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Phnom Penh (Cambodge) - Chau Doc (Vietnam): visa et hébergement? English translation pending
Bonsoir,
après un périple au cambodge au mois d'aout 2007? nous voudrions faire un tour de 2, 3 jours au Vietnam. Voici mes questions:
1 sur notre visa pour le cambodge il fait écrit "one entry", peut on sortir du cambodge pour le vietnam et rentrer à nouveau au cambodge?
2. le visa pour le vietnam peut il se prendre à Phnom penh ou doit il se prendre en europe?
3. connaissez vous quelques bonnes adresses d'hotels ou guesthouses à Chau Doc? rapport qualité/prix.
Merci pour ces renseignements.
marce
Yosemite... j'ai vu l'ours! (Etats-Unis) English translation pending
Comme le dit le titre : J'AI VU L'OURS !!!!!
Fabienne « Madame Ouest USA » le sait, j’ai eu l’occasion de lui confier mes angoisses. « L’ours », je n’avais aucunement envie qu’il croise ma route. Malgré cela, mes tripes un peu nouées, je n’ai pas renoncé à affronter le danger.
Bon, c’est pas tout, faut que je vous narre.
Première étape, Séquoïa.......... on entre dans le parc...plein de blabla et mises en garde sur l'ours. Pouah ! ça commence !! Je renonce donc aux promenades sur les chemins trop éloignés de la route.... je scrute la forêt...qui sait derrière un séquoïa, la bêêête ne va t'elle pas surgir.
Les heures passant, je commence à m'interroger ... à douter... Et si, ils étaient si nombreux, si dangereux que cela ces ours, alors comment expliquer que le pique-nique soit autorisé dans les campings (tables à disposition) et sur les aires prévus à cet effet au bord des routes ??? Ah ! ah !, pour le coup, là, le doute m’envahit toute entière… mon petit doigt me dit ………
Au 3 ème jour, je reprends confiance et en déduis que l'ours, c'est l'Arlésienne....le truc à touristes, l'attrape gogo.
Puis vient la visite de Yosémite.....libérée de mes angoisses phobiques, je n'hésite plus à fouler les sentiers et autres lieux isolés...........
Et patratrac .........C'est dimanche, nous roulons en direction du Tioga Pass, plein de monde, routes très encombrées, et vlà qu’ juste avant le croisement de la 120.......nous apercevons des panneaux de "Wild Life" (à cet instant, j'avoue humblement que j’ai pigé goutte). On roule ...et tout à coup, devant nous, UN MEGA ATTROUPEMENT.......au milieu de la route un ranger fulminant qui fait le moulin à vent avec ses bras enjoignant les automobilistes à ne pas s’arrêter, mais à continuer leur chemin et les mêmes automobilistes qui cherchent eux, désespérément à se garer pour rejoindre d’autres badauds déjà amassés sur le bas côté, bardés d'appareils photos, et caméras.
Curieux, nous suivons le mouvement. Numérique au poing, je joue des coudes pour me faire une petite place au point stratégique .......
Je le sais déjà ....je viens d'apprendre la nouvelle.. je vais voir L'OURS........il est là bien vivant.
Donde esta ?? (à l'envers le point d'interrogation) demandé-je à une famille hispanique qui vient de me faire une petite place au milieu d'eux. S’en suit un flot d'explications topographiques et euréka, je finis par "deviner" là bas au fond de la prairie la star du jour… il est brun clair un peu roux.......je suis déçue…ou surprise, j’sais pas trop.. brun-roux, ah ! je les croyais brun sombre presque noirs, les ours……bof, ben, tant pis, même roux, c'est déjà çà ... au moins j'en aurai vu un. La preuve vivante, c’est pas rien.. Mon ours est un pépère moyennement gros, il est vautré dans l'herbe... Je vise…il bouge…ouf ! enfin j'arrive à le coincer dans mon viseur.
Bon, quand je dis il bouge, en fait, il roule, tantôt sur le côté gauche, tantôt sur le côté droit. Parfois, il lève péniblement la tête. Nous attendons tous là au grand dam du ranger, que l'ursidé se lève et que tel Tarzan dans la jungle, il se frappe le torse bien dressé sur ses grandes pattes .….. Je me sens tout d’un coup une âme de grand reporter, ne reculant devant aucun danger ….
Au bout 10 minutes toujours rien.........malgré ce courage retrouvé, je m’impatiente, alors je décide de lever le camp.
Secrètement, je suis tout de même super contente.. de l'avoir vu.. L'OURS.........c'est un peu comme si j'avais rencontré un OVNI sur l'extraterrestrial highway.
Few hours later……….
BINGO ! Il vient de me péter un truc au brain - UNE ILLUMINATION.
Mais tout çà c'est du pipeau ? c’est Hollywood…..
Reprenons : c’est dimanche...plein de monde... Mon « frenchie flair » me dit qu’on s’est payé notre tête…. Vaste conspiration du National Park.........mais oui, bon sang mais c’est bien sûr, ils ont osé se payer la tête des ploucs….…..y’a pas de doute.
Je pige tout, c’est clair. On nous a offert un show, un vrai comme seuls les américains savent le faire En plus pas cher le show. Un grand gugusse bien baraqué, une belle peau d'ours, un ranger excité (c'est çà qui m'a mis la puce à l’oreille….un ranger, un ours dangereux et pas de flingue, c’est louche..) on rajoute, quelques panneaux wild life et le tour est joué. "Bearman" se couche bien loin dans la prairie, il nous fait quelques petites roulades sur l'herbe tendre, c'est comme à Dysneyland.........clic clac kodak..........les touristes en ont pour leur argent avec en prime un petit frisson... (tout petit le frisson…) mais plein de choses à raconter au retour des vacances.
D'ailleurs, vous voyez, vous n'y coupez pas.........puisque je vous la raconte moi aussi l'histoire de l'ours.... Mais moi vous l’avez bien compris, pas folle la guêpe, pas question de se ranger aux côtés de ces ahuris. Chui, sure que tout çà c'est encore de la perversion étasunienne......du lavage de cerveau.........pas question de gober la farce..
Oncle Sam, désolée, faudra trouver autre chose, du moins pour les hexagonaux..... A nous, on ne l'a fait pas.......... Au fait, j’ai bien dit que j'avais vu …l’OURS !!.. un OURS !!!.. quel OURS ??????
Fabienne « Madame Ouest USA » le sait, j’ai eu l’occasion de lui confier mes angoisses. « L’ours », je n’avais aucunement envie qu’il croise ma route. Malgré cela, mes tripes un peu nouées, je n’ai pas renoncé à affronter le danger.
Bon, c’est pas tout, faut que je vous narre.
Première étape, Séquoïa.......... on entre dans le parc...plein de blabla et mises en garde sur l'ours. Pouah ! ça commence !! Je renonce donc aux promenades sur les chemins trop éloignés de la route.... je scrute la forêt...qui sait derrière un séquoïa, la bêêête ne va t'elle pas surgir.
Les heures passant, je commence à m'interroger ... à douter... Et si, ils étaient si nombreux, si dangereux que cela ces ours, alors comment expliquer que le pique-nique soit autorisé dans les campings (tables à disposition) et sur les aires prévus à cet effet au bord des routes ??? Ah ! ah !, pour le coup, là, le doute m’envahit toute entière… mon petit doigt me dit ………
Au 3 ème jour, je reprends confiance et en déduis que l'ours, c'est l'Arlésienne....le truc à touristes, l'attrape gogo.
Puis vient la visite de Yosémite.....libérée de mes angoisses phobiques, je n'hésite plus à fouler les sentiers et autres lieux isolés...........
Et patratrac .........C'est dimanche, nous roulons en direction du Tioga Pass, plein de monde, routes très encombrées, et vlà qu’ juste avant le croisement de la 120.......nous apercevons des panneaux de "Wild Life" (à cet instant, j'avoue humblement que j’ai pigé goutte). On roule ...et tout à coup, devant nous, UN MEGA ATTROUPEMENT.......au milieu de la route un ranger fulminant qui fait le moulin à vent avec ses bras enjoignant les automobilistes à ne pas s’arrêter, mais à continuer leur chemin et les mêmes automobilistes qui cherchent eux, désespérément à se garer pour rejoindre d’autres badauds déjà amassés sur le bas côté, bardés d'appareils photos, et caméras.
Curieux, nous suivons le mouvement. Numérique au poing, je joue des coudes pour me faire une petite place au point stratégique .......
Je le sais déjà ....je viens d'apprendre la nouvelle.. je vais voir L'OURS........il est là bien vivant.
Donde esta ?? (à l'envers le point d'interrogation) demandé-je à une famille hispanique qui vient de me faire une petite place au milieu d'eux. S’en suit un flot d'explications topographiques et euréka, je finis par "deviner" là bas au fond de la prairie la star du jour… il est brun clair un peu roux.......je suis déçue…ou surprise, j’sais pas trop.. brun-roux, ah ! je les croyais brun sombre presque noirs, les ours……bof, ben, tant pis, même roux, c'est déjà çà ... au moins j'en aurai vu un. La preuve vivante, c’est pas rien.. Mon ours est un pépère moyennement gros, il est vautré dans l'herbe... Je vise…il bouge…ouf ! enfin j'arrive à le coincer dans mon viseur.
Bon, quand je dis il bouge, en fait, il roule, tantôt sur le côté gauche, tantôt sur le côté droit. Parfois, il lève péniblement la tête. Nous attendons tous là au grand dam du ranger, que l'ursidé se lève et que tel Tarzan dans la jungle, il se frappe le torse bien dressé sur ses grandes pattes .….. Je me sens tout d’un coup une âme de grand reporter, ne reculant devant aucun danger ….
Au bout 10 minutes toujours rien.........malgré ce courage retrouvé, je m’impatiente, alors je décide de lever le camp.
Secrètement, je suis tout de même super contente.. de l'avoir vu.. L'OURS.........c'est un peu comme si j'avais rencontré un OVNI sur l'extraterrestrial highway.
Few hours later……….
BINGO ! Il vient de me péter un truc au brain - UNE ILLUMINATION.
Mais tout çà c'est du pipeau ? c’est Hollywood…..
Reprenons : c’est dimanche...plein de monde... Mon « frenchie flair » me dit qu’on s’est payé notre tête…. Vaste conspiration du National Park.........mais oui, bon sang mais c’est bien sûr, ils ont osé se payer la tête des ploucs….…..y’a pas de doute.
Je pige tout, c’est clair. On nous a offert un show, un vrai comme seuls les américains savent le faire En plus pas cher le show. Un grand gugusse bien baraqué, une belle peau d'ours, un ranger excité (c'est çà qui m'a mis la puce à l’oreille….un ranger, un ours dangereux et pas de flingue, c’est louche..) on rajoute, quelques panneaux wild life et le tour est joué. "Bearman" se couche bien loin dans la prairie, il nous fait quelques petites roulades sur l'herbe tendre, c'est comme à Dysneyland.........clic clac kodak..........les touristes en ont pour leur argent avec en prime un petit frisson... (tout petit le frisson…) mais plein de choses à raconter au retour des vacances.
D'ailleurs, vous voyez, vous n'y coupez pas.........puisque je vous la raconte moi aussi l'histoire de l'ours.... Mais moi vous l’avez bien compris, pas folle la guêpe, pas question de se ranger aux côtés de ces ahuris. Chui, sure que tout çà c'est encore de la perversion étasunienne......du lavage de cerveau.........pas question de gober la farce..
Oncle Sam, désolée, faudra trouver autre chose, du moins pour les hexagonaux..... A nous, on ne l'a fait pas.......... Au fait, j’ai bien dit que j'avais vu …l’OURS !!.. un OURS !!!.. quel OURS ??????
Malaisie: "l'informatique a-t-elle un sexe"? (contre les idées toutes faites sur cette région du monde) English translation pending
on a du mal a sortir de nos vieux clichés et de s'imaginer que les femmes se contentent de rôles secondaires ! ainsi en vient-on à se poser la question quelque peu humoristique "l'informatique a-t-elle un sexe ?
"en Malaisie, l'affirmation fait sourire 😇
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/COLLET/14834.
"en Malaisie, l'affirmation fait sourire 😇
http://www.monde-diplomatique.fr/2007/06/COLLET/14834.
Hôtels à Tabriz et Téhéran pas chers? (urgent) English translation pending
Bonjour,
On est parti avec mon mari de Paris en voiture y a qq jours il y a quelque jours direction Teheran. On est actuellement a Istanbul (clavier turc, d'ou l'absence d'accent) ou on doit recupere nos visas pour l'iran (On pourra d'ailleurs vous donner une appreciation de www.iranianvisa.com. Je crains de devoir donner des adresses d'hotel sur le trajet. On devrait s'arreter a tabriz et Teheran. On est comme qui dirait pas riche.
On cherche donc des adresses et idealement des numeros de tel d'hotel a Teheran et Tabriz.
Si en plus vous avez une idee d'endroit on pourrait laisser la voiture pour un mois de façon safe ce serait le top.
Merci d'avance.
Nina
S'installer en Asie après d'y avoir voyagé avec un petit budget? English translation pending
Bonjour a tous,
Quelques mois que je traine mes savates sur ce forum et c'est tres enrichissant! Mais voila, maintenant j'aimerais bien avoir votre retour sur mes prises de tete personnelles!
Apres un an passe a Hong Kong, je finis dans moins de 2 mois mon VIE a Londres, et suis prise d'une envie irrepressible de voyages et d'Asie! J'envisage de partir voyager 3-4 mois a partir de septembre en Asie mais dispose d'un budget limite: 3, 000 euros (ce qui n'est pas non plus rien, vous allez me dire). Mais je stresse un peu a l'idee de partir sans aucun plan pour apres et de devoir revenir apres quelques mois au bercail, a crecher dans le salon des parents et pointer aux assedic... Dans l'ideal, j'aimerais prolonger de quelques mois mon voyage et ensuite essayer de trouver un boulot... en Asie ou en Australie.
Donc, mes questions sont: combien de temps peut-on tenir avec disons 5, 000 euros (la je viderais toutes mes economies) en voyageant - sans faire de folie of course? 3-4 mois? plus? est-il possible de trouver des petits boulots genre prof de francais ou autre en Asie pour pouvoir prolonger un peu son voyage? pensez-vous que c'est realisable ou totalement utopique de s'installer vraiment dans un pays apres un voyage et trouver du boulot la-bas? Dans ce cas, est-il plus facile de le faire en Asie (sachant qu'il y a bien sur la barriere de la langue et des visas) ou en Australie (en partant avec un working-holiday visa)?
Si vous avez des suggestions, des conseils ou des experiences dont vous pourriez me faire part, ca serait sympa! Desolee pour le cote "questions en vrac" de ce message; j'espere que certains pourront me repondre!
Merci d'avance.
Apres un an passe a Hong Kong, je finis dans moins de 2 mois mon VIE a Londres, et suis prise d'une envie irrepressible de voyages et d'Asie! J'envisage de partir voyager 3-4 mois a partir de septembre en Asie mais dispose d'un budget limite: 3, 000 euros (ce qui n'est pas non plus rien, vous allez me dire). Mais je stresse un peu a l'idee de partir sans aucun plan pour apres et de devoir revenir apres quelques mois au bercail, a crecher dans le salon des parents et pointer aux assedic... Dans l'ideal, j'aimerais prolonger de quelques mois mon voyage et ensuite essayer de trouver un boulot... en Asie ou en Australie.
Donc, mes questions sont: combien de temps peut-on tenir avec disons 5, 000 euros (la je viderais toutes mes economies) en voyageant - sans faire de folie of course? 3-4 mois? plus? est-il possible de trouver des petits boulots genre prof de francais ou autre en Asie pour pouvoir prolonger un peu son voyage? pensez-vous que c'est realisable ou totalement utopique de s'installer vraiment dans un pays apres un voyage et trouver du boulot la-bas? Dans ce cas, est-il plus facile de le faire en Asie (sachant qu'il y a bien sur la barriere de la langue et des visas) ou en Australie (en partant avec un working-holiday visa)?
Si vous avez des suggestions, des conseils ou des experiences dont vous pourriez me faire part, ca serait sympa! Desolee pour le cote "questions en vrac" de ce message; j'espere que certains pourront me repondre!
Merci d'avance.
Visa double entrées pour le Tibet? English translation pending
Bonjour,
Petite question toute bête : pour faire Chine-Tibet-Chine, on m'a dit qu'un visa simple entrée suffisait. Vous confirmez ?
Merci
Merci
Quel aéroport de Bangkok pour Koh Samui? English translation pending
Je vais partir de Bangkok pour Koh Samui dans quelques jours, j'ai un billet électronique mais rien ne m'indique vers lequel des 2 aéroports de Bangkok je dois me rendre pour prendre mon vol...Le nouveau (Suvarnabhumi) ou l'ancien (Don Muang)?
Merci si vous avez des infos!
Aussi, y a-t-il un risque de paludisme dans cette île?
Organisme pour trois semaines au Kenya et Tanzanie English translation pending
Bonjour,
nous avons acheté nos billets d'avion pour le mois d'aout, mais n'avons encore rien organisé sur place. on est 2nanas de 23 ans. ca va faire 3semaines qu'on recherche un organisme avec lequel partir, pour faire un tour ds le sud du kenya, descendre en tanzanie etpuis finir sur la cote....est ce que vous connaissez un organisme avec lequel on pourrait voyager? (j'avais trouvé geckosadventures, qui a l'air pas mal ms tres cher!)...sachant qu'on aimerait marcher, camper, et surtout profiter de la nature et du paysage tout en se sentant en securité.( c'est un peu trop demandé?!!) c'est d'ailleurs pour ca qu'on recherche un groupe, car nos amis nous deconseillent de partir seules!!! qu'est ce que vous en pensez?....j'ai bien compris qu'il ne fallait pas sortir le soir et eviter les endroits desertiques, mais à part ca?....on recherche de l'aventure...pas trop envie de rester ds les coins touristiques... bref, vous en avez vous des conseils?
merci
joy
Vol Bangkok-Melbourne English translation pending
Bonjour!
Mon copain et moi allons pour un mois en Thaïlande et prévoyons de nous rendre ensuite en Australie, plus précisement à Melbourne. Y aurait-il quelqu'un qui saurait les tarifs Bankok-Melbourne ou à la limite Bankok-Sydney? De plus, je voudrais savoir avec quelle agence de Bangkok nous devrions faire affaire, étant donné que nous prévoyons acheter notre billet de là-bas.
Merci!
Résiliation d'un abonnement téléphone mobile English translation pending
Bonjour,
Voilà, je pars en tdm en octobre pour 7 mois et je souhaite résilier mon forfait orange. J'ai contacté le service résiliation orange par téléphone et étant donné que mon abo ne finit que dans un an, j'ai besoin d'un justificarif pour arrêter ma ligne. Hors, je n'aurai ni certif d'étude, ni contrat de travail, ni logement fixe... bref, ils m'ont fait comprendre que cela était tout à fait impossible et que je devrai payer 7 mois pour des prunes ! Là, je ne sais plus koi faire 🙁! si vous avez des conseils, des suggestions, votre expèrience à me faire partager sur le sujet...
J'attends avec impatience vos réponses.
Merci
lili 38
Voilà, je pars en tdm en octobre pour 7 mois et je souhaite résilier mon forfait orange. J'ai contacté le service résiliation orange par téléphone et étant donné que mon abo ne finit que dans un an, j'ai besoin d'un justificarif pour arrêter ma ligne. Hors, je n'aurai ni certif d'étude, ni contrat de travail, ni logement fixe... bref, ils m'ont fait comprendre que cela était tout à fait impossible et que je devrai payer 7 mois pour des prunes ! Là, je ne sais plus koi faire 🙁! si vous avez des conseils, des suggestions, votre expèrience à me faire partager sur le sujet...
J'attends avec impatience vos réponses.
Merci
lili 38
Témoignages 1,2,3,4: Le souvenir pour survivre (Cambodge) English translation pending
Temoingage1 sur l'entrée des khmers rouge à Batambang Modifier | Supprimer | Citer | Répondre
Avril 1975 . Battambang Il est des jours où tout bascule, où un fait presque anodin se révèle d’une importance capitale. Il est des jours qui tuent l’émotion et son expression, il reste alors le souvenir, les souvenirs enfouis, cachés, qu’il faut faire remonter à la surface pour les transformer en mémoire. Il est des jours qui succèdent à des jours qui blessent et qui blessent encore et vous conduisent à une mort lente. Il est des jours qui tuent violemment, un membre de votre famille, un camarade de classe, un ami, un voisin. Il est des soirées où les senteurs de la nature s’imprègnent d’autres odeurs inconnues jusqu’alors, celle de la souffrance d’un peuple et où les bruits familiers des insectes dans les arbres se conjuguent avec les cris de la faim et s’assourdissent dans le silence du désespoir. Ce matin là, je me rendais au lycée comme à l’habitude. J’étais en classe de Terminale Littéraire après avoir échoué, l’année précédente un Baccalauréat Scientifique. La nuit n’avait laissé que peu de place au sommeil ponctué des bombardements et autres tirs de roquettes, auxquels, hélas, nous nous étions habitués et qui se calmaient aux premières lueurs de l’aube. En journée, la vie était presque normale, à l’exception de ces très jeunes enfants que nous voyions mendier dans les rues et des flots de réfugiés qui venaient depuis quelques mois grossir la population de la ville. La ville représentait un espace de sécurité, mais aussi de misère, car ces nouvelles populations avaient fui le théâtre des combats. Combien parmi eux avaient-ils déjà été frappés par la mort d’un proche, la destruction de leur maison ? Ils venaient s’entasser le long de la rivière, bâtissaient des habitats de fortune, connaissaient la malnutrition et attendaient certainement, avec cette patience propre aux asiatiques, des jours meilleurs. Je ne pouvais m’empêcher de penser qu’au delà de mes difficultés, les leurs étaient bien plus grandes. Certes, je n’étais pas au paradis, mais j’habitais dans une maison en parpaing, j’avais un lit que je partageais avec Nat, la bonne de ma tante Sam Saoun et de mon oncle Kheo, je mangeais à ma faim, mais jamais avec le reste de la maisonnée. Mes cousins et cousines, Smakly, Nany, Rithy, Kahna et Raymonaa mangeaient avec Saoun. Kheo, qui était agent des douanes, avait été muté à la frontière vietnamienne, et le seul qui aurait pu contrer les penchants de cette méchante femme, était bien trop loin pour m’aider en quoique ce fut. Si à l’époque j’avais lu « Les misérables » de Victor Hugo, j’aurai pu me surnommer Cosette, mais étant depuis ma naissance habituée aux difficultés, j’avais acquis à la fois la carapace suffisante et la volonté de réussir mes études pour faire face à tous les signes d’in affection que me prodiguait généreusement la tante Saoun.
Je réalisais que j’étais arrivée au centre ville. J’aimais beaucoup la place centrale avec ces arcades qu’animaient les multiples couleurs des objets vendus par les marchands, et ces odeurs qui me rappelaient mon enfance à Phnom Penh, faites de mélange des épices, de poisson séché, des fleurs de lotus que l’on achète en offrande à Bouddha. Je pensais à mon père, E S et par ce jeu incohérent des associations d’idées, je me disais que j’avais eu deux bonheurs dans la période que je venais de vivre. Kheo était revenu sur Battambang et surtout j’avais reçu la photo de ma sœur O en habit de mariée avec L, comme j’aurai aimé être avec eux, ce jour là, en France. Pourquoi m’avait-il fallu échouer, l’année précédente à mon Baccalauréat, pour quelques points ? Je ne pouvais encore imaginer les terribles conséquences qu’auraient pour moi ces quelques points qui m’avaient manqué en science physique.
J’arrivai devant le lycée, nous nous rassemblions dans nos salles de cours, dans l’attente des professeurs qui allaient débuter le travail. Ce matin, l’horloge devait être détraquée, ou le préposé à la cloche malade, ou ….. oubien ….. ou encore …… Mais les professeurs n’étaient pas là …… Malgré notre désir d’apprendre, il valait mieux rentrer chez moi !
De nouveau sur ma bicyclette, je réalisais qu’il y avait peu de circulation, la place centrale s’était vidée, les commerçants avaient fermé leurs stores, seuls restaient quelques marchands ambulants, devant à leurs maigres étals leur survie quotidienne.
J’arrivai sur le pont qui franchit la Sangkae, d’habitude je ne m’arrêtais jamais à cet endroit, connaissant le spectacle de cauchemar qu’il livrait quotidiennement, celui de cadavres humains charriés par les eaux. Trois bonzes munis de perches de bambou, essayaient de ramener un cadavre vers la berge : dans nos croyances, il est fondamental d’incinérer ou enterrer les morts, afin que leurs esprits puissent trouver la paix et le repos nécessaire à la réincarnation future. Ces bonzes faisaient preuve d’un grand courage, car ces corps pouvaient être minés. Nous étions nombreux à regarder, à distance, cette scène. Peut-être était-ce en raison de cette foule agglutinée et silencieuse que je m’étais arrêtée. Je pensais à un film muet que j’avais vu, toute enfant à Phnom Penh. Il s’agissait d’un curieux cinéma, celui actionné par un homme sur bicyclette. Pendant qu’il pédalait, des images défilaient. Curiosité de la pensée humaine qui, face à l’horreur, a cette capacité de penser à un moment de plaisir. A quoi pouvait bien penser toute cette foule silencieuse ? La peur paralysait les mots et expliquait le silence. Surtout ne rien dire, car on ne peut faire confiance à personne et que dire, sans le savoir, imperceptiblement nous nous étions habitués à l’horreur et avec elle, à la suspicion. J’arrivais à la maison, je fus surprise de voir Saoun ; elle aussi ne travaillait donc pas. Aux douanes, tout le personnel avait été renvoyé, Kheo était songeur ; personne ne me demanda d’explication sur ma présence à la maison, en ce début de matinée. Chacun avait le pressentiment diffus qu’une page de la vie était en train de se tourner. C’est Nat, qui revenant du marché qu’elle avait trouvé désert, nous ramena l’information : les khmers rouges sont rentrés dans Battambang. La page était tournée. Nous ne verrions plus les « mouches bleues », c’est ainsi que nous appelions les pilotes de l’armée régulière du général Lon Nol, car ils étaient tout de bleu vêtus. Je n’avais pas pris conscience du grésillement de la radio ; soudain, une voix métallique raisonna dans la maison qui me fit sursauter « Phnom-Penh est tombée aux mains des khmers rouges » et la voix se tut, vite relayée par les cris de joie de Saoun « la guerre est finie, la guerre est finie ». La joie étant communicative, à l’exception de Kheo qui restait songeur, Nat, mes cousins, cousines et moi-même nous étions heureux. Fini le survol incessant de la ville par les B28, ces avions de l’armée officielle qui allaient bombarder les zones rurales proches, fini ces nuits d’angoisse où nous entendions à proximité de nos maisons les échanges de coups de feu, terminé le couvre feu qui depuis plusieurs années nous obligeait à rester à l’intérieur de nos maisons à partir de 18 heures et qui, entravant une partie de notre liberté, entravait aussi beaucoup de nos relations sociales. Saoun avait quitté la pièce où nous étions et revenait dans son plus beau sarong de soie que rehaussait une magnifique paire de tongs en plastique rose, achetée trois jours auparavant sur le marché. «Venez » nous dit-elle. Et sous la chaleur écrasante d’un midi au mois d’avril, nous partîmes à pied vers le centre ville qui était à un kilomètre de notre habitation. Je n’avais jamais vu de foule aussi dense, marchait en souriant dans la même direction, passant sur le pont de la Sangkae, pas un regard vers le fleuve. Je compris à cet instant, que si nous avions enfourché nos vélos, nous n’aurions pu les utiliser bien loin. Enfin, nous les virent, plus précisément nous les devinèrent. D’abord tache noire dans la foule, puis légère tache rouge au dessus de la tache noire. Nous avancions à leur rencontre. Plus nous approchions d’eux et plus Saoun était souriante. Nous découvrions enfin ces hommes et femmes, jeunes pour la plupart, un léger sourire marquant le visage, sur la tête un krama rouge, à l’épaule, un fusil en bandoulière, tout vêtu de noir, leurs pieds étaient nus et une épaisseur de corne leur servait de chaussure. A la vue de ces pieds-nus, Saoun enleva ses tongs, les pris dans ses mains, inclina la tête en signe de salutation et de respect et les offrit à une jeune soldate khmère rouge, qui les prit sans dire mot. Ma tante devait penser que les choses seraient telles qu’elle voudrait qu’elles soient car elle ne remarqua pas l’indifférence qu’avait laissé son geste. Au contraire, elle était maintenant animée d’une toute autre hâte : rentrer à la maison et préparer un repas pour des soldats. Je pensais, sur le retour, à la libération de Paris en 1945 ; ce que je voyais me faisait penser à ce cours d’histoire que j’avais reçu au lycée Monivong, et là encore par association, je pensais à mont père E, à ma sœur O, à l’ensemble de ma famille, M et G, à ma belle-mère Sam Samuon ; comme ils me manquaient ! Je pensais aussi à ma famille adoptive, Sam Saman (maman adoptive) et Sam Santh (papa adoptif), qui étaient à Pursat.
Que se passait-il à Pursat ? Les soldats khmers rouges, comme les avait baptisé le roi Norodom Sihanouk, avaient-ils aussi libéré la ville ? Je ne pouvais avoir de leurs nouvelles, la poste et les télécommunications étaient coupées définitivement depuis un bon trimestre. Papa avait du avoir de mes nouvelles, une longue lettre de quatre pages que j’avais écrite en hâte à l’Alliance Française. A Battambang, je n’avais jamais fréquenté aucun des cinq cinémas de la ville, je consacrais l’argent de poche, que je gagnais le dimanche en tirant une charrette sur laquelle se trouvait un gros bidon que je remplissais d’eau potable et que je détaillais avec un petit bénéfice chez les particuliers, à me payer des cours de français. Tous les jours à midi, Sœur Cécilia animait les cours à l’Alliance Française ; elle s’était prise d’affection pour moi et elle comblait de son mieux le manque de tendresse de ma famille d’hébergement. Elle connaissait mon histoire et peut-être avait-elle le pressentiment du futur. De ce futur, personne ne disait mot ; peut-être est-ce dans notre mentalité d’asiatique que de vivre au jour le jour ? Toujours est-il que quelques semaines auparavant, elle m’envoya un émissaire qui me chercha toute la journée. Par le hasard d’un chassé-croisé, vers 16 heures, j’arrivai donc à l’Alliance Française, sœur Cécilia me dit « les khmers rouges avancent sur Battambang, tous les étrangers doivent partir. Demain nous serons en Thaïlande. Ecris vite à ton père parce qu’après plus personne ne pourra acheminer ton courrier. Je ferai le maximum pour qu’il reçoive ta lettre. Ecris ce que tu veux, la lettre ne sera pas censurée.» Sous le régime du général Lon Nol, tout le courrier était « visité » ; cela ne m’avait pas particulièrement dérangé, car par éducation, les enfants et les jeunes sont tenus à l’écart de toute réflexion d’adultes ; qu’aurai-je pu donc dire ou penser de positif ou de négatif d’un système sur lequel, au bout du compte, je ne connaissais rien. Pendant que Sœur Cécilia préparait ses valises, j’écrivis à mon père : « j’entends les bombardements qui se rapprochent, des fois des roquettes tombent à 50 mètres de chez nous ; nous avons peur. C’est peut-être la dernière fois que j’écris. Je n’ai pas de nouvelles de Pursat. La route est coupée. A l’hôpital, on voit beaucoup de blessés. On ne peut pas continuer les études normalement… je vous embrasse. » Aujourd’hui j’aurai voulu espérer un retour à une vie de paix. Saoun ne devait pas en douter, car aussitôt arrivée, elle troqua son sarong de fête pour son sampot quotidien et prépara dans la plus grande des houles son riz le meilleur avec du poisson séché, qu’elle alla personnellement donner à un groupe de soldats. Je passais la fin de l’après-midi à la maison. Nous entendions des coups de feu sporadiques, tout ne devait pas être complètement fini.
Le lendemain matin, je n’eu même pas l’idée de me rendre au lycée, l’absence des professeurs la veille laissait peu de place à l’espoir qu’ils y fussent ce jour. Un colporteur, marchand de gâteaux, passa comme à l’habitude ; voyant que nous étions acheteurs, il s’arrêta et, en même temps qu’il enveloppait les gâteaux dans un bout de papier, il nous annonça que le marché était fermé. Saoun se renfrogna à cette information, peut-être regrettait-elle déjà sa générosité non coutumière de la veille. Le marché fermé, signifiait qu’il faudrait utiliser les maigres réserves. Nous savions qu’en France, avant la guerre, les familles avaient stocké de l’huile et du sucre ; prenant modèle, toutes les familles, suffisamment riches pour le pouvoir, avaient stocké au Cambodge du riz, un peu de sel et du poisson séché. Déjà à Pursat, dès l’arrivée du général Lon Nol au pouvoir, Sam Saman et Sam Sauth avaient pris cette précaution. Le colporteur nous dit aussi que le Père Blanc avait été exécuté par les khmers rouges, la veille, dans son église. Nous connaissions tous ce père, il était métis franco-cambodgien, il n’avait pas voulu quitter, avec Sœur Cécilia, son pays de naissance. Il était connu pour le bien qu’il faisait et était très aimé de tous et plus particulièrement des plus pauvres. La paix prenait-elle ce visage effrayant que même les religieux qui étaient profondément respectés, toutes religions confondues, dussent la payer au prix de leur vie ? La première victime que je connaissais était comme moi, franco-cambodgienne. Etais-ce pour cela qu’il avait été exécuté ? Que voulaient les khmers rouges ? Devrais-je craindre pour ma vie ? Assise sur les marches qui accédaient au pallier de la maison, j’essayais de me distraire de mes pensées négatives, en regardant l’oie et sa dizaine d’oisons se promener et becqueter comme à l’habitude dans la cour. Rien n’avait modifié ses habitudes. De temps en temps, au claquement sec d’un coup de feu, elle dressait le cou, regardait à droite, à gauche, puis derrière sa couvée grandissante et replongeait vers le sol dans sa conscience immédiate de ne pas être concernée. Mes idées lugubres revenaient, ma seule référence pour essayer de comprendre, était ce seul élève de ma classe qui nous disait d’un ton méprisant que notre lycée n’était pas une véritable école, que ce que nous apprenions ne servait à rien : « L’école, elle doit être dans la nature, les élèves autour de leur maître, assis par terre à l’ombre d’un arbre. L’or, l’argent, les voitures, tout cela ne sert à rien, à part accentuer la misère des paysans. L’école, c’est pour apprendre à planter le riz, les bananiers, les manguiers, les palmiers à sucre. » Kheo avait passé une grande partie de la journée devant la radio qui grésillait, mais n’émettait pas. Vers la fin de l’après-midi, il sortit en nous demandant de rester à l’écoute. Quand il revit, le repas était prêt : une soupe avec de la couenne de porc et du riz au sucre. Ce fut le seul soir, de ces trois années passées avec eux, où nous mangèrent tous ensemble. Le repas fut silencieux. Etait-ce le sentiment diffus, mais grandissant, de notre insécurité qui nous avait enfin réunis ? Fallait-il que les drames existent pour combler les brèches de la vie ? Savions-nous déjà que c’était notre dernier vrai repas, pour longtemps ?
Tôt, le lendemain matin, notre voisin qui était vétérinaire vint informer Kheo que les khmers rouges vidaient la ville et que nous devions partir. Kheo nous intima l’ordre de rassembler nos affaires, de sortir la citerne d’eau de la charrette pour que nous puissions y entasser nos affaires ; il était hors de questions de prendre la voiture car nous ne trouverions certainement pas d’essence. Nous devions prendre l’indispensable. Pour Nat et moi-même, l’indispensable se trouvait sous notre lit commun : la valise avec laquelle j’étais arrivée de Pursat, trois ans plus tôt, m’avait servie d’armoire. Je regardais néanmoins ma valise et vérifiait surtout la présence de la photo de mariée de ma sœur O. Sans savoir pourquoi, je pris la photo et je l’enveloppais dans un sac plastique. La valise à peine refermée, j’entendis Kheo parler dans la cour : « Oui, nous savons que nous devons évacuer la ville, laisse-nous une heure pour rassembler nos affaires. ». Kheo parlementait avec deux soldats khmers rouges qui avaient fait irruption dans la cour. Chacun amena son baluchon dans la charrette. Kheo y accrocha mon vélo pour en faciliter la traction, nous pendions aussi les trois autres vélos et la moto pour que l’un d’entre nous puisse se déplacer rapidement en cas de besoin. Kheo semblait extrêmement prudent et organisé. Certainement savait-il des choses que, nous les jeunes, nous ignorions. Aujourd’hui avec du recul, je ne doute pas de ce fait. La dernière tache accomplie fut de mettre l’oie et les oisillons dans un grand sac ; cela donna lieu à une petite course qui, en temps ordinaire, nous aurait mis en joie, mais l’atmosphère était trop pesante pour que l’un d’entre nous laisse échapper un sourire ou une plaisanterie.
Notre caravane organisée, ce fut le départ, et le début de l’exode…
Temoignage 2 L'exode La rue est déjà envahie par la foule bigarrée et le pont qui traverse la rivière Sangke fait figure d’un immense entonnoir. Je n’ai jamais vu de foule aussi dense, chargée et silencieuse ; faire très attention dans cette marée humaine pour ne pas nous perdre de vue. Comment est-il possible d’organiser en aussi peu de temps, un départ aussi massif ? La rumeur ou la réalité de l’exécution des récalcitrants au départ, produisait-elle, à elle seule, un tel effet, ou bien l’assurance que le retour dans nos maisons n’en serait-il que plus rapide ? Je pousse le vélo qui tracte la charrette, mes cousins poussent les trois vélos et la moto. Nous ignorons où nous allons. Kheo attend peut-être des instructions des khmers rouges. Portés, poussés, je l’ignore nous arrivons sans instructions devant l’hopital qui marque l’endroit où la RN 5 amène le voyageur vers Sisophon, et plus loin la Thaïlande, ou au contraire vers le cœur du Cambodge et la ville de Pursat, étape avant Phnom Penh. Nous nous arrêtons. Toujours aucune instruction ; Kheo veut aller vers Sisophon, sa femme souhaite aller vers Pursat. Le fait d’avoir de la famille dans cette ville, Sam Saman mon père adoptif et Sam Santh, son épouse et sœur de Sam Saoun, semble emporter la décision. Nous sommes sur cette route, au milieu de la foule, nous marchons chacun à notre rythme, mais Kheo nous a demandé de nous regrouper tous les 500 mètres afin d’éviter de nous perdre, ce que nous faisons. Plus je marche, poussant mon vélo et donc la charrette, plus l’angoisse du départ s’estompe. A l’occasion, les marcheurs échangent quelques mots, une plaisanterie, un sourire ; l’épreuve nous réunit pour le moment. L’angoisse s’estompe aussi, car nous savons maintenant où nous allons. Je suis à la joie de retrouver ma famille adoptive. Je revois tous les moments de bonheur que j’ai vécu à Pursat. Peut-être vais-je aussi retrouver mes amies du collège ? Je me souviens de ce taxi, une Peugeot 404 break, sur la toiture duquel Sam Saman avait chargé, trois ans plus tôt, mon vélo et dans lequel je m’étais engouffrée avec ma petite valise afin d’avoir un quart de fesse assise. Sur cette route, nous avions été arrêtées quelques fois par des barrages militaires du général Lon Nol, le chauffeur n’évitait pas les nids de poule, tant la route était défoncée par la mousson et les mortiers. La ligne droite semblait le plus court chemin, les amortisseurs du véhicule avaient rendu l’âme depuis longtemps, mais peu lui importait car il était le passage obligé pour le trajet Batambang-Pursat ; le train ne fonctionnant plus pour cause de guérilla en zone rurale. Les militaires donnaient toujours des conseils de prudence après avoir vérifié les papiers des clients. Mais le chauffeur devait en avoir cure car le trajet d’un centaine de kilomètres, effectué pied au plancher, nous avait demandé la demi journée pour arriver à Batambang. La nuit tombe vite au Cambodge et au dernier de nos regroupements familiaux de la journée, Kheo nous dit « Maintenant, nous restons groupés, nous devons trouver une place pour dormir ». Je n’avais pas encore pensé à cela, pourtant des familles avaient déjà installé des bivouacs de fortune en bordure de la voie. La route est légèrement surélevée par rapport aux rizières qui la bordent ; sur sa partie centrale elle a été empierrée et bitumée ; sur ses bords une largeur de deux mètres environ de terre battue, pas d’autres espaces pour se poser. A cette heure-ci, impossible de continuer la marche plus longtemps, il faut faire fi de la promiscuité et nous nous installons entre deux familles. Kheo va regarder le sac dans lequel nous avons transporté l’oie : elle est en bonne forme et glousse en se libérant la tête de sa cage d’urgence ; deux oisillons, eux, sont morts étouffés. Nous les mangeons ce soir. Misère, Sam Saoun a oublié de prendre les moustiquaires ! « Nakli, prend la moto et va à la maison chercher les moustiquaires, prend aussi le kilo de sucre dans le placard que nous avons oublié », lui dit Kheo. La route était maintenant moins encombrée et il fallut peu de temps pour effectuer la vingtaine de kilomètres aller-retour qui nous séparait de la maison. Il revint avec le sucre, mais pas les moustiquaires et comme Kheo se fâchait, il nous expliqua «Quand je suis arrivé à la maison, j’étais un peu effrayé, il n’y avait personne en ville. J’ai coupé le moteur de la moto avant d’arriver à la maison et je l’ai poussé dans la cour ; j’ai couru sur l’escalier de bois, je suis rentré dans la cuisine et j’ai entendu “Qui va là ?”, j’ai répondu “C’est Nakli” ; “Descend immédiatement !” ; j’ai pris le sucre et je suis descendu. Un soldat khmer rouge pointa son fusil vers moi : “La ville est évacuée, tu n’as rien à faire ici” Il me poussa vers le garage où se trouvait deux autres soldats khmers rouges, ils découpaient les pneus de la Chevrolet . L’un d’eux prit la parole : “Tu as de la chance, remercie ton père, nous aurons de bonnes tongs. Pars immédiatement” » Ce fait nous laissa perplexe. Nous aurions plus facilement compris que cette voiture fut réquisitionnée, mais quelle était donc cette armée de soldats-paysans, cette bande de va-nu-pieds, qui avait mis en déroute l’armée suréquipée du général Lon Nol ? L’absence des moustiquaires créait un malaise au moins aussi profond ; cela voulait dire, dans cette zone de rizières que nous constituerions un met de choix pour des bandes bien organisées de moustiques affamés. Il fut remis au lendemain l’idée de manger les oisillons et nus nous contentèrent d’une poignée de riz déjà cuit à la maison. Demain en marchant, il faudrait penser à ramasser un peu de bois mort, de façon à faire un feu le soir. Cette région est peu boisée, quelques palmiers à sucre et quelques huttes qui abritent les riziculteurs quand la mousson est trop forte, distraient un peu de la monotonie du paysage, surtout à la saison sèche ; période où les diverses couleurs vertes des rizières et les plantes aquatiques, le mouvement nonchalant d’un buffle et le vol bref d’un échassier donne à cette nature un romantisme à nul autre pareil. Dans cette foule, qui comme nous avance sur cette même route et qui comme nous a les mêmes besoins, il ne sera pas aisé de trouver de quoi faire un feu. J’allais me coucher, je prenais dans ma valise un sarong afin de me protéger au mieux de l’attaque attendue des moustiques. Dans le plastique se trouvait la photo de mariage de ma sœur O. Malgré la nuit, je défais le plastique et la devine plus que je la vois. Cette impression me suffit, je la range, je souris, le souvenir pour survivre, je m’endors.
Au réveil Kheo va demander du thé à la famille voisine qui, sur cet aspect, est mieux organisée que nous ; car si le bois pose un problème, l’eau également. En Asie, le thé a toujours été une boisson offerte au voyageur : l’eau bouillie est une garantie de pureté et c’est avec plaisir que cette famille nous donne du thé. Kheo, pour les remercier, leur donne deux carrés de sucre. Sam Sem regarde rajoute deux carrés de sucre à notre boisson et, accompagné de riz, nous voilà nourri pour la journée.
La deuxième journée de marche se passe dans de meilleures conditions. La foule est moins dense et nous ne sommes plus dérangés par les véhicules motorisés qui sont loin devant. Du moins, je le crois, car dès le début de l’après-midi, sur le bord de la route, les premières voitures sont abandonnées faute d’essence ; peut-être pourront-elles servir, ce soir, d’abris à ceux qui avancent moins vite que nous : les vieux et les malades que nous avons eu l’occasion de doubler chemin faisant. A notre rythme, il nous faudra au moins huit jours pour rejoindre Pursat. La marche devient automatique, depuis Batambang nous n’avons vu aucun soldat khmer rouge et si ce n’était quelques mauvais pressentiments, c’est presque contente que j’avançais vers Pursat. Encore aujourd’hui, 35 ans après, je pense avec nostalgie à mon vécu dans cette grosse bourgade. Mon père adoptif, Sam Santh, avait travaillé comme conducteur de train sur la ligne Phnom Penh-Batambang et avait obtenu sa mutation pour Pursat comme chef de dépôt ; quant à moi, j’avais réussi mon examen d’entrée en 6ème : nous étions en 1967. Sam Santh avait fait construire une belle maison en bois sur pilotis, pas très loin de la rivière Stuang. Je connaissais Pursat car j’avais eu l’occasion de me rendre chez ma tante Sam Saoun qui était une femme très gentille. J’adorais jouer avec sa fille Chamroeun qui avait un an de plus que moi . Nos jeux tournaient autour de la rivière ; en saison sèche, des bancs de sable nous donnaient l’impression d’être sur une plage, lorsque nous avions trop chaud, nous nous trempions toutes habillées et nous éclaboussions à qui mieux mieux, alors les rires fusaient, l’insouciance laissée au bonheur de l’eau rafraîchissante sur le corps. En novembre la ville était inondée avec la mousson, la saison de la pêche était venue. Quel plaisir de s’asseoir, une ligne à la main en sachant que bientôt un poisson, fut-il chat, mordrait à l’hameçon et que, bien grillé, le soir nous le mangerions avec délectation. Ce soir, nous mangerions les oisillons, car nous avons trouvé assez de brindilles pour faire le feu. Quand nous nous arrêtons, Kheo fait le feu, je plume les petits volatiles, l’eau bout dans houle, Sam Saoun plonge une pincée de sel, du riz et rajoute les trois oisillons, car un troisième est mort dans la journée. Ce soir, ce sera presque un repas de fête, mais le risque vient du ciel, des nuages annonciateurs de pluie, se distinguent à l’horizon. Kheo trouve une bâche plastique dans la charrette et à cette occasion trois moustiquaires. Ces toiles peuvent protéger trois ou quatre personnes. Nous sommes heureux de les avoir avec nous, mais ce soir nous ne disposons de rien pour les attacher. Au moins, s’il pleut, nous aurons le plastique et moins de moustiques et puis peut-être que ceux qui ont décidés de marcher de nuit pour éviter la chaleur de la journée, s’arrêteront pour s’abriter, car la nuit précédente il fut difficile de trouver le repos, la route étant restée presque aussi animée qu’en journée. Il y eut une courte averse qui suffit, néanmoins, à nous tremper. A l’aube du 3ème jour, le soleil était revenu et nous reprîmes la route. Entre nous, nous parlions peu, il y avait une sorte de conscience en nous qui, s’éveillant, nous laissait croire que notre exil serait de longue durée. Pourquoi devions-nous nous éloigner autant de Battambang ? La rumeur que la ville devait être vidée pour 3 jours, était déjà fausse puisqu’il nous faudrait encore autant pour y revenir. Quelle tristesse de voir ces enfants, à peine en âge de marcher, une gamelle accrochée autour de leur cou de façon à laisser libre de port, leurs petites mains fatiguées ! Quelle tristesse de voir comment à la hâte s’organisait au bord de la route, ce bidonville mobile ; ceux qui marchant de jour prenaient la place laissée libre de ceux qui se déplaçaient la nuit ! Quelle tristesse …. et que se passait-il à Pursat ? Et si Pursat était vidée de ses habitants ? Alors finies la seule motivation heureuse de la marche, la joie de retrouver Sam Saman, Sam Santh et Sam Sophy. Sophy devait avoir 11 ans, elle était arrivée à Pursat, elle aussi adoptée à l’âge de 3 ans, nous étions donc sœurs adoptives et je m’étais occupée d’elle quotidiennement pendant 4 ans avec cet amour que les adolescentes portent aux petits enfants. Peut-être comme moi était-elle sur une route, mieux que moi sur la charrette tirée par des bœufs, assise au sommet de paquetages, regardant Santh prendre le joug pour diriger les bœufs. Santh était maintenant à la retraite, insuffisante pour vivre, de conducteur de trains, il était devenu conducteur de bœufs. Grâce à cet achat, il revendait de canne à sucre, ce qui permettait une vie décente. Saman avait organisé un grand potager autour de la maison, nous avions des concombres, des courgettes, des pastèques, des haricots verts, des patates douces, des piments, nous avions aussi des bananiers, des manguiers et je me régalais à la saison des papayes. Dès notre 2ème année d’installation, je revendais le dimanche notre sur-production et quand je ne vendais pas les légumes, je vendais des tissus que Sokhon, couturière et sœur de Santh, nous amenait de Batambang, quand elle venait nous rendre visite. Je vendais aussi, à la saison, les lotus qui poussaient sur un étang que Santh avait creusé à la pelle, trois mètre de profondeur, ces lotus que les croyants offrent à l’autel du Bouddha. Cet étang, à la saison des pluies, s’alimentait des crues de la rivière et avec elles de poissons. Imaginez les poissons qui viennent chez vous, et les chiens, nous en avions 5, qui aboient lorsqu’ils en aperçoivent un à la surface ! Je me remémorais tout cela lorsque je m’aperçus qu’imperceptiblement nous avions ralenti notre marche. La foule semblait de nouveau un peu plus dense. Nous venions de passer le village de Khaal Thual, les rares échoppes étaient fermées et les espoirs de trouver quelques ravitaillements, éteints. La rumeur circulait que les khmers rouges avaient aboli le riel, cette rumeur semblait folle car comment peut-on échanger les marchandises sans argent ? Il n’est pas dans notre nature de nous inquiéter trop du lendemain, certainement car notre vie est rythmée par le quotidien comme le mouvement d’une horloge et que les difficultés se combattent tous les jours et qu’à chaque jour suffit sa difficulté ; mais aussi car nos vies sont intégrées dans un continuum qui interdit le changement, la rupture, la modification. Là, ce n’était pas une modification mais une révolution. Un peu plus loin, c’était trois soldats khmers rouges qui nous donnaient l’ordre de quitter la RN 5 et de prendre les chemins latéraux en direction des villages. Il en était fini de penser se rendre à Pursat. Il en était fini de penser que dans notre exode nous pourrions aller où nous voulions.
Temoignage 3 Reang Keesei
Le soir, nous arrivons à Reang Keesei. C’est une petite bourgade qu’occupe une trentaine de familles paysannes, mais elle présente une double caractéristique. Elle est le point terminal du chemin que nous avons suivi et elle dispose d’une gare qui nous a attirés nombreux jusqu’à ce village ; mais pour l’instant nous devons installer notre campement. A la recherche d’un emplacement, Kheo rencontre un de ses collèges douaniers, puis un autre qui en avait rencontré un autre qui lui-même en avait rencontré un autre, et l’emplacement trouvé, c’est une partie du corps des douanes de Batambang qui se regroupe avec leur famille respective dans un endroit qui, ma foi, en vaut un autre et a le mérite de n’être ni trop loin pour s’y rendre, ni trop près pour les odeurs prévisibles d’une bambouseraie. Je ne peux vous dire combien nous étions d’exilés à Reang Keesei, mais j’ai le souvenir d’une grande foule. Notre campement de fortune installé, Kheo a trouvé de la ficelle pour tendre et fixer les moustiquaires, il s’éloigne de nous. Tante Saoun choisit ce moment pour distribuer le riz. Je n’ignore pas ce que cela signifie pour moi : j’en aurais deux fois moins que les autres ; c’est le sort qu’elle réserve à la “noiraude”. Elle m’appelle comme cela. Je dois la couleur noire de ma peau à mon père d’origine guyanaise. En Asie, la noirceur de peau évoque le travail dans les champs, la pauvreté ; la blancheur est synonyme de richesse, de bon statut social. Autant de choses que les khmers rouges, j’aurai l’occasion de la découvrir, haïssaient. Mais pour l’instant, je n’avais aucune idée de ce que l’avenir réservait ; j’avais seulement cru comprendre que la ligne de chemin de fer représentait pour beaucoup un espoir, bien qu’elle fut hors service depuis longtemps déjà. Mais après tout, puisque la paix semblait revenue, avec elle, les trains pourraient circuler et nous en prendrions un pour revenir à Battambang, chez nous. Dès huit jours que nous passâmes à Reang Keesei, je vis des étudiants qui pensaient que la libération viendrait du train ; ils imaginaient des convois de blindés, des militaires en nombre venant de la région de Phnom Penh, d’autres imaginaient la même chose mais venant de Thaïlande via Sisophon. Je pense que chacun connaissait le degré de folie qu’impliquait la croyance en quelque chose de pareil et seule l’excitation d’être tout proche d’un lieu de moyen de transport évoquant le déplacement et par extension la liberté, autorisait ces délires d’espoir qui ne durèrent d’ailleurs que le temps d’une brève expression vite interrompue par la peur que faisait régner une suspicion généralisée. Cette méfiance n’était pas liée à notre relative promiscuité avec les paysans de Rang Keesei ; ceux-ci étaient certainement de braves gens. En cette saison, les riziculteurs travaillaient autour de leurs maisons et ils étaient toujours là, disposés à nous prêter une pelle ou une bêche qui nous servait de binette, de façon à ce que nous puissions enterrer nos excréments dans la bambouseraie. Isoloir naturel, mais imparfait, auquel je n’osais me rendre en journée par pudeur et la nuit par peur des insectes et autres serpents nuisibles. Nos journées étaient occupées par la recherche bois mort et de brindilles pour faire bouillir et cuire nos maigres rations de riz qui n cessaient de diminuer. Les derniers oisons et l’oie avaient été mangés et pendant que nous cherchions sur les étroits murets de pierre de quoi alimenter le feu, Khan, à l’instar des autres chefs de famille, passait ses journées à la recherche de quelque chose qui nous manquait. Dès le premier soir, il avait trouvé de la ficelle et un peu avant la fin de notre séjour, nous le vîmes arriver un après-midi, la figure rayonnante d’un plaisir que je n’avais pas le souvenir de connaître. De son Krama, qu’il tenait en paquet à la main, il sortit, tel un magicien, une pièce de cochon pesant bien trois kilos et peut-être plus. Avec ses amis des douanes, car tout le monde avait un morceau, ils avaient dû troquer un porc puisque l’argent n’existait plus. N’étant pas dans mon rôle et mon statut de poser des questions, j’ignore ce que fut l’objet du troc, mais j’eu l’occasion de voir troquer tout objet de petite ou grosse valeur, prouvant qu’il ait eu des origines urbaines. Les paysans sous le régime du général Lon Nol, qui avait chassé le roi Norodom Sihanouk, n’avaient pas vu leur situation changer, ils étaient autosuffisants alimentairement mais ne pouvaient s’acheter des sandales, des sarongs, des chemises telles que celles que portaient les gens de la ville. Aussi tout objet en provenance des cités, suscitait le désir et puisqu’il n’y avait plus de monnaie, le troc semblait bien naturel. Ces paysans vivaient comme autrefois, avant la colonisation ; les maisons sur pilotis en bois ainsi que la culture du riz et un petit élevage préservaient le mode de vie traditionnel. Je me rappelais que Santh m’avait expliqué le travail des français au Cambodge, les routes, mais surtout l’urbanisme. Les français avaient construit les villes à leur manière, déstructurant les us et coutumes locaux et seule la campagne m’évoquait l’image des villes anciennes : un habitat linéaire, en hauteur, au bord d’un cours d’eau. Les français avaient conçu des centres villes, ils se constituaient autour d’un marché couvert qu’encerclaient des maisons de brique. Au rez de chaussée, se trouvait un compartiment, lieu de stockage des marchandises que protégeait une avancée, soutenue par des piliers, qui était passage et espace de vente ; au dessus, une ou deux pièces servant à ces populations de marchands qui, pour la plupart, étaient d’origine chinoise, tant il est difficile au cambodgien de quitter sa vie d’oiseau perché. Derrière, un lopin de terre permettait la culture d’un potager. Aux chinois se mélangeaient aussi des vietnamiens et quelques indiens, tous avaient fait souche depuis longtemps et malgré les mariages ethniques, certaines communautés, depuis l’indépendance, faisaient face à des répressions régulières que devaient susciter certainement la jalousie et des questions de pouvoir. Il restait chez beaucoup des gens des villes une certaine nostalgie de la sécurité qu’avait apportée la période coloniale, même si nous étions fiers de l’indépendance obtenue et de la culture khmère qui constituait autour des temples d’Angkor, le ciment de notre identité. Je me rappelai qu’un jour, en plaisantant, Kheo m’avait dit : « Regarde nos villes, tu vois la France …. les français ont construit leurs bastides. » J’ignorais que ce qu’était une bastide, mais à Reang Keesi, je prenais conscience de ce qu’était la vie paysanne, traditionnelle certes, rythmée par les levers et couchers du soleil et les pluies de la mousson. Les paysans reproduisaient les gestes devenus pour eux coutumiers, que faisaient leurs parents, leurs grands-parents et toute la lignée de leurs ancêtres, pourtant le visage de certains traduisait une certaine anxiété. Je découvris, fortuitement, le long de ce séjour à Reang Keesei qu’elle en était la cause, le jour même où Kheo ramena le morceau de cochon ; sa femme lui demanda de trouver du piment, le paysan à qui il l’avait troqué lui en céderait certainement un ou deux. Kheo me surprit lorsqu’il me demanda de l’accompagner. En brave homme peut-être voulait-il s’assurer qu’ainsi ma tante ne trouverait pas quelque stratagème pour m’éloigner de ce repas agrémenté. Nous avions tous besoin de prendre quelques forces. Arrivés chez le villageois et après les salutations traditionnelles, Khéo dit « Je te remercie, en mon nom et pour toute ma famille de nous avoir cédé le cochon ; ma femme m’a chargé de te demander, si tu ne pourrais pas nous céder un petit piment rouge et je te propose de te rendre le service que tu veux en échange. » Le paysan lui répondit qu’il pouvait lui donner une poignée de piments et que son souhait le plus cher était de savoir ce qui se passait à Batambang. Pourquoi cette foule était arrivée jusqu’à Reang Keesei ? Les deux hommes rentrèrent dans la maison, s’assirent sur une natte et Kheo commença à raconter. J’étais restée sur le seuil, mais la conversation m’arrivait aussi audible que si j’avais été dans la pièce, bien que celle-ci se fût tenue à voix basse. La femme du paysan leur prépara du thé et la conversation dura longtemps : « Tu vois Khan, je veux savoir car mon fils aîné s’est engagé dans l’armée du général Lon Nol et les khmers rouges sont venus, il y a 6 mois au village et ils ont demandé à tous les chefs de famille de leur donner un fils de plus de 12 ans. Ils nous ont dit que c’était notre contribution à la révolution et notre libération ; comme nous ne comprenions pas ce que cela voulait dire et que nous préférions garder nos enfants, leur chef est devenu fou de rage ! Il nous a traité de valet de l’impérialisme, de suppôt de la C.I.A. ; comme nous ne comprenions toujours pas, il nous a menacé d’exécuter nos enfants “car s’ils ne sont pas pour les khmers rouges, ils sont contre”. Il a pris un jeune garçon, l’a mis à genou puis a sorti un revolver et lui a mis sur la tête : “cela au moins vous le comprendrez ”. Nous avons compris que nous n’avions pas le choix et nos enfants sont partis avec la petite troupe. Les familles dont les garçons étaient trop jeunes durent donner du riz, des volailles et nu cochon que les khmers rouges ont embarqué dans des charrettes tiraient par les bœufs. » Je comprenais mieux cette anxiété des paysans qui avaient perdu leur enfant, souvent leur aîné, pour aller vers des combats qui leur étaient incompréhensibles. Dans les mêmes familles, certains se battaient d’un côté et les autres en face ; et tout cela par la nécessité de la survie. Kheo me surprit lorsqu’il dit au paysan « J’ai déjà entendu parler d’histoires analogues ; il paraît que ces jeunes ont un apprentissage militaire et qu’on leur bourre le crâne de politique. Depuis le 18 mars 1970, il s’est passé beaucoup de choses. Le roi Norodom Sihanouk s’est allié aux khmers rouges et ceux-ci aux nord-vietnamiens ; dès qu’un secteur est libéré, la population est “éduquée” puis “armée”. Le général Lon Nol a fait appel aux américains et aux sud-vietnamiens. Il y a un mois Saigon est tombée aux mains des viets, d’Ho Chi Minh, et les khmers rouges tiennent maintenant tout le Cambodge. J’espère que tes fils n’ont pas été tués dans les combats et que tu les reverras bientôt. » Kheo revint vers moi. Il était plongé dans ses pensées. Il devait en savoir beaucoup plus, mais perdu dans ses réflexions il murmurait « tant de morts, tant de morts, tant de morts ». Ce fut l’unique fois où j’entendis parler Kheo de la libération. Les morceaux de cochon découpés selon ses instructions, les piments pilés, le feu en émoi, nous regardions la cuisson dans le wak. Kheo, si peu bavard, rassemble la famille autour de cette joie et, comme si la parole appelle la parole, il nous dit « Je vais vous raconter l’histoire de Batambang ». Voulait-il que notre joie soit complète ? Laisser une trace de notre culture ? Avait-il l’intuition que la révolution khmère rouge allait tout balayer ? Ou bien sa manière à lui d’en appeler aux esprits de nos ancêtres pour leur demander protection ? Aujourd’hui, plus simplement, je me demande si ce n’était pas une allégorie. Autant que je me souvienne, il s’agit de l’histoire d’un bûcheron qui trouve un bâton (dambang) magique. Doté de la force de ce bâton, il renverse la dynastie du roi Chakrapoat et règne sur l’empire khmer sous le nom de sa majesté Dambang Khrânhong. Khrânhong était la région où il avait trouvé le bâton. Il régna durant 7 ans sans aucun problème, lorsqu’un sage lui fit savoir que le ciel indiquait la fin de son royaume. Une femme était enceinte de son successeur. Le roi effrayé de la prédiction ordonna de brûler toutes les femmes enceintes. Pendant que les corps étaient incinérés par les soldats, le ventre de l’une d’entre elle s’ouvrit et un bébé en tomba. Bien que brûlé des jambes et des bras, mais n’étant pas mort, les soldats le prirent et cachèrent dans une touffe de rotin. Le soir, le moine chef de pagode vint bénir les corps et les soldats lui remirent l’enfant pour qu’il s’en occupe. Il le soigna, l’alimenta, l’éduqua, lui transmit tout ce qu’il savait. Il fut appelé Prom Kel car il ne pouvait se déplacer normalement et le faisait sur son séant. Le roi eut un nouveau présage que le devin interpréta. L’homme “porteur de mérite est né”, il est plus puissant que toi et dans 7 jours il viendra sur un cheval blanc et règnera. Le peuple ayant eu connaissance de la prédiction se mit en route vers Angkor Wat, siège du royaume. Parmi eux se trouvait Prom Kel, vite dépassé par la foule, il faisait néanmoins des efforts pour continuer son chemin. Pendant que Kheo parlait, je ne pouvais m’empêcher de revoir au travers de sa narration, tout ce que nous venions de vivre les jours derniers. Ces foules sur la route, nos fatigues, ces moines sortant les cadavres de la Sangkae. Aussi lorsque, exténué Prom Kel s’arrête sur la route pour se reposer, il faut comme dans la “Comedia del Arte” un “Deus ex machina” pour arracher mon écoute à l’engourdissement qui m’envahit. Un vieil homme tirant un cheval blanc, et je vois alors un train blanc, portant un paquet de riz, de l’eau dans une tige tubulaire de bambou et un baluchon de vêtements s’arrête à hauteur de Prom Kel et lui demande de garder cela quelques instants, le temps d’aller dans la forêt pour …….comme nous allions dans la bambouseraie. Prom Kel lui signale son état, aussi le vieillard s’attache la bride du cheval au bras droit déformé. Après quelques hennissements, le cheval s’enfuit au galop et le bras droit du Prom Kel redevient normal. Le cheval s’arrête et Prom Kel a l’idée avec son bras valide d’attacher son bras gauche et le résultat est identique, puis c’est le tour des jambes. Tout est redevenu normal, l’homme ne revenant pas, il mange le riz au goût très savoureux, boit l’eau et trouve dans le baluchon de très beaux habits ; il les met, monte sur le cheval blanc qui lui obéit facilement et s’envole dans le ciel jusqu’à survoler le palais d’Angkor Wat, siège du souverain Dambang Khrânhong. Celui-ci, fou de colère, prit son bâton magique en bois de khrânhong le lança en direction de Prom Kel sans l’atteindre. Cependant, le bâton alla trop loin et disparut dans une forêt que l’on appela ensuite Prei Batambang « forêt du bâton perdu », c’est là que fut construite la ville de Battambang et c’est pourquoi un cheval blanc a figuré sur le drapeau du Cambodge. Car Prom Kel comme l’avait dit la prophétie succéda à Dambang Khrânhong qui s’enfuit au Laos, et voulut rendre hommage à son cheval. Cette nuit, en dormant, je rêvais de mon père E, de sa femme, de ma sœur O, ils montaient eux aussi sur un cheval blanc qui s’envolait dans les airs ; en bas, des hommes en noir, leur jetaient des bâtons sans les atteindre pour autant, le cheval disparut dans la lumière de l’horizon et je me revis agenouillée par terre, cachant mes larmes, dans l’attitude que j’avais eu quelques années plutôt, lors du départ de ma famille.
Le cheval blanc m’avait laissé.
Témoignage4-Départ de Reang Kessei et première installation
Le village est construit le long d’une piste rectiligne, aussi le soldat khmer rouge qui vient nous voir sur son vélo, a du repérer notre groupe depuis un bon moment. Il s’adresse à Kheo « Vous devez rester ici, les déplacements sont pour l’instant interdits » « Où devons-nous rester ? » « Vous devez trouver un emplacement pour construire votre maison, du côté droit de la route ; le côté gauche est réservé au peuple ancien (les paysans) » Il semble qu’il y ait eu une diversité d’interprétation de ce concept “peuple ancien”. Si il n’eut pas son fusil, le soldat aurait semblé sympathique, il nous explique « les paysans vous laissent le côté droit, ils habitent tous du côté gauche. L’heure du partage est venue au Cambodge, si vous étiez arrivés il y a quelques jours, vous auriez pu occuper l’une de ces maisons » Il joint le geste à la parole et en suivant le mouvement de son bras, nous voyons quelques petites maisons que séparent des monticules de planches. Ces planches appartenaient à des maisons plus importantes qui ont été volontairement détruites. Il désigne un monticule en nous disant : « Vous pouvez prendre ce qui vous sera utile », puis il regarde Kheo « Tu n’auras plus besoin de ta montre, donne-la moi » Kheo s’exécute et je pense que les khmers rouges ont une conception bien particulière du partage. Kheo repère un emplacement et les trois jours qui suivirent sont occupés par la construction de la maison. Il s’agissait d’une seule pièce de quinze mètres carrés environ, à même le sol. Nous portons une attention particulière à la réparation de la toiture végétale sachant que la saison des pluies arrive ; la seule ouverture est la porte qui nous permet de rentrer dans notre cabane. Lorsque nous dormons, toute la surface du sol est occupée. Ce ne sont pas les fumées de la cuisine qui nous gêneraient, car notre stock de riz diminue de jour en jour. Kheo, Navy et moi-même partons dans la campagne à la recherche des liserons d’eau qui viendront compléter, une fois bouillis, notre assiette de riz. Kheo se fâche régulièrement contre le reste de la famille qui ne participe d’aucune manière à cette activité et aussi contre Saoun qui me donne toujours moins qu’aux autres. De temps à autre, nous obtenons d’un villageois un légume. Ils ont reçu l’ordre de partager et ne peuvent s’y soustraire totalement. Eux aussi commencent à subir les effets de la malnutrition, même si, plus habitués à la vie dans la rizière, ils arrivent à capturer avec leurs nasses quelques petits poissons et autres rats des champs. Il arrive que nous passions devant la maison qu’occupent les soldats, assis sur la marche de l’escalier conduisant au pallier, la mitraillette négligeamment posée comme si elle fut une simple cane à pêche, à côté d’une bassine d’eau chaude ; nous en voyons un plumer un poulet ou un canard, d’autres fois c’est une odeur et nous nous mettons à saliver pendant que nos intestins, agissant comme une mémoire, se mettent dans des mouvements douloureux et crient dans des gargouillis que seuls, nous pouvons entendre leurs revendications et leurs besoins. Rapidement, il devient insupportable de passer devant cette maison. Nat la servante, ne fait plus partie du groupe : les khmers rouges ont appris quelles étaient ses fonctions dans notre famille, lorsque nous vivions à Batambang. Cela est ressenti par chacun d’entre nous comme un mauvais présage et une déchirure ; mais nous espérons pour elle que sa condition d’origine se transformera en privilège aux yeux des khmers rouges. Les jours ressemblent aux jours et très rapidement je perds la notion du temps. Les soldats khmers que nous avons vus les premiers jours ont laissé place à d’autres qui nous ont dérobé le reste de nos montres ainsi que nos vélos et la carriole. Il aurait été vain de les cacher, nous en avons la preuve, car nos plus proches voisins, qui avaient la chance d’avoir une véritable maison sur pilotis, ont pris soin de démonter leur unique vélo et ont caché les pièces en divers endroits de leur habitat, notamment sous le plancher ; mais dès la première roue trouvée par les soldats, ils n’eurent d’autre empressement que de restituer la bicyclette dans son intégralité. L’instinct de survie dicte à chacun d’entre nous, la nécessité d’une obéissance absolue et nous nous demandons qu’elle sera la sanction que subira cette famille. Le lendemain, nous découvrons les visages de nouveaux soldats, ceux de la veille n’ont du rien dire concernant la famille de nos voisins, certainement pour des raisons qui doivent concerner leurs propres intérêts, car il n’arriva rien de particulier à cette famille. Nous avançons dans la saison des pluies ; mes journées sont toutes occupées par la cueillette des liserons d’eau. Nous parlons de moins en moins entre nous. Que pourrions-nous nous dire ? Nous ne savons rien de ce qui se passe hors du village, nous ne vivons que la faim, la peur, la suspicion. Les rares paroles sont les plaintes des membres de la famille qui leur servent de justification à ne pas aller comme nous le faisons Kheo, Nakly et moi-même, à la recherche de nourriture dans les rizières « Nous avons faim, nous n’avons plus de force, nous avons mal au ventre ». La rizière devient presque un espace de liberté dans le silence et il nous arrive de nous éloigner assez loin des villages, de sorte que nous commençons à bien connaître le secteur. J’ignore à ce moment, qu’un jour cette connaissance du terrain nous servirait. De retour à la cabane, je vis dans mes souvenirs, dans mon passé avec le sentiment de ne pas avoir de présent. La situation, plus encore que les khmers rouges, même s’ils en sont les responsables, a balayé cette capacité que nous avons, nous les asiatiques, de vivre au jour le jour. Chaque soir avant de m’endormir, je regarde la photographie : elle représente le bonheur et le seul lien possible entre mon passé, mon présent et me donne l’espoir d’un futur. Cette photo, se charge d’une fonction rituelle, presque mystique, que vient relayer une prière. Alors que j’allais, dans le village, à la recherche d’un peu de sel, une jeune fille me fait signe de venir vers elle. Elle doit avoir à près mon âge et me sourit : « Je m’appelle Xieng Kuaong, tu peux avoir confiance en moi ; je me souviens de toi et depuis quelques semaines je te regarde. Tu es une fille bien et honnête, je t’ai croisé plusieurs fois lorsque tu allais voir sœur Cécile, rentre » Pendant que j’entre, j’observe Xieng qui soulève une couverture cachant un gros livre. Elle me demande si je le connais et ce n’est pas le cas « C’est normal, rajoute-t-elle, sœur Cécile n’évangélisait pas. Excuse-moi, sœur Cécile t’apprenait le français, mais pas la religion. Ce livre est une Bible. Sa lecture me soutient et me donne du bonheur. Je sais que les khmers rouges ont tué mon père, mais maintenant il est bien au royaume des cieux avec les justes assis à la droite de Dieu. » Je ne comprenais rien, mais Xieng, par sa force, son rayonnement, me captivait : «Ecoute » me dit-elle, « nous n’avons pas beaucoup de temps, je vais t’apprendre une prière et chaque fois que tu en auras besoin, tu la réciteras : notre père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donnez-nous notre pays quotidien, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et délivre-nous du mal, amen. » Xieng vérifia que j’avais bien appris la prière et me dit tout en cachant à nouveau le livre « Pars vite maintenant, nous sommes observées en permanence et surtout n’oublie pas le signe de croix que je t’ai appris.» Je rentre à la cabane avec un sentiment de joie et sans peur. Nakly a pu se procurer trois grains de sel et avant de me coucher, tout en regardant la photo, je récite pour première fois le “Notre père”. Le lendemain, bien décidée à en savoir plus, je me rends chez Xieng Kruol ; sa maman m’accueille avec le sourire et me dit qu’elle se réjouit de l’initiative de sa fille à mon égard. Elle m’invite à rentrer, mais après les salutations d’usage, que nous effectuons les jointes, doigts vers le ciel à hauteur du thorax, les yeux dans les yeux, et alors que Xieng vient de sortir la Bible de sa cache, un soldat khmer rouge fait irruption dans la pièce en criant : « Femmes, que faites-vous contre l’Angkar ? » C’est la première fois que j’entends ce mot. « Que tentez-vous de cacher ? Qu’avez-vous dans vos mains derrière le dos ? » Est-ce le courage inné de Xingu, son sens de l’à-propos, ou bien une force surnaturelle que lui donne son Dieu, c’est sans la moindre hésitation qu’elle répond : « Grand frère, nous ne complotons pas, je montre un livre que j’ai trouvé hier sous les planches à la sortie du village ; j’ai pensé que cela pourrait nous aider à faire du feu » Tout cela est dit avec le plus charmant des sourires et le soldat retrouve son calme : « Si c’est cela, donne-le moi, je n’ai plus de papier pour rouler mes cigarettes. » Le livre en main, il arrache une feuille, s’assoit sur le perron et entreprend de se rouler une cigarette. La Bible, bien qu’écrite en cambodgien, ne lui a rien évoqué, visiblement il ne sait pas lire, mais que se passera-t-il si un soldat ou leur commandant découvre l’existence de ce livre religieux ? Je vécus quelques jours dans cette angoisse, mais le Dieu des chrétiens doit avoir fait un miracle, car nous n’entendîmes plus jamais parler de ce fait qui aurait pu nous coûter la vie. Je repense à ces deux moines bouddhistes que nous avions vu le premier jour à Reang Keesei et jamais aperçu depuis. De temps en temps, nous prenons conscience qu’une tête connue manque au paysage et comme des rumeurs de massacre commencent à se répandre et qu’elles ne sont pas démenties par les soldats, nous commençons à craindre pour la vie de ces personnes disparues, ainsi que pour la nôtre. Il en est ainsi de l’existence, malgré les difficultés nous tenons à la vie. Nos croyances en la réincarnation s’estompent et avant de rejoindre l’esprit de nos ancêtres, nous souhaitons vivre le plus longtemps possible sur cette terre où nous savons n’être que de passage . Je me revois, enfant, j’étais en classe de 10e à Phnom Penh, lorsque je fus pour la première fois confrontée à la mort. Notre école était située à côté du Wat Tenk Loak (le temple de l’eau trouble), il s’appelait ainsi tant la zone était marécageuse. A côté du Wat se trouvait le crématoire du quartier et lorsque la mort n’avait pas de raison connue, on supposait qu’elle pouvait être d’origine virale, aussi à l’occasion de la crémation, nos maîtres (moines ?) nous demandaient de rentrer chez nous. Notre approche de la mort était donc plutôt joyeuse, car je ne connais pas d’enfants au monde pour qui une journée inattendue de liberté, ne soit pas un plaisir immense. Hélas, un jour cette vision change, le jour où la mort ne frappe plus un inconnu, qui par nature ne nous manquera jamais dans la vie. Son nom, je l’ai oublié, mais c’était un camarade de classe de Sophon. Ensemble devant notre maison, ils jouaient aux billes. Il arrivait que Sophon conclut d’interminables parties en vainqueur ; je le voyais à son sourire et à ses poches de culotte pleines de billes multicolores. Il arrivait aussi le contraire, en rentrant les mains dans les poches, il cherchait à cacher la défaite. Je m’amusais de le voir faire et je savais que cela ne se produirait plus. Avec Saman Santh et Sophon, nous nous rendîmes au crématoire pour dire un dernier adieu à cet ami. Il était très bien habillé, dans une boite. Santh me dit que c’était un cercueil ; la famille déposait des fleurs et des bâtons d’encens au pied du bûcher ; un bonze prit la parole et bien que petite, je me souviens : « Il y a une porte d’entrée et une porte de sortie dans la vie, nous appelons la première la naissance et la seconde la mort, mais toute porte signifie un passage, la mort est donc un passage, la naissance est un passage et la vie en est un aussi. » Comme j’interrogeais Santh sur le sens de cette phrase, il m’avait répondu : « Dans le bouddhisme Theravada, nous ne prétendons pas savoir ce qu’il y a avant la naissance, ou ce qu’il y a après la mort. Mais si nous demandions ce qu’est la vie à quelqu’un qui n’est pas né, nous serions aussi stupides de demander ce qu’est la mort à quelqu’un qui ne peut plus nous parler puisqu’il n’est plus en vie. Nous pensons qu’il existe des manières d’exister différentes …. nous appelons cela l’impermanence ….. mais tu es trop petite pour comprendre. » Santh avait, comme la plupart des garçons cambodgiens, passé un an dans un monastère et il m’apparaissait comme un puits de savoir. Hélas, encore hélas, ces connaissances étaient réservées aux hommes ! Le soir, mon père est venu nous chercher, Sophon et moi. Quelle surprise lorsque j’entendis le klaxon bien connu de la 2 CV. Je me suis jetée à la sortie pour voir mon père descendre de la voiture et il a crié en cambodgien « Viens vite avec Sophon, nous allons au cinéma. » Papa doit être au courant de notre journée et de notre tristesse, car il est totalement inhabituel qu’il vienne à l’improviste. Nous nous rendions chez lui en famille tous les week-end et tous les quinze jours, il emmenait les enfants au cinéma. Les films étaient en français, mais sous-titrés en cambodgien, aussi dès l’instant où je sus lire, je profitais pleinement émerveillée de ces séances dans les salles obscures ou, après une file d’attente interminable, de nombreux sièges se confiaient à notre séant. Au programme du soir, il y avait “Les 3 Mousquetaires” et je dois dire que pendant bien des jours je ne connus pas de meilleur antidote à la tristesse qu’engendre la mort. A la fin du film, nous allions sucer, sur les bords du Mékong, les derniers bonbons à la menthe, que papa avait achetés à l’ouvreuse pendant l’entracte. Quelque que soit la saison, ces ballades nocturnes, sur les quais qui bordent le fleuve, avaient quelque chose qui nous remplissait de bien-être. La vie était tranquille et la ville magnifique. Le palais royal resplendissait de beauté et il était pour nous l’objet d’une halte systématique pendant laquelle je nourrissais toujours le fol espoir d’entrevoir le roi Norodom Sihanouk ou quelqu’un de sa famille. La femme de papa est de sang royal, mais cela, il valait mieux l’oublier dans la période actuelle. Notre identité individuelle devait se dissoudre dans l’identité collective, ne se faire remarquer d’aucune manière nous avait ordonné Kheo. Les pluies commencèrent à se faire plus espacées, notre cabane a fait, grâce à des rafistolages quasi quotidiens, son office d’abri. Une relative froideur revient pendant les nuits et j’ai trouvé quelques repousses de bambou que nous consommons avec un plaisir immense. Sommes-nous en septembre ou en octobre ? Est-il possible que le nouveau pouvoir ait occulté une de nos fêtes les plus importantes, la fête des morts, avec celle du nouvel an que nous avons fêté juste avant l’arrivée des soldats khmers rouges à Battambang ? Vers la mi septembre, c’est pour nous la fête des morts, la fête des ancêtres, puis à cette occasion, nous préparons un bon repas et l’amenons aux bonzes de la pagode. Nous faisons aussi des offrandes, les plus coutumières sont des bougies, des bâtons d’encens, mais on peut également offrir des cahiers, des stylos, des petits objets que nos ancêtres appréciaient particulièrement lorsqu’ils étaient encore en vie. Les moines psalmodient des mantras afin que les cadeaux soient purifié et arrivent bien à nos ancêtres. Outre la mémoire et les marques de respect que nous leur adressons, nous leur demandons de nous aider, de nous protéger et de faire en sorte que notre vie devienne meilleure. A cette occasion, nous préparons des gâteaux de riz. La pensée de ces gâteaux déclencha en moi un fort réflexe salivaire, en même temps, mes intestins se crispèrent et me firent mal. Cette douleur est récurrente, tellement notre alimentation est pauvre. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Combien de temps pourrons-nous survivre dans de telles conditions ? Je revois ces morceaux de porc gras que nous laissions macérer dans du sel et du poivre et que nous mélangions ensuite à des graines de soja, puis nous les enveloppions dans des feuilles de bananier avant une cuisson à la vapeur ou encore ce gâteau, cuit sur les mêmes principes : en son milieu, de la noix de coco râpée avec du sucre caramélisé et du sésame, que venait entourer de la farine de riz. Toutes mes réflexions me ramènent subitement au réel, la faim est bien présente. Dans le village ou la rizière, il arrive de croiser quelqu’un que nous connaissons de vue et dont nous percevons les changements de traits physiques. Les plus faibles sont marqués, certains n’ont plus que la peau sur les os, tandis que d’autres semblent gonfler imperceptiblement, un esprit malin leur insufflant un peu d’air quotidien comme dans un ballon. Mais un ballon trop gonflé éclate. Nous sommes trop repliés sur notre petit groupe familial pour savoir si nous pourrions dénombrés des décès dans le village. La sécurité passe trop par l’ignorance de l’extérieur, le moral passe par le refus de voir et de savoir qui pourrait sabrer l’espérance folle d’un lendemain meilleur. Je repense à cette “rumeur” dont Kheo s’était fait le porte-parole dans la famille lors de notre arrivée à Rieng Krol : « Il paraîtrait que tous les officiers de l’armée de l’air de Battambang ont été convoqués pour saluer le roi Norodom Sihanouk venu leur rendre visite. Ils se sont rendus comme prévu à l’aéroport, ils ont été regroupés, puis exécutés. » Il avait poursuivi « Je ne comprends pas, cela est contraire à toutes les lois de la guerre. Le roi ne pourrait pas supporter cela. Ce n’est pas possible. Il ne doit pas savoir. Si cette rumeur est vraie, il faut se méfier des barbares qui tuent leurs frères de sang. Notre sécurité implique que nous prenions pour vrai cette information, nous devons vivre dans la peur, c’est la peur qui nous protègera. » Le système semble fonctionner sur le mensonge, ne nous avait-on pas dit que nous quittions Battambang pour quelques jours ? Six mois environ s’étaient écoulés depuis. A part nous avoir chassé de chez nous, puis dépouillé, puis rendu dans un état de misère effroyable, le nouveau régime n’a rien fait de visible pour nous. Cela n’allait pas durer.
Je réalisais que j’étais arrivée au centre ville. J’aimais beaucoup la place centrale avec ces arcades qu’animaient les multiples couleurs des objets vendus par les marchands, et ces odeurs qui me rappelaient mon enfance à Phnom Penh, faites de mélange des épices, de poisson séché, des fleurs de lotus que l’on achète en offrande à Bouddha. Je pensais à mon père, E S et par ce jeu incohérent des associations d’idées, je me disais que j’avais eu deux bonheurs dans la période que je venais de vivre. Kheo était revenu sur Battambang et surtout j’avais reçu la photo de ma sœur O en habit de mariée avec L, comme j’aurai aimé être avec eux, ce jour là, en France. Pourquoi m’avait-il fallu échouer, l’année précédente à mon Baccalauréat, pour quelques points ? Je ne pouvais encore imaginer les terribles conséquences qu’auraient pour moi ces quelques points qui m’avaient manqué en science physique.
J’arrivai devant le lycée, nous nous rassemblions dans nos salles de cours, dans l’attente des professeurs qui allaient débuter le travail. Ce matin, l’horloge devait être détraquée, ou le préposé à la cloche malade, ou ….. oubien ….. ou encore …… Mais les professeurs n’étaient pas là …… Malgré notre désir d’apprendre, il valait mieux rentrer chez moi !
De nouveau sur ma bicyclette, je réalisais qu’il y avait peu de circulation, la place centrale s’était vidée, les commerçants avaient fermé leurs stores, seuls restaient quelques marchands ambulants, devant à leurs maigres étals leur survie quotidienne.
J’arrivai sur le pont qui franchit la Sangkae, d’habitude je ne m’arrêtais jamais à cet endroit, connaissant le spectacle de cauchemar qu’il livrait quotidiennement, celui de cadavres humains charriés par les eaux. Trois bonzes munis de perches de bambou, essayaient de ramener un cadavre vers la berge : dans nos croyances, il est fondamental d’incinérer ou enterrer les morts, afin que leurs esprits puissent trouver la paix et le repos nécessaire à la réincarnation future. Ces bonzes faisaient preuve d’un grand courage, car ces corps pouvaient être minés. Nous étions nombreux à regarder, à distance, cette scène. Peut-être était-ce en raison de cette foule agglutinée et silencieuse que je m’étais arrêtée. Je pensais à un film muet que j’avais vu, toute enfant à Phnom Penh. Il s’agissait d’un curieux cinéma, celui actionné par un homme sur bicyclette. Pendant qu’il pédalait, des images défilaient. Curiosité de la pensée humaine qui, face à l’horreur, a cette capacité de penser à un moment de plaisir. A quoi pouvait bien penser toute cette foule silencieuse ? La peur paralysait les mots et expliquait le silence. Surtout ne rien dire, car on ne peut faire confiance à personne et que dire, sans le savoir, imperceptiblement nous nous étions habitués à l’horreur et avec elle, à la suspicion. J’arrivais à la maison, je fus surprise de voir Saoun ; elle aussi ne travaillait donc pas. Aux douanes, tout le personnel avait été renvoyé, Kheo était songeur ; personne ne me demanda d’explication sur ma présence à la maison, en ce début de matinée. Chacun avait le pressentiment diffus qu’une page de la vie était en train de se tourner. C’est Nat, qui revenant du marché qu’elle avait trouvé désert, nous ramena l’information : les khmers rouges sont rentrés dans Battambang. La page était tournée. Nous ne verrions plus les « mouches bleues », c’est ainsi que nous appelions les pilotes de l’armée régulière du général Lon Nol, car ils étaient tout de bleu vêtus. Je n’avais pas pris conscience du grésillement de la radio ; soudain, une voix métallique raisonna dans la maison qui me fit sursauter « Phnom-Penh est tombée aux mains des khmers rouges » et la voix se tut, vite relayée par les cris de joie de Saoun « la guerre est finie, la guerre est finie ». La joie étant communicative, à l’exception de Kheo qui restait songeur, Nat, mes cousins, cousines et moi-même nous étions heureux. Fini le survol incessant de la ville par les B28, ces avions de l’armée officielle qui allaient bombarder les zones rurales proches, fini ces nuits d’angoisse où nous entendions à proximité de nos maisons les échanges de coups de feu, terminé le couvre feu qui depuis plusieurs années nous obligeait à rester à l’intérieur de nos maisons à partir de 18 heures et qui, entravant une partie de notre liberté, entravait aussi beaucoup de nos relations sociales. Saoun avait quitté la pièce où nous étions et revenait dans son plus beau sarong de soie que rehaussait une magnifique paire de tongs en plastique rose, achetée trois jours auparavant sur le marché. «Venez » nous dit-elle. Et sous la chaleur écrasante d’un midi au mois d’avril, nous partîmes à pied vers le centre ville qui était à un kilomètre de notre habitation. Je n’avais jamais vu de foule aussi dense, marchait en souriant dans la même direction, passant sur le pont de la Sangkae, pas un regard vers le fleuve. Je compris à cet instant, que si nous avions enfourché nos vélos, nous n’aurions pu les utiliser bien loin. Enfin, nous les virent, plus précisément nous les devinèrent. D’abord tache noire dans la foule, puis légère tache rouge au dessus de la tache noire. Nous avancions à leur rencontre. Plus nous approchions d’eux et plus Saoun était souriante. Nous découvrions enfin ces hommes et femmes, jeunes pour la plupart, un léger sourire marquant le visage, sur la tête un krama rouge, à l’épaule, un fusil en bandoulière, tout vêtu de noir, leurs pieds étaient nus et une épaisseur de corne leur servait de chaussure. A la vue de ces pieds-nus, Saoun enleva ses tongs, les pris dans ses mains, inclina la tête en signe de salutation et de respect et les offrit à une jeune soldate khmère rouge, qui les prit sans dire mot. Ma tante devait penser que les choses seraient telles qu’elle voudrait qu’elles soient car elle ne remarqua pas l’indifférence qu’avait laissé son geste. Au contraire, elle était maintenant animée d’une toute autre hâte : rentrer à la maison et préparer un repas pour des soldats. Je pensais, sur le retour, à la libération de Paris en 1945 ; ce que je voyais me faisait penser à ce cours d’histoire que j’avais reçu au lycée Monivong, et là encore par association, je pensais à mont père E, à ma sœur O, à l’ensemble de ma famille, M et G, à ma belle-mère Sam Samuon ; comme ils me manquaient ! Je pensais aussi à ma famille adoptive, Sam Saman (maman adoptive) et Sam Santh (papa adoptif), qui étaient à Pursat.
Que se passait-il à Pursat ? Les soldats khmers rouges, comme les avait baptisé le roi Norodom Sihanouk, avaient-ils aussi libéré la ville ? Je ne pouvais avoir de leurs nouvelles, la poste et les télécommunications étaient coupées définitivement depuis un bon trimestre. Papa avait du avoir de mes nouvelles, une longue lettre de quatre pages que j’avais écrite en hâte à l’Alliance Française. A Battambang, je n’avais jamais fréquenté aucun des cinq cinémas de la ville, je consacrais l’argent de poche, que je gagnais le dimanche en tirant une charrette sur laquelle se trouvait un gros bidon que je remplissais d’eau potable et que je détaillais avec un petit bénéfice chez les particuliers, à me payer des cours de français. Tous les jours à midi, Sœur Cécilia animait les cours à l’Alliance Française ; elle s’était prise d’affection pour moi et elle comblait de son mieux le manque de tendresse de ma famille d’hébergement. Elle connaissait mon histoire et peut-être avait-elle le pressentiment du futur. De ce futur, personne ne disait mot ; peut-être est-ce dans notre mentalité d’asiatique que de vivre au jour le jour ? Toujours est-il que quelques semaines auparavant, elle m’envoya un émissaire qui me chercha toute la journée. Par le hasard d’un chassé-croisé, vers 16 heures, j’arrivai donc à l’Alliance Française, sœur Cécilia me dit « les khmers rouges avancent sur Battambang, tous les étrangers doivent partir. Demain nous serons en Thaïlande. Ecris vite à ton père parce qu’après plus personne ne pourra acheminer ton courrier. Je ferai le maximum pour qu’il reçoive ta lettre. Ecris ce que tu veux, la lettre ne sera pas censurée.» Sous le régime du général Lon Nol, tout le courrier était « visité » ; cela ne m’avait pas particulièrement dérangé, car par éducation, les enfants et les jeunes sont tenus à l’écart de toute réflexion d’adultes ; qu’aurai-je pu donc dire ou penser de positif ou de négatif d’un système sur lequel, au bout du compte, je ne connaissais rien. Pendant que Sœur Cécilia préparait ses valises, j’écrivis à mon père : « j’entends les bombardements qui se rapprochent, des fois des roquettes tombent à 50 mètres de chez nous ; nous avons peur. C’est peut-être la dernière fois que j’écris. Je n’ai pas de nouvelles de Pursat. La route est coupée. A l’hôpital, on voit beaucoup de blessés. On ne peut pas continuer les études normalement… je vous embrasse. » Aujourd’hui j’aurai voulu espérer un retour à une vie de paix. Saoun ne devait pas en douter, car aussitôt arrivée, elle troqua son sarong de fête pour son sampot quotidien et prépara dans la plus grande des houles son riz le meilleur avec du poisson séché, qu’elle alla personnellement donner à un groupe de soldats. Je passais la fin de l’après-midi à la maison. Nous entendions des coups de feu sporadiques, tout ne devait pas être complètement fini.
Le lendemain matin, je n’eu même pas l’idée de me rendre au lycée, l’absence des professeurs la veille laissait peu de place à l’espoir qu’ils y fussent ce jour. Un colporteur, marchand de gâteaux, passa comme à l’habitude ; voyant que nous étions acheteurs, il s’arrêta et, en même temps qu’il enveloppait les gâteaux dans un bout de papier, il nous annonça que le marché était fermé. Saoun se renfrogna à cette information, peut-être regrettait-elle déjà sa générosité non coutumière de la veille. Le marché fermé, signifiait qu’il faudrait utiliser les maigres réserves. Nous savions qu’en France, avant la guerre, les familles avaient stocké de l’huile et du sucre ; prenant modèle, toutes les familles, suffisamment riches pour le pouvoir, avaient stocké au Cambodge du riz, un peu de sel et du poisson séché. Déjà à Pursat, dès l’arrivée du général Lon Nol au pouvoir, Sam Saman et Sam Sauth avaient pris cette précaution. Le colporteur nous dit aussi que le Père Blanc avait été exécuté par les khmers rouges, la veille, dans son église. Nous connaissions tous ce père, il était métis franco-cambodgien, il n’avait pas voulu quitter, avec Sœur Cécilia, son pays de naissance. Il était connu pour le bien qu’il faisait et était très aimé de tous et plus particulièrement des plus pauvres. La paix prenait-elle ce visage effrayant que même les religieux qui étaient profondément respectés, toutes religions confondues, dussent la payer au prix de leur vie ? La première victime que je connaissais était comme moi, franco-cambodgienne. Etais-ce pour cela qu’il avait été exécuté ? Que voulaient les khmers rouges ? Devrais-je craindre pour ma vie ? Assise sur les marches qui accédaient au pallier de la maison, j’essayais de me distraire de mes pensées négatives, en regardant l’oie et sa dizaine d’oisons se promener et becqueter comme à l’habitude dans la cour. Rien n’avait modifié ses habitudes. De temps en temps, au claquement sec d’un coup de feu, elle dressait le cou, regardait à droite, à gauche, puis derrière sa couvée grandissante et replongeait vers le sol dans sa conscience immédiate de ne pas être concernée. Mes idées lugubres revenaient, ma seule référence pour essayer de comprendre, était ce seul élève de ma classe qui nous disait d’un ton méprisant que notre lycée n’était pas une véritable école, que ce que nous apprenions ne servait à rien : « L’école, elle doit être dans la nature, les élèves autour de leur maître, assis par terre à l’ombre d’un arbre. L’or, l’argent, les voitures, tout cela ne sert à rien, à part accentuer la misère des paysans. L’école, c’est pour apprendre à planter le riz, les bananiers, les manguiers, les palmiers à sucre. » Kheo avait passé une grande partie de la journée devant la radio qui grésillait, mais n’émettait pas. Vers la fin de l’après-midi, il sortit en nous demandant de rester à l’écoute. Quand il revit, le repas était prêt : une soupe avec de la couenne de porc et du riz au sucre. Ce fut le seul soir, de ces trois années passées avec eux, où nous mangèrent tous ensemble. Le repas fut silencieux. Etait-ce le sentiment diffus, mais grandissant, de notre insécurité qui nous avait enfin réunis ? Fallait-il que les drames existent pour combler les brèches de la vie ? Savions-nous déjà que c’était notre dernier vrai repas, pour longtemps ?
Tôt, le lendemain matin, notre voisin qui était vétérinaire vint informer Kheo que les khmers rouges vidaient la ville et que nous devions partir. Kheo nous intima l’ordre de rassembler nos affaires, de sortir la citerne d’eau de la charrette pour que nous puissions y entasser nos affaires ; il était hors de questions de prendre la voiture car nous ne trouverions certainement pas d’essence. Nous devions prendre l’indispensable. Pour Nat et moi-même, l’indispensable se trouvait sous notre lit commun : la valise avec laquelle j’étais arrivée de Pursat, trois ans plus tôt, m’avait servie d’armoire. Je regardais néanmoins ma valise et vérifiait surtout la présence de la photo de mariée de ma sœur O. Sans savoir pourquoi, je pris la photo et je l’enveloppais dans un sac plastique. La valise à peine refermée, j’entendis Kheo parler dans la cour : « Oui, nous savons que nous devons évacuer la ville, laisse-nous une heure pour rassembler nos affaires. ». Kheo parlementait avec deux soldats khmers rouges qui avaient fait irruption dans la cour. Chacun amena son baluchon dans la charrette. Kheo y accrocha mon vélo pour en faciliter la traction, nous pendions aussi les trois autres vélos et la moto pour que l’un d’entre nous puisse se déplacer rapidement en cas de besoin. Kheo semblait extrêmement prudent et organisé. Certainement savait-il des choses que, nous les jeunes, nous ignorions. Aujourd’hui avec du recul, je ne doute pas de ce fait. La dernière tache accomplie fut de mettre l’oie et les oisillons dans un grand sac ; cela donna lieu à une petite course qui, en temps ordinaire, nous aurait mis en joie, mais l’atmosphère était trop pesante pour que l’un d’entre nous laisse échapper un sourire ou une plaisanterie.
Notre caravane organisée, ce fut le départ, et le début de l’exode…
Temoignage 2 L'exode La rue est déjà envahie par la foule bigarrée et le pont qui traverse la rivière Sangke fait figure d’un immense entonnoir. Je n’ai jamais vu de foule aussi dense, chargée et silencieuse ; faire très attention dans cette marée humaine pour ne pas nous perdre de vue. Comment est-il possible d’organiser en aussi peu de temps, un départ aussi massif ? La rumeur ou la réalité de l’exécution des récalcitrants au départ, produisait-elle, à elle seule, un tel effet, ou bien l’assurance que le retour dans nos maisons n’en serait-il que plus rapide ? Je pousse le vélo qui tracte la charrette, mes cousins poussent les trois vélos et la moto. Nous ignorons où nous allons. Kheo attend peut-être des instructions des khmers rouges. Portés, poussés, je l’ignore nous arrivons sans instructions devant l’hopital qui marque l’endroit où la RN 5 amène le voyageur vers Sisophon, et plus loin la Thaïlande, ou au contraire vers le cœur du Cambodge et la ville de Pursat, étape avant Phnom Penh. Nous nous arrêtons. Toujours aucune instruction ; Kheo veut aller vers Sisophon, sa femme souhaite aller vers Pursat. Le fait d’avoir de la famille dans cette ville, Sam Saman mon père adoptif et Sam Santh, son épouse et sœur de Sam Saoun, semble emporter la décision. Nous sommes sur cette route, au milieu de la foule, nous marchons chacun à notre rythme, mais Kheo nous a demandé de nous regrouper tous les 500 mètres afin d’éviter de nous perdre, ce que nous faisons. Plus je marche, poussant mon vélo et donc la charrette, plus l’angoisse du départ s’estompe. A l’occasion, les marcheurs échangent quelques mots, une plaisanterie, un sourire ; l’épreuve nous réunit pour le moment. L’angoisse s’estompe aussi, car nous savons maintenant où nous allons. Je suis à la joie de retrouver ma famille adoptive. Je revois tous les moments de bonheur que j’ai vécu à Pursat. Peut-être vais-je aussi retrouver mes amies du collège ? Je me souviens de ce taxi, une Peugeot 404 break, sur la toiture duquel Sam Saman avait chargé, trois ans plus tôt, mon vélo et dans lequel je m’étais engouffrée avec ma petite valise afin d’avoir un quart de fesse assise. Sur cette route, nous avions été arrêtées quelques fois par des barrages militaires du général Lon Nol, le chauffeur n’évitait pas les nids de poule, tant la route était défoncée par la mousson et les mortiers. La ligne droite semblait le plus court chemin, les amortisseurs du véhicule avaient rendu l’âme depuis longtemps, mais peu lui importait car il était le passage obligé pour le trajet Batambang-Pursat ; le train ne fonctionnant plus pour cause de guérilla en zone rurale. Les militaires donnaient toujours des conseils de prudence après avoir vérifié les papiers des clients. Mais le chauffeur devait en avoir cure car le trajet d’un centaine de kilomètres, effectué pied au plancher, nous avait demandé la demi journée pour arriver à Batambang. La nuit tombe vite au Cambodge et au dernier de nos regroupements familiaux de la journée, Kheo nous dit « Maintenant, nous restons groupés, nous devons trouver une place pour dormir ». Je n’avais pas encore pensé à cela, pourtant des familles avaient déjà installé des bivouacs de fortune en bordure de la voie. La route est légèrement surélevée par rapport aux rizières qui la bordent ; sur sa partie centrale elle a été empierrée et bitumée ; sur ses bords une largeur de deux mètres environ de terre battue, pas d’autres espaces pour se poser. A cette heure-ci, impossible de continuer la marche plus longtemps, il faut faire fi de la promiscuité et nous nous installons entre deux familles. Kheo va regarder le sac dans lequel nous avons transporté l’oie : elle est en bonne forme et glousse en se libérant la tête de sa cage d’urgence ; deux oisillons, eux, sont morts étouffés. Nous les mangeons ce soir. Misère, Sam Saoun a oublié de prendre les moustiquaires ! « Nakli, prend la moto et va à la maison chercher les moustiquaires, prend aussi le kilo de sucre dans le placard que nous avons oublié », lui dit Kheo. La route était maintenant moins encombrée et il fallut peu de temps pour effectuer la vingtaine de kilomètres aller-retour qui nous séparait de la maison. Il revint avec le sucre, mais pas les moustiquaires et comme Kheo se fâchait, il nous expliqua «Quand je suis arrivé à la maison, j’étais un peu effrayé, il n’y avait personne en ville. J’ai coupé le moteur de la moto avant d’arriver à la maison et je l’ai poussé dans la cour ; j’ai couru sur l’escalier de bois, je suis rentré dans la cuisine et j’ai entendu “Qui va là ?”, j’ai répondu “C’est Nakli” ; “Descend immédiatement !” ; j’ai pris le sucre et je suis descendu. Un soldat khmer rouge pointa son fusil vers moi : “La ville est évacuée, tu n’as rien à faire ici” Il me poussa vers le garage où se trouvait deux autres soldats khmers rouges, ils découpaient les pneus de la Chevrolet . L’un d’eux prit la parole : “Tu as de la chance, remercie ton père, nous aurons de bonnes tongs. Pars immédiatement” » Ce fait nous laissa perplexe. Nous aurions plus facilement compris que cette voiture fut réquisitionnée, mais quelle était donc cette armée de soldats-paysans, cette bande de va-nu-pieds, qui avait mis en déroute l’armée suréquipée du général Lon Nol ? L’absence des moustiquaires créait un malaise au moins aussi profond ; cela voulait dire, dans cette zone de rizières que nous constituerions un met de choix pour des bandes bien organisées de moustiques affamés. Il fut remis au lendemain l’idée de manger les oisillons et nus nous contentèrent d’une poignée de riz déjà cuit à la maison. Demain en marchant, il faudrait penser à ramasser un peu de bois mort, de façon à faire un feu le soir. Cette région est peu boisée, quelques palmiers à sucre et quelques huttes qui abritent les riziculteurs quand la mousson est trop forte, distraient un peu de la monotonie du paysage, surtout à la saison sèche ; période où les diverses couleurs vertes des rizières et les plantes aquatiques, le mouvement nonchalant d’un buffle et le vol bref d’un échassier donne à cette nature un romantisme à nul autre pareil. Dans cette foule, qui comme nous avance sur cette même route et qui comme nous a les mêmes besoins, il ne sera pas aisé de trouver de quoi faire un feu. J’allais me coucher, je prenais dans ma valise un sarong afin de me protéger au mieux de l’attaque attendue des moustiques. Dans le plastique se trouvait la photo de mariage de ma sœur O. Malgré la nuit, je défais le plastique et la devine plus que je la vois. Cette impression me suffit, je la range, je souris, le souvenir pour survivre, je m’endors.
Au réveil Kheo va demander du thé à la famille voisine qui, sur cet aspect, est mieux organisée que nous ; car si le bois pose un problème, l’eau également. En Asie, le thé a toujours été une boisson offerte au voyageur : l’eau bouillie est une garantie de pureté et c’est avec plaisir que cette famille nous donne du thé. Kheo, pour les remercier, leur donne deux carrés de sucre. Sam Sem regarde rajoute deux carrés de sucre à notre boisson et, accompagné de riz, nous voilà nourri pour la journée.
La deuxième journée de marche se passe dans de meilleures conditions. La foule est moins dense et nous ne sommes plus dérangés par les véhicules motorisés qui sont loin devant. Du moins, je le crois, car dès le début de l’après-midi, sur le bord de la route, les premières voitures sont abandonnées faute d’essence ; peut-être pourront-elles servir, ce soir, d’abris à ceux qui avancent moins vite que nous : les vieux et les malades que nous avons eu l’occasion de doubler chemin faisant. A notre rythme, il nous faudra au moins huit jours pour rejoindre Pursat. La marche devient automatique, depuis Batambang nous n’avons vu aucun soldat khmer rouge et si ce n’était quelques mauvais pressentiments, c’est presque contente que j’avançais vers Pursat. Encore aujourd’hui, 35 ans après, je pense avec nostalgie à mon vécu dans cette grosse bourgade. Mon père adoptif, Sam Santh, avait travaillé comme conducteur de train sur la ligne Phnom Penh-Batambang et avait obtenu sa mutation pour Pursat comme chef de dépôt ; quant à moi, j’avais réussi mon examen d’entrée en 6ème : nous étions en 1967. Sam Santh avait fait construire une belle maison en bois sur pilotis, pas très loin de la rivière Stuang. Je connaissais Pursat car j’avais eu l’occasion de me rendre chez ma tante Sam Saoun qui était une femme très gentille. J’adorais jouer avec sa fille Chamroeun qui avait un an de plus que moi . Nos jeux tournaient autour de la rivière ; en saison sèche, des bancs de sable nous donnaient l’impression d’être sur une plage, lorsque nous avions trop chaud, nous nous trempions toutes habillées et nous éclaboussions à qui mieux mieux, alors les rires fusaient, l’insouciance laissée au bonheur de l’eau rafraîchissante sur le corps. En novembre la ville était inondée avec la mousson, la saison de la pêche était venue. Quel plaisir de s’asseoir, une ligne à la main en sachant que bientôt un poisson, fut-il chat, mordrait à l’hameçon et que, bien grillé, le soir nous le mangerions avec délectation. Ce soir, nous mangerions les oisillons, car nous avons trouvé assez de brindilles pour faire le feu. Quand nous nous arrêtons, Kheo fait le feu, je plume les petits volatiles, l’eau bout dans houle, Sam Saoun plonge une pincée de sel, du riz et rajoute les trois oisillons, car un troisième est mort dans la journée. Ce soir, ce sera presque un repas de fête, mais le risque vient du ciel, des nuages annonciateurs de pluie, se distinguent à l’horizon. Kheo trouve une bâche plastique dans la charrette et à cette occasion trois moustiquaires. Ces toiles peuvent protéger trois ou quatre personnes. Nous sommes heureux de les avoir avec nous, mais ce soir nous ne disposons de rien pour les attacher. Au moins, s’il pleut, nous aurons le plastique et moins de moustiques et puis peut-être que ceux qui ont décidés de marcher de nuit pour éviter la chaleur de la journée, s’arrêteront pour s’abriter, car la nuit précédente il fut difficile de trouver le repos, la route étant restée presque aussi animée qu’en journée. Il y eut une courte averse qui suffit, néanmoins, à nous tremper. A l’aube du 3ème jour, le soleil était revenu et nous reprîmes la route. Entre nous, nous parlions peu, il y avait une sorte de conscience en nous qui, s’éveillant, nous laissait croire que notre exil serait de longue durée. Pourquoi devions-nous nous éloigner autant de Battambang ? La rumeur que la ville devait être vidée pour 3 jours, était déjà fausse puisqu’il nous faudrait encore autant pour y revenir. Quelle tristesse de voir ces enfants, à peine en âge de marcher, une gamelle accrochée autour de leur cou de façon à laisser libre de port, leurs petites mains fatiguées ! Quelle tristesse de voir comment à la hâte s’organisait au bord de la route, ce bidonville mobile ; ceux qui marchant de jour prenaient la place laissée libre de ceux qui se déplaçaient la nuit ! Quelle tristesse …. et que se passait-il à Pursat ? Et si Pursat était vidée de ses habitants ? Alors finies la seule motivation heureuse de la marche, la joie de retrouver Sam Saman, Sam Santh et Sam Sophy. Sophy devait avoir 11 ans, elle était arrivée à Pursat, elle aussi adoptée à l’âge de 3 ans, nous étions donc sœurs adoptives et je m’étais occupée d’elle quotidiennement pendant 4 ans avec cet amour que les adolescentes portent aux petits enfants. Peut-être comme moi était-elle sur une route, mieux que moi sur la charrette tirée par des bœufs, assise au sommet de paquetages, regardant Santh prendre le joug pour diriger les bœufs. Santh était maintenant à la retraite, insuffisante pour vivre, de conducteur de trains, il était devenu conducteur de bœufs. Grâce à cet achat, il revendait de canne à sucre, ce qui permettait une vie décente. Saman avait organisé un grand potager autour de la maison, nous avions des concombres, des courgettes, des pastèques, des haricots verts, des patates douces, des piments, nous avions aussi des bananiers, des manguiers et je me régalais à la saison des papayes. Dès notre 2ème année d’installation, je revendais le dimanche notre sur-production et quand je ne vendais pas les légumes, je vendais des tissus que Sokhon, couturière et sœur de Santh, nous amenait de Batambang, quand elle venait nous rendre visite. Je vendais aussi, à la saison, les lotus qui poussaient sur un étang que Santh avait creusé à la pelle, trois mètre de profondeur, ces lotus que les croyants offrent à l’autel du Bouddha. Cet étang, à la saison des pluies, s’alimentait des crues de la rivière et avec elles de poissons. Imaginez les poissons qui viennent chez vous, et les chiens, nous en avions 5, qui aboient lorsqu’ils en aperçoivent un à la surface ! Je me remémorais tout cela lorsque je m’aperçus qu’imperceptiblement nous avions ralenti notre marche. La foule semblait de nouveau un peu plus dense. Nous venions de passer le village de Khaal Thual, les rares échoppes étaient fermées et les espoirs de trouver quelques ravitaillements, éteints. La rumeur circulait que les khmers rouges avaient aboli le riel, cette rumeur semblait folle car comment peut-on échanger les marchandises sans argent ? Il n’est pas dans notre nature de nous inquiéter trop du lendemain, certainement car notre vie est rythmée par le quotidien comme le mouvement d’une horloge et que les difficultés se combattent tous les jours et qu’à chaque jour suffit sa difficulté ; mais aussi car nos vies sont intégrées dans un continuum qui interdit le changement, la rupture, la modification. Là, ce n’était pas une modification mais une révolution. Un peu plus loin, c’était trois soldats khmers rouges qui nous donnaient l’ordre de quitter la RN 5 et de prendre les chemins latéraux en direction des villages. Il en était fini de penser se rendre à Pursat. Il en était fini de penser que dans notre exode nous pourrions aller où nous voulions.
Temoignage 3 Reang Keesei
Le soir, nous arrivons à Reang Keesei. C’est une petite bourgade qu’occupe une trentaine de familles paysannes, mais elle présente une double caractéristique. Elle est le point terminal du chemin que nous avons suivi et elle dispose d’une gare qui nous a attirés nombreux jusqu’à ce village ; mais pour l’instant nous devons installer notre campement. A la recherche d’un emplacement, Kheo rencontre un de ses collèges douaniers, puis un autre qui en avait rencontré un autre qui lui-même en avait rencontré un autre, et l’emplacement trouvé, c’est une partie du corps des douanes de Batambang qui se regroupe avec leur famille respective dans un endroit qui, ma foi, en vaut un autre et a le mérite de n’être ni trop loin pour s’y rendre, ni trop près pour les odeurs prévisibles d’une bambouseraie. Je ne peux vous dire combien nous étions d’exilés à Reang Keesei, mais j’ai le souvenir d’une grande foule. Notre campement de fortune installé, Kheo a trouvé de la ficelle pour tendre et fixer les moustiquaires, il s’éloigne de nous. Tante Saoun choisit ce moment pour distribuer le riz. Je n’ignore pas ce que cela signifie pour moi : j’en aurais deux fois moins que les autres ; c’est le sort qu’elle réserve à la “noiraude”. Elle m’appelle comme cela. Je dois la couleur noire de ma peau à mon père d’origine guyanaise. En Asie, la noirceur de peau évoque le travail dans les champs, la pauvreté ; la blancheur est synonyme de richesse, de bon statut social. Autant de choses que les khmers rouges, j’aurai l’occasion de la découvrir, haïssaient. Mais pour l’instant, je n’avais aucune idée de ce que l’avenir réservait ; j’avais seulement cru comprendre que la ligne de chemin de fer représentait pour beaucoup un espoir, bien qu’elle fut hors service depuis longtemps déjà. Mais après tout, puisque la paix semblait revenue, avec elle, les trains pourraient circuler et nous en prendrions un pour revenir à Battambang, chez nous. Dès huit jours que nous passâmes à Reang Keesei, je vis des étudiants qui pensaient que la libération viendrait du train ; ils imaginaient des convois de blindés, des militaires en nombre venant de la région de Phnom Penh, d’autres imaginaient la même chose mais venant de Thaïlande via Sisophon. Je pense que chacun connaissait le degré de folie qu’impliquait la croyance en quelque chose de pareil et seule l’excitation d’être tout proche d’un lieu de moyen de transport évoquant le déplacement et par extension la liberté, autorisait ces délires d’espoir qui ne durèrent d’ailleurs que le temps d’une brève expression vite interrompue par la peur que faisait régner une suspicion généralisée. Cette méfiance n’était pas liée à notre relative promiscuité avec les paysans de Rang Keesei ; ceux-ci étaient certainement de braves gens. En cette saison, les riziculteurs travaillaient autour de leurs maisons et ils étaient toujours là, disposés à nous prêter une pelle ou une bêche qui nous servait de binette, de façon à ce que nous puissions enterrer nos excréments dans la bambouseraie. Isoloir naturel, mais imparfait, auquel je n’osais me rendre en journée par pudeur et la nuit par peur des insectes et autres serpents nuisibles. Nos journées étaient occupées par la recherche bois mort et de brindilles pour faire bouillir et cuire nos maigres rations de riz qui n cessaient de diminuer. Les derniers oisons et l’oie avaient été mangés et pendant que nous cherchions sur les étroits murets de pierre de quoi alimenter le feu, Khan, à l’instar des autres chefs de famille, passait ses journées à la recherche de quelque chose qui nous manquait. Dès le premier soir, il avait trouvé de la ficelle et un peu avant la fin de notre séjour, nous le vîmes arriver un après-midi, la figure rayonnante d’un plaisir que je n’avais pas le souvenir de connaître. De son Krama, qu’il tenait en paquet à la main, il sortit, tel un magicien, une pièce de cochon pesant bien trois kilos et peut-être plus. Avec ses amis des douanes, car tout le monde avait un morceau, ils avaient dû troquer un porc puisque l’argent n’existait plus. N’étant pas dans mon rôle et mon statut de poser des questions, j’ignore ce que fut l’objet du troc, mais j’eu l’occasion de voir troquer tout objet de petite ou grosse valeur, prouvant qu’il ait eu des origines urbaines. Les paysans sous le régime du général Lon Nol, qui avait chassé le roi Norodom Sihanouk, n’avaient pas vu leur situation changer, ils étaient autosuffisants alimentairement mais ne pouvaient s’acheter des sandales, des sarongs, des chemises telles que celles que portaient les gens de la ville. Aussi tout objet en provenance des cités, suscitait le désir et puisqu’il n’y avait plus de monnaie, le troc semblait bien naturel. Ces paysans vivaient comme autrefois, avant la colonisation ; les maisons sur pilotis en bois ainsi que la culture du riz et un petit élevage préservaient le mode de vie traditionnel. Je me rappelais que Santh m’avait expliqué le travail des français au Cambodge, les routes, mais surtout l’urbanisme. Les français avaient construit les villes à leur manière, déstructurant les us et coutumes locaux et seule la campagne m’évoquait l’image des villes anciennes : un habitat linéaire, en hauteur, au bord d’un cours d’eau. Les français avaient conçu des centres villes, ils se constituaient autour d’un marché couvert qu’encerclaient des maisons de brique. Au rez de chaussée, se trouvait un compartiment, lieu de stockage des marchandises que protégeait une avancée, soutenue par des piliers, qui était passage et espace de vente ; au dessus, une ou deux pièces servant à ces populations de marchands qui, pour la plupart, étaient d’origine chinoise, tant il est difficile au cambodgien de quitter sa vie d’oiseau perché. Derrière, un lopin de terre permettait la culture d’un potager. Aux chinois se mélangeaient aussi des vietnamiens et quelques indiens, tous avaient fait souche depuis longtemps et malgré les mariages ethniques, certaines communautés, depuis l’indépendance, faisaient face à des répressions régulières que devaient susciter certainement la jalousie et des questions de pouvoir. Il restait chez beaucoup des gens des villes une certaine nostalgie de la sécurité qu’avait apportée la période coloniale, même si nous étions fiers de l’indépendance obtenue et de la culture khmère qui constituait autour des temples d’Angkor, le ciment de notre identité. Je me rappelai qu’un jour, en plaisantant, Kheo m’avait dit : « Regarde nos villes, tu vois la France …. les français ont construit leurs bastides. » J’ignorais que ce qu’était une bastide, mais à Reang Keesi, je prenais conscience de ce qu’était la vie paysanne, traditionnelle certes, rythmée par les levers et couchers du soleil et les pluies de la mousson. Les paysans reproduisaient les gestes devenus pour eux coutumiers, que faisaient leurs parents, leurs grands-parents et toute la lignée de leurs ancêtres, pourtant le visage de certains traduisait une certaine anxiété. Je découvris, fortuitement, le long de ce séjour à Reang Keesei qu’elle en était la cause, le jour même où Kheo ramena le morceau de cochon ; sa femme lui demanda de trouver du piment, le paysan à qui il l’avait troqué lui en céderait certainement un ou deux. Kheo me surprit lorsqu’il me demanda de l’accompagner. En brave homme peut-être voulait-il s’assurer qu’ainsi ma tante ne trouverait pas quelque stratagème pour m’éloigner de ce repas agrémenté. Nous avions tous besoin de prendre quelques forces. Arrivés chez le villageois et après les salutations traditionnelles, Khéo dit « Je te remercie, en mon nom et pour toute ma famille de nous avoir cédé le cochon ; ma femme m’a chargé de te demander, si tu ne pourrais pas nous céder un petit piment rouge et je te propose de te rendre le service que tu veux en échange. » Le paysan lui répondit qu’il pouvait lui donner une poignée de piments et que son souhait le plus cher était de savoir ce qui se passait à Batambang. Pourquoi cette foule était arrivée jusqu’à Reang Keesei ? Les deux hommes rentrèrent dans la maison, s’assirent sur une natte et Kheo commença à raconter. J’étais restée sur le seuil, mais la conversation m’arrivait aussi audible que si j’avais été dans la pièce, bien que celle-ci se fût tenue à voix basse. La femme du paysan leur prépara du thé et la conversation dura longtemps : « Tu vois Khan, je veux savoir car mon fils aîné s’est engagé dans l’armée du général Lon Nol et les khmers rouges sont venus, il y a 6 mois au village et ils ont demandé à tous les chefs de famille de leur donner un fils de plus de 12 ans. Ils nous ont dit que c’était notre contribution à la révolution et notre libération ; comme nous ne comprenions pas ce que cela voulait dire et que nous préférions garder nos enfants, leur chef est devenu fou de rage ! Il nous a traité de valet de l’impérialisme, de suppôt de la C.I.A. ; comme nous ne comprenions toujours pas, il nous a menacé d’exécuter nos enfants “car s’ils ne sont pas pour les khmers rouges, ils sont contre”. Il a pris un jeune garçon, l’a mis à genou puis a sorti un revolver et lui a mis sur la tête : “cela au moins vous le comprendrez ”. Nous avons compris que nous n’avions pas le choix et nos enfants sont partis avec la petite troupe. Les familles dont les garçons étaient trop jeunes durent donner du riz, des volailles et nu cochon que les khmers rouges ont embarqué dans des charrettes tiraient par les bœufs. » Je comprenais mieux cette anxiété des paysans qui avaient perdu leur enfant, souvent leur aîné, pour aller vers des combats qui leur étaient incompréhensibles. Dans les mêmes familles, certains se battaient d’un côté et les autres en face ; et tout cela par la nécessité de la survie. Kheo me surprit lorsqu’il dit au paysan « J’ai déjà entendu parler d’histoires analogues ; il paraît que ces jeunes ont un apprentissage militaire et qu’on leur bourre le crâne de politique. Depuis le 18 mars 1970, il s’est passé beaucoup de choses. Le roi Norodom Sihanouk s’est allié aux khmers rouges et ceux-ci aux nord-vietnamiens ; dès qu’un secteur est libéré, la population est “éduquée” puis “armée”. Le général Lon Nol a fait appel aux américains et aux sud-vietnamiens. Il y a un mois Saigon est tombée aux mains des viets, d’Ho Chi Minh, et les khmers rouges tiennent maintenant tout le Cambodge. J’espère que tes fils n’ont pas été tués dans les combats et que tu les reverras bientôt. » Kheo revint vers moi. Il était plongé dans ses pensées. Il devait en savoir beaucoup plus, mais perdu dans ses réflexions il murmurait « tant de morts, tant de morts, tant de morts ». Ce fut l’unique fois où j’entendis parler Kheo de la libération. Les morceaux de cochon découpés selon ses instructions, les piments pilés, le feu en émoi, nous regardions la cuisson dans le wak. Kheo, si peu bavard, rassemble la famille autour de cette joie et, comme si la parole appelle la parole, il nous dit « Je vais vous raconter l’histoire de Batambang ». Voulait-il que notre joie soit complète ? Laisser une trace de notre culture ? Avait-il l’intuition que la révolution khmère rouge allait tout balayer ? Ou bien sa manière à lui d’en appeler aux esprits de nos ancêtres pour leur demander protection ? Aujourd’hui, plus simplement, je me demande si ce n’était pas une allégorie. Autant que je me souvienne, il s’agit de l’histoire d’un bûcheron qui trouve un bâton (dambang) magique. Doté de la force de ce bâton, il renverse la dynastie du roi Chakrapoat et règne sur l’empire khmer sous le nom de sa majesté Dambang Khrânhong. Khrânhong était la région où il avait trouvé le bâton. Il régna durant 7 ans sans aucun problème, lorsqu’un sage lui fit savoir que le ciel indiquait la fin de son royaume. Une femme était enceinte de son successeur. Le roi effrayé de la prédiction ordonna de brûler toutes les femmes enceintes. Pendant que les corps étaient incinérés par les soldats, le ventre de l’une d’entre elle s’ouvrit et un bébé en tomba. Bien que brûlé des jambes et des bras, mais n’étant pas mort, les soldats le prirent et cachèrent dans une touffe de rotin. Le soir, le moine chef de pagode vint bénir les corps et les soldats lui remirent l’enfant pour qu’il s’en occupe. Il le soigna, l’alimenta, l’éduqua, lui transmit tout ce qu’il savait. Il fut appelé Prom Kel car il ne pouvait se déplacer normalement et le faisait sur son séant. Le roi eut un nouveau présage que le devin interpréta. L’homme “porteur de mérite est né”, il est plus puissant que toi et dans 7 jours il viendra sur un cheval blanc et règnera. Le peuple ayant eu connaissance de la prédiction se mit en route vers Angkor Wat, siège du royaume. Parmi eux se trouvait Prom Kel, vite dépassé par la foule, il faisait néanmoins des efforts pour continuer son chemin. Pendant que Kheo parlait, je ne pouvais m’empêcher de revoir au travers de sa narration, tout ce que nous venions de vivre les jours derniers. Ces foules sur la route, nos fatigues, ces moines sortant les cadavres de la Sangkae. Aussi lorsque, exténué Prom Kel s’arrête sur la route pour se reposer, il faut comme dans la “Comedia del Arte” un “Deus ex machina” pour arracher mon écoute à l’engourdissement qui m’envahit. Un vieil homme tirant un cheval blanc, et je vois alors un train blanc, portant un paquet de riz, de l’eau dans une tige tubulaire de bambou et un baluchon de vêtements s’arrête à hauteur de Prom Kel et lui demande de garder cela quelques instants, le temps d’aller dans la forêt pour …….comme nous allions dans la bambouseraie. Prom Kel lui signale son état, aussi le vieillard s’attache la bride du cheval au bras droit déformé. Après quelques hennissements, le cheval s’enfuit au galop et le bras droit du Prom Kel redevient normal. Le cheval s’arrête et Prom Kel a l’idée avec son bras valide d’attacher son bras gauche et le résultat est identique, puis c’est le tour des jambes. Tout est redevenu normal, l’homme ne revenant pas, il mange le riz au goût très savoureux, boit l’eau et trouve dans le baluchon de très beaux habits ; il les met, monte sur le cheval blanc qui lui obéit facilement et s’envole dans le ciel jusqu’à survoler le palais d’Angkor Wat, siège du souverain Dambang Khrânhong. Celui-ci, fou de colère, prit son bâton magique en bois de khrânhong le lança en direction de Prom Kel sans l’atteindre. Cependant, le bâton alla trop loin et disparut dans une forêt que l’on appela ensuite Prei Batambang « forêt du bâton perdu », c’est là que fut construite la ville de Battambang et c’est pourquoi un cheval blanc a figuré sur le drapeau du Cambodge. Car Prom Kel comme l’avait dit la prophétie succéda à Dambang Khrânhong qui s’enfuit au Laos, et voulut rendre hommage à son cheval. Cette nuit, en dormant, je rêvais de mon père E, de sa femme, de ma sœur O, ils montaient eux aussi sur un cheval blanc qui s’envolait dans les airs ; en bas, des hommes en noir, leur jetaient des bâtons sans les atteindre pour autant, le cheval disparut dans la lumière de l’horizon et je me revis agenouillée par terre, cachant mes larmes, dans l’attitude que j’avais eu quelques années plutôt, lors du départ de ma famille.
Le cheval blanc m’avait laissé.
Témoignage4-Départ de Reang Kessei et première installation
Le village est construit le long d’une piste rectiligne, aussi le soldat khmer rouge qui vient nous voir sur son vélo, a du repérer notre groupe depuis un bon moment. Il s’adresse à Kheo « Vous devez rester ici, les déplacements sont pour l’instant interdits » « Où devons-nous rester ? » « Vous devez trouver un emplacement pour construire votre maison, du côté droit de la route ; le côté gauche est réservé au peuple ancien (les paysans) » Il semble qu’il y ait eu une diversité d’interprétation de ce concept “peuple ancien”. Si il n’eut pas son fusil, le soldat aurait semblé sympathique, il nous explique « les paysans vous laissent le côté droit, ils habitent tous du côté gauche. L’heure du partage est venue au Cambodge, si vous étiez arrivés il y a quelques jours, vous auriez pu occuper l’une de ces maisons » Il joint le geste à la parole et en suivant le mouvement de son bras, nous voyons quelques petites maisons que séparent des monticules de planches. Ces planches appartenaient à des maisons plus importantes qui ont été volontairement détruites. Il désigne un monticule en nous disant : « Vous pouvez prendre ce qui vous sera utile », puis il regarde Kheo « Tu n’auras plus besoin de ta montre, donne-la moi » Kheo s’exécute et je pense que les khmers rouges ont une conception bien particulière du partage. Kheo repère un emplacement et les trois jours qui suivirent sont occupés par la construction de la maison. Il s’agissait d’une seule pièce de quinze mètres carrés environ, à même le sol. Nous portons une attention particulière à la réparation de la toiture végétale sachant que la saison des pluies arrive ; la seule ouverture est la porte qui nous permet de rentrer dans notre cabane. Lorsque nous dormons, toute la surface du sol est occupée. Ce ne sont pas les fumées de la cuisine qui nous gêneraient, car notre stock de riz diminue de jour en jour. Kheo, Navy et moi-même partons dans la campagne à la recherche des liserons d’eau qui viendront compléter, une fois bouillis, notre assiette de riz. Kheo se fâche régulièrement contre le reste de la famille qui ne participe d’aucune manière à cette activité et aussi contre Saoun qui me donne toujours moins qu’aux autres. De temps à autre, nous obtenons d’un villageois un légume. Ils ont reçu l’ordre de partager et ne peuvent s’y soustraire totalement. Eux aussi commencent à subir les effets de la malnutrition, même si, plus habitués à la vie dans la rizière, ils arrivent à capturer avec leurs nasses quelques petits poissons et autres rats des champs. Il arrive que nous passions devant la maison qu’occupent les soldats, assis sur la marche de l’escalier conduisant au pallier, la mitraillette négligeamment posée comme si elle fut une simple cane à pêche, à côté d’une bassine d’eau chaude ; nous en voyons un plumer un poulet ou un canard, d’autres fois c’est une odeur et nous nous mettons à saliver pendant que nos intestins, agissant comme une mémoire, se mettent dans des mouvements douloureux et crient dans des gargouillis que seuls, nous pouvons entendre leurs revendications et leurs besoins. Rapidement, il devient insupportable de passer devant cette maison. Nat la servante, ne fait plus partie du groupe : les khmers rouges ont appris quelles étaient ses fonctions dans notre famille, lorsque nous vivions à Batambang. Cela est ressenti par chacun d’entre nous comme un mauvais présage et une déchirure ; mais nous espérons pour elle que sa condition d’origine se transformera en privilège aux yeux des khmers rouges. Les jours ressemblent aux jours et très rapidement je perds la notion du temps. Les soldats khmers que nous avons vus les premiers jours ont laissé place à d’autres qui nous ont dérobé le reste de nos montres ainsi que nos vélos et la carriole. Il aurait été vain de les cacher, nous en avons la preuve, car nos plus proches voisins, qui avaient la chance d’avoir une véritable maison sur pilotis, ont pris soin de démonter leur unique vélo et ont caché les pièces en divers endroits de leur habitat, notamment sous le plancher ; mais dès la première roue trouvée par les soldats, ils n’eurent d’autre empressement que de restituer la bicyclette dans son intégralité. L’instinct de survie dicte à chacun d’entre nous, la nécessité d’une obéissance absolue et nous nous demandons qu’elle sera la sanction que subira cette famille. Le lendemain, nous découvrons les visages de nouveaux soldats, ceux de la veille n’ont du rien dire concernant la famille de nos voisins, certainement pour des raisons qui doivent concerner leurs propres intérêts, car il n’arriva rien de particulier à cette famille. Nous avançons dans la saison des pluies ; mes journées sont toutes occupées par la cueillette des liserons d’eau. Nous parlons de moins en moins entre nous. Que pourrions-nous nous dire ? Nous ne savons rien de ce qui se passe hors du village, nous ne vivons que la faim, la peur, la suspicion. Les rares paroles sont les plaintes des membres de la famille qui leur servent de justification à ne pas aller comme nous le faisons Kheo, Nakly et moi-même, à la recherche de nourriture dans les rizières « Nous avons faim, nous n’avons plus de force, nous avons mal au ventre ». La rizière devient presque un espace de liberté dans le silence et il nous arrive de nous éloigner assez loin des villages, de sorte que nous commençons à bien connaître le secteur. J’ignore à ce moment, qu’un jour cette connaissance du terrain nous servirait. De retour à la cabane, je vis dans mes souvenirs, dans mon passé avec le sentiment de ne pas avoir de présent. La situation, plus encore que les khmers rouges, même s’ils en sont les responsables, a balayé cette capacité que nous avons, nous les asiatiques, de vivre au jour le jour. Chaque soir avant de m’endormir, je regarde la photographie : elle représente le bonheur et le seul lien possible entre mon passé, mon présent et me donne l’espoir d’un futur. Cette photo, se charge d’une fonction rituelle, presque mystique, que vient relayer une prière. Alors que j’allais, dans le village, à la recherche d’un peu de sel, une jeune fille me fait signe de venir vers elle. Elle doit avoir à près mon âge et me sourit : « Je m’appelle Xieng Kuaong, tu peux avoir confiance en moi ; je me souviens de toi et depuis quelques semaines je te regarde. Tu es une fille bien et honnête, je t’ai croisé plusieurs fois lorsque tu allais voir sœur Cécile, rentre » Pendant que j’entre, j’observe Xieng qui soulève une couverture cachant un gros livre. Elle me demande si je le connais et ce n’est pas le cas « C’est normal, rajoute-t-elle, sœur Cécile n’évangélisait pas. Excuse-moi, sœur Cécile t’apprenait le français, mais pas la religion. Ce livre est une Bible. Sa lecture me soutient et me donne du bonheur. Je sais que les khmers rouges ont tué mon père, mais maintenant il est bien au royaume des cieux avec les justes assis à la droite de Dieu. » Je ne comprenais rien, mais Xieng, par sa force, son rayonnement, me captivait : «Ecoute » me dit-elle, « nous n’avons pas beaucoup de temps, je vais t’apprendre une prière et chaque fois que tu en auras besoin, tu la réciteras : notre père qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donnez-nous notre pays quotidien, pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés et délivre-nous du mal, amen. » Xieng vérifia que j’avais bien appris la prière et me dit tout en cachant à nouveau le livre « Pars vite maintenant, nous sommes observées en permanence et surtout n’oublie pas le signe de croix que je t’ai appris.» Je rentre à la cabane avec un sentiment de joie et sans peur. Nakly a pu se procurer trois grains de sel et avant de me coucher, tout en regardant la photo, je récite pour première fois le “Notre père”. Le lendemain, bien décidée à en savoir plus, je me rends chez Xieng Kruol ; sa maman m’accueille avec le sourire et me dit qu’elle se réjouit de l’initiative de sa fille à mon égard. Elle m’invite à rentrer, mais après les salutations d’usage, que nous effectuons les jointes, doigts vers le ciel à hauteur du thorax, les yeux dans les yeux, et alors que Xieng vient de sortir la Bible de sa cache, un soldat khmer rouge fait irruption dans la pièce en criant : « Femmes, que faites-vous contre l’Angkar ? » C’est la première fois que j’entends ce mot. « Que tentez-vous de cacher ? Qu’avez-vous dans vos mains derrière le dos ? » Est-ce le courage inné de Xingu, son sens de l’à-propos, ou bien une force surnaturelle que lui donne son Dieu, c’est sans la moindre hésitation qu’elle répond : « Grand frère, nous ne complotons pas, je montre un livre que j’ai trouvé hier sous les planches à la sortie du village ; j’ai pensé que cela pourrait nous aider à faire du feu » Tout cela est dit avec le plus charmant des sourires et le soldat retrouve son calme : « Si c’est cela, donne-le moi, je n’ai plus de papier pour rouler mes cigarettes. » Le livre en main, il arrache une feuille, s’assoit sur le perron et entreprend de se rouler une cigarette. La Bible, bien qu’écrite en cambodgien, ne lui a rien évoqué, visiblement il ne sait pas lire, mais que se passera-t-il si un soldat ou leur commandant découvre l’existence de ce livre religieux ? Je vécus quelques jours dans cette angoisse, mais le Dieu des chrétiens doit avoir fait un miracle, car nous n’entendîmes plus jamais parler de ce fait qui aurait pu nous coûter la vie. Je repense à ces deux moines bouddhistes que nous avions vu le premier jour à Reang Keesei et jamais aperçu depuis. De temps en temps, nous prenons conscience qu’une tête connue manque au paysage et comme des rumeurs de massacre commencent à se répandre et qu’elles ne sont pas démenties par les soldats, nous commençons à craindre pour la vie de ces personnes disparues, ainsi que pour la nôtre. Il en est ainsi de l’existence, malgré les difficultés nous tenons à la vie. Nos croyances en la réincarnation s’estompent et avant de rejoindre l’esprit de nos ancêtres, nous souhaitons vivre le plus longtemps possible sur cette terre où nous savons n’être que de passage . Je me revois, enfant, j’étais en classe de 10e à Phnom Penh, lorsque je fus pour la première fois confrontée à la mort. Notre école était située à côté du Wat Tenk Loak (le temple de l’eau trouble), il s’appelait ainsi tant la zone était marécageuse. A côté du Wat se trouvait le crématoire du quartier et lorsque la mort n’avait pas de raison connue, on supposait qu’elle pouvait être d’origine virale, aussi à l’occasion de la crémation, nos maîtres (moines ?) nous demandaient de rentrer chez nous. Notre approche de la mort était donc plutôt joyeuse, car je ne connais pas d’enfants au monde pour qui une journée inattendue de liberté, ne soit pas un plaisir immense. Hélas, un jour cette vision change, le jour où la mort ne frappe plus un inconnu, qui par nature ne nous manquera jamais dans la vie. Son nom, je l’ai oublié, mais c’était un camarade de classe de Sophon. Ensemble devant notre maison, ils jouaient aux billes. Il arrivait que Sophon conclut d’interminables parties en vainqueur ; je le voyais à son sourire et à ses poches de culotte pleines de billes multicolores. Il arrivait aussi le contraire, en rentrant les mains dans les poches, il cherchait à cacher la défaite. Je m’amusais de le voir faire et je savais que cela ne se produirait plus. Avec Saman Santh et Sophon, nous nous rendîmes au crématoire pour dire un dernier adieu à cet ami. Il était très bien habillé, dans une boite. Santh me dit que c’était un cercueil ; la famille déposait des fleurs et des bâtons d’encens au pied du bûcher ; un bonze prit la parole et bien que petite, je me souviens : « Il y a une porte d’entrée et une porte de sortie dans la vie, nous appelons la première la naissance et la seconde la mort, mais toute porte signifie un passage, la mort est donc un passage, la naissance est un passage et la vie en est un aussi. » Comme j’interrogeais Santh sur le sens de cette phrase, il m’avait répondu : « Dans le bouddhisme Theravada, nous ne prétendons pas savoir ce qu’il y a avant la naissance, ou ce qu’il y a après la mort. Mais si nous demandions ce qu’est la vie à quelqu’un qui n’est pas né, nous serions aussi stupides de demander ce qu’est la mort à quelqu’un qui ne peut plus nous parler puisqu’il n’est plus en vie. Nous pensons qu’il existe des manières d’exister différentes …. nous appelons cela l’impermanence ….. mais tu es trop petite pour comprendre. » Santh avait, comme la plupart des garçons cambodgiens, passé un an dans un monastère et il m’apparaissait comme un puits de savoir. Hélas, encore hélas, ces connaissances étaient réservées aux hommes ! Le soir, mon père est venu nous chercher, Sophon et moi. Quelle surprise lorsque j’entendis le klaxon bien connu de la 2 CV. Je me suis jetée à la sortie pour voir mon père descendre de la voiture et il a crié en cambodgien « Viens vite avec Sophon, nous allons au cinéma. » Papa doit être au courant de notre journée et de notre tristesse, car il est totalement inhabituel qu’il vienne à l’improviste. Nous nous rendions chez lui en famille tous les week-end et tous les quinze jours, il emmenait les enfants au cinéma. Les films étaient en français, mais sous-titrés en cambodgien, aussi dès l’instant où je sus lire, je profitais pleinement émerveillée de ces séances dans les salles obscures ou, après une file d’attente interminable, de nombreux sièges se confiaient à notre séant. Au programme du soir, il y avait “Les 3 Mousquetaires” et je dois dire que pendant bien des jours je ne connus pas de meilleur antidote à la tristesse qu’engendre la mort. A la fin du film, nous allions sucer, sur les bords du Mékong, les derniers bonbons à la menthe, que papa avait achetés à l’ouvreuse pendant l’entracte. Quelque que soit la saison, ces ballades nocturnes, sur les quais qui bordent le fleuve, avaient quelque chose qui nous remplissait de bien-être. La vie était tranquille et la ville magnifique. Le palais royal resplendissait de beauté et il était pour nous l’objet d’une halte systématique pendant laquelle je nourrissais toujours le fol espoir d’entrevoir le roi Norodom Sihanouk ou quelqu’un de sa famille. La femme de papa est de sang royal, mais cela, il valait mieux l’oublier dans la période actuelle. Notre identité individuelle devait se dissoudre dans l’identité collective, ne se faire remarquer d’aucune manière nous avait ordonné Kheo. Les pluies commencèrent à se faire plus espacées, notre cabane a fait, grâce à des rafistolages quasi quotidiens, son office d’abri. Une relative froideur revient pendant les nuits et j’ai trouvé quelques repousses de bambou que nous consommons avec un plaisir immense. Sommes-nous en septembre ou en octobre ? Est-il possible que le nouveau pouvoir ait occulté une de nos fêtes les plus importantes, la fête des morts, avec celle du nouvel an que nous avons fêté juste avant l’arrivée des soldats khmers rouges à Battambang ? Vers la mi septembre, c’est pour nous la fête des morts, la fête des ancêtres, puis à cette occasion, nous préparons un bon repas et l’amenons aux bonzes de la pagode. Nous faisons aussi des offrandes, les plus coutumières sont des bougies, des bâtons d’encens, mais on peut également offrir des cahiers, des stylos, des petits objets que nos ancêtres appréciaient particulièrement lorsqu’ils étaient encore en vie. Les moines psalmodient des mantras afin que les cadeaux soient purifié et arrivent bien à nos ancêtres. Outre la mémoire et les marques de respect que nous leur adressons, nous leur demandons de nous aider, de nous protéger et de faire en sorte que notre vie devienne meilleure. A cette occasion, nous préparons des gâteaux de riz. La pensée de ces gâteaux déclencha en moi un fort réflexe salivaire, en même temps, mes intestins se crispèrent et me firent mal. Cette douleur est récurrente, tellement notre alimentation est pauvre. Combien de temps cette situation va-t-elle durer ? Combien de temps pourrons-nous survivre dans de telles conditions ? Je revois ces morceaux de porc gras que nous laissions macérer dans du sel et du poivre et que nous mélangions ensuite à des graines de soja, puis nous les enveloppions dans des feuilles de bananier avant une cuisson à la vapeur ou encore ce gâteau, cuit sur les mêmes principes : en son milieu, de la noix de coco râpée avec du sucre caramélisé et du sésame, que venait entourer de la farine de riz. Toutes mes réflexions me ramènent subitement au réel, la faim est bien présente. Dans le village ou la rizière, il arrive de croiser quelqu’un que nous connaissons de vue et dont nous percevons les changements de traits physiques. Les plus faibles sont marqués, certains n’ont plus que la peau sur les os, tandis que d’autres semblent gonfler imperceptiblement, un esprit malin leur insufflant un peu d’air quotidien comme dans un ballon. Mais un ballon trop gonflé éclate. Nous sommes trop repliés sur notre petit groupe familial pour savoir si nous pourrions dénombrés des décès dans le village. La sécurité passe trop par l’ignorance de l’extérieur, le moral passe par le refus de voir et de savoir qui pourrait sabrer l’espérance folle d’un lendemain meilleur. Je repense à cette “rumeur” dont Kheo s’était fait le porte-parole dans la famille lors de notre arrivée à Rieng Krol : « Il paraîtrait que tous les officiers de l’armée de l’air de Battambang ont été convoqués pour saluer le roi Norodom Sihanouk venu leur rendre visite. Ils se sont rendus comme prévu à l’aéroport, ils ont été regroupés, puis exécutés. » Il avait poursuivi « Je ne comprends pas, cela est contraire à toutes les lois de la guerre. Le roi ne pourrait pas supporter cela. Ce n’est pas possible. Il ne doit pas savoir. Si cette rumeur est vraie, il faut se méfier des barbares qui tuent leurs frères de sang. Notre sécurité implique que nous prenions pour vrai cette information, nous devons vivre dans la peur, c’est la peur qui nous protègera. » Le système semble fonctionner sur le mensonge, ne nous avait-on pas dit que nous quittions Battambang pour quelques jours ? Six mois environ s’étaient écoulés depuis. A part nous avoir chassé de chez nous, puis dépouillé, puis rendu dans un état de misère effroyable, le nouveau régime n’a rien fait de visible pour nous. Cela n’allait pas durer.
Publicités intempestives sur les sites personnels - redite English translation pending
C'est un vrai plaisir de découvrir les photos mises en ligne sur les sites personnels donnés à l'appui de messages sur VF.
MAIS:
Mais y'en a MARRE de se payer, en prime, les pop-ups de pubs intempestives que les auteurs de sites acceptent pour faire l'économie d'un hébergement payant.
Je l'ai dit il y a plusieurs mois, et je le répète: ce genre de bombardement a pour effet de me faire fermer le site en question, immédiatement et sans appel.
Et je ne suis pas la seule à réagir de la sorte. C'est dommageable pour les sites en question, et cela serait bien que les auteurs en prennent conscience.
Le fait d'interdire l'affichage des pop-ups sur un navigateur, semblant résoudre ce désagrément, a pour effet pervers d'interdire également les pop-ups que les auteurs d'un site choisissent d'utiliser pour l'agrandissement d'une de leurs images, par exemple, ou toute autre fenêtre - utilement décidée - en surimpression de l'écran principal. Ce n'est donc pas un paramétrage à conseiller aux internautes.
Dites, imaginez-vous un instant que VF vous colle des petites pubs au milieu des besicles à chaque fois que vous ouvrez les quinquets...
Le fait d'interdire l'affichage des pop-ups sur un navigateur, semblant résoudre ce désagrément, a pour effet pervers d'interdire également les pop-ups que les auteurs d'un site choisissent d'utiliser pour l'agrandissement d'une de leurs images, par exemple, ou toute autre fenêtre - utilement décidée - en surimpression de l'écran principal. Ce n'est donc pas un paramétrage à conseiller aux internautes.
Dites, imaginez-vous un instant que VF vous colle des petites pubs au milieu des besicles à chaque fois que vous ouvrez les quinquets...
Sénégal en août: solution anti-palu? English translation pending
Bonjour
Je pars au Sénégal pendant 15 jours en août et je vais parcourir tout le Sénégal.Je compte bien entendu me vacciner fièvre jaune, anti palu.. vu que c´est la saison des pluies. Mais je viens de voir sur internet un bracelet anti-moustique (http://www.vivrebio.fr/catalog/product_info.php?products_id=163) et je voulais savoir si qq connaissait ce bracelet et ce qu´il en pensait. Publicité mensongère ou peut-on s´y fier? De plus, on m´a parlé de pastilles homéopathiques Vitamine .... qui dégage une odeur répulsive pour les moustiques. Qq connait-il ces pastilles et sont-elles efficaces?
Merci beaucoup pour vos réponses. Pascale
Je pars au Sénégal pendant 15 jours en août et je vais parcourir tout le Sénégal.Je compte bien entendu me vacciner fièvre jaune, anti palu.. vu que c´est la saison des pluies. Mais je viens de voir sur internet un bracelet anti-moustique (http://www.vivrebio.fr/catalog/product_info.php?products_id=163) et je voulais savoir si qq connaissait ce bracelet et ce qu´il en pensait. Publicité mensongère ou peut-on s´y fier? De plus, on m´a parlé de pastilles homéopathiques Vitamine .... qui dégage une odeur répulsive pour les moustiques. Qq connait-il ces pastilles et sont-elles efficaces?
Merci beaucoup pour vos réponses. Pascale
Quelle Thaïlande fréquentez-vous? English translation pending
A lire certains sujets, ce pays serait totalement envahi de "parasites" venus principalement d'occident dans l'unique but de s'installer et profiter de la situation !
Mais laquelle ?
Sachant que les "non thaïlandais" n'ont aucun droit d'intégration...
Donc, si l'on suit les allégations, les changements sur les conditions de séjour des étrangers devraient assainir les lieux ?
Malheureusement cette belle perspective ne résoudra pas le problème du troupeau de braillards qui se "lache" pour deux semaines à un mois et représente 99, 99% des réelles nuisances !
Ils et parfois elles continueront à pouvoir déambuler dans des tenues indécentes, s'alcooliser à souhait en parcourant les rues une bouteille à la main, s'offrir tous les plaisirs que propose le territoire puis rentrer à la maison soulagés de leur voyage réussi...
Mais laquelle ?
Sachant que les "non thaïlandais" n'ont aucun droit d'intégration...
Donc, si l'on suit les allégations, les changements sur les conditions de séjour des étrangers devraient assainir les lieux ?
Malheureusement cette belle perspective ne résoudra pas le problème du troupeau de braillards qui se "lache" pour deux semaines à un mois et représente 99, 99% des réelles nuisances !
Ils et parfois elles continueront à pouvoir déambuler dans des tenues indécentes, s'alcooliser à souhait en parcourant les rues une bouteille à la main, s'offrir tous les plaisirs que propose le territoire puis rentrer à la maison soulagés de leur voyage réussi...
Maroc - La menthe infuse dans le thé et parfume l’atmosphère English translation pending
C’est un après-midi brûlant, immobile. Comme pétrifiés par la canicule ambiante, les champs des Ayt Boulmane reposent dans l’attente d’heures plus fraîches qui les verront s’égayer des couleurs vives des foulards des filles, des cris et rires des enfants et des chants des laboureurs.
Chez Bassou, la sieste n’est pourtant pas de rigueur.
La théière attendait l’eau chaude. La bouilloire siffle sur le brasero. Grand-mère Aghkiya rince le thé pour en enlever l’amertume, jette la première eau. C’est pratique les sols en terre battue ! Elle remplit la théière et la pose sur le kanoun. A voir la souplesse avec laquelle la vieille femme, déjà assise en tailleur, se penche au ras du sol pour activer les braises, je me dis que l’âge ne semble pas avoir la même emprise sur les os et les articulations de ces montagnards que sur les nôtres !
Asta, qui n’était tout à l’heure qu’un tas de bois au milieu de la pièce, est monté parallèlement au mur ouvert sur la lumière. Fadma, Rabgha et la jeune Sâadiya en peaufinent l’assemblage. Une troisième femme que nous voyons pour la première fois prépare les écheveaux.
Dans la grande chambre ouverte sur la terrasse, les cinq femmes s’affairent il y a peu à l’assemblage de deux grandes barres, de perches en roseaux, de rondins lustrés par le temps et de morceaux de corde grise fabriquée avec un mélange de laine et de poils de chèvre. Un exercice collectif, comme beaucoup des tâches entreprises par les femmes, qui aboutira à un équipement omniprésent dans chaque foyer: Le métier à tisser.
Chaque foyer possède le sien sur lequel, souvent, un ouvrage est en cours qui semble captiver les femmes dès que les autres tâches ménagères leur laissent un peu de répit. Toutes connaissent l’art du tissage de haute lisse. Elles fabriquent aussi bien des sacs de bât, les tissus des burnous, des nattes en feuilles de palmier nain, des tapis noués ou tissés, ou leur propre ahendir* .
Plus de deux mois se sont écoulés depuis la tonte. Des grands-mères aux gamines, tôt initiées, toujours en ce long apprentissage de la vie qui fera d’elles, un jour prochain… Inch Allah, des « femmes capables » sans peine à trouver mari, trois générations auront contribué ensuite à la transformation de la laine brute.
Il aura d’abord fallu laver la laine primitive fournie par le troupeau après « la chienne de mai », la sécher soigneusement, la démêler, l’aérer au peigne, la carder pour apprêter les fibres à la quenouille et au filage, et enfin à la future teinture.
La moisson est ensuite arrivée, obligeant au report de ces activités plus agréables mais secondaires. Dans ces vallées l’exigence n’a de prise que sur les semis et la récolte. Il nous a donc fallu attendre la fin de l’engrangement avant d’assister à la teinture des longs écheveaux qui séchaient au soleil il y a quelques jours encore, et enfin admirer l’éclat des bleus, des verts, des rouges, jaunes ou noirs qui enlumineront les motifs du futur tapis.
Qu’importe ! Une maxime berbère ne dit-elle pas ² Qui sait patienter possède la clef du bonheur ² ?
Puis est venu l’ourdissage de la trame. Exercice sérieux accompagné de chants solennels et de formules sacrées, exécuté sans que quiconque enjambe la chaîne de fils. Un pas malheureux obligerait à tout recommencer tant les conséquences auraient pu être préjudiciables pour le futur tissage et l’indélicat … ou plutôt l’indélicate car la transformation de la laine et le thème du tissage sont exclusivement féminins et même parfois perçus, selon de vieilles croyances, comme dangereuses pour les garçons.
Par cet après-midi caniculaire, sommes-nous, Jacky et moi, d’humbles et privilégiés observateurs invités dans ce monde de superstitions féminines ou roumis incrédules leurrés par des magiciennes ? Nos voisines auraient-elles l’intention de nous jeter un quelconque sortilège ? Nous sommes entre leurs mains.
Aghkiya lave soigneusement les verres, la menthe infuse dans le thé et parfume l’atmosphère. Dans la grande chambre ouverte sur la terrasse commencent à résonner les chants et les rires. Sâadiya l’espiègle tend un bendir à Jacky.
Me voilà rassuré.
Un après midi aux Aït Boulmane,
* Vêtement sans couture tel un grand châle lourd et chaud que les femmes portent sur leurs épaules quand il fait frais ou pour sortir les soirs de fête.
Chez Bassou, la sieste n’est pourtant pas de rigueur.
La théière attendait l’eau chaude. La bouilloire siffle sur le brasero. Grand-mère Aghkiya rince le thé pour en enlever l’amertume, jette la première eau. C’est pratique les sols en terre battue ! Elle remplit la théière et la pose sur le kanoun. A voir la souplesse avec laquelle la vieille femme, déjà assise en tailleur, se penche au ras du sol pour activer les braises, je me dis que l’âge ne semble pas avoir la même emprise sur les os et les articulations de ces montagnards que sur les nôtres !
Asta, qui n’était tout à l’heure qu’un tas de bois au milieu de la pièce, est monté parallèlement au mur ouvert sur la lumière. Fadma, Rabgha et la jeune Sâadiya en peaufinent l’assemblage. Une troisième femme que nous voyons pour la première fois prépare les écheveaux.
Dans la grande chambre ouverte sur la terrasse, les cinq femmes s’affairent il y a peu à l’assemblage de deux grandes barres, de perches en roseaux, de rondins lustrés par le temps et de morceaux de corde grise fabriquée avec un mélange de laine et de poils de chèvre. Un exercice collectif, comme beaucoup des tâches entreprises par les femmes, qui aboutira à un équipement omniprésent dans chaque foyer: Le métier à tisser.
Chaque foyer possède le sien sur lequel, souvent, un ouvrage est en cours qui semble captiver les femmes dès que les autres tâches ménagères leur laissent un peu de répit. Toutes connaissent l’art du tissage de haute lisse. Elles fabriquent aussi bien des sacs de bât, les tissus des burnous, des nattes en feuilles de palmier nain, des tapis noués ou tissés, ou leur propre ahendir* .
Plus de deux mois se sont écoulés depuis la tonte. Des grands-mères aux gamines, tôt initiées, toujours en ce long apprentissage de la vie qui fera d’elles, un jour prochain… Inch Allah, des « femmes capables » sans peine à trouver mari, trois générations auront contribué ensuite à la transformation de la laine brute.
Il aura d’abord fallu laver la laine primitive fournie par le troupeau après « la chienne de mai », la sécher soigneusement, la démêler, l’aérer au peigne, la carder pour apprêter les fibres à la quenouille et au filage, et enfin à la future teinture.
La moisson est ensuite arrivée, obligeant au report de ces activités plus agréables mais secondaires. Dans ces vallées l’exigence n’a de prise que sur les semis et la récolte. Il nous a donc fallu attendre la fin de l’engrangement avant d’assister à la teinture des longs écheveaux qui séchaient au soleil il y a quelques jours encore, et enfin admirer l’éclat des bleus, des verts, des rouges, jaunes ou noirs qui enlumineront les motifs du futur tapis.
Qu’importe ! Une maxime berbère ne dit-elle pas ² Qui sait patienter possède la clef du bonheur ² ?
Puis est venu l’ourdissage de la trame. Exercice sérieux accompagné de chants solennels et de formules sacrées, exécuté sans que quiconque enjambe la chaîne de fils. Un pas malheureux obligerait à tout recommencer tant les conséquences auraient pu être préjudiciables pour le futur tissage et l’indélicat … ou plutôt l’indélicate car la transformation de la laine et le thème du tissage sont exclusivement féminins et même parfois perçus, selon de vieilles croyances, comme dangereuses pour les garçons.
Par cet après-midi caniculaire, sommes-nous, Jacky et moi, d’humbles et privilégiés observateurs invités dans ce monde de superstitions féminines ou roumis incrédules leurrés par des magiciennes ? Nos voisines auraient-elles l’intention de nous jeter un quelconque sortilège ? Nous sommes entre leurs mains.
Aghkiya lave soigneusement les verres, la menthe infuse dans le thé et parfume l’atmosphère. Dans la grande chambre ouverte sur la terrasse commencent à résonner les chants et les rires. Sâadiya l’espiègle tend un bendir à Jacky.
Me voilà rassuré.
Un après midi aux Aït Boulmane,
* Vêtement sans couture tel un grand châle lourd et chaud que les femmes portent sur leurs épaules quand il fait frais ou pour sortir les soirs de fête.
Hébergements sur Ouagadougou et Bobo-Dioulasso pour août? (Burkina Faso) English translation pending
🙂Bonjour à toutes et à tous,
je pars au burkina faso, du 8 et 14 aout cet été. Je souhaiterais avoir des infos et des contacts pour l' herbergement en chambre d'hôte sur ougadougou et bobo dioulasso pourriez vous m'indiquer quelques adresses sympas. Merci beaucoup.
Surpopulation et consommation d'énergie English translation pending
Je pourrais aussi intituler ce poste : consequence de mon voyage aus Etats-Unis sur ma vision de voir le monde!! J'ai passe maintenant plusieurs mois, et suis toujours, dans la ville de Seattle : un port mondial donc une ville grandement implique dans les problemes internationaux, egalement tres liberaliste. Il m'a ete facile de receuillir de l'information sur ce qui se passe ici, de voir ce qui se passe dans les Etats plus conservatrices (comme l'Olkahoma ou j'ai passe un mois pres d'une base militaire). Entendre l'opinion des gens et lire sur differentes questions.
En gros, le monde fait face en ce moment meme a deux enormes problemes inter-relies : la surpopulation de la plantete (presentement autour de 6.5 billions, en continuelle augmentation) et les ressources energitiques (entre autre petrole et eau potable), qui elles, diminuent. Il est clair que dans les generations a venir, les ressources energitiques n'arriveront plus a satisfairent une societe hyper-consommatrice comme celle dans laquelle nous vivont. Beaucoup croient meme que NOTRE generation se vera oblige de changer sa maniere de consommer du au manque de ressources. Le "peak oil" et donc le declin des ressources petroliere est prevu d'ici 4 ans.
Troisieme gros probleme, le gouvernement (des etats-unis) ne veut pas voir a long terme. La seule et unique chose qui interesse le gouv. et ses administrateurs, c'est l'argent. Alors il investi toute son argent dans le court-terme pour s'enrichir, la guerre en Iraq en est le parfait exemple. Aucun effort et aucune somme d'argent considerables ne sont implantes dans la recherche sur les ressources viables et ecologiques.
Consequence a long terme : troisieme guerre mondiale ou les u.s. tenteront de s'approprier les ressources energitiques de la planete entiere (petrole et eau) et bien entendu, mega-crash economique.
Et ce qui est le plus interessant dans toute cette histoire, c'est la propagande mediatique qui essait de nous faire croire qu'il n'y a aucun probleme!! Que la guerre en Iraq est une guerre anti-terroriste et non une guerre de petrole!! Et des millions d'idiots croient encore a cette theorie!!! Que le rechauffement de la planete n'arrivera pas vraiment. On continu de nous gaver de pub pro-consommation. PERSONNE ne parle du sujet tres tabou de la surpopulation, mais bien sur dans (je ne sais pas, 30, 50, 100ans) les grandes puissances mondiale vont bombarder le 1/3 de la planete, tuer des millions voir billions de personnes pour pouvoir continuer de consommer les ressources comme bon leur semble.
Je m'adersse ici a des voyageurs qui voient le monde, et qui s'interesse a sa decouverte et son devellopement. Je serais curieuse de voir le point de vue de gens ailleurs dans le monde sur la question. Est-ce que la propagande mediatique est la meme en France??? Est-ce qu'ailleurs les gens voient plus clairement qu'ici ou l'inconscience est-elle d'ordre mondiale???
En gros, le monde fait face en ce moment meme a deux enormes problemes inter-relies : la surpopulation de la plantete (presentement autour de 6.5 billions, en continuelle augmentation) et les ressources energitiques (entre autre petrole et eau potable), qui elles, diminuent. Il est clair que dans les generations a venir, les ressources energitiques n'arriveront plus a satisfairent une societe hyper-consommatrice comme celle dans laquelle nous vivont. Beaucoup croient meme que NOTRE generation se vera oblige de changer sa maniere de consommer du au manque de ressources. Le "peak oil" et donc le declin des ressources petroliere est prevu d'ici 4 ans.
Troisieme gros probleme, le gouvernement (des etats-unis) ne veut pas voir a long terme. La seule et unique chose qui interesse le gouv. et ses administrateurs, c'est l'argent. Alors il investi toute son argent dans le court-terme pour s'enrichir, la guerre en Iraq en est le parfait exemple. Aucun effort et aucune somme d'argent considerables ne sont implantes dans la recherche sur les ressources viables et ecologiques.
Consequence a long terme : troisieme guerre mondiale ou les u.s. tenteront de s'approprier les ressources energitiques de la planete entiere (petrole et eau) et bien entendu, mega-crash economique.
Et ce qui est le plus interessant dans toute cette histoire, c'est la propagande mediatique qui essait de nous faire croire qu'il n'y a aucun probleme!! Que la guerre en Iraq est une guerre anti-terroriste et non une guerre de petrole!! Et des millions d'idiots croient encore a cette theorie!!! Que le rechauffement de la planete n'arrivera pas vraiment. On continu de nous gaver de pub pro-consommation. PERSONNE ne parle du sujet tres tabou de la surpopulation, mais bien sur dans (je ne sais pas, 30, 50, 100ans) les grandes puissances mondiale vont bombarder le 1/3 de la planete, tuer des millions voir billions de personnes pour pouvoir continuer de consommer les ressources comme bon leur semble.
Je m'adersse ici a des voyageurs qui voient le monde, et qui s'interesse a sa decouverte et son devellopement. Je serais curieuse de voir le point de vue de gens ailleurs dans le monde sur la question. Est-ce que la propagande mediatique est la meme en France??? Est-ce qu'ailleurs les gens voient plus clairement qu'ici ou l'inconscience est-elle d'ordre mondiale???
Prendre des photos? English translation pending
salut à tous
Une réflexion légère sans se prendre la tête (hé ho je reviens de vacances!!). J'ai rencontré il y a peu en hongrie une fille qui voyageait autour du monde sans prendre une seule photo: "elles sont dans ma tête". Et j'ai aimé sa façon de voir. Il est vrai que moi non plus je n'en prends pas beaucoup en fait, plutôt des images insolites ou des plans qui me plaisent pour leur incongruité ou leur humour - je trouve que les monuments et autres superbes plans on les retrouve un peu partout... J'ai demandé à une amie de me montrer ses photos de ses 2 mois au sénégal, elle me détaille avec amour une centaine de photos de visages en gros plans, personnes croisées ou connues, et j'ai adoré son album d'un sénégal vivant. Il y a tant de manières de faire un album d'un voyage, que prenez-vous en photo? et qu'en faites-vous ensuite? Les miennes sont éparpillées au gré de mes humeurs au mileu de carnets de voyages remplis d'écrits, de tikets de bus et autres, de plantes ou de croquis..que je ressors certains soirs d'hiver pour me faire rêver. Que sont vos photos pour vous? surt aujourd'hui à l'heure du numérique où des milliers de photos se classent sur l'ordinateur... (ne suis pas du tout une adepte..je sais je sais tjs en retard sur la technologie..😛)
Wara
Burkinabés et Béninois English translation pending
bonjour!
comment définiriez vous les burkinabés et les béninois en qq mots?
merci 🙂
Strasbourg - Afrique de l'Ouest: quoi mettre dans son sac à dos? English translation pending
Ma première grande éxpédition : Strasbourg-Afrique de l'Ouest, en bus, taxi brousse, dromadaire... avec mon sac sur le dos.
Des arrets dans les p'tit hotels pas cher : oui
loger chez l'habitant : oui
dans des cases au fin fond de la brousse : oui
Mais que dois-je mettre dans mon sac ???
sac de couchage ? sac a viande en soie ? matelas auto gonflant ? moustiquère (oui mais quel genre ?) des medocs je supose ? lampe de poche ? piles ? ... Et que peu on apporter aux gens qui vous hebèrges gratuitement ? (faut il faire du troc ou bien demande t'il simplement de l'argent ?)
Voila toutes les idées de ceux qui ont l'habitude de faire ce genre d'expedition seront les biens venue. Merci
Mais que dois-je mettre dans mon sac ???
sac de couchage ? sac a viande en soie ? matelas auto gonflant ? moustiquère (oui mais quel genre ?) des medocs je supose ? lampe de poche ? piles ? ... Et que peu on apporter aux gens qui vous hebèrges gratuitement ? (faut il faire du troc ou bien demande t'il simplement de l'argent ?)
Voila toutes les idées de ceux qui ont l'habitude de faire ce genre d'expedition seront les biens venue. Merci
Ouest américain en novembre? English translation pending
Bonjour à tous,
je suis en train de planifier un voyage aux Etats-Unis avec ma copine pour Novembre 2007 et nous aimerions avoir des renseignements sur l'Ouest américain plus particulièrement pour Los Angeles et Le Grand Canyo,
j'aimerais savoir si à votre avis il est possible de visiter Los Angeles sans louer une voiture. Même question pour le Grand Canyon; sachant que nous y serions vers le 20 novembre
Quelqu'un aurait-il un itinéraire à nous conseiller pour visiter le Grand Canyon et sa région en trois quatre jours (je sais c court mais il y a tellement à voir dans ce pays!!!!)
Merci de vos réponses
je suis en train de planifier un voyage aux Etats-Unis avec ma copine pour Novembre 2007 et nous aimerions avoir des renseignements sur l'Ouest américain plus particulièrement pour Los Angeles et Le Grand Canyo,
j'aimerais savoir si à votre avis il est possible de visiter Los Angeles sans louer une voiture. Même question pour le Grand Canyon; sachant que nous y serions vers le 20 novembre
Quelqu'un aurait-il un itinéraire à nous conseiller pour visiter le Grand Canyon et sa région en trois quatre jours (je sais c court mais il y a tellement à voir dans ce pays!!!!)
Merci de vos réponses
Déplacements dans Hong Kong et formalités pour Shenzhen? English translation pending
Bonjour,
Je prépare un très court voyage de 4 ou maximum 5 jours à Hong Kong et Shenzhen. Le but n'est malheureusement pas touristique, j'aurai un horaire extrèmement chargé de visites d'usines et autres sociétés commerciales. Mes questions :
1. Quelles sont les formalités pour se rendre à Shenzhen pour 24 ou 48 heures? Visa? Obtenu comment? 2. J'aurai plein de rendez-vous en différents endroits à Hong Kong. Le mieux ne serait-il pas de louer un taxi à la journée? Je me vois mal utiliser les transports en commun dans cette ville dont je ne connais rien, et qui est immense? 3. Si vous avez un hotel budget sympa à suggérer, je suis preneur!
Merci pour votre aide, c'est très urgent ( je pars la semaine prochaine)
Georges
Je prépare un très court voyage de 4 ou maximum 5 jours à Hong Kong et Shenzhen. Le but n'est malheureusement pas touristique, j'aurai un horaire extrèmement chargé de visites d'usines et autres sociétés commerciales. Mes questions :
1. Quelles sont les formalités pour se rendre à Shenzhen pour 24 ou 48 heures? Visa? Obtenu comment? 2. J'aurai plein de rendez-vous en différents endroits à Hong Kong. Le mieux ne serait-il pas de louer un taxi à la journée? Je me vois mal utiliser les transports en commun dans cette ville dont je ne connais rien, et qui est immense? 3. Si vous avez un hotel budget sympa à suggérer, je suis preneur!
Merci pour votre aide, c'est très urgent ( je pars la semaine prochaine)
Georges
Maroc: le guide du retard English translation pending
chez les francais qui ne le connaisse pas c'est la bible ....
et celui qui ecrit sur le maroc c'est un raciste et à chaque fois qu'il ecrit sur un projet d'un europeins c'est de la bonne pub jusqu'à que le touriste croix que c'est le paradis.
et c'est tu as un projet touristique dans ton pays et que tu veut lancer ton produit, là c'est le probléme, le guide du retard te mit un mauvais texte ou méme quelque fois il ne te signal pas dans ses editions.
alors reste raciste c'est le 21 éme ciecle
Mais c'est bien tout le monde n'arrive pas au maroc avec le guide du RETARD
Le guide qui encourage que le fous guides, les mafias du tourisme.
Sembène Ousmane est mort English translation pending
L'aîné des anciens,
le doyen du cinéma africain s'en est allé.
Coupez !
Sembène a donné son dernier ordre à la vie.
C'est ce samedi 09 juin, qu'il a quitté le monde des vivants pour celui de l'au-delà.
Face à la perte de ce monument de cinéma africain et mondial, on ne peut que remercier Sembène pour l'héritage qu'il laisse à tous les passionnés du septième art. Demain viendra le temps des hommages. Aujourd'hui, prenons le temps de méditer.
Silence…
C'est ce samedi 09 juin, qu'il a quitté le monde des vivants pour celui de l'au-delà.
Face à la perte de ce monument de cinéma africain et mondial, on ne peut que remercier Sembène pour l'héritage qu'il laisse à tous les passionnés du septième art. Demain viendra le temps des hommages. Aujourd'hui, prenons le temps de méditer.
Silence…
Ces odeurs du quotidien qui nous font voyager English translation pending
Un sujet un peu plus léger...
Des odeurs, comme ça, dans la (parfois relative) banalité du quotidien; des effluves apparemment insignifiantes. Mais autant de voyages, réalisés, ou rêvés.
La lavande sur le rebord de ma fenêtre qui m'envoie en Provence. Le petit parc à côté de chez moi, après l'averse qui mettait un terme à vingt jours de grosse chaleur sèche, quand l'odeur de l'humus se mêle à celle de l'herbe mouillée, des plantes, des fleurs et des arbres fraîchement arrosés; et c'est Gavarnie après l'orage..., ou l'Irlande, c'est selon l'humeur, selon la pluie. Le bac à sable de ce même petit parc, en plein soleil, me fait arpenter certaines plages, ou le désert, parfois. Mouillé, je me retrouve sur la côte basque, en hiver. Moins quotidien, mais régulier, le muguet des manifestations du 1er mai a toute ma tendresse en me rappelant les forêts de mon enfance, lorsque nous cherchions dans les sous-bois les clochettes porte-bonheur. Les trottoirs sales, en pleine canicule estivale; un vrai poème que cette odeur piquante, âcre, objectivement désagréable! Un régal, un délice! Elle me fait battre les pavés de tant de villes: Toulouse, où j'ai vécu et que j'ai quittée à regret, Séville où j'ai eu chaud, Istanbul où enfant je me suis ennuyée et que j'ai redécouvert avec bonheur plus tard. Le shampoing de ma fille me plonge dans les souvenirs de ma première classe verte, dans les Alpes, quand avec une copine nous avions voulu donner une seconde jeunesse à mon mouton en peluche. Et sa transpiration, mêlée à la crème solaire, a parfois le goût de Sintra quand sur les terrasses elle passait de bras en bras pour le plaisir de ces dames. Le tajine de ma voisine a le don de m'envoyer immédiatement à Marrakech (facile!) Lorsque je fais mes courses, je choisis toujours le gel douche à l'aveugle; parfois je me retrouve dans les Pyrénées (citron), parfois au Maroc (abricot), parfois en Bosnie (amande douce). La douche n'en est que meilleure. Et j'ai toujours chez moi un tube de Mir Express; quand le quotidien est trop lourd, je l'ouvre et défilent sous mes narines de nombreux campings où j'ai planté ma tente. Et leur cortège de souvenirs.
Et il y a les voyages que je rêve, des aventures que je m'invente.
En préparant une omelette, au moment de mettre la muscade, je m'imagine matelot sous le commandement de Magellan, arrivée aux Moluques (d'accord, lui est mort avant, mais je fais partie des quelques rescapés!) lorsque nous remplissons les cales de cette précieuse épice. Et que dire du gingembre râpé de « mon » plat chinois? Aux côtés de Marco Polo pour un autre merveilleux voyage!
Voilà quelques odeurs qui m'accompagnent, parfois, souvent. L'odorat est le sens du souvenir. Je passe la main. A qui le tour?
Des odeurs, comme ça, dans la (parfois relative) banalité du quotidien; des effluves apparemment insignifiantes. Mais autant de voyages, réalisés, ou rêvés.
La lavande sur le rebord de ma fenêtre qui m'envoie en Provence. Le petit parc à côté de chez moi, après l'averse qui mettait un terme à vingt jours de grosse chaleur sèche, quand l'odeur de l'humus se mêle à celle de l'herbe mouillée, des plantes, des fleurs et des arbres fraîchement arrosés; et c'est Gavarnie après l'orage..., ou l'Irlande, c'est selon l'humeur, selon la pluie. Le bac à sable de ce même petit parc, en plein soleil, me fait arpenter certaines plages, ou le désert, parfois. Mouillé, je me retrouve sur la côte basque, en hiver. Moins quotidien, mais régulier, le muguet des manifestations du 1er mai a toute ma tendresse en me rappelant les forêts de mon enfance, lorsque nous cherchions dans les sous-bois les clochettes porte-bonheur. Les trottoirs sales, en pleine canicule estivale; un vrai poème que cette odeur piquante, âcre, objectivement désagréable! Un régal, un délice! Elle me fait battre les pavés de tant de villes: Toulouse, où j'ai vécu et que j'ai quittée à regret, Séville où j'ai eu chaud, Istanbul où enfant je me suis ennuyée et que j'ai redécouvert avec bonheur plus tard. Le shampoing de ma fille me plonge dans les souvenirs de ma première classe verte, dans les Alpes, quand avec une copine nous avions voulu donner une seconde jeunesse à mon mouton en peluche. Et sa transpiration, mêlée à la crème solaire, a parfois le goût de Sintra quand sur les terrasses elle passait de bras en bras pour le plaisir de ces dames. Le tajine de ma voisine a le don de m'envoyer immédiatement à Marrakech (facile!) Lorsque je fais mes courses, je choisis toujours le gel douche à l'aveugle; parfois je me retrouve dans les Pyrénées (citron), parfois au Maroc (abricot), parfois en Bosnie (amande douce). La douche n'en est que meilleure. Et j'ai toujours chez moi un tube de Mir Express; quand le quotidien est trop lourd, je l'ouvre et défilent sous mes narines de nombreux campings où j'ai planté ma tente. Et leur cortège de souvenirs.
Et il y a les voyages que je rêve, des aventures que je m'invente.
En préparant une omelette, au moment de mettre la muscade, je m'imagine matelot sous le commandement de Magellan, arrivée aux Moluques (d'accord, lui est mort avant, mais je fais partie des quelques rescapés!) lorsque nous remplissons les cales de cette précieuse épice. Et que dire du gingembre râpé de « mon » plat chinois? Aux côtés de Marco Polo pour un autre merveilleux voyage!
Voilà quelques odeurs qui m'accompagnent, parfois, souvent. L'odorat est le sens du souvenir. Je passe la main. A qui le tour?
Engouement pour l'Afrique... English translation pending
bonjour à tous!🙂
je m'interesse a l'afrique noire depuis peu sans pourtant rien y connaitre. une question me taraude, a tous les voyageurs qui sont deja allés en afrique et y sont meme allés plusieurs fois: pourquoi aimez vous tant l'afrique? qui y a t il de si particulier la bas plutot qu'en inde, en asie ou autre? pourquoi aimez vous tant ce continent? est ce pour les gens? les paysages? le climat?... merci pour vos réponses! a bientot sara😉
je m'interesse a l'afrique noire depuis peu sans pourtant rien y connaitre. une question me taraude, a tous les voyageurs qui sont deja allés en afrique et y sont meme allés plusieurs fois: pourquoi aimez vous tant l'afrique? qui y a t il de si particulier la bas plutot qu'en inde, en asie ou autre? pourquoi aimez vous tant ce continent? est ce pour les gens? les paysages? le climat?... merci pour vos réponses! a bientot sara😉
Travailler en Colombie-Britannique? English translation pending
Bonjour à vous, j'aimerais d'ici la fin du mois de juin aller en Colombie-Britannique pour environ de 4 à 6 mois. J'aimerais y travailler, amélioré mon anglais et bien sur me loger. Je remarqué dans les autres conversations sur ce sujet, qu'il y a des personnes qui vont travailler dans la Vallée d'Okanagan, pour cueillir des fruits je crois. Mais cueillir des fruits c'est juste l'été, est-ce que vous connaissez des sites, des organisations ou autres choses à propos du travaille là-bas????? Merci d'avance!!!😉
Sonia 😛
Sonia 😛
Plantes comestibles? English translation pending
Salut !
En voyage à vélo ou à pied on trouve tout un tas de plantes, mais quelles sont celles qui se mangent et comment les reconnaitre ?
Tour du continent américain en solo avec deux enfants English translation pending
Bonjour,
Au cours de l'année 2008, je veux réaliser un rêve qui me tient à coeur depuis très longtemps. Il s'agissait de faire un tour du monde avec ma famille. Mon mari n'a jamais été très chaud pour cette aventure, mais sa décision de nous quitter m'a fait comprendre que nos rêves sont faits pour être réalisés, sans attendre le consentement de quelqu'un. Sinon, c'est la frustration assurée J'envisage donc de partir environ 6 mois faire le tour du continent américain (nord et sud), seule avec mes 2 enfants de 14 et 11 ans. Mais bien évidemment, une fois que l'idée est là, se posent alors beaucoup de questions auxquelles certains d'entre vous auront surement réponse (et je les en remercie déjà) avez-vous déjà connu une expérience similaire de voyage en solo avec 2 ados / pré-ados et quel en a été le résultat ? quels sont les pays ou régions d'amérique à éviter absolument et quel est le niveau de sécurité dans les autres ? nous sera-t-il plus facile de voyager en camping-car, en train, en voiture (l'objectif n'étant pas de faire un tour des capitales et mégalopoles mais plutôt de rencontrer les populations locales et de nous plonger au coeur des grands espaces américains) vaut-il mieux que nous envisagions un co-voyage avec d'autres personnes ? quel budget prévoir ? comment organiser les études des enfants (5ième et 3ième en 2008) D'avance merci à vous tous pour vos réponses à ces premières questions
Au cours de l'année 2008, je veux réaliser un rêve qui me tient à coeur depuis très longtemps. Il s'agissait de faire un tour du monde avec ma famille. Mon mari n'a jamais été très chaud pour cette aventure, mais sa décision de nous quitter m'a fait comprendre que nos rêves sont faits pour être réalisés, sans attendre le consentement de quelqu'un. Sinon, c'est la frustration assurée J'envisage donc de partir environ 6 mois faire le tour du continent américain (nord et sud), seule avec mes 2 enfants de 14 et 11 ans. Mais bien évidemment, une fois que l'idée est là, se posent alors beaucoup de questions auxquelles certains d'entre vous auront surement réponse (et je les en remercie déjà) avez-vous déjà connu une expérience similaire de voyage en solo avec 2 ados / pré-ados et quel en a été le résultat ? quels sont les pays ou régions d'amérique à éviter absolument et quel est le niveau de sécurité dans les autres ? nous sera-t-il plus facile de voyager en camping-car, en train, en voiture (l'objectif n'étant pas de faire un tour des capitales et mégalopoles mais plutôt de rencontrer les populations locales et de nous plonger au coeur des grands espaces américains) vaut-il mieux que nous envisagions un co-voyage avec d'autres personnes ? quel budget prévoir ? comment organiser les études des enfants (5ième et 3ième en 2008) D'avance merci à vous tous pour vos réponses à ces premières questions
Festival du Bout du Monde les 10, 11 et 12 août 2007 à Crozon 29 (France) English translation pending
A tous les amateurs de musiques du monde... une belle programmation !
FESTIVAL DU BOUT DU MONDE - 10, 11, 12 AOUT 2007 - CROZON (29)
La programmation !🙂 Pour la 8ème année, les musiques du monde et métissées s’invitent sur la presqu’ile de Crozon le temps d’un tour du monde musical en 3 jours et 3 nuits de fête !
Vendredi 10 août Ridan (France) / La Route des Fils du Vent avec les Gitans Dhoad (Rajasthan), Calle Cerezo (Andalousie), Tchaas (Europe de l’Est) / Toumani Diabaté & le Symmetric Orchestra (Mali) / Laurent Voulzy (France) / Dan Ar Braz & Sally Nyolo (Bretagne/Cameroun) / Bombes 2 Bal ( Occitanie ) / Babylon Circus (France) / Invités ... A partir de 17h.
Samedi 11 août Cesaria Evora (Cap Vert) / Salif Keïta (Mali) / Bagad Kemper & Susana Seïvane - création « Sud Ar Su » (Bretagne / Galice) / Arno (Belgique) / Dobet Gnahoré (Côte d’Ivoire) / David Krakauer & Socalled (U.S.A / Québec) / Tinariwen (Mali) / Abd Al Malik (France) / Dobacaracol (Québec) / Winston McAnuff & Java (Jamaïque/France) / Les Ogres de Barback (France) / Riké (France) / Invités ... A partir de 14h30.
Dimanche 12 août Jethro Tull (UK) / Pierre Perret et ses invités (France / Bretagne) / Max Romeo (Jamaïque) / Titi Robin & Danyel Waro : création « Michto Maloya » (France / Réunion) / Seun Anikulapo Kuti & Egypt 80 (Nigéria) / Gocoo (Japon) / Burhan Öçal & l’Ensemble Oriental d’Istanbul (Turquie) / Mayra Andrade (Cap Vert) / Silvério Pessoa (Brésil) / Balkan Beat Box (U.S.A. / Israël) / Hot 8 Brass Band (Nouvelle Orléans) / Izabo (Israël) / Invités ... A partir de 14h30.
Plus d'informations, morceaux en écoute et tout ce qu'il faut sur www.festivalduboutdumonde.com
> forfait 3 jours* : 59€ + frais de loc. / 69€ sur place > forfait week-end* (sam. 11 et dim. 12) : 44€ + frais de loc. / 54€ sur place > billet 1 jour* : 26€ + frais de loc. / 36€ sur place * (camping compris dans le prix du billet)
Billets disponibles en ligne sur Ticketnet.fr et Fnac.com et dans tous les points de vente habituels : Virgin, Fnac, Carrefour, Géant, E. Leclerc, Auchan, Cultura, Cora, Hyper U.
Infos / réservations / tarif CE : 02 98 27 00 32 - quai-ouest@wanadoo.fr
FESTIVAL DU BOUT DU MONDE - 10, 11, 12 AOUT 2007 - CROZON (29)
La programmation !🙂 Pour la 8ème année, les musiques du monde et métissées s’invitent sur la presqu’ile de Crozon le temps d’un tour du monde musical en 3 jours et 3 nuits de fête !
Vendredi 10 août Ridan (France) / La Route des Fils du Vent avec les Gitans Dhoad (Rajasthan), Calle Cerezo (Andalousie), Tchaas (Europe de l’Est) / Toumani Diabaté & le Symmetric Orchestra (Mali) / Laurent Voulzy (France) / Dan Ar Braz & Sally Nyolo (Bretagne/Cameroun) / Bombes 2 Bal ( Occitanie ) / Babylon Circus (France) / Invités ... A partir de 17h.
Samedi 11 août Cesaria Evora (Cap Vert) / Salif Keïta (Mali) / Bagad Kemper & Susana Seïvane - création « Sud Ar Su » (Bretagne / Galice) / Arno (Belgique) / Dobet Gnahoré (Côte d’Ivoire) / David Krakauer & Socalled (U.S.A / Québec) / Tinariwen (Mali) / Abd Al Malik (France) / Dobacaracol (Québec) / Winston McAnuff & Java (Jamaïque/France) / Les Ogres de Barback (France) / Riké (France) / Invités ... A partir de 14h30.
Dimanche 12 août Jethro Tull (UK) / Pierre Perret et ses invités (France / Bretagne) / Max Romeo (Jamaïque) / Titi Robin & Danyel Waro : création « Michto Maloya » (France / Réunion) / Seun Anikulapo Kuti & Egypt 80 (Nigéria) / Gocoo (Japon) / Burhan Öçal & l’Ensemble Oriental d’Istanbul (Turquie) / Mayra Andrade (Cap Vert) / Silvério Pessoa (Brésil) / Balkan Beat Box (U.S.A. / Israël) / Hot 8 Brass Band (Nouvelle Orléans) / Izabo (Israël) / Invités ... A partir de 14h30.
Plus d'informations, morceaux en écoute et tout ce qu'il faut sur www.festivalduboutdumonde.com
> forfait 3 jours* : 59€ + frais de loc. / 69€ sur place > forfait week-end* (sam. 11 et dim. 12) : 44€ + frais de loc. / 54€ sur place > billet 1 jour* : 26€ + frais de loc. / 36€ sur place * (camping compris dans le prix du billet)
Billets disponibles en ligne sur Ticketnet.fr et Fnac.com et dans tous les points de vente habituels : Virgin, Fnac, Carrefour, Géant, E. Leclerc, Auchan, Cultura, Cora, Hyper U.
Infos / réservations / tarif CE : 02 98 27 00 32 - quai-ouest@wanadoo.fr