Hello,
Voici le carnet de notre escapade de fin d'année dans cette très belle région du
nord de l'Espagne.
Texte en images en cliquant ici.
Bonne lecture!
Marie
Texte seul :
ARAGON DECEMBRE 2015
Petite escapade d’une semaine vers l’Aragon, région que nous avons déjà un peu explorée il y a longtemps à l’occasion d’un voyage vers les
Bardenas Reales (
sites.google.com/...terrebardenasreales/
) et la Sierra de Guara (
sites.google.com/...aterresierradeguara/
)
Le but est de tester notre nouveau fourgon et de profiter de sa motricité 4X4 pour aller dans des coins paumés (qui ne manquent pas en Aragon !) Nous avons fait de belles randonnées dont la plupart sont accessibles sans 4X4 (je préciserai à chaque fois les difficultés d’accès)
J’ai utilisé pour préparer ce petit voyage le très beau livre de Charles Pujos : Sierras et canyons d’Aragon dont j’ai confronté les informations avec google earth, google images et wikiloc pour affiner mes choix.
Départ le vendredi 25/12/15Route sans problème de
Nancy jusqu’à la vallée du Rioumajou (juste après St Lary, route étroite) où nous arrivons vers 19h. Des aires de bivouac pour tentes, labourées par les sangliers et pour camping-cars sont gentiment aménagées sous les pins.
Samedi 26/12/15Départ alors qu’il fait encore nuit (bah oui on est pas mal à l’ouest de
Nancy et le jour se lève encore plus tard...) en direction de l’
Espagne et de Puertolas, d’où part une piste (
fr.wikiloc.com/...c/view.do?id=6064355
, faisable sans 4X4 mais avec une garde au sol correcte) qui permet de grimper presque jusqu’au-dessus de Canyon de Anisclo.
Du terminus de la piste (qui n’entre pas dans le
parc National d’Ordesa et du Mont Perdu), on grimpe facilement jusqu’au Grand Sestrales (
fr.wikiloc.com/...c/view.do?id=5068347
)
Le temps est superbe et n’enneigement est celui d’une fin d’été ! Nous nous garons à 1750 m d’altitude et il n’y a pas un brin de neige, c’est fou !
Trouvez le fourgon sur la photo !
Pas de neige en dessous de 3000 m. Le
Mont Perdu (3355 m) est le plus à G (à l’ouest) de ces 3+4 sommets ronds qui balisent le canyon d’Anisclo.
Les chiens sont ravis de ses dégourdir les pattes après la longue route d’hier.
Il ne leur faut pas longtemps pour repérer quelques chamois.
Nous voilà juste au bord de l’immense et très spectaculaire canyon d’Anisclo, ça sent le chamois par là aussi...
Le soleil est au plus haut de sa course mais reste assez bas sur l’horizon en cette fin décembre pour créer de jolies ombres.
Rapide pause pique-nique au sommet du Grand Sestrales, surveillés par quelques vautours. Le fond de l’air est frais bien que la bise soit légère et nous prenons le sentier du retour en dérangeant à nouveau la même troupe de 6 chamois. Ce massif est calcaire et l’eau est rare si bien qu’ils ne s’éloignent guère de la source située juste en dehors du parc national où paissent 2 ou 3 vaches plus paisibles.
Je suis bluffée par l’ampleur des paysages ! Un coin où il faudra revenir !
De retour au fourgon, pause croquettes pour les chiens !
Une battue a lieu dans la vallée en contrebas, aboiements, cris puis coups de fusil : les vautours sortent de nulle part, par dizaines !
Nous reprenons la piste en dérangeant les vautours attirés par le sanglier abattu par les chasseurs, qui git au bord de la celle-ci...
Avec ce temps presque estival, les animaux domestiques sont encore assez haut dans la montagne.
Beaucoup plus bas, le niveau du Rio Cinca semble bien faible.
Paysages de mesas tabulaires qui nous rappellent un peu le Mont Aiguille.
Joli village au bord de l’Embalse de Mediano, un lac de barrage.
Au loin les plaines sont sous les nuages, c’est là qu’on va...
On plonge dans une soupe épaisse qui nous rappelle un mois de novembre (normal, pas celui qu’on vient d’avoir) en Lorraine.
Direction Los
Monegros, une zone de badlands située dans la plaine au nord de l’Ebre.
Plaine très moche (du moins ce qu’on en voit) au sud de Barbastro vers Sarinena.
Nous tournons vers la Ruta de Jubierre, une piste facile praticable par temps sec par tout véhicule (
fr.wikiloc.com/...c/view.do?id=4276214
)
Et nous posons pour la nuit au pied du tozal de la Cobeta, espérant vaguement que le brouillard se dissipe pendant la nuit.
Petite promenade dans l’obscurité naissante avec les chiens, c’est assez lugubrrrre...
Dimanche 27/12/15Même temps au réveil, c’est bouché ! On termine la piste sans rien voir d’autre que quelques silhouettes fantomatiques, dommage car il y a de quoi randonner un peu dans le coin (
fr.wikiloc.com/...c/view.do?id=5756287
)
On décide d’essayer de s’extraire de la soupe en grimpant au-dessus du barranco del Bujal, situé au NO de Castejon de
Monegros.
J’avais préparé ce parcours sur wikiloc (
fr.wikiloc.com/...fact&id=11709221
) mais l’ai malencontreusement effacé sur mon smartphone. Nous y sommes cependant arrivés (piste nécessitant un 4X4 pour grimper depuis Castejon jusqu’au sommet du barranco, qui ne correspond donc pas au parcours indiqué sur wikiloc, du moins pour la 1ère partie. Ensuite la trace est juste pour redescendre sur Monegrillo)
Donc bien sûr on se perd un peu, surtout avec cette brume qui s’amenuise en prenant de l’altitude.
On découvre quelques bergeries abandonnées, de jolis champs soignés parfois, et enfin nous émergeons de la brume en arrivant au sommet du barranco del Bujal.
Belle vue sur la mer de nuages qui inonde toute la plaine de l’Ebre. Les nuages butent sur les falaises et le barranco est au soleil !
Nous nous baladons un peu sur la rive du canyon (pas de sentier, ça griffe !), ça fleure bon le thym et le romarin, puis on déjeune au soleil, il fait très bon !
Pas envie de retourner dans la purée de pois, dans laquelle plonge notre piste...
Pas de vent sur les crêtes...
Un vautour attend patiemment que les ascendances se lèvent.
Après cette pause contemplative, nous replongeaons dans la brume en direction de Foz de Zafrane, un classique accessible en 4X4 (ou en VTT !) situé au sud de
Zaragoza.
Trace GPS indispensable pour nous qui n’y voyons goutte avec ce brouillard (
fr.wikiloc.com/.../view.do?id=11874940
)
Le parcours est ludique mais sans grand intérêt esthétique car pas très sauvage (site d’escalade assez fréquenté, pile de pont vestige d’un ancien viaduc)
Nous trouvons la piste un peu après
Puebla de Alborton, elle se faufile dans un petit canyon et arrive enfin à un vaste surplomb où il doit faire très bon en été (exposé au Nord, 2°C pour nous)
On continue la piste guère plus facile de ce côté et finissons par nous extirper du canyon par ce petit chemin.
Nous repartons vers l’est ce qui nous permet de passer au-dessus de la piste d’entrée est du canyon.
On a un peu frotté la carrosserie sur ce chemin très étroit mais le fourgon s’en est sorti sans problème.
Quelques belles ornières laissent penser que ça peut se corser par temps humide !
Direction
Albarracin (à l’est de
Teruel) que nous visiterons demain !
On se gare à la nuit tombante pas loin de la très jolie route qui va de Géa de
Albarracin vers Bezas.
Lundi 28/12/15Ciel chargé au réveil...
On remet la rando prévue à plus tard et on commence par aller faire un tour vers
Albarracin qui donne son nom à la Sierra éponyme.
La ville est construite sur un éperon rocher dans un méandre du Rio Guadalaviar et flanquée d’une superbe muraille rouge, couleur sierra.
Nous traversons le bourg, désert à cette heure et grimpons jusqu’à la muraille où les chiens réveillent quelques chats encore assoupis, tous noirs.
Elle a été en partie restaurée, juste ce qu’il faut je trouve.
Nous arpentons les ruelles du bourg à la recherche de victuailles car le frigo commence à se vider et ne trouvons qu’une unique boulangerie, esseulée mais fameuse ! Sinon il y a une foultitude de bars, restaurants et...banques. Il doit y avoir foule en été. Pour le moment c’est...très calme..
Le ciel s’est enfin dégagé et nous prenons la route vers l’est dans l’idée de randonner dans les gorges du Guadalaviar. Mais le soleil est si bas sur l’horizon que même à midi celles-ci restent glaciales et en plus le rio est à sec !
On improvise donc une jolie randonnée de crêtes qui va nous faire découvrir un peu des paysages de la Sierra de
Albarracin. Pas de sentier mais la végétation clairsemée ce prête bien au « hors-piste »
Jolie boucle vallonnée qui se termine en beauté pour les chiens par la découverte imprévue d’un point d’eau ! (
fr.wikiloc.com/.../view.do?id=11875281
)
Retour sur
Albarracin dont les couleurs se réchauffent sous le soleil revenu. Comme partout en
Espagne, ça ne manque pas d’églises et autres édifices religieux !
J’ai bien envie de refaire des photos de la muraille avec le soleil mais un peu la flemme de remonter jusqu’en haut à pied. La carte téléchargée sur wikiloc semble indiquer une piste qui permet d’accéder sans effort au-dessus du village. Nous la trouvons sans difficulté (
fr.wikiloc.com/.../view.do?id=11875305
). Faisable je pense avec une voiture légère et haute sur pattes mais 4X4 préférable pour un véhicule plus lourd car ça grimpe ! Mieux vaut ne pas avoir à se croiser...
Vue superbe depuis la colline qui surplombe
Albarracin mais ça souffle !
J’ai prévu d’aller voir ensuite la lagune de Bezas, un des rares plans d’eau naturels de l’Aragon.
La route nous faisant passer devant la pinède de Roderao et ses peintures rupestres, nous y faisons une petite randonnée de quelques km.
La pinède est magnifique, rehaussée de blocs de granit rouge qui attirent ici des dizaines de grimpeurs tous équipés de gros matelas et de minivans (le parking ressemble à un salon du combi/van)
Les peintures ne sont pas époustouflantes mais la balade bien agréable.
Nous négligeons la pancarte indiquant la direction de la lagune de Bezas car j’ai une trace GPS qui semble plus courte au départ du village de Bezas. Piste assez cahotique, bonne garde au sol nécessaire. (
fr.wikiloc.com/.../view.do?id=11700326
)
Le site est joli, pas très dépaysant pour un Européen du Nord mais doit faire un tabac dans cette région désertique en été. Une ferme en partie rénovée la surplombe et semble habitée.
Stationnement nocturne interdit mais la nuit tombe (déjà !) et nous pensons ne pas trop déranger en cette fin décembre. Les chiens sont ravis de trouver de vastes étendues herbeuses et douillettes pour chahuter, c’est tellement plus confortable que la caillasse !
Peu d’oiseaux, c’est étonnant... un héron, quelques poules d’eau et cormorans, c’est tout.
Mardi 29/12/15Le jour se lève sur la lagune. Nous sommes à 1200 m et il n’a pas gelé.
Les chiens se font encore une partie, puis quittons la lagune par l’ouest en prenant la piste qui était indiquée depuis la route filant de
Albarracin à Bezas : elle est plus longue mais plus facile, accessible à tout véhicule.
Nous quittons les roches rouges de la belle Sierra de
Albarracin, faisons un ravitaillement express à
Teruel puis poursuivons vers Pitarque. A partir de Allepuz, la A226 puis la A1702 sont splendides.
Pas de soleil en cette fin décembre, dommage...
Les villages perchés se succèdent, juchés sur des escarpements improbables, alors que la route serpente inlassablement (et longuement) au creux des canyons et escalade col après col. Quelle chance que les chiens ne soient pas malades en voiture !
Villarluengo est le dernier village avant Pitarque, d’où nous partons pour une randonnée de quelques km jusqu’à la résurgence du Rio...Pitarque. (
fr.wikiloc.com/...c/view.do?id=6882990
)
Un peu déçus par cette randonnée que je m’imaginais plus aquatique).
En fait le sentier (en A/R et assez fréquenté) chemine à flanc de paroi le long d’un canyon et on ne profite de la rivière qu’à sa toute fin.
Le Rio Pitarque nait d’une résurgence (en fait plusieurs situées dans un petit périmètre) : ça a un côté un peu miraculeux dans ce pays calcaire très sec. L’érosion ici aussi a laissé de jolies formes.
L’eau est fraiche mais les chiens n’en ont cure ! Ils entendaient couler le ruisseau depuis plusieurs km sans pouvoir en profiter !
Nous explorons chacune des résurgences, plus ou moins accessibles aux chiens...les pôvres !
Une dernière baignade avant de prendre le sentier du retour. Higloo aperçoit à perpète de l’autre côté de la vallée un bouquetin juché sur un rocher, qui nous observe ! C’est fou le nombre d’animaux qu’on voit grâce aux chiens (et sans doute en loupons nous aussi pas mal du fait de leur présence !)
Le ciel s’est enfin dégagé mais le village de Pitarque et les orgues de Montoro sont déjà dans l’ombre. La nuit ne vas pas tarder à tomber et j’ai prévu de dormir près du pont de Camanillas à l’est de Aguaviva, ce qui va nous rapprocher un peu de la mer.
Il fait nuit noir quand nous y arrivons, au GPS (
fr.wikiloc.com/...fact&id=11716366
: on stoppe au 1er 1/3 du tracé, ensuite c’est à pied)
Mercredi 30/12/15Grand ciel bleu au réveil mais le fond de notre vallon va rester à l’ombre encore un moment. Petite gelée matinale.
Nous descendons le rio Bergantes sur quelques centaines de mètres et arrivons très vite au joli pont rénové de Camanillas (où passe le GR8)
Le site est très ludique car l’érosion a donné de jolies formes rondes au rocher. Le ruisseau se traverse facilement, mais les branchages accrochés en hauteur montrent qu’il n’est pas toujours si tranquille. (Donc ne pas dormir à côté du ruisseau comme nous si le temps est à l’orage ou à la pluie)
Plus en aval parvient à nos narines une odeur pestilentielle que nous identifions à présent sans hésiter : il y a (encore !) une usine à cochons dans le coin !
Cette région (tout l’Aragon !) en est truffée et il n’est pas rare qu’un seul village soit cerné par 3 ou 4 de ces exploitations. Comme les ressources économiques sont rares dans le coin, les gens supportent... En
France, ce serait la révolution ! Je n’ose pas imaginer la nuisance en été avec la chaleur et les mouches !
Pôv cochons, entassés dans de longs bâtiments flanqués de 2 silos à bouffe à cochon. On n’a pas vu l’ombre de la queue d’un cochon, je pense qu’ils ne sortent jamais. Certains bâtiments sont même à 2 étages ! Nous ne considérons plus du même œil le bon saucisson acheté quelques jours plus tôt...
Le soleil ne fait qu’effleure les collines environnantes quand nous quittons le rio Bergantes.
Petit détour ludique vers El Salt (sur le rio Matarrana, près de La Portellada :
fr.wikiloc.com/...c/view.do?id=8724454
Faisable avec une voiture légère, sinon 4X4 préférable, chemin étroit.
La cascade est à sec (décidément...) mais le site est joli. Les chiens prennent leur bain puis nous y déjeunons au soleil...
Nous poursuivons ensuite vers Beceite, porte d’entrée de la reserva Nacional de Puertos de Beceite.
J’ai reéré sur wikiloc une balade aquatique (encore une !) et cette fois il y a bel et bien de l’eau dans le très joli torrent d’Ulldemo aux eaux cristallines. Le coin doit être blindé en été car c’est assez paradisiaque. Accès auto :
fr.wikiloc.com/.../view.do?id=11717657
Rando :
fr.wikiloc.com/...oc/view.do?id=336624
A 13h30 nous démarrons la balade, il fait nuit à 18h, ne traînons pas...
Le sentier s’élève rapidement dans les pins et arrive de façon assez surprenante à un collet où se trouve une jolie maison de vacances à louer et surtout un puits fort bienvenu pour les chiens assoiffés. Nous sommes le 30 décembre, à 1100 m d’altitude et ce cerisier est en fleurs !
Après 1 ou 2 km de piste nous replongeons dans un étroit vallon sur un sentier visiblement peu fréquenté (merci le GPS)
Le moindre espace horizontal sur ces falaises escarpées est boisé.
Un rêve de bouquetins !
Et de vautours ! Pour la 1ère fois nous en avons vu voler en formation, j’ignorais que les vautours volaient aussi ainsi.
Nous regagnons enfin le torrent, bien sûr à l’ombre et le longeons tant bien que mal jusqu’au parking (parcours assez cahotique nécessitant de traverser plusieurs fois le torrent ou quelques pas d’escalade facile. La difficulté consiste à ne pas perdre le sentier car la végétation est vite infranchissable et l’eau parfois profonde)
Il commence à faire bien frais en fin de journée et la rivière prendre de petits airs de forêt presque boréale.
Nous arrivons juste avant la nuit, bien crevés et décidons de dormir là (ce qui est théoriquement interdit donc à éviter en « saison »)
Jeudi 31/12/15Pour cette dernière journée de l’année, nous décidons d’aller faire un tour jusqu’au
delta de l’Ebre (en
Catalogne), considéré comme une région de grand intérêt écologique. Je n’ai pas vu de photos vraiment alléchantes de cet endroit mais autant en avoir le cœur net puisque nous n’en sommes pas loin.
Mon intuition était bonne, le coin ne nous a pas emballé du tout.
Peut-être qu’au printemps quand les champs sont verts...
C’est plat, gris, sillonné de canaux et de chemins privés en tous sens.
Il nous a été impossible malgré plusieurs tentatives tous azimuts d’arriver à la lagune de Bassa de l’Estrella pourtant équipé d’un mirador (observatoire) indiqué par au moins un panneau. A chaque fois la piste est fermée par un grillage interdisant même l’accès à pied.
Bref, on a fait une petite balade en aller-retour sur la très banale plage qui mène à la Punta del Fangar. Il y a quelques dunes qui pourraient être intéressantes si elles n’étaient pas interdites d’accès (zone de nidification, OK)
Bref, après un déjeuner rapide au bord de la mer, on quitte cet endroit qui nous déçoit pour retourner dans les sierras !
Direction Viacamp à 3h de route, plein nord ! Après
Lleida, nous sommes sur la route du ski avec plein de voitures et un milliard de ronds-points. Pff... heureusement les Espagnols sont des conducteurs généralement prudents et patients (et très fair play pour laisser traverser les piétons !)
Nous arrivons à la nuit tombée au village abandonné de Finestras par une longue piste (haute garde au sol nécessaire) de 25 km. Très bien indiquée depuis Viacamp.
Réveillon très tranquille, pas de risque d’être dérangés par les voisins !
Vendredi 01/01/16Nous nous réveillons dans le brouillard (pas celui d’éventuels excès de la veille !), l’atmosphère est assez mystérieuse, pour ne pas dire lugubre dans ce village abandonné. Il est si épais qu’il nous faut le GPS pour trouver le départ du sentier. Le but de la rando est de découvrir l’ermitage de Sant Vincenç, blotti dans une grande muraille géologique appelée ici « de
Chine » !
Grâce au brouillard nous ne découvrons cet endroit incroyable que par petits fragments, allant de surprise en surprise.
Les arêtes rocheuses dressées vers le ciel ne parviennent pas à déchirer les nuages.
Nous voilà enfin après une petite acrobatie (il a fallu porter les chiens pour descendre quelques barreaux d’échelle) arrivés à l’Ermita Sant Vincenç, bâti il y a 1000 ans !
A nos pieds, le lac Panta de Canelles et une toute petite crique cachée derrière la muraille (de
Chine !) et au-dessus un autre ermitage, celui de Sant Marco, plus facile d’accès où nous irons ensuite.
Nous remontons sur le plateau, le brouillard s’est levé et nous découvrons les restes du village de Finestras, abandonné dans les années 60 lors de la construction du barrage : les zones cultivables sont à présent sous l’eau. Une maison (celle au toit de tôles) semble encore parfois occupée.
Nous voilà à l’Ermita San Marcos dont la jolie porte est ouverte. Je vous laisse la surprise d’en découvrir l’intérieur.
D’ici on aperçoit San Vincenç et l’entrée de la petite crique, fermée par une chaîne équipée d’une pancarte qui se situe très au-dessus de l’actuel niveau du lac !
Retour au fourgon, un dernier regard vers la place du village, ornée d’un sapin de Noël disposé dans un joli seau vert pomme !
Nous reprenons la piste vers l’auberge de Montfalco (pour toutes les pistes de ce coin au sud de Viacamp, il faut une bonne garde au sol et pour un fourgon ou camping-car de très bons pneus ou une motorisation 4X4. Enorme tôle ondulée avec des vagues de 25/30 cm heureusement seulement sur quelques mètres mais à plusieurs reprises sur la piste qui mène à l’auberge, plus fréquentée par des voitures qui patinent en montée et creusent les vagues.)
Pas mal de monde à l’auberge qui a l’air très sympa (et leur chien l’est aussi !) La gérante parle anglais et m’indique que THE rando du coin est faisable pour un chien « a little crazy » comme le leur.
Les nôtres l’étant aussi, on décide de faire cette rando que j’avais d’abord crue trop acrobatique pour des chiens. Le sentier de 4 km de long surplombe sur la 2ème partie de son parcours le lac et le longe jusqu’à une étroiture (le Congost du Mont Rebei)
La balade est très spectaculaire puisqu’elle emprunte 2 séries de passerelles fichées dans des falaises verticales voire en léger surplomb. Pas d’échelles mais des escaliers très raides, ce qui les rend accessibles à des chiens habitués au vide et confiants.
Ils s’en sont très bien sortis, recevant moult flatteries de la part des autres randonneurs, se laissant prendre de bonne grâce en photos par les uns et les autres.
Ce qui est marrant c’est qu’ils étaient tellement concentrés qu’il leur fallait ensuite se défouler en chahutant quand le terrain s’y prêtait.
Place aux photos :
On s’est bien amusé ! J’ai préféré faire demi-tour un peu avant la fin au niveau du pont suspendu, en grille qui fait mal aux coussinets, craignant qu’ils ne se les abiment et soient gênés au retour sur les passerelles. Au compteur 8 km A/R et +723m.
Pour ceux qui ne sont pas fans de ce genre d’acrobaties, il est possible d’accéder au détroit par le nord à partir d’une petite route qui part de Puente de
Montagnana.
Et pour ceux qui ont peu de temps, il suffit de grimper en 1/4h à l’Ermita de San Quiteria, situé juste au-dessus de l’auberge de Montfalco pour découvrir une vue époustouflante sur le Congost vers le Nord et une partie de l’immense lac vers le sud.
Cet ermitage aussi est ouvert mais moins décoré que celui de San Marco.
Eclaircie inespérée en fin de journée, quelle chance !
Fred a encore des forces pour conduire jusqu’à la frontière, nous dormons juste avant celle-ci.
Quelle journée !
Samedi 02/01/16Un peu plus de 1000 km de route jusqu’à
Nancy, circulation dense mais relativement fluide.
Nous arrivons à
Nancy vers 17h30, les chiens n’ont pas bougé une oreille de tout le voyage (juste un petit pipi en faisant le plein)
Conclusion :Ravis de notre petite virée espagnole (1200 km en
Espagne et 2100 en
France). Cette région se prête parfaitement au bivouac sauvage ! Il y a plein de pistes partout, on trouve de l’eau sans problème, les gens (quand on en voit !) sont accueillants et surtout c’est hyper dépaysant !
A conseiller à tous les nostalgiques de l’ouest américain !
Impressions à moduler en fonction de la saison toutefois : en été avec la chaleur et la « foule » (à mon avis toute relative en Aragon) ça doit être assez différent.
Période idéale je pense : mars avril : de l‘eau dans les ruisseaux (en principe), des fleurs dans les champs et des journées plus longues