Et Koya-San, on hésite car les connexions ne sont pas directes en train, le bus direct depuis
kyoto est toujours possible? cela vaut le détour?
Bonjour,
Si vous vous posez la question de savoir si Koya-san "vaut le détour", c'est que la réponse est "non" pour vous.
La raison est dans cet argumentaire que j'ai déjà posté dans ce forum :
Kôya-san a été fondé au début du IX° siècle dans un lieu alors difficile d'accès pour des retraites spirituelles par Kûkai, un personnage historique central dans l'histoire du bouddhisme japonais, plus grand que les légendes que l'on a brodées par la suite. L'aura (de son vivant, puis posthume) de son fondateur et le rayonnement religieux de Kôya-san y a suscité le développement de nombreux monastères, ainsi que des itinéraires de pèlerinage dans la péninsule de
Kii. C'est aussi une étape incontournable pour les pèlerins des 88 temples de
Shikoku, au début pour demander sa protection à Kûkai, ou à la fin pour lui en "rendre compte", selon l'expression consacrée.
Probablement victime comme d'autre lieux de la "malédiction de l'Unesco" (son classement dans la liste du patrimoine mondial), Kôya-san est devenu une étape touristique qui voit des flots toujours croissants de visiteurs ignorant tout de la signification du lieu et peu respectueux de son caractère sacré.
J'ai connu dans le passé le silence et le recueillement à Kôya-san; plus récemment, il m'était encore possible de prier sereinement devant le mausolée de Kûkai, malgré le flot continu de touristes derrière moi, mais le dîner dans un monastère au milieu d'un groupe de touristes aussi bruyants qu'incultes a été une épreuve à la hauteur des pires jours de pluie à
Shikoku.
Je ne milite jamais pour la fermeture au grand public d'un lieu de prière ou de spiritualité, mais je souhaite que cette ouverture serve à ouvrir ce public à sa dimension religieuse, et non pas à dénaturer l'endroit.