Bonjour, voyageuses, voyageurs,
Voici mon petit carnet de route, d'un voyage entre
Delhi-
Darjeeling-
Varanasi-
Agra, pendant 2,5 semaines... Deuxième voyage indien pour moi, et premier pour mon ami. Qui a juste trouvé cela aussi fabuleux que moi !
12/09 samedi - départC’est le grand jour. Aujourd’hui, départ pour
Delhi avec mon ami. 3ans et demi après avoir visité le
Rajasthan avec mes parents, c’est parti pour un trip de 2 semaines, sac-au-dos. Les conditions de voyage seront bien différentes, mais tellement plus passionnantes !
13/09 dimanche -DelhiOn y est, en plein dedans. Au milieu de Pahar Ganj, dans la chaleur et la moiteur de
Delhi en plein mousson. La nuit fut courte, et plutôt mauvaise.
Revenons sur la journée d’hier : Après une douzaine d’heures de trajet pour faire
Bruxelles-
Amsterdam-
Delhi, nous y étions. Dès la descente de l’avion, on le sent :
Delhi est là.
Petit contrôle Flu H1N1, douane et l’
Inde est à nous. L’aéroport me semble tellement plus « ordonné » que lors de ma première visite indienne ! Petit tour rapide par l’ATM, puis direction le guichet des taxis prepaid (où on se fera avoir avec l’affaire des billets 100R/ et 500R/... alors qu’on venait de le lire. De vrais débutants

). C’est parti pour « any yellow and black taxi ». Que j’aime ces voitures défoncées, que j’aime cette circulation, c’est ça aussi, l’
Inde.
Direction Pahar Ganj donc, vers un petit hotel réservé par le net. Après avoir bien roulé (et ne pas s’être perdu sur un chantier comme en 2005), nous y arrivons. Il fait noir, vaches, chiens et déchets se cotoient dans la rue. Quelques enseignes d’hotels sont allumées et quelques types trainent dehors.
Après 2 essais infructueux de la part du chauffeur pour demander où se trouve l’hotel, nous décidons de le chercher à pied. Un rabatteur essaie de nous diriger vers un autre hotel, mais nous ne sommes pas dupes

. Nous finirons par ne jamais trouver l’hotel en question, et trouverons une chambre au Namaskar, avec air co. Ce n’est pas de refus pour cette première nuit, ma tête souffre déjà de la chaleur.
La nuit sera courte donc, et plutôt mauvaise, pour cause de mauvais réglage de l’air-co et de jet-lag.
Le réveil fut difficile, après ces deux courtes nuits. Petite douche froide dans une douche/toilette de moins de 2m² et go sur Main Bazar Road.
Quel plaisir !
Cependant, mon ami étant noir (et avec des dreads, qui plus est), nous nous faisons beaucoup beaucoup beaucoup accoster. « Are u jamaican ? » « Is it your real hair ? » « Do u wanna smoke ? ». Halala, tous les préjugés qui ressortent. Ca nous fait sourire.
Le petit dej se fera sur le toit d’un hotel, à l’ombre de ce soleil perçant malgré les nuages. Premier lassi pour mon ami, et il adore. Haa l’
inde !

En quittant l’hotel, on tombe par hasard sur deux éléphants. Là, en pleine rue ! On se renseigne, et il parait qu’ils sont là pour un petit festival cet après-midi, dédié à Krishna. On verra !
Petit tour sur
Connaught Place... Marcher dans cette chaleur n’est pas simple ! Je n’ai jamais autant transpiré, ni sué de ma vie. Nous avalons des litres d’eau.
Retour sur Main bazaar road, et metro direction le
Fort rouge. Quel monde dans ce métro ! Mais avec air-co ! A la sortie du métro, on décide de suivre le monde, on verra bien où ça nous menera ! Nous nous retrouvons un peu perdu, mais grâce à notre sens de l’orientation du tonnerre, on retrouve notre chemin. Je me souviens tellement bien de ce quartier, alors que nous y avions passé à peine une petite journée il y a de ça plus de 3 ans.
Nous rentrons sur Pahar Ganj en petit touktouk, afin de profiter de la circulation abondante, et de prendre quelques photos.
Pour le souper, un Malai Kofta + naan dans un buibui du coin (ce gout... je sais pourquoi j’aime tant ce pays !).
Les samosas vendus en pleine rue sont également délicieux... Bien que très piquants. On fini par s’y habituer.
14/09 Lundi - Delhi - DarjeelingLongue journée au programme : vol vers Bagdogra, afin de rejoindre
Darjeeling. On avait réservé hier un taxi pour 8h30, et voilà-t-il pas qu’à 8h, un type se pointe en nous disant qu’il y a beaucoup de traffic « aujourd’hui » et qu’il faut qu’on parte sur le champ, histoire de ne pas rater notre avion. Quelle blague, comme si les autres jours, le traffic était fluide et sans encombre.

Soit, on préfère faire confiance et ne pas rater le vol. C’est ça aussi l’
Inde !
C’est donc parti pour 1h30 d’embout dans la chaleur de
Delhi, avec comme douce musique de fond : les klaxons.
L’aéroport est tout neuf, et si bien organisé. Il ferait concurrence à Zaventem ! Petit dej avec croissant chaud et décollage en toute douceur dans cet avion SpiceJet.
Nous n’apercevrons pas les montagnes de l’Himalaya comme imaginé. Seuls les plus haut sommets se découvriront au dessus des nuages à l’horizon. Arrivée à Bagdogra sur l’unique piste (cela me rappelle étrangement l’arrivée à
Antananarivo il y a quelques années, la chaleur en plus) de l’aéroport. A peine la porte de l’avion ouverte : boum, chaleur.
On pourrait croire qu’à la campagne (oui, campagne, vu l’immense majorité de vert aperçue de l’avion) l’air serait moins lourd, mais il n’en est rien. 34°c à l’ombre d’après le pilote. Ca nous change de notre petite
Belgique, et quel bonheur !
Une fois les sacs-à-dos récupérés, nous prenons un taxi avec 2 français bouddhistes en direction de Siliguri afin d’y trouver une jeep pour Darjee.
La route est tout aussi encombrée qu’à
Delhi, mais avec beaucoup plus de camions (et leur fameux « Horn please » tout en couleur).
A siliguri, nous trouvons rapidement une jeep. 14 personnes. 5 devant (dont une petite), 5 au « milieu », et 4 (dont nous 2 au milieu des 4) derrière. L’indien à côté de Serge (mon ami) crache ses poumons toutes les 30 secondes. Le trajet risque d’être long. 3h30 de tournants dans des montagnes verdoyantes sur une route en mauvais état avec difficulté pour se croiser. Et dire que les places à l’arrière sont les moins confortables (si on peut estimer qu’il y a qqch de confortable dans cette jeep

). Au fur et à mesure qu’on s’élève en altitude, la température baisse, pour être progressivement remplacée par un brouillard épais et une pluie persistante. Une halte improvisée-crevage de pneu s’impose, et ce n’est pas pour déplaire à nos petites jambes !
Le changement de roue s’effectue assez vite (pourvu qu’on ne crève pas une deuxième fois quand même) et c’est reparti sur cette route cabossée. Vers 18h-18h15 nous arrivons enfin. On est « débarqué » on ne sait où dans la ville, et il commence à faire noir... vite qu’on se trouve un hotel.
Des taximans nous abordent et nous proposent pour 150R/ de nous emmener dans le coin des hotels situé sur les hauteurs de la ville. Les hauteurs, c’est le cas de le dire, car ça grimpe sec !.
Arrivés au Tower View, je pars en « éclaireuse ». La dame me propose une chambre pour 150R. c’est tellement peu cher ! Après « inspection », faite dans le noir et à la bougie car Darjee subit une coupure de courant, cela a l’air correct (surtout au niveau petites bestioles), bien qu’un peu humide. Ok, on prend ! La ville est maintenant dans la nuit et seules quelques bougies éclairent partiellement quelques échoppes en bord de route.
C’est sans doute une réaction stupide, mais après cette agression il y a deux moi en
Namibie, un soir (19h) en rentrant d’un resto... Je ne me sens pas à l’aise dans cette ville sombre, que je ne connais pas. On décidera de manger au petit hotel pour cette fois-ci.
Au retour de l’électricité, on aura la chance de découvrir les énormes (j’avoue, j’exagère, mais moi et les araignées...) araignées du couloir !
15/09 mardi - DarjeelingLa nuit fut affreusement humide. Le froid a transpercé mes deux couches de pulls. Et ce ne sont pas les couvertures sentant le moisis qui auraient pu améliorer la situation. J’n’ai pas l’habitude de me plaindre, mais là je ne me vois pas du tout rester à cet hotel pour une nuit supplémentaire. C’est décidé, on se trouve autre chose. Ne pas savoir dormir, et tomber malade en vacances... Très peu pour moi.
On boucle nos sacs, et hop dans la rue à la recherche de quelque chose de plus sympathique. En entrant par hasard à l’Andy’s guesthouse, nous rencontrons « notre adorable petite vieille ». Le prix est plus élevé qu’à la Tower View (mais ça n’était guère compliqué), mais il est pourtant tellement doux par rapport au confort offert : chambre bcp moins humide, avec vue, douche chaude. Et même une petite terrasse à 360° de vue sur le toit. On n’hésite pas un instant : on prend !
Petite douche (froide car coupure d’électricité) et direction le centre pour un petit dej. On mangera notre premier morceau de viande, et mon ami, ce carnivore, se sentira « revivre ».
Le ventre plein, on se met « en route » (à pied) pour Shree Mahakal Mandir, un temple à la fois bouddhiste et hindou.
Darjee est à flan de colline et rien ici n’est plat. Ce temps est situé sur la colline la plus élevée de la ville. Je remercie mes petits mollets

Juste après l’allée des mendiants (dixit GDR) une « armée » de singe est présente.
Des centaines de rubans de prière multicolores colorent la grisaille du ciel. On est un peu mal à l’aise, ne connaissant pas vraiment ces religions, ni les commodités à l’approche d’un temple. On finira par enlever nos chaussures et faire doucement et silencieusement le tour intérieur.
Petit tour dans les boutiques de la ville, mais tout se ressemble.
On décide donc, afin de découvrir le vrai
Darjeeling, de quitter un peu les sentiers battus et de se rendre au Chawk Bazaar. C’est réussi pour le côté « vrai » : pas un touriste à l’horizon. Qu’est ce que j’aime me balader ici. On se sent tout petit, au milieu de tout ce petit monde vaquant à ces occupations. Et pour une fois, pas une remarque concernant les dreads de mon ami. On passe « inaperçus » (tout est relatif.. comparé à
Delhi).
Ce petit marché est bien coloré : vêtements, légumes, en passant par le « rayon brol » ou encore celui du thé.. où nous y acheterons nos premiers gramme de thé de
Darjeeling (c’est aussi pour ça qu’on est là non ?!

).
Première bière, de la Kingfisher. Ca encore, ça me rappelle des bons souvenirs.
Fin de journée glande à l’hotel, afin de se reposer avec tous ces escaliers montés.
La vue à 360° est complètement bouchée par les nuages...
16/09 mercredi - DarjeelingJournée avec un long programme en perspective : plantation de thé, ticket de train pour
Varanasi, monastère de Ghoom..
Plaisir d’une bonne douche chaude, suivi d’un déjeuner chez Glenary’s. Le ventre plein, on entame la mission : trouver la plantation de thé qui se trouve apparemment dans le bas de la ville.
Le plan du GDR ne ressemble pas à grand-chose, et des ruelles semblent être apparues depuis.
Au jardin botaique, nous abordons un gars, qui s’est avéré être bien sympathique. Il fera une partie du chemin avec nous, et nous apprendra bien des choses sur la vie à
Darjeeling. Belle petite rencontre !
Arrivés à la plantation de thé, une « adorable » vieille nous aborde, en disant que le guide va arriver et nous installe dans une petite pièce kitsch à souhait : coussins fleuris, tigres en peluche,... Elle commence par nous expliquer le long nom du thé : superfine tippy golden flower... en chanson, s’il vous plait !
Puis vient le temps de nous faire gouter le si mystérieux « 5 second tea » avec toute la description. « Because of the « Happy » ». Il paraitrait que les cueilleurs de feuilles de thé pourraient en garder un petit peu, et la revendraient pour augmenter leurs revenus (ce qui est théoriquement interdit). Ce thé serait exactement le même que celui vendu à Harrods. Je suis très septique.
Mais quoi qu’on en dise, ce thé est bon (et vendu très cher, mais « évidemment beaucoup moins cher que chez Harrods »).
Suspect.
Ensuite visite (expédiée) du processus par lequel passe le thé (séchage... et j’ai oublié le reste). On achetera quand même un peu du dit « 5 seconds tea »... en sachant bien qu’on se fait avoir quelque part !
Après la longue remontée vers la route principale, nous nous dirigeons vers la petite gare de Darjee afin d’essayer d’obtenir un ticket pour
Varanasi pour demain.
On peut dire que la version du mot « file » en
Inde est relativement différente de la version européenne. Un tas, rien d’autre qu’un tas de gens agglutiné devant les 2 tout petits guichets.
Au bout de 10 min à se faire dépasser, nous allons parler au station manager. Il nous confirme que ce sont bien ces 2 guichets pour les réservations et que s’il n’y a pas de place dispo, il est toujours possible d’en avoir en « emergency » en payant un petit supplément. C’est donc reparti pour la file indienne (quelle drole d’expression, quand on y pense) où finalement nous ne nous débrouillons pas si mal. Notre tour arrive.... Et il n’y a pas de place. Let’s go donc pour 2 tickets « emergency » en second (ce qu’on croit être II AC).
1314 rouppies en moins et nous repartons. Le train est prévu demain à 17h.
Sur le chemin vers le centre, nous décidons de ne pas nous rendre à Ghoom. Déjà bien marché et bien fait de files pour aujourd’hui.
On profitera de cette après midi pour se balader dans la ville, flaner, boire des thé en « observant » la vie autour de nous.
On profite de ce dernier jour de fraicheur indienne...
Petit resto avec poulet super archi bon, accompagné de naans. Un vrai plaisir.
17/09 jeudi - Darjeeling - trainAujourd’hui, nous quittons Darjee. Dans cette ville, j’ai l’impression que l’influence du
Nepal est bien réelle (bien que je n’y ai jamais mis les pieds ^^). Même les gens n’ont pas le même physique que ceux de
Delhi. Petit endroit pour se remplir le ventre et nous descendons vers le bas de la ville afin de trouver une jeep pour NJP.
C’est dingue qu’avec le nombre de jeep présentes dans cette ville, nous ayons mis autant de temps pour une trouver une allant dans la bonne direction. Une fois montés à l’arrière et nos sacs sur le toit, nous rencontrons 2 belges d’Eupen. Le monde est un village !
Ce trajet en descente semble tellement plus court qu’à l’aller. Evidemment, le type crachant ses poumons n’est plus là, et ça doit jouer pour quelque chose

Arrivés dans la vallée, la première vraie drache de mousson nous tombe dessus. Avec cette chaleur moite retrouvée, un peu de pluie ne nous fait pas de mal !
A une halte, j’achète, sur les conseils des 2 belges, du Khool. Quel achat ! (Encore maintenant, 9 mois plus tard, je l’utilise !).
C’est reparti pour une petite heure de route, et, après avoir largué les indiens et les 2 belges, nous arrivons avec plus de 3heures d’avance à NJP.
Achat de chaines pour les sacs-à-dos dans le train, de victuailles..
Vers 17h, nous apprenons que le train a 3h de retard. Ce qui en tout nous fait 6h d’attente pour en voir des choses. Une gare, c’est un monde à part entière ! Des vendeurs, des mendiants, des enfants des rues, des familles plus aisées, des chiens, des handicapés, des lépreux, des militaires rentrant chez eux.. et bien plus encore. Tout ce petit monde semble bien intrigué par notre présence. Moi, la petite-blonde-cheveux courts-lunettes rouges, et lui ce black-dreadeux. Des regards, des photos, des phrases « Where are u from ? » «
Nice hair » et même un type qui vient toucher les cheveux de mon ami, sans rien demander.
Quelle vie, quelle misère, quel mouvement, quelle ambiance particulière.
Ca se vit, ça ne se raconte pas. Tous ces trains qui arrivent, qui repartent. Ces odeurs, ces bruits... Un monde se déroule sous nos yeux.
Le temps passe lentement et nous nous mettons même à scruter les différentes classes des trains qui passent devant nous, afin de savoir à quel type d’indiens nous seront « confrontés » pendant 14h.
Il est 20h, le train arrive enfin, et surprise... Nous sommes en « second sleeper » et pas en seconde classe appelée précisément « Two tierd ».
Pas d’air-co, pas de compartiments. Que des hommes (je suis vraiment la seule femme du wagon), que des militaires rentrant chez eux. Avec cette chaleur, ma tête risque de souffrir.
Nos sièges (lits plutôt) sont les middles, situés, comme le nom l’indique, entre ceux du bas et ceux.. du haut (bien vu !). A peine arrivés que le militaire (surnommé le pervers

), avec son lit longeant le couloir me regarde avec insistance.
Je n’m’étais pas préparée à ça. Et comme premier voyage en train, ça s’annonce plutôt mémorable !
On cadenasse (comme conseillé dans les guides) les sacs sur mon lit, et après un peu de papotte, la nuit débute. Il fait chaud, et dès que le train s’arrête (relativement souvent et sans raison apparente), les ventilos ne suffisent plus à maintenir une température supportable.
La nuit est longue.
18/09 vendredi - train - VaranasiVers 6h-7h du matin, nous ouvrons un œil, après cette nuit chaude et incomfortable (mais ça, on s’en doutait

)
Vu les 3h de retard du début, on espère arriver vers 10h... Mais l’espoir sera de courte durée ! Un militaire estime l’heure d’arrivée vers 14h. Didju, en plus d’une sale nuit, ça risque d’être une fort longue journée.
On décadenasse les sacs afin de relever la banquette du milieu et de nous installer sur celle du bas.
Les regards ne cessent pas. On attend avec impatience 14h. Bouquinage, parlotte, prise de vent par les fenêtres aux barreaux.
A plusieurs reprise, nous devrons refuser de la nourriture (toujours suivant les conseils des guides papier). Je ne bois que très peu, un peu peur d’affronter les toilettes.
Malgré nos estomacs qui comment à se faire sentir, nous sommes décidés à ne pas accepter de la nourriture. En effet, tout le monde n’est pas méchant, faut pas paranoier, mais on est quand même les deux seuls touristes, donc si qqun veut une cible, ça sera nous. Et nous avons entendu trop d’histoires à propos de puissants somnifères dissimulés dans la bouffe.
A un des multiples arrêts (j’adoore

l’incroyable nombre de vendeurs qui circulent dans ce couloir déjà si encombré !), un militaire nous achète 2 pakora et nous les offre directement. Difficile de refuser.. et pas d’arnaque en vue. Go, nos estomacs en meurent d’envie.
On a enfin comprit le mystère du type qui crie « eeeeeyaaaaa » dans toutes les villes chaque matin ! C’est le vendeur de noix de Coco !
S’en suit les berlingots de jus de mangue sortis de nulle part et offert par un type qu’on avait déjà repéré comme bizarre, analysant tous nos faits et gestes depuis l’arrivée dans le train.
Nous les acceptons, en sachant que nous ne les boirons pas, mais il est tellement insistant.
10 minutes plus tard, le type suspect refait son apparition. Il nous parle et nous demande si nous avons apprécié les berlingots. « oui oui, merci ». Et comme les indiens « Use and throw », nous les avons jetés, vides, par la fenêtre.
C’est sur, nous avons bien fait de les cacher dans notre sac. Ce type attend clairement que l’on tombe ! En plus, il ose nous faire une grande théorie sur la sécurité, la bouffe offerte (« Mais pas d’inquiétude, moi je suis gentil »), les étrangers etc. Il est fort, mais nous le sommes encore plus, et son stratagème (bon ok, on n’est pas sur à 200% mais quand même), n’a pas fonctionné.
Vers 14h, on apprend qu’avant 4h de plus, nous ne seront pas arrivés.
Ca met quand même un petit coup au moral, l’arrivée initiale étant prévue vers 7h du matin.
J’attrape mal à la tête, on est fatigués, on doute de tout le monde. Pas facile facile ce premier trajet en train. Pourvu qu’on arrive.
Les dernières heures sont les plus difficile, et vers 19h30 quand le train arrive en gare de Mughal Sarai, nous sommes littéralement épuisés.
Un jeune étudiant indien rencontré dans le train prendra un rickshaw avec nous jusqu’à la ville. Ils nous aidera à trouver un hotel... et c’est à ce moment là que.... Je suis tombée dans un trou, ou plutôt une bouche d’égout.
On marchait dans une ruelle fort peu éclairée et tout d’un coup, mon pied ne toucha plus le sol, mais trouva de l’eau, environs 1m plus bas. Je n’ai pas pu m’empecher de sortir un beau cris aigu, dont les indiens se souviendront encore longtemps. Heureusement, plus de peur que de mal. Une belle grosse égratinure sur toute la longueur de ma jambe, et quelques énormes bleus. Ca aurait pu être bien pire.
On arrive finalement (moi en boitant... avec je ne sais quelle crème indienne sur ma jambe) dans un hotel. On verra bien demain si on change, mais là, il est largement temps qu’on prenne une douche, que je désinfecte tout ça, et qu’on se repose.
19/09 samedi - VaranasiOn se réveille assez vite, relativement affamé, et en manque total de sucre. On fait nos sacs, achetons 2 paquets de bisuits et les mangeons avec bonheur (la vie est pleine de petits bonheurs ^^) dans le rickshaw nous emmenant vers les ghats principaux.
Il est fait déjà très chaud, et porter nos sac, trouver notre chemin dans ce dédale de ruelles (avec vaches, of course), éviter les rabatteurs est difficile.
Nous parviendrons finalement au Vishnou Resthouse, et aurons une chambre à 400 R/ avec vue sur le gange.
Cet endroit est un petit oasis : vue sur le gange, calme, belle petite terrasse, lit pas trop dur, douche (et toilette en même temps, mais on finit par s’y faire), électricité, petit temple et chanson « Hare Krishna », le fou souriant, des gens gentils, moyen de manger sur place...Que demander de mieux.
Ce voyage est mouvementé, mais il en vaut la peine !
Après une bonne douche froide (un vrai plaisir, réellement), quelques litres d’eau et du sucre dans l’estomac, nous sommes requinqués, et près à découvrir la ville.
C’est parti pour un petit tour dans le Chowk. Notre premier déjeuner-diner se fera dans un buibui le lang de la ruelle principale. Malai Kofta + naan pour moi, et chicken fried rice raté (comprenez sans chicken) pour mon ami.
On se sent bien !
Nous continuons la ruelle et arrivons au ghat principal : Dasashwamedh Ghat.
Le soleil tape et la chaleur est bien présente. Penser que le Gange apporterait un peu de fraicher est une grosse erreur de ma part !
Achat de foulard en « soie ». On s’est p-e fait rouler sur la vraie qualité de la soie etc... Mais peu importe, c’est joli, et c’est le principal.
Passage sur les ghat (Pandey ghat) devant notre hotel et repos sur la terrasse.
Une fois la nuit tombée, des dizaines de bougies flottent sur le Gange, signe de chance par la personne qui l’a déposée là. Que c’est beau.
On a vraiment l’impression que cette ville est sereine, moins speedée que ce que nous avons pu voir auparavant.
Dodo bien mérité, après cette nuit dans le train, et cette nuit avec la jambe charcutée par la bouche d’égout (mais ça nous laisse, mine de rien, de bons souvenirs

). Les moustiques, mouches, sauterelles, fourmis, mouchettes, petits scarabées... seront aussi de la partie. Demain c’est décidé, on met le moustiquaire !
20/09 Dimanche - VaranasiRéveil peinard et direction le « Shiva cafe and german bakkery » pour un bon petit dej. Nous n’y arriverons qu’une heure plus tard, faute à la folie shopping dans un maga sur le chemin. Ca sera nos souvenirs à notre retour en
Belgique.
Après midi à se balader dans la ville (Ghat, quartier musulman,...). Qu’on est bien !
Le soir, tour en barque au coucher de soleil. Impressionnant comme on voit la ville sous un autre angle ! Pas mal d’anciens palais de Maharadja sur les rives. Dommage que beaucoup d’entre eux soient en mauvais état...
Il commence à faire noir lorsque nous arrivons au Manikarnika ghat, celui des crémations. C’est une ambiance assez pesante qui nous entoure. Une dizaine de bucher brulent devant nous, des familles entières assistent aux funérailles, d’autres attendent qu’une place se libère pour leur défunt..
Il parait que le feu n’a pas cessé ici depuis au moins mille ans.
« Evidemment », un pseudo guide pseudo monsieur de la charité monte sur la barque. Après quelques explications sur les rites des familles quand un de leur membre décède (informations ma foi très intéressantes), il nous parle de la pseudo hospice aidant des pseudos gens pauvres et malades.
Mon ami, ayant lu dans les guides ce genre de petit stratagème, rentre dans le jeu, et fait semblant de s’y intéresser, pose des questions... Donc les réponses seront courtes et très incomplètes. Il ne maitrise visiblement pas son « piège à touriste » le pseudo guide ! Son histoire est plutôt mal rodée.
Sur la fin, « évidemment », il ose nous demander de l’argent (même des euros ou des dollards, il prend tout... tu m’étonnes !), et nous dit de ne parler à personne de ce qu’on lui a donné (20 malheureuses rouppie), car ça serait mauvais pour son karma.
Il est fort.. mais là encore, nous ne sommes pas dupes !
Retour vers notre Vishnou Resthouse, entourés de petites bougies flottantes... Un type nous propose d’en déposer sur le Gange également. J’avais envie de le faire, mais là je me suis réellement sentie forcée et cela a gaché en partie mon plaisir.
Le geste effectué, il nous réclame 150 R/. Quel bon business le gange quand même ! Il n’en aura que 50, et nous somme bien généreux d’après moi... !
21/09 lundi - VaranasiJournée calme. Dejeuner à notre bien aimé Shiva café, balade dans la ville.
L’hivers se rapproche (oui bon, d’accord, doucement), et pourtant l’air reste chaud chaud chaud.
On sue à grosses gouttes ! Et on arrive même à grater l’air des ventilos des magasins de soie, tissus etc. Je sais, ce n’est pas cool car on sait au fond de nous même qu’on n’achetera probablement rien... Mais cette chaleur me tue !
En marchant, on arrive un peu par hasard aux ghats de crémation. Cette ambiance pesante est toujours là, bien réelle. Ce tas de bois, ces cendres qui volent, cette fumée épaisse qui te pique les yeux.. Voici un lieu bien étrange, comme habité d’une présence invisible.
Petit tour dans un temple de je-ne-sais-plus-quel-dieux où un gentil « moine » (je ne sais pas comment l’appeler, c’est un homme qui lit et étudie des textes indous pendant au moins 4-5 ans) nous aborde. Petite papote sur ce qu’il fait, sur ce que nous faisons là, etc etc. Sympa !
On décide finalement d’aller faire une petite sieste.. Toujours cette chaleur. L’idéal serait de rentrer en bateau, mais pas envie de repasser par le ghat des crémations.. On marchera donc jusqu’au ghats principaux où nous prendrons notre barque.
Bouquinage, lassi au bord du Gange.. Qu’on est bien !
22/09 mardi - VaranasiLever à l’aube (4h30 !) pour voir le lever de soleil sur le gange.
C’était tout simplement magique ! Une lumière de dingue... Et comme indiqué dans le routard, c’est sans doute la plus grande salle de bain à ciel ouvert de la planète. Des dizaines d’indiens sur les ghats occupés à se débarbouiller dans cette eau soit disant pure (d’une point de vue spirituel, pas vraiment d’un point de vue « écologique »). Et énormément de barques remplies de touristes qui mitraillent avec leur reflex, sans aucun complexe.. J’ai nettement plus de mal de ce côté-là.
Dejeuner avec un gars de
Birmingham, bossant pour les enfants des rues, à nous raconter des histoires abrancabrantesques sur les street kids qu’il essaie d’aider et tous les ennuis que cela lui attire.
Reste de la journée calme. Dhal Makhani dans un buibui.
On essaie de bien profiter de cette dernière journée « calme », avant d’affronter les rabatteurs fous d’
Agra, et la nuit en train.
Début de soirée, 2è drache de mousson. Cela rafraichit considérablement l’atmosphère.
La mangouste qui se balade à la resthouse prend un malin plaisir à se baigner dans les « pseudo flaques ».
23/09 mercredi - Varanasi - AgraDernier réveil avec vue sur le Gange, avec le bruit des lavandières tapant leur linge.. Ca va nous manquer...
Et les chansons « Hare Krishna » du temple jouxtant notre chambre également...
Check-out et direction « mission rickshaw » dans la chaleur avec nos sacs-a-dos, pesant 2 fois plus lourd suite à tous les souvenirs achetés en chemin.
Le conducteur du richshaw est un type sympathique, mais fou, nous parlant de « Africa wild », des pornos indiens... Ca nous amenera à un fou-rire mémorable !
Arrivée à la gare, bien à l’heure, comme d’habitude. Et qui dit gare, dit regard incessant envers ce couple « black and white », et ces cheveux tellement bizarres. Parfois, je sature un peu. A entendre des dizaines de fois par jour (et là je n’exagère pas, pas comme pour les araignées de Darjee) ce style de commentaires... Meme si je sais que c’est de la curiosité, et non de la méchanceté.
On investit la cafet’ de la gare... ou nous devrons arrêter de jouer aux cartes car c’est « forbidden ». On n’a jamais compris pourquoi.
Sur le quai de la gare, des attroupements autour de nous, des photos. On est des vraies stars ici en
Inde ^^ (Quoi que, dans le centre de
bruxelles, les Jap sont aussi impressionnés par « nous »).
Etonnament, le train arrive pile poile à l’heure (Incredible
India !). Nous sommes en 3 AC. Même configuration que le premier train, mais avec AC, draps et couvertures en plus. Quel changement !
La nuit sera tellement meilleure, et moins stressante qu’en sleeper. Beaucoup de familles indiennes, l’ambiance est vraiment différente.
24/09 jeudi - AgraA 5h50 nous détachons nos sacs et à 6h05 tapante nous entrons en gare d’
Agra. Impressionnant cette ponctualité, même les chemins de fer belge (mais je ne sais pas si c’est une bonne référence...) sont moins à l’heure !
Nous prenons un rickshaw en direction d’un hotel repéré dans le routard. Cette nuit est offerte par mon frère, pour mon anniversaire. On espère trouver une petite chambre avec vue sur le
Taj.
La chambre désirée est occupée, mais se libèrera apparemment vers 10h, heure du chek-cout des précédents. Parfait ! Douche dans une autre chambre, et roof top pour le petit dej avec vue.
Waw, il est toujours aussi splendide. Le taj semble vraiment sortir de nulle part. J’adore ! J’ai l’impression d’être 3 ans en arrière, de le redécouvrir pour la première fois.
Mon ami, qui n’était a priori un peu réticent à voir « ce gros bloc de briques blanches » est conquis ! J’adore encore plus !

Glandage jusque 10h pour récupérer la chambre... à 11h toujours rien ! On décide de partir visiter le
Taj maintenant, pour pouvoir aller de l’autre côté de la rivière Yamuna au coucher de soleil. Nos sacs dans le cloakroom, et c’est parti !
1500 rouppies en moins et deux petites bouteilles d’eau en plus, et nous y (re)voilà !
Vu l’heure, c’est beaucoup plus peuplé que lors de ma première visite, et on peut dire que ça fait du changement !
Des groupes se forment tout autour de nous, des gens nous suivent, tous veulent des photos d’eux et du couple « black and white »... Certains prennent des photos « volées », comme si on ne les voyait pas. Au début, on joue le jeu, mais trop c’est trop.
On est ici pour profiter de l’endroit, pas pour être des bêtes de cirque ! C’est à se demander si les gens préfèrent le taj ou nous (et là, je n’exagère pas...).
Dès qu’on se pose quelquepart, c’est l’attroupement.

Quand un couple sympa prend 3 photos de nous, ce sont des dizaines (vraiment !) de photos qui sont prises en même temps. Je nous imagine déjà en photo dans leur salon...
J’dois dire que j’ai du mal à profiter...
Mais le
Taj est là, toujours aussi immense, aussi magique. Après presque 4 ans et 2 visites, je ne trouve toujours pas les mots.
On finira par se trouver un petit coin, un peu au calme, pour pouvoir l’observer en toute tranquilité (tranquilité relative par rapport au début de la visite).
Vers 13h30, nos estomacs nous rappellent à l’ordre et nous sortons de l’enceinte (ré-attroupement) pour se trouver un resto avec vue. Petite bière pour fêter ça.
A notre arrivée à l’hotel (15h), la chambre n’est toujours pas libre (« Incredible
india »). Ils nous en proposent une autre, mais je ne démords pas, je rêve de cette chambre avec vue. Nous passons à l’hotel d’en face, le Shanti Lodge, où il reste la chambre parfaite, avec vue et air-co.
Quel confort, première chambre avec air-co depuis le début du séjour, et par cette chaleur, c’est plaisant !
Débarbouillage et rickshaw pour le Baby
Taj. C’est beaucoup plus petit et moins majestueux, mais quel calme ! Il aurait donné l’inspiration pour la construction du vrai et grand
Taj.
Ensuite, direction la rivière, pour la vue avec coucher de soleil.
Vu que tout est entièrement symétrique, c’est assez troublant. De plus, je retrouve la vue du
Taj à 6h du mat’ d’il y a 4 ans, avec la lumière dans le même sens. Perturbant !
Site très calme, avec une petite dizaine de touristes, et pas de « paparazzis » dans les environs. Bonheur.
Le soleil se couche doucement et le
Taj émet des reflets sublimes, digne d’un conte de milles et unes nuits. On y restera une bonne heure.
Sur le chemin du retour, le pneu avant du rickshaw crêve dans une sombre ruelle. Ma « peur » due à l’attaque au couteau en
Namibie revient, et j’dois dire que je ne suis pas très à l’aise. Après pas mal de manœuvres et 20-30 minutes, nous sommes repartis. Ouf.
Repas sur la terrasse juste à côté de notre chambre.
Coupure de courant durant la nuit... l’air-co ne nous sera donc pas d’une grande utilité !
25/09 vendredi -Agra - DelhiRéveil avec vue sur le
Taj. Que demander de mieux ?
Petite douche froide (coupure de courant encore), et déjeuner au Yash Café juste à côté.
Depuis le début des vacances, mon estomac semblait souffrir de la chaleur, je ne mangeais pas grand-chose, mais je crois qu’il commence à s’y habituer. J’ai une faim de loup.
Le train est prévu pour 14h40. D’ici là, glandouille, mais quelle belle glandouille avec une vue pareille !
Arrivée tardive sur
Delhi (comme toutes nos arrivées dans les villes en fait).
On avait réservé la nuit au Namaskar, en quittant
Delhi pour Darjee... Mais ils ont refilé la chambre à d’autres personnes...
Looongue recherche d’un hotel, afin de trouver quelque chose de correct.
26/09 samedi - DelhiDelhi,
delhi,
delhi.
On profite de notre avant dernière journée sur le sol indien.
Lassi, samosa, petits plats indiens, Kingfisher... On fait plaisir à nos papilles gustatives avant le retour dans le monde de la bouffe moins épicées.
27/09 dimanche - DelhiDelhi delhi delhi.
On profite encore et toujours. Derniers achats, souvenirs, petits cadeaux.
28/09 lundiDelhi delhi et nuit dans l’avion.
C'était un voyage pas si long que ça, mais quelle intensité.
Quel bonheur d'avoir pu découvrir de si belles villes, en si bonne compagnie !
Il me tarde d'y retourner... !
Incredible
India !
Si vous avez des questions plus pratiques, n'hésitez pas :)
Au plaisir de vous lire,
Eva