Carnet de route: cinq jours d'excursions autour de San Pedro de Atacama (Chili) (2ème partie)
Suite de notre carnet de voyages....
19-24 Janvier 2006 : en route pour le désert de l’Atacama.
3) Jour 3 : lagunes altiplaniques (lagunes miscanti, miniques et aguas calientes), village de Socaire et Toconao, Salar de Atacama (lagune Chaxa) et Canyon de Jerez. Excursion d’une journée.
22 Janvier au matin. Nous nous levons assez tôt pour une nouvelle journée de découvertes. L’excursion que nous avons prévue aujourd’hui fait partie des visites incontournables autour de San Pedro. La matinée est consacrée aux lagunes altiplaniques, principalement les lagunes Miniques et Miscanti. Ce matin, nous partageons notre pickup avec un jeune botaniste tchèque. Dans l’autre pickup se trouvent un couple de jeunes chiliens de
Santiago ainsi que deux touristes néo-zélandaises. Evelyn nous accompagne comme d’habitude, ainsi que Juan-Carlos I et son épouse Lili dans l’autre voiture. La route est assez longue vers les lagunes, au sud-est de San Pedro. De ce fait, l’ascension est très progressive et nous ne ressentons aucun effet dû à l’altitude (San Pedro se situe à 2500m et les lagunes à plus de 4000m !). Le long du chemin, Juan-Carlos s’arrête de temps à autres pour nous laisser prendre quelques photos. Nous n’aurons d’ailleurs aucun problème à ce sujet tout au long de nos journées d’excursions. Si l’arrêt n’est pas spontané (et c’est rare), nous n’hésitons pas à leur demander une petite halte à certains endroits. Toute l’équipe est d’une extrême gentillesse et ne nous refusent rien (évidemment, nous restons dans la limite du raisonnable !

). Mais revenons à notre parcours vers les lagunes. Nous engageons la conversation avec le botaniste qui est intarissable sur sa passion. Il est enseignant-chercheur à
Prague et explore le monde pour ses recherches. Principalement, il prélève et photographie des plantes sud-américaines qu’il analysera plus tard de retour à son labo. Ce matin-là, il demande à de nombreuses reprises à Juan-Carlos de s’arrêter. L’endroit est souvent désert, mais il repère rapidement de la voiture des plantes, arbres ou simples buissons qui semblent d’un grand intérêt pour sa recherche. A vrai dire, à moins d’être expert dans le domaine, ces « curiosités végétales » n’ont d’intérêt que pour lui-même et tout le monde reste un peu dubitatif devant ses découvertes

. Le problème est que les arrêts deviennent vraiment fréquents et surtout longs

, ce qui commence visiblement à irriter Juan-Carlos et Evelyn, qui restent cependant patients, avec toujours un grand respect du client. Nous profiterons tout de même de ces arrêts pour une sympathique rencontre avec une
vizcacha
(non, ce n'est pas un lapin, c'est plus proche du chinchilla) ou pour découvrir, de loin, le très joli
canyon de Jerez
, que nous aurons l’occasion d’admirer de plus près en fin d’après-midi.
Peu après 10h, nous arrivons à la
lagune Miscanti
, d’une superficie de 15km2 à 4200m d’altitude. Cette lagune, tout comme sa voisine, Miniques, est le refuge des flamands roses andins et des vigognes ("vicunas" en espagnol, cousines des lamas). Nous la surplombons dans un premier temps.
Le spectacle
est vraiment grandiose

. Le contraste des couleurs entre l'eau de la lagune, la végétation alentour et les montagnes est saisissant.
La terre
est d’un brun/beige aux teintes rosées, parsemée de roches grises et de petits buissons à dominante jaune, tirant parfois vers le vert ou le rouge. J’en profite pour faire des photos et un
essai de panorama
en grand angle
(attention, gros fichier !). Malheureusement, ce n’est pas le moment idéal et je ne pourrai pas obtenir l’ensemble de la lagune à cause d’un contre-jour très gênant. Au bout d’un moment, je commence à avoir froid et je retourne au pickup en courant pour chercher mon coupe-vent. Je ralentis rapidement, car à cette altitude, j’ai du mal à reprendre mon souffle ! A peine ai-je commencé à redescendre que j’aperçois mon appareil photo qui oscille sur son trépied (pourtant bien stable) et bascule. Quel idiot je fais ! J’ai eu la flemme de le transporter et une rafale vient de le mettre à terre. Miraculeusement (et c’est le mot car le trépied est haut et l’appareil se trouvait facilement à 1m40 du sol), l’objectif a plongé dans la poussière mais les rochers ont été évités. Je nettoie délicatement la lentille et je suis étonné de ne voir aucune rayure. L’appareil fonctionne et, visiblement, aucun défaut n’est à signaler. Vraiment un miracle !

Mais fermons cette petite parenthèse. Nous nous retrouvons
au bord de la lagune
que nous longeons pendant un long moment.
De nouvelles teintes apparaissent
, tantôt grises, tantôt brunes, mêlées à la blancheur des dépôts de sel. Plus loin, dans la brume, apparaissent plusieurs monts tel que le
mont Miscanti
dont le sommet dépasse 5600 m d’altitude ! Après une bonne marche, le pickup nous récupère pour nous amener à la
lagune Miniques
, très proche. Le soleil étant cette fois bien orienté, j’en profite pour réaliser un
petit panorama
assez sympathique
(attention, gros fichier !). Nettement plus petite, cette lagune n’en est pas moins intéressante. Son bord présente des couleurs encore différentes de celles observées à Miniques.
De nombreuses algues
, jaunes ou verdâtres, viennent renforcer cette splendide palette aux milles teintes. En outre, nous observons
différents oiseaux telle que cette gaviote andine
, dont certains ont construit leur nid en bordure de lagune, voire même sur un rocher à fleur d’eau dans des eaux peu profondes (voir
photo précédente
, en haut à gauche, ou encore
celle-ci
). En arrière-plan se détache
le splendide mont Miniques
, culminant à plus de
5900 m d’altitude
! Il faut savoir que la plupart de ces montagnes sont d’anciens volcans. Très peu sont encore en activité !
Vers midi,
nous regagnons notre pickup
et reprenons
la route
. Nous nous dirigeons vers la lagune
Agua Calientes, méconnue, mais que nous ne sommes pas près d’oublier. Là encore, le paysage change alors que le temps commence lentement à s’assombrir.
En s’approchant du site
(attention, gros fichier !), nous sommes surpris par les teintes grises et pastels des monts avoisinants, contrastant avec les teintes rougeâtres de la terre. Arrivés près de la lagune, nous observons un
spectacle étonnant
: la couleur de l’eau tranche nettement avec le gris du ciel
faisant ressortir nettement des îlots de sel
sous l’eau peu profonde de la lagune.
Tout le long
d’ailleurs, d’
épaisses croûtes de sel de potassium
parsèment notre chemin. A proximité, nous observons
un groupe de flamands roses
(si vous avez de bons yeux, vous apercevrez peut-être quelques vigognes au loin !) qui prennent
leur envol
à notre approche (je regrette un téléobjectif ici...) Nous restons un long moment dans ce lieu magique et nous ne
reprendrons la route
que vers 14h30.
Nous sommes en retard sur le planning, mais c’est tout l’avantage des excursions en petits groupes où l’emploi du temps est finalement assez flexible. Nous redescendons petit à petit afin de nous rendre au village de Socaire pour une pause déjeuner. Jusqu’à présent, tout allait pour le mieux. Mais notre botaniste pousse le bouchon un peu loin en demandant avec insistance de nouvelles pauses le long de la route (toujours à la recherche de plantes à photographier). Notre guide anglophone, Evelyn, très patiente jusque là, lui explique que l’on ne pourra pas boucler le programme de la journée dans ces conditions et ajoute qu’il aurait dû prendre un tour privé. Notre
« ami »
s’indigne et commence à se mettre en colère avec comme seul argument qu’il paye son excursion et que l’agence se doit de combler ses exigences (!) Là où la situation devient vraiment tendue, c’est lorsqu’il nous met dans le coup en affirmant que nous aussi nous souhaitons nous arrêter pour prendre des photos ! La coupe est vraiment pleine et nous essayons de le raisonner. En vain. Il s’enferme alors dans un mutisme complet et ne lâchera que quelques mots d’ici la fin de la soirée

. Dommage, car ce petit incident nous ennuie vraiment vis-à-vis de nos guides, vraiment sympathiques et serviables depuis le début. Vers 15h30, nous arrivons finalement à
Socaire
. Nous prenons notre repas dans un petit restaurant (le seul du village je crois !). Le repas est simple mais très bon (et nous commencions à avoir très faim !)
Après une
petite visite du village
, nous reprenons la route vers 17h. Vers 18h, nous arrivons près de la lagune Chaxa, pratiquement le seul endroit du Salar de l’
Atacama visité par les agences. Il est vrai que l’accès est facile par autobus et que la route est excellente. Mais après... Nous devons préciser que le ciel était couvert lors de notre arrivée. Il ne faisait pas très chaud non plus. Evelyn nous avait dit que ce n’était pas le coin le plus intéressant du Salar et que nous verrions la partie la plus intéressante le lendemain. Pour elle, il valait mieux partir directement pour le canyon de Jerez. Cependant, nous avons insisté et nous voilà en train d’observer de
curieuses concrétions de roches et de sel
à perte de vue. C’est original, mais pas vraiment joli. Un parcours bien balisé est prévu pour les touristes, avec plusieurs
panneaux explicatifs
en espagnol.
Ici et là
, le paysage est parfaitement uniforme. Le mauvais temps lui donne un aspect plutôt terne, sans relief, que de brefs rayons de soleil ne parviennent pas à mettre en valeur. Près de la lagune, l’environnement change.
De nombreux flamands roses
se nourrissent dans une eau peu profonde, se mélangeant à une terre aux couleurs pastels que nous n’avions pas observée aux abords des lagunes altiplaniques. Nous ne restons en tout et pour tout que 20 minutes et nous poursuivons notre chemin vers le
canyon de Jerez
. Nous arrivons là-bas vers 19h et nous y resterons une bonne demi-heure. Ce qui nous laisse tout de même le temps de
descendre au fond du canyon
. Evelyn nous explique que ce dernier est divisé en
plusieurs terrains
, propriétés de familles d’indiens qui se les transmettent de génération en génération. Ces
lopins de terre
sont cultivés et irrigués. On trouve en particulier de nombreux arbres fruitiers tels que des
poiriers
. Quelques
cavités
sont aménagées dans la roche afin de conserver les aliments. Même en plein été, ces endroits sont à l’abri de la chaleur et la fraîcheur y est constante. Le week-end, les familles se réunissent pour organiser des barbecues et passer de bons moments de détente.
La dernière étape de la journée est le joli village de
Toconao
. Nous y resterons une demi-heure également et nous en profiterons pour acheter quelques souvenirs, dont un pull bien chaud (et pas cher...) en laine d’alpaga (encore un autre camélidé, cousin du lama) pour notre retour à
Paris. Il est près de 20h lorsque nous prenons les dernières photos de la journée, notamment
à l’intérieur de l’église
du village.
Son clocher
, séparé du reste du bâtiment (c’est aussi le cas à Socaire) est particulièrement bien éclairé au soleil couchant.
Sa porte principale
est en bois de cactus, renforcée par des lanières en peau de lama séchée. Nous revenons finalement à San Pedro, il est déjà presque 21h !
Ainsi
s’achève notre seconde journée d’excursion
(et troisième jour de voyage). Le lendemain, nous avons prévu de rester autour de San Pedro pour découvrir la fameuse vallée de l’arc-en-ciel et une partie très peu explorée du Salar
d’Atacama : les lagunes Cejas et Tebinquinche.
A suivre...
The Tourists