Bonjour !
Suis retournée au Kurdistan d'Iraq en avril dernier (je connais bien cette région) : aucun problème, yc pour aller un peu partout (sauf zone proche de Mossoul, et de Qandil le long de la frontière avec l'
Iran qui est interdite d'ailleurs car aux mains du PKK turc, et zone de Barzan au nord qui peut être compliquée pour y accéder).
Sauf impondérable, c'est une région sûre, et les Kurdes sont à la fois très accueillants (sous réserve que l'on respecte à peu près leurs coutumes) et prêts à aider etc. Donc, selon là où vous voudrez aller, prendre conseil/vous renseigner avant. Il y a de toute façon des check-points un peu partout, donc on ne vous laissera pas passer si risques en amont pour vous.
Par contre, en février, il risque de faire froid, sinon très froid dès le coucher du soleil, et neige le cas échéant sur les hauteurs, cols,... Les maisons sont peu ou mal chauffées, idem les hôtels peu chers.
La situation économique locale est très difficile : suite au malheureux référendum d'indépendance et combats à Kirkuk, le gouv. irakien a gelé en partie le transfert de fonds/revenus du pétrole. Salaires impayés, chômage massif, familles en grandes difficultés ; il y a encore de nb camps de réfugiés (Syriens,...) ou de personnes déplacées (Iraqiens).
La ville d'Erbil, à part le quartier sympa près de la citadelle et quelques très beaux parcs, n'a aucun intérêt. Suleymaniyeh, entourée de montagnes, est par contre très animée, moderne, vivante, des tas de choses à faire, à voir, en ville ou aux alentours, et gens à rencontrer.
Il faudrait au moins aller aussi à Rowanduz (N-E), à Shaqlawa (1 h d'Erbil, ville de montagne), et qq autres endroits (Akrah, Zakho,...). La nature est absolument magnifique dans cette région (gâchée qd même par les Kurdes qui balancent leurs déchets et poubelles un peu partout...). Ces deux premières villes devraient être sous la neige en février, sauf effet du changement climatique.
Large réseau routier, en bon état, mais manque de cartes géo à jour. Donc, on ne sait pas toujours où on est exactement, ni par où on y est arrivé... Réseau de taxis collectifs, donc facile d'aller partout. Taxis à la journée faciles aussi.
Bonne nourriture, peu chère, et saine. Bureaux de change partout (pas de pbs avec les euros), et "grosses" sommes (hôtels, taxis à la journée,...) sont cotées en USD.
S'informer sur les questions de géopolitique avant, cela enrichira les rencontres et les discussions. Tout le monde discute politique au Kurdistan !
Bonne route si vous y allez !
ps : Lire l'excellent bouquin, récent, de Jean Rolin, "Le traquet kurde", Ed. P.O.L (ornithologie, récit séjour au K. en 2015, politique récente comme plus historique notamment britannique en Iraq)