ce n est lié que de loin aux histoires de train...quoi que???
enfi pour que tu saches ou tu met les pieds, et puis je suis sur que peu de gens le savent donc:
lisez ces articles: ce la vient du forum bonjour chine.
Emeutes dans le Guangdong
Quelqu'un en a entendu parler ? Des infos pour recouper ? (je suis pas sur que la source soit tres fiable...)
www.rue89.com/...n-c...-du-sud-209237
"
(De Pékin) Depuis vendredi dernier, la province du
Guangdong
, dans le sud de la
Chine, est le théâtre de violentes émeutes qui rassemblent des milliers de travailleurs migrants. C'est la dernière manifestation de la violence qui couve dans ce bassin industriel où les conditions de travail sont souvent déplorables.
Pour déclencher un incendie, il suffit parfois d'une étincelle, et c'est ce qui semble s'être passé vendredi dans cette province méridionale où de violentes émeutes se sont prolongées tout le week-end. C'est un incident banal qui a entrainé des manifestations de plusieurs milliers de personnes. Tout à commencé dans la ville de Xintang par une altercation entre un couple de vendeurs de rue originaires du Sichuan, et des « chengguan » (sorte de policiers municipaux détestés par beaucoup de Chinois, ndlr).
Désireux de déloger le couple, car la vente à la sauvette (bien que très répandue) est illégale, ils auraient violemment bousculé la femme, qui est enceinte, provoquant la colère de la foule alentour, et d'immenses manifestations qui se sont répétées chaque jour jusqu'à dimanche.
Selon le quotidien hongkongais South China Morning Post, des voitures de police auraient été détruites et des bureaux du gouvernement local saccagés vendredi et samedi soir. Et hier, malgré une présence policière renforcée, plus de 1000 personnes sont ressorties dans la rue et ont laissé libre cours à leur rage, et derrière eux, de nombreux véhicules retournés.
(Voir la vidéo)
Selon le site de Radio Free Asia
, une radio financée par les
Etats-Unis, 25 personnes seraient encore détenues par la police.
Un contexte violent
Cette irruption de violence n'est pas isolée, et dans les usines, les nombreux conflits du travail dégénèrent souvent. Rien que la semaine dernière, toujours dans le Guangdong, plusieurs centaines de migrants avaient manifesté devant le gouvernement central de la ville de
Chaozhou.
Ils s'étaient rassemblés pour exprimer leur indignation après qu'un ouvrier qui réclamait des salaires impayés ait été grièvement blessé au couteau par les dirigeants de l'entreprise.
Des centaines de policiers avaient été mobilisés pour calmer les manifestants, qui avaient également dans leur colère détruit plusieurs véhicules. Neufs personnes avaient été arrêtées.
Ces derniers jours à Xintang, des internautes ont affirmé que les autorités avaient déployé des véhicules militaires, bien que cette information n'ait pas pu être confirmée.
Dans les usines, rien de nouveau
Les autorités doivent sortir les grands moyens pour calmer un malaise social profond chez les travailleurs migrants, qui s'était déjà exprimé il y a un an par une série de grèves et de manifestations.
Jeffrey Crothall, porte-parole de l'ONG
China Labor Bulletin
, basée à
Hong Kong, explique :
« Le cas des deux vendeurs n'a été qu'une étincelle. Cela a servi à ces gens de prétexte pour exprimer leur frustration ».
Venus de campagnes pauvres pour travailler dans les bassins industriels du pays comme le Guangdong, les travailleurs migrants (les mingongs, « paysans-ouvriers ») sont les laissés pour compte par excellence du « miracle chinois ».
Et même si l'année dernière, ils avaient réussi à obtenir des augmentations de salaire et, dans certains cas, une relative amélioration de leurs conditions de travail, leur situation reste peu enviable.
Jeffrey Crothall précise :
« Ils ont des horaires de travail très lourds et souffrent de discriminations. Certes, grâce au manque de main d'oeuvre, les travailleurs ont gagné du pouvoir de négociation dans certains secteurs. Mais dans beaucoup d'endroits, ils sont encore très mal traités par leurs patrons, qui refusent souvent de les payer. Quant aux augmentations de salaires, de toutes façons leur effet a été largement amoindri par l'inflation ».
Rien de bien neuf, donc, dans l'usine du monde, mais il semble bien que le gouvernement ait de plus en plus de mal à contenir la colère de son peuple, malgré le fait que le budget alloué à la sécurité intérieure soit désormais supérieur à celui de la défense.
et un complément intéressant :
www.lemonde.fr/...que...ens_id=1465892
Le modèle chinois de contrôle social est en crise
| 15.06.11 | 11h30 • Mis à jour le 15.06.11 | 11h41
Pékin, Correspondant - Le Parti communiste chinois (PCC) s'est longtemps vanté de l'efficacité de son mode de gouvernance, mettant en avant que la stabilité qu'il a apportée, dans un pays aussi grand et peuplé, était essentielle au décollage économique de ces trente dernières années. Aujourd'hui, ce consensus se fissure.
L'outillage sophistiqué de
"maintien de la stabilité" mis en place par l'Etat-parti non seulement peine à calmer les esprits – les manifestations populaires, souvent violentes, ciblent la police et les administrations, tandis que des pétitionnaires individuels se suicident ou organisent des attentats vengeurs –, mais il s'avère contre-productif, dans une société de plus en plus informée, mature et ouverte aux débats.
Les signes d'usure du modèle de gouvernance s'accumulent. Dans les régions de minorités ethniques, répression culturelle et religieuse se font au nom d'un arsenal idéologique mis au placard partout ailleurs en
Chine. Dans les villes, la corruption exaspère les petites gens. Toute une bourgeoisie émergente accepte mal de ne pas avoir de prise sur les affaires qui la concernent.
Quant aux migrants des campagnes, grands perdants du miracle économique chinois, ils se réveillent, au point que la province du Guangdong, le cœur de la machine à exporter, a connu deux émeutes ces dernières semaines, un an après les grèves chez Honda et les suicides d'ouvriers de Foxconn.
"PRISONS NOIRES"Si les migrants
"ne sont pas absorbés dans la société urbaine et ne jouissent pas des droits qui leur sont dus, les conflits ne vont cesser de s'accumuler... Les politiques doivent faire face à la réalité pressante que la nouvelle génération de travailleurs migrants veut rester dans les villes", lit-on dans un rapport publié, mardi 14 juin, par le Centre de recherche pour le développement du
Conseil d'Etat
, un think tank du gouvernement chinois.
Les rouages de la
"machinerie de préservation de la stabilité" ont même fait l'objet, sous ce titre, d'une grande enquête dans l'hebdomadaire libéral
Caijing, le 6 juin. Une première. Divers médias avaient, ces dernières années, levé un coin du voile sur les aberrations de la politique sécuritaire, comme les
"prisons noires" pour les récidivistes de la pétition. Ou encore, dans une version plus douce, les
"commentateurs du Net" qui s'immiscent dans les conversations en ligne pour appeler à l'apaisement.
Les tabous se brisent. Tout un pan de la société chinoise, mais aussi du parti, milite pour une approche différente du
"maintien de la stabilité" et l'abandon d'une mentalité répressive :
"Dans les autres pays, ce genre d'incidents est considéré comme l'expression ordinaire des intérêts [des gens]
, ils participent de leurs libertés. On ne les appelle pas “incidents de masse” et il n'existe pas de concept de 'maintien de la stabilité'", expliquait, début 2011 dans une interview au magazine
Guoji Xianqu
Daobao, de l'agence Xinhua, le politologue
Wang Yukai
, du centre de recherche
China Society
for
Administration Reform
. Il préconise de cesser de
"diaboliser les incidents de masse" et de s'ouvrir à
"l'idée d'un maintien normal de l'ordre social".
LE MAINTIEN DE LA STABILITÉLa
"machinerie de préservation de la stabilité" décrite par Caijing est contrôlée au sommet par le Comité politico-légal du parti, dont les extensions locales décident des verdicts dans les tribunaux, selon la ligne politique du parti. Le système est renforcé en 1991 : le maintien de la stabilité devient une
"tâche de la plus haute importance". Un
"groupe de travail de la haute direction" – sa composition reste secrète – se voit octroyer
"l'autorité suprême" sur les questions de stabilité. "L'office 610" – spécialisé dans la lutte anti-
Falun Gong
– est créé en 1999.
Au fil des années, le système se dote d'outils plus modernes, d'évaluation des risques et de fourniture de services sociaux, notamment aux migrants. Un réseau de commissions et de bureaux de
"maintien de la stabilité" se constitue à tous les échelons administratifs.
Rien qu'au niveau du canton, le plus bas en
Chine, des milliers de personnes sont impliquées dans cette mission et reçoivent des budgets. Un système d'incitations financières récompense, par exemple, l'absence
"d'incidents de masse" au cours de l'année. L'interception de pétitionnaires qui se rendent à
Pékin a conduit, dénonce le magazine, à la création d'un véritable
"marché du maintien de la stabilité", dont profitent les officiers de liaison des provinces à la capitale, mais aussi toutes sortes de
"rentiers du système, d'intermédiaires ou de gangsters".
"PEUR DES MÉTIERS DE LA JUSTICE"L'externalisation de la tâche de rapatriement des plaignants vers leur lieu de résidence à des sociétés privées en est un autre exemple : l'agence Anyuanding, dont pétitionnaires et avocats ont dénoncé les pratiques violentes et illégales en 2010, fut ainsi sous contrat de 19 gouvernements provinciaux.
En primant sur tout le reste, le
"maintien de la stabilité" a fait reculer la construction de l'Etat de droit, pourtant programmée dans le cadre de l'ouverture économique :
"Avant les années 2003 et 2004, le président de la Cour suprême avait lancé des réformes pour consolider le statut des juges. Tout allait dans le sens d'une plus grande indépendance de la justice et d'une professionnalisation", explique au
Monde He Weifang, professeur de droit à l'université de
Pékin.
Mais, poursuit-il,
"la plus haute direction du parti a voulu réaffirmer son contrôle sur la justice. Un recul pour les libéraux. En fait, les autorités ont eu peur des métiers de la justice".
Brice Pedroletti