marcher, on verra.
Enfin un 4X4 arrive, je mets mon pouce d’avant en arrière en direction de ma bouche pour dévoiler ma soif, de cette façon, en principe, ce véhicule s’arrêtera.
Le guide ouvre la porte du 4X4, je demande à boire de l’eau.
Ce véhicule ne doit pas quitter cet endroit sans moi, je demande à ce guide accompagné du chauffeur et de 2 touristes Anglais si je peux faire le restant du parcours avec eux.
Evidemment, je le savais, le guide hésite mais c’est normal, ce guide est payé par ces Anglais pour visiter la région et pas pour prendre des stoppeurs.
Le couple d’Anglais accepte sans hésitation, ces Londoniens ne comprennent pas comment j’ai pu marcher si longtemps à 40°, sans eau et sans bagage, ils me trouvent suicidaire me disent-ils.
J’arrive à Tourbist, je traverse l’oued, je réserve 2 nuits d’hôtel, de ma chambre, j’ai une jolie vue d’un minaret avec son nid de cigognes, j’observe longuement les volatiles claquants avec leurs longs becs rouges.
Je visite ce charmant village puis revient à l’hôtel, un 4X4 est garé devant l’entrée.
Allongés sur des coussins, un jeune homme et son guide fument le joint, la discussion est sévère entre moi et ce touriste français, il pense que les gens de ce village peuvent visiter cette région le week-end et même aller l’été en vacances au bord de la mer. J’explique à ce débile que ces gens n’ont pas l’argent pour visiter le pays, ils restent dans leur village jusqu’à la fin de leur vie, ils n’ont pas le choix. Cet idiot insiste, il pense qu’il y a toujours un moyen de gagner de l’argent, je cesse la discussion, nous ne sommes pas sur la même longueur d’ondes. Il passera la soirée à fumer le cannabis, à chacun son plaisir.
En soirée, des musiciens arrivent, j’ai discuté avec eux lorsque j’ai visité le village en fin d’après-midi. Des femmes, après avoir cuisiné les repas pour les clients de l’hôtel font la vaisselle et le ménage (j’ai préféré manger dans un petit restau du village), arrivent pour danser au rythme de la musique, elles sont payées pour s’exhiber, ces femmes berbères n’ont pas le choix, il faut nourrir la famille. Les touristes n’hésitent pas à prendre des photos, quel paradoxe, dans ces villages de la montagne, les femmes ont le visage caché, elles ne regardent pas les hommes et dans les établissements hôteliers, pour pouvoir manger, ces mères n’ont pas d’autre solution que de se montrer pour la satisfaction des étrangers.
A propos du voile, ou on le porte et dans ce cas on ne l’enlève pas sous prétexte qu’il y a des touristes, ou on ne le porte pas, à méditer ?
Lundi 4 juin
Je fais une longue balade à Tourbist. Les maisons de ce village sont en terre rouge. Des enfants commencent à me suivre, je fais quelques tours de magie, ils m’applaudissent et ils veulent que je recommence, quel bon public ! Il y a en moi de l’émotion, en Occident, l’émerveillement a disparu.
En bordure de l’oued s’épanouissent de magnifiques plantations de figuiers, d’amandiers et d’autres arbres fruitiers. Je retrouve l’ambiance d’Imlil lors de la récolte du blé, je reste assis près de 30 mn à entendre ces femmes chanter, que c’est beau !
Plus loin, des femmes et de jeunes filles lavent le linge.
Un forgeron cloue un fer au pied d’un maigre cheval.
La nuit ne vas pas tarder, Je retourne au village, les enfants m’appellent le magicien.
Je rencontre Adil, le musicien d’hier soir, il m’invite à prendre le thé chez ses amis. Dans cette pièce de la maison, nous sommes 6 avec moi, je suis le seul à ne pas fumer le cannabis. A la demande d’Adil, je dois faire de la magie à ses amis, pas de problème, il apprécie.
Avec Adil, j’achète une bouteille d’alcool de figue (40°), nous frappons à la porte métallique de la maison, le propriétaire nous donne contre un billet de 100 DH (10€) ce liquide dans une bouteille d’eau en plastique. Je sais, c’est idiot d’acheter de l’alcool, il est plus utile d’offrir de la nourriture mais j’ai proposé et à l’unanimité le choix a été pour la boisson.
Soirée excellente au son de la musique, chacun a amené son instrument, guitare, tam tam, crotale. Le fils du patron de l’hôtel où je dors arrive avec un grand plat de couscous, c’est vraiment gentil de sa part, ce garçon est très sérieux, il ne fume pas et ne boit pas, il a franchement raison.
Mardi 5 juin
Je fais mes adieux, je remercie le fils du patron d’être venu avec un plat de couscous hier soir.
Pour retourner à Hadida, je ne prends pas le même chemin qu’à l’aller, je passe par l’oued, en cette saison, il n’y a pas trop d’eau, enfin, je l’espère.
Marcher le long de l’oued peu être risqué, s’il y a un violent orage, en quelques minutes l’eau monte très rapidement et c’est la noyade assurée, mais si on vit perpétuellement avec l’idée du danger, on ne fait rien.
Jusqu’à Hadida, mon parcours a duré 3H30, j’ai eu parfois certaines difficultés à franchir certains obstacles mais j’ai été fort heureusement récompensé par un sublime paysage. Parfois, j’avais de l’eau jusqu’à la taille, une eau boueuse et glacée en provenance de la fonte des neiges, le courant était assez impressionnant, j’avais peur de tomber, mes vêtements séchaient vite avec le soleil torride.
A 10 Km avant El-Kellaâ M’Gouna, je trouve un gîte, je suis le seul client, comme d’habitude, je suis très bien reçu par le propriétaire.
Mercredi 6 juin
Petit-déjeuner très copieux, j’ai même des gâteaux, je laisse un généreux pourboire au patron.
Sur le chemin d’El-Kellaâ, nous sommes des centaines de personnes à marcher, hommes, femmes, enfants. Aujourd’hui, c’est jour de marché. Les marchés sont toujours très typiques, les gens de la montagne font des Km pour vendre ou acheter les produits. Il y a également le marché aux bestiaux, amis des animaux, évitez d’y assister.
Départ du bus allant à Marrakech, à l’embranchement de la route allant à Âït-Benhaddou, je prends un autre moyen de locomotion, le taxi collectif, je demande au chauffeur de me laisser juste avant l’oued, après le village d’Aït. Maintenant, il y a un pont pour traverser l’oued, pour les habitants de Tamdakth, c’est franchement mieux, l’hiver, ils ne seront plus isolés, ces gens pourront descendre la vallée.
Je réserve 2 nuits à l’hôtel mais ne prends pas de chambre, je préfère dormir sur la terrasse.
Je lave mon linge, le seul bermuda que j’ai et ma chemisette, je profite de la piscine en attendant que mes vêtements sèchent.
Je descends à Âït, je ne prends pas la route mais passe par les chemins.
Jeudi 7 juin
Cette nuit, il y a eu beaucoup de vent, pire qu’à Saint-Malo, je n’ai pas bien dormi, vers 4H00 du matin, j’étais déjà réveillé par le jour mais j’aime cette façon de vivre, ce soir je vais dormir à nouveau sur la terrasse de l’hôtel.
Je vais me promener à Tamdakt (4 Km d’Âït-Benhaddou), d’immenses nids de cigognes sont installés en haut des tours à moitié détruites. Je traverse les champs de ce village pour rejoindre l’oued puis reviens à l’hôtel. Je fais une sieste, la seule de mes vacances. En début d’après-midi, je vais à Âït. Je descends par l’oued, il n’y a pas une goûte d’eau. Les hautes Kasbahs datent probablement du 18ième siècle, les façades sont décorées de motifs géométriques réalisés à l’aide de briques de terre crue. Il faut se promener dans le lacis des ruelles qui escaladent la colline, couronnée par les vestiges d’une forteresse juive préislamique. Le panorama du sommet est exceptionnel.
Vendredi 8 juin
Je quitte Âït-Benhaddou pour Marrakech.
A l’entrée de Marrakech, j’aperçois de superbes villas, juste en face de ces immenses demeures, se trouvent de misérables bidonvilles, ceux-ci seront dans peu de temps certainement démolis pour construire de nouvelles demeures pour les riches.
Le parc immobilier de cette ville est en plein essor.
Il y a 2 mois, le marché de gros a été déplacé à une quinzaine de Km sur la route allant à El Jadida, seul, pourront aller se ravitailler les riches commerçants, les pauvres seront encore plus nombreux. A l’endroit où existait ce marché, il y a de nombreuses grues, le projet immobilier est démesuré.
Ce marché de gros se trouvait en face le jardin Majorelle, j’aimais le visiter lorsque je passais à Marrakech.
Tôt le matin, les restaurateurs et les commerçants de la ville venaient s’approvisionner ; seul les particuliers n’avaient en principe pas le droit à l’achat, croyez-moi, la visite valait le détour. De nombreux paysans venaient des environs de Marrakech, la plupart à dos d’âne, pour vendre leurs récoltes de dattes, de blé en grande quantité. On y trouvait toutes sortes de légumes. On y achetait la volaille, la viande, le poisson venait d’Essaouira. Quelle ambiance que ce marché ! Je n’ai plus qu’à enregistrer dans ma mémoire cette atmosphère.
Le bus arrive à la gare, je vais à pied à la Place Jemâa el -Fna et trouve un hôtel à 5 € la nuit.
Au coin d’une rue, des enfants se shootent à coup de colle. Des jeunes filles vendent des kleenex, des cigarettes, des fleurs aux feux rouges, quand elles ne se prostituent pas pour une bouchée de pain. Ces filles sont toutes des mères célibataires potentielles, donc, d’autres enfants qui vont grandir dans la rue. A d’autres coins de rue, encore des enfants, cireurs de chaussures. Voilà où conduit la pauvreté de ce pays. Des réseaux de mendicité organisés recrutent ces enfants. Les parents des ‘enfants de rues’ sont démissionnaires, ils ne savent plus jouer leur rôle. Plus alarmant, l’enfant représente très souvent la seule source de revenus pour une famille qui ne cesse de croître dangereusement. Pensons également au triste sort réservé aux ‘bonnes’, ce sont ces filles placées dès la petite enfance par leur parents, dans des familles où elles sont bonnes à tout faire. Souvent battues, elles vivent dans des conditions précaires, ne voyant leur parent qu’une fois par mois ou tous les deux mois, le jour où celui-ci vient chercher la paie souvent ridicule et dont la petite fille ne jouit nullement.
J’ai vu, croyez-moi, des visages d’enfants marqués de cicatrices, la rue bousille leur santé, ils sont happés. J’ai vu à Marrakech et Casablanca des enfants battus par la police, en pleine rue, le vagabondage étant interdit.
Que faire, je suis impuissant, m’en mêler, mon passeport est confisqué et je ne reviens pas en France, j’ai honte de moi mais je ne peux hélas que constater ce déplorable spectacle, aujourd’hui, en 2007, triste monde, j’ajoute « odieux monde ».
Marrakech ne m’attire plus comme au début où j’ai connu cette ville, le souk ne m’intéresse absolument pas.
J’aime la Place des Ferbantiers, en cette saison, les cigognes sont nombreuses.
En flânant dans les rues de cette ville, j’entends de la musique, je me dirige vers cet endroit, sur une minuscule place il y a une fête foraine : quatre stands, un manège pour enfants, un pour adulte, un tir au ballon et celui que je préfère, le stand de la loterie. Ce stand me rappelle celui de mon enfance, le forain distribuait quelques tickets gratuits pour attirer le badaud, parmi ces bouts de papier, il y avait un N° gagnant, lorsque la roue indiquant plusieurs N° commençait à tourner, j’avais de l’adrénaline en moi, je ne gagnais jamais le gros lot.
Plus tard, j’ai pensé qu’il était pour celui qui achetait le billet, peut-être même que cette personne était complice avec le forain, ainsi, le lot retournait derrière le stand, enfin, peu importe.
Je suis resté longtemps à observer ce stand, il est vraiment agréable à le regarder, contempler, admirer, scruter, dévisager, la population ici est vraie, sincère, ce lieu est magique, fantastique, étonnant, formidable, extraordinaire, fabuleux, prodigieux, STOP.
J’ai conversé avec le forain animant ce stand, j’ai expliqué mes émotions, aujourd’hui en France ce stand n’existe plus, certainement que dans le Guéliz, les passants ignoreraient son stand, ici, ce n’est pas le même quartier, le peuple a encore besoin de rêves, il prend le temps de respirer, il vous écoute parler, vous êtes un homme de théâtre, vous savez donner de l’illusion, franchement, bravo !
Ce forain m’avise que c’est la première fois qu’un touriste lui adresse la parole, en principe les touristes sont pressés, il pense que mon analyse sur lui est excellente, nous nous quittons par une vigoureuse et chaleureuse poignée de main.
J’ai quelques difficultés à aller à l’hôtel, je me suis perdu dans ces rues, pas de panique, on retrouve toujours son chemin.
Samedi 9 juin
Dernière ballade dans les rues de Marrakech puis direction l’aéroport.
N’ayant pas de bagage, je n’ai pas l’enregistrement à faire, il n’y a plus qu’à attendre le droit d’aller à la salle d’embarquement.
Une information annonce que notre vol est retardé et plus tard, une nouvelle annonce pour un retard nettement plus important. Certaines personnes ne supportent pas cette annonce. Un Monsieur s’énerve auprès du personnel, je frappe des mains, silence de la salle d’embarquement, toutes les têtes sont tournées vers moi, je demande à ce Monsieur de respecter le personnel, d’être poli, vous avez fait le choix d’une compagnie d’aviation au tarif très bas, il faut assumer, la prochaine fois que vous prenez l’avion, choisissez Air France ou Royal Air Maroc, ainsi vous n’aurez pas de problème.
Avant de quitter le Maroc, il fallait que je me fasse remarquer, je me reconnais.
Tony
Tôt le matin, je parcours les ruelles de la médina avant de prendre le taxi collectif de Bade r-Rob pour me rendre à Imlil. Une fois le taxi complet, 2 passagers à l’avant et 4 à l’arrière de cette Mercedes, nous quittons Marrakech.
J’arrive à Imlil, 64 Km de Marrakech, (1740 m d’altitude), les guides sont nombreux à me proposer une excursion, je refuse toutes propositions, c’est ainsi que je vais fonctionner durant mon séjour dans ce pays.
J’effectue une randonnée de 6 H00, le site est merveilleux, j’aperçois la neige sur des sommets de plus de 4000 m d’altitude dont celui du Toubkal atteignant 4167m, le plus haut d’Afrique du Nord. Sur cette vallée, se nichent de minuscules villages berbères de pierre et de terre, le temps semble s’être arrêté depuis des siècles. J’ai la chance car entre mi-avril et début mai, en principe, il y a la récolte du blé. Tout le monde vient prêter main forte, hommes, femmes et enfants, dans une ambiance festive d’une gaieté incroyable, j’entends les femmes chanter, j’aperçois les enfants qui sur leur mulet chargé de blé, vont porter celui-ci à la cour de leur maison.
Sur le chemin du retour, quelques Km avant Imlil, un camion descend la vallée, le chauffeur m’amène à Asni.
Je fais du stop pour aller à Ouirgane, je vais passer la nuit chez l’habitant.
Je suis parfaitement bien accueilli par cette famille. Je fais quelques tours de magie aux enfants. Un Monsieur tond un mouton, un vieil homme assis à côté sur un tabouret en bois fait une remarque car le mouton est blessé par la tondeuse.
Lorsque la tonte de l’animal est finie, la laine est mise dans un sac puis on coupe la ficelle attachée aux pattes et une jeune fille amène ce mouton non sans égard dans un minuscule et vieux bâtiment et on recommence avec un autre mouton.
Lundi 28 mai
Je déjeune dans la cour, 7H10 et il fait déjà chaud.
Pour la douche, ça se passe dans les toilettes. L’eau recueillie de la montagne se trouve dans un bidon, sur celui-ci est accrochée une boîte de conserve qui a fonction de récipient.
Avec peu de moyen, on peut être propre, la preuve en est.
Avant de quitter cet habitat, je parcours ce village aux ruelles de terre accidentées. Je ne vais pas trop loin car je risque de ne pas pouvoir retrouver la maison où j’ai passé la nuit sinon, bien au contraire, il ne faut pas hésiter à s’y perdre, c’est le meilleur moyen de découverte.
Le bus partant de Marrakech à destination d’Agadir passe par Ouirgane vers 11H00. Voulant visiter la mosquée de Tin Mel, le car s’y arrêtant à 800m, c’est bon pour moi.
Sur cette route, j’aperçois les kasbahs d’Agadir-n-Gouf et de Talat-n- Yâkoub, je ne peux pas m’arrêter à les visiter car l’attente d’un véhicule sera longue. Les taxis collectifs seront probablement complets et le prochain bus passe dans 4H00. Le meilleur moyen pour circuler dans ce pays est la voiture de location mais pour moi seul, c’est trop coûteux. De toute façon, je sais que durant mon séjour, j’arriverai à me débrouiller.
Au loin, j’aperçois la mosquée de Tinmel, je frappe des mains pour que le car s’arrête. La mosquée se trouve à 800m de la route principale, je traverse les vergers pour m’y rendre.
Cette mosquée date de 1153. Abandonnée à l’état de ruines pendant des siècles, cette mosquée a fini par être restaurée. L’extérieur a l’austérité d’une forteresse. Le plan de cette mosquée est symétrique, des arcades en brique délimitant neuf nefs. Seule la première travée a conservé son élégant décor de stuc, notamment le beau mihrab et trois coupoles à stalactites. Les autres travées ont été entièrement reconstruites en brique rose, recréant avec beaucoup de bonheur l’espace originel.
Durant la visite de la mosquée, il y a deux couples de touristes français avec une voiture de location, je leur demande s’ils vont à Taroudant, la veine pour moi, c’est leur direction. Grâce à ces touristes, je gagne de nombreuses heures d’attente.
Le trajet offre un splendide panorama sur l’étroite vallée de l’oued Nfiss. Des petits champs en terrasses minutieusement entretenus et irrigués, des vergers d’amandiers et d’oliviers entourent les villages aux maisons de pierres sèches.
Après une série de virages vertigineux, on arrive au col du Tizi-n- Test à 2092m d’alt. La vue est époustouflante. La route descend ensuite tranquillement et la végétation évolue des chênes verts du sommet aux arganiers sauvages du Sous, en passant par les palmiers nains, les lauriers-roses et les immenses genêts à petites fleurs blanches.
De nombreuses chèvres grimpent sur les branches d’arganiers, nous passons une vingtaine de minutes à les observer, le spectacle est magnifique.
A 35 Km de Taroudant, nous visitons la palmeraie de Tioute. A l’arrière plan de cette palmeraie, il y a une belle vue de la chaîne du Haut Atlas. Au pied de cette palmeraie, se trouve une belle kasbah.
Nous reprenons le chemin pour Taroudant, la nuit tombe, je trouve un hôtel à 2 Km des remparts.
Mardi 29 mai
Taroudant se trouve à 81 km d’Agadir, 223 Km de Marrakech et 294 Km de Ouarzazate.
Les remparts dessinant un carré approximatif d’environ 8 km de pourtour sont percés de 5 portes monumentales. Il n’y a pas si longtemps, oliveraies et vergers venaient jusqu’au pied des murailles, leur conférant un charme supplémentaire. Mais, depuis quelques années, ce côté bucolique est menacé par la construction de faubourgs peu esthétiques.
J’ai visité un hôtel de luxe, je suis rentré dans cet établissement incognito. Cet établissement occupe l’ancien palais du pacha de Taroudant. Jardins luxuriants, cours secrètes animées de fontaines, beaux patios anciens plantés de grands bananiers, galeries et terrasses forment un dédale où il fait bon flâner. N’oublions pas la piscine.
Je quitte les remparts de Taroudant pour déambuler dans les souks, beaucoup d’enfants travaillent dans de minuscules ateliers avec une très faible luminosité. Hélas pour eux, ils ne vont pas à l’école qui pourtant est obligatoire, ceci amène à être analphabète, ces enfants ne sauront pas lire, ils seront comme aveugles, sans éducation, la lutte n’est pas possible.
Le très faible niveau socio-économique des familles oblige les parents à engager leurs enfants dans le travail à des âges précoces.
Leurs rémunérations de 150 DH à 300 DH par mois, soit entre 15 et 30€, sont perçues directement par les parents.
Le SMIC Marocain est à 2100 Dirhams.
Les conditions de vie sont souvent inhumaines.
Ce ‘trafic’ très lucratif est parfaitement bien organisé, il y a des bureaux de placements faisant le lien entre les familles très souvent rurales des ‘victimes’ et les futurs ‘Exploitants’.
Le code du travail de l’enfant a été élaboré mais toujours pas amandé.
Je quitte les souks et visite la médina, je suis surpris par le nombre de mosquées, les minarets sont magnifiques.
Je mange dans un restaurant à la propreté douteuse mais j’adore cette formule. Une omelette 2 œufs avec pain et thé plus l’eau du robinet à volonté me valent 7 DH, je laisse 3 DH de pourboire.
Sachez que 10 DH valent 1 €.
Maintenant j’ai une longue route à faire, je veux être ce soir à Ousmenat, village se situant à quelques Km avant Tafraoute et ce n’est pas gagné.
Un taxi collectif m’amène à Inezgane, banlieue d’Agadir. A la place des taxis collectifs d’Inezgane, je prends un autre taxi m’amenant cette fois à Âit-Baha.
Je suis à 70 Km d’Ousmenat mais avant, je veux visiter une citadelle.
En attendant que le taxi soit au complet, je prends un thé à la terrasse d’un café, je suis le seul consommateur. Dans ce pays, il est accepté de passer son temps dans un établissement sans prendre de consommation.
Nous sommes que 4 personnes à attendre que ce taxi soit au complet, voulant quitter Âit-Baha rapidement, je décide de payer la place pour les 2 personnes manquantes.
Comme prévu, je m’arrête à Tizorgan. Ce village fortifié bien seul à 500 m de la route est frappant. Arrivé à une porte fortifiée, un vieil homme assis me demande quelques DH. Ce village, situé au sommet d’une colline escarpée, a la particularité d’être parfaitement circulaire. Son enceinte de pierre est formée par les murs extérieurs des maisons. En parcourant les deux uniques ruelles, circulaires, j’admire quelques belles portes anciennes en bois d’arganier, patinées par les siècles et protégées par des auvents en plaques de schiste.
En quittant ce village, j’attends sous un soleil de plomb qu’un véhicule passe.
Après une heure d’attente, un camion s’arrête, le chauffeur m’amène à Ousmenat. Nous sommes 4 passagers pour ce trajet, serrés bien sur mais on oublie le confort, j’ai eu vraiment de la chance que ce camion soit sur cette route, la R 105, fort belle, je contemple le sommet Jbel Lekst à 2359 m d’alt.
Dans le sud du Maroc, il y a peu de véhicules, le stop est très facile, c’est un moyen pour le chauffeur de recevoir quelques DH.
Ce camion est chargé, surchargé de phosphate. Nous avançons à une vitesse d’environ 10 Km/h en côte. Nous franchissons le col du Tizi-n-Tarakine à 1500m d’alt, maintenant nous descendons à 20 Km/h, la troisième vitesse n’est jamais enclenchée. Parfois, nous nous arrêtons pour ne pas trop fatiguer le moteur.
Il fait nuit, nous roulons sans lumière sur cette route si dangereuse, c’est incroyable, je ne pense pas à l’accident sinon la peur s’installe, je suis rôdé, c’est la 5ième fois que je visite ce pays, je m’y suis habitué, je ne suis surpris de rien.
Arrivé à Ousmenat, je donne un bon pourboire au chauffeur, il le mérite franchement.
Il fait nuit, je fais de petits pas, le chemin est très accidenté, ici, nous ne sommes pas en Occident, les routes et trottoirs goudronnés, les noms de rue, l’éclairage, ceci n’existe pas.
Je rencontre une Marocaine, cette femme est institutrice. Sur le chemin m’amenant à un gîte, nous parlons de divers sujets.
A l’école, cette femme trouve les élèves mal élevés, elle pense que ceci vient des parents, il y a un manque de discipline, depuis quelques années, l’instituteur ne doit plus utiliser le bâton pour régner l’ordre.
Sur ce sujet comme tant d’autres thèmes abordés par les Marocains, je dérange mais je ne peux pas rester passif, je sais quand dans ce pays, la critique est insultante mais je respire mal si je ne dis pas ma pensée, j’ai toujours fonctionné ainsi, c’est parfois dangereux, risqué, mais c’est ma personnalité.
Dans ce pays, beaucoup d’enfants n’aiment pas l’école, ils encaissent des coups et des gifles par des excès de colère des instituteurs.
L’école publique au Maroc est malade. Certains enseignants sont outrés par les actes de leurs collègues qui . Comment aimer l’école dans ces conditions ? C’est normal que l’école devienne un endroit que l’on rejette.
Les parents envoient leurs enfants à l’école pour apprendre et se nourrir l’esprit, et pas pour prendre des coups et vivre dans la panique.
Certains enseignants pensent qu’un élève qui n’est pas battu, est un mauvais élève.
Cette enseignante me trouve trop bavard, dans ce pays, on ne parle pas ainsi me dit-elle, je lui explique comment je fonctionne, elle comprend ma culture occidentale mais est certaine qu’un jour, il m’arrivera des ennuis, ici ce n’est pas la France, tu es en vacances, respire, oublie le reste, réfléchit bien à ce que je te dis, en guise de réponse, je souris.
Je suis très bien reçu par le patron de ce gîte. Au Maroc, en principe, nous sommes toujours extrêmement bien reçus dans un établissement hôtelier ou un restaurant à l’arrivée comme au départ. Par contre, pour ce qui est administratif, banque, poste, c’est le contraire.
Mercredi 30 mai
Ce matin, je me lève plus tard, je suis tellement bien dans cette chambre si luxueuse, j’ai une douche avec l’eau chaude et en plus une serviette.
Un car d’excursion arrive pour visiter ce lieu, quant à moi, je fais la visite de ce village seul. Je me perds pour retrouver le chemin allant à Tafraoute.
Me voici enfin sur la R 105. Un petit car d’excursion s’arrête, surprise pour moi, le guide me propose de m’amener à Tafraoute, ce sont les Français que j’ai aperçus à Ousmenat qui ont demandé au guide de me faire monter dans le car. Durant le trajet, nous échangeons quelques mots, ces excursionnistes sont surpris de me voir passer des vacances ainsi, sans bagage, je voyage seulement avec un petit sac en bandoulière.
Aujourd’hui mercredi, c’est le jour du souk à Tafraoute, il approvisionne les villages de toute la région.
Je visite le village d’Adaï, 4 Km de Tafraoute, bon pour les mollets. Comme dans beaucoup de villages, de nombreuses maisons vieilles d’environ 3 ou 4 siècles sont à l’abandon ou en ruine.Il faudrait un plan de réhabilitation mais il n’y a pas d’argent pour cela, par contre, pour les mosquées des villages, elles sont toujours dans un état d’entretien impeccable. A l’intérieur de ce petit village, il y a de nombreux rochers, c’est vraiment impressionnant.
Je retourne à Tafraoute, à l’entrée de cette petite ville, il y a un hôtel avec une piscine, le nom de cet établissement se nomme Antoine. Je peux me baigner pour 20 DH.
Je vais à mon hôtel, le luxe est différent et le tarif est en conséquence. Je lave mon linge, il sèche très rapidement, il vaut mieux pour moi car c’est les seuls vêtements que j’ai.
Le soir, il y a toujours autant de monde dans les rues et les villages.
Jeudi 31 mai
Aujourd’hui, je vais visiter les gorges d’Aït-Mansour à environ 35 Km de Tafraoute.
Il n’y a pas de moyen de locomotion pour aller à ces gorges, seule une société de 4X4 fait ce trajet.
Je me dirige vers la station essence de cette ville. J’attends patiemment, durant 2H30, seul 3 automobilistes font le plein de leur véhicule de location. La première voiture est un couple d’Allemand, ils ne veulent pas me prendre ce qui est tout à fait normal, il en est de même pour le deuxième véhicule. Une troisième voiture arrive, il est déjà 10H30, ce couple est hésitant, je leur propose de l’argent pour les frais de carburant, refus de leur part par contre je peux faire le trajet avec eux, c’est vraiment une bonne journée pour moi.
Ce parcours est magnifique. Nous apercevons l’Adrar Mqorn à 2344 m d’alt. Lorsque la route goudronnée se termine, s’élève une surprenante palmeraie, enserrée entre deux hautes falaises très rapprochées. C’est un véritable enchantement de voir la verdure éclatante des jardinets irrigués sous les frondaisons denses des palmiers dattiers et de traverser l’oued à gué, à de nombreuses reprises.
La sortie des gorges débouche sur une vallée, un peu plus large, où apparaissent plusieurs villages anciens mais il faudrait trop de temps pour faire la visite. Je me contente de visiter un village se trouvant entre les deux gorges, le site est époustouflant.
Je fais demi tour et reviens vers la voiture, j’ai voulu laisser les Français se promener seuls.
Pour la route du retour, je veux m’arrêter au village d’Agard-Oudad, je quitte la voiture et remercie bien évidement ces personnes sans qui je n’aurais pas passé une agréable journée.
Ce village est entouré de rochers étrangement sculptés par l’érosion, comme ceux que l’on a nommé la gazelle, le chapeau de Napoléon, le doigt.
J’ai une heure de marche pour arriver à Tafraoute, je prends mon temps.
Je prends mon repas à la terrasse de l’hôtel, l’oued bien sec est en face de moi, soudain, inimaginable en occident, un commerçant jette tous ses détritus à travers le pont, boîtes de conserve, bouteilles de verre et autres . Triste oued, il est chargé de déchets sur toute la longueur de la ville.
Vendredi 1 juin
Je prends le bus partant de Tafraoute à 6H00 pour aller à Tiznit, distance : 107 Km.
Cette route est pittoresque. Nous mettons 3H30 pour parcourir cette distance.
Arrivé à Tiznit, je prends un taxi collectif pour me rendre à Inezgane (10 Km d’Agadir). Le chauffeur de ce taxi roule extrêmement vite, il ne faut pas être surpris si au Maroc, il y a autant d’accidents.
Je n’ai pas la prétention à écrire une rubrique ni à réaliser un rapport sur les accidents meurtriers dans ce pays mais hélas, alors que le code de la route suscite toujours la colère des conducteurs, ceux-ci ont d’ailleurs fait grève en mars 2007 pour protester contre un projet de loi visant à imposer de lourdes sanctions pour non respect des règlements de circulation, l’hécatombe, elle, se poursuit.
Les excès de vitesse, la défaillance mécanique, 60% des bus ne rempliraient pas les conditions minimales de sécurité, absence de marquage sur les routes, dépassement dans les virages, la nuit la plupart des véhicules ne sont pas éclairés et je peux en rajouter.
En 1998, le Maroc disposait de 57251 Km de routes dont 29952 Km revêtues.
Le parc automobile en circulation sur le réseau routier marocain est évalué en 2004 à 1950802 unités, ce qui représente une augmentation de 4% par rapport à 2003. Ce parc est composé de 73% de véhicules de tourisme, 26% de véhicules utilitaires et de 1% de mobylettes.
Le taux de motorisation est de 65 véhicules pour 1000 habitants source 2004.
Source 2004, le véhicule au Maroc tue 9,7 fois plus qu’en France.
3622 personnes ont été tuées dans les accidents de la circulation survenus en 2006.
Ce carnage prend les dimensions d’un cancer qui ne cesse de s’amplifier malgré la volonté d’y mettre un terme.
De Tiznit à Anizgane, il y a 78 Km. Ce trajet n’est pas agréable, sur tous les trajets que j’ai parcourus durant mon séjour, c’est le seul qui n’est pas merveilleux à mon goût.
Le taxi collectif s’arrête à une très grande place, il y a une centaine de 150 taxis à attendre le client et plus loin de nombreux bus partant pour toutes les destinations de ce pays.
Je viens d’acheter mon billet pour aller à Skoura, il est à peine midi, le bus part à 21H00, j’ai largement du temps me permettant de faire une visite quelque part.
Il fait très chaud, j’aperçois un indicateur de température s’affichant à 38°.
Dans la nuit du 29 février 1960, la ville d’Agadir fut anéantie par un tremblement de terre qui causa la mort de plus de 15000 personnes. En France, l’émotion est très vive. Monté sur le trône un an plus tard, Hassan II décide la reconstruction d’Agadir ; elle sera menée tambour battant, et le béton coulera à flot.
Architecture de béton, larges avenues entrecoupées d’espaces verts caractérisent le centre urbain reconstruit à l’issu de ce tremblement de terre. Il est difficile de comprendre l’admiration que cette architecture a pu susciter à cette époque.
Le PDRT (programme de développement régional touristique) d’Agadir vise à doter la ville à l’horizon 2015 d’une capacité litière s’élevant à 60000 lits. Ce programme porte sur le renforcement de l’hébergement en front de mer.
Je fais le choix de visiter la nouvelle médina.
Le tremblement de terre ayant privé Agadir de son ancienne médina, Coco Pollizzi, maître artisan décorateur Italien né à Rabat, a eu l’idée d’en reconstruire une. Plutôt que de tenter une impossible reconstruction, Coco Pollizzi s’est lancé dans une création personnelle, réutilisant à sa manière le vocabulaire plastique de l’architecture vernaculaire marocaine, ses matériaux et ses techniques traditionnelles de construction.
A l’intérieur, une enceinte en pisé, vous retrouverez, presque plus vrai que nature, ruelles, maisons, échoppes, ateliers, café maure, etc. La médina, loin d’être achevée, couvrira 4 ha, on peut voir des bâtisseurs blancher le pisé, installer un plafond en tataoui ou découper des zelliges. A ce projet architectural, s’ajoute un projet socioculturel : faire revivre un artisanat authentique, à l’abri du mercantilisme des bazaristes. Plusieurs dizaines d’artisans travaillent déjà, à leur propre compte, dans la médina. Leur production est vendue exclusivement sur place, pas de marchandage.
Personnellement, je trouve cette médina trop artificielle, un peu écomusée, elle manque de chaleur, il y a beaucoup de touristes venant avec le car d’excursion.
Dans cette médina, il y a un projet de discothèque, piscine, hôtel, à méditer.
Je retourne à Inezgane, je suis à 400 Km de Skoura.
Le bus quitte la place d’Inezgane comme prévu à 21H00, nous faisons le trajet de nuit.
Ce bus fait le trajet jusqu’à Errachidia, distance 670 Km.
Nous passons par Taroudant puis Ouarzazate, arrêt d’environ 30 mn.
Skoura est à 42 Km d’Ouarzazate, j’arrive à 2H30 du matin.
Heureusement, je connais Skoura, dès que j’aperçois l’entrée de ce village, je frappe très fort avec mes mains, c’est ainsi qu’il faut faire pour que le chauffeur s’arrête mais j’ai l’impression que ce chauffeur ne m’entend pas, je crie, enfin il stoppe.
Je suis le seul passager à descendre de ce bus, je me dirige jusqu’au centre de ce petit village.
Arrivé sur la Place, un vieux Monsieur fait la surveillance des magasins, au même moment un type en mobylette vient à mes côtés, il me propose de dormir chez lui, je me rends très vite compte qu’il est ivre et drogué, j’accepte tout de même sa proposition.
Arrivé chez lui, sa seule pièce d’habitation d’environ 30 m² est dans un état de clochardisation. J’espère ne pas attraper de puces ou autres. Il m’offre le thé, imaginez sa théière et ses verres, ‘ornementation de saleté’. Il parle mais le dialogue est incohérent. Vers 4H30, nous dormons, enfin lui mais moi, c’est impossible, il a un chien qui n’arrête pas de me lécher la figure, je repousse cet animal mais aussitôt il revient à moi et aboie bien péniblement. Cette bête est très amaigrie, elle a faim. Ne pouvant pas dormir et ne voulant pas perdre mon temps ici, je réveille Rachid, il a eu peur de ma présence, il ne se rappelait plus que je dormais chez lui.
Samedi 2 juin
Rachid me propose de faire la visite de la palmeraie de Skoura, allons-y, même si je la connais.
Je suis assis sur le porte-bagage de sa mobylette, il roule vite sur ce chemin sablonneux, j’espère ne pas tomber.
Nous faisons une première halte à une kasbah, construite à la fin du 18ième siècle par un Andalou. Elle est très belle (en bois sculpté, puits de lumière en colonnes) et justifie pleinement les travaux de restauration récemment entrepris. Les terrasses supérieurs offrent une vue superbe sur la palmeraie.
Ensuite, nous allons dans une maison auprès d’une mosquée, l’endroit est bucolique. Rachid me présente le propriétaire de cette maison.
Si Rachid m’amène dans cette maison, c’est certainement pour quelque chose, c’est comme la visite de la kasbah, je n’ai pas laissé le pourboire. Rachid a proposé de passer cette journée avec moi, mon temps n’est pas compté, pas de problème.
Ils ont comme projet de rénover cette maison pour en faire un gîte, alors ils me demandent si je veux participer financièrement à ce projet, en quelque sorte devenir actionnaire, ils partageront avec moi les bénéfices. Combien de fois ai-je pu avoir des propositions de ce genre.
Je refuse cette proposition débile et explique les raisons.
Ils fument le cannabis puis font une sieste, je n’ai plus qu’à attendre.
Rachid réveillé, nous quittons cette maison, aujourd’hui, la rénovation de cet habitat n’aura pas avancé.
Assis sur cette mobylette, nous prenons le chemin menant à Skoura, de là, Rachid m’amène à un gîte, le patron me fait visiter son établissement, c’est un émerveillement, fascinant, quel travail pour arriver à ce résultat. Le patron en est fier mais il peut l’être, c’est une véritable réussite.
Je paie un repas bien mérité à Rachid dans cet établissement, je n’avais pas mangé depuis hier soir, avant de prendre le bus à Inezgane.
Je prends le taxi collectif pour aller à Imassine. En quittant Skoura je me rends compte aussitôt que ce taxi prend la direction pour Ouarzazate., explication, je demande à faire demi-tour, non sans difficulté. Maintenant je suis à nouveau sur la petite place de Skoura pour attendre que le taxi soit au complet pour aller cette fois dans la bonne direction, Imassine.
En arrivant à Imassine, il fait nuit. En quittant le taxi, je traverse la route, il y a un grand parking et un restaurant. Je demande s’il y a un endroit pour dormir mais hélas, la réponse est négative. Sur cette route, les bus et les taxis s’arrêtent pour manger le tajine, acheter des cigarettes, fruits. Les femmes restent dans le véhicule ?
On m’amène un matelas, une couverture et un oreiller, je dors sur ce parking, souvent réveillé par le bruit mais c’est plus rassurant que de passer la nuit à la belle étoile.
Dimanche 3 juin
Le village d’Imassine se trouve en face du restaurant où j’ai passé la nuit. Je traverse la route pour admirer ce village situé de part et d’autres d’un oued que l’on passe à gué. Les nombreuses kasbahs sont construites au bord de la falaise.
J’attends maintenant au bord de la route qu’un taxi collectif m’amène à El Kelaâ M’Gouna, de là, je prends un autre taxi longeant la Vallée des Roses pour m’arrêter à Hadida, après ce village, la route n’est plus bitumée.
J’utilise mes jambes pour aller à Tourbist par un chemin, le seul d’ailleurs, très caillouteux.
Après 2H00 de marche, le paysage devient splendide, un panorama à 180° s’ouvre devant moi. A l’ouest se dresse l’Ighil M’Goun (4071m), avec son sommet enneigé.
De cet itinéraire, le plateau géologique est remarquable.
Je marche depuis plus de 3H00 sous un soleil de plomb, mes jambes tremblent, j’ai peu mangé ce matin, thé, pain, confiture, j’ai très soif mais je n’ai pas d’eau.
De Hadida à Tourbist par le chemin, le guide Michelin sans faire de pub annonce 2 Km, il y a obligatoirement une erreur ; quand nous circulons avec un 4X4 ce n’est pas un problème à faire 3 ou 4 Km supplémentaires mais à pied, ça change la donne.
Je deviens super agacé, je n’apprécie plus le paysage, je n’ai rencontré personne sur cette route, je me demande s’il ne faut pas faire demi-tour, suis-je sur la bonne destination ? Continuons à marcher, on verra.
Enfin un 4X4 arrive, je mets mon pouce d’avant en arrière en direction de ma bouche pour dévoiler ma soif, de cette façon, en principe, ce véhicule s’arrêtera.
Le guide ouvre la porte du 4X4, je demande à boire de l’eau.
Ce véhicule ne doit pas quitter cet endroit sans moi, je demande à ce guide accompagné du chauffeur et de 2 touristes Anglais si je peux faire le restant du parcours avec eux.
Evidemment, je le savais, le guide hésite mais c’est normal, ce guide est payé par ces Anglais pour visiter la région et pas pour prendre des stoppeurs.
Le couple d’Anglais accepte sans hésitation, ces Londoniens ne comprennent pas comment j’ai pu marcher si longtemps à 40°, sans eau et sans bagage, ils me trouvent suicidaire me disent-ils.
J’arrive à Tourbist, je traverse l’oued, je réserve 2 nuits d’hôtel, de ma chambre, j’ai une jolie vue d’un minaret avec son nid de cigognes, j’observe longuement les volatiles claquants avec leurs longs becs rouges.
Je visite ce charmant village puis revient à l’hôtel, un 4X4 est garé devant l’entrée.
Allongés sur des coussins, un jeune homme et son guide fument le joint, la discussion est sévère entre moi et ce touriste français, il pense que les gens de ce village peuvent visiter cette région le week-end et même aller l’été en vacances au bord de la mer. J’explique à ce débile que ces gens n’ont pas l’argent pour visiter le pays, ils restent dans leur village jusqu’à la fin de leur vie, ils n’ont pas le choix. Cet idiot insiste, il pense qu’il y a toujours un moyen de gagner de l’argent, je cesse la discussion, nous ne sommes pas sur la même longueur d’ondes. Il passera la soirée à fumer le cannabis, à chacun son plaisir.
En soirée, des musiciens arrivent, j’ai discuté avec eux lorsque j’ai visité le village en fin d’après-midi. Des femmes, après avoir cuisiné les repas pour les clients de l’hôtel font la vaisselle et le ménage (j’ai préféré manger dans un petit restau du village), arrivent pour danser au rythme de la musique, elles sont payées pour s’exhiber, ces femmes berbères n’ont pas le choix, il faut nourrir la famille. Les touristes n’hésitent pas à prendre des photos, quel paradoxe, dans ces villages de la montagne, les femmes ont le visage caché, elles ne regardent pas les hommes et dans les établissements hôteliers, pour pouvoir manger, ces mères n’ont pas d’autre solution que de se montrer pour la satisfaction des étrangers.
A propos du voile, ou on le porte et dans ce cas on ne l’enlève pas sous prétexte qu’il y a des touristes, ou on ne le porte pas, à méditer ?
Lundi 4 juin
Je fais une longue balade à Tourbist. Les maisons de ce village sont en terre rouge. Des enfants commencent à me suivre, je fais quelques tours de magie, ils m’applaudissent et ils veulent que je recommence, quel bon public ! Il y a en moi de l’émotion, en Occident, l’émerveillement a disparu.
En bordure de l’oued s’épanouissent de magnifiques plantations de figuiers, d’amandiers et d’autres arbres fruitiers. Je retrouve l’ambiance d’Imlil lors de la récolte du blé, je reste assis près de 30 mn à entendre ces femmes chanter, que c’est beau !
Plus loin, des femmes et de jeunes filles lavent le linge.
Un forgeron cloue un fer au pied d’un maigre cheval.
La nuit ne vas pas tarder, Je retourne au village, les enfants m’appellent le magicien.
Je rencontre Adil, le musicien d’hier soir, il m’invite à prendre le thé chez ses amis. Dans cette pièce de la maison, nous sommes 6 avec moi, je suis le seul à ne pas fumer le cannabis. A la demande d’Adil, je dois faire de la magie à ses amis, pas de problème, il apprécie.
Avec Adil, j’achète une bouteille d’alcool de figue (40°), nous frappons à la porte métallique de la maison, le propriétaire nous donne contre un billet de 100 DH (10€) ce liquide dans une bouteille d’eau en plastique. Je sais, c’est idiot d’acheter de l’alcool, il est plus utile d’offrir de la nourriture mais j’ai proposé et à l’unanimité le choix a été pour la boisson.
Soirée excellente au son de la musique, chacun a amené son instrument, guitare, tam tam, crotale. Le fils du patron de l’hôtel où je dors arrive avec un grand plat de couscous, c’est vraiment gentil de sa part, ce garçon est très sérieux, il ne fume pas et ne boit pas, il a franchement raison.
Mardi 5 juin
Je fais mes adieux, je remercie le fils du patron d’être venu avec un plat de couscous hier soir.
Pour retourner à Hadida, je ne prends pas le même chemin qu’à l’aller, je passe par l’oued, en cette saison, il n’y a pas trop d’eau, enfin, je l’espère.
Marcher le long de l’oued peu être risqué, s’il y a un violent orage, en quelques minutes l’eau monte très rapidement et c’est la noyade assurée, mais si on vit perpétuellement avec l’idée du danger, on ne fait rien.
Jusqu’à Hadida, mon parcours a duré 3H30, j’ai eu parfois certaines difficultés à franchir certains obstacles mais j’ai été fort heureusement récompensé par un sublime paysage. Parfois, j’avais de l’eau jusqu’à la taille, une eau boueuse et glacée en provenance de la fonte des neiges, le courant était assez impressionnant, j’avais peur de tomber, mes vêtements séchaient vite avec le soleil torride.
A 10 Km avant El-Kellaâ M’Gouna, je trouve un gîte, je suis le seul client, comme d’habitude, je suis très bien reçu par le propriétaire.
Mercredi 6 juin
Petit-déjeuner très copieux, j’ai même des gâteaux, je laisse un généreux pourboire au patron.
Sur le chemin d’El-Kellaâ, nous sommes des centaines de personnes à marcher, hommes, femmes, enfants. Aujourd’hui, c’est jour de marché. Les marchés sont toujours très typiques, les gens de la montagne font des Km pour vendre ou acheter les produits. Il y a également le marché aux bestiaux, amis des animaux, évitez d’y assister.
Départ du bus allant à Marrakech, à l’embranchement de la route allant à Âït-Benhaddou, je prends un autre moyen de locomotion, le taxi collectif, je demande au chauffeur de me laisser juste avant l’oued, après le village d’Aït. Maintenant, il y a un pont pour traverser l’oued, pour les habitants de Tamdakth, c’est franchement mieux, l’hiver, ils ne seront plus isolés, ces gens pourront descendre la vallée.
Je réserve 2 nuits à l’hôtel mais ne prends pas de chambre, je préfère dormir sur la terrasse.
Je lave mon linge, le seul bermuda que j’ai et ma chemisette, je profite de la piscine en attendant que mes vêtements sèchent.
Je descends à Âït, je ne prends pas la route mais passe par les chemins.
Jeudi 7 juin
Cette nuit, il y a eu beaucoup de vent, pire qu’à Saint-Malo, je n’ai pas bien dormi, vers 4H00 du matin, j’étais déjà réveillé par le jour mais j’aime cette façon de vivre, ce soir je vais dormir à nouveau sur la terrasse de l’hôtel.
Je vais me promener à Tamdakt (4 Km d’Âït-Benhaddou), d’immenses nids de cigognes sont installés en haut des tours à moitié détruites. Je traverse les champs de ce village pour rejoindre l’oued puis reviens à l’hôtel. Je fais une sieste, la seule de mes vacances. En début d’après-midi, je vais à Âït. Je descends par l’oued, il n’y a pas une goûte d’eau. Les hautes Kasbahs datent probablement du 18ième siècle, les façades sont décorées de motifs géométriques réalisés à l’aide de briques de terre crue. Il faut se promener dans le lacis des ruelles qui escaladent la colline, couronnée par les vestiges d’une forteresse juive préislamique. Le panorama du sommet est exceptionnel.
Vendredi 8 juin
Je quitte Âït-Benhaddou pour Marrakech.
A l’entrée de Marrakech, j’aperçois de superbes villas, juste en face de ces immenses demeures, se trouvent de misérables bidonvilles, ceux-ci seront dans peu de temps certainement démolis pour construire de nouvelles demeures pour les riches.
Le parc immobilier de cette ville est en plein essor.
Il y a 2 mois, le marché de gros a été déplacé à une quinzaine de Km sur la route allant à El Jadida, seul, pourront aller se ravitailler les riches commerçants, les pauvres seront encore plus nombreux. A l’endroit où existait ce marché, il y a de nombreuses grues, le projet immobilier est démesuré.
Ce marché de gros se trouvait en face le jardin Majorelle, j’aimais le visiter lorsque je passais à Marrakech.
Tôt le matin, les restaurateurs et les commerçants de la ville venaient s’approvisionner ; seul les particuliers n’avaient en principe pas le droit à l’achat, croyez-moi, la visite valait le détour. De nombreux paysans venaient des environs de Marrakech, la plupart à dos d’âne, pour vendre leurs récoltes de dattes, de blé en grande quantité. On y trouvait toutes sortes de légumes. On y achetait la volaille, la viande, le poisson venait d’Essaouira. Quelle ambiance que ce marché ! Je n’ai plus qu’à enregistrer dans ma mémoire cette atmosphère.
Le bus arrive à la gare, je vais à pied à la Place Jemâa el -Fna et trouve un hôtel à 5 € la nuit.
Au coin d’une rue, des enfants se shootent à coup de colle. Des jeunes filles vendent des kleenex, des cigarettes, des fleurs aux feux rouges, quand elles ne se prostituent pas pour une bouchée de pain. Ces filles sont toutes des mères célibataires potentielles, donc, d’autres enfants qui vont grandir dans la rue. A d’autres coins de rue, encore des enfants, cireurs de chaussures. Voilà où conduit la pauvreté de ce pays. Des réseaux de mendicité organisés recrutent ces enfants. Les parents des ‘enfants de rues’ sont démissionnaires, ils ne savent plus jouer leur rôle. Plus alarmant, l’enfant représente très souvent la seule source de revenus pour une famille qui ne cesse de croître dangereusement. Pensons également au triste sort réservé aux ‘bonnes’, ce sont ces filles placées dès la petite enfance par leur parents, dans des familles où elles sont bonnes à tout faire. Souvent battues, elles vivent dans des conditions précaires, ne voyant leur parent qu’une fois par mois ou tous les deux mois, le jour où celui-ci vient chercher la paie souvent ridicule et dont la petite fille ne jouit nullement.
J’ai vu, croyez-moi, des visages d’enfants marqués de cicatrices, la rue bousille leur santé, ils sont happés. J’ai vu à Marrakech et Casablanca des enfants battus par la police, en pleine rue, le vagabondage étant interdit.
Que faire, je suis impuissant, m’en mêler, mon passeport est confisqué et je ne reviens pas en France, j’ai honte de moi mais je ne peux hélas que constater ce déplorable spectacle, aujourd’hui, en 2007, triste monde, j’ajoute « odieux monde ».
Marrakech ne m’attire plus comme au début où j’ai connu cette ville, le souk ne m’intéresse absolument pas.
J’aime la Place des Ferbantiers, en cette saison, les cigognes sont nombreuses.
En flânant dans les rues de cette ville, j’entends de la musique, je me dirige vers cet endroit, sur une minuscule place il y a une fête foraine : quatre stands, un manège pour enfants, un pour adulte, un tir au ballon et celui que je préfère, le stand de la loterie. Ce stand me rappelle celui de mon enfance, le forain distribuait quelques tickets gratuits pour attirer le badaud, parmi ces bouts de papier, il y avait un N° gagnant, lorsque la roue indiquant plusieurs N° commençait à tourner, j’avais de l’adrénaline en moi, je ne gagnais jamais le gros lot.
Plus tard, j’ai pensé qu’il était pour celui qui achetait le billet, peut-être même que cette personne était complice avec le forain, ainsi, le lot retournait derrière le stand, enfin, peu importe.
Je suis resté longtemps à observer ce stand, il est vraiment agréable à le regarder, contempler, admirer, scruter, dévisager, la population ici est vraie, sincère, ce lieu est magique, fantastique, étonnant, formidable, extraordinaire, fabuleux, prodigieux, STOP.
J’ai conversé avec le forain animant ce stand, j’ai expliqué mes émotions, aujourd’hui en France ce stand n’existe plus, certainement que dans le Guéliz, les passants ignoreraient son stand, ici, ce n’est pas le même quartier, le peuple a encore besoin de rêves, il prend le temps de respirer, il vous écoute parler, vous êtes un homme de théâtre, vous savez donner de l’illusion, franchement, bravo !
Ce forain m’avise que c’est la première fois qu’un touriste lui adresse la parole, en principe les touristes sont pressés, il pense que mon analyse sur lui est excellente, nous nous quittons par une vigoureuse et chaleureuse poignée de main.
J’ai quelques difficultés à aller à l’hôtel, je me suis perdu dans ces rues, pas de panique, on retrouve toujours son chemin.
Samedi 9 juin
Dernière ballade dans les rues de Marrakech puis direction l’aéroport.
N’ayant pas de bagage, je n’ai pas l’enregistrement à faire, il n’y a plus qu’à attendre le droit d’aller à la salle d’embarquement.
Une information annonce que notre vol est retardé et plus tard, une nouvelle annonce pour un retard nettement plus important. Certaines personnes ne supportent pas cette annonce. Un Monsieur s’énerve auprès du personnel, je frappe des mains, silence de la salle d’embarquement, toutes les têtes sont tournées vers moi, je demande à ce Monsieur de respecter le personnel, d’être poli, vous avez fait le choix d’une compagnie d’aviation au tarif très bas, il faut assumer, la prochaine fois que vous prenez l’avion, choisissez Air France ou Royal Air Maroc, ainsi vous n’aurez pas de problème.
Avant de quitter le Maroc, il fallait que je me fasse remarquer, je me reconnais.
Tony
Guide pour le parc national du Corcovado au Costa Rica? English translation pending
Bonjour à tous,
Je suis allé au Costa Rica en décembre dernier pendant 3 semaines et nous avons notamment passé 5 jours dans le parc national du Corcovado.
Pour toute personne amoureuse de la nature, je vous conseille très vivement d'y passer quelques jours si vous avez le temps, ce parc est juste extraordinaire et de très loin beaucoup plus beau et sauvage que la grande majorité des autres parcs. Pour de nombreux scientifiques, cete zone est considérée comme la petite Amazonie de l'Amérique centrale, avec une bio diversité au moins équivalente.
Par contre nous nuos l'avons fait avec un guide qui est hors des circuits commerciaux classiques mais qui est tout simplement incroyable en terme de connaisance, de pédagogie, de gentillesse bref le top ! il est anglophone et bien sur hispanophone. Sans lui nous n'aurions pas vu la moitié de ce qu'on a vu et pourtant j'ai une bonne vue dans ce domaine 😛 (puma, tapirs, boa, crocos entre autres)
Si vous êtes intéressé, je suis a votre disposition pour toute info pour vous transmettre ses coordonnées, vous ne le regretterez pas... nous on y retourne l'an prochain !
Vincent
Je suis allé au Costa Rica en décembre dernier pendant 3 semaines et nous avons notamment passé 5 jours dans le parc national du Corcovado.
Pour toute personne amoureuse de la nature, je vous conseille très vivement d'y passer quelques jours si vous avez le temps, ce parc est juste extraordinaire et de très loin beaucoup plus beau et sauvage que la grande majorité des autres parcs. Pour de nombreux scientifiques, cete zone est considérée comme la petite Amazonie de l'Amérique centrale, avec une bio diversité au moins équivalente.
Par contre nous nuos l'avons fait avec un guide qui est hors des circuits commerciaux classiques mais qui est tout simplement incroyable en terme de connaisance, de pédagogie, de gentillesse bref le top ! il est anglophone et bien sur hispanophone. Sans lui nous n'aurions pas vu la moitié de ce qu'on a vu et pourtant j'ai une bonne vue dans ce domaine 😛 (puma, tapirs, boa, crocos entre autres)
Si vous êtes intéressé, je suis a votre disposition pour toute info pour vous transmettre ses coordonnées, vous ne le regretterez pas... nous on y retourne l'an prochain !
Vincent
Séjour de deux semaines au Maroc en janvier: sites naturels, guest houses, transports...? English translation pending
Bonjour tout le monde,
Je me tourne vers vous car les guides papeir ne sont pas trop mon truc. Je ne connais pas du tout le MAron et compte m'y rendre pour 2 semaines en Janvier . Que me conseillez vous de ne pas manquer sachant que j'ai un faible pour les sites naturels? Je suis également preneur de tous bons plans concernant les guest houses, transports, etc etc Pour info, je vais surement atterrir à Marrakech... @ +
Je me tourne vers vous car les guides papeir ne sont pas trop mon truc. Je ne connais pas du tout le MAron et compte m'y rendre pour 2 semaines en Janvier . Que me conseillez vous de ne pas manquer sachant que j'ai un faible pour les sites naturels? Je suis également preneur de tous bons plans concernant les guest houses, transports, etc etc Pour info, je vais surement atterrir à Marrakech... @ +
Visiter le parc national du Corcovado au Costa Rica? English translation pending
Bonjour,
Est-ce quelqu'un aurait de l'information sur la meilleure facon de visiter le parc Corcovado, a part les lodges tres chers?
Ou tout autre endroit du Costa Rica pas trop touristique?
Merci et Joyeux Noel!!
Merci et Joyeux Noel!!
7 semaines de rêve dans l’Ouest US sans randonner (ou si peu) fin mai-début juillet 2016 English translation pending
Bonjour à tous!
Encore l'Ouest US me direz-vous! Mais nous ne nous en lassons pas. Je crains juste de vous lasser un peu, vous, avec des endroits vus maintes et maintes fois.
Mais ces partages d'expériences font vivre nos voyages encore et encore....
Je me lance donc sur cette 3e virée dans le Wild Wild West avec une question:
Est-il possible de s’éclater sans randonner (ou si peu) dans l’Ouest US ? YEP !😎 Et bien oui, on peut se faire rêver sans randonner ! Nous (plus très jeunes - 65 à 70 ans) :
- mon mari, JP, atteint d’une très méchante maladie, mais supportant bien un lourd traitement,
- moi, plus très gaillarde - l’ai-je vraiment été un jour ? pas sûr, en tous cas jamais grande randonneuse (j'ai abusé un peu en écrivant, mais les vraies randos remontent à tellement longtemps qu'il y a prescription).😉 - mon cousin et son épouse (ne vous étonnez pas de me voir les zapper dans le carnet : c’est pour ma sérénité😕).
Il suffira de s’adapter tout en admettant ses limites physiques. Les connaître, ses limites, c’est une chose; les admettre, c’est une autre histoire, et je l’apprendrai à mes dépens🤪 en cours de voyage, mais nous verrons ça plus tard. Quant à mon JP bien fatigué, il s’est avéré le plus vaillant de l’équipe.
Toujours aussi attirée par l’Ouest US (ouf, JP aussi !), j’avais quelques itinéraires sous le coude. Entre les nouvelles découvertes, les endroits que nous voulions approfondir, il y avait matière! Après moult réflexions, mon chéri et moi sommes tombés d’accord pour regrouper deux projets et rallonger le voyage. Après tout, nous avons le temps, et ça économise une traversée de l’Atlantique.
Ce sera une grande boucle LA/LA d’environ 10.000 km à travers pas moins de 8 états. Nous préférons rajouter une journée de plus et repartir de LA. Comme le vol est direct, nous savons par expérience qu’une journée de route nous fatigue moins que les longues escales, ce qui aurait été le cas si nous étions repartis de Vegas.
Du rêve hollywoodien à la folie de Vegas, en passant par - les régions les plus arides et parmi les plus chaudes de la planète dans la Vallée de la Mort, - les territoires indiens de l’Arizona (Monument Valley), - les Montagnes Rocheuses, et les pics enneigés du Colorado flirtant avec les 4000 m, - les Blacks Hills du Dakota du Sud, avec leurs collines sculptées et leurs « Badlands » (mauvaises terres), - le Wyoming dont nous avons rêvé de traverser à cheval les vastes plaines aux herbes sauvages, avec son merveilleux parc, le Yellowstone, - les roches flamboyantes de l’Utah, où l’on s’attend à chaque instant à voir surgir un indien emplumé.
Nous parcourrons des routes panoramiques parmi les plus belles d’Amérique du Nord, la Pacific Highway étant considérée quant à elle comme une des plus belles du monde. Partout, le vieux Far West sera présent avec ses villes cow boy et ses traces indiennes.
Comme nous savons que ce sera sûrement l’un de nos derniers vraiment grands voyages, je le veux topissime et je passerai des journées (des nuits parfois) à peaufiner l’itinéraire, glanant ici et là de précieuses informations et des conseils judicieux. Soyez-en remerciés mes cher(e)s confrères «forumers» de Roadtrippin et Voyage Forum.
Certaines étapes seront peut-être un peu longues, mais elles ne seront pas nombreuses. Nous aurons des plages de repos et nous pourrons prendre notre temps pour profiter de tout.
Nous avons prévu de sortir (un peu) des routes goudronnées et je préfère être sûre de notre véhicule. Nous louons donc un 4x4 chez Avis. J’ai obtenu un prix plus intéressant que toutes les simulations que j’avais faites sur la toile en les appelant directement. Au retour, il s’avère que des frais supplémentaires ont été facturés (une cinquantaine de dollars), et ils me seront remboursés rubis sur l’ongle sur simple appel téléphonique. Le Toyota Sequoia que nous récupérons à LA s’avèrera un compagnon sympa du début à la fin. Le pauvre aura bien mauvaise mine au retour. Comme en esthétique, voici la bête avant et après,
sauf que là, c’est l’inverse quant au résultat.
Pour les réservations d’hôtel, j’ai procédé comme à mon habitude : lieu/prix/qualité, en croisant plusieurs sites une fois que j’ai retenu l’hôtel. Avec un impératif cette année : loger sur les parcs, ce qui nécessite de réserver un an avant pour certains d’entre eux (Yellowstone et Monument Valley par exemple) – pas question de me faire avoir encore une fois, surtout pour le Yellowstone qui est pris d’assaut très vite. Je ferai un post à part pour récapituler les hôtels. Ah, un tuyau aussi : en prenant la carte AARP(1), j’ai fait de substantielles économies, leur tarif étant bien plus intéressant que le simple tarif senior proposé par certains hôtels.
(1)Pour les non-résidents US, la carte est un peu plus chère et valable un an seulement, mais elle est amortie très vite quand on part longtemps, ça vaut vraiment le coup. On peut même avoir des réductions, entre autres, dans les boutiques de certains Visitor Centers (nous l’avons appris sur place).
Pour les repas de midi, ce sera pique-nique tous les jours; le soir resto ou repas dans la chambre dans certains cas. Avec une vraie bonne table de temps à autre, car il en existe aux USA, ne soyons pas sectaires !
Si le voyage a été un rêve, le retour me réservera une surprise bien désagréable. Allez, j’en glisse deux mots, ça défoule. Ceux qui avaient vu mon programme lors de la préparation savent que nous avions embarqué nos cousins tant ce voyage leur avait mis des étoiles dans les yeux…. Et comme ils ne connaissent que les voyages avec tour operator, mon cousin était emballé. Et bien, son épouse, une semaine après le retour, m’a signifié dans un sms digne d'une cour d’école primaire qu’elle ne veut plus me parler. Si si ! Elle m’a trouvée trop directive (c’est vrai, c’est moi qui pilote et qui organise !!!! et jusqu’à présent, personne ne s’en était plaint). Et dire que je pensais à un petit barbecue débriefing, avec échange de photos etc., j’en suis restée baba ! Ah, voilà pourquoi ils n’avaient pas le temps pour quelques jours à la plage ! Voyons Mimi, réfléchis un peu😕. Quand je pense aux dizaines de voyages que nous avons réalisés avec des amis depuis 1974. Des dizaines, et pas toujours avec les mêmes personnes : ça dépendait du lieu, de la durée et de la date.... Quand je relis les carnets qui à l’époque restaient manuscrits, je me dis mais quels beaux souvenirs 🙂! Et bien, sur ce coup, c’est une première. En plus, nous avons adapté notre projet pour leur faire découvrir des lieux que nous aurions zappés si nous avions été seuls, sans parler des fois où, à l’inverse, nous nous sommes limités. Si j’hésite entre être verte de rage😠 ou consternée par un tel comportement, en tous cas, je suis bien peinée, disappointed. Honnêtement, avec le recul, ni mon mari ni moi n’avons encore trouvé le comment du pourquoi. Il faut dire que j’aurais dû me méfier : une personne capable de se brouiller avec nombre de ses amis, du nord au sud de la France, normalement, ça craint. Je devais manquer à son palmarès. Et être aussi naïve😇 à mon âge, ça tient de la bêtise😕 et je me donnerais volontiers des gifles. Mais il me semblait qu’avec le temps, elle s’était bonifiée. J’avais déjà lu sur le forum des histoires d’amis qui sont rentrés fâchés et je me disais mais quel gâchis, comment est-ce possible ? Maintenant, je sais. A 65 ans !!!! Fort heureusement, nous avons pu profiter de notre magnifique périple, mais c’est comme si un voile gris l’avait recouvert au retour. Je vais me consoler en regardant les photos et m’en tenir là, en essayant d’oublier le reste.
Mais je parle, je parle… Bon, j’arrête de vous lasser avec mes états d’âme. Je vous entends bien là : «Tu arrêtes, le forum n’est pas le mur des lamentations, tu nous parles de ton voyage et tu vas voir un psy pour le reste !»😉 OK, OK, Voilà l’itinéraire tel qu’il a été réalisé…. Un peu différent de ce qui était prévu… comme d’habitude ! Le roadbook propose, les voyageurs s’adaptent.

J1 – 21 mai – Voyage et arrivée LA Inutile de préciser que tout est prêt et que l’excitation est à son comble, comme toujours😏. Ah la magie des voyages ! On garde toujours cette capacité enfantine à s’émerveiller, sauf qu’on n’ose plus sauter partout par peur de se faire débarquer pour comportement suspect. Le Toulouse-Paris est à l’heure, 7h10 pétantes. Le vol est un tout petit peu agité, mais rien de bien grave.
1h40 pour la correspondance : faut pas traîner, mais ça suffit. A chaque fois, j’ai un petit doute. A Roissy, nous découvrons le gros navion qui va nous emmener Outre-Atlantique. Vu de la salle d’embarquement, il est moins impressionnant que lorsque nous l’avions vu lors de ses vols d’essais à Toulouse, en rase-motte au-dessus de nos têtes, en bout de piste.

Je pensais être subjuguée par l’intérieur, mais la configuration en petite cabines séparées par des rideaux ne donne pas idée de la grandeur de l’habitacle. Les places sont plutôt larges. En vol, je réussirai même à passer côté hublot pour rejoindre ma place, ne voulant pas réveiller le jeune dormeur côté couloir… et croyez-moi, je ne suis pas une sylphide.
Ce jeune géant est peut-être bien sympathique, mais 12h de vol sans les chaussures, ça va pas le faire. JP s’arme de toute sa délicatesse pour lui susurrer discrètement à l’oreille de remettre ses baskets. C’est toujours un peu gênant ce genre de démarche, mais vraiment, le pouvoir de séduction de ce jeune homme se trouverait accru s’il désodorisait ses chaussures de temps à autre😛.
Les repas sont tout à fait corrects :
Salade du jardinier, vinaigrette au jus d’orange et coulis de tomate
Poulet sauce au citron, boulgour aux épices OU Tortellini à la ricotta et aux épinards, sauce crémée - Dessert
Champagne en apéritif.
Le voyage est quand même bien long, avec quelques turbulences.
Il faut attendre d’être au-dessus de l’Utah pour voir autre chose que des nuages. Les photos ne donnent pas grand-chose…. 12.000 mètres, ça fait haut !
Mais nous arrivons à discerner quelques beaux paysages et à imaginer les roches rouges que nous verrons en fin de parcours dans quelques semaines.
L’arrivée à LA est abracadabrantesque.
Comme nos cousins viennent pour la première fois aux USA, pas possible de passer aux bornes automatiques – et pas question de se séparer : ils ne parlent pas un mot d’Anglais et semblent un peu perdus.
L’attente est dingue. C’est qu’un A380, ça en contient du monde ! Entre les enfants qu’ils font passer en premier (pas que les bébés) et la lenteur des agents au contrôle, ça n’avance pas. A un moment, un grand policeman black bien baraqué, comme on en voit dans les films, fait passer un groupe de soi-disant VIP. Nous avons atterri à 13h et il est plus de 16h. Là, les esprits s’échauffent un peu et, la fatigue aidant, le troupeau (nous sommes comme des bestiaux parqués devant les guichets) manifeste un peu de mauvaise humeur (quels râleurs ces Français !). On nous incite vivement à rabaisser notre caquet – pas commode le Monsieur. On s’en mettrait presque au garde-à-vous, tentés par un «Yes Sir» tonitruant. Nous allons ensuite acheter des cartes SIM pour les téléphones – ça prend du temps aussi : pas facile de comprendre quelle est la meilleure solution. Notre choix s’est avéré nul et coûteux par rapport à l’année dernière.
Si j’ai une leçon à retenir (et si je peux me permettre, un conseil à donner) : surtout, régler ce problème avant de partir. Chacun trouvera ce qui lui convient auprès de son opérateur. Le nôtre - que je ne nommerai pas – ne proposait rien d’intéressant.
On arrive enfin à récupérer la voiture. Oups ! J’ai payé avec ma carte Gold (pour les assurances) et le conducteur est JP. Quant à moi, je n’ai pas mon permis de conduire. Erreur de débutant🤪 d’une voyageuse qui se croyait sinon confirmée du moins avisée et prévenue. C’est utile une check-list, n’est-ce-pas ? A condition de bien la vérifier au moment de partir😉. Grrrr ! Avis nous arrange ça sans problème et nous découvrons ce qui sera un peu notre deuxième maison dans les semaines à venir ! Une Toyota Sequoia géante…. Avec un marchepied pour que je puisse monter. Ceux qui m’ont déjà lue savent que moi, j’escalade ce genre de voiture vu ma taille. C’est parti dans les embouteillages pour rejoindre l’hôtel à Hollywood : le Coral Sands Motel, où nous arrivons à presque 19h. Vous savez compter : cela fait 6 heures que nous sommes à LA ! Il va sans dire que nous sommes KO debout. La visite à l’Observatoire Griffith où nous devions dîner avec des amis d’amis (ceux qui étaient avec nous au Canada et en Louisiane) passe à la trappe. Nous nous croiserons, à un jour près dans la Death Valley. Tant pis, nous ferons connaissance à Paris pour échanger nos souvenirs. Nous dînons au Burger du coin et filons au dodo.
Je me lance donc sur cette 3e virée dans le Wild Wild West avec une question:
Est-il possible de s’éclater sans randonner (ou si peu) dans l’Ouest US ? YEP !😎 Et bien oui, on peut se faire rêver sans randonner ! Nous (plus très jeunes - 65 à 70 ans) :
- mon mari, JP, atteint d’une très méchante maladie, mais supportant bien un lourd traitement,
- moi, plus très gaillarde - l’ai-je vraiment été un jour ? pas sûr, en tous cas jamais grande randonneuse (j'ai abusé un peu en écrivant, mais les vraies randos remontent à tellement longtemps qu'il y a prescription).😉 - mon cousin et son épouse (ne vous étonnez pas de me voir les zapper dans le carnet : c’est pour ma sérénité😕).
Il suffira de s’adapter tout en admettant ses limites physiques. Les connaître, ses limites, c’est une chose; les admettre, c’est une autre histoire, et je l’apprendrai à mes dépens🤪 en cours de voyage, mais nous verrons ça plus tard. Quant à mon JP bien fatigué, il s’est avéré le plus vaillant de l’équipe.
Toujours aussi attirée par l’Ouest US (ouf, JP aussi !), j’avais quelques itinéraires sous le coude. Entre les nouvelles découvertes, les endroits que nous voulions approfondir, il y avait matière! Après moult réflexions, mon chéri et moi sommes tombés d’accord pour regrouper deux projets et rallonger le voyage. Après tout, nous avons le temps, et ça économise une traversée de l’Atlantique.
Ce sera une grande boucle LA/LA d’environ 10.000 km à travers pas moins de 8 états. Nous préférons rajouter une journée de plus et repartir de LA. Comme le vol est direct, nous savons par expérience qu’une journée de route nous fatigue moins que les longues escales, ce qui aurait été le cas si nous étions repartis de Vegas.
Du rêve hollywoodien à la folie de Vegas, en passant par - les régions les plus arides et parmi les plus chaudes de la planète dans la Vallée de la Mort, - les territoires indiens de l’Arizona (Monument Valley), - les Montagnes Rocheuses, et les pics enneigés du Colorado flirtant avec les 4000 m, - les Blacks Hills du Dakota du Sud, avec leurs collines sculptées et leurs « Badlands » (mauvaises terres), - le Wyoming dont nous avons rêvé de traverser à cheval les vastes plaines aux herbes sauvages, avec son merveilleux parc, le Yellowstone, - les roches flamboyantes de l’Utah, où l’on s’attend à chaque instant à voir surgir un indien emplumé.
Nous parcourrons des routes panoramiques parmi les plus belles d’Amérique du Nord, la Pacific Highway étant considérée quant à elle comme une des plus belles du monde. Partout, le vieux Far West sera présent avec ses villes cow boy et ses traces indiennes.
Comme nous savons que ce sera sûrement l’un de nos derniers vraiment grands voyages, je le veux topissime et je passerai des journées (des nuits parfois) à peaufiner l’itinéraire, glanant ici et là de précieuses informations et des conseils judicieux. Soyez-en remerciés mes cher(e)s confrères «forumers» de Roadtrippin et Voyage Forum.
Certaines étapes seront peut-être un peu longues, mais elles ne seront pas nombreuses. Nous aurons des plages de repos et nous pourrons prendre notre temps pour profiter de tout.
Nous avons prévu de sortir (un peu) des routes goudronnées et je préfère être sûre de notre véhicule. Nous louons donc un 4x4 chez Avis. J’ai obtenu un prix plus intéressant que toutes les simulations que j’avais faites sur la toile en les appelant directement. Au retour, il s’avère que des frais supplémentaires ont été facturés (une cinquantaine de dollars), et ils me seront remboursés rubis sur l’ongle sur simple appel téléphonique. Le Toyota Sequoia que nous récupérons à LA s’avèrera un compagnon sympa du début à la fin. Le pauvre aura bien mauvaise mine au retour. Comme en esthétique, voici la bête avant et après,
sauf que là, c’est l’inverse quant au résultat.Pour les réservations d’hôtel, j’ai procédé comme à mon habitude : lieu/prix/qualité, en croisant plusieurs sites une fois que j’ai retenu l’hôtel. Avec un impératif cette année : loger sur les parcs, ce qui nécessite de réserver un an avant pour certains d’entre eux (Yellowstone et Monument Valley par exemple) – pas question de me faire avoir encore une fois, surtout pour le Yellowstone qui est pris d’assaut très vite. Je ferai un post à part pour récapituler les hôtels. Ah, un tuyau aussi : en prenant la carte AARP(1), j’ai fait de substantielles économies, leur tarif étant bien plus intéressant que le simple tarif senior proposé par certains hôtels.
(1)Pour les non-résidents US, la carte est un peu plus chère et valable un an seulement, mais elle est amortie très vite quand on part longtemps, ça vaut vraiment le coup. On peut même avoir des réductions, entre autres, dans les boutiques de certains Visitor Centers (nous l’avons appris sur place).
Pour les repas de midi, ce sera pique-nique tous les jours; le soir resto ou repas dans la chambre dans certains cas. Avec une vraie bonne table de temps à autre, car il en existe aux USA, ne soyons pas sectaires !
Si le voyage a été un rêve, le retour me réservera une surprise bien désagréable. Allez, j’en glisse deux mots, ça défoule. Ceux qui avaient vu mon programme lors de la préparation savent que nous avions embarqué nos cousins tant ce voyage leur avait mis des étoiles dans les yeux…. Et comme ils ne connaissent que les voyages avec tour operator, mon cousin était emballé. Et bien, son épouse, une semaine après le retour, m’a signifié dans un sms digne d'une cour d’école primaire qu’elle ne veut plus me parler. Si si ! Elle m’a trouvée trop directive (c’est vrai, c’est moi qui pilote et qui organise !!!! et jusqu’à présent, personne ne s’en était plaint). Et dire que je pensais à un petit barbecue débriefing, avec échange de photos etc., j’en suis restée baba ! Ah, voilà pourquoi ils n’avaient pas le temps pour quelques jours à la plage ! Voyons Mimi, réfléchis un peu😕. Quand je pense aux dizaines de voyages que nous avons réalisés avec des amis depuis 1974. Des dizaines, et pas toujours avec les mêmes personnes : ça dépendait du lieu, de la durée et de la date.... Quand je relis les carnets qui à l’époque restaient manuscrits, je me dis mais quels beaux souvenirs 🙂! Et bien, sur ce coup, c’est une première. En plus, nous avons adapté notre projet pour leur faire découvrir des lieux que nous aurions zappés si nous avions été seuls, sans parler des fois où, à l’inverse, nous nous sommes limités. Si j’hésite entre être verte de rage😠 ou consternée par un tel comportement, en tous cas, je suis bien peinée, disappointed. Honnêtement, avec le recul, ni mon mari ni moi n’avons encore trouvé le comment du pourquoi. Il faut dire que j’aurais dû me méfier : une personne capable de se brouiller avec nombre de ses amis, du nord au sud de la France, normalement, ça craint. Je devais manquer à son palmarès. Et être aussi naïve😇 à mon âge, ça tient de la bêtise😕 et je me donnerais volontiers des gifles. Mais il me semblait qu’avec le temps, elle s’était bonifiée. J’avais déjà lu sur le forum des histoires d’amis qui sont rentrés fâchés et je me disais mais quel gâchis, comment est-ce possible ? Maintenant, je sais. A 65 ans !!!! Fort heureusement, nous avons pu profiter de notre magnifique périple, mais c’est comme si un voile gris l’avait recouvert au retour. Je vais me consoler en regardant les photos et m’en tenir là, en essayant d’oublier le reste.
Mais je parle, je parle… Bon, j’arrête de vous lasser avec mes états d’âme. Je vous entends bien là : «Tu arrêtes, le forum n’est pas le mur des lamentations, tu nous parles de ton voyage et tu vas voir un psy pour le reste !»😉 OK, OK, Voilà l’itinéraire tel qu’il a été réalisé…. Un peu différent de ce qui était prévu… comme d’habitude ! Le roadbook propose, les voyageurs s’adaptent.

J1 – 21 mai – Voyage et arrivée LA Inutile de préciser que tout est prêt et que l’excitation est à son comble, comme toujours😏. Ah la magie des voyages ! On garde toujours cette capacité enfantine à s’émerveiller, sauf qu’on n’ose plus sauter partout par peur de se faire débarquer pour comportement suspect. Le Toulouse-Paris est à l’heure, 7h10 pétantes. Le vol est un tout petit peu agité, mais rien de bien grave.
1h40 pour la correspondance : faut pas traîner, mais ça suffit. A chaque fois, j’ai un petit doute. A Roissy, nous découvrons le gros navion qui va nous emmener Outre-Atlantique. Vu de la salle d’embarquement, il est moins impressionnant que lorsque nous l’avions vu lors de ses vols d’essais à Toulouse, en rase-motte au-dessus de nos têtes, en bout de piste.

Je pensais être subjuguée par l’intérieur, mais la configuration en petite cabines séparées par des rideaux ne donne pas idée de la grandeur de l’habitacle. Les places sont plutôt larges. En vol, je réussirai même à passer côté hublot pour rejoindre ma place, ne voulant pas réveiller le jeune dormeur côté couloir… et croyez-moi, je ne suis pas une sylphide.
Ce jeune géant est peut-être bien sympathique, mais 12h de vol sans les chaussures, ça va pas le faire. JP s’arme de toute sa délicatesse pour lui susurrer discrètement à l’oreille de remettre ses baskets. C’est toujours un peu gênant ce genre de démarche, mais vraiment, le pouvoir de séduction de ce jeune homme se trouverait accru s’il désodorisait ses chaussures de temps à autre😛.
Les repas sont tout à fait corrects :
Salade du jardinier, vinaigrette au jus d’orange et coulis de tomate
Poulet sauce au citron, boulgour aux épices OU Tortellini à la ricotta et aux épinards, sauce crémée - Dessert
Champagne en apéritif.
Le voyage est quand même bien long, avec quelques turbulences.Il faut attendre d’être au-dessus de l’Utah pour voir autre chose que des nuages. Les photos ne donnent pas grand-chose…. 12.000 mètres, ça fait haut !
Mais nous arrivons à discerner quelques beaux paysages et à imaginer les roches rouges que nous verrons en fin de parcours dans quelques semaines.
L’arrivée à LA est abracadabrantesque.
Comme nos cousins viennent pour la première fois aux USA, pas possible de passer aux bornes automatiques – et pas question de se séparer : ils ne parlent pas un mot d’Anglais et semblent un peu perdus.L’attente est dingue. C’est qu’un A380, ça en contient du monde ! Entre les enfants qu’ils font passer en premier (pas que les bébés) et la lenteur des agents au contrôle, ça n’avance pas. A un moment, un grand policeman black bien baraqué, comme on en voit dans les films, fait passer un groupe de soi-disant VIP. Nous avons atterri à 13h et il est plus de 16h. Là, les esprits s’échauffent un peu et, la fatigue aidant, le troupeau (nous sommes comme des bestiaux parqués devant les guichets) manifeste un peu de mauvaise humeur (quels râleurs ces Français !). On nous incite vivement à rabaisser notre caquet – pas commode le Monsieur. On s’en mettrait presque au garde-à-vous, tentés par un «Yes Sir» tonitruant. Nous allons ensuite acheter des cartes SIM pour les téléphones – ça prend du temps aussi : pas facile de comprendre quelle est la meilleure solution. Notre choix s’est avéré nul et coûteux par rapport à l’année dernière.
Si j’ai une leçon à retenir (et si je peux me permettre, un conseil à donner) : surtout, régler ce problème avant de partir. Chacun trouvera ce qui lui convient auprès de son opérateur. Le nôtre - que je ne nommerai pas – ne proposait rien d’intéressant.
On arrive enfin à récupérer la voiture. Oups ! J’ai payé avec ma carte Gold (pour les assurances) et le conducteur est JP. Quant à moi, je n’ai pas mon permis de conduire. Erreur de débutant🤪 d’une voyageuse qui se croyait sinon confirmée du moins avisée et prévenue. C’est utile une check-list, n’est-ce-pas ? A condition de bien la vérifier au moment de partir😉. Grrrr ! Avis nous arrange ça sans problème et nous découvrons ce qui sera un peu notre deuxième maison dans les semaines à venir ! Une Toyota Sequoia géante…. Avec un marchepied pour que je puisse monter. Ceux qui m’ont déjà lue savent que moi, j’escalade ce genre de voiture vu ma taille. C’est parti dans les embouteillages pour rejoindre l’hôtel à Hollywood : le Coral Sands Motel, où nous arrivons à presque 19h. Vous savez compter : cela fait 6 heures que nous sommes à LA ! Il va sans dire que nous sommes KO debout. La visite à l’Observatoire Griffith où nous devions dîner avec des amis d’amis (ceux qui étaient avec nous au Canada et en Louisiane) passe à la trappe. Nous nous croiserons, à un jour près dans la Death Valley. Tant pis, nous ferons connaissance à Paris pour échanger nos souvenirs. Nous dînons au Burger du coin et filons au dodo.
Lanzarote + Fuerteventura English translation pending
Bonjour à tous,
Nous partons du 2 au 11 août à Lanzarote puis du 11 au 19 août à Fuerteventura. Nos logements sont réservés : Playa Blanca puis Tiagua en airbnb à Lanzarote puis Corralejo (hôtel) et Tuineje (airbnb) à Fuerteventura. Les voitures sont aussi réservées (Plus Car et Cicar) ainsi que la traversée en ferry de l'île à l'autre (sans la voiture que nous relouerons donc à Fuerteventura). Je n'ai pas fixé de programme précis au jour le jour mais plutôt une liste de trucs à faire sur chaque île que j'ai récupérées en lisant des discussions sur ce forum ainsi que sur celui du Routard et quelques blogs d'internautes. J'aimerais que vous me donniez votre avis s'il manque des choses ou plutôt si telle ou telle chose listée n'en vaut pas la peine ...
Lanzarote:
Plage de Papagayo ïle de la Graciosa avec loc de VTT Le village de Playa Quemada Teguise Le lagon vert à partir d'El Golfo Plage de Famara La Geria Mirador del Rio Près de Masdache: la Bomba Piscines naturelles entre orzola et Punta Prieta Ascension de la Montana Ortiz Ascension et rando autour de la montana Cuervo Les piscines naturelles en contrebas de l'hôtel en ruine au nord de Playa Blanca La fondation Cesar Manrique Voilà .. je me pose de sérieuses questions sur le parc national de timanfaya avec sa visite obligatoire en bus qui ne nous emballe pas du tout. Idem pour le jardin de cactus et la grotte dont j'ai oublié le nom....
Fuerteventura:
Les dunes de Corralejo (un endroit particulier à voir, quid du sunset ou du lever de soleil ?)
Le village d'El Cotillo La route qui relie la Pared à Betancuria La plage de la Barca La plage de Cofete et son rocher El Morro (meilleure lumière le matin ou le soir ?) Ile de Lobos
Voilà pour l'instant... Merci d'avance pour vos futurs commentaires!
Nous partons du 2 au 11 août à Lanzarote puis du 11 au 19 août à Fuerteventura. Nos logements sont réservés : Playa Blanca puis Tiagua en airbnb à Lanzarote puis Corralejo (hôtel) et Tuineje (airbnb) à Fuerteventura. Les voitures sont aussi réservées (Plus Car et Cicar) ainsi que la traversée en ferry de l'île à l'autre (sans la voiture que nous relouerons donc à Fuerteventura). Je n'ai pas fixé de programme précis au jour le jour mais plutôt une liste de trucs à faire sur chaque île que j'ai récupérées en lisant des discussions sur ce forum ainsi que sur celui du Routard et quelques blogs d'internautes. J'aimerais que vous me donniez votre avis s'il manque des choses ou plutôt si telle ou telle chose listée n'en vaut pas la peine ...
Lanzarote:
Plage de Papagayo ïle de la Graciosa avec loc de VTT Le village de Playa Quemada Teguise Le lagon vert à partir d'El Golfo Plage de Famara La Geria Mirador del Rio Près de Masdache: la Bomba Piscines naturelles entre orzola et Punta Prieta Ascension de la Montana Ortiz Ascension et rando autour de la montana Cuervo Les piscines naturelles en contrebas de l'hôtel en ruine au nord de Playa Blanca La fondation Cesar Manrique Voilà .. je me pose de sérieuses questions sur le parc national de timanfaya avec sa visite obligatoire en bus qui ne nous emballe pas du tout. Idem pour le jardin de cactus et la grotte dont j'ai oublié le nom....
Fuerteventura:
Les dunes de Corralejo (un endroit particulier à voir, quid du sunset ou du lever de soleil ?)
Le village d'El Cotillo La route qui relie la Pared à Betancuria La plage de la Barca La plage de Cofete et son rocher El Morro (meilleure lumière le matin ou le soir ?) Ile de Lobos
Voilà pour l'instant... Merci d'avance pour vos futurs commentaires!
Conseils sur le Trek Cocuy? (Colombie) English translation pending
Bonjour,
Je pense faire le trek de cocuy en juin [1]. Annoncé pour une durée de 4-6j, altitude 4000-4700m, a priori entrée 37kCOP et guide ~120kCOP/j. j'ai vu que je risquais la pluie mais bon.
Quelles recommandations sinon? pour le trek ou la location de matos? a priori, je resterais qq jours à Bogota puis à Cocuy pour checker mon matériel et m'acclimater ainsi que ce que je dois louer (tente, sac de couchage, réchaud, ...)
Si éventuellement, des personnes souhaitent se joindre à moi, pm. j'essaierais aussi de trouver des compagnons à Bogota & Cocuy
Julien
[1] http://www.pnncocuy.com/alltheinfo/trekking.html http://en.wikivoyage.org/wiki/Cocuy_National_Park http://guillaumevalerie.blogspot.ca/2013/02/into-wild.html http://www.rutadirecta.info/2009/01/como-hacer-la-travesia-de-la-sierra.html http://voyageforum.com/v.f?do=post_view_flat;post=3691933;page=4; http://voyageforum.com/forum/trek_dans_parc_cocuy_materiel_guide_colombie_D4296161/ http://www.camptocamp.org/routes/184024/fr/parc-national-du-cocuy-tour-du-cocuy http://en.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=800932 http://en.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=2409309
Je pense faire le trek de cocuy en juin [1]. Annoncé pour une durée de 4-6j, altitude 4000-4700m, a priori entrée 37kCOP et guide ~120kCOP/j. j'ai vu que je risquais la pluie mais bon.
Quelles recommandations sinon? pour le trek ou la location de matos? a priori, je resterais qq jours à Bogota puis à Cocuy pour checker mon matériel et m'acclimater ainsi que ce que je dois louer (tente, sac de couchage, réchaud, ...)
Si éventuellement, des personnes souhaitent se joindre à moi, pm. j'essaierais aussi de trouver des compagnons à Bogota & Cocuy
Julien
[1] http://www.pnncocuy.com/alltheinfo/trekking.html http://en.wikivoyage.org/wiki/Cocuy_National_Park http://guillaumevalerie.blogspot.ca/2013/02/into-wild.html http://www.rutadirecta.info/2009/01/como-hacer-la-travesia-de-la-sierra.html http://voyageforum.com/v.f?do=post_view_flat;post=3691933;page=4; http://voyageforum.com/forum/trek_dans_parc_cocuy_materiel_guide_colombie_D4296161/ http://www.camptocamp.org/routes/184024/fr/parc-national-du-cocuy-tour-du-cocuy http://en.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=800932 http://en.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=2409309
Validation d'un itinéraire en Andalousie? English translation pending
Bonjour !
Nous préparons votre voyage en andalousie pour début septembre ( départ le 2, retour le 15), nous avons très hate mais aussi besoin d'être conseillés pour l'itinéraire, car première fois que nous allons en andalousie mon ami et moi. Voici un itinéraire auquel j'ai un peu reflechis, j'aimerais vos avis... Autre chose à savoir : nous partons de toulouse et n'utiliserons que notre propre voiture donc les 14 jours de voyages comprennent forcement les grands trajets
jour 1 TOULOUSE => BURGOS (escale pour dormir à burgos histoire de couper la route en 2...) jour 2 BURGOS=> CORDOUE arrivee vers 17h, et nuit à cordoue jour 3 visite de CORDOUE et nuit à cordoue jour 4 CORDOUE =>SEVILLE (en s'arretant à carmona le matin pour visite) arrivée 13h, nuit à seville jour 5 visite de SEVILLE et nuit à seville jour 6 visite de SEVILLE et nuit à seville jour 7 SEVILLE =>CADIX et visite de Cadix dans la journée, nuit à Cadix jour 8 CADIX=> VEJER de la frontera le matin, visite de VEJER; puis reprise de la route jusqu'à TARIFA (petite escale juste pour manger le midi et voir les plages) , l'après midi : route les villages blancs avec visite de CASARES, GAUCIN, et BENALAURIA. Arrivée le soir 19h à RONDA pour y passer la nuit. jour 9 visite de RONDA , et de GRAZALEMA, nuit à RONDA jour 10 RONDA =>MALAGA, visite de malaga le reste de la journée, et nuit à malaga jour 11 MALAGA => NERJA le matin, visite de nerja; fin d'après midi : NERJA=> GRENADE, nuit à grenade jour 12 visite de GRENADE, et nuit à grenade jour 13 visite de GRENADE, et nuit à grenade jour 14 GRENADE => TOULOUSE, d'une traite (et oui le budget hotel est explosé 🤪!)
Je m'interroge sur le jour 8, qui parait chargé comme ça, je n'arrive pas trop à estimer le temps de visite des villages blancs... vaut il mieux n'en faire que 2 de façon plus approndies, et lesquels? oubien les 3 sont visitables en une après midi Nous tenons vraiment à les voir, mais d'un autre coté nous n'avons pas beaucoup de temps et nous tenons aussi à toutes les autres villes du parcours!
Voilà... je fais appel aux amoureux de l'andalousie, toujours présents sur ce forum pour répondre aux doutes des nouveaux voyageurs! 🙂 merci à vous
Lisa
Nous préparons votre voyage en andalousie pour début septembre ( départ le 2, retour le 15), nous avons très hate mais aussi besoin d'être conseillés pour l'itinéraire, car première fois que nous allons en andalousie mon ami et moi. Voici un itinéraire auquel j'ai un peu reflechis, j'aimerais vos avis... Autre chose à savoir : nous partons de toulouse et n'utiliserons que notre propre voiture donc les 14 jours de voyages comprennent forcement les grands trajets
jour 1 TOULOUSE => BURGOS (escale pour dormir à burgos histoire de couper la route en 2...) jour 2 BURGOS=> CORDOUE arrivee vers 17h, et nuit à cordoue jour 3 visite de CORDOUE et nuit à cordoue jour 4 CORDOUE =>SEVILLE (en s'arretant à carmona le matin pour visite) arrivée 13h, nuit à seville jour 5 visite de SEVILLE et nuit à seville jour 6 visite de SEVILLE et nuit à seville jour 7 SEVILLE =>CADIX et visite de Cadix dans la journée, nuit à Cadix jour 8 CADIX=> VEJER de la frontera le matin, visite de VEJER; puis reprise de la route jusqu'à TARIFA (petite escale juste pour manger le midi et voir les plages) , l'après midi : route les villages blancs avec visite de CASARES, GAUCIN, et BENALAURIA. Arrivée le soir 19h à RONDA pour y passer la nuit. jour 9 visite de RONDA , et de GRAZALEMA, nuit à RONDA jour 10 RONDA =>MALAGA, visite de malaga le reste de la journée, et nuit à malaga jour 11 MALAGA => NERJA le matin, visite de nerja; fin d'après midi : NERJA=> GRENADE, nuit à grenade jour 12 visite de GRENADE, et nuit à grenade jour 13 visite de GRENADE, et nuit à grenade jour 14 GRENADE => TOULOUSE, d'une traite (et oui le budget hotel est explosé 🤪!)
Je m'interroge sur le jour 8, qui parait chargé comme ça, je n'arrive pas trop à estimer le temps de visite des villages blancs... vaut il mieux n'en faire que 2 de façon plus approndies, et lesquels? oubien les 3 sont visitables en une après midi Nous tenons vraiment à les voir, mais d'un autre coté nous n'avons pas beaucoup de temps et nous tenons aussi à toutes les autres villes du parcours!
Voilà... je fais appel aux amoureux de l'andalousie, toujours présents sur ce forum pour répondre aux doutes des nouveaux voyageurs! 🙂 merci à vous
Lisa
Improvisation nomade (version intégrale) English translation pending
PROLOGUE
Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer �� côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer �� côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Tristes éthiopiques? English translation pending
J'avais mon billet ! Le 28 septembre, j'atterrirais à Addis-Abeba, capitale de la mythique terre des " faces brûlées ". Etrange pays où l'on ignorait l'heure solaire et préférait la calculer lorsque la nuit tombe. Rares étaient les messages qui lui étaient consacrés sur ce site. Je les ai lus. Plus je lisais, plus j'avais l'impression qu'on aimait passionnément l'Ethiopie ou qu'on l'avait détestée... viscéralement. Pas de " bof ", " mouais c'était pas mal " ou autre constat mitigé. Certains échanges dégénéraient plutôt à grands coups de " toi, ta gueule ! ! " quand on n'accusait pas le voyageur dégoûté de xénophobie. Les propos les plus violents étaient vite supprimés. Mon voyage a eu lieu et je continue de lire les discussions. Elles sont plus modérées... mais le fond ne change pas : l'Ethiopie subjugue ou fait mal. Moi, elle m'a fait mal. Depuis je ne cesse de me demander pourquoi. Alors que j'espérais y couler des jours relativement paisibles, épuisée je m'y suis effondrée en larmes. On m'y a insultée. Elle est le seul pays que j'ai voulu quitter au plus vite.
Arrivée à Addis-Abeba. Ville à la topographie extravagante... dénivelés incroyables. Nous sommes deux, nous allons faire la petite boucle dans le nord via ce que l'on appelle " la route chinoise ". Ni Candide, encore moins Cunégonde, nous partons à la recherche d'un autre Eldorado : l'Abyssinie. En bus. Sans agence. Sans guide. Ca a peut-être été notre tort.
Arrivée à Addis-Abeba. Ville à la topographie extravagante... dénivelés incroyables. Nous sommes deux, nous allons faire la petite boucle dans le nord via ce que l'on appelle " la route chinoise ". Ni Candide, encore moins Cunégonde, nous partons à la recherche d'un autre Eldorado : l'Abyssinie. En bus. Sans agence. Sans guide. Ca a peut-être été notre tort.
Tunisie - Mars/Avril 2006 English translation pending
Ce fut un voyage un peu particulier. Pour la première fois depuis 16 ans de voyage, nous sommes partis à 4 : nous avons proposé à mes parents de nous accompagner.
Le but était double : tout d’abord passer 2 semaines ensemble, ni chez les uns, ni chez les autres (donc sans souci et sans contrainte), et puis aussi leur faire découvrir notre façon de voyager, à eux qui ne connaissent du voyage que le circuit organisé depuis leur retraite. Il fallait donc trouver une destination dépaysante, pas trop loin, facile d’un point de vue logistique et avec un patrimoine culturel et naturel attrayant. La Tunisie a remporté nos suffrages. Ensemble nous avons choisi la période, la durée et bâti un premier parcours prévisionnel.
Bien sûr, nous avons loué une voiture plus spacieuse et nous avons cherché des hôtels plus confortables et surtout plus accessibles, par égard envers la canne de mon père … Voilà les seules différences, autrement, ce fut la même improvisation qu’habituellement : pas de réservation, des petites gargotes, des changements de programmes selon l’humeur (ou les siestes inopinées du copilote !) …
NOTRE PERIPLE EN 2 SEMAINES :
Nous avons privilégié l’aspect culturel de la Tunisie, trop méconnu à mon goût, et délaissé totalement le côté balnéaire. Pour ceux qui connaissent mes précédents carnets et nos habitudes de voyage : rassurez-vous, oui, mes parents sont aussi amoureux des vieilles pierres que nous 😉!!
Sam 25 Mars - Vols AF Paris/Tunis – Route vers Dougga - Nuit à Teboursouk Dim – Sites romains de Dougga et Bulla Regia - Nuit à Teboursouk Lun – Site romain de Makthar - Nuit à Sbeïtla Mar- Site romain de Sbeïtla - Nuit à Tozeur Mer– Nefta – Tozeur - Nuit à Tozeur Jeu- Les oasis de montagne : Chebika, Tamerza et Midès - Nuit à Tozeur Ven – Traversée du Chott el Jerid – Douz – Boucle du Nefzaoua – Matmata - Nuit à Matmata Sam– Toujane – Boucle des ksour - Nuit à Matmata Dim– Médina de Sfax - Nuit à Sousse Lun– Amphithéâtre et musée d’El Jem – Ribat de Sousse – Nuit à Sousse Mar - Ribat de Monastir - Musée archéologique de Sousse - Nuit à Sousse Mer– Kairouan : la mosquée, la Zaouia de Sidi Sahab, les bassins des Aghlabides – Nymphée de Zaghouan – Site romain de Thuburbo Majus - Nuit à Gammarth Jeu–Musée du Bardo – Souk de Tunis - Nuit à GammarthVen–Carthage – Sidi Bou Saïd - Nuit à Gammarth Sam 8 Avril - Vols AF Tunis/Paris
BUDGET :
Le Dinar Tunisien (DT) est divisé en millimes. Ne soyez donc pas surpris de voir 3 chiffres après la virgule. Cours : 1 € = 1, 6 DT - Conversion facile : 1DT = 4FF.
Vols réguliers Air France : 221 € X 4p = 884 € Voiture = 1 800 € Sur place, 2 400 DT cash : 1 000 € changés à l’aéroport au cours de 1, 6 DT et 800 DT retirés à un ATM de Tozeur quasiment au même taux, commission incluse (vérification faite sur mon relevé de banque) et 1 175 DT de paiemant CB. Total sur place : 3 575 DT soit 64 DT/j/p. Je vous rappelle que nous étions 4 adultes et on ne s’est privé de rien (apéritif tous les jours, quelques extras au restau, hôtels confortables) … ainsi, ce budget n’est-il pas significatif, il est très large.
GUIDES :
A 4, nous n’en manquions pas !
Logistique : Lonely Planet version française 1è édition – Avril 2004 – Peu utilisé – Les infos datent … Guide du Routard 2006 – Beaucoup utilisé pour les restau et les horaires d’ouverture des sites.
Culturel : Guide Bleu – Très riche. Excellente aide pour préparer le voyage (c’est notamment le seul guide qui donne une idée de la durée moyenne de visite des sites) Guide Gallimard – Magnifique complément sur place avec de nombreux schémas et des encadrés intéressants. C’est un guide qui devient vite livre de chevet.
TRANSPORTS :
1 - Vols Achetés début Février sur le site d’Air France : 221 € l’A/R. C’était le meilleur prix (meilleur marché que Tunisair) en vol régulier. Première expérience de e-ticketing, j’étais un peu inquiète. Au final, quelle simplicité et quel progrès !
2 - Voiture Réservation d’une Peugeot 406 (sans AC) début Mars auprès d’Avis (via internet) : 1 800 € TTC, km illimité. Facture conforme au devis. Seul le conducteur additionnel (gratuit sur le devis) était facturé 5DT/jour sur place. Nous avons décliné et Philippe s’est tapé les 2 700 km tout seul !... 😛😛 Nous avons eu finalement une 407 Diesel, probablement parce que l’A/C ne fonctionnait plus. A 4 et pour un périple aussi long, c’était ce qu’il fallait. D’un avis général, elle était fort confortable et les bagages rentraient sans problème dans le coffre (il faut dire que mes parents voyagent aussi légers que nous !). Le choix à cette période de ne pas opter pour l’A/C était tout à fait judicieux : on s’en est passé sans difficulté. Par ailleurs, pour 2 700 km nous avons fait 2 pleins ½ ! Moins de 100 DT d’essence au total. Un vrai chameau, cette voiture ! Le gasoil est à 0, 64 DT le litre. Prix fixe ? Sans doute, c’était partout pareil … Paiement cash dans toutes les stations. Nombreux contrôles de police sur les routes. Nos plaques bleues (réservées aux touristes) nous ont souvent permis d’y échapper. 2 fois seulement nos papiers ont été contrôlés (permis de conduire international et contrat de location). Rapide et courtois. Il n’a jamais été question du moindre bakchich … Nous avons tous été surpris d’avoir autant roulé. Ca ne nous a jamais semblé laborieux ou épuisant. La variété des paysages nous a éblouis de bout en bout et la qualité du réseau routier permet de rouler correctement sans fatigue. Nous avions la carte Michelin 744. Suffisante pour notre périple.
HEBERGEMENT :
3 critères de choix importants pour nous lors de ce voyage particulier : un parking à proximité, au moins une chambre avec sanitaires privés et aussi peu de marches que possible. Nous avons obtenu des réductions facilement, étant encore en basse saison et arrivant à 4 souvent pour 2 ou 3 nuits …
Teboursouk : Hôtel Thugga (60 DT/p en ½ pension – cash) - ref GdR Chambres simples et sympas réparties autour d’un patio qui mériterait d’être davantage fleuri. Salle de restau sans charme – Le premier diner était vraiment mauvais (pour un premier repas, c’était dommage, ça partait mal, j’ai eu quelques craintes !….), le second soir, c’était correct mais ça ne restera pas un grand souvenir culinaire. Accueil sympa.
Sbeïtla : Motel de la Jeunesse (24 DT la chambre avec douche et wc – 16 DT la chambre avec lavabo – 3DT/p le petit dej - cash) - ref GdR Chambre très très simple et juste propre (draps vraiment courts et vraiment usés, sol dégueu, couvertures sales) – La douche elle était propre – Mais que c’était sympa avec ces chambres aux jolies portes bleues alignées de part et d’autre d’un patio couloir où des tables et des chaises invitaient aux retrouvailles - Petit déj plus que copieux – Accueil extrêmement chaleureux. La simplicité des chambres est très largement compensée par l’accueil et l’agencement. N’hésitez pas, de toute façon, à Sbeïtla, il y a peu de choix. Un bon souvenir !
Tozeur : Hôtel Continental (négocié 54 DT la chambre avec petit dej - cash) - ref GdR Il a dû être agréable, il pourrait l’être encore s’il était mieux entretenu. Mais à ce rythme là, dans peu de temps, il sera à l’abandon. Dommage, car il est bien situé.
Matmata : Diar el Barbar (négocié 100 DT la chambre en ½ pension - CB) - ref GdR Notre gros coup de coeur 🙂🙂🙂 A la manière d’un grand ksar aux multiples cours, un très bel hôtel offrant des chambres ‘troglodytes’ en rez de chaussée. C’est superbe, confortable et très propre. Belle piscine donnant sur une vallée lunaire magnifique. Diner et petit dej buffet de très bonne qualité. Le second soir, nous étions si peu nombreux qu’ils avaient installé le buffet en bord de piscine. Vraiment, je conseille à tous ce magnifique lieu : ça vaut le coup de casser sa tirelire.
Sousse : Hôtel Jinene (négocié 62 DT la chambre avec petit dej - CB) Sur la route de Port El Kantaoui, dans la partie balnéaire. Sans ostentation (car on en a vu où c’était vraiment à gerber !). Accueil vraiment chaleureux et personnalisé. Petit déj buffet sympa (crêpes !) Par contre l’environnement est nul : il faut être motorisé pour aller manger à Sousse. Avertissement à ceux qui seraient tentés par l’aspect balnéaire : l’accès à la plage se fait par un étroit sentier entre 2 murs blancs. On débouche sur une mini plage, large de 2 à 3 mètres, pas plus. C’est vraiment glauque 🙁. Caricatural ! On a plaint ceux qui venaient ici pour profiter de la mer. (Remarque : l’hôtel Medina (GdR), au bord de la médina de Sousse, nous a paru tout à fait convenable mais ne répondait pas à nos critères particuliers.)
Gammarth : El Mouradi (négocié 100 DT la chambre avec petit dej - CB) Grand hôtel comme on en trouve partout et qui n’a plus de tunisien que le nom ... Mais c’est propre, spacieux, confortable. Le petit déj est un grand moment (encore des crêpes !). Son intérêt : facile d’accès, au calme, parking, proche de Carthage et de l’aéroport. Là encore, il faut être motorisé.
REPAS :
Vous trouverez ce paragraphe sans doute moins précis que dans mes précédents carnets, n’ayant pas sur place rempli mon habituel carnet de route pour profiter davantage de mes parents ... On croit qu’on va tout retenir et on oublie qu’après 40 ans les neurones (LE neurone comme dit Philippe !) ne fonctionnent plus aussi bien … Dure prise de conscience 😕😛 !...
Dès les tout premiers jours, nous avons mangé dans des gargotes et avalé des crudités savoureuses (tomates, concombre, salades, fenouil, chou blanc ….). Nous avons tous eu une petite diarrhée à un moment ou à autre, très vite réglée avec un cachet d’’Imodium et du Coca. Pas de quoi gâcher le voyage. N’oubliez pas d’avoir toujours du papier toilette sur vous, rares sont les toilettes des lieux publics qui en disposent. Seule règle à laquelle on n’a pas dérogé : l’eau qu’on a toujours achetée en bouteille.
Il faut aimer la viande d’agneau ou de mouton quand on vient en Tunisie. Les repas des petits restaurants simples sont généralement très bons mais pas très variés. On y retrouve toujours les bricks, le couscous, les brochettes, le poulet rôti et les différentes salades. Ces plats complets tournaient autour de 5-6 DT. Jamais de dessert. Plusieurs fois, le thé à la menthe nous a été offert. A tous les repas, le pain est offert généreusement. On est loin des corbeilles avec 3 malheureux quignons !… En plus, qu’il est moelleux et croustillant ! Mmmmmh …. Hormis les diners vraiment quelconques de l’hôtel Thugga et une expérience malheureuse de pizzeria à Sousse, nous avons toujours bien mangé (et mon père est un gourmand !).
L'eau est à 0, 5 DT dans les épiceries des rues (1, 5l) et à 0, 340 DT chez Carrefour. Elle passe à 1 ou 2 DT dans les restaurants. Les amateurs de bière devront composer : on n’en trouve pas partout, loin s’en faut. La bouteille de Celtia (33cl) est autour de 2 DT. Elle est bonne. On trouve du Coca facilement mais parfois en toute petite bouteille de 19cl. Enfin, le Boga est la limonade locale
Voici quelques bons souvenirs à prix corrects (entre 20 et 50 DT pour nous 4). Nous avons toujours payé cash. Comme partout, plus c’est touristique plus c’est cher ...
A Makhtar, nous trouverons un restaurant au cœur de la petite bourgade où avait lieu un beau marché d’ailleurs. On ne peut pas le rater, c’est le seul qu’on ait vu et le bourg n’est pas bien gros … Genre routier chez nous : repas simple et copieux pour 16DT pour nous 4 ! Pas un touriste bien sûr, pas de bière non plus (c’est souvent lié évidemment) …. C’était très très copieux et très bon. Ce fut notre meilleur rapport qualité/prix.
Restaurant de la République à Tozeur (GdR) Populaire et agréable. Bonne cuisine simple.
Restaurant Tozorous à Tozeur A quelques dizaines de mètres de l’hôtel Continental. C’est devenu notre cantine pour nos 3 soirées à Tozeur. Il est tout neuf, les menus sont encore truffés de fautes amusantes (les serveurs prennent d’ailleurs les devants pour éviter les mises en boite trop faciles). Ambiance décontractée, chaleureuse, confortable. On y mange très bien à prix raisonnables (fourchette haute quand même).
Restaurant AliBaba à Douz (GdR) Pour nous remettre de nos émotions (voir plus bas) – Dans une petite cour ombragée, avec une tente de nomades pour accueillir ceux qui sont prêts à manger accroupis.
Le Restaurant du Peuple (GdR) dans la médina de Sousse. D’après mon père, le meilleur couscous qu’il ait mangé. Pour 6 DT/p ( plus très sûre, mais c’est de cet ordre), repas complet : entrée, plat, thé. Par contre, ce petit restau est bien tristounet ….
Un autre restau à Sousse (hors guides) Je ne sais plus son nom, on est tombé dessus par hasard. A l’entrée de la médina, à côté de la porte Bab el Gharbi, juste à côté du poste de police. Pour les motorisés, il y a là un petit parking d’une vingtaine de places. Petit restau tout simple où nous sommes un peu sortis du traditionnel couscous : ragoût de mouton aux oignons et un ragoût de veau. Cuisine familiale excellente. 6 DT le plat. Le patron a même été jusqu’à me demander si le prix me convenait. C’est sympa, non !?
Le Snack Quick à Monastir (GdR) Philippe a testé le couscous aux fruits de mer (couçaïella) et s’est régalé !
La Source à Zaghouan (GdR) Sympa, mélange de touristes et de locaux. Repas complet à 10 DT/p.
D’un tout autre ordre :
L’Essaraya dans la médina de Tunis. Grand restaurant de Tunis dans une magnifique demeure couverte de céramique. Nous y sommes allés vers 14h (après la visite du Bardo) sans réservation. Bon moyen pour profiter de ce lieu magique sans se sentir mal à l’aise avec nos tongs et nos vêtements trop simples pour l’ambiance raffinée du soir … A cette heure tardive, nous étions les seuls clients et avons reçu un accueil plutôt froid (visiblement, ils n’étaient pas enchantés de devoir réenfiler leur veste). Couscous (mon père est un inconditionnel !), agneau au four ou aux fruits secs … c’est très fin. Le plat tourne ici autour de 20 DT, prix tout à fait justifié.
Les Dunes à La Marsa. A la veille du départ et pour remonter notre moral en berne, nous nous sommes offert un dernier extra. Sans réservation, nous sommes arrivés tôt. Et malgré nos tongs, l’accueil a été tout à fait prévenant. Depuis quelques jours, la direction est italienne, les serveurs ont encore du mal avec la nouvelle carte : plats tunisiens et italiens donc (n’est-ce pas un peu dommage pour un tel restaurant ?). Mises en bouches, entrées, plats de poisson ou pâtes carbonara faites maison, vin blanc (1 bouteille ½) … 200 DT pour le tout … Même avec un service attentionné et chaleureux, ça ne les vaut pas.
Y a vraiment pas photo : l’Essaraya est bien plus typique, les prix beaucoup plus justifiés, le cadre plus pittoresque et la cuisine y est totalement tunisienne.
SITES CULTURELS :
La Tunisie n’a pas que ses belles plages à offrir, loin s’en faut. Les sites romains sont incroyablement bien conservés, les mosaïques comptent parmi les plus belles du bassin méditerranéen, et l’architecture sobre et austère des ribats est admirable.
Le prix d’entrée des sites est généralement de 3 DT/p + 1 DT pour le droit photo. En ce qui nous concerne, nous l’avons toujours acquitté mais n’en avons payé qu’un seul pour 2 appareils. Aucun contrôle n’a jamais eu lieu.
1 – Les sites romains
Dougga 3 DT/p + 1 DT Situé sur une colline, il y fait froid le matin. Le site est vaste et présente des monuments très bien conservés. Nous y avons flâné 3 heures agréables mais un peu éprouvantes pour les jambes fatiguées des seniors (dénivelé important).
Bulla Regia 3 DT/p + 1 DT Petit site dont l’intérêt réside dans l’originalité des maisons enterrées et dans les quelques superbes mosaïques laissées in situ. 2 heures peuvent suffire.
Makthar 3 DT/p + 1 DT A cette époque de l’année, c’est dans un champ de fleurs sauvages multicolores que l’on visite ce site. Je ne sais pas ce qu’on a préféré de ce cadre bucolique ou des vestiges. Même si les thermes sont intéressants, ça reste un site mineur.
Sbeïtla 3 DT/p + 1 DT Au cœur de la ville, site très étendu dont le forum est magnifique quand le soleil du matin illumine ses pierres orange. Mérite les 3 heures (toujours en prenant grandement son temps !) qu’on y a passées. Venant de Makthar, pour rejoindre Sbeïtla, nous avons emprunté la C77 qui traverse une jolie campagne. Manque d’attention, nous ratons l’embranchement à droite vers la C85 et poursuivons sur la C77 jusqu’à Hajeb El Ayoun. Or, cette portion n’est plus du tout adaptée aux voitures de tourisme. Nous avons dû traverser 2 gués, le 1er n’était pas bien méchant mais le 2ème a suscité quelques inquiétudes. Soyez vigilants : ne ratez pas le croisement vers la C85 ….
El Jem 6 DT/p comprenant le musée + 1 DT Amphithéâtre au cœur de la petite ville, incroyablement bien conservé et bien restauré. Tous les étages peuvent se visiter, y compris le sous-sol où s’entassaient gladiateurs et bêtes sauvages en attendant de monter dans l’arène. On espère d’ailleurs voir apparaître Russell Crowe à tout moment (surtout moi). Mais non … Malgré cela, c’est incontournable ! On y passe volontiers quelques heures. Des petites gargotes sympathiques attendent le client face à l’entrée. Déguster une brochette d’agneau avec en toile de fond cet imposant monument fait partie de mes meilleurs souvenirs (d’autant que la brochette cuite devant nous était excellente !). Même les plus hermétiques aux vieilles pierres seront charmés car il s’agit ici d’un seul monument (et non pas d’un site étendu et plus ou moins ruiné comme les précédents) très bien conservé où l’on n’a pas besoin d’imagination pour comprendre son utilité et son histoire. Par ailleurs, le site est assez proche de la côte et peut faire l’objet d’une excursion à la journée pour ceux qui sont sédentaires dans un site balnéaire. Vraiment ne ratez pas El Jem (même sans Russell Crowe😛).
Nymphée de Zaghouan gratuit Ma mère (innocemment) : «C’est normal qu’on voie la mer si près ?» Moi (émergeant d’un petit somme) : «Oups, sûrement pas !» C’est donc une erreur de copilotage (j’ai fait croire que j’étais subjuguée par les paysages !... ) qui nous a valu de visiter ce petit nymphée tout mignon. C’est la source d’eau qui alimentait Carthage par 90 km d’acqueduc. On aperçoit encore de beaux vestiges de cet aqueduc en remontant vers Tunis et à Carthage les grandes citernes très bien conservées, point d’arrivée de cette eau, donnent tout son sens à ce petit nymphée. Ce petit fil rouge nous a bien émus. Comme quoi, j’ai eu bien raison de m’assoupir un peu (ah non ! c’est vrai, les paysages !!) …
Thuburbo Majus 3 DT/p + 1 DT Etais-je fatiguée, un peu saturée des vieilles pierres ou simplement devenue plus difficile après toutes les merveilles déjà vues ?... Thuburbo Majus m’a … barbée.
Carthage 7 DT/p + 1 DT C’est sympbolique. Il reste assez peu de choses de l’époque romaine et encore moins de l'époque punique. Mais l’Histoire a marqué ses pierres. Alors, en fin ou en début de voyage, c’est sympa sans être à mon sens incontournable. Comme je l’ai dit plus haut, ne ratez pas les grandes citernes très bien conservées, surtout si vous avez vu Zaghouan.
2 – Les sites musulmans
Les ribats de Sousse et de Monastir 3 DT/p + 1 DT Assez différents l’un de l’autre, ils méritent tous les 2 une visite appronfondie. Celui de Monastir a été remanié plusieurs fois et présente un enchevêtrement compliqué. Celui de Sousse est d’une grande sobriété. Ne ratez pas la salle voutée des prières, massive et sobre (pour les 2). L’ascension dans la tour de guet apporte une vue splendide sur la médina et la grande mosquée (à Sousse), sur le port et le cimetière avec le mausolée de Bourghiba (à Monastir). Ascension plus facile à Sousse qu’à Monastir (de l’avis du seul courageux sur les 4 ayant grimpé les 2 !).
Kairouan 6 DT/p + 1 DT A notre arrivée en voiture à Kairouan, nous sommes accostés par un motocycliste qui, tout en roulant, tente de nous baratiner. Discours éculé … Or, nous savions pertinemment où nous allions, cette fois, le copilote ne dormait pas et était même plutôt attentif. Nous n’avons donc pas tenu compte de ses faux avertissements et autres conseils (du reste, il en changeait au gré de nos changements de direction) … Qu’il était collant ! C’est seulement devant la demande ferme de Philippe de nous laisser en paix que nous avons réussi à nous en débarasser. C’est la seule fois de tout notre voyage où nous avons eu ce genre de désagrément. Tout ça pour dire qu’effectivement à Kairouan, il faut acheter un pass (6 DT/p) qui donne accès aux principaux monuments de la ville (que nous n’avons pas tous visités d’ailleurs). Le bureau de vente se situe juste à côté des bassins des Aghlabides au Nord de Kairouan. Soyez sûrs de vous et fiez-vous à votre carte plus qu’aux motocyclistes kairouannais si vous ne voulez pas finir dans une fabrique de tapis 😏! - La mosquée de Kairouan Est-il utile de la présenter ? Même sans visiter la salle des prières, la mosquée de Kairouan est un joyau. Comment peut-elle dégager une telle harmonie alors qu’elle n’est qu’un amalgame de récupérations. Pas 2 colonnes identiques !... Il faut s’y poser pour s’imprégner de cette ambiance particulière. Beaucoup de groupes. Après le Sud, c’est un peu dur … - La Zaouia de Sidi Sahab Superbe complexe aux carreaux de céramiques colorées, aux coupoles couvertes de muqarnas, aux patios de marbre … L’art musulman dans toute sa plendeur. A ne pas rater. - Les bassins des Aghlabides Rapide mais impressionnant …
Ces 3 monuments sont situés dans un tout petit périmètre et sont très faciles d’accès. Nous n’avons consacré qu’une grosse matinée à Kairouan qui, c’est évident, en mérite davantage … Nous n’y avons vu que le principal et n’avons pas pris le temps d’y flâner, sans doute effrayés par une ambiance plus lourde qu’ailleurs.
3 – Les musées
El Jem Compris avec l’amphithéâtre Puisque le prix d’entrée est compris dans la visite de l’Amphithéâtre, ce serait dommage de le rater d’autant qu’au-delà de jolies mosaïques, une villa romaine grandeur nature y est reconstituée. Intéressant pour bien comprendre.
Sousse 3 DT/p + 1 DT Encore de très belles mosaïques. Pas indispensable si vous n’êtes pas très amateur …
Le Bardo à Tunis 6 DT/p + 1 DT C’est LE musée de mosaïques 🙂🙂! Incontournable. S’il faut n’en faire qu’un seul, sans hésitation, c’est celui-ci. Nous, ça fait 3 fois qu’on y va ! A faire de préférence en fin de voyage quand les noms des sites évoquent quelque chose. C’est mon avis … Nous y avons passé 3 heures en profitant des nombreux bancs installés dans toutes les salles. Evidemment beaucoup de monde (peut-être un peu moins vers midi) mais les groupes passent tellement vite qu’ils éclipsent les chefs d’œuvre à peine quelques minutes. La patience paie.
4 – Les médinas
Sfax : nous y étions un matin ; le marché était très animé, très authentique mais trop de monde (de Tunisiens) au goût de tous les 4. La flânerie y était impossible tant cette ruche bourdonnante était active. Personne n’y a réellement pris plaisir.
Sousse : sympa.
Tunis : ma préférée entre toutes. Je craignais des sollicitations nombreuses et lourdes. Pas du tout !!
Sidi Bou Saïd : à 2 pas de Carthage, c’est un joli petit village (ce n’est pas une médina) accroché à une colline (ça grimpe !), aux maisons blanches et aux portes bleues. Sa proximité avec Tunis et sa beauté l’ont rendu très touristique. A l’entrée du village, les échoppes sont nombreuses, le café des Nattes trop connu et trop couru … Mais franchie cette première rue, on retrouve vite la sérénité et la beauté d’un village paisible et bien entretenu, dominant la mer.
SITES NATURELS :
Nefta La fameuse Corbeille de Nefta sert malheureusement de dépotoir. Le charme n’opère plus. Reste la médina. Petite promenade à pied parmi les ruelles étroites bordées de ces maisons en briques de terre brune. Mais là encore, grosse déception : les briques rouges modernes viennent trop souvent consolider les anciennes maisons. Pour notre 3ème visite (en 16 ans), nous avons été vraiment attristés de voir à quel point Nefta se gâche et se perd. Enfin, la palmeraie, elle, nous comblera. Nous y faisons un petit tour en voiture totalement improvisé. Les palmiers dattiers des fameuses Deglet Nour ombragent des parcelles soigneusement cultivées. Après cet aperçu rapide, nous aurons envie d’appronfondir la visite d’une palmeraie. Ce sera chose faite à Tozeur.
Tozeur Grosse ville touristique, loin de l’image qu’on se fait d’une oasis. Pourtant, la médina nous a enchantés. Ici, la restauration des anciennes maisons est faite avec la volonté de rester dans l’esprit de cette architecture si particulière. C’est superbe et, après la déception de Nefta, nous étions regaillardis. La palmeraie nous a donné l’occasion d’une balade fort agréable en calèche en fin de journée (7 DT pour nous 4 pour 1 heure de balade) où le guide nous a donné quelques explications bienvenues. Pour nos amis cavaliers : bien sûr on a vérifié, le cheval n’était pas blessé au passage de sangle 😉 !
Les oasis de montagne Nous avons fait cette excursion au départ de Tozeur. Ce fut une de nos plus belles journées. Nous partons vers 9h. Au départ, le paysage de steppes désertiques est assez quelconque. Et puis, un petit ruisseau vient longer la route. Ses berges sont couvertes de sel et valent bien l’arrêt qu’on est les seuls à leur consacrer. En effet, nous sommes alors doublés par des dizaines de 4X4 aux effigies de «Terre d’Aventure» ou «Nomade» … Au loin, les premières montagnes apparaissent, rouges dans la lumière du matin. Elles se rapprochent, au point de nous encercler quand nous arriverons à Chebika où nous aurons la désagréable surprise de retrouver TOUS les 4X4. Ce sont des groupes dont l’équipement et les vêtements nous laissent dubitatifs quant à la nécessité du 4X4 … Bref, contre mauvaise fortune bon cœur, nous tâchons d’apprécier, malgré ces hordes, la beauté des lieux et y parvenons somme toute assez bien tellement Chebika est merveilleuse. Avec prudence et lenteur (canne oblige), nous descendons tous les 4 vers le lit du torrent. Mon père sera payé de ses efforts car la cascade est dans un site splendide, seulement gâché par le défilement incessant des trop nombreux groupes. Mais rien n’y fait : nous réussissons tous les 4 à nous émerveiller ! Nous ne monterons pas jusqu’au sommet de la colline, la canne déclarant forfait, estimant avoir rempli son contrat pour la journée. Quand nous reprenons la route, les 4X4 ont pratiquement tous disparus. Peut-être est-il judicieux de garder Chebika pour la fin …. Tant pis pour nous. Vous qui m’avez lue, vous le saurez. Nous passons Tamerza et contemplons la cascade au fond de sa gorge depuis la route. Trop de monde encore pour qu’on ait envie d’y descendre. Après un repas au Restaurant du Soleil (GdR – 10DT/p le repas complet et 3DT( !) la bouteille d’eau), nous arrivons à Midès. Cette fois, c’est tout seuls (enfin !) que nous visitons le vieux village et arrivons jusqu’au bord du canyon qui l’enserre tel un fer à cheval. Impressionnant ! Majestueux ! Et quel calme ! Demi-tour pour rentrer à Tozeur par la même route. Voilà comment, malgré des centaines de touristes croisés, nous avons engrangé des images qui resteront parmi les plus bellles que nous ayons vues … Route asphaltée en très bon état du début à la fin. Aucun problème avec une voiture de tourisme.
Le Chott El Jerid Plusieurs arrêts pendant cette traversée pour faire quelques photos de ces eaux saumâtres et des berges de sel. C’est impressionnant. Nous verrons aussi de nombreux campements et de grands troupeaux de dromadaires dans les étendues sablonneuses.
El Mansoura Juste avant Kebili, la carte Michelin indique une route verte (donc supposée plus pittoresque) passant par El Mansoura. De fait, elle traverse une jolie palmeraie. Par ailleurs, ce vendredi-là, c’était jour de marché dans le petit village. Nous nous sommes arrêtés et avons traversé à pied faisant quelques photos, toujours acceptées (voire réclamées !) avec beaucoup de gentillesse. Je n’ai pas osé photographier les femmes et je crois après coup qu’elles en auraient été tout aussi flattées que les hommes l’étaient. Contact facile et chaleureux de toute la population. Un moment simple, authentique et très agréable. De ceux qu’on ne planifie jamais et qui viennent enrichir un voyage. Voilà ce qu’aucun voyage organisé n’apportera jamais.
Douz et le Nefzaoua Nous arrivons à Douz vers 11h et décidons de faire la boucle du Nefzaoua avant de déjeuner … Nous voici donc partis vers Zaafrane où l’on emprunte une piste pour s’approcher des dunes. Prudent au début, Philippe s’enhardit petit à petit et … arrive ce qui devait arriver … la 407 renâcle, nous explique qu’elle n’est pas un 4X4 et … s’ensable. Faut dire que c’était gonflé de vouloir passer cette petite butte … Nous voilà donc bien penauds. Mes parents gardent leur calme : ma mère va s’asseoir sous un palmier, à l’ombre, mon père en profite pour faire quelques photos des dunes (vas-y Papa, on ne sera jamais plus près !) et des palmiers ensablés (comme nous). Quant à Philippe, il part chercher de l’aide : nous avions repéré des ouvriers un peu avant. Moi, ma seule inquiétude était que Philippe se perde dans le désert. Déjà des images de vieux films me reviennent … non, j’exagère, nous étions trop près du village pour de tels risques. Bref, j’attends … Il n’a pas fallu 5 minutes pour que 3 Tunisiens arrivent et essaient à leur tour de nous sortir de là. Mais rien n’y fait. Plus on essaie, plus le sable s’accumule sous la caisse. Du coup, ils attendent avec nous, nous rassurant gentiment. Enfin, au bout de 30 minutes, tel Indiana Jones, Philippe, juché sur une tractopelle arrive en fanfare ! 3 coups de pelle pour dégager l’arrière, un câble accroché à l’essieu (jamais trouvé d’anneau de tractage !) et zou …. la 407 est dégagée comme un fétu de paille en moins de 10 minutes. J’ai un peu blémi quand j’ai vu le pare-choc plier sous la tension du câble mais il a repris sa forme aussitôt après (magique !) ! Super, merci ! Ouf ! Si nous en doutions encore, cette aventure nous aura permis de voir la serviabilité et la gentillesse des Tunisiens. Nous repartons et, cette fois, mon Indiana ne quitte plus les pistes à peu près damées. Il en convient, nous attendrons un peu pour le Paris/Dakar … pas tout à fait prêt, Indy … Cette aventure ne nous empêchera pas de terminer la boucle qui offre de magnifiques paysages de désert et de dunes. Notre ensablement n’est dû qu’au souhait de s’approcher des dunes (Philippe voulait peut-être les voir de l’intérieur ?... mais non, je blague mon chéri !), mais la boucle se fait sur une excellente route asphaltée et vaut vraiment la peine. Que notre aventure ne vous fasse nullement hésiter. Et puis quoi, vous avez vu, il y a toujours une tractopelle à portée 😏!
Matmata L’arrivée sur Matmata, en fin de journée, avec un soleil rasant est un spectacle éblouissant. Dans la voiture, des oh ! des ah ! (à 4, on ne s’entendait plus !) et des arrêts tous les 50 mètres tellement le paysage est extraordinaire. Déjà, on devine les habitations troglodytes. Après notre installation à l’hôtel Diar el Barbar (voir hébergement), on file vers le village découvrir quelques maisons. L’hôtel Sidi Driss a été aménagé dans une maison troglodyte qui a servi de décor à Star Wars. Nous, en grands fans, on y est allés en pèlerinage. Un peu décevant, car alors la magie disparaît. Les quelques décors qui subsitent sont d’affreux moulages de plastique !! On voit là l’envers du décor et il faut bien reconnaître qu’Anaïkin y perd de son aura …. Quelques mètres au-delà de l’hôtel Sidi Driss, nous dominerons une jolie maison avec poulailler, puits et même un arbre au milieu de la cour enterrée.
Circuit des ksour Ksar (ksour au pluriel) : village fortifié. Nous avons entrepris ce circuit au départ de Matmata. Ce fut une journée un peu lourde mais dense, riche et, de l’avis de nous 4, la plus belle du voyage ! Même si certaines grimpettes ont découragé les seniors.
- Concrètement sur la carte : Matmata-Medenine via Toujane par la route de montagne C104 Medenine-Tataouine par la P19 Les ksour : Ksar Ouled Debbab – Douiret – Chenini et retour à Tataouine (on laisse tomber Guermessa) A/R à Ksar Ouled Soltane depuis Tataouine Retour à Matmata en passant par Ghomrassen (C121) – Ksar Hadada (C207) et la C113 vers Medenine Aucun problème en voiture de tourisme. Tout est asphalté et en très bon état.
- Toujane : j’avais lu dans le Lonely Planet (p.208, je viens de revérifier) que la route de Toujane à Medenine était réservée aux 4X4. D’ailleurs, ma carte Michelin semblait le confirmer en présentant une portion en pointillé … Malgré tout, avant de partir, je me renseigne à l’hôtel (intuition féminine ?...) Un peu surpris, le réceptionniste me répond qu’il n’y a aucun souci. J’insiste … même avec une 407 ? Toujours ses grands yeux ronds : ben oui …. Bon, on y va ! Depuis, je bénis cet homme et je comprends sa surprise (la même que la mienne quand aux USA on m’avait demandé si, en France, on connaissait les bananes !). La route est excellente et les paysages sont extraordinaires. Oui, je sais je l’ai déjà dit pour ceux autour de Matmata ! Ceux-là sont du même style mais encore plus grandioses ! A cette époque de l’année, quelques lopins de terre cultivés égayent d’un vert tendre la grande masse des collines rouges ou orangées couvertes de steppe. Ne manquez surtout pas cette route : Matmatma – Medenine par la C104 ! Toujane, magnifique village accroché à la montagne, apparaît d’un seul coup au sortir d’un virage.
- Ksar Ouled Debbab : attention arnaque ! un restaurant est en train d’y être aménagé et l’on tente de vous faire croire que pour voir les vestiges du ksar, il faut passer par leur musée à 7DT/p. On décline en criant à l’arnaque ! La fille, très gentille, nous dit qu’effectivement tout le monde trouve ça cher (tu m’étonnes ! plus cher que le Bardo !) mais que ça vaut le coup … (mouais ?...) Non, non … on ressort et on longe les murailles du ksar. A l’autre extrémité : une entrée béante ! c’est simple et gratuit de ce côté ! Nous visiterons ainsi ce bel exemple de ksar seuls et tranquilles pour finalement terminer sur le restaurant où l’on reverra la gentille fille de l’accueil qui, sans rancune et toujours d’un grand sourire, nous invitera à poursuivre notre balade vers les rénovations du restau. Une très jolie balade pour un premier ksar. Mais quelle drôle d’idée ces gros dinosaures en résine …. Que c’est laid … Cela dit, c’est un bon point de repère. C’était notre premier ksar et on l’a un peu cherché. En fait, il suffit de savoir qu’en général les ksour sont … en hauteur. Levez la tête et, pour celui-ci, repérez le dinosaure ! Vous y êtes ! C’est pas banal !
- Douiret : ancien village et ghorfas perchés sur une montagne. Même sans entreprendre la montée, la vue de ce vieux village a quelque chose d’émouvant.
- Chenini : encore un vieux village étagé sur le flanc de la colline.
- Ksar Ouled Soltane : le plus beau, le plus restauré (avec goût et sagesse), le plus grand. C’est superbe. En milieu d’après-midi, nous y étions seuls, la lumière était chaude et belle. Nous y avons longuement flâné jusqu’à plus soif. Possibilité de prendre un verre d’ailleurs … Architecture surprenante.
Pour le retour vers Matmata, nous prendrons le chemin des écoliers à travers la montagne. Nous nous arrêterons encore à Ksar Hadada, en cours de rénovation. En cours de route, nous en apercevrons d’autres encore que nous ne prendrons pas le temps de visiter. Quel bonheur, ces routes, même si les derniers kms se sont faits avec un méchant soleil dans les yeux et un silence attentif dans la voiture !...
Encore une fois, cette journée fut, pour tous, notre préférée.
DIVERS :
L’accueil : pas de doute, les Tunisiens sont gentils et encore plus particulièrement avec les cheveux blancs. Le meilleur exemple : à la sortie du souk de Tunis, je propose à mes parents de nous attendre à une terrasse de bistrot pendant qu’on part rechercher la voiture. Je les installe, le patron prend leur commande, je m’en vais. Au bout de 10-15 minutes, les boissons bues, mes parents scrupuleux se lèvent pour laisser leur place. Le patron, qui visiblement avait compris notre organisation, arrive. «Où allez-vous ?». «Attendre nos enfants au bord du trottoir». «Restez assis, vous êtes bien là, vous les verrez aussi bien d’ici ! ». Voilà comment, nous les avons retrouvés assis tranquillement, reposés, et discutant avec le patron qui nous a accueillis d’un beau sourire. Et ce n’est qu’un exemple. Logistique : Pas vu (mais pas vraiment cherché non plus) de cyber cafés. Des distributeurs de billets dans toutes les villes. Stations essence plus fréquentes qu’on ne l’imaginait. Pas de problème. Le climat à cette époque : Agréable, pas de moustique, pas de coup de soleil. Jusqu’à 35° dans le Sud, sec et très supportable. Dans le Nord, nécessité d’un gilet. Pas une seule goutte de pluie. La végétation à cette époque : nous n’imaginions pas la Tunisie si verte ! De Tunis jusqu’à Sbeïtla, nous avons vu de grands champs de céréales d’un vert claquant. Les oliveraies sont elles d’un vert bronze. Et les orangers portaient fleurs et fruits en même temps. Cueillez une fleur d’oranger et faites la sécher dans le GdR ! Odeur forte et souvenirs émus garantis dès que vous réouvrirez le guide chez vous. L’affluence touristique à cette époque : sur les sites romains (hors Carthage) : personne. Mais vraiment personne ! Dans le Sud, plus connu, on retrouve quelques groupes. Mais les hôtels sont tous assez vides … C’est à Chebika, à Kairouan et au Bardo que nous verrons le plus de monde. Même le souk de Tunis est quasiment désert … Bref, les dates du voyage étaient parfaites ! Que des avantages ! L’itinéraire : tout le monde a préféré le Sud, plus dépaysant, plus authentique, plus rural, plus calme. Aurions-nous pu/dû y passer plus de temps ? Peut-être … La carte bancaire : à ma grande surprise, encore bien peu acceptée. Notamment dans les stations service. 3 paiements en CB (pour les hôtels). C’est tout. Photos : j’aime bien faire des portraits et je n’ai pas eu de difficultés à en faire. Toujours avec l’autorisation gracieuse du modèle et sans bakchich (un principe de base chez moi). Très très peu de refus. Je n’ai jamais osé demander aux femmes leur permission et je le regrette, notamment au marché d’El Mansoura. Ni nos photos numériques ni les photos argentiques de mon père n’ont rendu les magnifiques couleurs du Sud. Pas de doute, il faut y aller ! Rien ne remplacera jamais l’œil. Et c’est tant mieux. L'artisanat : pour les amateurs de mosaïques, le plus bel atelier d’artisanat que nous ayons vu est à El Jem, face à l’entrée de l’amphithéâtre. Les prix affichés nous ont paru, à la base, assez raisonnables. Négociation de rigueur bien sûr dans les souks : on obtenait facilement -30%. A cette époque, aucune sollicitation lourde dans aucun des souks. Que du plaisir. Les roses des sables sont lourdes. Pensez-y avant d’acheter la plus grosse … Une anecdote : à Tunis, ma mère et moi remarquons une espèce de sculpture moderne originale. Aussitôt le vendeur nous accroche, baratine … on hésite … Je lui demande de quel bois est composée cette pièce. Très honnête, il nous dit que c’est de la résine. Beurk … Mais oui, bien sûr, maintenant on voit. Du coup, la sculpture perd de son intérêt et nous finirons par partir sans acheter. Son honnêteté lui aura fait perdre sa vente. Il gardera sa bonne humeur. C’est terrible, non ?.... Mais qu’aurions-nous dû faire 😕? Le vin : Nous avons acheté du Muscat de Kelibia (blanc – 11 DT) et du Vieux Magon (rouge – 9, 8 DT) tout simplement au Carrefour de Tunis (sur la route de Gammarth). Nous l’avons déjà goûté. Le blanc est assez sec. Le Vieux Magon (2001) lui est ouvert à souhait et sent le soleil de Tunisie ! Mais pourquoi n’en a-t-on acheté que 3 bouteilles 😛?!
On a beaucoup aimé : 🙂 La gentillesse, l'accueil chaleureux et spontané des Tunisiens, leur respect et leur empressement envers les plus âgés. Le couscous ! Heureusement …. Le thé à la menthe Le Sud, le Sud, le Sud ! La période choisie : il fait beau, il fait bon, il n’y a personne.
On a moins aimé : 😕 Les stations balnéaires sans âme de la côte. Les moutons pendus devant les devantures des bouchers le long des routes et ceux qui attendent leur tour … (surtout dans le Nord)
En conclusion ... Décidément, la Tunisie est méconnue. «Djerba ou Hammamet ?» voilà généralement la question de ceux qui apprenaient où je partais … C’est vraiment réducteur … Loin de ces cartes postales, tous les 4, nous avons vécu un superbe voyage, marqué par l’accueil toujours chaleureux et respecteux des Tunisiens, par les paysages grandioses et tellement variés du Sud, par la richesse culturelle du patrimoine. La comparaison entre voyage individuel et organisé, sans parti pris (car soyons clairs, jamais mes parents n’auraient pu autant voyager autrement), fut un sujet de conversation très intéressant ….
NOTRE PERIPLE EN 2 SEMAINES :
Nous avons privilégié l’aspect culturel de la Tunisie, trop méconnu à mon goût, et délaissé totalement le côté balnéaire. Pour ceux qui connaissent mes précédents carnets et nos habitudes de voyage : rassurez-vous, oui, mes parents sont aussi amoureux des vieilles pierres que nous 😉!!
Sam 25 Mars - Vols AF Paris/Tunis – Route vers Dougga - Nuit à Teboursouk Dim – Sites romains de Dougga et Bulla Regia - Nuit à Teboursouk Lun – Site romain de Makthar - Nuit à Sbeïtla Mar- Site romain de Sbeïtla - Nuit à Tozeur Mer– Nefta – Tozeur - Nuit à Tozeur Jeu- Les oasis de montagne : Chebika, Tamerza et Midès - Nuit à Tozeur Ven – Traversée du Chott el Jerid – Douz – Boucle du Nefzaoua – Matmata - Nuit à Matmata Sam– Toujane – Boucle des ksour - Nuit à Matmata Dim– Médina de Sfax - Nuit à Sousse Lun– Amphithéâtre et musée d’El Jem – Ribat de Sousse – Nuit à Sousse Mar - Ribat de Monastir - Musée archéologique de Sousse - Nuit à Sousse Mer– Kairouan : la mosquée, la Zaouia de Sidi Sahab, les bassins des Aghlabides – Nymphée de Zaghouan – Site romain de Thuburbo Majus - Nuit à Gammarth Jeu–Musée du Bardo – Souk de Tunis - Nuit à GammarthVen–Carthage – Sidi Bou Saïd - Nuit à Gammarth Sam 8 Avril - Vols AF Tunis/Paris
BUDGET :
Le Dinar Tunisien (DT) est divisé en millimes. Ne soyez donc pas surpris de voir 3 chiffres après la virgule. Cours : 1 € = 1, 6 DT - Conversion facile : 1DT = 4FF.
Vols réguliers Air France : 221 € X 4p = 884 € Voiture = 1 800 € Sur place, 2 400 DT cash : 1 000 € changés à l’aéroport au cours de 1, 6 DT et 800 DT retirés à un ATM de Tozeur quasiment au même taux, commission incluse (vérification faite sur mon relevé de banque) et 1 175 DT de paiemant CB. Total sur place : 3 575 DT soit 64 DT/j/p. Je vous rappelle que nous étions 4 adultes et on ne s’est privé de rien (apéritif tous les jours, quelques extras au restau, hôtels confortables) … ainsi, ce budget n’est-il pas significatif, il est très large.
GUIDES :
A 4, nous n’en manquions pas !
Logistique : Lonely Planet version française 1è édition – Avril 2004 – Peu utilisé – Les infos datent … Guide du Routard 2006 – Beaucoup utilisé pour les restau et les horaires d’ouverture des sites.
Culturel : Guide Bleu – Très riche. Excellente aide pour préparer le voyage (c’est notamment le seul guide qui donne une idée de la durée moyenne de visite des sites) Guide Gallimard – Magnifique complément sur place avec de nombreux schémas et des encadrés intéressants. C’est un guide qui devient vite livre de chevet.
TRANSPORTS :
1 - Vols Achetés début Février sur le site d’Air France : 221 € l’A/R. C’était le meilleur prix (meilleur marché que Tunisair) en vol régulier. Première expérience de e-ticketing, j’étais un peu inquiète. Au final, quelle simplicité et quel progrès !
2 - Voiture Réservation d’une Peugeot 406 (sans AC) début Mars auprès d’Avis (via internet) : 1 800 € TTC, km illimité. Facture conforme au devis. Seul le conducteur additionnel (gratuit sur le devis) était facturé 5DT/jour sur place. Nous avons décliné et Philippe s’est tapé les 2 700 km tout seul !... 😛😛 Nous avons eu finalement une 407 Diesel, probablement parce que l’A/C ne fonctionnait plus. A 4 et pour un périple aussi long, c’était ce qu’il fallait. D’un avis général, elle était fort confortable et les bagages rentraient sans problème dans le coffre (il faut dire que mes parents voyagent aussi légers que nous !). Le choix à cette période de ne pas opter pour l’A/C était tout à fait judicieux : on s’en est passé sans difficulté. Par ailleurs, pour 2 700 km nous avons fait 2 pleins ½ ! Moins de 100 DT d’essence au total. Un vrai chameau, cette voiture ! Le gasoil est à 0, 64 DT le litre. Prix fixe ? Sans doute, c’était partout pareil … Paiement cash dans toutes les stations. Nombreux contrôles de police sur les routes. Nos plaques bleues (réservées aux touristes) nous ont souvent permis d’y échapper. 2 fois seulement nos papiers ont été contrôlés (permis de conduire international et contrat de location). Rapide et courtois. Il n’a jamais été question du moindre bakchich … Nous avons tous été surpris d’avoir autant roulé. Ca ne nous a jamais semblé laborieux ou épuisant. La variété des paysages nous a éblouis de bout en bout et la qualité du réseau routier permet de rouler correctement sans fatigue. Nous avions la carte Michelin 744. Suffisante pour notre périple.
HEBERGEMENT :
3 critères de choix importants pour nous lors de ce voyage particulier : un parking à proximité, au moins une chambre avec sanitaires privés et aussi peu de marches que possible. Nous avons obtenu des réductions facilement, étant encore en basse saison et arrivant à 4 souvent pour 2 ou 3 nuits …
Teboursouk : Hôtel Thugga (60 DT/p en ½ pension – cash) - ref GdR Chambres simples et sympas réparties autour d’un patio qui mériterait d’être davantage fleuri. Salle de restau sans charme – Le premier diner était vraiment mauvais (pour un premier repas, c’était dommage, ça partait mal, j’ai eu quelques craintes !….), le second soir, c’était correct mais ça ne restera pas un grand souvenir culinaire. Accueil sympa.
Sbeïtla : Motel de la Jeunesse (24 DT la chambre avec douche et wc – 16 DT la chambre avec lavabo – 3DT/p le petit dej - cash) - ref GdR Chambre très très simple et juste propre (draps vraiment courts et vraiment usés, sol dégueu, couvertures sales) – La douche elle était propre – Mais que c’était sympa avec ces chambres aux jolies portes bleues alignées de part et d’autre d’un patio couloir où des tables et des chaises invitaient aux retrouvailles - Petit déj plus que copieux – Accueil extrêmement chaleureux. La simplicité des chambres est très largement compensée par l’accueil et l’agencement. N’hésitez pas, de toute façon, à Sbeïtla, il y a peu de choix. Un bon souvenir !
Tozeur : Hôtel Continental (négocié 54 DT la chambre avec petit dej - cash) - ref GdR Il a dû être agréable, il pourrait l’être encore s’il était mieux entretenu. Mais à ce rythme là, dans peu de temps, il sera à l’abandon. Dommage, car il est bien situé.
Matmata : Diar el Barbar (négocié 100 DT la chambre en ½ pension - CB) - ref GdR Notre gros coup de coeur 🙂🙂🙂 A la manière d’un grand ksar aux multiples cours, un très bel hôtel offrant des chambres ‘troglodytes’ en rez de chaussée. C’est superbe, confortable et très propre. Belle piscine donnant sur une vallée lunaire magnifique. Diner et petit dej buffet de très bonne qualité. Le second soir, nous étions si peu nombreux qu’ils avaient installé le buffet en bord de piscine. Vraiment, je conseille à tous ce magnifique lieu : ça vaut le coup de casser sa tirelire.
Sousse : Hôtel Jinene (négocié 62 DT la chambre avec petit dej - CB) Sur la route de Port El Kantaoui, dans la partie balnéaire. Sans ostentation (car on en a vu où c’était vraiment à gerber !). Accueil vraiment chaleureux et personnalisé. Petit déj buffet sympa (crêpes !) Par contre l’environnement est nul : il faut être motorisé pour aller manger à Sousse. Avertissement à ceux qui seraient tentés par l’aspect balnéaire : l’accès à la plage se fait par un étroit sentier entre 2 murs blancs. On débouche sur une mini plage, large de 2 à 3 mètres, pas plus. C’est vraiment glauque 🙁. Caricatural ! On a plaint ceux qui venaient ici pour profiter de la mer. (Remarque : l’hôtel Medina (GdR), au bord de la médina de Sousse, nous a paru tout à fait convenable mais ne répondait pas à nos critères particuliers.)
Gammarth : El Mouradi (négocié 100 DT la chambre avec petit dej - CB) Grand hôtel comme on en trouve partout et qui n’a plus de tunisien que le nom ... Mais c’est propre, spacieux, confortable. Le petit déj est un grand moment (encore des crêpes !). Son intérêt : facile d’accès, au calme, parking, proche de Carthage et de l’aéroport. Là encore, il faut être motorisé.
REPAS :
Vous trouverez ce paragraphe sans doute moins précis que dans mes précédents carnets, n’ayant pas sur place rempli mon habituel carnet de route pour profiter davantage de mes parents ... On croit qu’on va tout retenir et on oublie qu’après 40 ans les neurones (LE neurone comme dit Philippe !) ne fonctionnent plus aussi bien … Dure prise de conscience 😕😛 !...
Dès les tout premiers jours, nous avons mangé dans des gargotes et avalé des crudités savoureuses (tomates, concombre, salades, fenouil, chou blanc ….). Nous avons tous eu une petite diarrhée à un moment ou à autre, très vite réglée avec un cachet d’’Imodium et du Coca. Pas de quoi gâcher le voyage. N’oubliez pas d’avoir toujours du papier toilette sur vous, rares sont les toilettes des lieux publics qui en disposent. Seule règle à laquelle on n’a pas dérogé : l’eau qu’on a toujours achetée en bouteille.
Il faut aimer la viande d’agneau ou de mouton quand on vient en Tunisie. Les repas des petits restaurants simples sont généralement très bons mais pas très variés. On y retrouve toujours les bricks, le couscous, les brochettes, le poulet rôti et les différentes salades. Ces plats complets tournaient autour de 5-6 DT. Jamais de dessert. Plusieurs fois, le thé à la menthe nous a été offert. A tous les repas, le pain est offert généreusement. On est loin des corbeilles avec 3 malheureux quignons !… En plus, qu’il est moelleux et croustillant ! Mmmmmh …. Hormis les diners vraiment quelconques de l’hôtel Thugga et une expérience malheureuse de pizzeria à Sousse, nous avons toujours bien mangé (et mon père est un gourmand !).
L'eau est à 0, 5 DT dans les épiceries des rues (1, 5l) et à 0, 340 DT chez Carrefour. Elle passe à 1 ou 2 DT dans les restaurants. Les amateurs de bière devront composer : on n’en trouve pas partout, loin s’en faut. La bouteille de Celtia (33cl) est autour de 2 DT. Elle est bonne. On trouve du Coca facilement mais parfois en toute petite bouteille de 19cl. Enfin, le Boga est la limonade locale
Voici quelques bons souvenirs à prix corrects (entre 20 et 50 DT pour nous 4). Nous avons toujours payé cash. Comme partout, plus c’est touristique plus c’est cher ...
A Makhtar, nous trouverons un restaurant au cœur de la petite bourgade où avait lieu un beau marché d’ailleurs. On ne peut pas le rater, c’est le seul qu’on ait vu et le bourg n’est pas bien gros … Genre routier chez nous : repas simple et copieux pour 16DT pour nous 4 ! Pas un touriste bien sûr, pas de bière non plus (c’est souvent lié évidemment) …. C’était très très copieux et très bon. Ce fut notre meilleur rapport qualité/prix.
Restaurant de la République à Tozeur (GdR) Populaire et agréable. Bonne cuisine simple.
Restaurant Tozorous à Tozeur A quelques dizaines de mètres de l’hôtel Continental. C’est devenu notre cantine pour nos 3 soirées à Tozeur. Il est tout neuf, les menus sont encore truffés de fautes amusantes (les serveurs prennent d’ailleurs les devants pour éviter les mises en boite trop faciles). Ambiance décontractée, chaleureuse, confortable. On y mange très bien à prix raisonnables (fourchette haute quand même).
Restaurant AliBaba à Douz (GdR) Pour nous remettre de nos émotions (voir plus bas) – Dans une petite cour ombragée, avec une tente de nomades pour accueillir ceux qui sont prêts à manger accroupis.
Le Restaurant du Peuple (GdR) dans la médina de Sousse. D’après mon père, le meilleur couscous qu’il ait mangé. Pour 6 DT/p ( plus très sûre, mais c’est de cet ordre), repas complet : entrée, plat, thé. Par contre, ce petit restau est bien tristounet ….
Un autre restau à Sousse (hors guides) Je ne sais plus son nom, on est tombé dessus par hasard. A l’entrée de la médina, à côté de la porte Bab el Gharbi, juste à côté du poste de police. Pour les motorisés, il y a là un petit parking d’une vingtaine de places. Petit restau tout simple où nous sommes un peu sortis du traditionnel couscous : ragoût de mouton aux oignons et un ragoût de veau. Cuisine familiale excellente. 6 DT le plat. Le patron a même été jusqu’à me demander si le prix me convenait. C’est sympa, non !?
Le Snack Quick à Monastir (GdR) Philippe a testé le couscous aux fruits de mer (couçaïella) et s’est régalé !
La Source à Zaghouan (GdR) Sympa, mélange de touristes et de locaux. Repas complet à 10 DT/p.
D’un tout autre ordre :
L’Essaraya dans la médina de Tunis. Grand restaurant de Tunis dans une magnifique demeure couverte de céramique. Nous y sommes allés vers 14h (après la visite du Bardo) sans réservation. Bon moyen pour profiter de ce lieu magique sans se sentir mal à l’aise avec nos tongs et nos vêtements trop simples pour l’ambiance raffinée du soir … A cette heure tardive, nous étions les seuls clients et avons reçu un accueil plutôt froid (visiblement, ils n’étaient pas enchantés de devoir réenfiler leur veste). Couscous (mon père est un inconditionnel !), agneau au four ou aux fruits secs … c’est très fin. Le plat tourne ici autour de 20 DT, prix tout à fait justifié.
Les Dunes à La Marsa. A la veille du départ et pour remonter notre moral en berne, nous nous sommes offert un dernier extra. Sans réservation, nous sommes arrivés tôt. Et malgré nos tongs, l’accueil a été tout à fait prévenant. Depuis quelques jours, la direction est italienne, les serveurs ont encore du mal avec la nouvelle carte : plats tunisiens et italiens donc (n’est-ce pas un peu dommage pour un tel restaurant ?). Mises en bouches, entrées, plats de poisson ou pâtes carbonara faites maison, vin blanc (1 bouteille ½) … 200 DT pour le tout … Même avec un service attentionné et chaleureux, ça ne les vaut pas.
Y a vraiment pas photo : l’Essaraya est bien plus typique, les prix beaucoup plus justifiés, le cadre plus pittoresque et la cuisine y est totalement tunisienne.
SITES CULTURELS :
La Tunisie n’a pas que ses belles plages à offrir, loin s’en faut. Les sites romains sont incroyablement bien conservés, les mosaïques comptent parmi les plus belles du bassin méditerranéen, et l’architecture sobre et austère des ribats est admirable.
Le prix d’entrée des sites est généralement de 3 DT/p + 1 DT pour le droit photo. En ce qui nous concerne, nous l’avons toujours acquitté mais n’en avons payé qu’un seul pour 2 appareils. Aucun contrôle n’a jamais eu lieu.
1 – Les sites romains
Dougga 3 DT/p + 1 DT Situé sur une colline, il y fait froid le matin. Le site est vaste et présente des monuments très bien conservés. Nous y avons flâné 3 heures agréables mais un peu éprouvantes pour les jambes fatiguées des seniors (dénivelé important).
Bulla Regia 3 DT/p + 1 DT Petit site dont l’intérêt réside dans l’originalité des maisons enterrées et dans les quelques superbes mosaïques laissées in situ. 2 heures peuvent suffire.
Makthar 3 DT/p + 1 DT A cette époque de l’année, c’est dans un champ de fleurs sauvages multicolores que l’on visite ce site. Je ne sais pas ce qu’on a préféré de ce cadre bucolique ou des vestiges. Même si les thermes sont intéressants, ça reste un site mineur.
Sbeïtla 3 DT/p + 1 DT Au cœur de la ville, site très étendu dont le forum est magnifique quand le soleil du matin illumine ses pierres orange. Mérite les 3 heures (toujours en prenant grandement son temps !) qu’on y a passées. Venant de Makthar, pour rejoindre Sbeïtla, nous avons emprunté la C77 qui traverse une jolie campagne. Manque d’attention, nous ratons l’embranchement à droite vers la C85 et poursuivons sur la C77 jusqu’à Hajeb El Ayoun. Or, cette portion n’est plus du tout adaptée aux voitures de tourisme. Nous avons dû traverser 2 gués, le 1er n’était pas bien méchant mais le 2ème a suscité quelques inquiétudes. Soyez vigilants : ne ratez pas le croisement vers la C85 ….
El Jem 6 DT/p comprenant le musée + 1 DT Amphithéâtre au cœur de la petite ville, incroyablement bien conservé et bien restauré. Tous les étages peuvent se visiter, y compris le sous-sol où s’entassaient gladiateurs et bêtes sauvages en attendant de monter dans l’arène. On espère d’ailleurs voir apparaître Russell Crowe à tout moment (surtout moi). Mais non … Malgré cela, c’est incontournable ! On y passe volontiers quelques heures. Des petites gargotes sympathiques attendent le client face à l’entrée. Déguster une brochette d’agneau avec en toile de fond cet imposant monument fait partie de mes meilleurs souvenirs (d’autant que la brochette cuite devant nous était excellente !). Même les plus hermétiques aux vieilles pierres seront charmés car il s’agit ici d’un seul monument (et non pas d’un site étendu et plus ou moins ruiné comme les précédents) très bien conservé où l’on n’a pas besoin d’imagination pour comprendre son utilité et son histoire. Par ailleurs, le site est assez proche de la côte et peut faire l’objet d’une excursion à la journée pour ceux qui sont sédentaires dans un site balnéaire. Vraiment ne ratez pas El Jem (même sans Russell Crowe😛).
Nymphée de Zaghouan gratuit Ma mère (innocemment) : «C’est normal qu’on voie la mer si près ?» Moi (émergeant d’un petit somme) : «Oups, sûrement pas !» C’est donc une erreur de copilotage (j’ai fait croire que j’étais subjuguée par les paysages !... ) qui nous a valu de visiter ce petit nymphée tout mignon. C’est la source d’eau qui alimentait Carthage par 90 km d’acqueduc. On aperçoit encore de beaux vestiges de cet aqueduc en remontant vers Tunis et à Carthage les grandes citernes très bien conservées, point d’arrivée de cette eau, donnent tout son sens à ce petit nymphée. Ce petit fil rouge nous a bien émus. Comme quoi, j’ai eu bien raison de m’assoupir un peu (ah non ! c’est vrai, les paysages !!) …
Thuburbo Majus 3 DT/p + 1 DT Etais-je fatiguée, un peu saturée des vieilles pierres ou simplement devenue plus difficile après toutes les merveilles déjà vues ?... Thuburbo Majus m’a … barbée.
Carthage 7 DT/p + 1 DT C’est sympbolique. Il reste assez peu de choses de l’époque romaine et encore moins de l'époque punique. Mais l’Histoire a marqué ses pierres. Alors, en fin ou en début de voyage, c’est sympa sans être à mon sens incontournable. Comme je l’ai dit plus haut, ne ratez pas les grandes citernes très bien conservées, surtout si vous avez vu Zaghouan.
2 – Les sites musulmans
Les ribats de Sousse et de Monastir 3 DT/p + 1 DT Assez différents l’un de l’autre, ils méritent tous les 2 une visite appronfondie. Celui de Monastir a été remanié plusieurs fois et présente un enchevêtrement compliqué. Celui de Sousse est d’une grande sobriété. Ne ratez pas la salle voutée des prières, massive et sobre (pour les 2). L’ascension dans la tour de guet apporte une vue splendide sur la médina et la grande mosquée (à Sousse), sur le port et le cimetière avec le mausolée de Bourghiba (à Monastir). Ascension plus facile à Sousse qu’à Monastir (de l’avis du seul courageux sur les 4 ayant grimpé les 2 !).
Kairouan 6 DT/p + 1 DT A notre arrivée en voiture à Kairouan, nous sommes accostés par un motocycliste qui, tout en roulant, tente de nous baratiner. Discours éculé … Or, nous savions pertinemment où nous allions, cette fois, le copilote ne dormait pas et était même plutôt attentif. Nous n’avons donc pas tenu compte de ses faux avertissements et autres conseils (du reste, il en changeait au gré de nos changements de direction) … Qu’il était collant ! C’est seulement devant la demande ferme de Philippe de nous laisser en paix que nous avons réussi à nous en débarasser. C’est la seule fois de tout notre voyage où nous avons eu ce genre de désagrément. Tout ça pour dire qu’effectivement à Kairouan, il faut acheter un pass (6 DT/p) qui donne accès aux principaux monuments de la ville (que nous n’avons pas tous visités d’ailleurs). Le bureau de vente se situe juste à côté des bassins des Aghlabides au Nord de Kairouan. Soyez sûrs de vous et fiez-vous à votre carte plus qu’aux motocyclistes kairouannais si vous ne voulez pas finir dans une fabrique de tapis 😏! - La mosquée de Kairouan Est-il utile de la présenter ? Même sans visiter la salle des prières, la mosquée de Kairouan est un joyau. Comment peut-elle dégager une telle harmonie alors qu’elle n’est qu’un amalgame de récupérations. Pas 2 colonnes identiques !... Il faut s’y poser pour s’imprégner de cette ambiance particulière. Beaucoup de groupes. Après le Sud, c’est un peu dur … - La Zaouia de Sidi Sahab Superbe complexe aux carreaux de céramiques colorées, aux coupoles couvertes de muqarnas, aux patios de marbre … L’art musulman dans toute sa plendeur. A ne pas rater. - Les bassins des Aghlabides Rapide mais impressionnant …
Ces 3 monuments sont situés dans un tout petit périmètre et sont très faciles d’accès. Nous n’avons consacré qu’une grosse matinée à Kairouan qui, c’est évident, en mérite davantage … Nous n’y avons vu que le principal et n’avons pas pris le temps d’y flâner, sans doute effrayés par une ambiance plus lourde qu’ailleurs.
3 – Les musées
El Jem Compris avec l’amphithéâtre Puisque le prix d’entrée est compris dans la visite de l’Amphithéâtre, ce serait dommage de le rater d’autant qu’au-delà de jolies mosaïques, une villa romaine grandeur nature y est reconstituée. Intéressant pour bien comprendre.
Sousse 3 DT/p + 1 DT Encore de très belles mosaïques. Pas indispensable si vous n’êtes pas très amateur …
Le Bardo à Tunis 6 DT/p + 1 DT C’est LE musée de mosaïques 🙂🙂! Incontournable. S’il faut n’en faire qu’un seul, sans hésitation, c’est celui-ci. Nous, ça fait 3 fois qu’on y va ! A faire de préférence en fin de voyage quand les noms des sites évoquent quelque chose. C’est mon avis … Nous y avons passé 3 heures en profitant des nombreux bancs installés dans toutes les salles. Evidemment beaucoup de monde (peut-être un peu moins vers midi) mais les groupes passent tellement vite qu’ils éclipsent les chefs d’œuvre à peine quelques minutes. La patience paie.
4 – Les médinas
Sfax : nous y étions un matin ; le marché était très animé, très authentique mais trop de monde (de Tunisiens) au goût de tous les 4. La flânerie y était impossible tant cette ruche bourdonnante était active. Personne n’y a réellement pris plaisir.
Sousse : sympa.
Tunis : ma préférée entre toutes. Je craignais des sollicitations nombreuses et lourdes. Pas du tout !!
Sidi Bou Saïd : à 2 pas de Carthage, c’est un joli petit village (ce n’est pas une médina) accroché à une colline (ça grimpe !), aux maisons blanches et aux portes bleues. Sa proximité avec Tunis et sa beauté l’ont rendu très touristique. A l’entrée du village, les échoppes sont nombreuses, le café des Nattes trop connu et trop couru … Mais franchie cette première rue, on retrouve vite la sérénité et la beauté d’un village paisible et bien entretenu, dominant la mer.
SITES NATURELS :
Nefta La fameuse Corbeille de Nefta sert malheureusement de dépotoir. Le charme n’opère plus. Reste la médina. Petite promenade à pied parmi les ruelles étroites bordées de ces maisons en briques de terre brune. Mais là encore, grosse déception : les briques rouges modernes viennent trop souvent consolider les anciennes maisons. Pour notre 3ème visite (en 16 ans), nous avons été vraiment attristés de voir à quel point Nefta se gâche et se perd. Enfin, la palmeraie, elle, nous comblera. Nous y faisons un petit tour en voiture totalement improvisé. Les palmiers dattiers des fameuses Deglet Nour ombragent des parcelles soigneusement cultivées. Après cet aperçu rapide, nous aurons envie d’appronfondir la visite d’une palmeraie. Ce sera chose faite à Tozeur.
Tozeur Grosse ville touristique, loin de l’image qu’on se fait d’une oasis. Pourtant, la médina nous a enchantés. Ici, la restauration des anciennes maisons est faite avec la volonté de rester dans l’esprit de cette architecture si particulière. C’est superbe et, après la déception de Nefta, nous étions regaillardis. La palmeraie nous a donné l’occasion d’une balade fort agréable en calèche en fin de journée (7 DT pour nous 4 pour 1 heure de balade) où le guide nous a donné quelques explications bienvenues. Pour nos amis cavaliers : bien sûr on a vérifié, le cheval n’était pas blessé au passage de sangle 😉 !
Les oasis de montagne Nous avons fait cette excursion au départ de Tozeur. Ce fut une de nos plus belles journées. Nous partons vers 9h. Au départ, le paysage de steppes désertiques est assez quelconque. Et puis, un petit ruisseau vient longer la route. Ses berges sont couvertes de sel et valent bien l’arrêt qu’on est les seuls à leur consacrer. En effet, nous sommes alors doublés par des dizaines de 4X4 aux effigies de «Terre d’Aventure» ou «Nomade» … Au loin, les premières montagnes apparaissent, rouges dans la lumière du matin. Elles se rapprochent, au point de nous encercler quand nous arriverons à Chebika où nous aurons la désagréable surprise de retrouver TOUS les 4X4. Ce sont des groupes dont l’équipement et les vêtements nous laissent dubitatifs quant à la nécessité du 4X4 … Bref, contre mauvaise fortune bon cœur, nous tâchons d’apprécier, malgré ces hordes, la beauté des lieux et y parvenons somme toute assez bien tellement Chebika est merveilleuse. Avec prudence et lenteur (canne oblige), nous descendons tous les 4 vers le lit du torrent. Mon père sera payé de ses efforts car la cascade est dans un site splendide, seulement gâché par le défilement incessant des trop nombreux groupes. Mais rien n’y fait : nous réussissons tous les 4 à nous émerveiller ! Nous ne monterons pas jusqu’au sommet de la colline, la canne déclarant forfait, estimant avoir rempli son contrat pour la journée. Quand nous reprenons la route, les 4X4 ont pratiquement tous disparus. Peut-être est-il judicieux de garder Chebika pour la fin …. Tant pis pour nous. Vous qui m’avez lue, vous le saurez. Nous passons Tamerza et contemplons la cascade au fond de sa gorge depuis la route. Trop de monde encore pour qu’on ait envie d’y descendre. Après un repas au Restaurant du Soleil (GdR – 10DT/p le repas complet et 3DT( !) la bouteille d’eau), nous arrivons à Midès. Cette fois, c’est tout seuls (enfin !) que nous visitons le vieux village et arrivons jusqu’au bord du canyon qui l’enserre tel un fer à cheval. Impressionnant ! Majestueux ! Et quel calme ! Demi-tour pour rentrer à Tozeur par la même route. Voilà comment, malgré des centaines de touristes croisés, nous avons engrangé des images qui resteront parmi les plus bellles que nous ayons vues … Route asphaltée en très bon état du début à la fin. Aucun problème avec une voiture de tourisme.
Le Chott El Jerid Plusieurs arrêts pendant cette traversée pour faire quelques photos de ces eaux saumâtres et des berges de sel. C’est impressionnant. Nous verrons aussi de nombreux campements et de grands troupeaux de dromadaires dans les étendues sablonneuses.
El Mansoura Juste avant Kebili, la carte Michelin indique une route verte (donc supposée plus pittoresque) passant par El Mansoura. De fait, elle traverse une jolie palmeraie. Par ailleurs, ce vendredi-là, c’était jour de marché dans le petit village. Nous nous sommes arrêtés et avons traversé à pied faisant quelques photos, toujours acceptées (voire réclamées !) avec beaucoup de gentillesse. Je n’ai pas osé photographier les femmes et je crois après coup qu’elles en auraient été tout aussi flattées que les hommes l’étaient. Contact facile et chaleureux de toute la population. Un moment simple, authentique et très agréable. De ceux qu’on ne planifie jamais et qui viennent enrichir un voyage. Voilà ce qu’aucun voyage organisé n’apportera jamais.
Douz et le Nefzaoua Nous arrivons à Douz vers 11h et décidons de faire la boucle du Nefzaoua avant de déjeuner … Nous voici donc partis vers Zaafrane où l’on emprunte une piste pour s’approcher des dunes. Prudent au début, Philippe s’enhardit petit à petit et … arrive ce qui devait arriver … la 407 renâcle, nous explique qu’elle n’est pas un 4X4 et … s’ensable. Faut dire que c’était gonflé de vouloir passer cette petite butte … Nous voilà donc bien penauds. Mes parents gardent leur calme : ma mère va s’asseoir sous un palmier, à l’ombre, mon père en profite pour faire quelques photos des dunes (vas-y Papa, on ne sera jamais plus près !) et des palmiers ensablés (comme nous). Quant à Philippe, il part chercher de l’aide : nous avions repéré des ouvriers un peu avant. Moi, ma seule inquiétude était que Philippe se perde dans le désert. Déjà des images de vieux films me reviennent … non, j’exagère, nous étions trop près du village pour de tels risques. Bref, j’attends … Il n’a pas fallu 5 minutes pour que 3 Tunisiens arrivent et essaient à leur tour de nous sortir de là. Mais rien n’y fait. Plus on essaie, plus le sable s’accumule sous la caisse. Du coup, ils attendent avec nous, nous rassurant gentiment. Enfin, au bout de 30 minutes, tel Indiana Jones, Philippe, juché sur une tractopelle arrive en fanfare ! 3 coups de pelle pour dégager l’arrière, un câble accroché à l’essieu (jamais trouvé d’anneau de tractage !) et zou …. la 407 est dégagée comme un fétu de paille en moins de 10 minutes. J’ai un peu blémi quand j’ai vu le pare-choc plier sous la tension du câble mais il a repris sa forme aussitôt après (magique !) ! Super, merci ! Ouf ! Si nous en doutions encore, cette aventure nous aura permis de voir la serviabilité et la gentillesse des Tunisiens. Nous repartons et, cette fois, mon Indiana ne quitte plus les pistes à peu près damées. Il en convient, nous attendrons un peu pour le Paris/Dakar … pas tout à fait prêt, Indy … Cette aventure ne nous empêchera pas de terminer la boucle qui offre de magnifiques paysages de désert et de dunes. Notre ensablement n’est dû qu’au souhait de s’approcher des dunes (Philippe voulait peut-être les voir de l’intérieur ?... mais non, je blague mon chéri !), mais la boucle se fait sur une excellente route asphaltée et vaut vraiment la peine. Que notre aventure ne vous fasse nullement hésiter. Et puis quoi, vous avez vu, il y a toujours une tractopelle à portée 😏!
Matmata L’arrivée sur Matmata, en fin de journée, avec un soleil rasant est un spectacle éblouissant. Dans la voiture, des oh ! des ah ! (à 4, on ne s’entendait plus !) et des arrêts tous les 50 mètres tellement le paysage est extraordinaire. Déjà, on devine les habitations troglodytes. Après notre installation à l’hôtel Diar el Barbar (voir hébergement), on file vers le village découvrir quelques maisons. L’hôtel Sidi Driss a été aménagé dans une maison troglodyte qui a servi de décor à Star Wars. Nous, en grands fans, on y est allés en pèlerinage. Un peu décevant, car alors la magie disparaît. Les quelques décors qui subsitent sont d’affreux moulages de plastique !! On voit là l’envers du décor et il faut bien reconnaître qu’Anaïkin y perd de son aura …. Quelques mètres au-delà de l’hôtel Sidi Driss, nous dominerons une jolie maison avec poulailler, puits et même un arbre au milieu de la cour enterrée.
Circuit des ksour Ksar (ksour au pluriel) : village fortifié. Nous avons entrepris ce circuit au départ de Matmata. Ce fut une journée un peu lourde mais dense, riche et, de l’avis de nous 4, la plus belle du voyage ! Même si certaines grimpettes ont découragé les seniors.
- Concrètement sur la carte : Matmata-Medenine via Toujane par la route de montagne C104 Medenine-Tataouine par la P19 Les ksour : Ksar Ouled Debbab – Douiret – Chenini et retour à Tataouine (on laisse tomber Guermessa) A/R à Ksar Ouled Soltane depuis Tataouine Retour à Matmata en passant par Ghomrassen (C121) – Ksar Hadada (C207) et la C113 vers Medenine Aucun problème en voiture de tourisme. Tout est asphalté et en très bon état.
- Toujane : j’avais lu dans le Lonely Planet (p.208, je viens de revérifier) que la route de Toujane à Medenine était réservée aux 4X4. D’ailleurs, ma carte Michelin semblait le confirmer en présentant une portion en pointillé … Malgré tout, avant de partir, je me renseigne à l’hôtel (intuition féminine ?...) Un peu surpris, le réceptionniste me répond qu’il n’y a aucun souci. J’insiste … même avec une 407 ? Toujours ses grands yeux ronds : ben oui …. Bon, on y va ! Depuis, je bénis cet homme et je comprends sa surprise (la même que la mienne quand aux USA on m’avait demandé si, en France, on connaissait les bananes !). La route est excellente et les paysages sont extraordinaires. Oui, je sais je l’ai déjà dit pour ceux autour de Matmata ! Ceux-là sont du même style mais encore plus grandioses ! A cette époque de l’année, quelques lopins de terre cultivés égayent d’un vert tendre la grande masse des collines rouges ou orangées couvertes de steppe. Ne manquez surtout pas cette route : Matmatma – Medenine par la C104 ! Toujane, magnifique village accroché à la montagne, apparaît d’un seul coup au sortir d’un virage.
- Ksar Ouled Debbab : attention arnaque ! un restaurant est en train d’y être aménagé et l’on tente de vous faire croire que pour voir les vestiges du ksar, il faut passer par leur musée à 7DT/p. On décline en criant à l’arnaque ! La fille, très gentille, nous dit qu’effectivement tout le monde trouve ça cher (tu m’étonnes ! plus cher que le Bardo !) mais que ça vaut le coup … (mouais ?...) Non, non … on ressort et on longe les murailles du ksar. A l’autre extrémité : une entrée béante ! c’est simple et gratuit de ce côté ! Nous visiterons ainsi ce bel exemple de ksar seuls et tranquilles pour finalement terminer sur le restaurant où l’on reverra la gentille fille de l’accueil qui, sans rancune et toujours d’un grand sourire, nous invitera à poursuivre notre balade vers les rénovations du restau. Une très jolie balade pour un premier ksar. Mais quelle drôle d’idée ces gros dinosaures en résine …. Que c’est laid … Cela dit, c’est un bon point de repère. C’était notre premier ksar et on l’a un peu cherché. En fait, il suffit de savoir qu’en général les ksour sont … en hauteur. Levez la tête et, pour celui-ci, repérez le dinosaure ! Vous y êtes ! C’est pas banal !
- Douiret : ancien village et ghorfas perchés sur une montagne. Même sans entreprendre la montée, la vue de ce vieux village a quelque chose d’émouvant.
- Chenini : encore un vieux village étagé sur le flanc de la colline.
- Ksar Ouled Soltane : le plus beau, le plus restauré (avec goût et sagesse), le plus grand. C’est superbe. En milieu d’après-midi, nous y étions seuls, la lumière était chaude et belle. Nous y avons longuement flâné jusqu’à plus soif. Possibilité de prendre un verre d’ailleurs … Architecture surprenante.
Pour le retour vers Matmata, nous prendrons le chemin des écoliers à travers la montagne. Nous nous arrêterons encore à Ksar Hadada, en cours de rénovation. En cours de route, nous en apercevrons d’autres encore que nous ne prendrons pas le temps de visiter. Quel bonheur, ces routes, même si les derniers kms se sont faits avec un méchant soleil dans les yeux et un silence attentif dans la voiture !...
Encore une fois, cette journée fut, pour tous, notre préférée.
DIVERS :
L’accueil : pas de doute, les Tunisiens sont gentils et encore plus particulièrement avec les cheveux blancs. Le meilleur exemple : à la sortie du souk de Tunis, je propose à mes parents de nous attendre à une terrasse de bistrot pendant qu’on part rechercher la voiture. Je les installe, le patron prend leur commande, je m’en vais. Au bout de 10-15 minutes, les boissons bues, mes parents scrupuleux se lèvent pour laisser leur place. Le patron, qui visiblement avait compris notre organisation, arrive. «Où allez-vous ?». «Attendre nos enfants au bord du trottoir». «Restez assis, vous êtes bien là, vous les verrez aussi bien d’ici ! ». Voilà comment, nous les avons retrouvés assis tranquillement, reposés, et discutant avec le patron qui nous a accueillis d’un beau sourire. Et ce n’est qu’un exemple. Logistique : Pas vu (mais pas vraiment cherché non plus) de cyber cafés. Des distributeurs de billets dans toutes les villes. Stations essence plus fréquentes qu’on ne l’imaginait. Pas de problème. Le climat à cette époque : Agréable, pas de moustique, pas de coup de soleil. Jusqu’à 35° dans le Sud, sec et très supportable. Dans le Nord, nécessité d’un gilet. Pas une seule goutte de pluie. La végétation à cette époque : nous n’imaginions pas la Tunisie si verte ! De Tunis jusqu’à Sbeïtla, nous avons vu de grands champs de céréales d’un vert claquant. Les oliveraies sont elles d’un vert bronze. Et les orangers portaient fleurs et fruits en même temps. Cueillez une fleur d’oranger et faites la sécher dans le GdR ! Odeur forte et souvenirs émus garantis dès que vous réouvrirez le guide chez vous. L’affluence touristique à cette époque : sur les sites romains (hors Carthage) : personne. Mais vraiment personne ! Dans le Sud, plus connu, on retrouve quelques groupes. Mais les hôtels sont tous assez vides … C’est à Chebika, à Kairouan et au Bardo que nous verrons le plus de monde. Même le souk de Tunis est quasiment désert … Bref, les dates du voyage étaient parfaites ! Que des avantages ! L’itinéraire : tout le monde a préféré le Sud, plus dépaysant, plus authentique, plus rural, plus calme. Aurions-nous pu/dû y passer plus de temps ? Peut-être … La carte bancaire : à ma grande surprise, encore bien peu acceptée. Notamment dans les stations service. 3 paiements en CB (pour les hôtels). C’est tout. Photos : j’aime bien faire des portraits et je n’ai pas eu de difficultés à en faire. Toujours avec l’autorisation gracieuse du modèle et sans bakchich (un principe de base chez moi). Très très peu de refus. Je n’ai jamais osé demander aux femmes leur permission et je le regrette, notamment au marché d’El Mansoura. Ni nos photos numériques ni les photos argentiques de mon père n’ont rendu les magnifiques couleurs du Sud. Pas de doute, il faut y aller ! Rien ne remplacera jamais l’œil. Et c’est tant mieux. L'artisanat : pour les amateurs de mosaïques, le plus bel atelier d’artisanat que nous ayons vu est à El Jem, face à l’entrée de l’amphithéâtre. Les prix affichés nous ont paru, à la base, assez raisonnables. Négociation de rigueur bien sûr dans les souks : on obtenait facilement -30%. A cette époque, aucune sollicitation lourde dans aucun des souks. Que du plaisir. Les roses des sables sont lourdes. Pensez-y avant d’acheter la plus grosse … Une anecdote : à Tunis, ma mère et moi remarquons une espèce de sculpture moderne originale. Aussitôt le vendeur nous accroche, baratine … on hésite … Je lui demande de quel bois est composée cette pièce. Très honnête, il nous dit que c’est de la résine. Beurk … Mais oui, bien sûr, maintenant on voit. Du coup, la sculpture perd de son intérêt et nous finirons par partir sans acheter. Son honnêteté lui aura fait perdre sa vente. Il gardera sa bonne humeur. C’est terrible, non ?.... Mais qu’aurions-nous dû faire 😕? Le vin : Nous avons acheté du Muscat de Kelibia (blanc – 11 DT) et du Vieux Magon (rouge – 9, 8 DT) tout simplement au Carrefour de Tunis (sur la route de Gammarth). Nous l’avons déjà goûté. Le blanc est assez sec. Le Vieux Magon (2001) lui est ouvert à souhait et sent le soleil de Tunisie ! Mais pourquoi n’en a-t-on acheté que 3 bouteilles 😛?!
On a beaucoup aimé : 🙂 La gentillesse, l'accueil chaleureux et spontané des Tunisiens, leur respect et leur empressement envers les plus âgés. Le couscous ! Heureusement …. Le thé à la menthe Le Sud, le Sud, le Sud ! La période choisie : il fait beau, il fait bon, il n’y a personne.
On a moins aimé : 😕 Les stations balnéaires sans âme de la côte. Les moutons pendus devant les devantures des bouchers le long des routes et ceux qui attendent leur tour … (surtout dans le Nord)
En conclusion ... Décidément, la Tunisie est méconnue. «Djerba ou Hammamet ?» voilà généralement la question de ceux qui apprenaient où je partais … C’est vraiment réducteur … Loin de ces cartes postales, tous les 4, nous avons vécu un superbe voyage, marqué par l’accueil toujours chaleureux et respecteux des Tunisiens, par les paysages grandioses et tellement variés du Sud, par la richesse culturelle du patrimoine. La comparaison entre voyage individuel et organisé, sans parti pris (car soyons clairs, jamais mes parents n’auraient pu autant voyager autrement), fut un sujet de conversation très intéressant ….
Argentine - Paraguay: 1 mois en février/mars 2006 English translation pending
Bonjour tout le monde,
Cela fait maintenant presque une semaine que je suis en Argentine. Alors, je voulais juste vous parler de mes impressions et d’endroits pas tres touristiques que j’ai visites et dont on ne parle pas tres souvent.
Samedi 18 fevrier 21 heures : je debarque a Buenos Aires.
Je suis restee 3 jours et j’ai vu bien sur, les quartiers de San Telmo, La Boca, Puerto Madero. San Telmo : quartier des antiquaires, sorte de marche aux puces pour touristes avec quelques demonstrations de tango par-ci par-la. Le dimanche, c’est une rue pietonne et animee. J’y suis passee le lundi en bus (donc, ce n’est plus pieton) et si on ne me l’avait pas dit, je n’aurais pas reconnu le quartier .... rien du tout, comme si le dimanche n’avait jamais existe😮. La Boca : c’est tres joli les maisons aux couleurs vives rouges, bleues, vertes ... mais c’est tout a fait dommage qu’elles soient essentiellement occupees par des restaurants, des boutiques de souvenirs et des expositions d’artistes pour touristes. Puerto Madero : l’ancien quartier des docks ou l’on a implante des restaurants et des bars pour « bobos ». On y trouve egalement le musee de l’immigration puisque tout les europeens arrivaient a cet endroit. Ne croyez pas que je n’aime pas Buenos Aires, mais j’ai trouve ces endroits presque « montes de toute piece pour les touristes ». Mais Buenos Aires, j’y ai aussi retrouve l’ambiance de Madrid, de Barcelone. Buenos Aires, c’est encore l’envers du decor : les « cartoneros » qui font de la recuperation dans les poubelles, de jour comme de nuit, les promeneurs de chiens, les enfants a l’entree des restaurants qui attendent ...
Pour visiter, j’ai contacte l’association « Cicerones de Buenos Aires ». Ce sont des habitants de Buenos Aires, benevoles, qui vous font visiter les quartiers que vous souhaitez voir. C’est gratuit, mais il faut payer tous les frais de la personne qui vous accompagne (si vous allez au restau, boire un verre ...) et donner un petit quelque chose (pas obligatoire) car l’association ne vit que de ces dons.
Pas de bol pour moi, je rate le festival de tango a une semaine pres. Je laisse le soin a ceux et celles qui arrivent de nous raconter 😉.
Mardi 21 fevrier 19 heures : je suis a la gare omnibus de Buenos Aires pour partir vers le nord en direction de Mercedes pour voir la reserve d’Esteros del Ibera.
La gare omnibus de Buenos Aires : dans les 150 guichets, plus de 70 quais ...., un va et vient incessant de bus qui partent dans toutes les directions, une voix qui hurle de maniere continue au haut parleur dont je ne comprends qu’une seule chose « 30 minutes, 30 minutes », mon bus qui n’arrive pas malgre l’heure qui avance ... Que va-t-il se passer dans 30 mns 😇? Je n’en saurai jamais rien car mon bus arrive enfin. Entre la chaleur exterieure, la chaleur des pots d’echappements, la promiscuite de la foule, je sens la sueur degouliner dans mon dos ... Ma 1ere experience en bus longue distance, semi cama. Tout le monde me disait « c’est confortable, c’est confortable ».... Je ne suis pas douillette, mais franchement ... la clim en pleine figure, pas de couverture, le siege « demi allonge ». Bon, j’espere que ce sera mieux la prochaine fois😐.
PS : j’ai retrouve la trace des freres BENSIMON 😎( pour ceux qui ne suivraient pas, voir le post de la rencontre VF du 22 janvier a Paris, page .....) : une immense affiche a la sortie de Buenos Aires.
Mercredi 22 fevrier 5h30 : l’hotesse du bus me reveille en plein rëve (j’ai quand mëme reussi a dormir).
En attendant l’heure de prendre mon billet, une argentine qui etait dans le bus m’aborde, on echange 2, 3 phrases et elle me dit au revoir .... en m’embrassant sur les 2 joues. J’adore les latinos pour ca. Au debut, ce genre de choses me choquait un peu, mais maintenant, je les aime trop. C’est aussi dans ce terminal de bus que je vois mes 1ers gauchos : teint burine, chapeau noir aux larges bords, large ceinture en cuir😇.
Mercredi 22 fevrier 12h45 : le « colectivo » (mini bus) part enfin pour Colonia Pelegrini ou se trouve la reserve des Iberas.
Il est trop top avec ses sieges en skye rouge petant😛. La reserve des Iberas : dans un village « pequenita » (minuscule, enfin a l’echelle argentine car c’est un carre qui doit faire au moins 1 km sur 1 km, mais c’est sur, il n’y a pas grand monde), une lagune avec des oiseaux superbes, des animaux s’apparentant au cochon d’inde, mais en 150 fois plus gros (la, je n’ai plus le nom en tëte), des crocodiles, des cerfs qui nagent et se promenent ... Puis une promenade a pied ou j’essaie de photographier ces oiseaux jaunes, rouges ou encore completement verts .... Dans la serie « la vie des bëtes », j’aurais du choisir les chiens, il y en a un nombre incalculable en Argentine, et ils sont beaucoup plus complaisants que les oiseaux).
Arriver a Colonia Pelegrini par Mercedes, c’est facile, mais en repartir pour Posadas encore plus au nord, c’est une aventure 😕... Il faut, soit repartir vers le sud puis remonter vers le nord, solution plus econonique mais couteuse en temps, soit louer une voiture (4X4) avec chauffeur, solution plus onereuse mais plus rapide .. Je ne suis pas seule dans cet endroit perdu, il y a 3 autres touristes aussi fous que moi et nous pouvons ainsi partager les frais de la voiture.
Vendredi 24 fevrier 11 heures : de Posadas, je decide de visiter une mission jesuite du Paraguay tout proche.
Bus, frontiere argentine, tampon sur le passeport, frontiere paraguayene, pas de tampon 🤪🤪???, visite des ruines impressionnantes quand mëme, bus de retour, frontiere paraguayene, STOP « vous n’avez pas de tampon d’entree » . Et bien non, j’ai demande a l’entree, on m’a dit qu’il n’y avait rien a faire. L’immigration ne veut rien entendre, 50 dollars d’amende reduite a 40 (suis pas sur que tout ait ete tres legal). J’ai les larmes aux yeux, de rage, de honte ou d’angoisse, je ne sais pas, je n’entends plus rien, il peut bien me dire tout ce qu’il veut, mon cerveau est vide .....
Alors voila, a une prochaine fois si j’ai des choses interessantes a vous raconter.
Tcha tchao, comme disent les argentins.
Cela fait maintenant presque une semaine que je suis en Argentine. Alors, je voulais juste vous parler de mes impressions et d’endroits pas tres touristiques que j’ai visites et dont on ne parle pas tres souvent.
Samedi 18 fevrier 21 heures : je debarque a Buenos Aires.
Je suis restee 3 jours et j’ai vu bien sur, les quartiers de San Telmo, La Boca, Puerto Madero. San Telmo : quartier des antiquaires, sorte de marche aux puces pour touristes avec quelques demonstrations de tango par-ci par-la. Le dimanche, c’est une rue pietonne et animee. J’y suis passee le lundi en bus (donc, ce n’est plus pieton) et si on ne me l’avait pas dit, je n’aurais pas reconnu le quartier .... rien du tout, comme si le dimanche n’avait jamais existe😮. La Boca : c’est tres joli les maisons aux couleurs vives rouges, bleues, vertes ... mais c’est tout a fait dommage qu’elles soient essentiellement occupees par des restaurants, des boutiques de souvenirs et des expositions d’artistes pour touristes. Puerto Madero : l’ancien quartier des docks ou l’on a implante des restaurants et des bars pour « bobos ». On y trouve egalement le musee de l’immigration puisque tout les europeens arrivaient a cet endroit. Ne croyez pas que je n’aime pas Buenos Aires, mais j’ai trouve ces endroits presque « montes de toute piece pour les touristes ». Mais Buenos Aires, j’y ai aussi retrouve l’ambiance de Madrid, de Barcelone. Buenos Aires, c’est encore l’envers du decor : les « cartoneros » qui font de la recuperation dans les poubelles, de jour comme de nuit, les promeneurs de chiens, les enfants a l’entree des restaurants qui attendent ...
Pour visiter, j’ai contacte l’association « Cicerones de Buenos Aires ». Ce sont des habitants de Buenos Aires, benevoles, qui vous font visiter les quartiers que vous souhaitez voir. C’est gratuit, mais il faut payer tous les frais de la personne qui vous accompagne (si vous allez au restau, boire un verre ...) et donner un petit quelque chose (pas obligatoire) car l’association ne vit que de ces dons.
Pas de bol pour moi, je rate le festival de tango a une semaine pres. Je laisse le soin a ceux et celles qui arrivent de nous raconter 😉.
Mardi 21 fevrier 19 heures : je suis a la gare omnibus de Buenos Aires pour partir vers le nord en direction de Mercedes pour voir la reserve d’Esteros del Ibera.
La gare omnibus de Buenos Aires : dans les 150 guichets, plus de 70 quais ...., un va et vient incessant de bus qui partent dans toutes les directions, une voix qui hurle de maniere continue au haut parleur dont je ne comprends qu’une seule chose « 30 minutes, 30 minutes », mon bus qui n’arrive pas malgre l’heure qui avance ... Que va-t-il se passer dans 30 mns 😇? Je n’en saurai jamais rien car mon bus arrive enfin. Entre la chaleur exterieure, la chaleur des pots d’echappements, la promiscuite de la foule, je sens la sueur degouliner dans mon dos ... Ma 1ere experience en bus longue distance, semi cama. Tout le monde me disait « c’est confortable, c’est confortable ».... Je ne suis pas douillette, mais franchement ... la clim en pleine figure, pas de couverture, le siege « demi allonge ». Bon, j’espere que ce sera mieux la prochaine fois😐.
PS : j’ai retrouve la trace des freres BENSIMON 😎( pour ceux qui ne suivraient pas, voir le post de la rencontre VF du 22 janvier a Paris, page .....) : une immense affiche a la sortie de Buenos Aires.
Mercredi 22 fevrier 5h30 : l’hotesse du bus me reveille en plein rëve (j’ai quand mëme reussi a dormir).
En attendant l’heure de prendre mon billet, une argentine qui etait dans le bus m’aborde, on echange 2, 3 phrases et elle me dit au revoir .... en m’embrassant sur les 2 joues. J’adore les latinos pour ca. Au debut, ce genre de choses me choquait un peu, mais maintenant, je les aime trop. C’est aussi dans ce terminal de bus que je vois mes 1ers gauchos : teint burine, chapeau noir aux larges bords, large ceinture en cuir😇.
Mercredi 22 fevrier 12h45 : le « colectivo » (mini bus) part enfin pour Colonia Pelegrini ou se trouve la reserve des Iberas.
Il est trop top avec ses sieges en skye rouge petant😛. La reserve des Iberas : dans un village « pequenita » (minuscule, enfin a l’echelle argentine car c’est un carre qui doit faire au moins 1 km sur 1 km, mais c’est sur, il n’y a pas grand monde), une lagune avec des oiseaux superbes, des animaux s’apparentant au cochon d’inde, mais en 150 fois plus gros (la, je n’ai plus le nom en tëte), des crocodiles, des cerfs qui nagent et se promenent ... Puis une promenade a pied ou j’essaie de photographier ces oiseaux jaunes, rouges ou encore completement verts .... Dans la serie « la vie des bëtes », j’aurais du choisir les chiens, il y en a un nombre incalculable en Argentine, et ils sont beaucoup plus complaisants que les oiseaux).
Arriver a Colonia Pelegrini par Mercedes, c’est facile, mais en repartir pour Posadas encore plus au nord, c’est une aventure 😕... Il faut, soit repartir vers le sud puis remonter vers le nord, solution plus econonique mais couteuse en temps, soit louer une voiture (4X4) avec chauffeur, solution plus onereuse mais plus rapide .. Je ne suis pas seule dans cet endroit perdu, il y a 3 autres touristes aussi fous que moi et nous pouvons ainsi partager les frais de la voiture.
Vendredi 24 fevrier 11 heures : de Posadas, je decide de visiter une mission jesuite du Paraguay tout proche.
Bus, frontiere argentine, tampon sur le passeport, frontiere paraguayene, pas de tampon 🤪🤪???, visite des ruines impressionnantes quand mëme, bus de retour, frontiere paraguayene, STOP « vous n’avez pas de tampon d’entree » . Et bien non, j’ai demande a l’entree, on m’a dit qu’il n’y avait rien a faire. L’immigration ne veut rien entendre, 50 dollars d’amende reduite a 40 (suis pas sur que tout ait ete tres legal). J’ai les larmes aux yeux, de rage, de honte ou d’angoisse, je ne sais pas, je n’entends plus rien, il peut bien me dire tout ce qu’il veut, mon cerveau est vide .....
Alors voila, a une prochaine fois si j’ai des choses interessantes a vous raconter.
Tcha tchao, comme disent les argentins.
Trois semaines en Bolivie par Breizhdub English translation pending
EN ROUTE...
Bon bah voila, c'est parti, me voila dans le train pour Paris, de laquelle je m'envole pour la Bolivie demain matin. Voici a peu pres 6 semaines que je prépare cette aventure de trois semaines ou j'ai prévu de voir un bon bout de terre de ce pays. 3 semaines pour un pays comme celui-ci, ce n'est pas énorme, car des photos et récits que j'ai pu parcourir sur VF, les quatres coins de ce pays en valent la chandelle.
POURQUOI LA BOLIVIE? Pourquoi la Bolivie? Il me restait 3 semaines de congés a prendre cette année et l'envie de découverte d'horizons inconnus me rongeait les ongles, mais quels horizons? Un fait qui va grandement réduire la palette de possibilités: j'ai a présent posé les pieds sur tous les continents a l'exception d'un seul, l'Amérique du Sud. Et comme je suis un peu du genre a aimer dire "oui, j'ai été la-bas", le choix fut enteriné. Les options étaient maintenant limitées a une douzaine de pays. Des lors, je me suis penché sur ce a quoi j'aspirais le plus a voir lors d'un voyage. Je n'ai rien contre les plages de sable blanc avec palmiers, mais je préfere de loin les grands espaces, les déserts et les paysages montagneux. Je me suis tout naturellement porté sur la plus lomgue chaine de montagnes du monde, avec ses 7100 kilometres de long, la Cordillere des Andes. Elle s'étend du Venezuela au Chili, en passant par la Colombie, l'Equateur, le Pérou, la Bolivie, et l'Argentine. Apres moultes heures passées sur la toile a s'informer sur ces pays, il y avait tant de choses a voir dans chacun d'entre eux que le choix est vite devenu un dilemme. Mais il fallait en faire un, ce qui fut fait. Cette année, en route pour la Bolivie...
DEPART IMMINENT Paris, 18 Aout. Réveil a l'hotel ce matin, la tete un peu dans le cirage. Sous un ciel maussade, je marche vers la Gare du Nord pour prendre le RER B qui me conduira a Charles-de-Gaulle. Le petit provincial que je suis est tout ébahi de voir autant d'agitation dans la ville alors que le jour ne fait que pointer son nez. Au total cela fera 2h de transit depuis l'hotel jusqu'a la porte d'embarquement, sans anicroches. A l'enregistrement des bagages, une hotesse tres aimable et joviale me demande de la suivre, j'obtempere, elle commence alors une série de questions sur le ton d'une conversation entre amis, ce qui me laisse un peu pantois:
Alors comme ca vous vous rendez a La Paz?
Exact
Et donc vous partez seul, style routard?
Exact
C'est sympa ca, sinon vous faites quoi dans la vie?
Je suis développeur Web
Tres bien, cela consiste en quoi?
Nous avons un logiciel, mon role est d'apporrter de nouvelles fonctionnalités.
Mmh super! Et pour qui travaillez-vous?
Je deviens perplexe, pourquoi me pose-t-elle toutes ces questions? D'ailleurs, elle ne prend pas note de mes réponses.
Je travaille pour XXX.
Cool! Sinon vous faites quoi pendant votre temps libre?
J'aime bien la randonnée, le foot, la peche...
Ok! Moi quand j'étais petite on m'emmenait souvent a la peche, du coup vous pechez ou?
Dans des réservoirs, ce sont des lacs de taille moyenne
Elle enchainera sur mes techniques de peche, en allant jusque dans les moindres détails.
Bon eh bien, c'est super tout ca. Alors je vous souhaite un bon voyage, et éclatez-vous bien, au revoir!
Alors quelle s'apprete a prendre congés, je la retiens, curieux:
Excusez-moi, mais toutes ces questions, c'est pour un sondage? C'est pourquoi au juste??
Oh, non non, c'est juste que .... vous allez entrer sur le territoire américain, alors on a certaines procédures qu'on applique, c'est tout...
Ok
Sacrés ricains. Je ne vois pas bien a quoi peut mener un tel interrogatoire. De toute évidence, cela a été instauré parmi les procédures antiterroristes, seulement voila, les réponses ne sont pas enregistrées, et j'aurais pu mentir autant que possible. Aussi, je vois mal comment, avec des conversations sur des techniques de peche, elle aurait pu déceler une éventuelle personne indésirable. Pour finir, s'il s'agit bien de procédures anti-terroristes, pourquoi celle-ci ne s'applique-t-elle que pour les USA? Il n'y a pas de terrorisme en Europe? Bref, passons.
POURQUOI LA BOLIVIE? Pourquoi la Bolivie? Il me restait 3 semaines de congés a prendre cette année et l'envie de découverte d'horizons inconnus me rongeait les ongles, mais quels horizons? Un fait qui va grandement réduire la palette de possibilités: j'ai a présent posé les pieds sur tous les continents a l'exception d'un seul, l'Amérique du Sud. Et comme je suis un peu du genre a aimer dire "oui, j'ai été la-bas", le choix fut enteriné. Les options étaient maintenant limitées a une douzaine de pays. Des lors, je me suis penché sur ce a quoi j'aspirais le plus a voir lors d'un voyage. Je n'ai rien contre les plages de sable blanc avec palmiers, mais je préfere de loin les grands espaces, les déserts et les paysages montagneux. Je me suis tout naturellement porté sur la plus lomgue chaine de montagnes du monde, avec ses 7100 kilometres de long, la Cordillere des Andes. Elle s'étend du Venezuela au Chili, en passant par la Colombie, l'Equateur, le Pérou, la Bolivie, et l'Argentine. Apres moultes heures passées sur la toile a s'informer sur ces pays, il y avait tant de choses a voir dans chacun d'entre eux que le choix est vite devenu un dilemme. Mais il fallait en faire un, ce qui fut fait. Cette année, en route pour la Bolivie...
DEPART IMMINENT Paris, 18 Aout. Réveil a l'hotel ce matin, la tete un peu dans le cirage. Sous un ciel maussade, je marche vers la Gare du Nord pour prendre le RER B qui me conduira a Charles-de-Gaulle. Le petit provincial que je suis est tout ébahi de voir autant d'agitation dans la ville alors que le jour ne fait que pointer son nez. Au total cela fera 2h de transit depuis l'hotel jusqu'a la porte d'embarquement, sans anicroches. A l'enregistrement des bagages, une hotesse tres aimable et joviale me demande de la suivre, j'obtempere, elle commence alors une série de questions sur le ton d'une conversation entre amis, ce qui me laisse un peu pantois:
Alors comme ca vous vous rendez a La Paz?
Exact
Et donc vous partez seul, style routard?
Exact
C'est sympa ca, sinon vous faites quoi dans la vie?
Je suis développeur Web
Tres bien, cela consiste en quoi?
Nous avons un logiciel, mon role est d'apporrter de nouvelles fonctionnalités.
Mmh super! Et pour qui travaillez-vous?
Je deviens perplexe, pourquoi me pose-t-elle toutes ces questions? D'ailleurs, elle ne prend pas note de mes réponses.
Je travaille pour XXX.
Cool! Sinon vous faites quoi pendant votre temps libre?
J'aime bien la randonnée, le foot, la peche...
Ok! Moi quand j'étais petite on m'emmenait souvent a la peche, du coup vous pechez ou?
Dans des réservoirs, ce sont des lacs de taille moyenne
Elle enchainera sur mes techniques de peche, en allant jusque dans les moindres détails.
Bon eh bien, c'est super tout ca. Alors je vous souhaite un bon voyage, et éclatez-vous bien, au revoir!
Alors quelle s'apprete a prendre congés, je la retiens, curieux:
Excusez-moi, mais toutes ces questions, c'est pour un sondage? C'est pourquoi au juste??
Oh, non non, c'est juste que .... vous allez entrer sur le territoire américain, alors on a certaines procédures qu'on applique, c'est tout...
Ok
Sacrés ricains. Je ne vois pas bien a quoi peut mener un tel interrogatoire. De toute évidence, cela a été instauré parmi les procédures antiterroristes, seulement voila, les réponses ne sont pas enregistrées, et j'aurais pu mentir autant que possible. Aussi, je vois mal comment, avec des conversations sur des techniques de peche, elle aurait pu déceler une éventuelle personne indésirable. Pour finir, s'il s'agit bien de procédures anti-terroristes, pourquoi celle-ci ne s'applique-t-elle que pour les USA? Il n'y a pas de terrorisme en Europe? Bref, passons.
Itinéraire de 16 jours au Pérou English translation pending
🙂🙂🙂
ITINERAIRE 2017 vers fin juin
JOUR 1 : Atterrissage LIMA 18H00 Nuit à Lima chez Elizabeth non loin de la gare routière de Cruz del sur. JOUR 2 : PARACAS ou ICA Trajet bus de jour tôt le matin pour Paracas ou Ica, suivant la destination on visite les alentours, nuit à Paracas ou Ica ou bus de nuit pour Nazca JOUR 3 : NAZCA Arrivée tôt avec bus de nuit ou arrivée à midi avec bus de jour, visite ligne de Nazca et nécropole Chauchilla, nuit à Nazca ou bus de nuit pour Arequipa JOUR 4 : AREQUIPA Arrivée tôt avec bus de nuit ou arrivée à midi avec bus de jour, visite Arequipa et nuit JOUR 5 : CHIVAY ou YANQUE Départ visite canyon de Colca, traversant la réserve naturelle de Salinas et Aguada Blanca, nuit à Chivay ou Yanque JOUR 6 : PUNO ou LLACHON Départ pour le belvédère de la Cruz del Condor, les miradors d’Antahuilque et Choquetico, célèbres pour leur cimetière pré-inca et leurs sépultures suspendues. Puis bus de jour pour Puno ou Llachon et nuit JOUR 7 : LAC TITICACA Au départ de Puno ou Llachon, visite îles Uros ou Taquile, nuit à Puno ou Llachon ou sur une île du lac JOUR 8 : CUZCO Départ pour Cuzco en bus de jour ou en avion horaire indéfini, nuit à Cuzco JOUR 9 : CUZCO Visite de la ville historique, marché, monastère, la forteresse de Saqsayhuaman et celle de Puka Pukara, nuit à Cuzco JOUR 10 : OLLANTAYTAMBO Visite de la vallée sacrée, Pisac, Urubamba, des salines de Maras, terrasses agricoles de Moray, site de Yucay, la citadelle d’Ollantaytambo, nuit à Ollantaytambo
JOUR 11 : MACCHU PICCHU Direction en train vers Aguas Calientes et montée au Macchu Picchu, après-midi retour et nuit à Cuzco OU JOUR 11 : AGUAS CALIENTES Direction et nuit à Aguas Calientes et montée au Macchu Picchu le jour 12
JOUR 12 : ..................... JOUR 13 : LIMA Avion pour Lima et nuit JOUR 14 : LIMA Visite Lima et nuit JOUR 15 : Décollage LIMA 19H35 JOUR 16 : ARRIVEE FRANCE
Voilà quelques interrogations : Jour 2 : nuit à Paracas ou Ica ? Jour 6/7 : Nuit à Puno ou Llachon ? Jour 11 : ??? et donc jour 12 ?
Faut il ajouter un jour quelque part ?
et voilà tous les avis sont les bienvenus. Merci
les DKP
JOUR 1 : Atterrissage LIMA 18H00 Nuit à Lima chez Elizabeth non loin de la gare routière de Cruz del sur. JOUR 2 : PARACAS ou ICA Trajet bus de jour tôt le matin pour Paracas ou Ica, suivant la destination on visite les alentours, nuit à Paracas ou Ica ou bus de nuit pour Nazca JOUR 3 : NAZCA Arrivée tôt avec bus de nuit ou arrivée à midi avec bus de jour, visite ligne de Nazca et nécropole Chauchilla, nuit à Nazca ou bus de nuit pour Arequipa JOUR 4 : AREQUIPA Arrivée tôt avec bus de nuit ou arrivée à midi avec bus de jour, visite Arequipa et nuit JOUR 5 : CHIVAY ou YANQUE Départ visite canyon de Colca, traversant la réserve naturelle de Salinas et Aguada Blanca, nuit à Chivay ou Yanque JOUR 6 : PUNO ou LLACHON Départ pour le belvédère de la Cruz del Condor, les miradors d’Antahuilque et Choquetico, célèbres pour leur cimetière pré-inca et leurs sépultures suspendues. Puis bus de jour pour Puno ou Llachon et nuit JOUR 7 : LAC TITICACA Au départ de Puno ou Llachon, visite îles Uros ou Taquile, nuit à Puno ou Llachon ou sur une île du lac JOUR 8 : CUZCO Départ pour Cuzco en bus de jour ou en avion horaire indéfini, nuit à Cuzco JOUR 9 : CUZCO Visite de la ville historique, marché, monastère, la forteresse de Saqsayhuaman et celle de Puka Pukara, nuit à Cuzco JOUR 10 : OLLANTAYTAMBO Visite de la vallée sacrée, Pisac, Urubamba, des salines de Maras, terrasses agricoles de Moray, site de Yucay, la citadelle d’Ollantaytambo, nuit à Ollantaytambo
JOUR 11 : MACCHU PICCHU Direction en train vers Aguas Calientes et montée au Macchu Picchu, après-midi retour et nuit à Cuzco OU JOUR 11 : AGUAS CALIENTES Direction et nuit à Aguas Calientes et montée au Macchu Picchu le jour 12
JOUR 12 : ..................... JOUR 13 : LIMA Avion pour Lima et nuit JOUR 14 : LIMA Visite Lima et nuit JOUR 15 : Décollage LIMA 19H35 JOUR 16 : ARRIVEE FRANCE
Voilà quelques interrogations : Jour 2 : nuit à Paracas ou Ica ? Jour 6/7 : Nuit à Puno ou Llachon ? Jour 11 : ??? et donc jour 12 ?
Faut il ajouter un jour quelque part ?
et voilà tous les avis sont les bienvenus. Merci
les DKP
Préparation de 2ème séjour au Portugal fin septembre / début octobre 2016 English translation pending
B🙂njour/Bom dia, Camarades d'la Rubrique Portugaise (Championne d'Europe svp),
Je me permets de vous solliciter pour la préparation d'un second séjour (après celui, tant kiffé, de 6 semaines du Nord au Sud, d'Est en Ouest en...oct-nov 2010). Nous venons de réserver nos billets Marseille-Lisboa (fin sept)/Porto-Marseille (début oct) chez RyanAir. Nous prévoyons 3-4 nuits à Lisboa (en début de séjour) et 2-3 nuits à Porto (en fin de périple) et nous interrogeons sur l'"emploi" des 7-9 jours dispos entre ces 2 villes, sachant que:
-Nous aimerions aller saluer l'Océan (1-2 nuits, pas forcément dans le même port/station-village côtier); Nous avions découvert Nazaré (jolie) lors de notre 1er voyage, auriez-vous d'autres lieux à nous recommander? si possible tranquille(s), typique(s), pas ambiance station balnéaire bétonnée (avons ça pas loin de chez nous, dans le Gard).
-Nous envisageons de retourner au "boisdormantesque" Buçaco Palace Hôtel où nous avions merveilleusement dîné en 2010 et, ce coup-ci peut-être s'y offrir le grand luxe d'une nuitée (les lieux sont tellement extra-ordinaires).Dans un rayon de 100 kms de Luso, ptêtre un peu plus bas/haut/à l'Est, auriez-vous dans vos précieux "cartons", des suggestions de coins de jolie campagne où nous pourrions faire de chouettes marches ? La Serra da Estrela, vous connaissez? Pensez-vous que ce massif puisse correspondre à notre recherche?
-D'autres conseils d'étapes, ptêtre, en précisant qu'entre Lisboa&Porto nous louerons une voiture? Pour rappel, en 2010, dans ce secteur du Pays, avions visité: Coimbra , Fatima, Alcobaça&Batalha, Golega (Fête du Cheval).Avions fait l'impasse sur Tomar (ptêtre une idée, de s'y arrêter ce coup-ci?).
Si nous partons moins à l'"assaut" du fantastique Patrimoine Culturel du Pays dans ce futur séjour que lors du 1er, nous demeurons toujours épris d'églises barroques et curieux de joyaux architecturaux.Néanmoins nous envisageons prioritairement ces 2 semaines Lusitaniennes sous l'angle du dépaysement et des plaisirs "authentiques": des papilles (cuisine locale&Brasilienne, pourquoi pas aussi Cap Verdienne?), des oreilles (Fado), du contact des Portugais, sans foncer partout ni avaler les distances, prendre du bon temps au Portugal quoi !!!
Pardon pour mon laïus, mais la description détaillée de nos attentes&goûts me semble utile à vos avis&suggestions.
Je vous remercie grandement de votre attention et d'avance, de vos tuyaux.Je précise que j'ai édité les 2 trésors sur Lisboa&Porto de Monsieur Larazou qui, incha Allah, me lira&répondra, lui aussi...
@ vous lire donc.
Cordialement,
Yell😉wmop.
ps: nous souhaitons ramener 2-3 m2 d'azulejos (pour habiller une façade de cheminée intérieure), des adresses de points de fabrication et/ou vente, sur notre parcours?
Je me permets de vous solliciter pour la préparation d'un second séjour (après celui, tant kiffé, de 6 semaines du Nord au Sud, d'Est en Ouest en...oct-nov 2010). Nous venons de réserver nos billets Marseille-Lisboa (fin sept)/Porto-Marseille (début oct) chez RyanAir. Nous prévoyons 3-4 nuits à Lisboa (en début de séjour) et 2-3 nuits à Porto (en fin de périple) et nous interrogeons sur l'"emploi" des 7-9 jours dispos entre ces 2 villes, sachant que:
-Nous aimerions aller saluer l'Océan (1-2 nuits, pas forcément dans le même port/station-village côtier); Nous avions découvert Nazaré (jolie) lors de notre 1er voyage, auriez-vous d'autres lieux à nous recommander? si possible tranquille(s), typique(s), pas ambiance station balnéaire bétonnée (avons ça pas loin de chez nous, dans le Gard).
-Nous envisageons de retourner au "boisdormantesque" Buçaco Palace Hôtel où nous avions merveilleusement dîné en 2010 et, ce coup-ci peut-être s'y offrir le grand luxe d'une nuitée (les lieux sont tellement extra-ordinaires).Dans un rayon de 100 kms de Luso, ptêtre un peu plus bas/haut/à l'Est, auriez-vous dans vos précieux "cartons", des suggestions de coins de jolie campagne où nous pourrions faire de chouettes marches ? La Serra da Estrela, vous connaissez? Pensez-vous que ce massif puisse correspondre à notre recherche?
-D'autres conseils d'étapes, ptêtre, en précisant qu'entre Lisboa&Porto nous louerons une voiture? Pour rappel, en 2010, dans ce secteur du Pays, avions visité: Coimbra , Fatima, Alcobaça&Batalha, Golega (Fête du Cheval).Avions fait l'impasse sur Tomar (ptêtre une idée, de s'y arrêter ce coup-ci?).
Si nous partons moins à l'"assaut" du fantastique Patrimoine Culturel du Pays dans ce futur séjour que lors du 1er, nous demeurons toujours épris d'églises barroques et curieux de joyaux architecturaux.Néanmoins nous envisageons prioritairement ces 2 semaines Lusitaniennes sous l'angle du dépaysement et des plaisirs "authentiques": des papilles (cuisine locale&Brasilienne, pourquoi pas aussi Cap Verdienne?), des oreilles (Fado), du contact des Portugais, sans foncer partout ni avaler les distances, prendre du bon temps au Portugal quoi !!!
Pardon pour mon laïus, mais la description détaillée de nos attentes&goûts me semble utile à vos avis&suggestions.
Je vous remercie grandement de votre attention et d'avance, de vos tuyaux.Je précise que j'ai édité les 2 trésors sur Lisboa&Porto de Monsieur Larazou qui, incha Allah, me lira&répondra, lui aussi...
@ vous lire donc.
Cordialement,
Yell😉wmop.
ps: nous souhaitons ramener 2-3 m2 d'azulejos (pour habiller une façade de cheminée intérieure), des adresses de points de fabrication et/ou vente, sur notre parcours?
Nord du Gujarat English translation pending
C’est mon troisième voyage au Gujarat, un état encore peu visité par les touristes occidentaux (ce qui n’est pas le cas des touristes indiens de plus en plus nombreux suite aux campagnes de publicité avec Amitabh Bhachhan …) mais mon premier carnet.
Une longue introduction sans photos dans ce premier post pour expliciter mes choix d’arrêts, les endroits quelquefois improbables dont je vais vous parler, ma façon de voyager, avec une voiture et un chauffeur.
Cette année, je repasse dans certains endroits parce qu’il m’est impossible de ne pas montrer à une des amies qui m’accompagne pour la première fois les puits d’Adalaj et de Patan, le temple de Modhera, le … et que ni l’une ni l’autre ne connaissent le grand Rann. Qu’importe, je peux retourner et retourner dans les mêmes endroits sans me lasser, ceux qui ont lu certains de mes posts le savent.
Pour avoir quand même des nouveautés à me mettre devant les yeux un peu tous les jours, j’ai exploré le web de fond en comble et lu et relu le guide Gujarat en anglais, un indispensable pour cet état (Gujarat, d’Anjali Desai, India Guide publications, disponible dans les tous les hôtels gouvernementaux du Gujarat qui ont tous un petit rayon librairie avec un beau choix d’ouvrages sur l’Etat). Bref, j’avais prévu un superbe voyage, varié, avec des monuments, de la nature, de l’artisanat et nous n’avons pas été déçus …
Comme d’habitude, voyage court, car je profite des vacances scolaires de février et je n’ai que 2 semaines ! Pas envie, malgré ma passion pour l’Inde de partir l’été, où j’aurais le temps de traîner un peu plus, mais la mousson ne m’emballe pas, même si la mousson doit être un moment à vivre. Peut-être un jour … On aura d’Ahmedadabad à Delhi, une voiture avec un chauffeur extra, Malkit, que je connais depuis des années, pour être flexibles, rapides, efficaces et voir des endroits improbables difficilement atteignables en transport en commun ! C’est confortable, je ne vais pas le nier. Ce sera mon 11ème voyage avec Malkit, qui vit à Delhi. Il est parti deux jours plus tôt pour nous récupérer à l’aéroport d’Ahmedabad. On va se limiter au nord de l’état pour ne pas faire trop de kilomètres. Il y a des merveilles partout, alors, pas la peine de courir dans tous les sens (même si pour certaine, je cours … , n’est-ce pas Parvat !), mais je n’ai que 14 jours sur place…
Départ le jeudi 12 après le boulot pour Paris, nuit dans un hôtel vers l’aéroport et vol Air France de 10 h 40 trouvé à bon prix il y a quelques mois. Nous arrivons à 23 h 30 heure locale à Delhi et faisons la queue pour récupérer notre e-visa. Un peu long, car on a l’impression que c’est la relève des douaniers (les bureaux se vident, d’autres personnes arrivent, s’installent tranquillement derrière les ordis et les machines pour les empreintes marchent quand elles veulent. Un scan des 4 doigts de la main gauche, un autre pour ceux de la main droite, un troisième scan pour les deux pouces, une photo de notre tronche, un tampon sur le passeport et c’est parti. Le système de Visa on arrival, pour qui reste moins d’un mois est beaucoup plus simple et plus économique que VFS.
Pour gagner du temps, nous avons réservé un vol domestique pour Ahmedabad à 6 h 50 du terminal 1, où je sais que nous ne pourrons rentrer que vers 3 ou 4 heures, alors on se trouve un petit coin avant la sortie définitive pour patienter et boire un premier chaï. Navette toutes les 20 mn pour le terminal 1, 10 à 15 mn de route dans un bus pourri, les formalités d’enregistrement et de dépose des bagages et nous voici attablés à 4 h du matin devant un masala dosa dans la zone des restos au premier étage. Ca pique, mais qu’est-ce que c’est bon !
Impossible de fermer un œil dans le long courrier, pas plus sur les fauteuils de l’aéroport ou dans le vol domestique. La journée va être dure …
A 8 h 30, nous retrouvons notre chauffeur devant l’aéroport d’Ahmedabad et c’est parti pour une journée de fous. Nous ne restons qu’une journée à Ahmedabad, et j’ai prévu un programme un peu chargé après une nuit blanche mais cela nous ne nous en rendrons compte qu’après...
La circulation est encore fluide et nous partons directement pour le puits d’Adalaj, situé à une grosse dizaine de km de là. Il est un peu tôt et la lumière n’est pas top, le puits est encore bien à l’ombre mais qu’importe, cela ne va gâcher notre plaisir. C’est ma troisième visite d’Adalaj mais c’est pas grave, j’adore les puits indiens, je suis même folle des puits indiens et Malkit m’appelle Chrisbaori, c’est dire. Il y a les énormes, les petits, les sculptés, les non sculptés, les sales, les propres, les classiques, les plus originaux, les vides, les pleins d’eau ou presque pleins … Vous allez en voir des puits si vous suivez ce carnet.



Les deux dernières photos, plus ensoleillées datent de 2013. Mieux vaut voir ce puits l'après-midi ...



Les deux dernières photos, plus ensoleillées datent de 2013. Mieux vaut voir ce puits l'après-midi ...
Trois semaines au Brésil ou au Vénézuela? English translation pending
Hello,
je pense partir 3 semaines avec mes 2 ados en amérique du sud. Ce forum est une mine d'or. Je souhaiterais des conseils
Est il préférable d'aller au Brésil OU au Vénézuela (à trois, en itinérant) ?
Lequel des 2 pays est le moins cher ? le plus facile pour se ballader sans ennui ?
Départ : Aout 2011
Un tres grand merci pour vos conseils à tous !!!!!!
je pense partir 3 semaines avec mes 2 ados en amérique du sud. Ce forum est une mine d'or. Je souhaiterais des conseils
Est il préférable d'aller au Brésil OU au Vénézuela (à trois, en itinérant) ?
Lequel des 2 pays est le moins cher ? le plus facile pour se ballader sans ennui ?
Départ : Aout 2011
Un tres grand merci pour vos conseils à tous !!!!!!
Que vaut le complexe Dar djerba? English translation pending
bonjour à tous,
j'aimerais savoir si qlq un connait le complexe hotelier dar djerba?
je devrais m'y rendre mi decembre surtout que j'ai trouvé un tour opérateur vraiment pas cher pour cette saison.
Quel est la qualité de l'hotel? est ce que la nourriture est variee? les chambres sont telles propres?
Merci a tous.
j'aimerais savoir si qlq un connait le complexe hotelier dar djerba?
je devrais m'y rendre mi decembre surtout que j'ai trouvé un tour opérateur vraiment pas cher pour cette saison.
Quel est la qualité de l'hotel? est ce que la nourriture est variee? les chambres sont telles propres?
Merci a tous.
Méchanceté des varans en Thaïlande? English translation pending
bjr,
J'habite en Thailande face a la mer, dos a la jungle...oui, belle situation geographique, le hic, c'est qu'il y a des varans qui tournent autour de la maison et qui viennent meme parfois sur le balcon....Ils mesurent un peu moins d'un metre, doivent peser au moins 30 kg. Je sais ce qui les attirent: les restes de poisson que nous donnons a nos chats. Je n'aime pas du tout, mais alors pas du tout ces bestioles! 😠 En plus, avec mon bebe de 10 mois, je suis encore plus inquiette car je ne voudrais pas qu'ils s'en prennent a lui. Alors je voudrais savoir si ces bestioles sont vraiment mechantes ou pas ? Car j'ai entendu toutes les versions. Celle de mon mari, c'est que grace a elles, nous n'aurons pas de serpents car ils se battent entre eux et generalement le varan gagne. Donc, pour lui, pas question de s'inquietter et encore moins de les virer. Qu'en pensez vous, expats en avez vous autour de chez vous ? Une solution pour les virer ? Merci et a bientot
J'habite en Thailande face a la mer, dos a la jungle...oui, belle situation geographique, le hic, c'est qu'il y a des varans qui tournent autour de la maison et qui viennent meme parfois sur le balcon....Ils mesurent un peu moins d'un metre, doivent peser au moins 30 kg. Je sais ce qui les attirent: les restes de poisson que nous donnons a nos chats. Je n'aime pas du tout, mais alors pas du tout ces bestioles! 😠 En plus, avec mon bebe de 10 mois, je suis encore plus inquiette car je ne voudrais pas qu'ils s'en prennent a lui. Alors je voudrais savoir si ces bestioles sont vraiment mechantes ou pas ? Car j'ai entendu toutes les versions. Celle de mon mari, c'est que grace a elles, nous n'aurons pas de serpents car ils se battent entre eux et generalement le varan gagne. Donc, pour lui, pas question de s'inquietter et encore moins de les virer. Qu'en pensez vous, expats en avez vous autour de chez vous ? Une solution pour les virer ? Merci et a bientot
Istanbul (Turquie) et Patmos (Grèce) en juillet English translation pending
Notre prochaine destination sera la Turquie et la Grece en Juillet 2008.
Nous irons a Istanbul, Goreme (Cappadocia), Selcuk (Ephesus) et planifions une petite semaine sur Patmos ou Samos.
Quelques questions :
1. Hotel interessant pour une petite famille (1 fille de 11 ans) a Istanbul ? 2. Est-ce que Goreme est un endroit interessant pour explorer la Cappadocie ou y-a-t-il mieux ? 3. Hotels interessants en Cappadocie (Goreme ou ailleurs) ? 4. Y-a-t-il des plages interessantes dans la region de Selcuk ? 5. Quelle est l'ile la plus interessante entre Patmos et Samos ... pour une famille qui recherche avant tout les beaux paysages ? 6. Hotels interessants dans l'une ou l'autre Ile ? 7. J'ai entendu que la Grece (et la Turquie) nous attendait de pieds fermes en ce qui a trait aux couts pour acceder aux Iles et aussi quitter les Iles ? Vrai ? Combien ?
Merci pour votre aide
Nous irons a Istanbul, Goreme (Cappadocia), Selcuk (Ephesus) et planifions une petite semaine sur Patmos ou Samos.
Quelques questions :
1. Hotel interessant pour une petite famille (1 fille de 11 ans) a Istanbul ? 2. Est-ce que Goreme est un endroit interessant pour explorer la Cappadocie ou y-a-t-il mieux ? 3. Hotels interessants en Cappadocie (Goreme ou ailleurs) ? 4. Y-a-t-il des plages interessantes dans la region de Selcuk ? 5. Quelle est l'ile la plus interessante entre Patmos et Samos ... pour une famille qui recherche avant tout les beaux paysages ? 6. Hotels interessants dans l'une ou l'autre Ile ? 7. J'ai entendu que la Grece (et la Turquie) nous attendait de pieds fermes en ce qui a trait aux couts pour acceder aux Iles et aussi quitter les Iles ? Vrai ? Combien ?
Merci pour votre aide
Grèce: visiter Ikaria, Samos, Patmos et Leros en juin? English translation pending
Bonjour!
Je désire visiter ces iles de la mer Égée du nord du 13 juin au 29 juin alors j'aimerais avoir votre avis d'après votre expérience, les endroits a voir, vos couts de coeurs , hôtels , restos, ect...
Merci de vos conseils !
Bye !
Je désire visiter ces iles de la mer Égée du nord du 13 juin au 29 juin alors j'aimerais avoir votre avis d'après votre expérience, les endroits a voir, vos couts de coeurs , hôtels , restos, ect...
Merci de vos conseils !
Bye !
Et pourquoi pas les îles du Dodécanèse English translation pending
Bonsoir a tous
Sur le site on parle très souvent des Cyclades et très rarement du Dodécanèse pourquoi d après vous .
Bonne soirée
Sur le site on parle très souvent des Cyclades et très rarement du Dodécanèse pourquoi d après vous .
Bonne soirée
Disponibilité du ferry Patmos - Rhodes English translation pending
Bonjour,
en préparant mon voyage, j'avais repéré sur le site directFerries une liaison entre Patmos et Rhodes le 3 août avant la mise en vente.
Les ventes sont désormais ouvertes mais cette liaison a disparu.
Pensez-vous que toutes les liaisons sont du coup en vente ou est-ce possible qu'ils remettent cette liaison en place postérieurement ?
Merci de votre aide
en préparant mon voyage, j'avais repéré sur le site directFerries une liaison entre Patmos et Rhodes le 3 août avant la mise en vente.
Les ventes sont désormais ouvertes mais cette liaison a disparu.
Pensez-vous que toutes les liaisons sont du coup en vente ou est-ce possible qu'ils remettent cette liaison en place postérieurement ?
Merci de votre aide
Astypalaia/Patmos en bateau /infos sur Astypalia English translation pending
bonjour à tous
Je suis toujours dans ma gallere pour organiser mes liaisons maritimes Est ce que qulqu'un sait si il est possible de faire Astypalaia /Patmos via Kalymonos dasn la journée? APr ailleurs, si qqulequ'un connait Astypalia..je suis preneur d'infos
MErci de votre aide 🙂
Je suis toujours dans ma gallere pour organiser mes liaisons maritimes Est ce que qulqu'un sait si il est possible de faire Astypalaia /Patmos via Kalymonos dasn la journée? APr ailleurs, si qqulequ'un connait Astypalia..je suis preneur d'infos
MErci de votre aide 🙂
Grèce: Lesbos et Chios, le voyage vaut-il la peine? (urgent) English translation pending
Bonjour,
après plusieurs voyages dans les Cyclades (Paros, Sifnos, Naxos, Milos...), nous avons le goût d'explorer d'autres îles grecques. Notre choix s'est porté vers Lesbos et Chios qui ont l'air différentes des Cyclades et agréables à visiter. Mais voilà, nous nous demandons si les 10 heures de bateau + la galère pour redescendre ensuite vers les Cyclades (où nous y retrouvons d'autres personnes pour la 2e partie de notre voyage) vaut la peine?? Pour infos, nous serons là-bas à partir du 23 juin.
Voici ce que nous avons aimé de nos voyages précédents en Grèce : beaux petits ports animés mais pas bondés de touristes (nous avons fui Santorin l'an passé après une nuit sur les lieux et malgré la beauté de l'île), belles plages où notre fille de 3 ans peut se baigner sans problème, différents petits villages à explorer, transports en commun qui permettent de se déplacer sur l'île.
Nous explorons donc la possibilité d'aller à Lesbos et Chios, mais ces 2 îles valent-elles la peine de se taper tout ce trajet???? (Sinon on se demandait si Patmos et une îles des alentours telles qu'Icarie ou Samos ne vaudraient pas autant la peine???).
Pour la 2e partie de notre voyage nous comptons faire 2 îles des Cyclades : Naxos ou Milos (qui est notre coup de coeur) où nous sommes déjà allés et Amorgos qui serait de la nouveauté! Si vous avez aussi un avis sur cette dernière île pour l'avoir visitée, merci de m'en faire part. Ou alors n'hésitez pas à me suggérer d'autres îles des Cyclades qui sont parmi vos coups de coeur 😉
Merci à ceux et celles qui pourront partager leur avis avec nous car nous sommes dans l'incertitude totale!!!
Voyageusement vôtre!
Charlotte
après plusieurs voyages dans les Cyclades (Paros, Sifnos, Naxos, Milos...), nous avons le goût d'explorer d'autres îles grecques. Notre choix s'est porté vers Lesbos et Chios qui ont l'air différentes des Cyclades et agréables à visiter. Mais voilà, nous nous demandons si les 10 heures de bateau + la galère pour redescendre ensuite vers les Cyclades (où nous y retrouvons d'autres personnes pour la 2e partie de notre voyage) vaut la peine?? Pour infos, nous serons là-bas à partir du 23 juin.
Voici ce que nous avons aimé de nos voyages précédents en Grèce : beaux petits ports animés mais pas bondés de touristes (nous avons fui Santorin l'an passé après une nuit sur les lieux et malgré la beauté de l'île), belles plages où notre fille de 3 ans peut se baigner sans problème, différents petits villages à explorer, transports en commun qui permettent de se déplacer sur l'île.
Nous explorons donc la possibilité d'aller à Lesbos et Chios, mais ces 2 îles valent-elles la peine de se taper tout ce trajet???? (Sinon on se demandait si Patmos et une îles des alentours telles qu'Icarie ou Samos ne vaudraient pas autant la peine???).
Pour la 2e partie de notre voyage nous comptons faire 2 îles des Cyclades : Naxos ou Milos (qui est notre coup de coeur) où nous sommes déjà allés et Amorgos qui serait de la nouveauté! Si vous avez aussi un avis sur cette dernière île pour l'avoir visitée, merci de m'en faire part. Ou alors n'hésitez pas à me suggérer d'autres îles des Cyclades qui sont parmi vos coups de coeur 😉
Merci à ceux et celles qui pourront partager leur avis avec nous car nous sommes dans l'incertitude totale!!!
Voyageusement vôtre!
Charlotte
Grèce au calme en août pour trek, marche et repos à la fin English translation pending
Hello!
Mon conjoint et moi voyageons toujours en mode sac à dos sans beaucoup prévoir à l'avance. Nous avons pensé à la Grèce comme destination pour 16 jours en Août. Auriez-vous des recommandations de plans sympas un peu au clame? Nous aimons marcher, aussi une idée de randonnée/trek sur plusieurs jours nous tenterait bien.
Nous connaissons bien l'île de Skopelos qui est magnifique mais nous la connaissons sans personne au mai, et en août il y a trop de monde. Avez-vous des idées d'îles pas trop bondées (ok nous sommes en août donc il y a du monde...)
Merci!
Elodie
Mon conjoint et moi voyageons toujours en mode sac à dos sans beaucoup prévoir à l'avance. Nous avons pensé à la Grèce comme destination pour 16 jours en Août. Auriez-vous des recommandations de plans sympas un peu au clame? Nous aimons marcher, aussi une idée de randonnée/trek sur plusieurs jours nous tenterait bien.
Nous connaissons bien l'île de Skopelos qui est magnifique mais nous la connaissons sans personne au mai, et en août il y a trop de monde. Avez-vous des idées d'îles pas trop bondées (ok nous sommes en août donc il y a du monde...)
Merci!
Elodie
Où partir en Grèce pour trouver du typique et du confort? English translation pending
Bonjour,
Je souhaiterais partir fin septembre avec mon chéri en Grèce afin de passer une semaine reposante et néanmoins enrichissante. Nous aimons les petits hotels de charme (pas le gros complexes) et recherchons un coin où nous aurions la possibilité de visiter les alentours (en louant une voiture) tout en pouvant nous reposer sur la plage les jours de flemme... Savez-vous quelles serait la destination idéale pour ce que je recherche? J'ai vu certaines info sur Santorins et environs et ça à l'air sympa..
Merci pour votre aide.
Julie
Je souhaiterais partir fin septembre avec mon chéri en Grèce afin de passer une semaine reposante et néanmoins enrichissante. Nous aimons les petits hotels de charme (pas le gros complexes) et recherchons un coin où nous aurions la possibilité de visiter les alentours (en louant une voiture) tout en pouvant nous reposer sur la plage les jours de flemme... Savez-vous quelles serait la destination idéale pour ce que je recherche? J'ai vu certaines info sur Santorins et environs et ça à l'air sympa..
Merci pour votre aide.
Julie