Bien qu’arabophone, très couleur locale et un peu désorganisé (...), il n’y strictement rien de sorcier à voyager au Yémen avec les transports collectifs.
Du debad (minibus) au bus, du taxi partagé (les vielles Peugeot 404, 504 et 505 break) au Hilux (pick-up Toyota), il y a moyen d’aller presque partout bien que pour certains coins, il faille de la patience...
Hormis le car (des autocars type Eurolines) que je n’ai jamais pris (pour un apriori un peu stupide de devoir me lever à une heure « antisociale » alors que je connais même pas leurs horaires !), j’ai pratiqué toutes les formes de transport y compris la moto, le véhicule de flics et la carriole tirée par un âne.
Il n’est absolument pas vrai que l’on « perds du temps » (notion déjà en soi stupide quand on voyage en indépendant. Si on sait que les troupeaux sont déjà en retard avant même d’être parti, l’indépendant considère les trajets comme étant partie intégrante du voyage) en pratiquant de la sorte et comme de très nombreux yéménites ne possèdent pas de véhicules, il y a de très nombreux transports collectifs.
Le temps d’attente pouvant varier de zéro (vous êtes le dernier passager que l’on attendait avant de partir ou le véhicule arrive juste à l’instant) à grand maximum une heure (pour un peu que vous soyez le premier à monter dans le debab ou dans la « pijou » et qu’il faille attendre les autres passagers (à moins que l’on paie les places des « manquants »)
Pour un peu que vous connaissiez l’endroit de départ des véhicules (en demandant « furzat » + le nom de la localité où vous allez) ou en vous rendant aux différents points de départ, il est aisé de circuler.
D’une manière générale, vous payez (sauf rares exceptions) le prix normal et vous pouvez toujours demander à vos voisins combien coûte la course.
Avec quelques gestes, un ou deux mots en arabe, le tour est joué !
La conduite des chauffeurs de debabs et des « pijoux » est particulière. Si vous avez déjà expérimenté la conduite dans la plaine de la Bekaa, en
Algérie, dans la
péninsule d’Absheron ou encore à
Téhéran, les yéménites sont dans la droite ligne des chauffeurs moyen-orientaux.
Ils ne sont pas suicidaires mais ils sont lunatiques. Très calmes, posés et prudents
par moments, ils peuvent passer du tout au tout dans l’instant qui suit. Tourner le volant avec les jambes alors que l’on se contemple les doigts des mains, avoir la jambe gauche sur le siège ou être affalé comme vous pouvez l’être le dimanche après-midi dans le fauteuil du salon (mais eux c’est au volant), dépasser dans les côtes, rouler à gauche, sortir très très large des virages et autres joyeusetés sont possibles. Il me semble bien qu’au Yémen, en ce qui concerne la conduite, tout est possible...
Dites vous qu’Allah est tout puissant, grand et miséricordieux. Il n’y a plus qu’à espérer qu’il le reste pendant tout le temps pendant lequel vous êtes sur la route...
Les Peugeot (même les vieilles) ont une très bonne tenue de route et il n’y a quand même pas que des tournants en épingle...
Heureusement... car ils ne sont pas que calmes, posés et prudents...
Si vous avez été retiré le permis à la police touristique, c’est parce que vous allez passer de nombreux check-points qui quadrillent le pays. De ce que je sais et ai vu, les check-points sont fixes. Pour la plupart, ils sont constitués d’un toit en tôle (protection contre le soleil) et d’un ou l’autre « cabanon » en dur. Un peu à l’image des péages autoroutiers mais version yéménite...
Ils sont tenus par les militaires et quelque fois par des policiers.
L’énergie mise à contrôler et à « chasser » le « blanc-bec » est très variable.
Dans la Tihama, sans abri, les militaires sont peu motivés (...) et ne regardent pas grand-chose...
Ailleurs, ils donnent parfois l’impression d’avoir découvert l’ennemi public numéro 1 alors que vous-même tendez la copie du permis car vous êtes visible...
Il va de soi que faire sans le permis n’est pas du tout pertinent !
Il n’est jamais demandé l’original de votre permis (car à force de faire des copies de copies...) ni le document « mère » (le document qui reprend les villes et dates de vos visites que vous avez du remplir à la police touristique)
J’ai seulement du présenter une seule fois mon passeport et n’ai jamais été sorti du véhicule ou importuné (hormis que certains sont pointilleux et plus que tatillons)
Les check-points vers Rada et celui vers Shibam-Kawkaban sont les plus tatillons de tous (du moins de tous ceux que j’ai passé)
N’étant pas allé dans l’Hadramwat (à cause des conséquences des intempéries), je ne sais rien dire des contrôles à l’est d’Aden, en direction de Sayun ni d’un éventuel retour via Marib (confer intervention d’eversmile)
Par sécurité, faites plusieurs copies du permis. Photocopies que vous referez au fur et à mesure que vous les distribuez aux check-points (tjs un permis par check-point)
Pour info :
Sana’a-Manakah : 2 check-points
Manakah-Al Hudayda : 2
Al Hudayda – Bayt El Faqih: 1
Pas de check-points entre Bayt El Faqih et Zabid
Zabid-Ta’izz : 4 (2 entre Zabid et la route pour Mokha et 2 après)
Ta’izz-Aden : 3
Aden - Lahij : 1
Ta’izz - Ibb : 2
Ibb-Yarim: 1
Yarim – Hammam Damt : il me semble qu’il y en a peut-être un ! C’est tout aussi flou à l’aller qu’au retour !
Yarim-Dhamar : 1
Dhamar-Rada : 3
Dhamar-Sana’a : 1
Sana’a-Shibam : 2
Shibam-Thilla : 1 (par la route), O si de pied via Hababa
At Tawila-Shibam : 0
Sana’a-Wadi Dhahr : 0
Je n’ai subi qu’un seul contrôle hors check-point, sur le pont de...Jibla !
Un militaire zélé s’est empressé de me demander mon permis lorsque je franchissais le pont (pédestre) qui mène à Jibla !
Un seul chauffeur de « pijou » a exigé de voir mon permis avant de m’autoriser à prendre place dans son véhicule C’était à Matbah pour me rendre à Shibam-Kawkaban. Les militaires du premier check-point sont réellement pointilleux et très « pénibles »
En me rendant à Rada, j’ai eu droit à un flic armé et imposé au second check-point ainsi qu’à un retour sur Dhamar (55 bornes de Rada) dans un véhicule de flics avec AK47 et qat... Ils roulent encore plus mal que les civils mais... Inch’Allah...
Ah oui, ils aiment les sirènes et les haut-parleurs...
Je n’ai pas très bien compris le pourquoi de tout ce toutim mais Rada est très sympa et la vieille mosquée est « à tomber par terre »...
Par contre, j’imagine que vouloir y loger va « crisper » nos amis en uniformes...
Ils sont tous corrects, courtois et agréables et ne réclament pas de billets... Ils ne sont pas agressifs mais font leur boulot, parfois avec beaucoup de zèle...
Michel