Connaissant la politique de communication marocaine, ça doit être assez grave pour qu'on en parle un peu partout en ligne :
fr.le360.ma/...lace-de-le360-152281
J'ai attrapé cette saleté sans le savoir en 2006. J'ai eu beaucoup de chance, car cela s'est limité aux jambes, à la différence de beaucoup de gens, qui vont avoir des boutons sur le visage.
Le problème de base, c'est d'identifier la "chose". Si vous vivez dans un coin où il n'y a pas une connaissance des maladies tropicales (c'était mon cas), il y a de fortes chances que votre médecin mette du temps à comprendre ce qui se passe.
C'est pourquoi, malgré le côté peu ragoutant de ce post, j'ai voulu vous raconter ce que j'ai eu :
- ça commence par quelques gros boutons qui démangent fort (au tout début, c'est comme une mega piqure de moustique)
- le bouton en lui même n'est pas douloureux, par contre il va s'étaler sur la peau, au centre cela fait une dépression où l'épiderme a disparu, et où le derme commence à être un peu rongé [il y a une excellente photo type "galerie des horreurs" sur Wikipedia
fr.wikipedia.org/wiki/Leishmaniose
]
- le pourtour du bouton est rouge foncé, là ça démange
- les boutons vont ensuite se multiplier, sur les membres en suivant le trajet des veines principales
En réalité, ça se soigne très bien, et en dehors des cicatrices, ça ne laisse aucune séquelle si c'est traité rapidement.
Dans mon cas, comme la leishmaniose n'avait pas été identifiée, mon dermato y est allé à coup de pommade antibiotique, les boutons ont mis quasiment deux mois à complètement cicatriser.
Par contre, comme cela avait été tardivement soigné, les cicatrices sont restées très longtemps (en fait, dix ans après, je les vois encore).
J'ai compris ce que j'avais eu lors d'un voyage ultérieur, en parlant avec un responsable d'association locale qui faisait des campagnes de soins, et j'ai fait valider mon hypothèse par un médecin de la région. Ensuite, je me suis renseignée sur internet et je me suis aperçue que
la leishmaniose est endémique dans le sud du Maroc, avec des poussées comme en ce moment.
Les risques sont plus forts dans les zones avec des eaux plus ou moins immobiles : barrage (j'ai sans doute attrapée la mienne près du barrage de
Ouarzazate), certaines oasis, etc. et augmentent quand il a beaucoup plu.
Encore une fois, en dehors de l'aspect esthétique, la forme cutanée n'est pas grave.
Mais il faut l'identifier correctement pour la
traiter rapidement.
Si vous allez dans un endroit où vous voyez des gens qui en sont atteints, faites particulièrement attention à vous protéger des piqures d'insectes. Le porteur de la leishmaniose est plus petit qu'un moustique, et il ne fait pas de bruit....