Bonjour.
Comme expérience je n'ai que deux randonnées en montagne en complète autonomie, à trois personnes, pendant 8 jours complets avec un âne. L'un de nous avait une expérience, ancienne, avec des mules, et pour moi petite fréquentation de chevaux.
D'excellents souvenirs, même si on ne voyageait pas léger, des sacs de 15 à 20 kg pour chacun de nous, et presque 50 kg pour l'âne. Mais grand luxe question bouffe et boissons, couchage et abris (deux tentes de rando).
Rien à voir avec la MUL (on a un peu passé l'âge vu qu'on est retraité), mais que c'était bon !

Je dirais qu'il y a âne et âne, et là je ne parle que des vrais bourricots.La première fois, c'était avec un âne que je qualifierai de sympa, un âne habitué à porter et à faire de la distance et de la dénivelée. Bon, bien que solidement attaché, il s'est sauvé une fois la nuit, le bivouac ne lui plaisait pas (trop encaissé sans doute) et il a été retrouvé bien plus haut sur notre chemin de la veille en train de brouter dans un alpage dans le brouillard alors que perso je le cherchai sur le chemin qui descendait.
Le deuxième d'une autre asinerie, l'année d'après, était beaucoup moins aguerri, était sans doute plus habitué à promener des enfants autour du même coin pendant quelques heures; très vite il a renâclé à être bâté, un vrai poème à chaque fois pour lui montrer qui était le dominant (et il valait mieux être deux, c'est costaud ces bestiaux). En l'examinant on n'avait rien vu genre blessure ou autre pouvant expliquer son problème.
Lui aussi, vers la fin, a réussi à se défaire de la longe attachée à un piquet tirebouchon profondément enfoncé; je l'ai retrouvé sur le chemin de la descente au bout d'une heure, alors que mon pote le cherchait plus haut, sur le chemin emprunté la veille. On est revenu à bon port mais les deux derniers jours ont été sous le signe de la bagarre.
Dans tous les cas, il vaut mieux s'entrainer si l'on n'a pas l'habitude d'en mener et aussi vérifier sa compatibilité avec l'animal et ses capacités.
Quand un âne ne veut pas avancer, il faut un certain temps pour comprendre ce qui le perturbe; à défaut c'est quasi impossible avec des moyens normaux de le faire avancer s'il a décidé que non, pas question.
Je réalise que tu as déjà fait deux raids et donc tu dois être au courant.
Pour les itinéraires praticables, la première fois pas de soucis, le maître de l'âne avait une bonne connaissance du coin et nous avait briefé sur les coins limite ou interdits.
La deuxième fois, ce n'était pas le cas et on a un peu galéré; on a dû une fois grimper tout droit dans une bonne pente assez hard pour éviter des ravins ayant emporté le chemin et une autre fois rallonger la journée de plusieurs heures car le sentier étroit prévu s'était effondré dans un coin à falaises et l'âne n'aurait pas aimé du tout.
Heureusement, dans ce dernier cas, j'avais senti le coup vu les courbes de niveau sur la carte et j'avais été reconnaitre l'itinéraire la veille après l'étape, donc lever beaucoup plus tôt le jour dit.
Un conseil : Google Earth est ton ami, on arrive avec lui à bien estimer les difficultés si les photos satellites ne sont pas prises un jour nuageux ou en plein hiver quand le terrain est recouvert de neige; et les photos, souvent présentes, si elles sont bien géolocalisées (pas toujours le cas), peuvent aider à se rendre compte du terrain.
Dis-nous en plus sur ton itinéraire, si tu passes par le sud de l'
Albanie / nord de la
Grèce, je pourrais peut-être te donner quelques indications sur cette région. Et idem peut-être pour les Alpes françaises.
Bon choix de l'âne.