Bonjour chers amis,
J'avais envie de vous partager en quelques lignes le périple mémorable que j'ai vécu à Cuba, à bord de mon vélo...
Je me permets ici de vous copier une section de mon carnet de voyage. N'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions.
[...] Rouler à vélo dans un pays étranger procure un sentiment de liberté jamais espéré. Nous avons fait des rencontres merveilleuses et la gentillesse avec laquelle les gens nous côtoient est surprenante.
Lorsque nous sommes arrivées à l'aéroport, nous avons pris un taxi qui nous a mené à Matanzas, dans la demeure d'Armando Machado Vega, communément appelé "La Villa Sonada". Le lendemain matin, le moment était venu de visiter un peu la ville et nous voulions monter nos vélos qui avaient fait un dure voyage en avion - et en taxi! Le conducteur s'était fait une joie de les installer sur le dessus de la voiture! -.
Armando semblait rire de nous! Notre visage, incrédule, en disait long! Malgré le fait que nous avions pris un cours de mécanique-vélo -très- rapide avant notre départ, je dois avouer que nous faisions face à quelques difficultés.
Un ange est donc entrée dans la maisonnée. Ce jeune homme muet aux yeux bleus comme la mer, nous a généreusement offert son aide. Je soupçonne Armando d'avoir appelé du "renfort"! En ce moment, lorsque j'y songe, j'ai peine à croire qu'il nous a aidé avec son coeur, sans la moindre attente. Il nous a soufflé nos pneus et s'est assuré de la sécurité de notre vélo.
Je suis simplement triste de ne pas avoir eu l'occasion de le remercier comme je l'aurais souhaité...
Suite à cette rencontre, Chloë et moi sommes parties en vélo afin de visiter Matenzas. Après quelques km, nous nous sommes arrêtées à la Cueva Bellamare où nous avons goûté au meilleur Pina Colada du pays - et de loin, le moins cher! 1 CUC -. La route du retour était tout simplement magnifique: superbe vue de Matenzas. Le lendemain matin, nous partions pour notre première aventure! Direction Playa Jibacoa. Armando s'est fait une joie de nous préparer un déjeuner princier: bacon, oeufs, yaourt, fruits, jus de Goyave, café et gâteaux! Nous étions maintenant prête à partir!
[...] L'autopista, désertique, borde la mer... Nous aurions pu nous arrêter à toutes les minutes pour contempler le spectacle naturel que nous offrait la route. Je me sentais privilégier d'être là où j'étais... d'avoir la santé et la possibilité de voyager de cette manière.
Les quelques voitures qui nous dépassaient nous klaxonnaient en signe d'encouragement. Parfois, certains camions ralentissaient et nous proposaient de nous aider à faire un petit bout de chemin avec eux - propositions que nous refusions, bien sur! sauf une fois... -.
Durant notre route, nous apercevions de temps à autre, au beau milieu de nul part, un petit snack-bar qui nous permettait de nous arrêter et de boire un Pina Colada. Nous nous faisions une joie de discuter avec les gens qui étaient très curieux de connaître les raisons de notre voyage.
[...] Nous sommes maintenant arrivées à la Playa Jibacoa, à mi-chemin entre MAtanzas et La Havane. Nous dormons au "Campismo Los Cocos" pour seulement 8 CUC la nuit, par personne. L'endroit est propice à la fête... une atmosphère de joie règne ici. Nous sommes surprises par le peu de touristes. En fait, nous sommes les seules à y être et nous ne manquons pas de nous faire observer par les regards curieux des cubains qui semblent être en vacances avec leur famille. Plusieurs petites maisons identiques sont installées près de la mer et la musique semble être éternelle...
Le lendemain, nous partons vers notre prochaine destination: La Havane! La route est tout aussi paisible, mais nous sommes un peu nerveuses à l'idée de trouver le bon moyen de nous y rendre. Nous devons prendre un bus avec nos vélos, car nous ne pouvons pas rouler dans le tunnel qui mène à la Havane. Je ne pourrais dire de quelle façon nous sommes arrivées à l'endroit où nous pouvions prendre ce fameux bus, mais un gentil cubain qui attendait le bus avec son scooter nous a gentiment expliqué le fonctionnement. Il fallait payer en monnaie nationale, mais comme nous n'avions que des CUC, il nous a payé le bus. Il n'a pas voulu recevoir d'argent. Un simple autocollant du drapeau québécois a été accepté en échange de son aide!
La Havane est tout simplement féérique. Nous avons logé dans une demeure située près du Capitol... La Casa Colonial où Miguel et sa femme Ana nous ont reçu avec une gentillesse déconcertante. Que de discussions intéressantes que nous avons échangé... et que dire de la nourriture. Nous devions rester que 2 nuits, mais la Havane est si grande et intéressante que nous avons décidé de rester une nuit de plus. Miguel se faisait un plaisir de nous guider et il a des contacts dans bon nombre de villes. Il semblait nerveux à l'idée de nous voir partir... je sentais qu'il nous considérait et qu'il nous prenait un peu pour ses filles.
Ce matin, nous devions partir très tôt afin de pédaler en direction de Las Terrazas. Miguel croyait qu'il était préférable de prendre un taxi jusqu'à l'autopista. Il connaissait un ami qui pouvait nous y conduire, mais nous avons attendu près de 2hres pour finalement décider de trouver un taxi par nous-mêmes. Près de la mer, nous savions que nous avions une chance de trouver un sauveur! Notre instinct ne nous a pas trompé. Nous avons donc fait la connaissance d'un sympathique homme qui nous a parlé, durant tout le "voyage" de Cuba, en toute sincérité. Il nous a déposé un peu plus loin sur l'autoroute que prévu, pour le même prix fixé. Décidément, ces Cubains sont empreints d'une belle générosité.
Cela étant dit, nous avions peur de ne pouvoir arriver à destination avant le coucher du soleil. Deux hommes, à 2km de la sortie espéré, nous ont embarqué dans leur camion. Même s'ils semblaient confiants de connaître notre casa - qui nous attendait, puisque l'hôte était un ami de Miguel -, ils ont manqué la sortie. Pas de panique! Ils nous ont déposé tout près de la casa en question.
Arrivées chez nos hôtes, l'homme nous informe qu'il n'a plus de place pour nous... que la chambre a été louée durant la journée. Heureusement, en nous promenant un peu, nous avons trouvé une autre casa particular - elles sont bien en vues -. Ma foi, la nourriture était un vrai régal!
[...] Prochaine destination: Vinales. Chloë a la santé fragile aujourd'hui et elle ne semble pas confiante à l'idée de faire une journée complète de vélo... Au coin de la sortie, nous avons décidé d'attendre l'autobus Viazul qui peut voyager avec les vélos. Nous savons qu'un autobus arrivera bientôt et nous espérons que deux places seront disponibles... Nous avons une belle étoile qui veille sur nous, puisqu'une dizaine de minutes d'attente a fallu avant d'apercevoir l'autobus au loin! C'est avec nos cries de joies et nos bras expressifs que l'autobus nous a vu. Le conducteur s'est arrêté et a gentiment placé nos vélos à l'intérieur.
Pauvre Chloë qui a visité les toilettes plus d'une fois durant notre route...
[...] Vinales est une petite ville montagneuse et très accueillante. Déjà, après 2 nuits, nous avions l'impression d'y vivre depuis fort longtemps. Lorsque nous marchions, nous rencontrions toujours une personne que nous avions connu durant notre excursion à cheval ou durant nos soirées au petit bar située sur l'avenue principale. "Hola!!.... Hola!!!". La famille qui nous accueilli sera dans mon coeur pour longtemps... Ils nous ont fait rencontrer des gens extraordinaires.
Les Cubains se font un plaisir de vous enseigner à danser la salsa! Et ils sont de très bons professeurs. Gratuitement ou en échange de quelques sourires, ils adorent partager des pas de danse avec des touristes désireux d'apprendre.
[...] Suite à notre arrivée à Varadero par bus, nous n'avions pas le choix de séjourner dans un hotel tout inclus - les casa particular étant illégales dans cette ville -.
Je ne peux croire qu'il s'agit de notre dernière journée en sol cubain... Le soleil est parmi nous afin de souligner ce départ. Je suis ici, sur le sable chaud... à admirer cette eau turquoise qui est si calme et sereine.
Je crois que mon périple à Vinales aura été l'un des moments les plus inoubliables. Sillonner les routes nébuleuses dans les montagnes, les soirées à danser la salsa, la famille Fela qui nous a reçu comme si nous faisions parties de la famille. La fête de leur fille Arasay et toute cette nourriture pour souligner ce jour si spécial...
Je pars le coeur gros, en ayant en tête de revenir...
En somme la beauté est partout. Ce n'est pas elle qui manque à nos yeux, ce sont nos yeux qui manquent à l'apercevoir.