Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque RichardXI · 27 septembre 2025 à 15:44 · 70 photos 83 messages · 15 participants · 3 841 affichages | | | | 27 septembre 2025 à 15:44 Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 1 de 83 · Page 1 de 5 · 1 913 affichages · Partager Bonjour à tous toutes,
Je ne suis pas vraiment un participant régulier de Voyage Forum, mais chaque fois que je pars en voyage avec Kate c’est elle qui m’incite à rédiger un carnet et à le publier. Et j’avoue que c’est un exercice intellectuel très agréable quoique pas toujours aisé. Comme l’a dit justement un contributeur de VF dont j’ai lu les carnets, ce travail rétrospectif outre qu’il permet de fixer la mémoire, constitue aussi un fructueux moment d’introspection en faisant réémerger les émotions, les ressentis.
Kate et moi-même avons donc passé une semaine à Istanbul. Pour elle qui l’avait déjà visité ce fut un retour, pour moi une découverte.
Comme nous en avons pris désormais l’habitude je rédige les textes, elle publie ses photos. Nous espérons que ce récit imagé construit à quatre mains fera renaître de belles sensations pour ceux qui connaissent la ville et donnera aux autres l’envie de la découvrir. C’est parti !
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Je déteste arriver le soir dans une grande ville d’un pays étranger. La nuit tombante, le fameux « chien et loup », provoque toujours chez moi une forme d’anxiété. Le long trajet depuis l’aéroport à l’arrière d’un taxi avec un chauffeur généralement silencieux et dont on a à peine perçu le visage, les interminables périphéries bétonnées de la métropole, le centre-ville lui-même grouillant de vie mais absolument indifférent à notre passage et dont on est séparé, isolé du monde par les vitres hermétiques du véhicule, tout cela peut créer une sorte d’inconfort psychologique. Nous circulons dans une ville à laquelle nous ne comprenons rien. En journée au moins la lumière rend tout plus accessible, plus amical et puis je me dis toujours qu’en cas de difficulté à trouver l’hébergement, le temps n’est pas compté et que les solutions apparaîtront au grand jour.
Or l’arrivée à Istanbul de nuit a été plus que chaotique à cause d’un invraisemblable enchaînement de pépins petits certes, mais dont l’accumulation a fini par nous serrer la gorge... Après être sortis rapidement de l’aéroport nous avons attendu le taxi que devait nous envoyer le propriétaire de l’appartement. Dix, vingt minutes...Kate appelle. « Vraiment désolé, j’ai oublié de prévenir le chauffeur, mais prenez un autre taxi, il y en a beaucoup » File d’attente...Un chauffeur nous prend. « Galata Mandirasi Sk 2, ? Ok. » Une cinquantaine de minutes plus tard nous arrivons enfin. Le chauffeur nous dépose, thank you. La petite ruelle en pente est mal éclairée, n°1, n°3, pas de n°2. J’ai un doute et je vérifie le nom de la rue qui s’appelle Mandir et non Mandirasi. Panique, nous sommes en réalité au nord de la place Taksim à 40 minutes de notre hébergement dans un quartier apparemment très populaire où la présence d’un touriste doit remonter aux calendes...turques. Le chauffeur s’est planté...
Google Maps à l’aide, à droite, non à gauche, descendre, monter, la petite flèche de l’appli semble perdue comme nous. Une famille installée sur le pas d’une porte a repéré notre manège et nous interpelle. En mélangeant un peu d’anglais et un peu de google trad nous arrivons à leur expliquer la situation. Quand le monsieur comprend que nous allons rejoindre le quartier de Beyoglu à pied, il écarquille de grands yeux, il a l’air effaré, presque inquiet. « No, no, no good, taxi, taxi ! » Je ne sais trop s’il nous déconseille d’y aller à pied à cause de la distance ou de l’insécurité, mais nous décidons de suivre son conseil. Je me fends d’un techekouderim assez approximatif et nous cherchons un taxi dans ce quartier où il n’y en a pas. Une voiture jaune ! Galata, Beyoglu ? OK. Le temps de monter, la voiture est arrêtée par un gros encombrement. No possible, get out of the car please... La recherche continue, et nous débouchons sur une avenue plus animée et mieux éclairée.
Taxi, taxi ! Nous montons dans la voiture et nous montrons le trajet au chauffeur. No, no, get out of the car please. Mais ce n’est pas possible, ! Qu’est-ce qu’ils ont tous ! J’ai l’impression que notre hébergement est dans une petite rue et que les taxis ne veulent pas y aller. Un jeune homme nous aborde, nous lui expliquons la situation. Il arrête un taxi et semble lui dire précisément où nous allons. C’est bon, il est d’accord. Nous arrivons enfin à notre appartement après deux heures d’équipée. Le prix de la course semble très correct, pas d’arnaque. Conclusion : les chauffeurs d’ Istanbul sont honnêtes, mais pas très compétents...
Notre logement très mignon est situé dans le bas du quartier Galata, (administrativement Beyoglu) dans un secteur assez animé. Sans trop chercher nous nous installons sur la terrasse d’un petit resto qui propose kebabs, wraps, dürum, pide, lahmacun... On peut souffler, enfin... Il fait bon, l’ambiance de la rue est agréable. Première rencontre avec les vrais propriétaires de la ville, les chats stambouliotes. Amicaux, caressants, élégants et bien nourris, ils sont l’objet de soins attentifs de la part de la population et font toujours la joie des touristes. Ron, Ron, miaou, miaou petite bagarre, ils nous offrent un premier joli spectacle autour de la table.
Il est temps de rentrer, nous sommes épuisés. Avant de m’endormir, le dernier son qui me parvient du fond de la nuit, n’est pas comme j’aurais pu m’y attendre celui du chant plaintif et modulé d’un muezzin, mais celui de la sirène grave et nostalgique d’un bateau glissant sur les eaux du Bosphore...
| | | À: RichardXI · 27 septembre 2025 à 22:03 · Modifié le 28 sep. 2025 à 8:25 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 3 de 83 · Page 1 de 5 · 1 881 affichages · Partager Et tout d'abord... Musiques, Maestros !
Nous deux
🎵 🎶 Puisque nos âmes vagabondent, allons faire le tour du monde Nous deux!
Puisque vagabondent nos âmes Embrassons-nous tout près des lames de l'océan des mauvais jours Nous deux!
Et puis, à nos amours fidèles Au coeur des neiges éternelles, allons nous perdre pour toujours Nous deux! 🎵🎶
ronde bleue à la turque
| | | À: Kola · 28 septembre 2025 à 13:47 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 4 de 83 · Page 1 de 5 · 1 839 affichages · Partager Bien vu la référence "Maestra" !  Merci et en avant pour la suite... | | | À: RichardXI · 28 septembre 2025 à 16:37 · Modifié le 5 oct. 2025 à 11:59 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 5 de 83 · Page 1 de 5 · 1 815 affichages · Partager 13/09. Premiers pas dans Beyoglu
Les grands monuments de Sultanahmet attendront quelques jours, nous décidons de nous approprier d’abord le quartier dans lequel nous résidons. Premiers pas... Comme les enfants qui apprennent à marcher nous nous sentons assez maladroits, un peu en manque de repères, trébuchant au sens propre comme au figuré dans les rues de cette partie de la ville. Plan papier et portable en main on essaie de s’approprier l’espace. Istanbul nous échappe encore, il faut être patient, ouvert à la ville, attendre qu’elle s’offre à nous.
Administrativement nous sommes à Beyoglu, donc rive gauche de la Corne d’Or, mais le territoire comprend en réalité plusieurs quartiers, Galata vers la tour, l’avenue de l’Indépendance (Istiqlal), le quartier des antiquaires, la place Taksim, Karakôy... ce sont tous ces lieux que nous voulons prendre le temps de parcourir et découvrir tout au long de la journée.
La tour de Galata émerge en contre-haut d’une rue très, très pentue. La tour génoise du XIVe siècle solide et ventrue domine tout l’espace. Pas trop de monde à cette heure. On y monte ? Kate n’est pas trop emballée, 35 euros pour gravir le monument ? Des vues magnifiques sur le site de la ville nous en aurons bien d’autres. Un joli bar sur la place nous attire. C’est parti pour un premier café turc : 500TL (plus de 10 euros) pour deux breuvages ! Exorbitant, on se croirait à Montmartre ! Pas grave, instruits par l’expérience, nous saurons trouver par la suite des lieux tout aussi charmants à des prix plus raisonnables.
La grimpette se poursuit et nous arrivons sur la place Tünel, c’est ici que se trouve le point de départ ou d’arrivée du funiculaire souterrain reliant le haut de Galata au pont tout en bas sur la rive de la Corne d’Or... Mais notre regard est tout de suite attiré par la présence d’un petit tramway couleur cerise à l’allure Belle Epoque. C’est la fameuse ligne T2 la plus ancienne de la ville qui mène en quelques minutes à la place Taksim en longeant l’avenue de l’Indépendance. Nous voici donc sur les fameux « Champs Elysées d’ Istanbul », cette longue artère piétonnière presque rectiligne qui mène à Taksim. C’est dans ce secteur que la jeunesse stambouliote comme étrangère, se retrouve à la nuit tombée pour faire la fête. L’avenue elle-même est parsemée de magasins de luxe, vêtements, bijouteries, confiseries fines, de bureaux, d’établissements bancaires, d’hôtels, d’ambassades européennes... Les façades souvent XIXe, pimpantes et bien alignées témoignent d’une véritable aisance. De nombreux passages perpendiculaires permettent d’accéder à de petites rues élégantes aux façades décorées au pied desquelles on trouve profusion de restos, de bars, de galeries d’art.
La promenade est agréable et ne manque pas d’intérêt, mais je sens Kate un peu absente ce matin, sans entrain, comme si elle avait du mal à rentrer dans le voyage. Quant à moi, je suis un peu déstabilisé, je m’attendais à découvrir une part d’Orient et je me retrouve en plein Occident même si celui-ci a le parfum nostalgique du temps de « l’Orient express ». Mais au fond, quoi de plus normal. Nous sommes dans l’ancienne Péra, le quartier des Levantins (génois vénitiens, grecs...) du temps ou Constantinople / Istanbul était déjà cette ville-monde faisant du commerce avec tout l’univers connu, puis plus tard au XIXe quand l’Empire ottoman entretenait des relations certes complexes mais intenses avec les Européens. Pourquoi donc Istanbul ne serait-elle qu’Asiatique et exotique ? Quant à la nostalgie, elle prend soudainement corps devant l’entrée du Péra Palas, l’hôtel mythique de la Compagnie des Wagons-lits pour les voyageurs de l’Orient-Express. La façade est quelconque, mais l’intérieur... Luxe, calme, volupté et tous ces noms célèbres resurgis du passé : Agatha Christie, Greta Garbo, Joséphine Baker, Mata-Hari, Atatürk lui-même.
Petite plongée dans le quartier plus calme des antiquaires le temps de boire un çay puis nous remontons vers l’immense place Taksim au centre de laquelle trône le monument commémorant la guerre d’Indépendance turque . Centre névralgique de la ville, lieu de rencontres mais aussi parfois de manifestations, de contestation. C’est en quelque sorte leur place de la République à eux. En redescendant un peu à l’Est nous abordons un quartier plus populaire davantage dans les standards de ce que l’on peut imaginer d’ Istanbul, et nous déjeunons dans une charmante ruelle en pente à l’ombre protectrice d’une petite mosquée de quartier. L’accueil est simple mais cordial et nous dégustons chacun un assortiment de mezze. Je commence à m’essayer à pratiquer des rudiments de turc : Merhaba, tékéchoudérim, euh non pardon, té-ché-koudérim, téchékouderim, voilà j’y suis.
L’après-midi est assez avancé et nous décidons d’aller respirer l’air marin du côté de Karaköy et de Tophane au débouché de la Corne d’Or. A Tophane nous pénétrons dans notre première mosquée, celle de Kiliç Ali Pacha datée du XVIe siècle. La visite des mosquées sera pour moi, pour Kate aussi je pense, un des moments forts de notre voyage, j’y reviendrai plus tard. Mais de celle-ci et bien curieusement, je n’en ai aucun souvenir. Et je crois comprendre pourquoi. La fatigue du trajet, les péripéties de la veille, cette première journée qui nous a un peu tourné la tête. Avec toujours cette impression, pas désagréable en fait, quand on débute un voyage au lointain, de flotter au-dessus de la réalité. Un peu comme une ivresse légère. Et puis ici, les préjugés, même bienveillants. Voile, pas voile ? Photo, pas photo ? Silence ou non ? Comme une sorte de gêne, de timidité, de respect excessif. Bien qu’athée je suis de culture chrétienne, et l’église est un lieu familier pour moi. La mosquée non, bien évidemment. Que voir, comment voir ? Que signifie visiter un lieu de culte historique mais encore actif quand ce n’est pas celui de notre culture ? J’avais eu un peu la même sensation en Inde avec les temples hindous, mais la proximité spirituelle était là-bas si éloignée de moi que je me sentais plus à l’aise, plus détaché au fond. La tête encombrée de toutes ces considérations, j’ai vu la mosquée sans la voir...
La suite de notre séjour à Istanbul me permettra de faire mieux connaissance avec cette cousine un peu éloignée et de profiter pleinement dans les visites ultérieures des beautés et de la spiritualité qu’elle peut offrir.
Allez encore un petit effort de marche vers Galata Port pour aller humer l’air marin du Bosphore... ou de la Corne d’Or ? Kate et moi manquons encore de repères, alors disons entre les deux. Lieu entièrement rénové. Les anciens entrepôts ont été transformés en une immense galerie marchande, très belle d’ailleurs avec boutiques, bar-restos, promenade le long des quais, à destination de la clientèle des immenses bateaux de croisière qui viennent y accoster. L'endroit est tout de même un peu aseptisé. Il est temps de rentrer...
En faisant dans ma tête le bilan de cette journée bien remplie, mais contrastée au niveau des ressentis, je mesure à quel point les qualités d’un vrai voyageur sont l’ouverture d’esprit et la patience. Comme dans une rencontre amoureuse il faut se donner du temps, faire monter le désir. Istanbul n’est pas encore à nous...
| | | À: RichardXI · 28 septembre 2025 à 16:57 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 6 de 83 · Page 1 de 5 · 1 808 affichages · Partager 35 euros pour gravir le monument ?
Oups... 
Il me semble avoir lu quelque part que les prix s'étaient envolés à Istanbul.
Envolés jusqu'à la stratosphère...
J'ai peut être gravi cette tour autrefois mais je n'en ai aucun souvenir ! | | | À: Attila · 28 septembre 2025 à 17:25 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 7 de 83 · Page 1 de 5 · 1 788 affichages · Partager Il me semble avoir lu quelque part que les prix s'étaient envolés à Istanbul.
Oui, j'ai d'ailleurs un peu participé à cette discussion. C'est plus qu'un envol c'est un décrochage orbital 
En plus pour souffrir sur 211 marches faut être maso ! | | | À: Kate · 28 septembre 2025 à 17:49 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 8 de 83 · Page 1 de 5 · 1 776 affichages · Partager Les carnets de qualité s'enchainent et gageons que celui-ci ne fera pas exception. C'est un peu comme la parution d'un roman dont on apprécie l'auteur, alors qu'en plus on a aussi les photos.
L'an dernier, un autre carnet indiquait les prix d'entrée effarants, renversants, ahurissants pour le site de Pamukkale et si je comprends bien c'est devenu une généralité pour le pays. Je n'avais payé d'entrée ni pour Pamukkale ni pour la tour de Galata mais il est vrai que c'était un autre siècle. La Turquie s'est considérablement enrichie et modernisée, à croire que les prix se sont occidentalisés. Bon, pour une capitale, ce n'est pas si étonnant. Dire qu'à la fin des années 80 il n'y avait qu'une ou deux rues avec un semblant de modernité et juste un magasin vendant des WC qui ne soient pas à la turque.
A l'occasion, vous nous confirmerez que la gastronomie locale est toujours aussi bonne ? | | | À: Jojoone1 · 28 septembre 2025 à 19:42 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 9 de 83 · Page 1 de 5 · 1 748 affichages · Partager Merci Jojo.
Je n'avais payé d'entrée ni pour Pamukkale ni pour la tour de Galata mais il est vrai que c'était un autre siècle.
Pas besoin de remonter aux calandres grecques, en 2019, lors de mon premier voyage, la montée des escaliers était à 25 TL !
A l'occasion, vous nous confirmerez que la gastronomie locale est toujours aussi bonne ?
Bonne mais pas exceptionnelle  Je m'attendais à trouver beaucoup de mezzé mais peu de restaurants en proposaient ou alors c'était très cher. Ou alors on n'a pas trouvé les bons endroits ! Les mêmes propositions revenaient souvent: pizzas, kebabs, wraps, burger... bien sûr à la mode turque mais tout de même à la mode tout court. Parfois de bonnes surprises, Richard en parlera. | | | À: Kate · 28 septembre 2025 à 20:15 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 10 de 83 · Page 1 de 5 · 1 736 affichages · Partager Je ne sais pas si j'aurais envie de retourner en Turquie.
Les turcs étaient sympas dans leur ensemble autrefois.
Je me demande si Erdogan n'a pas fracturé ce pays.
Mais je laisse Richard nous raconter sa vision de ce pays à cheval sur deux continents. | | | À: RichardXI · 29 septembre 2025 à 13:07 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 11 de 83 · Page 1 de 5 · 1 684 affichages · Partager Merci beaucoup Richard pour ce carnet, toujours un grand plaisir à te lire. Kate, je vois que tu continues à alimenter ta collection de félins 😊 Istanbul, toujours dans ma liste de destinations mais jamais concrétisée. | | | À: Rouquine38 · 29 septembre 2025 à 15:47 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 12 de 83 · Page 1 de 5 · 1 662 affichages · Partager Istanbul, toujours dans ma liste de destinations mais jamais concrétisée.
Merci Isabelle. On va essayer de te donner envie d'y aller. Et puis Istanbul c'est la ville des chats, toi qui aimes les félins | | | À: RichardXI · 29 septembre 2025 à 17:02 · Modifié le 5 oct. 2025 à 12:14 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 13 de 83 · Page 1 de 5 · 1 650 affichages · Partager 14/09. De l’autre côté, dans le vieil Istanbul : le bazar égyptien, les mosquées Rüstem pacha et Souleymane, Kücükpazar.
Kate râle parce que nous n’avons pas encore acheté la fameuse « Istanbul kart » pour les transports en commun (vraiment pratique, je vais m’en rendre compte un peu plus tard)., Mais de notre hébergement j’ai envie de traverser à pied la Corne d’Or par le pont de Galata pour pénétrer de l’autre côté, dans ce qu’on appelle le vieil Istanbul. Le pont est encombré de pêcheurs à la ligne, serrés comme des sardines en boîte. Je souris en pensant à Sète ma ville natale. Ils ont l’air un peu plus calme que chez moi ! Devant nous, la vieille cité méditerranéenne s’étale en degrés depuis les collines jusqu’à la mer... Dans le ciel d’un bleu très pur, face au soleil, je m’abîme dans la contemplation de ces mosquées à coupoles si ventrues, et dont les minarets aigus ponctuent le paysage urbain de leurs points d’exclamation...
Bon, et maintenant que fait-on ? Kate qui est toujours à l’initiative de nos voyages, qui gère le transport, l’hébergement, qui pense à toutes les formalités (argent, passeport...) me laisse le soin d’organiser les découvertes. Je sais qu’elle pourrait le faire sans moi, mais c’est un fonctionnement, elle me fait confiance. Et puis, elle n’a aucun sens, mais alors aucun sens, de l’orientation ! Et elle est d’ailleurs bien trop préoccupée par les photographies qu’elle va demander à son Nikon si précieux, mais si pesant. Ok, mais il va falloir assurer tout de même.
La visite de la première mosquée hier m’a frustré. Je suis en pays musulman, au sein d’une aire civilisationnelle capable de produire des lieux de culte magnifiques, et je n’ai surtout pas envie de passer à côté. Depuis la station tramway d’ Eminömü, nous nous dirigeons vers la mosquée de Rüstem Pacha en plein cœur de l’entrelacs de rues commerçantes qui jouxte le bazar égyptien. Toujours trop de précaution, je demande, « can we enter the mosque ? ». Bien entendu, Je n’ai pas encore compris qu’en Turquie, au moins à Istanbul, les mosquées sont d’accès libre, sauf au moment des prières légales. On grimpe un escalier assez raide, on atteint une terrasse. Les panneaux d’information sont clairs, textes en anglais et dessins : tenue adaptée (voile pour les femmes, pas de short pour les hommes), ne pas pénétrer l’espace de prière. L’intérieur de la mosquée du XVIe siècle est sublime, toute de bleue vêtue avec ses faïences d’ Iznik, son élévation toute douce vers les coupoles, sa moquette si agréable aux pieds nus. Pas de fidèles à cette heure, mais des groupes de touristes ébahis et respectueux de la beauté des lieux.
Plongée dans le « Bazar égyptien ». Mal nommé en réalité, car plutôt tenu au XVIIe par les marchands ottomans, précédant eux-mêmes les Vénitiens et les Génois. Le bâtiment magnifiquement restauré forme un quadrilatère couvert, soutenu par des voûtes brisées sur arcs doubleaux bicolores. Consacré à l’origine à la vente des épices, des parfums et des plantes médicinales, il est aujourd’hui essentiellement un marché, destiné aux touristes, turcs comme étrangers. On y trouve de tout, des épices encore, de la confiserie, des écharpes, des souvenirs « made in china ». La lumière artificielle diffusée depuis le plafond, les couleurs chatoyantes des épices, des loukoums, des étoffes donnent à l’ensemble un aspect féérique et exotique à défaut d’être pleinement authentique car je ne crois pas que les Stambouliotes soient très nombreux à y faire leurs achats.
On l’aperçoit de loin depuis le pont de Galata. La mosquée Souleymane, perchée au sommet de la colline domine l’espace urbain. Souleymane, Soliman le Magnifique, le puissant sultan de l’Empire ottoman à l’époque de ce qui était la Renaissance chez nous. Les rues d’ Istanbul sont pentues et la montée est rude. L’accès au ciel se mérite ! Nous arrivons sur une immense esplanade qui offre une vue splendide sur la Corne d’Or et le Bosphore, les collines de Galata, les terres asiatiques de l’autre côté. D’ici on comprend mieux la géographie de ce site exceptionnel. Si l’extérieur du monument tire sur les gris-bleus, à l’intérieur c’est plutôt le rouge qui domine, celui des tapis, et des claveaux des fenêtres en arcs brisés. L’espace est immense, inondé de lumière. Pas de bancs comme dans les églises, l’espace est ouvert et rien n’arrête le regard spontanément porté vers le haut. Et bien entendu comme dans toutes les mosquées du monde pas d’images, mais des motifs calligraphiques ou floraux en guise de décor.
Après un bon moment passé à profiter de la quiétude du lieu, nous nous dirigeons vers un cimetière réservé aux dignitaires et dans lequel trône évidemment le mausolée de Soliman tout en bleu et en rondeur.
Déjeuner tranquille à proximité de la mosquée le long d’une enfilade de petits restos. Un rabatteur nous attrape. Généralement je déteste ces comportements. Mais celui-ci est avenant et courtois et sa terrasse curieusement vide invite à la détente. Nous nous laissons faire. Je commande un kuru fasulye, un délicieux plat en sauce à base de haricots blancs, d’un peu de viande et de tomate.
Le repas terminé nous traversons le secteur de Kücükpazar qui descend en pente raide depuis le pied de la mosquée jusqu’à la Corne d’Or. Quelle étrange impression. Les hauteurs du quartier sont fortement délabrées, mitées de terrains vagues aux maisons en ruine, parcourues de chats faméliques. Çà et là au détour des ruelles, quelques bâtisses colorées tout en bois qui ont dû être belles dans le temps. Sur une place poussiéreuse jonchée d’ordures nous apercevons une famille à l’air misérable. La femme est accroupie, elle semble préparer une soupe qui cuit sur un brasero. Elle ne fait pas l’aumône mais porte la main à sa bouche pour signifier qu’elle a faim. Kate s’approche et lui tend un billet. La femme remercie. Je ne comprends pas. Le quartier semble abandonné, peut-être est-il en voie de requalification comme disent les urbanistes ? Une femme se penche à sa fenêtre et nous salue en arabe « Salam Aleikoum ». Kate lui demande la permission de la photographier, elle sourit et elle accepte. Du bas de la rue je la regarde, elle aussi a dû être belle dans le temps.
En descendant la misère s’estompe progressivement et dans le bas nous traversons un quartier populaire très vivant. Beaucoup d’hommes dans les cafés. On décide de se poser autour d’un çay afin de sentir l’ambiance du lieu. J’adore les thés en Turquie, leur couleur rubis, leur goût un peu astringent (je les bois sans sucre), la façon dont ils sont servis dans des verres translucides à la forme évasée.
La journée s’achève dans la frénésie bonne enfant du quartier marchand qui s’étend autour du bazar égyptien et de la mosquée neuve.
Avant de rentrer nous achetons enfin la fameuse « Istanbul kart » à la station d’ Eminönü. Quelques courses au supermarché, ce soir nous dinons à l’appartement. Demain Sultanahmet et ses monuments somptueux. Demain c’est Byzance... | | | À: RichardXI · 29 septembre 2025 à 18:18 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 14 de 83 · Page 1 de 5 · 1 630 affichages · Partager C'est un plaisir de vous lire pour vous suivre dans cette découverte d’ Istanbul. Jusqu'à maintenant vos photos ressemblent à celles que j'ai prises il y a une dizaine d'années. C'était en période électorale, certains partis organisaient des meetings avec chants et danses mixtes (femmes non voilées). Et Sainte Sophie était encore un musée où j'ai admiré une exposition de calligraphie. Je crains qu'avec la main de fer d'Erdogan beaucoup de choses aient disparu...A vérifier dans la suite de votre carnet! | | | À: Gaura · 29 septembre 2025 à 18:39 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 15 de 83 · Page 1 de 5 · 1 624 affichages · Partager Bonjour Noëlle et merci !
j'évoquerai effectivement dans la suite du carnet certaines problématiques liées à la présidence d'Erdogan (sans toutefois faire de mon récit un manifeste politique  ) | | | À: RichardXI · 30 septembre 2025 à 12:59 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 16 de 83 · Page 1 de 5 · 1 580 affichages · Partager Bonjour. Bien sûr que je suis votre périple, toujours aussi bien écrit, documenté et illustré, dans cette ville que j’avais effleuré lors d’un city-trip à l’automne 2017. | | | À: RichardXI · 30 septembre 2025 à 14:56 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 17 de 83 · Page 1 de 5 · 1 561 affichages · Partager Kate qui est toujours à l’initiative de nos voyages, qui gère le transport, l’hébergement, qui pense à toutes les formalités (argent, passeport...)
Trop forte ! Multitâche... 
Et puis, elle n’a aucun sens, mais alors aucun sens, de l’orientation !
N'empêche que grâce à moi on se perd et c'est quand on se perd que l'on découvre plein d'endroits sympas ! | | | À: Montagnard74 · 30 septembre 2025 à 15:11 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 18 de 83 · Page 1 de 5 · 1 558 affichages · Partager Bonjour Bruno
Merci d'être là  J'avais lu ton carnet en 2017. J'y ai d'ailleurs jeté à nouveau un œil avant de repartir à Istanbul. La ville n'a pas fondamentalement changé. C'est juste un peu plus ou un peu moins de plein de choses. Un peu plus de touristes, un peu plus de boutiques à la chinoise, un peu plus de restaus standardisés, un peu plus de hijabs et un peu plus, enfin, beaucoup plus cher ! Mais rien qui puisse vraiment nous démotiver. On s'accommode et on contourne comme dans beaucoup d'endroits aujourd'hui.
| | | À: Kate · 30 septembre 2025 à 17:31 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 19 de 83 · Page 1 de 5 · 1 535 affichages · Partager @richardXI Que kate soit multitâche ou sans aucun sens de l'orientation, je ne peux juger. Par contre, il va falloir surveiller sa santé mentale parce qu'elle me parle d'un carnet qui n'a jamais existé  . Sur lequel elle s'est "à nouveau penché avant de repartir"  Ou alors, elle fait allusion aux échanges via mp que nous avons eu à l'époque de la préparation de votre voyage... Ou alors, je m'inquiète | | | À: Montagnard74 · 30 septembre 2025 à 22:58 Re: Nous deux à Istanbul : ronde bleue à la turque Message 20 de 83 · Page 1 de 5 · 1 505 affichages · Partager Par contre, il va falloir surveiller sa santé mentale parce qu'elle me parle d'un carnet qui n'a jamais existé
Euh...ça craint  J'ai confondu avec un carnet de Vasyvite  Désolée ! | Carnets similaires sur la Turquie: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 5 425 visiteurs en ligne depuis une heure! |