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Autotour de douze jours dans l'Ouest américain début avril English translation pending
Bonjour à tous,
Je prépare pour début avril un circuit de 12 jours dans l'ouest américain avec location de voiture (type Toyota Sienna) pour 6 adultes (3 couples d'env. 30 ans). Le but étant de voir pas mal de choses (dont absolument Arches) sans forcement approfondir. Je me suis arrêté sur le parcours ci-dessous. Je suis conscient que le début est très speed, c'est plus 2 jours de "liaison" vers Moab. Pensez-vous tout de même que ce circuit est réalisable dans d'assez bonnes conditions en terme de timing ? Merci pour vos avis.
D4 Départ France - Las Vegas L5 Bryce CanyonDépart de Las Vegas vers 8h pour Bryce, visite du parc l'aprem, couché de soleil sur l'amphithéâtre, nuit dans les hôtels du parc. 441 km - 5h de route M6 MoabDernier passage à Bryce Canyon au lever du jour, départ pour Moab, arrêt à quelques points de vue sur le trajet, hôtel à Moab. 444 km - 5h40 de route M7 MoabVisite de Arches, 2e nuit sur Moab. 80 km - 1h30 de route J8 Monument ValleyDépart de Moab vers 8h30 pour Monument Valley, sur la route petit détour au Gooseneck State Park, déjeuner à Mexican Hat , visite de MV l'après-midi, hôtel dans Monument Valley. 251 km - 4h10 de route - Si option pas Goosenecks : 238 km - 3h35 V9 PageDépart de Monument Valley, direction Page, Point de vue sur le Colorado : Horse shoe bend, balade au bord du Lake Powell, hôtel à Page. 200 km - 3h00 de route S10 PageVisite de Antelope Canyon, farniente, hôtel à Page. 50 km - 1h de route D11 Grand CanyonDépart de Page pour le Grand Canyon - South Rim, visite du parc (points de vue), hôtel dans le parc. 226 km - 3h40 de route L12 Las VegasPetite balade au lever du jour, départ du Grand Canyon pour Las Vegas via un bout de la route 66, hôtel sur le Strip, flânerie de nuit dans LV ou dodo si trajet épuisant. 465 km - 6h00 de route M13 Las VegasVisite de Valley of fire, retour en milieu d'aprem, visite des casinos le soir, animations sur le Strip... 250 km - 3h00 de route M14 Las VegasFarniente, visite du strip, shopping dans les Outlets Center. J15 Las VegasMatinée tranquille, retour voiture de loc, enregistrement à 14h - Départ 17h30 V16 Retour en France
Je prépare pour début avril un circuit de 12 jours dans l'ouest américain avec location de voiture (type Toyota Sienna) pour 6 adultes (3 couples d'env. 30 ans). Le but étant de voir pas mal de choses (dont absolument Arches) sans forcement approfondir. Je me suis arrêté sur le parcours ci-dessous. Je suis conscient que le début est très speed, c'est plus 2 jours de "liaison" vers Moab. Pensez-vous tout de même que ce circuit est réalisable dans d'assez bonnes conditions en terme de timing ? Merci pour vos avis.
D4 Départ France - Las Vegas L5 Bryce CanyonDépart de Las Vegas vers 8h pour Bryce, visite du parc l'aprem, couché de soleil sur l'amphithéâtre, nuit dans les hôtels du parc. 441 km - 5h de route M6 MoabDernier passage à Bryce Canyon au lever du jour, départ pour Moab, arrêt à quelques points de vue sur le trajet, hôtel à Moab. 444 km - 5h40 de route M7 MoabVisite de Arches, 2e nuit sur Moab. 80 km - 1h30 de route J8 Monument ValleyDépart de Moab vers 8h30 pour Monument Valley, sur la route petit détour au Gooseneck State Park, déjeuner à Mexican Hat , visite de MV l'après-midi, hôtel dans Monument Valley. 251 km - 4h10 de route - Si option pas Goosenecks : 238 km - 3h35 V9 PageDépart de Monument Valley, direction Page, Point de vue sur le Colorado : Horse shoe bend, balade au bord du Lake Powell, hôtel à Page. 200 km - 3h00 de route S10 PageVisite de Antelope Canyon, farniente, hôtel à Page. 50 km - 1h de route D11 Grand CanyonDépart de Page pour le Grand Canyon - South Rim, visite du parc (points de vue), hôtel dans le parc. 226 km - 3h40 de route L12 Las VegasPetite balade au lever du jour, départ du Grand Canyon pour Las Vegas via un bout de la route 66, hôtel sur le Strip, flânerie de nuit dans LV ou dodo si trajet épuisant. 465 km - 6h00 de route M13 Las VegasVisite de Valley of fire, retour en milieu d'aprem, visite des casinos le soir, animations sur le Strip... 250 km - 3h00 de route M14 Las VegasFarniente, visite du strip, shopping dans les Outlets Center. J15 Las VegasMatinée tranquille, retour voiture de loc, enregistrement à 14h - Départ 17h30 V16 Retour en France
Belgique: interdiction de fumer dans les cafés et autres tavernes en 2012 English translation pending
Alors que la majorité des pays européens ont intérdits de fumer dans tous les lieux publics, mon pays, celui de la biére , aurait l'intention d'interdire l'usage du tabac en 2012 dans les cafés et autres tavernes, je vous donne donc RDV en 2012 pour déguster une bonne trapiste sans fumée...🏴☠️
Patience ...🤪
Patience ...🤪
Escale de croisière à Ashdod en Israël English translation pending
le 8/01/2010 nous seront à bord du pacifica pour un programe qui comporte une escale à Ashod en israel. Quelqu"un aurait il des lumières😏 sur cette escale?
Résumé de l'hôtel Gran Bahia Principe Riviera Maya du 18 octobre au 1er novembre 2009 English translation pending
Gran Bahia Principe (Akumal) 18 octobre au 01 novembre 2009
Comme c’était la 4ième fois à ce complexe et que des résumés furent fait, je me suis permis de «copié-collé» la généralité et d’y ajouter les quelques changements que j’ai observé durant mon séjour.
Dans ce résumé, les complexes Tulum, Coba et Akumal sont identique concernant la propreté, la bouffe et le service.
Pour débuter par la fin, c’est un endroit que je recommande fortement, à condition d’aimer les ‘super’ complexes.
Vol TS-380 d’Air Transat, un Airbus 310 série 300 de 250 passagers dont le recul à la barrière s’est fait à l’heure, soit 11h45. Vol plein, aucun siège libre. Rien n’a changé, la bouffe est dégelasse. Vaudrait mieux ne rien donner. Dans le fond, ce n’est que 4 heures de vol, des ‘peanuts’ suffiraient!
Après 45 minutes de vol, le commandant nous annonce que nous devons retourner à Dorval à cause d’un problème hydraulique de l’appareil. Les pompiers nous attendaient à l’arrivée mais tout s’est bien déroulé. Je peux vous dire que le calme plat régnait lors du retour.
Cette ‘aventure’ nous a coûté 3 heures de retard et un changement d’appareil. Quand même pas si pire ! Bravo Air Transat pour votre rapidité d’exécution et votre professionnalisme.
Les endroits à visiter ne manquent pas sur la Riviera Maya. Prenez quelques minutes pour passer à votre bibliothèque pour y prendre des notes. Tout le long de la seule route qui longe la mer, la 307, vous trouverez des panneaux routiers vous indiquant les endroits d’intérêts et le nombre de kilométrage pour atteindre le point.
A notre arrivée, vu le nombre de visites, nous avions une petite bouteille de Téquila, des fleurs et fruits sur la table. Une note de la représentante des relations publiques nous souhaitant la bienvenue. Nous portions un ‘bracelet’ couleur or ce qui indique VIP ‘titre’ accordé par le nombre de visite. Partout, les employés nous demandaient si tout était à notre goût.
Ne vous laissez pas ‘embarquer’ par la représentante Nolitours/Air Transat concernant la dangerosité de conduire au Mexique. C’est totalement faux! Disons, que c’est super payant de vous vendre des excursions au double voir le triple du prix que si vous vous y rendez par vos propres moyens. Il y a les bus, les colectivos, taxis et les autos de location.
En ce qui me concerne, je loue toujours chez Hert’z à l’aéroport de Cancun. A l’hôtel, les autos vous coûteront les yeux de la tête.
Sachez qu’à Playa del Carmen (qu’il ne faut surtout pas manquer de visiter) il faudra ‘marchander’ partout. Comme exemple, pour un gugusse qu’ont demandait 400 pesos nous l’avons finalement eu pour 75 pesos. Et je ne sais toujours pas si c’était encore trop payé!!! Il y a même un Walmart sur la 8 ième rue pour les nostalgiques de cette chaîne.
Je vous recommande d’aller à Tulum qui se trouve à 25 km au Sud. Petit village où vous pouvez aussi prendre un verre où manger la bouffe locale dans les nombreux bistros. Plusieurs boutiques se trouvent le long de la ‘main’. Si vous vous promenez dans les rues intérieures du village, vous comprendrez toute la définition du mot «pauvreté» Plusieurs vivent encore dans des huttes faites comme à l’époque des Mayas. Je fus béni par un vieil homme y habitant à qui j’ai donné 50 pesos.
Attaquons maintenant les complexes!
Si une note parfaite était possible (laissons-nous un jeu pour le prochain) il l’aurait. Le seul point négatif est la baignade qui se veut un tantinet difficile avec tous ces récifs. Le port du soulier de plage est recommandé pour les pieds sensibles. Le sable, surtout du coté Tulum, est granuleux étant formé de minuscule fragment de corail.
Nous étions dans la section ‘Golden Club’. Ce ‘privilège’ donne droit à une chambre près de la mer, la notre était, on ne peu plus sur le bord (bloc 67) un petit club privé avec un bar, Internet gratuit (30 minutes par jour) des pantoufles et robes de chambres en ratine (2) et quelques avantages, disons, pas toujours utile.
La propreté est le château fort du Bahia Principe. Que ce soit sur les planchers des cuisines, pourtant nombreuses, les toilettes publiques, les piscines (innombrables) avec ces eaux cristallines bref, sur le site au complet, il est impossible de trouver quoi que ce soit qui viendrait en conflit avec le mot propreté. Un gros 10 sur 10!
La bouffe! Coupons court! Tout à fait exquise!
Disons en partant, que le Chef exécutif est un français (Vincent) super sympathique et qui prendra le temps de jaser avec vous. Il est en charge de toute la bouffe des trois complexes (Tulum, Coba, Akumal) J’ai eu le privilège de jaser avec lui à quelques reprises et il est très attentif aux critiques. Comme j’adore la popote, nous avons encore cette année eu plaisir à jaser cuisine. Naturellement, vous vous en doutez, j’étais celui qui prenait des notes!!!!
Au buffet il y a de tout et quand je dis tout! Je dis TOUT! Il y a même un coin Oriental avec sushis, rouleaux impériaux, chow main et etc, etc, etc. Il y aussi un coin enfant avec des menus populaires (croquette de poulet, pizza, pâte, burger … ) un coin portugais, mexicain, français et d’autres que j’oublie en plus des thèmes qui change tous les soirs. Des fruits et légumes en quantité industrielles, toujours 2 soupes différentes bref, je n’ai jamais eu le temps d’essayer la moitié de ce qui était offert.
Les restos à la carte :
Nous les avons tous essayé et certains à 2 reprises. La représentante aux relations publiques nous avait gentiment ‘booké’ avant notre arrivée tous les soirs dans les restos à la carte. 4ième visite oblige.
Mon coup de cœur, l’Arlequin situé dans la section Akumal. Un resto français de grande classe. Le service fut sans reproche. Les garçons de tables sont d’une attention et gentillesse incroyable. La seule difficulté est celle de choisir sur le menu. Tout est accrocheur. Les cuissons sont comme vous le demandez et présentez dans une assiette très bien ‘décoré’ Les vins maisons sont bien sans plus mais vous pouvez commander des vins plus raffinés vendus à prix raisonnable. Resto à ne pas manquer!
Mon coup de marteau; Le Dolce Vita. Un resto italien. A tous les ans nous y sommes retournés et encore une fois la bouffe était loin de nos attentes. Pour donner un exemple, la lasagne était sans sauce, celle-ci ayant complètement disparu en la réchauffant au micro-onde. Les autres plats n’étaient guère mieux. A éviter!
Les buffets sont excellents, le service de boissons aux tables est rapide et courtois, peu importe si vous ‘tipez’ ou pas et ce, toujours avec le sourire. En plus des ‘garçons’, leurs superviseurs, souvent 2, veillent au bon déroulement des opérations. La décoration intérieure ne ressemble en rien à une salle de buffet mais plutôt à un restaurant haut de gamme. Ces restos et buffets ne sont pas climatisé, mais d’innombrables ventilateurs sont continuellement en fonction. Un ‘TIP’ prenez une table près d’une grande fenêtre ouverte, vous adorerez la brise, surtout au dîner.
L’animation de jour est présente partout sur le site. Contrairement au club Med, on ne vous achale pas pour participer. Le soir, ces mêmes animateurs se transforment en ‘acteurs’ pour les spectacles. Je dois dire que contrairement aux années passées, leurs performances furent fort appréciées par la clientèle. Au Tulum le jeudi soir, il y a un imitateur de Michael Jackson. La ressemblance est frappante et sa performance approche celle du ‘vrai’
La discothèque se trouve à l’Hacienda Dona Isabella.
Le tipage :
Que vous donniez ou pas, le service est aussi rapide, courtois et toujours avec le sourire. Bien entendu, un p’ti 10 pesos ($1.00) de temps en temps ne fait pas de tort. Cependant, je crois qu’il faut débuter avec une poignée de main avant de ‘flasher’ les pesos au bout du bras. Ne rendons pas la Riviera Maya comme nous avons fait à Cuba, où le ‘tip’, vient en premier.
C’est un immense complexe. Les déplacements sont quasi-obligatoires avec un ‘cart de golf’ durant le jour, la chaleur étant avec l’humidex, écrasante si vous voulez passer d’un complexe à l’autre. Le Coba est loin de la mer, un ‘lift’ s’impose, donc, vous devez attendre le ‘cart de golf’ identifié ‘playa’ pour vous rendre à la plage.
SURTOUT, n’achetez rien à l’hôtel ou à l’Hacienda Dona Isabella (situé à l’entrée des complexes) lesquelles sont de beaucoup plus cher que partout ailleurs, ce dernier endroit se veut un genre de centre d’achat ‘déguisé’ en village mexicain. Les prix sont plus élevés qu’en dehors du ‘site’ et de beaucoup. Je vous recommande d’aller à Tulum qui se trouve à 25 km au Sud. Petit village où vous pouvez aussi prendre un verre dans les nombreux bistros. Plusieurs boutiques se trouvent le long de la ‘main’. Si vous vous promenez dans les rues intérieures du village, vous comprendrez toute la définition du mot «pauvreté» Plusieurs vivent encore dans des huttes construites comme à l’époque des Mayas. Je fus béni par un vieil homme y habitant à qui j’ai donné 50 pesos.
La plupart des gens parlent anglais sauf, les vieux de la vieille dont l’espagnol est et sera toujours l’unique langue. Un minimum d’espagnol suffit pour se faire comprendre et pour les débrouillards, il y a aussi les signes!!!
Puerto Morelos est un p’ti village sur le bord de la mer, personnellement le contact avec les gens était absent, ce village multiplie à une vitesse folle les luxueuses villas détenues par des étrangers.
Puerto Aventuras est sensiblement la même chose en incluant une marina. Vous pouvez par contre vous baigner avec des dauphins moyennant un p’ti $100-150. (!)
En conclusion, je recommande le Bahia Principe Tulum et Akumal (Coba étant loin de tout) si vous recherchez un lieu de vacance sublime, sans reproche et où tout est à l’honneur, incluant fruits de mer et vin mousseux méthode champenoise (champagne)
Serglo
Comme c’était la 4ième fois à ce complexe et que des résumés furent fait, je me suis permis de «copié-collé» la généralité et d’y ajouter les quelques changements que j’ai observé durant mon séjour.
Dans ce résumé, les complexes Tulum, Coba et Akumal sont identique concernant la propreté, la bouffe et le service.
Pour débuter par la fin, c’est un endroit que je recommande fortement, à condition d’aimer les ‘super’ complexes.
Vol TS-380 d’Air Transat, un Airbus 310 série 300 de 250 passagers dont le recul à la barrière s’est fait à l’heure, soit 11h45. Vol plein, aucun siège libre. Rien n’a changé, la bouffe est dégelasse. Vaudrait mieux ne rien donner. Dans le fond, ce n’est que 4 heures de vol, des ‘peanuts’ suffiraient!
Après 45 minutes de vol, le commandant nous annonce que nous devons retourner à Dorval à cause d’un problème hydraulique de l’appareil. Les pompiers nous attendaient à l’arrivée mais tout s’est bien déroulé. Je peux vous dire que le calme plat régnait lors du retour.
Cette ‘aventure’ nous a coûté 3 heures de retard et un changement d’appareil. Quand même pas si pire ! Bravo Air Transat pour votre rapidité d’exécution et votre professionnalisme.
Les endroits à visiter ne manquent pas sur la Riviera Maya. Prenez quelques minutes pour passer à votre bibliothèque pour y prendre des notes. Tout le long de la seule route qui longe la mer, la 307, vous trouverez des panneaux routiers vous indiquant les endroits d’intérêts et le nombre de kilométrage pour atteindre le point.
A notre arrivée, vu le nombre de visites, nous avions une petite bouteille de Téquila, des fleurs et fruits sur la table. Une note de la représentante des relations publiques nous souhaitant la bienvenue. Nous portions un ‘bracelet’ couleur or ce qui indique VIP ‘titre’ accordé par le nombre de visite. Partout, les employés nous demandaient si tout était à notre goût.
Ne vous laissez pas ‘embarquer’ par la représentante Nolitours/Air Transat concernant la dangerosité de conduire au Mexique. C’est totalement faux! Disons, que c’est super payant de vous vendre des excursions au double voir le triple du prix que si vous vous y rendez par vos propres moyens. Il y a les bus, les colectivos, taxis et les autos de location.
En ce qui me concerne, je loue toujours chez Hert’z à l’aéroport de Cancun. A l’hôtel, les autos vous coûteront les yeux de la tête.
Sachez qu’à Playa del Carmen (qu’il ne faut surtout pas manquer de visiter) il faudra ‘marchander’ partout. Comme exemple, pour un gugusse qu’ont demandait 400 pesos nous l’avons finalement eu pour 75 pesos. Et je ne sais toujours pas si c’était encore trop payé!!! Il y a même un Walmart sur la 8 ième rue pour les nostalgiques de cette chaîne.
Je vous recommande d’aller à Tulum qui se trouve à 25 km au Sud. Petit village où vous pouvez aussi prendre un verre où manger la bouffe locale dans les nombreux bistros. Plusieurs boutiques se trouvent le long de la ‘main’. Si vous vous promenez dans les rues intérieures du village, vous comprendrez toute la définition du mot «pauvreté» Plusieurs vivent encore dans des huttes faites comme à l’époque des Mayas. Je fus béni par un vieil homme y habitant à qui j’ai donné 50 pesos.
Attaquons maintenant les complexes!
Si une note parfaite était possible (laissons-nous un jeu pour le prochain) il l’aurait. Le seul point négatif est la baignade qui se veut un tantinet difficile avec tous ces récifs. Le port du soulier de plage est recommandé pour les pieds sensibles. Le sable, surtout du coté Tulum, est granuleux étant formé de minuscule fragment de corail.
Nous étions dans la section ‘Golden Club’. Ce ‘privilège’ donne droit à une chambre près de la mer, la notre était, on ne peu plus sur le bord (bloc 67) un petit club privé avec un bar, Internet gratuit (30 minutes par jour) des pantoufles et robes de chambres en ratine (2) et quelques avantages, disons, pas toujours utile.
La propreté est le château fort du Bahia Principe. Que ce soit sur les planchers des cuisines, pourtant nombreuses, les toilettes publiques, les piscines (innombrables) avec ces eaux cristallines bref, sur le site au complet, il est impossible de trouver quoi que ce soit qui viendrait en conflit avec le mot propreté. Un gros 10 sur 10!
La bouffe! Coupons court! Tout à fait exquise!
Disons en partant, que le Chef exécutif est un français (Vincent) super sympathique et qui prendra le temps de jaser avec vous. Il est en charge de toute la bouffe des trois complexes (Tulum, Coba, Akumal) J’ai eu le privilège de jaser avec lui à quelques reprises et il est très attentif aux critiques. Comme j’adore la popote, nous avons encore cette année eu plaisir à jaser cuisine. Naturellement, vous vous en doutez, j’étais celui qui prenait des notes!!!!
Au buffet il y a de tout et quand je dis tout! Je dis TOUT! Il y a même un coin Oriental avec sushis, rouleaux impériaux, chow main et etc, etc, etc. Il y aussi un coin enfant avec des menus populaires (croquette de poulet, pizza, pâte, burger … ) un coin portugais, mexicain, français et d’autres que j’oublie en plus des thèmes qui change tous les soirs. Des fruits et légumes en quantité industrielles, toujours 2 soupes différentes bref, je n’ai jamais eu le temps d’essayer la moitié de ce qui était offert.
Les restos à la carte :
Nous les avons tous essayé et certains à 2 reprises. La représentante aux relations publiques nous avait gentiment ‘booké’ avant notre arrivée tous les soirs dans les restos à la carte. 4ième visite oblige.
Mon coup de cœur, l’Arlequin situé dans la section Akumal. Un resto français de grande classe. Le service fut sans reproche. Les garçons de tables sont d’une attention et gentillesse incroyable. La seule difficulté est celle de choisir sur le menu. Tout est accrocheur. Les cuissons sont comme vous le demandez et présentez dans une assiette très bien ‘décoré’ Les vins maisons sont bien sans plus mais vous pouvez commander des vins plus raffinés vendus à prix raisonnable. Resto à ne pas manquer!
Mon coup de marteau; Le Dolce Vita. Un resto italien. A tous les ans nous y sommes retournés et encore une fois la bouffe était loin de nos attentes. Pour donner un exemple, la lasagne était sans sauce, celle-ci ayant complètement disparu en la réchauffant au micro-onde. Les autres plats n’étaient guère mieux. A éviter!
Les buffets sont excellents, le service de boissons aux tables est rapide et courtois, peu importe si vous ‘tipez’ ou pas et ce, toujours avec le sourire. En plus des ‘garçons’, leurs superviseurs, souvent 2, veillent au bon déroulement des opérations. La décoration intérieure ne ressemble en rien à une salle de buffet mais plutôt à un restaurant haut de gamme. Ces restos et buffets ne sont pas climatisé, mais d’innombrables ventilateurs sont continuellement en fonction. Un ‘TIP’ prenez une table près d’une grande fenêtre ouverte, vous adorerez la brise, surtout au dîner.
L’animation de jour est présente partout sur le site. Contrairement au club Med, on ne vous achale pas pour participer. Le soir, ces mêmes animateurs se transforment en ‘acteurs’ pour les spectacles. Je dois dire que contrairement aux années passées, leurs performances furent fort appréciées par la clientèle. Au Tulum le jeudi soir, il y a un imitateur de Michael Jackson. La ressemblance est frappante et sa performance approche celle du ‘vrai’
La discothèque se trouve à l’Hacienda Dona Isabella.
Le tipage :
Que vous donniez ou pas, le service est aussi rapide, courtois et toujours avec le sourire. Bien entendu, un p’ti 10 pesos ($1.00) de temps en temps ne fait pas de tort. Cependant, je crois qu’il faut débuter avec une poignée de main avant de ‘flasher’ les pesos au bout du bras. Ne rendons pas la Riviera Maya comme nous avons fait à Cuba, où le ‘tip’, vient en premier.
C’est un immense complexe. Les déplacements sont quasi-obligatoires avec un ‘cart de golf’ durant le jour, la chaleur étant avec l’humidex, écrasante si vous voulez passer d’un complexe à l’autre. Le Coba est loin de la mer, un ‘lift’ s’impose, donc, vous devez attendre le ‘cart de golf’ identifié ‘playa’ pour vous rendre à la plage.
SURTOUT, n’achetez rien à l’hôtel ou à l’Hacienda Dona Isabella (situé à l’entrée des complexes) lesquelles sont de beaucoup plus cher que partout ailleurs, ce dernier endroit se veut un genre de centre d’achat ‘déguisé’ en village mexicain. Les prix sont plus élevés qu’en dehors du ‘site’ et de beaucoup. Je vous recommande d’aller à Tulum qui se trouve à 25 km au Sud. Petit village où vous pouvez aussi prendre un verre dans les nombreux bistros. Plusieurs boutiques se trouvent le long de la ‘main’. Si vous vous promenez dans les rues intérieures du village, vous comprendrez toute la définition du mot «pauvreté» Plusieurs vivent encore dans des huttes construites comme à l’époque des Mayas. Je fus béni par un vieil homme y habitant à qui j’ai donné 50 pesos.
La plupart des gens parlent anglais sauf, les vieux de la vieille dont l’espagnol est et sera toujours l’unique langue. Un minimum d’espagnol suffit pour se faire comprendre et pour les débrouillards, il y a aussi les signes!!!
Puerto Morelos est un p’ti village sur le bord de la mer, personnellement le contact avec les gens était absent, ce village multiplie à une vitesse folle les luxueuses villas détenues par des étrangers.
Puerto Aventuras est sensiblement la même chose en incluant une marina. Vous pouvez par contre vous baigner avec des dauphins moyennant un p’ti $100-150. (!)
En conclusion, je recommande le Bahia Principe Tulum et Akumal (Coba étant loin de tout) si vous recherchez un lieu de vacance sublime, sans reproche et où tout est à l’honneur, incluant fruits de mer et vin mousseux méthode champenoise (champagne)
Serglo
Tulum aujourd'hui, le même que le Tulum d'hier? English translation pending
Bonjour tout le monde,
Je suis en train de préparer un voyage à Tulum pour les 10 premiers jours d'Avril 2010. Cela sera ma troisième visite dans ce coin que j'ai longtemps considéré comme un petit bout de paradis... Oui mais voilà, après quelques jours de recherches je m'aperçois qu'en 7 ans (année de ma dernière venue) le nombre de cabanas et surtout les prix sont devenus incroyablement élevés.
Alors Tulum a-t-elle vraiment tant changée? Quelques bons plans pour des cabanas ? Nous ne sommes pas des routards, nous aimons un certain confort mais plutôt authentique que luxueux...
Merci d'avance.
Je suis en train de préparer un voyage à Tulum pour les 10 premiers jours d'Avril 2010. Cela sera ma troisième visite dans ce coin que j'ai longtemps considéré comme un petit bout de paradis... Oui mais voilà, après quelques jours de recherches je m'aperçois qu'en 7 ans (année de ma dernière venue) le nombre de cabanas et surtout les prix sont devenus incroyablement élevés.
Alors Tulum a-t-elle vraiment tant changée? Quelques bons plans pour des cabanas ? Nous ne sommes pas des routards, nous aimons un certain confort mais plutôt authentique que luxueux...
Merci d'avance.
Le Cambodge version piste (Le Banteay Chhmar) English translation pending
Ladies and gentlemen,
approchez, approchez;
soyez les témoins éberlués des aventures rocambolesques de l'homme voyageur.
Rasé toutes les trois semaines, lavé presque tous les jours et jamais fatigué,
On pourrait vous dire que vous n'en reviendrez pas,
mais on préfère dire que vous y reviendrez un peu, beaucoup, à la folie.
La séparation d'avec Madro est encore toute fraiche. Une dernière douche chaude sans savoir quand sera la prochaine, un rapide coup d'oeil à la piscine dont je n'ai pas assez profité plus par paresse qu'autre chose, le temps de couper la climatisation qui maintenait la température de la chambre à des hauteurs tempérées et me voilà errant dans Siem Reap à la recherche d'une guesthouse (GH) à plus dans mes cordes. D'après le LP, la Naga GH est une de celles là. Dans ma nouvelle chambrée, un lit avec matelas, un ventilateur, une table basse et une prise de courant; en un mot, l'essentiel. Mais pour l'instant, l'essentiel est encore de s'y rendre. Le moyen le plus simple est le Tuk-tuk et en cinq minutes, me voilà rendu... ailleurs. Enfin c'est ce que je pensais car le tuk-tuk me dépose dans une rue qui est coupée sur toute la largeur par d'importants travaux. La chaussée, il n'y en a plus. A la place, un trou béant occupant une trentaine d'ouvriers qui travaillent en une journée plus que moi en un mois de Bank de Tokyo. Je vous entends déjà dire que je ne suis qu'un feignant mais ce n'est pas ça. C'est juste qu'entre travailler dans un bureau parisien huit heures par jour et excaver le sous-sol cambodgien, ce n'est pas vraiment la même affaire surtout quand il fait 35° à l'ombre et qu'il n'y a pas d'ombre, et que la poussière tuerait sur place un asthmatique moyen. La route est donc hors service pour les voitures, c'est logique. Et comme il n'y a même plus de trottoir, ça devrait aussi être interdit aux piétons, vélos et autres mobilettes. Seulement on est pas en France et la sécurité ici est plus un concept qu'une notion établie. Donc pour rejoindre mon hotel, il faut donc que je passe de planches en planches, chacune posée au dessus du vide dans un équilibre forcément précaire, avec mes kilos sur le dos. C'est pas un accès facile mais je suis sûr qu'avec un peu de pratique, je vais bientôt pouvoir sauter le trou en saut à la perche!
J'arrive donc à la GH en un seul morceau malgré l'adversité et commence à vider mon sac en vue d'écrire, forcément. Et bien ce faisant, tout d'un coup, je me rends compte d'un truc : qu'est ce que j'ai foutu de ma montre? Ca fait un an que je l'ai, que je la protège de l'eau car pas étanche car thaïlandaise bon marché, que je l'adore ma Philippe Patok. Et là, elle (me) manque. Un petit exercice de mémoire plus tard, ça y est, je sais!!! Je l'ai laissé à l'hotel fréquenté avec Madro et comme j'ai pris une douche avant de partir, j'ai dû m'en séparer temporairement et l'oublier comme un gland... Me revoilà donc au Day Inn hotel. J'explique donc mon cas simplement et avec assez de cohérence pour que le réceptionniste mette l'hotel à sac pour retrouver ma (pas si) précieuse. Seulement rien y fait, la chambre a été faite et plus rien de moi ne demeure hormi peut-être quelques poils ou cheveux tombés là avec honneur. Et comme je suis sûr de moi, j'insiste; mais non, ma montre est perdue, bordel!!!
Durant les 5 premiers mois de voyage, c'est d'ailleurs étonnant, mais j'ai toujours réussi à conserver l'ensemble de mes biens grace à un peu d'organisation, et là, c'est plus ou moins le début de la fin, si on excepte un gant de toilette perdu un peu plus tôt. Et c'est pas fini (à suivre...).
La journée prend donc une tournure négative et comme c'est par ma faute, ou celle de la personne qui nettoye les chambres, je n'ai de cesse de me traîter de tous les noms sur le chemin retour qui passera par le marché centrale pour m'acheter une toute nouvelle Rolox ainsi qu'un réveil car mon MP3 n'est finalement pas fiable...
De retour donc à l'hotel, je ne fais rien d'autre que de noircir des pages d'écriture pour mon plaisir (surtout quand c'est fini) et j'espère aussi pour le tient. Dans tout ça, je ne sais toujours pas ce que je fais le lendemain... J'ai le choix entre deux nouveaux temples perdus dans le nord du pays. En fait, le choix sera vite fait car j'avais rencontré plus tôt un type qui m'avait dit que la meilleure chose qu'il avait faite était la visite du Banteay Chhmar avec deux "h", un temple à moins de 100km à vol d'oiseau de Siem Reap, un jeu d'enfant. Je prends donc un billet de bus pour Sissophon, la ville la plus proche, puis continue à écrire, puis vais finalement dormir pour anticiper le réveil de 6h.
Le lendemain matin, je suis donc sur le pont à l'heure grace à mon nouveau super réveil en plastique à 5h50, heure à laquelle tous ceux qui travaillent à la GH se réveille aussi pour une longue journée oisive dans l'attente du client. Et quoi de mieux pour les journées oisives qu'une bouteille de whisky? Pffft, j'sais pas trop... Car j'ai en fait dans mon sac, depuis la veille, la bouteille à peine entamée qui avait été apportée par Madro depuis la France. Et comme ils n'ont pas voulu la récupérer malgré mon insistance, je la laisse lachement à un type d'une vingtaine d'années qui sort tout juste des bras de morphée. Tu parles d'une surprise pour le bonhomme!!! Un litre de whisky qui arrive tout cuit en bouche à l'heure où même le petit déjeuner hésite encore à sortir du lit. Je le préviens que c'est assez fort et que ce serait mieux pour lui d'attendre quelques heures avant de boire le précieux breuvage, je ne suis pas complètement irresponsable!! Un bus vient me prendre directement à l'hotel, il est presque plein, de touristes... C'est le bus qui relie Siem Reap à Bangkok, pas pour les cambodgiens... L'avantage, au moins, c'est qu'il ne s'arrêtera pas tous les kilomètres pour faire monter ou descendre quelqu'un.
Comme il est 6h, j'y finis ma nuit et ne suis réveillé qu'à 11h, heure à laquelle on s'arrête déjeuner dans un restoroute au milieu de nulle part. Comme je suis naturellement dans le cirage le plus complet, à cause de mon réveil éclair, je sors du bus la fleur au fusil avec simplement quelques baths et une cigarette, c'est tout. Tout le reste est dans le bus. Et alors que je fais connaissance avec un groupe de jeunes venus de Singapoure et qu'il me faut aller chercher quelque chose dans mes affaires, je monte dans un premier bus, pas le mien. Un deuxième, pas le mien non plus. Qu'est ce que c'est que ce bronx, il n'y a que deux cars sur le parking et aucuns d'eux ne correspond à mon bus qui a littéralement disparu!!!! Avec l'ensemble de mes affaires!!!! Ca dure 5 minute, 10 minutes, un quart d'heure, 20 minutes. Plus ca va et plus mon palpitant joue du Jembe. Est-ce qu'il va encore falloir que je m'insulte en silence, mais cette fois pour quelque chose de plus important qu'une fausse montre sans valeur? Je sens la panique monter. Mon passeport, mon cash, ma carte bleue, ma brosse à dents, tout le bordel manque à l'appel!!! Heureusement, après 25 minutes, le bus revient, apparemment d'une session de station service mais vu le temps que ça lui a pris, il a dû en faire des kilomètres pour trouver du fuel!! En retrouvant mon siège, bénit sois je, rien ne manque. Ouf!!!! Seulement, la prochaine fois c'est promis, quelques soient les circonstances, je garde mon trésor de guerre à portée de main. Une bonne frayeur donc, mais c'est apparemment comme ça qu'on progresse!!
Le reste du trajet sera vite avalé. A l'arrivée à Sissophon, je vous le donne en mille, je suis ENCORE le seul à descendre. Je dis au revoir à mes nouveaux potes singapouriens et leur promets de leur donner des nouvelles lorsque je serais à l'approche de chez eux, dans quelques mois. Excellent!!!
Je trouve facilement un hotel, c'est le métier qui rentre, et passe encore une fois l'après-midi devant l'ordi.
Le soir venu, il est temps d'aller chercher de quoi se restaurer. Je tourne dans Sissophon comme une âme en peine, impossible de trouver autre chose que des gargottes à la propreté douteuse. Est-ce que j'ai envie d'appeler les services sanitaires ou est-ce que j'ai juste envie de manger? Finalement, alors que je marche dans les rues en saluant tout le monde de 7 à 77 ans, une petite bonne femme m'interpelle : "food? food?". En gros, ça veut dire qu'elle et sa famille tiennent un resto mais faute de clients, ils ont fermé bien tôt. Je suis donc le seul à table alors que la famille vaque à ses activités, notamment le garage de leur 4X4 dans la pièce principale du restaurant où je suis exactement en train d'entamer mon curry au poulet. Ca a beau masquer les odeurs d'essence, pour la vue c'est bizarre, quand je lève les yeux, la bagnole parait occuper tout l'endroit. Je mange donc, salue mes hotes à l'issue pour ce repas frugal et atypique, et caresse quelques minutes le chat de la maison en m'étonnant que celui-ci ait une queue à l'inverse de 99% des chats qu'on croise en Asie du sud-est!. C'est le retour à l'hotel, le retour du sommeil.
Je suis debout bien plus tôt que prévu. Ma chambre dont la fenêtre est ouverte donne directement sur le centre de Sissophon et je ne sais pas si c'est parce que c'est aussi le weekend pour les cambodgiens mais dès 6h, la ville déverse un flot ininterrompu de musique traditionnelle à base de AYYYYY AYYYYYYYYYY. Pour moi c'est plutôt aïe aïe aïe, et me voilà debout. Le temps de me rendre compte que même la fenêtre fermée je ne pourrait gagner la guerre du bruit, c'est l'heure de l'expédition pour Banteay Chhmar et comme la route est dite "particulièrement mauvaise" dans le LP, je fais le choix de dégotter un chauffeur de moto qui pourra m'y conduire sur les 50 kilomètres de piste nous en séparant encore. Dégotter un chauffeur de moto? Facile au Cambodge!! A peine sorti de l'hotel, ils sont 3 à se disputer mes faveurs! Je choisis donc le moins cher même s'il ne parle pas un traitre mot d'anglais et c'est parti mon kiki!! Après 1km de route goudronnée pour sortir de la ville, on arrive au royaume de la poussière. Baignée par le soleil depuis de nombreux mois sans pluie, la piste est mi-sablonneuse mi-pierreuse, couleur ocre voire terre battue. Elle est également fréquentée par tout ce que le Cambodge compte de véhicules divers et variés. Du motoculteur surchargé au camion fou, tout y passe. Je dis camion fou car sur la piste, le camion est celui qui va le plus vite. Pour rester sur le même thème camionneur, chaque fois qu'on se fait doubler ou qu'on croise un camion, ou même une voiture, celui-ci lève un nuage de poussière qui pourrait recouvrir le continent européen!! Et comme mon chauffeur n'a de casque ni pour lui ni pour moi, à chaque fois, c'est une nouvelle épaisseur de poussière qui s'ajoute à la précédente des pieds à la tête. Si on compte en plus que pour parcourir les 50km, il nous a fallu deux heures quinze, de 8h à 10H15, vous comprenez sans mal que des camions, on a eu le temps d'en croiser quelques uns!!!
En arrivant au temple, comme on est plus sur la moto et qu'il fait pas loin de 40°, la transpiration vient se mèler à la poussière pour former une sorte de pâte. On a déjà vu plus plaisant!! Sur place, pas d'autre conducteur de moto, je suis le seul touriste. Je suis même obligé de réveiller la personne qui s'occupe de vendre les billets d'entrée quand elle n'est pas dans son hamac à l'ombre de sa guérite. Ca y est enfin donc, j'ai mon ticket, il est l'heure de se rendre compte. Le Banteay Chhmar a ceci de particulier que c'est un vrai champ de ruines. Par endroit, il y a encore des semblants de murs qui ressemblent à quelque chose mais entre eux, c'est un vrai bazar. Les pierres de plusieurs tonnes qui s'étalent au sol se comptent par milliers. Je suis parfois obligé d'avancer à quatre pattes pour ne pas me casser la figure mais au final, ça rend l'expérience unique. Alors que je visite, je suis persuadé d'être le découvreur du sîte, c'est en tout cas ce à quoi ça ressemble. C'est vraiment de l'Indiana Jones dans le texte!! Et puis seul au monde! Et puis sans eau!! Comme la tête de linotte que je suis, j'ai oublié de prendre de l'eau ce qui abrègera la visite après plus d'une heure, la chaleur rendant le tout bien trop épuisant et bien trop transpirant. C'est un coup à fondre littéralement au soleil, non merci!! On repassera. Plus tard, bien plus tard. C'est donc le moment de retrouver mon chauffeur pour une nouvelle séance de ventilateur géant matinée de poussière couleur Roland Garros.
2h15 à l'aller, 2h30 au retour. Pour 50 kilomètres!! Au moins si on a un accident, on aura le temps de le voir venir à cette vitesse!!
Au final, quand on retrouve la route bitumée, c'est une vraie libération, je remplis les oreilles du conducteur de cris de joie, on dirait qu'on a gagné la coupe du monde ou que le PSG est champion de France... (sic) Laissé devant l'hotel, je marche comme un cowboy. Près de 5 heures de bécane auront eu raison de ma démarche chaloupée! De plus, arrivé dans la chambre, c'est l'hallucination quand je me regarde dans le miroir après avoir enlevé ma sacrosainte casquette. Je suis un tas de poussière ambulant. Même de près sur les zones laissées découvertes pendant la "route", je n'aperçois même plus un pore de ma peau!! De la poussière, de la poussière et encore de la poussière!! Et quand j'enlève mes vêtements pour me jeter sous la douche froide, ce sont de vrais cumulo-nimbus qui s'échappent!!! Est-ce qu'il faut que je brule toutes mes fringues du jour? Peut-être mais peut-être pas, faut pas exagérer... En tout cas, même en omettant la douche, je suis rincé et ne ferais pas long feu. Après un retour dinatoire chez la famille de la veille, je suis couché en même temps que les khmers et c'est pour moi une vraie perf'!!
On est dimanche et comme la veille, la même musique sonne le tocsin dès 6h du matin alors que le soleil est une boule de feu naissante qu'on peut encore regarder à l'oeil nu. Le spectacle est chouette mais comme la veille je m'en serais bien passé!! De là, c'est le retour à Siem Reap par le même chemin que l'avant veille sauf que cette fois, le car qui était prévu à 9h arrive à 10h45, certains diraient que ça ressemble à la SNCF, je leur dirais juste que ça ressemble plus au Cambodge, pays où le cours du temps est tout relatif. Je suis en ville à 13h30, heure à laquelle je retourne à la Naga GH pour la deuxième fois en trois jours. Personne là n'a oublié ma tronche et surtout pas celui à qui j'ai refilé la bouteille de Whisky!!!! C'est donc à son invitation qu'on finira la bouteille qu'il avait déjà fort bien entamé avec ses potes et les autres employés de la GH. Parfaite façon de finir mon séjour ici, tout le monde il est beau, tout le monde il est content! Le lendemain, il sera temps de se rapprocher du Laos en même temps que de célébrer mes 33 printemps, c'est la fête. Comme tous les jours...
La séparation d'avec Madro est encore toute fraiche. Une dernière douche chaude sans savoir quand sera la prochaine, un rapide coup d'oeil à la piscine dont je n'ai pas assez profité plus par paresse qu'autre chose, le temps de couper la climatisation qui maintenait la température de la chambre à des hauteurs tempérées et me voilà errant dans Siem Reap à la recherche d'une guesthouse (GH) à plus dans mes cordes. D'après le LP, la Naga GH est une de celles là. Dans ma nouvelle chambrée, un lit avec matelas, un ventilateur, une table basse et une prise de courant; en un mot, l'essentiel. Mais pour l'instant, l'essentiel est encore de s'y rendre. Le moyen le plus simple est le Tuk-tuk et en cinq minutes, me voilà rendu... ailleurs. Enfin c'est ce que je pensais car le tuk-tuk me dépose dans une rue qui est coupée sur toute la largeur par d'importants travaux. La chaussée, il n'y en a plus. A la place, un trou béant occupant une trentaine d'ouvriers qui travaillent en une journée plus que moi en un mois de Bank de Tokyo. Je vous entends déjà dire que je ne suis qu'un feignant mais ce n'est pas ça. C'est juste qu'entre travailler dans un bureau parisien huit heures par jour et excaver le sous-sol cambodgien, ce n'est pas vraiment la même affaire surtout quand il fait 35° à l'ombre et qu'il n'y a pas d'ombre, et que la poussière tuerait sur place un asthmatique moyen. La route est donc hors service pour les voitures, c'est logique. Et comme il n'y a même plus de trottoir, ça devrait aussi être interdit aux piétons, vélos et autres mobilettes. Seulement on est pas en France et la sécurité ici est plus un concept qu'une notion établie. Donc pour rejoindre mon hotel, il faut donc que je passe de planches en planches, chacune posée au dessus du vide dans un équilibre forcément précaire, avec mes kilos sur le dos. C'est pas un accès facile mais je suis sûr qu'avec un peu de pratique, je vais bientôt pouvoir sauter le trou en saut à la perche!
J'arrive donc à la GH en un seul morceau malgré l'adversité et commence à vider mon sac en vue d'écrire, forcément. Et bien ce faisant, tout d'un coup, je me rends compte d'un truc : qu'est ce que j'ai foutu de ma montre? Ca fait un an que je l'ai, que je la protège de l'eau car pas étanche car thaïlandaise bon marché, que je l'adore ma Philippe Patok. Et là, elle (me) manque. Un petit exercice de mémoire plus tard, ça y est, je sais!!! Je l'ai laissé à l'hotel fréquenté avec Madro et comme j'ai pris une douche avant de partir, j'ai dû m'en séparer temporairement et l'oublier comme un gland... Me revoilà donc au Day Inn hotel. J'explique donc mon cas simplement et avec assez de cohérence pour que le réceptionniste mette l'hotel à sac pour retrouver ma (pas si) précieuse. Seulement rien y fait, la chambre a été faite et plus rien de moi ne demeure hormi peut-être quelques poils ou cheveux tombés là avec honneur. Et comme je suis sûr de moi, j'insiste; mais non, ma montre est perdue, bordel!!!
Durant les 5 premiers mois de voyage, c'est d'ailleurs étonnant, mais j'ai toujours réussi à conserver l'ensemble de mes biens grace à un peu d'organisation, et là, c'est plus ou moins le début de la fin, si on excepte un gant de toilette perdu un peu plus tôt. Et c'est pas fini (à suivre...).
La journée prend donc une tournure négative et comme c'est par ma faute, ou celle de la personne qui nettoye les chambres, je n'ai de cesse de me traîter de tous les noms sur le chemin retour qui passera par le marché centrale pour m'acheter une toute nouvelle Rolox ainsi qu'un réveil car mon MP3 n'est finalement pas fiable...
De retour donc à l'hotel, je ne fais rien d'autre que de noircir des pages d'écriture pour mon plaisir (surtout quand c'est fini) et j'espère aussi pour le tient. Dans tout ça, je ne sais toujours pas ce que je fais le lendemain... J'ai le choix entre deux nouveaux temples perdus dans le nord du pays. En fait, le choix sera vite fait car j'avais rencontré plus tôt un type qui m'avait dit que la meilleure chose qu'il avait faite était la visite du Banteay Chhmar avec deux "h", un temple à moins de 100km à vol d'oiseau de Siem Reap, un jeu d'enfant. Je prends donc un billet de bus pour Sissophon, la ville la plus proche, puis continue à écrire, puis vais finalement dormir pour anticiper le réveil de 6h.
Le lendemain matin, je suis donc sur le pont à l'heure grace à mon nouveau super réveil en plastique à 5h50, heure à laquelle tous ceux qui travaillent à la GH se réveille aussi pour une longue journée oisive dans l'attente du client. Et quoi de mieux pour les journées oisives qu'une bouteille de whisky? Pffft, j'sais pas trop... Car j'ai en fait dans mon sac, depuis la veille, la bouteille à peine entamée qui avait été apportée par Madro depuis la France. Et comme ils n'ont pas voulu la récupérer malgré mon insistance, je la laisse lachement à un type d'une vingtaine d'années qui sort tout juste des bras de morphée. Tu parles d'une surprise pour le bonhomme!!! Un litre de whisky qui arrive tout cuit en bouche à l'heure où même le petit déjeuner hésite encore à sortir du lit. Je le préviens que c'est assez fort et que ce serait mieux pour lui d'attendre quelques heures avant de boire le précieux breuvage, je ne suis pas complètement irresponsable!! Un bus vient me prendre directement à l'hotel, il est presque plein, de touristes... C'est le bus qui relie Siem Reap à Bangkok, pas pour les cambodgiens... L'avantage, au moins, c'est qu'il ne s'arrêtera pas tous les kilomètres pour faire monter ou descendre quelqu'un.
Comme il est 6h, j'y finis ma nuit et ne suis réveillé qu'à 11h, heure à laquelle on s'arrête déjeuner dans un restoroute au milieu de nulle part. Comme je suis naturellement dans le cirage le plus complet, à cause de mon réveil éclair, je sors du bus la fleur au fusil avec simplement quelques baths et une cigarette, c'est tout. Tout le reste est dans le bus. Et alors que je fais connaissance avec un groupe de jeunes venus de Singapoure et qu'il me faut aller chercher quelque chose dans mes affaires, je monte dans un premier bus, pas le mien. Un deuxième, pas le mien non plus. Qu'est ce que c'est que ce bronx, il n'y a que deux cars sur le parking et aucuns d'eux ne correspond à mon bus qui a littéralement disparu!!!! Avec l'ensemble de mes affaires!!!! Ca dure 5 minute, 10 minutes, un quart d'heure, 20 minutes. Plus ca va et plus mon palpitant joue du Jembe. Est-ce qu'il va encore falloir que je m'insulte en silence, mais cette fois pour quelque chose de plus important qu'une fausse montre sans valeur? Je sens la panique monter. Mon passeport, mon cash, ma carte bleue, ma brosse à dents, tout le bordel manque à l'appel!!! Heureusement, après 25 minutes, le bus revient, apparemment d'une session de station service mais vu le temps que ça lui a pris, il a dû en faire des kilomètres pour trouver du fuel!! En retrouvant mon siège, bénit sois je, rien ne manque. Ouf!!!! Seulement, la prochaine fois c'est promis, quelques soient les circonstances, je garde mon trésor de guerre à portée de main. Une bonne frayeur donc, mais c'est apparemment comme ça qu'on progresse!!
Le reste du trajet sera vite avalé. A l'arrivée à Sissophon, je vous le donne en mille, je suis ENCORE le seul à descendre. Je dis au revoir à mes nouveaux potes singapouriens et leur promets de leur donner des nouvelles lorsque je serais à l'approche de chez eux, dans quelques mois. Excellent!!!
Je trouve facilement un hotel, c'est le métier qui rentre, et passe encore une fois l'après-midi devant l'ordi.
Le soir venu, il est temps d'aller chercher de quoi se restaurer. Je tourne dans Sissophon comme une âme en peine, impossible de trouver autre chose que des gargottes à la propreté douteuse. Est-ce que j'ai envie d'appeler les services sanitaires ou est-ce que j'ai juste envie de manger? Finalement, alors que je marche dans les rues en saluant tout le monde de 7 à 77 ans, une petite bonne femme m'interpelle : "food? food?". En gros, ça veut dire qu'elle et sa famille tiennent un resto mais faute de clients, ils ont fermé bien tôt. Je suis donc le seul à table alors que la famille vaque à ses activités, notamment le garage de leur 4X4 dans la pièce principale du restaurant où je suis exactement en train d'entamer mon curry au poulet. Ca a beau masquer les odeurs d'essence, pour la vue c'est bizarre, quand je lève les yeux, la bagnole parait occuper tout l'endroit. Je mange donc, salue mes hotes à l'issue pour ce repas frugal et atypique, et caresse quelques minutes le chat de la maison en m'étonnant que celui-ci ait une queue à l'inverse de 99% des chats qu'on croise en Asie du sud-est!. C'est le retour à l'hotel, le retour du sommeil.
Je suis debout bien plus tôt que prévu. Ma chambre dont la fenêtre est ouverte donne directement sur le centre de Sissophon et je ne sais pas si c'est parce que c'est aussi le weekend pour les cambodgiens mais dès 6h, la ville déverse un flot ininterrompu de musique traditionnelle à base de AYYYYY AYYYYYYYYYY. Pour moi c'est plutôt aïe aïe aïe, et me voilà debout. Le temps de me rendre compte que même la fenêtre fermée je ne pourrait gagner la guerre du bruit, c'est l'heure de l'expédition pour Banteay Chhmar et comme la route est dite "particulièrement mauvaise" dans le LP, je fais le choix de dégotter un chauffeur de moto qui pourra m'y conduire sur les 50 kilomètres de piste nous en séparant encore. Dégotter un chauffeur de moto? Facile au Cambodge!! A peine sorti de l'hotel, ils sont 3 à se disputer mes faveurs! Je choisis donc le moins cher même s'il ne parle pas un traitre mot d'anglais et c'est parti mon kiki!! Après 1km de route goudronnée pour sortir de la ville, on arrive au royaume de la poussière. Baignée par le soleil depuis de nombreux mois sans pluie, la piste est mi-sablonneuse mi-pierreuse, couleur ocre voire terre battue. Elle est également fréquentée par tout ce que le Cambodge compte de véhicules divers et variés. Du motoculteur surchargé au camion fou, tout y passe. Je dis camion fou car sur la piste, le camion est celui qui va le plus vite. Pour rester sur le même thème camionneur, chaque fois qu'on se fait doubler ou qu'on croise un camion, ou même une voiture, celui-ci lève un nuage de poussière qui pourrait recouvrir le continent européen!! Et comme mon chauffeur n'a de casque ni pour lui ni pour moi, à chaque fois, c'est une nouvelle épaisseur de poussière qui s'ajoute à la précédente des pieds à la tête. Si on compte en plus que pour parcourir les 50km, il nous a fallu deux heures quinze, de 8h à 10H15, vous comprenez sans mal que des camions, on a eu le temps d'en croiser quelques uns!!!
En arrivant au temple, comme on est plus sur la moto et qu'il fait pas loin de 40°, la transpiration vient se mèler à la poussière pour former une sorte de pâte. On a déjà vu plus plaisant!! Sur place, pas d'autre conducteur de moto, je suis le seul touriste. Je suis même obligé de réveiller la personne qui s'occupe de vendre les billets d'entrée quand elle n'est pas dans son hamac à l'ombre de sa guérite. Ca y est enfin donc, j'ai mon ticket, il est l'heure de se rendre compte. Le Banteay Chhmar a ceci de particulier que c'est un vrai champ de ruines. Par endroit, il y a encore des semblants de murs qui ressemblent à quelque chose mais entre eux, c'est un vrai bazar. Les pierres de plusieurs tonnes qui s'étalent au sol se comptent par milliers. Je suis parfois obligé d'avancer à quatre pattes pour ne pas me casser la figure mais au final, ça rend l'expérience unique. Alors que je visite, je suis persuadé d'être le découvreur du sîte, c'est en tout cas ce à quoi ça ressemble. C'est vraiment de l'Indiana Jones dans le texte!! Et puis seul au monde! Et puis sans eau!! Comme la tête de linotte que je suis, j'ai oublié de prendre de l'eau ce qui abrègera la visite après plus d'une heure, la chaleur rendant le tout bien trop épuisant et bien trop transpirant. C'est un coup à fondre littéralement au soleil, non merci!! On repassera. Plus tard, bien plus tard. C'est donc le moment de retrouver mon chauffeur pour une nouvelle séance de ventilateur géant matinée de poussière couleur Roland Garros.
2h15 à l'aller, 2h30 au retour. Pour 50 kilomètres!! Au moins si on a un accident, on aura le temps de le voir venir à cette vitesse!!
Au final, quand on retrouve la route bitumée, c'est une vraie libération, je remplis les oreilles du conducteur de cris de joie, on dirait qu'on a gagné la coupe du monde ou que le PSG est champion de France... (sic) Laissé devant l'hotel, je marche comme un cowboy. Près de 5 heures de bécane auront eu raison de ma démarche chaloupée! De plus, arrivé dans la chambre, c'est l'hallucination quand je me regarde dans le miroir après avoir enlevé ma sacrosainte casquette. Je suis un tas de poussière ambulant. Même de près sur les zones laissées découvertes pendant la "route", je n'aperçois même plus un pore de ma peau!! De la poussière, de la poussière et encore de la poussière!! Et quand j'enlève mes vêtements pour me jeter sous la douche froide, ce sont de vrais cumulo-nimbus qui s'échappent!!! Est-ce qu'il faut que je brule toutes mes fringues du jour? Peut-être mais peut-être pas, faut pas exagérer... En tout cas, même en omettant la douche, je suis rincé et ne ferais pas long feu. Après un retour dinatoire chez la famille de la veille, je suis couché en même temps que les khmers et c'est pour moi une vraie perf'!!
On est dimanche et comme la veille, la même musique sonne le tocsin dès 6h du matin alors que le soleil est une boule de feu naissante qu'on peut encore regarder à l'oeil nu. Le spectacle est chouette mais comme la veille je m'en serais bien passé!! De là, c'est le retour à Siem Reap par le même chemin que l'avant veille sauf que cette fois, le car qui était prévu à 9h arrive à 10h45, certains diraient que ça ressemble à la SNCF, je leur dirais juste que ça ressemble plus au Cambodge, pays où le cours du temps est tout relatif. Je suis en ville à 13h30, heure à laquelle je retourne à la Naga GH pour la deuxième fois en trois jours. Personne là n'a oublié ma tronche et surtout pas celui à qui j'ai refilé la bouteille de Whisky!!!! C'est donc à son invitation qu'on finira la bouteille qu'il avait déjà fort bien entamé avec ses potes et les autres employés de la GH. Parfaite façon de finir mon séjour ici, tout le monde il est beau, tout le monde il est content! Le lendemain, il sera temps de se rapprocher du Laos en même temps que de célébrer mes 33 printemps, c'est la fête. Comme tous les jours...
Deux mois à Cuba English translation pending
Bonjour ! Je m'en vais pour 2 mois à Cuba en mars/avril l'année prochaine. J'aimerais bien avoir quelques conseils et savoir si certains ont des casas particular à me recommender. J'ai l'intention d'aller à la Havana, Cienfuegos, peut-être Trinidad... Peut importe l'information que vous avez à me donner, je prends tout !! Merci à l'avance !
Domaine Club Evasion au sud d'Agadir English translation pending
Je repars sur mon sujet initial car nous avons dévié sur SaÎdia que je laisse en "pointillé" en attendant de plus amples informations sur les personnes ayant séjourné dans ce complexe ?
Au Maroc 6 complexes sont prévus dont Saïdia et le Domaine Club Evasion au sud d'Agadir. Comme je n'ai pas eu de réponse à ce sujet, je finis par me demander si ce n'est pas "un fantôme" Un salon vient de se tenir à Paris pour la promotion de ce complexe et je voudrais savoir si quelqu'un connait bien cet endroit ? J'ai une jolie plaquette de publicité devant moi mais je voudrais confirmation.
merci pour votre réponse
Au Maroc 6 complexes sont prévus dont Saïdia et le Domaine Club Evasion au sud d'Agadir. Comme je n'ai pas eu de réponse à ce sujet, je finis par me demander si ce n'est pas "un fantôme" Un salon vient de se tenir à Paris pour la promotion de ce complexe et je voudrais savoir si quelqu'un connait bien cet endroit ? J'ai une jolie plaquette de publicité devant moi mais je voudrais confirmation.
merci pour votre réponse
Retour du baptême des bateaux de croisières Luminosa et Pacifica de Costa English translation pending
Bonjour à tous.
Nous voici de retour de la croisière inaugurale du Costa Luminosa(de Savone à Amsterdam).Je ne vous ferai pas une description du Luminosa, Narok ainsi qu'Antoine et Lucia l'ont déjà trés bien fait.Par contre si vous avez des questions j'y répondrais avec grand plaisir.Je vais donc vous parler du baptême.Nous sommes parti de Savone le 4 juin et le 5 au matin était prévu une navigation touristique le long de Cinque Terre(et Portofino)jusqu'à Gênes.Malheureusement la visibilité était mauvaise.Arrivés à Gênes, nous apprenons par téléphone que toutes les excursions costa à Gênes et Portofino étaient annulées:deuxième déception!En fait les cérémonies commençaient dès 14h.Mais nous n'avons pas perdu au change.En effet on nous a distribué des passes qui nous ont permis de changer de bâteau.Les passagers du Pacifica sont venus visiter le Luminosa et nous nous avons pu monter sur le Pacifica.C'était super d'autant plus que l'on ne s'y attendait pas.J'ai ainsi pu comparer les deux paquebots.Le Pacifica étant le jumeau du Serena sur lequel j'ai voyagé l'an passé ne m'a donc pas du tout impressionnée.Je l'ai trouvé tout aussi clinquant et même peut être moins élégant.Mais bien sûr ce n'est que mon impression.D'autres l'ont beaucoup aimé.Il faut dire que le Luminosa est trés luxueux avec ses jeux de lumière(même la moquette du théâtre change de couleur en fonction des effets lumineux), tous ses fauteuils en cuir, ses splendides lustres de Murano, ses bois exotiques, les émaux du Samsara...Ensuite nous avons eu droit à la superbe exhibition de la patrouille italienne.
Mais troisième déception:nous avons attendu durant plus d'une heure et demi les parachutistes qui n'ont jamais sauté à cause du vent.
Quatrième déception:le baptême!Je viens de lire vos commentaires sur ce forum et je vois que vous avez attendu avec impatience cet événement sur internet...et bien nous aussi!Nous nous sommes installés dans les gradins, à l'extérieur des bateaux, à l'heure prévue, et le spectacle a commencé à plus de 23h.Il y avait un vent violent et froid et nous étions tous frigorifiés dans nos tenues de soirée.Les gradins ont vite commencé à se vider et Costa nous a distribué des châles, a nous les dames, et des Kway aux messieurs.Mais ceci dit le spectacle était trés beau.Quant à la dernière chanteuse elle s'est produite devant des gradins totalement vides.
Et pour terminer, autre déception, le feu d'artifice qui se voulait grandiose a été annulé.
Bien sûr ce n'est pas de la faute de Costa si la meteo n'était pas en notre faveur.
Par contre le repas, servi sous forme de buffet a été à la hauteur.En plus de tout ce qui est proposé habituellement il y avait des huîtres, des coquilles saint jacques, des langoustines, du foie gras, des sushis, d'excellentes pâtisseries...tout ceci arrosé de grands crus et de champagne, servis par des sommeliers spécialement embauchés pour la circonstance, et bien sûr à volonté.Il faut aussi signaler que toute la journée du baptême toutes les consommations à bord, dans tous les bars, étaient gratuites(même les coupes de champagne à 10 euros, les alcools forts, tous les cocktails alcoolisés, vodka..).Nous avons tous reçu en cadeau les maquettes du Luminosa et du Pacifica, ainsi qu'un poster du Luminosa et une photo du sculpteur Botero posant à côté de son oeuvre.
Quoi qu'il en soit la croisière en elle-même a été trés réussie et le Luminosa est magnifique et trés luxueux.
Je ferais cependant quelques remarques:tout d'abord comme l'a déjà dit narok précédemment, le théâtre est trop petit et lors des "grandes" soirées certains étaient obligés de s'asseoir à trois sur des banquettes à deux places.Des dernières rangées à l'étage il est impossible de voir la scène.
Ce qui nous a frappé c'est le silence qui règne dans les cabines;on n'a entendu absolument aucun bruit!Nous n'avons pas ressenti de vibrations sauf lors des manoeuvres, ce qui est tout à fait normal.
Est-ce parce qu'il s'agissait de la croisière inaugurale, mais nous avons constaté une nette amélioration dans les mets.Nous avons toujours mangé en salle et on nous a servi(en dehors du repas de baptême) trois fois du foie gras, des langoustines, du homard et cette année les desserts étaient trés bons.
Si vous avez des questions à me poser c'est avec plaisir que je vous répondrais.
Cordialement.
Partir seule en Tunisie à la mi-juillet English translation pending
Bonsoir,
Je souhaitais partir en Tunisie à la mi-juillet. J'ai contacté une agence de voyage au Québec. On me dit qu'il y fait très chaud et que le coût du voyage est plus dispendieux en juillet et en août qu'en tout autre temps de l'année. Malheureusement, je n'ai que trois semaines de vacances en juillet et je ne peux changer mes dates. En plus, je dois payer un supplément pour l'hôtel, en occupation simple. J'aimerais beaucoup visiter ce pays qu'on dit très sécuritaire et très beau. Il doit certainement exister une façon de faire ce voyage, sans dépenser 3 000$ canadien, pour un vol aller-retour et un séjour de 9 nuits dans un hôtel à Sousse Palace et ce, sans compter les journées d'excursions ???
Merci à ceux et celles qui ont des conseils ou des suggestions à me faire.
Je souhaitais partir en Tunisie à la mi-juillet. J'ai contacté une agence de voyage au Québec. On me dit qu'il y fait très chaud et que le coût du voyage est plus dispendieux en juillet et en août qu'en tout autre temps de l'année. Malheureusement, je n'ai que trois semaines de vacances en juillet et je ne peux changer mes dates. En plus, je dois payer un supplément pour l'hôtel, en occupation simple. J'aimerais beaucoup visiter ce pays qu'on dit très sécuritaire et très beau. Il doit certainement exister une façon de faire ce voyage, sans dépenser 3 000$ canadien, pour un vol aller-retour et un séjour de 9 nuits dans un hôtel à Sousse Palace et ce, sans compter les journées d'excursions ???
Merci à ceux et celles qui ont des conseils ou des suggestions à me faire.
Croisière sur le MSC Sinfonia au mois d'août English translation pending
bonjour a tous,
je regarde tout les jours les messages des foromeurs, et je m'aperçois que jamais on ne parle du sinfonia🙁
nous partons au mois d'aout et j'aimerais bien savoir si quelqu'un a fait cette croisière au depart de monaco, cela nous serait bien utile. de savoir si le bateau est beau, comment sont ls spectacles, les escales etc....
si par chance quelqu'un est parti sur le sinfonia, je serais contente d'avoir les appreciations de ce bateau.
merci pour vos reponses
amicalement
brigitte
Visiter Palau English translation pending
Bonjour,
J'habite à Palau depuis Février! Je suis d'ailleurs la seule française à habiter Palau! Je voulais vous faire part de cette destination, pas forcément très connues des français!
Palau, est un pays (independant des USA depuis 1994) qui se trouve en Micronésie. C'est une destination assez connues des plongeurs....les sites étant exceptionnels! Requins, banc de barracudas, mantas, tortues, coraux....c'est bôôô!!!
Pour les non-plongeurs, Palau est aussi un bon choix. Snorkeling de qualité sur les beaux tombants, balades en kayak, à pied, découverte des Rocks Islands, des cascades, nager dans un lac avec des millions de méduses non urticantes....
Je pense qu'un bon moyen de visiter Palau est de combiner plusieures iles: Koror et Babeldoab (île principale. Bon pour visiter l'interieur, plonger dans le Nord, mais attention pas de plages!), Carp Island (une ile en forme d'étoile avec hotel et club de plongée au Sud des Rocks Islands) et Péleliu (pour les restes de la 2nd guerre mondiale).
Pour aller à Palau depuis l'Europe il y a 2 options. Soit via Manille (KLM, Emirates, etc...) puis Manille-Koror (Continental Airlines) soit par Taipei (China Airlines: Frankfurt-Taipei-Koror)
Je vous envois quelques photos pour vous mettre l'eau à la bouche!
Si vous avez besoin de plus amples information, n'hesitez pas à me contacter!
J'habite à Palau depuis Février! Je suis d'ailleurs la seule française à habiter Palau! Je voulais vous faire part de cette destination, pas forcément très connues des français!
Palau, est un pays (independant des USA depuis 1994) qui se trouve en Micronésie. C'est une destination assez connues des plongeurs....les sites étant exceptionnels! Requins, banc de barracudas, mantas, tortues, coraux....c'est bôôô!!!
Pour les non-plongeurs, Palau est aussi un bon choix. Snorkeling de qualité sur les beaux tombants, balades en kayak, à pied, découverte des Rocks Islands, des cascades, nager dans un lac avec des millions de méduses non urticantes....
Je pense qu'un bon moyen de visiter Palau est de combiner plusieures iles: Koror et Babeldoab (île principale. Bon pour visiter l'interieur, plonger dans le Nord, mais attention pas de plages!), Carp Island (une ile en forme d'étoile avec hotel et club de plongée au Sud des Rocks Islands) et Péleliu (pour les restes de la 2nd guerre mondiale).
Pour aller à Palau depuis l'Europe il y a 2 options. Soit via Manille (KLM, Emirates, etc...) puis Manille-Koror (Continental Airlines) soit par Taipei (China Airlines: Frankfurt-Taipei-Koror)
Je vous envois quelques photos pour vous mettre l'eau à la bouche!
Si vous avez besoin de plus amples information, n'hesitez pas à me contacter!
Adolescents sur le MSC Fantasia English translation pending
Bonjour,
Décidément, je crois que j'ai un problème avec les discussions que je démarre. Elles ne semblent jamais se trouver dans la bonne rubrique. Aussi, si certains ont déjà vu ce message quelque part, toutes mes excuses.
Ceci dit, je pars avec mon mari et mes 2 enfants de 11 et 16 ans le 25/07 sur le MSC Fantasia. Nous faisons le tour Marseille-Gênes-Naples-Palerme-Tunis-Palma-Barcelone. Nous nous faisons une véritable joie de cette 1ère croisière. Cependant, mon fils de 16 ans a quelques inquiétudes :
1) il se demande si ce genre de croisière intéresse les ados, et s'il lui sera possible de rencontrer beaucoup d'autres jeunes (surtout francophones). Il se demande également s'il y a des animations prévues pour les jeunes de son âge. Il me semble avoir lu quelque part qu'il y avait sur le Fantasia une discothèque uniquement destinée aux ados. Est-ce exact ? Que pensent les parents qui sont déjà partis avec leurs ados sur le Fantasia pendant les vacances scolaires ?
2) Nous avons choisi l'option "enfants de - de 18 ans gratuits dans la cabine des parents". Nous avons réservé une cabine avec balcon sur le pont 9. Est-ce que ce genre de cabine pour 4 personnes est assez spacieux, ou bien s'agit-il simplement d'une cabine pour 2 dans laquelle on a rajouté un canapé-lit ?
J'ai aussi 2 autres questions d'ordre plus général : à l'escale de Tunis, d'après ce que j'ai vu sur ce forum, il n'y a pas grand-monde qui choisisse de visiter Carthage. Ceux qui y sont allés (et que je n'ai pas trouvés) pensent-il que cette visite vaut la peine ?enfin, notre bateau part à 18 h. le samedi, mais nous serons déjà à Marseille depuis tôt le matin. A partir de quelle heure pouvons-nous nous présenter à l'embarquement ? Grand merci d'avance pour vos réponses.
J'ai aussi 2 autres questions d'ordre plus général : à l'escale de Tunis, d'après ce que j'ai vu sur ce forum, il n'y a pas grand-monde qui choisisse de visiter Carthage. Ceux qui y sont allés (et que je n'ai pas trouvés) pensent-il que cette visite vaut la peine ?enfin, notre bateau part à 18 h. le samedi, mais nous serons déjà à Marseille depuis tôt le matin. A partir de quelle heure pouvons-nous nous présenter à l'embarquement ? Grand merci d'avance pour vos réponses.
Croisière sur le Costa Fortuna dans les îles grecques le 29 juin 2009 English translation pending
bonjour à tous
y a t il quelqu un qui part comme nous à ce séjour sur le costa fortuna dans les îles grecques ?
CLAIRE
y a t il quelqu un qui part comme nous à ce séjour sur le costa fortuna dans les îles grecques ?
CLAIRE
Cuba: répartition des pourboires dans l'hôtellerie avec l'état? English translation pending
J'ai lu et cherché mais, en vain, je n'ai pas trouvé une réponse satisfaisante...
Est-ce que l'état, comme il est constituté, contrôle le pourboire laissé aux cubains? Cette question me venait à l'esprit puisqu'il est facilement possible de voir un serveur de bar dans un "tout inclus" ramasser au delà de 100cuc quotidiennement, et ca, lorsque le coût de la vie est qu'une fraction de cet apport. Autrement dit, le serveur devient millionnaire? (sarcasme) mais je ne crois pas... J'ai tenté de trouver réponse à même les cubains mais le malaise s'installe! J'me suis tût pour éviter les merdes.
Sincèrement, je ne crois pas que les pourboires monnayables sont rendus en toute et partie à celui que le recoit et/ou il est possiblement divisé entre tous les travailleurs du site... Il est dur de trouver de l'info sur l'économie réelle de cuba, puisqu'elle est si bien gardée (même "en d'dans")
Est-ce que l'état, comme il est constituté, contrôle le pourboire laissé aux cubains? Cette question me venait à l'esprit puisqu'il est facilement possible de voir un serveur de bar dans un "tout inclus" ramasser au delà de 100cuc quotidiennement, et ca, lorsque le coût de la vie est qu'une fraction de cet apport. Autrement dit, le serveur devient millionnaire? (sarcasme) mais je ne crois pas... J'ai tenté de trouver réponse à même les cubains mais le malaise s'installe! J'me suis tût pour éviter les merdes.
Sincèrement, je ne crois pas que les pourboires monnayables sont rendus en toute et partie à celui que le recoit et/ou il est possiblement divisé entre tous les travailleurs du site... Il est dur de trouver de l'info sur l'économie réelle de cuba, puisqu'elle est si bien gardée (même "en d'dans")
Retour de mon séjour en Égypte English translation pending
Bonjour à tous ! Voici un petit contre-rendu de mon séjour en Egypte…Tout d’abord, je tiens à remercier les Vfistes qui m’ont aidé…
1er Jour :Vol à 14h30 de Genève pour le Caire par la compagnie Egyptair. Arrivés 19h30, pas de retard cool. Nous prenons nos visas (15$) avant les douanes, et récupérons nos valises. Ca y est, on y est : « Taxi ? Taxi ? Where do you from ? …» Nous engageons la conversation avec un homme très sympathique qui nous fait venir un taxi, nous lui fournissons l’adresse de l’hôtel et c’est parti : lorsqu’on m’a parlé de la façon de conduire au Caire, j’imaginais, mais en réel c’est fou, on se croirait dans un jeu vidéo !! avec un concert de klaxon en fond sonore…mais comment font-ils pour ne pas avoir d’accident ?? J De là, le taxi a du mal à trouver notre hôtel, au point de demander aux passants, nous, nous apprécions ces premiers pas au Caire. Nous y voilà enfin au Pharaeon Palace, qui, se trouve dans un quartier dédié aux commerces en tout genre, il y a un monde fou, de la musique de partout…Quant à l’hôtel, il est situé dans une rue piétonne, ce n’est pas un palace, 15 euros la nuit faut pas exagérer mais très propre, et un personnel jeune et très sympa. On ressort pour aller manger, un bain de foule s’offre à nous, dans les ruelles, des cafés, des fumeurs de narguilé…Retour à l’hôtel, le gérant nous indique qu’ils font des excursions…je lui dit qu’il me faut juste un taxi pour après demain pour nous rendre à Saqqara et Giza, le RDV est alors pris il s’en charge..bien !
2eme Jour : Après une nuit un peu agitée à cause des klaxons, nous prenons un léger petit déjeuner, et partons à pied à la gare pour réserver nos billets « sleeping train ». Nous rencontrons en cours de chemin des taxis, mais aussi des personnes agréables qui nous indiquent le chemin, forcément sans plan dur, dur !! Une fois les billets en poche, direction le musée mais cette fois-ci par le métro (1LEG) : nous étions les seuls touristes, et les gens nous regardais un peu étonnés mais souriant. Le musée (60LEG) superbe, en effet à voir absolument ! Nous ne faisons pas la salle des momies car il faut payer un supplément. Pause déjeuner, très rapide. On reprend le métro, direction le quartier copte : j’ai beaucoup aimé cet atmosphère qu’il y règne, indescriptible…nous faisons l’Eglise El-Moallaqua, ste-Barbara, sts-Serge et Bacchus, la Synagogue Ben-Ezra et le monastère St-Georges et promenade dans le cimetière…De là, nous prenons un taxi direction la citadelle de Salah Al-Din(50LEG), nous ne pourrons visiter que la mosquée Mohammed Ali car les musées des armées et de la police fermaient leurs portes ! Dommage ! Par contre, très belle vue sur tout le Caire avec le madrassa du Sultan Hassan et les pyramides au loin, superbe ! Nous décidons de rejoindre Khan-El-Khalili à pied, flânant dans les ruelles, lancant des « hello » de temps à autre, en passant devant un étalage de pains en tout genre et de viennoiseries ont a succombé, un vrai délice celles au cœur de figue ! Nous arrivons devant la mosquée El-Azhar, la prière doit se terminer dans 10 minutes, on regarde notre plan et décidons de continuer notre chemin en attendant la fin de la prière…un peu plus loin on photographie la mosquée El-Ashraf, on entre à l’intérieur et là on nous propose de monter sur le toit…Super nous acceptons, trop génial, une superbe vue du Caire, devant notre enthousiasme, notre accompagnant nous propose de monter en haut du mausolée !!!OUI !!Après avoir monté les innombrables petites marches nous arrivons tout en haut : Epoustouflant ! Par contre, la suite moins, on entend un « boum », des gens crier et courir : c’était quoi ? Il n’y a pas de fumée, rien…on décide de redescendre, les ambulances, les voitures de police, les policiers qui sortent du Khan en civil avec les talkies en mains : quelque chose de grave vient de se passer, nous restons scotchés sans bouger, on nous apprend qu’il s’agit d’une bombe ! Toujours à la même place, notre accompagnant n’en revient pas lui-même. Après être resté immobile un bon bout de temps, coupé dans notre élan, nous décidons de prendre un taxi direction l’hôtel, on apprendra via les infos le triste sort de la jeune française…
3ème jour : Comme prévu, le taxi de l’hôtel nous attend pour notre excursion d’une journée, nous avons une bonne voiture et un très bon chauffeur, il double avec son clignotant et n’a pas le tic du klaxon ! Il nous emmène à Dashour (30LEG), nos premières pyramides se dressent devant nous, dont celle rhomboïdale, superbe, elle est magnifique…Puis Menphis avec la statue colossale de Ramsès…Puis Saqqara(60LEG), magnifique site, avec sa pyramide à degrés, et ses mastabas dont celle de Ti et Mérérouka, et ses chameliers …Et enfin Giza (60LEG), site touristique par excellence, jusque là nous avons été tranquille mais là forcément beaucoup de touristes, notre taxi nous a déposé à l’entrée du bas, en entrant sur le site, le Sphinx se dresse majestueusement devant nous avec ses pyramides, c’est superbe comme tableau. Nous décidons de faire la pyramide de Chéops(35LEG) pour son couloir ascendant, impressionnant, ainsi que le musée de la barque solaire(50LEG). Le taxi nous dépose directement à la gare de Giza pour prendre notre sleeping train à 20h30. On rêve d’une bonne douche après cette journée, sauf que ce n’est qu’un rêve, nous avons dans notre cabine un lavabo et en plus sans eau chaude, dur, dur, on se débarbouille quand même, le plateau repas par contre vraiment pas terrible…La nuit fut bonne, bien dormi, le réveil lui dur : 6h.
4ème jour : Nous voilà devant la gare, je savoure ma cigarette, alors qu’on nous demande si l’on désir un taxi, quel hôtel on va…on refuse de prendre un taxi, on va marcher jusqu’à l’hôtel qui selon le plan ne doit pas être loin. Nous voilà parti, valises en mains…devant nous des montgolfières qui doivent survoler la vallée thébaine, c’est calme à cette heure-ci, des taxis nous klaxonnent, ils doivent pas être habitué de voir des touristes se balader à pied, nous cela nous fait du bien de marcher, surtout après une soirée dans une cabine…En effet, l’hôtel n’est pas loin 15 minutes de la gare environ…l’Iberhotel, on ne le sait pas encore mais cet hôtel je vous le recommande, le personnel est super sympa, on y mange très bien et il est proche du temple, de l’embarcadère et de la ville, et ils ont une piscine chauffée sur le Nil, vraiment super bien !!Donc on arrive en espérant avoir une chambre avant midi et prendre notre douche !! Il est 7h quand même…Un verre de carcadeh en guise de bienvenu, nous prenons un café en plus, et là notre chambre est prête !! Merci ! Après une bonne douche, nous voilà fin prêt pour partir sur Karnac, dès notre sortie de l’hôtel, tous sont réveillés et nous appellent. J’avais lu que c’était la ville aux calèches, donc pour nous y rendre nous décidons d’y aller avec. Nous longeons la corniche, le temple et nous arrivons sur le site…les calèches sont toutes alignées comme des voitures sur un parking…Le temple de Karnak est magnifique (65LEG), nous y flânerons plus de 3h…Retour à l’hôtel, on a bien mérité un après midi de repos à la piscine, surtout que le lendemain sera sportif. En fin d’après-midi, un épais nuage de fumée s’élève sur l’autre côté de la rive, tout de suite on s’imagine à un autre attentat, en fait, c’est une usine de papyrus qui prend feu… Le soir, nous mangeons à l’hôtel, très bon buffet, on s’est régalé, puis promenade le long de la corniche, avec le temple de Luxor tout illuminé, superbe.
5eme jour : Direction la vallée thébaine… Mohammed nous propose la traversée au même prix que le ferry, on accepte, nous voilà sur le « Bob Marley », il est très sympa, c’est pour cela que je lui demande s’il connait quelqu’un pour la location de vélo…quelle question, bien sur qu’il connait !! On louera les 2 vélos, 4 grandes bouteilles d’eau et les traversées aller-retour pour 60LEG par jour, cela nous parait correct. Et nous voilà parti sur nos petits vélos style hollandais. De ce côté du Nil, plein de champs de canne à sucre et de betterave. On traverse Gourna El-Gedida, les gens nous saluent à notre passage, très sympa. 1er arrêt aux colosses de Memnon, à côté, un site en reconstruction, comme dans l’ancien temps, les briques sont 100% biologiques, pas de machines, que des mains, chapeau messieurs, on admire et les saluent pour leur travail. A l’entrée des guichets, nous prenons tous les tickets pour cette première journée : vallée des reines (35LEG) avec ses 3 tombes, Deir-el-Medineh (30LEG) avec le temple d’Hathor, et la tombe d’Inherkhau, nous n’avons pas fait celle de Pashedu, puis route vers Deir-el-Bahari, nous apprécions le paysage s’offrant à nous, en vélo c’est un régal, quelques petites pentes mais rien de fatiguant, surtout que qui dit pentes dit descentes !!Nous bifurquons pour voir les vestiges du palais d’Aménophis III. Nous voilà à Deir-el-Bahari pour visiter le temple d’Hatchepsout(30LEG), magnifique. Maintenant, Cheikh Abd El-Gourna, pour visiter la tombe de Rekhmirê, de Sennéfer, et de Menna, Nakht étant fermée(25LEG). De là, nous avons une vue superbe sur la vallée. Celle belle journée s’achève, le reste pour demain. Sur le chemin du retour, on voit un train transportant les cannes à sucre. Quel plaisir de se baigner dans la piscine de l’hôtel. Le soir, nous nous rendons chez Omar pour manger et visiter la ville.
6eme jour : Mohammed est là pour nous emmener sur l’autre rive, nous reprenons nos vélos. Aujourd’hui, direction la vallée des Rois (80LEG), là déception, car nous voulions faire la tombe de Ramsès VI qui est devenue payante, et celle de Ramsès III qui était en rénovation…du coup, nous avons fait celle de Thoutmosis III, à faire c’est sur, celle de Ramsès IV et celle de Ramsès IX. Si vous faite comme nous la vallée à vélo, je vous conseille d’y aller le matin, car la route est un peu plus longue, par contre, pas la peine de prendre le petit train qui vous emmène sur le site car à pied, on met 5 minutes ! Maintenant, nous allons au temple de Séthi (30LEG), presque personne et pourtant je vous conseille d’y aller ! Nous avons fait la promenade sur les murailles, aussi à faire, pour le panorama qu’elle nous offre. Nous reprenons nos vélos, en route, on rencontre un vieil homme avec une charrette rempli de sucre de canne, on s’arrête pour lui demander si l’on peut lui en acheter une branche…il nous l’offre avec un grand sourire…délicieux ! Maintenant, Ramesseum (30LEG), qui pour être passé plusieurs fois devant à l’air d’être superbe…et en effet !!Remarquez les oiseaux aux vives couleurs. En repartant pour notre dernier temple, nous nous arretons au petit village situé au croisement de la route de la vallée des reines et de Médinet-habou. Là, nous marchons tranquillement lorsqu’un petit garçon nous indique une maison, une femme en sort et nous invite à rentrer chez elle, boire le thé et discuter…magnifique rencontre !! Elle nous a présenté sa famille, dont sa sœur ainée et son frère qui travaille dans un hôtel à Luxor, sa maman, la voisine venue boire du thé, un autre frère et le petit garçon qui s’avère être un voisin. J’ai offert un stylo au petit, seule chose qu’on avait sur nous malheureusement, ils nous ont offert un collier et un bracelet, en plus du thé !!!!Et en plus, ils refusaient une sorte de bakchich qu’on voulait leur donner, Gens merveilleux !!! Après avoir fait une photo de groupe et nos adieux, nous reprenons nos vélos pour le Temple de Ramsès III à Médinet-Habou (30LEG) : exceptionnel, on termine cette vallée que sur des bons souvenirs et des belles rencontres. En rentrant, on croise Mohammed à Gourna El-Gedida, j’avais presque oublié mais il nous faut un taxi pour demain, pour aller à Dendera et Abydos= « pas de soucis je m’en occupe ! ». RDV pris pour le lendemain. Le « bob marley » nous attendait, tu es génial Mohammed, nous étions des princes ! Le soir, nous avons dîné dans un restaurant au bas de la corniche, en face du Winter Palace, m’en rappelle plus du nom, mais c’est simple, il y a sur la devanture des photos du patron avec le couple Sarkozy. Très bien mangé, serveurs très sympas et cocktails délicieux. Aussi, je suis allée chez le coiffeur, le salon était rempli de jeunes mariées, les époux venant à tour de rôle chercher leurs princesses, avec un caméraman filmant le tout, c’était amusant à voir ! Après le repas, direction Souk Street pour faire quelques achats.
7eme jour : Mohammed n’a pas faillit, il est là avec un mini espace, confortable et son cousin comme chauffeur, Mansour. Direction Abydos (30LEG) et Dendera (35LEG) pour 250LEG. Les temples sont superbes et Mansour très bon conducteur, il conduit également des limousines sur Sharm, et très sympa, c’est pourquoi on lui demande s’il peut nous emmener le lendemain pour Assouan, pas de soucis(350LEG il me semble). Sur cette journée, on aura fait la « course » avec un petit camion rempli de messieurs avec un turban sur la tête, ce qui les rendaient sérieux, mais en fait, tout le contraire, on n’arrêtaient pas de se faire des signes…c’était très sympa. Aussi, à chaque check point, nous étions marqués, Mansour disait « Ce sont les 2 français » et nous « c’est nous !! »Les policiers souriaient, en nous demandant si l’ont parlé égyptien. On a traversé une ville, Mansour l’appelle Chinatown, car plein de Tok-Tok. Bref, journée délicieuse. Le soir, nous sommes retournés au restaurant où sont venu manger le couple Sarko, le patron y est très fier !
8eme jour : Mansour est devant l’hôtel à l’heure, je suis contente que cela soit lui qui nous emmène. Sur la route, nous nous arrêtons à Edfou(50LEG) et Kom Ombo(30LEG) avec ses crocodiles momifiés. Ces deux temples sont magnifiques !!A voir ! On arrive à Assouan en début d’après-midi. Mansour nous dit qu’il a un ami qui vit ici et qu’on pourra lui demander des conseils…ok, son ami nous attend et mets nos bagages dans son bateau direction l’hôtel, le pyramisa isis island, qui est situé sur une petite ile à côté de l’ile Eléphantine. L’hôtel est superbe, mais déception, sur les 2 piscines, une était en rénovation et l’autre où l’eau était complètement gelée. Du coup, bronzette l’après midi, un peu fatigué par ce voyage. Le soir, nous restons manger à l’hôtel, beau buffet mais un peu cher. Le lendemain, on a rdv avec l’ami de Mansour à 11h pour nous emmener au musée de la Nubie(50LEG). J’ai bien aimé ce musée surtout la fin qui reconstitue la vie quotidienne des nubiens. 3 momies y sont exposées. Le jardin est très joli. Puis, nous flânons dans les rues d’Assouan. En retournant à l’hôtel, nous ferons le tour de l’ile Eléphantine, de l’ile aux fleurs, en voyant le mausolée de l’Aga Khan et le monastère St Simeon avec les chameliers qui attendent les touristes. Plein de felouque ici. Je demande à notre guide, combien cela coute pour nous rendre à Abu Simbel, il m’indique 100 euros pour nous 2 avec un arrêt au barrage, à Philae et à l’obélisque. Pas prévu aussi cher dans notre budget. Je laisse tomber mais lui non, il téléphone et là nous indique 60 euros ! Ok, c’est bon on y va. Il nous demande de faire une avance pour payer le convoi, et nous donne rdv le lendemain à l’embarcadère de l’hôtel avec un certain Amna, notre chauffeur à 3h15, convoi oblige.
9eme jour : levé de bonne heure, nos box de petit déjeuner en main, nous voilà parti. Amna est là. Ne seront 15 dans le mini bus. J’arrive à m’endormir dans le bus et me réveille au levé du soleil, quel paysage désertique magnifique ! On arrive enfin aux temples d’ Abu Simbel(100LEG), super nous arrivons dans les premiers, pas beaucoup de monde. On ne regrette pas d’avoir fait tout ce chemin !!! On reprend le bus direction Philae, avant certains voudront visiter le barrage, nous non, cela nous permet de nous dégourdir les jambes, et en plus ils en reviennent déçus. Arrivé à Philae, Amna nous indique qu’on doit payer le bateau 5LEG par personne, on en paiera 6 l’aller-retour. Le temple (50LEG) est beau et sa situation lui donne un autre caractère mais ce n’est pas celui que je préfère. Arrêt devant l’obélisque inachevée et retour à l’hôtel. Journée assez fatiguante mais à faire !
10eme jour : Nous partons à Sharm’. Nous prenons le vol de 9h10 pour arriver à 10h35 au Caire, puis repartir à 11h15 pour Sharm’. A l’aéroport d’Assouan, nous choisissons d’acheminer nos bagages directement à Sharm’. Arriver au Caire avec un léger retard de 5 minutes, on arrive à sortir du terminal 1 à 10h50 environ. Là, nous rencontrons un problème, notre vol pour Sharm’ ne pars pas du terminal 1, mais du 3 ou 4 je sais même plus. Et pour s’y rendre, nous devons prendre une navette sauf que celle-ci était déjà partie. Résultat, nous loupons notre vol et nous prendrons le prochain soit à 14h. Le représentant d’Egyptair était désolé pour nous et à bien assuré concernant nos bagages qui eux n’ont pas loupé le vol !!! J. Arrivé à Sharm’, nous nous rendons à notre hôtel, le Domina Bay, superbe resort, une ville en fait, on y trouve plein de restaurant, un mini souk, location de vélo…Le plus de l’hôtel, des piscines chauffées partout, plusieurs plages avec une mer accessible facilement grâce à des pontons aménagés, pratique pour le snorkelling, des navettes au sein du resort pour se rendre aux différents endroits…Le moins, une clientèle russe, italienne et espagnol, nous étions les seuls français, et leur restaurant buffet, esprit cantine assuré. Et, l’hôtel est un peu loin de Naama, donc il faut y aller en taxi.
Nous resterons à Sharm’ 5 jours, durant lesquels, nous ferons une sortie quad décevante, du snorkelling, et surtout de la bronzette. On repartira au Caire, le samedi soir, juste pour dormir, car le lendemain notre vol pour Genève est à 9h30. Voilà, fin de l’histoire, j'ai pas mal abrégé car j'en ferais un livre sinon, n’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez des infos, ou des photos.😉😎
Retour de l'hôtel Melia Las Dunas du 18 au 25 janvier 2009 English translation pending
Nous sommes allé au Meliá Las Dunas à Cayo Santa Maria du 18 au 25 janvier 2009.
Quelle semaine de rêve, quaisi-parfaite!
Famille de 9 ; les parents (53 et 50 ans), les 4 enfants et conjoints/conjointes (25 ans + conjointe 24, 22 ans + conjointe 22, 20 ans + conjoint 23, et 12 ans). Premier voyage pour mes parents, pour ma sœur et son chum, et pour mon petit frère. Première fois à Cuba pour ma part.
Il est difficile de s’entendre à 9 sur l’endroit et l’hotel où aller. J’avais lu beaucoup de bien sur le Meliá Las Dunas et sur Cayo Santa Maria. Notre seule crainte par rapport à Cuba était la température en janvier.
Justement, le seul point négatif de notre voyage, fut la température. Voyager à Cuba en janvier est comme un coup de dé. Certains jours, il fait chaud et ensoleillé, alors que d’autres jours, on voit les jardiniers porter un manteau… On le savait avant de partir, et on souhaitait du beau temps!
Température : Lundi 19 janvier et Mardi 20. Gros soleil mur à mur. Très chaud, probablement 26 à 28 degré. Un peu plus frais à la plage à cause du vent, mais rien pour arrêter les baigneurs. Drapeau jaune. Les vagues sont amusantes, mais aucunes activités nautiques exceptés le petit catamaran avec le guide. Le soleil est fort et chaud, nos craintes sur Cuba et son hiver froid se dissipent! Soirées un peu fraîches, en pantalon et t-shirt c’est confortable.
Mercredi 21 janvier. Front froid. La température ne dépasse pas 20°C. Nuageux. Très très venteux, surtout à la plage où c’est inconfortable. Drapeau rouge. Aucune activité. Très peu ou pas de baigneur, eau très froide. La plage est quaisi-déserte. Plus de monde à la piscine, mais l’eau est encore plus froide. Jeudi 22, même température. Les soirs sont très frais, pour ne pas dire froid. On nous a parlé de 8°C dans la nuit de mercredi à jeudi…
Le vendredi ça se réchauffe, samedi 24 janvier et dimanche 25, de mieux en mieux. Retour du soleil et température variant entre 22 et 25 degré le jour, mais toujours venteux. Drapeau jaune encore. Eau très froide. De belles grosses vagues surprenantes!
Nous le savions avant de partir, Cuba en janvier, c’est comme un coup de dé. Rien n’est certain. On peut avoir le meilleur comme le pire. Au moins avec tout ça, j’aurai vécu 3 journées d’hiver à Cuba, et la prochaine fois que j’y retournerai, j’attendrai en février ou en mars!
Hotel : En dehors de la température, je n’ai qu’un mot à dire, et je le cries haut et fort: WOW !
Hotel chic et moderne. Le lobby est époustouflant! Le site est grandiose avec toute sa végétation. Palmiers et fleurs à profusion!
Dès notre arrivée (11h00pm dimanche), à peine sortis de l’autobus, on nous accueille avec un drink! Une demi-douzaine d’employé sont là pour nous remettre une enveloppe à notre nom, on signe une feuille, on pointe nos valises et 10 minutes plus tard voilà qu’on est assis au Beer Garden, bière à la main, et que le check-in est complété! J’avais lu que le check-in était rapide, mais là, j’ai été franchement surpris! Quelle organisation!
Chambre : Belle chambre, bien décorée et très spacieuse. Nous étions au bloc 11. Les 4 chambres étaient pareilles, 2 avec lit king et les 2 autres avec 2 lits doubles. On a tous eu de l’eau très tiède les 3 premiers jours, après quoi l’eau chaude était au rendez-vous. Peu de pression dans notre douche. Coffre fort gratuit (à code numérique) et cafetière avec nécessaire à café. Balcon donnant sur de la végétation, donc vue limitée. Petit frigo avec bière, liqueurs et bouteilles d’eau. Jamais manqué de stock, frigo rempli à tous les jours. La femme de chambre nous laissait même des petits mots ou des sculptures fait avec des serviettes (cygne, éléphant)!
Site : C’est vrai que le site est très grand. Rien pour être désagréable à mon avis. Ma mère s’était blessé au genou juste avant de partir, et elle ne s’en est pas plain. Des carts de golf passent à l’occasion, tu fais signe au chauffeur et il t’embarque. Sinon, quoi de mieux que de marcher après souper, en regardant les étoiles, en écoutant le son du vent dans les branches de palmier. Et le jour, c’est si beau à voir toute cette végétation.
Et lorsqu’on comprend que le chemin fait le tour de la piscine, des deux côtés du site (un côté famille et l’autre pour adulte) et qu’il y a des habitations de chaque côté du chemin, il est facile de ne pas se perdre. La première journée, tu traînes ton plan du site, et après, c’est facile!
Plage : On doit traverser des ponts en bois pour se rendre à la plage. C’est très beau. Végétation protégée entre l’hôtel et la plage. La plage fait plusieurs kilomètre de chaque côté.
Devant notre hôtel, la plage est superbe. Assez large pour disposer nos 9 chaises parmi les autres sans non plus être trop près de l’eau et nuire aux marcheurs (jamais on a manqué de chaises même si on arrivait à la plage vers 10h30 ou 11h). Superbe sable blanc, mais texture différente de Punta Cana, dur à expliquer. L’eau est ultra translucide, d’un bleu incroyable! Plus beau encore qu’on peut l’imaginer ou le voir sur photo! On peut avancer de plus de 50 pieds dans l’eau et on en a encore juste au nombril! Entre 2 vagues, on peut même voir nos pieds!
En parlant longtemps avec Francisco, un employé à la plage innocupé lors d’une journée froide et nuageuse, il disait que ce n’était pas rare l’été de voir des dauphins s’approcher au bord de la plage! Moment magique pour les touristes qui s’avancent dans l’eau pour prendre des photos!
En marchant vers l’est (Hotel Barcelo), il y a moins de pente hors de l’eau et le sable est plus dur, donc plus facile à marcher. C’est aussi très tranquille (coin adulte du MLD et il y a un bon ptit bout avant de rejoindre le Barcelo).
De l’autre côté (vers le Melia et le Sol), le sable est plus mou. Si vous marchez une bonne demi-heure, vous atteindrez « un cap de roche » qui descend dans l’eau. On nous a dit que c’était une bonne place pour les débutants pour faire de l’apnée, mais à cause des vagues et de l’eau très froide, nous en avons pas fait.
Piscine : Nous avons passé notre semaine à celle du côté familial. En fait, il y a une piscine et une très grande pataugeoire où se retrouvent tous les jeunes enfants. À la piscine, il y a un filet de volley-ball, des filets de water-polo et un bar dans l’eau. Le tout est assez grand pour s’amuser sans déranger personne. Des palmiers entourent la piscine, un bar, un resto (snack San Salvador) avec menu à la carte où on peut aussi prendre pour emporter, et des toilettes.
Du côté adulte, je suis juste passé et c’était plus tranquille. Il y 2 piscines collées ensemble et je n’ai pas vu de filet de volley-ball ou de water-polo. Bar dans et hors de l’eau de ce côté aussi, avec restaurant.
Restaurants :
Pour déjeuner, il y a 2 buffets. Le Remeidos et le Caibarien. Le choix est correct et c’est bon. La nourriture est la même dans les 2 buffets, mais le 2e est plus grand. De gentils cuisiniers/cuisini��res vous proposent des gaufres faites devant vous, des omelettes avec vos ingrédients, des œufs tournés, des crêpes, etc... Le jus d’orange est frais pressé et délicieux, et il y a des cocktails de fruits frais, fait devant vous avec les fruits de votre choix.
Les cubains sont vraiment gentils et serviables. Pas moyen d’avoir un verre de jus vide plus d’une minute devant soi sans qu’on vous en propose un deuxième! De plus, ils nous reconnaissent de jours et jours et sont de plus en plus gentils! On laissait 1 pesos CUC par jour au déjeuner.
Pour les dîners, le choix m’a surpris. Il y a bien sûr les 2 buffets, auxquels nous ne sommes même pas allé tellement il y a d’autres options.
Snack San Salvador : Près de la piscine familiale. Il y a le même du côté adulte, mais avec un autre nom. Le menu midi est à la carte. On peut y manger en tenu de plage ou prendre pour emporter à nos chaises à la piscine. On y sert de la pizza, des hamburgers, divers sandwichs et de la poutine. On a tous bien aimé!
Cuban Club Mi Conuco : À 50 pas de la piscine familiale. À la carte. On sert de la pizza (encore meilleure qu’à la piscine, on a surtout adorée la végétarienne format jumbo pour 9), hamburgers, sandwichs, etc… On peut aussi prendre pour emporter. Le soir, on y sert des crêpes comme dessert.
Le Ranchon (Los Caribes en soirée) : On le reconnaît à son gros toit de feuilles de palmiers séchées. Il est tout juste à l’entrée de la plage par le pont principal, au centre du site. Il y a un buffet le midi, en plus d’un menu à la carte. Un steak le midi c’est génial, le poulet à la créole est super, les brochettes de crevettes sautées à l’ail sont très grosses, mais les chops de porc sont encore meilleures! Les dîners au Ranchon (ou pour emporter à la piscine pour ne pas manquer le soleil) sont vraiment succulents! Et dire qu’on est à Cuba!
Los Caribes : Resto de fruit de mer. Faut vraiment être amateur de fruit de mer. Entrée aux fruits de mers, soupe aux fruits de mers, etc… La langouste de 8 pouces de long qu’ils nous ont servie ferait rougir de honte celles de la Casa Grecque! Délicieuse! Nous avons souper à 11 personnes à la même table, plusieurs serveurs pour nous, excellent service.
Santa Maria : Resto oriental. On y est allé sans réservation. Le resto semblait assez vide de dehors, on s’est essayé avec un 5 pesos et en moins de 5 minutes nous étions assis à 6, même si les règles indiquent 5 personnes par tables maximum. Excellent souper ! Entrée de légumes et crevettes tempura délicieux ! Comme surprise au dessert, quelqu’un a dû entendre que c’était la fête à mon petit frère, car sans rien demander, il s’est fait chanter bonne fête en espagnol et nous avons eu du champagne et un gros gâteau flambé à la sambuca ! Quelle attention de leur part !
Isabel y Fernando (Romantico) : Ambiance feutrée, chic, pianiste au centre. Service très professionnel. L’entrée de salade de crevettes sur ananas est unanimement délicieuse! Un must! Le tournedos de bœuf est sublime et goûte comme ici! Les autres ont aimé le poulet, le porc et le poisson. Tout le monde a adoré son souper!
Los Siboyenes (Gril) : Peut-être le moins bon des soupers pour ma part, mais tout de même très bien pour les autres! Service un peu plus long, c’est normal nous étions 9 à la même table pour une seule serveuse en stage. Anecdote : nous n’aimions pas le vin maison beaucoup trop corsé et ne voulions pas payer pour un vin à la carte, alors le sommelier est allé au resto italien un peu plus loin chercher deux bouteilles de vin maison qui nous avait plu l’avant-veille. On a rien demandé encore une fois! Ils sont si serviables ces cubains! On lui a donné 5 pesos et il était très content!
Il ne reste que le resto italien que nous n’avons pas essayé. On a aussi soupé au buffet, où c’était correct.
Je n’ai que le Barcelo Dominican Beach à Punta Cana comme comparaison et je peux dire que c’était dans le même genre côté nourriture, mais avec plus de choix de restos le midi. J’ai été très surpris car on dit qu’à Cuba c’est moins bon. C’est certain que tout goûte différent d’ici au Québec, mais j’ai quand même mangé et bu comme un cochon toute la semaine sans être malade. Aucune restriction côté aliment, drink avec du pina colada à la tonne, bières, pizzas, hamburger, fromage, fruits, viandes, poulets, porcs, œufs, crème glacé et banana split à la crèmerie, etc… Un comprimé de pepto-bismol par soir juste pour prévenir.
Mon frère était déjà allé à Cancun, Punta Cana 2 ou 3 fois, Varadero aussi, et il prétend que c’est au Meliá Las Dunas qu’il a le mieux mangé et où surtout il a eu le plus de diversité.
Peuple cubain : J’ai souvent lu que les cubains étaient charmants, gentils, aimables, etc… Je le savais pour l’avoir lu, mais maintenant je comprends vraiment ce que les gens veulent dire par là. Les cubains sont vraiment chaleureux, très serviables, toujours heureux de te voir. Ils n’ont pas de préjugés comme quoi on est que de riches touristes, ils sont tes amis. Rien à voir en général avec les habitants de la République Dominicaine, sans rien leur enlever! C'est sûr que quelques employés avaient toutefois l'air bête, mais comme partout dans le monde je suppose...
Les jardiniers te sourient le matin, donnent des fleurs aux femmes, essais de te parler mi-anglais, mi-espagnol, mi-français, ils te saluent et sourient sans cesse. Et quand tu veux leur donner un peso, ils sont quasiment mal à l’aise de l'accepter, comme quoi ils ne font pas tout cela pour l’argent.
Même chose pour le service aux restos, aux buffets et au lobby. Je donne une note parfaite sur le service en général! Même à la plage, les petits bars sur la plage n’étant pas ouvert, des serveurs passaient prendre nos commandes, retournaient aux bars sur les ponts et te ramenaient tes drinks sans jamais se tromper!
Le vin au souper était très bon, rouge ou blanc. Excepté le soir au grill, mais le sommelier a tôt fait de nous trouver d’autres bouteilles! La bière est bonne, la Crystal est meilleure que leurs autres marques. Il y a même de la Becks et de la Corona au Beer Garden!
Je n'ai pas adoré le café, tout comme à Punta Cana. Assez fort, donc beaucoup de lait pour le doser, donc plutôt tiède. Les cappuccinos du lobby et des restos à la carte aux soupers sont très bons! Un bon 2 crèmes-1 sucre du Tim Hortons au retour, ça te remet sur la map du Québec!
Nous avons voyagé depuis Montréal avec Air Transat (réservé avec TMR). L’avion était très bien et moderne. Retard de presque 1 heure au départ de Montréal. 3h50 de vol à l’allé et 3h25 au retour.
Trajet d’autobus de 1h30 entre l’aéroport et l’hôtel. À l’arrivée, c’était de soir (10hpm), donc silencieux, seulement quelques maigres explications quand on passait dans les villes. Ça se fait bien, on a hâte d’arriver. Au retour, c’était sur l’heure du souper. Superbe coucher de soleil sur la mer en passant sur le pedraplen. Le guide était très dynamique et nous expliquait ce qu’on voyait tout au long du trajet.
Et voilà, c’était le résumé de notre semaine extraordinaire.
Points positif en général: L'accueil et le service des cubains, employés, jardiniers, serveurs, barman. Superbe site, belle plage et que dire de la mer! Également, le grand choix de restos où manger, surtout le midi, est impressionnant.
Points négatif en général: La température, mais ça n'a rien à voir avec l'hotel. Les spectacles de soirée étaient très moyens... Je n'en ai vu que 2, Walt Disney et Ladies Night. Certains danseurs semblaient peu expérimentés, ce qui nuisait à la magie du spectacle. Pas de musique à la piscine certains jours. On s'attendais à plus d'animation. Pour un groupe de 9 c'est pas grave, on a eu du fun en masse, mais pour un couple seul, c'est peut-être le fun avec plus d'animation.
Bon voilà! J’espère vous avoir donné encore plus hâte à votre voyage et avoir réussi à répondre à vos questionnements. Si vous avez des questions, simplement répondre sous ce post, je consulte ce forum à tous les jours !
Jonathan
Quelle semaine de rêve, quaisi-parfaite!
Famille de 9 ; les parents (53 et 50 ans), les 4 enfants et conjoints/conjointes (25 ans + conjointe 24, 22 ans + conjointe 22, 20 ans + conjoint 23, et 12 ans). Premier voyage pour mes parents, pour ma sœur et son chum, et pour mon petit frère. Première fois à Cuba pour ma part.
Il est difficile de s’entendre à 9 sur l’endroit et l’hotel où aller. J’avais lu beaucoup de bien sur le Meliá Las Dunas et sur Cayo Santa Maria. Notre seule crainte par rapport à Cuba était la température en janvier.
Justement, le seul point négatif de notre voyage, fut la température. Voyager à Cuba en janvier est comme un coup de dé. Certains jours, il fait chaud et ensoleillé, alors que d’autres jours, on voit les jardiniers porter un manteau… On le savait avant de partir, et on souhaitait du beau temps!
Température : Lundi 19 janvier et Mardi 20. Gros soleil mur à mur. Très chaud, probablement 26 à 28 degré. Un peu plus frais à la plage à cause du vent, mais rien pour arrêter les baigneurs. Drapeau jaune. Les vagues sont amusantes, mais aucunes activités nautiques exceptés le petit catamaran avec le guide. Le soleil est fort et chaud, nos craintes sur Cuba et son hiver froid se dissipent! Soirées un peu fraîches, en pantalon et t-shirt c’est confortable.
Mercredi 21 janvier. Front froid. La température ne dépasse pas 20°C. Nuageux. Très très venteux, surtout à la plage où c’est inconfortable. Drapeau rouge. Aucune activité. Très peu ou pas de baigneur, eau très froide. La plage est quaisi-déserte. Plus de monde à la piscine, mais l’eau est encore plus froide. Jeudi 22, même température. Les soirs sont très frais, pour ne pas dire froid. On nous a parlé de 8°C dans la nuit de mercredi à jeudi…
Le vendredi ça se réchauffe, samedi 24 janvier et dimanche 25, de mieux en mieux. Retour du soleil et température variant entre 22 et 25 degré le jour, mais toujours venteux. Drapeau jaune encore. Eau très froide. De belles grosses vagues surprenantes!
Nous le savions avant de partir, Cuba en janvier, c’est comme un coup de dé. Rien n’est certain. On peut avoir le meilleur comme le pire. Au moins avec tout ça, j’aurai vécu 3 journées d’hiver à Cuba, et la prochaine fois que j’y retournerai, j’attendrai en février ou en mars!
Hotel : En dehors de la température, je n’ai qu’un mot à dire, et je le cries haut et fort: WOW !
Hotel chic et moderne. Le lobby est époustouflant! Le site est grandiose avec toute sa végétation. Palmiers et fleurs à profusion!
Dès notre arrivée (11h00pm dimanche), à peine sortis de l’autobus, on nous accueille avec un drink! Une demi-douzaine d’employé sont là pour nous remettre une enveloppe à notre nom, on signe une feuille, on pointe nos valises et 10 minutes plus tard voilà qu’on est assis au Beer Garden, bière à la main, et que le check-in est complété! J’avais lu que le check-in était rapide, mais là, j’ai été franchement surpris! Quelle organisation!
Chambre : Belle chambre, bien décorée et très spacieuse. Nous étions au bloc 11. Les 4 chambres étaient pareilles, 2 avec lit king et les 2 autres avec 2 lits doubles. On a tous eu de l’eau très tiède les 3 premiers jours, après quoi l’eau chaude était au rendez-vous. Peu de pression dans notre douche. Coffre fort gratuit (à code numérique) et cafetière avec nécessaire à café. Balcon donnant sur de la végétation, donc vue limitée. Petit frigo avec bière, liqueurs et bouteilles d’eau. Jamais manqué de stock, frigo rempli à tous les jours. La femme de chambre nous laissait même des petits mots ou des sculptures fait avec des serviettes (cygne, éléphant)!
Site : C’est vrai que le site est très grand. Rien pour être désagréable à mon avis. Ma mère s’était blessé au genou juste avant de partir, et elle ne s’en est pas plain. Des carts de golf passent à l’occasion, tu fais signe au chauffeur et il t’embarque. Sinon, quoi de mieux que de marcher après souper, en regardant les étoiles, en écoutant le son du vent dans les branches de palmier. Et le jour, c’est si beau à voir toute cette végétation.
Et lorsqu’on comprend que le chemin fait le tour de la piscine, des deux côtés du site (un côté famille et l’autre pour adulte) et qu’il y a des habitations de chaque côté du chemin, il est facile de ne pas se perdre. La première journée, tu traînes ton plan du site, et après, c’est facile!
Plage : On doit traverser des ponts en bois pour se rendre à la plage. C’est très beau. Végétation protégée entre l’hôtel et la plage. La plage fait plusieurs kilomètre de chaque côté.
Devant notre hôtel, la plage est superbe. Assez large pour disposer nos 9 chaises parmi les autres sans non plus être trop près de l’eau et nuire aux marcheurs (jamais on a manqué de chaises même si on arrivait à la plage vers 10h30 ou 11h). Superbe sable blanc, mais texture différente de Punta Cana, dur à expliquer. L’eau est ultra translucide, d’un bleu incroyable! Plus beau encore qu’on peut l’imaginer ou le voir sur photo! On peut avancer de plus de 50 pieds dans l’eau et on en a encore juste au nombril! Entre 2 vagues, on peut même voir nos pieds!
En parlant longtemps avec Francisco, un employé à la plage innocupé lors d’une journée froide et nuageuse, il disait que ce n’était pas rare l’été de voir des dauphins s’approcher au bord de la plage! Moment magique pour les touristes qui s’avancent dans l’eau pour prendre des photos!
En marchant vers l’est (Hotel Barcelo), il y a moins de pente hors de l’eau et le sable est plus dur, donc plus facile à marcher. C’est aussi très tranquille (coin adulte du MLD et il y a un bon ptit bout avant de rejoindre le Barcelo).
De l’autre côté (vers le Melia et le Sol), le sable est plus mou. Si vous marchez une bonne demi-heure, vous atteindrez « un cap de roche » qui descend dans l’eau. On nous a dit que c’était une bonne place pour les débutants pour faire de l’apnée, mais à cause des vagues et de l’eau très froide, nous en avons pas fait.
Piscine : Nous avons passé notre semaine à celle du côté familial. En fait, il y a une piscine et une très grande pataugeoire où se retrouvent tous les jeunes enfants. À la piscine, il y a un filet de volley-ball, des filets de water-polo et un bar dans l’eau. Le tout est assez grand pour s’amuser sans déranger personne. Des palmiers entourent la piscine, un bar, un resto (snack San Salvador) avec menu à la carte où on peut aussi prendre pour emporter, et des toilettes.
Du côté adulte, je suis juste passé et c’était plus tranquille. Il y 2 piscines collées ensemble et je n’ai pas vu de filet de volley-ball ou de water-polo. Bar dans et hors de l’eau de ce côté aussi, avec restaurant.
Restaurants :
Pour déjeuner, il y a 2 buffets. Le Remeidos et le Caibarien. Le choix est correct et c’est bon. La nourriture est la même dans les 2 buffets, mais le 2e est plus grand. De gentils cuisiniers/cuisini��res vous proposent des gaufres faites devant vous, des omelettes avec vos ingrédients, des œufs tournés, des crêpes, etc... Le jus d’orange est frais pressé et délicieux, et il y a des cocktails de fruits frais, fait devant vous avec les fruits de votre choix.
Les cubains sont vraiment gentils et serviables. Pas moyen d’avoir un verre de jus vide plus d’une minute devant soi sans qu’on vous en propose un deuxième! De plus, ils nous reconnaissent de jours et jours et sont de plus en plus gentils! On laissait 1 pesos CUC par jour au déjeuner.
Pour les dîners, le choix m’a surpris. Il y a bien sûr les 2 buffets, auxquels nous ne sommes même pas allé tellement il y a d’autres options.
Snack San Salvador : Près de la piscine familiale. Il y a le même du côté adulte, mais avec un autre nom. Le menu midi est à la carte. On peut y manger en tenu de plage ou prendre pour emporter à nos chaises à la piscine. On y sert de la pizza, des hamburgers, divers sandwichs et de la poutine. On a tous bien aimé!
Cuban Club Mi Conuco : À 50 pas de la piscine familiale. À la carte. On sert de la pizza (encore meilleure qu’à la piscine, on a surtout adorée la végétarienne format jumbo pour 9), hamburgers, sandwichs, etc… On peut aussi prendre pour emporter. Le soir, on y sert des crêpes comme dessert.
Le Ranchon (Los Caribes en soirée) : On le reconnaît à son gros toit de feuilles de palmiers séchées. Il est tout juste à l’entrée de la plage par le pont principal, au centre du site. Il y a un buffet le midi, en plus d’un menu à la carte. Un steak le midi c’est génial, le poulet à la créole est super, les brochettes de crevettes sautées à l’ail sont très grosses, mais les chops de porc sont encore meilleures! Les dîners au Ranchon (ou pour emporter à la piscine pour ne pas manquer le soleil) sont vraiment succulents! Et dire qu’on est à Cuba!
Los Caribes : Resto de fruit de mer. Faut vraiment être amateur de fruit de mer. Entrée aux fruits de mers, soupe aux fruits de mers, etc… La langouste de 8 pouces de long qu’ils nous ont servie ferait rougir de honte celles de la Casa Grecque! Délicieuse! Nous avons souper à 11 personnes à la même table, plusieurs serveurs pour nous, excellent service.
Santa Maria : Resto oriental. On y est allé sans réservation. Le resto semblait assez vide de dehors, on s’est essayé avec un 5 pesos et en moins de 5 minutes nous étions assis à 6, même si les règles indiquent 5 personnes par tables maximum. Excellent souper ! Entrée de légumes et crevettes tempura délicieux ! Comme surprise au dessert, quelqu’un a dû entendre que c’était la fête à mon petit frère, car sans rien demander, il s’est fait chanter bonne fête en espagnol et nous avons eu du champagne et un gros gâteau flambé à la sambuca ! Quelle attention de leur part !
Isabel y Fernando (Romantico) : Ambiance feutrée, chic, pianiste au centre. Service très professionnel. L’entrée de salade de crevettes sur ananas est unanimement délicieuse! Un must! Le tournedos de bœuf est sublime et goûte comme ici! Les autres ont aimé le poulet, le porc et le poisson. Tout le monde a adoré son souper!
Los Siboyenes (Gril) : Peut-être le moins bon des soupers pour ma part, mais tout de même très bien pour les autres! Service un peu plus long, c’est normal nous étions 9 à la même table pour une seule serveuse en stage. Anecdote : nous n’aimions pas le vin maison beaucoup trop corsé et ne voulions pas payer pour un vin à la carte, alors le sommelier est allé au resto italien un peu plus loin chercher deux bouteilles de vin maison qui nous avait plu l’avant-veille. On a rien demandé encore une fois! Ils sont si serviables ces cubains! On lui a donné 5 pesos et il était très content!
Il ne reste que le resto italien que nous n’avons pas essayé. On a aussi soupé au buffet, où c’était correct.
Je n’ai que le Barcelo Dominican Beach à Punta Cana comme comparaison et je peux dire que c’était dans le même genre côté nourriture, mais avec plus de choix de restos le midi. J’ai été très surpris car on dit qu’à Cuba c’est moins bon. C’est certain que tout goûte différent d’ici au Québec, mais j’ai quand même mangé et bu comme un cochon toute la semaine sans être malade. Aucune restriction côté aliment, drink avec du pina colada à la tonne, bières, pizzas, hamburger, fromage, fruits, viandes, poulets, porcs, œufs, crème glacé et banana split à la crèmerie, etc… Un comprimé de pepto-bismol par soir juste pour prévenir.
Mon frère était déjà allé à Cancun, Punta Cana 2 ou 3 fois, Varadero aussi, et il prétend que c’est au Meliá Las Dunas qu’il a le mieux mangé et où surtout il a eu le plus de diversité.
Peuple cubain : J’ai souvent lu que les cubains étaient charmants, gentils, aimables, etc… Je le savais pour l’avoir lu, mais maintenant je comprends vraiment ce que les gens veulent dire par là. Les cubains sont vraiment chaleureux, très serviables, toujours heureux de te voir. Ils n’ont pas de préjugés comme quoi on est que de riches touristes, ils sont tes amis. Rien à voir en général avec les habitants de la République Dominicaine, sans rien leur enlever! C'est sûr que quelques employés avaient toutefois l'air bête, mais comme partout dans le monde je suppose...
Les jardiniers te sourient le matin, donnent des fleurs aux femmes, essais de te parler mi-anglais, mi-espagnol, mi-français, ils te saluent et sourient sans cesse. Et quand tu veux leur donner un peso, ils sont quasiment mal à l’aise de l'accepter, comme quoi ils ne font pas tout cela pour l’argent.
Même chose pour le service aux restos, aux buffets et au lobby. Je donne une note parfaite sur le service en général! Même à la plage, les petits bars sur la plage n’étant pas ouvert, des serveurs passaient prendre nos commandes, retournaient aux bars sur les ponts et te ramenaient tes drinks sans jamais se tromper!
Le vin au souper était très bon, rouge ou blanc. Excepté le soir au grill, mais le sommelier a tôt fait de nous trouver d’autres bouteilles! La bière est bonne, la Crystal est meilleure que leurs autres marques. Il y a même de la Becks et de la Corona au Beer Garden!
Je n'ai pas adoré le café, tout comme à Punta Cana. Assez fort, donc beaucoup de lait pour le doser, donc plutôt tiède. Les cappuccinos du lobby et des restos à la carte aux soupers sont très bons! Un bon 2 crèmes-1 sucre du Tim Hortons au retour, ça te remet sur la map du Québec!
Nous avons voyagé depuis Montréal avec Air Transat (réservé avec TMR). L’avion était très bien et moderne. Retard de presque 1 heure au départ de Montréal. 3h50 de vol à l’allé et 3h25 au retour.
Trajet d’autobus de 1h30 entre l’aéroport et l’hôtel. À l’arrivée, c’était de soir (10hpm), donc silencieux, seulement quelques maigres explications quand on passait dans les villes. Ça se fait bien, on a hâte d’arriver. Au retour, c’était sur l’heure du souper. Superbe coucher de soleil sur la mer en passant sur le pedraplen. Le guide était très dynamique et nous expliquait ce qu’on voyait tout au long du trajet.
Et voilà, c’était le résumé de notre semaine extraordinaire.
Points positif en général: L'accueil et le service des cubains, employés, jardiniers, serveurs, barman. Superbe site, belle plage et que dire de la mer! Également, le grand choix de restos où manger, surtout le midi, est impressionnant.
Points négatif en général: La température, mais ça n'a rien à voir avec l'hotel. Les spectacles de soirée étaient très moyens... Je n'en ai vu que 2, Walt Disney et Ladies Night. Certains danseurs semblaient peu expérimentés, ce qui nuisait à la magie du spectacle. Pas de musique à la piscine certains jours. On s'attendais à plus d'animation. Pour un groupe de 9 c'est pas grave, on a eu du fun en masse, mais pour un couple seul, c'est peut-être le fun avec plus d'animation.
Bon voilà! J’espère vous avoir donné encore plus hâte à votre voyage et avoir réussi à répondre à vos questionnements. Si vous avez des questions, simplement répondre sous ce post, je consulte ce forum à tous les jours !
Jonathan
Octobre 2008 au Népal en groupe English translation pending
Un voyage en groupe, un voyage de presque un mois, c'est une longue période. Lorsque le groupe est constitué de 11 personnes cela fait 22 paires d'yeux et 22 paires d'oreilles sans compter tout le reste, un nombre considérable de capteurs surtout dans un pays comme le Népal, alors comment rendre compte de tout ce qui a été vu, entendu, senti, ressenti, alors que les activités y ont été denses et variées? Visite de la capitale sous toutes ses coutures ou plutôt sous tous ses monastères et autres dieux en particulier Ganesh pour n'en citer qu'un, mais pas le moindre, puisque c'est le dieu des voyageurs et de la sagesse, les trajets aller et retour de Katmandou au lieu du trek, la manière de conduire pour le moins surprenante pour ne pas dire inquiétante. Cette conduite automobile me rappelle un vieil Albanais de langue grecque que je conduisais sur des routes tortueuses et vertigineuses, et qui à chaque virage murmurait ''siga siga'' (doucement doucement en grec) en se signant. Mais entre la manière de conduire dans ces deux pays il y a une différence non négligeable, même si les Albanais comme les Népalais roulent n'importe où, et même si la visibilité n'est pas un élément vraiment pris en compte lors d'une décision de dépassement. La différence de taille provient tout simplement du fait que, contrairement aux Népalais les Albanais roulent souvent à fond la caisse!!! Je reviens à l'énumération des activités : un trek de 18 jours autour des Annnapurna véritable dépaysement avec cette végétation qui s'étage de la jungle au désert de cailloux et de neige en passant par de belles pinèdes qui font penser à la Haute Provence au Vercors ou à la vallée de la Durance, et puis cette plongée dans l'architecture locale différente d'un vallée à l'autre au gré des ethnies qui peuplent ces hauts lieux, et ce foisonnement de sites religieux, et encore cette foule constante que l'on côtoie en commençant par notre guide, ses adjoints, nos porteurs et ceux des autres, les autochtones de tous genres, et l'immense sarabande de trekkeurs comme nous, coulant tel un immense fleuve à jet continu au milieu d'une multitude hétéroclite de charges en mouvement à deux jambes ou quatre pattes, les premières étant souvent plus volumineuses et plus lourdes que les secondes.
Après cette première impression jetée à la volée comment faire un compte-rendu dans lequel les 11 protagonistes puissent s'y retrouver? En effet chacun de nous est venu avec son acquis, a vécu son voyage, en apparence même si nous avons à peu près tous fait la même chose, chacun en fonction de sa sensibilité, de sa forme du moment, de son rapport aux autres, de ce qu'il recherche dans la marche, de ce qui l'attire en montagne, en fonction de ces quelques facteurs et de bien d'autres a fait son propre voyage qui lui colle à la peau plutôt à l'âme de façon très intime. Alors comment dans ces condition relater une histoire forcément complexe et multiforme et se faire le porte-parole d'une bande, surtout lorsqu'elle recèle 10 Basques, sans risquer les foudres rédemptrices?
Bien entendu, il serait théoriquement possible de relater l'ensemble des anecdotes et petites misères vécues par chacun, ce qui mettrait des petits cailloux tels ceux du Petit Poucet pour baliser la piste népalaise, où chacun pourrait voir remonter à fleur de mémoire les émotions qu'il a éprouvées à tel endroit ou à tel moment. Cela semble cependant difficile à moins d'écrire à 22 mains, alors là on n'est pas sorti de l'auberge, surtout qu'elle serait vraiment espagnole, on n'y trouve que ce qu'on y amène, mais après tout pourquoi pas ? Peut-être commencer à écrire à deux mains une première trame, que chacun enrichira de ce qu'il a vécu et de ce qu'il veut bien écrire sur ses camarades, petites vacheries ou petites rigolades, par exemple en vrac, le pied dans la bouse, pour ne pas dire plus, bien collante au mauvais moment, la belle gamelle au réveil sur la glace, le litre d'eau dans le duvet, la grosse raclée du gnome à la belote, la traversée de la passerelle abhorrée pendant que quelques gros méchants la font balancer en rigolant bêtement, le gros piment qui emporte la bouche à faire pleurer, la vilaine insomnie qui pousse à faire son sac à une heure du matin, le lamentable incident de Spaghetto qui comme son nom ne l'indique pas était allemand, Ganesh en folie, la reine du marchandage à qui l'on propose un petit coup de marijuana et qui refuse, la chaussure qui gratte un peu trop le pied au point de l'ouvrir à grands coups de couteau, le manque d'appétit ou de sommeil en altitude, le gros coup de bambou passager, la découverte des cochons et la passion presque charnelle qui s'en suit, la fixation sur le net et la chute du CAC 40, une petite biture et Bali Balo devant des Népalaises hilares. Manifestement on se rend compte que tout le monde peut en prendre plein la poire et même avec du rab en se creusant un tant soit peu les méninges.
La question est de savoir si un compte-rendu de voyage doit être un règlement de compte envers ses petits camarades, sources de frustration et de désagrément ? Je ne le pense pas, surtout que je n'ai pas ressenti de tensions particulières dans l'équipe que nous formions. Alors peut-être devrions-nous demander à la belle Alsacienne accorte et prolixe, rencontrée sur le chemin du lac Tilicho de nous initier au conflit de groupe, car elle en a vécu plusieurs. Expérience manifestement désagréable puisque cela la motive pour partir seule dorénavant.
Tout simplement, je vais relater ce que j'ai ressenti au cours de ce voyage, au fur et à mesure de notre cheminement. Je vais au maximum mettre des noms de lieux et des dates, ce qui servira de bornes métriques et temporelles. Cependant les impressions décrites et les pensées qui me traversent l'esprit au gré des émotions et des situations me sont sans doute très personnelles et tous ne s'y retrouveront pas. Je dirais même pire, certains endroits que j'ai trouvés superbes comme cette grande plaine caillouteuse, venteuse et poussiéreuse m'ont procuré beaucoup de plaisir, ce qui n'a pas été le cas de tout le monde, vu les remarques entendues. J'expliquerai peut-être pourquoi. Sans doute un peu et c'est un début de réponse, car j'ai fait mienne la formule de Kasansakis « Un jour où je n'ai pas souffert est un jour où je n'ai pas vécu». Après ce préambule quelque peu verbeux je me lance dans une tentative de narration de notre périple.
29/09/08 Tout a commencé non par une nuit sans lune où David Vincent avait perdu un chemin que jamais il ne trouva, mais par un regroupement à l'aéroport Charles de Gaulle. Un trajet par Quatar Air lines avec une escale à Doha. Trajet qui nous a semblé long.
30/09/08 Un atterrissage à Katmandou en fin d'après-midi. Tous les yeux aux hublots à essayer de percevoir les géants de la terre et aussi un petit coup d'œil vers la ville pour s'en faire une première impression. Elle est immense, une multitude d'habitations, aux formes géométriques et de petite dimension de couleur terre, se pressent et s'entassent les unes sur les autres. On se croirait dans un film d'anticipation où l'on crée par images de synthèse des villes du futur replongées dans la préhistoire où tout s'enchevêtre dans une espèce d'abandon accentué par l'accumulation des siècles d'anarchie. Cette première impression est fugace, le temps d'un virage, puis l'avion ayant redressé pour s'aligner sur la piste le blanc de l'aile est le seul spectacle. Un fois débarqués, les formalités sont assez rapidement effectuées. Tout de suite le calme de la population nous frappe. Les policiers et autres douaniers sont souriants et n'ont pas un mot plus haut que l'autre. Cependant nous ne pouvons nous empêcher de sourire en voyant la destination des photos qui nous sont demandées. En effet nombre d'entre elles jonchent le sol d'un bureau. Les méandres paperassiers de toute bureaucratie sont sans doute les mêmes partout sur notre planète. Mais bon, ne critiquons pas, tout s'est passé dans le calme et en un temps court. Une fois hors de l'aéroport, la foule dense des pays asiatiques est bien là. Au-dessus de la couche de pollution apparaissent dans le soleil couchant de grandes dents enneigées. Notre guide nous attend et le traditionnel collier de petits œillets oranges nous est mis à chacun autour du cou. Le premier contact est agréable et tout de suite nous sentons la confiance que nous pouvons apporter à Nepal Trek Ecology. Cette impression ne fera que se renforcer au cours du voyage.
Les bagages chargés, nous partons pour notre hôtel. Premier étonnement on conduit à gauche. La circulation est très dense, foule de voitures, motos, vélos et piétons. Plus nous rentrons dans la ville, plus le trafic est dense, les distances de sécurité et de croisement sont ajustées au centimètre. Cela fait une drôle d'impression. Le paroxysme se produit à quelques cent mètres de notre destination, un bouchon incroyable où vélos piétons et motos constituant le gros de la masse nous immobilise une demie-heure pour faire le simple tour d'une minuscule place qui tient lieu de rond-point. Fourmillement inconcevable, impression accentuée par une panne d'électricité qui plonge l'endroit dans une pénombre prononcée, de laquelle, seuls, sortent les phares des véhicules. Ce grouillement anarchique se passe dans le calme, pas un cri pas une contestation, des ombres calmes, résignées, habituées se faufilent avec leurs deux roues dans cet invraisemblable enchevêtrement. Sur les motos souvent trois personnes, un homme une femme et un enfant. Ce dernier endormi en se cramponnant à sa mère ou au guidon. Les policiers, englués dans ce flot, gardent leur calme et font un certain nombre de gestes qui se veulent des signes de réglementation de la circulation, auxquels personne ne semble faire attention. Une moto avec trois passagers se retrouve bloquée devant le policier qui ne remarque même pas le gamin agrippé au guidon en train de somnoler à quelques centimètres de lui. L'ambiance est donnée . Ouf ! Arrivée à l'hôtel. Il est caché dans une petite impasse. Nous passons une grille et le calme nous tombe dessus. Contraste étonnant en quelques mètres. Nous passons d'un monde surprenant à quelque chose de beaucoup plus occidental donc moins rigolo. Les chambres sont correctes, nous nous retrouvons entre Occidentaux. Le vrai voyage n'aurait-il pas été d'aller loger dans la masse grouillante? Enfin le lieu est sympathique, ne critiquons pas. Les premières formalités sont conduites sous la direction du représentant de l'agence de trek. Le premier dîner nous surprend un peu par la quantité de piment utilisée, même si certaine en redemande. Tout de suite il est possible de remarquer les deux pupitres internet. Et je réaliserai à quel point nous sommes dépendants de ce mode ce communication et d'information par le taux d'utilisation que je constaterai tout au long du voyage. En effet au cours du trek, ce sera une de mes sources d'étonnement de voir des cafés internet partout dans la montagne. Nous avons du mal à nous extirper de nos habitudes. Pourtant Nicolas Bouvier un des grands maîtres du voyage avait pour formule : la vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir. Peut-être devrions-nous nous en inspirer un peu plus ou combattre nos réflexes de vie qui nous poursuivent jusqu'au bout du monde. Un proverbe afghan, qui dit à peu près « les Occidentaux ont toutes les montres mais nous avons tout le temps » devrait nous porter à réfléchir un peu plus sur nos pulsions de l'immédiat.
01/10/08 Le lendemain, après une bonne nuit, petit tour au lever du jour dans la ville encore calme dans les environs de l'hôtel. Un café pris dans un minuscule endroit niché sous une cage d'escalier. Retour à l'hôtel pour la visite organisée. Ce sera une journée dense, pleine d'étonnement, appréciée diversement. Mais le dépaysement sera total, notre accompagnateur parlant correctement le français, sera très surprenant par moments, lorsqu'il nous demande d'exposer notre vie affective et ce qui va avec. Il ne récolte que des sourires surpris et amusés. Nous visitons plusieurs sites majeurs de la ville et nous pouvons juger de son étendue. J'imagine ce que doivent représenter des villes comme Calcutta ou toute autre grande cité asiatique, c'est un peu effrayant. En matière de pollution pour la planète le pire est à venir. Toutes nos mesures de pays riches pour réduire le taux de CO2 sont vraiment dérisoires lorsqu'on constate le développement du tiers monde vers l'industrialisation et la modernisation.
Le premier lieu visité pour l'immense majorité d'entre nous provoque un véritable choc culturel, il s'agit de la colline du temple de Swayambunath ou temple des singes. Au sortir du minibus tout commence par la montée des 365 marches qui conduisent au sommet sur lequel se presse une multitude de temples. Tout au long de cet immense escalier, le spectacle est extraordinaire et très diversifié. Les couleurs vives des différentes statues de Bouddha qui jalonnent la pente attirent le regard, le doré et le bleu dominent. Ensuite les singes constituent le premier spectacle, ils se déplacent en petites bandes, les mères portant leur petit accroché sur le dos ou sous le ventre. Leur lieu de prédilection étant le sommet des petits shorten. Ils ne marquent pas beaucoup de crainte envers les hommes, cependant il est déconseillé d'essayer de les toucher. Leur mâchoire conséquente est assez dissuasive. A aucun moment nous n'avons ressenti d'agressivité à notre encontre. D'ailleurs cette attitude très pacifique et peu farouche est de règle chez tous les êtres vivants que nous avons rencontrés, hommes et animaux. Les quelques dizaines de marches en finale se redressent et nous débouchons sur un grand stûpa. Nous découvrons nos premiers moulins à prière et nous en donnons à cœur joie. Un incroyable enchevêtrement d'édifices religieux colonise ce tertre. Bouddhisme et hindouisme cohabitent en parfaite harmonie, les temples servant généralement aux deux religions. Puis nous nous dirigeons vers le monastère occupé par des moines sur la bosse d'à côté. Pour y accéder nous traversons le jardin au nom évocateur et sans équivoque de jardin des rencontres. Une inscription en népalais pour le moins voyante délivre un message qui nous reste incompréhensible dans cet alphabet curieux. Demandant la signification au guide, ce dernier après avoir lu se marre comme une baleine. Puis ayant fini de rire il nous dit que le panneau prévient que tout acte sexuel en cet endroit donnera lieu à une amende. Une myriade de drapeaux de prière ou mentras flotte au vent, accrochés le long de ficelles qui vont d'arbre en arbre. Une vieille dame fait une offrande sous forme de pain et de riz à une divinité locale. Un singe très intéressé par le rite mange au fur et à mesure les aliments déposés. S'il s'était agi d'un éléphant au lieu d'un singe, j'aurais tout de suite reconnu Ganesh. Lorsque nous sommes à l'entrée du monastère des bruits nous parviennent, des chants religieux rythmés au gré d'instruments à percussion et à vent. Le niveau sonore est conséquent. Notre guide nous invite à entrer en enlevant nos chaussures. Les participants sont exclusivement des moines de tous âges, comme avec Tintin de 7 à 77 ans. Les jeunes sont préposés aux instruments et ils y vont de bon cœur sur leur tambour et autre trompette. Je discerne un petit moinillon, dix ans maximum qui prend un malin plaisir à souffler comme une brute dans son instrument à vent en le mettant juste dans l'oreille du moine qui est devant lui. Ce dernier finit par se retourner et éloigne l'orifice de sortie de ce clairon de son tympan. Mais le moinillon ne le voit pas du même œil et revient à la charge. Tout cela se passe dans une décontraction générale et les sourires fleurissent souvent sur les visages de ces moines.
Nous descendons la colline et visitons trois énormes statues de Vishnu, Ganesh et de la déesse Parvati. Elles sont resplendissantes, repeintes plusieurs fois par an afin de garder leur couleurs dans cette pollution généralisée. Sur les soubassements des statues la gamme des couleurs est large, le rose et le vert très présents ainsi que le rouge. Une multitude de scènes mettant en jeu les dieux locaux orne la base de ces édifices géants.
Nous nous rendons ensuite au temple de Pashupati, le plus grand temple hindouiste du Népal. L'entrée en est interdite aux non hindouistes. Nous pouvons le contempler de l'extérieur. Un énorme taureau pour le moins placide se tient non loin de l'entrée. C'est l'animal sacré par excellence car c'est la monture de Vishnu. Même s'il a l'air tranquille, nous faisons un écart pour le contourner. Puis à proximité nous visitons l'hospice où les vieilles gens sans famille viennent finir leur existence. Il se dégage de ce lieu une impression étrange cependant il y règne la sérénité. Puis nous passons sans transition de l'hospice au bord de la rivière, où une crémation a lieu. Le corps en train de brûler est couvert d'herbe et nous ne le distinguons pas. Mais rapidement les herbes s'étant consumées apparaît un spectacle qui s'est gravé précisément en ma mémoire mais que je ne décrirai pas. Cependant cela n'appelle aucune réaction de dégoût ou d'effroi, non, on s'inscrit tout naturellement dans le cycle de la vie et de la mort. Bien que cette dernière soit un événement triste dans les religions bouddhiste et hindouiste, le rite mortuaire est moins empreint de tabou que dans notre société occidentale et le spectacle est public. Cela aide sans doute à mieux l'accepter et gérer la période de deuil de façon moins douloureuse. D'ailleurs sans doute pour faire un pied de nez à la mort le petit temple qui domine la rivière est orné de scènes du Kama Sûtra représentées avec précision et pour le moins torrides.
Puis après cette matinée bien chargée, nous n'avons pas l'appétit coupé, bien au contraire, nous nous rendons dans un restaurant à la vue étonnante sur Barddhanath Stûpa. Il s'agit tout simplement du plus grand Stûpa du Népal. Il est de dimensions conséquentes et toujours peint de neuf, ce qui contraste vraiment dans ce pays de poussière et de façades grises. Au cours du repas nous abordons avec notre guide de nombreux sujets et lorsque nous lui demandons des indications sur les montagnes qui entourent la ville de Katmandou et qui affichent des altitudes de l'ordre des 2800 mètres, donc 1500 mètres au-dessus de nous, il nous reprend et parle de collines. Mais son sujet favori, c'est la sexualité des Occidentaux, questions auxquelles nous ne voulons pas répondre laissant sa curiosité non satisfaite. Après le repas nous visitons le Boudh Stupa Thanka Center. Le thanka est le nom de ces bannières à motifs religieux que l'on voit sur tous les monastères. Les motifs en sont, soit des figures géométriques, soit des scènes représentant les diverses divinités dans leurs activités. Le travail est effectué avec un pinceau de très petite taille, la précision est extrême. Nous nous laissons prendre sous le charme et plusieurs d'entre nous repartent avec un joli thanka. Puis retour à l'hôtel en milieu d'après-midi, nous en avons tous plein les basques (sans jeu de mots) après cette première journée dans Katmandou. Demain sera le grand jour, départ matinal pour le trek tant attendu du tour des Annapurna.
02/10/08 Après une bonne nuit, lever matinal, copieux petit déjeuner et nous voilà tous réunis pour le grand départ. Nos porteurs s'activent et amoncellent nos bagages sur le toit. Notre guide Bir Singh nous explique la situation et nous donne les dernières recommandations. Le minibus s'ébranle et nous voilà plongés dans ce terrible trafic. Il nous faut presque une heure pour nous extirper de la ville. Mais la circulation ne se calme pas pour autant. La période de fête nationale bat son plein et nombreux sont ceux qui partent festoyer dans leur village natal. Il en découle un immense embouteillage et dès qu'un espace se libère tous les véhicules essaient de s'y introduire. Il en résulte une anarchie totale, plusieurs files dans le même sens, j'en ai comptées jusqu'à quatre, voire cinq et plus, sans laisser de possibilité de croisement. Mais tout cela se passe sans le moindre cri, et à un rythme d'escargot, ce double flux finit par s'écouler .Nous atteignons ce fameux col qui fait bouchon d'étranglement. La route descend au fond d'une vallée luxuriante. Nous marquons une halte pour le repas de midi et arrivons à Besisahar point de départ de notre tour des Annapurna. Il s'agit d'une petite ville perchée une centaine de mètres au-dessus de la rivière. L'électricité y arrive, le portable passe encore et il y a plusieurs cafés internet, ce que nous retrouverons pratiquement à toutes les étapes. On ne quitte pas si facilement notre mode de vie, il s'est en effet glissé dans toutes les parties du monde.
03/10/08 Après un sommeil réparateur, le moment tant attendu du départ a sonné. Nos porteurs au nombre de six s'emparent de leur charge et partent devant. Restent avec nous notre guide et ses deux aides. En effet il y a toute une technique d'accompagnement d'un groupe important comme le notre, constitué de onze personnes. Un guide devant, un en arrière, ainsi on contrôle tout, pas d'erreur d'itinéraire et pas de traînard ou blessé que l'on pourrait oublier. Et le secret du troisième homme, il est chargé de courir au-devant réserver les restaurants ou les hôtels. Tout au long des dix huit jours ce ballet s'accomplira sans heurt et sans surprise. Alors que nous nous rassemblons pour partir, nous engageons la conversation avec un grand Australien parlant le français que nous rencontrerons encore de nombreuses fois au cours des jours à venir. Enfin on démarre. Le temps est beau, une couche nuageuse peu épaisse mais suffisante nous cache les grandes montagnes qui dominent la vallée. Très rapidement les rizières sont partout, vert tendre, en terrasses. Les cigales à la stridulation étonnante et parfois très forte ne laissent pas de nous étonner. Le rythme de leur cri est si régulier que l'on pourrait croire à quelque bruit provenant d'un courant alternatif. Le plus étonnant dans le bruit de ces cigales, c'est qu'au fur et à mesure de la montée en altitude il se modifiera pour en finale vers les 3200 mètres ressembler à celui des cigales françaises. Première passerelle, elle est de belle taille solidement construite et même si cela bouge un peu la traversée est aisée. Nous marquons une première pause dans un village au pied d'un arbre extraordinaire, un Pipol, arbre sacré. Il va souvent de pair avec le Simol, autre arbre sacré. Assis à son pied monumental au tronc torturé comme composé d'immenses lianes qui se seraient fondues les unes aux autres, nous ne restons pas longtemps seuls. Une foule de gamins joyeux nous envahit. Les appareils photo crépitent. A nos pieds de jeunes garçons jouent aux billes. L'un d'eux est d'une adresse redoutable. Il met une agate sur son index gauche et, de sa main droite, il tire la bille en arrière tout en visant. A chaque fois, la cible à plusieurs mètres est atteinte. Des Français arrivent, il s'agit d'un père et de son fils, ils entreprennent le trek en autonome, l'ayant déjà fait, accompagnés, l'année dernière. Manifestement il ne faut pas vouloir venir chercher la solitude dans ce genre de promenades. Nous reprenons notre chemin et pouvons admirer l'architecture locale, petite maison au toit de chaume, noyée tout simplement dans un champ de riz dont les tiges hautes grimpent pratiquement aux murs. Au détour du chemin se présente une petite étable de bois aux formes esthétiques, habitée au rez de chaussée par un gros buffle qui nous regarde passer comme les vaches les trains. Il y a une sous-pente encombrée d'une multitude d'objets parmi lesquels de grosses hottes de portage en osier. Le chemin prend de la hauteur et, de surplomber ces champs de riz au vert presque fluorescent, au milieu desquels se perdent quelques petits hameaux aux maisons serrées, permet un spectacle du plus bel effet. Nous rencontrons notre premier shorten (petit édifice religieux) bien posé au milieu du chemin. Il faut bien passer à gauche, un Népalais se lave avec énergie à la source qui coule juste devant.
Une caractéristique du chemin et cela tout le long de la première semaine, voire un peu plus, tient à la configuration de la vallée très encaissée. En effet nous évoluons sur des pentes raides, même très raides et surplombons souvent des à-pics. Donc bien évidemment la chute se révélerait particulièrement dangereuse voire fatale, d'où une vigilance à conserver malgré le dépaysement qui nous pousse à regarder partout, sauf devant nos pieds. De plus, sur ce chemin qui remonte la vallée sur de très grandes distances, on croise beaucoup de monde et d'animaux. Notre guide nous met particulièrement en garde en ce qui concerne le croisement des mules. Toujours se trouver du côté montagne. En effet elles portent des charges volumineuses et dès qu'elles ont passé la tête à votre niveau elles ont tendance à forcer le passage et si l'on se trouve du côté vide on peut facilement bénéficier d'un billet de dernier envol de la part d'un inoffensif sac de riz ou de farine. Mais malgré la mise en garde, il est des situations où l'on se retrouve du mauvais côté et mieux vaut avoir le réflexe rapide. J'en ferai la stressante expérience.
Arrêt à midi à Bhulbhule, village typique ressemblant à tous ceux que nous verrons sur ce versant. Une rue principale dans laquelle se pressent les restaurants et hôtels à un ou deux étages maximum, le tout annoncé par une multitude de panneaux en anglais. Le sol est recouvert d'un dallage propre et en bon état, ce qui donne un air sympathique à l'ensemble du petit bourg. Déjeuner sur une superbe terrasse dominant le torrent. Juste en-dessous une passerelle sur laquelle le trafic est intense, porteurs, habitants du villages, nombreux animaux de bât, et aussi des groupes importants de touristes. On n'a pas l'impression d'être à l'autre bout du monde. Mais tout le contraste de la situation provient du point de vue sur lequel on pointe le regard, et là il est possible de changer de monde. Nous pouvons admirer cette végétation luxuriante qui dévoile juste en contre-bas de notre perchoir ses papayers, caféiers, bananiers, bambous géants et beaucoup d'autres arbres que nous n'identifions pas. Au-dessus, les contreforts du Manaslu se découvrent en immenses champs de neige et de glace raides qui semblent monter jusqu'au ciel. Nous ne nous situons qu'à 840 mètres d'altitude et ces montagnes nous surplombent du haut de leur 7000 mètres et plus. Au cours des jours à venir je vais rester souvent le regard perdu quelque part là-haut à imaginer plein de choses où souffrance et bonheur se mêlent. Le fond de cette vallée luxuriante est enserré par des flancs abrupts sur des milliers de mètres, mais pas un endroit qui ne soit colonisé par cette végétation dense.
Après cette pause bien agréable, nous reprenons notre chemin sur quelques kilomètres qui nous conduisent à Nadje, sympathique endroit où nous logeons dans de petits bungalows posés à même la rizière. Bir Singh nous fait visiter le village situé au peu au-dessus. Il nous conduit chez un vieux paysan de 87 ans qui a passé 6 ans dans l'armée britannique, il s'agit de l'un de ces fameux Gourhkas, guerriers réputés. Nous avons aussi droit à un petit exposé sur les rites funéraires. Lorsqu'il y a du bois, pas de problème, nous avons vu. Mais dans les régions désertiques comme le Dolpo ou le Mustang, le rite est différent. Après avoir coupé le corps en morceaux, on fait appel aux oiseaux, et ces derniers viennent les enlever. Cependant on garde un petit bout que l'on brûle avec un peu de bois afin d'être en mesure de respecter la tradition des cendres à la rivière.
La soirée sera très agréable, il fait bon, pas d'insecte indésirable, un très bon plat de gros raviolis fourrés. Ensuite nous assistons, et participons à un spectacle de chants et de danses organisé par les femmes du village. Il s'en suivra des danses endiablées ponctuées d'immenses éclats de rire, nos porteurs se révéleront excellents pour cet exercice dans lequel le mouvement des bras et des mains, levés au-dessus de la tête, imitant des serpents et autres bestioles se tortillant en des mouvements souples et aléatoires, joue un rôle déterminant.
04/10/08 Le matin départ à 7h30. La marche se poursuit le long de cette vallée aux pentes raides où chemin et escaliers alternent. Arrêt au village de Bahundanda. Après avoir franchi quelques marches raides on se retrouve sur la petite place bien pavée du ''centre-ville''. On se croirait à l'attente de la benne de l'Aiguille du Midi tant la densité de trekkeurs faisant halte est importante. Le français est la langue qui domine, il y a au bas-mot un bon tiers de nos compatriotes. Pour ajouter à l'impression les petites échoppes vendent même du Bordeaux château du Parc, c'est le bouquet!!! En ce début de trek, les différents groupes d'Occidentaux ont un peu tendance à se regarder en chien de faïence, sans doute pensant que ce flot de Blancs atténue la sensation d'exotisme. Mais au fil des jours les visages se détendront et les sourires apparaîtront et les conversations se noueront. L'intérêt de ce genre de balade ne réside pas dans la solitude, qu'on ne rencontre pas, mais dans la découverte d'une nature gigantesque et d'une civilisation aux traditions différentes. Les Népalais, malgré l'envahissement touristique auquel ils sont soumis, restent très accueillants et lorsqu'ils ne sont pas les premiers à vous gratifier d'un ''Namasté'', ils s'empressent de répondre à votre salut.
11h30, arrêt à Khanigaon pour le déjeuner. Le temps se couvre et dans cette vallée très encaissée il fait sombre. Une halte de courte durée, le temps de prendre une boisson dans une baraque perchée sur un éperon qui risque au cours des prochaines moussons de rejoindre la rivière quelques centaines de mètres plus bas. En effet le chemin traverse des zones d'éboulement énormes et la stabilisation du terrain pour construire une route carrossable ne semble pas pour demain. Deux gros engins de terrassement sont bloqués après que la route qu'ils ont construite dans ce secteur soit partie avec un glissement de terrain qui a ravagé tout un flanc de montagne. De notre éperon instable le chemin très aérien mais large conduit en légère descente à Jagat, notre point de chute pour la nuit. Le village au milieu d'une masse d'arbres est resserré sur un petit replat dans un coude de la vallée. Arrivée dans Jagat en milieu d'après-midi. Surprenante petite ville presque exclusivement constituée d'hôtels aux couleurs vives et qui s'élèvent sur plusieurs étages. En fin d'après-midi des foules de trekkeurs déambulent en attendant le repas du soir. Il fait toujours bon, l'altitude n'est que de 1300 mètres. Le spectacle est impressionnant, on ressent sans les voir toute la puissance des géants de la terre qui écrasent ce lieu du haut de leur éclatante blancheur.
05/10/08 Nuit très correcte pour tous, les affres du manque d'air sont pour plus tard. Petit déjeuner particulièrement consistant, à base de céréales, mais il n'a pas fait l'unanimité. Cependant, pour ceux qui sont arrivés au bout de leur grosse platée, la faim n'est pas près de les tarauder. Dès le départ nous sommes plongés dans une forêt luxuriante sur un chemin raide, d'où de toutes parts dégoulinent des torrents plus ou moins importants. Le bananier semble être l'arbre dominant dans ce fouillis végétal. Sur le sentier, que de monde, une véritable procession où s'imbriquent trekkeurs au petit sac et porteurs très lourdement chargés. En fonction de leur charge, la couleur ou le poids on détermine avec quelle agence ils travaillent. Je ne sais pas si cela nous déculpabilise, mais nous ne devons pas dépasser les dix kilos par individu à donner au porteur et celui-là ne doit pas porter plus de deux sacs en plus de ses affaires personnelles, ce qui normalement conduit à une charge de 25 kilogrammes maximum. Je ne suis pas certain que ce soit le cas, mais le poids reste raisonnable, même si nos porteurs par moments semblent tirer sérieusement sur la bête. Certains qui transportent du matériel technique ou du ravitaillement pour les hôtels sont littéralement écrasés sous des montagnes. Souvent les chargements sont constitués de tuyaux, soit en morceaux de 3 ou 4 mètres ou en gros rouleaux, le tout dépasse très probablement les 70 kilogrammes par individu. Ils avancent d'un pas lent, faisant bien attention à l'encombrement de leur fardeau. Parfois ils se déplacent en travers car la paroi est trop proche et les tuyaux frottent. Dire qu'ils cheminent souvent une semaine arnachés de la sorte. De temps à autre, ils s'arrêtent et tombent assis sur une pierre, leur lourde cargaison au sol, le regard perdu dans le vide de la fatigue.
Nous quittons le district de Jangjung et rentrons dans celui de Manang. Le changement de région est matérialisé par la présence d'un camp militaire. La vallée qui était très étroite s'élargit en une vaste zone plate sur laquelle la rivière s'étale en de multiples bras. Nous faisons halte dans ce lieu aéré au village de Tal. Nous trouvons le repas excellent, constitué de pain, riz, patates et genre de poireaux, cependant le tout très épicé. Ce village qui s'étale un peu plus que les précédents est menacé par la rivière. En effet cette dernière fait une large courbe au niveau des maisons. A la période de la mousson ces berges de galets et de terre n'offrent pas une résistance suffisante à l'impétuosité des flots, d'où une érosion rapide. Pour limiter le phénomène des digues en pierres, perpendiculaires au courant, ont été érigées pour déplacer le lieu principal d'écoulement des eaux.
Après le déjeuner, deux heures de marche nous conduiront à Dharapani. La luxuriance de la végétation nous accompagne toujours. Le chemin est particulièrement encombré par hommes et bêtes. Des convois de vingt mules et plus forment des bouchons où chacun essaie de se faufiler. Attention cependant à ne pas être éjecté du chemin, car la hauteur de chute est importante et le torrent énorme est d'un puissance que je n'ai jamais vue dans nos montagnes. Juste avant l'arrivée à l'étape nous croisons deux jeunes Népalaises sur un cheval. Elles ont fière allure sur leur monture sur ce sentier particulièrement aérien, tout faux pas les précipiterait dans le vide. Mais elles affichent une belle sérénité et une maîtrise certaine. A notre entrée dans le village la pluie jusqu'à présent faible s'intensifie et nous sommes tout heureux de nous abriter.
De notre chambre la vue sur le torrent est de tout premier ordre. Il se dégage de cette eau en furie une force impressionnante. Pas une parcelle de torrent qui ne soit un jaillissement d'écume. La pluie s'étant calmée nous partons à la découverte du village. Il se situe à 1800 mètres d'altitude. Doucement, mais de façon perceptible, la végétation change. Des espèces plus familières, comme le pin, apparaissent. La vallée après s'être élargie est de nouveau très resserrée. En perdant de leur luxuriance, ces grands pans austères ont un petit air d'Ariège, sans doute en plus grand, mais ne sous-estimons pas ce département où les montagnes affichent des dénivelés très importants entre le fond des vallées et leur sommet.
Le village, outre les buffles et les trekkeurs ne présente pas d'activité particulière. Nous goûtons une tarte à la courge. La première impression est un petit goût de foin, mais à la seconde bouchée tout rentre dans l'ordre et nous la trouvons bonne. Quelques cavaliers passent à vive allure sur le dallage en pente et mouillé. Nous croisons à nouveau des porteurs de tuyaux, assis en attente d'un lieu de repos pour la nuit. Leur regard est ce qui attire le plus l'attention. Il trahit leur fatigue. Retour à l'hôtel, dîner de bonne qualité, grosse platée de spaghettis et il y aura même du gruyère ou quelque chose d'équivalent. Il s'en suivra une partie de belote acharnée comme bien souvent le soir au cours de ce mois d'octobre. Mais alors s'affrontent les adeptes de la succession de parties bordéliques où l'on ne comptabilise rien et les gardiens de la doctrine ''belotesque'' qui impose qu'une partie se joue en mille points. L'histoire n'a pas retenu lesquels ont réussi à imposer leur point de vue. Mais les éclats de rire ont été les grands vainqueurs.
Le confort de ces lodges est très acceptable, souvent la douche est chaude, la nourriture copieuse et bonne. L'absence de viande passe très bien et semble même bénéfique à l'organisme. Les chambres prévues pour deux voire trois personnes permettent généralement un sommeil acceptable. Détail peut-être trivial dans les toilettes souvent à la turque, le petit robinet à hauteur de genou est un facteur d'hygiène supérieur au papier toilette.
06/10/08 La nuit très pluvieuse n'a pas perturbé notre sommeil. Ce matin il fait très beau. Au petit déjeuner une bonne grosse crêpe à la farine de sarrasin, arrosée d'une nappe de miel met tout le monde de bonne humeur. Il faut dire que le petit déjeuner de la veille avait laissé quelques appréhensions chez certains d'entre nous.
Sur le bleu du ciel se détachent quelques sommets aux environs des 5000 mètres, ils sont légèrement teintés de blanc suite aux précipitations de cette nuit. A la sortie du village un petit sentier sur la droite indique la direction du Manaslu. On distingue une vallée très étroite dans laquelle une petite trace matérialise le chemin. Ce trek est paraît-il très joli et peu parcouru. Le monde est petit, mi-novembre en déplacement pour raisons professionnelles, alors que j'attrapais mon TGV d'extrême justesse à l'aéroport Charles de Gaulle, je tombe sur un homme qui manifestement rentre de quelque montagne éloignée. Ma curiosité me pousse à lui demander d'où il vient et il me répond du tour du Manaslu. Et là comme un flash cette petite vallée m'apparaît. Au-dessus de ce vallon, flottant par dessus les nuées, les premières sentinelles des géants de la terre apparaissent. Cette présence si proche, voilée dans les nuages en mouvement est presque irréelle. Les distances sont difficiles à apprécier. Tout rapprochement avec les Pyrénées ou les Alpes serait trompeur. On pénètre lentement dans le monde des montagnes géantes. La luxuriance fait place à l'étage alpin. Nous traversons une belle forêt de feuillus comme on en trouve en France. D'ailleurs plusieurs d'entre nous trouveront cette étape très belle sans doute du fait de l'ambiance créée par la présence de ces arbres qui rappelle nos belles forêts. Et toujours ces porteurs qui croulent sous leur fardeau énorme, de tuyaux de canalisation, de montagnes de cartons empilés où, pèle-mêle, on distingue canettes de bière, coca-cola, bouteilles d'eau ou sacs de farine et autres aliments. Bien souvent ces hommes sont en tongs, gardant leurs chaussures pour plus tard lorsque le froid sera plus vif.
Midi, arrêt à l'Himalayan restaurant, pâtes riz et pommes de terre, on se régale et cela va tenir au ventre. Et dire que parfois je me moque gentiment de ma belle-sœur qui systématiquement allie riz et pommes de terre, eh bien nous faisons encore plus fort car nous y rajoutons aussi des pâtes. Cet après-midi le temps est menaçant, la visibilité verticale s'amenuise, le sentiment d'enfermement entre ces parois, disparaissant dans les nuages quelques centaines de mètres plus haut, est réel. Après une marche courte, à peu près une heure trente, apparaît le village de Shame, terminus de l'étape du jour. Il est temps d'arriver, car la pluie devient violente. L'altitude est proche de 2700 et la température descend. Une petite laine sera la bienvenue. Le village est vaste . Comme partout les édifices religieux sont nombreux. Cependant une originalité, un gros moulin à prières de couleurs très vives, mu par l'eau d'un petit canal, tourne en plein air. Au-dessus une immense dent rocheuse, sombre et dégoulinante luit faiblement dans la nuit qui tombe. Ce spectacle grandiose nous fait prendre conscience de notre petitesse. Toujours ce paradoxe, une nature sauvage et gigantesque, vierge de traces humaines, sur laquelle le regard se promène à la recherche d'un quelconque mystère, et au sein de ce village une foule de touristes déambule.
7/10/2008 Lever 6 heures, peu de clarté, il fait sombre, la couche nuageuse semble très importante. Cette journée commence sous de mauvais augures. Un groupe d'Asiatiques, Japonais ou Coréens fait une séance de gymnastique de réveil du corps. Le moniteur invite gentiment ceux d'entre nous présents à se joindre à leurs exercices, à la plus grande joie de tous. Petit déjeuner pris, comme tous les matins le départ s'effectue vers les 7 heures. Et là, miracle, de grandes taches bleues déchirent le gris sombre du ciel. Une lumière vive s'installe petit à petit. A la sortie du village un magnifique stûpa semble matérialiser l'entrée dans le sanctuaire de la haute montagne. Une sensation nouvelle m'étreint, comme si les jours précédents représentaient la marche initiatique qui permet l'accès à ces zones d'altitude. Pleins d'espoir, l'envie de voir apparaître les sommets satellites de l'Annapurna se fait pressante. D'un coup en pleine lumière du haut de ses 7937 mètres l'Annapurna 2 nous écrase. Vision époustouflante, elle sera la première d'une longue série, où vont se mêler des noms célèbres lus dans de nombreuses revues et livres. Nous effectuons un premier arrêt à Bhratang. Certains d'entre nous s'empiffrent d'énormes croissants au demeurant bons, mais je dirais que pour ma part le régime patates à tous les repas même le matin me retire toute velléité de dévorer ces grosses pâtisseries. Nous retrouvons le père et le fils du sud-ouest, ce dernier croulant sous son gros sac et le père toujours la même gouaille. Il faut qu'ils l'adorent ce tour pour le faire pour la seconde fois en un an. Les grands sommets se font de plus en plus présents. Au niveau d'une passerelle, un point de vue étonnant sur la pyramide de l'Annapurna 2 se dévoile. On en perd toute notion de distance. J'essaie d'imaginer la grosseur d'un alpiniste pendu dans ce dédale de glace et de rocher. Il est difficile de détacher le regard d'un tel spectacle. L'itinéraire traverse une belle forêt de pins, dont les aiguilles font un tapis au sol. La fraîcheur de l'air rend la marche très agréable. On pourrait se croire, bien entendu si on ne lève pas la tête, quelque part en Ubaye ou Tinée pas très loin de la Méditerranée. Étonnant direz-vous ces références fréquentes aux montagnes françaises. Je répondrais simplement, on compare avec ce que l'on connaît, et ces magnifiques montagnes de France je les adore.
Revenons à l'Himalaya, sur la droite de la vallée une immense dalle schisteuse, inclinée à cinquante degrés, luit de ruissellements dus aux précipitations nocturnes. Elle s'élance sur plusieurs centaines de mètres et sa partie sommitale qui avoisine les 5000 mètres, voire un peu plus, est saupoudrée de neige. Le contraste entre le gris du rocher et la blancheur éclatante de la neige est du meilleur effet. Pour ajouter au pittoresque du paysage, des bancs de nuages semblent par moments flotter sur le rocher, donnant une touche de mystère à cette paroi. Le yéti pourrait s'y tenir tapi et regarder cette bande d'intrus qui, à flots serrés, profane son sanctuaire, mais peut-être avec le capitaine Haddock à ses trousses.
Le repas de midi est pris sous forme de sandwiches à Dhikur Pokhari. L'altimètre indique plus de trois mille mètres, cependant la chaleur est intense. Au-dessus, l'Annapurna 2 déploie sa gigantesque face nord qui domine de 5000 mètres. La progression reprend le long d'une vallée large, à l'aspect sec presque aride. La similitude avec le haut val de la Durance est frappante. Même formation géologique et même type de végétation un peu dispersée qui essaie de s'accrocher à ce terrain hostile. Le chemin franchit un pont traditionnel fait de bois. Contrairement à la plupart de ses congénères, il n'est pas doublé d'une passerelle métallique. En effet il est, à chaque fois que ce spectacle se présente, surprenant de constater cette cohabitation de l'ancienne construction de bois et de la passerelle métallique qui incarne l'arrivée de la civilisation moderne dans cette vallée reculée. D'ailleurs la modernité nous poursuit aussi sous forme de fils électriques qui ne s'arrêteront qu'au-dessus des 4000 mètres d'altitude.
Notre guide nous conduit à Upper Pisang avant de rejoindre le but de notre étape qui est Lower Pisang. Village étonnant, constitué de maisons alignées par niveau, à la manière d'une succession de marches d'escalier. Au-dessus trône un magnifique temple qui vient d'être reconstruit. La vue en face sur la chaîne des Annapurna est vraiment époustouflante. Face à nous se développent dans toute leur splendeur les gigantesques séracs des Annapurna 2, 3 et 4. Vers le bas, de l'esplanade du monastère, les champs de céréales montrent toute la gamme de leurs couleurs au gré de la culture pratiquée. Ils sont de petites dimensions et s'imbriquent les uns les autres en un joli patchwork. Les couleurs dominantes sont le vert et une teinte intermédiaire entre le rouge et la rouille, qui trahit la présence du sarrasin. A cette altitude, 3200 mètres, en France il n'y a plus que des cailloux de la neige et de la glace. Après une visite intéressante et un point de vue de toute beauté auquel il est difficile de s'arracher, le chemin conduit à Lower Pisang, quelques cent mètres plus bas. Nous le parcourons les yeux encore tout éblouis de ces immensités glaciaires. Au cours de cette courte descente, un immense moulin à prière nous donne tout loisir d'exprimer notre piété. Une fois dans le village, un escalier raide impose un dernier effort, une soixantaine de marches pour accéder à notre hôtel. Que cela paraît long et que le souffle semble court, et l'altitude n'est que de 3200 mètres. Certains se posent même des questions pour la suite. Mais heureusement ce ne sera qu'une sensation passagère et cet état de fatigue ne se manifestera plus.
Notre arrivée effectuée de bonne heure, quatorze heures, nous avons tout loisir de nous imprégner de l'esprit du lieu. Je découvre la randonnée en prenant le temps. Généralement je marche jusqu'à épuisement soit de mes forces soit de la lumière du jour. Eh bien ce que nous pratiquons là, loin des chronomètres et des kilomètres parcourus un œil sur l'altimètre et l'autre sur le podomètre, est un vrai plaisir. On est plus à l'écoute de la nature qui nous entoure que de son corps qui souffre. J'en profite pour faire une petite balade seul. Je monte vers un gros shorten au blanc éclatant par une petite sente que je finis par perdre. Les derniers mètres je les parcours à travers les buissons. Il s'agit d'un monument à la mémoire de 12 alpinistes, 11 Allemands et 1 Népalais, leur guide, emportés pendant leur sommeil au Pisang Pic en 1994. Les noms, onze hommes et une femme, cette dernière s'appelait Christine, sont alignés au-dessus d'une épitaphe en allemand. Cette langue forte prend dans ce contexte toute sa puissance. Rien ne rappelle la chrétienté, seul l'esprit de la montagne à travers la culture bouddhiste accompagne ces alpinistes vers leur dernière demeure. Face au petit tertre sur lequel se tient ce lieu de recueil, le Pisang Pic ou Jong Ri, du haut de ses 6091 mètres dans la lumière rasante de cette fin d'après midi, rayonne sur la vallée de toute sa puissance. « Il est des lieux où souffle l'esprit.» Je ressens toute la profondeur de cette phrase. Me vient à l'esprit le petit cimetière de Saint Christophe-en-Oisans, au-dessus duquel la Tête de Lauranour tient lieu de fanal et veille sur ces montagnards jeunes et moins jeunes, professionnels ou amateurs, qui ont succombé à leur passion sur les pics de cette magnifique vallée du Vénéon. La mort d'un alpiniste est cruelle car ses proches perdent un être cher. Mais cet être, en quête d'absolu, a quitté cette terre dans un moment d'intense activité. Ce départ s'inscrit presque logiquement dans son mode de vie. Saint-Exupéry a dit « on ne peut mourir que pour cela seul qui nous permet de vivre».Tout absorbé par mes réflexions et la contemplation de la montagne, j'ai du mal à quitter ce site. De plus, depuis notre départ, c'est la première fois que je me retrouve seul. Doucement j'amorce la descente vers le village qui n'est pas très éloigné, presque en retenant mes pas, conscient que l'envoûtement va se rompre .
Retour à l'hôtel, plongée dans un monde bruyant, nombreux trekkeurs attablés, absorbés dans leurs cartes, leurs livres, leurs discussions ou dans leurs jeux de cartes ou d'échecs. Sans transition je me joins à eux et nous entamons une partie de belote endiablée. La discrétion ne nous étouffe pas toujours!!! Mais nous ne sommes pas seuls à être bruyants, une télévision braille dans la pièce. Bollywood est très présent. Une multitude de Népalais, hypnotisés par le petit écran, captent par tous leurs sens images et sons. Comme on le constatera souvent, les grands thèmes de films sont au nombre de deux, les histoires d'amour et les combats de Kung-Fu ou autres arts martiaux. C'est étonnant de constater que ce peuple si pacifique soit à ce point intéressé par les films de castagne. Ce soir pour le dîner comme d'habitude pâtes et patates mais nous allons remplacer le riz par de la purée, contre toute attente patates et purée font bon ménage.
8/10/2008 L'habitude étant maintenant prise, branle-bas à 6 heures, petit déjeuner copieux, encore quelques patates avec beaucoup d'ail, très efficace paraît-il contre le mal des montagnes. La vallée reste large et la pente du chemin faible. Les cigales au bruit si entêtant ont disparu depuis hier, et le silence parfois nous étonne comme s'il y manquait une présence. Les deux flancs de montagne sont pour le moins très différents. A droite, la végétation et la physionomie du terrain rappellent les Alpes du sud, on y voit même des demoiselles coiffées comme au bord du lac de Serre-Ponçon. Mais un coup d'œil à gauche enlève toute illusion sur le lieu.Une barrière impressionnante frôlant les 8000 mètres barre la vue et oblige à regarder très haut pour voir le ciel. Le GanggaPurna qui jusqu'à présent était caché par une arête nous apparaît dans toute sa majesté. Sa forme et ses lignes sont à la hauteur de l'esthétique de son nom, qui se martèle en deux syllabes.
Cette gigantesque vague de glace hérissée de nombreux sommets entre 7000 et 8000 mètres, tient une place importante dans la première ascension de l'Annapurna. En effet elle ne figurait pas sur la carte indienne utilisée par Maurice Herzog et son équipe lors de leur expédition en 1950. Cette lacune leur a causé beaucoup de tracas, des détours immenses, qui les ont égarés dans des impasses. En effet ils butaient sur ces reliefs alors qu'ils ignoraient leur existence.
L'étape de ce jour est courte et le dénivelé peu important, le long d'une large vallée à la faible déclivité, ponctuée d'une multitude de shorten, stûpa, moulins à prières et inscriptions religieuses en cinq couleurs sur des plaques d'ardoise. Ces cinq couleurs sont: le bleu, blanc, rouge, vert et jaune qui représentent les cinq éléments que sont le ciel, l'eau, le feu, la vie et la terre, si je ne me trompe pas. Le village de Braga est atteint. De grandes prairies colonisent toute la vallée et de nombreux animaux y paissent tranquillement. En particulier des yaks et leurs femelles, les naks, les premiers au pelage sombre, et ces dernières à la toison claire toute ébouriffée. Déjeuner au pied du village très caractéristique. Il se blottit contre une falaise à la pierre très lumineuse qui s'élance en dents acérées vers le ciel. Du restaurant agréable où nous profitons de notre rituel plat de féculents, nous avons tout le temps de regarder ces maisons alignées et comme ouvertes sur le vide. Ce village n'est habité qu'en été, dès la venue de la neige les habitants vont hiverner dans des régions plus tempérées. Seuls quelques-uns restent pour assurer le gardiennage du lieu. Toutes ces petites cités d'altitude en zone tibétaine foisonnent de drapeaux de prière. Lorsqu'on monte sur les toits ces étoffes innombrables, flottant au vent, font prendre conscience de la très forte piété dont ce peuple est épris.
La montée dans Braga se fait par une petite prairie sur laquelle deux époques se côtoient. L'ancestrale avec ses troupeaux, ses stûpa et ses femmes qui battent le linge et l'étendent à même le sol au soleil à laquelle se superpose la moderne avec ses fils électriques, ses paraboles et ses panneaux solaires. Bir Singh, notre guide, nous a demandé de nous munir de lampes frontales pour visiter un très vieux monastère. La richesse de la statuaire est immense. A première vue, les effigies des divinités locales semblent identiques, mais la gestuelle est différente. Du fait des 64 positions des mains que nécessite la prière, chaque statue a une signification propre. De même les livres de prières sont rangés dans leur bibliothèque et leur nombre est important. La symbolique religieuse aux couleurs vives rehausse les murs sombres. De nombreux mandalas ornent le lieu. Je prends conscience de l'importante richesse accumulée au fil du temps dans les monastères. Je réalise aussi le grand dommage causé par la destruction presque systématique de toute une tradition séculaire au Tibet. Hier, j'ai terminé le livre d'une Française grande connaisseuse de ces régions. Elle décrit le travail de sape conduit au Tibet, qu'elle observe depuis trente ans. Des bâtiments emblématiques comme le Potala sont mis en exergue, pour en faire des lieux musées ancrant dans les esprits l'idée d'un monde révolu, alors qu'en même temps l'anéantissement d'une société est mené méthodiquement, en particulier par la destruction de son patrimoine religieux. Par ces actions, il est recherché une perte de l'identité et des traditions qui soudent un peuple, cela permettrait d'atténuer voire faire disparaître toute résistance à la suprématie chinoise.
En quittant ce lieu très attachant, par une courte marche nous atteignons la mythique Manang, ville ceinturée de champs en terrasses, où la culture du sarrasin domine. L'activité est intense, aussi bien du fait des autochtones que par la présence des nombreux touristes qui déambulent. Plusieurs d'entre nous profitent du cordonnier qui pour une somme modique rapièce nos chaussures. J'atteste que le travail est de qualité car la pièce de cuir cousue sur ma chaussure droite va tenir les dix jours suivants et sans aucun doute beaucoup plus longtemps. Le nombre d'échoppes est étonnant et on trouve de tout. Des effets de montagne au prix défiant toute concurrence, des super vestes North Face à douze euros. Cependant le pantalon fluo acheté par l'un d'entre nous deux jours auparavant, va voir sa vie prolongée d'une journée, car notre ange gardien, Krishna l'adjoint de notre guide s'assure tous les matins que nous n'avons rien oublié. Mais dans ce cas précis il ne s'agissait pas d'un oubli, donc demain il faudra essayer de tromper sa vigilance pour se défaire de ce superbe pantalon à six euros!!! Krishna est professeur de mathématiques et durant les vacances il se transforme en guide. Le décor est grandiose, nous embrassons d'un seul regard la chaîne de l'Annapurna 2 jusqu'au Tilicho Peak. La tombée de la nuit est un enchantement, le ciel s'est entièrement découvert, et les immenses glaciers se parent de belles couleurs roses alors que dans la vallée la pénombre règne déjà.
De la vertu de la lenteur, titre d'un livre qui se prête bien aux circonstances. Nous allons passer une journée complète dans ce village. Cela peut paraître long et inutile, mais le temps, cet élément qui nous manque et nous conditionne tant, nous les Occidentaux, nous avons du mal à l'apprivoiser. Apprendre à s'en affranchir ou lui redonner du sens à travers l'inaction est une chose qui nous fait violence. Mais lorsqu'on se laisse faire, passés nos premiers réflexes acquis, eh bien on éprouve sinon du bonheur, grand mot, au moins du bien-être.
D'autre part l'utilité de partir seul et sans guide sur ce type de trek très fréquenté, à mon avis, perd son sens. En effet l'intérêt du voyage seul consiste justement dans le fait d'être seul, ce qui n'est pratiquement jamais le cas sur le tour des Annapurna. Le cheminement ne présentant aucune difficulté le guide peut sembler inutile. Je ne le crois pas, par sa bonne connaissance de la région il permet de bien s'imprégner de la vie de ces contrées, bien mieux que si l'on se passait de ses services. D'autre part, en étant seul, les vieux démons occidentaux me rattraperaient vite et les étapes s'allongeraient, flattant l'égo mais nuisant à l'harmonie du voyage. Vu le ravitaillement et le grand nombre de lodges disponibles en permanence, il est tout à fait possible de faire cette balade en individuel avec un sac de six ou sept kilos maximum en ayant le nécessaire, mais je préfère en cet instant la lenteur en me laissant guider par un Népalais qui aime son pays et qui est fier de ses montagnes. Aller vite en montagne relève du plaisir de sentir son corps fonctionner lorsqu'on le pousse à ses limites, l'effet de phénomènes chimiques qui déclenchent l'excitation par l'effort soutenu que l'on impose à son corps. Aller lentement laisse l'esprit vagabonder au gré de ce que le regard croise. Cela permet aussi de ne pas hésiter à faire des détours, le chronomètre n'étant plus en jeu, pas de temps à battre ou de rythme à maintenir, perdre du temps n'a plus de signification. Tout naturellement, la curiosité reste plus disponible pour l'environnement dans lequel on pénètre par la marche. Ce moyen de déplacement, de nombreux écrivains voyageurs l'affirment, est le seul vrai moyen de voyager. Lui seul donne accès par sa lenteur à la communion avec les lieux et les gens qui les habitent. Alors se mettre à courir et se croire sur une piste de 400 mètres les yeux sur l'altimètre et le chronomètre c'est, peut-être un peu, dévoyer le sens initial de la marche. Je crois qu'il n'y a pas de préférence ou de priorité à fixer. Tout simplement en fonction de ses dispositions et de ses aspirations du moment, courir dans la nature sur de grandes distances ou se laisser guider à petit rythme les sens en éveil sont deux manières de rester au contact de la planète Terre, habitude que l'on a tendance à perdre dans nos sociétés modernes.
09/10/2008 Malgré les 3500 mètres le sommeil a été excellent, l'effet de l'altitude ne se manifeste pas encore. Le premier coup d'œil au réveil vers les Annapurna et le GanggaPurna, sur lesquels le soleil descend, est saisissant. Ce matin, lever à huit heures, donc immense plaisir de rester allongé sur mon lit à contempler le lever du jour puis l'arrivée du soleil qui fait passer ces gigantesques pentes de glace par toutes les couleurs du rose au blanc éclatant. Je surveille avec attention le moment où le premier rayon de l'astre du jour illuminera la pointe de chacune des montagnes, instant magique.
L'hôtel du Yak, dans lequel nous séjournons, est très grand et s'élève sur plusieurs étages. La salle de restauration est au second. Contrairement à l'étape précédente, il n'y a pas de télévision qui diffuse ses décibels. Partout sur la ville, nous avons vue sur les fils électriques, panneaux solaires, paraboles et autres modernités, et tout cela juxtaposé aux shorten, stûpa, moulins à prières et monastères. Mais cette intrusion de la modernité n'enlève rien à la grandeur du site et à la gentillesse de ses habitants. Jamais nous n'avons entendu le moindre éclat de voix. Les gens semblent ne pas connaître la dispute. La violence est absente de leurs mœurs. Ce trait de caractère a déteint sur le monde animal, en particulier les chiens, qui ne montrent aucune crainte ni agressivité envers l'homme. Ce sont des animaux sacrés au même titre que le taureau, en effet si ce dernier symbolise la monture de Shiva, les chiens sont les gardiens des temples. Vous les trouvez alanguis à l'entrée de tout édifice religieux. Vous les frôlez au centimètre près, ils ne bougent pas une oreille et n'entrouvrent pas un œil, cela dénote une très profonde confiance dans tout être qui les approche.
Journée d'acclimatation à Manang, cependant une excursion sur les pentes du GanggaPurna est prévue. Départ neuf heures, descente à la rivière puis montée au flanc de la montagne. Nous allons dépasser les 4000 mètres pour la première fois de notre trek. Tout se passe très bien, personne n'éprouve de difficulté et cela donne bon espoir à chacun pour la suite et en particulier pour le passage du Thorong La à 5420 mètres qui doit avoir lieu dans quatre jours. Le temps reste partiellement couvert, mais cela n'empêche pas de voir l'immense cascade de séracs de la face nord du GanggaPurna qui nous domine de quelques 3500 mètres. A nos pieds de gigantesques moraines quasiment verticales, dans lesquelles de très gros cailloux tiennent par l'opération du Saint Esprit, ou plutôt dans ces régions bouddhistes par l'opération de Ganesh qui est le dieu des voyageurs, donc chargé de nous protéger. Nous devons avouer qu'au cours de ces dix huit jours il accomplira un bon travail car aucun d'entre nous ne connaîtra d'incident notoire, pourtant à onze les risques sont forcément multipliés. Le point le plus haut atteint ce jour est matérialisé par un shorten au pied d'un petit bois d'arbres à feuilles caduques, dont le jaune de la frondaison confirme que l'automne est arrivé. Quelques flocons tombent et la température fraîchit. Nous redescendons de deux cents mètres et déjeunons à une petite cabane. Le point de vue sur Manang est de tout premier ordre, ensemble de maisons étiré en longueur, bordé à sa base par une falaise de faible hauteur, le tout enserré d'une multitude de champs cultivés en terrasses. Heureusement au cours du repas le temps s'améliore car nous sommes en plein air.
Vers les treize heures, il est prévu d'assister à une cérémonie religieuse dans le village. Cet office est conséquence directe de la fête nationale. En effet, à cette occasion exceptionnellement des animaux sont tués pour être mangés. Donc après ces festins il est nécessaire de demander pardon pour la mort des bêtes ainsi disparues. Le monastère est de belles dimensions, richement décoré. Les piliers de ce que l'on peut appeler la nef principale sont constitués de troncs d'arbres peints aux cinq couleurs de la religion. Il y a déjà beaucoup de monde. Les moines sont alignés de part et d'autre de l'allée centrale, le plus ancien au fond à droite sur un fauteuil imposant. Sur la partie gauche en arrière de nombreux fidèles sont assis, en majorité des femmes d'un certain âge. Les jeunes comme dans d'autres religions se désintéresseraient-ils de la spiritualité? Nous sommes installés du côté droit en arrière de la double rangée de moines. D'autres fidèles viennent se positionner derrière nous, dont quelques hommes. Alors que la cérémonie va commencer, un groupe de jeunes hommes arrive, du fait qu'ils n'enlèvent pas leurs chaussures des remarques leur sont adressées. Le ton est plus amical que vindicatif et ils obtempèrent dans des petits gloussement de rire de la part de l'ensemble des participants. Enfin la célébration débute. La ferveur est évidente. Les moulins à prières manuels entrent en action. Les moines psalmodient leurs chants et la foule reprend en chœur. Les instruments de musique à vent et à percussion rythment la prière. Derrière nous, un fidèle qui de toute évidence n'est pas à jeun accompagne ses murmures de prières de bâillements nombreux appuyés et très bruyants. Personne ne semble le remarquer ou plutôt chacun feint de ne pas l'entendre. Du lait de yak est distribué à l'assistance népalaise, et pour nos gosiers occidentaux délicats du thé noir sucré. Les chants continuent et consistent en une psalmodie sur un ton doux et triste, ponctuée de coups de cloche. Puis chacun s'absorbe dans ses prières et certains des fidèles prononcent quelques paroles sur un rythme qui nous paraît anarchique, mais qui probablement répond à une tradition bien établie de longue date. Ce qui ressort d'une telle cérémonie, c'est la sérénité et la douceur de l'ensemble des participants. Tout se passe dans le calme et la ferveur, ce qui n' a pas empêché les petits rires joyeux d'éclater de temps à autre avant le début.
A la sortie du monastère nous retrouvons l'éclat des montagnes avec le plein retour du soleil. Regarder les drapeaux de prières multicolores flotter devant les Annapurna est un spectacle envoûtant dont on ne se lasse pas. L'après-midi n'étant qu'à peine entamé, nous avons tout loisir de farfouiller dans les recoins de ce village, ou bien d'aller s'absorber devant un écran à la recherche des dernières nouvelles fournies par le net. Eh oui internet nous poursuit jusqu'ici. Certains vont monter à un monastère bien visible sur son promontoire. Il est malheureusement fermé mais le point de vue est de toute beauté.
Retour à l'hôtel où les cartes et les livres sortent. Il est intéressant de voyager ainsi en groupe au moins pour une raison. Chacun apporte un ou deux livres, ce qui permet les échanges. De ce fait on est amené à découvrir des auteurs que l'on n'aurait jamais abordés. Cela peut occasionner des révélations ou des déceptions . En particulier un auteur révélé récemment et très en vogue dont les livres envahissent toutes les librairies ne m'inspirait pas. Tout d'abord cet excès de publicité qui s'apparente à un véritable matraquage est très désagréable, d'autre part la grosseur de l'écriture et le faible nombre de pages est un facteur défavorable. Donc au moins pour ces raisons je n'avais jamais envisagé l'achat d'ouvrage de cet écrivain. L'occasion m'étant donnée d'en avoir un, la curiosité me pousse à voir de quoi il retourne. Heureusement qu'il est court, car je ne sais pas, si c'est à cause de mon QI défaillant, incapable de permettre une lecture du second voire troisième degré ou alors de la véritable nullité de l'écrit, mais je suis resté vraiment dubitatif devant ce récit qui se termine en apothéose avec Dieu et le diable qui deviennent grands pères et qui en sont très contents. Faut-il y déceler un message qui va nous apporter la révélation? Mais heureusement d'autres livres apporteront à l'ensemble du groupe un véritable plaisir, j'en citerai deux: l'oracle de la luna magnifique épopée se déroulant au 17 ème siècle en Méditerranée où les religions catholique, protestante, orthodoxe et musulmane sont abordées de façon très intéressante et le second ouvrage Annapurna premier 8000 à lire ou relire impérativement au cours de ce tour de cette fameuse montagne. On en comprend d'autant plus les difficultés énormes rencontrées par Herzog et son équipe que l'on se situe au cœur du massif montagneux dont il est question. Pour ce dernier ouvrage émotion assurée si vous l'avez dans votre sac.
10/10/2008 Cette nuit la difficulté à respirer ne s'est toujours pas manifestée. Il faut dire que nous montons à un rythme lent bien adapté à l'acclimatation en douceur. Une fois de plus le petit déjeuner sera diversement apprécié. Il est constitué d'un gros bol de tsempa qui est du millet grillé puis broyé et mélangé à du lait. Ça ressemble un peu à de la blédine, en tout cas cette mixture va tenir au ventre. Départ rituel à 7 heures dans un décor toujours aussi grandiose. La rivière a creusé profondément une couche morainique et a établi son lit en une multitude de ramifications sur une petite vallée en U. Le contraste entre les veines d'eau bleu foncé, le lit de galets gris clair et les parois de moraines ocres piquetées de buissons verts, le tout dominé par la blancheur de la face nord est du Tilicho Peak est saisissant. Le chemin court à flanc vers le fond de cette vallée qui doit nous conduire au plus haut lac du monde. Parfois nous sommes dominés par des pentes de terre verticales, desquelles de grosses pierres semblent prêtes à nous fondre dessus. En période de fortes pluies le coin doit être malsain. Le long du chemin côtoyant les à-pics divers animaux paissent paisiblement.
Arrêt à Khangsar à plus de 3700 mètres. En montant, la vue s'élargit et le Tilicho Peak grandit face à nous. Les toits des maisons du village sont constellés de drapeaux de prières qui claquent au vent. Les cultures montent encore quelques centaines de mètres jusque vers les 4000 mètres . Il règne une activité importante dans les champs de sarrasin pour le ramassage et sur les toits pour le séchage. Se fait entendre, un peu partout, le bruit des scies en action, pourtant des arbres je n'en vois pas beaucoup. Sans doute travaillent-ils des matériaux montés à dos d'homme? Il monte de ce peuple besogneux un murmure de voix qui témoigne de l'activité humaine.
Nous reprenons le chemin, la vallée se resserre, les montagnes se font plus proches. Nous ne pouvons visiter un monastère car il est fermé. Arrêt pour le déjeuner au Tilicho hôtel, la terrasse est un magnifique balcon duquel nous contemplons tout à loisir la très sauvage vallée qui conduit au plus haut lac du monde. En ce lieu nous reviendrons dormir demain soir au retour du Tilcho lac. Une bonne partie de nos affaires est laissée et nous ne prenons que le strict minimum pour 24 heures. Une fois notre habituelle platée de féculents absorbée dans la bonne humeur générale, la marche reprend. Bir Singh nous met en garde sur la difficulté des passages qui viennent. En effet après une heure de marche en montées et descentes sur un chemin étroit et pénible, nous abordons une zone redressée. Le chemin à flanc se transforme en minuscule sente sur pentes instables. Il nous est demandé de marcher espacés, certains pierriers étant particulièrement croulants. Effectivement, durant un ou deux kilomètres nous jouons les funambules sur une espèce de poussière glissante au-dessus d'éboulis qu'il ne faudrait pas dévaler sur les fesses. Certains endroits sont très impressionnants, tout particulièrement dans les très raides et heureusement peu nombreuses descentes qui ponctuent l'itinéraire. Dans ces lieux, on ressent la désagréable impression d'être en limite d'adhérence de nos semelles et nous imaginons ce qui pourrait résulter d'un dérapage intempestif. Le site est grandiose dans son austérité, plus aucune végétation, du fait sans doute d'une combinaison entre l'altitude et l'érosion sévissant sur ces terres raides.
La rivière que nous surplombons de quelques centaines de mètres fut le témoin d'une expérience vécue par Maurice Herzog il y a maintenant 58 ans. Alors qu'avec une équipe à la recherche d'un itinéraire vers l'Annapurna il bivouaquait au lac Tilicho, il était descendu seul à Manang à la recherche de nourriture. Arrivé au village, il constata que la misère était telle que personne n'était en mesure de lui vendre quoi que ce soit, chaque kilo de céréales étant indispensable à la population menacée de famine. Donc il repart sans rien, pressé de rejoindre ses compagnons afin d'accélérer le retour sur la vallée au pied du Dhaulagiri, car à leur tour ils pouvaient être menacés de famine. Il se lance donc dans la remontée de la rivière en fin d'après-midi, à un moment il est obligé de la traverser. L'opération ne se passe pas très bien, il en ressort tout mouillé. Sur ces entrefaites la nuit arrive, et trempé il attendra en grelottant que le jour se lève pour retrouver son équipe. Comme je le répète il est indispensable de se munir du livre premier 8000 lors de ce trek. Toute l'histoire de cette poignée d'alpinistes, parmi les meilleurs de leur époque, ponctuera de ses anecdotes, exploits et drames votre voyage. En particulier, on réalise à quel point la vallée a changé depuis un demi-siècle. Manang, actuellement avec ses nombreux hôtels et sa multitude de magasins, n'a plus rien à voir avec ce village vivant en autarcie, sous la menace permanente de la carence d'aliments.
Enfin, après avoir tourné une crête, nous voyons arriver la fin de notre petit calvaire sur ces roulements à bille en pente et sans filet. Encore une petite difficulté, sous la forme d'un court passage très raide au-dessus d'un couloir particulièrement vertigineux, où le fait de pencher le corps en avant afin de mettre un pied au sol donne l'impression d'être en position pour le grand plongeon. La pente faiblit, la végétation colonise à nouveau le terrain, certes rabougrie, mais cela stabilise les pierres. Le fameux Camp Base se dévoile, bâtiment en béton de belles dimensions qui fait tout à fait penser à certains refuges des Alpes. De toute évidence nous ne serons pas seuls.
Comme à chaque fois que nous arrivons à l'étape, Bir Singh nous impose de monter de cent cinquante mètres de dénivelé, paraît-t-il que cela nous facilitera la nuit. Ce soir, le rassemblement pour le départ de cette montée préparatoire à l'endormissement se fait difficilement. Ça renâcle, ceux qui attendent commencent à avoir froid, l'altitude est de 4100 mètres. Enfin le groupe est constitué, oui nous sommes bien onze, pas de tire-au-flanc. Le sentier est pentu le long d'une ancienne moraine, des contestations montent . Mais le spectacle étant magnifique et l'effet bénéfique attendu, la colonne monte tant bien que mal. Mais à la fin de la file on commence à traîner et d'un coup la révolte contamine tout le monde et la marche arrière est enclenchée. Les conditions dans les dortoirs sont difficiles, en effet il ne s'agit plus de chambres. Nous sommes 4 dans l'un et 7 dans l'autre. L'espace entre chaque lit se mesure en centimètres. La température baisse ce qui sera apprécié en pleine nuit vu l'exiguïté des pièces. Le sommeil, pour certains pour ne pas dire pour tous, malgré les exercices préparatoires de montée, sera pour le moins léger. Pour ma part je vais passer de longues heures, caché dans mon sac de couchage, à lire, heureusement le livre est passionnant, ce qui fait que cette situation inconfortable ne me dérange pas vraiment.
11/10/2008 Lever matinal, 4h15, départ 5 heures. Cet horaire matinal est imposé par le fait que vers les huit heures du matin des vents violents se lèvent aux cols situés vers les 5000 mètres, ce qui est désagréable et pour bien profiter il est préférable d'y être avant. Les premiers mètres se font de nuit à la frontale. Les immenses glaciers dans cette pénombre n'en sont que plus impressionnants et majestueux. Rapidement la frontale n'est plus nécessaire, le jour se levant. Le chemin est bien tracé, mais l'altitude se fait sentir au souffle. Toute tentative de courir se solde par un emballement du rythme cardiaque et le retour au calme se fait longuement attendre. Donc garder un pas lent sans chercher l'exploit. Avec le jour, le soleil pointe et éclaire le haut de la face nord-est du Tilicho Peak. Le spectacle est grandiose, ces immenses cascades de glace toutes proches qui nous dominent de trois mille mètres, prennent des couleurs roses et jaunes. De petits nuages n'enlevant rien au décor ajoutent au mystère de ces hauteurs de la terre gelées. Vers 4900 mètres nous rencontrons la neige, la pente diminue et l'itinéraire suit un large vallon presque plat. Quelques petites mares sont dépassées puis dans toute son imposante étendue apparaît le lac le plus haut du monde. Sa couleur est d'un bleu profond, de grands glaciers tout juste issus de pentes vertigineuses forment de hautes barres de séracs à même le bord du lac au contact de l'eau. Nous nous trouvons vraiment au cœur de très hautes montagnes. Chacun de nous se souviendra toute sa vie de ce lieu magique. Nous nous situons sur un petit promontoire cinquante mètres au-dessus du niveau du lac, ce qui nous permet d'en apprécier toutes les caractéristiques. De plus, comme toujours au Népal, les endroits particuliers sont constellés de drapeaux de prières, qui ajoutent à la grandeur du lieu par la spiritualité qu'ils inspirent. Un panneau nous indique les chiffres suivants: longueur 4 kilomètres, largeur 1, 2 kilomètre, altitude 4919, soit 1107 mètres au-dessus du lac Titicaca. Il fait bon, pas encore de vent. Notre joie éclate, nous prenons conscience que notre projet prend forme et s'inscrit dans la réalité. Trois Français montés seuls nous expliquent que leur guide et leurs porteurs se sont sentis mal et qu'ils ont renoncé à monter. Comme quoi, il faut sans doute faire attention au choix des accompagnateurs. En ce qui nous concerne rien de tout cela, même les porteurs sont montés, bien que nous redescendions par le même chemin, notre guide se préoccupant de leur formation.
Le moment arrive où il nous faut quitter ce lieu. Le soleil commence à cogner malgré l'altitude, nous courons dans les grands champs de neige. A l'est la vue porte très loin, la vallée remontée depuis plusieurs jours se déroule à nos pieds. En toile de fond se dresse le Manaslu premier des trois 8000 que nous aurons le bonheur de voir. Une fois au Base Camp vers les dix heures, une petite collation nous est servie. Aujourd'hui il y a déjà pas mal de monde qui est monté, et cet après-midi va apporter son nouveau lot. Certains risquent de dormir dehors. Une fois rassasiés avec une légère appréhension nous reprenons la sente vertigineuse, mais comme toujours l'effet sera moindre au retour, cependant nous ne relâchons pas notre attention. Une fois retrouvé le chemin plus carrossable, nous marquons une petite pause. Pour la première fois, le plaisir nous sera offert de voir les fameux «blue sheeps» ou chamois de l'Himalaya, au pelage remarquable gris très clair aux reflets bleutés. Retour à l'hôtel Tilicho. Sa construction n'est pas achevée, première conséquence pas d'eau aux douches, cela ne fera que deux jours sans se laver, pas vraiment un drame. Même si cela donne un petit coup au moral, la mi-parcours compense cet état d'âme ondulant. En effet déjà neuf jours de marche, on ne dirait pas, le temps semble voler, donc profiter de chaque instant et ne surtout pas perdre de temps à se lamenter.
Garder le moral et sa bonne humeur est fondamental, d'abord pour soi et puis pour la cohésion du groupe. Nous avons croisé hier une Alsacienne qui se déplaçait seule avec son guide et un porteur. Nous nous sommes entretenus quelques minutes. Outre le fait de nous vanter la splendeur du spectacle qui nous attendait au lac, elle nous a fait part de ses expériences de voyages. Nous étions, en effet, intrigués de la voir seule, elle nous a donné l'explication suivante : pour la septième fois elle vient au Népal, au début en voyages de groupe, mais les deux dernières fois des dissensions graves entre les participants ont rendu l'atmosphère très désagréable. Donc il faut toujours faire attention lors d'activités collectives de préserver la cohésion, de bien respecter les petites habitudes et faiblesses que nécessairement nous avons tous. Lorsque les participants se connaissent avant de partir c'est déjà un petit gage d'entente. Par contre, quand les agences en fonction des besoins et des demandes, forment des groupes d'étrangers cela peut devenir délicat, et il peut en résulter que ce qui devait être une partie de plaisir se transforme en calvaire. Toujours garder à l'esprit que sans cohésion dans un groupe il est illusoire de vouloir trouver une satisfaction dans une randonnée collective, donc la tolérance, la bienveillance et la bonne humeur s'imposent. Je crois que nous étions tous bien conscients de ces facteurs.
12/10/2008 Comme pratiquement tous les matins, la montagne nous accueille au réveil par sa majesté et ses immenses pics étincelants. Depuis plusieurs jours le panorama a pour toile de fond ces géants que sont les Annapurna, le Ganggapurna et d'autres sommets, mais le regard ne se lasse pas de parcourir ces immensités de rocs et de glace, toujours intrigué par le fait d'imaginer la grosseur d'un homme accroché quelque part dans ces faces démesurées.
L'étape de ce jour doit nous ramener dans la vallée qui conduit au Thorong La. Pour ce faire, le chemin choisi emprunte un raccourci, qui en quelque sorte coupe dans la partie charnue du Y que font les deux vallées. Cet itinéraire est peu parcouru et nous n'y rencontrons pratiquement personne. Au sommet du mouvement de terrain entre les deux combes un vaste replat, sur lequel se blottit un vieux village. Les toits de ses maisons se découpent sur les blancheurs du GanggaPurna en arrière-plan. Un important troupeau de moutons se déverse sur une petite prairie. L'air est calme, le soleil éclatant, on sent le lieu habité par les forces de la nature. Un peu plus loin, le panorama s'ouvre largement sur la vallée principale et celle-ci est ponctuée de tous les villages que nous avons traversés au cours de la montée. Le Pisang Peak tient lieu de sentinelle avancée. Malgré son altitude relativement faible, ses formes élancées le font émerger, presque surgir, au-dessus de la vallée. Le point culminant de notre trek nous apparaît clairement, de jour en jour toujours plus proche. Après-demain devrait être le grand jour. Par une marche de flanc nous rejoignons l'itinéraire principal, quelques kilomètres en amont de Manang. La grosse affluence que nous avons quittée depuis deux jours est retrouvée.
Arrêt vers les onze heures à Yak Kharka, nous ne sommes pas pressés, l'étape de l'après-midi étant courte. Arrivée de bonne heure à Ledar où nous passerons la nuit à l'hôtel Cherri Lattar. Notre petite montée rituelle de bien-être n'est pas oubliée. Nous avons tout loisir de prendre notre temps. J'attaque mon troisième livre, et le fait de s'adonner à cette activité dans ce décor est un réel plaisir. Il est même décuplé par le fait d'être absorbé dans un récit qui n'a rien à voir ni avec le lieu ni avec l'époque. Je comprends mieux pourquoi de grands voyageurs, comme Paul Morand, toujours sur les routes, se déplaçaient avec des malles pleines de livres.
Et c'est là qu'en fin d'après-midi, alors que tout se passait pour le mieux, que le lamentable incident de Spaghetto se déroula. Sans rentrer dans les détails, alors qu'en absence de douche nous étions partis nous laver dans un ruisseau, très pudiquement, sans mélanger les sexes en respectant des espacements décents, le très impudique Spaghetto apparut et exhiba son vermicelle (grosseur avant cuisson) au joli sexe et bien évidemment à une distance que la morale et le savoir-vivre réprouvent totalement. Il s'ensuivit de la gêne de la part de la personne soumise à ce spectacle rapproché et de la colère de la part de ses compagnons. Mais heureusement, Ganesh, une fois de plus, veillait à assurer et maintenir contre vents et marées la bonne humeur en vengeant les pauvres trekkeurs que nous sommes de cet affront perpétré par un étranger. En effet, paraît-il, la vengeance est un plat qui se mange froid, mais en l'occurrence elle se but assaisonnée. Notre malotru, content de ses agissements ou voyant qu'il ne déclenchait pas l'effet escompté, remonta le ruisseau et but avidement à même le courant. Un peu estomaqués nous le regardions, et là Ganesh se manifesta. Quelques dizaines de mètres au-dessus de notre goujat, de derrière un rocher se dessina une belle paire de fesses blanches mais masculines et l'eau fut consciencieusement assaisonnée alors que le buveur était tout absorbé à son occupation. Nous étions aux anges et le petit talweg retentit d'un immense éclat de rire dont Spaghetto cherche toujours la raison.
Le soir, repas habituel à base de féculents. Il commence à faire froid, l'altitude est de 4200 mètres. La gentille infirmière de notre groupe vole au secours d'une jolie nordique en perdition. Le traitement administré sera efficace car nous reverrons la patiente toute souriante à l'assaut des pentes terminales du Thorong La. La nuit, tout du moins en ce qui me concerne, est pénible. La difficulté à respirer se fait sentir, et tout particulièrement au moment de sombrer dans le sommeil. Il s'ensuit une espèce de suffocation et une impossibilité de s'endormir, cela crée même une forme d'angoisse. Le meilleur antidote consiste à se lever et partir se promener dans la nuit. Là, le spectacle est extraordinaire, la voie lactée comme si on la touchait, tellement nette qu'elle apparaît en trois dimensions. Clou du spectacle, une étoile filante de belle taille parcourt la voûte céleste dans toute sa largeur. Comme quoi le désagrément peut être générateur de plaisir.
13/10/2008 L'étape du jour est de courte durée, deux heures de marche. Le temps toujours aussi beau, le décor grandiose et au-dessus du sentier le Throng La qui se rapproche. Nous sentons que le point principal de notre randonnée va bientôt être atteint. Sur le chemin une foule nombreuse crée de véritables encombrements.
Arrivée à Thorung Phedi à dix heures trente du matin, le site est constitué de nombreuses constructions capables d'héberger plusieurs centaines de marcheurs. Le froid est un peu plus vif, nous nous situons à 4450 mètres. Un grand panneau à l'entrée de ce village d'altitude met en garde contre le mal des montagnes, en décrit les symptômes et donne les conseils adéquats en cas d'atteinte. Dans la salle de restauration des courants d'air froids nous rappellent que nous sommes en montagne, il faut dire que la température agréable qui nous accompagne depuis notre départ nous l'avait fait un peu oublier.
Repas du soir, grosse platée de pâtes au fromage, certains doivent se forcer à manger, de toute évidence l'altitude n'y est pas pour rien. Chacun est un peu tendu dans la perspective des 900 mètres de dénivelé du lendemain qui doivent nous conduire à plus de 5400 mètres. La nuit est un vrai calvaire. A l'endormissement un phénomène d'apnée me réveille brutalement à chaque fois. Les parades, lire ce qui empêche de s'endormir ou aller se promener. Là encore le décor nocturne est féerique, alors que notre versant de montagne est plongé dans une pénombre épaisse, car la lune est cachée par une paroi rocheuse, en face les glaciers de l'immense barrière, qui s'étend de l'Annapurna 2 au Tilicho Peak, brillent de tous leurs feux sous l'éclairage lunaire. Dans ce monde minéral où tout bruit est absent à cette heure tardive, le contraste entre recoins très sombres et zones largement illuminées est un spectacle étonnant. On ne peut rester toute la nuit dehors car la fatigue se fait sentir, donc la seule alternative consiste à prendre patience en restant allongé entre éveil et étouffement. Heureusement l'attente ne sera pas trop longue car le départ est prévu très tôt.
14/102008 Lever 3 heures, Bir Singh passe dans toutes les chambres pour s'assurer que nous nous levons tous. La salle de restauration est vraiment encombrée, on se croirait au départ d'une course classique dans un refuge du massif du Mont Blanc au mois d'août. Ce matin encore, il n'est pas facile de manger. Le départ est prévu à quatre heures, et, respectant l'horaire, la marche débute. Un cheval et son conducteur nous accompagnent pour cette étape en cas de défaillance. Dans la pente raide une multitude de lampes frontales regroupées par dizaines matérialisent le sentier. Là plus de doute on se croit sur la voie normale du Mont Blanc ou des Écrins un jour d'affluence. High Camp est atteint au lever du jour, la neige fait son apparition au sol. Nous en foulons les premières plaques en faisant attention car elle est gelée et la pente, par endroits, assez raide. La température tombe. Le chemin remonte en biais une gigantesque moraine, bien plus immense que celles que l'on peut voir dans les Alpes. Le jour se lève franchement, le soleil commence à allumer les pentes du Thorung Peak, moment merveilleux où l'on sent la montagne passer de l'hostilité à la clémence alors que le but n'est pas atteint, mais les derniers doutes s'estompent et la réussite semble acquise. Vers les 5000 mètres halte à la première cabane à thé, petit bâtiment rectangulaire fait de pierres, à l'intérieur duquel une foule compacte s'agglutine à la recherche d'un peu de chaleur et de liquide. Malgré l'altitude et le froid il s'en dégage une odeur peu agréable. Je préfère attendre dehors. Nous reprenons notre marche pour la dernière étape. La chaleur augmente avec la montée de l'astre du jour. Le chemin, empruntant des moraines caillouteuses à l'inclinaison capricieuse, est entièrement déneigé, alors que la partie opposée du vallon est couverte d'une couche blanche, uniforme. Le souffle se fait court, les derniers cent mètres parcourus avec lenteur dans l'effort procurent une joie immense à l'idée d'une réussite imminente. La luminosité est intense, avivée par la couleur claire des pierriers que nous remontons ainsi que par l'éclat des plaques de neige.
Le plus étonnant c'est le nombre de porteurs lourdement chargés, et d'après notre guide certains transportent des denrées d'une vallée à l'autre, le chemin doit être plus court en passant par là. Alors qu'avec nos petits sacs sur le dos nous peinons, les Népalais avancent à la même vitesse voire plus vite avec 50 ou 60 kilos sur le dos. Près de l'arrivée je marche avec un groupe de porteurs, l'un a trois sacs sur le dos le tout couronné de tout un matériel de cuisine, un autre porte une énorme charge jaune sur laquelle est posé un gros sac de farine qui pèse au moins dix kilos. Ils avancent complètement penchés en avant pour ne pas se faire déséquilibrer. Dans cette dernière étape, tous ont remplacé leurs tongs par des chaussures plus confortables. Le col apparaît, vaste zone dégagée légèrement enneigée au confluent de deux immenses vallées. De part et d'autre nous dominent le Yakwakang, presque 6500 mètres et le Thorung Peak, 6144 mètres. Sur les pentes de ce dernier se distingue très nettement une trace de montée récente. L'itinéraire semble peu difficile et sans danger objectif, des pentes qui ne dépassent pas les quarante degrés.
A notre arrivée à la passe une foule joyeuse s'y presse. Là encore, la multitude de drapeaux de prières est la première chose qui attire le regard. La stèle de belles dimensions donnant l'altitude et vous félicitant d'avoir réussi cette ascension est littéralement noyée sous des épaisseurs de tissus multicolores. Chaque groupe sacrifie avec frénésie au rite de la photo au pied du monument matérialisant le col. Bien entendu, nous concernant, un drapeau basque est sorti, ce qui intrigue certains. Une Française me demande de quel pays nous venons.
L'air est calme, à huit heures le vent ne s'est pas encore levé. Nous stationnons un bon moment savourant notre plaisir, pour dix d'entre nous c'est un record d'altitude. La carte indique en toute modestie « World's biggest pass». Puis arrive l'instant de quitter cet endroit vers lequel notre esprit était tendu depuis de nombreux jours. Une descente au dénivelé important nous attend. Ce soir nous dormirons à Muktinath à 3760 mètres. Ce qui frappe immédiatement sur ce versant, c'est l'aridité. En effet cette zone est moins touchée par la mousson, et plus au nord se situe le Mustang, qui n'est pas atteint par les pluies annuelles. Nous commençons par descendre d'immenses pierriers dans un vallon large et austère durant trois heures. Halte agréable à Chanbarbu à 4200 mètres où nous déjeunons.
Nous avons la joie de voir à nouveau les fameux blue sheeps. Quelques individus paissent tranquillement dans la pente caillouteuse en face de notre terrasse de restaurant. Une fois le chemin repris, nous croisons deux Basques, c'est l'exultation. Un peu avant d'arriver à Muktinath au détour d'une crête se dévoile le Dhaulagiri dans toute sa splendeur du haut de ses 8172 mètres. Cette apparition donne un coup de poing à l'estomac. Une gigantesque pyramide, un Cervin à la puissance 5, s'élève sur le versant opposé. L'impression est d'autant plus forte qu'il est seul, détaché de toute autre chaîne de montagnes. Au cours des quatre jours à venir, il nous accompagnera et nous aurons tout le loisir de le découvrir sur trois de ses faces.
Arrivée à Muktinath, notre guide nous conduit à trois temples, le premier aux 109 fontaines, le second avec flammes dans l'eau et en dernier la source de la Kali Gandaki. Le village est très différent de ceux traversés jusqu'à présent. Il s'étale sur une immense terrasse comme une grosse marche posée dans la pente. Avec l'altitude décroissante, les températures deviennent plus confortables.
La tombée de la nuit sur le Dhaulagiri est fascinante. Sa face nord-ouest semble surgir au-dessus des toits. A cette heure elle n'est plus éclairée, le soleil se situant à l'ouest. L'effet obtenu est étonnant. Une grande pyramide noire isolée se découpe sur le ciel bleu profond. Toute notion d'échelle s'estompe. On ne sait plus s'il s'agit d'un huit mille émergeant dans toute sa grandeur ou d'un terril juste posé derrière la dernière maison du village. Sommes-nous à Saint-Étienne ou dans l'Himalaya? Très forte impression, le regard reste accroché à ce spectacle jusqu'à ce que tout se dissolve dans l'obscurité. L'hôtel Caravan est agréable, le repas du soir animé, chacun se libère définitivement de ses petites appréhensions concernant cette journée qui représentait le moment clef de notre voyage. Deux Suisses de Lausanne mangent avec nous et l'ambiance est joyeuse.
15/10/2008
Il est impératif de ne pas manquer le lever du soleil sur le Dhaulagiri. Le ciel est clair, un petit nuage se promène, l'air est frais et la grande pyramide surplombe le paysage. Elle est déjà éblouissante sans soleil. Au sommet, une pointe de lumière se pose et le grand spectacle commence. L'embrasement de la paroi progresse à vue d'œil, en quelques dix minutes toute la face sur ses milliers de mètres réfléchit les rayons de l'astre du jour. Instant magique je reste pétrifié comme hypnotisé. De tous les points du village cette montagne aux formes si parfaites est visible, comme si son esprit veillait sur le lieu.
Comme d'habitude départ matinal, à la différence des jours précédents nous descendons. A Jakot visite d'un dispensaire tenu par un Américain, mais cela ne soulève pas l'enthousiasme, cependant l'herboristerie est intéressante. La descente reprend dans un monde semi-désertique. Un petit cours d'eau traverse la piste, en effet les voitures, certes peu nombreuses, ont fait leur apparition. Un joli petit bosquet d'essences caduques aux feuilles multicolores nous rappelle que même dans ce désert l'automne est arrivé. De nombreux Népalais se dirigent vers la vallée. Un moine tient par la main un jeune garçon, une recrue qui rejoint son monastère et un nouveau mode de vie.
Au détour du chemin un promontoire, en contre-bas bien caché par la rupture de pente, le très joli village de Kagbeni. Il se trouve niché au confluent de trois vallées formant un Y. Le contraste est fort entre les cailloux gris de cette zone désertique et les multiples couleurs des champs qui colonisent les environs du village. Toujours de petits champs de céréales, de couleurs uniformes allant du vert au brun, se serrent les uns à côté des autres. Des vergers très reconnaissables à leurs arbres en boules sont regroupés et ne se mélangent pas avec le blé et le sarrasin.
Ce bourg appartenait il y a une centaine d'années au Tibet. Le Népal, après un conflit armé, l'a rattaché à son territoire ainsi que la région du Mustang. A Kagbeni se trouve le check-point d'entrée dans cette vallée. La taxe payée est versée au roi du Népal, depuis que les maoïstes ont pris le pouvoir et décidé de ne plus subventionner directement ce dernier. Comme quoi même les maoïstes népalais sont pacifiques. Dans tout autre pays, après un coup d'état de ce genre, au mieux le roi aurait eu la possibilité de s'enfuir et plus probablement il aurait été interné voire exécuté. Eh bien pas au Népal, un royaume lui a été attribué avec droit de perception de taxes pour assurer son train de vie.
Dans un petit hôtel restaurant nous prenons un thé, l'intérieur est joliment construit en bois, sur les étagères une multitude d'ustensiles de cuisine en différents métaux principalement cuivre et étain, le tout très propre. Visite dans les ruelles étroites, l'architecture est ancienne, aucun bâtiment de type lodge aux couleurs clinquantes. La sobriété ressort par l'absence de couleurs vives. Seule, lançant un éclat de lumière sur cet ensemble de ruelles ternes et sombres, la splendide face nord du Nilgiri, qui domine du haut de ses 7061 mètres.
Nous poursuivons notre marche le long de la Kali Gandaki, rivière mythique, aux eaux sombres, qui arrive du Mustang. La vallée est caillouteuse et poussiéreuse. Le vent se lève et souffle de face. L'itinéraire suit une immense plaine plate et monotone, le lit de galets que nous foulons se perd dans le lointain. Le serpent humain ondule sur des kilomètres au milieu des tourbillons soulevés par l'air. La piste longe des vergers à l'abandon, les murets se sont écroulés et les pierres les constituant se sont répandues sur le chemin. Il en ressort une impression de désolation. Sur la gauche, un large vallon minéral et asséché permet de jeter un dernier regard sur le Thorong La Peak, un petit pincement au cœur. Cette marche caillouteuse et ventée certains ne vont pas l'apprécier, pour ma part elle me plaît bien. En effet ces vastes espaces permettent de laisser vagabonder l'esprit et donnent peut-être un tout petit avant-goût des grands déserts d'Asie.
La ville de Jomsom n'étant plus très loin nous croisons des groupes de touristes fraîchement arrivés par avion par son aéroport. Un couple d'Américains, accompagné d'un guide et d'un porteur, la femme se semble pas convaincue par la beauté de ce tas de cailloux parcouru par des nuées de poussière. Un peu plus loin, un beau Népalais à la silhouette svelte porte le sac d'une rousse au visage pâle. Va-t-il l'emmener visiter les solitudes du Mustang? A tous ces groupes un petit salut est donné. Aux Népalais je ne déroge pas à la règle du Namasté, aux autres un bonjour en français. Les réactions sont diverses. Ceux qui répondent Hi ou morning, ceux qui disent bonjour avec un fort accent étranger et qui ajoutent «comment ça va» en souriant, et puis il y a ceux, heureusement peu nombreux, qui vous regardent avec un air réprobateur, leur yeux trahissant des pensée du genre: espèce de prétentieux de Français vous pourriez vous conformer à la règle traditionnelle du salut du pays ou au moins parler dans la seule langue internationale.
Deux cavaliers nous dépassent d'une chevauchée alerte. Les véhicules, voitures et motos sont de plus en plus fréquents. Les 4x4 sont lourdement chargés, de nombreuses personnes sur le toit. Il s'agit généralement de porteurs, leurs têtes dodelinent en synchronisation parfaite au gré des secousses occasionnées par les pierres de la piste. Des motos de temps à autre nous dépassent. Dans le vent nous ne les entendons pas toujours arriver et ne nous poussons pas à temps. Le chauffeur, sans impatience, se met au pas du marcheur, puis ce dernier se rend compte d'une présence et s'écarte, alors le motocycliste accélère.
Une immense passerelle enjambe la Kali Gandaki. A l'une de ses extrémités une vieille femme à l'abri relatif d'un muret expose quelques pommes à la vente. Arrivée à Jomsom, c'est vraiment le pays du vent, il y souffle avec force. Sur le pont nous conduisant au centre, les drapeaux de prières sont à l'horizontale. Des chevaux sont à l'attache en pleine rue centrale, étroite et bien pavée. Un troupeau de yaks chargés passe. Tout ce beau monde se croise en se faufilant les uns entre les autres sans précipitation et sans se bousculer. Une fois le troupeau passé, je vois avec étonnement un chien profondément endormi au beau milieu des pavés. Manifestement il n'a pas bougé lors du passage des yaks, pourtant ils étaient nombreux et le passage réduit.
La ville de Josom, outre sa piste d'aviation, héberge l'école népalaise d'alpinisme militaire. Sur une grande falaise aux couleurs fauves il est écrit en lettres immenses à la peinture blanche de façon très inesthétique : welcome for climbing. Nous déjeunons près du centre dans un restaurant envahi d'Occidentaux. Nous reprenons notre chemin venteux et poussiéreux. Le temps se fait plus menaçant et la vallée se resserre. Paysage austère, vent violent, ciel menaçant, on se sent au bout du monde. Enfin au pied d'une falaise apparaît Marpha, étape du jour. Entrée dans le village s'effectue par un magnifique shorten à porche. Ces constructions sont toujours flambant neuves, car repeintes plusieurs fois par an.
L'hôtel Dhaulagiri nous accueille, il est coquet et possède une jolie cour intérieure. Cependant, les chambres sont carcérales, surtout lorsqu'on y loge à trois. Les lits couvrent plus de la moitié de la surface de la pièce. Une unique minuscule fenêtre, qui donne sur un hall intérieur, rompt la monotonie des murs. Mais cela n'a pas beaucoup d'importance, ce n'est pas le confort que nous sommes venus chercher. Altitude 2670 mètres, les sensations d'étouffement ont complètement disparu. Le village est pittoresque, outre les très nombreuses boutiques, un monastère, que l'on atteint après un long escalier, domine. Le point de vue y est magnifique, d'une part sur la vallée, les toits des maisons et sur la falaise au pied de laquelle le village est construit.
16/10/2008 A six heures la population s'éveille. Les femmes s'activent et époussettent la devanture de leur échoppe. Geste que l'on retrouve dans tous les pays. On soulève la poussière afin qu'elle se dépose un peu plus loin. Le soleil se lève sur la pointe acérée du Nilgiri qui règne, à plus de 7000 mètres, sur ses pentes de rocs et de glace, hautes de plusieurs kilomètres.
Les trekkeurs sur cette portion sont moins nombreux, car pour nombre d'entre eux la randonnée s'est arrêtée à l'aéroport de Jomsom. Le désert cède la place à la forêt, et la vallée devient plus riante, abandonnant son austérité. La rivière semble perdue au milieu de son immense lit. A la période de la mousson elle recouvre toute la plaine. Le spectacle doit être de toute beauté.
La halte à midi a lieu à Kokhethani, sans surprise nous mangeons quelques légumes accompagnés de pâtes. De notre terrasse nous avons tout loisir de contempler l'immense versant est du Dhaulagiri, dont un impressionnant glacier occupe une large partie. C'est justement sur cet itinéraire que l'équipe de Maurice Herzog fit une tentative en 1950 avant de se tourner vers l'Annapurna. Dans son livre, il y consacre un long chapitre. Avec Lionel Terray et plusieurs sherpas ils ont remonté cette cascade de glace sur une distance importante. Les risques étaient énormes, du fait de l'instabilité des séracs. Les sherpas, qui découvraient l'escalade sur glace, ont montré des capacités d'adaptation étonnantes. Cependant il y eut quelques chutes, heureusement enrayées à temps. Sur cette cime se sont écrites de grandes pages de l'histoire de l'alpinisme en Himalaya. La première ascension de cette montagne fut accomplie 10 ans après que les Français menèrent cette première exploration. Depuis, plusieurs tentatives ont été couronnées de succès, mais le prix payé est élevé. Deux grandes catastrophes ont frappé des équipes américaine et japonaise. Pour la première, l'accident s'est produit sur l'immense arête est qui se développe sous nos yeux, sept alpinistes moururent, c'était en 1969. Il fallut attendre l'année 1970 pour que ce sommet soit foulé une seconde fois par l'homme. En 1975 un second drame se déroula sur l'arête sud-ouest, où cinq Japonais périrent. D'autres accidents ont eu pour décor ces lieux. Chantal Mauduit, très grande alpiniste française, y perdit la vie avec un sherpa dans une avalanche en mai 1998. Elle avait mis sa notoriété au service de l'association «Chantal Mauduit Namasté», qui venait en aide aux enfants Népalais. Mais pour terminer sur une note optimiste, l'homme cherchant toujours à aller plus loin dans l'exploit, la première ascension solitaire a été accomplie par un Slovène en 1999. Non, cette immense pyramide ne peut pas laisser insensible, tant d'hommes et de femmes, pris sous son charme, y ont laissé leur vie. Mais d'autres qui en sont revenus ont connu un bonheur immense dans cette réalisation.
Le regard se perd dans cette face gigantesque qui se développe sur près de 6000 mètres, en effet l'altitude à laquelle nous nous situons est de l'ordre de 2500 mètres et le sommet culmine à 8172 mètres. Cette région recèle les plus hauts dénivelés de la planète.
Il est temps de briser l'enchantement, de fuir le sortilège qui pèse sur l'endroit et de reprendre le chemin. Piste large sur laquelle les convois de mules sont nombreux. Les animaux sont chargés d'une multitude de ballots en tout genre et même des bouteilles de gaz. Des trains entiers de mules sont dédiés au transport des céréales ou des pommes à destination du Mustang. La charge normale est constituée de deux sacs de 22 kilogrammes. Ce mode de transport n'a pas fait disparaître les porteurs toujours nombreux. Nous en croisons quatre, marchant les uns derrière les autres avec très peu d'espacement, qui ont sur le dos un nombre invraisemblable de gros cartons empilés. Nous traversons une immense cascade qui descend du Dhaulagiri, ses eaux puissantes explosent tout au long de la pente en gerbes d'écume éblouissante. Sur une passerelle, encombrement de mules, deux convois se croisent.
Au village de Lete apparaît pour la première fois au regard l'Annapurna du haut de ses 8056 mètres. Jusqu'à présent ses satellites, qui l'encadrent de près, nous le cachaient. Un peu après les dernières maisons, un glissement de terrain a emporté la route. Des travaux de réparation sont en cours, mais vu l'étendue des dégâts sur ces pentes raides et instables, l'accès restera interdit aux véhicules au moins plusieurs semaines. Nous arrivons à Ghasa et logeons à l'hôtel Florida. Un groupe d'Ukrainiens y arrive en même temps que nous. Nous aurons l'occasion de les voir à l'action sur la bière et le rhum, les femmes tiennent autant que les hommes. Petit tour dans le village avant le repas. La température est douce, l'altitude avoisine les 2000 mètres. Cette journée de marche nous a fait basculer définitivement des zones désertiques à la forêt luxuriante. De grands sapins ainsi que d'autres essences colonisent les immenses pans de montagne. Une cime très impressionnante, le Bharth Chuli ou Fang, voisin immédiat de l'Annapurna nous surplombe de ses 7647 mètres, cela fait plus de 5600 mètres au-dessus. Les pentes n'en finissent pas de se développer. Pas de doute, nous sommes dans la vallée la plus profonde du monde. Le sommet, dans la lumière déclinante, se perd dans les hauteurs, la pénombre a déjà envahi la vallée qu'il illumine encore tel un phare attirant le regard des alpinistes vers des altitudes lointaines.
17/10/2008 Après une nuit agréable (maintenant on les trouve facilement bonnes) la journée est marquée par la rencontre d'une multitude de convois de mules, aux chargements hétéroclites, presque une énumération à la Prévert : pommes, riz, sarrasin, ciment, bouteilles de gaz...La bête de tête a toujours un très joli licol aux couleurs vives, formé d'un bandeau qui enserre la tête sous les oreilles et d'un petit napperon qui descend entre les yeux.
Les cigales réapparaissent et leurs stridulations emplissent à nouveau l'espace. Les bananiers donnent une touche exotique. Les premiers bus font leur apparition bien qu'il ne s'agisse encore que d'une piste défoncée et boueuse par endroits. La Kali Gandaki aux eaux presque noires chargées de terre rejoint l'un de ses affluents, la Nilgit Khola aux eaux turquoises. Elle descend de la face nord de l'Annapurna. Le flot tumultueux et sombre a vite fait d'engloutir la belle Nilgit Khola. A regarder le lit profond de cette rivière on ne peut que se souvenir des souffrances endurées lors du retour de l'Annapurna par Herzog et Lachenal, ayant subi tous deux des gelures graves aux membres. Ils étaient incapables de marcher et les sherpas ont accompli de véritables prodiges pour les descendre dans ces escarpements, parfois à dos d'homme sur des terrains très raides, où la chute n'aurait pas pardonnée. Le calvaire dura de longues journées car à cette époque il n'y avait pas d'évacuation en hélicoptère.
Des écoliers croisés en chemin épluchent des mandarines en marchant, dont l'écorce diffuse une odeur très agréable. Nous arrivons vers les quinze heures à Tatopani et là nous attend une surprise, des eaux naturellement chaudes. Tous, nous nous précipitons vers ces bassins miraculeux. Le premier présente une eau plutôt glauque dans laquelle des corps indéterminés sont en suspension. Cela ne fait rien, il est trop bon de s'y immerger. Les Ukrainiens ont la même idée, et cela nous permettra de voir la belle Irina et ses compagnons s'adonner aux plaisirs de l'eau chaude.
Au-dessus du village l'immense pyramide effilée et sombre, car rocheuse, du Nilgiri South attire irrésistiblement le regard. Là encore le dénivelé est effarant : 6839-1190 donne 5649 !!! Chaque village semble posséder sa grande montagne.
18/10/2008 Frais et dispos, cette longue journée se présente sous les meilleurs augures. Ce sera tout simplement le plus fort dénivelé de ces 18 jours de marche, 1700 mètres et cela principalement le long de grandes marches. Les marches permettent de déniveler rapidement, mais la contrepartie n'est pas négligeable, on est en permanence en rupture d'élan car l'immense escalier est irrégulier dans toutes les dimensions, hauteur et largeur. Mais un bon rythme est rapidement pris par tous. Nous avons quitté la vallée de la Kali Gandaki, que l'on voit tout en bas enchâssée entre les flancs de ces deux géants de plus de 8000 que sont l'Annapurna et le Dhaulagiri.
Notre objectif de ce jour est le village de Ghorepani, point de départ de Poon Hill endroit réputé pour ses levers de soleil sur les grands sommets de la région. Le chemin en escalier fait par moments des S, qui permettent de surplomber l'itinéraire accompli. De toute évidence le serpent humain s'est reconstitué, nous sommes à la jonction de différents treks. Les cultures colonisent de nouveau les pentes. Riz, sarrasin et millet s'étalent sur des terrasses plus ou moins vastes. Les arbres sont magnifiques. Certains présentent un tronc étonnant, immense et rectiligne, au niveau du sol quatre mètres de circonférence et subitement vers les six sept mètres il enfle en massue et double pratiquement de diamètre. Le chemin traverse une forêt de rhododendrons géants, véritables arbres dont la hauteur atteint les quinze mètres. Nous nous élevons dans ce décor riant où le vert domine, en arrière plan le Dhaulagiri émerge toujours plus majestueux au fur et à mesure de notre progression. En effet, du fait de la perspective, toutes les crêtes, autres que ce 8000, ont tendance à s'écraser, lui seul résistant à l'effet de la relativité dû à notre montée.
L'après-midi, le temps se couvre et la partie supérieure des montagnes disparaît. La fatigue commence à se faire sentir. Ghorepani est enfin atteint, étonnant ensemble de maisons toutes d'un bleu criard, blotti un pied d'un petit col. L'hôtel Kamala nous héberge. Il est d'aspect rustique et très mal insonorisé. Toute la nuit il y régnera un véritable vacarme, entre ceux qui se couchent très tard, ceux qui se lèvent très tôt et les allées et venues permanentes aux toilettes.
19/10/2008 Lever 5 heures, nous ne prenons pas le temps de petit-déjeuner, juste une légère collation. Pourquoi sommes-nous si pressés? Il s'agit de monter de 300 mètres de dénivelé pour aller assister au lever du jour à partir du fameux point de panorama, qui se dénomme Poon Hill. Début de marche de nuit, rapidement les ténèbres se déchirent. Mais ne va-t-on pas louper le début du spectacle? A cette idée le pas s'accélère automatiquement. A un moment, seul sur le chemin, je recherche même un raccourci, et ainsi je me retrouve dans une forêt de bambous très dense. Rage, erreur au mauvais moment. A l'estime je prends une direction d'interception du chemin et je fonce tête baissée. J'arrive à une petite arête de laquelle en contre-bas le chemin m'attend. Sagement je ne cherche plus à couper au plus court.
Notre guide avait tout bien prévu, nous sommes en position pour le lever du soleil et rien n'a commencé. Le nombre de spectateurs est de l'ordre de deux cents. La vue panoramique est époustouflante, trois 8000 mètres et plusieurs 7000 mètres. Le Dhaulagiri est touché le premier par les rayons solaires ensuite vient le tour de l'Annapurna et de ses satellites. Les appareils photos crépitent, des milliers de vues sont prises au cours d'une telle séance qui dure une petite heure. Ensuite le serpent humain déserte le lieu, tout content d'avoir eu une vue dégagée sur un site exceptionnel. Nous croisons quelques rhododendrons géants, qui paraît-il au printemps sont magnifiques, tels de grosses boules de fleurs.
Retour au village, petit déjeuner dans la bonne humeur puis nous quittons notre hôtel et le village de Ghorepani. Rapidement le petit col, qui se situe juste au-dessus des habitations, est atteint et nous basculons définitivement vers les basses plaines après un dernier coup d'œil au Dhaulagiri. Durant trois heures, par une interminable marche le long d'un escalier géant, nous plongeons dans la forêt luxuriante et les champs de céréales qui s'étagent sur les deux versants de la vallée. Les villages, épars, semblent comme isolés au milieu de cette marée verte qui essaie de les dévorer jusqu'en leur centre. La chaleur redevient forte. Arrivée à Tikhedhungga, altitude 1500, nous avons le sentiment d'être plongés dans un aquarium de verdure. Les flancs de montagne pentus montent très haut dans le ciel et restent couverts de végétation malgré la raideur du terrain et l'altitude, d'où cette impression, que nous éprouvons, d'être enserrés au milieu de gigantesques vagues vertes.
L'hôtelier nous accueille en français, langue qu'il maîtrise bien, il est volubile et gai. Il m'étonne franchement en me parlant des petites villes de l'agglomération lyonnaise comme Saint-Didier-au- Mont-D'or ou Caluire. Lorsqu'il me révèle qu'il a habité plusieurs mois dans la région je comprends la raison de sa connaissance des lieux. L'hôtel est agréable, il possède de vastes terrasses à même la rue principale, desquelles le trafic se voit et s'entend, en particulier le raclement sur le pavé des sabots du flot incessant de mules, qui ne s'arrête qu'avec la nuit.
Une petite escapade va nous procurer une émotion très forte, alors que le ciel s'est totalement obscurci et que seule, ou presque, la voûte céleste donne un peu de clarté à cette vallée étroite. En effet en levant les yeux, les étoiles scintillent non seulement dans ce que nous croyons être le ciel, mais aussi dans les pentes, comme si certaines d'entre elles descendaient la nuit furtivement pour se reposer dans les champs. En y regardant de plus près, nous réalisons que des maisons isolées, mais ayant l'électricité sont disséminées un peu partout dans les hauteurs. Ces habitations aux lumières ténues se confondent, à un léger jaune près, avec les astres. Il est nécessaire de faire un effort afin de percevoir la délimitation entre les étoiles et la lumière artificielle. Cela est d'autant plus difficile que la distribution des maisons est aléatoire et suit des lignes brisées en fonction des accidents du terrain et des effets de perspective. Dans une telle situation on reste un long moment à s'émerveiller des illusions de perception qui semblaient impensables tant qu'on ne les a pas expérimentées.
20/10/2008 Nous nous réveillons en sachant que c'est le dernier jour de marche, plutôt les derniers moments, car dans trois heures nous serons à la route et la suite se fera par car. Nous profitons donc de cette courte étape pour nous imprégner un peu plus de l'ambiance de cette expérience de 18 jours autour des Annapurna. Cela restera une belle aventure, même si le flot des touristes fut continu. La part de rêve n'a pas été altérée. Il suffisait de lever les yeux vers ces terres inaccessibles, et alors l'imagination et le souvenir des livres lus faisaient le reste. Bien que nous soyons tous épris de solitude, mes amis basques dans leurs montagnes aux recoins mystérieux peu parcourus et moi dans mes balades solitaires, la présence importante de nos congénères occidentaux ne nous a pas gênés. Outre la capacité à s'échapper par la pensée, la forte présence de notre guide, de ses adjoints et de nos porteurs, nous a conduit à une bonne imprégnation des lieux et des hommes de ce pays.
Une dernière passerelle, la montagne sacrée Fish Tail apparaît et au même moment la route, le village de Nayapul, c'est la fin. Nous attendons le bus. Au cours du trajet vers la ville de Pokhara, certains d'entre nous feront une expérience intéressante sur le toit du véhicule avec les porteurs. Dans la joie et l'inconscience collective à de nombreuses reprises, il faut se plaquer à la tôle, en se glissant entre les bagages, pour éviter branches d'arbres et fils électriques. A deux reprises je me fais gratter le dos par des branches basses. Ces plongeons et rampings nous arrachent ainsi qu'aux porteurs des rires prononcés. Manifestement les hommes sont bien partout les mêmes, ce sont toujours les petites et grosses bêtises qui les font rire, meilleur antidote à l'ennui. Arrivée à Pokhara, nous descendons dans un bel hôtel, de bon standing et ironie du sort, ce sera le seul endroit où nous verrons des cafards et pas des petits, on pourrait croire des hannetons. Cette ville est un immense bazar pour Occidentaux et nous faisons chauffer la carte bleue en achetant bijoux de toutes sortes, tissus que l'on nous vend pour du cachemire, sans oublier les tapis de laine qui reprennent des scènes de chasse à la manière d'un bel iranien.
Le soir, repas agréable et à nouveau, la magie de la danse avec nos porteurs nous prend sous son charme. Ils se trémoussent comme des serpents et nous passons un moment fabuleux à essayer de les imiter.
21/10/2008 Trajet de retour vers Katmandou, la circulation est toujours aussi anarchique. Notre chauffeur semble avoir un radar, un peu à la manière d'un sondeur à poissons mais pour les voitures, car il dépasse sans visibilité et ça passe toujours, heureusement la vitesse n'est jamais excessive. Mais enfin, deux bus face à face, même à trente à l'heure, mieux vaut ne pas tester. La soirée se termine dans les locaux de Nepal Trek Ecology, où nous attend une surprise. En effet c'est l'anniversaire de deux d'entre nous et le directeur d'agence nous offre un gros gâteau. Le soir nous quittons nos amis népalais qui nous ont si gentiment et efficacement accompagnés, nous sommes tous un peu tristes.
Les quatre jours suivants nous retrouvons notre guide de la ville et visitons de nombreux sites dans et aux environs de la capitale. Nous nous étions dit que quatre jours en finale à Katmandou, ça allait être difficile à meubler, surtout après ce spectacle grandiose des Annapurna. Lors de notre arrivée, la première journée au cours des nombreuses visites effectuées nous pensions avoir vu l'essentiel. Eh bien non, cette agglomération et ses environs recèlent une multitude de trésors architecturaux qu'il est très intéressant de voir, l'ancienne capitale de Patan, le village newari de Bungamati, celui de Khokana d'allure moyenâgeuse. Les temples dédiés à toutes les divinités bouddhistes ou hindouistes sont légion, à Dakshinkali ou Pharping où se trouve la grotte de Rempoché. Dans cette vaste zone, de nombreux artisans travaillant toutes sortes de matériaux, laine, terre, bois ou métal présentent de beaux ouvrages. Et puis, il y a aussi cette atmosphère particulière au moment de la récolte du riz. Partout, les rues et places des villages sont envahies de bâches sur lesquelles des tas de grains de riz sèchent. Des femmes s'activent avec des tamis pour séparer le grain de l'ivraie. Il y a aussi ce magnifique musée sur le bouddhisme, aux statues remarquablement mises en valeur, tout particulièrement un Bouddha, dont on dirait que le métal a été poli durant des siècles. Mais je ne me lancerai pas dans une description précise de ces quatre jours de visite, car cela augmenterait ce texte, déjà fort long, de quelques pages supplémentaires. Juste pour terminer, le dernier dîner dans un restaurant typique, où en fin de repas les serveurs ont laissé tomber leurs assiettes et couverts, et avec une spontanéité incroyable, se sont mis à danser comme des serpents et, déjà expérimentés, nous avons tous suivi dans la sarabande.
Le 26 au soir, nous nous retrouvons à l'aéroport dans la longue queue des trekkeurs qui rentrent. Nous avons peine à imaginer que nous venons de passer presque un mois au Népal. L'avion décolle de nuit, donc pas de dernière image. Après un transfert à Doha, l'atterrissage a lieu à l'horaire prévu, 6h30 à Charles de Gaulle. Anecdote cocasse, nous sortons de l'avion avec des personnes vues au départ à l'aéroport un mois plus tôt, et que nous reverrons sur le trek. Elles habitent Millau, j'ai une grosse pensée pour le Causse Méjean, endroit sublime. Notre groupe éclate, chacun pressé de prendre son train pour rentrer à la maison dans l'attente de nouvelles aventures.
Après cette première impression jetée à la volée comment faire un compte-rendu dans lequel les 11 protagonistes puissent s'y retrouver? En effet chacun de nous est venu avec son acquis, a vécu son voyage, en apparence même si nous avons à peu près tous fait la même chose, chacun en fonction de sa sensibilité, de sa forme du moment, de son rapport aux autres, de ce qu'il recherche dans la marche, de ce qui l'attire en montagne, en fonction de ces quelques facteurs et de bien d'autres a fait son propre voyage qui lui colle à la peau plutôt à l'âme de façon très intime. Alors comment dans ces condition relater une histoire forcément complexe et multiforme et se faire le porte-parole d'une bande, surtout lorsqu'elle recèle 10 Basques, sans risquer les foudres rédemptrices?
Bien entendu, il serait théoriquement possible de relater l'ensemble des anecdotes et petites misères vécues par chacun, ce qui mettrait des petits cailloux tels ceux du Petit Poucet pour baliser la piste népalaise, où chacun pourrait voir remonter à fleur de mémoire les émotions qu'il a éprouvées à tel endroit ou à tel moment. Cela semble cependant difficile à moins d'écrire à 22 mains, alors là on n'est pas sorti de l'auberge, surtout qu'elle serait vraiment espagnole, on n'y trouve que ce qu'on y amène, mais après tout pourquoi pas ? Peut-être commencer à écrire à deux mains une première trame, que chacun enrichira de ce qu'il a vécu et de ce qu'il veut bien écrire sur ses camarades, petites vacheries ou petites rigolades, par exemple en vrac, le pied dans la bouse, pour ne pas dire plus, bien collante au mauvais moment, la belle gamelle au réveil sur la glace, le litre d'eau dans le duvet, la grosse raclée du gnome à la belote, la traversée de la passerelle abhorrée pendant que quelques gros méchants la font balancer en rigolant bêtement, le gros piment qui emporte la bouche à faire pleurer, la vilaine insomnie qui pousse à faire son sac à une heure du matin, le lamentable incident de Spaghetto qui comme son nom ne l'indique pas était allemand, Ganesh en folie, la reine du marchandage à qui l'on propose un petit coup de marijuana et qui refuse, la chaussure qui gratte un peu trop le pied au point de l'ouvrir à grands coups de couteau, le manque d'appétit ou de sommeil en altitude, le gros coup de bambou passager, la découverte des cochons et la passion presque charnelle qui s'en suit, la fixation sur le net et la chute du CAC 40, une petite biture et Bali Balo devant des Népalaises hilares. Manifestement on se rend compte que tout le monde peut en prendre plein la poire et même avec du rab en se creusant un tant soit peu les méninges.
La question est de savoir si un compte-rendu de voyage doit être un règlement de compte envers ses petits camarades, sources de frustration et de désagrément ? Je ne le pense pas, surtout que je n'ai pas ressenti de tensions particulières dans l'équipe que nous formions. Alors peut-être devrions-nous demander à la belle Alsacienne accorte et prolixe, rencontrée sur le chemin du lac Tilicho de nous initier au conflit de groupe, car elle en a vécu plusieurs. Expérience manifestement désagréable puisque cela la motive pour partir seule dorénavant.
Tout simplement, je vais relater ce que j'ai ressenti au cours de ce voyage, au fur et à mesure de notre cheminement. Je vais au maximum mettre des noms de lieux et des dates, ce qui servira de bornes métriques et temporelles. Cependant les impressions décrites et les pensées qui me traversent l'esprit au gré des émotions et des situations me sont sans doute très personnelles et tous ne s'y retrouveront pas. Je dirais même pire, certains endroits que j'ai trouvés superbes comme cette grande plaine caillouteuse, venteuse et poussiéreuse m'ont procuré beaucoup de plaisir, ce qui n'a pas été le cas de tout le monde, vu les remarques entendues. J'expliquerai peut-être pourquoi. Sans doute un peu et c'est un début de réponse, car j'ai fait mienne la formule de Kasansakis « Un jour où je n'ai pas souffert est un jour où je n'ai pas vécu». Après ce préambule quelque peu verbeux je me lance dans une tentative de narration de notre périple.
29/09/08 Tout a commencé non par une nuit sans lune où David Vincent avait perdu un chemin que jamais il ne trouva, mais par un regroupement à l'aéroport Charles de Gaulle. Un trajet par Quatar Air lines avec une escale à Doha. Trajet qui nous a semblé long.
30/09/08 Un atterrissage à Katmandou en fin d'après-midi. Tous les yeux aux hublots à essayer de percevoir les géants de la terre et aussi un petit coup d'œil vers la ville pour s'en faire une première impression. Elle est immense, une multitude d'habitations, aux formes géométriques et de petite dimension de couleur terre, se pressent et s'entassent les unes sur les autres. On se croirait dans un film d'anticipation où l'on crée par images de synthèse des villes du futur replongées dans la préhistoire où tout s'enchevêtre dans une espèce d'abandon accentué par l'accumulation des siècles d'anarchie. Cette première impression est fugace, le temps d'un virage, puis l'avion ayant redressé pour s'aligner sur la piste le blanc de l'aile est le seul spectacle. Un fois débarqués, les formalités sont assez rapidement effectuées. Tout de suite le calme de la population nous frappe. Les policiers et autres douaniers sont souriants et n'ont pas un mot plus haut que l'autre. Cependant nous ne pouvons nous empêcher de sourire en voyant la destination des photos qui nous sont demandées. En effet nombre d'entre elles jonchent le sol d'un bureau. Les méandres paperassiers de toute bureaucratie sont sans doute les mêmes partout sur notre planète. Mais bon, ne critiquons pas, tout s'est passé dans le calme et en un temps court. Une fois hors de l'aéroport, la foule dense des pays asiatiques est bien là. Au-dessus de la couche de pollution apparaissent dans le soleil couchant de grandes dents enneigées. Notre guide nous attend et le traditionnel collier de petits œillets oranges nous est mis à chacun autour du cou. Le premier contact est agréable et tout de suite nous sentons la confiance que nous pouvons apporter à Nepal Trek Ecology. Cette impression ne fera que se renforcer au cours du voyage.
Les bagages chargés, nous partons pour notre hôtel. Premier étonnement on conduit à gauche. La circulation est très dense, foule de voitures, motos, vélos et piétons. Plus nous rentrons dans la ville, plus le trafic est dense, les distances de sécurité et de croisement sont ajustées au centimètre. Cela fait une drôle d'impression. Le paroxysme se produit à quelques cent mètres de notre destination, un bouchon incroyable où vélos piétons et motos constituant le gros de la masse nous immobilise une demie-heure pour faire le simple tour d'une minuscule place qui tient lieu de rond-point. Fourmillement inconcevable, impression accentuée par une panne d'électricité qui plonge l'endroit dans une pénombre prononcée, de laquelle, seuls, sortent les phares des véhicules. Ce grouillement anarchique se passe dans le calme, pas un cri pas une contestation, des ombres calmes, résignées, habituées se faufilent avec leurs deux roues dans cet invraisemblable enchevêtrement. Sur les motos souvent trois personnes, un homme une femme et un enfant. Ce dernier endormi en se cramponnant à sa mère ou au guidon. Les policiers, englués dans ce flot, gardent leur calme et font un certain nombre de gestes qui se veulent des signes de réglementation de la circulation, auxquels personne ne semble faire attention. Une moto avec trois passagers se retrouve bloquée devant le policier qui ne remarque même pas le gamin agrippé au guidon en train de somnoler à quelques centimètres de lui. L'ambiance est donnée . Ouf ! Arrivée à l'hôtel. Il est caché dans une petite impasse. Nous passons une grille et le calme nous tombe dessus. Contraste étonnant en quelques mètres. Nous passons d'un monde surprenant à quelque chose de beaucoup plus occidental donc moins rigolo. Les chambres sont correctes, nous nous retrouvons entre Occidentaux. Le vrai voyage n'aurait-il pas été d'aller loger dans la masse grouillante? Enfin le lieu est sympathique, ne critiquons pas. Les premières formalités sont conduites sous la direction du représentant de l'agence de trek. Le premier dîner nous surprend un peu par la quantité de piment utilisée, même si certaine en redemande. Tout de suite il est possible de remarquer les deux pupitres internet. Et je réaliserai à quel point nous sommes dépendants de ce mode ce communication et d'information par le taux d'utilisation que je constaterai tout au long du voyage. En effet au cours du trek, ce sera une de mes sources d'étonnement de voir des cafés internet partout dans la montagne. Nous avons du mal à nous extirper de nos habitudes. Pourtant Nicolas Bouvier un des grands maîtres du voyage avait pour formule : la vertu d'un voyage c'est de purger la vie avant de la garnir. Peut-être devrions-nous nous en inspirer un peu plus ou combattre nos réflexes de vie qui nous poursuivent jusqu'au bout du monde. Un proverbe afghan, qui dit à peu près « les Occidentaux ont toutes les montres mais nous avons tout le temps » devrait nous porter à réfléchir un peu plus sur nos pulsions de l'immédiat.
01/10/08 Le lendemain, après une bonne nuit, petit tour au lever du jour dans la ville encore calme dans les environs de l'hôtel. Un café pris dans un minuscule endroit niché sous une cage d'escalier. Retour à l'hôtel pour la visite organisée. Ce sera une journée dense, pleine d'étonnement, appréciée diversement. Mais le dépaysement sera total, notre accompagnateur parlant correctement le français, sera très surprenant par moments, lorsqu'il nous demande d'exposer notre vie affective et ce qui va avec. Il ne récolte que des sourires surpris et amusés. Nous visitons plusieurs sites majeurs de la ville et nous pouvons juger de son étendue. J'imagine ce que doivent représenter des villes comme Calcutta ou toute autre grande cité asiatique, c'est un peu effrayant. En matière de pollution pour la planète le pire est à venir. Toutes nos mesures de pays riches pour réduire le taux de CO2 sont vraiment dérisoires lorsqu'on constate le développement du tiers monde vers l'industrialisation et la modernisation.
Le premier lieu visité pour l'immense majorité d'entre nous provoque un véritable choc culturel, il s'agit de la colline du temple de Swayambunath ou temple des singes. Au sortir du minibus tout commence par la montée des 365 marches qui conduisent au sommet sur lequel se presse une multitude de temples. Tout au long de cet immense escalier, le spectacle est extraordinaire et très diversifié. Les couleurs vives des différentes statues de Bouddha qui jalonnent la pente attirent le regard, le doré et le bleu dominent. Ensuite les singes constituent le premier spectacle, ils se déplacent en petites bandes, les mères portant leur petit accroché sur le dos ou sous le ventre. Leur lieu de prédilection étant le sommet des petits shorten. Ils ne marquent pas beaucoup de crainte envers les hommes, cependant il est déconseillé d'essayer de les toucher. Leur mâchoire conséquente est assez dissuasive. A aucun moment nous n'avons ressenti d'agressivité à notre encontre. D'ailleurs cette attitude très pacifique et peu farouche est de règle chez tous les êtres vivants que nous avons rencontrés, hommes et animaux. Les quelques dizaines de marches en finale se redressent et nous débouchons sur un grand stûpa. Nous découvrons nos premiers moulins à prière et nous en donnons à cœur joie. Un incroyable enchevêtrement d'édifices religieux colonise ce tertre. Bouddhisme et hindouisme cohabitent en parfaite harmonie, les temples servant généralement aux deux religions. Puis nous nous dirigeons vers le monastère occupé par des moines sur la bosse d'à côté. Pour y accéder nous traversons le jardin au nom évocateur et sans équivoque de jardin des rencontres. Une inscription en népalais pour le moins voyante délivre un message qui nous reste incompréhensible dans cet alphabet curieux. Demandant la signification au guide, ce dernier après avoir lu se marre comme une baleine. Puis ayant fini de rire il nous dit que le panneau prévient que tout acte sexuel en cet endroit donnera lieu à une amende. Une myriade de drapeaux de prière ou mentras flotte au vent, accrochés le long de ficelles qui vont d'arbre en arbre. Une vieille dame fait une offrande sous forme de pain et de riz à une divinité locale. Un singe très intéressé par le rite mange au fur et à mesure les aliments déposés. S'il s'était agi d'un éléphant au lieu d'un singe, j'aurais tout de suite reconnu Ganesh. Lorsque nous sommes à l'entrée du monastère des bruits nous parviennent, des chants religieux rythmés au gré d'instruments à percussion et à vent. Le niveau sonore est conséquent. Notre guide nous invite à entrer en enlevant nos chaussures. Les participants sont exclusivement des moines de tous âges, comme avec Tintin de 7 à 77 ans. Les jeunes sont préposés aux instruments et ils y vont de bon cœur sur leur tambour et autre trompette. Je discerne un petit moinillon, dix ans maximum qui prend un malin plaisir à souffler comme une brute dans son instrument à vent en le mettant juste dans l'oreille du moine qui est devant lui. Ce dernier finit par se retourner et éloigne l'orifice de sortie de ce clairon de son tympan. Mais le moinillon ne le voit pas du même œil et revient à la charge. Tout cela se passe dans une décontraction générale et les sourires fleurissent souvent sur les visages de ces moines.
Nous descendons la colline et visitons trois énormes statues de Vishnu, Ganesh et de la déesse Parvati. Elles sont resplendissantes, repeintes plusieurs fois par an afin de garder leur couleurs dans cette pollution généralisée. Sur les soubassements des statues la gamme des couleurs est large, le rose et le vert très présents ainsi que le rouge. Une multitude de scènes mettant en jeu les dieux locaux orne la base de ces édifices géants.
Nous nous rendons ensuite au temple de Pashupati, le plus grand temple hindouiste du Népal. L'entrée en est interdite aux non hindouistes. Nous pouvons le contempler de l'extérieur. Un énorme taureau pour le moins placide se tient non loin de l'entrée. C'est l'animal sacré par excellence car c'est la monture de Vishnu. Même s'il a l'air tranquille, nous faisons un écart pour le contourner. Puis à proximité nous visitons l'hospice où les vieilles gens sans famille viennent finir leur existence. Il se dégage de ce lieu une impression étrange cependant il y règne la sérénité. Puis nous passons sans transition de l'hospice au bord de la rivière, où une crémation a lieu. Le corps en train de brûler est couvert d'herbe et nous ne le distinguons pas. Mais rapidement les herbes s'étant consumées apparaît un spectacle qui s'est gravé précisément en ma mémoire mais que je ne décrirai pas. Cependant cela n'appelle aucune réaction de dégoût ou d'effroi, non, on s'inscrit tout naturellement dans le cycle de la vie et de la mort. Bien que cette dernière soit un événement triste dans les religions bouddhiste et hindouiste, le rite mortuaire est moins empreint de tabou que dans notre société occidentale et le spectacle est public. Cela aide sans doute à mieux l'accepter et gérer la période de deuil de façon moins douloureuse. D'ailleurs sans doute pour faire un pied de nez à la mort le petit temple qui domine la rivière est orné de scènes du Kama Sûtra représentées avec précision et pour le moins torrides.
Puis après cette matinée bien chargée, nous n'avons pas l'appétit coupé, bien au contraire, nous nous rendons dans un restaurant à la vue étonnante sur Barddhanath Stûpa. Il s'agit tout simplement du plus grand Stûpa du Népal. Il est de dimensions conséquentes et toujours peint de neuf, ce qui contraste vraiment dans ce pays de poussière et de façades grises. Au cours du repas nous abordons avec notre guide de nombreux sujets et lorsque nous lui demandons des indications sur les montagnes qui entourent la ville de Katmandou et qui affichent des altitudes de l'ordre des 2800 mètres, donc 1500 mètres au-dessus de nous, il nous reprend et parle de collines. Mais son sujet favori, c'est la sexualité des Occidentaux, questions auxquelles nous ne voulons pas répondre laissant sa curiosité non satisfaite. Après le repas nous visitons le Boudh Stupa Thanka Center. Le thanka est le nom de ces bannières à motifs religieux que l'on voit sur tous les monastères. Les motifs en sont, soit des figures géométriques, soit des scènes représentant les diverses divinités dans leurs activités. Le travail est effectué avec un pinceau de très petite taille, la précision est extrême. Nous nous laissons prendre sous le charme et plusieurs d'entre nous repartent avec un joli thanka. Puis retour à l'hôtel en milieu d'après-midi, nous en avons tous plein les basques (sans jeu de mots) après cette première journée dans Katmandou. Demain sera le grand jour, départ matinal pour le trek tant attendu du tour des Annapurna.
02/10/08 Après une bonne nuit, lever matinal, copieux petit déjeuner et nous voilà tous réunis pour le grand départ. Nos porteurs s'activent et amoncellent nos bagages sur le toit. Notre guide Bir Singh nous explique la situation et nous donne les dernières recommandations. Le minibus s'ébranle et nous voilà plongés dans ce terrible trafic. Il nous faut presque une heure pour nous extirper de la ville. Mais la circulation ne se calme pas pour autant. La période de fête nationale bat son plein et nombreux sont ceux qui partent festoyer dans leur village natal. Il en découle un immense embouteillage et dès qu'un espace se libère tous les véhicules essaient de s'y introduire. Il en résulte une anarchie totale, plusieurs files dans le même sens, j'en ai comptées jusqu'à quatre, voire cinq et plus, sans laisser de possibilité de croisement. Mais tout cela se passe sans le moindre cri, et à un rythme d'escargot, ce double flux finit par s'écouler .Nous atteignons ce fameux col qui fait bouchon d'étranglement. La route descend au fond d'une vallée luxuriante. Nous marquons une halte pour le repas de midi et arrivons à Besisahar point de départ de notre tour des Annapurna. Il s'agit d'une petite ville perchée une centaine de mètres au-dessus de la rivière. L'électricité y arrive, le portable passe encore et il y a plusieurs cafés internet, ce que nous retrouverons pratiquement à toutes les étapes. On ne quitte pas si facilement notre mode de vie, il s'est en effet glissé dans toutes les parties du monde.
03/10/08 Après un sommeil réparateur, le moment tant attendu du départ a sonné. Nos porteurs au nombre de six s'emparent de leur charge et partent devant. Restent avec nous notre guide et ses deux aides. En effet il y a toute une technique d'accompagnement d'un groupe important comme le notre, constitué de onze personnes. Un guide devant, un en arrière, ainsi on contrôle tout, pas d'erreur d'itinéraire et pas de traînard ou blessé que l'on pourrait oublier. Et le secret du troisième homme, il est chargé de courir au-devant réserver les restaurants ou les hôtels. Tout au long des dix huit jours ce ballet s'accomplira sans heurt et sans surprise. Alors que nous nous rassemblons pour partir, nous engageons la conversation avec un grand Australien parlant le français que nous rencontrerons encore de nombreuses fois au cours des jours à venir. Enfin on démarre. Le temps est beau, une couche nuageuse peu épaisse mais suffisante nous cache les grandes montagnes qui dominent la vallée. Très rapidement les rizières sont partout, vert tendre, en terrasses. Les cigales à la stridulation étonnante et parfois très forte ne laissent pas de nous étonner. Le rythme de leur cri est si régulier que l'on pourrait croire à quelque bruit provenant d'un courant alternatif. Le plus étonnant dans le bruit de ces cigales, c'est qu'au fur et à mesure de la montée en altitude il se modifiera pour en finale vers les 3200 mètres ressembler à celui des cigales françaises. Première passerelle, elle est de belle taille solidement construite et même si cela bouge un peu la traversée est aisée. Nous marquons une première pause dans un village au pied d'un arbre extraordinaire, un Pipol, arbre sacré. Il va souvent de pair avec le Simol, autre arbre sacré. Assis à son pied monumental au tronc torturé comme composé d'immenses lianes qui se seraient fondues les unes aux autres, nous ne restons pas longtemps seuls. Une foule de gamins joyeux nous envahit. Les appareils photo crépitent. A nos pieds de jeunes garçons jouent aux billes. L'un d'eux est d'une adresse redoutable. Il met une agate sur son index gauche et, de sa main droite, il tire la bille en arrière tout en visant. A chaque fois, la cible à plusieurs mètres est atteinte. Des Français arrivent, il s'agit d'un père et de son fils, ils entreprennent le trek en autonome, l'ayant déjà fait, accompagnés, l'année dernière. Manifestement il ne faut pas vouloir venir chercher la solitude dans ce genre de promenades. Nous reprenons notre chemin et pouvons admirer l'architecture locale, petite maison au toit de chaume, noyée tout simplement dans un champ de riz dont les tiges hautes grimpent pratiquement aux murs. Au détour du chemin se présente une petite étable de bois aux formes esthétiques, habitée au rez de chaussée par un gros buffle qui nous regarde passer comme les vaches les trains. Il y a une sous-pente encombrée d'une multitude d'objets parmi lesquels de grosses hottes de portage en osier. Le chemin prend de la hauteur et, de surplomber ces champs de riz au vert presque fluorescent, au milieu desquels se perdent quelques petits hameaux aux maisons serrées, permet un spectacle du plus bel effet. Nous rencontrons notre premier shorten (petit édifice religieux) bien posé au milieu du chemin. Il faut bien passer à gauche, un Népalais se lave avec énergie à la source qui coule juste devant.
Une caractéristique du chemin et cela tout le long de la première semaine, voire un peu plus, tient à la configuration de la vallée très encaissée. En effet nous évoluons sur des pentes raides, même très raides et surplombons souvent des à-pics. Donc bien évidemment la chute se révélerait particulièrement dangereuse voire fatale, d'où une vigilance à conserver malgré le dépaysement qui nous pousse à regarder partout, sauf devant nos pieds. De plus, sur ce chemin qui remonte la vallée sur de très grandes distances, on croise beaucoup de monde et d'animaux. Notre guide nous met particulièrement en garde en ce qui concerne le croisement des mules. Toujours se trouver du côté montagne. En effet elles portent des charges volumineuses et dès qu'elles ont passé la tête à votre niveau elles ont tendance à forcer le passage et si l'on se trouve du côté vide on peut facilement bénéficier d'un billet de dernier envol de la part d'un inoffensif sac de riz ou de farine. Mais malgré la mise en garde, il est des situations où l'on se retrouve du mauvais côté et mieux vaut avoir le réflexe rapide. J'en ferai la stressante expérience.
Arrêt à midi à Bhulbhule, village typique ressemblant à tous ceux que nous verrons sur ce versant. Une rue principale dans laquelle se pressent les restaurants et hôtels à un ou deux étages maximum, le tout annoncé par une multitude de panneaux en anglais. Le sol est recouvert d'un dallage propre et en bon état, ce qui donne un air sympathique à l'ensemble du petit bourg. Déjeuner sur une superbe terrasse dominant le torrent. Juste en-dessous une passerelle sur laquelle le trafic est intense, porteurs, habitants du villages, nombreux animaux de bât, et aussi des groupes importants de touristes. On n'a pas l'impression d'être à l'autre bout du monde. Mais tout le contraste de la situation provient du point de vue sur lequel on pointe le regard, et là il est possible de changer de monde. Nous pouvons admirer cette végétation luxuriante qui dévoile juste en contre-bas de notre perchoir ses papayers, caféiers, bananiers, bambous géants et beaucoup d'autres arbres que nous n'identifions pas. Au-dessus, les contreforts du Manaslu se découvrent en immenses champs de neige et de glace raides qui semblent monter jusqu'au ciel. Nous ne nous situons qu'à 840 mètres d'altitude et ces montagnes nous surplombent du haut de leur 7000 mètres et plus. Au cours des jours à venir je vais rester souvent le regard perdu quelque part là-haut à imaginer plein de choses où souffrance et bonheur se mêlent. Le fond de cette vallée luxuriante est enserré par des flancs abrupts sur des milliers de mètres, mais pas un endroit qui ne soit colonisé par cette végétation dense.
Après cette pause bien agréable, nous reprenons notre chemin sur quelques kilomètres qui nous conduisent à Nadje, sympathique endroit où nous logeons dans de petits bungalows posés à même la rizière. Bir Singh nous fait visiter le village situé au peu au-dessus. Il nous conduit chez un vieux paysan de 87 ans qui a passé 6 ans dans l'armée britannique, il s'agit de l'un de ces fameux Gourhkas, guerriers réputés. Nous avons aussi droit à un petit exposé sur les rites funéraires. Lorsqu'il y a du bois, pas de problème, nous avons vu. Mais dans les régions désertiques comme le Dolpo ou le Mustang, le rite est différent. Après avoir coupé le corps en morceaux, on fait appel aux oiseaux, et ces derniers viennent les enlever. Cependant on garde un petit bout que l'on brûle avec un peu de bois afin d'être en mesure de respecter la tradition des cendres à la rivière.
La soirée sera très agréable, il fait bon, pas d'insecte indésirable, un très bon plat de gros raviolis fourrés. Ensuite nous assistons, et participons à un spectacle de chants et de danses organisé par les femmes du village. Il s'en suivra des danses endiablées ponctuées d'immenses éclats de rire, nos porteurs se révéleront excellents pour cet exercice dans lequel le mouvement des bras et des mains, levés au-dessus de la tête, imitant des serpents et autres bestioles se tortillant en des mouvements souples et aléatoires, joue un rôle déterminant.
04/10/08 Le matin départ à 7h30. La marche se poursuit le long de cette vallée aux pentes raides où chemin et escaliers alternent. Arrêt au village de Bahundanda. Après avoir franchi quelques marches raides on se retrouve sur la petite place bien pavée du ''centre-ville''. On se croirait à l'attente de la benne de l'Aiguille du Midi tant la densité de trekkeurs faisant halte est importante. Le français est la langue qui domine, il y a au bas-mot un bon tiers de nos compatriotes. Pour ajouter à l'impression les petites échoppes vendent même du Bordeaux château du Parc, c'est le bouquet!!! En ce début de trek, les différents groupes d'Occidentaux ont un peu tendance à se regarder en chien de faïence, sans doute pensant que ce flot de Blancs atténue la sensation d'exotisme. Mais au fil des jours les visages se détendront et les sourires apparaîtront et les conversations se noueront. L'intérêt de ce genre de balade ne réside pas dans la solitude, qu'on ne rencontre pas, mais dans la découverte d'une nature gigantesque et d'une civilisation aux traditions différentes. Les Népalais, malgré l'envahissement touristique auquel ils sont soumis, restent très accueillants et lorsqu'ils ne sont pas les premiers à vous gratifier d'un ''Namasté'', ils s'empressent de répondre à votre salut.
11h30, arrêt à Khanigaon pour le déjeuner. Le temps se couvre et dans cette vallée très encaissée il fait sombre. Une halte de courte durée, le temps de prendre une boisson dans une baraque perchée sur un éperon qui risque au cours des prochaines moussons de rejoindre la rivière quelques centaines de mètres plus bas. En effet le chemin traverse des zones d'éboulement énormes et la stabilisation du terrain pour construire une route carrossable ne semble pas pour demain. Deux gros engins de terrassement sont bloqués après que la route qu'ils ont construite dans ce secteur soit partie avec un glissement de terrain qui a ravagé tout un flanc de montagne. De notre éperon instable le chemin très aérien mais large conduit en légère descente à Jagat, notre point de chute pour la nuit. Le village au milieu d'une masse d'arbres est resserré sur un petit replat dans un coude de la vallée. Arrivée dans Jagat en milieu d'après-midi. Surprenante petite ville presque exclusivement constituée d'hôtels aux couleurs vives et qui s'élèvent sur plusieurs étages. En fin d'après-midi des foules de trekkeurs déambulent en attendant le repas du soir. Il fait toujours bon, l'altitude n'est que de 1300 mètres. Le spectacle est impressionnant, on ressent sans les voir toute la puissance des géants de la terre qui écrasent ce lieu du haut de leur éclatante blancheur.
05/10/08 Nuit très correcte pour tous, les affres du manque d'air sont pour plus tard. Petit déjeuner particulièrement consistant, à base de céréales, mais il n'a pas fait l'unanimité. Cependant, pour ceux qui sont arrivés au bout de leur grosse platée, la faim n'est pas près de les tarauder. Dès le départ nous sommes plongés dans une forêt luxuriante sur un chemin raide, d'où de toutes parts dégoulinent des torrents plus ou moins importants. Le bananier semble être l'arbre dominant dans ce fouillis végétal. Sur le sentier, que de monde, une véritable procession où s'imbriquent trekkeurs au petit sac et porteurs très lourdement chargés. En fonction de leur charge, la couleur ou le poids on détermine avec quelle agence ils travaillent. Je ne sais pas si cela nous déculpabilise, mais nous ne devons pas dépasser les dix kilos par individu à donner au porteur et celui-là ne doit pas porter plus de deux sacs en plus de ses affaires personnelles, ce qui normalement conduit à une charge de 25 kilogrammes maximum. Je ne suis pas certain que ce soit le cas, mais le poids reste raisonnable, même si nos porteurs par moments semblent tirer sérieusement sur la bête. Certains qui transportent du matériel technique ou du ravitaillement pour les hôtels sont littéralement écrasés sous des montagnes. Souvent les chargements sont constitués de tuyaux, soit en morceaux de 3 ou 4 mètres ou en gros rouleaux, le tout dépasse très probablement les 70 kilogrammes par individu. Ils avancent d'un pas lent, faisant bien attention à l'encombrement de leur fardeau. Parfois ils se déplacent en travers car la paroi est trop proche et les tuyaux frottent. Dire qu'ils cheminent souvent une semaine arnachés de la sorte. De temps à autre, ils s'arrêtent et tombent assis sur une pierre, leur lourde cargaison au sol, le regard perdu dans le vide de la fatigue.
Nous quittons le district de Jangjung et rentrons dans celui de Manang. Le changement de région est matérialisé par la présence d'un camp militaire. La vallée qui était très étroite s'élargit en une vaste zone plate sur laquelle la rivière s'étale en de multiples bras. Nous faisons halte dans ce lieu aéré au village de Tal. Nous trouvons le repas excellent, constitué de pain, riz, patates et genre de poireaux, cependant le tout très épicé. Ce village qui s'étale un peu plus que les précédents est menacé par la rivière. En effet cette dernière fait une large courbe au niveau des maisons. A la période de la mousson ces berges de galets et de terre n'offrent pas une résistance suffisante à l'impétuosité des flots, d'où une érosion rapide. Pour limiter le phénomène des digues en pierres, perpendiculaires au courant, ont été érigées pour déplacer le lieu principal d'écoulement des eaux.
Après le déjeuner, deux heures de marche nous conduiront à Dharapani. La luxuriance de la végétation nous accompagne toujours. Le chemin est particulièrement encombré par hommes et bêtes. Des convois de vingt mules et plus forment des bouchons où chacun essaie de se faufiler. Attention cependant à ne pas être éjecté du chemin, car la hauteur de chute est importante et le torrent énorme est d'un puissance que je n'ai jamais vue dans nos montagnes. Juste avant l'arrivée à l'étape nous croisons deux jeunes Népalaises sur un cheval. Elles ont fière allure sur leur monture sur ce sentier particulièrement aérien, tout faux pas les précipiterait dans le vide. Mais elles affichent une belle sérénité et une maîtrise certaine. A notre entrée dans le village la pluie jusqu'à présent faible s'intensifie et nous sommes tout heureux de nous abriter.
De notre chambre la vue sur le torrent est de tout premier ordre. Il se dégage de cette eau en furie une force impressionnante. Pas une parcelle de torrent qui ne soit un jaillissement d'écume. La pluie s'étant calmée nous partons à la découverte du village. Il se situe à 1800 mètres d'altitude. Doucement, mais de façon perceptible, la végétation change. Des espèces plus familières, comme le pin, apparaissent. La vallée après s'être élargie est de nouveau très resserrée. En perdant de leur luxuriance, ces grands pans austères ont un petit air d'Ariège, sans doute en plus grand, mais ne sous-estimons pas ce département où les montagnes affichent des dénivelés très importants entre le fond des vallées et leur sommet.
Le village, outre les buffles et les trekkeurs ne présente pas d'activité particulière. Nous goûtons une tarte à la courge. La première impression est un petit goût de foin, mais à la seconde bouchée tout rentre dans l'ordre et nous la trouvons bonne. Quelques cavaliers passent à vive allure sur le dallage en pente et mouillé. Nous croisons à nouveau des porteurs de tuyaux, assis en attente d'un lieu de repos pour la nuit. Leur regard est ce qui attire le plus l'attention. Il trahit leur fatigue. Retour à l'hôtel, dîner de bonne qualité, grosse platée de spaghettis et il y aura même du gruyère ou quelque chose d'équivalent. Il s'en suivra une partie de belote acharnée comme bien souvent le soir au cours de ce mois d'octobre. Mais alors s'affrontent les adeptes de la succession de parties bordéliques où l'on ne comptabilise rien et les gardiens de la doctrine ''belotesque'' qui impose qu'une partie se joue en mille points. L'histoire n'a pas retenu lesquels ont réussi à imposer leur point de vue. Mais les éclats de rire ont été les grands vainqueurs.
Le confort de ces lodges est très acceptable, souvent la douche est chaude, la nourriture copieuse et bonne. L'absence de viande passe très bien et semble même bénéfique à l'organisme. Les chambres prévues pour deux voire trois personnes permettent généralement un sommeil acceptable. Détail peut-être trivial dans les toilettes souvent à la turque, le petit robinet à hauteur de genou est un facteur d'hygiène supérieur au papier toilette.
06/10/08 La nuit très pluvieuse n'a pas perturbé notre sommeil. Ce matin il fait très beau. Au petit déjeuner une bonne grosse crêpe à la farine de sarrasin, arrosée d'une nappe de miel met tout le monde de bonne humeur. Il faut dire que le petit déjeuner de la veille avait laissé quelques appréhensions chez certains d'entre nous.
Sur le bleu du ciel se détachent quelques sommets aux environs des 5000 mètres, ils sont légèrement teintés de blanc suite aux précipitations de cette nuit. A la sortie du village un petit sentier sur la droite indique la direction du Manaslu. On distingue une vallée très étroite dans laquelle une petite trace matérialise le chemin. Ce trek est paraît-il très joli et peu parcouru. Le monde est petit, mi-novembre en déplacement pour raisons professionnelles, alors que j'attrapais mon TGV d'extrême justesse à l'aéroport Charles de Gaulle, je tombe sur un homme qui manifestement rentre de quelque montagne éloignée. Ma curiosité me pousse à lui demander d'où il vient et il me répond du tour du Manaslu. Et là comme un flash cette petite vallée m'apparaît. Au-dessus de ce vallon, flottant par dessus les nuées, les premières sentinelles des géants de la terre apparaissent. Cette présence si proche, voilée dans les nuages en mouvement est presque irréelle. Les distances sont difficiles à apprécier. Tout rapprochement avec les Pyrénées ou les Alpes serait trompeur. On pénètre lentement dans le monde des montagnes géantes. La luxuriance fait place à l'étage alpin. Nous traversons une belle forêt de feuillus comme on en trouve en France. D'ailleurs plusieurs d'entre nous trouveront cette étape très belle sans doute du fait de l'ambiance créée par la présence de ces arbres qui rappelle nos belles forêts. Et toujours ces porteurs qui croulent sous leur fardeau énorme, de tuyaux de canalisation, de montagnes de cartons empilés où, pèle-mêle, on distingue canettes de bière, coca-cola, bouteilles d'eau ou sacs de farine et autres aliments. Bien souvent ces hommes sont en tongs, gardant leurs chaussures pour plus tard lorsque le froid sera plus vif.
Midi, arrêt à l'Himalayan restaurant, pâtes riz et pommes de terre, on se régale et cela va tenir au ventre. Et dire que parfois je me moque gentiment de ma belle-sœur qui systématiquement allie riz et pommes de terre, eh bien nous faisons encore plus fort car nous y rajoutons aussi des pâtes. Cet après-midi le temps est menaçant, la visibilité verticale s'amenuise, le sentiment d'enfermement entre ces parois, disparaissant dans les nuages quelques centaines de mètres plus haut, est réel. Après une marche courte, à peu près une heure trente, apparaît le village de Shame, terminus de l'étape du jour. Il est temps d'arriver, car la pluie devient violente. L'altitude est proche de 2700 et la température descend. Une petite laine sera la bienvenue. Le village est vaste . Comme partout les édifices religieux sont nombreux. Cependant une originalité, un gros moulin à prières de couleurs très vives, mu par l'eau d'un petit canal, tourne en plein air. Au-dessus une immense dent rocheuse, sombre et dégoulinante luit faiblement dans la nuit qui tombe. Ce spectacle grandiose nous fait prendre conscience de notre petitesse. Toujours ce paradoxe, une nature sauvage et gigantesque, vierge de traces humaines, sur laquelle le regard se promène à la recherche d'un quelconque mystère, et au sein de ce village une foule de touristes déambule.
7/10/2008 Lever 6 heures, peu de clarté, il fait sombre, la couche nuageuse semble très importante. Cette journée commence sous de mauvais augures. Un groupe d'Asiatiques, Japonais ou Coréens fait une séance de gymnastique de réveil du corps. Le moniteur invite gentiment ceux d'entre nous présents à se joindre à leurs exercices, à la plus grande joie de tous. Petit déjeuner pris, comme tous les matins le départ s'effectue vers les 7 heures. Et là, miracle, de grandes taches bleues déchirent le gris sombre du ciel. Une lumière vive s'installe petit à petit. A la sortie du village un magnifique stûpa semble matérialiser l'entrée dans le sanctuaire de la haute montagne. Une sensation nouvelle m'étreint, comme si les jours précédents représentaient la marche initiatique qui permet l'accès à ces zones d'altitude. Pleins d'espoir, l'envie de voir apparaître les sommets satellites de l'Annapurna se fait pressante. D'un coup en pleine lumière du haut de ses 7937 mètres l'Annapurna 2 nous écrase. Vision époustouflante, elle sera la première d'une longue série, où vont se mêler des noms célèbres lus dans de nombreuses revues et livres. Nous effectuons un premier arrêt à Bhratang. Certains d'entre nous s'empiffrent d'énormes croissants au demeurant bons, mais je dirais que pour ma part le régime patates à tous les repas même le matin me retire toute velléité de dévorer ces grosses pâtisseries. Nous retrouvons le père et le fils du sud-ouest, ce dernier croulant sous son gros sac et le père toujours la même gouaille. Il faut qu'ils l'adorent ce tour pour le faire pour la seconde fois en un an. Les grands sommets se font de plus en plus présents. Au niveau d'une passerelle, un point de vue étonnant sur la pyramide de l'Annapurna 2 se dévoile. On en perd toute notion de distance. J'essaie d'imaginer la grosseur d'un alpiniste pendu dans ce dédale de glace et de rocher. Il est difficile de détacher le regard d'un tel spectacle. L'itinéraire traverse une belle forêt de pins, dont les aiguilles font un tapis au sol. La fraîcheur de l'air rend la marche très agréable. On pourrait se croire, bien entendu si on ne lève pas la tête, quelque part en Ubaye ou Tinée pas très loin de la Méditerranée. Étonnant direz-vous ces références fréquentes aux montagnes françaises. Je répondrais simplement, on compare avec ce que l'on connaît, et ces magnifiques montagnes de France je les adore.
Revenons à l'Himalaya, sur la droite de la vallée une immense dalle schisteuse, inclinée à cinquante degrés, luit de ruissellements dus aux précipitations nocturnes. Elle s'élance sur plusieurs centaines de mètres et sa partie sommitale qui avoisine les 5000 mètres, voire un peu plus, est saupoudrée de neige. Le contraste entre le gris du rocher et la blancheur éclatante de la neige est du meilleur effet. Pour ajouter au pittoresque du paysage, des bancs de nuages semblent par moments flotter sur le rocher, donnant une touche de mystère à cette paroi. Le yéti pourrait s'y tenir tapi et regarder cette bande d'intrus qui, à flots serrés, profane son sanctuaire, mais peut-être avec le capitaine Haddock à ses trousses.
Le repas de midi est pris sous forme de sandwiches à Dhikur Pokhari. L'altimètre indique plus de trois mille mètres, cependant la chaleur est intense. Au-dessus, l'Annapurna 2 déploie sa gigantesque face nord qui domine de 5000 mètres. La progression reprend le long d'une vallée large, à l'aspect sec presque aride. La similitude avec le haut val de la Durance est frappante. Même formation géologique et même type de végétation un peu dispersée qui essaie de s'accrocher à ce terrain hostile. Le chemin franchit un pont traditionnel fait de bois. Contrairement à la plupart de ses congénères, il n'est pas doublé d'une passerelle métallique. En effet il est, à chaque fois que ce spectacle se présente, surprenant de constater cette cohabitation de l'ancienne construction de bois et de la passerelle métallique qui incarne l'arrivée de la civilisation moderne dans cette vallée reculée. D'ailleurs la modernité nous poursuit aussi sous forme de fils électriques qui ne s'arrêteront qu'au-dessus des 4000 mètres d'altitude.
Notre guide nous conduit à Upper Pisang avant de rejoindre le but de notre étape qui est Lower Pisang. Village étonnant, constitué de maisons alignées par niveau, à la manière d'une succession de marches d'escalier. Au-dessus trône un magnifique temple qui vient d'être reconstruit. La vue en face sur la chaîne des Annapurna est vraiment époustouflante. Face à nous se développent dans toute leur splendeur les gigantesques séracs des Annapurna 2, 3 et 4. Vers le bas, de l'esplanade du monastère, les champs de céréales montrent toute la gamme de leurs couleurs au gré de la culture pratiquée. Ils sont de petites dimensions et s'imbriquent les uns les autres en un joli patchwork. Les couleurs dominantes sont le vert et une teinte intermédiaire entre le rouge et la rouille, qui trahit la présence du sarrasin. A cette altitude, 3200 mètres, en France il n'y a plus que des cailloux de la neige et de la glace. Après une visite intéressante et un point de vue de toute beauté auquel il est difficile de s'arracher, le chemin conduit à Lower Pisang, quelques cent mètres plus bas. Nous le parcourons les yeux encore tout éblouis de ces immensités glaciaires. Au cours de cette courte descente, un immense moulin à prière nous donne tout loisir d'exprimer notre piété. Une fois dans le village, un escalier raide impose un dernier effort, une soixantaine de marches pour accéder à notre hôtel. Que cela paraît long et que le souffle semble court, et l'altitude n'est que de 3200 mètres. Certains se posent même des questions pour la suite. Mais heureusement ce ne sera qu'une sensation passagère et cet état de fatigue ne se manifestera plus.
Notre arrivée effectuée de bonne heure, quatorze heures, nous avons tout loisir de nous imprégner de l'esprit du lieu. Je découvre la randonnée en prenant le temps. Généralement je marche jusqu'à épuisement soit de mes forces soit de la lumière du jour. Eh bien ce que nous pratiquons là, loin des chronomètres et des kilomètres parcourus un œil sur l'altimètre et l'autre sur le podomètre, est un vrai plaisir. On est plus à l'écoute de la nature qui nous entoure que de son corps qui souffre. J'en profite pour faire une petite balade seul. Je monte vers un gros shorten au blanc éclatant par une petite sente que je finis par perdre. Les derniers mètres je les parcours à travers les buissons. Il s'agit d'un monument à la mémoire de 12 alpinistes, 11 Allemands et 1 Népalais, leur guide, emportés pendant leur sommeil au Pisang Pic en 1994. Les noms, onze hommes et une femme, cette dernière s'appelait Christine, sont alignés au-dessus d'une épitaphe en allemand. Cette langue forte prend dans ce contexte toute sa puissance. Rien ne rappelle la chrétienté, seul l'esprit de la montagne à travers la culture bouddhiste accompagne ces alpinistes vers leur dernière demeure. Face au petit tertre sur lequel se tient ce lieu de recueil, le Pisang Pic ou Jong Ri, du haut de ses 6091 mètres dans la lumière rasante de cette fin d'après midi, rayonne sur la vallée de toute sa puissance. « Il est des lieux où souffle l'esprit.» Je ressens toute la profondeur de cette phrase. Me vient à l'esprit le petit cimetière de Saint Christophe-en-Oisans, au-dessus duquel la Tête de Lauranour tient lieu de fanal et veille sur ces montagnards jeunes et moins jeunes, professionnels ou amateurs, qui ont succombé à leur passion sur les pics de cette magnifique vallée du Vénéon. La mort d'un alpiniste est cruelle car ses proches perdent un être cher. Mais cet être, en quête d'absolu, a quitté cette terre dans un moment d'intense activité. Ce départ s'inscrit presque logiquement dans son mode de vie. Saint-Exupéry a dit « on ne peut mourir que pour cela seul qui nous permet de vivre».Tout absorbé par mes réflexions et la contemplation de la montagne, j'ai du mal à quitter ce site. De plus, depuis notre départ, c'est la première fois que je me retrouve seul. Doucement j'amorce la descente vers le village qui n'est pas très éloigné, presque en retenant mes pas, conscient que l'envoûtement va se rompre .
Retour à l'hôtel, plongée dans un monde bruyant, nombreux trekkeurs attablés, absorbés dans leurs cartes, leurs livres, leurs discussions ou dans leurs jeux de cartes ou d'échecs. Sans transition je me joins à eux et nous entamons une partie de belote endiablée. La discrétion ne nous étouffe pas toujours!!! Mais nous ne sommes pas seuls à être bruyants, une télévision braille dans la pièce. Bollywood est très présent. Une multitude de Népalais, hypnotisés par le petit écran, captent par tous leurs sens images et sons. Comme on le constatera souvent, les grands thèmes de films sont au nombre de deux, les histoires d'amour et les combats de Kung-Fu ou autres arts martiaux. C'est étonnant de constater que ce peuple si pacifique soit à ce point intéressé par les films de castagne. Ce soir pour le dîner comme d'habitude pâtes et patates mais nous allons remplacer le riz par de la purée, contre toute attente patates et purée font bon ménage.
8/10/2008 L'habitude étant maintenant prise, branle-bas à 6 heures, petit déjeuner copieux, encore quelques patates avec beaucoup d'ail, très efficace paraît-il contre le mal des montagnes. La vallée reste large et la pente du chemin faible. Les cigales au bruit si entêtant ont disparu depuis hier, et le silence parfois nous étonne comme s'il y manquait une présence. Les deux flancs de montagne sont pour le moins très différents. A droite, la végétation et la physionomie du terrain rappellent les Alpes du sud, on y voit même des demoiselles coiffées comme au bord du lac de Serre-Ponçon. Mais un coup d'œil à gauche enlève toute illusion sur le lieu.Une barrière impressionnante frôlant les 8000 mètres barre la vue et oblige à regarder très haut pour voir le ciel. Le GanggaPurna qui jusqu'à présent était caché par une arête nous apparaît dans toute sa majesté. Sa forme et ses lignes sont à la hauteur de l'esthétique de son nom, qui se martèle en deux syllabes.
Cette gigantesque vague de glace hérissée de nombreux sommets entre 7000 et 8000 mètres, tient une place importante dans la première ascension de l'Annapurna. En effet elle ne figurait pas sur la carte indienne utilisée par Maurice Herzog et son équipe lors de leur expédition en 1950. Cette lacune leur a causé beaucoup de tracas, des détours immenses, qui les ont égarés dans des impasses. En effet ils butaient sur ces reliefs alors qu'ils ignoraient leur existence.
L'étape de ce jour est courte et le dénivelé peu important, le long d'une large vallée à la faible déclivité, ponctuée d'une multitude de shorten, stûpa, moulins à prières et inscriptions religieuses en cinq couleurs sur des plaques d'ardoise. Ces cinq couleurs sont: le bleu, blanc, rouge, vert et jaune qui représentent les cinq éléments que sont le ciel, l'eau, le feu, la vie et la terre, si je ne me trompe pas. Le village de Braga est atteint. De grandes prairies colonisent toute la vallée et de nombreux animaux y paissent tranquillement. En particulier des yaks et leurs femelles, les naks, les premiers au pelage sombre, et ces dernières à la toison claire toute ébouriffée. Déjeuner au pied du village très caractéristique. Il se blottit contre une falaise à la pierre très lumineuse qui s'élance en dents acérées vers le ciel. Du restaurant agréable où nous profitons de notre rituel plat de féculents, nous avons tout le temps de regarder ces maisons alignées et comme ouvertes sur le vide. Ce village n'est habité qu'en été, dès la venue de la neige les habitants vont hiverner dans des régions plus tempérées. Seuls quelques-uns restent pour assurer le gardiennage du lieu. Toutes ces petites cités d'altitude en zone tibétaine foisonnent de drapeaux de prière. Lorsqu'on monte sur les toits ces étoffes innombrables, flottant au vent, font prendre conscience de la très forte piété dont ce peuple est épris.
La montée dans Braga se fait par une petite prairie sur laquelle deux époques se côtoient. L'ancestrale avec ses troupeaux, ses stûpa et ses femmes qui battent le linge et l'étendent à même le sol au soleil à laquelle se superpose la moderne avec ses fils électriques, ses paraboles et ses panneaux solaires. Bir Singh, notre guide, nous a demandé de nous munir de lampes frontales pour visiter un très vieux monastère. La richesse de la statuaire est immense. A première vue, les effigies des divinités locales semblent identiques, mais la gestuelle est différente. Du fait des 64 positions des mains que nécessite la prière, chaque statue a une signification propre. De même les livres de prières sont rangés dans leur bibliothèque et leur nombre est important. La symbolique religieuse aux couleurs vives rehausse les murs sombres. De nombreux mandalas ornent le lieu. Je prends conscience de l'importante richesse accumulée au fil du temps dans les monastères. Je réalise aussi le grand dommage causé par la destruction presque systématique de toute une tradition séculaire au Tibet. Hier, j'ai terminé le livre d'une Française grande connaisseuse de ces régions. Elle décrit le travail de sape conduit au Tibet, qu'elle observe depuis trente ans. Des bâtiments emblématiques comme le Potala sont mis en exergue, pour en faire des lieux musées ancrant dans les esprits l'idée d'un monde révolu, alors qu'en même temps l'anéantissement d'une société est mené méthodiquement, en particulier par la destruction de son patrimoine religieux. Par ces actions, il est recherché une perte de l'identité et des traditions qui soudent un peuple, cela permettrait d'atténuer voire faire disparaître toute résistance à la suprématie chinoise.
En quittant ce lieu très attachant, par une courte marche nous atteignons la mythique Manang, ville ceinturée de champs en terrasses, où la culture du sarrasin domine. L'activité est intense, aussi bien du fait des autochtones que par la présence des nombreux touristes qui déambulent. Plusieurs d'entre nous profitent du cordonnier qui pour une somme modique rapièce nos chaussures. J'atteste que le travail est de qualité car la pièce de cuir cousue sur ma chaussure droite va tenir les dix jours suivants et sans aucun doute beaucoup plus longtemps. Le nombre d'échoppes est étonnant et on trouve de tout. Des effets de montagne au prix défiant toute concurrence, des super vestes North Face à douze euros. Cependant le pantalon fluo acheté par l'un d'entre nous deux jours auparavant, va voir sa vie prolongée d'une journée, car notre ange gardien, Krishna l'adjoint de notre guide s'assure tous les matins que nous n'avons rien oublié. Mais dans ce cas précis il ne s'agissait pas d'un oubli, donc demain il faudra essayer de tromper sa vigilance pour se défaire de ce superbe pantalon à six euros!!! Krishna est professeur de mathématiques et durant les vacances il se transforme en guide. Le décor est grandiose, nous embrassons d'un seul regard la chaîne de l'Annapurna 2 jusqu'au Tilicho Peak. La tombée de la nuit est un enchantement, le ciel s'est entièrement découvert, et les immenses glaciers se parent de belles couleurs roses alors que dans la vallée la pénombre règne déjà.
De la vertu de la lenteur, titre d'un livre qui se prête bien aux circonstances. Nous allons passer une journée complète dans ce village. Cela peut paraître long et inutile, mais le temps, cet élément qui nous manque et nous conditionne tant, nous les Occidentaux, nous avons du mal à l'apprivoiser. Apprendre à s'en affranchir ou lui redonner du sens à travers l'inaction est une chose qui nous fait violence. Mais lorsqu'on se laisse faire, passés nos premiers réflexes acquis, eh bien on éprouve sinon du bonheur, grand mot, au moins du bien-être.
D'autre part l'utilité de partir seul et sans guide sur ce type de trek très fréquenté, à mon avis, perd son sens. En effet l'intérêt du voyage seul consiste justement dans le fait d'être seul, ce qui n'est pratiquement jamais le cas sur le tour des Annapurna. Le cheminement ne présentant aucune difficulté le guide peut sembler inutile. Je ne le crois pas, par sa bonne connaissance de la région il permet de bien s'imprégner de la vie de ces contrées, bien mieux que si l'on se passait de ses services. D'autre part, en étant seul, les vieux démons occidentaux me rattraperaient vite et les étapes s'allongeraient, flattant l'égo mais nuisant à l'harmonie du voyage. Vu le ravitaillement et le grand nombre de lodges disponibles en permanence, il est tout à fait possible de faire cette balade en individuel avec un sac de six ou sept kilos maximum en ayant le nécessaire, mais je préfère en cet instant la lenteur en me laissant guider par un Népalais qui aime son pays et qui est fier de ses montagnes. Aller vite en montagne relève du plaisir de sentir son corps fonctionner lorsqu'on le pousse à ses limites, l'effet de phénomènes chimiques qui déclenchent l'excitation par l'effort soutenu que l'on impose à son corps. Aller lentement laisse l'esprit vagabonder au gré de ce que le regard croise. Cela permet aussi de ne pas hésiter à faire des détours, le chronomètre n'étant plus en jeu, pas de temps à battre ou de rythme à maintenir, perdre du temps n'a plus de signification. Tout naturellement, la curiosité reste plus disponible pour l'environnement dans lequel on pénètre par la marche. Ce moyen de déplacement, de nombreux écrivains voyageurs l'affirment, est le seul vrai moyen de voyager. Lui seul donne accès par sa lenteur à la communion avec les lieux et les gens qui les habitent. Alors se mettre à courir et se croire sur une piste de 400 mètres les yeux sur l'altimètre et le chronomètre c'est, peut-être un peu, dévoyer le sens initial de la marche. Je crois qu'il n'y a pas de préférence ou de priorité à fixer. Tout simplement en fonction de ses dispositions et de ses aspirations du moment, courir dans la nature sur de grandes distances ou se laisser guider à petit rythme les sens en éveil sont deux manières de rester au contact de la planète Terre, habitude que l'on a tendance à perdre dans nos sociétés modernes.
09/10/2008 Malgré les 3500 mètres le sommeil a été excellent, l'effet de l'altitude ne se manifeste pas encore. Le premier coup d'œil au réveil vers les Annapurna et le GanggaPurna, sur lesquels le soleil descend, est saisissant. Ce matin, lever à huit heures, donc immense plaisir de rester allongé sur mon lit à contempler le lever du jour puis l'arrivée du soleil qui fait passer ces gigantesques pentes de glace par toutes les couleurs du rose au blanc éclatant. Je surveille avec attention le moment où le premier rayon de l'astre du jour illuminera la pointe de chacune des montagnes, instant magique.
L'hôtel du Yak, dans lequel nous séjournons, est très grand et s'élève sur plusieurs étages. La salle de restauration est au second. Contrairement à l'étape précédente, il n'y a pas de télévision qui diffuse ses décibels. Partout sur la ville, nous avons vue sur les fils électriques, panneaux solaires, paraboles et autres modernités, et tout cela juxtaposé aux shorten, stûpa, moulins à prières et monastères. Mais cette intrusion de la modernité n'enlève rien à la grandeur du site et à la gentillesse de ses habitants. Jamais nous n'avons entendu le moindre éclat de voix. Les gens semblent ne pas connaître la dispute. La violence est absente de leurs mœurs. Ce trait de caractère a déteint sur le monde animal, en particulier les chiens, qui ne montrent aucune crainte ni agressivité envers l'homme. Ce sont des animaux sacrés au même titre que le taureau, en effet si ce dernier symbolise la monture de Shiva, les chiens sont les gardiens des temples. Vous les trouvez alanguis à l'entrée de tout édifice religieux. Vous les frôlez au centimètre près, ils ne bougent pas une oreille et n'entrouvrent pas un œil, cela dénote une très profonde confiance dans tout être qui les approche.
Journée d'acclimatation à Manang, cependant une excursion sur les pentes du GanggaPurna est prévue. Départ neuf heures, descente à la rivière puis montée au flanc de la montagne. Nous allons dépasser les 4000 mètres pour la première fois de notre trek. Tout se passe très bien, personne n'éprouve de difficulté et cela donne bon espoir à chacun pour la suite et en particulier pour le passage du Thorong La à 5420 mètres qui doit avoir lieu dans quatre jours. Le temps reste partiellement couvert, mais cela n'empêche pas de voir l'immense cascade de séracs de la face nord du GanggaPurna qui nous domine de quelques 3500 mètres. A nos pieds de gigantesques moraines quasiment verticales, dans lesquelles de très gros cailloux tiennent par l'opération du Saint Esprit, ou plutôt dans ces régions bouddhistes par l'opération de Ganesh qui est le dieu des voyageurs, donc chargé de nous protéger. Nous devons avouer qu'au cours de ces dix huit jours il accomplira un bon travail car aucun d'entre nous ne connaîtra d'incident notoire, pourtant à onze les risques sont forcément multipliés. Le point le plus haut atteint ce jour est matérialisé par un shorten au pied d'un petit bois d'arbres à feuilles caduques, dont le jaune de la frondaison confirme que l'automne est arrivé. Quelques flocons tombent et la température fraîchit. Nous redescendons de deux cents mètres et déjeunons à une petite cabane. Le point de vue sur Manang est de tout premier ordre, ensemble de maisons étiré en longueur, bordé à sa base par une falaise de faible hauteur, le tout enserré d'une multitude de champs cultivés en terrasses. Heureusement au cours du repas le temps s'améliore car nous sommes en plein air.
Vers les treize heures, il est prévu d'assister à une cérémonie religieuse dans le village. Cet office est conséquence directe de la fête nationale. En effet, à cette occasion exceptionnellement des animaux sont tués pour être mangés. Donc après ces festins il est nécessaire de demander pardon pour la mort des bêtes ainsi disparues. Le monastère est de belles dimensions, richement décoré. Les piliers de ce que l'on peut appeler la nef principale sont constitués de troncs d'arbres peints aux cinq couleurs de la religion. Il y a déjà beaucoup de monde. Les moines sont alignés de part et d'autre de l'allée centrale, le plus ancien au fond à droite sur un fauteuil imposant. Sur la partie gauche en arrière de nombreux fidèles sont assis, en majorité des femmes d'un certain âge. Les jeunes comme dans d'autres religions se désintéresseraient-ils de la spiritualité? Nous sommes installés du côté droit en arrière de la double rangée de moines. D'autres fidèles viennent se positionner derrière nous, dont quelques hommes. Alors que la cérémonie va commencer, un groupe de jeunes hommes arrive, du fait qu'ils n'enlèvent pas leurs chaussures des remarques leur sont adressées. Le ton est plus amical que vindicatif et ils obtempèrent dans des petits gloussement de rire de la part de l'ensemble des participants. Enfin la célébration débute. La ferveur est évidente. Les moulins à prières manuels entrent en action. Les moines psalmodient leurs chants et la foule reprend en chœur. Les instruments de musique à vent et à percussion rythment la prière. Derrière nous, un fidèle qui de toute évidence n'est pas à jeun accompagne ses murmures de prières de bâillements nombreux appuyés et très bruyants. Personne ne semble le remarquer ou plutôt chacun feint de ne pas l'entendre. Du lait de yak est distribué à l'assistance népalaise, et pour nos gosiers occidentaux délicats du thé noir sucré. Les chants continuent et consistent en une psalmodie sur un ton doux et triste, ponctuée de coups de cloche. Puis chacun s'absorbe dans ses prières et certains des fidèles prononcent quelques paroles sur un rythme qui nous paraît anarchique, mais qui probablement répond à une tradition bien établie de longue date. Ce qui ressort d'une telle cérémonie, c'est la sérénité et la douceur de l'ensemble des participants. Tout se passe dans le calme et la ferveur, ce qui n' a pas empêché les petits rires joyeux d'éclater de temps à autre avant le début.
A la sortie du monastère nous retrouvons l'éclat des montagnes avec le plein retour du soleil. Regarder les drapeaux de prières multicolores flotter devant les Annapurna est un spectacle envoûtant dont on ne se lasse pas. L'après-midi n'étant qu'à peine entamé, nous avons tout loisir de farfouiller dans les recoins de ce village, ou bien d'aller s'absorber devant un écran à la recherche des dernières nouvelles fournies par le net. Eh oui internet nous poursuit jusqu'ici. Certains vont monter à un monastère bien visible sur son promontoire. Il est malheureusement fermé mais le point de vue est de toute beauté.
Retour à l'hôtel où les cartes et les livres sortent. Il est intéressant de voyager ainsi en groupe au moins pour une raison. Chacun apporte un ou deux livres, ce qui permet les échanges. De ce fait on est amené à découvrir des auteurs que l'on n'aurait jamais abordés. Cela peut occasionner des révélations ou des déceptions . En particulier un auteur révélé récemment et très en vogue dont les livres envahissent toutes les librairies ne m'inspirait pas. Tout d'abord cet excès de publicité qui s'apparente à un véritable matraquage est très désagréable, d'autre part la grosseur de l'écriture et le faible nombre de pages est un facteur défavorable. Donc au moins pour ces raisons je n'avais jamais envisagé l'achat d'ouvrage de cet écrivain. L'occasion m'étant donnée d'en avoir un, la curiosité me pousse à voir de quoi il retourne. Heureusement qu'il est court, car je ne sais pas, si c'est à cause de mon QI défaillant, incapable de permettre une lecture du second voire troisième degré ou alors de la véritable nullité de l'écrit, mais je suis resté vraiment dubitatif devant ce récit qui se termine en apothéose avec Dieu et le diable qui deviennent grands pères et qui en sont très contents. Faut-il y déceler un message qui va nous apporter la révélation? Mais heureusement d'autres livres apporteront à l'ensemble du groupe un véritable plaisir, j'en citerai deux: l'oracle de la luna magnifique épopée se déroulant au 17 ème siècle en Méditerranée où les religions catholique, protestante, orthodoxe et musulmane sont abordées de façon très intéressante et le second ouvrage Annapurna premier 8000 à lire ou relire impérativement au cours de ce tour de cette fameuse montagne. On en comprend d'autant plus les difficultés énormes rencontrées par Herzog et son équipe que l'on se situe au cœur du massif montagneux dont il est question. Pour ce dernier ouvrage émotion assurée si vous l'avez dans votre sac.
10/10/2008 Cette nuit la difficulté à respirer ne s'est toujours pas manifestée. Il faut dire que nous montons à un rythme lent bien adapté à l'acclimatation en douceur. Une fois de plus le petit déjeuner sera diversement apprécié. Il est constitué d'un gros bol de tsempa qui est du millet grillé puis broyé et mélangé à du lait. Ça ressemble un peu à de la blédine, en tout cas cette mixture va tenir au ventre. Départ rituel à 7 heures dans un décor toujours aussi grandiose. La rivière a creusé profondément une couche morainique et a établi son lit en une multitude de ramifications sur une petite vallée en U. Le contraste entre les veines d'eau bleu foncé, le lit de galets gris clair et les parois de moraines ocres piquetées de buissons verts, le tout dominé par la blancheur de la face nord est du Tilicho Peak est saisissant. Le chemin court à flanc vers le fond de cette vallée qui doit nous conduire au plus haut lac du monde. Parfois nous sommes dominés par des pentes de terre verticales, desquelles de grosses pierres semblent prêtes à nous fondre dessus. En période de fortes pluies le coin doit être malsain. Le long du chemin côtoyant les à-pics divers animaux paissent paisiblement.
Arrêt à Khangsar à plus de 3700 mètres. En montant, la vue s'élargit et le Tilicho Peak grandit face à nous. Les toits des maisons du village sont constellés de drapeaux de prières qui claquent au vent. Les cultures montent encore quelques centaines de mètres jusque vers les 4000 mètres . Il règne une activité importante dans les champs de sarrasin pour le ramassage et sur les toits pour le séchage. Se fait entendre, un peu partout, le bruit des scies en action, pourtant des arbres je n'en vois pas beaucoup. Sans doute travaillent-ils des matériaux montés à dos d'homme? Il monte de ce peuple besogneux un murmure de voix qui témoigne de l'activité humaine.
Nous reprenons le chemin, la vallée se resserre, les montagnes se font plus proches. Nous ne pouvons visiter un monastère car il est fermé. Arrêt pour le déjeuner au Tilicho hôtel, la terrasse est un magnifique balcon duquel nous contemplons tout à loisir la très sauvage vallée qui conduit au plus haut lac du monde. En ce lieu nous reviendrons dormir demain soir au retour du Tilcho lac. Une bonne partie de nos affaires est laissée et nous ne prenons que le strict minimum pour 24 heures. Une fois notre habituelle platée de féculents absorbée dans la bonne humeur générale, la marche reprend. Bir Singh nous met en garde sur la difficulté des passages qui viennent. En effet après une heure de marche en montées et descentes sur un chemin étroit et pénible, nous abordons une zone redressée. Le chemin à flanc se transforme en minuscule sente sur pentes instables. Il nous est demandé de marcher espacés, certains pierriers étant particulièrement croulants. Effectivement, durant un ou deux kilomètres nous jouons les funambules sur une espèce de poussière glissante au-dessus d'éboulis qu'il ne faudrait pas dévaler sur les fesses. Certains endroits sont très impressionnants, tout particulièrement dans les très raides et heureusement peu nombreuses descentes qui ponctuent l'itinéraire. Dans ces lieux, on ressent la désagréable impression d'être en limite d'adhérence de nos semelles et nous imaginons ce qui pourrait résulter d'un dérapage intempestif. Le site est grandiose dans son austérité, plus aucune végétation, du fait sans doute d'une combinaison entre l'altitude et l'érosion sévissant sur ces terres raides.
La rivière que nous surplombons de quelques centaines de mètres fut le témoin d'une expérience vécue par Maurice Herzog il y a maintenant 58 ans. Alors qu'avec une équipe à la recherche d'un itinéraire vers l'Annapurna il bivouaquait au lac Tilicho, il était descendu seul à Manang à la recherche de nourriture. Arrivé au village, il constata que la misère était telle que personne n'était en mesure de lui vendre quoi que ce soit, chaque kilo de céréales étant indispensable à la population menacée de famine. Donc il repart sans rien, pressé de rejoindre ses compagnons afin d'accélérer le retour sur la vallée au pied du Dhaulagiri, car à leur tour ils pouvaient être menacés de famine. Il se lance donc dans la remontée de la rivière en fin d'après-midi, à un moment il est obligé de la traverser. L'opération ne se passe pas très bien, il en ressort tout mouillé. Sur ces entrefaites la nuit arrive, et trempé il attendra en grelottant que le jour se lève pour retrouver son équipe. Comme je le répète il est indispensable de se munir du livre premier 8000 lors de ce trek. Toute l'histoire de cette poignée d'alpinistes, parmi les meilleurs de leur époque, ponctuera de ses anecdotes, exploits et drames votre voyage. En particulier, on réalise à quel point la vallée a changé depuis un demi-siècle. Manang, actuellement avec ses nombreux hôtels et sa multitude de magasins, n'a plus rien à voir avec ce village vivant en autarcie, sous la menace permanente de la carence d'aliments.
Enfin, après avoir tourné une crête, nous voyons arriver la fin de notre petit calvaire sur ces roulements à bille en pente et sans filet. Encore une petite difficulté, sous la forme d'un court passage très raide au-dessus d'un couloir particulièrement vertigineux, où le fait de pencher le corps en avant afin de mettre un pied au sol donne l'impression d'être en position pour le grand plongeon. La pente faiblit, la végétation colonise à nouveau le terrain, certes rabougrie, mais cela stabilise les pierres. Le fameux Camp Base se dévoile, bâtiment en béton de belles dimensions qui fait tout à fait penser à certains refuges des Alpes. De toute évidence nous ne serons pas seuls.
Comme à chaque fois que nous arrivons à l'étape, Bir Singh nous impose de monter de cent cinquante mètres de dénivelé, paraît-t-il que cela nous facilitera la nuit. Ce soir, le rassemblement pour le départ de cette montée préparatoire à l'endormissement se fait difficilement. Ça renâcle, ceux qui attendent commencent à avoir froid, l'altitude est de 4100 mètres. Enfin le groupe est constitué, oui nous sommes bien onze, pas de tire-au-flanc. Le sentier est pentu le long d'une ancienne moraine, des contestations montent . Mais le spectacle étant magnifique et l'effet bénéfique attendu, la colonne monte tant bien que mal. Mais à la fin de la file on commence à traîner et d'un coup la révolte contamine tout le monde et la marche arrière est enclenchée. Les conditions dans les dortoirs sont difficiles, en effet il ne s'agit plus de chambres. Nous sommes 4 dans l'un et 7 dans l'autre. L'espace entre chaque lit se mesure en centimètres. La température baisse ce qui sera apprécié en pleine nuit vu l'exiguïté des pièces. Le sommeil, pour certains pour ne pas dire pour tous, malgré les exercices préparatoires de montée, sera pour le moins léger. Pour ma part je vais passer de longues heures, caché dans mon sac de couchage, à lire, heureusement le livre est passionnant, ce qui fait que cette situation inconfortable ne me dérange pas vraiment.
11/10/2008 Lever matinal, 4h15, départ 5 heures. Cet horaire matinal est imposé par le fait que vers les huit heures du matin des vents violents se lèvent aux cols situés vers les 5000 mètres, ce qui est désagréable et pour bien profiter il est préférable d'y être avant. Les premiers mètres se font de nuit à la frontale. Les immenses glaciers dans cette pénombre n'en sont que plus impressionnants et majestueux. Rapidement la frontale n'est plus nécessaire, le jour se levant. Le chemin est bien tracé, mais l'altitude se fait sentir au souffle. Toute tentative de courir se solde par un emballement du rythme cardiaque et le retour au calme se fait longuement attendre. Donc garder un pas lent sans chercher l'exploit. Avec le jour, le soleil pointe et éclaire le haut de la face nord-est du Tilicho Peak. Le spectacle est grandiose, ces immenses cascades de glace toutes proches qui nous dominent de trois mille mètres, prennent des couleurs roses et jaunes. De petits nuages n'enlevant rien au décor ajoutent au mystère de ces hauteurs de la terre gelées. Vers 4900 mètres nous rencontrons la neige, la pente diminue et l'itinéraire suit un large vallon presque plat. Quelques petites mares sont dépassées puis dans toute son imposante étendue apparaît le lac le plus haut du monde. Sa couleur est d'un bleu profond, de grands glaciers tout juste issus de pentes vertigineuses forment de hautes barres de séracs à même le bord du lac au contact de l'eau. Nous nous trouvons vraiment au cœur de très hautes montagnes. Chacun de nous se souviendra toute sa vie de ce lieu magique. Nous nous situons sur un petit promontoire cinquante mètres au-dessus du niveau du lac, ce qui nous permet d'en apprécier toutes les caractéristiques. De plus, comme toujours au Népal, les endroits particuliers sont constellés de drapeaux de prières, qui ajoutent à la grandeur du lieu par la spiritualité qu'ils inspirent. Un panneau nous indique les chiffres suivants: longueur 4 kilomètres, largeur 1, 2 kilomètre, altitude 4919, soit 1107 mètres au-dessus du lac Titicaca. Il fait bon, pas encore de vent. Notre joie éclate, nous prenons conscience que notre projet prend forme et s'inscrit dans la réalité. Trois Français montés seuls nous expliquent que leur guide et leurs porteurs se sont sentis mal et qu'ils ont renoncé à monter. Comme quoi, il faut sans doute faire attention au choix des accompagnateurs. En ce qui nous concerne rien de tout cela, même les porteurs sont montés, bien que nous redescendions par le même chemin, notre guide se préoccupant de leur formation.
Le moment arrive où il nous faut quitter ce lieu. Le soleil commence à cogner malgré l'altitude, nous courons dans les grands champs de neige. A l'est la vue porte très loin, la vallée remontée depuis plusieurs jours se déroule à nos pieds. En toile de fond se dresse le Manaslu premier des trois 8000 que nous aurons le bonheur de voir. Une fois au Base Camp vers les dix heures, une petite collation nous est servie. Aujourd'hui il y a déjà pas mal de monde qui est monté, et cet après-midi va apporter son nouveau lot. Certains risquent de dormir dehors. Une fois rassasiés avec une légère appréhension nous reprenons la sente vertigineuse, mais comme toujours l'effet sera moindre au retour, cependant nous ne relâchons pas notre attention. Une fois retrouvé le chemin plus carrossable, nous marquons une petite pause. Pour la première fois, le plaisir nous sera offert de voir les fameux «blue sheeps» ou chamois de l'Himalaya, au pelage remarquable gris très clair aux reflets bleutés. Retour à l'hôtel Tilicho. Sa construction n'est pas achevée, première conséquence pas d'eau aux douches, cela ne fera que deux jours sans se laver, pas vraiment un drame. Même si cela donne un petit coup au moral, la mi-parcours compense cet état d'âme ondulant. En effet déjà neuf jours de marche, on ne dirait pas, le temps semble voler, donc profiter de chaque instant et ne surtout pas perdre de temps à se lamenter.
Garder le moral et sa bonne humeur est fondamental, d'abord pour soi et puis pour la cohésion du groupe. Nous avons croisé hier une Alsacienne qui se déplaçait seule avec son guide et un porteur. Nous nous sommes entretenus quelques minutes. Outre le fait de nous vanter la splendeur du spectacle qui nous attendait au lac, elle nous a fait part de ses expériences de voyages. Nous étions, en effet, intrigués de la voir seule, elle nous a donné l'explication suivante : pour la septième fois elle vient au Népal, au début en voyages de groupe, mais les deux dernières fois des dissensions graves entre les participants ont rendu l'atmosphère très désagréable. Donc il faut toujours faire attention lors d'activités collectives de préserver la cohésion, de bien respecter les petites habitudes et faiblesses que nécessairement nous avons tous. Lorsque les participants se connaissent avant de partir c'est déjà un petit gage d'entente. Par contre, quand les agences en fonction des besoins et des demandes, forment des groupes d'étrangers cela peut devenir délicat, et il peut en résulter que ce qui devait être une partie de plaisir se transforme en calvaire. Toujours garder à l'esprit que sans cohésion dans un groupe il est illusoire de vouloir trouver une satisfaction dans une randonnée collective, donc la tolérance, la bienveillance et la bonne humeur s'imposent. Je crois que nous étions tous bien conscients de ces facteurs.
12/10/2008 Comme pratiquement tous les matins, la montagne nous accueille au réveil par sa majesté et ses immenses pics étincelants. Depuis plusieurs jours le panorama a pour toile de fond ces géants que sont les Annapurna, le Ganggapurna et d'autres sommets, mais le regard ne se lasse pas de parcourir ces immensités de rocs et de glace, toujours intrigué par le fait d'imaginer la grosseur d'un homme accroché quelque part dans ces faces démesurées.
L'étape de ce jour doit nous ramener dans la vallée qui conduit au Thorong La. Pour ce faire, le chemin choisi emprunte un raccourci, qui en quelque sorte coupe dans la partie charnue du Y que font les deux vallées. Cet itinéraire est peu parcouru et nous n'y rencontrons pratiquement personne. Au sommet du mouvement de terrain entre les deux combes un vaste replat, sur lequel se blottit un vieux village. Les toits de ses maisons se découpent sur les blancheurs du GanggaPurna en arrière-plan. Un important troupeau de moutons se déverse sur une petite prairie. L'air est calme, le soleil éclatant, on sent le lieu habité par les forces de la nature. Un peu plus loin, le panorama s'ouvre largement sur la vallée principale et celle-ci est ponctuée de tous les villages que nous avons traversés au cours de la montée. Le Pisang Peak tient lieu de sentinelle avancée. Malgré son altitude relativement faible, ses formes élancées le font émerger, presque surgir, au-dessus de la vallée. Le point culminant de notre trek nous apparaît clairement, de jour en jour toujours plus proche. Après-demain devrait être le grand jour. Par une marche de flanc nous rejoignons l'itinéraire principal, quelques kilomètres en amont de Manang. La grosse affluence que nous avons quittée depuis deux jours est retrouvée.
Arrêt vers les onze heures à Yak Kharka, nous ne sommes pas pressés, l'étape de l'après-midi étant courte. Arrivée de bonne heure à Ledar où nous passerons la nuit à l'hôtel Cherri Lattar. Notre petite montée rituelle de bien-être n'est pas oubliée. Nous avons tout loisir de prendre notre temps. J'attaque mon troisième livre, et le fait de s'adonner à cette activité dans ce décor est un réel plaisir. Il est même décuplé par le fait d'être absorbé dans un récit qui n'a rien à voir ni avec le lieu ni avec l'époque. Je comprends mieux pourquoi de grands voyageurs, comme Paul Morand, toujours sur les routes, se déplaçaient avec des malles pleines de livres.
Et c'est là qu'en fin d'après-midi, alors que tout se passait pour le mieux, que le lamentable incident de Spaghetto se déroula. Sans rentrer dans les détails, alors qu'en absence de douche nous étions partis nous laver dans un ruisseau, très pudiquement, sans mélanger les sexes en respectant des espacements décents, le très impudique Spaghetto apparut et exhiba son vermicelle (grosseur avant cuisson) au joli sexe et bien évidemment à une distance que la morale et le savoir-vivre réprouvent totalement. Il s'ensuivit de la gêne de la part de la personne soumise à ce spectacle rapproché et de la colère de la part de ses compagnons. Mais heureusement, Ganesh, une fois de plus, veillait à assurer et maintenir contre vents et marées la bonne humeur en vengeant les pauvres trekkeurs que nous sommes de cet affront perpétré par un étranger. En effet, paraît-il, la vengeance est un plat qui se mange froid, mais en l'occurrence elle se but assaisonnée. Notre malotru, content de ses agissements ou voyant qu'il ne déclenchait pas l'effet escompté, remonta le ruisseau et but avidement à même le courant. Un peu estomaqués nous le regardions, et là Ganesh se manifesta. Quelques dizaines de mètres au-dessus de notre goujat, de derrière un rocher se dessina une belle paire de fesses blanches mais masculines et l'eau fut consciencieusement assaisonnée alors que le buveur était tout absorbé à son occupation. Nous étions aux anges et le petit talweg retentit d'un immense éclat de rire dont Spaghetto cherche toujours la raison.
Le soir, repas habituel à base de féculents. Il commence à faire froid, l'altitude est de 4200 mètres. La gentille infirmière de notre groupe vole au secours d'une jolie nordique en perdition. Le traitement administré sera efficace car nous reverrons la patiente toute souriante à l'assaut des pentes terminales du Thorong La. La nuit, tout du moins en ce qui me concerne, est pénible. La difficulté à respirer se fait sentir, et tout particulièrement au moment de sombrer dans le sommeil. Il s'ensuit une espèce de suffocation et une impossibilité de s'endormir, cela crée même une forme d'angoisse. Le meilleur antidote consiste à se lever et partir se promener dans la nuit. Là, le spectacle est extraordinaire, la voie lactée comme si on la touchait, tellement nette qu'elle apparaît en trois dimensions. Clou du spectacle, une étoile filante de belle taille parcourt la voûte céleste dans toute sa largeur. Comme quoi le désagrément peut être générateur de plaisir.
13/10/2008 L'étape du jour est de courte durée, deux heures de marche. Le temps toujours aussi beau, le décor grandiose et au-dessus du sentier le Throng La qui se rapproche. Nous sentons que le point principal de notre randonnée va bientôt être atteint. Sur le chemin une foule nombreuse crée de véritables encombrements.
Arrivée à Thorung Phedi à dix heures trente du matin, le site est constitué de nombreuses constructions capables d'héberger plusieurs centaines de marcheurs. Le froid est un peu plus vif, nous nous situons à 4450 mètres. Un grand panneau à l'entrée de ce village d'altitude met en garde contre le mal des montagnes, en décrit les symptômes et donne les conseils adéquats en cas d'atteinte. Dans la salle de restauration des courants d'air froids nous rappellent que nous sommes en montagne, il faut dire que la température agréable qui nous accompagne depuis notre départ nous l'avait fait un peu oublier.
Repas du soir, grosse platée de pâtes au fromage, certains doivent se forcer à manger, de toute évidence l'altitude n'y est pas pour rien. Chacun est un peu tendu dans la perspective des 900 mètres de dénivelé du lendemain qui doivent nous conduire à plus de 5400 mètres. La nuit est un vrai calvaire. A l'endormissement un phénomène d'apnée me réveille brutalement à chaque fois. Les parades, lire ce qui empêche de s'endormir ou aller se promener. Là encore le décor nocturne est féerique, alors que notre versant de montagne est plongé dans une pénombre épaisse, car la lune est cachée par une paroi rocheuse, en face les glaciers de l'immense barrière, qui s'étend de l'Annapurna 2 au Tilicho Peak, brillent de tous leurs feux sous l'éclairage lunaire. Dans ce monde minéral où tout bruit est absent à cette heure tardive, le contraste entre recoins très sombres et zones largement illuminées est un spectacle étonnant. On ne peut rester toute la nuit dehors car la fatigue se fait sentir, donc la seule alternative consiste à prendre patience en restant allongé entre éveil et étouffement. Heureusement l'attente ne sera pas trop longue car le départ est prévu très tôt.
14/102008 Lever 3 heures, Bir Singh passe dans toutes les chambres pour s'assurer que nous nous levons tous. La salle de restauration est vraiment encombrée, on se croirait au départ d'une course classique dans un refuge du massif du Mont Blanc au mois d'août. Ce matin encore, il n'est pas facile de manger. Le départ est prévu à quatre heures, et, respectant l'horaire, la marche débute. Un cheval et son conducteur nous accompagnent pour cette étape en cas de défaillance. Dans la pente raide une multitude de lampes frontales regroupées par dizaines matérialisent le sentier. Là plus de doute on se croit sur la voie normale du Mont Blanc ou des Écrins un jour d'affluence. High Camp est atteint au lever du jour, la neige fait son apparition au sol. Nous en foulons les premières plaques en faisant attention car elle est gelée et la pente, par endroits, assez raide. La température tombe. Le chemin remonte en biais une gigantesque moraine, bien plus immense que celles que l'on peut voir dans les Alpes. Le jour se lève franchement, le soleil commence à allumer les pentes du Thorung Peak, moment merveilleux où l'on sent la montagne passer de l'hostilité à la clémence alors que le but n'est pas atteint, mais les derniers doutes s'estompent et la réussite semble acquise. Vers les 5000 mètres halte à la première cabane à thé, petit bâtiment rectangulaire fait de pierres, à l'intérieur duquel une foule compacte s'agglutine à la recherche d'un peu de chaleur et de liquide. Malgré l'altitude et le froid il s'en dégage une odeur peu agréable. Je préfère attendre dehors. Nous reprenons notre marche pour la dernière étape. La chaleur augmente avec la montée de l'astre du jour. Le chemin, empruntant des moraines caillouteuses à l'inclinaison capricieuse, est entièrement déneigé, alors que la partie opposée du vallon est couverte d'une couche blanche, uniforme. Le souffle se fait court, les derniers cent mètres parcourus avec lenteur dans l'effort procurent une joie immense à l'idée d'une réussite imminente. La luminosité est intense, avivée par la couleur claire des pierriers que nous remontons ainsi que par l'éclat des plaques de neige.
Le plus étonnant c'est le nombre de porteurs lourdement chargés, et d'après notre guide certains transportent des denrées d'une vallée à l'autre, le chemin doit être plus court en passant par là. Alors qu'avec nos petits sacs sur le dos nous peinons, les Népalais avancent à la même vitesse voire plus vite avec 50 ou 60 kilos sur le dos. Près de l'arrivée je marche avec un groupe de porteurs, l'un a trois sacs sur le dos le tout couronné de tout un matériel de cuisine, un autre porte une énorme charge jaune sur laquelle est posé un gros sac de farine qui pèse au moins dix kilos. Ils avancent complètement penchés en avant pour ne pas se faire déséquilibrer. Dans cette dernière étape, tous ont remplacé leurs tongs par des chaussures plus confortables. Le col apparaît, vaste zone dégagée légèrement enneigée au confluent de deux immenses vallées. De part et d'autre nous dominent le Yakwakang, presque 6500 mètres et le Thorung Peak, 6144 mètres. Sur les pentes de ce dernier se distingue très nettement une trace de montée récente. L'itinéraire semble peu difficile et sans danger objectif, des pentes qui ne dépassent pas les quarante degrés.
A notre arrivée à la passe une foule joyeuse s'y presse. Là encore, la multitude de drapeaux de prières est la première chose qui attire le regard. La stèle de belles dimensions donnant l'altitude et vous félicitant d'avoir réussi cette ascension est littéralement noyée sous des épaisseurs de tissus multicolores. Chaque groupe sacrifie avec frénésie au rite de la photo au pied du monument matérialisant le col. Bien entendu, nous concernant, un drapeau basque est sorti, ce qui intrigue certains. Une Française me demande de quel pays nous venons.
L'air est calme, à huit heures le vent ne s'est pas encore levé. Nous stationnons un bon moment savourant notre plaisir, pour dix d'entre nous c'est un record d'altitude. La carte indique en toute modestie « World's biggest pass». Puis arrive l'instant de quitter cet endroit vers lequel notre esprit était tendu depuis de nombreux jours. Une descente au dénivelé important nous attend. Ce soir nous dormirons à Muktinath à 3760 mètres. Ce qui frappe immédiatement sur ce versant, c'est l'aridité. En effet cette zone est moins touchée par la mousson, et plus au nord se situe le Mustang, qui n'est pas atteint par les pluies annuelles. Nous commençons par descendre d'immenses pierriers dans un vallon large et austère durant trois heures. Halte agréable à Chanbarbu à 4200 mètres où nous déjeunons.
Nous avons la joie de voir à nouveau les fameux blue sheeps. Quelques individus paissent tranquillement dans la pente caillouteuse en face de notre terrasse de restaurant. Une fois le chemin repris, nous croisons deux Basques, c'est l'exultation. Un peu avant d'arriver à Muktinath au détour d'une crête se dévoile le Dhaulagiri dans toute sa splendeur du haut de ses 8172 mètres. Cette apparition donne un coup de poing à l'estomac. Une gigantesque pyramide, un Cervin à la puissance 5, s'élève sur le versant opposé. L'impression est d'autant plus forte qu'il est seul, détaché de toute autre chaîne de montagnes. Au cours des quatre jours à venir, il nous accompagnera et nous aurons tout le loisir de le découvrir sur trois de ses faces.
Arrivée à Muktinath, notre guide nous conduit à trois temples, le premier aux 109 fontaines, le second avec flammes dans l'eau et en dernier la source de la Kali Gandaki. Le village est très différent de ceux traversés jusqu'à présent. Il s'étale sur une immense terrasse comme une grosse marche posée dans la pente. Avec l'altitude décroissante, les températures deviennent plus confortables.
La tombée de la nuit sur le Dhaulagiri est fascinante. Sa face nord-ouest semble surgir au-dessus des toits. A cette heure elle n'est plus éclairée, le soleil se situant à l'ouest. L'effet obtenu est étonnant. Une grande pyramide noire isolée se découpe sur le ciel bleu profond. Toute notion d'échelle s'estompe. On ne sait plus s'il s'agit d'un huit mille émergeant dans toute sa grandeur ou d'un terril juste posé derrière la dernière maison du village. Sommes-nous à Saint-Étienne ou dans l'Himalaya? Très forte impression, le regard reste accroché à ce spectacle jusqu'à ce que tout se dissolve dans l'obscurité. L'hôtel Caravan est agréable, le repas du soir animé, chacun se libère définitivement de ses petites appréhensions concernant cette journée qui représentait le moment clef de notre voyage. Deux Suisses de Lausanne mangent avec nous et l'ambiance est joyeuse.
15/10/2008
Il est impératif de ne pas manquer le lever du soleil sur le Dhaulagiri. Le ciel est clair, un petit nuage se promène, l'air est frais et la grande pyramide surplombe le paysage. Elle est déjà éblouissante sans soleil. Au sommet, une pointe de lumière se pose et le grand spectacle commence. L'embrasement de la paroi progresse à vue d'œil, en quelques dix minutes toute la face sur ses milliers de mètres réfléchit les rayons de l'astre du jour. Instant magique je reste pétrifié comme hypnotisé. De tous les points du village cette montagne aux formes si parfaites est visible, comme si son esprit veillait sur le lieu.
Comme d'habitude départ matinal, à la différence des jours précédents nous descendons. A Jakot visite d'un dispensaire tenu par un Américain, mais cela ne soulève pas l'enthousiasme, cependant l'herboristerie est intéressante. La descente reprend dans un monde semi-désertique. Un petit cours d'eau traverse la piste, en effet les voitures, certes peu nombreuses, ont fait leur apparition. Un joli petit bosquet d'essences caduques aux feuilles multicolores nous rappelle que même dans ce désert l'automne est arrivé. De nombreux Népalais se dirigent vers la vallée. Un moine tient par la main un jeune garçon, une recrue qui rejoint son monastère et un nouveau mode de vie.
Au détour du chemin un promontoire, en contre-bas bien caché par la rupture de pente, le très joli village de Kagbeni. Il se trouve niché au confluent de trois vallées formant un Y. Le contraste est fort entre les cailloux gris de cette zone désertique et les multiples couleurs des champs qui colonisent les environs du village. Toujours de petits champs de céréales, de couleurs uniformes allant du vert au brun, se serrent les uns à côté des autres. Des vergers très reconnaissables à leurs arbres en boules sont regroupés et ne se mélangent pas avec le blé et le sarrasin.
Ce bourg appartenait il y a une centaine d'années au Tibet. Le Népal, après un conflit armé, l'a rattaché à son territoire ainsi que la région du Mustang. A Kagbeni se trouve le check-point d'entrée dans cette vallée. La taxe payée est versée au roi du Népal, depuis que les maoïstes ont pris le pouvoir et décidé de ne plus subventionner directement ce dernier. Comme quoi même les maoïstes népalais sont pacifiques. Dans tout autre pays, après un coup d'état de ce genre, au mieux le roi aurait eu la possibilité de s'enfuir et plus probablement il aurait été interné voire exécuté. Eh bien pas au Népal, un royaume lui a été attribué avec droit de perception de taxes pour assurer son train de vie.
Dans un petit hôtel restaurant nous prenons un thé, l'intérieur est joliment construit en bois, sur les étagères une multitude d'ustensiles de cuisine en différents métaux principalement cuivre et étain, le tout très propre. Visite dans les ruelles étroites, l'architecture est ancienne, aucun bâtiment de type lodge aux couleurs clinquantes. La sobriété ressort par l'absence de couleurs vives. Seule, lançant un éclat de lumière sur cet ensemble de ruelles ternes et sombres, la splendide face nord du Nilgiri, qui domine du haut de ses 7061 mètres.
Nous poursuivons notre marche le long de la Kali Gandaki, rivière mythique, aux eaux sombres, qui arrive du Mustang. La vallée est caillouteuse et poussiéreuse. Le vent se lève et souffle de face. L'itinéraire suit une immense plaine plate et monotone, le lit de galets que nous foulons se perd dans le lointain. Le serpent humain ondule sur des kilomètres au milieu des tourbillons soulevés par l'air. La piste longe des vergers à l'abandon, les murets se sont écroulés et les pierres les constituant se sont répandues sur le chemin. Il en ressort une impression de désolation. Sur la gauche, un large vallon minéral et asséché permet de jeter un dernier regard sur le Thorong La Peak, un petit pincement au cœur. Cette marche caillouteuse et ventée certains ne vont pas l'apprécier, pour ma part elle me plaît bien. En effet ces vastes espaces permettent de laisser vagabonder l'esprit et donnent peut-être un tout petit avant-goût des grands déserts d'Asie.
La ville de Jomsom n'étant plus très loin nous croisons des groupes de touristes fraîchement arrivés par avion par son aéroport. Un couple d'Américains, accompagné d'un guide et d'un porteur, la femme se semble pas convaincue par la beauté de ce tas de cailloux parcouru par des nuées de poussière. Un peu plus loin, un beau Népalais à la silhouette svelte porte le sac d'une rousse au visage pâle. Va-t-il l'emmener visiter les solitudes du Mustang? A tous ces groupes un petit salut est donné. Aux Népalais je ne déroge pas à la règle du Namasté, aux autres un bonjour en français. Les réactions sont diverses. Ceux qui répondent Hi ou morning, ceux qui disent bonjour avec un fort accent étranger et qui ajoutent «comment ça va» en souriant, et puis il y a ceux, heureusement peu nombreux, qui vous regardent avec un air réprobateur, leur yeux trahissant des pensée du genre: espèce de prétentieux de Français vous pourriez vous conformer à la règle traditionnelle du salut du pays ou au moins parler dans la seule langue internationale.
Deux cavaliers nous dépassent d'une chevauchée alerte. Les véhicules, voitures et motos sont de plus en plus fréquents. Les 4x4 sont lourdement chargés, de nombreuses personnes sur le toit. Il s'agit généralement de porteurs, leurs têtes dodelinent en synchronisation parfaite au gré des secousses occasionnées par les pierres de la piste. Des motos de temps à autre nous dépassent. Dans le vent nous ne les entendons pas toujours arriver et ne nous poussons pas à temps. Le chauffeur, sans impatience, se met au pas du marcheur, puis ce dernier se rend compte d'une présence et s'écarte, alors le motocycliste accélère.
Une immense passerelle enjambe la Kali Gandaki. A l'une de ses extrémités une vieille femme à l'abri relatif d'un muret expose quelques pommes à la vente. Arrivée à Jomsom, c'est vraiment le pays du vent, il y souffle avec force. Sur le pont nous conduisant au centre, les drapeaux de prières sont à l'horizontale. Des chevaux sont à l'attache en pleine rue centrale, étroite et bien pavée. Un troupeau de yaks chargés passe. Tout ce beau monde se croise en se faufilant les uns entre les autres sans précipitation et sans se bousculer. Une fois le troupeau passé, je vois avec étonnement un chien profondément endormi au beau milieu des pavés. Manifestement il n'a pas bougé lors du passage des yaks, pourtant ils étaient nombreux et le passage réduit.
La ville de Josom, outre sa piste d'aviation, héberge l'école népalaise d'alpinisme militaire. Sur une grande falaise aux couleurs fauves il est écrit en lettres immenses à la peinture blanche de façon très inesthétique : welcome for climbing. Nous déjeunons près du centre dans un restaurant envahi d'Occidentaux. Nous reprenons notre chemin venteux et poussiéreux. Le temps se fait plus menaçant et la vallée se resserre. Paysage austère, vent violent, ciel menaçant, on se sent au bout du monde. Enfin au pied d'une falaise apparaît Marpha, étape du jour. Entrée dans le village s'effectue par un magnifique shorten à porche. Ces constructions sont toujours flambant neuves, car repeintes plusieurs fois par an.
L'hôtel Dhaulagiri nous accueille, il est coquet et possède une jolie cour intérieure. Cependant, les chambres sont carcérales, surtout lorsqu'on y loge à trois. Les lits couvrent plus de la moitié de la surface de la pièce. Une unique minuscule fenêtre, qui donne sur un hall intérieur, rompt la monotonie des murs. Mais cela n'a pas beaucoup d'importance, ce n'est pas le confort que nous sommes venus chercher. Altitude 2670 mètres, les sensations d'étouffement ont complètement disparu. Le village est pittoresque, outre les très nombreuses boutiques, un monastère, que l'on atteint après un long escalier, domine. Le point de vue y est magnifique, d'une part sur la vallée, les toits des maisons et sur la falaise au pied de laquelle le village est construit.
16/10/2008 A six heures la population s'éveille. Les femmes s'activent et époussettent la devanture de leur échoppe. Geste que l'on retrouve dans tous les pays. On soulève la poussière afin qu'elle se dépose un peu plus loin. Le soleil se lève sur la pointe acérée du Nilgiri qui règne, à plus de 7000 mètres, sur ses pentes de rocs et de glace, hautes de plusieurs kilomètres.
Les trekkeurs sur cette portion sont moins nombreux, car pour nombre d'entre eux la randonnée s'est arrêtée à l'aéroport de Jomsom. Le désert cède la place à la forêt, et la vallée devient plus riante, abandonnant son austérité. La rivière semble perdue au milieu de son immense lit. A la période de la mousson elle recouvre toute la plaine. Le spectacle doit être de toute beauté.
La halte à midi a lieu à Kokhethani, sans surprise nous mangeons quelques légumes accompagnés de pâtes. De notre terrasse nous avons tout loisir de contempler l'immense versant est du Dhaulagiri, dont un impressionnant glacier occupe une large partie. C'est justement sur cet itinéraire que l'équipe de Maurice Herzog fit une tentative en 1950 avant de se tourner vers l'Annapurna. Dans son livre, il y consacre un long chapitre. Avec Lionel Terray et plusieurs sherpas ils ont remonté cette cascade de glace sur une distance importante. Les risques étaient énormes, du fait de l'instabilité des séracs. Les sherpas, qui découvraient l'escalade sur glace, ont montré des capacités d'adaptation étonnantes. Cependant il y eut quelques chutes, heureusement enrayées à temps. Sur cette cime se sont écrites de grandes pages de l'histoire de l'alpinisme en Himalaya. La première ascension de cette montagne fut accomplie 10 ans après que les Français menèrent cette première exploration. Depuis, plusieurs tentatives ont été couronnées de succès, mais le prix payé est élevé. Deux grandes catastrophes ont frappé des équipes américaine et japonaise. Pour la première, l'accident s'est produit sur l'immense arête est qui se développe sous nos yeux, sept alpinistes moururent, c'était en 1969. Il fallut attendre l'année 1970 pour que ce sommet soit foulé une seconde fois par l'homme. En 1975 un second drame se déroula sur l'arête sud-ouest, où cinq Japonais périrent. D'autres accidents ont eu pour décor ces lieux. Chantal Mauduit, très grande alpiniste française, y perdit la vie avec un sherpa dans une avalanche en mai 1998. Elle avait mis sa notoriété au service de l'association «Chantal Mauduit Namasté», qui venait en aide aux enfants Népalais. Mais pour terminer sur une note optimiste, l'homme cherchant toujours à aller plus loin dans l'exploit, la première ascension solitaire a été accomplie par un Slovène en 1999. Non, cette immense pyramide ne peut pas laisser insensible, tant d'hommes et de femmes, pris sous son charme, y ont laissé leur vie. Mais d'autres qui en sont revenus ont connu un bonheur immense dans cette réalisation.
Le regard se perd dans cette face gigantesque qui se développe sur près de 6000 mètres, en effet l'altitude à laquelle nous nous situons est de l'ordre de 2500 mètres et le sommet culmine à 8172 mètres. Cette région recèle les plus hauts dénivelés de la planète.
Il est temps de briser l'enchantement, de fuir le sortilège qui pèse sur l'endroit et de reprendre le chemin. Piste large sur laquelle les convois de mules sont nombreux. Les animaux sont chargés d'une multitude de ballots en tout genre et même des bouteilles de gaz. Des trains entiers de mules sont dédiés au transport des céréales ou des pommes à destination du Mustang. La charge normale est constituée de deux sacs de 22 kilogrammes. Ce mode de transport n'a pas fait disparaître les porteurs toujours nombreux. Nous en croisons quatre, marchant les uns derrière les autres avec très peu d'espacement, qui ont sur le dos un nombre invraisemblable de gros cartons empilés. Nous traversons une immense cascade qui descend du Dhaulagiri, ses eaux puissantes explosent tout au long de la pente en gerbes d'écume éblouissante. Sur une passerelle, encombrement de mules, deux convois se croisent.
Au village de Lete apparaît pour la première fois au regard l'Annapurna du haut de ses 8056 mètres. Jusqu'à présent ses satellites, qui l'encadrent de près, nous le cachaient. Un peu après les dernières maisons, un glissement de terrain a emporté la route. Des travaux de réparation sont en cours, mais vu l'étendue des dégâts sur ces pentes raides et instables, l'accès restera interdit aux véhicules au moins plusieurs semaines. Nous arrivons à Ghasa et logeons à l'hôtel Florida. Un groupe d'Ukrainiens y arrive en même temps que nous. Nous aurons l'occasion de les voir à l'action sur la bière et le rhum, les femmes tiennent autant que les hommes. Petit tour dans le village avant le repas. La température est douce, l'altitude avoisine les 2000 mètres. Cette journée de marche nous a fait basculer définitivement des zones désertiques à la forêt luxuriante. De grands sapins ainsi que d'autres essences colonisent les immenses pans de montagne. Une cime très impressionnante, le Bharth Chuli ou Fang, voisin immédiat de l'Annapurna nous surplombe de ses 7647 mètres, cela fait plus de 5600 mètres au-dessus. Les pentes n'en finissent pas de se développer. Pas de doute, nous sommes dans la vallée la plus profonde du monde. Le sommet, dans la lumière déclinante, se perd dans les hauteurs, la pénombre a déjà envahi la vallée qu'il illumine encore tel un phare attirant le regard des alpinistes vers des altitudes lointaines.
17/10/2008 Après une nuit agréable (maintenant on les trouve facilement bonnes) la journée est marquée par la rencontre d'une multitude de convois de mules, aux chargements hétéroclites, presque une énumération à la Prévert : pommes, riz, sarrasin, ciment, bouteilles de gaz...La bête de tête a toujours un très joli licol aux couleurs vives, formé d'un bandeau qui enserre la tête sous les oreilles et d'un petit napperon qui descend entre les yeux.
Les cigales réapparaissent et leurs stridulations emplissent à nouveau l'espace. Les bananiers donnent une touche exotique. Les premiers bus font leur apparition bien qu'il ne s'agisse encore que d'une piste défoncée et boueuse par endroits. La Kali Gandaki aux eaux presque noires chargées de terre rejoint l'un de ses affluents, la Nilgit Khola aux eaux turquoises. Elle descend de la face nord de l'Annapurna. Le flot tumultueux et sombre a vite fait d'engloutir la belle Nilgit Khola. A regarder le lit profond de cette rivière on ne peut que se souvenir des souffrances endurées lors du retour de l'Annapurna par Herzog et Lachenal, ayant subi tous deux des gelures graves aux membres. Ils étaient incapables de marcher et les sherpas ont accompli de véritables prodiges pour les descendre dans ces escarpements, parfois à dos d'homme sur des terrains très raides, où la chute n'aurait pas pardonnée. Le calvaire dura de longues journées car à cette époque il n'y avait pas d'évacuation en hélicoptère.
Des écoliers croisés en chemin épluchent des mandarines en marchant, dont l'écorce diffuse une odeur très agréable. Nous arrivons vers les quinze heures à Tatopani et là nous attend une surprise, des eaux naturellement chaudes. Tous, nous nous précipitons vers ces bassins miraculeux. Le premier présente une eau plutôt glauque dans laquelle des corps indéterminés sont en suspension. Cela ne fait rien, il est trop bon de s'y immerger. Les Ukrainiens ont la même idée, et cela nous permettra de voir la belle Irina et ses compagnons s'adonner aux plaisirs de l'eau chaude.
Au-dessus du village l'immense pyramide effilée et sombre, car rocheuse, du Nilgiri South attire irrésistiblement le regard. Là encore le dénivelé est effarant : 6839-1190 donne 5649 !!! Chaque village semble posséder sa grande montagne.
18/10/2008 Frais et dispos, cette longue journée se présente sous les meilleurs augures. Ce sera tout simplement le plus fort dénivelé de ces 18 jours de marche, 1700 mètres et cela principalement le long de grandes marches. Les marches permettent de déniveler rapidement, mais la contrepartie n'est pas négligeable, on est en permanence en rupture d'élan car l'immense escalier est irrégulier dans toutes les dimensions, hauteur et largeur. Mais un bon rythme est rapidement pris par tous. Nous avons quitté la vallée de la Kali Gandaki, que l'on voit tout en bas enchâssée entre les flancs de ces deux géants de plus de 8000 que sont l'Annapurna et le Dhaulagiri.
Notre objectif de ce jour est le village de Ghorepani, point de départ de Poon Hill endroit réputé pour ses levers de soleil sur les grands sommets de la région. Le chemin en escalier fait par moments des S, qui permettent de surplomber l'itinéraire accompli. De toute évidence le serpent humain s'est reconstitué, nous sommes à la jonction de différents treks. Les cultures colonisent de nouveau les pentes. Riz, sarrasin et millet s'étalent sur des terrasses plus ou moins vastes. Les arbres sont magnifiques. Certains présentent un tronc étonnant, immense et rectiligne, au niveau du sol quatre mètres de circonférence et subitement vers les six sept mètres il enfle en massue et double pratiquement de diamètre. Le chemin traverse une forêt de rhododendrons géants, véritables arbres dont la hauteur atteint les quinze mètres. Nous nous élevons dans ce décor riant où le vert domine, en arrière plan le Dhaulagiri émerge toujours plus majestueux au fur et à mesure de notre progression. En effet, du fait de la perspective, toutes les crêtes, autres que ce 8000, ont tendance à s'écraser, lui seul résistant à l'effet de la relativité dû à notre montée.
L'après-midi, le temps se couvre et la partie supérieure des montagnes disparaît. La fatigue commence à se faire sentir. Ghorepani est enfin atteint, étonnant ensemble de maisons toutes d'un bleu criard, blotti un pied d'un petit col. L'hôtel Kamala nous héberge. Il est d'aspect rustique et très mal insonorisé. Toute la nuit il y régnera un véritable vacarme, entre ceux qui se couchent très tard, ceux qui se lèvent très tôt et les allées et venues permanentes aux toilettes.
19/10/2008 Lever 5 heures, nous ne prenons pas le temps de petit-déjeuner, juste une légère collation. Pourquoi sommes-nous si pressés? Il s'agit de monter de 300 mètres de dénivelé pour aller assister au lever du jour à partir du fameux point de panorama, qui se dénomme Poon Hill. Début de marche de nuit, rapidement les ténèbres se déchirent. Mais ne va-t-on pas louper le début du spectacle? A cette idée le pas s'accélère automatiquement. A un moment, seul sur le chemin, je recherche même un raccourci, et ainsi je me retrouve dans une forêt de bambous très dense. Rage, erreur au mauvais moment. A l'estime je prends une direction d'interception du chemin et je fonce tête baissée. J'arrive à une petite arête de laquelle en contre-bas le chemin m'attend. Sagement je ne cherche plus à couper au plus court.
Notre guide avait tout bien prévu, nous sommes en position pour le lever du soleil et rien n'a commencé. Le nombre de spectateurs est de l'ordre de deux cents. La vue panoramique est époustouflante, trois 8000 mètres et plusieurs 7000 mètres. Le Dhaulagiri est touché le premier par les rayons solaires ensuite vient le tour de l'Annapurna et de ses satellites. Les appareils photos crépitent, des milliers de vues sont prises au cours d'une telle séance qui dure une petite heure. Ensuite le serpent humain déserte le lieu, tout content d'avoir eu une vue dégagée sur un site exceptionnel. Nous croisons quelques rhododendrons géants, qui paraît-il au printemps sont magnifiques, tels de grosses boules de fleurs.
Retour au village, petit déjeuner dans la bonne humeur puis nous quittons notre hôtel et le village de Ghorepani. Rapidement le petit col, qui se situe juste au-dessus des habitations, est atteint et nous basculons définitivement vers les basses plaines après un dernier coup d'œil au Dhaulagiri. Durant trois heures, par une interminable marche le long d'un escalier géant, nous plongeons dans la forêt luxuriante et les champs de céréales qui s'étagent sur les deux versants de la vallée. Les villages, épars, semblent comme isolés au milieu de cette marée verte qui essaie de les dévorer jusqu'en leur centre. La chaleur redevient forte. Arrivée à Tikhedhungga, altitude 1500, nous avons le sentiment d'être plongés dans un aquarium de verdure. Les flancs de montagne pentus montent très haut dans le ciel et restent couverts de végétation malgré la raideur du terrain et l'altitude, d'où cette impression, que nous éprouvons, d'être enserrés au milieu de gigantesques vagues vertes.
L'hôtelier nous accueille en français, langue qu'il maîtrise bien, il est volubile et gai. Il m'étonne franchement en me parlant des petites villes de l'agglomération lyonnaise comme Saint-Didier-au- Mont-D'or ou Caluire. Lorsqu'il me révèle qu'il a habité plusieurs mois dans la région je comprends la raison de sa connaissance des lieux. L'hôtel est agréable, il possède de vastes terrasses à même la rue principale, desquelles le trafic se voit et s'entend, en particulier le raclement sur le pavé des sabots du flot incessant de mules, qui ne s'arrête qu'avec la nuit.
Une petite escapade va nous procurer une émotion très forte, alors que le ciel s'est totalement obscurci et que seule, ou presque, la voûte céleste donne un peu de clarté à cette vallée étroite. En effet en levant les yeux, les étoiles scintillent non seulement dans ce que nous croyons être le ciel, mais aussi dans les pentes, comme si certaines d'entre elles descendaient la nuit furtivement pour se reposer dans les champs. En y regardant de plus près, nous réalisons que des maisons isolées, mais ayant l'électricité sont disséminées un peu partout dans les hauteurs. Ces habitations aux lumières ténues se confondent, à un léger jaune près, avec les astres. Il est nécessaire de faire un effort afin de percevoir la délimitation entre les étoiles et la lumière artificielle. Cela est d'autant plus difficile que la distribution des maisons est aléatoire et suit des lignes brisées en fonction des accidents du terrain et des effets de perspective. Dans une telle situation on reste un long moment à s'émerveiller des illusions de perception qui semblaient impensables tant qu'on ne les a pas expérimentées.
20/10/2008 Nous nous réveillons en sachant que c'est le dernier jour de marche, plutôt les derniers moments, car dans trois heures nous serons à la route et la suite se fera par car. Nous profitons donc de cette courte étape pour nous imprégner un peu plus de l'ambiance de cette expérience de 18 jours autour des Annapurna. Cela restera une belle aventure, même si le flot des touristes fut continu. La part de rêve n'a pas été altérée. Il suffisait de lever les yeux vers ces terres inaccessibles, et alors l'imagination et le souvenir des livres lus faisaient le reste. Bien que nous soyons tous épris de solitude, mes amis basques dans leurs montagnes aux recoins mystérieux peu parcourus et moi dans mes balades solitaires, la présence importante de nos congénères occidentaux ne nous a pas gênés. Outre la capacité à s'échapper par la pensée, la forte présence de notre guide, de ses adjoints et de nos porteurs, nous a conduit à une bonne imprégnation des lieux et des hommes de ce pays.
Une dernière passerelle, la montagne sacrée Fish Tail apparaît et au même moment la route, le village de Nayapul, c'est la fin. Nous attendons le bus. Au cours du trajet vers la ville de Pokhara, certains d'entre nous feront une expérience intéressante sur le toit du véhicule avec les porteurs. Dans la joie et l'inconscience collective à de nombreuses reprises, il faut se plaquer à la tôle, en se glissant entre les bagages, pour éviter branches d'arbres et fils électriques. A deux reprises je me fais gratter le dos par des branches basses. Ces plongeons et rampings nous arrachent ainsi qu'aux porteurs des rires prononcés. Manifestement les hommes sont bien partout les mêmes, ce sont toujours les petites et grosses bêtises qui les font rire, meilleur antidote à l'ennui. Arrivée à Pokhara, nous descendons dans un bel hôtel, de bon standing et ironie du sort, ce sera le seul endroit où nous verrons des cafards et pas des petits, on pourrait croire des hannetons. Cette ville est un immense bazar pour Occidentaux et nous faisons chauffer la carte bleue en achetant bijoux de toutes sortes, tissus que l'on nous vend pour du cachemire, sans oublier les tapis de laine qui reprennent des scènes de chasse à la manière d'un bel iranien.
Le soir, repas agréable et à nouveau, la magie de la danse avec nos porteurs nous prend sous son charme. Ils se trémoussent comme des serpents et nous passons un moment fabuleux à essayer de les imiter.
21/10/2008 Trajet de retour vers Katmandou, la circulation est toujours aussi anarchique. Notre chauffeur semble avoir un radar, un peu à la manière d'un sondeur à poissons mais pour les voitures, car il dépasse sans visibilité et ça passe toujours, heureusement la vitesse n'est jamais excessive. Mais enfin, deux bus face à face, même à trente à l'heure, mieux vaut ne pas tester. La soirée se termine dans les locaux de Nepal Trek Ecology, où nous attend une surprise. En effet c'est l'anniversaire de deux d'entre nous et le directeur d'agence nous offre un gros gâteau. Le soir nous quittons nos amis népalais qui nous ont si gentiment et efficacement accompagnés, nous sommes tous un peu tristes.
Les quatre jours suivants nous retrouvons notre guide de la ville et visitons de nombreux sites dans et aux environs de la capitale. Nous nous étions dit que quatre jours en finale à Katmandou, ça allait être difficile à meubler, surtout après ce spectacle grandiose des Annapurna. Lors de notre arrivée, la première journée au cours des nombreuses visites effectuées nous pensions avoir vu l'essentiel. Eh bien non, cette agglomération et ses environs recèlent une multitude de trésors architecturaux qu'il est très intéressant de voir, l'ancienne capitale de Patan, le village newari de Bungamati, celui de Khokana d'allure moyenâgeuse. Les temples dédiés à toutes les divinités bouddhistes ou hindouistes sont légion, à Dakshinkali ou Pharping où se trouve la grotte de Rempoché. Dans cette vaste zone, de nombreux artisans travaillant toutes sortes de matériaux, laine, terre, bois ou métal présentent de beaux ouvrages. Et puis, il y a aussi cette atmosphère particulière au moment de la récolte du riz. Partout, les rues et places des villages sont envahies de bâches sur lesquelles des tas de grains de riz sèchent. Des femmes s'activent avec des tamis pour séparer le grain de l'ivraie. Il y a aussi ce magnifique musée sur le bouddhisme, aux statues remarquablement mises en valeur, tout particulièrement un Bouddha, dont on dirait que le métal a été poli durant des siècles. Mais je ne me lancerai pas dans une description précise de ces quatre jours de visite, car cela augmenterait ce texte, déjà fort long, de quelques pages supplémentaires. Juste pour terminer, le dernier dîner dans un restaurant typique, où en fin de repas les serveurs ont laissé tomber leurs assiettes et couverts, et avec une spontanéité incroyable, se sont mis à danser comme des serpents et, déjà expérimentés, nous avons tous suivi dans la sarabande.
Le 26 au soir, nous nous retrouvons à l'aéroport dans la longue queue des trekkeurs qui rentrent. Nous avons peine à imaginer que nous venons de passer presque un mois au Népal. L'avion décolle de nuit, donc pas de dernière image. Après un transfert à Doha, l'atterrissage a lieu à l'horaire prévu, 6h30 à Charles de Gaulle. Anecdote cocasse, nous sortons de l'avion avec des personnes vues au départ à l'aéroport un mois plus tôt, et que nous reverrons sur le trek. Elles habitent Millau, j'ai une grosse pensée pour le Causse Méjean, endroit sublime. Notre groupe éclate, chacun pressé de prendre son train pour rentrer à la maison dans l'attente de nouvelles aventures.
Travail en Colombie? English translation pending
Bonjour à tous,
en fait je souhaiterais trouver du travail en Colombie, c'est un pays qui m'a toujours attiré et je souhaiterais vraiment changer un peu d'air.
J'ai cru comprendre que les personnes parlant bien anglais et ayant des notions basiques en espagnol pouvait se débrouiller en Colombie, est-ce que quelqu'un peut confirmer?
Et si oui connaissez-vous un site internet de recherche d'emploi?
Voir même si quelqu'un est intéressé par une personne ayant des compétences en tant que pompier et que conseiller en hygiène sécurité environnement (bac +3 en HSE et pompier depuis 2000)... 😉
D'avance merci.
Découverte d'un mois en sac à dos Bangalore-Madras, départ le 13 novembre English translation pending
Bonjour,
Avec mon ami nous partons dans 2 semaines 1/2 pour une découverte sac à dos en Inde du Sud, budget moyen : 15 eur./jour/personne. Notre arrivée sera à Bangalore et notre départ de Madras, nous avons 4 semaines. Je souhaiterais avoir vos avis et informations sur le sens du voyage, les lieux, balades et G.H et la possibilité de ce parcours en 4 semaines.
* Bangalore * Mysore * Belur - Halebid * Région de Kodagu (proche Madikeri), Kakkabe ou réserve naturelle de Wayanad (Nord) = Faut choisir !! = Peux t'on rejoindre facilement Kodagu ou Wayanad depuis Belur ou faut il repasser par Mysore ?
* NILGIRI HILLS : Ooty pour balades puis train miniature pour Mettupalayam ou Combatoire ? = Pensez vous qu'il est possible de rejoindre Munnar depuis Ooty ? Et si oui par où passer, nous aimerions avant de rejoindre Kochi rester dans les montagnes ?
* Munnar (balades) * Kochi * Allepey (Backwaters) * Varkala (séjour détente) * Madurai * Trichy * Tanjore * Chidambaram * Pondichéry * Mamallapuram * Chennai
Nos questions sont plus insistantes sur la partie des ghats et des montagnes, cela semble moins évident que le reste pour s'organiser un peu sur les trajets, temps de transports et le choix des balades. Merci de votre aide.
Avec mon ami nous partons dans 2 semaines 1/2 pour une découverte sac à dos en Inde du Sud, budget moyen : 15 eur./jour/personne. Notre arrivée sera à Bangalore et notre départ de Madras, nous avons 4 semaines. Je souhaiterais avoir vos avis et informations sur le sens du voyage, les lieux, balades et G.H et la possibilité de ce parcours en 4 semaines.
* Bangalore * Mysore * Belur - Halebid * Région de Kodagu (proche Madikeri), Kakkabe ou réserve naturelle de Wayanad (Nord) = Faut choisir !! = Peux t'on rejoindre facilement Kodagu ou Wayanad depuis Belur ou faut il repasser par Mysore ?
* NILGIRI HILLS : Ooty pour balades puis train miniature pour Mettupalayam ou Combatoire ? = Pensez vous qu'il est possible de rejoindre Munnar depuis Ooty ? Et si oui par où passer, nous aimerions avant de rejoindre Kochi rester dans les montagnes ?
* Munnar (balades) * Kochi * Allepey (Backwaters) * Varkala (séjour détente) * Madurai * Trichy * Tanjore * Chidambaram * Pondichéry * Mamallapuram * Chennai
Nos questions sont plus insistantes sur la partie des ghats et des montagnes, cela semble moins évident que le reste pour s'organiser un peu sur les trajets, temps de transports et le choix des balades. Merci de votre aide.
Expédition 48° Nord (tour du monde à vélo) English translation pending
j'ai retrouvé cet article qui m'a paru intéressant car nous n'avions plus de nouvelles sur voyage forum: il faut dire que çà fait 2 mois que j'étais parti aussi!!
De Paris au Grand Nord canadien, Jean-Gabriel Chelala, le "globe-pédaleur" de 27 ans, parti de la capitale française le 13 janvier dernier pour un tour du monde "à la force humaine", a déjà parcouru plus de 15.000 km et se trouve à mi-chemin de sa "circumpérégrination" inédite sur terre et sur mer. "30° celsius de chute depuis mon départ de Fort Lauderdale en Floride début septembre sur mon vélo couché... A Saskatoon (province d'Alberta au Canada), où je suis arrivé cette semaine après 6.000 km à travers les Etats-Unis, on attend la neige par 0°", a-t-il raconté mardi à l'AFP. Ingénieur en bâtiment franco-libanais et breton d'adoption, Chelala a traversé successivement la France, l'Espagne, le Portugal sur un vélo +normal+. Puis, il s'est embarqué sur son canot à pédales de 7, 50 m pour une transatlantique qui l'a d'abord conduit aux Antilles, s'offrant le record mondial de la traversée sur ce type d'embarcation. Il a enfin accosté en Floride d'où il a repris la route vers le nord sur son drôle d'engin au pédalage horizontal, plus confortable et mieux adapté aux grands espaces de l'ancien "Nouveau Monde". Mais l'aventurier qui au départ entendait achever son parcours en un an et se retrouver sur le parvis de Notre-Dame de Paris avant la St Sylvestre, a dû changer de programme. Il a en effet accumulé depuis son embarquement au Portugal, un retard de deux mois en raison notamment de tracasseries administratives, des caprices de la météo et de la rencontre inopinée entre le Maroc et les Canaries avec un cétacé qui brisa son safran. La suite de son voyage au long cours passe par l'Alaska, puis la mer de Béring (sur son "cyclomer"), la Sibérie orientale (de nouveau à vélo "normal") et enfin toute la Russie et l'Europe jusqu'à Paris.
© 2008 AFP (Jean-Gabriel Chelala) Jean-Gabriel Chelala, à bord de son baterau à pédales près de Miami, le 12 août 2008
"En raison de ce retard et de l'arrivée rapide de l'hiver dans les hautes latitudes, je ne peux plus envisager d'enchaîner, avant la fin de l'année, ces étapes longues, difficiles et impraticables dans les grands froids", a-t-il raisonnablement estimé.
Le "globe-pédaleur" va donc marquer une pose jusqu'en mai 2009, non sans avoir décidé d'ajouter une épreuve de taille à son défi: il va continuer sa route pendant encore un mois jusqu'à la ville canadienne de WhiteHorse, dans la province septentrionale du Yukon (2.500 km devant ses roues), au bord de la rivière du même nom.
Mais en mai 2009, au lieu de rejoindre directement le littoral de l'Alaska, distant de quelque 300 km, il a décidé de reprendre son "pédaleau" à WhiteHorse pour une descente en forme de boucle de plus de 3.000 km sur la "Grande Rivière" (traduction de Yukon en langage des indiens Kutchin), à travers les espaces sauvages du Grand Nord canadien et de l'Alaska.
"Ce fleuve fut, à la fin du 19e siècle la principale voie de la légendaire +Ruée vers l'or+. Il n'y a que quatre ponts carrossables qui l'enjambent sur l'ensemble de son cours, c'est dire si la présence humaine sur ses rives y est rare. Cela sera une aventure dans l'aventure, un détour qui passera par le cercle polaire arctique...", s'enthousiasme par avance Philéas Fogg junior.
Et de l'embouchure de la Yukon river, dans la baie de Norton, il traversera sur son frêle esquif la mer de Béring au sud du détroit éponyme pour rejoindre la côte de la Sibérie orientale à la fonte des glaces. Lui restera alors une douzaine de milliers de kilomètres plein ouest sur la selle de sa petite reine, pour voir enfin la tour Eiffel.
Mais en attendant, Jean-Gabriel et son bateau seront présents au salon nautique à Paris en décembre prochain. Recherche de nouveaux sponsors (l'aventure ça coûte cher) oblige....
De Paris au Grand Nord canadien, Jean-Gabriel Chelala, le "globe-pédaleur" de 27 ans, parti de la capitale française le 13 janvier dernier pour un tour du monde "à la force humaine", a déjà parcouru plus de 15.000 km et se trouve à mi-chemin de sa "circumpérégrination" inédite sur terre et sur mer. "30° celsius de chute depuis mon départ de Fort Lauderdale en Floride début septembre sur mon vélo couché... A Saskatoon (province d'Alberta au Canada), où je suis arrivé cette semaine après 6.000 km à travers les Etats-Unis, on attend la neige par 0°", a-t-il raconté mardi à l'AFP. Ingénieur en bâtiment franco-libanais et breton d'adoption, Chelala a traversé successivement la France, l'Espagne, le Portugal sur un vélo +normal+. Puis, il s'est embarqué sur son canot à pédales de 7, 50 m pour une transatlantique qui l'a d'abord conduit aux Antilles, s'offrant le record mondial de la traversée sur ce type d'embarcation. Il a enfin accosté en Floride d'où il a repris la route vers le nord sur son drôle d'engin au pédalage horizontal, plus confortable et mieux adapté aux grands espaces de l'ancien "Nouveau Monde". Mais l'aventurier qui au départ entendait achever son parcours en un an et se retrouver sur le parvis de Notre-Dame de Paris avant la St Sylvestre, a dû changer de programme. Il a en effet accumulé depuis son embarquement au Portugal, un retard de deux mois en raison notamment de tracasseries administratives, des caprices de la météo et de la rencontre inopinée entre le Maroc et les Canaries avec un cétacé qui brisa son safran. La suite de son voyage au long cours passe par l'Alaska, puis la mer de Béring (sur son "cyclomer"), la Sibérie orientale (de nouveau à vélo "normal") et enfin toute la Russie et l'Europe jusqu'à Paris.
© 2008 AFP (Jean-Gabriel Chelala) Jean-Gabriel Chelala, à bord de son baterau à pédales près de Miami, le 12 août 2008
"En raison de ce retard et de l'arrivée rapide de l'hiver dans les hautes latitudes, je ne peux plus envisager d'enchaîner, avant la fin de l'année, ces étapes longues, difficiles et impraticables dans les grands froids", a-t-il raisonnablement estimé.
Le "globe-pédaleur" va donc marquer une pose jusqu'en mai 2009, non sans avoir décidé d'ajouter une épreuve de taille à son défi: il va continuer sa route pendant encore un mois jusqu'à la ville canadienne de WhiteHorse, dans la province septentrionale du Yukon (2.500 km devant ses roues), au bord de la rivière du même nom.
Mais en mai 2009, au lieu de rejoindre directement le littoral de l'Alaska, distant de quelque 300 km, il a décidé de reprendre son "pédaleau" à WhiteHorse pour une descente en forme de boucle de plus de 3.000 km sur la "Grande Rivière" (traduction de Yukon en langage des indiens Kutchin), à travers les espaces sauvages du Grand Nord canadien et de l'Alaska.
"Ce fleuve fut, à la fin du 19e siècle la principale voie de la légendaire +Ruée vers l'or+. Il n'y a que quatre ponts carrossables qui l'enjambent sur l'ensemble de son cours, c'est dire si la présence humaine sur ses rives y est rare. Cela sera une aventure dans l'aventure, un détour qui passera par le cercle polaire arctique...", s'enthousiasme par avance Philéas Fogg junior.
Et de l'embouchure de la Yukon river, dans la baie de Norton, il traversera sur son frêle esquif la mer de Béring au sud du détroit éponyme pour rejoindre la côte de la Sibérie orientale à la fonte des glaces. Lui restera alors une douzaine de milliers de kilomètres plein ouest sur la selle de sa petite reine, pour voir enfin la tour Eiffel.
Mais en attendant, Jean-Gabriel et son bateau seront présents au salon nautique à Paris en décembre prochain. Recherche de nouveaux sponsors (l'aventure ça coûte cher) oblige....Travailler à Walt Disney World en Floride (suite) English translation pending
Le premier sujet a été fermé (voir le sujet), 99 pages ! Donc je recréé la suite, avec tous les bons liens qui faut savoir pour travailler là-bas :)
1. Site du programme officiel : www.disneyinternationalprograms.com (en anglais, beaucoup d'infos et des photos de l'environnement et des habitations) 2. International Services (l'agence de recrutement française) : www.internationalservices.fr 3. Site & Forum international non officiel (en anglais) : www.wdwip.com & www.wdwip.com/smf
Beaucoup, beaucoup d'infos sont déjà présentes sur ces sites, alors n'hesitez pas à faire une petite recherche avant de poster ici votre question, ca évitera aux personnes de se répéter, ca fera moins de messages inutile, et surtout tout le monde sera content 😎😊
Egalement, beaucoup de gens racontent le programme sur leur blog, une recherche sur google et hop ;) ...
Bonnes discussions !!
1. Site du programme officiel : www.disneyinternationalprograms.com (en anglais, beaucoup d'infos et des photos de l'environnement et des habitations) 2. International Services (l'agence de recrutement française) : www.internationalservices.fr 3. Site & Forum international non officiel (en anglais) : www.wdwip.com & www.wdwip.com/smf
Beaucoup, beaucoup d'infos sont déjà présentes sur ces sites, alors n'hesitez pas à faire une petite recherche avant de poster ici votre question, ca évitera aux personnes de se répéter, ca fera moins de messages inutile, et surtout tout le monde sera content 😎😊
Egalement, beaucoup de gens racontent le programme sur leur blog, une recherche sur google et hop ;) ...
Bonnes discussions !!
Circuit dans l'Ouest américain avec une escale à New York (octobre/novembre 2008) English translation pending
Bonjour à tous 🙂 (circuit à paufiner)
Nouveau ici, j'ai pu apprécier vos discussions et m'ont aidé à réaliser mon circuit que je vous soumets:
Nombre de personne : 6 puis 4
Date du séjour: 22 oct 08 au 08 nov 08
Circuit principal : Ouest Américain (4 personnes) + 3j à New York (6 personnes)
=> 22 oct au 25 oct à New York (Vol American Airlines (opéré iberia) depuis Barcelona, escale à Madrid, arrivée NY le 22 apres midi : 450€ AR) => 25 oct au 08 nov ouest US (vol interne Delta de New York à San diego dans la soirée chez le cousin : 240€ AR) Total AR 690€ tout compris
1er Etape : New York Jour 1 (22 oct) : arrivée à 16h pour rejoindre l'appart'hotel "Off Saho suite hostel" au sud de Manathan (reservation la semaine prochaine) pour 228€ l'appart. (prix à diviser par le nombre de personne). Sortie dans un bar sur manathan. => pour se rendre à l'hotel soit le taxi soit la limousine en reservant à l'avance Jour 2 (23 oct) : visite de time Square le matin en remontant Broadway avenue avec empire state building puis on remonte jusqu'à central park, le but étant aussi de voir timesquare le jour et la nuit, donc sur le retour le soir on repasse par TS. (si on a le temps passage par musée art modene, pour photo. Jour 3 (24oct) : visite de la statue de la liberté, batery park le matin, l'apres midi les building, chinatown et le pont de brooklyn Jour 4 (25 oct) : matin on verra et l'apres midi direction JFK pour vol vers San diego, arrivée le soir vers 21h-- 2eme Etape: Ouest Américain Jour 5 (26 oct) : Visite de San diego + location de voiture (c'est un dimanche je dois me renseigner si les locations fonctionnent)
- Jour 6 (27 oct) : San diego - Flagstaff :
500miles soit 800km pour 7h30 voire 8h de route
=> Départ très tôt (si on a pu avoir la voiture la veille) => passage rapide à Meteor Crater (histoire de voir) pour aller dormir à Flagstaff
- Jour 7 ( 28oct) : Flagstaff - Grand Canyon :
80 miles soit 130km pour 1h30 de route
=> visite du Grand Canyon => nuit à Page : Grand Canyon-Page = 140 miles soit 225km pour 2h30
- Jour 8 (29 oct) : Antelope Canyon
=> visite tot pour avoir les rayons de soleil donc 9h30 lowerC et 11h upperC => l'apres midi Horseshoeband en voiture (et si le temps nous le permet, lac powel) => route vers Monument Valley : 125miles soit 200km pour 2h de route Jour 9 (30 oct) : Monument Valley
=> visite du parc MV => route vers Moab: 150miles soit 240km pour 2h30 de route Jour 10 (31 oct) : Arch NP
=> 1j pour visiter un max de Arch NP on verra quelles etapes primer => route vers Bryce Canyon : 280 miles soit 450km pour 4h30 de route Jour 11 (1no) : Bryce Canyon
=> visite de Bryce Canyon => route vers Las vegas : 260 miles soit 415km pour 4h de route Jour 12 (2nov) : Las vegas
=> Visite de las vegas notamment monter en haut del a tour panoramique => Route vers recetrack valley à la vallée de la mort: 210 miles soit 335km pour 4h de route Jour 13 (3 nov) : Death Valley
=> visite de sliding rocks et les alentours => route vers Yosemite : 285 miles soit 455km pour 5h30 de route Jour 14 (4 nov) : Yosemite
=> visite de yosemite en scenic tour sans doute => route vers San Francisco : 195 miles soit 310km pour 4h de route Jour 15 (5 nov) : San Francisco
=> visite du gloden gate, alcatraz et avenues de SF => route vers Los angeles : 385 miles soit 615km pour 6h de route Jour 16 (6 nov) : Los angeles
=> visite de LA, hollywood, beverly hills etc => retour à San diego : 120 miles soit 190km pour 2h de route Jour 17 (7 nov) : San diego
=> on verra le jour même Jour 18 (8 nov) : Retour House
=> San diego -> New york -> Madrid -> Barcelone -> train Perpignan
Pour les hotels du circuit j'ai pu voir sur le livret Boomerang qu'on peut par eux réserver les hotels selon nos étapes à prix intéressant je dois leur téléphoner pour avoir un ordre de prix mais d'après le livre ca reviendait autour des 400€ max pour mon circuit.
Tous vos avis sont bons !
Certes c'estun circuit chaud car longue distance souvent mais bon "pas trop le choix" sauf si vous me proposez quelques suggestions à modifier ou lieu qu'on peut passer car pas nécessaire.
1- Le circuit vous parait faisable et bien? 2- Peut-on louer le dimanche (mais je vais faire des recherches) 3- Existe t-il uen saison des pluies à ces périodes là ou fait-il vraiment froid? (jai pu lire comme chez nous en T°)
Merci
Nouveau ici, j'ai pu apprécier vos discussions et m'ont aidé à réaliser mon circuit que je vous soumets:
Nombre de personne : 6 puis 4
Date du séjour: 22 oct 08 au 08 nov 08
Circuit principal : Ouest Américain (4 personnes) + 3j à New York (6 personnes)
=> 22 oct au 25 oct à New York (Vol American Airlines (opéré iberia) depuis Barcelona, escale à Madrid, arrivée NY le 22 apres midi : 450€ AR) => 25 oct au 08 nov ouest US (vol interne Delta de New York à San diego dans la soirée chez le cousin : 240€ AR) Total AR 690€ tout compris
1er Etape : New York Jour 1 (22 oct) : arrivée à 16h pour rejoindre l'appart'hotel "Off Saho suite hostel" au sud de Manathan (reservation la semaine prochaine) pour 228€ l'appart. (prix à diviser par le nombre de personne). Sortie dans un bar sur manathan. => pour se rendre à l'hotel soit le taxi soit la limousine en reservant à l'avance Jour 2 (23 oct) : visite de time Square le matin en remontant Broadway avenue avec empire state building puis on remonte jusqu'à central park, le but étant aussi de voir timesquare le jour et la nuit, donc sur le retour le soir on repasse par TS. (si on a le temps passage par musée art modene, pour photo. Jour 3 (24oct) : visite de la statue de la liberté, batery park le matin, l'apres midi les building, chinatown et le pont de brooklyn Jour 4 (25 oct) : matin on verra et l'apres midi direction JFK pour vol vers San diego, arrivée le soir vers 21h-- 2eme Etape: Ouest Américain Jour 5 (26 oct) : Visite de San diego + location de voiture (c'est un dimanche je dois me renseigner si les locations fonctionnent)
- Jour 6 (27 oct) : San diego - Flagstaff :
500miles soit 800km pour 7h30 voire 8h de route
=> Départ très tôt (si on a pu avoir la voiture la veille) => passage rapide à Meteor Crater (histoire de voir) pour aller dormir à Flagstaff
- Jour 7 ( 28oct) : Flagstaff - Grand Canyon :
80 miles soit 130km pour 1h30 de route
=> visite du Grand Canyon => nuit à Page : Grand Canyon-Page = 140 miles soit 225km pour 2h30
- Jour 8 (29 oct) : Antelope Canyon
=> visite tot pour avoir les rayons de soleil donc 9h30 lowerC et 11h upperC => l'apres midi Horseshoeband en voiture (et si le temps nous le permet, lac powel) => route vers Monument Valley : 125miles soit 200km pour 2h de route Jour 9 (30 oct) : Monument Valley
=> visite du parc MV => route vers Moab: 150miles soit 240km pour 2h30 de route Jour 10 (31 oct) : Arch NP
=> 1j pour visiter un max de Arch NP on verra quelles etapes primer => route vers Bryce Canyon : 280 miles soit 450km pour 4h30 de route Jour 11 (1no) : Bryce Canyon
=> visite de Bryce Canyon => route vers Las vegas : 260 miles soit 415km pour 4h de route Jour 12 (2nov) : Las vegas
=> Visite de las vegas notamment monter en haut del a tour panoramique => Route vers recetrack valley à la vallée de la mort: 210 miles soit 335km pour 4h de route Jour 13 (3 nov) : Death Valley
=> visite de sliding rocks et les alentours => route vers Yosemite : 285 miles soit 455km pour 5h30 de route Jour 14 (4 nov) : Yosemite
=> visite de yosemite en scenic tour sans doute => route vers San Francisco : 195 miles soit 310km pour 4h de route Jour 15 (5 nov) : San Francisco
=> visite du gloden gate, alcatraz et avenues de SF => route vers Los angeles : 385 miles soit 615km pour 6h de route Jour 16 (6 nov) : Los angeles
=> visite de LA, hollywood, beverly hills etc => retour à San diego : 120 miles soit 190km pour 2h de route Jour 17 (7 nov) : San diego
=> on verra le jour même Jour 18 (8 nov) : Retour House
=> San diego -> New york -> Madrid -> Barcelone -> train Perpignan
Pour les hotels du circuit j'ai pu voir sur le livret Boomerang qu'on peut par eux réserver les hotels selon nos étapes à prix intéressant je dois leur téléphoner pour avoir un ordre de prix mais d'après le livre ca reviendait autour des 400€ max pour mon circuit.
Tous vos avis sont bons !
Certes c'estun circuit chaud car longue distance souvent mais bon "pas trop le choix" sauf si vous me proposez quelques suggestions à modifier ou lieu qu'on peut passer car pas nécessaire.
1- Le circuit vous parait faisable et bien? 2- Peut-on louer le dimanche (mais je vais faire des recherches) 3- Existe t-il uen saison des pluies à ces périodes là ou fait-il vraiment froid? (jai pu lire comme chez nous en T°)
Merci
Visite d'universal studio English translation pending
Bonjour,
Nous avons prévu de visiter les studios universal le lundi 25 aout, faut-il vraiment prendre le front line pass qui coute quand même le double du prix d'un ticket normal ?
Faut-il vraiment être prioritaire pour voir toutes les attractions dans la journée ?
Merci pour votre aide
Nous avons prévu de visiter les studios universal le lundi 25 aout, faut-il vraiment prendre le front line pass qui coute quand même le double du prix d'un ticket normal ?
Faut-il vraiment être prioritaire pour voir toutes les attractions dans la journée ?
Merci pour votre aide
Visiter la Libye en camping-car sans passer par une agence? English translation pending
Bonjour,
Je souhaiterais avoir des informations récentes sur l'obtention du visa pour la Lybie : est ce vraiment indispensable de passer par une agence ? Car nous sommes en camping- car et souhaitons visiter par nos propres moyens ...
On nous a parlé d'un visa de transit obtenu pour 17 jours sans courrier d'agence ni guide mais fait depuis l'Egypte; nous arriverions de Tunisie, savez vous si c'est possible d'obtenir ce même visa dans ce pays? car à priori en France on ne délivre aucun visa de ce type là...
Nous trouvons les formalités d'entrée en Lybie bien compliquées mais nous tenons vraiment à visiter ce pays qui a l'air magnifique...
Merci pour vos réponses
Retrait maximum par carte bancaire en Argentine English translation pending
Coucou les voyageurs
nous venons de quitter l'argentine, et il n'est plus possible de tirer avec n'importe qu'elle carte bancaire et ce dans tous les distributeurs de banques, plus de 300 pesos argentin à chaque fois !!! Si si si, c'est une loi protectrice qui émane surement des banques, donc, comprenez bien, si vous voulez 3000 faudra faire 10 retraits avec tous les frais que cela entraine...je vous conseille donc de bien calculer vos frais et ne soyez pas surpris !
Sauf bien sur si vous avez un compte en argentine !!!
bon voyage Anne et fred La Paz
nous venons de quitter l'argentine, et il n'est plus possible de tirer avec n'importe qu'elle carte bancaire et ce dans tous les distributeurs de banques, plus de 300 pesos argentin à chaque fois !!! Si si si, c'est une loi protectrice qui émane surement des banques, donc, comprenez bien, si vous voulez 3000 faudra faire 10 retraits avec tous les frais que cela entraine...je vous conseille donc de bien calculer vos frais et ne soyez pas surpris !
Sauf bien sur si vous avez un compte en argentine !!!
bon voyage Anne et fred La Paz
Retour de croisière sur le Norwegian Gem depuis Barcelone English translation pending
eh bien oui,
ça y c'est fini le luxe et la démesure, les repas sans limite les "good morning " les animaux en serviette, les boissons sirotées dans le jaccusi, enfin bref il faut se faire une raison, le boulot a aussi ces bons cotés non?
Bref si vous avez besoins d'infos sur le bateau, la débrouille aux ports d'excursion (barcelone, italie, malte), profitez que tout est bien frais dans ma tête, c'est avec plaisir que je vous répondrai.
Mention spéciale pour doucet que j'ai fini par croiser le dernier matin, je les espère bien rentrés, et leur dis a bientôt sur le forum pour parler de notre expérience plus ou moins commune.
Retour d'une visite de 40 hôtels à Cancun et Riviera Maya English translation pending
Bonjour tout le monde!
Peut être que vous avez déjà vu un de mes post dans la rubrique Tout inclus en Jamaique disant que j'avais fait la visite de plusieurs hotels...et bien me revoila, mais ce coup-ci, c'est pour Cancun/Riviera Maya. J'ai visité 40 hôtels en 6 jours en novembre 2007 encore avec TMR. Oufff!! C'est du travail quand même, mais j'ai quand même profité de la belle température! :)))
Voilà, donc simplement pour vous dire que si vous avez des questions sur certains hôtels concernant cette destination, hé bien, ca va me faire très plaisir d'y répondre. Bon, on s'entend que je ne pourrais répondre à toutes les questions car il y a tellement un paquet d'hôtels à cet endroit, je ne les ai, bien sur, pas tous visités!
Au plaisir de répondre à vos questions!
Oceane
Peut être que vous avez déjà vu un de mes post dans la rubrique Tout inclus en Jamaique disant que j'avais fait la visite de plusieurs hotels...et bien me revoila, mais ce coup-ci, c'est pour Cancun/Riviera Maya. J'ai visité 40 hôtels en 6 jours en novembre 2007 encore avec TMR. Oufff!! C'est du travail quand même, mais j'ai quand même profité de la belle température! :)))
Voilà, donc simplement pour vous dire que si vous avez des questions sur certains hôtels concernant cette destination, hé bien, ca va me faire très plaisir d'y répondre. Bon, on s'entend que je ne pourrais répondre à toutes les questions car il y a tellement un paquet d'hôtels à cet endroit, je ne les ai, bien sur, pas tous visités!
Au plaisir de répondre à vos questions!
Oceane
Mon premier voyage au Maroc English translation pending
Départ programmé pour le 2 décembre... 2005. Hé oui, cela fait un bout de temps que tout cela est arrivé, mais dans mon coeur, c'est encore hier !
Destination... MAROC, d'abord MARRAKECH, puis ESSAOUIRA.
Il fait gris et froid lorsque nous arrivons à Toulouse, mais nous sommes tellement contents que cela nous est indifférent ! Le hall de l'aéroport est déjà décoré pour les fêtes de la Noël et, comme des enfants, nous posons devant les guirlandes argentées.
Nous sommes accueillis chaleureusement par l'équipage marocain de la compagnie Atlas Blue. Nous avons choisi le côté hublot, nos amis sont assis derrière nous. Un peu de crispation et d'excitation au moment du décollage et puis la magie opère. Voir la terre d'aussi haut est un spectacle dont je ne me lasse pas. Quelques photos, avec juste un petit bout d'aile d'avion, pour éviter toute allusion à un quelconque trucage, de la ville de Toulouse qui s'éloigne à toute allure. Nous passons au dessus des nuages bas qui donnaient à la campagne un air si triste et montons à la rencontre d'un ciel tout bleu. Petit virage vers l'ouest ( je suis très attentive 😏) nous ne passerons pas au dessus des Pyrénées et nous dirigeons vers l'océan. En face de nous, il y a plein de choses appétissantes, une immense île flottante, des nuages pareils à de la crème fraîche en pleine émulsion... ou alors celle sublime d'un cappuccino géant ! Ah, on voit bien que j'ai été à bonne école avec mon mari pâtissier ! Puisqu'on parle de gâterie, voici que s'avancent dans l'allée, le steward et l'hôtesse. Ils poussent devant eux un chariot et nous dégusterons (Jean et moi), notre "première" corne de gazelle accompagnée du "premier" thé à la menthe : PREMIER, est le mot que je vais employer une multitude de fois ! Nous sommes un peu le "ravi" de la crèche : L'innocent, quoi ! Le voyage se poursuit sans incident et l'heure approche où notre avion prendra contact avec le sol marocain.

Nous faisons le retour avec en pointe de mire, le minaret de la Koutoubia.
Finie la quiétude ! Le brouhaha augmente au fur et à mesure que nous nous rapprochons de la ville. Infernal ! Des voitures de tous les côtés, des mobylettes, vélos, piétons, taxis, bus, à croire que tout Marrakech était de sortie. Jean filme cette cohue et c'est en "formation très serrée" que nous tenterons la traversée du boulevard.
Ce soir, nous mangerons sur la place, mais dans un boui-boui de première classe ! Notre "table" a vue sur la "cuisine" et la "plonge" ! Le cœur est au bord des lèvres et le fou rire, au rendez-vous. Cela nous a donné l'occasion de faire du régime, difficile de finir l'assiette quand le cœur n'y est plus !
Il faut aller se coucher, demain départ pour Essaouira.--
LUNDI MATIN.
Fouzia s'est chargée de la location de la voiture et nous avons rendez-vous avec elle sur la place. Ell nous conduit hors les murs à grands coups de klaxon énergiques. Il ne faut pas hésiter à s'en servir si on veut avancer ! Il n'y a que 178 kms jusqu'à Essaouira et nous décidons de faire une petite balade en montagne. Pourquoi pas les gorges de l'OURIKA ? Nous longeons les remparts de Marrakech et descendons vers le sud. La vallée de l'Ourika se trouve à environ une cinquantaine de kms de la ville. Nous traversons la plaine du HAOUZ, la route monte tranquillement, le plein d'essence a été fait. La voiture, dont le kilométrage est élevé, semble bien marcher. Cette promenade va servir de test. Pierre est au volant, Jean joue le co-pilote, les gazelles sont assises sagement à l'arrière. L'appareil à photo prêt à saisir une image insolite, nous sommes toutes les deux très attentives. Nadine a quelques difficultés à discipliner son mari, "moustache dorée" a décidé de conduire comme dans le Dakar. La route d'abord, les paysages ensuite. Pourtant il y a de jolis photos à faire : les couleurs ocre et rouge de la terre, les tapis mis en exposition ou à sécher au bord de la route, le torrent qui descend le long de la vallée, les montagnes de l'Atlas qu'on aperçoit de temps en temps. Sur la rivière, de fragiles passerelles relient quelques masures à la route. Comme il se fait gronder, Pierre finit par arrêter la voiture. Nous sommes à peine descendus du véhicule, que deux très jeunes enfants et un homme relativement âgé, se précipitent sur nous, quémandant une pièce. Nous fouillons nos poches et donnons dirhams et carrés de chocolat. Du coup, retour dans la voiture. Nos hommes rigolent en douce ! Route large et virage prononcé, mais les montagnes qui se détachent au loin sont tellement belles, que nous nous arrêtons un fois de plus. Nous étions pourtant avertis, c'est comme un mirage, on se croit tout seul et tout à coup surgissent d'on ne sait où, un gars en mobylette qui nous présente un plein panier de bijoux de pacotille, et deux enfants à pied, qui courent de toutes leurs jambes pour ne pas louper les touristes ! Eux, veulent nous vendre des fruits. Repli précipité dans la voiture. Nous décidons de ne plus nous arrêter jusqu'au village de SETTI-FATMA.
Nous sommes attendus, là aussi. Il y a pléthore de guides sur le petit parking où nous sommes obligés de nous garer. Nous choisissons le plus proche de nous, il s'appelle RACHID. Il parle bien le français avec un petit accent rigolo. Il va nous conduire jusqu'à la troisième cascade (il y en a sept). C'est une promenade sympathique que nous ferons en sa compagnie. Nous traversons le cours d'eau sur un passerelle de troncs d'arbres et prenons le sentier qui nous fera grimper gentiment, mais sûrement jusqu'au but final de l'expédition. C'est un parcours ombragé où la présence de saules pleureurs et noyers, nous intrigue. Effectivement, ce sont les Français qui ont amené les plants de ces arbres, il y a de nombreuses années. Les hommes montent gaillardement et Rachid est plein d'attention pour les fragiles gazelles. Une marche trop haute, une pierre glissante, il est là qui nous tend la main, nous"calme le cœur" (nous rassure, et nous indique les bons passages. Chaque détour du sentier nous réserve une surprise. D'abord, les restaurants qui jalonnent le parcours, leur terrasse sous les arbres avec le sol jonché de tapis, poufs et tables basses, tajines qui mijotent sur de petits murs, réfrigérateur "berbère", de simples étagères où, avec un système ingénieux, les bouteilles de soda sont rafraîchies naturellement par de l'eau "de source", qui n'est autre que celle du ruisseau ! Plus loin, un marchand de bijoux et autres objets, eux aussi installés sur des tapis à même le sol, nous fait des offres alléchantes.
De temps en temps, nous faisons une petite halte pour "casser la fatigue" comme dit si joliment Rachid. Nous en profitons pour lui poser des questions sur sa famille, son métier, son village. A la question curieuse, mais combien féminine de Nadine : "combien as-tu de femme, Rachid ?"... il répond en éclatant de rire : "Oh, une seule, ça suffit, autrement il y a trop de soucis !"
Les cascades ne sont plus très loin, nous les entendons, les pierres sont plus glissantes par endroit et Nadine profite de la sollicitude de notre guide, pour accaparer sa main ! Photos, bien entendu, et descente vers le village.

Fin de ce récit et suite sur une autre page intitulée "ESSAOUIRA la blanche". Merci des gentils messages reçus, je vais essayer de m'appliquer pour la suite. essaouira, la blanche. -- Ceci est la suite de mon premier récit : "PREMIER VOYAGE AU MAROC". -- Nous sommes toujours en décembre 2005, nous venons de quitter Rachid, notre gentil guide dans les gorges de l'Ourika. Cette fois-ci, nous ne nous arrêterons plus et reprenons la direction de Marrakech. Il faut arriver avant la nuit à ESSAOUIRA. De Marrakech à Essaouira, la longue route se déroule devant nous, la circulation assez dense de camions et autres engins n'autorise pas les fantaisies. Pierre se consacre à la conduite de notre Palio blanche, et pour une fois, les gazelles ne parlent pas trop fort ! De grandes étendues inhabitées et puis, au bord de la route, une grande bâtisse pratiquement recouverte de tapis. Nous approchons de CHICHAOUA. La traversée de SIDI MOKTAR nous surprend. Que s'est-il passé ? La rue principale est défoncée, des tracteurs, camions et autres engins de travaux sont sur le bord de la route. Les gens ont des pelles et des pioches entre les mains . Un peu plus loin, dans le lit de l'oued, creusé profondément, des carcasses de voitures, les unes sur les autres, nous donnent à penser qu'il y a dû y avoir de terribles inondations. Nous en aurons la confirmation en parlant de cela avec les gens de Essaouira. Nous nous sommes attardés, et préférons donner un coup de fil à Brahim, notre prochain hôte. La nuit est tombée depuis un petit moment, la destination est proche, les remparts de la ville sont éclairés et nous trouvons une place de parking sur une grande place. Un dernier coup de fil et Brahim est là, tout engoncé dans un vieux manteau taché, un grand sourire sur les lèvres. Il va nous conduire jusqu'au riad. Un jeune garçon met nos bagages dans une charrette à bras, nous passons une des portes de la ville, Bab Marrakech, voilà qui est facile à retenir ! Un enchevêtrement de ruelles mal éclairées, un sol aux pavés inégaux, nous cheminons tant bien que mal derrière eux. Ils s'arrêtent devant une porte peinte en jaune, un tour de clé et nous pénétrons dans une minuscule entrée d'où part un escalier raide aux marches usées et de hauteur inégale. Après notre escapade en montagne, cette ascension est rude à nos jambes. Nous contenons un petit rire en passant devant une porte bleue sur laquelle est écrit en lettres noires "twalit turk". Nous espérons quand même que ce ne sont pas les toilettes communes de l'hôtel !

Comme tous les riads, la maison est construite autour d'un patio. Celui-ci est tout étroit, garni de plantes vertes qui grimpent, cherchant la lumière. Nous sommes au second étage, les murs sont blancs, les portes, volets et fenêtres bleus. Des ouvriers font des travaux de ravalement et de peintures. Brahim nous explique qu'il profite de la saison creuse pour arranger de riad acheté il y a quatre ans. Le décor est tout à fait différent de celui que nous avons connu à Marrakech. Les chambres sont meublés à la spartiate, tout est parfaitement propre, mais il fait froid, un peu humide et j'ai un petit coup de blues. Pas de tapis sur le sol, mais une grosse couverture sur le lit me rassure, je ne vais pas avoir froid et contrairement à Marrakech, nous pourrons dormir dans le même lit . (Jean et moi, of course ! 😉)
Nous remplisssons la fiche d'entrée et partons à la découverte de la ville.
ESSAOUIRA, "ES AOUIRA", la "bien dessinée".
Ses rues larges et rectilignes ont été dessinées par un ingénieur français, prisonnier du sultan Sidi Mohamed ben Abdallah. ( c'est fou ce qu'on paraît savant dès qu'on consulte le guide 😏)
C'est par la Porte de la Marine que l'ingénieur commença. Puis il ceignit la ville de remparts et dessina les rues rectilignes.
Nous trouvons sans peine l'une des grandes rues principales. Les magasins sont ouverts, les gens que l'on croise, d'un calme qui nous surprend après la folle ambiance de Marrakech ! Nous sommes fascinés par la tenue vestimentaire de la plupart des femmes. Elles portent le lourd "haïk" blanc qui, de dos, les fait ressembler à notre vierge Marie. Beaucoup d'hommes, eux, portent la longue robe brune à capuchon. On se croirait dans un péplum !
Miracle, nous passons devant les devantures et personne pour nous forcer la main ! Les prix sont affichés dans la plupart des boutiques, il sera sûrement plus facile d'acheter ici, sans tomber dans les marchandages dont ils sont si friands et qui me gênent terriblement.
Nos pas nous conduisent petit à petit vers le port. Une multitude de mouettes s'envolent bruyamment à notre approche pour se poser quelques pas plus loin. le soleil ne diffuse plus qu'une faible lumière et il est difficile de faire des photos. Les barques bleues sont là, dans la pénombre, elles se balancent doucement et semblent nous dire, "à demain".
Juste à côté de la Porte de Mogador (ancien nom d'Essaouira), se trouve un petit restaurant. Les portes sont grandes ouvertes et le menu alléchant. Nous nous retrouvons tout naturellement assis devant des tables basses, sur les banquettes qui courent le long des murs. Le maître des lieux nous accueillent avec effusion, nous donnant l'impression d'être déjà de vieilles connaissances, attendues avec grande amitié !
J'arrive à trouver le sommeil malgré le froid qui règne dans la chambre. Nouvelle surprise au réveil, pas d'eau chaude pour la douche. On saura, trop tard, qu'il aurait fallu demander la veille ! La toilette est vite expédiée au lavabo, le petit déjeuner pris sur la terrasse, un étage plus haut, nous réconciliera avec la famille de Brahim.
Le bon pain rond et croustillant nous attend avec de la confiture et du beurre qui, cette fois, sied à notre palais. Qu'est-ce qu'on peut être "bourge" quelquefois ! 😏
porte Bab Marrakech
Appareil photo en main, nous sortons de la médina par la porte Bab Marrakech et nous filons tout droit vers la plage. Pas pour nous baigner, non ! Il ne faut pas exagérer, il fait beau, le soleil brille mais la petite laine est de rigueur.
C'est une immense plage de sable fin. La lumière est superbe. La mer vient de se retirer, laissant derrière elle suffisamment d'eau pour que les nuages et les oiseaux s'y reflètent. Magnifique ! Quel beau miroir ! 

Nous redécouvrons le port, cette fois, au grand jour. Les bateaux de pêche sont à quai, les pêcheurs déchargent le poisson, principalement des sardines. Là aussi, on voit les difficultés qu'ils doivent rencontrer. Les bateaux tiennent la mer, mais ils montrent des signes évidents de vétusté, la rouille est omniprésente et même si les couleurs sont belles, elles ne cachent pas la misère sous-jacente.
Sur le port, les charpentiers construisent de lourdes embarcations selon les traditions ancestrales. Ils utilisent des bois d'acajou et d'eucalyptus. Plus loin, des pêcheurs retapent leurs filets aux couleurs surprenantes : bleu, beige, violine, vert, ocre, orange. Les jolies barques bleues se balancent au gré de la houle, bien à l'abri de la petite rade. Des femmes vendent en très petite quantité, des poissons simplement posés sur des bouts de cartons, à même le sol. Les mouettes se disputent les morceaux de viscères laissés par terre et s'envolent en protestant vigoureusement lorsqu'on les dérange. L'animation est grande et bon enfant. Nous profitons du spectacle avec beaucoup de plaisir et sommes conscients de la chance d'avoir, au moins financièrement, une vie plus facile. Je surprend Jean à maintes reprises, à sacrifier à la "sadaka", l'aumône que tout bon musulman doit à son prochain. Il a souvent le cœur gros en voyant toutes ces personnes âgées, qui, sans un mot, le regard un peu fixe, tendent la main aux passants. Nous serons les témoins de la charité de certains commerçants. Celle en particulier, d'un marchand de poissons frits, qui le soir, puisait largement dans ses réserves.
La vie à Essaouira est largement plus reposante que celle des grandes villes. Nous avons sympathisé avec le jeune marchand de babouches dont nous avons fait baisser fortement le stock. Nos deux garçons, les enfants et petits-enfants de Nadine, seront chaussés pour un moment ! Lorsque nous passons devant sa boutique, il nous salue chaque fois avec enthousiasme.
Les sollicitations des boutiquiers sont nettement moins pressantes, il y a bien encore celles des "apothicaires" qui veulent vendre à nos maris à tout prix (et à tous prix), une poudre aphrodisiaque ! Nos "gazous" déclinent l'offre vigoureusement, ce qui fait rire les marchands. La bonne humeur est de mise dans ce pays, je crois que c'est une des choses qui nous marquera le plus .

Il fait bon se promener au soleil, nous repartons en direction de la Porte de la Marine. Plus loin, une rampe d'accès mène à la Sqala de la Casbah dont la tour crénelée surplombe l'océan. Il y a une rangée impressionnante de canons dirigés vers le large. Heureusement, j'apprends qu'ils n'ont jamais servi. Une jeune femme, un bébé dans les bras, expose de minuscules aquarelles. Je ne résiste pas à la tentation et j'ai souvent une pensée pour elle, chaque fois que je les regarde à la maison. Nous prenons le temps de flâner, d'un côté l'océan, de l'autre les petites rues qui, en contre bas, bordent les remparts.
plus loin, dans la ville, la vue d'une petite place au fond d'une ruelle attire le regard de Jean. Elle est entourée d'arcades sous lesquelles, plein de petites boutiques sont ouvertes. Poussant ses investigations plus loin, Il découvre le marché aux poissons. Plusieurs étals offrent à la convoitise des gourmands, de superbes sardines, congres, crevettes et autres produits de la mer. Un homme enseigne à Jean, la façon de procéder : On choisit le poisson sur n'importe quel étal, on le paye à qui de droit et, muni d'un poche en plastique dans laquelle sont placés nos achats, on se dirige au fond du souk où un jeune homme fera cuire tout ça dans un four archaïque mais qu'il a l'air de maîtriser parfaitement.
Extra...le poisson cuit à merveille, l'accueil, l'ambiance et l'authenticité du moment que nous vivons !
Tout de blanc vêtus, de drôles d'instruments dans les mains, des musiciens font leur numéro. Je leur donne quelques dirhams et les voilà tout près. Comme Jean les filme, ils attaquent plus vigoureusement leur morceau, c'est rigolo. C'est l'heure de l'addition, nous sommes sidérés par la modestie de la somme qu'ils demandent : 2€40 pour la cuisson, le poisson que nous avons acheté, était déjà d'un prix dérisoire, nous sommes surpris. Pour ne pas nous sentir trop coupables, nous nous fendrons d'un bon pourboire.
Dans une petite rue, le long des remparts, des ébénistes travaillent le bois de thuya. Des artisans en marqueterie font des incrustations de citronnier, de nacre et d'argent. Leurs ateliers sont minuscules et leurs outils rudimentaires. Tout cela sent bon et Nadine "sniffe" dans tous les pots. Préférant acheter chez l'artisan, nous repartirons avec notre cargaison de petites boîtes, de petits pots. J'ai la chance de dénicher sur une étagère, une mignonne fatma dont le bois brun et luisant, est doux au toucher. Le menuisier se prête gentiment à la séance photo et poursuit son labeur. Nous l'observons un moment, plein d'admiration. Il travaille tantôt sur les racines de thuya, tantôt sur sur le tronc. Les objets présenteront soit une surface d'un brun uni, soit plus ou moins veinée. Ses confrères montrent la même intensité au travail, il faut dire qu'ils doivent fournir les nombreuses boutiques, plus loin. Nous retrouverons dans celles-ci, les pieds de lampes, les encadrements, les plumiers et jouets de bois, les boîtes rondes ou carrées, bombées ou plates, petites ou grosses, toutes aussi tentantes les unes que les autres.
Il est 18h lorsque nous repassons par la bab Marrakech. Nous sommes hors la médina et un petit crochet nous amènera par hasard, devant une église. Surpris, nous poussons la lourde porte. Cette église, dédiée à la Vierge Marie et à son Assomption, est le témoignage de la présence pendant plusieurs siècles, de la chrétienté en cette ville. Nous sommes accueillis par "FLANE" (Mr X ou un tel, en marocain), une sculpture marocaine, représentant un mendiant aveugle, un pauvre, un anonyme, celui que l'on peut voir devant la porte des mosquées et qui tend la main. C'est avec beaucoup d'émotion que nous admirons cette humble silhouette filiforme et la représentation de la Vierge et de son Enfant. Nous sommes saisis par l'atmosphère si particulière de cette église dans laquelle se mêlent si intimement, foi chrétienne et culture marocaine. Les statues, les tapis sur le sol, la senteur du thuya, l'autel et la croix ornés de marqueteries, tout cela nous surprend. Essaouira est la seule ville à posséder une église dont les cloches sonnent tous les dimanches à 10h !
L'autel
la Vierge et l'Enfant
Flane
Revenons à des préoccupations plus épicuriennes ! Ne serait-ce pas l'heure de manger ? Non, on ne pense pas qu'à ça !... d'ailleurs on va faire du sport dans très peu de temps, puisque notre montre n'affiche pas la même heure que celle qui carillonne dans notre estomac ! Ce sera plutôt main dans la main que nous déambulerons lentement sur le sable. De grandes quantités de branches jonchent la plage. Charriées par une rivière jusqu'à l'océan, le courant les a rejetées sur la berge. Les gens les ramassent et s'en servent de combustible. Rien ne se perd ! Le soleil et assez bas et l'horizon a de magnifiques couleurs. Les mouettes jouent les stars devant notre objectif et piaillent de toutes leurs forces. Spectacle garanti et magique sur le port : Le soleil et assez bas et l'horizon a de magnifiques couleurs. Les mouettes jouent les stars devant notre objectif et piaillent de toutes leurs forces. Le battement effréné de leurs ailes fait un bruit d'enfer... les oiseaux de Hitchcock sont là ! En premier plan, un homme vêtu de son burnous, le capuchon sur la tête. Une femme de dos, le haïk blanc joliment drapé nous font plonger deux millénaires en arrière. Plus loin, le
spectacle dantesque de la tour crénelée en contre jour, du soleil en train de plonger dans l'océan illuminant de ses derniers feux la petite île de Mogador, nous laisse pantois. Nous cherchons à voir le "rayon vert", que ne peuvent percevoir que quelques veinards, et mitraillons avec passion cette superbe scène. Derrière nous, les remparts sont comme éclairés de mille projecteurs. Mais quel bonheur d'être là !





Bien entendu, la poésie ne remplissant pas les ventres, nous partons à la quête de l'endroit où nous pourrons assouvir une petite fringale. Et bien ce sera la seule fausse note dans notre séjour : décor à vous faire cauchemarder et repas pas à la hauteur de nos attentes. Pas grave !
Déjà mercredi, comme le temps passe vite !
Une petite escapade est prévue, emplettes au centre ville-- pain, sardines en boîte, clémentines, tomates, eau minérale-- Il y aura pique nique sur une des plages entre Essaouira et Agadir.
P8, la route côtière qui descend sur Agadir. Au bout de quelques kilomètres, nous bifurquons en direction de la plage fort prisée par les surfeurs, SIDI KAOUKI. Deux hommes attendent les touristes, le premier, un magnifique chamelier et son dromadaire, le second, un magnifique "casse-pieds", les bras remplis de colliers, bracelets et bagues en métal! Contre quelques dirhams, nous pouvons poser devant le dromadaire. Quant au second bonhomme, il arriva à nous gâcher la promenade sur la plage, tant sa présence auprès de nous est envahissante ! Nous avons beau refuser ses avances, ne plus le regarder, ne plus lui parler, rien à faire ! Il nous suit tout le temps et, énervés par son insistance, nous finissons par fuir cette plage. Il y a là une "koubba", chapelle élevée sur la tombe d'un marabout. Le tombeau à coupole blanche est accolé à une tour ancienne, en partie ruinée.
Tant pis, nous nous en allons, pestant contre ce pauvre homme qui n'a pas réussi à nous soutirer une seul dirham ! Non, mais !
Le paysage défile et nous sommes à l'affût. La route est bordée d'arganiers, cet arbre miracle, dont le bois sert à fabriquer du charbon, les feuilles à nourrir les chèvres. Les noyaux rejetés par ces dernières, sont recueillis par les bergers. Ils en extraient l'huile d'argan qu'on utilise en cuisine. Lorsqu'elle est dénaturée, on s'en sert pour l'éclairage. Cette huile est raffinée d'une autre façon lorsqu'elle devient un produit de beauté.( Ben dis donc, j'espère que tout ce que j'écris est vrai, autrement, il y en a qui vont se moquer de ma naïveté. Je crois tout ce qu'on me dit ! 🤪)
Nous avons entendu parler de la façon dont les chèvres peuvent aller chercher leur pitance, haut dans les arbres. Nous sommes déçus et pensons à une galéjade. Il y a des chèvres, il y a des arbres, mais pas de chèvres en haut des arbres. Tiens, il y en a une sur la première branche d'un arganier. Vite, photo. Et puis au détour du chemin, un "arbre à chèvres", deux "arbres à chèvres" ! Fantastique ! Elles broutent les feuilles les plus hautes, leurs petits sabots solidement accrochés aux branches, c'est rigolo ! Le petit chevrier qui les garde, n'a guère plus de huit ans. Il est beau avec ses boucles brunes et ses grands yeux noirs. Il n'a pas la chance d'aller à l'école et fait un travail d'adulte. Nos poches sont pleines de bonbons achetés à Essaouira, quelle chance.
Nous traversons des zones de culture où les hommes poussent des charrues aux étranges attelages. Un dromadaire avec un âne, un âne avec un cheval, de temps en temps, deux dromadaires ensemble.
Un panneau indique la plage "TAFADNA". C'est par là que nous allons pique niquer. La route descend rapidement en direction de la plage. Elle est immense et fait penser à celles des Landes. Le village de pêcheurs, bleu et blanc, est bâti à même le rocher, des arcades laissent voir l'intérieur des habitations et de petits restaurants où Jean voudrait bien nous entraîner. Pas question, ils sont en train de cuisiner des "noubias".. des "loubias"... bref, des tripes !
De petites barques vont et viennent, leur chargement est transporté ensuite par des carrioles tirées par de petits ânes. Ils pêchent surtout la dorade, le merlan et le calamar.
Il fait beau, il fait chaud, nous recherchons un coin d'ombre dans les rochers et entamons avec appétit, nos provisions. Enfin un endroit sans importun ! Un vrai miracle !


Ce soir, nous mangerons, dans un petit restaurant, une succulente "harira", accompagnée d'un tajine au poulet, pruneaux et amandes. Nous finirons bien sûr par une tasse de thé à la menthe, servie par un jeune homme si grand, que j'ai dû mettre mon appareil de photo de travers pour pouvoir l'avoir sur la pellicule. Et ça le faisait rire, à ce grand gaillard !
La fatigue se fait sentir, il faut se coucher tôt, demain nous repartons à Marrakech.
Jeudi matin : Nous sommes le 8 décembre et c'est la dernière promenade dans les rues de la ville. Jean juge préférable d'acheter un sac de sport, car nos achats de dernière minute, risquent de ne pas contenir dans nos valises. Sacrées gazelles !
Nous traînons un peu les pieds et regrettons de partir. Nous admirons l'ingéniosité et l'habileté de ces artisans. Un jeune homme fabrique en un tour de main, des objets insolites, à partir de pédaliers, de chaîne, de roues, de morceaux de fil de fer, de câble. Il visse, il perce, il cloue et trouve une fonction à tout ce qui lui passe entre les mains. Il expose sur le trottoir, dans un assortiment hétéroclite, le produit de son inventivité. Cet immense jeu de mécano nous laisse perplexes et, en même temps, admiratifs.
Les épiciers ambulants ont étalés leurs marchandises : les légumes, les fruits sont bien tentants. Nous prenons plaisir à observer le comportement de leurs clients, puis décidons d'acheter des mandarines. Inutile de chipoter, il faut prendre, soit un demi-kilo, soit un kilo de fruits, car ils ne disposent pas d'autre unité de poids que ceux-là !Nous sommes gourmands, pas de problème. Une bouteille d'eau, du pain et à nouveau, des sardines. Nous voilà fin prêt pour un autre pique nique. Petit coup de chiffon sur le pare brise plein de poussière, c'est Jean qui prend le volant.
Nous sommes un peu mélancoliques de quitter Essaouira. Cette ville de marins et d'artistes, cernées de remparts, ouverte sur la mer, aux maisons blanches et bleues, nous a véritablement enchantés. Nous nous arrêtons dans un virage et prenons une dernière photo d’elle, toute blanche dans la lumière du matin.
petit repas pris sur le pouce, sur une place de village, les tomates et le pain que nous n'avons pas mangés, seront donnés à un pauvre homme qui mendie sur un banc. Ce sera notre "flane" à nous. Nous pratiquons la "sadaka" avec application, il est vraiment impossible de rester indifférent à ce qui se passe autour de nous. Un verre de thé à la menthe dans un café "chic", un arrêt pipi dans des toilettes "dernier cri", en voiture et direction Marrakech. L’entrée dans la ville est laborieuse, heureusement, Jean au volant, ne s'en laisse pas compter et conduit dans la cohue comme un chef.
Nous avons rendez-vous avec Fouzia qui doit récupérer la voiture. Nous retrouvons avec plaisir le riad et la petite Raja, aussi mignonne qu'il y a trois jours. Les rues de Marrakech sont aussi bruyantes et animées, mais nous y replongeons allègrement. Le restaurant "El Badi" nous accueille pour la dernière fois et le tajine que nous dégustons est à la hauteur de notre appétit. Promenade digestive sur la place des ferblantiers où nos gazous se font prendre en photo, le bras levé bien haut, la théière bien en main, en train de se servir une tasse de thé fumant.
Vendredi matin, déjà ! Il faut remplir nos sacs, libérer nos chambres. L'avion ne part qu'à 16h, nous laissons nos bagages à Raja, et les récupérerons plus tard. Une dernière visite dans les souks s'impose. Nous n'avons pas fini nos achats ! 😏
Les hommes sont patients et nous accordent la possibilité de dépenser nos derniers dirhams. Nous faisons les gourmandes, nous hésitons, nous regardons de tous les côtés cherchant l'inspiration.
Une vraie caverne d'Ali Baba devant nous ! Le mur, au fond de la pièce, est tapissé d'une quantité incroyable de petites théières de fer blanc. A droite, des pots de toutes tailles, de toutes couleurs, sont disposés sur le sol et sur plusieurs étagères. A gauche, des tajines aux couleurs chaudes, des assiettes, des pots de faïence bleue, des poignards dans de jolis étuis brillants. Au plafond, des lanternes aux vitres multicolores. Le marchand nous surveille du coin de l’œil et nous invite à entrer : "pour le plaisir des yeux". Il nous recommande de "garder le sourire", même si nous ne faisons pas affaire avec lui.
A mon avis, il a compris que nous allons nous laisser tenter et doit déjà calculer !
Nous furetons avec des airs de conspiratrices, en essayant de ne pas prendre un air trop intéressé, tout en aiguisant notre regard pour trouver dans ce capharnaüm, le petit truc qui nous fera flancher ! Il doit se marrer, le marchand !... Ce n'est pas "un truc", mais beaucoup de petits objets qui seront emballés à la vitesse d'un prestidigitateur, dans un modeste papier brun. Voilà qui va bien remplir le sac que Jean a acheté. Les gazous, généreux, passent à la caisse, le marchandage n'a pas été long, Jean ayant dévoilé un peu trop vite le montant de la cagnotte ! Tant pis, nous avons l'impression d'avoir les plus belles choses de Marrakech dans nos mains.
Fouzia nous attend, un taxi va nous amener à l'aéroport. Un pincement au cœur en quittant notre gentil guide, mais les formalités d'embarquement chassent vite notre spleen. Nous voici dans l'avion, un dernier regard sur la Menara et son oliveraie que nous survolons, une dernière photo aérienne de Marrakech, et nous prenons très vite de l'altitude. Le ciel est dégagé, la nuit tombe vite et le survol du détroit de Gibraltar et de l'Andalousie est un spectacle de toute beauté. Ce n'est qu'un scintillement de lumières multicolores, semblables à des millions de guirlandes de Noël. Les Pyrénées sont cette fois visibles et nous les découvrons avec émotion, comme si nous étions partis depuis des siècles! Toulouse est bientôt en vue et c'est le froid qui nous accueille sur l'aéroport.
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J'ai écrit ces "quelques" lignes, un mois après être revenue du Maroc. Il m'a fallu un certain temps pour me défaire de l'envoûtement dans lequel ce pays m'a plongé. Je crois que je vais garder longtemps au fond du cœur, le sentiment d'avoir vécu quelque chose d'exceptionnel. Je n'oublierai pas de sitôt, Marrakech et sa frénésie de vivre, Essaouira la calme ville bleue et blanche, les beaux costumes traditionnels, tout droit sortis de l'ancien Testament, les contacts amicaux et chaleureux avec les gens du pays, les apothicaires et leurs produits miraculeux, les petits ânes tirant vaillamment des carrioles trop lourdes, les palais visités aux légendes dignes des "mille et une nuits", l'appel du muezzin qui nous a fait sursauter plus d'une fois, les jardins remplis de roses, le paradis qu'est le jardin Majorelle, les épices colorés aux senteurs envahissantes, les délices de leurs pâtisseries au miel, toutes ces couleurs merveilleuses, le brouhaha continue dans les souks et surtout, surtout.... les appels aux "gazelles", dont je ne me suis pas lassée !
--La preuve, nous y sommes repartis en décembre 2006. Cela fera l'objet, d'un autre récit.... Faut bien occuper les temps libres que laisse la retraite ! 😕😉😄
Il fait gris et froid lorsque nous arrivons à Toulouse, mais nous sommes tellement contents que cela nous est indifférent ! Le hall de l'aéroport est déjà décoré pour les fêtes de la Noël et, comme des enfants, nous posons devant les guirlandes argentées.
Nous sommes accueillis chaleureusement par l'équipage marocain de la compagnie Atlas Blue. Nous avons choisi le côté hublot, nos amis sont assis derrière nous. Un peu de crispation et d'excitation au moment du décollage et puis la magie opère. Voir la terre d'aussi haut est un spectacle dont je ne me lasse pas. Quelques photos, avec juste un petit bout d'aile d'avion, pour éviter toute allusion à un quelconque trucage, de la ville de Toulouse qui s'éloigne à toute allure. Nous passons au dessus des nuages bas qui donnaient à la campagne un air si triste et montons à la rencontre d'un ciel tout bleu. Petit virage vers l'ouest ( je suis très attentive 😏) nous ne passerons pas au dessus des Pyrénées et nous dirigeons vers l'océan. En face de nous, il y a plein de choses appétissantes, une immense île flottante, des nuages pareils à de la crème fraîche en pleine émulsion... ou alors celle sublime d'un cappuccino géant ! Ah, on voit bien que j'ai été à bonne école avec mon mari pâtissier ! Puisqu'on parle de gâterie, voici que s'avancent dans l'allée, le steward et l'hôtesse. Ils poussent devant eux un chariot et nous dégusterons (Jean et moi), notre "première" corne de gazelle accompagnée du "premier" thé à la menthe : PREMIER, est le mot que je vais employer une multitude de fois ! Nous sommes un peu le "ravi" de la crèche : L'innocent, quoi ! Le voyage se poursuit sans incident et l'heure approche où notre avion prendra contact avec le sol marocain.

Nous faisons le retour avec en pointe de mire, le minaret de la Koutoubia.
Finie la quiétude ! Le brouhaha augmente au fur et à mesure que nous nous rapprochons de la ville. Infernal ! Des voitures de tous les côtés, des mobylettes, vélos, piétons, taxis, bus, à croire que tout Marrakech était de sortie. Jean filme cette cohue et c'est en "formation très serrée" que nous tenterons la traversée du boulevard.
Ce soir, nous mangerons sur la place, mais dans un boui-boui de première classe ! Notre "table" a vue sur la "cuisine" et la "plonge" ! Le cœur est au bord des lèvres et le fou rire, au rendez-vous. Cela nous a donné l'occasion de faire du régime, difficile de finir l'assiette quand le cœur n'y est plus !
Il faut aller se coucher, demain départ pour Essaouira.--
LUNDI MATIN.
Fouzia s'est chargée de la location de la voiture et nous avons rendez-vous avec elle sur la place. Ell nous conduit hors les murs à grands coups de klaxon énergiques. Il ne faut pas hésiter à s'en servir si on veut avancer ! Il n'y a que 178 kms jusqu'à Essaouira et nous décidons de faire une petite balade en montagne. Pourquoi pas les gorges de l'OURIKA ? Nous longeons les remparts de Marrakech et descendons vers le sud. La vallée de l'Ourika se trouve à environ une cinquantaine de kms de la ville. Nous traversons la plaine du HAOUZ, la route monte tranquillement, le plein d'essence a été fait. La voiture, dont le kilométrage est élevé, semble bien marcher. Cette promenade va servir de test. Pierre est au volant, Jean joue le co-pilote, les gazelles sont assises sagement à l'arrière. L'appareil à photo prêt à saisir une image insolite, nous sommes toutes les deux très attentives. Nadine a quelques difficultés à discipliner son mari, "moustache dorée" a décidé de conduire comme dans le Dakar. La route d'abord, les paysages ensuite. Pourtant il y a de jolis photos à faire : les couleurs ocre et rouge de la terre, les tapis mis en exposition ou à sécher au bord de la route, le torrent qui descend le long de la vallée, les montagnes de l'Atlas qu'on aperçoit de temps en temps. Sur la rivière, de fragiles passerelles relient quelques masures à la route. Comme il se fait gronder, Pierre finit par arrêter la voiture. Nous sommes à peine descendus du véhicule, que deux très jeunes enfants et un homme relativement âgé, se précipitent sur nous, quémandant une pièce. Nous fouillons nos poches et donnons dirhams et carrés de chocolat. Du coup, retour dans la voiture. Nos hommes rigolent en douce ! Route large et virage prononcé, mais les montagnes qui se détachent au loin sont tellement belles, que nous nous arrêtons un fois de plus. Nous étions pourtant avertis, c'est comme un mirage, on se croit tout seul et tout à coup surgissent d'on ne sait où, un gars en mobylette qui nous présente un plein panier de bijoux de pacotille, et deux enfants à pied, qui courent de toutes leurs jambes pour ne pas louper les touristes ! Eux, veulent nous vendre des fruits. Repli précipité dans la voiture. Nous décidons de ne plus nous arrêter jusqu'au village de SETTI-FATMA.
Nous sommes attendus, là aussi. Il y a pléthore de guides sur le petit parking où nous sommes obligés de nous garer. Nous choisissons le plus proche de nous, il s'appelle RACHID. Il parle bien le français avec un petit accent rigolo. Il va nous conduire jusqu'à la troisième cascade (il y en a sept). C'est une promenade sympathique que nous ferons en sa compagnie. Nous traversons le cours d'eau sur un passerelle de troncs d'arbres et prenons le sentier qui nous fera grimper gentiment, mais sûrement jusqu'au but final de l'expédition. C'est un parcours ombragé où la présence de saules pleureurs et noyers, nous intrigue. Effectivement, ce sont les Français qui ont amené les plants de ces arbres, il y a de nombreuses années. Les hommes montent gaillardement et Rachid est plein d'attention pour les fragiles gazelles. Une marche trop haute, une pierre glissante, il est là qui nous tend la main, nous"calme le cœur" (nous rassure, et nous indique les bons passages. Chaque détour du sentier nous réserve une surprise. D'abord, les restaurants qui jalonnent le parcours, leur terrasse sous les arbres avec le sol jonché de tapis, poufs et tables basses, tajines qui mijotent sur de petits murs, réfrigérateur "berbère", de simples étagères où, avec un système ingénieux, les bouteilles de soda sont rafraîchies naturellement par de l'eau "de source", qui n'est autre que celle du ruisseau ! Plus loin, un marchand de bijoux et autres objets, eux aussi installés sur des tapis à même le sol, nous fait des offres alléchantes.
De temps en temps, nous faisons une petite halte pour "casser la fatigue" comme dit si joliment Rachid. Nous en profitons pour lui poser des questions sur sa famille, son métier, son village. A la question curieuse, mais combien féminine de Nadine : "combien as-tu de femme, Rachid ?"... il répond en éclatant de rire : "Oh, une seule, ça suffit, autrement il y a trop de soucis !"
Les cascades ne sont plus très loin, nous les entendons, les pierres sont plus glissantes par endroit et Nadine profite de la sollicitude de notre guide, pour accaparer sa main ! Photos, bien entendu, et descente vers le village.

Fin de ce récit et suite sur une autre page intitulée "ESSAOUIRA la blanche". Merci des gentils messages reçus, je vais essayer de m'appliquer pour la suite. essaouira, la blanche. -- Ceci est la suite de mon premier récit : "PREMIER VOYAGE AU MAROC". -- Nous sommes toujours en décembre 2005, nous venons de quitter Rachid, notre gentil guide dans les gorges de l'Ourika. Cette fois-ci, nous ne nous arrêterons plus et reprenons la direction de Marrakech. Il faut arriver avant la nuit à ESSAOUIRA. De Marrakech à Essaouira, la longue route se déroule devant nous, la circulation assez dense de camions et autres engins n'autorise pas les fantaisies. Pierre se consacre à la conduite de notre Palio blanche, et pour une fois, les gazelles ne parlent pas trop fort ! De grandes étendues inhabitées et puis, au bord de la route, une grande bâtisse pratiquement recouverte de tapis. Nous approchons de CHICHAOUA. La traversée de SIDI MOKTAR nous surprend. Que s'est-il passé ? La rue principale est défoncée, des tracteurs, camions et autres engins de travaux sont sur le bord de la route. Les gens ont des pelles et des pioches entre les mains . Un peu plus loin, dans le lit de l'oued, creusé profondément, des carcasses de voitures, les unes sur les autres, nous donnent à penser qu'il y a dû y avoir de terribles inondations. Nous en aurons la confirmation en parlant de cela avec les gens de Essaouira. Nous nous sommes attardés, et préférons donner un coup de fil à Brahim, notre prochain hôte. La nuit est tombée depuis un petit moment, la destination est proche, les remparts de la ville sont éclairés et nous trouvons une place de parking sur une grande place. Un dernier coup de fil et Brahim est là, tout engoncé dans un vieux manteau taché, un grand sourire sur les lèvres. Il va nous conduire jusqu'au riad. Un jeune garçon met nos bagages dans une charrette à bras, nous passons une des portes de la ville, Bab Marrakech, voilà qui est facile à retenir ! Un enchevêtrement de ruelles mal éclairées, un sol aux pavés inégaux, nous cheminons tant bien que mal derrière eux. Ils s'arrêtent devant une porte peinte en jaune, un tour de clé et nous pénétrons dans une minuscule entrée d'où part un escalier raide aux marches usées et de hauteur inégale. Après notre escapade en montagne, cette ascension est rude à nos jambes. Nous contenons un petit rire en passant devant une porte bleue sur laquelle est écrit en lettres noires "twalit turk". Nous espérons quand même que ce ne sont pas les toilettes communes de l'hôtel !

Comme tous les riads, la maison est construite autour d'un patio. Celui-ci est tout étroit, garni de plantes vertes qui grimpent, cherchant la lumière. Nous sommes au second étage, les murs sont blancs, les portes, volets et fenêtres bleus. Des ouvriers font des travaux de ravalement et de peintures. Brahim nous explique qu'il profite de la saison creuse pour arranger de riad acheté il y a quatre ans. Le décor est tout à fait différent de celui que nous avons connu à Marrakech. Les chambres sont meublés à la spartiate, tout est parfaitement propre, mais il fait froid, un peu humide et j'ai un petit coup de blues. Pas de tapis sur le sol, mais une grosse couverture sur le lit me rassure, je ne vais pas avoir froid et contrairement à Marrakech, nous pourrons dormir dans le même lit . (Jean et moi, of course ! 😉)
Nous remplisssons la fiche d'entrée et partons à la découverte de la ville.
ESSAOUIRA, "ES AOUIRA", la "bien dessinée".
Ses rues larges et rectilignes ont été dessinées par un ingénieur français, prisonnier du sultan Sidi Mohamed ben Abdallah. ( c'est fou ce qu'on paraît savant dès qu'on consulte le guide 😏)
C'est par la Porte de la Marine que l'ingénieur commença. Puis il ceignit la ville de remparts et dessina les rues rectilignes.
Nous trouvons sans peine l'une des grandes rues principales. Les magasins sont ouverts, les gens que l'on croise, d'un calme qui nous surprend après la folle ambiance de Marrakech ! Nous sommes fascinés par la tenue vestimentaire de la plupart des femmes. Elles portent le lourd "haïk" blanc qui, de dos, les fait ressembler à notre vierge Marie. Beaucoup d'hommes, eux, portent la longue robe brune à capuchon. On se croirait dans un péplum !
Miracle, nous passons devant les devantures et personne pour nous forcer la main ! Les prix sont affichés dans la plupart des boutiques, il sera sûrement plus facile d'acheter ici, sans tomber dans les marchandages dont ils sont si friands et qui me gênent terriblement.
Nos pas nous conduisent petit à petit vers le port. Une multitude de mouettes s'envolent bruyamment à notre approche pour se poser quelques pas plus loin. le soleil ne diffuse plus qu'une faible lumière et il est difficile de faire des photos. Les barques bleues sont là, dans la pénombre, elles se balancent doucement et semblent nous dire, "à demain".
Juste à côté de la Porte de Mogador (ancien nom d'Essaouira), se trouve un petit restaurant. Les portes sont grandes ouvertes et le menu alléchant. Nous nous retrouvons tout naturellement assis devant des tables basses, sur les banquettes qui courent le long des murs. Le maître des lieux nous accueillent avec effusion, nous donnant l'impression d'être déjà de vieilles connaissances, attendues avec grande amitié !
J'arrive à trouver le sommeil malgré le froid qui règne dans la chambre. Nouvelle surprise au réveil, pas d'eau chaude pour la douche. On saura, trop tard, qu'il aurait fallu demander la veille ! La toilette est vite expédiée au lavabo, le petit déjeuner pris sur la terrasse, un étage plus haut, nous réconciliera avec la famille de Brahim.
Le bon pain rond et croustillant nous attend avec de la confiture et du beurre qui, cette fois, sied à notre palais. Qu'est-ce qu'on peut être "bourge" quelquefois ! 😏
porte Bab Marrakech
Appareil photo en main, nous sortons de la médina par la porte Bab Marrakech et nous filons tout droit vers la plage. Pas pour nous baigner, non ! Il ne faut pas exagérer, il fait beau, le soleil brille mais la petite laine est de rigueur.
C'est une immense plage de sable fin. La lumière est superbe. La mer vient de se retirer, laissant derrière elle suffisamment d'eau pour que les nuages et les oiseaux s'y reflètent. Magnifique ! Quel beau miroir ! 

Nous redécouvrons le port, cette fois, au grand jour. Les bateaux de pêche sont à quai, les pêcheurs déchargent le poisson, principalement des sardines. Là aussi, on voit les difficultés qu'ils doivent rencontrer. Les bateaux tiennent la mer, mais ils montrent des signes évidents de vétusté, la rouille est omniprésente et même si les couleurs sont belles, elles ne cachent pas la misère sous-jacente.
Sur le port, les charpentiers construisent de lourdes embarcations selon les traditions ancestrales. Ils utilisent des bois d'acajou et d'eucalyptus. Plus loin, des pêcheurs retapent leurs filets aux couleurs surprenantes : bleu, beige, violine, vert, ocre, orange. Les jolies barques bleues se balancent au gré de la houle, bien à l'abri de la petite rade. Des femmes vendent en très petite quantité, des poissons simplement posés sur des bouts de cartons, à même le sol. Les mouettes se disputent les morceaux de viscères laissés par terre et s'envolent en protestant vigoureusement lorsqu'on les dérange. L'animation est grande et bon enfant. Nous profitons du spectacle avec beaucoup de plaisir et sommes conscients de la chance d'avoir, au moins financièrement, une vie plus facile. Je surprend Jean à maintes reprises, à sacrifier à la "sadaka", l'aumône que tout bon musulman doit à son prochain. Il a souvent le cœur gros en voyant toutes ces personnes âgées, qui, sans un mot, le regard un peu fixe, tendent la main aux passants. Nous serons les témoins de la charité de certains commerçants. Celle en particulier, d'un marchand de poissons frits, qui le soir, puisait largement dans ses réserves.
La vie à Essaouira est largement plus reposante que celle des grandes villes. Nous avons sympathisé avec le jeune marchand de babouches dont nous avons fait baisser fortement le stock. Nos deux garçons, les enfants et petits-enfants de Nadine, seront chaussés pour un moment ! Lorsque nous passons devant sa boutique, il nous salue chaque fois avec enthousiasme.
Les sollicitations des boutiquiers sont nettement moins pressantes, il y a bien encore celles des "apothicaires" qui veulent vendre à nos maris à tout prix (et à tous prix), une poudre aphrodisiaque ! Nos "gazous" déclinent l'offre vigoureusement, ce qui fait rire les marchands. La bonne humeur est de mise dans ce pays, je crois que c'est une des choses qui nous marquera le plus .

Il fait bon se promener au soleil, nous repartons en direction de la Porte de la Marine. Plus loin, une rampe d'accès mène à la Sqala de la Casbah dont la tour crénelée surplombe l'océan. Il y a une rangée impressionnante de canons dirigés vers le large. Heureusement, j'apprends qu'ils n'ont jamais servi. Une jeune femme, un bébé dans les bras, expose de minuscules aquarelles. Je ne résiste pas à la tentation et j'ai souvent une pensée pour elle, chaque fois que je les regarde à la maison. Nous prenons le temps de flâner, d'un côté l'océan, de l'autre les petites rues qui, en contre bas, bordent les remparts.
plus loin, dans la ville, la vue d'une petite place au fond d'une ruelle attire le regard de Jean. Elle est entourée d'arcades sous lesquelles, plein de petites boutiques sont ouvertes. Poussant ses investigations plus loin, Il découvre le marché aux poissons. Plusieurs étals offrent à la convoitise des gourmands, de superbes sardines, congres, crevettes et autres produits de la mer. Un homme enseigne à Jean, la façon de procéder : On choisit le poisson sur n'importe quel étal, on le paye à qui de droit et, muni d'un poche en plastique dans laquelle sont placés nos achats, on se dirige au fond du souk où un jeune homme fera cuire tout ça dans un four archaïque mais qu'il a l'air de maîtriser parfaitement.
Extra...le poisson cuit à merveille, l'accueil, l'ambiance et l'authenticité du moment que nous vivons !
Tout de blanc vêtus, de drôles d'instruments dans les mains, des musiciens font leur numéro. Je leur donne quelques dirhams et les voilà tout près. Comme Jean les filme, ils attaquent plus vigoureusement leur morceau, c'est rigolo. C'est l'heure de l'addition, nous sommes sidérés par la modestie de la somme qu'ils demandent : 2€40 pour la cuisson, le poisson que nous avons acheté, était déjà d'un prix dérisoire, nous sommes surpris. Pour ne pas nous sentir trop coupables, nous nous fendrons d'un bon pourboire.
Dans une petite rue, le long des remparts, des ébénistes travaillent le bois de thuya. Des artisans en marqueterie font des incrustations de citronnier, de nacre et d'argent. Leurs ateliers sont minuscules et leurs outils rudimentaires. Tout cela sent bon et Nadine "sniffe" dans tous les pots. Préférant acheter chez l'artisan, nous repartirons avec notre cargaison de petites boîtes, de petits pots. J'ai la chance de dénicher sur une étagère, une mignonne fatma dont le bois brun et luisant, est doux au toucher. Le menuisier se prête gentiment à la séance photo et poursuit son labeur. Nous l'observons un moment, plein d'admiration. Il travaille tantôt sur les racines de thuya, tantôt sur sur le tronc. Les objets présenteront soit une surface d'un brun uni, soit plus ou moins veinée. Ses confrères montrent la même intensité au travail, il faut dire qu'ils doivent fournir les nombreuses boutiques, plus loin. Nous retrouverons dans celles-ci, les pieds de lampes, les encadrements, les plumiers et jouets de bois, les boîtes rondes ou carrées, bombées ou plates, petites ou grosses, toutes aussi tentantes les unes que les autres.
Il est 18h lorsque nous repassons par la bab Marrakech. Nous sommes hors la médina et un petit crochet nous amènera par hasard, devant une église. Surpris, nous poussons la lourde porte. Cette église, dédiée à la Vierge Marie et à son Assomption, est le témoignage de la présence pendant plusieurs siècles, de la chrétienté en cette ville. Nous sommes accueillis par "FLANE" (Mr X ou un tel, en marocain), une sculpture marocaine, représentant un mendiant aveugle, un pauvre, un anonyme, celui que l'on peut voir devant la porte des mosquées et qui tend la main. C'est avec beaucoup d'émotion que nous admirons cette humble silhouette filiforme et la représentation de la Vierge et de son Enfant. Nous sommes saisis par l'atmosphère si particulière de cette église dans laquelle se mêlent si intimement, foi chrétienne et culture marocaine. Les statues, les tapis sur le sol, la senteur du thuya, l'autel et la croix ornés de marqueteries, tout cela nous surprend. Essaouira est la seule ville à posséder une église dont les cloches sonnent tous les dimanches à 10h !
L'autel
la Vierge et l'Enfant
Flane
Revenons à des préoccupations plus épicuriennes ! Ne serait-ce pas l'heure de manger ? Non, on ne pense pas qu'à ça !... d'ailleurs on va faire du sport dans très peu de temps, puisque notre montre n'affiche pas la même heure que celle qui carillonne dans notre estomac ! Ce sera plutôt main dans la main que nous déambulerons lentement sur le sable. De grandes quantités de branches jonchent la plage. Charriées par une rivière jusqu'à l'océan, le courant les a rejetées sur la berge. Les gens les ramassent et s'en servent de combustible. Rien ne se perd ! Le soleil et assez bas et l'horizon a de magnifiques couleurs. Les mouettes jouent les stars devant notre objectif et piaillent de toutes leurs forces. Spectacle garanti et magique sur le port : Le soleil et assez bas et l'horizon a de magnifiques couleurs. Les mouettes jouent les stars devant notre objectif et piaillent de toutes leurs forces. Le battement effréné de leurs ailes fait un bruit d'enfer... les oiseaux de Hitchcock sont là ! En premier plan, un homme vêtu de son burnous, le capuchon sur la tête. Une femme de dos, le haïk blanc joliment drapé nous font plonger deux millénaires en arrière. Plus loin, le
spectacle dantesque de la tour crénelée en contre jour, du soleil en train de plonger dans l'océan illuminant de ses derniers feux la petite île de Mogador, nous laisse pantois. Nous cherchons à voir le "rayon vert", que ne peuvent percevoir que quelques veinards, et mitraillons avec passion cette superbe scène. Derrière nous, les remparts sont comme éclairés de mille projecteurs. Mais quel bonheur d'être là !





Bien entendu, la poésie ne remplissant pas les ventres, nous partons à la quête de l'endroit où nous pourrons assouvir une petite fringale. Et bien ce sera la seule fausse note dans notre séjour : décor à vous faire cauchemarder et repas pas à la hauteur de nos attentes. Pas grave !
Déjà mercredi, comme le temps passe vite !
Une petite escapade est prévue, emplettes au centre ville-- pain, sardines en boîte, clémentines, tomates, eau minérale-- Il y aura pique nique sur une des plages entre Essaouira et Agadir.P8, la route côtière qui descend sur Agadir. Au bout de quelques kilomètres, nous bifurquons en direction de la plage fort prisée par les surfeurs, SIDI KAOUKI. Deux hommes attendent les touristes, le premier, un magnifique chamelier et son dromadaire, le second, un magnifique "casse-pieds", les bras remplis de colliers, bracelets et bagues en métal! Contre quelques dirhams, nous pouvons poser devant le dromadaire. Quant au second bonhomme, il arriva à nous gâcher la promenade sur la plage, tant sa présence auprès de nous est envahissante ! Nous avons beau refuser ses avances, ne plus le regarder, ne plus lui parler, rien à faire ! Il nous suit tout le temps et, énervés par son insistance, nous finissons par fuir cette plage. Il y a là une "koubba", chapelle élevée sur la tombe d'un marabout. Le tombeau à coupole blanche est accolé à une tour ancienne, en partie ruinée.
Tant pis, nous nous en allons, pestant contre ce pauvre homme qui n'a pas réussi à nous soutirer une seul dirham ! Non, mais !
Le paysage défile et nous sommes à l'affût. La route est bordée d'arganiers, cet arbre miracle, dont le bois sert à fabriquer du charbon, les feuilles à nourrir les chèvres. Les noyaux rejetés par ces dernières, sont recueillis par les bergers. Ils en extraient l'huile d'argan qu'on utilise en cuisine. Lorsqu'elle est dénaturée, on s'en sert pour l'éclairage. Cette huile est raffinée d'une autre façon lorsqu'elle devient un produit de beauté.( Ben dis donc, j'espère que tout ce que j'écris est vrai, autrement, il y en a qui vont se moquer de ma naïveté. Je crois tout ce qu'on me dit ! 🤪)
Nous avons entendu parler de la façon dont les chèvres peuvent aller chercher leur pitance, haut dans les arbres. Nous sommes déçus et pensons à une galéjade. Il y a des chèvres, il y a des arbres, mais pas de chèvres en haut des arbres. Tiens, il y en a une sur la première branche d'un arganier. Vite, photo. Et puis au détour du chemin, un "arbre à chèvres", deux "arbres à chèvres" ! Fantastique ! Elles broutent les feuilles les plus hautes, leurs petits sabots solidement accrochés aux branches, c'est rigolo ! Le petit chevrier qui les garde, n'a guère plus de huit ans. Il est beau avec ses boucles brunes et ses grands yeux noirs. Il n'a pas la chance d'aller à l'école et fait un travail d'adulte. Nos poches sont pleines de bonbons achetés à Essaouira, quelle chance.
Nous traversons des zones de culture où les hommes poussent des charrues aux étranges attelages. Un dromadaire avec un âne, un âne avec un cheval, de temps en temps, deux dromadaires ensemble.
Un panneau indique la plage "TAFADNA". C'est par là que nous allons pique niquer. La route descend rapidement en direction de la plage. Elle est immense et fait penser à celles des Landes. Le village de pêcheurs, bleu et blanc, est bâti à même le rocher, des arcades laissent voir l'intérieur des habitations et de petits restaurants où Jean voudrait bien nous entraîner. Pas question, ils sont en train de cuisiner des "noubias".. des "loubias"... bref, des tripes !
De petites barques vont et viennent, leur chargement est transporté ensuite par des carrioles tirées par de petits ânes. Ils pêchent surtout la dorade, le merlan et le calamar.
Il fait beau, il fait chaud, nous recherchons un coin d'ombre dans les rochers et entamons avec appétit, nos provisions. Enfin un endroit sans importun ! Un vrai miracle !

Ce soir, nous mangerons, dans un petit restaurant, une succulente "harira", accompagnée d'un tajine au poulet, pruneaux et amandes. Nous finirons bien sûr par une tasse de thé à la menthe, servie par un jeune homme si grand, que j'ai dû mettre mon appareil de photo de travers pour pouvoir l'avoir sur la pellicule. Et ça le faisait rire, à ce grand gaillard !
La fatigue se fait sentir, il faut se coucher tôt, demain nous repartons à Marrakech.
Jeudi matin : Nous sommes le 8 décembre et c'est la dernière promenade dans les rues de la ville. Jean juge préférable d'acheter un sac de sport, car nos achats de dernière minute, risquent de ne pas contenir dans nos valises. Sacrées gazelles !
Nous traînons un peu les pieds et regrettons de partir. Nous admirons l'ingéniosité et l'habileté de ces artisans. Un jeune homme fabrique en un tour de main, des objets insolites, à partir de pédaliers, de chaîne, de roues, de morceaux de fil de fer, de câble. Il visse, il perce, il cloue et trouve une fonction à tout ce qui lui passe entre les mains. Il expose sur le trottoir, dans un assortiment hétéroclite, le produit de son inventivité. Cet immense jeu de mécano nous laisse perplexes et, en même temps, admiratifs.
Les épiciers ambulants ont étalés leurs marchandises : les légumes, les fruits sont bien tentants. Nous prenons plaisir à observer le comportement de leurs clients, puis décidons d'acheter des mandarines. Inutile de chipoter, il faut prendre, soit un demi-kilo, soit un kilo de fruits, car ils ne disposent pas d'autre unité de poids que ceux-là !Nous sommes gourmands, pas de problème. Une bouteille d'eau, du pain et à nouveau, des sardines. Nous voilà fin prêt pour un autre pique nique. Petit coup de chiffon sur le pare brise plein de poussière, c'est Jean qui prend le volant.
Nous sommes un peu mélancoliques de quitter Essaouira. Cette ville de marins et d'artistes, cernées de remparts, ouverte sur la mer, aux maisons blanches et bleues, nous a véritablement enchantés. Nous nous arrêtons dans un virage et prenons une dernière photo d’elle, toute blanche dans la lumière du matin.
petit repas pris sur le pouce, sur une place de village, les tomates et le pain que nous n'avons pas mangés, seront donnés à un pauvre homme qui mendie sur un banc. Ce sera notre "flane" à nous. Nous pratiquons la "sadaka" avec application, il est vraiment impossible de rester indifférent à ce qui se passe autour de nous. Un verre de thé à la menthe dans un café "chic", un arrêt pipi dans des toilettes "dernier cri", en voiture et direction Marrakech. L’entrée dans la ville est laborieuse, heureusement, Jean au volant, ne s'en laisse pas compter et conduit dans la cohue comme un chef.
Nous avons rendez-vous avec Fouzia qui doit récupérer la voiture. Nous retrouvons avec plaisir le riad et la petite Raja, aussi mignonne qu'il y a trois jours. Les rues de Marrakech sont aussi bruyantes et animées, mais nous y replongeons allègrement. Le restaurant "El Badi" nous accueille pour la dernière fois et le tajine que nous dégustons est à la hauteur de notre appétit. Promenade digestive sur la place des ferblantiers où nos gazous se font prendre en photo, le bras levé bien haut, la théière bien en main, en train de se servir une tasse de thé fumant.
Vendredi matin, déjà ! Il faut remplir nos sacs, libérer nos chambres. L'avion ne part qu'à 16h, nous laissons nos bagages à Raja, et les récupérerons plus tard. Une dernière visite dans les souks s'impose. Nous n'avons pas fini nos achats ! 😏
Les hommes sont patients et nous accordent la possibilité de dépenser nos derniers dirhams. Nous faisons les gourmandes, nous hésitons, nous regardons de tous les côtés cherchant l'inspiration.
Une vraie caverne d'Ali Baba devant nous ! Le mur, au fond de la pièce, est tapissé d'une quantité incroyable de petites théières de fer blanc. A droite, des pots de toutes tailles, de toutes couleurs, sont disposés sur le sol et sur plusieurs étagères. A gauche, des tajines aux couleurs chaudes, des assiettes, des pots de faïence bleue, des poignards dans de jolis étuis brillants. Au plafond, des lanternes aux vitres multicolores. Le marchand nous surveille du coin de l’œil et nous invite à entrer : "pour le plaisir des yeux". Il nous recommande de "garder le sourire", même si nous ne faisons pas affaire avec lui.
A mon avis, il a compris que nous allons nous laisser tenter et doit déjà calculer !
Nous furetons avec des airs de conspiratrices, en essayant de ne pas prendre un air trop intéressé, tout en aiguisant notre regard pour trouver dans ce capharnaüm, le petit truc qui nous fera flancher ! Il doit se marrer, le marchand !... Ce n'est pas "un truc", mais beaucoup de petits objets qui seront emballés à la vitesse d'un prestidigitateur, dans un modeste papier brun. Voilà qui va bien remplir le sac que Jean a acheté. Les gazous, généreux, passent à la caisse, le marchandage n'a pas été long, Jean ayant dévoilé un peu trop vite le montant de la cagnotte ! Tant pis, nous avons l'impression d'avoir les plus belles choses de Marrakech dans nos mains.
Fouzia nous attend, un taxi va nous amener à l'aéroport. Un pincement au cœur en quittant notre gentil guide, mais les formalités d'embarquement chassent vite notre spleen. Nous voici dans l'avion, un dernier regard sur la Menara et son oliveraie que nous survolons, une dernière photo aérienne de Marrakech, et nous prenons très vite de l'altitude. Le ciel est dégagé, la nuit tombe vite et le survol du détroit de Gibraltar et de l'Andalousie est un spectacle de toute beauté. Ce n'est qu'un scintillement de lumières multicolores, semblables à des millions de guirlandes de Noël. Les Pyrénées sont cette fois visibles et nous les découvrons avec émotion, comme si nous étions partis depuis des siècles! Toulouse est bientôt en vue et c'est le froid qui nous accueille sur l'aéroport.
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J'ai écrit ces "quelques" lignes, un mois après être revenue du Maroc. Il m'a fallu un certain temps pour me défaire de l'envoûtement dans lequel ce pays m'a plongé. Je crois que je vais garder longtemps au fond du cœur, le sentiment d'avoir vécu quelque chose d'exceptionnel. Je n'oublierai pas de sitôt, Marrakech et sa frénésie de vivre, Essaouira la calme ville bleue et blanche, les beaux costumes traditionnels, tout droit sortis de l'ancien Testament, les contacts amicaux et chaleureux avec les gens du pays, les apothicaires et leurs produits miraculeux, les petits ânes tirant vaillamment des carrioles trop lourdes, les palais visités aux légendes dignes des "mille et une nuits", l'appel du muezzin qui nous a fait sursauter plus d'une fois, les jardins remplis de roses, le paradis qu'est le jardin Majorelle, les épices colorés aux senteurs envahissantes, les délices de leurs pâtisseries au miel, toutes ces couleurs merveilleuses, le brouhaha continue dans les souks et surtout, surtout.... les appels aux "gazelles", dont je ne me suis pas lassée !
--La preuve, nous y sommes repartis en décembre 2006. Cela fera l'objet, d'un autre récit.... Faut bien occuper les temps libres que laisse la retraite ! 😕😉😄Photos de paquebots Costa English translation pending
Bonjours à tous les croisièristes,
En vue de compléter ma documentation perso, pourriez-vous me dire si vous détenez des photos des différents paquebots sur lesquels que vous eu la chance de voyager. Malgrés l'excellente brochure COSTA, il s'avère que l'on trouve beaucoup de petits formats et sous des angles habituels. Pour ma part, je souhaite informer ceux ou celles qui vont partir par des vues inérieures comme extérieurs. J'ai réservé une croisière sur le COSTA VICTORIA en 2008 et je sais que nous sommes logés au niveau du pont NORMA, mais toute à l'arrière. Si quelqu'un a une photo prise de cet angle, sympa de la montrer éventuellement.
Bonne route à tous.
En vue de compléter ma documentation perso, pourriez-vous me dire si vous détenez des photos des différents paquebots sur lesquels que vous eu la chance de voyager. Malgrés l'excellente brochure COSTA, il s'avère que l'on trouve beaucoup de petits formats et sous des angles habituels. Pour ma part, je souhaite informer ceux ou celles qui vont partir par des vues inérieures comme extérieurs. J'ai réservé une croisière sur le COSTA VICTORIA en 2008 et je sais que nous sommes logés au niveau du pont NORMA, mais toute à l'arrière. Si quelqu'un a une photo prise de cet angle, sympa de la montrer éventuellement.
Bonne route à tous.