Chine: Province du Gansu, à la croisée des chemins Yangguizi · 10 août 2005 à 18:11 10 messages · 5 participants · 5 153 affichages | | | | 10 août 2005 à 18:11 Chine: Province du Gansu, à la croisée des chemins Message 1 de 10 · 5 129 affichages · Partager Province du Gansu, Chine, mois de mai 2004
La semaine du Premier Mai, une des trois "golden weeks" chinoises est toujours l'occasion pour les mordus de voyage de s'évader de leur métro boulot dodo quotidien. En 2004, c'est sur la province du Gansu que j'ai jeté mon dévolu. Un nom mythique, Dunhuang, petit point noir sur la plupart des cartes, facilement repérable au milieu d'étendues désertiques m'attirait tout particulièrement. C'était une de ces destinations qui me faisait fantasmer, sans trop savoir pourquoi.
Le 30 avril au soir, donc, je prenais l'avion pour Lanzhou, capitale de la province. Absolument impossible de trouver un taxi pour m'emmener à l'aéroport ce soir-là, j'ai donc du trouver un bus en catastrophe, pour arriver in extremis à l'aéroport de Hongqiao une heure plus tard. C'est énorme en partant de la Place du Peuple! Une fois sur place, je me suis rendu compte que j'étais en veine puisque mon avion n'aurait a priori qu'une heure de retard. C'est peu pour un jour de départ en vacances. De l'autre aéroport de Shanghai, à l'autre bout du territoire municipal, une amie en partance pour la Malaysie me téléphone pour passer le temps, ayant elle six heures de retard à occuper. Pas très sympa de ma part de l'avoir ainsi narguée avec la quasi-ponctualité de mon vol...
Nous nous sommes donc posés à Lanzhou vers minuit, ayant un autre avion à attraper le lendemain aux aurores pour Dunhuang. Où passer la nuit? Nous nous concertons avec mon amie: sur les sièges de l'aéroport ou dans un hôtel? Ca doit bien se trouver un hôtel dans le coin. Oui effectivement, un sinistre bâtiment se trouvait bien à cinq minutes à pieds du terminal, et c'est dans une pénombre quasi absolue que nous nous sommes frayés un chemin vers l'hôtel. Un établissement dans le plus pur style chinois traditionnel... c'est-à-dire avec un immense hall, un personnel peu accueillant et des moquettes à la propreté plus que douteuse. Le tout plus que vraisemblablement géré par l'Etat. Et bien entendu l'indétronable paillasson dans l'ascenseur pour indiquer le jour de la semaine. Cette arrivée tardive m'a permis de percer un des plus épais secrets de la culture chinoise: les paillassons sont remplacés le matin, et non pas sur le coup de minuit, comme l'attestait la présence prolongée du paillasson de la journée qui venait de s'achever. Je suis méchant je sais, mais c'est parce qu'ils avaient refusé de nous octroyer une réduction alors que l'hôtel était probablement vide.
Le lendemain donc, trajet de jour de l'hôtel à l'aéroport. Comme l'endroit est laid! Comme toutes les zones aéroportuaires certes, mais quand on est aux portes de l' Asie Centrale, on ne peut qu'être déçu tant on s'attend à ne découvrir que du merveilleux.
Dans le bus nous amenant du terminal à l'avion, une famille chinoise me presse de questions sur les études à l'étranger, pour le bambin de la famille à qui on promet déjà un avenir doré alors qu'il n'a que sept ou huit ans. Mon intuition ne m'avait pas trompée, ils étaient bien de la région de Shanghai. Mais un peu de patience, d'ici quelques heures je pourrais enfin fréquenter une autre sorte de chinois.
Nous décollons enfin pour survoler une interminable région désertique. Nous sommes là aux marges du désert de Gobi s'étendant à perte de vue vers le nord. Un trajet par voie terrestre aurait été bien plus excitant mais avec une seule semaine de vacances, c'était malheureusement à exclure. C'est donc avec une facilité insultante que nous progressions à pas de géants vers l'ouest, survolant probablement des pistes caravanières enfouies depuis bien longtemps. De temps en temps, nous apercevions la route traversant la province, et pouvions distinguer de rares véhicules, dont les occupants devaient probablement lever les yeux au ciel pour jalouser la rapidité de notre trajet en avion.
La province du Gansu est tout en longueur. La traverser en avion de Lanzhou à Dunhuang prend deux heures. De l'autre côté de la masse continentale, c'est le temps qu'il faudrait pour traverser un bon bout d'Europe. Mais ici, en Asie Centrale (et oui, la région n'a peut-être pas un nom rigolo finissant en -istan, mais nous n'en sommes pas moins en Asie Centrale), c'est le temps qu'il faut pour traverser une province.
Nous atterrissons enfin sur le petit aéroport flambant neuf de Dunhuang. Le temps est nuageux et la température relativement fraîche. On m'aurait menti??? Des nuages dans le désert??? Prenons donc le taxi pour rejoindre le centre-ville et nous perdre enfin dans les vieilles ruelles de Dunhuang la musulmane. Courons vers ses bazars orientaux, ses mosquées, ses bâtisses intemporelles, allons donc enfin respirer l'atmosphère authentique de l' Asie Centrale éternelle. Oui, c'est bien ce qui devait nous attendre, nous ne pouvions pas avoir fait ce long voyage pour rien. Nous étions bien dans une oasis: cultures timides, quelques rangées d'arbre et surtout un désert menaçant de tous les côtés. Puisque nous étions dans une oasis, il devait bien y avoir une vraie ville traditionnelle quelque part non?
Nous sommes donc arrivés en ville. Une ville chinoise! Moderne, bruyante, et ressemblant à toutes les villes chinoises du pays. Aucune construction ancienne, un quadrillage de larges boulevards, des cybercafés, des bureaux, des publicités géantes, des néons, et des voitures. La ville de mes rêves avait en fait disparu depuis belle lurette. On m'aurait menti???
Après avoir pris un hôtel au hasard, on se promène et tombons sur "le" bazar de la ville. Certes, il était un peu moins chinois que les bazars de Chine de l'Est, certes, l'odeur du mouton y était largement plus forte que celle du doufu, certes, les hommes avaient des barbes rigolotes et des calotes blanches sur la tête. Mais quand même! Un bazar proprement organisé dans une large rue piétonne entièrement réaménagée, ça fait quand même... désordre. Apparemment, on est pas allés assez loin à l'Ouest. Il aurait fallu aller au moins jusqu'à Kashgar pour sortir de la Chine éternelle... et omniprésente. On a quand même fini par faire un repas de mouton (ça ne faut pas dire que nous avons suivi un guide armé d'un drapeau et d'un porte voix, au milieu d'un troupeau d'une vingtaine de touristes chinois, non non, c'était à prendre au sens propre du terme, nous avons vraiment mangé du mouton).
Une fois l'estomac rempli, et notre haleine en harmonie avec les senteurs locales, nous continuons à explorer fébrilement le centre-ville dans l'espoir de trouver quelque chose ayant au moins une apparence ancienne. Ou une mosquée, ou n'importe quoi qui nous démontre que l'avion n'avait pas volé dans la mauvaise direction pour nous ramener quelque part en Chine centrale. Ah oui, on a fini par trouver une toute petite mosquée, probablement très récente et sans doute destinée à satisfaire de quelconques quotas religieux. Dunhuang est une ville chinoise, mais on y voit quand même de très nombreux musulmans. Ce ne sont pas des ouighours comme ceux qu'on trouve plus à l'ouest, dans le Xinjiang. Oh il y a sans doute quelques ouighours ou tartares qui trainent parmi la population, mais la plupart de ces musulmans sont des hui, c'est-à-dire des descendants de chinois convertis. Note personnelle: quand ils le veulent vraiment, les chinois sont capables d'avoir de la barbe | | | À: Yangguizi · 10 août 2005 à 18:55 Re: Chine: Province du Gansu, à la croisée des chemins Message 2 de 10 · 5 113 affichages · Partager Il était temps de passer aux choses sérieuses et d'aller visiter des endroits VRAIMENT intéressants. Objectif prioritaire: les grottes de Mogao, universellement réputées. Comment y aller? Voyons voir, en demandant autour de nous, on nous annonce une distance pas trop grande à partir du centre ville. Comme il fait bon, essayons de faire ça en vélo.
L'hôtel peut nous en louer, même si nous avons fait la gueule en voyant la dégaine des engins qui nous étaient présentés. Mais au diable la frime, tant que ça roule, c'est ce qui compte. On sort rapidement de l'agglomération, et nous retrouvons enfin sur la route des grottes de Mogao. Je me retourne pour vérifier que mon amie suit toujours... et la vois immobile loin loin derrière moi. Demi-tour donc pour constater que la chaîne de sa superbe machine avait déraillé, et qu'il était quasiment impossible de la remettre en place. Demi-tour donc, penauds en nous faufilant tant bien que mal parmi la circulation, et furieux en arrivant à l'hôtel, dont le personnel s'est confondu en excuses.
Assez perdu de temps comme ça, on allait faire comme tous les touristes et prendre un taxi. On a eu la chance de tomber sur une chauffeur (doit-on dire chauffeuse?) sympathique qui nous a proposé un bon prix et nous a rapidement emmené à destination. On s'y attendait, on le savait à l'avance, mais on a quand même été déçu de trouver une foule compacte une fois sur place. C'est normal, c'est pour ça et parfois uniquement pour ça qu'on vient de très loin jusqu'à Dunhuang. Une fois à l'intérieur du site, la foule était déjà nettement moins importante et la beauté du lieu nous a de toute façon fait oublier ces quelques désagréments.
Le site est E-X-C-E-P-T-I-O-N-N-E-L ! Plusieurs centaines de grottes - dont seulement deux ou trois dizaines ouvertes au public - entièrement recouvertes de peintures bouddhiques millénaires. C'était époustouflant. Le fait de devoir être équipé de torches pour admirer la beauté du lieu rendait la visite encore plus magique. Tant de styles différents, tant de variété dans ces grottes tantôt immenses tantôt minuscules. Et toujours un travail d'orfèvre qui a miraculeusement survécu aux siècles écoulés. Je n'ose imaginer combien de vies entières ont été consacrées à ces oeuvres d'art. Tout cela s'est étalé sur plusieurs siècles mais tout de même, quelle infinie patience ont dû déployer les centaines ou milliers de moines artistes qui se sont succédés ici.
Et puis il y a eu ces hauts le coeur en voyant des graffitis à même la peinture. Ces bouddhas au visage caché par des caractères chinois bien modernes, oeuvres de fous destructeurs pensant ainsi associer leurs noms à l'immortalité du lieu. On dit que ces graffitis remontent à la période d'avant-guerre, où des gens de tous horizons se seraient réfugiés dans les grottes. Mon petit doigt me dit que beaucoup de ces graffitis sont beaucoup plus récents et seraient le fait de touristes lambda et vraiment très très bétas. Plus d'un an plus tard, je suis encore furieux rien que d'y penser. A Mogao, il y a aussi ces sculptures de bouddhas géantes, parmi les plus grandes au monde, dont on peine à apprécier la taille réelle, tant elles sont bien insérées dans le paysage rocheux.
Quel que soit ce qui nous attendait par la suite, ce voyage aurait de toute façon été une réussite. J'avais vu les mythiques grottes de Mogao, principal vestige des formidables cultures qui ont prospéré dans la région, bien avant l'avènement de la dynastie des hauts parleurs et des guides touristiques. Un objectif rempli parmi ce que je devais accomplir avant de mourir. Certes, devenir le premier astronaute à poser le pied sur Mars, ou inventer le remède universel contre le cancer sera une autre paire de manche, mais même si je n'y arrive pas, j'aurais au moins vu Mogao. 
Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés pour admirer les montagnes Sanweishan, où, parait-il, il y a de belles randonnées à faire. Mais hélas le temps, toujours le temps nous manquait, et il a fallu se contenter de les regarder de loin. Puis, un grand merci à la chauffeuse, nous avons fait une halte imprévue près d'antiques tombes royales.
En fait, tout le désert autour de Dunhuang est rempli de tombes anonymes, tellement denses et nombreuses qu'elles imprègnent le paysage. Tous ces monticules sont donc bel et bien d'origine humaine. Mais les tombes royales que nous allions voir étaient différentes. Plus massives, c'étaient de véritables tumuli, à l'intérieur desquels on pouvait pénétrer. Ce fut un autre moment très fort, d'autant plus appréciable que là, il n'y avait personne. Une petite cabane de marchands de souvenirs bien sûr, car il n'existe pas de site touristique qui en soit dépourvu, mais ce minimum vital ne gâchait en rien la magie du lieu.
L'escalier de la tombe principale s'enfonçait dans les profondeurs du désert, tandis que d'étranges fresques et bas reliefs ornaient enfin l'entrée du tombeau. Une fois passé ce cap, il n'y avait presque plus rien à voir, sinon deux ou trois petites salles carrées et quasiment vides. Mais qu'importe, c'était l'existence-même de ce lieu qui était fascinante, et non ses ornements. A quoi pouvait bien ressembler la vie de ces princes ou riches marchands qui avaient pu s'offrir une telle sépulture. Et à quoi ressemblait la civilisation qui les avait vu prospérer? Qui étaient ces gens? Des princes indo-européens? Des conquérants tartares? Des marchands chinois? Qu'importe, ils étaient peut-être tout cela à la fois. Dunhuang est une terre de métissage et ce sont toutes ces identités qui ont fait de la ville ce qu'elle a été, et ce qu'elle est encore dans la mémoire collective. Je ne suis pas du tout quelqu'un d'émotif ni de sentimental, mais je dois reconnaître que la sensation que j'ai éprouvée en me tenant dans ce tumulus m'a procuré une rare sensation de bien-être.
Le jour allait bientôt tomber. Il fallait rentrer en Chine... euh je veux dire dans la ville de Dunhuang. "La vraie" Dunhuang si j'ose m'exprimer ainsi. | | | À: Yangguizi · 11 août 2005 à 14:50 Re: Chine: Province du Gansu, à la croisée des chemins Message 3 de 10 · 5 096 affichages · Partager A la poursuite d'une Chine éternelle... Heureux mortels, sages voyageurs... c'est donc sous la terre que vous avez eu vos plus belles émotions : des lieux millénaires qui n'ont pas (encore) été bétonnés comme tant d'autres ! Dit-on (en chinois) : "Voir Mogao et mourir ?"... 
Bonnes vacances, Patrick | | | À: Yangguizi · 11 août 2005 à 16:28 Re: Chine: Province du Gansu, à la croisée des chemins Message 4 de 10 · 5 089 affichages · Partager Ce retour dans la Dunhuang chinoise fut en fait tout à fait délicieux puisque j'ai pu assister in extremis à un spectacle de danses traditionnelles locales. C'est un des plus beaux spectacles que j'ai jamais vus, presqu'aussi beaux que les ballets maoïstes dont je me délecte tant.
Les couleurs des parures des danseuses, la grâce de leur gestuelle, la puissance évocatrice de la musique... tout cela était bien sûr fait pour les touristes, mais ça n'en était pas moins superbe et très émouvant.
Et puis ce soir là j'ai fait connaissance, toujours sur le même marché avec un plat local que j'ignorais, le "chao dingding" ou encore "dingding chaomian". C'est en fait tout simple: des pâtes épaisses coupées en dés, agrémentées de légumes, oignons et quelques épices. Mais quand c'est bien fait, et croyez moi, à Dunhuang, ils savent les faire, c'est succulent. D'ailleurs, depuis ce voyage à Dunhuang, je fréquente de manière beaucoup plus assidue le restaurant de cuisine du Xinjiang en bas de chez moi, qui fait aussi du dingding chaomian... de manière un peu moins réussi certes.
Le lendemain, on a repris contact avec notre chauffeur de la veille qui avait proposé de nous ballader dans la région. Direction la passe de Yangguan, lieu mythique dans l'histoire de la dynastie Tang, puisque ce col discret a longtemps marqué la frontière du monde civilisé, l'entrée dans le monde des barbares.
Il ne reste qu'un vestige difforme au sommet de la passe, improbable reste d'une forteresse certainement beaucoup plus imposante. Au pied de la passe, une forteresse Tang reconstituée accueille les visiteurs. Bien que totalement artificiel, l'endroit est plaisant et rend assez bien compte de ce qu'était une forteresse du désert à l'époque. Difficile d'imaginer toutefois la rude de vie des soldats en garnison des années, voire des décennies dans cet endroit si éloigné et inhospitalier. Il fallait sans doute être tombé en disgrâce auprès de la Cour impériale pour finir ici. Difficile aussi d'imaginer si les quelques timides oasis qu'on aperçoit de ci de là avaient le même tracé, la même étendue à l'époque. Peut-être le lieu n'était-il pas si inhospitalier que ça après tout...
De retour à Dunhuang pour le déjeuner, j'ai à nouveau ingurgité un chao dingding, un peu moins bon que celui de la veille.
L'après-midi, ce fut la visite des dunes de Mingshashan en bordure de la ville. L'endroit est très plaisant, et la micro-oasis de la source du croissant de lune, cernée de dunes, est une remarquable curiosité. Mais le lieu est bondé de touristes et est devenu une sorte de disneyland ridicule, où les gens font la queue pour avoir la chance de monter quelques minutes un des cent chameaux présent sur place. L'ascension des dunes se fait... à l'aide de marches aménagées et la descente en luge des sables. Prenons cette visite comme un moment de détente sympathique plutôt que comme la découverte du lieu magique qu'il a sans doute un jour été.
C'est le coeur un peu coupable de rester aussi peu de temps à Dunhuang que j'ai finalement pris la route de l'aéroport en début de soirée pour attrapper un avion pour Lanzhou. | | | À: Yangguizi · 11 août 2005 à 17:40 Re: Chine: Province du Gansu, à la croisée des chemins Message 5 de 10 · 5 082 affichages · Partager Hello Patrick, Mon 1000ème message sur VF est pour toi : encore un très beau récit de découvertes dans ton pays d'élection, que je ne suis pas la seule à apprécier...
Comment vas-tu ? Je t'espère bien remis et tout à fait en forme pour partir en vacances. Où te mèneront tes pas, cette fois -ci ? | | | À: Yangguizi · 11 août 2005 à 21:54 Re: Chine: Province du Gansu, à la croisée des chemins Message 6 de 10 · 5 073 affichages · Partager J'avais laissé ce sujet pour plus tard, pour avoir le temps de le lire tranquillement à la maison. J'ai bien fait. Merci pour cette balade dans une province chinoise méconnue (de moi en tous cas).
La recette du "chao dingding" me semble voisine du tenthuk ladakhi. Tu ne precises pas si c'est un plat "sec" ou du genre ragoût ou soupe. | | | À: Lepiaf · 12 août 2005 à 2:23 Re: Chine: Province du Gansu, à la croisée des chemins Message 7 de 10 · 5 066 affichages · Partager C'est un plat quasi-sec, avec un tout petit peu de sauce parfois. La prochaine fois que j'en mange, je le prendrai en photo.
Le récit n'est pas terminé, mais il va falloir patienter car je pars demain en vacances. | | | À: Yangguizi · 17 novembre 2005 à 7:08 Re: Chine: Province du Gansu, à la croisée des chemins Message 8 de 10 · 4 929 affichages · Partager A Dunhuang, il vaut certainement mieux visiter le Yumen Guan, au Nord que le Yang Guan. Au nord (en 2004, du moins) pas de reconstitution clinquante, mais la simple présence d'une belle ruine, sévère, ds un tres beau paysage. Un peu plus loin de nombreux vestiges de la "muraille" Han, très dégradés bien sur, mais très, très émouvants.
Dunhuang et environs offrent bien d'autres choses.LE petit Musée de la ville n'est pas ininteressant. Les "grottes aux 1000 Boudhas de l'Ouest " montrent de belles peintures ; 5sculptures très abimées, par contre).
B. | | | À: Yangguizi · 17 novembre 2005 à 23:50 Re: Chine: Province du Gansu, à la croisée des chemins Message 9 de 10 · 4 916 affichages · Partager  ,
Décidément j'adore vos carnets de voyage, j'y trouve le même sens irrésistible de la dérision que dans les polars de He Jiahong.
Et malgré ce ton léger et cet air de ne pas y toucher ou si peu, vous nous faites voyager, visiter des lieux mythiques, partager des ambiances, avec juste le détail qu'il faut, l'histoire du paillasson, génial ! tout ce que j'aime !
Je n'aurai peut-être pas la chance d'aller en Chine, mais le lac Baïkal, c'est sur j'irai et je choisirai d'y aller en automne. En espérant que ma connaissance des sorcières de Galice sera une antidote suffisante | | | À: Yangguizi · 3 décembre 2005 à 16:54 Re: Chine: Province du Gansu, à la croisée des chemins Message 10 de 10 · 4 870 affichages · Partager Après deux heures de vol, la nuit était déjà tombée lorsque nous avons atterri à l'aéroport de Lanzhou. Cette fois, pas question de dormir dans l'hôtel maudit, et nous avons pris un taxi en direction du centre-ville. Nous ignorions alors que la distance était importante, et que le prix du trajet allait s'en ressentir. Mais qu'importe, nous foncions à toute allure sur une autoroute déserte flamblant neuve. Ca me surprendra décidemment toujours de trouver des infrastructures d'une telle qualité là où on ne s'y attendrait pas vraiment.
Il avait neigé la veille et malgré l'obscurité on pouvait distinguer le manteau neigeux qui recouvrait le bord de l'autoroute. C'était de mauvais augure pour la suite du voyage, car on était censés partir en altitude le surlendemain. Aucun doute il allait faire très froid, et bien entendu on n'avait rien prévu.
Le lendemain matin, on a commencé la visite de Lanzhou, ville plutôt laide mais qui a quand même du caractère. Grâce à sa communauté musulmane, la ville abrite de nombreuses mosquées de toutes tailles, et après avoir gravi une petite colline, le panorama sur la ville permettait effectivement de distinguer de nombreux minarets et dômes caractéristiques qui dépassaient. Sans rien de précis à visiter, on a décidé de prendre la mosquée principale pour repère et de couper à travers le centre-ville pour la rejoindre.
La ville est bâtie au bord du Fleuve Jaune, qui se jour là était plutôt orange foncé et tirait même sur le rouge. Comme partout ailleurs, les bords du fleuve regorgeaient d'"attractions" touristiques, c'est-à-dire de "croisières" sur le fleuve et autres marchands de souvenirs.
Après une halte dans un temple taoiste et après avoir frayé notre chemin à travers une rimbambelle de diseurs de bonne aventure, nous avons finalement rejoint la mosquée principale, édifice moderne assez laid, mais de taille imposante. Rien de bien passionnant à voir à l'intérieur. On a déjeuner dans un boui-boui musulman pour évidemment déguster un plat de nouilles locales. Plutôt pas mauvais du tout! A l'intérieur du restaurant, le va-et-vient de chinois musulmans était tout à fait passionnant. Beaucoup ont vraiment un visage énigmatique. Il y avait notamment une famille à côté de nous dont le fiston d'environ 15 ans aurait parfaitement pu passer pour un moyen-oriental voire un méditerranéen. Mais il était bel et bien chinois. Aucun doute, nous n'étions pas dans la même Chine que dans les métropoles de l'Est.
Après s'être cassé le nez sur le musée qui était en pleins travaux, on a décidé d'en rester là pour les visites et de se mettre en quête de vêtements chauds pour les jours à venir. Mais après avoir exploré plusieurs centres commerciaux et essuyé de nombreux meiyou (= il n'y en a pas), il a bien fallu se rendre à l'évidence: nous étions au mois de mai, et plus aucun magasin ne vendait de vêtements d'hiver. En tout cas, nous n'avons pas réussi à en trouver. C'est donc avec des vêtements dits normaux que nous allions affronter les rigueurs de l'altitude des contreforts du Tibet.
On avait décidé de se faire une bonne bouffe ce soir-là, et n'avons eu que l'embarras du choix, notre hôtel se trouvant juste à côté d'un des quartiers gastronomiques de la ville. Tandis que nous nous tenions à l'entrée d'un restaurant pour essayer de voir comment ça se présentait, je remarquais à côté de moi un type pissant tranquillement juste devant le restaurant, sans que ça n'ait l'air de le gêner particulièrement. Ne voulant pas le déranger dans son oeuvre, mais voulant quand même marquer le coup, j'ai reculé de deux ou trois pas et ai pris la pose. Tandis que je le regardais fixement en me tenant le menton, je faisais en sorte que les autres passants remarquent mon manège. Comme quelqu'un qui pisse à l'entrée d'un restaurant, c'est somme toute assez banal, en tout cas suffisamment pour que les gens ne s'arrêtent pas, il fallait donc que je serve d'intermédiaire pour que l'on remarque la scène. Les gens me regardaient évidemment. Un étranger qui prend la pose, ça attire forcément le regard. Et comme les gens ne sont pas idiots, ils ont ensuite regardé dans la même direction que moi, et, ô miracle, ont remarqué le type en train de pisser. Ils ont ri. Je suis fier de moi, car sans mon intervention muette, ce pauvre homme aurait assouvi son besoin naturel sans que personne ne le remarque. Quand il eut fini sa besogne, j'ai abandonné ma pause, et les gens ont repris leur chemin.
Hélas, mon amie ne m'a pas laissé choisir le restaurant et le résultat fut... comment dire... décevant. On aura même réussi à se disputer à cause de ça. | Carnets similaires sur la Chine: Trouvez des offres de séjours uniques avec nos partenaires Tous les droits réservés © 2026 MyAtlas Group | 16 783 visiteurs en ligne depuis une heure! |