Oui, les ksour(s), sont méconnus non seulement par les Tunisiens, mais aussi par les archéologues et historiens Tunisiens et ce à des degrés divers... Pendant ce temps on en aménage certains, parmi ceux qui s'y prêtent, au tourisme et aux fetivals... de sorte que l'on perd les possibilités de les étudier et de découvrir à travers eux des pans entiers de l'histoire (et donc de l'identité du Sud tunisien), mieux les mettre en valeur et surtout leur affecter des fonctions adéquates et modernes... dommage.
Au Sujet du gouverneur: celui dont j'ai été concerné, est nouveau, et il a cru bon faire du zèle en voulant montrer sans doute qu'il contrôle bien sa région.
En réalité, ce qui est nouveau, c'est que de plus en plus de postes politiques (Gouverneurs, délégués culturels régionaux et locaux rattachés à l'Etat...) se mettent à vouloir contrôler aussi la recherche, la science... qui étaient jusque là des domaines qui leur échappaient. C'est une toute récente tendance, sans savoir que l'on peut les accuser au moins de deux motifs dont ils ont intérêt à se méfier dorénavant :
D'abord en matière archéologique par ex on peut les rendre responsables de l'aggravation de l'état du patrimoine, voire sa disparition par destruction, abandon, absence de contôle ou négligence alors que la loi (Code du Patrimoine)leur impose comme à tous, de préserver, protéger et sauver le patrimoine.
Ensuite, on peut les accuser de discrimination, car le même gouverneur pour les mêmes zones d'accès du Sud, autorise n'importe qui : civils tunisiens, voyageurs, touristes etc...qui peuvent par le biais d'un "laisser passer Désert" accéder librement à ces zones même quand elles comportent des vestiges archéologiques dont personne ne s'occupe. Et, l'on constate ainsi la discrimination sur laquelle je ne m'étale pas.
Petite histoire à ce sujet : (Ici même d'ailleurs une Forumiste maia..., venant de rentrer de
Tunisie, m'a aidé à contacter directement un autre voyageur italien qui lui s'y trouvait encore... à 100m à peine des ruines que je voulais voir...et j'ai pu lui parler " en direct" au télphone grâce à Maia, alors qu'il était in situ entrain d'utiliser le gps dans le désert... c'était fabuleux, l'un à
Paris, l'autre près de
Douz les pieds dans le sable et sous une tente d'étoiles...
Je précise en core au sujet du Gouverneur que dans mon cas, c'est pire encore, car le gouverneur a outrepassé même une autorisation du ministre de la Défense que j'avais, et aussi le feu vert du Cabinet de la Culture. Et le pire, C'est qu'il ne connaissait pas l'existence des vestiges du ksar (Segdel, voir post à ce sujet avant mon voyage) auquel je voulais accéder. Bref il a préféré ne pas répondre par écrit pour ne pas avoir de preuve contre lui.
Enfin, pour répondre à votre question
sur les autorisations : Pour certaines zones dites "militaires" dans lesquelles peuvent se trouver des ksour, aucune autorisation ne sera possible. En dehors de ces zones peu nombreuses, il est
obligatoire d'avoir le "laisser passer désert" que toute personne, tunisienne ou non obtienne du Gouvernorat de
Tataouine. Le caractère obligatoire de cette autorisation devenu systématique pour le Sud, s'explique par diverses raisons dont le contrôle des déplacements, mais aussi la Sécurité des personnes elles-mêmes.
OUi, il y a des ksars, que l'on peut visiter sans aucune autorisation, je cite par ex les ksours dans la périphérie de
Tataouine, (6 à 15 km..??) et en ce qui concerne d'autres ksour de plaine, le seul emp^chement seraient que ces ksour soient encore habités par les populations, ce qui n'emp^che pas des opportunités d'invitation et d'hospitalité, qui permettraient de les visiter de l'intérieur.
Voilà, je n'ai plus les questions sous les yeux, espère ne pas en avoir oublié.
C'est moi qui remercie, car votre question me donne une opportunité de parler de ce patrimoine et des difficultés qu'il rencontre en
Tunisie (disons, aussi !).
Millenuits.