Results for "Delhi+ou+Rajasthan+|+55+>+8"
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Ne pas prendre de billet tour du monde... English translation pending
Bonjour tt le monde,
Y en a t il parmi vous qui ont fait un tour du monde, comme on dit, en réservant des avions au coup par coup sans utiliser de billet open, je me demande qu'elle peut être la différence budgétaire....
Y en a t il parmi vous qui ont fait un tour du monde, comme on dit, en réservant des avions au coup par coup sans utiliser de billet open, je me demande qu'elle peut être la différence budgétaire....
Dix jours reposants en Inde du Sud: quel itinéraire choisir? English translation pending
Bonjour à tous !
Je suis en stage à Chennai et je m'apprête à faire un périple d'une dizaine de jours en inde du sud (départ lundi 26 retour à chennai le samedi 7 novembre).
J'ai eu un accident récemment, et ayant été hospitalisée je ne veux pas faire quelque chose de trop fatiguant... Je suis également un peu lassée des temples (j'ai déjà visité de nombreuses villes en inde du nord, etc)
Initiallement j'avais prévu de partir au sri lanka mais compte tenu de la situation je ne voudrais pas cautionner le gouvernement et sa répression en faisant marcher le tourisme.
J'hésite entre plusieurs itinéraires 1/ Tamil Nadu + Kerala 2/ Tamil Nadu + Hampi 3/ Tamil Nadu + îles andaman
Au tamil Nadu, voici les villes que j'ai retenu : Mamallapuram / Pondicherry / Tanjore / Rameswaran Avant d'enchaîner avec les backwaters, j'aurais aimé "casser le cochon" comme on dit sur ce forum et m'accorder un bel hotel... J'avais repéré sur VF la "villa jacaranda" mais c'est deux nuits minimum et 120 euros c'est vraiment trop cher pour moi !
Pouvez vous me conseiller sur mon circuit ? Me donner des noms d'hotels sympa ? Budget dans les 1500 roupies pour deux (il faut un hygiène impec du fait de ma blessure...), je pense alterner guest houses en dessous de 1000 roupies et jolis hotels. Pas de blocs de béton mais des hotels de charme ! A Pondy j'avais trouvé "La maison blanche" qui est pas très cher et a l'air super jolie, je ne comprends pas pourquoi certains voyageurs disent qu'elle a mauvaise presse ? The french villa à l'air sympa aussi.
Autre précision : je suis déjà allée au kerala rapidement (un jour en houseboat, plantation de thé)
Merci de votre aide précieuse ! J'a vraiment du mal à m'organiser !!! A bientot
Yamini
Je suis en stage à Chennai et je m'apprête à faire un périple d'une dizaine de jours en inde du sud (départ lundi 26 retour à chennai le samedi 7 novembre).
J'ai eu un accident récemment, et ayant été hospitalisée je ne veux pas faire quelque chose de trop fatiguant... Je suis également un peu lassée des temples (j'ai déjà visité de nombreuses villes en inde du nord, etc)
Initiallement j'avais prévu de partir au sri lanka mais compte tenu de la situation je ne voudrais pas cautionner le gouvernement et sa répression en faisant marcher le tourisme.
J'hésite entre plusieurs itinéraires 1/ Tamil Nadu + Kerala 2/ Tamil Nadu + Hampi 3/ Tamil Nadu + îles andaman
Au tamil Nadu, voici les villes que j'ai retenu : Mamallapuram / Pondicherry / Tanjore / Rameswaran Avant d'enchaîner avec les backwaters, j'aurais aimé "casser le cochon" comme on dit sur ce forum et m'accorder un bel hotel... J'avais repéré sur VF la "villa jacaranda" mais c'est deux nuits minimum et 120 euros c'est vraiment trop cher pour moi !
Pouvez vous me conseiller sur mon circuit ? Me donner des noms d'hotels sympa ? Budget dans les 1500 roupies pour deux (il faut un hygiène impec du fait de ma blessure...), je pense alterner guest houses en dessous de 1000 roupies et jolis hotels. Pas de blocs de béton mais des hotels de charme ! A Pondy j'avais trouvé "La maison blanche" qui est pas très cher et a l'air super jolie, je ne comprends pas pourquoi certains voyageurs disent qu'elle a mauvaise presse ? The french villa à l'air sympa aussi.
Autre précision : je suis déjà allée au kerala rapidement (un jour en houseboat, plantation de thé)
Merci de votre aide précieuse ! J'a vraiment du mal à m'organiser !!! A bientot
Yamini
Partir avec nos cinq enfants pour trois mois en Inde et au Népal au printemps 2010 English translation pending
Avec nos 5 enfants de 13 /11/7/5/3 ans , nous aimerions faire un long voyage en asie , en 2010 si ns sommes prêts ou en 2011 , essentiellement en INDE & au Népal .
Face à l'inconnu , je me demande si ce sont des destinations "sans risques"🤪 (notamment sécurité & maladies)et s'il est possible de voyager pour "pas trop cher", chez l'habitant par exemple ? ou de louer une petite maison ? Quitte à rester un mois sur place (où?) pour nous reposer dans un environnement différent & nouveau, nous en avons besoin !
toutes idée , suggestion , expérience similaire est bienvenue , d'avance MERCI 😉
Itinéraire Nord/Sud en Inde + Népal en deux mois English translation pending
Bonjour à tous,
Cela fait quelques semaines que je suis devenu une lectrice assidue de ce forum pour préparer mon voyage en Inde. Nous (avec une copine) arrivons le 9 octobre à Bombay à 1H du mat' et nous repartirons direction la France le 18 décembre.
C'est notre premier voyage en Inde et bien sur nous avons envie de voir beaucoup de choses mais en même temps se laisser porter par le vent, ne pas trop planifier voir quasiment pas et laisser la place aux surprises. 70 jours c'est court mais c'est déjà une chance de pouvoir faire ce voyage.
J'ai trois questions: 1° sur les villes que nous souhaitons faire, lesquelles à privilégier, sachant qu'on en a déjà enlevé (notre envie: découvrir des atmosphères, des ambiances, des paysages très différents d'une ville à l'autre, en fuyant les grandes villes) 2° comment relié le sud au nord: nous pensions De Bangalore à Varanasi: train, bus, arrêt possible... 3° De quelle ville est il préférable de partir pour rejoindre Katmandou, nous pensons prendre l'avion.
Voici la liste des villes que nous avons "sélectionné"
Pour le SUD:
arrivée Bombay (mais nous n'y resterons pas) Goa (Panaji et madgaon) Hampi Mysore OOty Bangalore (si nous avons le temps, l'occasion, le hasard ou bien d'autres choses, Pondichéry et autre...)
Pour le NORD:
Varanasi Agra Udaipur Jodpur Jaisalmer Dharamsala (nous avons un "RDV" du 27 novembre au 3 décembre)
Népal:
Nous souhaitons au minimum y rester 10 jours
Les villes qui ont été enlevé après grande grande réflexion: calcutta, Delhi, Jaipur, Pondichéry, Madurai, la région du Kerala Malheureusement mais pour un autre voyage!!!😉 Comme nous voulons pas programmer de temps précis pour chaque endroit, se laisser surprendre par l'imprévu et ni prendre l'avion en préférant le train...
Merci d'avance pour toutes les informations, les conseils et autres récits de voyage que vous nous apporterez... L'éléphant rose
Cela fait quelques semaines que je suis devenu une lectrice assidue de ce forum pour préparer mon voyage en Inde. Nous (avec une copine) arrivons le 9 octobre à Bombay à 1H du mat' et nous repartirons direction la France le 18 décembre.
C'est notre premier voyage en Inde et bien sur nous avons envie de voir beaucoup de choses mais en même temps se laisser porter par le vent, ne pas trop planifier voir quasiment pas et laisser la place aux surprises. 70 jours c'est court mais c'est déjà une chance de pouvoir faire ce voyage.
J'ai trois questions: 1° sur les villes que nous souhaitons faire, lesquelles à privilégier, sachant qu'on en a déjà enlevé (notre envie: découvrir des atmosphères, des ambiances, des paysages très différents d'une ville à l'autre, en fuyant les grandes villes) 2° comment relié le sud au nord: nous pensions De Bangalore à Varanasi: train, bus, arrêt possible... 3° De quelle ville est il préférable de partir pour rejoindre Katmandou, nous pensons prendre l'avion.
Voici la liste des villes que nous avons "sélectionné"
Pour le SUD:
arrivée Bombay (mais nous n'y resterons pas) Goa (Panaji et madgaon) Hampi Mysore OOty Bangalore (si nous avons le temps, l'occasion, le hasard ou bien d'autres choses, Pondichéry et autre...)
Pour le NORD:
Varanasi Agra Udaipur Jodpur Jaisalmer Dharamsala (nous avons un "RDV" du 27 novembre au 3 décembre)
Népal:
Nous souhaitons au minimum y rester 10 jours
Les villes qui ont été enlevé après grande grande réflexion: calcutta, Delhi, Jaipur, Pondichéry, Madurai, la région du Kerala Malheureusement mais pour un autre voyage!!!😉 Comme nous voulons pas programmer de temps précis pour chaque endroit, se laisser surprendre par l'imprévu et ni prendre l'avion en préférant le train...
Merci d'avance pour toutes les informations, les conseils et autres récits de voyage que vous nous apporterez... L'éléphant rose
Improvisation nomade (version intégrale) English translation pending
PROLOGUE
Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Cinquante mâles indiens debout, à deux mètres, les yeux fixés sur nous. Nous, c’est deux jolies filles bien blanches assises par terre contre les sacs au bord de la route, et moi. Et puis un croisement, un ou deux bouibouis crasseux, quelques cactus et le désert à perte de vue. Silence. Une boutade en ourdou laisse éclater de rire tous les joyeux compères indiens, musulmans et camionneurs. Rien que ça. Bon alors, qu’est ce qui s’est passé ? Qu’est ce que je fous là ? Je me lève. On fait moins les malins, bande de nains. Mais ils sont beaucoup quand même. Je pars. Verrai ce qui se passera avec les filles. Vais au bouiboui boire un tchaï, un thé au lait avec des épices. Jette un œil de côté pour regarder ce rare spectacle : une bande de frustrés, et sûrement puceaux la plupart, avec deux Occidentales – et leur triste réputation, nous y reviendrons – perdues dans le désert. Le cercle se resserre autour des filles. Se resserre encore. Bientôt, elles disparaîtront. M’en fous un peu. Les connais à peine. Je ne les vois plus. Un instant. Un instant seulement avant un cri très fort. Un cri de femme, strident, enragé. Un cri terrible. Et, comme un départ de course : une bande de trous du cul qui se sauve en courant dans tous les sens. Une des filles s’est levée. C’est elle qui a crié. Un des mâles a osé toucher ses cheveux, elle lui a mis une grosse tarte dans la gueule. Du moins, elle aurait bien voulu mais ils sont partis trop vite. Au loin, ils rient. Ils pleurent de rire même car ils ont eu peur ces nigauds. C’est les nerfs en quelque sorte. Ils restent à distance maintenant. À dix mètres, le cercle se reforme. Ils attendent. Les filles n’ont pas l’air angoissé. Juste méfiantes. Le gars du bouiboui parle quelques mots d’anglais. On rigole ensemble de la situation. Cinq mètres, le cercle se rapproche. Ça va recommencer. Mais là, ça va m’agacer, je vais y aller ! J’y vais. Trop tard. Le bus arrive en klaxonnant. Il n’y a plus de place dedans. Monte sur le toit. Démarre. C’est parti ! Mais où on va au fait ?
« La vérité, c’est qu’on ne sait nommer ce qui nous pousse. Lorsque le désir résiste aux premières atteintes du bon sens, on lui cherche des raisons. Et on en trouve qui ne valent rien. Un voyage se passe de motif. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt, c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait… »
Nicolas Bouvier
Les Saints de Glace
Premiers jours de mai 2004, à la gare de Poitiers. Par la fenêtre de la micheline, quelques amis et famille nous font coucou tristement. Il fait beau et chaud même si mamie a dit que les Saints de glace n’étaient pas encore passés. C’est quoi les Saints de glace ? Trop tard pour lui demander. Limoges… Déjà perdus ! Dans l’allée du bus, le sac ne passe pas. Obligés de rester debout. L’impression d’être regardés… Peut-être trompés de bus… Où est la carte ? On descend à Ambazac. À la sortie du village, devant notre pouce tendu, une voiture s’arrête, toute petite et déjà surchargée. Le monsieur tasse nos sacs dans le coffre. Ça ne ferme pas, forcément, alors il force, il force et le pare brise se bombe dangereusement. La femme crie : « Arrête, tu vas tout casser ». Le coffre restera ouvert. Merci messieurs-dames, on descend là. Si, si c’est là, merci beaucoup. Saint-Laurent-les-Églises, hameau de quelques vieilles âmes. Pourquoi là ? Le petit trait rouge, tu le vois. Ça veut dire que c’est le bon chemin. Celui qui traverse la France de la côte Atlantique à l’Italie. Le Gr4. Il passe ici. Et on va par là. Vers le sud. Par contre, aide-moi à mettre le sac sur mon dos parce que, là, je vais me casser les reins autrement. Et nous voilà qu’on disparaît derrière les arbres et les collines avec nos petites jambes, bien décidés à ne jamais s’arrêter avant d’être loin. Très loin. Peut-être pas, remarque. Mais peut être que si, quand même, enfin on verra bien ! Nous, c’est Daoud et moi, deux jeunes de 25 ans, un peu perdus sans doute, sans trop d’ambitions non plus, à part foutre le camp. Quitter le travail, les appartements, les amis, la famille et puis tout le reste. Tout. On part à l’aventure. Par les chemins de randonnée pour quitter la France. À l’étranger, on verra. Déjà, il faut partir, prendre la route. Ne pas réfléchir. Un voyage se passe de motif comme on l’a lu plus haut. On aura au moins fait ça dans notre vie. On aura voyagé, on aura été libre… Avant la nuit, un petit coin pour camper se présente. Ça ne manque pas dans cette campagne. Petit feu dans la nature. Petite soirée dans la brise légère. Temps clair et doux, parfait en toile de tente. Nous voilà heureux. Le lendemain est pluvieux et froid. Sans nous décourager, nous marchons à travers les forêts, les collines, les villages. – Eh, Daoud, ça va pas là, c’est dur, j’ai mal, je suis mort. C’est fatigant de marcher. On aurait pu prendre un vélo ou un cheval ou même un âne, quelque chose quoi. Parce que rien que la France, il y a au moins, pouf, tout ça quoi ! – T’occupe pas de la marque du vélo, pédale, il m’dit. Et avec le sourire. Les épaules lacérées. La sueur salée qui pique les yeux et qui coule sous le k-way glacé. Les chaussures qui se font aux pieds. Les pieds qui se font aux chaussures. Je ne sais pas mais ça fait mal. À midi, nous dégustons un sandwich rillettes dans une cave où pourrissent des navets en décomposition. Le seul endroit où il ne pleut pas. Les mains fermées sur notre petite tasse de thé brûlante, nous ne rigolons plus. Très vite, la sueur refroidit sous les vêtements et nous devons repartir. Le soir, le vent se lève, le froid devient glacial. Nous grelottons dans la fumée du feu puis dans notre duvet d’été où le vent s’engouffre ! Des frissons me remontent des orteils jusqu’aux cheveux par vagues. Mourir de froid doit être la chose la plus atroce. Mais je suis si fatigué que je finis par m’endormir. Dans la nuit, le froid s’empare de moi et me fait délirer. Je mêle mes cris à ceux de la forêt, et à celui sinistre, du vent dans la toile de tente. Tôt le matin, je me lève pour remuer mes membres gelés. Il a neigé. Dis-moi Daoud, les Saints de glace, ce ne serait pas une période de… Il est déjà parti. Le chemin est une ornière pleine d’eau, de boue et de glaise. Il monte. Chaque pas est un effort. Le souffle est court. Courbé sous mon sac, je n’apprécie guère le paysage. Je m’entends pousser des petits gémissements. Comment puis-je résister encore ? Chaque seconde, je rêve de balancer mon sac dans le fossé. Et dire que c’était mon idée... Enfin, nous débouchons dans un petit village. Dormir abrités ce soir. C’est tout ce que nous voulons. Prendre une douche. Jeter les sacs. Mais il n’y a rien dans ce village. On nous dit de marcher encore jusqu’à une ferme à 1 ou 2 kilomètres. Peut-être pourra-t-on nous accueillir… À la ferme, les chiens nous accueillent, en effet ! Le paysan nous dit que ce n’est pas possible chez lui. On insiste un peu. On veut juste une grange, un coin de paille, à l’abri du vent et de la pluie. Mais c’est « Non. » « Allez plus haut, à 1 ou 2 kilomètres, il y a une famille qui prend des gens comme vous. » Des gens comme nous ! Ça veut dire quoi, des gens comme nous ?À bout de force et de patience, nous arrivons devant une petite maison. Nous n’espérons plus. Et pourtant, ici commence la série des gens qui nous ont aidés, motivés, offert. Une douche chaude, un lit. « Prenez cette petite bouteille de vin, ça vous réchauffera. » C’est incroyable, quand on est à bout, le plaisir que ça fait de recevoir la moindre chose. Comme cette petite boulangère qui est sortie de son magasin quand elle nous a vu passer pour nous donner des gâteaux. Ou cette petite mamie en pleine campagne à qui l’on demandait de l’eau et qui nous a donné des œufs « Vaut mieux ça que faire la drogue, » elle a ajouté… Malgré ces encouragements, quelques jours plus tard, je suis dans un lit à Clermont Ferrand sans plus pouvoir bouger. Le moral a tenu mais pas le physique. Un tendon a dit le docteur, il faut vous reposer. Agacé d’être déjà arrêté, je voudrais repartir de suite. Dans ce lit, j’ai l’impression de perdre mon temps. Mais cela se dissipe très vite. Nous réalisons peu à peu que nous sommes libres. Pas pressés. Pas comme les vacances où, chaque année, chacun s’arrange pour quelles soient parfaitement organisées afin de ne pas perdre un temps précieux. Nous, on peut rester là autant qu’on veut, se détendre, penser, rêver, manger tout doucement, apprendre à vivre sans stress, apprendre à vivre sans travailler, sans rien faire ! On se laisse vite aller à ce genre de chose et au cours du voyage, je crois que nous sommes devenus professionnels. Daoud a même dit une fois : « Quand on en a marre de rien foutre quelque part, on prend le train et on va rien foutre ailleurs ! » Se promener, observer, discuter avec les gens. Prendre son temps pour chaque chose que l’on fait. Calme, Shanti Shanti disent les Indiens ! Bref, on commence à s’apaiser et profiter de notre temps à Clermont une semaine après la démission.
Une fois soignés, nous vidons nos sacs beaucoup trop lourds pour ne garder que le nécessaire et repartons sous le soleil de mi-mai. Avec entrain mais est-ce la peine de le dire ! L’aventure nous appelle. Passons le Puy de Dôme, pas très joli avec sa grosse antenne au sommet, ses parkings payants à l’entrée et son bus pour prendre la route goudronnée qui y mène. Puis aux pieds d’autres volcans plus sauvages pour finalement passer la nuit sous l’un d’eux : celui de la Vache. Quelques jours plus tard et surtout après quelques dizaines de kilomètres de marche, nous arrivons au Puy de Sancy. L’ascension s’effectue tranquillement. On suit la crête. Pas de problème. Le vent, la neige, le ciel bleu. Et puis, on se perd. Plus de huit heures de marche. Pas de trace du chemin. Plus d’eau. Nous vagabondons dans la neige, les ruisseaux gelés, le vent très fort et la fatigue. Glisser, trébucher, marcher encore, remonter pour passer un ravin. Dur. La soif serre la gorge. Nous commençons à sucer la glace mais craignons pour notre ventre. Nous sommes des citadins fragiles. Dix heures de marche. Cette fois, la soif est la plus forte, nous nous jetons dans le ruisseau. Le vent nous a asséché la gorge toute la journée avec son pote le soleil. Mais déjà ça va mieux. Il va bientôt faire nuit, pourquoi ne pas camper là ? Le vent ne veut pas, il emporte la tente. Marcher encore. Enfin, un petit bois. Ce sera là. La tempête fait rage. Les ombres des branches s’agitent sur la toile comme des marionnettes lugubres. Le sommeil est plus fort. Les jours suivants, nous ne bougeons pas, brûlant le bois que le vent a fait descendre des arbres autour de nous, lavant notre linge et nos fesses dans le ruisseau gelé, crapahutant jusqu’à un village à travers ravins et forêts pour trouver une miche de pain. Puis repartons ragaillardis vers le Cantal. Hauts plateaux herbeux. Chemins bordés de calcaire. Traverser des réserves naturelles, zones protégées d’oiseaux, nez à nez avec un taureau et vaches dix fois plus nombreuses que les habitants. D’habitant, on en rencontre un. Un beau, un jeune. Il ramasse des pissenlits, dans son panier, avec ses bottes, une grande culotte bleue, des bretelles sur sa chemise à grands carreaux et une jolie casquette jaune. On lui demande pour quoi faire. « Bah pour faire de l’avèze ! », il répond avec son superbe accent. Mais comme on le regarde bêtement et qu’on répète « De la quoi ? » il comprend que ces gens-là ne connaissent pas l’avèze, alors il explique. « De l’alcool, c’est. Juste les têtes qu’il faut pour faire l’avèze et il en faut beaucoup des têtes. Même que ça se vend un euro le kilo ! » On en prend quelques-unes pour soupeser, c’est plus léger qu’une plume, un pissenlit. Puis on regarde autour de nous, les champs pleins de pissenlits, jaunes sur des kilomètres : une fortune ! « Salut mon gars, bonne continuation. » « Bien le bonjour chez vous, monsieur-dame. » Des pâtures, des vaches, des collines, du soleil et des chiens. Des chiens qui viennent nous agresser au milieu de nulle part. Qui nous suivent sur des centaines de mètres, qui se relaient. Puis encore quelques villages bien perdus. Une maison de retraite d’où tout le monde descend nous encourager. Un camping où nous prenons enfin une douche, lavons notre linge et d’où repartons sans avoir vu personne. Une préfecture de département, St-Flour, sans connexion internet. Le Cantal…
Fin d’après-midi, on se pose dans un coin agréable. En cinq minutes, la tente est montée. Détente. Allongés dans l’herbe, on lit, on grignote, on discute. Nos pieds se reposent. Ils ne nous font plus vraiment mal maintenant. On a de la corne. Au repas, légumes frais, bon pain et véritable fromage. En dessert, l’incontournable thé avec son carré de chocolat... Quatre semaines que nous sommes partis. J’en ai rien vu. Les vacances sur une année de travail. J’y pense. C’est bien trop peu à mon goût. Alors que nous… Quelle vie tout de même. Se promener tranquillement dans les montagnes, rencontrer des gens, visiter les villes et les campagnes de notre joli pays. Ça me plaît. Dire qu’on peut passer à côté de ça. J’ai oublié de pointer ce matin. Faut que j’explique à mon chef. Déjà que je suis arrivé en retard deux fois cette semaine. La nuit est tombée. Le ciel se couvre. Bientôt, de grosses gouttes tombent comme des cailloux sur la toile. L’orage est sur nous. Bien longtemps que je n’avais vu un tel orage. Enfin, peut-être n’y en a-t-il plus d’assez conséquents pour nous affoler comme je le suis à présent, dans les lumières et le bruit incessant de nos villes et derrière nos volets clos. C’est violent un orage quand on est dessous. Ça fait peur. La toile ridicule chavire sous les rafales. Le tonnerre en dolby stéréo. L’eau qui rentre à l’intérieur. Vite, une gamelle. On n’en a qu’une. Tout est déjà trempé. Nous écoutons, bien au fond du duvet, mêlant flashes du tonnerre et images de nos journées. Le téléphone sonne. « Nico, ton téléphone sonne. » « Ah, oui, c’est vrai, je croyais que c’était dans mon rêve. » Toujours au meilleur moment du film. « Allo ? » De la musique à fond, puis les voix déformées et alcooliques de quelques amis. Ils chantent : « Niiico reviens, Niiico reviens, Nico reviens parmi les tiens ». Je raccroche soudain. J’étais au bout du monde bravant la tempête et le tonnerre et je me retrouve au bout du fil à seulement 3 heures en voiture de chez moi, dans un champ de vaches entre deux collines tout ce qu’il y a de commun. Contrarié, je me recouche mais les fées sont parties. Un sentiment d’orgueil s’empare alors de moi recouvrant définitivement celui de la mélancolie. Nous voilà partis pour de bon et, au bout de quelques semaines seulement, j’ai l’impression d’être loin et surtout de n’être déjà plus le même. Mes amis vont continuer leur vie habituelle. Pour nous qui sommes partis, qui sommes seuls, tout va changer car tout est déjà différent, dans nos silences, les silences de la nature, le silence des nuits, la longue traversée, cette longue traversée de nous-mêmes…
De bonheur ce matin
À la fin du mois, nous sommes dans le plus reculé des chalets d’un hameau des Alpes de Haute-Provence. Une ancienne cabane de chasse, aménagée avec goût par un jeune menuisier, cachée derrière des haies de chênes verts, dans une douce prairie où quelques gros rochers polis cohabitent avec des terriers de fouines. Nous sommes chez mon frère. Le temps ici s’écoule comme nulle part ailleurs. On y est bien. Indéfinissable. Les fleurs sauvages, aromates, thym, basilic, parfument les alentours. Les papillons les caressent sans bruit. Le hamac nous tend ses draps. Le soleil lèche la maisonnette. Dans la salle d’eau, on est pris de vertige. Vue plongeante sur toute la vallée. Sur les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout est paisible. Un silence : celui du chant des grillons, des oiseaux. Un peu plus loin, le meuglement d’une vache, l’aboiement d’un chien. Sur la table de jardin, un noyer métisse la peau. On ne bouge plus. Le temps devrait s’arrêter maintenant, enveloppés comme nous sommes dans une atmosphère idyllique à l’abri de l’agitation du monde. Notre situation à ce moment-là y est sans doute pour beaucoup : derrière nous, débute notre prochaine étape. Les Alpes. Rien que ça ! Avec nos petits mollets. La tente plantée de nouveau chaque soir. Les sacs refaits au matin. La privation. Voilà pourquoi nous apprécions tant ce petit confort après ce mois passé à gambader gaiement à travers nos départements les plus reculés, la campagne, le silence. Ici, musique maestro, le barbecue frétille, le coucher de soleil sur la vallée rougit tranquillement, Daoud nous prépare une petite marinade, le rosé est au frais, le rouge débouché, il ne manque plus que les invités du soir, à savoir mon petit frère retrouvé, accompagné des quelques voisins, choisis comme des perles et qui se reconnaîtront comme étant les irréductibles du Villard des Dourbes !
Deux semaines plus tard, nous serpentons sur le chemin en lacets qui monte vers les falaises. Arrivés en haut, nous jetons un dernier coup d’œil sur le village avant de lui tourner le dos. La fameuse barre des Dourbes s’est laissée franchir sans effort insurmontable. Nous n’en revenons pas. Ce devait être si difficile, après en avoir tant parlé pendant ces deux semaines passées avec nos amis. Cette muraille dite infranchissable ! Maintenant que nous y sommes, elle apparaît dans le paysage comme une légère barrière. Derrière elle, la vue s’ouvre sur tous ces sommets bien plus immenses et que nous espérons pourtant passer ! Simplement un pied devant l’autre…
Les jours suivants, villages et vallées se laissent dépasser avant d’arriver près du parc national du Mercantour dans la petite ville d’Allos au pied du Mont Pelât. Campons au bord d’un joli torrent. L’herbe est fine et douce. Un écureuil hésite à descendre nous saluer. Les flammes montent droites vers les étoiles. Je suis appuyé sur mon sac pour vous écrire. Je digère une grosse caillette du village accompagnée par une véritable tomme de vache qui m’emplit le palais de saveur. La bouteille de rouge aurait été la bienvenue mais on ne peut jamais tout avoir… J’aimerais décrire ce qui nous entoure : les courbes du torrent, sa musique, l’horizon rougi et arrêté par les crêtes et les pics majestueux, la fraîcheur d’un soir de montagne, l’odeur du bois de mélèze qui me chauffe le visage, nos mots qui se perdent dans la nuit. Je repense à ma mère, à sa question stupide « Le travail ne vous manque-t-il pas ? » Maman, comment te dire ? Si toute la vie pouvait être ainsi, je ne suis pas sûr de m’en lasser de sitôt. Si tu pouvais connaître cette sensation de liberté que j’ai à cet instant en t’écrivant. Chaque jour, les paysages changent, chaque jour, je fais du sport, chaque jour, après de tels efforts, j’apprécie de manger, de boire de l’eau pure des torrents sans goût de calcaire et de chlore. Nous avons déjà rencontré quelques personnes dignes de rester dans nos souvenirs et chaque matin, nous pouvons encore, grâce à ce destin que l’on force en voyageant, rencontrer de nouvelles personnes et changer peut être, d’une parole, notre vie entière. Non, maman, le travail ne me manque pas ! Pointer à l’usine et rentrer le soir venu pour me mettre devant la télé, merci. Ici, mon jardin est immense avec un torrent d’eau pure devant moi. Je vois chaque matin le soleil se lever, je marche dans le vent frais et parfumé des hauts plateaux et au-delà de notre fine toile de tente, c’est notre toit d’étoile !
Quatre heures d’ascension sans arrêt notoire et 800 mètres de dénivelé enfilés. Nous sommes de vrais montagnards. Le temps se gâte et c’est dommage car nous suivons un torrent, le Chadoulin, jusqu’à sa source et ce n’est qu’une succession de cascades. Nous trouvons aussi de nombreuses marmottes et de jolies fleurs de montagne… Juste avant d’arriver au lac, un grand parking bondé de voitures. Sommes-nous les seuls à être montés à pied ? Derrière les vitres du restaurant refuge, les bouches engloutissent les fourchettes, les cravates des serveuses équilibrent leur course entre les tables. Il est quatorze heures. Le prix du menu au restaurant équivaut à une semaine de notre budget. Nous pique-niquons dans nos ponchos sur un rocher entouré de falaises enneigées qui tombent dans l’eau glaciale. Le ciel est noir. Il fait froid. Bientôt il se remet à pleuvoir. Quand nous demandons où mettre notre petite poubelle, le monsieur nous répond « Chacun se retourne avec… » La pluie tombe drue. Les gens courent jusqu’à leur voiture et partent. Les lits en dortoir du refuge coûtent 26 € par personne et sont complets. Tout ça est écœurant. Il est quinze heures trente, nous pouvons atteindre le col en deux heures, plus deux heures pour redescendre de l’autre côté si tout va bien. Ça nous paraît beaucoup, après les quatre heures de ce matin, et peu sûr, mais nous voulons quitter ce lac, ce refuge, et retrouver la paix. Après vingt minutes de marche, la forêt s’éclaircit sur de hauts pâturages gorgés de ruisseaux et de marmottes. Il n’y a personne. Le temps est toujours menaçant. La pluie s’abat autour, sur le sommet des montagnes, sur le Pelât qui porte bien son nom. Devant nous, un peu plus loin, nos premiers chamois. Courbés pour ne pas être vus, nous retirons les sacs et sortons l’appareil photo en rampant dans l’herbe trempée pour s’approcher. Mais, c’est sans compter sur les marmottes qui, nous ayant repérés, crient pour donner l’alerte. Les chamois s’écartent tranquillement en restant sur leur garde. Une ou deux photos trop lointaines et les voilà disparus. C’est décidé, nous campons dans ces pâturages et profitons du temps qui nous reste avant la nuit pour nous promener sans les sacs et qui sait, avoir la chance de les apercevoir de nouveau. Après une heure de promenade dans les alentours, nous les repérons enfin. Un groupe d’une trentaine de chamois avec les petits, plus haut, à flanc de montagne. Avec Daoud, nous sommes à une cinquantaine de mètres l’un de l’autre, allongés dans l’herbe juste au-dessous des animaux. Encore une fois, ce sont les marmottes qui nous repèrent, mais le troupeau ne fuit pas, trouvant sans doute l’alerte exagérée. Les chamois ne nous voient pas en effet mais restent méfiants. Nous rampons doucement, cachés par les quelques buissons encore présents à cette hauteur. Je me trouve à environ vingt mètres des premiers chamois. Daoud, plus bas, ne peut pas s’approcher davantage sans être vu. Dommage ! C’est lui qui a l’appareil photo. Je suis couché derrière un arbre mort dans un tas de cailloux. En les observant, je retire de mes mains les épines de chardons qui étaient dissimulés dans l’herbe. Un vieux chamois sort du groupe et vient se poster juste au-dessus de moi. Je suis grillé mais il ne s’enfuit pas. Il ressemble à un chevreuil trapu avec un pelage plus épais et parsemé de poils blancs. Il m’observe sans bouger une ou deux minutes. Je ne bouge pas et ne baisse pas non plus le regard. Puis il se remet à brouter, me gardant à l’œil, prêt à fuir au moindre de mes mouvements, emportant le troupeau avec lui. Daoud est toujours étendu plus bas, n’osant plus bouger lui non plus, devant ce spectacle peu commun pour nous. Essayons de reconnaître les mâles, les femelles, compter les petits, voir comment ils se déplacent… Le temps passe. Agenouillé sur les rochers, j’ai des courbatures. C’est vrai qu’on est mieux dans son fauteuil devant un reportage mais il y a un petit quelque chose de plus dans la réalité, même si ce ne sont que des chamois, même si le mieux serait de les laisser tranquille. Enfin, ma patience a des limites. Trop courtes sans doute. Il faut que je bouge, quitte à ce qu’ils fuient. Je sors donc de ma planque. Tous me regardent une dernière fois avant de partir à travers les rochers escarpés. Allons faire de jolis rêves de Bambi et j’espère bien aussi, de Blanche Neige.
À l’aube, nous replions la tente et nous engageons sur le sentier du col le sac de nouveau sur le dos. Le ciel a ce bleu si particulier après que la pluie en a emporté les impuretés. À flanc de montagne, des plaques de glace – les névés – coupent la piste et vont s’écraser plus bas sur les rochers. Mieux vaut ne pas penser au pire, garder son calme, son sang-froid et se concentrer sur l’équilibre en enfonçant au mieux, dans la glace, chacun de ses pas… Je passe. Daoud, au milieu du névé, panique. Ses jambes tremblent. Je lui lance un bout de bois qui ne s’enfonce même pas dans la glace mais ça lui permet de retrouver son calme, un semblant d’équilibre et il y arrive lui aussi. Plus loin, un lac entièrement glacé recouvert de neige et une paroi abrupte à son pied. Où va le chemin ? Il semble contourner la paroi et passer au sommet. Pas la peine d’y penser. On ne peut pas continuer. Trop dangereux. Mais en s’approchant, on trouve une issue plus propice. Nous sommes au col. Pas grand-chose en vérité. 2687 mètres. Mais mi-juin, la neige est encore immaculée et la vue de cette hauteur sur les montagnes éclaboussées de soleil est inoubliable. Daoud veut faire sa grosse commission. L’émotion sans doute. Et le voilà qui s’y met bien au milieu du col. Elle n’est pas prête de dégeler celle-là ! Enfin, ça va mieux. Mais comment on fait pour descendre ? Sur le versant nord, là où nous allons, la glace recouverte de neige s’étend à perte de vue jusqu’au refuge aperçu au fond de la vallée. Il nous faudrait des pointes sous nos chaussures mais nous n’avons rien, pas même un bâton. Moi, je tenterais bien la descente sur le cul. Normalement, il n’y a rien à craindre. Ça fait une jolie courbe tout en bas et ensuite c’est moins pentu. Allez, je tente. Ça accélère sévèrement. C’est le poids du sac. J’en perds mon chapeau. Mais en bas, je m’arrête finalement comme prévu avec une ou deux roulades. Je suis trempé mais c’était bien rigolo. Daoud me rejoint. Allez, on s’en refait une ! Plus loin, le vent apporte une odeur qui me frappe. Je la connais. C’est un mélange de printemps, de roches, de fleurs et de neige, dont je me suis imprégné gamin, en colonie ! C’est la première fois que je ressens cette fabuleuse impression : ce souvenir d’une odeur si particulière, presque dix ans plus tard. Combien de temps une odeur peut-elle ainsi rester gravée dans la mémoire ? J’espère toute la vie. Col de l’Arche
Nous sommes là, dans ce village où il n’y a rien. Nous attendons, de dix à douze – les horaires d’ouverture de la poste – de recevoir la carte mémoire de l’appareil photo. Ça n’arrive pas. Faudra trouver une autre organisation. Est-ce que le courrier arrive ici avec dix jours de retard à cause de l’altitude ? Posés comme des vagabonds dans un champ de vaches, en bas du village, depuis deux jours, on attend. Le torrent roule près de nous ses galets. Imperturbable. A quelques centaines de mètres, la frontière italienne... En stop, nous rejoignons Cuneo à environ 100 km. C’est la première fois que je vais en Italie. Je ne comprends rien à la langue mais cette petite virée nous donne confiance en l’avenir. Les pays étrangers n’ont rien de plus compliqué : arrivés dans une ville, direction l’office de tourisme pour avoir une carte puis trouver un camping. Ensuite, visite du centre, avenues, places, monuments et musées qui pourraient nous intéresser. Goûter la cuisine de la région et le petit vin qui va avec. S’asseoir sur un banc, regarder la vie des autres passer. On en sait assez. Ce serait juste mieux de parler la langue. Enfin, c’est ok pour l’Italie. Le temps de remonter les Alpes et on arrive. J’aime bien dire ça : le temps de remonter les Alpes et on arrive. C’est absurde…
Les jours suivants nous emmènent sur des hauts plateaux, les alpages, dont les petits lacs, entourés d’herbe fine et fraîche, sont des petits coins de paradis. Le soir, la tente est plantée sur un lac argenté et elle se réveille au matin dans l’eau turquoise. Notre visage, pour se rincer, ondule et flotte dans le reflet, c’est alors que nous prenons vraiment conscience de notre présence ici. Bientôt, s’ouvrent nos ailes au-dessus d’un précipice, surplombant les hauteurs du monde, la beauté et le silence des paysages, dans les vents frais et parfumés du matin.. Les journées nous ensorcellent. Rêveurs contemplatifs, subjugués au détour des chemins par une couleur, une ombre, une fleur, un animal, l’eau pourpre entre des rochers mousseux, un pont de bois sur les berges du torrent, une vue imprenable que nous prenons pourtant. Le soleil. La liberté. La montagne… Allez les jaunes ! On est maintenant rodés pour la randonnée. Ce n’est plus un effort mais un plaisir. Les cols s’enchaînent un à un, avec chaque fois une nouvelle dimension sur les massifs à venir. Monter, descendre, dans les falaises, les forêts, les plateaux et les petits villages. Il n’y a personne encore à cette saison. Le Mercantour, les aiguilles de Chambeyron sont passés ! Voici le Queyras, plus bas, la vallée de l’Ubaye, au loin les cimes des Ecrins, Briançon, la Vanoise, le Mont Blanc. Nos estimations sur les cartes sont plus justes. Les bâtons achetés nouvellement sont comme deux jambes supplémentaires. Nous avançons doucement mais sûrement. Apaisés, sereins, allongés sous le soleil du midi pour la sieste avant de nous rechausser, prendre nos sacs et filer dans les ornières des sentiers sinueux à la poursuite d’un pèlerin imaginaire. Une aube
Cinq heures du matin. Daoud dort. Moi pas. Il fait trop froid dans le duvet, je me lève. Bien couvert, je suis décidé à être le premier à voir le soleil aujourd’hui. Nuit claire. Je prends le chemin du col d’où nous sommes descendus hier. Plus je monte et plus j’ai envie de monter. Ça me réchauffe. Je braque à droite vers l’ouest sous une corniche avec l’idée d’atteindre un autre petit col que j’estime bien placé par rapport au lever du soleil. Versants herbeux, roches gigantesques, je suis les chemins de chèvres. Du moins c’est comme ça qu’on appelle les bouts de chemins qui se croisent, se perdent dans la nature et finissent par disparaître. Le soleil n’est toujours pas levé mais le ciel s’éclaircit et j’ai une vue magnifique sur la vallée de la Durance et Briançon. Partout autour, les sommets enneigés dans une brume rose : l’aube. Voilà, je suis sur le col. De l’autre côté une autre vallée et dans son creux, un torrent. Je ne le vois, ni ne l’entends mais c’est ainsi. Nord-ouest, j’aperçois quelques sommets des Ecrins, toujours eux, les plus hauts dans la région. Je marche sur la crête vers le nord pour dominer davantage la vallée et les alentours qui dévalent en escaliers de pins et de verdure dans les couleurs de l’aube, ce rose, ce bleu, une légère brume, le tout un peu brillant. Assis entre deux pierres, j’ai le vertige devant tant de magnificence. J’ai mon Aube à moi. Ça devrait être ainsi chaque matin. Nous sommes si peu de chose devant cette immensité. Je reste un moment à contempler encore. Ne pense à rien. J’observe. Me concentre sur le paysage. J’essaie d’intégrer cette émotion à jamais dans ma mémoire. Les humains
Nous avons dormi, cette nuit, posés au bord d’un chemin où peuvent passer des voitures, faute d’avoir trouvé mieux. Et il en est passé des voitures ce matin, pendant que nous faisions la grasse mat, fatigués d’avoir beaucoup marché hier. Nous glandons encore un peu au lit mais il y a ces putains de voitures. Levés en grognant. Les touristes arrivent par petits groupes, en famille, avec des petits sacs et des grandes gueules. Nous déjeunons comme d’habitude avec notre bordel éparpillé partout autour de nous dans la boue. Il a plu cette nuit, la toile de tente pend sur le pont pour sécher. Nos fringues un peu partout aussi. Nous ne sommes pas lavés et pas rasés depuis plusieurs jours. Un peu en retrait, je vois les gens qui, en passant, regardent Daoud de côté, comme une bête sauvage. C’est vrai qu’il a les cheveux ébouriffés, la barbe en vrac et une tête de gars qu’il ne faut pas emmerder pendant qu’il mange. Et puis cette espèce de liquide où flottent des morceaux de bananes et de figues séchés. C’est assez louche et pas du tout appétissant. Il est assis par terre sur le chemin de cailloux. Faut voir le tableau. On dirait qu’il va mordre. Les gens font un écart pour passer, surtout les enfants. Limite si on lui dit bonjour. Et lui les regarde tranquille et sans gêne aucune. Faut dire que ça fait presque deux mois qu’on est dans la nature, faut l’excuser, enfin nous excuser parce que moi, je ne peux pas me voir mais c’est la même. En fait, nous nous trouvons à quinze minutes de l’affreuse station de Fréjus mais comme on est descendus hier soir tard, eh bien, on ne savait pas qu’on était si près des humains ! La Vanoise
Modane. Le temps est mauvais depuis plusieurs jours mais il devrait s’arranger. Il est interdit de passer la nuit en dehors des refuges dans le parc national de la Vanoise mais leur prix est trop élevé. Nous les évitons donc et campons écartés des chemins. Les animaux sont habitués aux touristes ce qui permet de les approcher : marmottes, chamois, bouquetins... Orage mémorable la première nuit. Le froid a suivi derrière. La seconde, à l’aube, une mer de nuages glisse à nos pieds jusqu’à l’horizon, recouvrant la vallée d’une soupe de coton mouvant. Toute la journée, nous longeons les versants à la limite de cet océan galactique. Le toit des montagnes alentours s’est couvert de neige. La température est glaciale, exceptionnellement, pour un mois de juillet. On n’a pas vu ça depuis 72, nous assure un autre randonneur ! Nous dormons une nouvelle nuit au pied du glacier. Des brumes blanches s’élèvent comme des fantômes. Il gèle mais le temps est clair et sec quand on se couche. Avant le jour, une tempête se lève. Notre tente est alors soulevée par les rafales. Seul, le poids de nos corps fait qu’elle ne s’envole pas. Elle se tord, se déchire, les parties détachées claquent comme des fouets. Le vent rugit de toute part. Le froid intense, mortel. Il faut partir. Au plus vite, redescendre, trouver un abri. Mais avant, sortir du duvet, rentrer dans nos chaussures gelées et plier la tente comme on peut. Jamais eu aussi froid. Nos doigts ne veulent pas se plier. Impossible de serrer nos bâtons pour marcher. Nous courons cette fois avec la peur d’y laisser le pouce surtout, le plus exposé. Ça dure des heures. Des heures, la montagne… Quatrième jour de marche, nous n’avons pas prévu assez à manger. C’est le jeûne. La fatigue des nuits glaciales. Nous espérons un refuge, de la chaleur, du repos. Le temps est toujours aussi froid. Nous ne voulons pas dormir dehors cette nuit. Mais nous hésitons encore à aller dans un refuge. La première fois que nous en avons approché un, rappelez-vous, pour y laisser un pauvre petit sac poubelle, ils ont refusé. La deuxième fois, nous nous sommes abrités pendant un orage et je me suis fâché avec le patron qui voulait qu’on consomme. Des refuges de luxe. Alors, nous n’espérons rien. Et pourtant, lorsque la petite dame du refuge la femma nous voit arriver, je crois qu’elle nous aime déjà. Sans rien dire, sans rien demander, elle nous apporte un bon café chaud. Avec ça, des crêpes à la confiture. Le soir, pour quelques euros qu’il nous reste, elle nous sert abondamment. Nous dormons dans un bon lit avec plein de couvertures. Encore des crêpes le matin avec le café. « Eh ! Vous n’allez pas partir comme ça ! » On la supplie, c’est déjà beaucoup trop de générosité. À qui la rendrons-nous ? « Il neige encore, il fait froid, prenez ça pour le midi, au moins. Ça me fait plaisir ! » Et nous alors, on en a les larmes aux yeux. Pourtant, n’est-ce pas volontaire de ne prendre pas suffisamment à manger ? Depuis un moment, nous tentons de réduire notre consommation. D’abord parce que ça alourdit nos sacs et puis tant de bouffe n’est vraiment pas nécessaire. Même avec les efforts physiques, nous mangeons déjà deux fois moins qu’auparavant, à l’époque déjà lointaine du restaurant d’entreprise et dans notre vie en général. Nous souffrons encore du désir de manger – surtout moi – de cette habitude gastronomique de panse pleine, mais pas de faim. En diminuant petit à petit, sur plusieurs mois, en mangeant équilibré et peu, nous nous sentons mieux, plus légers et plus vifs. Le jeûne est très bon pour le corps et l’esprit, pour la réflexion, la méditation. Nous voulons trouver la juste suffisance. La force la plus importante dans un tel effort est mentale. Le jeûne ravive cette force, c’est certain. Parallèlement, l’entraînement musculaire est achevé. Faut voir comme avec notre gros sac sur le dos, nous franchissons les cols, descendons les sentiers abrupts comme des cabris ! Mais cette fois, avec le froid, le mauvais calcul du temps de traversée du massif, la fatigue de plusieurs jours de marche difficile, avec nos figues sèches et nos carrés de chocolat, nous sommes limite. Nous avons dépassé la juste suffisance… Après cette bonne nuit de sommeil, de chaleur physique et morale, après avoir repris de la consistance en gras, nous partons pour notre plus haut col jamais franchi. Pas bien haut cependant, dans les trois mille. Le chemin monte tranquillement. Bientôt, la neige se met à tomber, recouvrant les monts, les vallons et redonnant une couche propre à celle déjà existante. Nous progressons donc sur un sol immaculé, montant le long du sentier à l’aide de nos bâtons comme deux pèlerins perdus en plein hiver, en des lieux inconnus, pris dans un brouillard épais. J’aimerais ne jamais arriver en haut tant mes songes sont plus légers que les flocons qui nous habillent de montagnes. Mais deux heures de marche suffisent pour atteindre le col de la Rocheure où une étendue plate et dangereuse se dessine : un lac troué de glace. Deux possibilités s’offrent alors à nous : continuer le chemin qui descend directement vers la vallée de l’Isère ou suivre la crête à l’est pour rejoindre un chemin non balisé. Nous hésitons. C’est chouette la neige. À marcher, il ne fait pas froid. Mais si nous nous perdons ? Je sens en moi bouillir l’irrésistible envie d’essayer ce chemin qui garde de l’altitude et reste dans la neige. J’ai déjà mon cœur qui bat de ce petit risque de nous perdre ! Allez, Daoud, tu connais mon opinion. Ok, alors c’est parti. Quand deux chemins se présentent, toujours choisir le plus ardu. Je ne sais pas si ce proverbe s’applique à la montagne… Plus tard, quatre ombres se rapprochent dans le brouillard : des gens ! Mais qu’est ce qu’ils foutent là ? Des fous ! Enfin, nous sommes contents de nous rencontrer avec ce temps incroyable. On ne parle à personne quand il y a trop de monde alors que, dans le désert ou la montagne, on s’empresse de lier connaissance avec le peu de personnes qu’on croise. Les nouvelles sont bonnes. Ils ont tracé de leurs pas le chemin que nous devons suivre et nous signalent qu’il n’y a aucun risque si on ne traîne pas. Et nous aussi, les rassurons en leur désignant le col un peu plus bas, qu’ils n’ont pas loupé. Plus de trois mille mètres, c’est notre record. Le jour de l’anniversaire à Daoud. Petite bataille de neige pour fêter ça. Ça essouffle. Il faut partir. Les traces disparaissent. Enfin il y a des cairns. Des tas de pierres qui indiquent le chemin. Une fissure dans la falaise nous permet de nous engouffrer vers une vallée. La vallée du fond des Fours, complètement désertique. La neige est trop fraîche pour glisser, dommage. Nous stoppons bientôt dans un refuge et mangeons au chaud. Puis la neige se changera en pluie avant que nous ne rejoignions l’affreuse et richissime station de Val d’Isère. Col de la Lose
On va au cinéma voir notre dernier film en français avant longtemps. Spider man. Allez, ça nous relaxera. Mais c’est si nul que nous sommes des plus motivés pour partir définitivement à l’étranger. Dernier col avant l’Italie, entre le massif de la Vanoise et le parc national du grand Paradiso : le col de la Lose. Cela ressemble à perdu en anglais. Quel rapport ? À partir de la gorge des sources de l’Isère, le vent change radicalement de sens. Il vient d’Italie. Un tas de gens sur le chemin de randonnée. De la neige. Ils redescendent du même côté qu’ils sont montés : du côté français. Arrivés au col les nuages arrivent, bien chargés, de l’est. Ils glissent sur nous et vont recouvrir la France. Décidément, tout le monde va par là ! Pendant cinq minutes, nous apercevons le lac, côté italien, où il nous faut descendre. Puis plus rien. Il disparaît. De là où nous nous trouvons, la falaise tombe à pic. Il faut escalader un pan pour trouver le col. Je laisse mon sac à Daoud et vais vérifier l’existence de ce col et du chemin qui en part. Il existe, c’est une brèche abrupte dans la falaise. Personne ne l’a encore emprunté, il n’y a pas de trace. Pourtant, c’est bien le chemin... Je remonte voir Daoud et lui fais part de mes observations. Comme je suis sceptique, il va voir à son tour. Il fait chaud, c’est bizarre, nous sommes à trois mille mètres. Les nuages continuent de nous recouvrir. Le ciel se bouche complètement. Ça ne sert à rien de prendre le risque. On sait comme le temps en montagne peut être mauvais. Nous ne connaissons pas la météo. Nous n’avons pas de crampons. Je me fais une raison. On redescend, on fait du stop et on passera un autre col, un autre jour. Pas grave. Mais Daoud revient. Lui aussi est sceptique mais il est descendu un peu plus bas que moi et a trouvé des mains courantes. C’est donc bien par là. Ça nous rassure. On décide d’y aller. En effet, je n’avais pas vu ces cordes sur la falaise qui nous permettent de nous accrocher. Ce sont des câbles en acier mais bientôt ils disparaissent, mangés par la glace et celle-ci colle si près de la paroi que nous devons quitter la crevasse pour contourner. Bizarre. Qu’est ce qu’on fait ? Nous ne voyons pas à dix mètres. Nous sommes dans les nuages épais et chauds de l’orage qui gronde. La pente est très inclinée. Je descends un peu en laissant le sac dans la fissure et je vois que plus loin, des blocs gelés se séparent à nouveau de la roche et que les cordes réapparaissent. On continue donc. Mais au bout d’un moment, ils disparaissent de nouveau. Nous devons ressortir de la crevasse. La neige fond, nous pouvons enfoncer nos bâtons et un peu nos chaussures en creusant tous nos pas. – C’est une via ferratta me dit Daoud, peut-être il faut faire demi-tour. – Sur la carte, c’est un chemin pourtant. J’espère que c’est le passage le plus difficile. – J’ai poussé le bouchon mais je n’aurais peut être pas dû, il me dit. Si on y arrive, je t’encule ! – Si on y arrive, on en reparle, je dis sans sourire… Nous escaladons des blocs de glace avec des crevasses profondes. Les cordes ont disparu à jamais. C’est la merde. Je pose de nouveau le sac et essaie de continuer un peu mais je vois bien vite que c’est impossible. On ne passe pas. C’est mort. À moins de quitter la falaise qui nous surplombe et de partir vers la droite à flanc de montagne sur la glace. C’est plutôt flippant. On ne voit rien, que du blanc. Daoud ne dit plus un mot. Je sais qu’il est encore moins rassuré que moi. Il déteste les passages de glace. Il devient plus blanc qu’elle. Je tente, sans le sac, bien appuyé sur mes pieds et assurant chaque pas. Plus loin, je repère un rocher qui sort de la neige. J’y vais. Il y a une marque rouge dessus. C’est par là ! Par là où ? Il n’y a que la pente glacée et abrupte. Tout est blanc. Aucune empreinte. Je remonte chercher mon sac et me positionne sous Daoud au cas où il glisserait. Glisser, faudrait pas, je ne sais pas où on s’arrêterait. Daoud prend son temps, fait bien ses pas. D’un seul coup, il glisse et part. J’ai juste le temps de planter mes deux bâtons sur sa trajectoire. Il s’emplafonne dessus mais ça l’arrête. Ouf ! Ses deux bâtons sont cassés net. Accrochés aux rochers, on se demande ce qu’on fout ici et comment on peut être si inconscient. Partout la neige immaculée descend dans les profondeurs des nuages sans qu’on y puisse rien voir. Est-ce que le degré de la pente permet vraiment de continuer sachant qu’il est pratiquement impossible de remonter. Ou alors nous devons laisser les sacs. Une heure que nous sommes partis du col et nous sommes coincés ici. L’orage se rapproche, on l’entend gronder de façon sourde et prolongée. Pour conclure : c’est la panique. Daoud me dit qu’il avait aperçu la météo et qu’ils annonçaient des orages en fin d’après-midi. Il me dit aussi qu’il avait lu quelque part que ce col était difficile… en été. Sans toute cette neige qui est tombée ! Il ne faut pas rester là. L’orage à cette altitude sans abri, non merci ! Il faut tenter quelque chose. À gauche vers la falaise ou à droite. Je pars tester une nouvelle fois à droite. Avec les bâtons, je me tiens bien. J’avance en gardant la même hauteur sur une centaine de mètres. Toujours rien. Que de la neige et cette pente qui m’attire. Ça fait comme un arc de cercle avec un trou, comme un volcan. Je continue cette fois en inclinant ma trajectoire. Après encore une centaine de mètres, j’arrive sur une partie rocheuse non recouverte de neige. Pas trace de chemin ici. Encore plus loin, toujours la même glace et la même pente, je continue. Bientôt, c’est trop incliné. Je ne peux pas. Ça m’énerve. Il y a forcement un passage quelque part. Je cherche plus bas, plus haut, je marche, je marche et enfin, enfin des traces. Je m’approche. Non, ce n’est qu’un animal. Encore, encore, cette fois, j’y suis, c’est bien des empruntes. Elles descendent tout droit, certes, donc avec des crampons, sûr, mais c’est mieux que rien. Je commençais à désespérer. Autour de moi, en levant la tête, que du blanc. Depuis combien de temps ai-je quitté Daoud ? Une demi-heure environ. Je remonte. Je suis mes traces en fait. Daoud n’a pas bougé. Je l’entendais m’appeler avant de le voir. – Alors ? – Alors, il y a des pas, par là, environ quatre à cinq cents mètres à droite, tout en flanc bien incliné comme ici dans la glace. Ça fait comme un arc de cercle. Mais je ne suis pas sûr des traces. Elles descendent tout droit. Le mec devait avoir des crampons. Mais ça va, l’air chaud fait fondre la glace et nos pieds s’enfoncent de plus en plus. On n’a pas le choix de toute façon. Ok ? – Putain, il me dit, faut que ça passe ! T’entends comme l’orage va être mauvais ! Nous partons donc, avec les sacs cette fois, mais ils permettent finalement de nous donner plus de poids. Avec ses petits bâtons cassés, je me positionne sur sa trajectoire. On arrive aux premières traces. – Tu te fous de ma gueule, il m’dit, c’est une bestiole ça, putain ! – Ok, il y en a d’autres plus loin mais ça descend pareil de toute façon. Mais tu vas voir, c’est possible de descendre, il faut rester bien droit, et se tordre la cheville dans le sens opposée à la descente. De grosses gouttes d’orage tombent. Avec précaution, en faisant des virages, en contournant les précipices, nous descendons petit à petit. C’est immense la montagne quand on est perdu comme ça. Ça n’a pas de fin. La glace continue de fondre. C’est donc de plus en plus facile mais l’orage gronde de plus en plus fort. Qu’est-ce que je vois là-bas ? On dirait des silhouettes, des gens. Il y a des gens là-bas, deux personnes. Nous sommes sauvés ! On a mis trois heures à descendre du col. On est en Italie. Les gens sont bien des gens et pas des fantômes. Et même, ce sont des Français, enfin des Suisses francophones et on comprend parfaitement quand ils nous disent que nous sommes les premiers de la saison à avoir franchi le col de la Lose, qu’il est d’ailleurs encore interdit, même avec du matériel ! C’est trop grave, nous sommes complètement inconscients. On aurait pu glisser sur des centaines de mètres. Si la vue avait permis de rendre compte de la difficulté, nous ne nous serions jamais engagés. Bref, l’orage est là, il pleut de plus en plus fort, il faut trouver un abri. Ça tombe bien puisque les gens ont la clé d’un refuge. Le problème, c’est qu’ils ne le trouvent pas. En fait, il est caché en plein dans une falaise de deux cents mètres qui tombe dans le lac. Le fameux lac aperçu pendant cinq minutes d’en haut et qu’on a bien cru ne jamais revoir. Deux chemins y mènent avec des cordes, en escalade. L’un d’eux passe le long de la cascade mais il ne m’inspire pas. L’autre me paraît plus accessible. Je le choisis, si on peut appeler ça un choix. Bref, il y a bien quelques cordes mais je dois de nouveau passer une partie glacée au milieu de la descente. C’est encore plus raide que tout à l’heure et bien glissant mais je m’engage. D’un seul coup, un pied part, je pars, c’est la chute ! Un moment de panique inoubliable. Je plante mes ongles, mes coudes, je me raidis, me tortille, balance les bâtons, rien à faire, je prends de la vitesse. Je vais m’éclater comme un oeuf. Un rocher dépasse au milieu, c’est sur lui que j’arrive, j’ai juste le temps de le voir, je suis dessus, mes jambes font ressort, je suis projeté sur le côté dans la roche. Fin de la chute. Je bouge un peu. Je ne suis pas mort. Je crois que je n’ai rien de cassé non plus. Je tremble comme une feuille. J’ai eu si peur. J’ai eu tellement de chance. J’aurais vraiment pu crever ici. Il y aurait eu une petite plaque avec mon nom, en plus de celles qui existent déjà à l’entrée du refuge. Je me remets sur mes jambes, remonte un peu récupérer mes bâtons et ce qui a été éjecté du sac. Et là, je pense à Daoud. Daoud, non ! Je ne le vois pas en levant la tête. J’espère qu’il ne m’a pas suivi. La faille est vertigineuse, impossible à passer. On le voit clairement d’en bas. Je vais voir l’autre chemin, je vois les gens qui arrivent - forcément, j’ai été plus vite qu’eux - mais pas Daoud. Il pleut beaucoup maintenant et les éclairs illuminent les nuages dans lesquels nous sommes. Enfin, Daoud est derrière eux. Je le vois qui s’accroche aux cordes, qui donne ses dernières forces en escaladant les parois trempées avec son gros sac et le vide qui mène au lac, dessous, très bas. Quand ils arrivent, je suis tout blanc, mes jambes ne cessent de trembler mais je n’ose rien dire. L’orage explose démesurément. Les gens nous disent qu’on peut rester ici, avec eux et même dormir car le temps ne s’arrangera pas avant demain. Ce sont des randonneurs chevronnés, ils en ont vu d’autres. Ils essaient de nous rassurer et de parler d’autres choses mais on a eu trop d’adrénaline aujourd’hui. Sous le refuge, il y a une petite chambre, elle sera pour nous. L’orage est impressionnant, jamais vu un truc pareil, ça pète dans tous les sens toute la nuit et il pleut à torrent. Heureusement, on n’est pas dehors, encore sur un flanc de montagne. Heureusement ! Mais c’est fini la montagne, c’est fini. On veut voir la mer !
Inde: conseils sur voyage d'un mois d'un étudiant English translation pending
Bonjour tout le monde,
je suis nouveau sur le forum.
Je vous en dis un peu plus sur moi : je suis étudiant, j'ai 19 ans, j'habite sur Paris, et ce voyage serait mon premier en Inde.
Voila, j'aimerais partir en Inde du Nord du 5 août au 5 septembre (c'est date étant flexible, c'est à dire que je peux partir plus tôt et rentrer plus tard).
Je n'ai pas encore réserver mon billet d'avion (j'attends le 1er juillet, au moment ou je serai payé).
Pour ce qui est des vaccins : je ne les ai pas encore fait (je travaille en semaine, et on m'a dit qu'à l'Institut Pasteur (Paris) le week end c'était super bondé, ma premiere question sera donc : peut on aller chez un medecin traitant et si non, avez-vous des conseils pour éviter la queue d'un samedi matin?
Pour ce qui est du voyage : je pars seul, je vous avoue que j'ai assez peur, mais ce voyage me permettra de surpasser mes peurs. Questions pour le voyage:
- Depuis mon envie de partir en Inde, j'ai rencontré pas mal de gens, et chacun me soumet ses idées pour des villes ou je pourrais aller, mais ai-je le temps pour faire tout cela ? On m'a dit qu'il fallait aprés avoir atterri aller à Rishikesh, pensez vous que c'est une bonne idée?
- J'aimerais faire comme ville : Agra, Varanasi, Jaisamer, Jaipur, Jodhapur, et faire un tour vers l'himalaya (pensez vous que j'ai assez de temps?).
- En fait, je vous l'avoue, tout ce mélange, je ne sais pas quoi choisir comme ville, ni quel intineraire faire, avez vous des suggestions pour un mois de voyage?
- Que pensez vous qu'il est indispensable de faire en un mois pour une premiere fois en Inde?
- Ce que j'attends de ce voyage est un dépaysement complet, en fait je vous ce voyage comme quelque chose que j'ai à faire pour m'accomplir, que ce soit pour moi un tournant de ma vie, me faisant changer, me faisant mûrir, un peu à la façon de Siddhārtha Gautama. Avez vous des idées de villes pouvant aller dans ce sens.
- Avez vous des conseils d'avant le voyage : comme reserver un train partant de Delhi (sur quel site dois-je aller?), ou des choses que je dois absolument apporter.
- Sinon, j'aimerai faire de la photo la bas (je suis possesseur d'un reflex avec plusieurs objectifs), auriez-vous des conseils pour le transport, et j'aimerais savoir si ça craint de le prendre tout le temps sur moi?
J'ai des tonnes de questions, mais je les écrirai plus tard pour ne pas surcharger mon premier post (!).
Je vous remercie de votre temps et de votre attention.
Je vous en dis un peu plus sur moi : je suis étudiant, j'ai 19 ans, j'habite sur Paris, et ce voyage serait mon premier en Inde.
Voila, j'aimerais partir en Inde du Nord du 5 août au 5 septembre (c'est date étant flexible, c'est à dire que je peux partir plus tôt et rentrer plus tard).
Je n'ai pas encore réserver mon billet d'avion (j'attends le 1er juillet, au moment ou je serai payé).
Pour ce qui est des vaccins : je ne les ai pas encore fait (je travaille en semaine, et on m'a dit qu'à l'Institut Pasteur (Paris) le week end c'était super bondé, ma premiere question sera donc : peut on aller chez un medecin traitant et si non, avez-vous des conseils pour éviter la queue d'un samedi matin?
Pour ce qui est du voyage : je pars seul, je vous avoue que j'ai assez peur, mais ce voyage me permettra de surpasser mes peurs. Questions pour le voyage:
- Depuis mon envie de partir en Inde, j'ai rencontré pas mal de gens, et chacun me soumet ses idées pour des villes ou je pourrais aller, mais ai-je le temps pour faire tout cela ? On m'a dit qu'il fallait aprés avoir atterri aller à Rishikesh, pensez vous que c'est une bonne idée?
- J'aimerais faire comme ville : Agra, Varanasi, Jaisamer, Jaipur, Jodhapur, et faire un tour vers l'himalaya (pensez vous que j'ai assez de temps?).
- En fait, je vous l'avoue, tout ce mélange, je ne sais pas quoi choisir comme ville, ni quel intineraire faire, avez vous des suggestions pour un mois de voyage?
- Que pensez vous qu'il est indispensable de faire en un mois pour une premiere fois en Inde?
- Ce que j'attends de ce voyage est un dépaysement complet, en fait je vous ce voyage comme quelque chose que j'ai à faire pour m'accomplir, que ce soit pour moi un tournant de ma vie, me faisant changer, me faisant mûrir, un peu à la façon de Siddhārtha Gautama. Avez vous des idées de villes pouvant aller dans ce sens.
- Avez vous des conseils d'avant le voyage : comme reserver un train partant de Delhi (sur quel site dois-je aller?), ou des choses que je dois absolument apporter.
- Sinon, j'aimerai faire de la photo la bas (je suis possesseur d'un reflex avec plusieurs objectifs), auriez-vous des conseils pour le transport, et j'aimerais savoir si ça craint de le prendre tout le temps sur moi?
J'ai des tonnes de questions, mais je les écrirai plus tard pour ne pas surcharger mon premier post (!).
Je vous remercie de votre temps et de votre attention.
Guest house Salvation Army à Calcutta English translation pending
Bonjour à tous,
Je pars à Calcutta début juillet pour y faire un mois de bénévolat dans les dispensaires de mère thérésa. J'ai regardé quelques discussions à ce sujet et je pensais m'installer à la guest house Salvation Army sur Sudder Street, mais je viens à l'instant de voir sur un forum anglais qu'elle aurait apparemment fermée. Est-ce que quelqu'un est au courant ? Et si c'est bien fermé, pouvez-vous me conseiller des solutions de repli dans le même style (pas cher, pas trop dégueu, fréquenté par des bénévoles...) ? Au passage, si vous avez d'autres conseils à me donner pour que mon séjour se passe bien, je suis preneur 🙂 (j'ai déjà passé 4 mois à Delhi mais j'ai jamais fait de bénévolat et je connais pas du tout Calcutta)
Merci beaucoup d'avance !!
Clem
Je pars à Calcutta début juillet pour y faire un mois de bénévolat dans les dispensaires de mère thérésa. J'ai regardé quelques discussions à ce sujet et je pensais m'installer à la guest house Salvation Army sur Sudder Street, mais je viens à l'instant de voir sur un forum anglais qu'elle aurait apparemment fermée. Est-ce que quelqu'un est au courant ? Et si c'est bien fermé, pouvez-vous me conseiller des solutions de repli dans le même style (pas cher, pas trop dégueu, fréquenté par des bénévoles...) ? Au passage, si vous avez d'autres conseils à me donner pour que mon séjour se passe bien, je suis preneur 🙂 (j'ai déjà passé 4 mois à Delhi mais j'ai jamais fait de bénévolat et je connais pas du tout Calcutta)
Merci beaucoup d'avance !!
Clem
Voyager seule en Inde à 16 ans pendant un mois et demi? English translation pending
Bonjour,
Je pars cet été pendant un mois et demi en Inde. Je compte rester environ un mois sur l'île fluviale de Majuli en Assam dans le cadre de mon projet de découverte avec Zellidja: renconter les moines danseurs de Majuli. Sur cette île apparemment paisible, je vais séjourner dans des monastères, donc je pense pouvoir être relativement en sécurité vis à vis de mon jeune âge et de ma non expérience de voyageuse, et loin du tumulte des grandes villes. Il s'agit en effet de premier voyage seule hors d'Europe pour un si long séjour. J'aimerais donc avoir des conseils de personnes étant parties seules lorsqu'elles étaient jeunes. J'ai déjà lu pas mal de choses sur le comportement des femmes à adopter en Inde, mais qu'auriez vous à me conseiller de plus, sachant que je vais passer deux semaines (une semaine aller / une semaine retour) à faire le trajet New Delhi/Majuli. Par exemple on conseille de dire qu'on est mariée pour être tranquille, ça passe à 16 ans?
Je vous remercie! 🙂
Je pars cet été pendant un mois et demi en Inde. Je compte rester environ un mois sur l'île fluviale de Majuli en Assam dans le cadre de mon projet de découverte avec Zellidja: renconter les moines danseurs de Majuli. Sur cette île apparemment paisible, je vais séjourner dans des monastères, donc je pense pouvoir être relativement en sécurité vis à vis de mon jeune âge et de ma non expérience de voyageuse, et loin du tumulte des grandes villes. Il s'agit en effet de premier voyage seule hors d'Europe pour un si long séjour. J'aimerais donc avoir des conseils de personnes étant parties seules lorsqu'elles étaient jeunes. J'ai déjà lu pas mal de choses sur le comportement des femmes à adopter en Inde, mais qu'auriez vous à me conseiller de plus, sachant que je vais passer deux semaines (une semaine aller / une semaine retour) à faire le trajet New Delhi/Majuli. Par exemple on conseille de dire qu'on est mariée pour être tranquille, ça passe à 16 ans?
Je vous remercie! 🙂
Premier voyage en Inde English translation pending
Bonjour ! je suis un jeune homme Marocain et j'habite à Casablanca.Mon ami et moi nous souhaitons partir cet été(fin juin ou maximum mi juillet)pour la première fois en INDE, nous n'avons encore rien entamé question démarches pour le visa(touriste) nous vous serons très reconnaissants si vous auriez la gentillesse de nous éclairer sur tout ce qui est relatif a ce voyage(meilleurs prix de billets, choix de la date, bons plans, meilleures adresses...)enfin tout ce qui vous semblerez utile !
Merci d'avance. Anass.
Voyage de neuf semaines en Inde: quel type de sac à dos? English translation pending
bonjour
alors jai une question pratique pour un voyage en inde. Est-ce qu'il est nécessaire d'investir dans un sac à dos de bonne qualité? (ils sont chers: 200-300$) Je crois prendre un 50L et voyager le plus léger et discretement possible.
J'imagine que ca dépend un peu de ce que je prévois faire, alors voila: je pars 9 semaines, 2-3 au nord et le reste au tamil nadu. Je me déplacerai par train et autobus, à pied dans les villes (mais les bagages restent parfois a lhotel) et peutetre quelques fois a vélo. sachant que je resterai souvent plusieurs jours dans une meme ville, je ne l'aurai pas toujours sur les épaules.
selon votre expérience, un bon sac a dos compliqué et cher? ou un simplet suffit?
AUSSI, parlant de sac, jusqu'à quel point est-ce que c'est sécuritaire de le laisser à l'hotel?
merci d'avance, jattend vos réponses!
J'imagine que ca dépend un peu de ce que je prévois faire, alors voila: je pars 9 semaines, 2-3 au nord et le reste au tamil nadu. Je me déplacerai par train et autobus, à pied dans les villes (mais les bagages restent parfois a lhotel) et peutetre quelques fois a vélo. sachant que je resterai souvent plusieurs jours dans une meme ville, je ne l'aurai pas toujours sur les épaules.
selon votre expérience, un bon sac a dos compliqué et cher? ou un simplet suffit?
AUSSI, parlant de sac, jusqu'à quel point est-ce que c'est sécuritaire de le laisser à l'hotel?
merci d'avance, jattend vos réponses!
Avis sur itinéraire d'un mois en Inde du Sud? English translation pending
Bonsoir à tous!
Après une grand expérience en Inde du Nord il y a quelques mois, nous avons décidé, mon fiancé et moi, de partir en Inde du Sud pour un mois.
Par manque de temps, de moyen, nous partirions au mois d'août.
J'ai préparé un itinéraire, mais j'ai encore un peu de mal à me décider, c'est pourquoi je viens sur ce merveilleux forum quérir votre aide 😊
nous arriverions à Madras, mais n'y resterions pas longtemps. Ensuite, ce serait Kanchipuram, Mamallapuram, Pondichéry, Chidambaram, Trichy, Thanjore, eMadurai, Rameswaram... et là, blocage : devrions-nous continuer dans le sud, jusqu'à Trivandrum, ou bien partir vers Kodaikanal et la route de Ooty? Est-ce que la mousson au mois d'août dans le Kerala est importante?
Voilà les questions primordiales que je me pose!
Je vous remercie de votre attention 😉
Après une grand expérience en Inde du Nord il y a quelques mois, nous avons décidé, mon fiancé et moi, de partir en Inde du Sud pour un mois.
Par manque de temps, de moyen, nous partirions au mois d'août.
J'ai préparé un itinéraire, mais j'ai encore un peu de mal à me décider, c'est pourquoi je viens sur ce merveilleux forum quérir votre aide 😊
nous arriverions à Madras, mais n'y resterions pas longtemps. Ensuite, ce serait Kanchipuram, Mamallapuram, Pondichéry, Chidambaram, Trichy, Thanjore, eMadurai, Rameswaram... et là, blocage : devrions-nous continuer dans le sud, jusqu'à Trivandrum, ou bien partir vers Kodaikanal et la route de Ooty? Est-ce que la mousson au mois d'août dans le Kerala est importante?
Voilà les questions primordiales que je me pose!
Je vous remercie de votre attention 😉
Sac de couchage pour l'Asie du Sud-Est et l'Inde? English translation pending
Bonjour,
A l'heure des préparatifs (et l'horreur du poids et volume du sac de voyage), une question fondamentale (!) s'mpose à moi : prendre ou ne pas prendre le sac de couchage pour un voyage de 5 mois en Asie du sud-est et en Inde. Qui démarre début septembre 2008 de l'Indonésie à la Thaïlande en passant Singapour et la Malaisie (sept à mi-oct), puis une boucle Cambodge-Vietnam-Laos (mi-octobre à fin novembre), puis Birmanie (1ère quinzaine de décembre) et enfin l'Inde, du nord au sud (mi-déc à fin janvier). Le tout en voyage essentiellement terrestre : train/bus. Ou ferry pour les fleuves et les îles. Avion pour les longues distances ou quand fermeture des frontières terrestres comme pour la Birmanie.
Les éléments en faveur du Oui : Trecks au programme : en Malaisie, Vietnam, Laos et Birmanie (liste non exhaustive) La clim dans les trains, en particulier indiens, qui dit-on est parfois redoutable
Quant au Non : Le poids, le volume, le faible nombre de nuits fraîches au regard des nuits chaudes
Je sollicite alors les experts de ces contrées,
A vos votes !
Et merci pour vos réponses
A l'heure des préparatifs (et l'horreur du poids et volume du sac de voyage), une question fondamentale (!) s'mpose à moi : prendre ou ne pas prendre le sac de couchage pour un voyage de 5 mois en Asie du sud-est et en Inde. Qui démarre début septembre 2008 de l'Indonésie à la Thaïlande en passant Singapour et la Malaisie (sept à mi-oct), puis une boucle Cambodge-Vietnam-Laos (mi-octobre à fin novembre), puis Birmanie (1ère quinzaine de décembre) et enfin l'Inde, du nord au sud (mi-déc à fin janvier). Le tout en voyage essentiellement terrestre : train/bus. Ou ferry pour les fleuves et les îles. Avion pour les longues distances ou quand fermeture des frontières terrestres comme pour la Birmanie.
Les éléments en faveur du Oui : Trecks au programme : en Malaisie, Vietnam, Laos et Birmanie (liste non exhaustive) La clim dans les trains, en particulier indiens, qui dit-on est parfois redoutable
Quant au Non : Le poids, le volume, le faible nombre de nuits fraîches au regard des nuits chaudes
Je sollicite alors les experts de ces contrées,
A vos votes !
Et merci pour vos réponses
Première visite en Inde English translation pending
Bonjour à tous,
Je prévois de faire mon 1er voyage pour l'inde, à force de regarder les merveilleux fims Hindi les paysages magnifiques, les couleurs somptueuses les traditions, l'envie de visiter le pays c'est faite sentir. Résultat je pars avec mon frère...à priori notre départ est pour le 26 août 2008, j'attends d'avoir nos visas avant de réserver. Je ne suis pas très aventurière, je lis sur ce site que beaucoup d'entre vous partes juste avec leurs sac à dos, moi je compte reserver un hotel à Mumbai, je ne veux pas faire de circuits, pour moi c'est pas des vacances tous les jours faire minimum 4h de car ce n'est pas mon truc. Par compte l'hotel dans lequel je vais ne prévois que les petits déjeuner connaissez-vous des endroits sympa ou manger du côté de mumbai je serais vers la plage Juhu, les bons plan pour les visites, les endoits à voir impérativement, les vaccins véritablement néccessaire???
En lisant vos commentaires, je m'aperçois que beaucoup d'entre vous sont partis une fois de depuis ne quitte plus cette destination, une commerçant indien qui tiens une boutique à paris m'a dit qu'il fallait plus de 7 vies pour visiter l'Inde...et vous combien de fois être-vous revenu à la vie?
Merci d'avance pour vos réponses Kari
Je prévois de faire mon 1er voyage pour l'inde, à force de regarder les merveilleux fims Hindi les paysages magnifiques, les couleurs somptueuses les traditions, l'envie de visiter le pays c'est faite sentir. Résultat je pars avec mon frère...à priori notre départ est pour le 26 août 2008, j'attends d'avoir nos visas avant de réserver. Je ne suis pas très aventurière, je lis sur ce site que beaucoup d'entre vous partes juste avec leurs sac à dos, moi je compte reserver un hotel à Mumbai, je ne veux pas faire de circuits, pour moi c'est pas des vacances tous les jours faire minimum 4h de car ce n'est pas mon truc. Par compte l'hotel dans lequel je vais ne prévois que les petits déjeuner connaissez-vous des endroits sympa ou manger du côté de mumbai je serais vers la plage Juhu, les bons plan pour les visites, les endoits à voir impérativement, les vaccins véritablement néccessaire???
En lisant vos commentaires, je m'aperçois que beaucoup d'entre vous sont partis une fois de depuis ne quitte plus cette destination, une commerçant indien qui tiens une boutique à paris m'a dit qu'il fallait plus de 7 vies pour visiter l'Inde...et vous combien de fois être-vous revenu à la vie?
Merci d'avance pour vos réponses Kari
Bons plans pour un voyage de vingt-huit jours dans le Madhya Pradesh? English translation pending
Bonjour,
Ca y est: après beaucoup d'hésitations, je me suis fixée sur le Madhya Pradesh. Départ dans une semaine, pour un trip de 28 jours.
Je vais arriver à Indore, dans le sud-ouest de l'Etat et après, eh bien, je ne sais pas trop. En bouquinant de-ci de-là, mon attention s'est portée sur les villes suivantes: Mandu, Maheswar, Omkareshwar, Bhopal, Sanchi, Pachmarhi, Orchha, Khajuraho. J'envisage de terminer par Varanasi, et retour à Delhi.
Connaissez-vous ces destinations? Avez-vous des coups de coeur à partager? D'autres lieux que vous pourriez me conseiller? (sachant, bien entendu, que ce sera la mousson et que les parcs nationaux seront fermés 😕)
Merci
Ca y est: après beaucoup d'hésitations, je me suis fixée sur le Madhya Pradesh. Départ dans une semaine, pour un trip de 28 jours.
Je vais arriver à Indore, dans le sud-ouest de l'Etat et après, eh bien, je ne sais pas trop. En bouquinant de-ci de-là, mon attention s'est portée sur les villes suivantes: Mandu, Maheswar, Omkareshwar, Bhopal, Sanchi, Pachmarhi, Orchha, Khajuraho. J'envisage de terminer par Varanasi, et retour à Delhi.
Connaissez-vous ces destinations? Avez-vous des coups de coeur à partager? D'autres lieux que vous pourriez me conseiller? (sachant, bien entendu, que ce sera la mousson et que les parcs nationaux seront fermés 😕)
Merci
Inde: savourer ce délicieux "Tchaï" English translation pending
bonjour à tous
je vais parti en novembre pour mon 1er voyage en inde.
ma question va peut etre vous paraitre un peu stupide mais bon,
pour savourer un delicieux tchai apres une bonne journee de visite dois je mettre quelque chose pour purifier le thé?"odomos"?ou n y a t il aucun risque avec l eau une fois boulli?
et pareil pour un bon lassi?
merci à tous et longue vie à voyage forum.
Fille seule en Inde? English translation pending
Bonjour à Tous,
Je prepare un voyage de 3 mois en Asie pour découvrir l' Inde, le Népal, le Tibet et la Chine. Je vais surement partir seule donc j'aurais voulu savoir si ça ne craint pas trop pour une nana de partir seule en Inde? Ou même dans les autres pays. Merci d'avance pour vos réponses.
Je prepare un voyage de 3 mois en Asie pour découvrir l' Inde, le Népal, le Tibet et la Chine. Je vais surement partir seule donc j'aurais voulu savoir si ça ne craint pas trop pour une nana de partir seule en Inde? Ou même dans les autres pays. Merci d'avance pour vos réponses.
Contacts à Benares? English translation pending
Bonjour,
J'ai de nouveau qq questions...Comme bcp de gens, je fantasme sur la ville de Bénarès, qui sera le but de mon petit périple de 13 jours (du 07 au 19 janvier sur place... eh oui, c'est court !). Néanmoins, la perspective de me retrouver seule dans cette ville certes enthousiasmante, mais aussi oppressante selon les dires de certains, me stresse un peu. Quelqu'un aurait-il des contacts à me donner, qu'il s'agisse d'une adresse de guesthouse, de guide, d'asso, ou que sais-je encore, du moment que ce sont des personnes de confiance, avec qui il serait possible de partager qqchose, voire de faire un bout de chemin dans la ville. Je n'ose pas demander si vous avez des contacts de personnes parlant le français, mais bon, ce serait d'autant mieux, car mon anglais est très limité et ne me permet malheureusement pas d'avoir de grandes conversations.
D'autre part, j'ai lu à plusieurs reprises qu'il était nécessaire de cadenasser ses bagages pour voyager... Cela tombe sous le sens, mais avec un sac à dos, je vois mal comment faire... Je n'ai encore jamais pris le train en Inde, mais j'envisage de ne pas me séparer un seul instant de mon sac pour éviter les déconvenues... A force de lire les pages du Guide du Routard consacrées aux trains et aux aéroports, on finit par psychoter complètement, entre les faux guides, les rabatteurs, les faux taxis, les pros du vol, et j'en passe, il y a de quoi tomber dans la paranoia...
Autre chose : je compte prendre le train de nuit pour quitter Bénarès, direction Dehli... Comme c'est le terme de mon voyage, je ne tiens pas à rester sur le carreau et à louper mon avion pour la France ! J'ai donc testé deux sites pour réservé ma place, mais je n'ai pas passé le cap de l'inscription... Qqn sait-il comment ça marche, et est-ce vraiment nécessaire de réserver ?
Merci pour tous vos conseils !
Cécile
J'ai de nouveau qq questions...Comme bcp de gens, je fantasme sur la ville de Bénarès, qui sera le but de mon petit périple de 13 jours (du 07 au 19 janvier sur place... eh oui, c'est court !). Néanmoins, la perspective de me retrouver seule dans cette ville certes enthousiasmante, mais aussi oppressante selon les dires de certains, me stresse un peu. Quelqu'un aurait-il des contacts à me donner, qu'il s'agisse d'une adresse de guesthouse, de guide, d'asso, ou que sais-je encore, du moment que ce sont des personnes de confiance, avec qui il serait possible de partager qqchose, voire de faire un bout de chemin dans la ville. Je n'ose pas demander si vous avez des contacts de personnes parlant le français, mais bon, ce serait d'autant mieux, car mon anglais est très limité et ne me permet malheureusement pas d'avoir de grandes conversations.
D'autre part, j'ai lu à plusieurs reprises qu'il était nécessaire de cadenasser ses bagages pour voyager... Cela tombe sous le sens, mais avec un sac à dos, je vois mal comment faire... Je n'ai encore jamais pris le train en Inde, mais j'envisage de ne pas me séparer un seul instant de mon sac pour éviter les déconvenues... A force de lire les pages du Guide du Routard consacrées aux trains et aux aéroports, on finit par psychoter complètement, entre les faux guides, les rabatteurs, les faux taxis, les pros du vol, et j'en passe, il y a de quoi tomber dans la paranoia...
Autre chose : je compte prendre le train de nuit pour quitter Bénarès, direction Dehli... Comme c'est le terme de mon voyage, je ne tiens pas à rester sur le carreau et à louper mon avion pour la France ! J'ai donc testé deux sites pour réservé ma place, mais je n'ai pas passé le cap de l'inscription... Qqn sait-il comment ça marche, et est-ce vraiment nécessaire de réserver ?
Merci pour tous vos conseils !
Cécile
Inde: malheureusement certaines traditions perdurent English translation pending
Voici deux faits divers lu dans "The Times of India" qui démontrent que certaines traditions ont la peau dure en Inde.
Un Dalit a été battu à mort et son corps brûlé dans l'Etat du Madhya Pradesh parce qu'il avait donné des coups de bâton à un buffle qui était entré dans la cour de son domicile et avait causé des dégâts, peut-on lire dans "The Times of India", du mercredi 14 novembre. En frappant l'animal, l'homme a déclenché la fureur des habitants qui l'ont tabassé à mort parce que ce buffle avait été béni par des villageois lors d'une fête hindoue. Les habitants ont ensuite brûlé le corps pour détruire les preuves et menacé la famille de M. Bagri de représailles si elle portait plainte pour meurtre. Mais la police, prévenue par un membre de la famille de la victime, a appréhendé six personnes. Ces dernières seront poursuivies pour meurtre. Les Dalits - bien que d'après la Constitution toute discrimination fondée sur l'appartenance à un caste est interdite - subissent journellement violences et discriminations. Les "Dalits", qui représentent actuellement environ 176.000 personnes (soit environ 16 pc de la population), éprouvent d'énormes difficultés pour accéder au marché du travail.
Depuis quelques semaines, la capitale indienne subit des attaques des hordes de singes, qui ont provoqué la mort du maire adjoint de New Delhi, qui a fait une chute mortelle à la suite d'une de ces attaques, et qui ont fait des dizaines de blessés, alors qu'un animal a réussi à s'introduire dans la résidence de la fille de Sonia Gandhi, Priyanka. Depuis des décennies, des milliers de vaches et buffles sacrés se promènent en toute liberté dans les rues de Delhi, aux côtés de milliers de chiens errants et de près 15.000 singes sauvages. Mais tuer des singes est interdit pour les hindous qui vénèrent Hanuman un dieu-singe qui symbolise la force. D'un autre côté, les états limitrophes du territoire de Delhi refusent d'accueillir les macaques dans leurs forêts, redoutant que ces "singes des villes" ne terrorisent leurs congénères des campagnes et déciment les cultures. Aussi, M. Aarti, le maire de New Delhi, a reconnu que la bataille contre les singes sauvages est perdue d'avance car la ville n'a ni l'expertise, ni les infrastructures pour capturer et domestiquer les primates. Alain
Un Dalit a été battu à mort et son corps brûlé dans l'Etat du Madhya Pradesh parce qu'il avait donné des coups de bâton à un buffle qui était entré dans la cour de son domicile et avait causé des dégâts, peut-on lire dans "The Times of India", du mercredi 14 novembre. En frappant l'animal, l'homme a déclenché la fureur des habitants qui l'ont tabassé à mort parce que ce buffle avait été béni par des villageois lors d'une fête hindoue. Les habitants ont ensuite brûlé le corps pour détruire les preuves et menacé la famille de M. Bagri de représailles si elle portait plainte pour meurtre. Mais la police, prévenue par un membre de la famille de la victime, a appréhendé six personnes. Ces dernières seront poursuivies pour meurtre. Les Dalits - bien que d'après la Constitution toute discrimination fondée sur l'appartenance à un caste est interdite - subissent journellement violences et discriminations. Les "Dalits", qui représentent actuellement environ 176.000 personnes (soit environ 16 pc de la population), éprouvent d'énormes difficultés pour accéder au marché du travail.
Depuis quelques semaines, la capitale indienne subit des attaques des hordes de singes, qui ont provoqué la mort du maire adjoint de New Delhi, qui a fait une chute mortelle à la suite d'une de ces attaques, et qui ont fait des dizaines de blessés, alors qu'un animal a réussi à s'introduire dans la résidence de la fille de Sonia Gandhi, Priyanka. Depuis des décennies, des milliers de vaches et buffles sacrés se promènent en toute liberté dans les rues de Delhi, aux côtés de milliers de chiens errants et de près 15.000 singes sauvages. Mais tuer des singes est interdit pour les hindous qui vénèrent Hanuman un dieu-singe qui symbolise la force. D'un autre côté, les états limitrophes du territoire de Delhi refusent d'accueillir les macaques dans leurs forêts, redoutant que ces "singes des villes" ne terrorisent leurs congénères des campagnes et déciment les cultures. Aussi, M. Aarti, le maire de New Delhi, a reconnu que la bataille contre les singes sauvages est perdue d'avance car la ville n'a ni l'expertise, ni les infrastructures pour capturer et domestiquer les primates. Alain
Recherche un guide pour l'Inde du Nord English translation pending
voila,
nous partons avec un ami 3 semaine en inde au mois de fevrier et parmis le tas de question qu'on se pose nous en laisserons quelques une au destin; ceci dit nous aimerions bien savoir si cela vaut la peine de trouver une guide sur place pour nous accompagner dans les 2 premiere semaine de notre voyage. on pense que ca peut etre sympa, peut etre nos menerai t'il dans des coins auquel nous n'aurions penser, nous fera vivre des experience que nous n'aurions pas put faire seul. je pense que ca peut etre tres positif pour pouvoir bien s'immerger dans le pays et nouer des relations avec un resident ne peut etre qu'un plus. je lance donc un appel pour savoir si il vaut mieu prendre un guide local ou bien y aller en solo et laisser faire le destin?!?!?! si vous pouviez aussi me donner des contact ou des tuyau pour trouver un guide sur place ca serai super sympa!
merci d'avance
abdou et niko😉
nous partons avec un ami 3 semaine en inde au mois de fevrier et parmis le tas de question qu'on se pose nous en laisserons quelques une au destin; ceci dit nous aimerions bien savoir si cela vaut la peine de trouver une guide sur place pour nous accompagner dans les 2 premiere semaine de notre voyage. on pense que ca peut etre sympa, peut etre nos menerai t'il dans des coins auquel nous n'aurions penser, nous fera vivre des experience que nous n'aurions pas put faire seul. je pense que ca peut etre tres positif pour pouvoir bien s'immerger dans le pays et nouer des relations avec un resident ne peut etre qu'un plus. je lance donc un appel pour savoir si il vaut mieu prendre un guide local ou bien y aller en solo et laisser faire le destin?!?!?! si vous pouviez aussi me donner des contact ou des tuyau pour trouver un guide sur place ca serai super sympa!
merci d'avance
abdou et niko😉
Qu'en est-il du Ladakh? English translation pending
Bonjour, préparant mon voyage pour dans un an en Inde, je ne suis pas encore fixé sur la zone à visiter. Je vois beaucoup de post sur le radjasthan, et sur l'inde en général, mais j'ai pas vu de posts (mal regarde peut-etre) sur le Ladakh cette contrée en Hymalaya du nord de l'Inde.
Quelqu'un y a t'il était et si oui pourait il nous en faire partager son voyage ?
Si quelqu'un a des infos sur le Ladakh je suis preneur..hotel facile à trouver ? mieux vaut-il y aller en circuit ?
Merci.
Quelqu'un y a t'il était et si oui pourait il nous en faire partager son voyage ?
Si quelqu'un a des infos sur le Ladakh je suis preneur..hotel facile à trouver ? mieux vaut-il y aller en circuit ?
Merci.
Hôtel à Bombay, budget pour dix huit jours, sécurité et itinéraire English translation pending
Voila, je pars en Inde samedi, j' arriverai a Mumbai dans la soiree.
Je viens de passer des heures et des heures ces derniers jours sur VF a collecter plein d' infos... mais je sais pas pourquoi, je suis un peu angoissee.
Peut etre la fatigue apres 9 mois sur les routes et un peu d' apprehension a decouvrir l' Inde dont on entend tellement de choses...
Bref, je vais re-poser d' eternelles questions... les reponses que j' ai trouve sur VF ne m' ont pas toujours confortees (et parfois datent un peu)alors si c' est quelqu' un a un peu de temps a m' accorder... Hotel correct et pas trop cher a Mumbay : Est il possible de reserver pour le Salvation Army ou le Ywca ? J' ai envoye un mail mais en l' absence de paiement via le net, je reste sceptique sur la prise en compte de ma demande. Sinon, avez vous d' autres adresses ? Niveau budget, j' aimerai m' en sortir avec 400 euros (22 200 roupies) pour 18 jours. Quand je lis les posts sur VF, j' ai l' impression que c' est largement suffisant... pourtant quand je calcule un peu mon parcours, ca me parait juste. Le train par exemple me parait tres cher par exemple 45 euros un Mumbai - Agra (plus cher qu' en Thailande ou j' ai paye 25 euros Bangkok - Chang Mai), les hotels dans les endroits touristiques relativement chers aussi.... qu' en pensez vous ? La securite... j' ai toujours entendu parler de l' Inde comme "No problem".... est ce vraiment le cas ? Parce que y'a du pour et du contre sur VF.... Question sur mon itineraire. Je suis obligee d' arriver et de repartir de Mumbai. Je compter monter dans le nord Udaipur - Jaipur - Delhi (Agra) puis redescendre sur Mumbay... est ce realisable en si peu de temps ? Est ce possible d' integrer Jesailmer ? Enfin, pour les reservations de train, ca me parait bien complique... des astuces ?
Merci a ceux qui prendront le temps de me repondre.... et je comprend d' avance ceux qui vont souffler en lisant ce message et en se disant "encore" 🙂
Virginie
Je viens de passer des heures et des heures ces derniers jours sur VF a collecter plein d' infos... mais je sais pas pourquoi, je suis un peu angoissee.
Peut etre la fatigue apres 9 mois sur les routes et un peu d' apprehension a decouvrir l' Inde dont on entend tellement de choses...
Bref, je vais re-poser d' eternelles questions... les reponses que j' ai trouve sur VF ne m' ont pas toujours confortees (et parfois datent un peu)alors si c' est quelqu' un a un peu de temps a m' accorder... Hotel correct et pas trop cher a Mumbay : Est il possible de reserver pour le Salvation Army ou le Ywca ? J' ai envoye un mail mais en l' absence de paiement via le net, je reste sceptique sur la prise en compte de ma demande. Sinon, avez vous d' autres adresses ? Niveau budget, j' aimerai m' en sortir avec 400 euros (22 200 roupies) pour 18 jours. Quand je lis les posts sur VF, j' ai l' impression que c' est largement suffisant... pourtant quand je calcule un peu mon parcours, ca me parait juste. Le train par exemple me parait tres cher par exemple 45 euros un Mumbai - Agra (plus cher qu' en Thailande ou j' ai paye 25 euros Bangkok - Chang Mai), les hotels dans les endroits touristiques relativement chers aussi.... qu' en pensez vous ? La securite... j' ai toujours entendu parler de l' Inde comme "No problem".... est ce vraiment le cas ? Parce que y'a du pour et du contre sur VF.... Question sur mon itineraire. Je suis obligee d' arriver et de repartir de Mumbai. Je compter monter dans le nord Udaipur - Jaipur - Delhi (Agra) puis redescendre sur Mumbay... est ce realisable en si peu de temps ? Est ce possible d' integrer Jesailmer ? Enfin, pour les reservations de train, ca me parait bien complique... des astuces ?
Merci a ceux qui prendront le temps de me repondre.... et je comprend d' avance ceux qui vont souffler en lisant ce message et en se disant "encore" 🙂
Virginie
Conseils pour l'Inde English translation pending
je pars 3mois en inde du 15juin au 15 septembre.
je voudrais des conseils je ni connais rien je ne sais meme pas comment faire mon sac.
pour le moment je n'ais que mon billet et mon lonelyplanet.
merci pour votre aide manya
merci pour votre aide manya
Le cinéma indien "d'auteur" English translation pending
bonjour a tous, je suis a la recherche de film indiens mais autres que bolly-tolly-kolly et autres....wood
plus precisement sur des film que nous pourront qualifier "d'auteur" ou / et plus independants que la machine cinematographique indienne.
des proposition?
evidemment, ne parlant ni l hindi ni le tamil, ni le.....
il me plairait de savoir ou les trouver en VO sous titres francais...
merci d avance
jermo
plus precisement sur des film que nous pourront qualifier "d'auteur" ou / et plus independants que la machine cinematographique indienne.
des proposition?
evidemment, ne parlant ni l hindi ni le tamil, ni le.....
il me plairait de savoir ou les trouver en VO sous titres francais...
merci d avance
jermo
Rejoindre l'Inde en passant par l'Iran English translation pending
Nous sommes un groupe qui avons comme projet de voyage pour cet été aller de France en Turquie (istambul) via l'Iran. Le trajet paris-istambul se fera en avion et istambul jusqu'en Iran en bus, si cela est possible.
Moi, j'ai l'intention ensuite de rejoindre l'Inde. avez-vous des infos, des conseils pour le trajet en car en Turquie via Iran et quels sont les moyens de transport pour faire le lien entre Téhéran et l'Inde (je pense plutôt à Goa qu'à Dehli) mais je peux changer d'itinéraire, selon vos avis. Pour l'Inde je suis pour le plus facile car c'est surtout un voyage découverte.
les prix aussi sont les bienvenus 🙂
les prix aussi sont les bienvenus 🙂
Voyage de route en Inde du Nord en juillet English translation pending
Namaste à tous,
Je me présente, je m'appelle Maxime, j'ai 20 ans, je suis étudiant en médecine et je prévois de partir, avec mon amie, 1 mois en Inde du nord en juillet 2007. Avant de poster ce message, j'ai parcouru les différents posts de ce forum relatif à un voyage de ce genre et j'y ai appris beaucoup de choses en grappillant les conseils un peu partout.
En premier lieu, nous avons fait une sorte de fiche de route du voyage en prenant le lonely planet et en marquant les villes qui seraient intéressantes de voir et nous sommes arrivés à ce premier jet de ce "plan de vol". Je vais vous le décrire ci-dessous et j'aurais voulu avoir votre avis dessus ; trop de villes, trop de kilomètres... Ceci est juste une fiche de route, sans compter les jours des étapes. Toutes les étapes se feront dans la limite du possible en train sinon en bus sauf pour Delhi-Leh en avion et Kalka-Delhi.
Arrivée à Delhi Delhi --> Agra Agra <--> Fatehpur Sikri Agra <--> Deeg Agra --> Jaipur Jaipur <--> Amber Jaipur --> Ajmer Ajmer <--> Pushkar Pushkar --> Bundi Bundi <--> Kota Kota --> Chittor Chittor --> Udaipur Udaipur <--> Ranakpur Udaipur --> Mt Abu Mt Abu --> Jodhpur Jodhpur --> Delhi Delhi --> Varanasi Varanasi <--> Sarnath Varanasi --> Delhi Delhi --> Leh (Avion) Leh --> Manali Manali --> Dharamsala Dharamsala <--> Mc Leod Ganj Dharamsala --> Amritsar Amritsar --> Chandigarh Chandigarh --> Kalka Kalka --> Delhi (Bateau) Départ de Delhi. Avec en plus une excursion à la Corbett Reserve Concernant les dates du voyage, cela se fera entre le 1er et le 31 juillet. On peut donc esperer tomber en pleine mousson, mais si j’ai bien compris, aux dires de certains, cela ne pose pas énormément de problèmes.
Concernant les étapes, si vous voyez qu’il y a des étapes qui manquent, ou d’autres qui sont en trop, n’hésitez pas à me le dire. Si, d'ailleurs, vous avez des conseils concernant la vie de tous les jours en tant que 'routard' là-bas... Merci d’avoir pris le temps de me lire et à très bientôt. Maxime
Je me présente, je m'appelle Maxime, j'ai 20 ans, je suis étudiant en médecine et je prévois de partir, avec mon amie, 1 mois en Inde du nord en juillet 2007. Avant de poster ce message, j'ai parcouru les différents posts de ce forum relatif à un voyage de ce genre et j'y ai appris beaucoup de choses en grappillant les conseils un peu partout.
En premier lieu, nous avons fait une sorte de fiche de route du voyage en prenant le lonely planet et en marquant les villes qui seraient intéressantes de voir et nous sommes arrivés à ce premier jet de ce "plan de vol". Je vais vous le décrire ci-dessous et j'aurais voulu avoir votre avis dessus ; trop de villes, trop de kilomètres... Ceci est juste une fiche de route, sans compter les jours des étapes. Toutes les étapes se feront dans la limite du possible en train sinon en bus sauf pour Delhi-Leh en avion et Kalka-Delhi.
Arrivée à Delhi Delhi --> Agra Agra <--> Fatehpur Sikri Agra <--> Deeg Agra --> Jaipur Jaipur <--> Amber Jaipur --> Ajmer Ajmer <--> Pushkar Pushkar --> Bundi Bundi <--> Kota Kota --> Chittor Chittor --> Udaipur Udaipur <--> Ranakpur Udaipur --> Mt Abu Mt Abu --> Jodhpur Jodhpur --> Delhi Delhi --> Varanasi Varanasi <--> Sarnath Varanasi --> Delhi Delhi --> Leh (Avion) Leh --> Manali Manali --> Dharamsala Dharamsala <--> Mc Leod Ganj Dharamsala --> Amritsar Amritsar --> Chandigarh Chandigarh --> Kalka Kalka --> Delhi (Bateau) Départ de Delhi. Avec en plus une excursion à la Corbett Reserve Concernant les dates du voyage, cela se fera entre le 1er et le 31 juillet. On peut donc esperer tomber en pleine mousson, mais si j’ai bien compris, aux dires de certains, cela ne pose pas énormément de problèmes.
Concernant les étapes, si vous voyez qu’il y a des étapes qui manquent, ou d’autres qui sont en trop, n’hésitez pas à me le dire. Si, d'ailleurs, vous avez des conseils concernant la vie de tous les jours en tant que 'routard' là-bas... Merci d’avoir pris le temps de me lire et à très bientôt. Maxime
La pauvreté en Inde English translation pending
On m'à dit que la pauvrté en Inde se trouvé partout. Une amie qui est deja parti la bas m'a dit que les enfants venaient faire la manche devant les touristes.
Est ce une bonne idée d'acheté un "gros paquet" de bonbons afin de leur offrir quelque chose et de ne pas resté inerte devant ces enfants ou encore les ignorés?
Merci pour vos conseils. 😉
Merci pour vos conseils. 😉
Acheter une moto pour le nord de l'Inde English translation pending
Bcp d'étrangers achètent une Enfield pr voyager en Inde, notamment les israeliens. Est-ce que l'un de vous l'a déjà fait? Si oui, je voudrais savoir si le nord de l'Inde est facile en moto, jusqu'à Manali par exemple.
Transport Iles Andaman - Thaïlande English translation pending
bonjour à tous
Savez vous si il est possible de rejoindre Port Blair (iles Andaman) à une ville de Thailande; par voie aérienne et/ ou maritimes directes (sans passer par Calcutta ou Madras) . Merci
Un demi tour de l'Inde en 80 jours (8e épisode) English translation pending
Vendredi 4/11 : Dernier petit déjeuner avec Naaghu qui me tiendra compagnie jusqu’au moment du départ.
6h30, le rickshaw me dépose à la gare où j’achète un billet pour aller à Hospet dans un passenger train (je souligne pour ceux qui ne connaissent pas, que c’est loin d’être un TGV, avec banquettes de bois et pas de vitres aux fenêtres mais hyper sympa car on y rencontre des gens de toutes castes, de tous milieux). Je devrai changer de train à mi chemin. Le train est bondé et on est assis à 4 sur la banquette qui chez nous serait pour 2. Comme on est en milieu rural, la plupart des gens n’ont pas de bagages au sens où nous l’entendons mais des grands sacs en plastic bourrés de grain ou de produits divers, de grands paniers plein de fruits. Les femmes voyagent souvent avec plusieurs enfants en bas âge, les hommes plus âgés en dhottis, essayent de se frayer un bout d’espace pour s’allonger dans des positions plus qu’inconfortables pour nos corps raides d’Européens. Tout le monde me dévisage avec curiosité dans ce compartiment de 3e classe surpeuplé. Après un moment, un jeune homme se lance et la conversation démarre. Du coup les langues se délient et je n’ai pas vu passer les 2 heures qu’ont duré le trajet.
J’ai juste le temps de descendre et de changer de quai pour prendre la correspondance.
Ce train ci est tout aussi bondé mais un gentil jeune homme me cède sa place. Il m’aide également à placer mes bagages en sûreté car vu le monde, ce n’est pas du luxe.
J’arrive à Hospet où Naaghu m’a réservé une chambre dans le meilleur hôtel de la petite ville, en priant le directeur qui est une de ses connaissances, de me réserver un bon accueil et un bon prix pour une belle chambre claire et propre.
En fait de chambre, j’ai droit à un espèce de placard déglingué qui est situé dans l’aile la plus ancienne du Maligi. Pour le prix, 350 rps. Pas cher pour le genre d’hôtel mais cher pour le type de chambre.
Shiva, le chef de la réception s’excuse mille fois mais il ne peut faire mieux car tout est complet à cause du Festival de Hampi. Il m’assure que dès la fin du festival, cad dans 2 jours, il me donnera une chambre dans l’aile neuve mais je ne pense pas rester jusque là.
Le resto n’est heureusement pas mal et après un copieux lunch, je m’en vais à Hampi pour assister au début de ce fameux festival et peut être y trouver une chambre dans une des nombreuses guesthouse.
Grosse bagarre avec les chauffeurs de rickshaw qui veulent un prix de dingue pour m’amener à Hampi. Le bus impossible, car réservé aux locaux et des files incroyables attendent les véhicules qui s’arrêtent juste le temps de faire le plein de passagers et de repartir. La police veille au grain, bâton à la main, prêt à sévir à la moindre occasion. Il me faudra donc me résoudre à payer le prix fort pour un rickshaw qui refuse même que je le partage avec qui que ce soit. Hampi ne se trouve qu’à 14 kms mais le dernier devra se faire à pied car impossible d’accéder plus près de l’entrée du site. Partout où mes yeux se portent, c’est noir de monde.
D’après la télé et les journaux, on parle de 30.000 personnes là où habituellement ne vivent que quelques centaines d’âmes.
J’y trouve cependant une chambre car peu de touristes étrangers et les Indiens viennent soit pour la journée soit ils dorment à même le sol, là où ils trouvent quelques mètres carrés pour s’installer avec leur petite famille.
La chambre est propre et d’après le LP c’est la meilleure option du coin. 600 rps pendant la période du festival, payables d’avance. Ok, je prends. Je viendrai donc demain matin car en fait c’est beaucoup mieux que l’hôtel de Hospet.
A 17 h le spectacle commence, une suite de concerts et de danses. J’ai la chance d’être bien placée (assise au 1er rang). Tous les spectacles sont gratuits et il n’y a que l’embarras du choix. Musique de tous les coins de l’Inde et danses classiques ou folkloriques avec des costumes somptueux. Un vrai régal. Je ne regrette donc pas mon choix. Car je passe une excellente soirée. Je rentre vers 23 h 30 car je commence à fatiguer sec et les spectacles vont se suivre jusque bien tard dans la nuit et il faut trouver un rickshaw pour rentrer, ce qui ne sera pas plus évident qu’à l’aller.
Samedi 5/11 : L’hôtel Maligi est super bruyant et je suis réveillée dès 6 h 30. Je me retrouve donc à Hampi vers 9 h et je prends possession de ma chambre. Je demande une serviette et du pecu et on me répond que je peux en acheter à la boutique d’à côté. Bon ça commence bien. De toute façon, il n’en est pas question car je trouve que dans un endroit où on paie 650 rps, on peut me fournir un rouleau de papier toilette et une serviette. Bon, ok ok, la patronne a déjà compris que je ne me laisse pas impressionner et on m’apporte ce que j’ai demandé. Dommage qu’il faille d’abord montrer les dents. Je me console en débutant ma visite car il y a vraiment de quoi se régaler les yeux, ici. L’endroit est tout simplement superbe. Le site est très très étendu et je n’en ferai qu’une petite partie a pied aujourd’hui. Pour visiter l’ensemble, il faut d’ailleurs bien plus que quelques heures et dans un moment la fête va recommencer à battre son plein. Je vais donc me contenter de visiter les abords immédiats car la foule devient déjà de plus en plus dense. Vers 17 h, une grande procession déambule dans tout le village. Je voudrais bien aller manger un bout mais partout c’est plutôt végétarien et je vais donc me mettre au régime « bananes » et à l’eau car le café est transparent et a plutôt le goût de thé. Tout est servi dans la même vaisselle ébréchée et pas très propre car il n’y a pas d’eau à cause du festival qui a bon dos. Une fois de plus, je me consolerai avec le spectacle du soir : baratha Nathyam et musique souffi + un très bon chanteur de raga accompagne d’excellents musiciens (tabla + instrument magnifique à 100 cordes, originaire du Cachemire). Ce concert là est vraiment le point d’orgue du festival et comme je suis venue assez tôt, j’ai une fois de plus, une bien bonne place au 1er rang où je serai juste dérangée par les nombreux photographes et cameramen de la télé mais il faut bien qu’ils fassent leur boulot.
Dimanche 6/11 : Après mon copieux petit déjeuner bananes pendant lequel je sympathise avec une touriste allemande, nous irons ensemble nous battre avec les rickshaw afin d’obtenir un prix convenable mais rien à faire en dessous de 400 rps et comme on est 2, on finira par accepter car il est vrai qu’il ne nous a pas mis de limite de temps. Nous ferons donc le tour pendant la journée entière et irons visiter des temples superbes, le palais royal, le Lotus Mahal etc…. Ma nouvelle copine me fait également part de son raz le bol de l’arnaque permanente. Elle est exaspérée et ne répond même plus lorsque les gens lui demandent d’où elle vient, et comment elle s’appelle. Elle a commencé son voyage à Delhi, puis Rajasthan et Goa et me dit que tous ces endroits sont encore pire qu’ici. Elle en avait pourtant rêvé pendant de longs mois mais ne s’attendait pas à ce genre d’ambiance. Et encore, je pense que c’est pire de voir le changement quand on a connu une Inde où tout le monde était si peu intéressé par l’argent. Il y a 20 ans et même 10, je n’ai jamais ressenti que les gens étaient si âpres au gain. C’est dommage car ce pays est si magnifique mais à force de tirer sur la corde, ils finiront par tuer le tourisme, en tout cas le tourisme comme nous on le pratique. Il y a de moins en moins de routards en Inde mais de plus en plus de groupes car les touristes se sentent plus en paix derrière la vitre de leur car climatisé. Hélas, en voyageant comme ça, on se prive de tout un tas de petits bonheurs qui heureusement font encore partie de la découverte d’un pays. Et le luxe suprême c’est quand même de pouvoir prendre son temps pour admirer, faire des photos, regarder la vie autour de soi. La journée fût très bénéfique de tous ces points de vue là. Avant de déjeuner ce matin, j’ai encore une fois changé de chambre car à Hampi Bazar c’est terriblement bruyant pendant cette période de fête et je n’ai pas beaucoup dormi. La fatigue s’accumule et j’ai décidé d’aller tenter ma chance à Karmalapur où j’ai amené mes bagages au Maurya Bhubaneshwar géré par le gouvernement. C’est relativement propre pour 660 rps mais c’est surtout calme, il y a de l’eau qui est même chaude, quel luxe car se laver les cheveux à l’eau froide, ce n’est pas ma tasse de thé, mais ne pas me laver pendant 2 jours par cette chaleur, ça l’est encore moins. Après une bonne douche, et un souper frugal, je vais me coucher tôt car la fête est finie et puis j’ai besoin d’une bonne nuit de sommeil.
Lundi 7/11 : Ah, enfin bien dormi, mais piètre petit déjeuner. Qu’à cela ne tienne, j’ai encore quelques heures pour aller me balader dans des petits recoins de Hampi que je ne connais pas encore. La nature est très belle, avec un éboulis de rocher ronds et rouges qui tombent comme de grosses bulles dans l’eau autour de laquelle des femmes viennent faire la lessive et étendre leurs magnifiques saris de couleurs vives. Sur les berges, on rencontre des saddhus qui sont venus nombreux pour la fête, des jeunes gens qui se baladent main dans la main avec de grands sourires, des groupes de jeunes filles aussi qui regardent les garçons du coin de l’œil. Ici et là de petites statues de pierre badigeonnées de poudre rouge, sont les bénéficiaires de quelques offrandes fleuries. Ganesh ou autres dieux non identifiables par les Europeens que nous sommes font ici bon ménage et tout ce joyeux petit monde nous est bien agréable à l’œil. Cette petite promenade au calme me fait vraiment du bien. Les marchands du temple sont partis avec la foule et le calme est revenu. Je vais devoir me résoudre à repartir vers Hospet car ce soir je reprends le train pour Bangalore et de là pour Mysore. J’ose à peine demander au rickshaw, le prix de la course pour Hampi Bazar à 4 kms d’ici. Celui ci me demande 80 rps alors que le prix normal est de 10 rps. Je n’ai plus envie de discuter et comme il me reste suffisamment de temps, je l’envoie au diable et je pars à pied. Après tout ça me fera du bien. Cette très belle ballade m’ouvre l’appétit. Je rentre donc à Hospet où je vais manger enfin autre chose que des bananes au resto de l’hôtel Maligi. Il ne me reste plus qu’à rejoindre la gare (à pied). Les chauffeurs de rickshaw se précipitent sur moi les uns après les autres mais je suis tellement dégoûtée de leurs extravagances que je fais semblant de ne pas comprendre l’anglais et ils finissent par se lasser avant moi cette fois. A la gare, je me retrouve par hasard avec un Mr qui se présente à moi comme le patron de l’agence locale pour la sauvegarde du patrimoine. Sur le quai, je suis la seule touriste et me demande donc si je peux lui consacrer un moment. Il voudrait savoir ce que je pense de Hampi, du festival etc…. Ah, il tombe bien celui là. J’ai enfin pu vider mon sac et ça m’a fait un bien fou. Je lui ai bien expliqué en long et en large que tous ces petits crétins qui profitent du festival pour essayer de gagner en 2 jours ce qu’ils gagneraient normalement en un an, font tout ce qu’il faut pour dégoûter les touristes de venir, de revenir ou d’encourager nos amis ou connaissances à venir. Je lui ai expliqué que le monde entier est branché sur l’ordinateur de nos jours et que tout se sait, tout se transmet et qu’ils font tout pour que plus personne n’ait encore envie de tenter de se faire plumer par quelques rigolos. Le monde est vaste et il y a pleins d’endroits où aller dépenser ses sous. Ils se plaignent déjà qu’il y a moins de touristes qu’avant mais il y en aura encore moins dans les années qui viennent car une réputation c’est tenace. Il me dit qu’il comprend et qu’ils sont conscients des problèmes mais ne savent quoi faire pour arrêter cette escalade. Il me demande de lui rédiger tout ça sur papier et de faire part de mon expérience ainsi que de quelques conseils si je peux en donner. Je le ferai volontiers mais je ne suis pas sûre du tout que cela serve à quelque chose. En effet, en Inde les lois sur les prix maximum ou prix fixes ou prix affichés n’existent pas et donc comment faire respecter des lois ou des notions qui n’existent même pas. Grande discussion qui se poursuit dans le train mais qui hélas n’aura sans doute aucun effet.
Samedi 5/11 : L’hôtel Maligi est super bruyant et je suis réveillée dès 6 h 30. Je me retrouve donc à Hampi vers 9 h et je prends possession de ma chambre. Je demande une serviette et du pecu et on me répond que je peux en acheter à la boutique d’à côté. Bon ça commence bien. De toute façon, il n’en est pas question car je trouve que dans un endroit où on paie 650 rps, on peut me fournir un rouleau de papier toilette et une serviette. Bon, ok ok, la patronne a déjà compris que je ne me laisse pas impressionner et on m’apporte ce que j’ai demandé. Dommage qu’il faille d’abord montrer les dents. Je me console en débutant ma visite car il y a vraiment de quoi se régaler les yeux, ici. L’endroit est tout simplement superbe. Le site est très très étendu et je n’en ferai qu’une petite partie a pied aujourd’hui. Pour visiter l’ensemble, il faut d’ailleurs bien plus que quelques heures et dans un moment la fête va recommencer à battre son plein. Je vais donc me contenter de visiter les abords immédiats car la foule devient déjà de plus en plus dense. Vers 17 h, une grande procession déambule dans tout le village. Je voudrais bien aller manger un bout mais partout c’est plutôt végétarien et je vais donc me mettre au régime « bananes » et à l’eau car le café est transparent et a plutôt le goût de thé. Tout est servi dans la même vaisselle ébréchée et pas très propre car il n’y a pas d’eau à cause du festival qui a bon dos. Une fois de plus, je me consolerai avec le spectacle du soir : baratha Nathyam et musique souffi + un très bon chanteur de raga accompagne d’excellents musiciens (tabla + instrument magnifique à 100 cordes, originaire du Cachemire). Ce concert là est vraiment le point d’orgue du festival et comme je suis venue assez tôt, j’ai une fois de plus, une bien bonne place au 1er rang où je serai juste dérangée par les nombreux photographes et cameramen de la télé mais il faut bien qu’ils fassent leur boulot.
Dimanche 6/11 : Après mon copieux petit déjeuner bananes pendant lequel je sympathise avec une touriste allemande, nous irons ensemble nous battre avec les rickshaw afin d’obtenir un prix convenable mais rien à faire en dessous de 400 rps et comme on est 2, on finira par accepter car il est vrai qu’il ne nous a pas mis de limite de temps. Nous ferons donc le tour pendant la journée entière et irons visiter des temples superbes, le palais royal, le Lotus Mahal etc…. Ma nouvelle copine me fait également part de son raz le bol de l’arnaque permanente. Elle est exaspérée et ne répond même plus lorsque les gens lui demandent d’où elle vient, et comment elle s’appelle. Elle a commencé son voyage à Delhi, puis Rajasthan et Goa et me dit que tous ces endroits sont encore pire qu’ici. Elle en avait pourtant rêvé pendant de longs mois mais ne s’attendait pas à ce genre d’ambiance. Et encore, je pense que c’est pire de voir le changement quand on a connu une Inde où tout le monde était si peu intéressé par l’argent. Il y a 20 ans et même 10, je n’ai jamais ressenti que les gens étaient si âpres au gain. C’est dommage car ce pays est si magnifique mais à force de tirer sur la corde, ils finiront par tuer le tourisme, en tout cas le tourisme comme nous on le pratique. Il y a de moins en moins de routards en Inde mais de plus en plus de groupes car les touristes se sentent plus en paix derrière la vitre de leur car climatisé. Hélas, en voyageant comme ça, on se prive de tout un tas de petits bonheurs qui heureusement font encore partie de la découverte d’un pays. Et le luxe suprême c’est quand même de pouvoir prendre son temps pour admirer, faire des photos, regarder la vie autour de soi. La journée fût très bénéfique de tous ces points de vue là. Avant de déjeuner ce matin, j’ai encore une fois changé de chambre car à Hampi Bazar c’est terriblement bruyant pendant cette période de fête et je n’ai pas beaucoup dormi. La fatigue s’accumule et j’ai décidé d’aller tenter ma chance à Karmalapur où j’ai amené mes bagages au Maurya Bhubaneshwar géré par le gouvernement. C’est relativement propre pour 660 rps mais c’est surtout calme, il y a de l’eau qui est même chaude, quel luxe car se laver les cheveux à l’eau froide, ce n’est pas ma tasse de thé, mais ne pas me laver pendant 2 jours par cette chaleur, ça l’est encore moins. Après une bonne douche, et un souper frugal, je vais me coucher tôt car la fête est finie et puis j’ai besoin d’une bonne nuit de sommeil.
Lundi 7/11 : Ah, enfin bien dormi, mais piètre petit déjeuner. Qu’à cela ne tienne, j’ai encore quelques heures pour aller me balader dans des petits recoins de Hampi que je ne connais pas encore. La nature est très belle, avec un éboulis de rocher ronds et rouges qui tombent comme de grosses bulles dans l’eau autour de laquelle des femmes viennent faire la lessive et étendre leurs magnifiques saris de couleurs vives. Sur les berges, on rencontre des saddhus qui sont venus nombreux pour la fête, des jeunes gens qui se baladent main dans la main avec de grands sourires, des groupes de jeunes filles aussi qui regardent les garçons du coin de l’œil. Ici et là de petites statues de pierre badigeonnées de poudre rouge, sont les bénéficiaires de quelques offrandes fleuries. Ganesh ou autres dieux non identifiables par les Europeens que nous sommes font ici bon ménage et tout ce joyeux petit monde nous est bien agréable à l’œil. Cette petite promenade au calme me fait vraiment du bien. Les marchands du temple sont partis avec la foule et le calme est revenu. Je vais devoir me résoudre à repartir vers Hospet car ce soir je reprends le train pour Bangalore et de là pour Mysore. J’ose à peine demander au rickshaw, le prix de la course pour Hampi Bazar à 4 kms d’ici. Celui ci me demande 80 rps alors que le prix normal est de 10 rps. Je n’ai plus envie de discuter et comme il me reste suffisamment de temps, je l’envoie au diable et je pars à pied. Après tout ça me fera du bien. Cette très belle ballade m’ouvre l’appétit. Je rentre donc à Hospet où je vais manger enfin autre chose que des bananes au resto de l’hôtel Maligi. Il ne me reste plus qu’à rejoindre la gare (à pied). Les chauffeurs de rickshaw se précipitent sur moi les uns après les autres mais je suis tellement dégoûtée de leurs extravagances que je fais semblant de ne pas comprendre l’anglais et ils finissent par se lasser avant moi cette fois. A la gare, je me retrouve par hasard avec un Mr qui se présente à moi comme le patron de l’agence locale pour la sauvegarde du patrimoine. Sur le quai, je suis la seule touriste et me demande donc si je peux lui consacrer un moment. Il voudrait savoir ce que je pense de Hampi, du festival etc…. Ah, il tombe bien celui là. J’ai enfin pu vider mon sac et ça m’a fait un bien fou. Je lui ai bien expliqué en long et en large que tous ces petits crétins qui profitent du festival pour essayer de gagner en 2 jours ce qu’ils gagneraient normalement en un an, font tout ce qu’il faut pour dégoûter les touristes de venir, de revenir ou d’encourager nos amis ou connaissances à venir. Je lui ai expliqué que le monde entier est branché sur l’ordinateur de nos jours et que tout se sait, tout se transmet et qu’ils font tout pour que plus personne n’ait encore envie de tenter de se faire plumer par quelques rigolos. Le monde est vaste et il y a pleins d’endroits où aller dépenser ses sous. Ils se plaignent déjà qu’il y a moins de touristes qu’avant mais il y en aura encore moins dans les années qui viennent car une réputation c’est tenace. Il me dit qu’il comprend et qu’ils sont conscients des problèmes mais ne savent quoi faire pour arrêter cette escalade. Il me demande de lui rédiger tout ça sur papier et de faire part de mon expérience ainsi que de quelques conseils si je peux en donner. Je le ferai volontiers mais je ne suis pas sûre du tout que cela serve à quelque chose. En effet, en Inde les lois sur les prix maximum ou prix fixes ou prix affichés n’existent pas et donc comment faire respecter des lois ou des notions qui n’existent même pas. Grande discussion qui se poursuit dans le train mais qui hélas n’aura sans doute aucun effet.
Train de nuit et sleeper class en Inde English translation pending
Saluté,
Je pars en Inde cet été pendant un mois (mi juin - mi juillet) avec 4 autres amis. Pour satisfaire la curiosité de tout le monde, on compte visiter le nord et le sud de l’Inde (En gros Dehli, Jodhpur, Agra, Varanasi pour le Nord, pour le Sud Chenai et Madurai de prévu pour l’instant …) Cela implique pas mal de temps de transport (au moins 3 trajets de près de 11h de train pour le Nord)
Pour optimiser le plus possible nos trajets, on compte donc utiliser un maximum les trains de nuit et les « sleeper class » …
Si quelqu’un a un témoignage, des anecdotes sur ces trains de nuits je suis preneur …
Par exemple, Est-ce que l’on peut y dormir facilement ? Quelles précautions à prendre ? Est-ce qu’il ne faut pas hésiter �� payer un peu plus pour dormir mieux … ? Le cadenas et la chaîne sont ils suffisants pour protéger les sacs lors des arrêts … ? En cas de tourista, les trains sont ils suffisamment équipés … ? Les sanitaires dans un train ?
Je serai aussi intéressé par le témoignage de quelqu’un qui a fait le trajet Varanasi – Chenai (40 heures de train …) ?
Bonne journée à tous … rOmAnO
Je pars en Inde cet été pendant un mois (mi juin - mi juillet) avec 4 autres amis. Pour satisfaire la curiosité de tout le monde, on compte visiter le nord et le sud de l’Inde (En gros Dehli, Jodhpur, Agra, Varanasi pour le Nord, pour le Sud Chenai et Madurai de prévu pour l’instant …) Cela implique pas mal de temps de transport (au moins 3 trajets de près de 11h de train pour le Nord)
Pour optimiser le plus possible nos trajets, on compte donc utiliser un maximum les trains de nuit et les « sleeper class » …
Si quelqu’un a un témoignage, des anecdotes sur ces trains de nuits je suis preneur …
Par exemple, Est-ce que l’on peut y dormir facilement ? Quelles précautions à prendre ? Est-ce qu’il ne faut pas hésiter �� payer un peu plus pour dormir mieux … ? Le cadenas et la chaîne sont ils suffisants pour protéger les sacs lors des arrêts … ? En cas de tourista, les trains sont ils suffisamment équipés … ? Les sanitaires dans un train ?
Je serai aussi intéressé par le témoignage de quelqu’un qui a fait le trajet Varanasi – Chenai (40 heures de train …) ?
Bonne journée à tous … rOmAnO