24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Loopkin · 25 avril 2004 à 12:49 · 6 photos 16 messages · 9 participants · 7 183 affichages | | | | 25 avril 2004 à 12:49 24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Message 1 de 16 · 7 089 affichages · Partager Bonjour.
comme promis à LaFleur, voici mon récit de mon saut en parachute en juillet 99, à 50 km au sud de Moscou, et ce qui s'est passé avant et après. Ce furent 24 heures absolument hors norme. | | | À: Loopkin · 25 avril 2004 à 12:51 Re: 24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Message 2 de 16 · 7 077 affichages · Partager Samedi 10 juillet 1999, Moscou
Ca commence par des bruits difficiles à identifier. Non tant du fait qu’ils sont difficilement identifiables en temps normal, mais plus du fait de la faiblesse de ce qui me reste de neurones pour interpréter correctement des signaux sonores. Je parviens finalement à comprendre qu’il y a des voix. Des personnes qui marchent, d’autres qui rient. Peut être que certains parviennent à faire les deux simultanément. Moi, je ne serais même pas capable de marcher, quant à rire, il n’y a pas de questions à se poser. C’est vraiment impossible. Quand tout tourne, qu’on ne désire qu’une seule chose, c’est tout oublier, sombrer, et que « ça » passe, on n’est pas exactement dans des dispositions à rire.
On marche, on piétine, on parle, on rie, on s’affaire. Mais voici un nouveau signal. Transmis cette fois par ma peau : on me secoue l’épaule, enfin, je crois. Ca bouge. Ca tourne encore plus. Et en même temps, je réalise enfin que tous les mots qui sont prononcés sont dirigés vers ma personne : On me parle, depuis peut-être déjà plusieurs minutes. Qu’en sais-je exactement, en fait ? Je saisis au vol des mots que je comprends, quand bien même ils sont prononcés en russe. Il y a « lève-toi », il y a « parachute », il y a « habille-toi ».
Et là, la conscience commence à revenir, doucement. Le temps de démarrage d’un serveur Linux dans les labos de Mécaflu de mon école, en comparaison, c’est de la rigolade. Moi, je sens que je vais mettre plusieurs heures à charger toutes les fonctions de mon système d’exploitation (et d’assimilation...). Avant que cette conscience n’atteigne un niveau suffisant pour user de la parole à mon tour, elle passe par une étape intermédiaire : me faire parvenir des signaux internes à mon organisme. Le voyant rouge de mon estomac est allumé en continu depuis peut-être des heures, et je n’en prends acte que maintenant. Peut-être des heures de répit ? Comme un automate, je me dirige vers le balcon, et je m’applique à le redécorer. Ce n’est pas très beau, un peu grunge-art, avec l’odeur en plus. Une fois mon forfait accompli, l’estomac repasse dans le vert. La conscience monte encore d’un niveau. Je ne suis plus une simple machine à non-assimiler, je commence à penser. Je pense : « me recoucher, vite ». Je me dirige automatiquement vers mon lit. Je manque de planter. En effet, un cas non prévu dans le programme se présente : le lit est devenu, entre temps, inaccessible. Trois personnes assises dessus. Je suis heureux, car je parviens à penser toujours mieux. En effet, j’en arrive à être capable de me dire : « coup d’état ». Mon lit est occupé. Je ne peux plus me recoucher sans heurts. Mollement, j’essaye de forcer le passage. C’est sans compter sur la force des autres, et surtout, c’est compter sur ma propre force, qui m’a déserté ce matin. Deux erreurs qui se cumulent dans le même sens. Je ne parviens pas à passer la ligne des trois personnes assises sur ce qui me sert de lit dans cette chambre d’étudiants. Ca rigole encore plus, puis ça m’engueule : « Allez, dépêche toi. On va aller sauter en parachute. » Je parviens à bafouiller, nouvel exploit : « Ah non, non, non. Ca, ce n’est pas du tout possible. Allez-y sans moi. »
Mais encore une fois, c’est sans compter sur la force de persuasion de Victor. Je ne sais pas comment il fait, peut être est-ce parce que la perspective de se recoucher s’est avérée une fausse perspective à cause de leur putsch, toujours est-il que je me retrouve habillé, chaussures de marche aux pieds, appareil photo dans la poche de mon manteau, en moins de cinq minutes. J’oublie juste mon portefeuille et un briquet. L’oublie de l’un de ces deux éléments aura failli être fatal, la suite le prouvera.
Ensuite, c’est un peu flou dans ma mémoire. J’imagine qu’on est sorti du foyer pour étudiants, qu’on a marché au petit matin jusqu’au métro. Je me souviens du métro. Je regarde mes quatre compagnons assis en face de moi sur la banquette. Ils ont tous les quatre des yeux bien rouges. Et ils dodelinent de la tête. Je me sens moins seul. J’ai une vague pensée pour la décoration du balcon : « quelqu’un a-t-il nettoyé ou sommes-nous partis comme ça, sans rien faire ? Dans les deux cas, c’est désagréable. Soit quelqu’un a nettoyé quelque chose qu’il n’a pas commis, soit c’est resté, et c’est affreux. » Ensuite, je m’endors de nouveau. On me réveille, on marche dans des couloirs, un autre métro, je me rendors, on me réveille, un minibus, je me rendors. On me réveille, « allez, viens, on est arrivé ». Je regarde autour de moi. Je suis sur une route dans la forêt. Au loin, le minibus s’éloigne vers son destin. Devant nous, un chemin part en perpendiculaire de la route, pour nous mener vers le notre. L’air est frais. Les autres ont commencé à marcher. A marcher ? A courir. En fait, je me suis dit plus tard qu’ils devaient marcher à une allure normale. Mais sur le moment, j’ai cru réellement qu’ils couraient. J’ai du mal à les suivre. Je dois forcer à chaque pas. Ca tourne toujours beaucoup. Mais l’air frais me fait le plus grand bien. Image attachée: Photo postée par le membre Loopkin. | | | À: Loopkin · 25 avril 2004 à 12:56 Re: 24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Message 3 de 16 · 7 063 affichages · Partager Après quelques minutes de marche forcée, Jean Marie, l’autre français, me dit : « regarde les hommes tomber ! ». Je ne réalise pas qu’il y a réellement là haut, dans le ciel, au moment où il dit cela, des hommes qui tombent. Et pour cause, je suis au pied d’un arbre, et j’élimine de nouveau. Cette fois par le bon côté. Ca tourne toujours autant. Ceci étant fait, je lève la tête. Les hommes, entre temps, se sont transformés en parapentes. Jean Marie me dit qu’ils ont ouvert leurs parachutes, mais qu’avant, ils tombaient de très haut pendant très longtemps.
Un peu plus loin sur le chemin, nous en voyons d’autres. Deux puis trois hommes tombent littéralement des nuages. Incroyable.
Finalement, nous finissons par arriver au terrain. De nombreuses autres personnes sont déjà là. En tout plus d’une centaine de russes attendant au soleil. Il est dans les dix heures. Vient le moment de s’inscrire. Je réalise que je n’ai pas mon portefeuille, donc pas d’argent. Thomas, l’autrichien, me prête la somme. 300 roubles, soit dans les 75 francs, ce qui reviendrait à 15 euros (passage à l’euro oblige, avec l’inflation qui l’accompagne toujours). Il faut remplir un papier. Pendant tout ce voyage qui a duré selon mes estimations, entre une heure trente et deux heures, mes fonctions cérébrales sont presque toutes chargées. Je parviens à lire, à écrire, et à signer. Je signe entre autre, après hésitation, que je n’ai ni bu ni consommé de drogues ces dernières vingt quatre heures. Quand je signe, la feuille a encore tendances à avoir des accès de roulis, et j’essaye d’oublier pour un moment la superbe soirée passée la veille avec nos voisins étudiants russes, sur le toit du foyer...
Commence ensuite l’instruction. On nous regroupe par dix, et un instructeur, genre vétéran de l’Afghanistan, nous explique comment ça va se passer, ce qu’il faut faire, et nous rassure. En vingt ans d’instruction sur ce terrain, il a vu un seul accident : quelqu’un s’était foulé la cheville. Il insiste sur les manœuvres à effectuer pendant le saut : comment sauter, quelle position du corps adopter, vérifier que la coupole est bien ouverte, ne pas oublier de désamorcer le parachute de secours une fois que tout est bon, pour qu’il ne s’ouvre pas automatiquement à 300 mètres du sol, comment tenter de diriger un peu les suspentes, comment atterrir, comment ramasser le parachute, etc... Tout cela prends du temps. Il est midi. Mon estomac est de nouveau dans le rouge, mais le signal est différent. Il a besoin de faire transiter les aliments dans le sens de fonctionnement normal. La pause vient à point nommé. Nous mangeons dans le bar du terrain. Je m’empiffre. C’est bon. Je date le retour à la pleine possession de mes moyens physiques et psychiques à cet instant béni parmi les instants bénis. La soupe et les pielménis à la crème bien grasse sont de redoutables remèdes contre la gueule de bois. Dans le bar, les murs sont truffés de photos plus impressionnantes les unes que les autres. Sur l’une d’elles, on voit une immense grappe composée de centaines de personnes, peut être trois cents, qui font une figure fractale extrêmement complexe. Sur une autre, une autre grappe, composée d’une centaine de personnes. Ils écrivent 1997 dans le ciel. Une autre : sur fond de Russie enneigée, tout en bas, un homme en slip de bain moulant est en chute libre, avec un parachute sur son dos nu. A cette température apparente (genre moins trente plus le vent), il n’y a plus rien à mouler, je pense. S’il avait voulu faire de la pub pour les Smarties, c’était tout trouvé.
Ensuite, on nous fait passer dans la salle des parachutes. On nous fait nous mettre en rang, et du fait de notre retard, nous passerons les derniers. Nous risquons d’attendre des heures. On nous donne à chacun une sorte de combinaison en toile de jute qui nous fait ressembler en grenouilles, et aussi, il faut bien le dire, deux parachutes. Un parachute normal, en forme de sac à dos lourd, qu’il faut mettre dans le dos, et un parachute ventral, un peu moins lourd (mais tout est relatif) qu’on fixe au niveau de mon ventre bien rempli. J’ai presque vingt cinq kilos sur le dos, plus du tiers de mon poids. Je me sens lourd. Je me dis déjà à ce moment là que si je saute avec ces lestes attachés à moi, ma course vers le sol n’en sera que plus brève.
On nous fait passer dehors, où les centaines d’autres sauteurs débutants attendent, tous déguisés, comme nous, en parachutistes en herbe. Nous nous y installons, dans l’herbe, au soleil, et nous attendons patiemment notre tour. Il est Quatorze heure. Je fais un rapide calcul. Avec les autres français du foyer étudiant, nous avions prévu d’aller en boîte ce soir. Normalement, on devrait y arriver. La relique qui sert d’ascenseur à mes congénères qui ont la chance (la chance ?) d’être avant nous fait ses allers et venues, régulièrement. C’est un Antonov II. Il paraîtrait qu’il s’agit du plus gros biplan monomoteur actuel dans le monde. Certes. Mais cela ne le fait pas monter plus vite. Cette libellule apathique est dotée d’un taux de montée des plus minables. Même pas 500 pieds par minute, je pense. Pendant ce temps là, les énormes hélicoptères de l’armée, reconvertis en hélicoptère d’entraînement au parachutisme pour les professionnels, tournent dans tous les sens. Il doit y en avoir trois, et chacun de ces engins peut emporter plus de cinquante personnes, sur des vitesses de montée supérieures à 2000 pieds par minutes. Les champions sautent à tout va, et nous, nous attendons, au rythme de dix personnes toutes les vingt minutes. Nous nous armons de patience.
Les heures passent, passées à regarder les débutants tomber, d’un peu plus haut, et les champions tomber par grappes, de très très haut. Pour passer le temps, je chronomètre. Je fixe un point dans le ciel, situé au moins quatre kilomètres au dessus de ma tête, en forme d’hélicoptère minuscule, rien à voir avec les léviatans qui décollent devant nos yeux. De cet hélicoptère presque translucide dans le ciel nébuleux, se détache, à la verticale du terrain, un point, qui commence à suivre sa trajectoire propre. C’est le top initial. Ce point grossit rapidement. Au bout de quinze secondes, on peut dores et déjà distinguer que ce point n’est pas insécable. Il s’agit en fait d’un noyau, composé de nombreuses particules. Entre vingt et cinquante individus forment ces grappes, selon les sauts. Ils forment parfois des figures. C’est très impressionnant. Parfois, des électrons libres gravitent autour du noyau, avec un surf attaché aux pieds, et s’amusent, de manière indépendante, en free style, suivant des orbitales atomiques erratiques, de quoi conforter l’incertitude d’Heisenberg et ses copains de la mécanique quantique. Ils font aussi des figures, mais individuellement. La grappe grossit, grossit, jusqu’à devenir un ensemble réellement distinguable d’humains tombants à grande vitesse vers la Russie. Au bout d’un certain temps, tous ces individus s’écartent simultanément les uns des autres par une poussée des bras, puis continuent encore quelques secondes leur course folle vers une mort certaine, nonchalamment. Et d’un coup, des mini parachutes se détachent d’eux, tirent un fil vers leur haut, puis font surgir la grande voile. Et tout ce beau monde se retrouve en même temps suspendu dans les airs. C’est le signal du second top. Une minute. Parfois un peu moins. Une minute de chute libre. C’est incroyablement long. A raison de 200 km/h, ce qui correspond en gros à 55 m/s, cela revient, si on néglige le temps d’accélération des cinq premières secondes, à plus de 3000 mètres de chute. A cela, se rajoute la hauteur de 1000 mètres destinée à l’ouverture des parachutes et à la descente toutes voiles dehors, et cela nous fait nos 4000 mètres bien tassés. Ma cuite est définitivement hors de combat, j’arrive à calculer. De toute façon, vu comme le temps passe lentement, je n’ai que cela à faire.
Le temps d’arrêter le chrono, et de calculer ces soixante secondes, et j’entends d’un coup un grand bruit d’oiseaux qui s’envolent. En fait, c’est le bruit que font les trente voiles qui s’ouvrent simultanément, huit cent mètres au dessus de ma tête, qui me parvient avec un retard de mexicain. Le son ne se propage vraiment pas vite dans l’air. Ensuite, tous ces hommes redevenus oiseaux pour un temps, s’amusent. Qui à descendre en vrille à une vitesse se rapprochant de la vitesse de chute libre, vers leur matrie, ce qui les fait arriver au bout de moins de vingt secondes, qui à prendre leur temps, pour admirer leur patrie, de haut. Ces derniers arrivent plus de deux minutes après les premiers. Ceux qui ont une planche aux pieds ont un système qui leur permet de la larguer quelques mètres avant de se poser.
Et pendant ce temps là, toutes les vingt minutes, nous assistons au largage des débutants. L’Antonov, péniblement hissé à 1000 mètres d’altitude, jette ses paquets quatre par quatre, ou trois par trois. Nous voyons notre destin dans celui de ces malheureux. Nous les voyons tomber de l’avion, et toujours, l’impression persistante que leur parachute ne s’ouvre pas, ou toujours trop tard, nous est donnée. Parfois, plus de trois secondes se passent avant que l’individu ne soit freiné par son parachute. De là où nous sommes, nous voyons l’avion déjà bien au dessus de lui.
Le vent se lève un peu. Certains sont emportés au delà du terrain. Les contrôleurs prennent la décision de suspendre les sauts des débutants. En effet, les coupoles avec lesquelles nous sautons ne permettent pas de se diriger réellement. Pendant ce temps-là, les champions continuent à nous narguer avec leurs hélicoptères puissants, leurs chutes libres, leurs figures, leurs voiles facile à diriger, leurs surfs. Les heures continuent de passer. Parfois, la radio annonce tout haut qu’elle félicite Tatiana ou Andreï pour son quatre centième saut. Bravo. Nous, nous attendons toujours notre premier. Et non sans appréhension.
Les heures passent. Je recalcule régulièrement le temps, pour savoir si nous parviendront à rejoindre Antoine et Frédéric pour la sortie en boîte de ce soir. Et plus les heures passent, et plus la réponse négative se fait évidente, comme le nez au milieu de la figure.
Les heures passent. C’est impressionnant comment le temps passe. Même quand cinq minutes paraissent une demie heure, qu’on ne se parle pas, parce qu’on est chacun enfermé dans son stress, qu’on n’a rien à faire d’autre qu’à faire les lézards dans l’herbe au soleil, même alors, le temps finit toujours par passer. Les sauts des débutants reprennent. Je compte. Encore quatre, peut être trois va et viens, et ce sera à nous. Il est neuf heures du soir. Il est plus que temps. Déjà onze heures que nous sommes arrivés à ce terrain. Image attachée: Photo postée par le membre Loopkin. | | | À: Loopkin · 25 avril 2004 à 13:01 Re: 24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Message 4 de 16 · 7 060 affichages · Partager Tout s’accélère. On nous demande de remettre nos parachutes, de nous mettre en rang devant l’entrée de la piste (en herbe aussi, c’est préférable pour la réception). Les parachutes sont vraiment très lourds, et rester debout avec est un calvaire. Je compte encore : L’avion décolle, il reste un groupe devant nous, et ensuite, ce sera nous. Tout cela est-il bien raisonnable ?
Neuf heures trente. Le groupe devant nous a été largué. Dix coupoles sont ouvertes et touchent l’horizon. L’avion est en finale pour la piste en herbe. On nous demande de nous poster près de l’endroit où il s’arrêtera, sur le bord de la piste. Je répète : tout cela est-il bien raisonnable ?
L’avion arrive dans un grand fracas. Il s’arrête, mais laisse le moteur et son énorme hélice métallique quadripale tourner. On nous fait faire le tour par derrière, et nous montons par la porte latérale, celle par laquelle nous iront à la mort dans quelques minutes. Un surfeur blond nous accueille à bord et nous fait prendre place. A peine le temps de s’asseoir qu’une forte accélération nous plaque tous vers le fond de l’appareil, nous déséquilibrant (nous sommes assis latéralement par rapport à l’axe du fuselage). Le temps de se remettre sur les deux fesses, et nous apercevons déjà la campagne russe en bas, à travers les hublots. Les couleurs sont magnifiques.
Cette pensée est la dernière, dans mon souvenir, d’une perception rationnelle des évènements. A partir de maintenant, la peur commence à prendre de plus en plus de place. L’avion continue à monter. Il fait des circonvolutions. Je me dis qu’il était finalement préférable d’attendre quelques heures avant de monter dans ce truc là, histoire d’être définitivement débourré. Je me dis aussi que cette antiquité peut faire la maligne, ce n’est pas grave, on a des parachutes, on ne nous la fait pas. Nous nous regardons tous, en nous efforçant de sourire, comme si nous étions parfaitement détendus. Ce sont plus des grimaces que des sourires. Pendant la montée, l’instructeur nous attache les crochets de nos parachutes aux rails placés au plafond. Il retourne à sa place près de la porte, en face de laquelle, plus ou moins, je suis assis. Et puis d’un coup...
D’un coup, ce maître nageur tout sourire depuis le début du vol, tout en gardant ce sourire colgate énervant et rassurant, ouvre la porte sans crier gare. A partir de cet instant fatidique, l’irrationnel devient majoritaire dans mes perceptions. Une autre échelle de temps devient nécessaire pour les descriptions qui vont suivre, où la linéarité n’est plus de mise. Deux évènements simultanés pourront m’apparaître à deux instants distincts, et deux évènements successifs pourront m’apparaître au même instant, voire de manière inversée. Lorsqu’il ouvre cette porte sur le vide, le vent s’engouffre d’un coup dans toute la cabine. Le vent frais du soir et de l’altitude. L’ouverture de cette porte provoque en moi un réel effroi. Je me trouve d’un coup en prise directe avec le sol. Il n’y a plus d’obstacle entre lui et moi. Il ne dépend plus que de moi de le rejoindre, si j’en ai la volonté. L’aurai-je ? Les maisons apparaissent bien petites, tout en bas. Les forêts sont certes magnifiques, mais elles sont en bas. L’instructeur nous gueule des trucs, encore et encore, qui ne sont que des rabâchages destinés à focaliser notre concentration sur autre chose que sur la peur. Sur l’ordre des sauteurs, sur la position à adopter au moment de sauter, sur celle à adopter à l’atterrissage. A cause du bruit assourdissant du moteur et du vent, nous n’entendons rien.
L’avion tourne encore. L’ampoule verte se met d’un coup à clignoter, au rythme d’un signal sonore éloquent. L’instructeur, comme prévu, désigne les quatre premiers sauteurs. Il y a un homme très gros, un autre, Victor et Jean Marie. Les quatre plus lourds du groupe, dans l’ordre décroissant des poids. Je vois ces quatre personnes se lever avec des têtes de condamnés à mort. Ils se dirigent lentement vers la sortie, se mettent en rang, puis tout va très vite. L’instructeur tape dans le dos du premier, qui disparaît bel et bien, sans autre forme de procès. Le second subit le même sort, puis Victor, mon ami Victor. Diantre ! Reste en vie Victor ! Jean Marie ne tarde pas à le suivre dans l’inconnu.
Ca crée un vide. A priori rien ne s’est passé, le moteur continue de tourner comme un horloge, l’instructeur est toujours aussi calme, les visages des sauteurs toujours aussi livides. Simplement, au lieu d’être dix stagiaires, nous ne sommes plus que six. Et l’avion continue à virer, et à virer. Et la porte reste ouverte. Et mon cœur bat la chamade. Et la porte est toujours ouverte, et je sais que ça va être à moi, là. Je tremble de tous mes membres. Je jette immédiatement un œil par la porte, qui est restée ouverte, pour compter les coupoles. J’en vois une, deux, trois. Et la quatrième ? Ah si ! Les quatre se sont ouvertes. Ouf. Tout ce monde là est encore en vie. Il reste un espoir. Mais pourtant, ces vingt cinq kilos, comment vont-ils pouvoir faire autre chose que me propulser vers le bas ?
L’avion vient se placer de nouveau à la verticale du terrain. Je transpire par tous mes pores. Fausse alerte. Un hélicoptère monstrueux est sur la piste en train de charger son content de champions. Il faut refaire un tour. L’avion refait donc un tour. Et la porte est toujours ouvert, là, presque en face de moi, me présentant le vide qui va m’aspirer bientôt...
La lumière verte clignote et fait bip bip. L’instructeur désigne Thomas, moi, ainsi qu’un troisième larron, qui, comme nous, n’a rien fait de mal. Je me lève, jambes en coton, et je me place derrière Thomas, en faisant coulisser le crochet de mon parachute dans le rail qui va vers porte ouverte, vers la sortie, vers la gravité inexorable. Je me répète les geste, je me répète mentalement la phrase que je m’étais promis de crier en tombant.
Le larron, placé devant Thomas, disparaît.
Thomas disparaît.
Je suis dehors. Mon parachute ne se décroche pas du rail, peut être suis-je trop léger ? Du coup, je me retrouve plaqué à l’extérieur de l’avion, contre son fuselage pour un court instant.
Je tombe. Le silence se fait d’un coup. L’air et frais, et il y a la terre de Russie en bas ou en haut. Je ne sais pas dans quel sens je tombe. Lorsque je crie LA phrase, ma voix m’arrive par en dessus. Je tombe, et j’ai très peur. Mon corps, qui, lui, ne sait pas qu’il y a un machin en tissu pour le sauver, se sent littéralement en danger de mort. Il tombe, et moi avec, vers la fin. Je ne sais pas du tout combien de temps s’écoule. Une seconde, deux, trois ? Mais c’est très long. J’ai le temps de réaliser à quel point on peut avoir peur. Je craque, je tire la poignée avant que le parachute ne se déplie automatiquement, malgré la décision que j’avais prise de tenter de chuter le plus longtemps possible, jusqu’à l’ouverture automatique. Ce n’est pas tenable. C’est trop terrible. En tirant la poignée, je regarde simultanément vers le haut, et je vois que le parachute est en fait déjà entrain de sortir. J’ai donc tiré pour rien. Le processus automatique était déjà en cours. J’ai donc dû chuter trois secondes environ, le temps d’arriver à 30 mètres par secondes, soit cent kilomètres à l’heure. Le freinage se fait en douceur. Je ne sens rien. Seulement moins de vent. Et toujours le silence.
Retour à une perception rationnelle des éléments et du temps.
Je vérifie ma coupole. Tout à l’air bien. Je pense donc à désamorcer le parachute ventral. Dans la journée, trop de gens, dans leur perte de sang froid, l’avait oublié, et s’étaient retrouvés avec deux parachutes ouverts à partir de 300 mètres. Pas très malin, d’autant plus qu’il y a une taxe à payer pour le pliage de ces parachutes de sécurité qui sont censés ne pas être utilisés...
Je sors ensuite l’appareil photo de ma poche, et, les mains encore toutes tremblantes, j’essaye de ne pas le faire tomber (la forêt loin en dessous est longue à fouiller de fond en comble). Je prends quelques photos. C’est magnifique. Le soleil touche presque l’horizon. Il est presque dix heures. Je vois la dernière vague qui a sauté. Les trois parachutes sont ouverts, dont celui de Denis, au dessus de moi. Thomas, juste en dessous de moi a l’air bien. Le temps de faire les photos, je réalise que non, il n’a pas l’air bien. Il est entrain d’avoir un parachute qui lui sort du ventre. Aurait-il, lui aussi, oublié de le désamorcer ? Le voilà donc suspendu à deux coupoles. Il est ralenti. Je m’approche de plus en plus de lui. En vitesse, je range mon appareil, et m’apprête à un éventuel abordage. Je passe sous lui, à quelques dizaines de mètres. La dépression provoquée par mon passage lui fait perdre d’un coup toute sa portance. Il repasse sous moi, par une chute de quarante mètres, livide, puis se stabilise, plus mort que vif. Le vent nous sépare ensuite. Chacun suit son destin. Je me rends compte que le terrain n’est plus très loin. Je me prépare. J’essaye de comprendre comment j’arrive. J’arrive latéralement par rapport à ma vitesse horizontale. Il faut donc que je tourne mon corps de Quatre vingt dix degrés, le buste dans le même sens que la composante du mouvement horizontal. J’attrape les suspentes, mais dans la confusion, je me trompe de sens, me voilà arrivant en arrière. Je regarde le sol. Il vient vite vers moi. En effet, ce n’est pas moi qui vais vers lui. C’est lui qui vient à moi. Moi, j’ai l’impression d’être immobile dans l’air, vu le peu de vent relatif que je sens. J’essaye de rectifier dans une ultime tentative ma position. C’étais sans compter sur la vitesse du sol. Il fonce vraiment vers moi. Lorsque j’ai vu qu’il restait une dizaine de mètres, croyant avoir encore le temps de me tourner, je n’avais pas bien estimé à quel point le sol venait vite. Le temps de regarder mes suspentes, et je sens quelque chose qui vient cogner mes pieds extrêmement violemment. C’est le sol. Je me retrouve sous l’effet de la chute totalement étalé par terre, comme un sac de pommes de terres. Je me relève, heureux de n’avoir pas eu plus de mal que cela lors de la chute, et surtout, heureux d’être là, sur la Terre, debout, en vie. Heureux aussi de l’avoir fait, d’ « en être », dorénavant. Heureux de toucher la Terre en même temps que le Soleil, qui n’est plus qu’un demi disque disparaissant lentement vers la Pologne, puis la France. Thomas, pas très loin, ramasse son parachute. Il est très heureux aussi. Nous courons l’un vers l’autre, et nous tapons dans les mains. Lui, doit être encore plus heureux que moi d’être en vie, vu le rab de chute, non prévu celui-là, qu’il a eu. Nous marchons ensuite vers la base.
Le temps de tout rendre, de nous changer, de se faire signer le baptême de parachutisme, la nuit est presque totalement tombée. Nous nous dépêchons, encore tous excités par le saut, et forts inquiets de rater le dernier minibus pour Moscou. Images attachées: Photo postée par le membre Loopkin. Photo postée par le membre Loopkin. Photo postée par le membre Loopkin. Photo postée par le membre Loopkin. | | | À: Loopkin · 25 avril 2004 à 13:02 Re: 24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Message 5 de 16 · 7 058 affichages · Partager Lorsque nous arrivons à la route principale, c’est le cas. Plus de bus. Plus de transports, plus rien. Nous marchons tous les cinq le long de la route, avec d’autres personnes, qui, comme nous, se sont retrouvées piégées. Nous essayons quelques tentatives de stops, en vain. Nous marchons longtemps. Nous achetons des produits à une boutique près de la route, puis marchons encore une bonne heure. Il fait totalement nuit. Chacun repense à son saut. Nous échangeons nos impressions. Au bout d’un temps, il faut prendre une décision. Moscou est à plusieurs dizaines de kilomètres. On ne peut y aller à pieds. Un autochtone nous indique une gare perdue dans la forêt, près d’un village situé à quelques kilomètres. Nous nous y rendons. Parvenus à la gare, où il n’y a aucun panneau d’horaire et aucun bâtiment ouvert, nous nous disposons à y passer la nuit. Sur le côté du quai, c’est directement la forêt. Nous décidons de faire un feu, et de tenter de dormir près du feu. Un clochard rôde dans le coin, dans un état de santé déplorable. Il nous demande des cigarettes. Nous n’en avons pas. Nous ramassons du bois, ce n’est pas ça qui manque. Puis vient le moment de sortir le briquet que j’ai toujours sur moi, pour parer à toutes éventualités. Enfin, presque toujours. Justement, quand il nous aurait bien servi, je ne l’ai pas. Maudit alcool qui me l’a fait l’oublier ce matin dans mon brouillard éthylique. Comment allons nous passer la nuit ? Il commence à faire frisquet, là. L’histoire s’arrange, car le clochard a du feu. Il nous le prête, et du coup, reste avec nous près du foyer. Nous mangeons ensemble, partageons le repas avec lui, et les bouteilles d’eau, à même le goulot. Il croque allègrement à pleine bouche dans le pain. Vu son état de santé, on ne peut pas ne pas hésiter à manger derrière lui. Moi, j’ai trop faim, et je fais confiance à mes globules blancs. Dans ces cas là, ça sert bien.
La nuit dure longtemps. Le feu est faible. Il fait froid, nous dormons presque dans le feu, tellement nous avons besoin de sa chaleur. Des heures durant, nous patientons, attendant un hypothétique train, recroquevillés sur nous même, grelottant, épuisés, sommeillant à moitié, maudissant la malchance. En effet, durant presque deux mois, il a fait une canicule que les russes n’avaient pas vue depuis cent cinquante ans, à mal dormir la nuit à cause de la chaleur. La seule nuit où cela aurait été bienvenu, il s’est mis à faire de nouveau assez frais. Les heures passent. Encore une fois, je me dis que c’est fou comme le temps peu passer lentement, et comment il finit toujours par passer, malgré tout. Au lever du jour, un train arrive. Nous y montons, totalement transis, laissant le clochard terminer ses derniers jours de vie, et nous nous écroulons sur les banquettes. Une demie-heure plus tard, nous sommes réveillés par la douceur des rayons du soleil qui nous réchauffent doucement à travers les vitres. Nous sommes à Moscou. Encore un métro, et nous voilà de retour au foyer. Les autres français ne sont pas là. Ma « décoration » est toujours là, séchée, et je mets longtemps à la nettoyer. Ensuite, je regagne mon lit, enfin libéré des putschistes, et je m’endors, me demandant si tout cela n’était, finalement, pas un rêve. | | | À: Loopkin · 25 avril 2004 à 13:45 · Modifié le 26 avr. 2004 à 12:39 Re: 24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Message 6 de 16 · 7 052 affichages · Partager  ....Comment dire....? on a des projets avec Douya de saut en parachute, mais là je sais plus trop, ton récit nous fait un peu trop réfléchir, un peu trop stressé......
Tu aurais pu dire " on est monté dans l'avion.....on rigolait tous, la porte s'est ouverte, le vent frais de Russie fouettait nos visages, on était heureux de ce saut.....j'ai sauté, impression de sérénité complète.....paradis absolu....." même si à l'arrivée ce fut celà, mais les préliminaires.....mon dieu.....   .....
Merlin, t'es encore là......? | | | À: Loopkin · 25 avril 2004 à 14:01 Re: 24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Message 7 de 16 · 7 050 affichages · Partager Merci Loopkin, d'avoir partagé ces 24 h hors norme avec nous.
J'ai eu le sentiment d'être dans ta tête et de vivre ta peur, moi qui ne sauterait probablement jamais en parachute (j'ai le vertige en haut des pistes de ski  ) ma seule expérience en matière de parachute est celle du parachute ascentionnel, ce qui n'a évidemment rien à voir au niveau des sensations
On s'y croirait, tout est tellement réaliste (y compris ta "décoration") Je crois que le récit de la soirée qui a précédé serait aussi un grand moment de littérature 
Et bien sûr, après ce premier saut presque malgré toi, tu n'as plus jamais cessé de sauter ? | | | À: Loopkin · 25 avril 2004 à 14:17 Re: 24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Message 8 de 16 · 7 046 affichages · Partager Quel grand saut, super ton récit | | | À: Seshat · 25 avril 2004 à 16:48 Re: 24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Message 9 de 16 · 7 039 affichages · Partager Pas exactement.
En fait, à l'atterrissage, et l'année qui a suivi, je me suis dit: "plus jamais ça!!!, c'est trop affreux!".
Evidemment, le temps a gommé le côté affreux de la peur, en ne laissant que le positif. Depuis quelques années, j'ai trop envie de recommencer. J'ai failli en refaire en Russie en 2002, mais le temps fut mauvais, donc on a annulé. Je pense que j'en referai, c'est clair. Par contre, j'ai souvent mis des parachutes, à chaque fois que je prenais un Iak 52 ou un Cap 10, mais heureusement, je n'ai jamais eu l'occasion de les tester... A chaque fois, après moultes figures dignes de nouvelles décorations (quelquefois, quand estomac dans le rouge et pas de sacs...), on revenait toujours se poser, si bien que dans ma vie, je n'ai fait, au final, qu'un décollage de plus qu'un atterro, et encore, en tant que passager.
J'ai des copains qui ont fait une chute libre (elle en tandem avec un instructeur, lui seul, encadré par deux instructeurs à côté de lui) au dessus du Lac du Bourget, avec vidéo et tout le bordel, et franchement, ça donnait G R A V E envie de le faire. Donc, oui, une chute libre au dessus d'un paysage de dingues, oui, ça me dit bien.
Concernant la soirée sur le toit, c'est une autre tranche de vie en voyage. Oui, je pourrais raconter. Une autre fois (il ne faut pas tout dévoiler d'un coup). Mais c'est vrai qu'on s'en est payés des bons moments!
En tout cas, merci à tous pour vos réactions, ça fait plaisir. | | | À: Loopkin · 26 avril 2004 à 0:55 Re: 24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Message 10 de 16 · 7 022 affichages · Partager J'ai la tête qui tourne!!!  Génial! Merci tout plein! | | | À: Alan · 26 avril 2004 à 13:12 Re: 24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Message 11 de 16 · 6 870 affichages · Partager Comment ca, Alan, tu me laisserais tomber ?!! 
Faut pas se laisser troubler par la galette et le briquet. Moi je compte toujours sur toi !!! Si tu veux, on peut commencer par parapente a Gourdon, puis le grand saut au dessus du Verdon ! 
Hein, t'es un homme, un vrai de vrai, alors tu vas LE FAIRE !!!
Douya | | | À: Loopkin · 27 avril 2004 à 13:29 Re: 24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Message 12 de 16 · 6 847 affichages · Partager Merci de ce récit très vivant qui raconte 2 histoires, celle d'une gueule de bois et celle d'un premier saut en parachute dans des conditions spartiates. | | | À: Lepiaf · 27 avril 2004 à 14:05 Re: 24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Message 13 de 16 · 6 845 affichages · Partager  Mais tout le monde sait bien que notre ami Serge a beaucoup plus (notez le beaucoup......) d'expérience dans la pratique de la gueule de bois que dans celle du saut en parachute.......et celà se voit dans la narration...... 
J'ai mal aux cheveux moi aujourdh'ui....... | | | À: Douya · 27 avril 2004 à 14:08 Re: 24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Message 14 de 16 · 6 844 affichages · Partager  ....j'avais plus de nouvelles....c'est pour ça.....t'es vraiment à Bangalore là...... 
Un homme, un vrai, ben là je sais plus........mais si tu le fais, je le fais, quoique le grand saut au dessus du Verdon......avec la demi pizza que je viens de m'envoyer...... | | | À: Alan · 8 mai 2004 à 16:21 Re: 24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Message 15 de 16 · 6 806 affichages · Partager Mais non!!!!!!!Il faut pas avoir peur!!!!!Il faut avoir du courage dans la vie......alors si t'avais l'idée de faire un saut en parachute, fais-le!!!!!  T'es un homme n'est ce pas? | | | À: Lafleur · 2 juillet 2004 à 18:48 Re: 24 heures de dingue en Russie: parachute et autres aventures... Message 16 de 16 · 6 705 affichages · Partager wouhou ! Ce devait vraiment être intense ! Bah ça me donne des idées ça ! Quoique... disons que ça me trottait dejà ds la tête puisque j'ai prévu de faire une préparation militaire parchutiste ! et puis le premier qui me dis quoi que ce soit à propos de l'armée, surtout si c'est négatif qu'il sache que je lui répondrai avec des arguments qui tiennent la route  .
T'as fais du cap 10  j'en rêve ! dés que j'ai fini ma pellicule photo je scannerai les photos du cap 10 et du cap 231 ex du club ! (je rêve chaque jour de les piloter ou même rien que de monter à bord)
Là seul fois où je suis montée dans un cap 10 c'était pour faire un "point fixe" avec le chef mécano du club donc on a fait 50 m de roulage à tout casser quoi... mais j'ai adoré !
Bon je me tais je fais un Hors sujet là... | Carnets similaires sur la Russie: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 9 867 visiteurs en ligne depuis une heure! |