| Brève balade indienne (photos) Douz · 28 janvier 2017 à 18:55 · 45 photos 78 messages · 14 participants · 11 690 affichages | | | | À: Christiang · 14 février 2017 à 14:33 · Modifié le 14 fév. 2017 à 15:02 Re: Brève balade indienne (photos) Message 41 de 78 · Page 3 de 4 · 1 053 affichages · Partager Apparemment, votre ouvrage de référence se base sur des observations faites par des chercheurs et doctorants ce qui laissent presager un contenu vraiment riche...non pas que les "simples" voyageurs aient une vision simpliste du sujet (dont je fais parti, classé apprenti ethnologue par un ami PHD en anthropology) mais quand des experts vous décrivent le contexte avec plus d'objectivité...je ne pars pas de suite alors... | | | À: Douz · 25 février 2017 à 13:40 · Modifié le 25 fév. 2017 à 13:57 Re: Brève balade indienne (photos) Message 42 de 78 · Page 3 de 4 · 1 008 affichages · Partager Sinon, j'envisage de franchir le pas avec le Fuji X pro 2. J'ai eu la chance de l'avoir en main. Pour peu, je partais avec en courant.
Je fais remonter cette discussion
Mes excuses préalables au quarteron de VFistes qui pensent qu'il est inconvenant, sinon arrogant, d'oser encore parler sur VF de qualité photo-vidéo 
Je viens d'aller "tripoter" le Fuji X pro 2 (dans une boutique du Bd Beaumarchais à Paris)
Côté légèreté, prise en main et maniabilité, ça semble vraiment sympa ! Changement rapide de sensibilité et de diaph' La petite molette +/- (commande indispensable pour ce qui me concerne) est très bien placée à droite au niveau du pouce. Le "switch" entre viseur optique et viseur numérique est très efficace (petit levier en façade) - Le viseur optique télémétrique est confortable même pour un porteur de lunettes, mais le cadre blanc ne me semble hélas pas refléter l'image à 100%, surtout en prise de vue rapprochée... mais ça doit encore être acceptable avec l'habitude ! (pas pire qu'un Leica) - Gros point négatif pour moi : le viseur numérique (qui lui est à 100%) n'est rien moins qu'un très mauvais écran de télé aux contrastes laiteux, et il doit falloir un peu de pratique pour l'exploiter intelligemment, surtout quand on a pris l'habitude d'un bon reflex !
Et le tout pour une enveloppe d'au moins 2000 euros avec une seule optique de base !
Donc pas demain que je vais m'équiper en hybride ! (Pas un refus mais au moins un report)
Bon WE | | | À: Christiang · 25 février 2017 à 16:00 Re: Brève balade indienne (photos) Message 43 de 78 · Page 3 de 4 · 985 affichages · Partager Bonjour
Bienvenu au club des convertis.
Oui le viseur optique est approximatif. En tout cas très très approximatif sur le X pro 1. Oui, il va falloir s'habituer au viseur numérique, moins lisible que sur un réflex. Mais on s'y fait avec un peu de temps. Quitte à se forcer au début. Et comme le cadre de ce dernier est à 100 %, comme tous les convertis, tu abandonneras progressivement le viseur optique. Si, si... J'ai au moins quatre témoignage (dont le miens) qui vont dans ce sens. Et pourtant je me suis laissé tenter par cet hybride parce qu'il disposait d'un viseur optique.
Bon, l'interface n'est pas non plus d'une grande logique. Là aussi, il faut s'y faire. Mais avec quelques réglages de base incontournables qu'on apprend à maitriser pour les retrouver les yeux bandés... Il n'y a plus qu'à partir au bout du monde pour tester cet hybride... Ou au bout de la rue, ça peut largement suffire pour rapporter d'excellentes images.
Sinon, ne balance pas ton bon et loyal réflex. Il a encore de beaux jours devant lui.
Cordialement | | | À: Douz · 25 février 2017 à 16:21 · Modifié le 25 fév. 2017 à 16:43 Re: Brève balade indienne (photos) Message 44 de 78 · Page 3 de 4 · 983 affichages · Partager Et comme le cadre de ce dernier est à 100 %, comme tous les convertis, tu abandonneras progressivement le viseur optique
C'est bien ce que m'a aussi prétendu le démonstrateur ce matin, mais lui n'était pas tout à fait objectif puisqu'il cherchait visiblement à me faire la promotion d'un modèle Fuji... Voyant mon scepticisme, il a même essayé de me convaincre avec le GFX 50 S en Moyen Format... Un beau bébé aussi mais celui-là est lourd comme un âne (le boitier, pas le vendeur !  )...
Au final, je veux bien être sympathisant des hybrides experts mais il faudra encore me promettre un peu plus de paradis photographique sur terre pour que je devienne un vrai converti et que je fasse le pas (financier) pour franchir la porte du temple !
Et ce n'est donc pas pour tout de suite !
Sinon, ne balance pas ton bon et loyal réflex. Il a encore de beaux jours devant lui.
Je n'en doute pas un instant... J'ai conservé tous mes appareils depuis 40 ans (une petite douzaine, reflex et compacts confondus, argentique et numérique confondus, dont une bonne moitié fonctionne encore...) Ce qui est plutôt positif, c'est que ça tient moins de place que de conserver toutes ses voitures usagées ! Et je ne sais pas si c'est l'âge qui me rend plus prudent, mais je ne me précipite plus sur les dernières nouveautés... J'essaie plutôt de produire des trucs pas trop moches avec des matériels pas forcément d'avant-garde (c'est dans les vieux chaudrons qu'on fait les meilleures confitures) 
BON WE | | | À: Christiang · 25 février 2017 à 18:48 Re: Brève balade indienne (photos) Message 45 de 78 · Page 3 de 4 · 954 affichages · Partager Visiblement dans les promos il ne proposent pas encore le 7è ciel. Pour moi je maintiens le terme de converti pour la série X pro puisque l'essentiel des mes photos sont désormais issues de mon Fuji. Moi qui ne "jurais" que par Leica et Nikon Hormis le D 800 que j'ai récemment revendu pour les raisons déjà évoquées, je suis comme toi, "conservateur" de matos. Si en 1993 on ne m'avais pas piqué tout mon matériel dans la gare de Calcutta, j'aurais encore mon Nikon F (si si !) et mes deux F2. Je les ai remplacés à l'époque par deux remarquables F 90. Un a explosé à la suite d'une chute de chameau (ce n'est pas le chameau qui a chuté, mais moi). L'autre fonctionne toujours parfaitement. Sans oublier mon préféré : un M 6 que je ressort de temps en temps avec son 35, histoire de virer les toiles d'araignée. Ca m'oblige à ressortir ma cuve Paterson. Mais je vais jusqu'au tirage de planches de lecture. Je n'ai plus le courage de m'enfermer des jours entiers dans mon labo pour tirer des 30X40. De toute façon aujourd'hui l'argentique ça coûte un bras. Il y a deux ans j'ai tenté un retour à l'argentique, mais j'ai dû renoncer, faute de temps (labo) et pour le coût.
Sinon pour information dans mon musée personnel, j'ai deux Mamiya (dos 6x7 et 4,5x6), un Fuji 6x9 à objectif fixe qui ressemble à un gros Leica, et un petit Fuji 4,5X6 (dont un ressort est cassé). Et pour finir, j'ai acheté il y a deux ans sur un coup de folie (et en raison d'un prix proche d'une bouchée de pain), une Horsman press avec un viseur pour le cadre et un autre pour le télémètre. Une vrai usine à gaz. A côté de ça, je peux t'assurer que la visée numérique du X pro 2 c'est du gâteau. | | | À: Douz · 25 février 2017 à 21:15 Re: Brève balade indienne (photos) Message 46 de 78 · Page 3 de 4 · 940 affichages · Partager Je les ai remplacés à l'époque par deux remarquables F 90. Un a explosé à la suite d'une chute de chameau (ce n'est pas le chameau qui a chuté, mais moi).
Ils sont vraiment forts chez Fuji (ou Canon ?) pour dresser les chameaux ! (et les singes de Calcutta aussi peut-être ?) | | | À: Douz · 26 février 2017 à 8:59 Re: Brève balade indienne (photos) Message 47 de 78 · Page 3 de 4 · 912 affichages · Partager Une petite remarque sur les appareils de collection
Les appareils argentiques n'avaient recours à l'énergie électrique que pour la cellule photo-électrique et la motorisation (quand elle était présente), donc utilisaient de bonnes vieilles piles bâton (LR03, LR06 ou CR123, pour la plupart) ce qui permet de les alimenter encore aujourd'hui en achetant ces mêmes piles, aux formats standards universels, donc toujours commercialisées (et encore pour de longues années, probablement)...
Les numériques, particulièrement énergivores (capteur, viseurs électroniques, stockage et traitement de l'image), ont été contraints de basculer vers des batteries rechargeables et les constructeurs (tous sans exception) ne trouvent rien de plus intelligent que de changer, à chaque nouvelle génération de boitiers, le type de batterie (chimie, forme, puissance,...)...et de chargeur par la même occasion,...
Sachant qu'une batterie lithium a une durée de vie de deux à cinq ans (dans le meilleur des cas), on se demande comment on va devoir procéder dans vingt ou trente ans lorsque les modèles de batteries des boitiers actuels ne seront plus disponibles sur le marché !...
Question ouverte !
P.S : Mon premier Nikon (acheté en 1984) était un FE2 (non motorisé, armement manuel) et dispose même d'une "fonction d'urgence" entièrement mécanique (vitesse fixe au 1/250ème) pour continuer de photographier sans pile (et donc sans cellule, tout au "pif" !)... En le faisant fonctionner de temps à autre, juste pour entendre son doux cliquetis métallique (nostalgie !), ça me permet de visualiser l'évolution des technologies en l'espace de moins de quarante ans ! | | | À: Christiang · 26 février 2017 à 10:04 Re: Brève balade indienne (photos) Message 48 de 78 · Page 3 de 4 · 893 affichages · Partager Finalement nous sommes face à deux mondes, pour ne pas dire deux planètes avec des technologies qui n'ont plus rien à voir. Même si le but reste le même : Faire des photos.
Des boîtiers qui ont la forme des boîtiers argentiques à la saveur " vintage", mais qui embarquent de véritables ordinateurs, expliquent en partie le succès de Fuji, Olympus (avec son Pen) et Leica (qui reste fidèle au look de sa série M) chez les "vieux" photographes. En tout cas c'est ce qui m'a attiré chez Fuji. Mais pour Leica, seuls ceux qui occupent des emplois fictifs peuvent se l'offrir... Tout en ayant le temps de faire des photos à longueur de journée.
PS : j'ai également eu un FE 2 (avec moteur). Sa vitesse d'urgence (250è) m'a été souvent utile en mer quand un paquet de mer mal placé m'a a plusieurs reprises laissé opérationnelle cette seule vitesse. Mais un jour ça n'a plus été suffisant... Il repose sur un fond marin au large de l' Islande. Snif ! | | | À: Douz · 26 février 2017 à 12:56 Re: Brève balade indienne (photos) Message 49 de 78 · Page 3 de 4 · 877 affichages · Partager Il repose sur un fond marin au large de l' Islande. Snif !
Chutes de chameau, paquets de mer, immersion en eau profonde...
Tu devrais pouvoir réclamer auprès de la maison Nikon un statut de "testeur de l'extrême" (au Japon, ils appellent simplement cela des "kamikaze"  ) | | | À: Douz · 26 février 2017 à 13:57 Re: Brève balade indienne (photos) Message 50 de 78 · Page 3 de 4 · 859 affichages · Partager la technique est une chose (que je connais peu) mais il y a tant d'émotions et d'amour dans tes clichés que j'en suis touché, grand merci pour cela! | | | À: Christiang · 26 février 2017 à 13:59 Re: Brève balade indienne (photos) Message 51 de 78 · Page 3 de 4 · 857 affichages · Partager Tu ne crois pas si bien dire. Il fut un temps où dans la profession on m'avait surnommé "Gaston Lagaffe de l'information". Et je ne te parle pas de mon abonnement au Samu et services des urgences...  J'ai même manqué de rempiler la semaine dernière lors d'une manifestation pour Théo. Je m'en suis sorti avec une simple tendinite à l'épaule... Prendre les jambes à son cou avec une caméra de 12 kilos, profitant d'un nuage de lacrymo pour faciliter ma fuite, ça aussi c'est du sport de l'extrême... Avantage, ça permet d'avoir l'illusion de ne pas vieillir trop vite. Mais ce n'est qu'une illusion, mon épaule pourrait t'en parler. | | | À: Patro · 26 février 2017 à 15:21 Re: Brève balade indienne (photos) Message 52 de 78 · Page 3 de 4 · 843 affichages · Partager Merci pour ton commentaire Patro. Mais si je parviens comme tu le dis, à restituer un minimum d'émotion, c'est que j'ai la chance -grâce au temps- de maitriser un peu la technique, me permettant -modestement- de restituer à peu près ce que je vois. Quant à l'amour je ne m'en étais pas vraiment rendu compte. C'est sans doute parce que j'aime les gens... Enfin, les individualités. En fait, je triche car je ne photographie essentiellement que les gens qui m'intéressent et qui sont ouverts à un minimum d'échange ou de communication (bien que ces termes ne soient pas tout à fait adaptés). Et en Inde, c'est un vrai bonheur. Les Indiens n'attendent que ça : se faire photographier. Et là, le numérique met l'argentique K.O grâce à l'écran de contrôle. Tu peux ainsi leur montrer leur photo. Je suis devenu copain avec un type à Varanasi après lui avoir montré ses portraits et ceux de son fils sur le boîtier. Depuis, dès que je retourne dans cette ville, je passe le voir. Et lors de mon dernier voyage en Décembre dernier, il m'a invité chez lui. Qui dit que la photographie dresse un mur impersonnel entre les gens ?! | | | À: Douz · 26 février 2017 à 17:33 · Modifié le 26 fév. 2017 à 18:29 Re: Brève balade indienne (photos) Message 53 de 78 · Page 3 de 4 · 827 affichages · Partager si je parviens comme tu le dis, à restituer un minimum d'émotion, c'est que j'ai la chance -grâce au temps- de maitriser un peu la technique, me permettant -modestement- de restituer à peu près ce que je vois
Quand je vois à quel point la photo de voyage peut parfois devenir pour certains photographes une partie quasi "charnelle" d'eux-mêmes (ce qui continue et continuera encore de me sidérer !  ) et que j'observe autour de moi les comportements sur le terrain des photographes en voyage (amateurs pour la majorité d'entre-eux), je m'intéresse de plus en plus au côté "psychanalytique" de la photo et j'ai récemment trouvé sur le Net le texte d'un psychiatre (Serge Tisseron) qui me parait intéressant pour compléter ton propos (et celui sur la légèreté et la flexibilité des appareils, indispensables pour se consacrer aux photos dites "de rue") Je copie son texte en mode "citation"
Ainsi la photographie, plus encore que toute autre forme de création d’image, a deux pôles. L’un est du côté de la mise en distance du monde, l’autre du côté d’une participation immédiate et directe avec lui.
A la première de ces tendances correspond le photographe qui cherche le meilleur point de vue, s’installe, cadre...A la seconde, le photographe qui déambule, le regard flottant, jusqu’à ce que, soudain frappé aux limites de la conscience et du champ visuel, il ne soit pris par l’impérieuse nécessité d’appuyer sur le bouton, sans savoir souvent pourquoi, seulement parce qu’une émotion ou une sensation l’a saisi.
Dans le premier cas, le photographe vise une possession du monde sur le mode de la maîtrise et de la pétrification [..] Au contraire, dans le second cas, la maîtrise du monde se fait sur le mode d’une absorption extrême dans son « corps ». C’est d’abord la suspension du jugement et l’attention flottante qui prédominent.
Ces deux démarches ne sont pas incompatibles et tous les degrés intermédiaires peuvent se rencontrer.La valorisation des appareils légers, manipulables et ne nécessitant aucun réglage me paraît relever d’un effort pour placer le photographe à la limite extrême de ce second domaine où la préoccupation de l’image s’efface presque devant l’ouverture à soi-même et au monde
Voilà quelqu'un qui explique, manifestement beaucoup mieux que moi, que la bonne photo commence toujours par l'observation attentive de son environnement (et ceci d'ailleurs pour les deux catégories de photographes mentionnées par l'auteur... Pour simplifier, d'un côté le paysagiste et de l'autre le photographe des rues) ainsi que la difficulté de cadrage instinctif en photo de rue (ce qu'il décrit comme " limites de la conscience et du champ visuel")Car ressentir une émotion est une première chose, mais savoir la retranscrire par l'image "saisie de l'instant" en est une autre ! (et là, comme tu le soulignes si justement, un peu de technique ne fait jamais de mal, quoiqu'en disent les fâcheux !) | | | À: Christiang · 26 février 2017 à 20:15 Re: Brève balade indienne (photos) Message 54 de 78 · Page 3 de 4 · 769 affichages · Partager J'adore -au sens premier- ces échanges. Comme quoi, faire de la photo fait travailler les méninges. J'ai toujours été convaincu de la dimension psychanalytique de la pratique de la photographie. Tout étant sujet à analyse, je ne vois pas pourquoi la photo y échapperait. Je ne parle pas des images souvenirs faites à la va-vite, histoire d'immortaliser un bref instant, sans autre prétention. Quoi que... Non, quand la photo devient une passion. Alors moi, pour ne rester que dans le domaine du voyage, je vois deux types de photographes qui vivent charnellement leur "pratique".
Les premiers sont souvent bardés de matos, sans oublier le gilet reporter. Il faut bien afficher son identité. Ils tirent sur tout ce qui bouge (bon, la formule est un brin péjorative). Ils thésaurisent. Souvent au téléobjectif. J'ai remarqué que ces photographes sont rarement experts dans les relations humaines. Là je parle aussi bien des amateurs éclairés que de certains professionnels qui eux, tentent peut-être de rentabiliser leur voyage en se comportant de la sorte. Pourquoi pas !? Mais je parle bien de photos de voyage, pas un théâtre d'opération de hot news. Ils passent d'un pays à l'autre, d'un sujet à l'autre... Comme des tornades. Sans transition et avec le même enthousiasme pour le shooting, transposable d'un lieu à l'autre. J'en connais pas mal. J'ai les noms.
J'en ai même vu qui couraient pour aller d'un temple antique à un village ethnique avec la même frénésie. Pour ne pas perdre une belle lumière vacillante ? Pas du tout. Cette scène a souvent été observée alors que le soleil était à son zénith. A la plus mauvaise heure pour photographier. J'en ai même vu un (que je ne connaissais pas personnellement) qui épuisé d'avoir photographié comme un malade pendant plusieurs heures, sous une lumière insignifiante, reprendre des forces devant une bière dans une gargote, alors qu'une lumière fabuleuse pointait ses rayons. Je ne suis pas psychanalyste, alors je ne me risquerais pas à un diagnostique.
La seconde catégorie serait-elle moins visible ? Sans doute pas. Ces photographes sont trahis eux aussi par leur matériel. Mais le gilet reporter a disparu et les appareils sont plus discrets. Pour cette deuxième catégorie pas question pour autant de passer incognito coûte que coûte. Ces photographes n'ont pas honte de faire de la photo. Ils ont plutôt tendance à rechercher le contact avec les populations des pays visités. Ils prennent leur temps pour mieux capter l'ambiance et attendre la lumière. Ils ne s'interdisent pas quelques instantanés, style street photo. Mais après avoir "volé" une image, ils ont tendance à aller vers les personnes immortalisées pour leur montrer l'image volée. Vive les monitors numériques. Pour ne pas rester sur un sentiment de mauvaise conscience ?
En tout cas cette approche -que je pratique, vous l'aurez compris et je ne suis pas le seul, loin de là- permet souvent de belles rencontres. Fugaces la plupart du temps certes, mais parfois elles débouchent sur des relations pouvant se prolonger plusieurs heures, voire le temps du séjour.
Quoi qu'il en soit, cette approche me permet d'avoir moi aussi -non pas un comportement-, mais une sensation quasi charnel quand je photographie. Et je sais instinctivement par une sorte une sorte de vibration (le terme n'est pas adapté, mais je n'ai pas trouvé mieux) que j'ai une bonne photo au moment ou je déclenche. La relation qui me lie, à la ou aux personnes photographiées, y est sans doute pour quelque chose : conditions optimales avec une acceptation réciproque, alliées souvent à une belle lumière... Le nirvana photographique quoi. Mais je ne vais pas jusqu'à l'extase quand même. En tout cas, un vrai sentiment de satisfaction. Les quelques photos -trop rares- dont je suis plutôt satisfait, ont été réalisées dans ces conditions. C'est grave docteur ? | | | À: Douz · 26 février 2017 à 21:25 · Modifié le 26 fév. 2017 à 22:13 Re: Brève balade indienne (photos) Message 55 de 78 · Page 3 de 4 · 753 affichages · Partager
Non, rien n'est grave en photo ! Sauf de refuser d'admettre ses erreurs ! 
Les premiers sont souvent bardés de matos, sans oublier le gilet reporter. Il faut bien afficher son identité. Ils tirent sur tout ce qui bouge
Tu as sans doute plus de contact que moi avec de vrais professionnels (qui font "bouillir la marmite" en vendant leurs images) mais l'observation attentive autour de soi permet de retrouver des catégories similaires chez les amateurs...
J'ai déjà parlé sur ce forum (il y a très longtemps) du surarmement en voyage et je reconnais avoir connu (pas longtemps mais presque dix ans quand même) cette ivresse du pseudo-grand photographe "blindé" (j'ai trois boitiers, un trépied, deux flashes et cinq objectifs dans le sac à dos... Pourquoi ? Parce que je le vaux bien !)... Je n'ai aucune honte de cette période et je pense qu'il faut en passer par là, d'abord pour varier les plaisirs et apprendre à photographier proprement un peu de tout avec des focales différentes (paysages, humains, animalier, monuments, fleurs,...) mais surtout pour apprendre progressivement à se connaître en tant que photographe et pouvoir ainsi faire le tri dans ses envies multiples et irraisonnées, qu'il est impossible de satisfaire toutes en même temps, au risque de tuer l'esprit de son voyage... (Attention : il n'y a pas que la photo dans le voyage !)
Pour mon compte personnel, je me rappelle que je revenais toujours terriblement frustré de mes voyages, avec des photos certes bien nettes et bien exposées (matériel et "technique" obligent) mais qui ne dépassaient que rarement le stade de la carte postale ordinaire où la créativité et l'imagination étaient presque toujours restées sur le banc des remplaçants...
Circonstance aggravante de l'argentique, on ne découvrait ses Kodachrome que deux semaines après le retour et le choc des photos (sans le poids de mots) en était d'autant plus violent... (le fameux "supplice de la visionneuse" !)
Au final, j'avais plutôt honte de la qualité de mes photos que, de ce fait, je ne partageais pas ou très peu, et qui restaient (et restent encore) stockées au fond du placard 
Je ne suis pas certain de faire vraiment mieux aujourd'hui (ce n'est pas à moi de le dire) mais mon "auto-limitation" photographique voyageuse, opérée depuis une bonne vingtaine d'années, me satisfait davantage sur le plan personnel Je voyage plus léger et je ne photographie plus que lorsque ça en vaut vraiment la peine et uniquement quand le sujet m'inspire et me pousse instinctivement à sortir le boitier du sac car je sens "qu'il y a un coup à faire"... Et je privilégie donc aussi le contact plutôt que la photo volée. J'aime bien l'expression "attention flottante" du texte cité deux messages plus haut, car elle correspond assez bien à mon mode de photo en vacances !
Et surtout, quand on ne présente qu'une trentaine de photos, qu'on juge bonnes, au retour de voyage à ses amis, au mieux ils trouvent ça sympa, au pire ils ne s'emm... que pendant dix minutes ! 
Je sais que cette approche est un peu (beaucoup !) à contre-courant des réseaux dits sociaux, et taxé par certains d'élitisme (la mode des blogs "modernes" est au copié-collé pur et dur et souvent interminable de ses voyages) mais être à la mode n'a jamais été ma préoccupation principale ! 
Et j'apprécie d'autant plus ceux qui postent seulement vingt ou trente photos "soignées et triées" sur cette rubrique pour les soumettre courageusement au jugement des spectateurs !
J'attends d'ailleurs déjà ta prochaine série... | | | À: Christiang · 27 février 2017 à 8:38 Re: Brève balade indienne (photos) Message 56 de 78 · Page 3 de 4 · 703 affichages · Partager Il est vrai que dans mon précédent message -un peu donneur de leçon il est vrai-, je n'ai pas précisé que moi aussi, j'étais passé par cette étape du photographe voyant-voyeur-suréquipé. Sans doute pour me sentir légitime dans mon rôle de photographe. A l'époque je pensais encore que c'était le matériel qui participait à 90 % de la qualité d'une photos.
Je ne vais pas faire un copier-coller de ton texte, mais je pourrais faire mienne ton analyse au mot près.
C'est ce sentiment de frustration et la comparaison avec mes amis que j'ai commencé à me poser des questions ce ce qu'était ou devait être une photo.
Pourtant pro, ils partaient au bout du monde avec leur vieux Leica écaillé de partout avec un seul et unique objectif 35 mm. Seule luxe pour certain, une magnifique cellule à main presque aussi grosse que le boîtier. D'autres préféraient la bonne vieille weston. Pire, il ne faisaient de 3 films en 15 jours.
Au retour, il n'y avait pourtant pas photo, si je peux dire. Leurs images étaient nettement supérieures au miennes. Pas techniquement. Mais chaque vue pouvait être tirée en poster, figurer dans une exposition ou être éditée dans un livre. Bon, il avaient au moins 10 à 30 ans de plus que moi, autant d'expérience et de réflexion au compteur.
Moi aussi ça m'a demandé une bonne dizaine d'années, pour comprendre que si je voulais progresser, il fallait que je m'inspire d'eux. Jusque dans leur attitude qui me paraissait désinvolte, emprunte d'une certaine lenteur. Moi j'étais un chien fou enthousiaste (j'avais une vingtaine d'années), eux je les prenais pour de vieux sages désabusés qui avaient fait leur temps. Je les trouvais même chiants quant ils pinaillaient -pourtant avec bienveillance- sur mes cadres approximatifs. Et reproche suprême, je trouvais qu'ils parlaient plus de photographie qu'ils n'en faisaient. Là, était ma plus grande erreur.
Mais bon sang, que leurs photos étaient magnifiques. Ils m'ont tout appris. Ils travaillaient la lumière, même s'ils n'utilisaient pour la plupart que du noir et blanc... " Hors de la Trix X point de salut". Ils confinaient parfois au dogmatisme quand il déclaraient, sans appel : "la couleur, c'est de la merde, c'est pour faire du fric".
A l'époque, je ne les écoutaient pas vraiment. Pour la couleur j'avais raison. C'est plus tard, quand j'ai arrêté une dizaine d'années la photo, que le réflexion a commencé à germer. Et ce n'est qu'aujourd'hui, ayant enfin intégré leur enseignement, que je tente désespérément d'appliquer ce qu'ils m'ont appris... Mais bon sang que le chemin est long pour arriver à leur cheville. | | | À: Douz · 27 février 2017 à 9:12 Re: Brève balade indienne (photos) Message 57 de 78 · Page 3 de 4 · 699 affichages · Partager un peu donneur de leçon il est vrai
J'ai déjà donné un conseil essentiel en photo sur ce forum : Lorsque quelqu'un vous donne des leçons de photos, commencez par regarder la qualité des siennes... Si elles sont meilleures que les vôtres, écoutez-le attentivement... Sinon, fuyez-le à toutes jambes ! En regardant tes photos, on se dit que tu as quand même "un peu" le droit d'être "un peu" donneur de leçons ! 
Concernant le "conflit" (mais est-ce vraiment un conflit ?) entre N&B et couleur, je connais autour de moi des gens qui ne jurent encore que par le N&B, même en voyage... (et certains n'ont pourtant jamais touché à l'argentique !) Pour ce qui me concerne, je reste persuadé que le N&B est beaucoup plus difficile à pratiquer que la couleur, car il exige une maîtrise absolue, à la fois de la lumière et de la composition d'images, puisque la couleur n'est plus là pour faire oublier les défauts mineurs de la photo... Et en voyage (surtout dans des pays aux couleurs explosives comme l' Inde, l'Amérique latine ou l' Afrique du Nord) il est un peu dommage de se priver de la couleur... Pour faire simple et ne vexer personne, on va dire que couleur et N&B sont deux approches assez différentes de la photo, même si elle relèvent toutes les deux des mêmes principes fondateurs de la bonne photographie (qualité de la lumière, choix pertinent et soigné du cadrage et, pour la photo urbaine, humaine ou animalière, déclenchement au moment opportun)
Et ce n'est qu'aujourd'hui, ayant enfin intégré leur enseignement, que je tente désespérément d'appliquer ce qu'ils m'ont appris... Mais bon sang que le chemin est long pour arriver à leur cheville.
C'est une question de temps, mais aussi de talent... C'est très facile (quoiqu'on en dise) de devenir un bon photographe (juste appliquer à la lettre les basiques, sans se poser trop de questions, ça prend moins d'un an !) mais le talent et la créativité font probablement (et heureusement) la différence entre les bons, les très bons et les excellents !
De ce fait, je raisonne au final un peu comme toi : Ce qui est important, ce n'est pas d'être le meilleur (ceci d'autant plus qu'à l'ère du numérique, la concurrence est devenue féroce et, lorsque la photo n'est pas un métier, on n'est pas tenu à l'excellence) mais d'être à peu près certain qu'on avance dans la bonne direction, jour après jour et année après année... 
Bonne journée (fini VF pour moi, pour aujourd'hui) | | | À: Douz · 27 février 2017 à 10:11 Re: Brève balade indienne (photos) Message 58 de 78 · Page 3 de 4 · 684 affichages · Partager Bonjour, Ce forum est super pour cela, pas trop d'hurluberlus, des gens bien élevés et respectueux et une mine d'informations quelles soient techniques ou pour préparer un voyage. Si tes éléments photographiques ne sont pas parlants pour moi, en revanche, c'est le voyage que nous allons faire avec mon mari du 3 au 17 novembre prochain et c'est juste génial de voir ces magnifiques photos, reflet de ce qui nous attend. Merci !!! | | | À: Douz · 27 février 2017 à 22:27 Re: Brève balade indienne (photos) Message 59 de 78 · Page 3 de 4 · 629 affichages · Partager Superbe tes photos !!!! | | | À: Douz · 28 février 2017 à 9:06 · Modifié le 28 fév. 2017 à 10:40 Re: Brève balade indienne (photos) Message 60 de 78 · Page 3 de 4 · 615 affichages · Partager Pour la couleur j'avais raison.
Petite réflexion matinale centrée sur les grands photographes de voyage (pour les rares VFistes qui considèrent que ce n'est pas vraiment de la bonne photo de voyage, car on n'y voit ni pizza, ni chambre d'hôtel, ni camping-car, ni la tête du photographe déguisé en nain de jardin, ils peuvent sauter allègrement ce message !  )
Après la génération 1950-1980, où les photos de voyage se faisaient presque exclusivement en N&B (HCB, Riboud, Boubat, Ronis, Depardon,...) sauf quelques exceptions accrochées fermement au Kodachrome 25 et 64 ( Roland et Sabrina Michaud, qui m'ont fait rêver sur papier glacé dans les années 70, et ont précipité mes envies d'Asie, je l'ai déjà dit ici !), la plupart des photographes de voyage "humanistes" (= dont le travail photo est principalement axé sur la représentation humaine) ont été convertis à la couleur (Olivier Föllmi, Eric Valli, Hans Silvester, Lisa Kristine,... j'en oublie !)
Il y a encore quelques irréductibles de la photo humaniste qui restent 100% fidèles au Noir et Blanc et savent exprimer tout leur talent avec ce mode photographique (Sebastiao Salgado) mais j'ai l'impression qu'ils se font rares !
Et quelques-uns qui hésitent encore et passent (souvent avec bonheur) de l'une à l'autre (Reza, Matthieu Ricard) mais restent quand même des photographes qui travaillent majoritairement en couleur...
Et puis il y a une nouvelle génération de photographes de voyage "purement graphiques" (donc peu ou pas humanistes) qui considèrent justement que le Noir et Blanc est la seule manière possible de servir leur cause graphique (format carré, avec souvent l'appui de poses longues au filtre ND, et un post-traitement d'images visiblement très "travaillé")...
Deux exemples au hasard (Michael Kenna et Stéphane Delpeyroux) :
www.michaelkenna.net/gallery2.php?id=11
www.stephane-delpeyroux.com/
Personnellement, j'aime moins, mais c'est une approche intéressante, et assez à la mode avec la montée en puissance des images "Vintage" sur le Net...
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