Peut-être que les sentiers battus, les itinéraires classiques, se découvrent comme une première fois lorsqu'on les arpente à côté de deux petites personnes.
Leurs petites mains agrippées aux vôtres, vos regards d'adulte posé sur leurs yeux étonnés, émerveillés, apeurés ou tranquilles... l'ailleurs se redessine alors avec d'autres perspectives.
C'est tout à fait ça. Bien que notre itinéraire au
Rajasthan soit resté largement classique, revoir ses lieux que j'avais déjà visités jusqu'à quatre fois pour certains était en définitive une expérience totalement différente avec les enfants, surtout avec le petit de 2 ans évidemment, mais aussi avec le plus grand de 10 ans. Mais je pourrais dire la même chose pour ma compagne qui bien que connaissant l'Afrique et bien d'autres pays, faisait elle aussi sa grande première en
Inde. Ainsi, j'ai parfois eu l'impression de redécouvrir ces lieux si familiers avec, comme tu l'as dit on ne peut plus justement, des
perspectives redessinées. D'ailleurs, je refaisais un tour de mes photos et en tombant sur celles de
Mount Abu où je me suis rendu pour la deuxième fois, j'ai réalisé à quel point ma perception de cet endroit était différente entre les deux voyages. C'est le cas des autres étapes que nous avons faites bien sûr et c'est une approche comparative que je distillerai ça et là dans le carnet.
Ton intervention me permet justement de rebondir sur la deuxième partie de mon prologue (après c'est fini, promis

).
Prologue (partie 2)
Les mois précédant le grand départ, nous avons pris le temps de bien préparer les enfants à ce qu’ils allaient voir en visionnant nombre des documentaires sur l'
Inde, consultant de rares expériences de voyage dans le pays avec des enfants pour se rassurer, ou encore en mangeant indien souvent (enfin encore plus souvent que d’habitude !). Et bien sûr en contant mes propres pérégrinations, anecdotes et connaissances le soir au bord du feu (ou plutôt dans le confort de notre salon). Je précise ici qu’au-delà de mes voyages en
Inde, j’ai fait de longues études sur la culture indienne et parle bien hindi. C’est bien sûr un avantage qui facilite incroyablement les démarches, les déplacements, surtout le lien avec les locaux (je n’aime pas ce mot mais j’ai trouvé que ça faisait mieux qu’indigènes ou sauvages) et ouvre beaucoup de portes.
Puis après avoir préorganisé solidement le voyage, envisageant plusieurs destinations possibles et ne voyant finalement aucune raison apparente de ne pas le réaliser, notre choix s’est finalement porté sur le
Rajasthan. Nous avions dans un premier temps envisagé le Tamil Nadu, plus cool, pas de mousson en été et son ambiance singulière, avant d’imaginer Goa ou le
Kerala pour leurs plages, mais définitivement le mauvais moment pour y aller (surtout quand l’on sait les moussons dévastatrices qui s’y sont produites pendant notre voyage). Mais c’est encore une fois l’incontournable et majestueux
Rajasthan qui l’a emporté. Il faut dire qu’il a de sacrés arguments qui marchent presque à tous les coups. Il reste une excellente porte d’entrée pour qui n’a encore jamais mis les pieds en
Inde, réunissant tout ce que l’imaginaire occidental (et même mondial) peut projeter à propos de l'
Inde éternelle. Surtout, c’est une des rares régions pas trop touchées par la mousson en cette période. Avec ça, nous l’avons présumé plus ludique et marrant pour les enfants avec ses forts et palais des Milles et Une Nuits au milieu du désert, surplombant des lacs étincelants ou des villes colorées, ses légendes de vaillants princes guerriers et vaillantes princesses sacrificielles, ses héros divins légendaires, ses charmeurs de serpents, ses habitants aux vêtements colorées, ses réserves animalières et ses balades à dos de chameau dans le
désert du Thar aux portes du Pakistan... Autant de stéréotypes, mais néanmoins puissants et propices à susciter l’aventure, et à même d’activer et captiver l’imaginaire des enfants.
Comme pour mon précédent carnet, le but ici est de partager mes impressions subjectives même si je vise toujours autant que possible à l’objectivité. C’est aussi l’occasion de donner des renseignements pratiques, voire de les réactualiser, car l’
Inde évolue toujours vite dans certains domaines, quand certaines choses ne semblent jamais changer, et de répondre aux interrogations et angoisses que bizuts de l’
Inde ou routards plus chevronnés se poseraient pour préparer leur voyage.
Je ne ferai pas d'entrave aux débats sur les photos qui pourraient éventuellement émerger, mais je le dis d’avance : je ne suis pas un bon photographe et bien que je fasse de mon mieux, je suis plus proche de la mouvance « Tata Ginette » qu’autre chose. J’essaye bien sûr de prendre des photos intéressantes mais je n’ai aucune connaissance technique. Les photos que j’ai sélectionnées pour ce carnet auront au moins le mérite d’illustrer un peu mes longues descriptions et réflexions. Je ne me sentirai donc pas offensé si on me dit qu'elles sont trop sombres, trop claires, mal cadrées : j'en suis bien conscient !
Avant de commencer, à titre informatif, quelques données générales sur ce voyage :
- La période : ce périple s’est donc déroulé du 23 juillet au 14 août 2024, soit 22 jours sur place au total.
- Le vol :
Paris-
Mumbai-
Ahmedabad avec la compagnie indienne Vistara (très bonne compagnie !). 599€ le billet brut aller-retour par personne en classe éco, et environ 650€ en incluant le désormais obligatoire choix des sièges pour les quatre vols et les bagages supplémentaires. Le projet initial était d’arriver par
Delhi, porte classique vers le
Rajasthan, mais nous avons trouvé ce vol pour
Ahmedabad, qui n’est pas moins intéressante que la capitale pour entrer au
Rajasthan, avec escale à
Bombay sur le site Go Voyages proposant ce prix défiant toute concurrence, surtout pour une période de vacances d’été et l’augmentation des prix que nous connaissons.
- L’itinéraire :
Ahmedabad -
Jaisalmer -
Jodhpur - Jawai Bandh - Udaipur -
Mount Abu -
Ahmedabad. C'est donc un itinéraire plutôt classique qui réunit inévitablement les grands "incontournables" du
Rajasthan. Cependant, il y a deux ou trois petites originalités : l'arrivée par
Ahmedabad, le sanctuaire des léopards de Jawai Bandh que j'ai découvert en faisant mes recherches pour ce voyage, et à moindre mesure
Mount Abu qui bien que plus connue, n'est pas très souvent plébiscitée par les voyageurs.
Avec deux enfants dont un de 2 ans, nous ne nous sommes pas systématiquement imposés la visite de tous les sites « incontournables ». Et même quand cela a été le cas, nous ne l’avons pas toujours fait de manière complète ou approfondie car ce n'est tout simplement pas possible pour un enfant de 2 ans, de surcroît télétransporté dans un monde étrange. Nous avons plutôt privilégié les promenades urbaines ou rurales à la découverte de la vie locale ou le contact avec les gens. Cela a pu être parfois un peu frustrant en tant que féru de culture et d’histoire indienne mais c’est une autre manière de voyager. Et de toute façon, j’ai déjà visité tous ces endroits plusieurs fois: autant les revoir sous cet autre perspective dont nous parlions au début du message.
- La manière de voyager : plutôt routard relativement confort, transports en commun (train, bus, rickshaw, chameau et une fois chauffeur) et hôtels de catégorie moyenne ou moyenne +. Nous avons pris un peu plus de confort pour les enfants, sans renoncer au côté « roots » et aventure auquel j'aurais bien du mal à renoncer et qui a été indiscutablement un plus pour eux.
- Le budget total pour 4 personnes (2 adultes et 2 enfants) sur 22 jours : 4600€, soit 2600€ pour les billets et environ 2000€ sur place qui incluent absolument tout et en faisant plaisir sans trop compter (hôtels, restaurants, déplacements, sites touristiques et loisirs, souvenirs, articles pour bébés...). Cela sachant que nous aurions pu facilement réduire ce budget à 1500€ en étant plus regardants sur les achats et la catégorie des hébergements. Malgré l’inflation qui a sévi ces dernières années, l’
Inde reste un pays très bon marché.
- Le guide : nous avons acheté le dernier Lonely Planet en date
Rajasthan-
Agra-
Delhi édition 2020. Je trouve Lonely Planet de pire en pire et de moins en moins utile avec le temps, mais à défaut d’être indispensable, il reste encore un complément intéressant de la foultitude d’infos culturelles et pratiques que l’on trouve désormais facilement sur internet.
- Les réservations : contrairement à ce que je fais d’habitude et pour ne pas faire galérer les enfants sous la chaleur en jouant trop à
Pékin Express ou à J'irai dormir chez vous, nous avons réservé nos hébergements à l’avance, soit sur Booking, soit directement avec les établissements trouvés sur Lonely Planet ou Google Maps. Ceci nécessitait parfois le paiement d’un acompte pour lequel un mandat par Western Union est de (très) loin ce qui coûte le moins en frais, si toutefois les hôtes acceptent cette solution : les commissions sont ridicules par rapport à celles des banques (à savoir que même les banques en lignes qui annoncent la gratuité des frais de paiement à l’étranger ne peuvent pas vous éviter les frais élevés prélevés par la banque partenaire locale). Un autre conseil utile : contacter les hôtes de notre venue en gardant régulièrement le lien avec eux par WhatsApp a beaucoup simplifié les choses à tous les niveaux, nous permettant de sympathiser un peu au préalable avec eux et de faciliter les arrivées. Ainsi, étant données les difficultés pour le faire hors de l'
Inde, nous avons même demandé à l’un de nos hôtes de réserver pour nous notre premier train en le remboursant par Western Union en même que l’acompte que nous lui devions et sans frais supplémentaires.
- Le visa : e-tourist visa en ligne de 30 jours pour 26€ par personne tout compris. Pas de problème majeur et réception en 48 heures de la confirmation. Mais quelle tannée pour parvenir à réaliser la photo du très remuant petit de 2 ans avec les exigences d’
India Visa Online! Il aura fallu faire faire une photo chez un professionnel puis la scanner...
- La téléphonie et internet: nous sommes chez Free qui offre 35 Go de données internet pour un mois en
Inde (et dans de nombreux pays). Très pratique pour chercher des informations et utiliser WhatsApp presque à tout moment sans frais. Quand nous le pouvions, nous utilisions le wi-fi des hôtels ou restaurants pour économiser des données. Mais en tout et pour tout, nous avons même pas utilisé 15% des données sans vraiment nous restreindre. Nous n'avons donc pas pris de carte sim indienne.
Le change : un premier retrait d’argent à l’aéroport de
Bombay, le minimum pour démarrer car le change est très défavorable, même avec une carte de banque en ligne, car la banque indienne prend des frais de toute façon. Puis un gros change dans l’arrière-boutique d’un commerçant sûr de l’entrée du fort de
Jaisalmer : 1€ = 90 roupies alors que le change officiel était à 91 roupies ce jour-là : un très bon deal donc.
Allez, assez bavassé, c’est parti pour les aventures de Pagal/Michaël (moi-même), Magali (ma compagne), Kelyandre (son plus grand) et Théo (le petit dernier). En route vers l'inconnu!