Comme indiqué dans les sites joints à mon précédent message "cailler la nuit" signifie parfois moins de 10°C.

Ensuite
Benares ou
Jaisalmer, c'est vraiment très subjectif. Personnellement je n'aime pas trop l'ambiance de
Benares, je préfère
Haridwar. Ensuite question émotion puisque tu parles "émotion", on ne ressent évidemment pas les mêmes à
Bénarès,
Haridwar et Jaïsalmer. De plus je n'ai pas de mètre-étalon pour les émotions !!!

Donc je choisirais plutôt mon parcours en fonction de considérations pratiques plutôt "qu'émotionnelles" (les émotions en
Inde, on en ressent tellement et pour des raisons tellement différentes que c'est vraiment difficile de les programmer, à chacun de se faire sa propre expérience...). Par contre commencer par
Agra me paraît judicieux; pourquoi ? parce qu'il est très facile d'aller de
Delhi à
Agra d'une part, et d'autre part parce que la visite du
Taj (et du Lal Quila) est "obligatoire" au moins une fois quand on voyage en
Inde (un peu comme la tour Eiffel quand on vient à
Paris, ou la place du Capitole à
Toulouse 
), une fois cette "formalité" remplie on en est libéré et on peut s'immerger dans la société indienne sans être omnubilé par le
Taj 
. Attention, la visite du
Taj peut aussi provoquer des émotions; personnellement ce n'est pas tant le grandiose du monument qui m'a ému, c'est plutôt le contraste entre le
Taj et son environnement (exemple : l'entretien des pelouses avec des moyens archaïques comme un rouleau tiré par un zébu, ou encore la tonte de la pelouse à la main par des groupes de femmes accroupies qui se marraient sous cape à la vue de certaines touristes occidentales en tenues extravagantes pour leur regard d'indiennes, ou encore la beauté des femmes indiennes qui visitent le
Taj avec leurs saris colorés, autant de taches de couleurs vives sur le blanc immaculé du
Taj 
, ou bien la vue sur le
Taj et la Yamuna depuis les balcons du Lal Quila car je ne m'attendais pas à autant d'harmonie - bref comme tu le vois les émotions c'est personnel et subjectif

); et puis je n'ai pas oublié après avoir visité le
Taj et le Lal Quila de me plonger dans la vieille ville musulmane (ce que les milliers de touristes omnubilés par le
Taj oublient de faire), c'est à dire dans la "vraie" vie ce qui m'a plongé dans quelques réflexions sur le fait que ces monuments visités par des millions de touristes (et au prix d'entrée relativement cher pour l'
Inde) n'apportent pas vraiment la prospérité aux habitants de
Agra 
. Tiens un autre intérêt à la visite du
Taj et surtout du Lal Quila = un "jeux" que l'on peut faire avec soi-même --> mesurer sa patience, son endurance à résister à la volée de vendeurs de cartes postales et autres pacotilles à la sortie des momuments, je ne connais pas d'endroit en
Inde où cela soit aussi difficile

P.S. : je me méfie un peu du mot "émotion" depuis qu'il est tellement galvaudé par les media, l'industrie du cinéma et l'industrie du spectacle sportif qui veulent toujours gaver le téléspectateur de d'avantage d'émotion pour gagner des parts de marché (les religions aussi d'ailleurs

) - et qui ne veulent surtout pas le faire réfléchir

(panem et circenses c'était vrai il y a deux mille ans, c'est encore plus vrai aujourd'hui --> il y a trente ans le SMIC et la TV, aujourd'hui ça s'est dégradé c'est le RMI et TF1

), un peu comme le leitmotiv des hommes politiques qui soit-disant "veulent faire rêver" le citoyen de base avec du vent

. Un voyage en
Inde ne consiste pas seulement à avoir des émotions comme au cirque, il faut aussi un peu de réflexion, de la connaissance, du rationnel, et surtout beaucoup de relations les plus naturelles possibles avec les indiens que l'on croise, et ça c'est vrai partout : à Benarès, à
Jaisalmer, ou dans un petit village perdu au fond de la brousse

. En fait les vraies émotions que l'on a quand on voyage en
Inde, ce n'est pas tellement à la vue de grands monuments ou de magnifiques paysages (certes cela peut y contribuer), c'est celles que l'on a avec les gens du pays, en particulier avec les indiens qui vivent de façon traditionnelle (pas avec ceux qui se mondialisent = la classe moyenne montante qui cours après l'argent et qui perd son temps à le gagner, comme nous le faisons tous plus ou moins en occident

).