TEMOIGNAGE D UNE AMIE TIBETAINE
Ayant l’opportunité de quitter le
Tibet en 2007 avec mon fils, je me suis séparé de lui en
inde pour qu’il termine ses études.
La raison principale à l’époque, était l'idéologie chinoise par rapport à la langue Tibétaine. Je l'ai amené hors du
Tibet pour un meilleur avenir et qu’il apprenne sa langue natale.
Après une année c’était traumatisant de rester loin de mon enfant. Je suis donc retournée en
Inde l'année suivante pour voir mon fils.
Après ces chaleureuses retrouvailles, je suis repartie seule dans mon pays au
Tibet en 2008.
Jamais dans ma vie je n’aurais imaginé ce qui allé se passer dès mon retour.
En 2008, le 14 mars un énième soulèvement a eu lieu à
Lhassa mais je n en n’avais pas connaissance. Malheureusement c’est à cette période que je passé la frontière.
J'atteignais le PONT DE L'AMITIE situé à la frontière chinoise avec un livre, souvenir envoyé par un élève de l’ école de mon fils à sa famille mais quand la police chinoise ouvrit le livre, elle découvrit la photo du Dalaï Lama avec son prix Nobel de la paix et notre drapeau national.
On me colla l'étiquette d’activiste politique et cela dura six mois.
Ils déchirèrent le livre et me mire en détention pour un interrogatoire.
Je n’étais absolument pas au courant des photos dans le livre. Je suis devenue la cible de la GRANDE
CHINE car détenir des photos du Dalai Lama est un crime.
On me retira mon permis de travail pendant six mois et fut régulièrement interrogée.
Après de nombreuses demandes, ils m ont finalement autorisée à travailler en me menaçant si j’agissais mal dans le futur.
Plus tard, en 2011 j’ai suivit des enseignements du Dalai Lama (kalachakra) à Bod Gaya en
Inde. Près de dix mille fidèles du
Tibet étais là aussi et j ai pu revoir mon fils après 3 ans de séparation. En revenant, les autorités chinoises nous ont interdis de rentrer chez nous directement. Ils nous ont amenés dans un camp à Nyethang et nous ont rééduqués politiquement pendant trois mois en nous questionnant sans arrêt.
Nous n'avions aucun contact avec nos familles. C'était comme une prison.
Comme j avais déjà étais interrogée en 2008, mes conditions de détention étaient encore plus sévères. Nous étions 3000 détenus.
Nous ne pouvions pas sortir de nos cellules.
Apres notre libération à
Lhassa, Ils n’arrêtaient pas de nous questionner, et nous avaient promis de nous rendre notre passeport mais n’ont jamais tenu leur promesse.
J’ai du faire face à un gros problème ensuite ;ayant étudié en
Inde pendant ma jeunesse ou j’ y ai appris l’anglais, grâce à mes études, j ai pu avoir un travail de guide au
Tibet mais le gouvernement chinois nous a interdit de travailler pour mieux contrôler ce que nous racontions aux touristes.
J’étais constamment harcelée par la police. Cela m'a rendu folle.J’ai compris que je ne pouvais plus vivre dans mon pays. Je faisais face à trop de problèmes.
J'étais une cible parmi d'autres. Je n’étais pas prête à de telles expériences et à faire face à de telles situations.
Fin 2014, alors que j’étais au marché, la police de
Shigatsé à 200km de
Lhassa m’avertis que je devais rentré chez moi dans une heure trente à
Lhassa et qu’ elle m attendait devant ma porte.
En effet deux policiers en civil m’attendaient.
Ils m’ont questionné au sujet d’un lama du monastère de Drikung qui était venu chez moi auparavant. Ils ont fouillés ma maison et m’ont questionnée au sujet de mon fils. Je leur ai dis qu’il était avec son père.
Je ne pouvais plus dormir. Je savais qu’ils allaient revenir et 0exiger que mon fils revienne d’
Inde, comme ils le font habituellement.
Je savais qu’ils allaient m’arrêter et m’accuser d’indépendantisme.
Je décidais donc de
fuir en
Inde pour ma sécurité et l’avenir de mon fils.
J’appris qu’un groupe de touristes se rendaient à la frontière Népalaise la semaine suivant. Je prenais contact avec un guide népalais que je payais 11 000 yuans (1400 euros).
Arrivée près de la frontière je sautais du véhicule. Accompagnée d’un passeur je traversais de dangereuses rivières et escaladais de sacrées montagnes. (Nima n’est pas une alpiniste chevronnée).
C’était un cauchemar. J’ai failli tomber dans les ravins plusieurs fois. C’était l’hiver et l’eau étais gelée.
Par la grâce de Bouddha j’atteignis
Kathmandu sans trop de dommage.
J’ai eu beaucoup de chance de rencontrer Marcelle Roux présidente de
France Tibet présente à
Kathmandu à ce moment là.
Suite à ma fuite dans la montagne j’avais quelques blessures au bras et aux jambes mais elle m’a accompagnée à l hôpital. Je ne pouvais pas marcher correctement. J’étais si heureuse que quelqu’un s’occupe de moi étant seule dans un pays tiers.
J’étais pourtant encore menacée car le
Népal est aux ordres de
Pékin. J’ai pu me refugier dans une famille pendant trois jours puis au centre de réfugiés tibetains de
Kathmandu. J’y suis restée 22 jours avant de rejoindre Darhamsala, le Dalai Lama et la communauté Tibetaine.
J’ai pu enfin rentrer en contact avec mon père pendant deux heures car je ne l’avais pas mis au courant.
Mon père et mon frère ont été menacés bien sûr, de représailles depuis et je n’ ai donc plus de contact avec eux directement.
Je ne suis donc plus résidente de
Lhassa officiellement. On m’a retiré mon permis de résidence. Je suis SDF dans mon PROPRE pays, apatride.
Je ne peux plus rentrer chez moi sans papier et risque d’énormes problèmes si je retourne dans mon pays. J’irai directement en prison, risque tortures et ma vie.
Voici donc le récit de Nyima que j ai rencontrée à Lhassa en 1995. Son visa lui a été refusé il y a un mois à l’ambassade de France à New Delhi car elle n’a pu prouver qu’elle ne voulait effectuer qu’un court séjour en France. Nous n’avions à l’époque pas joint ce témoignage à la demande de visa.
Merci de reconsidérer cette demande vu ces derniers éléments.
PS : Chaque année la police chinoise convoque les personnes qui ont participés au pèlerinage de 2011.Comme je ne suis plus au Tibet ma famille est constamment menacée.