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Retour d'un voyage en Thaïlande avec deux enfants English translation pending
Bonjour,
Nous rentrons de notre troisième voyage en thailande, avec nos 2 filles qui adooooooorent ce pays depuis qu'elles le découvrent. (La 1ère fois, elles avaient 2,5 et 5 ans, depuis, nous y retournons chaque année pendant 16 jours).
Dans un post différents, j'ai expliqué qu'à mon sens, il ne faut pas hésiter à aller visiter ce pays, malgré les incertitudes politiques. Il faut juste éviter le Sky train, les endroits de manifestations ou regroupement de rouges et jaunes...et si ça dégénère, aller dans les quartiers peu visitées comme Thonburi ou Nonthaburi. moi, j'aurai rêvé d'être "coincée " en thailande, parce que nous ne nous y sentons pas en insécurité.
Nous choisissons toujours un vol direct (plus facile avec les enfants), puis nous poursuivons directement de l'aéroport avec un vol domestique pour les iles. En gros, on en a toujours pour une trentaine d'heures avant d'arriver à destination, mais nous préférons faire le tout au début, d'un seul trait. De toutes façons, fatigués pour fatigués, la première journée est toujours un peu sacrifiée. Puis, nous faisons 1 ou 2 îles, avant de revenir à bangkok pour au moins 4 jours. Il y a des tas de choses interressantes à faire à bangkok, et nos enfants aiment beaucoup. Quand je leur demande parfois si elles préfèrent faire un peu plus de plage, mais raccourcir cette étape de bangkok, elles refusent en bloc. globalement, nous choisissons des hotels haut de gamme, que nous réservons le dernier jour, pour obtenir des discount de l'ordre de 50 %. Il faut parfois s'y prendre à 3 reprises, négocier le prix pour 1 nuit, puis un meilleur encore pour 3, 4 ou 5 nuits, puis négocier les extras bed gratos, idem pour les petits dej enfants... Oui, ça prend un peu de temps, mais en Thailande, tout n'est pas standardisé, tout est fonction de la relation que l'on établit...et la notion de temps n'a rien à voir avec la nôtre. nous mangeons dans les petits resto de plages, prafois dans la rue à Bangkok. aucun problème sanitaire, et c'est tellement bon. (j'évite seulement les fruits déjà coupés)
Les thais sont généreux ( Dans un resto de Koh phan Gan, le serveur est allé lui même nous acheter une bouée qu'il a offerte à notre cadette ), ils adorent les enfants, jouent avec tout le temps.
Rien à craindre pour la santé des enfants : dans le pire des cas, les hopitaux de Bangkok sont de bien meilleur niveau que les nôtres. (nous en avons fait l'expérience : lors d'une ballade à vélo, notre fille de 2 an et demi s'est pris les pieds dans les roues arrières. Elle avait une plaie profonde est très large. c'est une thai qui l'a soignée en premier lieu, je n'étais pas sur place. Malgré la barrière de la langue, je peux vous assurer que lorsque je suis arrivée, j'ai trouvé ma fille rassurée, apaisée et en sécurité avec cette dame...ça aussi, c'est de la générosité... En Asie, les plaies s'infectent vite : il faut tout de suite consulter. 4 jours à l'hôpital de bangkok, malgré un niveau de douleur élevé...et notre Inès de 2,5 ans demandait encore à revenir à Bangkok)
la 1ère année, nous avons fait Krabi, Koh Jum et Koh Phi Phi. - A krabi, une superbe maison d'hote tenue par un français et un franco-vietnamien : www.lepassetemps-krabi.com quelques très jolies villas disséminées autour d'une piscine. Beaucoup de gout, de charme et de calme. On y est accuelli en ami, on s'y sent chez soi. la plage et le restaurant sont en contre-bas : plage petite, mais privée et agréable. Hamac, balançoire, les enfants y sont heureux. Les propriétaires organisent pour vous tout un tas d'excursions (canoé, trek, ...) sans vous "assommer". Seul bémol : l'endroit est excentré ; on ne peut pas sortir prendre un pot le soir, ou aller manger dans une guesthouse à pied. La baie d'Ao Nang est superbe, beaucoup de choses a y faire dans la nature.
- Koh Jum : une petite île entre Krabi et Phuket, encore peu envahie par le tourisme. Des pistes en terre rouge, des pécheurs, quelques petits commerces. De longues plages, pas forcément turquoise-carte postale, mais tellement agréables. Nous étions au www.kohjumlodge.com/fr.htm. De très beaux bungalows sur la plage et autour de la piscine, bien aérés (clim pas nécéssaire), et décorés avec charme. Eviter de prendre les transferts et autre excursions via le propriétaire français qui facture le double de ce que propose les guesthouses voisines (et qui sème en vous le doute de façon perverse en arguant que votre sécurité est en jeu lorsque vous ne prenez pas son CHER bateau !). Idem pour le resto : cher, service très long (parfois plus de 20 25 minutes pour le 1er plat), et sans sourire ni gentillesse. En fait, Jean Michel, n'excelle pas dans la gestion humaine et on a vraiment l'impression que ses employés son au bagne. Jean Michel a sû garder les défauts des français, et s'approprier ceux des thais...(par exemple, vous demandez un oeuf ...il vous répond qu'il n'y en a pas sur l'île, ce qui est faut. Il a eut des dizaines de remarques sur le service du restaurant, feint de prendre l'info au sérieux, et rien ne change année après année)...dommage, car l'île est belle et paisible. Cela dit, il y a des dizaines de bons resto de plage, meilleurs et bien moins chers, de part et d'autre de son resort. allez-y pour les sympathiques bungalows, et vivez le reste ailleurs.
Koh Phi Phi : Il FAUT Y ALLER. Nous avons choisi une baie au calme, avec le Koh Phi Phi island village. Nous avons négocié à la dernière minute, - 50%, et surclassés un beach view villa. La piscine est aussi belle que grande, le personnel aux petits soins. Nous mangions à l'extérieur dans de simples resto de plage, bien meilleurs, avec une ambiance plus locale, plus humaine. koh Phi est idéale pour le snorkelink, la plongée.
La seconde année, nous avons fait Koh Yao et re Koh PHI PHI. Koh Yao est à moins d'une heure de bateau (liaison locale régulière) de Phuket. On y va pour y découvrir la vie locale, non polluée par le tourisme. Pas pour les plages qui sont un peu vaseuses à marée basse. mais que cela ne vous arrête pas. La Thailande a beaucoup d'aspects à découvrir...s'arrêter uniquement aux plages superbes serait dommage. Nos filles se sont liées à une petite Thai, et de fil en aiguille, elle les a emmenées passer une journée avec elle à l'école. expérience inoubliable pour nos enfants. Nous avons visité à nouveau la baie avec un pécheur, durant 1 journée. On ne se lasse pas de ses beaux paysages, de faire un plongeon où bon nous chante, ...le village des gitans de la mer est devenu une excursion très touristique : je ne précipiterais pas pour y aller. A koh Yao, un excellent restaurant en bord de mer, qui est vite devenu notre cantine. Je n'ai plus le nom en tête, mais ferai les recherches si vous en avez besoin. Un chauffeur de taxi sympa, et qui pratique des prix bas : sak : 0878885825 et 0873832330 (mais les numéros changent...)
Cette année, nous avons séjourné à Koh Phan Gan. Nous avions choisi la plage de Thong Nai Pan : la plus belle, calme. Nous avons passé 4 jours sur la partie Yai (havana beach resort), puis 5 jours sur la partie Noi (Santhiya resort). Sur Thong nai Pan Noi, le Thongtapan resort était devenu notre cantine. C'est excellent. nous avions choisi le Santhia resort, avec une villa avec piscine. Là encore, les négociations de dernière minutes permettent d'accéder à un vrai luxe avec 40 à 50 % de discount.
A noter : un bateau local part de la plage de Thong nai pan tous les matins à 9H pour aller à Koh samui. Cette liaison n'est pas souvent indiquée sur les sites internet. Il y a bien sur la liaison dans l'autre sens, mais je ne connais pas les horaires. Attention, si vous quittez Koh Phan Gan pour prendre un avion direct à Koh samui, prenez en compte le fait que les liaisons régulières sont parfois très en retard. J'avais compté 1h30 de marge avant le last minute checking...et c'était encore trop court : nous avons raté notre avion. Cela dit, no stress, il y a des avions toutes les heures de Samui à BKK. et finalement, entre les coûts de taxi, de bateau, le stress de louper l'avion, ...nous avons regretté de ne pas prendre le speed boat du Santhia. C'est direct de porte à porte, on n'a rien a gérer.
N'oubliez jamais 2 dangers pour les enfants : le soleil (T shirt manche longue et ne pas s'exposer entre midi et 15H) et les piscines, (pour les enfants qui ne savent pas nager). Nous avons repéché plusieures fois notre fille de 3 ans. Un enfant qui coule ne fait aucun bruit... Il ne faut pas s'arréter de vivre: il faut juste être très vigilant. A vrai dire, nous n'avions l'oeil sur nos filles que lorsqu'elles étaient à la piscine. pour le reste, tout est très facile, sans danger.
Pour les resto : il suffit juste de préciser "no pepper, no garlic, no curry"...et nos enfants mangent tous les plats.
Last, but not least : Bangkok. Nous avons bien sûr fait les incontournables, mais nous apprécions surtout les endroits non touristiques. C'est là que ce font les vrais rencontres. Et il faut les laisser venir à nous, en prenant le temps. Nous sommes allés notamment à Nonthaburi , un faubourg de Bangkok. Une belle maison d'hote, tout en teck, et très abordable : www.thaihouse.co.th/. seul inconvenient : pas de piscine. Nonthaburi est relié par un bateau au centre de Bangkok tôt le matin, et en fin d'après midi. Cette année, nous avons eue la chance de découvrir Thonburi, ses klongs et son marché flottant gràce à un VFiste amoureux de la Thailande authentique, des thais, : thuan . Si vous avez la chance de faire une ballade avec lui, vous commencerez a découvrir réèllement Bangkok. thuan nous a fait également découvrir un grand marché local : (façon Chatuchak, mais pour les thai). Thuan connaît bangkok par coeur, il aura des tas de tuyaux à vous donner, si vous vous donnez la peine d'aller à sa rencontre. Et pour être très honnète, le meilleur souvenir de nos filles, pour ce dernier séjour, c'est notre journée avec Thuan. Là, je suis contente, quand je vois que mes enfants ne retiennent pas la piscine ou un luxe qui nous est facile compte tenu des différences de niveau de vie et de prestations hotelières. Constater que mes enfants sont heureuses d'apprendre à voir les choses autrement, qu'elles s'interrogent sur certains de nos mauvais reflexes occidentaux...cela m'encourage à résister à notre société de consommation, pour leur offrir le vrai luxe : aller à la recherche d'autres façons de vivre, d'autres regards.
Mandarine2
Nous rentrons de notre troisième voyage en thailande, avec nos 2 filles qui adooooooorent ce pays depuis qu'elles le découvrent. (La 1ère fois, elles avaient 2,5 et 5 ans, depuis, nous y retournons chaque année pendant 16 jours).
Dans un post différents, j'ai expliqué qu'à mon sens, il ne faut pas hésiter à aller visiter ce pays, malgré les incertitudes politiques. Il faut juste éviter le Sky train, les endroits de manifestations ou regroupement de rouges et jaunes...et si ça dégénère, aller dans les quartiers peu visitées comme Thonburi ou Nonthaburi. moi, j'aurai rêvé d'être "coincée " en thailande, parce que nous ne nous y sentons pas en insécurité.
Nous choisissons toujours un vol direct (plus facile avec les enfants), puis nous poursuivons directement de l'aéroport avec un vol domestique pour les iles. En gros, on en a toujours pour une trentaine d'heures avant d'arriver à destination, mais nous préférons faire le tout au début, d'un seul trait. De toutes façons, fatigués pour fatigués, la première journée est toujours un peu sacrifiée. Puis, nous faisons 1 ou 2 îles, avant de revenir à bangkok pour au moins 4 jours. Il y a des tas de choses interressantes à faire à bangkok, et nos enfants aiment beaucoup. Quand je leur demande parfois si elles préfèrent faire un peu plus de plage, mais raccourcir cette étape de bangkok, elles refusent en bloc. globalement, nous choisissons des hotels haut de gamme, que nous réservons le dernier jour, pour obtenir des discount de l'ordre de 50 %. Il faut parfois s'y prendre à 3 reprises, négocier le prix pour 1 nuit, puis un meilleur encore pour 3, 4 ou 5 nuits, puis négocier les extras bed gratos, idem pour les petits dej enfants... Oui, ça prend un peu de temps, mais en Thailande, tout n'est pas standardisé, tout est fonction de la relation que l'on établit...et la notion de temps n'a rien à voir avec la nôtre. nous mangeons dans les petits resto de plages, prafois dans la rue à Bangkok. aucun problème sanitaire, et c'est tellement bon. (j'évite seulement les fruits déjà coupés)
Les thais sont généreux ( Dans un resto de Koh phan Gan, le serveur est allé lui même nous acheter une bouée qu'il a offerte à notre cadette ), ils adorent les enfants, jouent avec tout le temps.
Rien à craindre pour la santé des enfants : dans le pire des cas, les hopitaux de Bangkok sont de bien meilleur niveau que les nôtres. (nous en avons fait l'expérience : lors d'une ballade à vélo, notre fille de 2 an et demi s'est pris les pieds dans les roues arrières. Elle avait une plaie profonde est très large. c'est une thai qui l'a soignée en premier lieu, je n'étais pas sur place. Malgré la barrière de la langue, je peux vous assurer que lorsque je suis arrivée, j'ai trouvé ma fille rassurée, apaisée et en sécurité avec cette dame...ça aussi, c'est de la générosité... En Asie, les plaies s'infectent vite : il faut tout de suite consulter. 4 jours à l'hôpital de bangkok, malgré un niveau de douleur élevé...et notre Inès de 2,5 ans demandait encore à revenir à Bangkok)
la 1ère année, nous avons fait Krabi, Koh Jum et Koh Phi Phi. - A krabi, une superbe maison d'hote tenue par un français et un franco-vietnamien : www.lepassetemps-krabi.com quelques très jolies villas disséminées autour d'une piscine. Beaucoup de gout, de charme et de calme. On y est accuelli en ami, on s'y sent chez soi. la plage et le restaurant sont en contre-bas : plage petite, mais privée et agréable. Hamac, balançoire, les enfants y sont heureux. Les propriétaires organisent pour vous tout un tas d'excursions (canoé, trek, ...) sans vous "assommer". Seul bémol : l'endroit est excentré ; on ne peut pas sortir prendre un pot le soir, ou aller manger dans une guesthouse à pied. La baie d'Ao Nang est superbe, beaucoup de choses a y faire dans la nature.
- Koh Jum : une petite île entre Krabi et Phuket, encore peu envahie par le tourisme. Des pistes en terre rouge, des pécheurs, quelques petits commerces. De longues plages, pas forcément turquoise-carte postale, mais tellement agréables. Nous étions au www.kohjumlodge.com/fr.htm. De très beaux bungalows sur la plage et autour de la piscine, bien aérés (clim pas nécéssaire), et décorés avec charme. Eviter de prendre les transferts et autre excursions via le propriétaire français qui facture le double de ce que propose les guesthouses voisines (et qui sème en vous le doute de façon perverse en arguant que votre sécurité est en jeu lorsque vous ne prenez pas son CHER bateau !). Idem pour le resto : cher, service très long (parfois plus de 20 25 minutes pour le 1er plat), et sans sourire ni gentillesse. En fait, Jean Michel, n'excelle pas dans la gestion humaine et on a vraiment l'impression que ses employés son au bagne. Jean Michel a sû garder les défauts des français, et s'approprier ceux des thais...(par exemple, vous demandez un oeuf ...il vous répond qu'il n'y en a pas sur l'île, ce qui est faut. Il a eut des dizaines de remarques sur le service du restaurant, feint de prendre l'info au sérieux, et rien ne change année après année)...dommage, car l'île est belle et paisible. Cela dit, il y a des dizaines de bons resto de plage, meilleurs et bien moins chers, de part et d'autre de son resort. allez-y pour les sympathiques bungalows, et vivez le reste ailleurs.
Koh Phi Phi : Il FAUT Y ALLER. Nous avons choisi une baie au calme, avec le Koh Phi Phi island village. Nous avons négocié à la dernière minute, - 50%, et surclassés un beach view villa. La piscine est aussi belle que grande, le personnel aux petits soins. Nous mangions à l'extérieur dans de simples resto de plage, bien meilleurs, avec une ambiance plus locale, plus humaine. koh Phi est idéale pour le snorkelink, la plongée.
La seconde année, nous avons fait Koh Yao et re Koh PHI PHI. Koh Yao est à moins d'une heure de bateau (liaison locale régulière) de Phuket. On y va pour y découvrir la vie locale, non polluée par le tourisme. Pas pour les plages qui sont un peu vaseuses à marée basse. mais que cela ne vous arrête pas. La Thailande a beaucoup d'aspects à découvrir...s'arrêter uniquement aux plages superbes serait dommage. Nos filles se sont liées à une petite Thai, et de fil en aiguille, elle les a emmenées passer une journée avec elle à l'école. expérience inoubliable pour nos enfants. Nous avons visité à nouveau la baie avec un pécheur, durant 1 journée. On ne se lasse pas de ses beaux paysages, de faire un plongeon où bon nous chante, ...le village des gitans de la mer est devenu une excursion très touristique : je ne précipiterais pas pour y aller. A koh Yao, un excellent restaurant en bord de mer, qui est vite devenu notre cantine. Je n'ai plus le nom en tête, mais ferai les recherches si vous en avez besoin. Un chauffeur de taxi sympa, et qui pratique des prix bas : sak : 0878885825 et 0873832330 (mais les numéros changent...)
Cette année, nous avons séjourné à Koh Phan Gan. Nous avions choisi la plage de Thong Nai Pan : la plus belle, calme. Nous avons passé 4 jours sur la partie Yai (havana beach resort), puis 5 jours sur la partie Noi (Santhiya resort). Sur Thong nai Pan Noi, le Thongtapan resort était devenu notre cantine. C'est excellent. nous avions choisi le Santhia resort, avec une villa avec piscine. Là encore, les négociations de dernière minutes permettent d'accéder à un vrai luxe avec 40 à 50 % de discount.
A noter : un bateau local part de la plage de Thong nai pan tous les matins à 9H pour aller à Koh samui. Cette liaison n'est pas souvent indiquée sur les sites internet. Il y a bien sur la liaison dans l'autre sens, mais je ne connais pas les horaires. Attention, si vous quittez Koh Phan Gan pour prendre un avion direct à Koh samui, prenez en compte le fait que les liaisons régulières sont parfois très en retard. J'avais compté 1h30 de marge avant le last minute checking...et c'était encore trop court : nous avons raté notre avion. Cela dit, no stress, il y a des avions toutes les heures de Samui à BKK. et finalement, entre les coûts de taxi, de bateau, le stress de louper l'avion, ...nous avons regretté de ne pas prendre le speed boat du Santhia. C'est direct de porte à porte, on n'a rien a gérer.
N'oubliez jamais 2 dangers pour les enfants : le soleil (T shirt manche longue et ne pas s'exposer entre midi et 15H) et les piscines, (pour les enfants qui ne savent pas nager). Nous avons repéché plusieures fois notre fille de 3 ans. Un enfant qui coule ne fait aucun bruit... Il ne faut pas s'arréter de vivre: il faut juste être très vigilant. A vrai dire, nous n'avions l'oeil sur nos filles que lorsqu'elles étaient à la piscine. pour le reste, tout est très facile, sans danger.
Pour les resto : il suffit juste de préciser "no pepper, no garlic, no curry"...et nos enfants mangent tous les plats.
Last, but not least : Bangkok. Nous avons bien sûr fait les incontournables, mais nous apprécions surtout les endroits non touristiques. C'est là que ce font les vrais rencontres. Et il faut les laisser venir à nous, en prenant le temps. Nous sommes allés notamment à Nonthaburi , un faubourg de Bangkok. Une belle maison d'hote, tout en teck, et très abordable : www.thaihouse.co.th/. seul inconvenient : pas de piscine. Nonthaburi est relié par un bateau au centre de Bangkok tôt le matin, et en fin d'après midi. Cette année, nous avons eue la chance de découvrir Thonburi, ses klongs et son marché flottant gràce à un VFiste amoureux de la Thailande authentique, des thais, : thuan . Si vous avez la chance de faire une ballade avec lui, vous commencerez a découvrir réèllement Bangkok. thuan nous a fait également découvrir un grand marché local : (façon Chatuchak, mais pour les thai). Thuan connaît bangkok par coeur, il aura des tas de tuyaux à vous donner, si vous vous donnez la peine d'aller à sa rencontre. Et pour être très honnète, le meilleur souvenir de nos filles, pour ce dernier séjour, c'est notre journée avec Thuan. Là, je suis contente, quand je vois que mes enfants ne retiennent pas la piscine ou un luxe qui nous est facile compte tenu des différences de niveau de vie et de prestations hotelières. Constater que mes enfants sont heureuses d'apprendre à voir les choses autrement, qu'elles s'interrogent sur certains de nos mauvais reflexes occidentaux...cela m'encourage à résister à notre société de consommation, pour leur offrir le vrai luxe : aller à la recherche d'autres façons de vivre, d'autres regards.
Mandarine2
Récit de voyage au Chili en passant par la Patagonie argentine English translation pending
De Buenos Aires à Bariloche
Dès sa descente de taxi au Retiro, terminal de bus de la capitale argentine, elle se dirige vers les nombreux guichets qui affichent tous leurs destinations. Bariloche direct en vingt-cinq heures. Départ douze heures trente. Juste le temps de se restaurer d'un poulet-frites-coca que le départ est annoncé. Assise au premier étage, place panoramique, semi-cama, l'aventure commence. Quelle joie de retrouver cette atmosphère printanière et le soleil qui rend tout plus beau. Elle ne pense déjà plus au brouillard et à la grisaille de sa ville natale dans le sud-ouest de la France. Il fait beau, les gens sont souriants.
A sa droite, deux jeunes touristes belges révisent leurs cours d'espagnol. Elles viennent pour six mois en Argentine perfectionner leur langage et leur première halte se situe dans une ferme près de Bariloche. Elles vont travailler quatre heures par jour en échange de l'hospitalité. La plus jeune semble plus inquiète car elle n'arrête pas de manger des bonbons.
La route est droite, longue, très longue. De chaque côté c'est la pampa avec ses troupeaux de vaches. Des nids de cigognes sont perchés en haut des pylones électriques. Elles parcourent ainsi des centaines de kilomètres sans voir une seule maison. De temps à autre, on devine au loin une estancia abritée par un bosquet d'arbres. Le paysage se déroule ainsi pendant des heures. Cette monotonie n'est entrecoupée que par le vue de pique-boeufs, de poules d'eau, de rapaces, d'autruches, de portails aux croisillons blancs, de plaques indiquant le nom des estancias et de barbelés. Ce grand pays d'élevage est clôturé : d'un côté l'Atlantique, de l'autre la Cordillère des Andes, à l'intérieur des milliers de kilomètres de fil de fer barbelé.
Au petit matin, des haies de peupliers penchés bordent la route, l'herbe est plus verte. La pampa a laissé place à un environnement moins désertique. Au loin, quelques sommets enneigés apparaissent derrière d'immenses forêts. La route devient plus sinueuse et pentue. Le soleil se reflète dans les eaux du lac Nahuel Huapi. Bariloche est en vue.
Cette région de Patagonie ressemble à notre Suisse voisine et doit sa spécialité, le chocolat, aux premiers habitants d'Europe venus s'installer ici au début du vingtième siècle.
Un colectivo (bus de ville) conduit Marie au centre-ville. La fatigue commence à se faire sentir et l'on peut lire sur son visage les traits d'une touriste qui vient de voyager quarante heures non-stop depuis Toulouse-Blagnac. Après un rapide coup d'oeil au plan de la ville, elle se dirige quatre cuadras (carrefours) plus haut vers l'hospedaje San Francisco. La patronne l'accueille avec un large sourire et lui souhaite la bienvenue. Marie n'a qu'une envie : se doucher et dormir.
Au réveil, le lendemain matin, elle allume le poste de télévision et la nouvelle tombe : l'ex Président Kirchner, époux de Cristina, la Présidente actuelle, vient de décéder à El Calafate. Son coeur malade vient de lâcher à l'âge de soixante et un ans. Sur chaque chaîne les images tournent en boucle, montrant tour à tour la Casa Rosada et la foule effondrée venant soutenir la veuve. “Fuerza Cristina” “Nous t'aimons”, autant d'inscriptions accrochées aux grilles du palais présidentiel montrent que le peuple s'identifie à la douleur de cette famille. Des bouquets de fleurs sont déposés sur les trottoirs. Les journalistes interviewent les mères éplorées. On montre aussi l'avion présidentiel qui s'apprête à décoller pour la Patagonie et les silhouettes de Madame Kirchner-mère, de sa soeur et de son épouse. L'Argentine toute entière est frappée par une immense émotion.
Comme pour ajouter à cette peine c'est le jour du recensement national. Consignes sont données de rester chez soi. Les magasins sont fermés, la ville est déserte. Par bonheur, vers vingt heures, les commerces rouvrent et Marie se jette sur la première confiserie venue pour acheter une livre de chocolats. Tout en dégustant les spécialités barilochiennes, elle fait du lèche-vitrine. Les magasins de sport sont nombreux de part et d'autre de la rue Mitre et O'Connor, les deux principales artères de la ville. Dans la journée, elle a eu le loisir de flâner le long du lac, prenant plusieurs photos. Le contraste entre le jaune des genêts et le bleu du lac, avec pour toile de fond un ciel azur rempli de gros nuages blancs, lui donne envie d'immortaliser ce paysage. Elle a également fixé la Cathédrale au style gothique, les chalets en bois bordant le lac, la Place des Armes avec ses canons, l'office du tourisme, ancienne maison coloniale pouvant rappeler l'Alsace. Deux saint-bernard tenus en laisse par leurs maîtres attendent les photographes. Le musée de la Patagonie attire son attention. Demain, elle viendra le visiter.
Aujourd'hui Marie a prévu une randonnée à Los Coihues, malgré la pluie annoncée. Le colectivo n°50 la dépose à une vingtaine de kilomètres plus haut, à l'entrée du parc. Cette balade va lui permettre de découvrir la flore de cette région. Elle emprunte le sentier de randonnée qui longe le lac Guttierez et s'arrête parfois sous les arbres pour se protéger de la pluie fine. Ce sont des coihues ou des robles à petites feuilles persistantes et brillantes semblables à du houx. De beaux chalets en bois bordent le sentier. Etonnée de trouver des bambous à cette altitude, Marie repense à son dernier voyage au Vietnam dans la région de Sapa. La pluie se calme et laisse place à un timide soleil. Elle arrive à un carrefour : à droite, cascade de los Duendes (gnomes), à gauche, Mirador (point de vue). Marie décide d'aller d'abord voir la cascade. La forêt s'épaissit et de longues barbes de vieux dansent sous les mélèzes, signe de bonne santé de la forêt. Cet endroit est magique. Les essences nouvelles éveillent la curiosité de la randonneuse, comme le ciruelillo, sorte de chèvre-feuille aux fleurs orange. Elle aperçoit aussi des chincols, petits oiseaux semblables aux moineaux. Quelques piverts martèlent les troncs d'arbres à la recherche de quelque nourriture. Le bruit de la cascade se fait de plus en plus fort. L'air est frais et humide mais la marche réchauffe Marie et son coeur est léger. Elle se plaît à chantonner et apprécie cette communion avec la nature. Elle aime poser ses mains sur les troncs d'arbres, caresser les mousses et lichens, s'excuser parfois lorsqu'elle est obligée de fouler les herbes. Ce comportement naturel n'est réprimé que par la vue d'un couple qui a fait une halte pour boire un maté. Par politesse, elle accepte gentiment l'invitation à partager cette boisson nationale qu'elle apprécie peu. Ces argentins sont heureux de discuter avec une touriste française.
L'ascension vers le Mirador est plus accidentée, surtout à l'approche du sommet où le sentier se transforme en escalier de marches naturelles de pierres. De magnifiques orchidées jaunes parsèment le chemin. Marie ne peut s'empêcher de pousser un cri d'exclamation lorsqu'elle découvre le panorama. Les cimes enneigées se confondent avec les gros nuages blancs qui se reflètent dans les eaux du
lac. Des condors planent dans le ciel, apparaissant et disparaissant tour à tour derrière les montagnes. Tout ici respire l'harmonie et la paix et un sentiment presque religieux envahit Marie.
CROISIERE EN PATAGONIE CHILIENNE Marie a réservé depuis la France une croisière Navimagreliant Puerto Montt à Puerto Natales, au Chili. Pour bénéficier du tarif basse-saison, elle a un impératif : être sur le lieu du départ le vendredi avant le premier novembre. Elle serait bien restée plus longtemps dans la région des sept lacs pour profiter des forêts d'alerces et d'arrayans, des ciels changeant au gré du vent, des randonnées en montagne et des parrillas le soir au dîner. Lorsqu'elle a traversé la frontière et s'est retrouvée au Chili, Marie s'est sentie envahie de joie : elle était à moitié chez elle. De l'autre côté de la Cordillère, certains paysages lui rappelaient le bocage normand : des pommiers en fleurs, des vaches noires et blanches, de l'herbe verte, des prés clôturés par des haies d'arbres, des maisons en bois. C'est donc le vendredi vingt neuf octobre, vers seize heures, que le bateau largue les amarres.A bord il y a cent vingt cinq personnes, touristes et employés compris. De gros camions ont été chargés à l'aide de puissants ascenseurs. La corne de brume se fait entendre, le drapeau chilien bleu, blanc, rouge étoilé flotte au vent, de grosses cordes de chanvre sont enroulées aux bittes d'amarrage, la cheminée crache une fumée noire. Les touristes, appuyés au bastingage, caméras au poing, immortalisent ces moments d'effervescence. Le bateau prend sa vitesse de croisière et s'élance dans le Seno Reloncavi, baie protégée de chaque côté par des terres. A droite Calbuco, à gauche Hornopiren. La mer est calme, le soleil brille, l'ambiance à bord est décontractée et des affinités se créent entre les voyageurs selon leur pays d'origine. Il y a beaucoup de français, des espagnols, des allemands, des anglais, quelques italiens, des chauffeurs et ouvriers chiliens qui se regroupent à table pour jouer aux cartes. Chacun a retrouvé ses bagages dans les couloirs, au pied des cabines-dortoirs. Deux services de cafétéria assurent la restauration à bord. La nuit commence à tomber. Marie sympathise avec un jeune couple toulousain, Sophie et Cédric, qui achèvent leur tour du monde ici au Chili. Le jour suivant deux animateurs présentent le programme en anglais et en espagnol. Suit un diaporama sur la flore et la faune de la Patagonie. Un écran TV affiche la position du navire et Marie suit avec attention ces indications sur sa carte : 73° de longitude, 45°Sud de latitude (juste à l'opposé de Bordeaux qui se situe à 45° Nord) Nous sommes dans le canal Moraleda. A droite, une multitude d'îles inhabitées, très découpées. A gauche l'Ile Magdalena. Le paysage est de toute beauté. Les mouettes, les goélands et les albatros se détachent sur le gris du ciel, parfois entrecoupé de rayons de soleil. C'est magique, féérique. Après avoir franchi le canal Chacabuco, le bateau arrive dans les eaux plus agitées de l'Océan Pacifique. Les voyageurs ont été prévenus la veille qu'il y aurait beaucoup de tangage et de roulis, surtout dans le golfe de Penas. Marie a prévenu le mal de mer à l'aide de cachets homéopathiques. Les espaces communs se vident peu à peu, les visages palissent et une odeur désagréable envahit les coursives. Marie, amusée, constate que les hommes sont plus sensibles que les femmes à ce phénomène. La soirée s'achève ainsi dans un calme tout relatif. Est-ce l'effet du médicament ou du bercement du bateau, Marie a passé une très bonne nuit. Au petit matin, le micro informe les passagers que le bâtiment a quitté l'Océan et navigue à présent dans le canal Messier, plus calme. De chaque côté de magnifiques fjords et, récompense due à l'avance prise, un arrêt est prévu au pied du glacier Tampanas (48°42 Lat S) Bien emmitouflés dans leurs vêtements chauds, têtes cagoulées, mains gantées, les touristes se précipitent à babord pour admirer le glacier. Une immense bande de glace se jette dans les eaux glacées. Quelques icebergs se sont détachés et dansent sur les vagues. On dirait une glace norvégienne. Malgré l'air glacial qui rougit les visages, on peut lire la joie de partager un spectacle hors du commun. Une escale de deux heures est prévue à Puerto Eden pour ceux qui le désirent. L'occasion sera donnée à Marie de découvrir la flore de l'île Wellington. Les terres sont battues par les vents et seules quelques fétuques poussent aux pieds d'arbustes piquants aux fleurs jaunes, les calafates. Cet arbrisseau donne des baies violettes en automne dont on fait de délicieuses confitures. La tradition dit que celui qui mange ces fruits reviendra en Patagonie! Chaque maison, ou plutôt cabane en bois, a son lopin de terre bien travaillé. La terre est noire, volcanique. Quelques barques colorées sont ancrées au port. Il y a même un collège flambant neuf et l'accès à internet. Tout au long du sentier, des boutiques d'articles artisanaux permettent aux habitants isolés de survivre. Pas de mendicité ici mais de la dignité, la dignité d'un peuple fier. Cet arrêt bi-hebdomadaire permet le ravitaillement de ce petit port de pêche en produits de première nécessité. Le débarquement à Puerto Natales se fait sous la pluie. Les plus jeunes et sportifs projettent de faire un trek de plusieurs jours dans le célèbre Parc de Torres del Paine. Quant à Marie ce sera juste une ville-étape. Elle en profite pour visiter les lieux en fin de journée lorsque la pluie a cessé. Elle revient au port où une famille de majestueux cygnes blancs à cols noirs attire son attention. C'est aujourd'hui le premier novembre, les magasins sont fermés. Sur la route du cimetière elle photographie les petites maisons colorées et leur devant de porte bien clôturé. Les pelouses sont recouvertes de pissenlits formant un épais tapis jaune. Quelques massifs de tulipes et de pivoines la renvoient à son jardin lointain. Là-bas, tout doit être en sommeil et elle apprécie la chance d'être à l'autre bout du monde en ce moment. Le jour suivant, Marie se retrouve deux cents kilomètres plus bas, dans la ville la plus australe du Chili, Punta Arenas. Des maisons aux toits de tôle peints de couleurs vives lui rappellent les ports norvégiens du Spitzberg, à latitude inverse, même paysage. Est-ce par hasard que Marie se sent déboussolée dans ces contrées? Son sens inné de l'orientation lui fait défaut. Elle interprète toujours en sens opposé les plans de son guide et doit demander son chemin aux passants. Elle regrette de ne pas avoir emporté une boussole dans ses bagages. C'est donc après plusieurs kilomètres d'errance que Marie arrive au Residencial Roca, avenue Magellan. C'est une belle bâtisse coloniale pleine de charme, tenue par deux soeurs septuagénaires. La chambre est spacieuse, les plafonds très hauts, le lit confortable. A deux pas se trouve la Place des Armes très animée en cette fin d'après-midi printanière. Un groupe de collégiens en uniforme bleu-marine et blanc posent pour elle au pied de la statue du célèbre navigateur. Des boutiques sur roulettes exposent les articles artisanaux faits de laine du pays : bonnets, pulls, écharpes, porte-clés, bijoux. A l'approche du fameux Détroit de Magellan, Marie ne peut s'empêcher d'avoir une pensée émue pour ses lointains ancêtres les portugais, découvreurs et aventuriers courageux. Le lendemain une excursion la conduit dans la pingouinerie de Seno Otway, à bord d'un minibus. Une heure de route où elle peut observer les guanacos broutant les herbes de la steppe, des troupeaux de moutons paissant tranquillement, quelques nandous et des condors. Cette région très aride, balayée par des vents violents, est une réserve naturelle pour les manchots de Magellan, reconnaissables à leur double collerette noire. C'est la période de la couvaison et les parents veillent à tour de rôle sur leurs oeufs enfouis au fond des trous, à même le sable. Au loin, un panorama spectaculaire s'offre à ses yeux : les massifs enneigés de la Terre de Feu. LE PERITO MORENO ET LE FITZ ROY Prochaine destination : El Calafate et le Perito Moreno. Après une brève escale à Rio Gallegos, passage obligé pour rejoindre en bus cette région d'Argentine si célèbre grâce à son glacier, Marie arrive au terminal d'El Calafate au milieu de l'après-midi. Elle n'a qu'une centaine de mètres à parcourir pour se rendre à l'albergue du lago argentino. Cet endroit est très touristique et elle n'est pas étonnée de trouver beaucoup de routards. Heureusement, il reste un lit disponible en chambre individuelle, en cellule plutôt. La pièce mesure deux mètres cinquante sur un mètre cinquante à peu près. Une petite fenêtre en hauteur laisse passer un peu de lumière. Les douches et les lavabos communs se trouvent au fond du bâtiment. Il y a une cuisine équipée à la disposition des clients et Marie, lasse des sandwichs jambon–beurre–pain de mie et des poulet-frites va en profiter pour se cuisiner de bons petits plats qui attireront l'odorat du réceptionniste et des co-pensionnaires. Comme à chaque fois qu'elle arrive dans une nouvelle ville, Marie prend l'atmosphère des lieux en arpentant les rues toujours tracées sur le même modèle, en quadrillage. De beaux magasins, restaurants et cafés se trouvent de chaque côté de l'avenue du général San Martin. Elle entre dans un cyber café pour consulter ses mails et envoyer quelques photos à sa famille et à ses amies. Il fait beau, l'air est frais et elle se réjouit d'être là, consciente du privilège qu'elle a. En remontant vers l'auberge, elle s'arrête au terminal pour acheter son billet pour le lendemain à la compagnie Caltur qui assure l'aller-retour pour le Perito Moreno. C'est donc le lendemain à neuf heures que le bus quitte la ville pour une heure de route à destination du mythique glacier. Le soleil brille, une belle journée s'annonce. Marie est stupéfaite à la découverte de l'imposant spectacle qui s'offre à elle du haut des passerelles. Des kilomètres de passerelles bien sécurisées zigzaguent face au monstre de glace, permettant aux visiteurs de le voir sous plusieurs angles. Tout à coup, un bruit d'explosion la stoppe sur place. Un gros bloc vient de se détacher du front, entraînant d'immenses remous dans les eaux du lac. Elle retrouve la même végétation qu'au Chili, à même latitude : les ciruelillos et les calafates. Quelques rouges-gorges sautillant de branche en branche viennent rompre le silence de leur chant aigu. L'atmosphère est irréelle. Ce glacier avance de deux mètres par jour en été, sous l'action du soleil qui réchauffe les glaces, et des vagues qui viennent miner la base de l'édifice. D'énormes icebergs se détachent et flottent à la surface des eaux turquoise. Les rayons du soleil éclairent d'immenses failles verticales d'un bleu électrique. L'ensemble ressemble à une cathédrale ou à un château-fort dont les créneaux se découpent sur le ciel limpide. Des traces brunâtres alternent avec un blanc-bleuté d'une pureté extraordinaire : on dirait un gâteau marbré. Ces strates sont constituées de sédiments et il est facile de dater l'épaisseur de neige compactée. Plus loin on aperçoit une arche et des cavernes. Le dessus ressemble à de la crème chantilly que l'on aurait dressé à l'aide d'une poche à douille. Marie ne peut s'empêcher de méditer devant ce spectacle hors du commun, faisant le vide dans sa tête et prenant toute l'énergie de ce lieu grâce à une respiration contrôlée. Le soir, Marie réserve une excursion pour découvrir les glaciers Onelli, Spagazzini et Perito Moreno depuis le lac Argentine. Arrivée à l'auberge, elle partage son plat de langoustines avec des touristes rencontrés sur le paquebot de croisière, et raconte sa journée passée devant le fabuleux glacier. Certains ont fait aujourd'hui l'excursion sur le lac et en sont revenus vraiment enchantés. Elle aime ces échanges autour d'un bon plat et d'un bon verre de vin argentin. Les conseils et les avis sur telle ou telle destination sont toujours bons à prendre, même si le temps très variable en Patagonie, peut influer sur l'appréciation de chacun. A sept heures du matin, un minibus vient prendre les touristes à l'auberge pour les conduire à Puerto Banderas, lieu de départ de l'excursion. Une longue file d'attente s'étire avant de pénétrer, après acquittement des droits d'entrée au parc, sur les quais. Les visiteurs se répartissent par groupe d'une cinquantaine de personnes dans les nombreux catamarans ancrés au port. A nouveau, Marie entend parler plusieurs langues, et une charmante hôtesse annonce la bienvenue à bord. C'est sous le soleil matinal que le bateau s'élance. Les passagers, cameras et appareils photos en main, se massent sur les plats-bords pour ne rien perdre du spectacle unique qui se déroule sous leurs yeux. A tribord ce sont des montagnes de granit rouge qui contrastent avec le bleu-vert des eaux du lac. Puis, deux heures après ils aperçoivent les premiers îlots de glace. Le glacier Onelli est en vue. Moins impressionnant que le géant mais tout aussi beau. Chacun se plaît à imaginer une forme : un gros palmipède, une baleine, un navire, une maison de Schtroumfs. Les lunettes de soleil haute protection sont indispensables pour éviter les brûlures et une odeur de crème solaire se dégage des visages rougis par le froid. Des cris d'exclamation se font entendre de part et d'autre. Il règne une atmosphère de joie et les amateurs de photos se régalent, prenant cliché sur cliché pour la postérité. Le bateau redémarre et l'hôtesse annonce le prochain glacier aux environs de midi. Frigorifiés par l'air glacial, les passagers rentrent à l'intérieur pour se réchauffer. Marie s'assied près d'une argentine et entame une conversation par politesse. Cette personne suit, avec un groupe de collègues, un stage de formation à El Calafate et en profite pour faire du tourisme dans cette région si belle. Marie apprend beau-coup de choses sur la vie quotidienne des argentins et son interlocutrice semble ravie de discuter avec une française. Un service de boissons et de sandwichs permet aux touristes de se restaurer. Aux abords du second glacier, le Spegazzini, on retrouve la même effervescence. Celui-ci est très imposant, son front mesure plusieurs mètres. Toujours des dizaines d'icebergs d'un blanc immaculé en haut et bleuté à la base. Quand on pense que seule la partie émergée est visible on réalise avec peine que la partie immergée est dix fois supérieure. Ce lac, le plus grand d'Argentine, mesure près de six cents mètres au plus profond. Le passage vers l'Upsala étant bloqué par les glaces, une approche au pied du Perito Moreno est proposée. Une pluie glaciale se met à tomber, obligeant les touristes à regagner la pièce chauffée à l'intérieur. C'est donc en début d'après-midi que Marie fait face à une barrière de soixante mètres de hauteur. La vue d'en bas est encore plus impressionnante. Plusieurs ruptures se produisent dans un bruit d'enfer. Les remous font dangereusement bouger le bateau. Les fenêtres lumineuses ont disparu laissant place à des failles verticales de couleur grise ou noire. L'omelette norvégienne s'est transformée en un redoutable fantôme. Hier, sous le soleil et vu d'en haut, le glacier était féérique, aujourd'hui, sous la pluie et vu d'en bas il est dantesque. Après une bonne nuit Marie prend le bus pour El Chalten, situé à trois heures de route plus au nord. Le même paysage de steppes se déroule : ci et là quelques guanacos et choiques semblables à des autruches, affrontent le vent glacial. Elle regarde la cordillère enneigée se dessinant au loin sur un ciel azuré parsemé de gros nuages blancs, lorsque soudain, le Géant s'offre à elle. Elle l'a déjà vu en photo, mais le voir en vrai la remplit d'une immense joie et du sentiment d'être privilégiée. Cette dent de granit émerge des montagnes et son sommet joue à cache-cache avec les nuages. Le Fitz Roy grossit de plus en plus. Ses couleurs changent au gré de la lumière, passant du gris bleuté au rose tendre. La neige recouvre les flancs, le sommet est dénudé, battu par les vents. L'arrêt du bus devant le Maison d'information du Parc lui permet de se renseigner sur les diverses randonnées à effectuer et, passionnée par les plantes, elle achète un dépliant sur la faune et la flore de cette région. Chaque groupe est accueilli par des animateurs qui donnent les règles à suivre pour respecter l'environnement et signaler le risque de se trouver face à face avec un puma! Les empreintes de daims doivent être signalés également. Des consignes de sécurité sont données afin d'éviter les accidents. El Chalten est un tout petit village s'étendant dans la vallée. Il reçoit des amateurs de randonnées et des andinistes chevronnés de tous les pays. C'est à l' Auberge Patagonia qu'elle trouve un lit dans un dortoir prévu pour quatre personnes. Comme dans toutes les auberges il y a une cuisine équipée, une salle à manger et beaucoup de routards. Ici aussi, les prés regorgent de fleurs jaunes de pissenlits. L'accueil est très chaleureux. Marie partagera sa chambre avec une allemande et deux autrichiens. Après un déjeuner composé d'une soupe de citrouille et de blanc de poulet frit, elle décide de se rendre au Mirador, en direction de la Laguna Capri. Le sentier grimpe sévèrement dès le début. Elle doit s'arrêter pour reprendre sa respiration à plusieurs reprises et elle profite de ces haltes pour se retourner et admirer le village : des toits de tôle de couleur bleue, verte, rouge, jaune rendent ce petit village très gai. Le soleil brille mais un vent glacial souffle. La forêt de hêtres atténue son effet. Au bout de deux heures de marche entrecoupées de pauses, le sentier est à découvert et un spectacle hors du commun s'offre à Marie : un couple de condors plane au-dessus d'elle. Elle s'amuse à les suivre à la jumelle et observe le travail des rémiges. Trois battements d'ailes et la levée des rémiges leur permet de se diriger. Ont-ils aperçu une proie? Leur cercle s'agrandit de plus en plus et ils disparaissent derrière les montagnes. Des mottes buissonnantes, épineuses et flamboyantes parsèment l'herbe rase. Ce sont des mata guanaco. Les fleurs ne s'épanouissent pas, ce sont des boutons en forme d'ogives de couleur rouge-orangé qui contrastent avec le vert des prés, le bleu du ciel et le blanc de la neige au loin. Une barre rocheuse s'élève: le Fitz Roy. Il se dresse, majestueux. Marie a une pensée émue pour Lionel Terray qui l'a gravi en 1952. Quel courage! A côté, elle se sent toute petite. On dirait une canine dressée qui s'élève à près de 3 500 mètres d'altitude. Les indiens l'avaient surnommé “le volcan” en raison des nuages gris qui le recouvrent souvent comme de la fumée qui s'échapperait d'un volcan. Heureusement, cet après-midi, elle peut l'admirer et le photographier dans toute sa splendeur. Lors de la descente vers le village, Marie aperçoit, à flanc de montagne, plusieurs traces blanchâtres, signe qu'il y a au-dessus, posées sur le rebord étroit, des aires de condors ou d'aigles. Les rapaces continuent leur ballet dans le ciel et se jouent des randonneurs. Elle s'arrête plusieurs fois pour se désaltérer à l'eau pure des petits torrents qui dévalent les pentes. Plus bas, elle observe des carpinteros magallanicos, ces piverts au jabot rouge feu, au bec noir et au plumage gris strié de blanc. Habitués aux humains, ils ne daignent même pas arrêter leur martèlement sur les vieux troncs calcinés par les tempêtes. En revenant sous le couvert des hêtres, elle croise Georges, le bordelais septuagénaire qu'elle a rencontré sur le Puerto Eden. Ce vieil homme solitaire, très alerte et jovial, semble ravi de retrouver un visage connu. Ils échangent quelques mots, se racontant leur parcours depuis leur séparation à Puerto Natales, quinze jours auparavant. Les journées sont si intenses ici en Patagonie qu'il leur semble s'être rencontrés dans une autre vie. Tout au long de son voyage Marie croisera ainsi ce qu'elle appelle “des petites étoiles”, des hommes et des femmes remplis d'optimisme, les yeux pétillant des mêmes valeurs qu'elle, une sorte de communauté de gens de bonne volonté. Ces deux-là auraient pu faire un bout de chemin ensemble, mais la timidité et le respect mutuel en ont décidé autrement. Le lendemain, de très bonne heure, Marie opte pour une randonnée vers le Mirador du Cerro Torre. L'approche est plus douce. Le sentier démarre dans les tourbières moelleuses gorgées d'eau. De temps à autre, les montagnes se reflètent dans des petites mares, accentuant la magie des lieux. Sur ce versant mieux exposé au soleil, les anémones et les orchidées foisonnent. Sur la gauche Marie découvre une montagne en forme de pyramide bicolore, noire et blanche. Des cascades gigantesques alimentent plus bas la rivière Fitz Roy, cachée par la végétation. Le chemin devient de plus en plus ardu et serpente à travers les rochers et les souches grises des arbres morts. Arrivée au Mirador, la même émotion indescriptible envahit Marie. A côté du Géant, sur la gauche, un autre massif plus bas et arrondi : le Poincenot. Celui-ci est entièrement recouvert de neige. Ces deux sentinelles veillent amoureusement sur le village. Marie sort le pique-nique de son sac et s'assied, fatiguée, sur l'un des nombreux bancs. Il est midi, le soleil tape fort et toujours ce vent cinglant. Lunettes de soleil, bonnet, coupe-vent, crème solaire sont vraiment indispensables. Son plaisir, à chaque grande halte, c'est d'ôter ses chaussures et chaussettes afin de laisser respirer ses pieds. Le troisième jour, Marie entreprend de gravir le versant opposé, en direction du Mirador du Lago Toro. Le départ du sentier est situé juste à côté de la Maison du Tourisme. Des panneaux de bois balisent le chemin, aucun risque de se perdre. Au pied de la montée même fraîcheur et humidité, même végétation. Au bout d'une heure de marche celle-ci se raréfie, laissant place à un paysage aride. Seules des fétuques jaunâtres poussent ça et là. La montée est de plus en plus difficile, la fatigue et le découragement se font sentir. Le sommet est encore loin et à ce rythme elle pense au retour qui risque de s'avérer trop long. Marie n'aime pas renoncer mais la sagesse lui conseille de faire demi-tour. La descente est plus agréable, moins épuisante pour son coeur qui, à cette altitude, doit travailler deux fois plus. Au loin, toujours les deux sentinelles au garde-à-vous, vues sous un angle différent. En bas, le paisible village semble endormi. Le clocher de l'église sonne midi lorsque Marie arrive, épuisée, à l'auberge Patagonia. Ce midi au menu ce sera ratatouille et beefsteak. L'auberge est vide de touristes, les jeunes partant pour la journée entière et ne revenant que tard le soir, le visage et les bras rougis, fourbus mais heureux. L'après-midi Marie décide d'aller voir les chutes du Chorillo del Salto. Cette promenade suit la petite rivière Las Vueltas. Il n'y a pas d'effort à faire, juste mettre un pied devant l'autre. Le début est une piste caillouteuse et à chaque passage d'un 4x4 un nuage poussiéreux l'oblige à se protéger le visage avec son écharpe en guise de masque. Sur le bord de la rivière, un couple d'oies andines prend le soleil. Le mâle tout blanc excepté son bec et ses pattes noires, les ailes rayées de gris. La femelle toute grise, plus petite. Le couple semble habitué à la fréquentation de cet endroit par les curieux car il ne daigne même pas bouger. Puis l'accès est interdit aux véhicules et la piste se transforme en un agréable sentier qui serpente au milieu d'un épais tapis d'herbe verte parsemé de milliers de fleurs de pissenlits. Ici encore des calafates, des ciruellos (sorte de chèvre-feuille) aux fleurs orange flamboyant, des gaultherias aux baies violettes, un véritable festival de couleurs. Soudain, Marie entend un bruit assourdissant : des tonnes d'eau s'abattent sur les rochers. Haute d'une quinzaine de mètres, la cascade miroite sous l'effet du soleil. A ses pieds, beaucoup de touristes, appareils photos en mains, immortalisent la scène. La roche est grise, brillante, usée par l'écoulement de l'eau. Sur les côtés, le gris des arbres déracinés contraste avec le vert des arbustes en fleurs. Quelques amoureux semblent s'éterniser, assis sur les rochers. C'est rechargée en énergie que Marie regagne le village qu'elle doit quitter ce soir pour une très longue route qui la conduira jusqu'à Chile Chico. RETOUR EN PATAGONIE CHILIENNE C'est donc vers 15H30 que le minibus arrive le 10 novembre à Chile Chico. La traversée sur la célèbre route 40 a été fatigante. Peu ou pas de goudron, un bus en mauvais état pas confortable du tout, un arrêt au petit matin dans une estancia pour le petit déjeuner, un ranch perdu au milieu de nulle part, un lever de soleil magnifique, la terre et le feu. Le passage de la frontière à los Antiguos avait duré plus d'une heure, les chiliens vérifiant tous les bagages des argentins; puis ce minibus pour elle toute seule. Ici aussi des lacs à perte de vue, des paysages magnifiques. L'aridité a laissé place à une nature généreuse. Marie est très heureuse de retrouver “son” Chili et la gentillesse de ses habitants. L'hôtesse du guichet ne l'avait-elle pas appelée corazon? Ce n'est pas en France que de tels mots affectueux seraient prononcés. Ce n'est pas de la familiarité, seulement un signe d'attention. La voyageuse trouve un hôtel, le Rosaria, juste à côté du port. Marie va se dégourdir les jambes en gravissant la colline qui se dresse derrière le port et où trône une Vierge. Des lycéens argentins en voyage de fin d'année chahutent et interpellent la touriste : “D'où viens-tu? Où vas-tu? Tu viens de quel pays?”. De là-haut Marie voit la petite ville et ses rues quadrillées, les barges ancrées prêtes à larguer les amarres pour Puerto Ibanez, ville située sur l'autre rive du lac Carrera. Ce soir, elle ira au restaurant car dans le bus, contrairement aux habitudes, les repas n'ont pas été servis et elle se sent affamée. Le lendemain matin elle parcourt les rues de la ville et observe l'avance du printemps : les soucis et les pivoines sont en fleurs, les arbustes aussi comme le pommier de japon, le forsythia, le genêt. Près de l'hôtel elle remarque une quantité de plantes en pots. Une jeune femme s'approche, la salue et la conversation est entamée. La même passion les anime : les fleurs et les plantes. Elle s'appelle Marcela. C'est une belle femme d'environ trente cinq ans, ses longs cheveux noirs bouclés encadrent un visage fin, à peine typé. Sa voix est douce, elle est souriante. Marie est invitée à pénétrer à l'intérieur de la serre et s'exclame devant tant d'abondance. Des semis et des boutures partout, bien étiquetés. Marie traduit en français le nom des plantes qu'elle reconnaît. Beaucoup de noms sont semblables car la racine est latine. C'est à regret que les deux amies se séparent car Marie doit faire ses bagages et embarquer sur le Pilchero pour l'autre rive. La route 40 n'a rien à envier à la Carretera Austral si ce n'est la végétation luxuriante. Même ripio, même poussière lorsque le temps est sec. De part et d'autre de la route d'immenses fougères, des bambous, des malcas (sorte de rhubarbes) en fleurs violettes dont les tiges se mangent crues et salées, transportent Marie en forêt tropicale tandis que nous sommes en Patagonie, à environ 47° de latitude Sud. Sur la gauche les sommets enneigés se découpent sur le ciel bleu. La route serpente dangereusement dans un foisonnement de cascades, de torrents, de lacs, de falaises et de plantes géantes. On se croirait dans un conte de fées! Le bus croise des touristes à bicyclette, sacoches bien remplies. Ces fous du cyclo ont bien de la chance de pouvoir s'arrêter quand ils le veulent. Planter la tente dans des lieux aussi magiques et sublimes, seuls, coupés du monde, n'ayant pour compagnie que la nature généreuse, quel luxe! Le bus arrive à Coihaique en pleine nuit. Difficile pour Marie de se repérer dans ce dédale de rues à la recherche d'un hôtel. Heureusement, quelques habitants croisés sur les trottoirs lui indiquent un hospedaje à un kilomètre de là, rue Freire. L'accueil est toujours aussi chaleureux. Elle pénètre dans une salle commune sombre, surchauffée, enfumée. Quelques hommes sont attablés, étonnés de voir ici une gringa. Les locaux, en effet, sont plutôt métissés, bruns de peau et de cheveux. Marie à une chevelure plus blanche que neige, le teint pâle. La maîtresse de maison semble hésiter avant d'accepter de recevoir son hôte. Le patron, quant à lui, conduit directement la touriste dans une cuisine sortie tout droit d'un roman de Victor Hugo. La table de bois brut cirée par la saleté des années est surchargée de récipients, couverts ébréchés et restes de nourriture. Les murs sont tapissés de placards et d'étagères où s'entassent les ustensiles et provisions. L'évier déborde de vaisselle sale et la gazinière n'a pas vu l'éponge depuis des lustres, L'homme propose à Marie de partager son repas. Poliment, elle refuse, ne voulant pas abuser de son hospitalité. Elle sort de son sac à dos un sachet de soupe poulet-vermicelle et un sandwich jambon-fromage. Pour ce soir, ça ira, pense t-elle. Elle est affamée, mais la vue de ce spectacle la rebute un peu. C'est vraiment du typique. Cet hospedaje restera pour longtemps dans les souvenirs de Marie, tant pour la cuisine que pour la chambre : des draps sales, pas de chauffage, des couvertures sentant la crasse et l'humidité. Et la salle-de-bains, impossible d'y entrer tellement c'est sale. Marie fera sa toilette à la lingette. Le lendemain Marie va se promener le long du Rio Simpson pour découvrir l'attraction locale : la tête d'indien. La route est bordée de hauts lupins en fleurs. Le violet mélangé au jaune des cytises est un ravissement pour la touriste. Elle, qui ne peut réussir à faire pousser de lupins dans sa terre trop calcaire, est émerveillée. Ici, la terre est brune, volcanique. La région foisonne de volcans qui se réveillent parfois, projetant leurs cendres à des dizaines de kilomètres. Le rocher de granit apparaît et, avec un peu d'imagination, on peut reconnaître, en effet, le profil d'une tête d'indien. Chaque ville offre ainsi une spécialité touristique à voir ou à goûter. Plus enthousiasmée par la flore que par la vue de ce bloc de granit gris, Marie remonte la route jusqu'au centre ville, en direction de la Place des Armes. Toujours le même schéma: au centre, une statue en bronze d'un général célèbre, ici O'Higgins, des canons, une fontaine, des arbres, des bancs, des marchands ambulants, des étudiants dans leurs costumes bleu-marine, chemises blanches et cravates, des pigeons, des vendeurs de grains, des agents de ville balai en mains, d'autres chargés du stationnement encaissant la taxe. Ici, au Chili, peu de chômage. Chacun à un petit emploi. Excepté aux abords des grandes villes, Marie ne trouvera pas de sans logis. C'est peut-être dû au sens de la famille très développé dans ce pays. Les vieux sont respectés et pris en charge par les enfants et petits-enfants. La solidarité et l'entraide sont encore présents. A aucun moment Marie n'a ressenti de stress venant des chiliens. Ils sont décontractés, très lents, heureux de vivre. Peut-être est-ce dû à leur récente liberté? Sortis d'un régime de dictature sous Pinochet, ils goûtent à la joie d'une liberté durement acquise. Le lendemain matin Marie arrive à Chaiten, petit village situé au bord de la mer. C'est d'ici qu'elle prévoit de rejoindre l'Ile Chiloe en ferry. Dès sa descente de bus elle part, comme à l'habitude, à la recherche d'un hospedaje. Personne dans les rues. Le premier hôtel est fermé. Au deuxième, la propriétaire dit : “Désolée, je n'ai pas d'eau”. Il règne ici une ambiance étrange, inhospitalière. Marie s'enfonce un peu plus dans la ville et tombe sur une épicerie ouverte. “Bonjour Madame, pourriez-vous m'aider, je suis à la recherche d'un hôtel”. “Pas de problème, je vais appeler mon amie Carla, elle va venir vous chercher.” Et la discussion se poursuit. Marie apprend, tout étonnée, que le village a été enseveli en mai 2008, suite à l'éruption du volcan. “Allez voir là-bas” dit l'épicière en tendant son bras, “il ne reste plus rien”. Carla arrive à bord de son puissant 4x4. Elle conduit Marie au Don Carlos, rescapé du sinistre. Un drapeau gris flotte au-dessus d'un échafaudage de bois sur lequel repose une énorme citerne d'eau. Les murs jaunes à l'origine tirent sur une couleur jaune-grisâtre. L'herbe a du mal à pousser, le sol est recouvert de cendres. L'hôtel est très grand, désert. Dans l'immense salon des photos aux murs attirent l'attention de la touriste : celles d'avant et celles d'après la catastrophe. Que vient faire cette étrangère ici doit penser Carla. N'a t-elle pas lu son guide? Si, elle l'a bien lu mais il date de 2008-2009 et l'information n'y figure pas. Marie commence à angoisser d'autant plus que le prochain départ de ferry n'est prévu que dans trois jours. Le volcan Chaiten aperçu au-dessus des montagnes continue de fumer et c'est peu rassurée que l'aventureuse part constater les dégâts occasionnés par l'éruption. Dix centimètres de cendres recouvrent les rues, de larges traces de pneus indiquent que de gros engins sont venus déblayer les lieux. Des amas de cendres s'entassent de part et d'autre du chemin. Les maisons de bois sont englouties, ne laissant apparaître que leurs toits rouges. Les voitures aussi ont été saisies par la coulée dévastatrice. Les câbles électriques arrachés s'agitent au vent. Il règne ici un silence de mort. C'est une ville fantôme, un décor de film d'horreur. Mais que font ces gens ici? Marie apprendra que le gouvernement a relogé les habitants plus loin, hors du danger potentiel et qu'il ne reste que des résistants, des enracinés qui ne veulent pas partir malgré la menace d'une nouvelle éruption. Marie a rencontré deux “Calamity Jane” sorties tout droit d'un western. Elle aura la chance d'apprendre qu'un ferry appareillera le soir même pour Quellon. Les dieux auraient-ils entendu ses prières? La traversée du canal Corcovado durera plus de six heures sur une véritable tôle ondulée, éprouvante. Chiloe la rayonnante, Chiloe la fière, Chiloe la typique, Chiloe la désirée s'offre enfin à Marie. Il y a vingt ans, lors de son précédent voyage au Chili, le couple était allé jusqu'à Puerto Montt et la région des lacs. On leur avait tellement vanté cette île que dans l'imaginaire de Marie sa beauté était devenue inaccessible. La découvrir la remplit d'une immense émotion. Elle n'est pas déçue. La lande parsemée de genêts et de ciruellos en fleurs se déroule sous ses yeux. Des troupeaux de vaches bien grasses paissent tranquillement. L'herbe est riche, bien verte. Le soleil brille et rend tout plus beau. Il pleut souvent dans cette région agricole. Les maisons colorées égayent le paysage et toujours ce ciel patagon d'un bleu soutenu sur lequel se détachent de gros cumulus blancs. La capitale, Castro, s'enorgueillit en son centre d'une belle église tout en bois aux tons pastels de violet et de jaune. Près d'elle le musée régional, en bois également, permet à Marie de mieux connaître l'histoire des chilotes, derniers résistants de la colonie espagnole. Des maquettes de chalupones, ces embarcations creusées dans les troncs d'arbres dont la proue et la poupe sont identiques, sont exposées à côté d'instruments de musique typiques. Marie flâne dans les rues animées et se réjouit de pouvoir goûter aux premières cerises et fraises de l'année. Un vrai régal! Puis elle descend vers les palafitos, ces maisons de pêcheurs construites sur pilotis, qui sont l'attraction de la ville. Côté rue, c'est une succession de façades en bois, aux bardeaux peints en bleu, vert, jaune, framboise. Côté mer, c'est moins joli: des moules sont accrochées aux poteaux qui soutiennent les maisons et une odeur désagréable se dégage des lieux. Plus loin, une locomotive noire aux jantes rouges trône au milieu d'un square fleuri de gaillardes et de lupins aux tons pastels. Des enfants jouent sur la plage recouverte de coquilles. Marie pense à ses petits-enfants et la nostalgie l'envahit.
SANTIAGO - VALPARAISO Marie quitte l'Ile Chiloé pour un long trajet de nuit en direction de Santiago. Elle connaît déjà cette région et préfère gagner du temps en voyageant de nuit, les bus étant confortables et se sentant en sécurité dans ce pays. Aux abords de la capitale, elle sent une vive émotion l'envahir et les souvenirs des trois mois passés dans l'attente d'une décision de justice remontent à la surface. Elle est à la fois impatiente et inquiète. Ne va-t-elle pas être déçue? Le taxi la dépose devant le Residencial Londres 54, recommandé par les jeunes toulousains. On se croirait dans un vieil hôtel anglais avec ses fauteuils dépareillés, son parquet crissant sous les pas, ses salons cosy et ses chambres aux plafonds très hauts. Ambiance très british. Cet hôtel a l'avantage d'être à deux pas du centre, dans un quartier très calme. La température avoisine les trente degrés l'après-midi lorsque Marie gravit le Cerro de la Virgen del Valle à los Andes. Le sentier caillouteux zigzague à travers les cactus, ce sentier qu'elle a gravi vingt ans plus tôt en compagnie de son mari. C'est comme un chemin de croix tellement la montée est rude. Elle avait promis de revenir ici si son voeu était exaucé : adopter Julie. Ici, le paysage n'a pas changé, contrairement à la banlieue de Santiago qui a vu grandir de gigantesques gratte-ciel. C'est épuisée que Marie arrive aux pieds de la statue. Elle sort l'ex-voto de son sac et l'accroche à la grille bleue qui entoure la Vierge. Debout, elle la remercie de tout son coeur et adresse une prière, mélange de bouddhisme et de christianisme, à l'intention de sa fille. Pas de Je vous salue Marie, pas de Notre père, juste un recueillement religieux. C'est le coeur léger qu'elle quitte ce lieu de pèlerinage, redescend vers la ville et apprécie de déguster une glace à la vanille à la terrasse d'un café. Le soir, Marie va se promener dans Ahumada, la principale rue piétonne de la capitale, toujours bondée de monde, avec ses beaux magasins et ses nombreux fast-food, les pollitos, restaurants où l'on trouve des demi-poulets grillés accompagnés de frites (papas fritas), le tout servi avec un énorme verre de coca-cola ou de soda. Il lui est agréable de se fondre dans la foule, de passer pour une véritable chilienne. Le lendemain Marie se dirige vers le Cerro Santa Lucia au pied duquel se dresse toujours l'hôtel Monte Carlo. On dirait qu'il a souffert du récent tremblement de terre, ses murs roses sont fissurés et il semble à l'abandon. La montée matinale de cette colline la renvoie à ses vieux souvenirs et Marie ne peut s'empêcher de penser à sa fille qui trottinait à ses côtés ou juchée sur les épaules de Jean, heureuse d'avoir enfin trouvé une famille. Les décors n'ont pas changé, seule la saison a changé : autrefois c'était l'hiver en plein mois d'août, les arbres dénudés, les massifs dépourvus de fleurs, à présent c'est le printemps, l'équivalent d'un mois de mai en France, et les fleurs abondent. Des jardiniers, tuyau ou balai en mains s'affairent à arroser les massifs ou balayer les allées. D'énormes acanthes en fleurs voisinent avec des cornes de bélier, les céanothes et les bougainvilliers se mêlent aux fleurs violettes des jacarandas (flamboyants bleus-violets), les palmiers se reflètent dans les vitres bleutées des immeubles avoisinants. Une cascade s'écoule dans trois grandes vasques superposées, ajoutant un brin de fraîcheur et d'humidité à cet endroit si romantique. Marie arrive au sommet et redécouvre les créneaux du fort aux briques rouges, retrouve avec émotion l'endroit même où avaient été prises les photos. Rien n'a changé. La colline a résisté au tremblement de terre! Seul le point de vue a changé : la ville semble deux fois plus étendue. Un groupe de jeunes filles, portable en mains, s'amusent à se photographier, assises sur un énorme canon. Marie s'assied sur un banc et médite sur la notion du temps. Pour l'ascension de l'autre célèbre cerro de Santiago, le San Cristobal, Marie emprunte le funiculaire. A plus de trois cents mètres de dénivelé est érigée une immense statue de la Vierge de l'Immaculée Conception qui veille sur la ville, les yeux levés vers le ciel et les mains ouvertes en offrande. Premier arrêt au zoo (c'est ici que Julie avait vu pour la première fois des girafes et des lions). Les jeunes parents accompagnés de leurs enfants excités descendent. Deuxième arrêt, l'esplanade de la Vierge. La statue géante attire de nombreux touristes, croyants ou non. Un jardinier propose gentiment à Marie de la prendre en photo avec, au premier plan, les roses épanouies dont il est si fier, et en arrière plan la statue vénérée. D'ici, la ville semble encore plus étendue et la pollution empêche de discerner clairement les limites de la mégapole noyée sous une fine couche de brume. Prochaine destination : Limache et le foyer Saint-Vincent de Paul. Trois heures de route sont nécessaires pour atteindre les lieux si chers au coeur de Marie. Ce chemin parcouru autrefois dans un autre état d'esprit lui semble long et court à la fois. Long car elle est pressée d'y arriver, court car elle apprécie la nature généreuse en cette saison : les cerisiers croulent sous le poids des cerises et les avocatiers sont en pleine production. Les champs de pommes de terre, de fèves et d'asperges alternent avec les vergers. Cette région agricole, loin de la capitale, convient mieux à Marie. Il est midi lorsque le bus “Golondrinas” stoppe devant la petite Place des Armes. Rien n'a changé. Toujours ces larges trottoirs carrelés qu'elle a foulé pendant trois mois, seule ou accompagnée de Julie. Une joie mêlée de nostalgie envahit la touriste. Une inquiétude aussi (et si le foyer n'existait plus!) Marie dépose ses bagages au petit restaurant faisant face à la place et dans lequel elle vient de se restaurer à la hâte, puis elle part, conduite par ses souvenirs ancrés dans sa mémoire, comme téléguidée, vers la rue Colon, au 349, où se trouvait le Foyer. La statue de bronze du célèbre saint, un enfant dans les bras et deux autres à ses pieds est toujours là, sur le trottoir. Elle reconnaît les grilles, la porte, la cloche. Le coeur battant très fort Marie s'apprête à la saisir lorsque la porte s'ouvre, laissant apparaître deux adolescents. Elle entre dans le hall, s'approche de la jeune secrétaire souriante et se présente. La Mère Supérieure étant absente, c'est Sonia, l'éducatrice qui se souvient très bien de la petite Julita, sordita con ojos azules qui recevra Marie.(...) Ses pas la conduisent machinalement vers le Collège Allemand où elle est restée près de trois mois, en attente du jugement. Elle reconnaît l'enseigne de tôle peinte en vert se dressant en arche au-dessus du portail et sur laquelle est écrit “Farienheim”. La cour est identique, des amarylys en fleur et des acanthes de part et d'autre de l'entrée gravillonnée. La grande baie vitrée et le hall. Son coeur bat très vite. Tout se mêle dans sa tête et son coeur, le passé et le présent se bousculent. Sur la gauche, le bar et derrière le comptoir deux femmes. Marie s'adresse à celle qui l'accueille d'un large sourire, se présente et demande poliment la permission de visiter le parc et de prendre des photos. A gauche la piscine, ses relax blancs et ses parasols, un peu plus loin l'aire de jeux avec le tourniquet et les balançoires sur lesquels Julie passait des heures. Les arbres centenaires aux essences rares reconnaissent Marie et agitent leurs feuilles en guise de bienvenue. Le parc s'étend sur un demi-hectare, bien entretenu. Les bancs se souviennent de cette maman et de cette petite fille qu'ils recevaient souvent. Ils revoient leurs visages se faisant face, les mouvements de leurs lèvres, leurs sourires, leurs câlins. Plus loin, en contrebas, il y avait une vache noire et blanche. Julie arrivait à prononcer le mot “vaca”. Elle n'est plus là. Le bâtiment qui était occupé par les collégiens est vide. Marie se revoit dans sa chambre où elle a commencé, patiemment, à apprendre quelques mots de français à Julie. Elle s'entend lui chantonner à l'oreille droite : “A la claire fontaine...” Que de chemin parcouru depuis ce temps! Il n'y a pas d'hôtel à Limache et Valparaiso n'est qu'à une heure en métro-bus. Un taxi la dépose à l'hôtel Pilcomayo au Cerro Alegre. Marie est encore toute bouleversée par le retour sur ces lieux qu'elle avait dû quitter en pleurs, vingt ans auparavant, les démarches n'aboutissant pas et surtout menacée de radiation par le directeur de l'hôpital. Elle était loin de sa famille et de ses deux garçons qui lui manquaient beaucoup. Elle n'avait pas pu revenir à Noël lorsque la nouvelle était tombée : “Vous pouvez venir chercher Julie”. Mais le bonheur d'avoir enfin une réponse à la question de sa fille l'emporta et elle passa une très bonne nuit. Le lendemain, Marie continue son tourisme et part à la découverte de la ville qui n'a pas changé. Les maisons colorées tapissent les collines qui protègent la baie. Des ascenseurs brinqueballants font la navette entre le bas de la ville et le haut des quartiers les plus beaux, évitant ainsi aux piétons bien des fatigues. C'est un véritable festival de couleurs, entre les murs peints de couleurs vives et les fleurs qui débordent des balcons. Marie est attirée par le musée à ciel ouvert, au cerro Bellavista, où les artistes-peintres rivalisent de créativité. Un vieil homme est en train de peindre les marches d'un escalier d'une marine éclatante, dans un style figuratif plus vrai que nature. Les barques semblent flotter sur l'océan et les mouettes blanches se dessinent sur un ciel azuré. Plus loin, des bancs en demi-lune recouverts de mosaïques invitent au repos. Les lampadaires aussi sont tapissés de mosaïques aux couleurs vives. Ailleurs, ce sont des tags plus ou moins réussis. Les chats et les chiens cohabitent. Un persan gris est allongé sur le rebord d'une fenêtre, se fondant avec le gris des volets et de la grille. Il ne daigne même pas bouger lorsque Marie le prend en photo. Le quartier dégage beaucoup de charme et les touristes sont très nombreux ici. En revenant vers l'hôtel, Marie aperçoit une enseigne “Kfe Havana Club”. Depuis son arrivée en Amérique du Sud elle n'a bu que du café en poudre! Ici, peut-être va-t'elle pouvoir déguster un bon café! Ramon le cubain l'accueille gentiment et lui sert un véritable expresso. Quel régal! Il lui parle de sa femme et de ses enfants laissés à Cuba et son souhait le plus cher c'est de visiter Paris un jour. L'hôtel est ancien. C'est un grand bâtiment à étage où les chambres et les dortoirs se répartissent de chaque côté d'un large couloir moquetté. Une cuisine équipée bien propre est à la disposition des clients. Deux ordinateurs gratuits d'accès meublent le grand salon. Une vieille machine à coudre Singer décore la pièce aux côtés d'un écran télé dernier cri. Des canapés usés invitent au repos dans le coin lecture. Satisfaite de cette première journée, Marie va cuisiner des fèves aux lardons, le tout arrosé d'un bon vin chilien “El Gato” (le chat). COQUIMBO Encore toute bouleversée par sa découverte, Marie continue son trajet vers le Nord, vers la ville natale de sa fille, Coquimbo. Des vignes et des champs d'oliviers s'étendent à perte de vue au départ de Valparaiso, dans la vaste plaine s'étalant entre le Pacifique et la Cordillère. Puis le paysage devient plus aride et la panaméricaine longe l'océan sur plus de trois cents kilomètres, surplombant de magnifiques criques. Les roches rouges, riches en cuivre et recouvertes de cactus, se détachent sur un ciel sans nuages. Il fait de plus en plus chaud et les tongs ont remplacé les chaussures de randonnée. Son sac à dos s'est allégé au fur et à mesure du voyage, surtout à Chaiten où Marie a offert la moitié de ses vêtements à Carla, toute heureuse de recevoir des “marques” françaises. Le bonnet a laissé place à la casquette et les lunettes de soleil sont vraiment indispensables. La climatisation du bus fonctionne à plein régime et les postes de télévision projettent leur DVD sous les yeux attentifs des voyageurs, tantôt en espagnol, tantôt en anglais mais sous-titrés. Marie ne s'assied plus au premier rang, plutôt au milieu ou au fond, depuis qu'un bus de la même compagnie a fait quatorze victimes au sud de Santiago. Elle a vu les images dans sa chambre le soir et, croyant aux signes, elle est devenue prudente. En Amérique du Sud les habitants sont friands de faits divers qui sont repassés en boucle sur les diverses chaînes avec des témoignages plus émouvants les uns que les autres. Ajoutez à cela les Novelas, ces feuilletons romantiques à l'eau de rose, il ne reste pas grand chose à regarder, à part les émissions de cuisine qui, comme en France, ont un réel succès. Coquimbo, petit port de pêche situé à une dizaine de kilomètres au sud de la Serena, capitale de la région, est en vue. Cette ville est abritée par une baie et s'arrondit au pied des collines, ce qui en fait un lieu tranquille et charmant, loin du tumulte de la grande ville touristique. Marie, comme à l'habitude, part à la recherche d'un hôtel en cette fin de journée. Elle ne réserve jamais à l'avance, préférant voir sur place la situation et le confort. Tout près du terminal de bus, dans une rue parallèle, elle trouve un apart-hôtel bien tenu. Elle restera là une bonne semaine pour se reposer et digérer les milliers de kilomètres parcourus. Idéal. La touriste va enfin se poser en vacancière. Le lendemain matin ses pas la guident vers le port de pêche animé. De gros palans lèvent les filets pleins de calamars et de thons qui viennent se déverser à même le quai. Les pêcheurs pèsent et découpent leur butin, rejetant les viscères à l'eau, festin attendu des pélicans et des lions de mer, habitués à recevoir cette manne providentielle. Les grosses têtes de chats à longues moustaches n'ont qu'à ouvrir leur gueule pour engloutir, encore chauds et sanguinolents, les rejets de la pêche. Le vol pataud des pélicans plongeant depuis le quai ne les effraie même pas. Les marchands et les restaurateurs négocient avec les patrons pêcheurs. Chacun semble y trouver son compte et le quai se vide peu à peu, laissant les lions de mer et les pélicans repus jusqu'au lendemain. Les mouettes mangent les miettes en virevoltant au-dessus des barques. Près du terminal pesquero une multitude de restaurants proposent leurs spécialités. Les passants peuvent grignoter à toute heure les crustacés préparés à l'avance et présentés dans des bols en plastique transparent. Moules, crevettes, calamars baignent dans un jus épicé et une odeur de pêche fraîche s'exhale des étals. Chez Juanito, chez Rosa, chez Don Jose. Chaque stand porte le nom de son propriétaire et des tables recouvertes de tissu coloré invitent à la dégustation. Evacuation tsunami. De grosses flèches jaunes indiquent au sol la direction à prendre en cas de raz-de-marée. Marie emprunte l'escalier en zigzag qui grimpe jusqu'au sommet de la colline où se dresse une immense croix en béton, la Croix du 3ème Millénaire. Les hibiscus, les lantanas et les strélitzias débordent des jardins et des géraniums géants et abondamment fleuris retombent en cascade le long des murets. A chaque halte, Marie se retourne pour profiter de la vue sur le petit port; au loin, les sommets enneigés de la cordillère, véritable décor de carte postale. Au Chili, les chiens sont rois. On les trouve partout, seuls ou en bande, même dans les terminaux de bus; ils font partie du paysage et surtout, ils ne sont pas agressifs et aboient rarement. Curieux, ils accompagnent les touristes ou les précèdent pour leur indiquer le chemin. Au pied de la croix un groupe de touristes chiliens pénètre dans la chapelle moderne. Mariage du bois et du béton, statues religieuses, autel épuré, odeur de cierges, recueillement. Le jour suivant Marie décide de grimper jusqu'à la Mosquée récemment construite et parrainée par le roi Mohammed VI pour la paix dans le monde. C'est la seule mosquée du pays, ce pays largement catholique. Trouvant cette construction pour le moins incongrue dans ce paysage et surtout inutile car il n'y a pas de musulmans ici, Marie ne peut s'empêcher de repenser à sa fille et à ses nombreux voyages au Maroc. Les drapeaux chilien et marocain flottent au vent, les voûtes au style mauresque et les mosaïques vertes et blanches ne sont pas sans lui rappeler un petit air de déjà vu. L'Orient et l'Occident cohabitent sous le regard tolérant des coquimbiens. Le sentier redescend, bordé de bananiers, de palmiers et de cannas. Les habitants croisés la renvoient aux origines de sa fille. Il y a peut-être ici des parents, des gens qui l'ont vu naître, qui ont connu sa mère et, inconsciemment, Marie leur trouve une certaine ressemblance. Une fête foraine est installée sur la Costanera. Les manèges, chenilles et auto-tamponneuses attirent les familles entières. Les bambins se promènent aux bras de leurs parents, une énorme glace en main. Les vendeurs de pop corn, glaces et sodas font recette. Les chiliens sont gourmands et heureux de profiter de ces moments de fête en famille. Cette ambiance bon enfant renvoie Marie à sa jeunesse, aux fêtes votives et à la joie de s'amuser sans souci du lendemain. C'est à Coquimbo que Marie prendra son premier bain dans l'océan glacé malgré la chaleur extérieure. Elle préfèrera lézarder, allongée sur la plage de sable gris et rêver à d'autres mers plus chaudes qu'elle a connues par le passé, au Kerala par exemple. La ville n'avait plus d'inconnu pour Marie. Elle avait déjà ses repères quotidiens : le cyber café d'où elle pouvait consulter sa messagerie et envoyer des mails, le supermarché Unimarc où elle faisait ses courses et mangeait parfois à la cafétéria, la Place des Armes qui se préparait à recevoir le gigantesque arbre de Noël enguirlandé, le port et le marché aux poissons, la plage et le jardin public ombragé où elle aimait venir lire les après-midi. Elle se verrait bien vivre ici à trente degrés de latitude sud, sans hiver rigoureux, sans trop de pluie, juste ce qu'il faut pour alimenter les réserves d'eau. Elle se sentait devenir à moitié chilienne par la pensée mais complètement par le coeur. Une excursion à Vicuna, village natal de Gabriela Mistral va permettre à Marie de découvrir la vallée de l'Esqui, ses vignobles taillés hauts comme des treilles, ses paysages à couper le souffle et l'authenticité de l'arrière-pays avec ses maisons en adobe. La tour Bauer a quelque chose de la Tour Eiffel de par sa forme pyramidale, excepté son clocher cubique crénelé et ses murs recouverts de bois. Elle abrite la mairie et l'office du tourisme. Elle apprendra que le pisco sour, cette boisson alcoolisée si typique, se fabrique dans cette région, gardant jalousement son secret. Au loin, les cerros enneigés culminent à plus de cinq mille mètres. Marie avait visité la maison natale de Pablo Neruda à Valparaiso, ici, la visite de la maison de son amie Gabriela, première femme d'Amérique latine à recevoir le prix Nobel de Littérature, l'émeut par-dessus tout. Marie se recueille sur sa tombe à Monte Grande et se promet de lire son oeuvre. LE DESERT D'ATACAMA Copiapo, Caldera, Chanaral, Antofagasta, autant de villes et d'arrêts dans ce Chili du Nord que Marie découvre pour la première fois. Les ports exportant les minerais de cuivre et le salpêtre, la pampa, le tropique du Capricorne, les cactus, les lamas, la sècheresse et une oasis accueillante, perdue dans le désert : San Pedro de Atacama. Sur la place, devant l'église, une fanfare joue et Monsieur le Maire fait un discours. Foule colorée, drapeau atacamène aux couleurs de l'arc-en-ciel, visages burinés, costumes traditionnels. Ici les touristes sont dans le typique. Le petit village d'adobe fourmille de touristes. Marie est fatiguée, ses chevilles sont enflées, son coeur bat trop fort et son crâne va exploser. Est-ce dû à l'altitude, à la chaleur ou au rythme élevé de son voyage? Quelques jours de repos dans un hôtel bien calme vont lui faire du bien. C'est à l'hôtel Cruz d'Atacama qu'elle trouve son bonheur. Situé à l'écart du village, peu fréquenté, cet endroit va lui permettre de se ressourcer. Elle repense à ses précédents arrêts. Antofagasta et la Portada, cette arche naturelle creusée par les vagues dans la roche calcaire, sa place des Armes aux bougainvilliers multicolores et aux quatre fontaines si romantiques, la crèche qui ornait déjà l'Eglise San Francisco, les balades sur les quais où se dresse une immense sculpture de cuivre et les petites plages bondées de monde. Caldera, petit port de pêche non loin de la célèbre Baie des Anglais, avec son église de bois fraîchement repeinte et son monument en hommage à Cousteau, son hôtel Pucara si accueillant. Copiapo, ville sans intérêt si ce n'est son musée minéralogique rempli de trésors. Tous ces souvenirs lui reviennent en mémoire et se bousculent dans sa tête. Ne rien faire, s'allonger sur la chaise longue et boire beaucoup d'eau. Son corps lui rappelle qu'elle aura bientôt soixante deux ans et qu'il serait temps qu'elle apprenne à le ménager. Elle se sent jeune dans son esprit et ce décalage lui déplaît. Un peu de sophrologie, quelques techniques de récupération et tout va rentrer dans l'ordre. Effectivement, le lendemain Marie arpente les rues poussiéreuses de la ville en direction de l'église. Hier, il y avait trop de monde pour s'approcher de cette église qu'elle a déjà peinte en aquarelle d'après photo. Eclatante de blancheur sous le soleil de midi, entourée d'une clôture de briques de terre et de paille séchée, elle-même peinte en blanc, son arcade au linteau surmonté de trois pics au travers de laquelle on aperçoit la porte de bois bleue, entr'ouverte. Le toit de terre et de chaume brun et, à droite, le clocher cubique surmonté d'une croix de travers. Encore plus beau en vrai, pense Marie. Elle pénètre à l'intérieur sombre et frais. La charpente de bois de cactus ressemble à un navire à l'envers. Saint Pierre et la Vierge Marie se côtoient et scintillent sous les cierges allumés. Recueillement, prières, silence. Plus loin, Marie emprunte le passage entre la place et ses vieux caroubiers et le cimetière, où se dresse le marché artisanal très coloré. Des tissages aux motifs incas, des pulls en alpaga, des poteries, des aguachos (carrés de laine tissée aux couleurs vives servant à porter les bébés dans le dos), des souvenirs fabriqués dans la Bolivie voisine, beaucoup plus pauvre. Marie s'arrête devant la boutique d'un potier qui fabrique des ocarinas. Elle l'observe remplissant les moules d'une boule d'argile et trouant l'objet avec adresse et précision pour en faire sortir les notes si harmonieuses. Alfaro est un artiste, après cuisson au four à haute température, ces ocarinas partent comme des petits pains. C'est ici, dans ce marché, que Marie va rencontrer un couple de grenoblois extraordinaire, Christophe et Fabienne, des routards atypiques et courageux. Christophe est paraplégique. Elle aura l'occasion de sympathiser et de partager avec eux quelques moments dits existentiels. Le cimetière, comme tous les cimetières de l'altiplano, est accueillant. Chaque tombe est fleurie d'une couronne de fleurs en papier crépon aux tons brûlés par le soleil. Il fait sec et chaud. Au loin, le volcan Licancabur se dresse majestueusement et veille sur les morts. Le lendemain matin Marie loue un vélo tout terrain et part visiter le Pukara de Quitor et la Gorge du Diable . Dans son sac à dos, de l'eau, des fruits secs et des biscuits, indispensables pour de tels efforts. Elle reprend la route internationale sur trois kilomètres avant de tourner à droite sur un sentier sablonneux qui serpente vers la forteresse inca construite au XIIe siècle. Elle laisse son vélo à l'entrée du site protégé et commence l'ascension des ruines. Elle imagine sans mal la vie d'ici autrefois, paisible, agricole, familiale, rituelle, avant l'arrivée des conquistadores au XVIe siècle et les massacres qui ont suivi. Marie se sent l'âme d'une indienne. Déjà, petite, quand son frère l'obligeait à jouer aux cowboys et aux indiens, elle s'attribuait d'office le rôle d'indien. Elle voue une admiration à la nature et déteste les armes à feu. Les envahisseurs catholiques ont forcé ces habitants à croire et à pratiquer une religion tellement éloignée de la leur qu'ils en ont gardé une peur superstitieuse, mêlant cette nouvelle croyance à leurs rites ancestraux dédiés au Soleil et à la Pachamama. Du sommet de la cité antique dont il ne reste que des blocs de pierre, Marie peut admirer la vaste oasis verdoyante qui s'étale dans la vallée. Quel contraste avec l'aridité environnante! Marie continue en pédalant vers la Gorge du Diable, passage étroit créé par l'érosion de la cordillère de sel. Le sentier longe des haies de bambous et d'arbrisseaux avant de traverser une large rivière au débit peu abondant et heureusement peu profonde. C'est à pied qu'elle franchit le gué en prenant soin de ne pas glisser. L'eau est fraîche, pure et invite à une pause à l'ombre des arbres. Le lendemain Marie partira pour trois jours en excursion en Bolivie, sur le Salar d'Uyuni, à plus de quatre mille cinq cents mètres d'altitude. Elle découvrira des paysages magiques, des lagunes Verte, Blanche, Colorée, qui doivent leur couleur aux algues et aux minéraux présents dans les eaux comme le borax, l'arsenic, le cuivre, le soufre. Elle sera émerveillée à la vue des flamants roses andins aux ailes noires pris dans les glaces, des volcans se reflétant dans les lagunes, des pierres sculptées par la force des vents, de la mer de sel s'étendant à perte de vue, rendant irréel le paysage, de la beauté de la nature à l'état pur.
ARICA Mi décembre Marie arrive à Arica, la ville la plus septentrionale du Chili. La France est paralysée par la neige. Ici, la température constante avoisine les vingt cinq degrés. Cela fait quatre ans que les habitants n'ont pas vu une goutte de pluie. Ville agréable située au bord de la mer, Marie décide de s'y reposer jusqu'à Noël. Le trek en Bolivie a été éprouvant à cause du mal des montagnes, de la poussière et du rythme accéléré du pilote sur les pistes sablonneuses. Cela a été pour elle l'équivalent du Dakar qui d'ailleurs sera accueilli dans la région en Janvier. Ensuite, elle a dû regagner de nuit Antofagasta avant de reprendre la seule route qui suit la côte. Arrêts repos à Tocopilla et à Iquique où elle a pu apprécier la rue Baquedano avec ses vieilles maisons coloniales datant de l'époque du salpêtre, aux teintes pastels et semblant sorties d'un western. C'est là, dans un petit restaurant en terrasse, qu'elle a commandé un gratin de fruits de mer dont elle se souviendra longtemps, tellement il était bon. C'est dans la rue Sotomayor qu'elle s'installe à l'hôtel Jardin del Sol. C'est de loin le meilleur hébergement rapport qualité prix qu'elle trouve depuis bientôt deux mois. Marta, la réceptionniste l'accueille avec un large sourire et lui donne la meilleure chambre à l'étage. Des employées, chiffons et balais en mains, traquent le moindre grain de poussière. Au rez-de-chaussée, une petite cour remplie de plantes vertes abrite Tatiana, la tortue fétiche âgée de quarante ans. Elle est énorme et dort, la nuit, dans une petite maison en bois. Au fond, un local à la disposition des résidents, avec quatre ordinateurs et une vaste documentation sur la région. A l'étage, face à l'escalier, une cuisine équipée très lumineuse va permettre à Marie de se cuisiner de bons petits plats. Les chambres sont situées sur la gauche, dominant la cour, et bien exposées au soleil. Au fond, au-dessus du local informatique, une terrasse couverte avec fauteuils, tables et chaises longues. Les murs sont tapissés de treillis en bois peints en blanc. C'est ici que Marie fera son réveillon. Le centre ville est à deux cuadras seulement. Les magasins bondés de monde en cette période pré-festive, se trouvent de part et d'autre de la rue piétonne du 21 Mai. Ici, ça ressemble à la France, il y a des terrasses de cafés et de restaurants où l'on peut boire et manger à toute heure. Ce sont les vacances scolaires d'été et les familles déambulent joyeusement dans les rues, d'énormes glaces à la main. Plus bas, Marie arrive sur une place où est installée une vieille locomotive à vapeur allemande qui reliait autrefois Arica à la Paz en Bolivie. A côté, un bassin avec des jets d'eau où viennent boire et se baigner des centaines de mouettes. Des palmiers abritent des oiseaux noirs, très laids, qui chantent comme grognent les cochons. En remontant, elle aperçoit la Cathédrale Saint Marc au style gothique, peinte en jaune et blanc. C'est une oeuvre de Gustave Eiffel, les piliers et les arcades sont en fer forgé, de même que le bâtiment abritant le Centre des Arts. (en 1868, il y a eu un terrible tremblement de terre qui a tout détruit dans la ville) Arica est protégée par le Morro, célèbre colline qui vit la victoire des chiliens sur les péruviens lors de la guerre du Pacifique. Un Christ immense y est édifié côtoyant un musée de la guerre et d'antiques canons. De là-haut, Marie a un point de vue superbe sur la ville et sur les plages qui bordent l'océan. Sur une autre colline, moins haute, qui sert de refuge en cas de tsunami, est érigée une statue de la Vierge. Des marchands de fruits et de légumes stationnent aux angles des rues, proposant avocats, bananes, fraises, cerises, tomates à des prix très raisonnables. Marie fera ses courses au supermarché Santa Isabel et achètera à ces commerçants ambulants les meilleurs fruits et légumes de tout son voyage. Elle aura l'occasion de se baigner dans la piscine olympique, sa tentative en mer ayant été repoussée à cause des méduses. De longues promenades sur le port, le long des quais où quelques lions de mer paresseux guettent les restes jetés par les pêcheurs, le long des plages sablonneuses, sur l'ex île Alacran, lui permettent de se refaire une santé. L'air marin, le soleil, la basse altitude conviennent mieux à Marie que les montagnes. Entre montagnes et déserts, elle est arrivée au bout de ce qu'elle voulait : connaître tout le Chili, sur plus de cinq mille kilomètres. Son épine dorsale, la Cordillère des Andes et son ventre, le Pacifique. Elle comprend mieux à présent le caractère de sa fille, tantôt explosif comme les volcans, tantôt doux et charmeur comme la tendre Patagonie, tantôt fier comme l'Ile Chiloé.
CROISIERE EN PATAGONIE CHILIENNE Marie a réservé depuis la France une croisière Navimagreliant Puerto Montt à Puerto Natales, au Chili. Pour bénéficier du tarif basse-saison, elle a un impératif : être sur le lieu du départ le vendredi avant le premier novembre. Elle serait bien restée plus longtemps dans la région des sept lacs pour profiter des forêts d'alerces et d'arrayans, des ciels changeant au gré du vent, des randonnées en montagne et des parrillas le soir au dîner. Lorsqu'elle a traversé la frontière et s'est retrouvée au Chili, Marie s'est sentie envahie de joie : elle était à moitié chez elle. De l'autre côté de la Cordillère, certains paysages lui rappelaient le bocage normand : des pommiers en fleurs, des vaches noires et blanches, de l'herbe verte, des prés clôturés par des haies d'arbres, des maisons en bois. C'est donc le vendredi vingt neuf octobre, vers seize heures, que le bateau largue les amarres.A bord il y a cent vingt cinq personnes, touristes et employés compris. De gros camions ont été chargés à l'aide de puissants ascenseurs. La corne de brume se fait entendre, le drapeau chilien bleu, blanc, rouge étoilé flotte au vent, de grosses cordes de chanvre sont enroulées aux bittes d'amarrage, la cheminée crache une fumée noire. Les touristes, appuyés au bastingage, caméras au poing, immortalisent ces moments d'effervescence. Le bateau prend sa vitesse de croisière et s'élance dans le Seno Reloncavi, baie protégée de chaque côté par des terres. A droite Calbuco, à gauche Hornopiren. La mer est calme, le soleil brille, l'ambiance à bord est décontractée et des affinités se créent entre les voyageurs selon leur pays d'origine. Il y a beaucoup de français, des espagnols, des allemands, des anglais, quelques italiens, des chauffeurs et ouvriers chiliens qui se regroupent à table pour jouer aux cartes. Chacun a retrouvé ses bagages dans les couloirs, au pied des cabines-dortoirs. Deux services de cafétéria assurent la restauration à bord. La nuit commence à tomber. Marie sympathise avec un jeune couple toulousain, Sophie et Cédric, qui achèvent leur tour du monde ici au Chili. Le jour suivant deux animateurs présentent le programme en anglais et en espagnol. Suit un diaporama sur la flore et la faune de la Patagonie. Un écran TV affiche la position du navire et Marie suit avec attention ces indications sur sa carte : 73° de longitude, 45°Sud de latitude (juste à l'opposé de Bordeaux qui se situe à 45° Nord) Nous sommes dans le canal Moraleda. A droite, une multitude d'îles inhabitées, très découpées. A gauche l'Ile Magdalena. Le paysage est de toute beauté. Les mouettes, les goélands et les albatros se détachent sur le gris du ciel, parfois entrecoupé de rayons de soleil. C'est magique, féérique. Après avoir franchi le canal Chacabuco, le bateau arrive dans les eaux plus agitées de l'Océan Pacifique. Les voyageurs ont été prévenus la veille qu'il y aurait beaucoup de tangage et de roulis, surtout dans le golfe de Penas. Marie a prévenu le mal de mer à l'aide de cachets homéopathiques. Les espaces communs se vident peu à peu, les visages palissent et une odeur désagréable envahit les coursives. Marie, amusée, constate que les hommes sont plus sensibles que les femmes à ce phénomène. La soirée s'achève ainsi dans un calme tout relatif. Est-ce l'effet du médicament ou du bercement du bateau, Marie a passé une très bonne nuit. Au petit matin, le micro informe les passagers que le bâtiment a quitté l'Océan et navigue à présent dans le canal Messier, plus calme. De chaque côté de magnifiques fjords et, récompense due à l'avance prise, un arrêt est prévu au pied du glacier Tampanas (48°42 Lat S) Bien emmitouflés dans leurs vêtements chauds, têtes cagoulées, mains gantées, les touristes se précipitent à babord pour admirer le glacier. Une immense bande de glace se jette dans les eaux glacées. Quelques icebergs se sont détachés et dansent sur les vagues. On dirait une glace norvégienne. Malgré l'air glacial qui rougit les visages, on peut lire la joie de partager un spectacle hors du commun. Une escale de deux heures est prévue à Puerto Eden pour ceux qui le désirent. L'occasion sera donnée à Marie de découvrir la flore de l'île Wellington. Les terres sont battues par les vents et seules quelques fétuques poussent aux pieds d'arbustes piquants aux fleurs jaunes, les calafates. Cet arbrisseau donne des baies violettes en automne dont on fait de délicieuses confitures. La tradition dit que celui qui mange ces fruits reviendra en Patagonie! Chaque maison, ou plutôt cabane en bois, a son lopin de terre bien travaillé. La terre est noire, volcanique. Quelques barques colorées sont ancrées au port. Il y a même un collège flambant neuf et l'accès à internet. Tout au long du sentier, des boutiques d'articles artisanaux permettent aux habitants isolés de survivre. Pas de mendicité ici mais de la dignité, la dignité d'un peuple fier. Cet arrêt bi-hebdomadaire permet le ravitaillement de ce petit port de pêche en produits de première nécessité. Le débarquement à Puerto Natales se fait sous la pluie. Les plus jeunes et sportifs projettent de faire un trek de plusieurs jours dans le célèbre Parc de Torres del Paine. Quant à Marie ce sera juste une ville-étape. Elle en profite pour visiter les lieux en fin de journée lorsque la pluie a cessé. Elle revient au port où une famille de majestueux cygnes blancs à cols noirs attire son attention. C'est aujourd'hui le premier novembre, les magasins sont fermés. Sur la route du cimetière elle photographie les petites maisons colorées et leur devant de porte bien clôturé. Les pelouses sont recouvertes de pissenlits formant un épais tapis jaune. Quelques massifs de tulipes et de pivoines la renvoient à son jardin lointain. Là-bas, tout doit être en sommeil et elle apprécie la chance d'être à l'autre bout du monde en ce moment. Le jour suivant, Marie se retrouve deux cents kilomètres plus bas, dans la ville la plus australe du Chili, Punta Arenas. Des maisons aux toits de tôle peints de couleurs vives lui rappellent les ports norvégiens du Spitzberg, à latitude inverse, même paysage. Est-ce par hasard que Marie se sent déboussolée dans ces contrées? Son sens inné de l'orientation lui fait défaut. Elle interprète toujours en sens opposé les plans de son guide et doit demander son chemin aux passants. Elle regrette de ne pas avoir emporté une boussole dans ses bagages. C'est donc après plusieurs kilomètres d'errance que Marie arrive au Residencial Roca, avenue Magellan. C'est une belle bâtisse coloniale pleine de charme, tenue par deux soeurs septuagénaires. La chambre est spacieuse, les plafonds très hauts, le lit confortable. A deux pas se trouve la Place des Armes très animée en cette fin d'après-midi printanière. Un groupe de collégiens en uniforme bleu-marine et blanc posent pour elle au pied de la statue du célèbre navigateur. Des boutiques sur roulettes exposent les articles artisanaux faits de laine du pays : bonnets, pulls, écharpes, porte-clés, bijoux. A l'approche du fameux Détroit de Magellan, Marie ne peut s'empêcher d'avoir une pensée émue pour ses lointains ancêtres les portugais, découvreurs et aventuriers courageux. Le lendemain une excursion la conduit dans la pingouinerie de Seno Otway, à bord d'un minibus. Une heure de route où elle peut observer les guanacos broutant les herbes de la steppe, des troupeaux de moutons paissant tranquillement, quelques nandous et des condors. Cette région très aride, balayée par des vents violents, est une réserve naturelle pour les manchots de Magellan, reconnaissables à leur double collerette noire. C'est la période de la couvaison et les parents veillent à tour de rôle sur leurs oeufs enfouis au fond des trous, à même le sable. Au loin, un panorama spectaculaire s'offre à ses yeux : les massifs enneigés de la Terre de Feu. LE PERITO MORENO ET LE FITZ ROY Prochaine destination : El Calafate et le Perito Moreno. Après une brève escale à Rio Gallegos, passage obligé pour rejoindre en bus cette région d'Argentine si célèbre grâce à son glacier, Marie arrive au terminal d'El Calafate au milieu de l'après-midi. Elle n'a qu'une centaine de mètres à parcourir pour se rendre à l'albergue du lago argentino. Cet endroit est très touristique et elle n'est pas étonnée de trouver beaucoup de routards. Heureusement, il reste un lit disponible en chambre individuelle, en cellule plutôt. La pièce mesure deux mètres cinquante sur un mètre cinquante à peu près. Une petite fenêtre en hauteur laisse passer un peu de lumière. Les douches et les lavabos communs se trouvent au fond du bâtiment. Il y a une cuisine équipée à la disposition des clients et Marie, lasse des sandwichs jambon–beurre–pain de mie et des poulet-frites va en profiter pour se cuisiner de bons petits plats qui attireront l'odorat du réceptionniste et des co-pensionnaires. Comme à chaque fois qu'elle arrive dans une nouvelle ville, Marie prend l'atmosphère des lieux en arpentant les rues toujours tracées sur le même modèle, en quadrillage. De beaux magasins, restaurants et cafés se trouvent de chaque côté de l'avenue du général San Martin. Elle entre dans un cyber café pour consulter ses mails et envoyer quelques photos à sa famille et à ses amies. Il fait beau, l'air est frais et elle se réjouit d'être là, consciente du privilège qu'elle a. En remontant vers l'auberge, elle s'arrête au terminal pour acheter son billet pour le lendemain à la compagnie Caltur qui assure l'aller-retour pour le Perito Moreno. C'est donc le lendemain à neuf heures que le bus quitte la ville pour une heure de route à destination du mythique glacier. Le soleil brille, une belle journée s'annonce. Marie est stupéfaite à la découverte de l'imposant spectacle qui s'offre à elle du haut des passerelles. Des kilomètres de passerelles bien sécurisées zigzaguent face au monstre de glace, permettant aux visiteurs de le voir sous plusieurs angles. Tout à coup, un bruit d'explosion la stoppe sur place. Un gros bloc vient de se détacher du front, entraînant d'immenses remous dans les eaux du lac. Elle retrouve la même végétation qu'au Chili, à même latitude : les ciruelillos et les calafates. Quelques rouges-gorges sautillant de branche en branche viennent rompre le silence de leur chant aigu. L'atmosphère est irréelle. Ce glacier avance de deux mètres par jour en été, sous l'action du soleil qui réchauffe les glaces, et des vagues qui viennent miner la base de l'édifice. D'énormes icebergs se détachent et flottent à la surface des eaux turquoise. Les rayons du soleil éclairent d'immenses failles verticales d'un bleu électrique. L'ensemble ressemble à une cathédrale ou à un château-fort dont les créneaux se découpent sur le ciel limpide. Des traces brunâtres alternent avec un blanc-bleuté d'une pureté extraordinaire : on dirait un gâteau marbré. Ces strates sont constituées de sédiments et il est facile de dater l'épaisseur de neige compactée. Plus loin on aperçoit une arche et des cavernes. Le dessus ressemble à de la crème chantilly que l'on aurait dressé à l'aide d'une poche à douille. Marie ne peut s'empêcher de méditer devant ce spectacle hors du commun, faisant le vide dans sa tête et prenant toute l'énergie de ce lieu grâce à une respiration contrôlée. Le soir, Marie réserve une excursion pour découvrir les glaciers Onelli, Spagazzini et Perito Moreno depuis le lac Argentine. Arrivée à l'auberge, elle partage son plat de langoustines avec des touristes rencontrés sur le paquebot de croisière, et raconte sa journée passée devant le fabuleux glacier. Certains ont fait aujourd'hui l'excursion sur le lac et en sont revenus vraiment enchantés. Elle aime ces échanges autour d'un bon plat et d'un bon verre de vin argentin. Les conseils et les avis sur telle ou telle destination sont toujours bons à prendre, même si le temps très variable en Patagonie, peut influer sur l'appréciation de chacun. A sept heures du matin, un minibus vient prendre les touristes à l'auberge pour les conduire à Puerto Banderas, lieu de départ de l'excursion. Une longue file d'attente s'étire avant de pénétrer, après acquittement des droits d'entrée au parc, sur les quais. Les visiteurs se répartissent par groupe d'une cinquantaine de personnes dans les nombreux catamarans ancrés au port. A nouveau, Marie entend parler plusieurs langues, et une charmante hôtesse annonce la bienvenue à bord. C'est sous le soleil matinal que le bateau s'élance. Les passagers, cameras et appareils photos en main, se massent sur les plats-bords pour ne rien perdre du spectacle unique qui se déroule sous leurs yeux. A tribord ce sont des montagnes de granit rouge qui contrastent avec le bleu-vert des eaux du lac. Puis, deux heures après ils aperçoivent les premiers îlots de glace. Le glacier Onelli est en vue. Moins impressionnant que le géant mais tout aussi beau. Chacun se plaît à imaginer une forme : un gros palmipède, une baleine, un navire, une maison de Schtroumfs. Les lunettes de soleil haute protection sont indispensables pour éviter les brûlures et une odeur de crème solaire se dégage des visages rougis par le froid. Des cris d'exclamation se font entendre de part et d'autre. Il règne une atmosphère de joie et les amateurs de photos se régalent, prenant cliché sur cliché pour la postérité. Le bateau redémarre et l'hôtesse annonce le prochain glacier aux environs de midi. Frigorifiés par l'air glacial, les passagers rentrent à l'intérieur pour se réchauffer. Marie s'assied près d'une argentine et entame une conversation par politesse. Cette personne suit, avec un groupe de collègues, un stage de formation à El Calafate et en profite pour faire du tourisme dans cette région si belle. Marie apprend beau-coup de choses sur la vie quotidienne des argentins et son interlocutrice semble ravie de discuter avec une française. Un service de boissons et de sandwichs permet aux touristes de se restaurer. Aux abords du second glacier, le Spegazzini, on retrouve la même effervescence. Celui-ci est très imposant, son front mesure plusieurs mètres. Toujours des dizaines d'icebergs d'un blanc immaculé en haut et bleuté à la base. Quand on pense que seule la partie émergée est visible on réalise avec peine que la partie immergée est dix fois supérieure. Ce lac, le plus grand d'Argentine, mesure près de six cents mètres au plus profond. Le passage vers l'Upsala étant bloqué par les glaces, une approche au pied du Perito Moreno est proposée. Une pluie glaciale se met à tomber, obligeant les touristes à regagner la pièce chauffée à l'intérieur. C'est donc en début d'après-midi que Marie fait face à une barrière de soixante mètres de hauteur. La vue d'en bas est encore plus impressionnante. Plusieurs ruptures se produisent dans un bruit d'enfer. Les remous font dangereusement bouger le bateau. Les fenêtres lumineuses ont disparu laissant place à des failles verticales de couleur grise ou noire. L'omelette norvégienne s'est transformée en un redoutable fantôme. Hier, sous le soleil et vu d'en haut, le glacier était féérique, aujourd'hui, sous la pluie et vu d'en bas il est dantesque. Après une bonne nuit Marie prend le bus pour El Chalten, situé à trois heures de route plus au nord. Le même paysage de steppes se déroule : ci et là quelques guanacos et choiques semblables à des autruches, affrontent le vent glacial. Elle regarde la cordillère enneigée se dessinant au loin sur un ciel azuré parsemé de gros nuages blancs, lorsque soudain, le Géant s'offre à elle. Elle l'a déjà vu en photo, mais le voir en vrai la remplit d'une immense joie et du sentiment d'être privilégiée. Cette dent de granit émerge des montagnes et son sommet joue à cache-cache avec les nuages. Le Fitz Roy grossit de plus en plus. Ses couleurs changent au gré de la lumière, passant du gris bleuté au rose tendre. La neige recouvre les flancs, le sommet est dénudé, battu par les vents. L'arrêt du bus devant le Maison d'information du Parc lui permet de se renseigner sur les diverses randonnées à effectuer et, passionnée par les plantes, elle achète un dépliant sur la faune et la flore de cette région. Chaque groupe est accueilli par des animateurs qui donnent les règles à suivre pour respecter l'environnement et signaler le risque de se trouver face à face avec un puma! Les empreintes de daims doivent être signalés également. Des consignes de sécurité sont données afin d'éviter les accidents. El Chalten est un tout petit village s'étendant dans la vallée. Il reçoit des amateurs de randonnées et des andinistes chevronnés de tous les pays. C'est à l' Auberge Patagonia qu'elle trouve un lit dans un dortoir prévu pour quatre personnes. Comme dans toutes les auberges il y a une cuisine équipée, une salle à manger et beaucoup de routards. Ici aussi, les prés regorgent de fleurs jaunes de pissenlits. L'accueil est très chaleureux. Marie partagera sa chambre avec une allemande et deux autrichiens. Après un déjeuner composé d'une soupe de citrouille et de blanc de poulet frit, elle décide de se rendre au Mirador, en direction de la Laguna Capri. Le sentier grimpe sévèrement dès le début. Elle doit s'arrêter pour reprendre sa respiration à plusieurs reprises et elle profite de ces haltes pour se retourner et admirer le village : des toits de tôle de couleur bleue, verte, rouge, jaune rendent ce petit village très gai. Le soleil brille mais un vent glacial souffle. La forêt de hêtres atténue son effet. Au bout de deux heures de marche entrecoupées de pauses, le sentier est à découvert et un spectacle hors du commun s'offre à Marie : un couple de condors plane au-dessus d'elle. Elle s'amuse à les suivre à la jumelle et observe le travail des rémiges. Trois battements d'ailes et la levée des rémiges leur permet de se diriger. Ont-ils aperçu une proie? Leur cercle s'agrandit de plus en plus et ils disparaissent derrière les montagnes. Des mottes buissonnantes, épineuses et flamboyantes parsèment l'herbe rase. Ce sont des mata guanaco. Les fleurs ne s'épanouissent pas, ce sont des boutons en forme d'ogives de couleur rouge-orangé qui contrastent avec le vert des prés, le bleu du ciel et le blanc de la neige au loin. Une barre rocheuse s'élève: le Fitz Roy. Il se dresse, majestueux. Marie a une pensée émue pour Lionel Terray qui l'a gravi en 1952. Quel courage! A côté, elle se sent toute petite. On dirait une canine dressée qui s'élève à près de 3 500 mètres d'altitude. Les indiens l'avaient surnommé “le volcan” en raison des nuages gris qui le recouvrent souvent comme de la fumée qui s'échapperait d'un volcan. Heureusement, cet après-midi, elle peut l'admirer et le photographier dans toute sa splendeur. Lors de la descente vers le village, Marie aperçoit, à flanc de montagne, plusieurs traces blanchâtres, signe qu'il y a au-dessus, posées sur le rebord étroit, des aires de condors ou d'aigles. Les rapaces continuent leur ballet dans le ciel et se jouent des randonneurs. Elle s'arrête plusieurs fois pour se désaltérer à l'eau pure des petits torrents qui dévalent les pentes. Plus bas, elle observe des carpinteros magallanicos, ces piverts au jabot rouge feu, au bec noir et au plumage gris strié de blanc. Habitués aux humains, ils ne daignent même pas arrêter leur martèlement sur les vieux troncs calcinés par les tempêtes. En revenant sous le couvert des hêtres, elle croise Georges, le bordelais septuagénaire qu'elle a rencontré sur le Puerto Eden. Ce vieil homme solitaire, très alerte et jovial, semble ravi de retrouver un visage connu. Ils échangent quelques mots, se racontant leur parcours depuis leur séparation à Puerto Natales, quinze jours auparavant. Les journées sont si intenses ici en Patagonie qu'il leur semble s'être rencontrés dans une autre vie. Tout au long de son voyage Marie croisera ainsi ce qu'elle appelle “des petites étoiles”, des hommes et des femmes remplis d'optimisme, les yeux pétillant des mêmes valeurs qu'elle, une sorte de communauté de gens de bonne volonté. Ces deux-là auraient pu faire un bout de chemin ensemble, mais la timidité et le respect mutuel en ont décidé autrement. Le lendemain, de très bonne heure, Marie opte pour une randonnée vers le Mirador du Cerro Torre. L'approche est plus douce. Le sentier démarre dans les tourbières moelleuses gorgées d'eau. De temps à autre, les montagnes se reflètent dans des petites mares, accentuant la magie des lieux. Sur ce versant mieux exposé au soleil, les anémones et les orchidées foisonnent. Sur la gauche Marie découvre une montagne en forme de pyramide bicolore, noire et blanche. Des cascades gigantesques alimentent plus bas la rivière Fitz Roy, cachée par la végétation. Le chemin devient de plus en plus ardu et serpente à travers les rochers et les souches grises des arbres morts. Arrivée au Mirador, la même émotion indescriptible envahit Marie. A côté du Géant, sur la gauche, un autre massif plus bas et arrondi : le Poincenot. Celui-ci est entièrement recouvert de neige. Ces deux sentinelles veillent amoureusement sur le village. Marie sort le pique-nique de son sac et s'assied, fatiguée, sur l'un des nombreux bancs. Il est midi, le soleil tape fort et toujours ce vent cinglant. Lunettes de soleil, bonnet, coupe-vent, crème solaire sont vraiment indispensables. Son plaisir, à chaque grande halte, c'est d'ôter ses chaussures et chaussettes afin de laisser respirer ses pieds. Le troisième jour, Marie entreprend de gravir le versant opposé, en direction du Mirador du Lago Toro. Le départ du sentier est situé juste à côté de la Maison du Tourisme. Des panneaux de bois balisent le chemin, aucun risque de se perdre. Au pied de la montée même fraîcheur et humidité, même végétation. Au bout d'une heure de marche celle-ci se raréfie, laissant place à un paysage aride. Seules des fétuques jaunâtres poussent ça et là. La montée est de plus en plus difficile, la fatigue et le découragement se font sentir. Le sommet est encore loin et à ce rythme elle pense au retour qui risque de s'avérer trop long. Marie n'aime pas renoncer mais la sagesse lui conseille de faire demi-tour. La descente est plus agréable, moins épuisante pour son coeur qui, à cette altitude, doit travailler deux fois plus. Au loin, toujours les deux sentinelles au garde-à-vous, vues sous un angle différent. En bas, le paisible village semble endormi. Le clocher de l'église sonne midi lorsque Marie arrive, épuisée, à l'auberge Patagonia. Ce midi au menu ce sera ratatouille et beefsteak. L'auberge est vide de touristes, les jeunes partant pour la journée entière et ne revenant que tard le soir, le visage et les bras rougis, fourbus mais heureux. L'après-midi Marie décide d'aller voir les chutes du Chorillo del Salto. Cette promenade suit la petite rivière Las Vueltas. Il n'y a pas d'effort à faire, juste mettre un pied devant l'autre. Le début est une piste caillouteuse et à chaque passage d'un 4x4 un nuage poussiéreux l'oblige à se protéger le visage avec son écharpe en guise de masque. Sur le bord de la rivière, un couple d'oies andines prend le soleil. Le mâle tout blanc excepté son bec et ses pattes noires, les ailes rayées de gris. La femelle toute grise, plus petite. Le couple semble habitué à la fréquentation de cet endroit par les curieux car il ne daigne même pas bouger. Puis l'accès est interdit aux véhicules et la piste se transforme en un agréable sentier qui serpente au milieu d'un épais tapis d'herbe verte parsemé de milliers de fleurs de pissenlits. Ici encore des calafates, des ciruellos (sorte de chèvre-feuille) aux fleurs orange flamboyant, des gaultherias aux baies violettes, un véritable festival de couleurs. Soudain, Marie entend un bruit assourdissant : des tonnes d'eau s'abattent sur les rochers. Haute d'une quinzaine de mètres, la cascade miroite sous l'effet du soleil. A ses pieds, beaucoup de touristes, appareils photos en mains, immortalisent la scène. La roche est grise, brillante, usée par l'écoulement de l'eau. Sur les côtés, le gris des arbres déracinés contraste avec le vert des arbustes en fleurs. Quelques amoureux semblent s'éterniser, assis sur les rochers. C'est rechargée en énergie que Marie regagne le village qu'elle doit quitter ce soir pour une très longue route qui la conduira jusqu'à Chile Chico. RETOUR EN PATAGONIE CHILIENNE C'est donc vers 15H30 que le minibus arrive le 10 novembre à Chile Chico. La traversée sur la célèbre route 40 a été fatigante. Peu ou pas de goudron, un bus en mauvais état pas confortable du tout, un arrêt au petit matin dans une estancia pour le petit déjeuner, un ranch perdu au milieu de nulle part, un lever de soleil magnifique, la terre et le feu. Le passage de la frontière à los Antiguos avait duré plus d'une heure, les chiliens vérifiant tous les bagages des argentins; puis ce minibus pour elle toute seule. Ici aussi des lacs à perte de vue, des paysages magnifiques. L'aridité a laissé place à une nature généreuse. Marie est très heureuse de retrouver “son” Chili et la gentillesse de ses habitants. L'hôtesse du guichet ne l'avait-elle pas appelée corazon? Ce n'est pas en France que de tels mots affectueux seraient prononcés. Ce n'est pas de la familiarité, seulement un signe d'attention. La voyageuse trouve un hôtel, le Rosaria, juste à côté du port. Marie va se dégourdir les jambes en gravissant la colline qui se dresse derrière le port et où trône une Vierge. Des lycéens argentins en voyage de fin d'année chahutent et interpellent la touriste : “D'où viens-tu? Où vas-tu? Tu viens de quel pays?”. De là-haut Marie voit la petite ville et ses rues quadrillées, les barges ancrées prêtes à larguer les amarres pour Puerto Ibanez, ville située sur l'autre rive du lac Carrera. Ce soir, elle ira au restaurant car dans le bus, contrairement aux habitudes, les repas n'ont pas été servis et elle se sent affamée. Le lendemain matin elle parcourt les rues de la ville et observe l'avance du printemps : les soucis et les pivoines sont en fleurs, les arbustes aussi comme le pommier de japon, le forsythia, le genêt. Près de l'hôtel elle remarque une quantité de plantes en pots. Une jeune femme s'approche, la salue et la conversation est entamée. La même passion les anime : les fleurs et les plantes. Elle s'appelle Marcela. C'est une belle femme d'environ trente cinq ans, ses longs cheveux noirs bouclés encadrent un visage fin, à peine typé. Sa voix est douce, elle est souriante. Marie est invitée à pénétrer à l'intérieur de la serre et s'exclame devant tant d'abondance. Des semis et des boutures partout, bien étiquetés. Marie traduit en français le nom des plantes qu'elle reconnaît. Beaucoup de noms sont semblables car la racine est latine. C'est à regret que les deux amies se séparent car Marie doit faire ses bagages et embarquer sur le Pilchero pour l'autre rive. La route 40 n'a rien à envier à la Carretera Austral si ce n'est la végétation luxuriante. Même ripio, même poussière lorsque le temps est sec. De part et d'autre de la route d'immenses fougères, des bambous, des malcas (sorte de rhubarbes) en fleurs violettes dont les tiges se mangent crues et salées, transportent Marie en forêt tropicale tandis que nous sommes en Patagonie, à environ 47° de latitude Sud. Sur la gauche les sommets enneigés se découpent sur le ciel bleu. La route serpente dangereusement dans un foisonnement de cascades, de torrents, de lacs, de falaises et de plantes géantes. On se croirait dans un conte de fées! Le bus croise des touristes à bicyclette, sacoches bien remplies. Ces fous du cyclo ont bien de la chance de pouvoir s'arrêter quand ils le veulent. Planter la tente dans des lieux aussi magiques et sublimes, seuls, coupés du monde, n'ayant pour compagnie que la nature généreuse, quel luxe! Le bus arrive à Coihaique en pleine nuit. Difficile pour Marie de se repérer dans ce dédale de rues à la recherche d'un hôtel. Heureusement, quelques habitants croisés sur les trottoirs lui indiquent un hospedaje à un kilomètre de là, rue Freire. L'accueil est toujours aussi chaleureux. Elle pénètre dans une salle commune sombre, surchauffée, enfumée. Quelques hommes sont attablés, étonnés de voir ici une gringa. Les locaux, en effet, sont plutôt métissés, bruns de peau et de cheveux. Marie à une chevelure plus blanche que neige, le teint pâle. La maîtresse de maison semble hésiter avant d'accepter de recevoir son hôte. Le patron, quant à lui, conduit directement la touriste dans une cuisine sortie tout droit d'un roman de Victor Hugo. La table de bois brut cirée par la saleté des années est surchargée de récipients, couverts ébréchés et restes de nourriture. Les murs sont tapissés de placards et d'étagères où s'entassent les ustensiles et provisions. L'évier déborde de vaisselle sale et la gazinière n'a pas vu l'éponge depuis des lustres, L'homme propose à Marie de partager son repas. Poliment, elle refuse, ne voulant pas abuser de son hospitalité. Elle sort de son sac à dos un sachet de soupe poulet-vermicelle et un sandwich jambon-fromage. Pour ce soir, ça ira, pense t-elle. Elle est affamée, mais la vue de ce spectacle la rebute un peu. C'est vraiment du typique. Cet hospedaje restera pour longtemps dans les souvenirs de Marie, tant pour la cuisine que pour la chambre : des draps sales, pas de chauffage, des couvertures sentant la crasse et l'humidité. Et la salle-de-bains, impossible d'y entrer tellement c'est sale. Marie fera sa toilette à la lingette. Le lendemain Marie va se promener le long du Rio Simpson pour découvrir l'attraction locale : la tête d'indien. La route est bordée de hauts lupins en fleurs. Le violet mélangé au jaune des cytises est un ravissement pour la touriste. Elle, qui ne peut réussir à faire pousser de lupins dans sa terre trop calcaire, est émerveillée. Ici, la terre est brune, volcanique. La région foisonne de volcans qui se réveillent parfois, projetant leurs cendres à des dizaines de kilomètres. Le rocher de granit apparaît et, avec un peu d'imagination, on peut reconnaître, en effet, le profil d'une tête d'indien. Chaque ville offre ainsi une spécialité touristique à voir ou à goûter. Plus enthousiasmée par la flore que par la vue de ce bloc de granit gris, Marie remonte la route jusqu'au centre ville, en direction de la Place des Armes. Toujours le même schéma: au centre, une statue en bronze d'un général célèbre, ici O'Higgins, des canons, une fontaine, des arbres, des bancs, des marchands ambulants, des étudiants dans leurs costumes bleu-marine, chemises blanches et cravates, des pigeons, des vendeurs de grains, des agents de ville balai en mains, d'autres chargés du stationnement encaissant la taxe. Ici, au Chili, peu de chômage. Chacun à un petit emploi. Excepté aux abords des grandes villes, Marie ne trouvera pas de sans logis. C'est peut-être dû au sens de la famille très développé dans ce pays. Les vieux sont respectés et pris en charge par les enfants et petits-enfants. La solidarité et l'entraide sont encore présents. A aucun moment Marie n'a ressenti de stress venant des chiliens. Ils sont décontractés, très lents, heureux de vivre. Peut-être est-ce dû à leur récente liberté? Sortis d'un régime de dictature sous Pinochet, ils goûtent à la joie d'une liberté durement acquise. Le lendemain matin Marie arrive à Chaiten, petit village situé au bord de la mer. C'est d'ici qu'elle prévoit de rejoindre l'Ile Chiloe en ferry. Dès sa descente de bus elle part, comme à l'habitude, à la recherche d'un hospedaje. Personne dans les rues. Le premier hôtel est fermé. Au deuxième, la propriétaire dit : “Désolée, je n'ai pas d'eau”. Il règne ici une ambiance étrange, inhospitalière. Marie s'enfonce un peu plus dans la ville et tombe sur une épicerie ouverte. “Bonjour Madame, pourriez-vous m'aider, je suis à la recherche d'un hôtel”. “Pas de problème, je vais appeler mon amie Carla, elle va venir vous chercher.” Et la discussion se poursuit. Marie apprend, tout étonnée, que le village a été enseveli en mai 2008, suite à l'éruption du volcan. “Allez voir là-bas” dit l'épicière en tendant son bras, “il ne reste plus rien”. Carla arrive à bord de son puissant 4x4. Elle conduit Marie au Don Carlos, rescapé du sinistre. Un drapeau gris flotte au-dessus d'un échafaudage de bois sur lequel repose une énorme citerne d'eau. Les murs jaunes à l'origine tirent sur une couleur jaune-grisâtre. L'herbe a du mal à pousser, le sol est recouvert de cendres. L'hôtel est très grand, désert. Dans l'immense salon des photos aux murs attirent l'attention de la touriste : celles d'avant et celles d'après la catastrophe. Que vient faire cette étrangère ici doit penser Carla. N'a t-elle pas lu son guide? Si, elle l'a bien lu mais il date de 2008-2009 et l'information n'y figure pas. Marie commence à angoisser d'autant plus que le prochain départ de ferry n'est prévu que dans trois jours. Le volcan Chaiten aperçu au-dessus des montagnes continue de fumer et c'est peu rassurée que l'aventureuse part constater les dégâts occasionnés par l'éruption. Dix centimètres de cendres recouvrent les rues, de larges traces de pneus indiquent que de gros engins sont venus déblayer les lieux. Des amas de cendres s'entassent de part et d'autre du chemin. Les maisons de bois sont englouties, ne laissant apparaître que leurs toits rouges. Les voitures aussi ont été saisies par la coulée dévastatrice. Les câbles électriques arrachés s'agitent au vent. Il règne ici un silence de mort. C'est une ville fantôme, un décor de film d'horreur. Mais que font ces gens ici? Marie apprendra que le gouvernement a relogé les habitants plus loin, hors du danger potentiel et qu'il ne reste que des résistants, des enracinés qui ne veulent pas partir malgré la menace d'une nouvelle éruption. Marie a rencontré deux “Calamity Jane” sorties tout droit d'un western. Elle aura la chance d'apprendre qu'un ferry appareillera le soir même pour Quellon. Les dieux auraient-ils entendu ses prières? La traversée du canal Corcovado durera plus de six heures sur une véritable tôle ondulée, éprouvante. Chiloe la rayonnante, Chiloe la fière, Chiloe la typique, Chiloe la désirée s'offre enfin à Marie. Il y a vingt ans, lors de son précédent voyage au Chili, le couple était allé jusqu'à Puerto Montt et la région des lacs. On leur avait tellement vanté cette île que dans l'imaginaire de Marie sa beauté était devenue inaccessible. La découvrir la remplit d'une immense émotion. Elle n'est pas déçue. La lande parsemée de genêts et de ciruellos en fleurs se déroule sous ses yeux. Des troupeaux de vaches bien grasses paissent tranquillement. L'herbe est riche, bien verte. Le soleil brille et rend tout plus beau. Il pleut souvent dans cette région agricole. Les maisons colorées égayent le paysage et toujours ce ciel patagon d'un bleu soutenu sur lequel se détachent de gros cumulus blancs. La capitale, Castro, s'enorgueillit en son centre d'une belle église tout en bois aux tons pastels de violet et de jaune. Près d'elle le musée régional, en bois également, permet à Marie de mieux connaître l'histoire des chilotes, derniers résistants de la colonie espagnole. Des maquettes de chalupones, ces embarcations creusées dans les troncs d'arbres dont la proue et la poupe sont identiques, sont exposées à côté d'instruments de musique typiques. Marie flâne dans les rues animées et se réjouit de pouvoir goûter aux premières cerises et fraises de l'année. Un vrai régal! Puis elle descend vers les palafitos, ces maisons de pêcheurs construites sur pilotis, qui sont l'attraction de la ville. Côté rue, c'est une succession de façades en bois, aux bardeaux peints en bleu, vert, jaune, framboise. Côté mer, c'est moins joli: des moules sont accrochées aux poteaux qui soutiennent les maisons et une odeur désagréable se dégage des lieux. Plus loin, une locomotive noire aux jantes rouges trône au milieu d'un square fleuri de gaillardes et de lupins aux tons pastels. Des enfants jouent sur la plage recouverte de coquilles. Marie pense à ses petits-enfants et la nostalgie l'envahit.
SANTIAGO - VALPARAISO Marie quitte l'Ile Chiloé pour un long trajet de nuit en direction de Santiago. Elle connaît déjà cette région et préfère gagner du temps en voyageant de nuit, les bus étant confortables et se sentant en sécurité dans ce pays. Aux abords de la capitale, elle sent une vive émotion l'envahir et les souvenirs des trois mois passés dans l'attente d'une décision de justice remontent à la surface. Elle est à la fois impatiente et inquiète. Ne va-t-elle pas être déçue? Le taxi la dépose devant le Residencial Londres 54, recommandé par les jeunes toulousains. On se croirait dans un vieil hôtel anglais avec ses fauteuils dépareillés, son parquet crissant sous les pas, ses salons cosy et ses chambres aux plafonds très hauts. Ambiance très british. Cet hôtel a l'avantage d'être à deux pas du centre, dans un quartier très calme. La température avoisine les trente degrés l'après-midi lorsque Marie gravit le Cerro de la Virgen del Valle à los Andes. Le sentier caillouteux zigzague à travers les cactus, ce sentier qu'elle a gravi vingt ans plus tôt en compagnie de son mari. C'est comme un chemin de croix tellement la montée est rude. Elle avait promis de revenir ici si son voeu était exaucé : adopter Julie. Ici, le paysage n'a pas changé, contrairement à la banlieue de Santiago qui a vu grandir de gigantesques gratte-ciel. C'est épuisée que Marie arrive aux pieds de la statue. Elle sort l'ex-voto de son sac et l'accroche à la grille bleue qui entoure la Vierge. Debout, elle la remercie de tout son coeur et adresse une prière, mélange de bouddhisme et de christianisme, à l'intention de sa fille. Pas de Je vous salue Marie, pas de Notre père, juste un recueillement religieux. C'est le coeur léger qu'elle quitte ce lieu de pèlerinage, redescend vers la ville et apprécie de déguster une glace à la vanille à la terrasse d'un café. Le soir, Marie va se promener dans Ahumada, la principale rue piétonne de la capitale, toujours bondée de monde, avec ses beaux magasins et ses nombreux fast-food, les pollitos, restaurants où l'on trouve des demi-poulets grillés accompagnés de frites (papas fritas), le tout servi avec un énorme verre de coca-cola ou de soda. Il lui est agréable de se fondre dans la foule, de passer pour une véritable chilienne. Le lendemain Marie se dirige vers le Cerro Santa Lucia au pied duquel se dresse toujours l'hôtel Monte Carlo. On dirait qu'il a souffert du récent tremblement de terre, ses murs roses sont fissurés et il semble à l'abandon. La montée matinale de cette colline la renvoie à ses vieux souvenirs et Marie ne peut s'empêcher de penser à sa fille qui trottinait à ses côtés ou juchée sur les épaules de Jean, heureuse d'avoir enfin trouvé une famille. Les décors n'ont pas changé, seule la saison a changé : autrefois c'était l'hiver en plein mois d'août, les arbres dénudés, les massifs dépourvus de fleurs, à présent c'est le printemps, l'équivalent d'un mois de mai en France, et les fleurs abondent. Des jardiniers, tuyau ou balai en mains s'affairent à arroser les massifs ou balayer les allées. D'énormes acanthes en fleurs voisinent avec des cornes de bélier, les céanothes et les bougainvilliers se mêlent aux fleurs violettes des jacarandas (flamboyants bleus-violets), les palmiers se reflètent dans les vitres bleutées des immeubles avoisinants. Une cascade s'écoule dans trois grandes vasques superposées, ajoutant un brin de fraîcheur et d'humidité à cet endroit si romantique. Marie arrive au sommet et redécouvre les créneaux du fort aux briques rouges, retrouve avec émotion l'endroit même où avaient été prises les photos. Rien n'a changé. La colline a résisté au tremblement de terre! Seul le point de vue a changé : la ville semble deux fois plus étendue. Un groupe de jeunes filles, portable en mains, s'amusent à se photographier, assises sur un énorme canon. Marie s'assied sur un banc et médite sur la notion du temps. Pour l'ascension de l'autre célèbre cerro de Santiago, le San Cristobal, Marie emprunte le funiculaire. A plus de trois cents mètres de dénivelé est érigée une immense statue de la Vierge de l'Immaculée Conception qui veille sur la ville, les yeux levés vers le ciel et les mains ouvertes en offrande. Premier arrêt au zoo (c'est ici que Julie avait vu pour la première fois des girafes et des lions). Les jeunes parents accompagnés de leurs enfants excités descendent. Deuxième arrêt, l'esplanade de la Vierge. La statue géante attire de nombreux touristes, croyants ou non. Un jardinier propose gentiment à Marie de la prendre en photo avec, au premier plan, les roses épanouies dont il est si fier, et en arrière plan la statue vénérée. D'ici, la ville semble encore plus étendue et la pollution empêche de discerner clairement les limites de la mégapole noyée sous une fine couche de brume. Prochaine destination : Limache et le foyer Saint-Vincent de Paul. Trois heures de route sont nécessaires pour atteindre les lieux si chers au coeur de Marie. Ce chemin parcouru autrefois dans un autre état d'esprit lui semble long et court à la fois. Long car elle est pressée d'y arriver, court car elle apprécie la nature généreuse en cette saison : les cerisiers croulent sous le poids des cerises et les avocatiers sont en pleine production. Les champs de pommes de terre, de fèves et d'asperges alternent avec les vergers. Cette région agricole, loin de la capitale, convient mieux à Marie. Il est midi lorsque le bus “Golondrinas” stoppe devant la petite Place des Armes. Rien n'a changé. Toujours ces larges trottoirs carrelés qu'elle a foulé pendant trois mois, seule ou accompagnée de Julie. Une joie mêlée de nostalgie envahit la touriste. Une inquiétude aussi (et si le foyer n'existait plus!) Marie dépose ses bagages au petit restaurant faisant face à la place et dans lequel elle vient de se restaurer à la hâte, puis elle part, conduite par ses souvenirs ancrés dans sa mémoire, comme téléguidée, vers la rue Colon, au 349, où se trouvait le Foyer. La statue de bronze du célèbre saint, un enfant dans les bras et deux autres à ses pieds est toujours là, sur le trottoir. Elle reconnaît les grilles, la porte, la cloche. Le coeur battant très fort Marie s'apprête à la saisir lorsque la porte s'ouvre, laissant apparaître deux adolescents. Elle entre dans le hall, s'approche de la jeune secrétaire souriante et se présente. La Mère Supérieure étant absente, c'est Sonia, l'éducatrice qui se souvient très bien de la petite Julita, sordita con ojos azules qui recevra Marie.(...) Ses pas la conduisent machinalement vers le Collège Allemand où elle est restée près de trois mois, en attente du jugement. Elle reconnaît l'enseigne de tôle peinte en vert se dressant en arche au-dessus du portail et sur laquelle est écrit “Farienheim”. La cour est identique, des amarylys en fleur et des acanthes de part et d'autre de l'entrée gravillonnée. La grande baie vitrée et le hall. Son coeur bat très vite. Tout se mêle dans sa tête et son coeur, le passé et le présent se bousculent. Sur la gauche, le bar et derrière le comptoir deux femmes. Marie s'adresse à celle qui l'accueille d'un large sourire, se présente et demande poliment la permission de visiter le parc et de prendre des photos. A gauche la piscine, ses relax blancs et ses parasols, un peu plus loin l'aire de jeux avec le tourniquet et les balançoires sur lesquels Julie passait des heures. Les arbres centenaires aux essences rares reconnaissent Marie et agitent leurs feuilles en guise de bienvenue. Le parc s'étend sur un demi-hectare, bien entretenu. Les bancs se souviennent de cette maman et de cette petite fille qu'ils recevaient souvent. Ils revoient leurs visages se faisant face, les mouvements de leurs lèvres, leurs sourires, leurs câlins. Plus loin, en contrebas, il y avait une vache noire et blanche. Julie arrivait à prononcer le mot “vaca”. Elle n'est plus là. Le bâtiment qui était occupé par les collégiens est vide. Marie se revoit dans sa chambre où elle a commencé, patiemment, à apprendre quelques mots de français à Julie. Elle s'entend lui chantonner à l'oreille droite : “A la claire fontaine...” Que de chemin parcouru depuis ce temps! Il n'y a pas d'hôtel à Limache et Valparaiso n'est qu'à une heure en métro-bus. Un taxi la dépose à l'hôtel Pilcomayo au Cerro Alegre. Marie est encore toute bouleversée par le retour sur ces lieux qu'elle avait dû quitter en pleurs, vingt ans auparavant, les démarches n'aboutissant pas et surtout menacée de radiation par le directeur de l'hôpital. Elle était loin de sa famille et de ses deux garçons qui lui manquaient beaucoup. Elle n'avait pas pu revenir à Noël lorsque la nouvelle était tombée : “Vous pouvez venir chercher Julie”. Mais le bonheur d'avoir enfin une réponse à la question de sa fille l'emporta et elle passa une très bonne nuit. Le lendemain, Marie continue son tourisme et part à la découverte de la ville qui n'a pas changé. Les maisons colorées tapissent les collines qui protègent la baie. Des ascenseurs brinqueballants font la navette entre le bas de la ville et le haut des quartiers les plus beaux, évitant ainsi aux piétons bien des fatigues. C'est un véritable festival de couleurs, entre les murs peints de couleurs vives et les fleurs qui débordent des balcons. Marie est attirée par le musée à ciel ouvert, au cerro Bellavista, où les artistes-peintres rivalisent de créativité. Un vieil homme est en train de peindre les marches d'un escalier d'une marine éclatante, dans un style figuratif plus vrai que nature. Les barques semblent flotter sur l'océan et les mouettes blanches se dessinent sur un ciel azuré. Plus loin, des bancs en demi-lune recouverts de mosaïques invitent au repos. Les lampadaires aussi sont tapissés de mosaïques aux couleurs vives. Ailleurs, ce sont des tags plus ou moins réussis. Les chats et les chiens cohabitent. Un persan gris est allongé sur le rebord d'une fenêtre, se fondant avec le gris des volets et de la grille. Il ne daigne même pas bouger lorsque Marie le prend en photo. Le quartier dégage beaucoup de charme et les touristes sont très nombreux ici. En revenant vers l'hôtel, Marie aperçoit une enseigne “Kfe Havana Club”. Depuis son arrivée en Amérique du Sud elle n'a bu que du café en poudre! Ici, peut-être va-t'elle pouvoir déguster un bon café! Ramon le cubain l'accueille gentiment et lui sert un véritable expresso. Quel régal! Il lui parle de sa femme et de ses enfants laissés à Cuba et son souhait le plus cher c'est de visiter Paris un jour. L'hôtel est ancien. C'est un grand bâtiment à étage où les chambres et les dortoirs se répartissent de chaque côté d'un large couloir moquetté. Une cuisine équipée bien propre est à la disposition des clients. Deux ordinateurs gratuits d'accès meublent le grand salon. Une vieille machine à coudre Singer décore la pièce aux côtés d'un écran télé dernier cri. Des canapés usés invitent au repos dans le coin lecture. Satisfaite de cette première journée, Marie va cuisiner des fèves aux lardons, le tout arrosé d'un bon vin chilien “El Gato” (le chat). COQUIMBO Encore toute bouleversée par sa découverte, Marie continue son trajet vers le Nord, vers la ville natale de sa fille, Coquimbo. Des vignes et des champs d'oliviers s'étendent à perte de vue au départ de Valparaiso, dans la vaste plaine s'étalant entre le Pacifique et la Cordillère. Puis le paysage devient plus aride et la panaméricaine longe l'océan sur plus de trois cents kilomètres, surplombant de magnifiques criques. Les roches rouges, riches en cuivre et recouvertes de cactus, se détachent sur un ciel sans nuages. Il fait de plus en plus chaud et les tongs ont remplacé les chaussures de randonnée. Son sac à dos s'est allégé au fur et à mesure du voyage, surtout à Chaiten où Marie a offert la moitié de ses vêtements à Carla, toute heureuse de recevoir des “marques” françaises. Le bonnet a laissé place à la casquette et les lunettes de soleil sont vraiment indispensables. La climatisation du bus fonctionne à plein régime et les postes de télévision projettent leur DVD sous les yeux attentifs des voyageurs, tantôt en espagnol, tantôt en anglais mais sous-titrés. Marie ne s'assied plus au premier rang, plutôt au milieu ou au fond, depuis qu'un bus de la même compagnie a fait quatorze victimes au sud de Santiago. Elle a vu les images dans sa chambre le soir et, croyant aux signes, elle est devenue prudente. En Amérique du Sud les habitants sont friands de faits divers qui sont repassés en boucle sur les diverses chaînes avec des témoignages plus émouvants les uns que les autres. Ajoutez à cela les Novelas, ces feuilletons romantiques à l'eau de rose, il ne reste pas grand chose à regarder, à part les émissions de cuisine qui, comme en France, ont un réel succès. Coquimbo, petit port de pêche situé à une dizaine de kilomètres au sud de la Serena, capitale de la région, est en vue. Cette ville est abritée par une baie et s'arrondit au pied des collines, ce qui en fait un lieu tranquille et charmant, loin du tumulte de la grande ville touristique. Marie, comme à l'habitude, part à la recherche d'un hôtel en cette fin de journée. Elle ne réserve jamais à l'avance, préférant voir sur place la situation et le confort. Tout près du terminal de bus, dans une rue parallèle, elle trouve un apart-hôtel bien tenu. Elle restera là une bonne semaine pour se reposer et digérer les milliers de kilomètres parcourus. Idéal. La touriste va enfin se poser en vacancière. Le lendemain matin ses pas la guident vers le port de pêche animé. De gros palans lèvent les filets pleins de calamars et de thons qui viennent se déverser à même le quai. Les pêcheurs pèsent et découpent leur butin, rejetant les viscères à l'eau, festin attendu des pélicans et des lions de mer, habitués à recevoir cette manne providentielle. Les grosses têtes de chats à longues moustaches n'ont qu'à ouvrir leur gueule pour engloutir, encore chauds et sanguinolents, les rejets de la pêche. Le vol pataud des pélicans plongeant depuis le quai ne les effraie même pas. Les marchands et les restaurateurs négocient avec les patrons pêcheurs. Chacun semble y trouver son compte et le quai se vide peu à peu, laissant les lions de mer et les pélicans repus jusqu'au lendemain. Les mouettes mangent les miettes en virevoltant au-dessus des barques. Près du terminal pesquero une multitude de restaurants proposent leurs spécialités. Les passants peuvent grignoter à toute heure les crustacés préparés à l'avance et présentés dans des bols en plastique transparent. Moules, crevettes, calamars baignent dans un jus épicé et une odeur de pêche fraîche s'exhale des étals. Chez Juanito, chez Rosa, chez Don Jose. Chaque stand porte le nom de son propriétaire et des tables recouvertes de tissu coloré invitent à la dégustation. Evacuation tsunami. De grosses flèches jaunes indiquent au sol la direction à prendre en cas de raz-de-marée. Marie emprunte l'escalier en zigzag qui grimpe jusqu'au sommet de la colline où se dresse une immense croix en béton, la Croix du 3ème Millénaire. Les hibiscus, les lantanas et les strélitzias débordent des jardins et des géraniums géants et abondamment fleuris retombent en cascade le long des murets. A chaque halte, Marie se retourne pour profiter de la vue sur le petit port; au loin, les sommets enneigés de la cordillère, véritable décor de carte postale. Au Chili, les chiens sont rois. On les trouve partout, seuls ou en bande, même dans les terminaux de bus; ils font partie du paysage et surtout, ils ne sont pas agressifs et aboient rarement. Curieux, ils accompagnent les touristes ou les précèdent pour leur indiquer le chemin. Au pied de la croix un groupe de touristes chiliens pénètre dans la chapelle moderne. Mariage du bois et du béton, statues religieuses, autel épuré, odeur de cierges, recueillement. Le jour suivant Marie décide de grimper jusqu'à la Mosquée récemment construite et parrainée par le roi Mohammed VI pour la paix dans le monde. C'est la seule mosquée du pays, ce pays largement catholique. Trouvant cette construction pour le moins incongrue dans ce paysage et surtout inutile car il n'y a pas de musulmans ici, Marie ne peut s'empêcher de repenser à sa fille et à ses nombreux voyages au Maroc. Les drapeaux chilien et marocain flottent au vent, les voûtes au style mauresque et les mosaïques vertes et blanches ne sont pas sans lui rappeler un petit air de déjà vu. L'Orient et l'Occident cohabitent sous le regard tolérant des coquimbiens. Le sentier redescend, bordé de bananiers, de palmiers et de cannas. Les habitants croisés la renvoient aux origines de sa fille. Il y a peut-être ici des parents, des gens qui l'ont vu naître, qui ont connu sa mère et, inconsciemment, Marie leur trouve une certaine ressemblance. Une fête foraine est installée sur la Costanera. Les manèges, chenilles et auto-tamponneuses attirent les familles entières. Les bambins se promènent aux bras de leurs parents, une énorme glace en main. Les vendeurs de pop corn, glaces et sodas font recette. Les chiliens sont gourmands et heureux de profiter de ces moments de fête en famille. Cette ambiance bon enfant renvoie Marie à sa jeunesse, aux fêtes votives et à la joie de s'amuser sans souci du lendemain. C'est à Coquimbo que Marie prendra son premier bain dans l'océan glacé malgré la chaleur extérieure. Elle préfèrera lézarder, allongée sur la plage de sable gris et rêver à d'autres mers plus chaudes qu'elle a connues par le passé, au Kerala par exemple. La ville n'avait plus d'inconnu pour Marie. Elle avait déjà ses repères quotidiens : le cyber café d'où elle pouvait consulter sa messagerie et envoyer des mails, le supermarché Unimarc où elle faisait ses courses et mangeait parfois à la cafétéria, la Place des Armes qui se préparait à recevoir le gigantesque arbre de Noël enguirlandé, le port et le marché aux poissons, la plage et le jardin public ombragé où elle aimait venir lire les après-midi. Elle se verrait bien vivre ici à trente degrés de latitude sud, sans hiver rigoureux, sans trop de pluie, juste ce qu'il faut pour alimenter les réserves d'eau. Elle se sentait devenir à moitié chilienne par la pensée mais complètement par le coeur. Une excursion à Vicuna, village natal de Gabriela Mistral va permettre à Marie de découvrir la vallée de l'Esqui, ses vignobles taillés hauts comme des treilles, ses paysages à couper le souffle et l'authenticité de l'arrière-pays avec ses maisons en adobe. La tour Bauer a quelque chose de la Tour Eiffel de par sa forme pyramidale, excepté son clocher cubique crénelé et ses murs recouverts de bois. Elle abrite la mairie et l'office du tourisme. Elle apprendra que le pisco sour, cette boisson alcoolisée si typique, se fabrique dans cette région, gardant jalousement son secret. Au loin, les cerros enneigés culminent à plus de cinq mille mètres. Marie avait visité la maison natale de Pablo Neruda à Valparaiso, ici, la visite de la maison de son amie Gabriela, première femme d'Amérique latine à recevoir le prix Nobel de Littérature, l'émeut par-dessus tout. Marie se recueille sur sa tombe à Monte Grande et se promet de lire son oeuvre. LE DESERT D'ATACAMA Copiapo, Caldera, Chanaral, Antofagasta, autant de villes et d'arrêts dans ce Chili du Nord que Marie découvre pour la première fois. Les ports exportant les minerais de cuivre et le salpêtre, la pampa, le tropique du Capricorne, les cactus, les lamas, la sècheresse et une oasis accueillante, perdue dans le désert : San Pedro de Atacama. Sur la place, devant l'église, une fanfare joue et Monsieur le Maire fait un discours. Foule colorée, drapeau atacamène aux couleurs de l'arc-en-ciel, visages burinés, costumes traditionnels. Ici les touristes sont dans le typique. Le petit village d'adobe fourmille de touristes. Marie est fatiguée, ses chevilles sont enflées, son coeur bat trop fort et son crâne va exploser. Est-ce dû à l'altitude, à la chaleur ou au rythme élevé de son voyage? Quelques jours de repos dans un hôtel bien calme vont lui faire du bien. C'est à l'hôtel Cruz d'Atacama qu'elle trouve son bonheur. Situé à l'écart du village, peu fréquenté, cet endroit va lui permettre de se ressourcer. Elle repense à ses précédents arrêts. Antofagasta et la Portada, cette arche naturelle creusée par les vagues dans la roche calcaire, sa place des Armes aux bougainvilliers multicolores et aux quatre fontaines si romantiques, la crèche qui ornait déjà l'Eglise San Francisco, les balades sur les quais où se dresse une immense sculpture de cuivre et les petites plages bondées de monde. Caldera, petit port de pêche non loin de la célèbre Baie des Anglais, avec son église de bois fraîchement repeinte et son monument en hommage à Cousteau, son hôtel Pucara si accueillant. Copiapo, ville sans intérêt si ce n'est son musée minéralogique rempli de trésors. Tous ces souvenirs lui reviennent en mémoire et se bousculent dans sa tête. Ne rien faire, s'allonger sur la chaise longue et boire beaucoup d'eau. Son corps lui rappelle qu'elle aura bientôt soixante deux ans et qu'il serait temps qu'elle apprenne à le ménager. Elle se sent jeune dans son esprit et ce décalage lui déplaît. Un peu de sophrologie, quelques techniques de récupération et tout va rentrer dans l'ordre. Effectivement, le lendemain Marie arpente les rues poussiéreuses de la ville en direction de l'église. Hier, il y avait trop de monde pour s'approcher de cette église qu'elle a déjà peinte en aquarelle d'après photo. Eclatante de blancheur sous le soleil de midi, entourée d'une clôture de briques de terre et de paille séchée, elle-même peinte en blanc, son arcade au linteau surmonté de trois pics au travers de laquelle on aperçoit la porte de bois bleue, entr'ouverte. Le toit de terre et de chaume brun et, à droite, le clocher cubique surmonté d'une croix de travers. Encore plus beau en vrai, pense Marie. Elle pénètre à l'intérieur sombre et frais. La charpente de bois de cactus ressemble à un navire à l'envers. Saint Pierre et la Vierge Marie se côtoient et scintillent sous les cierges allumés. Recueillement, prières, silence. Plus loin, Marie emprunte le passage entre la place et ses vieux caroubiers et le cimetière, où se dresse le marché artisanal très coloré. Des tissages aux motifs incas, des pulls en alpaga, des poteries, des aguachos (carrés de laine tissée aux couleurs vives servant à porter les bébés dans le dos), des souvenirs fabriqués dans la Bolivie voisine, beaucoup plus pauvre. Marie s'arrête devant la boutique d'un potier qui fabrique des ocarinas. Elle l'observe remplissant les moules d'une boule d'argile et trouant l'objet avec adresse et précision pour en faire sortir les notes si harmonieuses. Alfaro est un artiste, après cuisson au four à haute température, ces ocarinas partent comme des petits pains. C'est ici, dans ce marché, que Marie va rencontrer un couple de grenoblois extraordinaire, Christophe et Fabienne, des routards atypiques et courageux. Christophe est paraplégique. Elle aura l'occasion de sympathiser et de partager avec eux quelques moments dits existentiels. Le cimetière, comme tous les cimetières de l'altiplano, est accueillant. Chaque tombe est fleurie d'une couronne de fleurs en papier crépon aux tons brûlés par le soleil. Il fait sec et chaud. Au loin, le volcan Licancabur se dresse majestueusement et veille sur les morts. Le lendemain matin Marie loue un vélo tout terrain et part visiter le Pukara de Quitor et la Gorge du Diable . Dans son sac à dos, de l'eau, des fruits secs et des biscuits, indispensables pour de tels efforts. Elle reprend la route internationale sur trois kilomètres avant de tourner à droite sur un sentier sablonneux qui serpente vers la forteresse inca construite au XIIe siècle. Elle laisse son vélo à l'entrée du site protégé et commence l'ascension des ruines. Elle imagine sans mal la vie d'ici autrefois, paisible, agricole, familiale, rituelle, avant l'arrivée des conquistadores au XVIe siècle et les massacres qui ont suivi. Marie se sent l'âme d'une indienne. Déjà, petite, quand son frère l'obligeait à jouer aux cowboys et aux indiens, elle s'attribuait d'office le rôle d'indien. Elle voue une admiration à la nature et déteste les armes à feu. Les envahisseurs catholiques ont forcé ces habitants à croire et à pratiquer une religion tellement éloignée de la leur qu'ils en ont gardé une peur superstitieuse, mêlant cette nouvelle croyance à leurs rites ancestraux dédiés au Soleil et à la Pachamama. Du sommet de la cité antique dont il ne reste que des blocs de pierre, Marie peut admirer la vaste oasis verdoyante qui s'étale dans la vallée. Quel contraste avec l'aridité environnante! Marie continue en pédalant vers la Gorge du Diable, passage étroit créé par l'érosion de la cordillère de sel. Le sentier longe des haies de bambous et d'arbrisseaux avant de traverser une large rivière au débit peu abondant et heureusement peu profonde. C'est à pied qu'elle franchit le gué en prenant soin de ne pas glisser. L'eau est fraîche, pure et invite à une pause à l'ombre des arbres. Le lendemain Marie partira pour trois jours en excursion en Bolivie, sur le Salar d'Uyuni, à plus de quatre mille cinq cents mètres d'altitude. Elle découvrira des paysages magiques, des lagunes Verte, Blanche, Colorée, qui doivent leur couleur aux algues et aux minéraux présents dans les eaux comme le borax, l'arsenic, le cuivre, le soufre. Elle sera émerveillée à la vue des flamants roses andins aux ailes noires pris dans les glaces, des volcans se reflétant dans les lagunes, des pierres sculptées par la force des vents, de la mer de sel s'étendant à perte de vue, rendant irréel le paysage, de la beauté de la nature à l'état pur.
ARICA Mi décembre Marie arrive à Arica, la ville la plus septentrionale du Chili. La France est paralysée par la neige. Ici, la température constante avoisine les vingt cinq degrés. Cela fait quatre ans que les habitants n'ont pas vu une goutte de pluie. Ville agréable située au bord de la mer, Marie décide de s'y reposer jusqu'à Noël. Le trek en Bolivie a été éprouvant à cause du mal des montagnes, de la poussière et du rythme accéléré du pilote sur les pistes sablonneuses. Cela a été pour elle l'équivalent du Dakar qui d'ailleurs sera accueilli dans la région en Janvier. Ensuite, elle a dû regagner de nuit Antofagasta avant de reprendre la seule route qui suit la côte. Arrêts repos à Tocopilla et à Iquique où elle a pu apprécier la rue Baquedano avec ses vieilles maisons coloniales datant de l'époque du salpêtre, aux teintes pastels et semblant sorties d'un western. C'est là, dans un petit restaurant en terrasse, qu'elle a commandé un gratin de fruits de mer dont elle se souviendra longtemps, tellement il était bon. C'est dans la rue Sotomayor qu'elle s'installe à l'hôtel Jardin del Sol. C'est de loin le meilleur hébergement rapport qualité prix qu'elle trouve depuis bientôt deux mois. Marta, la réceptionniste l'accueille avec un large sourire et lui donne la meilleure chambre à l'étage. Des employées, chiffons et balais en mains, traquent le moindre grain de poussière. Au rez-de-chaussée, une petite cour remplie de plantes vertes abrite Tatiana, la tortue fétiche âgée de quarante ans. Elle est énorme et dort, la nuit, dans une petite maison en bois. Au fond, un local à la disposition des résidents, avec quatre ordinateurs et une vaste documentation sur la région. A l'étage, face à l'escalier, une cuisine équipée très lumineuse va permettre à Marie de se cuisiner de bons petits plats. Les chambres sont situées sur la gauche, dominant la cour, et bien exposées au soleil. Au fond, au-dessus du local informatique, une terrasse couverte avec fauteuils, tables et chaises longues. Les murs sont tapissés de treillis en bois peints en blanc. C'est ici que Marie fera son réveillon. Le centre ville est à deux cuadras seulement. Les magasins bondés de monde en cette période pré-festive, se trouvent de part et d'autre de la rue piétonne du 21 Mai. Ici, ça ressemble à la France, il y a des terrasses de cafés et de restaurants où l'on peut boire et manger à toute heure. Ce sont les vacances scolaires d'été et les familles déambulent joyeusement dans les rues, d'énormes glaces à la main. Plus bas, Marie arrive sur une place où est installée une vieille locomotive à vapeur allemande qui reliait autrefois Arica à la Paz en Bolivie. A côté, un bassin avec des jets d'eau où viennent boire et se baigner des centaines de mouettes. Des palmiers abritent des oiseaux noirs, très laids, qui chantent comme grognent les cochons. En remontant, elle aperçoit la Cathédrale Saint Marc au style gothique, peinte en jaune et blanc. C'est une oeuvre de Gustave Eiffel, les piliers et les arcades sont en fer forgé, de même que le bâtiment abritant le Centre des Arts. (en 1868, il y a eu un terrible tremblement de terre qui a tout détruit dans la ville) Arica est protégée par le Morro, célèbre colline qui vit la victoire des chiliens sur les péruviens lors de la guerre du Pacifique. Un Christ immense y est édifié côtoyant un musée de la guerre et d'antiques canons. De là-haut, Marie a un point de vue superbe sur la ville et sur les plages qui bordent l'océan. Sur une autre colline, moins haute, qui sert de refuge en cas de tsunami, est érigée une statue de la Vierge. Des marchands de fruits et de légumes stationnent aux angles des rues, proposant avocats, bananes, fraises, cerises, tomates à des prix très raisonnables. Marie fera ses courses au supermarché Santa Isabel et achètera à ces commerçants ambulants les meilleurs fruits et légumes de tout son voyage. Elle aura l'occasion de se baigner dans la piscine olympique, sa tentative en mer ayant été repoussée à cause des méduses. De longues promenades sur le port, le long des quais où quelques lions de mer paresseux guettent les restes jetés par les pêcheurs, le long des plages sablonneuses, sur l'ex île Alacran, lui permettent de se refaire une santé. L'air marin, le soleil, la basse altitude conviennent mieux à Marie que les montagnes. Entre montagnes et déserts, elle est arrivée au bout de ce qu'elle voulait : connaître tout le Chili, sur plus de cinq mille kilomètres. Son épine dorsale, la Cordillère des Andes et son ventre, le Pacifique. Elle comprend mieux à présent le caractère de sa fille, tantôt explosif comme les volcans, tantôt doux et charmeur comme la tendre Patagonie, tantôt fier comme l'Ile Chiloé.
Infos sur le Vanuatu! English translation pending
Je suis professeure de français sur l'île d'Esperitu Santo, Vanuatu.
Pour travailler ici il faut être investisseur, car il est très dur de trouver du travail, les métiers sont protégés pour la plupart depuis l'indépendance.
Mais nous avons une Alliance française qui marche très bien sur la capitale Port Vila (île d'Efate) et l'AUF aide aussi bcp.
L'Archipel du Vanuatu comporte 83 îles, il y a donc 83 dialectes environ, leur langue officielle parlée sur ttes les îles est le Bishlamar (une langue facile à apprendre qui reprend l'anglais, le français et l'espagnol avec seulement 200 mots de vocabulaire) environ 40 % parle le français en 3ème langue, et 60 % parle l'anglais.
Les gens vivent en communauté, chaque village est gouverné par un chef. Et la famille a une très grande importance dans leur culture.
Ils ont des coutumes différentes selon les îles aussi et sont très superstitieux et vivent dans la peur de la "jalousie" et de la magie noire des îles volcaniques.
5 volcans sont encore en activités: sur l'île d'Ambae (lac de lave), de Gaua (îles banks), d'Ambrym (deux volcans) et de Tanna (le plus connu: le volcan Yasur est le plus impressionnant et le plus accessible au monde).
Esperitu Santo est la plus grande île du Vanuatu, elle a une superficie de 3 955,5 km2, elle est montagneuse au centre et offre des plages de sable noir, de sable blanc et de galets. Venir jusqu'ici, bien sûr que ça vaut le coup !! Vous voyez des choses tellement superbes dans un pays encore préservé et proche de ses racines. Le mieux, est bien sûr de visiter Tanna et son volcan Yasur, mais ce n'est pas la peine d'y rester longtemps (2 ou 3 jours). Si vous cherchez l'authenticité, ne restez pas sur l'île d'Efate (capitale) et venez directement sur mon île, ça fait un an que je suis installée et je n'ai pas encore Tout vu ! Donc, il faut rester sur Esperitu Santo minimum 8 jours pour vous en mettre pleins les yeux. Randos et trekkings superbes à faire... Des trous bleus à visiter (photo jointe), plages superbes, parcours de la seconde guerre mondiale, cascade, grottes (millenium cave est à voir une fois dans sa vie) et pour la plongée, c'est l'île où aller. Vous pouvez voir la plus grde épave du monde accessible: le "président coolidge", "million dollar point" et "L'USS Tucker" ainsi que de nombreux récifs... En vivant localement, comptez de 1500 à 3500 vatus (le moins cher) par nuit. Mais il y a de nombreux resorts sur l'île qui vont de 6 000 vatus par nuit à 25 000 vatus dans des cadres exceptionnels. Pour manger, on peut vivre avec 1000 vatus par jour en mangeant local dans les cases-restaurant des femmes du marché de Luganville (marché ouvert 24 heure sur 24 du lundi au samedi soir). Comptez un plus gros budget pour vous faire plaisir au moins une fois au restaurant français de l'île, "le jardin des saveurs" à Luganville, car c'est le meilleur restaurant du Vanuatu. Après, la plupart des sites touristiques incontournables sont payants (1000 à 2500 vatus) cet argent est pour les communautés propriétaire des terrains. Vous pouvez également, à moindre coût, faire des coutumes de bienvenue pour t'intégrer dans des villages et demander ce qu'il faut faire autour. Le transport reste le plus cher du budget à prévoir, mais le mieux pour visiter moins cher est de prendre les transports publics, mais ils ne sont pas super fréquents et ne te laissent pas la liberté de bouger comme tu veux (1000 vatus environ pour aller du sud au nord par la seule route goudronnée de l'Est). La location de voitures coûtent entre 8 000 et 14 000 vatus la journée, (sans compter l'essence), sinon, à titre d'exemple, y'a des scooters à 5 000 vatus la journée, des citadines à 8 000 vatus et des jeeps à 9 000 vatus, vous pouvez trouver des 4x4 hillux à 12 000 aussi... Mais je ne suis pas au courant de tous les prix.... Si vous décidez de venir, je vous aiderai à trouver ce que vous recherchez.
Esperitu Santo est la plus grande île du Vanuatu, elle a une superficie de 3 955,5 km2, elle est montagneuse au centre et offre des plages de sable noir, de sable blanc et de galets. Venir jusqu'ici, bien sûr que ça vaut le coup !! Vous voyez des choses tellement superbes dans un pays encore préservé et proche de ses racines. Le mieux, est bien sûr de visiter Tanna et son volcan Yasur, mais ce n'est pas la peine d'y rester longtemps (2 ou 3 jours). Si vous cherchez l'authenticité, ne restez pas sur l'île d'Efate (capitale) et venez directement sur mon île, ça fait un an que je suis installée et je n'ai pas encore Tout vu ! Donc, il faut rester sur Esperitu Santo minimum 8 jours pour vous en mettre pleins les yeux. Randos et trekkings superbes à faire... Des trous bleus à visiter (photo jointe), plages superbes, parcours de la seconde guerre mondiale, cascade, grottes (millenium cave est à voir une fois dans sa vie) et pour la plongée, c'est l'île où aller. Vous pouvez voir la plus grde épave du monde accessible: le "président coolidge", "million dollar point" et "L'USS Tucker" ainsi que de nombreux récifs... En vivant localement, comptez de 1500 à 3500 vatus (le moins cher) par nuit. Mais il y a de nombreux resorts sur l'île qui vont de 6 000 vatus par nuit à 25 000 vatus dans des cadres exceptionnels. Pour manger, on peut vivre avec 1000 vatus par jour en mangeant local dans les cases-restaurant des femmes du marché de Luganville (marché ouvert 24 heure sur 24 du lundi au samedi soir). Comptez un plus gros budget pour vous faire plaisir au moins une fois au restaurant français de l'île, "le jardin des saveurs" à Luganville, car c'est le meilleur restaurant du Vanuatu. Après, la plupart des sites touristiques incontournables sont payants (1000 à 2500 vatus) cet argent est pour les communautés propriétaire des terrains. Vous pouvez également, à moindre coût, faire des coutumes de bienvenue pour t'intégrer dans des villages et demander ce qu'il faut faire autour. Le transport reste le plus cher du budget à prévoir, mais le mieux pour visiter moins cher est de prendre les transports publics, mais ils ne sont pas super fréquents et ne te laissent pas la liberté de bouger comme tu veux (1000 vatus environ pour aller du sud au nord par la seule route goudronnée de l'Est). La location de voitures coûtent entre 8 000 et 14 000 vatus la journée, (sans compter l'essence), sinon, à titre d'exemple, y'a des scooters à 5 000 vatus la journée, des citadines à 8 000 vatus et des jeeps à 9 000 vatus, vous pouvez trouver des 4x4 hillux à 12 000 aussi... Mais je ne suis pas au courant de tous les prix.... Si vous décidez de venir, je vous aiderai à trouver ce que vous recherchez.
Location de voiture à La Havane et hébergement pour 15 jours en février English translation pending
Bonjour
pourriez vous me conseiller qqes adresses sur la HAVANE -CIENFUEGOS -SANTI SPIRITUS-VARADERO.
je souhaite louer une voiture de la HAVANE , merci pour votre aide .
j'ai bien sur pris qqes infos déjà sur ce forum... merci pour vos conseils DVP
j'ai bien sur pris qqes infos déjà sur ce forum... merci pour vos conseils DVP
Déplacement et hébergement à Cuba English translation pending
Nous avons réservé un vol pour Cuba en mars-avril. Au moment d'organiser et de réserver pour notre périple nous nous heurtons au problème du transport : il semble que les réservations faites sur le site des Bus Viazul ne soient pas garanties à l'arrivée, quelle est l'autre solution ...location de voiture, taxi collectif (bien pour des petites distances ?)
Je suis également à la recherche d'un site fiable pour les logements chez l'habitant
Merci à l'avance pour votre aide Royo1
Merci à l'avance pour votre aide Royo1
Deux semaines pour découvrir Cuba English translation pending
Bonjour,
je pars prochainement à Cuba pour 2 semaines de vacances. Ce sera mon premier voyage là-bas. Je vais très certainement louer une voiture pour circuler hors La Havane et passer mes nuits en Casas. Je souhaite découvrir au mieux Cuba, avec un mélange culture/villes/plages/paysages. En 2 semaines, je visiterai seulement l'Ouest...
Voici une ébauche de circuit, inspiré des guides que j'ai pu lire et du forum (c'est un circuit assez classique je crois).
Jour 1
Arrivée La Havane à 16h30 - Nuit à La Havane
Jour 2
Visite La Havane - Nuit La Havane
Jour 3
Visite La Havane - Nuit la Havane
Jour 4
Location voiture - Route vers Soroa - Visite La Terrazas -Nuit à Soroa
Jour 5
Route vers Vinales - Visite Vinales et environs : Vallée de Vinales, Mogotes, Pinar del Rio, triangle du tabac -Nuit à Vinales
Jour 6
Route vers Puerto Esperanza - Cayo Levisa - Journée à à Cayo Levisa ou Cayo Jutias - Nuit à Vinales
Jour 7
Route vers Guama (5h de route?), playa Larga, Playa Giron (baie des cochons) - Nuit Playa Giron
Jour 8
Cienfuegos, playa rancho luna - Trinidad - Nuit Trinidad
Jour 9
Visite Trinidad - Nuit Trinidad
Jour 10
Sancti Spiritus? - Topes de collantes et valle de los ingerios -Santa Clara - Nuit Santa Clara
Jour 11
Playa Coco, Playa Pila à Cayo Guillermo - Nuit Playa Coco
Jour 12
Cayo Santa Maria - Nuit Santa Maria
Jour 13
Varadero - Nuit à Varadero
Jour 14
Plages Est Cuba - Retour voiture - Nuit la Havane
Jour 15
Visite La Havane - Départ La Havane 19h30
Pourriez vous me confirmer que les étapes sont réalisables en terme de temps? J'ai par exemple un doute pour Vinales, faut-il prévoir un jour de plus? J'ai essayé de repérer les plages les plus sympas dans la région Ouest, y en a-t-il d'autres à viser? Je ne suis pas fan des complexes touristiques ;-) J'ai cependant retenu Varadero car il semble que les plages soient très belles. D'autres arrêts sont-ils à préférer? J'aurais aimer pousser jusque Camaguey, mais je crois que cela rallonge pas mal la route...
Merci d'avance aux connaisseurs de Cuba!
Pourriez vous me confirmer que les étapes sont réalisables en terme de temps? J'ai par exemple un doute pour Vinales, faut-il prévoir un jour de plus? J'ai essayé de repérer les plages les plus sympas dans la région Ouest, y en a-t-il d'autres à viser? Je ne suis pas fan des complexes touristiques ;-) J'ai cependant retenu Varadero car il semble que les plages soient très belles. D'autres arrêts sont-ils à préférer? J'aurais aimer pousser jusque Camaguey, mais je crois que cela rallonge pas mal la route...
Merci d'avance aux connaisseurs de Cuba!
Chauffeur parlant français (ou anglais) + voiture à Cuba English translation pending
Bonjour,
Billets d'avion réservés pour Cuba (du 27/12 au 11/01/2014). Ca c'est fait ! L'itinéraire et l'itinéraire bis aussi. Reste à trouver un chauffeur avec voiture, de préférence francophone (le chauffeur ;-)) ou parlant anglais. Nous sommes un couple. Quelqu'un aurait-il les coordonnées de l'un d'entre eux avec lequel il aurait voyagé et qu'il pourrait nous recommander ? Vous pouvez me les adresser en MP si vous le souhaitez. D'avance merci beaucoup.
Billets d'avion réservés pour Cuba (du 27/12 au 11/01/2014). Ca c'est fait ! L'itinéraire et l'itinéraire bis aussi. Reste à trouver un chauffeur avec voiture, de préférence francophone (le chauffeur ;-)) ou parlant anglais. Nous sommes un couple. Quelqu'un aurait-il les coordonnées de l'un d'entre eux avec lequel il aurait voyagé et qu'il pourrait nous recommander ? Vous pouvez me les adresser en MP si vous le souhaitez. D'avance merci beaucoup.
Chauffeur à Cuba English translation pending
En janvier/février 2014, nous avons fait un très joli périple de 5 semaines à Cuba avec un chauffeur qui nous est devenu un ami. Comme nous avons pu pas mal discuter avec d'autres, nous avons constaté que beaucoup de personnes auraient préféré voyager de cette façon car cela nous est revenu moins cher que la plupart a payé pour une voiture de location. Nous avions des idées de ce que nous voulions faire et lui, il nous a conseillés et montré pleins de choses et cela a été parfait pour nous. Jamais il nous a imposé quoi que ce soit, mais il était toujours là pour nous aider dans notre choix aussi des casas. Il est professeur de formation et a donc beaucoup de connaissance. Sa voiture est une vieille américaine sans clim. et il ne parle pas beaucoup d'anglais. Des amis à nous l'ont entre-temps également engagé et ils ne parlent pas anglais. Ils ont dit que cela n'avait jamais été un problème et leur voyage avait été une réussite grâce à lui.
Si jamais ça peut aider quelqu'un ou intéresser, je vous donne volontiers ses coordonnés.
Maevita
Où loger à Varadero et à La Havane English translation pending
Bonjour ,
Ma fille et moi aimeront aller visiter la havane cet été...
Est ce que quelqu'un pourrait me dire combien pour se rendre de Varadero à la Havane. Avez vous un hôtel proche du centre ville de Varadero à me référer ?
Est ce mieux de loger à la Havane et profiter de la plage aussi ?
Merci d'avance,
Ma fille et moi aimeront aller visiter la havane cet été...
Est ce que quelqu'un pourrait me dire combien pour se rendre de Varadero à la Havane. Avez vous un hôtel proche du centre ville de Varadero à me référer ?
Est ce mieux de loger à la Havane et profiter de la plage aussi ?
Merci d'avance,
Hôtels NH Parque Central à La Havane et Iberostar Laguna Azul à Varadero? English translation pending
Nous pensons faire un duos la havane et Varadero pour notre voyage de noce au moins d'octobre...Nous aimerions des information si quequ'un est déjà allé à l'hotel NH Parque Central à la Havane et l'hotel iberostar laguna azul à Varadero. Est-ce bien comme hotel, la propretée, la situation de l'hotel à la Havane(près des quartiers à visiter?), la plage de l'hotel à Varadero est-elle propre et agréable pour la baignade... Est-ce que le transport entre l'hotel de la Havane et de Varadero est compris dans le prix ou on doit s'organiser pour le transfert? En passant ont prévois partir 14 jours (4 à la Havane et 10 à Varadero). Nous sômmes déjà allés 4 fois à cuba mais le nouveau duo la havane et Varadero nous ne connaissons pas...alors! Merci pour les informations....😎
Touriste argentin venant en France: quid de l'attestation d'hébergement? English translation pending
J'ai un ami argentin qui doit me rendre visite prochainement en France... L'argentine est un des rares pays exempté de visa pour un court séjour (< 3 mois) dans l'espace Shenghen.... Toutefois en allant sur le site diplomatie.org (ministère) il semblerait qu'il faille quand même une attestation d'hébergement délivrée par la mairie de ma commune... et que cette attestation pourrait lui être demandée à l'arrivée à l'aéroport... J'ai bien entenu envoyé plusieurs emails via le site diplomatie.org mais je n'aurai sans doute jamais de réponse... Si quelqu'un a la réponse.... un GRAND merci
Vol France-Santiago-La Havane English translation pending
bonjour
je commence tout juste à préparer un séjour de 15 j à paques 2008 pour une famille avec 2 enfants de 5 et 6 ans et j'ai quelques questions à poser car je souhaite tout organiser pour être plus libre, plutot que passer par une agence. pour pouvoir faire la majorité de l'ile et éviter de faire 2 fois la longueur de l'ile, , est-il envisageable d'atterrir à santiago, de louer une voiture qu'on rendrait à la havane et de rentrer par la havane . on part de perpignan donc j'étudie toutes les possiblités d'aéroport de départ, le mieux étant pour nous toulouse pour un vol direct, sinon perpignan paris puis vol international . Quelqu'un a-t-il déjà fait cette combinaison ( arrivée santiago, départ la havane ou l'inverse s'il y a un sens meilleur que l'autre ? notre voyage se déroulera pendant les vacances de paques ; vaut-il mieux réserver les chambres chez l'habitant ( et dans ce cas comment, par internet ?, par tél ? ...) ou alors il n'y aura pas de souci pour trouver des hébergements au jour le jour ( pour 4 tout de même ) j'adore organiser mais je ne suis pas convaincue que cela me revienne moins cher que de prendre un circuit par une agence qui me réserverait les vols, la voiture et les hébergements, qu'en pensez vous ?merci aux habitués et connaisseurs de ce site de m'éclairer, voyage m'a énormément aidé à préparer mon voyage dans l'ouest américain le printemps dernier et c'était génial
timlulu
Taxi et temps de trajet entre Santiago de Cuba et Cayo Seita? English translation pending
Bonjour,
Je voudrais savoir si il est possible de trouver un taxi qui ferais la route entre santiago de Cuba et Cayo seita? et inversement, pour le retour.
Si oui, combien de temps pour faire ce trajet?
Merci
Cuba mi-août avec un bébé d'un an et demi: excursion et alimentation? English translation pending
Hello à tous et à toutes !!
Voilà nous regardons les billets pour partir a Cuba pour la mi août avec mon mari et mon fils.
Seulement plusieurs questions me hantent !!!
1. Pour ceux qui y sont déjà aller à cet période avez-vous eu du beau temps dans l'ensemble? Bébé à t il supporter la chaleur ? ( extrême parait il a Cuba a cette période de l'année mais bon il n'as pas souffert lorsque nous somme allez à Lisbonne en été avec 35 degrés au soleil !)
2. Nous sommes très intéressés par les excursions notamment visite de la Havane et playa de Cayo Largo ! Mais acceptent-t-ils les bébés à bord du Bateau pour l'excursion à Cayo Largo ? et dans le car pour La havane ?Je ne sais pas comment fonctionnent les clubs enfants làbas e j'ai très peur de confier mon bébé dans ce genre de club ( oui je suis très parano !! et cette paranoïa s'accentue du fait que mon fils soit Très beau et charme tout le monde il est même mannequin bébé alors j'ai peur qu'une folle désespérée l'enlève 🤪) Maintenant en 2011 tout peut arriver et ça n'arrive pas qu'au autres!!! En bref faut il que j'achète un gilet de sauvetage spécial bébé pour pouvoir faire l'excursion pour Cayo Largo ( car je crois que c'est une des raisons principales pour laquelle les enfants ne sont pas acceptés car ils n'ont pas de gilet de sauvetage adaptés aux bébés)
3 . Nous séjournerons à l'hôtel Tuxpan quelqu'un connait il cet hotel ? Comment est le complexe ? La plage ? Je suis habituée au hôtels Barcelo donc autant dire'' la qualité ''
4 . Peut on amener du lait en poudre dans notre valise ou du lait croissance en bouteille ? Peut on amener de petits pots ?
5 . La pousette est elle accepte gratuitement dans la soute de l'avion ou faut il la comptabilise comme un bagage supplémentaire ? Si oui combien ça coute ?
7 . L'avion fournit il des transat spéciale avion? pour les long courrier ?
6 . Si vous avez toutes autre suggestions ou infos à me faire parvenir je suis a votre écoute !
Merci d'avance à tous
Laura
Voilà nous regardons les billets pour partir a Cuba pour la mi août avec mon mari et mon fils.
Seulement plusieurs questions me hantent !!!
1. Pour ceux qui y sont déjà aller à cet période avez-vous eu du beau temps dans l'ensemble? Bébé à t il supporter la chaleur ? ( extrême parait il a Cuba a cette période de l'année mais bon il n'as pas souffert lorsque nous somme allez à Lisbonne en été avec 35 degrés au soleil !)
2. Nous sommes très intéressés par les excursions notamment visite de la Havane et playa de Cayo Largo ! Mais acceptent-t-ils les bébés à bord du Bateau pour l'excursion à Cayo Largo ? et dans le car pour La havane ?Je ne sais pas comment fonctionnent les clubs enfants làbas e j'ai très peur de confier mon bébé dans ce genre de club ( oui je suis très parano !! et cette paranoïa s'accentue du fait que mon fils soit Très beau et charme tout le monde il est même mannequin bébé alors j'ai peur qu'une folle désespérée l'enlève 🤪) Maintenant en 2011 tout peut arriver et ça n'arrive pas qu'au autres!!! En bref faut il que j'achète un gilet de sauvetage spécial bébé pour pouvoir faire l'excursion pour Cayo Largo ( car je crois que c'est une des raisons principales pour laquelle les enfants ne sont pas acceptés car ils n'ont pas de gilet de sauvetage adaptés aux bébés)
3 . Nous séjournerons à l'hôtel Tuxpan quelqu'un connait il cet hotel ? Comment est le complexe ? La plage ? Je suis habituée au hôtels Barcelo donc autant dire'' la qualité ''
4 . Peut on amener du lait en poudre dans notre valise ou du lait croissance en bouteille ? Peut on amener de petits pots ?
5 . La pousette est elle accepte gratuitement dans la soute de l'avion ou faut il la comptabilise comme un bagage supplémentaire ? Si oui combien ça coute ?
7 . L'avion fournit il des transat spéciale avion? pour les long courrier ?
6 . Si vous avez toutes autre suggestions ou infos à me faire parvenir je suis a votre écoute !
Merci d'avance à tous
Laura
Mes informations de retour de Cuba English translation pending
Un séjour coloré et agréable à Cuba ...
Après mes mésaventures à New Delhi en pleine démonétisation et pour un court séjour sans souci sous les tropiques, je choisis de partir avec un voyagistequi s'occupe de mon vol, mes hébergements et des transferts entre l'aéroport, la Havane et Trinidad puis retour. Mais, sur place, je gère mon temps comme je le souhaite.En fait, je m'aperçois bien vite qu'il est facile de circuler à Cuba et de trouver un logement. Le fait que je parle espagnol me facilite la tâche mais avec l'anglais, on peut aussi se débrouiller.Je vais passer 4 nuits à LA HAVANE et 4 nuits à TRINIDAD et dormir chez l'habitant, dans les fameuses casas particulares.
LA HAVANE : La Havane est bien plus étendue que Paris et compte 3,7 millions d'habitants; elle comprend de nombreux quartiers, dont la Habana Vieja (centre touristique), le Centro Habana et d'autres quartiers que je n'aurai pas le loisir de visiter.
La suite sur : www.odileenvoyage.fr




www.odileenvoyage.fr
Après mes mésaventures à New Delhi en pleine démonétisation et pour un court séjour sans souci sous les tropiques, je choisis de partir avec un voyagistequi s'occupe de mon vol, mes hébergements et des transferts entre l'aéroport, la Havane et Trinidad puis retour. Mais, sur place, je gère mon temps comme je le souhaite.En fait, je m'aperçois bien vite qu'il est facile de circuler à Cuba et de trouver un logement. Le fait que je parle espagnol me facilite la tâche mais avec l'anglais, on peut aussi se débrouiller.Je vais passer 4 nuits à LA HAVANE et 4 nuits à TRINIDAD et dormir chez l'habitant, dans les fameuses casas particulares.
LA HAVANE : La Havane est bien plus étendue que Paris et compte 3,7 millions d'habitants; elle comprend de nombreux quartiers, dont la Habana Vieja (centre touristique), le Centro Habana et d'autres quartiers que je n'aurai pas le loisir de visiter.
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Visiter Cuba en indépendant? English translation pending
Je souhaite partir en indépendant à Cuba avec un vol sec et me débrouiller sur place.est ce possible, y a t'il probléme pour le visas, pour changer contre les pésos, pour l'hébergement et pour circuler sur l'ile ?Je souhaiterais y passer deux mois.Merçi davance.
7 jours à Cuba en mode sac à dos English translation pending
Bonjour,
Je pars en tourisme sac à dos ce dimanche pour 7 jours à Cuba. Mon avion arrivera à la Havane, et je cherche tous les bons plans possibles.
Je suis habitué à voyager un peu au jour le jour en réservant généralement une auberge de jeunesse la veille par internet. Mais pour Cuba, je crois que ça va être un peu plus compliqué.
Avez-vous des conseils pour se loger économique ? Genre des auberges de jeunesse.
De plus je réfléchis encore à l’itinéraire. Je crois que ça serait bien de visiter La Havane sur 2 jours, les plages de Varadero sur 1 jours, Trinidad 1 journée Vinales 1jours … ? Qu’en pensez-vous ?
Comment organiser mon voyage ? Je suis plus intéressé par la culture du pays que par les plages. Je ne pense donc pas rester longtemps à la plage, peut être seulement quelques heures mais pas plus.
Quelle serait le circuit idéal en 7 jours au départ de la Havane, avec quels transports et quels hébergements ? J’ai un budget entre 300 et 500€ pour la semaine. Qu’en pensez-vous ?
Merci beaucoup pour vos conseils.
PS : Je parle espagnol couramment
Je pars en tourisme sac à dos ce dimanche pour 7 jours à Cuba. Mon avion arrivera à la Havane, et je cherche tous les bons plans possibles.
Je suis habitué à voyager un peu au jour le jour en réservant généralement une auberge de jeunesse la veille par internet. Mais pour Cuba, je crois que ça va être un peu plus compliqué.
Avez-vous des conseils pour se loger économique ? Genre des auberges de jeunesse.
De plus je réfléchis encore à l’itinéraire. Je crois que ça serait bien de visiter La Havane sur 2 jours, les plages de Varadero sur 1 jours, Trinidad 1 journée Vinales 1jours … ? Qu’en pensez-vous ?
Comment organiser mon voyage ? Je suis plus intéressé par la culture du pays que par les plages. Je ne pense donc pas rester longtemps à la plage, peut être seulement quelques heures mais pas plus.
Quelle serait le circuit idéal en 7 jours au départ de la Havane, avec quels transports et quels hébergements ? J’ai un budget entre 300 et 500€ pour la semaine. Qu’en pensez-vous ?
Merci beaucoup pour vos conseils.
PS : Je parle espagnol couramment
Découvrir Cuba English translation pending
Bonjour !
Nous souhaitons découvrir Cuba ... Pendant 15 jours environs qu'est que vous nous conseillez . merci
La carte bancaire visa à Cuba English translation pending
Bonjour! Je vais aller a Cuba cet ete et je ne voulais bien sur pas rammener tout l'argent avec moi, mais retirer au guichet la somme que j'ai besoin dans le moment. Mais on m'a dit que les taxes sont 10-11% ????
Est - ce que quelqu'un sait de combien elles sont et si il faut quand meme que je rammene tout l'argent avec moi? Car c'est quand meme 1500 euros.
Est-ce qu'il y a des guichets bancaires dans toutes les villes? Peux-je retirer l'argent partout ou non?
Merci de vos informations!
Voyage à Cuba à vélo English translation pending
Bonjour chers amis,
Je sollicite votre aide aujourd'hui concernant un projet qui me tenait à coeur et que je réaliserai enfin très prochainement. Mes billets sont achetés... je pars à Cuba - aéroport de Varadero -, avec une amie, le 26 décembre. Nous apportons nos vélos et nous avons l'intention d'utiliser ce moyen de transport le plus souvent possible - en plus du bus -. Nous aimerions faire l'ouest de l'île - Matanzas, La Havane, La Vallée de Vinales - pour ensuite bifurquer vers Cienfuegos, Trinidad et Santa Clara.
Je me demandais donc si certains d'entre vous avaient déjà réalisé ce genre de voyage? Aimeriez-vous partager votre périple? ou des conseils à nous faire part? Sinon, est-ce que vous auriez des casas particulars à nous proposer? Comme nous arrivons à Varadero à 20h30, il serait préférable de réserver un hotel. Je sais qu'il n'existe aucune casa particular ''légale'', alors si vous avez le nom d'un hotel à petit budget, prononcez-vous! :) On m'a déjà parlé de la ''Villa La Mar'', non loin de la gare des bus. Quelqu'un connaît?
Sinon, tout autre suggestions, échanges ou partages seraient les bienvenus... :)
Au plaisir!
Je sollicite votre aide aujourd'hui concernant un projet qui me tenait à coeur et que je réaliserai enfin très prochainement. Mes billets sont achetés... je pars à Cuba - aéroport de Varadero -, avec une amie, le 26 décembre. Nous apportons nos vélos et nous avons l'intention d'utiliser ce moyen de transport le plus souvent possible - en plus du bus -. Nous aimerions faire l'ouest de l'île - Matanzas, La Havane, La Vallée de Vinales - pour ensuite bifurquer vers Cienfuegos, Trinidad et Santa Clara.
Je me demandais donc si certains d'entre vous avaient déjà réalisé ce genre de voyage? Aimeriez-vous partager votre périple? ou des conseils à nous faire part? Sinon, est-ce que vous auriez des casas particulars à nous proposer? Comme nous arrivons à Varadero à 20h30, il serait préférable de réserver un hotel. Je sais qu'il n'existe aucune casa particular ''légale'', alors si vous avez le nom d'un hotel à petit budget, prononcez-vous! :) On m'a déjà parlé de la ''Villa La Mar'', non loin de la gare des bus. Quelqu'un connaît?
Sinon, tout autre suggestions, échanges ou partages seraient les bienvenus... :)
Au plaisir!
Villas Sotavento Varadero English translation pending
Bonjour, j'aimerais savoir si quelqu'un connait cet hotel. Impossible de trouver quoi ce soit sur le net, aucuns commentaires de disponible. Merci
Résumé de voyage à Cuba English translation pending
Avant chaque voyage, je parcours les différents forums, recueillant vos avis, conseils sur une destination que je ne connais pas…A mon tour, de retour de Cuba, de donner mes impressions, cela sera peut-être utile pour certains. Nous voyageons en couple, routards depuis les années 70, pas de réservations, on reste ou on reste pas quelque part suivant les sensations, on improvise, on privilégie les rencontres, avec l’âge on a plus de moyens financiers, donc on recherche un peu plus de confort, mais l’esprit est toujours là.
Nous avions donc juste acheté les billets d’avion pour 23 jours sur place. On avait hésité à réserver une voiture depuis la France, attendant de voir sur place si ce serait vraiment nécessaire. Et bien oui, au bout d’1 semaine on a craqué, on a donc loué. C’est sûr qu’à la Havane, c’est inutile, pour aller à Vinales ou Varadero non plus, même pas la peine de réserver de bus Viazul, plein de taxis collectifs y vont au même prix. Par contre, on s’est vite aperçu que pour sortir de ces sites, il n’y avait plus de transports collectifs (ex : Soroa, cayo Juitias, …) , et que ça revenait vite très cher et compliqué en déplacements individuels. La location de voiture revient cher, 70 CUC/jour (50location+20assurance) plus l’essence, 3200km parcourus en 15jours (1.2cuc/l), mais ça nous semble indispensable pour sortir des sentiers battus, pour l’autonomie, et pour rencontrer (toujours plein d’auto-stoppeurs dans la voiture). Juste quelques conseils, rouler de nuit est très dangereux (vélos, charrettes n’ont pas de feux), avec une voiture de base l’essence ordinaire (regular) est suffisante et bien moins chère, et toujours payer quelqu’un pour surveiller la voiture de jour comme de nuit, certains ont voulu l’économiser et l’ont regretté.
Pour l’hébergement, toujours en casa particular, on n’a jamais réservé, on arrivait quelque part, on demandait , au besoin on donnait 1ou 2 cuc aux fameux « jineteros »(que l’on a trouvé finalement fort utiles) et il n’y a jamais eu de problèmes. Toujours bien accueilli, bien nourri, bien logé, il faut compter en moyenne 25 logement + 20 repas du soir + 6 pdj, pour un couple. Donc à mon avis, ne pas se prendre la tête à chercher les meilleures adresses (le guide du routard n’est pas fiable d’après ouï-dire) ni réserver à l’avance.
En résumé notre parcours, ce qui nous parait intéressant et le temps passé sur place (il faut compter en plus les trajets, les haltes non-prévues suivant les rencontres), ce n’est qu’un avis personnel qui se veut juste indicatif pour ceux qui voyagent comme nous.
La HAVANE : 3 jours (Habana Vieja, Vedado, musées+ l’autre côté de la baie avec la « lancha »)
VINALES : 2j (1 pour rando dans la vallée, 1 pour cayo Jutias). Oublier le circuit des grottes et le mur de la préhistoire
PINAR DEL RIO : fabrique de cigares et usine de liqueur, bof…
VARADERO : sympa pour 2 j, loger vers calle 60, beau parc, belle plage, musique le soir.
CIENFUEGOS : belle ville, ½ j
TRINIDAD : 2j, magnifique petite ville à visiter tôt le matin ou tard le soir. Belle route et beau point de vue pour aller à Topas de Collantes, mais la rando jusqu’à salto de Caburni nous a déçus, 3h A/R pentues pour pas grand-chose. Jolie plage à playa Ancon.
SANCTI SPIRITUS : une petite halte de 2h sur la route de Camaguey nous a suffi.
CAMAGUEY : ½ j nous semble suffisant
Ensuite nous avons pris la route côtière entre Pilon et Santiago, et là ce fut l’aventure. On avait lu les guides, on s’était renseigné auprès des cubains, on savait que c’était magnifique mais difficile, ce fut le cas. Pont cassé, il faut se dévier par des pistes, route bonne par tronçons mais dévastée sur d’autres à cause des tempêtes, sable, rochers sur la route, peu de villages, seuls quelques camions surélevés passent. On a souffert, la voiture surtout, sans rien casser heureusement, et avec l’aide des cubains auto-stoppeurs, on a réussi à passer (des français rencontrés plus tard n’ont pas osé et ont rebroussé chemin, mais ça fait faire un sacré détour). 170km en 7h , prévoyez donc la journée si vous souhaitez le faire, mais c’est vraiment magnifique.
SANTIAGO : 1j, très déçus, ville bruyante, polluée, une circulation agressive, beaucoup de monuments en ville et en dehors, mais rien d’exceptionnel. Seules l’animation et la musique omniprésente nous ont séduits.
BARACOA : 3j Petite ville tranquille, sympa, des cubains encore plus cool qu’ailleurs, une végétation exubérante. Les randos au Yunque et au parc Humbolt sont très intéressantes, la ballade à Yumuri beaucoup moins. Un coup de cœur.
Depuis Baracoa, on est remonté en 1 journée jusqu’à
CAYO COCO et GUILLERMO : 1j Magnifiques plages, la plus belle est au bout de cayo Guillermo (playa Pilon)
REMEDIOS et SANTA CLARA : ½ j 2 haltes intéressantes à visiter sur la route de la Havane.
Voilà en résumé notre voyage, 3200 km en 15j ( il peut être intéressant de louer à la Havane et laisser la voiture à Santiago, retour en bus). Pays très varié (randos dans les parcs, visites, plages, …), population adorable et accueillante, musique, climat parfait en mars ( 2 courtes averses, 30° le jour, 20° la nuit), pas de moustique.
3 semaines nous ont permis de faire ce tour tranquille, voiture indispensable, pas de réservation, le seul bémol de ce voyage sera le coût, car Cuba est une destination chère.
J’espère que ce résumé sera utile aux futurs voyageurs désirant se rendre à Cuba, si vous avez des questions, n’hésitez pas. Et puis si vous avez envie de voir ce résumé illustré vous pouvez aller sur mon blog (http://mes-voyages-en-video.over-blog.com/) http://0z.fr/cTVOf
Bon vent à tous
Organisation d'un voyage à Cuba: 15 jours en mars ou avril? English translation pending
bonjour tout le monde
je suis en train d organiser un voyage à cuba en 2016 de 15 jrs, j hésite entre le mois de mars et avril; pourriez vous m aider à choisir?
et en faisant des recherches sur le net j ai découvert une asso cubalinda qui propose une liste de casas à louer ds différentes villes et une aide à créer le voyage, est ce que quelqu un connait cette asso ? et est elle fiable?
merci d avance
Obtention d'un visa canadien étant Cubain(e): très difficile mais pas impossible English translation pending
Bonjour à tous,
J'ai rencontré une cubaine elle est originaire de Santiago elle a 26 ans pas d'enfant ni époux. Elle a un copain ontarien de 37 qui travaille ici en tant qu'ingenieur. Elle m'a dit qu'elle a eu le visa suite à une demande de son copain motif connaitre la famille du gars et aussi connaitre le canada. elle l'a eu pour un mois cette femme travaille à la poste de Santiago donc rien à voir avec le secteur touristique. Je ne sais s'il s'agit d'une chance mais elle l'a bien eu et son copain canadien me l'a dit aussi. Autre chose c'est elle avait une assurance voyage la belle femme passera 12 jours mais elle se plaint du froid (jeee)
Il parait que l'ambassade donne au compte-gouttes des visas maintenant alors c'est très difficile pas forcement impossible.
A+
Itinéraire et transports pour 15 jours à Cuba English translation pending
Bonjour !
Nous partons (mon conjoint et moi même) du 30/04 au 14/05 et voici notre itinéraire. Avez-vous des conseils ou suggestions ?
La Havane : 3 Jours
Vinales : 3 jours : visite des mogotes , journée a Cayo Jutias et visite de la plantation de tabac a Pinar del rio (vaut elle vraiment le coup ou alors y en t-il d'autres plus intéressantes ou mieux situées)
Descente directe vers Trinidad (3 jours sur place) avec Topes de Collantes et Playa Ancon (j ai lu beaucoup de posts disant que Playa Larga ou playa Giron et les environs sont trop bétonnés et décevants. votre avis sur le sujet ? en sachant que nous recherchons des plages non surpeuplées et pas envahies d'hotels.
Puis direction Cayo Santa Maria ou Cayo Guillermo avec playa Pilar ou alors Cayo Las Brujas ou cayo ensenachos. Lequel est le plus sympa?
Passage par Santa Clara et retour la Havane.Je me pose des questions au niveau des transports. J hésite entre :
1/ louer une voiture dès la Havane et faire le périple en voiture
2/ tout faire en bus Viazul + Scooter+ taxis
3/ louer une voiture à Vinales pour descendre jusque Trinidad puis Cayo Santa Maria. (ou autre).
Je vois sur google map que nous gagnerions pas mal de temps en voiture sur les longues distances et sans contraintes horaires par rapport au bus.
Nous ne voulons pas trop perdre de temps à organiser la logistique sur place...
Si vous pouvez m éclairer la dessus ça serait super. Et aussi me donner des conseils ou des idees sympas de visites ;
Dans quelles villes y a t il le plus d ambiance musicale ?
Merci à tous !
La Havane-Varadero en taxi le soir? English translation pending
Bonjour à tous,
Nous partons une semaine à Varadero mais aimerions biensur aussi voir la Havane ! Pour ce faire, on partirais de Varadero en bus le matin tôt.
Mais le problème est que le dernier bus le soir en partance pour Varadero est à 18h...c'est un peu tôt pour rentrer. Nous aimerions beaucoup rester plus tard pour profiter un peu de l'ambiance Havanaise nocturne.
On a donc pensé prendre un taxi (tant pis pour le prix) pour retourner à Varadero vers 22h ou 23h.
Pensez-vous que c'est risqué de prendre un taxi à cette heure là pour un si long trajet ?
Un tout grand merci.
Nous partons une semaine à Varadero mais aimerions biensur aussi voir la Havane ! Pour ce faire, on partirais de Varadero en bus le matin tôt.
Mais le problème est que le dernier bus le soir en partance pour Varadero est à 18h...c'est un peu tôt pour rentrer. Nous aimerions beaucoup rester plus tard pour profiter un peu de l'ambiance Havanaise nocturne.
On a donc pensé prendre un taxi (tant pis pour le prix) pour retourner à Varadero vers 22h ou 23h.
Pensez-vous que c'est risqué de prendre un taxi à cette heure là pour un si long trajet ?
Un tout grand merci.
Autobus de l'aéroport de Varadero pour me rendre à La Havane English translation pending
Bonjour,
Je dois me rendre à la Havane le 4 juin prochain.
Comme il n'y a aucun vol direct de Montréal en juin, j'arriverai à l'aéroport de Varadero.
Combien peux me coûter un taxi de l'aéroport de Varadero à la Havane.
Aussi, y-a-t-il des autobus sur place à l'aéroport de Varadero qui pourrait m'amener à la Havane et combien cela pourrait-il me coûter. Et surtout, est-ce compliqué? :)
Merci
Météo sur Cuba fin décembre/début janvier English translation pending
Bonjour tout le monde,
J'aimerai partir pour Cuba ce sera la 1ère fois Cayo Coco plus précisément, mais en lisant les avis sur le climat je ne suis plus certaine de ma destination... alors je viens chercher encore plus de témoignages récents de voyageurs ayant été à Cayo Coco pour la fin décembre début janvier, que dit la météo à cette période. Merci à tous pour vos commentaires constructifs :) et je sais très bien que c'est un coup de dés... mais je veux prendre le poulx des tous derniers voyageurs...
Vol pour Cuba en août 2015 English translation pending
J'habite près de lyon et nous projetons de partir 10.11 jours à cuba en aout, mais les prix c'est pas donné pour l'avion !
quelqu'un a un plan ? mieux vaut partir de paris, geneve ? faire une étape quelque part ? Et sur place, en 10 jours, on peut faire le tour de l'ile en autonomie sans problème ? et trouver l'hébergement en direct ?
Merci d'avance !
SYLVIE
11 jours à Cuba: renoncer à Trinidad? English translation pending
Bonjour à tous!
Mon mari et moi nous prévoyons de partir 11 jours à Cuba en mai pour fêter nos 10 ans de mariage. 11 jours me paraissent peu pour découvrir cette île si attirante, mais nous ne pouvons pas rester plus longtemps (nous laissons nos enfants chez les grands-parents, dont il ne faut pas abuser tout de même!)
Nous aimons avant tout la nature sauvage, les villes/villages typiques, la rando à pieds, un peu de plage.
Nous avons l'année dernière fait un voyage de 15 jours (dans un pays auquel je rêvais depuis longtemps) que je n'ai pas apprécié car nous avions mal évalué les temps de route, nous nous sommes trop attachés à voir les lieux les plus spectaculaires, et je l'ai donc vécu comme un marathon touristique, toujours dans des lieux certes époustouflants mais bondés. Pas le temps de flâner, de sortir des sentiers battus... j'ai été très déçue et nous avons dit: plus jamais ça.
En 11 jours, nous pensons faire:
J1: Cuba J2: Cuba J3: Cuba J4: Cayo Lévisa J5: Vinales J6: Vinales: J7: Vinales J8: Vinales J9: Vinales J10: Soroa J11: Soroa
L'autre éventualité serait de raccourcir de séjour à Vinales d'1 jour ou de renoncer à Lévisa + supprimer Soroa et faire 2-3 jours à Trinidad.
D'un côté ça me fend le coeur de renoncer à Trinidad et Topes de Collantes, de l'autre j'ai peur d'avoir encore l'impression de bâcler mon voyage en survolant sans avoir vraiment le temps de profiter de chaque lieu.
Vos avis seraient les bienvenus! Merci d'avance!
Mon mari et moi nous prévoyons de partir 11 jours à Cuba en mai pour fêter nos 10 ans de mariage. 11 jours me paraissent peu pour découvrir cette île si attirante, mais nous ne pouvons pas rester plus longtemps (nous laissons nos enfants chez les grands-parents, dont il ne faut pas abuser tout de même!)
Nous aimons avant tout la nature sauvage, les villes/villages typiques, la rando à pieds, un peu de plage.
Nous avons l'année dernière fait un voyage de 15 jours (dans un pays auquel je rêvais depuis longtemps) que je n'ai pas apprécié car nous avions mal évalué les temps de route, nous nous sommes trop attachés à voir les lieux les plus spectaculaires, et je l'ai donc vécu comme un marathon touristique, toujours dans des lieux certes époustouflants mais bondés. Pas le temps de flâner, de sortir des sentiers battus... j'ai été très déçue et nous avons dit: plus jamais ça.
En 11 jours, nous pensons faire:
J1: Cuba J2: Cuba J3: Cuba J4: Cayo Lévisa J5: Vinales J6: Vinales: J7: Vinales J8: Vinales J9: Vinales J10: Soroa J11: Soroa
L'autre éventualité serait de raccourcir de séjour à Vinales d'1 jour ou de renoncer à Lévisa + supprimer Soroa et faire 2-3 jours à Trinidad.
D'un côté ça me fend le coeur de renoncer à Trinidad et Topes de Collantes, de l'autre j'ai peur d'avoir encore l'impression de bâcler mon voyage en survolant sans avoir vraiment le temps de profiter de chaque lieu.
Vos avis seraient les bienvenus! Merci d'avance!