préambule : s'imprégner de l'
Inde avant d'y poser le pied, donne au voyage une autre dimension..
une réponse à votre questionnement métaphysique, en trois temps (il vous manque encore la lecture d'une littérature "engagée", pas celle des guides !) :
livre de Jean CLAUSEL : "Indes", petite bibli Payot - 2001 - (238 pages)
vous allez lire le livre cité et vous m'en direz des nouvelles !
JAMAIS je n'ai lu quoi que ce soit sur l'
Inde qui fut si vrai, si
sensible, si clairement proche de moi puis (cerise sur le gateau) si proche de ce qu'ensuite j'ai vécu moi-même dans ce pays, en voyageant. relire ce livre après mes retours est un délice pour moi. ce livre est est une richesse. sa lecture m'emporte très loin, exactement là où j'apprécie le plus ce pays contrasté, empreint de mysticité et de spiritualité. (j'espère rencontrer Jean Clausel un jour, le regarder sourire et, sans gaspiller sa salive, l'écouter. je lui souhaite d'exister longtemps sur cette terre).
je regrette encore de ne pas avoir connu l'
Inde il y a 25 ans. voici la présentation trop sobre que JC fait de son livre :
" Je me suis rendu en
Inde une dizaine de fois dans les années quatre-vingt, parcourant de multiples façons la majeure partie du sous-continent.
Mon récit se veut doublement utile : celui qui part pourra y découvrir le tuyau original ; celui qui revient se satisfera de partager, ou réfuter, les images et les sentiments décrits par un compagnon inconnu dans son journal de bord. Mais à travers ces pages je veux surtout témoigner la reconnaissance du voyageur à tant de dons reçus. " (J. C.)
" Jean Clausel, écrit Alain Daniélou (spécialiste de l'
Inde), nous fait partager sa quête sans jamais se départir de sa vitale faculté
d'émerveillement.
En cela, ces images de l'
Inde constituent une belle leçon de bonheur. ".
seconde lecture : "Inde", par Pauline Garaude - La Découverte - 2008 (220 pages) : une synthèse très bien faite, documentée.
l'intro (pages 9 à 14, donne le ton ! tout le reste est impeccable.
un troisième livre, que je n'ai pas lu, mais que deux amis m'ont vivement conseillé (l'un interrompait sa lecture plusieurs fois par jour pour s'esclaffer et rire de ce qu'il y découvrait : description de situations incroyables... mais vraies) (cf. le choix des libraires.com)
Bombay maximum city

Auteur :
Suketu Mehta
Traducteur :
Oristelle Bonis
Date de saisie : 10/11/2006
Genre : Anthropologie
Editeur :
Buchet Chastel, Paris, France
Collection : Documents
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-283-02166-8
GENCOD : 9782283021668
- Les présentations des éditeurs : 16/09/2008
De retour à
Bombay en 1998, après une absence de vingt et un ans, Sukety Mehta est frappé par les métamorphoses de la ville tant aimée de son enfance : il décide d'en aborder tous les extrêmes et pour commencer, celui des émeutes de 1992-1993 entre hindous et musulmans. Ce conflit le propulse au coeur des violences de la guerre des gangs pour le contrôle de la vie politique et économique de la cité, une guerre souvent orchestrée par des parrains mafieux installés à
Dubaï ou au Pakistan. L'auteur prend le risque de nouer des liens personnels, avec à la fois des tueurs sans merci et des indicateurs de la police, pour mieux nous guider dans le labyrinthe du crime organisé au sein d'une ville corrompue. Parmi les myriades de personnages du livre, il y a Mona Lisa qui, après une enfance de misère à l'image de celle des millions de déshérités des bidonvilles de
Bombay, est devenue une belle danseuse, une entraîneuse capiteuse qui, la nuit venue, enflamme les désirs des hommes dans les bars chauds de la ville ; certains soirs on y rencontre même Honey/Manoj " une femme née homme par erreur ", que Suketu Mehta suit aussi dans sa double vie. Avec son millier de films par an produits par l'industrie cinématographique de
Bombay, Bollywood n'a aujourd'hui plus rien à envier à Hollywood : là encore, Suketu Mehta nous convie avec complicité derrière les décors de ses studios. Passionnée, intimiste, émouvante, courageuse, impudique, tout à tour drôle et déchirante, cette formidable biographie urbaine initie un nouveau genre littéraire. De même l'hallucinante
Bombay, la plus grande mégapole d'Asie, préfigure la génération des mégapoles surpeuplées de demain.
Suketu Mehta est écrivain et journaliste. Ses écrits sont publiés par le
New York Times Magazine, Granta, Harper's Time et le Village Voice. Il a également coécrit avec Vinod Chopra le scénario du film Mission Kashmir. Suketu Mehta vit à
New York avec ses deux enfants.
- La revue de presse Natalie Levisalles - Libération du 2 novembre 2006
Ce livre n'est pas seulement une incroyable enquête sur la ville et ses habitants, c'est une méditation sur les aspirations existentielles et spirituelles, sur le sexe, l'amour, la violence et la loi, c'est aussi un récit très intime. Suketu Mehta a 14 ans quand il quitte
Bombay pour
New York. En Amérique, il passe son temps à rêver de l'
Inde....
Qu'est-il arrivé à la ville qu'il a quittée ? Pour le comprendre, Mehta passe deux ans et demi à traîner, jour et nuit, avec toutes sortes de Bombayites : prostituées, politiciens, danseuses de bar, stars de Bollywood, architectes, informaticiens et poètes.
- Les courts extraits de livres : 16/09/2008
Je suis issu d'une famille de vagabonds doués pour le commerce. Le XXe siècle était encore balbutiant quand mon grand-père paternel quitta son village du Gujerat pour venir à
Calcutta rejoindre son frère, bijoutier en gros. La première fois que mon grand-oncle se risqua hors du territoire national, ce fut dans les années trente, au
Japon. Vite contraint de rentrer, il dut présenter des excuses aux anciens de sa caste et se prosterner devant eux, le turban dans les mains. Cela n'empêcha pas ses neveux (mon père et mon oncle) de tenter à leur tour leur chance ailleurs, à
Bombay, d'abord, puis de l'autre côté des eaux noires, jusqu'à
Anvers et
New York, histoire de grossir le pécule reçu en héritage. Quant à mon grand-père maternel, jeune homme il émigra du Gujerat vers le
Kenya et aujourd'hui il vit à
Londres. Ma mère est née à
Nairobi, elle a fait ses études à
Bombay, elle habite
New York. Dans ma famille, choisir de partir s'installer «à l'étranger» n'est jamais une affaire d'État. Nous allons où nous porte le vent du commerce.
Un jour, je suis retourné avec mon grand-père dans la maison ancestrale de Maudha, une localité rurale du Gujerat qui s'est développée de façon conséquente. Assis dans la cour de la vieille demeure aux piliers de bois massifs, mon grand-père entreprit de nous présenter aux nouveaux propriétaires, une famille de sarafs pour qui Maudha était l'image même de la grande ville. «Voici mon gendre, qui vit au Nigeria. Nigeria, acquiesça le saraf. Mon petit-fils, établi à
New York.
New York, reprit le saraf en hochant la tête. La femme de mon petit-fils, qui vient de
Londres.
Londres. À présent, ils sont à
Paris.
Paris», fit consciencieusement écho le saraf.
Pour peu que mon grand-père ait alors dit qu'il vivait sur la Lune, le saraf, sans broncher, l'aurait répété après lui en opinant du bonnet. Nous étions si dispersés, les uns et les autres, que c'en était presque grotesque. Pourtant nous étions là, dans la maison où avait grandi mon grand-père, ensemble, toujours, en famille. Ce lien familial était l'élastique qui, si loin que nous nous soyons aventurés, nous ramenait les uns vers les autres.
voila. bonne immersion.