Plus précisément, c'est une commission franco-siamoise qui a été chargée de délimiter la frontière, au niveau des monts Dangrek, en prenant en compte la ligne de partage des eaux. Cela n'a pas été fait unilatéralement, et il faut aussi préciser que, si les siamois ont rétrocédés ces trois provinces aux cambodgiens (après plus de 100 ans d'occupation), les cambodgiens ont aussi rendu des territoires sur la frontière sud-ouest et notamment la province de Trat. Ce n'est que près de 50 ans plus tard que la
Thaïlande a contesté cette frontière qu'elle avait validée à plusieurs reprises.
Si on prend l'ensemble de temples khmers de
Preah Vihear, la ligne de partage des eaux passent entre plusieurs section des temples : on en trouve une partie au sud de cette ligne (côté cambodgien) et une autre au nord (côté thaïlandais si la frontière avait respecté exactement la géographie) ! C'est facilement visible sur Google Earth où on a l'altitude indiquée pour chaque pixel. Idéalement, il faudrait alors laisser accès au temple des deux côtés, un accès par pays.
Je rappelle tout de même que
Preah Vihear est sacré pour les khmers (plus de 90% de la population cambodgienne, descendants directs des bâtisseurs de ces temples) alors qu'il ne présente qu'un aspect touristique pour les thaïs, dont beaucoup de nationalistes affirment maintenant que ce sont leurs ancêtres qui l'ont construit (ils s'inventent une parenté avec un peuple fictif, les khoms, qui auraient mis les khmers en esclavage pour leur construire les temples d'
Angkor et temples plus éloignés comme
Preah Vihear 
), quand bien même les thaïs étaient encore dans le sud de la
Chine au moment où les khmers construisaient le
prasat Preah Vihear et les autres temples de la région !
Bref, on n'est pas sortis de l'auberge par rapport à cette frontière !
A noter aussi que les temples frontaliers, dont
Preah Vihear, ont été fortement endommagés par les bombardements de l'armée thaïlandaise des derniers jours, en plus des dégâts déjà créés en juillet. Il faudra malheureusement un bon moment, après un accord sur la frontière, avant que les temples soient remis en état et à nouveau ouverts au publics.
Pour l'instant, les combats se limitent aux provinces frontalières, donc pas de danger plus à l'intérieur du pays, mais des frappes profondes ont été effectuées par l'armée thaïlandaise (un pont a été endommagé ce matin, apparemment dans la province de
Siem Reap qui n'est pas frontalière contrairement à ce qu'indique le communiqué de l'ambassade, même si le nom du pont me le place près d'Anlong Veng, province d'Oddar Meanchey, sur Google maps). Donc restez bien informés car, bien qu'il n'y ait pour l'instant aucun danger au niveau de la ville de
Siem Reap et des temples d'
Angkor, où des milliers de touristes sont présents en ce moment-même, les frappes peuvent affecter le nord de la province.