Le patron de l’hôtel nous rassure sur la route à prendre, la piste renseignée sur la carte est bien goudronnée et nous fait gagner plusieurs km. On rejoint Nkob, jour de souk c’est toujours prétexte à faire des photos inattendues. On aime bien les souks, celui-ci est particulièrement animé.
On poursuit De N.kob à
Tinghir via le col de Tazazert, il y souffle un vent à décorner les bœufs on a du mal à tenir debout mais quels beaux paysages encore une fois, une route magnifique qu’on recommande, d’autant qu’elle est récente et bien large. De quoi faire de fameux treks par ici. Il y a juste vers la fin une dizaine de km qu’il faut faire sur une piste qui la longe mais la route sera bientôt terminée, la piste est bonne. Les pluies et le printemps magnifient encore les paysages.
À
Tinghir on va au Palmebella recommandé par une connaissance qui a fait du bénévolat pendant des années dans la région. Mohamed est un ancien guide, son Riad est malheureusement en mauvais état et on voit qu’il a bien du mal à le maintenir et du coup vieillesse des lieux et entretien négligé c’est mal parti. Il n’est pas parvenu à surmonter la crise du Covid, il a vendu ces bêtes et sa voiture tout cela l’appauvrit. Il a le cœur sur la main et comme nous venons de la part de son amie, il tient à nous guider gratuitement. Déjà il prend mon problème de lunettes en charge il m’emmène chez son opticienne qui me dit que ce n’est pas réparable mais qu’elle peut mettre mes verres dans une autre monture. Coup de l’opération 15€! J’en profite pour changer la monture de mes lunettes de lecture qui sont aussi prêtes à lâcher et là, elle me dit gratuit! J’ai bien du mal à lui faire accepter 200 dirhams pour les 2 montures et le travail, je lui apporterai plus tard un petit bijou que j’ai avec moi. Sauvée je vois de nouveau convenablement.
Du palmabella, nous partons à travers la belle palmeraie jusqu’à la ville une petite marche instructive et ludique. Les palmiers ont souffert d’une attaque d’un parasite (voir le commentaire plus haut), il y en a beaucoup moins qu’avant, les cultures irriguées ont pris la place. Les parcelles sont petites car à chaque héritage, elles sont subdivisées. Beaucoup d’oliviers qui montent très hauts, on ne peut pas les élaguer car ils s’étendraient chez les voisins.
Le respect de la propriété de chacun est très important. Mohamed nous fera goûter son huile qui est vraiment très bonne, elle est pressée à l’ancienne dans une coopérative. La vie dans la palmeraie est très active, ramassage des olives qui sont envoyés à la coopérative qui entretient les canaux et prélève une petite part sur la vente. Les femmes ne veulent pas se faire photographier et elles sont très attentives, heureusement les ânes sont toujours d’accord.
Nous visitons le vieille ville deTinghir et recevons des tas d’explications de notre nouvel ami, il insiste sur la grande solidarité et il souligne l’entente une nouvelle fois avec les juifs avant leur départ. Il nois conseille de regarder le film de
Tinghir à
Jérusalem. Les quartiers sont souvent habités par une même famille et pour passer d’une maison à l’autre rien de plus simple avec des petits ponts. Le téléphone arabe fonctionne à fond, ici, pas question de faire un pas de travers.
Un dernier petit thé sur la place où un grand espace est donné aux enfants pour leur plus grande joie. Le ramadan commence, ce sera notre dernier thé en terrasse.
Le lendemain nous nous promenons dans le très grand souk. On découvre le sel qui est vendu et selon la couleur c’est pour la consommation humaine ou pour les animaux, le rose c’est pour les bêtes.
Il y a à
Tinghir une ancienne mosquée que l’on peut visiter, le gardien se donne un mal de fou pour la sauvegarder.
Pour remercier Mohamed de son temps
J’achète de la viande pour plusieurs jours. Ici la viande est débitée comme elle se présente pas de morceau meilleur qu’un autre tout est au même prix.
Nous sommes au début de la vallée du Thodra et nous y ferons un trek qui va se révéler assez éprouvant pour nos 151 ans. On arrive au bout non sans souffrance... mais quelle belle journée qui nous a permis de traverser un camp de nomades.
Le lendemain on prend la voiture pour Tinjad, visite des sources de Lala MimounaC’est bien organisé avec des panneaux explicatifs et aussi des tas de citations qui honorent les jardins.
Sur la route on se fait arrêter par les gendarmes, on passait au pas comme chaque fois mais on aurait dû s’arrêter. Bref on se fait verbaliser, finalement on ne devra pas payer les 150 dirhams mais on est un peu vexé. Mohamed nous a bien défendu mais je me demande si ce n’était pas parce qu’il était dans le voiture que nous avons ce soucis. Car jusqu’à présent on passait toujours C’est l’occasion de rediscuter du fait de prendre des auto-stoppeurs. Il nous dit qu’effectivement si la personne n’a pas ses papiers ou n’a pas mis sa ceinture et si elle n’a pas de dirhams, ce sera sûrement à nous de payer.
J’ai atteint mon maximum de photos, la suite au prochain numéro.