Ah comme j aime Buenos Aires, quand l action commence a se faire sentir....
Ici les piqueteros s en donnent a coeur joie ! Une manif par jour a
Buenos Aires, d une part ceux qui reclament leurs dollars depuis la devaluation (la classe moyenne) et puis les piqueteros de la classes basses qui par depit, par ennuis mais aussi par interet car payé par des partis politiques ou des syndicats viennent "travailler a la manif", de veritables professionels de la manifs.
Certains viennent avec les tambours, d autres, specialistes des banderolles, ou alors les specialistes de la matraques (les memes d'ailleurs que vous retrouvez dans les villas miserias ou a Boca toujours a l affut d'une victime a depouiller, touriste ou non !). Ils sont la, debarquent le matin de leurs villas par cars entiers (payes par les syndicats....), souvent accompagnes par toute la famille (l epouse, la mama, le pépé et les momes en landeau....pour faire masse) afin d'arriver ensuite a un chiffre fabuleux edité dans le Clarin ou la Nacion du lendemain avec 20.000 manifestants ou plus !.
En fait, bien souvent vous pouvez leur demander (je l'ai fait), pour quelle raison ou contre quoi sont ils presents ce jour la et contre quoi manifestent ils ?. Ils n en savent rien ! Le bus est gratuit aller retour des Villas de Florencio Varrela jusqu a Plaza de Mayo dans le centre, il fait beau, il y a du soleil, des fois une canasta de produits alimentaires promis pour le retour a la famille (surtout en periode electorale) ou tout simplement un billet de 10 pesos a la famille.
mercredi Plaza de Mayo
Alors en premiere lignes, les durs de durs, les batons, les megaphones, les syndicalistes (les vrais), le service d ordre cagoulé (car deja tous recherché par la police par leur casier judiciaire et les dernieres attaques de la semaine..........a ce sujet, en passant, dernieres statistiques : 91 attaques a main armee sur
Buenos Aires par jour !), et puis derriere les vieux, nonas et nonos, landeaux, ados bien souvent fatigué et assis sur trottoirs chahutant (en buvant une bonne Quilmes) ou simplement se raccontant la novela du moment avec les bebes au bras brayant !
Il est midi, 14h00, ca gueule dans le megaphone.......contre qquechose que de toute facon la masse derriere ne comprend pas...leurs preoccupations est plutot d'ordre du ventre, du lait pour les bebes et de quoi se rouler un petard ce soir. Alors le discours de devant sur le retablissement d'une loi ou la liberation d'un syndicaliste "betement capturé lors de la manif de la veille", ca leur passe vraiment au dessus de la tete ! 15h00-16h00, ca y est tout le monde derriere est assis ou fait la manche (apres tout les gamins de 5-6 ans sont la aussi), alors autant ne pas perdre non plus de temps et faire la manche autour de la manif aupres des passants qui eux aussi se foutent de la manifs et qui tellement habitués a ce vacarme quotidiens ne regardent meme plus les banderolles, ni s affolent par les cagoulés au batton..ils font tellement partis du paysage de la semaine. (pas de manifs le samedi ou le dimanche...il y a foot !)
17h00, on remballe...direction les cars (en general de ramassages scolaires de banlieue de couleur orange...peut etre que quelques municipalites de banlieue les ont "loues" aux syndicats pour la journee !). ca remonte dans les bus stationnes sur les avenues depuis le matin, derrieres quelques cagoules tappent sur des flics, histoire de ne pas etre venus pour rien, ca defoule un peu surtout lorsque la nuit derniere, c'etaient les memes qui se faisaient bastonner dans les commissariat pour un "interrogatoire" !
18h00 les flics chargent pour "disperser" les dernieres cagoules, les boutiques ou bars ont baissé les rideaux de fer pour "laisser passer" avec qq clients dedans impertubables qui finissent leurs capuccinos tout en regardant in vivo a travers la vitre et en parallele sur le canal "TeleNoticias" du vieux televiseur du bar la meme ruée.
19h00 c est fini, les bus oranges sont sur l'autoroute pour relier la villa miseria, les flics remontent dans leurs fourgons "accompagnés" par quelques cagoules qui ne courraient pas assez vite. Les bars ressortent leur tables et leurs chaises en terrasse sur les trottoirs, c est le debut de la soiree sur Plaza congreso et Callao, les resto et confiterias se remplissent ! et moi je termine mon cafe !
C'etait mercredi dernier, un mercredi comme un autre ! Herge!