« Lâchons un peu Chàvez et allons voir ceux qui l’ont élu »
Au lendemain de l’élection au
Venezuela du président Hugo Chàvez, Daniel Mermet et son équipe sont partis au
Venezuela. Ils ont recueilli des ambiances et rencontré « le peuple des barrios, les paysans sans terre, les Indiens Pemones d’
Amazonie, les chercheurs d’or, les gardiens de la prison d’Eldorado, les salseros du vieux
Caracas... ».
Pendant quelques jours donc, Mermet, Giv Anquetil et Ramon Chao ont pris la température d’un pays dont on entend trop souvent dans les médias qu’il est gouverné par un dictateur. Manque de pot, l’équipe s’est trouvée face à des citoyens, libres d’exprimer leurs idées, qu’ils soient opposants ou non. Ils ont constaté les programmes d’alphabétisation et le développement de coopératives pour les paysans sans terre. Ils ont aussi eu l’occasion de constater l’implacable réalité des pourcentages : 20 % de riches et 80 % de pauvres.
Les quartiers bourgeois, les résidences ultrasurveillées, les clubs de golf et les grosses voitures sont là aussi : « Les riches des beaux quartiers, peu enclins à partager, préparent la revanche », raconte Daniel Mermet.
La semaine prochaine, sur
France-Inter, de 17 heures à 18 heures, Là-bas si j’y suis au
Venezuela casse les idées reçues sur un pays, qui, grâce au pétrole nationalisé, jouit d’une croissance économique rare. Et qui a réussi à faire respecter sa révolution bolivarienne, du moins en apparence et pour le moment, au niveau international.
Mermet résume la situation : « Un navire incertain sur une mer de pétrole. Tournant tout autour, l’aileron menaçant d’un requin nommé "
USA". » Mais voilà, comme pour la plupart des Vénézuéliens, ce sont les idées et les rêves qui l’emportent : « Nous n’avons pas peur d’y croire, la peur d’être cocu n’a jamais empêché personne de tomber amoureux », dit Tonio au micro de Mermet.
Ixchel Delaporte