| Bons baisers d'Abyssinie Ilivic · 13 décembre 2012 à 11:09 21 messages · 7 participants · 7 263 affichages | | | | 13 décembre 2012 à 11:09 · Modifié le 13 déc. 2012 à 13:08 Bons baisers d'Abyssinie Message 1 de 21 · Page 1 de 2 · 6 045 affichages · Partager Il faut d'abord savoir que l' Ethiopie est grande comme deux fois la France, et possede la deuxieme population du continent. C'est pour ces deux raisons que j'ai choisi d'y voyager: une telle taille et une telle population assuraient assez de diversite pour trois mois de voyage (decembre, janvier, fevrier) sans sortir des frontieres, comme par hasard la duree du visa accorde. Apres une dizaine de jours de baroude, il est temps de tirer quelques conclusions. Je rappelle avant tout mon mode de voyage: aucun vehicule personnel, aucun guide humain, aucun guide bouquin, aucune montre. 1Eur = 25Birrs
ClimatMalgre quelques mises en garde contre l'altitude des hauts plateaux, une intuition m'a decide a ne rien emporter de plus lourd que deux chemises. Pari gagnant, meme la nuit! Contrairement a la plupart des regions tropicales et equatoriales l'air est assez sec (en decembre, le mois le plus froid de l'annee), ce qui n'oblige pas a se doucher deux ou trois fois par jour comme aux Indes. Les hauts plateaux se situent dans un grand cercle autour de la capitale, et s'aplatissent en deserts des que les frontieres approchent (Soudan, Kenya, Somalie) pour ressembler a l'Afrique telle que l'on se l'imagine (savanes de safaris).
GastronomieExcellente. L'une des meilleures cuisines du monde. NourritureLe plat-roi: l'injeera, a la fois assiette et aliment. Sorte d'immense galette de tef (variete de mil, cereale) elle se presente sous forme spongieuse et permet d'attraper les accompagnements sans presque se salir les doigts, un peu comme les chapatis indiens. Le gout est un peu amer lors des premieres fois mais excellent ensuite qui se mange sans faim, et on s'apercoit que le gout de l'injeera se marie bien avec les differents aliments, legumes le plus souvent (haricots, lentilles, patates, tomates) poses en petites piles sur la galette etalee. Quelques tout petits stands de viande se tiennent dans les rues, le plus souvent accoles a leur restaurant ou la viande est alors servie sur cette meme injeera, en morceaux predecoupes. De facon generale on n'utilise que les doigts de la main droite (a rincer avant et apres) et jamais de couverts, sauf pour les pates (heritage italien) qui viennent parfois, sans gout, accompagnees d'une sorte de sauce tomate tres epicee. L'injeera se mange dans un seul grand plat, soit seul soit en groupe; plus il y a de convives plus le plat sera grand. On peut parfois porter une bouchee a vos levres en signe d'amitie, ce qui surprend les premieres fois puis fait saisir notre rapport occidental (voire meme typiquement francais) different a l'acte de nourriture (ceremoniel dans l'ensemble, couverts, tables). Si vous etes curieux de la decouvrir sans prendre un vol pour Addis, mon ami Etienne me l'a fait decouvrir au Godjo (pres du Pantheon, a Paris) (20Eur le menu soit...500B) Injeera vegetarienne (fasting food) = 10-15B Injeera carnivore = 30-35B 'Spaghetti-beurk' = 10-15B Aussi quelques boulangeries proposant des 'pain au ble' sympa pour le petit-dej, et des patisseries proposant quelques sucreries pas mauvaises mais un peu epaisses et pas donnees (8-10B la part de simili-quatre-quarts) BoissonsLe cafe. Je n'en bois jamais en France, mais celui d' Ethiopie est si bon que je le pense l'un des meilleurs du monde. Dans le moindre village il y aura un ou plusieurs 'stands' de tasses alignees et de cafetieres assises juste derriere, et d'instruments de cuisson en terre qui servent a secher les grains au feu, les torrefier et donnent evidemment un gout incomparable a la tasse de cafe servi donc extremement pur, qui n'a meme pas d'effets 'enervants'! 2-3B la tasse, et 5B la version 'deluxe' macchiato dans les villes. Le the. Pas mauvais, dispo aux memes stand que les cafes, produit localement, encore moins cher que le cafe, bonne option pour une boisson de soiree apres le diner. 1B le verre. Le jus de fruits: une institution. Plusieurs fruits disponibles: avocat, mangue, kiwi, orange... On peut choisir un seul de ces fruits ou un panache, et la consistance est si epaisse que cela forme des 'etages' a deguster a la cuiller! 7-15B le verre a biere. Bieres: je ne suis pas fan, mais ca se boit bien, souvent et frais pour 10B. Rien de plus fort.
CultureAutour de la capitale Addis et dans la region d'Oromia, signes visibles de culture distinctive (par rapport a l'Occident) presque inexistants en-dehors de la gastronomie. C'est du systeme D pour survivre, voire meme Z. Les villes se presentent en tres longues rues, souvent sans reel centre ou marche comme le monde de l'islam en a le secret. Les maisons de bitume precaire remplacent de plus en plus le pise et la terre. Le sexe masculin porte presque toujours jean-ticheurte, tandis que les femmes continuent en majorite a enrouler une grande jupe autour de leurs jambes (pour combien de temps encore?). Constat a moderer peut-etre apres la visite d'autres regions, notamment les tribus du Sud (Mursis, Hamer, Omo) et les eglises rupestres du Nord. Cela a ete toute une histoire d'arriver a Shek Husen, lieu de pelerinage musulman, mais c'etait sympa: le lieu se visite nu-pieds sur un terrain de pierraille, dont les croyants du lieu avalent poussiere et graviers en signe de devotion. En periode de pelerinage ce doit etre encore mieux a vivre, mais attention ce n'est qu'un hameau, pas meme d'hotel. (l'habitant vous depannera certainement en attendant le prochain bus)
Religion50% de la population est chretienne, 30% musulmane (surtout vers l'Est et la Somalie) et 20% 'autre chose'. A premiere vue assez peu de signes visibles de religion dans les rues, et en dehors de la croix de bois nue, simple emouvante que la presque-totalite des chretiens porte a son cou (le pays a ete le premier du monde a embrasser la religion chretienne). Eglises sises en hangars, mosquees baties en toles d'aluminium. Le Noel et le Nouvel An orthodoxe se situent mi-janvier, j'essaierai d'attraper les festivites dans une petite ville hors de la 'route historique' du Nord.
Relations humainesPour le moins decomplexees, presqu'enfantines. Du rire, du rire, encore du rire et toujours du rire: c'est une vraie cure de rire, pour tout et n'importe quoi. Les salutations se font souvent en se serrant la main et en se choquant l'un l'autre l'epaule droite. Se preparer a etre la star a tout moment, l'equivalent d'un Brad Pitt ou Angelina Jolie. Chaque regard de chaque seconde de la journee est le prelude a une nouvelle interaction. Sous peine de partir en vrille il faut donc savoir faire le tri: ne repondre aux poignees de main que des personnes du meme age et plus agees, se composer un masque dur et s'eloigner immediatement lorsqu'un attroupement se forme immanquablement autour de soi. De facon generale montrer une attitude ferme et decidee. Anglais tres peu parle, souvent de facon tres basique. Les conversations se composent beaucoup de signes, de noms de ville, tournent autour du cafe ou de l'injeera. Contrairement a l'Asie, les incomprehensions frequentes ne font perdre la face a personne et l'Africain continuera toujours de nourrir la conversation jusqu'a la separation (presque toujours provoquee par le farenji). Les Ethiopiens sont tres fiers de leur pays et ne manqueront pas de vous rappeler qu'il est le seul du continent a n'avoir jamais ete colonise. Hospitalite possible: souvent lorsqu'il s'agit d'offrir un cafe ou de parteger une injeera avec un groupe, un peu plus rares mais reelles des qu'il s'agit d'heberger. J'ai dormi trois fois chez l'habitant en trois nuits, attention car cela s'accompagne souvent de demande d'argent, de facon faible et reelle, ce qui mene au chapitre suivant:
Le sexe et l'argentIndissociables de tout voyage en Afrique. Apres un seul coup d'oeil neutre, une jeune femme m'a propose d'aller tout de suite dans ma chambre d'hotel, 'for free'. Apres un seul sourire, une fillette de six ou sept ans m'a repondu d'un regard aguicheur en faisant les signes 'dormir' et 'argent'. Les hommes me designent souvent les femmes d'un air coquin. Le sexe semble tres libre dans cette region, et dans tout le continent de ce que j'ai lu (hors islam). Mes conversations 'entre hommes' ont toujours eu leur partie 'bordel', que chaque localite semble posseder et que je n'ai pas encore eu la curiosite (chance?) de visiter. A un moment de la plupart des rencontres prolongees, la question de l'argent se montrera toujours, souvent debutee par un 'I am poor (...)' et formulee de facon faible mais explicite. J'ai resolu la question en gardant la regle de fer que je me suis donnee depuis le debut de mes voyages: je n'ai jamais rien donne, ne donne jamais et ne donnerai jamais rien pour rien. Au besoin pretexter ne pas comprendre par un 'I speak bad English'. Cela arrive souvent que l'on m'offre un cafe, un repas ou un lit, dans ce cas je rends l'invitation la fois suivante (s'il y en a), dans un principe de reciprocite, mais si l'on commence a donner sans aucun service rendu cela mene au fameux cercle vicieux et l'alimente. Il est clair que ce n'est pas une destination a recommander aux voyageurs debutants, qui se feraient probablement plumer constamment. La 'double-tarification double' envers le farenji reste une legende pour le moment: je verifie tres souvent aupres des locaux, et regle toujours le prix 'habesha', ethiopien; une tenanciere m'a meme fait une reduction 'farenji' de moitie par rapport au prix habesha! Le secret reste bien sur de rester a l'ecart des autoroutes touristiques, d'eviter les activites personnelles et particulieres (nature, rando, safaris humains), et de consommer les memes services que la population locale (hotels, nourriture, bus), et le prix 'normal' sera toujours demande. C'est la consequence logique d'une certaine forme de voyage qui n'est pas la mienne.
HotelsOu pensions. Autre nom: Hoteela. S'annoncent toujours en pancartes d'alphabet romain, donc aucun souci pour les localiser (malgre le quasi-monopole par ailleurs de l'alphabet amharic (tres particulier, descendant des langues mesopotamiennes)). Veritables institutions et lieux de rencontre des localites, sans doute parce qu'ils offrent souvent aussi restaurant et cafe. Une nuit en chambre simple avec salle de bains commune revient autour de 100B a Addis, 70B dans la peripherie, et de 30 a 50B dans le reste du pays. La literie est, etonnamment, presqu'irreprochable (le matelas, un drap propre, un autre drap propre, une couverture et un pardessus de lit), mais les sanitaires sont souvent une horreur sans nom: a la turque, une corbeille, aucun papier ni broc d'eau propre a portee de main: c'est une expedition. Meme topo pour les douches, souvent bouchees, mais dont l'eau reste heureusement tiede sans aucun chauffage grace au climat equatorial tres clement. Hors d'Addis point de pressing; possible de donner une ou deux pieces d'habits a laver au tenancier de l'hotel, souvent sans surcout.
TransportsLa campagne est etonnamment populeuse, ce qui assure des bus assez frequents, qui se rarefient toutefois apres le dejeuner. Pas necessaire donc de se lever systematiquement avant le soleil. Meme dans les villages recules il y aura au moins un bus dans les deux sens, on ne reste donc jamais bloque tres longtemps. Tarifs de l'ordre de 50B les 100km. Le farenji aura souvent d'office sa place reservee au meilleur endroit, pres du chauffeur face au grand pare-brise. Tres bons endroits pour sympathiser, voire meme souvent offrir un point de chute a l'arrivee. Les Ethiopiens ont aussi l'habitude d'accomplir de longs trajets au sein de leur pays en changeant de bus deux ou trois fois par jour, et en cas de trajet complique quelqu'un suivra souvent la meme route que vous qui servira de compagnon tout au long du voyage.
DiversPresque tout le monde a un tel portable (pour le meilleur et pour le pire), il est donc facile de garder contact avec les gens. Cafes Internet jusque dans les petites villes, factures a la minute (0.10B a Addis, jusqu'a 0.40B ailleurs).
Voila, en esperant avoir donne envie a quelques-uns! Je me dirige maintenant vers les tribus du Sud ( Omo, Hamer, Mursis) par les chemins detournes (en descendant depuis Mizan Teferi), dans le but d'aller vivre parmi eux sans aucun guide et en influant le moins possible sur leurs coutumes.
Bonnes ethiopiques a tous! | | | À: Ilivic · 13 décembre 2012 à 12:56 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 2 de 21 · Page 1 de 2 · 6 026 affichages · Partager A mi chemin entre un carnet de voyage et un guide de voyage... J'aime bien ta manière de raconter, sobre et dépouillée, à l'image de ce pays... et le regard lucide et bienveillant que tu portes sur ce (ux) qui t'entoure (nt)...
Que le chemin continue ainsi... | | | À: Ilivic · 20 décembre 2012 à 21:37 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 3 de 21 · Page 1 de 2 · 5 787 affichages · Partager bonjour j'envisage de partir en janvier pour une vingtaine de jours, je pars seule avec mon ptit routard au niveau sécurité, qu'en penses tu pour une femme seule???? c'est faisable ou pas et comment faire pour la vallée de l'omo, on me dit qu'il faut louer une voiture y a t il un autre moyen merci pour tes infos cordialement | | | À: Safer27 · 26 décembre 2012 à 17:06 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 4 de 21 · Page 1 de 2 · 5 743 affichages · Partager bonjour j'envisage de partir en janvier pour une vingtaine de jours, je pars seule avec mon ptit routard au niveau sécurité, qu'en penses tu pour une femme seule???? c'est faisable ou pas et comment faire pour la vallée de l'omo, on me dit qu'il faut louer une voiture y a t il un autre moyen merci pour tes infos cordialement
tu risques pas d y trouver le moindre renseignement sur l 'Ethiopie dans ton "ptit routard" ! ! !
puisqu il n'existe pas.... | | | À: Ilivic · 26 décembre 2012 à 17:11 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 5 de 21 · Page 1 de 2 · 5 734 affichages · Partager Salut ptit Louis !
bien sympa ton premier compte rendu....
Je me fais pas (trop) de soucis pour toi, tu t'adaptes bien où que tu atterrisses...
Je suis curieux de voir comment tu reviendras de la partie sud, le royaume des tribus... 
Ne manques pas de me donner des nouvelles...
CHRIS | | | À: Ilivic · 30 décembre 2012 à 16:17 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 6 de 21 · Page 1 de 2 · 5 682 affichages · Partager Selam, Apres une vingtaine de jours supplementaires, j'estime avoir assez de matiere pour nourrir de nouveau ce fil. De facon generale, les villes demeurent toujours aussi peu interessantes au niveau de l'architecture, et les scenes interessantes s'observent souvent par la vitrine des bus. Quelques precisions concernant les generalites abordees ci-haut.
GastronomieL'injeera est bien le plat national meme aux frontieres, mais certains jours il est difficile de trouver des restaurants qui la garnissent avec autre chose que de la viande, de facon tres abondante pour un euro toujours mais vegetariens prenez vos precautions! Tuyau pour reperer les gargotes: le jerrycan d'eau couleur jaune place sur le trottoir, ou se rincer les doigts avant et apres l'acte de satiete. Attention, les tasses de cafe passent a trois birrs dans l'hemisphere nord ( Jimma et ses plantations s'eloignent...), si ca devient trop cher le the demeure a un birr (mais bien sucre)
TransportsEn ce pays le chauffeur de bus est roi et ses aides princes. Cela choquerait certains de voir les milliers de campagnards tendre la main d'un regard de mendiant en esperant que le bus s'arrete. Les routes ne sont pas tant dures que longues, le bus s'arretant dans chaque village. Hors des axes bitumes, compter 15/20 km/h de moyenne. Les 'arrets-police' sont impressionnants pour des occidentaux. Acte 1: le policier tourne autour du bus et invente un pretexte pour sortir son carnet de contraventions. Acte 2: le chauffeur et ses aides giclent hors du bus et palabrent, palabrent, tournent autour du policier comme des mouches autour d'une vache, mettent la main sur le carnet au moment ou il inscrit le moment de l'amende, se mettent sciemment devant la plaque d'immatriculation... Acte 3: si le courageux policier persiste, une partie des passagers descend et l'encercle, muette complicite avec le chauffeur et formant masse impressionnante autour du representant de l'Etat. Acte 4: dans la moitie des cas il capitule, dans l'autre il persiste. En une centaine de scenes assistees et observees de facon scrupuleuse je n'ai decele aucun acte de corruption. Prix confirmes; tuyau pour echapper a la petite arnaque du farenji: au moment de payer, demander le ticket sur lequel le prix paye est inscrit, et comparer avec celui d'un autre voyageur pour la meme direction.
HebergementsCrassete confirmee. Des que vous voyez une piece de douche ou un coin de riviere tranquille, vite vite il faut l'attraper!!! Literie toujours parfaite, tarifs jamais au-dessus de 50Birrs.
RelationsLe farenji est definitivement une personne de prestige, a qui l'on montre des signes de respect constants. Par contre peu d'hospitalite au-dela du chai offert ou de l'injeera partagee: pour des raisons personnelles j'ai choisi d'adopter une attitude un peu 'fiere', mais celui qui sera plus ouvert a leurs sollicitations incessantes en aura sans nul doute un apercu. Par rapport a l'Asie, autant les caracteres sont plus joyeux, autant les choses peuvent mal tourner tres facilement. J'ai assiste en tant que badaud a une dizaine de 'scenes' (disputes, coups, rixes generales) en un mois contre trois ou quatre peut-etre dans tout le continent asiatique en une annee en cumule.
Le sexeLe chapitre coquin continue: apres quelques semaines, le voyageur male et solitaire s'adaptera sans soucis aux moeurs locales! Regle de base: s'il est jeune, homme et de peau blanche, les regards feminins seront toujours plus qu'avenants. Deux ou trois bieres chacun, et emballez c'est pese. Les lieux de debauche (hotels-bars) assurent sciemment une semi-obscurite une fois le soir venu, ce qui rend toutes les peaux noires et invisibles dans la nuit... Pour les ames bien-pensantes, la capote grimpe sans souci sur le podium de l'item le plus vendu du pays, peu derriere l'injeera et le chai. Petit plus: ces dames adorent le 'baiser de biere'...
Le sudA l'extremite sud-ouest du pays chez les Suris (leur far-west), j'ai pu vivre des moments hors du temps avec des personnes sorties d'un autre age. Les premiers peuples premiers de ma vie d'homme. Les hommes portent des tuniques a la facon d'une toge, une epaule a nu; les femmes ont leur poitrine constamment nue, et portent des pieces d'argent anciennes en medaille, de type indochinoises, comme les tribus akhas du laos. Tous portent les plus etonnantes marques corporelles: pas de tatouage, mais plutot des scarifications multiples: en points, en traits, sur le visage, sur le torse, sur les bras. Aussi les fameux plateaux de bois, a la levre inferieure et au lobe de l'oreille; non portes, la levre ou le lobe montrent ces distensions qui pourraient chavirer des coeurs moins entraines. Les coiffures sont savamment elaborees (pas facile avec ces cheveux crepus). Quelques corps blancs de craie, selon des traces mysterieux toujours. Au niveau de la communication, j'ai pu apres quelques jours tisser des relations sans mots en tracant par exemple les lignes de leur main de la plume de mon stylo, en denudant mes bras pour comparer nos peaux, en leur apprenant le jeu du totem (jungle-speed)... Moments tres droles lorsqu'a chaque geste insoupconne de ma part ils reagissent avec un petit 'oh' de surprise tres civilise: n'est pas le sauvage celui qu'on pense!! La fortune s'estime en tetes de betail: un homme m'a declare d'un air fier en posseder deux cents, et m'a offert d'en sacrifier une en mon honneur; une prochaine fois peut-etre je retournerai lui faire honorer son offre. Les moments les plus forts furent aux rivieres, seuls endroits ou chacun peut nettoyer sa peau et ses habits, nus comme des vers: je leur pretais mon savon ou mon rasoir d'acier, et je leur apprenais comment se raser sans se couper et les vertus de la pierre d'alun. Une fois les habits tombes, la curiosite restait empreinte de discretion et les gestes s'adoucissaient hors des villages ou il faut degager un air dur pour se faire respecter. Des moments hors du temps, reellement, meme s'il faut beaucoup se battre pour y acceder (aucun bus, que des bennes). Aucun farenji a peut-etre cent kilometres a la ronde. Je ne donnerai pas plus d'informations sur l'acces, par desir de preserver leur culture; cela a meme ete un dilemme pour moi que de temoigner ici sur ce sujet, mais je pense qu'il faut justement laisser des temoignages pour prouver que des choses si etranges existaient. (car beaucoup de choses observees sur place me font egalement penser que ce n'est qu'une question de temps avant que meurent ces cultures si anciennes)
GambelaEn sa region s'y trouve le peuple le plus grand, le plus beau et le plus noir de peau que j'aie jamais vu, femmes et hommes confondus: les Nuers. (merci Christian) Au-dela de ces caracteristiques, leur signe distinctif : six rides de front tracees a la pointe d'acier... cela laisse entrevoir la durete de leur vie dans des regions etouffantes de chaleur meme en hiver, ou se trouvent parmi les moustiques les plus feroces de la planete. Les femmes portent leur poitrine fiere toujours, meme une fois devenues meres. A Gambela meme, sur la route de l'est existe un pont dans la riviere de laquelle la moitie de la ville semble faire ses ablutions: le premier endroit du monde ou j'ai pu voir des femmes se laver nues en public. Loin au sud de Gambela par les pistes, le bourg d'Agenga: un immense camp de refugies soudanais. (bien que la guerre soit terminee??) Tres forte presence militaire et nombreux checkpoints, mais on ne m'a jamais demande de montrer mon passeport..... le farenji-roi, vous dis-je.
La region AmharaComme d'habitude, allant beaucoup plus vite que prevu je suis sorti de l'hemisphere sud dans lequel j'avais initialement restreint mes peregrinations, pour penetrer dans le pays amhara; premiere reaction: waouh! Ca n'est pas l'Oromia! Dans cette region, presque tous les signes culturels demeurent!! Finis le short/ticheurte: de la tete aux pieds, du matin au soir les hommes et femmes sont habilles d'habits anciens, a dominante blanche avec quelques couleurs brodees: les vrais premiers chretiens... Un peuple pastoral, de bergers... j'ai craque pour l'un de leurs chales blancs, pour m;en envelopper la tete et le haut du corps comme eux lors des aubes fraiches des hauts plateaux. Les femmes portent presque tous sur leur visage un tatouage de couleur bleue (sur peau noire), le plus souvent une croix sur le front ou sur la joue, parfois des series entieres de lignes allant de la poitrine jusqu'au menton; quelques scarifications chez les hommes, de forme de croix toujours entre les deux yeux. Beaucoup d'ustensiles de cuisines anciens toujours en usage, qui donnent un gout incomparable a la nourriture.
Cochon qui se dedit: par defi je compte passer Timkat (noel orthodoxe, le 7 janvier) a Axum! Mais petit secret: se baser non sur place mais au bourg d'avant, sachant que chaque route bitumee voit passer des centaines de Hiace!
Bonne annee a tous, de Gondar en route vers le Tigray! | | | À: Ilivic · 30 décembre 2012 à 16:42 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 7 de 21 · Page 1 de 2 · 5 667 affichages · Partager SALAM ALICOUM MERCI POUR TON SUPER RECIT, ça m'encourage à partir, mais comment tu fais pour le sud, tu as loué un véhicule ??? il parait qu'il y a pas de transport pour la vallée de l'omo. et pour le nord, faisable ou pas en bus bon réveillon | | | À: Ilivic · 9 janvier 2013 à 10:12 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 8 de 21 · Page 1 de 2 · 5 594 affichages · Partager Amhara (suite)
Il est possible de passer par la cote ouest du lac tana sans souci en transports en commun. Attention, les enfants d'Alefa sont redoutables et quelques taloches ne se sont pas perdues en chemin! La encore, tres beaux habits. Et, bien sur, jeunesse eternelle se boit toujours aux sources du Nil bleu a Sekela... si le pretre se montre trop gourmand (100Birrs, mais bien sur), possible de faire discretement le tour du lac asseche en hiver (notre hiver), d'observer la source a travers une grille d'osier en revant et de demander a un enfant qui en revient d'en verser quelques gorgees dans les paumes offertes. Gondar: la station de bus est un peu excentree, mais le quartier qui la jouxte a ses ruelles pavees, une ambiance tres vivante et populaire et on s'amuse a rejoindre le centre par un chemin different chaque fois. Attention, c'est la 'grande ville' du nord, mais une seule banque propose des atm, la Dashen. Si celui du centre est retif, un autre est bien cache a... l'hopital!! (??) 2 Birrs depuis/vers le centre en microbus.
Tigray Gondar-Shire (alias Inda Selassie) se fait en une journee de bus, de l'aube au quasi-crepuscule. 120 Birrs, trajet pour lequel il est bon d'acheter son billet la veille. (je ne le savais pas, mais on s'arrange toujours, et tout devant toujours!) Pauses-dejeuners a Debark et a la ville d'apres (!). Route goudronnee en alternance. Apres Debark, le paysage devient reellement splendide. Nombreux hotels cheap a Shire, et goudronnage 'definitif' jusqu'a Adigrat puis Addis. Axum: petite ville, etonnamment calme pour le centre spirituel du pays. (un seul ATM, celui de la wegagen bank au centre) Meme pour Gena (noel, et non pas timkat mea culpa), pas besoin de reserver de chambre (toutes gammes d'hotels dispos). La messe de minuit a l'eglise de l'Arche d'Alliance est inoubliable, mais se revele une vraie course de fond qui dure jusqu'a l'aube. J'y etais le seul farenji, dans le 'premier cercle' autour du pope; deux ou trois autres sont venus avec leur guide faire clic-clac apres minuit pour retourner se coucher aussitot. Chants, processions nocturnes, et simplement ambiance chretienne magique. (la nuit de noel est la seule ou les portes de l'Arche soient ouvertes) Attention, en se baladant seul dans la campagne proche je me suis fait caillasser par deux gosses (la legende est donc vraie... parfois), et la rencontre suivante d'avec un chef de chantier: -- 'You have a camera?' -- 'No?' -- 'You have a phone?' -- 'No...' -- 'Give me one birr' -- 'No' En ce qui concerne les monuments, l'eglise de l'arche a plusieurs entrees pas toujours surveillees et il est facile de s'y glisser en 'oubliant' les 200 Birrs (!) pour les foreigners. Pas de soucis si on vous attrape, on vous demande juste de quitter les lieux. Les steles se regardent bien depuis leur muret de protection sans billet toujours. A part cela, culture du Tigray vraiment pregnante qui se manifeste dans les parures des femmes (coiffures, bijoux) et la ceremonie du cafe toujours. Petit coup de coeur pour un plat de petit-dejeuner tres local: le serveur apporte une corbeille de deux pains au client assis qui entreprend de les dechirer en petits morceaux sans les avaler pour les rendre au serveur, qui les donne en cuisine; les morceaux reviennent dans un grand saladier de metal 'enrobes' d'une sauce legerement tomateuse, et surtout d'une grande louche de creme fraiche (ressemblant au fameux 'curd' indien); le client remelange tout, et cela donne un petit-dejeuner bien copieux, et souvent epice... Petit coup de coeur pour Adigrat egalement, sise au milieu de magnifiques formations rocheuses qui donnent une vue de carte postale a tout instant de la journee. Beaux paysages entre Adigrat et Mekele. | | | À: Ilivic · 9 janvier 2013 à 14:51 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 9 de 21 · Page 1 de 2 · 5 584 affichages · Partager merci pour tes infos on vient de m'annoncer qu'hier prés du lac on a attaqué 4 touristes qui faisait du rafting dont un est mortellement blessé effectivement j'ai vérifié sur le site conseil des voyageurs es tu au courant??? doit on annuler???? merci pour ton aide | | | À: Ilivic · 15 janvier 2013 à 18:28 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 10 de 21 · Page 1 de 2 · 5 516 affichages · Partager Tigray (suite et fin)Mekele est, plus que Gondar a mon sens, la 'grande ville' du Nord. Comme sa decouverte s'est revelee deroutante, je l'ai bien sur beaucoup appreciee. Les rues pavees (et pas trop roulees) reposent de l'eternelle alternance bitume/poussiere du reste du pays, et elle propose plusieurs quartiers tres animes: le quartier du chateau pave et tres pieton, le quartier du marche (immense batisse a plusieurs etages de style parking, a ne pas rater), le quartier du bazar avec le marche du sel ramene par tonnes a dos de chameaux depuis le dallol, a une semaine de marche. Ville tres etudiante egalement, de nombreuses rencontres. A l'ouest il y a Abi Adi (bus de mekele a 11 night, 37Birrs), petit bourg que j'ai beaucoup apprecie egalement. La culture s'est un peu enfuie, mais a peine sorti des quelques rues de magnifiques balades dans les hauts plateaux s'offrent. Deux pensions, deux hotels, deux restaus, deux jus de fruits: il en faut peu pour etre heureux! Plus a l'ouest encore on se rapproche des Simiens et les magnifiques pics se dessinent a l'horizon qui rappellent les canyons, mais c'est une zone tres militarisee dont je me suis fait rapatrier manu militari a Mekele apres avoir ete retenu plus de trente heures dans un camp militaire. Bref, a eviter!! ;)
Afar (nord)Les hauts plateaux commencent a s'effondrer dans la depression en canyons aussi etroits que magnifiques, et cela donne le chemin du Dallol. Depuis Mekele (ou plutot Wukro), une piste y mene qui se bitume petit a petit, et qui offre en une demi-journee de bus (50Birrs, depart 2 time day de mekele, a reserver la veille, je l'ignorais mais on s'arrange toujours, surtout en jouant aux gros durs!) le bourg de Bere Ale. Climat plutot tendu, mais tres beaux environs ou se balader tranquillement a la rencontre des Afars. Eux, c'est quelque chose! vraiment l'Arabie guerriere: presque tous les hommes ont kalach a l'epaule, et la beaute des femmes egale celle des Nuers, parees notamment de multiples tresses multicolores. A partir de Bere Ale, il semble qu'il faille un permis pour aller au-dela vers le dallol (de toute maniere les transports en commun s'arretent la); je ne l'avais pas, mais on s'arrange toujours! un couple de touristes francais m'a donne 24h dans son 4x4 de location pour aller voir vite fait un lieu qui n'a que peu d'equivalents deans le monde (se referer aux photos sur le Net). C'est comme si un espace de lave de la taille d'un stade s'etait fige, et qu'un peintre fou y avait jete ses plus belles couleurs un peu au hasard. Trois militaires se perchent sur chaque jeep, qui se deploient pour permettre aux visiteurs de clic-claquer sereinement. On peut encore y marcher, mais cela sera bientot interdit. Marche de sel annexe, encore plus sympa que celui de Mekele et Bere Ale grace aux centaines de dromadaires qui le parsement, et qui le parcourent en caravanes de dizaines et de centaines. Tout un monde de culture et de traditions qui s'evanouira sitot la route bitumee completee.
La minute coquineLes traditions de salutations ethiopiennes font, qu'a chaque baisemain offert a une femme, celle-ci... vous le rende sur-le-champ!! Trop mignon! :)
(Speciale dedicace aux ciseaux noirs de la censure qui ont agi sur un autre post) | | | À: Ilivic · 22 janvier 2013 à 14:47 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 11 de 21 · Page 1 de 2 · 4 676 affichages · Partager Amhara (fin)De Mekele une route part pour Sekota, qui se hisse facilement sur le podium des plus belles routes du pays, de vallees en cretes par des paysages feeriques; Maesjl en parlait d'ailleurs dans son dernier fil. Bus a 11 night depuis Mekele, prix autour des 70Birrs. Sekota: a peine a 100km au nord de Lalibela, mais qui ne voit presque jamais de touristes. Cette localite, ni bourg ni ville, est mon gros coup de coeur de la region. Choix decent de restaus, cafes, hotels/pensions. Surtout, balades sublimes de tous cotes a quelques minutes de marche en campagne, gens adorables, coutumes encore vivantes, enfants pas hypnotises par les farenjis... Et surtout le 'costume' local des paysans: un deux-pieces etonnant, de couleur verte ou bleue, qui se compose d'une veste a manches courtes et d'un short serre qui s'arrete a mi-cuisses, et sur l'ensemble cousus des dizaines de... boutons blancs, qui se balancent fierement au rythme de la demarche. J'y ai rencontre Solomon, a peine trente ans, qui a eu une vie etonnante: passager clandestin sur un cargo depuis Djibouti, il a debarque a La Haye a l'age de quinze ans et a commence a travailler en France, puis en dom-tom. On a bien couru les filles ensemble, et c'est lui qui m'a prevenu: 'Les Amhara, ca va on n'est pas jaloux, mais la-bas les femmes... tu peux les regarder, mais jamais tu les touches: il n'y a rien de plus jaloux qu'un homme Afar, et rien de plus pointu que son poignard dans ton ventre!'
Afar (centre)Ils sont vraiment terribles ces Afar, un peuple a fleur de peau: les hommes d'un orgueil demesure, les femmes d'une seduction animale, les enfants d'une agressivite sans pareille. Route-raccourci bienvenue reliant Woldia a Mille. A partir de Chifra et dans tout le corridor vers Djibouti, les hommes arborent encore souvent une coiffure tres speciale, parfois blanchie a je-ne-sais-quoi, completee avec leur poignard long comme l'avant-bras a la ceinture de leur drap enroule autour des jambes. J'ai fait escale dans quelques cites le long de la route jusqu'a Semara, et j'ai beau etre l'homme peut-etre le plus pacifique du monde, je n'ai jamais pu tisser de liens avec eux, ni ose penetrer dans le desert au large de la route bitumee: cela donne vraiment envie de prolonger l'aventure en Somalie. Attention, Logia et Semara sont villes-jumelles, distantes de 10km (4Birrs); la premiere est la cite 'populaire' et vivante, la seconde un simple quartier de batiments administratifs (capitale Afar). Se tenir debout le long de ce corridor est deja une experience en soi: des dizaines de camions-monstres, a deux remorques parfois, se succedent depuis/vers Djibouti. (je soupconne d'ailleurs ce petit pays grand ami de la France de blanchir en douce une bonne partie de la 'peche' des pirates somaliens'. Des marches immenses d'articles de contrebande: comme tous les passagers de mon minibus, j'ai pu recuperer depuis une brouette un flacon d'eau de toilette Don Carlos a 50Birrs. Et puis, juste avant... loin dans le desert... quatre silhouettes apparues, d'autruches... magie...
Awash: pas de raccourci du corridor djiboutien vers l'Est, il faut passer par Awash... escale obligee au fameux 'Bouffet d'Aouache'. Premiere surprise: pas de buffet, que des plats a la commande. Seconde surprise: juste apres avoir passe commande de spaghettis a la viande, on refuse de me servir gracieusement un verre d'eau, pratique pourtant en usage dans tous les restaurants du pays. Il faut acheter une bouteille. Pas de verre d'eau, pas de spaghettis: commande annulee, ciao.
EstDire Dawa: grosse surprise pour cette ville: des rues planifiees, aux trottoirs et routes impeccables, ca change! L'hotel National, fabuleux!! l'epoque des colonies suinte des murs et des portes de chambres seculaires. 70Birrs sans sdb, 150Birrs la quasi-suite. J'ai ete presque le seul client de l'hotel, et une impression spectrale regne dans les grands espaces abandonnes... bien aller jusqu'au fond: estrade de spectacles, ou l'on imagine bien les danseuses de french-cancan fasciner les zoulous ethiopiens dans l'entre-deux guerres! Nombreuses inscriptions francaises en ville, couronnees par la gare de 'chemin de fer djibouto-ethiopien'... mon ame de francais chauvin en a repris une bonne rasade! | | | À: Ilivic · 23 janvier 2013 à 17:18 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 12 de 21 · Page 1 de 2 · 4 653 affichages · Partager Est (fin) Harar: impressions mitigees: ce n'est pas pour moi le coup de foudre largement partage dans ces colonnes. La ville est effectivement trepidante et rappelle l'Orient, mais presque toute l'ambiance reste hors des remparts, dans la 'ville nouvelle'; la casbah unescienne est immense, pavee, en relief, les differences architecturales sautent aux yeux mais l'enceinte semble de nature residentielle uniquement: c'est un peu mort... Un petit tuyau: face a la porte d'entree se trouve un grand immeuble de trois etages, grimpez-y pour avoir une super vue d'ensemble du marche permanent! Quelques remarques concernant Harar: la forme deluxe des rickshaws, la proliferation des voitures... Peugeot! tout droit sorties des annees cinquante, surement acheminees de Djibouti via Dire Dawa voisine. Et puis deux excellentes surprises gastronomiques: dans une gargote de viande, avec pour compagnons deux dizaines d'Ethiopiens carnassiers et quelques centaines de mouches tout aussi carnassieres, le meilleur tartare de boeuf de tout le pays (et ce n'est pas peu dire!), servi avec trois petits pains et quelques rouleaux d'injeera. Quarante birrs. Pour dessert, en face du Kim Cafe une petite boutique avec quelques tables, ou les passants se disputent quelques crepes au miel et aux noix, excellentes et etonnamment sucrees pour le pays. 3Birrs la crepe, et deux donnent assez de glucose pour la semaine. | | | À: Ilivic · 5 février 2013 à 17:53 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 13 de 21 · Page 1 de 2 · 4 561 affichages · Partager Pays boranaSe rejoint difficilement: aucun bus depuis Yirga Alem, il faut proceder par sauts de puce via Kibre Mengist (alias Adola) jusqu'a Negele. Mais ca vaut le coup! Negele, vingt mille ames, est une ville assez particuliere, faite de grandes avenues de terre et qui reflete bien la culture du peuple borana, les pasteurs du sud. Attention, station de bus eloignee du centre-ville, mais nombreux hotels a la tenue impeccable. Gens super accueillants, moit-moit muslim et orthodoxes. Il reste toutefois difficile d'explorer les alentours, peu de localites et pas d'hotels, meme basiques. Il existe un bus pour Moyale, mais alors bien cache! Le ticket se prend dans une petite echoppe au milieu du marche, et c'est 140Birrs pour 360km, dont 270 de pistes. Tous les trois ou quatre jours seulement. Sinon retour a Shashemene (300km) ou....... toujours plus loin vers l'est et la Somalie... (une autre fois pour moi!)
Sud des tribus
A Yabelo, petite surprise: juste avant de quitter une gargote de petit-dejeuner (oeufs et pain), le jeune patron m'a adresse la parole: -- Where are you from? -- France -- My father is French -- !! Il a la double nationalite, sa mere est employee a l'ambassade de France, et il n'est jamais venu chez nous ni ne parle notre langue... Vraiment un jeune super. De Yabelo, aucun souci pour rejoindre Konso (3h, 50B). Chapeau a la communaute de cette ville, qui a pris le secteur tourisme en main pour agir de facon tres communautaire, et qui propose de nombreux circuits et activites dans cette idee. (ce n'est toujours pas ma tasse de the, mais c'est mieux que les eternels tours organises depuis Addis). Les motos-taxis deviennent de plus en plus nombreux a mesure qu'on progresse a l'ouest de Yabelo. Nombreux individus habilles de type tribal en dehors meme des parcs nationaux (Hamer notamment), mais comme le harcelement-babioles a ete frequent mon coeur reste a l'ouest, du cote des Suris de Mizan Teferi. Jinka, c'est une horreur. Deux camionneurs allant livrer une enorme machinerie au coeur de la vallee de l' Omo etaient prets a me prendre, mais une histoire de permis a tout fait capoter. De plus, aucun moyen de rejoindre l'autre cote de l' Omo via Turmi: il faut repasser par le nord. (un ethiopien copain de route a du faire Jinka- Konso-Sodo- Jimma-Bonga-Mizan........) Bonne nouvelle toutefois: de Sodo, possible de rejoindre Jimma en deux jours, en dormant soit a Tercha soit a Chida. Ca evite de repasser par Addis, et ca remet sur un boulevard pour se diriger vers Mizan Teferi... ou ailleurs!
Zoom
... sur les cacahuetes!elles se vendent dans tout le pays, un birr par poignee: excellentes, elles sortent tout juste du jardin, et ne sont pas salees comme les notres industrielles...
Coup de coeur Jimma: capitale de province et au coeur d'une region tres agricole, ses jus de fruits et cafes sont les meilleurs et les moins chers du pays. Les filles y sont bien mignonnes, surtout les muslims... De taille humaine, c'est une excellente pause entre deux rushs en regions reculees. | | | À: Ilivic · 13 février 2013 à 13:21 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 14 de 21 · Page 1 de 2 · 4 511 affichages · Partager Nord de Gambela
De retour a Gambela, a la fois pour rendre visite a une copine (retrouvailles torrides)et aux Nuers de nouveau, toujours aussi grands, aussi noirs et aussi fiers. Toujours autant de 'brigands soudanais' en ville, c'est-a-dire aucun. Il est possible de relier Gambela a Assosa par une jolie excursion de campagne, en trois jours de bus (arrets a Dembi Dolo puis Gidami). Le bus pour Dembi Dolo ne se prend pas a la station, mais a un croisement de la 'rue de la soif', pres de l'Electric Power office de la ville. Le tarif releve du vol pur et simple (100Birrs pour 113km mais 80B marques sur le ticket), consequence d'un monopole du a la volonte d'independance de l'Etat de Gambela, limitant donc au maximum les echanges inter-Etats. Depart 11night, mais arriver avant pour avoir une place assise (!). La route grimpe, et passe pres de coniferes (ca n'a l'air de rien mais dans ces contrees desertiques c'est quelque chose). Dembi Dolo se situe dans l'Etat d'Oromia, florissant bourg de province. Enorme marche dont j'ai oublie de demander le jour, religion a grande majorite evangeliste (protestant), et peut-etre seul hotel du monde a s'etre baptise 'A to Z'. Voir le puits vieux de plusieurs siecles de l'Hotel Africa (au lieu du seau europeen, une chambre a air au bout de la corde), qui a ainsi astucieusement resolu le souci des coupures incessantes. Un seul cybercafe (d'une seule machine), par satellite, 0.40B/min. Quelques immeubles et 'mix-used buildings' un peu partout, etonnant etant donne la situation geographique tres reculee. Ambiance generale tres sympathique. Bus de Dembi Dolo vers Gidami: attention, l'un des seuls bus 'filtres' du pays avec celui de Bere Ale! C'est-a-dire une liste de nom ayant pre-reserve... Je n'en menais pas large, mais le chauffeur a eu un geste genial en me faisant monter tout de meme, laissant une cinquantaine de personnes en rade dans la nuit d'Oromie. 65B pour 160km. Policier arme present, ce ne sont pas des regions faciles. Si vous etes motorises, route plus directe d'Ashi a Gidami. Gidami: petit village, rien de tres excitant a y voir ni aux alentours. Bus a 11night toujours pour Begi (qui possede la station la plus mal organisee du pays, et ce n'est pas peu dire), d'ou de nombreuses liaisons vers Assosa.
Benishangul
Etat difficile a cerner, compose surtout de deserts. Assosa: capitale d'Etat sans charme, a part ses jus d'avocats excellents. Trois ou quatre bus en partent chaque matin vers le Nord (120-150B pour Guba, hors de prix, et chacun avec son fusilier), via une route qui traverse le Nil Bleu par un pont; j'avais choisi cette route car quelques semaines apres avoir bu a la source du fleuve mythique j'aurais voulu m'y baigner, mais aucune localite/hotel ne s'est montre en route. La halte-dejeuner se fait au seul pont immense, et ce sont les militaires qui servent la popote aux passagers (15B l'injeera vegetarienne); pas d'eau malgre le fleuve en contrebas, il faut acheter sa bouteille (hors de question pour moi) pour se rincer les doigts et le gosier. Petit moment d'emotion au passage sur le pont, et petite jalousie en voyant les gens des tribus s'y baigner comme chez eux (c'est chez eux!). Globalement zone tres militarisee (barrages). Guba: centre geographique de l'Etat. Trois rues, deux hotels, une boucherie-restau, quelques cabanes a the et basta. Populace accueillante. Hotels infestes de punaises. Difficile ensuite de tracer de nouveau la route vers le nord pour rallier la branche asphaltee de Gondar, car que des villages minuscules en chemin et tres peu de transports. J'ai prefere rallier l'Est et l'Amhara dans l'un des deux bus du matin (Guba- Bahir Dar = 132Birrs pour 350km, a 12h night). En route, de nombreuses cabanes et huttes d'un peuple a la peau aussi noire que les Nuers, et au morphotype plus divers d'une personne a une autre. Seul point commun: tous ont le ventre gonfle de malnutrition, de l'enfant au vieillard. Signes de culture distinctifs: scarification feminine sur les joues, en forme de roue; les hommes et enfants portent parfois une robe blanche et legere qui s'arrete a mi-bras et mi-cuisses; et la facon de porter l'eau, par balancier (double-baluchon), ce qui donne une capacite de portage doublee par rapport aux femmes (eh oui, toujours elles) du reste de l' Ethiopie qui, elles, n'ont souvent qu'un bidon dans le dos, attache par une corde et contrebalance ingenieusement par un baton qui fait effet de levier. Ce drole de peuple dont je n'ai meme pas su attraper le nom disparait a Chagni, ou l'Amhara commence. Cette ville propose la station de bus aux receveurs les plus agressifs du pays, et deux domes orthodoxes en construction s'elevent dans la meme enceinte que deux minarets au croissant.
Bahir Dar
J'ai ete sidere par les avenues impeccablement goudronnees, frequentees et arborees, et parfois meme pietonnes J'ai ete sidere par le nombre d'echoppes de jus de fruits et leurs tarifs differents de l'une a l'autre J'ai ete sidere par le nombre de cafes Internet: des dizaines et des dizaines! J'ai ete sidere par l'eau courante qui ne s'arrete jamais, et par l'electricite qui ne connait aucune coupure J'ai ete sidere par le mini-quai aux bancs bondes qui fait front au lac J'ai ete sidere par Bahir Dar, attachante anomalie! | | | À: Ilivic · 1 mars 2013 à 10:59 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 15 de 21 · Page 1 de 2 · 4 374 affichages · Partager Bonjour nous habitons Djibouti et souhaitons visiter le sud et ses ethnies avec nos trois enfants. Faire ce voyage sans guide juste en louant un 4x4 chauffeur en individuel est-ce faisable ou vaut-il mieux louer les services d'une agence locale avec nos enfants ? Pourriez-vous me donner un ordre de prix pour les boissons type eau soda ? En trouve-t-on régulièrement dans les villages ou pas ? Faut-il faire un stock? Les repas ?
L'argent peut-il être échangé à l'aéroport ?
Nous avons contacté des agences locales et les prix varient de 650 à 900 euros pour le même trajet sans le vol international par personne.
C'est difficile de choisir. Un conseil ?
merci beaucoup cordialement | | | À: Ilivic · 4 mars 2013 à 10:33 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 16 de 21 · Page 1 de 2 · 4 276 affichages · Partager Addis
Que dire?... c'est une capitale! Nombreux hôtels pas chers sur Piazza autour du Taitu, à la chambre autour de 80-100B (certains pour 12h, d'autre pour 24h). (Attention, ce sont des hôtels de passe: musique à fond dès 16h, armée de péripatéticiennes en salle et champ de préservatifs usagés le lendemain au lever. (Hotel National, 100B la chambre au plafond immense et aux 4 petites chaises au tissu léopard, sympa pour les parties fines) Piazza quartier sympa. Loin sur la rue après le cinéma, 'Pizza Corner' aux pizzas et pastas excellentes (50B les tagliatelles bolo-crème). Près du théâtre Hakan Fikir, cybercafé à 0.10B/mn, et pas de taxe rajoutée après! Médiathèque française à l'accès gratuit et au fonds bien fourni, à un bloc de la cathédrale. Pour l'aéroport, minibus à 4B depuis Meskel Sq.
... et voilà! | | | À: Ilivic · 4 mars 2013 à 10:54 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 17 de 21 · Page 1 de 2 · 4 281 affichages · Partager BilanAprès de nombreux voyages en Asie, gros choc humain avec ce premier pays d'Afrique: les gens n'arrêtent pas de venir vous parler, surtout si vous êtes seuls. Par curiosité dans 90% des cas, de façon intéressée 10%. Il s'agit de trier les 'rencontres', et sur trois mois cela donne une dizaine de 'fidèles', avec qui le contact est souvent maintenu par courriel. Au niveau culturel, c'est une tuerie! (sans mauvais jeu de mots) Le christianisme orthodoxe bien sûr (fidèles vraiment impliqués dans le culte, qui prennent par exemple des notes durant les sermons ou se réunissent dans la semaine pour des séances d'études religieuses) -- Mais surtout les signes culturels physiques qui varient à chaque région: des Nuers aux Amharas, des Suris aux Hararis, chacun a vraiment son code vestimentaire et gestuel particulier: une dizaine de voyages dans un seul et même pays! Sans compter les peuples premiers du Sud, un voyage dans le temps. Seule la province Oromo a presque tout perdu sur l'autel du dieu Capital. La nourriture est l'une des plus fraîches et saines que j'ai savourées: l'absence d'huile m'a enlevé trois ou quatre kg en trois mois, et je dévorais pourtant comme un porc! Sans compter les jus de fruits... (même si l'avocat lasse un peu et que la papaye soit meilleure entière, toujours demeure la mangue!) Les paysages ont été un peu décevants; seule la partie nord-est de la province Amhara est époustouflante, et de façon générale les contours des hauts plateaux lorsqu'ils se transforment en déserts (Soudan, Somalie, Afar) Au niveau politique, c'est sans doute le pays le plus sûr du continent de par sa 'république démocratique fédérale' (malgré une certaine omniprésence de Meles, 'cher leader'). Jamais eu aucun souci au plan personnel, même en stop dans les régions les plus reculées. Les Éthiopiens sont adorables et ont tous un grand respect envers les farenjis. Au niveau budget, l'un des pays les moins chers de tous mes voyages. Jamais plus de 3Eur la chambre, jamais plus de 50cts le repas végétarien, jamais plus d'1,5Eur le repas carnivore, et 2-3Eur les 100km en transports en commun. Sur trois mois et sans me priver de rien, en faisant deux fois le tour du pays, total de dépenses de 700Eur! (hors billet d'avion, 520Eur A/R Bruxelles-Addis par Egyptair) -- moins cher que de rester en France...
Conclusion: je compte bien revenir, sans doute pour un projet d'ouvrage! (en attendant mes deux premiers livres, Recueil de nouvelles et Hymalayas sont publiés en avant-première au Salon du Livre de Paris, stand Histoires d'un monde, voir à la rubrique Livres de ce forum)
... Je suis maintenant disponible pour répondre aux éventuelles questions, de préférence formulées de façon précise! | | | À: France7266 · 4 mars 2013 à 10:59 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 18 de 21 · Page 1 de 2 · 4 279 affichages · Partager Bonjour nous habitons Djibouti et souhaitons visiter le sud et ses ethnies avec nos trois enfants. Faire ce voyage sans guide juste en louant un 4x4 chauffeur en individuel est-ce faisable ou vaut-il mieux louer les services d'une agence locale avec nos enfants ? Pourriez-vous me donner un ordre de prix pour les boissons type eau soda ? En trouve-t-on régulièrement dans les villages ou pas ? Faut-il faire un stock? Les repas ?
L'argent peut-il être échangé à l'aéroport ?
Nous avons contacté des agences locales et les prix varient de 650 à 900 euros pour le même trajet sans le vol international par personne.
C'est difficile de choisir. Un conseil ?
merci beaucoup cordialement
Bonjour, Vous voyagez en famille, je voyage seul; vous voyagez en véhicule privé, je voyage en transports en commun; vous voyagez avec des agences, je voyage en indépendant. Je crains de ne pouvoir vous donner de conseils sur la logistique, et vous trouverez vos informations sur d'autres fils et auprès d'autres membres. En ce qui concerne la région choisie, Konso constitue une très bonne base et a développé un tourisme géré par la communauté très intéressant. Vous pourriez peut-être aller jusque là-bas en transports en commun puis vous organiser à la case de tourisme, où les guides locaux vous expliqueront tout. Bon voyage, et excellent choix! Louis | | | À: Ilivic · 5 mai 2013 à 18:41 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 19 de 21 · Page 1 de 2 · 3 912 affichages · Partager Amhara (suite)
Il est possible de passer par la cote ouest du lac tana sans souci en transports en commun. Attention, les enfants d'Alefa sont redoutables et quelques taloches ne se sont pas perdues en chemin! La encore, tres beaux habits. Et, bien sur, jeunesse eternelle se boit toujours aux sources du Nil bleu a Sekela... si le pretre se montre trop gourmand (100Birrs, mais bien sur), possible de faire discretement le tour du lac asseche en hiver (notre hiver), d'observer la source a travers une grille d'osier en revant et de demander a un enfant qui en revient d'en verser quelques gorgees dans les paumes offertes. Gondar: la station de bus est un peu excentree, mais le quartier qui la jouxte a ses ruelles pavees, une ambiance tres vivante et populaire et on s'amuse a rejoindre le centre par un chemin different chaque fois. Attention, c'est la 'grande ville' du nord, mais une seule banque propose des atm, la Dashen. Si celui du centre est retif, un autre est bien cache a... l'hopital!! (??) 2 Birrs depuis/vers le centre en microbus.
Tigray Gondar-Shire (alias Inda Selassie) se fait en une journee de bus, de l'aube au quasi-crepuscule. 120 Birrs, trajet pour lequel il est bon d'acheter son billet la veille. (je ne le savais pas, mais on s'arrange toujours, et tout devant toujours!) Pauses-dejeuners a Debark et a la ville d'apres (!). Route goudronnee en alternance. Apres Debark, le paysage devient reellement splendide. Nombreux hotels cheap a Shire, et goudronnage 'definitif' jusqu'a Adigrat puis Addis. Axum: petite ville, etonnamment calme pour le centre spirituel du pays. (un seul ATM, celui de la wegagen bank au centre) Meme pour Gena (noel, et non pas timkat mea culpa), pas besoin de reserver de chambre (toutes gammes d'hotels dispos). La messe de minuit a l'eglise de l'Arche d'Alliance est inoubliable, mais se revele une vraie course de fond qui dure jusqu'a l'aube. J'y etais le seul farenji, dans le 'premier cercle' autour du pope; deux ou trois autres sont venus avec leur guide faire clic-clac apres minuit pour retourner se coucher aussitot. Chants, processions nocturnes, et simplement ambiance chretienne magique. (la nuit de noel est la seule ou les portes de l'Arche soient ouvertes) Attention, en se baladant seul dans la campagne proche je me suis fait caillasser par deux gosses (la legende est donc vraie... parfois), et la rencontre suivante d'avec un chef de chantier: -- 'You have a camera?' -- 'No?' -- 'You have a phone?' -- 'No...' -- 'Give me one birr' -- 'No' En ce qui concerne les monuments, l'eglise de l'arche a plusieurs entrees pas toujours surveillees et il est facile de s'y glisser en 'oubliant' les 200 Birrs (!) pour les foreigners. Pas de soucis si on vous attrape, on vous demande juste de quitter les lieux. Les steles se regardent bien depuis leur muret de protection sans billet toujours. A part cela, culture du Tigray vraiment pregnante qui se manifeste dans les parures des femmes (coiffures, bijoux) et la ceremonie du cafe toujours. Petit coup de coeur pour un plat de petit-dejeuner tres local: le serveur apporte une corbeille de deux pains au client assis qui entreprend de les dechirer en petits morceaux sans les avaler pour les rendre au serveur, qui les donne en cuisine; les morceaux reviennent dans un grand saladier de metal 'enrobes' d'une sauce legerement tomateuse, et surtout d'une grande louche de creme fraiche (ressemblant au fameux 'curd' indien); le client remelange tout, et cela donne un petit-dejeuner bien copieux, et souvent epice... Petit coup de coeur pour Adigrat egalement, sise au milieu de magnifiques formations rocheuses qui donnent une vue de carte postale a tout instant de la journee. Beaux paysages entre Adigrat et Mekele.
Merci pour ces conseils... Certainement que je ne rendrais en Ethiopie en 14. | | | À: Ilivic · 28 mai 2013 à 22:15 Re: Bons baisers d'Abyssinie Message 20 de 21 · Page 1 de 2 · 3 830 affichages · Partager Merci pour ce bel et intéressant compte rendu. Je vais venir en Ethiopie pour travailler une semaine dans un ONG à Adama (Nazaret). J'aurais 3-4 jours libres après, auriez vous un conseil d'un endroit où aller ? Plutôt vers le sud je pense par rapport au climat, je suis amené à y retourner donc je verrais le nord une autre fois Merci | Carnets similaires sur l'Éthiopie: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 4 593 visiteurs en ligne depuis une heure! |