Au
Rajasthan, la communauté des Gujjars met fin à son soulèvement
le 5/6/2007 à 8h16 par Iris Deroeux
"Les Gujjars ont manifesté dans le
RajasthanLa communauté des Gujjars a cessé de manifester après qu'un comité chargé d'examiner leurs exigences a été mis en place par le gouvernment du
Rajasthan. Les Gujjars réclament le statut de "Scheduled Tribes" (tribus répertoriées). Leurs manifestations ont fait 28 morts au cours des six derniers jours. Cet événement illustre le détournement de la discrimination positive comme un outil politique.
Après six jours de manifestation, les représentants de la communauté des Gujjars du
Rajasthan ont appelé au calme. Lors des négociations du lundi 4 juin, ils ont obtenu que leur demande d'appartenance aux "tribus répertoriées" soit étudiée.
Les manifestations ont commencé à
Jaïpur, dans le
Rajasthan, mardi 29 mai. La communauté des Gujjars, 6 % de la population du
Rajasthan, est descendue dans la rue quand le gouvernement local BJP (nationaliste hindou) lui a refusé le statut de "tribus répertoriées". Dans le cadre d'une politique de discrimination positive, le statut de "castes ou tribus répertoriées" permet aux groupes recensés d’obtenir des places réservées dans les administrations, les universités ou certains corps de métiers comme la police.
Du
Rajasthan, la colère des Gujjars s’est étendue aux Etats limitrophes où vivent des membres de cette communauté, à
New Delhi et dans l’Haryana. Les manifestations ont dégénéré dans la violence, les militants faisant face à un impressionnant dispositif de sécurité déployé par l’Etat. Le dernier bilan officiel fait état de 28 morts - des manifestants et deux policiers -, des centaines de blessés et de nombreux dégâts.
Les Gujjars sont déjà répertoriés comme "Other backward classes" (autres classes arriérées), ce qui leur donne droit à des quotas au parlement local par exemple. Mais ils veulent aussi appartenir aux "tribus répertoriées" afin de bénéficier de quotas supplémentaires. Ils citent volontiers l’exemple de la communauté des Meenas du
Rajasthan, classée comme tel, qui est plus avantagée en termes d’emploi, d’éducation et de représentation politique. Une rivalité s’est ainsi instaurée entre les Gujjars et les Meenas dans le
Rajasthan.
La lutte des Gujjars illustre la tendance de groupes de population minoritaires à utiliser la politique des quotas réservés aux intouchables et aborigènes pour obtenir plus de pouvoir. Dans une analyse parue dans le quotidien Times of
India du 5 juin, le sociologue Ravinder Kaur rappelle que les Meenas n’ont rien en commun avec les tribus des forêts de l’
Inde centrale à qui le statut de "Scheduled Tribes" était destiné. Les Meeras du
Rajasthan ont milité pour obtenir ce classement, comme les Gujjars aujourd’hui car "il rapporte des emplois et de l’éducation, quitte à avoir un statut social inférieur en étant considéré comme tribu". De nombreuses voix s'élèvent pour demander une révision du système des castes et tribus répertoriées. Le dernier recensement sur les castes remonte à 1931. Depuis, les Etats indiens ne disposent que de très peu de données sur les conditions économiques et sociales de chaque groupe et ses besoins réels. "
Le calme est revenu pour le moment.
C'est la chaleur qui est le plus à craindre !