Bonjour Yannick, bonjour à tous.
Suite de mon post du 29/12/2016 concernant les khmers rouges;
LIVRES ET FILMS SUR LA PERIODE KHMERE ROUGE
L'un des premiers à parler des Khmers Rouges est François Ponchaud (missionnaire au
Cambodge) qui a écrit en 1977 "
Cambodge année zéro". Il s'agit de divers témoignages de personnes qui ont réussi à se rendre en
Thaïlande dans des camps de réfugiés.
Le documentaire de 1996 "
Bophana, une tragédie cambodgienne" de Rythy Panh (*). J'ai pu voir ce documentaire en 2002 lors de ma visite au S 21. Là encore c'était très émouvant.
"
S21, la machine de mort khmère rouge" est un film documentaire de Rythy Panh. Il y a eu 7 survivants de centre de torture S 21. En 2002 Rythy Panh a réussi à réunir 3 des survivants avec d'anciens tortionnaires de ce lieu. Le plus surprenant, c'est que chacun évoquait cette période calmement et en apparence sans haine... L'argument des anciens tortionnaires était le suivant : nous étions jeunes et avons subi des pressions psychologiques, nous avons été désignés comme tortionnaires, en refusant nous risquions alors d'être tués...
Suite à ce film, Rythy Panh en collaboration avec Christine Chaumeau, ont écrit le livre suivant : "
La machine khmère rouge : Monti Santésok S-21". Il s'agit des retranscriptions des dialogues du film initial.
J'ai trouvé ce film et ce livre très intéressants.
(*) Rithy Panhqui est né le 18/04/64 à
Phnom Penh est un cinéaste franco-cambodgien. Rescapé des camps de travail des Khmers rouges dans lesquels il perdit ses parents et une partie de sa famille, Rithy Panh rejoint en 1979 le camp de Mairut en
Thaïlande puis arrive en
France en 1980.
Après une période où il essaye de rejeter tout ce qui pourrait lui rappeler le cauchemar dont il vient de sortir, jusqu’à la langue khmère, il décide de se consacrer à un travail de mémoire à travers le cinéma. Il abandonne alors ses études de menuiserie et entre à l'IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques)dont Il sort diplômé en 1988.
En décembre 2006, le cinéaste Rithy Panh inaugurait le Centre Bophana à Phnom Penh, un centre de documentation historique à vocation pédagogique sur le passé khmer.bophana.org/fr/
Lorsqu'on évoque le S 21 il faut parler de François Bizot et de Douch
François Bizot a été arrêté avec deux de ses assistants cambodgiens par des miliciens khmers rouges et conduit dans un camp de rééducation dirigé par Douch. Le 24/12/71 après deux mois et demi de détention dans des conditions difficiles qu'il décrira dans son livre "
Le portail", il arrivera à convaincre ses geôliers que son séjour au
Cambodge était motivé par des raisons ethnologiques et non politiques et sera libéré. Ses collaborateurs capturés avec lui n'auront pas cette chance et seront exécutés. Ce serait Douch avec lequel il avait eu une relation que l'on peut qualifier "d'intime", qui serait intervenu pour qu'il soit libéré.
Lors de son procès, Douch a parlé de François Bizot. Il expliquait avoir dit à son supérieur, que celui-ci n’était pas un agent de la
CIA comme on le lui reprochait mais un chercheur, et que c'était grâce à lui que François Bizot avait été libéré.
François Bizot a été appelé à témoigner, selon certaines personnes il s’est exprimé plutôt à décharge, l'intéressé a expliqué qu'il évoquait un moment de sa vie qui n'avait rien à voir avec le comportement de Douch lorsqu'il dirigeait le S 21.
"
Le dictionnaire des khmers rouges"de Salomon Kane, préface de David Chandler (qui a écrit "Pol Pot frère numéro un") est le livre que j'ai trouvé le plus intéressant sur la période khmère rouge. L'auteur a fait de nombreuses recherches sur cette période. Ce livre n'est plus édité mais on peut encore le trouver d'occasion.
LE PROCES DES RESPONSABLES KHMERS ROUGES
En 2001 ont été créés les Chambres extraordinaires au sein des tribunaux cambodgiens (CETC)
www.eccc.gov.kh/fr
Les CETC ont été confrontés à divers problèmes : corruption, ingérence du gouvernement cambodgien, problèmes de traductions, les divers documents devaient être traduits en anglais et en français, démission de plusieurs juges...
Il y a quatre dossiers : pour des détails sur ces dossiers sur le site des CETC voir "Dossiers juridiques"
Dossier 001 :
Kang Kek Ieu dit "
Duch" (né le 17/11/42), directeur du centre S 21 (Tuol Sleng) à
Phnom Penh. Accusé de crime contre l'humanité. Condamné à 30 ans de prison le 26/07/2010.
Dossier 002 :
Le second dossier concerne quatre anciens dirigeants du régime. Les intéressés ont été très surpris par leur arrestation en 2007 (plus de 25 ans après les faits qui leurs sont reprochés), alors qu'ils vivaient paisiblement avec leurs familles dans la région de Païlin...
Le procès a débuté le 21/11/2011.
Nuon Chea né en 1926 (frère N°2), considéré comme l’idéologue du régime. Accusé de crime contre l'humanité, crime de guerre et génocide.
Khieu Sampang (né le 27/07/31), ancien président du Kampuchea démocratique. Accusé de crime contre l'humanité, crime de guerre et génocide. Dans les années 1955, il était étudiant à
Paris, c'est à ce moment-là qu'il a connu Jacques Vergès qui est devenu l'un de ses avocats lors de son procès à
Phnom Penh. Jacques Vergès est décédé le 15/08/2013 avant la fin du procès. Le 07/08/2014 Khieu Sampang est condamné à la prison à perpétuité.
Ieng Sary, né le 24/10/1924 à Tra Vinh (
Vietnam), ancien vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Pol Pot. Accusé de crime contre l'humanité, crime de guerre et génocide. Décédé le 14/03/2013, ce qui interrompt le procès à son encontre
Ieng Thirith née en 1922, épouse de Ieng Sary. Ancien ministre des affaires sociales. Accusé de crime contre l'humanité, crime de guerre et génocide. Le 17/11/2011 les juges de la Chambre de première instance jugent Ieng Thirith inapte à un procès pour des raisons neurologiques
En Novembre 2016, la condamnation à perpétuité pour crime contre l'humanité de
Nuon Chea et
Khieu Sampang a été confirmée en appel par le tribunal spécial de Phnom
Voir
www.lemonde.fr/...#QYxdg2OgtIfgaI3O.99
Le dossier 003 porte sur la responsabilité de Meas Muth et Sou Met, les commandants respectivement de l'armée de l'air et de la marine des Khmers rouges. Ils seraient responsables de la mort de milliers de leurs hommes en les envoyant à la police secrète à
Phnom Penh.
Le tribunal a été critiqué pour la décision de fermer le dossier et de ne pas déposer d'accusations formelles. Certaines personnes ont accusé le gouvernement cambodgien d'avoir fait pression sur le tribunal pour que les poursuites n'aient pas lieu.
Depuis, le dossier a été rouvert.
Le dossier 004 porte sur trois accusés; Im Chaem, Ao An alias Ta An et Yim Tith
Voir :
www.eccc.gov.kh/fr/case/topic/655
Jacques