Bonjour,
J'avais promis de faire un compte-rendu de mon voyage en octobre, après les enlèvements Areva et contre toute attente... Le voilà.
Et surtout ne les abandonnez pas !
PS : j'avais mis de belles photos dans le texte mais vous les retrouverez plus bas : Niamey, l'auberge, l'Aïr, Timia, les amis, Agadez
Découverte d’Agadez et de l’Aïr – Octobre 2010
15 septembre : j’ai mon visa, mon billet, je dois décoller le 14 octobre d’Orly pour Niamey via
Casablanca ! Très enthousiaste d’aller à Agadez, dans l’Aïr et rejoindre Assarid qui est aussi enthousiaste que moi à l’idée de me faire découvrir sa région.
16 septembre : enlèvement de cinq français à Arlit ???????
Dans un premier temps, je ne suis pas étonnée étant donnés les enjeux politiques et économiques du coin et je décide d’attendre l’évolution de cette affaire car, au fond de moi, je n’ai pas du tout envie d’annuler...
J’écoute, je lis ce qui se dit et s’écrit sur ces enlèvements ; je pars du «
il faut savoir raison garder », je sais que les médias « chargent » au maximum. Je constate, comme d’habitude, qu’il y a tout et n’importe quoi. Je vais sur le site du Ministère des Affaires Etrangères, rouge de MOPTI à DJANET en descendant jusqu’à AGADEZ !!
Tous les jours, je regarde si le prix du billet d’avion baisse : mais non !
Je contacte mes amis à Tombouctou, à Ségou, à Djanet, à Agadez.... Ils sont désespérés car ils ne comprennent pas ce qui se passe en
France : là-bas, rien de tout ça. Je lis tout ce qui est écrit dans les différents forums de voyages : ah ! ils n’y sont pas mais ils savent tout !!!
Jeudi 14 : j’arrive à Niamey à 1H30. Mon compagnon de voyage est pilote pour une compagnie privée d’aviation au service de grandes compagnies comme Areva... Discussions très instructives.
Au contrôle, un policier demande avec insistance à un français qui me précède le nom de l’hôtel où il va loger ???? Quand arrive mon tour, je réponds que je viens voir des amis et que je vais descendre au Grand Hôtel !! (J’ai vu un panneau publicitaire Grand Hôtel...) et le policier valide sans aucune autre question. Assarid, en belle tenue touarègue, m’attend à la sortie.
Panne d’électricité, au bout d’un moment, le groupe de l’hôtel ne fonctionne plus... et plus d’eau... Reste plus qu’à se réfugier dans la Braniger....
Vendredi 15 : à 6H du matin, nous voilà partis pour Agadez en bus climatisé de la Compagnie RIMBO. A Dosso, une fois descendue je ne trouve plus mon bus... Ah oui, il est bleu.... !! A Koni, c’est Assarid qui oublie de monter.... Arrivée à Agadez vers 20H, contrôle de police classique : je remets mon passeport que je dois récupérer le lendemain. Découverte émerveillée de l’Auberge Taguelmoust.
Samedi 16 : le policier me rappelle les consignes qu’il a reçues, je récupère mon passeport avec promesse de ne pas quitter Agadez et d’être prudente. Première approche discrète d’Agadez.
Dimanche 17 : nous avons décidé de demander les autorisations pour aller dans l’Aïr. Il faut être réglo, nous remettons le dossier au Directeur de l’Office du Tourisme d’Agadez (hé oui, c’est un dimanche et il n’est pas touareg !) qui nous dit qu’il nous donnera réponse demain lundi dans l’après-midi.
Lundi 18 : nous allons visiter l’Ecole IBIZ GAN où Almoustapha TAMBO est instituteur. Je l’ai rencontré lors de son exposition d’aquarelles à AFRIKABIDON car il est également peintre. L’école est belle, 48 élèves dont la moitié de filles... Malgré le contexte particulier d’isolement de la région d’Agadez, il arrive à enseigner en grande partie grâce au soutien de ses amis de
France.
Nous relançons le Directeur de l’Office de Tourisme : il faut attendre.
Mardi 19 : on relance, le Directeur répond toujours en décalant.... Et on attend en sirotant de la Braniger et de la Flag et de la Castel avec les amis qui viennent tous nous soutenir. J’en profite pour approfondir mes connaissances sur les rébellions passées et à venir, l’attribution des parcelles à Agadez, la pratique de l’Islam, les circuits scolaires, l’action des différentes associations et ONG...
Mercredi 20 : on s’excite un peu ; nous partons récupérer mon dossier pour aller chez le Gouverneur temporaire d’Agadez qui n’est pas touareg non plus. On s’aperçoit que le Directeur de l’Office du Tourisme n’a rien fait du tout, que le Gouverneur n’est pas au courant !!!
Le Directeur du Tourisme et le Gouverneur se voient sans nous. Le Gouverneur refuse de me recevoir. Il nous fait dire qu’il faut partir avec une escorte d’au moins 4 véhicules.... Et qu’il faut payer. Une amie du Gouverneur essaie d’intervenir en ma faveur auprès du Directeur du Tourisme qui lui dit clairement qu’avec le dernier groupe de Japonais, il n’a pas touché un CFA....
On refuse tout net. Tant pis, on ira ailleurs.
Le soir, c’est décidé. Nous allons partir à Timia mais personne ne sera au courant de la destination, des pistes empruntées et de la date de notre départ à part Assarid et Ihalan qui va conduire et Rhissa qui reste à Agadez pour faire la liaison. Ihalan connait toutes les pistes de l’Aïr qu’il parcourt en long et en large en moto pendant des mois. J’ai une entière confiance en lui, il est réservé mais très déterminé.
A tous, nous disons que nous allons partir le lendemain quelques jours vers Zinder....
Jeudi 21 : on reste à Agadez au cas où le Gouverneur me chercherait....
Vendredi 22 : à l’aube, on part en se payant le luxe de passer devant la Police !!8 H de route, par quelles pistes ? Il faut demander à Ihalan et à Assarid. Un amortisseur cassé, pas grave.
On arrive à Timia en début d’après-midi, personne n’est au courant et c’est la surprise pour eux et pour moi ; un jardin au milieu des cailloux : des palmiers, des orangers, des pamplemoussiers, des oignons (l’or blanc), du maïs... des tomates... tout.... De superbes bougainvilliers...
Assarid m’apprend que 2 jours avant, les bandits ont détroussé des touaregs et notamment un des Chefs de Timia... D’après ce que je comprends, il s’agit de petit banditisme qui sévit depuis fort longtemps. Ils sont intéressés par l’argent, les basins... tout ce qui est neuf.
Le soir, j’assiste à des danses.... Et les habitants n’en reviennent pas de voir une Française, ils viennent me serrer la main et me dirent qu’ils sont vraiment heureux de me voir. Depuis 2007, pas un seul Français n’a visité le Fort Massu qui a été si bien rénové par les Amis de TImia !!
Belle nuit sur la terrasse.
Samedi 23 : visite des jardins, visite de l’Auberge Taguelmoust fermée pour cause de « non-tourisme », visite d’une autre auberge perchée fermée elle aussi, visite du Fort Massu...
Dimanche 24 : départ à l’aube sans prévenir qui que ce soit. On ne prend pas les mêmes pistes. Lame de ressort cassée au bout de 100 Kms environ, un camion s’arrête et pendant 2H, les amis s’affairent pour que la réparation (chambre à air et acacia) tienne le coup jusqu’à Agadez. Pendant ce temps, je reste avec une famille touarègue qui partage thé et gâteaux avec moi. Le gendre m’offre un cauris qu’il a trouvé, je présente la main gauche par réflexe mais il me fait comprendre qu’il veut le déposer dans ma main droite ! Sa belle-mère fabrique un bracelet avec une lanière de cuir pris dans la coiffure de sa fille et l’attache autour de mon poignet, je suis émue par tant de gentillesse.
Le thermomètre monte, monte et nous nous arrêtons dans la famille d’Ihalan au village d’Idaoudine. A un moment, je compte 13 amis venus nous rendre visite, nous déjeunons tous ensemble et les discussions vont bon train. Nous sommes fatigués et voudrions bien faire la sieste... Dans mon cas, impossible car l’ami Aka me fait une conversation sans fin.
Lundi 25 : nous arrivons au petit matin à Agadez. Apparemment, personne ne m’a vraiment demandée et tous savaient que nous étions à Timia ! Nous retrouvons les amis.
Mardi 26 et mercredi 27 : visite d’Agadez, superbe. Aucun sentiment d’insécurité. Beaucoup de maisons de Français sont fermées et même en vente, quelle tristesse. Je vais dans 2 boutiques... pleines de poussière... Visite de la maison du boulanger, complètement insolite et me fais penser au Facteur Cheval. Je grimpe au minaret.. Vue splendide sur Agadez mais je n’ai personne avec qui partager. Le soir, nous allons balader à l’extérieur d’Agadez après une visite au marché aux bestiaux, pas assez de temps mais je me promets de revenir.
Jeudi 28 : On reprend le bus climatisé pour Agadez. Manque de pot, la climatisation tombe en panne au bout de 2 H... Il faut dire que le bus Mercedes est maltraité par les nids de poule de la piste : plus de goudron sur ce tronçon complètement défoncé par les camions transportant les oignons et l’uranium d’Areva. Je me dis que le nucléaire pourrait bien payer 60 Kms de goudron... mais bon !
Je remercie Assarid, Ihalan qui m’ont accompagnée et tous les autres qui m’ont soutenue pendant mon séjour. C’est sûr, ils me reverront !
Depuis que je suis revenue, je me suis documentée sur les différentes rebellions, sur Areva et les Chinois, participé à des conférences-débats sur la question touarègue...
Si vous voulez en savoir plus :
-
Touareg : le destin confisqué de Issouf ag Maha – Editions Tchinaghen 15€
-
Agadez-Niger :[/g]www.agadez-niger.com/
- Collectif Tchinaghen – Paix et Solidarité pour le Nord-Niger
www.tchinaghen.org
- Collectif Areva ne fera par la loi au Niger
areva.niger.free.fr
- Temoust – Connaître et faire connaître le peuple touareg.
www.temoust.org/
- Tuareg culture and news
tuaregcultureandnews.blogspot.com/
ð un dossier passionnant que vous pouvez télécharger sur :
collectif-tchinaghen.over-blog.com/pages/
La_maledication_de_lUranium_le_Nord_Niger_victime_de_ses_richesses-375648.html Images attachées: