Après la balade en pleine nature, retour vers la capitale de
Curaçao en traversant les faubourgs d'
Otrobanda.
Le long des rues quelques imposantes demeures ne passent pas inaperçues avec leur
architecture de l'époque coloniale néerlandaise. C'était du temps où les échanges commerciaux florissants de l'île assuraient de bons revenus à quelques propriétaires privilégiés.
Certaines de ces habitations cossues sont de nos jours reconverties, juste quelques exemples.
Là (façade ocre), les bureaux d'hommes de loi, ici (façade rouge), le consulat de
Colombie et un peu plus loin, dans une rue au nom on ne peut plus néerlandais, rue Van Leewerhoekkstraat, le musée de l'île (façade vert pâle).
Ce bâtiment construit en 1853 et aujourd'hui transformé en
musée historique était à l'origine un hôpital militaire. Dans ses grandes salles, désertées désormais par les malades, sont exposés quelques objets témoignant de la vie quotidienne insulaire d'autrefois.
Parmi ceux qui ont retenu mon attention, il y a cet instrument de musique d'antan : un
carillon qui évoque la lointaine métropole néerlandaise, il date de 1951. La guide nous a gratifié de quelques notes de musique, dommage pour vous lecteurs, la mélodie ne peut accompagner la photo !
A côté, c'est une reconstitution de l'intérieur d'une
cuisine de l'époque coloniale. Comme on peut le constater avec ce rouge éclatant, sur l'île, l'intérieur des habitations était aussi coloré que les murs extérieurs.
Une fresque historique, peinture sur verre, témoigne de l'importance des
anciennes possessions hollandaises de la région caraïbe.
En observant en détail la carte dessinée, on y remarque toutes ces colonies ultramarines :
Curaçao et
Aruba bien sûr mais également Bonaire, Saba,
Sint Maarten, Sint Eustatius et le
Surinam (devenu indépendant en 1975).
La Fédération des
Antilles néerlandaises a été dissoute le 10 octobre 2010,
Curaçao et
Sint Maarten devenant des Etats autonomes comme l'était
Aruba.
Quant aux autres îles (Bonaire, Saba, Sin Eustatius) elles sont actuellement des communes des
Pays-bas à statut particulier. Voici pour ces quelques précisions administratives à propos de ces territoires.
Une autre partie de ce petit musée est consacré à la peinture. Plusieurs
tableaux peints par des artistes des îles immergent les visiteurs dans l'atmosphère coloniale, telle celle-ci. Une vue des quais et du pont flottant de
Willemstad (Helen C.Kruythoff -1940)
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Une peu plus tard, nous voilà justement sur ce pont flottant, le Koningin Emmabrug.
Ce
Pont Reine Emma (en français) rénové en 2006 est long de 169 mètres sur près de 10 m de large, il permet de passer du quartier d'Otrobanda à celui de Punda, le coeur historique de
Willemstad. Et puis, il s'avère un belvédère privilégié pour admirer la beauté des quais avec toutes ces immeubles multicolores.
Ce pont, au de-là de son aspect utilitaire, est une véritable attraction locale qui ravie les piétons, seuls autorisés à emprunter son tablier de bois.
Un pont posé sur de gros flotteurs et qui régulièrement tourne... en effet, par moments une sirène attire l'attention des passants. Ce signal strident annonce la fermeture de son accès et les personnes présentes sur le pont sont donc priées de gagner rapidement un des quais... la priorité est donnée aux bateaux !
Lentement l'ouvrage flottant se met en mouvement venant en fin de course s'aligner au quai d'Otrobanda. Quelques bateaux en profitent pour gagner le large ou revenir accoster au port, c'est selon...
Quant aux rares passants restés sur le pont, ils bénéficient d'un tour de manège aquatique pendant quelques minutes. A en observer certains, des touristes peu pressés sans doute, ils semblent particulièrement apprécier.
Quittons le pont et les quais pour pénétrer un peu plus dans le centre ville.
L'élégante rue
Breedestraat, bordée de belle façon par des immeubles à arcades et par un alignement de boutiques, mène à la place centrale : le
Wilheminapark.
Le lieu est arboré est plaisant pour une halte à l'ombre mais c'est surtout ces énormes lettres que l'on remarque ici. Pour ceux qui auraient oublié le nom de l'île, les lettres géantes de
CURAÇAO (en bleu et jaune, encore une fois comme le drapeau) remettent en mémoire le lieu où nous nous trouvons. C'est aussi un original décor pour se prendre en photo souvenir.
Au passage, à signaler que ce nom viendrait du mot cœur en portugais/brésilien :
coraçâo.
A proximité d'autres lettres géantes composent un gigantesque mot :
« DUSHI ». C'est du
papiamento, la langue utilisée par les locaux pour les conversations courantes. Une langue mêlant espagnol, portugais, néerlandais, anglais et français... pour un peu on pourrait croire à d'autres influences de type japonaises, car plusieurs mots en papiamento se terminent par un «
... shi » !
Il y a les cactus nommés ici
cadushi et ce très usité «
dushi » qui se traduit par doux, gentil, sucré, savoureux...
Mais attention,
sushi, n'est pas ici une spécialité culinaire japonaise mais plutôt le mot pour dire en papiamento : sale, ordure ! A ne pas confondre.
A
Curaçao, si le papiamento est couramment utilisé la langue officielle reste le néerlandais mais pratiquement tout le monde parle aussi l'espagnol et l'anglais.
Continuons la
visite de la ville mais «
poco poco »... c'est à dire « lentement » comme l'on dit ici en papiamento.
Non loin de là trône un édifice religieux, enfin façon de parler... ce n'est ni vraiment une église, un temple ou encore une synagogue !
A l'origine l'
édifice Emanuel était bien un lieu de culte pour les membres d'un groupe dissident de la communauté juive de l'île fermé en 1864 il a été ensuite restauré pour héberger en 1998... les bureaux du Procureur du territoire.
De la religion à la justice, drôle de destin pour ce batiment à l'architecture un peu massive mais adoucie par ses teintes claires.
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Le site le plus attractif de
Willemstad est assurément le
quai Handelskach avec ces authentiques maisons de commerce. Il est bordé par ces élégantes façades qui témoignent du florissant passé commercial et maritime de cette cité portuaire.
A ce titre, ce quartier historique de
Curaçao est classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1997.
Retour dans le passé. C'est en l'an 1634 que les Hollandais ont établi ici un comptoir commercial de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. La rive de cette baie
Sint Anna était bien abritée mais cependant il fallu renforcer son système défensif. On ne savait jamais avec les bandes de pirates qui rodaient et les velléités conquérantes d'armadas étrangères... Le port fut donc protégé avec la construction d'un Fort nommé
Amsterdam, hommage à la mère patrie.
S'en suivi des affaires marchandes très prospères pendant près de trois siècles : sucre de canne, cacao, tabac... sans oublier la traite négrière ! Heureusement cette horrible activité prit fin avec l'abolition de l'esclavage, mais seulement en 1863.
La découverte et l'observation de ces anciens établissements de commerces se fait en flânant le long du quai, le nez en l'air.
Avec le style architectural des façades à pignons on a presque l'impression de se retrouver au bord d'un canal d'
Amsterdam ou de celui d'une ville nordique faisant partie de l'historique Ligue hanséatique.
Mais ici, on le constate, quelques autres influences font tout le charme et la spécificité de ces immeubles : inspiration espagnole et riche gamme de teintes caribéennes. Jaune, ocre, rouge, rose ou bleu... les nuances sont diverses et particulièrement plaisantes à l’œil.
La petite histoire raconte que cette tendance à ne pas lésiner sur les peintures colorées a fait suite à une interdiction décrétée en 1817. A cette époque, le gouverneur de
Curaçao a tout simplement interdit de badigeonner en blanc les murs, trop aveuglant avec la réverbération de la forte luminosité du soleil... finalement, le résultat est désormais on ne peut plus esthétique.
A l'angle du quai et de la Breedestraat trône la plus remarquable de ces
authentiques maisons de commerce de l'époque coloniale.
Des arcades au rez de chaussée, des murs jaune et des pignons typiques avec d'élégantes volutes blanches.
Et si la
Penha a été construite en 1708 comme établissement de commerce bien en vu... elle est toujours spécialisée dans le commerce, mais maintenant cela se nomme du shopping ! Et même du shopping de luxe en ce qui la concerne.
Parmi toutes ces façades, une autre ne passe pas inaperçue, serait-ce en raison de sa teinte bleue me rappelant la fameuse liqueur locale ou également de son architecture coloniale ? Du commerce maritime d'antan aux transactions bancaires, il s'agit là de l'agence locale de la
Banco Industrial de Venezuela.
Cela nous rappelle que ce pays d'
Amérique du sud n'est qu'à environ 70 kilomètres au sud de
Curaçao et que par ailleurs, le pétrole raffiné dans la grande usine de l'île provient des gisements venezuéliens.
Dans les vitrines des boutiques de souvenirs, en bonne place sur les étalages, on retrouve tous ces immeubles bigarrés mais en modèles réduits en plâtre.
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A quelques pas du quartier historique (et touristique) on parvient à un secteur plus populaire, reflet de la vie quotidienne des curaciens. C'est là qu'est situé le marché local, enfin les marchés. Car à côté des grandes halles couvertes se déploie le long des quai d'un canal, un
traditionnel marché flottant.
Les bateaux sont alignés et proposent leurs marchandises aux passants. Des monticules de fruits et légumes tropicaux mais également des poissons.
C'est la fin de la matinée et il ne reste que quelques poissons sur l'étalage de cette vendeuse alanguie sur sa chaise. Plus loin, deux hommes encore plein d'entrain malgré la chaleur chargent de fruits leur petite embarcation.
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En regagnant le port d'embarquement, on jette un dernier coup d’œil en guise d'adieu vers le quai de Punda et son alignement de jolies façades colorées, c'est la vue signature de cette île de
Curaçao. On ne s'en lasse pas...
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La silhouette des côtes de
Curaçao a maintenant disparu, nous sommes en mer avec pour horizon un splendide coucher de soleil...
Ces îles sous le vent des anciennes
Antilles néerlandaises forment un archipel souvent appelé « Îles ABC »...
Le A pour
Aruba et le C pour
Curaçao. Et le B ? Il correspond au B de... Bonaire, la troisième île de l'archipel, la plus à l'est.
Comme nous avons beaucoup apprécié les visites des îles A et C, qui sait si Bonaire ne sera pas une de nos étapes lors d'un prochain voyage dans la Caraïbe...
JSM – Septembre 2017