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Planning a bike trip?
Who are you? Where are you from? Where are you going?
Like last year at this time, a post about bike travel ideas.
How many of us are preparing a trip planned for this year? Probably a lot.
What’s yours—the one you’ve been dying to do for so long, maybe too long? For us, it’s a modest PARIS-MARATHON by bike, followed by MARATHON-ATHENS on foot in June 2010. And you?
May the passion keep growing before, during, and after! Happy planning and safe travels to everyone.
Like last year at this time, a post about bike travel ideas.
How many of us are preparing a trip planned for this year? Probably a lot.
What’s yours—the one you’ve been dying to do for so long, maybe too long? For us, it’s a modest PARIS-MARATHON by bike, followed by MARATHON-ATHENS on foot in June 2010. And you?
May the passion keep growing before, during, and after! Happy planning and safe travels to everyone.
De plus en plus de cyclos-voyageurs English translation pending
Je suis actuellement en randonnée vélo de la haute Savoie à la presqu’île de giens et j’ai L’impression qu’ il y a beaucoup de voyageurs à vélo.
Beaucoup de jeunes notamment
Qu’en pensez-vous ?
Quel est votre coup de coeur cyclo en France? English translation pending
En juillet, nous aimerions rouler en France, en cyclo-touristes. Nous sommes à la recherche d'une destination qui permettrait de voir plusieurs petits villages, routes et campings accessibles, pour un trajet d'environ 1000 km. (moyenne de 60km par jour).
Nous aurions besoin de suggestions. Niveau de difficulté moyen.
Merci de prendre le temps de partager avec nous vos sorties.
Michèle
Itinéraire de 3 semaines dans le sud de la France English translation pending
Bonjour! J'aimerais avoir votre avis sur la planification de notre voyage de 3 semaines dans le sud de la France. Je voudrais m'assurer que ce n'est pas trop surchargé. Merci de me donner votre avis ou tout autre suggestion!
11 septembre : départ de Québec 12 septembre : arrivée à Nice + visite de Nice 13 septembre : Monaco 14 septembre : Nice + Menton 15 septembre : Cannes + Grasse 16 septembre : Fréjus + Saint-Tropez 17 septembre : Marseille (Port + Calanques) 18 septembre : Aix-en-Provence 19 septembre : Arles 20 septembre : Parc naturel régional de Camargue 21 septembre : Avignon 22 septembre : Nîmes + Pont du Gard 23 septembre : Montpellier 24 septembre : Narbonne 25 septembre : Carcassonne 26 septembre : Parc national de Cévènnes 27 septembre : Quelque chose entre le parc et Lyon 28 septembre : Lyon 29 septembre : Chamonix 30 septembre : Grenoble 1er octobre : Parc du Verdon 2 octobre : Nice 3 octobre : retour au Québec
11 septembre : départ de Québec 12 septembre : arrivée à Nice + visite de Nice 13 septembre : Monaco 14 septembre : Nice + Menton 15 septembre : Cannes + Grasse 16 septembre : Fréjus + Saint-Tropez 17 septembre : Marseille (Port + Calanques) 18 septembre : Aix-en-Provence 19 septembre : Arles 20 septembre : Parc naturel régional de Camargue 21 septembre : Avignon 22 septembre : Nîmes + Pont du Gard 23 septembre : Montpellier 24 septembre : Narbonne 25 septembre : Carcassonne 26 septembre : Parc national de Cévènnes 27 septembre : Quelque chose entre le parc et Lyon 28 septembre : Lyon 29 septembre : Chamonix 30 septembre : Grenoble 1er octobre : Parc du Verdon 2 octobre : Nice 3 octobre : retour au Québec
Un Français sur sept n'a jamais pris l'avion English translation pending
D'après une récente enquête, 15% des Français affirment n'avoir jamais pris l'avion contre 10% des Allemands, 9% des Italiens, 7% des Espagnols et 6% des Britanniques. En moyenne, les Européens visiteraient 8 pays dans leur vie.
Lire la suite...
Rando VF sud ouest (France) - 12, 13, 14 novembre 2004 English translation pending
🙂Oyez, oyez, randonneurs, randonneuses, et autres voyageurs de tout poils de france et de navarre,
aujourd'hui je ne vous parlerai pas de longs voyages à l'autre bout du monde ( et c'est pas l'envie qui m'en manque ),
Moi, je voudrai juste savoir s'il y a des gens motivés habitant le sud ouest ( toulouse, albi ), où j'emménage dans une semaine, pour partir en week end rando dans les pyrénées ou les cevennes, ou ailleurs, pendant l'année. Même des gens qui habitent pas le sud-ouest, d'ailleurs, l'important, on le sait, c'est d'être motivé😉.
aujourd'hui je ne vous parlerai pas de longs voyages à l'autre bout du monde ( et c'est pas l'envie qui m'en manque ),
Moi, je voudrai juste savoir s'il y a des gens motivés habitant le sud ouest ( toulouse, albi ), où j'emménage dans une semaine, pour partir en week end rando dans les pyrénées ou les cevennes, ou ailleurs, pendant l'année. Même des gens qui habitent pas le sud-ouest, d'ailleurs, l'important, on le sait, c'est d'être motivé😉.
Conseils pour une randonnée niveau débutant en Normandie English translation pending
Bonsoir tout le monde !🙂
J’ai pour projet de partir en randonner à pied sur plusieurs jours, je suis débutant dans le monde du trekking. J’aimerais partir de Normanville (27930) en me donnant comme point d’arrivé Etretat (76790). Ce projet se fera sur plusieurs jours de marches, en bivouaquant dans la nature. Je suis plutôt sportif, c’est ma première randonnée, je pense pouvoir faire entre 25-35km (cela reste à déterminer en fonction des reliefs du trajet. Ce projet a donné naissance à une multitude de questions, c’est pour cela que je me tourne vers vous pour en apprendre davantage sur le sujet et trouver réponses à mes questions.
Ou j’en suis ? Pour le moment je suis en train de réfléchir sur l’itinéraire, pour se faire je travaille avec le site Openrunner, peut(être avez vous un autre outil plus performant à me conseiller ? J’ai vu qu’il existe bon nombre de sentiers, avez-vous des petites idées sur lesquelles je pourrais potentiellement emprunter ? La grande question c'est , comment bien organiser son trajet ?
Concernant le bivouaqage, comment trouver de bon endroit ? Je vous remercie d’avance à la contribution que vous apporterez au sujet
Bonne soirée
J’ai pour projet de partir en randonner à pied sur plusieurs jours, je suis débutant dans le monde du trekking. J’aimerais partir de Normanville (27930) en me donnant comme point d’arrivé Etretat (76790). Ce projet se fera sur plusieurs jours de marches, en bivouaquant dans la nature. Je suis plutôt sportif, c’est ma première randonnée, je pense pouvoir faire entre 25-35km (cela reste à déterminer en fonction des reliefs du trajet. Ce projet a donné naissance à une multitude de questions, c’est pour cela que je me tourne vers vous pour en apprendre davantage sur le sujet et trouver réponses à mes questions.
Ou j’en suis ? Pour le moment je suis en train de réfléchir sur l’itinéraire, pour se faire je travaille avec le site Openrunner, peut(être avez vous un autre outil plus performant à me conseiller ? J’ai vu qu’il existe bon nombre de sentiers, avez-vous des petites idées sur lesquelles je pourrais potentiellement emprunter ? La grande question c'est , comment bien organiser son trajet ?
Concernant le bivouaqage, comment trouver de bon endroit ? Je vous remercie d’avance à la contribution que vous apporterez au sujet
Bonne soirée
Inde... ou comment le pire cauchemar des hippies est en train de se réaliser English translation pending
Depuis décembre 2006, j'ai passé plus d'une année en Inde. Mon dernier séjour (avant celui-ci) remonte à décembre 2010. Que de changements depuis ! Je ne me retrouve plus dans ce pays où les nouveaux riches dédaignent les plus pauvres et où les routards, bien propres sur eux, ont supplanté les hippies des seventies. Je viens de publier sur mon blog un long texte où je développe ces réflexions. J'aimerais le partager, ici, avec vous :
Mutation des rapports humains dans une Inde en plein essor économique ou comment le pire cauchemar des hippies est en train se réaliser.
D’ici 2020, la production économique combinée de trois grands pays en développement (le Brésil, la Chine et l’Inde) dépassera à elle seule la production cumulée du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Royaume-Uni et des États-Unis." Rapport 2013 du Programme des Nations Unies pour le Développement.
Fin 2013, l'Inde est bien différente de celle que j'ai connu fin 2006. Au total, au gré de mes voyages, j'ai passé plus d'une année dans ce pays où les fêtes religieuses dédiées à Brahma, Vishnu, Shiva ou encore Ganesh rythment la vie de 1,2 milliard d'êtres humains. Fin 2013, les écarts se sont encore creusés : les riches sont plus riches tandis que les pauvres sont plus pauvres. Ca paraît très con écrit comme cela mais pourtant cela change la face du pays... et ma relation avec l'Inde.
La roupie s'est effondrée depuis mon dernier séjour : dorénavant, un euro se change à plus de 80 roupies contre 50 en 2011. Mes amis gagnent toujours entre 1500 et 3000 roupies mensuels (pour 12h de travail par jour et ce, 7 jours sur 7). Je vous laisse faire le calcul... Dans les hôtels où je pose mon sac, la majorité des touristes sont des indiens. Tous les professionnels du secteur que je rencontre me font remarquer que la crise européenne ne semble plus permettre à nos concitoyens de s'envoler vers le pays des rajas à défaut comme nos aînés de tracer leur route à travers l'Afghanistan et le Pakistan, et que les mots « vacances » et « tourisme » sont désormais ancrés dans le vocabulaire d'une nouvelle élite indienne qui avant 2020, représentera plus de monde que dans n'importe quel pays européen. Tous s'accordent pour me dire leur surprise : les touristes indiens (plus exigeants – lire leurs commentaires sur Trip Advisor) paient mieux que les occidentaux ! Depuis deux mois que je suis en Inde, je me sens plutôt désargentée avec mon budget de 20 euros par jour, à côté de ces touristes, de tous âges, originaires de Bangalore, Calcutta, Delhi, Pune ou Mumbai, qui raffolent des marques européennes, japonaises et nord-américaines : Apple, Nikon, Canon, Nike, Lacoste, Tommy Hilfiger, Calvin Klein, Armani, Pepe Jeans etc et qui se gargarisent de participer à des Big Fat Indian Weddings.
Impossible d'ignorer ces nombreux indiens, de plus en plus visibles, qui nous imaginent tous nymphomanes et libertins, qui jalousent notre liberté de mouvement, nos origines européennes et ne peuvent s'empêcher de vérifier qu'ils ont bien (au moins) le même pouvoir d'achat que nous. Sans cesse, ils nous demandent la valeur de nos possessions. Et ton jean ? Il coûte combien ton jean ? Et ton appareil photo ? Il coûte combien ton appareil photo ? Certains se décrivent plus éduqués que leurs compatriotes « qui ressemblent à des singes » et nous citent les philosophes des Lumières. Sur les rooftops des hôtels, des clans se forment. D'un côté, les occidentaux lisent leur fil d'actualité Facebook sur leur smartphone et de l'autre, les indiens... lisent leur fil d'actualité Facebook sur leur smartphone. Les occidentaux semblent nostalgiques de ce temps de l'entre-soi mais se sentent encore valorisés par le traitement privilégié qu'ils reçoivent : ici, la police touristique donne systématiquement raison aux occidentaux, et ce même s'ils sont de mauvaise foi : plus d'un indien a fini en garde à vue à se faire tabasser parce qu'il aurait importuner des « voyageurs ». Quant aux touristes indiens, certains se sentent incommodés par la proximité physique avec nos jeunes femmes dénudées qui fument et boivent de l'alcool devant leur épouse tandis que d'autres, nous apostrophent pour nous photographier : avoir un ami occidental leur confère une stature internationale.
En ce moment même, je vous écris de la terrasse de mon hôtel où des couples français sympathisent et se relatent leurs déboires avec les conducteurs de rickshaws, le personnel des hôtels et tous ces indiens qui les assimilent à des portefeuilles sur pattes. Ils échangent leurs bonnes adresses puisées dans le Guide du Routard et le Lonely Planet. Ils se demandent quel médicament contre le paludisme ils avalent. Ils détaillent les avantages de leur veste en gore-tex et de leur pantalon Quechua. Ils comparent l'authenticité des locaux dans chaque pays traversé (comprendre ceux qui ne sont pas encore pollués par le monde moderne comme si en 2013, même dans les villages reculés la télévision par câble n'était pas entrée dans les foyers des plus pauvres). Ils énumèrent ce qu'ils ont fait/ce qu'ils font : la Chine en un mois pour certains, le tour du monde en un an pour les autres. Ils comptent les jours de pluie qu'ils ont eu sans évoquer le cyclone qui a déplacé un demi million d'indiens et détruit des milliers d'habitations, la semaine dernière. Ils reviennent de Rishikeshoù ils ont pratiqué le yoga « pour ouvrir leurs chakras » et ont appris la méditation transcendantale dans un ashram tenu par un gourou qui leur a ouvert les yeux sur leur nature profonde et leur rôle dans l'Univers. Ils disent qu'ils ont démissionné de leur job « pour découvrir le monde » tout en se gaussant, dans la langue de Molière, du style vestimentaire du serveur qui leur apporte, avec un timide sourire d'adolescent mal dégrossi, leur brochette de poulet tandoori.
Entre ces nouveaux riches indiens pour qui la classe sociale tend à abolir les castes mais qui dédaignent les plus pauvres et ces touristes occidentaux en pleine quête existentielle qui se posent en lutte contre une uniformisation du monde mais qui ne prennent pas le temps de dialoguer avec des locaux préférant cumuler les lieux visités en photographiant au zoom le moindre sadhu comme témoignage de leur exotique passage dans cet « Incredible India », gimmick martelé par le Ministère du tourisme indien dans des spots publicitaires qui tournent en boucle sur CNN, je ne me retrouve plus.
Je pourrais fuir ces lieux nommés dans les guides touristiques et aller à la rencontre des fermiers du Bihar ou de l'Andrah Pradesh mais l'envie a disparu. Je me réjouis de l'explosion de cette classe moyenne-supérieure indienne tout en me lamentant de son ridicule mimétisme : les filles s'arrachent les crèmes qui blanchissent la peau tandis que les garçons se prennent pour des rappeurs américains ou des lords anglais. Bien sûr, une classe d'intellectuels et d'artistes tentent de braver ce tsunami. Bien sûr, il reste de l'indianité en ces nouveaux riches mais pour combien d'années encore ? En 2009, Pavan K. Varma a publié « un virulent réquisitoire contre cette classe moyenne qu'il exhorte à un réveil civique, dans la haute tradition des pères fondateurs de l'Inde dont il se refuse à voir l'héritage renié » (extrait de la quatrième de couv' de La classe moyenne en Inde, une nouvelle caste).C'est tellement ça.... Une telle frénésie consumériste... Des nouveaux riches indiens qui font preuve d'un tel désintérêt à l'égard de la chose publique et du bien commun...
Voyager seule pendant dix années m'a fait connaître des personnes et des situations qui m'ont ouvert l'esprit au delà de ce que ma culture française me permettait. Cette décennie a affirmé ma confiance en moi, m'a permis de définir mes priorités dans la vie et m'a appris à jouir du présent. Seulement, dorénavant, je ne suis plus assoiffée par cette curiosité qui m'a fait traverser la Syrie, l'Afrique, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et le Venezuela de Hugo Chavez. L'exotisme ne me fait plus rêver : derrière chaque carte postale, se cache de la laideur. Cette laideur, je ne désire plus la côtoyer. La misère- qui-n'est-pas-moins-pénible-au-soleil me désole de plus en plus : je peine à m'émerveiller du sourire ravi d'un enfant en haillons, la morve au nez et les cheveux pouilleux. Dans un même temps, que les indiens et les asiatiques s'enrichissent mais je ne veux plus être le témoin direct de ce passage de l'ère du kitsch à celle du bling bling (selon mes codes socio-culturels, soit...). Que les routards continuent de fantasmer un monde qui n'existe plus que dans les récits des écrivains-voyageurs des XIX° et XX° siècles mais qu'ils ne me vantent plus leurs soi-disantes extrêmes expériences aux confins du trou du cul du monde. Chacun vit son expérience en voyage. Chacun ressent de fortes émotions. Chacun gère comme il peut le flot de mendiants. Chacun met son corps à l'épreuve dans des pays tropicaux. Chacun croit être un voyageur plus responsable que ses congénères... mais qu'on soit bien clair, l'habit ne fait pas le moine : des dreadlocks et une chemise en coton équitable ne rendent pas plus respectueux des populations et des coutumes locales. Reste la nature quand l'industrie agroalimentaire ne la détruit pas. Reste les fonds sous-marins quand le réchauffement climatique (ou la pêche à la bombe) ne tue pas les récifs coralliens. Reste des lieux que je chéris. Des personnes que je considère comme des amis sur les cinq continents. Des rayons de soleil qui aident à traverser nos longs hivers français. Des souvenirs et un sentiment d'accomplissement d'être allée au bout des mes rêves d'adolescente.
Pendant que je me larmoie sur cette mutation des rapports humains dans une Inde en plein essor économique, mes amis indiens assistent, impuissants, à cette historique révolution sociale. Ils cumulent les emplois. Ils dorment 4 à 5 heures par nuit. Parfois sur leur lieu de travail abandonnant, contre leur volonté, le lit conjugal pendant des années. Ils bataillent au quotidien, sans savoir de quoi sera fait leur lendemain, pour trouver les quelques roupies qui leur permettent de nourrir leur famille, payer les fournitures scolaires de leurs enfants et les traitements médicaux de leurs parents. Alors oui, ils se prennent des commissions sur le dos des touristes (indiens et occidentaux confondus) mais qui peut vivre décemment avec 30 euros par mois dans un pays où le litre d'essence avoisine 1 euro le litre ?
Le texte original (avec photos) ICI.
Mutation des rapports humains dans une Inde en plein essor économique ou comment le pire cauchemar des hippies est en train se réaliser.
D’ici 2020, la production économique combinée de trois grands pays en développement (le Brésil, la Chine et l’Inde) dépassera à elle seule la production cumulée du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Royaume-Uni et des États-Unis." Rapport 2013 du Programme des Nations Unies pour le Développement.
Fin 2013, l'Inde est bien différente de celle que j'ai connu fin 2006. Au total, au gré de mes voyages, j'ai passé plus d'une année dans ce pays où les fêtes religieuses dédiées à Brahma, Vishnu, Shiva ou encore Ganesh rythment la vie de 1,2 milliard d'êtres humains. Fin 2013, les écarts se sont encore creusés : les riches sont plus riches tandis que les pauvres sont plus pauvres. Ca paraît très con écrit comme cela mais pourtant cela change la face du pays... et ma relation avec l'Inde.
La roupie s'est effondrée depuis mon dernier séjour : dorénavant, un euro se change à plus de 80 roupies contre 50 en 2011. Mes amis gagnent toujours entre 1500 et 3000 roupies mensuels (pour 12h de travail par jour et ce, 7 jours sur 7). Je vous laisse faire le calcul... Dans les hôtels où je pose mon sac, la majorité des touristes sont des indiens. Tous les professionnels du secteur que je rencontre me font remarquer que la crise européenne ne semble plus permettre à nos concitoyens de s'envoler vers le pays des rajas à défaut comme nos aînés de tracer leur route à travers l'Afghanistan et le Pakistan, et que les mots « vacances » et « tourisme » sont désormais ancrés dans le vocabulaire d'une nouvelle élite indienne qui avant 2020, représentera plus de monde que dans n'importe quel pays européen. Tous s'accordent pour me dire leur surprise : les touristes indiens (plus exigeants – lire leurs commentaires sur Trip Advisor) paient mieux que les occidentaux ! Depuis deux mois que je suis en Inde, je me sens plutôt désargentée avec mon budget de 20 euros par jour, à côté de ces touristes, de tous âges, originaires de Bangalore, Calcutta, Delhi, Pune ou Mumbai, qui raffolent des marques européennes, japonaises et nord-américaines : Apple, Nikon, Canon, Nike, Lacoste, Tommy Hilfiger, Calvin Klein, Armani, Pepe Jeans etc et qui se gargarisent de participer à des Big Fat Indian Weddings.
Impossible d'ignorer ces nombreux indiens, de plus en plus visibles, qui nous imaginent tous nymphomanes et libertins, qui jalousent notre liberté de mouvement, nos origines européennes et ne peuvent s'empêcher de vérifier qu'ils ont bien (au moins) le même pouvoir d'achat que nous. Sans cesse, ils nous demandent la valeur de nos possessions. Et ton jean ? Il coûte combien ton jean ? Et ton appareil photo ? Il coûte combien ton appareil photo ? Certains se décrivent plus éduqués que leurs compatriotes « qui ressemblent à des singes » et nous citent les philosophes des Lumières. Sur les rooftops des hôtels, des clans se forment. D'un côté, les occidentaux lisent leur fil d'actualité Facebook sur leur smartphone et de l'autre, les indiens... lisent leur fil d'actualité Facebook sur leur smartphone. Les occidentaux semblent nostalgiques de ce temps de l'entre-soi mais se sentent encore valorisés par le traitement privilégié qu'ils reçoivent : ici, la police touristique donne systématiquement raison aux occidentaux, et ce même s'ils sont de mauvaise foi : plus d'un indien a fini en garde à vue à se faire tabasser parce qu'il aurait importuner des « voyageurs ». Quant aux touristes indiens, certains se sentent incommodés par la proximité physique avec nos jeunes femmes dénudées qui fument et boivent de l'alcool devant leur épouse tandis que d'autres, nous apostrophent pour nous photographier : avoir un ami occidental leur confère une stature internationale.
En ce moment même, je vous écris de la terrasse de mon hôtel où des couples français sympathisent et se relatent leurs déboires avec les conducteurs de rickshaws, le personnel des hôtels et tous ces indiens qui les assimilent à des portefeuilles sur pattes. Ils échangent leurs bonnes adresses puisées dans le Guide du Routard et le Lonely Planet. Ils se demandent quel médicament contre le paludisme ils avalent. Ils détaillent les avantages de leur veste en gore-tex et de leur pantalon Quechua. Ils comparent l'authenticité des locaux dans chaque pays traversé (comprendre ceux qui ne sont pas encore pollués par le monde moderne comme si en 2013, même dans les villages reculés la télévision par câble n'était pas entrée dans les foyers des plus pauvres). Ils énumèrent ce qu'ils ont fait/ce qu'ils font : la Chine en un mois pour certains, le tour du monde en un an pour les autres. Ils comptent les jours de pluie qu'ils ont eu sans évoquer le cyclone qui a déplacé un demi million d'indiens et détruit des milliers d'habitations, la semaine dernière. Ils reviennent de Rishikeshoù ils ont pratiqué le yoga « pour ouvrir leurs chakras » et ont appris la méditation transcendantale dans un ashram tenu par un gourou qui leur a ouvert les yeux sur leur nature profonde et leur rôle dans l'Univers. Ils disent qu'ils ont démissionné de leur job « pour découvrir le monde » tout en se gaussant, dans la langue de Molière, du style vestimentaire du serveur qui leur apporte, avec un timide sourire d'adolescent mal dégrossi, leur brochette de poulet tandoori.
Entre ces nouveaux riches indiens pour qui la classe sociale tend à abolir les castes mais qui dédaignent les plus pauvres et ces touristes occidentaux en pleine quête existentielle qui se posent en lutte contre une uniformisation du monde mais qui ne prennent pas le temps de dialoguer avec des locaux préférant cumuler les lieux visités en photographiant au zoom le moindre sadhu comme témoignage de leur exotique passage dans cet « Incredible India », gimmick martelé par le Ministère du tourisme indien dans des spots publicitaires qui tournent en boucle sur CNN, je ne me retrouve plus.
Je pourrais fuir ces lieux nommés dans les guides touristiques et aller à la rencontre des fermiers du Bihar ou de l'Andrah Pradesh mais l'envie a disparu. Je me réjouis de l'explosion de cette classe moyenne-supérieure indienne tout en me lamentant de son ridicule mimétisme : les filles s'arrachent les crèmes qui blanchissent la peau tandis que les garçons se prennent pour des rappeurs américains ou des lords anglais. Bien sûr, une classe d'intellectuels et d'artistes tentent de braver ce tsunami. Bien sûr, il reste de l'indianité en ces nouveaux riches mais pour combien d'années encore ? En 2009, Pavan K. Varma a publié « un virulent réquisitoire contre cette classe moyenne qu'il exhorte à un réveil civique, dans la haute tradition des pères fondateurs de l'Inde dont il se refuse à voir l'héritage renié » (extrait de la quatrième de couv' de La classe moyenne en Inde, une nouvelle caste).C'est tellement ça.... Une telle frénésie consumériste... Des nouveaux riches indiens qui font preuve d'un tel désintérêt à l'égard de la chose publique et du bien commun...
Voyager seule pendant dix années m'a fait connaître des personnes et des situations qui m'ont ouvert l'esprit au delà de ce que ma culture française me permettait. Cette décennie a affirmé ma confiance en moi, m'a permis de définir mes priorités dans la vie et m'a appris à jouir du présent. Seulement, dorénavant, je ne suis plus assoiffée par cette curiosité qui m'a fait traverser la Syrie, l'Afrique, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et le Venezuela de Hugo Chavez. L'exotisme ne me fait plus rêver : derrière chaque carte postale, se cache de la laideur. Cette laideur, je ne désire plus la côtoyer. La misère- qui-n'est-pas-moins-pénible-au-soleil me désole de plus en plus : je peine à m'émerveiller du sourire ravi d'un enfant en haillons, la morve au nez et les cheveux pouilleux. Dans un même temps, que les indiens et les asiatiques s'enrichissent mais je ne veux plus être le témoin direct de ce passage de l'ère du kitsch à celle du bling bling (selon mes codes socio-culturels, soit...). Que les routards continuent de fantasmer un monde qui n'existe plus que dans les récits des écrivains-voyageurs des XIX° et XX° siècles mais qu'ils ne me vantent plus leurs soi-disantes extrêmes expériences aux confins du trou du cul du monde. Chacun vit son expérience en voyage. Chacun ressent de fortes émotions. Chacun gère comme il peut le flot de mendiants. Chacun met son corps à l'épreuve dans des pays tropicaux. Chacun croit être un voyageur plus responsable que ses congénères... mais qu'on soit bien clair, l'habit ne fait pas le moine : des dreadlocks et une chemise en coton équitable ne rendent pas plus respectueux des populations et des coutumes locales. Reste la nature quand l'industrie agroalimentaire ne la détruit pas. Reste les fonds sous-marins quand le réchauffement climatique (ou la pêche à la bombe) ne tue pas les récifs coralliens. Reste des lieux que je chéris. Des personnes que je considère comme des amis sur les cinq continents. Des rayons de soleil qui aident à traverser nos longs hivers français. Des souvenirs et un sentiment d'accomplissement d'être allée au bout des mes rêves d'adolescente.
Pendant que je me larmoie sur cette mutation des rapports humains dans une Inde en plein essor économique, mes amis indiens assistent, impuissants, à cette historique révolution sociale. Ils cumulent les emplois. Ils dorment 4 à 5 heures par nuit. Parfois sur leur lieu de travail abandonnant, contre leur volonté, le lit conjugal pendant des années. Ils bataillent au quotidien, sans savoir de quoi sera fait leur lendemain, pour trouver les quelques roupies qui leur permettent de nourrir leur famille, payer les fournitures scolaires de leurs enfants et les traitements médicaux de leurs parents. Alors oui, ils se prennent des commissions sur le dos des touristes (indiens et occidentaux confondus) mais qui peut vivre décemment avec 30 euros par mois dans un pays où le litre d'essence avoisine 1 euro le litre ?
Le texte original (avec photos) ICI.
Discussion autour du thème du mois de juillet 2018: "Les transports en commun dans le monde" English translation pending
Pour tous les commentaires, bavardages et discussions, c'est ici !
Musique de voyage English translation pending
Bonjour à tous,
La musique occupe une place très importante dans notre vie ! Je voulais simplement que vous partagiez les différentes musiques que vous écoutez en voyageant.
Les musiques que vous ne pouvez plus dissocier à un voyage...
Pour ma part, j'ai beaucoup écouté l'album d'Avicii - True lorsque je suis partis en Islande, depuis certains titres me font penser à des paysages en particulier et j'en garde un excellent souvenir 🙂
La musique occupe une place très importante dans notre vie ! Je voulais simplement que vous partagiez les différentes musiques que vous écoutez en voyageant.
Les musiques que vous ne pouvez plus dissocier à un voyage...
Pour ma part, j'ai beaucoup écouté l'album d'Avicii - True lorsque je suis partis en Islande, depuis certains titres me font penser à des paysages en particulier et j'en garde un excellent souvenir 🙂
Picnic à Lyon et randonnée dans les Alpes les 22, 23 et 24 juin 2007 English translation pending
Que diriez-vous de nous retrouver, le vendredi 22 juin au soir, autour d'un pique-nique dans Lyon, puis, pour ceux qui le souhaitent, de poursuivre le samedi et le dimanche par une rando en montagne, au dessus de Grenoble? 🙂
Vendredi 22 juin à partir de 19h Rendez-vous au Parc Naturel de la Feyssine, au dessus du campus de la Doua. Amenez votre pique-nique et tout ce que vous voulez: photos, dessins, projets, musique, ... et n'oubliez pas de vous inscrire par message public à la suite de cette discussion (ainsi on sait qui vient!).
Accès facile depuis le centre de Lyon: tramway: arrêt IUT Feyssine vélo: plusieurs bornes Velov autour du campus voiture: stationnement facile à l'entrée du parc ou dans le campus. train: gare Part Dieu puis tramway direct direction IUT Feyssine
Lieu de Rendez-vous au bord de l'eau, à côté de l'Ile aux Castors:

(plan univ-lyon1.fr)
Samedi 23 juin et dimanche 24 juin
Prenez votre tente (tente de rando, donc légère, si vous en avez une), vos chaussures de rando, votre duvet, votre bouffe pour le samedi midi, samedi soir, dimanche matin et dimanche midi, direction le massif de Belledonne. Nous monterons samedi après-midi au Lac de la Coche (600m de dénivelé, voir le topo de la rando) et nous camperons au bord du lac le soir.
(photo montagne.plisson.org)
Le lendemain, certains pourront causer au bord du lac, d'autres rayonner autour (plusieurs randos possibles dans le coin, suggestions bienvenues), puis redescendre dans l'après-midi.
Vu qu'on se sera certainement couchés un peu tard le vendredi 😉 RDV le samedi à 9h45 sur le parking de Décathlon St Priest. Pour ceux qui ne partiraient pas de Lyon, RDV à Prabert (38) en fin de matinée. Je pense qu'on prendra le repas de midi avant de s'attaquer à la montée.
Pour s'inscrire, il suffit d'envoyer un message public à la suite de cette discussion, en précisant le cas échéant si vous avez une tente de rando (combien de places) et une voiture (combien de places).
Espérons que nous ayons le même temps que l'an dernier à Dieulefit, même sans piscine... mais y'a le lac 😛
Vendredi 22 juin à partir de 19h Rendez-vous au Parc Naturel de la Feyssine, au dessus du campus de la Doua. Amenez votre pique-nique et tout ce que vous voulez: photos, dessins, projets, musique, ... et n'oubliez pas de vous inscrire par message public à la suite de cette discussion (ainsi on sait qui vient!).
Accès facile depuis le centre de Lyon: tramway: arrêt IUT Feyssine vélo: plusieurs bornes Velov autour du campus voiture: stationnement facile à l'entrée du parc ou dans le campus. train: gare Part Dieu puis tramway direct direction IUT Feyssine
Lieu de Rendez-vous au bord de l'eau, à côté de l'Ile aux Castors:

(plan univ-lyon1.fr)Samedi 23 juin et dimanche 24 juin
Prenez votre tente (tente de rando, donc légère, si vous en avez une), vos chaussures de rando, votre duvet, votre bouffe pour le samedi midi, samedi soir, dimanche matin et dimanche midi, direction le massif de Belledonne. Nous monterons samedi après-midi au Lac de la Coche (600m de dénivelé, voir le topo de la rando) et nous camperons au bord du lac le soir.
(photo montagne.plisson.org)Le lendemain, certains pourront causer au bord du lac, d'autres rayonner autour (plusieurs randos possibles dans le coin, suggestions bienvenues), puis redescendre dans l'après-midi.
Vu qu'on se sera certainement couchés un peu tard le vendredi 😉 RDV le samedi à 9h45 sur le parking de Décathlon St Priest. Pour ceux qui ne partiraient pas de Lyon, RDV à Prabert (38) en fin de matinée. Je pense qu'on prendra le repas de midi avant de s'attaquer à la montée.
Pour s'inscrire, il suffit d'envoyer un message public à la suite de cette discussion, en précisant le cas échéant si vous avez une tente de rando (combien de places) et une voiture (combien de places).
Espérons que nous ayons le même temps que l'an dernier à Dieulefit, même sans piscine... mais y'a le lac 😛
Regard rapide sur la France English translation pending
Une fois n’est pas coutume, je vais parler de mon propre pays, la France, où j’ai fait récemment un voyage assez court à partir de Bangkok (où je vis). Je pourrai donc vous donner quelques impressions d’un Français longtemps absent (cela fait 34 ans que je ne vis plus en France) aussi bien que les premières impressions d’une étrangère, ma compagne Thaïe Y. C’était son premier voyage en France, elle n’avait voyagé jusque-là que dans plusieurs pays d’Asie et en Inde.
Paris, la Saleté
Commençons par Paris. Le contraste avec Bangkok est extrême et, j’ai le regret de le dire, ce n’est pas tout à l’honneur de Paris. J’ai été choqué par la saleté de cette ville, et même si Bangkok n’est pas le summum de la propreté non plus, au moins ce n’est pas parce que les gens la salissent délibérément comme c’est le cas pour Paris : presque partout, les trottoirs sont jonchés de papiers gras, de bouteilles de plastique ou de verre (souvent cassées), de mégots jetés à tours de bras. Sans compter les innombrables crottes de chiens et traces d’urine (pas toujours de chiens….). C’est une véritable honte…. La vétusté du métro ne fait pas bonne impression non plus. On comprend que c’est un vieux système, soit, mais pourquoi donc y-a-t-il tant de dégradations abusives, graffiti et autres ? Il faut voir la propreté des 2 systèmes de métro de Bangkok, le BTS et le MRT ! Il ne viendrait à l’idée de personne de dégrader l’équipement avec des gribouillis, et je suis sûr que si quelqu’un voulait s’y risquer, il y aurait immédiatement des réactions de la part des autres usagers, sans parler de la sécurité qui ne perdrait pas une seconde pour intervenir.
Tiens, ce matin, j’ai compté les mégots qui trainaient par terre sur mon trajet quotidien, sortant d’une station du MRT, à Bangkok. Il y en avait, c’est vrai, mais c’était 1 mégot là où il y en aurait plutôt des dizaines à Paris !
Les abords de Paris, venant en train, que ce soit de CDG ou d’ailleurs, sont tristes à en pleurer. On ne peut bien évidemment pas s’attendre à voir de beaux sites le long des voies ferrées, et on peut se faire une raison de la grisaille. Mais de nouveau, tous ces graffiti, pas un mur qui n’en soit couvert ! J’ai entendu dire que certaines gens appellent ça de « l’art », de « la culture ». C’est une plaisanterie, non ?
On croise beaucoup trop de gens aux mines louches, partout et à toute heure. On ne se sent pas en sécurité. Les regards auxquels ma compagne a souvent eu droit, de mecs qui doivent avoir de belles saletés traînant dans la tête, et souvent, je vais le dire, qui ne me semblaient pas être si Français que ça. Sans doute Y est-elle trop mignonne pour pouvoir se promener tranquillement à Paris…. À Bangkok, je vois fréquemment des femmes seules très tard le soir et même en pleine nuit, encore à vendre qqc dans la rue ou rentrant chez elles : elles ne semblent pas avoir à se préoccuper de quelque mauvaise rencontre. Personnellement, je suis convaincu que je ne risque absolument aucun vol dans le BTS ou le MRT, que j’utilise fréquemment.
Paris, les hôtels
À notre arrivée à Paris, nous avions passé une nuit dans un 2 étoiles à 75 euros, dans le 9-ème. C’était franchement miteux, la chambre était exiguë à l’extrême, nous ne pouvions à peine tenir à deux dans l’ascenseur, et la propreté des couloirs et des escaliers était approximative. Pas génial. À notre retour à Paris, nous étions logés dans un 3 étoiles à 140 euros la nuit. C’était un peu plus correct, certes, mais avec nos bagages, nous tenions encore à peine dans la chambre, qui avait une vue magnifique … sur des toits en zinc parsemés de mégots (et oui, encore !) et un mur aveugle à 3 mètres de notre fenêtre. Je ne vais pas faire de statistiques à partir d’une expérience aussi limitée, évidemment, mais disons que l’impression est d’avoir à payer bien cher pour pas grand-chose.
Sur le sujet des hôtels, nous étions bien mieux logés, à 80 euros la nuit, dans un 3 étoiles à Chamonix, propre et parfaitement situé. Par contre, nous avions aussi essayé un hôtel à 3 étoiles, ailleurs en province, trouvé par l’intermédiaire des Logis de France, et nous avions été déçus. La chambre était correcte sans plus, les lieux communs avaient un vague parfum de pisse de chien, le petit déjeuner était satisfaisant sans plus. J’ai l’impression que les hôtels se font la vie facile, ils se font des étoiles en te collant un sèche-cheveux dans la s.d.b. et une cafetière. Ah, précisons : on a bien la machine pour bouillir l’eau et quelques sachets de granulés, mais par contre pas d’eau. Ça aussi, c’est un truc qui me tue, venant d’Asie où on a presque toujours 1 ou 2 petites bouteilles d’eau potable mises à disposition gratuitement dans la chambre.
Les Restaurants
Tant de restaurants où on mange mal même en payant 25 à 35 euros par personne. Dans une brasserie à côté de Bercy, les garçons nous faisaient l’article sur les plats « recommandés », l’un d’eux d’ailleurs presque arrogant « je sais tout mieux que vous, monsieur ». Y n’a pas touché à son plat, moules et autres fruits de mer ratatinés par la congélation…. Ce n’est pas qu’à Paris, d’ailleurs. Pas une seule fois, nous avons eu du bon pain, mais du pain mou comme des concombres vieux d’une semaine. La France, le pays où on fait le meilleur pain au monde ! Une pizza qu’on nous a servie, en province, semblait venir tout droit de ces peintures de Salvador Dali, les montres molles, vous savez ? Chez un traiteur italien dans le 16-ème, des lasagnes à peine cuites … et à prix d’or.
Certes, les rues de Paris sont bien animées, et quand on s’y promène on a l’impression qu’il y règne une super ambiance. Il y a des restaurants et des cafés partout. Il faisait beau, les terrasses étaient pleines à craquer. Mais de mon expérience, limitée je le reconnais (si qqn sait mieux, au secours, venez-nous le dire !), je suis pratiquement sûr qu’ils ne servent en fait rien de si bon à manger que ça. Pour changer, nous avions essayé un traiteur chinois, dans la rue Montorgueil : aucun goût, pas de texture, médiocre.
Nous avons aussi essayé du haut de gamme, à l’occasion d’une retrouvaille avec des amis. C’était en province, nous avons payé 150 euros pour 2. Quand Y a vu son poisson, qui avait peut-être 2 minutes de cuisson, elle me l’a immédiatement repassé. Elle m’avait déjà fait le coup avec du canard à peine cuit. Je lui avais commandé du canard, elle aime ça, c’est ce qu’elle cible chaque fois qu’elle en trouve, en Thaïlande. Je me suis rendu compte que les Thaïs n’apprécient pas la nourriture peu cuite. Bon, c’est leur problème, et acceptons donc l’approche française : si c’est bon et de bonne qualité, ce sera meilleur peu cuit. Mais quid des quantités ridicules qu’on nous a servies ? Franchement, je n’ai strictement rien à cirer des petites décorations frivoles qu’on ajoute aux assiettes, petits coulis de sauce « machin » ou petit brin d’herbe « chose ». Ce que je demande, c’est à avoir qqc de bon à manger et en quantité suffisante pour bien en profiter et sortir de table repu. Y a gloussé de rire quand elle a vu mon entrée, du pâté de foie de canard avec une sauce aux fruits exotiques. Ça n’a pas raté, elle l’a ressorti au chauffeur de taxi qui nous a pris à l’aéroport de Bangkok, à notre retour: « du beurre au durian ! » …. à prix d’or (ou presque). D’ailleurs, au taxi qui lui demandait comment s’était passé son voyage, elle a résumé le chapitre « nourriture » en 4 mots : « paeng laé mâi aròy », « cher et pas bon ». Moi, Français, j’en rougissais de honte.
Ces restaurants qui prétendent faire de la bonne cuisine, quelle foutaise ! J’ai l’impression que certains cuisiniers se masturbent la cervelle, de la même façon que ces architectes qui conçoivent des projets immobiliers « où les gens se sentiront bien et où ils auront plaisir à se retrouver dans une atmosphère conviviale», avec force statues grotesques ornant les lieux communs et peintures bizarres sur les murs.
Chacun ses goûts. Je suis comme Y, je suis content d’être de retour à Bangkok. Ici, je mange très bien chaque jour pour, souvent pour à peine plus d’un euro, et parfois c’est simplement délicieux. En tout cas, ce n’est jamais de la nourriture sortie du congélateur et passée au micro-ondes.
On m’a dit que 85% des restaurants en France ne font pas leur propre cuisine. C’est une honte ! Combien de temps les visiteurs vont-ils encore croire qu’on mange bien en France ? Je crois qu’on mange mieux pour les mêmes prix à Londres, à Berlin, à Barcelone…. Je crois que la France s’est bien laissé aller sur l’un de ses points forts traditionnels. De la bonne nourriture, il ne restera bientôt que les titres et les mots ronflants « le plat de machin-chose et sa petite grillotte des bois » (ou je ne sais encore quelle bêtise dans le genre). Je souligne le « sa », ça me gonfle, cette préciosité que les restaurateurs donnent à des plats qui le plus souvent sont simplement médiocres.
Le Vin
Aaah ! Je vais enfin pouvoir donner dans le positif ! Au moins là, valeur sûre, du bon et agréable à boire et à des prix corrects. Grand merci aux viticulteurs Français, je leur tire mon chapeau. Y entre autres s’est découvert un penchant pour le rosé, elle était heureuse et moi aussi. À CDG, avant d’embarquer, nous avons acheté quelques bouteilles de « Jolies Filles »…..
Les Gens
Pour ne pas rester sur une mauvaise impression, suite aux vilaines choses que j’ai dites ci-dessus au sujet d’une certaine racaille un peu trop présente à Paris, je dois dire que j’ai été agréablement surpris par l’attitude des gens dans les commerces, partout où nous sommes allés. J’avais de mauvais souvenirs d’il y a bien longtemps. Je m’étais pris de bec un jour avec un groupe de vendeuses au Printemps (ou aux Galeries Lafayette ?), qui étaient à papoter pendant plusieurs minutes en m’ignorant totalement, pauvre cloche de client que j’étais, planté à 2 pas d’elles et ayant l’audace de vouloir leur demander un renseignement. Un bel exemple de l’attitude arrogante que les Français peuvent avoir. Croyez-moi, je ne suis pas le seul à le dire, la réputation des Français à ce sujet est faite dans le monde entier.
Mais non, cette fois, je n’ai eu que du bonheur avec les gens rencontrés dans les commerces. Peut-être du fait de la présence de Y, ambassadrice de charme du Royaume du Siam???? Nous étions allés, par exemple, dans un magasin spécialisé moto, sur l’avenue de la Grande Armée (Team Axxe), pour nous équiper un peu de tout. On nous a très bien servis, avec patience et plaisamment. Très bien, j’y retournerai !
Impressions finales
Donc, pour moi qui suis Français, je me vois obligé d’apporter quelques critiques sévères sur certains aspects de mon pays : la saleté de Paris, la médiocrité des restaurants, l’attitude de certaines gens (Français ou autres). Bien sûr, j’ai toujours énormément de plaisir à rencontrer des gens sympas et intéressants, il y en a aussi tellement ! Mais en bas de la page, je marquerai : « France = peut mieux faire ».
Et Y, venue pour la première fois en Europe, qu’a-t-elle retenu ? Saleté de Paris et nourriture médiocre, beauté des paysages (campagne de Bourgogne, Alpes autour de Chamonix), vins agréables à boire. Quant aux gens, elle n’en a retenu que les bons aspects, car heureusement elle est d’une bonne disposition et ne s’est pas trop fixée sur toute cette racaille qui traîne à Paris. Je crois que même si elle allait en Enfer, elle se ferait des copains avec les diables ! Non, plutôt, elle a des souvenirs heureux de ses contacts avec les Français, qui ont toujours été des contacts gentils et bon-enfant. Son approche personnelle y aidant.
Paris, la Saleté
Commençons par Paris. Le contraste avec Bangkok est extrême et, j’ai le regret de le dire, ce n’est pas tout à l’honneur de Paris. J’ai été choqué par la saleté de cette ville, et même si Bangkok n’est pas le summum de la propreté non plus, au moins ce n’est pas parce que les gens la salissent délibérément comme c’est le cas pour Paris : presque partout, les trottoirs sont jonchés de papiers gras, de bouteilles de plastique ou de verre (souvent cassées), de mégots jetés à tours de bras. Sans compter les innombrables crottes de chiens et traces d’urine (pas toujours de chiens….). C’est une véritable honte…. La vétusté du métro ne fait pas bonne impression non plus. On comprend que c’est un vieux système, soit, mais pourquoi donc y-a-t-il tant de dégradations abusives, graffiti et autres ? Il faut voir la propreté des 2 systèmes de métro de Bangkok, le BTS et le MRT ! Il ne viendrait à l’idée de personne de dégrader l’équipement avec des gribouillis, et je suis sûr que si quelqu’un voulait s’y risquer, il y aurait immédiatement des réactions de la part des autres usagers, sans parler de la sécurité qui ne perdrait pas une seconde pour intervenir.
Tiens, ce matin, j’ai compté les mégots qui trainaient par terre sur mon trajet quotidien, sortant d’une station du MRT, à Bangkok. Il y en avait, c’est vrai, mais c’était 1 mégot là où il y en aurait plutôt des dizaines à Paris !
Les abords de Paris, venant en train, que ce soit de CDG ou d’ailleurs, sont tristes à en pleurer. On ne peut bien évidemment pas s’attendre à voir de beaux sites le long des voies ferrées, et on peut se faire une raison de la grisaille. Mais de nouveau, tous ces graffiti, pas un mur qui n’en soit couvert ! J’ai entendu dire que certaines gens appellent ça de « l’art », de « la culture ». C’est une plaisanterie, non ?
On croise beaucoup trop de gens aux mines louches, partout et à toute heure. On ne se sent pas en sécurité. Les regards auxquels ma compagne a souvent eu droit, de mecs qui doivent avoir de belles saletés traînant dans la tête, et souvent, je vais le dire, qui ne me semblaient pas être si Français que ça. Sans doute Y est-elle trop mignonne pour pouvoir se promener tranquillement à Paris…. À Bangkok, je vois fréquemment des femmes seules très tard le soir et même en pleine nuit, encore à vendre qqc dans la rue ou rentrant chez elles : elles ne semblent pas avoir à se préoccuper de quelque mauvaise rencontre. Personnellement, je suis convaincu que je ne risque absolument aucun vol dans le BTS ou le MRT, que j’utilise fréquemment.
Paris, les hôtels
À notre arrivée à Paris, nous avions passé une nuit dans un 2 étoiles à 75 euros, dans le 9-ème. C’était franchement miteux, la chambre était exiguë à l’extrême, nous ne pouvions à peine tenir à deux dans l’ascenseur, et la propreté des couloirs et des escaliers était approximative. Pas génial. À notre retour à Paris, nous étions logés dans un 3 étoiles à 140 euros la nuit. C’était un peu plus correct, certes, mais avec nos bagages, nous tenions encore à peine dans la chambre, qui avait une vue magnifique … sur des toits en zinc parsemés de mégots (et oui, encore !) et un mur aveugle à 3 mètres de notre fenêtre. Je ne vais pas faire de statistiques à partir d’une expérience aussi limitée, évidemment, mais disons que l’impression est d’avoir à payer bien cher pour pas grand-chose.
Sur le sujet des hôtels, nous étions bien mieux logés, à 80 euros la nuit, dans un 3 étoiles à Chamonix, propre et parfaitement situé. Par contre, nous avions aussi essayé un hôtel à 3 étoiles, ailleurs en province, trouvé par l’intermédiaire des Logis de France, et nous avions été déçus. La chambre était correcte sans plus, les lieux communs avaient un vague parfum de pisse de chien, le petit déjeuner était satisfaisant sans plus. J’ai l’impression que les hôtels se font la vie facile, ils se font des étoiles en te collant un sèche-cheveux dans la s.d.b. et une cafetière. Ah, précisons : on a bien la machine pour bouillir l’eau et quelques sachets de granulés, mais par contre pas d’eau. Ça aussi, c’est un truc qui me tue, venant d’Asie où on a presque toujours 1 ou 2 petites bouteilles d’eau potable mises à disposition gratuitement dans la chambre.
Les Restaurants
Tant de restaurants où on mange mal même en payant 25 à 35 euros par personne. Dans une brasserie à côté de Bercy, les garçons nous faisaient l’article sur les plats « recommandés », l’un d’eux d’ailleurs presque arrogant « je sais tout mieux que vous, monsieur ». Y n’a pas touché à son plat, moules et autres fruits de mer ratatinés par la congélation…. Ce n’est pas qu’à Paris, d’ailleurs. Pas une seule fois, nous avons eu du bon pain, mais du pain mou comme des concombres vieux d’une semaine. La France, le pays où on fait le meilleur pain au monde ! Une pizza qu’on nous a servie, en province, semblait venir tout droit de ces peintures de Salvador Dali, les montres molles, vous savez ? Chez un traiteur italien dans le 16-ème, des lasagnes à peine cuites … et à prix d’or.
Certes, les rues de Paris sont bien animées, et quand on s’y promène on a l’impression qu’il y règne une super ambiance. Il y a des restaurants et des cafés partout. Il faisait beau, les terrasses étaient pleines à craquer. Mais de mon expérience, limitée je le reconnais (si qqn sait mieux, au secours, venez-nous le dire !), je suis pratiquement sûr qu’ils ne servent en fait rien de si bon à manger que ça. Pour changer, nous avions essayé un traiteur chinois, dans la rue Montorgueil : aucun goût, pas de texture, médiocre.
Nous avons aussi essayé du haut de gamme, à l’occasion d’une retrouvaille avec des amis. C’était en province, nous avons payé 150 euros pour 2. Quand Y a vu son poisson, qui avait peut-être 2 minutes de cuisson, elle me l’a immédiatement repassé. Elle m’avait déjà fait le coup avec du canard à peine cuit. Je lui avais commandé du canard, elle aime ça, c’est ce qu’elle cible chaque fois qu’elle en trouve, en Thaïlande. Je me suis rendu compte que les Thaïs n’apprécient pas la nourriture peu cuite. Bon, c’est leur problème, et acceptons donc l’approche française : si c’est bon et de bonne qualité, ce sera meilleur peu cuit. Mais quid des quantités ridicules qu’on nous a servies ? Franchement, je n’ai strictement rien à cirer des petites décorations frivoles qu’on ajoute aux assiettes, petits coulis de sauce « machin » ou petit brin d’herbe « chose ». Ce que je demande, c’est à avoir qqc de bon à manger et en quantité suffisante pour bien en profiter et sortir de table repu. Y a gloussé de rire quand elle a vu mon entrée, du pâté de foie de canard avec une sauce aux fruits exotiques. Ça n’a pas raté, elle l’a ressorti au chauffeur de taxi qui nous a pris à l’aéroport de Bangkok, à notre retour: « du beurre au durian ! » …. à prix d’or (ou presque). D’ailleurs, au taxi qui lui demandait comment s’était passé son voyage, elle a résumé le chapitre « nourriture » en 4 mots : « paeng laé mâi aròy », « cher et pas bon ». Moi, Français, j’en rougissais de honte.
Ces restaurants qui prétendent faire de la bonne cuisine, quelle foutaise ! J’ai l’impression que certains cuisiniers se masturbent la cervelle, de la même façon que ces architectes qui conçoivent des projets immobiliers « où les gens se sentiront bien et où ils auront plaisir à se retrouver dans une atmosphère conviviale», avec force statues grotesques ornant les lieux communs et peintures bizarres sur les murs.
Chacun ses goûts. Je suis comme Y, je suis content d’être de retour à Bangkok. Ici, je mange très bien chaque jour pour, souvent pour à peine plus d’un euro, et parfois c’est simplement délicieux. En tout cas, ce n’est jamais de la nourriture sortie du congélateur et passée au micro-ondes.
On m’a dit que 85% des restaurants en France ne font pas leur propre cuisine. C’est une honte ! Combien de temps les visiteurs vont-ils encore croire qu’on mange bien en France ? Je crois qu’on mange mieux pour les mêmes prix à Londres, à Berlin, à Barcelone…. Je crois que la France s’est bien laissé aller sur l’un de ses points forts traditionnels. De la bonne nourriture, il ne restera bientôt que les titres et les mots ronflants « le plat de machin-chose et sa petite grillotte des bois » (ou je ne sais encore quelle bêtise dans le genre). Je souligne le « sa », ça me gonfle, cette préciosité que les restaurateurs donnent à des plats qui le plus souvent sont simplement médiocres.
Le Vin
Aaah ! Je vais enfin pouvoir donner dans le positif ! Au moins là, valeur sûre, du bon et agréable à boire et à des prix corrects. Grand merci aux viticulteurs Français, je leur tire mon chapeau. Y entre autres s’est découvert un penchant pour le rosé, elle était heureuse et moi aussi. À CDG, avant d’embarquer, nous avons acheté quelques bouteilles de « Jolies Filles »…..
Les Gens
Pour ne pas rester sur une mauvaise impression, suite aux vilaines choses que j’ai dites ci-dessus au sujet d’une certaine racaille un peu trop présente à Paris, je dois dire que j’ai été agréablement surpris par l’attitude des gens dans les commerces, partout où nous sommes allés. J’avais de mauvais souvenirs d’il y a bien longtemps. Je m’étais pris de bec un jour avec un groupe de vendeuses au Printemps (ou aux Galeries Lafayette ?), qui étaient à papoter pendant plusieurs minutes en m’ignorant totalement, pauvre cloche de client que j’étais, planté à 2 pas d’elles et ayant l’audace de vouloir leur demander un renseignement. Un bel exemple de l’attitude arrogante que les Français peuvent avoir. Croyez-moi, je ne suis pas le seul à le dire, la réputation des Français à ce sujet est faite dans le monde entier.
Mais non, cette fois, je n’ai eu que du bonheur avec les gens rencontrés dans les commerces. Peut-être du fait de la présence de Y, ambassadrice de charme du Royaume du Siam???? Nous étions allés, par exemple, dans un magasin spécialisé moto, sur l’avenue de la Grande Armée (Team Axxe), pour nous équiper un peu de tout. On nous a très bien servis, avec patience et plaisamment. Très bien, j’y retournerai !
Impressions finales
Donc, pour moi qui suis Français, je me vois obligé d’apporter quelques critiques sévères sur certains aspects de mon pays : la saleté de Paris, la médiocrité des restaurants, l’attitude de certaines gens (Français ou autres). Bien sûr, j’ai toujours énormément de plaisir à rencontrer des gens sympas et intéressants, il y en a aussi tellement ! Mais en bas de la page, je marquerai : « France = peut mieux faire ».
Et Y, venue pour la première fois en Europe, qu’a-t-elle retenu ? Saleté de Paris et nourriture médiocre, beauté des paysages (campagne de Bourgogne, Alpes autour de Chamonix), vins agréables à boire. Quant aux gens, elle n’en a retenu que les bons aspects, car heureusement elle est d’une bonne disposition et ne s’est pas trop fixée sur toute cette racaille qui traîne à Paris. Je crois que même si elle allait en Enfer, elle se ferait des copains avec les diables ! Non, plutôt, elle a des souvenirs heureux de ses contacts avec les Français, qui ont toujours été des contacts gentils et bon-enfant. Son approche personnelle y aidant.
Je me suis trompé sur l'idée de voyage English translation pending
Bonjour,
J'ai depuis de nombreuses années une furieuse envie de voyager, et j'ai tenté de calmer cette envie pas plus tard qu'hier, en tenant un pass interrail de 5 jours/10 jours. Durant cette ( trés brève, j'ai tenu juste un jour ) expérience, j'ai eu l'impression d'avoir faux sur toute la ligne dans ce que j’imaginais, moi qui rêvais de voyager. En effet, pour moi, le voyage, c'était la liberté, le partage et la découverte. Pouvoir voir des choses nouvelles et ne plus être limité par la routine, ou la vie ordinaire en société, l'espace de quelques jours, ou de quelques mois.
Il y a 4 jours, je prends mon pass Interrail, tout heureux mais également avec de l'appréhension, c'est mon premier voyage. Je me renseigne sur le train, et Lundi 27 Juillet, je prends ce train avec 30 minutes de retard, pour finalement arriver à Milan avec plus d'une heure de retard. Là-bas, il faut encore patienter plus d'une heure pour réserver mon billet pour Vienne ( que je n'utiliserai jamais ). Il est 16h, mon train s'en va dans 5h, mon portable connaît des ratés avec internet, mais c'est pas grave, je décide de partir explorer la ville a pied en espérant tomber sur de jolies choses. AU final, je perdes patience, je perds confiance, et dans un élan de panique d’énervement et de fatigue, je book un ticket de retour le soir-même. Le seul moment agréable que j'ai passé est celui ou je cherchais mon hôtel, passant d'établissement en établissement à discuter avec des gens tous moins sympas les uns que les autres. J'ai vraiment eu, à ce moment là, l'impression de vivre une aventure.
En bref, voila mon impression sur cette courte expérience : je cherchais la découverte et la simplicité, et finalement, en partant sac sur le dos dans une ville comme Milan, en train, j'ai fait face à un constat des plus amers : je me suis senti plus enfermé et privé de liberté que lorsque je reste dans ma routine, chez moi. Pourtant, je suis quelqu'un de confiant. Simplement, voila mon ressenti :
- Je dépendais toujours des trains, très longs, sans aucune liberté durant le parcours, trains que je devais réserver, faire la queue, m'adresser sans cesse à des gens peu serviables alors que, même dans le moment où j'étais vraiment lessivé à Milan, terriblement déçu de moi-même et de mon premier raté de voyage, j'arrivais, moi, à sourire aux gens auxquels je m'adressais.
- Une fois en ville, j'avais l'impression qu'encore une fois, pour voir quelque chose d'intéressant, je devais prendre 40 trains, 2 bus, 3 métros, encore attendre, avec l'angoisse de rater mon train pour Vienne au retour.
- Me sentir obligé de choper un hôtel, parce que déjà, Milan ( et les villes en général ) ne respire pas suffisamment la sécurité pour y passer une nuit dehors seul.
Bref, j'ai vraiment l'impression qu'au final, malgré le fait de me retrouver dans un endroit totalement nouveau, malgré le joli voyage en train ( certains paysages étaient vraiment sympas ), une fois là-bas, j'étais piégé par toutes ces contraintes.
Je veux toujours voyager, mais cette expérience m'a refroidi. Et si je partage cette expérience avec vous, c'est justement pour savoir si certains d'autres vous ont eux aussi ressenti ce genre de chose, mais ont quand même réussi à voyager en mode globe-trotter. Peut-être qu'il me faut mon propre véhicule, moto avec tente, voiture, ou van, et éviter les grandes villes qui me semblent vraiment bien ternes, ou peut-être me suis-je tromper et que le voyage n'est pas pour moi. En tout cas, j'ai grand besoin de vos avis.
Merci d'avance ;)
J'ai depuis de nombreuses années une furieuse envie de voyager, et j'ai tenté de calmer cette envie pas plus tard qu'hier, en tenant un pass interrail de 5 jours/10 jours. Durant cette ( trés brève, j'ai tenu juste un jour ) expérience, j'ai eu l'impression d'avoir faux sur toute la ligne dans ce que j’imaginais, moi qui rêvais de voyager. En effet, pour moi, le voyage, c'était la liberté, le partage et la découverte. Pouvoir voir des choses nouvelles et ne plus être limité par la routine, ou la vie ordinaire en société, l'espace de quelques jours, ou de quelques mois.
Il y a 4 jours, je prends mon pass Interrail, tout heureux mais également avec de l'appréhension, c'est mon premier voyage. Je me renseigne sur le train, et Lundi 27 Juillet, je prends ce train avec 30 minutes de retard, pour finalement arriver à Milan avec plus d'une heure de retard. Là-bas, il faut encore patienter plus d'une heure pour réserver mon billet pour Vienne ( que je n'utiliserai jamais ). Il est 16h, mon train s'en va dans 5h, mon portable connaît des ratés avec internet, mais c'est pas grave, je décide de partir explorer la ville a pied en espérant tomber sur de jolies choses. AU final, je perdes patience, je perds confiance, et dans un élan de panique d’énervement et de fatigue, je book un ticket de retour le soir-même. Le seul moment agréable que j'ai passé est celui ou je cherchais mon hôtel, passant d'établissement en établissement à discuter avec des gens tous moins sympas les uns que les autres. J'ai vraiment eu, à ce moment là, l'impression de vivre une aventure.
En bref, voila mon impression sur cette courte expérience : je cherchais la découverte et la simplicité, et finalement, en partant sac sur le dos dans une ville comme Milan, en train, j'ai fait face à un constat des plus amers : je me suis senti plus enfermé et privé de liberté que lorsque je reste dans ma routine, chez moi. Pourtant, je suis quelqu'un de confiant. Simplement, voila mon ressenti :
- Je dépendais toujours des trains, très longs, sans aucune liberté durant le parcours, trains que je devais réserver, faire la queue, m'adresser sans cesse à des gens peu serviables alors que, même dans le moment où j'étais vraiment lessivé à Milan, terriblement déçu de moi-même et de mon premier raté de voyage, j'arrivais, moi, à sourire aux gens auxquels je m'adressais.
- Une fois en ville, j'avais l'impression qu'encore une fois, pour voir quelque chose d'intéressant, je devais prendre 40 trains, 2 bus, 3 métros, encore attendre, avec l'angoisse de rater mon train pour Vienne au retour.
- Me sentir obligé de choper un hôtel, parce que déjà, Milan ( et les villes en général ) ne respire pas suffisamment la sécurité pour y passer une nuit dehors seul.
Bref, j'ai vraiment l'impression qu'au final, malgré le fait de me retrouver dans un endroit totalement nouveau, malgré le joli voyage en train ( certains paysages étaient vraiment sympas ), une fois là-bas, j'étais piégé par toutes ces contraintes.
Je veux toujours voyager, mais cette expérience m'a refroidi. Et si je partage cette expérience avec vous, c'est justement pour savoir si certains d'autres vous ont eux aussi ressenti ce genre de chose, mais ont quand même réussi à voyager en mode globe-trotter. Peut-être qu'il me faut mon propre véhicule, moto avec tente, voiture, ou van, et éviter les grandes villes qui me semblent vraiment bien ternes, ou peut-être me suis-je tromper et que le voyage n'est pas pour moi. En tout cas, j'ai grand besoin de vos avis.
Merci d'avance ;)
Acceptation du risque en voyage English translation pending
Risque et voyage
Chacun d’entre nous dans ses choix de voyages prend en considération le facteur risque sous toutes ses formes. Chacun a sa propre tolérance au risque en voyage. Pour certains il faut tout planifier pour essayer de faire disparaître toute surprise en espérant minimiser le risque. Pour d’autres le risque et le côté aventureux d’un voyage sont des moteurs qui les font partir.
Il me semble que deux mondes se côtoient, sans vraiment se comprendre. Cette remarque me vient en lisant les réponses à certaines demandes de renseignement, tout particulièrement lorsqu’il s’agit de voyage à vélo. Je pense à un post récent d’une amie qui demandait des renseignements sur un pays à la frontière de l’Europe et de l’Asie. Pour ma part il m’est aussi arrivé d’être traité d’inconscient, voire une fois d’assassin en faisant part de mon vécu ou en donnant des conseils.
Et que dire de ce camarade qui, il y a deux ou trois ans a traversé le Soudan à vélo en solitaire. Il relate son expérience en parlant d’une population très accueillante, et il n’a jamais eu le moindre problème, alors que l'on nous parle sans arrêt de guerre.
Y-at-il d’un côté des fous et des inconscients et de l’autre des gens raisonnables ? Certes on va me répondre qu’un otage cela coûte très cher à récupérer, ou qu’un blessé à sauver dans les Grandes Jorasses cela coûte aussi cher, et il met en danger la vie des sauveteurs.
D’ailleurs, il y a sans doute une corrélation entre acceptation du risque en voyage et alpinisme. Les deux personnes dont je parle au-dessus ont été des alpinistes de haut niveau, pour ma part cela a aussi été l’activité que j’ai le plus pratiquée. J’ai constaté que dans les voyages à vélo « un peu engagés » la proportion d’alpinistes était loin d’être négligeable. Et malheureusement, toutes les personnes, ou presque, qui ont pratiqué l’alpinisme difficile ont perdu plusieurs de leurs amis dans cette pratique. Cela donnerait-il une vision décalée dans l’appréciation des risques et des responsabilités du fait de l’acceptation d’une certaine fatalité ?
Et vous, comment vivez-vous l’idée du risque en voyage, et considérez-vous que certains s’engagent trop ? Luc
Chacun d’entre nous dans ses choix de voyages prend en considération le facteur risque sous toutes ses formes. Chacun a sa propre tolérance au risque en voyage. Pour certains il faut tout planifier pour essayer de faire disparaître toute surprise en espérant minimiser le risque. Pour d’autres le risque et le côté aventureux d’un voyage sont des moteurs qui les font partir.
Il me semble que deux mondes se côtoient, sans vraiment se comprendre. Cette remarque me vient en lisant les réponses à certaines demandes de renseignement, tout particulièrement lorsqu’il s’agit de voyage à vélo. Je pense à un post récent d’une amie qui demandait des renseignements sur un pays à la frontière de l’Europe et de l’Asie. Pour ma part il m’est aussi arrivé d’être traité d’inconscient, voire une fois d’assassin en faisant part de mon vécu ou en donnant des conseils.
Et que dire de ce camarade qui, il y a deux ou trois ans a traversé le Soudan à vélo en solitaire. Il relate son expérience en parlant d’une population très accueillante, et il n’a jamais eu le moindre problème, alors que l'on nous parle sans arrêt de guerre.
Y-at-il d’un côté des fous et des inconscients et de l’autre des gens raisonnables ? Certes on va me répondre qu’un otage cela coûte très cher à récupérer, ou qu’un blessé à sauver dans les Grandes Jorasses cela coûte aussi cher, et il met en danger la vie des sauveteurs.
D’ailleurs, il y a sans doute une corrélation entre acceptation du risque en voyage et alpinisme. Les deux personnes dont je parle au-dessus ont été des alpinistes de haut niveau, pour ma part cela a aussi été l’activité que j’ai le plus pratiquée. J’ai constaté que dans les voyages à vélo « un peu engagés » la proportion d’alpinistes était loin d’être négligeable. Et malheureusement, toutes les personnes, ou presque, qui ont pratiqué l’alpinisme difficile ont perdu plusieurs de leurs amis dans cette pratique. Cela donnerait-il une vision décalée dans l’appréciation des risques et des responsabilités du fait de l’acceptation d’une certaine fatalité ?
Et vous, comment vivez-vous l’idée du risque en voyage, et considérez-vous que certains s’engagent trop ? Luc
Tour du monde sur le Queen Victoria English translation pending
😉Magnifique voyage, même si on reste sur sa faim pour certaines destinations où on aimerait rester plus longtemps.
Périple sur 3 mois et 20 jours:
Southampton départ le 2 Janvier pour New York arrivée le 10 janvier. 8 jours de navigation, ballotté pas mal, avec des creux de 9 à 10 mètres.
1O janvier New York ...............
13 Janvier Fort Lauderdale Floride
16 Janvier Williamstad Curaçao.
18.........Passage du Canal de Panama ( 77 kms en 10 heures).
21..........Puerto Quetzal Guatémala
24..........Puerto Vallarta Mexique 25...... Cabo San Lucas Mexique........27............Los Angelès Californie
1er Février............Honolulu Oahu Hawaï
6...............Apia Samoa Occidentales
7...............Passage de la ligne de changement de date, un jour en moins.
9................Nuku'Alofa Tonga
12..................Aukland Nlle Zélande
14..................Lyttelton (Christchirch) Nlel Zélande
17..................Hobart Tasmanie
19 et 20..........Sydney
23.....................Yorkeys Knob pour la grande barrière Australie
26....................Rabaul en Papouasie Nouvelle Guinée.
Premier Mars.........Saïpan Iles Marianne
5...........................Nagazaki Japon
6.......................Pusan Corée du Sud
8........................Shanghaï Chine
11........................Hong Kong, Chine
13..........................Nha Trang Vietnam
14...........................Vung Tau ( Ho Chi Minh City), l'ancienne Saïgon
16............................Laëm Chabang (Bangkok) Thaïlande
19............................Singapour
21..............................Phuket Thaïlande
25...............................Mormugao (Goa ) en Inde
26.............................Mumbaï en Inde
29..............................Dubaï Emirats Arabes unis.
Quatre Avril..................Aqaba Jordanie
6.................................Navigation dans le canal de Suez
7................................Alexandrie (Le Caire Giza). Egypte
9.................................Kusadasi (Ephèse) Turquie
10................................Istanbul Turquie
10................................Mykonos Grèce 11.................................Le Pirée Athènes Grèce
12...............................;Civitavecchia Italie
14................................Barcelone Espagne
20.................................Southampton Grande Bretagne, puis Londres pour retour Nice British Airrways.
Un aperçu général qui permet de choisir une prochaine destination pour visiter un pays minimum 3 semaines pour connaître.
J'aimerais assez l'Australie.
Plus tard, je vous ferai une description plus complète, avec photos à l'appui, je vous laisse le choix pour ce que vous voulez connaître. Donc, il suffit de demander. Nous avions la veille la géopolitique du pays que nous allions visiter, ce qui nous permettait de mieux comprendre, les explications au cours des excursions étant toutes en Anglais.
A bientôt, bonne journée à tous.
Périple sur 3 mois et 20 jours:
Southampton départ le 2 Janvier pour New York arrivée le 10 janvier. 8 jours de navigation, ballotté pas mal, avec des creux de 9 à 10 mètres.
1O janvier New York ...............
13 Janvier Fort Lauderdale Floride
16 Janvier Williamstad Curaçao.
18.........Passage du Canal de Panama ( 77 kms en 10 heures).
21..........Puerto Quetzal Guatémala
24..........Puerto Vallarta Mexique 25...... Cabo San Lucas Mexique........27............Los Angelès Californie
1er Février............Honolulu Oahu Hawaï
6...............Apia Samoa Occidentales
7...............Passage de la ligne de changement de date, un jour en moins.
9................Nuku'Alofa Tonga
12..................Aukland Nlle Zélande
14..................Lyttelton (Christchirch) Nlel Zélande
17..................Hobart Tasmanie
19 et 20..........Sydney
23.....................Yorkeys Knob pour la grande barrière Australie
26....................Rabaul en Papouasie Nouvelle Guinée.
Premier Mars.........Saïpan Iles Marianne
5...........................Nagazaki Japon
6.......................Pusan Corée du Sud
8........................Shanghaï Chine
11........................Hong Kong, Chine
13..........................Nha Trang Vietnam
14...........................Vung Tau ( Ho Chi Minh City), l'ancienne Saïgon
16............................Laëm Chabang (Bangkok) Thaïlande
19............................Singapour
21..............................Phuket Thaïlande
25...............................Mormugao (Goa ) en Inde
26.............................Mumbaï en Inde
29..............................Dubaï Emirats Arabes unis.
Quatre Avril..................Aqaba Jordanie
6.................................Navigation dans le canal de Suez
7................................Alexandrie (Le Caire Giza). Egypte
9.................................Kusadasi (Ephèse) Turquie
10................................Istanbul Turquie
10................................Mykonos Grèce 11.................................Le Pirée Athènes Grèce
12...............................;Civitavecchia Italie
14................................Barcelone Espagne
20.................................Southampton Grande Bretagne, puis Londres pour retour Nice British Airrways.
Un aperçu général qui permet de choisir une prochaine destination pour visiter un pays minimum 3 semaines pour connaître.
J'aimerais assez l'Australie.
Plus tard, je vous ferai une description plus complète, avec photos à l'appui, je vous laisse le choix pour ce que vous voulez connaître. Donc, il suffit de demander. Nous avions la veille la géopolitique du pays que nous allions visiter, ce qui nous permettait de mieux comprendre, les explications au cours des excursions étant toutes en Anglais.
A bientôt, bonne journée à tous.
Anecdotes sur les américains! English translation pending
🙂bonjour! je part aux usa (dans l'ouest plus exactement ) dans un mois et je voulais savoir si certains d'entre vous avez des anecdoctes sur les americains!
J'ai lu qu'ils s'agissaient de gens charmants et trés accueillant: est ce vrai?
merci pour vos reponses
Se rendre à Madagascar actuellement English translation pending
Bonsoir à tous,
Avec mon ami nous comptons nous rendre à Madagascar au mois d'octobre mais j'avoue qu'à la lecture de plusieurs articles je suis un peu indécise sur cette destination.
Pourriez vous me dire ce que vous en pensez? Doit on sans arrêt être sur ses gardes et est il purent de voyager sans guide?
Merci beaucoup pour vos réponses.
Pourriez vous me dire ce que vous en pensez? Doit on sans arrêt être sur ses gardes et est il purent de voyager sans guide?
Merci beaucoup pour vos réponses.
Idées de randonnées en autonomie English translation pending
Bonjour,
J'en appelle à votre expérience et votre imagination, pour m'aider à trouver la randonnée idéale.
Nous sommes deux, 28 et 25 ans, et nous cherchons un endroit où marcher pendant environ 5-7 jours au milieu de la nature, en autonomie totale. Nous voulons croiser le moins de monde possible, voir personne. Juste marcher en plein air au milieu des grands espaces naturels, avec peu de dénivelé. Juste pour le plaisir d'avancer seuls. Bivouac la nuit. Peu importe l'endroit mais si possible à moins de 8h d'avion.
Nous avons quelques légères idées mais pour ne pas vous influencer, j'attends les vôtres :)
Merci beaucoup !
J'en appelle à votre expérience et votre imagination, pour m'aider à trouver la randonnée idéale.
Nous sommes deux, 28 et 25 ans, et nous cherchons un endroit où marcher pendant environ 5-7 jours au milieu de la nature, en autonomie totale. Nous voulons croiser le moins de monde possible, voir personne. Juste marcher en plein air au milieu des grands espaces naturels, avec peu de dénivelé. Juste pour le plaisir d'avancer seuls. Bivouac la nuit. Peu importe l'endroit mais si possible à moins de 8h d'avion.
Nous avons quelques légères idées mais pour ne pas vous influencer, j'attends les vôtres :)
Merci beaucoup !
Tour d'Europe de trois mois English translation pending
Bonjour à tous et à toutes,
Pour l'été prochain nous avons un projet de tour d'Europe de trois mois passant par la Belgique, la Hollande, l'Allemagne (Brême, Hambourg), le Danemark, la Suède, la Finlande, la Russie (St Pétersbourg), les pays baltes, la Pologne, la slovaquie, la Hongrie, la Roumanie, Belgrade, la Croatie, la Slovénie, l'Italie du nord, la Suisse (Sion, Lausanne).
Donc si dans ces régions vous pensez qu'il y a des évènements, des lieux a voir absolument n'hésitez pas ) nous répondre.
Guillaud
Guillaud
grand tour du Massif Central English translation pending
😉salut
j'aurai aime avoir des infos sur le GTMC,
je pars pour un tour de france et je bloque un peu en arrivant du cote du gouffre de padirac
je veux poursuivre en auvergne, et je pensais suivre l'itineraire du lonely(murat, condat, le mont dore, clermont) mais j'ai entendu parler de ce GTMC
quelqu'un pourrait il me decrire l'itineraire et pourquoi pas me decrire un peu ce que vous avez vu
a+
tony
j'aurai aime avoir des infos sur le GTMC,
je pars pour un tour de france et je bloque un peu en arrivant du cote du gouffre de padirac
je veux poursuivre en auvergne, et je pensais suivre l'itineraire du lonely(murat, condat, le mont dore, clermont) mais j'ai entendu parler de ce GTMC
quelqu'un pourrait il me decrire l'itineraire et pourquoi pas me decrire un peu ce que vous avez vu
a+
tony
Les Cévennes à vélo au départ d'Alès English translation pending
bonjour
apres maintes recherches sur le site je n ai rien trouver sur LES CEVENNES au depart d ALES !! si quelq un as des renseignements ou un circuit dans cette region ca serait super simpa
(je voudrais garer mon camping car dans un endroit securisè pendant cette rando , , durèe 1 semaine !! si quelq un a un tuyau !!, , , , , je prends )
merci
bonne semaine
apres maintes recherches sur le site je n ai rien trouver sur LES CEVENNES au depart d ALES !! si quelq un as des renseignements ou un circuit dans cette region ca serait super simpa
(je voudrais garer mon camping car dans un endroit securisè pendant cette rando , , durèe 1 semaine !! si quelq un a un tuyau !!, , , , , je prends )
merci
bonne semaine
Itinéraire en France à vélo pour l'été 2011 English translation pending
Bonjour à tous,
Bientôt l'été 😎 je prépare mon futur périple. Une fois mon itinéraire arrêté, je vais rechercher des hébergements et c'est là où tout se complique. Je suis un adepte du camping et cela ne me dérangerait pas de dormir dans un fossé plein d'eau. Mais mon amie tient à son confort et préfère le "dur". Résultat l'itinéraire initial est bouleversé à tel point que ce sont les hébergements qui priment sur le reste. En 2010 j'ai même revu la moitié de mon itinéraire tellement les prix étaient élevés dans certaines régions. Bref jusqu'à présent je recherchais via les syndicats d'initiative, les offices de tourisme et les mairies. Le site "Gites de France" (de plus en plus chers, au confort parfois très douteux), les sites "Bienvenue à la ferme" et "accueil paysan", les petits hôtels et... la chance. Cela me prend plusieurs journées. D'où l'ouverture de ce thème : avez-vous rencontré les mêmes difficultés et comment les avez-vous surmontées ? Je recherche des contacts chez l'habitant plutôt que des structures formatées comme "Gites de France" où de plus en plus on vous remet les clefs comme dans un hôtel. Je voyage et prends des photos à la "Depardon", donc tout proche des habitants et de leur région. Merci à tous. Bonus : connaissez-vous un très bon magasin de vélo dans la région parisienne pour l'achat d'un VTC. Les vendeurs je connais mais les bons conseillers...
Et bonnes fêtes à tous !!!!!!!!!!!!!!!
Bientôt l'été 😎 je prépare mon futur périple. Une fois mon itinéraire arrêté, je vais rechercher des hébergements et c'est là où tout se complique. Je suis un adepte du camping et cela ne me dérangerait pas de dormir dans un fossé plein d'eau. Mais mon amie tient à son confort et préfère le "dur". Résultat l'itinéraire initial est bouleversé à tel point que ce sont les hébergements qui priment sur le reste. En 2010 j'ai même revu la moitié de mon itinéraire tellement les prix étaient élevés dans certaines régions. Bref jusqu'à présent je recherchais via les syndicats d'initiative, les offices de tourisme et les mairies. Le site "Gites de France" (de plus en plus chers, au confort parfois très douteux), les sites "Bienvenue à la ferme" et "accueil paysan", les petits hôtels et... la chance. Cela me prend plusieurs journées. D'où l'ouverture de ce thème : avez-vous rencontré les mêmes difficultés et comment les avez-vous surmontées ? Je recherche des contacts chez l'habitant plutôt que des structures formatées comme "Gites de France" où de plus en plus on vous remet les clefs comme dans un hôtel. Je voyage et prends des photos à la "Depardon", donc tout proche des habitants et de leur région. Merci à tous. Bonus : connaissez-vous un très bon magasin de vélo dans la région parisienne pour l'achat d'un VTC. Les vendeurs je connais mais les bons conseillers...
Et bonnes fêtes à tous !!!!!!!!!!!!!!!
Lyon-Béziers par le GR7 English translation pending
Bonjour à toutes et à tous
je me présente, Thierry, je suis sur lyon et pratique le vtt, j'ai déjà fait la traversée du Jura et le tour du mont blanc en vtt
je projete de faire Lyon Béziers en VTT avec des sacoches (l'idée de la remorque m'a traversée l'esprit mais le poids est dissuasif) en autonomie complète (tente duvet etc...), en empruntant le GR7, par le Pilat et les Cévennes
des vttistes ont ils dejà effectués ce trajet ou des tronçons afin de connaitre les difficultés en circulant avec un vtt et des sacoches ou renseignements divers sur le circuit
si vous avez de l'expérience en sacoche (constructeur modèle et taille) et porte bagages (constructeur modèle) je suis preneur
j'ai un vtt tout suspendu que je ne pense pas utiliser, mais j'ai vélo décathlon en alu de rechange que je vais peut être prendre vu qu'il est pourvu d'attaches pour le porte bagages, qu'en pensez vous ?
merci d'avance
Cévennes, mont Lozère et saute-causses à vélo English translation pending
Saute-Causses à vélo
En cette fin juin 2020, nous reprenons des activités de plein-air, après il faut bien le dire avoir été un peu sonnés par cette pandémie qui nous a tenus confinés presque deux mois.
Alors dans ce contexte particulier, cette balade à vélo de 9 jours je l’ai vécue comme une libération, certes toute relative, nous étions malgré les nombreux décès dans notre village, loin des grandes tragédies de notre histoire. Cependant, en préambule, je me permets de faire l’apologie de Voyage Forum et de la revue « 200 le vélo de route autrement ».
Oui, l’apologie de VF pourquoi ? Parce que grâce à ce site de voyage on fait de fabuleuses rencontres qui permettent de partir en virée avec des personnes étonnantes. Les réseaux sociaux on y trouve le meilleur et le pire.
Il m’est arrivé de me faire écharper, traiter de tous les noms, affubler de tous les défauts parmi les plus détestables car à travers mes récits certains acrimonieux ou acrimonieuses (certes peu nombreux) n’y décelaient qu’un égocentrique, à l’imagination prolixe, en recherche d’admiration. Assurément, nous avons tous notre petit égo, et j’ajouterais heureusement. Personnellement, je ne suis jamais insensible à un petit mot gentil même d’admiration, au risque qu’il puisse flatter mon orgueil, mais l’essentiel n’est pas là. En effet, si quelques-uns sont prompts à la critique acerbe ou tatillonne, d’autres au contraire ont une réaction opposée. Accrochés, piqués de curiosité par mes écrits, ils me contactent et ont envie de partir avec moi. Et là commence l’aventure. Que de fois ai-je rencontré des compagnes ou compagnons de voyage grâce à mes écrits sur VF.
Mais, je dois avouer que cette randonnée vélocipédique de 9 jours à travers causses et Cévennes a été le point d’orgue, une apothéose qu’il me sera difficile de retrouver en matière de compagnons de voyage hors normes. Et quand je pense que nous aurions pu partir à cinq, si Hélène, notre gentille hébergeuse, n’avait pas eu des impératifs. Elle aussi connue il y a déjà quatre ans par VF, et comme baroudeuse du bout du monde à vélo en solo elle se pose là.
Nous sommes partis à quatre, tout d’abord André, camarade sûr au moral d’acier, capable de faire 1500 kilomètres avec une fracture du pouce non soignée, en compagnie de qui j’avais déjà effectué deux voyages à vélo, dont 64 jours à travers les immensités rudes du nord Argentine, ainsi que deux femmes.
La première Brigitte, grande baroudeuse, au look de « grand-mère moderne » bien dans sa peau, mais ne pas s’y tromper, les immenses traversées de déserts seule sur son vélo seraient presque son quotidien si elle ne prenait pas sur son temps pour garder le lien avec sa famille et s’occuper de ses petits-enfants, comme toute Mamy qui se respecte. Même si parfois l’un de ses enfants lui tire l’oreille alors qu’elle vagabonde de l’autre côté de la planète pour lui faire passer un petit message du genre « Maman, ça va être Noël, nous t’attendons tous avec impatience en particulier les petits-enfants ». Ces injonctions, qui jouent sur le sentiment et la fibre maternelle, lui font stopper très temporairement ses grandes chevauchées solitaires. Notre premier contact se fit grâce à VF et à CCI. Dès les premiers échanges nous avons constaté notre immense passion commune concernant le désert de l’Atacama. Nous nous sommes rencontrés deux fois au festival annuel du voyage à vélo organisé par Cyclo Camping International à Paris. Depuis l’envie de partir ensemble nous taraudait.
La seconde, Patricia m’a contacté par VF pour savoir si je recherchais des personnes pour de futurs voyages. Premier contact très sympathique, cependant mes conditions familiales actuelles ne me permettent pas d’envisager de longs voyages, mais m’échapper une dizaine de jours me semblait possible. Je lui ai donc promis de la contacter au cas où. Et effectivement, l’envie de me changer les idées et de partir quelques jours avec mon copain André est vite arrivée, et je dirais même s’est imposée. Et me souvenant de notre conversation, voilà comment elle s’est jointe à nous. Wahou !!! J’ai découvert une athlète complètement hors normes, au palmarès incroyable, championne de France et d’Europe de marathon, championne d’Europe et vice-championne du monde de 100 kilomètres de course à pied sur route. Bien d’autres exploits jalonnent sa vie, comme des temps stupéfiants sur l’ultra-trail du mont Blanc ou des courses furieuses dans les très grands froids nordiques, et avec tout cela une simplicité et une gentillesse immenses, sans parler d’une rusticité sidérante. Elle m’avait même dit : tu as beaucoup plus voyagé à vélo que moi, peut-être devras-tu m’attendre. Elle a vu ! mais elle n’a pas dû être vraiment surprise, je ne pense pas que dans sa vie beaucoup, même parmi les meilleurs, l’aient attendue à pied ou à vélo, l’inverse oui sans doute toujours !!!

Et pourquoi l’apologie de la revue 200 ? Tout simplement parce que les articles sont des morceaux d’anthologie littéraires. Et lorsqu’il est question de la France, même concernant des coins que je connais bien, les descriptions à couper le souffle me donnent à penser qu’il s’agit d’un ailleurs qu’il me faut découvrir au plus vite.
Oui, les quelques rares échanges désagréables sur VF de quelques personnes mal lunées sont vite oubliés quand on a le bonheur de partir avec trois personnes de cette trempe, je dirais même que c’est un honneur. J’ai commencé, cependant, à me faire un peu de souci au sujet de ma forme physique car, au cours des 18 derniers mois, je n’ai effectué en tout et pour tout que 20 kilomètres à vélo.
Trois semaines avant le départ je me suis promis de me remettre en selle. J’ai tenu 6 jours, une trentaine de kilomètres par jour et 500 à 700 mètres de dénivelé. Tout surpris ça passait bien, donc la motivation est retombée et je suis retourné taquiner la truite, surtout que cette année la pêche est bonne par chez moi, mais que de la fario sauvage des Vosges.
Donc nous y voilà, petit projet en France, un itinéraire à travers les reliefs des Cévennes qui nous mènera de Mialet (un peu à l’ouest d’Alès) vers le mont Lozère puis la montagne de Bougès. Ensuite nous écornerons le coin nord-est du causse Méjean à partir de Florac avec redescente sur Castelbouc. De là, nous partirons à l’assaut du causse Sauveterre par un chemin infernal dans la chaleur de l’après-midi. Nous en longerons tout le bord sud qui s’étire en croissant au-dessus du Tarn, puis nous plongerons vers Sainte-Enimie et irons dormir à la Malène. Après s’en suivra une magnifique traversée du causse Méjean en passant par le terrain d’aviation jusqu’à Saint-Jean-des-Tripiers. Nous poursuivrons par une descente vertigineuse sur la Jonte où nous verrons de nombreux vautours. Après un ravitaillement au Rozier, nous partirons à l’assaut du causse Noir que nous traverserons en entier jusqu’à sa barrière sud la rivière Dourbie. Nuit à Trêves suivie d’une montée du mont Aigoual, ponctuée d’un bivouac sur son versant est. Et en fin, nous déroulerons la dernière étape de cette trop courte balade de 9 jours, en nous laissant emporter par la descente le long du Gardon. Dernier point dur, voire très dur, la remontée chez mon amie Hélène d’où nous sommes partis, au Puech, 7 km dont 5 à pousser les vélos dans des côtes bien supérieures à 10%. Mais pourquoi aller habiter sur un piton si loin du joli petit village, sans doute parce qu’Hélène est aussi une vraie « furieuse » à qui les grandes aventures dans des pays sauvages à vélo en solo ne font pas vraiment peur.
Cette période post-covid est un peu inquiétante, comment allons-nous voyager ? Avant de partir, je viens de lire sur VF un beau récit à travers le Morbihan post-pandémie, agrémenté de jolies photos, effectué en juin. L’impression qui s’en dégage est étrange. On pourrait s’imaginer dans un film d’anticipation futuriste, l’humanité guettée par quelques menaces généralisées. Un préambule au livre de Cormac McCarthy « la Route ».
Tout commence par un trajet en voiture de quelques 600 kilomètres à travers la France. Quelque part avant Alès je m’arrête, un restaurant semble ouvert, il m’est dit qu’on ne mange que sur réservation, espacements obligent. On me montre la pizzeria un peu plus loin. Là, on me prépare une bonne pizza mais on me demande d’aller la manger ailleurs, même pas le droit de m’installer à la terrasse. On m’indique un parc en contre-bas, au bord d’une jolie petite rivière. Je vais y passer un moment de repos agréable. Mais, de toute évidence nous ne sommes pas revenus à la normale.
Mon accession à la maison d’Hélène n’est pas évidente, de plus mon GPS auto n’étant pas à jour, il ne m’est d’aucune aide pour une route toute récente. Elle qui me prenait pour un grand baroudeur au flair infaillible va réviser son jugement.
Voilà mon arrivée chez elle sur sa montagne isolée, telle qu’elle l’a restituée en s’insinuant dans mes pensées. Je dois reconnaître qu’elle est très proche de la vérité, comme si elle avait été passagère invisible à côté de moi. Donc voilà Hélène qui s’exprime en extrapolant mes pensées : « Tout commença mal. Après six heures de voiture et ayant passé Alès, me voilà perdu sur une route de montagne digne de celle de la Bérarde dans les années 70. Pas de maison, ni de poteau téléphonique ou électrique. Pas âme qui vive. Où m'étais-je donc fourré ? J'avais pourtant reçu des informations précises : les poubelles, la table en bois, les deux panneaux -un noir, un rouge- "Les Puechs", la fourche que je ne pouvais pas manquer paraît-il, l’impasse de droite… Mais rien de tout cela. Une route tortueuse qui n'en finit pas de monter au milieu des chênes verts... On ne m'y reprendrait pas à dire venez chez moi j'habite chez une copine. J'appelle ladite copine. Pas de réseau évidemment. Après plusieurs essais infructueux je la vois qui vient à ma rencontre. Ouf, sauvé pour cette fois. »
Un peu ridicule, je constate que les trois autres sont arrivés sans problème. Brigitte a même poussé la plaisanterie en venant d’Aix-en-Provence à vélo, et c’est concomitamment que nous nous arrêtons devant le portail du nid d’aigle d’Hélène. Soirée de retrouvailles pour certains et de découverte pour d’autres, mais ambiance magnifique entre frénétiques du « gros baroud ». Plus les personnes sont habituées à voyager en dehors des chemins habituels et plus elles sont généralement décontractées, et puis que d’histoires incroyables elles peuvent raconter, même s’il faut un peu les torturer pour les faire parler. Hélène nous fait bien rigoler, même si sur le coup ça l’aurait plutôt fait pleurer, en nous relatant sa traversée himalayenne avec un être étrange qui se jetait sur la nourriture et ne lui en laissait même pas quelques miettes. Il paniquait à l’idée de manquer et, affamer sa compagne de route ne semblait pas le perturber. Elle finira sa traversée seule, elle est habituée. En route, elle avait sympathisé avec un couple de Hollandais qui, quelques jours plus tard, tomba sous les roues et les coups de couteau d’un djihadiste. L’homme fut tué, la femme en réchappa, Hélène, elle, en garde une vraie souffrance. Pour raison de Covid, on s’installe dans le jardin, chacun avec sa tente. Chut, je vais un peu tricher, je finirai sur un lit mais dans mon sac de couchage !
Au matin, un petit-déjeuner qui s’étire presque à l’infini. Des personnes, qui ne se connaissaient pas la veille, ont tellement d’aspirations et d’expériences communes qu’elles ont l’impression de toujours s’être connues. Mais vers les 9 heures du matin c’est parti, on serait bien resté plus longtemps, voire toute la journée à discuter des chemins du monde.
Nous commençons par la terrible descente du sommet où Hélène et Bernard, son compagnon, ont élu domicile. Il nous faut faire quelques courses car les jours à venir nous ne savons pas ce que nous trouverons, comptant traverser par des pistes confidentielles cette région de France sauvage. Epicerie associative de village, désinfectant à l’entrée et masque obligatoire, je dégaine le mien. Nous ne trouvons pas grand-chose. A la sortie du village de Mialet, une petite boutique de camping nous permet d’acheter du pain en complément. Mais nous ne nous faisons pas de souci, ayant chacun dans les sacoches du riz et des pâtes, de quoi tenir plusieurs jours. Pour ma part, avec un kilo de riz et de pâtes j’ai de quoi assurer pour 4 durant 48 heures.

Et nous voilà lancés. Premier objectif, le col d’Uglas qui culmine à 539 mètres. Certes ce n’est pas l’Abra del Acay, le plus haut col carrossable des Andes et ses 4972 mètres, mais c’est le même bonheur de la liberté en étant bien accompagné. Bien évidemment, mes trois camarades me laissent sur place, mais bon je ne m’en fais pas, sachant qu’ils ont tant de choses à se raconter en m’attendant. Du col, nous partons sur des pistes mal pavées à travers les grosses bosses et les forêts des Cévennes et nous rejoindrons en milieu d’après-midi le village du Collet-de-Dèze sur le Gardon. Par moments, nous avons l’impression de monter dans les cieux, quelques poussages de vélo agrémentent la journée. Je vois parfois mes camarades devant moi se découper directement sur le ciel, dans des pentes à plus de 15%, comme s’ils se trouvaient sur une rampe de lancement pour quelque voyage improbable. Bien évidemment, cela nous rappelle à tous les grands déserts, le Gobi ou l’Atacama, et les éclats de rire augmentent au rythme du pourcentage de la pente.
Arrivée au village précité, arrêt au bistrot, j’en profite pour prendre le permis de pêche du département de la Lozère pour la première catégorie, c’est-à-dire pour les rivières à salmonidés, département dans lequel nous allons passer et repasser. La réglementation en matière de pêche en France est quelque chose d’inextricable, mais il y a de multiples raisons dont certaines bien valables, mais je ne m’aventurerai pas à vous les expliquer, il y faudrait tout un livre.
La bière est bonne, on la multiplie par deux, rien de tel après avoir ingurgité des litres d’eau tiède toute la journée. De plus elle a un effet diurétique du meilleur résultat pour le corps après une journée d’efforts somme toutes conséquents, en tout cas pour moi. Certes, la distance n’est pas énorme en ce premier jour, 47 kilomètres et 1025 mètres de dénivelé, mais cependant beaucoup de pistes en partie parcourues en poussant les vélos. Nous avons même eu droit à un tronçon emporté par des intempéries réputées très violentes, les fameux épisodes cévenols. Une charmante jeune femme habitant une ferme isolée au milieu, plutôt au sommet de nulle part, nous a remis sur le bon chemin.
Nous rejoignons le camping le long du Gardon, quasi-désert, une seule tente, un Américain vivant en Espagne qui, voyant la tournure du Covid rôdant, a décidé depuis un mois d’attendre la suite des événements ici en Lozère, qui a été très peu touchée par ce fléau, un mort répertorié. La patronne est sympathique et très prolixe sur sa région, tout à mon bonheur. Elle est originaire de pas très loin, d’un coin où nous allons passer et que je connais depuis longtemps, le causse Méjean, plateau d’altitude qui me rappelle par ses lumières et ses grands ciels les plateaux boliviens. Oui, je maintiens et les plateaux boliviens je m’y suis baladé à vélo à plusieurs reprises !
Sitôt installé, je me précipite à la pêche avec mon fouet à mouche, à quelques mètres de nos tentes. Patricia et Brigitte comptent manger de la truite ce soir, mais si je connais bien mes rivières vosgiennes, celles de la Lozère sont une découverte pour moi, et elles seront déçues de devoir se contenter d’une grosse platée de riz, très bonne cependant.
Nous passons une excellente nuit et partons relativement tard. Nous allons nous installer dans une petite routine qui me va bien, vu mon entraînement. Aujourd’hui, il s’agit d’aller le plus haut possible, à la pointe est du mont Lozère et d’y bivouaquer. Trouver notre route confidentielle qui se faufile sur les hauteurs du village n’est pas facile, nos différents tâtonnements nous permettent de visiter ce beau village tout en pente.
Après une matinée par une petite route du bout du monde, nous faisons halte à Génolhac, village tranquille. Nous nous laissons tenter par le restaurant avant d’entamer la montée du mont Lozère, sur 968 mètres de dénivelé pour 15 kilomètres. Pour moi, ce sera une première au restaurant depuis le confinement. Nous sommes les seuls dans la salle, quelques personnes sont en terrasse. Repas créole, très bon, de quoi nous mettre en forme pour un après-midi qui s’annonce « pentu ». Le problème de l’eau se pose. Remplissons-nous les deux bâches de 6 litres maintenant ou plus tard ? Je penche pour maintenant, Brigitte beaucoup plus cool, pour plus tard, ayant bon espoir de trouver une source plus haut. On prend 4 litres par bâche, plus les deux litres que nous avons chacun, cela nous permettra de bivouaquer. Brigitte avait raison, non seulement on va faire le complément dans un ruisseau beaucoup plus haut mais, une fois près du col de Pré de la dame à 1474 mètres, une magnifique source nous fournit avec prodigalité toute l’eau que nous désirons.
Nous trouvons rapidement un coin idyllique pour installer notre bivouac dans des conditions atmosphériques que je qualifie d’idéales. Partir avec des personnes rompues aux longs voyages est un vrai bonheur, tout se passe avec une simplicité déconcertante. Brigitte a un œil particulièrement exercé pour déceler de loin le point précis où s’installer et durant les 9 jours, cela va se renouveler. Pour la deuxième fois, nous sommes trois à monter nos tentes, tandis que Patricia dormira face au ciel, et là aussi, tout le voyage durant, elle ne montera pas sa tente. Notre étape, si elle a été courte en kilomètres, seulement 38, le dénivelé lui a été assez conséquent, 1560 mètres.

De nouveau une superbe nuit, de plus peu de condensation et sur notre versant est, le soleil nous touche rapidement. Encore une bonne excuse pour traîner un peu une fois de plus et ne démarrer que vers les 9 heures. Très rapidement, nous rejoignons la piste du versant nord du mont Lozère que nous comptons suivre jusqu’au col Finiels. Son début est particulièrement raide, sur un chemin jonché de gros cailloux, petite séance de poussage obligatoire sur un kilomètre. Nous arrivons à une magnifique cabane-refuge perchée en dessous de la crête. Nous parcourons le livre d’or, manifestement des randonneurs venant de tous les coins d’Europe au moins y ont laissé un petit mot. Je m’empresse d’en faire autant. Malgré tout l’agrément du lieu, il n’est pas question d’y passer la nuit, il n’est que 10 heures du matin.

Nous suivons cette piste d’altitude sur une dizaine de kilomètres. Nous y croisons des Vététistes, et discutons longuement avec un groupe. Le temps est couvert et il fait frisquet dès que nous nous arrêtons. Les sources du Tarn sont indiquées. Posant nos vélos, nous les rejoignons en quelques centaines de mètres. Pas une goutte d’eau, plutôt un vaste bassin au flanc de la crête qui sert de réceptacle. Plus précisément, il s’agit de l’un des différents lieux répertoriés comme source de la rivière. Toute la cime est sans doute en elle-même le lieu d’alimentation. Le col Finiels arrive presque trop vite, nous y retrouvons le goudron.

De là, l’itinéraire conduit au village de Pont-de-Montvert, célèbre du fait de la révolte des camisards, lorsque Louis XIV révoqua en 1685 l’édit de Nantes, qui avait été mis en vigueur par François Ier. L’un des chefs de cette révolte Pierre Laporte, est originaire du village d’Hélène, Mialet, point de départ et d’arrivée de notre petite aventure. Mais le principal chef camisard s’appelait Jean Cavalier et sa vie est digne d’un roman d’aventure à rebondissements car contrairement à Pierre Laporte, il ne mourra pas les armes à la main.
Cette pente est magnifique et très surprenante. D’immenses constructions rocheuses naturelles se dévoilent au détour des virages, des amoncellements ruiniformes ou d’énormes galets morainiques, parfois empilés en des arrangements prêts à durer encore des millénaires. En cours de descente nous décidons de piquer niquer dans ce décor grandiose. La vue porte au sud sur la montagne de Bougès, l’éminence que nous avons l’intention de traverser par sa crête qui se dirige vers l’ouest jusqu’à Florac. Puis nous nous laissons emporter jusqu’au village où André renvoie par la poste 6 kilos de bagages. Les Cévennes, toutes sauvages qu’elles soient, ne sont pas le désert de l’Atacama, destination de notre dernière grande équipée à vélo. Près du pont central, un bistrot nous ouvre les bras et nous y passons un bon moment. Le Tarn, tout au fond de sa gorge, donne un véritable cachet à la commune. Plusieurs terrasses, des touristes pas très nombreux, des tables qui ne respectent pas l’espacement préconisé par les autorités sanitaires. Certains portent le masque, d’autres non. Sensation une fois encore étrange. Tant que nous nous trouvons seuls, au milieu de nulle part, le covid nous n’y pensons pas trop, mais dès que nous nous retrouvons rapprochés de nos congénères, il se rappelle à notre bon souvenir.
C’est l’heure de partir. Malgré deux Grimbergen je me sens une frite d’enfer pour partir à l’assaut de cette fameuse montagne de Bougès. Bien évidemment, mes trois acolytes disparaissent et je vous assure les Grimbergen n’y sont pour rien. Mais quand on a dépassé les bornes, il n’y a plus de limites. Donc je ne boude pas mon plaisir en remontant le petit vallon qui se dirige vers la crête, et je m’arrête pour traquer du regard les truites dès que je décèle un endroit favorable à leur positionnement. Avec un immense plaisir bien qu’elles soient très mimétiques, en lisant les veines d’eau je les vois, quel bonheur, mais je ne vais quand même pas sortir ma canne !
Une fois au sommet, une piste de toute beauté nous emmène presque jusqu’à Florac en partie à travers forêt et aussi par des zones aérées qui nous permettent les plus beaux points de vue sur cette région étonnante de France. Des villages à l’architecture montagnarde se cachent dans les replis du mont Lozère. La vue porte très loin par-delà vers le nord. Devant nous le Tarn déroule sa gorge qui coupe comme un coup de couteau les causses Méjean et Sauveterre. Derrière ce dernier des monts apparaissent dans un lointain un peu diffus, l’Aubrac et quelques pointements plus saillants nous font penser aux premiers volcans d’Auvergne. De Clermont-Ferrand à Nîmes s’étale un immense carré magique, où la géologie a subi tous les bouleversements. Calcaire et granit s’entremêlent, pour la plus grande joie du spectateur. La terre a craché de ses entrailles ces formations cristallines et la mer a fait monter d’immenses plateaux calcaires, qui se sont constitués au cours de millions d’années par sédimentation de carapaces d’animaux marins. Le tout nous offre un panorama magnifique, propice aux plus belles bambées à vélo. Ce spectacle allume en moi le clignotant revue 200.
Dans le dernier numéro de ma revue fétiche, on peut lire, que dis-je savourer, un très bel article sur ce coin de France des causses, qui s’intitule ’’là-haut’’. L’auteur, Alain Puiseux, est spécialiste de la formule qui frappe, et il en saupoudre à l’envi le texte tout au long de son récit, et cela pour le plus grand bonheur du lecteur. J’en cite pêle-mêle quelques-unes : je me suis demandé si la beauté existe en elle-même ou dans les yeux de qui la contemple; si vous avez une carte routière du Massif Central, vous pouvez y lire les rivages des îles la magie marche toujours là-haut c’était juste après le confinement. L’air était plus pur, plus transparent, le ciel sans une griffure la lumière y est rapide et changeante au-dessus d’une houle d’herbe; je suis tombé amoureux par inadvertance d’une isohypse et des plateaux d’altitude.
Remarque au passage, je ne connaissais pas le mot isohypse, cependant tellement parlant lorsqu’on évoque le Méjean, le Sauveterre ou tout autre causse. Voilà, ces différentes citations extraites du texte « là-haut » fournissent une bonne introduction à l’apparition des différents causses que nous allons traverser et escalader dans les jours à venir.
Après quelques moments de rêverie, les yeux errant jusqu’à l’infini, et aussi quelques erreurs d’embranchement ou tout au moins quelques hésitations, une magnifique pente abrupte au chemin cabossé nous mène pratiquement à l’entrée de Florac. Nous sommes à la frontière des zones granitiques sombres du mont Lozère et des falaises calcaires lumineuses du causse Méjean. Le courage nous manque pour repartir à l’attaque des zones de solitude à cette heure tardive et nous optons pour le camping municipal. Il vient juste d’ouvrir. L’employée est partie la veille de Bretagne et a roulé toute la nuit. Depuis quelques heures elle se dépêche d’effectuer les premiers nettoyages de mise en service. Presque personne, un motard avec une magnifique moto-guzzi, un couple en camping-car et nous quatre.
Toute la place pour nous installer, que l’embarras du choix, nous optons pour disséminer nos tentes à portée du bruit de la rivière, le Tarnon qui rejoint le Tarn un peu plus loin. Sans surprise, nouvelle séance de pêche, et bien que cette rivière m’inspire plus que le Gardon au Collet-de-Dèze, mes camarades n’auront à nouveau pas de truites sur feu de bois. Nous décidons d’aller au restaurant. Le centre-ville est assez animé, la place centrale accueille une terrasse de restaurant aux tables relativement espacées. Les clients y sont nombreux et nous passons une soirée agréable dans une ambiance méridionale. J’avais déjà remarqué, au cours des différentes occasions où ma voiture, mon vélo ou mes jambes m’ont conduit dans ce village au nom chantant, que les habitants avaient déjà l’accent du midi.
Ce matin du quatrième jour, nous partons à l’assaut de mon causse préféré, le Méjean. Dans un premier temps, nous allons seulement en mordre le coin nord-est. Une belle montée par la D16 va nous permettre de dominer la vallée du Tarn et d’étendre notre vision aux montagnes que nous avons traversées la veille là-bas, à l’est et au nord.
L’arrivée sur le plateau est toujours aussi surprenante. On passe sans transition de zones de vallées à l’habitat assez dense et au tourisme très visible, à des déserts d’altitude où l’herbe sauvage ou de prairie prend le contrôle, les hommes semblant fuir ses hauteurs hostiles à la vie. C’est en partie ce qui donne un charme fou à ces plateaux. Comme l’écrit Alain Puiseux de ces coins perchés jusqu’au mont Gerbier-de-Jonc, « Se plaindre ici, plus qu’ailleurs, de l’eau ou du froid, c’est n’avoir rien compris », me fait comprendre pourquoi le soir les vacanciers désertent ces lieux pour aller rechercher la quiétude plus bas le long des rivières.
Après une première prise de contact, Brigitte et Patricia ne connaissant pas ces coins bénis des Dieux, nous bifurquons vers Montbrun et effectuons une plongée en direction du Tarn. La différence de chaleur entre plateau et fond de vallée est très nette. Nous marquons l’arrêt au bord du Tarn, dans un coin charmant, le temps d’un pique-nique. Eau verte et grande falaise claire éclatante de soleil. La flemme nous gagnant et subjugués par la beauté des lieux, notre envie de continuer est annihilée. Nous envisageons de passer l’après-midi et la nuit à venir à contempler ce méandre de rivière aux eaux turquoise, surplombées d’une falaise sculptée au cours des millénaires par les flots qui, parfois, se montrent redoutables, sauvages et tumultueux. Cette halte précoce n’est pas vraiment du goût de la trépignante Patricia, mais elle se plie de bon gré à l’avis de l’écrasante majorité. Mais, à peine commençons nous à prendre nos aises que, débouche sur notre coin perdu une famille avec force gamins et chiens. Ces derniers se précipitent sur le gros pain que nous avons acheté ce matin à Florac et, sans une intervention prompte de Patricia, nous pouvions lui dire adieu. Elle se réjouit, car bien évidemment nous abandonnons notre projet de farniente et décidons de reprendre notre route. Dommage, j’avais repéré quelques belles truites en chasse qui n’attendaient que la plus élégante de mes mouches !
En ce début d’après-midi, la chaleur est terrible. Entre ces plateaux calcaires, il y a comme un effet de four et mon thermomètre indique 40 degrés. Quelques kilomètres en direction de Sainte-Enimie nous offrent l’occasion de magnifiques points de vue sur la rivière, et tout particulièrement sur le village de Castelbouc. Cet ensemble de maisons caussenardes, accrochées à la paroi et semblant prêtes à plonger dans une eau aux reflets de jade, est tout simplement splendide. La légende du village rapporte qu’au temps des croisades, un jeune homme seul était resté en ce lieu. Obligé de satisfaire toutes les épouses dont les maris combattaient les infidèles, il en serait mort d’épuisement. Depuis cette époque, un diable sous forme de bouc survole régulièrement la cité.

A Prades, changement radical, nous avons l’intention de monter directement sur le causse Sauveterre par un chemin non carrossable qui s’insinue entre des falaises. Il présente des pentes ne permettant pas de rester sur le vélo, sauf peut-être pour Patricia dont les cuisses et les mollets sont constitués de l’acier le plus trempé.
Là encore la question de l’eau se pose. Devons-nous remplir les bâches en prévision du bivouac sur le causse ? Sur ces plateaux calcaires, il n’est pas question d’en trouver la moindre trace. Même Brigitte qui sent les sources à 50 lieues, y est favorable. Pourtant nous regardons dubitatifs le pan de montagne qui nous domine et à travers lequel nous allons partir. A la fontaine de ce petit village, profitant d’une ombre bienfaitrice, nous faisons donc provision du liquide précieux. J’en profite pour m’asperger copieusement le visage. Nous jouissons des derniers instants de température clémente, ou presque, avant d’affronter cette piste escarpée tournée au sud, soumise à l’infernale chaleur du soleil vertical.
C’est parti pour un court tronçon goudronné où même Patricia pousse dans cette ligne droite qui se jette sans ambages dans la pente. Après 400 mètres le chemin s’échappe à gauche, tout d’abord pas très raide et roulant. Il va perdre très rapidement ces deux qualités. La pente s’accentue franchement et le sol devient instable, au point que, même en poussant le vélo, la roue avant ripe en permanence de droite et de gauche. Immanquablement, je me retrouve très vite seul, André et Brigitte ayant pris un rythme de montée supérieur au mien, sans parler de Patricia qui s’est littéralement envolée. Je n’ai même pas eu le temps de voir si elle avait disparu en courant, son vélo à la main, ou bien en appuyant comme une forcenée sur les pédales dans cette caillasse fuyante. Mais où va-telle chercher une telle force, une telle énergie, une telle envie de s’arracher ? Sans vouloir être un mufle, certes elle est un peu plus jeune que moi, mais elle n’a plus trente ans !
J’adopte la posture ‘’Atacama’’, le comptage de mes doubles-pas. Selon la pente et la consistance du sol, j’en effectue de 20 à 50 avant de marquer l’arrêt. Il semblerait, à vue de nez que cette piste infernale fasse de l’ordre de 6 kilomètres. Il n’y a qu’à prendre son mal en patience. Bon seigneur, André redescend à pied pour venir me donner une petite, même une grande poussette, ce qu’il fera à plusieurs reprises. Je mets ma fierté dans ma poche et je le laisse pousser. On dira que c’est parce que j’ai l’une des bâches à eau de 6 litres sur le porte-bagages ! Mais au fait, Brigitte a la même et elle caracole comme une gazelle dans la pierraille surchauffée. Mais pour elle, c’est tout à fait normal. Elle est habituée aux traversées de déserts en solo, parfois sans même avoir de quoi faire chauffer ses aliments, n’ayant qu’un réchaud à bois. Dans les coins bien désertiques, on peut avoir la surprise de ne pas trouver la moindre brindille. Mais bon, elle continue son périple en croquant ses aliments sans cuisson, trouvant cela presque très bon !
On doit être un peu maso car, dans ce type de situations de chaleur, de caillasses, de sol qui se défile et de pentes très raides, nous éprouvons tous un grand plaisir, je dirais même un grand bonheur d’être là. L’effort, la sueur, la fatigue, mais surtout le corps et l’esprit qui vivent… Nos pensées sont retournées dans les hautes altitudes du Sud Lipez, entre 4 et 5000 mètres, nostalgie des grandes bambées qui nous arrachent à notre quotidien. Le dépaysement et la défonce. Je me dis cependant qu’il n’est pas besoin de faire des milliers de kilomètres pour connaître les bonheurs de l’aventure, la France nous fournit très bien la matière. Certes, ce n’est pas à la même échelle, quand on sait que le prochain point de ravitaillement en eau est à 140 kilomètres et que l’on est en train de pousser son vélo dans le sable. Toutefois ne pas savoir si cela va durer un kilomètre ou trois jours, cette incertitude introduit une dimension supplémentaire, la trouille.
Mais nous montons, les maisons de Prades deviennent minuscules. Le Tarn se dessine dans tous ses méandres en prenant des teintes profondes qui tirent sur l’émeraude. Un signe de Patricia, elle nous attend. Je ne suis pas certain qu’elle avait réalisé que cette piste était difficile pour la multitude de raisons que j’ai données. Nous la rejoignons. Elle va prendre la place d’André et me fournir une petite poussette sur une centaine de mètres. J’ai l’impression d’être aux commandes d’un Rafale en ayant mis la post-combustion. Incroyable, je n’ai pas une Terrienne derrière mon porte-bagages mais un être bionique venu du fond du cosmos qui me propulse littéralement !!!
Mais tout a une fin, surtout le meilleur, les deux derniers virages en épingle me dominent. Changement brutal de configuration du terrain, la déclivité s’atténue, le chemin quitte le flanc de la montagne et s’enfonce dans des fourrés, laissant juste l’espace pour y faire passer le guidon. Je remonte quelques dizaines de mètres sur mon vélo, mais c’est à pied que je rejoins une minuscule route qui longe le bord du causse. Nous nous regroupons, nous venons de déboucher au niveau d’un petit bourg qui se nomme ‘’Nissoulogres’’. Nous n’allons pas tarder à apprendre la signification de cette appellation étrange. « Jamais sous l’orage ». En effet, il rôde tout autour, tapi, sautant d’un causse à l’autre mais épargnant pratiquement toujours cette pointe du plateau du Sauveterre qui domine la petite cité de Prades.

Il ne nous reste pour nous quatre qu’une quinzaine de litres d’eau, ce qui n’est pas énorme pour tenir un bivouac après un tel effort et, il sera sans doute difficile de s’en procurer avant demain midi. Un homme se trouve dans la première maison à quelques mètres du chemin par lequel nous arrivons depuis la vallée. Je lui demande s’il peut nous ravitailler. Non seulement il y est favorable, mais il nous invite à planter nos tentes dans son jardin, où nous sommes aux premières loges pour contempler le causse Méjean qui s’étale au sud, au-delà du Tarn. Nous acceptons bien volontiers et, très vite, ce n’est plus de l’eau qu’il nous propose mais de la bière. De plus, il nous offre une douche, de toute évidence nous sommes tombés sur un 5 étoiles. Nous prendrons notre repas en commun à partir de nos réserves de pâtes. Il nous fait goûter un vin rouge de la région, ma foi de bonne facture. La discussion va s’éterniser en passant des secrets du causse Sauveterre à des considérations professionnelles. Mes camardes se foutront de moi, je suis un bavard impénitent, mais ce soir je n’arriverai pas à en placer une, notre hôte est d’une catégorie toute autre, sans doute au moins champion d’Europe. Le monde est petit, André et lui se trouvent des connaissances communes, ayant tous deux œuvré dans le cadre de grands travaux de la DDE, que ce soit à titre privé ou non. Je dois dire qu’en finale, j’ai un peu, même beaucoup, perdu le fil de la conversation, la bière et le vin par-dessus les kilomètres de poussage dans la caillasse et le cagnard de cet après-midi auront assez vite raison de moi.
Ce matin nous allons longer le bord du causse Sauveterre en descendant vers le sud. Notre itinéraire emprunte de petites routes et des pistes parfois pas très roulantes. Alors je ressens la fatigue consécutive au gros effort d’hier après-midi. Nous traversons le lieu-dit Dignas, puis nous arrivons à une ferme isolée et nous discutons un bon bout de temps avec Christian, l’habitant du lieu. La vie de paysan sur le causse n’est pas facile. Il nous parle des conditions climatiques rigoureuses, des réglementations tatillonnes sur les produits en particulier laitiers, des législations de transmission d’héritage pénalisantes et autres intrusions de l’Etat, ce qui donne à penser que la vie sur ces plateaux devient impossible. Lui s’est spécialisé comme beaucoup dans le lait de brebis pour le roquefort. Ces régions reçoivent l’eau des montagnes environnantes, le Sauveterre du mont Lozère et le Méjean de l’Aigoual. On peut dire que les zones granitiques alimentent les plateaux calcaires.

A midi, nous arrivons à Laval-du-Tarn. Le pique-nique est organisé à l’abri de l’ancien four à pain, nous sortons le réchaud pour une platée de riz. Comme je l’ai toujours pensé, une halte longue le midi est en définitive un gain de temps car l’après-midi permet encore de nombreuses heures de pédalage, surtout en été.
Notre intention initiale était de continuer à longer les hauteurs dominant le Tarn. Après avoir dépassé le Pont Sublime, belvédère tout particulièrement souligné sur la carte, notre itinéraire devait nous mener au village des Vignes. Mais outre une petite fatigue résultant de la montée infernale d’hier pour moi, le temps semble vouloir se mettre à l’orage. De bonnes ou moins bonnes raisons nous poussent à rester sur le goudron et prendre la direction de Sainte-Enimie par une route toute en descente. Un délice. Différents belvédères livrent des points de vue grandioses sur la vallée et les villages qui ponctuent la rivière, là-bas tout en bas. Le cirque de Saint-Chély est particulièrement spectaculaire vu de quelques centaines de mètres au-dessus.
Passage par Sainte-Enimie, haut lieu du tourisme de la vallée du Tarn, que nous laissons derrière nous jusqu’au village de la Malène. Cette gorge est surprenante. Je l’ai parcourue à plusieurs reprises, mais il y a tant de choses à regarder. De l’architecture caussenarde aux formations géologiques que représentent ces immenses falaises calcaires et le Tarn lui-même qui prend tous les aspects entre ses zones profondes et ses parties où il court sur un lit de galets, presque à fleur d’eau.
Nous marquons l’arrêt au niveau du village de Hauterive situé de l‘autre côté du Tarn. Jusque récemment, il était approvisionné par un câble au-dessus de la rivière. Mais, par manque de financement, cet outil de ravitaillement est en panne ce qui occasionne les plus grandes difficultés à ce bourg accroché sur la rive du causse Méjean. Mais les temps ont changé. Ce village est un vestige des temps passés, maintenant révolus, où la rivière était un axe de communication. Il n’y a pas si longtemps les cours d’eau du sud-ouest étaient sillonnés par les gabarres, les poids lourds des siècles passés. Mais pouvaient-elles remonter jusque dans ces gorges profondes du haut de la vallée du Tarn ? Sur certaines rivières difficiles, où le retour n’était pas possible, les embarcations étaient vendues au prix du bois lorsqu’elles arrivaient à destination.
Une fois à la Malène, nous décidons de ne pas poursuivre jusqu’au village des Vignes. Nous nous installons au camping municipal, remarquablement situé sur une plage du Tarn, pratiquement au centre-village. Ambiance covid, je sors mon masque pour aller à l’accueil. Heureusement peu de monde, deux personnes attendent sagement dehors masque sur le nez, dont un Suisse avec un vélo électrique. Cela nous donne une bonne occasion de parler du voyage à deux roues avec assistance électrique. Notre Suisse a l’air ravi de sa machine. Peut-être que dans un temps, que j’espère le plus lointain possible, nous y viendrons. Mais tant que nos muscles fonctionnent encore assez bien, si nous pouvons éviter, nous nous attacherons à le faire.
Devant nos tentes, la rivière miroite mais nous ne sommes plus dans l’ambiance causses, les kayakistes sont nombreux, en particuliers les Allemands. J’en ressens comme une dissonance. Une fois encore, nous constatons la différence d’ambiance entre les plateaux et le bord de la rivière. Sur cette belle eau qui court je fais une tentative à la mouche. Je fais monter deux beaux poissons, sans doute des truites, qui dans un jaillissement attaquent ma mouche. Mais les deux fois, le ferrage ne donne rien si ce n’est une belle poussée d’adrénaline. Le point commun entre le voyage à vélo et la pêche à la mouche est évident, quand on y goûte, c’est foutu, on est enchaîné à vie.
Bon, si les truites ne sont pas coopératives, les bières le seront plus et nous partons au centre du village. Cette petite cité, rassemblée au pied de part et d’autre d’une immense falaise qui avance sa proue acérée presque jusqu’à la grève, a vraiment belle allure. Après quelques bières, mais pas tant que l’on pourrait le penser, deux mois de confinement entraînent un défoulement et une envie de terrasse de café, nous faisons des courses. Et là que vois-je ? Un ORNI bikepacker qui s’arrête devant moi. Je me précipite et engage de manière autoritaire la conversation. Il semble un peu fatigué. Il est lancé dans un tour express de 1200 kilomètres depuis le Gers en passant par Chamonix. Wahou trop bien ! Il est irlandais et vit du côté d’Astaffort, la ville de Francis Cabrel.
Vu l’heure, je n’ai pas l’intention d’interrompre le dialogue. Je lui propose immédiatement de l’inviter au restaurant. Il me demande un court délai de réflexion. Il s’installe un peu plus loin, sort une canette de bière de sa sacoche. Je le rejoins dès qu’il l’a terminée et lui demande s’il accepte l’invitation. Il serait d’accord mais son souci est tout d’abord de trouver un point de chute pour la nuit. Je le rassure, on lui fera une place parmi nos tentes. Nous allons passer une soirée de rêve avec un autre vrai fou qui arpente la planète, à fond de train, à pied ou à vélo. Il se trouve de nombreux points communs avec Patricia dans les courses les plus extravagantes et les places sur le podium. Les grandes traversées de désert en solo de Brigitte l’étonnent aussi, et lui arrachent des exclamations d’admiration. Wahou ! André et moi passons pour de doux pédaleurs mais, cependant nous trouvons un vrai terrain de discussion et d’entente. Il est irlandais, la bière, le vin et le whisky ne l’effrayent pas. J’adore ces athlètes de très haut niveau qui ne sont pas traumatisés par le régime et qui n’oublient pas leurs racines et leurs coutumes. Jimmy nous a enthousiasmés et fait rêver, même nos deux super women sont sous le charme ! Voilà ce que j’appelle voyager et faire une belle rencontre. De retour au camping, la nuit est bien établie, je ne sais plus si Brigitte ou Patricia a vu un, même deux gros poissons. Manu militari, on me met une lampe de poche sous le nez et l’injonction sans discussion possible m’est donnée de remonter ma canne à mouche. Déjà de jour, en possession de tous ses moyens, manier un fouet à mouche nécessite une bonne expérience, alors de nuit, entre les arbres après avoir essayé de tenir tête à un Ecossais dans un autre sport mondialement répandu, il ne s’agissait plus du Tarn, mais de la Bérézina ! Dans la nuit, de nombreux éclats de rire ont résonné !
Le lendemain matin, dès 6 heures je tente de prendre ma revanche sur les truites, en fouettant cette belle eau qui court et que je sens propice et prometteuse. Malheureusement je ne déclenche que deux énormes geysers. Au ferrage, il ne se passe rien non plus, juste de beaux coups d’adrénaline ! La truite reste un mystère, elle monte elle prend ou non votre mouche. Cela dépend de quoi ? je n’en sais fichtre rien. Au dernier moment voit-elle le subterfuge et, étant lancée, elle jaillit du fait de l’inertie mais ne gobe pas ? Mystère total. Comme dans de nombreux domaines, les grands spécialistes sont américains. Leurs connaissances ne s'arrêtent pas uniquement aux super technologies, mais ils sont représentés entre autres aussi par les hommes de la terre et des rivières. Un des plus célèbres d’entre eux dans le domaine de la pêche, le Jim Harrison de la truite, John D. Voelker nous dit que plus il pratique moins il est capable d’expliquer le comportement du roi des salmonidés, la truite.
Nous regardons partir notre Ecossais et, retournons à notre train-train. Nous partons à l’assaut du causse Méjean vers les 9 heures. Nous savourons la montée de la Malène. Les points de vue sur la bourgade écrasée par son rocher nous surprennent par des panoramas différents à chaque virage. Une fois sur le causse, l’ambiance farouche et déserte reprend le dessus. Le contraste est saisissant. Sur le causse Méjean, j’ai toujours l’impression d’être à l’autre bout du monde.

Ce plateau situé en moyenne à mille mètres d’altitude, couvre un peu plus de 300 kilomètres carrés et fait partie de l’ensemble plus vaste du parc national des Cévennes qui lui s’étend sur 2000. Le causse Méjean a été, comme l’ensemble de la région, remodelé par l’homme. L’élevage de la brebis est une activité importante afin de fournir le lait pour la fabrication du roquefort. La partie ouest recèle quelques forêts de pins sylvestres, la partie est, quant à elle, est essentiellement recouverte de prairies à l’herbe sèche, qui rappelle une steppe en zone vallonnée.
Nous allons le franchir d’ouest en est puis, en diagonale vers la pointe sud-ouest jusqu’au village de Saint-Pierre-des-Tripiers. Quelques exploitations agricoles ponctuent de loin en loin le paysage. Nous faisons une halte à l’aéroport, où nous demandons de l’eau. Cela nous donne l’occasion de discuter avec les amoureux du planeur, les vélivolistes. Que de patience il leur faut, quand, parfois des jours durant les conditions pour pratiquer leur sport ne sont pas favorables, comme en ce moment, et il s’en suit d’immenses journées d’attente. Je n’aurais pas la patience d’attendre.
Dans la partie est, la vue porte très loin sur ces pâturages rabougris. Il règne comme un petit air de Mongolie au sol et de Bolivie lorsque quelques nuages viennent s’accrocher au ciel. Halte de midi au Villaret, lieu où l’on élève le cheval de Przewalski. Cela me rappelle mon voyage en Mongolie, où nous avions traversé l’immense parc où ce fameux cheval avait été réimplanté en provenance de France.

Nous nous installons dans l’ancien four communal à l’abri d’un soleil ardent. Que le lieu est calme, malgré sa réputation. Je suis toujours frappé de rencontrer si peu de monde dans un coin si caractéristique. Pourquoi ? De toute évidence, l’austérité de ces grands espaces n’est pas propice à attirer les âmes. L’intérêt de ces endroits ne réside-t-il pas dans la réflexion personnelle qu’ils déclenchent du fait de la quiétude qui s’en dégage ? Le vélo est le vecteur de voyage idéal pour prendre le temps de se laisser emporter par l’ambiance du plateau. La lenteur, l’effort physique et l’exposition aux variations du climat permettent l’osmose avec la nature et l’esprit de la Planète.
Après une pause bien sympathique au milieu de ce que je qualifie de nulle part, nous mettons le cap sur Saint-Pierre-des-Tripiers, petit village au fin fond du causse, à l’architecture remarquable, tout particulièrement son église qui semble se dresser dans ce bout du monde depuis les siècles des siècles. Juste en face de l’édifice religieux, une fontaine nous fournit une belle eau fraîche. C’est exactement ce dont nous avons besoin afin de nous préparer à un bivouac tout confort. Mais justement où nous installer ? Le village semble désert, des quelques maisons environnantes ne nous parvient aucun bruit et nous ne décelons pas le moindre mouvement. Une pelouse devant le clocher me paraît un endroit idéal, de plus elle est protégée par un mur qui semble dater de la création du monde et prêt à affronter l’éternité.
Mais notre présence attire l’attention depuis la maison en face de l’église qui nous domine de quelques mètres. Au sommet d’un escalier de pierre, un homme apparaît, une canette de bière à la main. Je m’adresse à lui pour lui demander s’il est possible de camper sur le petit terrain devant l’église. Il répond sur un ton surpris par la question, sans doute n’en est-il pas à sa première bière. D’une intonation, qui de toute évidence ne plaira ni à Brigitte ni à Patricia, il me rétorque que ce n’est pas dans la tradition française de dormir devant une église. Ah bon, étant catholique croyant comme l’est aussi Patricia, cela ne nous choque pas d’autant que nous avons tous l’habitude de l’accueil dans les temples en Asie du Sud-Est.
Ouille ! pourquoi me suis-je adressé à cet homme, qui de sa vie sans doute n’a jamais imaginé une seule fois dormir dehors. Nos deux baroudeuses démarrent. Je réalise, peut-être suis-je en train de découvrir le fil à couper le beurre ou l’eau chaude, mais cette évidence me frappe, des femmes d’exception ont très généralement des caractères qui vont avec cette spécificité d’exception. Patricia ouvre le bal, notre homme y voit une remarque acerbe et répond. La vitesse supérieure est enclenchée. Brigitte, la placide ‘grand-mère’, en rajoute une louche du style « mais pourquoi poser ce type de question à quelqu’un qui n’a aucune idée de ce que veut dire bivouaquer ». Fin de la discussion, elles enfourchent leur vélo et disparaissent en rigolant. André et moi restons sur le champ de bataille déserté par nos amazones. Par quelques formules de politesse mâtinées de paroles diplomatiques, nous prenons congé de notre homme encore tout surpris, sa canette toujours brandie à la main. Pourtant, ce dernier avait fini par essayer d’y mettre un peu du sien en nous conseillant, dans des explications incompréhensibles, un lieu quelque part dans les environs alors que manifestement il n’avait aucune idée sur le sujet.
A la sortie du village, les sens aux aguets, nous trouvons rapidement le lieu de chute idéal le long d’un GR ou GRP, ce qui nous donne l’autorisation de bivouaquer d’après la réglementation du Parc des Cévennes. Notre campement établi, nous revenons au cours du repas sur l’incident et, heureusement que nous sommes éloignés d’une distance proche du kilomètre de l’habitation de l’homme à la canette, car les commentaires et les éclats de rire ponctuent bruyamment la pinède où nous avons élu domicile.

Je profite de ces moments de franches rigolade pour attirer Patricia dans mes filets malgré ses réticences, afin de l’interviewer et l’enregistrer durant 45 minutes dans le cadre de mon émission mensuelle sur la radio de la Bresse « un pays vu par un cyclovoyageur ». Bien qu’ayant l’habitude des journalistes du fait de ses exceptionnelles performances sportives, trois quarts d’heure à parler lui font un peu peur. Wahou ! Ce fut un moment d’anthologie, fabuleux et en plus on a bien rigolé, et ça lui a plu puisque nous allons réitérer l’expérience deux jours plus tard. Cela me permet de monter tranquillement ma saison radiophonique 2020-2021. Je suis certain que les auditeurs vont rester scotchés ! Brigitte qui nous écoute de sa tente, sans s’en douter, ne coupera pas à l’interview également.
Pour le moment, André et moi sommes dans « les petits papiers » de nos deux cavalières de l’apocalypse. Tout va bien. André, toujours à l’élégance très aristocratique de bon goût et au flegme british est appelé par ces dames Lord Andrew, moi le latino Lucio. Pour ma part, je vais tout faire pour y rester dans les petits papiers, car on ne s’ennuie pas avec elles. Je vais de surprise en surprise. Brigitte me fait, dans un grand sourire, la confidence suivante « Luc tu vas voir ce que c’est que de voyager avec des sauvages ». Et effectivement, au cours de ces 9 jours, que de leçons dans tous les domaines, physiques, mollets et cuisses de titane, moral au beau fixe quelles que soient les difficultés, matériel en sachant être hyper-minimaliste, adaptation à la nature, instinctivement ou presque, se poser pour la nuit, vaisselle avec une poignée de sable au bord d’une rivière ou une poignée d’herbes sèches sur les plateaux. Je les imagine toutes les deux dans une vie antérieure, au fond du bush australien, Aborigènes sachant décoder un des endroits les plus hostiles de la Planète et s’y adapter pour y vivre en autonomie.
L’endroit où nous nous trouvons est tout simplement l’un de ceux que je préfère parmi tous ceux que j’ai vus de par le monde, aussi bien professionnellement ou au cours de mes voyages lors de mes vacances ou de ma retraite. Il s’agit du coin sud-ouest du Causse Méjean dominant le village du Rozier où se rejoignent le Tarn et la Jonte. C’est là que se trouve le fameux chemin du vertige ou balcon de la Jonte que j’ai déjà parcouru à deux reprises, mais hélas je ne pourrai pas le faire découvrir à mes compagnons, nous avons un créneau de temps restreint.
Au matin nous dévalons du plateau par une gorge abrupte que Brigitte a dénommée route Danièle, du prénomde mon épouse. En effet, il y a quelques années nous l’avions prise en voiture et la terreur l’avait envahie. Minuscule route au-dessus d’un précipice sans parapet. Dans une épingle à forte déclivité il avait fallu faire des manœuvres, au-dessus d’un vide conséquent, pour pouvoir négocier un virage pour le moins très sévère. Elle en garde encore et pour toujours des émotions pour le moins fortes, pas besoin des rutas del loco d’Amérique du Sud. Mais nous allons être déçus, la chaussée a été élargie et un muret installé dans les endroits les plus vertigineux.
Cependant, le spectacle est toujours époustouflant, et les vautours participent au spectacle. Nous prenons tout notre temps en profitant des nombreux points de vue avant de rejoindre le fond de la vallée de la Jonte. Au-dessus de nous de nombreuses parois verticales, voire surplombantes, nous obligent à garder le nez au ciel, paradis des grimpeurs.
Je me souviens être allé observer les vautours sur leur aire d’envol. Embusqué dans des genévriers un peu désaxés à l’entrée de leur zone de poser, je les regardais arriver comme des avions en courte finale. Ils étaient majestueux dans la puissance de leur vol. Leurs serres, grosses comme des mains humaines, prêtes à l’impact de l’atterrissage, me faisaient penser aux roues d’un avion. Soudain, l’un d’eux m’ayant repéré, dévia de son axe d’approche et convergea sur ma position. Nos regards se croisèrent quelques secondes, impression étrange que de se sentir proie. Alors, il réalisa que j’étais bien vivant, pas encore une bonne charogne prête à être dégustée. Il modifia sa trajectoire et atterrit au point initialement prévu. Quelle belle expérience ce fut, que d’émotion j’en éprouve encore bien des années plus tard.
Une fois le long de la Jonte, nous rejoignons rapidement le village du Rozier, où nous prenons notre temps en allant savourer un chocolat chaud accompagné d’un croissant, confortablement assis sur une terrasse dominant la rivière. Après avoir effectué quelques courses nous partons à l’assaut du causse Noir. Il porte ce nom du fait des forêts de pins noirs qui le parsèment. Nous le traversons vers l’est jusqu’à Lanuéjols. L’église ruinée de Saint-Jean-des-Balmes nous invite pour la pause de midi. Au cours de sa longue histoire, elle a eu à souffrir de nombreuses dégradations, les routiers dans les années 1376-1379, ces bandes qui pillaient en passant, des guerres de religion lors du passage des protestants en 1568, et puis finalement de la désertification qui entraîna l’abandon des paroissiens. Le lieu dégage une grande sérénité, l’autel de pierre massive se retrouve à l’air libre, la voûte ayant disparu. On accède au clocher par un escalier restauré dont l’usure des marches, en creux, rappelle la longue histoire du lieu, ainsi que le long cortège d’êtres humains qui y sont montés.
A Lanuéjols, nous trouvons un village quasiment désert. Seuls, deux Allemands à moto sur la place centrale, nous échangeons quelques mots. Nous partons plein sud, direction la Dourbie, rivière qui sépare le causse Noir du causse du Larzac. J’aurais bien aimé continuer en faisant le tour de ce causse, mais voilà notre petite balade ne prévoit que 9 jours, ayant tous nos impératifs. Ce causse du Larzac, en d’autres occasions, je l’ai aussi arpenté dans tous les sens, que ce soit en voiture, à pied ou à vélo. Il recèle des merveilles en matière architecturale comme le village de la Couvertoirade, haut lieu des Templiers, ou en matière de sites naturels, en particulier d’énormes avens, à se prendre pour Indiana Jones. Malheureusement, ce ne sera pas notre route. Nous effectuons nos derniers tours de roues sur ces causses que nous avons parcourus durant quelques jours. Nous y avons croisé de rares lavognes, ces petites mares circulaires autour desquelles les troupeaux viennent s’abreuver. En zone calcaire, les points d’eau sont très rares et ceux-là sont entretenus par l’homme en rendant le fond étanche. Ces petites mares étaient sans doute vitales dans des temps pas si lointains. Mais maintenant, les causses Méjean et Noir sont alimentés par des canalisations venant du mont Aigoual, comme le Sauveterre est lui ravitaillé par le mont Lozère.
Après avoir rejoint la Dourbie, nous suivons sa vallée sur quelques kilomètres puis remontons son affluent, le Trèvezel. Le très pittoresque village de Cantobres se découpe devant nous, sur son rocher à la crête hérissée. Nous ne pouvons manquer d’aller le visiter. Charmant, de plus un bistrot vient de rouvrir suite à la pandémie. Nous y faisons une halte agréable. De toute évidence, le tourisme n’est pas encore reparti. Dans ces lieux en temps normal, on doit y croiser des foules. Or là, personne ou presque, seul un couple attablé et, un peu plus tard, quatre habitants du village viendront y prendre place. L’heure tourne, il est temps de se préoccuper de notre point de chute dans ce vallon escarpé. Après avoir roulé quelques kilomètres nous rencontrons une zone plate en partie encombrée de vieux engins agricoles. Cela nous semble très bien pour nous installer à quatre. Deux cents mètres plus haut une ferme, par sécurité Brigitte et André y montent demander l’autorisation de nous installer. L’homme qui leur répond leur explique que le terrain est à son frère et que s’il se rendait compte de notre présence, il appellerait la gendarmerie pour nous faire décamper. Donc dans ces conditions, frère ou pas, notre champ de ferraille ne nous accueillera pas cette nuit. L’homme leur a conseillé d’aller quelques kilomètres plus loin au camping de Trêves. Ce que nous ferons.
Nous arrivons juste à temps à l’accueil, l’employé municipal allait le fermer, ce qui ne nous aurait pas empêché de nous installer. Là encore, la saison n’a toujours pas commencé. Nous sommes tout simplement les premiers clients cette année et nous disposons du camping entier pour nous quatre. Le lieu est agréable, le long d’un séduisant cours d’eau, où je vais voir quelques belles truites. Mais nous ne sommes plus dans la Lozère, étant revenus dans le Gard, et je n’ai pas le droit de pêcher. Mes scrupules à m’astreindre à respecter la réglementation font éclater de rire Brigitte et Patricia. Au fond d’elles-mêmes que d’espoirs déçus depuis une semaine alors qu’elles rêvaient d’une truite frétillante sur feu de bois. Du coup, Brigitte me raconte sa traversée de l’Alaska à vélo, bien évidemment en solitaire. Là, elle était tombée sur un mec, un vrai, non seulement il lui avait pêché des saumons énormes, mais il l’avait initiée à la pêche à la mouche et elle s’était retrouvée avec un bulldozer survitaminé au bout de la ligne. Il est clair que je ne tiens pas la comparaison.
Au matin, je me lève tôt et pars à la recherche d’une boulangerie afin de faire une agréable surprise à mes camarades pour le petit-déjeuner. Mais dans ce village, somme toute assez grand, pas âme qui vive, j’en fais pourtant deux fois le tour. Désertification est un mot qui a toute sa signification en France. En retournant au camping je longe la rivière, quelques belles truites me narguent dont une de taille plus que respectable.
Aujourd’hui, cap sur le mont Aigoual. Par une route confidentielle qui s’élève rapidement, la D 710, nous rejoignons le village de Camprieu. Le mont Aigoual n’est plus qu’à 15 kilomètres. Nous prenons tout notre temps et allons au restaurant, là les clients sont assez nombreux et les mesures de distanciation sont respectées. Nous le prenons tellement notre temps que j’en profite pour faire l’interview de 45 minutes de Brigitte pour mon émission de radio mensuelle « un pays vu par un cyclovoyageur ». Le thème en est la traversée du désert d’Atacama, en particulier du Sud Lipez, par une cycliste solitaire. Wahou, là aussi je crois que lorsqu’elle sera diffusée, cette interview va faire son effet sur les auditeurs.
Mettant fin à notre longue pause, nous prenons le chemin du mont Aigoual. Nous rencontrons un peu de circulation, le lieu étant très connu. La vue du sommet est époustouflante dans toutes les directions, des Alpes aux Pyrénées en passant par la Méditerranée. Et pourtant, en cet après-midi, l’atmosphère est un peu brumeuse. J’imagine le spectacle un jour d’hiver bien clair par grand froid. Parfois les conditions météorologiques permettent des visions presque jusqu’à l’infini. Je me souviens d’un jour, alors que je survolais le lac de Genève à quelques milliers de mètres d’altitude, je voyais les Pyrénées et étais capable de reconnaître le Canigou ainsi que quelques-uns des sommets de l’Ariège.
Nous voulons visiter le musée mais il est trop tard. Nous nous attablons pour une bière et réfléchissons à notre lieu de chute pour la nuit. Nous avons été prévenus que si nous cherchions à rester près du sommet, nous serions à coup sûr délogés. Après quelques débats, il est décidé que nous partions voir un peu plus loin dans un endroit moins exposé. Quelques kilomètres de descente plus tard sur le versant nord par la D18, nous repérons un endroit superbe qui nous conviendrait à merveille. Petit point noir, non seulement nous y voyons le logo camping interdit, mais aussi bivouac interdit, ce dernier matérialisé par une tête qui sort d’un sac de couchage. Ne pas insister et c’est reparti. Un peu plus haut, nous avions repéré un chemin à l‘air sympathique. Bien évidemment, mes camardes y arrivent avant moi, et s’y engagent. Lorsque je m’y présente, pas d’alternative, je suis bien obligé de les rejoindre. Mais là aussi un petit hic qui ne les a pas perturbés, un beau panneau circulation interdite annonce la couleur. Mais tout le monde finira par revenir à la raison et nous décidons de nous éloigner franchement. Au lieu-dit Cabrillac, une route minuscule part plein est pour rejoindre la vallée du Gardon, nous la prenons. Quelques kilomètres plus loin, l’œil de lynx de Brigitte intuite, plus qu’il ne voit, derrière un repli du terrain le lieu qui va nous fournir le bivouac idéal, de plus autorisé.
C’est notre dernier soir sous les étoiles, demain nous dormirons chez Hélène. Que ces huit premiers jours sont passés vite, trop vite. Ce soir bombance, grosse platée de riz. La volumineuse gamelle que j’ai fournie est sortie comme chaque soir, et comme chaque fois Brigitte, elle la minimaliste aux sacoches de plumes, me dit « Luc mais ce n’est pas possible tu nous as amené une casserole qui pèse un cheval mort, et non content tu y as mis un couvercle en verre ». Il faut dire, que depuis le deuxième jour, c’est elle qui la porte. En voyage à vélo, il est rare de partir à quatre, donc on ne détient pas un récipient aussi conséquent. Pour la cohésion du groupe et aussi pour la simplification de la gestion des provisions, je considère comme indispensable de prendre nos repas en commun.
Avant de partir de mes Vosges, j’ai fait le tour des magasins de sport, je n’ai rien trouvé. Plusieurs gérants m’ont dit qu’avec la crise sanitaire les livraisons de matériel de camping avaient subi des retards, donc pas de gros contenant. En définitive, j’ai pris une casserole chez moi avec un joli couvercle lourd mais pratique car on voit à travers. Sans doute l’ensemble avoisine le kilo et demi, mais cela n’a pas empêché Brigitte de systématiquement disparaître dans le lointain à la moindre côte, donc tout va bien.
Au matin, nous savons que nous vivons la dernière journée de notre balade saute-causses. Bien cachés dans notre coin abrité, alors qu’à cinquante mètres sur la route souffle un petit vent vif, nous dégustons un copieux petit-déjeuner. Nos avions six œufs nous n’en avons plus que quatre, mystère !
Une fois sur les vélos, c’est l’évasion en direction d’un petit col nommé Salidès, puis c’est la grande descente qui nous conduit d’abord le long de Gardon puis au village de Saint-André de Valborgue. Habitude prise, ma foi pas désagréable, halte au bistrot oblige. Deux joggeurs s’installent à côté de nous sur la terrasse. Voyant les vélos chargés, l’un d’eux s’adresse à Brigitte et lui demande si avec assistance électrique ça allait bien, malgré les sacoches. Houps, elle ne dit rien, mais à sa tête on comprend que ça a fait boum. Plus loin, nous aurons droit au débriefing et sous les traits de la gentille « grand-mère » sourd la flamme vindicative de la jeunesse où la confection et sans doute l’utilisation du cocktail molotov faisaient partie des moyens de régler les différends. On en rit encore !

Dernier pique-nique, nous n’avons pas de pain. On apprend qu’au village, 5 kilomètres plus bas, on en trouvera, mais à midi pile la boulangerie ferme. 10 minutes, ça semble jouable à André, qui sans demander son reste, disparaît. Lorsque nous arrivons au village, son vélo est rangé devant la vitrine. Il est donc à l’intérieur, c’est gagné. Il sort avec la boulangère, elle ferme à clef et voilà, c’était bien midi pétant.
Plus loin, par un chemin qui serpente, nous descendons au Gardon. Lieu tranquille nous en profitons pour une petite baignade et nous laissons traîner ces dernières heures ensemble, pas pressés de mettre un point final à notre aventure cycliste. Malgré l’eau, la chaleur devient intenable, et nous fuyons. Dernière halte à Saint-Jean-du-Gard et la boucle va être bouclée. La dernière difficulté, remonter chez Hélène, 7 kilomètres d’une route sans merci, seule Patricia ne descendra pas du vélo. Pour ma part, je vais le pousser 5 kilomètres et André et Brigitte en feront presque de même !
Une belle histoire prend fin. Pour moi, après 18 mois d’abstinence de voyage à vélo, ce fut un bonheur, même s’il y manquait le sel de la grande aventure que l’on éprouve au fond du désert de Gobi ou de l’Atacama. Mais, me laissant emporter par mes rêves et mes désirs les plus fous, je me verrais bien avec la même équipe partir trois mois pour une traversée du désert de Gobi dans la totalité de sa partie mongole. Ces immensités sans repères, contrairement à l’Atacama où les volcans tiennent lieu de balises, je m’en étais approché sur leurs lisières. L’idée d’y pénétrer franchement, au cours des huit cents kilomètres que j’y ai effectués à la marge, m’a hanté. Mon regard restait fixé sur ces milliers de kilomètres où même les Mongols ne s’aventurent pratiquement pas. Cette pensée m’enthousiasmait et m’effrayait tout à la fois. Les problèmes logistiques à vélo deviennent une vraie gageur lorsqu’il faut transporter au moins 15 litres d’eau sans savoir si cela sera suffisant. Incertitude et trouille qui nouent la gorge, les deux ingrédients indispensables pour que l’on bascule dans le voyage.
Quelques réflexions de Brigitte à méditer après ces 9 jours de grand plaisir:
Pour ma part, ce tour sur les Causses a été un tour très différent des voyages que j'ai faits précédemment. Le voyage en solo rend peut-être plus ouvert aux autres? plus avide de contacts? on a croisé des gens super, mais a-t-on fait des rencontres ? De celles qui font bouger les lignes ? De celles qui continuent à nous secouer longtemps après s'être perdus de vue. Est-ce le fait d'être en groupe ? Est-ce le fait d'être en France ? Ici, les sens sont peut-être moins en alerte. Les cartes sont précises, on connaît les codes culturels, les distances sont courtes, l'incertitude est réduite. J'ai beaucoup aimé rigoler avec vous. Le voyage en solitaire n'apporte pas autant de franches rigolades
En cette fin juin 2020, nous reprenons des activités de plein-air, après il faut bien le dire avoir été un peu sonnés par cette pandémie qui nous a tenus confinés presque deux mois.
Alors dans ce contexte particulier, cette balade à vélo de 9 jours je l’ai vécue comme une libération, certes toute relative, nous étions malgré les nombreux décès dans notre village, loin des grandes tragédies de notre histoire. Cependant, en préambule, je me permets de faire l’apologie de Voyage Forum et de la revue « 200 le vélo de route autrement ».
Oui, l’apologie de VF pourquoi ? Parce que grâce à ce site de voyage on fait de fabuleuses rencontres qui permettent de partir en virée avec des personnes étonnantes. Les réseaux sociaux on y trouve le meilleur et le pire.
Il m’est arrivé de me faire écharper, traiter de tous les noms, affubler de tous les défauts parmi les plus détestables car à travers mes récits certains acrimonieux ou acrimonieuses (certes peu nombreux) n’y décelaient qu’un égocentrique, à l’imagination prolixe, en recherche d’admiration. Assurément, nous avons tous notre petit égo, et j’ajouterais heureusement. Personnellement, je ne suis jamais insensible à un petit mot gentil même d’admiration, au risque qu’il puisse flatter mon orgueil, mais l’essentiel n’est pas là. En effet, si quelques-uns sont prompts à la critique acerbe ou tatillonne, d’autres au contraire ont une réaction opposée. Accrochés, piqués de curiosité par mes écrits, ils me contactent et ont envie de partir avec moi. Et là commence l’aventure. Que de fois ai-je rencontré des compagnes ou compagnons de voyage grâce à mes écrits sur VF.
Mais, je dois avouer que cette randonnée vélocipédique de 9 jours à travers causses et Cévennes a été le point d’orgue, une apothéose qu’il me sera difficile de retrouver en matière de compagnons de voyage hors normes. Et quand je pense que nous aurions pu partir à cinq, si Hélène, notre gentille hébergeuse, n’avait pas eu des impératifs. Elle aussi connue il y a déjà quatre ans par VF, et comme baroudeuse du bout du monde à vélo en solo elle se pose là.
Nous sommes partis à quatre, tout d’abord André, camarade sûr au moral d’acier, capable de faire 1500 kilomètres avec une fracture du pouce non soignée, en compagnie de qui j’avais déjà effectué deux voyages à vélo, dont 64 jours à travers les immensités rudes du nord Argentine, ainsi que deux femmes.
La première Brigitte, grande baroudeuse, au look de « grand-mère moderne » bien dans sa peau, mais ne pas s’y tromper, les immenses traversées de déserts seule sur son vélo seraient presque son quotidien si elle ne prenait pas sur son temps pour garder le lien avec sa famille et s’occuper de ses petits-enfants, comme toute Mamy qui se respecte. Même si parfois l’un de ses enfants lui tire l’oreille alors qu’elle vagabonde de l’autre côté de la planète pour lui faire passer un petit message du genre « Maman, ça va être Noël, nous t’attendons tous avec impatience en particulier les petits-enfants ». Ces injonctions, qui jouent sur le sentiment et la fibre maternelle, lui font stopper très temporairement ses grandes chevauchées solitaires. Notre premier contact se fit grâce à VF et à CCI. Dès les premiers échanges nous avons constaté notre immense passion commune concernant le désert de l’Atacama. Nous nous sommes rencontrés deux fois au festival annuel du voyage à vélo organisé par Cyclo Camping International à Paris. Depuis l’envie de partir ensemble nous taraudait.
La seconde, Patricia m’a contacté par VF pour savoir si je recherchais des personnes pour de futurs voyages. Premier contact très sympathique, cependant mes conditions familiales actuelles ne me permettent pas d’envisager de longs voyages, mais m’échapper une dizaine de jours me semblait possible. Je lui ai donc promis de la contacter au cas où. Et effectivement, l’envie de me changer les idées et de partir quelques jours avec mon copain André est vite arrivée, et je dirais même s’est imposée. Et me souvenant de notre conversation, voilà comment elle s’est jointe à nous. Wahou !!! J’ai découvert une athlète complètement hors normes, au palmarès incroyable, championne de France et d’Europe de marathon, championne d’Europe et vice-championne du monde de 100 kilomètres de course à pied sur route. Bien d’autres exploits jalonnent sa vie, comme des temps stupéfiants sur l’ultra-trail du mont Blanc ou des courses furieuses dans les très grands froids nordiques, et avec tout cela une simplicité et une gentillesse immenses, sans parler d’une rusticité sidérante. Elle m’avait même dit : tu as beaucoup plus voyagé à vélo que moi, peut-être devras-tu m’attendre. Elle a vu ! mais elle n’a pas dû être vraiment surprise, je ne pense pas que dans sa vie beaucoup, même parmi les meilleurs, l’aient attendue à pied ou à vélo, l’inverse oui sans doute toujours !!!

Et pourquoi l’apologie de la revue 200 ? Tout simplement parce que les articles sont des morceaux d’anthologie littéraires. Et lorsqu’il est question de la France, même concernant des coins que je connais bien, les descriptions à couper le souffle me donnent à penser qu’il s’agit d’un ailleurs qu’il me faut découvrir au plus vite.
Oui, les quelques rares échanges désagréables sur VF de quelques personnes mal lunées sont vite oubliés quand on a le bonheur de partir avec trois personnes de cette trempe, je dirais même que c’est un honneur. J’ai commencé, cependant, à me faire un peu de souci au sujet de ma forme physique car, au cours des 18 derniers mois, je n’ai effectué en tout et pour tout que 20 kilomètres à vélo.
Trois semaines avant le départ je me suis promis de me remettre en selle. J’ai tenu 6 jours, une trentaine de kilomètres par jour et 500 à 700 mètres de dénivelé. Tout surpris ça passait bien, donc la motivation est retombée et je suis retourné taquiner la truite, surtout que cette année la pêche est bonne par chez moi, mais que de la fario sauvage des Vosges.
Donc nous y voilà, petit projet en France, un itinéraire à travers les reliefs des Cévennes qui nous mènera de Mialet (un peu à l’ouest d’Alès) vers le mont Lozère puis la montagne de Bougès. Ensuite nous écornerons le coin nord-est du causse Méjean à partir de Florac avec redescente sur Castelbouc. De là, nous partirons à l’assaut du causse Sauveterre par un chemin infernal dans la chaleur de l’après-midi. Nous en longerons tout le bord sud qui s’étire en croissant au-dessus du Tarn, puis nous plongerons vers Sainte-Enimie et irons dormir à la Malène. Après s’en suivra une magnifique traversée du causse Méjean en passant par le terrain d’aviation jusqu’à Saint-Jean-des-Tripiers. Nous poursuivrons par une descente vertigineuse sur la Jonte où nous verrons de nombreux vautours. Après un ravitaillement au Rozier, nous partirons à l’assaut du causse Noir que nous traverserons en entier jusqu’à sa barrière sud la rivière Dourbie. Nuit à Trêves suivie d’une montée du mont Aigoual, ponctuée d’un bivouac sur son versant est. Et en fin, nous déroulerons la dernière étape de cette trop courte balade de 9 jours, en nous laissant emporter par la descente le long du Gardon. Dernier point dur, voire très dur, la remontée chez mon amie Hélène d’où nous sommes partis, au Puech, 7 km dont 5 à pousser les vélos dans des côtes bien supérieures à 10%. Mais pourquoi aller habiter sur un piton si loin du joli petit village, sans doute parce qu’Hélène est aussi une vraie « furieuse » à qui les grandes aventures dans des pays sauvages à vélo en solo ne font pas vraiment peur.
Cette période post-covid est un peu inquiétante, comment allons-nous voyager ? Avant de partir, je viens de lire sur VF un beau récit à travers le Morbihan post-pandémie, agrémenté de jolies photos, effectué en juin. L’impression qui s’en dégage est étrange. On pourrait s’imaginer dans un film d’anticipation futuriste, l’humanité guettée par quelques menaces généralisées. Un préambule au livre de Cormac McCarthy « la Route ».
Tout commence par un trajet en voiture de quelques 600 kilomètres à travers la France. Quelque part avant Alès je m’arrête, un restaurant semble ouvert, il m’est dit qu’on ne mange que sur réservation, espacements obligent. On me montre la pizzeria un peu plus loin. Là, on me prépare une bonne pizza mais on me demande d’aller la manger ailleurs, même pas le droit de m’installer à la terrasse. On m’indique un parc en contre-bas, au bord d’une jolie petite rivière. Je vais y passer un moment de repos agréable. Mais, de toute évidence nous ne sommes pas revenus à la normale.
Mon accession à la maison d’Hélène n’est pas évidente, de plus mon GPS auto n’étant pas à jour, il ne m’est d’aucune aide pour une route toute récente. Elle qui me prenait pour un grand baroudeur au flair infaillible va réviser son jugement.
Voilà mon arrivée chez elle sur sa montagne isolée, telle qu’elle l’a restituée en s’insinuant dans mes pensées. Je dois reconnaître qu’elle est très proche de la vérité, comme si elle avait été passagère invisible à côté de moi. Donc voilà Hélène qui s’exprime en extrapolant mes pensées : « Tout commença mal. Après six heures de voiture et ayant passé Alès, me voilà perdu sur une route de montagne digne de celle de la Bérarde dans les années 70. Pas de maison, ni de poteau téléphonique ou électrique. Pas âme qui vive. Où m'étais-je donc fourré ? J'avais pourtant reçu des informations précises : les poubelles, la table en bois, les deux panneaux -un noir, un rouge- "Les Puechs", la fourche que je ne pouvais pas manquer paraît-il, l’impasse de droite… Mais rien de tout cela. Une route tortueuse qui n'en finit pas de monter au milieu des chênes verts... On ne m'y reprendrait pas à dire venez chez moi j'habite chez une copine. J'appelle ladite copine. Pas de réseau évidemment. Après plusieurs essais infructueux je la vois qui vient à ma rencontre. Ouf, sauvé pour cette fois. »
Un peu ridicule, je constate que les trois autres sont arrivés sans problème. Brigitte a même poussé la plaisanterie en venant d’Aix-en-Provence à vélo, et c’est concomitamment que nous nous arrêtons devant le portail du nid d’aigle d’Hélène. Soirée de retrouvailles pour certains et de découverte pour d’autres, mais ambiance magnifique entre frénétiques du « gros baroud ». Plus les personnes sont habituées à voyager en dehors des chemins habituels et plus elles sont généralement décontractées, et puis que d’histoires incroyables elles peuvent raconter, même s’il faut un peu les torturer pour les faire parler. Hélène nous fait bien rigoler, même si sur le coup ça l’aurait plutôt fait pleurer, en nous relatant sa traversée himalayenne avec un être étrange qui se jetait sur la nourriture et ne lui en laissait même pas quelques miettes. Il paniquait à l’idée de manquer et, affamer sa compagne de route ne semblait pas le perturber. Elle finira sa traversée seule, elle est habituée. En route, elle avait sympathisé avec un couple de Hollandais qui, quelques jours plus tard, tomba sous les roues et les coups de couteau d’un djihadiste. L’homme fut tué, la femme en réchappa, Hélène, elle, en garde une vraie souffrance. Pour raison de Covid, on s’installe dans le jardin, chacun avec sa tente. Chut, je vais un peu tricher, je finirai sur un lit mais dans mon sac de couchage !
Au matin, un petit-déjeuner qui s’étire presque à l’infini. Des personnes, qui ne se connaissaient pas la veille, ont tellement d’aspirations et d’expériences communes qu’elles ont l’impression de toujours s’être connues. Mais vers les 9 heures du matin c’est parti, on serait bien resté plus longtemps, voire toute la journée à discuter des chemins du monde.
Nous commençons par la terrible descente du sommet où Hélène et Bernard, son compagnon, ont élu domicile. Il nous faut faire quelques courses car les jours à venir nous ne savons pas ce que nous trouverons, comptant traverser par des pistes confidentielles cette région de France sauvage. Epicerie associative de village, désinfectant à l’entrée et masque obligatoire, je dégaine le mien. Nous ne trouvons pas grand-chose. A la sortie du village de Mialet, une petite boutique de camping nous permet d’acheter du pain en complément. Mais nous ne nous faisons pas de souci, ayant chacun dans les sacoches du riz et des pâtes, de quoi tenir plusieurs jours. Pour ma part, avec un kilo de riz et de pâtes j’ai de quoi assurer pour 4 durant 48 heures.

Et nous voilà lancés. Premier objectif, le col d’Uglas qui culmine à 539 mètres. Certes ce n’est pas l’Abra del Acay, le plus haut col carrossable des Andes et ses 4972 mètres, mais c’est le même bonheur de la liberté en étant bien accompagné. Bien évidemment, mes trois camarades me laissent sur place, mais bon je ne m’en fais pas, sachant qu’ils ont tant de choses à se raconter en m’attendant. Du col, nous partons sur des pistes mal pavées à travers les grosses bosses et les forêts des Cévennes et nous rejoindrons en milieu d’après-midi le village du Collet-de-Dèze sur le Gardon. Par moments, nous avons l’impression de monter dans les cieux, quelques poussages de vélo agrémentent la journée. Je vois parfois mes camarades devant moi se découper directement sur le ciel, dans des pentes à plus de 15%, comme s’ils se trouvaient sur une rampe de lancement pour quelque voyage improbable. Bien évidemment, cela nous rappelle à tous les grands déserts, le Gobi ou l’Atacama, et les éclats de rire augmentent au rythme du pourcentage de la pente.
Arrivée au village précité, arrêt au bistrot, j’en profite pour prendre le permis de pêche du département de la Lozère pour la première catégorie, c’est-à-dire pour les rivières à salmonidés, département dans lequel nous allons passer et repasser. La réglementation en matière de pêche en France est quelque chose d’inextricable, mais il y a de multiples raisons dont certaines bien valables, mais je ne m’aventurerai pas à vous les expliquer, il y faudrait tout un livre.
La bière est bonne, on la multiplie par deux, rien de tel après avoir ingurgité des litres d’eau tiède toute la journée. De plus elle a un effet diurétique du meilleur résultat pour le corps après une journée d’efforts somme toutes conséquents, en tout cas pour moi. Certes, la distance n’est pas énorme en ce premier jour, 47 kilomètres et 1025 mètres de dénivelé, mais cependant beaucoup de pistes en partie parcourues en poussant les vélos. Nous avons même eu droit à un tronçon emporté par des intempéries réputées très violentes, les fameux épisodes cévenols. Une charmante jeune femme habitant une ferme isolée au milieu, plutôt au sommet de nulle part, nous a remis sur le bon chemin.
Nous rejoignons le camping le long du Gardon, quasi-désert, une seule tente, un Américain vivant en Espagne qui, voyant la tournure du Covid rôdant, a décidé depuis un mois d’attendre la suite des événements ici en Lozère, qui a été très peu touchée par ce fléau, un mort répertorié. La patronne est sympathique et très prolixe sur sa région, tout à mon bonheur. Elle est originaire de pas très loin, d’un coin où nous allons passer et que je connais depuis longtemps, le causse Méjean, plateau d’altitude qui me rappelle par ses lumières et ses grands ciels les plateaux boliviens. Oui, je maintiens et les plateaux boliviens je m’y suis baladé à vélo à plusieurs reprises !
Sitôt installé, je me précipite à la pêche avec mon fouet à mouche, à quelques mètres de nos tentes. Patricia et Brigitte comptent manger de la truite ce soir, mais si je connais bien mes rivières vosgiennes, celles de la Lozère sont une découverte pour moi, et elles seront déçues de devoir se contenter d’une grosse platée de riz, très bonne cependant.
Nous passons une excellente nuit et partons relativement tard. Nous allons nous installer dans une petite routine qui me va bien, vu mon entraînement. Aujourd’hui, il s’agit d’aller le plus haut possible, à la pointe est du mont Lozère et d’y bivouaquer. Trouver notre route confidentielle qui se faufile sur les hauteurs du village n’est pas facile, nos différents tâtonnements nous permettent de visiter ce beau village tout en pente.
Après une matinée par une petite route du bout du monde, nous faisons halte à Génolhac, village tranquille. Nous nous laissons tenter par le restaurant avant d’entamer la montée du mont Lozère, sur 968 mètres de dénivelé pour 15 kilomètres. Pour moi, ce sera une première au restaurant depuis le confinement. Nous sommes les seuls dans la salle, quelques personnes sont en terrasse. Repas créole, très bon, de quoi nous mettre en forme pour un après-midi qui s’annonce « pentu ». Le problème de l’eau se pose. Remplissons-nous les deux bâches de 6 litres maintenant ou plus tard ? Je penche pour maintenant, Brigitte beaucoup plus cool, pour plus tard, ayant bon espoir de trouver une source plus haut. On prend 4 litres par bâche, plus les deux litres que nous avons chacun, cela nous permettra de bivouaquer. Brigitte avait raison, non seulement on va faire le complément dans un ruisseau beaucoup plus haut mais, une fois près du col de Pré de la dame à 1474 mètres, une magnifique source nous fournit avec prodigalité toute l’eau que nous désirons.
Nous trouvons rapidement un coin idyllique pour installer notre bivouac dans des conditions atmosphériques que je qualifie d’idéales. Partir avec des personnes rompues aux longs voyages est un vrai bonheur, tout se passe avec une simplicité déconcertante. Brigitte a un œil particulièrement exercé pour déceler de loin le point précis où s’installer et durant les 9 jours, cela va se renouveler. Pour la deuxième fois, nous sommes trois à monter nos tentes, tandis que Patricia dormira face au ciel, et là aussi, tout le voyage durant, elle ne montera pas sa tente. Notre étape, si elle a été courte en kilomètres, seulement 38, le dénivelé lui a été assez conséquent, 1560 mètres.

De nouveau une superbe nuit, de plus peu de condensation et sur notre versant est, le soleil nous touche rapidement. Encore une bonne excuse pour traîner un peu une fois de plus et ne démarrer que vers les 9 heures. Très rapidement, nous rejoignons la piste du versant nord du mont Lozère que nous comptons suivre jusqu’au col Finiels. Son début est particulièrement raide, sur un chemin jonché de gros cailloux, petite séance de poussage obligatoire sur un kilomètre. Nous arrivons à une magnifique cabane-refuge perchée en dessous de la crête. Nous parcourons le livre d’or, manifestement des randonneurs venant de tous les coins d’Europe au moins y ont laissé un petit mot. Je m’empresse d’en faire autant. Malgré tout l’agrément du lieu, il n’est pas question d’y passer la nuit, il n’est que 10 heures du matin.

Nous suivons cette piste d’altitude sur une dizaine de kilomètres. Nous y croisons des Vététistes, et discutons longuement avec un groupe. Le temps est couvert et il fait frisquet dès que nous nous arrêtons. Les sources du Tarn sont indiquées. Posant nos vélos, nous les rejoignons en quelques centaines de mètres. Pas une goutte d’eau, plutôt un vaste bassin au flanc de la crête qui sert de réceptacle. Plus précisément, il s’agit de l’un des différents lieux répertoriés comme source de la rivière. Toute la cime est sans doute en elle-même le lieu d’alimentation. Le col Finiels arrive presque trop vite, nous y retrouvons le goudron.

De là, l’itinéraire conduit au village de Pont-de-Montvert, célèbre du fait de la révolte des camisards, lorsque Louis XIV révoqua en 1685 l’édit de Nantes, qui avait été mis en vigueur par François Ier. L’un des chefs de cette révolte Pierre Laporte, est originaire du village d’Hélène, Mialet, point de départ et d’arrivée de notre petite aventure. Mais le principal chef camisard s’appelait Jean Cavalier et sa vie est digne d’un roman d’aventure à rebondissements car contrairement à Pierre Laporte, il ne mourra pas les armes à la main.
Cette pente est magnifique et très surprenante. D’immenses constructions rocheuses naturelles se dévoilent au détour des virages, des amoncellements ruiniformes ou d’énormes galets morainiques, parfois empilés en des arrangements prêts à durer encore des millénaires. En cours de descente nous décidons de piquer niquer dans ce décor grandiose. La vue porte au sud sur la montagne de Bougès, l’éminence que nous avons l’intention de traverser par sa crête qui se dirige vers l’ouest jusqu’à Florac. Puis nous nous laissons emporter jusqu’au village où André renvoie par la poste 6 kilos de bagages. Les Cévennes, toutes sauvages qu’elles soient, ne sont pas le désert de l’Atacama, destination de notre dernière grande équipée à vélo. Près du pont central, un bistrot nous ouvre les bras et nous y passons un bon moment. Le Tarn, tout au fond de sa gorge, donne un véritable cachet à la commune. Plusieurs terrasses, des touristes pas très nombreux, des tables qui ne respectent pas l’espacement préconisé par les autorités sanitaires. Certains portent le masque, d’autres non. Sensation une fois encore étrange. Tant que nous nous trouvons seuls, au milieu de nulle part, le covid nous n’y pensons pas trop, mais dès que nous nous retrouvons rapprochés de nos congénères, il se rappelle à notre bon souvenir.
C’est l’heure de partir. Malgré deux Grimbergen je me sens une frite d’enfer pour partir à l’assaut de cette fameuse montagne de Bougès. Bien évidemment, mes trois acolytes disparaissent et je vous assure les Grimbergen n’y sont pour rien. Mais quand on a dépassé les bornes, il n’y a plus de limites. Donc je ne boude pas mon plaisir en remontant le petit vallon qui se dirige vers la crête, et je m’arrête pour traquer du regard les truites dès que je décèle un endroit favorable à leur positionnement. Avec un immense plaisir bien qu’elles soient très mimétiques, en lisant les veines d’eau je les vois, quel bonheur, mais je ne vais quand même pas sortir ma canne !
Une fois au sommet, une piste de toute beauté nous emmène presque jusqu’à Florac en partie à travers forêt et aussi par des zones aérées qui nous permettent les plus beaux points de vue sur cette région étonnante de France. Des villages à l’architecture montagnarde se cachent dans les replis du mont Lozère. La vue porte très loin par-delà vers le nord. Devant nous le Tarn déroule sa gorge qui coupe comme un coup de couteau les causses Méjean et Sauveterre. Derrière ce dernier des monts apparaissent dans un lointain un peu diffus, l’Aubrac et quelques pointements plus saillants nous font penser aux premiers volcans d’Auvergne. De Clermont-Ferrand à Nîmes s’étale un immense carré magique, où la géologie a subi tous les bouleversements. Calcaire et granit s’entremêlent, pour la plus grande joie du spectateur. La terre a craché de ses entrailles ces formations cristallines et la mer a fait monter d’immenses plateaux calcaires, qui se sont constitués au cours de millions d’années par sédimentation de carapaces d’animaux marins. Le tout nous offre un panorama magnifique, propice aux plus belles bambées à vélo. Ce spectacle allume en moi le clignotant revue 200.
Dans le dernier numéro de ma revue fétiche, on peut lire, que dis-je savourer, un très bel article sur ce coin de France des causses, qui s’intitule ’’là-haut’’. L’auteur, Alain Puiseux, est spécialiste de la formule qui frappe, et il en saupoudre à l’envi le texte tout au long de son récit, et cela pour le plus grand bonheur du lecteur. J’en cite pêle-mêle quelques-unes : je me suis demandé si la beauté existe en elle-même ou dans les yeux de qui la contemple; si vous avez une carte routière du Massif Central, vous pouvez y lire les rivages des îles la magie marche toujours là-haut c’était juste après le confinement. L’air était plus pur, plus transparent, le ciel sans une griffure la lumière y est rapide et changeante au-dessus d’une houle d’herbe; je suis tombé amoureux par inadvertance d’une isohypse et des plateaux d’altitude.
Remarque au passage, je ne connaissais pas le mot isohypse, cependant tellement parlant lorsqu’on évoque le Méjean, le Sauveterre ou tout autre causse. Voilà, ces différentes citations extraites du texte « là-haut » fournissent une bonne introduction à l’apparition des différents causses que nous allons traverser et escalader dans les jours à venir.
Après quelques moments de rêverie, les yeux errant jusqu’à l’infini, et aussi quelques erreurs d’embranchement ou tout au moins quelques hésitations, une magnifique pente abrupte au chemin cabossé nous mène pratiquement à l’entrée de Florac. Nous sommes à la frontière des zones granitiques sombres du mont Lozère et des falaises calcaires lumineuses du causse Méjean. Le courage nous manque pour repartir à l’attaque des zones de solitude à cette heure tardive et nous optons pour le camping municipal. Il vient juste d’ouvrir. L’employée est partie la veille de Bretagne et a roulé toute la nuit. Depuis quelques heures elle se dépêche d’effectuer les premiers nettoyages de mise en service. Presque personne, un motard avec une magnifique moto-guzzi, un couple en camping-car et nous quatre.
Toute la place pour nous installer, que l’embarras du choix, nous optons pour disséminer nos tentes à portée du bruit de la rivière, le Tarnon qui rejoint le Tarn un peu plus loin. Sans surprise, nouvelle séance de pêche, et bien que cette rivière m’inspire plus que le Gardon au Collet-de-Dèze, mes camarades n’auront à nouveau pas de truites sur feu de bois. Nous décidons d’aller au restaurant. Le centre-ville est assez animé, la place centrale accueille une terrasse de restaurant aux tables relativement espacées. Les clients y sont nombreux et nous passons une soirée agréable dans une ambiance méridionale. J’avais déjà remarqué, au cours des différentes occasions où ma voiture, mon vélo ou mes jambes m’ont conduit dans ce village au nom chantant, que les habitants avaient déjà l’accent du midi.
Ce matin du quatrième jour, nous partons à l’assaut de mon causse préféré, le Méjean. Dans un premier temps, nous allons seulement en mordre le coin nord-est. Une belle montée par la D16 va nous permettre de dominer la vallée du Tarn et d’étendre notre vision aux montagnes que nous avons traversées la veille là-bas, à l’est et au nord.
L’arrivée sur le plateau est toujours aussi surprenante. On passe sans transition de zones de vallées à l’habitat assez dense et au tourisme très visible, à des déserts d’altitude où l’herbe sauvage ou de prairie prend le contrôle, les hommes semblant fuir ses hauteurs hostiles à la vie. C’est en partie ce qui donne un charme fou à ces plateaux. Comme l’écrit Alain Puiseux de ces coins perchés jusqu’au mont Gerbier-de-Jonc, « Se plaindre ici, plus qu’ailleurs, de l’eau ou du froid, c’est n’avoir rien compris », me fait comprendre pourquoi le soir les vacanciers désertent ces lieux pour aller rechercher la quiétude plus bas le long des rivières.
Après une première prise de contact, Brigitte et Patricia ne connaissant pas ces coins bénis des Dieux, nous bifurquons vers Montbrun et effectuons une plongée en direction du Tarn. La différence de chaleur entre plateau et fond de vallée est très nette. Nous marquons l’arrêt au bord du Tarn, dans un coin charmant, le temps d’un pique-nique. Eau verte et grande falaise claire éclatante de soleil. La flemme nous gagnant et subjugués par la beauté des lieux, notre envie de continuer est annihilée. Nous envisageons de passer l’après-midi et la nuit à venir à contempler ce méandre de rivière aux eaux turquoise, surplombées d’une falaise sculptée au cours des millénaires par les flots qui, parfois, se montrent redoutables, sauvages et tumultueux. Cette halte précoce n’est pas vraiment du goût de la trépignante Patricia, mais elle se plie de bon gré à l’avis de l’écrasante majorité. Mais, à peine commençons nous à prendre nos aises que, débouche sur notre coin perdu une famille avec force gamins et chiens. Ces derniers se précipitent sur le gros pain que nous avons acheté ce matin à Florac et, sans une intervention prompte de Patricia, nous pouvions lui dire adieu. Elle se réjouit, car bien évidemment nous abandonnons notre projet de farniente et décidons de reprendre notre route. Dommage, j’avais repéré quelques belles truites en chasse qui n’attendaient que la plus élégante de mes mouches !
En ce début d’après-midi, la chaleur est terrible. Entre ces plateaux calcaires, il y a comme un effet de four et mon thermomètre indique 40 degrés. Quelques kilomètres en direction de Sainte-Enimie nous offrent l’occasion de magnifiques points de vue sur la rivière, et tout particulièrement sur le village de Castelbouc. Cet ensemble de maisons caussenardes, accrochées à la paroi et semblant prêtes à plonger dans une eau aux reflets de jade, est tout simplement splendide. La légende du village rapporte qu’au temps des croisades, un jeune homme seul était resté en ce lieu. Obligé de satisfaire toutes les épouses dont les maris combattaient les infidèles, il en serait mort d’épuisement. Depuis cette époque, un diable sous forme de bouc survole régulièrement la cité.

A Prades, changement radical, nous avons l’intention de monter directement sur le causse Sauveterre par un chemin non carrossable qui s’insinue entre des falaises. Il présente des pentes ne permettant pas de rester sur le vélo, sauf peut-être pour Patricia dont les cuisses et les mollets sont constitués de l’acier le plus trempé.
Là encore la question de l’eau se pose. Devons-nous remplir les bâches en prévision du bivouac sur le causse ? Sur ces plateaux calcaires, il n’est pas question d’en trouver la moindre trace. Même Brigitte qui sent les sources à 50 lieues, y est favorable. Pourtant nous regardons dubitatifs le pan de montagne qui nous domine et à travers lequel nous allons partir. A la fontaine de ce petit village, profitant d’une ombre bienfaitrice, nous faisons donc provision du liquide précieux. J’en profite pour m’asperger copieusement le visage. Nous jouissons des derniers instants de température clémente, ou presque, avant d’affronter cette piste escarpée tournée au sud, soumise à l’infernale chaleur du soleil vertical.
C’est parti pour un court tronçon goudronné où même Patricia pousse dans cette ligne droite qui se jette sans ambages dans la pente. Après 400 mètres le chemin s’échappe à gauche, tout d’abord pas très raide et roulant. Il va perdre très rapidement ces deux qualités. La pente s’accentue franchement et le sol devient instable, au point que, même en poussant le vélo, la roue avant ripe en permanence de droite et de gauche. Immanquablement, je me retrouve très vite seul, André et Brigitte ayant pris un rythme de montée supérieur au mien, sans parler de Patricia qui s’est littéralement envolée. Je n’ai même pas eu le temps de voir si elle avait disparu en courant, son vélo à la main, ou bien en appuyant comme une forcenée sur les pédales dans cette caillasse fuyante. Mais où va-telle chercher une telle force, une telle énergie, une telle envie de s’arracher ? Sans vouloir être un mufle, certes elle est un peu plus jeune que moi, mais elle n’a plus trente ans !
J’adopte la posture ‘’Atacama’’, le comptage de mes doubles-pas. Selon la pente et la consistance du sol, j’en effectue de 20 à 50 avant de marquer l’arrêt. Il semblerait, à vue de nez que cette piste infernale fasse de l’ordre de 6 kilomètres. Il n’y a qu’à prendre son mal en patience. Bon seigneur, André redescend à pied pour venir me donner une petite, même une grande poussette, ce qu’il fera à plusieurs reprises. Je mets ma fierté dans ma poche et je le laisse pousser. On dira que c’est parce que j’ai l’une des bâches à eau de 6 litres sur le porte-bagages ! Mais au fait, Brigitte a la même et elle caracole comme une gazelle dans la pierraille surchauffée. Mais pour elle, c’est tout à fait normal. Elle est habituée aux traversées de déserts en solo, parfois sans même avoir de quoi faire chauffer ses aliments, n’ayant qu’un réchaud à bois. Dans les coins bien désertiques, on peut avoir la surprise de ne pas trouver la moindre brindille. Mais bon, elle continue son périple en croquant ses aliments sans cuisson, trouvant cela presque très bon !
On doit être un peu maso car, dans ce type de situations de chaleur, de caillasses, de sol qui se défile et de pentes très raides, nous éprouvons tous un grand plaisir, je dirais même un grand bonheur d’être là. L’effort, la sueur, la fatigue, mais surtout le corps et l’esprit qui vivent… Nos pensées sont retournées dans les hautes altitudes du Sud Lipez, entre 4 et 5000 mètres, nostalgie des grandes bambées qui nous arrachent à notre quotidien. Le dépaysement et la défonce. Je me dis cependant qu’il n’est pas besoin de faire des milliers de kilomètres pour connaître les bonheurs de l’aventure, la France nous fournit très bien la matière. Certes, ce n’est pas à la même échelle, quand on sait que le prochain point de ravitaillement en eau est à 140 kilomètres et que l’on est en train de pousser son vélo dans le sable. Toutefois ne pas savoir si cela va durer un kilomètre ou trois jours, cette incertitude introduit une dimension supplémentaire, la trouille.
Mais nous montons, les maisons de Prades deviennent minuscules. Le Tarn se dessine dans tous ses méandres en prenant des teintes profondes qui tirent sur l’émeraude. Un signe de Patricia, elle nous attend. Je ne suis pas certain qu’elle avait réalisé que cette piste était difficile pour la multitude de raisons que j’ai données. Nous la rejoignons. Elle va prendre la place d’André et me fournir une petite poussette sur une centaine de mètres. J’ai l’impression d’être aux commandes d’un Rafale en ayant mis la post-combustion. Incroyable, je n’ai pas une Terrienne derrière mon porte-bagages mais un être bionique venu du fond du cosmos qui me propulse littéralement !!!
Mais tout a une fin, surtout le meilleur, les deux derniers virages en épingle me dominent. Changement brutal de configuration du terrain, la déclivité s’atténue, le chemin quitte le flanc de la montagne et s’enfonce dans des fourrés, laissant juste l’espace pour y faire passer le guidon. Je remonte quelques dizaines de mètres sur mon vélo, mais c’est à pied que je rejoins une minuscule route qui longe le bord du causse. Nous nous regroupons, nous venons de déboucher au niveau d’un petit bourg qui se nomme ‘’Nissoulogres’’. Nous n’allons pas tarder à apprendre la signification de cette appellation étrange. « Jamais sous l’orage ». En effet, il rôde tout autour, tapi, sautant d’un causse à l’autre mais épargnant pratiquement toujours cette pointe du plateau du Sauveterre qui domine la petite cité de Prades.

Il ne nous reste pour nous quatre qu’une quinzaine de litres d’eau, ce qui n’est pas énorme pour tenir un bivouac après un tel effort et, il sera sans doute difficile de s’en procurer avant demain midi. Un homme se trouve dans la première maison à quelques mètres du chemin par lequel nous arrivons depuis la vallée. Je lui demande s’il peut nous ravitailler. Non seulement il y est favorable, mais il nous invite à planter nos tentes dans son jardin, où nous sommes aux premières loges pour contempler le causse Méjean qui s’étale au sud, au-delà du Tarn. Nous acceptons bien volontiers et, très vite, ce n’est plus de l’eau qu’il nous propose mais de la bière. De plus, il nous offre une douche, de toute évidence nous sommes tombés sur un 5 étoiles. Nous prendrons notre repas en commun à partir de nos réserves de pâtes. Il nous fait goûter un vin rouge de la région, ma foi de bonne facture. La discussion va s’éterniser en passant des secrets du causse Sauveterre à des considérations professionnelles. Mes camardes se foutront de moi, je suis un bavard impénitent, mais ce soir je n’arriverai pas à en placer une, notre hôte est d’une catégorie toute autre, sans doute au moins champion d’Europe. Le monde est petit, André et lui se trouvent des connaissances communes, ayant tous deux œuvré dans le cadre de grands travaux de la DDE, que ce soit à titre privé ou non. Je dois dire qu’en finale, j’ai un peu, même beaucoup, perdu le fil de la conversation, la bière et le vin par-dessus les kilomètres de poussage dans la caillasse et le cagnard de cet après-midi auront assez vite raison de moi.
Ce matin nous allons longer le bord du causse Sauveterre en descendant vers le sud. Notre itinéraire emprunte de petites routes et des pistes parfois pas très roulantes. Alors je ressens la fatigue consécutive au gros effort d’hier après-midi. Nous traversons le lieu-dit Dignas, puis nous arrivons à une ferme isolée et nous discutons un bon bout de temps avec Christian, l’habitant du lieu. La vie de paysan sur le causse n’est pas facile. Il nous parle des conditions climatiques rigoureuses, des réglementations tatillonnes sur les produits en particulier laitiers, des législations de transmission d’héritage pénalisantes et autres intrusions de l’Etat, ce qui donne à penser que la vie sur ces plateaux devient impossible. Lui s’est spécialisé comme beaucoup dans le lait de brebis pour le roquefort. Ces régions reçoivent l’eau des montagnes environnantes, le Sauveterre du mont Lozère et le Méjean de l’Aigoual. On peut dire que les zones granitiques alimentent les plateaux calcaires.

A midi, nous arrivons à Laval-du-Tarn. Le pique-nique est organisé à l’abri de l’ancien four à pain, nous sortons le réchaud pour une platée de riz. Comme je l’ai toujours pensé, une halte longue le midi est en définitive un gain de temps car l’après-midi permet encore de nombreuses heures de pédalage, surtout en été.
Notre intention initiale était de continuer à longer les hauteurs dominant le Tarn. Après avoir dépassé le Pont Sublime, belvédère tout particulièrement souligné sur la carte, notre itinéraire devait nous mener au village des Vignes. Mais outre une petite fatigue résultant de la montée infernale d’hier pour moi, le temps semble vouloir se mettre à l’orage. De bonnes ou moins bonnes raisons nous poussent à rester sur le goudron et prendre la direction de Sainte-Enimie par une route toute en descente. Un délice. Différents belvédères livrent des points de vue grandioses sur la vallée et les villages qui ponctuent la rivière, là-bas tout en bas. Le cirque de Saint-Chély est particulièrement spectaculaire vu de quelques centaines de mètres au-dessus.
Passage par Sainte-Enimie, haut lieu du tourisme de la vallée du Tarn, que nous laissons derrière nous jusqu’au village de la Malène. Cette gorge est surprenante. Je l’ai parcourue à plusieurs reprises, mais il y a tant de choses à regarder. De l’architecture caussenarde aux formations géologiques que représentent ces immenses falaises calcaires et le Tarn lui-même qui prend tous les aspects entre ses zones profondes et ses parties où il court sur un lit de galets, presque à fleur d’eau.
Nous marquons l’arrêt au niveau du village de Hauterive situé de l‘autre côté du Tarn. Jusque récemment, il était approvisionné par un câble au-dessus de la rivière. Mais, par manque de financement, cet outil de ravitaillement est en panne ce qui occasionne les plus grandes difficultés à ce bourg accroché sur la rive du causse Méjean. Mais les temps ont changé. Ce village est un vestige des temps passés, maintenant révolus, où la rivière était un axe de communication. Il n’y a pas si longtemps les cours d’eau du sud-ouest étaient sillonnés par les gabarres, les poids lourds des siècles passés. Mais pouvaient-elles remonter jusque dans ces gorges profondes du haut de la vallée du Tarn ? Sur certaines rivières difficiles, où le retour n’était pas possible, les embarcations étaient vendues au prix du bois lorsqu’elles arrivaient à destination.
Une fois à la Malène, nous décidons de ne pas poursuivre jusqu’au village des Vignes. Nous nous installons au camping municipal, remarquablement situé sur une plage du Tarn, pratiquement au centre-village. Ambiance covid, je sors mon masque pour aller à l’accueil. Heureusement peu de monde, deux personnes attendent sagement dehors masque sur le nez, dont un Suisse avec un vélo électrique. Cela nous donne une bonne occasion de parler du voyage à deux roues avec assistance électrique. Notre Suisse a l’air ravi de sa machine. Peut-être que dans un temps, que j’espère le plus lointain possible, nous y viendrons. Mais tant que nos muscles fonctionnent encore assez bien, si nous pouvons éviter, nous nous attacherons à le faire.
Devant nos tentes, la rivière miroite mais nous ne sommes plus dans l’ambiance causses, les kayakistes sont nombreux, en particuliers les Allemands. J’en ressens comme une dissonance. Une fois encore, nous constatons la différence d’ambiance entre les plateaux et le bord de la rivière. Sur cette belle eau qui court je fais une tentative à la mouche. Je fais monter deux beaux poissons, sans doute des truites, qui dans un jaillissement attaquent ma mouche. Mais les deux fois, le ferrage ne donne rien si ce n’est une belle poussée d’adrénaline. Le point commun entre le voyage à vélo et la pêche à la mouche est évident, quand on y goûte, c’est foutu, on est enchaîné à vie.
Bon, si les truites ne sont pas coopératives, les bières le seront plus et nous partons au centre du village. Cette petite cité, rassemblée au pied de part et d’autre d’une immense falaise qui avance sa proue acérée presque jusqu’à la grève, a vraiment belle allure. Après quelques bières, mais pas tant que l’on pourrait le penser, deux mois de confinement entraînent un défoulement et une envie de terrasse de café, nous faisons des courses. Et là que vois-je ? Un ORNI bikepacker qui s’arrête devant moi. Je me précipite et engage de manière autoritaire la conversation. Il semble un peu fatigué. Il est lancé dans un tour express de 1200 kilomètres depuis le Gers en passant par Chamonix. Wahou trop bien ! Il est irlandais et vit du côté d’Astaffort, la ville de Francis Cabrel.
Vu l’heure, je n’ai pas l’intention d’interrompre le dialogue. Je lui propose immédiatement de l’inviter au restaurant. Il me demande un court délai de réflexion. Il s’installe un peu plus loin, sort une canette de bière de sa sacoche. Je le rejoins dès qu’il l’a terminée et lui demande s’il accepte l’invitation. Il serait d’accord mais son souci est tout d’abord de trouver un point de chute pour la nuit. Je le rassure, on lui fera une place parmi nos tentes. Nous allons passer une soirée de rêve avec un autre vrai fou qui arpente la planète, à fond de train, à pied ou à vélo. Il se trouve de nombreux points communs avec Patricia dans les courses les plus extravagantes et les places sur le podium. Les grandes traversées de désert en solo de Brigitte l’étonnent aussi, et lui arrachent des exclamations d’admiration. Wahou ! André et moi passons pour de doux pédaleurs mais, cependant nous trouvons un vrai terrain de discussion et d’entente. Il est irlandais, la bière, le vin et le whisky ne l’effrayent pas. J’adore ces athlètes de très haut niveau qui ne sont pas traumatisés par le régime et qui n’oublient pas leurs racines et leurs coutumes. Jimmy nous a enthousiasmés et fait rêver, même nos deux super women sont sous le charme ! Voilà ce que j’appelle voyager et faire une belle rencontre. De retour au camping, la nuit est bien établie, je ne sais plus si Brigitte ou Patricia a vu un, même deux gros poissons. Manu militari, on me met une lampe de poche sous le nez et l’injonction sans discussion possible m’est donnée de remonter ma canne à mouche. Déjà de jour, en possession de tous ses moyens, manier un fouet à mouche nécessite une bonne expérience, alors de nuit, entre les arbres après avoir essayé de tenir tête à un Ecossais dans un autre sport mondialement répandu, il ne s’agissait plus du Tarn, mais de la Bérézina ! Dans la nuit, de nombreux éclats de rire ont résonné !
Le lendemain matin, dès 6 heures je tente de prendre ma revanche sur les truites, en fouettant cette belle eau qui court et que je sens propice et prometteuse. Malheureusement je ne déclenche que deux énormes geysers. Au ferrage, il ne se passe rien non plus, juste de beaux coups d’adrénaline ! La truite reste un mystère, elle monte elle prend ou non votre mouche. Cela dépend de quoi ? je n’en sais fichtre rien. Au dernier moment voit-elle le subterfuge et, étant lancée, elle jaillit du fait de l’inertie mais ne gobe pas ? Mystère total. Comme dans de nombreux domaines, les grands spécialistes sont américains. Leurs connaissances ne s'arrêtent pas uniquement aux super technologies, mais ils sont représentés entre autres aussi par les hommes de la terre et des rivières. Un des plus célèbres d’entre eux dans le domaine de la pêche, le Jim Harrison de la truite, John D. Voelker nous dit que plus il pratique moins il est capable d’expliquer le comportement du roi des salmonidés, la truite.
Nous regardons partir notre Ecossais et, retournons à notre train-train. Nous partons à l’assaut du causse Méjean vers les 9 heures. Nous savourons la montée de la Malène. Les points de vue sur la bourgade écrasée par son rocher nous surprennent par des panoramas différents à chaque virage. Une fois sur le causse, l’ambiance farouche et déserte reprend le dessus. Le contraste est saisissant. Sur le causse Méjean, j’ai toujours l’impression d’être à l’autre bout du monde.

Ce plateau situé en moyenne à mille mètres d’altitude, couvre un peu plus de 300 kilomètres carrés et fait partie de l’ensemble plus vaste du parc national des Cévennes qui lui s’étend sur 2000. Le causse Méjean a été, comme l’ensemble de la région, remodelé par l’homme. L’élevage de la brebis est une activité importante afin de fournir le lait pour la fabrication du roquefort. La partie ouest recèle quelques forêts de pins sylvestres, la partie est, quant à elle, est essentiellement recouverte de prairies à l’herbe sèche, qui rappelle une steppe en zone vallonnée.
Nous allons le franchir d’ouest en est puis, en diagonale vers la pointe sud-ouest jusqu’au village de Saint-Pierre-des-Tripiers. Quelques exploitations agricoles ponctuent de loin en loin le paysage. Nous faisons une halte à l’aéroport, où nous demandons de l’eau. Cela nous donne l’occasion de discuter avec les amoureux du planeur, les vélivolistes. Que de patience il leur faut, quand, parfois des jours durant les conditions pour pratiquer leur sport ne sont pas favorables, comme en ce moment, et il s’en suit d’immenses journées d’attente. Je n’aurais pas la patience d’attendre.
Dans la partie est, la vue porte très loin sur ces pâturages rabougris. Il règne comme un petit air de Mongolie au sol et de Bolivie lorsque quelques nuages viennent s’accrocher au ciel. Halte de midi au Villaret, lieu où l’on élève le cheval de Przewalski. Cela me rappelle mon voyage en Mongolie, où nous avions traversé l’immense parc où ce fameux cheval avait été réimplanté en provenance de France.

Nous nous installons dans l’ancien four communal à l’abri d’un soleil ardent. Que le lieu est calme, malgré sa réputation. Je suis toujours frappé de rencontrer si peu de monde dans un coin si caractéristique. Pourquoi ? De toute évidence, l’austérité de ces grands espaces n’est pas propice à attirer les âmes. L’intérêt de ces endroits ne réside-t-il pas dans la réflexion personnelle qu’ils déclenchent du fait de la quiétude qui s’en dégage ? Le vélo est le vecteur de voyage idéal pour prendre le temps de se laisser emporter par l’ambiance du plateau. La lenteur, l’effort physique et l’exposition aux variations du climat permettent l’osmose avec la nature et l’esprit de la Planète.
Après une pause bien sympathique au milieu de ce que je qualifie de nulle part, nous mettons le cap sur Saint-Pierre-des-Tripiers, petit village au fin fond du causse, à l’architecture remarquable, tout particulièrement son église qui semble se dresser dans ce bout du monde depuis les siècles des siècles. Juste en face de l’édifice religieux, une fontaine nous fournit une belle eau fraîche. C’est exactement ce dont nous avons besoin afin de nous préparer à un bivouac tout confort. Mais justement où nous installer ? Le village semble désert, des quelques maisons environnantes ne nous parvient aucun bruit et nous ne décelons pas le moindre mouvement. Une pelouse devant le clocher me paraît un endroit idéal, de plus elle est protégée par un mur qui semble dater de la création du monde et prêt à affronter l’éternité.
Mais notre présence attire l’attention depuis la maison en face de l’église qui nous domine de quelques mètres. Au sommet d’un escalier de pierre, un homme apparaît, une canette de bière à la main. Je m’adresse à lui pour lui demander s’il est possible de camper sur le petit terrain devant l’église. Il répond sur un ton surpris par la question, sans doute n’en est-il pas à sa première bière. D’une intonation, qui de toute évidence ne plaira ni à Brigitte ni à Patricia, il me rétorque que ce n’est pas dans la tradition française de dormir devant une église. Ah bon, étant catholique croyant comme l’est aussi Patricia, cela ne nous choque pas d’autant que nous avons tous l’habitude de l’accueil dans les temples en Asie du Sud-Est.
Ouille ! pourquoi me suis-je adressé à cet homme, qui de sa vie sans doute n’a jamais imaginé une seule fois dormir dehors. Nos deux baroudeuses démarrent. Je réalise, peut-être suis-je en train de découvrir le fil à couper le beurre ou l’eau chaude, mais cette évidence me frappe, des femmes d’exception ont très généralement des caractères qui vont avec cette spécificité d’exception. Patricia ouvre le bal, notre homme y voit une remarque acerbe et répond. La vitesse supérieure est enclenchée. Brigitte, la placide ‘grand-mère’, en rajoute une louche du style « mais pourquoi poser ce type de question à quelqu’un qui n’a aucune idée de ce que veut dire bivouaquer ». Fin de la discussion, elles enfourchent leur vélo et disparaissent en rigolant. André et moi restons sur le champ de bataille déserté par nos amazones. Par quelques formules de politesse mâtinées de paroles diplomatiques, nous prenons congé de notre homme encore tout surpris, sa canette toujours brandie à la main. Pourtant, ce dernier avait fini par essayer d’y mettre un peu du sien en nous conseillant, dans des explications incompréhensibles, un lieu quelque part dans les environs alors que manifestement il n’avait aucune idée sur le sujet.
A la sortie du village, les sens aux aguets, nous trouvons rapidement le lieu de chute idéal le long d’un GR ou GRP, ce qui nous donne l’autorisation de bivouaquer d’après la réglementation du Parc des Cévennes. Notre campement établi, nous revenons au cours du repas sur l’incident et, heureusement que nous sommes éloignés d’une distance proche du kilomètre de l’habitation de l’homme à la canette, car les commentaires et les éclats de rire ponctuent bruyamment la pinède où nous avons élu domicile.

Je profite de ces moments de franches rigolade pour attirer Patricia dans mes filets malgré ses réticences, afin de l’interviewer et l’enregistrer durant 45 minutes dans le cadre de mon émission mensuelle sur la radio de la Bresse « un pays vu par un cyclovoyageur ». Bien qu’ayant l’habitude des journalistes du fait de ses exceptionnelles performances sportives, trois quarts d’heure à parler lui font un peu peur. Wahou ! Ce fut un moment d’anthologie, fabuleux et en plus on a bien rigolé, et ça lui a plu puisque nous allons réitérer l’expérience deux jours plus tard. Cela me permet de monter tranquillement ma saison radiophonique 2020-2021. Je suis certain que les auditeurs vont rester scotchés ! Brigitte qui nous écoute de sa tente, sans s’en douter, ne coupera pas à l’interview également.
Pour le moment, André et moi sommes dans « les petits papiers » de nos deux cavalières de l’apocalypse. Tout va bien. André, toujours à l’élégance très aristocratique de bon goût et au flegme british est appelé par ces dames Lord Andrew, moi le latino Lucio. Pour ma part, je vais tout faire pour y rester dans les petits papiers, car on ne s’ennuie pas avec elles. Je vais de surprise en surprise. Brigitte me fait, dans un grand sourire, la confidence suivante « Luc tu vas voir ce que c’est que de voyager avec des sauvages ». Et effectivement, au cours de ces 9 jours, que de leçons dans tous les domaines, physiques, mollets et cuisses de titane, moral au beau fixe quelles que soient les difficultés, matériel en sachant être hyper-minimaliste, adaptation à la nature, instinctivement ou presque, se poser pour la nuit, vaisselle avec une poignée de sable au bord d’une rivière ou une poignée d’herbes sèches sur les plateaux. Je les imagine toutes les deux dans une vie antérieure, au fond du bush australien, Aborigènes sachant décoder un des endroits les plus hostiles de la Planète et s’y adapter pour y vivre en autonomie.
L’endroit où nous nous trouvons est tout simplement l’un de ceux que je préfère parmi tous ceux que j’ai vus de par le monde, aussi bien professionnellement ou au cours de mes voyages lors de mes vacances ou de ma retraite. Il s’agit du coin sud-ouest du Causse Méjean dominant le village du Rozier où se rejoignent le Tarn et la Jonte. C’est là que se trouve le fameux chemin du vertige ou balcon de la Jonte que j’ai déjà parcouru à deux reprises, mais hélas je ne pourrai pas le faire découvrir à mes compagnons, nous avons un créneau de temps restreint.
Au matin nous dévalons du plateau par une gorge abrupte que Brigitte a dénommée route Danièle, du prénomde mon épouse. En effet, il y a quelques années nous l’avions prise en voiture et la terreur l’avait envahie. Minuscule route au-dessus d’un précipice sans parapet. Dans une épingle à forte déclivité il avait fallu faire des manœuvres, au-dessus d’un vide conséquent, pour pouvoir négocier un virage pour le moins très sévère. Elle en garde encore et pour toujours des émotions pour le moins fortes, pas besoin des rutas del loco d’Amérique du Sud. Mais nous allons être déçus, la chaussée a été élargie et un muret installé dans les endroits les plus vertigineux.
Cependant, le spectacle est toujours époustouflant, et les vautours participent au spectacle. Nous prenons tout notre temps en profitant des nombreux points de vue avant de rejoindre le fond de la vallée de la Jonte. Au-dessus de nous de nombreuses parois verticales, voire surplombantes, nous obligent à garder le nez au ciel, paradis des grimpeurs.
Je me souviens être allé observer les vautours sur leur aire d’envol. Embusqué dans des genévriers un peu désaxés à l’entrée de leur zone de poser, je les regardais arriver comme des avions en courte finale. Ils étaient majestueux dans la puissance de leur vol. Leurs serres, grosses comme des mains humaines, prêtes à l’impact de l’atterrissage, me faisaient penser aux roues d’un avion. Soudain, l’un d’eux m’ayant repéré, dévia de son axe d’approche et convergea sur ma position. Nos regards se croisèrent quelques secondes, impression étrange que de se sentir proie. Alors, il réalisa que j’étais bien vivant, pas encore une bonne charogne prête à être dégustée. Il modifia sa trajectoire et atterrit au point initialement prévu. Quelle belle expérience ce fut, que d’émotion j’en éprouve encore bien des années plus tard.
Une fois le long de la Jonte, nous rejoignons rapidement le village du Rozier, où nous prenons notre temps en allant savourer un chocolat chaud accompagné d’un croissant, confortablement assis sur une terrasse dominant la rivière. Après avoir effectué quelques courses nous partons à l’assaut du causse Noir. Il porte ce nom du fait des forêts de pins noirs qui le parsèment. Nous le traversons vers l’est jusqu’à Lanuéjols. L’église ruinée de Saint-Jean-des-Balmes nous invite pour la pause de midi. Au cours de sa longue histoire, elle a eu à souffrir de nombreuses dégradations, les routiers dans les années 1376-1379, ces bandes qui pillaient en passant, des guerres de religion lors du passage des protestants en 1568, et puis finalement de la désertification qui entraîna l’abandon des paroissiens. Le lieu dégage une grande sérénité, l’autel de pierre massive se retrouve à l’air libre, la voûte ayant disparu. On accède au clocher par un escalier restauré dont l’usure des marches, en creux, rappelle la longue histoire du lieu, ainsi que le long cortège d’êtres humains qui y sont montés.
A Lanuéjols, nous trouvons un village quasiment désert. Seuls, deux Allemands à moto sur la place centrale, nous échangeons quelques mots. Nous partons plein sud, direction la Dourbie, rivière qui sépare le causse Noir du causse du Larzac. J’aurais bien aimé continuer en faisant le tour de ce causse, mais voilà notre petite balade ne prévoit que 9 jours, ayant tous nos impératifs. Ce causse du Larzac, en d’autres occasions, je l’ai aussi arpenté dans tous les sens, que ce soit en voiture, à pied ou à vélo. Il recèle des merveilles en matière architecturale comme le village de la Couvertoirade, haut lieu des Templiers, ou en matière de sites naturels, en particulier d’énormes avens, à se prendre pour Indiana Jones. Malheureusement, ce ne sera pas notre route. Nous effectuons nos derniers tours de roues sur ces causses que nous avons parcourus durant quelques jours. Nous y avons croisé de rares lavognes, ces petites mares circulaires autour desquelles les troupeaux viennent s’abreuver. En zone calcaire, les points d’eau sont très rares et ceux-là sont entretenus par l’homme en rendant le fond étanche. Ces petites mares étaient sans doute vitales dans des temps pas si lointains. Mais maintenant, les causses Méjean et Noir sont alimentés par des canalisations venant du mont Aigoual, comme le Sauveterre est lui ravitaillé par le mont Lozère.
Après avoir rejoint la Dourbie, nous suivons sa vallée sur quelques kilomètres puis remontons son affluent, le Trèvezel. Le très pittoresque village de Cantobres se découpe devant nous, sur son rocher à la crête hérissée. Nous ne pouvons manquer d’aller le visiter. Charmant, de plus un bistrot vient de rouvrir suite à la pandémie. Nous y faisons une halte agréable. De toute évidence, le tourisme n’est pas encore reparti. Dans ces lieux en temps normal, on doit y croiser des foules. Or là, personne ou presque, seul un couple attablé et, un peu plus tard, quatre habitants du village viendront y prendre place. L’heure tourne, il est temps de se préoccuper de notre point de chute dans ce vallon escarpé. Après avoir roulé quelques kilomètres nous rencontrons une zone plate en partie encombrée de vieux engins agricoles. Cela nous semble très bien pour nous installer à quatre. Deux cents mètres plus haut une ferme, par sécurité Brigitte et André y montent demander l’autorisation de nous installer. L’homme qui leur répond leur explique que le terrain est à son frère et que s’il se rendait compte de notre présence, il appellerait la gendarmerie pour nous faire décamper. Donc dans ces conditions, frère ou pas, notre champ de ferraille ne nous accueillera pas cette nuit. L’homme leur a conseillé d’aller quelques kilomètres plus loin au camping de Trêves. Ce que nous ferons.
Nous arrivons juste à temps à l’accueil, l’employé municipal allait le fermer, ce qui ne nous aurait pas empêché de nous installer. Là encore, la saison n’a toujours pas commencé. Nous sommes tout simplement les premiers clients cette année et nous disposons du camping entier pour nous quatre. Le lieu est agréable, le long d’un séduisant cours d’eau, où je vais voir quelques belles truites. Mais nous ne sommes plus dans la Lozère, étant revenus dans le Gard, et je n’ai pas le droit de pêcher. Mes scrupules à m’astreindre à respecter la réglementation font éclater de rire Brigitte et Patricia. Au fond d’elles-mêmes que d’espoirs déçus depuis une semaine alors qu’elles rêvaient d’une truite frétillante sur feu de bois. Du coup, Brigitte me raconte sa traversée de l’Alaska à vélo, bien évidemment en solitaire. Là, elle était tombée sur un mec, un vrai, non seulement il lui avait pêché des saumons énormes, mais il l’avait initiée à la pêche à la mouche et elle s’était retrouvée avec un bulldozer survitaminé au bout de la ligne. Il est clair que je ne tiens pas la comparaison.
Au matin, je me lève tôt et pars à la recherche d’une boulangerie afin de faire une agréable surprise à mes camarades pour le petit-déjeuner. Mais dans ce village, somme toute assez grand, pas âme qui vive, j’en fais pourtant deux fois le tour. Désertification est un mot qui a toute sa signification en France. En retournant au camping je longe la rivière, quelques belles truites me narguent dont une de taille plus que respectable.
Aujourd’hui, cap sur le mont Aigoual. Par une route confidentielle qui s’élève rapidement, la D 710, nous rejoignons le village de Camprieu. Le mont Aigoual n’est plus qu’à 15 kilomètres. Nous prenons tout notre temps et allons au restaurant, là les clients sont assez nombreux et les mesures de distanciation sont respectées. Nous le prenons tellement notre temps que j’en profite pour faire l’interview de 45 minutes de Brigitte pour mon émission de radio mensuelle « un pays vu par un cyclovoyageur ». Le thème en est la traversée du désert d’Atacama, en particulier du Sud Lipez, par une cycliste solitaire. Wahou, là aussi je crois que lorsqu’elle sera diffusée, cette interview va faire son effet sur les auditeurs.
Mettant fin à notre longue pause, nous prenons le chemin du mont Aigoual. Nous rencontrons un peu de circulation, le lieu étant très connu. La vue du sommet est époustouflante dans toutes les directions, des Alpes aux Pyrénées en passant par la Méditerranée. Et pourtant, en cet après-midi, l’atmosphère est un peu brumeuse. J’imagine le spectacle un jour d’hiver bien clair par grand froid. Parfois les conditions météorologiques permettent des visions presque jusqu’à l’infini. Je me souviens d’un jour, alors que je survolais le lac de Genève à quelques milliers de mètres d’altitude, je voyais les Pyrénées et étais capable de reconnaître le Canigou ainsi que quelques-uns des sommets de l’Ariège.
Nous voulons visiter le musée mais il est trop tard. Nous nous attablons pour une bière et réfléchissons à notre lieu de chute pour la nuit. Nous avons été prévenus que si nous cherchions à rester près du sommet, nous serions à coup sûr délogés. Après quelques débats, il est décidé que nous partions voir un peu plus loin dans un endroit moins exposé. Quelques kilomètres de descente plus tard sur le versant nord par la D18, nous repérons un endroit superbe qui nous conviendrait à merveille. Petit point noir, non seulement nous y voyons le logo camping interdit, mais aussi bivouac interdit, ce dernier matérialisé par une tête qui sort d’un sac de couchage. Ne pas insister et c’est reparti. Un peu plus haut, nous avions repéré un chemin à l‘air sympathique. Bien évidemment, mes camardes y arrivent avant moi, et s’y engagent. Lorsque je m’y présente, pas d’alternative, je suis bien obligé de les rejoindre. Mais là aussi un petit hic qui ne les a pas perturbés, un beau panneau circulation interdite annonce la couleur. Mais tout le monde finira par revenir à la raison et nous décidons de nous éloigner franchement. Au lieu-dit Cabrillac, une route minuscule part plein est pour rejoindre la vallée du Gardon, nous la prenons. Quelques kilomètres plus loin, l’œil de lynx de Brigitte intuite, plus qu’il ne voit, derrière un repli du terrain le lieu qui va nous fournir le bivouac idéal, de plus autorisé.
C’est notre dernier soir sous les étoiles, demain nous dormirons chez Hélène. Que ces huit premiers jours sont passés vite, trop vite. Ce soir bombance, grosse platée de riz. La volumineuse gamelle que j’ai fournie est sortie comme chaque soir, et comme chaque fois Brigitte, elle la minimaliste aux sacoches de plumes, me dit « Luc mais ce n’est pas possible tu nous as amené une casserole qui pèse un cheval mort, et non content tu y as mis un couvercle en verre ». Il faut dire, que depuis le deuxième jour, c’est elle qui la porte. En voyage à vélo, il est rare de partir à quatre, donc on ne détient pas un récipient aussi conséquent. Pour la cohésion du groupe et aussi pour la simplification de la gestion des provisions, je considère comme indispensable de prendre nos repas en commun.
Avant de partir de mes Vosges, j’ai fait le tour des magasins de sport, je n’ai rien trouvé. Plusieurs gérants m’ont dit qu’avec la crise sanitaire les livraisons de matériel de camping avaient subi des retards, donc pas de gros contenant. En définitive, j’ai pris une casserole chez moi avec un joli couvercle lourd mais pratique car on voit à travers. Sans doute l’ensemble avoisine le kilo et demi, mais cela n’a pas empêché Brigitte de systématiquement disparaître dans le lointain à la moindre côte, donc tout va bien.
Au matin, nous savons que nous vivons la dernière journée de notre balade saute-causses. Bien cachés dans notre coin abrité, alors qu’à cinquante mètres sur la route souffle un petit vent vif, nous dégustons un copieux petit-déjeuner. Nos avions six œufs nous n’en avons plus que quatre, mystère !
Une fois sur les vélos, c’est l’évasion en direction d’un petit col nommé Salidès, puis c’est la grande descente qui nous conduit d’abord le long de Gardon puis au village de Saint-André de Valborgue. Habitude prise, ma foi pas désagréable, halte au bistrot oblige. Deux joggeurs s’installent à côté de nous sur la terrasse. Voyant les vélos chargés, l’un d’eux s’adresse à Brigitte et lui demande si avec assistance électrique ça allait bien, malgré les sacoches. Houps, elle ne dit rien, mais à sa tête on comprend que ça a fait boum. Plus loin, nous aurons droit au débriefing et sous les traits de la gentille « grand-mère » sourd la flamme vindicative de la jeunesse où la confection et sans doute l’utilisation du cocktail molotov faisaient partie des moyens de régler les différends. On en rit encore !

Dernier pique-nique, nous n’avons pas de pain. On apprend qu’au village, 5 kilomètres plus bas, on en trouvera, mais à midi pile la boulangerie ferme. 10 minutes, ça semble jouable à André, qui sans demander son reste, disparaît. Lorsque nous arrivons au village, son vélo est rangé devant la vitrine. Il est donc à l’intérieur, c’est gagné. Il sort avec la boulangère, elle ferme à clef et voilà, c’était bien midi pétant.
Plus loin, par un chemin qui serpente, nous descendons au Gardon. Lieu tranquille nous en profitons pour une petite baignade et nous laissons traîner ces dernières heures ensemble, pas pressés de mettre un point final à notre aventure cycliste. Malgré l’eau, la chaleur devient intenable, et nous fuyons. Dernière halte à Saint-Jean-du-Gard et la boucle va être bouclée. La dernière difficulté, remonter chez Hélène, 7 kilomètres d’une route sans merci, seule Patricia ne descendra pas du vélo. Pour ma part, je vais le pousser 5 kilomètres et André et Brigitte en feront presque de même !
Une belle histoire prend fin. Pour moi, après 18 mois d’abstinence de voyage à vélo, ce fut un bonheur, même s’il y manquait le sel de la grande aventure que l’on éprouve au fond du désert de Gobi ou de l’Atacama. Mais, me laissant emporter par mes rêves et mes désirs les plus fous, je me verrais bien avec la même équipe partir trois mois pour une traversée du désert de Gobi dans la totalité de sa partie mongole. Ces immensités sans repères, contrairement à l’Atacama où les volcans tiennent lieu de balises, je m’en étais approché sur leurs lisières. L’idée d’y pénétrer franchement, au cours des huit cents kilomètres que j’y ai effectués à la marge, m’a hanté. Mon regard restait fixé sur ces milliers de kilomètres où même les Mongols ne s’aventurent pratiquement pas. Cette pensée m’enthousiasmait et m’effrayait tout à la fois. Les problèmes logistiques à vélo deviennent une vraie gageur lorsqu’il faut transporter au moins 15 litres d’eau sans savoir si cela sera suffisant. Incertitude et trouille qui nouent la gorge, les deux ingrédients indispensables pour que l’on bascule dans le voyage.
Quelques réflexions de Brigitte à méditer après ces 9 jours de grand plaisir:
Pour ma part, ce tour sur les Causses a été un tour très différent des voyages que j'ai faits précédemment. Le voyage en solo rend peut-être plus ouvert aux autres? plus avide de contacts? on a croisé des gens super, mais a-t-on fait des rencontres ? De celles qui font bouger les lignes ? De celles qui continuent à nous secouer longtemps après s'être perdus de vue. Est-ce le fait d'être en groupe ? Est-ce le fait d'être en France ? Ici, les sens sont peut-être moins en alerte. Les cartes sont précises, on connaît les codes culturels, les distances sont courtes, l'incertitude est réduite. J'ai beaucoup aimé rigoler avec vous. Le voyage en solitaire n'apporte pas autant de franches rigolades
Valence - Toulouse à vélo, en bivouac English translation pending
Bonjour à vous,
Je vais partir demain pour Valence -> Toulouse à velo, en bivouacs. Est-ce que vous auriez des conseils sur des lieux à visiter, des routes ou piscts cyclables sympas svp ?
Merci par avance !
William
Je vais partir demain pour Valence -> Toulouse à velo, en bivouacs. Est-ce que vous auriez des conseils sur des lieux à visiter, des routes ou piscts cyclables sympas svp ?
Merci par avance !
William
Soyons un peu chauvin, quelle est votre destination préférée dans votre pays? English translation pending
Bonjour à tous les membres !
Je suis encore de retour avec un petite question de voyage pour vous.
Soyons un peu chauvin, quelle est votre destination préférée dans votre pays ?
quant à moi , Facile et ça ne surprendra personne la Bretagne ! j'aime beaucoup son côté sauvage et préservé , c'est un peu ma deuxième maison. Mais pour changer un peu j'aimerais prévoir une escapade en Languedoc-Roussillon, Région dans laquelle j'ai vécu quelques temps et que j'ai beaucoup aimée. Vu que je suis FRANCO-ITALIENNE je tiens aussi à dire mes destination préférée dans mon pays natal. L'Italie est un très beau pays que j'ai passé presque que toute mon enfance et j'y vais de temps en temps. Les régions que je préfère il a Roma là ou j'ai grandit et je garde de très bon souvenir , il a aussi Abruzzes waouh , une très belle région avec ces montagnes et ces parcs nationaux.
Voilà j'attends les réponse
Bonne et excellente weekend à vous
Soyons un peu chauvin, quelle est votre destination préférée dans votre pays ?
quant à moi , Facile et ça ne surprendra personne la Bretagne ! j'aime beaucoup son côté sauvage et préservé , c'est un peu ma deuxième maison. Mais pour changer un peu j'aimerais prévoir une escapade en Languedoc-Roussillon, Région dans laquelle j'ai vécu quelques temps et que j'ai beaucoup aimée. Vu que je suis FRANCO-ITALIENNE je tiens aussi à dire mes destination préférée dans mon pays natal. L'Italie est un très beau pays que j'ai passé presque que toute mon enfance et j'y vais de temps en temps. Les régions que je préfère il a Roma là ou j'ai grandit et je garde de très bon souvenir , il a aussi Abruzzes waouh , une très belle région avec ces montagnes et ces parcs nationaux.
Voilà j'attends les réponse
Bonne et excellente weekend à vous
Le Sud du Massif Central, de Bordeaux à Lyon à vélo English translation pending
Je reviens d'un très beau périple concocté par moi même pour aller voir visiter quelques merveilles de notre patrimoine français et je souhaite partager mon tracés avec ceux que cela pourrait tenter.
Un périple en 2 parties : Une transversale de 1250km de Bordeaux au Rhône en 3 semaines qui pourra être prolongée par un grand choix de circuit. Personnellement, j’ai continue par une remontée de 450km en 5 jours jusqu’à Lyon en faisant quelques écarts par rapport à la Via-Rhôna.
J1 : Visite de Bordeaux (J’ai rejoint Bordeaux par un TGV depuis Paris-Montparnasse acceptant les vélos moyennant une réservation et 10€ supplémentaire)
J2 : Bordeaux – Castillon la Bataille (65km, 300m de D+). On longe la Gironde par une piste cyclable puis la piste Roger Lapébie (ancienne voie ferrée) que l’on quitte pour descendre sur la Dordogne. Parfait pour y pique-niquer. On remonte pour aller visiter St Emilion puis par des petites routes au milieu des vignobles et des châteaux, on rejoint Castillon la Bataille (lieu de la dernière bataille de la guerre de 100 ans), le long de la Dordogne. Nuit au camping municipal « le Pelouse » (pas cher-7€- et wi-fi gratuit). Commerces dans le village.
J3 : Petites routes à travers champs pour rejoindre Bergerac, qui se visite rapidement et est une bonne étape pour y déjeuner. Puis on longe de plus près la Dordogne avec grimpette au Cingle de Trémolat pour y voir la vue sur un méandre. Nuitée au camping 3 étoiles du port de Limeuil et visite de ce superbe petit village en soirée. 100km et 628m de D+
J4 : On longe la Vézère jusqu’aux Eyzies. Je n’ai pas trop apprécié le musée de la Préhistoire car s’adressant trop à des spécialistes. Ou alors il faudrait faire une visite guidée. Et puis, il était impossible de laisser mes bagages à la consigne. Mais il y a des tas d’autres visites, notamment de grottes à faire dans le coin. Mon conseil serait de se poser 2 nuits dans les environs pour les visiter le lendemain sans les bagages. J’ai bien aimé le préhisto-parc de Tursac, un peu plus loin. On continue le long de la Vézère pour aller jusqu’à Montignac et visiter Lascaux II (attention 2km de forte grimpette pour y arriver). Prochainement, il sera compléter par Lascaux III, dans la vallée. Longue montée ensuite en direction de Sarlat mais je m’arrête avant au camping de la Bouquerie, qui fait très village de vacances mais hors saison, il est presque trop calme. 58km et 685m de D+
J5 : En faisant un détour on pourrait aller visiter le manoir d’Eyrignac mais je me contente de rejoindre directement Sarlat, superbe petite ville à la gastronomie réputée. On rejoint ensuite la vallée de la Dordogne et là, on en prend plein les yeux car on est entouré de 3 superbes châteaux (Castelnaud la Chapelle, Marqueyssac, Beynac et Cazenac). Je décide donc de me poser 2 nuits au camping situé à 1km de la Roque-Gageac, pour aller visiter sans les bagages le lendemain la plupart de ces sites. Pour la soirée, je me contente de visiter La Roque-Gageac et de profiter de la piscine et du Wi-Fi du camping « la Plage ». J’aurais pu aussi faire un tour en canoé ou en gabarre. 31.6km et 400m de D+
J6 : Visite sans les bagages du village de Domme, puis du musée château de Castelnaud La chapelle, boucle jusqu’au Château de Milandes ayant appartenu à Joséphine Baker, grosse montée pour rejoindre Castelnaud puis aller visiter les superbes jardins et le point de vue du château de Marqueyssac. Je n’ai pas eu le temps et le courage d’enchaîner avec le château de Beynac et Cazenac. 36.5km et 680m de D+
J7 : On continue de longer la Dordogne jusqu’à Souillac par des pistes cyclables et petites routes puis on rentre à l’intérieur des terres pour passer par le joli village de Martel puis rejoindre Collonges- La Rouge, qui mérite de s’écarter autant de la Dordogne. Je dors au camping municipal situé à 1km (wifi gratuit). Commerces à Meyssac et visite de Collonge en soirée après l’afflux des touristes. 73km et 762m de D+.
J8 : Etape de transition pour aller dans le Quercy mais on va passer par quelques villages classés « Plus beaux village de France » comme Beaulieu, Bretenoux, Loubressac, d’Autoire, souvent au prix de quelques belles grimpettes. Je me pose 2 nuits en Warmshowers à Rocamadour gare pour aller faire une boucle le lendemain sans les bagages. Il y a aussi pas mal de campings autour de Rocamadour. 77km et 1182m de D+
J9 : Visite de Rocamadour au petit matin avant l’afflux des touristes (le vélo reste en haut du chemin de croix), puis je pars visiter la grotte de Lacave par de très chouettes petites routes désertes et ensuite la grotte de Padirac que j’ai préféré bien que l’on soit dans du tourisme de masse. Retour à Rocamadour gare. 64km et 872m de D+
J10 : Je passe par le bas de Rocamadour pour ensuite remonter sur le plateau. Longue étape de 88km et 918m de D+ pour rejoindre Cahors qui m’a assez peu intéressé mis à part le pont Valendré. Nuit au camping municipal de Lamagdelaine.
J11 : On longe la vallée du lot pour rejoindre St Cirq Lapopie, élu village préféré des français dans une émission. On va ensuite longer l’intime vallée du Célé et faire une grimpette pour aller visiter la superbe grotte de Pech-Merle, superbe par ses concrétions et ses peintures rupestres. On a ensuite le choix de nombreux petits campings dans la vallée. Je me pose à St Sulpice après 61km et 360m de D+
J12 : On continue de longer le Célé et on arrive par des pistes cyclables à Figeac. Je m’installe au camping municipal et pars visiter la ville et notamment le musée des Ecritures (Champollion était natif de Figeac) sans les bagages. 37km et 66m de D+
J13 : On longe le Lot par une départementale pas très agréable avec ses camions sur une vingtaine de kilomètres. Cela redevient calme en approchant de Conques qui se mérite par une petite grimpette. Cela reste plat le long du Lot mais à l’approche de Rodez, le dénivelé devient costaud. Etape fatigante avec 98km et 1192m de D+. Nuit en WS à Rodez
J14 : On quitte Rodez par une très longue montée régulière pour passer un 1er col à 1029m.On est en pleine campagne. Après un passage au travers du lac de Pareloup, on commence à apercevoir la vallée du Tarn et le Viaduc de Millau. Grosse descente pour rejoindre la vallée puis grosse impression en passant sous le Viaduc avant d’arriver à Millau ou je vais passer 2 nuits afin de faire un tour le lendemain sans les bagages. Des tas de possibilités de campings mais le jour où je suis passé, le 2 Juillet tout était plein à cause d’un grand festival des Sports de Plein Air, « Les Natural Games ». J’ai dû bivouaquer non loin d’un camping. La ville de Millau ne présente pas un grand intérêt mais les alentours, avec ses causses et ses gorges sont superbes. 85km et 1028m de D+
J15 : Je longe les gorges de la Dourbie avant de monter par une petite route sur le Causse Noir pour rejoindre la grotte de Dargilan qui mérite cette traversée de ce causse désertique, non seulement pour la visite de la grotte mais aussi pour la superbe vue sur les gorges de la Jonte. On retraverse le causse pour aller visiter à pied le site de Montpellier le vieux (prévoir entre 1h30 et 3h de visite) avant d’attaquer une superbe redescente sur Millau. 79km et 1210m de D+
J16 : Je quitte Millau en longeant le Tarn sur le côté sud, le plus calme au niveau circulation puis m’engage pour quelques kilomètres dans les gorges de la Jonte pour ensuite monter par une minuscule route sur le Causse Méjean. Plein d’eau à St Pierre des Tripiers avant d’aller au départ de la balade des Corniches de la Jonte et du Tarn. Je fais l’impasse sur les Arcs de St Pierre par manque de temps et parce que l’accès se fait par de la piste. Je fais aussi l’impasse sur l’Aven Armand, déjà visité il y a quelques années mais qui mérite largement le détour. Je pique-nique avant de faire cette randonnée de seulement 6km mais assez exigeante. C’est peut-être la 3ème fois de ma vie que je fais cette rando mais elle est toujours aussi superbe avec notamment ses vases de Sèvres et de Chine, 2 gros rochers en équilibre au-dessus de la vallée. Je reprends ensuite le vélo pour une superbe descente sur les Vignes où je vais camper pour 2 nuits au camping Terrados que j’ai trouvé assez moyen (cher 29€ pour 2 nuits, terrain pas très plat, bruit de la cascade, petite piscine, wifi gratuit). 52km et 1028m de D+
J17 : Je monte par la côte des Vignes sur le Causse de Sauveterre pour aller au Point Sublime, panorama superbe sur une grande boucle du Tarn, puis descente à La Malène. J’y loue un kayak pour une descente de 12km jusqu’au Pas de Soucy au Moulin de la Malène. Accueil sympa. Le vélo est parqué dans le moulin mais ils étaient prêts à me le transférer à l’issue de ma descente. Quelques gouttes de pluie alors que je commence ma descente. Pique-nique avant d’entrée dans les Détroits. Chouette descente, pas difficile. J’arrive 2 heures après, pile à l’heure pour rentrer par leur navette. A la Malène, je reprends mon vélo pour rentrer aux Vignes par cette superbe route au pied de ces détroits. 38km et 630m de D+
J18 : Longue étape de 102km et 1202m de D+ pour finir de longer le Tarn jusqu’à Florac et faire une traversée rapide des Cévennes. Route très plate et superbe le long du Tarn. On passe par des tas de chouettes petits villages comme St Chély du Tarn ou Ste Enimie. Juste avant Florac, on entame une longue montée assez roulante et ombragée de 20km pour rejoindre le Pont de Montvert. Il reste encore quelques kilomètres de montée ensuite pour passer le col de la croix de Berthel à 1088m. Nous sommes désormais dans les Cévennes et le paysage et la végétation ont bien changé. Je choisi de descendre directement dans la vallée de Luech mais il y avait aussi l’option, peut être meilleure, de passer par la barre des Cévennes. Je stoppe au camping familial de Chamborigaud où l’on peut se baigner dans une superbe vasque de la rivière.
J19 : Journée un peu de transition pour rejoindre les gorges de l’Ardèche. Je passe par des coins tranquilles mais sans grand intérêt dont je n’avais jamais entendu parler. J’arrive à Vallon Pont d’Arc vers midi. Je fais l’impasse sur la visite du site de la Caverne du pont d’Arc mais j’ai peut-être eu tort. Je m’engage ensuite dans les gorges mais la route sera très différentes de celles longeant les dernières rivières et gorges. Ici, la route suit la rivière en hauteur, ce qui veut dire de grosses montées en plein cagnard mais les points de vue sont superbes. Je décide de passer la nuit au bivouac du Gournier, ce qui ne fut peut-être pas une bonne idée. D’abord, parce que la descente sur une piste bétonnée est assez extrême (20% de pente moyenne sur 1.2km). Ensuite, parce que l’on est sensé réserver sa place et payer 15€ la nuitée (toilettes, douches, bbq, accès à la rivière). En arrivant vers 15h30 et ne voyant quasiment personne, je pensais être tranquille mais c’était sans compter les 230 kayakistes qui débarquaient un peu plus tard. Il vaut mieux choisir un camping un peu plus loin. 85km et 1043m de D+
J20 : La remontée sur le plateau comme prévue est extrême. Obliger de la faire à pied. Ensuite, on profite d’une route superbe avec de nombreux points de vue (29 au total le long des Gorges) avant de redescendre sur St Martin d’Ardèche. Passage à Pont St Esprit pour rejoindre la vallée du Rhône. De là, de nombreux choix s’offre à vous pour continuer votre voyage :
Suivre la via rhona vers le nord, lyon ou Genève par exemple
Suivre la via rhona vers le sud, Port St Louis du Rhône, le Grau d’Adge ou Sète
Aller vers l’Est en Provence pour pourquoi ne pas faire les corniches du Verdon.
Rejoindre les Pré-Alpes (Mont Ventoux, le Diois, le Vercors, …)
Rejoindre les Alpes et ses grands cols mythiques.
Personnellement, je me suis limité à aller au pied du Mont Ventoux où j’avais rendez-vous avec une fête familiale puis à une remontée du Rhône pour finir mon périple à Lyon. Je me suis donc arrêté ce jour-là à Mollans sur Ouzève après un passage à Suze La Rousse et à Vaison la Romaine en empruntant les plus petites routes possibles. 90km et 1007m de D+.
J21 : Je rejoins le Rhône et la Via Rhôna en passant par Nyons et quelques beaux petits villages comme Faucon, Venterol et Rousset les Vignes. Chouettes vues sur des vignobles et des champs de lavande. On traverse plusieurs fois le Rhône par des ponts à faible circulation voir même par une passerelle. La Via Rhôna est un circuit balisé soit sur piste cyclable soit sur petite route qui longe le Rhône entre Genève et la Méditerranée. Passage à Montélimar. Je bivouaque pour la nuit dans un lieu pas terrible mais tranquille. C’est mon étape la plus longue avec 118km et 1181m de D+.
J22 : L’itinéraire pour rejoindre Valence n’est pas d’un grand intérêt. La ville elle-même ne semble pas mériter une longue visite. Etant un peu las de la platitude à longer le Rhône, je décide de faire un petit écart pour monter à St Romain de Lerps, où à 680m on profite d’une vue exceptionnelle. La longue montée de 9km mérite cet effort car la vue est superbe. Je redescends ensuite par des petites routes sur Mauves et Tournon sur Rhône ou je vais passer la nuit au camping, qui est bien car très proche de la ville mais un peu cher (17€ pour 1 ou 2 personnes). 92km et 1031m de D+
J23 : Encore une fois, pour éviter la platitude de la Via-Rhôna et ne pas arriver trop tôt à Lyon, je décide de faire un écart pour aller découvrir un peu les petites routes de l’Ardèche. Je remonte les gorges du Doux pour monter à Colombier le Vieux puis passer par St Félicien, Vaudevant, Satillieu, St Romain D’Ay et rejoindre le Rhône à Sarras. Je continue ensuite de suivre la Via-Rhôna avec des portions ennuyeuses, très longue et très plates. Avec du Mistral de face, ce n’est pas très amusant. Je passe la nuit à Condrieu, dernier lieu avec camping avant Lyon. En arrivant, j’ai la mauvaise impression que les 2 campings côte à côte sont réservés aux mobil-homes. Mais en fait, 200m plus au nord, une 2ème entrée au camping de l’île des Pécheurs permet de trouver la partie réservée aux tentes. Bar, snack, belle piscine et prix modéré pour ce camping situé juste en bord du Rhône. Un resto situé entre les 2 campings sera parfait pour le dîner. 104km et 1281m de D+
J24 : Jusqu’à Givors, on reste sur de la piste cyclable ou des petites routes. Ensuite, la Via-Rhôna n’est plus balisée (les documents décrivant le circuit conseillent de prendre un TER à Givors pour rejoindre Lyon). Mais finalement, je n’ai pas trouvé ces 20kms pour rejoindre Lyon très pénibles. En restant sur la rive droite on arrive au pied de Fourvière et du vieux Lyon. La grimpette pour monter à Fourvière est très dure mais la vue mérite cet effort. Je passe la nuit chez un cousin qui me conseille de faire un tour en vélo pour visiter rapidement la ville : Rejoindre le musée des Confluence, suivre le bord de Saône le long d’un quartier extrêmement moderne pour rejoindre le centre de Lyon. Rejoindre l’entrée du Tunnel de la Croix Rousse (celui réservé aux vélos et qui offre une expérience en sons et lumières assez unique) pour aller jusqu’au Parc de la Tête d’or, où les vélos sont autorisés. Au total avec cette boucle, j’ai fait 88km et 636m de D+
Retour le lendemain sur Paris en train. Malheureusement, je n’ai pas trouvé de TGV acceptant les vélos. J’ai dû me contenter d’un TER faisant le trajet en 5h au lieu de 2. Conclusion : Je ne peux que fortement conseiller ce périple pour tous ceux qui veulent se régaler à découvrir les merveilles de notre beau pays et de ces belles régions du sud du massif central. Tous les jours offrent de superbes découvertes et de paysages magnifiques, le tout sur des routes les plus tranquilles qu’il soit (je me suis toujours limité à des départementales et au cumulé, j’ai dû avoir une cinquantaine de kilomètres avec un flux de voitures et de camions un peu pénible). Mon circuit fait 1760km soit 75km en moyenne par jour mais, sans mes petits détours, il ne doit faire que 1500km soit 65km en moyenne par jour. Sur ces 24 jours, j’ai fait 4.5 jours sans les bagages (laissés au camping) ce qui permet de faire des boucles avec fort dénivelé en étant le plus léger possible. Globalement, ce périple est assez plat puisqu’on longe au maximum la Dordogne, le Lot, le Célé, la Vézère, la Dourbie, la Jonte, le Tarn et le Rhône en restant au niveau de l’eau. Ce n’est que les transitions et les escapades touristico-sportives qui vont faire l’essentiel du dénivelé. On trouve des campings presque partout ainsi que des points d’eau et des commerces. Ormis les endroits les plus réputés, la pleine saison semble assez courte, de mi-juillet à mi-Août dans la plupart des lieux. Ce circuit peut être fortement être connoté comme gastronomique car il traverse des régions très riches de ce point de vue : Périgord, Quercy, Causses, Cévennes, Provence
Un périple en 2 parties : Une transversale de 1250km de Bordeaux au Rhône en 3 semaines qui pourra être prolongée par un grand choix de circuit. Personnellement, j’ai continue par une remontée de 450km en 5 jours jusqu’à Lyon en faisant quelques écarts par rapport à la Via-Rhôna.
J1 : Visite de Bordeaux (J’ai rejoint Bordeaux par un TGV depuis Paris-Montparnasse acceptant les vélos moyennant une réservation et 10€ supplémentaire)
J2 : Bordeaux – Castillon la Bataille (65km, 300m de D+). On longe la Gironde par une piste cyclable puis la piste Roger Lapébie (ancienne voie ferrée) que l’on quitte pour descendre sur la Dordogne. Parfait pour y pique-niquer. On remonte pour aller visiter St Emilion puis par des petites routes au milieu des vignobles et des châteaux, on rejoint Castillon la Bataille (lieu de la dernière bataille de la guerre de 100 ans), le long de la Dordogne. Nuit au camping municipal « le Pelouse » (pas cher-7€- et wi-fi gratuit). Commerces dans le village.
J3 : Petites routes à travers champs pour rejoindre Bergerac, qui se visite rapidement et est une bonne étape pour y déjeuner. Puis on longe de plus près la Dordogne avec grimpette au Cingle de Trémolat pour y voir la vue sur un méandre. Nuitée au camping 3 étoiles du port de Limeuil et visite de ce superbe petit village en soirée. 100km et 628m de D+
J4 : On longe la Vézère jusqu’aux Eyzies. Je n’ai pas trop apprécié le musée de la Préhistoire car s’adressant trop à des spécialistes. Ou alors il faudrait faire une visite guidée. Et puis, il était impossible de laisser mes bagages à la consigne. Mais il y a des tas d’autres visites, notamment de grottes à faire dans le coin. Mon conseil serait de se poser 2 nuits dans les environs pour les visiter le lendemain sans les bagages. J’ai bien aimé le préhisto-parc de Tursac, un peu plus loin. On continue le long de la Vézère pour aller jusqu’à Montignac et visiter Lascaux II (attention 2km de forte grimpette pour y arriver). Prochainement, il sera compléter par Lascaux III, dans la vallée. Longue montée ensuite en direction de Sarlat mais je m’arrête avant au camping de la Bouquerie, qui fait très village de vacances mais hors saison, il est presque trop calme. 58km et 685m de D+
J5 : En faisant un détour on pourrait aller visiter le manoir d’Eyrignac mais je me contente de rejoindre directement Sarlat, superbe petite ville à la gastronomie réputée. On rejoint ensuite la vallée de la Dordogne et là, on en prend plein les yeux car on est entouré de 3 superbes châteaux (Castelnaud la Chapelle, Marqueyssac, Beynac et Cazenac). Je décide donc de me poser 2 nuits au camping situé à 1km de la Roque-Gageac, pour aller visiter sans les bagages le lendemain la plupart de ces sites. Pour la soirée, je me contente de visiter La Roque-Gageac et de profiter de la piscine et du Wi-Fi du camping « la Plage ». J’aurais pu aussi faire un tour en canoé ou en gabarre. 31.6km et 400m de D+
J6 : Visite sans les bagages du village de Domme, puis du musée château de Castelnaud La chapelle, boucle jusqu’au Château de Milandes ayant appartenu à Joséphine Baker, grosse montée pour rejoindre Castelnaud puis aller visiter les superbes jardins et le point de vue du château de Marqueyssac. Je n’ai pas eu le temps et le courage d’enchaîner avec le château de Beynac et Cazenac. 36.5km et 680m de D+
J7 : On continue de longer la Dordogne jusqu’à Souillac par des pistes cyclables et petites routes puis on rentre à l’intérieur des terres pour passer par le joli village de Martel puis rejoindre Collonges- La Rouge, qui mérite de s’écarter autant de la Dordogne. Je dors au camping municipal situé à 1km (wifi gratuit). Commerces à Meyssac et visite de Collonge en soirée après l’afflux des touristes. 73km et 762m de D+.
J8 : Etape de transition pour aller dans le Quercy mais on va passer par quelques villages classés « Plus beaux village de France » comme Beaulieu, Bretenoux, Loubressac, d’Autoire, souvent au prix de quelques belles grimpettes. Je me pose 2 nuits en Warmshowers à Rocamadour gare pour aller faire une boucle le lendemain sans les bagages. Il y a aussi pas mal de campings autour de Rocamadour. 77km et 1182m de D+
J9 : Visite de Rocamadour au petit matin avant l’afflux des touristes (le vélo reste en haut du chemin de croix), puis je pars visiter la grotte de Lacave par de très chouettes petites routes désertes et ensuite la grotte de Padirac que j’ai préféré bien que l’on soit dans du tourisme de masse. Retour à Rocamadour gare. 64km et 872m de D+
J10 : Je passe par le bas de Rocamadour pour ensuite remonter sur le plateau. Longue étape de 88km et 918m de D+ pour rejoindre Cahors qui m’a assez peu intéressé mis à part le pont Valendré. Nuit au camping municipal de Lamagdelaine.
J11 : On longe la vallée du lot pour rejoindre St Cirq Lapopie, élu village préféré des français dans une émission. On va ensuite longer l’intime vallée du Célé et faire une grimpette pour aller visiter la superbe grotte de Pech-Merle, superbe par ses concrétions et ses peintures rupestres. On a ensuite le choix de nombreux petits campings dans la vallée. Je me pose à St Sulpice après 61km et 360m de D+
J12 : On continue de longer le Célé et on arrive par des pistes cyclables à Figeac. Je m’installe au camping municipal et pars visiter la ville et notamment le musée des Ecritures (Champollion était natif de Figeac) sans les bagages. 37km et 66m de D+
J13 : On longe le Lot par une départementale pas très agréable avec ses camions sur une vingtaine de kilomètres. Cela redevient calme en approchant de Conques qui se mérite par une petite grimpette. Cela reste plat le long du Lot mais à l’approche de Rodez, le dénivelé devient costaud. Etape fatigante avec 98km et 1192m de D+. Nuit en WS à Rodez
J14 : On quitte Rodez par une très longue montée régulière pour passer un 1er col à 1029m.On est en pleine campagne. Après un passage au travers du lac de Pareloup, on commence à apercevoir la vallée du Tarn et le Viaduc de Millau. Grosse descente pour rejoindre la vallée puis grosse impression en passant sous le Viaduc avant d’arriver à Millau ou je vais passer 2 nuits afin de faire un tour le lendemain sans les bagages. Des tas de possibilités de campings mais le jour où je suis passé, le 2 Juillet tout était plein à cause d’un grand festival des Sports de Plein Air, « Les Natural Games ». J’ai dû bivouaquer non loin d’un camping. La ville de Millau ne présente pas un grand intérêt mais les alentours, avec ses causses et ses gorges sont superbes. 85km et 1028m de D+
J15 : Je longe les gorges de la Dourbie avant de monter par une petite route sur le Causse Noir pour rejoindre la grotte de Dargilan qui mérite cette traversée de ce causse désertique, non seulement pour la visite de la grotte mais aussi pour la superbe vue sur les gorges de la Jonte. On retraverse le causse pour aller visiter à pied le site de Montpellier le vieux (prévoir entre 1h30 et 3h de visite) avant d’attaquer une superbe redescente sur Millau. 79km et 1210m de D+
J16 : Je quitte Millau en longeant le Tarn sur le côté sud, le plus calme au niveau circulation puis m’engage pour quelques kilomètres dans les gorges de la Jonte pour ensuite monter par une minuscule route sur le Causse Méjean. Plein d’eau à St Pierre des Tripiers avant d’aller au départ de la balade des Corniches de la Jonte et du Tarn. Je fais l’impasse sur les Arcs de St Pierre par manque de temps et parce que l’accès se fait par de la piste. Je fais aussi l’impasse sur l’Aven Armand, déjà visité il y a quelques années mais qui mérite largement le détour. Je pique-nique avant de faire cette randonnée de seulement 6km mais assez exigeante. C’est peut-être la 3ème fois de ma vie que je fais cette rando mais elle est toujours aussi superbe avec notamment ses vases de Sèvres et de Chine, 2 gros rochers en équilibre au-dessus de la vallée. Je reprends ensuite le vélo pour une superbe descente sur les Vignes où je vais camper pour 2 nuits au camping Terrados que j’ai trouvé assez moyen (cher 29€ pour 2 nuits, terrain pas très plat, bruit de la cascade, petite piscine, wifi gratuit). 52km et 1028m de D+
J17 : Je monte par la côte des Vignes sur le Causse de Sauveterre pour aller au Point Sublime, panorama superbe sur une grande boucle du Tarn, puis descente à La Malène. J’y loue un kayak pour une descente de 12km jusqu’au Pas de Soucy au Moulin de la Malène. Accueil sympa. Le vélo est parqué dans le moulin mais ils étaient prêts à me le transférer à l’issue de ma descente. Quelques gouttes de pluie alors que je commence ma descente. Pique-nique avant d’entrée dans les Détroits. Chouette descente, pas difficile. J’arrive 2 heures après, pile à l’heure pour rentrer par leur navette. A la Malène, je reprends mon vélo pour rentrer aux Vignes par cette superbe route au pied de ces détroits. 38km et 630m de D+
J18 : Longue étape de 102km et 1202m de D+ pour finir de longer le Tarn jusqu’à Florac et faire une traversée rapide des Cévennes. Route très plate et superbe le long du Tarn. On passe par des tas de chouettes petits villages comme St Chély du Tarn ou Ste Enimie. Juste avant Florac, on entame une longue montée assez roulante et ombragée de 20km pour rejoindre le Pont de Montvert. Il reste encore quelques kilomètres de montée ensuite pour passer le col de la croix de Berthel à 1088m. Nous sommes désormais dans les Cévennes et le paysage et la végétation ont bien changé. Je choisi de descendre directement dans la vallée de Luech mais il y avait aussi l’option, peut être meilleure, de passer par la barre des Cévennes. Je stoppe au camping familial de Chamborigaud où l’on peut se baigner dans une superbe vasque de la rivière.
J19 : Journée un peu de transition pour rejoindre les gorges de l’Ardèche. Je passe par des coins tranquilles mais sans grand intérêt dont je n’avais jamais entendu parler. J’arrive à Vallon Pont d’Arc vers midi. Je fais l’impasse sur la visite du site de la Caverne du pont d’Arc mais j’ai peut-être eu tort. Je m’engage ensuite dans les gorges mais la route sera très différentes de celles longeant les dernières rivières et gorges. Ici, la route suit la rivière en hauteur, ce qui veut dire de grosses montées en plein cagnard mais les points de vue sont superbes. Je décide de passer la nuit au bivouac du Gournier, ce qui ne fut peut-être pas une bonne idée. D’abord, parce que la descente sur une piste bétonnée est assez extrême (20% de pente moyenne sur 1.2km). Ensuite, parce que l’on est sensé réserver sa place et payer 15€ la nuitée (toilettes, douches, bbq, accès à la rivière). En arrivant vers 15h30 et ne voyant quasiment personne, je pensais être tranquille mais c’était sans compter les 230 kayakistes qui débarquaient un peu plus tard. Il vaut mieux choisir un camping un peu plus loin. 85km et 1043m de D+
J20 : La remontée sur le plateau comme prévue est extrême. Obliger de la faire à pied. Ensuite, on profite d’une route superbe avec de nombreux points de vue (29 au total le long des Gorges) avant de redescendre sur St Martin d’Ardèche. Passage à Pont St Esprit pour rejoindre la vallée du Rhône. De là, de nombreux choix s’offre à vous pour continuer votre voyage :
Suivre la via rhona vers le nord, lyon ou Genève par exemple
Suivre la via rhona vers le sud, Port St Louis du Rhône, le Grau d’Adge ou Sète
Aller vers l’Est en Provence pour pourquoi ne pas faire les corniches du Verdon.
Rejoindre les Pré-Alpes (Mont Ventoux, le Diois, le Vercors, …)
Rejoindre les Alpes et ses grands cols mythiques.
Personnellement, je me suis limité à aller au pied du Mont Ventoux où j’avais rendez-vous avec une fête familiale puis à une remontée du Rhône pour finir mon périple à Lyon. Je me suis donc arrêté ce jour-là à Mollans sur Ouzève après un passage à Suze La Rousse et à Vaison la Romaine en empruntant les plus petites routes possibles. 90km et 1007m de D+.
J21 : Je rejoins le Rhône et la Via Rhôna en passant par Nyons et quelques beaux petits villages comme Faucon, Venterol et Rousset les Vignes. Chouettes vues sur des vignobles et des champs de lavande. On traverse plusieurs fois le Rhône par des ponts à faible circulation voir même par une passerelle. La Via Rhôna est un circuit balisé soit sur piste cyclable soit sur petite route qui longe le Rhône entre Genève et la Méditerranée. Passage à Montélimar. Je bivouaque pour la nuit dans un lieu pas terrible mais tranquille. C’est mon étape la plus longue avec 118km et 1181m de D+.
J22 : L’itinéraire pour rejoindre Valence n’est pas d’un grand intérêt. La ville elle-même ne semble pas mériter une longue visite. Etant un peu las de la platitude à longer le Rhône, je décide de faire un petit écart pour monter à St Romain de Lerps, où à 680m on profite d’une vue exceptionnelle. La longue montée de 9km mérite cet effort car la vue est superbe. Je redescends ensuite par des petites routes sur Mauves et Tournon sur Rhône ou je vais passer la nuit au camping, qui est bien car très proche de la ville mais un peu cher (17€ pour 1 ou 2 personnes). 92km et 1031m de D+
J23 : Encore une fois, pour éviter la platitude de la Via-Rhôna et ne pas arriver trop tôt à Lyon, je décide de faire un écart pour aller découvrir un peu les petites routes de l’Ardèche. Je remonte les gorges du Doux pour monter à Colombier le Vieux puis passer par St Félicien, Vaudevant, Satillieu, St Romain D’Ay et rejoindre le Rhône à Sarras. Je continue ensuite de suivre la Via-Rhôna avec des portions ennuyeuses, très longue et très plates. Avec du Mistral de face, ce n’est pas très amusant. Je passe la nuit à Condrieu, dernier lieu avec camping avant Lyon. En arrivant, j’ai la mauvaise impression que les 2 campings côte à côte sont réservés aux mobil-homes. Mais en fait, 200m plus au nord, une 2ème entrée au camping de l’île des Pécheurs permet de trouver la partie réservée aux tentes. Bar, snack, belle piscine et prix modéré pour ce camping situé juste en bord du Rhône. Un resto situé entre les 2 campings sera parfait pour le dîner. 104km et 1281m de D+
J24 : Jusqu’à Givors, on reste sur de la piste cyclable ou des petites routes. Ensuite, la Via-Rhôna n’est plus balisée (les documents décrivant le circuit conseillent de prendre un TER à Givors pour rejoindre Lyon). Mais finalement, je n’ai pas trouvé ces 20kms pour rejoindre Lyon très pénibles. En restant sur la rive droite on arrive au pied de Fourvière et du vieux Lyon. La grimpette pour monter à Fourvière est très dure mais la vue mérite cet effort. Je passe la nuit chez un cousin qui me conseille de faire un tour en vélo pour visiter rapidement la ville : Rejoindre le musée des Confluence, suivre le bord de Saône le long d’un quartier extrêmement moderne pour rejoindre le centre de Lyon. Rejoindre l’entrée du Tunnel de la Croix Rousse (celui réservé aux vélos et qui offre une expérience en sons et lumières assez unique) pour aller jusqu’au Parc de la Tête d’or, où les vélos sont autorisés. Au total avec cette boucle, j’ai fait 88km et 636m de D+
Retour le lendemain sur Paris en train. Malheureusement, je n’ai pas trouvé de TGV acceptant les vélos. J’ai dû me contenter d’un TER faisant le trajet en 5h au lieu de 2. Conclusion : Je ne peux que fortement conseiller ce périple pour tous ceux qui veulent se régaler à découvrir les merveilles de notre beau pays et de ces belles régions du sud du massif central. Tous les jours offrent de superbes découvertes et de paysages magnifiques, le tout sur des routes les plus tranquilles qu’il soit (je me suis toujours limité à des départementales et au cumulé, j’ai dû avoir une cinquantaine de kilomètres avec un flux de voitures et de camions un peu pénible). Mon circuit fait 1760km soit 75km en moyenne par jour mais, sans mes petits détours, il ne doit faire que 1500km soit 65km en moyenne par jour. Sur ces 24 jours, j’ai fait 4.5 jours sans les bagages (laissés au camping) ce qui permet de faire des boucles avec fort dénivelé en étant le plus léger possible. Globalement, ce périple est assez plat puisqu’on longe au maximum la Dordogne, le Lot, le Célé, la Vézère, la Dourbie, la Jonte, le Tarn et le Rhône en restant au niveau de l’eau. Ce n’est que les transitions et les escapades touristico-sportives qui vont faire l’essentiel du dénivelé. On trouve des campings presque partout ainsi que des points d’eau et des commerces. Ormis les endroits les plus réputés, la pleine saison semble assez courte, de mi-juillet à mi-Août dans la plupart des lieux. Ce circuit peut être fortement être connoté comme gastronomique car il traverse des régions très riches de ce point de vue : Périgord, Quercy, Causses, Cévennes, Provence
Avis sur parcours de cinq jours de randonnée dans les monts Lozère-Cévennes-Causse Méjean English translation pending
Bonsoir,
afin de parfaire mon expérience dans les randonnées en autonomie en solitaire avec bivouac, je souhaite découvrir la belle région des Cévennes pour le prochain pont de la Toussaint. Je cherchais un terrain plutôt "facile", sans trop de dénivelé mais de quoi faire quand même, des paysages variés, sauvages, et sans être trop écarté de la civilisation. Bref pour ne pas prendre trop de risques.
L'idée générale est de me rendre en TEC jusqu'au Bleymard, de démarrer de là au pied des Monts Lozère (sommet de finiels), de longer un tout petit peu les sources du tarn, passer à Pont-de-Montvert, filer à Florac à travers le chemin de Stevenson (GR70), monter sur le Causse Méjean, longer les crêtes Est pour ensuite prendre la direction de l'Est, du mont Aigoual avant de descendre à St jean du gard.
J'ai tracé un itinéraire pour ces 5 jours sur openrunner. Le voici: Etape 1 : Le Bleymard - Le pont de montvert (un peu avant, sur un replat près du tarn) - 22Km D+650 http://www.openrunner.com/index.php?id=1990131
Etape 2: Le Pont de montvert - Bedoues (bivouac sur un plat en sommet à l'écart de la ville) - 28Km D+720 http://www.openrunner.com/index.php?id=1990202
Etape 3: Bedoues - Sud Est du causse méjean près du col de perjuret - 27Km D+770 http://www.openrunner.com/index.php?id=1990219
Etape 4: Causse Mejean - au nord de Valleraugue sur le Gr67 - 25Km D+690 http://www.openrunner.com/index.php?id=1990225
Etape 5: Valleraugue sur le GR67 - St Jean du Gard - 24Km D+470 http://www.openrunner.com/index.php?id=1990255
Le kilométrage, réaliste en belle saison, me semble conséquent pour une fin octobre-début novembre, avec tout au plus 10 heures de luminosité. Je suis très sportif, ait l'habitude de marcher vite, j'ai ainsi comme "référence" 25Km et D+1200 pour 8 heures de marche dans le Vercors avec un climat venteux et frais (10°C) soit à peu près les conditions qu'on pourrait avoir en Automne. ainsi qu'un portage équivalent.
La grosse question que je me pose, c'est surtout les difficultés potentielles de terrain que je ne connais pas à l'heure actuelle, sachant qu'à priori, ce sont des sentiers bien aménagés ou des pistes forestières en grande partie, ce qui autorise la marche rapide... il y a aussi de la route et je comptais sur ce point pour avancer en "auto-stop" sur les grandes portions....
Quant aux risques d'épisode cévenol, il est pris en compte en tout conscience, si cela doit arriver, eh bien demi-tour tout simplement 😄.
Merci pour vos éclairages sur les terrains rencontrés, sur la faisabilité du parcours, qui bien sur peut être ajusté..
J'ai hâte d'y être, surtout en ayant lu quelques uns des récits qui trainent par ici. Le causse méjean me fait rêver 😏
afin de parfaire mon expérience dans les randonnées en autonomie en solitaire avec bivouac, je souhaite découvrir la belle région des Cévennes pour le prochain pont de la Toussaint. Je cherchais un terrain plutôt "facile", sans trop de dénivelé mais de quoi faire quand même, des paysages variés, sauvages, et sans être trop écarté de la civilisation. Bref pour ne pas prendre trop de risques.
L'idée générale est de me rendre en TEC jusqu'au Bleymard, de démarrer de là au pied des Monts Lozère (sommet de finiels), de longer un tout petit peu les sources du tarn, passer à Pont-de-Montvert, filer à Florac à travers le chemin de Stevenson (GR70), monter sur le Causse Méjean, longer les crêtes Est pour ensuite prendre la direction de l'Est, du mont Aigoual avant de descendre à St jean du gard.
J'ai tracé un itinéraire pour ces 5 jours sur openrunner. Le voici: Etape 1 : Le Bleymard - Le pont de montvert (un peu avant, sur un replat près du tarn) - 22Km D+650 http://www.openrunner.com/index.php?id=1990131
Etape 2: Le Pont de montvert - Bedoues (bivouac sur un plat en sommet à l'écart de la ville) - 28Km D+720 http://www.openrunner.com/index.php?id=1990202
Etape 3: Bedoues - Sud Est du causse méjean près du col de perjuret - 27Km D+770 http://www.openrunner.com/index.php?id=1990219
Etape 4: Causse Mejean - au nord de Valleraugue sur le Gr67 - 25Km D+690 http://www.openrunner.com/index.php?id=1990225
Etape 5: Valleraugue sur le GR67 - St Jean du Gard - 24Km D+470 http://www.openrunner.com/index.php?id=1990255
Le kilométrage, réaliste en belle saison, me semble conséquent pour une fin octobre-début novembre, avec tout au plus 10 heures de luminosité. Je suis très sportif, ait l'habitude de marcher vite, j'ai ainsi comme "référence" 25Km et D+1200 pour 8 heures de marche dans le Vercors avec un climat venteux et frais (10°C) soit à peu près les conditions qu'on pourrait avoir en Automne. ainsi qu'un portage équivalent.
La grosse question que je me pose, c'est surtout les difficultés potentielles de terrain que je ne connais pas à l'heure actuelle, sachant qu'à priori, ce sont des sentiers bien aménagés ou des pistes forestières en grande partie, ce qui autorise la marche rapide... il y a aussi de la route et je comptais sur ce point pour avancer en "auto-stop" sur les grandes portions....
Quant aux risques d'épisode cévenol, il est pris en compte en tout conscience, si cela doit arriver, eh bien demi-tour tout simplement 😄.
Merci pour vos éclairages sur les terrains rencontrés, sur la faisabilité du parcours, qui bien sur peut être ajusté..
J'ai hâte d'y être, surtout en ayant lu quelques uns des récits qui trainent par ici. Le causse méjean me fait rêver 😏
Lieux incontournables sur mon itinéraire à vélo English translation pending
Bonjour
Je suis entrain de préparer l'itinéraire d un voyage de 800 a 900 km .Depart de Tarbes jusqu'a villard de lans comme point d'arriver que mes jambes appréhendent beaucoup vu l'ascension finale 😕 ..
De tarbes je compte longer les pyrénées jusqu'a foix d'ou je remonterai jusqu'a Revel ou du cotés de la montagne noire " route de mazamet .. Mon itineraire se poursuit donc dans les Cévennes pour rejoindre le sud ardèche en passant par l'incontournable vallon pont d'arc
Je me suis pour l instant fait une petite liste que j'ai pu confectionner sur le web de ville et village à faire
Lautrec Revel Peyre Le pont de montvert Route Florac --> st énimie castelbouc la montagne noire Voguë Balazuc
Je précise que en fonction des villes je ferai mon itinéraire car certaine seront à exclure pour éviter les gros détours
Vu le nombres de personnes sur le forum ayant parcouru la france de long en large et en travers j'aimerai donc obtenir des infos sur les lieux incontournables , magnifiques et les petits coins sympas naturel de mon itinéraire , ainsi que les lieux de baignade 😎 sauvage ou la foule n'est pas , plus ou moins ..
Merci Nicolas
Je suis entrain de préparer l'itinéraire d un voyage de 800 a 900 km .Depart de Tarbes jusqu'a villard de lans comme point d'arriver que mes jambes appréhendent beaucoup vu l'ascension finale 😕 ..
De tarbes je compte longer les pyrénées jusqu'a foix d'ou je remonterai jusqu'a Revel ou du cotés de la montagne noire " route de mazamet .. Mon itineraire se poursuit donc dans les Cévennes pour rejoindre le sud ardèche en passant par l'incontournable vallon pont d'arc
Je me suis pour l instant fait une petite liste que j'ai pu confectionner sur le web de ville et village à faire
Lautrec Revel Peyre Le pont de montvert Route Florac --> st énimie castelbouc la montagne noire Voguë Balazuc
Je précise que en fonction des villes je ferai mon itinéraire car certaine seront à exclure pour éviter les gros détours
Vu le nombres de personnes sur le forum ayant parcouru la france de long en large et en travers j'aimerai donc obtenir des infos sur les lieux incontournables , magnifiques et les petits coins sympas naturel de mon itinéraire , ainsi que les lieux de baignade 😎 sauvage ou la foule n'est pas , plus ou moins ..
Merci Nicolas
Route touristique Vallon-Pont-d'Arc - Toulouse à vélo English translation pending
Quelle est la plus belle route touristique pour relier Vallon pont d'arc à Toulouse a vélo avec sacoches ( difficulté moyenne)
Merci