Je te remercie d'avoir donné réponse à mon message.
Tu me dis que je connais bien ton pays, tu te trompes, en ce qu'on découvre toujours de nouvelles réalités.
C'est le cas avec le problème que tu me soumets.
Je m'attendais à avoir des réponses concernant plutôt l'insertion professionnelle ou l'apprentissage de métiers, et tu me parles du handicap... j'avais oublié qu'il y en avait forcément aussi.
Je ne suis pas naïf non plus, et je sais depuis longtemps que l'icebreg ne laisse voir qu'une infime partie de sa masse...
En fait, vois-tu, je suis guidé dans ma démarche par une autre réalité : l'europe se ferme de plus en plus, et j'ai souvent affaire et de plus en plus à des refus de visas pour les étudiants, et je vis cela au quotidien comme une atteinte à la liberté humaine.
J'ai un double souci : c'est révéler aux jeunes leurs capacités, et les persuader que leur pays est beau, grand, et qu'il peut les nourrir pour peu qu'on vise autre chose qu'un confort artificiel.
Je cherche à m'investir dans une action qui puisse me permettre de mettre au service de jeunes mon expérience, et appuyer ainsi leur insertion.
Comme on dit au
Togo, je ne suis pas un lapin (naïf), et je sais aussi qu'il y a bon nombre d'association qui n'existent que pour payer un 4X4 à leurs dirigeants, et c'est une chose qui me donne ce qu'il faut de boutons...
Il y a un business de l'humanitaire, et je n'ai jamais supporté de le financer, ni de le soutenir, ce serait idiot de le nier.
C'est pourquoi je prends contact, avant de venir voir sur place.
En
France, on ne choisi pas le secteur social pour s'enrichir, sinon pour des valeurs non cotées en bourse, et j'ai toujours travaillé selon un désir de réparation de l'injustice.
C'est ce qui me pousse à m'engager dans un nouveau défi.
Je serai heureux d'en savoir plus sur vos actions, d'en connaitre plus sur les moyens que vous vous donnez, et voir ainsi si on peut imaginer une collaboration.
Encore une fois, je souhaite d'avantage m'orienter vers ce que je connais un peu mieux, c'est à dire la formation professionnelle des jeunes en difficulté : les métiers manuels peuvent leurs permettre d'accéder à la dignité, et je pense en cela qu'il y a une profonde inadéquation entre les talents individuels et les besoins de ton pays.
Mon contact avec les sénégalais en
France m'a permis de mesurer le peu d'entrain à s'engager dans un métier physique pour privilégier l'intellect : ici, un plombier gagne parfois d'avantage qu'un médecin.
A contrario, on découvre très vite une formidable aptitude à l'habilté manuelle, qui ne peut pas s'exprimer, par l'absence de moyens matériels.
J'aurai besoin de savoir s'il existe des structures qui prolongent le travail que vous entreprenez, puisque la présentation qui est faite de l'association ne parait définir que la première partie d'un programme, qui, il est vrai, est déjà très ambiteux.
Je voudrais aussi avoir des précisions sur les handicaps qu'on rencontre le plus dans votre pays.
Physique ou mental ?
L'intégration des handicapés se fait-il dans un milieu scolaire "normal".
Quel est le rôle de l'association, si on excepte son travail de "négociation" avec les familles, dans lequel je ne vois pas trop comment je puis agir ?
Enfin, je suis prèt à vous rencontrer, pour en discuter plus avant.
Encore une fois, il n'y a aucune condescendance dans ma réponse. Simplement le souci d'être efficace, et c'est au travers du savoir-faire qu'on peut l'être le plus.
A bientôt.
Jean Marc