Salut !
Nous avons fait cet itinéraire l'année passée, avec énormément de plaisir. Plus exactement, nous sommes partis de
Budapest, après avoir fait
Passau -
Budapest la saison précédente.
C'est un très beau voyage, sans autre difficultés que d'être capable de se débrouiller en autonomie complète sans camping ni quoi que ce soit de ce genre, ce qui n'est pas bien difficile dans ces régions où le sens de l'accueil et de l'hospitalité sont vraiment incroyables.
Attention, on entre tout de même dans le domaine de l'aventure, car passé
Vienne on est très loin de l'autoroute à vélo que vous avez connu en
France,
Allemagne et
Autriche ! Fini les pistes cyclables, les campings, les ateliers de dépannage, les chambres d'hôtes et les hôtels, sauf dans les grandes villes, et c'est pas donné. Vous traverserez des pays et des régions très pauvres et parfois dévastés par la guerre, encore bien présente...
Ne pas hésiter à aborder les gens dans les petits villages et leur demander où passer la nuit : après quelques essais vous tomberez très vite sur des gens qui vous offriront lit, couvert, miel, tomates, et surtout amitié.
Un truc à savoir : l'usage de la tente est souvent tout à fait étranger aux locaux !
Dans les grandes villes, on a souvent repéré les piscines qui offrent tout ce qu'il faut au voyageur : coin d'herbe, eau, douches, bière,... Et piscine ! Seul défaut : en général les chiens, invisibles la journée, débarquent de nuit et sont surpris de trouver une tente sur leur territoire : attendez vous à être réveillés et de devoir prendre patience jusqu'à ce qu'ils se lassent d'aboyer.
La route n'est pas balisée, sauf en
Hongrie et en
Serbie; nous on avait un GPS et les traces qui vont bien. Cela permet de ne pas se casser la tête, mais c'est une question de goût.
Une très grande partie du voyage peut se passer sur les digues qui protègent l'arrière pays des crues du
Danube. Ce sont des pistes "double track" très agréables, surtout avec le Pino qui excelle sur ce genre de terrain (si si !). Ne pas hésiter à prendre les alternatives qui passent en général sur ce genre de pistes et évitent ainsi la route plus monotone.
C'est presque toujours plat, avec des exceptions notamment en
Serbie où la traversée des portes de fer n'est pas de tout repos mais ce n'est quand même pas le Ventoux : deux belles cotes de quelques kilomètres à 8-10% et beaucoup d'autres plus courtes. C'est tout à fait faisable du moment que vous êtes raisonnablement entraînés et en bonne santé. Prévoyez de dormir au camping Toma (cher mais bien placé) peu après la
forteresse de Golubac et de partir pas trop tard pour passer la difficulté des gorges et profiter d'un repos bien mérité sur l'espèce de plage (gratuite) de Tekiya et sa payotte aux grillades délicieuses. S'ils ont encore mes lunettes oubliées là en août passé, je serais très heureux de les retrouver ! :-)
La
Roumanie c'est long et un peu monotone par moment : il arrive qu'on circule des jours et des jours sur une route droite à travers champs avec l'impression de pédaler sur place pour faire avancer le paysage et pour seule animation un village (toujours le même) tous les 10km. Nous avons pris le parti de faire 300 bornes en car (Pino non démonté, se faire aider d'un local pour parlementer avec le chauffeur) afin de passer un peu plus de temps dans le delta à
Tulcea. Cela étant, les gens sont vraiment très sympas. Ne pas les écouter au sujet des
Tsiganis : ils sont presque invisibles, sauf dans les conversations.
Pour les chiens, il y en a tout le temps; j'en avais très peur avant de partir, mais la majorité sont absolument inoffensifs : la plupart sont craintifs, les autres aboient pour rire. Réflexe de base : mettre pied à terre, faire face, mesurer le degré d'agressivité, avancer mais ne pas courir, parler calmement, ne pas les menacer, mais leur montrer que vous êtes le boss et comprendre le pourquoi de leur éventuelle hostilité : territoire ? Jeu ? Garde ? Les seuls vrais chiens dangereux sont les chiens de fermiers, mais on en a pas vu un seul, ils sont plutôt en montagne apparemment.
Attention au gaz : cartouches primus introuvables, préfèrer camping gaz. Prévoir du matos vélo aussi car très peu de magasins (le dernier est à
Belgrade je pense).
Attention à la chaleur, prendre assez bien d'eau, même si elle n'est pas rare : demander aux gens, ou boire l'eau des sources, sans danger autre qu'une petite tourista éventuellement. Se rappeler du bon vieux truc qui consiste à envelopper sa gourde d'un linge humide pour garder l'eau fraiche grâce à l'évaporation : vous serez surpris de constater l'efficacité de ce procédé !
Au niveau de la durée, en roulant assez pépère (60 à 100km par jour) et avec l'escapade en car, on a mis quatre semaines effectives depuis
Budapest en en passant un peu de temps à flâner entre
Constanta et
Tulcea.
Pas de piège particulier, si ce n'est que le dernier volume des guides Donauradweg est totalement dépassé et vraiment pas utilisable pour autre chose que l'itinéraire (et encore).
Les routes sont en général calmes, sauf quelques nationales mais pas vraiment dangereuses (tout est relatif) d'autant que les automobilistes la bas sont habitues à trouver des véhicules lents sur leur route.
Les tunnels (une vingtaine !) des portes de fer sont impressionnants au début (prévoyez un bon feu arrière et PRENEZ VOTRE PLACE pour etre vus sur la chaussée) mais mis à part les premiers ils sont très courts et sans danger.
Ah oui, notre seule véritable erreur est d'avoir "coupé" entre Murfatlar et
Constanta : la nationale est assez dangereuse et pas du tout adaptée à la pratique cycliste. Mauvais souvenir, si c'était à refaire (la mer noire est très tentante !), je suivrais la piste le long du canal,
comme ceci
).
Allez dormir sur
la plage de Vadu
, pas facile en Pino, mais c'est une expérience à faire.
Nous avons également regretté de ne pas avoir eu assez de temps pour profiter du Delta, que nous avons choisi de ne pas visiter pour éviter de tomber dans les nombreux plans commerciaux présents sur place. Mieux vaut trouver un lieu sûr pour stocker le Pino à
Tulcea (hotel) et passer deux ou trois nuits dans le Delta (accès en bateau uniquement) avec un bon guide : Petre Vasiliu (petrerotl@yahoo.com) est réputé comme tel et parle de surcroît parfaitement le français.
Depuis
Tulcea, nous sommes rentrés en train jusque
Bucarest, et ne l'avons pas regretté : c'est un train moderne et confortable qui accepte le Pino sans démontage et sans chipo.
Dernière chose, ne tentez pas de vous aventurer en Pino sur les petits chemins peu fréquentés dans les zones bordant la mer noire : trop sablonneux, impassable, il faudrait un fatbike ou un VTT au minimum.
Voilà, c'est ce qui me vient en tête là de suite. J'ai détaillé nos aventures sur un blog rédigé sur le vif et jamais vraiment terminé à cette adresse :
mattlise.wordpress.com
Bonne lecture, n'hésite pas à me contacter au besoin !
Matthieu (matthieu AT gaillet DOT be)