Venons en à votre video : désolé, je suis moins admiratif. Le syndrôme Go Pro vous a atteint vous aussi. Ca remue beaucoup trop, et dans tous les sens !
Mon message est destiné à Viatori (je réponds à Cheechako, parce que c'est sa remarque très juste que je souhaite souligner) et se veut être un message d'encouragement.
Je le précise, parce que ce que je vais écrire peut ne pas le laisser penser, mais si personne ne le dit clairement, celui qui fait (et a du mérite à le faire) met beaucoup de temps à s'en rendre compte. Sans personne, j'ai réalisé des films pendant 10 ans en faisant des trucs dont je ne suis pas très fier aujourd'hui parce que ce n'était pas très bon.
C'est grâce à le rencontre avec des professionnels et une petite formation que j'ai vraiment progressé et qu'ils arrivent à correspondre au public à qui ils sont destinés (ce dont je n'avais même pas conscience au départ : on fait un montage pour un public donné...)
1. Technique de tournageComme le dit parfaitement Cheechako, ça remue dans tous les sens sans aucune logique.
Et pourtant, il s'agit d'un très grand angle, je me demande ce que cela peut donner avec un zoom...
J'ai remarqué que quelques rares plans étaient à peu près stables. Il ne s'agit donc pas d'Alzheimer, mais de méconnaissance.
Ne vous inquéitez pas, quand j'ai commencé, je faisais les mêmes c.. bétises.
En gros :
- préférer (surtout au début) les plans fixes aux zooms, traveling, etc...
- ne pas faire de zoom (ou dézoom) si on peut l'éviter et réserver cette technique lorsqu'elle a du sens (il n'y en avait pas sur ce montage, mais, bon, c'est un conseil qui va avec)
- ne pas marcher en filmant si on peut l'éviter. Et si on doit le faire, marcher sans déplier les genoux dans une sorte de "glissade". Les asiatiques font ça très bien en portant une lourde charge, cela évite les à coups)
- TENIR LA CAMERA À 2 MAINS. Evidemment, avec la gopro, on la fixe sur quelque chose, ce qui fait que dès que ce quelque chose remue, tout remue : la tête, le torse, etc... Si on n'a pas le choix, choisir le torse (le plus près possible plexus solaire : c'est le centre de gravité), cela remue moins.
Compte tenu de la façon dont vous avez filmé, il n'y a aucun stabilisateur qui aurait pu compenser. Ce n'est donc pas une question de budget, mais de modification de façon de faire.
De nouveau, j'ai longtemps pensé que les bougés et tremblements se corrigeaient par un stabilisateur, et j'en ai eu trois modèles différents qui n'on jamais vraiment corrigé. J'ai aussi essayé moult filtres de stabilisation au montage (avec FCP en particulier), ce n'est pas ça non plus, et en plus cela fait perdre des pixels et du piqué.
Donc, il faut apprendre à ne pas bouger et, si on le fait, à le faire TRÈS lentement.
2. MontageSur le montage, vous n'êtes pas tombé dans le travers des "effets spéciaux", ce qui est plutôt pas mal.
Par contre, il n'y a pas d'histoire dans votre montage :
- quelques lieux sont indiqués, mais il n'y a qu'une succession d'images sans lien entre elles, même pas une petite carte ou un commentaire pour dire quel a été votre périple.
- vos photos sont toutes mises à la fin, comme s'il s'agissait d'une concession faite aux photos (qu'elles soient prises par vous ou quelqu'un d'autre) mais que ces photos ne racontent rien de votre voyage.
C'est gênant, car on repart dans le même déroulement, qui ne raconte toujours pas d'histoire.
Je trouve que c'est une bonne idée de mélanger vidéo et photo, mais il faut les mettre tous le deux au même endroit quand on parle de quelque chose.
Je conais un peu la
CHine (j'y suis allé un quinzaine de fois), et même si j'ai reconnu nombre de lieux, j'ai trouvé très décousu : il n'y a aucune narration.
Comme Cheechako, le choix des plans m'a aussi laissé un peu dubitatif, mais bon, il est certain que cela a une importance, mais moins que raconter une histoire.
3. Textes et musiqueLe texte est informatif, l'image renforce les signifiants, et la musique apporte l'émotion.
Vous n'avez pas de texte, et je ne suis pas certain que la musique corresponde à l'émotion du voyage en
Chine.
Pour ma part, je suis très mauvais en musique, et donc je demande conseil à d'autres dans le choix des musiques. Avant, je prenais de la musique locale, ce qui était plus ou moins heureux, car l'émotion ressentie pour un européen qui n'est pas sensible aux mêmes tonalités et types de mélodies que la population d'un pays lointain, cela ne marche pas vraiment toujours.
Je trouve toujours ça très compliqué aujourd'hui.
En résuméPour votre prochain montage, posez vous la question de savoir pour qui vous faites le montage.
Si vous le faites pour les participants et les amis, vous pouvez vous lancer dans un grand truc du genre une heure. Mais il devient impératif de raconter quelque chose, de donner des explications de base. Photo ou vidéo, ce n'est pas essentiel, mais vous devez essayer de garder l'attention des spectateurs. Sinon, ça part en eau de boudin en 5 minutes.
Je vous mets un exemple d'un montage que j'ai fait dans cet esprit (50 minutes) où les participants m'ont demandé de refaire un peu de l'histoire de
Chine pour comprendre ce qu'ils ont vu et pas compris pendant le voyage... (!). Et ils m'ont demandé de rajouter des photos des participants après le générique.
Il fait 50 minutes, et donc, si vous n'avez pas trop envie, ne vous lancez pas, ça va vite vous lasser : ce n'est pas quelque chose qui correspond bien à un forum comme celui-ci.
En termes techniques, le montage a été fait sous iMovie et les animations sous Motion 5
Dans ce montage et le suivvant (que je ne mets que pour souligner ce que j'écris), les textes ont été enregistrés avec un micro un peu basique sans préampli, connecté directement sur un macintosh. Le son n'est pas très bon. Depuis, j'ai acquis un cardioïde un peu plus efficace et surtout un préampli, mais c'est un budget (qui vaut la peine : le son porte l'émotion...)
Pour les "reportages" sans commentaires ou presque, il faut s'en tenir en gros à la durée d'une chanson. La plupart (dont moi) font une petite introduction.
Dans celui que j'ai fait sur la descente des rapides du Zambèze (entre
Zambie et
Zimbabwe), les images sont la plupart du temps faites par les organisateurs qui postent des cadreurs pour les passages spectaculaires. Chacun récupère ces images (contre quelques dizaines de dollars) et fait leur montage.
La plupart mettent une musique de rock pour traduire le tumulte de cette aventure (si vous laissez venir les films suivant mon montage, vous en aurez des exemples). Pour ma part, j'ai choisi de prendre une musique un peu de rêve : Hotel
California, mais interprété par Vocal Sample, un groupe cubain qui fait tout avec des voix sans aucun instrument, et j'ai rédigé un texte un peu décalé pour ne pas rendre l'aventure dramatique.