Le débat dérive un peu mais il a le mérite de mettre un peu à plat ce que beaucoup de monde pense et de l'image lamentable que se traîne la
Corse encore aujourd'hui dans la tête de certaine personnes. Essayons donc de mettre les choses à plat.
@Mobility13
J'ai réagi un peu à chaud sur ton message en le sortant moi même un peu de son contexte. Tu as raison, la
Corse reste violente même s'il ne s'agit que de statistiques assez vagues qu'il est nécessaire de relativiser. De plus, ces meurtres crapuleux se passent à 99% entre personnes du milieu. Le risque de se faire faucher par une balle en
Corse pour un touriste est du même ordre que celui de mourir d'une indigestion de Kig-ar-farz à la festnoz de
Morlaix en
Bretagne 
@ACCI20
Tout d'abord, le "
Corse Expat'" était pour souligner le fait que, comme dans toute région touristique, les arnaques sont présentes et cela s'applique aussi bien aux touristes de passages qu'aux ex résidents. Par contre, je ne me ferai pas plus avoir en plein mois d'aout à Bonifiacio qu'au mois de Juillet à Saint trop' ou à la Baulle. Ce qui me fatigue la dedans c'est la réaction des gens:
Témoignage d'un touriste lambda X sur la
côte d'azur:
- "J'ai passé des vacances sympa mais le taxi m'a arnaqué de 20 euros"
Témoignage d'un touriste lambda Y en
Corse- "J'ai passé des vacances horribles, les taxis corses m'ont arnaqué de 20 euros. Quelle bande d'indépendantiste xénophobes ! S'ils veulent leur indépendance qu'on la leur donne !"
Deux poids deux mesures donc. Mais j'ose espérer que les gens sachant faire fonctionner leur esprit critique sont au dessus de ça.
Ensuite, tu n'as pas complétement tort sur ton analyse des "puissants" en
Corse, même si tu caricature un peu. Je ne suis pas sans patrimoine, j'ai une maison de village et de la famille sur l'île. J'ai quitté la
Corse car je voulais tout simplement voir autre chose et ne pas finir à faire cinq premières années de droit à
Corte et trouver un boulot pas trop chiant juste pour ne pas quitter mon île. Certains le font et s'en sortent très bien sans "grand patrimoine" comme tu dis. C'est aussi visible sur le continent, mais la différence pour la
Corse c'est que le coté insulaire renforce l'attachement à sa terre natale. Mettre ça sur le dos des "bonnes familles corses" se partageant le gateau est quand même franchement caricatural.
Passons sur la notion de "congénères..." pour décortiquer le fond du problème que tu évoques. Oui le milieu est assez puissant en
Corse, héritage des dérives nationalistes qui, après avoir défendu un idéal dans les années 70 s'est laissé dévorer par des dérives mafieuses qu'il serait malhonnête de nier. La
Corse reste une île où les affaires intestines sont plus difficiles à démêler que dans une autre région lambda compte tenu de son histoire et de son isolement relatif. Je déplore cet état de fait et je suis le premier à trouver que certaines personnes ferment trop les yeux juste pour avoir une petite part de la
mane ou simplement avoir la paix. Mais ce modèle finira forcément un jour où l'autre par s'éteindre de lui même, victime de leurs querelles internes et/ou du désintéressement de la jeunesse pour la question. Cela peut encore être long compte tenu du passif
Corse, mais je garde espoir que tout cela soit un jour les restes d'un passé peu glorieux.
Ce que tu dis sur le vote et le maintient en place de maire "vereux" est assez juste, même si cela n'a rien à voir avec la mafia. Clientelisme, petits arrangement entre amis sont monnaies courante chez certains élus (mais pas la majorité) pour se maintenir à leur poste et cumuler plusieurs fonctions leur assurant une rente fort sympathique. Encore une fois, il faut y voir non pas les tentacules de la pieuvre, mais tout simplement le renfermement de certains villages se dépeuplant un peu plus d'années en années. Lorsque l'on a 70 ans dans un village paumé en Castagniccia ou dans le Nebiu, il est tentant de "marchander" avec le maire pour obtenir le goudronnage de son chemin en échange d'un ou deux futurs petits votes. Mais c'est le lot de toute petite commune retirée où les gens n'ont pas grand chose d'autre à faire que d'épier son voisin ou cancaner autour d'une bière. On retrouve les mêmes dérives dans toutes les régions rurales faiblement peuplées, et la
corse avec ses 34 habitants au kilomètre carré en est un bon exemple.
Pour conclure, je dirais qu'il faut arrêter de voir la
Corse au travers du prisme des médias pour s'en faire sa propre idée en fonction de son vécu. Ce n'est pas une île peuplée d'indépendiste xénophobes. Juste une région rurale possédant une histoire compliquée mais riche, vivant du tourisme avec les avantages et les défauts que cela peut entraîner. Un lieu ou n'importe qui peut passer de très bon moment à condition de laisser ses préjugés sur le quai.