Il me semble pourtant que c'est une tradition bien germanique, puisque le
marché de Décembre existait à
Vienne au XIII°s, et des "
marchés de Saint Nicolas" semblent avoir existé dès le XIV°s en
Allemagne, par exemple à Bautzen.
Le premier officiellement répertorié à
Dresde, en 1434 s'appelait
Strietzelmarkt (du nom du
Strüzel, gâteau que l'on consommait pendant les fêtes, connu aujourd'hui sous le nom de
Stollen). Celui de
Strasbourg date de 1570, et celui de
Nuremberg de 1628.
L'appelation "
Christkindlmarkt" ("
Krishkindermärik" en alsacien) daterait de la Réforme.
Au XIX°s, le marché de Noël de
Strasbourg se trouvait au
Frohnhof (
Place aux Corvées).
Il semble ensuite y avoir eu une désuétude au XX°s, jusqu'aux années 90, qui virent un renouveau auquel certains reprochent un "caractère commercial". Mais alors, c'est Noël tout entier qu'il faudrait condamner, avec ses cadeaux et son Papa Noël inventé par les Américains... (dans le cas du marché de Noël, au moins, la chose est issue du coeur de la
Mitteleuropa)
Débarqué de mon Midi en 1992 à
Strasbourg, je fus, pour ma part émerveillé par la splendeur des décorations des sapins de Noël germaniques, inconnues dans le sud de la
France. J'ai fait le stock pour la vie.
Le propre d'une tradition est de continuer ce que les ancêtres ont fait tout en s'adaptant à son temps. Un marché quelqu'il soit n'est-il pas commercial par définition? Et comment juger de la signification que prennent les babioles en vente pour celui qui les achète?
En ce qui me concerne, à chaque Noël, c'est un peu de la chaleur humaine et de l' "
alsacitude", que j'ai connu jadis à
Strasbourg, que j'accroche à mon sapin.
Pourquoi villepender ce peu de lumière, de vin chaud, et de couleur qui égayent la longue nuit hivernale?